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 [One Shot] This is not the end, it's just the begining

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MessageSujet: [One Shot] This is not the end, it's just the begining   Mer 20 Jan 2016 - 7:38

Lundi 16 mars 2015 – Fin de journée
This is not the end, it's just the begining



Derek, Kyle & Enzo

Je me dis que, peut-être, les premiers jours sont les plus difficiles. Il faut se rendre compte que les repères ne sont plus les mêmes, qu'il manque quelque chose, quelque chose qu'on cherche instinctivement avant de se rendre compte dans une seconde de clarté que ça n'est plus comme avant. Ça s'est fait progressivement, rapidement néanmoins, et émotionnellement je me sens épuisé, comme dans un entre deux, pas encore vraiment certain de comprendre ce qu'il se passe. Je les cherche, tous les deux, sans succès évidemment puisque ni l'un ni l'autre ne se trouve encore entre ces murs.
La réalité, ma réalité, mon quotidien, a changé. La routine reste sensiblement la même entre les cours, les devoirs et les potes quand bien même je n'ai réellement vu personne depuis hier et qu'aucun hormis Cameron n'est au courant, le reste, mais c'est un grand vide qu'ils ont laissé tous les deux derrière eux. Je pourrais jouer les gros bras, dire que ça ne m'a pas fait chialer comme un gosse, mais j'en vois pas l'intérêt parce que c'est faux. Bien sur que j'ai chialé comme un gosse, bien sur que je chialerai encore, on a été ensemble non stop pendant … 18 ans en ce qui concerne Derek, quasiment 2 ans pour ce qui est de Kyle même s'il y a eu des mois de séparations sur ce laps de temps. Me retrouver sans l'un et l'autre du jour au lendemain c'est pour le moins violent. On a beau faire ce qu'on peut pour se dire que le temps n'est qu'une notion abstraite, que ça va passer vite, il n'empêche que ça ne change rien aux évidences. Je ne pourrais plus le toucher, chercher le réconfort près de lui quand ça n'ira pas, juste … le regarder, parce qu'on ne se trouve plus dans le même endroit. Pour une durée presque indéterminée. Ça fait mal, c'est angoissant, pour tout un tas de raisons mais d'un autre côté … Il n'en ressortira – je l'espère, et j'ai envie d'y croire – que du bon. On a des objectifs à atteindre chacun de notre côté, c'est pour mieux se retrouver plus tard. Derek avait besoin de partir d'ici, chose que je peux parfaitement comprendre et si je m'étais écouté j'en aurai fait autant mais tous m'ont raisonné. Au moins cette année, je termine au moins cette année et après on avise. Je n'ai pas du tout l'intention de plaquer mes études, j'ai un but et j'y arriverai, simplement peut-être ailleurs ou d'une autre manière.

« T'as des nouvelles ? »

Je l'ai entendu, j'ai pas bougé d'un poil. Assis sur mon perchoir en bois, là bas, sur le dossier de ce vieux banc, près du Lac, juste à côté de ce chêne qui signifie beaucoup de chose pour moi. Et pas seulement pour moi. Je l'ai entendu, oui, le vent m'a même annoncé son arrivée bien avant que mon ouïe ne le perçoive. Et alors ?

« Il commençait aujourd'hui, je pense que j'en aurai demain. »

Coudes posés sur les genoux, capuche sur la tête comme toujours ou presque, le corps légèrement penché en avant, les mains croisés dans ce vide entre mes cuisse, le regard jusqu'ici braqué sur le Lac, je tourne à peine la tête pour le regarder. Et d'autres mots sortent de ma bouche qui ne s'est quasiment pas ouverte depuis hier soir. C'est lui qui l'a fait transplaner chez Jill, il m'a assuré qu'il était arrivé à bon port ou plutôt Ismaelle l'a fait. Loup lui se dit simplement que cet humain est celui qui nous a arraché une partie de nous même.

