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 [Event 15.02]The great escape - Jeroen

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MessageSujet: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Lun 2 Nov 2015 - 12:44

► [Event 15.02]The great escape ◄
Jeroen & William


Dimanche 15 Février — Milieu d’après-midi

« Le système immunitaire d'un organisme est un système biologique constitué d'un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du « non-soi ». Il est hérité à la naissance, mais autonome, adaptatif et doué d'une grande plasticité, il évolue ensuite au gré des contacts qu'il a avec des microbes ou substances environnementales étrangères au corps » …

Et je continue, de réciter au creux de ma tête la définition du système immunitaire. De me le conter, de me l’expliquer même si je l’ai déjà compris depuis longtemps. Pour ne pas perdre la raison et pour garder les pieds sur terre alors que mes yeux restent scotchés sur notre prof, se vidant de son sang. Ce goût et cette odeur métallique stagne partout autour de moi, sur moi. Quand j’étais gosse, j’étais curieux de savoir pourquoi il portait cette saveur précise et j’avais fait des recherches simples à ce sujet. La réponse a été évidente et simple : Le sang est constitué de fer. C’est ce qui lui donne le goût et l’odeur. Et je pense à tout ça alors que Gabrieli est sur la table de soin avec Helland et Kingsley qui s’affairent autour de lui pour le soigner. Mlle Hunt n’a pas bougé de là où elle est et elle leur fait comprendre qu’elle ne partira pas tant que son frère ne sera pas soigné et tiré d’affaire.

Et moi je ne demande qu’à faire demi-tour et à me tirer d’ici, rapidement. Avant que je ne dégobille sur mes baskets et que je n’entache le sol de mes conneries. Y a trop de sang partout, sur tout le monde. Et ça continue de couler en abondance, comme une putain de fontaine qui ne s’arrête jamais. Je ne décroche pas mon regard de leur geste, de la peau de notre prof tailladée à deux endroits. Est-ce qu’il va mourir ? Et ce sang partout, vous allez faire comment pour le lui remettre dans les veines ? Encore faut-il qu’ils puissent arrêter celui qui sort encore et encore de lui. J’comprends pas pourquoi je reste fixé sur cette image, sur tout ça, alors que je devrais courir pour partir d’ici et m’assurer que Maxime et Macy vont bien. Même si Hunt m’a certifié que c’était le cas. Étrangement, j’ai envie de lui faire confiance… Et c’est probablement pour ça que je ne décroche pas mon regard du corps laiteux et presque mort de Gabrieli.
La réalité est toute simple. J’angoisse. Et pas uniquement parce qu’il s’est fait trancher comme un animal mais parce que l’attaque est violente. Qui a fait ça ? Pourquoi ? Un type du château ? Après tout il enseigne une matière qui est mal vu par beaucoup mais de là à le poignarder… Des conneries. Juste des conneries. En réalité, je suis un plein cauchemar et j’vais me réveiller à la bibliothèque, gueule dans mon livre, bavant sur la page.

Mais c’est pas le cas. Ca ne le sera pas.
La réalité est violente et cette odeur n’en finit pas. Les sons se sont estompés dans un acouphène qui me ramène à des souvenirs que j’aurai préféré occulter. Spencer et son corps éclaté par ces enfoirés, ces malades. Son sang sur moi, ses morceaux de peaux, de chairs. J’peux pas rester là. Parce que je le revois encore et encore en boucle. Je revois Macy hurlé mais pourtant je n’entends pas son cri. Je la vois juste dans mes souvenirs, au ralenti. Comme un putain de film. Son petit corps voulant se jeter sur celui de Spencer et le ramener avec elle. On n’a même pas pu le faire. Il est resté là-bas, piétiné par ces connards. Sûrement laissé à l’abandon ou brûler dans une fosse.

Je vais vomir.
Mon cœur bat trop fort, mes jambes flageolent, mes mains tremblent. Et je crève de froids.
La réalité me rattrape quand la porte s’ouvre encore. Une autre personne, une nana, le ventre en sang. L’urgence est entrain de prendre de la place et m’étouffe. Je regarde ce type trainer la victime jusqu’à un lit où Helland la prend en charge. Je ne sais pas qui ils sont mais la manière dont ce type s’accroche à la jeune rousse, j’ai l’impression d’y voir Macy avec Spencer. Ce même acharnement et ce même refus catégorique de lâcher le corps. J’ai toujours pas bougé et mes yeux parcourent la jeune femme. Sa couleur de cheveux pourrait presque se mélanger à celle de son sang si ce roux n’était pas aussi vif.

— Je ne sortirai pas, je ne peux pas la laisser, je...

Je m’approche d’eux, d’un pas presque mécanique et robotisé, sans savoir ce que je vais foutre. Mon corps réagit tout seul, raisonnablement. Pour garder le cap sur ma raison qui va pas tarder à foutre le camp si je ne maintiens pas mon sang-froid.
Fermement mais en douceur, j’empoigne le bras du type pour l’éloigner d’ici et laisser Helland soigner la jeune femme du mieux qu’il peut. C’est un putain de bordel.
Et l’autre me jette un regard à pétrifier un mort. Pourtant, j’insiste.

— Viens. Faut les laisser faire ça va aller.

J’essaie de croire en ce que je dis, de le rassurer et j’sais pas pourquoi je fais ça. Peut-être parce que son regard est le même que le mien lorsque Spencer est mort ou lorsque l’on s’en prend à Macy. Peut-être parce que je me dis que s’il veut retrouver sa copine en vie, il faut qu’il les laisse faire. J’en sais trop rien au final. J’ai le cerveau enseveli dans une bouillasse et j’ai du mal à l’en sortir, moi qui ait toujours tant de sang-froid. Pourtant, je ne pique aucune crise de nerfs, ne perds aucun contrôle, mais à l’intérieur c’est Hiroshima.
Je force ma prise pour le tirer de là, parce que c’est pour son bien et celui de la nana qui est encore éveillée.Et il finit par lâcher le bord du lit pour venir avec moi.

— Julian ! Je reste devant, ça va aller, fais-moi appeler si tu as besoin !

Julian. J’connais pas je crois. Ou peut-être que si. Je crois que Macy m’a déjà évoqué son prénom.
Pourquoi est-ce que je me focalise autant sur des détails à la con ?
Garde le cap Will. Garde le cap.

J’ai le cœur qui tambourine comme un fou et je m’en rends compte uniquement maintenant alors que nous sommes devant les portes, que nos vêtements sont en sang. Nos mains aussi. Je les regarde un instant alors que l’autre type reste planté devant les portes, bras croisés puis bouge vers le mur d’en face. Je ne le regarde pas, je regarde juste les tâches de sang grossières que j’ai sur la peau de mes mains. J’ai pas peur de ce genre de truc, du sang, des blessures. On s’en est fait à la pelle des trous dans la peau, à en chialer parfois. Et j’ai jamais perdu la boule devant ça puisque j’étais celui qui avait les meilleurs réflexes lorsqu’il s’agissait des soins. Mais là, tout est différent. Deux personnes poignardées. Deux personnes blessées. Qu’est-ce qu’il s’est passé putain.

Jude s’est fait tabassé à mort sous mes yeux, je l’ai vu mourir contre moi. Le visage en charpie, le corps tout brisé dans mes bras. Mes yeux restent fixés sur mes mains et je me revois à genoux sur le trottoir, chialant comme un gamin sur son corps à lui, me balançant d’avant en arrière, lâchant de gros sanglots difformes tant la douleur était insupportable et impossible à digérer. Il est mort sous mes mains, sous mes yeux et j’ai rien pu faire. Pourquoi ça me revient dans la gueule maintenant ?

— Je ne bougerai pas. Ça ne sert à rien de me faire partir, je ne bougerai pas. Je veux être là s'ils attaquent à nouveau.

Je lève mon regard vers l’autre gars qui est désormais assit par terre, baguette en main.

S’ils attaquent à nouveau ?

— C’était eux ?

Bien sûr que c’était eux. Encore. Comme si Décembre ne suffisait pas.
J’essuie d’un geste machinal le sang de Gabrieli posé sur mes mains, sur mon jean tout aussi tâché. Je tremble, j’ai toujours aussi froid et il me faut une clope. Genre, maintenant. Les nerfs se relâchent et je le sens dans mes muscles, mes membres. On a que 20 ans putain, comment est-ce qu’on pourrait réagir autrement que par des tremblements et de la nervosité ?

— J’m’en fou que tu restes là ou pas. J’compte pas te faire partir.

Qu’est-ce que ça  peut me foutre de savoir s’il veut rester planter là toute la nuit quand je ferais la même chose à sa place ? Je l’en délogerais pas. Je sais pas si c’est sa frangine ou sa pote, ou quelqu’un d’autre qui est là bas mais si j’étais dans son cas, je serais là où il est assis, yeux braqués sur la porte en bois.
Je sors mon paquet de clope de ma poche et glisse une cigarette entre mes lèvres, l’allumant rapidement. Je sais même pas ce qu’il se passe, ni ce qu’il s’est passé. Et d’abord où est Macy et Maxime ? Elles étaient au match, non ?

— Will.

J’ai pas vu arrivé cet aura argenté qui se dirige vers moi pourtant.. il est bien plus imposant que l’ancien. Un requin contre un scarabée, ça fait une sacrée différence. Le patronus se plante devant moi, agitant légèrement ses nageoires.

— Macy est avec Mateo et moi, tout est ok. On gère.

Et il repart, sans préavis.
Est-ce qu’elle sait qu’au moins je vais bien ?

Un brouhaha éclate en bas et résonne jusqu’à nous.
Je viens m’assoir à côté de l’élève, cigarette entre les lèvres et me frotte le front du dos de ma main, nerveux.

— Qu’est-ce qu’il s’est passé.

Je ne le regarde pas, j’veux pas le regarder. Ce type à un regard de tueur. Froid et calculateur. Baguette en main, il semble prêt à buter le premier qui s’approche de cette infirmerie. Les Supérieurs ont fait leur entrer… Est-ce qu’ils pourraient revenir ? J’en sais rien. Je sais même pas ce qu’il s’est passé putain.
Et Drew. Où est Drew ? A l’abri ? C’est un moldu, c’est enculé serait capable de le trouer comme un gruyère pour le plaisir.
Je sors ma propre baguette et la conserve dans ma main libre.
Autant transformer cette école en base militaire.
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Lun 9 Nov 2015 - 20:45


Pas d'abattement. Pas de peur, pas de tristesse. L'animation ne le touchait pas, elle le frôlait tout au plus, tel le bourdonnement d'une volée de mouches qu'on a juste envie d'écraser pour les faire taire. Des mouches attirées par l'odeur du sang, par l'odeur des emmerdes, de la mort, la puanteur de la crasse humaine. Ils étaient ce que Dieu avait fait de plus ignoble, si tant est qu'il puisse exister un Dieu aussi fourbe. Jeroen renifla, se frotta le nez d'un geste brusque, sans lâcher des yeux la porte de l'infirmerie. Ce qu'il ressentait, c'était de la rage à son état le plus pur. Une rage solaire bouillonnant au fond de son âme comme une potion de mort dans son chaudron d’étain. Jeroen n'était pas sous-au-lait, sa colère se faisait sentir avant d'exploser, et s'il était difficile de la prévoir, c'est simplement qu'il savait quand et comment la maintenir à sa place. Mais à cet instant précis, devant cette infirmerie, avec tout ce sang sur ses mains... il avait lâché la bride. L'instinct du tueur s'était réveillé en même temps qu'on s'était attaqué à ce qu'il avait de plus précieux, sous ses yeux, et il s'épanouissait à l'air libre sans qu'il ne voit l'intérêt de le réprimer. Jouer l'élève sage ? Baisser la tête et se soumettre au jugement Supérieur ? Plutôt se jeter par la fenêtre, et c'était bien la dernière chose qu'il voulait.

