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 Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.

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MessageSujet: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Mer 30 Déc 2015 - 10:04

►Cette nuit enfin, tout est calme.◄
Maxime & Kezabel  


Samedi 7 Mars — Courant après-midi

Ca n’est peut-être pas une bonne idée.
C’est sûrement une mauvaise idée.

Je tourne en rond dans mon dortoir, sous le regard de Lucy qui étudie – enfin essaie – son cours de potion. Je ne la vois plus depuis que j’ai ce colis sur mon lit. Je tourne autour, me rassoie sur le matelas, joue d’un crayon dans le creux de ma main à un rythme répété et nerveux, regard dans le vide.

Ca n’est pas une bonne idée de faire ça.
Du bout du pouce, je me gratte le front tout en me mordant l’intérieur de la lèvre. Je ne sais pas vraiment ce qu’il m’a pris de faire ça, un coup de tête qui date d’il y a une semaine et qui arrive aujourd’hui, plus vite que je ne l’aurai cru. A croire que mon hibou a pris des stimulants avant de déposer les courriers. Une envie de tenter quelque chose pour l’aider, lui rendre ce qu’elle a perdu. En quoi ça me concerne ? En quoi je peux me permettre d’essayer de faire quelque chose ?
Peut-être parce que je ne suis pas si indifférente que je le pense.

La cadence de mon stylo s’accentue dans le creux de me main, mon ventre se nouant un peu plus à chaque seconde.

— Keza je t’enfonce ce crayon dans les narines si t’arrêtes pas tout de suite …
— Pardon Lucy, j’ai pas fait attention.

Je pose l’objet sur ma table de chevet en poussant un soupire. Tout ça est ridicule.

— Qu’est-ce que tu as ?
— Rien, pourquoi ?
— J’ai l’impression d’avoir une lionne en cage depuis que tu as ouvert ce colis. Quelque chose ne va pas ?

Je lève les yeux vers Lucy puis les détourne vers l’objet en question.

— Si si ça va, t’en fais pas.
— C’est un cadeau pour ton amant secret ?
— Hein ? Mais j’ai pas de…

Elle éclate de rire et je lâche un « Tss » en levant les yeux au ciel. Enième taquinerie à la Lucy que je prends toujours avec légèreté. Elle fait toujours du bien au moral avec ses âneries. Je la regarde se concentrer de nouveau sur son livre de potion en vue d’un devoir que j’ai déjà fait tout à l’heure pour de nouveau me concentrer sur ce que contient la boite en carton. Cette pochette me fait de l’œil, me nargue, tout en me susurrant que je suis stupide de stressée pour si peu… Cette fois ça n'est plus le stylo que je triture, mais mon bracelet en argent offert par Riley à Noël. J'y accorde une importance toute particulière, un symbole à la signification forte. C'est peut-être stupide mais j'y accroche mon courage. De quoi m'aider à me mettre debout.

FLASH BACK

— hum… Sûr ?  
— Oui, c’est un chanteur qui est mort il y a pas mal de temps déjà hein ! C’est celui qu’elle écoutait en permanence. Pourquoi ?
— Pour rien. Juste comme ça.
— Tu as quelque chose derrière la tête ?
— Peut-être. Mais je ne sais pas si j’en ai réellement le droit.
— … Si c’est pour lui faire du bien, je dirais que si, tu en as le droit.

¥

C’est justement pour ça que j’ai si longtemps hésité tout à l’heure. Lui faire du bien, mais par quel moyen ? La discussion que j’ai surprise entre Macy et Maxime me trotte souvent dans la tête et malgré le fait que je sais rester à ma place, ici je ne peux rester les bras croisés. Je ne suis ni Macy, William ou même Mateo. Je ne suis pas une amie d’enfance, une amie proche… Mais je ne suis pas « rien ». Je m’accroche à quelque chose qui n’existe sûrement pas et les nuits passées ensemble ne justifient pas mon geste et ne m’accorde pas le droit de faire ces quelques pas jusqu’à sa salle commune. Non, ce qui me pousse à croire que je peux m’octroyer ce droit sont ces courts instants passés dans une chambre à lire, à dessiner, murer dans un silence qui n’avait rien de froid, ni de lourd. Ce sont ces quelques secondes où ses regards se muaient parfois en quelque chose que je ne connaissais pas et qui nous surprenait toutes les deux.

Peut-être que quelque chose à éclot quelque part.
Peut-être qu’il ne s’est rien passé et que j’ai tout inventé dans le flot de panique qui m’enserrait la gorge depuis plusieurs semaines.

Mais je ne peux pas mentir éternellement sur certains points, sur certaines sensations qui s’éveillent lorsque je la croise. Et si je fais ça c’est parce que je veux tenter d’apporter ma pierre à l’édifice pour essayer de la sortir d’un gouffre qui l’englobe depuis tant de temps. Je n’ai pas la prétention de croire que je changerais tout… Mais l’esquisse d’un sourire serait déjà un mieux, quelque chose de bien.
J’ai « tout » mit dans un sac en plastique épais que je tiens par les anses alors que je prononce le mot de passe des Serpentard. Je n’ai pas manqué de sentir mon estomac se noué lorsque j’ai dû traverser les couloirs seule même si la présence de quelques élèves atténuaient le tout.

Maxime est installée de travers d’un fauteuil, cigarette aux lèvres alors que Macy lui parle. Je perçois le prénom de Spencer au loin sans savoir de qui elles parlent. Spencer, William et un autre prénom qui m’échappe sous l’éternuement d’un élève derrière moi. La plage, la Californie. Macy laisse échappée un rire amusée, clair, apaisant. J’aimerais parfois immortalisé d’un battement de cil toutes ces scènes qui méritent d’être ancrées quelque part.
J’hésite un instant parce que je ne veux pas les déranger alors j’attends un peu. Quelques secondes. Puis je franchis la courte distance, sourire aux lèvres. Macy est la première à me voir et son sourire s’élargit.

— Salut Keza !
— Salut Macy, regard vers cette brune qui me perce de ses deux billes bleues. Maxime.
— Ca va ? J’étais justement entrain de rappeler à Maxime qu’il va être temps qu’elle se fasse dorer la pilule sur les plages Californiennes.
— C’est pas faux. Ceci dit le Printemps arrive bientôt, peut-être que tu auras l’occasion de prendre quelques couleurs près du lac.
— T-t-t-t-t, rien de mieux que les plages de chez nous pour ça !

Je lâche un rire amusée avec elle avant de me retourner vers Maxime, ne cherchant pas plus loin, ne me posant pas plus de question que je ne le fais d’habitude.

— Est-ce que tu as du temps libre ? Je voulais savoir si ça te tentais qu’on aille faire un tour au Patio toi et moi… Regard vers la fenêtre derrière elles. Ou au Parc, comme tu veux.

Le temps est agréable aujourd’hui, peut-être est-ce l’occasion d’en profiter un peu. Je lui laisse le choix de l’endroit alors que je patiente tranquillement. Peut-être est-elle surprise de la démarche mais j’en doute. Maxime est surprise de peu de chose, je ne peux pas dire que nous avons pris l’habitude de passer du temps ensemble parce que ça n’est pas souvent qu’elle s’invite dans ma chambre pour se poser et lire, parfois discuter même si ce n’est quelque phrase. Des moments que j’apprécie particulièrement pour leur rareté et leur tranquillité. Mais c’est encore moins fréquent que je vienne directement vers elle pour lui demander ça, quand bien même le geste parait banal.

Je perçois le sourire caché de Macy. A croire qu’elle possède de quoi lire dans les pensées des autres…
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MessageSujet: Re: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Mar 12 Jan 2016 - 22:32

Kezabel & MAXIME
SAMEDI 7 MARS, FIN D’APRÈS MIDI
Salle commune des Serpentards


« Cette nuit enfin, tout est calme. »

« C’est moi qui me charge de sa troisième tâche.
— Je m’en suis doutée. »

Je regarde la fumée s’échapper vers le plafond de la salle commune des serpentards. Je suis installée tranquillement, voir de manière complètement relâchée dans un fauteuil de la salle commune, près de la cheminée, avachie, mes longues jambes étendues loin devant moi, de travers, comme toujours. Je suis fatiguée, complètement fatiguée, en fait, je n’arrive pas à saisir pourquoi mais je suis crevée. Malgré les derniers incidents j’ai l’impression que les tensions s’allègent. J’ai verrouillé à nouveau mes douleurs dans une boite au fond de mon cerveau. J’ai jeté la clef dans l’espoir que cette fois cela fonctionne. Je pousse un soupir, Macy sourit doucement et pose son regard bleu sur moi. Une petite pensée pour le traitement qu’Helland me file. Peut-être que ça joue, finalement.

Sa main glisse vers ma cuisse mais ça n’est certainement pas pour me toucher, plutôt pour donner un bout de fromage à mon rat qui est tranquillement posé sur moi. Mon regard glisse sur eux deux.

« Je suis sure que Spencer en aurait eu peur. »

J’écrase un rire en haussant les sourcils, comme pour lui signifier à quel point elle a raison.

« William dit qu’il veut le transformer en souris de laboratoire, fais gaffe.
— Il s’y risquerait pas au risque que ce soit lui le cobaye.
— Ouuuh…
— Il sait ce qui l’attendrait.
— Dean serait surement content de participer. »

Le temps se suspend un moment alors qu’elle prononce ces mots. Je sais qu’elle se rend compte de l’impact que ça me provoque, comme à chaque fois, car je la sens se suspendre dans son geste pour nourrir Bobby. Je ne relève pas les yeux, les laisse fixés sur le sol, comme d’habitude. N’émettre aucun son, aucune expression. Laisser la douleur fleurir puis faner. Le silence a pris une place prépondérante entre elle et moi mais on fait comme si. On fera toujours comme si. Ça ne passera jamais.
Nous ne parlons un certain temps que je passe à fumer, encore et encore, avachie dans mon fauteuil. Je pense à tout, à rien, en commençant par Riley à qui je me suis excusée — oui vous avez bien lu — platement et sans effort cette fois parce que j’aurais pu la tuer. Il se passe un long moment avant que l’une de nous n’élève à nouveau la voix. Comme d’habitude c’est Macy qui commence.

