AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Back to the future [PV Phaedre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 418
Date d'inscription : 02/12/2012
Crédits : Lili
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/ Julian A. Neil /Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1807-keith-micheil-mcewen
MessageSujet: Back to the future [PV Phaedre]   Mer 11 Nov 2015 - 17:05

~Mercredi 4 mars – Matinée ~

Et maintenant ? Qu’allait-il se passer ? Assis dans son habituel fauteuil de bibliothécaire, Keith était distrait ce matin là. Devant lui, un manuel sur la poésie du 16ème siècle était ouvert mais cela faisait un bon moment déjà qu’il n’était plus concentré sur ce qui y était écrit. Au début, il s’était contenté de lever le nez régulièrement, justifiant cela par le fait que certains élèves devaient être surveillés de près. Pourtant cette excuse n’était que peu valable. Depuis les derniers événements, l’ambiance au Château était plutôt calme. Les élèves n’avaient pas nécessairement envie de se faire remarquer. En temps normal cela l’aurait arrangé mais là ça ne faisait que souligner le fait qu’il était passablement incapable de rester concentré trop longtemps. Au bout d’un moment il avait même soulevé légèrement son pull pour apercevoir les restes de sa blessure. Une très fine marque qui finirait par s’effacer définitivement d’ici peu. Parfois il avait des flashs. Il se revoyait, étendu sur le sol avec Cassidy à ses côtés. En parlant de ce gosse, ils ne s’étaient pas vraiment recroisés depuis. Et pourtant… Keith était persuadé qu’une entrevue entre eux serait très intéressante. Parce que ce jour-là ils avaient compris qu’ils ne pouvaient plus rester dans cette haine primaire qu’ils entretenaient depuis qu’ils se connaissaient. Tout avait changé. Et puis Gwen… Le bibliothécaire ne pouvait défaire son visage de son esprit. C’était la deuxième fois. En si peu de temps c’était la deuxième fois que cette femme lui sauvait la vie. Il l’avait revue le jour de son anniversaire. Elle ne semblait d’ailleurs pas spécialement ravie de la surprise qu’on lui avait préparée. Keith eut un sourire intérieur. Lui ça l’avait beaucoup amusé mais en même temps, il fallait bien avouer qu’il n’avait pas vraiment le même sens de l’humour que la plupart de ses confrères.  Puis le calme était revenu. Et étrangement, Keith avait du mal à s’y faire. Ils avaient failli le tuer, il avait cru pendant quelques instants qu’il allait enfin la rejoindre. Et puis non, il était revenu. On lui avait refusé l’éternité pour le renvoyer, une fois de plus, affronter ses semblables. Pourquoi ?

Keith fut tiré de sa rêverie par un élève qui venait le voir pour emprunter un livre. Le bibliothécaire fit les démarches sans un mot puis, lorsque le gosse fut parti il poussa un long soupir. Cela ne servait plus à rien qu’il fasse semblant de se concentrer sur ce satané bouquin, il en était juste incapable. L’homme finit donc par se lever et alla rempli sa tasse de café. Cela lui ferait sans doute du bien. Quand il revint à sa place sa collègue lui jeta un regard mauvais. Un jour il allait l’étriper cette vieille truie mais le moment n’était pas encore venu. Il se contenta donc de l’ignorer et ce mit à boire son café. L’image de ses parents apparut alors devant ses yeux. Il aurait pu mourir sans qu’ils ne le sachent vraiment… Ils ne méritaient pas ça, ce long silence, cette presque disparition. Étaient-ils au courant que leur belle-fille était décédée ? Keith sortit alors un parchemin et une plume. Il devait leur écrire. Sans leur parler vraiment de lui. Mais il se devait de donner signe de vie. Il se plongea alors dans une intense réflexion. Comment tourner les phrases ? Comment leur écrire ? Comment justifier des mois de silence ? Ce n’était pas une tâche facile mais il avait déjà bien assez pris la fuite. Il pouvait au moins avoir un peu de courage pour une fois. Rien qu’un peu, cela ne pouvait que lui faire du bien de se bousculer et de ne plus rester dans sa zone de confort d’ours mal léché. Keith finit  par approcher la plume du parchemin pour enfin coucher les premiers mot sur papier. Il y eut alors un bruit sourd, celui d’un choc contre un mur. Puis une voix se fit entendre. Une voix encore bien jeune et portant profondément mauvaise.

« Tu n’as toujours pas compris qu’on voulait pas de toi ? »

Keith releva alors vivement la tête. A cet instant, il distingua quelqu’un qui avait eu exactement le même réflexe. Leurs yeux se croisèrent et l’homme eu une sorte de flash. Comment avait-il fait pour ne pas faire le lien pendant tous ces mois. Cette femme qui était désormais enseignante il la connaissait. Melle Hunt. Phaedre. Ils étaient à Poudlard en même temps, n’avaient jamais été les meilleurs amis du monde mais… Une fois. Il avait suffit d’une fois. Keith était venu l’aider, fatigué de voir toujours les mêmes abrutis s’en prendre à elle, utiliser les mêmes mots acerbes et violent. Le bibliothécaire se leva alors lentement. Il alla vers la porte et l’ouvrit. Loin dans le couloir une jeune fille semblait avoir des ennuis. Ses yeux se posèrent alors sur Ethan. Il connaissait bien ce gosse discret et horriblement timide. Mais cette fois il semblait bien décidé à agir. Le bibliothécaire referma alors la porte sans rien dire mais ne retourna pas à son bureau. Ses pas le menèrent jusqu’à Phaedre. Il s’assit en face d’elle. D’abord silencieux, il prit le temps de l’observer, de la détailler. Maintenant qu’il avait fait la connexion il n’avait pas de mal à revoir en elle la jeune femme qu’elle était à l’époque. Elle avait vieilli, comme lui, c’était indéniable, ils n’étaient plus vraiment des jeunes premiers. Mais elle avait toujours quelque de chose particulier en elle, quelque chose qui la différenciait de tous les autres. Lui n’avait jamais jugé ça négativement mais il fut un temps où il était bien le seul. Les choses semblaient avoir bien changé depuis.


