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 Cause I want to feel it - Cameron

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MessageSujet: Cause I want to feel it - Cameron   Lun 21 Déc 2015 - 12:10

►Cause I want to feel it◄
Cameron & Kezabel  



Nuit de Mardi 3 au Mercredi 4 Mars

Ca faisait assez longtemps que je n’avais pas fait un cauchemar comme celui-ci, me réveillant presque en sueur avec un malaise étrange au fond de la gorge. J’ai eu du mal à me rendormir, la peur au ventre de voir Marcus tirer violemment le rideau de mon lit pour ensuite venir me terroriser aussi violemment que dans ces images qui tournoient encore un peu devant mes yeux. J’ai sûrement négligé ce traumatisme, négliger la façon dont tout cela pouvait m’atteindre mais ça n’est plus le cas aujourd’hui. Je ne m’en morfonds pas mais je ne l’en oublie pas pour autant. Comment le pourrais-je lorsqu’à chaque détour dans les couloirs menant vers les Serpentard j’ai la sensation d’y voir son ombre.
Adossée contre la tête de mon lit, je me frotte machinalement les yeux, retenant un bâillement dans le creux de mon poing. Mon regard se glisse sur ma table de chevet où le livre de Maxime réside encore. Je tends le bras pour l’attraper avant de ramener mes genoux vers moi, ouvrant les premières pages pour en lire le contenu. La situation avec Maxime se désagrège aussi rapidement qu’elle a pris naissance. Plus de nuit ensemble, plus de « jeux », plus rien que quelques échanges parfois, lorsqu’elle vient s’installer ici pour lire et ce, même si c’est rare. J’ai cru comprendre que ça n’était pas une période facile pour elle, d’où la raison de ses absences même si techniquement nous ne nous devons rien. Et rien que pour ça, je m’évite un combat  contre ma propre personne et mes propres ressentis vis-à-vis de la situation.

Je ne sais pas quelle heure il est et mon cerveau s’accroche déjà aux écrits du jeune chanteur. Nirvana. Ca n’est pas un groupe que j’écoutais régulièrement, voir très très peu. Je ne dois connaitre que les plus connus de leur chanson mais apprécie malgré tout le rythme et le talent de Cobain. Jamais je n’avais pris le temps de m’intéresser directement à lui mais de ce que j’ai cru comprendre de la bouche de Macy, il est un artiste que Maxime affectionne particulièrement avec Jeff Buckley. Je ne connais rien de Cobain si ce n’est son suicide en 1994. Mais à la lecture de ces lignes, je découvre des facettes non pas d’un chanteur, mais d’un homme qui tente simplement de se sortir d’un bourbier mentale, accroché à une société qui ne lui plait pas. Sa manière d’établir les choses est d’une violence et d’une réalité qui me déstabilise et qui parfois me renvoi à certaines réactions de Maxime. J’en oublie Marcus,  j’en oublie mon angoisse, j’en oublie à peu près tout jusqu’au fait que nous sommes en pleine nuit, que demain matin j’ai cours et que je vais avoir un mal fou à me lever. Peut-être que c’est stupide mais par certains aspects, je me demande si comprendre Kurt, serait comprendre Maxime. Est-ce qu’elle porte cette même haine envers la société ? Les gens ? L’hypocrisie ? Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui elle disparaisse sans que personne ne le vois ?
Ce n’est qu’une bonne heure après lorsque mes yeux me brûlent et que mon cerveau décroche des lignes que je lis que je consens à abandonner l’ouvrage sur le paragraphe suivant :

« C'est comme ce que Kathleen racontait sur ce cours qui se tenait dans son école où ils enseignaient aux filles comment se préparer à être violées, et en regardant par la fenêtre, elle voyait les violeurs jouer au foot et se disait "mais c'est eux qui devraient être ici pour apprendre à ne pas violer"

C’est une claque que je me prends, mon cerveau tournant de nouveau à plein régime. Pour de multiples questions, pour de multiples situations. Est-ce que nous en sommes encore là aujourd’hui ? J’ai la désagréable sensation que oui. Rien ne justifie tout ça et il serait peut-être temps de me donner les moyens de me défendre… Au cas où. Je repose le livre sur ma table de chevet et le troc contre le gros coquillage qu’Enzo m’a ramené d’Australie. Je le colle à mon oreille, ferme les yeux et me concentre sur les bruits imaginaires d’un océan au loin. Je m’y vois avec Adam, papa et pourquoi pas Shannon. Avec Riley aussi, qui aura cette fois toute l’occasion de jouer une vraie mouette avant de trébucher sur une motte de sable et de terminer tête la première dans l’écume. Cette image me fait doucement sourire et cette fois, c’est sans l’ombre d’un cauchemar que je me laisse sombre dans un sommeil profond avec une Boulette qui se prend pour une licorne partant à la conquête du Nirvana.


Mercredi 4 Mars — Déjeuner.

Je n’harcèle pas Riley de question pour savoir si elle va bien ou non, si elle se remet ou pas de ce cognard qu’elle s’est prise en plein visage. Je me contente simplement de la surveiller du coin de l’œil, en silence. Elle a eu une chance folle de s’en sortir aussi bien et je suis soulagée de la voir de nouveau avec un pep’s qui n’appartient qu’à elle. Oui parce que c’est bien elle qui imite l’éléphant de mère avec deux frites en me regardant d’un œil humide et un peu stupide.
J’éclate de rire, manquant de m’étouffer avec mon jus de citrouille alors que Riley est prise du même fou rire, ses deux frites retombant dans son assiette.

Je m’essuie le menton du bout de ma serviette avant d’enchainer d’un air taquin.

— On faisait moins la maline hier dans les douches hein.

Episode épique de la vie de Mlle Jenkins que je songe sérieusement à retranscrire en BD tant il y a de matière à utiliser. Notamment l’intervention d’une Ora complètement nue à la recherche de son shampooing… Et d’après ce que j’ai compris, Riley était loin, très loin, d’être à l’aise – en même temps… normal – et elle n’a pas manqué de remarquer les innombrables tatouages qui recouvrent le corps de mon amie.

— J’espère que tu n’as pas fait tomber la savonnette au moins.

J’éclate de nouveau de rire alors que Riley grommelle dans son coin. Je pique un morceau de viande que je mâchouille en silence alors que ses deux émeraudes se posent sur moi, d’abord d’un air hésitant avant de se pencher un peu en avant, comme pour se mettre sur le ton de la confidence.

— Dis Keza… T’as déjà couché avec Ora ?

Le morceau de viande manque de peu de suivre la mauvaise voie sous mon exclamation de surprise et c’est en toussant mes tripes que j’essaie de récupérer un souffle plus ou moins correcte, poing contre mes lèvres, larmes aux yeux sous l’effort. Mes esprits reviennent petit à petit, après trois gorgées de jus de citrouille, deux autres toux puis enfin, mon regard dans celui de ma boulette. Moi, couchée avec Ora ? Je crois que c’est une question que j’aurai jamais imaginé. Et c’est sûrement pour ça que j’ai une crise de fou rire qui me menace.

— D’où ça te vient ce genre de question ?
— Je sais pas moi ! Vu que vous vous connaissez depuis longtemps et tout le reste… J’me suis demandé s’il s’était pas déjà passé un truc avec elle.
—  Non non. Je secoue la tête, mains croisés entre mes cuisses, penchée moi aussi en avant, réprimant un frisson de dégoût à l’idée que… Par Merlin, non. Jamais il ne s’est passé quoi que ce soit avec elle. Elle me connait depuis que je porte des couches.
— Et alors ! L’un n’empêche pas l’autre.
— … Pas faux… Mais même ! Giuh. Elle fait un peu partie de la famille, c’est tout comme. Mais pour te faire un ordre d’idée… Couchée avec Ora serait comme couchée avec toi.
— …. Dégueu !
— On est d’accord. Sans offense hein, tu le sais que t’es sexy et que t’es muy bonita.

Elle balance ses cheveux en arrière, telle une jeune femme aux allures sulfureuses, prête à dévorer le prochain Argentin qu’elle croisera, ce qui ne manque pas de nous faire rire de nouveau.

— Ce qui te laisse le champ entièrement libre pour la rejoindre dans la douche et scruter ses innombrables tatouages de plus près…

Esquive de frite !


Mercredi 4 Mars — Vers 18h.

Après avoir demandé conseil à Riley – et après avoir esquiver deux ou trois autres frites pour quelques boutades qui m’ont bien été rendues -, je me suis diriger vers la salle de Self Défense, après le cours de cette après-midi. L’idée me trotte dans la tête depuis déjà plusieurs jours, surtout depuis l’attaque de mi-février dont chacun essaie de recoudre leur blessure comme ils le peuvent. Cameron en fait partie, des plus proches je dirais et c’est l’une des premières raisons qui m’ont fait hésiter à venir le voir aussitôt. J’ai attendu que les jours passent pour que tout le monde ait le temps de faire son deuil de son côté, je ne sais pas si ça sera un jour le bon moment mais je fais confiance à Riley.

J’attends que les élèves sortent, chose qui ne tarde pas à arriver. Je lève les yeux vers le flot humain jusqu’à ce qu’une tête dépassant toutes les autres sortent du lot. Et qu’une voix surexcitée en face de même avec le brouhaha. Le premier c’est Enzo qui est aussi transpirant qu’épuisé. Et le deuxième… ou plutôt la deuxième : Elijah qui semble ravis d’avoir pu dépenser une partie de son énergie à se défouler.

— Salut Keza !
— Salut Elijah, sourire pour la jeune fille qui s’éloigne en trottinant et mon regard se détourne pour se poser sur la masse devant moi. Hey, mon sourire s’élargit. Je commence à me demander si mes bras vont réussir à faire le tour de ta taille.

J’exagère, il le sait mais le fait qu’il prenne en muscle ça, je ne l’invente pas. Je m’arrête un instant pour discuter rapidement avec Enzo avec qui je n’ai pas eu cours aujourd’hui puisque demain c’est la pleine lune et donc, pas forcément enclin à une grande patience et concentration. D’ailleurs, je ne m’attarde pas plus à le retenir, le laissant reprendre sa route pour enfin toquer à la porte qui est toujours ouverte. Cameron est là, entrain de ranger quelques affaires dans un sac, sûrement du matériel lui servant à donner ses cours comme pour nous le Samedi. Je n’ai jamais eu l’occasion de réellement discuter avec lui si ce n’est pour les deux heures d’enseignements qu’il nous donne mais de ce que j’en retiens c’est un garçon calme, tranquille et rassurant. Voir apaisant.

— Bonjour Cameron, je ne te dérange pas ?

Sourire en coin, je m’approche tranquillement vers lui. Il a l’air plutôt en forme, moins fatigué que ces derniers jours. Le temps fait visiblement son œuvre en silence.
J’avoue ne pas savoir comment aborder le sujet ni s’il acceptera et même si ça peut paraitre futile pour beaucoup, savoir me défendre au corps à corps me procurera une sensation de sécurité qui me manque lorsque j’arpente certains couleurs ou que je croise certains regards. Marcus n’est pas mort, il est expulsé du château, certes, mais rien ne me promet qu’il ne me retrouvera pas un jour pour tout simplement se venger de ce qu’il lui est arrivé. Conseil disciplinaire et tout le reste, il n’en sortira pas sans rien et connaissant le personnage…

— Ca va ? Pas trop difficile d’éviter des bras cassés avec des grands gaillards comme Enzo ?

Je lance ça sur le ton de la plaisanterie puisque s’en est une. Je connais suffisamment le jeune homme pour savoir que malgré les idées reçues, il n’est pas un garçon d’une violence incontrôlée, au contraire. Ils seraient bien surprit de voir à quel point il peut s’avérer d’une douceur tranquille. Non là je faisais plutôt référence à ces physiques imposants sur lesquels je pourrais moi-même me casser le poignet.

