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 Can someone please tell me why did I do that ? ▬ Leiv

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MessageSujet: Can someone please tell me why did I do that ? ▬ Leiv   Jeu 10 Sep 2015 - 13:13

Samedi 14 Février 2015 – Dans l'après midi
Can someone please tell me why did I do that ?




Leiv & Ismaelle

Flashback dimanche 8 Février dans la soirée

« Et vous ? Est ce que quelqu'un s'inquiète pour vous ? »

Est ce qu'il me vient à l'esprit que cette question pourrait n'être pas tout à fait innocente ? Pas une seconde. Je me contente simplement de … lui retourner en quelque sorte « l'interrogatoire » qu'il vient de me faire « subir » et c'est tout. Je ne suis pas la seule ici à m'agiter dans tous les sens pour essayer de faire en sorte que tout se passe pour le mieux, il en est à mon avis un exemple flagrant. Il n'est peut être ici que depuis quelques mois mais ça ne l'empêche pas de se donner à fond dans ce qu'il fait et c'est réellement quelque chose que j'apprécie. Il travaille dur à l'infirmerie, dispense des cours, dirige les Serdaigle d'une main de fer tout en restant juste pour ce que j'en sais et en prime trouve le temps de venir m'aider ici de temps en temps. Ce soir il rajoute une corde à son arc en se montrant sauveur d'élève en détresse – détresse recherchée, soit dit en passant, mais peu importe. Il n'a pas hésité à foncer dans le tas pour aider cette jeune fille, c'est quelque chose que je juge normal mais qui ne l'est pas nécessairement pour tout le monde je pense.

« Adrian, mon fils de 10 ans. C'est le seul à s'en inquiéter... et je dirais qu'il le fait suffisamment pour dix personnes. »
« Oh vous avez un fils ?! »

Tant d'enthousiasme me surprend moi même, c'est certain. Je suis surprise mais finalement c'est totalement stupide comme réaction de ma part puisqu'après tout je ne connais vraiment pas grand chose de cet homme et me voilà entrain de l'imaginer en père de famille … Je ne peux évidemment pas nier ressentir un certain pincement au cœur en ayant une pensée pour Alexander mais ça n'est pas de lui dont il s'agit, ni de moi. Monsieur Helland a un fils, un fils de 10 ans, un fils qui s'inquiète pour lui … Un fils qu'il … ne voit pas ou peu alors ? Je ne peux pas m'empêcher de trouver ça triste mais ça ne me regarde absolument pas.

« C'est un moldu, il vit chez mon ex-femme à Londres et je crois qu'il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir venir étudier ici. »

Un enfant et une ex-femme. Ok. Je ne pensais pas en apprendre autant sur lui et je crois que quelque part je porte inconsciemment un autre regard sur cet homme mais ça n'a rien de négatif. Je suis même plutôt heureuse qu'il me fasse suffisamment confiance pour me confier autant de chose, ça me conforter dans l'idée que je n'ai pas eu tort de lui parler aussi ouvertement de moi même si … même si c'est un peu différent sur le fond. La forme reste la même je pense.

« S'il avait été admit dans cette école je suis presque certain que vous auriez pu le compter dans ceux qui n'ont pas froid aux yeux. »
« Est ce que c'est un trait de caractère que vous avez en commun ? »

Je me sens tellement à l'aise – bien qu'extrêmement fatiguée comme en atteste le nouveau bâillement qui m'échappe – que je me permets même de le taquiner. Je bois une gorgée de thé et repose la tasse qu'il m'a apporté sur la table sans jamais le quitter des yeux, il arbore un sourire que je ne lui ai jamais vu quand il évoque son fils. C'est … touchant.

« Je suis certain qu'il vous aurait adoré... Même s'il a pour projet de devenir assez grand pour pouvoir se marier avec Katherine dont il est complètement tombé amoureux la semaine dernière. »
« Il faut le comprendre ... »

C'est qu'elle est belle notre Guapa !

La suite est malheureusement un peu floue … Je crois qu'il a du continuer à parler mais …

Flashback Lundi 9 Février au petit matin

… Je me suis manifestement endormie. Il fait jour, il fait froid mais quand j'émerge avec cette impression de sortir d'un mélange de coton et de gueule de bois je me rends compte que je suis couverte – par le plaid sur lequel deux jeunes obsédés ont fait des bébés jadis *out*
Je suis partagée, c'est une impression étrange qui s'empare de moi et je ne sais pas vraiment quoi penser de la situation. Un coup d'oeil sur la table m'apprend que les tasses ne sont plus là, j'observe la pièce dans sa totalité et constate que Leiv non plus n'est plus là ce qui en soit est – je crois – plutôt une bonne chose. Je ne sais pas comment j'aurai réagit en sachant qu'il a passé la nuit ici avec moi mais je ne tarde pas à revenir sur terre quand la grosse tête de Fenrir se plante juste devant mon visage. Je le grattouille derrière les oreilles, il « ronronne » et je me redresse, la tête prodigieusement dans le brouillard, les cheveux dans tous les sens mais – après vérification – totalement habillée. A ne pas prendre personnellement, c'est … comme ça. Rome ne s'est pas faite en un jour.

« S'endormir en présence d'un homme que tu connais à peine … Bien joué ma fille ... »

Fixation intense du mur juste en face … Regard en réalité totalement dans le vide … Illumination.

« Merde ! Il est quelle heure ?! »

Je repousse le plaid et pose mes pieds par terre, la première tentative pour se lever est un échec, la deuxième n'est franchement pas très stable mais j'y parviens tout comme je parviens à lire l'heure sur une vieille horloge murale et magique sur une des étagères. Constat : Il est 8h30, les cours commencent dans 30 minutes, rien n'est fait ici, ça ne va pas le faire du tout. Ma main claque sur ma cuisse, Fenrir est déjà entrain de se dandiner devant la porte que j'ouvre à la volée.