« J’ai envie de retourner en Californie, il fait trop froid ici, c’est insupportable… J’ai envie de bronzer ! Et ça te ferais pas de mal à toi aussi !
— Hm, ouais c’est vrai, il caille ici…
— Salut Keza !
— Salut Macy. »

Hm ? Quoi ?
Je relève la tête, une énième cigarette entre les doigts et croise le regard de Kezabel qui est venue s’incruster dans la conversation.

« Maxime. »

J’effectue un léger signe de tête pour lui rendre son bonjour mais Macy reprend rapidement la parole, elle se redresse et moi je rattrape de justesse Bobby qui tentait d’apprendre à voler tout seul visiblement. Je hausse les sourcils d’étonnement, pas habituée à ce qu’il agisse de cette manière. Bobby. Nom choisi par mon éternelle source d’inspiration, à savoir Macy, encore. Parce que ça lui va bien avec ses grandes oreilles paraît-il. Moi je ne dis pas non, j’aime bien, ça lui donne un côté cool.

« Ca va ? J’étais justement entrain de rappeler à Maxime qu’il va être temps qu’elle se fasse dorer la pilule sur les plages Californiennes.
— C’est pas faux. Ceci dit le Printemps arrive bientôt, peut-être que tu auras l’occasion de prendre quelques couleurs près du lac.
— T-t-t-t-t, rien de mieux que les plages de chez nous pour ça ! »

Je remets Bobby dans la poche centrale de mon pull dans laquelle Macy a cousu un peu à la va-vite un espèce de tissu en poils doux et chauds, évidemment pour que l’endroit puisse accueillir mon rat. Oui elle l’a cousu exprès c’est ce que je suis en train de dire. Je récupère ma clope alors que je lui glisse en même temps un dernier morceau de fromage puis relève mon visage vers Kezabel qui semble solliciter mon attention ?

« Est-ce que tu as du temps libre ? Je voulais savoir si ça te tentais qu’on aille faire un tour au Patio toi et moi… Ou au Parc, comme tu veux. »

J’arque un sourcil. Je ne sais pas si je dois être surprise ou pas de sa démarche. Quelque part je m’y attendais un peu, on avait « l’habitude » de se « voir » et puis, plus rien. A cause de moi, à cause de tout, des attaques, de mes milliers de problèmes. Peut-être qu’elle a quelque chose à me dire. Regard vers Macy puis regard vers Kezabel.

« Ouais, j’ai un peu de temps. Le parc ça me va. »

Autant profiter du temps et ne pas s’enfermer dans une pièce même si je sais bien que l’illusion est parfaite. J’aime justement éviter de croire à cette illusion, ça m’empêche de rester complètement sereine. Je me relève avec un peu de difficulté, bien que je ne sois plus courbaturée parce que j’ai porté sa meilleure amie dans les escaliers de Poudlard, je crois que je me suis fais mal dans le dos depuis et ça se réveille un peu quand je me relève. Mais j’assume tout à fait. Il serait surement plus simple d’aller voir Helland pour lui demander d’arranger ça, mais non. Ça s’en ira tout seul. En attendant je grimace une demi-seconde avant de reprendre mon air habituel et me retrouve deux têtes au-dessus de Kezabel. Je me baisse vers Macy, récupère le paquet de clope qu’elle m’a piqué en début de conversation et qu’elle pensait pouvoir garder sans que je ne m’en souvienne.

« Va voler celui de Will, t’auras plus de chance qu’il l’oublie. »

Haussement de sourcil et je me retourne vers Kezabel alors que Macy soupire, amusé. Je mets le paquet de clope dans ma poche de pantalon, lui tend son briquet que j’avais gardé à l’intérieur et commence à m’éloigner, suivie de Kezabel.

« A tout à l’heure Macy.
— Ouais… à tout à l’heuuure. »

Je me retourne une demi-seconde en lui jetant un regard noir qu’elle esquive alors qu’elle se faufile en direction des dortoirs. Je connais ce ton par cœur. Je sais ce qu’elle sous-entend par « à tout à l’heure ». Je pousse un soupir, et glisse mes mains dans mes poches en reprenant mon chemin aux côtés de Kezabel. Le trajet jusqu’à l’extérieur se fait relativement dans le silence et je me demande alors ce qui la pousse à venir me voir si nous ne parlons pas. A-t-elle un truc sérieux à me dire ? Je ne sais pas. Je crois que ça me fait un peu stresser, c’est complètement con.

J’ouvre la porte du Hall, la laisse passer puis la suit. Je resserre d’un geste distrait mon écharpe (celle de William plus exactement) et sent Bobby bouger dans la poche pour sortir le bout de son nez de la poche et regarder l’extérieur. Je sors une clope, de manière machinale, l’allume puis relève mon visage vers Kezabel que j’interroge du regard. D’un geste elle me montre la marche à suivre et on se remet à avancer en direction du parc, tranquillement. Une main dans la poche, l’autre autour de la cigarette, je donne régulièrement un coup d’œil du côté de la petite tête de Bobby qui sort.

« Tu viens m’engueuler parce que j’ai assommé ta meilleure amie ? »

À cette pensée, premier geste de malaise, l’ongle de mon pouce vient rencontrer la peau de mon arcade et j’esquisse une moue agacée.

« Elle va mieux j’espère. Je continue à croire qu’elle a eu beaucoup de chance… J’ai été sauvage. »

Aucun sourire mais je tourne mon visage vers elle et hausse les sourcils, dépitée par mes propres agissements. Je glisse ma cigarette entre mes lèvres, tire une latte que je recrache par le nez, pensive.

« Ça va ? »

Ça c’est de l’éloquence pour le coup. Mais ça me permet de couper court à toutes mes idées qui tournent en boucle autour du phénomène cognard dans la tête de Riley.
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MessageSujet: Re: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Lun 18 Jan 2016 - 18:06

— Ouais, j’ai un peu de temps. Le parc ça me va.
— Cool.

Sourire de ma part, je recule d'un pas pour l'attendre patiemment. J'ai la sensation qu'une part de moi s'attendait à un refus ou à ce qu'elle me propose de remettre ça à plus tard, je suppose que cet infime soulagement ne vient pas de nul part.
Une légère grimace déforme ses traits l'espace d'une seconde mais ça ne m'échappe pas, comme si elle était courbaturée ou tout autre chose. Je n'ai pas le temps de m'attarder sur le sujet, Maxime se lève – et me dépasse toujours de 15 bons centimètres... - pour se pencher vers Macy et récupérer un paquet de cigarette , cacher entre la jeune femme et le siège.

— Va voler celui de Will, t’auras plus de chance qu’il l’oublie.

Je retiens un rire amusé en toussant dans le creux de mon poing, autant par la situation que par la moue de Macy qui soupire malgré tout, sourire en coin. La complicité qui émane d'elles deux m'a toujours autant charmer que surprise, tout autant que celle qui émane du trio lorsque William se trouve avec elles. Je commence doucement à en apprendre un peu plus sur eux et au bout de presque dix ans d'amitiés à passer tout leur temps ensemble, quoi de plus normal que de sentir cette ambiance autour d'eux. S'en est même parfois réconfortant, apaisant, de voir que l'on puisse être aussi soudés autant de temps et ce, malgré leurs épreuves.
Sac toujours en main, je souris à Maxime qui me regarde avant de se tourner vers Macy.

— A tout à l’heure Macy.
— Ouais… à tout à l’heuuure.

J'essaie de faire comme si je n'avais pas saisi le ton qu'elle venait d'emprunter pour la simple et bonne raison que je n'ai pas envie que ça me coupe dans mon élan.
De toute façon, c'est trop tard. Alors que Maxime se contente d'un soupire en glissant les mains dans ses poches, je me recroqueville légèrement entre mes épaules, sourcils froncés. Cette fille possède un radar trop affûté pour être humain et même s'il ne faut pas être aveugle pour voir qu'il se trame parfois quelque chose entre Maxime et moi, Macy sera la première à capter le MOINDRE indice qui aurait pu échapper à quelqu'un.
Et cette pression que je me met est ridicule. Je prends une inspiration silencieuse et m'apaise en faisant les quelques pas aux côtés de Maxime, en silence si ce n'est que quelques mots échangés. Elle m'ouvre la porte du Hall, je la remercie d'un regard alors qu'elle me laisse passer – je ne suis même pas certaine qu'elle remarque sa propre politesse – pour ensuite fouler le sol extérieur. Je me cale dans ma veste épaisse que je remonte un peu peu plus même si le temps n'est pas si froid que je ne le pensais. Au contraire, aussi doux que ce matin lorsque je suis partie faire mon footing avec Riley, agréable au possible.

Maxime s'allume une cigarette en m'interrogeant du regard alors que le mien s'arrête vers une paire de moustache qui m'arrache un sourire. La voir avec un rat est quelque chose d'assez inhabituel, d'autant plus lorsque l'on sait qu'elle l'a appelée Bobby et qu'elle y tient réellement. S'en est attendrissant mais je me garde bien de lui en faire part. Je ne sais pas depuis combien de temps elle l'a avec elle mais il faut croire qu'ils sont déjà liés par les lois du fromage.

— Pars là.

Je lui indique la marche à suivre d'un geste de la tête alors que je tiens toujours ce sac en plastique contre ma hanche. Nous poursuivons la route jusqu'au Parc, un peu plus loin du château et ce, volontairement. Je veux simplement un instant tranquille, sans que nous soyons forcément déranger par des éléments extérieurs comme Connor par exemple, qui ne manquerait pas l'occasion de venir m'emmerder parce qu'en « plus d'être chez les Poufsouffle, tu traîne avec des personnes douteuses ».

— Tu viens m’engueuler parce que j’ai assommé ta meilleure amie ?

Premier réflexe ? Ralentir mon pas. Deuxième ? Hausser le sourcil, de surprise.
Je ne m'attendais pas à ça de sa part, encore moins à ce qu'elle pense que je sois venu vers elle pour ça... Même si ma réaction lorsque je l'ai su a été quelque peu explosive lors des premières secondes avant que je ne redescende aussi sec. Je sais qu'elle n'est pas coupable, que le geste n'a pas été volontaire, à aucun moment l'idée de venir lui passer un savon ne m'a effleuré l'esprit.
Elle se gratte l'arcade, nerveuse alors que j'entrouvre la bouche pour la rassurer à ce sujet.