« Bonjour Phaedre, comment vas-tu ? »


Keith avait parlé d’une voix calme, contrastant largement avec le ton qu’il avait coutume d’employer avec les élèves. Mais là c’était différent. Se retrouver face à elle lui rappelait une autre époque. Une époque où il était bien différent.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 363
Date d'inscription : 02/06/2013
Crédits : Cranberry
Double Compte : Katherine Calderòn Llanos & Maxime A. Jefferson



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2104-qui-s-y-frotte-s-y-pique-phaed
MessageSujet: Re: Back to the future [PV Phaedre]   Dim 13 Déc 2015 - 21:48

KEITH & PHÆDRE
MERCREDI 4 MARS — MATINÉE
BIBLIOTHÈQUE

Des lignes et des lignes de symboles runiques se développent sous ses yeux. Un alphabet qui lui a fallu apprendre à déchiffrer avec un certain plaisir malgré les difficultés. Aujourd’hui Phædre, comme beaucoup d’autres jours dans sa vie se trouve à la bibliothèque. Endroit calme et reposant, au savoir imposant. Ce qui la mène ici est ce qui l’y a toujours amenée depuis son enfance : le besoin d’apprendre conjugué à celui d’être seule. Il lui faut lire et se concentrer sur sa discipline enseignée, comme toujours, pour se sentir à l’aise. En l’occurrence, son esprit semble peu décidé à absorber le savoir lié aux runes, mais s’enquiert plutôt de réfléchir à la dynamique sociale qui se tisse soudainement autour d’elle. Professeur plutôt effacée et retranchée dans sa tour pour diverses raisons, fourrée à la bibliothèque ou dans sa salle de cours, il lui semble ces derniers jours que les rencontres et les liens se succèdent, se densifient. Son réseau quasi-inexistant jusqu’alors se met à grossir et à ressembler à quelque chose. Est-ce qu’elle y voit un inconvénient ? Certainement. Côtoyer plus de monde revient à s’exposer à leurs émissions. Phædre passe son temps à ressentir la peur et l’anxiété des autres, incapable de faire barrage à ces différentes ondes, et ce depuis l’attaque des supérieurs.

A côté de ça, il a fallu s’investir dans la protection du château. Plus encore, la présence de James dans son quotidien la trouble. La brune soulève son regard du bouquin à cette pensée et pose sa main sur son poing fermé, pensive. Bien qu’ils se soient jurés de dire la vérité en toute circonstances et que le gardien soit absolument transparent sur ses intentions, Phædre n’en reste pas moins perplexe. Elle ne comprend pas. Comment agir, réagir ? Ses notions des conventions sociales ne vont pas jusqu’à fouler ce terrain. Elle est consciente, même plus que lucide de ce qui est actuellement en train de se passer. Elle est incapable de se dire aveugle, qui pourrait la croire elle, femme au troisième œil, de ne rien voir ? Impossible. Elle ne peut même pas se mentir à elle-même et ignorer l’attraction qu’ils exercent l’un sur l’autre. Dans les règles d’un art antique, certes, mais là quand même. Il a été là à un moment où elle était fragile, à genoux et au chevet de son frère, s’inquiétant de son état à elle alors qu’il avait été blessé. Même la plus terrible des femmes n’aurait pu rester insensible à ses attentions. Pourquoi aurait-elle d’ailleurs résisté à l’attention d’un homme charmant et véritable, qui lui voulait pour une fois du bien et qui, d’ailleurs, semblait passer au-delà de la dimension charnelle d’un tel échange… Il lui disait la vérité, elle ne se sentait pas dupée, alors pourquoi quelque chose en elle semblait lui dire tout doucement de faire attention ? Un soupire s’échappe d’entre ses lèvres alors que ses yeux retombent sur les symboles du livre posé devant elle.

Il lui semble, croit-elle, entendre à ce moment une phrase particulière venir du couloir. Une phrase qui semble faire ressurgir du passé quelques images particulièrement douloureuse. Un pincement au cœur, la brune relève les yeux et croise ceux d’un homme. Du bibliothécaire pour être précise. Ces yeux qu’elle a déjà croisé plus jeune, qu’elle a même remercié, le regard planté sur ses pieds, les bras enroulés autour d’un livre plus gros que son thorax. Combien de fois a-t-elle déjà entendu ces mots pleins de méchancetés résonner à son intention.

Ses yeux restent donc posés sur l’homme qui se lève et qui se dirige vers la zone de conflit. Comme il l’a fait bien des années plus tôt pour la tirer de ses éternels ennuis. Elle avait la chance qu’après son intervention, les trois idiots venus s’en prendre à elle ne viennent plus jamais. Bien sur, d’autre les avait remplacés. Mais cette seule fois ou quelqu’un était venu l’aider était restée gravée dans un coin secret de sa mémoire.

Redressée, les bras croisés et appuyés sur la table, Phædre observe Keith fermer la porte puis faire marche arrière mais cette fois non pas pour retourner à son poste mais bien pour se diriger vers sa propre position. Il s’assoit en face d’elle et le professeur de divination pose son regard dans celui également bleuté de son nouveau vis-à-vis. Un léger sourire se pose alors sur ses lèvres alors que dans un premier temps il la détaille, ce qu’elle fait en retour. Quelle étrange sensation de faire face à un souvenir. Car, oui, il n’était qu’un souvenir jusque-là bien que la prof vienne tous les jours depuis son arrivée à la bibliothèque. Chacun dans leur monde, avec leurs propres œillères et leurs regrets, enfermés dans leur solitude maladive. Elle apprécie ce temps de souplesse ou l’un l’autre se jauge d’un œil presque nouveau.

« Bonjour Phaedre, comment vas-tu ? »

Son sourire s’élargit doucement. Il la tutoie mais ça ne la choque pas. Quand la plupart des personnes de ce château continue de la vouvoyer (ce qui lui convient), cette fois, elle se laisse tutoyer sans rechigner. Des années entières les séparent de leur dernière réelle discussion.

« Je vais bien, merci, et toi Keith ? Après tout ce temps… »

Elle lui sourit encore, pose une main sur la couverture pour refermer le gros livre face à elle dans un bruit sourd.

« J’ai l’impression que tu n’as pas changé, malgré quelques signes d’âge qui te vont à ravir, bien sur. »

Elle laisse échapper un léger rire avant de reposer son visage sur son poing fermé et laisser planer son regard dans celui de Keith.