« C'est bien ce que t'as fait pour lui. »

Je le pense, réellement, même si putain c'est dur de l'admettre. C'est dur de le verbaliser, ça fait un mal de chien, et une partie de moi, la plus enragée, lui sauterait bien à la gorge en lui hurlant que tout ça c'est de sa faute. C'est pas le cas, il a juste fait le bon choix. On a tous fait des choix, y compris moi. J'aurai pu me barrer moi aussi, j'aurai pu le suivre et tout plaquer mais j'ai choisi de ne pas le faire. Est ce que je m'en mords les doigts ? Un peu, oui, ne pas le conscience serait mentir. Bien sur que j'ai envie de courir jusqu'au bureau de Logan, trouver Isma, et leur dire que je ne peux pas rester là, que moi aussi je veux partir parce que je peux pas rester là sans lui mais il y a bien plus gros en jeu et je le sais. Peut-être que je le regretterai ce choix, après tout qui sait ce qui peut se passer demain ? S'ils reviennent et nous défonce tous un par un ? Si je crève du jour au lendemain ? Et si c'est lui qui se fait embarquer ? J'ai eu beau faire tout mon possible pour assurer ses arrières comme je pouvais, rien ne garanti que ça sera suffisant et bordel, ça me tord l'estomac pire encore que l'approche d'une pleine lune.

« J'aurai pensé que tu me détesterai un peu plus. Pas que ça ait vraiment de l'importance mais tu m'as compris. »
« Ouais. »

Si je laisse planer un silence suite à ça c'est relativement malgré moi. Depuis hier je ne suis pas vraiment là, je déconnecte un peu, j'ai l'esprit focalisé complètement sur ça et je suppose que le temps fera son œuvre mais me demander de faire des miracles pour le moment c'est un peu trop tôt. Il me faut juste un peu de temps pour redescendre sur terre.

« Non, il est heureux, c'est quelque chose d'important pour lui, c'est tout ce qui compte pour moi. »

Et puis sincèrement, qu'est ce que ça peut te foutre ?

« Faut que je rentre c'est ça ? »
« Ça serait pas mal, effectivement. »

Un soupir, pas un seul regard à ma montre, j'obéis sans rechigner et me laisse glisser le long du banc jusqu'à ce que mes pieds touchent le sol. La seconde d'après mes mains vont se planquer au chaud dans mes poches, je le toise sans même m'en rendre compte.

« J'te déteste pas. Même si pour moi non plus ça n'a pas tellement d'importance. »

Nouveau silence, sans trop savoir un jeu de regard s'installe et puis finalement un rictus se voulant sans doute être un sourire en coin se pointe sur son visage.

« Rentre. »
« Oui chef. »

A mon tour je laisse la commissure de mes lèvres se relever un peu mais attend qu'il détourne le regard pour me barrer. Et je rentre au château, chose que je fais avec une boule au ventre, sans la moindre envie.

~*~

Dimanche 15 mars 2015 – Dans l'après-midi


Alors,
Haut les cœurs, haut les cœurs
On peut encore se parler, se toucher, se voir
Il faut se dire des belles choses, qu'on gardera pour plus tard
Haut les cœurs, haut les cœurs , on peut encore se parler, se toucher, se voir,
Approche-toi de moi, sers-moi fort, avant qu'on se sépare, avant qu'on se sépare

Fauve ▬ Haut les coeurs

« Prends pas froid. »
« C'est pas moi qui me balade en pull quand il fait des températures négatives je te rappelle. »

Il sourit, d'un de ces sourire triste qui fait mal à crever. Moi j'ai le cœur au bord des lèvres et les larmes que je retiens comme un con, à m'en faire mal aux yeux. C'est peine perdue, je le sais, elles vont finir par se pointer mais inutile de rendre la chose encore plus difficile. Les deux mains accrochées au col de son manteau j'ai du mal à le regarder dans les yeux. Ismaelle et Cameron sont en retrait, Matthews encore un peu plus loin. Dans quelques minutes je vais devoir le laisser partir sans certitude aucune de le revoir, ni quand si ça doit arriver. J'ai beau me dire que c'est pour son bien, qu'ici il aurait fini par étouffer, qu'il part pour réaliser un de ses rêves, ça ne me console pas vraiment. Pourtant j'essaie de sourire, de garder la face, de faire comme si tout ça ne me brisait pas en autant de petits morceaux que mon corps pourraient en laisser sur le sol s'il explosait. Est ce qu'on est pas trop cons de faire ça ? De se séparer volontairement comme ça ? Sachant tout ce qu'on sait et ayant vécu tout ce qu'on a vécu. Je suppose que seul l'avenir nous le dira mais moi il me fait flipper cet avenir, il me colle des crampes à l'estomac et des ratés du cœur.

