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 I didn’t see it coming ▬ Leiv

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MessageSujet: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Jeu 14 Jan 2016 - 9:17

Vendredi 6 Mars 2015 – Fin d’après midi
I didn’t see it coming



Leiv & Ismaelle

Vendredi, au petit matin

3ème année
5ème année
7ème année
Universitaire

Voilà le planning de cours de la journée. S’ajoute à ça les soins quotidiens aux créatures, un peu de gestion diverse, un petit tour en forêt pour vérifier les sortilèges de protections autour du terrain de SACM, etc … Encore une journée bien remplie mais ça n’a rien pour me déplaire. Ce matin je devais m’entrainer avec Owen si on s’en tient à notre planning hebdo mais puisque ça l’arrangeait autant que moi, on a décalé à … la semaine prochaine. Lundi. Et c’est très bien comme ça. Il n’est pas question de ralentir la cadence pour autant mais on a tous besoin de se reposer un peu et ces derniers temps j’essaie de tenir compte des conseils des uns et des autres.

En attendant ça n’est pas pour autant que je compte faire la grasse matinée !

« Aller grosse boule de poils, debout, c’est l’heure d’aller voir tes petits camarades ! »

Je crois que Fenrir serait bien resté encore un peu dans son panier lui mais c’est sans compter sur sa maitresse hyperactive … qu’il n’a de toute façon aucun mal à suivre. Je sais reconnaitre les signes, il se porte très bien, il est simplement bien confortablement installé dans son panier bien douillet avec une autre boule de poils entre les pattes. Je suis presque certaine qu’il n’ose pas bouger par peur de déranger sa majesté Lune et son sale caractère. Je frappe deux fois dans mes mains pour l’encourager, déjà bien emmitouflée dans ma couche de vêtements, puis il se lève finalement sous les grognements d’insatisfaction du chat.

« Princesse Lune, vous pouvez disposer de mes appartements encore un peu si vous le souhaitez. »

Une courbette pour la route, elle ne m’adresse aucun regard et s’enfuie la tête et la queue haute par la porte ouverte.

« Non ? Bon. »

Pimbêche.

Quelques minutes plus tard, après avoir traversé une partie du château qui se réveille à peine, j’arrive à l’extérieur et me dirige vers le terrain de SACM. En chemin je rencontre une silhouette tassée sur elle-même, un visage caché sous une capuche, un être qui marche lentement, la tête basse, mais qui relève les yeux à l’instant même où une brise lui apporte certaines informations olfactives, peut-être sonores également. Une sensation, une impression, quelque chose que seul l'animal peut percevoir.

« Bonjour Champion. »

Un sourire étire immédiatement mes lèvres quand il rabaisse sa capuche et m’offre un regard tout endormi.

« Oh c’est à peine réveillé ça. »

L’instant d’après, je me retrouve avec ce grand corps maladroit qui me prend au piège, et j’ai le sentiment d’avoir un bébé dans les bras. A aucun moment je ne recule, au contraire, je le laisse faire, je le laisse se reposer contre moi et lui frotte le dos du plat de la main tout en posant mon menton sur une de ses épaules. Ce contact lui fait du bien, même si physiquement il lui fait un peu mal. Je le sais, je le sens, mais il m’en fait à moi aussi, uniquement du bien j’entends. Ces dernières semaines il a été quelque peu distant, volontairement ou pas, et quelque part ça me rassure de le voir se comporter comme ça avec moi. Ça n’est pas professionnel, j’en ai parfaitement conscience, mais ça me passe totalement au-dessus de la tête. On a dépassé ce stade depuis bien longtemps.

« Ça va ? Tu as passé une bonne nuit ? »
« Hum hum. Toi ? »
« Probablement moins intéressante que la tienne mais oui, aussi. »

Et lentement, dans un profond soupir trahissant son épuisement, il s’écarte et me regarde de ses petits yeux à peine ouvert, les cheveux dans tous les sens … On lui donnerait le bon dieu sans confession. Oui, je craque, totalement.

« Lune a passé une partie de la nuit entre les pattes de Fenrir. »
« M’étonne pas d’elle ça tiens, traitresse. »

Un sourire, de son côté comme du mien. Il s’accroupit quelques secondes pour caresser Fenrir puis lorsqu’il se relève, chose qui semble laborieuse, instinctivement ma paume se pose sur sa joue.

« Tu es frigorifié. »

Ce qui n’a rien d’étonnant un lendemain de pleine lune alors qu’il a dû retrouver sa forme humaine il y à peine une heure.

« Aller, file, vas te mettre au chaud et puis j’en connais un qui doit t’attendre avant d’aller en cours. Et mange un morceau avant d’aller te coucher, tu es tout pâle. »

Mère poule.

« Va pas vexer mon bronzage australe inné. »
« Tu passeras me voir quand tu auras récupéré ? »
« Faut que je finisse un truc pour Mlle W. mais après ? En fin de journée je pense, avant le repas de ce soir. »
« Oui, d’accord. Je serais surement encore aux enclos. »

C’est donc acté, il n’a pas l’air de s’en formaliser plus que ça mais vu son état, encore une fois, ça n’a rien d’étonnant.

« Repose toi bien mon grand. A ce soir. »
« Merci. Bonne journée Isma. »

Il reprend sa route, d’un pas toujours aussi lent, mains dans les poches et capuche à nouveau sur la tête. Je le regarde s’éloigner pendant quelques secondes puis finalement reprend mon cheminement à mon tour.

~*~

Vendredi, fin d’après-midi – Après les cours



Les élèves viennent de partir, il est 18h, mais ma journée n’est pas encore terminée. Si eux ont des devoirs à faire, moi j’ai leur copie à corriger, un nouveau tour des enclos à faire, une discussion avec un jeune Loup-Garou à avoir, etc … Priorité ? Ranger le terrain d’étude, vérifier qu’il ne manque rien dans le garde-manger, voir si tous les points d’eau ont encore un niveau suffisant et donner leur ration du soir à certaines des créatures. Peut-être que j’attendrais qu’Enzo soit là pour ça, je suis certaine que ça lui fera plaisir de faire le tour avec moi. Direction l’enclos des Scroutt ! Je sens que ça va être une partie de plaisir de changer le pansement de la femelle sans tout faire exploser. En réalité, c’est toujours une partie de plaisir. C’est parfois difficile bien sûr mais j’estime avoir une chance d’exercer un métier qui me plait autant. C’est donc cette direction que je prends avant d’être attiré par Fenrir ou plutôt ses aboiements, là-bas, un peu plus loin dans le Parc, près du Lac. Panique ? Non. Mon sang reste froid mais les battements de mon cœur accélèrent néanmoins parce que Fenrir n’est pas du genre à aboyer sans raison. Je me dirige donc vers l’endroit où il se trouve, c'est-à-dire au pied d’un arbre, baguette à la main, prête à réagir en cas de besoin … pour finalement me rendre compte qu’il est simplement entrain de s’énerver … sur un écureuil. M’énerver ? Non, j’éclate de rire, un peu soulagée au demeurant.

Demi-tour, retour au boulot, c'est ce qui était prévu au programme jusqu'à ce que mes yeux se posent sur celui qui parfois prend une autre forme : Celle d'un solide Leonberg. En cet instant ça n'est pas sur quatre pattes mais bien sur deux jambes qu'il se déplace et si mon attention est totalement concentré sur lui, il ne semble pas m'avoir vu. Des semaines. Ça fait des semaines que je l'évite comme une gamine qui ne sait pas vraiment comment se comporter en sa présence et en cet instant je trouve cette situation totalement ridicule. C'est peut-être pour ça que je me dirige vers lui sans réfléchir une seconde de plus, sans tergiverser, sans me poser la moindre question et surtout pas pour me demander ce que je vais bien pouvoir lui dire … Fenrir d’abord sur mes talons, puis à quelques mètres devant moi, puis … je ralentis alors qu’il va réclamer de l’attention à Leiv … J’ai cette furieuse envie de faire demi-tour, regarde à droite, puis à gauche, mais rien ne pourrait justifier un détour de ma part à présent … Tu t’es mise toute seule dans la panade, Ismaelle … Prends ton courage à deux mains ma fille, aller !

Nouvelle « accélération », je n’essaie même plus d’avoir l’air naturel et décontracté alors que je me plante devant lui et pose mes mains sur mes hanches.

« Est-ce qu’on va en parler un jour ou pas ? »
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Mer 20 Jan 2016 - 19:25

 ►I didn’t see it coming◄
Ismaelle & Leiv  

 
Vendredi 6 Mars — Peu après 18 heures.
 
Isolés dans la salle « secrète » de l’infirmerie, Katherine relève son débardeur pour me permettre d’écouter son cœur ainsi que ses poumons. Attentif, je pose le stéthoscope sur sa poitrine puis contourne la jeune femme pour réitérer le même geste dans son dos, à plusieurs endroits, guettant un quelconque crépitement ou autre signe pouvant soulever mes inquiétudes.
Je me concentre, recommence une nouvelle fois pour être certain de ne rien louper avant de m’écarter et de poser l’instrument sur une table de métal. Je reviens me placer devant Katherine qui plante son regard dans le mien. Je sais qu’elle me sonde et ce, à la recherche du moins signe d’inquiétude. J’esquisse un sourire en coin alors que je palpe son cou.
 
— Cesse de t’inquiéter, tout va bien.
— Tu es sûr ?
 
Je continue de glisser mes doigts au cas où les ganglions seraient gonflés mais là encore, rien. Et c’est un grand soulagement.
 
— Je vais te faire une prise de sang au cas où mais tu n’as aucun signe inquiétant.
— Alors d’où ça vient ce maux à la tête ? Et les vomissements ?
— « Mal » de tête ou « ces » maux de tête. Je lui souris en douceur. Si Katherine s’évertue de me vacciner conter ma soit disant maniaquerie, je me permets de la corriger de temps à autre. Je pense que ce sont les effets secondaires de ton traitement. Je me dirige vers la petite armoire, en sort un garrot et une seringue neuve avant de venir m’asseoir face à elle. Tu veux bien t’allonger s’il te plait ?
— Et je ne peux rien faire contre ça ?
— Je peux te donner quelque chose pour te soulager. Elle me tend son bras droit où j’y glisse la lanière de plastique autour de sa peau avant de désinfecter l’endroit du prélèvement. Mais je ne te promets pas que ça agisse au point de faire disparaitre les effets secondaires.
 
Elle grimace, agacée et je la comprends. Le cancer a été difficile à digérer mais aussi douloureux. Même si Katherine a eu la chance d’avoir pu être soigné par la magie, certains effets ne sont pas éradiqués pour autant. Le début d’année a été compliqué pour la jeune femme et aujourd’hui elle doit faire face à des effets indésirables du traitement censé finir sa guérison une bonne fois pour toute. Elle a repris des couleurs depuis qu’elle est ici, le sourire est également revenu mais je veille malgré tout à ce qu’elle se repose parce que je ne permettrais plus aucun zèle au sujet de sa santé. Ni d’aucune autre d’ailleurs.
La mort de Megan hante parfois mes nuits, me donnant des sueurs froides lors des rares heures où je trouve le sommeil. Du temps, c’est ce qu’il me faut. Pour John, c’est de parler dont j’ai besoin, ou mieux, de me laisser aller à ces interdits que je m’impose.
 
— Inspire. Je glisse l’aiguille sur sa peau et prélève un premier tube. Ca va ?
— J’ai l’habitude, tu sais.
— Je sais. Deuxième tube. Tu es contrariée, je me trompe ?
— Qui ne le serait pas Leiv ? Je suis fatiguée, je veux que ça en finisse.
— Bientôt. Troisième tube et je retire doucement l’aiguille pour la remplacer par un petit morceau de coton que je maintiens. Le printemps arrive, le soleil avec, tu vas avoir le droit à ta cure de vitamine D. Et demande à Dimitri de raconter moins d’âneries pour te ménager.
 
Cette fois, elle sourit tendrement puis franchement.
 
— C’est sa seconde nature, ça va être compliqué.
 
Le rire s’en mêle où moi-même je me laisse aller bien qu’il fut court et léger. Je ne peux pas nier que Katherine m’a permis de me défaire de certaines vieilles et sales habitudes que je possédais envers l’être humain. Je n’en reste pas moins intransigeant, voir froid, mais je sais être plus avenant avec ceux que je commence à réellement connaitre. Me laissant plus aller aux sourires et à l’humour que je ne le faisais.
 
— Tiens, Adrian m’a envoyé ça pour toi.
 
Je recule mon tabouret pour saisir une pochette cartonnée et la lui tendre par la suite. Surprise, elle défait les élastiques et y trouve un dessin fait de sa main que je me suis autorisé à regarder ce matin lorsque je l’ai reçu. Y est représenté Katherine avec de long cheveux noirs bouclés et un sourire qui dépasserait presque de son visage tant il est grand, debout entrain de danser sur une colline d’Espagne. Le tout grossièrement fait même si à mes yeux, il se débrouille plutôt bien du haut de ses 10 ans.
 
— Dis-toi qu’il n’a même pas prit la peine d’en faire un pour son vieux père.
 
Et c’est ce sourire-là, celui qui illumine dès à présent son visage, que je souhaite lui faire conserver. Katherine sans un de ces sourires, n’est plus Katherine. Et sans elle, Merlin sait à quel point ces lieux seraient bien tristes sans son soleil hispanique.
 
 
¥
 
Je m’accorde maintenant une pause et m’octroie le droit de déambuler dans le Parc afin de prendre un peu l’air. Après avoir fini d’ausculter Rina, j’ai pris le temps d’envoyer ses résultats à Saint Mangouste sous l’accord de Rivers – puisque les courriers sont vérifiés, j’ai préféré que les choses soient accélérer vu l’enjeu médical – pour ensuite terminer le complément de certains dossiers. Chose que j’ai rapidement effectué pour ensuite laisser Maxence et Katherine gérer le tout.
Logé dans mon manteau, visage à l’air libre, j’ai la sensation que ça fait bien des jours, voir des semaines, que je ne me suis pas accordé un temps à moi, pour simplement décompresser l’espace d’une demi-heure. John me rappelle régulièrement que je dois lâcher prise et que je dois un peu plus me reposer. J’ai comme la sensation d’un déjà-vu… Mais j’essaie au mieux de suivre ses conseils. La preuve en est en cette fin de soirée où tous les élèves sont de retour au château après leurs cours de Botanique ou de SACM dont le terrain se trouve non loin d’où je suis. Je continue ma marche à plusieurs mètres du Lac avec la furieuse envie de laisser un Leonberg galoper à l’orée de la forêt. Pourtant, je me contente simplement de rester là, à inspirer l’air frais. Les aboiements de Fenrir se font entendre au loin. L’animal qui a sauvé l’homme. L’animal qui ne tarde pas à venir à ma rencontre puisque je l’entends galoper jusqu’à moi.
 
— Bonsoir bonhomme.
 
Je m’accroupie alors qu’il jappe devant moi, sentant malgré tout mon estomac se crisper légèrement pour la simple et bonne raison que lorsque Fenrir est présent quelque part, sa maitresse n’est jamais loin. Alors que de mes deux mains j’affuble le crâne de mon nouvel ami de caresse, je me demande depuis combien de temps elle et moi n’avons pas parlé…
Une semaine ? Deux ? Bien plus encore. Nous ne nous sommes pas réellement parlé- voir pas du tout – depuis la mort de Megan. Et surtout, les choses semblent s’être compliqués depuis que…
 
— Est-ce qu’on va en parler un jour ou pas ?
 
Les câbles de l’ascenseur lâchent brutalement et je me retrouve tiré vers le bas, en chute libre, d’un 20ème étage au sous-sol. Et ce, avec un simple timbre de voix et une seule et unique phrase.
Toujours un genou au sol, Fenrir me délaisse pour venir aux pieds d’Ismaelle qui se tient devant moi, mains sur les hanches, aux traits déterminés. Je lève mon regard vers le sien et me remet debout pour lui faire face moi aussi. Je ne suis pas un hypocrite, je ne prétendrais pas de ne pas comprendre ce quoi elle parle. Tout en elle me fait comprendre qu’elle me met aux pieds du mur sur un sujet que j’ai tant de fois esquiver, tant de fois essayer d’évincer de mes pensées. Ismaelle me hante un peu plus chaque jours, je ne peux plus le désavouer. Et ce baiser est devenu une véritable torture autant qu’un plaisir que de se le remémorer.
 
Je reste droit sans éviter son regard. Je mets du temps à répondre … Parce que je ne sais pas quoi lui dire de plus. Que veut-elle savoir ? Que veut-elle que je lui dise ? Si j’ai aimé ? Si j’y pense ? Pourquoi ça s’est produit ? Si tout cela doit avoir un sens ?
J’ai longtemps pensé que je n’étais plus en droit de vivre autre chose que mon histoire de père et d’ami, ou même de médecin. J’ai longtemps pensé que je ne méritais plus d’avoir l’amour d’une femme entre les mains, que je n’en étais plus digne après la souillure causée à Nora. Et si John n’avait pas été là pour me remettre quelques idées en place à force d’insistance, ce sont certainement ces mots-là qui auraient franchi mes lèvres : Il ne s’est rien passé. Juste une erreur sous une émotion fugace.
Et ce, peu importe mon propre désaccord ou la douleur que cela m’aurait manifesté. Je l’aurai faite fuir, un maximum.
 
Je ne sais pas par où commencer, ni comment sortir tout ce que cela peut vouloir dire chez moi. J'ai perdu le sens des relations humaines et surtout intimes. Alors, je mets en action ce que je sais faire le mieux : Être pragmatique. Prendre les choses une à une.

— Oui. Il faut qu'on en parle.

Je ne bouge pas, reste planté là devant elle, droit sans la lâcher des yeux.
Il serait temps de se bouger et de prendre ses responsabilités.

— Je suis désolé de t'avoir évité durant tout ce temps mais ça me dépassait complètement.

Je rentre dans le vif du sujet puisque plus je tournerais autour du pot, moins j'aurai le courage de me lancer. La première chose que je ferais, c'est fuir. Hors, je ne le souhaite pas même si une part de moi, celle qui est née le jour où j'ai trompé Nora, voudrait que je m'inflige cette simple punition de lui tourner le dos. Mais je n'en ai pas envie. Elle est venue jusqu'à moi pour mettre carte sur table alors, on ne se défile pas. Je ne suis pas ce genre d'homme. J'assume mes actes, mes idées, ma façon de voir les choses, ça n'est pas aujourd'hui que ça s'arrêtera. Je m'excuse d'une chose dont elle est aussi coupable que moi. Nous avons peut-être été deux idiots sur cette histoire.

Je laisse planer un silence, mon regard toujours dans le sien. J'ai naturellement cette stature dans ma manière de me tenir mais à aucun moment je n'essaie de prendre l'ascendant sur sa personne, au contraire. J'étais incertain mais aujourd'hui, j'affirme seulement ce qui se trame de mon côté, avec franchise et honnêteté.

— Je ne peux pas continuer à te fuir comme si j'avais 14 ans, ces jeux-là ne sont plus pour moi. J'approche d'un pas sans pour autant empiéter sur son espace vitale, c'est un simple réflexe que j'ai, par besoin de me rapprocher d'elle. Je veux juste que l'on soit honnête, toi et moi.

Mes yeux scrutent ses traits, un crépitement familier se manifeste au creux de moi. Je me souviens de cette discussion dans sa cabane, celle que nous avons eu le soir où Megan est morte. Mais aussi de ce bien être qui se manifeste lorsque je suis avec elle. La simple envie d'être en sa présence, de l'entendre. De la sentir.
Je crois que c'est l'ombre d'un sourire qui s'esquisse sur mes lèvres même si la lutte reste omniprésente chez moi. Parce qu'en réalité, c'est un réel combat qui s'engage entre ce que je suis vraiment et celui que j'ai forgé. Depuis des semaines, je retrouve peu à peu l'homme que j'étais et en cette seconde, il ne demande qu'à se manifester.

— Qu'est-ce que cela vaut pour toi ?
 
Mon estomac se noue dans l'attente de ses mots, du verdict, sans la lâcher du regard.
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Mer 27 Jan 2016 - 19:22

« Oui. Il faut qu'on en parle. »

Pourquoi est-ce que j’ai fait ça ? Pourquoi ?! Donnez-moi une seule bonne raison, quelque chose de rationnel, n’importe quoi … C’était impulsif, complètement et totalement impulsif, le fait est que je me retrouve désormais prise à mon propre jeu et si j’affichais un air plein de confiance jusqu’ici, à présent ça n’est plus du tout le cas. Ismaelle Luna Stoneheaven, la prochaine fois pense à réfléchir avant d’agir …
Et si c’était justement ça le problème ? Si je réfléchissais trop avant d’agir ? Le moins que l’on puisse dire c’est que ce jour-là dans le lac je n’ai pas du tout réfléchis, voilà ce qui nous met aujourd’hui tous les deux dans cette situation qu’on a – si je ne m’abuse – envie de fuir tous les deux.

J’ai eu le temps de me décomposer à peu près cinquante fois le temps qu’il se décide à briser le silence et si en temps normal la patience est une de mes qualités, je ne peux pas prétendre ne pas avoir été au bord de l’implosion. Je me fustige d’avoir foncé dans le tas comme je l’ai fait, je me dis … que ça n’était qu’un moment d’égarement ce jour-là, qu’on aurait fini par oublier, que ça n’était rien … Sauf que ça n’est pas dans mes habitudes de sauter sur le premier qui passe, ça ne l’a jamais été, alors … Peut-être que Leiv n’est simplement pas le premier qui passe, peut-être que j’ai simplement réagit selon mon bon vouloir, parce que j’en avais envie … Chose qui me colle carrément les pétoches, soit dit en passant. Oui, les pétoches, parfaitement ! Quelqu’un a-t-il un problème avec ce terme ?

