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 Stairways to the skies ▬ Kezabel

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MessageSujet: Stairways to the skies ▬ Kezabel   Ven 25 Sep 2015 - 21:54

Lundi 16 Février 2015 – Fin de matinée
Stairways to the skies



Kezabel & Riley

J’ai un peu de mal à faire le tri. Depuis hier après-midi le temps semble s’être arrêté et les informations parviennent les unes après les autres, brutalement, pourtant c’est comme si je les stockais dans un coin le temps d’être capable de les assimiler une par une. Tout est propre, rangé, c’est presque de la psychorigidité. Tous les cours n’ont pas lieu, j’en ressens une certaine déception totalement irrationnelle et sans doute inappropriée mais mon cerveau ne capte pas l’état d’urgence, la gravité de la situation. Consciemment ou pas ? Cette question je ne me la pose même pas alors que j’avance dans les couloirs sans vraiment savoir ce que je dois faire, où je dois aller, à qui je dois penser, comment, pourquoi … Est-ce que je devrais être triste ? Effrayée ? Tétanisée peut être même ? Rien de tout ça, je ne ressens rien de tout ça, c’est comme si j’étais bloquée depuis des heures dans un état de somnolence. État de choc ? Je me dis que c’est probablement l’explication la plus rationnelle mais … Tous ces visages qui en disent long sur l'état émotionnel de leur propriétaire et moi qui me balade au milieu de tout ça comme une spectatrice extérieure … ça n'a pas le moindre sens.

Hier après midi tout allait très bien, avec Keza on est allées voir le match de Quidditch et puis surtout on a cancané comme deux mégères intrusives quand Charleen nous a rejoint avec Ethan. Deux dindes ! Voilà ce qu'on était toutes les deux, et même si Charleen – et Ethan aussi – ont fait honneur à la couleur des Gryff en voyant leurs joues s'empourprer à cause de nous ça n'a pas empêché les Jaunes de gagner. Les filles étaient contentes, pour ma part l'un ou l'autre aurait été tout aussi bien. Je ne prends pas vraiment partie, de toute façon je veux que Serpentard gagne … Mais c'est surtout du au fait que j'ai des connaissances et parfois des amis dans chaque équipe donc non, je ne prends pas partie. Je crois que tout est parti en catastrophe à partir du moment où Mlle Black'Mor a sifflé le coup de sifflet final donc quand Sovahnn a attrapé le Vif d'Or. Avec le départ d'Enola l'équipe doit reprendre ses marques mais la petite blonde est très douée à son poste et je ne suis clairement pas peu fière d'être plus ou moins à l'origine de son entrée dans l'équipe des Poufsouffles. Tout ce qui s'est passé ensuite est complètement flou dans mon esprit, je ne me souviens même plus comment j'ai attiré dans le château avec toute la cohue. Tout ce que je sais c'est que j'ai perdu Charleen de vu pendant un moment mais jamais Kezabel n'est sortie de mon champ de vision. Est ce que j'ai ressenti de la peur ? Le contraire serait totalement insensé … J'ai retrouvé Charleen en un seul morceau, je me souviens aussi avoir foncé dans les bras de Mateo avec un profond soupir de soulagement et le reste … c'est presque le trou noir.

Pourtant ce matin tout est devenu plus clair mais c'est comme si je ne l'avais pas encore assimilé, comme si … je bloquais les informations volontairement. Du moins, jusqu'à maintenant. Je ne sais pas ce qui a déclenché cette soudaine prise de conscience, je n'en ai pas la moindre idée. Un visage ? Un nom ? Je ne saurais le dire mais les évidences m'ont sauté aux yeux avec violence et je me suis arrêtée en plein milieu du couloir, figée, le regard braqué droit devant moi … puis j'ai commencé à trembler de la tête aux pieds.

Ils sont revenus. Ils ont réussi à entrer dans l'école et les Gardiens sont probablement encore entrain de gérer les corps de ceux qui ne sont pas ressortis. Et si certains étaient encore entrain de se cacher quelque part, à l'affut, prêt à bondir à n'importe quel moment pour recommencer ? Je sens mon rythme cardiaque qui s'affole à cette pensée et la tête me tourne. Des bouffées de chaleur envahissent mon corps, ma vue se voile un peu, mes oreilles se mettent à siffler et je me souviens. Dimitri, Matthew, Cameron … Tous les trois blessés et loin d'être les seuls. La liste. Des cibles, ni plus ni moins.

Je déglutis.
Megan.

L'esprit ne réagit plus, le corps … à peine. C'est par pur réflexe physique que je parviens à rejoindre le mur pour éviter de m'écrouler alors que sous mes jambes se dérobent devant l'évidence. Megan est … Elle est … La nausée s'empare de moi, je suis à deux doigts de rendre mon petit déjeuner, petit déjeuner que j'ai à peine avalé de toute façon. L'instant d'après je me laisse glisser contre le mur jusqu'à m'assoir et baisse la tête jusqu'à avoir le visage entre mes deux genoux pliés. J'ai du mal à respirer, c'est comme si un poids oppressant empêchait mes voies respiratoires de fonctionner correctement et la panique commence à me gagner. Je ne veux pas rester seule. Je ne peux pas rester seule. Sans trop savoir pourquoi j'arrive à réfléchir suffisamment pour sortir ma baguette de ma poche, mes mains tremblent tellement que je parviens à peine à la tenir entre mes doigts. Parmi tout ce foutoir de sensations une seule me semble palpable mais à la fois irréalisable : J'ai besoin de de Kezabel. J'ai besoin de sa présence, là, maintenant, tout de suite et pour ça je dois envoyer mon Patronus à sa recherche mais comment réussir à invoquer un Patronus quand autour de soi tout n'est que noirceur ? Parce que c'est exactement ça qui est entrain de m'étouffer complètement. J'ai beau essayer de me concentrer je n'arrive pas à entrapercevoir une once de lumière dans cet amas d'obscurité. Les yeux fermés, le corps secoués de tremblements violent, je crois que je me balance d'avant en arrière sans même m'en rendre compte. Ma main libre va chercher mon pendentif caché sous mes vêtements, je le serre de toutes mes forces et tente de me focaliser sur un souvenir joyeux, un que j'ai en tête et qui me sert à chaque fois pour ce sortilège. Il va fonctionner, il ne peut en être autrement … Ce souvenir c'est une balade au jardin botanique avec mon père avant même que j'entre à Poudlard. J'avais neuf ans et ma main dans la sienne, il faisait beau, il fait chaud,  et tout allait bien dans le plus merveilleux des mondes.

Il me faudra trois essais avant de parvenir à faire apparaître ma biche argentée, j'ai sincèrement cru que je n'y arriverais pas mais quand elle se matérialise devant moi je n'hésite pas une seconde :

« Viens s'il te plait. »

Je me rends compte à ce moment là que ma voix est partiellement cassée, complètement hésitante, tremblante – ce qui en soit n'a rien d'étonnant étant donné l'état du reste de mon corps. Je ne sais même plus sur quel étage je me trouve, j'espère qu'elle suivra le Patronus parce que je suis incapable de dire un mot de plus, incapable de me relever, et mes yeux commencent déjà à se gorger de larmes quand bien même elles restent pour le moment coincées sous mes paupières.
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MessageSujet: Re: Stairways to the skies ▬ Kezabel   Jeu 1 Oct 2015 - 11:33

► Stairways to the skies ◄
Riley & Kezabel


Lundi 16 Février — Fin de matinée

Le silence a régné pendant tout le long du petit déjeuné, à part quelques murmures, quelques sanglots. L’annonce a été un coup de massue pour certains, une chute de la tour d’Astronomie pour d’autres. Je ne la connaissais pas, pas aussi bien que ceux qui la pleure aujourd’hui. Ça ne m’empêche pas d’être touchée, d’être sensible à la nouvelle… loin de là. Megan était une camarade de classe, elle faisait partie du quotidien parce que nous partagions les même cours et la même maison mais jamais nous ne nous étions parlé, si ce n’est quelques mots échangés pour s’aider mutuellement lors d’un cours. Alors oui, sa mort me laisse un goût amer au fond de la gorge, une lourdeur au creux de l’estomac qui m’empêchera d’avaler quoi que ce soit d’autre ce matin mais mon premier réflexe a été de lever les yeux vers Riley, à ma droite. Parce que si moi je la connais rapidement, ça n’est pas le cas de ma meilleure amie qui la fréquentait régulièrement.

J’ai vu le sang quitter ses joues, ses yeux devenir plus humides, plus brillants. Je n’ai pas prononcé la moindre parole. Il ne sert à rien de lui sauter à la gorge. Laisser respirer. Laisser digérer la pilule. J’ai juste glissé ma main vers la sienne pour la prendre entre ma paume et je n’ai plus bougé. Le silence s’est installé, l’émotion de Mlle Stoneheaven s’est répercutée sur chaque mur pour revenir en écho jusqu’à nous et nous avons plongé le nez dans nos assiettes. Je sais que sûrement d’autres personnes la connaissaient mais égoïstement, je ne me suis concentrée que sur Riley. Elle est ma meilleure amie et si je ne me trompe pas, Megan est sa « première perte », la première mort qui ornera son existence.

— Tu veux que l’on aille ailleurs qu’en cours ?

Je savais déjà la réponse mais je ne pouvais pas la quitter au milieu de ce couloir sans le lui avoir demandé. Je l’ai prise dans mes bras, lui murmurant que si elle avait besoin, elle n’avait qu’un signe à faire et je serais là. Un baiser sur la tempe, sa main dans la mienne que je serre tendrement et je l’ai laissé partir en cours alors qu’elle a peine prononcée quelques paroles, sûrement encore sous le choc.
La journée d’hier a été éprouvante, la nuit l’a été également. Cette attaque brève mais brutale nous a tous ébranlés, secoués. Des élèves ont été touchés, des enseignants également… et bien évidemment cette histoire de liste. Des prénoms. Ceux que l’on visait. Ceux qu’ils ont touchés ou manqués de peu, à coup de poignard. Et inlassablement, c’est la même histoire qui se répète. Pour moi elle a débutée à mes 16 ans, là où ils ont décimés la moitié de mon village et elle se perpétue ici, encore aujourd’hui où chacun d’entre nous se demande si nous y verrons une fin. Pourtant, il est hors de question de quitter le château. Fuir serait une victoire. Une victoire que nous refusons de leur donner, pas après ce qu’ils nous ont fait durant deux années entières.
Je ne saurais pas dire comment moi-même je me sens et peut-être que je ne veux tout simplement pas le savoir, m’occupant principalement de m’enquérir de l’état des autres. Charleen, avec qui j’ai échangé quelques mots ce matin, Maxime que j’ai vu de loin avec Macy, William et Mateo. Enzo, que j’ai également vu au détour d’un couloir, le visage moins atteint qu’il y a deux jours. Lucy qui se trouve être silencieuse mais qui ne se défait pas de son sourire. Le monde continue de tourner et c’est peut-être ça le pire… de voir qu’il se fou complètement de ce qui nous a touché ici. Personne ne sait comment réagir à tout ça, moi la première. Je pensais me réveiller ce matin avec une rage, une haine, mais rien de tout ça n’est arrivé. Je me sens juste vide, neutre alors que je sens quelque part le filament brûlant qui me menace, encore et toujours.