« Aller viens mon gros, on rentre. »

Petite pensée pour Owen alors que je traverse le parc : Est ce qu'on devait s'entrainer ce matin … ? Et puis merde, tant pis. Une autre pour Leiv, j'espère qu'il va bien et que ses blessures sont toutes d'une part pas trop grave et d'autre part désormais totalement soignées. Je passerai le voir plus tard dans la journée pour m'en assurer, et éventuellement le remercier de m'avoir recouverte de ce plaid parce que je n'ai pas le souvenir de l'avoir fait moi même.
J'ai eu du mal à me réveiller c'est vrai mais maintenant que c'est le cas et que la fraicheur matinale m'a mis un bon coup de fouet je réagis au quart de tour alors quand j'entre dans le château et aperçois un visage familier qui sort de la Grande Salle je ne perds pas une seule seconde :

« Enzo ! »

Il se retourne, Fenrir a déjà la tête calée sous la main du garçon et réclame ses caresses que le Gryffondor lui donne sans réfléchir je crois. Son attention visuelle est totalement focalisée sur moi, c'est le principal.

« Salut Isma, ça va ? »

Sourire, signe de tête. On fera abstraction du fait que j'ai probablement l'air de la fille qui vient de se réveiller ... Parce que c'est complètement le cas et que j'ai l'impression que c'est écrit en gros sur mon visage ... et dans mes cheveux. Bien sur ça ne lui échappe pas ...

« Dis moi, est ce que tu as le temps d'aller faire le tour des gamelles histoire de nourrir tout le monde ? J'ai eu un petit contre temps, je suis super en retard. »
« Oui bien sur, pas de problème. J'y vais tout de suite. »
« Merci, t'es un ange. »

...

« Ne prends pas ça pour acquis jeune homme. »

Parce que tu crois que je ne le vois pas ton sourire en coin qui ne demande qu'a s'élargir là ? Oui je t'ai traité d'ange mais c'était un réflexe alors ne me ressors pas ça à la moindre occasion !

« Ah ! Une seule portion pour Bango, il est au régime. »
« C'est noté. Tu veux que j'emmène Fenrir avec moi ? »
« Non c'est gentil mais il n'a pas mangé lui non plus. »
« Ok. »

Il m'adresse un salue militaire comme il fait parfois sans que ça ne dérange aucun de nous deux et je reprends ma route quand ...

« Ora ! T'as un peu de temps devant toi ? Je t'offre l'opportunité de ta vie : L'immense honneur de trainer avec moi. »

… Je tombe nez à nez avec Ora qui visiblement sortait de la Grande Salle elle aussi. Je lui adresse un grand sourire quand elle se rapproche mais ne m'arrête pas pour autant.

« Merci les jeunes ! Je ferais un mot à vos professeurs respectifs si jamais vous arrivez en retard en cours, mais n'en profitez pas ! »

Et je les abandonne là sans plus de cérémonie. Ils ont l'habitude, je leur fais amplement confiance pour s'occuper correctement des créatures. Pour ce qui est de ne pas en profiter par contre ...

Samedi 14 Février 2015 – dans l'après midi

« Fly … Fly, ça suffit. »

Bord du lac, sous le soleil, toujours dans le froid. Devant moi – en liberté – un jeune Abraxan qui est déjà presque aussi grand que son père donc clairement j'ai l'air ridicule à côté de lui mais je n'ai pas peur pour autant. Je reste attentive, bien sur, d'un simple coup de tête un peu trop brusque il peut m'envoyer voler à 5 mètres de là ! Bref, il est là devant moi entrain de faire le malin, une étrille coincée entre les dents. Si un cheval pouvait rire je crois qu'il serait … En fait il se marre, clairement, et moi j'ai l'air fin les mains sur les hanches entrain d'essayer de récupérer l'objet qu'il n'est absolument pas décidé à me rendre.

« Si tu ne me rends pas cette étrille tu seras privé de foin et hors de question de piquer la ration de maman ou papa, tu m'entends ? »

Index accusateur pointé droit dans sa direction … il n'en a rien à faire.

« Fly, non. »

A noter que je ne suis pas vraiment en colère, la vérité c'est que je m'amuse même si ...

« Fly ! »

… même si cette crapule vient de balancer l'étrille droit dans l'eau glacée et noire du Lac ...

« Sovahnn avait raison, j'aurai du t'appeler Enzo ! »

Aussi insupportable l'un que l'autre ! Sales gosses.

« Tu te moques de moi, c'est ça ? C'est la deuxième ce mois ci, crapule ! »

Et on n'est que le 14 ! Vous savez ce qu'il y a de plus drôle ? C'est qu'une étrille … ça coule, naturellement ! Je pourrais la récupérer avec un Accio mais ça ne fonctionne pas vraiment quand un Être de l'Eau se pointe avec son petit sourire, passe juste sa tête au dessus de la surface de manière à bien montrer son sourire avant de disparaître … avec l'objet ...

« Je suis sure que vous êtes de mèches en plus de ça. »

Coalition entre un jeune Abraxan – c'est qu'il a presque un an ce gros bébé ! – et un Être de l'Eau, on aura tout vu mais je crois que plus rien ne m'étonne … Non en réalité ça n'est pas vraiment ça mais une chose les relie néanmoins : Ils prennent leur pied à me faire tourner en bourrique !

« Comment tu veux que je te grattouille si je n'ai plus d'étrille, hum ? »
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MessageSujet: Re: Can someone please tell me why did I do that ? ▬ Leiv   Jeu 17 Sep 2015 - 16:36

►Can someone please tell me why did I do that ?◄
Isma & Leiv


Samedi 14 Juillet –

J’inscris les dernières informations sur le dossier médical d’Enzo Ryans d’une écriture légère et rapide, terminant ainsi la mise à jour des derniers malades et/ou blessés que nous avons eu ces derniers jours. Je ne pensais pas le voir venir de sitôt mais le jeune homme est arrivé à l’infirmerie accompagné de Mr Vargas afin que je puisse soigner ce qu’il y avait à soigner. Sa lycanthropie l’aidera certainement à cicatriser beaucoup plus vite que la normal mais il était préférable de faire un petit contrôle rapide afin d’être certain que rien n’était cassé. Je ne lui ai pas rappelé mes intentions puisqu’il n’est pas nécessaire de le faire. Son Directeur de maison sera informé de cet échange musclé avec son frère, tout comme Mlle Hunt le sera pour Derek qui mérite double peine pour avoir formulé des propos homophobes. Je sais que la relation entre les deux jeunes gens est tendu pour de nombreuses raisons mais cela n’excuse pas le comportement de Derek et même si je peux concevoir qu’Enzo ait subit une sorte de burn-out le concernant, je ne peux décemment pas laisser passer cela sans agir. Quoi que nous en disions. Cela dit, je ne manque pas de les garder à l’œil, surveillant un point de rupture de loin. Un mois de séquestration laisse des traces, d’autant plus lorsque vous êtes « prit » en otage par votre propre famille.

