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 [Event 15/02/2015] Bring me the Horizon ▬ Leiv

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MessageSujet: [Event 15/02/2015] Bring me the Horizon ▬ Leiv   Mer 28 Oct 2015 - 17:12

Lundi 16 Février 2015 – Dans la nuit du dimanche au lundi
Bring me the horizon



Leiv & Ismaelle

J’en ai pas été capable. J’ai pas été capable de dire à Derek, Kyle et Enzo que Megan n’était plus là. Je n’ai pas non plus été capable de dire à Cameron quand il s’est réveillé tout à l’heure que la jeune Poufsouffle nous avait quitté. Ça aurait dû être à moi de le faire … mais je n’en ai pas été capable et en cet instant je m’en veux, énormément. Ils me connaissent, tous, et plutôt bien pour  la majorité d’entre eux. Je me dis que … ça aurait peut-être été plus facile ? En réalité je sais très bien que non, ça n’aurait pas été le cas, parce que rien ni personne n’aurait pu rendre ça plus facile et certainement pas moi. Trop impliqué émotionnellement, j’aurai peut-être fait pire que mieux finalement mais comment le savoir ?
Ça fait des heures que j’erre dans l’infirmerie, sans être capable de quitter cet endroit. Je marche, tourne en rond, veille sur les blessés, m’assure que ceux qui sont au chevet de leur proche ne manquent de rien et surtout pas de soutien. Cameron s’est levé malgré les conseils des soignants, ça fait un long moment qu’il est assis à côté de Megan sans rien dire et personne n’ira le déloger de là. Le corps de la jeune femme a été protégé par un sortilège et mis à l’écart des autres, derrière des rideaux.

J’ignore totalement quelle heure il est, sans doute déjà le matin même s’il fait encore nuit. Je sais que les Gardiens sont tous sur le qui-vive, certains Prof aussi, d’autres membres du personnel et des élèves aussi. Une chaine de solidarité s’est mise en place d’elle-même entre nous tous, pourtant ça ne réchauffe pas les cœurs les plus touchés. Un instant mon regard se bloque sur Dimitri, Muffin, et je me sens vaciller. Phaedre est là, à son chevet, et elle non plus personne n’ira la déloger. C’est important d’avoir le soutien des siens, de sa famille, de ses proches. Sans mes parents, sans Owen, sans … Maxence, je ne sais pas comment j’aurai tenu le coup il y a quatre mois. J’ai une pensée pour Rina, c’est globalement la seule chose qui parvient à me redonner le sourire actuellement : Savoir qu’elle n’était pas entre ces murs quand l’attaque a eu lieu. Elle est chez Vicky, en sécurité, elle se repose et c’est très bien comme ça. La prévenir ? C’est prendre le risque de la voir débarquer en quatrième vitesse … Mais lui cacher que Dimitri a été touché ? A sa place je ne pardonnerai à personne de m’avoir fait ça. James est touché lui aussi, j’ai échangé quelques mots avec lui tout à l’heure avant qu’il ne sombre dans un sommeil réparateur. Maxence est tiré d'affaire mais il s'en est fallu de peu aussi. La liste est longue, trop longue, mais je ne suis pas la seule ici à tourner comme un lion en cage, un lion prêt à protéger ses petits en cas de besoin. Maxence, Takuma, John aussi, et d’autres encore. Et puis Leiv, bien sûr, fidèle au poste.

Si je ne lui porte pas tellement d’attention jusqu’ici ça n’a rien à voir avec ce qu’il s’est passé hier, avant hier peut-être, au bord du Lac. Ni lui ni moi n’avons l’esprit focalisé là-dessus m’est avis, je crois qu’on a nettement plus important à faire chacun de notre côté. Il a l’air épuisé, ses traits sont tirés mais je pense avoir cerné un minimum le personnage : Il n’ira pas se reposer avant d’avoir stabilisé tout le monde. De plus … C’est lui qui a tenté de sauver Megan, tout comme Enzo et Kyle l’ont trouvé et ramené aussi vite qu’ils ont pu, et je pense … Je pense que le fait de l’avoir perdu malgré tous ces efforts … Ce genre de chose atteindrait n’importe qui. Il a peut-être l’air froid, glacial même vous diront certains, il n’en demeure pas sans cœur pour autant.

Quand je vois tous ces visages j’aimerai tellement faire plus … Ce sentiment d’impuissance devient oppressant, celui de la culpabilité l’est encore plus. On leur a promis de les protéger, on a échoué. Je ne suis pas entrain de réfléchir à la manière d’un soldat, pas pour le moment, mais je sais que Lancaster et ses hommes aidés d’autres habitants du château incluant les Elfes de Maison sont déjà à l’œuvre pour renforcer les protections et combler la faille si jamais ça n’est pas déjà fait. Ces intrus ont pénétré l’enceinte du château telles des ombres, c’est de la même manière qu’ils en sont ressortis … pour ceux qui ont pu le faire. Les autres se sont donné la mort ou ont été tué. Je me surprends à penser que c’est une douce punition pour des êtres capables de s’en prendre à des enfants …

Poings serrés, jusqu'à m'en faire mal même si je ne m'en rends pas tellement compte, je réalise que je suis immobile au beau milieu d'une allée pleine de lit. Depuis combien de temps ? Mystère. Demain il faudra prendre le taureau par les cornes, demain il faudra aller au devant de ce que je fuis malgré moi depuis des heures : La réalité. Ils ont frappé, ils ont blessé, aussi bien physiquement que psychologiquement, ils ont instauré de nouveau la terreur et la haine. Et une élève en est morte. Demain il faudra l'annoncer à l'école entière, demain il faudra l'annoncer à sa famille. C'est Everett qui s'en chargera, elle était sa cousine, et ça me révulse. Dans des moments comme ça il est difficile de garder le cap, surtout quand un silence étouffant a pris possession des lieux, un silence teinté de beaucoup de choses. L'adrénaline est retombée, totalement, il ne reste plus que l'épuisement et tout ce qui en découle …

Je crois que c'est pour ça que je me suis arrêtée, parce que tout ça m'a frappé de plein fouet et m'a coupé le souffle mais maintenant qu'il me revient, maintenant que je respire à nouveau et que les évidences me frappent les unes après les autres je sais, je comprends, qu'il ne faut pas que je reste ici. Ne jamais craquer devant eux, jamais, parce que c'est exactement ce que je m'apprête à faire. C'est un pas qui se veut mesuré que je me dirige sans ciller vers la petite pièce qui se cache dans le fond de l'infirmerie. L'accès est impossible à toute personne mal intentionnée, c'est une création de Maxence, elle a malheureusement déjà accueilli beaucoup trop de monde mais ce soir, cette nuit, c'est à moi qu'elle va servir de refuge. Je ne porte pas la tête basse mais les derniers pas franchi sont sans doute plus rapides qu'ils ne le devraient, l'important c'est que je ne croise le regard de personne, et surtout pas celui de l'un de ces gosses. Si on flanche, nous, les adultes, qui va les porter ? Certains jours ce poids est beaucoup plus difficile à porter que d'autres, ce soir, ce nuit, je sens que mes épaules s'affaissent et quand la porte se referme doucement et en silence derrière moi je n'ai le temps de faire que deux pas avant de vaciller. Paume plaquée contre le mur, voilà comment je me retiens mais les tremblements, les larmes, eux je ne parviens plus à la retenir. Mes jambes ne me tiennent plus, je me laisse glisser jusqu'au sol … Quelques minutes, juste quelques minutes pour évacuer et ensuite je ressortirai d'ici après m'être assuré que mon visage et ma posture ne portent aucune marque de ça, je ferais bonne figure. Parce qu'il le faut.
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MessageSujet: Re: [Event 15/02/2015] Bring me the Horizon ▬ Leiv   Jeu 29 Oct 2015 - 12:31