Jeroen tremblait. Depuis qu'il était sorti de l'infirmerie, depuis qu'un élève inconnu l'avait tiré loin de sa Julian, obéissant aux consignes de dégager le passage pour permettre aux soigneurs de travailler, il avait commencé à trembler. Ses mains, d'abord, puis ses bras, ses jambes, ses poings pris d'un tic nerveux se refermaient par intermittence sur sa baguette, on aurait pu le croire fou. Peut-être qu'il l'était. Il ne sentait pas le froid, ni le sang poisseux sur sa poitrine et ses mains. Il avait une forme de conscience de son corps comme si tout le matériel était lointain. L'adrénaline était retombée mais comme un moteur resté allumé pour pouvoir redémarrer en trombe, Jeroen était prêt à repartir au quart de tour à tout moment. Il avait suivi l'élève mais c'était un comportement automatique, un relent nauséeux de raison. Il avait parlé et oublié aussitôt ce qu'il avait dit, à qui, sur quel ton. Ça n'avait plus aucune sorte d'importance. Bras croisés pour masquer les tremblements et les tics nerveux, pas besoin d'être pris pour un psychopathe et enfermé aux cachots pour se calmer, merci. Quoique.

Et voilà. Assis contre ce mur glacé, debout juste en face, deux gars complètement paumés, hagards, ailleurs, chacun à son sentiment. La haine et l'abattement personnifiés en un diptyque irréel, devant un mouvement perpétuel d'élèves et d'adultes paniqués, personne ne sachant où donner de la tête mais tout le monde s'acharnant à un mouvement inutile. Comme s'il était encore possible de fuir... Il faudrait qu'ils comprennent, un jour. À présent il fallait se battre, il fallait agir, et non plus courir en vain dès qu'une attaque survenait pour reprendre un train de vie habituel dans les deux semaines suivantes. Jeroen en avait la nausée, tant il les trouvait méprisables, ces gens qui défilaient devant eux...

- C’était eux ?

Une question qui ne demandait aucune réponse, ou alors ce jeune homme était d'une débilité sans fin. Jeroen cligna des yeux pour chasser un vertige et se frotta à nouveau le nez. Il faillit se mettre un doigt dans l’œil, son poignet pris de soubresauts, mais il ne s'en rendit même pas compte. Son corps se calmait malgré lui, trop demandé depuis la fin du match. Bien sûr, c'était eux. Encore et toujours, comme une plaie qui suinte du pue à répétition. Jeroen l'avait tué, l'agresseur de Julian, et il l'avait tué en sachant pertinemment que c'était un de ses actuels « alliés ». Des maîtres qui ne respectaient pas leur parole. C'était mérité mais si cela avait des conséquences par la suite ?

Il jeta un regard en biais au garçon qui s'essuyait les mains avec frénésie. Du sang, beaucoup de sang. Jeroen regarda les siennes et se demanda l'intérêt d'effacer de telles traces. Le sang, ça reste à vie. Ça ne s'oublie pas en passant un coup d'eau dessus, à coup sûr ça devait même laisser des traces indélébiles, du genre qu'on relève avec des lampes spéciales dans les polices scientifiques moldues.

- J’m’en fous que tu restes là ou pas. J’compte pas te faire partir.
- Bien.

Une réponse d'un froid polaire. Il l'aurait menacé avec un pic à glace que l'effet aurait été le même. Ce n'était pas vraiment calculé, au fond il voulait juste signifier qu'il avait entendu sa réponse et l'approuvait, mais vu son état, difficile de lui demander d'y mettre les formes. Il raffermit sa prise sur sa baguette, le sang commençant à créer une croûte séchée sur sa peau, et recroisa les bras. Les tremblements étaient presque chiants. Il allait reprendre sa contemplation attentive des portes, attendant que quelqu'un les ouvre pour scruter l'intérieur à la recherche d'un indice sur l'état de sa belle, lorsqu'une aura argentée s'approcha d'eux. Le serdaigle venait de sortir une cigarette et regarda le patronus qui lui était destiné.

- Will. Macy est avec Mateo et moi, tout est ok. On gère.

Le requin repartit aussi vite qu'il était arrivé. Will. Mateo, Macy, beaucoup de noms d'un seul coup. Will vint s'installer à côté de lui et passa sa main sur son front. Signe de nervosité. Action réflexe, inutile, tentative pour calmer les micro-démangeaisons purement psychosomatiques créées par la situation.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé.

Jeroen prit soudain conscience qu'il ne savait pas. Tout était allé beaucoup trop vite. Un homme avait attaqué Julian, il l'avait abattu, puis il avait ramené sa belle à l'infirmerie et... et quoi ? Quel mobile ? Quel but ? Pourquoi viser l'amante d'un traître en repentir ? Pourquoi viser des professeurs, des élèves, sans logique visible autre que blesser certaines personnes ? Blesser...

- C'est le sang de qui ? demanda-t-il brutalement, d'une voix rauque.

C'est vrai, ça. Lui, il avait le sang de Julian sur les mains, mais aussi le sang de l'agresseur, d'un point de vue purement figuratif. Et ce Will, ce serdaigle un peu hagard qui l'avait tiré dehors ? Avait-il sauvé, avait-il tué ? Emeric aurait eu lui aussi le sang de deux personnes sur lui. Le grand frère du serpentard avait beau avoir fait ses classes à serdaigle, il était du même acabit lorsqu'il s'agissait de protéger ce qu'il aimait. Capable de tout. Will était-il un de tous ces imbéciles qui tournaient en rond sans être capables d'agir ? Jeroen nota qu'il avait lui aussi sorti sa baguette. Un bon point, mais si le garçon se montrait faible, délicat ou au contraire un peu trop casse-bonbons, il n'aurait aucune pitié. Quitte à attendre, il ne voulait pas s'encombrer d'un boulet. Il gratta passivement une petite croûte de sang pas totalement sèche qui s'étala sur son poignet. Puis il regarda à nouveau les portes et son regard se durcit encore un peu.

- Je les tuerai tous... murmura-t-il pour lui-même.

Sa main se serra sur sa baguette. Au diable les principes, au diable l'âme. Il les tuerait de ses propres mains jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un debout...
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Ven 20 Nov 2015 - 15:03

Son regard est sombre, flippant et glaçant. J'suis pas un trouillard de base mais les circonstances font que nous sommes à fleur de peau, moi le premier. Les circonstances font que même les plus courageux ressentent au creux de leur trippes ce frisson caractéristique de l'angoisse. Et si ce dernier fourmillait déjà au creux de moi quand je suis arrivé avec Mlle Hunt et son frère en sang, le regard de ce type me glace de part en part.

— C'est le sang de qui ?

Brutale et sans appel, son ton est explicite. Je me contracte, sentant mes propres nerfs trembler, lâcher.

— T'insinue quoi là.

Que j'suis une meurtrier? Que j'suis qu'un putain de psychopate qui adore planter le prochain que je croise? Je garde mon regard braqué sur lui, mes bras appuyés sur mes genoux que j'ai ramené vers moi, mais surtout, serrant mes mains l'une dans l'autre. Son regard n'est pas fuyant, il est fou. Je ne sais pas si c'est le choc d'avoir amené sa copine en sang ici ou s'il est naturellement comme ça, mais c'est clairement pas le genre de mec en qui j'ai confiance en ces circonstances, d'où le pourquoi je garde ma baguette bien en main. Je ne sais pas qui il est, je ne pense pas l'avoir déjà vu quelque part et quand bien même Maxime et Macy sont en vie, je n'en reste pas moins tremblant et sur le qui-vive. J'ai retrouvé Gabrieli en sang, il a ramené sa copine dans le même état. Est-ce qu'il y en aura d'autre? Bien sûr que oui. C'est trop simple pour être un putain d'hasard.

— Je les tuerai tous...

Je l'entends murmurer alors qu'il vient de gratter une croute de sang sur sa peau.
De possible fou, il passe à un type qui est gorgé par l'esprit de vengeance et de haine. Et je ne peux que comprendre cette rage qui l'anime puisque lorsque Jude est mort sous leurs coups, je n'avais que pour seule envie de les voir morts. Tous les trois. De les voir pleurer, geindre, supplier, souffir et se vider de leur sang. J'avais cette rage monstrueuse qui me bouffait les entrailles à me rendre complètement tarer, j'avais ce besoin virulant de frapper quelqu'un. Des les frapper eux. Parce qu'ils m'ont volés celui que j'aime. Ils me l'ont prit, purement et simplement, à cause d'une différence qu'ils jugent dégueulasses.
Ce sont eux, les dégueulasses.
Assis sur ce pavé, baguette en main, mon regard désormais résolu devant cette porte, j'ai la gorge nouée. J'aime pas quand des évènements comme ça me ramène à mes souvenirs, à CES souvenirs. J'ai autre chose à penser, à craindre, à désirer. Pourtant, le visage de Jude s'interpose. L'injustice s'insinue et je secoue la tête en fermant les yeux. Si la bande n'avait pas été là, j'aurai sûrement péter les plombs. Mais je ne l'ai pas fait, parce que ça n'en valait pas la peine. Parce ce que je ne voulais pas de venir comme eux.

— C'est le sang de Gabrieli, notre prof d'Etudes des moldus.

Je ne lui retourne pas la question parce que j'étais là quand il est arrivé. La situation paraitrait presque surréaliste. Je regarde le sang qui commence à sécher sur mes mains puis mes yeux glissent sur mes fringues qui sont tout autant imbibés. J'ai la gerbe.
Des éclats de voix se font entendre en bas et je sursaute, me relevant aussitôt pour me pencher légèrement vers
l'avant.

Si je pensais que la situation avait des airs surréalismes, tout se concrétise en un quart de seconde. La foule ouvre violemment les portes et se ruent à l'intérieur dans une panique général. Nous pouvons entendre des larmes, des appels au secours, des cris de profs qui tentent de ramener le tout au calme mais sans grand succès pour le moment. On y voit un mouvement de foule vers les escaliers se dirigeants sûrement vers l'infirmerie parce que oui, il n'y a aucun doute, sa copine et Gabrieli ne sont pas les seuls.

— Avant que tu n'ailles tenter de les tuer, j'pense qu'on devrait plutôt s'occuper de ceux qui arrivent.

Je donne un signe de tête vers le bas où les cris s'amplifient. La scène d'horreur est impressionnante et la panique monte de plusieurs crans d'un coup. Et si ces fumiers étaient toujours parmi nous? Si ce mouvement de foule était dû à une prise en chasse? Non. Les profs ne seraient pas là à demander le calme. Je sais pas, j'en sais rien.
L'angoisse me traverse les entrailles de nouveau et je sens mes jambes se ramollir. Tout ça n'a aucun sens et me ramène brutalement à la bataille de Salem où, de simples jeunes adultes entrain de se charier, nous sommes passés à des combattants improvés pour sauver nos vies.
Je ne suis pas là pour lui donner une leçon de moral à ce type et encore moins là pour lui dire quoi faire. Surtout en ces circonstances où, en plus de ça, je ne le connais pas. Il fait bien ce qu'il veut mais je ne resterais pas assit ici à rien foutre sinon je vais devenir tout simplement dingue. Et mon seul moyen pour balayer cette angoisse qui me menace depuis tout à l'heure c'est d'être occupé.