Je referme le dossier et me lève afin de le ranger dans un des tiroirs que j’ai classé par maison, puis par année et enfin par ordre alphabétique. Je m’introduis ensuite dans l’arrière salle de la pièce où une légère odeur fleuri commence à embaumer l’endroit. Une coupelle est posée près de la fenêtre, dont les feuilles se laissent dorer par le soleil de Février. A première vue, elles sont prêtes. Même la fleur en elle-même est suffisamment sèche pour être utilisée. Je vers le contenue de la coupelle de la taille de ma paume dans un sachet en plastique que je referme soigneusement avec un nœud. Tristan m’a assuré qu’à ce jour c’était le meilleur traitement pour les crises de TEI. Il existait en potion –pour un effet plus immédiat – et en plantes séchées. J’ai les deux à ma disposition et je compte bien les proposer à Mlle Jefferson afin qu’elle décide ou non d’entreprendre un traitement contre ses crises qui lui font aujourd’hui défaut. Les TEI sont parfois difficile à gérer, médicalement parlant. Certains ont connu de tel absurdité concernant leur maladie en étant considéré comme fou, voir arriéré mental, qu’ils refusent catégoriquement de voir la vérité en face et d’entrevoir des solutions. Je ne sais pas quel est le cas de Maxime, la seule chose dont je suis au courant c’est qu’il y a eu un suivi psychologique de courte durée et qui n’a jamais été maintenue. Idem pour le traitement « non-magicien ».

Je glisse le sachet de plante dans ma mallette en cuir et prend congé des lieux en laissant la relève derrière moi. Je suis à l’infirmerie depuis ce matin et j’ai encore de nombreuses copies à corriger. Mais avant tout, prendre l’air me ferait le plus grand bien pour une meilleure efficacité. J’ai passé ma matinée à remettre à jour des dossiers, remplir des inventaires ou même bûcher sur certains sujets de médecines qui m’intéressent particulièrement. Les études ne sont pas réservées qu’aux plus jeunes…
Je dépose ma mallette dans ma chambre et me glisse dans mon manteau mais m’arrête net dans mon geste, un détail interpellant mon regard aiguisé et psychorigide. Un des dessins d’Adrian s’est décroché du mur, au-dessus de mon bureau et ne tient que par un seul coin de la feuille. Je reviens placé une punaise afin que le dessin soit de nouveau parfaitement droit, me demandant deux essaies avant que ça ne soit le cas et que le résultat me convienne.

Je sors de ma chambre après avoir fermé à clé et descend les escaliers parmi les élèves en congés, profitant de ces heures de tranquillité où le cerveau peut enfin décompresser un peu. Mais pas que… je me retrouve à esquiver des lettres volantes, chantonnant des poésies d’amour, des mini-cupidons envoyés de part et d’autre pour lancer leur flèche avec pour embout, un cœur rouge vif, sans compter les embrassades au détour des couloirs. Comme si ce jour était LE moment de prouver notre amour pour l’autre. Je déambule dans les escaliers et couloirs, portant un regard distrait sur ces démonstrations, mon esprit divaguant sur les terres de mon passé.

Adrian avait trois ans et les parents de Nora avaient proposé l’idée de pouvoir le garder quelques jours. Nous n’étions plus qu’elle et moi, chose qui ne nous était pas arrivé depuis la naissance de notre fils… Je n’étais pas un grand romantique, ni un homme qui dévouait chaque jours à combler ma femme d’un présent. Je me chargeais de le faire de part des gestes, des regards, des mots, accentués de quelques cadeaux. Et cela nous suffisait. Mais cette année j’avais envie de marquer le coup, de « profiter » de cette opportunité pour que nous retrouvions nos instants d’avant. J’ai loué une chambre d’hôtel à Milan, ville qu’elle avait toujours rêvée de visiter. Nous y sommes partie pour 5 jours, même si l’idée de transplaner ne l’encourageait jamais réellement. Ce fut 4 jours inoubliables où nous avions la sensation de renouer avec le pourquoi nous nous aimions tant depuis toutes ces années. Et s’il y a 4 ans, ces souvenirs m’apportaient apaisement et bien être, aujourd’hui ils me provoquent rancune, haine et dégoût. Où en serions-nous si je n’avais pas été dans ce bar ce soir-là ? Où en serions-nous si cette fausse couche n’avait pas eu lieu ? Je ne le saurais jamais. Je le voulais il y a 3 ans, ça n’est plus le cas aujourd’hui.

— Oops. Pardon Monsieur.

Je reviens à la réalité et ferme aussitôt mon esprit à ces souvenirs qui me dérangent.
Je baisse les yeux devant le, ou plutôt la responsable de ce choc qui m’a à peine fait bouger. Je lui esquisse un morceau de sourire afin de lui faire comprendre que ça n’était pas un drame.

— Faites attention, Mlle Davis.
— Désolée. Elle hausse les épaules avec un sourire et s’apprête à  me contourner. Tiens, pendant que vous êtes là, vous avez une valentine ?
— Je vous demande pardon ?

J’arque un sourcil, surpris de cette question sortie tout droit de la bouche d’une élève… Je ne la connais pas autant que ceux de ma maison mais j’ai eu l’occasion de l’entendre et la voir parler avec Monsieur Jackson ou Mlle Jefferson. Je sais que c’est une très bonne élève tout comme je sais également qu’elle est dotée d’un franc parlé naïf comme nous en trouvons peu de nos jours…

— Une valentine… Enfin quelqu’un avec qui partager cette journée !
— Je ne… pense pas que cela vous regarde Mlle.
— Hum… Vous avez raison. J’me disais juste qu’un homme aussi charismatique que vous était forcé d’avoir quelqu’un dans sa vie.
— Mademoiselle… Je ne pense pas que vous aillez envie de rendre visite à votre Directrice de maison à cause de votre insistance, je me trompe ? Ses enfants ne cesseront de m’étonner… Dans le bon sens ou non.
— … Ouais, non. Elle frissonne légèrement et balaie mes mots dans un sourire et un geste de la main. Oubliez ce que j’vous ai dit ! Bonne saint valentin quand même !
— Attendez. Elle se retourne, les mains dans un gilet bleu. Où puis-je trouver votre camarade de classe, Mlle Jefferson ?

