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 What if I say I will never surrender ? — Leiv

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MessageSujet: What if I say I will never surrender ? — Leiv   Dim 4 Oct 2015 - 22:02

LEIV & MAXIME
14 FÉVRIER 2015
BUREAU DE LEIV


« What if I say I will never surrender ? »

« Oh… j’aurais bien aimé passé la saint-valentin avec… le gardien des Gryffondors.
— Macy…
— Tu le connais ? Moi je lui ai parlé qu’une fois au détour d’un couloir. Il de trop beaux yeux. Et de ces fesses…
— Woh, ça va, c’est bon, j’en veux pas plus.
— Moi j’en veux plus. »

Je grogne, ça la fait rire. Macy est allongée dans mon lit, tête sur mon ventre et je tripote ses cheveux distraitement alors que je regarde le mur. Je me sens vide, complètement vide, comme un trou béant au creux de la poitrine. Pour faire bonne figure, je souris, discute, fais comme ci. Tout doit paraître normal.

« Alors tu le connais ? Tu peux me présenter ?
— Non. Et non.
— Si je t’ai déjà vu lui parler.
— L’insulter est plus juste.
— T’es vraiment une sauvage.
— Il est con, c’est un froussard.
— Mais arrête t’es super nulle ! »

Elle se redresse d’un coup et me balance un coup de poing dans l’épaule.

« Aie, j’ai trop mal. Vraiment. »

Air blasé sur mon visage et sur le sien par la suite. Elle recommence, même mimique sauf que cette fois je me frotte l’épaule parce qu’elle a frappé plus fort de son petit poing fermé. J’adore cette fille. Je ne serais rien sans elle, rien sans William. Et sans Matéo. Je pousse un soupir. Elle s’affale sur mon ventre avec violence pour me faire mal à nouveau, passe un bras autour de mes hanches et remonte ses couettes jusque mon épaule pour se poser tranquillement. En ce moment, elle est souvent à mes côtés, comme William d’ailleurs et Mat aussi, de manière différente. Je fais comme si je ne remarquais pas leurs efforts pour me faire sortir de cet état léthargique. Leur faire remarquer serait accepter que quelque chose a changé.

« Comme t’es nulle j’vais te parler de lui. Elle me jette un œil amusé. Je l’ai vu jouer au Quidditch, il est trop canon. Je me demande ce qu’il cache sous son équipement.
— Grr… »

Je gronde, c’est plus fort que moi. Un bruit sourd s’échappe de ma poitrine. Elle ne s’en formalise pas, comme pour me faire oublier que l’animal existe à l’intérieur.

« Franchement j’aimerais me faufiler dans les douches quoi. Non mais, le mec, il est grand. Il a des yeux à tomber, un sourire à croquer. Ça se voit clairement qu’il est bien foutu, tu sais, il porte le genre de trucs qui met en valeur ses muscles. Et j’adoooore les muscles. Et genre il est galant, gentil. Il est en cursus médical, tu sais…
— Et ? »

Elle me fait un haussement de sourcils évocateurs et mes sourcils se froncent alors que je la regarde du coin de l’œil. Ça commence à me taper sur les nerfs qu’elle me parle de cette tête de nœud comme si c’était Jésus. Il va finir comme lui, planté sur une croix. Mais en combinaison pour qu’elle profite pas de ses muscles à découvert. Oui, évidemment, ce type est « parfait ». Mis à part que c’est un sacré lâche et un crétin. Je l’aime pas, il me soule, avec son sourire colgate. Je rêve qu’il s’étale par terre, je rêve d’être ce petit pied qui va le faire chuter. Oh beau croche-patte et un gros fuck ensuite. Je suis peut-être sacrément déprimée mais ça ne m’empêche pas de détester ce mec. Et savoir que Macy bave sur sa tête de couillon… Ça me rend malade. Malade à crever.

« Et ben… Ça s’trouve, j’pourrais être malade. Et lui confier la tâche de me soigner, parce que Helland me fait peur, tu vois.
— Tu m’soules, c’est pas possible, t’es grave. Je veux pas que tu me parles de lui, ça me rend dingue Macy. »

Elle rigole et se redresse alors que je m’allume une clope. Je tire une première latte tranquillement, gestes mécaniques, sans vie. Elle regarde sa montre et se redresse sur les genoux.

« Bon j’vais y aller parce que tu sais, je fais ma saint-valentin avec Wiwi, comme d’hab, et faut que je me prépare pour lui.
— Oui, c’est ça, abandonne-moi.
— Et il est déjà six heures moins cinq al… »

Elle s’immobilise, blanchit, puis relève des yeux paniqués vers moi.

« J’ai merdé. J’ai grave merdé. Maxime, t’es convoquée avec Helland à six heures.
— QUOI ?
— J’ai oublié de te prévenir, j’suis désolée !
— Mais Macy, ce mec déteste les retards mais… Putain ! »

Je me redresse d’un coup, lâche ma clope dans le cendrier, attrape mes doc’s et les mets à toute vitesse, passe mon débardeur échancré par-dessus mon legging et manque de me casser la gueule.

« Mais qu’est-ce que j’ai fais encore… Rah… Vas y, à plus tard. »

Elle me fait sa moue désolée et moi je détale à toute vitesse, un gilet noir léger sur les épaules. Je monte les étages le plus vite possible mais venir de la salle commune des Serpentards jusqu’au sixième étage c’est pas le plus pratique. Forcément les escaliers font leurs capricieux et je me retrouve au huitième sans comprendre. Je jure entre mes dents, essoufflée, reprends des escaliers en direction du sixième. Je dévale les marches et bouscule un type alors que je regardais mes chaussures.

« Désol…. Oh et puis rien à foutre, tu fais chier. »

C’est Zachary. Macy vient de me rabattre les oreilles une heure durant de sa tronche d’abruti et c’est lui que je croise. Fais chier. Je lui fais un fuck à la volée, parce qu’il me soule d’exister. C’est gratuit.
Je continue de courir dans les escaliers. Un quart d’heure pour me retrouver devant son bureau. Il doit être six heures dix maintenant et je me retrouve le dos courbé, les mains sur les genoux et respire avec force, pour essayer de récupérer un semblant de respiration normale. Je me passe une main sur le visage, me redresse, puis toque. J’attends l’autorisation d’entrer et passe la porte d’un air qui se veut désinvolte. Je suis encore un peu essoufflée, mes genoux me font mal parce que je me suis cognée contre les bords des escaliers en pierre mais peu importe.

Je me retrouve face à un Helland au visage fermé, derrière son bureau. Je le surplombe de ma hauteur, même si je suis maigrelette. Je ferme la porte, me retourne et m’approche de lui, puis m’arrête et enfonce les mains dans mes poches, la poitrine encore agitée de mouvements irréguliers. Je crève de chaud alors j’ai défais mon gilet et me retrouve en débardeur, le gilet coincé entre ma hanche et mon avant-bras. Je laisse un instant le silence s’installer, le regarde écrire.

« Euh… Désolée, j’ai été avertie un peu tardivement par Macy. Macy Davis. »

Mon visage n’est pas désolé du tout. Je m’en fous d’arriver en retard mais je suis polie, ça me fait chier un peu certes, sinon j’aurais pas couru. J’estime qu’il a quand même le droit à des excuses. Pas comme toi Disemba, je m’en bats les steacks, même si t’étais tombé dans les escaliers.

« Vous vouliez me voir ? Je tiens à vous dire que les graffitis sur le panneau d’affichage ne sont pas de moi, j’ai passé ce stade de conneries et je fais des trucs plus jolis. »

Ce n’était vraiment pas moi, pour le coup. Et c’est facile de m’accuser de beaucoup de choses (souvent à raison, certes) alors je préfère être franche. De toutes façons je m’en fous de mon sort ici alors s’il avait envie de me coller parce qu’il me croit pas, soit. Rien à foutre.

    “ What if I say I'm not like the others ?
    What if I say I'm not just another one of your plays ?
    You're the pretender
    What if I say I will never surrender ? “
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MessageSujet: Re: What if I say I will never surrender ? — Leiv   Mar 13 Oct 2015 - 11:26

►What if I say I will never surrender ? ◄
Maxime & Leiv


Samedi 14 Février — Soirée

Je n’arrive pas à me concentrer correctement sur les copies à corriger et j’en suis frustré. Chaque fois que je recentre mon intention sur l’écriture fine ou grossière d’un élève, une série de flash s’interpose pour me destituer de ma concentration que je peine ensuite à retrouver. J’en suis gêné. Parce que je n’ai pas pour habitude d’être ainsi déstabilisé mais aussi parce que je me remémore plus ou moins involontairement le goût de ses lèvres, l’impact qu’elles ont eu sur les miennes ainsi que le frisson procuré. Depuis combien n’était-ce pas arrivé ? D’être ainsi aussi proche d’une femme, de ressentir cette allégresse venue de nulle part. Je suis divisé et plusieurs questions me taraudent.

A partir de quel moment aurais-je dû comprendre qu’un geste comme celui-ci risquait de survenir ? A quel instant ais-je laissé entendre certaines choses que j’ignorais moi-même jusqu’à présent ?

Je n’ai plus 20 ans, je ne suis plus sur les bancs de l’école depuis déjà un certain nombre d’année et pourtant je me sens aussi incertain et déstabilisé qu’un adolescent. D’autant plus lorsque je me répète que tout cela n’était pas désagréable et que l’idée même qu’Ismaëlle réitère son geste serait quelque chose que j’apprécierais. Mais à la seconde où ce genre de pensée m’effleure, mes souvenirs se chargent de me rappeler pourquoi je me suis refusé à toute relation depuis mon divorce. Ça n’est pas la faute de Nora mais plutôt de ce qui se trame dans l’ombre, de ce corps voluptueux que j’ai voulu sentir contre moi afin d’apaiser ce manque. Cette souffrance infligée chaque jour par l’absence de ma propre femme, par son rejet, sa distance. Dans chaque feu de cheminée, c’est Carmen que je perçois dans les flammes. Dansante, tentatrice, gracile. Aussi puissante et légère que ce qui anime et brûlerait un corps quelconque. Elle n’était qu’une femme d’un soir, d’un bar, ici en prédatrice peut-être ou tout simplement à la recherche d’un peu de chaleur humaine comme n’importe quel humain.

Le bar était animé ce soir-là, beaucoup de clients vociférait face à un match ou à contrario, dansaient en s’agitant dans tous les sens. Couleurs chaleureuses, l’alcool coulait à flot et les odeurs étaient aussi acres qu’alléchantes, se mêlant à la sueur et aux grillades en cuisine. Je me souviens de tout cela avec une exactitude qui m’est propre. Je n’avais aucun toc à l’époque même si certains automatismes commençaient à se manifester, en revanche je possédais déjà un œil affuté pour repérer des détails précis, que mon cerveau jugeait important. Et c’est peut-être pour cela que je me souviens avec précision le goût de ce whisky, de l’entaille qui traversait le bois du bar, de haut en bas. Entaille que je creusais un peu plus à l’aide d’un cure dent qui finissait par se briser. Je le posais en un petit tas qui ne cessait de s’accroitre au fil des minutes. Au fil des Whisky. J’étais anéanti, perdu, seul, triste, vide. Nora ne m’adressait plus la parole depuis des mois si ce n’est pour me dire qu’elle me haïssait ou qu’elle voulait rester seule. Nous ne nous étions pas réellement touchés depuis bien plus de temps, le seul contact que nous ayons eu étant ses cinq doigts sur mon visage un soir où une dispute a pris une envergure démesurée et incontrôlable.
Notre petite fille était morte à l’intérieur de son ventre et ça, je ne pouvais le comprendre. Pour Nora, j’étais incapable de ressentir la même douleur que la sienne. Incapable d’être aussi détruit qu’elle ne l’était. Je ne l’avais pas porté en moi, je ne savais donc pas. Pourtant, il ne se passait pas un jour sans que je ne ressente une absence qui n’avait même pas eu le temps d’être comblé. Il ne se passait pas un jour sans que je ne me sente vide et détruit d’avoir perdu notre deuxième enfant.