— On pourrait peut-être limiter la casse et laisser entrer que ceux qui... ont besoin d'être soigné.

Les cris se multiplient, s'amplifient.
Tout comme cette peur qui rôde autour de nous au même rythme que l'adrénaline parcoure mes veines. Je repense à Spencer qui s'est tué sous nos yeux et c'est aux visagex de Macy et de Maxime que je me raccroche pour ne pas céder sous la panique qui se profile.
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Dim 13 Déc 2015 - 0:48

- T'insinues quoi là.
- Rien.

Il s'est tendu comme la corde d'un arc, le serdaigle. Il faut avouer que l'heure n'est pas au tact ou à la complaisance, même si au fond, la loi martiale aurait pu être déclarée depuis des années à Poudlard. La loi martiale intérieure. Jeroen ne s'était jamais senti aussi détaché de lui-même, et il avait fait un tas de choses qui l'avaient mené à éteindre son lien avec lui-même, allant à l'encontre de ses principes et le forçant à éteindre toute pensée parasite qui aurait pu le faire agir trop... humainement. À vingt ans, il se remodelait selon les événements, prêt à tout accepter, à tout endurer... forcément, ça faisait ressortir les côtés exécrables du personnage.

Mais c'était vrai, au fond, il n'insinuait rien ; il voulait savoir. Savoir s'ils étaient deux meurtriers ou non. Il ne doutait pas que le gars était du côté des « gentils », vu son état à la vue du sang qui maculait ses mains, mais... Jeroen commençait à prendre conscience qu'il venait de prendre une vie humaine. Une vie pour une vie, l'équilibre, une fausse stabilité dans le déroulement de l'existence... Est-ce que ça le touchait ? Il n'avait pas eu de contact direct avec l'agresseur, il l'avait à peine regardé avant de lancer le sort fatal et après, il était déjà oublié. C'était assez irréel comme situation. Est-ce que le directeur voyait la chose différemment, lui qui avait tué en regardant l'autre dans le blanc des yeux ?

Jeroen sentait le poids du regard de son compagnon d'infortune mais ne s'en formalisa pas. Ce n'était pas en serrant sa baguette que ce gars était vraiment protégé, au fond. En grattant le sang sur sa peau, le serpentard laissa échapper la soif de violence qui débordait de son esprit. Fou ? Peut-être. Ça commence par deux ans de mensonges à la face du monde, isolé dans un huis-clos, et ça finit par tuer quelqu'un sans trop y faire attention. Le déroulement est logique, presque évident : cela devait arriver, et il était plutôt soulagé d'avoir pu choisir sa cible.

Il se demanda si quelqu'un l'avait vu lancer le sort, s'il y avait eu des témoins dans la mêlée. Et il se demanda encore, est-ce qu'il avait aimé ça ? Qu'est-ce que ça lui faisait, au plus profond de lui-même ? Du dégoût, de la peur, de l'excitation ? Il entendait déjà l'autre timbré lui assurer que bien sûr, il avait aimé ça. Que c'était dans ses gênes. Très franchement, il commençait à se poser des questions parce que... même sans avoir aimé ça comme il aurait pu aimer voir l'agresseur souffrir pour ce qu'il avait fait, il était prêt à remettre ça dans la minute. Prêt à se salir les mains, puisqu'il fallait bien que quelques-uns se dévouent dans ce château d'inconscients affolés par la moindre goutte de sang. Quant à choisir entre l'explication par les circonstances atténuantes, ou par quelque chose de plus profond...

- C'est le sang de Gabrieli, notre prof d'Etudes des moldus.

Il hocha du chef, mais la question ne fut pas retournée. Ce Will savait, ou plutôt, il croyait savoir. Cependant, Jeroen n'avait pas besoin de traumatiser d'autres élèves, pas en se vantant d'une mort qui, en plus d'avoir été plutôt moche, n'avait même pas sauvé sa belle. Il se sentait tellement inutile ! Il avait tourné les yeux, regardé ailleurs pendant quelques secondes ; il l'avait à peine sentie partir et maintenant, il ne pouvait plus rien faire que d'attendre comme un con, assis devant les portes de l'infirmerie, à moitié maculé de sang et le corps en ébullition. Il prit sa tête entre ses mains, pris d'une envie de hurler, mais il se retint. Ne pas créer de mouvement de foule, se contenir... à quoi bon ? Il n'attendait maintenant qu'une seule chose : que son maître chanteur se manifeste à nouveau, pour lui faire comprendre l'erreur que ç'avait été de les laisser toucher à Julian.

Soudain, le serdaigle sursauta et se leva d'un bond. Des éclats de voix, un bruit pas possible provenant d'un peu plus bas dans les étages. Jeroen redressa la tête, poing serré sur sa baguette qui résistait vaillamment à la pression. Le gros de la foule présente au match de Quidditch revenait au château sans aucune discipline, malgré les voix qui fortes qui tentaient de ramener le calme. Il est tellement simple de mettre le bazar : quelques kamikazes, quelques cibles « au hasard » et tout le monde commençait à se piétiner, obnubilé par ses petites angoisses personnelles. Il ne dérogeait pas à la règle, évidemment. Mais vu le bordel, même un Jeroen au bord de la rupture d'anévrisme pouvait sembler calme.

- Avant que tu n'ailles tenter de les tuer, j'pense qu'on devrait plutôt s'occuper de ceux qui arrivent.

Jeroen lui lança un regard étrange. Venait-il vraiment de lui proposer de s'occuper des autres ? D'aider ? Il avait à peine réussi à enrayer l'hémorragie de Julian, alors qu'il y avait mis toute son âme. Ses mains tremblaient toujours lorsqu'il ne serrait pas quelque chose et sa baguette refuserait de lancer le moindre sort un peu précis nécessaire aux soins. Sa magie se faisait la malle, en fait, et même s'il n'était pas aussi impliqué moralement avec les autres, il avait encore le sang de Julian sur ses mains. Ça le rendait dingue. Et puis, les autres, au fond, il s'en foutait. Ils pouvaient bien crever, tant que sa belle était à l'abri. À l'abri... Mais si un infiltré s'était glissé dans la foule, si les élèves rentraient en masse dans l'infirmerie... Elle ne serait plus à l'abri. Cette idée mit son temps à monter dans son cerveau anesthésié par la colère. Il inspira et expira lentement pour calmer l'envie de tuer. Avant tout, il devait protéger Julian. C'était sa mission, celle qu'on ne lui enlèverait pas, jamais. Et si cet élan d'égoïsme pouvait aider quelqu'un, tant mieux, au fond.

- On pourrait peut-être limiter la casse et laisser entrer que ceux qui... ont besoin d'être soigné.
- Je ne soignerai pas. J'en suis incapable. Mais s'il faut faire le tri... concéda-t-il à voix basse.

Il rompit le contact visuel et se releva en s'appuyant sur ses cuisses, frotta vaguement ses bras pour activer la circulation et enlever un peu du sang de sa copine. Ce qui n'avait pas séché s'étala d'autant plus, comme des peintures de guerre. Au fond, oui, ils étaient en guerre. « Will » avait raison. Il fallait qu'ils bougent, qu'ils s'activent, sinon il allait devenir dingue et finir par cogner sur quelqu'un d'innocent.

- Will, c'est ça ? Jeroen. Faut garder un passage vers l'infirmerie avant qu'ils bouchent tout et les renvoyer aux dortoirs. Si quelqu'un a l'air suspect... dis-le moi. Je m'en occupe.

C'était évident, à son ton, qu'il tueraitla personne en question dès lors qu'il aurait une preuve de sa culpabilité. Après tout, cela faisait longtemps qu'il voulait exercer son sortilège d'Impérium. Avec Will, ils se plantèrent en travers du couloir. Faire le tri. Les blessés passaient, les autres dégageaient dans la seconde et Jeroen était prêt à hausser le ton pour se faire entendre...
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Mar 22 Déc 2015 - 16:08

— Je ne soignerai pas. J'en suis incapable. Mais s'il faut faire le tri...

Le tri de quoi ? Des morts ? Des blessés graves aux moins graves ? Ca me file la gerbe. J'ai l'impression qu'on se trouve en pleine guerre mondiale à faire le tri des cadavres pour limiter la surpopulation de blessés à l'infirmerie. DE toute façon, nous y sommes en guerre alors qu'est-ce que ça change ? Qu'est-ce qu'il y a de différent à part que l'ennemi n'occupe pas encore le territoire. Un jour ça va nous exploser en pleine gueule et on comprendra rien. J'devrais foutre le camp, prendre Macy et Maxime avec moi et nous tirer de là, loin de ce château. Loin de toutes écoles susceptibles d'exploser du jour au lendemain comme il en a été de Salem. J'devrais les emmener en Californie, à L.A, ou simplement chez mes parents, là où on sera en sécurité. Ouais, j'devrais. Mais j'le ferais pas parce que ça serait leur donner l'occasion de nous la mettre un peu plus profond. Pourtant, tout deviendrait si simple.

Je suis crispés sur la rambarde, essayant de jeter un œil en bas où les cris s'élèvent un peu plus fort. On ne va pas tarder à voir débouler une réelle émeute... Combien de personnes ont été blessées ? Maxime et Macy vont bien, c'est un premier soulagement mais c'est pas pour autant que je me fou du reste. Mes yeux glissent sur mes mains en sang, celui de Gabrieli, je revois son visage aussi blanc qu'un mort et celui de Mlle Hunt, désespérée. Est-ce que son frère va mourir ? La peine qu'on a ressenti à la disparition de Dean et de Maxime, puis à la mort de Spencer a été pire qu'un passage à tabac. Ce sont des coups sur la gueule, a répétition, sans que ça ne s'arrête.

— Will, c'est ça ?

Retour à la réalité.

— Ouais.
— Jeroen. Faut garder un passage vers l'infirmerie avant qu'ils bouchent tout et les renvoyer aux dortoirs. Si quelqu'un a l'air suspect... dis-le moi. Je m'en occupe.

Il me dit ça avec une telle froideur et une telle conviction qu'à aucun moment je ne viens à douter de sa parole. Comment est-ce qu'il peut être aussi sûr de lui concernant la vie d'un autre ? Mon regard glisse vers l'infirmerie, là où sa copine est peut-être entrain de lutter pour ne pas mourir... Qu'en serait-il de moi si c'était Maxime ou Macy à sa place ? Et moi à celle de Jeroen ? J'imagine l'espace d'un instant la mort de l'une ou de l'autre, une boule d'angoisse me prenant aussitôt la gorge. J'pourrais pas. S'il leur arrivait quoi que ce soit, j'pourrais pas garder le peu de lucidité que j'aurai. Je n'aurai que pour seule envie de le détruire parce que personne sur cette putain de planète ne touchera ni à Macy, ni à Maxime.
Mes doigts glissent sur la chaîne en argent. J'espère que vous m'écoutez là haut vous deux, parce qu'elles ne sont pas prête de vous rejoindre.