— Elle va mieux j’espère. Je continue à croire qu’elle a eu beaucoup de chance… J’ai été sauvage.

Elle tire sur sa cigarette tout en me regardant, recrachant sa fumée, le visage dépité. Elle prend à cœur ce geste involontaire de violence que je ne lui colle en aucun cas comme étant sa faute. Et personne ne l'a jugé comme tel.

— Ça va ?

Je cligne des yeux avant de revenir à la réalité, celle où je dois me manifester, répondre à ses questions au lieu de rester bloquer dans cette surprise de la voir croire que je suis là pour l'engueuler.
Mes lèvres glissent en un doux sourire avant de regarder devant moi, glissant mes mains dans les poches de ma veste.

— Ca va oui mais je ne suis pas là pour t'engueuler de quoi que ce soit. Je sais que ça n'était pas volontaire et que tu ne l'as pas fais exprès alors t'en fais pas pour ça.

Maxime est le genre de personne à se foutre vraiment de tout mais j'ai la sensation que cette histoire lui laisse une marque amer même après avoir vu de ses propres yeux que Riley n'avait rien et que cette dernière lui ait dit que ça n'était rien, qu'elle n'y était pour rien. Ce genre de chose arrive au Quidditch et elle ne sera pas la dernière personne qu'elle assommera.

— Ça aurait pu arriver à n'importe qui, ce sont les risques de ce sport. Je la regarde de nouveau alors qu'elle tire toujours sur sa cigarette. Mais t'inquiète, elle va mieux. Elle a recommencer à râler sur Mateo pas plus tard qu'hier donc je suppose que c'est bon signe...

Je laisse échapper un ricanement amusée en la revoyant grommeler dans sa barbe qu'il n'était qu'un muffle parfois même s'il était canon, ça n'enlève rien au fait qu'il puisse être, je cite, lourdingue quand il s'y met. Elle ne m'a pas dit ce qu'il avait fait mais je suppose que c'était largement nécessaire pour que ça emmerde Riley et qu'elle vienne grogner à mes côtés.
Nous nous arrêtons finalement pas très loin du lac, là où le soleil tape le plus et je m'installe juste à côté de Maxime sur l'herbe profitant de cette douce chaleur qui me fait penser au Patio lors d'un Printemps.

— J'ai su que tu étais intégré à l'équipe du coup, félicitation. Pause. Même si je ne devrais pas dire ça puisque tu es techniquement une adversaire.

Il est clair que je ne prends pas tout cela au sérieux et que ça ne m'a jamais empêcher de venir encourager Riley lors de ces matchs contre les autres maisons. Je ne suis pas très porté sport mais il faut croire qu'avoir sa meilleure amie capitaine d'une équipe donne un petit coup de motivation pour s'y intéresser un minimum et suivre les matchs qui se déroulent ici.
Le silence s'installe quelques secondes alors que la raison de mon approche envers elle refait doucement surface. Assise en tailleur, je profites des quelques rayons de soleil, profitant aussi pour calmer mon rythme cardiaque qui s'accélère en douceur.
Caem m'a dit de ne pas réfléchir. Je pense que c'est ici la meilleure option qui s'offre à moi.

— Tiens, c'est pour toi.

Je me tourne légèrement vers elle et lui tend ce sac en plastique qui contiennent en tout trois vinyles soigneusement envoyés par mon frère. Ora m'a pas mal aiguillée sur le sujet même s'il a fallut que j'use de 150 stratagèmes pour ne pas lâcher le morceau, à savoir, pourquoi ça m'intéresse tant. J'ai finalement opté pour le dernier Live de Nirvana, un album de Bring Me The Horizon (inconnu pour ma part) et un de NIN (tout aussi inconnu pour moi...).
Toujours le sourire aux lèvres, je ramène mes genoux vers moi et y pose mes bras sans la lâcher du regard malgré cette pointe de stress qui accélère mon rythme cardiaque sans pour autant qu'il n'en soit à m'en sortir de la cage thoracique. En réalité, un million d'émotion se bouscule sans que j'en saisisse le sens si ce n'est que tout ça est complètement ridicule. Je me reprends et continue sur ma lancée, d'un ton tranquille.

— Une amie a trouvé et bidouillé un phonogramme, il est utilisable pour y lire les vinyles. J'hésite une fraction de seconde avant de lâcher. J'ai cru comprendre que ça n'allait pas fort ces derniers temps, je me suis dis qu'un peu de musique de temps en temps pourrait te faire du bien.

Macy m'a bien fait comprendre certaines choses, comme la raison des absences de Maxime et sa façon brutale de ne plus venir me voir ne serait-ce que pour parler un peu de te tout tranquillement. Pourtant avec le temps, les langues se sont déliés sur diverses sujets, notamment sur la lecture ou les tatouages et je n'avais pas le souvenir d'avoir commis une erreur.
Je ne sais rien de ce qui peut la rendre aussi mal mais la conversation que j'ai intercepté un matin m'a été suffisante pour comprendre que ça n'était pas la bonne période pour elle. Pourquoi ? Je n'ai pas cherché à en savoir plus même si la curiosité me pousse parfois à l'envie de fouiller un peu plus, chose que je ne me permettrais jamais de faire. Pour le moment, je me contente d'attendre sa réaction avec l'infime et peut-être stupide espoir que je puisse contribuer à un sourire de sa part.
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MessageSujet: Re: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Lun 1 Fév 2016 - 12:38

« Ca va oui mais je ne suis pas là pour t'engueuler de quoi que ce soit. Je sais que ça n'était pas volontaire et que tu ne l'as pas fais exprès alors t'en fais pas pour ça. »

D’un côté je me dis tant mieux parce que pas sure que j’accepte le truc au final. Question de fierté ou je ne sais quoi, mais bref, au moins ça c’est dit, c’est fait.

« Ça aurait pu arriver à n'importe qui, ce sont les risques de ce sport. Elle a recommencé à râler sur Mateo pas plus tard qu'hier donc je suppose que c'est bon signe...
— En même temps c’est pas difficile de râler sur Mateo il en tiens une bonne couche. »

Petit sourire en coin, elle laisse échapper un petit rire amusé. Je t’aime bro. Mais tant mieux pour Riley, je crois que j’aurais été morte tout court si elle avait eu d’autres séquelles plus grave. Bon, on passera outre le fait que je l’ai vue à poil avec Ora aussi à poil dans les douches mais, on va dire que c’est un concours de circonstances, pas un retour de son cognard sur la tête. Elle s’est pavanée —littéralement— nue comme un ver, elle a fait son petit show, normal. Ça va que moi je suis pas vraiment pudique je m’en fous complètement à vrai dire, William un peu moins tu vois ça affecte un peu son côté « jean et serge qui jouent au volleyball » (hmhm !) , mais voir la meuf de mon meilleur pote à poil c’est un peu bizarre quand même. Je ne m’en formalise pas, Riley si tu veux être rassurée tout va bien je n’ai même plus l’image de toi toute nue qui danse en tête, un peu de respect s’il vous plait.

On finit par s’arrêter près du lac et elle s’assoit sur l’herbe, je la suis, croise mes jambes en tailleur pour éviter à mon Bobby d’être étouffé, change ma cigarette de main pour ne pas enfumer Kezabel.

« J'ai su que tu étais intégré à l'équipe du coup, félicitation. Même si je ne devrais pas dire ça puisque tu es techniquement une adversaire.
— Étonnant hein ? Riley est peut-être maso. Mais merci. »

Ouais c’est plutôt cool. Une petite pointe de fierté fait son apparition entre mes côtes. C’est plutôt cool de dire que je vais revêtir l’uniforme des Serpentards pour me défouler un peu sur un balai. Bon, il faut que je perfectionne mon vol, le coup de batte ça va on a testé on va pas revenir dessus. J’ai cru d’ailleurs que Macy n’allait jamais en revenir, c’était horrible, heureusement qu’elle ne tient pas la gazette de l’école.

Je tire une nouvelle fois sur ma cigarette, recrache la fumée par le nez tandis que je regarde l’étendue du lac. C’est plutôt cool par ici mais j’aimerais pas vraiment aller dans les fonds de ce lac. En tout cas ce que j’ai lu c’était pas très cool.

« Tiens, c'est pour toi.
— Hm ? »

La voix de Kezabel me tire de mes pensées et je me redresse, sourcils froncés. Quoi pour moi. What ? Je finis par comprendre qu’il faut que je prenne le sac en plastique qu’elle me tend. Toujours un peu sur le fil, je récupère le paquet. Un paquet, attend, un cadeau ? Je comprends pas vraiment pourquoi au final, elle ne me doit rien, je crois qu’on ne se doit rien, et pourquoi un cadeau pour moi enfin… Enfin bref, ça y’est, c’est la foire aux questions, super. Néanmoins cette curiosité s’applique aussi à ce qu’il y a dans le sac.

« Une amie a trouvé et bidouillé un phonogramme, il est utilisable pour y lire les vinyles. J'ai cru comprendre que ça n'allait pas fort ces derniers temps, je me suis dis qu'un peu de musique de temps en temps pourrait te faire du bien.
— Euh… »

Du coup je finis par ouvrir le sac et y découvre trois pochettes de vinyles. Un petit sourire se glisse sur le côté de mon visage, cigarette entre les lèvres. Je récupère les pochettes et les pose sur mes jambes croisées pour observer le nom des trois artistes/groupes. Se déroulent sous mes yeux trois groupes que j’apprécie particulièrement. C’est dire si elle a bien visé. Nirvana en premier pour le Unplugged pour la chaine MTV. Nirvana c’est particulier, c’est mon frère qui m’a filé mon premier CD. Bring me the Horizon, très bon album, peut-être leur meilleur et enfin Nine Inch Nails, plus beaucoup plus sombre, peut-être un peu trash, Year Zero, un album plein de subtilités. J’aime la musique, ça a toujours été quelque chose qui me permettait de m’évader, notamment à la maison. Dans notre groupe, on est tous plus ou moins musiciens. On était, ok. Je reste la seule musicienne. Je fais de la guitare, Spencer faisait de la batterie. William n’a aucune oreille et d’ailleurs est particulièrement nul en culture musicale. A notre plus grand damne. Je récupère ma clope dans une de mes mains.