« Alors dis-moi tout Keith, comment ça se fait que nous ne nous soyons pas rencontrés plus tôt ? Comment es-tu devenu bibliothécaire dans notre vieille école ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 418
Date d'inscription : 02/12/2012
Crédits : Lili
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/ Julian A. Neil /Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1807-keith-micheil-mcewen
MessageSujet: Re: Back to the future [PV Phaedre]   Jeu 17 Déc 2015 - 12:36

C’est étrange de se retrouver confronté à son passé. Pour Keith, jusque là, tout ce qui était passé n’étiat que source de haine et de colère. Il s’était servi de ce qu’il avait vécu auparavant comme moteur mais un moteur malsain. Cette fois c’était différent. Il ne se retrouvait pas face à un passage de son passé qui le rappelait à la haine. Il ne se retrouvait pas face à quelque chose de violent. Non il avait en face de lui une personne avec qui il avait un passé commun qui, bien qu’ayant commencé sur d’étranges bases, était en un sens plutôt positif. Cela lui rappelait un temps où il n’était pas en marge de la société, où il était intégré et capable de discuter avec quelqu’un plus de dix minutes sans se renfrogner ou de venir un salaud de la pire espèce. Une époque où il croyait encore en son avenir, en une vie avant la mort. Et maintenant ? Maintenant il était ce vieux bibliothécaire aigri qui terrorisait la moitié de l’école et ne souriait en général que pour glacer le sang de la personne en face de lui. Il était cet homme qui avait torturé un gosse sans aucun remords… Et pourtant. Pourtant Phaedre posa un regard absent de toute animosité sur lui et même, elle lui adressa un sourire. C’était idiot mais ça le surprenait. Depuis quand ne lui avait-on pas vraiment sourit ? L’homme en retour adressa un léger mouvement de lèvres mais encore timide. Ce n’était plus dans ses habitudes, dans ses réflexes de sourire aussi facilement. Même si, à cet instant, il se sentait plutôt apaisé en comparaison à son état habituel.


« Je respire encore, ce qui n’est pas si mal par les temps qui courent. »


Et ce n’étiat rien de le dire. En quelques mois il avait échappé deux fois à la mort. Et autant dire que durant la dernière attaque il avait vraiment pensé qu’il allait y passer. Oui vraiment… Parce qu’il avait vu sa vie défiler, il avait aperçu Loreena l’appeler, l’inviter à le rejoindre… Mais finalement il était revenu sur terre, dans le monde des biens vivants. Pourquoi ? Il ne savait pas. Il n’avait pas envie de croire que ça avait un sens particulier. Mais c’était un fait et il devait indéniablement faire avec. Continuer à avancer. Mais vers où ? Ça c’était une autre question essentielle à laquelle il n’avait certainement pas la réponse. Mais ce n’était pas le moment de se poser de telles questions existentielles. Phaedre referma son bouquin, évoqua le fait qu’il n’avait plus les traits de sa prime jeunesse et se mit à rire. Cette fois, Keith parvint à lui adresser un sourire franc. A vrai dire, cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas pris le temps de réellement se regarder dans un miroir, de voir les marques du temps et de la colère sur ses traits ? Bien longtemps. Instinctivement, il passa alors une main sur le bas de son menton, effleurant cette barbe qui le vieillissait indéniablement.


« Je te retourne le compliment. A croire que nous faisons parti de ces vins qui s’améliorent en vieillissant. »


Ou pas. Parce qu’après tout, on ne pouvait pas vraiment dire que Keith était allé vers le positif ces derniers temps. Mais là ce n’était pas important. Il ne s’agissait que de physiquement. Et Phaedre était devenue une femme charmante, c’était indéniable. Peut être que cela se voyait d’autant plus qu’elle semblait plus assurée que lorsqu’ils étaient encore élèves à Poudlard. Il la regarda alors poser sa tête sur sa main et se surprit à se dire qu’elle était réellement devenue une belle femme, assurée, impressionnante en un certain sens. Il trouvait que c’était une belle revanche contre toutes ces années difficiles. Alors que lui c’était l’inverse… Sa scolarité avait été très douce et maintenant… Maintenant il n’était qu’une épave remplie de colère. Une épave qui était bibliothécaire dans cette école…

« C’est une longue histoire… Mais avant cela, j’étais professeur de littérature à l’Université moldue d’Edimbourg. »

Si Keith ne savait pas trop ce que pensait Phaedre du monde moldu, il n’avait aucune intention de cacher son attachement à ce dernier. Même s’il avait haït les moldus, même s’il avait voulu tous les exterminer après ce qui était arrivé à Loreena il avait grandit dans cette univers. Avec ses parents. Il se rendait maintenant compte que ses sentiments étaient désormais très contradictoires. Il voulait désormais se venger sur les Supérieurs mais ne savait plus comment se situer par rapport au reste. Sa haine l’avait aveuglé pendant longtemps et maintenant, maintenant qu’un peu de lucidité arrivait parfois à s’immiscer en lui, il se rendait compte que tout était plutôt absurde. Mais il n’était pas encore prêt à fouiller là-dedans. En tout cas pas tout seul et ce n’était comme s’il y avait qui que ce soit avec qui il discutait suffisamment pour venir l’aider. De toute façon, il n’en avait pas envie. Comme si, en un sens, il se complaisait dans ce flou.

« En tout cas, si je ne suis nullement étonnée que tu sois devenue une grande professeur, je dois dire que je ne m’imaginais pas que tu reviendrais dans cette école. Même si je trouve que tu as fait le bon choix. »

De ne pas laisser ses gens dicter ton avenir. Le retour de Phaedre était un sacré pied de nez à tous ceux qui avaient cherché çà lui pourrir la vie. Il saluait son courage et sa réussite. Mais il était vrai qu’il aurait pensé qu’elle choisirait un autre lieu. Il l’avait sous-estimé en un sens. Surtout qu’elle était désormais directrice de maison. Oui maintenant qu’il avait refait les connexions, tout devenait plus clair dans son esprit. Melle Hunt, professeur de divination, directrice des Serpentards. Il avait toujours eu conscience de sa présence dans ce Château mais jamais il n’avait réussi à faire la connexion avec ce passé perdu jusqu’à ce jour.
Keith croisa alors ses doigts, allongeant ses bras sur la table. Il plongea son regard dans celui de Phaedre. C’était sans doute dangereux pour lui. Elle allait peut être parvenir à lire en lui, à comprendre tout ce qu’il n’avait pas formulé. Mais quelque chose le poussait à avoir confiance. A ne pas chercher à se rétracter. Peut être une réminiscence de ce jeune homme qu’il était, qui ne voyait pas chaque contact humain comme une menace.