Autant dire qu’actuellement la grande Ismaelle a descendu d’un étage d’elle-même et qu’elle n’en mène absolument pas large, c’est le moins que l’on puisse dire. Je suis arrivée là pleine de conviction, avec mes gros sabots, et il m’a refroidi d’un regard. Résultat je ne moufte plus, ayant le sentiment d’avoir perdu 20 ans et d’être prise en flagrant délit d’une bêtise par un adulte. Je ne sais pas si je me suis déjà sentie aussi petite … T’es obligé d’être aussi pragmatique et droit ? Presque froid même. C’est très déstabilisant dans ce genre de conversation. Je vais peut-être y aller moi, je dois bien avoir quelque chose à faire par là …M’enterrer dans un coin par exemple, ça me semble pas mal comme projet d’avenir proche. Hum.

« Je suis désolé de t'avoir évité durant tout ce temps mais ça me dépassait complètement. »

Déstabilisant. C'est le premier qualificatif qui me vient à l'esprit alors que je soutiens ce regard bleu et surtout glacial qu'il m'adresse. Ces derniers mois j'ai appris à m'habituer à sa présence sans pour autant me sentir proche de lui puisque c'est comme s'il existait une barrière invisible entre lui et le reste du monde. Cette barrière m'est bien palpable en cet instant mais je m'interroge : A quel moment je me suis finalement sentie suffisamment proche de lui pour faire ce que j'ai fait ? Oui il y a cette distance qu'il semble avoir avec chacun mais il n'en est pas inaccessible pour autant et ça n'arrange clairement pas les choses. S'il l'était totalement, je n'aurai qu'à le considérer comme je considère pleins d'autres de mes collègues, simplement d'une manière professionnelle. Si au contraire il ne l'était absolument pas alors peut-être qu'on aurait une relation un peu plus familière, se rapprochant de ce que je peux partager avec Logan, Maxence, Dimitri ou Benjamin par exemple, sans parler de Rina bien évidemment. Si je devais comparer nos échanges à quelque chose de déjà existant je pense que je ferais le parallèle avec Phaedre, dont je me sens proche tout en gardant une certaine distance. A l'exception que jamais ça ne m'a traversé l'esprit de sauter au coup de cette dernière …

Déroutant, aussi, car difficile à suivre parfois. Je ne suis pas d'un naturel extrêmement extravertie mais quand je me sens à l'aise avec quelqu'un ça se voit et ça été le cas avec lui à plusieurs reprises. Pourtant je crois qu'inconsciemment, ou pas du tout en réalité, j'ai moi aussi évité de croiser son chemin dans la mesure du possible. Tout simplement parce que je ne sais pas quoi penser, ni ressentir, et que cette situation me dépasse totalement moi aussi, elle me sort de ma zone de confort. Il n'y en a pas eu des dizaines à me projeter dans cet état, en réalité il n'y en a eu qu'un seul, qui aujourd'hui est totalement sorti de mon quotidien même s'il ne sortira jamais réellement de ma vie.

Et puis, indéchiffrable.

« Je ne peux pas continuer à te fuir comme si j'avais 14 ans, ces jeux-là ne sont plus pour moi. »

Il s'avance d'un pas, mon cœur fait une embardée et je lute contre cette envie de reculer. M'éloigner de lui ? Oui, c'est ce que je veux, ce qu'une partie de moi veut … alors que l'autre semble tout à fait consciente qu'il s'agit en réalité du contraire.

« Je veux juste que l'on soit honnête, toi et moi. Qu'est-ce que cela vaut pour toi ? »
« Euh … Je … »

J'ai servi dans l'armée, depuis plus de deux ans maintenant je gère des élèves, des créatures parfois dix fois plus grosses que moi si ce n'est plus, je fais partie des personnes en charge de cette école, j'ai affronté l'ennemi, pris soin de ceux que je pouvais comme je pouvais. J'ai vécu deux traumatismes personnels très important, géré tout un tas de crises en somme mais ça … ça me dépasse totalement et je me mets clairement à paniquer.

« Je n’avais pas du tout prévu ça, pas du tout. Absolument pas. »

Si lui reste de marbre moi je ne peux pas. D'une parce que ça n'est de toute façon pas dans ma nature d'être comme ça et deux parce que mon corps ainsi que mon esprit en ont décidé de toute façon tout autrement. Alors je m'agite, une main toujours sur la hanche et l'autre sur le front, le regard allant et venant entre lui, Fenrir, le Lac, le vide, tout et n'importe quoi finalement. Et si je parle – d'un ton rapide et très nerveux – c'est plus à moi-même qu'autre chose. Qu'est ce que je n'avais pas prévu au juste ? Précisément ce qui est entrain de se passer, à commencer par sa manière de me retourner la question sans y répondre. D'accord, je ne l'avais pas formulé clairement mais c'était explicite, non ?

« J’en sais rien, j’en ai pas la moindre idée. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça ce jour-là, à vrai dire. Comme là, je n’ai pas réfléchis, j’ai juste agis. »

Chose qui ne me serait jamais arrivé il y a encore quelques années. J'étais pleine de principes, psychorigide sur bien des points, aimant que tout soit à sa place, etc … Aujourd'hui je me rends compte à quel point j'ai évolué. En bien ? En mal ? Je ne pense pas que ça soit de circonstance, j'ai simplement évolué, en fonction de ce que j'ai vécu, en fonction des rencontres aussi peut-être et puis de mon environnement.
Je m'immobilise finalement, les bras retombant le long de mon corps dans un soupir que je ne saurais réellement qualifier alors que c'est un regard probablement légèrement désespéré que je lui adresse.

« Donc j’imagine que c’est parce que j’en avais envie ? »

Après tout, c'est vrai, personne ne m'a forcé. J'aurai pu prétendre être victime d'une mauvaise blague comme il l'a été lui-même il y a quelques mois de ça mais s'il y a bien une chose que je ne suis pas c'est une menteuse.

« Il y a quelque chose chez toi qui m’a poussé à agir comme je l’ai fait. »

Sauf que je n'arrive pas à déterminer ce que c'est, probablement pour la simple et bonne raison que je me refuse tout bonnement d'y réfléchir. Je crois que j'aurai trop peur de devoir faire face à certaines choses alors adopter la politique de l'autruche me paraît une option plus sécuritaire. Je ne suis pas de celles qui prennent des risques, pas dans ce genre de cas de figure en tout cas, parce que j'ai peur, tout simplement. J'ai peur de tout ce que cela pourrait changer dans mon existence.
Quand on le regarde ça n'est pourtant pas tellement compliqué, il a malgré cette froideur apparente un côté rassurant indéniable, ne serait-ce que par sa carrure. Bien que je ne m'attache pas réellement à ce genre de choses, il est très bel homme mais surtout quand on apprend à le connaître au delà des apparences on se rend rapidement compte qu'il est plus que ce qu'il montre.

« Maintenant, savoir ce que ça vaut pour moi … Je te l’admets, c’est un mystère. Je ne sais pas si ça engage à quelque chose, tout ce que je sais c’est que, oui, si j’ai fait ça c’est parce que j’en ai eu envie sur le moment. Et j’ai aimé cet instant, j’ai aimé ce que j’ai ressenti quand j’étais dans tes bras mais c’est aussi quelque chose qui me fait peur. Qui me terrifie même. »

Je pense que les tremblements de mon corps que je n'arrive pas à contrôler parlent suffisamment d'eux même mais j'ai joué cartes sur table, autant que je le pouvais. Je suis sortie de ma zone de confort et j'en attends de lui qu'il en fasse autant ...

« Et toi ? Qu'est ce que tu penses de tout ça ? Qu'est ce que ça vaut pour toi ? »

… Ou bien qu'on tire un trait sur cet aparté, qu'on fasse comme si ça n'avait pas existé et qu'on reprenne nos chemins respectifs sans se poser plus de questions.
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Mer 3 Fév 2016 - 9:26

— Euh … Je …

Se sentir comme un adolescent de 14 devant la jeune fille qui ne vous laisse pas indifférent est une chose que je n’avais pas ressentie depuis des années. Comme si tout cela remontait à des décennies. Pourtant, je suis nerveux, presque froid parce que je me sais être incroyablement maladroit lorsqu’il s’agit des relations humaines. D’autant plus lorsque celles-ci sont intimes.
Je me retrouve face à une situation que je ne contrôle et ma nature fait que j’ai simplement du mal à lâcher du lest, à relâcher la bride. Ismaëlle est face à moi, perdant toute l’assurance qu’elle affichait lorsqu’elle est venue me mettre au pied du mur. Il semblerait que je ne sois pas le seul à me sentir aussi démunie. Parce que c’est le cas, même si je n’affiche que cet insupportablement indéchiffrable. Je n’arrive pas à faire autrement pour l’instant, pas tant qu’elle n’aura pas répondu. L’instinct fait que je me refuse à toute exposition puisque le retour de flamme n’est pas à ignorer. Est-ce que j’attends quelque chose ? Je n’en sais rien. Je ne sais plus réellement. Je me retrouve face tant de questions que je ne sais plus à quoi penser en premier lieu.

Je ne cesse pas de la regarder, la détaille en silence, bien droit. J’ai le trac. C’est une vérité que j’assume visiblement mal pour l’instant. Et si j’ai le trac… c’est que j’attends forcément quelque chose. C’est le comble d’être aussi sûr de soi dans sa vie quotidienne, d’être médecin et de ne pas être capable de s’y retrouver parmi ce dédale de sentiment.

— Je n’avais pas du tout prévu ça, pas du tout. Absolument pas.

Je ne réponds pas. Je devrais lui dire quelque chose ; Lui dire que ça n’est rien, que ça n’est peut-être pas si compliqué. Mais je reste de marbre. Et au fur et à mesure que les secondes passent, les choses deviennent évidentes.
Plus Ismaëlle me semble déstabilisée, plus l’envie de faire un pas supplémentaire vers elle, de la prendre dans mes bras comme cette nuit où je n’ai pas réussi à sauver Megan, se fait plus pressante. Son regard s’affole, le mien se fait fixe. Relâcher la pression. Inspirer, expirer.

— J’en sais rien, j’en ai pas la moindre idée. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça ce jour-là, à vrai dire. Comme là, je n’ai pas réfléchis, j’ai juste agis.

Je n’aime pas la tournure que prennent les choses et la déception immerge doucement à la surface. Je me retrouve piégé par mes propres émotions. Et l’admettre me contrarie. Je m’étais simplement promis de ne plus m’accorder ce droit, de me laisser aller à une autre. Pas par respect pour Nora mais parce que je me sentirais... traitre. Comme si les sentiments pouvaient se contrôler. Sombre idiot. Comme si j'y pouvais quelque chose...
Je capte son regard, je serre les dents.

— Donc j’imagine que c’est parce que j’en avais envie ?

Ascenseur émotionnel violent.
Passer d'un froid intense à une chaleur diffuse, dénouant l'estomac, donnant la sensation de respirer de nouveau correctement.
De nouveau, prit au piège face à mes propres émotions. Si je me posais un milliard de question quelques minutes plutôt, je n’ai pas d’autre choix de faire face à ce qu’il se passe en ce moment même. Les mots de John se répètent inlassablement.

— Il y a quelque chose chez toi qui m’a poussé à agir comme je l’ai fait. Maintenant, savoir ce que ça vaut pour moi … Je te l’admets, c’est un mystère. Je ne sais pas si ça engage à quelque chose, tout ce que je sais c’est que, oui, si j’ai fait ça c’est parce que j’en ai eu envie sur le moment. Et j’ai aimé cet instant, j’ai aimé ce que j’ai ressenti quand j’étais dans tes bras mais c’est aussi quelque chose qui me fait peur. Qui me terrifie même.

Je ne sais pas comment prendre ces mots, ses aveux. Je ne sais pas si je dois comprendre par-là que peut-être ça n’était qu’un moment de faiblesse de sa part qu’elle pourrait peut-être regretter aujourd’hui. Ou si, tout simplement, la peur annihile toute sensation positive à ce sujet, la repoussant loin d’une limite qu’elle n’oserait franchir. Je ne sais pas d’où lui vient cette peur, cette terreur, ni ce qu’elle a vécue vis-à-vis de ça mais je n’ose franchir le pas pour lui poser la moindre question. Ca n’est tout simplement pas le moment.
Un problème à la fois.
Elle tremble, je ne bouge toujours pas, bloqué dans une immobilité que je n’ose rompre pour le moment.

— Et toi ? Qu'est ce que tu penses de tout ça ? Qu'est ce que ça vaut pour toi ?

Mon regard reste dans le sien, je la sonde un instant.
Ce que j’en pense ?
Il serait peut-être temps d’être tout simplement honnête, au moins envers soi-même. Je remonte à quelques jours, voir, quelques semaines plus-tôt, où elle est venue m’embrasser sans crier gare. Je n’ai pas besoin de faire de nombreux efforts pour me remémorer les sensations ressentis en cet instant. La vérité est que je m’en suis retrouvé déstabilisé mais aussi logé dans un bien-être tout nouveau. Quelque chose de neuf, de vivant, une sensation que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. Ce qu’il s’est passé avec Nora m’a suffi pour me briser et me brider, me contentant de rester plonger corps et âme dans mon job après avoir vaincue ce problème d’alcoolisme. Il y a tant de choses qu’elle ne sait pas sur mon compte, des choses qui pourraient la faire fuir, lui couper toute envie de venir chercher des explications.
Et l’idée qu’elle parte en sachant ces détails me déplait, me contrarie.

— Beaucoup, je crois.

Mes premiers mots, d’une voix légèrement enrouée. Je me passe une main sur le visage, relâchant légèrement la pression, ma stature devenant moins crispés, moins tendus.
Puisque si le contraire était de mise, je ne serais pas là à me poser un milliard de question. Je ne suis pas le genre d’homme volage, à flirter, comme je peux voir Dimitri le faire parfois. Ce n’est pas tellement une question d’âge mais aussi de façon d’être. Si je dois recommencer quelque chose avec quelqu’un, je ne peux pas me baser sur des peut-être. Est-ce que je suis prêt à reprendre un risque alors que je m’étais barricadé dans cette froideur pour justement fuir ce genre de situation ?

— Je ne suis pas le genre d’homme qui se laisse facilement aller aux sentiments, tu commences à me connaitre. Mais je ne peux pas faire autrement que d’admettre que les choses sont différentes lorsque je suis avec toi. Je n’ai pas envie de fuir, de tourner autour du pot encore des semaines. Je ne vais pas non plus jouer les grands mélomanes en te dictant tout un discours poétique. Je suis distant, froid et inexpressif mais si ce qu’il s’est passé au Lac était à refaire, je n’y changerais rien. Je ne me suis pas senti aussi vivant depuis … longtemps.

Le visage de Megan me revient sans cesse, presque chaque nuit. J’ai donné toute mon énergie pour essayer de la sauver et je n’ai pas réussi ne serait-ce que la faire revenir suffisamment de temps pour pouvoir lui accorder un peu de temps avec Cameron ou un proche. Cette histoire me hante autant qu’elle me ramène à la réalité. Le temps s’égrène, Adrian grandit et moi j’avance toujours avec le même fardeau que je me traine depuis presque 4 ans. John est un ami mais il n’a pas hésité à usé de ses mots de psychiatre pour me faire voir de sales vérités en face.
Est-ce que je suis réellement prêt à laisser passer une chance avec Ismaelle ? Est-ce que je suis réellement prêt à regarder ma vie défiler sans rien y faire de plus ? A me complaire de cette « fatalité » que je m’inflige seul ?

J’ai déjà fait un pas en avant, s’arrêter en si bon chemin serait d’une stupidité sans nom.

— Tu ne me laisse pas indifférent. Plus que je n’oserais l’avouer pour être honnête.

Ces mots me coûtent, pas parce que j’ai honte mais parce que je ne suis pas le genre d’homme à exprimer ce que je ressens. J’ai plutôt tendance à me cloitrer derrière des murs de bétons, refoulant tout ce qui peut me ronger en silence. Et c’est l’ébauche d’un sourire qui s’affiche sur mes lèvres.
Je scrute son visage alors qu’elle n’est plus si loin de moi, avec l’envie pressante de l’avoir de nouveau contre moi. Il est vrai qu’elle tranche énormément avec Nora. Mais c’est ce qui me touche. Ismaëlle possède la stature de ces femmes fortes qui tentent à tout prix de gérer un maximum de chose seules et qui le font très bien. Mais si nous creusons un peu plus, c’est une tout autre facette que nous découvrons. Une fragilité touchante, séduisante. Et dire que ses sourires et ses manières de se déplacer dans son environnement ne le sont pas, serait mentir.

— Et je ne veux pas que tu ais peur de moi.

Je lâche un soupir, pour relâcher une nouvelle pression alors que je franchis le dernier pas, lentement. Je me contente simplement de tendre une main vers son bras que je prends entre mes doigts, en douceur, pour ensuite remonter jusqu’à son épaule, puis son cou. Sans rien faire d’autre que de laisser ma peau entrer en contact avec la sienne et tout ça avec une délicatesse que je maitrise sans jamais cesser de la regarder. Une vague de chaleur se propage au creux de mon estomac suivit de long frisson sur mes avant-bras. Dois-je mentionner que mon cœur s’emballe légèrement de son côté ? J’ai la sensation d’arriver face à un dénouement, comme si quelque chose d’important se jouait sous mes yeux et que j’en attendais la réponse. L’idée que je puisse lui inspirer de la peur me contrarie, je ne veux pas que ça soit la première chose qui lui vienne à l’esprit lorsque je l’approche. Et c’est pour ça que je me contente de ça, de cette main dans son cou alors que je lutte contre de nouvelles envies, de nouveaux… besoins. La sentir plus près, plus proche. Son odeur, le grain de sa peau, ses lèvres également, pour me souvenir de cette sensation de l’autre fois.
Et bon sang que je suis un bien piètre séducteur.
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Ven 12 Fév 2016 - 18:53

« Beaucoup, je crois. »

Si je m'écoutais, si je me laissais faire, si je laissais mon corps prendre le contrôle, j'aurai déjà deux doigts plaqués contre la carotide pour m'assurer que mon cœur bat toujours à un rythme normal et qu’il ne risque pas de s’emballer puis de s’arrêter à tout moment. Mon cœur, celui qu'Emily m'a offert, cette jeune fille que je n'ai jamais connu puisque sa mort m'a permis de vivre. C'est un tic, un toc peut-être, que je traine depuis l'enfance, depuis ces passages à répétition dans les hôpitaux, les greffes, toutes ces choses que j'ai fini par oublier avec le temps sans jamais réellement me les sortir de la tête. La cicatrice sur ma poitrine me le rappelle chaque jour quand je croise mon reflet dans la glace en sortant de la douche, elle me rappelle que je suis une survivante, tout comme le bracelet que je porte au poignet depuis plusieurs mois maintenant : Celui d'Alexander. Celui que je touche en ce moment même alors que mon regard reste prisonnier de celui de Leiv. J'ai beau savoir, me rendre compte, qu'il est tout aussi dépassé que moi par cette situation, je ne m'en sens pas moins minuscule face à lui. C'est quelque chose qui me rassure autant que ça me fait peur, dans ma tête j'essaie de brider les raccourcis qui peuvent se faire, les souvenirs qui remontent. Une fois je me suis laissée aller à … peut-être me dire que j'aurai pu être comme ces autres femmes qui prêtent attention aux hommes, à un homme, et cette fameuse fois m'a malheureusement vacciné. Ça m'allait parfaitement comme ça, aujourd'hui ces certitudes sont chamboulées. Comme les siennes ? C'est indéniablement et égoïstement plus facile de savoir que l'autre est dans le même état, ou dans un état s’en approchant en tout cas puisque je ne me permettrais pas d’affirmer quoi que ce soit concernant ce qu’il peut ressentir.

