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 Sick of being scared [PV Mateo]

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MessageSujet: Sick of being scared [PV Mateo]   Lun 12 Oct 2015 - 18:05

~Mercredi 25 Février - Aux environs de 19h~

Cela faisait maintenant plus d’une semaine qu’Ethan dormait difficilement et que les images des derniers événements lui tournaient dans la tête. Alors que l’adrénaline était retombée, qu’il n’avait plus eu peur pour Charleen, qu’ils n’avaient plus eu à courir dans tous les sens, il avait pris conscience de ce qu’il s’était réellement passé. ils avaient été attaqués. Tout simplement, sans aucune autre forme de procès. Ces types avaient encore réussi à rentrer, à briser les barrières de protection. Certes les attaques avaient été ciblées et une rumeur à propos d’une liste montrait bien que le bleu n’avait rien à craindre dans le mesure où jamais il n’avait pris position contre les Supérieurs. Mais ça ne le rassurait pas. Comment aurait-il pu être rassuré? Encore une fois il avait eu la preuve que la mort n’était pas toujours aussi lointaine qu’il le croyait. Encore une fois il avait vu que cette vie calme à laquelle il aspirait n’était pas encore d’actualité. Et ça lui faisait mal, ça le terrorisait. Quand il s’était retrouvé seul dans son lit, sans autre bruit que celui de la respiration de ses camarades il avait commencé à trembler, à être en sueur et à ne pas trouver le sommeil. Cela se voyait d’ailleurs sur son visage. Si toutes ses nuits n’étaient pas blanches, elles restaient suffisamment courtes pour que des cernes soient bien visibles sous ses yeux. Dans ces moments où il tournait à la recherche du sommeil d’autres images, moins tragiques, venaient le hanter. Le sourire de Charleen et surtout, son invitation au mariage de son père. Le Serdaigle ne cessait d’y repenser, sans trop savoir pourquoi. Il y avait quelque chose d’étrange dans cette invitation, quelque chose qui le mettait mal à l’aise mais qui pourtant, au fond de lui, bien qu’il ait du mal à le reconnaître, lui faisait énormément plaisir. Parce que ça montrait qu’à ses yeux, il n’était pas un type lambda. Le lien qui les unissait était maintenant avéré. Ce qu’il avait toujours fuit était là, devant lui. C’était effrayant et pourtant… Pourtant Ethan n’arrivait pas à revenir en arrière. Cela l’amenait à se poser beaucoup de questions. Il avait passé toute la semaine à se demander s’il devait en parler à sa mère. Non pas pour lui demander l’autorisation d’aller au mariage mais pour lui demander ce qu’elle pensait de tout ça. Cependant, jusqu’ici, il n’avait pas encore trouvé le courage de le faire, se contentant de lui dire qu’il allait bien malgré tout ce qui avait pu se produire.

Ce jour-là, Ethan avait donc fait comme tous les autres depuis une semaine. Il s’était levé avec difficulté, regrettant une fois de plus de ne trouver le sommeil que tardivement et s’était rendu en cours. la concentration était difficile pour lui avec la fatigue mais il essayait quand même de suivre un minimum car ça lui permettait de se changer les idées. lors de sa pause, il avait décidé de bouquiner tranquillement dans sa salle commune. Heureusement, Jordane ne s’y trouvait pas. Le Serdaigle ne l’évitait plus vraiment, il acceptait maintenant d’être dans la même pièce qu’elle mais se sentait toujours idiot en sa présence. il avait tout de même était jeter un œil pour savoir si elle allait bien après tout ça même si… C’était différent maintenant. Il avait donc passé de longues minutes le nez dans son bouquin avant de se rendre à reculons à son cours de self-defense. Il détestait ça. Comme à chaque fois, il faisait de son mieux pour ne pas se faire remarquer, pour se faire oublier et que personne ne remarque qu’il faisait mal les exercices. A la fin, ayant réussi à éviter le gros des combats, il avait filé prendre une douche puis à la bibliothèque pour flâner et emprunter un certains nombre de livres, pour les études, pour son plaisir et pour Charleen. Il venait de mettre la main sur une nouvelle série de romans historiques et attendait avec impatience de les dévorer. Lorsqu’il se rendit devant le bibliothécaire, il constata que celui-ci avait l’air épuisé. Il avait été blessé pendant l’attaque et cela se voyait que tout ça ne lui avait pas fait du bien.


“Très bon choix aujourd’hui Ethan. Si ça te plaît, je saurais quoi te conseiller pour la suite.”


Bien sûr comme d’habitude, M. McEwen n’avait pas décroché de sourire mais cela ne dérangeait pas Ethan. Il avait longtemps eu peur de lui, maintenant leurs rapports étaient cordiaux. Le bibliothécaire semblait apprécier son appétence pour la lecture et lui donnait toujours de bons conseils. Cela convenait parfaitement au jeune homme qui voulait juste qu’on le laisse tranquille mais apprécier découvrir de nouvelles œuvres. Une partie des livres dans son sac à dos, ceux qui ne rentraient pas dans ses mains, le jeune homme était donc sorti de la bibliothèque, bien décidé à en poser une partie dans son dortoir et d’aller ensuite trouver Charleen pour lui donner ce qu’il avait pris pour elle. Tête baissée, fixant ses pieds, l’adolescent avançait donc dans les couloirs. Il aperçu plusieurs paires de jambes devant lui et voulu se décaler sur la gauche pour les laisser passer mais, alors qu’il était persuadé d’avoir tout faire pour les esquiver, il entra violemment en contact avec quelqu’un.

“Bah alors le morveux, tu regardes pas où tu marches ?”

Ethan releva alors doucement la tête et ses yeux se posèrent sur trois visages. Des types qui étaient dans l’année au-dessus de lui, de maisons différentes mais il ne se souvenait plus lesquels. Ils n’avaient qu’un an d’écart et pourtant, entre eux, l’adolescent ressemblait à un gamin frêle et sans défense. Le regard sombre mais en aucun cas provocateur, le Serdaigle les avait parcouru des yeux avant de baisser de nouveau la tête et de tenter de reprendre son chemin. Il n’avait pas envie de ça. Seulement, à peine avait-il fait deux pas qu’un bras l’attrapa violemment au niveau de l’épaule pour le projeter contre le mur. Ethan lâcha un petit gémissement sous l’impact et laissa tomber ses bouquins sur le coup.

“Oh tu couines en plus, comme c’est mignon !”

Des éclats de rire. Ethan était en train de bouillir à l’intérieur et pourtant il ne fit pas le moindre geste. Le regard baissé, il sentait que sa main tremblait. Il avait rarement des ennuis, en général on lui fichait la paix mais savait bien que malgré tout ce qui se passait, certains demeuraient complètement débiles. Il priait intérieurement pour que ça passe vite. Seulement, alors qu’il fixait toujours ses chaussures, il vit un des élèves prendre son sac et le renverses. Ses livres tombèrent alors au sol et ce dernier les écarta négligemment du pied comme pour voir s’ils ne cachaient pas des choses.

“Arrête !”

Ethan n’avait pas pu retenir son exclamation. Mais dans le tas de bouquins, il y avait un livre de contes que sa mère lui avait offert. Une édition magnifique à laquelle il tenait énormément et la voir ainsi malmener lui arracher le cœur. Seulement c’était une erreur stratégique. Le crétin attrapa le livre et se mit à l’agiter devant le visage de l’adolescent tandis que l’autre continuait à le tenir fermement contre le mur et que l’autre avait sorti sa baguette, sans doute pour préparer une humiliation.

“Oh, c’est ta petite chérie qui t’a offert ça, c’est pour ça que couines ?

- Ta gueule!”

Ethan avait parlé sans s’en rendre compte. Fatale erreur. Le troisième qui se tenait à l’écart lui lança un sort qui eu pour effet de lui fermer la bouche sans qu’il ne puisse l’ouvrir. Le premier de son côté, lui envoya un coup de poing dans le ventre comme pour le punir de son affront. Ethan se crispa alors de plus belle et il sentit les larmes lui monter aux yeux. Il était fou de rage mais impuissant, ses mains tremblaient maintenant de manière évidente et il savait que l’humiliation allait continuer. Parce qu’il était faible et trop peureux pour oser se défendre. La colère et la honte. Ses amies de toujours.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Lun 26 Oct 2015 - 12:36

► Sick of being scared ◄
Ethan & Mateo


Mercredi 25 Février — 18h

— Mateo, c’est pas dans les braises que tu trouveras l’inspiration pour le devoir de potions.
— Si, écoute elles me parlent. Elles me disent « Oh Mateo, tu as l’air si fatigué… tu devrais peut-être penser à faire une pause disons… d’une heure ou deux ! ».
— Et est-ce qu’elles te disent aussi que tu vas louper tous tes examens de fin d’année si tu continues ?

Je lève le regard vers Hasting qui elle, ne décroche pas ses yeux de son devoir qu’elle complète de notes supplémentaires. Je lâche un rire sec et taquin avant de porter ma main dans la poche de mon jean.

— Pas de cigarette. Pas avant d’avoir fini ce devoir.
— Putain mais t’as un troisième œil ?
— Non, tu es juste prévisible.

Cette fois elle esquisse un sourire alors que je replace ma main sur la table, gentiment. Je pourrais l’envoyer se faire foutre et de lui dire que j’fais ce que je veux… mais dans ce cas j’avais qu’à pas lui dire que j’étais ok pour qu’elle me file un coup de main. Et puis, j’me connais. Ça commence par une clope, puis par la distraction puisqu’à ce stade un simple petit nuage de fumée serait capable de me distraire pour une bonne demi-heure.

— Tu aides toujours Enzo pour ses cours ?
— Oui, tous les mercredi après-midi sauf quand il n’a vraiment pas besoin. J’étais avec lui tout à l’heure.
— T’as jamais pensée à faire prof’ ?

Kezabel lève son regard vers moi d’un air : Est-ce que t’es sérieux ? Le pire c’est que j’le suis. Elle donne des cours au Capitaine depuis déjà plusieurs mois, elle prend la peine de le faire avec moi et le pire c’est que ça marche. Bon, j’dis pas que je me tape des O à chaque devoirs, loin de là, mais disons que je progresse. Que ça commence à rentrer. Peut-être parce que Riley exerce une pression à côté… Du style : Si t’as des bonnes notes… Ca a du bon d’être un cancre finalement.

— Pour me coltiner des élèves comme toi ? Non merci.

Elle sourit, j’en fais de même en secouant la tête et mon regard se pose sur ses phalanges. Ses mains entières en réalité. Je remarque un détail qui ne m’avait jamais sauté aux yeux jusqu’ici. Des éraflures partout. Plus ou moins longues, plus ou moins profondes, parsemées sur sa peau.

— T’as été cherché un Boursouflet dans les ronces pour te faire ça ?

Je désigne le « ça » dans d’un geste de la tête et elle se redresse légèrement lorsqu’elle comprend de quoi je parle. Son visage change du tout au tout et elle met un petit temps pour répondre.

— Non.
— C’est quoi alors ? C’est Delphine c’est ça ?

Je lâche un ricanement… qui se perds dans le vent. Kezabel se raidit et braque un regard noir vers moi. Eh j’ai jamais dit que j’étais le roi de la délicatesse ni que je ne faisais jamais de bourdes.

— Ca va, désolé. Je lève les mains en signe d’excuse avant de reprendre ma plume en main. N’empêche parait que tu l’as bien amochée.
— Elle ne m’a pas loupée non plus.

Pas faux. Elle porte encore une entaille sur la pommette et une sur la lèvre, même si cette dernière est à peine visible. Mais d’après Macy, même si Kezabel fait un poids plume et qu’elle aurait pu effectivement finir plus amochée qu’elle ne l’est, elle était gorgée d’une rage que l’autre n’avait pas fait.

— Dire que je pensais que c’était « Riri Fury » et pas « Kezabel la rebelle »…

Je la vois sourire alors qu’elle reprend des notes et je me penche plus sérieusement sur mon devoir, malgré mon manque cruel de volonté. Je m’arrêterais là pour les questions ou les remarques, parce que j’ai pas envie et que de toute façon, ça me regarde pas. Même si je suppose que l’état de ses mains est un résultat de son combat avec Delphine. Ah, Delphine… Le plan cul amnésique de Maxime. Maxime qui passe du temps avec moi, de temps à autre. Seule. Parfois en silence, mais jamais ça ne nous a dérangé jusqu’ici. J’apprécie toujours un peu plus chaque jours ces moments où je me sens utile pour elle, que j’suis pas qu’une plante dans un coin de son décor. Tout va bien au-delà de ça depuis la dernière fois et mes promesses sont toujours valables. Je ne sais pas trop où elle en est dans sa tête et comme ça s’organise là-dedans mais malgré nos efforts, j’ai pas l’impression que ça soit la grande joie. Encore moins depuis que les Supérieurs sont revenus. Je sais pas trop, en réalité. Elle parait juste… absente. On ne lâche pas prise pour autant et lorsque je glisse un regard vers Kezabel, je me demande ce qu’il se passe aussi entre elles deux. Même si la question n’a pas lieux. Ce sont juste deux nanas qui couchent ensemble, de temps à autre.
Ouais… « de temps à autre ». Je paraitrais crédible si ça ne s’arrêtait qu’à ça.

Il est rapidement 19 heures, donc rapidement l’heure d’aller dîner et c’est en remerciant Kezabel que je la laisse quitter ma salle commune alors que je range mes affaires dans mon sac, puis dans mon dortoir. Je pars rejoindre Maxime dans le Hall, croise Riley quelques étages avant avec qui j’échange quelques mots, quelques étreintes tout en m’assurant l’air de rien qu’elle va bien. Le passage dans cette putain de salle Lundi n’était pas anodin et même si j’en ai pas l’air, je prends garde à ce que tout aille bien. De loin comme de près. Parce que ce que j’y ai vu et entendu, n’a rien de léger. Absolument rien.
Ça me fait toujours étrange d’être… comme ça, avec elle. Parce que ça ne me déplait pas mais aussi parce que c’est nouveau. Imprévisible aussi. Et le fait de m’avouer que je m’attache un peu plus à cette femme chaque jour me déstabilise autant que ça me gorge d’émotions nouvelles. Se laisser porter fait du bien mais est-ce que ça sera toujours suffisant ?
Je l’embrasse dans un coin isolé, laissant cette passion inscrit dans mes veines porter mes gestes. Je l’allume, clairement. Je m’en amuse aussi mais plus avec la méchanceté d’avant. C’est autre chose. Mes mains se font aussi osées que légères, mes lèvres suivent la même cadence avant que je ne romps cette frénésie mais aussi ce crépitement électrique au creux du ventre. Un sourire taquin et joueur s’étale sur mes lèvres avant que je ne m’écarte.