Elle fronce les sourcils, se retournant complètement vers moi.

— Pou…. Euh. Dans notre salle commune je crois. J’allais la rejoindre.
— Pouvez-vous lui dire que je l’attends dans mon bureau ce soir, pour 18 heures.

Je lui adresse un signe de tête avant de poursuivre mon chemin jusqu’au Hall. L’air frais de l’extérieur me fait du bien et m’aère aussitôt le cerveau. Chose étonnante, les températures s’avèrent bien plus douces que je ne le pensais, raison pour laquelle je déboutonne mon manteau. Je fais quelques pas, appréciant les échos de la nature. Vent dans les feuillages, bruits d’animaux au loin, martèlement lent de mes pas sur le sol, tout l’ensemble m’apaise et me tranquillise.

— Si tu ne me rends pas cette étrille tu seras privé de foin et hors de question de piquer la ration de maman ou papa, tu m'entends ?

Je lève les yeux vers ma droite, près du Lac et y vois au loin un Abraxan et…. Ismaelle. Qui se bataille visiblement avec l’animal pour récupérer quelque chose qu’il tient, taquin. J’esquisse un sourire alors que j’approche en douceur de quelques pas jusqu’à arriver à une dizaine de mètre de la jeune femme qui se trouve de trois quart, dos au Lac. Elle est tellement concentrée sur le jeune Abraxan qu’elle ne m’entend pas venir… Et je dois avouer que ce que je vois présentement est un spectacle plutôt amusant.

— Fly !

Le nommé vient de lancer la fameuse étrille droit dans le lac et semble la narguer un peu plus. La voix d’Ismaëlle s’élève de nouveau alors que j’assiste toujours à la scène, sourire non dissimulé aux lèvres. La jeune femme fait partie des rares personnes que je côtoie plus ou moins régulièrement dans ce château et avec qui je m’entends bien. Je lui dois beaucoup pour le weekend dernier car si elle n’était pas intervenue avec Fenrir, je serais peut-être mort à l’heure qu’il est. Nous nous sommes mutuellement surprit – du moins, de mon avis – a se voir confier certaines choses autour d’une tasse de thé après ce sauvetage improvisé. Ce fut un moment calme et apaisant, malgré les aveux importants. Tout comme j’ai aimé les sourires échangés, confinés dans un endroit neutre, chaleureux, sans se soucier des formes de politesses, quand bien même je n’ai pas réussi  à me défaire des miennes.

— Tu te moques de moi, c'est ça ? C'est la deuxième ce mois ci, crapule !

A l’entendre parler ainsi à … Fly, Ismaëlle en est presque attendrissante. Même envers les animaux, elle semble se comporter telle une mère grondant son enfant un peu trop turbulent.
Et vient s’ajouter un être de l’eau qui récupère l’objet, brandissant presque l’objet pour lui montrer qu’il était bien en sa possession… puis de disparaitre, pour également lui montrer qu’il ne lui le ramènera pas. Et cette fois, c’est un rire amusé que je retiens.

— Je suis sure que vous êtes de mèches en plus de ça. Comment tu veux que je te grattouille si je n'ai plus d'étrille, hum ?
— Je dirais qu’en cet instant son plaisir premier est de vous voir tourner en bourrique et éventuellement d’aller chercher cette étrille dans le lac…

Je n’étais pas là pour intervenir mais la spontanéité s’est manifestée seule, sans que je ne la vois moi-même venir. Je suis toujours amusé par la scène et je pense que mon sourire traduit suffisamment cet état d’esprit alors que je m’approche d’Ismaelle et de Fly. Ce dernier m’accueille presque joyeusement, ayant l’habitude de me voir un peu plus souvent lorsque je viens aider ma collègue lorsqu’elle a besoin de bras supplémentaires ou tout simplement lorsque je m’égare lors de mes balades, près de leurs enclos.

— Je vois que vos animaux sont aussi farceurs que vos élèves. Je vais finir par croire que vous leur donnez l’exemple en catimini …

Je lui adresse un regard taquin – oui oui, taquin – avant de me retourner vers le lac où il me semble percevoir l’être de l’eau qui refait surface avant de repartir aussitôt. Est-il possible que deux êtres comme eux s’allient de cette façon pour enquiquiner un enseignant de cette école ? Il faut croire que oui. Il n’y a pas que l’homme qui sait être farceur, la preuve en est. Je me sens détends et ce, un peu plus chaque jours depuis que je suis revenu il y a une semaine. Je ne change pas mes habitudes, ni mes manières, mais j’ai la sensation d’avoir la conversation plus aisée. Je reste persuadé que Katherine n’est pas étrangère à tout cela. Fréquenter la jeune femme et son naturelle ensoleillé a permis de déverrouiller quelque chose en moi. Cette aisance que je possédais bien avant que je ne commette l’irréparable semble flotter sur mes gestes mais toujours avec une certaine retenue qui m’est propre.

Manteau déboutonné jusqu'au milieu du torse, je m’approche du Lac, aux côtés d’Ismaëlle, tirant un peu sur mon cou pour tenter d’apercevoir l’Être de l’eau malgré les reflets du soleil sur la surface liquide. Le froid n'est pas si mordant que ça, celui de Norvège étant bien plus agressif.

— C’est un cadeau original pour une saint valentin. Certain offre la possibilité de faire de la plonger avec des dauphins ou des poissons multicolores… D’autres, avec des Selkies, par exemple.

Je laisse échappé un rire amusé alors que je me concentre de nouveau sur ma collègue que je détails une demi-seconde. Ses traits sont tirés malgré ses sourires et son regard brillant. Je lui ai fait la remarque le weekend dernier sur son état de fatigue avancée mais surtout visible. Nous avons longuement discuté sur les raisons d’un tel dévouement de sa part mais il est également important qu’elle pense à prendre soin d’elle. Katherine nous a suffisamment effrayé et heureusement, elle va mieux, mais je pense que personne ici ne souhaite voir une deuxième figure maternelle, partir pour Sainte Mangouste pour des raisons de santé.