« Je ne suis pas le genre d’homme qui se laisse facilement aller aux sentiments, tu commences à me connaitre. Mais je ne peux pas faire autrement que d’admettre que les choses sont différentes lorsque je suis avec toi. Je n’ai pas envie de fuir, de tourner autour du pot encore des semaines. Je ne vais pas non plus jouer les grands mélomanes en te dictant tout un discours poétique. Je suis distant, froid et inexpressif mais si ce qu’il s’est passé au Lac était à refaire, je n’y changerais rien. Je ne me suis pas senti aussi vivant depuis … longtemps. »

Mon rythme cardiaque accélère à nouveau, par moment j’ai le sentiment d’être à deux doigts de tomber dans les pommes mais non, je reste là, bien campée sur mes jambes, le menton levé vers lui qui me dépasse d’une tête au moins. Un instant je détourne le regard, comme pour reprendre un peu consistance, m’apercevant ainsi que Fenrir est partie vagabonder un peu plus loin. Lâcheur. Mais pas que. Ce simple fait de sa part m’indique qu’il est suffisamment en confiance pour me laisser seule avec l’homme qui se tient devant moi, et cet homme n’est pas un Lycanthrope. Un Animagus, certes, mais je ne pense pas que les effets soient les mêmes. Il avait fait confiance à Jakob, mais une fois « l’incident » passé son comportement a changé radicalement et il ne l’a plus jamais laissé m’approcher sans montrer les crocs. Je le sais, il faudrait que j’arrête les comparaisons mais le processus prendra sans doute encore un peu de temps.
Concentration. Sur lui, Leiv, et non sur mes souvenirs de Jakob ni même Fenrir. Sur ses paroles. Il est vrai que Leiv ne donne pas le sentiment d’être l’homme le plus expansif de la terre et pourtant ça ne nous a jamais empêché d’avoir une conversation. Je l’ai vu s’ouvrir à moi au fil du temps, paraissant chaque fois moins rigide, découvrant une personne non dénuée d’humour, sans réellement m’en rendre compte finalement. Je n’y réfléchissais pas, je vivais l’instant comme il était tout simplement. A chaque fois. Quant à cette fois au Lac … C’est … Tout ça me dépasse, je …

« Tu ne me laisse pas indifférent. Plus que je n’oserais l’avouer pour être honnête. »

Deux choses : Le pas qu’il fait vers moi, qui me donne l’impulsion d’en faire un en arrière, impulsion que je retiens alors qu’un sentiment mitigé m’envahis. La peur de ce qu’il représente en tant qu’homme, et la confiance que je lui accorde malgré tout sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Sans réellement essayer. Et cet aveu, que je ne sais pas comment appréhender. Si lui n’est d’ordinaire pas très expressif je ne peux pas prétendre avoir de l’avance sur lui, pas pour ça en tout cas, parce que je suis simplement incapable de prononcer un mot. C’est les lèvres entrouvertes que je le regarde, complètement dévorée par le stress et tout un tas d’autres ressentis que je n’arrive pas vraiment à déchiffrer. C’est comme si une tempête avait lieux dans mon organisme, y compris dans ma tête où mon cerveau doit être entrain de se demander ce qui cloche chez moi. Nous sommes deux êtres humains, deux êtres humains qui ne se laisse mutuellement pas indifférent, ça devrait être simple non ? Je sais gérer des créatures bien plus grosses et plus dangereuses que moi, des adolescents, des jeunes adultes, des conflits, des combats, le sang, les cris et les larmes, la mort aussi mais ça …

« Et je ne veux pas que tu ais peur de moi. »

Curieusement, cette phrase me fait redescendre sur terre et me calme immédiatement. Sa sincérité en cet instant me touche réellement et c’est bel et bien de la culpabilité qui se fraie son sillage là dans mes veines. Je ne sursaute pas quand sa main se pose sur mon bras, non, je le laisse faire même si mon corps a des réactions que je ne contrôle pas toujours. Il y va en douceur, ne s’impose pas, ne me surprend pas, comme s’il devinait qu’il doit agir comme ça. C’est déroutant, extrêmement déroutant, mais les battements de mon cœur ralentissent alors que ses doigts se posent sur mon cou. Mes yeux ne quittent pas les siens, à aucun moment, et je me laisse aller à lever le bras pour poser ma main sur le sien, celui qui nous relie tous les deux physiquement. Un soupir m’échappe, avant quelques mots :

« Je ne peux rien te promettre pour ça, mais si ça peut te rassurer le problème ne vient pas de toi. »

En cet instant je me sens réellement désolée, pas en colère pour autant, simplement fataliste je crois ou plutôt résignée. Je le sais, j’en ai conscience, il a le droit de le savoir même si je n’entrerais pas dans les détails. Un jour, peut-être, mais je n’en ai pas la moindre certitude.

« Tu n’as pas à changer celui que tu es, ta façon d’agir, c’est simplement quelque chose que seul le temps pourra modifier je pense. »

Ça fera bientôt un an, certains se reconstruisent peut-être plus rapidement je n’en sais rien et je ne suis pas là pour me comparer aux autres, certainement pas pour ça. Et puis sans prévenir c’est un sourire qui étire mes lèvres, un sourire tranquille, précédé d’un soupir, ce genre de réflexe physique qui permet au corps de se relâcher un peu.

« Je ne suis pas habituée à tout ça, je ne sais pas comment réagir, comment me comporter. Je n’ai jamais vraiment été quelqu’un d’impulsif, pas pour ces choses-là en tout cas et … »

Ma tête se penche un peu sur le côté, renforçant le contact entre sa main et mon cou, mes doigts se serrent un peu plus autour de son bras et mon sourire s’élargit.

« Tu sais que si tu avais gardé ton air stoïque et impassible, je serais devenue folle. »

Cette fois c’est carrément un rire amusé que je laisse échappé, comme si mon corps prenait le relais et permettait à ma tête de faire une pause, ce qui n’est pas de refus très sincèrement.

« Je me sens moins impressionnée devant un Abraxan en colère, tout ça me dépasse complètement. »

Je ne sais pas de quoi j'ai envie, je ne sais pas non plus exactement ce que je ressens si ce n'est que son contact ne me donne pas envie de fuir, c'est seulement … Nouveau, inattendu et certainement pas une chose que je saurais gérer du jour au lendemain, sans savoir s'il y aura un lendemain. Je ne sais pas comment gèrent les autres, comment ils réagissent dans ce genre de cas de figure mais ça n'a pas d'importance pour moi, je vais faire exactement comme j'ai toujours eu l'habitude de faire : Gérer à ma façon. Ma façon à moi c'est de prendre le temps, parce que j'en ai besoin, et c'est sans doute en partie pour ça que je tourne la tête vers le château avant de river mes yeux à nouveau dans les siens, toujours aussi calme.

« Un de mes élèves doit passer me voir dans peu de temps, on doit avoir une discussion et ça prendra peut-être un peu de temps, mais je n’ai pas envie de laisser ça comme ça. Est-ce que tu serais d’accord pour qu’on se retrouve tous les deux après le diner ? 21h au rez-de-chaussée, dans le couloir de la Salle des Prof ? Je connais un endroit où on devrait être tranquilles. »

Un endroit qui m’est familier, un endroit où je me sentirais en sécurité, pas prise au piège et surtout avec des « issues de secours » facile d’accès. C’est peut-être un peu trop, peut-être que j’en fais des tonnes, mais c’est comme ça. J’ai beau avoir tendance à lui faire confiance, certaines plaies ne sont à ce jour toujours pas refermées et je ne me sens pas capable de me retrouver enfermée dans une pièce avec un homme, surtout pas quand celui-ci est autre chose qu’un ami. Avec Dimitri je n’hésiterai pas, pas une seule seconde, avec Leiv c’est totalement différent et au fond de moi je m’en veux, j’en veux également à Jakob d’avoir fait de moi celle qui aujourd’hui ressent cette peur, mais c’est comme ça. on n’efface jamais totalement ces choses-là, peu importe ce qu’il va se passer, je sais que ça prendra du temps.

J'attends sa réponse et puis me dégage en douceur de son contact, sans rien broncher, avec un sourire, avant de déposer un baiser sur sa joue ...

« A tout à l’heure. »

… Et de m'éloigner sans me retourner, non sans avoir laisser ma main glisser un peu le long de son bras en partant. Je ne fuis pas, je gère, c'est tout.

Isma, t'as un rencard.
Chut. Je viens vraiment de lui embrasser la joue là ?
Oh tu sais, tu lui as sauté au cou l'autre jour et ça n'est pas sa joue que tu as embrassé alors ...
Votre correspondant est décédé.

~*~


Comme il était prévu, Enzo débarque quelque temps avant le repas. Il fait déjà nuit, j'ai eu le temps de me calmer un peu et de me remettre les idées en place. J'avais laissé au Gardien en faction la consigne de laisser sortir le Gryffondor en lui précisent bien qu'il devait me rejoindre. Prenant son rôle très à cœur il a escorté le garçon jusqu'à ma cabane et après un signe de tête pour le remercier j'invite le jeune Lycanthrope à entrer avant de refermer la porte derrière nous deux. Je le laisse faire le fou avec Fenrir avec quelques minutes, attendant qu'il se décide à m'accorder son attention, chose qu'il ne tarde pas à faire.

« T’as meilleur mine toi. »

Il a du passer une partie de sa journée à récupérer, comme tous les mois, ça n'a rien d'exceptionnel en soi. Bras croisés, appuyée contre un des meubles je l'observe avec un sourire. Cette grande carcasse … Je sais beaucoup de choses sur lui, sur ce qu'il a vécu, sur ce qui en a fait un jeune garçon bien plus mature qu'il ne le montre, mais souvent c'est un enfant dans un corps démesurément grand pour lui que je vois. Et ça m'attendrit, énormément.

« Tu as rendu ton devoir à Mlle W. ? »
« Toi non plus t’arrives pas à prononcer son nom de famille, avoue ! »
« Je ne répondrais pas à cet allégation. Toi en revanche tu peux répondre à ma question. »

Il a le sourire jusqu'aux oreilles, secoue la tête mais abdique, deux mains posées sur le dossier d'une des chaises.

« Oui, j’ai rendu mon devoir à Mlle W. »
« Ta punition tu veux dire. »
« Oui, ma punition. »

Non, rien ne m'échappe, d'autant moins quand la Professeur en question m'en a parlé elle même. Je ne suis pas sa Directrice de Maison, ça n'est pas dans mon cours qu'il a été réprimandé, ça n'est donc pas à moi de gérer et je ne m'en mêlerai pas. Ça n'est de toute façon pas pour ça qu'il est là, disons pas seulement.

« Bon, c’est bien. »

Je me détache à présent du meuble et me dirige vers l'endroit où se trouve de quoi boire et parfois de quoi manger.

« Tu veux boire quelque chose ? »
« T’as du café ? »

Je pense que le regard que je lui lance en me retournant vers lui est suffisamment éloquent parce qu’il me répond du tac au tac, un sourire en coin.

« T’inquiète, j’irai pas faire du skate dans les couloirs en pleine nuit, promis. Même un café à cette heure-là ne m’empêchera pas de dormir comme une masse jusqu’à demain matin. »

Lendemain de Pleine Lune, j’aurai tendance à le croire même si je me méfie clairement de son air innocent.

Une tasse dans chaque main, une que je lui tends, remplie de café donc et du thé pour moi, je lui fais signe de s'assoir face à moi, à la table, et la conversation s'installe finalement. Une conversation comme on n'en avait pas eu depuis un moment, mais comme toujours je lui ai laissé le temps. Il s'est confié à moi, sur ce qu'il s'est passé chez leur Grand-Père, il m'a aussi raconté ses vacances sur une note un peu plus légère, puis son retour, tout ce qu'il s'est passé dans sa tête depuis, la dispute avec son frère, ses ressentis personnels par rapport à l'attaque du mois dernier, etc … Il est resté un peu plus d'une heure puis nous sommes rentrés tous les deux. Il a rejoint ses amis, son amoureux peut-être, la Grande Salle quoi qu'il en soit pour attraper le repas en cours de route, tout comme moi. Cette conversation m'a fait du bien, elle m'a rassuré. Je crois qu'elle lui a fait du bien à lui aussi.

~*~

A table j'ai fait mon possible pour éviter de croiser le regard de Dimitri, persuadée que cette fouine comprendrait immédiatement que je cache quelque chose puisque plus le temps passe, moins j'arrive à lui cacher de choses. Ça n'est pas quelque chose de désagréable, au contraire, mais ça peut tout de même avoir ses désagréments, notamment dans ce genre de circonstances. Le moindre sourire que j'adresserai à Leiv, il le verra … C'est sans doute pour ça que je n'ai pas trainé à sortir de table et que je suis montée directement dans ma chambre … où je me suis retrouvée comme une cruche devant ma glace …

Qu'est ce que je suis censée faire ? Je ne suis pas celle qui prenne spécialement soin d'elles, pas comme pourrait le faire Rina par exemple qui est toujours bien apprêtée et féminine, très jolie aussi bien au naturel qu'avec du maquillage et dans des vêtements qui la mettent en valeur. Je ne suis pas non plus comme Phaedre et son élégance énigmatique, mon quotidien à moi se résume à des cheveux attachés comme ils ont envie de tenir, un treillis, des vêtements pratiques et adaptés aux saisons. Est ce que ce soir je ne suis pas censée faire un effort ? Rina … Aux secours ...

« Raaaahhh ! »

Et oui, je peste, parce que je vous jure que ça n'est pas pratique de se rendre compte une fois par an qu'on est une femme … Histoire de chasser tout ça de ma tête j'ai filé sous la douche, pris le temps d'observer mon reflet dans le miroir en sortant, laissant trainer mes doigts sur ma cicatrice, une pensée pour Alexander – Il aura été ma plus grande démonstration de féminité, à cette pensée mon cœur se serre et j'embrasse le bracelet que je porte autour du poignet en fermant les yeux. Cheveux secs, lâchés, des vêtements propres mais rien d'extravagant. Je veux être à l'aise, j'en ai besoin, au moins dans ce que je porte puisqu'à mesure que le temps passe l'angoisse et le stress grimpe d'un cran. Un jean bleu clair, un haut très simple, rouge sombre, le magnifique chandail en cashemere que Rina m'a offert à son retour – et que je n'avais jamais porté, par peur de l'abimer – et des chaussures confortables et passe partout, ça fera très bien l'affaire. J'enroule également mes épaules d'un châle que m'a offert ma mère au dernier Noël et prend finalement mon courage à deux mains. Fenrir est nourri, sage, dans sa panière. Il me regarde en penchant la tête sur le côté, intrigué …

« Et oui, surprise, ta maitresse est une fille. Tadaaaam ! »



« Et elle a la trouille. Arrête de te moquer, vile créature. »

Je parle à mon chien, parfaitement, et je lui grattouille la tête une dernière fois avant de quitter ma chambre. L'objectif est de croiser personne, ou en tout cas et surtout ne pas croiser Dimitri. Rester naturelle … J'ai l'impression d'être tout sauf naturelle avec mes sourires crispés mais c'est peut-être une idée que je me fais, allez savoir. Tout ce que je sais c'est que je m'arrête avant d'arriver au point de rendez-vous, je ferme les yeux, inspire un grand coup, bloque l'air puis le relâche avant de rouvrir les yeux. Est ce que j'ai envie de fuir à toutes jambes ? OUI ! Pourtant c'est tout le contraire que je fais et mon myocarde s'affole quand je vois la silhouette de Leiv se dessiner à quelques mètres. Je ne me défile pas pour autant, intérieurement je m'encourage et croyez-moi c'est ridicule. Quand j'arrive à son niveau je me dis que je ne vais jamais réussir à articuler le moindre mot, passons sur le fait que j'appréhende énormément le fait de me retrouver seule avec lui mais ...

« Suis-moi. »

… Avec un sourire je décide de passer au dessus de ça, de tenter au moins, alors je nous guide jusqu'à cet endroit dont je lui ai parlé tout à l'heure, m'assurant que personne ne nous suit, que personne ne nous a vu, jusqu'à ce qu'on entre dans une pièce qui ne sert jamais ou presque, à ma connaissance en tout cas, comme nombre de pièce dans ce château qui sont par contre régulièrement pour ne pas dire quotidiennement vérifiée par les Gardiens. A l'intérieur ça ressemble à un petit salon, l'endroit est propre et un plateau nous attend déjà, déposé par les Elfes de Maison à qui j'ai glissé un mot tout à l'heure. Du thé, rien d'extravagant, et surtout plusieurs issues. J'en ai besoin, j'ai besoin de sentir que j'ai plusieurs possibilités pour m'échapper en cas de besoin. J'ai peur que ça devienne vexant pour lui, peut-être qu'il s'en rendra compte mais je ne peux pas faire autrement.

Au début c'est un peu étrange, on s'assoie tous les deux chacun dans un fauteuil,  gênés comme deux ados, c'est réellement ridicule. Tellement ridicule que je finis par avoir un semblant de fou rire nerveux avant de me décider à attraper la tasse qu'il m'a servi comme un gentleman. C'est … Je ne m'y suis toujours pas habituée, pour être tout à fait honnête. Quand on a pris l'habitude de vivre seule, c'est très étrange de devoir faire face à ce genre de choses. Quoi qu'il en soit, grisée par ce semblant de fou rire et par la gorgée que je viens de boire – c'est chaud, très chaud, aïe – j'ouvre les hostilités en essayant de débrancher mon cerveau.

« Je m’appelle Ismaelle Luna Stoneheaven, née le 26 novembre 1986 de parents Moldus, dans les Faux Bourgs de Dublin. Je suis fille unique, d’origine Vénézuélienne par ma mère et je te conseille vraiment d’aller découvrir ce pays si tu en as l’occasion un jour parce qu’il vaut vraiment le détour. »

Et bien quoi ? Est ce qu'on n'est pas censé en apprendre plus sur les gens quand on … Bref. On n'allait pas se regarder dans le blanc des yeux pendant toute la soirée et je ne suis pas prête pour … Peu importe, parler me détend, c'est tout ce qui compte et je n'ai pas l'impression de l'ennuyer avec ce que je lui raconte.

« Avant Poudlard j’ai fait quatre ans d’armée et je suis Professeur de Soins aux Créatures Magiques et Garde-Chasse depuis maintenant deux ans et demi. Mais ça je crois que je te l’avais déjà dit. Je pense que ce sont les bases, des bases que tu connais peut-être déjà en partie, mais je me disais que c’était sans doute … important, un peu, que tu saches plus ou moins à qui tu a à faire. »

Le ton est calme, un peu nerveux certes mais chaque mot est prononcé avec le sourire parce malgré tout, malgré peut-être les apparences je ne sais pas, malgré le stress que cette situation me procure, je suis heureuse d'être là, avec lui.

« Je veux aussi que tu saches qu’il y a de fortes chances pour que Dimitri soit entrain d’écouter de l’autre côté de la porte. »

JE SAIS QUE TU ES LA SALE FOUINE ! JE LE SAIS ! Je le sens.

« J’ai … »

Cette fois mon air se fait plus grave, je me perd un peu dans la contemplation du liquide fumant qui tourne tranquillement dans la tasse avant de réussir à relever les yeux vers lui. Un soupir m'échappe, toujours dans ce réflexe physique qui consiste à décompresser un peu, à relaxer le corps quand il se crispe, etc ...

« Je n’arrive pas à faire confiance facilement, surtout à la gente masculine, je me disais que ça aussi c’était important que tu le saches. »

Aveu de faiblesse, ça n'est clairement pas quelque chose de facile à faire et ça me place dans une position délicate. C'est peut-être pour ça que j'enchaine immédiatement, un peu maladroitement peut-être.

« Mais je suis une grande fille, je pense, une grande fille capable de se défendre si besoin. »

...

« C’est pas pour te menacer, évidemment ! »

C'est … une catastrophe, c'est ça ? Je peux aller me cacher ?

I'm still breathing
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Ven 19 Fév 2016 - 11:16

— Je ne peux rien te promettre pour ça, mais si ça peut te rassurer le problème ne vient pas de toi.

Son bras sur le mien, je suis surpris mais soulagé. J’aurai pu la voir reculer, me fuir, même si c’est Ismaëlle qui est venu chercher une explication à tout ça. Après tout, elle semble aussi perdu que moi alors toute réaction est envisageable. Hors, tout semble calme, apaisé et peut-être plus clair. Tout du moins, de sorte à ce que nous ayons plus de faciliter à nous exprimer.
Que le problème ne vienne pas de moi, me rassure effectivement même si je ne me sentais pas fautif de quoi que ce soit. Mais de savoir que vous n’êtes pas la cause d’une certaine retenu est toujours rassurant j’imagine.

— Tu n’as pas à changer celui que tu es, ta façon d’agir, c’est simplement quelque chose que seul le temps pourra modifier je pense.

Elle pique ma curiosité à vif, me poussant à me demander de quel sujet elle parle présentement. Ma main ne se défait pas de son cou, y trouvant un contact apaisant, faisant naitre chez moi de sensations nouvelles ou oubliées. Il est agréable de les ressentir de nouveau, là, présentes au fond des tripes.
Un instant j’imagine le pire puis me ravise. Laisse le temps dénouer les mots et les maux. Avec patience.
Ismaëlle affiche un sourire que je lui rends presque aussitôt, aussi tendrement.

— Je ne suis pas habituée à tout ça, je ne sais pas comment réagir, comment me comporter. Je n’ai jamais vraiment été quelqu’un d’impulsif, pas pour ces choses-là en tout cas et …
— Nous voilà deux alors…

Je suis loin d’être de ces hommes impulsifs qui n’hésiteront pas à embrasser une femme en plein couloir, en pleine rue ou tout simplement à livrer de but en blanc ce qu’il se passe. Mais ça ne change rien à ce que je ressens en cet instant. C’est là, présent et il serait peut-être temps d’arrêter de nier qu’Ismaëlle me plait autant qu’elle me fait du bien. Par sa présence et ses actes.
Elle penche la tête sur le côté, ses doigts se serrent un peu plus autour de mon bras tandis que les miens assurent leur prise jusqu’à sa nuque. L’envie de l’embrasser éclot, se présente à moi mais je n’en fais rien pour autant.

— Tu sais que si tu avais gardé ton air stoïque et impassible, je serais devenue folle.

Je lâche un rire amusé, ou plutôt un soubresaut du corps alors que mon sourire s’élargit.

— Ça aurait été une manière comme une autre d’attirer ton attention.

Les parcelles de l’ancien Leiv émergent.
Depuis quand ne m’étais-je pas senti comme ça ?
Je sais à quel point je peux être agaçant et frustrant de me voir stoïque, ma filleul me répète déjà suffisamment qu’elle souhaiterait parlé à un homme, pas à un Iceberg ou à une planche en bois.

— Je me sens moins impressionnée devant un Abraxan en colère, tout ça me dépasse complètement.