►Bring me the Horizon◄
Ismaelle & Leiv  


Lundi 16 février — Nuit du dimanche au Lundi

Penché sur l’étalage de dossier, j’écris des lignes, noircis des pages et des pages de compte-rendu, de lettre écrite aux parents concernés, aux proches mais aussi d’inventaire. Parce que l’hécatombe de cette après-midi a été aussi conséquente sur notre réserve de médicament et potion que nous ne pouvons refaire sans certains éléments extérieurs. Je lève un regard sur l’infirmerie plongée dans une ambiance tamisée, permettant ainsi aux blessés de se reposer, de dormir un peu. S’ils y arrivent. Pour les plus insomniaques, nous leur avons donné une petite potion qui les ont plongé dans un sommeil sans rêve, sans cauchemar. Le temps d’un repos.
Je me passe une main sur la nuque d’un air distrait, complètement endoloris par la fatigue et le stress. Mes épaules pèsent mais je ne lâche rien. Je suis habitué aux longues gardes, aussi intensives qu’elles soient et je ne quitterais pas ce lieu tant que tout ne sera pas régler. Il y a encore un nombre incalculable de papier à remplir qui ne sont qu’une excuse pour ne pas me retrouver seul dans ma chambre, face à la réalité. Celle d’avoir perdu une vie.

Le visage de Megan s’impose à chaque feuille que je remplis et la présence de Cameron auprès de son corps ne fait que renforcer ce goût amer qui tapisse le fond de ma gorge. Lui annoncer a été difficile, comme pour Kyle, Enzo et Derek. Et malgré les contradictions, il n’a pas voulu m’écouter lorsque je lui ai dit qu’il était préférable de rester coucher. Cela fait sûrement des heures qu’il est à son chevet, sans bouger. Tout comme Phaedre auprès de Dimitri. A la différence que l’un est vivant. L’autre non. Les peines sont palpables, la douleur également et elles nous enveloppent comme une mélasse étouffante. Tout le monde est présent pour veiller, aussi bien Maxence que Takuma, mais aussi Ismaëlle qui rôde tel une lionne sur ses petits. Sans oublier John avec qui j’ai échangé quelques mots plus tôt dans la soirée et qui m’a conseillé d’aller me coucher, qu’il prendrait la relève. La vérité c’est que j’en suis incapable mais que j’ai formulé ça comme une impossibilité suite aux nombres de courrier que nous devons envoyer et de pansement à changer. Je ne peux pas retrouver la froideur et le silence de ma chambre parce que je n’y dormirais pas. Je ne ferais que tourner en rond comme un lion en cage, sans savoir quoi faire de moi. Mais je ferais aussi face à un manque cruel et profond qui s’est manifesté depuis que le calme est revenu : Celui de boire un verre. Parce que la mort de Megan m’affecte plus que je ne l’accepte. Je m’en remettrais parce que je n’en ai pas le choix et parce que je ferais sûrement face à des centaines d’autres Megan qui auront aussi besoin de moi mais pour l’instant, je le digère mal. Même si je ne l’admettrais peut-être jamais.

Je termine une lettre pour la tante et la mère de Dimitri afin de les prévenir de l’état de leurs fils/neveu, les rassurant sur le fait qu’il irait mieux avec du temps et beaucoup de soin. Que je les tiendrais informés d’un quelconque changement. Je ne mentionne pas la tension qui règne ici mais les assure que la sécurité est revenue même si je sais pertinemment que cette phrase peut paraitre stupide aux yeux des proches. Sécurité ou non, ils ont été touchés. Attaqués. Sauvagement. Et ce n’est que lorsque tout est retombé que j’ai pris brutalement conscience de l’animalité du geste. Megan s’est retrouvée avec plus d’une dizaine de plaies ouvertes, traduisant clairement l’acharnement de son agresseur. Sans oublier tous les autres, attaquant des gosses sans remords, sans l’once d’une hésitation. Comme si tout cela était une chose normale, simple. Ils sont déterminés, plongés dans leurs idées arrêtées et vivant dans une matrice différente de la nôtre. Certains moments, je me dis que tout cela n’a pas de sens. Et d’autres je me dis que tout cela n’est qu’un cercle d’évènements à répétition. La cruauté humaine n’a aucune limite, même aux travers les âges et lorsque nous regardons l’histoire, nous pouvons voir à quel point nous n’avons pas évoluer.

Les Supérieurs en sont une preuve supplémentaire.

— Leiv.

Je lève les yeux vers John qui me tend un café brûlant. Je prends la tasse entre mes mains et le remercie d’un signe de tête, le regardant se diriger avec sa propre tasse auprès de Julian. Il vérifie bandage et constante, tout cela silencieusement. Je porte une gorgée à mes lèvres, puis une deuxième. La chaleur du liquide me fait du bien et me donne l’illusion de me sentir plus détendu alors qu’à l’intérieur je suis un réel champ de bataille. Beaucoup de nerfs ont craqués et nous savons tous que ça n’est pas terminé. Demain il faudra annoncer à l’école entière qu’une élève est morte de cette guerre et je ne sais pas surpris de voir certains élèves désertés les lieux. Mon regard se dirige vers les rideaux blancs tirés où je peux y voir l’ombre de Cameron mais aussi du corps de Megan. L’injustice est violente. Je revois encore ce cœur factice, son regard perdu, ses yeux se fermer pour la dernière fois.

Elle n’aurait pas dû mourir. Pas si jeune. Pas comme ça.

Je plie ma lettre et la glisse dans une enveloppe que je scelle avec le sceau de Poudlard pour ensuite prendre un énième parchemin qui est cette fois destiné à Katherine. Je lève le regard par réflexe pour y voir Ismaelle en plein milieu de la pièce, regard perdu, traits tout aussi fatigués que les nôtres. Elle n’a pas quittée les lieux depuis cette après-midi et je sais qu’il sera inutile d’aller lui dire de se reposer. Je n’ai pas eu le temps de penser à ce qu’il s’est produit Samedi et je crois que je n’en suis pas le seul. Nous n’avons pas échangés un mot sauf quelques-uns pour la mort de Megan mais l’urgence nous a accaparé tous les deux. L’urgence mais aussi l’angoisse, la peine et l’abattement d’avoir failli à notre devoir.  
Je reste un instant à la regarder avant de me pencher de nouveau vers le parchemin, tout en me demandant comment je vais tourner mes phrases. Nous connaissons tous Katherine… Aussitôt le courrier reçu, elle serait capable de prendre le prochain Pourdlard Express.
Je pense à mon fils et me rassure de manière égoïste sur le fait qu'il est en sécurité, loin de la magie, loin d'ici ou de toutes autres écoles potentiellement en danger. Je n'aurai pas supporter de le savoir entre ces murs en sachant ce qu'il se passe dans notre monde.