« Alors, tu arrives à supporter les élèves ? Je t’avoue que personnellement, la pédagogie n’est pas ma spécialité. »


Keith afficha alors un sourire cynique avant de balayer la salle du regard. Il n’avait plus envie de tous les tuer à chaque instant mais il se surprenait régulièrement à avoir envie de fermer la bouche de certains ou de les envoyer voler contre un mur. La douceur incarnée…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 363
Date d'inscription : 02/06/2013
Crédits : Cranberry
Double Compte : Katherine Calderòn Llanos & Maxime A. Jefferson



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2104-qui-s-y-frotte-s-y-pique-phaed
MessageSujet: Re: Back to the future [PV Phaedre]   Dim 10 Jan 2016 - 22:01

Il la complimente, et dire que Phædre est insensible à ce genre de flatteries serait mentir. Son sourire en est la preuve même, qui s’agrandit alors qu’il la flatte encore en souriant lui aussi. La prophétesse se dit au moment précis ou les lèvres du bibliothécaire forment ce rictus particulier qu’il ne lui semble pas avoir vu cette expression très souvent sur le visage de ce dernier. Au contraire. L’homme est renfermé, taciturne. Ce n’est certainement pas la première fois qu’elle le voit, puisque la bibliothèque est un de ses refuges préférés mais étrangement ils ne s’étaient pas parlés jusque-là. Phædre croit au destin, sinon pourrait-elle vraiment se dire professeure de divination ? Elle laisse faire les choses, ne force jamais. Et si Keith est là aujourd’hui, il existe alors une raison qui leur échappe à tous pour expliquer le fait que ça ne se soit jamais passé avant.

Ses ongles passent doucement sur le cuir du bouquin tandis qu’elle ne lâche pas Keith du regard. Signe de respect, bien sur, la brune semble estimer Keith de la même manière inflexible depuis cette soirée étrange où il fut le seul à venir l’aider. Quel âge avaient-ils, tous les deux ? Peut-être quatorze, quinze ans, Phædre n’a pas une notion du temps régulière et claire, pas en tout cas en ce qui concerne ce passé. Il ne lui reste que des fragments épars, mais parmi eux ceux de sa rencontre avec l’homme qui lui fait face. Ses yeux, d’un bleu très clair, elle les connaît, elle ne les a pas oublié.

« C’est une longue histoire… Mais avant cela, j’étais professeur de littérature à l’Université moldue d’Edimbourg.
— La littérature alors… »

Le monde moldu. Phædre reste impassible, son sourire ne semble pas vouloir s’effacer. Ses sentiments ont toujours été très rudes envers le monde moldu. Lorsque Dimitri est arrivé dans sa vie, les choses ont changées. Phædre veut s’améliorer, outrepasser les règles strictes que son autre moitié lui a imposées pendant toutes ces dures années de séquestration. Nécessaires pour sa survie, aujourd’hui dérisoires. Dimitri lui apprenait à voir les choses d’une autre manière, dans un angle plus doux.

« En tout cas, si je ne suis nullement étonnée que tu sois devenue une grande professeur, je dois dire que je ne m’imaginais pas que tu reviendrais dans cette école. Même si je trouve que tu as fait le bon choix.
— Je te remercie. Ça m’a paru nécessaire et puis, je ne suis plus celle que j’étais. »

Et lui non plus. Loin de là. Mais Phædre ne lui ferait pas l’affront de lui dicter ce qu’elle lit puisque c’est sans doute ce qu’elle fait de manière complètement naturelle. Les barrières sont pour elle, la plupart du temps, de simples lignes de sel qu’elle passe sans aucun soucis. Souvent, elle voudrait que ce ne soit pas si simple. Tout percevoir, comprendre son environnement, le subir est quelque chose qu’elle voudrait ne plus avoir à faire quelque fois. Mais si tel est le prix à payer pour exercer au mieux son don, ce qui est pour elle la chose la plus importante dans sa vie, alors soit.

Son vis-à-vis, visiblement confiant, croise ses mains et s’approche d’elle en avant. Elle pourrait lire en lui comme dans un livre ouvert si elle le voulait. S’il lui tendait la main. S’il se penchait encore un peu plus comme il le fait, lui laissant entrevoir son âme par la porte ouverte de ses yeux. Mais elle ne va surement pas aller creuser la souffrance d’un homme. La sienne lui suffit largement.

« Alors, tu arrives à supporter les élèves ? Je t’avoue que personnellement, la pédagogie n’est pas ma spécialité. »

Un léger rire s’échappe de ses lèvres alors qu’elle balaie en même temps que lui la salle du regard, le suivant doucement.

« A vrai dire… Pas toujours. »

Autant être honnête.

« Certains sont feignants mais bien sur il réside de bons éléments. Tu sais la majorité des sorciers sous-estiment la noble matière que j’enseigne ce qui implique que leurs enfants le font aussi, c’est ce qui a le plus tendance à me mettre hors de moi. J’essaie de faire avec, de m’occuper de ceux que ça intéresse, en dehors de ceux qui, comme à l’époque, chercheraient à me discréditer. »

Mais aujourd’hui il n’aurait pas besoin de la secourir, non. Phædre a grandit et est devenue forte. Sorcière agile et puissante tant qu’on n’appuie pas sur la faille singulière qui la divise en deux, de l’intérieur.

« Et puis je n’ai pas eu la chance de pouvoir faire bibliothécaire, quelqu’un de certainement plus doué que moi avait déjà la place. »

Phædre repose son visage sur son poing et revient planter son regard dans celui de l’homme face à elle.

« A quel moment avons-nous décidé de nous « ignorer », Keith ? Les élèves s’accaparent-ils vraiment toute notre attention ? »

Son sourire se mue en expression taquine. Deux personnes renfermées qui ont un passé commun et qui n’ont pas forcément envie de se confronter réellement à la jeune génération mais… qui sont bien là, dans une école de magie réputée.