La journée s’enclenche, les premiers cours débutent et je me focalise sur ce qu’il se dit et se passe et non sur la place vide, un peu plus loin, celle de Megan. Pour la première fois depuis longtemps, un silence d’or règne dans la classe, uniquement perturbé par les sortilèges prononcés, les exclamations de surprises ou les grognements désapprobateurs. Mes pensées voguent de temps à autre vers Riley. Est-ce qu’elle gère ? S’en sort ? Je suis inquiète et ça me semble normal. Je le serais toujours la concernant. Elle est de ce que j’ai le plus précieux dans ce château.
Je sors de sortilèges, réajustant la lanière de mon sac sur mon épaule alors que je croise certains regards. L’évidence est partout, inscrite sur chaque visage. Ils sont revenus, pour frapper, nous fracturer. Le pire étant qu’ils ont réussi. La mort d’une élève suffit à propager ce poison qu’est la peur, agrémenté de tous les blessés que nous avons eu. Oui, ils sont revenus… et de voir que certains sont même mort pour réussir renforce cet esprit de danger mais surtout, cette image que nous avions d’eux : Ils sont déterminés.
Je croise le regard de Maxime : Vide. Effroyablement vide. William tente un sourire, Macy reste près de son amie comme si s’éloigner de sa présence pourrait lui coûter un dernier souffle. Mateo les rejoints un peu en retrait et ralentie à ma vue.

— Ça va ?
— Oui. Vous ?

Regard vers le groupe.

— Ouais. Enfin j’crois. Tu la connaissais toi ?
— Pas tellement, non.

Riley, si. Mais je ne suis pas certaine d’être la plus à même de le lui dire, mon amie ayant peut-être elle-même l’envie de lui en parler si elle en ressent le besoin.

— T’inquiète pas si elle te parle pas beaucoup. C’est pareil avec nous.

Je mets du temps à comprendre de qui Mateo me parle jusqu’à ce qu’il jette un bref coup d’œil vers Maxime. Elle a été peu bavarde, voir totalement silencieuse depuis une semaine, voire plus. Le peu de moment partagé ont été ceux où elle venait s’installer sur mon lit, non loin de moi, pour lire et ce genre d’instant ne me dérange pas. Au contraire. Ils sont sources d’apaisement, de tranquillité et je pense que la réciprocité est valable. Mais Maxime me parait plus… terne. Murer dans un silence de plomb qui n’a pas la même saveur que ceux de d’habitude. Si je suis inquiète ? Oui, je l’aime bien et ça ne lui ressemble pas, alors…

— Je ne m’inquiète pas… Mais c’est gentil de me le dire.
— Dis pas que j’suis gentil, j’ai une réputation à tenir.

Vague sourire alors que je reporte mon regard vers celui de Mateo.

— Vous avez bien changé Monsieur Vargas.
— T’as juste fini par voir la vérité, c’est tout.

Je lève les yeux au ciel alors qu’il ricane en douceur avant de prendre le large pour rejoindre sa petite équipe.
L’atmosphère qui règne est à la fois pesante et anesthésiante. Une lutte envers soi pour savoir de quelle façon nous devons réagir en tant qu’adolescent de 17 ans ou de jeune adulte de 21 ans. Et je me rends compte que je n’ai pas bougé de ma place, figé en plein milieu du couloir alors que les élèves continuent leur route vers le Hall pour aller déjeuner. Je ne sais pas ce que j’attends, peut-être de comprendre ce qui nous attend. Comprendre ce que nous devons faire. Le flux d’élèves s’estompe et je me dis qu’il faut que j’envoie un courrier à papa avant qu’il ne s’inquiète. Un courrier où je resterais vague, encore une fois.

Soupire. Riley. Il faut que j’aille la voir, pour savoir si elle veut déjeuner ou faire autre chose mais surtout pour voir comment elle va. J’entame un premier pas mais m’arrête net devant un patronus trottinant vers moi et si mon cœur fait un bond dans ma poitrine ça n’est pas pour rien. La biche s’arrête face à moi et lève son regard vers le mien. Je le reconnaitrais entre tous.

— Viens s'il te plait.

Voix cassée, tremblante, hésitante.
La biche fait demi-tour et entame sa course. Je me suis toujours demandée si les patronus ont une âme ou non… parce que c’est lorsqu’elle commence à partiellement s’estomper que la biche commence à accélérer le mouvement. Et j’en fais de même. Je suis déjà entrain de courir derrière elle, cœur battant. Je deviens peut-être parano, je deviens peut-être complètement barge mais avec ce qu’il s’est passé hier, qui me dit qu’un de ces malades n’est pas encore entrain de rôder ici ? Nous ne sommes pas stupides, quelqu’un les a aidés. Et ce quelqu’un est peut-être l’un des nôtres… Ces idées sont bien vite arrachées de mon cerveau lorsque je vois une patte du patronus disparaitre.

— Non non. Tiens encore un peu s’il te plait.

Que je te retrouve. Vite.
Ma course ralentie au même rythme de celle du patronus qui se dissipe peu à peu et je prie Merlin pour qu’il me guide suffisamment longtemps jusqu’à elle. L’inquiétude est présente et elle tambourine aussi fort que les battements de mon cœur.
Deuxième étage, un couloir… Plus de patronus. Mais au loin, un corps recroquevillé sur lui-même. Mes pas se font moins pressés, moins précipités parce que je ne veux pas la surprendre. Je ressens un premier soulagement de la voir entière, sans blessure apparente, mais voir Riley comme ça est toujours déstabilisant. Elle affiche régulièrement cette maitrise, ce contrôle et ce sourire qui vous pousse à l’erreur en pensant qu’elle gère la situation, qu’elle ne craquera pas. Elle a une force de caractère qui n’est plus à prouver… Alors de la voir ainsi recroquevillée sur le sol me serre le cœur.

— Riley ?

Je m’annonce tout en m’approchant en douceur, pour finir jusqu’à elle où je dépose mon sac au sol. Je viens m’agenouiller devant celle qui représente pour moi plus qu’une amie et glisse une main sur ses cheveux, douce, lente. Un geste gorgé de tendresse. Je ne pense pas avoir besoin de beaucoup d’explication pour savoir ce qu’il se passe et je devine dans les larmes qu’elle me présente que la mort de Megan y est pour beaucoup. J’affiche des traits sereins, qui se veulent apaisant alors que ma main glisse sur son visage, mon front venant se coller au sien.

— Je suis là. Un murmure qu’elle seule peut entendre. Respire boulette, je suis là.

Je ne te lâcherais pas. Je sais la douleur, je sais la frustration et je sais aussi le vide. Je sais également le temps que ça peut prendre pour combler les brèches que la perte d’une personne chère peut provoquer. Je reste un instant dans cette position avant de venir me glisser à côté d’elle, tout en passant un bras par-dessus ses épaules pour attirer doucement Riley contre moi. Megan est morte, elle le réalise peut-être seulement maintenant… ce qui expliquerait cet état atone de ce matin. La mort est une bombe à retardement. Elle vous explose à la figure lorsque vous vous y attendez le moins et les dommages collatéraux se font parfois sentir avec un peu de retard.
Je dépose un baiser sur ses cheveux, ma main gauche venant chercher l’une des siennes pour la serrer entre mes doigts. Quelques secondes s’écoulent où je reste silencieuse, la laissant évacuer s’il le faut. Me parler s’il le faut. Même si je dois rester toute l’après-midi ici à attendre, je le ferais, si ça peut l’aider à alléger ce qui la brise en cette seconde.

— Il s’est passé quelque chose ?

Ma voix reste toujours douce et tranquille. Peut-être que je fais complètement fausse route, peut-être qu’elle arrive simplement à bout ou qu’un ou une élève est venu lui dire la parole de trop. Quoi qu’il en soit, je ne la presse pas et j’attends, ma main toujours dans la sienne, mon bras entourant toujours ses épaules, comme une petite bulle que je lui octroie le temps qu’elle lâche prise. Juste pour quelques minutes, au moins.
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MessageSujet: Re: Stairways to the skies ▬ Kezabel   Mer 7 Oct 2015 - 21:12

Les secondes défilent avec une lenteur asphyxiante, le visage toujours caché par mes genoux et mes bras je cherche l'air mais les sanglots m'étouffe complètement. Si je n'ai pas tellement réagit hier, aujourd'hui c'est tout autre chose. Je craque, je tremble, j'ai froid … et j'ai peur. Je ne vois qu'une seule personne capable de m'apaiser en cet instant, voilà pourquoi j'ai puisé de toutes mes forces dans mes souvenirs pour réussir à me concentrer suffisamment sur l'un d'entre eux, l'un joyeux, afin de réussir à faire apparaître un Patronus. J'ai réussi, sincèrement je me demande encore par quel miracle mais dans cette position fœtale je ne sais plus quoi faire de moi.
Je n'ose pas ouvrir les yeux, c'est comme si j'avais peur de devoir faire face à la réalité. Dans mes oreilles ça bourdonne. Privée de mes sens je sens la panique qui commence à s'emparer de moi, comme un trop plein d'émotions à gérer en une seule fois, je n'arrive pas à faire la part des choses. Les bruits de pas qui s'approchent de moi je ne les perçois qu'au dernier moment et ne peux réprimer un vague sursaut tout en me tassant un peu plus sur moi même sans pour autant relever la tête. La situation m'échappe totalement.

« Riley ? »

C'est bien un profond soupir de soulagement qui s'échappe d'entre mes lèvres scellées quand j'entends le son de cette voix plus que familière mais la réaction physique est sans équivoque : J'éclate littéralement en larme. C'est comme si j'avais réussi à retenir un peu les choses jusqu'ici mais maintenant qu'elle est là tout m'échappe. Pourtant sa présence m'est précieuse, essentielle même. Comme une petite fille perdue je cherche la proximité d'une personne qui représente quelque chose de fort à mes yeux. A l'extérieur ça aurait pu être ma mère, très probablement mon père, mais ici c'est elle : Ma meilleure amie. Mon âme sœur. Ici et même ailleurs. C'est d'elle dont j'ai besoin, même si ça n'enlève rien à ce que représente les autres pour moi. Elle c'est différent, c'est tout. Mon coup de foudre amical. Quand je sens sa main me caresser les cheveux l'effet sur moi est immédiat. J'ai beau trembler de la tête aux pieds, j'ai beau me noyer dans mes émotions et dans les larmes, c'est bien de l'apaisement que je ressens.

Et je n'essaies plus de me cacher.

« Je suis là. Respire boulette, je suis là. »

Je la sens qui bouge, l'instant d'après elle est assise à mes côté et me prends dans ses bras. Instinctivement et immédiatement je me blotti contre elle en m'accrochant sans vraiment m'en rendre compte à ses vêtements.

« Il s’est passé quelque chose ? »

Je renifle par réflexe, aussi parce que je pleure depuis de longues minutes maintenant mais j'ai la gorge tellement serrée que je n'ose même pas tenter de prononcer un mot. Je crois que je n'en suis de toute façon pas capable, je ne sais même pas quoi dire. Est ce qu'il s'est passé quelque chose ? Non, pas vraiment, pas du tout en réalité. Un instant j'étais en blocage total et celui d'après tout à explosé, la réalité est venue s'incruster violemment dans mon être tout entier. Alors je prends le temps, et elle me le laisse sans jamais me presser. Je prends le temps de me vider de toutes les larmes de mon corps jusqu'à en avoir une migraine carabinée et les yeux aussi rouge qu'un lapin ayant la myxomatose. Je prends également le temps de laisser à mon corps la possibilité d'arrêter de trembler et je commence déjà à avoir mal partout. Les minutes passent, la tempête se calme, je le sens.