J'ai pas le temps de lui répondre ou même de lui demander comment il va, s'il tient le choc : Le flot de personne débarque. Nous nous mettons au travers le couloir pour commencer à faire le tri entre personnes blessés et personnes n'ayant rien. Quand j'en parlais avec Jeroen, ça avait l'air d'une simplicité enfantine, d'autant plus que trois Universitaires sont venus à notre rescousse en prenant en charge les blessés juste derrière nous. On les envoyait à l'infirmerie, ils les récupéraient pour juger de leur état et de les dispatcher dans une autre salle ou non. Ouais, ça avait l'air simple comme bonjour. Jusqu'à ce que l'on voit tout ce sang sur certains, des visages livides, des visages en larmes, qu'on entende des hurlements de haine ou de peur, juste en face de nous. Qu'on doivent faire face à une émeute humaine, transporter par l'inquiétude et la rage de voir l'un de leur proche blessé. Certains se tiennent à carreaux, s'écartant de l'allée pour faire plus de place pour les blessés. C'est une logique à la portée de tout le monde. Pourtant, il y a ceux qui ne veulent rien savoir, rien entendre, rien voir si ce n'est que ce voile rouge qui s'interpose face à leur regard.

— Laisse moi passer.

Un type que je n'connais pas, une tête de plus que moi, au regard complètement fou. Comme s'il allait nous péter à la gueule en un claquement de doigts. J'ai encore du sang sur les mains, sur le pull, sur mes baskets et l'odeur s'accroche à moi aussi fort qu'un mort à la vie.

— J'peux pas, l'infirmerie est déjà bondée. Désolé.
— J'te demande pas ton avis bordel, alors dégage.

Il me pousse une première fois et je ne bouge pas, baguette en main.
Dans une situation comme celle-ci, tout le monde ne peut pas avoir un esprit clair et lucide. Statistiquement, il y en a forcément une poignée qui va péter les plombs... Et ce gars en fait partie.

— Et moi j'te dis que non. T'as un proche là bas ?
— Un ami d'un pote. Ils sont tous les deux là bas normalement.
— Alors j'peux pas te laisser passer, ils demandent même aux proches de laisser de la place pour avoir plus de mouvement et...
— RIEN A FOUTRE DEGAGE !

La droite m'attérit droit sur la tempe et me sonne sur le coup, me donnant l'occasion de voir quelques étoiles devant les yeux. Ça pourrait presque être beau si j'avais pas l'impression d'être en plein cauchemar. J'ai la sensation que tout ça n'existe pas, que ça ne se passe pas sous mon regard. Que je suis simplement entrain d'assister à une pièce de théâtre. Mais le deuxième coup que je peine à esquiver me rappelle que tout ça est aussi réel que le goût du sang dans ma bouche. Je lui redonne sa droite avec violence, peut importe s'il est sonné ou non, le tout est de pouvoir laisser une marge de manœuvre aux autres. Je secoue la tête, secoue mes phalanges douloureuses et ne le voit pas arriver une deuxième fois, le regard complètement fou. Comme si son cerveau venait de rompre toute connexion avec la réalité.
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Ven 1 Jan 2016 - 21:49

William semblait avoir du mal à envisager l'idée de devoir faire ce tri, pourtant d'une nécessité capitale. De décider qui passerait ou non. En tant qu'étudiants, ils n'étaient pas censés faire ce genre de choix, ils n'auraient pas dû faire face à une situation de guerre comme aujourd'hui. En même temps, le serdaigle de Salem n'avait plongé dans cette ambiance martiale que très récemment et sa désorientation était compréhensible. Ça l'était un peu moins pour les élèves de Poudlard, qui avaient vécu deux ans d'occupation et qui, pour la plupart, n'en avaient tiré aucun enseignement... Jeroen, lui, ça ne le dérangeait pas outre mesure. Il aurait pu décider de la vie et de la mort des habitants du château, s'il l'avait fallu. Mais là, on était encore loin d'une telle situation : il s'agissait uniquement de laisser passer les blessés et d'évacuer les autres vers les salles communes, pas de choisir selon la gravité ni de condamner qui que ce soit. À la limite, ce choix reviendrait aux infirmiers, les deux jeunes pouvaient donc s'en décharger sans problème.

En tout cas, l'attaque n'avait visiblement pas touché autant de monde que les précédentes. Ils auraient pu faire un massacre dans les gradins, si ça avait été décidé ainsi... Tout avait été parfaitement calculé. Le nombre de cibles était restreint mais ils avaient réussi leur coup...

Garder la tête froide. Protéger Julian, faire son devoir ou quelque chose dans ce ton-là. Oui, ça avait l'air simple, mais dans la pratique, lorsque la foule s'amassa dans le couloir, la panique rendait la plupart des arrivants complètement sourds et hermétiques aux ordres. Jeroen donnait de la voix avec l'impression de brasser dans le vent. Puis un petit groupe tenta de passer en force et il commença à s'énerver, parlant plus fort, plus impératif que jamais. Malgré sa carrure plutôt sèche, il prit bientôt plus de place de son côté du couloir, remonta ses manches, secouant ses mains pleines de sang sous le nez des récalcitrants pour qu'ils dégagent fissa. Ils ne tinrent par longtemps face à ce serpentard au regard sombre qui les menaçait de les dépecer s'ils ne vidaient pas les lieux pour laisser la place aux vraies victimes. D'autres élèves un peu paumés se mirent en tête de faire comme eux et de raccompagner les élèves non blessés vers leurs dortoirs ; sûrement la même angoisse de rester immobile dans un tel chahut.

En fait, il n'était pas certain d'avoir la tête froide. Il était ailleurs, comme dans un rêve, un rêve éveillé où son corps bougeait tout seul. Déconnecté de ses gestes, de ses cordes vocales en action. La tête froide, il aurait eu une pleine conscience de ce qu'il faisait, mais là, non, ça remontait par bribes dans son cerveau mais ce qui se passait autour de lui était un peu flou. Lorsqu'une amie de Julian lui demanda comment elle allait, l'ayant vue se faire attaquer dans les gradins, il répondit par automatisme, envoya balader les questions. En train d'être soignée. Était en vie quand il l'a déposée sur un lit. Était. Était ? Il regarda autour de lui, perdu l'espace d'un instant, pris d'un vertige. Ces cris, ces larmes, ce sang faisaient écho à ce qu'il ressentait au fond de lui et ça le mit soudain mal à l'aise : il ne voulait pas qu'on voit ce qu'il ressentait. Cette profusion d'angoisses frôlait la limite de l'impudeur. Et cette colère qui grondait doucement, toujours tapis au fond de sa poitrine...

Il lança un regard désœuvré à son compagnon de galère. À quelques mètres de là, celui-ci semblait commencer à se prendre le chou avec un gars plus grand que lui et clairement agressif, que Jeroen reconnut rapidement. Un gars de sa maison, grand mais nettement plus jeune, pas très futé. Will avait sa baguette à la main et résista lorsque l'autre le poussa. Jeroen esquissait un geste dans leur direction lorsqu'il vit partir le premier coup. La colère fit éclater la brèche et se déversa à nouveau dans son cerveau, le malaise se dissipa momentanément. Le serpentard fendit la foule. Les élèves paniqués s'écartaient déjà : entre des agresseurs Supérieurs ayant déjà fait leur affaire et des gars qui se bastonnaient sous leur nez, ces derniers étaient clairement les plus dangereux.

Will rendit le coup avec peu de conviction. L'autre avait de nouveau armé son poing lorsque Jeroen prit le serdaigle par le col et le tira brusquement en arrière pour l'enlever de la trajectoire du poing fermé. Il fit tourner sa baguette dans sa main pour qu'elle ne s’abîme pas et profita de l'ouverture causée par le coup raté pour balancer une droite en plein visage du mec qui perdait les pédales. Il sentit ses os et ses muscles vibrer sous l'impact, faisant reculer sa cible de quelques pas. S'il avait pu tuer l'agresseur de Julian à mains nues, il aurait été certainement bien plus calme après coup... Attaquer à distance, c'est perdre toutes les sensations du corps... C'est perdre cette connexion inouïe qui s'opère entre l'esprit et les muscles, entre soi et l'adversaire, c'est faire une croix sur la fatigue libératrice de la fin du combat, c'est...

Perdre les pédales. Devenir un danger, dans une foule pareille. Lorsque le gars se redressa pour attaquer à nouveau, Jeroen planta sa baguette sous sa gorge en le regardant droit dans les yeux. Ça eut pour effet immédiat de calmer le garçon, particulièrement lorsque celui-ci se rendit compte de qui était en train de le menacer. Son regard s'éclaira comme s'il reprenait à peine conscience de ce qui l'entourait. Il recula d'un pas, mais Jeroen avança pour ne pas défaire le contact du bois sur la peau fragile sous son menton.

- On se calme IMMÉDIATEMENT ou je te démolis.
- Mais ils sont là-bas et...
- Tu t'es regardé, Tomas ?

Silence. Jeroen tentait de se contenir avec difficulté. Son ton était glacial, il détachait chaque syllabe.

- La peur, ce n'est pas une excuse pour se comporter comme un imbécile. Si tu connais quelqu'un qui a été blessé, désolé pour toi, mais tu n'es pas le seul. Donc tu vas me faire le plaisir de laisser les infirmiers faire leur boulot, et si je te vois encore cogner quelqu'un aussi gratuitement, je m'occupe de toi. Et tu sais bien à quel point ça peut faire mal.

Le garçon ravala sa salive. Ils avaient plus ou moins été camarades pendant les années Supérieurs. Jeroen, comme avec beaucoup d'autres jeunes, lui avait appris à réfléchir par lui-même tout en lui épargnant des tâches ingrates à base de torture d'élèves et de moldus innocents, lui permettant, à la libération, de reprendre un train de vie quasiment normal. L'important, c'était que Tomas savait que son aîné était capable de le démolir sur place. Il l'avait déjà vu à l'oeuvre : il l'avait déjà vu lancer des Doloris et autres sortilèges mauvais, sans jamais s'en plaindre, et ce regard de tueur... à qui appartenait le sang sur ses mains et son torse, d'ailleurs ? Un ami ou un Supérieur ? Jeroen inspira profondément pour reprendre ses esprits et retira sa baguette de sa gorge.

- Tu m'as bien compris ?
- Oui...
- Ils font de leur mieux. Maintenant, tu vas me faire plaisir et faire demi-tour. Dès que tu croises des serpentards, tu les prends avec toi et vous rentrez à la salle commune en attendant les ordres des enseignants. Tu sais faire, ça, suivre les ordres.

Le garçon se frotta le visage, lança un regard un peu paumé à Will et finit par faire demi-tour sans demander son reste. Autour d'eux, les moins courageux firent demi-tour aussi. Mieux valait ne pas se mettre à dos cet espèce d'hystérique. Jeroen se retourna finalement vers Will, se mettant à gratter compulsivement ses bras par la même occasion. Son ton se révéla un peu plus calme, presque éteint. La fatigue commençait à se faire ressentir...

- Il t'a blessé ? Si tu as besoin de t'arrêter cinq minutes... C'est un crétin mais il frappe fort...

Il jeta finalement un regard vers les portes de l'infirmerie, le poing serré sur sa baguette.

- Ils font de leur mieux... hein ?

Dis-moi, Will, tu avais raison de me faire sortir de l'infirmerie ? J'ai raison de te suivre sur ce coup-là ?
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Ven 15 Jan 2016 - 12:28

Brutalement tirer en avant, en arrière, sur le côté, j’en sais foutrement rien. Je me sens juste partir, accroché par le col, sans savoir à qui appartient cette main qui m’agrippe. Tout ce que je sais c’est que la nouvelle droite me loupe de peu… rejoint par une autre qui atterrit sur la gueule de l’agresseur.
Je recule de quelques pas, titube presque en secouant de nouveau la tête un peu sonné. La tension est montée de trois crans, rendant l’air électrique, comme si nous n’étions pas tous assez sur les nerfs comme ça. Mes yeux glissent vers Jeroen qui est tout simplement celui qui m’a peut-être évité un nez cassé qui tient maintenant l’élément perturbateur en respect, baguette plantée dans la gorge.