« Allez, c’est William ? »

Je m’abaisse un peu et tourne la tête pour récupérer son regard.

« Hm, non. De toutes façons William est vraiment nul en musique il ne saurait pas différencier Britney Spears et Janis Joplin. Macy alors ? »

J’arque un sourcil, mon sourire reste tel qu’il est. Ok je suis un peu gênée je crois mais ça ne se voit absolument pas, je garde bonne figure, préfère la taquiner pour dissiper mon malaise. Parce que ça me met clairement mal à l’aise, je ne vois pas pourquoi elle viendrait m’offrir ça. Si je vais mal ? Grande question, c’est sa manière de me témoigner quelque chose ? Qu’est-ce qu’elle attend en retour ?

« Oui, je le vois, c’est Macy. »

Je me redresse, récupère les trois vinyles que je reregarde à nouveau. Je lève en premier Nirvana.

« J’ose espérer que tu connais au moins celui-là. Mon frère dit que c’est le meilleur, peut-être parce que c’est le dernier avant qu’il ne meurt. »

Je range le live de Nirvana dans la pochette puis lui montre du regard les deux derniers.

« Si tu aimes un peu le métal — j’avoue j’en doute un peu — Bring me the horizon on sorti ce très bon album, qui contraste littéralement avec le reste de leur discographie. Le reste, c’est vraiment pas génial, mais celui-là est particulièrement réussi. Y’a une ou deux de mes chansons préférées dans cet album. Pour ce qui est de Nine Inch Nails, c’est beaucoup plus pointu et complexe comme style de musique. Trent Reznor est un excellent compositeur, il fait aussi beaucoup de bande son, c’est assez intéressant. Ils sont polyvalents, mais c’est un peu trash. Pas sur que tu aimes. »

Je remets les deux derniers vinyles dans la pochette en plastique que je garde à me droite maintenant. Je récupère un morceau de fromage que je donne à Bobby qui vient de sortir sa tête, et uniquement sa tête, de ma poche kangourou.

« C’est cool. Merci. »

Oui j’ai mis un certain temps avant de pouvoir articuler ces quelques mots. C’est pas vraiment mon fort. Je glisse mon index verni de noir sur la tête de mon rat qui mange son fromage. Ok je dois avouer que même moi je le trouve mignon. De l’autre main je récupère une nouvelle taffe de ma cigarette avant de coincer le mégot entre mes lèvres et sortir mon petit cendrier portatif en métal et y foutre le mégot. Je tends la face grave au regard de Kezabel.

« Tu vois, c’est Macy qui la fait graver, un rappel au logo de Nirvana mais elle a fait le sourire à l’envers parce qu’elle dit que je fais toujours la gueule. »

Je range le cendrier dans ma poche et pose mes mains dans l’herbe, en triture quelques brins.

« J’ai pas grand chose en retour. »
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MessageSujet: Re: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Ven 5 Fév 2016 - 17:50

J’ai le trac comme si je me retrouvais à l’âge de 12 ans, intimidé par quelqu’un qui me plait et dont j’attends une réaction de sa part suite à une déclaration ou à un cadeau. J’ai l’estomac noué, crispé et le cœur qui bat légèrement plus vite qu’en temps normal mais je ne me défais à aucun instant de mon sourire alors que je lui tends le sachet comportant trois vinyles. Il n’y a pas de raison particulière à ce cadeau mais plus j’avance dans le temps et plus j’apprendre des choses sur Maxime qui construise sa personnalité et son vécu, morceau par morceau. L’image qu’elle me renvoi est régulièrement une personne en souffrance même si elle ne dit rien. Jamais. Pas une plainte, rien. J’ai simplement eu envie de contribuer à un instant qui pourrait l’apaiser, lui apporter un peu de bonheur. Aussi infime soit-il, peu m’importe.
 
—Euh…
 
Léger geste de ma part en avançant un peu plus le sac pour lui faire comprendre que oui, c’est pour elle et après avoir bugué une poignée de seconde, Maxime s’en saisit en douceur.
Première victoire : Son sourire. Léger, juste au coin des lèvres qui tiennent cette cigarette entre elles.
 
Je la laisse faire et découvrir les trois pochettes, une par une. Je reste attentive, toujours légèrement tournée vers elle, ramenant un genou vers moi. Mon cœur s’emballe. J’ai effectivement le trac. Je patiente, attendant une quelconque réaction de sa part en espérant qu’elle soit positive. Je crois qu’en vue de son manque d’expressivité un simple merci suffirait.
Elle récupère sa cigarette entre ses doigts.
 
— Allez, c’est William ?
 
Mon regard croise le sien, mon sourire s’élargit et je dodeline dans la tête dans un signe de « Peut-être, va savoir ! ». Non, je ne balancerais pas mes sources… même si elles ne seraient pas bien compliquées à trouver dans ce château.
 
— Hm, non. De toutes façons William est vraiment nul en musique il ne saurait pas différencier Britney Spears et Janis Joplin. Macy alors ?
 
J’éclate de rire, à moitié étonnée par cette révélation. En fait si, c’est étonnant de la part d’un garçon qui est capable de me donner la solution d’un problème de potion aussi naturellement que s’il me disait qu’il fait beau temps, alors qu’il est en 9ème année et moi en 10ème…
Elle garde ce même sourire et je me dis que finalement, même si elle ne me dit pas merci, ça me suffira. C’est assez impressionnant comme nous pouvons nous contenter du peu avec des personnes qui donnent tout aussi peu et handicapés des sentiments. De voir son visage un peu plus détendu et léger est pour moi la deuxième victoire. C’est tout ce que je voulais.
Quant à savoir si c’est Macy…
 
— Oui, je le vois, c’est Macy.
— Bon ok, c’est Macy ! De toute façon si je ne te l’avais pas dit moi-même, elle se serait empressée de le faire à la seconde où tu serais revenu avec ça.
 
Elle aussi, je commence doucement à la connaitre et je lâche ça avec un sourire amusé, taquin, me sentant bien plus légère que tout à l’heure mais aussi avec largement moins de trac. C’est bon, respire. C’est ridicule, elle n’allait pas te bouffer de toute façon. 
Maxime scrute le Vinyle de Nirvana avant de se tourner vers moi.
 
— J’ose espérer que tu connais au moins celui-là. Mon frère dit que c’est le meilleur, peut-être parce que c’est le dernier avant qu’il ne meurt.
— Oui, c’est celui que mon père préfère. Il trouve qu’il a quelque chose de particulier, sûrement pour les même raisons que ton frère.

Il aime la bonne musique et j'ai remarqué qu'il s'y était surtout mit lorsque maman est morte, alors qu'il entretenait ses jardins en son absence. Comme si elle reviendrait un jour, un beau matin, comme si elle n'était partie que pour quelques mois ou quelques années mais qu'elle reviendrait, à coup sûr. Je le revois dehors, un lecteur de vinyle posé sur la fenêtre et s’affairer en silence sous la voix de Kurt Cobain, parfois de Bowie ou même des Sex Pistols.
Je me concentre toujours sur Maxime, sourire aux lèvres, ravis de voir que ces cadeaux suscitent chez elle un enthousiasme imprévue.

— Si tu aimes un peu le métal — j’avoue j’en doute un peu — Bring me the horizon on sorti ce très bon album, qui contraste littéralement avec le reste de leur discographie. Le reste, c’est vraiment pas génial, mais celui-là est particulièrement réussi. Y’a une ou deux de mes chansons préférées dans cet album. Pour ce qui est de Nine Inch Nails, c’est beaucoup plus pointu et complexe comme style de musique. Trent Reznor est un excellent compositeur, il fait aussi beaucoup de bande son, c’est assez intéressant. Ils sont polyvalents, mais c’est un peu trash. Pas sur que tu aimes

Je crois qu'elle ne m'avait jamais autant parlé d'une traite. Je l'écoute, sincèrement intéressée et assimile les informations qu'elle me donne. Elle vise juste en disant que je ne suis pas grande fan de métal mais je ne suis pas pour autant réfractaire. J'aime écouter un peu de tout pour me faire ma propre idée sur un groupe et Maxime à l'air de si connaître. Je crois que je dois une fière chandelle à Ora et Macy pour le gros coup de pouce qu'elles m'ont données toutes les deux.
Elle récupère un morceau de fromage qu'elle donne à son rat et je crois que je serais toujours surprise de le voir surgir de nul part d'un des pulls de Maxime.

— J'aimerais bien que tu me fasse écouter à l'occasion. Pourquoi pendant une partie de jeux vidéos où je te mettrais une raclée.

Histoire de changer de la dernière fois où j'ai presque dû avouer pour Katherine et où j'ai dû user de certaines stratégies pour ne rien cracher. L'idée à ce qu'une soirée comme celle-ci se reproduise m'enthousiasme et je prends conscience à quel point tout cela dure depuis longtemps. Des semaines. Non, des mois. Deux je crois. Quelque chose comme ça. Les choses ont toujours été simples avec Maxime ou du moins, naturelles, malgré la complexité de sa personnalité.
Non en fait... William et Macy m'aident beaucoup à la comprendre. Sans eux, je ne suis pas certaine que j'aurai réussi à tout cerner et à mieux savoir la décrypter.

— C’est cool. Merci.
— C'est rien, ça me fait plaisir.

Si ça peut la rentre aussi enthousiaste alors tant mieux.
Et je me perds dans la contemplation de son rat, Bobby. Qui est au passage adorable et qui donnerait presque envie d'en avoir un. Je profites du silence mais aussi de la douceur du temps. Le printemps arrive, ma saison préférée pour de multiples raisons et j'en sens parfois les odeurs certains matins. De quoi vous offrir le sourire pour la journée.
J'entends et sens Maxime bouger à côté de moi et la voit sortir une petite boite en métal où elle y met son mégot. Un cendrier portatif ? Elle le tend vers moi et je me penche légèrement pour y voir le dessin.

— Tu vois, c’est Macy qui la fait graver, un rappel au logo de Nirvana mais elle a fait le sourire à l’envers parce qu’elle dit que je fais toujours la gueule.
— C'est vrai que ça serait presque hyper ressemblant...

Je la taquine, sourire aux lèvres et me dit que Macy n'en loupe pas une. Je m'apprête à lui demander si elle-même lui gravait des dessins de piles électriques ou moulin pour traduire sa capacité à parler beaucoup mais me fait couper l'herbe sous le pieds.