Bon, on ne va pas tourner 150 ans autour du pot parce qu’une personne comme moi qui vient voir Cameron alors que nous ne nous parlons jamais en dehors des cours, c’est pas forcément pour parler pluie et beau temps. Ni poignet cassé d’ailleurs.
Je me gratte machinalement la tempe avant de reprendre la parole.

— Dis-moi… Est-ce que tu aurais du temps supplémentaire à m’accorder ? Je marque une pause, reprenant avec un sourire en coin. Pour des cours particuliers en Self-défense mais aussi en combat au corps à corps.

Je ne veux pas simplement apprendre les systèmes de défenses mais aussi d’attaque. Pour de multiples raisons. Ce qu’il s’est passé ces derniers temps a eu l’effet d’un coup d’adrénaline qui ne semble plus vouloir me quitter. Il me suffit de repenser à la faiblesse ressentie face à Marcus pour sentir cette rage grondée quelque part chez moi. Je ne veux plus jamais que ça arrive. Ce dont j'ai besoin maintenant, c'est de ce feu qui parcoure mes veines et de ressentir cette vague d'adrénaline et de contrôle. Je ne veux plus que les choses m'échappent comme elles l'ont fait ces derniers temps, tout comme je ne veux plus avoir la boule au ventre lors de certaines situations. Si Cameron accepte, alors ça sera une bonne opportunité pour m'aider à évacuer mais aussi à me forger contre ces choses que je ne pensais pas connaitre un jour.

— Je sais que c’est un peu particulier dis comme ça et que tu as sûrement autre chose à faire, je le comprendrais. Mais j’ai vraiment besoin de quelqu’un pour tout ça et je ne me vois pas le demander à quelqu’un d’autre que toi.

J’aurai pu le demander à Emily mais je pense que nous nous sommes déjà confrontés suffisamment de fois pour rempiler sur des coups à échanger. Je préfère la conserver comme une amie avec qui je pourrais rire la prochaine fois plutôt que d’éviter une droite ou qu’elle me retrouve entrain de réduire en charpie une nouvelle Delphine. Je me sens un peu coupable de demander ça à Cameron, lui qui vient de perdre un être cher mais je n'en montre rien. Je ne pense pas qu'il ait envie de m'entendre geindre avec des désolés sur ce qu'il s'est passé. Je connaissais Megan, pas autant que lui, mais il m'arrive parfois d'être surprise de ne pas la voir à sa place en classe jusqu'à ce que la réalité me rattrape et me rappelle que non, cette chaise, elle ne l'occupera plus. Qu'en est-il de Cameron? Est-ce que lui l'attend parfois au détour d'un couloir?

Je patiente tranquillement, toujours droite devant lui. Cameron est un très bon ami de Riley, je sais un minimum ce qu’il veut mais s’il n’a pas de temps à m’accorder ou même s’il le refuse, je ne lui en tiendrais pas rigueur. Loin de là.
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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Mar 22 Déc 2015 - 21:43

Mercredi 4 mars 2015 – Après les cours, 18h
Cause I want to feel it



Kezabel & Cameron

Les joies de la Botanique. Très sincèrement, même si ça ne me passionne pas outre mesure, je ne déteste pas non plus et ça n’a rien à voir avec mon petit jardin perso … Ou peut-être un peu. Non, très sincèrement, faire pousser de la weed et s’occuper de plantes magiques ça n’est pas tellement la même chose mais disons que je suis relativement attentif, si on veut. La nouvelle Prof est aussi accueillante qu’une porte de prison, j’ai toujours réussi à éviter la taule jusqu’ici – si on ne tient pas compte de Poudlard, parce que oui cet endroit a longtemps été une prison pour moi et pour tout le monde d’ailleurs – donc on va continuer comme ça et ne pas attirer l’attention. Ça n’est pas tellement qu’elle m’impressionne, je suis relativement indifférent à tout ça je dirais. Je l’admets, j’attends un peu que le temps passe. Je suis retourné en cours mais ça n’a jamais été une passion chez moi, j’ai quitté l’école très tôt et si j’y suis de retour aujourd’hui c’est plus pour passer le temps qu’autre chose. Je préfère et de loin aider Dim pendant ses cours, surtout avec les plus jeunes, et filer un coup de main au Prof de Self-Defense. Ce sont des choses que je maitrise, des choses qui me font bouger, des choses pratiques, concrètes et qui m’intéressent. La Magie, ça n’est toujours pas mon truc mais je vis en bonne intelligence avec elle, on va dire ça comme ça. Elle m’a sauvé la vie, à plusieurs reprises et ça j’en ai parfaitement conscience, mais elle a aussi fait des choses que je ne lui pardonnerai jamais. Mon avis sur cette question ne changera jamais, je ne la porterai jamais totalement dans mon cœur, j’en ai la certitude.

Le mercredi n’est pas la journée la plus remplie alors j’en profite pour occuper mon temps non pas à faire mes devoirs – même si ça m’arrive, quand même – mais à passer un peu de temps avec les autres et surtout à me rendre utile. De 11h à 13h je rejoins Dimitri dans sa salle de classe pour l’aider avec les 2ème année et sincèrement c’est l’éclate pour moi. J’en ressors avec la banane, non seulement parce que j’adore ces gosses mais aussi parce que j’apprécie de passer du temps avec ce benêt de Gabrieli – C’est affectif. Je n’oublie pas qu’il a été là pour moi à un moment où je n’aurai certainement pas accepté les personnes dont je me sens le plus proche, et puis, tout simplement, ce type est devenu un ami avec le temps. On n’a que quelques années d’écarts et même si la différence d’âge n’a jamais eu tellement de caractère sélectif dans mes relations, j’admets apprécier passer du temps avec quelqu’un de plus âgé. Je ne me sens pas protecteur envers lui, il n’y a pas d’autre affecte que celui de passer de bons moments ensemble, de partager, et c’est plutôt cool.

Déjeuner avec le p’tit frère, son sale gosse de branleur de p’tit ami, et puis mon compatriote et moi-même filons vers la salle de SD où j’ai bien l’intention de passer tous l’après-midi. D’abord parce que j’ai cours, ensuite parce que j’ai bien envie de rester deux heures de plus. Les deux premières heures sont l’échauffement, je sais que les deux suivantes vont être plutôt du genre explosives parce que ce sont les 6ème année qui se pointent … D’ailleurs quand on parle du loup …

« Non mais vous êtes sérieux là les gars ? Des animaux ! Tous les deux ! Allez file toi, et toi viens par-là te prendre la branlée de ta vie. »
« Eh ben dis donc Oncle Sam, t’as la pêche pour un vieillard ! On va bien voir si ton éloquence tient ses promesses. »

Ils sont intenables, y en a pas un pour rattraper l’autre, des fois je me dis que c’est sans doute une bonne chose qu’ils soient deux mecs sinon ils auraient déjà repeuplé toute l’école. D’un autre côté, même si je râle, même si des fois cette manie d’être complètement boostés aux hormones me fait réagir comme ça – sincèrement, vous êtes bizarres tous les deux. On ne renifle pas les gens comme ça – je suis content de voir que ça se passe toujours aussi bien entre eux. Et oui, mon côté Papa Poule est bien présent. Kyle s’en va finalement, Enzo me regarde de haut avec son sourire en coin qui donnerait envie à n’importe qui de lui en coller une et j’ai clairement hâte qu’on se retrouve tous les deux en binôme, chose qui arrivera sans doute à la fin de la séance puisqu’avant ça, on n’est pas là pour jouer. D’une je suis censé bosser là, enfin filer un coup de main au Prof en aidant les élèves de sa classe, et de deux on parle de SD, pas de baston, alors que clairement, avec l’autre asticot, le but est de prendre le dessus de l’autre donc on ne parle pas que de défense là.

On se tient donc tranquille jusqu’à ce que ça dégénère, évidement.

« Alors Grand-Père, on rouille ? »
« Hey, p'tit con, j'te rappelle que j'étais encore troué y a pas si longtemps. »
« T'as raison, cherche toi des excuses. »

Cinq minutes plus tard, il finit par terre et dire que je ne jubile pas serait mentir.

« Alors on fait moins le malin hein ?! »
« Je t'ai laissé faire parce que j'ai peur de te faire mal. »
« C’est ça oui, t’as trop mangé ce midi ! »

Bien sur sa réaction ne se fait pas attendre …

« Wow ! »

… et à mon tour je rencontre le tapis. Ça termine par deux cons étendus par terre, qui se marrent comme des gosses, et sincèrement ça fait du bien. Lui comme moi n’avons pas mis tout notre potentiel dans cet échange, parce qu’il ne faut pas oublier que certes je me remets bien de ma blessure mais quand même, du haut de ses 18 ans je n’oublie pas que ce gosse est un Loup-Garou et que la Pleine Lune est demain. Et qu’il est beaucoup plus lourd que moi !

18h. Tout le monde quitte la classe, j’en profite pour ranger un peu à commencer par mes propres affaires. Une bonne douche, et après on verra.

« Bonjour Cameron, je ne te dérange pas ? »

Tranquillement je relève la tête et aperçoit Kezabel qui s’avance vers moi. Pas d’autre Cameron, à ma connaissance, dans le coin mais j’ai pourtant ce reflexe un peu stupide de regarder à droite et à gauche avant de poser mon attention directement sur elle. Elle sourit, sourire que je lui rend.

« Non pas du tout. Salut. »
« Ca va ? Pas trop difficile d’éviter des bras cassés avec des grands gaillards comme Enzo ? »
« L'écoute pas s'il te dit qu'il se laisse faire et qu'il y a va doucement parce qu'il a peur de me faire mal. Il est fort, certes, mais je suis bien plus habile et rapide que lui, et pas beaucoup plus petit dans le fond. Je ne risque pas grand-chose si ce n'est de finir écrasé par son égo. »

Tout en rangeant un truc dans mon sac je tourne le regard vers elle, sourire en coin.

« David et Goliath, ça te parle ? »

Je ne connais pas vraiment Kezabel, je sais simplement que c’est très probablement la meilleure amie de Riley et une bonne copine d’Enzo, peut-être une amie, mais ça s’arrête là. En dehors des cours on ne se croise pas vraiment, je n’ai aucun a priori sur elle et sans doute réciproquement. Maintenant je l’admets, ça m’intrigue de savoir ce qu’elle peut bien me vouloir parce que visiblement c’est moi qu’elle vient voir.

« Dis-moi… Est-ce que tu aurais du temps supplémentaire à m’accorder ? »

Elle se stoppe une seconde, peut-être deux, je me redresse, lui fait complètement face et arque un sourcil.

« Pour des cours particuliers en Self-défense mais aussi en combat au corps à corps. »  

Souvent ça part d’un truc complètement anodin, quelque chose de tout bête qui en temps normal n’aurait aucune espèce d’importance ni d’incidence, mais pourtant, c’est comme si on m’enfonçait à nouveau cette lame dans le dos. Je pense que rien ne transparait, peut-être une légère absence, comme un voile devant les yeux, mais la vérité c’est qu’intérieurement je ne suis plus vraiment là. Une seule et unique pensée, un seul et unique visage, celui de celle que je m’attends encore parfois à voir débarquer au détour d’un couloir. Un jour elle a débarqué comme ça, sans prévenir, alors que j’étais en train de me défouler sur un sac de frappe, préoccupé par je ne sais plus trop quoi à présent, et elle m’a demandé exactement la même chose. Ça n’était peut-être les mêmes mots, ni la même forme, mais ces séances qu’on a commencé à se faire régulièrement, c’est ça qui nous a rapproché, ça qui –en partie – m’a fait arrêter de fuir ce que je ne maitrisais pas, ce dont je ne voulais pas. Et ça fait mal, l’espace d’un instant ça met en colère. Pas contre Kezabel, en vérité elle n’existe plus vraiment en cet instant parce que je ne ressens pas sa présence, mais contre ceux qui ont pris la vie de ma meilleure amie, et plus encore. Je ne sais pas si j’aurai passé ma vie entière avec elle, ça n’est pas le genre de questions que je me posais, qu'on se posait, mais on aurait du avoir plus de temps. Elle aurait du avoir plus de temps. Et elle me manque, tous les jours, à ma manière.