Adrian était mon seul maintient à la raison et je me suis résolu à lui faire passer quelques vacances auprès des parents de Nora pour qu’il puisse respirer dans un environnement sain et ne pas assister aux multiples disputes de ses propres parents. Trois semaines. Pour tenter de reconstruire quelque chose. Quelque chose qui n’a jamais pu être rebâtit et qui m’a poussé ce soir-là à aller noyer ma peine dans plusieurs verres au liquide ambrée.

Je n’ai pas vu arrivé Carmen alors que je charcutais un peu plus l’entaille, m’imaginant à sa place, essayant de me dire que la douleur physique pourrait pallier celle qui entravait le mental.

— Vous tentez de trouver un trésor enfoui ou vous vous reconvertissez en ébéniste ?

J’ai rencontré ses yeux sombres, presque aussi noirs que ses cheveux retenus en un chignon lâche. Chaque détail de son visage reste encore imprimé dans ma mémoire comme pour me rappeler à quel point je n’ai été qu’un lâche, un traitre. Traits aussi graciles que ses courbes, nez discret, lèvres quelque peu pulpeuses, regard de braise. Une petite fossette au coin des lèvres lorsqu’elle souriait et la petite manie de glisser un de ses ongles rouges entre ses dents alors qu’elle attendait une réponse à ses questions. La conversation s’est lancée, j’étais ivre mais pas suffisamment pour ne pas être cohérent. Ses gestes se sont fait tout d’abord furtifs, légers, l’air de rien. Puis plus présent, plus chaleureux. Une main sur mon épaule, sur mon avant-bras, un baiser sur ma tempe lorsqu’elle m’a dit avec un accent originaire de l’Est que j’avais l’air d’être un homme perdu, détruit. Je me sentais de nouveau… exister. Au regard d’une autre, mais j’étais là. Je n’étais plus un fantôme dans le regard d’une femme mais un être à part entière. Le jeu de séduction à prit une autre tournure, plus franche, plus joueuse et plus tentatrice grâce à l’art des mots, des subtilités. Puis l’Hôtel. Les baisers, les gestes désordonnés mais certains de ce qu’ils voulaient, sa peau sous mes doigts. Les siens sur la mienne. Certains disent ne retenir qu’une teinte de couleur d’un souvenir. Un son ou même une odeur. Moi je me souviens de tout. Avec exactitude. La pièce plongée dans la peine-ombre ce soir de pleine lune, la beauté de Carmen sous les rayons lunaires offrant à sa peau un aspect de velours. La puissance de ses soupires, de ses gestes, des miens. De notre étreinte. Nos étreintes. Je me suis perdu avec cette femme qui m’a permis l’espace d’une nuit de retrouver une partie humaine que pensais morte jusque-là.

Le lendemain a été fatale. Pour le corps et l’esprit. Carmen était déjà partie, m’ayant laissé un mot sur la table de nuit pour me remercier de cette nuit passée. Elle mentionnait que peut-être un jour, si le destin le veut, elle me retrouverait au coin d’un bar avec, elle l’espérait, l’ombre d’un sourire.

J’ai tout avoué à Nora. Le pourquoi, comment, les raisons même si pour moi rien n’était pardonnable et justifiable. Je ne me suis jamais senti aussi sale, aussi hypocrite, ingrat et lâche que depuis ce jour. Peut-être est-ce là la raison de cette maniaquerie que l’on juge excessive. Rendre mon environnement irréprochable à défaut de l’être moi-même. Je ne me suis jamais pardonné d’avoir brisé Nora pour une nuit, de l’avoir trompé pour un instant me sentir vivant. Depuis tout cela, je me suis refusé catégoriquement l’approche d’une femme. Quel qu’elle soit. Pour le temps d’un soir, d’une semaine ou d’un mois, peu importait, je m’en refusais le droit. Faisant un véritable blocage à la moindre tentative d’approche par peur de réitérer le même schéma quand bien même ce dernier est particulier et différent du quotidien.
Face au parchemin que je ne vois plus, je me demande s’il est bon de ne rien dire vis-à-vis de ce qu’il s’est passé avec Ismaëlle.

Des petits coups secs contre la porte me tirent de mes souvenirs, de mes questions. Je cligne des yeux, fronce les sourcils et regarde l’heure affichée au mur.

18h10

Je mets une fraction de seconde avant de me souvenir que j’avais demandé à ce que Mlle Jefferson vienne me voir dans mon bureau pour 18 heures précise. Je ne m’étonne pas de ce retard, la jeune femme semble être très proche de « Manque de ponctualité ». Pourtant ce soir, je ne m’en offusque pas. Si je l’ai faite venir ici c’est pour une raison bien précise et je ne me sens pas d’ouvrir les hostilités pour cette futilité en cet instant présent.

— Entrez.

Je ne bouge pas de mon bureau mais garde mes yeux plantés sur la jeune élève qui entre et referme la porte derrière elle. Sa respiration est rapide, signe qu’elle a sûrement dû courir lorsqu’elle s’est rendu compte de l’heure. A moins que Mlle Davis ne lui ait dit tardivement de venir me voir.

— Euh… Désolée, j’ai été avertie un peu tardivement par Macy. Macy Davis.

Enigme résolue.
Maxime n’est pas l’exemple même de sincérité mais je n’en tiens pas rigueur alors qu’elle se retrouve désormais en débardeur, gilet coincé sur sa hanche.

— Je m'en suis douté, effectivement.

Pas pour cette fois, oui. Je suis peut-être intransigeant concernant la ponctualité ou toute autre forme de règlement mais je n’en suis pas moins juste lorsque l’élève en question n’est pas en faute.

— Vous vouliez me voir ? Je tiens à vous dire que les graffitis sur le panneau d’affichage ne sont pas de moi, j’ai passé ce stade de conneries et je fais des trucs plus jolis.

Je hausse les sourcils, surpris face à cette aveu qui n’en est finalement pas un et m’autorise même un léger sourire en coin. Jefferson est l’une des élèves que nous réprimandons le plus ici et ce, pour de multiples choses. Graffitis, expression d’art plastique avec des éléments non identifiés dans les salles, dépassement du couvre-feu, et j’en passe. Et tout cela accompagné de Monsieur Vargas. Les deux compères qui semblent mutuellement s’inspirer pour mettre en œuvre de nouvelles âneries chaque semaine.
Je croise les mains sur mon bureau et lève légèrement le regard vers Maxime.

— Je le sais, oui. Croyez-moi, j’ai appris à reconnaitre votre patte artistique depuis le temps. Ainsi que celle de Monsieur Vargas.

Puisque l’un ne va pas sans l’autre. Tout comme Mlle Davis et Monsieur Jackson. A eux 4, ils forment un groupe que je soupçonne parfois être l’origine de certains désordre.

— Ca n’était pas pour cela que je vous convoquais, pas aujourd'hui. Asseyez-vous, je vous en prie.

Je lui montre d’un geste de la main la chaise positionnée en face de mon bureau afin que nous soyons à l’aise, mais aussi d’égal à égal. En vue du sujet que je compte aborder, j’entreprends de faire en sorte que l’ambiance soit plus ou moins légère. Il faut avoir une certaine de faire pour ce type de cas et je ne suis pas de ceux qui brutalise le sujet ou qui ne le prend qu’à moitié en considération, faisant ainsi preuve de négligence. Cela fait plusieurs jours que je travaille discrètement sur le cas de Maxime et notamment sur la maladie qui la ronge depuis son plus jeune âge.

Je rassemble mes parchemins en un tas parfait avant de les ranger dans un de mes tiroirs prévus à cet effet, réinstalle ma plume dans son encrier et ouvre un autre tiroir à ma gauche pour en sortir un dossier couleur crème. Dossier que j’ai moi-même monté de mon côté. Posé face à moi, droit, je fini par lever de nouveau mes yeux vers Maxime dont mon regard n’est en aucun cas froid ou hautin. Je reste sérieux, certes, mais cela ne m’empêche en rien de transmettre d’autres émotions autre la distance.

— Je souhaitais vous voir ce soir pour que nous puissions parler un peu de vous. Je pose une main sur le dossier face à moi avant de poursuivre. Et plus particulièrement de votre Trouble Intermittent Explosif que l’on vous a décelé à l’âge 7 ans.

Il suffit d’être parfois observateur et de percevoir les signes suffisants pour vous mettre la puce à l’oreille. Un coup d’œil à son dossier médical n’a fait que me diriger vers la bonne voie et ce que j’y ai lu m’a quelque peu déconcerté. Quelques suivit médicaux jamais achevés, un nombre incalculable de traitement qui, à ma connaissance, n’était pas adapté à un cas typique de TEI. Puis le néant le plus total. Est-ce dû à un mauvais suivi de sa part ? De ses proches ? Du médecin lui-même ?

— J’aimerais que nous en parlions vous et moi, que vous me racontiez comment tout cela s’est passé. De l’âge où l’on a décelé votre TEI à aujourd’hui.

Ma voix reste calme, posée, sans à aucun moment hausser le ton ou même paraitre agressif ou froid. J’en ai même oublié ce qui me tracassait quelques minutes plus tôt. Je veux sa propre version à elle. Son point de vue concernant la manière dont elle l’a vécue, ce qu’on lui a dit, la manière dont on lui a présenté ce trouble. Et éventuellement lui offrir une solution pour que, peut-être, elle puisse aspirer à un repos mérité.
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MessageSujet: Re: What if I say I will never surrender ? — Leiv   Mer 14 Oct 2015 - 10:34

« Tu faisais partie de la famille.
- Je sais. »

Je tire une latte sur le joint bien chargé que William m'a confectionné, quelques jours plus tôt. J'ai les yeux rivés vers l'océan, le soleil reflète ses rayons dorés, les rires sont étouffés mais je les perçois quand même. Question animale. Le sable est chaud, le vent l'est aussi mais ça n'est pas insupportable, au contraire. C'est doux. J'aime les odeurs de fleurs au soleil, qui brûlent, et les couleurs de celles qui s'en sortent malgré le climat californien. Nouvelle latte. Je suis largement défoncée depuis un certain temps, je ne sens plus mon corps, mes jambes fourmillent à peine. Tour me paraît doux et confortable. La chaleur qui m'habite m'avait quittée depuis tellement longtemps que je m'en délecte avec prudence. Je suis sur un nuage. Mes cheveux chatouillent mes joues, j'ai l'impression d'être nue. Mon corps fatigué se gorge de ces scènes qui se déroulent sous mes yeux. Spencer attrape Macy puis la jette plus loin dans l'eau. Celle-ci demande de l'aide à William. Un vrai petit combat pour sa majesté Davis. William réussit à couler Spencer, je lâche un rire tanné. J'y suis. J'y suis encore.