« Quels sont tes projets ? Tu comptes rester ici encore longtemps ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 418
Date d'inscription : 02/12/2012
Crédits : Lili
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/ Julian A. Neil /Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1807-keith-micheil-mcewen
MessageSujet: Re: Back to the future [PV Phaedre]   Mar 12 Jan 2016 - 11:38

Ils n’étaient plus ceux qu’ils étaient, c’était indéniable. Keith avait d’ailleurs presque l’impression que tout c’était un peu inversé. Il était maintenant le type paumé au milieu de la foule, celui incapable d’avoir des contacts avec le reste du monde, incapable de se lier et toujours dans une bulle autodestructrice. Phaedre semblait être désormais une femme sûre d’elle et il dirait même accomplie. A vrai dire il n’en savait rien et n’était absolument pas expert en décodage de personnes mais il aimait cette image et avait envie de s’y attacher. De se dire qu’elle avait réussi à avancer au mieux, qu’elle était maintenant au-dessus de tout ça et qu’elle construisait sa vie avec agilité. Keith avait d’ailleurs du mal à comprendre ce sentiment qui naissait en lui. Il ne s’intéressait d’habitude à personne, ne prenait pas vraiment en compte ses collègues et se portait très bien en ignorant leur vie et leurs petites histoires personnelles. Mais là, il sentait quelque chose de plus subtile. Il ne se mêlerait pas à son quotidien nécessairement mais il avait envie de savoir en un sens, de comprendre comment sa vie s’articulait, comment elle vivait. Oui en un sens le bibliothécaire devenait presque curieux au sujet de quelqu’un. Impressionnant et surprenant. Heureusement, il n’était pas le genre à se soucier de ce qu’on pourrait penser de ce revirement. Il se contentait de profiter de cet instant pour se vider la tête, ne pas réfléchir aux implications et juste discuter, le plus naturellement du monde. Phaedre l’amusa même quand elle avoua que, elle aussi, avait parfois du mal à supporter les sales gosses qui peuplaient cette école. Il ne pouvait que comprendre ! Il la regarda ensuite avec intérêt quand elle lui exposa les soucis qu’elle rencontrait liés à la nature même de la matière qu’elle enseignait. Keith n’était ni expert ni adepte en divination mais il savait que dans le monde magique, ça avait fait ses preuves et ne cherchait pas à discréditer. Et puis, qui était là pour juger qu’un domaine était plus sérieux qu’un autre ? Combien de fois lui avait-on dit que la littérature était quelque chose de bien trop futile pour y consacrer autant d’énergie ?

“Tu as bien raison. Et je comprends tout à fait, on m’a souvent dit que la littérature c’était ennuyeux et inutile en opposition aux sciences, aux potions ou ce genre de choses. C’est amusant de voir le gouffre d’idioties dans lequel les gens peuvent se noyer.”

Tendresse et amour. Keith avait beau être plus calme et plus apaisé, ce n’était pas pour autant qu’il s’était mis à aimer la terre entière. D’ailleurs, ce serait même plutôt effrayant si c’était le cas. Un tel revirement serait le signe d’un grave choc à la tête, indéniablement. Par contre, il semblait avoir retrouvé la capacité de rire, chose qu’il n’avait pas exploité depuis un moment. En effet, l’homme avait laissé échappé un rire face à la petite plaisanterie de Phaedre. Il vit alors quelques têtes se tourner vers lui, des élèves surpris et un peu apeurés, se demandant ce qui pouvait provoquer l’hilarité d’un homme comme lui. Il les ignora pour se reconcentrer rapidement sur son ancienne camarade qui venait de planter son regard dans le sien.

“Je suis en grande partie responsable. Les élèves n’ont pas vraiment à proprement parler accaparé mon attention mais j’ai été aveugle, incapable de prendre conscience du monde qui m’entourait pendant un bon moment.”

Keith n’avait été qu’une boule de haine pendant des mois. Ne pensant qu’à se venger, à détruire et à faire souffrir, pensant que cela lui permettrait d’expier cette horrible souffrance qui le dévorait de l’intérieur. Il avait ensuite changé de cible jusqu’à être secoué. Jusqu’à prendre conscience de ce qu’il faisait, du monde dans lequel il évoluait. Oh il n’était pas redevenu intègre et paisible pour autant. Il avait simplement réappris à ouvrir les yeux ce qui était déjà une grande victoire. Alors oui, rien que pour cela, il aurait été incapable de revoir Phaedre et de lui parler comme en cet instant. Cependant, lorsqu’elle parla de projets d’avenir, il ne pu retenir un rictus sarcastique. Le bibliothécaire n’était pas dupe à ce sujet et savait très bien que rien ne risquait de se profiler pour lui à l’horizon. Du moins pas temps que les choses restaient ainsi.

“Pour l’instant je suis coincé ici puisque j’ai cru comprendre qu’un sacré contrat flottait au-dessus de ma tête.”

Et ce n’était rien de le dire. Keith ne pouvait cependant s’empêcher de s’amuser en repensant à tout ça. Cette fameuse liste. Ils avaient voulu attaquer les proches, pour faire peur. Mais avec le bibliothécaire il n’y avait aucune cible à envisager. Alors ils avaient cherché à l’éliminer directement. Amusant non ? Enfin en un certain sens… De toute façon ce n’était pas comme si cela lui bloquait réellement ses projets puisqu’il n’en avait pas. Keith était tout simplement incapable de se projeter, de s’imaginer ce qu’il pourrait bien faire d’ici ne serait-ce que quelques mois.

“Pour être honnête et puisque de toute façon, je ne peux rien te cacher, ce n’est pas comme si j’avais vraiment de projets. Je vis au jour le jour, je me lève, je fais mon job et c’est tout.”

Je suis un homme déprimant. Keith se rendait compte du tableau légèrement pathétique qu’il était en train de dessiner et se moqua de lui-même, intérieurement. Non il ne cherchait pas à être plains, à ce que Phaedre le rassure. Les choses étaient ainsi et il n’avait aucune volonté d’aller contre, aucune raison de le faire non plus. Pour l’instant, il se laissait flotter parce que sa vie n’avait pas de sens, pas de but. La vengeance était encore là, peut être, mais elle s’amenuisait de jour en jour. Parce qu’il avait beau les haïr, vouloir tous les tuer, il ne faisait plus de plans d’attaque… Il se laissait tout simplement porter.