« Je sais que c’est un peu particulier dis comme ça et que tu as sûrement autre chose à faire, je le comprendrais. Mais j’ai vraiment besoin de quelqu’un pour tout ça et je ne me vois pas le demander à quelqu’un d’autre que toi. »

Je regardais dans le vide jusqu’ici, un point fixe par-dessus sa tête, au-delà d’elle, mais mes yeux retombent sur son visage et je ravale ma salive comme je peux tout en tachant de revenir sur terre sans trop laisser percevoir le moindre malaise. Tout ça me regarde, je n’ai pas envie de le partager, pas envie d’en parler, et surtout pas à quelqu’un que je ne connais pas. Je n’ai pas envie ni besoin d’une éventuelle trace de compassion, je ne veux pas de tout ça. Je ne veux pas qu’on me regarde comme ça. Une question me traverse l’esprit alors que je reprends du poil de la bête : Pourquoi moi ?

« Avoir autre chose à faire quand on est Moldu ici c'est vite dit. »

Cette réponse m'échappe avec un nouveau sourire tandis que je retrouve ma mobilité et fais quelques pas pour ramasser un truc sur le sol. Le Prof n'est plus là, c'est mon job de faire en sorte que cette pièce soit dans le même état qu'au début de la journée et ne m'en formalise pas du tout. Je ne trouve pas ça dégradant, je ne le ferais pas si c'était le cas, croyez-moi. Et je l'admets, il y a un peu de cynisme dans le ton que j'emploie mais je me reprends en poursuivant sur ma lancée.

« Ceci dit c'est vrai que j'ai quand même trouvé pas mal d'occupations mais pas de là à ne plus avoir de temps pour moi ou pour les autres. »

Je ne suis pas un solitaire, je ne l'ai jamais été. J'ai été élevé en communauté et c'est un mode de vie que j'aime, tout autant que j'aime les gens en général. J'admets ne pas avoir énormément de proches et ça me convient très bien comme ça mais je suis, je pense, quelqu'un de très sociable. Néanmoins et comme tout le monde je pense j'ai parfois besoin de moment à moi, notamment pour réfléchir ou bien au contraire pour me vider la tête.

« Comment est ce que tu verrais ça ? »

Je n'ai pas dit oui, je n'ai pas dit non pour autant. J'ai simplement besoin de savoir un peu où je vais, où on va.

« Qu'est ce que tu voudrais bosser exactement ? Quel est ton but ? Je voudrais juste être certain que je suis la bonne personne pour t'aider. »

Oui je me débrouille, c'est vrai, mais pas aussi bien que le Prof ou que d'autres élèves. On en revient à cette question : Pourquoi moi ?
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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Mar 29 Déc 2015 - 20:15

David et Goliath, je situe. Et l’égo, de même. Et ça me fait rire au passage. Je ne manquerais pas de taquiner Enzo sur le sujet si jamais il l’aborde de lui-même. Il ne manque jamais de faire le mariole même si ces derniers temps je le trouve un peu distant. Avec les derniers évènements, ça n’est pas étonnant mais je tâche malgré tout de garder un œil sur lui en silence et de loin. Un peu comme Riley même si ça nous n’avons pas la même relation.
Mais ça n’est pas le sujet, loin de là. Ma question a été peut-être un peu maladroite, ça n’est pas le visage de Cameron qui pourra me donner un quelconque indice sur le sujet. Il est impassible, il m’écoute en silence formuler ma demande un peu… particulière. S’il refuse, je ne lui en voudrais pas. Si c’est le cas, je ne sais pas vers qui d’autre me tourner. Je n’ai parlé de tout à personne d’autres que Riley. Maxime et William sont au courant par la force des choses. Si j’en fais la demande à Cameron c’est parce que je sais qu’il est l’ami de Riley, qu’elle lui fait confiance et que par extension, moi aussi. Je connais trop bien ma meilleure amie pour savoir qu’elle n’accorde pas son amitié à n’importe qui.
 
— Avoir autre chose à faire quand on est Moldu ici c'est vite dit.
— Pourtant, tu as l’air pas mal occupé vu comme ça.
 
Sourire également de ma part. C’est vrai qu’à écouter Emily, ça n’est pas les occupations qui coulent à flot pour eux… J’essaie de me souvenir ce que je faisais à l’école primaire, bien avant que j’apprenne que je quitterais le monde des non-magiciens pour rejoindre celui où s’offre d’innombrables possibilités. J’apprenais un tas de chose. L’histoire, la géographie, la grammaire, les dictées, les poésies, la science… Est-ce que Cameron et Emily aimerait vraiment replonger dans tout ça ? Est-ce que nous leur donnons seulement la possibilité d’avoir un poste d’Enseignant ici ?
 
Je regarde Cameron ramasser deux trois choses au sol, hésite une fraction de seconde pour l’aider avant de me rétracter. Ce n’est pas mon terrain mais le sien. Je ne veux pas donner la sensation d’empiéter là où je n’ai pas ma place.
 
— Ceci dit c'est vrai que j'ai quand même trouvé pas mal d'occupations mais pas de là à ne plus avoir de temps pour moi ou pour les autres. Comment est-ce que tu verrais ça ?
 
Je ne prends pas cela pour un oui mais plutôt pour une ouverture vers une affirmation, alors je ravale cette petite boule de joie qui se forme au creux de mon thorax mais aussi cette légère angoisse qui se profile à l’horizon. Lui demander de m’aider est une chose, un premier pas pour se prouver à soi-même que nous avons besoin d’aide pour avancer. Le fait d’être face à la possibilité qu’il accepte en est une autre. Comme si on me collait toutes ces images devant les yeux pour me rappeler pourquoi je suis là.
 
— Qu'est ce que tu voudrais bosser exactement ? Quel est ton but ? Je voudrais juste être certain que je suis la bonne personne pour t'aider.
 
Nous n’avons peut-être pas la même façon de penser Cameron et moi mais il y a une chose dont je suis à peu près sûre, c’est qu’il est la bonne personne… Pour la simple et bonne raison que je ne laisserais personne d’autre m’approcher ou m’apprendre ces gestes de défenses. Parce que si Riley a confiance en lui c’est qu’il est quelqu’un de bien. Je ne veux pas du prof qui nous enseigne déjà cette matière, pas parce que je juge qu’il fait mal son travail, loin de là, juste que… je ne peux pas c’est tout.
Pourtant, s’il refuse, est-ce que je préférais vraiment qu’un autre s’approche de moi pour ça ?
La réalité est aussi violente qu’angoissante.
A partir de quel moment l’idée qu’un homme quelconque s’approchant de moi me provoque un nœud au ventre comme en cette seconde ? Le visage de Marcus me donne la réponse sur un plateau d’argent. Trace d’un traumatisme que j’ai encore une fois mal gérée.
 
Je me recentre sur les questions de Cameron, ne le lâchant pas du regard même si un instant celui-ci s’est un peu perdu. Ce que je veux bosser ? Dans quel but ? Comment je vois tout cela ? Je n’en ai pas la moindre idée puisque je n’ai pas réellement réfléchis à la question. A celle de venir le voir pour lui demander de m’apprendre à me défendre, si. A celle de savoir comment, non.
 
— Pour ne plus avoir peur quand j’arpente les couloirs seule le soir.
 
La réponse m’échappe presque des lèvres. Je n’en dis ni trop, ni trop peu. Il ne m’a pas violé mais il m’a touché. Contre mon gré. Et ça me suffit amplement pour angoissée lorsque je suis seule dans le château à des heures où les lieux sont plus ou moins déserts, même si Marcus n’est plus là. Il n’est pas le seul. Des « Marcus »il y en a plus qu’on ne le croit.
 
— C’est mon but. Sourire crispé. J’ai besoin de me sentir en confiance et de savoir que je pourrais me défendre sans baguette si la situation s'y prête.

La magie ne fait pas tout. Pour preuve, elle ne m'a servit à rien contre Marcus parce que je n'avais aucunement la force psychologique de lui faire face. J'étais tout simplement bloquée face son visage hideux, à ses envies répugnantes et je n'ai pas été capable de quoi que ce soit... Je me souviens de chaque sensation, de chaque mots, chaque frisson de terreur et de dégoût. Tout comme je me souviens de cet été où il a été beaucoup plus loin dans ses gestes, jusqu'à me dévêtir. Rien que d'y penser, mon ventre se noue, se crispe et une nausée stagne au fond de mon estomac. Pourtant, je continue d'afficher un sourire crispé. Si je suis là, c'est pour réussir à passer au-dessus de tout ça.

— Après... Je t'avoue ne pas avoir vraiment à réfléchit à la manière dont je pouvais voir ça. Si on ne compte pas les cours que tu nous donnes avec le prof, je n'y connais rien. La seule chose que je sais c'est que je veux être capable de maîtriser l'adverse et...

J'hésite une seconde. Pas parce que je ne suis pas sûre de moi mais parce que j'ai visiblement du mal à l'assumer. A assumer cette rage de me battre qui flotte quelque part chez moi.

— J'aimerai aussi savoir me battre, tout simplement. Savoir passer à l'offensive.

L'impression de lui en demander beaucoup est là mais pourtant je n'en dis rien. Encore une fois, s'il veut me dire non, il a tout les droits de le faire, je ne lui en voudrais pas. Je lâche un faible soupire avec de ramener une mèche de cheveux derrière mon oreille, continuant de le regarder avec la même expression depuis le début, quoi qu'un peu plus blafarde peut-être.
J'ai connu la violence sur plusieurs tableaux. J'aimerais simplement réussir à savoir à faire face.

— Si je te le demande à toi c'est parce que je sais que Riley te fais confiance et je fais entièrement confiance à Riley. Je ne veux pas que ça soit « n'importe  qui » Cameron. C'est toi ou personne d'autre.

Il n'y a aucune agressivité dans ma voix, c'est même tout l'inverse. J'ai ce ton calme, doux, quoi qu'un peu nerveux peut-être, je ne saurais pas trop le dire puisque je n'arrive pas à définir l'état dans lequel je suis. Entre sérénité et angoisse, sûrement.

— Mais si tu refuses je comprendrais, vraiment.

Je suis sincère, il doit certainement le sentir. Si je désire à ce que ça soit lui c'est que j'ai mes raisons. Lui demander de m'apprendre à me défendre et même à me battre est aussi une manière de lui donner une certaine confiance pour moi. Et ça, je ne veux pas l'offrir à n'importe qui.
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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Lun 4 Jan 2016 - 18:36

« Pour ne plus avoir peur quand j’arpente les couloirs seule le soir. »

Cette réponse, elle sort du cœur, des tripes, du plus profond de son ventre, presque à m’en coller des frissons. Elle n’a pas hésité une seule seconde, me donnant l’impression que tout ça sort sous le coup de l’émotion. Ne plus avoir peur implique que ça a déjà été le cas, qu’il y a du vécu derrière ça et je l’admets, je ne sais pas vraiment comment réagir. Je ne connais pas Kezabel, ce que je sais d’elle s’arrête à ce que je perçois quand on se trouve dans la même pièce quand j’aide le Prof de SD, ça s’arrête à ce que Riley a pu me dire d’elle au détour d’une conversation. Je sais qu’elle était dans la classe de Megan, une seconde je me demande d’ailleurs comment elle a pu vivre sa « disparition » mais cette pensée se trouve rapidement chassée de mon esprit.
J’ai l’impression que ce qu’elle est entrain de faire c’est m’avouer à demi-mot des choses qu’on ne dit pas à n’importe qui, des choses dont on ne parle pas, des choses qui vous pousse à ce qu’elle est entrain de faire ou bien alors vous enferme dans le silence et l’isolement. Et ça me déstabilise un peu parce que si j’ai raison, si ça n’est pas simplement le fruit de mon imagination, il y a de quoi ressentir un peu de pression. Est-ce que je me sens capable d’endosser cette responsabilité ? Sincèrement, je n’en sais rien.