Ça n'est qu'après un long silence et un profond soupir que je me redresse un peu sans pour autant quitter son étreinte rassurante. Je me sens épuisée, à bout de force, mais incapable de la lâcher.

« J’suis désolée. »

Ce sont les premiers mots que j'articule et je ne sais pas s'ils auront un sens pour elle. Je ne sais même pas s'ils en ont un pour moi … En vérité si, ils en ont, parce que je suis réellement désolée. Je sais que d'une façon ou d'une autre cette situation va la projeter dans certains souvenirs et en ça je m'en veux, quand bien même je ne peux pas faire autrement. Et désolée de me moucher sur ton pull ... Lili, merde ! C'est un rp sérieux et triste bordel ! Oops.

« Je … »

C'est hésitant, je me redresse encore un peu et cale mon dos contre le mur avant d'étendre un peu mes jambes devant moi mais ma main reste fermement accrochée à celle de Kezabel. Un nouveau soupir m'échappe, je ferme les yeux tout en me passant l'autre main sur le visage. Le flot s'est tari, le plus gros est visiblement passé et … Je me sens moins oppressée.

« J’avais pas encore vraiment réalisé. »

Les cris de paniquent viennent percuter l'intérieur de mon crane en un écho lointain, la voix d'Ismaelle ce matin aussi, toutes ces évidences ...

« J’ai jamais vraiment eu affaire à la mort jusqu’ici, jamais de quelqu’un que je connaissais vraiment en tout cas parce qu’ici … »

Parce qu'ici il y en a eu des morts, et même si la plus part ont été cachés ceux de la bataille de la libération étaient bien exposés malheureusement. J'ai eu de la chance, aucun de mes proches n'a été touché gravement mais aujourd'hui c'est différent. Dimitri est dans un état grave et ça me ronge les sangs, Matthew n'est pas tellement dans une meilleure forme, Cameron a été touché aussi et même si on n'était pas proche au point de se connaître réellement, ça m'affecte beaucoup que Megan soit morte. C'est une mort violente, injuste, quelque chose de difficile à encaisser dans mon monde rempli de paillettes et pourtant j'ai vécu ici pendant ces deux ans d'horreurs. J'ai été préservée, par chance, mais aujourd'hui ça me tombe dessus comme une enclume.

« Tu sais c’est vrai que j’ai un peu révisé mes plans dernièrement mais mon idée de devenir journaliste c’est venu d’une discussion avec elle. »

Je ne regarde rien de particulier mais je garde la tête basse. Après avoir remis une mèche de cheveux derrière mon oreille je commence à jouer avec les doigts de Kezabel et renifle une énième fois avant de reprendre la parole.

« C’était un soir comme un autre, avec Megan c’était tout le temps comme ça de toute façon, on se croisait par hasard et parfois on se mettait à discuter pendant un moment. De tout, de rien, de plein de choses. On a fait la fête ensemble aussi. »

Un léger sourire étire mes lèvres en repensant à tout ça, à cette soirée où elle m'a parlé de Cameron, où je lui ai parlé de Cameron, chacune sans savoir qu'on parlait du même garçon … Elle était entrain d'en tomber amoureuse, moi je me demandais ce que je ressentais pour lui tout en ayant peur de le perdre. Aujourd'hui c'est celle qu'on a perdu et mes pensées se dirigent vers l'Américain qui ne fait plus vraiment parti de mon décor aujourd'hui. Ça ne m'empêche pas d'avoir mal pour lui. Moi j'ai perdu une connaissance, une camarade, peut être une copine, éventuellement une amie malgré tout, mais lui … Et Derek ...

« Tu sais c’était au moment où elle avait disparu quelques temps. Je suis tombée sur elle dans la salle commune et on a discuté. Je voulais … Savoir comment elle allait et de fil en aiguille je me suis mise à lui raconter les potins du château, les trucs qu’elle avant manqué, etc … »

Parce qu'elle n'avait pas envie de parler du reste, ce que je peux comprendre. Personne ne sait ce qu'elle a pu traverser à cause de ces ordures, et aujourd'hui ils … Stop.

« Tu me connais, j’ai commencé à lui faire un rapport détaillé en y mettant les formes pour faire la gogole au maximum histoire de lui changer les idées et surtout ne pas diriger la conversation sur les sujets qui fâchent. C’est là qu’elle m’a dit que je devrais penser à être journaliste. C’était plus pour la blague qu’autre chose évidemment, vu le contexte, mais … j’ai réalisé qu’il y avait une part de sérieux dans ce qu’elle m’avait dit et ça a germé dans ma petite tête. »

Journaliste oui mais pas Miss Potin dans Sorcière Magazine. Non, moi j'ai rêvé de transmettre des bonnes nouvelles, d'aller voir des gens qui changent le monde de la plus belle des façons, qui apportent leur petite pierre à l'édifice.

« C’était une fille bien. Très secrète, avec une réputation assez particulière mais … oui, elle était vraiment une bonne personne. »

Salope, fille facile, elle passait aussi pour une fille hautaine puisqu'elle ne se mélangeait pas vraiment aux autres mais tout ça elle l'a fait avec une raison, avec ses raisons, et pour ceux qui ont poussé un peu plus loin on a tous vu qu'elle était bien différente de ce qu'elle montrait.

« C’est pas juste. »

Elle n'était pas la cible réelle, juste un moyen d'atteindre quelqu'un d'autre, si on en croit les rumeurs. Rumeurs que je ne supporte plus d'entendre soit dit en passant et ce même si je fais ce que je peux pour ne pas les écouter.

« Est-ce que tu as croisé Derek ou Cameron ce matin ? »

Derek est dans sa classe, tout comme Mateo, au même titre que Megan l'était … Et moi je suis vraiment égoïste de ne même pas lui avoir demandé comment elle, elle se sentait par rapport à ça seulement quand je m'apprête à considérer la question ...

« Lukas … »

… c'est un autre visage qui m'apparait et me fait pâlir. Il était assez proche de Megan … Toutes ces pensées cumulées suffisent à faire grimper les larmes à nouveau sur le bord de mes paupières et ma main se serrent fermement autour de celle de ma meilleure amie alors que je lui jette un regard sans doute désespère, effrayé même ...

« J'ai peur Keza. J'veux pas mourir. J'veux pas que tu meurs. »

Parce qu'ils vont revenir, un jour ou l'autre, et je ne sais pas si je serais assez forte pour affronter ça. J'ai beau faire la fière, jouer les grandes, tout ça ça n'est qu'une mascarade, celle de la petite fille qui n'a jamais réellement affronté la peur et l'horreur. Je m'en veux à la seconde même où les mots m'échappent mais c'est trop tard pour faire machine arrière.

I know you're scared, I can feel it
It's in the air, I know you feel that too

Maroon 5
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MessageSujet: Re: Stairways to the skies ▬ Kezabel   Mer 21 Oct 2015 - 14:18

Les premières angoisses se sont dissipées maintenant que je l'ai près de moi, contre moi. Nous ne pouvons pas nier le fait que la paranoïa est revenue en même temps que les Supérieurs, Dimanche et nous sommes peut-être jeunes mais loin d'être stupides. L'idée même qu'un traître puisse peut-être être encore entre nos murs suffit largement à nourrir nos peurs. Donc j'admets avoir eu, l'espace de quelques instants, la peur panique qu'il puisse être arrivé quelque chose à Riley lorsque j'ai eu son message. L'image de Megan s'est interposée et s'est calquée sur ma meilleure amie. Moi, vivante entre ces murs, je ne laisserai personne la toucher, ne serait-ce qu'un cheveux.
Mais à présent qu'elle est contre moi, je m'apaise un peu, la laissant pleurer tout ce qu'elle souhaite. Des heures durant si elle le veut, ça m'est égale, tant qu'elle se sent mieux par la suite. Ses sanglots me déchirent le cœur et me donne la sensation qu'une main tord l'intérieur de mon ventre. Ce qui la touche, me touche, irrémédiablement. A moindre mesure mais c'est le cas et je n'y peux rien. Il y a ce quelque chose qui nous relie et je n'irai jamais contre ça. Et puisque parfois les mots ne sont pas ceux qui apaisent, je la laisse expulser tous sanglots, toutes larmes, en silence. Je me contente simplement de la garder contre moi, l'une de mes mains caressant ses cheveux, lui transmettant toute ma présence et la douceur qui m'habite à l'heure actuelle. Je me concentre sur elle, sur le langage du corps, sur la densité de ses larmes. Me demande ce qu'il se passe actuellement dans sa tête, ce qu'elle visualise et imagine. Ce contre quoi elle lute même si je sais d'avance la réponse. Riley a toujours fait en sorte de garder la face, devant toutes situations. De rester droite, fière, impétueuse et de garder le contrôle de ses émotions d'une main de fer. Mais même les plus solides s'épuisent, craquent et lâchent prise. Les coups sont parfois trop violents pour que l'on réussisse à gérer. Cette pensée me donne un goût amer d'hypocrisie au fond de la gorge, comme si je me mentais à moi-même.

Les minutes s'écoulent et je n'ai pas bouger une seule seconde, la gardant contre moi le temps qu'il lui faudra. Ses pleures semblent s'être arrêtés et c'est un profond soupire que j'entends. Peut-être de soulagement, d'avoir enfin tout lâché de ce qu'elle avait accumulée de stress ou d'angoisse depuis la veille.

— J’suis désolée.
— Chut, tu n'as pas à t'excuser Riley. Pas pour ça.

Pas pour la mort d'une amie, d'un proche. Pas de pleurer l'absence et cette réalité qui vous prend à bras le corps sans que l'on s'y attende. Je sais combien il est difficile de gérer ce genre de chose. Alors si pleurer est la première arme pour remonter, autant laisser faire. Il n'y a rien de honteux à ça.

— Je … 

Elle se redresse et je m'écarte en douceur sans partir trop loin non plus. Je la laisse s'installer juste à côté de moi, dos contre le mur, jambes tendues devant alors, sa main toujours dans la mienne que je ne compte pas lâcher et qu'elle ne veux pas non plus laisser. Je sors un mouchoir de la poche avant de mon sac avant de lui tendre, sourire en coin. Je sais que je panique régulièrement lors de mes nuits cauchemardesques où ma raison s'y perds, mais ici je garde un calme olympien et une sérénité qui m'est propre. Comme si un voile de douceur nous enveloppait tranquillement.

— J’avais pas encore vraiment réalisé. J’ai jamais vraiment eu affaire à la mort jusqu’ici, jamais de quelqu’un que je connaissais vraiment en tout cas parce qu’ici …
— Je sais.