Je la comprends plus que jamais, moi qui avais la sensation un peu plus tôt d’avoir de nouveau 16 ans. Une multitude de question continue de me surprendre et se bouscule sous mon crâne mais il y a aussi cette nouveauté agréable qui nous englobe et qui me donne envie de laisser sur le pas de la porte tout ce qui aurait pu me bloquer deux mois plus tôt. Je ne suis ici que depuis mi-décembre mais j’ai la sensation d’avoir plus vécu que je n’aurai pu le faire en trois mois. J’ai évolué, retrouver certaines de mes marques et mes rencontres y sont pour beaucoup. Notamment celle avec John et Katherine, mais pas que. Ismaelle a un autre effet sur moi, comme une clé sur un cadenas rouillé qui saute enfin. Est-ce que je dois me laisser aller après tout ce qu’il s’est passé ? Ce que j’ai fait ?
Les circonstances étaient différentes, j’ai perdu un enfant et ma femme en même temps. N’importe qui aurait péter les plombs même si, pour moi, ça n’excuse pas tout. Mais il serait peut-être temps pour moi de tourner la page, de vivre autre chose. Même si j’ai visiblement perdu la main…

— Un de mes élèves doit passer me voir dans peu de temps, on doit avoir une discussion et ça prendra peut-être un peu de temps, mais je n’ai pas envie de laisser ça comme ça. Est-ce que tu serais d’accord pour qu’on se retrouve tous les deux après le diner ? 21h au rez-de-chaussée, dans le couloir de la Salle des Prof ? Je connais un endroit où on devrait être tranquilles.

Je suis surpris, pris au dépourvu et c’est une situation à laquelle je ne m’attendais absolument pas.
Autant dire que je suis éjecté de ma zone de confort et qu’il est déroutant de ne pas savoir comment réagir face à ces propos. La vérité est que je n’ai pas non plus envie de laisser tout ça en plan, en suspend, je pense que nous avons déjà trop tourné autour du pot.

— Avec grand plaisir.

Un sourire s’étale sur mon visage, plus expressif que les précédents quoi qu’un peu réservé.
Ismaëlle se dégage de moi, laissant un vide tiède dans le creux de ma main… bien vite remplacé par un nouveau feu au creux de moi alors qu’elle me dépose un baiser sur la joue. Mon sourire prend de nouveau naissance, alors que je me penche en douceur pour accompagner le geste. Cette tendresse m’avait manqué.

— A tout à l’heure.
— A tout à l’heure, oui.

Elle s’éloigne, je la regarde faire.
Il ne me faut qu’une poignée de seconde pour que le trac vienne faire sa place et s’imposer.
Leiv, tu as un rancard comme lorsque tu avais 16 ans.
Et tu te sens comme si tu les avais, ces 16 ans.

¥

La première personne à laquelle je pense n’est autre que mon plus fidèle ami et conseiller. Trois coups à sa porte suffisent pour que je l’entende entrain de trainer les pieds de l’autre côté, Hyppolite miaulant pour le désagrément.

— Bonjour mon ami !

John m’accueille avec son éternel sourire que je n’arrive pas à lui rendre, crispé au possible. Le temps que je rentre au château, toute la discussion avec Ismaëlle a été passé en revue et le stress à largement eu le temps de se faire sa place et de me coller une pression monumentale au creux de la gorge.

— John, je peux entrer ?
— Euh… Oui, bien sûr ! Entre donc.

Il me laisse passer, intrigué par ce visage qui ressemble à un bloc de marbre. Je n’arrive pas à me détendre et la vérité est que si je montrais une assurance véritable tout à l’heure, en cet instant il en est tout autre. Mes erreurs passées me reviennent, mes angoisses également. Je ne veux pas blesser Ismaëlle, je ne veux pas lui faire le même mal qu’à Nora même si je sais que les situations sont très différentes. Et je me sais capable de passer à côté d’une occasion et d’un désir pour cette femme dans l’unique but de la préservé, peu importe ce qu’il m’en coûtera. Et c’est bien pour ça que je suis dans le bureau de John, main sur la hanche, l’autre dans mes cheveux courts.

— Quelque chose ne va pas Leiv ?
— J’ai un rancard.

Je me retourne vers lui et il éclate de rire en frappant dans ses mains, large sourire aux lèvres.

— Vraiment ! Mais c’est une bonne nouvelle ! Est-ce qu’il est utile de te demander avec qui ?

Bien sûr que non, il le sait déjà. John est perspicace et on peut difficilement lui cacher quoi que ce soit.

— Pourquoi tu es si tendu alors ?
— J’ai peur de faire une connerie.
— Du genre ?

John est au courant pour mes problèmes d’alcool et ma séparation avec Nora. Ce qu’il ne sait pas, c’est la raison précise de tout ce bordel. L’élément déclencheur. J’ai toujours été très réservé sur le sujet et personne ici, pas même Katherine, n’est au courant de ce problème, de ce que j’ai pu faire.
Toujours mains sur les hanches, je le regarde avant de lâcher un soupire et de me masser les yeux du bout des doigts.

— Tu aurais du thé, s’il te plait ?
— Bien sûr, installe-toi.

Et je commence mon récit. Depuis le début.
La fausse couche à 6 mois, l’arrête cardiaque de notre petite fille et l’accouchement d’un mort-né. Puis la perte de notre couple, progressivement. Le rejet de Nora, sa haine, son dégoût et ces deux années de dérive, de douleur et de perdition. Puis Carmen. Période où je touchais déjà un peu trop à l’alcool sans pour autant à être inapte à m’occuper de mon fils qui lui, était toujours en vie. Ce soir au bar, cette faute, cette nuit d’égarement avec une femme qui me faisait sentir vivant, important, qui me regardait tel que j’étais : Un homme qui ne la dégoûtait pas, qu’elle ne haïssait pas.
Je lui raconte tout, en détail. Sans omettre le divorce, l’ardeur de Nora pour m’enlever Adrian, sa réussite puis mon retour après m’être sevré de mon addiction.
John ne m’a pas interrompu, se chargeant de m’écouter jusqu’au bout pour ensuite me conseiller, me rassurer. Il est pour moi ce qui se rapproche le plus d’un ami et bien plus encore. S’il y a une personne en qui j’ai entièrement confiance dans ce château, c’est lui. Et je ne me suis pas trompé en me disant qu’il pourrait m’aider à évacuer mon stress par la parole, me faisant prendre conscience de plusieurs choses, me remettant un peu sur les rails.
Avancer. Juste avancer et profiter. Les derniers évènements nous ont assez démontré que la vie disparait aussi vite qu’elle peut naitre.

Je remercier chaleureusement John, me disant que je faisais un bien piètre ami à ne pas lui rendre la pareil même si ce bougre sait qu’il peut compter sur moi. L’idée de contacter mon oncle pour me faire parvenir du chocolat norvégien germe dans mon esprit et la première chose que je fais en entrant dans ma chambre est de lui envoyer un courrier.

¥

Après le repas où j’ai esquivé tout contact et toute conversation avec Katherine – cette jeune femme possède un détecteur particulièrement affuté…-, direction ma chambre. Douche, préparation, augmentation considérable du trac mais aussi d’une certaine plénitude, d’une joie dissimulée. Partager un moment plus intime avec Ismaëlle me rend léger.
Planté devant mon armoire où chaque chemise est soigneusement disposée sur des cintres, j’opte pour l’une d’entre elle, bleu clair, un jean sobre. Chaussures noires. J’essaie de rester dans la simplicité tout en ayant un minimum de classe.
C’est un rancard, je dois y mettre un point d’honneur. Et je n’ose imaginer si Katherine était là…

Le temps défile mais je ne suis pas en retard pour autant. A la seconde où je quitte ma chambre, l’angoisse monte d’un cran et je me sens fébrile. Toujours comme si j’étais retourné à mes 16 ans. Ce mélange d’excitation et de stress est aussi agréable que ça ne l’est pas. Et pourtant, à aucun moment je ne pense à me désister ou à fuir. Je veux que nous avancions, je veux apprendre à la connaitre et passer à autre chose qu’à des « peut-être ». La conversation avec John m’a clairement remit les idées en place et je ne me suis jamais senti aussi en paix avec moi-même qu’en cet instant.

Je suis légèrement en avance, comme à mon habitude et je ne peux m’empêcher de ressentir une légère crampe au ventre lorsque j’aperçois Ismaëlle au loin dans le couloir des profs.
J’arrive à sa hauteur, elle me rejoint. Quelque chose à légèrement changée chez elle, de léger détails qui la rende différente sans jamais me donner l’impression qu’elle n’est plus la Ismaëlle que je connais. Sa façon de s’habiller ce soir démarque ces retrouvailles et j’esquisse un sourire devant le fait que je la trouve, au passage, absolument ravissante dans cette simplicité féminine qui lui va à ravir.

— Suis-moi.

Je n’ai pas le temps de le lui dire mais la suis en silence, lui rendant ce sourire qu’elle m’offre. Elle nous fait entrer dans une pièce que je ne connais pas ou, en tout cas, je ne m’en rappelle pas mais où se trouve des fauteuils, mais aussi du thé servit sur un plateau.
Elle a tout prévue.
Dire que je n’ai pas le trac serait mentir mais je me laisse néanmoins aller, soufflant discrètement pour libérer cette tension qui me bloque la cage thoracique. Ismaëlle ne me laisse pas indifférent et la réciproque est valable… alors à quoi bon s’en faire ?
Respire mon vieux, ça n’est pas la fin du monde.
Profite de ce moment.

Je me dirige vers le thé alors qu’Ismaëlle s’assoit, nous remplissant à chacun deux tasses. Je prends l’une d’entre elle et la lui donne, sourire aux lèvres avant de venir m’assoir à ma place, juste en face d’elle. J’adopte naturellement une façon d’être plus détendu, moins crispé, plus à l’aise.
Inutile de se rajouter des difficultés supplémentaires.
Et surtout, elle est prise d’une crise de fou rire.
Nerveuse ? Il semblerait. Quoi qu’il en soit, je la suis dans un rire plus léger, alors qu’elle boit une gorgée de thé. Un rire qui apaise mais surtout qui déride et détend l’ensemble de l’atmosphère.

— Je m’appelle Ismaelle Luna Stoneheaven, née le 26 novembre 1986 de parents Moldus, dans les Faux Bourgs de Dublin. Je suis fille unique, d’origine Vénézuélienne par ma mère et je te conseille vraiment d’aller découvrir ce pays si tu en as l’occasion un jour parce qu’il vaut vraiment le détour.

Je ne m’attendais pas à ce genre d’ouverture de conversation et remarque que cette femme là, devant moi, a le don de me surprendre un peu plus de jours en jours. Je prends également note – allez savoir pourquoi – qu’Ismaëlle est plus jeune que moi de 8 ans…
Je suis attentif à ses informations qui m’en apprend un peu plus sur elle. Ses parents non-sorciers, son lieu de naissance, sa vie de famille unique et le Vénézuela.

— Je n’y manquerais pas. Peut-être que tu pourrais me donner des bons pans pour les lieux à visiter.

J’imagine déjà y emmener Adrian et mon sourire ne cesse de s’élargir. Mon fils me manque et il est certain que la première chose que je ferais lors de nos prochaines sorties, sera de le revoir et de l’emmener loin, en vacances.
Cette façon d’en apprendre un peu plus sur elle me plait et je me laisse prendre au jeu. Les seules choses que je ne connaissais d’elle sont effectivement ses origines né-moldus et l’histoire de sa malformation cardiaque. Rien de plus.

— Avant Poudlard j’ai fait quatre ans d’armée et je suis Professeur de Soins aux Créatures Magiques et Garde-Chasse depuis maintenant deux ans et demi. Mais ça je crois que je te l’avais déjà dit. Je pense que ce sont les bases, des bases que tu connais peut-être déjà en partie, mais je me disais que c’était sans doute … important, un peu, que tu saches plus ou moins à qui tu as à faire.
— Ca l’est. Je me rends compte que je ne connaissais pas grand-chose de toi, finalement.

Je bois une gorgée de thé, toujours attentif.

— Je veux aussi que tu saches qu’il y a de fortes chances pour que Dimitri soit entrain d’écouter de l’autre côté de la porte.

Je ne bouge même pas le regard de sa personne, me contentant d’esquisser un sourire amusé.

— Tu penses ? Moi j’aurai plutôt misé sur Katherine. Voir les deux.

Parce que je sais que ces deux-là sont d’irrémédiables fouines et que lorsqu’ils sont tous les deux, Dimitri et Katherine sont dotés d’une sensibilité pour ce genre de chose très aiguisé. Rien ne leur échappe, c’est déconcertant.

— J’ai …

Son air se fait plus grave, je fronce légèrement les sourcils, patientant. Elle semble se perdre dans la contemplation de son thé, cherchant peut-être ses mots et ma curiosité est piquée au vif. Que cherche-t-elle à me dire ?

— Je n’arrive pas à faire confiance facilement, surtout à la gente masculine, je me disais que ça aussi c’était important que tu le saches.

Je ne bronche pas et cette fois, c’est de l’inquiétude qui m’échappe par le regard. Elle enchaine, sans que je n’ai le temps de réagir ou de réfléchir plus amplement face à cet aveux.

— Mais je suis une grande fille, je pense, une grande fille capable de se défendre si besoin. C’est pas pour te menacer, évidemment !

Je me redresse, sourire aux lèvres et lève la main en signe d’apaisement.

— Oh, je ne le prends pas pour une menace. Ça aurait été le cas si tu avais pris ton air de Cartel en me pointant du doigt… j’arbore un regard malicieux avant d’ajouter. Dimitri a la confession facile.

Et c’est un irrémédiable bavard qui ne s’arrête jamais de raconter des anecdotes sur beaucoup de monde. A croire qu’il est les yeux et les oreilles de cette école. Ça ne change pas que c’est un garçon gentil et serviable, quoi qu’un peu imposant.
Je me pose des questions concernant sa crainte sur la gente masculine et me demande si c’est parce qu’un homme lui aurait auparavant fait du mal, se jouant d’elle ou tout autre chose. L’espace d’un instant je me dis qu’il ne vaut mieux pas avouer mes erreurs passées, pas ce soir. Je sais que nous devons apprendre à mieux nous connaitre mais ce sont des choses qui se dévoileront en temps et en heure… Et pour être honnête, au fond de moi, je n’ai pas envie de prendre le risque de la voir partir à cause de ça.
C’est lâche de ma part. Terriblement lâche.

— Ceci dit, enchanté Mlle Ismaëlle Luna Stoneheaven. Je lui tends la main et la serre entre mes doigts, jouant le jeu, sourire aux lèvres, m’attardant un instant sur ce contact avant de relâcher. Je te propose à ce que j’entame ma présentation et après, nous passerons aux questions ?

Chaque chose en son temps et parce que oui, j’ai un million de question à lui poser. Une curiosité nouvelle que j’aime à apprivoiser.
Je bois une nouvelle gorgée avant d’à mon tour, me présenter.

— Leiv-Andres Helland. Je suis né le 13 Mars 1979, en Norvège et plus précisément à Bergen. Mon accent ressort fortement en cet instant, même si ce dernier ne m’a jamais vraiment quitté. Mes deux parents étaient sorciers. Ma mère infirmière et animagus. Une magnifique chouette blanche, tachetée de noirs. Elle est décédée d’une pneumonie aggravée lorsque j’avais 13 ans. C’est d’elle que je tiens ma passion pour la médecine mais aussi la raison pour laquelle je me suis décidé à être moi-même animagus.

Je fais comme si mon anniversaire n’était pas dans quelques jours, effectivement mais surtout, je me livre avec une facilité qui me déconcerterait presque. Je n’ai jamais parlé de mes parents à qui que ce soit, ni de la mort de ma mère que j’aborde aujourd’hui avec un sourire nostalgique, sans l’ombre d’une peine. Sa disparition m’attriste toujours autant mais j’ai appris à vivre avec, me réconfortant dans l’idée que j’ai eu la chance de la connaitre au moins durant 13 ans et que je la retrouve en chaque chouette immaculée que je croise.

— Elle s’appelait Synnøve. C’était la femme la plus douce que je connaisse. Nouvelle gorgée et j’enchaine. Mon père, Vy, était lui aussi militaire. Intransigeant, conformiste et droit… Je me regarde et hausse les épaules, presque désolé. Les chiens ne font visiblement pas des chats.

Rire léger, amusé, je sais que l’éducation y est pour beaucoup. Mon père avait des projets bien précis pour moi et on peut dire que j’ai mis tous ses espoirs en l’air.

— C’est mon oncle qui m’a appris à « muter ». Ma forme d’animagus me vient de Snow, mon chien lorsque j’étais jeune. C’était un fidèle compagnon qui me suivait absolument partout. Je l’ai eu dès mon plus jeune âge et c’est lui qui m’apportait une présence réconfortante lorsque ma mère est décédée.

Il n’y a aucun drame dans ma voix et si je lui comptais jusqu’ici quelques brides de mon « enfance », je décide d’avouer moi aussi ma faiblesse. Celle qui a pourrie trois ans de mon existence. J’arbore un air plus grave, buvant une grande gorgée de thé, toujours bien assis en face d’Ismaëlle.
J’arbore un sourire en coin, peut-être un peu plus triste que les précédents.

— Je n’ai pas toujours été l’homme droit que tu vois aujourd’hui. Je t’ai dit que j’avais un fils, Adrian et que j’étais divorcé. J’ai eu une période très – trop – compliqué avec Nora pour diverses raisons tout aussi compliquées.

Je ne peux pas lui avouer la fausse couche et mon erreur comme ça. C’est peut-être lâche mais je pense qu’une information à la fois est suffisante.
J’inspire et lâche un léger soupire avant de me passer une main sur la nuque, déposant ma tasse vide sur la table à ma droite.

— Vers les années 2008/2009, j’ai… disons sombré dans l’alcool. Pendant trois ans. Jusqu’à ce que je me reprenne en main avec l’aide de mon oncle et de ma filleul. Je suis sobre depuis 2011, sans avoir bu une seule goutte depuis. J’hésite encore un instant avant d’ajouter. C’est depuis cette période que je suis devenue assez psychorigide et … Maniaque.

Soirée des aveux.
J’ai conscience que c’est une grosse information mais je ne me voyais pas lui mentir à ce sujet. Ni le lui cacher. C’est un problème qui est désormais résolu et dont je garde la parfaite maitrise. Mon seul accès de faiblesse a été le soir où je n’ai pu réussir à sauver Megan mais je n’ai pas craqué pour autant, même si le visage de la jeune femme me quitte rarement lors de mes courtes nuits agitées.

— Désolé, ça n’est pas un tableau des plus… brillants.

La honte est une chose contre laquelle il est difficile de lutter lorsque nous nous revoyons dans des états lamentables, proches du pathétique. J’admets craindre le fait qu’Ismaëlle y trouve une émotion de dégoût et qu’elle soit clairement vacciné contre toute attirance me concernant.
Tout comme j’admets que, si c’était le cas, je n’en serais pas insensible. Je veux juste être honnête avec elle, au plus possible pour cette soirée. Un million de question se bouscule entre mes lèvres mais je me garde de les énoncer, attendant peut-être qu'elle digère déjà tout ça.
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Lun 22 Fév 2016 - 19:36

Rina, écouter aux portes ? Hum … Je ne sais pas, je n’aurai pas cru en première instance mais … Disons que quand Dimitri entre dans l’équation je ne garantie plus rien. Ils ont une belle relation tous les deux, réellement, une relation que je n’envie pas parce que ça n’est pas la question mais plutôt une relation que j’admire. Et puis quelque part … Je crois que ça me rassure un peu de me dire qu’ils sont potentiellement tous les deux derrière cette porte, même si ça n’est sans doute pas réellement le cas.

Enfin, ça n’est pas tellement le sujet. On en est plutôt au stade où le ridicule de cette situation la rend … Amusante, en réalité.

« Oh, je ne le prends pas pour une menace. Ça aurait été le cas si tu avais pris ton air de Cartel en me pointant du doigt… Dimitri a la confession facile. »
« Alors lui … »


Tu vas morfler Gabrieli, prépare toi à courir et à courir vite surtout. Je n'arrive pas à croire qu'il ait été lui parler de moi, c'est … Et puis pour lui dire ça en plus ! Traitre ! J'aurai ta peau. Et t'auras le droit à un gros bisou parce que … T'es juste incroyable comme personne, c'est tout. Si tu n'existais pas il faudrait t'inventer, sincèrement.

« Ceci dit, enchanté Mlle Ismaëlle Luna Stoneheaven. »

Il me tend la main, là je me rends compte que j'étais partie loin dans ma tête mais ce geste me ramène sur terre et s'il me surprend dans un premier temps je me prête au jeu en lui rendant son sourire. Il est pince sans rire, c'est quelque chose que j'aime vraiment. Oui, il est ce genre de personne, d'apparence froide comme un iceberg, qui peut vous sortir une blague sans ciller, juste avec un sourire en coin. Et ça me plait. Tout comme la poigne douce qu'il opère en me serrant la main.

« Je te propose à ce que j’entame ma présentation et après, nous passerons aux questions ? »
« Ça me semble être une bonne idée. »


J'en profite pour m'installer confortablement dans le fauteuil et boire une nouvelle gorgée. On dirait deux petits vieux … Mais ça n'a pas la moindre espèce d'importance. Tout ce qui compte en cet instant c'est que je ressens ce crépitement au creux de mon ventre : L'impatience. Je me sens comme une gamine curieuse, j'ai vraiment hâte d'en apprendre plus sur cet homme mystérieux qui se tient face à moi. Et l'angoisse a presque totalement disparu, c'est beaucoup plus simple maintenant que le top de départ a été prononcé. En réalité c'est toujours l'attente le pire, une fois partie on est simplement concentré sur l'instant présent. C'est exactement ce qui est entrain de se passer.