- On se calme IMMÉDIATEMENT ou je te démolis.
- Mais ils sont là-bas et...
- Tu t'es regardé, Tomas ?

J’imprime le prénom et y colle sa sale gueule.
Tremblant, l’estomac à l’envers, le cœur qui fait des bonds de gazelle, les émotions sont comme des vagues en un temps de tempêtes. Elles partent pour mieux me revenir à la gueule.
Le ton de Jeroen est d’un froid implacable, d’une autorité à vous foutre la trouille surtout après tout ce qu’il s’est passé. Est-ce que ce type ressent d’autres émotions que la haine et que les vents froids d’Alaska ?

- La peur, ce n'est pas une excuse pour se comporter comme un imbécile. Si tu connais quelqu'un qui a été blessé, désolé pour toi, mais tu n'es pas le seul. Donc tu vas me faire le plaisir de laisser les infirmiers faire leur boulot, et si je te vois encore cogner quelqu'un aussi gratuitement, je m'occupe de toi. Et tu sais bien à quel point ça peut faire mal.

Si je ferme ma gueule ça n’empêche pas que je capte les mots.
Je me redresse, baguette toujours en main que je serre dans le creux de ma paume. J’suis pas con, j’suis même loin d’être débile, ma logique est plus affutée que la moyenne et ce que j’entends est tout simplement lourd de sens. Jeroen s’est visiblement déjà occupé personnellement de Tomas. Et pas avec douceur si je comprends bien.

Je reste en retrait et observe.

- Tu m'as bien compris ?
- Oui...
- Ils font de leur mieux. Maintenant, tu vas me faire plaisir et faire demi-tour. Dès que tu croises des serpentards, tu les prends avec toi et vous rentrez à la salle commune en attendant les ordres des enseignants. Tu sais faire, ça, suivre les ordres.

Tu sais faire, ça, suivre les ordres.
Le jeu du dominant et du dominé. Parce que Jeroen avait clairement un pouvoir sur ce type, rien qu’avec un regard noir, rien qu’avec des mots glacials. Tomas me regarde, aucune expression ne trouble mes traits, aucune compassion non plus. Je ne sais pas quoi penser de ce qu’il se passe sous mes yeux et ma tête me donne l’impression de gonfler comme un ballon. J’en avais presque oublié la foule autour de nous qui s’est plus ou moins calmé, certains ayant déjà pris leur mal en patience pour aller dans leur salle commune.
Tomas se tire, un bon paquet d’autre personne aussi. Mais pas Jeroen qui se tourne vers moi, se grattant de nouveau les bras, nerveux. Ce type est flippant, changeant, imprévisible. Une putain de roulette russe où tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber en appuyant sur la gâchette.

- Il t'a blessé ? Si tu as besoin de t'arrêter cinq minutes... C'est un crétin mais il frappe fort...
- Non. J’en ai vu des plus balèzes que lui, t’en fais pas pour moi.

Comme ceux qui nous ont démolis, Jude et moi. La droite de Tomas n’est rien comparée à ce que j’ai reçu ce soir-là en pleine gueule, dans les côtes, dans les tripes. Ca n’est rien comparé à ce qu’ils m’ont fait en m’arrachant mon mec pour une histoire d’orientation sexuelle.
Je ne saurais pas vraiment expliqué pourquoi un afflux de haine me parvient dans le cœur comme une piqûre d’adrénaline mais malgré mes mains tremblantes, je garde le contrôle. Je ne lâche pas Jeroen du regard, complètement fasciné et intrigué par sa personnalité changeante et brutale. Brute de décoffrage, le genre de type dont le regard vous fou des sueurs froides le long de la colonne.

- Ils font de leur mieux... hein ?

Comment il fait pour passer d'une violence à cet air presque fragile? Il a l'air réglo et c'est bien pour ça que je reste, parce que d'avoir sa présence et ce, même si je ne le connais pas, aide à prendre sur soi. On est dans la même merde.
Regard en arrière, vers l’infirmerie où on entend des cris échangés qui ressemble à des ordres mais aussi à des demandes d’aide pour soigner, donner telle potion, ou je n’sais quoi d’autre. Je recentre son attention vers son camarade, se grattant la tempe.

- Ouais t’inquiète, ils sont là pour ça. Moment de silence. C’est ta copine, c’est ça ?

Bien sûr que c’est sa copine. Ou sa frangine. Ou sa meilleure pote. J’en sais rien, c’est pour ça que j’demande.
Les élèves se font plus calmes, tournent un peu autour de l’infirmerie sans faire de vague. Les proches sont dans un coin, se rongeant les ongles, se grattant les cheveux, regardant dans le vide. Ou tout simplement essayant de relativiser la chose.

- J’suis certain que ça va aller. Ils se sont super bien démerdé en Décembre quand nous sommes arrivés. Ils se sont déjà occupés d’une pote à moi et… ouais. Font les choses bien.

C’était pas une gravité de la même ampleur mais Helland, Katherine, Maxence et le reste sont consciencieux et ne laissent rien au hasard. J’aurai donné n’importe quoi pour que Spencer ait cette chance.
Trop de souvenir tambourine à l’intérieur de mon cerveau. Jude, Dean, Maxime, Spencer. Quatre piliers de nos existences disparues d’un claquement de doigts. On s’est retrouvé des heures, Macy et moi, à pleurer sur le fait que nous ne serions plus que deux. Deux sur six.

Et tout ce sang sur moi qui me donne la gerbe.
Surréaliste. Irréaliste.
Une scène de crime, d’un film, d’un truc qui n’existe pas.

- T’entendais quoi par « Tu sais bien à quel point ça peut faire mal », tout à l’heure ? Tu t’es déjà cogner avec lui ?

Peut-être un moyen d’en savoir plus ou assouvir une curiosité ou peut-être pour faire passer le temps jusqu’à ce qu’ils sortent de cette pièce pour nous dire que tout le monde va s’en sortir vivant. Je n’imagine même pas l’angoisse qui doit régner à l’intérieur de l’infirmerie ni à la vitesse que les urgences doivent prendre de l’ampleur.
Regard vers Jeroen.
Le monde à l’envers que la présence d’un type avec le regard d’un tueur me permet de garder la tête froide.
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Lun 25 Jan 2016 - 14:54

William ne devait rien comprendre à ce qui se passait. À moitié sonné, il n'exerça aucune résistance lorsque Jeroen le tira en arrière... un peu brutalement. Juste un peu, pas vraiment, le geste était à peine maîtrisé et il aurait pu l'envoyer valser jusqu'au mur si le serpentard ne préparait pas déjà sa contre-attaque. Jeroen non plus ne calculait plus ce qui se passait, il agissait, quittant cette attitude passive qu'il haïssait plus que tout au monde. Sa baguette vibrait de l'excitation du combat, prête à cracher un sortilège si Tomas refusait de se calmer, mais le garçon sembla vite reprendre ses esprits. Lorsque notre vie est en danger, on aborde différemment les choses et aussi fier puisse-t-on être, on baisse la tête. Ça crépitait, les gens s'écartaient devant la démonstration de violence. Peut-être les choses allaient-elles se calmer un peu, enfin, aux abords de l'infirmerie ; et si ça ne changeait rien, Jeroen répéterait l'opération autant de fois que nécessaire.

Le serpentard oublia ce qui l'entourait, oublia William qu'il était pourtant en train de protéger. Il engueula Tomas comme s'ils étaient seuls ou presque, à demi-mot, même s'il aurait dû faire preuve de plus de retenue devant une telle foule. Le gaillard avait besoin de se refaire une réputation correcte et les esprits vifs pouvaient comprendre de quoi il retournait lorsque Jeroen insinua que Tomas savait suivre les ordres. La plupart des élèves ayant vécu à Poudlard ces deux dernières années savaient que Jeroen n'était pas tout blanc et il décalquait sa réputation sur ceux qu'il côtoyait. Est-ce qu'il en avait quelque chose à faire, présentement ? Quel intérêt si Julian ne survivait pas ? Pareil pour les amis de Tomas aussi, ça n'avait aucun sens de se protéger si l'on était même pas capables de protéger les autres. Ce n'était même plus de l'égoïsme, car même le serpentard le plus égocentrique avait besoin des autres ; ça allait au-delà : c'était de la faiblesse.

Qu'est-ce qu'il regardait, Tomas, derrière lui ? Avec ces yeux d'animal fragile. Il était fragile, et Jeroen savait qu'il tenait en joue un reflet de lui-même. Il se menaçait tout seul. Sans le montrer, Jeroen tentait de s'imprégner de ses mots en les crachant au visage d'un autre. Ils faisaient de leur mieux et lui, il devait se calmer, suivre les ordres. Tous deux savaient suivre les ordres, et pour preuve : ils étaient en vie. Mais si Jeroen ne se calmait pas, s'il agressait tout le monde et se faisait remarquer par l'équipe enseignante, son maître-chanteur viendrait finir le boulot entamé avec Julian et tout cela n'aurait servi à rien. Tomas lâcha prise et tourna les talons, désœuvré. Jeroen sentit alors à quel point ses muscles étaient tendus. Le bourdonnement de la foule atteignit à nouveau son cerveau et il regarda autour de lui, pris d'un vertige, avant de se rapprocher du serdaigle pour s'enquérir de son état.

- Non. J'en ai vu des plus balèzes que lui, t'en fais pas pour moi.

Plus balèzes, certes, mais était-ce une raison pour minimiser une agression aveugle ? Bon sang, comme ses bras le grattaient ! Le raclement de ses ongles sur sa peau semblait faire un bruit d'enfer. Lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il était en train de faire, il s'arrêta brusquement et tira ses manches. Son épiderme avait changé de couleur sous la couche de sang coagulé. Ce n'était pas le moment d'attraper un nouveau tic. La colère s'apaisait un peu mais l'angoisse revint à l'assaut, armée de ses chars chargés de doutes qu'il émit à voix haute, cherchant une réponse, un réconfort, à la première personne qui lui passait sous la main, qu'importait qui.

- Ouais t’inquiète, ils sont là pour ça. C’est ta copine, c’est ça ?
- C'est ma copine oui... Julian... on était dans les gradins, ajouta-t-il tout à fait inutilement.

Pas de « c'était ma copine », pas de passé. Ne pas s'inquiéter. Tout irait bien. Il regarda les portes de l'infirmerie, puis son regard se perdit dans l'observation vague des gens qui attendaient, plus calmes mais pas moins nerveux, qu'on leur dire que les leurs étaient hors de danger. Coup de mou. Il serra les poings pour se donner une contenance, faisant légèrement grincer le bois de sa baguette. Heureusement qu'elle était solide, il l'aurait brisée depuis longtemps avec toute la tension qu'il évacuait constamment dessus.

- J’suis certain que ça va aller. Ils se sont super bien démerdés en Décembre quand nous sommes arrivés. Ils se sont déjà occupés d’une pote à moi et… ouais. Font les choses bien.
- Oui... il n'y a pas de raison.

Il se donnait l'impression d'y croire, car d'un point de vue purement pratique, Julian était quasiment hors de danger. Lorsqu'il l'avait déposée là-bas, elle était encore avec lui, consciente et à peu près battante, et s'il s'était fait jeter, c'était parce que les infirmiers travaillaient activement autour d'elle. Tout de même, mourir d'un coup de couteau dans le monde sorcier, c'est vraiment bête au vu des moyens de soins auxquels ils avaient accès... Mais Jeroen avait une entière confiance en Helland et il devait se raccrocher à ça. Le serpentard finit par s'avancer sur le côté, sentant qu'il avait besoin de reprendre ses esprits, et s'adossa à un mur un peu à l'écart. S'écarter de la foule lui faisait déjà un bien fou et il inspira longuement sans se soucier de l'odeur ferreuse qui planait dans l'air.