“Et toi ? Quel brillant avenir es-tu en train de te dessiner ?”

Le bibliothécaire ne décrochait pas son regard de celui de Phaedre. Les élèves étaient plutôt calmes autour d’eux de toute façon. Il sentait bien que certains cherchaient à comprendre, à connaître la nature de cette conversation mais il les ignorait. S’ils se faisaient trop insistants, il se ferait un plaisir de les envoyer promener mais il n’avait pas envie de s’emmerder avec ça pour le moment. Pour une fois qu’il se passait quelque chose qu’il pourrait qualifier d’agréable dans sa vie.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 363
Date d'inscription : 02/06/2013
Crédits : Cranberry
Double Compte : Katherine Calderòn Llanos & Maxime A. Jefferson



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2104-qui-s-y-frotte-s-y-pique-phaed
MessageSujet: Re: Back to the future [PV Phaedre]   Dim 17 Jan 2016 - 14:45

« Pour l’instant je suis coincé ici puisque j’ai cru comprendre qu’un sacré contrat flottait au-dessus de ma tête. »

Dire qu’elle n’est pas au courant serait mentir, s’aveugler comme il venait de le dire. Mais c’en est fini de tous ces mensonges, Phædre ne voulait plus que les mensonges ou son petit problème de personnalité dirige sa vie comme sa mère et les préjugés l’avaient faits jusque tard dans sa vie. Elle comprenait le sous-entendu que Keith venait de faire, notamment parce qu’elle aussi avait été une cible. Une liste, une fichue liste qui avait fini par passer entre les mains du corps enseignants avait fini sous ses yeux. Quand elle avait compris que ce qu’elle soupçonnait était vrai, Phædre avait senti le monde s’écrouler sous ses pieds. Frapper Dimitri pour la toucher, elle, qui n’avait jamais réellement pris partie prenante au défi des supérieurs, sans pour autant combattre leur présence. Phædre avait tiré savamment son épingle du jeu, appuyant son autorité grâce à la peur, fricotant avec quelques hommes. Sans approuver ni réprouver leurs actions, Phædre était restée neutre. Servant son intérêt seulement. Maintenant qu’ils n’étaient plus là mais bien énervés, Phædre se rendait compte qu’ils n’avaient pas oubliés et n’oublierait pas son manque de loyauté. Son frère enseigne l’étude des moldus. Quel prétexte plus ingénieux aurait-on pu soulever ?

Bien qu’ils ne se soient pas parlés pendant tout ce temps, Phædre est au fait de certains des agissements de Keith, par les rumeurs qu’elle ignore en temps normal mais également grâce à son troisième œil. Elle est très certainement mal placée pour en parler c’est pourquoi elle ne fait rien d’autre qu’acquiescer. Pour dire : je comprends. Nous nous entendrons là dessus.


« Pour être honnête et puisque de toute façon, je ne peux rien te cacher, ce n’est pas comme si j’avais vraiment de projets. Je vis au jour le jour, je me lève, je fais mon job et c’est tout. »

Phædre se remet à sourire à ses mots. Peut-être qu’ils se ressemblent plus qu’elle n’aurait voulu le croire. Bien que sa discipline la pousse à se tourner vers l’avenir, le sien ne l’inquiète guère car premièrement elle ne peut plus le lire comme avant car ses lignes ont été brisées et que c’est donc un pénible moment à aborder. Mais ensuite car elle ne réfléchissait pas vraiment à ce qu’elle allait faire, autrement qu’écrire son livre. Les astres la guident. Et pour l’instant ils ne lui disent rien. Est-ce qu’elle devrait dire à Keith ce que les astres lui disent de faire ? Elle ne lui ferait pas l’affront.

« Et toi ? Quel brillant avenir es-tu en train de te dessiner ? »

Un rire léger s’échappa des lèvres de Phædre tandis que Keith semblait vouloir lui dessiner un bel avenir, ou en tout cas, l’entendre dire cela. Elle finit par reposer son visage sur sa paume ouverte, souriante, son regard restant ancré dans celui de son vis-à-vis.

« A vrai dire Keith figure-toi que nous ne sommes pas si étrangers que ça sur la direction que prend nos chemins. »

Un léger sourire revient se dessiner sur ses lèvres. Contente de voir que, quelque fois, de manière subtile, celles de Keith semblent vouloir elle aussi en dessiner. Elle retiendrait toutes les questions qui la taraudent maintenant au sujet de son ami mais qui sont bien évidemment trop indiscrètes pour lui être posées. Pourquoi s’imposait-il cette vision de l’avenir ? Qu’avait-il fait réellement pour avoir un contrat au-dessus de sa tête ? Que lui était-il arrivé dans sa vie pour que sa voix soit teinté de cynisme et son visage fermé ? Elle ne savait pas tout, ne pouvait pas tout savoir, surtout quand un homme aussi fermé lui fait face.

« Je vais continuer à enseigner jusqu’à ce que ce soit le moment d’arrêter. Essayer de remplir leurs petites têtes vides. »

Son sourire s’étire tandis qu’elle lève les yeux au ciel, aussi amusé que désespérée.

« Oh, et je rassemble mes recherches sur la divination pour en faire un livre. J’y travaille depuis plusieurs semaines mais rassembler des années de recherches, c’est long. »

Elle était contente de ce projet qui lui semblait une bonne chose. Révolutionner la manière d’observer la divination n’était peut-être pas son but mais apporter son savoir était pour elle important. Il lui fallait le faire.

« J’espère qu’il atterrira dans ta bibliothèque. »

Sur ces mots elle prend en main le gros bouquin qu’elle était en train de feuilleter avant l’arrivée de Keith et se redresse.

« J’ai un fabuleux thé russe qu’un ami m’a offert, si tu veux partager ça avec moi j’en serais ravie. »

James. L’ami en l’occurrence, le gardien qui gagne des points.

« Aujourd’hui, maintenant, ou quand tu veux. Il n’y a aucun problème. »

Sa porte lui est ouverte. Peut-être se sent elle encore redevable de l’aide qu’il lui a apportée bien des années plus tôt. Après tout il a été le seul à le faire durant toute sa scolarité. Elle lui doit ce respect, ne se sent pas obligée de l’observer avec diligence.