« Tiens, laisse-moi fumer. »

J'allais porter à nouveau le joint à mes lèvres quand deux doigts fins s'en sont approchés, demandeurs. Je hausse les sourcils puis tourne mon regard étonné vers Jude.

« J'croyais que tu fumais pas.
- Pourquoi pas essayer maintenant, peu importe, non ? »

Je lui tends le joint qu'il prend entre ses lèvres. Sa première bouffée le fait tousser si fort qu'il pâlit. Je lui tape doucement dans le dos alors qu'on en rigole, puis récupère l'objet du délit.

« Il est chargé, c'est ton homme qui l'a fait. Tu vois il s'est amélioré. »

Il me sourit par dessus son épaule, les avant-bras poses sur les genoux. William adopte encore souvent cette posture. J'imagine qu'ils ne se rendaient pas compte de cette ressemblance. Ça me fait sourire. Sa voix est posée, presque neutre mais teintée d'affection. Il s'est battu pour occuper la place qu'il occupe. Occupait. Il la méritait. Il pose sa main sur mon épaule dans un geste amical puis se repositionne.

« J'essaie de faire attention à lui, tu sais. J'essaie d'être là, de le surveiller.
- Je sais. Merci.
- Tu sais que je le ferais même s'il n'était pas question de toi. »

Je suis honnête, je l'ai toujours été. Surtout avec lui. Je suis peu bavarde mais ce que je dis est plus profond que ce que j'ai pu dire jusqu'alors. Parce que je suis complètement défoncée. Je ne peux pas mesurer ce qui sort de ma bouche, ce qui me fait mal ou non, parce que je ne sens plus rien. Et quel repos.

« Je regrette pas d'en avoir bavé. »

À cette évocation nous sourions tous les deux. On regarde l'horizon. Il récupère à nouveau le joint et je le laisse faire à nouveau sans poser de questions. Je reçois une goutte d'eau salée sur la main. Spencer s'excuse, je lui souris et lève la main dans un geste qui veut exprimer mon indifférence.il retourne se battre avec Liam. Je pousse un soupir.

« On t'aimais tous beaucoup. Oui, même moi. Tu ne manques pas qu'à William. »

Il sourit en regardant celui qui a été son petit ami, avant d'être abattu par des personnes insensées. Des monstres.

« Et toi, comment tu gères tout ça. »

Je lâche un rire incroyable sarcastique. Seule expression qui me tire une légère pointe de douleur au creux de la poitrine avant de disparaitre dans le néant de mes sensations engourdies.

« Mal. Incroyablement mal. Je foire tout. Je dors mal. Tu mas déjà vue mal dormir ?
- ah, ça non. Une putain de pierre.
- ouais, une pierre, c'est ça. »

Je secoue la tête de gauche à droite.

« Tu vas le voir ?
- Dans son sommeil.
- ouh ! Je veux pas savoir ! »

Je rigole avec lui à nouveau, avec un air faussement écœuré. Nos épaules se secouent. Rien n'est perturbant dans ce tableau, en tout cas pas tant que je serais aussi loin perchée sur mes nuages. J'ai perdu la notion du temps. 1 heure ? 2 ? Je n'en sais rien. Peu m'importe. L'illusion est trop belle pour être comptée.

« Tu devrais arrêter de venir.
- Non. »

Il me regarde un long moment. Puis finis par attraper le joint et reporter son regard vers l'horizon bleuté.

« Il me manque. Dis-lui.
- Je peux pas. »

ø

« Je le sais, oui. Croyez-moi, j’ai appris à reconnaitre votre patte artistique depuis le temps. Ainsi que celle de Monsieur Vargas. »

Sa voix me fait revenir sur terre alors que ses yeux, croises quelques secondes plus tôt, m'envoyaient vers mes escapades régulières, secrètes plus ou moins, vers la salle des projection. Au début c'était horrible. Puis j'y suis allée défoncée.
Nier que sa petite remarque a dessiné un léger sourire sur mon visage fatigué et blême serait mentir. Cependant si je ne suis pas la pour ça je ne vois pas quoi d'autre. Mis à part le couvre-feu je ne fais pas davantage de conneries. Pas depuis que j'ai frappé mon meilleur ami. Je m'occupe de mon rat, dont Macy a trouvé le nom. Je reste dans mon lit, je lis, et quelle surprise je ne manque même pas les cours. Ça me traine hors du lit, ça fait comme si tour était normal. Bref, pas de failles au dossier.

« Ca n’était pas pour cela que je vous convoquais, pas aujourd'hui. Asseyez-vous, je vous en prie. »

Je n'aime pas trop le ton formel du "asseyez-vous soyons à l'aise" mais je me plie à sa volonté sans broncher. M'asseoir un peu me fera pas de mal après cette fichue course. Je me pose donc doucement sur la chaise, pose le gilet sur mes genoux, mains par-dessus, et j'attends, les sourcils un peu froncés. Il range ses affaires de son habituelle et maladive manière. Quand il me regarde il n'a pas son air autoritaire légendaire. Ils sont juste bleus, très bleus, beaux. Il faut le dire. Une fois qu'il parait moins glacial, son regard s'embellit. Des yeux qui pourraient être les miens. Je le regarde de manière droite, sans ciller, sans affront ni jugement mais je n'ai pas pour réputation d'éviter les regards.
Il finit par se redresser et poser une main sur un dossier.

« Je souhaitais vous voir ce soir pour que nous puissions parler un peu de vous. Et plus particulièrement de votre Trouble Intermittent Explosif que l’on vous a décelé à l’âge 7 ans. »

La réaction de mon côté est immédiate. Je me sens me redresser, déglutir et pincer les lèvres. Mon cœur s'affole un petit instant avant que je ne lui exerce une pression destinée à le faire taire. C'est ça alors. On veut comprendre pourquoi la jeune femme est agressive et incapable de nourrir d'autres sentiments que la haine. Comment conjurer sa folie dites moi ?
Je me tends.

« J’aimerais que nous en parlions vous et moi, que vous me racontiez comment tout cela s’est passé. De l’âge où l’on a décelé votre TEI à aujourd’hui.
- Non. »

Je blanchis de manière soudaine. Le coeur battant aux tempes, rien ne m'autorisait à lui répondre de cette manière. TEI ou pas je sais parfois quand une réaction est inappropriée, celle-la l'était. Comme toujours. Je ne m'excuse pas pour autant, je serre les lèvres, le fixe. J'ai envie de sortir mais quelque chose me dit que ça ne sera pas possible. Mes doigts ont attrapé le tissu sans que je m'en rende compte. Un millier de questions me traversent l'esprit. Qu'est-ce qui le pousse à me parler de ça ? Je suis renvoyée ou je suis une bête de foire ? Ils veulent savoir ce que c'est chez les moldue la maladie, montrer ça aux sorciers, en faire une thèse puis me forcer à manger des pilules colorées ? Je respire pour m'aérer durant ce long moment de silence. J'ai l'impression que si ça n'est pas moi qui gronde ce sera la louve et jamais je ne donnerais ce spectacle. J'ai posé un poing sur mon ventre comme si je pouvais déloger la bête à l'intérieur qui, comme moi, se sent prise au piège. Est-ce que le seul moyen de sortir de lui en parler ? Tout déballer pour finir cette conversation, qui n'en sera pas une au finale j'espère ?

« Vous voulez savoir quoi ? Comment ça fait de se sentir folle ? Puisque c'est évidemment ce que vous marquerez, ça n'est pas normal, mais vous voyez j'ai la chance de cumuler les tares anormales. Selon un certain sondage réputé j'ai génétiquement cinquante pour cent de chances de devenir alcoolique. Ça n'en fera qu'une de plus. »

S'il y a un poil de provocation dans mes paroles ? Je ne saurais mentir. Evoquer cette époque et ce trouble me rend malade. Je sens ma température corporelle s'élever et ma jambe droite a finit d'être immobile. Ma respiration s'est écourtée un petit peu et j'essaie de faire en sorte que cela ne se voit pas.

« Allons-y alors. »

Je me redresse.

« J'ai été renvoyée de l'école à sept ans parce que je m'essayais déjà à l'art de tabasser mes camarades. J'ai été diagnostiquée très tôt, dans cette année-là. Vous inquiétez pas j'ai eu mon lot de traitement mais désolée pour vous rien n'a marché. »

Je serre ma lèvre inférieure, mes doigts triturent le gilet et ma jambe bouge frénétiquement. Je suis tendue, comme une planche et l'eau dans ma gorge s'est raréfiée. Mon rythme cardiaque s'est affolé, je n'ai qu'une seule envie, sortir. La plupart des traitements essayés m'ont plongée dans des états grotesques. Ça a bien aidé mon père à me calmer. Les images qui affluent et s'impriment sur ma rétine ne m'aident pas à me calmer.

« Ils ont trouvés de multiples moyens de stopper la gamine débile ou tarée selon les jours et m'enfermer chez les différents psys qui n'en avaient strictement rien à foutre n'a pas aidé. »

Ma mâchoire se serre pendant que je parle et je ne me rends pas compte tout de suite de ma nouvelle gestuelle animée. Le ton monte je crois.

« D'abord c'était de simples “infusions“, puis d'autres pilules, vous avez les noms de ces merdes sous les yeux, vous pouvez aussi voir qu'on m'a filé des somnifères. Intéressant n'est-ce pas ? On me les a faites bouffer ces conneries. Pour que j'arrête de crier, de frapper, une putain de plante en pot. Alors n'essayez pas de me dire qu'il existe un remède miracle mais que pour ça mais qu'en contrepartie il me faudra être l'équivalent d'un gentil cobaye, je l'ai déjà fais ! »

Mon poing s'est abattu sur la table. Mes yeux se sont ouverts à la seconde ou le choc, léger, a répandu son écho dans la salle. Je m’en veux immédiatement, non pas pour lui, ni pour la brutalité de mes expressions, mais parce que je déteste mettre à l’épreuve ce trouble et me donner en spectacle de cette manière. Je me rends compte à cet instant que la colère bout dans mes veines. Je vis avec la haine au creux de la poitrine, c’est un fardeau qu’il me semble être mérité de porter. Quelque chose en moi se débloque, contre mon gré. Les paroles affluent, jamais je n’avais encore parlé autant devant le personnel de cette école, nos enseignants. Mes dents sont, certes, serrées, mon ton est surement tendu et sec, mais je parle. Je ne sais pas ce que ça fait.