« Certes. Mais il fait pas des températures négatives aujourd'hui. »

Il lève les yeux au ciel, avec cette expression qu'il a affiché tant de fois devant moi parce que je faisais le malin, parce que je le fatiguais avec mes conneries mais qu'il aimait ça quand même. Je voudrais tellement profiter de ce moment, je voudrais vraiment ne pas avoir aussi peur, aussi mal, mais j'y arrive pas. Tout ce que je fais c'est sauver des putains d'apparences pour nous nous rendre la tache plus facile à tous les deux.

« Tu m'enverras des vêtements à toi parfois ? »
« T'es vraiment un cas à part Enzo Ryans. »
« Je sais, mais tu m'aimes, et j'suis certain que tu vas me demander de faire pareil. »

Cette fois c'est de la tendresse que je vois dans son sourire et instinctivement ma main se pose sur sa joue, la caressant du bout du pouce alors qu'il ne me lâche pas du regard une seule seconde.

« T'as raison. »
« Je sais. »

Réponse un peu absente de ma part pendant que j'observe son visage dans ses moindres recoins, comme si j'avais peur d'en oublier le plus infime des détails dès l'instant où il ne sera plus là.

« Je peux toujours changer d'avis. »

Fais le. S'il te plait. Reste avec moi, emmène moi avec toi, me laisse pas … Si je n'écoutais que mon cœur et pas ma raison c'est exactement ce que je lui dirais. Je lui dirais de tout laisser tomber, je lui dirais qu'on n'a qu'a retourner au Brésil tous les deux pour vivre d'amour et d'eau fraiche, de soleil et de chaleur. Bien évidemment ça n'est pas ce que je fais. Ma main glisse jusqu'à son cou et s'y accroche alors que l'autre le rapproche de moi, posée sur sa hanche, quand mes yeux viennent capter les siens de manière tout aussi ferme et franche que le ton que j'emploie malgré les tremblements dans ma voix.

« Non. Non tu peux pas Kyle. C'est important pour toi. Ça l'est pour moi aussi. T'inquiète pas, ça va aller. On va se revoir bientôt et tout ira bien. En attendant je t'écrirais toutes les semaines. »

Alors faut pas pleurer ! Faut pas pleurer. Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller
Parce qu’on est de ceux qui guérissent, de ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles
Pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent, c’est que quelqu’un les pousse du pied
Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus
On aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé
En attendant passe tes bras autour de mon cou si tu veux
Pendant que je te répète ces phrases qui nous donnaient de l’élan

Fauve ▬ Blizzard

Pas de promesse, jamais. Un jour on s'est dit plus de promesse, parce qu'on a rapidement compris qu'on était pas en mesure de les tenir la plus part du temps mais absolument pas par notre faute, et on s'y est tenu ou presque. Sans attendre une seconde de plus je le prends dans mes bras, les siens enroulent aussitôt mon corps. Je ne sais pas si on s'est déjà serré aussi fort l'un l'autre, cette constatation me fait craquer, j'y arrive plus. J'arrive plus à retenir cette putain de larme qui roule sur ma joue alors que je le sens trembler contre moi et qu'il tente d'étouffer ce que je devine être des sanglots.
Dans un monde normal on tremblerait juste parce qu'on est tristes de se quitter, dans le notre on crève de trouille de ce qui pourrait arriver à l'autre, on panique à l'idée de ne plus pouvoir se rassurer au moins une fois par jour en posant les yeux l'un sur l'autre … En cet instant c'est de la colère que je ressens, envers ceux qui ont fait de notre quotidien cette prise de risque perpétuelle. C'est ça le prix pour avoir envie de vivre, celui de passer son temps à avoir peur pour les gens qu'on aime. Ça n'a pas été aussi difficile avec Derek, ça n'est absolument pas parce que je l'aime moins mais bien parce que je l'aime différemment. Parce que je sais qu'il a des moyens de se défendre que Kyle n'a pas. Et parce que depuis le début je me sens extrêmement protecteur envers ce type qui se tient là contre moi et que j'aime comme je n'aurai jamais cru qu'il était possible d'aimer.