— Je n’suis pas le seul à avoir ses points faibles ici… Et encore moins le seul à en jouer.

Je la laisse là, comme il lui arrive à ELLE de le faire, sans remord. Au contraire, elle en rit, en joue et j’aime ça. Mais c’est pas parce que j’suis un mec que j’peux pas me jouer de ses envies de mon côté. Elle va sûrement gueuler et me le faire payer plus tard, mais c’est ce que je cherche. Parce que ce qui en résulte est toujours aussi bon.
Je glisse une cigarette entre mes lèvres et l’allume alors que je m’apprête à rejoindre Jefferson. Première bouffée. Toujours le même plaisir dans mes poumons.

— Oh tu couines en plus, comme c’est mignon !
— Arrête !

Je fronce les sourcils et m’approche un peu de la scène que je vois au loin. Trois silhouettes qui se distinguent bien vite. Trois types qui s’esclaffent devant un autre, plus jeune et que je reconnais comme étant un ami de Charleen. Je n’arrive pas à remettre un prénom sur son visage mais je le connais pour l’avoir vu souvent avec elle, dans les couloirs ou même à table. Mains dans les poches, je vois l’un d’eux agiter un livre sous ses yeux alors que le copain maintiens leur victime contre le mur et que le dernier trois bouffons le maintiens en joue avec sa baguette. Le tableau typique des enfoirés de seconde zone. Je tire sur ma cigarette, expulse la fumée et trouve la scène d’un pathétique déplorable. Pas pour le gosse mais pour ces trois ducon en couche-culotte.

— Oh, c’est ta petite chérie qui t’a offert ça, c’est pour ça que couines ?
— Ta gueule!

Et ce que je constate c’est que le premier signe de rébellion que je perçois du gosse qui ne se débat même pas. Et il n’en a pas le temps puisqu’un sort lui scelle les lèvres et que l’un des plus grands lui fou une droite en plein estomac. Il aurait aussi bien pu le faire sur moi que l’effet aurait été le même : Une vague de lave gorge brutalement mes veines alors que je plante ma cigarette dans la nuque du coupable qui se met à hurler comme un porc. On va les appeler par des prénoms parce que je m’y retrouve pas. Alvin, Simon et Théodore. Comme les Chipmunks. Ils sont de base assez mignon mais j’ai pas trouvé mieux pour définir le plus gringalet, celui qui a lâchement frappé un gosse alors que ce dernier est immobilisé, donc Alvin. Simon, celui qui semble doté d’un gramme suffisant d’intelligence pour lancer un sortilège, et Théodore. Le plus empoté et qui ne s’est rien foutre d’autre que d’agiter le livre en riant grassement.

Et j’ai envie de les encastrer tous les trois. Parce que ce sont un trio de connard endimanché qui n’ont rien d’autre à foutre que de venir s’éclater à martyriser en troupeau.
Alvin se frotte la peau de la nuque et j’ai maintenant toute l’intention des Chipmunks qui donneraient presque l’impression d’être des écureuils génétiquement modifiés. Et vu la gueule de Simon, l’expérience à foiré pour celui-là.

— Espèce d’enfoiré ! T’es complètement malade !
— J’avais besoin d’écrasé ma clope, t’es la première poubelle que j’ai croisé désolé.

J’sais pas ce que je fou ici quand j’me dis que je fais fasse à trois types qui vont sûrement me foutre la raclée du siècle. Je sais me défendre mais j’suis pas un Ninja non plus.
Et j’ai toujours pas lâcher des yeux la gueule de Simon.

— Qu’est-ce que t’as à m’regarder comme ça le bouffon ?
— Bah j’suis entrain de me demander si tu es plutôt Elephant Man ou Quasimodo mais à bien t’observer, j’me demande si t’es pas un croisé des deux.

Je n’laisse pas le temps de réagir, j’enchaine.

— Et j’étais aussi venu vous demander si vous n’aviez pas perdu vos noisettes, les rongeurs. Parce que quand même, pour taper à trois sur la gueule d’un gamin, faut être assez léger dans le caleçon. Non ?

La première droite m’arrive en pleine gueule et j’en souris doucement. C’est qu’il leur en faut du temps à ces branleurs pour réagir. Ma main est déjà dans ma baguette alors que je stupéfie Simon, un goût métallique envahissant déjà l’intérieur de ma bouche et la douleur me vrillant le cerveau. Ça faisait un moment que je ne m’étais pas battue et j’en ressens presque un soulagement. Même si je sais que j’vais sûrement finir en bouillie. Rien à foutre. Ce ne sont que des coups, le physique se répare toujours mieux que le mental.
Je décoche une droite dans la gueule d’Alvin, puis un coup de pieds dans sa rotule. Il hurle de douleur mais je n’ai pas vu venir Théodore et ses phalanges que je reçois en plein estomac. Je lâche un grognement alors que je titube vers le mur, m’y rattrapant du plat de la main. La bile menace de s’expulser alors que la douleur contracte chaque parcelle de mon estomac en souffrance. C’est qu’il cogne fort l’enfoiré. Je sais même pas où est le pote de Charleen. Peut-être qu’il s’est tiré et si c’est le cas, je vais lui en coller une parce que j’suis pas là pour faire joli mais pour le défendre. Qu’il ait du mal à se débattre devant trois types, ça se comprends. Qu’il prenne la fuite alors que j’suis entrain de me prendre une autre droite dans la gueule et qu’il a la possibilité d’en immobilisé un de son côté, j’le prendrais moyen.

Un filet de sang s’étale sur le pavé et c’est là que je le vois. Ce gosse, toujours contre le mur. Qui n’a pas bougé d’un iota.

— Putain c’est quand tu veux que tu te bouges le cul ! Oh ! Réagis !

Bordel de merde. Je sais qu’on a pas tous la même capacité à gérer le stress mais s’il n’a pas envie d’aller dire « bon retour » à Katherine avec des dents en moins il faut qu’il se secoue les neurones. Et vite.
Je porte une droite à Théodore qui me la rend aussitôt avec violence.

Ou c’est peut-être moi qui ira lui dire bonjour, finalement.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Lun 2 Nov 2015 - 17:08

Se battre, se défendre, faire en sorte de ne plus être humilié… Ethan avait rêvé de cela bien des fois. D’être capable de se dresser contre tous ces types qui cherchaient à le faire tourner en rond. D’être capable de parler haut et fort, de ne plus être le simple moucheron qu’on écrase d’un geste négligé. Oui il aurait aimé ne pas être cette victime parfaite que l’on voit avancer de couloir en couloir en se demandant à qui va revenir l’immense plaisir de lui faire du mal. Mais à chaque fois c’était la même chose. Il avait beau être pétri de rêves, ça ne changeait rien. Il en revenait toujours au même point, incapable de protester, tout juste bon à recevoir les coups, les regards de biais et à espérer que tout s’arrête. Souvent on le laissait tranquille mais une fois de plus il comprenait qu’il avait tout pour être méprisé. Alors le jeune homme attendait que ça passe, tout simplement. Il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire d’autre. Ses lèvres étaient scellées par la magie et la douleur lui vrillait l’estomac. Allait-il encore prendre un coup ? peut être pas. Sa docilité devait faire si pitié à voir que ses agresseurs finiraient sans doute par se lasser. Il n’espérait qu’une chose, qu’ils n’abîment pas ses livres. Pour le reste il n’avait aucun espoir. Il était en colère contre lui-même certes mais cette colère était inutile. Elle ne faisait que l’angoisser, lui tordre les boyaux. Mais elle ne lui donnait aucune force. Il n’était qu’une marionnette, là, contre son mur, qui attendait que les autres aient fini de jouer avec lui. Son calvaire aurait pu durer éternellement. On voyait dans les yeux du garçon la lumière de la résignation. Ethan était comme absent, déconnecté. Il ressentait les choses, à l’intérieur il bouillait mais à l’extérieur, il semblait juste vide, inanimé… Il n’était qu’un gamin trop peureux, trop timide pour s’exprimer. Qu’une âme facile à torturer.

Cependant, alors que le jeune homme était résigné il sentit soudainement le bras qui le tenait le lâcher. Son corps tomba alors lourdement sur le sol. Ethan releva alors la tête et vit un type près de ses agresseurs. Il comprit qu’il avait écrasé sa cigarette dans la nuque de l’autre imbécile. Pourquoi ? Après quelques secondes, le Serdaigle réalisé qu’il s’agissait de Mateo. Il ne le connaissait pas personnellement mais d’après ce qu’il avait compris des dires de Charleen, il fréquentait Riley. Mais les deux garçons ne s’étaient jamais parlé et le bleu ne comprenait pas ce qu’il faisait là. Il eut une réponse rapidement ou du moins quelque chose qui y ressemblait fort. Apparemment il ne tolérait pas de voir des grosses brutes s’en prendre à un gamin. S’il avait pu, Ethan aurait sans doute laissé un rictus ironique déformer son visage. Il n’avait qu’une seule foutue année d’écart avec eux. Mais oui, il ne ressemblait qu’à un gosse fragile, il ne pouvait pas nier l’évidence. Un gamin qui ne pu s’empêcher de sursauter lorsqu’il fit Mateo se recevoir un violent coup en plein visage. La panique apparut de nouveau dans ses yeux. Et s’il se faisait massacrer pour avoir voulu l’aider ? heureusement il ne semblait pas en reste et il parvint à stupéfier celui qui lui avait jeté un sort. Ce dernier s’annula alors. Le premier geste du bleu fut de porter une main à ses lèvres désormais décrochées. La suite ? La suite Ethan n’y comprit rien. La violence, les coups et son corps qui réagit seul. Assis, se plaquant contre le mur, l’air terrorisé. Que pouvait-il faire ? Il n’était pas assez fort. Il n’arrivait pas à faire autrement. Il sentait ses mains trembler et avait l’impression que le temps refusait tout simplement de s’écouler.

Puis une voix, un regard. Ethan sursauta quand Mateo s’adressa à lui de manière virulente? Se bouger… Il aurait aimé mais tout le problème était là. Cependant face à cette violence il se sent démuni, incapable. Un nouveau coup porté à Mateo et le jeune homme comprend que ce n’est pas vraiment bon signe. L’imbécile encore debout s’approche alors de lui et lui donne un nouveau coup de pied dans le flanc.

“T’es vraiment qu’une merde… Même quand un preux chevalier vient te secourir, tu fais pitié. En fait t’es une princesse sans défenses c’est ça ?”

La rage était en train de nouer la gorge d’Ethan. Il aurait aimé pouvoir réagir mais comment faire. Il vit son bourreau retourner son attention sur Mateo et d’un coup, il eut un flash. Devant ses yeux apparu la silhouette de Charleen, apeurée lors de l’attaque. Ça pourrait être elle. Et si Mateo était vraiment blessé? Que penserait Riley ? Que penserait alors Charleen… La vague de colère qui le faisait trembler jusque là le poussa alors à se lever. Son cerveau était débranché et c’était une sorte d’instinct animal qui s’emparait de lui. Sans qu’il ne s’en rende compte il était maintenant sur ses pieds et il se rua sur le type qui venait de tenter une nouvelle fois de frapper Mateo. Surpris sans doute, il bascula avec Ethan et les deux se retrouvèrent au sol. Dans un geste furieux le bleu se mit à frapper au hasard. Il ne savait pas faire, ses poings était maladroit mais il frappait sans s’arrêter. Malheureusement, il ne touchait que peu sa cible ou pas assez fort et bientôt, il se sentit propulsé. D’un geste des jambes, son agresseur l’avait envoyé valser et la tête du jeune homme entra lourdement en contact avec le sol. Il émit alors un léger gémissement et eut l’impression que le sol ne cessait de bouger. Des larmes de rages étaient en train de couler de ses joues et il entendit le rire des deux imbéciles qui étaient encore maîtres de leurs mouvements. Le jeune homme tenta de se relever, aveuglé par la colère, à peine conscient de ce qu’il faisait. Et il reparti à l’assaut. Sauf que cette fois, il n’atteignit même pas sa cible, ayant perdu l’effet de surprise et vola avec force contre le mur à cause d’un sort. Il tomba alors au pied de ce dernier, la respiration à moitié coupé. Il était faible… Tout simplement.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Lun 9 Nov 2015 - 13:01

J’ai rarement vu un cas comme le sien. J’ai déjà vu des types qui avait la trouille de se battre mais ce gamin donnerait presque l’impression de subir une crise de tétanie ou d’avoir d’un seul coup perdu toute faculté de réflexion. Il a sursauté mais c’est tout. Il n’a pas bougé plus. Il a le regard aussi affolé qu’un lapin sur une autoroute.
Et comme si ça ne suffisait pas que Théodore me modèle la gueule, il s’approche maintenant du gosse et lui donne un coup de pied bien senti dans le flanc. Super. De quoi vouloir l’éclater un peu plus. Je me demande si tout ça va se terminer maintenant que la machine est lancée. On l’sait tous que la haine engendre la haine et que lorsque l’homme laisse parler ses instincts primaires, il est difficile de le déloger de cet état second. Je suis essoufflé et j’ai la gueule qui me tourne. J’ai l’impression que lorsque j’ouvre les yeux, je me retrouve projeter en pleine nébuleuse étoilée.

— T’es vraiment qu’une merde… Même quand un preux chevalier vient te secourir, tu fais pitié. En fait t’es une princesse sans défenses c’est ça ?