La séquestration deux années durant, l'acte de rébellion, la bataille de Noël, la chute de Salem et maintenant ça. Il y en a eu des morts, plus que nous pouvons le croire mais le nombre conséquent d'élèves ici fait que nous ne les connaissions pas ou tout simplement de vue. Ce qui en soit est horrible lorsque nous y pensons. Cependant, ça ne nous empêche pas de ne pas se battre un peu plus chaque jours pour eux. Je sais qu'elle n'a jamais connu la brutalité d'un décès, de près ou de loin... Alors lorsque du jour au lendemain, votre monde bascule dans l'horreur en passant d'un rien à un tout, la violence est parfois peu gérable. Cameron et Dimitri ont été touchés, deux personnes en qui elle tient beaucoup. Megan est morte, son amie, d'un claquement de doigts. D'une minute à l'autre, sans que personne n'y puisse quoi que ce soit. Et ce sentiment de brutalité et de chute douloureuse, je le connais par cœur puisque d'une vie sans problème, j'ai basculé en une fraction de seconde à une scène d'horreur. Vous êtes complètement sonnée, atone, le cerveau choqué. Et c'est sûrement pour toutes ces raisons que Riley n'a pas réagit à l'annonce d'Ismaëlle.

Je me concentre sur mon amie, cœur tambourinant mais vivant, gardant toujours sa main dans la mienne.

— Tu sais c’est vrai que j’ai un peu révisé mes plans dernièrement mais mon idée de devenir journaliste c’est venu d’une discussion avec elle. 

Silencieuse, je la regarde alors que ses yeux sont braqués sur le sol, ses doigts jouant avec les miens.

— C’était un soir comme un autre, avec Megan c’était tout le temps comme ça de toute façon, on se croisait par hasard et parfois on se mettait à discuter pendant un moment. De tout, de rien, de plein de choses. On a fait la fête ensemble aussi.

A son sourire, je comprends que les bons souvenirs doivent éclore devant ses yeux et je l'y laisse. J'ai envie de lui dire que ce sont ce genre de chose qu'il faut à tout prix préserver aujourd'hui. Tout simplement pour s'y raccrocher lorsque certains jours se feront plus durs, mais pour l'instant je gardes mes lèvres scellées, préférant l'écouter et partager cette petite parcelle de bonheur avec elle.

— Tu sais c’était au moment où elle avait disparu quelques temps. Je suis tombée sur elle dans la salle commune et on a discuté. Je voulais … Savoir comment elle allait et de fil en aiguille je me suis mise à lui raconter les potins du château, les trucs qu’elle avant manqué, etc …

Sa disparition.
Comme beaucoup, j'en ai entendu parlé sans jamais savoir le fin fond de l'histoire et je ne suis pas sûre que cela nous regarde. Pourtant, j'y trouve le fragment d'un écho. Le Supérieurs l'y ont enfermés pendant plusieurs jours, voir semaines et nous savons tous ici de quoi ils sont capables. Nous savons tous ici jusqu'où ils peuvent aller pour leur simple plaisir. Un long frisson de dégoût me traverse l'échine et je me dis que parfois, la vie s'acharne sur les mauvaises personnes. Je ne connaissais peut-être pas Megan comme Riley la connaissait mais elle faisait partie d'un quotidien scolaire, une camarade de classe que j'ai parfois aider et qui m'aidait en retour. Malgré cette réputation qui lui a collé à la peau, elle n'a jamais été quelqu'un de détestable. Pas dans mes souvenirs. Elle ne méritait rien de tout ce qui a pu se produire.

Mon intention se recentre sur Riley qui réfléchit, se souvient et j'imagine presque à la perfection sa propre douleur. Ma main s'accroche un peu plus fort à la sienne.

— Tu me connais, j’ai commencé à lui faire un rapport détaillé en y mettant les formes pour faire la gogole au maximum histoire de lui changer les idées et surtout ne pas diriger la conversation sur les sujets qui fâchent. C’est là qu’elle m’a dit que je devrais penser à être journaliste. C’était plus pour la blague qu’autre chose évidemment, vu le contexte, mais … j’ai réalisé qu’il y avait une part de sérieux dans ce qu’elle m’avait dit et ça a germé dans ma petite tête.

Un sourire étire mes lèvres lorsqu'elle me raconte tout ça. Je les visualise sans aucune peine dans la salle commune, discutant, s'agitant dans tous les sens et s'offusquant des potins du château que Riley sait si bien raconter. Ça et tout le reste, les histoires, ce qu'elle a vu et entendu, elle sait y mettre un peps qui lui est propre. Lorsqu'elle articule l'histoire, c'est sans mal que nous arrivons à la suivre et à imaginer le décors, les sentiments que cela projette. Il suffit de voir ses gestes, de capter l'étincelle dans son regard pour comprendre la gravité ou le bonheur de l’événement. JE sais aussi à quel point elle sait manier les mots et les sujets pour nous détourner de quelque chose qui nous ronge l'esprit ou le cerveau, toujours prête à revêtir l'habit de la plus comique ou la plus maladroite, tout simplement pour nous offrir des instants de légèreté et de bonheur. C'est Riley tout simplement. Et une vague d'amour pour elle mon gonfle aussitôt le cœur. J'espère que Megan a su trouver ce réconfort et cet apaisement qu'elle méritait auprès d'elle. Elle a vu juste, peut-être sans le vouloir, en lui soumettant cette idée. Les imaginer ainsi illumine un peu ces nuages sombres autour de nous. C'est apaisant.

— C’était une fille bien. Très secrète, avec une réputation assez particulière mais … oui, elle était vraiment une bonne personne. 

J'ai appris par moi-même que la réputation ne font pas une personne. J'ai souvent eu des aprioris sur les Serpentards et encore aujourd'hui, me souvenir de ça me révulse. J'ai été stupide, aveuglé par toutes ces conneries sans  queue ni tête. Ceux qui ont juger Megan par cette réputation ont été eux aussi, bien trop stupides. Comme si l'esprit humain n'était pas suffisamment développer pour penser par soi-même. Je l'ai vu de mes propres yeux à quel point Megan était tout sauf ce que l'on pouvait dire d'elle. Alors je sais à quel point Riley a raison lorsqu'elle disait que c'était une bonne personne et elle, mieux que personne ici, peut se permettre de le dire.

— C’est pas juste.
— Je sais, rien de tout ça ne l'est.

Absolument rien de ce qui est arrivé, y comprit sa mort et l'attaque envers les autres. Non, rien ne l'est en cet instant. Ni cet acharnement maladif à vouloir nous écraser, ni le plaisir qu'ils tirent à assassiner notre jeunesse.

— Est-ce que tu as croisé Derek ou Cameron ce matin ? 

Je réfléchis un instant. Je ne crois pas avoir croisé Cameron, en revanche il me semble avoir aperçu très brièvement Derek chez les Serpentard mais il n'était pas présent aux cours de ce matin et je me doute qu'il ne le sera pas non plus pour ceux de l'après midi. Et personne ne peut le lui reprocher. Je m'apprête à lui fournir une réponse pour la rassurer mais si son visage s'était perdu dans la contemplation de ses souvenirs avec l'ombre d'un sourire, il est en cet instant crispé et surtout, à devenir aussi pâle que lorsque je l'ai trouvé.

— Lukas …

Ses émotions virent aussitôt de bord et basculent dans la seconde, refaisant naître ses larmes au coin de ses paupières alors que je tente tant bien que mal de l'apaiser d'une voix douce. Le regard qu'elle me jette me crispe et me retourne le cœur, comme un coup donné sans que je ne m'y attende. Il est éloquent de désespoir et d'angoisse, je me redresse aussitôt, venant chercher son autre main pour me tourner vers elle. J'ai l'impression qu'une vague de panique la guette et je me rends compte qu'à l'évocation des souvenirs, elle en avait presque oublié que Megan ne reviendrait pas. Les jours qui vont suivre seront compliqué pour Riley et j'en ai conscience plus que jamais.

— J'ai peur Keza. J'veux pas mourir. J'veux pas que tu meurs.
— Eh eh calme toi Riley, rien de tout ça va arriver. Viens là.

Un million d'aiguille me traverse et me font froncés les sourcils, secouant ma tête au rythme de ses mots. Je réagis au quart de tour et l'attire contre moi. Je la prends dans mes bras et la serre en douceur, m'agrippant sans le vouloir à son dos, comme si tout ça pouvait lui prouver la véracité de mes mots. Ses angoisses sont logiques et véritables, qui ne le serait pas à sa place ? Qui ne ressentirait pas cette panique soudaine de voir tous ceux que l'on aime tomber les uns après les autres ? Riley possède déjà une peur cruelle de se voir abandonner alors j'imagine sans peine à quel point cette forme d'abandon peut s'avérer encore plus angoissante que celle d'un vivant. La voir comme ça me touche et je n'aime pas voir cette petite boule de joie et de bonheur aussi démunie à l'heure actuelle. Mais même les plus forts ont besoin de baisser les armes, au moins pour un instant.
Je la force à capter mon regard, fermement mais sans jamais la brusquer, tout en prenant son visage entre mes mains.

— Riley, regarde moi. Tu ne vas pas mourir t'entends ? Je te l'interdis. Pas avant d'avoir 150 ans, d'avoir perdu l'ensemble de tes dents et de nous avoir désignée, Charleen et moi, marraine d'au moins d'un de tes enfants, t'as compris ? En plus Mateo serait perdu sans toi cet idiot.

La phrase est détournée, teintée d'humour et ce, aidé d'un sourire en coin. La réalité ne me fera pas défaut aujourd'hui, celle qui anime mon cœur et qui le force à battre avec violence. Riley, mourir ? Il en est hors de question. Sur tout ce que j'ai de plus cher, je ne laisserais personne me l'enlever comme ils lui ont enlevés Megan. Et ce, peu importe le prix, peu importe ce que je dois engendrer d'efforts derrière, tout ça est terminé. Ils m'ont suffisamment prit dans ma vie pour que ça ne recommence. La vie n'est pas prévisible, bien au contraire et nous le savons tous mais même si je ne peux rien contrôler, même si je ne peux rien faire contre les aléas qui font qu'une vie disparaît, il est tout simplement inconcevable que je laisse faire ça.

Je reprends un ton plus sérieux, sans lâcher son visage. Et je crois qu'en cet instant, mon regard est sans équivoque.

— Je ne laisserais personne faire ça. Jamais. Qui que ce soit, il faudra me passer sur le corps avant que ça n'arrive.

Je me fiche de savoir si oui ou non, je fais le poids face à eux. La magie n'a aucune limite, elle progresse et si je dois redoubler d'efforts pour être apte à avoir l'entièreté de mes moyens face à eux, je n'hésiterais pas un seul instant. Une fraction de seconde j'imagine Mlle Stoneheaven annoncer la mort de Riley et je sens mon cœur s'emballer comme un diable dans ma cage thoracique. Je sais sa capacité à se défendre et à se battre comme une lionne, si jamais on devait s'en prendre à elle, il est clair qu'ils ne repartiraient pas sans séquelles.
Je ravale tout ça et capte de nouveau son regard clair.

— Et je ne mourrais pas non plus. On a réussir à s'en sortir avec eux dans les parages pendants deux années entières alors ça n'est pas maintenant qu'ils réussiront à nous avoir.