« Je t'aime. »
« Moi aussi je t'aime. Plus que n'importe qui d'autre au monde. »

Ce genre de choses, ce genre de mots, sont censés faire du bien. Pourquoi est ce que j'ai le sentiment qu'ils m'arrachent les parois de la cage thoracique et me coupent le souffle ? C'est peut-être pour ça que je m'écarte, qu'on s'écarte l'un de l'autre et que je laisse, déjà à contre cœur, s'éloigner de moi. Ça ne sont que quelques pas, qu'est ce que ça va être quand ça se comptera en centaine de kilomètres ? Dans le monde de la Magie les kilomètres n'ont pas tellement d'importance, pourtant dans ce cas de figure ils sont réellement problématiques. Tout comme mon frère il sera libre d'aller et venir comme bon lui semble alors que je resterais coincé ici. Mon choix, je sais, mais j'ai beau essayer de me l'imprimer dans le crane, ça n'est pas facile à accepter pour autant.

Mais on fait ce qu'on peut pour sauver les apparences, encore et toujours.
Parce qu'il le faut.

« Tu feras un bisou à Jill de ma part ? »
« Bien sur. En attendant que tu viennes lui en faire un, même plus, toi-même. »
« T'auras même pas le temps de t'ennuyer de moi que je serais déjà là, tu verras. »

Je lui adresse un clin d'oeil, sur mon visage c'est un sourire amusé qui s'affiche mais je pense que personne n'est dupe, dans mon regard c'est tout autre chose qui transparait alors que je le regarde marcher en direction des autres, jusqu'à ce que je lève le menton pour observer le ciel sans vraiment le voir.
Ismaelle se tient près de Matthews, c'est vers Cameron que Kyle se dirige et moi je reste là, comme un con, les mains dans les poches et les yeux rivés vers le haut comme si regarder les nuages pouvait m'empêcher de pleurer. Je renifle, sors une main d'une de mes poches et essuies ma joue d'un geste qui pourrait être qualifié de rageur avant de fermer finalement les yeux tout en laissant échapper un profond soupir. J'aimerai, pour une fois, ne pas avoir ces sens plus développés que ceux d'un humain. J'aimerai ne pas entendre ces mots ...

« Tu veilleras sur lui ? »
« T'en fais pas, il est entre de bonnes mains. Fais attention à toi p'tit frère et éclate toi bien là bas. »

T'as raison, éclate toi bien loin de moi. Bien sur, bien sur que c'est tout le mal que je lui souhaite, bien sur que je suis heureux pour lui parce que c'est une opportunité en or, mais j'ai pas envie d'être hypocrite pour autant et de faire comme si j'étais ravi par la situation. Évidemment que ça me déchire le cœur de le voir partir, évidemment que ça m'angoisse de savoir qu'il va faire sa vie sans m'avoir dans les pattes, qu'il va rencontrer de nouvelles personnes. Mon manque flagrant de confiance en moi ne peut pas passer au travers, je ne peux pas m'empêcher de penser à l'idée qu'il … finisse par ne plus avoir de place pour moi dans sa vie. Et l'instant d'après je me raisonne, je me dis que non, ça n'arrivera pas. Parce que c'est comme ça et pas autrement. Il va vivre sa vie, oui, il profitera à fond comme je vais le faire de mon côté mais sans jamais me sortir de sa tête, ni de son cœur, tout comme il ne sortira jamais des miens, et dès qu'on le pourra on sera de nouveau ensemble. Tout ira bien.