Preux chevalier ?
Va te faire foutre ouais. J’ai rien d’un chevalier, bordel. Ça sonne comme une insulte pour moi.
Et ça n’est pas ce qui me frappe le plus ici… C’est sa manière de lui parler à lui. Sa manière de lui lancer avec un dédain, mêlé de dégoût et de moquerie. Ça me donne la gerbe et je perds le fil de la réalité juste un quart de seconde parce que je vois là, c’est pas Theodore. C’est moi. Parce qu’il y a une époque qui n’est pas si lointaine, j’étais un putain d’enfoiré qui n’avait aucun scrupule et qui se foutait de la terre entière. Qui aurait sans remord lâcher exactement ce genre de mot à un gosse comme Ethan. Et ce quart de seconde perdu me vaut une jolie droite en pleine mâchoire. Droite que je mérite largement pour avoir été à leur place durant quelques années.

Et il s’apprête à m’en remettre une mais alors que je m’apprête à réceptionner le coup… rien ne vient. J’ouvre les yeux, Théodore n’est plus en face de moi. Je me redresse légèrement en m’appuyant sur le mur, crachant un filet de sang qui commence à emplir ma joue et là j’assiste à un renversement de situation pour le moins inattendu.
Je ne sais pas ce qu’il l’a poussé à enfin se foutre sur ses deux pieds mais Ethan vient de rouler au sol avec la grosse brute et c’est une énergie qui se déverse sur sa gueule. Il n’atteint pas toujours sa cible mais il y va avec une telle hargne qu’un instant je me demande si c’est toujours le même gamin que tout à l’heure qui est entrain de se démener comme un beau diable. Parce que ça se voit, sur son visage et dans ses gestes, qu’il y met toute sa haine. Theodore ne se laisse pas surprendre plus et le propulse en arrière alors que je secoue la tête pour reprendre un peu mes esprits et que je puisse tenir correctement sur mes deux jambes. Et si Ethan se relève pour foncer de nouveau comme un fou sur Alvin et Théodore, ces deux derniers en on oublie ma présence pour quelques secondes. Secondes que j’utilise à profit.

Nez en sang, je m’essuie le haut de la lèvre d’un revers de manche et brandit ma baguette.

— Locomotor Mortis.

Que je répète à nouveau pour toucher les deux fanfarons qui ne peuvent plus marcher puisque jambes paralysées. Un nouveau sort pour leur retirer leur baguettes à chacun et que je jette plus loin pour pas qu’ils puissent les atteindre. Même si je doute que debout et immobilisés, ils puissent quoi que ce soit.

— Enfoiré !!! Libère-nous espèce de lâche ! T’es vraiment qu’une fiotte !
— Ouais ouais les casse-noisettes. J’vous emmerde au passage. J’crois que vous m’avez péter le nez.

Il saigne toujours d’ailleurs mais peu importe. Je me dirige vers Ethan que je relève en le prenant par le bras, peut-être de manière un peu brutale sans le vouloir.

— Allez, viens.

Et dans un geste purement désinvolte, je crache un énième filet de sang aux pieds de Théodore. Il me regarde droit dans les yeux et pointe son index massif sur moi. Il est carrément en colère mais pas celle qui est explosive. C’est plutôt une haine froide qui promet bien des aventures pour les prochains jours…

— J’te jure que ça va se payer cher connard.

Je lève mon majeur et me tire, tenant toujours Ethan par le bras que je traine plus loin. Beaucoup plus loin en réalité. Je sais que ça ne s’arrêtera pas là, tout comme je sais que je vais sûrement me faire surprendre au détour d’un couloir et que je vais me manger une belle droite dans la gueule en guise de vengeance mais tant pis, ça passera. Comme pour tout. Nous passons un couloir où je finis par lui lâcher le bras d’ailleurs, puis un deuxième, en silence d’abord jusqu’à ce que je me décide d’ouvrir la bouche. J’ai mal à la tronche quand même.

— T’as pas un mouchoir ? J’suis entrain de semer mon hémoglobine partout.

Je suis désinvolte et je m’en fou, puisque j’ai toujours été comme ça. J’attends qu’Ethan me réponde alors que l’on continue notre marche dans les couloirs jusqu'à ce que je m'arrête lorsque je juge que nous sommes assez loin et tranquille. J’ai l’estomac crispé par les coups mais surtout la tête comme un ballon. C’est largement moins pire que ce que j’ai reçu par Maxime mais ça fait quand même vachement mal. Je jette un coup d’œil à Ethan, pinçant mon nez pour éviter que ça ne coule. Je ne sais plus quel geste il faut faire. J’entends qu’il faut lever la tête, puis qu’il faut pas. Qu’il faut boucher le nez. Puis qu’il faut pas. Du coup, j’exécute le premier geste qui me vient. J’me pince toujours le nez entre l’index et le pouce.

— Ca va toi ? T’as rien de casser ?

Il est un peu pale mais ça à l’air d’aller. Enfin je crois.

— T’es pas si froussard que ça finalement. Tu mets juste un peu plus de temps à réagir que les autres mais c’était bien tenté tout à l’heure. T’avais l’air d’un enragé.


Et c’est vrai, je n’mens pas. Je le revois encore le visage baigné de larmes, agitant ses poings dans tous les sens, là où il n’faut pas, parfois réussissant à atteindre les pommettes de Theodore, parfois du vide. Il n’a pas l’air d’être le garçon à avoir l’habitude de se battre et encore moins à chercher les emmerdes.

— Et tu leur avais fait quoi aux trois casse-noisettes pour qu’ils viennent t’emmerder ?
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Mar 10 Nov 2015 - 12:55

Relève toi… Ne reste pas par terre comme ça, ne reste pas sur un échec. Relève toi et montre le que tu peux les étriper, que tu peux toi aussi les détruire, leur faire mal. Montre leur qui tu es…

Le corps endolori, encore sur le sol, Ethan était en plein duel avec lui-même. Il n’était pas habitué à prendre des coups, il n’était pas habitué à avoir mal physiquement. Alors, tandis qu’il était là, sur le sol, c’était un vrai combat qu’il menait contre lui-même. Contre son corps qui lui hurlait de rester allongé, de ne plus bouger et d’attendre que ça passe. Avec sa tête, ses émotions qui explosaient littéralement en lui et qui lui donnaient juste envie de tous les massacrer, de prendre enfin sa revanche. Alors il luttait. Le jeune homme parvint finalement à poser ses mains sur le sol, à plat, pour s’appuyer dessus et se relever. Mais il n’eut que le temps de relever la tête pour voir le sort que Mateo venait de lancer agir. Les deux guignols qui avaient décidé de lui pourrir la journée étaient maintenant immobilisés et semblaient plutôt en colère. Ethan fut alors frappé de sa stupidité. Il aurait pu les immobiliser plus vite. Réfléchir, utiliser la magie et compenser sa faiblesse physique. Sauf qu’encore une fois il s’était laissé submergé par la situation. Ses émotions avaient pris le dessus et il s’était retrouvé à lutter comme un imbécile, à brasser du vent. Le jeune homme sentait la colère qui était en lui se modifier petit à petit. Cependant, avant qu’il n’est le temps de la laisser réellement grandir, une main l’attrapa et le tira de ses pensées. Une fois sur ses jambes, le bleu comprit que c’était Mateo qui l’avait remis sur ses pieds et qui apparemment comptait bien l’entraîner à sa suite. Le Serdaigle eut à peine le temps de ramasser ses affaires et de mettre son sac sur son épaule, évitant soigneusement le regard de ses tortionnaires qui semblaient bien décidé à ne pas en rester là. ne pensant même pas à résister, Ethan suivit Mateo même lorsque celui-ci lui avait lâché le bras. Il sortit un mouchoir de sa poche, en silence quand son camarade lui en demanda un et continua à le suivre, sans trop savoir pourquoi. Il aurait plutôt tendance à le remercier en demi-teinte et à partir vite fait bien fait mais il était tellement secoué parce tout ce qui venait de se passer, par ce que lui-même venait de faire qu’il n’arrivait même pas à agir logiquement. Quand ils s’arrêtèrent finalement de marcher, le jeune homme détourna soigneusement le regard alors que Mateo pinçait son nez qui saignait abondamment. lorsqu’il entreprit de reprendre à sa question il garda la tête bien baissée. Il n’avait nullement envie d’être confrontée à toute cette hémoglobine et d’imaginer la douleur que pouvait ressentir la personne en face de lui.

“Non ça va.”

Simple, efficace et tout bas. Ethan avait beau avoir été secoué, avoir ressenti une immense colère, tout semblait être soudainement retombé. La personne qui se jette sauvagement sur un adversaire était bel et bien partie pour laisser la place au jeune garçon que tout le monde connaissait: timide, craintif. Aussi, quand Mateo déclara qu’il n’était pas si craintif que ça, l’adolescent serra son poing. Il se trompait. Il avait réagi une fois. Mais c’était la première et peut être la dernière. En plus, il avait l’air d’un enragé, c’était le cas de le dire mais un enragé incapable de frapper correctement. Son aîné lui semblait voir les choses complètement différemment… Mais pour Ethan c’était parce qu’il ne le connaissait pas, parce qu’il ne le comprenait pas. Cette colère contre lui-même était peu à peu en train de revenir. Pourtant Mateo semblait être terriblement doué pour détourner son attention chaque fois qu’elle pointait le bout de son nez. Et si sa question ne mettait pas forcément le bleu à l’aise, il devait avouer que le surnom qu’il avait donné aux autres imbéciles l’amusait beaucoup.

“Rien.”

Il n’y avait même pas de rancœur dans la voix d’Ethan. Oui il était enragé à l’idée qu’ils aient pu abîmer ses bouquins. Oui il s’en voulait de ne pas avoir été capable de se défendre réellement mais vis à vis des trois autres… Ses sentiments étaient étranges. Il les méprisait indéniablement mais cela le rappelait à une évidence. Il était en partie responsable de tout ça. Incapable de se défendre, incapable de s’affirmer, tout juste bon à raser les murs et à fermer les yeux sur ce qu’il se passait autour de lui. Il le cherchait après tout… Il était cette victime parfaite que l’on peut martyriser à outrance, qu’il est si facile de terroriser. Oui, l’adolescent se sentait responsable de ce qui lui arrivait. Encore une fois, c’était lui le problème et non le monde extérieur. Ses poings se serrèrent avec plus de force. Le jeune homme releva alors la tête et ne pu s’empêcher de pâlir légèrement en voyant l’état du nez de Mateo. Mais il devait au moins réussir à le regarder, ce n’était qu’une simple blessure.

“Je suis pas comme eux c’est tout. Et c’est facile de s’amuser avec moi. Je suis un parfait cobaye après tout.”

Le ton était froid, sec et horriblement distant. Ethan parlait de lui comme d’une chose, comme d’un objet. Il ne faisait pas ça pour s’attirer la sympathie de Mateo, pour donner une image fragile de lui, bien au contraire. C’était ainsi qu’il se voyait, ainsi qu’il se représentait. Ça lui faisait mal oui, ça le mettait en colère mais il avait la constante impression de ne rien pouvoir faire contre ça. Il était cet être honteux qui n’avait été capable que d’une seule chose bien dans sa vie : fuir avec Charleen pour la protéger pendant l’attaque. C’était l’acte qu’il avait commis qui ressemblait le plus à un acte de bravoure. Et encore… Ethan se méprisait pour ce qu’il était.

“Merci… Mais la prochaine fois évite de te mettre dans un tel état. Ils finissent toujours par se lasser.”

Le merci avait été prononcé à voix très basse. Parce qu’il n’était jamais simple pour Ethan de remercier quelqu’un. Quant à la suite… Mateo aurait pu s’éviter un nez cassé s’il s’était contenté de passer son chemin. Le bleu savait bien que les autres abrutis ne seraient jamais allés très loin….
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Ven 20 Nov 2015 - 19:15

— Rien.

Pas très loquace ce gamin. Pas très expressif non plus. Plutôt du genre à se rouler sous une couette, à attendre le temps qui passe. Ou avoir l'air d'un garçon qui dégage autant de chaleur qu'un mur d'Azkaban. Même lorsqu'il me balance ce “rien”, il n'a pas l'air d'exprimer un quelconque sentiment. Ni colère, ni rancune, ni tristesse. Juste un “rien” platonique. Et ça tranche violemment avec ce que j'ai vu quand on se battait contre les trois casse-noisettes. Il était en rage, il hurlait de haine, frappait sur tout ce qu'il pouvait même s'il pleurait. On s'en fou de savoir s'il chialait ou pas, l'important était qu'il avait prit les devants pour arrêter de se faire marcher dessus comme s'il n'était qu'une vulguaire bouse de dragon que les trois abrutis avaient trouvé sur leur passage.
Peut-être qu'il est encore sous le choc de quelque chose, de tout ça, je n'en sais trop rien. Mais le fait qu'ils s'en soient prit à lui sans aucune raison n'est pas forcément étonnant. De vrais lâches. S'en prendre à UN gamin, tranquille dans son coin, par pur plaisir d'exhiber sa soit disante virilité, ouais, c'est être lâche. Ou pathétique. Ou les deux.

Je tiens son mouchoir contre mon nez qui saigne et je ne pense pas qu'il soit cassé. Enfin je crois. J'suis pas médecin mais ça me fera une bonne occasion pour aller dire bonjour à Katherine. On ne s'emballe pas Miss Jenkins, c'est pas avec elle que je danse la Lambada Non en réalité, au delà du fait que Katherine soit une très jolie femme, elle me rappel un peu l'Argentin, voir beaucoup. Même si nous ne sommes pas du même pays. Son accent bien plus prononcé que le mien me ramène à ses chaudes après-midi d'été chez mes grand-parents et je ne peux pas nier avoir le mal du pays. Et avec le printemps qui arrive, ça risque de s'empirer même si ça n'est pas un drame en soi. C'est toujours bon de parler avec quelqu'un qui sait manier votre langue.
Je regarde le mouchoir d'Ethan imbibé de sang et le reporte à mon nez qui saigne toujours. Quelle merde. Le gamin finit par lever les yeux vers moi et j'ai l'impression que je peux voir le mur au travers lui.

— Je suis pas comme eux c’est tout. Et c’est facile de s’amuser avec moi. Je suis un parfait cobaye après tout.