— Avez-vous prit du temps pour vous cette semaine comme conseillé ou… Je continue de la regarder et ses yeux trahissent la vérité… vous allez m’obliger à vous imposer un repos forcé ? Je vais finir par croire que vous formez toutes une armée d’obstination dans cette équipe.

Je garde malgré tout mon sourire, voir un léger rire, quoi qu’arborant un air plus sérieux dans le regard. Quand je dis « toutes » je parle tout d’abord de Katherine. Son entêtement n’est plus à conter dans cette école et malheureusement, elle en paie aujourd’hui le prix. Le principal est qu’elle aille mieux et j’ai moi-même ma part de responsabilité dans cette histoire. J’aurai dû la conduire à l’hôpital, de gré ou de force. Puis viens Mlle Roberts-Moore qui s’est montré d’une obstination aussi agaçante qu’impressionnante à ne pas vouloir quitter mon bureau, jouant avec le matériel de la classe, me posant de nombreuses questions. Il y a également Mlle Black’mor qui trépignait d’impatience de pouvoir remonter sur un balai et sanas mon insistance à attendre le délai pour remonter en scelle, je suis quasi-certain qu’elle aurait pris ce risque. Mlle Hunt ? Elle fait également partie du lot et elle en fait preuve chaque jour passé… Maintenant vient le tour d’Ismaëlle qui, je suis certain, ne s’est pas accordé une minute de repos depuis ce soir où j’ai quitté sa cabane alors qu’elle dormait paisiblement sur son canapé.
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MessageSujet: Re: Can someone please tell me why did I do that ? ▬ Leiv   Lun 21 Sep 2015 - 18:22

C'est l'histoire d'une fille – femme – qui se tient face au lac, les mains sur les hanches, et qui discute de manière absolument naturelle avec … Un poulain Abraxan, poulain faisant un certain nombre de fois sa taille et son poids. Quoi de plus normal ? Rien de plus normal, pas pour moi en tout cas. C'est mon quotidien et je l'aime, j'aime ces créatures et leur parler. Fenrir n'est pas avec moi, il est parti se promener en suivant probablement une odeur familière et même si une part de moi s'inquiète toujours je ne suis pas de nature à enfermer les êtres vivants que je côtoie. Pour certains je n'ai pas vraiment le choix, type Scroutt à Pétard ou autre Niffleur mais je m'arrange pour qu'ils ne manquent de rien et surtout pas d'espace quand bien même ça ne remplacera jamais la liberté totale. Tout ça pour dire que si Fenrir avait été avec moi il m'aurait averti que nous avions un visiteur mais Fly n'ayant pas bronché je ne l'ai pas entendu arriver et ...

« Je dirais qu’en cet instant son plaisir premier est de vous voir tourner en bourrique et éventuellement d’aller chercher cette étrille dans le lac… »

… J'ai sursauté mais je ne me suis pas démontée et c'est avec un sourire que j'ai accueilli le nouvel arrivant après m'être retournée.

Un inconnu ? Non, je dirai même qu'il est paradoxalement devenu une des personnes que je vois le plus ces derniers temps ou tout du moins avec qui je prends vraiment le temps de discuter. Rina est partie se reposer chez Vicky – moi aussi je veux faire des soirées pyjama avec vous les nanas – Owen et Everett travaille beaucoup et même si on se voit tous les jours ou presque on ne prend pas toujours le temps de verbaliser vraiment nos échanges. Avec Maxence c'est … compliqué, quant à Logan on se croise et nos échanges sont professionnels la plus part du temps – plus par « obligation » qu'autre chose. Je n'ai pas vraiment pris le temps de me familiariser aux autres membres du personnel, Phaedre peut être un peu plus que les autres je dirais, mais bien sur quelques mots sont échangés quotidiennement. Et puis il y a Muffin, comment l'oublier celui là ? On ne peut pas. C'est un réel bonheur de l'avoir entre ces murs, sa présence me fait beaucoup de bien et si on revient quelques mois en arrière je n'aurai jamais imaginé qu'on puisse en arriver là tous les deux. Le fait que je croise énormément de visages tous les jours mais tous ou presque de manière rapide ou dans un contexte scolaire/professionnel pour la plus part. Je me rends compte qu'avec Leiv c'est devenu un peu différent même si nos échanges sont parfois simplement silencieux.

« Alors là il n'y a absolument aucune chance que ça arrive. En juillet ça serait éventuellement négociable mais en plein mois de février … Non, impossible. »

Irlandaise, oui, et alors ? Non merci. Il n'y a qu'un Australien complètement cinglé pour entrer dans cette eau glacée en toute saison ! Ce qui en réalité n'est pas totalement vrai je pense, je crois que d'autres se baignent et ne sont pas dérangés par la température de l'eau mais en ce qui me concerne … ça n'est pas dans mes habitudes ni dans mes projets d'avenir !

« Bonjour Leiv, vous allez bien ? »

Il me répond par un sourire et un signe de tête alors que Fly semble tout content de l'arrivé de cette nouvelle tête. Chouette ! En voilà un autre à faire tourner en bourrique ! Oui je m'imagine que c'est ce qu'il est entrain de se dire alors qu'il danse d'une jambe sur l'autre – c'est un cheval, donc ce sont des jambes. Un très grand cheval certes mais un cheval quand même. Je perçois un bruit d'eau derrière moi mais ne me retourne pas, je sais très bien qui est là.

« Je vois que vos animaux sont aussi farceurs que vos élèves. Je vais finir par croire que vous leur donnez l’exemple en catimini … »
« Chut ! Jusqu'ici personne n'a percé mon secret ! »

Air faussement outré, index sur la bouche alors que je fais un pas vers lui.

« Je vais être obligé de vous éliminer … Fly ? »

Ismaelle, on ne menace pas ses collègues … Si !