« Au revoir Isma. Merci pour tout. »
« Au revoir mon grand. Tu vas me manquer. Rends nous fier, fais les tous rêver avec ton talent d'accord ? »

J'entends mais je ne vois pas, parce que je ne regarde pas. Je ne peux pas. Je sais qu'ils ont échangé des accolades, tout comme je sais qu'il leur a offert des sourires et que le Gardien lui se tient en retrait de tout ça sans broncher une seconde. Je sais aussi qu'il revient vers moi et que pas une seconde je n'hésite, qu'il est déjà dans mes bras avant même d'avoir franchi tous les pas qui nous séparaient. Sa main dans mes cheveux, une dernière fois avant un moment. Un dernier baiser échangé. J'ai de nouveau les yeux fermés, sa main dans la mienne, mais je n'y arrive plus.

« Vas-y. Maintenant. S'il te plait. »

Pourtant mon front ne veut pas quitter le sien, de même que mes doigts ne le lâchent pas et mon corps tout entier n'est pas capable de faire autre chose que le retenir. Je tremble des pieds à la tête, ma gorge est complètement bloquée par une envie de hurler et si j'ouvre les yeux ça sera pour déverser un torrent de larmes que je retiens tant bien que mal. Encore une fois nos lèvres se rencontrent, sa main se pose sur ma joue et puis plus rien. Aucun de nous deux n'est capable d'encaisser ça, il faut que ça soit maintenant. Maintenant et tout de suite. Alors à l'instant même où il n'y a plus aucun contact entre lui et moi je tourne le dos, trop lâche pour le voir disparaître. J'entends ses pas qui s'éloignent, j'entends le « Prêt ? » de Matthews, j'entends ce bruit familier du Transplanage et je sens les picotements de la Magie qui se remet en place. Je perçois la présence d'Ismaelle, là, tout près de moi, alors que mes jambes ne me portent plus et que l'humidité a complètement envahi mes paupières. Je cherche mon air mais ne résiste pas quand elle pose sa main sur mon bras et passe l'un des siens autour de mes épaules ou en tout cas de ce qu'elle peut en attraper.

« Viens là mon grand. Viens. »

Cette fois je n'y arrive plus, je n'essaie plus. A quoi bon de toute façon ? Il est parti, c'était pour lui, pour nous, que je m'efforçais de ne pas craquer mais maintenant je n'ai plus aucune raison de le faire. Alors je lâche prise, là, dans les bras de cette femme, sous la paume de Cameron qui se pose sur ma tête, et tous deux me laissent faire sans me juger une seule seconde. Ils sont là, et c'est tout. Présences rassurantes, réconfortantes. Des repères primordiaux.

« Allez viens bonhomme, on rentre. »

J'acquiesce sans rien dire, effaçant les dernières traces de larmes sur mes joues, dans mes yeux, sans trop y croire. C'est néanmoins plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de regarder en arrière l'espace d'une seconde, peut-être deux, dans l'espoir aussi futile que fugace, qu'il se tienne là et que tout ça n'ait été qu'une illusion.

Mais on a la chance d'être ensemble tous les deux, de s'être trouvés, c'est déjà prodigieux
Fauve ▬ Haut les cœurs

~*~

Samedi 14 mars 2015 – Dans la matinée


Nous sommes de ceux qui cherchent à déterrer ce qui est enfoui
Tout ce qui est caché et qui demande qu'à être sorti
Nous sommes de ceux qui veulent rétablir le contact avec ceux qui sont partis trop tôt
Parce qu'ils savaient pas qu'il y avait une fin cachée
Nous sommes de ceux qui continueront à courir comme s'ils étaient poursuivis par les balles
Qui desserreront jamais les mâchoires sauf pour sortir les crocs

Fauve ▬ De Ceux

« Prends soin de toi frangin. »
« Toi aussi p'tit pd. »