Je bois d’une traite le reste de mon café avant de glisser un bonbon entre mes lèvres, comme si ce simple geste pouvait me tenir un peu plus éveillé que je ne l’étais. Un bonbon de John qui traine sur le bureau qui, pour la première fois, n’est pas rangé au carré et je ne m’en rends compte qu’à l’instant. Le stress a été si intense que j’en ai perdu l’espace de quelques heures mes tocs. Ceux qui se perdent aussitôt qu’un patient atterrît entre mes mains. Je sens un courant d’air froid passer à mes côtés et un regard m’indique qu’Ismaelle part s’isoler dans la petite pièce cachée au fond de l’infirmerie. Peut-être pour du repos, peut-être pour réfléchir plus posément. Je ne sais pas quel comportement adopter envers elle et la question ne s’était pas posé jusqu’à maintenant. Je me recentre sur le parchemin toujours vide puis fini par me lever, allant vers le fond où je me verse un thé bouillant, le café me donnant la sensation de n’avoir rien bu. Tout comme nous n’avons rien mangé depuis et ce, malgré les quelques présents ramenés par les Elfes de Maison.

Le silence règne, la bouilloire animée par la magie s’éteint au moment où j’arrive et je me verse une tasse, le regard ailleurs, l’esprit pensif. Comment se déroulera la suite ? Quelles mesures prendra le Directeur pour pallier le problème ? John va avoir du boulot pour les consultations et je me dis qu’il est bon de le savoir entre ces murs. Nous sommes là pour guider les élèves mais un Psychologue est toujours important dans ce genre de situation pour une oreille neutre, expérimentée.

Et la mienne décèle un léger sanglot à ma droite, là où Ismaëlle s’est enfermée. Je fronce les sourcils et hésite une seconde avant de me diriger vers la porte que j’ouvre en douceur. Je la trouve comme recroquevillée au sol, contre le mur, les épaules secouées de larmes presque silencieuses. Je me fige un instant, pris au dépourvue de son état que je n’ai pas vu venir mais qui aurait dû me paraitre évident. Ces derniers jours étaient déjà difficile pour elle et je lui avais déjà fait la remarque… alors qu’en est-il maintenant lorsqu’une élève est morte et que d’autres sont grièvement blessés ? Que les Supérieurs sont revenus pour énième coup d’éclat ? Phaedre est aussi le genre de femme que nous ne sommes pas habitués à voir craquer. Voir pas du tout. Hors, lorsque je l’ai vu aussi accroché à son frère comme si elle retenait la vie pour lui, je m’en suis trouvé déstabilisé. Une seconde, tout au plus. Mais c’était là, malgré tout. Et c’est ce qu’il se passe avec Ismaëlle en cet instant.

Je prends le temps de fermer la porte derrière moi, toujours en douceur et dépose la tasse fumante sur l’un des meubles à proximité. Je pourrais faire demi-tour et la laisser évacuer tout ce stress et cette fatigue cumulée, lui laissant ainsi une intimité. Je pourrais ignorer, remettre mon masque froid et partir mais j’en suis tout simplement incapable. Pourtant, j’ai lutté de nombreuses heures contre ce qu’il s’est passé Samedi, ressassant les souvenirs de Carmen et me rappelant à quel point je n’étais pas l’homme bien qu’Ismaelle pense croiser dans les couloirs chaque jours. Je m’étais même demandé si je ne devais tout simplement pas imposer un mur de glace et ainsi, retourner à ma solitude malgré cette part de moi qui ne demandait qu’à faire l’exacte inverse. John s’est foutu de moi, c’est aussi simple que ça. Il m’a simplement gentiment demandé comme un homme comme moi pouvait être aussi intelligent et si stupide à la fois.

Mais ce soir, ça va bien au-delà de ça. Les choses ne me semblent plus les mêmes et ce qui me paraissaient si importants, voir traumatisants, ressemblent désormais à de vieux souvenirs racornies dans un coin du tiroir qu’on aurait oublié. Ce soir, la mort a pris place pour laisser le souvenir amer aux vivants que la vie, bien qu’elle soit continue de génération en génération, n’était pas éternelle pour chaque être humain que nous sommes.
Les larmes d’Ismaëlle me touchent autant que la posture adoptée, celle d’un abattement totale, d’une fatigue intense. Et que je le veuille ou non, ça va bien au-delà du fait qu’il faut aussi s’occuper des vivants, de ceux qui restent debout. Ses larmes me touchent parce qu’elles la concernent elle, Ismaëlle, en sa personne entière.

Je m’approche en douceur, pose un genou au sol et la tourne lentement vers moi, mes deux mains sur ses épaules.

— Ismaëlle.

Je cherche son regard et la pulsion que mon cœur effectue traduit suffisamment ce qu’il se passe chez moi. J’y vois une fatigue intense, dépourvue au possible mais aussi une tristesse flagrante qui, encore une fois, appuie sur des émotions chez moi que j’ai cloitré dans un coin de ma tête. Mes gestes se font seuls et toujours en douceur. D’abord une main sur dans son cou, puis sur sa joue humide sans jamais la lâcher du regard.

Sa vulnérabilité accroit cette beauté que je lui ai trouvée il y a quelques temps.

Et parce que l’horreur a été d’une intensité particulière aujourd’hui, je me surprends à l’attirer vers moi, pour une semi-étreinte, sa tête m’arrivant sur la clavicule, son épaule contre mon torse. Une main se pose dans son dos, l’autre sur son bras, sans jamais être brutal ou oppressant. En temps normal je n’aurai jamais réagi de la sorte, même pour une légère étreinte comme celle-ci et je ne me serais encore moins permis de la toucher mais l’image de Megan suffit à me rappeler qu’encore une fois, nous sommes au-delà de tout ça pour cette nuit.
Je ne bronche pas, ne dis pas un mot, la laisse évacuer tout ce qu’elle souhaite en cet instant parce qu’il n’y a pas que les blessés ou les élèves qui ont besoin d’extériorisé. Nous sommes Enseignants, certes, mais nous sommes avant tout humains et si nous ne lâchons pas prise de temps à autre, nous ne serons pas aussi efficaces que nous le souhaitons. Et au milieu de tout ce résonnement, une évidence germe à son tour. Mes gestes sont ceux qu’ils sont par soutient, mais surtout parce qu’Ismaëlle est concernée. Parce que c’est elle que j’ai devant moi. Tout comme Katherine a pu percevoir des gestes plus tendres de ma part, à une autre échelle et certainement pour des émotions différentes. Ces deux femmes ont foulées deux terrains bien distincts et ont réussi à rallumer certaines choses que je pensais aujourd’hui morte.

Je laisse les secondes, peut-être les minutes, passées et je finis par m’écarter en douceur avant de me relever et de prendre la tasse de thé fumante et de revenir à ma position initiale.

— Tiens. Ça te fera le plus grand bien.  

De nouveau je capte son regard, une main sur son avant-bras, l’autre tenant la tasse que je lui donne tout en lui donnant une serviette en papier que je trouve à proximité. Ses yeux sont gonflés de fatigue mais aussi de larmes. Ses traits sont tirés à leur paroxysme et si ça ne tenait qu’à moi, je la trainerais dans un lit de l’infirmerie pour qu’elle s’y repose. Pourtant, je sais déjà quel écho j’y trouverais. Elle ouvre la bouche, je la devance.  

— Ne t’excuse pas. Nous avons aussi besoin de craquer.  