Ils ne m'ont pas eu la première fois lorsqu'ils m'ont prit ma mère. Ils ne m'ont pas eu la seconde fois lorsqu'ils ont jugés bons de nous cloîtrés ici pour se jouer de nos peurs, de nous. Et ils ne m'auront pas les autres fois parce que je ne le permettrais pas. Je ne m'attendais pas à ressentir cette braise au creux de l'estomac mais c'est comme une nouvelle rage de vaincre et d'aller de l'avant qui anime mes traits et mes gestes, voulant transmettre à Riley mon assurance. Je ne me laisse pas dominer par ce sentiment endormie et esquisse malgré tout l'once d'un sourire, passant ma main dans ses cheveux pour ensuite se loger contre sa nuque.

— Et puis tu sais très bien que toi et moi, on est une équipe de choc. Eh, on a réussi à échapper à une Accromentule en plus de ça. Mon sourire s'élargit. On y arrivera, encore une fois. Tu verras.

J'essaie de la rassurer un maximum sur tout ça. Qui n'a pas peur de mourir ? Qui n'a pas peur de ça, de ce que l'on ne connaît pas ? Nier que je ne ressens aucune once d'angoisse à l'idée de mourir serait terriblement mentir. Encore plus si cette mort concerne Riley ou un proche, mais celle de ma mère m'a apprit que c'est en restant murer dans cette angoisse oppressante que nous leur donnons tous les moyens de nous atteindre. Tout ça n'est pas finit, je pense que nous sommes toutes les deux conscientes que la suite viendra tôt ou tard et qu'ils seront plus déterminés au fur et à mesure de leur intervention. J'ai confiance en Mr Rivers et en Mlle Stoneheaven mais aussi en tous les Gardiens et le personnel enseignant, sans nous oublier nous. Parce que s'ils sont là pour nous protéger, cette école possède également des élèves suffisamment prêt pour se défendre en cas d'urgence.

Appuyé sur les genoux depuis tout à l'heure, je m'assois sur mes talons tout en lâchant son visage et son cou. Mes mains viennent chercher les siennes en douceur, poursuivant d'une voix sereine et posée.

— Je sais qu'elle te manque et elle te manquera toujours, quoi que tu fasses, quoi que tu dises. Il te faudra du temps pour réussir à digérer tout ça et à faire avec mais il y aura des jours plus compliqués que d'autres. Mais quand ça arrivera remémore toi cette soirée dans la salle commune. Parce que c'est comme ça qu'il faut se souvenir de Megan, comme tu t'en souviens toi. Comme d'une personne entière, vraie et qui allait bien au dessus de ce que l'on pouvait dire d'elle.

Je ne lui sortirais pas le discours que l'on m'a servie lorsque maman est morte. Celui qui nous rappel que nous n'avons pas le choix que de nous y faire, que c'est comme ça et pas autrement. Inutile de nous le répéter, nous le savons déjà parfaitement et nous ne nous le rappellerons suffisamment tout seul. Ça n'est pas ce qu'elle a besoin d'entendre aujourd'hui puisqu'elle vit déjà avec ce vide quelque part en elle. Et si personne ne pourra jamais le combler, pas même moi, alors je ferais en sorte d'atténuer tout ça pour l'aider à passer ce cap, comme elle le ferait pour moi. Et de ça, je n'en doute pas un instant.

— Le plus important maintenant, c'est de ne pas l'oublier. Jamais.

Parce qu'elle n'est pas morte pour rien.
Je me relève en douceur et lui dépose un baiser sur le front avant de revenir à ma position initiale. Même si tout cette situation résonne en moi comme un écho désagréable et amer, je ne veux pas que cette angoisse bouffe ma meilleure amie, comme elle a pu le faire avec moi pendant tout ce temps.

— Et quoi qu'il se passe, je serais là. Je ne te lâcherais pas.

C'est une promesse qu'elle ne doit pas oublier. Surtout pas maintenant.

All is lost but hope remains and this war's not over
There's a light, there's a sun taking all these shattered ones
To the place we belong, and his love will conquer (all)

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MessageSujet: Re: Stairways to the skies ▬ Kezabel   Ven 23 Oct 2015 - 12:47

La panique, totale, et tout ce qui se mélange aussi bien dans ma tête que dans mon cœur. Je me sens à 1 000 endroits à la fois, auprès de 1 000 personnes même si bien sur c'est exagéré. Je ressens tellement d'émotions virulentes en cet instant que j'ai l'impression de ne même plus savoir où je suis … Mais parmi tout ce chaos qui tourne autour de moi, en moi, il y a une chose dont je suis sure, quelque chose qui me maintient, quelque chose qui me permet de garder un semblant d'ancrage. Quelqu'un. Elle, Kezabel, cette fille que je ne connais même pas depuis un an et avec qui j'ai déjà partagé bien plus qu'avec n'importe qui d'autre. Elle est là, parce qu'elle est la première personne a qui j'ai pensé. C'est elle que j'ai appelé à l'aide, elle dont j'ai besoin, très égoïstement, parce que la terreur que je ressens, le fait de devoir faire face à la mort, elle l'a vécu bien avant moi et d'une manière bien plus intense ...

« Eh eh calme toi Riley, rien de tout ça va arriver. Viens là. »

J'ai beau m'en vouloir, je sais que je ne peux pas faire autrement parce qu'ici elle est ce qui se rapproche le plus pour moi d'une … J'en sais trop rien, elle est comme un pilier et m'écrouler de cette façon je n'aurai pas pu le faire ailleurs que dans ses bras. Mateo a beau compter de plus en plus pour moi je n'en suis pas encore là le concernant et puis ça n'a de toute façon rien à voir, inutile de comparer ce qui n'est pas comparable. J'éclate, j'expulse, cette peur panique, ce mélange d'émotions, en me serrant de toutes mes forces contre elle qui – je le sais – ne me lâchera pas. Devant elle je n'ai pas peur de laisser tomber le masque, je n'ai pas peur d'être moi même, c'est à dire un chaton qui se prend pour un tigre mais qui n'est finalement qu'une petite chose fragile qui n'a jamais rien exploré d'autre que le danger de la véranda. Un ficus dans un coin et ça y est c'est la jungle, voilà où s'arrête mon aventure. Je m'estime heureuse de n'avoir jamais vécu l'horreur ou la perte d'un être cher, évidemment, mais naviguer au milieu de tous ces êtres solides peut parfois devenir difficile même si la pression elle ne vient que de moi et je le sais. A ma façon je sais que je leur apporte quelque chose en retour, ça me réconforte et me permet de trouver un équilibre. Oui j'étais là pendant les deux ans de l'occupation mais hormis ce séjour rapide dans les cachots dont à découler notre randonnée nocturne dans la Forêt Interdite, je suis relativement passé entre les mailles du filet sans aucun dommage ou presque. Aujourd'hui l'évidence me saute aux yeux, parce qu'hier je n'ai pas réalisé, pas plus que ce matin : Par deux fois ils ont tenté de revenir, peut être plus, et ils essaieront encore et encore et encore … Je l'admets, pendant une seconde je me demande ce que je fais encore là. Pourquoi ne pas quitter cet endroit ? Pourquoi ne pas rentrer retrouver la maison et les parents ? Tirer un trait sur tout ça, ne plus avoir peur … Pourtant quand elle attrape mon visage et me force à la regarder, je sais.

« Riley, regarde moi. Tu ne vas pas mourir t'entends ? Je te l'interdis. Pas avant d'avoir 150 ans, d'avoir perdu l'ensemble de tes dents et de nous avoir désignée, Charleen et moi, marraine d'au moins d'un de tes enfants, t'as compris ? En plus Mateo serait perdu sans toi cet idiot. »

Les yeux brulés et noyés par les larmes, le souffle court, je trouve quand même le moyen de sourire, de rire même, légèrement certes mais c'est déjà énorme et en me parlant comme elle le fait, en étant là physiquement, elle arrive à me ramener un peu à la raison, au calme, même si je tremble encore comme une feuille … prête à lâcher prise. Parce que non, je ne suis pas morte, j'ai la chance de ne pas l'être et tout le monde ne peut pas en dire autant. Alors entre deux sanglots ...

« Ça c’est bien vrai. Faut bien que quelqu’un soit là pour l’accrocher au lustre en plus de ça. »

… je manque de m'étouffer en mêlant rire aux larmes. Le fait est que ça détend, d'ailleurs le flux lacrymal se tarie je pense mais ça ne m'empêche pas de m'essuyer les yeux d'un revers de main tout en reniflant a peu près toutes les quatre secondes. Mon sérieux je le retrouve néanmoins instantanément quand je capte à nouveau son regard. Ma main droite est accroché à un de ses poignets, l'autre est serrées autour de mon gilet et mes yeux ne quittent pas les siens. Ce regard qu'elle me lance … Il est intense, presque déstabilisant à vrai dire.

« Je ne laisserais personne faire ça. Jamais. Qui que ce soit, il faudra me passer sur le corps avant que ça n'arrive. »

Relent  d'angoisse, c'est instantané, une boule se forme à nouveau dans ma gorge quand la simple idée qu'elle aille au devant du danger pour me protéger s'installe dans mon esprit. A la façon dont elle me regarde, la façon dont elle a prononcé ces mots, je sais qu'elle n'hésiterait pas une seule seconde et ça me terrifie totalement. J'aimerai dire que la réciproque est valable seulement la vérité c'est que même si au plus profond de moi c'est ce que j'aimerai, ce que je souhaiterai faire, je ne sais pas si j'en serais capable. J'ai beau l'aimer de toutes mes forces, et je sais que ça n'est pas un concours, je n'ai pas suffisamment de recul sur ce genre de choses et je crois que de toute façon on ne peut jamais vraiment savoir comment on serait capable de réagir dans telle ou telle situation. J'espère, de tout mon être, ne jamais me retrouver dans une situation ou l'une d'entre nous – ni personne d'autre – n'aurait à prendre ce genre de décision. Jamais.

« Maxime s’en charge déjà de ça, non ? »

C'est sorti tout seul, je crois que ce sentiment d'oppression est devenu trop difficile à supporter et j'ai inconsciemment puisé dans ma réserve de je ne sais trop quoi pour dédramatiser la situation sans pour autant la réduire à néant ou ne pas en tenir compte. Il y a simplement des choses que je ne suis pas capable d'affronter, en tout cas pas maintenant, et ça … c'est … Non, je ne peux pas. Ça me touche au plus profond de mon cœur mais je refuse en bloc d'imaginer une seconde de plus l'éventualité que ça se produise un jour.

« Et je ne mourrais pas non plus. On a réussir à s'en sortir avec eux dans les parages pendants deux années entières alors ça n'est pas maintenant qu'ils réussiront à nous avoir. »

En cet instant, je ne peux pas le nier, je me sens un peu intimidé par toute cette assurance qui émane d’elle. Elle est forte, c’est une battante, je le sais mais ce sont des choses que j’ai tendance à mettre de côté puisque ces derniers temps … Disons que depuis qu’ils ont quitté le château la vie a été plutôt tranquille – exception faite de certains évènements bien sûr et c’est sans compter sur ce qu’il s’est passé hier mais je m’entends. Je me rends compte qu’inconsciemment j’ai tiré un trait sur tout ce qui s’est passé ici pendant deux ans, comme si je voulais simplement oublier. Et c’est le cas.