- T’entendais quoi par « Tu sais bien à quel point ça peut faire mal », tout à l’heure ? Tu t’es déjà cogner avec lui ?

William eut droit à un nouveau regard étrange de la part du Serpentard. D'habitude, il ne parlait pas de ce genre de choses, encore moins à des inconnus. C'était une période de sa vie qu'il tâchait non pas d'oublier, mais de faire oublier. La question le prit au dépourvu mais après quelques secondes, il soupira et se lança dans la contemplation des motifs boisés de sa baguette.

- On est passés par l'Enfer.

Ils n'y étaient pas passés « ensemble » car au fond, ils avaient dû se croiser une dizaine de fois en deux ans : ils étaient simplement passés par le même Enfer. Et ils y étaient encore, en quelque sorte. Un autre type d'Enfer, celui où tout s'accélère drastiquement, alors que l'Enfer à l'époque où Jeroen protégeait des gars comme Tomas, c'était l'Enfer lent, insidieux, en apparence presque acceptable. À présent, Jeroen était seul dans toute cette folie, incapable de protéger sa famille et sa copine. Incapable d'être assez mauvais pour calmer les Supérieurs qui menaçait son entourage. S'il avait envie de démolir James, il savait aussi qu'au final, il risquait de se plier plus facilement à ses ordres pour protéger Julian... mais ce n'était pas le sujet. Il y réfléchirait le moment venu. Il reprit son explication pour détailler son propos un peu obscure.

- On ne s'est jamais battus l'un contre l'autre. Mais nous nous sommes tous les deux trouvés du mauvais côté et je l'ai... comment expliquer ça simplement. J'ai fait en sorte qu'il n'ait pas à se battre, mais il m'a vu frapper d'autres personnes.

Et ça avait suffit pour créer une relation où un mot de Jeroen pouvait calmer le gosse en un instant ; autant dire que Tomas avait vu des horreurs. Mais bon, les moldus et les rebelles qui étaient passés par les cachots en étaient rarement remontés en état de marcher, lorsqu'ils étaient en vie, et le traumatisme était partagé. Jeroen en avait assez dit et il ne détaillerait certainement pas ces situations morbides où la violence était tout autant physique que mentale, ces moments intenses où un Supérieur surveillait qu'il faisait bien le travail, l'empêchant de retenir ses coups. Est-ce qu'il en parlerait un jour à quelqu'un, à autre chose qu'à un psy et sans contrainte d'aucune sorte ? Était-il possible de se purifier de pareils actes, s'il arrivait à s'en sortir un jour ?

- Il fallait que quelqu'un le fasse.

Il fallait que quelqu'un frappe. Qui, ça avait peu importé aux Supérieurs tant qu'ils avaient leur dose de violence quotidienne. Jeroen espérait avoir protégé Tomas pour qu'il devienne quelqu'un de bien mais son agressivité lui faisait penser que le but n'était pas totalement atteint. Un peu trop couillon. Il savait obéir mais si on le laissait agir seul, il faisait n'importe quoi... Avait-il fait tout ça pour rien ? Sans Julian, tout semblait perdre son sens. Chute d'adrénaline. Il sentit qu'il vacillait.
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Lun 1 Fév 2016 - 13:24

Il m'intrigue ce mec, il me fait penser à Double-Face des Marvels, même si Jeroen n'a pas la gueule défiguré par une brûlure sur toute la moitié du visage. En revanche, son regard s'assombrit pour revenir à la normal, pour ensuite devenir aussi froid que la lame d'un couteau. Pas étonnant qu'il foutrait presque des sueurs froides. Et la petite discussion entre Tomas et lui n'a rien pour rassurer. Et si je tente la question c'est parce que je déteste être dans le flou, face à des mots au double-sens mais aussi pour meubler les blancs qui s'installent entre lui et moi. Le silence ne me rend pas nerveux habituellement mais autant dire que les circonstances sont bien différentes aujourd'hui.

— On est passés par l'Enfer.

J'arque un sourcil. J'suis pas sûr de tout comprendre.
Si Jeroen me parle de ce qu'ils ont vécus avant que nous arrivions ici, je ne vois pas le lien entre ses mots et ceux de Tomas si ce n'est peut-être le fait que ce dernier faisait partie du mauvais camp et que Jeroen lui ait savaté la tronche. Ca ne m'étonnerais pas parce que malgré le gabarit du jeune homme, il m'a tout l'air d'être une bête enragé prêt à dégommer le premier qui entachera la vie de sa nana. Rien de surprenant quand nous y réfléchissons.
J'suis là à attendre je ne sais trop quoi, me grattant le crâne alors que j'ai du sang séché plein les mains. Sang qui a imbibé mes fringues, mon jean et qui s'est étalé sur ma gueule après avoir frotté mes joues et mon front d'un air nerveux. L'odeur métallique qui me donnait la gerbe deviendrait presque inodore à force.

— On ne s'est jamais battus l'un contre l'autre. Mais nous nous sommes tous les deux trouvés du mauvais côté et je l'ai... comment expliquer ça simplement. J'ai fait en sorte qu'il n'ait pas à se battre, mais il m'a vu frapper d'autres personnes.

Un parpaing chute lourdement au creux de mon estomac alors qu'un flot de glace se répand le long de mes veines. J'étais entrain de faire quelques pas, histoire de m'occuper les jambes. Ma course s'est arrêté nette. J'suis pas certain d'avoir tout compris quand il me dit qu'ils étaient tous les deux du mauvais côté.
En fait si, j'ai clairement compris ce qu'il est entrain de me raconter. Et ce que je comprends aussi c'est que ce type faisait partie de cette bande de malade mentale qui est venu dégommer toute notre école et déchiqueter Spencer sous notre gueule. Et ça n'est qu'un centième de leur putain de tableau de chasse. J'aurai jamais du poser la question, j'aurai simplement du fermer ma gueule parce qu'entendre et apprendre ça alors que je ne sais combien de personne viennent de se faire trouer comme un vulgaire gruyère par des types avec qui Jeroen s'est accoquiné …
J'vais gerber sur mes converses.

Me dit pas que cet enfoiré a été jusqu'à cogné ses propres camarades de classe.

— Il fallait que quelqu'un le fasse.

J'assiste à une blague ou à une caméra cachée. Bientôt t'aura un type, avec son grand sourire à l'américaine qui viendra en tapant dans ses mains, applaudissant Jeroen pour son jeu d'acteur et riant pour se foutre de ma gueule d'avoir cru à tout ça. Je n'aurai plus qu'à le renvoyer se faire foutre, vexé d'avoir été victime d'une aussi mauvaise blague mais silencieusement soulagé d'apprendre que tout ça n'est pas réel. Ni le sang, ni les blessures, encore moins ces couteaux et l'aveu de Jeroen.
Je me gratte nerveusement l'arrière du crâne, posant mon regard bleu presque fou sur Jeroen avant d'éclater d'un rire nerveux. Le genre de rire qui vous secoue des épaules aux genoux, que vous sentez difficile à passer dans votre gorge à cause de ce nœud qui se resserre. Les nerfs vrillent, tremblent, frissonnent, prêts à lâcher. Je ris encore, sans le lâcher du regard alors que me ma main se perd dans ma tignasse folle, de la nuque à mon front, y foutant un peu plus le bordel.

— Tu t'fou d'ma gueule ?

Allez dis le, j'm'en fou. Si c'est une blague, je m'en tape comme de l'an 40, c'est pas très grave, je comprendrais que tu ais envie de détendre l'atmosphère.
Et puis tu as son regard noir, son teint livide après avoir regardé la porte de l'infirmerie. C'est forcément une blague, sinon pourquoi sa meuf serait actuellement entrain de se vider de son sang là bas ? Si ça avait été l'un d'entre eux, il aurait eu le cul sauvé. Ce qui n'est pas le cas.

— Putain de merde. Sourire nerveux sur les lèvres, j'arpente les pavés de long en large. Ils viennent de planter, j'sais pas, une dizaine de personne comme si c'était l'éclate à DisneyLand et toi tu m'lâche que t'étais avec eux. Normal. C'est vrai quoi, c'est quoi le problème.

Je secoue la tête, au bord de la folie, prêt à éclater tellement l'histoire paraît dingue. L'accumulation des émotions ne fait pas bon ménage, encore moins quand je me dis que je me retrouve à côté d'un type qui aurait clairement pu me détruire de ses propres mains si j'avais été à Poudlard quelques mois plutôt. Ça aurait pu être lui le responsable de la mort de Spencer puisqu'il suivait visiblement le même rythme de pensée que ces malades.

— Bah mon vieux t'as du leur faire un sacré coup de pute à tes anciens copains. Mon visage sourit toujours mais il n'a rien de naturel, je le sens, je l'imagine parfaitement aux traits bancales, me faisant passer pour un malade. Fais chier. Et t'as eu une sorte d'illumination qui t'as guidé vers la rédemption ? Du jour au lendemain tu t'es dis : Ouais, en fait cogner quelques camarades de classe ça le fait moyen. J'devrais peut-être repenser ma façon de voir les autres.

Je marche toujours de long en large, ma main dans mes cheveux,l'autre tenant ma baguette en main.

— J'sais pas ce qui est le pire. Le fait de savoir que j'commençais à te faire confiance et à me dire que malgré tes propos de schizophrène t'avais l'air d'un type bien ou si c'est le fait de me dire que quelques mois plutôt t'aurai pas hésité à dézinguer un mec comme moi. Gay comme un phoque et né-moldu en plus de ça. La fête à la maison, le genre de gros poissons que ces putains d'enfoirés aiment foutre en vitrine.

La rupture est proche alors que je shoote violemment dans une porte en bois qui se referme en claquant brutalement.  Je tremble un peu plus fort, un peu plus frénétiquement. Et allez savoir pourquoi parmi cette ébullition de colère, la première pensée qui émerge c'est : Et à Drew hein, tu lui a fais quoi à Drew. Putain.
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Lun 29 Fév 2016 - 20:48

- Tu t'fous d'ma gueule ?

Un silence pour seule réponse. Jeroen se rendit soudain compte de l'énormité qu'il venait de proférer. Il s'était ouvert, il avait parlé, mais ouvrir, parler, il avait toujours considéré ça comme une erreur à ne pas commettre. Et il venait de faire l'imbécile. Et comme pour souligner la certitude que le monde n'était pas capable de comprendre ce qu'il vivait, la réaction de William fut violente. Non pas de la violence pure et immédiate mais la violence de celui qui cherche à comprendre ce qu'il n'est pas en mesure d'entendre. La violence de l'incompréhension venant de quelqu'un dont on attendait quelque chose d'autre. Un rire nerveux, la main qui gratte avec frénésie, Jeroen voyait tout ça et maintenant qu'il avait parlé, il n'arrivait plus à réagir. Ou plutôt il s'était brutalement refermé au dialogue, croisant les bras. Autour d'eux, personne ne faisait attention à eux, pour l'instant. Il fallait éviter un massacre en place publique...

- Putain de merde. Ils viennent de planter, j'sais pas, une dizaine de personnes comme si c'était l'éclate à DisneyLand et toi tu m'lâches que t'étais avec eux. Normal. C'est vrai quoi, c'est quoi le problème.
- Le problème, c'est eux...