— J’ai pas grand chose en retour.

Je bloque un instant, mon regard posé sur elle avant qu'il ne glisse sur Bobby qui rentre gentiment dans son abri improvisé. Mes yeux se rivent sur l'herbe et j'esquisse un sourire en coin avant de recentrer mon intention sur Maxime, mes deux mains accrochées à mon genoux.

— Te tracasse pas pour ça. Je n'ai envie, ni besoin de rien en retour. Je voulais juste t'offrir ça pour le plaisir.

Je n'avais pas de raison particulière de faire ça, c'était simplement pour le geste et parce que je sais que le moral n'est pas forcément au beau fixe. Macy m'a beaucoup parlé de cette passion musicale qui les entoure.

— J'ai cru comprendre que vous étiez très branché musique et comme ça n'est pas à Poudlard que vous allez pouvoir vous exploser les tympans ... Je lâche un rire amusée avant de croiser mes jambes et de m'appuyer sur mes deux mains, légèrement en arrière. Je sais que si je n'avais pas la possibilité ni de quoi dessiner ici, je le supporterais mal. Je crois même que ça me rendrais dingue en fait. Alors autant te donnez un coup de pouce pour améliorer le quotidien. Ca sera l'occasion d'améliorer ma culture musicale.

Si je trouve mon exécutoire dans le dessin, il semblerait que pour Maxime la musique joue un rôle majeur dans ses instants de détente. Je ne m'imagine pas plus de 48 heures sans avoir un crayon sous la main. C'est pour moi une façon d'extérioriser ou de temporiser ce qui peut mal tournée. Une mauvaise journée, un coup de blues ou un agacement profond : Je dessine. Ma concentration se perds généralement rapidement dans les traits que j'esquisse pour enfin laisser place à un apaisement qui ne trouverait plus sa place parmi ce dédale de mauvaises ondes.

Le silence s'installe de nouveau alors que jette un œil à Maxime en biais. Mon rythme cardiaque s'accélère légèrement et l'envie de simplement la sentir plus proche se manifeste, en douceur. Jusqu'à en devenir imposante. La chaleur de sa peau, sa douceur aussi, ses gestes parfois bestiales mais qui peuvent s'avérer d'une douceur que l'on ne soupçonneraient pas, tout ça me manque. Sa présence aussi, qui s'est fait de plus en plus rare, ne serait-ce que pour lire à côté de moi ou pour se détendre. Pas besoin de moi, ça me suffisait largement.

— Tu me plais Maxime. Beaucoup même.

… Votre correspondant est actuellement décédée.
Qu'est-ce qu'il me prend d'un coup de lâcher ça comme une bombe sur nos visages ?
Je n'ai pas vraiment réfléchis, laissant la spontanéité faire même si mon rythme cardiaque vient de sprinter brutalement et que mon trac est revenu au galop. Ca n'était pas prévue, ni calculer. C'est soudain mais peut-être nécessaire, j'en sais trop rien.

C'est un aveux, sortie de nul part, alors que je regardais le bout de mes chaussures. Une vérité que j'ai longtemps occultée jusqu'à ce que je sache pour Delphine et que je n'explose ; Même si ça n'était pas la principale raison. Je ne sais pas ce qu'il me prend de lâcher ça comme ça, d'un coup. Ni ce que je risque derrière.
Est-ce que ça doit être réellement un frein ? Megan est morte, nous avons été de nouveau attaqués et nous risquons chaque jours à voir tout cela se reproduire. Peut-être que j'ai simplement envie d'arrêter de me torturer l'esprit à chaque fois que je pense à Maxime. Même si je suis consciente qu'il ne faut pas que je m'attende forcément à quelque chose.

— Désolée de lâcher ça comme ça mais j'avais besoin de te le dire. J'esquisse un sourire même si j'ai l'impression que l'espace dans ma gorge s'est amoindrie. Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé entre toi et moi depuis Janvier mais j'ai appris à te connaître et pour être honnête, je ne m'attendais pas à ce que ça prenne cette forme là vu comment nous étions partie à nous détester toutes les deux. Et même si je sais que ça va faire gonfler ton égo, tu ne me laisse pas indifférente. Loin de là.

J'essaie une tentative d'humour légère. Maintenant que je suis lancée, autant aller jusqu'au bout hein. Assumons pleinement notre audace...
On respire, on expire. C'est pas la mort. Juste une mise à nue. Ce n'est pas tellement des choses que j'aime dire de but en blanc mais j'ai toujours été honnête. Je me tourne vers elle, légèrement et cette fois la regarde sans vraiment la fixer.

— J'ai rien vu venir. J'aime vraiment passer du temps avec toi. Et je ne te parles pas que des fois où nous avons couchés ensemble mais aussi de tout le reste. Je me sens conne, stupide et surtout d'une maladresse sans nom... Que ça soit pour venir lire dans ma chambre ou me regarder dessiner, j'en sais rien, j'aime bien quand tu n'es pas loin.

C'est la panique chez moi et mon cœur va me lâcher avant même que je n'ai fini de lui parler. Ce genre de chose n'est jamais évidente et généralement c'est quitte ou double. Je m'apprête au pire en réalité mais je n'ai pas envie de continuer à me voiler la face. J'ai fais des efforts, libérer certains de mes démons et j'aimerais aussi me libérer de ce qui est devenu un poids. Elle me plaît, plus qu'elle ne le devrait peut-être mais je ne peux pas lutter contre ça. Elle a beau être parfois froide, distance et avoir l'air mal aimable, il n'empêche pas que j'aime être avec elle. Elle m'apaise sans le savoir. Me fait sentir en sécurité, toujours sans le savoir.

— Je n'attends pas forcément une réponse de ta part, je sais que c'est pas le genre de chose dont tu aimes parler ou exprimer. Il fallait juste que tu le sache.

Courte pause, avant de retrouver son regard.

— Et que tu saches aussi que même si je ne m'attends pas à une réaction là, tout de suite, je sais être patiente.

Sous-entendu, peu importe le temps dont elle a besoin pour digérer l'information, je n'aurai aucun problème à attendre. Que ça soit pour me dire qu'elle est désolée mais que pour elle, ça n'ira pas plus loin ou pour m'avouer l'inverse. Même si j'admets ne pas avoir beaucoup d'espoir pour la deuxième option. Peut-être parce que j'imagine ne pas être son type de nana ou qu'elle n'aime tout simplement pas l'idée d'être avec quelqu'un de manière concrète. Je me sens stupide et à la fois soulagée malgré le stress qui grandit chez moi.
Je n'irai pas jusqu'à dire que j'en suis amoureuse mais elle ne me laisse pas indifférente, loin de là. Quoi qu'elle fasse, elle éveille toujours un quelque chose chez moi de particulier et je n'ai pas envie de lutter éternellement contre ça.
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MessageSujet: Re: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Dim 7 Fév 2016 - 13:34

« Te tracasse pas pour ça. Je n'ai envie, ni besoin de rien en retour. Je voulais juste t'offrir ça pour le plaisir. J'ai cru comprendre que vous étiez très branché musique et comme ça n'est pas à Poudlard que vous allez pouvoir vous exploser les tympans ... Je sais que si je n'avais pas la possibilité ni de quoi dessiner ici, je le supporterais mal. Je crois même que ça me rendrais dingue en fait. Alors autant te donnez un coup de pouce pour améliorer le quotidien. Ca sera l'occasion d'améliorer ma culture musicale.
— Hm. J’comprends. »

Je l’ai déjà vue dessiner plusieurs fois. Je n’ai jamais vraiment regardé, c’est quelque chose qui lui est intime, j’imagine et si un jour elle me montre, je regarderais. Moi ça me ferait chier qu’on vienne fouiller dans ma caisse à souvenirs. Macy elle ne se serait pas gênée j’imagine pour observer un dessin qu’elle serait en train de faire. Il se passe un petit moment de silence mais ça n’est pas un blanc regrettable, au contraire. Kezabel est surement l’une des rares personnes avec qui ça ne me dérange pas de partager un silence. Ça n’est pas pesant, c’est partagé, tout simplement. J’ai déjà envie de reprendre une cigarette. Je fume beaucoup, vraiment beaucoup surtout ces derniers temps mais… c’est le cadet de mes soucis. Alors je ressors mon paquet de cigarette et en retire une doucement, que je porte à mes lèvres.

« Tu me plais Maxime. Beaucoup même. »

Bombe larguée. Je crois qu’à ce moment là un espèce de coup de vent s’est dirigé sur moi. Ou non, c’est juste peut-être ma réaction à savoir, freezing total, je me stoppe dans mon geste, immobile. Mon visage est tourné vers le lac et je n’ose pas changer ma trajectoire pour observer Kezabel.

Je ne sais pas comment prendre ça. C’est complètement inhabituel. J’ai senti mon rythme cardiaque augmenter d’un coup, déjà qu’il n’est pas normal, c’est le pompon. Le silence que je partageais avec plaisir quelques secondes plus tôt devient largement plus lourd. J’ai une soudaine envie de fuir lâchement mais mon corps est vissé sur place.

« Désolée de lâcher ça comme ça mais j'avais besoin de te le dire. Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé entre toi et moi depuis Janvier mais j'ai appris à te connaître et pour être honnête, je ne m'attendais pas à ce que ça prenne cette forme là vu comment nous étions partie à nous détester toutes les deux. Et même si je sais que ça va faire gonfler ton égo, tu ne me laisses pas indifférente. Loin de là. »

Elle tente un moment d’humour. Je n’y réagis pas vraiment. Ses mots me glacent le sang, me clouent sur place, ma gorge est nouée et j’ai l’impression d’étouffer. Elle semble se détendre maintenant que le plus dur est passé. De mon côté c’est le contraire. J’ai envie de lui dire d’arrêter, de ne pas continuer, qu’elle se fourvoie et qu’elle en souffrira. Un visage très précis semble se matérialiser comme une empreinte sur ma rétine et je baisse la tête en rangeant mon paquet de cigarette. Je reprends de la vie.