« Et puis tu sais très bien que toi et moi, on est une équipe de choc. Eh, on a réussi à échapper à une Accromentule en plus de ça. On y arrivera, encore une fois. Tu verras. »

Elle sourit, ça me détend.

« Deux fois. »

Bon la première une grosse peluche a débarqué pour nous filer un coup de main et la seconde c’était une illusion … mais quand même ! Cette nuit-là j’ai été loin dans mes retranchements, ça aussi je l’avais oublié. J’ai craqué c’est vrai mais j’ai pris sur moi pour aller contre ma peur du noir, je ne me suis pas non plus laissée envahir par l’angoisse quand ce type s’est amusé à me coller la trouille. On s’est accroché l’une à l’autre, on a puisé dans les forces l’une de l’autre et à aucun moment je ne me suis senti comme une gamine faiblarde … Qu’est ce qui s’est passé depuis pour que j’en arrive à ce point-là ? Je ne peux pas croire que ça n’était qu’une question de fierté.

« Je sais qu'elle te manque et elle te manquera toujours, quoi que tu fasses, quoi que tu dises. Il te faudra du temps pour réussir à digérer tout ça et à faire avec mais il y aura des jours plus compliqués que d'autres. Mais quand ça arrivera remémore toi cette soirée dans la salle commune. Parce que c'est comme ça qu'il faut se souvenir de Megan, comme tu t'en souviens toi. Comme d'une personne entière, vraie et qui allait bien au-dessus de ce que l'on pouvait dire d'elle. »

Je la regarde droit dans les yeux et quelque chose me fend le cœur, quelque chose que je ne verbaliserais pas néanmoins. Est-ce que c’est comme ça que tu te souviens de ta mère ? Ça n’a strictement rien à voir, c’est incomparable évidemment puisque les liens en questions ne sont pas du tout les mêmes mais … C’est avec moi qu’elle vient dormir quand elle fait des cauchemars et même si j’occulte beaucoup de choses parce qu’on n’en parle jamais ça n’est pas pour autant que j’oublie ce qu’elle a vécu il y a quatre ans. Je m’efforce de sourire, je ne veux pas lui faire de mal en ramenant ça sur le tapis parce que je me doute qu’elle doit être entrain de penser à elle quoi qu’il arrive. Ces ressentis, ces souvenirs, ils n’appartiennent qu’a elle et je ne pourrais jamais en prendre la teneur. Ça n’est pas ce qu’elle me demande, je le sais, mais en l’état je m’en veux de la forcer à me consoler comme elle est entrain de le faire.

« Le plus important maintenant, c'est de ne pas l'oublier. Jamais. »

Elle dépose un baiser sur mon front et je ferme les yeux, la laissant s’installer à côté de moi tandis que je continue de me calmer au fur et à mesure que les secondes et les minutes s’écoulent. Ma main serre la sienne, j’ai envie et besoin de lui montrer que je suis tout autant là pour elle qu’elle ne l’est pour moi.

« Et quoi qu'il se passe, je serais là. Je ne te lâcherais pas. »

Je me rends compte que je fixais nos mains quand je relève finalement le menton vers elle et capte son regard à nouveau. Le sourire que je lui adresse est bien plus calme, bien plus serein. Il faut croire que pleurer m’a fait du bien même si mes yeux me brulent et que la migraine me vrille le crane. Réactions physiologiques totalement normales.

« Merci Boulette. »

Je dépose un baiser sur sa joue et renforce ma prise autour de ses doigts. La seconde suivante ma tête se pose sur son épaule et le silence s’installe. Un peu de répit, le calme après la tempête. Au bout de quelques minutes un soupir m’échappe, mes épaules s’affaissent et une vague de fatigue s’empare de moi mais je pousse sur mon avant-bras libre et me redresse un peu tout en restant assise sur le sol, adossé au mur. Je me racle la gorge, renifle encore une fois puis me frotte le visage dans un geste quasiment automatique.

« Est-ce que tu serais d’accord pour qu’on aille faire un tour dehors ? J’aimerai bien prendre l’air un peu. »

J’ai besoin de respirer, même si je l’admets, ça me fait peur de mettre un pied dehors. Qu’est-ce qu’il se passera s’ils entrent à nouveau ou que certains sont encore planqués dans un coin ? Mais je refuse en bloc de devenir une pauvre petite chose terrorisée, je refuse de les laisser avoir cet ascendant sur moi. Je ne veux pas qu’ils régissent ma vie, notre vie. En attendant on verra bien si les Gardiens nous laissent sortir – ce qui m’étonnerait un peu finalement – mais dans le pire des cas on peut peut-être au moins se promener dans les allées. Simplement pour respirer quelques minutes.

C’est encore un peu tremblante que je me relève et ne proteste pas quand Keza m’aide à le faire puis on se met en route, d’abord d’un pas pas très assuré pour ma part mais qui devient de plus en plus simple au fil de notre avancée. D’un revers de main j’essuie une dernière fois mes joues, plus par reflexe qu’autre chose.

« Je ne me sens pas tellement légitime tu sais. »

Nouveau soupir.

« J’veux dire, on s’entendait bien et je l’aimais beaucoup, on a passé de très bons moments toutes les deux mais on n’était pas proches au point que … »

Au point que mon cœur soit brisé. Bien sûr que ça me touche, bien sur que ça me rend triste mais à côté de ce que doivent ressentir Cameron ou Derek par exemple … Mais je sais, il ne faut pas comparer ce qui n’est pas comparable.

« C’est sûr qu’elle va me manquer, comme à d’autres personnes, comme à Lukas par exemple, mais c’est surtout la violence de sa disparition qui me … qui me … Je … Enfin tu comprends. Et puis j’ai aussi vraiment mal pour ceux qui étaient réellement proches d’elles … »

Mes pensées se dirigent vers les blessés : Dimitri, Cameron lui-même, Matthew … Est-ce qu’ils sont tirés d’affaire ? Je sais que la Magie fait des miracles, je sais aussi qu’on a la chance d’avoir un personnel médical vraiment super et que ces trois-là sont costaud mais ça ne m’empêche pas de m’inquiéter pour eux. Mais ça va aller, ils ont juste besoin de repos, pas vrai ?

« Mais t’as raison, le plus important c’est de ne pas l’oublier, et je ne l’oublierai pas. »

Je tourne la tête vers elle tout en jouant avec une mèche de mes cheveux et lui adresse un sourire. Non, je ne l’oublierai pas. C’est comme ça qu’ils continuent de vivre même après être partis, dans nos pensées, dans nos conversations, dans le quotidien, sur des photos.

« Je pense que la veillée de ce soir c'est une bonne manière de lui dire au revoir. Tu penses y aller ? »
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MessageSujet: Re: Stairways to the skies ▬ Kezabel   Mar 3 Nov 2015 - 16:44

La détermination et la colère sont sûrement les émotions qui prédominent en cet instant. Elles s’allient dans mes veines pour former un feu incandescent au creux de mes veines mais surtout au creux de mon regard. Je l’ai vu dans celui de Riley lorsque nos yeux ce sont croisés. Tout cela a assez duré. Cette tuerie, ce désir pressent de semer le chaos, la douleur et la mort. Ils m’ont enlevés ma mère, la mobilité d’Adam. Ils ont enlevés des centaines de personnes à leurs proches et maintenant, Megan en fait partie. L’idée même qu’ils puissent s’en prendre à Riley me donne la nausée et l’envie violente d’hurler, de me déchainer quelque part à l’aide de mes poings. Jamais ils ne la toucheront. Elle possède entre ces murs des amis proches sur qui elle peut compter et qui n’hésiteraient sûrement pas à se prêter au combat pour elle… Mais je serais moi aussi là et je sais déjà que si jamais il se passe quoi que ce soit la concernant, que quelqu’un essaie de lui faire du mal et y parvient, je ne répondrais plus de rien. Qu’elle sache se protéger ou non ne change rien à tout ça. Que Mateo, Charleen, Cameron et Lukas soient là, également. Riley est plus qu’une meilleure amie, plus qu’une fille de passage dans votre vie. Elle est une partie de moi, une âme sœur. Tout cela est réciproque mais en cet instant où la rage prend sa place et où la peine réside en elle, les émotions en sont décuplées.

Elle me sourit de façon plus calme et sereine que tout à l’heure, les larmes l’ayant sûrement aidé à évacuer une grosse partie du chagrin qui l’écrasait. Je le lui rends, le cœur battant, toujours face à elle. Je comprends sa peine mais aussi cette sensation d’être perdu, de ne pas savoir gérer tout ça mais elle pourra compter sur mes épaules pour s’y reposer le temps qu’il lui faudra.

— Merci Boulette.

Nouveau sourire. Elle n’a pas à me remercier mais je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’elle dépose un baiser sur ma joue, s’accrochant toujours un peu plus à mes doigts. Elle revient à sa position initiale : tête sur mon épaule, son corps contre le mien et je reste ainsi sans bouger, visage levé vers le plafond. Je calme les battements de mon cœur mais aussi cette colère qui règne chez moi depuis qu’elle a évoquée l’idée que je puisse mourir. Sa peur est légitime et ça n’est pas ça qui me mets en rage mais tout simplement le fait qu’elle aurait pu être à la place de Megan. Comme beaucoup d’autres ici.
Le silence nous enveloppe et j’en profite pour y trouver moi-même un repos. Je repense à Adam et à mon père, leur manière d’avoir vécu tout ça mais surtout la façon dont je vais leur présenter l’horreur qui s’est produite hier. Une immense fatigue s’abat sur mes épaules mais je la repousse dans un soupire tranquille. Je suis bien là, contre Riley, hors du temps l’espace de quelques instants. Elle finit par bouger et me regarde les yeux beaucoup moins rougis que tout à l’heure.

— Est-ce que tu serais d’accord pour qu’on aille faire un tour dehors ? J’aimerai bien prendre l’air un peu.
— Oui viens, ça te fera du bien.

Un bon coup d’air frais sur le visage ne fait jamais vraiment de mal et j’avoue en avoir moi-même besoin, comme si cela pouvait libérer nos poumons de l’oppression d’hier. J’aide mon amie à se relever et marche à ses côtés vers la sortie. Je laisse Riley prendre son temps, d’un pas mal assuré au départ pour ensuite entamer un rythme plus tranquille, plus serein. Je veille en silence, l’air de rien, prenant garde à ne pas la voir flancher.

— Je ne me sens pas tellement légitime tu sais. J’veux dire, on s’entendait bien et je l’aimais beaucoup, on a passé de très bons moments toutes les deux mais on n’était pas proches au point que …

Je l’écoute, attentive et ne bronche pas. Je pense saisir ce qu’elle essaie de me dire mais pourtant je reste silencieuse, continuant notre route pour le Hall et donc, l’air libre.

— C’est sûr qu’elle va me manquer, comme à d’autres personnes, comme à Lukas par exemple, mais c’est surtout la violence de sa disparition qui me … qui me … Je … Enfin tu comprends. Et puis j’ai aussi vraiment mal pour ceux qui étaient réellement proches d’elles …
— Je comprends oui, mais ça ne veut pas dire que tu n’es pas dans ton droit quand tu es triste de l’avoir perdue tu sais.