Je sais à quel point elle tient à ce château mais surtout à ces habitants. Je ne sais pas quelle relation elle entretenait avec Megan mais même sans la connaitre personnellement, je suis certain qu'elle en serait tout aussi touché. Et pour une personne aussi acharnée qu'elle, tout cela doit représenter un lourd échec. Le même que celui qui me pèse sur les épaules depuis que le coeur de la jeune fille ne bat plus. Je commence doucement à la cerner et je lui accorde l’ébauche d’un sourire. Je me sens maladroit mais n’en tiens pas compte. Je n’ai jamais été un réel professionnel des relations humaines. Du moins, je ne le suis plus. Nous sommes tous fatigués et à bout de nerfs, ce genre de détail n’a plus aucune importance en cet instant.

— Tu dois te reposer Ismaëlle, tu en as besoin. Nous pouvons installer un lit ici si tu ne veux vraiment pas partir de l’infirmerie. Tu seras à proximité s’il se passe quoi que ce soit.

Je sais que le refus sera sûrement catégorique mais je ne peux pas la laisser de la sorte, sans agir. Sans insister. Je ne bouge pas, toujours un genou au sol face à elle et plonge mon regard dans le sien, lui faisant comprendre ma présence que je lui éviterais si elle me le demande.
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MessageSujet: Re: [Event 15/02/2015] Bring me the Horizon ▬ Leiv   Dim 8 Nov 2015 - 6:40

J’imagine que j’aurai du m’y attendre, à force d’encaisser, de rester concentrée, etc … Je ne suis qu’un être humain, même avec une volonté de faire on finit tous par attendre nos limites un jour ou l’autre. Je ne sais pas si je les ai atteintes ce soir mais tout ce que je sais c’est que j’ai besoin de m’effondrer de cette façon pour pouvoir mieux me relever ensuite. C’est une question d’endurance finalement, c’est sans doute ce que j’essaie de me dire pour dédramatiser un peu la situation même si elle ne mériterait sans doute pas de l’être. Je n’ai simplement pas le temps de réfléchir, pas le temps de penser à moi, il faut s’organiser, il faut …
La porte s’ouvre, je me fustige intérieurement de ne pas l’avoir verrouillée par un sort afin de m’assurer que personne ne puisse entrer et surtout que personne ne me voit dans cet état. Ça n’est pas de la fierté mal placée, ça n’a rien à voir avec ce genre de bêtises inutiles dont personne n’a besoin en ces circonstances, c’est simplement une question de bon sens. J’ai des responsabilités, je me suis engagée, et en ça je dois me montrer forte. Si des personnes comme moi baissent les bras et le montrent la situation n’en sera que pire. Et si c’était un élève ? Dans un geste réflexe j’essuie mes larmes comme je peux et tente de retrouver une stature, je cherche même à afficher un sourire, quelque chose de rassurant, n’importe quoi, mais toute cette stratégie bancale s’effondrer à la seconde même où je me rends compte qu’il ne s’agit pas de quelqu’un devant qui je dois tricher.

« Ismaëlle. »

Il est là, devant moi, à ma hauteur. Un genou posé sur le sol, ses mains d’abord sur mes épaules, ses yeux dans les miens. Je n’arrive pas à déterminer ce que je ressens en cet instant, tout ce que je sais c’est que je ne tente pas de me dégager de lui. Je le laisse faire, je le laisse me toucher, me regarder, me voir telle que je suis en cet instant, allant même jusqu’à m’accrocher à son regard sans vraiment y réfléchir. Néanmoins quand sa main glisse jusqu’à mon cou mon rythme cardiaque s’accélère. Je crois ressentir un peu de panique, pourtant je retiens ce geste réflexe qui consiste à porter mes doigts à cet endroit stratégique où je peux capter mon pouls. C’est stupide, j’en ai bien conscience, mais ça fait partie de moi. Sa main glisse sur ma joue … Je suis partagée. J’ai dans le creux du ventre cette trouille bleue de ce qu’il représente en tant qu’Homme. D’un autre côté je n’ai qu’une envie : Lâcher prise, me laisser aller, parce que sa présence me fait du bien même si je n’arrive pas vraiment à en saisir la teneur.

La peur ne s’évapore pas, elle se mêle au souvenir de la veille, à toutes les horreurs d’aujourd’hui, je n’oppose absolument aucune résistance et me laisse aller complètement à sa présence. J’aurai pu réagir comme ça avec Maxence, avec Dimitri aussi, sans doute avec Everett et peut-être Owen, parce que je les connais, je leur fais confiance, mais Leiv c’est autre chose et je crois que je m’en suis rendu compte hier. Il n’est pas un ami, il est un collègue. Il n’est pas comme un frère, il est … un homme et je suis une femme, chose que j’ai eu tendance à oublier ou plutôt à ne jamais avoir conscience. L’instant d’après je me retrouve dans ses bras et les vannes s’ouvrent à nouveau. Je ne suis pas d'un naturel à pleurer souvent ni facilement, si j'ai versé des litres de larmes il y a quelques mois de ça j'ai rarement craqué depuis. Ça n'est pas une question de fierté ni d'insensibilité, d'indifférence, c'est simplement … par nécessité je crois. Est ce que je m'attendais à le faire dans les bras d'un homme ? Pas une seule seconde. Je suis habituée à tout gérer par moi même, à me gérer par moi même, ce qu'il se passe actuellement je n'en ai absolument pas l'habitude. Pourtant je ne fais aucun geste pour m'éloigner de lui, bien au contraire. Un instant l'image de Jakob s'impose à moi mais je le chasse de mes pensées rapidement. Cet homme gardera toujours une place particulière si ce n'est dans mon cœur au moins dans mes souvenirs, qu'ils soient bons ou mauvais. Je n'ai pas envie de penser à lui, pas maintenant, pas quand c'est dans les bras d'un autre que je me trouve alors même que je n'ai jamais été dans les siens. Ce qu'il s'est passé hier au lac me passe évidemment dans l'esprit mais les circonstances ne se prêtent pas vraiment à ce genre de choses, alors ça aussi j'essaie de le sortir de ma tête, de faire le vide, et au fur et à mesure que les larmes permettent à ce trop plein d'émotion d'évacuer mon corps je sens bien que la tempête commence à se calmer. J'avais juste besoin de ça, besoin de lâcher prise, de laisser sortir tous ces ressentis, pour pouvoir me ressaisir.

Il n'empêche que lorsqu'il s'écarte je ressens l'envie de le retenir et l'espace d'une seconde cette sensation m'effraie, me paralyse. C'est une chose que je chasse de mon esprit tout comme le reste en retrouvant une position plus confortable. Assise sur le sol, le dos appuyé contre le mur, je ferme les yeux un instant, inspire un grand coup, bloque l'air et l'expire comme s'il pouvait faire partir les derniers vestiges de cette crise de larme. J'essuie finalement mes joues et mes yeux d'un geste de la main avant de relever les yeux et de croiser ceux de Leiv : Il me tend une tasse remplie d'un liquide fumant.