« Leiv-Andres Helland. Je suis né le 13 Mars 1979, en Norvège et plus précisément à Bergen. Mes deux parents étaient sorciers. Ma mère infirmière et animagus. Une magnifique chouette blanche, tachetée de noirs. Elle est décédée d’une pneumonie aggravée lorsque j’avais 13 ans. C’est d’elle que je tiens ma passion pour la médecine mais aussi la raison pour laquelle je me suis décidé à être moi-même animagus. »

1979. Ismaelle, fais toi à l'idée, tu nous fait un Œdipe inversé là … A peine sept ans d'écart ça n'est rien … Hum. De toute façon l'âge n'a aucune espèce d'importance là dedans, j'ignore si je fais mon âge ou pas, je ne saurais dire s'il fait le sien ou pas. Un autre « détail » me saute aux yeux : Sa date de naissance. Ou plutôt son jour de naissance. Le 13 mars, c'est dans une semaine. Note à moi même : M'en souvenir. Ou pas ? On verra bien. Encore une chose : Son accent. Je suis désolée, j'essaie vraiment d'arrêter les comparaisons mais là ça en devient difficile. L'Allemagne n'est pas la Norvège, ça n'est pas le même accent, mais … Peu importe. Tout ça est rapidement balayé par l'annonce du décès de sa mère. Quand vous êtes la personne concernée directement ça semble presque « facile » a dire mais celui qui apprend la nouvelle est en général le plus gêné des deux. J'essaie de ne pas trop le montrer, je ne fais pas de commentaire, j'écoute simplement et j'emmagasine les informations. La médecine et l'Animagie lui viennent d'elle, c'est un très bel héritage.

« Elle s’appelait Synnøve. C’était la femme la plus douce que je connaisse. Mon père, Vy, était lui aussi militaire. Intransigeant, conformiste et droit… Les chiens ne font visiblement pas des chats. »
« Effectivement. »


Je lui adresse un sourire tranquille et regarde tourner le liquide fumant dans ma tasse quelques secondes en essayant d'imaginer ses parents. On en apprend souvent beaucoup sur quelqu'un en découvrant son ascendance, que la filiation soit évidente ou non. Si vous croisiez ma mère, en dehors de la ressemble au niveau des traits du visage et de la couleur de peau un peu halée, vous ne devineriez jamais qu'elle est celle qui m'a donné la vie. Papa en revanche … Je pense que c'est un peu évident. Et Leiv, de qui est ce qu'il a pris ? A première vu j'aurai tendance à dire des deux parce que j'ai eu la chance d'apprendre à le connaître un peu mieux ces derniers mois et même s'il paraît intransigeant, conformiste et droit, il dégage une douceur indéniable. C'est en tout cas comme ça que je le perçois mais peut-être que je fais fausse route, chose dont je doute quand même un peu, voir beaucoup.

« C’est mon oncle qui m’a appris à « muter ». Ma forme d’animagus me vient de Snow, mon chien lorsque j’étais jeune. C’était un fidèle compagnon qui me suivait absolument partout. Je l’ai eu dès mon plus jeune âge et c’est lui qui m’apportait une présence réconfortante lorsque ma mère est décédée. »

Fenrir. C'est instantané, j'ai une pensée pour lui. Je l'ai sauvé en premier lieu mais s'il savait combien il m'a apporté depuis. J'aime cette boule de poils, grosse boule de poils, inconditionnellement et comprends donc parfaitement l'attachement qu'il devait ressentir envers son chien, Snow. C'est assez démonstratif de leur relation, de ses ressentis, de savoir que sa forme d'Animagus est devenue celle-ci. On ne choisi pas, je n'ai moi même aucune idée de l'animal dont j'emprunterai la forme si je me mettais à ce type de magie. Je comprends mon Patronus, je n'ai pas la prétention de devenir ce que je deviendrais, surtout pas avec les derniers évènements et quand je dis derniers je remonte à plusieurs mois, quelques années même.

Quand je reviens sur terre à nouveau c'est face à un sourire triste que je me trouve. Je fronce les sourcils en l'observant, attentive, intriguée, mais les mots ne tardent pas à venir alors que je prends une nouvelle gorgée.

« Je n’ai pas toujours été l’homme droit que tu vois aujourd’hui. Je t’ai dit que j’avais un fils, Adrian et que j’étais divorcé. J’ai eu une période très – trop – compliqué avec Nora pour diverses raisons tout aussi compliquées. »

Nora. Son ex-femme, je le devine. Adrian, son petit garçon. Sa famille, volée en éclats. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me parle de ça, de choses aussi intimes et personnelles. En réalité je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et je l'admets, je sens les battements de mon cœur repartir de plus belle. De quel façon n'a t'il pas toujours un homme droit ? Son soupir n'est pas pour me rassurer même si je tente de ne rien montrer. Je reste stoïque, assise dans mon fauteuil face à lui, la tasse toujours dans les mains mais les doigts un peu plus agrippés que quelques secondes plus tôt.

« Vers les années 2008/2009, j’ai… disons sombré dans l’alcool. Pendant trois ans. Jusqu’à ce que je me reprenne en main avec l’aide de mon oncle et de ma filleul. Je suis sobre depuis 2011, sans avoir bu une seule goutte depuis. »

Cette fois c'est clairement un raté auquel mon myocarde doit faire face. Ça non plus je ne m'y attendais pas, quand bien même je ne m'attendais à rien, ou plutôt à tout, en tout cas je le pensais. C'est plus fort que moi, je n'arrive pas à luter contre le vent de panique qui s'empare de moi suite à cette révélation et ma part la plus fragile me hurle de partir, de claquer la porte derrière moi et de ne jamais faire marche arrière. L'alcool rend les gens instables, il fait faire des choses qu'on ne contrôle pas toujours, il … Ismaelle, stop. Concentre toi, respire. Stop. Il a eu la franchise de te le dire, tout comme il a bien spécifié être sobre depuis quatre ans. Respire. Reste concentrée. Et regarde le dans les yeux, ne le mets pas plus mal à l'aise qu'il ne l'est déjà.

« C’est depuis cette période que je suis devenue assez psychorigide et … Maniaque. »

J'entends les mots, je vois ses lèvres bouger mais les informations ne viennent plus à mon cerveau. Il me faut réellement quelques secondes pour reprendre le dessus de mes émotions, parfaitement consciente de la situation dans laquelle je le mets alors qu'il vient de me faire un aveux que je devine difficile. Et quand il ouvre la bouche à nouveau, je sursaute.

« Désolé, ça n’est pas un tableau des plus… brillants. »
« Non, non, je … »


Inspire, bloque, expire.
Et recommence.
Tout va bien.

Ce sont par des gestes lents et mesurés que je repose la tasse sur la table, évitant pendant ce laps de temps de croiser son regard. J'ai trop peur qu'il y lise des choses que je ressens, des choses qui pourraient le blesser. Ça n'est pas du dégoût, à aucun moment, simplement de la peur qui me vrille l'estomac. Une réaction que je ne contrôle pas ou du moins avec un peu de temps. Temps que je prends, juste quelques secondes, pour me recentrer et être capable de lui offrir autre chose qu'un regard horrifié parce qu'il mérite mieux que ça. Et je fini par y parvenir, non sans mal.

« On a tous une histoire. »

J'imagine afficher un air grave, je n'arrive pas à faire autrement. Ce qu'il vient de m'avouer n'a rien d'anodin, j'ai besoin d'un peu de répit pour l'encaisser et ça passe aussi par ces phrases toutes faites qui m'échappent.

« Merci d’avoir été aussi honnête avec moi, tu n’étais pas obligé. »

C'est la vérité. Il aurait très bien pu garder ça pour lui sans que je ne le découvre jamais. Je ne suis pas de ceux qui fouillent, je ne pense pas.

« C’est admirable de te voir aussi droit aujourd’hui malgré tout ce que tu as pu vivre, vraiment. »

Qu'il l'ait fait pour son fils ne m'étonnerait pas. Et je suis sincère, quand bien même mais mains tremblent quand j'attrape la petite chaine en argent que je porte en permanence au poignet. Il s'en rend compte, bien sur qu'il s'en rend compte, alors je ferme les yeux et laisse un profond soupir m'échapper, laissant planer un peu le silence, encore une fois pour reprendre mes esprits. Juste quelques secondes pour être capable de maitriser ça, cette réaction que je hais du plus profond de mon être.

« Excuse-moi. »

Cette fois c'est un regard désolé que je lui lance, l'étant sincèrement, parce que la dernière chose dont j'ai envie c'est de le blesser, qu'il s'imagine des choses, qu'il pense que je le juge alors que ça n'est pas du tout le cas. C'est peut-être pour ça d'ailleurs que j'enchaine, que j'ouvre les vannes à mon tour, sans pincettes. Toujours tremblantes, néanmoins.

« Cette méfiance que j’ai envers les hommes … »

Les mots restent là, coincés dans ma gorge, comme les souvenirs à mesure que des images reviennent par flash. J'éprouve encore à ce jour des sentiments ambiguës face à tout ça, envers Jakob aussi même si je sais parfaitement que je ne le reverrai jamais. Ce qui en soit se trouve être parfois un problème, quelque chose qui fait mal d'une certaine façon.

« J’ai eu à faire à l’instabilité de l’un d’entre eux il y a quelques temps. C’était un homme droit, calme et pragmatique. A aucun moment je n’ai pensé qu’il puisse perdre le contrôle alors que je savais très bien ce qu’il était et puis ça s’est produit. »

Je le regarde droit dans les yeux, avec sincérité, espérant qu'il comprenne que je n'essaie pas de faire une comparaison hasardeuse même si je ne peux pas m'empêcher de faire certains liens.

« Il était Lycanthrope. Après une Pleine Lune il a littéralement perdu le contrôle sur lui-même, j’essaie de me convaincre que c’est le cas en tout cas et que tout ça n’était pas simplement sa véritable nature mais le mal a été fait quoi qu’il en soit. »

Ce jour là il m'a brisé, depuis j'essaie de me reconstruire comme je peux mais malheureusement il y a eu bien plus de conséquences que prévues. Ce sont des choses que j'ai laissé derrière moi, des choses que je n'ai partagé qu'avec très peu de personnes et c'est extrêmement difficile pour moi d'en parler. Leiv n'était pas là quand c'est arrivé, il n'a jamais croisé Jakob, peut-être qu'il fera le lien et tout ce que j'espère c'est qu'il gardera ça pour lui parce que je ne tiens pas à ce que qui que ce soit considère ce dernier comme un monstre. Même s'il l'a été l'espace d'un instant. Il reste le père de mon enfant, quoi qu'il arrive, un père qui a été affecté par sa disparition tout autant que moi.

« Je suis tombée enceinte de lui. J’ai mené ma grossesse à terme, enfin presque, mais malheureusement Alexander a hérité de ma pathologie cardiaque sans avoir la chance que j’ai eu. Il n’a vécu qu’une semaine, à Sainte Mangouste. Les médecins ont été très bien, ils ont fait tout ce qu'ils ont pu mais il était trop faible. »

J'ai appris à en parler – quelques rares fois – sans laisser les larmes me monter aux yeux. Ce soir je n'y arrive pas, elles sont là, présentes, au bord de mes paupières, prêtent à couler. Je les retiens comme je peux, d'un revers de la main plus par nervosité qu'autre chose, comme ce rire bref que je fini par lâcher.

« Sympa comme premier rendez-vous n’est-ce pas ? »

Je sais, ça n'est pas le moment de faire de l'humour et dans le fond ça n'en est pas vraiment mais j'ai besoin d'en passer par là. Je me racle finalement la gorge, passe une main dans mes cheveux et reprends la tasse pour boire quelques gorgées non sans me passer à nouveau les doigts sur et sous les paupières.

« N’importe qui peut perdre le contrôle n’importe quand, certains ont simplement vécu des choses qui peuvent les rendre plus enclin à ce genre de dérapage. Je n’ai pas envie de me méfier toute ma vie de tout le monde. »

Je redresse le menton et mes yeux captent les siens.

« Je n’ai pas envie de me méfier de toi. »

J’ai juste envie de vivre, tout simplement.

« Mais je comprendrais qu’une femme fissurée te fasse fuir, je le comprendrais très bien. »

Fissurée mais pas brisée.
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Jeu 25 Fév 2016 - 16:17

— Non, non, je …

Je fronce les sourcils, incertain sur sa réaction. Je n’arrive pas à savoir si elle est perturbée, apeurée ou si je suis tout simplement entrain de me faire de fausses idées.
Peut-être aurais-je dû attendre mais je ne pouvais pas lui mentir à ce sujet. Si nous sommes ici ce soir, c’est pour que nous puissions tous les deux apprendre à nous connaitre mais aussi à nous faire confiance. Je ne compte pas lui dévoiler tout le tableau, en tout cas, pas ce soir mais ce sujet me paraissait important. D’autant plus qu’il n’est plus un problème pour moi.
J’attends une réaction, peu importe laquelle, mais quelque chose. Seulement rien ne vient et ça me perturbe autant que ça me stress. J’ai l’impression d’avoir pris un gros risque et l’idée qu’elle puisse me fuir suite à ce détail me provoque déjà des sensations désagréables malgré moi.

Ses gestes sont lents, elle ne me regarde plus dans les yeux.

— On a tous une histoire.

Je crains le pire dans cette réponse si brève et si peu…expressive face à cet aveu de ma part. Surtout venant d’un homme qui n’étale jamais son passé et encore moins ses émotions.

— Merci d’avoir été aussi honnête avec moi, tu n’étais pas obligé.

Je retrouve un semblant de lueur de vie dans cet air grave qu’elle m’affiche mais je n’arrive toujours pas à savoir ce que je dois y lire. Désormais, je m’attends à tout. Un refus – refus de quoi ? -, un dégoût, un mépris. Je sais que ça n’est pas le genre d’Ismaëlle mais cette femme est tellement expressive que de la voir ainsi est déroutant, inquiétant.

— C’est admirable de te voir aussi droit aujourd’hui malgré tout ce que tu as pu vivre, vraiment.
— Je n’ai pourtant aucun mérite.

Absolument aucun. Tout revient à mon oncle, Juliet et mon fils. Mes trois piliers nécessaire pour réussir à entrevoir une lueur dans ce brouillard que je me suis créé.
Ismaelle est sincère, je le sais et le vois. Mais pas que.
Ses mains tremblent et triture un bracelet d’argent que j’ai déjà vu autrefois, portant une inscription que je connais désormais mais dont je ne sais rien de sa signification. Mais la réaction est là.
De la peur ? Du dégoût ?
Je ne bouge pas d’un pouce, gardant mon regard fixé sur Ismaëlle alors que je sens une pointe de honte germer au creux de moi. D’autant plus lorsqu’elle ferme les yeux et pousse un profond soupire, comme si elle s’apprêtait à me dire ce que j’attends depuis tout à l’heure. Qu’elle veuille partir, oublier ça, oublier les mots de cette après-midi et repartir sur des bases saines et professionnelles.

— Excuse-moi.

Je secoue légèrement la tête par la négative, comme pour lui signifier que ça n’est rien alors que ma gorge est obstruée. Son regard désolé, sa mine triste, anxieuse… J’ai visiblement foiré en misant sur l’honnêteté…

— Cette méfiance que j’ai envers les hommes …

… Ou peut-être pas.
Son stress semble se décupler, prendre de l’importance. Elle pique ma curiosité et me fait dire que peut-être, j’ai mal interprété tout ça.

— J’ai eu à faire à l’instabilité de l’un d’entre eux il y a quelques temps. C’était un homme droit, calme et pragmatique. A aucun moment je n’ai pensé qu’il puisse perdre le contrôle alors que je savais très bien ce qu’il était et puis ça s’est produit.

Assis sur mon siège, coudes sur les cuisses et mains croisés, je me fige. Un bac de glace se diffuse dans mes veines alors que je l’écoute, sans broncher, sans sourciller.
Est-elle entrain de me comparer à cet homme ? A-t-elle peur que je puisse replongé dans ce vice et que je puisse faire quoi que ce soit envers elle ?
Mais même au-delà de ça, un détail m’interpelle concernant cette perte de contrôle.

— Il était Lycanthrope. Après une Pleine Lune il a littéralement perdu le contrôle sur lui-même, j’essaie de me convaincre que c’est le cas en tout cas et que tout ça n’était pas simplement sa véritable nature mais le mal a été fait quoi qu’il en soit.

Premier coup de massue. Ma poitrine se contracte.
Je serre la mâchoire, ne dit rien, ne pose aucune question. Je me contente de regarder Ismaëlle dans les yeux, espérant y trouver des réponses, des précisions. Espérant me faire de fausses idées.

— Je suis tombée enceinte de lui. J’ai mené ma grossesse à terme, enfin presque, mais malheureusement Alexander a hérité de ma pathologie cardiaque sans avoir la chance que j’ai eu. Il n’a vécu qu’une semaine, à Sainte Mangouste. Les médecins ont été très bien, ils ont fait tout ce qu'ils ont pu mais il était trop faible.

Je suis incapable de retenir mes émotions qui transpercent chaque trait de mon visage. Mon regard s’obscurcit au fur et à mesure que je comprends les sévices subis.
Un viol, dans son plus simple appareil, menant à une grossesse dont l’enfant est décédé à l’aube de sa vie.
Un viol. Un enfant perdu.
Un viol. Ce mot résonne comme une maladie, comme … une violence. C’EST une violence. Je ne sais pas de quel homme elle me parle, mon esprit s’embrume et s’enlise dans la haine et la colère. Pas contre elle mais contre cet inconnu dont je ne sais rien. Celui qui, présentement, fait naitre en moi une haine rarement connu. Pour de multiples raisons. Pour l’acte en lui-même. Mais aussi parce qu’Ismaëlle en est la victime.
Ajouté à ça, la mort de son propre fils.

C’est un tumulte qui me gagne et j’ai sincèrement du mal à ne pas laisser échapper mes questions. Mais lorsque je vois ses larmes, c’est un énième couteau qui se glisse à l’intérieur de moi.

— Sympa comme premier rendez-vous n’est-ce pas ?
— Il a tout son charme.

Spontané et sincère malgré ma haine alors que j’affiche un sourire.
Ni désolé, ni compatissant. Simplement un vrai sourire.
La voir dans cet état me touche, me ronge et est insupportable. Je ne suis pas violent et rare sont les fois où je laisse ma colère prendre le dessus. Hors cette fois, les choses sont différentes.
Et parmi toutes ces émotions négatives, je suis admiratif face à la force de caractère de celle qui me donne cette envie de la prendre contre moi, de la toucher, la regarder, la rassurer. Je l’ai toujours vu droite et fière, menant ses combats sur tous les fronts avec une hargne qui semblait inépuisable. A aucun moment je n’aurai pu me douter de ces deux tragédies consécutives, sa peur envers les hommes devenant soudainement logique et implacable.

— N’importe qui peut perdre le contrôle n’importe quand, certains ont simplement vécu des choses qui peuvent les rendre plus enclin à ce genre de dérapage. Je n’ai pas envie de me méfier toute ma vie de tout le monde.

Ses yeux captent les miens et je perçois la fragilité qu’elle m’offre.

— Je n’ai pas envie de me méfier de toi. Mais je comprendrais qu’une femme fissurée te fasse fuir, je le comprendrais très bien.

Il faut que je digère les informations. Que je fasse le tri dans tout ça, que j’accepte aussi certaines choses. Tout ce qu’elle vient de m’avouer ne sont pas à prendre à la légère, ce sont des aveux plus qu’intimes et si une part de moi est touchée par tout ça, l’autre rumine en silence sa colère de ne pouvoir faire plus, de ne pouvoir déverser ma haine sur celui qui a abusé d’elle. Et je suis surpris de voir qu’elle le dédouane malgré tout, misant tout ça sur la lycanthropie, sur le vécu. Détails qui, pour moi, n’entrent pas en ligne de compte à l’heure actuelle puisque je n’y vois que l’acte en lui-même.
RIEN ne justifie un viol. Absolument rien.
Alexander. Son fils. Et si je perdais le mien ? Je deviendrais fou.
Alors comment fais-tu pour être si droite, si fière chaque jours.

Je me redresse, puis me lève. Et si Ismaëlle pourrait penser l’espace d’un instant qu’effectivement, je prenne la fuite face à tout ça, je ne lui laisse pas le temps de se l’imaginer plus longtemps.
D’un pas lent, je m’approche d’elle et m’accroupit en prenant appuie de mes deux mains sur les accoudoirs de son fauteuil et la regarde, en silence.
Je ne suis pas un lâche et si je ne peux agir sur le passé, je peux peut-être agir sur le présent. Je laisse simplement aller ma spontanéité alors que mon regard reste accroché au sien.

— Tout dépend de savoir si cette femme fissurée accepterait un homme fissuré. J’affiche un sourire. Je trouve qu’on fait la paire, pas toi ?

J’essaie de relativiser tout ça, ne supportant plus de voir ses larmes sur son visage, ni de la voir si ... défaite. Tout ce qu’elle vient de me dire provoque chez moi des sensations diverses, puissantes et que je préfère taire pour le moment. Je ne peux pas tout gérer alors je prends les choses, une par une. Et ma principale préoccupation en cette seconde est cette femme devant moi. Je pose un genou à terre pour plus de stabilité et lentement, la serre contre moi. Sans réfléchir plus longtemps.
Je pense que nous sommes désormais bien au-delà de tout ça…

Une main sur sa nuque, l’autre dans son dos, je la garde ainsi pour lui donner tout ce que je peux donner. Présence, réconfort, soutient. Je ne sais pas combien de temps dure cette étreinte mais quelque chose se débloque, une évidence et une simplicité. Peut-être le soulagement d’entendre et de voir que mes aveux ne sont pas pour elle une source de fuite mais aussi parce qu’elle m’a, de par sa confession, sous-entendu sa confiance en m’avouant de pas vouloir me fuir. Peut-être essayé quelque chose avec tous ces morceaux.
Une douce chaleur se diffuse chez moi, prenant naissance au creux du ventre.