Je me tourne vers elle et lui accorde un sourire en coin. Je connais Riley par cœur et je sais qu’elle n’est pas du genre à pleurer une personne simplement pour se faire voir ou pour faire comme tout le monde, qu’elle ne le fait pas par simple envie de se faire remarquer mais bien parce que la personne va lui manquer. Elle la connaissait de manière suffisante pour avoir développé un lien particulier avec elle. Quand bien même elle n’était pas sa meilleure amie, ça ne change rien. Cependant, je comprends ce qu’elle veut dire… Qu’elle n’a peut-être pas autant de droit que ceux qui en était très proche et que sa peine doit être dérisoire comparée à la sienne.
Pourtant… si nous raisonnons tous de la sorte, on ne s’accorderait plus le droit de pleurer et pourtant c’est pour moi quelque de presque primordiale.

— Mais t’as raison, le plus important c’est de ne pas l’oublier, et je ne l’oublierai pas.

Elle capte mon regard et j’acquiesce simplement en silence, contente d’entendre ces mots de sa bouche. Non, il ne faut pas l’oublier. Ni elle, ni sa vie, ni son existence et encore moins la raison pour laquelle elle est morte. Elle ne doit pas rester une vie perdue dans le vent, pas après tout ce qu’il s’est passé. Combien de personnes meurent chaque jours sans que qui que ce soit le sache ? Sans que qui que ce soit ne soit là pour les y aider, les accompagner ou même tenter de les sauver. Leur accorder un dernier sourire, un dernier geste de chaleur. Beaucoup trop pour s’y pencher et ne pas en devenir folle.
Riley semble plus sereine, moins tremblante mais sa peine se lit toujours sur ses traits et il lui faudra encore plusieurs jours, voir semaines, pour passer le cap.

— Je pense que la veillée de ce soir c'est une bonne manière de lui dire au revoir. Tu penses y aller ?

Je lève les yeux au plafond un instant, réfléchissant un quart de seconde avant de regarder de nouveau mon amie, toujours un léger sourire aux lèvres. Je réajuste mon sac sur mon épaule, ramenant une mèche de cheveux derrière mon oreille.

— Oui. Je veux t’y accompagnée et même si je la connaissais beaucoup moins de toi, elle reste une camarade de classe. Elle reste une personne à part entière.

Je regarde droit devant moi, songeuse quelque seconde avant de reprendre doucement.

— Et vu les circonstances, ça me semble d’autant plus important.

Même si, au fond, ça ne justifie pas notre venue. Mais j’ai la sensation que notre présence pourrait être signe de soutien, de révolte mais aussi de solidarité. Pour la vie qu’elle a laissé, pour ses proches même si ces derniers ne seront peut-être pas présent et ça se comprendrait.
Riley et moi arrivons dans le Hall où deux gardiens nous bloquent le passage.

— Est-ce que nous pouvons prendre l’air au moins dans les allées ? Elle ne se sent pas trop bien.

Et parce que nous devons aussi respirer un peu, même si leur vigilance est complètement fondée. Nous ne savons pas si l’un d’entre eux résident encore entre ces murs alors il est important d’être prudent. Ils nous laissent finalement l’accès à une allée en nous mentionnant bien de ne pas s’éloigner de plus de quelques mètres, chose que nous respectons à la lettre. Inutile de prendre des risques pour rien.
Je prends la main de Riley dans la mienne et nous dirige vers un petit muret sur lequel nous nous asseyons. Je respire paisiblement la fraicheur de l’extérieur en déposant mon sac à mes pieds. La fraicheur fait un bien fou et je constate que Riley en profite également.

— Même si tu n’étais pas aussi proche de Megan que Lukas pouvait l’être, tu as tous les droits d’être affectée par son décès.

Et chacun possède sa manière bien à lui de gérer ses émotions, ses peines.

— Ce que je veux dire par là c’est que tu ne dois pas te sentir coupable de ressentir tout ça. Si nous devions à chaque fois s’abstenir de pleurer ou d’expulser notre peine parce que l’on juge les proches plus légitimes de ressentir tout ça, on exploserait.

Je me tourne vers elle, mains croisés entre les genoux. J’esquisse un sourire tranquille sans la lâcher du regard.

— Tu la connaissais bien, tu l’appréciais. C’est normal tout ça. Et ça prend parfois du temps pour recoller les morceaux et se faire à un quotidien sans eux.

Eux. Ceux qui ne sont plus là.
J’ai une pensée pour ma maman alors que mon regard dévie droit devant moi, mon sourire se figeant distraitement sur mon visage.

— Je ne sais plus où j’avais entendu ça mais je crois que dans un pays ils écrivent leur sentiment ou ce qu’ils n’ont pas eu le temps de dire à la personne décéder et ils le brûlent ensuite. Ils pensent que les mots accompagneront la personne en question.

De nouveau me je retourne vers Riley, tout en me redressant légèrement et en me tassant dans ma veste.

— Si tu veux, on pourra faire ça pour Megan. Tu n’auras qu’à lui écrire une ânerie, je suis certaine qu’elle en serait contente.

Mais elle n’est pas obligée de le faire. Je ne sais pas pourquoi je lui propose ça mais je me dis que ça serait un moyen supplémentaire de réussir à passer le cap, de franchir le pas vers le deuil. Je trouvais l’idée… apaisante. Presque rassurante. La veillée me semble le meilleur moment pour cela et en cet instant je me demande s’il existe réellement un ailleurs. La question est venue un tas de fois me hanter et encore aujourd’hui, je me le demande.
Les fantômes de nos maisons sont bien là… alors pourquoi pas ? J’aime à croire que ma mère est là pour veiller sur moi de temps en temps, dans un geste d’une brise, l’effleurement d’une plante ou même dans un rêve apaisant.
Quoi qu’il en soit, j’espère que Megan est en paix là où elle se trouve. Qu’elle y est apaisée et qu’elle veille sur les siens. Sur ceux qui la pleurent aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: Stairways to the skies ▬ Kezabel   Mer 4 Nov 2015 - 14:26

« Oui. Je veux t’y accompagnée et même si je la connaissais beaucoup moins de toi, elle reste une camarade de classe. Elle reste une personne à part entière. Et vu les circonstances, ça me semble d’autant plus important. »
« Ok. »

Lui dire merci ? Je le pense mais ne le formulerai pas cette fois. Je pense qu’elle comprend que je lui suis reconnaissante, mais c’est surtout que ce qu’il s’est passé ne touche pas que moi, ça n’affecte pas que moi, ça l’affecte elle aussi évidemment. Megan était sa camarade de classe, elles se voyaient tous les jours depuis … un sacré paquet d’années. On a 11 ans quand on entre à Poudlard, aujourd’hui Kezabel en a 20, je vous laisse faire le calcul. Neuf années passées à côtoyer quelqu’un quotidiennement, à s’habituer à sa présence, puis plus rien. Elles n’étaient peut-être pas proches, ça ne change rien au fait que même si Keza est là en mode réconfort je ne dois pas oublier que la mort de Megan a un impact sur elle aussi. Elle a besoin de faire le deuil, tout comme moi, et cette veillée nous aidera à le faire, elle nous aidera tous, chacun à sa propre mesure. Et puis c’est une façon de lui dire au revoir, de lui rendre un dernier hommage, de penser à elle et de ne pas l’oublier.

Le reste du trajet se fait quasiment dans le silence, comme si on en avait besoin toutes les deux, jusqu’à ce qu’on se retrouve face à deux gardiens gardant la porte du Hall. C’est bien ce que je craignais, même si leur raison est complètement valable et que je ressens quoi qu’il arrive de la peur à l’idée d’aller m’exposer dehors. Keza prend les devants, de mon côté je me laisse porter parce que je ne suis actuellement pas capable de faire vraiment autrement. Je me sens épuisée, lâche, j’ai … besoin de ça.

« Est-ce que nous pouvons prendre l’air au moins dans les allées ? Elle ne se sent pas trop bien. »

Les négociations sont en marche, finalement l’autorisation nous est accordée avec quelques conditions que l’on s’engage toutes les deux à respecter. Un vague sourire quand on les dépasse, un signe de tête, et un :

« Merci. »

Merci de nous laisser sortir mais également merci de nous protéger. Je crois qu’on ne le leur dit pas assez … A eux, aux Profs et autres membres du personnel. Je me laisse guider par mon amie, par sa main dans la mienne, jusqu’à ce qu’on s’assoie sur un muret non loin de la porte, restant en visuel des Gardiens, et profitant un peu de l’air frais pour laisser retomber la pression, les émotions.

« Même si tu n’étais pas aussi proche de Megan que Lukas pouvait l’être, tu as tous les droits d’être affectée par son décès. »

J’ouvre les yeux que j’avais fermés un instant et tourne la tête vers elle, attentive.

« Ce que je veux dire par là c’est que tu ne dois pas te sentir coupable de ressentir tout ça. Si nous devions à chaque fois s’abstenir de pleurer ou d’expulser notre peine parce que l’on juge les proches plus légitimes de ressentir tout ça, on exploserait. »

Elle me sourit mais je ne peux pas m’empêcher de penser à tout ce qu’elle doit ressentir. Elle a déjà expérimenté la mort, d’une façon bien plus proche, intime presque. Peut-être que je me trompe, peut-être qu’elle ne fait pas le « rapprochement ».

« Tu la connaissais bien, tu l’appréciais. C’est normal tout ça. Et ça prend parfois du temps pour recoller les morceaux et se faire à un quotidien sans eux. »

Comment tu as fait toi, pour faire sans Elle ? Cette question ne franchira pas la barrière de mes lèvres mais elle me traverse l’esprit et fait battre mon cœur un peu plus rapidement l’espace de quelques secondes. Tout ça n’a absolument rien de comparable, je ne peux néanmoins pas m’empêcher d’en faire un lien quoi qu’il en soit.

« Je ne sais plus où j’avais entendu ça mais je crois que dans un pays ils écrivent leur sentiment ou ce qu’ils n’ont pas eu le temps de dire à la personne décéder et ils le brûlent ensuite. Ils pensent que les mots accompagneront la personne en question. »

Mes sourcils se froncent instinctivement, je penche la tête sur le côté, toujours aussi attentive, considérant pleinement ce qu’elle est entrain de me dire.

« Si tu veux, on pourra faire ça pour Megan. Tu n’auras qu’à lui écrire une ânerie, je suis certaine qu’elle en serait contente. »
« Je vais lui écrire mes Félicitations, parce qu’elle a finalement réussi à choper Cameron. »

Ça sort tout seul, accompagné d’un sourire et même d’un rire. Parce que je le pense, en plus de ça. C’est vrai qu’au départ j’ai un peu grimacé, pure connerie de ma part, mais c’est rapidement passé. Parce que c’était elle, et parce que c’était lui.

« Je trouve ça génial comme concept, vraiment, ça me branche beaucoup. Peut-être qu’on pourra faire ça ce soir à la veillée et en inspirer d’autres. En tout cas merci pour l'idée. »

Megan n’était peut-être pas tellement du genre ultra sociable mais elle a marqué certains esprits. C’est à ce moment-là que ça fait tilt dans ma tête et que je me redresse, mon sourire s’élargissant, alors qu’un souvenir me revient à l’esprit.

« Écoute, j’ai trouvé un super moyen de lui rendre hommage mais je ne pourrais pas le faire avant le prochain Halloween alors si j’oublie je compte sur toi pour m’y faire penser à ce moment-là ! Parce que du coup j’y ai pas tellement pensé l’année dernière … »

Tu m’étonnes … Ahem. Bref !