« Tiens. Ça te fera le plus grand bien. »
« Merci beaucoup. »

J'attrape la tasse sans demander mon reste, quand bien même la chaleur qui en émane me chauffe les paumes. Ça fait du bien, je me rends compte que je commence à avoir extrêmement froid et ces tremblements qui m'ont secoué, qui continue encore un peu de le faire, n'ont finalement peut être plus rien à voir avec les émotions. Je prends le temps d'avaler plusieurs gorgée de ce que je devine être du thé, cloitrée dans un silence nécessaire l'espace de quelques secondes avant d'ouvrir à nouveau la bouche mais il me devance :

« Ne t’excuse pas. Nous avons aussi besoin de craquer. »

Est ce que c'est ce que je m'apprêtais à faire, à dire ? A vrai dire, quand je croise son sourire je ne m'en souviens plus vraiment. J'ai parfois entendu des élèves le qualifier d'iceberg, l'appeler Monsieur Iceberg même, mais en cet instant ça n'est pas un homme glacé que je vois, loin de là. Ça fait un moment déjà que ça n'est plus comme ça que je le perçois, sans doute depuis ce jour où il a débarqué aux enclos dans un état second, et son sourire je le lui rends, aussi infime soit-il. Sa présence me fait du bien, la chaleur de la tasse aussi, un nouveau soupir m'échappe et je m'appuie un peu plus contre le mur, sentant mon corps qui s'affaisse, épuisé. Bien évidemment ça ne lui échappe pas ...

« Tu dois te reposer Ismaëlle, tu en as besoin. Nous pouvons installer un lit ici si tu ne veux vraiment pas partir de l’infirmerie. Tu seras à proximité s’il se passe quoi que ce soit. »

Je crois que c'est à cet instant que je me rends compte d'une chose : Il me tutoie, et c'est la première fois. Il l'a déjà fait tout à l'heure mais ça ne m'avait pas sauté au yeux. Je ne crois pas que le vouvoiement soit nécessairement une barrière mais … il y a quelque chose, comme si … Peu importe. S'il le fait c'est parce que c'est sorti naturellement, aucune question à soulever de ce côté là. Je le regarde droit dans les yeux, je me souviens très bien de ces recommandations, et je sais qu'il faudrait que je me repose, que c'est simplement une question de bon sens mais en l'état je m'en sais incapable. Oh je pourrais lui demander un médicament pour ça, aller voir Gwen Roberts-Moore pour qu'elle me fasse une potion adéquate, mais je n'arrive pas à m'y résoudre, pas quand ces chiens – j'ai beaucoup plus de respect pour les chiens que pour eux, soit dit en passant – rode autour du château et peut-être encore à l'intérieur. Je tiens sur le nerfs, depuis un moment, j'en ai conscience. Nouveau soupir, je pli un genou et lui offre un regard déterminé.

« Et si c’est dehors qu’il se passe quelque chose ? »

J'ai beau savoir que Lancaster et ses hommes sont là, qu'ils font leur boulot et qu'ils seront tous en première ligne s'il le faut, qu'ils ne sont pas les seuls qui plus est, j'ai l'égocentrisme de penser être indispensable. Ça n'est pas tellement le cas mais je me sens responsable de cet endroit, de ces gosses, au même titre que Logan. On a fait un choix, tous ceux qui sont présent entre ces murs ont fait un choix.

« Ils vont revenir, ils vont tester nos défenses, encore et toujours, jusqu’à ce qu’on s’épuise. »

On n'est jamais bon juge de soit même mais je doute avoir encore l'air vulnérable en cet instant, parce que c'est clairement de la colère qui commence à me bruler les veines.

« J’en ai vu des choses difficiles dans ma vie, ne serait-ce qu’en Afrique quand j’étais soldat, mais ça … »

Quand on est en charge, ça change tout. De gauche à droite je secoue la tête en regardant le sol sans le voir, dépitée. Oui j'en ai vu des horreurs là bas, ailleurs aussi, j'ai vu ce que vivent les populations, les femmes, les enfants, les vieillards, ceux qui n'ont rien demandé à personne et qui subissent. L'Homme est la pire espèce que la terre n'ait jamais porté, mais j'essaie, vraiment j'essaie, de garder en tête qu'il est aussi capable du meilleur.

« Qu’ils s’en prennent à des adultes c’est une chose, je ne le tolère pas pour autant bien sur, mais des enfants ? Parce que c’est ce qu’ils sont. Jeunes adultes ou pas, ils sont encore des enfants et cet endroit est une école, pas un … »

Pas un champ de bataille. Sincèrement j'en arrive à me demander si on ne devrait pas simplement arrêter le massacre et renvoyer tout le monde chez soi. Pourquoi s'entêter comme ça ? Pour leur tenir tête, pour leur montrer qu'on ne cède pas, oui, mais à quel prix ? Aujourd'hui c'est au prix de la vie de Megan, au prix du sang de tellement d'autres.

« Elle voulait avoir des enfants, découvrir le monde, y trouver sa place, et elle n’aura jamais cette chance. C’est tout autant leur faute que la nôtre, on aurait dû être capable de les protéger. On leur en a fait la promesse. A eux, à leur famille. »

Et ça fait très mal de l'admettre.

« Ils ont probablement Jake depuis des mois, ils ont failli tuer Maxence, et Dimitri, Everett a perdu sa cousine, le nombre de blessés est trop élevés, ils ont réinstauré la terreur. Ça me rend folle Leiv, ça me met hors de moi. Je ne suis pas une personne d’un naturel violent mais ces hommes et ces femmes … Si je … »

Je me rends compte que je serre cette pauvre tasse avec force mais je n'arrive pas à faire autrement. C'est clairement de la haine que je ressens en cet instant et égoïstement je n'ai pas envie d'entendre que tout va s'arranger. Je me surprends même à souhaiter qu'ils reviennent et qu'on leur mette une bonne raclée une bonne fois pour toute. J'ai vu de quoi j'étais capable quand ils ont tenté de reprendre le château en décembre, je n'hésiterai pas une seconde à foncer dans le tas à nouveau s'il le fallait. J'ai déjà perdu un enfant, même si ça n'a rien à voir, je refuse néanmoins de les laisser m'en prendre un autre. C'est trop tard pour Megan, il faut faire avec, ne pas oublier ceux qui restent.

C'est ce moment là que je choisi pour me relever, sans doute reboostée par ces nouvelles émotions qui me traversent. J'ai posé la tasse sur le sol et ai pris appuie contre le mur pour retrouver la station debout avant de me pencher pour attraper à nouveau la tasse et la garder entre mes doigts. La chaleur qu'elle dégage me fait du bien. De l'autre main je frotte mon pantalon plus par réflexe qu'autre chose comme pour enlever de la poussière inexistante et quand j'entends la gourmette d'Alexander teinter autour de mon poignet je ferme les yeux une seconde. Comment les choses auraient évolué si tu étais toujours là ? A quoi bon se poser cette question.

« Merci pour tout ce que tu fais, tu es une aide vraiment précieuse Leiv. »

Cette fois c'est à mon tour de poser ma main sur son bras. Bras auquel je m'accroche quand un léger vertige me fait vaciller mais c'est pourtant bien un sourire que j'esquisse à ce moment là.

« Et tu as raison, il faut que je me repose. »
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MessageSujet: Re: [Event 15/02/2015] Bring me the Horizon ▬ Leiv   Ven 13 Nov 2015 - 6:55

— Et si c’est dehors qu’il se passe quelque chose ? Ils vont revenir, ils vont tester nos défenses, encore et toujours, jusqu’à ce qu’on s’épuise.