J'hausse un sourcil, ce qui me vaut une grimace supplémentaire puisque ce simple geste suffit à me provoquer une légère douleur nasale.
Mais au-delà de ça, ce gamin pourrait presque foutre mal à l'aise ou être dérangeant. Il vient de se faire agresser et humilier, et il me sort ça avec le ton le plus froid et sec possible. Comme s'il s'en foutait. Ou comme si il en avait affreusement l'habitude. A sa place j'aurai pété un plomb, hurler et cogné dans tous les sens, peu importe les coups que je me serais prit en retour. Mais Ethan se contente simplement d'exposer des faits de manière simple et froide. Comme si les choses en avaient toujours été ainsi.

— Merci… Mais la prochaine fois évite de te mettre dans un tel état. Ils finissent toujours par se lasser.

Nous y voilà. Ils finissent toujours par se lasser. Donc j'en conclue que ce gosse à l'habitude de se faire emmerder par des casse-couilles commes les Chipmunk's mais qu'il n'en a jamais rien fait, ni rien dit à personne, préférant sûrement attendre que ça passe. Je ne sais pas si ça me révolte ou me fait pitié. Je respecte la faiblesse de chacun mais à un certain stade, c'est une question de dignité humaine. Et là, ces types suffisaient simplement à débarquer dans son périmètre pour s'essuyer les pieds et pisser dessus en riant comme des gros lourds.
Ethan est mi-penaud, mi-distant, tête baissée. Tiens, tant qu'on en parle, c'est quoi cette manière de baisser les yeux à chaque pas?

— Donc tu comptes passer ta vie à fermer ta gueule et à te laisser marcher dessus, c'est ça?

Si ce gamin a eu la malchance de tomber sur trois gars non-finit qui n'ont que pour règle que de cogner, il est aussi tombé sur le type le moins diplomate de cette école. Et en plus de ça, j'ai une franchise qui ne connait aucun filtre. Ce qui m'a valut plus d'un nez cassé et plusieurs gardes à vue d'ailleurs.
Tête toujours levée, je finis par retirer le mouchoir, constatant que le sang avait légèrement cessé de couler. Je fouille dans ma poche et en sort ma baguette, la pointe sur mon nez et formule un sort pour arrêter le saignement pour un petit temps. Ou au moins jusqu'à ce que je puisse me rendre jusqu'à l'infirmerie. Mais pour le moment, j'ai autre chose à foutre.

Je braque mon regard vers celui d'Ethan et enchaine.

— T'as quel âge? 16 ans, 17 ? Ok donc t'arrive bientôt à ta majorité et tu veux continuer à ce que des types comme eux viennent t'emmerde comme si t'avais 12 ans et te prendre pour la petite merde du coin?

Ma voix reste neutre, quoi qu'un peu ferme. Mais jamais aggressive ni enflammée.

— Tu sais ce genre de type ne se lasse jamais. Ils vont se lasser sur le moment, ouais et le lendemain ils vont revenir. Et le sur-lendemain. Et ça continuera tout le temps, tout le long de ta scolarité ? C'est ça que tu veux?

Je continue de le regarder, haussant les épaules pour accentuer mes mots.

— T'es pas un clébart, t'as une dignité. Tu fais quoi si c'est ta copine ou un ami que tu vois se faire massacrer dans le couloir? Là aussi tu vas attendre qu'ils se lassent?

Je pourrais y mettre les formes mais ça n'est pas mon genre. Il peut m'envoyer me faire foutre, m'en coller une s'il le veut, je m'en fou. Au moins ça prouverais que ça n'est pas un endormi.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Sam 21 Nov 2015 - 23:00

Après avoir lâché ses remerciements compliqués, Ethan s’attendait à pouvoir passer son chemin. La bienséance aurait voulu qu’il accompagne Mateo jusqu’à l’infirmerie pour qu’il s’assure que son nez était bien soigné mais c’était au-delà de ses forces. Là, il voulait juste retourner dans son dortoir, s’effondre sur son lit avec un livre et peut être, écrire une lettre à ses parents. Mais certainement pas resté planté là face un type qui lui rappelait sans cesse à quel point il avait été lâche et incapable de se défendre tout seul. Alors il attendait juste un signal, un hochement de tête, quelque chose qui lui ferait comprendre qu’il pouvait tout simplement partir. Mais ce signal ne venait pas. Et ce qu’il eut à la place n’était clairement pas pour lui faire plaisir. Il n’avait pas prévu dans l’équation que Mateo n’était pas du genre à laisser passer les choses. En même temps il ne pouvait pas s’en douter. Certes il le connaissait de vue mais il ne faisait pas partie des personnes qu’il avait pu le plus observer, du simple fait déjà qu’il n’était pas là depuis le début. Alors oui forcément, il ne pouvait pas prévoir. Cependant, qu’il puisse l’imaginer ou pas, la réaction aurait sans doute été la même. Sérieusement ? Il voulait vraiment entrer dans ce débat ? Ethan avait levé les yeux vers Mateo, ses poings se resserrant avec plus de force.

« Ça te regarde pas. »

Toujours aussi froid mais tout bas, à demi-mots. Non ça ne regardait personne. Qu’est-ce que ça pouvait lui faire qu’il se laisse marcher dessus ou pas ? Après tout, cela ne l’impliquait pas alors il pouvait tout simplement passer son chemin et oublier cette histoire. Mais non, il fallait qu’il en rajoute une couche. Alors qu’il évoquait le fait qu’il se comportait apparemment comme un gamin de 12 ans, Ethan sentit sa mâchoire crisper. Il était obligé d’endurer ça ? Parce que ce type était venu l’aider apparemment il avait l’impression qu’il pouvait se permettre de le juger. Mais merde ! Pourquoi tout le monde passait son temps à le juger ? A regarder sa façon d’être avec mépris ? Ça ne regardait que lui. Il n’avait pas besoin qu’on lui en rajoute une couche, il était tout à fait capable de se juger tout seul. Aussi, alors que Mateo en rajoutait une couche en disant que ça pouvait durer toute sa scolarité, Ethan fit un pas. Il n’avait pas envie d’entendre ça. Il n’avait pas à supporter cela. Il était donc bien décidé à s’en aller sans autre forme de procès. C’en était assez. Mais alors qu’il avait le dos tourné, les mots de son aîné le stoppèrent net. Qu’il le compare de près ou de loin à un clébard, cela ne le dérangeait pas. Mais c’était la suite. La suite qui l’avait fait s’arrêter. Ethan s’était alors retourné vivement.

« Mais ferme là ! »

Il avait crié. Sans s’en rendre compte. Ça recommençait. Encore une fois on avait réussi à le pousser dans ses retranchements, en même temps ce n’était pas si difficile que ça. Une colère sourde était entrain de battre dans ses tempes. Alors qu’il avait prononcé ces quelques mots, le visage de Charleen s’était imposé à lui. Non jamais il ne la laisserait se faire attaquer par qui que ce soit. Il n’était peut être qu’un trouillard, il était peut être un des pires êtres que cette terre ait portée mais jamais il ne laisserait quelqu’un faire du mal à son amie. C’était hors de question. Il n’avait pas pris la fuite pendant l’attaque, il était allé la chercher. Alors Mateo n’avait pas le droit de dire ça. Il se laissait faire oui, mais parce que c’était à lui qu’on attaquait.

« J’en ai rien à foutre qu’ils s’en prennent à moins. Et oui je suis lâche quand il s’agit de ma personne. Mais si c’est quelqu’un à qui je tiens…. »

La voix d’Ethan était encore une voix un peu trop forte. Oui il était légèrement en train de crier sur Mateo. Mais que voulait-il dire vraiment ? Il s’était arrêté net au milieu de sa phrase. Si c’est quelqu’un à qui il tient quoi ? Lors de l’attaque il s’était contenté d’emmener Charleen à l’abri mais heureusement personne n’avait réellement cherché à les attaquer. Mais si ça avait été le cas, qu’est ce qu’il aurait fait ? Il aurait pu essayer mais sans doute aurait-il été incapable de la défendre. Il se serait fait rétamer en quelques secondes et n’aurait pu qu’observer la souffrance de son amie… Une douleur vive lui vrilla alors l’estomac. Il porta alors une main à sa tête, la crispant sur son front et son cuir chevelu. Sa gorge était nouée et des images atroces défilaient devant ses yeux. En cet instant, il haïssait son imagination débordante tout comme il détestait Mateo et avait très envie de lui en mettre une en pleine face. Pourquoi est-ce qu’il ne pouvait jamais avoir la paix ?

« J’ai pas besoin qu’un type comme toi vienne me donner une leçon de vie. »

Ethan s’était remis à parler moins fort. C’était comme s’il avait soudainement reçu une sorte d’électrochoc. La colère sourde qui l’avait envahie en quelques secondes était brutalement retombée. Se transformant en une forme de dégoût envers lui-même. Il avait juste envie de vomir. Envie que son cerveau arrête d’imaginer tout et n’importe quoi. Envie de retourner dans son dortoir tout simplement, d’être tranquille. Il ne voulait plus être confronté à tout ça, il ne voulait plus avoir à s’imaginer ce qu’il se passerait si Charleen était attaquée. La main qui était sur son crâne se crispa de nouveau au point que ses ongles s’enfoncèrent presque dans son cuir chevelu. L’envie de vomir se faisait de plus en plus pressante. Il fallait que ça s’arrête maintenant. Pourquoi Mateo était venu le provoquer ? Que cherchait-il à prouver, hein ? Se prenait-il pour un bon samaritain qui allait le sauver ? Elias avait essayé une fois déjà de lui faire la leçon à ce sujet et autant dire que ça s’était mal passé. Mais là c’était différent. Parce qu’il ne s’agissait plus que de lui. Parce qu’indéniablement, Charleen était impliqué dans la conversation et le jeune homme se rendait compte que tout ne pouvait plus être pareil. Et ça le rendait dingue.

« Je veux juste qu’on me foute la paix. »
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Jeu 3 Déc 2015 - 13:02

C'est sur que ça ne me regarde pas, il a complètement raison mais de ça, je m'en branle comme de l'an 40. J'aurai aussi bien pu me tirer après l'avoir aider et le laisser en plan comme ça, comme je sais si bien le faire mais je suis connu pour être tout blanc ou tout noir alors j'suis rester. Et j'lui claque des vérités qu'il n'a peut-être pas envie d'entendre. Je suis loin d'être délicat et diplomate, ça m'a déjà porté préjudice plus d'une fois mais ça ne m'empêche pas de continuer à l'être. J'dis pas tout ça pour le blesser ou pour qu'il se sente comme une merde mais plutôt pour qu'il se réveille un peu. Qu'il se fasse casser la gueule dans un couloir par trois crétins qui s'en amuse, c'est une chose. Qu'il se LAISSE casser la gueule parce « qu'ils finiront bien par se lasser », en est une autre. Après tout, c'est son choix de vie, c'est lui qui le veut bien mais bizarrement, j'ai pas envie de le planter là sans en avoir dit quelque chose.

— Mais ferme là ! 

Et il se réveille enfin avec la même haine qu'il avait tout à l'heure en sautant sur l'un de ses trois agresseurs. Le sourire qu'il me fait naitre en coin me tire une légère grimace par la même occasion. Foutu nez, foutu baston. C'est Riley qui va être contente en voyant ma gueule encore.
Je tiens encore mon nez en pinçant l'arrête, tête en avant sans pour autant le lâcher du regard. Allez, qu'est-ce que tu vas faire ? M'en coller une ? J'en serais presque content et satisfait que tu le fasse. Ca m'inssuporte de le regarder comme ça à geindre dans son coin sans se bouger. Il a une dignité bordel, c'est pas un tapis d'entrée de maison.

— J’en ai rien à foutre qu’ils s’en prennent à moi. Et oui je suis lâche quand il s’agit de ma personne. Mais si c’est quelqu’un à qui je tiens….

Ce gamin te donne l'impression que toute sa colère, il ne sait pas la gérer. Main sur son front, il se crispe violemment en tenant une poignée de cheveux courts entre ses doigts, le visage rouge vif. Il cri mais je ne m'en offusque pas au contraire. Au moins il réagit, se réveille un peu et même s'il a l'air de morfler, c'est toujours mieux que de le laisser aller dans son coin à ruminer ce qu'il vient de se passer. Je sais pas ce qu'il se passe sous son crâne mais ça ne doit pas être jolie. C'que j'lui dis c'est pas pour être méchant, c'est juste pour qu'il arrête de se laisser faire en attendant que les coups passent. S'il se contente de faire ça jusqu'à la fin de sa vie, il n'aura été qu'une petite victime qu'on martyrise pour son propre plaisir, sans qu'il ne réussisse à s'imposer sur rien. J'suis pas le meilleur exemple, c'est vrai... Mais si j'peux au moins lui secouer le cocotier ça sera toujours ça de gagné pour lui.
Je pousse un soupir en attendant qu'il finisse sa phrase. Il en a rien à foutre de se faire cogner mais si c'est à quelqu'un qu'il tient qu'on s'en prend.... la suite ? Elle ne vient pas. Si c'est à quelqu'un que tu tiens que ses brutes vont s'en prendre, la vérité est qu'il ne pourra rien faire si ce n'est d'agiter ses p'tits points dans tous les sens. Ou alors, être plus judicieux et d'utiliser sa magie.

— J’ai pas besoin qu’un type comme toi vienne me donner une leçon de vie.
— J'te donne pas une leçon de vie, je t'expose juste les faits. C'est différent.