Je m’écarte en douceur, posant mes deux mains sur son visage, souriant. Complètement relâché. Et je l’embrasse doucement, lentement. Un baiser plus long que celui que j’ai reçu dans le lac, quelque chose de chaud, sucré, d’apaisant. Quelque chose de doux et de rassurant alors que mes mains tiennent toujours son visage.
Une explosion de sensation se manifeste et mon cœur s’accélère, le plus formidable étant que j’en prenne un plaisir que je n’avais plus ressenti depuis longtemps.

Je romps doucement le contact et plante mon regard dans le sien, toujours un sourire aux lèvres.

— Prends le temps dont tu as besoin mais je ne veux pas que tu aies peur de moi, d'accord? Je ne veux pas et n'ai pas l'intention de te blesser, d'une quelconque façon. Je marque une pause, ne lâche pas son regard du mien parce que je veux qu’elle ancre cette idée, peu importe le temps que cela lui prendra. Je veux vraiment que tu le saches.

Mes mains retombent sur les siennes que je serre entre mes paumes. Rien que ce contact me provoque un long frisson agréable, accélérant mon myocarde comme si j’avais 16 ans ce soir encore.
Moi qui angoissais de lui faire autant de mal qu’à Nora, ses aveux ont complètement changé la donne. Comme si j’étais déterminé à ne pas reproduire les mêmes erreurs mais aussi à l’aider à effacer tout ce qu’elle a pu vivre et subir. Pour lui montrer et prouver que ça ne se reproduira pas, pas avec moi.

— « C’est admirable de te voir aussi droit aujourd’hui malgré tout ce que tu as pu vivre, vraiment. »… C’est bien ce que tu m’as dit tout à l’heure, non ? Mon sourire s’élargit alors que j’essuie en douceur ses dernières larmes sur sa joue d’un geste du pouce. Tu es tout aussi admirable, crois-moi.

Et je suis sincère. Il est incroyable de la voir si vivante, si droite et si pleine de hargne lorsque l'on sait tout ça. Et c'est ce qui fait d'elle la femme qui m'attire en cet instant. Une force de caractère qui me surprend toujours un peu plus. Je sais que tout ça lui a couté et lui coute peut-être encore maintenant, je ne pense pas qu’il soit nécessaire que je remue le couteau dans la plaie avec des questions alors qu’elle-même s’est contenté de resté silencieuse concernant mon passé. Chose dont je la remercie silencieusement.
Et si je ne peux rien corriger de ce qu’il s’est passé, je peux au moins l’aider à partir sur de nouvelles bases. Tout comme elle m’aide déjà peut-être sans le savoir.

— Et pour un premier rendez-vous, je trouve que l’on sait faire dans l’originalité.

Rire léger, sourire léger, cœur léger. J’ai comme un regain de vie à son contact et je ne pensais pas que cette sensation m’avait à ce point manqué.
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Sam 5 Mar 2016 - 13:19

Il a tout son charme … Quelque part oui, c'est vrai. Se retrouver là, tous les deux, autour d'une tasse de thé comme des p’tits vieux, laissant sortir des choses … qu'on ne dévoile pas facilement l'un comme l'autre je pense, c'est … ça n'est pas une question de charme mais plutôt de confiance. Je ne sais pas exactement ce que je ressens pour cet homme, je sais simplement que peu importe de quoi il s'agit, ça vient de grimper un stade au dessus. Je me sens la force de lui avouer des choses très personnelles, je me sens la force de m'autoriser à … tout simplement à ressentir des sensations que j'ai toujours bridé sans vraiment y faire attention. Jusqu'ici je n'avais pas pris le temps de réellement réfléchir comme une personne je crois, comme une femme, à l'exception de la grossesse et d'Alexander. Plus d'amis que d'amies, paradoxalement, et pourtant aucun d'entre eux n'a jusqu'ici fait s'éveiller chez moi l'éventualité d'une différence. Ça remue, ça fait mal, mettre des mots sur ces douleurs encore à vif par moment, sur des peurs, des émotions qui font échos aux siennes parce que j'ai bien vu qu'il n'était pas resté insensible à mes aveux quand bien même il ne m'a pas interrompu, pas une seule fois. C'est un peu confus dans mon esprit, en cet instant j'ai du mal à faire la part des choses mais je me sens pourtant relativement sereine, étrangement. J'appréhende sa réaction mais je sais que je serais en mesure d'y faire face s'il décide que c'est tout simplement trop pour lui. Je pense même qu'une part de moi souhaiterait cette « facilité » … La part la plus lâche de mon être, celle qui est capable d'affronter un troupeau de Centaure et qui en l'état préfèrerait se trouver au beau milieu de la Forêt Interdite …

Gorge serrée, paupières humides, c'est un profond soupir qui m'échappe alors que le silence s'installe quelques secondes. Je reprends mes esprits, sursaute néanmoins quand il se lève et c'est bien de la panique qui s'empare de moi, crée par un mélange d'émotions, des envies contradictoires : Celle qu'il reste, celle qu'il parte. Je relève la tête et l'observe, si imposant là face à moi, pourtant je ne bouge pas alors que mon corps tout entier, par réflexe, par habitude, m'envoie des signaux. Être à sa hauteur, ne pas rester dans cette position de faiblesse … Instinctivement je me recule dans le fond du siège quand il approche et mon cœur s'emballe alors qu'il s'accroupit là, face à moi, juste devant moi, les deux mains posées sur les accoudoirs de chaque côté de mon être … Prise au piège.

J'ai peur, oui, mais pourtant j'écoute cette petite voix dans ma tête et elle me dit que tout ira bien, qu'il n'a pas la moindre mauvaise intention à mon égard, que je peux lui faire confiance.

« Tout dépend de savoir si cette femme fissurée accepterait un homme fissuré. »

Il sourit, d'un de ces sourires rassurants qui vous amènent à relâcher tous vos muscles sans y penser une seule seconde.  

« Je trouve qu’on fait la paire, pas toi ? »

J'ai esquissé un sourire juste avant, en réponse au sien, simplement parce que mon corps encore une fois a réagit, mais là c'est un rire que je lâche, un rire plein d'émotions. C'est très étrange, cette situation est étrange et complètement inhabituelle pour moi. Je n'ai pas … l'habitude qu'on me rassure parce que j'agis toujours comme si je n'en avais pas besoin, sans réellement m'en rendre compte la plus part du temps. Je ne dis pas que personne ne prend soin de moi, loin de là, simplement que, peut-être, je me comporte inconsciemment comme quelqu'un qui n'en a pas besoin, comme quelqu'un qui a appris à faire sans. Une nouvelle fois je me retrouve hors de ma zone de confort et je ne sais pas vraiment ce que je ressens en cet instant. Quelque part c'est comme admettre une faiblesse, est ce que je suis prête pour ça ? Est ce que je suis prête à admettre que je suis simplement comme tout le monde ? Passer son temps à s'occuper de tout et tout le monde sauf de soi vous plonge dans une certaine réalité et cette réalité est mise à mal ce soir. Je ne dis pas que c'est négatif, je ne dis pas non plus que c'est positif, juste que c'est … différent, nouveau.

Tout ce que je sais c'est que je suis incapable de lui répondre par des mots, seul mon corps est capable de transmettre un message. C'est incertain mais mon sourire n'est pas faux, de même que cette façon dont je le laisse s'approcher encore un peu, jusqu'à ce que nos deux corps soient l'un contre l'autre et qu'un nouveau long et profond soupir m'échappe, comme si tous mes muscles se relâchaient mais totalement cette fois. Lâcher prise quand on n'en a pas l'habitude peut-être douloureux, effrayant, mais je découvre que l'enveloppe physique appréhende tout ça bien plus facilement que l'esprit. Parce que là dans ses bras je ne pense plus à rien, c'est comme s'il m'enlevait des épaules un poids dont je n'avais même pas conscience. Je suis dans les bras d'un homme, un homme qui n'est ni Maxence ni Dimitri, et je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur. Je veux y rester, parce que je m'y sens bien, protégée, en sécurité, au chaud, entourée de douceur. Ce sont des choses que je n'ai jamais ressentis avant, c'est déstabilisant bien sur mais la facilité semble prendre le pas sur le reste. Croyez-moi, cette position n'a rien de confortable, ni pour lui, ni pour moi, mais ça n'a pas la moindre importance puisqu'il semble y trouver suffisamment de bien être pour rester comme ça et réciproquement.

La suite étant un véritable calvaire pour l'auteure – TMTC P'TIT CAILLE ! C'est maintenant le reportage sur le thé – on va passer à la suite directement *out*

Pourtant il s'éloigne. Il s'éloigne mais ne me lâche pas complètement pour autant. Je sens ses mains se poser de chaque côté de mon visage, je lui rends son sourire mais je le sais, si j'étais debout en cet instant, mes jambes me lâcheraient … Un baiser, c'est juste un baiser, d'autant plus que ça n'est pas comme si c'était la première fois étant donné que JE lui ai sauté dessus la première fois mais … c'est différent, presque comme un contrat, un pacte. C'est angoissant, mais … libérateur quelque part. Ça n'a rien à voir avec la première fois, d'une parce que ça vient de lui mais surtout parce que c'est un geste calme, quelque chose qui ne me donne absolument pas envie de partir en courant quand bien même mon cœur s'accélère de manière significative. C'est un sourire qui étire mes lèvres une fois qu'elles retrouvent leur liberté, quoi qu'il en soit. Un sourire apaisé, serein, sourire qu'il me rend ou qu'il m'offre lui aussi, peu importe.

« Prends le temps dont tu as besoin mais je ne veux pas que tu aies peur de moi, d'accord? Je ne veux pas et n'ai pas l'intention de te blesser, d'une quelconque façon. Je veux vraiment que tu le saches. »

J'ai envie de lui répondre que ça n'est pas parce qu'on ne souhaite pas quelque chose que ça n'arrive pas mais je m'abstiens. Je n'ai absolument aucune envie d'apporter quelque chose de négatif à ce qui est entrain de se passer. Mieux, j'ai envie de lui faire confiance, envie d'y croire, envie de me dire que cette fois, même si je n'ai jamais attendu ou même voulu ça, c'est peut-être mon tour.

« « C’est admirable de te voir aussi droit aujourd’hui malgré tout ce que tu as pu vivre, vraiment. »… C’est bien ce que tu m’as dit tout à l’heure, non ? »

Je baisse les yeux dans un rire bref, mi-amusé, mi-gêné, resserrant sans trop y faire attention l'emprise de mes mains sur les siennes. Je relève néanmoins légèrement le menton quand son pouce vient essuyer les derniers vestiges de larmes sur mes joues.

« Tu es tout aussi admirable, crois-moi. »

Je me rends compte que la clé pour ça c'est de surtout ne jamais s'arrêter pour y penser, mais à quel prix ? Personne n'est incassable, je ne fais pas exception et très sérieusement je ne sais même pas comment je fais pour avoir réussi à m'accrocher à ce point ces dernières années alors que je n'avais absolument rien d'une guerrière, même en ayant fait un séjour dans l'armée.

« Et pour un premier rendez-vous, je trouve que l’on sait faire dans l’originalité. »
« Ah oui ça c’est certain. »


Nouveau rire, plus franc celui-ci, et réellement amusé. Un premier rendez-vous … Qui aurait pu croire une chose pareille ? Certainement pas moi. Rendez-vous … Non, il n'y a rien à faire, c'est … très étrange. Ça ne veut pas dire pour autant que c'est désagréable, loin de là même.

« Merci Leiv, sincèrement. »

Mes mains se déplacent tranquillement et attrapent l'une des siennes. C'est particulier, simplement de sentir sa peau sous la mienne, une sensation que je n'ai pas l'habitude de côtoyer et pourtant mon corps semble savoir ce qu'il doit faire, ce qu'il veut faire. Qu'on s'en tienne à ça pour cette fois, je l'admets, ça serait peut-être mieux. Ne pas avoir peur, vouloir faire confiance, c'est une chose, mais on n'efface pas certaines marques comme ça. Il est d'accord pour me laisser prendre le temps dont j'ai besoin, il l'a dit lui même, je pense que ça commence ici et maintenant.

« Est-ce que ça t’ennuie si on garde ça pour nous ? Au moins au début. Je ne sais pas trop où on va comme ça mais … J’ai envie qu’on garde ça pour nous deux, le temps de trouver nos marques au moins. Si ça te va. »

La soirée s'est poursuivit tranquillement, on a beaucoup discuté si bien qu'aucun de nous deux n'a vu l'heure passer. Tel un gentleman il m'a raccompagné devant ma chambre mais n'a en aucun cas fait la moindre allusion à une éventuelle invitation. Personne en vu, je m'en suis assurée, une pointe d'adrénaline au creux du ventre, et puis c'est en me dressant sur la pointe des pieds que je l'ai embrassé. Chaque fois, c'est un peu plus facile, terriblement naturel.

« Bonne nuit. »

Un sourire, on s'effleure, je disparais dans ma chambre … pour me laisser tomber sur mon lit comme une MIDINETTE ! Avec un sourire niais sur le visage … Le sourire des gens heureux, je suis tentée de le dire. Fenrir me regarde en penchant la tête sur le côté, il ne manque pas de me renifler une seconde puis retourne se coucher dans son panier. Difficile de s'endormir quand on se sent aussi excitée qu'une puce … Et je serais curieuse de savoir d'où vient cette expression … Sans doute du fait qu'elles passent leur temps à sauter furtivement. Aucune importance.

Vendredi 13 Mars 2015 – Au petit matin

Une semaine. Ça fait maintenant une semaine que … que quoi d'ailleurs ? Une semaine que je commence à développer ce sentiment de jalousie dissimulé quand il évoque son ex-femme … Ahem. En revanche quand il parle d'Adrian je pourrais l'écouter pendant des heures. Bien sur je pense à Alexander mais le sourire de Leiv quand il parle de son fils vous empêche clairement de broyer du noir, croyez-moi. Aujourd’hui n'est pas un jour comme les autres, nous sommes le 13 et cette date n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde. Voilà pourquoi je me faufile en douce dans le couloir, faisant le moins de bruit possible, m'assurant qu'il n'y a personne, et frappe à la porte de sa chambre. Il ouvre, je me retiens de rire quand je vois son beau pyjama sans un pli – et on passera sur le fait que j'ai déjà développé une autre manie, celle de déplacer des objets en sa présence pour le titiller … Inutile de préciser que ses efforts ne m'échappent pas donc je place la barre plus haute un peu plus à chaque fois.

« Joyeux anniversaire Monsieur Helland. »

Cette fois c'est moi qui lui apporte le petit déjeuner, et c'est sur son lit qu'on s'assoit tous les deux. J'ai passé le cap, ça ne me pose plus aucun problème d'être enfermée ici avec lui ni même qu'il vienne lui dans ma chambre … Ce qui provoque à chaque fois une situation comique soit dit en passant puisque, comment dire … Si lui est parfaitement organisé, rangé, etc … Ma chambre est un véritable capharnaüm et je devine à quel point ça le travaille. Je le sens, parfois il a envie de ranger. Ça m'amuse, beaucoup.

« Je ne peux même pas dire que j’ai l’impression d’avoir 16 ans … Je n’ai jamais fait ce genre de choses à 16 ans. Ni jamais en fait. »

Tristituuuuuude ! Ou pas. Tout ce que je sais c'est que l'état dans lequel je me trouve, la façon dont il me fait me sentir, je ne connaissais pas jusqu'ici et même si ces dernières années je me suis énormément décoincée j'ai l'impression que c'est encore « pire » depuis qu'il se passe ce qu'il se passe entre nous. Il m'apporte énormément de choses, sans probablement s'en rendre compte. Chacun instant passé avec lui est un bonheur, je me sens plus légère que je ne l'ai jamais été et je crois que ça se voit même si je tente de le cacher tant bien que mal. Ça n'échappera pas à certains, j'en ai pleinement conscience.

Samedi 14 Mars 2015

« Prends soin de toi Derek. »

C'est arrivé vite, ça fait bizarre. J'ai ressenti beaucoup de choses vis à vis de ce garçon, les moins réjouissantes la plus part du temps, mais le voir partir me fait néanmoins un pincement au cœur. Nous sommes quoi qu'il en soit tous d'accord pour dire que c'est la meilleure chose à faire pour lui et sachant que Kyle s'en va lui aussi demain, je suis surprise qu'Enzo ait décidé de rester. C'est tout à son honneur de vouloir persévérer dans sa scolarité mais … Je crois que j'aurai eu tendance à l'encourager à partir si j'avais eu mon mot à dire dans cette histoire. Ça n'est quoi qu'il soit pas une décision prise à la légère, je lui fais confiance et il sait parfaitement qu'il peut venir me voir à n'importe quel moment si ça ne va pas. Il y a aura forcément des moments plus difficiles que d'autres.
La Magie opère, Owen emmène Derek à bon port, en Australie, je reste un peu pour attendre son retour et regarde le plus jeune des deux frères rejoindre sa moitié. Ils n'ont plus beaucoup de temps ensemble, je pense qu'on ne les reverra pas avant l'heure du départ.

La journée aura été mouvementée et riche en émotions, c'est le moins que l'ont puisse dire. Les Patronus, le chant, puis le concert et enfin le bal. J'en suis là – et non je n'ai pas mis de robe – debout devant une des tables, un verre à la main, observant partout autour de moi, jusqu'à ce que mon regard croise celui de Leiv qui fait le chaperon dans son coin de la pièce.

« Tu devrais aller prendre un peu l’air Isma, tu es toute rouge. T’as chaud ? »

Dimitri. Dimitri qui débarque de nulle part et me fait sursauter. Dimitri qui naturellement à les yeux partout et surtout là où il ne faut pas.

« Une p’tite visite au Pôle Nord peut être que ça te rafraichirait. »
« Non mais ! »


Ma main s'abat sur son bras, il se marre comme une dinde et je rougis encore plus. Heureusement qu'il fait sombre ...

« Sale bête ! »

Je fini par en rire, évidemment, et on échange quelques mots avant qu'il aille rejoindre la Guapa de Poudlard aka Rina. De mon côté, j'essaie de calmer les sensations que je ressens quand mes yeux croisent ceux de Leiv. Je ne suis pas prête pour ça. Chaque chose en son temps. Il respecte sa promesse en ce sens et je ne l'en remercierai jamais assez.

Dimanche 15 Mars 2015 – Fin d’après midi

« Au revoir Isma. Merci pour tout. »
« Au revoir mon grand. Tu vas me manquer. Rends nous fier, fais les tous rêver avec ton talent d'accord ? »


Dire au revoir à celui ci est encore pire, plus difficile. Kyle est un garçon que j'ai pris sous mon aile dès le départ ou presque, il est très attachant et même si je suis très heureuse pour lui, ça me fait néanmoins un petit pincement au cœur. Tout a été fait pour que ça se passe bien pour lui là dehors mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter pour lui tout de même.

« Viens là mon grand. Viens. »

Un autre pour qui je m'inquiète, on ne me refera pas, c'est ce grand gaillard que je prends à présent dans mes bras alors que le jeune Américain vient de disparaître en un éclair avec Owen. Le voir en larme est un crève cœur, sincèrement. Ça n'est plus un secret pour personne, j'éprouve pour ce gosse des sentiments qui vont bien au delà d'une relation Prof/Elève et je ne m'en cache pas.

« Allez viens bonhomme, on rentre. »
« Tu veux qu’on reste un peu avec toi ou tu préfères être un peu seul ? »
« Je sais pas trop à vrai dire. »
« Viens, on va aller chiner quelques chose de chaud dans la cuisine, ça te fera du bien. »
« D’accord. »
« Cameron ? »
« J’en suis. En tant que Californien qui se les caille au Royaume-Unis, je ne refuse jamais un truc susceptible de me réchauffer. »


Tu n'es pas seul ici Champion, ça va aller. Voilà le message que transmet ma main qui lui frotte le dos alors qu'on entre tous les trois à nouveau dans le château. Cameron a passé son bras autour des épaules du plus jeune, en entrant je croise le regard intrigué de Leiv qui se trouve dans le Hall mais lui indique d'un signe de tête que je gère la situation, chose qu'il comprend et m'en informe par un signe de tête à son tour. Je connais Enzo, je sais que la dernière chose dont il a besoin c'est que quelqu'un qui ne fait pas partie de son décor restreint vienne mettre son grain de sel là dedans. Il a déjà essuyé ses yeux, par instinct je le sais, pour ne pas qu'on le voit dans cet état. De la faiblesse selon lui ? Je ne sais pas, je n'ai pas la prétention d'être dans sa tête mais je le trouve au contraire incroyablement fort d'avoir fait ce qu'il vient de faire. Tout ira bien, Petit Loup. Tout ira bien.