« J'ai rien vu venir. J'aime vraiment passer du temps avec toi. Et je ne te parle pas que des fois où nous avons couchés ensemble mais aussi de tout le reste. Que ça soit pour venir lire dans ma chambre ou me regarder dessiner, j'en sais rien, j'aime bien quand tu n'es pas loin. »

Je sens qu’elle m’observe, qu’elle a tourné son regard vers moi, mais je ne peux pas lui donner le mien. Mon visage est complètement impassible, il a repris sa forme initiale, l’indifférence, comme protection. C’est un vrai champ de bataille dans mon crâne et je n’arrive pas à articuler quelque chose. Pas même un simple son exprimant mon accord ou désaccord. Rien n’est décidé à sortir de la.

« Je n'attends pas forcément une réponse de ta part, je sais que c'est pas le genre de chose dont tu aimes parler ou exprimer. Il fallait juste que tu le saches. Et que tu saches aussi que même si je ne m'attends pas à une réaction là, tout de suite, je sais être patiente. »

J’ai tourné le visage juste une seconde mais croiser son regard m’a forcé à me détourner à nouveau vers le lac. Le visage dans ma tête grandit, croit sans cesse, me regarde avec ses yeux bleus transparents, tranchants, comme s’ils allaient découper ma chair. Je suis mal à l’aise. Elle me dit qu’elle peut attendre, je la crois, elle est sincère, mais moi même si je ne veux pas avoir à ressentir ça, je perçois une pression incroyable sur ma cage thoracique. Elle a un nom cette douleur : ultimatum.

Je me pose sincèrement la question de savoir ce qu’elle veut. Elle voudrait que je lui dise si je ressens quelque chose pour elle ? Si je l’aime bien ? Elle me demande de je sais pas… sortir avec elle ? Je pousse un soupir, léger, pratiquement inaudible, cachée derrière mes cheveux j’apporte la cigarette à mes lèvres et l’allume d’un geste trop certain pour être crédible. Je tire une taffe, puis deux, j’arrive pas à faire le tri dans mes pensées et je sens une boule se former dans ma poitrine. Un sentiment de feu que je ne connais que trop bien. Un mélange de colère et de douleur qui est en général le premier symptôme à une future crise. Je respire, fume, ferme les yeux deux secondes. Se calmer, penser aux conseils de Helland et le remercier d’avoir insister pour me médicamenter.

« Hm… »

Une seconde. Encore une ou deux secondes pour réfléchir, pour ne pas tomber dans la spirale de la haine, pour ne pas répondre à ses paroles sous une forme violente et agressive. Mon visage me tire. Comment c’était déjà ? Respire. Est-ce que je suis à même, déjà, de comprendre ce qui me lie à elle ? Pas vraiment. Je l’aime bien, c’est un fait sinon je ne serais pas là à côté d’elle pour discuter. Sinon je refuserais de lui parler, de la voir. Je l’éviterais, je ne serais avec elle que pour atteindre des objectifs beaucoup plus primaires. Ça n’est pas le cas. Elle est cool, c’est une fille gentille, mais qui ne mérite pas qu’une fille comme moi se mêle à ce type de partie de sa vie. Je m’éclaircis la gorge. Elle ne se rend pas compte du chaos qu’elle a semé avec quelques mots dans mon esprit. La douceur du moment s’est envolée et je brûle, incandescente, je dois irradier une chaleur peu naturelle. Rappelons-nous que la dernière personne à qui j’étais vraiment liée est morte sous mes crocs de lycan. Bonne idée.

« Tu ne me connais pas. »

J’ai relevé la tête, doucement, avec lenteur j’ai posé mon regard dans le sien. Je tire une latte. Mes paroles ne sont pas agressives, ni méprisantes, rien. Très calmes. Sur un ton totalement neutre, j’essaie d’y aller doucement. Je suis complètement perdue et tiraillée entre deux extrêmes.

« Je veux dire pas dire par là que je te mens. Pas du tout. Simplement que tu as la chance de ne pas avoir conscience de ce que je suis vraiment. C’est loin d’être aussi attirant que ça puisse te paraître. »

Rester calme. Rester calme, paraître surtout et ne pas tomber dans la spirale. Essayer de discuter, de s’exprimer. Pas simple quand on a passé la moitié de sa vie à la boucler.

« Je t’aime bien, je ne peux pas dire le contraire. T’es passée au-delà de préjugés faciles à faire. Mais… j’ai un problème avec le passé. Il y a quelque chose dont je n’arrive pas à me défaire et crois-moi tu n’as pas envie de mettre les mains là-dedans. »

Respire.

« Je n’ai pas envie de te blesser, parce que tu ne le mérites pas. Mais je finirais par le faire, c’est dans ma nature. J’ai besoin de faire ce que je veux, à n’importe quel moment. J’apprécie ta présence et j’aime bien passer du temps avec toi. C’est sur. Mais je ne me fais pas confiance. Et tu devrais ne pas le faire non plus. »
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MessageSujet: Re: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Mer 10 Fév 2016 - 16:30

Ca n’était pas tellement adroit de ma part, j’ai l’impression que tout ce que je lui avoue est décousue, un peu bancale même si l’évidence est là : Je suis sincère. J’avais oublié cette sensation d’intimidation lorsque vous abordez ce genre de sujet avec une personne qui ne vous laisse pas indifférent. C’est à la fois agréable et déplaisant, je vogue entre deux extrêmes sans réellement savoir ce que je préfère. Qu’elle me rembarre ou qu’elle réponde par la positive. Ou qu’elle ne dise rien.
J’ai le cœur qui est sous pression et le sens battre à mes tempes alors que je suis là, toujours dans la même position, attendant une réaction quelconque de Maxime. Peu m’importe qu’elle soit positive ou non finalement mais son silence me stress et m’angoisse. J’avais dit que j’attendais rien et c’est vrai mais je croise préférer qu’elle me dise qu’il lui faut du temps plutôt que de la voir aussi silencieuse, sans réaction. Un mur de brique blanc, presque impassible. Imaginez la contradiction avec mes joues rougies par l’émotion, le cœur et le corps tremblant, mes doigts entrain de triturer nerveusement ces brins d’herbe que j’ai sous la main.

Respire. C’est pas la fin du monde.

— Hm…

E retiens bêtement ma respiration pour faire de nouveau face à un silence.
Ok, on reste calme. On se calme tout court.
Je ne sais pas à quoi elle pense, ni comment ça se passe derrière ses yeux bleus qui semblent s’être assombrit mais chez moi c’est une hécatombe qui prend forme et qui est entrain de ravager toute raison que j’avais. Elle m’attire, ne me laisse pas indifférente. Je ne parle pas d’un amour, d’un coup de foudre, mais d’un crush. Quelque chose qui me pousse à vouloir tenter le coup, peu importe le résultat.

— Tu ne me connais pas.
— Je sais.

Parler pour dénouer cette boule dans la gorge. Ces mots me glacent mais ils sont une évidence. C’est pas parce que j’ai couché plusieurs fois avec et partagé quelques moments à lire ou dessiner que je la connais pour autant. Mais c’est justement ce dont j’ai envie vis-à-vis d’elle. La connaitre, aller un poil plus loin.
J’ai presque envie d’esquiver son regard tant je me mets la pression. Elle tire sur sa cigarette et je me demande si cette chose soulage vraiment les angoisses ou le stress.

— Je veux dire pas dire par là que je te mens. Pas du tout. Simplement que tu as la chance de ne pas avoir conscience de ce que je suis vraiment. C’est loin d’être aussi attirant que ça puisse te paraître.

Je fronce les sourcils, étonnée et intriguée. De quoi est-ce qu’elle me parle ? J’ai su, fragment par fragment, qu’elle était d’une colère facile et d’une noirceur assez évidente, mais d’avoir vu en elle tout autre chose tournerait presque ces mots en une blague.

— Je t’aime bien, je ne peux pas dire le contraire. T’es passée au-delà de préjugés faciles à faire. Mais… j’ai un problème avec le passé. Il y a quelque chose dont je n’arrive pas à me défaire et crois-moi tu n’as pas envie de mettre les mains là-dedans.

J’oscille entre chaleur et courant d’air froid. Entre compliment et doute.
Je ne suis plus aussi sûre de moi que tout à l’heure, avec comme l’impression que je suis entrain de me foirer.

— Je n’ai pas envie de te blesser, parce que tu ne le mérites pas. Mais je finirais par le faire, c’est dans ma nature. J’ai besoin de faire ce que je veux, à n’importe quel moment. J’apprécie ta présence et j’aime bien passer du temps avec toi. C’est sur. Mais je ne me fais pas confiance. Et tu devrais ne pas le faire non plus.

Okay.
Je me redresse, inspire silencieusement et détourne mon regard du sien pour la première fois depuis qu’elle a pris la parole. C’est un million de question qui vient de cavaler vers moi et je n’arrive pas à gérer ce flot trop brutal.
De quoi elle parle ? Quel passé ? Quelle histoire ? Pourquoi ne pas lui faire confiance ?

Ces mots me touchent et je la sais sincère. C’est Maxime, tout ce qui traverse ses lèvres n’est que vérité même si elle n’est pas forcément bonne à dire. Sauf si vous vous appelez Zachary Disemba, entre autre. Ça aurait pu ressembler à des excuses toutes faites, bateau, que  tout le monde ressort à toutes les sauces pour avouer en douceur que non, elle n’a pas envie de tenter quelque chose. « J’suis pas faite pour toi », « Le problème c’est moi, pas toi ». Ça aurait pu mais ça n’est pas le cas. Elle transpire la vérité.
Je me perds un instant dans la contemplation du lac, mon cerveau tourne à plein régime.
Est-ce que je suis prête à prendre le risque d’insister ? Pourquoi est-ce que je devrais me freiner pour ce qu’elle vient de me dire ? Trop de questions, bon sang. C’est ridicule.

— Je suis prête à prendre le risque alors.

Je me tourne de nouveau vers Maxime, avec cette fois un visage plus résolu. Ce qu’elle me dit me soulève plus de question que ça ne m’effraie. J’essaie de réfléchir au plus vite, à me dire que si elle était si … horrible qu’elle ne le laisse entendre, des personnes comme William et Macy ne seraient peut-être pas là à veiller sur elle.
Qu’est-ce que tu caches sous cette impassibilité, dis-moi.

— Je ne suis pas du genre à me défiler face à une difficulté, si tu penses que je n’aimerais pas mettre les mains dans tout ça, soit. Mais je suis prête à essayer si ça peut me permettre de te connaitre un peu mieux.