Je sais qu’elle a raison. Ils n’ont pas digérer leur défaite en Juillet et jamais ils ne laisseront ça sans revanche. Leur but est de revenir et de reprendre le pouvoir de ce château et ils s’y essaieront. Encore et encore. Jusqu’à ce que nous ne puissions suivre. C’est ce qu’ils croient hors de ces murs parce qu’ils ont à faire à une école remplit de gosses qui sont pour certains deux fois moins âgés qu’eux. Pourtant, j’ose espérer et croire que beaucoup d’étudiants ici peuvent, avec de l’entrainement, faire face à leur détraqueurs. Nous ne sommes pas là pour en faire des machines de guerres, à leurs âges ils ne devraient tout simplement pas avoir comme pression constante de savoir si les Supérieurs reviendront ou non. Mais ils ont fait face à leurs attaques avec brio malgré les blessures… Je m’accroche donc à ça même si je reste dans l’optique que nous devrions peut-être renvoyer les plus jeunes chez eux.

— Alors nous les épuiserons aussi. Les gardiens sont là et nous aussi.

J’essaie de rester positif là où l’ombre s’étend. Et ça n’est pas évident. Même pour un homme pour moi qui a toujours su garder le cap même en situation de crise. Ils restent eux aussi humains même si leurs actions sont tout bonnement le contraire… Mais si nous devons nous épuiser, ils le feront aussi. Je songe un instant aux gardiens. Devons-nous multiplier les effectifs afin de rendre le château infranchissable ? En avons-nous seulement les moyens ?

— J’en ai vu des choses difficiles dans ma vie, ne serait-ce qu’en Afrique quand j’étais soldat, mais ça …

Soldat ? Je fronce les sourcils, marquant ma surprise. Je n’avais jamais entendu cette partie de son histoire et quelque part, ça n’a rien d’étonnant. Nous avons appris à nous connaitre, à nous jauger, et petit à petit, nous nous sommes laissés aller à se côtoyer plus souvent sans que je ne m’en rende réellement compte et même si nous en avons appris un peu plus de l’autre à chaque fois, je n’ai aucun souvenir d’avoir entendu Ismaëlle me parler d’elle en tant que Soldat à l’armée. En Afrique, qui plus est.
Je l’imagine un instant en uniforme, se couvrant des tirs ennemis et j’en trouverais presque l’explication de ce caractère si forgée. Mais je dois avouer que jamais je n’aurai eu l’idée de la voir en tant que membre de l’armée. Et ce que je vois aujourd’hui c’est qu’elle semble avoir abandonné une guerre pour faire face à une autre, malgré elle.

— Qu’ils s’en prennent à des adultes c’est une chose, je ne le tolère pas pour autant bien sur, mais des enfants ? Parce que c’est ce qu’ils sont. Jeunes adultes ou pas, ils sont encore des enfants et cet endroit est une école, pas un …
— Je sais.

Que cette école n’est pas un champ de bataille. Et encore moins un régiment de l’armée. C’est une école. Avec des enfants. Qui ne devraient avoir que pour unique préoccupation de réussir leurs examens. Le problème avec ce genre d’individus, c’est que la rationalité n’est plus la même. Bloqué dans une matrice, leur fanatisme ne possède plus aucun sens. Aucune logique. Et lorsque nous y réfléchissons bien, toutes guerres portent son lot de stupidité. La guerre en elle-même en est une.

— Elle voulait avoir des enfants, découvrir le monde, y trouver sa place, et elle n’aura jamais cette chance. C’est tout autant leur faute que la nôtre, on aurait dû être capable de les protéger. On leur en a fait la promesse. A eux, à leur famille.

Je reçois comme un coup de poing en plein creux de l’estomac.
Je sais qu’Ismaelle mentionne Megan et c’est justement ce qui me déstabilise en cette seconde. Me cité ce qu’elle voulait de son vivant me ramène à la réalité du moment : Elle est morte sous mes mains et je n’ai rien pu faire pour la ramener parmi nous. Rien pu faire pour faire repartir ce cœur qui ne battait plus. Rien pu faire pour qu’elle puisse réaliser ce qu’Ismaelle m’apprend. Et cette fameuse promesse nous la faisons à l’instant où nous signons ce contrat pour venir enseigner ici. Promesse que j’ai effectivement moi-même brisé en ne sachant pas ramener leur fille.
Une boule se bloque au creux de ma gorge et je sens le besoin brutale de m’asseoir au sol, contre ce mur et de ne plus penser à rien. De pouvoir avoir la possibilité de me vider de toutes pensées, de toutes contrariétés mais aussi de ce visage pâle, mort, et de ce cœur qui ne bat plus.

— Ils ont probablement Jake depuis des mois, ils ont failli tuer Maxence, et Dimitri, Everett a perdu sa cousine, le nombre de blessés est trop élevés, ils ont réinstauré la terreur. Ça me rend folle Leiv, ça me met hors de moi. Je ne suis pas une personne d’un naturel violent mais ces hommes et ces femmes … Si je …

Je n’ai pas le temps de réagir, de lui dire que toute personne saine d’esprit aurait cette même envie de les avoir en face de soi pour leur rappeler qu’ils ne sont pas les seuls à être apte à se battre, qu’elle se lève déjà. Moi-même qui suis d’une nature calme et au sang-froid à toutes épreuves, je n’hésiterais pas à une seconde si je les revoyais aujourd’hui. Megan aurait pu être Adrian. Si ce dernier avait été à Poudlard avec moi, il aurait pu lui aussi succomber à une blessure. L’idée même m’ait insupportable et c’est bien pour cela que j’imagine sans peine la douleur des parents de la jeune femme. Et que je comprends aussi la frustration d’Ismaëlle. Il n'est pas évident de gérer le tout lorsque nous avons en plus de ça des proches qui sont directement impactés. Je ne sais pas qui est Maxence pour elle, il en va de même pour Jake mais je sais que Dimitri et elle s'entendent suffisamment bien pour être affecté du fait qu'il se soit fait touché. Je dois d'ailleurs l'annoncer à Katherine... Tout comme je dois aller vérifier que Phaedre va bien vis à vis de son frère.

Je me mets moi-même debout, me sentant fébrile mais aussi vide. J’aurai aimé avoir au moins une bonne nouvelle à lui annoncer, que Megan n’est pas morte et qu’elle ira mieux avec de la patience. Mais la réalité des choses est que ça ne se passe pas toujours comme nous le voudrions.

— Merci pour tout ce que tu fais, tu es une aide vraiment précieuse Leiv.

Elle pose sa main sur mon bras où elle s’y accroche, comme prise d’un léger vertige et je viens la maintenir un peu plus avec mon autre main que je pose sur sa hanche, afin d’éviter toute chute. Mon regard se plante dans le sien et pour la première fois depuis que je suis ici, je doute de ses mots. Sur le fait d’être une aide précieuse. Ça ne dure qu’une seconde, fugace et éphémère mais la mort de Megan a ébranlée chez moi bien des murs. Ismaelle n’a pas à me remercier, je suis ici aussi pour ça, pas que en tant qu’Enseignant en médicomagie.
Je repense à cette après-midi dans le lac et je me demande ce qu’il se serait passé si je l’avais retenu pour réitérer ce qu’elle m’a donné alors que nous étions dans l’eau.
Je me demande ce qu’il se passerait si je le faisais en cette seconde, à mon tour.
Les circonstances ne s’y prêtent pas mais je ne peux nier ne pas y avoir pensé.