« J’ai passé les trois-quarts de mon enfance toute seule à cause de ce truc, j’avais la chance d’être balancée sur le trottoir du psy et oubliée au retour. J’ai été à Salem, forcée de suivre un traitement ridicule que je ne prenais pas. J’ai décidé toute seule de tout arrêter quand j’avais quatorze ou quinze ans, de toutes façons ça allait à tout le monde de ne plus payer ces médocs à la con, vous comprenez ça revient trop cher. Je me démerde avec ça. J’me suis toujours démerdée. De toutes façons je tabasse tout ceux qui essaient de m’aider alors croyez-moi la liste est courte, vous fatiguez pas. »

Ma gorge se serre. Je repense à Matéo. Matéo et sa présence, ses mots, ce pilier. Je passe souvent du temps avec lui, en silence. Le simple fait de savoir qu’il est dans les parages me pousse à rester tranquille. Quand je sens que je suis sur la pente descendante, je vais le voir, l’air de rien, pour passer du temps ensemble, entre simples potes. Il ne se rend pas compte de l’effet qu’il a. Même si une part de moi culpabilise de profiter de ça. Être dépendante de lui alors que j’ai réussi à lui tordre le visage dans un premier temps sans remords et avec plaisir.

« Vous savez ce qu’on ressent ? Du plaisir. Un plaisir intense à broyer les os de quelqu’un. La sensation de cette matière sous les poings, les éclats que l’on perçoit. Le sang. Vous savez c’que ça fait aux gens comme moi d’avoir du sang sur les mains. Ça les rend dingue. Comme si je l’étais pas assez. On ne reconnaît même pas son meilleur ami dans cet état. Aucun remord, seulement joie et extase. Et après on a envie de mourir. Et c’est pour ça que vous allez écrire, comme tous les autres, que je suis simplement tarée. Faites-le, qu’on en finisse, que je puisse retourner à ma vie d’explosive intermittente. »

Fixe, je me retrouve à nouveau contre le dossier de mon siège. Parler détruit et à la fois, ça réussit. Je commence à remettre mon gilet, prête à partir. Je pense que tout est dit.
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MessageSujet: Re: What if I say I will never surrender ? — Leiv   Mer 28 Oct 2015 - 12:30

- Non.

Sa réponse est sans appel et je n’en suis pas surprit. Maxime est une élève difficile d’approche, clairement peu enclin à s’ouvrir sur sa vie personnelle comme beaucoup dans ce château. Une première idée germe au creux de mon esprit concernant sa réaction : Le trouble a été mal traité. Une jeune femme prise en charge correctement avec un bon suivi n’aurait pas eu une réaction aussi brutale puis qu’elle serait peut-être plus prompte à accepter de vivre cela sans la considérer comme une tare.
Je reste droit sur ma chaise, la regarde blanchir sans un mot et ne m’offusque pas du ton employé. J’ai pris la décision d’y aller en douceur et je ne compte pas changer d’avis. Maxime s’est accroché à son gilet, nerveuse, emplissant presque aussitôt la pièce d’une bulle opaque et orageuse. Une tension palpable y règne.

— Vous voulez savoir quoi ? Comment ça fait de se sentir folle ? Puisque c'est évidemment ce que vous marquerez, ça n'est pas normal, mais vous voyez j'ai la chance de cumuler les tares anormales. Selon un certain sondage réputé j'ai génétiquement cinquante pour cent de chances de devenir alcoolique. Ça n'en fera qu'une de plus.

Rester impassible est compliqué. L’écho qui vient de se produire en moi est d’une violence que je peine à contrôler. Voir l’alcoolisme est une tare à ses yeux et comment l’en blâmer ? Je me souviens de mes états les plus pitoyables sous alcool. Agressivité, pleurs enfantins, arrogance et parfois irrespect. Je n’étais qu’un déchet humain, rien d’autre. Bon pour terminer sous un pont, mendiant pour quelques pièces afin d’assouvir cette dépendance néfaste. Si mon oncle n’avait pas été là c’est certainement comme ça que j’aurai terminé mon existence que j’ai rendu aussi pitoyable que l’homme que j’étais devenu. J’ai 35 ans et de nombreuses années d’expérience à mon actif, les mots de Maxime me touchent autant qu’ils m’alertent.

La première partie : Son premier réflexe étant de penser que je la considère comme folle et comme anormal.
La deuxième partie : Croire que son TEI et sa Lycanthropie sont une tare.
La troisième partie : L’un de ses parents étaient ou est alcoolique et la façon dont elle le mentionne ne laisse présager que peu de bonheur sur ce point.

Elle commence à s’agiter, souffle court. Je ne dis toujours rien, impassible mais pas insensible.

— Allons-y alors. J'ai été renvoyée de l'école à sept ans parce que je m'essayais déjà à l'art de tabasser mes camarades. J'ai été diagnostiquée très tôt, dans cette année-là. Vous inquiétez pas j'ai eu mon lot de traitement mais désolée pour vous rien n'a marché. Ils ont trouvés de multiples moyens de stopper la gamine débile ou tarée selon les jours et m'enfermer chez les différents psys qui n'en avaient strictement rien à foutre n'a pas aidé.

Plusieurs informations surviennent et elles sont toutes négatives au possible, sauf pour une seule chose : Le cas a été décelé relativement tôt. Le reste me donne l’impression de n’être qu’un vaste chaos de négligence. Tout du moins, du côté médicale. Même une personne n’ayant aucune expérience en la matière remarquerait sans peine à quel point Maxime a mal été suivi mais aussi, mal été informé, lui laissant croire que ses crises ne sont qu’image de sa propre folie. Il n’est pas rare que certains psychologue dénigre à ce point les troubles peu connus, ne cherchant pas une explication médicale mais simplement une facilité : Un caprice de la part de l’enfant, se dire qu’il est peut-être en dessous de la moyenne mentalement parlant. Une première vague de révolte se soulève chez moi mais je reste toujours droit, silencieux et attentif à la colère de la jeune femme. Pour la première fois depuis que je suis ici, elle s’exprime. Si cela doit se faire dans les cris alors soit, qu’elle le fasse.

— D'abord c'était de simples “infusions“, puis d'autres pilules, vous avez les noms de ces merdes sous les yeux, vous pouvez aussi voir qu'on m'a filé des somnifères. Intéressant n'est-ce pas ? On me les a faites bouffer ces conneries. Pour que j'arrête de crier, de frapper, une putain de plante en pot. Alors n'essayez pas de me dire qu'il existe un remède miracle mais que pour ça mais qu'en contrepartie il me faudra être l'équivalent d'un gentil cobaye, je l'ai déjà fais !

Son poing s’abat sur mon bureau avec violence et je ne quitte pas son regard des yeux, ne réagit pas outre mesure. Je la laisse évacuer cette haine cumulée depuis tant d’année concernant un trouble qu’elle-même connait de la mauvaise façon et ce, malgré le fait qu’elle vive avec tous les jours. En plus de cela, je constate que mon intuition fut la bonne : Nous l’avons gavé de traitement pour atténuer ses crises sans avoir pour objectif de la guérir. Des somnifères. Une deuxième vague de révolte se répercute chez moi avec un sentiment de déjà-vu. De déjà entendu. Elle a été abrutie de médicaments, assommée, rendu atone pour « enfin » qu’elle cesse ses crises disproportionnées, sans jamais la comprendre. Sans jamais réellement l’aider. Le fait de ne pas avoir vu une trace d’une tentative de suicide à son dossier serait presque surprenant. Combien d’adolescent non prit en charge de manière sérieuse ont fini poignets ouverts suite à une crise particulièrement violente ?

— J’ai passé les trois-quarts de mon enfance toute seule à cause de ce truc, j’avais la chance d’être balancée sur le trottoir du psy et oubliée au retour. J’ai été à Salem, forcée de suivre un traitement ridicule que je ne prenais pas. J’ai décidé toute seule de tout arrêter quand j’avais quatorze ou quinze ans, de toutes façons ça allait à tout le monde de ne plus payer ces médocs à la con, vous comprenez ça revient trop cher. Je me démerde avec ça. J’me suis toujours démerdée. De toutes façons je tabasse tout ceux qui essaient de m’aider alors croyez-moi la liste est courte, vous fatiguez pas.

Après la négligence médicale, elle évoque la négligence parentale. Il ne m’en faut pas plus pour me faire une idée précise de la situation qui termine d’achever cette révolte au creux de la poitrine. Je ne prête pas attention à la rage qu’elle dirige vers l’aide proposé mais me concentre plutôt sur sa manière de se comporter. Agitation, souffle court, sûrement palpitation, aube d’une violence. Généralement il suffit d’un rien pour le début d’une crise et je guette l’air de rien les premiers signes avant-coureur. Isolement, violence, colère, incompréhension, rejet, psychose, brutalité. Tout cela a été son quotidien et je suis plus touché que je ne veux le montrer, que je ne le devrais. Le début de sa vie a été un enfer, une hécatombe et je n’ose imaginer l’ambiance familiale.

— Vous savez ce qu’on ressent ? Du plaisir. Un plaisir intense à broyer les os de quelqu’un. La sensation de cette matière sous les poings, les éclats que l’on perçoit. Le sang. Vous savez c’que ça fait aux gens comme moi d’avoir du sang sur les mains. Ça les rend dingue. Comme si je l’étais pas assez. On ne reconnaît même pas son meilleur ami dans cet état. Aucun remord, seulement joie et extase. Et après on a envie de mourir. Et c’est pour ça que vous allez écrire, comme tous les autres, que je suis simplement tarée. Faites-le, qu’on en finisse, que je puisse retourner à ma vie d’explosive intermittente.

« On ne reconnaît même pas son meilleur ami dans cet état. »
Mes doutes n’étaient donc pas infondés.

L’envie de mourir, comme elle le dit, se manifeste généralement après chaque crise. Chaque patient possède sa manière de gérer « l’après ». Certains vont ressentir un soulagement, d’autre le remords ou l’envie d’en finir. Tout dépend de la situation, de ce qu’il s’est passé, de comment tout cela a été pris en charge. Maxime est un électron libre de colère et de haine, incontrôlable. Non pas parce qu’elle veut cette violence mais parce que cette dernière la domine, malgré elle. Alors à défaut de ne pouvoir dominer sa colère, Maxime refuse toute forme d’autorité, d’ordre, d’obéissance. Elle qui ne contrôle rien. L’état psychologique dans lequel elle a du se retrouver un grand nombre de fois me parait inconcevable tant il est effrayant d’imaginer à quel point son mental, comme beaucoup d’autres concernés, ait pu subir pareil lutte et torture psychologique.

Je patiente quelques secondes, attendant de voir si elle souhaite ajouter autre chose mais rien ne vient si ce n’est que des signes explicites d’agacement. Mains croisées sur le dossier, je parle pour la première fois depuis son monologue, exorcisant ce qu’elle a subit. J’ouvre le tiroir qui contenait son dossier médical et en sort une petite boite en métal que je pose devant moi. Je laisse quelques secondes s’écouler avant de reprendre, toujours avec une tranquillité absolue.
Ma voix s’anime enfin. Calme, apaisante, tranquille.