C'était les Supérieurs, pas lui. Lui, il n'avait fait que suivre des ordres pour protéger les autres. Ses intentions étaient louables, ou neutres à la limite, mais pas mauvaises. Il n'avait rien voulu de tout ça, la preuve, sa Julian avait été blessée gravement et lui venait de tuer l'un des agresseurs sous l'impulsion de la colère. En s'ouvrant à William, il pensait avoir trouvé un esprit similaire, ouvert, qui puisse comprendre la complexité de la situation et au lieu de ça, il devait faire face à un jugement d'une violence qu'il ne pouvait pas gérer, pas à cet instant précis, avec Julian à l'infirmerie et un maître-chanteur tenant un couteau sous la gorge des membres de sa famille. Le serdaigle eut un sourire d'une agressivité hors du commun ; se rendit-il seulement compte du mal qu'il faisait ?

- Bah mon vieux t'as du leur faire un sacré coup de pute à tes anciens copains. Fais chier. Et t'as eu une sorte d'illumination qui t'as guidé vers la rédemption ? Du jour au lendemain tu t'es dis : ouais, en fait cogner quelques camarades de classe ça le fait moyen. J'devrais peut-être repenser ma façon de voir les autres.
- Tu ne me connais pas. Tu ne comprends pas ce qu'on a vécu pendant ces deux années, alors cesse avec tes jugements faciles, rétorqua-t-il brusquement sur un ton amer.

Il ne comprenait pas. Qu'il la ferme ! La rédemption ? Jeroen ne cherchait pas la rédemption, il ne voulait pas qu'on lui pardonne, juste qu'on lui foute la paix. Il était prêt à faire un trait sur son âme pour rétablir l'équilibre et protéger les siens. William pouvait lui en vouloir mais il n'avait pas le droit de le juger sur ses intentions. Le serpentard sentit qu'il avait les larmes aux yeux, trop d'émotions d'un seul coup et plus vraiment d'adrénaline à brûler pour l'aider à agir.

- J'sais pas ce qui est le pire. Le fait de savoir que j'commençais à te faire confiance et à me dire que malgré tes propos de schizophrène t'avais l'air d'un type bien ou si c'est le fait de me dire que quelques mois plutôt t'aurais pas hésité à dézinguer un mec comme moi. Gay comme un phoque et né-moldu en plus de ça. La fête à la maison, le genre de gros poissons que ces putains d'enfoirés aiment foutre en vitrine.
- Oh mais tu penses être le plus mal loti ? Est-ce que tu as vécu deux ans à voir tes camarades se faire démolir les uns après les autres parce qu'ils agissaient comme des imbéciles ? Non. J'étais plutôt à l'abri là où j'étais et je m'en plains pas, mais être dans leurs rangs, c'est pas une balade de santé pour autant.

Si seulement il avait pu en sortir définitivement, lorsque les Supérieurs avaient été jetés dehors. Ce fut son tour de sourire avec cynisme.

- Peut-être que tu penses que j'aime ça... Mais né-moldu ou gay comme un phoque, j'en ai rien à foutre. Tu pourrais être demi-troll que je n'en aurai toujours rien à foutre. Je vis avec un pied chez les moldus et j'adore ça, alors tu peux dire que c'est de la schizophrénie mais crois-moi, j'ai jamais pris de plaisir à blesser qui que ce soit.

C'était faux, mais William en savait déjà trop. Le reste, par contre, il le pensait. La vie des autres ne l'intéressait pas. Chacun avait sa vie, son vécu. Sa mère lui avait toujours appris à ne jamais juger les autres sur la base des illusions qu'on lui laissait entrevoir. Son père, lui, lui avait appris à lire entre les lignes pour ne pas se laisser duper par les apparences. William avait été blessé par les Supérieurs, d'une manière ou d'une autre, bien, dommage pour lui. Mais est-ce que, parce qu'il avait perdu des amis à Salem, il était en droit de nier ce qui était arrivé aux élèves de Poudlard ? Les sorciers américains ne pouvaient décidément pas comprendre. Le serdaigle balança un coup de pied dans une porte en bois. Jeroen ferma les yeux et tenta de se calmer. La seule technique qui sembla le ramener à lui fut d'imaginer ce que lui dirait James dans une situation pareille. Pas fameux comme image, mais suffisamment flippant pour qu'il réussisse à reprendre son souffle, non sans une grimace.

Ouais, si on me l'avait ordonné, je t'aurais cogné. Parce que sinon, ça aurait été un morveux innocent qui aurait dû te cogner. Si t'es dans leur collimateur, ils t'atteindront de toute façon, ils ont leur petite armée à disposition. Tu aurais trouvé ça mieux si ça avait été un enfant incapable de comprendre les notions de bien et de mal ?

Oui, il faisait appel à la raison face à un jeune homme submergé par ses émotions, oui. Mais c'était sa technique, c'était sa façon de garder la tête froide. Rationaliser. Sur un autre sujet que ses propres angoisses, c'était tout de suite beaucoup plus simple. Il se racla la gorge pour continuer.

- Alors p't'être que je n'ai sauvé personne, p't'être que j'ai brisé des vies mais je n'ai jamais tué un innocent. Et rassure-toi, j'en prends plein la gueule depuis qu'ils ont compris que je me foutais d'eux. Ils m'en veulent assez pour ne pas me viser directement et je m'en veux chaque jour d'être responsable de ça.

Il désigna l'infirmerie. Responsable de l'attaque de Julian, pas de celle des autres, évidemment, mais il n'eut pas le courage de préciser. Les Supérieurs étaient forts pour démolir les autres par des moyens détournés. Garder un ennemi sous leur coupe en menaçant ses proches de mort, ça entamait pas mal mais Jeroen, dans sa colère, se garda sagement d'en faire mention. Ça empirerait les choses et si le maître-chanteur venait à apprendre une telle fuite d'information, Julian ne tiendrait pas la nuit et Lily risquait de disparaître pour de bon. Ce n'était pas envisageable. Jeroen devait jouer son rôle d'ancien Supérieur en pleine rédemption, point. Après avoir passé son poing sur ses yeux, il s'adossa au mur, glissa sa baguette à portée de main dans sa ceinture et croisa les bras, tendu comme la corde d'un arc et blanc comme un linge. Le regard sombre, il se sentait trahi, trahi par lui-même et la confiance qu'il avait aveuglément donnée à un gars lambda qui ne valait pas beaucoup mieux que les autres.

- Ça t'énerve ? Tu as perdu quelqu'un par leur faute ou un truc du genre ? Si tu veux cogner, si ça peut t'apaiser, vas-y, c'est le moment. J'en connais des gens qui rêveraient de me refaire le portrait. Et arrête d'agir comme si j'avais trahi ta confiance. On ne se connait pas, et je n'ai jamais dit que j'étais un type bien.

Mais était-il mauvais pour autant ?
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Lun 7 Mar 2016 - 8:59

— Oh mais tu penses être le plus mal loti ? Est-ce que tu as vécu deux ans à voir tes camarades se faire démolir les uns après les autres parce qu'ils agissaient comme des imbéciles ? Non. J'étais plutôt à l'abri là où j'étais et je m'en plains pas, mais être dans leurs rangs, c'est pas une balade de santé pour autant.

On en revient à ce même putain de discours.
Non, effectivement, nous n’étions PAS LA pendant ces deux putains d’années, merci on l’a comprit qu’on n’pouvait pas se foutre à votre place. Ce genre d’argument ressorti à toutes les sauces commence à me donner la gerbe parce que là n’est pas la putain de question. La question c’est que ce type me lance comme si c’était normal qu’il faisait partie des leurs.
Je n’ai aucun esprit logique en cette seconde. Moi qui suis une tête d’ampoule n’exclue pas le fait que je puisse perdre les pédales sous le stress. Et ça se voit, je suis nerveux, en rage, un flot de souvenir remonte à la surface et je déteste Jeroen de me servir son excuse de « t’étais pas là ». Ouais, j’étais pas là, mais on a chacun vécu sa merde.
J’ai pas vu mes camarades se faire démolir mais j’ai vu mon petit copain se faire tuer devant moi, mes deux potes disparaitre et le troisième se faire éventré par ces enculés. Donc ouais, chacun a vécu sa propre merde qui fait qu’aujourd’hui, nous pouvons péter les plombs.

Le pire étant que j’doute pas un seul instant que faire partie de leur rang n’était pas de tout repos mais entre eux et ceux qui subissaient, le plus mal loti n’était sûrement pas Jeroen.

— Peut-être que tu penses que j'aime ça... Mais né-moldu ou gay comme un phoque, j'en ai rien à foutre. Tu pourrais être demi-troll que je n'en aurai toujours rien à foutre. Je vis avec un pied chez les moldus et j'adore ça, alors tu peux dire que c'est de la schizophrénie mais crois-moi, j'ai jamais pris de plaisir à blesser qui que ce soit.

Alors pourquoi ? Pourquoi être resté parmi eux ? Parce que t’avais le couteau sous la gorge ?
Ma raison s’est faite la malle et à tête reposée j’aurai sûrement un tas de remords qui viendront me bouffer de part en part. Mais c’est comme si un voile s’était posé devant mes yeux et que je ne voulais rien voir, rien comprendre, rien entendre. La seule chose que je me demande c’est ce que LUI a fait à tous ceux qui sont ici. Est-ce qu’il s’est frontalement attaqué à des plus jeunes ? Pour bien faire son devoir ? Et qu’est-ce qu’il est capable de faire s’ils reviennent ? Qui m’dit que Jeroen ne retournera pas dans l’autre camp ?
Respire Will. J’donnerais n’importe quoi pour avoir les bonnes ondes de Drew en cet instant.

— Ouais, si on me l'avait ordonné, je t'aurais cogné. Parce que sinon, ça aurait été un morveux innocent qui aurait dû te cogner. Si t'es dans leur collimateur, ils t'atteindront de toute façon, ils ont leur petite armée à disposition. Tu aurais trouvé ça mieux si ça avait été un enfant incapable de comprendre les notions de bien et de mal ?
— J’ai pas dit ça, mélange pas tout. Là, j’te parle de toi.

De toi et de ce que tu es capable de faire s’ils reviennent. Ce que tu as déjà fait avant, avec eux, à leurs côtés. Qui m’dit que tout ce qu’il me raconte soit la vérité ?
J’vais trop loin, je tourne en rond, me laisse aller à tout ce qu’il se passe sous ma caboche. J’ai eu un tas de chose à gérer depuis la disparition de Jude.
Celle de Dean, puis de Maxime, puis de Spencer. Puis l’état depressif de Maxime dont elle semble pas se sortir, sans compter les nouvelles informations que j’ai eu depuis sur l’origine de sa fuite.
Ouais, un putain de bordel qui me revient en pleine gueule alors que j’ai les mains, le visage et les fringues en sang.
Gabrieli.
J’le revois encore entrain de se vider alors que Hunt appelle au secours.
Tout ça n’a pas de sens putain.

Je me passe les mains dans les cheveux et serre les dents avant de glisser mes doigts dans mon cou et d’attraper la chaine d’argent qui l’entoure.
Il ferait quoi Dean à ma place ? C’est quitte ou double. Soit il lui pèterait la gueule, soit il relativiserait.
Être rationnel. C’est ce que j’sais faire le mieux. Alors merde, reprend toi.

— Alors p't'être que je n'ai sauvé personne, p't'être que j'ai brisé des vies mais je n'ai jamais tué un innocent. Et rassure-toi, j'en prends plein la gueule depuis qu'ils ont compris que je me foutais d'eux. Ils m'en veulent assez pour ne pas me viser directement et je m'en veux chaque jour d'être responsable de ça.