Regardez moi ces deux machos, la tête haute et le buste gonflé … Des apparences, pour lui comme pour moi. Une poignée de main virile … qui se transforme en accolade – pas un câlin, voyons. Jamais. Si, bien sur que si, c'est totalement ça. Un câlin façon frères Ryans. Si je suis serein c'est parce que je sais qu'il fait le meilleur choix pour lui et d'ailleurs une part de moi me souffle que je devrais en faire autant. Pourtant ça n'est pas ce que j'ai décidé de faire … Pour passer 24h de plus avec Kyle ? Rien à voir, une fois à l'extérieur j'aurai passé toutes mes nuits avec lui et croyez-moi, ça tiendra du miracle si je ne change pas d'avis d'ici à demain rien qu'en pensant à cette éventualité.

« J'te préviens t'as pas intérêt à toucher à ma chambre. »
« Aaah ... Tu verras bien. »
« Ta gueule. Si tu fais ça, tu vas le regretter et tu sais très bien que j'ai de très bons moyens pour ça. »
« Ah la ferme, j'veux rien entendre. »
« Alors touche pas à ma chambre. »

Contrairement à Derek, si je quitte Poudlard je laisse des repères ici, et surtout des amis. Si je reste c'est pour terminer mon année, pour régler au mieux ma scolarité pour ne pas gâcher tous les efforts que j'ai fait jusqu'ici mais j'aurai très bien pu le faire ailleurs. J'ai choisi de rester ici parce que personne d'autre ne peut comprendre ce qui peut parfois se passer dans ma tête que les gens qui m'ont côtoyé ici ces derniers mois, ces dernières années même. Mon frère sera entre de bonnes mains, mon petit ami sera entre de bonnes mains, je serais entre de bonnes mains. Et ça va aller. On se persuade comme on peut, en essayant de ne surtout pas penser au pire … En essayant de ne surtout pas penser à demain.

« Donne des nouvelles de temps en temps. Et embrasse Grand-Mère pour moi. »
« T'as raison, je vais lui raconter toutes tes dernières conneries et elle va te déshériter sur le champ. De toute façon étant donné que t'as été adopté, techniquement t'as le droit rien. »
« T'en fais pas pour moi, je détournerai le tiens. Et de toute façon elle est déjà au courant de tout. »
« T'es sur de ça ? »
« En tout cas j'suis sur que toi t'es pas au courant de tout. »

Si l'émotion est palpable de mon côté, elle l'est aussi du sien mais Derek n'est pas de ceux qui laissent facilement place à ce genre de « faiblesses ». Il ne fera pas devant un public quoi qu'il arrive et ça me va très bien comme ça. Voilà pourquoi on fait les malins, je pense qu'on en a besoin tous les deux.
Je sais que cet au revoir sera rapide, c'est d'ailleurs plus une formalité qu'autre chose – façon de parler – parce qu'on a passé une partie de la soirée d'hier ensemble, pour fêter ses 21 ans, entre autres. On s'est dit tout ce qu'on avait à se dire, le reste pourra attendre qu'on se retrouve. Et bien sur qu'il va me manquer, je n'ai jamais été séparé de lui à proprement parlé si on excepte les dernières vacances que j'ai passé avec Kyle alors … oui, clairement, ça va me faire bizarre de ne plus l'avoir dans mon décor mais c'est vraiment sereinement que j'appréhende son départ. Il subsiste évidemment une petite angoisse pour plusieurs raisons mais je sais que la présence de Grand-Mère lui fera du bien, qu'il sera bien là bas, chez nous. Et que je le retrouverais bientôt pour lui montrer encore une fois que son petit frère a bien grandi et ce dans tous les sens du terme. Il déteste ça, moi ça m'éclate. Il déteste le fait que je l'ai dépassé en terme de hauteur et naturellement c'est là dessus que j'appuie le plus ou presque.