« Faudra que je me déguise en nonne. »

:gla:

« Je sais, je sais … »

Super top crédible !

« C’est parti d’un soir où on a discuté et puis ça s’est fini autour de shoot de Tequila avant d’atteindre la « piste de danse » comme deux folles dingues. »

Me voilà partie dans mes souvenirs à nouveau, un sourire tranquille sur les lèvres.

« On s’est mis à parler de mecs, je lui ai dit que j’avais couché avec Derek – c’était la première fois, quand j’assumais pas du tout et que lui avait tout oublié parce qu’il était trop soul. Au détour de la conversation j’ai dû balancer que je vivais comme une nonne ou que j’allais le faire et là elle a éclaté de rire en m’imaginant, du coup elle m’a dit que je devrais y songer comme costume d’Halloween. »

J’étais … dans une période un peu compliqué à ce moment-là, mais même si on a fini embrumée par l’alcool toutes les deux il faut croire que notre discussion m’a marqué et je suis heureuse de m’en souvenir.

« De fil en aiguille elle s’est confiée à moi, un peu, elle m’a parlé de ce type pour qui elle craquait mais qui n’était visiblement pas réceptif. Moi je lui ai parlé de ce garçon avec qui j’avais une complicité d’enfer mais de qui je m’éloignais et réciproquement parce que ça devenait un peu … compliqué, ambigu, etc … Un paquet de temps après que j’ai compris qu’on parlait du même mec … »

La loose !!! Ça ne m’empêche pas d’éclater de rire.

« Et ce garçon en question c’était Cameron. »

Je redeviens grave malgré le ton léger sur lequel était partie cette conversation, pouvant difficilement faire autrement. Lui il reste …

« Je pense que je vais laisser passer quelques jours, tâter la température, et aller le voir. On était amis, on était très proches, j’ai envie d’être là pour lui malgré ce fossé à la con qu’on a laissé se creuser entre nous. Enfin si c'est ce qu'il souhaite aussi évidemment. »

Pour des raisons totalement stupides mais peut-être qu’on avait juste besoin de temps, j’en sais trop rien. Après avoir laissé m’échapper un soupir je relève la tête vers Kezabel et lui sourit tout en attrapant sa main que je serre dans la mienne.

« Ce genre d’évènements, ça fait voir les choses différemment. »

Mais ça tu le sais déjà, malheureusement.

« Et ça fait prendre conscience de la chance qu’on a. »

D’être en vie, d’être entouré, d’avoir dans sa vie des personnes aussi géniales que – en ce qui me concerne – mes parents, Charleen, son père, Lukas, Kezabel bien évidemment mais aussi Mateo, puis Matthew, Cameron, etc … On a le droit d’être triste pour ceux qui sont partis, il ne faut pas oublier ceux qui restent pour autant. Il ne faut pas s’oublier soit même non plus.

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MessageSujet: Re: Stairways to the skies ▬ Kezabel   Mar 10 Nov 2015 - 14:55

— Je vais lui écrire mes Félicitations, parce qu’elle a finalement réussi à choper Cameron.

Cette fois, je lâche un rire. C’était bien vu et je suis certaine que si Megan nous entendait, elle en ferait de même. Je sais que la situation est lourde en émotions, sombre et triste mais cette seconde de légèreté fait du bien au moral. Aussi bien au mieux qu’à celui de Riley. L’air frais aussi. Je me recule un peu sur le muret et ramène mes jambes contre moi, m’appuyant contre le mur derrière moi. J’espère avoir réussi au mieux à apaiser ce qui l’accable et peu importe le temps que tout ça prendra, je tâcherais de veiller au mieux sur elle. De loin ou de près.

— Je trouve ça génial comme concept, vraiment, ça me branche beaucoup. Peut-être qu’on pourra faire ça ce soir à la veillée et en inspirer d’autres. En tout cas merci pour l'idée.
— Complètement d’accord, je pense que beaucoup se laisseront portés.

Il suffit que quelqu’un prenne l’initiative pour qu’un autre suive et ainsi de suite. Je trouve que l’hommage s’en trouverait que plus beau. Je suis contente que ma proposition lui plaise et qu’elle y trouve un certain réconfort. Je ne sais pas pourquoi j’en viens à penser que j’aurai aimé avoir Riley à l’époque où maman est décédée. Je me dis qu’avec sa présence j’aurai peut-être réussi à passer le cap plus en douceur. Pas que je n’ai pas été entourée durant cette période, Tallulah était là et penser à elle me provoque une décharge désagréable au creux du ventre. Elle était ma meilleure amie mais je n’avais pas cette connexion particulière que j’ai avec Riley et de toute manière, j’ai tout simplement tout rejeté en bloc lorsque maman est partie. J’ai l’impression d’être un voyageur ayant été obligé de se lester de quelques bagages lors d’un périple. Et pas forcément des bons.

Je cligne des yeux lorsque Riley se redresse, chassant mes pensées par la même occasion.

— Écoute, j’ai trouvé un super moyen de lui rendre hommage mais je ne pourrais pas le faire avant le prochain Halloween alors si j’oublie je compte sur toi pour m’y faire penser à ce moment-là ! Parce que du coup j’y ai pas tellement pensé l’année dernière …
— Hum ?
— Faudra que je me déguise en nonne.

… Tu le vois mon sourcil interrogateur et surprit là ?

— Attends, t’es sérieuse ?
— Je sais, je sais …

J’ai le droit d’éclater de rire ?
Trop tard de toute façon…. Imaginer ma boulette en tenue de nonne est juste épique. Et je donnerais un rein pour voir ça !

— C’est parti d’un soir où on a discuté et puis ça s’est fini autour de shoot de Tequila avant d’atteindre la « piste de danse » comme deux folles dingues. On s’est mis à parler de mecs, je lui ai dit que j’avais couché avec Derek – c’était la première fois, quand j’assumais pas du tout et que lui avait tout oublié parce qu’il était trop soul. Au détour de la conversation j’ai dû balancer que je vivais comme une nonne ou que j’allais le faire et là elle a éclaté de rire en m’imaginant, du coup elle m’a dit que je devrais y songer comme costume d’Halloween.
— Et je la comprends ! Après il parait qu’il y a des costumes de nones très sexy… c’est Vargas qui serait content.
— De fil en aiguille elle s’est confiée à moi, un peu, elle m’a parlé de ce type pour qui elle craquait mais qui n’était visiblement pas réceptif. Moi je lui ai parlé de ce garçon avec qui j’avais une complicité d’enfer mais de qui je m’éloignais et réciproquement parce que ça devenait un peu … compliqué, ambigu, etc … Un paquet de temps après que j’ai compris qu’on parlait du même mec …

Je sais pas pourquoi j’imagine Riley comprendre ça et y voit un énorme Game Over à la manière des jeux vidéo quand Adam me met une raclée. Et l’image est tout aussi épique que la none, c’est bien pour ça que j’éclate de rire avec elle parce que la situation est presque surréaliste. Quel pourcentage de chance il y avait pour que ça arrive ? Très peu et c’est ce qui rend la situation plus cocasse encore.

— Et ce garçon en question c’était Cameron.
— C’est lui qui a dû être content.

Deux jolies jeunes femmes en vue sur lui, c’est toujours plaisant à savoir. Même si Cameron n’a pas l’air d’être le genre de garçon à s’émoustiller pour ça. Mon sourire est présent et la légèreté nous fait du bien. Évoquer ce genre de souvenir apaise bien souvent les blessures.

— Je pense que je vais laisser passer quelques jours, tâter la température, et aller le voir. On était amis, on était très proches, j’ai envie d’être là pour lui malgré ce fossé à la con qu’on a laissé se creuser entre nous. Enfin si c'est ce qu'il souhaite aussi évidemment.
— Je suis sûre qu’il sera content de t’avoir près de lui.

Parce que malgré nous, la mort nous fait voir les choses autrement et nous permet d’enterrer des querelles… C’est une chose qui m’a toujours frustrée, parfois mise en colère mais je ne suis pas mieux qu’un autre. La nature humaine veut que l’on se persuade d’avoir le temps. Que la colère est une raison suffisante pour se déchirer. Jusqu’à ce que la vie de manière générale nous rappel à l’ordre : Tout est éphémère. Absolument tout. Et si je l’avais compris avant, j’aurai peut-être profité un peu plus de maman. Passé du temps avec, lui dire que je l’aime. Ravaler mes excès de colère adolescente, quand bien même elles furent très rares. Ne pas être agacer certaine fois quand je me disais qu’elle en faisait un peu trop me concernant, concernant ma vie en générale. A aucun moment je ne me suis levée un matin en me disant qu’elle ne serait plus là, qu’elle ne sera pas présente pour mon diplôme ou celui d’Adam. Qu’elle ne sera pas présente si jamais un jour je me marie ou si je décide d’être mère à mon tour. Pour chaque événement majeur ou mineur de mon existence, elle ne sera pas là.

Je me rends compte que les larmes montent le long de ma gorge et la main de Riley me ramène à la réalité. Je me reprends aussitôt, lui souriant à mon tour tout en plantant mon regard dans le sien.

— Ce genre d’évènements, ça fait voir les choses différemment. Et ça fait prendre conscience de la chance qu’on a.

Plus que jamais.
Maman morte, j’ai dû apprendre à vivre avec un perpétuelle manque que je trouvais chaque jours un peu plus cruelle. Je ne m’y ferais jamais, je ne ferais que m’y habituer et vivre avec. C’est comme ça, nous n’avons pas le choix. Et lorsque nous en prenons conscience, nous ouvrons les yeux sur le monde extérieur un peu comme un nouveau-né. Et comme le dit Riley, nous prenons conscience de la chance que nous avons. Papa, Adam, Riley et tant d’autre sont présents. En vie.

— C’est pour ça qu’il ne faut jamais oublié. Je détends mes jambes et les laisse retomber doucement dans le vide avant de me retourner complètement vers elle, tenant sa main un peu plus fort dans la mienne. Promets le moi Riley que tu n’oublieras jamais.

Que la vie est trop courte. Qu’une banale engueulade ne vaut pas une existence et une amitié comme la nôtre. L’existence d’une sœur ou d’un frère. D’un amour. De tout ce que l’on vit avec notre entourage.
Nos sourires s’échangent et nous restons encore quelques instants ici, à prendre l’air. Méditant aussi parfois sur ce qui nous attend, sur ce que nous avons déjà. Sur la vie qui nous attends et que je n'imagine plus un seul instant sans la présence de Riley sur qui je promets silencieusement de veiller.
J'espère que le temps aidera Riley à mieux vivre l'absence de Megan mais aussi à atténuer ses peurs. Je pense que pleurer comme elle l'a fait lui à déjà fait un grand bien mais il risque d'y avoir des jours plus compliqués que d'autres. Lorsque ça arrivera, je serais là quoi qu'il se passe.


Retrouver un jour ou l’autre une étoile,
S’endormir l’un contre l’autre...
Aimer.
Chavirer et prendre l’eau quand tout ruisselle,
S’élever et recoudre l’air…
Aimer.

©Mylène Farmer — Un jour ou l’autre.


— FIN —
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