Pendant des semaines et des mois j’ai appris ce que je savais à Megan et ça ne l’a pas sauvé pour autant … Ne mélange pas tout, Cameron. Tu sais très bien que ça n’a rien à voir et que tu n’es pas responsable de ce qu’il s’est passé. Mets-toi ça dans le crane, s’il te plait.

« C’est mon but. J’ai besoin de me sentir en confiance et de savoir que je pourrais me défendre sans baguette si la situation s'y prête. »

Elle sourit, d’un sourire crispé qui ne m’échappe pas alors que je croise les bras sur mon torse sans exprimer d’émotion particulière sans pour autant afficher un air dur ou grave. Je pense que c’est suffisamment difficile pour elle d’être là, de me demander ça, alors autant ne pas en rajouter.

« Après... Je t'avoue ne pas avoir vraiment à réfléchit à la manière dont je pouvais voir ça. Si on ne compte pas les cours que tu nous donnes avec le prof, je n'y connais rien. La seule chose que je sais c'est que je veux être capable de maîtriser l'adverse et... »

Et ?

« J'aimerai aussi savoir me battre, tout simplement. Savoir passer à l'offensive. »

Geste non calculé, mes bras se décroisent et retombent le long de mon corps alors que je penche la tête sur le côté et fronce les sourcils. Ça n’est pas une expression négative, c’est probablement plus de l’interrogation qu'autre chose. Pas dans le sens où j'aimerai et j'attends des explications, pas du tout puisque ses raisons ne me regardent pas, mais j'admets être un peu pris au dépourvu par tout ça. Ce qu'elle est entrain de me demander c'est de lui apprendre à se battre ? Je crois bien. Parce qu'elle ne veut plus avoir peur. Toujours sans trop y faire attention je me pose contre un coffre se trouvant derrière moi et mes mains vont se planquer dans mes poches alors que je redresse la tête et lâche un soupir qui tient du réflexe physique et non d'un quelconque agacement ou de lassitude. Ce que je ne sais pas c'est que je ne suis pas au bout de mes « peines » ...

« Si je te le demande à toi c'est parce que je sais que Riley te fais confiance et je fais entièrement confiance à Riley. Je ne veux pas que ça soit « n'importe  qui » Cameron. C'est toi ou personne d'autre. »

Moi ou personne d'autre. Comment ne pas prendre ça avec pression ? Je ne suis pas quelqu'un de stressé en règle général, je ne suis pas soumis aux angoisses comme peuvent l'être d'autres. Je n'en suis pas insensible pour autant et surtout pas après ce qu'il s'est passé ces dernières semaines mais j'ai cette capacité à toujours prendre les choses avec calme, sans paniquer. Alors non, je ne paniquerai pas mais ça ne veut pas dire pour autant que je ne ressens pas une forme de pression. Si j'accepte je me sentirai responsable, est ce que je suis partant pour ça ? C'est une bonne question.

« Mais si tu refuses je comprendrais, vraiment. »
« J’vais pas te mentir, c’était pas tellement dans mes projets d’avenir. »

Une seconde je regarde mes pieds sans vraiment les voir, la suivante je me redresse sans pour autant me relever du coffre contre lequel je suis appuyé et la regarde sans détour, toujours calme, esquissant un sourire pour atténuer ce qu'elle pourrait prendre pour de la dureté venant de ma part. Une de mes mains se loge quelques instant dans mes cheveux et retrouve son antre de tissus, je remarque que je commence à avoir froid. La douche sera la bienvenue.

« Maintenant … Je comprends ta démarche et je me dis que si tu me fais confiance à ce point-là, ça ne serait pas correct de ma part de te laisser tomber. »

Je pourrais, après tout je ne lui dois rien, mais ça n’est pas comme ça que je fonctionne. Elle est amie avec Riley et même si ça a été compliqué pendant un moment avec cette dernière, c’est un gage que je ne peux pas ignorer.

« Une session par semaine, ça t’irait ? »

Il semblerait donc que ma décision soit prise, que j'en accepte les conséquences.

« Par contre, autant te prévenir, j'ai perdu un peu ces dernières semaines donc je suis un peu rouillé. Finalement ça sera donnant-donnant, ça ne me fera pas de mal de me bouger un peu plus je crois. »

Même si, oui, je sais, je ne dois pas faire n'importe quoi sachant qu'il y a à peine trois semaines j'ai bien failli y passer. Je me remets bien, j'ai conscience néanmoins que je ne dois faire attention même si me tester avec Enzo n'est surement pas l'idée du siècle pour ça … Pourtant je ne m'en fais pas trop, d'une parce que je ne veux pas m'arrêter de vivre, au contraire, et de deux parce que je sais qu'il fait attention malgré tout. Je ne dis pas qu'il m'a laissé le foutre par terre, oh ! Juste qu'il fait attention. Je sais aussi qu'il culpabilise un peu par rapport à Megan, il ne l'a pas clairement formulé mais je le sens. Pas une seconde je ne lui en ai voulu, pas une seule, parce que je sais que lui et Kyle ont fait tout ce qu'ils ont pu, Helland aussi. Parce que c'était trop tard et que personne n'aurait pu changer ça.

« On se retrouve au Club de Duel en se calant un moment où il est libre et si c’est pas le cas on improvise. Je m’entrainais toutes les semaines avec Megan, grâce à sa Magie elle pouvait adapter l’espace à ce qu’on voulait travailler donc j’imagine que tu peux surement en faire autant. »

Ça fait mal, mais ça fait rien. Je n'espère pas convaincre qui que ce soit, pas même en lui adressant un sourire comme si tout était normal, comme si tout allait bien.

« Au pire on a nos dix doigts, ça me va très bien aussi. »
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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Dim 10 Jan 2016 - 23:31

— J’vais pas te mentir, c’était pas tellement dans mes projets d’avenir.

Je retiens cette déception qui tombe dans mon estomac aussi lourdement qu'un parpaing. Je reste droite et impassible malgré mon envie de laisser mes épaules s'affaisser, mon corps entier s'arrondir. Je m'y attendais quelque part à ce qu'il hésite, à ce qu'il refuse. Chose qu'il n'a pas clairement faite mais je dois admettre que je tente d'en espérer le moins possible. Je comprends qu'il n'ait pas envie de prendre encore plus de temps pour des cours particuliers surtout après les derniers évenements, Cameron n'a peut-être pas encore le coeur à s'y mettre.
Stop, ne t'emballes pas. Je ne détourne pas le regard, lui retournant son petit sourire en me demandant ce qu'il se passe actuellement dans sa tête. Je ne le connais pas beaucoup mais il se dégage de sa personne quelque chose d'apaisant, de tranquillisant quand bien même je n'ai pas la sensation que ma demande est bien partie. Je ne lui en voudrais pas, vraiment.

— Maintenant … Je comprends ta démarche et je me dis que si tu me fais confiance à ce point-là, ça ne serait pas correct de ma part de te laisser tomber.

Montagne russe.
Est-ce que c'est une façon de me dire qu'il accepte? Je n'en sais rien, j'ai peur de trop m'emballer pour rien, stupidement. Et c'est stupide mais l'angoisse vient m'étreindre le ventre. S'il accepte cela veut dire que je m'engage à apprendre à me défendre, ce qui me ramène aux ciconstances qui m'ont poussées à faire ça. C'est aussi excitant que terrifiant. Grisant. Vivifiant. Je prends conscience seulement maintenant que ma demande a peut-être été prise comme un coup de pression … le “toi ou personne d'autre” n'a rien d'un choix. Je m'en veux pendant un instant d'avoir peut-être eu l'air aussi catégorique.

— Une session par semaine, ça t’irait ?

Je retiens le feu d'artifice au creux du ventre mais ne peux retenir mon sourire qui s'étire dans un soulagement que je ne peux pas dissimuler.

— Ca serait parfait. Merci beaucoup Cameron.

Il ne sait pas à quel point ses mots provoquent chez moi une flambée d'émotions. Il concrétise désormais un voeux que j'ai longtemps murit dans mon coin, comparant les pours et les contres pour savoir si je prenais la bonne décision. Je n'y ai vu que des bons côtés et surtout celui de me sentir plus en sécurité, d'être moins transit de peur lorsque j'arpente les couloirs comme je lui ai avoué tout à l'heure. Je ne sais pas comment il a prit ce que je lui ai dit ni si il sait quelque chose mais en tout cas il ne laisse rien paraitre.

— Par contre, autant te prévenir, j'ai perdu un peu ces dernières semaines donc je suis un peu rouillé. Finalement ça sera donnant-donnant, ça ne me fera pas de mal de me bouger un peu plus je crois.
— Ne t'en fais pas... Je m'y connais tellement peu que je serais capable de ne voir aucune différence lors des premières séances...

J'exagère peut-être un peu – ou pas du tout en fait... - et j'en affiche un grand sourire, comme si un poids s'était levé de mes épaules. Oui, c'est ça. Un poids que je me traîne depuis trop longtemps et même si je sais que l'apprentissage risque de prendre du temps, ça n'est pas grave. Je suis prête à donner l'énergie et la volonté qu'il faut, sans broncher. Qu'il soit exigeant ou non, je me plierais à ses méthodes et à sa façon d'enseigner sans y redire quoi que ce soit. Lorsque mes instincts me rappellent que je connais rien de lui, la raison se manifeste pour à son tour me remémorer qu'il est un ami très proche d'Enzo et de Riley : Donc ça me suffit pour avoir confiance.
Il me suffit également de penser à l'emprise de Marcus sur moi pour me retourner l'estomac et me réveiller toute cette rage qui m'anime.

— On se retrouve au Club de Duel en se calant un moment où il est libre et si c’est pas le cas on improvise. Je m’entrainais toutes les semaines avec Megan, grâce à sa Magie elle pouvait adapter l’espace à ce qu’on voulait travailler donc j’imagine que tu peux surement en faire autant.

Je me fige, fronçant les sourcils dans un mouvement figé.
« Je m'entrainais toutes les semaines avec Megan. »

Je n'avais pas pensé à ce détail. Non, je ne connaissais pas ce détail. Je sens mon estomac se contracter, me sentant aussi coupable que mal à l'aise. Megan lui aurait-elle fait la même demande que moi ? Est-ce que ces séances ne vont pas lui rappeler celles qu'il entretenait avec celle qu'il a aimé et qu'il aime sûrement encore aujourd'hui ? Elle est décédée il n'y a qu'une quinzaine de jours, sa perte est sûrement aussi fraîche qu'une blessure datant de la veille et Cameron est pourtant là devant moi, bien droit, prêt à m'aider même si ça première réaction laissait douter sur sa réponse. Je ne sais pas si je me sens admirative de sa capacité à aller de l'avant ou coupable de lui « imposer » une reprise d'activité aussi rapide. Mes propres souvenirs me rappellent la vitesse à laquelle j'ai dû reprendre le cours de ma vie en main si je ne voulais pas me laisser plonger dans cette tristesse qui me grignotait déjà. Comment le vit-il en cette seconde ? Je ne suis pas sûre d'être convaincu par le sourire qu'il m'adresse, celui qui dresse le coin de ses lèvres presque timidement. Ces artifices sont ceux que j'utilisais si souvent que j'en connaîtrais presque les moindres traces.