— L’un de mes plus proches amis, Giani, avait 6 ans lorsqu’il a violemment frappé une petite fille de sa classe parce qu’elle lui avait empruntée sa gomme sans permission. Il lui a d’abord mit une gifle, puis un coup de poing en plein visage avant de la roue de coups en hurlant. Le premier diagnostic a été d’informer ses parents qu’il fallait suivre un suivi psychologique car il pouvait peut-être développer plus tard des tendances psychotiques. Ils ont donc suivi son conseil, sont tombés sur le mauvais psychologue qui lui a aussitôt prescrit un premier traitement qui ne l’assommait plus qu’il ne l’aidait. Ses parents ont donc cessé de lui donner ces médicaments qu’ils jugeaient abrutissant, par conséquent les crises ont repris. Pas d’hallucination auditive ou visuelles, ni de délire ou quoi que ce soit d’autres : Seulement une incapacité à gérer sa colère, à la contrôler et ce, pour la moindre contrariété. Quelques médecins ont été vus. Giani a été déclaré hyperactif, bipolaire, schizophrène et tout autre imbécilité déduit à la va-vite, sans désir réel de l’aider mais aussi continuant de lui prescrire ce que j’appelle des « saloperies ». 12 ans et il a été renvoyé de deux écoles pour violences, jugé comme fou par ses camarades, insultés au détour des couloirs au collège, isolé au possible sans comprendre ce qu’il se passait chez lui. Presque 15 ans, il fait sa première tentative de suicide en s’ouvrant les poignets sur le chemin de l’école après avoir été insulté une énième fois. Ce n’est qu’à l’hôpital que Marianne, sa mère, rencontre une autre femme ayant un enfant représentant des troubles similaires à une TEI. Et ce n’est qu’à l’hôpital qu’elle rencontre le bon médecin qui lui explique que non, son fils n’est pas fou. Que non, il n’est pas bon à rien comme beaucoup d’enseignants ont pu le laisser croire. Qu’il n’est pas attardé, stupide, débile, aliéné ou quoi que ce soit d’autre.

Je m’arrête un instant. Je me souviens comme si c’était hier de ce soir où Giani m’a fait cette confidence. Il a vécu un passé difficile, réellement. Autant auprès des enseignants et de ses camarades de classe, que par son entourage. Ses parents étaient certes présents et compréhensif mais il n’était jamais évident de subir le regard courroucé et indigné lors d’un repas de famille lorsque votre enfant piquait une violente colère lorsqu’un de ses cousins le poussait pour jouer. Il y a les caprices et il y a le TEI. C’est ce qu’ils ont essayé de faire comprendre en vain. J’imagine donc sans peine le calvaire de Mlle Jefferson et ce, aussi bien dans son quotidien scolaire et qu’au sein de sa famille qui ne semble pas… réellement soudée.

Je finis par reprendre le cours de mes paroles sans remarquer que ma posture s’est légèrement détendue, moins pédagogique.

— Giani a cette fois suivi un traitement adéquat à base de plantes médicinales magiques ayant pour but de réguler le taux de sérotonine, d’atténuer l’état de dépression que cela engendrait derrière et donc de stabiliser ses émotions. Aujourd’hui, il est lui-même médecin à Sainte Mangouste.

Je pousse cette fois la boite devant elle d’un geste lent avant de me réinstaller correctement. Et si Maxime avait eu cette chance plus tôt où est-ce que cette jeune femme en serait ? Serait-elle partie loin de ses problèmes ? Serait-elle une toute autre personne qu’elle n’est maintenant ? Giani a eu la chance d’être bien entouré, d’être soutenu. Maxime ne me laisse pas cette impression. Elle verra peut-être cette main tendue comme une insulte à son égo mais il est inconcevable pour moi de ne rien faire. C’est mon devoir et parce qu’à mon sens, elle mérite d’enfin respirer correctement sans oppression.

— Ceci est le même traitement à base uniquement de plantes. Rares et coûteuses, certes, mais efficaces. Cette mixture n’abrutie pas, n’endors pas, ne vous déconcentre pas. Elle est là pour réguler les émotions, atténuée les effets négatifs que le TEI développent et ainsi, vous permettre de mieux vivre.

Lorsque j’ai parlé de son cas à Giani il a bien évidemment été aussitôt concerné et s’est empressé de me fournir première « fournée » avant de me promettre de m’en envoyer une autre d’ici peu, sous ma commande. Si Maxime n’a pas eu la chance d’être entourée des bonnes personnes jusqu’ici, c’est quelque chose qui aujourd’hui, peut changer. Et je compte bien faire en sorte que tout cela s’atténue.

— Le TEI est un trouble neurologique. « Neurologique » ne veut pas forcément dire que le patient est atteint de folie, de maladie mentale ou même que ce dernier possède un faible quotient ou une limitation intellectuelle. Cette maladie est vue souvent comme telle car elle est indiquée comme un « trouble mental ». La société actuelle veut que ce terme soit aussitôt associé à une définition bien plus péjorative qu’elle ne le devrait.

Je prends mon temps, articule chaque moi et surtout, utilise des termes simples comme je l’ai fait avec Katherine. Je suis transparent avec Maxime depuis le début et je pense que c’est une base utile pour un premier lien de « confiance ».

— Ce trouble est souvent déclenché par un faible taux de sérotonine qui est ce qu’on appelle un neuromodulateur, qui permet de gérer vos émotions et intervient directement sur l’émotivité. Cumulé à un environnement familiale défavorable, le TEI peut donc se déclencher durant l’enfance ou l’adolescence et à vous écouter, vous étiez malheureusement loin du cadre idéal. Donc non, vous n’êtes pas idiote et encore moins plus stupide qu’une autre. Vous êtes la mieux placer pour savoir que ce qui est peu connu est aussitôt effrayant et donc, juger de la mauvaise manière. Avec ignorance et ce, au détriment de la sensibilité des concernés.

Entre autre, sa lycanthropie que beaucoup voit comme une tare de la nature, traduisant que la personne concernée n’est qu’un animal sanguinaire, repoussant et répugnant. Tant de maladie autre que le TEI est également ainsi considérer.

— Ceux qui vont ont fait croire que vous n’étiez qu’une enfant sans avenir parce que jugée folle ont eu tort Maxime. Tout comme ceux qui ont eu l’idée de vous gaver de médicaments en tout genre. Il y a un tas de personne dans votre cas comme Giani qui s’en sortent aujourd’hui très bien parce que bien entouré. Il n’y a absolument aucune raison pour que vous ne puissiez pas bénéficier de cette aide maintenant.

Elle n’est bien évidemment pas dans l’obligation d’apporter sa réponse dans l’immédiat et je ne suis pas certain qu’elle accueille tout cela de la meilleure des manières… Mais peu importe le temps que cela lui prendra, ma porte restera ouverte si elle change d’avis. Ses mots me reviennent et j'imagine de nouveau une gamine, seule dans la cours de l'école parce que juger "tarée", folle, stupide. Je l'imagine peut-être pleurant dans son coin, se demandant si toutes ces grandes personnes n'avaient pas raison en disant qu'elle devrait se faire interner. Je m'en donne la nausée mais ne laisse rien paraitre.
Je reste silencieux et tout aussi serein qu’au début de l’entretient, pour lui faire comprendre que tout ceci n’est pas une blague mais surtout que je ne suis pas là pour la duper. Non. Je suis simplement là pour l’aider comme un vrai médecin aurait dû le faire depuis le début pour lui offrir une vie décente.
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MessageSujet: Re: What if I say I will never surrender ? — Leiv   Sam 14 Nov 2015 - 21:46

Il me laisse parler puis, après un instant de silence, sort une petite boite en métal d’un tiroir du bureau devant lequel il est assis. Ma respiration est courte, agitée, ma colère tambourine mais j’essaie de garder un certain sang-froid. Ce qui n’est pas simple alors je garde mes mains serrées autour de mon gilet, posé sur mes genoux. Je serre les dents, les muscles tendus pour m’éviter de me barrer d’ici. La pièce me paraît oppressante. J’ai déjà un max d’heures de colle avec lui, j’ai pas envie de passer mes après-midi des dimanches à faire des trucs de merdes dans sa salle alors je me retiens de me bouger de là.

Il se met enfin à parler et la tension, pour moi en tout cas, s’épaissit. Il se met à parler de sa vie, et plus particulièrement de celle de l’un de ses amis. Une de mes oreilles semble vouloir écouter mais le reste de mon corps refuse catégoriquement de le laisser continuer à discuter mais je me la ferme. Je l’écoute donc à moitié, occupée à calmer les battements de mon cœur qui cogne contre ma poitrine et résonne jusqu’au creux de mon cerveau fatigué par toutes ces conneries. Il parle et parle encore, parfois il me semble reconnaître des choses que j’ai vécues, diagnostiquée d’un peu tout et n’importe quoi au fil des modes et des saisons, des praticiens. Quand il évoque une tentative de suicide je sens ma gorge se nouer et mon regard se poser se le sol. Des images affreuses se superposent les unes sur les autres et mon estomac se retourne. Je ne veux pas y penser, pas à nouveau, et heureusement, un bruit de métal glissant sur le bois me permet de revenir fixer mes yeux dans les siens. Un simple bruit qui m’extirpe de ces stupides reminiscences.

« Ceci est le même traitement à base uniquement de plantes. Rares et coûteuses, certes, mais efficaces. Cette mixture n’abrutie pas, n’endors pas, ne vous déconcentre pas. Elle est là pour réguler les émotions, atténuée les effets négatifs que le TEI développent et ainsi, vous permettre de mieux vivre. »

Giani. Son ami, son TEI, sa vie. Pas la mienne. Mes yeux plantés à nouveau dans les siens ne cillent pas. Ne pas bouger. Mes mains blanches sont tendues à l’extrême sur le tissu tordu. Je ne veux pas baisser un seul regard sur cette boite. Je sais d’ors et déjà ce dont l’infirmer va me parler. Je sais d’avance ce qu’il va me proposez. Je me redresse sur ma chaise, incapable de rester impassible, passe une main dans mes cheveux que je remonte puis la repose sur ma cuisse. Je suis en débardeur et je crève de chaud. Je m’agite, veux sortir, je veux que ça finisse. Lui, il parle lentement, prend le temps de s’exprimer et de m’expliquer maintenant que le TEI n’est pas une forme de folie. Je n’en ai rien à foutre, je veux juste me barrer d’ici, parce que tout ça je le sais. Je le vis, je sais que je ne suis pas tarée, j’exprime simplement ce qu’ils ont envie d’entendre pour qu’ils me laissent tranquille. Ce qui ne semble cette fois pas marcher avec lui.

« Ce trouble est souvent déclenché par un faible taux de sérotonine qui est ce qu’on appelle un neuromodulateur, qui permet de gérer vos émotions et intervient directement sur l’émotivité. Cumulé à un environnement familiale défavorable, le TEI peut donc se déclencher durant l’enfance ou l’adolescence et à vous écouter, vous étiez malheureusement loin du cadre idéal. Donc non, vous n’êtes pas idiote et encore moins plus stupide qu’une autre. Vous êtes la mieux placer pour savoir que ce qui est peu connu est aussitôt effrayant et donc, juger de la mauvaise manière. Avec ignorance et ce, au détriment de la sensibilité des concernés. »

J’ai l’impression d’entendre les paroles de William. Tous ces termes à la con, je les ai déjà entendus de sa bouche, un soir, bien longtemps après mon diagnostic. J’avais besoin de savoir et ses recherches bien que minces puisque nous étions jeunes m’avaient suffi. Rien de plus, trois-quatre mots pour comprendre, enfermés dans ma chambre pour que personne même du groupe ne puisse savoir.
Il essaie de toucher quelque chose en moi, me faire entendre quelque chose mais moi je ne vois que du mensonge. Personne jusque là n’a su faire ce qu’il fallait et j’ai toujours géré toute seule de mon côté. Toute seule. Je déglutis. Je pense à mon frère et je voudrais qu’il me sorte de là à toute vitesse. Ma gorge est nouée à l’extrême et je ne me sens pas capable d’articuler un mot et c’est tant mieux puisqu’il reprend la parole à nouveau.