«  C’est un cadeau original pour une saint valentin. Certain offre la possibilité de faire de la plonger avec des dauphins ou des poissons multicolores… D’autres, avec des Selkies, par exemple. »
« Hum … Quelqu'un m'a dit que les dauphins n'étaient pas de si gentilles créatures que ça … J'en suis à me demander si je ne préfère pas les Selkies justement. Si on en croit le folklore ils ont un tempérament protecteur, en plus de ça. »

Les Selkies du folklore Écossais oui, les Êtres de l'Eau présent dans ce Lac … Aucune idée mais jusqu'ici je n'ai jamais eu à m'en plaindre en ce qui me concerne … Enfin je ne parle pas des créatures non identifiées qui vivent sous la surface, comme celle a qui appartenait l'immense tentacule qui m'a valu de me ridiculiser totalement devant Jakob il y a de ça un sacré nombre de mois. Cette école est bordée par un Lac et une Forêt dans lesquels grouillent le danger, bienvenue dans le monde de la magie, et je ne nierai pas ressentir une pointe au cœur chaque fois que j'évoque le père de mon fils, que ce soit en pensée ou verbalement. Ça n'est pas le sujet, d'ailleurs ma concentration ne tarde pas à se braquer totalement sur mon collègue ici présent alors que je me rends compte qu'il semble m'observer. Je fronce les sourcils par réflexe, à deux doigts de me sentir légèrement mal à l'aise ou perturbée je crois ...

« Avez-vous prit du temps pour vous cette semaine comme conseillé ou… »

Oh … Oops. Je me sens en revanche à cet instant comme une gamine prise en flagrant délit d'une grosse bêtise … Je pense que mon regard et le sourire que je contiens vainement sont des preuves plus que flagrantes de la véracité de ce dont il  « m'accuse ». Ses expressions en disent long sur la question, moi je regarde mes pieds comme s'ils étaient la chose la plus fascinante du monde.

« Vous allez m’obliger à vous imposer un repos forcé ? Je vais finir par croire que vous formez toutes une armée d’obstination dans cette équipe. »

Je relève la tête, il sourit, moi aussi, c’est plus fort que moi.

« Obstinées vous dites ? Hum ... »

Ça n’est pas tellement que je ne prends pas tout ça au sérieux, c’est simplement que je me connais : Je ne suis pas capable de rester en place. Je suis néanmoins fatiguée, je le sais, je le sens, et ma perte de patience en est un exemple flagrant seulement … Comment faire ? Déléguer ? Oui je pourrais le faire, certaines personnes ici on ma confiance sans soucis mais …

« Je fais attention, promis. C'est juste que ... »

Hennissement strident. Choc violent. Vol plané …

« Woooow !!! »

Plouf. Nouveau hennissement strident … Qui veut un steak de cheval pour le diner ?!

« Par Merlin c'est glacé ! »

Remarque extrêmement perspicace de la protagoniste.

Ce qu’il vient de se passer ? Ce grand imbécile d’adolescent équin n’a rien trouvé de plus amusant que de nous expédier Leiv et moi – je viens de me rendre compte de sa présence non loin de moi alors que le froid et la panique me saisissent les os – en plein dans le Lac. Nous sommes au mois de février, pour rappel ! Et lui se marre sur la berge en se dandinant fièrement.

« Fly ! Je te somme d'arrêter immédiatement de te marrer de cette façon ! L'hydrocution tu connais ? »

Bras tendu vers lui, index accusateur et menaçant pointé dans sa direction … J’ai probablement plus l’air folle que crédible mais c’est plus fort que moi. L’eau est glaciale, je suis certaine d’être en train de devenir bleue alors que tout comme mon compagnon d’infortune je bouge en continue comme si ça pouvait me réchauffer. Je me décide donc à regagner la berge par des mouvements saccadés – Titanic, le remake. Merci. Bonsoir – quand tout à coup … J’ai cette réaction typiquement féminine que je n’aurai jamais soupçonné avoir un jour : J’ai honte. Il n’aura suffi que d’un frôlement contre mes jambes sous la surface …

« Qu'est ce que c'est que ça … Aaaaaaah ! »

Pour me faire hurler comme une hystérique. J’ai des circonstances atténuantes, j’ai déjà failli finir dans le fond du lac à cause d’une créature non identifiée, mais est-ce que ça m’obligeait à me jeter littéralement sur Leiv pour m’accrocher à son cou ? Si je n’étais pas bleue à cause de froid, je crois que je serais rouge écarlate … A la réflexion je dois être violette alors que je ne bouge pas d’un millimètre, complètement figée, gênée, agrippé à lui comme une idiote qui aurait eu peur d’une souris. Je n’ai pas peur des souris, je n’ai jamais eu peur des souris … Ces secondes me paraissent des heures et c’est dans un geste vif que je me dégage de lui sans être capable de le regarder dans les yeux alors que je bas des bras pour rester à la surface. Lui a peut-être pied, ça n’est pas mon cas mais quand on voit ma taille ça n’a absolument rien d’étonnant. Oui, je suis un modèle réduit mais le modèle réduit a beau être petit il n’en est pas moins costaud. C’était la minute autocongratulation du jour.

« Hum. Désolée. »

Je me risque finalement à relever les yeux vers les siens et je ne saurais dire ce qu’il pense ou ressent. J’ai beau le côtoyer régulièrement je n’en suis pas au point d’être capable de le déchiffrer. Une chose me saute aux yeux pourtant, ou plutôt deux. La première ce sont les siens, ses yeux, d’un bleu glacial. Je les ai croisé des dizaines de fois et pourtant ils ne m’ont jamais paru aussi captivant. La seconde … c’est cette évidence qui me frappe de plein fouet : Je me suis sentie bien là contre lui, malgré le froid, l’humidité et le poids des vêtements mouillés. Je me suis sentie en sécurité … Et il faut croire que ça me suffit pour définitivement péter les plombs.
Je ne sais pas ce qui me prend, je ne comprends pas, c’est comme si je ne contrôlais plus rien. Spectatrice, incapable de maitriser mon propre corps, complètement prise au dépourvu et visiblement totalement déconnectée d’à peu près tout je me vois agir sans réfléchir. Ça n’est … pas moi, ça ne me ressemble pas. Je devrais être morte de peur et quelque part c’est le cas parce que je sais que malgré cette sensation de chaleur qui se manifeste à l’intérieur de moi, tous mes tremblements ne sont pas seulement du aux effets de la température de l’air et de l’eau sur mon organisme.