Ouais, clairement c'est différent. Je ne fais que lui exposer la réalité sous la tronche, rien de plus. Pour la leçon de vie, j'suis encore moins bien placé que pour le reste pour lui en faire une. Je suis un exemple en rien. Ni en cours, ni en relation humaine, ni en quoi que ce soit d'autre. J'ai un casier judiciaire long comme le bras, des résultats scolaires médiocres et qui commencent juste à être un peu mieux grâce à l'aide de Kezabel, bref, j'ai vraiment rien qui peut servir d'exemple. En revanche, la seule chose dont je peux me vanter c'est ma capacité à ne pas me laisser faire, quitte à m'en prendre pleine la gueule. Est-ce que c'est mieux ? Chacun son avis mais pour moi ça l'est toujours plus que de se laisser écraser comme une fiente de dragon dans son coin.
Je vois sa main se crisper un peu plus fort sur son crâne et je fronce les sourcils, mes deux doigts pinçant toujours l'arrête de mon nez. Ethan donne l'impression que ses ongles vont pénétrés la peau de son crâne, comme s'il voulait se défaire de cette peau qu'il ne supporterait pas. Je ne sais pas comment il se voit vis à vis de tout ça mais il est clair qu'l ne sait pas gérer cette haine qui tambourine chez lui. Qu'il ne sait ni comment s'en servir, ni comment la faire taire.

— Je veux juste qu’on me foute la paix. 

Je ne dis rien pour le moment, relâchant la pression que j'effectuais sur mon nez. Le sang s'est enfin arrêté de couler et surtout, je ne sens pas mon nez gonflé. Je ne sais pas s'il est cassé ou non mais si c'était le cas, j'le sentirais passé par rapport à maintenant où tout est largement supportable. Je m'essuie les dernières traces de sang présentes sur mes lèvres et mes joues avant de constater les dégâts faient sur le mouchoir du gamin.

— J'te le rends quand je l'aurai nettoyer.

J'vais eviter de lui balancer usager dans la tronche, c'est dégueulasse. Et j'suis pas d'humeur à jouer aux déguelasses même si ce que je lui ai dis pourrait laisser penser le contraire. S'il veut qu'on lui foute la paix, il va falloir qu'il y mette du sien, ça n'est pas en fermant sa gueule que ça arrivera. La diplomatie ça aide parfois, j'en suis certain mais à certain moment il faut simplement s'imposer. C'est comme ça, c'est la loi du plus fort parce que tu auras toujours de connard comme eux pour te rappeler que certains prennent plaisir à venir t'écraser comme un moucheron du bout du pouce.

— Et tu penses que c'est en la fermant qu'ils vont te foutre la paix ? Je laisse planer en silence et secoue légèrement la tête. Tu sais bien que non.

Mon ton c'est un peu radoucit et je continue de le regarder, glissant mes mains dans les poches de mon jean.

— Tu aura toujours des crétins comme eux pour te rappeler que ça ne suffit pas. Tu attends quoi, que ça soit trop tard ? Là ils étaient sympa, ils voulaient juste t'emmerder un bon coup, t'en foutre deux ou trois dans ton joli minois de gamin mais quand tu tombera sur le gros dur qui veut te réduire en miette, il se passera quoi ?

J'ai pas à lui dicter sa conduite, ni à lui dire quoi faire pourtant j'le fais quand même. Je sais pas pourquoi. Je ne suis pas le bon samaritain mais je crois que ça m'inssuporte juste qu'un gosse comme lui se laisse rouler dessus sans rien dire. Il donne envie de le secouer une bonne fois pour toute pour le raisonner là haut.

— T'as déjà essayer de gérer ta colère un peu ? C'est toujours mieux dehors que dedans et ça te permettrais d'avoir un peu plus le réflexe de te défendre et d'avoir un peu plus confiance en toi. T'es pas un moins que rien, ça c'est eux qui te le font croire.

Sortez le champagne, je réussis à formuler des paroles censées et sincères. Je sais pas trop ce qui me pousse à faire ça mais je fonctionne à l'instinct, donc je m'écoute et j'agis. Je jette un œil aux alentours et repère une porte juste à côté de nous.

— Viens deux minutes. C'est pas parce qu'on est un intellect qu'on a pas besoin d'expulser un peu tout ça.

Je pousse le battant de bois et sors ma baguette pour l'agiter une première fois, puis une deuxième fois. C'est une salle de classe vide, voir abandonnée, comme beaucou de pièces ici et le tabouret perdu dans un coin se retrouve transformer en un sac de frappe qui se suspend dans l'air et qui se stabilise tranquillement, comme accroché à un fil invisible.
Je range ma baguette dans la poche arrière de mon jean et désigne le sac du pouce.

— T'as déjà cogné là-dedans un peu ?
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Mer 9 Déc 2015 - 11:13

Une simple exposition des faits ? Mais bien sûr. Et il croyait vraiment qu’Ethan allait avaler ça ? Ce n’était pas parce qu’il n’était pas expert en auto-défense qu’il était stupide. Non, ce n’était pas une simple exposition des faits. C’était une expression de point de vue, un jugement de sa façon de voir le monde et de s’y adapter. Comme toujours. Parce qu’indéniablement, il ne faisait pas comme les autres et cela posait toujours problème. Mais pourquoi personne ne voulait accepter qu’il s’en fiche qu’on se moque de lui ? Le jeune garçon n’avait aucune estime de lui-même alors, à partir de là, que des petits cons l’emmerdent, ça n’avait pas d’importance. Qu’ils le fassent, quelque part c’était ce qu’il méritait voilà tout. Au final, ce n’était pas si difficile à comprendre. Pourquoi devrait-il forcément s’apprécier et considérer que tout le monde lui devait le respect ? Personne n’acceptait de voir les choses de son point de vue ce qui créait toujours indéniablement une distorsion et une colère étrange de la part des autres. Mais si seulement ils avaient cherché à comprendre… Ethan ne prenait que rarement le temps d’expliquer parce qu’il savait très bien ce qui en découlerait. Il était trop habitué maintenant. Alors non, il ne voyait pas ça comme une simple exposition de faits et il en avait marre qu’on lui parle toujours de ça. Il voulait juste que ça s’arrête. Et au fond de lui, il espérait que son « sauveur » se décide à passer son chemin, vexé par son manque de reconnaissance. Aussi, quand il se mit à parler du mouchoir, bien que le Serdaigle soit surpris il y vit une lueur d’espoir. Ce changement de sujet était peut être signe qu’il allait lâcher l’affaire ? Fatale méprise.

Mateo revint finalement à la charge. Ethan laissa alors enfin tomber la main qui jusque là était accrochée à son crâne mais son poing ne se desserra pas pour autant. Mais il s’en fichait que eux lui foutent la paix. Qu’ils l’emmerdent un peu et après il avait la paix. Voilà très bien. Le bleu lança alors un regard assassin à son vis-à-vis. Il ne comprenait rien ne voulait pas comprendre tout simplement. Et il continuait en plus. Si quelqu’un venait à le réduire en miettes ? Ethan laissa alors échapper un rire sarcastique. Décidément ce type n’avait rien compris. Il porta alors son regard sur le sol. Arrête c’est inutile. Ne gâche pas ta salive. Seulement le rouge ne semblait pas encore prêt à lâcher les armes. Il se mit même à lui parler de sa gestion de la colère et lui demanda de le suivre dans une pièce adjacente. Ethan hésita quelques instants puis se décida à le suivre. Il ne lâcherait pas l’affaire alors il fallait qu’il lui fasse comprendre. Il entra donc et le regarda agrémenter l’endroit avec un punching ball. Sérieusement ? Ethan prit alors une grande inspiration.

« Qu’ils me réduisent en miettes, je m’en fous. Je n’attache pas d’importance à ma personne et c’est pour ça que je ne défends pas. Je suis peureux, lâche et une mauvaise personne. Alors laissez-moi dans ma merde, ça m’arrangerait. »

Ethan sentit alors ses doigts se desserrer doucement. Il n’était pas forcément moins en colère, il sentait que ça bouillait en lui, son ton était toujours aussi agressif et son visage était rougi par le flot d’émotions qui l’avait assailli. Et pourtant, il ne serrait plus ses poings avec autant de force. Parce que ça faisait du bien de dire ces choses là qui étaient le cœur de sa personnalité et de son mal être. Il tourna alors son regard vers le punching ball avant de reprendre la parole.


« Et pourquoi je devrais me défouler là-dessus ? Parce que je suis un garçon alors je gère forcément la colère par la violence ? Mes livres me suffisent largement, j’ai pas besoin de me plier aux modèles qu’on me renvoie sans cesse en pleine figure. »


Pause. Avait-il déjà formulé ça auparavant ? Non jamais. Ethan n’hésitait jamais à se dévaloriser, à se juger de manière rude et intransigeante. Mais s’il y avait bien une partie de sa personnalité qu’il assumait pleinement c’était sa volonté d’être dans son coin, à lire, tranquillement et qu’il n’avait aucun attrait pour la violence physique et ce genre de défoulement par le combat. Seulement, chaque fois qu’il osait exprimer cela, on le méprisait. C’était toujours la même chose. Un bon garçon doit aimer se battre et ne passe pas son temps à bouquiner et à rêvasser à propos de contes bien sûr. Certes Ethan savait qu’il fallait savoir se défendre dans un monde comme le leur qui était désormais atteint par la violence permanence mais c’était un autre sujet. Il en avait juste marre qu’on lui reproche de ne pas aimer taper dans un truc pour passer ses nerfs.

« C’est bien d’être empli de bonnes intentions. Mais j’ai pas besoin d’être sauvé. Et s’ils s’en prennent à elle ce sera différent. »

Ou pas. Après tout, la peur pouvait toujours le paralyser. Mais Ethan refusait de s’entraîner pour sa sécurité personnelle. Pour elle oui mais pour personne d’autre. Il était d’ailleurs étrange que le jeune homme ait tout de suite fait allusion à Charleen. Il aurait pu utiliser quelque chose de plus vaguer, un pronom ou n’importe quoi d’autre qui aurait pu englober aussi ses parents etc. Mais non, il ne pensait qu’à sa sécurité à elle. Seulement c’était complètement inconscient et même après avoir déclaré cela, il ne s’était pas réellement rendu compte de ce qu’il venait de dire. C’était venu tout naturellement. On pouvait au moins reconnaître ça à Mateo, il avait tant poussé Ethan dans ses retranchements qu’il avait fait sauter certaines barrières, le poussant à s’exprimer de manière beaucoup plus franche. Parce qu’il avait la sensation de ne pouvoir s’en tirer qu’en mettant les choses au clair. Maintenant que c’était fait, il espérait que Mateo allait enfin comprendre les choses et arrêter de se battre contre du vent.

« C’est bon maintenant, je peux y aller ? »

Ethan avait pris un ton insolent qu’on ne lui connaissait que peu. Parce qu’en général il avait bien trop peur pour utiliser ce genre d’intonations. Mais là il était nerveusement épuisé et voulait juste que ça s’arrête.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Mer 16 Déc 2015 - 12:05

« Je suis peureux, lâche et une mauvaise personne », écrit par Ethan Aunominconnu. Ce livre autobiographique relate l’incroyable éloge qu’il se porte, avec tout son amour et toutes ses convictions.
Disponible en édition limité.

J’ai rarement vu quelqu’un avec une aussi basse estime de soi et j’me demande à quel moment on en arrive là. A quel moment on en arrive à se dire : Putain, t’es vraiment qu’une merde ! Hein, à quel moment ? Pour un type comme moi ça semblerait presque normal de penser ça, que j’suis qu’une ordure. Parce que c’est ce que j’ai été : Une ordure. Un con. Un enfoiré de première.

En crachant à la gueule de ses parents et en faisant silence radio, parce que sa sœur est morte. Comme si c’était de leur faute alors qu’ils purgeaient eux-même leur douleur atroce.
En me jouant des plus faibles.
En castagnant ceux qui n’avaient rien demander.
En faisant mon branleur face à l’autorité, tout en leur crachant à la gueule.
En considérant les femmes comme une occupation, un passe-temps, alors que ma mère et Camélia m’avaient donné le meilleur enseignement sur la manière de me comporter avec les femmes, sans compter padré qui m’aurait clouté sur l’arbre du jardin s’il savait la moitié de ce que j’ai fait avec la gente féminine.

J’assume tout ce que j’ai pu faire, je n’suis pas le genre à me défiler. J’ai en main tout un tas de raison de dire que j’suis qu’un connard. Mais lui ? Ce gosse gringalet qui préfère fermer sa gueule et de se faire cogner plutôt que de se manifester et de gueuler son humanité à leur gueule, qu’est-ce qu’il a fait ou vu pour croire qu’il n’est qu’un tas de chair ayant pour devoir de subir la brutalité des autres ?

— Et pourquoi je devrais me défouler là-dessus ? Parce que je suis un garçon alors je gère forcément la colère par la violence ? Mes livres me suffisent largement, j’ai pas besoin de me plier aux modèles qu’on me renvoie sans cesse en pleine figure.

J’ai été patient. J’ai même été prévenant. Un peu brutal dans ma manière de lui expliquer les choses parce que j’ai aucun filtre mais j’ai tenté de l’aider, de lui faire comprendre qu’il est humain et qu’il possède une dignité.
Ouais, j’ai été patient.
Mais là, il me les brise.

Qu’est-ce que j’en ai à foutre de ses bouquins ? Je ne vois pas ce qu’ils viennent foutre dans l’histoire de se défouler. S’il trouve sa paix dans quelques lignes d’histoire alors tant mieux pour lui mais ce n’est pas son bouquin qui viendra lui porter secours s’il se fait démolir par un type dans le coin d’une rue. Ce n’est pas son bouquin qui lui viendra en aide si Charleen se fait elle-même agressée. Ce n’est pas son bouquin qui viendra calmer l’esprit des imbéciles comme les trois autres de tout à l’heure.
Et c’est quoi ce cliché qu’il me balance à la gueule ? Il se prend pour une victime et se comporte comme telle. Putain mais combien de personne se sont essuyées sur sa gueule pour en arriver à ce point, sérieusement.

— C’est bien d’être empli de bonnes intentions. Mais j’ai pas besoin d’être sauvé. Et s’ils s’en prennent à elle ce sera différent.

Je lâche un ricanement sec, presque moqueur. J’ai pas besoin d’être sauvé mais s’ils s’en prennent à elle, ce sera différent…
Je retiens mes mots quelques instants, le regardant s’énerver face à moi, mains dans mes poches. Ce qu’il y a de positif c’est qu’au moins, il l’ouvre et daigne se défendre. Peu importe ce qu’il dit, Ethan reste hargneux à me renvoyer chier. C’est bien la preuve qu’il est capable de pas se laisser marcher dessus. Ne serait-ce qu’un peu. Je suis mitigé entre amusement et agacement. Pourquoi je perds mon temps avec un mioche comme lui ? J’suis pas connu pour être le bon samaritain, je veux bien croire que j’ai changé mais il y a des choses qui prennent plus de temps que d’autre. Alors pourquoi ne pas le laisser là, dans sa merde ? Je n’le connais pas, il n’est rien pour moi. Absolument rien.