« Ceux qui vont ont fait croire que vous n’étiez qu’une enfant sans avenir parce que jugée folle ont eu tort Maxime. Tout comme ceux qui ont eu l’idée de vous gaver de médicaments en tout genre. Il y a un tas de personne dans votre cas comme Giani qui s’en sortent aujourd’hui très bien parce que bien entouré. Il n’y a absolument aucune raison pour que vous ne puissiez pas bénéficier de cette aide maintenant. »

Je le regarde dans les yeux, les dents serrées et pourtant j’ai l’envie pressante de détourner le regard pour aller me réfugier dans mon lit, les rideaux tirés. J’ai besoin d’une cigarette, besoin d’expulser, de lâcher une bonne fois pour toute l’eau qui stagne au creux de ma gorge. Je reste un long moment les bras croisés, serrés à l’extrême sous ma poitrine, les yeux dans les siens. Il ne bouge pas non plus comme si il avait conscience de l’importance de cet échange visuel. Une part de moi se demande s’il n’est pas sincère, l’autre reste sur ses acquis. J’en ai vu assez. Arriver avec une boite en fer comme ça, avec une solution miracle, je n’y crois pas une seule seconde. J’ai envie d’hurle et à la fois ça me semble impossible. Les bras toujours croisés ; le regard toujours posé dans le sien, ses yeux aussi bleus que les miens, je finis par articuler quelque chose.

« J’ai déjà eu ce schéma, des tas de fois, pourquoi je vous croirais. Suffit pas d’arriver avec votre boite, je veux pas d’un traitement qui va m’abrutir. Vous voulez plus que je fasse de conneries dans l’école, c’est votre moyen de me faire taire ? »

Test, ou pas, je laisse tout sortir. Plus aucune barrière ne semble vouloir s’imposer entre mes lèvres et mon cerveau. Je n’ai pas envie de feindre quoi que ce soit. Lui semble tout aussi serein. Je comprends qu’il ne rigole pas, qu’il essaie peut-être, mais je suis conditionnée à la duperie et au mensonge. Pourquoi en serait-il autrement du jour au lendemain ?

« J’ai été assez dupée pour comprendre que je ne peux faire confiance à personne. J’ai été un foutu cobaye pour le corps médical, du jour au lendemain vous arrivez avec votre solution miracle ? Je n’y crois pas. Je gère. Toute seule. »

Le ton de ma voix se tord sur mes derniers mots et je suis consciente de cette faiblesse mais fais comme si je n’avais rien entendu. Qu’il se contente de marquer tarée sur mon dossier mais je refuse d’être son cobaye.

« Je refuse d’être votre test. Cette fois j’ai le droit de dire non et je le dis. Vous me parlez de plantes, comment vous croire ? Vous comptez réduire mon animosité comme ça ? »

Je claque des doigts et un rire narquois s’échappe de mes lèvres. Je crève toujours de chaud, me redresse à intervalles irréguliers sur ma chaise mais mon regard ne quitte pas le sien sauf pour lui indiquer la boite du regard. Je ne baisserais jamais les yeux devant l’autorité et il en est le parfait représentant, bien qu’il semble s’être décontracté plus ou moins au cours de cet entretien.

« Qu’est-ce qui pourrait me pousser à vous faire confiance ? Ça fait quinze ans qu’on abuse de moi. Personne n’en a strictement rien à foutre alors pourquoi, comme ça, d’un coup d’un seul vous arriveriez comme ça ? Je ne suis pas folle. Je le sais. C’est pour ça que je refuse d’absorber des conneries. J’ai cessé de prendre mon traitement habituel pour ça. Tant mieux pour votre ami. Je doute qu’il ait connu mon cadre familial. J’peux y aller ? »
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MessageSujet: Re: What if I say I will never surrender ? — Leiv   Lun 23 Nov 2015 - 12:31

A l’instant même où ma phrase s’achève, un échange visuel s’impose et ni Maxime, ni moi, ne lâchons. Parce que si mon regard fuit, elle y verra une faiblesse et peut-être même l’éclat d’un mensonge qui pourtant n’existe pas. Je suis sûr de moi, sûr de ce que je propose, sûr de ce que je fais. Je n’ai peut-être pas le diplôme d’un médicomage mais j’ai exercé comme tel à bien des égards et à bien des endroits. Le traitement proposé n’est pas un banal concentré de plante pour l’assommer ou pour l’endormir comme bon nombre de médecins ont visiblement fait avec elle. Il est là pour l’aider à y voir plus clair dans sa vie, sur sa personne mais aussi pour mener une existence plus paisible. Jamais je n’aurai agi sans les conseils de mon ami Giani. Il a toute ma confiance à ce sujet.
Tout en Maxime traduit la colère. Mâchoire serrée, bras fermement croisés sous sa poitrine, regard glaçant, aussi bleu que le mien. Mais je ne décroche pas, attendant qu’elle veuille s’exprimer quoi qu’elle dise.

— J’ai déjà eu ce schéma, des tas de fois, pourquoi je vous croirais. Suffit pas d’arriver avec votre boite, je veux pas d’un traitement qui va m’abrutir. Vous voulez plus que je fasse de conneries dans l’école, c’est votre moyen de me faire taire ?

Je ne lui réponds pas parce que j’en ai pas le temps mais aussi parce que l’agacement est perceptible dans sa façon de parler. Il va de soi qu’elle se trompe et que je ne suis pas là pour la faire taire comme nous pourrions mettre une muselière à un animal, mais bien pour la soulager de tout le poids qu’une TEI peut entrainer. Mais après avoir fait face à des soit disant médecin durant tant d’années qui n’ont eu que pour but de vous abrutir et réduire votre capacité mentale, comment pourrions-nous en vouloir à Maxime de ne pas me faire confiance.
Je reste calme et serein, toujours dans la même position. Dans ma manière de me tenir il n’y aucune trace de froideur.

— J’ai été assez dupée pour comprendre que je ne peux faire confiance à personne. J’ai été un foutu cobaye pour le corps médical, du jour au lendemain vous arrivez avec votre solution miracle ? Je n’y crois pas. Je gère. Toute seule.

Première faiblesse.
Le ton de sa voix se brise légèrement, vrille, à ses derniers mots. Je gère, toute seule. Ce simple aveu semble lui arracher le cœur. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas eu le choix que de faire comme tel ? Qu’elle aurait aimé avoir justement un soutient et que c’est aujourd’hui le cas ? Je me mets à sa place ou tout du moins essaie de visualiser une enfant de 7 ans face à des crises qu’elle ne comprend pas, rejetée par ses amis et sa famille dans un cadre familiale visiblement peu appréciable et sain. J’essaie maintenant de me mettre à sa place à l’heure actuelle : Une jeune adulte faisant toujours face à des crises qu’elle ne gère pas, ne contrôle pas, face à une lycanthropie mal assumée, face à une solitude perpétuelle malgré son petit entourage, faisant face seule parce qu’il en a toujours été ainsi et ce, quelle que soit la douleur que cela lui inflige puisque si souffrance il doit y avoir, elle préfère le vivre seule. Parce que ça a toujours été le cas. Parce qu’elle n’a jamais pu compter sur personne.

De fil en aiguille, j’essaie de comprendre, de voir toute les possibilités, si je vise juste ou non.

— Je refuse d’être votre test. Cette fois j’ai le droit de dire non et je le dis. Vous me parlez de plantes, comment vous croire ? Vous comptez réduire mon animosité comme ça ?

Claquement de doigts. Rire narquois. Nos regards ne se lâchent pas et je reste toujours silencieux, la laissant vomir sa haine et son mépris puisqu’elle en a visiblement besoin. Elle me touche, je serais un menteur si je ne l’avouais pas. Comme beaucoup de mes « patients ». Sa détresse existe, elle n’est pas un mirage ni un mensonge peu importe ce qu’elle peut dire à ce sujet. Gérer toute seule, d’accord. Mais jusqu’à quand ? C’est ce qui, à cet instant, m’inquiète.

— Qu’est-ce qui pourrait me pousser à vous faire confiance ? Ça fait quinze ans qu’on abuse de moi. Personne n’en a strictement rien à foutre alors pourquoi, comme ça, d’un coup d’un seul vous arriveriez comme ça ? Je ne suis pas folle. Je le sais. C’est pour ça que je refuse d’absorber des conneries. J’ai cessé de prendre mon traitement habituel pour ça. Tant mieux pour votre ami. Je doute qu’il ait connu mon cadre familial. J’peux y aller ?

Toujours ce silence, toujours ces regards qui s’affrontent. Non, je ne la laisserais pas partir, pas comme ça, pas sans avoir eu mon mot à dire dans tout ça. A chaque flot de paroles ce sont des pièces au puzzle qui s’ajoutent pour m’aider à comprendre tout ça. Mains croisées sur mon bureau, je cligne une première fois des yeux avant de prendre la parole d’un ton calme et apaisant.

— Je ne cherche ni à vous faire taire, ni à vous abrutir Maxime. Si j’avais voulu cela je vous aurai proposé les mêmes médicaments que ceux qui vous ont pourri une partie de votre enfance, vous ont donnés. Ici, ça n’est pas le cas. Parce que vous n’êtes pas un cobaye. Je ne suis pas là pour tester ces plantes sur vous puisqu’elles l’ont déjà été testées pour les cas de TEI avec de très bons résultats. Et quand j’entends de très bons résultats, j’entends : Autonomie, réduction des crises, attention éveillée, réussite à contrôler ses colères et même.

Essayer de faire comprendre tout ça à une personne qui a été dupé depuis une dizaine d’année est aussi difficile que dire à un aveugle de voir. Elle n’entendra peut-être rien aujourd’hui mais j’ose espérer que mes paroles sauront trouver le bon chemin chez elle et qu’ainsi, elle fera le pas d’accepter l’évidence.

— Vous refusez de me croire parce que l’on s’est joué de vous durant tout ce temps. D’accord, mais à l’inverse, pourquoi je mentirais ? Quel est mon intérêt de le faire ? Pour vous faire taire ? Pour me débarrasser de votre haine et de vos éclats de colère dans cette école ? Si c’était le cas, j’userais d’autre chose que de plante. Si c’était le cas, ce n’est pas moi que vous auriez en face de vous en cet instant mais votre Directrice de Maison accompagnée de Monsieur Rivers qui vous parleraient de tout ça ou même qui vous annonceraient votre prochain renvoi. Hors, ça n’est pas le cas ici. Je ne gagne rien à vous jouer un tour, ni à vous aider si ce n’est de vous voir mener une vie plus apaisée et moins douloureuse.