Mon cœur bat à cent à l’heure-là dans ma poitrine alors que le froid devrait au contraire le ralentir, et je devrais déjà avoir deux doigts posés dans mon cou pour vérifier mon pouls par ce geste réflexe stupide qui me colle à la peau depuis qu’on m’a greffé ce cœur il y a de ça des années. Mes doigts ne sont pas posés contre ma peau, là, dans mon cou. Non. Ils sont agrippés au col de la veste de mon vis-à-vis alors que je viens littéralement de me jeter sur lui. Tu dérailles ma pauvre fille, c’est un homme que tu as devant toi, contre toi, alors tu devrais avoir peur et ne pas ressentir ce fourmillement étranger qui t’incite à faire ce que tu es en train de faire : Lui voler ce qui semble être un baiser. Pourquoi ?! D’où est ce que ça sort ? De nulle part, complètement et totalement de nulle part alors que certaines notions me sautent à la raison. Lentement mais surement cet homme s’est frayé un chemin dans mon quotidien, j’ai appris à me faire à sa présence, à l’apprécier. Son apparence solide, sa réserve, la force de caractère qui émane de lui, … C’est … Électrochoc. La conscience revient et me percute de plein fouet, je le lâche et m’écarte, c’est immédiat.

« Je … Il faut … »

J’arrive à peine à articuler, je ne comprends rien à ce qu’il se passe et me sent complètement perdue alors que je le regarde avec probablement l’expression du lapin pris dans les phares d’une voiture imprimée sur le visage. Et puis je me ferme, instantanément.

« J'ai encore du travail. »

Le ton est cordiale, très professionnel, j’ai l’air calme alors qu’à l’intérieur c’est la débandade. Je n’attends pas une seconde de plus avant de m’éloigner et de regagner la berge. Une fois hors de l’eau je me sèche d’un coup de baguette mais c’est sans me retourner, ou tout du moins légèrement en de biais, que je marque un temps d’hésitation.

« Vous ne devriez pas rester dans l'eau, vous allez tomber malade. »

La sensation des vêtements secs sur mon corps me procure un intense soulagement mais pourtant je tremble encore. J’ai dans le creux de l’estomac ce besoin de fuir et j’écoute mon instinct, je disparais, sans un mot ni regard de plus. Le pas rapide, trop pressé et mal assuré pour être authentique, c’est presque en courant que je m’engouffre dans ma cabane après avoir parcouru le chemin qui m’en séparait. La porte claque derrière moi, mon dos retombe contre cette dernière et mes mains vont se loger dans mes cheveux alors que je garde les yeux braqués droit devant moi. J’ai rêvé, c’est ça ? Dites-moi que j’ai rêvé et que je n’ai jamais fait ça. Mais qu’est ce qui m’a pris ? Qu’est ce qui débloque chez toi ma pauvre fille ? Il va te prendre pour une cinglée maintenant, à raison, et …

« Qu'est-ce que je viens de faire … ? »

Je ne sortirais plus jamais de cette cabane, c’est décidé. Et pitié, pitié, faites qu’il ne vienne pas frapper à la porte. Lentement je me laisse glisser jusqu'au sol, désemparée, me sentant prodigieusement ridicule et surtout complètement ... perdue.

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MessageSujet: Re: Can someone please tell me why did I do that ? ▬ Leiv   Mer 30 Sep 2015 - 10:32

— Obstinées vous dites ? Hum ...

A ce stade-ci, je dirais que c’est un euphémisme. Entre elle et Katherine, j’ai la sensation que mes conseils passent à la trappe tant elles sont têtues. Malheureusement, je ne peux rien faire d’autre que de leur demander de se reposer, d’être vigilantes. J’ai une pensée pour Katherine qui, je l’espère, prend du bon temps là où elle se trouve, qu’elle se ressource afin qu’elle revienne entre ses murs en meilleur forme. Si j’avais été son médecin attitré je lui aurai fortement déconseillé de revenir ici, lui prescrivant un séjour forcé sur les terres espagnoles, les siennes, afin de prendre le soleil, du bon temps, du vrai repos. Pour deux bons mois, loin de tous problèmes qui peuvent malheureusement faire revenir un cancer. La maladie est souvent dépendante d’un moral.

Mon regard glisse d’Ismaelle à qui j’adresse un sourire, jusqu’à la surface du Lac où la luminosité s’y reflète. A quelques détails près, je pourrais me croire en Norvège.

— Je fais attention, promis. C'est juste que ...


Je n’ai pas le temps de réagir, juste de lâcher un cri de surprise avant de faire un vol plané en avant et de sentir une décharge électrique dès lors que mon corps se trouve plongé dans cette eau glacée. Je me redresse aussitôt, sentant que je touche le sol de la pointe des pieds et avance de quelques pas pour bien être ancré au sol.

— Bon sang !
— Par Merlin c'est glacé !

Mon regard se porte sur Fly qui hennît, heureux de sa boutade. Quant à moi, je frissonne violemment quand bien même ça n’est pas la première fois que je prends des bains dans lacs gelés. Le plus surprenant c’est que je ne ressens aucune pointe d’agacement ou de colère tant la surprise prend le dessus. Je passe mes deux mains dans mes cheveux courts avant de m’essuyer le visage, avec pour impression de peser 10 kilos supplémentaires avec cette veste imbibée. Ismaelle dont les lèvres commencent déjà à bleuir est juste à côté de moi et s’agace contre Fly.

— Fly ! Je te somme d'arrêter immédiatement de te marrer de cette façon ! L'hydrocution tu connais ?
— Cette fois, inutile de faire semblant… Je sais désormais que vous êtes coupable de leur avoir inculqué ce genre d’humour !

Humour qui semble être mien puisque j’esquisse un sourire amusé malgré les tremblements de mon corps. Terminer dans un lac gelé en plein mois de Février où les températures ne dépassent pas les 5 à 10°C…

— Je crois que nous sommes bons pour une pneumonie si nous ne sortons pas tout de suite.

A aucun moment nos gestes ne se tétanisent. Rester immobile est la meilleure façon de rester tétaniser et de laisser le froid prendre le dessus. Chauffer les muscles. Je bouge les bras, les mains, les jambes en sautillant d’un pied sur l’autre qui me donne l’impression d’être complètement ridicule. Si j’étais vicieux et rancunier, je n’hésiterais pas à laisser place au Leonberger pour offrir à Fly une petite course poursuite en guise de vengeance…
Mes dents claquent et je suis les pas d’Ismaëlle, juste derrière elle, pour sortir d’ici au plus vite.

— Qu'est ce que c'est que ça … Aaaaaaah !