J’ai pas envie de tourner autour du pot, de  prendre le large en haussant les épaules avec un « tant pis, j’aurai essayé ». Non. Ce qu’elle vient de me dire est le meilleur moyen pour me conforter dans ce que je veux. Ça sera difficile ? Très bien, je n’en mourrais pas pour autant. J’ai simplement envie de tester ce quelque chose qui m’intrigue, m’attire et si ça n’est que ça qui refreine Maxime, qu’elle se rassure.

— Tu m’attires, tu me plais, je t’aime bien. Si tu ne te fais pas confiance, je comprends mais moi j’ai envie d’essayer de te faire confiance. De voir ce que ça donne, ce que ça vaut. Si ça foire, alors ça foire. Mais je ne veux pas rester sur des « Et si » ou des « peut-être », à me poser 150 questions de mon côté à savoir si oui ou non j’aurai dû insister un peu plus, si j’aurai du prendre le risque ou non de tenter quelque chose.

Cette fois je suis totalement tournée vers elle sans la lâcher du regard, résolu. Ce truc avec son passé m’intrigue toujours autant mais je ne me vois pas lui poser la question maintenant, ni entamer un sujet qui lui semble si intime. Ce sont des choses qui la regardent, je ne veux pas piétiner sur ce terrain de force.
Et merde, Megan est morte. Les Supérieurs peuvent revenir du jour au lendemain alors pourquoi est-ce que j’hésiterais plus longtemps ? Maxime n’est peut-être pas l’élève modèle et encore moins l’exemple de sociabilité mais jusqu’ici, j’ai parfaitement su gérer les choses. Pourquoi est-ce que les choses deviendraient différentes ?

— Et c’est vrai que je ne te connais pas mais j’ai envie que ça soit le cas. Si ça n’est que ça, peu importe ce que tu caches, je suis prête à tenter le coup.  

Peu m’importe ce que ça engendrera derrière, Maxime provoque des choses chez moi que je ne veux plus laisser sous silence, que je ne veux plus ignorer. Je me sens bête, peut-être même stupide mais ce n’est que la vérité. Nous avons tous nos démons, tous nos zones d’ombres et je ne suis pas forcée de savoir tout ce qu’elle a pu faire pour tenter quelque chose avec elle.
A aucun moment je n’ai été tranchante, brutale. Non, j’ai seulement été décidée et déterminée, mes mots teintés parfois de sourire sans jamais lâcher Maxime du regard.

— Je ne sais absolument pas de quoi tu parles quand tu évoques ce passé dont tu n’arrives pas à te défaire mais c’est quelque chose qui t’appartient. Je n’ai pas besoin d’empiéter là-dessus pour vouloir tenter tout ça. Et s’il te faut du temps pour faire le point, je saurais être patiente. La seule chose que je ne peux pas faire, c'est te forcer à vouloir tout ça.

J’affiche un sourire en coin, toujours face à elle. Si elle ne veut simplement pas tenter le coup, alors on s’arrête là. J’accepterais la décision, je ne peux pas la forcer à vouloir sauter le pas, à vouloir essayer quelque chose qu’elle ne juge pas utile ou qu’elle ne désire pas. Et puis peut importe où tout ça nous mènera, je ne veux simplement pas partir d’ici avec le regret de ne pas avoir essayé.
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MessageSujet: Re: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Jeu 17 Mar 2016 - 23:36

« Je suis prête à prendre le risque alors. Je ne suis pas du genre à me défiler face à une difficulté, si tu penses que je n’aimerais pas mettre les mains dans tout ça, soit. Mais je suis prête à essayer si ça peut me permettre de te connaitre un peu mieux. »

J’ai envie de lui dire que non, elle n’a pas envie, pas vraiment. Je n’ai pas envie qu’elle s’accroche. Et pourtant c’est l’impression qu’elle me donne à cet instant précis. Son visage est résolu, je ne la regarde pas directement mais je le sens. Elle transpire l’assurance. J’aurais préféré qu’elle s’arrête là.
Mes coudes sont posés sur mes genoux, je tapote l’extrémité de ma cigarette du bout du doigt. Comme si la conversation que nous avons était normale. Mais ça ne l’est pas du tout, au contraire, j’ai le sang littéralement glacé dans les veines.
Kezabel ne sait surement pas à quoi elle s’accroche. Plus elle avance dans ses mots, déclarations, plus je me sens reculer pour me retrouver bientôt dos contre le mur. Je sais que ce n’est certainement pas son intention, au contraire. Je suis sure qu’elle se dit qu’elle peut m’aider, quelque part. Cette fille a toujours la main tendue pour qui voudrait la saisir. Ce n’est pas un mal, je trouve ça admirable d’avoir la force de supporter ses épreuves et de continuer à vouloir épauler les autres. Comme si elle décelait en tout un chacun une étincelle d’espoir qui la pousse à persévérer.

« Tu m’attires, tu me plais, je t’aime bien. Si tu ne te fais pas confiance, je comprends mais moi j’ai envie d’essayer de te faire confiance. De voir ce que ça donne, ce que ça vaut. Si ça foire, alors ça foire. Mais je ne veux pas rester sur des « Et si » ou des « peut-être », à me poser 150 questions de mon côté à savoir si oui ou non j’aurai dû insister un peu plus, si j’aurai du prendre le risque ou non de tenter quelque chose. »

Je ferme les yeux un moment. Chaque mot, chaque… avancée est une aiguille qui se plante dans mon cœur, insidieusement. Elle ne se rend pas compte de l’impact de ses paroles, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a, en apparence, aucune raison que ça me blesse.
Si on réfléchit, il est clair que ce n’est pas vraiment l’intention qui me blesse, ni même elle. Au final, je sais très bien ce qu’il va se passer, peut-être que je l’ai toujours su. J’aime bien cette fille. Mais je ne pourrais pas avancer plus dans notre relation. J’aimerais lui dire d’arrêter de parler, de ne pas se fatiguer, ni pour moi, ni pour elle qui sera, comme je sais si bien le faire, déçue de mes paroles.

« Et c’est vrai que je ne te connais pas mais j’ai envie que ça soit le cas. Si ça n’est que ça, peu importe ce que tu caches, je suis prête à tenter le coup. »

Peu importe ce que tu caches.
Peu importe qui tu saches sous tes yeux bleus.
Toutes ces zones d’ombres ne semblent avoir que pour seul prénom, l’unique qui hante mes nuits. Je n’ose pas lui rendre son regard, pas encore. Je la laisse faire. Je voudrais que tout se stoppe maintenant mais ça n’est pas possible.
Pourquoi faut-il que l’évidence sorte de sa cachette lorsque l’on se trouve au pied du mur ? C’est la question que me frappe alors que je me sens maintenant encerclée. Par mes souvenirs, par ses mots, par son visage, le sien, à lui. Que je croyais avoir laissé de côté. Et puis merde, c’est maintenant que je dois comprendre ce que je me suis toujours refusée d’avouer ?

La confusion qui agitait jusque-là mon cerveau se mue doucement en colère. Comme un flot de lave qui s’écoulerait entre les parois internes de ma poitrine. Doucement mais surement, cette haine pure, profonde, incrustée dans chacun des pores de ma peau, se réveille. Celle qui se dirige encore et toujours contre moi-même.

« Je ne sais absolument pas de quoi tu parles quand tu évoques ce passé dont tu n’arrives pas à te défaire mais c’est quelque chose qui t’appartient. Je n’ai pas besoin d’empiéter là-dessus pour vouloir tenter tout ça. Et s’il te faut du temps pour faire le point, je saurais être patiente. La seule chose que je ne peux pas faire, c'est te forcer à vouloir tout ça. »

Je tire une nouvelle taffe sur ma clope, comme si ça allait me sauver. Comme si ça pouvait me tuer, oui, plutôt. Là sur place. Je pourrais tout à fait transplaner, comme ça, d’un coup sans préavis. Mais je ne pourrais même pas lui faire ça. Elle mérite bien mieux qu’une espèce de… lâche, incapable de s’exprimer, incapable de… faire le bien autour de soi. Si jusque-là être plus ou moins détestée de la plupart des gens du bahut ne me dérangeait pas, être en phase pour blesser quelqu’un comme Kezabel me met dans une position de malaise incroyable.

Furtivement, comme ça, je me demande comment je peux me raccrocher à un mort. N’a-t-elle pas finalement raison, elle, de vouloir tenter quelque chose, tenter de vivre, normalement, malgré toutes les épreuves qu’elle a du traverser ? Pourquoi suis-je incapable d’évoluer autrement que dans la noirceur, tournée vers le passé ?
C’est toujours à ce moment-là que j’envie la présence d’esprit de Macy ou William a regarder vers l’avenir. Lui aussi n’a-t-il pas perdu la personne qui lui était chère ? Lâchement abattue par des débiles, les mêmes qui aujourd’hui s’acharnent à éloigner le monde moldu du monde sorcier.

J’imagine que c’est à mon tour de parler parce que le silence qui s’est installé se prolonge un long moment. Ce n’est pas lourd. En tout cas, il ne semble pas lourd, mais un parpaing est tombé au creux de mes tripes, pour ma part. Je me tourne légèrement, me redresse sur mes appuis, tourne le regard à nouveau vers Kezabel.

« J’aimerais bien te dire que je suis capable de regarder en avant, que je peux essayer quelque chose, sereinement, mais ce n’est pas le cas. Je ne peux pas te dire ça, je suis désolée. »

Je ne sais pas comment tourner ça pourtant mon regard reste dans le sien.

« Je ne peux pas faire ça, parce que ça serait mentir. Et je ne te mentirais pas. C’est hors de question. Je préfère te décevoir maintenant, que plus tard, quand ce sera plus dur à avaler. Je ne veux pas essayer quelque chose de bâti sur un équilibre précaire, affaibli, parce que c’est exactement l’état de mes fondations actuelles. Minces et illusoires. »

Je me demande comment j’arrive à lui dire ça. J’ai l’impression que quelqu’un a pris possession de mon corps et que cette personne parle à ma place. La petite marionnette d’un ventriloque inconnu.