Dimanche 29 Mars 2015 – Début de nuit

Le temps passe a une vitesse folle, je ne vois pas les journées passer. C'est une nouvelle dynamique que d'être avec quelqu'un, réellement, mais étrangement je m'y habitue bien plus facilement que ce à quoi je m'attendais. On continue de garder ça pour nous, c'est assez difficile d'avoir des moments tous les deux à cause de la charge de travail mais on y arrive, que ça soit chez l'un ou chez l'autre, de temps à autre. On prend nos marques, on compose sans oublier de garder notre individualité, chacun respectant l'espace et le caractère de l'autre … sauf quand je le cherche en touchant à tel ou tel objet, certes, mais c'est plus fort que moi. Il n'est pas très tard mais après avoir fait un dernier petit tour dans le château j'ai décidé d'aller me coucher, pourtant au bout d'un quart d'heure je me relève et grattouille la tête de Fenrir avant de m'assurer qu'il ne manque pas d'eau pour finalement m'éclipser, direction la chambre de Leiv. Une fois arrivée à bon port je frappe et attends patiemment qu'il vienne ouvrir. Est ce qu'il dormait ? Je l'admets, c'est une éventualité à laquelle je n'avais même pas pensé … Oops. Néanmoins la porte s'ouvre, ma tête se penche sur le côté sans que je ne lui demande rien et j'affiche une moue … que je ne saurais moi même décrire en réalité. Ne pas réfléchir à ce qu'on fait, surtout pas, sinon c'est effrayant. Midinette va.

« J’ai peur toute seule dans le noir, je peux rester dormir avec toi ? »
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Jeu 10 Mar 2016 - 16:22

— Ah oui ça c’est certain.

Elle éclate de rire et quelque part j’en suis soulagé. De voir que le sourire prend le pas sur tous ces aveux difficiles et qui me retournent encore les tripes. J’ai du mal à digérer le fait qu’elle ait été violée, tout comme j’ai du mal avec le fait de devoir me taire, accepter l’horreur parce que nous ne pouvons rien faire de plus aujourd’hui qu’aider Ismaëlle à se reconstruire. Je m’accroche à cette idée en me disant qu’au moins peut-être, je pourrais l’y aider.

— Merci Leiv, sincèrement.

Je lui réponds d’un sourire. Elle n’a pas à me remercier, tout ça est spontané, sincère et presque vitale.
Une chaleur agréable m’envahit lorsque je sens ses doigts sur ma peau. J’avais oublié à quel point le contact d’une femme pouvait être agréable, reposant, apaisant.

— Est-ce que ça t’ennuie si on garde ça pour nous ? Au moins au début. Je ne sais pas trop où on va comme ça mais … J’ai envie qu’on garde ça pour nous deux, le temps de trouver nos marques au moins. Si ça te va.

Nouveau sourire.
Elle lit dans mes pensées.

— Le temps que tu voudras, oui. Et je ne suis pas prêt à subir les questions de Dimitri…

Humour teinté de vérité, je sais d’ors et déjà que si Katherine et Dimitri le savent, l’un comme l’autre se feront une joie de me le faire comprendre ou de me le sous-entendre avec une délicatesse qui n’appartient qu’à eux. Cette idée me convient d’autant plus que je suis quelqu’un de réservé et que la discrétion est quelque chose qui me caractérise largement. Ça n’a rien à voir avec de la honte, simplement une sorte de pudeur.
La soirée se poursuit de manière peut-être plus légère qu’elle n’a commencée, en apprenant un peu plus sur elle et moi, partageant des fragments de nous pour finir par la raccompagner jusqu’à sa chambre. A aucun moment l’idée de passer avec elle ne m’effleure l’esprit, ni même de profiter de la situation pour ça. Encore moins avec tout ce qui vient d’être dit.

Je m’apprête à la saluer, un peu hésitant sur la conduite à tenir mais Ismaëlle prend les devants après avoir jeté un rapide coup d’œil autour de nous. Je me penche vers elle presque par instinct et me laisse embrasser, doucement, tranquillement.
Se laisser aller, profiter. Un crépitement éclot au creux du ventre et j’y prends plaisir.

— Bonne nuit.
— Bonne nuit.

Sa main dans la mienne m’échappe alors que l’envie de la retenir se manifeste. Rien qu’un peu, pour la sentir contre moi et profiter de ce bien être qu’elle m’apporte. Pourtant je n’en fais rien, me contentant de lui offrir un large sourire avant de faire demi-tour dès lors qu’elle est entrée dans sa chambre. Je rejoins la mienne, sourire aux lèvres. Sourire qui s’élargit une fois seul alors que je lâche un ricanement léger, détendu.
Heureux.
Comme si j’avais de nouveau 16 ans.

¥

Vendredi 13 Mars — Petit matin

A peine ais-je ouvert les yeux que des coups secs et brefs me tire de mon sommeil. Je me redresse, me frotte les yeux de la paume de la main et me lève, sachant pertinemment d’où vient ces coups répétés.
Sur le bord de ma fenêtre, un hibou que je reconnais comme étant celui d’Adrian. Je m’empresse de lui ouvrir, il virevolte quelques secondes avant de lâcher une lettre et un paquet pour ensuite sortir de la pièce et sûrement rejoindre la volière pour prendre du repos.
Fenêtre refermée, je m’assoie sur le bord de mon lit, lettre en main.

« Joyeux anniversaire papa !
J’espère que ton cadeau te fera plaisir et que tout va bien dans ta cachète secrète. Moi ça va, j’ai de bonnes notes à l’école mais maman me dit que je bavarde trop. Sauf que je bavarde pas, j’apprendre des trucs à Cynthia (c’est ma meilleure amie, tu te souviens ?) sur les super héros ! Tu m’as toujours dis qu’il ne fallait pas trop parler pour rien dire et là, c’est pas pour rien dire ! Enfin bon, c’est pas très grave.
Je t’ai mis mon bulletin dans l’enveloppe pour que tu vois mes bonnes notes et j’ai aussi mi un dessin pour Rina. Tu pourras lui faire un bisou de ma part s’il te plait et lui dire qu’elle me manque et que j’suis sûr qu’elle est encore plus jolie qu’avant ? Et à Ismalelle (la faute est volontaire :gla: ) même si je l’ai jamais vu encore. Puis à John aussi. Enfin, à tous ceux qui sont gentils avec toi.

Tu reviens quand ? Tu me manques, j’ai hâte de te revoir pour qu’on aille voir Star Wars tous les deux ( j’ai fait exprès de pas aller le voir juste pour toi ).
Gros bisous papa et encore joyeux anniversaire !

Je t’aime fort fort fort.
Adrian »


Larmes aux yeux, la gorge nouée d’émotion je m’empare du paquet que je défais de son emballage. J’y trouve un presse-livre fait de ses propres mains. Le premier côté est peint ce qui semble être un chien et je découvre rapidement qu’il s’agit de Snow, mon fidèle compagnon et l’origine de ma forme d’animagi – il a mis une légende juste en dessous – et le deuxième côté se trouve ses mains plongé dans la peinture, avec moi et lui peint par-dessus, sans oublier les décorations en tout genre et en papier mâché, bariolé de couleur.
L’émotion est vive et présente, je peine à retenir les larmes qui, en ce jour que certains considère spécial, se manifeste.
Mon fils me manque, terriblement. Et je prends chaque jour conscience de la chance que j’ai d’avoir un enfant si compréhensif sur le métier de son père si absent.

Je relis la lettre une fois, puis deux, puis une troisième avant de me résoudre à la glisser dans une chemise en carton où toutes les lettres d’Adrian sont répertoriées. Elles me permettent de tenir, de rester accrocher à mon métier et à ses objectifs. Je ne manque pas d’installer les presses-livres sur mon bureau tout comme je ne manque pas de mettre le dessin pour Katherine de côté… Que je n’ouvre pas puisqu’il y a une mention spéciale TU TOUCHE PAS C’EST POUR RINA.

Quelques coups frappés à ma porte me tire de ma contemplation et c’est avec un large sourire déjà présent sur les lèvres que j’ouvre…

— Joyeux anniversaire Monsieur Helland.

Première chose : De la surprise. Agréable en plus de ça. Ismaëlle se tient face à moi, grand sourire aux lèvres… Honnêtement, je ne pensais pas qu’elle retiendrait ma date d’anniversaire et ne m’en serait pas formalisé si ça n’avait pas été le cas.
Deuxième chose : … Ma tenue. Tee-shirt et pantalon de pyjama sans l’ombre d’un pli, comme si je venais tout juste de l’enfiler. Disons que je ne suis pas encore habitué à me dire que tôt ou tard il faudra bien qu’elle me voit dans des situations … disons moins règlementaires.

— Merci.

Mon sourire s’élargit alors que je la laisse entrée et l’embrasse – j’ai le droit à un bisou d’anniversaire – pour ensuite la rejoindre sur le lit pour le petit déjeuner qu’elle m’a ramené. Pour sûr que cette journée festive ne ressemble en RIEN de celle de l’année dernière… Son geste me touche, plus que je ne pourrais le montrer et je ne pouvais pas souhaiter mieux pour démarrer cette journée.
Nous prenons nos marques en douceur et de manière bien plus naturelle que je ne l’aurai cru et j’ai surtout remarqué le plaisir qu’elle prend à déranger BEAUCOUP de chose dans ma chambre. Situation contre laquelle je lutte bien trop souvent pour ne pas reranger derrière….

— Je ne peux même pas dire que j’ai l’impression d’avoir 16 ans … Je n’ai jamais fait ce genre de choses à 16 ans. Ni jamais en fait.
— Eh bien nous avons qu’à faire comme si nous avions 16 ans. Et à vrai dire, ça m’arrangerait.

37 ans, tout d’même…
Ce petit déjeuner improvisé est un instant simple de bonheur. Je lui parle d’Adrian, du cadeau si joliment fait et offert, chose qui la fait sincèrement sourire. Sans oublier de parler d’elle, de Fenrir – c’est comme son fils après tout - et de tant d’autres choses qui me montrent à quel point tout ça n’est finalement pas si compliqué dès lors que la machine est en marche. Je découvre une autre facette d’Ismaëlle que j’apprécie un peu plus chaque jour. Une douceur et une spontanéité qui me font un bien fou et qui me rendent à l’aise, plus détendu et beaucoup moins strict de manière général. Je sais pas, un petit quelque chose qui vous rend plus léger. Sa présence est réconfortante au même titre que j’en ressens le besoin.

Vendredi 13 Mars — début de soirée

J’ai reçu un courrier de mon père et un de mon oncle. Mais aussi de quelques amis proches, médecins ou non. Même John est venu me le souhaiter en me disant que je me rapprochais dangereusement de son vieil âge… Mais celle que je n’attendais plus, se présente enfin à ma chambre, comme une fleur…

— Joyeux anniversaiiiiire parraiiiiin !

Juliet toque à peine et entre comme une flèche, petit gâteau en main surmonté d’une bougie allumée. Elle prononce tout cela en Italien tout en fermant la porte derrière elle.
Je connais sa mère depuis des années et il a été une évidence pour Daisy de m’élire parrain de Juliet, appelé Jules. Et elle a été ma deuxième fierté après la naissance d’Adrian. J’ai suivi toute sa vie du début à aujourd’hui, de ses réussites scolaires à la naissance de ses pouvoirs magiques, sans oublier la naissance de sa fille, Cosima.
Mais j’ai également apprit qu’être parrain était aussi apprendre de ses erreurs et Jules me l’a fait comprendre lorsqu’elle ma mise face à l’ultimatum de mon sevrage. Nous sommes un soutien pour l’un comme pour l’autre alors la voir ici débarqué avec son sourire et son cadeau est un bonheur supplémentaire à cette journée.

« Les thérapies médicales via l’art ».

Titre du livre qu’elle m’offre avec, à l’intérieur, un marque page. Et sur ce dernier, une photo d’Adrian et de Cosima, s’étreignant, grand sourire aux lèvres.
Le mien n’en finit plus de s’élargir alors que je la serre dans mes bras et la garde contre moi pour la remercier.

— Eh ben… Il faudrait que ça soit ton anniversaire tous les jours.
— N’abuse pas… Juliet.
— C’EST JULES !

Mes sourires n’en finissent plus aujourd’hui.

¥

Samedi 14 Mars — Durant le bal

Ses regards ne m’échappent pas tout comme les miens se glissent vers elle, de manière discrète de temps à autre. Pour la première fois depuis que tout a commencé, j’en viendrais presque à regretter de devoir dissimuler notre relation naissante.
Ismaëlle est restée sobre mais n’en reste pas moins superbe. Et l’envie d’aller lui proposer une danse, tranquille et légère, bien que ça ne soit peut-être pas son genre, me démange. Pourtant, je reste à ma place et respecte cet accord entre nous. Ne rien dire, le temps de prendre ses marques. Et c’est incroyable de voir à quel point je les prends avec aisance de mon côté. Comme pour l’embrasser ou l’enlacer, la taquiner, moi qui suis si inexpressif en temps normal. L’évidence est là : Je me sens bien…

… Ce qui n’est pas le cas de John, visiblement.
Visage un peu fermé, voir même agacé, il se dirige vers moi presque abattu.

— Maitre Yoda ne s’amuse pas parmi ses padawan ?
— Je viens de vivre une expérience glaciale en compagnie de Wistinghausen. Un instant je me suis demandé lequel de vous deux méritait le plus son statut d'iceberg.

Surpris, je lui demande des détails… et ce que j’entends là me sidère.

— Tu es sûr que nous parlons bien de la même personne ?

C’est-à-dire, cette femme agréable, polie, un peu froide certes, mais qui n’a jamais eu un mot plus haut que l’autre envers moi ?

— Vieux peut-être, mais j’ai encore toute ma tête.

Je ne peux m’empêcher de lâcher un rire bref et amusé, sans aucune trace de moquerie mais simplement pour tenter de lui remonter le moral. Main sur son épaule, je lui tends mon verre.

— Prends ça et oublie cette femme, elle ne sait pas ce qu’elle perd.

Et c’est vrai. Je suis étonné de voir la façon dont elle s’y est prise pour le rabrouer, lui, un homme aussi… gentil. C’est John, le genre de type qui ne semble pas avoir l’ombre d’une méchanceté en lui. Alors il est vraiment difficile de pouvoir imaginer quelqu’un ne pas l’aimer ou même lui en vouloir de quoi que ce soit.
Je passe d’ailleurs le reste de ma soirée avec lui puisque John est avant tout un ami. Je ne manque pas pour autant de croiser le regard d’Ismaëlle à qui j’accorde des sourires en coin, avec l’envie furieuse de la rejoindre, de me comporter comme un ado de 16 ans pour m’isoler avec elle dans un coin et goûter de nouveau la texture de ses lèvres.

¥

Dimanche 29 Mars — Début de nuit.

Je ne dors pas encore, penché sur le livre que Jules m’a offert il y a deux semaines pour mon anniversaire. Ce que j’y lis est tellement fascinant que je peine à décrocher de ma lecture. Peut-être est-ce une solution que je peux proposer au jeune Ryans que j'ai vu complètement défait il a quelque jours. Une procédure pour évacuer, prendre plaisir et exprimer des choses autrement que par les mots. Je pense également à la jeune Jefferson et me promet d'étudier sérieusement la question.
Je ne vois pas l’heure passer et ne ressens pas l’once d’une fatigue. Nous sommes Dimanche, j’ai eu tout le temps de prendre un peu de repos ce weekend dont une petite partie avec Ismaëlle.
Ismaëlle que j’apprends à connaitre, que je commence à intégrer complètement dans mon quotidien alors que nous nous retrouvons en catimini comme si nous étions des ados’, Ismaëlle qui commence à prendre une place certaine dans ma vie et chez moi. Elle me fait sentir bien, évoque chez moi des sentiments et sensations oubliés et pour la première fois depuis quatre ans, je me sens bien voir complet. Je reste le même mais mes sourires se font plus présents, ma légèreté également. Elle m’apprend à lâcher prise, petit à petit, chose qui s’avère bien plus difficile que je ne l’aurai cru.
Malgré tout ça, je garde une liberté et un espace qui m’ait cher et que je respecte aussi de son côté. Nous composons le quotidien de l’autre avec un naturel qui me surprend encore aujourd’hui mais qui me semble tellement évident… et simple.

Quelques coups frappés à ma porte et je cligne des yeux, décrochant enfin de ma lecture. Regard vers ma montre… La nuit a commencée sans que je ne m’en rende compte. Et si je suis surpris d’entendre quelqu’un frapper à la porte de ma chambre à cette heure-là, je finis par m’en inquiéter.
C’est que je suis rarement sollicité à une heure aussi tardive, sauf en cas d’urgence…

— J’ai peur toute seule dans le noir, je peux rester dormir avec toi ?

… Mais si le cas d’urgence vient du Vénézuéla et porte l’identité d’Ismaëlle Stoneheaven, alors peut-être que je devrais cesser de m’inquiéter et commencer à m’habituer à ce genre de surprise.
Je bloque un instant devant sa moue alors que mon cerveau marche au ralenti – chaque chose en son temps, les mécanismes de compréhension sont encore un peu rouillés… -.
Peur dans le noir ?
Dormir avec moi ?
Leiv, réveille-toi mon vieux…

Je cligne des yeux avant d’esquisser l’ombre d’un sourire, me sentant d’un coup stupide.

— Tu as oublié ton doudou ici ?

Je fais de l’humour.
J’espère que vous avez tous bien lu et comprit que je fais des progrès.
Mort de lol. Ca n’est pas comme ça que l’on dit ?

Je n’attends pas plus avant de lui glisser la main sur sa taille et de l’attirer à l’intérieur de ma chambre, large sourire aux lèvres. Ne vous méprenez pas, je suis complètement … à l’envers. Dérouté est peut-être le terme le plus exacte. Partagé entre deux émotions, celui de la surprise et de l’agréable, c’est une chose à laquelle je ne m’attendais pas, surtout dis avec ce ton, ces termes et… ce sourire qu’elle me sert sur un plateau d’argent. Elle a le regard brillant, le mien s’embrasse alors que je sens que tout un tas d’éléments entre en ligne de compte chez moi.
Dormir avec Ismaëlle était une chose tellement abstraite dans mon esprit que je n’avais pas pensé que cela puisse arriver un jour. Comme si… je n’en sais rien. Je ne saurais pas lui expliquer. Lui laisser du temps faisait partie du processus, est-ce que je dois en conclure ce soir que nous passons à l’étape supérieure ? Allez savoir pourquoi cette idée me rend complètement nerveux.
Je range rapidement mon bouquin entre le presse-livre d’Adrian et me tourne vers Ismaëlle.

— J’allais me coucher justement. Tu es en charge de réchauffer la place.

Grand sourire taquin, je me diriger vers la salle de bain où je me change avant de revenir dans ma chambre, en tee-shirt et en caleçon – oui, les efforts sont toujours là, on progresse – avant de me glisser dans les draps, aux côtés d’Isma.
Est-il utile de dire que j’ai le cœur qui donne clairement l’impression d’être au bord de l’implosion ?
Nerveux ? Oui. Heureux ? Egalement.
Moment privilégié qui n’est jamais arrivé jusqu’ici et lorsque la lumière s’éteint, c’est avec une infime précaution que je me tourne vers elle avant de la prendre dans mes bras, gestes qui est devenu naturel au fil des jours. Sauf que ce soir, c’est entre des draps, pour une nuit. Un pas en avant qui me provoque bien des sensations.

— J’espère que tu ne prends pas trop de place en dormant.

Rire atténué et discret, j’essaie d’atténuer la tension qui s’empare de moi. De nous.
Je ne sais pas qui de elle ou de moi fait le premier pas de rejoindre les lèvres de l’autre. Pour un baiser tout d’abord. Quelque chose qui semble tout nouveau, avec une saveur différente. Le cœur accélère sa cadence, un crépitement bien connu se manifeste au creux du ventre… Tout est propice à se sentir hors du temps, loin de tout ce qui a pu être dit et se passer.
Deuxième baisers, cette fois plus appuyé. Je me perds dans son souffle alors que je découvre de nouvelles sensations à ses côtés, que ma main glisse de son dos à sa hanche sa jamais passer la barrière du tissu, prenant soin de prendre le temps. Ma raison commence à doucement quitter les lieux alors que ses lèvres ne quittent plus les miennes, que ses mains sont là, sur moi, sur ma nuque, mon bras, mon épaule. Partout où Ismaëlle m’effleure, c’est une série de frisson qui se manifeste. Mes lèvres osent dériver sur sa mâchoire pour ensuite effleurer la peau de son cou, de son épaule, sans jamais aller plus loin pour ensuite retrouver ses lèvres.
Mon cœur n’en finit plus de battre la chamade alors que ma main remonte le long de sa hanche pour l’attirer un peu plus à moi, en douceur, la laissant accompagner le geste. Je me sens tremblant comme un enfant, fébrile et presque incertain. Comme une première fois. Tout homme n’est pas parfait, encore moins lorsque ce dernier a passé 4 ans sans toucher une femme. Encore moins quand cette femme, est Ismaëlle. Elle n’est pas une personne d’une nuit, d’un soir, d’une journée.
Et avant de me laisser happer par toutes ces évidences et questions, je me noie de nouveau entre ses lèvres, la serrant un peu plus contre moi, nos gestes se faisant plus osés…
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Mar 15 Mar 2016 - 20:59

C’est … surréaliste. Cette situation est surréaliste et certains matins encore quand je me lève je me surprends à simplement oublier que mon quotidien n’est plus tout à fait le même. Difficile de tirer un trait sur tant d’années de célibat, difficile de trouver sa place dans une relation, difficile aussi de faire de la place dans sa vie, dans son quotidien, quand on a toujours eu l’habitude de gérer les choses seule. Faire des concessions, ne plus penser un mais deux, etc … Ce sont des mécanismes que je n’ai pas encore attrapés mais j'ai l'impression néanmoins de ne pas trop mal me débrouiller. Je prends mes marques, lentement, surement je pense, et chaque jour qui passe est une découverte. Je me surprends parfois à penser que certains élèves en sont à un stade bien plus avancé que moi … Et alors ? Chacun son rythme après tout, chacun sa vie. A vrai dire, je suis même plutôt heureuse de découvrir tout ça avec Leiv, il ne s'en rend probablement pas compte mais sa patience et son calme sont d'une grande aide, une aide à la reconstruction. Je n'aurai jusqu'ici pas cru être capable de laisser un homme m'approcher d'aussi près, de cette façon, pas après ce qu'il s'est passé avec Jakob, quand bien même je n'ai jamais réellement été une femme à hommes de toute façon. Je les ai toujours côtoyé et pourtant … Parfois je me dis que c'est presque comme si j'étais l'un d'entre eux, je me fonds simplement dans la masse. Pas d'attirance particulière pour les femmes, je ne crois pas que ça ait déjà été le cas. J'étais bien seule, la présence d'une autre personne n'a jamais été un besoin jusqu'ici, pas de cette façon-là en tout cas. C'est juste arrivé comme ça, sans prévenir ou presque, et aujourd'hui ça reste notre secret … Ou presque. Certains ont grillé qu'il y avait Hippogriffe sous grain de sable, évidemment, mais rien n'a été prononcé à voix haute. Dans tout ça je suis un peu confuse quant à ce que peut ressentir Maxence, je ne peux le nier.