— Au pire on a nos dix doigts, ça me va très bien aussi.

Retour à la réalité. Je cligne des paupières plusieurs fois avant de revenir à la réalité et d'essayer l'esquisse d'un sourire. Avancer, reprendre le cours de nos vies et de notre quotidien. Furtivement, l'idée d'apprendre avec Cameron pour éviter que quelqu'un d'autre ne décède comme Megan n'effleure.

— Les salles ne seront pas un problème, il y en a un tas ici qui ne servent plus. Avec un peu de magie je suis certaine que je peux aménager un espace suffisamment grand et adapté pour vos cours, professeur.

J'essaie de continuer sur sa légèreté, comme pour aider à une adaptation d'une vie sans Megan et de réussir à parler d'elle sans avoir ce nœud au ventre. Si chez moi, il est imposant, je n'ose imaginer ce qu'il peut se produire chez Cameron.

— Dix années passées dans ce château, ça aide pas mal en terme de MappePoudlard.

Et pas qu'un peu. Je ne dis pas connaître les lieux par cœur mais disons que la grande partie ne m'ait pas inconnu, comme à tous ceux qui étudient ici depuis toutes ces années. Poudlard est incontestablement notre deuxième maison et nos professeurs – relation pro ou non – notre deuxième famille. Les amis ? Même chose. Ce sont des visages que nous croisons tous les jours, en cours, aux repas, les weekends, ils sont des présences permanentes sur lesquelles nous pouvons compter. Il y a des limites à ne pas franchir mais il y a aussi des sentiments de sécurité que nous ne pouvons contrôler.

— Même si ces cours t'aideront aussi à te remettre en forme, si je peux faire quoi que ce soit en échange, n'hésite pas à me le demander, d'accord ?

Il m'enlève une énorme épine du cœur et atténuera mon angoisse au fil des entraînements, je lui dois bien ça. Que ça soit un coup de main pour les cours ou pour quoi que ce soit d'autre, il sait où me trouver.

— Sauf si tu me demande de dégonfler l'égo d'Enzo si jamais il vient jouer les Paons en se vantant de t'avoir mit au tapis.

Nouvelle taquinerie, je ne suis absolument pas sérieuse. Je sais que ça n'est pas dans le tempérament d'Enzo de faire ça et que s'il le fait, ça ne sera jamais sérieux. Il aime simplement être taquin, surtout envers ses proches comme Cameron je suppose... Même si ces derniers temps, il semble moins prompt à rire qu'il ne le faisait avant.

— Tu préfères commencer quand ?

Moment de silence avant que je ne reprenne, portée par une nouvelle curiosité.

— D'ailleurs... Comment est-ce que tu arrives à occuper ton temps ici ? Les cours que tu donnes en Self-Défense et l'aide que tu fournis à Gabrieli ne doivent pas être toujours suffisant, non ?

Je sais qu'Emily essaie de combler ses ennuies par diverses occupations, plus je passe du temps avec elle plus j'en apprends un peu plus. Et plus j'apprécie être en sa compagnie. Sa légèreté, sa prédisposition à l'humour et tout ce qui la constitue font d'elle une personne haute en couleurs que j'apprécie particulièrement. Surtout depuis que ces évènements nous ont plus ou moins liés.
Concentrée sur Cameron, même en quelques minutes de conversation, j'apprends à le voir sous un autre jour que celui d'un jeune enseignant en S-D. Et c'est un côté que j'apprécie en douceur.


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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Ven 15 Jan 2016 - 22:07

« Les salles ne seront pas un problème, il y en a un tas ici qui ne servent plus. Avec un peu de magie je suis certaine que je peux aménager un espace suffisamment grand et adapté pour vos cours, professeur. »
« Si tu continues de m’appeler comme ça, j’arrête tout. »

Je le répète, ça fait mal mais ça fait rien. Faut continuer, avancer, avoir mal ça fait partie de la vie, c’est comme ça.

« Dix années passées dans ce château, ça aide pas mal en terme de MappePoudlard. »
« Je crois que je ne m’y ferais jamais … C’est quand même super long 10, 11, 12 ans et même plus. »

Je ne sais pas comment ils font, notamment pour être séparés de leur famille pendant autant de temps. Bien sûr pendant l’occupation c’était différent mais même avant ça, ou maintenant, quand bien même il y a des vacances elles sont quand même relativement rares. Sincèrement, je me demande comment j’arrive à tenir enfermé autant de temps au même endroit.

« Même si ces cours t'aideront aussi à te remettre en forme, si je peux faire quoi que ce soit en échange, n'hésite pas à me le demander, d'accord ? »
« Ça marche. »

Je ne suis pas de ceux qui réclament spécialement quelque chose en échange mais je l'admets, les échanges de bons procédés je trouve ça pas mal et je ne m'en cacherai pas. Si effectivement un jour elle est en mesure de me rendre un service, de me dépanner pour quelque chose, je n'hésiterai donc pas à le lui demander. Dans mon monde c'est comme ça que ça fonctionne, quand bien même faire quelque chose « gratuitement » ne me pose également aucun problème.

« Sauf si tu me demande de dégonfler l'égo d'Enzo si jamais il vient jouer les Paons en se vantant de t'avoir mit au tapis. »
« Tu prends parti ? Je note, je note … »

Je plaisante, bien évidemment. Je n’ai pas tellement l’impression que ça soit ce qu’elle fait mais plutôt qu’elle se moque clairement de notre ami commun – sans méchanceté aucune – et puis même si c’était le cas, ils ont l’air d’être relativement proches tous les deux alors ça serait normal et clairement pas le genre de truc contre lequel je m’insurgerais.

« T’inquiète, je ne te demanderai jamais quelque chose d’impossible. »

Sourire en coin, je pense qu’on se comprend très bien.

« Tu préfères commencer quand ? »
« Hum … »
« D'ailleurs... Comment est-ce que tu arrives à occuper ton temps ici ? Les cours que tu donnes en Self-Défense et l'aide que tu fournis à Gabrieli ne doivent pas être toujours suffisant, non ? »
« On a aussi quelques cours, Botanique, HDM, et pas mal de trucs sportifs au grand désespoir de certains – Kyle pour ne pas le citer et oui je balance mais je le vis bien. »

J'écrase un rire clairement amusé en repassant dans ma tête le panel d'expression dont il est capable de faire preuve pour exprimer visuellement sa passion pour les activités sportives. Chacun son truc, le sien est un peu plus calme, chose qui ne convient pas non plus à tout le monde.

« Puis ça m’arrive aussi de squatter parfois les cours d’Ismaelle par curiosité, même si les bestioles ça n'est pas tellement mon truc à première vue. Ce genre de trucs. J’aide Dim dès que je peux, pareil pour la SD, mais autant être honnête, j’ai pas vraiment la fibre scolaire donc j’y vais mais … »

Mais plus parce qu'il faut bien s'occuper. J'ai arrêté l'école il y a de ça probablement une dizaine d'années maintenant, ça n'était pas vraiment dans mes projets d'avenir d'y retourner en vieillissant même si je n'exclue pas l'idée de … peut-être suivre une formation plus tard quand je serais dehors, histoire de baliser un peu mon existence. Je n'en suis pas encore là c'est certain mais j'y pense de temps en temps et puis autant être honnête, apprendre à faire des Potions, à connaître les plantes magiques, etc … Je n'y crois pas. Je ne crois pas que ça puisse réellement sauver mon cul d'Américain si ces pourritures décident que mon heure est venue. Ils ont bien failli m'avoir il y a un peu plus de deux semaines, si je suis encore là c'est certes grâce à la Magie – et à la Prof de Potion qui nous a aidé McEwen et moi – mais parce que j'ai utilisé moi même une Potion ou une plante. S'ils reviennent … J'ai beau être d'un tempérament calme, ne pas être coincé dans un trip revanchard, je ne sais pas comment je réagirais. Ils ont tué une personne qui comptait énormément pour moi, ça compte bien plus que ma propre agression à mes yeux. Indirectement ils ont blessé ma petite sœur même si ça n'est pas physiquement, ils avaient pour but de s'en prendre à Kyle aussi et c'est ce qu'il se serait probablement passé s'il n'avait pas été avec Enzo à ce moment là. La liste est encore longue simplement ceux là sont ceux qui m'affectent le plus, mais ça n'est pas le sujet.

« Le reste du temps … Je traine avec Emily, avec Kyle de temps en temps aussi, je les considère tous les deux comme ma famille. C’est ma p’tite sœur et mon p’tit frère tu vois. Y a les potes, je file un coup de main un peu pour tout et n’importe quoi, au hasard, à qui en a besoin, si je peux. L’autre jour ça nous a pris comme ça, avec Matthew on a décidé de se faire une Salle Commune alors avec l’aide d’Enzo et Ismaelle on a dégoté une salle inutilisé et on l’a aménagé. »

Haussement d'épaules.
Sourire tranquille.

« C’est aléatoire tout ça, un peu au jour le jour. J’te cache pas que parfois l’ennui se pointe et c’est pas tellement quelque chose que j’aime mais comme tout le monde j’imagine. »

Je me dis que malgré leur emploi du temps bien chargé ils doivent tous trouver le temps long ici, à un moment ou un autre, non ?

« Je pense pas faire ma vie ici, je sais pas combien de temps je vais rester là encore à vrai dire. Un jour ou l’autre il faudra bien que je fasse quelque chose de moi, on va dire que pour l’instant je me cherche, même si là je suis un peu en pause. En attendant j'essaie de faire des trucs que j'aime bien, comme m’occuper des p’tits par exemple. Ils me font marrer, d’autant plus quand je les vois découvrir les objets Moldus alors que certains viennent d’un univers purement sorcier. C’est à se tordre de rire. »

Pas de méprise, je ne me moque pas, pas du tout même, mais c'est vrai que c'est hilarant.

« Bref, on s’en fout de ma vie. Commencer quand ? Hum … Samedi ça t’irait ? Peu importe l’heure, même si j’ai une préférence pour la matinée je pense. »
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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Jeu 21 Jan 2016 - 16:38

La discussion s’installe avec une simplicité à laquelle je ne m’attendais pas. En vérité, tout parait simplifié avec Cameron. Je ne sais pas si cela est dû à sa manière d’être, de bouger ou de parler, ou même si c’est tout un ensemble, mais il émane de lui un quelque chose qui me détend et me met naturellement en confiance. J’aurai pu me contenter de lui demander ces cours particuliers mais je laisse la spontanéité faire, engageant la conversation autour de son quotidien, sincèrement curieuse sur la façon dont il gère sa vie ici.
Ce nœud à l’estomac qui s’était formé lorsque je lui ai apporté plus de précision sur mes motivations se dénoue, petit à petit. Avec une pointe de soulagement.

— On a aussi quelques cours, Botanique, HDM, et pas mal de trucs sportifs au grand désespoir de certains – Kyle pour ne pas le citer et oui je balance mais je le vis bien.

Rire amusé de ma part qui se joint au sien alors que je secoue la tête. J’admets avoir du mal à imaginer Kyle, tout chétif dans son short, a essayé de taper dans la balle au Volley par exemple. L’image même est amusante bien qu’adorable.

— Puis ça m’arrive aussi de squatter parfois les cours d’Ismaelle par curiosité, même si les bestioles ça n'est pas tellement mon truc à première vue. Ce genre de trucs. J’aide Dim dès que je peux, pareil pour la SD, mais autant être honnête, j’ai pas vraiment la fibre scolaire donc j’y vais mais …
— Ce n’est pas fait pour tout le monde, c’est vrai.