Pourtant, il y a ce petit truc dans le fond de son regard farouche. Un quelque chose qui me donne envie de le pousser un peu plus dans ses retranchements.

— C’est bon maintenant, je peux y aller ?
— En plus de te laisser taper sur la gueule, parce que « tu es trop lâche, peureux et une mauvaise personne », tu me demande la permission de partir ?

Sa demande est sûrement aussi ironique que mes propos. Je ne dose pas mes mots, je ne l’ai jamais fait et je n’ai jamais dit que j’étais quelqu’un qui savait prendre des pincettes. S’il veut se tirer, qu’il le fasse, ça n’est plus mon problème.

— Si tu préfères aller jouer les victimes dans ton coin plutôt que d’accepter à ce que je t’aide, c’est toi que ça regarde. Ça n’est pas mon problème.

Je hausse les épaules d’un air désinvolte. Camélia m’aurait sûrement collé une beigne d’être aussi brutal avec lui mais Camélia n’est pas là. Elle n’est plus là. Si ce gosse ne veut rien entendre, je ne vais pas non plus l’attacher à une chaise pour le forcer à écouter ce que j’ai à lui dire. Je sais même pas pourquoi j’ai essayé…
Ah si, parce que j’ai voulu l’aider. Ça change hein ? De ma part, de vouloir aider. Bah ça commence assez mal mais tant pis.

Je regarde un instant le sac de frappe sur lequel j’appuie ma main avant de le pousser légèrement et de concentrer de nouveau mon regard sur Ethan.

— Quand je te demande de taper dedans, c’est pour évacuer. Mais t’aurais été une nana, ça aurait donné la même chose. Tu te voiles la face le mioche. Je le regarde de la tête aux pieds avec un air volontairement méprisant. T’es au bord de la crise de nerf, je suis presque prêt à croire que t’as qu’une envie c’est de m’éclater la gueule.

Si je le provoque ? Absolument.
J'lui demande ça pas parce que c'est un mec, mais parce que ça lui ferait du bien vu que ses phalanges ont l'air de le démanger. Je sais que si par malheur je sortais devant mes parents : « Moi j’suis un mec, un vrai, alors Camélia doit me laisser péter la gueule à un type pendant qu’elle joue à la corde à sauter », je me serais sûrement prit l’Ouragan Americano-Argentin dans la gueule sans comprendre ce qu’il m’arrive. C’est pas comme si j’étais avec une nana hyper caractérielle en plus de ça.

— On pourra dire ce qu’on veut, ce ne sont pas les belles paroles ni les jolis mots de tes bouquins qui te sortiront de la merde. T’es pas dans le pays des Bisounours où tu peux simplement te contenter de te laisser cogner et de retourner à ta vie tranquille jusqu’au jour où tout s’arrêtera comme par magie. Ça c’est dans tes bouquins. Dans ta réalité il va se passer que tu vas te faire démolir. Encore et encore. Jusqu’à ce que ça tourne vraiment mal pour toi.

Je ne lui laisse pas le temps de répondre et j’enchaine.

— Et me sors pas encore ton p’tit discours de victime « Je m’en fou qu’on s’en prenne à moi » et toutes ces conneries. C’est trop facile et t’es pas tout seul. Tu penses à Charleen ? A tes parents ? Ou à tes proches ? T’es pas une mauvaise personne, par contre pas de doute, tu es lâche. Peureux aussi, effectivement.

Alors maintenant, est-ce que tu vas aller dans ton coin lire un bouquin pour avaler tout ce que je viens de dire ou tu vas tout simplement venir récupérer ton humanité ?

— La réalité veut que face à des types comme eux parfois t’as pas d’autre choix que de te défendre. Ça ne coute rien de taper dans un sac, ca ne coute rien d’aller courir pour évacuer le stress ou la colère, ça ne coute rien d’hurler un bon coup. Que tu sois un mec ou une nana, c’est le même tarif pour tout le monde. Mais si tu ne veux pas utiliser tes poings, utilise au moins ta baguette plutôt que de laisser ces pourritures te faire dessus comme si tu n’étais qu’un putain de déchet. Et c’est pas quand il sera trop tard pour toi ou même pour un de tes proches qu’il faudra chouiner de n’avoir rien fait parce qu’en temps normal « Ils finissent toujours par se lasser ».


Ce que je cherche à faire n'a aucune importance. C'est ce qu'il se passe dans sa tête et dans son regard qui prime en cette seconde.

— Et entre toi ça dans le crâne : S'ils s'en prennent à elle, ça ne sera PAS différent. Si t'es pas foutu de te défendre toi même, tu ne seras pas plus foutu de la défendre elle.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Lun 21 Déc 2015 - 11:59

Qu’était-il réellement en train de se passer dans cette pièce ? Ethan avait un peu du mal à suivre. Il essayait de remettre en ordre les événements dans son esprit. D’abord on avait cherché à l’emmerder, une fois de plus. Mais bon, ce n’était pas comme s’il n’était pas habitué à ce genre de choses. Après tout, ce n’était pas la première fois ni la dernière fois que ça arriverait. On était venu l’aider. Sympathique en un sens. Mais comme toujours, chaque fois que quelqu’un venait l’aider, cette personne se sentait obligée de jouer aux super héros moralisateur. Mais là, on atteignait des sommets. Autant il se souvenait de la fois où Elias avait essayé de faire la même chose mais au moins il n’était pas allé aussi loin. Il n’avait pas tant insisté, ou plutôt, le bleu avait réussi à le décourager. Mais Mateo semblait bien plus coriace, bien plus enclin à lui tenir la jambe encore de longues heures. Ethan savait qu’il allait finir par craquer. On ne pouvait pas dire que la patience était sa plus grande qualité alors quand il avait en face de lui quelqu’un qui voulait juste appuyer là où ça faisait mal et qu’en plus, il venait d’avoir son lot d’émotions… Non vraiment ça n’allait pas le faire. Et c’était reparti. Son aîné lança une première provocation en reprenant la façon dont il s’était décrit pour l’enfoncer encore plus. Petit et pas sympa. Mais il ne s’arrêta pas là. Il ne jouait pas les victimes, il ne voulait juste pas se faire passer un gros dur. Il était loin d’en être un et n’avait juste pas envie de se protéger. C’était donc si difficile à comprendre ? Ethan poussa alors un long soupir et porta son regard sur la porte de la pièce. Pourquoi est-ce qu’il en s’en allait pas ? Si Mateo avait bien raison sur un point c’était celui-ci : il n’avait en aucun cas à lui demander la permission. Il pouvait partir s’il le souhaitait, ce type n’avait pas à lui dicter sa conduite.

Pourtant, il semblait évident que Mateo espérait en un sens qu’il ne parte pas. Qu’il reste là pour accepter de se défouler un coup, d’apprendre à se défendre. Lorsqu’il reprit la parole pour lui dire qu’il aurait dit la même chose s’il avait été une fille et qu’il avait sans doute envie de lui refaire le portrait, Ethan laissa échapper un petit rire cynique. Une fois encore il devait avouer qu’il avait raison sur ce sujet. Il avait très envie de l’atomiser. Mais il ne le ferait pas. Parce que ça ne servirait à rien et qu’il ne pourrait en aucun cas sortir vainqueur d’un tel affrontement. Il n’avait qu’à prendre la fuite. Après tout il était plutôt expert en la matière et en cet instant c’était la seule chose qu’il avait envie de faire. Surtout que Mateo ne semblait vraiment pas décidé à la boucler. Il était reparti dans ses élucubrations en évoquant ses parents et Charleen. Oui il n’était pas assez fort pour les protéger, oui il aimerait l’être mais il n’y arrivait pas tout simplement. Parce que le problème était bien plus important qu’une simple inexpérience du combat. Le rouge n’avait rien compris. Ses bouquins le protégeaient bien mieux qu’il ne semblait croire. Parce que la violence physique était une chose, la peur de la mort aussi. Mais ce poids psychologique qu’il ressentait depuis l’arrivée des Supérieurs était bien plus puissant.

Et encore et encore… Le flot de paroles de Mateo ne semblait pas vouloir s’arrêter. Il continuait avec le même discours et Ethan n’en pouvait tout simplement plus. Il se dirigea alors lentement vers la porte. il n’avait rien à faire là. De toute façon, le dialogue ne pouvait pas se faire entre ces deux là, ils n’étaient simplement pas sur la même longueur d’ondes, ça ne servait à rien d’insister avec autant de force. Sa main se posa alors sur la poignée tandis que le rouge venait apparemment de finir de déblatérer son petit discours. Le bleu se tourna alors vers lui et osa, ce qui était assez rare pour être souligné, le regarder dans les yeux.

“T’as pas l’air de comprendre en fait. Je suis peut être un microbe mais je sais me servir de la magie et je suis pas si nul que ça. Oui j’aurais pu sortir ma baguette contre eux et faire quelque chose. Mais j’y arrive pas parce que je ne le veux pas. Pendant l’attaque, j’ai réussi à vaincre ma peur pour emmener Charleen à l’abri. Parce que c’était d’elle dont il était question, pas de moi.”

Ethan n’avait pas été un super héros ce jour là, mais il devait bien admettre que la peur ne l’avait pas paralysé de la même façon qu’avant. Longtemps il s’était demandé pourquoi, qu’est-ce qui avait pu changer en lui. Certes Charleen lui redonnait confiance, l’aidait à se voir sous un autre jour mais ce n’était pas suffisant. Il ne pouvait plus nier l’évidence maintenant. Il avait réagi pour elle et seulement pour. Mais quand ce n’était que sa personne… Il ne ressentait que cette horrible faiblesse. La peur de souffrir, la peur de mourir même parfois, mais jamais cette rage au creux du ventre qui lui donnait envie de se battre, de tout affronter. Non, juste l’impression que rien n’était à faire. Qu’il fallait juste attendre et s’en remettre à ce qu’on pourrait appeler le destin.

“J’ai peur de mourir. J’ai pas envie de disparaître comme tous ceux qui ont été tués dans ce Château. Mais j’ai pas envie de me sauver non plus. Je me déteste. C’est tout. Alors garde tes beaux discours pour quelqu’un d’autre. Je sais, au fond de moi, que je serais prêt à utiliser la magie et la ruse pour la protéger elle. Mais j’arrive pas à faire appel à ses ressources quand ça me concerne. C’est tout. Et ça ne changera pas. Parce que je ne mérite pas un tel déploiement d’énergie.”

La main d’Ethan se serra alors sur la poignée sur laquelle il posa alors le regard. Il pouvait y apercevoir un bout de son reflet. Il détourna alors vivement la tête. Ce reflet, il le détestait, il lui faisait horreur. Avec Charleen il avait l’impression de pouvoir être apprécié, de mériter plus. Mais dès qu’elle n’était plus à ses côtés, ses vieux démons revenaient le hanter. Et c’était toujours pareil. Il avait juste envie de ne plus se voir, de ne plus s’entendre et de disparaître dans un autre univers pour ne pas avoir à affronter sa propre personnalité. Il n’arrivait pas à se supporter, il se haïssait tout simplement et ça lui arrachait les tripes.

“Tu peux continuer à me hurler dessus, à m’insulter pour m’énerver. Je suis nerveux et caractériel certes mais là c’est plus la peine. Tu pourras jamais me convaincre de prendre la peine de me défendre.”

Laisse tomber ce combat Mateo, tu brasses du vent et tu perds ton temps.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Mar 29 Déc 2015 - 22:30

Il me regarde dans les yeux, enfin. Avec un semblant de courage et de colère. On arrive peut-être à quelque chose qui en vaut la peine.

— T’as pas l’air de comprendre en fait. Je suis peut être un microbe mais je sais me servir de la magie et je suis pas si nul que ça. Oui j’aurais pu sortir ma baguette contre eux et faire quelque chose. Mais j’y arrive pas parce que je ne le veux pas. Pendant l’attaque, j’ai réussi à vaincre ma peur pour emmener Charleen à l’abri. Parce que c’était d’elle dont il était question, pas de moi.

Encore cette dévalorisation maladive. Toujours le même refrain qui se répète. C'était pour elle, pas pour moi. Moi j'vaux rien. Moi j'mérite pas. Etc etc. Et ce putain de goût amer qui ressemble a un écho qui me dérange.
S'il a l'air de ne rien vouloir entendre, j'ai au moins le mérite d'avoir réussi à le sortir de ses gonds. C'était pas trop tôt. C'est à se demander combien de fois il faudra lui marcher dessus pour qu'il daigne se réveiller et gueuler un coup. Et à l'écouter, il avait même réussi à se prendre un peu en main pour mettre la gamine à l'abri, comme il le dit. Alors pourquoi te laisser traiter comme une merde quand tu peux être quelqu'un de bon. J'comprends pas.

— J’ai peur de mourir. J’ai pas envie de disparaître comme tous ceux qui ont été tués dans ce Château. Mais j’ai pas envie de me sauver non plus. Je me déteste. C’est tout. Alors garde tes beaux discours pour quelqu’un d’autre. Je sais, au fond de moi, que je serais prêt à utiliser la magie et la ruse pour la protéger elle. Mais j’arrive pas à faire appel à ses ressources quand ça me concerne. C’est tout. Et ça ne changera pas. Parce que je ne mérite pas un tel déploiement d’énergie.

C'est clairement désagréable de sentir que ses mots me touchent quelque part mais je ne lutte pas contre. Ca m'énerve autant que ça me rend … j'sais pas. Ecoutez-le putain, j'ai envie de le secouer comme un prunier et de le ramener sur terre. De lui dire que c'est pas possible de se détester au point de se laisser marcher dessus comme la dernière des merdes.
Si, c'est possible.