A l'heure actuelle je suis loin de tout ça quoi qu'il arrive, j'ai simplement suivi une impulsion et … me voilà entrain de m'inviter clairement dans la chambre de Leiv … pour la nuit ? Merlin, qu'est-ce que je viens de faire … Un vent de panique souffle sur la planète Stoneheaven – je ne sais pas pourquoi mais ça me fait soudainement pensé que je n'en ai SURTOUT pas parlé à Maman pour le moment, ni à Papa d'ailleurs – mais je vous assure que lorsqu'un sourire comme ça vous fait face, il rassure instantanément.

« Tu as oublié ton doudou ici ? »
« Oui. Il est facilement reconnaissable avec son beau pyjama sans pli. »


Moi, me moquer ? JAMAIS ! En attend je fais ma maligne mais quand sa main se glisse sur ma taille et qu'il m'attire à l'intérieur je n'en mène plus vraiment large. Il y a trop d'émotions différentes qui se bousculent dans ma tête, je passe d'un état à l'autre en un temps record et j'avoue être complètement … sans dessus dessous. Ismaelle, dois-je te rappeler que tu es à l'initiative de cette visite impromptue ? Quant à Leiv … Il sourit mais je pense deviner une certaine … nervosité ? Je n'en sais rien, même si j'apprends à me familiariser à lui de plus en plus, même si j'arrive à le lire chaque jour un peu mieux, il reste encore relativement indéchiffrable par moment. Ça ne me pose aucun problème, il est comme ça, j'en avais parfaite connaissance quand … quand tout ceci c'est enclenché. Je ne veux pas le faire changer, je ne veux pas qu'il change celui qu'il est et surtout pas pour moi. Peut-être que c'est utopique, peut-être que ma naïveté dans le domaine s'exprime à ma place mais peu importe, je vois les choses comme ça, pour l'instant en tout cas. Qui sait, peut-être que dans six mois je lui hurlerais dessus pour qu'il soit moins comme ci, plus comme ça … Non, pitié, je ne veux pas devenir … une femme. Je suis sexiste envers moi même, parfaitement, est ce que ça pose un souci à quelqu'un ?

« J’allais me coucher justement. Tu es en charge de réchauffer la place. »

Concentre toi sur le dernier cadeau d'Adrian pour son Papa, sur une photo de lui éventuellement, mais surtout, surtout ne t'étouffe pas … Réchauffer la place … ça implique se glisser dans ses draps … Je l'admets, il y a cette petite voix dans ma tête qui me chuchote ce message : Sauve toi en douce pendant qu'il … qu'il fait quoi d'ailleurs ? J'ai peur, voilà, c'est dit. J'ai peur de me glisser dans ces draps – comme s'ils étaient une marre infestée de crocodiles – et j'ai peur … de la tenue dans laquelle il va réapparaitre … Ou l'absence de tenue ? Dans trois secondes je m'évanouie, je vous préviens. Leiv ? Est-ce que tu as ton brevet de secouriste ? Il est juste un peu médecin …
Quand j'entends la porte qui s'ouvre à nouveau j'ai cette réaction totalement stupide, celle de virer couvertures et draps pour aller me planquer en dessous avant qu'il ne se rende compte de quoi que ce soit, si bien que lorsqu'il revient dans la pièce je suis … dans son lit … Par Merlin … Je suis dans le lit d'un homme. On se calme, on se ressaisi, ça n'est pas n'importe quel homme. C'est Leiv. C'est … Leiv, c'est tout. Jamais il ne me fera de mal, jamais il n'ira trop loin sans que je ne sois prête ou ne me mettra mal à l'aise, il a mon entière confiance.

« Mais ton pyjama sans pli ?! »

J'arrive à me calmer un peu, à me raisonner surtout, et là vue de cet homme en T-shirt et en caleçon là devant moi, à quelques mètres, ne m'angoisse plus autant. C'est même bien tout le contraire, dire que je ne me rince pas l'œil serait mentir. Le physique n'est vraiment pas un critère chez moi, après tout, tout ça est totalement subjectif de toute façon et une personne qui plaira à un tel ne plaira pas nécessairement à son voisin, etc … Seulement il faut l'admettre, malgré son côté glacial apparent, Leiv est un très bel homme. Sa carrure me rassure, quand je suis dans ses bras je me sens protégée et même si j'ai toujours pensé ne pas en avoir besoin, je ne peux le nier : Je trouve ça agréable. Et reposant.

Néanmoins mon cœur s’emballe à nouveau quand il vient me rejoindre, partagé entre diverses émotions à nouveau. Une angoisse latente mais une adrénaline évidente … c’est la première fois qu’on se retrouve dans cette situation, il fallait bien que ça arrive un jour mais j’appréhende beaucoup même si je ne peux pas m’empêcher de sourire. Il éteint la lumière, c’est stupide mais ça me rassure un peu. Ensuite c’est en douceur qu’il me prend dans son bras et mon corps s’étant habitué à sa présence je me laisse aller plus facilement que je n’aurai pu le penser. Je me sens bien, j’aime être dans ses bras même s’il réside en moi la peur de ce qui pourrait arriver. Je n’arriverai pas à me laver de ça facilement, je le sais, il le sait, à partir de là aucune inquiétude à avoir, n’est-ce pas ? Le temps fera son œuvre.

« J’espère que tu ne prends pas trop de place en dormant. »
« J’imagine que tu le découvriras bien assez tôt. »


Les yeux déjà fermés, ma main pressée contre la sienne, je souris. En réalité je ne connais pas vraiment la réponse à cette question. Dormir avec quelqu’un ne m’est pas arrivée depuis des siècles, ça n’a de toute façon jamais été quelque chose de récurent alors … on verra, pour ça aussi.
Si je lui faisais dos au départ, ça n’a pas duré très longtemps. Je ne le vois pas bien sûr mais sa présence est évidente et dans un geste naturel un baiser est échangé. Ça n’est pas le premier, ça ne sera pas le dernier et c’est devenu quelque chose de simple seulement cette fois les conditions sont différentes. Tout prête au rapprochement, à l’intimité, et sans même m’en rendre compte je me laisse aller. A lui, à ses lèvres, ses mains, son corps, sa présence tout simplement.
Le corps a des réactions instinctives, je le découvre ces derniers temps et c’est précisément ce qui est entrain de se passer actuellement. Chacun de ses gestes me fait complètement perdre le contact avec la réalité, les choses gagnent en intensité à mesure que les secondes défilent, à mesure que les minutes passent, seulement le cerveau n’est pas prêt lui. Il n’est pas prêt à franchir ce cap, cette évidence qui prend forme à chaque battement de cœur plus intense que le précédent.

Je ne suis pas prête.
Et ma tête transmet le message à mon corps qui se fige complètement.

« Leiv … »

Ma voix est tremblante, je peux l’entendre, le ressentir, comme tout le reste de mon corps en réalité. Il est tremblant pour plusieurs raisons, la culpabilité en fait partie, probablement une part de honte aussi parce que ça n’a rien d’évident comme situation. Une part de moi a très envie de quitter ce lit, cette pièce, s’enfuir loin de lui pour ne surtout pas croiser son regard. L’absence de lumière n’aide pas dans le processus, j’ai ce sentiment qu’il parvient à me voir malgré tout. Ce qui avait commencé comme un moment de bonheur est entrain de se transformer en cauchemar, par ma faute, et j’ai du mal à l’encaisser. Je n’aurai pas du frapper à sa porte … Et pourtant … Toutes ces choses contradictoires que je ressens, toutes ces émotions …

« Je suis désolée. »

S'alliant à la panique la colère s'invite à son tour, en aucun cas contre Leiv qui n'a pas eu un seul geste déplacé, il n'a aucun tort. Non, c'est envers moi-même que je ressens cette colère, envers … la situation, je crois n'avoir pas réellement de cible précise si ce n'est cette impression de ne plus trouver ma place nulle part en cet instant. Je n'ai aucun repère, comme si je ne savais plus qui je suis, et ça n'a rien de confortable. Qu'est ce que je suis censé faire là, maintenant, tout de suite ? Me plonger dans le travail, trouver quelque chose à faire histoire de me barricader derrière ça ? Je ne sais pas, je ne sais plus.

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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Sam 19 Mar 2016 - 17:59

Je me perds contre elle, contre ses lèvres et mon corps réagit à chacun de ses geste. Mains sur mes bras, mon cou, mon dos, même le plus infimes des mouvements me provoquent des frissons. Je prends plaisir à l'avoir contre moi, à sentir Ismaëlle au plus proche et je déconnecte enfin de tout ce qui me bride depuis si longtemps quand bien même je me sens fébrile et déstabilisé.
J'ai le cœur qui va éclater et je prends soin que chacun de mes gestes ne soient pas brutaux, ni trop rapides. Je ne veux pas lui faire peur, ni l'angoissé et l'obscurité de la pièce aide à se sentir plus en sécurité, plus à l'aise. Du moins, de mon côté. Je n'ai jamais eu l'occasion de sentir Ismaëlle aussi proche, de manière aussi intime et je ne pensais pas que cette situation me rendrait aussi bien, aussi apaisé malgré les tremblements de mes mains.

Les souffles se mêlent, se mélangent, les lèvres n'en finissent plus de se toucher mais alors que ma main glisse dans le creux de son dos pour passer sous le tissu et pouvoir enfin effleurer sa peau, son corps se tend, se crispe et je ne m'en rends pas tout de suite compte.

— Leiv...

C'est sa voix qui me ramène à la réalité et mes gestes s'arrêtent net, mes lèvres se détachent des siennes et mes yeux s'étant fait à la peine ombre, je la distingue plus ou moins bien. Mon souffle est court, mon cœur semble prêt à exploser et pourtant ma raison reprend le dessus sur l'envie, les émotions et je fronce les sourcils, inquiet.

— Quelque chose ne va pas ?

Question murmurée alors qu'Ismaelle est soudain tendue, me parlant d'une voix tremblante et gorgée d'une émotion que je ne distingue pas tout de suite. Ma main se pose dans son cou, je m'écarte en douceur et essaie de la voir plus clairement mais sans succès. Je n'allume pas ma lampe de chevet parce que je ne veux pas briser le contact, ni brutaliser quoi que ce soit. A dire vrai, je n'ose à peine bouger.

— Je suis désolée.

Si durant une courte seconde je me demande de quoi elle me parle, je finis par prendre conscience du moment, de l'instant et donc, de ce que tout ça peut engendrer pour elle. Je me rappelle sans peine cette discussion que nous avons eu ce soir où nous avons décidé d'être franc l'un envers l'autre. Ses mots me reviennent mais surtout sa peur. Elle est là, presque palpable.

— Eh, tout va bien.

J'emprunte une voix plus calme, plus douce et ma main ne quitte pas son cou. Je reste ainsi, face à elle, essayant de lui transmettre une assurance. J'essaie de la rassurer comme je peux dans ce noir quasi total, je ne veux pas la stresser d'avantage.
Avec lenteur et douceur, je pose un baiser sur son front, furtif mais doux, m'écartant de nouveau pour lui faire face, toujours allongé l'un en face de l'autre. Ma main reste là où elle est, comme si je tentais de lui transmettre des choses qu'elle ne peut pas lire dans mes yeux.

— Ça n'est rien. Ça n'est pas le plus important.

Non, ça ne l'est pas. Ca n'est pas grave si elle ne se sent pas prête. Pas grave si elle n'a pas envie en cette seconde de plus. Pas grave si tout cela lui fait peur, l'angoisse, la panique. Non, ça n'est pas grave. Le plus important ici, pour moi, est de l'avoir avec moi, contre moi, pour ce soir, cette nuit si elle le souhaite toujours. Je ne suis pas le genre d'homme à en vouloir à l'autre de ne pas réussir à aller plus loin, se laissant aller à la frustration. J'ai le cœur qu bat encore comme un fou mais ma raison est présente, entière et claire et surtout sûre d'elle.
J'esquisse un sourire que, je suppose, elle ne peut voir et finit par me rapprocher d'elle en douceur pour tout simplement la prendre dans mes bras. Je ne peux que comprendre qu'Ismaëlle soit tétanisée à l'idée d'aller plus loin et jamais je ne la forcerais à quoi que ce soit. Me rappeler que pourtant, quelqu'un l'a fait et en ça, a réussir à détruire cette femme que je tiens contre moi, ne fait qu'alimenter ma rage.
Focus Ismaëlle.
Focus ce que je ressens pour elle.

— On a tout notre temps. Je dépose un baiser sur ses cheveux. Dors, que je sache si tu cognes durant ton sommeil.

J'essaie au mieux de disperser un peu de légèreté dans cette situation qui nous dépasse sûrement tous les deux. Je ferme les yeux un instant, la respire en silence, la sent dans mes bras, sous mes mains. L'une sur son bras, l'autre dans son dos, elles restent tranquillement à leur place. Pour rien au monde je n'échangerais ma place et pour rien au monde je ne lui en voudrait pour tout ça. Avec un traumatisme pareil, chaque chose en son temps.
Pour l'instant, je reste là, silencieux, attendant de voir si elle souhaite partir rejoindre sa chambre ou si le simple contact de mes bras lui suffit pour retrouver un semblant de calme.
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MessageSujet: Re: I didn’t see it coming ▬ Leiv   Lun 21 Mar 2016 - 22:06

Ça n'est pas une crise de panique, ça aurait pu l'être. Ma gorge s'est serrée, mon corps s'est totalement figé, les battements de mon coeur se sont accélérés, mon souffle a suivi le même chemin. Je me suis mise à trembler, l'angoisse m'a donner chaud bien qu'elle n'ait pas été la seule responsable. Malgré tout ça, non, ça n'est pas une crise de panique. C'est un mélange de peur, de culpabilité et de colère, et ce mélange il me rend folle. Ça pourrait être tellement simple, tout simplement le cours normal des choses, deux personnes qui ont envie de passer un moment ensemble, de partager quelque chose, et en cet instant je ne me sens pas normale. Je les entends les voix dans ma tête, celles qui me disent que j'ai de bonnes raisons pour ça, mais je n'ai pas envie de tout remettre toujours à ce jour qui a fait complètement basculer la femme que j'ai pu devenir au fil des années. Comment font-elles ? Comment font-elles pour se reconstruire, pour trouver tout ça normal, naturel, en avoir envie à nouveau ? En cet instant ça me semble impossible, insurmontable, et je n'ai pas envie d'être l'égoïste qui infligera ça à un homme. Surtout pas pas à cet homme qui en a déjà suffisamment bavé comme ça.

« Eh, tout va bien. »

Non, non tout ne va pas bien et pourtant croyez-moi, cette voix, cette présence, même ce toucher malgré tout, pourrait convaincre n'importe qui que c'est le cas. Si je ne me dégage pas c'est simplement parce que dans toutes ces émotions que je ressens reste encore une part de lucidité, suffisamment pour réussir à garder mon calme et être rationnelle : Il ne me fera pas de mal. Non il ne me fera pas de mal, ça n'enlève en rien la honte que je ressens en cet instant. C'est une chose normal, naturelle, quelque chose de facile et d'instinctif mais je ne suis pas en mesure de lui offrir ça, un peu de sérénité, alors autant partir maintenant, mettre un terme à tout ça et ne jamais faire machine arrière. Je peux très bien continuer ma vie comme elle l'était jusqu'à il y a quelques semaines, je n'ai besoin de personne, pas de cette façon là en tout cas alors autant lui rendre sa liberté, non ?
Rationnelle ou complètement à côté de la plaque ? Difficile de trancher en réalité, les deux options n'ont pas l'air de vouloir trouver terrain d'entente alors que je tente de me calmer, de gérer cette crise comme … Je gèrerai un Hippogriffe en colère ou un Abraxans blessé qui ne se laisse pas attraper pour être soigné.

Peut-être que c'est moi cet Abraxans, à la réflexion.

Sa main reste sur ma nuque et je ne cherche pas à m'en dégager, pas plus que je ne refuse ce baiser qu'il dépose sur mon front dans un geste aussi calme que doux et mesuré. Il me prend avec des pincettes, marchant sur un fil, funambule fragile mais agile. Sa présence pourrait me terroriser, je sais que ça n'est pas le cas, bien au contraire. C'est paradoxale, difficile à saisir pour moi aussi mais je suis certaine de ça : Je n'ai pas peur de lui. Et c'est déjà énorme.

« Ça n'est rien. Ça n'est pas le plus important. »

Non, mais ça l’est, c’est bien ça que ça veut dire. Ça n’est pas le « plus » important, mais ça l’est, c’est important. Envie de pleurer, envie de hurler, envie de frapper dans quelque chose. Envie d'oublier que je suis moi, et tout ce qui va avec, jusqu'à ce que le visage d'Alexander s'impose à moi. Non, toi, jamais je ne veux t'oublier. Tu es une partie de moi, tu le resteras, quoi qu'il arrive, même si tu n'es plus là. Peu importe la manière dont tu as été conçu, peu importe ce temps si court qu'il m'a été donné en ta présence, tu resteras mon fils et je resterais ta mère, éternellement. Tu as été le plus beau cadeau qu'il m'ait été donné de recevoir. Et tu me manques, cruellement, tous les jours. Dans le fond c'est bien plus que la peur d'être touchée, et je déteste mêler Leiv à ça parce qu'i n'y est pour rien, absolument rien, parce qu'il n'est pas Jakob même si ce que je ressens pour ce dernier est mitigé. Je ne me retrouverais pas avec lui dans la situation où je me suis retrouvée avec Jakob, ça n'a rien à voir. Seulement … Et si ça devait recommencer ? Un enfant, un « accident » comme ils appellent ça … On a apprend à l'aimer ce bout de vie, on a hâte de le voir et la vie nous l'arrache au bout d'une semaine, après avoir passé des mois à l'attendre. Je ne veux plus de ça, plus jamais, ça fait trop mal.

Je ne devrais pas penser à ça, comme ça, maintenant, tout mélanger, mais la panique est telle que tout se confond dans mon esprit et refait surface. En cet instant je le sais, deux solutions s'offre à moi : Fuir. Ou rester. Et lui, qu'est ce qu'il veut ? Je me rends compte encore une fois de mon égoïsme, pas une seconde j'ai réellement pensé à ce qu'il pouvait ressentir en cet instant. Pas au plus profond de lui même. Il aurait toutes les raisons d'être blessé, de penser que je ne lui fais pas confiance, et pourtant, pourtant il reste calme, présent, attentionné, allant jusqu'à me prendre dans ses bras. Je crois que c'est à ce moment là que je lâche prise, manquant de m'étouffer à cause de ma gorge trop serrée qui laisse à peine passer l'air. Je lâche prise, et je prends ma décision : Rester. M'accrocher à lui, lui faire confiance, et arrêter de me torturer.

« On a tout notre temps. »

Je sens ses lèvres sur mes cheveux et instinctivement, chassant mes pensées stériles, je vais me blottir contre lui. Sa présence me fait du bien, elle me rassure malgré cette crise qui semble se calmer. Mon visage va se cacher dans son cou et j'attrape son T-shirt avec une de mes mains, les yeux fermés avec aucune intention de les ouvrir jusqu'à demain matin. Et dans sa voix j'entends son sourire ...

« Dors, que je sache si tu cognes durant ton sommeil. »

… sourire que je lui rends même s'il ne le voit pas. Peut-être qu'il le ressent. Le silence s'installe, mon cœur se calme même si par réflexe j'ai quand même porté mes doigts à mon cou pour essayer de capter mon pouls. Un long et profond soupir m'échappe, je me sens soudainement épuisée, totalement dévorée par ces émotions qui me quittent les unes après les autres alors que Morphée vient me chercher et m'entraine avec lui. Autour des mois les bras de Leiv sont comme un cocon de chaleur, je m'y sens finalement en paix. Pourquoi vouloir quitter ça ? Pourquoi vouloir s'infliger ça ? Ça n'a pas le moindre sens. Il l'a dit : Tout va bien. Tout ira bien. On a le temps. Ça suffit pour aujourd'hui. Je ne desserre pas les lèvres, aucun mot ne me vient en cet instant mais je crois que le message le plus clair que je puisse lui exprimer est simplement de m'endormir là, dans ses bras, comme s'il était un refuge bien plus qu'une menace … Et c'est exactement ce qu'ils sont : Mon refuge.

▬ Fin (?) ▬
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