« Bon on va pas chialer comme des gonzesses, enfin pas moi en tout cas. La fiotte ici c'est toi, pas moi. »
« On sait très bien tous les deux qui est le plus viril dans cette fratrie. »
« A plus p'tit frère. Fais attention à ta p'tite gueule de tarlouze. Et Gryffondor ou pas, laisse sortir le Serpentard qui est en toi et montre leur de quoi on est capable chez les Ryans. »

Sa main se pose sur l'arrière de mon crane, il m'attire à lui et son front se pose quelques seconde contre le mien avant de faire un pas en arrière et de se retourner sans un regard de plus alors que je l'observe s'éloigner de moi. Montre leur de quoi on est capable ... Je crois que le seul à qui je vais essayer de prouver quoi que ce soit ici, maintenant, c'est moi. J'ai bien compris son message, il verra, il sera fier de moi lui aussi. Si je prends la peine de finir cette année ça n'est pas pour la bâcler. Le reste suivra, la tête haute. Toujours.
Et voilà, c'est tout. C'est tout parce que tout ce qu'on avait à se dire est déjà sorti, parce qu'on n'est pas capable de se regarder droit dans les yeux et se dire au revoir sans avoir envie de « chialer » sur cette page qui se tourne. On a eu beau se haïr, se déchirer, y a pas grande monde sur terre que j'aime autant que ce connard et le voir partir, ça me fait flipper malgré tout. Demain c'est une deuxième partie de moi que je vais laisser partir, et après, qu'est ce que je suis censé faire de moi ? On verra, à chaque jour suffit sa peine comme on dit.

~*~

Lundi 16 mars 2015 – Fin de journée

Mon pas est lent, je regarde le Parc sans vraiment le voir en repensant aux derniers évènements passés. La Pleine Lune, alors que je n'ai pas résisté à ce besoin intrinsèque de remonter dans le château tant ce pressentiment arrivé aussi violemment qu'un sortilège m'a frappé en plein cœur. Quand je l'ai trouvé il allait bien, un peu secoué, sans trop comprendre ce qu'il lui était arrivé, mais il allait bien. Pour moi c'était trop tard, mon corps tout entier commençait déjà à changer. Cameron est arrivé, il a été chercher Ismaelle et c'est avec Kyle à côté de moi, à l'abri des regards et surtout les autres à l'abri de moi que j'ai commencé à me transformer. J'ai fini par lui faire comprendre de s'éloigner mais une fois entièrement devenu Loup, une fois certain d'avoir le contrôle, à portée d'intervention d'Ismaelle toujours présente, ainsi que Cameron sanas doute prêt à éloigner Kyle en cas de besoin, je me suis approché lentement avant de m'immobiliser à quelques mètres de lui pour finalement me coucher sur le sol. Droit comme un Spynx d'abord, puis sur le flanc, mais en aucun cas sur le dos. Jamais. Je l'ai vu échanger un regard avec Ismaelle, je n'ai pas bronché, je l'ai simplement laissé venir à moi et quand sa main s'est posée – légèrement tremblante – dans mon pelage, c'est un profond soupir d'aise qui s'est échappé de ma gueule.
Les autres sont restés un peu en retrait mais prêt à réagir s'il le fallait, moi j'étais calme, bien, et lui … Ses battements de cœur le trahissait : Il était dans le même état que moi, sans doute avec une pointe d'adrénaline en plus. Ça n'a pas duré très longtemps, quelques minutes peut-être, suite à quoi je n'ai pas pu m'empêcher de « marquer mon territoire » en laissant glisser ma tête contre son ventre puis j'ai suivi Ismaelle sans broncher jusqu'à l'extérieur, où j'ai passé le reste de la nuit. Prédateur en chasse, l'esprit léger et serein, apaisé.