Les choses ont été très claires depuis le début avec Maxime : La transparence et l’honnêteté. Ce jouer d’elle est irréversible puisque jamais elle ne vous accordera de nouveau confiance. Et les raisons s’expliquent en cet instant même avec les quelques bribes lâchées sur sa jeunesse. Maxime a fait les frais d’une manipulation qui n’a rien de déontologique et qui, à mon sens, n’a rien d’humain non plus. Sa méfiance est justifiée, mon désir de l’aider également. Mais pour lui faire entendre raison, il me faudra du temps.

— Si mon réel désir n’était pas de vous aider, je considèrerais cet entretient comme une perte de temps et n’aurait pas pris la peine de 1 : Faire des recherches sur votre TEI. De 2 : Profitez de mon séjour à Londres pour m’entretenir avec Giani. De 3 : Obtenir un premier traitement et de vous le proposer. Je marque une pause, toujours mon regard braqué sur le sien. Vous êtes une femme intelligente Maxime et loin d’être stupide, naïve ou même dupe. Alors vous êtes à même de constater que je ne suis pas là pour faire jolie et jouer le bon samaritain par acquis de conscience ou pour le simple besoin de ne plus vous entendre.

Je ne suis pas comme ça, ça n’est pas ma manière de faire. Si je lui raconte cela ça n’est pas pour lire de la reconnaissance dans son regard mais pour qu’elle prenne conscience que ma démarche n’a rien de mauvais ou malsain. J’ai fait des recherches, j’ai pris son cas très au sérieux et j’ai également fais en sorte de revenir avec une solution probable et efficace afin de pouvoir l’aider. Je comprends parfaitement sa haine et son mépris à l’idée de me faire confiance quand elle s’est vu trahir un bon nombre de fois par le corps médicale mais je refuse fermement l’idée de ne pas tout tenter pour qu’elle puisse retrouver un cadre de vie plus sain pour elle.

— Je ne fais pas ce métier pour obtenir des remerciements ou de la reconnaissance, mais pour aider. Vous aidez. Je comprends votre réticence et elle est justifiée mais si vous ne pouviez pas me faire confiance… Vous l’auriez compris dès ce jour où nous vous avons retrouvez dans la salle des illusions. Si ça n’était pas le cas, vous ne seriez peut-être pas là aujourd’hui. Mr Roberts et Mr Fincher étaient deux bonnes raisons de vous expulser de cette école et ça n’a pas été le cas parce que le but n’est pas de se débarrasser de vous mais de vous aider.

Ça n’est pas une menace et mon ton le fait comprendre, je fais simplement part d’une réalité. Ce qu’il s’est passé avec les jeunes Roberts et Fincher n’avaient rien d’une petite dispute ou de bagarre avec un nez cassé et quelques bleus. Non, les coups ont été portés avec acharnement et une violence inouïe – avec des éléments déclencheurs plus que conséquents - qui auraient très bien pu conduire à un renvoi si nous n’avions que pour envie de se « débarrasser d’elle ».

— Tant que vous n’accepterez pas ça et le fait qu'avec de l'aide, les choses se simplifierais, vous n’accepterez pas de voir ces plantes comme quelque chose de bénéfique. Croyez-le ou non Maxime, mais la raison de cet entretien est simple. Vous êtes peut-être tombé sur les mauvaises personnes durant tout ce temps mais acceptez l’idée que d’autres veuillent réellement vous prêter mains fortes pour mettre de l’ordre dans tout ça. Et j’en fais partie.

Je me redresse contre mon dossier et dépose de nouveau la boite remplit de plante sur mon bureau, entre nous deux. Mon regard glisse du couvercle à celui de Maxime, le visage toujours détendu. Je n’ai pas ressenti d’agacement lorsqu’elle me parlait avec cette haine et parfois ce mépris, parce qu’il n’y a pas lieu et parce que je sais que ça n’est pas de cette manière que je réussirais à lui faire entendre raison. J’essaie au mieux d’aider les élèves avec les moyens que j’ai et si cela peut être bénéfique avec quelques-uns d’entre eux, c’est tout ce qui m’importe.

— Vous n’êtes effectivement pas obligé de dire oui, tout ne tient qu’à vous. Mais sachez que si vous changez d’avis, ces plantes seront toujours à votre disposition. Et moi avec.

Demain, dans une semaine, dans un mois, peu importe. Elle ne se retrouvera pas face à une porte close. Elle n'a que 20 ans et toute une vie à vivre derrière, des choses à faire, à voir, à dire. Je refuse de la laisser écraser son existence sans rien faire.
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MessageSujet: Re: What if I say I will never surrender ? — Leiv   Dim 3 Jan 2016 - 20:39

Pour rien au monde je ne lâcherais le regard. Cet échange visuel est typiquement le genre de lien qu’il ne me va pas de rompre. Loin de là. Je n’apprécie pas de baisser les yeux. Helland est, de base, la personne qui pour moi représente avec force la discipline et l’autorité. En somme ce à quoi je refuse d’obéir. J’ai été sous de multiples emprises, alors aujourd’hui que je peux évoluer à mon aise, je refuse de me laisser avoir de nouveau.
Pourtant quelque chose dans sa façon de faire me semble honnête. Je ne saurais dire quoi et j’imagine que l’instinct y est pour beaucoup. Jusque-là il ne m’a jamais menti et s’est toujours montré transparent. Sa franchise est devenue presque légendaire en quelques semaines de temps depuis son arrivée. Qualité que j’apprécie et dont j’use moi-même à toutes les occasions. Si je scrute dans ses yeux c’est aussi pour y voir la trace d’un quelconque mensonge qui pourrait trahir cette franchise. C’est pourquoi je ne cille pas et pourquoi aussi au premier moment où il fléchira, parce qu’il va fléchir, je serais là pour le voir et m’en aller tout aussi sec.

« Vous refusez de me croire parce que l’on s’est joué de vous durant tout ce temps. D’accord, mais à l’inverse, pourquoi je mentirais ? Quel est mon intérêt de le faire ? Pour vous faire taire ? Pour me débarrasser de votre haine et de vos éclats de colère dans cette école ? Si c’était le cas, j’userais d’autre chose que de plante. Si c’était le cas, ce n’est pas moi que vous auriez en face de vous en cet instant mais votre Directrice de Maison accompagnée de Monsieur Rivers qui vous parleraient de tout ça ou même qui vous annonceraient votre prochain renvoi. Hors, ça n’est pas le cas ici. Je ne gagne rien à vous jouer un tour, ni à vous aider si ce n’est de vous voir mener une vie plus apaisée et moins douloureuse. »

J’imagine que le rêve de Hunt serait de me virer de sa si prestigieuse maison de Poudlard. Une connerie aussi grosse que sa folie. Je déteste sa manière d’encenser la maison et les Serpentards, les glorifier et à nous tanner avec froideur pour qu’on réussisse « une fois de plus à contribuer à la gloire de cette illustre maison de Poudlard... » blablablabla. C’est sur que beaucoup ont visiblement progressé sous les coups de fouets incessants de notre directrice. J’aime à croire que mon chemin n’est pas celui qu’elle essaie de nous faire entrer dans le crâne et que si je suis à Serpentard ça n’est certainement pas pour répondre aux ordres d’une professeure tarée d’une école de magie. J’étais dans le coven de feu. Ça n’est pas pour rien.
Alors j’imagine sans peine oui, le fabuleux sourire de notre prof de divination qui signe mon expulsion de sa plume noire, pleine de mauvais augures. Rivers ? Il suivra surement la tendance.

« Si mon réel désir n’était pas de vous aider, je considèrerais cet entretient comme une perte de temps et n’aurait pas pris la peine de 1 : Faire des recherches sur votre TEI. De 2 : Profitez de mon séjour à Londres pour m’entretenir avec Giani. De 3 : Obtenir un premier traitement et de vous le proposer. Vous êtes une femme intelligente Maxime et loin d’être stupide, naïve ou même dupe. Alors vous êtes à même de constater que je ne suis pas là pour faire jolie et jouer le bon samaritain par acquis de conscience ou pour le simple besoin de ne plus vous entendre. »

Je garde mes bras croisés sous la poitrine et la mâchoire serrée. Le regard droit, le dos redressé, je ne courberais pas l’échine, ô grand jamais. Je l’observe comme si je tentais de scruter son âme. La couleur de ses yeux fait écho à la mienne. La même intransigeance, la même froideur, bien qu’aujourd’hui il se soit visiblement adouci.

« Je ne fais pas ce métier pour obtenir des remerciements ou de la reconnaissance, mais pour aider. Vous aider. Je comprends votre réticence et elle est justifiée mais si vous ne pouviez pas me faire confiance… Vous l’auriez compris dès ce jour où nous vous avons retrouvez dans la salle des illusions. Si ça n’était pas le cas, vous ne seriez peut-être pas là aujourd’hui. Mr Roberts et Mr Fincher étaient deux bonnes raisons de vous expulser de cette école et ça n’a pas été le cas parce que le but n’est pas de se débarrasser de vous mais de vous aider.
— Roberts et Fincher ont simplement récoltés ce qu’ils méritaient. Racistes et pervers de la pire espèce. Ils ont dépassés un stade d’horreur que moi-même je n’atteindrais pas. »

Mes bras restent croisés. Je ne suis pas violente et comprends qu’il ne me menace pas par un sous-entendu foireux. Il m’a déjà menacé et ne s’est pas emmerdé avec des formules de politesses et de rhétorique.

« Tant que vous n’accepterez pas ça et le fait qu'avec de l'aide, les choses se simplifierais, vous n’accepterez pas de voir ces plantes comme quelque chose de bénéfique. Croyez-le ou non Maxime, mais la raison de cet entretien est simple. Vous êtes peut-être tombé sur les mauvaises personnes durant tout ce temps mais acceptez l’idée que d’autres veuillent réellement vous prêter mains fortes pour mettre de l’ordre dans tout ça. Et j’en fais partie. Vous n’êtes effectivement pas obligé de dire oui, tout ne tient qu’à vous. Mais sachez que si vous changez d’avis, ces plantes seront toujours à votre disposition. Et moi avec. »

C’est une vraie lutte qui se joue maintenant de manière interne. Peut-être que cet homme est un très bon menteur. Peut-être qu’il ne ment pas. Peut-être qu’il est sincère et que dans cette boite se trouve ce qui calmera un peu mon TEI. Après ce que j’ai fais, faudrait-il que je refuse de prendre ce nouveau traitement ? Mon père n’est visiblement pas dans le coup, alors se pourrait-il que j’ai affaire à un vrai médecin, impartial et impliqué dans une cause juste ? J’ai fuis de chez mon père il ne sait pas où je suis alors comment pourrait-il venir foutre son nez dans mes affaires aujourd’hui ?

Et si c’est un bon menteur alors, pourquoi me faire tester ce genre de produits ? La réponse, je l’ai. Un cas de TEI n’est pas visible tous les jours, l’occasion de tester des joujous magiques sur une maladie dite moldue serait surement un processus de recherche intéressant. Appliquant à la fois à l’élève reloue de l’école un silence tranquille. Je ne veux pas être un légume. Je ne veux plus jamais être un légume. Mais ce que j’ai fais me pousse à légitimer la démarche de Helland. C’était Matéo, mon meilleur ami sous mes poings. Le mec qui a écrasé la tronche d’un abruti de soi-disant supérieur uniquement pour moi, sans penser au réel danger que ça engendrait. L’acte me terrifie, j’aurais pu le tuer, en faire de la poussière. Ça aurait pu être William, si ça avait Macy, je ne suis pas sure qu’elle ait résisté à ce que Matéo a enduré. Il est résistant. J’ai eu l’occasion de tester son endurance. Un frisson de dégout se glisse le long de ma colonne vertébrale.
Je jette un œil furtif à la boite en fer puis reviens m’accrocher au regard de l’infirmer.