C’est bon, ta gueule. M’envoie pas la culpabilité en plus de ça.
Je soupire, m’arrête dans ma marche et colle mon front contre la pierre froide en essayant de retrouver raison et de digérer ma haine.
Ok. C’est bon. Tu t’calmes, tout ça c’est des conneries. Tu sais rien de ce type, rien de ce qu’il s’est passé. Mais faut pas m’en vouloir de débloquer quand t’apprends ce genre de truc en ce genre de circonstances. J’sais pas sous quelle pression Jeroen s’est rangé chez les Sup’ mais j’imagine sans peine Maxime faire de même si la vie de Macy était en danger.
La raison de l’humain dépend de quoi finalement ? Les émotions. Tout est dans l’émotion et l’attachement à autrui. Il te tienne par la gorge dès lors que tu possèdes un proche, de la famille, un ami.

— Ça t'énerve ? Tu as perdu quelqu'un par leur faute ou un truc du genre ? Si tu veux cogner, si ça peut t'apaiser, vas-y, c'est le moment. J'en connais des gens qui rêveraient de me refaire le portrait. Et arrête d'agir comme si j'avais trahi ta confiance. On ne se connait pas, et je n'ai jamais dit que j'étais un type bien.
— J’l’ai jamais dit non plus.

Parce que j’sais pas qui t’es, effectivement.
Toujours front posé contre le mur de pierre, j’inspire et expire profondément. J’ai l’impression que c’est la seule position et seul moyen pour retrouver un brin de lucidité.

— J’suis désolé ok ? J’suis pas du genre à juger mais putain mec, tu balance pas ce genre de truc alors qu’on vient de voir tout ça.

C’est vrai que c’est pas le genre de détail à laquelle tu t’attends et que t’as envie de savoir quand tu viens de voir ton prof entrain de se vider et beaucoup d’autre de tes camarades.
Jeroen a sa copine à l’intérieur. C’est suffisant non ? Ouais. Suffisant pour souffrir et pour peut-être me rentrer dans le crâne que finalement, tout ça c’est en carton. Son alliance ne vaut plus rien aujourd’hui.

— J’agis pas comme si t’avais trahi ma confiance, te monte pas trop le crâne avec cette estime pour toi.

Je lâche un sourire et un rire amer mais en aucun cas agressif alors que je me retourne, dos au mur, adossé contre ce dernier. De nouveau, une main tremblante sur mon visage et la première chose qui me vient en tête est de savoir combien d’élève parmi nous voudrons se foutre en l’air après ce carnage.

— Mon meilleur ami s’est fait éclater les tripes devant nous par ses connards. Je braque mon regard sur Jeroen. Alors j’ai peut-être pas vécu deux ans d’enfermement, c’est vrai, mais ça n’empêche pas qu’on ait vécu nos propres merdes.

Je n’affiche pas aucun sourire, juste un regard soudainement las. Parce que c’est dans l’état dans lequel je suis en cet instant. Las. Fatigué. Sur les rotules.
Le flux d’élève s’est calmé, s’est tari. Chacun semble avoir compris que d’hurler dans tous les sens ne servirait à rien et ceux qui attendent des nouvelles de leur proche sont à proximité, les yeux rougis. Je n’vois pas ce que je peux foutre de plus ici.
Je me redresse de nouveau, m’approche de quelques pas de Jeroen.

— J’espère qu’elle va s’en sortir. Sincèrement. Et j’suis sûr que ça sera le cas. Moment de pause. Et merci pour tout à l’heure.

J’suis honnête, je ne souhaite la mort à personne, encore moins aux innocents.
Un soupire m’échappe alors que je fais demi-tour, marchant entre les élèves encore présents mais qui ne bougent pas, restant silencieux, comme si un respiration supplémentaire était une respiration de moins pour leur proche qui essayait de survivre de l’autre côté de cette porte.

J’accélère le pas jusqu’à tomber sur un prof qui me demande de faire demi-tour, direction la grande salle. Rassemblement d’urgence.
J’exécute, ferme ma gueule, puisque de toute façon j’ai pas la force de broncher. Et j’ai une sale gueule avec tout ce sang partout sur la peau et les fringues. J’ai à peine franchi la porte de la grande salle que Maxime et Macy se plantent devant moi, les yeux ronds, le visage blanc.

— C’est celui de Gabrieli.

Et soudain, l’envie puissante de chialer dans leur bras.


▬ FIN POUR MOI ▬
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MessageSujet: Re: [Event 15.02]The great escape - Jeroen   Ven 29 Avr 2016 - 15:23

C'était une colère sans but, futile. Elle produisait un bouillonnement en Jeroen, une lame de fond qui s'écrasait contre les parois de sa pudeur, entamait sa retenue naturelle. Cela l'atteignait trop, il en avait conscience et en même temps, il s'observait agir sans pouvoir y faire quelque chose. Ou plutôt, il ne voulait pas. Il s'observait dire des choses qu'il n'aurait jamais dû dire et au fond, il n'avait plus envie de lutter contre ce flot. Il se fichait de réagir à coup de contradictions, incapable qu'il était d'écouter ce que l'autre avait à dire, incapable d'assimiler que la frustration de William était fondée. Il ne voulait pas être le seul fautif, il ne voulait pas de cette culpabilité qui l'écrasait. Lui aussi avait été blessé, les siens avaient un couteau sous la gorge, de quel droit les autres auraient plus eu le droit d'exprimer leur souffrance ? De quel droit un gamin qui vient de tomber dans l'Enfer se permet de faire la morale à celui qui y survit depuis trois années ?

Un problème de fond qui s'exprimait là : les élèves de Salem et ceux de Poudlard n'avaient pas vécu la même chose. Une attaque dans le sang ne vaut pas une violence constante et insidieuse. On ne peut même pas parler d'équivalence, c'est tout simplement incomparable. Parfois, mieux vaut mourir rapidement que subir ce que les Supérieurs avaient pu faire subir à certains – et pourtant, les victimes étaient encore debout, et personne ne réagissait de la même manière. Mais eux, les américains, ils s'effondraient à la première attaque. Jeroen avait jusqu'ici refusé de se laisser aller à un ressentiment aussi puérile mais il ne put s'empêcher de penser très fort ce qu'il avait dit.

William ne pouvait pas comprendre, il n'avait pas à endosser le rôle de juge. Le jugement, Jeroen l'accepterait lorsque les Supérieurs seraient hors d'état de nuire. Alors il les laisserait décider s'il méritait la même sanction ou si les circonstances avaient fait qu'il méritait un peu de clémence. Mais pas avant. Pas tant que Julian était à l'infirmerie, pas tant que sa sœur risquait de se faire torturer par une timbrée, pas tant qu'un espion lui faisait blesser des élèves... Mais s'en sortiraient-ils un jour, de cette horreur ? Et lui, est-ce qu'il en sortirait seulement vivant, de tous ces mensonges, ces tromperies, cette violence ? Est-ce qu'il n'était pas nocif à son entourage, à trop vouloir les protéger ?

- J'ai pas dit ça, mélange pas tout. Là, j'te parle de toi.
- Je te parle de moi, de mes raisons. Je ne mélange rien.

En plus, cela donnait une idée très précise de ce dont il était capable. Si on avait demandé à un gosse d'en tuer un autre, il aurait sûrement pris sa place si toute tentative de parlementer se révélait vaine. Évidemment, il n'en serait pas ressorti indemne ; il ne serait pas dans le même état d'esprit s'il avait dû tuer Emily. Blesser, oui, il pouvait. Tuer, cela touchait à quelque chose d'autre. On ne se relève pas de la mort, alors qu'une blessure se referme... Mais pour sauver l'âme de quelqu'un d'autre ? Il se savait capable, au fond de lui-même, de compartimenter. Il avait tué l'agresseur de Julian et pourtant, il ne s'en voulait pas, parce que cet homme l'avait mérité. Il suffisait de se persuader qu'il était dans son bon droit du début à la fin... Son âme et ses mains étaient déjà sales de toute manière. Mais tout ça, c'était inconcevable pour une âme saine comme celle de William. Être « pédé comme un phoque » et avoir perdu des amis n'avait jamais fait passer quiconque du côté obscure. Ça ne produit pas le même genre de sentiments envers autrui. Ça ne produit pas la même haine... Juste de la peur.

- J’l’ai jamais dit non plus.

Si, il l'avait dit, il avait dit qu'il commençait à estimer Jeroen, qu'il commençait à avoir confiance. Et que cette confiance avait été « trahie ». De bien grands mots pour quelque chose qui datait de dix minutes, mais dix minutes ou dix ans, quelle différence au fond ? La révélation restait violente et ils ne pourraient plus se regarder en face sans penser à ça. Pareil que s'ils se connaissaient depuis des années. William prit un instant pour reprendre ses esprits, visage contre le mur, respirant lentement. Jeroen, lui, avait enfoncé sa tête dans ses épaules, refermé sur lui-même comme jamais. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu une telle envie de se fondre dans le mur et de disparaître. Le monde autour n'existait plus vraiment, il lui apparaissait à travers un prisme déformé. Colère, tristesse, frustration, angoisse, fatigue... il n'aurait su dire ce qui le dominait, mais il était certain d'une chose : il lâchait prise.

- J’suis désolé ok ? J’suis pas du genre à juger mais putain mec, tu balances pas ce genre de truc alors qu’on vient de voir tout ça. J’agis pas comme si t’avais trahi ma confiance, te monte pas trop le crâne avec cette estime pour toi.

Un sursaut de conscience. Pourquoi s'excusait-il ? Il avait raison du début à la fin. Jeroen aussi avait raison mais il n'aurait effectivement pas dû dire ça. Et il aurait dû fermer sa grande gueule au lieu d'envenimer la situation. Pourquoi le serdaigle s'excusait-il ? C'était lui. Il aurait dû se taire. Il aurait dû... non, il aurait surtout dû la regarder, la protéger... faire en sorte qu'elle n'ait pas à subir ça à cause de lui... Et tout ce sang sur ses bras et son t-shirt...

- Mon meilleur ami s’est fait éclater les tripes devant nous par ces connards. Alors j’ai peut-être pas vécu deux ans d’enfermement, c’est vrai, mais ça n’empêche pas qu’on ait vécu nos propres merdes.

Une nouvelle barrière s'effondra. Jeroen lui lança un regard étrange, comme s'il se voyait lui-même. En fait, c'était cela que vivait les autres lorsqu'il blessait un de leurs proches. À cet instant précis, Jeroen devait avoir la même expression que William. La même colère. En fait, il avait tort.

- J’espère qu’elle va s’en sortir. Sincèrement. Et j’suis sûr que ça sera le cas. Et merci pour tout à l’heure.
- Merci... je...

Mais le serdaigle avait fait demi-tour et s'éloignait dans la foule avant d'avoir pu entendre ses excuses pour tout ça. Le serpentard se laissa glisser le long du mur, les poings serrés, s'ébroua pour essayer d'évacuer la nouvelle vague de stress qui affluait. Il finit par enfouir son visage entre ses mains. Pourquoi continuait-il d'espérer une rédemption ? Une échappatoire ? C'était insensé. Il avait fait trop de mal, il en ferait encore. La seule chose qu'il pouvait faire, c'était continuer de faire ce en quoi il était bon : mentir, cacher, protéger à sa manière. Pour les détruire de l'intérieur... Il renifla, se secoua à nouveau et reprit sa surveillance du couloir, les yeux rougis, mais personne ne faisait attention à lui.

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