— Et tu as raison, il faut que je me repose.

Nous restons figés dans cette position, sa main sur mon bras, la mienne sur son coude et l’autre sur sa hanche pour la maintenir, je scrute un instant son regard.

— Ils ont besoin de toi Ismaëlle. En forme. Mais ils ont besoin de toi.

Mes yeux parcourent son visage, sans que je ne bouge d’un iota. Je suis sincère et même si elle a parfaitement conscience que tous ces enfants ont besoin de son soutient, je le lui rappelle. Et il y aura beaucoup de chose à rappeler ces prochains jours. J’ai une pensée pour Katherine qui, à notre plus grand soulagement, n’est pas dans ce château mais à l’abri. Cependant, je sais à quel point beaucoup d’entre eux auraient aimé ses gestes maternelles, ses sourires chaleureux et cette énergie qui n’appartient qu’à elle. Sans le vouloir, les deux jeunes femmes sont semblables lorsqu’il s’agit d’instinct maternel.

— Je comprends que ça soit frustrant de les voir arriver comme ça, semer la terreur et ne pas avoir le temps de quoi que ce soit. Ne pas avoir le temps de leur faire payer.

De les voir arriver ici et de tout ravager comme si ce château leur appartenait.

— Mais tout ce que vous faite depuis le début n’est pas vain. Sans vous, cette école serait déjà sous une emprise malsaine et qui sait ce qu’ils seraient advenus de tous ces enfants si vous n’avez pas étiez là pour veiller sur eux. Aussi bien les autres que toi-même.

Même lorsque l’occupation était présente, si des personnes comme Ismaëlle n’avaient pas été là, le résultat aurait pu être bien pire.
Ma propre colère est présente même si cette dernière est sûrement moins nourrit que la leur, que la sienne. Elle a déjà vu avec eux l’horreur durant de nombreux mois, durant deux années complètes. Alors comment pourrions-nous reprocher à des personnes comme Ismaëlle de vouloir leur faire payer ? Tout cela est injuste et le pire est de faire face à l’évidence : Nous aurons beau nous fustiger et nous rendre haineux vis-à-vis de tout ça, ça ne changera rien au fait qu’ils reviendront. Mais ce sera à ce moment-là qu’il faudra exposer cette colère qu’ils ont éveillée.

— Nous devons prendre les problèmes uns à uns. Je vais t’installer un lit ici si tu le souhaite et essaie de dormir un peu. Et tu vas faire ce que tu sais faire le mieux : Prendre soin d’eux. Les aider à remonter la pente. Crois-moi, tout devient moins insurmontable quand nous voyons des personnes comme toi se battre encore.

Visage sérieux, regard profond et surtout embrasé, je finis par la lâcher en douceur au cas où elle serait pris d’une nouvelle faiblesse. Le jour n’est plus à la pudeur ou à la retenue, quand bien même je reste toujours aussi droit, serein et calme. A l’intérieur, c’est tout autre chose mais je canalise, ravale et rejette pour l’instant les images qui coulent à flot. Je l’ai dit moi-même : Prendre les problèmes uns à uns.

— Mais pour tout ça, il faut prioriser le repos. Si tu veux réussir à prendre soin d’eux comme tu le fais depuis si longtemps, tu dois d’abord prendre soin de toi.

Je commence doucement à connaitre Ismaëlle et je sais à quel point elle peut être dévouée à corps perdu pour tous ces enfants. Mais je sais également qu’a trop s’oublier soi-même, nous perdons le fil et notre capacité à garder les deux pieds bien implantés au sol. Survient alors la dérive, l’inattention et les fautes. Si je m’inquiète pour elle ? Je crois que la réponse se trouve simplement dans ma manière de faire avec elle.
La première étape étant de se ressourcer, prendre soin de ceux qui souhaitent rester encore entre ces murs. Puis de faire naitre une révolte, une rébellion. Proposer peut-être aux élèves volontaires de prêter mains fortes ou de proposer des ateliers de défense supplémentaire. A ce stade, tout est bon à prendre pour permettre à tout le monde ici d’être prêt. De se sentir un peu plus en sécurité.

Je m’écarte d’un pas afin de lui laisser champ libre de partir me sentant d’un coup moi-même fatigué. L’espace d’une seconde le besoin de m’excuser menace de franchir mes lèvres. Le besoin de lui dire que je suis désolé de ne pas avoir pu réussir à sauver cette jeune fille et de ne pas avoir réussi de lui laisser une chance de réaliser tout ce qu’Ismaëlle m’a mentionné. Mais au lieu de ça, je lève mon regard vers le sien dans lequel je m’y accroche.

— Si jamais tu as besoin de que quoi que ce soit, n’hésite pas à venir me voir.

Je reste tel que je suis et affiche cette stature sans faille, celle qui se maintient debout malgré les heures de sommeils ignorées et tout ce sang vu en quelques heures. Je sais que je ne suis pas l’homme le plus chaleureux ni le plus adroit en terme de soutient mais je fais au mieux et je serais là pour Ismaelle si jamais elle souhaite ma présence ou mon aide. Parce qu’au-delà du fait que ça soit dans mes instincts et dans mes manières de réagir, je tiens à cette femme qui me pousse dans mes retranchements. Aussi difficile à accepter que ça le soit.
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MessageSujet: Re: [Event 15/02/2015] Bring me the Horizon ▬ Leiv   Mar 17 Nov 2015 - 17:53

« Ils ont besoin de toi Ismaëlle. En forme. Mais ils ont besoin de toi. »

Je prends conscience de ses mots, sincèrement, mais cette situation, sa présence, son regard et son toucher … Ils me déroutent. Je le sens là dans ma poitrine, les battements de mon cœurs accélèrent, mon souffle s'emballe un peu lui aussi et je me retrouve bloquée dans une sorte d'immobilité silencieuse. Ils ont besoin de moi en forme, c'est tout ce qui compte, tout ce sur quoi je dois me concentrer. Ça et rien d'autre. Pourtant c'est difficile de faire abstraction, y compris des souvenirs de la veille et de ce que je ressens en cet instant même si je suis incapable de le décrire. Ça n'est pas normal, je devrais avoir envie de fuir et quelque part c'est le cas mais je suis figée, totalement figée, et peut-être que ça ne vient que de moi mais la pièce semble se remplir d'électricité. Sa main sur ma hanche, l'autre sur son bras, et la mienne sur le sien … Je ravale difficilement ma salive et tente de retrouver un semblant de consistance mais aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche.

« Je comprends que ça soit frustrant de les voir arriver comme ça, semer la terreur et ne pas avoir le temps de quoi que ce soit. Ne pas avoir le temps de leur faire payer. »

Retour brutal sur terre quand bien même je ne bouge toujours pas d'un millimètre. La tension que je ressentais quelques secondes plus tôt évolue à nouveau, redevient similaire à la précédente, agrémenté de colère et de frustration, de peine aussi et de déception. De culpabilité. Je ne m'en rends pas compte mais ma main se serre autour de son bras.