Je repense notamment au frère d’Ora qui déteste les cours. Pour lui, rester assis sur une chaise à subir ce qu’il appelle un bourrage de crâne est impensable. Une vraie perte de temps. Il préfère être manuel, pouvoir apprendre sur le tas, en agissant plutôt qu’en lisant des tonnes de bouquins à apprendre par cœur. Certains jugent ceux n’ayant fait que très peu d’étude comme des personnes à l’intelligence moyenne. C’est une notion avec laquelle j’ai du mal… Pourquoi, en plus de faire des différences sociales, devrions-nous cataloguer l’intelligence d’une personne suivant son parcours scolaire ? Ça n’a aucun sens et c’est d’une stupidité sans nom.

— Le reste du temps … Je traine avec Emily, avec Kyle de temps en temps aussi, je les considère tous les deux comme ma famille. C’est ma p’tite sœur et mon p’tit frère tu vois. Y a les potes, je file un coup de main un peu pour tout et n’importe quoi, au hasard, à qui en a besoin, si je peux. L’autre jour ça nous a pris comme ça, avec Matthew on a décidé de se faire une Salle Commune alors avec l’aide d’Enzo et Ismaelle on a dégoté une salle inutilisé et on l’a aménagé. C’est aléatoire tout ça, un peu au jour le jour. J’te cache pas que parfois l’ennui se pointe et c’est pas tellement quelque chose que j’aime mais comme tout le monde j’imagine.

Je ne le montre pas mais je suis agréablement surprise. J’ai toujours vu Cameron comme un garçon très réservé, préférant parler des autres plutôt que de lui-même et les dire de Riley ne faisaient qu’aller en ce sens. L’entendre me dire avec un tel naturel et à une personne dont il ne connait rien que Kyle et Emily sont comme une famille pour lui mais aussi me raconter des anecdotes d’un quotidien que je ne connaissais pas jusqu’à maintenant, me touche autant que cela me surprend.
Ravis de voir que cette simplicité lui est venue aussi naturellement qu’avec moi.
Mon sourire s’est élargi lorsqu’il a évoqué Emily. Jeune femme ayant une place particulière chez moi. Je la vois de temps en temps et passe un peu de temps avec elle et il y a quelque chose de spécial. Peut-être dû au vécu. Etrangement, je n’ai aucun mal à les imaginer tous les trois dans leur chambre, passer une soirée autour d’une bière à se charrier. Ils me font instinctivement penser à Macy, William et Maxime…

— Je pense pas faire ma vie ici, je sais pas combien de temps je vais rester là encore à vrai dire. Un jour ou l’autre il faudra bien que je fasse quelque chose de moi, on va dire que pour l’instant je me cherche, même si là je suis un peu en pause. En attendant j'essaie de faire des trucs que j'aime bien, comme m’occuper des p’tits par exemple. Ils me font marrer, d’autant plus quand je les vois découvrir les objets Moldus alors que certains viennent d’un univers purement sorcier. C’est à se tordre de rire.

Il me guide de surprise en surprise sans le vouloir. Lorsque Cameron m’évoque « ces trucs » qu’il aime bien faire, comme s’occuper des plus jeunes, la première pensée que j’ai est pour Shannon. Chose à laquelle je ne m’attendais pas. A voir sa façon d’en parler, ce sourire qui s’affiche naturellement et spontanément, c’est une chose qui lui plait réellement. De là à dire que c’est une passion, je n’en sais rien mais il ne faut pas être aveugle pour percevoir cette petite étincelle dans son regard.
Je partage le rire qu’il lâche en évoquant les jeunes à la découverte des objets moldus non sans manquer de me souvenirs que même chez les plus grands, nous avons des cas bien particulier.

— Bref, on s’en fout de ma vie. Commencer quand ? Hum … Samedi ça t’irait ? Peu importe l’heure, même si j’ai une préférence pour la matinée je pense.
— Tu peux me l’avouer que c’est simplement pour avoir ton après-midi. L’heure de la sieste, c’est important.

Mon sourire s’élargit alors que je le taquine ouvertement, sans manquer de lâcher un rire amusé. Je n’y suis pour rien s’il est ouvert aux blagues et à l’humour ! D’autant plus que ça reste gentillet.
Je recule d’un ou deux pas pour m’appuyer contre une table juste derrière moi avant d’acquiescer.

— Va pour le Samedi matin alors. 9h30 ?

Ce qui me semble raisonnable et je sais que si je commence trop tard, je serais bien moins efficace. Note à moi-même : AUCUNE CUITE avec sa boulette le vendredi soir ! Sous aucun prétexte.
Ou presque. De toute façon, je n’ai plus le droit avec ce badge de préfet collé contre le torse. J’ai une image à tenir et je n’ai pas envie de me faire engueuler par Mlle Stoneheaven, ça serait comme me faire disputer par ma propre mère…

— Avec Emily en tant que sœur, les journées ne doivent pas être tristes. Simple taquinerie, on s’en doutera. C’est un peu avoir le jour et la nuit avec elle et Kyle non ?

Je connais bien moins Kyle mais de ce que j’en sais, ils sont si différents que s’en est surprenant. D’ailleurs, j’aimerais bien un jour lui parler de dessin, pour partager nos connaissances communes, nos astuces et tout un tas d’autre chose que j’apprécierais vraiment d’apprendre.

— Si jamais tu as besoin d’un décorateur d’intérieur pour votre salle, demande à Enzo, il connait quelques noms. Caem Kaliayev et Mateo Vargas pour ne pas le citer et oui, moi aussi je balance et je le vis tout aussi bien.

Si je suis en forme ? On dirait bien.
Caem et Mateo, les deux chefs décorateurs dont on ignore le talent si j’ai bien compris. Et pour avoir vu quelques morceaux restants de la déco, je peux dire qu’ils ont un potentiel énorme en mauvais goût. L’idée me fait sourire, je sais que Mateo ne manque jamais d’idée pour une connerie – quand il est avec Maxime, on n’en parle même pas… - mais Caem m’étonnera toujours de jours en jours. J’aimerai d’ailleurs un jour le prendre la main dans le sac, juste pour voir ça.

Je m’appuie des deux mains sur la table alors que mes yeux glissent de nouveau vers Cameron. Une idée me trotte dans la tête depuis qu’il m’a évoqué ses activités et je ne sais pas si je suis vraiment bien placé pour m’en mêler, mais vu la simplicité avec laquelle nous nous parlons, je me dis qu’il n’est peut-être pas utile de se poser un milliard de questions.

— Tout à l’heure tu me disais que tu aimais bien t’occuper des plus jeunes. Sourire, j’hésite une seconde sur la façon dont je dois mentionner Shannon. Par son prénom ? Belle-mère ? La petite amie de mon père, Shannon, est éducatrice de la protection judiciaire de la jeunesse.

C’est long dit comme ça et même si j’ai eu énormément de mal à digérer sa présence, je suis beaucoup plus prête et enclin à accepter son statut et le fait qu’elle soit désormais… de la famille. Je n’ai pas été objective lors de notre première rencontre et je compte déjà m’excuser lorsque je la verrais. Je n’ai ni été respectueuse, ni injuste… Simplement fermée à toute envie de la connaitre. Disons que la rencontre est tombée au mauvais moment. De toute façon, ça n’est pas la question.

— Pour faire court, je commence à agiter les mains parce que je ne sais pas faire autrement pour m’exprimer. C’est un job où tu interviens auprès des jeunes âgés entre 10 et 18 ans. L’éducateur est saisit par la justice lorsque l’enfant et/ou l’adolescent est mis en danger par sa situation familiale ou par son parcours de vie. Mais Je crois qu’il intervient aussi auprès des mineurs qui rencontrent des problèmes avec la justice, pour les réinsérer à la vie sociale. En gros, pour leur donner une seconde chance de reconstruire leur vie.

C’est Adam qui lui avait demandé plus de précision lors d’un repas en famille et bien que ma fierté me poussait à faire mine de ne pas écouter, j’ai fait exactement l’inverse. C’est-à-dire, boire ses paroles.

— Si j’ai bien compris, l’éducateur participe à tout, de A à Z. C’est-à-dire, à l’enquête. Il va évaluer l’environnement dans lequel vit le mineur, quelles sont ses relations avec sa famille, le degré du danger etc. Ensuite, il trouve les solutions aux problèmes pour lui fournir une condition de vie plus favorable et il l’accompagne dans ses projets de vie, s’intéresse à sa scolarité, l’aide à prendre des décisions, à voir ce qui est le mieux pour lui. J’oublie sûrement certains détails mais en gros il l’aide à se reconstruire.

Et si je parle de ça à Cameron c’est simplement pour lui partager l’expérience de Shannon en vue de ce qu’il me disait mais peut-être aussi parce que je le vois parfaitement dans ce rôle. Je n’essaie pas d’influencer ses choix, ni quoi que ce soit d’autre, mais je pensais qu’il pourrait être intéressant de lui en parler. Après tout, pourquoi pas ?

— Désolée, je me suis étalé. Je lui offre un sourire d’excuse avant de reprendre. Mais si tu veux, je peux lui demander plus d’informations. Les diplômes à avoir, les compétences requises et tout le reste. Ou si un autre métier s’en rapproche.

Après tout, peut-être que l’échange des bons procédés réside ici, tout simplement.
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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Jeu 28 Jan 2016 - 18:50

« Tu peux me l’avouer que c’est simplement pour avoir ton après-midi. L’heure de la sieste, c’est important. »
« Arf. Grillé. »

C’est faux mais j’ai bien noté le ton de l’humour donc je me laisse-moi aussi glisser sur cette pente sans trop y réfléchir. Je n’ai jamais été un gros dormeur, que ce soit la nuit ou le jour, mais tout ça n’a pas la moindre espèce d’importance.

« Va pour le Samedi matin alors. 9h30 ? »
« Parfait. »

Ça ne me poserait pas de problème de commencer plus tôt mais sans parler de faire la grasse matinée, pour certain le samedi matin c’est un peu sacré et avec l’emploi du temps qu’ils se payent, ça ne me vient pas à l’esprit de la faire se lever plus tôt. Megan était dans sa classe, il me semble, son emploi du temps je le connaissais sinon par cœur au moins relativement bien. Ici les élèves ne chôment pas, j’ai l’impression qu’ils chôment encore moins depuis que nos gentils hôtes ne sont plus là. Bref. C’est elle qui propose, ça me va très bien comme ça, inutile de tergiverser pendant des heures.

« Avec Emily en tant que sœur, les journées ne doivent pas être tristes. »
« Ça c’est sûr, oui. »
« C’est un peu avoir le jour et la nuit avec elle et Kyle non ? »

Emily et Kyle, le jour et la nuit ?
Si peu …

« C’est le moins que l’on puisse dire effectivement mais ne te laisse pas avoir par son côté Innocent 1er du nom, il cache bien son jeu. D’autant plus qu’à force de côtoyer un certain Australien … ça déteint sur lui. »

Il reste fidèle à lui-même mais j’ai pu constater l’évolution sans trop de mal. Je connais Kyle depuis ce qui peut se compter en années maintenant, on se côtoie tous les jours et même s’il est très discret voir mystérieux sur ce qu’il vit et ressent, il y a des choses qui n’échappent pas à mon regard de grand-frère.

« Mais globalement oui, c’est sûr, avec Emily ça bouge en non-stop et avec Kyle c’est plutôt le calme et le silence. Ils sont complémentaires tous les deux finalement. »
« Si jamais tu as besoin d’un décorateur d’intérieur pour votre salle, demande à Enzo, il connait quelques noms. Caem Kaliayev et Mateo Vargas pour ne pas le citer et oui, moi aussi je balance et je le vis tout aussi bien. »
« T’en fais pas, il a déjà proposé de mettre un portrait de lui sur tout un pan de mur. »

Rien d’étonnant venant de sa part, soit dit en passant.