Le premier prénom qui me vient à l'esprit est celui de Maxime et il s'imprime en gras, en rouge et en grand dans mon crâne. Ethan se déteste ? Maxime est clairement au delà de la haine envers soi, un truc qui la bouffe de l'intérieur, auto-destructeur. Elle a une raison bien précise pour ça et je garde bien en mémoire mon retour de l'infirmerie où j'ai eu face à moi une autre facette de Maxime. J'garde le silence, je reste parfois en retrait mais j'ai la même volonté que les grumeaux qui l'accompagnent : La sortir de ce merdier. Parce qu'ils ne sont pas les seuls à avoir la trouille au creux du bide de la retrouver un beau matin les veines tailladées ou écrasée au bas d'une tour. Ils ont parlé de contacter son frangin, j'arrive pas à savoir si c'est une bonne idée ou pas. La seule chose que je veux, c'est qu'elle revienne putain.

Mon regard ne se décroche pas d'Ethan qui fulmine de rage devant moi alors qu'il me tourne le dos, main sur la poignée. Le sac de frappe est toujours là, à côté de moi sans que je ne bouge, mains dans les poches. Est-ce que je dois vraiment te laisser partir avec ce que tu viens de me dire gamin ?

— Tu peux continuer à me hurler dessus, à m’insulter pour m’énerver. Je suis nerveux et caractériel certes mais là c’est plus la peine. Tu pourras jamais me convaincre de prendre la peine de me défendre.

Nerveux et caractériel.
J'ai une pensée pour Camélia. Une pensée pour ce qu'elle aurait fait, à ma place.
Une pensée pour Riley, furtive, chaleureuse douceur.
Une pensée pour Maxime, amour fraternel brutal.

La porte s'ouvre, je suis déjà près d'Ethan, ma main repoussant le battant de bois d'un geste sec. Mon regard se braque dans le sien toujours aussi fulminant. Au point où nous en sommes...

— S'il y a une personne dans cette pièce qui ne mérite pas tout ça, c'est moi.

J'suis pas là pour faire du drama, me faire plaindre ou pour faire chialer je ne sais qui. C'est la vérité, peut-être un peu exagérer mais il aura comprit l'idée. J'dis pas que j'suis la pire des ordures même si j'ai vraiment un casier très lourd... Mais Ethan est sûrement un gamin pour qui ça vaut la peine de se démener comme je le fais. Bien plus que moi.
Je m'interpose entre lui et la porte, l'obligeant à reculer d'un pas.

— Tu veux savoir en quoi quelqu'un ne mérite pas toute cette énergie ? Quand tu auras tué quelqu'un on en reparlera. Quand tu auras délibérément utilisé quelqu'un de plus faible que toi pour le laisser ensuite dans la merde, on en reparlera. Quand tu auras menti, trompé, manipulé sans aucun remord, sans aucune hésitation, on en reparlera.

Quand tu auras tourné le dos à tes parents comme un pauvre lâche.
Quand tu auras coupé les ponts avec eux.
Quand tu te voilera la face en te prenant pour le caïd du coin.
On en reparlera.

— T'as rien fais de tout ça et tu feras rien de tout ça. J'te parle pas d'aller jouer les caïd en allant leur péter la gueule Ethan, je te parle de ta dignité, de ta personne. A ce qu'on la respecte parce que t'es pas un clébard, t'es un être humain. Me sors pas ton discours à la con avec cette histoire de mérite, ça n'a rien à voir.

Je laisse couler les mots, je ne réfléchis pas sinon je ne poursuivrais pas ce flot de paroles. Ne pas réfléchir. Juste agir.

— Tu mérites qu'on dépense cette énergie pour toi parce que t'es pas quelqu'un de mauvais. Si t'étais une putain de pourriture, tu aurais pensé à ta gueule avant celle de Charleen et tu l'aurai laissé là à se faire piétinée. C'est à ça que t'as pensée en premier ? Non. T'es même pas égoïste, comment est-ce que tu pourrais être une ordure.

Parce que c'est ça que tu penses non ? Pour ne pas avoir envie à ce point d'au moins sauver un peu de dignité, il faut vraiment en arriver à un point de mépris le plus total. Ou presque.

— Avoir peur de mourir n'fait pas de soit quelqu'un de lâche. Avoir peur de se faire grièvement blessé non plus. C'est humain. Y a pas à chercher plus loin, on a pas tous le courage qu'on aimerait avoir. Si je suis ton raisonnement, ça voudrait dire que Charleen aussi serait de la même graine que toi si elle partageait ton avis la concernant ? Qu'elle devrait se juger indigne à ce qu'on s'arrête deux secondes pour elle ? Parce qu'elle n'a pas su se bouger quand il fallait ?

Réfléchis deux secondes gamin. Réfléchis juste à ce qui t'attends, à ce que tu as à faire. Va pas me bousiller tout ce que t'as devant toi pour une estime de soi, merde.
Ma voix semble s'être radoucie sans que je n'y prête attention. Mon propre corps se détend malgré ce que j'ai laissé entendre me concernant tout à l'heure. Peu importe, ce n'est que vérité, pourquoi la cacher ?

— Les personnes qui méritent à ce qu'on les cogne, ce sont ceux qui t'ont emmerder tout à l'heure. C'est ça être lâche, s'en prendre à quelqu'un de plus faible, en traître et à plusieurs. T'es pas comme eux sous prétexte que t'as pas le cran d'agir face au danger. Je désigne le sac de frappe d'un geste de la tête. Quand j'te demandais de frapper dedans c'était aussi pour te montrer que savoir se défendre aide à avoir confiance en soi un minimum. J'te demande pas d'être le maitre des Ninjas et de cogner sur tout ce qui bouge, juste d'ouvrir un peu les yeux sur la réalité. On est pas dans un de tes bouquins où le héros se la joue victime mais de cette réalité où t'as pas à subir ça, t'as une dignité Ethan. T'es un être humain, putain.

Je fais un pas de côté, laissant la porte à vue. Lui laissant champ libre. J'hausse les épaules avant d'ajouter une dernière fois.

— Dis toi que tant que tu arrives à penser à la sauver elle, c'est que t'es pas une ordure et que tu vaux la peine qu'on fasse quelque chose. Si tu veux continuer à te murer dans toutes ces conneries, c'est toi qui vois.

J'suis ni son père, ni son frère, même si au fond, j'aurai pu être son aîné. Je ne me reconnais pas lorsque je parles, encore moins lorsque je constate que je suis sincère dans ce que je dis. Je ne suis pas connu pour être hypocrite, ni d'utiliser des gants pour présenter ce que je pense. Tout ce que je viens de lui sortir n'est que vérité en laquelle je crois.
J'ai cru en un tas de chose pour tout laisser tomber. Pour maintenant peut-être reconstruire une parcelle, sans grande conviction parfois. Tout se mélange un peu chez moi mais je ne laisse rien entrevoir, visage toujours fermé. Je le regarde là, devant moi et j'me dis qu'il ferait la plus belle connerie de sa vie à se laisser marcher dessus comme il le fait. Regarde toi dans la glace comme autre chose qu'un merdeux. Juste l'espace d'une seconde, vois en toi quelqu'un de bien s'il te plait.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Dim 3 Jan 2016 - 16:34

Voilà, il avait dit ce qu’il pensait. Il avait exposé sa façon de voir les choses à Mateo, lui détaillant précisément ce qu’il entendant lorsqu’il se dépréciait de la sorte. Ethan ne cherchait pas à s’attirer de la sympathie avec ce genre de discours. Non c’était ce qui était inscrit au plus profond de lui, ce qu’il ressentait chaque jour un peu plus et son camarade l’avait poussé à bout. Il avait réussi à appuyer avec suffisamment d’insistance pour que le plus jeune craque légèrement et lui expose le fond de sa pensée. En temps normal, le Serdaigle ne s’embarrassait pas vraiment de ce genre de détails. Il fonçait, il envoyait tout le monde valser et comme ça il n’avait aucune explication à donner. Mais cette fois il n’avait pas réussi à s’en aller sans faire de vagues. Le Gryffondor avait réussi à l’énerver, à épuiser ses nerfs jusqu’à ce qu’il crache toute la vérité, pensant qu’ainsi il aurait la paix. Pensant que face à ses arguments l’autre n’aurait plus rien à dire et ne pourrait que le laisser sagement partir. Tout simplement. Après son petit discours, Ethan avait donc regardé Mateo pendant quelques secondes puis s’était décidé à ouvrir la porte, prêt à retrouver sa petite vie tranquille, à recommencer à mener son existence comme il l’entendait, à longer les murs et à n’exister presque aux yeux de personnes. Oh oui il n’aspirait qu’à ça ! Seulement, alors qu’il venait tout juste d’ouvrir la porte, cette dernière se referma aussi sec. L’adolescent releva alors vivement la tête et croisa le regard de son aîné qui tenait fermement la porte. Ok. Ses premiers mots laissèrent le plus jeune interrogatif. Pourquoi lui dire ça ? Alors qu’il lui cassait les pieds depuis le début pour ne pas qu’il se dévalorise, pourquoi se mettre d’un coup à le faire ? Ethan ouvrit la bouche pour lancer une remarque acerbe mais il n’en eut pas le temps. Mateo fut une fois de plus plus rapide que lui et commença à lui énoncer tout ce qui pourrait réellement faire de lui une mauvaise personne. Sourcils froncés, le plus jeune faisait de son mieux pour maintenir le regard de son camarade. Il voyait son intervention comme une nouvelle provocation et ça l’énervait.

« Je cherche pas à gagner un concours tu sais. »

C’était froid et sec. Ethan ne comprenait pas sa démarche. Oui bien sûr il y avait pire que lui, il l’avait bien vu pendant que les Supérieurs étaient là alors pourquoi intervenir comme ça d’un coup ? Mais apparemment son aîné ne semblait pas prêt à se taire et ce bien qu’Ethan se révèle encore plus tête de mule qu’il pouvait y paraître. Sa voix se fit de nouveau entendre. Sa dignité ? C’était un concept qu’Ethan avait oublié depuis longtemps. Il n’avait cessé de la ravaler, de la faire taire. Il l’avait enterré dans un coin et à vrai dire, lui-même ne savait plus trop où elle était désormais. Loin en tout cas. Même très loin. Alors comment la retrouver dans ses conditions ? Pas quelqu’un de mauvais ? Cette fois le jeune homme baissa les yeux et sa main qui se trouvait sur la poignée de la porte se desserra lentement jusqu’à glisser le long de son corps. Les mots de Mateo résonnaient étrangement en lui. S’il était un salaud il aurait laissé Charleen… Était-ce vraiment un signe ? Lui, pas égoïste ? L’image de son père s’imposa alors à lui et le jeune homme sentit son cœur se serrer si fort qu’il porta la main à sa poitrine. Ça faisait mal. Vraiment mal. Et Mateo continuait. Cherchant à lui montrer que cette peur, cette peur qu’il haïssait était normal. Ethan sentit les larmes monter et il serra les dents aussi fort que possible pour les retenir. Puis l’évocation de Charleen, encore une fois. Elle, une mauvaise personne ?

« Non ! »

C’était un cri du cœur. Ethan avait soudainement relevé la tête, les yeux humides. Non, pas elle. Elle c’était une sorte d’ange, un être à part dont le sourire donnait envie à chacun de croire en soit. Elle n’était pas comme lui, sa peur n’était pas la même. Non… Il ne voulait pas voir les choses ainsi, il le refusait… Ethan baissa alors de nouveau la tête, ne pouvant soutenir plus longtemps le regard de Mateo qui s’immisçait peu à peu dans sa tête. Était-ce vraiment ceux qui l’avait frappé qui méritaient le pire ? Pouvait-il avoir raison ? Alors qu’il évoqua le fait de devenir un maître ninja, Ethan ne pu retenir un petit rire cynique. Oui non ça de toute façon, qu’il le veuille ou non il ne voyait pas trop comment ça pourrait être possible. Mais est-ce que sa condition d’être humain valait réellement le respect ? Il s’était toujours dit qu’il devait le gagner, qu’il n’avait rien d’inné et que quelqu’un comme lui par exemple, ne pouvait le mériter… Mateo débloqua alors la porte et prononça de nouveau quelques mots. Puis ce fut le silence. Ethan resta alors profondément immobile, le regard fixé vers le sol qu’il ne voyait plus réellement d’ailleurs. Il avait réussi à ravaler ses larmes et la douleur était moins fulgurante mais toujours lancinante. Il se laissa alors envahir un peu par le silence. Le laissant glisser sur lui, prendre possession de lui et de son esprit qui s’agitait. Puis ce fut le calme plat même en lui. Il ne savait pas dire combien de temps cela avait pris. Il releva enfin la tête vers Mateo, posant son regard sur lui.

« J’ai eu peur toutes ces années parce que mon père est moldu. J’ai fuit. Par peur de mourir. Mais j’ai regardé des gens se faire massacrer. Ça aurait pu être mon père. J’ai réussi à réagir pour Charleen mais ça n’efface pas tout ce temps à fermer les yeux… »

Ethan déglutit. Non ça n’effacerait jamais toutes ces fois où il avait détourné le regard parce que c’était trop violent. Toutes ces fois où il avait changé de couloir par peur, laissant des gens parfois plus jeunes que lui se faire torturer voire assassiner. Toutes ses âmes qu’il n’avait même pas eu le courage de soutenir ne serait-ce que d’un regard… Il savait qu’il aurait été inutile de se sacrifier mais l’indifférence dont il avait fait preuve était honteuse. Et ça le rongeait, plus que tout autre chose.

« Je ne sais pas si je pourrais un jour me pardonner d’avoir été aussi attentiste. »

Parce que c’était le terme. Il était au cœur du conflit à ce moment là, il avait eu l’horreur en face de lui et pourtant il avait fermé les yeux, il avait ignoré comme si c’était la seule chose à faire, comme si c’était la meilleure chose à faire. Charleen et son père aurait pu mourir pendant cette période. Ils auraient pu être torturés sous ses yeux sans qu’il ne réagisse. C’était indéniable, il était peu à peu en train de changer au contact de la jeune femme mais est-ce que cela suffisait pour un pardon, pour une absolution ? Pouvait-il faire oublier, pouvait-il lui-même oublier cet être abjecte qu’il avait été ? Cette personne qui l’empêchait de se regarder dans une classe, qui lui donnait chaque jour un peu plus envie de vomir.