Quelques jours plus tard c'était enfin l'heure de la discussion avec Derek. Au départ ça ne s'est pas très bien passé mais j'ai fini par l'entrainer avec moi – plus ou moins de force – dans cette Salle où j'avais pu voir Lakes et nos parents, avec Kyle, il y a de ça quelques mois. Quand il a posé ses pieds dans le sable – puisque c'est à la maison qu'on s'est retrouvés instantanément tous les deux, j'ai senti que quelque chose avait changé en lui. Je pense que c'est à ce moment là que l'évidence s'est imposé entre nous : il n'allait pas rester. Et pour rien au monde je ne pourrais lui en vouloir d'avoir fait ce choix. Il a trop perdu ici, il risque encore de trop perdre s'il reste. Et puis il y a eu autre chose : Trois ans. Le 8 mars. Trois ans depuis l'accident, trois ans depuis la mort de nos parents et tout ce que ce jour là à entrainé. Nos vies ont basculé ce jour là, je pense qu'on commence tout juste à s'en remettre.
Il lui aura fallu quelques heures, quelques jours, pour réfléchir mais Logan et Ismaelle ont rapidement été mis au courant – ils ont été les seuls, en dehors de moi bien sur, et de Kyle a qui jamais je n'aurai pu cacher ça. Si j'avais su que Derek n'était pas le seul que j'aurai à laisser partir …

On a beaucoup discuté, pesant le pour et le contre, mais j'aurai été un incroyable égoïste de le retenir lui aussi. A demi mot il m'a fait comprendre que je pouvais le suivre mais cette décision, nos décisions respectives, c'est ensemble qu'on les a prise. Encore une fois, dans le plus grand secret. Matthews, le gardien, a été mis dans la confidence puisque c'est lui qui sera a été chargé de les faire sortir du château. C'est lui aussi qui a parlé à Kyle de cette école d'Art – passion qui leur est commune – où l'un de ses amis, je crois, enseigne et commençait une session aujourd'hui. Tout ça s'est décidé en l'espace de quelques jours, je crois que je ne réalise pas encore réellement, tout ce que je sais c'est que j'essaie de me dire qu'on a tous fait le meilleur choix. Derek a retrouvé Grand-Mère, il a retrouvé nos racines, notre maison, et être là bas lui fera du bien. Kyle va réaliser son rêve, un de ses rêves. Il sera entre de bonnes mains puisqu'il vivra avec Jillian, j'ai également prévenu Amelya et Clarisse et la première fera tout ce qu'elle peut pour veiller sur lui, même à distance.
Ces derniers jours ont été riches en organisations, en silence, en moments passés ensemble. Vendredi c'était l'anniversaire de Derek, on a passé une bonne partie de la soirée tous les deux puis Kyle nous a rejoint. C'était … douloureux, malgré tout. Idem pour samedi soir, dimanche, … J'ai eu cette boule dans la gorge tout du long ou presque, même en voulant profiter à fond, parce qu'eux sont partis et moi je reste. J'ai fait mon choix mais ça ne rend pas les choses plus faciles. A l'heure actuelle personne n'est au courant si ce n'est Logan, Ismaelle, Matthews – Owen de son prénom même si je m'en contrefous – et Cameron. Certains ont bien du se rendre compte depuis qu'ils n'étaient plus là mais j'ai tellement fuit tout le monde aujourd'hui – sans réellement le faire volontairement – que personne ne m'a posé de questions jusqu'ici. Je sais qu'il s'est passé des choses ce weekend au château, ne serait-ce que samedi soir, mais aucun de nous trois n'y a prêté la moindre attention.

Alors voilà comment ça va se passer : Mon frère va se reconstruire. Mon petit-ami va faire ce qu'il aime et s'épanouir. Moi je vais finir mon année, et après … après j'aviserai. Mais une chose est sure, à chaque occasion j'irai les retrouver tous les deux, jusqu'à ce que ça soit définitif. J'ai beau savoir que je ne suis pas seul ici, ça ne rend pas les choses moins difficiles. J'ai beau avoir conscience du choix que j'ai fait sans qu'on me mette de couteau sous la gorge, le plus rationnel d'un certain côté, ça non plus ça ne rend pas les choses moins difficiles.

C'est peut-être la fin d'un chapitre, mais certainement pas la fin de l'histoire. De notre histoire.
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[One Shot] This is not the end, it's just the begining
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