« Mais j’ai vu l’état de sa chambre … Ils ont géré. Je prends note. Ceci dit avec Matthew qui est super emballé par ce projet, je doute qu’on ait besoin d’aide extérieure. Et puis sans vouloir offenser qui que ce soit … Je crois qu’on a besoin d’accomplir ça pour et par nous-même. »

Bon, certes, Ismaelle et le p’tit Ryans nous ont filé un coup de main sur le moment mais uniquement pour trouver le lieu, y apporter quelques meubles et rendre l’espace vivable. Pour le reste je pense qu’effectivement on va se débrouiller entre nous, ce qui est déjà le cas, même si ça peut paraitre sectaire. C’est notre endroit, comme une sorte de refuge qui bien sur accueillera avec plaisir les proches et amis de chacun mais … ça restera notre endroit je pense. Je crois qu'au fond de moi j'y tiens, en tout cas.

« Tout à l’heure tu me disais que tu aimais bien t’occuper des plus jeunes. »
« Hum. »
« La petite amie de mon père, Shannon, est éducatrice de la protection judiciaire de la jeunesse. »

Changement de sujet de conversation, de nos projets de déco et aménagement entre Moldus on passe à quelque chose de totalement différent et qui m'interpelle. Un sourcil arqué je la regarde, attentif et attentiste, les bras à présent croisés sur le torse et affichant un air que je devine intrigué. Je ne suis pas certain de comprendre où elle veut en venir mais sa gestuelle, sa posture, m'apprennent qu'elle s'apprête – je pense – à développer alors j'écoute ce qu'elle a de plus à me dire.

« Pour faire court, c’est un job où tu interviens auprès des jeunes âgés entre 10 et 18 ans. L’éducateur est saisit par la justice lorsque l’enfant et/ou l’adolescent est mis en danger par sa situation familiale ou par son parcours de vie. Mais Je crois qu’il intervient aussi auprès des mineurs qui rencontrent des problèmes avec la justice, pour les réinsérer à la vie sociale. En gros, pour leur donner une seconde chance de reconstruire leur vie. Si j’ai bien compris, l’éducateur participe à tout, de A à Z. C’est-à-dire, à l’enquête. Il va évaluer l’environnement dans lequel vit le mineur, quelles sont ses relations avec sa famille, le degré du danger etc. Ensuite, il trouve les solutions aux problèmes pour lui fournir une condition de vie plus favorable et il l’accompagne dans ses projets de vie, s’intéresse à sa scolarité, l’aide à prendre des décisions, à voir ce qui est le mieux pour lui. J’oublie sûrement certains détails mais en gros il l’aide à se reconstruire. »

Je reste là, silencieux, immobile, avec cette impression de m'être pris une belle claque dans la gueule. Ça ne fait pas mal, non, pas du tout, ça rend juste un peu … groggy ? Disons ailleurs, là bas, dans le passé. Mon passé. Un passé que je n'ai pas oublié même si certains détails restent flous, comme les contours du visage de ma mère, ceux de mon père aussi. C'est juste ...

« Désolée, je me suis étalé. »
« Non, non. Pas de soucis. »
« Mais si tu veux, je peux lui demander plus d’informations. Les diplômes à avoir, les compétences requises et tout le reste. Ou si un autre métier s’en rapproche. »

… complètement ironique. C'est sans doute pour ça qu'un sourire étire le coin de mes lèvres alors que je me perds un peu dans ce retour en arrière qu'elle « m'impose » sans probablement s'en douter une seule seconde. Qu'est ce qu'il se serait passé si quelqu'un comme sa belle-mère avait débarqué dans mon quotidien quand j'étais gosse ? Comment serait ma vie à présent ? Totalement différente ? Les éducateurs, quels qu'ils soient, ne viennent pas vous chercher dans les quartiers où j'ai grandi, pas aux USA en tout cas et ça n'est en rien un reproche puisque même si mon démarrage dans la vie a été relativement bordélique, même s'il a laissé des traces, même si ma façon de grandir en choquerait surement plus d'un, je ne regrette rien et je n'aurai pas voulu qu'il en soit autrement. Petit j'ai surement rêvé d'une belle maison, d'une famille unie, j'ai surement rêvé que ma mère allait revenir me chercher et j'ai sans doute parfois pas vraiment enregistré que mon père lui ne reviendrait plus jamais mais tout ça, tout ce qu'il s'est passé, tout ce qu'on a vécu avec Sullivan, avec les autres, a fait de moi celui que je suis aujourd'hui. Je n'échangerai rien de tout ça pour rien au monde, la vie de Monsieur Tout-Le-Monde ne m'a jamais fait rêver.

Je ne me suis jamais fait choper, chose qui tient sans doute plus du miracle que de ma vivacité d'esprit même si celle-ci n'y ait pas pour rien, mais des problèmes avec la justice j'aurai pu en avoir un paquet et très probablement finir en taule pour … sans doute le restant de mes jours. Les règles que je suivais n'ont jamais été celle du citoyen lamba, dans la rue, dans ce genre de vie, on a notre propre code et on s'y tient, comme si on vivait en parallèle du reste du monde. Je ne dis pas que c'est bien, je ne dis pas non plus que c'est mal, c'est simplement comme ça. Si j'avais fini au poste, à l'époque où j'étais mineur, j'aurai probablement été placé d'une manière ou d'une autre puisque je n'avais pas de tuteur légal. Sullivan ne m'a jamais déclaré en tant que tel, ma mère a disparu et notre mère était mort. En tant que fils de flic – ça aussi clairement c'est ironique – j'aurai surement eu le droit à un traitement un peu particulier j'imagine mais ma vie avec les gars, ce que la rue m'a appris, ce que mon frère m'a appris, c'est tout ce qui compte pour moi. Est ce que je souhaiterai cette vie à mes propres enfants ? A n'importe quel enfant ? Non, pas pour autant. On ne peut décemment pas encourager un gosse à vivre en risquant sa peau tous les jours, et ça n'est pas parce que je me suis endurcit avec les années que ça n'a pas été difficile au début. Des claques j'en ai pris, ça prend du temps de se faire sa place, ça prend des coups. Ça n'est pas un monde tendre, loin de là.

« C’est un aspect que je n’avais jamais envisagé, à vrai dire. »

Retour sur terre, retour dans le présent surtout. Je laisse échapper un soupir, décroise mes bras qui retombent le long de mon corps jusqu'à ce que mes mains retrouvent mes poches et lui adresse un sourire tranquille.

« Je pense qu’avant d’aider les autres à se réinsérer ou simplement s’insérer tout court, il faudra que je le fasse déjà avec moi-même. Mais même si j’avoue vraiment apprécier le contact des plus jeunes encore, c’est probablement quelque chose qui pourrait me plaire. Je regrette rien de ma vie, c’est pas dans ma nature, mais je pense que je peux plus ou moins facilement me mettre à la place des gosses qui pourraient être concernés. »

J'ai toujours pensé que je passerai toute ma vie a San Francisco, dans les murs de Mission D., tout en sachant que l'espérance de vie là-bas n'est pas des plus élevés mais ça ne me posait pas de problème. En arrivant ici je me suis révolté, puis je me suis laissé porter. Jamais je ne me suis projeté dans l'avenir, j'ai juste accepté le changement de quotidien au fur et à mesure mais je me dis qu'aujourd'hui, même si je garde en tête que tout peut s'arrêter brusquement, je me dis qu'effectivement, il est peut-être temps de penser à voir plus loin. J'ai 23 ans, l'impression d'avoir déjà vécu plusieurs vies, mais s'arrêter si tôt et se contenter de ce qu'on a sur l'instant T ? Je pense que pour la première fois de ma vie j'entraperçois autre chose, d'autres possibilités. J'ai toujours eu besoin d'une raison pour me lever le matin, ces derniers temps ont été difficiles, peut-être que j'ai besoin de ça pour réellement rebondir à nouveau. Je sais qu'il y a quelques paires d'yeux qui me regardent de là-haut, supposément, peu importe où ils se trouvent dans le fond, tout ce que je sais c'est qu'ils sont là, qu'ils le seront toujours, et qu'ils ne veulent probablement pas me voir croupir ici toute ma vie sans rien en faire. Je ne fais pas rien, je n'ai pas l'impression de croupir, mais peut-être que la pause dans le temps a assez duré.

« C’est … Oui, je pense que ça pourrait effectivement m’intéresser d’en savoir un peu plus, c’est très gentil de ta part, merci. »

D’ailleurs maintenant que j’y pense …

« C’est côté magique ou pas ? Pour ta belle-mère je veux dire. En fait je ne sais pas du tout comment vous gérer les choses de ce point de vue là en tant que Sorciers, j’avoue que ça m’intrigue un peu. »
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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Jeu 4 Fév 2016 - 15:10

Lui parler de ça m’est venu naturellement, presque instinctivement. Deux mois en arrière et je n’aurai sûrement pas voulu évoquer l’existence de Shannon ou ne l’aurait pas fait sans un goût amer au fond de la gorge. J’avais simplement besoin de temps pour y voir plus clair, faire le tri avec toutes ces choses qui n’allaient pas aussi bien que je ne voulais le croire. Combien de temps passé à me voiler la face ? Trop, des mois, voire des années à me dire que ça ira et que moi aussi je réussirais à digérer tout ça.
Les choses s’améliorent face à mon obstination de faire en sorte que tout aille mieux et le fait que Cameron accepte de me donner des cours particuliers m’aide considérablement à croire que je suis sur la bonne pente. Même dans son absence, Marcus me terrifie encore. Lui et ses gestes, sans oublier ses mots et sa pression. Ce sentiment d’insécurité maladif est un poids que je ne veux pas supporter plus longtemps. Se défaire de cette sensation d’être sale prend tout autant de temps que d’accepter le fait que je n’y étais pour rien dans tout ça…

Discuter avec Cameron d’un métier qui pourrait lui plaire apporte une certaine légèreté autour de nous et je m’étonne encore d’avoir un feeling aussi simple avec lui. C’est un homme bien, gentil et attentionné mais qui m’apporte aussi une sérénité toute neuve ne serait-ce que par la parole. C’est apaisant.

— C’est un aspect que je n’avais jamais envisagé, à vrai dire.
— Ah ? Je suis étonnée, je t’avoue que c’est un plan de carrière qui t’irait plutôt bien.

J’affiche un sourire, toujours dans la même position. Je ne dis pas qu’un métier se juge au physique ou à la façon d’être mais il est vrai que Cameron semble avoir une certaine fibre avec les plus jeunes. Je l’ai vu à l’œuvre au moins pour les cours de Self-Défense mais aussi lors d’un cours avec Dimitri, que j’avais entrevue rapidement. Et puis, ça n’est pas forcément explicable par les actions qu’il fait mais aussi par son attitude et les choses qu’il dégage.

— Je pense qu’avant d’aider les autres à se réinsérer ou simplement s’insérer tout court, il faudra que je le fasse déjà avec moi-même. Mais même si j’avoue vraiment apprécier le contact des plus jeunes encore, c’est probablement quelque chose qui pourrait me plaire. Je regrette rien de ma vie, c’est pas dans ma nature, mais je pense que je peux plus ou moins facilement me mettre à la place des gosses qui pourraient être concernés.

Je suis surprise et intriguée par ce qu’il vient de dire et c’est une ribambelle de question qui prend la suite. Est-ce qu’il a vécu des choses qui méritaient l’intervention de personne comme Shannon ? Violence ? Mauvaise éducation ? Abandon ? Je n’ose pas formuler tout ça, de peur d’entrer dans un terrain miné et surtout, trop intime. Lui-même s’est abstenu de me demander plus de détails tout à l’heure lorsque je lui ai évoqué mon angoisse de me retrouver seule dans les couloirs le soir… Mais j’admets qu’il pique ma curiosité et fait naitre un quelque chose de fascinant sans vraiment le vouloir.

— Raison de plus alors. Je ne suis pas dans le métier mais je pense qu’ils ont besoin de personne comme toi.