« A moins que tu ne boives pas de thé, en ce cas… Un café ? »

Un léger rire s’échappe de ses lèvres qui se mue en sourire léger. Phædre se dit que peut-être un jour réussira-t-elle à lui rendre l’aide qu’il lui a apporté. Et en cela, Keith McEwen est à ce jour le seul à qui Phædre doit quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 418
Date d'inscription : 02/12/2012
Crédits : Lili
Double Compte : Emily Anthon/ Caem Kaliayev/ Julian A. Neil /Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1807-keith-micheil-mcewen
MessageSujet: Re: Back to the future [PV Phaedre]   Lun 18 Jan 2016 - 15:59

Keith était un homme du passé, c’était indéniable et pourtant, cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas pris le temps de discuter avec une vieille connaissance. Lui qui refusait de se construire un avenir et dont le présent était dicté par son passé, n’avait pourtant jamais réellement cherché à renouer avec celui-ci. Peut être par peur ou par facilité. Car oui, pour un être taciturne comme lui, il était bien plus simple de rester dans sa bulle, de ne parler à personne et de ne surtout pas aborder quelqu’un avec qui il savait que le discours serait facile. Ce n’était pas pour autant qu’il regrettait d’être venu s’asseoir en face de Phaedre. Loin de là. Mais elle était pour l’instant la seule réminiscence de son passé qu’il avait laissé approcher. En même temps, ce n’était pas comme si les anciens élèves courraient les couloirs mais tout de même. C’était assez exceptionnel pour être marqué. Surtout qu’il ne s’était pas contenté d’un signe de tête, d’un mot lâché au passage. Non, le bibliothécaire était en train d’entreprendre une réelle conversation avec la professeure de divination. Comme quoi… Tout finissait par changer, même ce qui semblait être fixé, gravé. Tout ne pouvait pas changer par contre et Keith restait persuadé qu’il n’avait pas d’avenir. En même temps, ce n’était pas comme si ça le dérangeait, comme si ça le prenait à la gorge et lui faisait du mal. Non, il acceptait cette évidence. Comment un homme comme lui pouvait-il avoir un avenir ? Ce à quoi il ne s’attendait pas par contre, ce fut que Phaedre s’oriente un peu de la même façon que lui. Lorsqu’elle évoqua leur ressemblance dans ce domaine, la curiosité de l’homme fut piquée et il ne pu s’empêcher de la fixer. Elle enchaîna alors en évoquant le fait d’enseigner jusqu’à ce qu’il ne soit plus temps de le faire. Vraiment ? En même temps, si elle voulait réellement remplir le cerveau de cette bande de sales gosses, elle n’aurait peut être pas assez d’une vie.


“Eh bien je te souhaite du courage alors. J’ai bien peur que des centaines de vies ne suffisent pas à former le cerveau de certains d’entre eux…”


En temps normal, lorsque Keith lâchait ce genre de phrases, on avait tout simplement l’impression qu’il allait tuer un élève sur le champ. Cette fois-ci il y avait plus de calme et surtout, plus de dérision. Non il n’en pouvait plus de la majorité de ces gosses mais… Ils n’étaient que des gosses même s’il s’efforçait parfois de l’oublier. Alors oui, peut être ne se rendait-il pas compte comme lui aussi avait pu être crétin pendant un temps.. En tout cas, faire grandir des êtres miniatures par le savoir était un vaste programme. Mais quelque chose en lui lui disait que ce n’était pas assez pour une femme de l’envergure de Phaedre. Elle lui confia alors qu’elle préparait aussi un livre sur la divination et quelque chose dans le regard de Keith semblait dire “je le savais”. Lorsqu’elle évoqua le fait que cet ouvrage finisse dans sa bibliothèque, il afficha un léger sourire. Comme quoi, cette fonction d’étirement des lèvres était finalement encore enregistrée dans sa mémoire.


“Oh je n’en doute pas. Je le lirai avec attention dès qu’il sera prêt en tout cas.”


Keith était presque en train de se transformer en gentleman… En même temps ce n’était pas comme s’il prêtait réellement attention à son comportement, s’il cherchait à le décrypter ou à le nommer. Il se contenter simplement de répondre, de vivre et même, de profiter de l’instant. C’était peut être minime, imprescriptible mais pour une fois le bibliothécaire ne sentait pas le temps s’écouler. Il n’avait aucune perception des minutes et c’était plutôt agréable. Il fut assez surpris de voir alors Phaedre se relever mais ne la quitta pas du regard. Du thé ? Elle venait de l’inviter boire un thé. C’était étrange. Depuis combien de temps ne lui avait-on pas proposé quelque chose d’aussi simple? Quelque chose qui fait sans doute parti de la vie de chacun et qui pour lui pourtant, se rapportait à une époque depuis longtemps perdue. Keith se redressa finalement à son tour en entendant le petit rire de Phaedre.

“Le thé c’est très bien.”

Oui il aimait le thé, comme le café. En général, il utilisait plus le café en dernier recours, quand l’épuisement le traquait. Mais le thé c’était plus associé aux conversations, aux soirées d’hiver… Un vrai papy, en même temps, sa vie sociale était tellement proche de zéro… Keith balaya alors la salle du regard et ses yeux croisèrent ceux de sa collègue. Un regard assassin, mauvais. Cette femme…. Pour le coup, il n’avait pour elle que du mépris et avait souvent ressenti l’envie de l’étrangler au détour d’un couloir. Jusque là il s’était retenu.


“Je crois cependant que je ne peux pas m’absenter maintenant car la mégère qui me sert de collègue ne tolérerai pas que je m’absente pour partager une tasse de thé même avec une éminente professeure comme toi.”


Keith afficha alors un léger sourire, un peu crispé, mais un sourire tout de même. L’idée d’une conversation autour d’un thé cependant lui plaisait. Il sentait qu’avec Phaedre il pouvait aborder bien des sujets et surtout, avoir une conversation d’un niveau plus élevé qu’avec la moyenne des personnes présentes ici. Il ne voulait donc surtout pas que ce refus l’empêche d’avoir une nouvelle occasion de dialoguer avec cette femme. Ce serait idiot. Pour une fois qu’il appréciait la compagnie de quelqu’un. Il y avait bien Gwen mais c’était différent. Cette demoiselle représentait trop de choses qu’il haïssait même si, indéniablement, sa compagnie lui était agréable. Alors qu’avec Phaedre il se sentait plus en adéquation.