« Je suis désolée Kezabel, je ne peux pas faire ça. Je ne veux pas non plus que tu attendes, pour surement obtenir le même résultat. »

Si ça me ferait chier qu’elle s’éloigne ? C’est sur. Mais je sais que ce sera inévitable, après tout… C’est moi qui la rembarre à cet instant présent. Moi qui met un terme à ses espoirs. Comme si elle avait besoin de ça.
Je serre les dents.
Et écrase ma cigarette.

« Je t’en voudrais pas si t’as besoin d’un peu de temps. »

Mon regard se détourne vers le lac. Après tout. C’est à elle de m’en vouloir.

« Pour moi ça ne changera rien, tu resteras la même. »
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MessageSujet: Re: Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.    Lun 21 Mar 2016 - 15:46

J’ai essayé au maximum d’être claire dans ce que je lui disais pour lui faire comprendre à quel point je suis prête à tenter le risque. Peu importe ce qu’est Maxime, je n’ai pas envie de m’arrêter là. Je me suis longtemps dis que j’aurai dû attendre pour lui parler de tout ça mais à quoi cela nous aurait-il mené si ce n’est d’empirer les choses ? Peut-être ai-je eu raison de répondre à ma première intuition, celle de lui avouer tout ça dès l’éclosion des sentiments et de ne pas trop attendre.
Je sais que je la mets mal à l’aise, je sais que tout ça la gêne et j’en suis désolée mais j’ai besoin de mettre à plat tout ça. J’ai besoin de savoir si je ne me trompe pas lorsque j’ai la sensation que tout ça est peut-être réciproque. Si je devais expliquer pourquoi elle et pas une autre, je n’aurai pas d’autres terme que « C’est juste Maxime ».
Maxime et son regard bleu d’une profondeur qui m’a toujours touché.
Maxime et sa froideur qui me poussait toujours un peu plus à creuser avec patience.
Maxime qui dégage ce truc qui m’attire.
Elle n’est pas une mauvaise personne, j’ai mis du temps à le comprendre et ce que je vois d’elle aujourd’hui me pousse à croire que ma tentative n’est peut-être pas une erreur. Elle me fait me sentir bien, en sécurité. Suffisamment pour me dire que nous pouvons peut-être aller un peu plus loin que tout ça.

Je suis silencieuse, j’ai dit tout ce que j’avais à dire. Mon regard passe de sa personne au Lac, du Lac à l’herbe qui me semble fascinante en cet instant précis où la pression grimpe chez moi. Le silence se prolonge mais je ne le brise pas. J’essaie de trouver une forme de calme dans l’atmosphère qui nous entoure. Il fait bon, le soleil est présent, le parc est calme. J’essaie de puiser dans tout ça et de ne surtout pas me focaliser sur ce qu’elle peut penser en cet instant.
Puis elle bouge enfin, je braque mon regard vers le sien. Ils se croisent et je sens mon ventre se crispé furtivement et légèrement.

— J’aimerais bien te dire que je suis capable de regarder en avant, que je peux essayer quelque chose, sereinement, mais ce n’est pas le cas. Je ne peux pas te dire ça, je suis désolée.

Serre les dents et encaisse.
Je fais aux mieux pour paraitre impassible, pour garder mes yeux dans les siens.

— Je ne peux pas faire ça, parce que ça serait mentir. Et je ne te mentirais pas. C’est hors de question. Je préfère te décevoir maintenant, que plus tard, quand ce sera plus dur à avaler. Je ne veux pas essayer quelque chose de bâti sur un équilibre précaire, affaibli, parce que c’est exactement l’état de mes fondations actuelles. Minces et illusoires.

Reprendre son souffle et ne pas oublier de respirer. De cligner des yeux. De respirer encore et surtout, de se focaliser sur ce qu’elle est entrain de me dire même si quelque part, j’ai envie de lui demander de se taire. La suite, je la connais, je la sens venir et sans que je ne m’y attende, ça me broie de l’intérieur.

— Je suis désolée Kezabel, je ne peux pas faire ça. Je ne veux pas non plus que tu attendes, pour surement obtenir le même résultat.

Pourquoi cette claque me parait-elle aussi violente alors qu’au fond, je m’y attendais ?
Elle écrase sa cigarette et j’ai l’impression d’en sentir la brûlure sur ma peau.
Serre les dents. Respire.
Nous n’avons pas besoin d’être totalement épris de quelqu’un pour recevoir ces mots avec violence. C’est la première chose que je me dis alors que je me trouve prise au dépourvue face à mes propres sensations.
Cette impression que mon cœur loupe un battement. Cette sensation d’étouffement qui m’enserre la poitrine. Cette réalité qui prend place avec ses évidences. Plus d’échanges d’un soir. Plus de sa peau sur la mienne. Plus de cette intimité partagée, celle qui me donnait cette impression d’être en vie lorsque tout tournait mal chez moi. Plus de son souffle sur ma peau, de ses gestes parfois fébriles et encore moins de CE regard qui me faisait croire sur l’instant, que j’étais quelqu’un de bien particulier.

Effectivement, il est déroutant de se rendre compte de tout ça sans forcément être amoureuse de Maxime. Il est déroutant de se dire que l’idée de ne plus avoir le droit à ces moments particuliers me font déjà sentir un manque, quelque part. Pas insurmontable, mais un manque quand même.  

— Je t’en voudrais pas si t’as besoin d’un peu de temps.

Respire.
Ne pleure pas. Pourquoi est-ce que je pleurerais ? Ça n’est pas la fin du monde, ce n’est rien. Juste un crush qui se casse un peu la gueule. Je m’en remettrais.
Mais sur le coup, c’est violent pour soi.

— Pour moi ça ne changera rien, tu resteras la même.

Ne pleure surtout pas.
Ses mots me touchent et grattent un peu plus cette couche qui retient encore mes larmes. Je sens le feu à mes joues, à mes tempes. Mon cœur y bat avec violence et j’ai envie de m’isoler cinq minutes. Juste le temps de digérer tout ça. Et au fond, je me sens stupide d’y avoir cru.
Je n’en veux même pas à Maxime. Peut-être parce que je m’y attendais ou peut-être parce que ces mots ont eu pour effet d’atténuer une probable rancœur. Elle aurait pu ne pas être honnête, elle aurait pu me faire poireauter longtemps comme ça. Au lieu de ça, Maxime me balance cash les choses et si en cet instant j’ai clairement du mal à le digérer, je sais que plus tard, je lui en serais reconnaissante.
Je n’ai pas envie de ne plus l’avoir dans mon périmètre de vie mais pour l’instant, j’en suis incapable.

Je me détourne, fais face au Lac à mon tour, sans un mot.
Si je parle, ma voix me trahira et je n’en ai pas envie. Pas tout de suite.
Juste quelques secondes pour respirer et souffler. C’est un coup supplémentaire qui m’arrive droit sur la nuque mais je ne flancherais pas.
On se sent mal toutes les deux. C’est palpable. Elle a beau être impassible, je ne suis pas stupide pour autant.
Le silence s’installe et s’égrène alors que je me sens complètement conne, à ne pas savoir quoi dire, quoi faire, comment réagir puisque moi-même je suis paumée en cette seconde.

— Je pense qu'il vaut mieux que j'y aille.

Ma voix tremble quand même un peu mais tant pis. Je lui esquisse un bref sourire alors que je me lève, un peu titubante, les jambes pleines de fourmis. Je déteste cette sensation.
Je me passe une main dans les cheveux, incapable de savoir réellement ce que je dois faire ou dire maintenant que je me suis prise en quelque sorte ce râteau. C’est fou comme on se sent bête après ça. Un peu démuni et pataud, complètement maladroit.

— Donne-moi juste un peu de temps, pour que je digère.  Je prends une inspiration silencieuse alors que ce poids me gêne toujours autant. Je n'ai pas envie de ne plus te voir mais je veux juste prendre mes distances avec tout ça.

Juste un peu. Quelques jours ou quelques semaines, qu’importe. Elle a raison sur un point.
Mieux vaut me décevoir maintenant le temps que tout ça soit gérable, que plus tard, où j’aurai probablement construit des espoirs plus épais et plus sûrs d’eux que le peu que j’avais avant ça.
Maxime se lève à son tour et je me retrouve face à elle. Toujours aussi grande et imposante.
C’est moche de me dire que tes lèvres, je n’y gouterais plus.

Je ne ressens pas l'once d'une colère envers elle alors que je me serais attendu à une rage injuste. Pourquoi lui en vouloir alors qu'elle a été totalement transparente ?

— Merci d’avoir été honnête avec moi.

Tu aurai pu faire comme Harry, me mentir ou mieux, ne rien me dire. Pour me planter là comme une abrutie que j’ai été.
J’ai une sale boule dans la gorge.
Ma spontanéité me perdra peut-être mais je ne lutte pas contre, pas en cet instant où je n’ai plus aucune prise sur mes émotions. Je m’approche d’un pas et dépose un baiser sur sa joue, non sans avoir pris appuie sur la pointe de mes pieds et d’avoir appuyé légèrement sur son épaule pour qu’elle se penche. Ce dernier contact me rend triste.

Je m’écarte en douceur avant d’entamer le chemin du retour avec le besoin imposant d’être seule. Quelques pas et je me retourne.

— Je ne sais pas ni de quoi ou de qui tu me parlais tout à l’heure mais s’il te plait, ne te gâche pas la vie Maxime. Tu mérites d’avoir quelqu’un de bien dans ta vie comme tout le monde. Je sais que ça ne sera pas moi mais ça ne veut pas dire qu’elle ne le mérite pas. J’hésite un instant, affiche un sourire crispé. Lâche prise.

J’attends une demie seconde avant de me détourner, marchant d’un pas rapide vers le château.
La première larme se déverse en silence, me sentant stupide au possible. J’ai pas non plus l’impression de mourir, pas comme lorsque j’avais 16 ans où j’ai vu mon mec entrain de se taper joyeusement une autre nana pour ensuite vivre la mort de ma mère. Je ne me sens pas non plus au bord de la crise de larmes avec l’impression d’avoir perdue une moitié de moi.
Je me sens juste triste pour toutes les raisons que je me suis énumérée tout à l’heure.

C’est un crush qui se casse la gueule, pas une vie qui s’arrête.

— FIN POUR MOI —
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Cette nuit enfin, tout est calme. - Maxime.
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