« J’ai pas envie de vous croire et de plier encore. J’ai pas envie mais j’ai pas le choix. J’aurais pu tuer Macy. Sincèrement je m’en fous des autres. Roberts ou ce con de Marcus, ils le méritaient. Les autres ? Je m’en fous. Mais ça… »

Mes poings se serrent sous ma poitrine. Je m’arrête de parler un instant, pour tenter de contrôler la tempête de rage qui se met en place entre mes côtes chaque fois que j’évoque à voix haute ma connerie. Je sais qu’il sait. Il n’est pas con et je l’ai vu tout à l’heure. Je sais qu’il avait des doutes, et je sais aussi que je lui ai largement confirmé mon implication dans « la chute des escaliers » de Matéo. Je m’expose à une sacrée retournée à cause de ça mais tant pis.
Je m’approche un peu de la table et montre du visage la boite en fer.

« Si je dois prendre ce truc je veux être là pendant la fabrication. A chaque fois. Je veux vérifier qu’on ne glisse pas je ne sais quelle connerie dans les soi-disant plantes dont vous me parlez. Il n’y a que vous qui toucherez de près ou de loin à ce truc, personne ne doit intervenir. Je veux le nom des plantes pour pouvoir les étudier. Je ne veux pas que ça apparaisse dans le contenu public de mon dossier pour en protéger l’utilisation et pour que personne ne saisisse l’occasion pour l’empoisonner. J’ai assez eu de cadeaux empoisonnés depuis que je suis ici. »

Référence mortelle aux objets de cuirs trouvés dans une putain de boite en carton soigneusement confectionnée. Cette putain de boite qui m’a amenée à défoncer mon meilleur ami sans regarder un seul instant de qui il s’agissait.

« Si je perçois quelconque changement qui me paraît étrange, j’arrête tout. Ça vous va ? »
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MessageSujet: Re: What if I say I will never surrender ? — Leiv   Jeu 7 Jan 2016 - 12:31

Les regards ne se lâchent pas et j’ai annoncé tous mes arguments pour faire comprendre à Maxime que si je suis ici c’est pour lui permettre d’entrevoir un avenir plus clair. Elle est méfiante, je peux le comprendre dans chacun de ses regards, dans sa manière de se fermer en croisant les bras, sur les traits de son visage tiré. Je la comprends, je n’en tiens pas rigueur. Après avoir connu tant de mensonges il est normal qu’elle soit aujourd’hui aussi sceptique. Pourtant, je souhaiterais qu’elle saisisse l’ampleur de mes vérités et qu’elle puisse accepter l’idée qu’il existe un moyen de vivre plus sereinement, comme le ferait une jeune femme de son âge sans avoir peur de frapper mortellement un proche sous l’emprise d’une crise.
Un silence s’installe et je me demande ce à quoi elle pense. Est-ce une lutte ? Est-ce une envie furieuse de refuser et de partir ? Mes mains restent croisées sur mon bureau, la boite en métal toujours devant moi, je patiente comme à mon habitude. Cet échange de regard silencieux pourrait bien continuer des heures que je ne bougerais pas si c’est le temps dont elle a besoin. Je sais faire preuve d’une grande patience mais aussi d’un stoïcisme qui s’avère souvent déconcertant.

— J’ai pas envie de vous croire et de plier encore. J’ai pas envie mais j’ai pas le choix. J’aurais pu tuer Macy. Sincèrement je m’en fous des autres. Roberts ou ce con de Marcus, ils le méritaient. Les autres ? Je m’en fous. Mais ça…

En réalité, elle a le choix. Le choix de partir et de continuer à vivre comme ça si elle se sent capable d’assumer l’idée qu’elle peut, à tout moment, entrer en une phase de violence incontrôlable. Elle m’avoue à demi-mots être responsable de l’état de Mateo même si je la soupçonnais déjà. Elle avoue également pour le visage décomposé de Marcus même si ce jeune homme n’a eu que ce qu’il méritait. Cette affaire est venue aux oreilles du corps enseignant, chose qui me semble normal et lorsque j’y repense, un frisson d’effroi vient se loger entre mes côtes. Sur tous ces élèves que nous côtoyons chaque jours, combien d’entre eux s’avèrent aussi dangereux que lui ? Aussi malsain ?
Ce qui la ronge en cet instant est palpable, l’idée que Mlle Davis aurait pu se retrouver sous ses poings à la place de Mateo semble la troubler profondément, la blesser sans même avoir levé la main dessus. Maxime n’est pas un monstre comme beaucoup pourrait le croire et certains d’entre eux pourraient peut-être s’en apercevoir lorsqu’elle m’évoque Macy comme en cet instant. C’est furtif mais présent. Et concernant son aveux, je pense que la culpabilité qui l’a rongé durant des jours, voire des semaines, ont dû lui suffire en terme « de punition ». Je pense également au jeune Ryans qui s’est battu contre son frère et l’idée d’aller le voir m’effleure l’esprit. Ses confessions ajoutées à ce à quoi j’ai assisté tirent une sonnette d’alarme que je ne peux ignorer.

Elle s’approche légèrement en désignant du menton la boite.

— Si je dois prendre ce truc je veux être là pendant la fabrication. A chaque fois. Je veux vérifier qu’on ne glisse pas je ne sais quelle connerie dans les soi-disant plantes dont vous me parlez. Il n’y a que vous qui toucherez de près ou de loin à ce truc, personne ne doit intervenir. Je veux le nom des plantes pour pouvoir les étudier. Je ne veux pas que ça apparaisse dans le contenu public de mon dossier pour en protéger l’utilisation et pour que personne ne saisisse l’occasion pour l’empoisonner. J’ai assez eu de cadeaux empoisonnés depuis que je suis ici.

Je reste impassible jusqu’à sa dernière phrase qui me fait tiquer. Jusqu’ici, je n’ai pas été informé d’une quelconque persécution à son encontre et ça ne m’étonne qu’à moitié maintenant que je cerne un peu plus le caractère de la jeune femme. Seulement, elle a beau prôner le fait qu’elle peut se débrouiller seule – chose dont je ne doute pas -, parfois il est bon de se reposer sur une autorité compétente ou tout simplement sur une aide extérieure. Est-ce que son statut de lycanthrope à fuité involontairement ? C’est une information que nous gardons entre enseignants puis confidentiels, libre après aux concernés d’en divulguer le contenue.
Maxime parle rarement mais le peu qu’elle a acceptée de me dire ce soir m’en a plus apprit sur elle que je n’ai pu en apprendre en deux mois.

— Si je perçois quelconque changement qui me paraît étrange, j’arrête tout. Ça vous va ?

J’acquiesce, léger sourire en coin avant de tirer un tiroir sur ma droite, d’en sortir une feuille lisse de parchemin et de me saisir de ma plume. J’y note les ingrédients un par un, d’une écriture fine, aussi lisible que soignée avant de faire glisser la liste vers elle.

— Voici les plantes que contient cette boite. Certaines d’entre elles ne seront peut-être pas trouvables dans vos livres de cours donc n’hésitez pas à aller voir Monsieur Wallenstein pour qu’il puisse vous fournir d’informations ou à vous rapprocher de Monsieur McEwen. Ce dernier possède sûrement quelques livres plus approfondit à la bibliothèque.

Je ramène mes mains vers moi, les croisant de nouveau sur le bureau. Deux des ingrédients sont rares et ne se trouvent qu’à des endroits précis sous un climat précis, dans des conditions précises. Je sais que je peux compter sur Giani pour me les procurer puisqu’il en a lui-même besoin. Je me souviens parfaitement de ses recommandations et ne manque pas de les énumérés à Maxime.

— Vous débuterez par une cuillère à café à infuser dans une boisson chaude. Une le matin au petit déjeuner et une le midi au déjeuner. Ne dépassez surtout pas la dose prescrite, j’insiste bien là-dessus. J’ouvre la boite et lui montrer le contenu de fleurs et feuilles séchées. A côté de chaque nom de plante, je vous ai mis sa couleur après préparation.

Je la referme de moitié avant de reprendre d’un ton tranquille.

— Je dois en terminer la préparation ce soir si vous souhaitez débuter le traitement demain matin. Il en sera ainsi toutes les deux semaines, nous n’avons qu’à nous retrouver ici-même un dimanche sur deux à 17 heures pour que vous puissiez assister à la préparation.

Sous-entendu que je suis d’accord pour qu’elle y assiste. Je n’y vois aucun problème et y trouve même de la légitimité suite à son passif médicamenteux. Elle ne souhaite pas être abusée, Maxime ne sait pas encore que ça n’arrivera jamais avec moi.

— Si vous constater des effets ou signes indésirables, quel qu’il soit, n’hésitez pas à venir me voir sur le champ pour redoser le traitement. Personne ne sera informé de ce traitement si ce n'est le corps médicale, mais vous avez ma parole que votre dossier n'en comportera aucune trace. Je prends une petite seconde pour réfléchir brièvement avant de lâcher. Il y a aussi certaines choses à éviter lors de la prise cette mixture.

Je ne pense pas qu’elle va être ravis d’entendre la suite – oui, parce que je ne suis ni stupide, ni aveugle – mais mon devoir d’enseignant et de soignant m’oblige à ne pas faire l’impasse sur ces informations primordiales.

— L’alcool et la marijuana sont à limiter fortement, voir à proscrire. La combinaison avec le traitement pourrait en annuler les effets et vous en provoquer des indésirables. Moment de pause. Simplement à titre informatif.

Nous ne sommes pas stupides et nous savons parfaitement que certains élèves s'accordent certains extras que nous ne voyons pas forcément...
Je ne cache pas que je suis simplement content de la voir accepter mon aide malgré sa méfiance qui transpire sur les murs de mon bureau. Je prends ça comme une première victoire, comme un pas en avant et c’est une bonne chose. Il ne reste plus qu’à espérer qu’elle y trouve son compte et que Maxime apprécie désormais une vie sans colère, sans violence.

— Dès que vous débuterez votre traitement, nous nous verrons deux fois par semaine afin de faire le point, si vous ressentez des améliorations ou non et d’autres détails si besoin. Je me lève doucement de mon bureau, prenant la boite entre mes mains pour ensuite poser un regard apaisant sur Maxime. Vous êtes prête ?

Invitation à me suivre afin qu’elle puisse observée la façon dont je manipule les plantes mais aussi qu’elle veille à ce que je respecte ma part du contrat. La sienne étant de faire l’effort de prendre ce traitement assidument. Il ne reste plus qu’à espérer que les jours seront désormais meilleurs pour elle, chose que je souhaite silencieusement mais sincèrement. Je n’en oublie pas pour autant tout ce qui a été avoué, à demi-mots ou non, prenant garde à n’omettre aucun détail sachant déjà qui contacter pour obtenir plus d’informations.

— FIN POUR MOI —
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