Pour les comprendre. Les aider. Le métier de Shannon est quelque chose d’honorable que j’admire particulièrement même si j’ai mis du temps à l’admettre.
Je ne connais pas Cameron, je ne sais rien de lui si ce n’est ce qu’il laisse entrevoir dans son quotidien mais encore une fois, c’est un quelque chose qui se sent, qui se palpe. L’imaginer en éducateur n’a rien de compliqué et serait presque naturel. Et plus je l’imagine, plus je me pose des questions sur ma propre orientation. Qu’est-ce que je veux faire après mes études ? Je n’en sais encore trop rien, énormément d’idées m’ont traversées l’esprit mais je crois que ma vie ressemble encore un peu trop à une hécatombe pour réussir à me décider sur quoi que ce soit. Ca rejoint à peu de chose près ce que disait Cameron : « Je pense qu’avant d’aider les autres à se réinsérer ou simplement s’insérer tout court, il faudra que je le fasse déjà avec moi-même. ».

— C’est … Oui, je pense que ça pourrait effectivement m’intéresser d’en savoir un peu plus, c’est très gentil de ta part, merci.
— Il n’y a pas de quoi. Tu n’as qu’à considérer ça comme un échange de bon procédé.

Nouveau sourire de ma part. Si je peux l’aider autant que lui va le faire, alors tant mieux. Je sais que Shannon serait ravie de me donner toutes les informations dont j’ai besoin mais aussi de voir qu’en quelque sorte, je fais un pas vers elle. Les choses se feront en douceur, avec du temps, mais je me dis que je réussirais à créer un lien avec elle, à réussir à discuter autour d’un thé de ma scolarité ou de son travail sans avoir l’amertume qui me ferait la détester inconsciemment. J’envierais presque Adam de vivre tout ça aussi bien.

— C’est côté magique ou pas ? Pour ta belle-mère je veux dire. En fait je ne sais pas du tout comment vous gérer les choses de ce point de vue là en tant que Sorciers, j’avoue que ça m’intrigue un peu.

Le terme « belle-mère » me crispe le ventre et me donne une drôle de sensation. Le plus troublant est peut-être de ne pas savoir si c’est une impression agréable ou non… Je n’arriverais pas à dire si je la considère comme ma belle-mère même si techniquement, c’est le cas. Je ne l’ai pas vu assez souvent, ni suffisamment parler pour réussir à assimiler cette idée. C’est stupide, je sais mais je ne désespère pas pour changer d’avis avec le temps.
Je prends le temps de réfléchir un instant, croisant légèrement mes bras sur ma poitrine. J’essaie de me remémorer le plus précisément possible ce qui a été dit avant de lui répondre.

— Shannon est du milieu non-magique justement. Je ne veux pas te dire de bêtises mais il me semble que la différence se trouve uniquement au niveau de la « justice ». Nous n’en avons pas parlé en réalité, Elle n'a su que très récemment que ma mère et moi étions sorcières.

J’affiche un sourire avant de décroiser les bras, m’appuyant de nouveau légèrement sur mes mains.

— Mais quand on y réfléchit bien, je pense qu’il n’y a pas de grosse différence… La magie ne se réveille qu’à nos 10-11 ans, il suffit que l’enfant soit en danger avant ça et que ses parents soient des non-magiciens et il sera pris en charge par la justice moldu.

La question mérite réflexion et maintenant qu’il a soulevé le sujet, je suis moi-même intriguée. Il y a des choses qui paraissent logique, d’autres beaucoup moins. Comme la médecine. Pourquoi ne pas mettre en commun nos connaissances pour de meilleur soin ? C’est une question qui me travaille régulièrement et que je trouve parfois frustrante.

— En fait, je me demande même s’il n’existe pas un service commun. Ca simplifierait les choses et ça permettrait une meilleure organisation. Magie ou non, un enfant reste un enfant donc je pense qu’ils peuvent être aussi bien pris en charge par un sorcier que par un non-sorcier. Les instituts doivent rester les mêmes, tout comme les lois.

Même si beaucoup d’entre elles diffèrent d’un monde à l’autre.

— Je lui demanderais de se renseigner, elle saura mieux te répondre que moi. Je vais essayer de lui envoyer un courrier tout à l’heure, dès que j’ai une réponse je viendrais te voir. J’hausse les épaules avant de poursuivre. Après selon ce qu’elle me dira, je pense que tu pourras correspondre directement avec elle si l’envie t’en dit. On verra tout ça sur le moment venu.

Chaque chose en son temps, je verrais déjà ce que me répondra Shannon et la suite je les laisserais gérer ensemble si besoin, je ne pense pas que ça posera un quelconque problème de son côté.
Cette discussion m’emmène un peu loin de cette ambiance oppressante qui règne quotidiennement au château, pour quelque chose de plus léger, de plus terre à terre qui occupe une bonne partie de notre esprit à tous les deux. C’est apaisant et je dirais même que c’est nécessaire.
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MessageSujet: Re: Cause I want to feel it - Cameron   Mar 9 Fév 2016 - 18:29

« Shannon est du milieu non-magique justement. Je ne veux pas te dire de bêtises mais il me semble que la différence se trouve uniquement au niveau de la « justice ». Nous n’en avons pas parlé en réalité, Elle n'a su que très récemment que ma mère et moi étions sorcières. »

Côté Magique. Côté Non-Magique. Oui, pour moi, cette barrière existera toujours même si la plus part des gens que je côtoie aujourd'hui se trouvent être des Sorciers. Je me suis adapté à l'Humain, pas au Sorcier, et je ne vois pas en eux des personnes différentes de moi. C'est le monde en lui même vis-à-vis duquel je garderai toujours une distance, comme un mur entre les deux. La Magie n'est pas mon monde, je ne veux pas qu'elle le devienne et je n'arrive pas à voir mon quotidien de ce côté là de la barrière. Ici je nage en plein dedans et j'ai su m'y faire mais une fois en dehors de ces murs je ne tiens pas à rester dans ce type d'environnement, c'est comme ça, je ne crois pas changer d'avis un jour. Ça ne veut pas dire que je tirerais un trait sur les autres, bien sur que non, ni que j'oublierai tout ce que j'ai vécu ici, mais sans savoir où je veux aller, je sais en tout cas où je ne veux pas aller. Alors ça m'arrange, clairement, que sa belle-mère travaille côté Non-Magique, on ne va pas se mentir. Une autre chose ne m'échappe pas, bien que je ne poserai pas de question à ce sujet, c'est le fait qu'elle ne parle que d'elle et de sa mère en tant que Sorcières. Est ce que ça veut dire que le reste de la famille ne l'est pas ? Est ce que sa belle-mère l'est ? Je me demande toujours comment se passent les choses quand un Sorcier nait dans une famille de Moldu, j'imagine à quel point la surprise doit être de taille quand tu découvres que ton enfant à des pouvoirs magiques. Comment je réagirais, moi, d'ailleurs ? C'est une bonne question. J'ai connaissance du monde de la Magie mais sincèrement, si j'avais à choisir, j'aimerai autant que mes hypothétiques futurs enfants n'appartiennent pas à ce monde non plus. Si c'est le cas je ne les aimerai pas moins pour autant, évidemment, mais quand je vois ce qu'a vécu Emily à cause d'une différence, ou même Riley à moindre mesure qui a vu ses parents se séparer parce que la Magie était une barrière entre eux, entre autres surement, ça ne me tente pas. Je ne m'étais pas projeté jusque là avec Megan, je ne m'étais pas projeté du tout à vrai dire, mais je sais malgré tout qu'il y a toujours un juste milieu, que chacun peut s'adapter. Enfin peu importe, ça n'est de toute façon pas le sujet.

« Mais quand on y réfléchit bien, je pense qu’il n’y a pas de grosse différence… La magie ne se réveille qu’à nos 10-11 ans, il suffit que l’enfant soit en danger avant ça et que ses parents soient des non-magiciens et il sera pris en charge par la justice moldu. »

Certes. En soit ça n'est pas la Magie elle même qui me pose problème, bien sur que je n'hésiterai pas à prendre un charge un enfant dont les parents sont Sorciers, un enfant Sorcier lui même, etc … mais j'aimerai autant ne pas travailler, avoir un pied, dans le monde Magique qui exclue totalement les Moldus ou presque. J'en sais rien, d'une j'en ai pas envie et de deux je ne m'y sentirai jamais vraiment à ma place. Pour moi ça n'est pas naturel, c'est tout, c'est comme ça. Peut-être que je suis sectaire, peut-être que quelque part c'est dénigrant pour le monde Magique mais ça n'est pas comme ça que je vois les choses. Je ne leur reproche rien, ça n'est en rien la faute du monde Sorcier si des extrémistes ont décidé de faire leur loi, simplement je n'ai pas envie d'en faire partie. Ça n'est pas mon monde, ça ne le sera jamais.

« En fait, je me demande même s’il n’existe pas un service commun. Ca simplifierait les choses et ça permettrait une meilleure organisation. Magie ou non, un enfant reste un enfant donc je pense qu’ils peuvent être aussi bien pris en charge par un sorcier que par un non-sorcier. Les instituts doivent rester les mêmes, tout comme les lois. »

Je l'admets, sur ce coup là j'avance à l'aveugle car je n'ai jamais réellement pris la peine d'en apprendre plus sur ce monde. Sur certains points, par rapport à mes connaissances, mais je n'ai jamais cherché à creuser plus loin. Bien ? Mal ? C'est simplement comme ça. Cependant elle a raison, un enfant reste un enfant et peu importe qu'il soit Sorcier ou non, il a le droit d'être aidé, c'est même un devoir que de le faire. En tant qu'adulte n'importe qui ou presque peu se défendre, trouver les moyens de le faire, un enfant n'a pas cette possibilité lui et c'est en ça que le rôle des personnes telle que sa belle-mère est primordiale. L'idée de faire partie de ces gens là me paraît de moins en moins abstraite à mesure que cette conversation se déroule. Je ne m'avancerai pas à dire que je viens de trouver ma voie, simplement que ça résonne presque comme une évidence, là, en l'état.

« Je lui demanderais de se renseigner, elle saura mieux te répondre que moi. Je vais essayer de lui envoyer un courrier tout à l’heure, dès que j’ai une réponse je viendrais te voir. Après selon ce qu’elle me dira, je pense que tu pourras correspondre directement avec elle si l’envie t’en dit. On verra tout ça sur le moment venu. »
« Ok ça marche, on fait comme ça. »

C'est avec un sourire que je me redresse et roule un peu les épaules sans même m'en rendre compte, tout simplement parce les effets de l'effort commencent à retomber, que je ne me suis pas étiré et que mon corps me fait comprendre que rester statique comme ça est une mauvaise idée.

« Et puis effectivement c'est peut-être plus pratique que je vois ça directement avec elle, ça t'évitera de jouer au hibou en plus de ça. »



« Vraiment, cette école devrait penser à revoir son point de vue en ce qui concerne la technologie, ça serait quand même nettement plus pratique pour communiquer. »

J'écrase un rire en secouant la tête, les yeux baissés un instant avant de relever le menton et de capter le regard de la jeune femme face à moi.

« En tout cas merci Kezabel, c'est vraiment gentil de ta part. »

Je ne suis pas des plus loquaces, je crois que ma façon de réagir et mes mots ne traduisent pas exactement ce que je ressens en cet instant, que mes ressentis sont bien plus … expressifs ou en tout cas plus fort que ce que j'exprime physiquement ou verbalement mais on ne se refait pas. J'espère simplement ne pas exprimer un manque d'intérêt ou d'enthousiasme parce que ça n'est pas ce que je ressens, pas du tout.

« J'suis désolé mais faut vraiment que j'aille prendre ma douche là, ça craint. »

Nouveau rire bref, je la contourne et attrape mes affaires avant de lui adresser un dernier signe de la main.

« A plus tard. »

▬ FIN ▬
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