« Mais merci de croire que je vaux mieux que ça … »
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Mer 6 Jan 2016 - 11:05

Cette discussion pourrait presque me rendre nerveux. Non, elle me rend nerveux. J’le sens au fond du bide que ça passe mal, une crispation dérangeante qui vous fout mal à l’aise. Je ne laisse pourtant rien paraitre, ne voulant pas perdre ma crédibilité aux yeux de ce gosse qui reste maintenant silencieux. Je lui ai déblatéré tout un discours, le genre de truc qui m’aurait amèrement fait marrer il y a plusieurs mois voire même mit en boule. Je déteste les donneurs de leçons et c’est exactement ce que je suis entrain de faire avec lui… Les circonstances sont différentes, c’est ce que j’essaie de me foutre dans le crâne. On peut pas vivre comme lui indéfiniment, c’est de la connerie et l’idée que j’ai pu un jour être un type comme ceux qui ont violenté Ethan me donne la gerbe.
Dur réalité du passé, de ce que j’ai été. De ce que je suis ?

Je m’éloigne d’Ethan, lui laissant tout le loisir de partir s’il le souhaitait. Je ne sais pas quoi lui dire de plus, s’il ne veut rien entendre j’peux pas le retenir avec un couteau sous la gorge. Il n’est rien pour moi, j’aurai du m’en foutre et le laisser dans sa merde… Mon mensonge ne me convainc même pas.
Je me passe une main dans les cheveux avant de plonger la main dans la poche de mon jean pour en sortir mon paquet de clope. Je m’allume une cigarette tout en m’asseyant sur une table en bois, face à Ethan. Il a le dos tourné, il ne bronche pas un seul instant. Je me demande s’il va prendre racine, s’il pleure ou s’il s’est endormi debout. Pas un mouvement, pas un frémissement, pas un son si ce n’est celui de ma cigarette qui se consume lentement. Je profite de ce silence qui fait du bien même s’il est souvent signe de réflexion. Pour le moment j’essaie de me concentrer sur des trucs cools, des choses qui dont du bien. La présence de Maxime, nos fous rires et surtout nos conneries. Le corps de Riley le matin que je me surprends parfois à avoir à mes côtés. Où est-ce que ça va nous mener tout ça ? J’aimerai que Padre soit là pour me foutre un coup de pied au cul pour que je m’éveille un peu plus, que je digère mes fiertés pour assumer tout ce qu’il peut se passer. J’ai toujours pas reçu de réponse à mon courrier et ça m’emmerde. J’en parle pas, y pense le moins possible, mais si je fais face à un silence radio de la part de mes parents … Le message sera suffisamment clair pour me faire comprendre que j’ai vraiment merdé et que je les ai eux aussi perdu.
Mes souvenirs gamberge vers ces étés en Argentine quand Camélia était encore en vie. Des repas de famille où la bonne humeur régnait dans des éclats de rire à vous en donner la migraine, des heures passées à se baigner et à faire les cons avec les cousins, les cousines, les potes… Ca me semble à des années lumières de moi.

— J’ai eu peur toutes ces années parce que mon père est moldu. J’ai fuit. Par peur de mourir. Mais j’ai regardé des gens se faire massacrer. Ça aurait pu être mon père. J’ai réussi à réagir pour Charleen mais ça n’efface pas tout ce temps à fermer les yeux…

Mon regard se dresse vers lui, ma clope est presque terminée. Je l’écoute en revenant subitement à la réalité, laissant mes souvenirs sur le bas-côté. Pour être honnête, je ne pensais pas qu’il resterait.
La peur de mourir est quelque chose de naturelle et normal, est-ce qu’on doit vraiment reprocher à ce gosse de ne pas avoir réussi à bouger ? On n’a pas tous le même courage, c’est comme ça. C’est l’instinct de survie. Son père, aussi moldu que le mien visiblement, semble être la principale de ses préoccupations avec Charleen. J’comprends ce qu’il essaie de dire, du moins, j’pense. La culpabilité qui le bouffe pourrait bien être la raison de cette haine auto-accordée.

— Je ne sais pas si je pourrais un jour me pardonner d’avoir été aussi attentiste.

… Attentiste ? Je n’sais même pas ce que ça veut dire, j’ai pas un vocabulaire pointue. Ou du moins, très élaboré. Je comprends au moins l’ensemble de sa phrase dont je juge la traduction comme telle : se pardonner d’avoir été… lâche ? Inactif ? Ça pourrait coller avec ce qu’il m’a dit précédemment.
Regarder les autres se faire massacrer est traumatisant mais il n’aurait de toute façon rien pu faire. C’est un gosse, il aurait simplement réussi à se faire tuer… C’est l’instinct de survie, encore une fois. Quelque chose d’humain et de naturel, nous n’avons pas tous cette capacité à fermer les yeux face aux dangers et à la possibilité de mourir dans la seconde.

— Mais merci de croire que je vaux mieux que ça …

Le gamin s’est radoucît et moi aussi. J’esquisse un sourire alors qu’Ethan me tourne toujours le dos et que j’écrase ma clope sur le bord de la table.

— Ne me remercie pas, je n’suis pas le genre à dire les choses pour faire plaisir.

Kim en a fait d’ailleurs les frais si mes souvenirs sont bons et tant d’autres avant et après elle. Cette franchise m’a valu un tas de problèmes et de gifles en pleine gueule. Rien de bien surprenant en soit. Je touche mon nez du bout des doigts, constatant que la douleur était toujours là mais largement supportable. Macy doit sûrement avoir un baume qui pourra atténuer ce gros bleu qui commence à prendre de l’ampleur, dans le pire des cas j’irais voir Katherine qui me soignera ça d’un claquement de doigts.

— Personne ne peut te reprocher d’avoir peur de mourir. Tout le monde a peur de ça ou même d’aller au-devant des problèmes. Accepte déjà l’idée que tu n’aurais pu de toute façon rien faire de plus si ce n’est que de te faire tuer. C’est pas ce que veulent tes parents… et c’est sûrement pas ce que veut Charleen.

Je ne la connais pas sauf de vue ou d’après ce que m’en dit Riley, mais à l’écouter lui et à les voir ensemble, on peut au moins se dire qu’elle tient à lui. J’suis pas certains qu’elle resterait insensible à la mort d’Ethan.

— T’es pas le seul à avoir eu cette réaction tu sais, il y a sûrement 80% du château qui a flippé et qui aurait préféré se terrer dans un coin plutôt que de faire face au danger. Et puis t’as quoi… 16 ans ? T’es jeune, tout ça te viendra en grandissant. Parait que c’est le vécu qui nous forge, laisse-toi du temps.

Dixit celui qui a mis 4 ans avant de prendre leçon de ses erreurs.
Je me laisse tomber de la table avant de m’y adosser tout en m’appuyant sur le bord des deux mains.

— Ils ne s’en prendront pas à ton père, tu as vu comme moi qu’ils ciblaient des personnes précises et tu n’as pas l’air d’être un cas qui les intéresse… Et tant mieux pour toi d’ailleurs. Mais en attendant, tu pourrais apprendre en douceur à savoir te défendre. Si tu culpabilise de n’avoir rien fait pour ceux qui sont morts, pensent à ceux que tu pourras aider la prochaine fois en ayant un peu plus confiance en toi.

Cette fois je me fais plus doux, plus tranquille. D’un air naturel. Le jour et la nuit comparé à tout à l’heure. Je suis clairement entrain de lui proposer de l’aider même si j’ai pas un niveau extraordinaire en magie je sais au moins me débrouiller au corps à corps et plus précisément à faire en sorte… qu’il me muscle un peu plus ses bras et ses jambes de coquelet.
Aider un gamin. C’est le monde à l’envers.
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MessageSujet: Re: Sick of being scared [PV Mateo]   Dim 10 Jan 2016 - 19:02

Pourquoi Ethan n’avait-il pas simplement franchi la porte ? Pourquoi continuer à parler alors que Mateo lui avait clairement laissé le champ libre. A vrai dire, le gosse était incapable de l’expliquer. C’était arrivé, tout simplement. Quelque chose l’avait retenu, l’avait poussé à rester dans cette pièce, à se calmer et à cracher ce qu’il avait sur le cœur. Ce qui le dévorait depuis trop longtemps maintenant. Cette peur de voir son père mourir, cette peur de trouver quelqu’un de proche dans le nom de victimes… Il aimait son père et sa mère plus que tout. Il avait toujours pu compter sur eux et même alors qu’il devenait un adolescent en pleine crise et qu’il restait froid et distant, en soit, il ne pouvait pas se passer d’eux. D’ailleurs, il leur écrivait même régulièrement. Parce qu’il était plus à l’aise avec une plume qu’à l’oral. Mais dans tous les cas, jamais il n’aurait pu se pardonner que quelque chose arrive à son père alors que lui se taisait, faisait profil bas et regardait les gens se faire massacrer. Maintenant c’était son fardeau, ce avec quoi il essayait de vivre, tant bien que mal, jour après jour. Sauf qu’il ne partageait pas cette peur. Il la laissait le dévorer. Et ce jour-là, c’était sorti, avec une personne qu’il ne connaissait pas. Une personne qu’il aurait bien encastré dans un mur s’il en avait la force et si c’était son genre. Mais tout avait soudainement basculé. Le Serdaigle redressa d’ailleurs la tête avec surprise quand Mateo lui fit comprendre que s’il avait dit quelque chose, c’était qu’il le pensait. Donc qu’il était certain qu’Ethan n’était pas qu’une petite raclure. C’était idiot mais ça le touchait. Ça lui donnait aussi envie de prendre la fuite mais pour des raisons différentes. Seulement la voix de son aîné le poussa à rester encore un peu. Il n’aurait pu que se faire tuer ? Oui peut être. L’évocation de Charleen lui serra le cœur… Il devait accepter qu’il ne pouvait plus disparaître de la vie de la jeune fille comme ça désormais. Il y avait quelque chose. Quelque chose qui faisait qu’elle ne voulait pas le voir disparaître. Est-ce que c’était suffisant pour justifier tout ça ?

Ethan resserra alors ses mains sur son sac. Mateo continua dans sa lancée. Se laisser du temps, accepter que sa jeunesse soit à prendre en compte… Une part de lui se manifestait pour lui dire que le rouge avait raison, qu’il devait accepter tout ça et passer à autre chose. Mais une autre restait accroché à toute cette culpabilité. Peut être aussi par facilité. Parce qu’il avait toujours choisi cette voie, parce qu’il la connaissait bien, parce qu’il y avait ses repères…


« Certaines des victimes n’étaient pas plus âgées… Mais tu as peut être raison. »


Peut être. Encore une fois, Ethan n’était pas encore prêt à accepter tout ça complètement. Il lui faudrait du temps, pour réfléchir, pour assimiler. Mais il était certain que son entrevue avec Mateo ne serait pas vaine. Tout ça ne serait pas oublié de si tôt, bien au contraire, ça resterait ancré dans sa mémoire, ça grandirait et peut être que ça l’aiderait à avancer. Le Serdaigle sentait alors l’envie de parler de tout ça à Charleen. Pas immédiatement car il n’aurait pas les bons mots pour expliquer ce qu’il s’était passé, ce qu’il avait ressenti aussi. Mais oui il avait besoin de partager ça avec elle, c’était indéniable.

Le jeune Serdaigle se tourna vers son aîné lorsque celui-ci lui expliqua qu’il était très certainement à l’abri pour le moment. Oui il l’espérait. Apprendre tout de même à se défendre ? Il ne savait pas trop. L’adolescent détourna à cet instant le regard. Il ne pouvait pas tout céder aussi vite, en quelques minutes seulement. Il ne pouvait pas remettre des mois et des mois en cause aussi facilement. Mais alors que son poing se resserrait doucement il sentit au fond de lui que, peut être, cela pourrait l’aider. A se sentir mieux, à évacuer… Et puis surtout, à pouvoir regarder Charleen en face et à être sûr qu’il pourrait toujours être là pour la protéger. Toujours.

« Je vais y réfléchir. »

Ethan avait prononcé cette phrase tout bas mais c’était en réalité une énorme avancée. Il ne disait jamais peut être. En général, il refusait tout simplement. Le fait qu’il laisse une ouverture, même aussi petite que celle-ci signifiait clairement qu’il y avait de fortes chances pour qu’il accepte. Il faudrait juste pour ça qu’il mette sa fierté, du moins ce qu’il en restait de côté, ainsi que sa timidité et qu’il revienne voir Mateo. Mais ça ce serait pour plus tard. Il voulait avoir l’avis de Charleen. Parce qu’elle savait très bien ce qu’il en était de ses capacités de combat. Parce qu’elle ne se moquerait pas, ne le jugerait pas et c’était essentiel. Le Serdaigle releva alors une dernière fois le regard vers Mateo. Son visage pouvait paraître assez froid mais ses yeux montraient clairement qu’il avait été complètement secoué par cette conversation. Ce serait une journée dont il se rappellerait même si tout n’y était clairement pas positif.


« Tu devrais aller faire soigner ton nez, c’est pas très beau à voir. »


Le tact et la finesse. Son ton ne laissait pas entrevoir l’inquiétude ou la compassion. Parce qu’il n’était pas encore arrivé à ce stade des relations humaines. Mais c’était sa façon à lui, détournée certes, de faire comprendre à son camarade que sa colère était passée et surtout, qu’il le remerciait. Oui, évidemment ce n’était vraiment pas facile à comprendre à moins d’avoir un décodeur d’Ethan intégré. Mais on ne pouvait pas non plus lui demander de devenir un expert en communication aussi vite. Chaque chose en son temps. Pierre après pierre. Le jeune homme adressa donc un signe de tête à son aîné, pour lui dire au revoir puis poussa enfin la porte de la salle. Il se retrouva alors dans le couloir. Moment de pause, une part de lui craignait de retomber sur les grosses brutes. Mais il devait avancer. Alors Ethan prit une grande inspiration, s’accrocha avec force à son sac et se mit en route pour sa salle commune.
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