« Mais tout ce que vous faite depuis le début n’est pas vain. Sans vous, cette école serait déjà sous une emprise malsaine et qui sait ce qu’ils seraient advenus de tous ces enfants si vous n’avez pas étiez là pour veiller sur eux. Aussi bien les autres que toi-même. »

J'aimerai vraiment assimiler ses paroles, j'aimerai qu'elles me fassent du bien, qu'elles me réconfortent et quelque part c'est le cas bien sur mais je pense simplement que c'est encore trop tôt. Je n'ai pas le recul suffisant pour réfléchir de manière rationnelle, pour voir les choses d'un regard calme et posé, objectif même peut-être. Tout ce que je vois c'est l'échec, la perte et la promesse bafouée.

« Nous devons prendre les problèmes uns à uns. Je vais t’installer un lit ici si tu le souhaite et essaie de dormir un peu. Et tu vas faire ce que tu sais faire le mieux : Prendre soin d’eux. Les aider à remonter la pente. Crois-moi, tout devient moins insurmontable quand nous voyons des personnes comme toi se battre encore. »

Passée les émotions révolutionnaires, c'est la fragilité qui s'installe, la sensibilité plutôt. Je crois que les larmes me montent aux yeux à nouveau quand je l'entends prononcer ces mots. Ce soir, ce matin, peu importe l'heure, il est la voix de la raison mais plus encore. Est ce que j'ai encore la force de me battre ? Je la trouverai, je ferais tout pour que ça soit le cas mais … Pas ce soir, cette nuit. Je ne peux pas, je ne peux plus, et même si je ne peux pas dire que personne ne s'occupe de moi, s'inquiète pour moi, venant de lui ça n'a rien à voir. Ils sont mes amis, lui … Il est un homme, un homme sur lequel je porte un regard que je ne comprends pas, auquel je ne suis pas habitué. C'est quelque chose que je ne sais pas comment appréhender, comment gérer, mais je suis certaine d'une chose : ça n'est de toute façon pas le bon moment pour ça alors je baisse les bras, j'abdique, je relâche mes épaules, ferme les yeux et laisse un profond soupir m'échapper. Je fais le vide ou en tout cas j'essaie, tâchant d'ignorer cette envie étrange de retrouver le réconfort de sa proximité. Il est grand, solide, impressionnant même. Il inspire beaucoup de choses. Il m'inspire beaucoup de choses même si je fais la sourde d'oreille à mes propres pensées.

« Mais pour tout ça, il faut prioriser le repos. Si tu veux réussir à prendre soin d’eux comme tu le fais depuis si longtemps, tu dois d’abord prendre soin de toi. »
« Bien Docteur. »

C'est bien un sourire que j'esquisse, que je lui adresse.
Maigre certes, et fatigué, mais bien présent.

« Si jamais tu as besoin de que quoi que ce soit, n’hésite pas à venir me voir. »
« Merci. »

Je le laisse partir, je le regarde s'éloigner puis disparaître quand la porte se referme finalement sur lui. Non, je ne ferais aucun geste pour le retenir même si une part de moi y a pensé, une part de moi à qui je ne veux pas laisser accès aujourd'hui.
Ce que j'ai fait ensuite m'a coûté au départ mais je n'ai pas résisté très longtemps quand bien même j'ai hésité à ressortir de cette pièce pour faire le tour du château à nouveau. J'ai finalement cédé, je me suis allongée, c'est recouverte d'une couverture et de sa chaleur réconfortante que j'ai sombré, épuisée. Ni plus, ni moins.

Il faisait à peine jour quand j'ai rouvert les yeux. Reposée ? Apaisée ? Pas vraiment néanmoins je sais très bien que ça n'aurait été que pire si je n'avais pas écouté Leiv. Docteur, Infirmier, peu importe, il sait de quoi il parle, il m'a déjà mise en garde et il n'est pas le seul. Ignorer ses conseils une nouvelle fois aurait été qui plus est totalement égoïste et ça n'est pas le moment d'être égoïste. Je suis sortie de la petite pièce en silence, j'ai observé partout autour de moi, cette salle plongée dans l'immobilité, l'obscurité, à l’exception de quelques endroits éclairés par des chandelles. Cameron n'avait pas bougé d'un pouce, Leiv était entrain de remplir ce que j'ai deviné être des dossiers. Les blessés, les proches, le personnel médical. Nous. Les habitants du château, adultes, plus jeunes et puis quelques Elfes de Maison. C'est vers l'une d'entre eux que je me suis dirigée, une fois devant elle je me suis accroupis et lui ai caressé le visage. Ses traits étaient tirés par la fatigue. Juste un murmure pour ne pas réveiller ceux qui dorment ni déranger les autres.

« Tinky, ma jolie, on va encore avoir besoin de toi ici. Est ce que tu peux amener une boisson chaude et quelque chose à manger pour toutes les personnes présentes ici ? Tu seras un amour, merci beaucoup. »

Elle n'a rien dit, elle a juste hoché rapidement la tête en me regardant avec ses grands yeux humides et un petit sourire comme toujours. Mon regard s'est égaré en direction de Leiv quelques secondes pour revenir s'ancrer dans celui de l'Elfe.

« Double dose pour Monsieur Helland. Il est très fort pour dire aux autres de prendre soin d'eux mais je ne suis pas certaine qu'il s'écoute lui même. »

J'ai vu son sourire s'élargir puis elle a disparu dans un petit bruit caractéristique à ceux de son espèce. Je me suis redressée puis relevée non sans peine, jetant un nouveau regard circulaire sur cette pièce, je pense que c'est à ce moment là que l'évidence m'a sauté aux yeux, quand j'ai aperçu la silhouette du corps de Megan là bas pourtant cachée par quelques rideaux. Un nœud s'est formé dans ma gorge puis dans mon estomac. Il est temps d'affronter la réalité à nouveau et de prendre ses responsabilités. Pas d'hésitation, je ne peux pas me le permettre, c'est sans doute pour ça que je me suis dirigée vers Leiv, simplement pour le prévenir que j'allais partir. Pour … qu'il ne s'inquiète pas de ne pas me voir ? Je n'en sais trop rien, je l'ai fait et c'est tout.

« Ça va bientôt être l'heure du petit-déjeuner, je dois descendre faire sortir Fenrir un peu et voir les élèves. »

Voir les élèves … et leur annoncer que l'une d'entre eux n'a pas survécu. Sourire forcé, je ne m'attarde pas plus.

« A plus tard. »

Je lui adresse un signe de la main et tourne les talons priant intérieurement pour qu'il ne m'arrête pas, me sachant pertinemment sur une corde plus que sensible à nouveau. Circuler dans le château a été plus pénible que je ne l'aurai cru, c'est comme si les murs eux même ressentaient et exprimaient la tristesse ressenti par tous : État de choc. Y compris dans les tableaux, y compris chez les Fantômes. Je suis repassée par ma chambre pour nourrir Fenrir, prendre une douche et me changer. Je l'ai laissé se dégourdir les pattes dehors quelques minutes alors que le jour prenait ses quartiers, je l'ai laissé faire ce qu'il avait à faire tout en captant la fraicheur du vent comme s'il pouvait me donner du courage. Quelques instant plus tard les premiers élèves ont commencé à arriver dans la Grande Salle. Ne pleure pas Ismaelle, pas devant eux. Certains sont déjà au courant, la plus part ne le sont pas mais les visages parlent d'eux même. Les regarder dans les yeux pour leur annoncer la nouvelle a été une des choses les plus difficiles qu'il m'ait été donné de faire.

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