Hurlement strident qui me surprend, éveillant chacun de mes sens qui se mettent aussitôt en alerte alors que je brassais des bras pour me réchauffer. Je manque de tomber, reculant d’un pas … Parce que la jeune femme vient littéralement de me sauter autour du cou. Jeune femme que, par réflexe, je serre dans mes bras et je ne prends pas conscience tout de suite de la situation. Je n’ai jamais senti Ismaëlle si proche de moi. Je n’ai pas sentie une femme si proche de moi… depuis 4 ans au moins. Ça ne dure que quelques secondes et j’essaie de garder contenance et maitrise alors qu’une boule de feu vient d’exploser au creux du thorax.
Réaction purement physique Leiv. Respire.

— Est-ce que ça va ?

Je tourne ma tête vers elle, dissimulant mon trouble sous un air soucieux.
Son regard m’esquive et je ne saurais dire pourquoi je suis soulagé de la voir aussi gênée que moi. Comme si être le seul à être troublé m’aurait posé problème et aurait été anormal. Ismaëlle détache ses bras et l’absence de ses membres contre ma nuque laissant place à un vide et une brise glaciale. Nouveau frisson. C’est du regret que je ressens une fraction de seconde.
Elle est toujours à proximité, je sens un effleurement et … me retrouve légèrement déstabilisé par la situation. Avoir Ismaelle accrochée à mon cou n’est pas tellement une chose que j’avais envisagé ne serait-ce qu’une seule fois, quand bien même les circonstances sont aussi fautives.

— Hum. Désolée.
— Aucun problème.

Dit-il avec toujours ce feu logé entre les côtes.
Je devrais bouger. Et quand je dis bouger, j’entends sortir de ce lac, me sécher et prendre congé. Parce que je me sens désagréablement déstabilisé. Agréablement déstabilisé. Je ne sais pas. Et pourtant je ne fais rien si ce n’est que planter mon regard dans le sien, le scrutant sans un mot. Accélération du myocarde. Une force inconnue prend naissance au creux de moi.

Sa main agrippe ma veste et la mienne, sous l’eau, glisse au creux de son dos. Deux gestes qui semblent coordonnés alors que mon cerveau se détache complètement de la réalité. Cette boule embrasée explose de nouveau alors que ses lèvres touchent les miennes en un baiser furtif mais présent. Ce contact éveille chez moi un tas de chose que je refoule depuis des années, que je me refuse, que je repousse catégoriquement. C’est une chute de 15 étages qui se produit chez moi. Une chute qui s’interrompt dès lors qu’elle s’écarte de moi. J’ai eu son corps contre le mien, une proximité inenvisageable jusqu’à maintenant.

— Je … Il faut …

Je n’articule aucun mot, lèvres serrées, raide comme un bâton de justice. Je suis en total désaccord et incapable de faire quoi que ce soit d’autre que de la regarder sans bouger. Mes pensées ne sont qu’une terre vide, déserte, alors que mon corps est en effervescence. Rythme cardiaque soutenue, chaleur se répandant dans chaque parcelle de peau, fourmillement au creux du ventre.

J’ai l’air d’un con.
C’est tout ce que je réussi à me dire. Que j’ai l’air d’un con. D’un adolescent de 14 ans, incapable de retenir celle qui commence à quitter le Lac sans un regard, cette femme qui s’est imposée dans mon quotidien, pas par pas. Je n’entends plus ce qu’elle me dit et ne bouge toujours pas, les membres immobiles sauf lorsque l’eau se glisse et effectue un léger mouvement, me portant légèrement vers l’avant. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, l’esprit vide, le corps en lutte mais lorsque je bouge enfin le regard, Ismaëlle n’est plus qu’une silhouette au loin. Alors mes gestes sont automatiques, raides et mécaniques. Je sors, je tremble de froid mais ne le remarque pas. Un coup de baguette suffit à sécher mes vêtements mais aussi à me procurer une douce sensation de chaleur que pourtant, j’ignore. Mon retour au château se fait sans un mot, sans un regard pour qui que ce soit. Mes pas me dirigent droit vers ma chambre où je m’enferme à double-tour, me déshabille complètement, pliant chaque vêtement avec une minutie accrue, bien plus précise que celle de mon quotidien, signe de nervosité, et me glisse sous une douche brûlante.

L’esprit toujours vide.
Ça n’est qu’un baiser. Qu’un contact, lèvres contre lèvres. Rien d’autre.
Et pourtant, ça éveille chez moi un volcan de sensations que je n’avais pas ressenti depuis une éternité. Pas depuis que Carmen est venu me plonger dans ma propre déchéance.

Je ne suis qu’un idiot. J’aurai pu tout simplement demander à Ismaëlle de revenir, de la retenir, de… De faire quoi au juste ? La reprendre contre soi et réitérer ce contact ? Oui. Parce que ça n’est qu’à la troisième copie corrigée que j’admets en avoir ressenti l’envie. Fugace, mais présente. A aucun moment je n’ai envisagé cette possibilité avec Ismaëlle. Certes, je l’apprécie. Beaucoup, c’est vrai.

Mais ?
Il n’y en a pas. Je suis un sombre idiot. J’ai été aussi expressif qu’une porte de prison d’Azkaban et je me demande ce qu’elle a bien pu penser de cette absence de réaction, de cette inexpressivité alors que l’ensemble de mon corps réclamait l’inverse. La vérité est que je me sens coupable et fautif.
Pas parce que j’ai la sensation de trahir qui que ce soit, mon amour pour Nora s’est depuis déjà longtemps éteint, mais tout simplement parce que je me refuse de lui faire subir ce que j’ai fait à mon ex-femme. Ismaëlle est une personne qui mérite bien mieux qu’un ancien-alcoolique infidèle, quand bien même les circonstances ne sont absolument pas les mêmes.

— Tu délires mon pauvre vieux.

Parce que j’en arrive à des extrêmes pour un simple baiser. Un simple échange physique, sûrement causé par la frénésie du moment.
Un simple échange physique qui commence déjà doucement à me travailler, en silence. Quatre ans que je n'ai ni regardé, ni touché une femme comme je l'ai fais avec Ismaëlle et c'est comme si je venais de perdre 20 ans, me retrouvant projeter sur les bancs de l’école dans la peau d’un adolescent.

— FIN —
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