“Je pourrais passer dans ton bureau en fin d’après-midi, un jour de cette semaine si tu le souhaites.”

Une sorte de rendez-vous ? Non surtout, évitez de dire ça à Keith, ce serait sans doute le meilleur moyen de le renfrogner et de gâcher cet instant de détente dont il pouvait jouir pour une fois dans sa vie. Pour une fois que le fantôme de Loreena ne planait pas au-dessus de sa tête, pour une fois qu’il n’avait pas l’impression qu’il allait littéralement exploser.


“Je pourrais t’apporter quelques livres pour t’encourager dans ta lancée.”


Le regard de Keith s’était alors posé sur l’ouvrage que Phaedre tenait entre ses mains.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 363
Date d'inscription : 02/06/2013
Crédits : Cranberry
Double Compte : Katherine Calderòn Llanos & Maxime A. Jefferson



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2104-qui-s-y-frotte-s-y-pique-phaed
MessageSujet: Re: Back to the future [PV Phaedre]   Sam 30 Jan 2016 - 19:25

« Oh je n’en doute pas. Je le lirai avec attention dès qu’il sera prêt en tout cas. »

Le visage de Phædre s’incline comme pour le remercier. Nier que ces simples paroles la touchent ? Non, elle ne le fera pas. Le cœur de glace n’en est pas vraiment un, surtout dans ce cas. Rassembler son travail depuis des années est quelque chose qui lui tient à cœur. Un travail d’arrache-pied qu’elle compte achever coûte que coûte. Le travail de toute une vie car bien sur, son travail est en perpétuelle progression.

« Le thé c’est très bien. »

Un sourire se dessine sur les lèvres de Phædre à nouveau. Décidément, cette rencontre, au lieu de lui rappeler concrètement de désagréables souvenirs de sa scolarité, tournait à quelque de beaucoup plus divertissant et agréable. Discuter avec Keith, presque comme s’ils ne s’étaient jamais quitté, était une bonne chose pour elle. Peut-être enfin se décidait-elle à sortir de sa tour, préservée des ennuis mais tout autant éloignée du monde.
Le regard de son vis-à-vis se détache du sien et, une nouvelle fois, suit la trajectoire visuelle de Keith pour se retrouver en face d’une femme, la deuxième bibliothécaire se dit-elle alors. Pour le coup, le regard de la femme au comptoir, entièrement dirigé vers Keith, est d’une froideur qui pourrait égaler celle de Phædre. Elle le fusille carrément du regard et Phædre, surprise, hausse un sourcil.

« Je crois cependant que je ne peux pas m’absenter maintenant car la mégère qui me sert de collègue ne tolérerai pas que je m’absente pour partager une tasse de thé même avec une éminente professeure comme toi.
— Je vois ça… »

Phædre tourne la tête et fait à nouveau face à l’ancien Serdaigle et lui rend son sourire, plus naturel, moins crispé. Elle ne se sent pas vexée, Keith a accepté son offre d’un thé. Pas grand-chose à vrai dire, juste une conversation, mais Phædre ne dispense pas son temps à n’importe qui et n’importe quoi. Si elle lui propose cela, c’est qu’elle considère qu’il mérite qu’elle lui accorde du temps, ce qui est dans le cas échéant, un réel plaisir à ses yeux. Surtout après ces calmes retrouvailles. Peu importe ce qu’il a été et ce qu’elle a été jusque-là, ils se font face maintenant et c’est très bien comme ça. Sans préjugés.

« Je pourrais passer dans ton bureau en fin d’après-midi, un jour de cette semaine si tu le souhaites.
— Avec plaisir, tu es décidément le bienvenu. Ne prends pas la peine de me prévenir, je saurais si tu viens. »

Un sourire un peu plus amusé se glisse sur le côté des lèvres de la prophétesse, peut-être un peu taquine. Pourtant ce qu’elle dit est vrai, quiconque vient frapper à sa porte ne saurait échapper à son troisième œil.

« Je pourrais t’apporter quelques livres pour t’encourager dans ta lancée.
— Ce serait bien aimable à toi, Keith. »

Son visage s’incline pour la deuxième fois en guise de remerciement. Geste gracieux, subtile, léger mais quand même présent.
Sur ces mots Phædre s’approche de Keith, non pas pour l’embrasser mais bel et bien pour… lui serrer la main. Elle lui tend donc la main droite d’un geste léger et lui adresse un sourire rayonnant, le gros livre coincé entre son autre bras et sa hanche.

« Je garde ça, cher bibliothécaire, et te le rendrais bien vite. Viens me voir quand tu en as envie. Je suis contente d’avoir pu passer ce moment à tes côtés. »

Son geste de main est sec, précis qui témoigne de son intransigeance et sa fermeté mais sans pour autant écraser la main de Keith qui est bien sur plus grande que la sienne, plus fine et beaucoup plus pâle. Elle se rapproche un court instant de lui et lui dit, sur le ton de la confidence :

« Sa vie est vraiment très morose. »

Un léger sourire, un regard vers la deuxième bibliothécaire puis Phædre lâche la main de Keith et s’échappe vers la porte de la bibliothèque. Avant de passer la sortie, elle se retourne, lui fait un dernier signe de main en souriant puis se faufile à l’extérieur de la bibliothèque, beaucoup plus joyeuse qu’elle ne l’était en arrivant.

— FIN POUR PHÆDRE —
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Back to the future [PV Phaedre]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Back to the future [PV Phaedre]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» BACK TO THE FUTURE - JUNIOR CHAMPIONSHIP : AJ STYLES vs. MANDREWS vs. PAIGE vs. BARON CORBIN
» BACK TO THE FUTURE
» BACK TO THE FUTURE - SETH ROLLINS vs. ROMAN REIGNS
» BACK TO THE FUTURE - NWG HEAVYWEIGHT CHAMPIONSHIP : ELI DRAKE vs. THE UNDERTAKER
» R.M.S TITANIC IS BACK!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Premier Etage. :: ─ Bibliothèque-
Sauter vers: