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 [EVENT 15.02]Time of Dying — Owen.

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MessageSujet: [EVENT 15.02]Time of Dying — Owen.   Mar 8 Sep 2015 - 14:19

►Time of Dying◄
Owen & James


Dimanche 15 Février — Aux alentours de 7 heures

Poster devant l’une des fenêtres de la tour de Divination, mains dans les poches, je contemple le levée de soleil devant moi. Sa puisse s’impose de secondes en secondes sur le monde, venant nous éclairer de sa magnificence. Il est source de vie, aidant à perdurer notre existence et je ne cesserais jamais d’apprécier cette contemplation. Il est le Roi, le Maitre d’une journée jusqu’à céder humblement sa place à sa consœur. Mais ce matin, il s’élève et impose sa puissance malgré un ciel lourd et nuageux. Il ne manque jamais à l’appel. Tout comme je ne manquerais jamais au mien.

Une nouvelle journée commence. Une de ces journées qui vous donne cette sensation au creux du ventre, semblable à un crépitement, comme si vous tentiez de connecter deux fils électriques pour faire passer le courant. Comme si un petit feu d’artifice prenait naissance.
Une de ces journées primordiales à votre existence, à la leur, à la vie de ce château. J’inspire en silence une bouffée d’air que je relâche avec calme. J’ai peu dormis, c’est un fait, mais je n’en suis pas moins en grande forme. L’adrénaline commence doucement à se manifester au creux des veines, m’octroyant une attention particulière à chaque détail, chaque personne qui m’entoure. L’école s’éveille en douceur et tandis que m’accorde quelques minutes de majestueuse contemplation, je les images au creux de leur ignorance et innocence. Mais aussi l’effervescence naissante suite au match de quidditch cette après-midi où beaucoup d’entre eux attendent le coup d’envoi avec impatience. Ils n’imaginent pas à quel point je suis tout aussi excité à cette idée.

La trappe s’ouvre derrière moi et j’arrache mon regard de cette beauté naturelle et ce, à contrecœur, mais pour le poser sur un tout autre « sublime » que mère nature n’a pas épargnée de ses plus beaux atouts.

— Bonjour Mlle Hunt. Avez-vous bien dormi ?

Si je l’attends ce matin, c’est dans un but bien précis : Lui faire la cour. Comme depuis plusieurs jours, voire semaines désormais et il me semble gagner chaque jours un peu plus de terrain.
Je m’approche de ma collègue et sans changer à mes habitudes, je lui saisis la main et y dépose un baiser sur le dos avant de m’écarter, tout en lui offrant mon bras pour la conduire à la Grande Salle pour le petit déjeuner. Je sais que certains nous regarde d’un œil amusé, peut-être surprit de voir Phædre sortir de manière plus régulière de sa tour et de sa salle de classe, ou tout simplement surprit de la voir au bras d’un homme, mais je n’y prête guère attention. Du moins, en apparence. Plus nous remarquerons notre « alliance », mieux cela sera pour moi. Dimitri semble d’ailleurs voir cela d’un très bon œil… Grand bien lui fasse.

Le déjeuner et la matinée passe rapidement. Je reste une partie en compagnie de ma collègue que j’affuble d’un dernier compliment avant de la laisser vaquer à ses occupations. Le dîner de la dernière fois c’est passé comme je le souhaitais et prévoyais. L’instant fut simple, l’échange un peu plus personnel sans pour autant passer la barre de l’intime. Et le deuxième présent que je lui ai offert à visiblement conquis Phædre puisque le châle qui couvrait ses épaules lorsque je l’ai raccompagné à ses appartements est celui que je lui ai offert au court de ce diner. Un châle tissé dans l’un des meilleurs tissus de qualité, de mains expertes avec pour représentations la lune et le soleil, astres qu’elle semble particulièrement chérir. Quelque chose de fin, de discret, comme la femme qui le porte.

Je passe également voir Owen afin que nous discutions de notre garde de cette après-midi, durant le match. Cette fois, nous fonctionnerons en solitaire afin d’avoir assez d’effectif pour également surveiller le stade où, comme convenue, je serais de garde pour le parc. Nous discutons de tout et de rien, mais surtout brièvement. Owen n’est pas plus bavard qu’un autre jour, comme à son habitude et cela me convient très bien, m’évitant ainsi de longues minutes de discussions inutiles. Je retourne à ma chambre, déjeune et reviens à mes quartiers afin de me préparer pour la garde de cette après-midi. L’école est en effervescence, le match approche. Les équipes sont sûrement déjà entrain de se briefer sur la tactique à suivre mais aussi de se préparer. Et tout comme eux, je tâche de répéter ce sortilège une fois, deux fois, puis une troisième. L’adrénaline fourmille dans chacune de mes veines mais mon visage reste cependant fermé, hermétique à toutes émotions diverses. Toute catastrophe doit être évitée et je tâcherais de faire en sorte que ça soit le cas.

Les secondes s’écoulent, les minutes suivent le même chemin et le temps passe à vive allure. Je suis serein, tranquille et confiant. Je ne dois douter de rien sans pour autant exclure la moindre difficulté. Je me dois d’être vigilant, tenant compte de mes collègues, de leurs sens et regards aiguisés afin de parfaire ce jour primordial si nous voulons enfin frapper fort et de manière judicieuse. Si la brutalité d’une attaque ne nous a pas fourni le résultat escompté alors j’ose espérer qu’une fois fragmenté, les esprits le seront aussi. Et c’est aujourd’hui pour ça que je suis dans le Parc, seul, tâchant de veiller à mon objectif : Surveiller et protéger le château. L’oreille aux aguets, j’entends l’effervescence du match au loin, les supporters étant déjà déchaîné. De notre côté : Le calme plat, absolue. Apaisant et tranquillisant. Le rythme de mon myocarde s’accélère légèrement alors que le coup de sifflet du coup d’envoi retentit une première fois.

Je perçois mon collègue au loin qui lève les yeux au ciel, bien emmitouflé dans sa veste, se disant sûrement qu’il serait bien mieux au chaud que de contempler un espace vide et sans action. Je me cale moi-même dans mon écharpe et scrute les environs, le bois devant moi qui n’a rien à avoir avec la forêt interdite à l’avant du château mais qui n’est, elle, pas ouverte à qui que ce soit de l’intérieur ou extérieur, les défenses étant là pour les empêcher d’y entrer ou d’en sortir. Coup d’œil sur ma montre ensorcelée et j’avance pour atteindre le prochain poste de garde qui, à l’angle d’une allée murée, me cache de la vue de mon collègue au loin. C’est ici que se joue la première partie de notre match.
Ma baguette en main depuis le début de la garde, je murmure une formule en deux mots et la répète telle une incantation cinq fois d’affiler en bougeant très légèrement ma baguette de haut en bas, décrivant dans l’air une ligne horizontale.

La première brèche s’ouvre en silence et elle n’est visible qu’une fraction de seconde, le temps que le sort fasse effet avant de disparaitre à l’œil nu. Je jette un œil à droite, puis à gauche, afin de m’assurer que personne ne soit dans les parages, ma main plongé dans la poche de mon manteau. J’y caresse le manche d’un couteau, en cas d’imprévus mais surtout d’intrus. Je ne suis peut-être pas aussi expert que Lou’ peut l’être avec ses armes blanches mais je ne suis pas moins tout aussi doué. Quiconque me surprendrait finirait avec cette lame entre les deux yeux ou en plein cœur.

Nouveau regard au cadrant ma montre, je patiente, feintant une observation accrue du milieu. L’excitation est cette fois à son comble. La première brèche est présente, béante, et les laissera entrer dans le château comme bon leur semble, tout comme pour y ressortir. Je jette un œil au stade au loin et esquisse un sourire satisfait, presque victorieux. Certains de nos frères ou soeurs ne ressortiront pas de ce château mais surtout, ne resteront pas en vie. Ils viennent tous dans l’unique but de détruire, frappé vite et fort, de les briser comme s’il n’était qu’un morceau de charbon au creux d’une paume. Ils viennent ici en ayant conscience des risques, sachant pertinemment que si la fuite n’est pas possible, l’acte suicidaire les attend. Ils viennent ici pour nous, pour notre future victoire, pour notre noble cause qu’est l’épuration de notre sang. Et lorsque j’ouvre la deuxième brèche au prochain poste de garde, je perçois quelques secondes après une jambe, puis un corps entier la franchir. Mon sourire s’élargit au son d’un bruit étouffé sur ma droite. Mon collègue venait sûrement de subir un sort pour le faire taire et l’assommer afin que la première équipe puisse passer.

L’homme qui se tient face à moi me reconnait et ne m’offre qu’un signe de tête en guise de salut et de remerciement. Je le lui rends humblement sans un sourire, le laissant me contourner pour laisser passer 8 autres personnes derrière lui… Ils disparaissent prestement les uns après les autres, usant de techniques diverses dont je ne me soucie pas. Mon cœur s’affole, l’impatience et l’excitation ne cessent pas de grandir, de s’amplifier au même rythme que les secondes s’écoulent. Nous tenons ici notre chance de rattraper notre grotesque erreur lors de la bataille de Noël.

Dans quelques minutes les couteaux vont pleuvoir sur les corps spécialement visés par nos services et ce, suivit de la douleur, voir même de la mort pour certains, je l’espère.
Dans quelques minutes, les encouragements et les cris de joies se métamorphoseront en hurlements stridents qui déchireront le ciel. Ce n’est plus qu’une question de temps et tandis que les miens trouvent un à un leur joyeux compagnon de jeu éphémère, je reste là, à attendre.

Le coup de sifflet final retentit jusqu’à moi et un long frisson d’excitation remonte le long de mon dos. En cette même seconde, un homme de taille moyenne et à la barbe bien fourni se glisse au creux de la brèche pour venir jusqu’à moi. Un dernier d’entre eux qui lui, n’ira pas plus loin. Pour la simple et bonne raison que j’ai moi-même demandé sa présence auprès de Lou’. Je souhaitais une personne digne de confiance et qui ne me ferais pas défaut. Qui mieux que mon amie pouvait répondre à cette demande ?

L’homme se place face à moi, affichant un sourire satisfait, presque fier évitant tout geste de fratrie envers moi. Nous faisons quelques pas afin de nous éloigner de la brèche. Tout n’est qu’une question de secondes.

— Les risques encourues ne seront pas vain, mon frère.
— J’y compte bien. Je lui accorde un sourire avant de lui tendre le couteau que je conservais dans ma poche. Frappe au bon endroit et pas trop profondément… Ca n’est pas encore mon heure. J’ai encore beaucoup à faire ici.
— Aucun danger pour ça. Il se saisit du manche, sans me lâcher du regard. Ma peau est parcourue d’une vague de frisson. Elle te passe ses amitiés et te demande de prendre soin de toi.
— Dis-lui que je n’ai plus 5 ans et qu’elle viendra prendre soin de moi elle-même bientôt. Moment de silence. Du moins, je l’espère.

Il acquiesce, en silence.
La douleur me déchire de part en part, sans que je ne la voie venir. Je m'accroche un instant à ses épaules, plus particulièrement à son tissu, tandis qu'il s'écarte de moi. Je lâche un grognement douloureux, mes mains se plaquant à mon abdomen. Le couteau reste planté en bas à gauche. Il n'a pas été enfoncé jusqu'à la garde. Rudvik a prit garde de ne toucher ni l’estomac, ni le foie, ni tout autre organes qui m’auraient coûté la vie en quelques minutes à peine. Mon frère s’est déjà échappé par la brèche au loin, à plusieurs mètres de là. Mon corps a d’abord dégringolé à genoux, puis sur le dos, mes jambes ressemblant désormais à deux tiges de cotons incapables de supporter mon poids. Le froid se fait plus transperçant, plus présent, comme si ce dernier s’insinuait au travers mes vêtements. La souffrance se répand comme un venin, de mon ventre elle atteint le thorax, les jambes, la tête. Des étoiles surviennent devant mes yeux alors que je me crispe, dents serrés, n’osant pas défaire moi-même l’arme avec pour risque d’aggraver la blessure. Je suis incapable de marcher.

L’excitation atteint son paroxysme et je trouve une jouissance incommensurable dans cette douleur qui se répand avec violence en moi. Cette blessure n’est pas une trahison mais une couverture, un geste pour noyer le poisson sous l’eau. Mais surtout, cette blessure est une preuve supplémentaire de notre détermination et de notre obstination. Si je me vide de mon sang actuellement, allongé sur le sol, c’est pour eux. Ma fratrie. Notre Ordre. Notre Règne. Et l’honneur qu’il m’ait accordé de participé à notre ascension est inégalable.

Les sons s’atténuent alors que je crois percevoir au loin d’autre cris. Sûrement ceux qui se font encore à cette seconde, transpercer comme un vulgaire gruyère. Qu’ils crèvent, qu’ils y laissent leur sang, leurs amis. Qu’ils y perdent la raison, que la fracture s’étende jusqu’à eux, leur cœur, pour ne faire d’eux qu’une enveloppe charnel aussi fragile que la coquille d’un œuf.
Baguette toujours en main, je n’ai aucun mal à former mon patronus malgré la douleur. Ce jour est une merveille, une concrétisation de nos plans et nos espoirs. Un scorpion prend naissance juste à côté de moi et d’une voix faible je lui murmure ses directives, mes dents s'entrechoquant.  

— De l’aide. Ils sont revenus, ils sont au château. Blessé à l’arrière du bâtiment.

Il est déjà trop tard pour beaucoup d’entre nous lorsque mon scorpion galope à vive allure de ses 6 pattes pour trouver une aide en chemin. J’ai froid, je me sens trembler violemment, accentuant par la même occasion les élans douloureux qui me donnent la sensation d’avoir une griffe de dragon au creux des entrailles, venant me les arracher une à une.
Je lâche un râle douloureux, se muant en crie que l’on pourrait considérer de rage. Il n’est qu’expression de ma souffrance mêlé d’une joie profonde. Mes deux mains sur la plaie qui ne cesse de saigner, mes yeux se fixent sur le ciel chargé de nuage. Quand bien même je devrais mourir en cette seconde, ça n’a aucune importance, tant que c’est pour l’Ordre que ma vie est donnée.
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MessageSujet: Re: [EVENT 15.02]Time of Dying — Owen.   Mer 16 Sep 2015 - 21:47

Dimanche 15 Février 2015 – Dans l'après midi
Time of Dying



James & Owen

Ce dimanche aurait pu être un jour tout ce qu'il y a de plus normal, sortant de l'ordinaire uniquement grâce au match de Quidditch entre les Rouges et les Jaunes. En tant qu'ancien Gryffondor – et même si je n'ai jamais nourri d'affection particulière pour ce sport – j'encourage bien sur les Lions, en majeure partie pour contredire Ismaelle qui elle supporte les Jaunes. Ça n'est pas parce qu'elle est Directrice de cette maison mais bien parce qu'elle a fait partie de ces rangs, parce qu'en toute logique vu son statut – officiel ou non – dans cette école elle devrait rester impartiale. Ce jour n'aurai du être que ça, rivalités cordiales, sports, etc … mais il aura suffit d'un hurlement pour tout déclencher. J'étais en faction dans les gradins quand tout a commencé, une élève s'est écroulée, Rivers a riposté et à partir de là un mouvement de foule a rendu les choses vraiment compliquée à gérer. Chaque Gardien a su comment réagir, Lancaster s'est entouré de personnes efficaces et même si les affinités personnelles ne sont pas nécessairement présentes, professionnellement c'est autre chose. Je ne doute pas de mes collègues, pas pour ce qui est de gérer des situations de crises telles que celle ci : Des blessés, de la panique, y compris des morts. Pour l'instant on gère, on fait tous notre boulot et ce que nous dictent nos instincts mais tôt ou tard il faudra se poser des questions : Qui ? Pourquoi ? Comment ? Qui et pourquoi, je pense que ça n'est pas très compliqué à deviner mais comment … ? Le château est peut être une forteresse d'apparence imprenable mais il a visiblement ses failles. Ils ont tenté une fois, on le savait tous qu'ils reviendraient seulement j'ai l'impression que quelque chose d'étrange se passe. Tout est allé très vite et même si la panique et la tension sont encore bien présentes, même si les mouvements de foules sont difficiles à calmer et endiguer, le danger semble s'être … comme évaporé.

Le stade se vide, les élèves prennent la direction du château pendant que les blessés sont pris en charme ou conduit vers l'infirmerie. En ce qui me concerne tous mes sens sont aux aguets, perché tout en haut des gradins j'observe tout le périmètre de la même façon que d'autres le font à divers endroit. Je finis néanmoins par bouger pour aller inspecter d'autres endroits et je m'apprêtais à entrer dans le château quand une silhouette argentée s'est imposée à moi : Un Patronus. Un scorpion, plus précisément.

« De l’aide. Ils sont revenus, ils sont au château. Blessé à l’arrière du bâtiment. »

J'aurai réagit peu importe de qui il s'agissait mais quand j'ai reconnu la voix de James je ne peux pas nier avoir passé la seconde sans trop réfléchir une seconde de plus.

« Rentrez à l'intérieur du château immédiatement ! Restez groupés et faites attention aux plus jeunes. Protégez les. »

Ils ne sont pas seuls, les Profs sont là, d'autres membres du personnel, d'autres Gardiens, etc … En revanche moi je le suis et c'est totalement stupide mais tout le monde est occupé et quitte à tomber dans un traquenard autant que je sois le seul à y passer. Oui, c'est de cette façon que je pense alors que je contourne le château en courant, suivant le scorpion qui se déplace avec de moins en moins de vitalité … Ce qui n'est pas bon signe.
Je ne pose aucun mouvement de recul en voyant un corps étendu sur le sol : Je fonce droit sur lui et constate en arrivant à son niveau qu'il s'agit d'un visage familier. Il est en vie, sonné mais en vie. Ma main se pose sur son épaule alors que je pose un genou à terre à côté de lui.

« Bordel, Spiers. Ça va ? »

Il ne répond pas, ne réagit pas vraiment mais je ne vois aucune trace de sang sur lui ce qui est plutôt bon signe. Ça n'est en revanche pas le cas de l'homme qui se tient à une dizaine de mètres de là et que je reconnais tout de suite. Je la vois, je la vois parfaitement même, cette lame plantée en plein dans son ventre et une boule se forme dans ma gorge alors que le visage d'Anthony se matérialise devant moi. James n'est pas Anthony, il ne le sera jamais parce que personne ne le sera jamais mais il est ici ce qui se rapproche le plus pour moi de ce qu'a pu être mon ami, mon frère, malheureusement mort depuis de nombreux mois désormais maintenant.
C'est avec des gestes lent et assuré que je manipule Spiers afin de le faire s'assoir jusqu'à ce qu'il s'adosse contre le mur de pierre derrière lui et une fois certain qu'il tient le coup tout seul ...

« Bouge pas, je reviens. »

… Je m'éclipse sans me retourner alors qu'il marmonne quelque chose d'à peine intelligible. Trois secondes plus tard je suis accroupis à côté de James, toujours conscient mais à peine, et ma main va pour se poser sur lui mais je la retiens au dernier moment.

« Ils t'ont pas raté. »

Et c'est peu de le dire. Je l'observe sous toutes ses coutures sans jamais paniquer, ça n'est pas la première fois que je vois un homme à terre et c'est dans ce genre de situation que je m'exprime réellement. Certains me voient peut être comme un robot mais je suis comme ça, totalement concentré, le sang froid à l'épreuve des balles.
Il tremble, est pale comme un linge, la lame est toujours planté dans ses chairs mais beaucoup de sang a déjà du s'en échapper. Le tout, c'est de garder sa concentration et de réfléchir, d'analyser la situation afin de faire le ou les meilleurs choix possible.

« Ok. Reste calme et garde tes mains bien appuyées sur la plaie. Vaut mieux pas enlever la lame maintenant, tu te viderais de tout ton sang ou pire. »

Et même si j'ai quelques notions magiques en terme de premiers soins je suis bien plus efficaces à la Moldue, c'est une évidence. Ce qui veut donc dire que je n'arriverai pas à stopper l'hémorragie et donc qu'il y passera. Bien sur que c'est une éventualité, une éventualité que je ne rejette pas et je sais que si Rina était présente je m'inquiéterai en cet instant pour elle quelque part dans un coin de mon esprit au même titre que je n'aurai pas déserté le stade sans m'assurer qu'Isma allait bien. Un simple coup d'oeil, ça m'a suffit, je suis donc à 100% concentré à la fois sur mon environnement direct et sur ce type qui est devenu quasiment un ami au fil des mois. Si je peux le sauver alors je ferais tout ce que je peux pour ça, c'est une évidence.

« Spiers, tu reste avec moi. Regarde moi, concentre toi et redescends sur terre. Qu'est ce qui s'est passé ? »

James essaie d'articuler quelque chose, je l'arrête tout de suite d'un ton ferme et sans appel.

« Non toi tu ne parles pas, économise tes forces. »

Mon regard va de l'un à l'autre, heureusement Spiers semble se réveiller un peu.

« J'ai rien vu, j'ai rien compris. J'ai été attaqué par derrière, je ne sais pas par où ils sont entrés ni comment. »

Hum. Ils l'ont attaqué par derrière en passant par ici, est ce que ça veut dire qu'ils sont entrés par là ? A creuser.

« Qu'est ce qu'il se passe ? »
« C'est la cohue là bas, il y a eu des agressions un peu partout. Apparemment ils sont assez nombreux mais suffisamment peu pour se fondre dans la masse. En revanche j'ai l'impression qu'ils ont disparu aussi vite qu'ils sont apparu, pour ceux qui ne sont pas morts. »

Volontaire ou non, de ce que j'ai pu en voir.

« Je ne vais pas pouvoir vous prendre en charge tous les deux et de toute façon toi tu ne peux pas bouger. T'as déjà perdu trop de sang. »

Sauf que ça me paraît évident, on ne peut pas rester là. D'une parce que ça nous rend vulnérable tous les trois, de deux parce que si on ne bouge pas on pourrait très bien attendre longtemps que quelqu'un vienne nous trouver ici … Je ne suis pas de ceux qui restent en arrière, ça n'est pas moi. Je ne suis pas non plus de ceux qui abandonnent ses coéquipiers alors après un regard circulaire autour de nous je sais que j'ai pris ma décision. Un Patronus n'y changera rien, il a déjà appelé à l'aide et l'aide c'est moi. Hors de question que je les laisse là tous les deux.

« Bon. Tout le monde est déjà bien occupé et on a un boulot à faire alors va falloir prendre sur vous Messieurs, on peut pas rester là à attendre que ça passe. Tu peux te lever Spiers ? »
« Oui, je crois que ça va. Ça va aller. »
« Ok. »

Mon regard va à nouveau de l'un à l'autre.

« James, est ce que tu vois un inconvénient à ce que je te lève et te fasse marcher au moins jusqu'à l'entrée du Hall, là où quelqu'un pourra peut être te prendre en charge plus facilement ? Il faut que tu ailles à l'infirmerie, je ne peux rien faire de plus pour toi ici et c'est tellement la panique là bas que personne ne viendra jusqu'ici. Tout le monde a ses priorités, il y a pas mal de blessés de ce que j'ai vu alors le mieux c'est de tous vous regrouper pour que les prises en charge soient plus simples. »

Sans parler de ça, je ne dis pas que c'est une perte de temps de prendre en charge ces deux là, loin de là, seulement le temps que je passe ici je ne le passe pas ailleurs à savoir à patrouiller dans le château, vérifier les sortilèges de protection, etc … Il m'apparait simplement logique et évident de guider les blessés vers les personnes en mesure de les prendre en charge afin que je puisse retourner faire ce pourquoi je suis ici. Ce pourquoi on a partiellement échoué aujourd'hui ...
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MessageSujet: Re: [EVENT 15.02]Time of Dying — Owen.   Lun 28 Sep 2015 - 15:23

Le bruit d’une mer agitée, de son eau salée qui se répercute contre la roche et le sable. La fraicheur d’un temps d’automne, celle-là même qui s’insinue en moi, des pieds jusqu’à la racine de mes cheveux, tel un poison. Ce mouvement, ce bruit, si apaisant. Si réconfortant. Synonyme d’un plaisir avoué, réitéré et ce, un nombre incalculable de fois. Le souvenir d’une traque, celle de cette jeune fille à l’aube de sa rébellion prématurée. Elle n’était pas prête, elle n’avait pas les épaules pour ça, ses mentors auraient dû en avoir conscience. Mais encore une fois, ils sont bien moins malins que nous, bien moins vigilants et protecteurs. Père ne m’aurait jamais envoyé au front avec si peu d’expérience. Pourtant, elle était là, baguette en main. Je revois en ce ciel gris, l’exactitude de la couleur de ses yeux, farouches, prête à en découdre. Cheveux aussi noir que ses tâches qui s’insinuent en douceur devant mes yeux, celles de la perte de conscience. Grande, presque autant que moi, malgré sa 18ème année de vie. Un silence s’impose entre Yora et moi, mais toujours persiste ce bruit. Le même. Les vagues ne s’écrasent plus, elles épousent ce sable compacte sous nos pieds.

Je ne souriais pas, pourtant l’envie était si présente pour exprimer cette joie profonde de la voir enfin face à moi. Peu d’expérience, certes. Mais maline. Bien plus que son prédécesseur. Deux semaines pour la trouver et nous voilà enfin réunit. Son visage, à la fois si beau et si laid, si candide et si dur, reste courageusement braquer sur moi. Elle sait qu’elle risque de mourir. Il y a des regards qui ne trompent pas. Mais à aucun moment elle ne se dérobe, ni me supplie. Je me souviens en avoir ressenti du contentement… J’apprécie ceux qui me résistent et qui font preuve de courage, jusqu’à la dernière seconde. Aussi stupide soit-il.

Toujours ce bruit si doux, que j’ai tant apprécié d’écouter lorsqu’après une lutte acharnée, Yora se trouvait au sol, torse ouvert vers le ciel. Ses yeux affolés une première fois, puis enragés lorsque je me suis approché d’elle. Son sang imbibait son vêtement, s’élargissant de seconde en seconde, un filet vermeil se frayant un chemin au coin de ses lèvres. Son corps tressaute, elle essaie d’articuler quelques mots.

— Ssssh. Ne gaspille pas tes dernières forces.

Je soulève sa tête de ma main gantée, un genou sur le sol alors que je sors discrètement une lame de la poche de ma veste.

— Ton sang est impur, ta cause inutile. Mais ton courage est honorable, surtout à 18 ans.

Elle tremble, comme je tremble en cet instant. Les couleurs s’estompent mais les souvenirs persistent. Je la revois me fusiller du regard avec sûrement pour dernière volonté de me trancher la gorge. Pas une larme, pas un supplice. Courageuse jusqu’au bout. Téméraire jusqu’à sa mort.
Je lui esquisse un sourire.

— S’il s’avère aussi douée que toi, tu as ma parole que ton frère Lehyan aura une mort rapide.

Cette fois, je peux lire de la peur dans son regard. Une peur qui me fait naitre un frisson le long de ma colonne vertébral. Elle a cru jusqu’à la dernière seconde que le jeune homme était en sécurité, cloitré dans leur maison d’enfance où ses grands-parents sont probablement déjà mort. Elle panique, s’angoisse, lève sa main pour accrocher ma chemise déjà tâchée de mon propre sang. Yora a été farouche, elle a su se défendre mais pas suffisamment.
Un geste suffit pour que ma lame s’enfonce en plein cœur, plongée jusqu’à la garde. Un dernier hoquet, une dernière cambrure.
Son souffle disparait.

Le mien devient erratique. La souffrance est très certainement celle que Yora a ressentie durant ses derniers instants et je me surprends à y trouver un plaisir. Une sorte de communion particulière avec l’une des dernières victimes achevées de mes mains. Les couleurs reviennent doucement alors que ma conscience décide de rester présenter, de me garder lucide. Ou presque.
Mourir pour une cause pour laquelle nous avons donné notre vie, mourir pour une cause qui s’avère être le pilier, le but de votre existence. Rien n’est plus glorifiant, plus honorable, plus jouissif que d’avoir donné son dernier souffle pour le premier pas d’une victoire. Si je vais mourir aujourd’hui ? Peu m’importe. Je l’ai fait pour eux et je sais que Père sera fier de moi. Un sacrifice pour une cause qui en vaut la peine, voilà ce que sera mon geste.
La douleur ressemble à une lame chauffée à blanc pour ensuite laisser place à un million d’aiguille qui me transperce l’abdomen. Et inversement. A intervalles régulier. J’ai froid, terriblement froid. Et Yora aussi. Oui, elle tremblait. Surtout lorsqu’elle sentait l’essence de sa vie quitter son corps au même rythme que ce sang qui imbibait ses vêtements.
Qui imbibe les miens en cet instant présent.

Des bruits de pas au loin. Lourds. Qui se répercutent sur le sol et semblent me transpercer le dos de lames invisibles. Je cligne difficilement des yeux, sentant les battements de mon cœur battre au ralenti. La blessure n’est pas profonde, je le sais, il a pris garde à ne pas trop m’endommager. Mais je sais aussi que si je reste une éternité ici, je vais claquer.

— Ils t'ont pas raté.

Je lâche un ricanement sec qui me tire une grimace de douleur. Owen est là, mon scorpion l’a trouvé et guidé jusqu’ici. Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé entre mon patronus et maintenant, mais ça n’a plus la moindre importance. Je n’articule pas un mot, pas maintenant, parce que je n’en ai pas la force et je ne vois pas l’utilité de le faire. Owen me scrute, de la tête aux pieds. Est-ce qu’il lui ait arrivé, le temps d’une seconde, de se demander si je n’étais pas la cause de ce qu’il se passe au château ? Parce que je sens, je sais, que c’est la cohue. La panique. L’angoisse. La folie. Nous avons frappé, ils ne s’y attendaient pas. Furtivement mais brutalement. Suffisamment pour fragmenter vos esprits.

— Ok. Reste calme et garde tes mains bien appuyées sur la plaie. Vaut mieux pas enlever la lame maintenant, tu te viderais de tout ton sang ou pire.
— C’déjà pas mal entamé là non ?

Et je garde un sourire qui se veut courageux, dédramatisant.
Je ne suis pas surpris de voir Owen s’y connaitre un minimum. N’était-il pas soldat après tout ? Sur le terrain, l’homme qu’il est a déjà dû faire face à des horreurs bien pires. Ce n’est pas un couteau planté dans un abdomen qui lui fera perdre son sang-froid. En revanche… bloquer dans une salle en feu, son contrôle se métamorphoserait en cendre. Et je vois dans son regard qu’il est déterminé, qu’il ne veut pas voir son bon pote James crever sous ses yeux. Ça serait moche, hein ? De voir claquer un deuxième copain sans pouvoir rien faire. Malgré tout, j’l’aime bien ce type aux soupires insignifiants.

— Spiers, tu reste avec moi. Regarde moi, concentre toi et redescends sur terre. Qu'est ce qui s'est passé ?
— J’éta…
— Non toi tu ne parles pas, économise tes forces.

Si ça n’était pas Owen, j’aurai probablement eu envie de lui cracher à la gueule. Pour la manière dont il m’ordonne cela avec une autorité sans appel. Mais bizarrement, venant de lui les ressentis sont différents, plus diffus. Ou  est-ce tout simplement ce morceau de métal enfoncé dans la chair qui adoucit ma rancune. Ça n’est pas le moment de débattre sur le sujet et encore moins de s’offusquer de ce genre de détail.

— J'ai rien vu, j'ai rien compris. J'ai été attaqué par derrière, je ne sais pas par où ils sont entrés ni comment.

Je grimace comme pour approuver ce qu’il dit et montrer ma colère, ma culpabilité de s’être trouvé comme Spiers : Prit en traitre.
Bon point pour nous.

— Qu'est ce qu'il se passe ?
— C'est la cohue là bas, il y a eu des agressions un peu partout. Apparemment ils sont assez nombreux mais suffisamment peu pour se fondre dans la masse. En revanche j'ai l'impression qu'ils ont disparu aussi vite qu'ils sont apparu, pour ceux qui ne sont pas morts.

Ils ont réussi. Les miens, ont réussi. A s’introduire, se glisser tel des vipères,  pour les attaquer par surprise et les faire tomber. Une boule de fierté se disperse au creux de moi malgré la douleur lancinante qui ne se tarie pas.
Le ciel tourne violemment une demi-seconde avant de décélérer la cadence. Un véritable manège.

— Je ne vais pas pouvoir vous prendre en charge tous les deux et de toute façon toi tu ne peux pas bouger. T'as déjà perdu trop de sang.
— Ca va aller. J’peux me lever.

Chaque mot me tire une grimace douloureuse.
Sois brave Billy.
Soit brave, James.
Le coup d’éclat a fonctionné, nous avons réussi. Maigre victoire pour une plus grosse réussite. Cela me suffit amplement à puiser quelques forces supplémentaires. Encore une fois, la blessure n’est pas profonde mais suffisamment conséquente pour me valoir toute une nuit à l’infirmerie pour me remettre tranquillement.

— Bon. Tout le monde est déjà bien occupé et on a un boulot à faire alors va falloir prendre sur vous Messieurs, on peut pas rester là à attendre que ça passe. Tu peux te lever Spiers ?
— Oui, je crois que ça va. Ça va aller.
— Ok.

Mes deux mains toujours autour de la lame, comme si je pouvais empêcher le sang de s’écouler, je porte mon regard trouble sur Owen. Les sons me proviennent avec un bruit étouffé, comme s’il se trouvait à 10 mètres de moi. Pourtant, aucun signe de malaise. Juste ce froid, toujours ce froid. Et cette douleur qui n’en finit pas mais qui se trouve être aussi désagréable que jouissive.

— James, est ce que tu vois un inconvénient à ce que je te lève et te fasse marcher au moins jusqu'à l'entrée du Hall, là où quelqu'un pourra peut être te prendre en charge plus facilement ? Il faut que tu ailles à l'infirmerie, je ne peux rien faire de plus pour toi ici et c'est tellement la panique là bas que personne ne viendra jusqu'ici. Tout le monde a ses priorités, il y a pas mal de blessés de ce que j'ai vu alors le mieux c'est de tous vous regrouper pour que les prises en charge soient plus simples.

Nouvelle vague de chaleur. Pas mal de blessés dit-il ? Panique ?
La brèche est ouverte, leur coquille est désormais fracturée.
Je cherche une inspiration, cligne des yeux et article, la gorge sèche. Je donnerais n’importe quoi pour un énorme verre d’eau fraiche puisque si en ce moment précis je tremble de froid, j’ai la sensation que l’intérieur de mes organes est un vrai brasier. Le corps se défend, il sent que quelque chose foire chez lui alors il se débat. Combat.

— Ça devrait l’faire. Il faut juste que tu m’aides.

Le couteau est pile dans l’abdomen et se lever est synonyme tirer sur les abdos et courber le ventre. Soit, accentuer la blessure et la douleur. Ma voix tremble sous celui du corps et seul le fait de lever le bras pour me passer une main sur le visage me tire une grimace douloureuse.

— J’ai l’impression que j’vais vomir mon déjeuner.

Ce qui va sûrement être le cas si je ne me mets pas rapidement debout. J’entends les pas de Spiers s’approcher lui aussi, avec moins d’entrain qu’Owen, sûrement encore un peu sonné. Je les sens tous les deux glisser leurs mains sous mes bras alors que je viens d’acquiescer d’un signe de tête résolu, traduisant mon accord pour bouger. Inutile de rester ici à bavasser plus longtemps.
Lorsque mon corps se soulève, aidant mes deux collègues en appuyant sur mes jambes et mes pieds, je lâche un râle douloureux, retenu par ma mâchoire serrée à son maximum. La souffrance se lie sans peine sur mes traits parce que si mon jeu de gentil gardien est factice, elle, elle ne l’est pas. Elle est bien là, présente, planté dans ma chair et je dois avouer qu’elle se fait plus douloureuse que je ne l’aurai cru.

— Si je retrouve celui qui m’a fait ça, je le crève. Bordel.

Premier juron. Première fois que je me laisser aller mais les circonstances sont tellement différente de notre quotidien. Un homme ne peut rester éternellement poli, pas avec un couteau planté dans le ventre. Et parler me procure un fil auquel me raccrocher pour éviter de plonger dans une sorte d’inconscience que je tente d’éviter un maximum. Nous entamons la marche, je boite, aider de mes deux collègues alors qu’a chaque pas, c’est un éclair brûlant et aigüe qui me traverse la paroi abdominale. Je souffre silencieusement, visage crispé et souffle court qui s’échappe d’entre mes dents. Ça n’est pas la mer à boire alors je me la ferme, encaissant silencieusement comme chacun de nous l’aurait fait en ces circonstances. Je me replonge dans l’esprit du vrai James, celui prévenant, professionnel et avisé. J’ai durant quelques secondes une pensée pour mes frères et sœurs n’ayant pu s’échapper d’ici, faisant éclater la mort entre leurs dents.
Les pas s’accumulent, les mètres avalés aussi et j’aperçois non loin de nous le Hall d’entrée. Chaque mouvement est un effort supplémentaire mais le sang ne s’écoule plus aussi rapidement, le couteau faisant office de « bouchon ».

— J’ai foiré. Suis désolé.

En somme : j’aurai dû être plus vigilant, plus attentif. Je laisse ma culpabilité faire surface quelques secondes sans en faire des caisses. Mais comme tout bon gardien qui se respecte entre ces murs, nous avons un rôle à tenir : Protéger ces gosses et leurs Enseignants. Et ici, nous avons clairement foiré et je sens que Spiers n’en pense pas moins à mes côtés. Il a tout autant foiré que moi. Il le sait.
Douce jouissance que ce jeu des manipulations.
La terre tourne violemment.

— Com… Grimace. Je persiste. Comment vont les gosses ?

Je détourne mon regard inquiet et soucieux vers Owen.
Dis-moi, combien d’entre eux sont morts en cet instant précis ?
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MessageSujet: Re: [EVENT 15.02]Time of Dying — Owen.   Lun 5 Oct 2015 - 19:24

Dire qu'il est dans un sale état est un doux euphémisme. Encore un moment coincé ici et il y passe, c'est aussi simple que ça. Des blessures j'en ai vu un paquet dans ma carrière et je reconnais certains signes sans trop de mal. Certes la lame contient le flot mais il ne se vide pas moins de son sang pour autant et le laisser là n'arrangera pas les choses. C'est un risque de le déplacer, j'en ai parfaitement conscience mais arrivé un moment il faut prendre des décisions et c'est exactement ce que je viens de faire. Il n'y a pas de négociation possible, le ton reste cordial et clame mais il est sans appel. Spiers, lui et moi allons foutre le camp de cet endroit quand bien même je vais rapidement y revenir en ce qui me concerne. Il y a une faille dans le système et il faut la trouver, la colmater. Il faut ainsi donc bien commencer quelque part et puisque c'est deux là on été pris en traitre je pense qu'on ne doit pas laisser ce fait, ce lieu, sans attention particulière.

Et toi mon pote tu es pâle, bien trop pâle.

« Ça devrait l’faire. Il faut juste que tu m’aides. »
« J'en sais rien, j'hésite encore à te laisser agoniser là. »

Pince sans rire, comme toujours, mais je réprime malgré moi une grimace et ressens un semblant de culpabilité quand ses traits se tordent de douleur. Pas d'humour, c'est trop dangereux pour sa condition. Information enregistrée. Pour le reste ... Il est au courant pour Anthony, je pense qu'il doit se douter ce qui se passe réellement dans ma tête.

« J’ai l’impression que j’vais vomir mon déjeuner. »
« Évite de contracter si tu peux. Tiens le coup, on va te sortir de là et te mettre entre les mains de personnes qui t'arrangeront tout ça. »

Plus facile à dire qu'à faire pour ce qui est de ne pas contracter parce que d'une manière ou d'une autre si on doit le bouger ça arrivera inévitablement. Je ne connais pas tellement sa résistance à la douleur, je n'y ai jamais été confronté mais quand je vois l'état dans lequel il est et sa façon de gérer je me dis qu'on a encore un peu marge. Serre les dents, on va faire ce qu'on peut.
L'espace d'une seconde je dégage mon attention de James pour tourner la tête vers Spiers et lui faire signe de se ramener, ce qu'il fait d'un pas un peu chancelant mais ça devrait le faire. Il a l'air sonné, m'est avis qu'il a simplement besoin d'un peu de temps pour retrouver ses esprits mais l'adrénaline aidera peut être a accélérer le processus. En ce qui me concerne je suis passé en pilote automatique depuis un moment, complètement plongé dans mon élément. Tous les deux en position, un de chaque côté de James on attend son signal et une fois que celui ci est effectif tout s'active rapidement. Inutile de faire trainer les choses, il souffrira quoi qu'il arrive. Il est debout, fermement maintenu et d'un coup d'œil pendant qu'il reprend son souffle je m'assure que la lame n'a pas bougé.

« Si je retrouve celui qui m’a fait ça, je le crève. Bordel. »
« T'énerve pas, ça ne fera qu'aggraver les choses. Et arrête de gaspiller ton énergie. »

Des ordres ? Pas exactement, disons un point de vue exprimer de manière relativement ferme mais tout ça pour son propre bien. En l'état je ne me préoccupe pas vraiment de ses états d'âmes à ce niveau-là à vrai dire, ça n'est clairement pas une priorité.
La marche se met en route, elle est lente, maladroite mais personne n'a le choix. L'idée c'est de le sortir de ce trou où personne ne le trouvera et le rapprocher des points de soins, pas de lui faire courir un marathon. Il tient le coup, il ne bronche pas exprimant une force de caractère conséquente. Je peux me mettre à sa place, j'ai été plusieurs fois au cours de ma carrière et je connais la douleur, et clairement sa résistance est impressionnante mais le moment n'est pas au lancé de fleur. Spiers rempli sa mission comme il se doit malgré ses propres difficultés, pour ma part j'admets puiser dans ma patience alors que chaque parcelle de mon corps hurle de vouloir retrouver le terrain au sens propre du terme. S'occuper des blessés fait partie du job, c'est simplement une question de bon sens en réalité et c'est d'autant plus fort lorsqu'il s'agit d'une personne que vous côtoyer tous les jours et qui au fil des mois est clairement devenu plus un coéquipier qu'un simple collègue mais mes instincts courent dans toutes les directions sans pour autant se mélanger, me permettant de garder l’esprit parfaitement clair.

Il aura fallu prendre le temps, le temps de le guider en un lieu plus propice tout en essayant de le faire souffrir le moins possible, en faisant en sorte de ne pas aggraver de manière irréversible ou trop grave sa condition. J’admets avoir poussé un soupir de soulagement en voyant l’entrée du Hall se rapprocher. C’est toujours la cohue mais les choses semblent être entrain de se calmer malgré tout.

« J’ai foiré. Suis désolé. »
« On a tous foiré. Ils n'auraient jamais du pouvoir entrer à nouveau. »

Le regard braqué droit devant moi et ma baguette entre les doigts de ma main plus ou moins libre je n’ai pas l’intention de faire plus de commentaire. Un coup d’œil à James, un autre à Spiers, m’apprennent qu’il est clairement temps qu’on arrive à destination même si cette dernière n’est pour le moment pas vraiment précise.

« Com … Comment vont les gosses ? »
« Pour l'instant j'en sais rien. Il y a plusieurs blessés, dont des graves à mon avis. Tous par arme blanche. D'autres ont été pris dans un mouvement de foule. Ils sont pris en charge par les Profs, d'autres Gardiens et membres du personnel. Ils s'entraident aussi entre eux. Les habitants de ce château savent gérer des situations de crises, peu importe leur âge. »

J’ai l’air d’un robot, j’en ai parfaitement conscience mais ça ne me perturbe pas plus que ça. Je suis dans mon élément, tout est totalement maitrisé, carré, au millimètre près. Pas le temps de faire dans le sentimental, ça n’est de toute façon pas dans mes habitudes. Il pose des questions, j’y réponds de manière succincte mais précise. Tout ça ce sont des « restes » de mes années passées dans l’armée, j’ai été formaté de cette façon de mon plein gré.

« A voir si l'attaque est réellement terminée, on ne pourra se rendre compte de l'étendue des dégâts qu'une fois que tout sera sous contrôle et que l'état des lieux sera fait. Hey ! »

Devant nous deux hommes se retournent : Je ne crois pas qu’ils soient des Profs, ils ne sont pas des gardiens non plus, sans doute des élèves en dernière année ou quelque chose comme ça.

« Vous montez à l'infirmerie ? »
« Oui. »
« Ok. Spiers, monte avec eux et emmène James avec toi. Il faut qu'il soit pris en charge et fais toi examiner aussi au passage. »

Je fais signe aux deux autres de venir à notre rencontre et m’écarte de James le plus délicatement possible en faisant bien attention à ce que la lame ne bouge pas. D’un signe de tête je désigne l’un des deux types et lâche d’un ton qui ne laisse place à aucune forme de protestation possible :

« Toi, aide-le. Faites attention à son ventre et surtout, surtout ne retirez pas la lame. Laissez faire le personnel médical, c'est clair ? Si vous pouvez utiliser quelque chose pour le transporter jusque-là haut ça serait l’idéal. Même une porte retirée de ses gonds fera l’affaire, ça serait même l’idéal. Une surface plane et rigide, c’est exactement ce qu’il lui faut. »

Ils opinent tous les deux du chef et l’un vient prendre ma place d’un côté alors que l’autre prend celle de Spiers. Ma main se pose sur son épaule une seconde, je lui accorde un signe de tête et capte le regard de James.

« T'en fais pas, je t'apporterai un bouquet de fleur comme cadeau de convalescence dès que tout ça se sera tassé. »
« Matthews ! »

Lancaster.

« Allez-y. »

Un dernier signe de tête au petit groupe et je rejoins mon supérieur hiérarchique en me frayant un chemin à travers les élèves encore paniqués qui rentrent au château. Lancer une attaque pendant un évènement pareil … C’était très intelligent. On aurait du se méfier plus que ça.

« Vous êtes valide ? »
« Oui Monsieur. »
« Bien. Prenez autant d'hommes que vous pourrez et commencez à faire le tour du périmètre. »
« Bien Monsieur. Sanchez, McNamara, Ryder. Venez avec moi. »

En cet instant je ne réfléchis plus ou en tout cas pas comme un homme pourrait le faire mais plutôt comme une machine, un être entrainé au combat, aux situations de crise, sans jamais perdre son sang froid. En cet instant je me sens moi même et dans mon élément, n'en retire aucune satisfaction mal placée pour autant, mais agit en conséquence.

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MessageSujet: Re: [EVENT 15.02]Time of Dying — Owen.   Lun 19 Oct 2015 - 15:33

On a tous foiré. Ils n'auraient jamais du pouvoir entrer à nouveau.

Vous avez tous foiré et j’ai réussi. Sous votre nez, pendant que vous étiez trop occupé à en soupçonner peut-être d’autres. Durant tout ce temps à veiller sur la surveillance du château et à revêtir l’habit du gentil et du gardien acharné, j’ai entaillé la muraille de ce château. C’est comme une première entaille sur la pierre où ça ne laisse qu’une légère marque. Mais à force de repasser dessus, encore et encore des jours durant, l’entaille devient écorchure profonde, ouverte. Une vraie brèche. Je me vide de mon sang mais ça n’a aucune importance. Un homme résolu et qui n’a rien à perdre est un homme dangereux. Ils commenceront à le comprendre après ce bain de sang, parce que c’est exactement ce que c’est. Un bain de sang silencieux, fluide, rapide. Je crois que beaucoup ici sous-estime la force d’un esprit préparé et gorgé de conviction. Ils devraient pourtant tous le savoir que le danger n’est pas minime. L’Histoire elle-même en témoigne : Combien de mort pouvons-nous compter au nom d’un Dieu ? D’une cause ? Combien d’attentat sont provoqués au sein des camps ennemis ?

Nous ne sommes pas sanguinaires. Je sais que certains des miens ont cette soif de sang insatiable où cette lutte rime avec tuerie. Moi pas. Si je dois en venir au sang et à la mort, c’est pour une bonne raison mais je ne le fais jamais gratuitement. C’est ce qui me différencie des autres, de ceux qui tuent pour un nom. Moi je lutte pour un monde meilleur. Je lutte pour la survie de notre espèce, de notre sang avant que cette dernière ne s’éteigne sous tous ces mélanges impurs. Je suis simplement un homme qui aspire à un monde épuré, plus sain. Pour notre génération à venir. Un homme qui pense et agit pour le bien de tous. Alors pourquoi me haïr lorsque je leur rends service à tous ? Parfois je me dis que nous ne pouvons pas réellement ne vouloir à ces gamins que nous avons été obligés de trancher de part et d’autre pour leur enseigner la leçon. Ca n’est pas de leur faute s’ils n’ont pas conscience à quel point nous risquons l’extinction, non. Mais plutôt celles de leurs parents incapables de leur enseigner les bons préceptes. Tout est une question d’éducation. Ils n’ont pas eu la même chance que moi d’avoir un père intransigeant certes, mais incroyablement doué et généreux. Il m’a tout apprit, aussi bien dans la douleur que dans la persévérance. Et qu’en est le résultat aujourd’hui ? J’ai infiltré un château et berné l’ensemble de ces habitants en revêtant l’habit d’un type lambda, tranquille, avec ses défauts et ses qualités, avec son passé, son caractère, cette petite faiblesse. Un homme normal qui se fond dans une foule dite, tout aussi normal. Et c’est lorsqu’un fruit pourri dans un panier, que l’ensemble sera contaminé.

Mes jambes ont du mal à me maintenir debout et chacun de mes membres sont un morceau de coton. Je dois avouer que je donnerais cher pour dormir, plonger dans un sommeil réparateur.

— Pour l'instant j'en sais rien. Il y a plusieurs blessés, dont des graves à mon avis. Tous par arme blanche. D'autres ont été pris dans un mouvement de foule. Ils sont pris en charge par les Profs, d'autres Gardiens et membres du personnel. Ils s'entraident aussi entre eux. Les habitants de ce château savent gérer des situations de crises, peu importe leur âge.

Oui, Owen. Ils savent gérer des situations de crises et tu as raison. Ils ont tant de fois fait preuve de caractère, de pragmatisme, de solidité et c’est en ça que nous avons eu du mal à percer les défenses à Noël dernier. Oui, peu importe leur âge comme il le dit si bien, ils savent gérer. Mais jusqu’à quand ? La psychologie humaine est une pâte à modelée pour celui qui sait s’y prendre. Ils ne savent pas les esprits qui, ici, se forment dans l’ombre. Une fissure s’est créée à l’intérieur même du château et l’esprit commun va se diriger vers une seule et unique idée : Quelqu’un nous a trahit. La stratégie s’est déjà mise en place et elle prendra du temps.
Je tousse et le geste m’arrache un grognement douloureux. Mes forces s’amenuisent mais je plonge dans les dernières qu’il me reste pour réussir à arriver à bon port, conscient.

— A voir si l'attaque est réellement terminée, on ne pourra se rendre compte de l'étendue des dégâts qu'une fois que tout sera sous contrôle et que l'état des lieux sera fait. Hey !

Je ne bronche pas, économise mes forces alors qu’une vague de chaleur contraste terriblement avec le froid qui m’entoure et m’habite. La réussite, même minime de cette opération, est agréable, vivifiante. Le brouhaha du Hall me parvient et ne fait qu’accroitre cette satisfaction silencieuse. Je laisse Owen me trainer encore un peu plus, l’aidant du mieux que je peux en poussant sur mes jambes, malgré la douleur qui s’étend à chaque geste que je fais. La lame bouge de temps à autre, de manière très légère mais suffisante pour me crisper.

— Vous montez à l'infirmerie ?
— Oui.
— Ok. Spiers, monte avec eux et emmène James avec toi. Il faut qu'il soit pris en charge et fais toi examiner aussi au passage.

Je crois que deux personnes se dirigent vers moi, je ne sais plus très bien ma vue n’est pas à son top niveau, tout comme l’ensemble de mon corps qui subit une baisse de tension progressive. Chaque cellule travaille à me remettre d’aplomb sous cette situation d’urgence même si elles n’y arrivent pas.

— Toi, aide-le. Faites attention à son ventre et surtout, surtout ne retirez pas la lame. Laissez faire le personnel médical, c'est clair ? Si vous pouvez utiliser quelque chose pour le transporter jusque-là haut ça serait l’idéal. Même une porte retirée de ses gonds fera l’affaire, ça serait même l’idéal. Une surface plane et rigide, c’est exactement ce qu’il lui faut.

Ecoutez le comme il est maternel, une vraie mère poule voulant à tout prix protéger son fiston adoré. Son ton est sans équivoque et laisse entrevoir aucune possibilité de protestation de la part des deux personnes qui me soutiennent désormais. Pour ceux qui commencent à le connaitre comme moi, cela pourrait presque ressembler à une petite marque d’affection de sa part. Je ne doute pas une seule seconde sur ce que je représente pour lui, Owen avait pris la peine de se confier à moi récemment concernant ses doutes sur Everett mais aussi son passif autour de ce Barbecue à la sauce Anthony. N’étant pas de nature très bavarde, il va de soi que ses confidences sont une marque évidente de confiance. Je suppose donc que son inquiétude inutile et futile est donc véritable. Mais absolument pas réciproque, quand bien même je l’apprécie un minimum.

Et je réfléchis trop pour quelqu’un qui a un couteau de planté de le bide, mais il faut croire que l’effervescence de l’horreur dans le Hall me galvanise un minimum. Sans compter les larmes, les visages défaits et le sang sur le sol. Un vrai bonheur, un vrai spectacle. Chacun son espoir et sa source de lumière, que voulez-vous.
Mon regard capte celui d’Owen. Nos yeux se croisent, se plantent l’un dans l’autre. Un vrai regard, anodin pour d’autre. Important pour moi. Je serais celui qu’il a regardé droit dans les yeux ce jour-là, celui qui a ouvert la brèche sans qu’il ne s’en doute un instant, celui qui lui aura menti en jouant cette pauvre comédie, couteau au ventre. Je veux être celui qui le trahit même si je persiste à croire que dans notre camp, j’aurai beaucoup apprécié l’avoir en coéquipier.

I was told to stay away
Those two words I can't obey
Pay the price for your betrayal
Your betrayal, your betrayal!

© BFMV – Your Betrayal


— T'en fais pas, je t'apporterai un bouquet de fleur comme cadeau de convalescence dès que tout ça se sera tassé.
— Matthews !

Lancaster est dans les parages et je sais qu’il ne manquera pas de nous voir un par un pour savoir comment on va mais aussi, savoir ce qu’il s’est passé.

— Et bientôt ça sera quoi, l’alliance ? Tsss.

Grimace douloureuse. Ca me tire jusqu’à l’intérieur des tripes.

— Allez-y.

Je lui accorde un dernier sourire crispé et blanc avant de le regarder s’éloigner et de me laisser porter jusqu’aux escaliers. Spiers prend garde à gueuler sur celui qui me maintient en lui disant d’y aller doucement et je le rassure en quelques mots : Je ne suis pas le plus à plaindre, t’inquiète pas.
Et comment. Quoi de plus simple que d’imaginer la douleur des autres en amplifiant sa propre souffrance ? Je n’ai qu’à me concentrer sur ce mal qui se répand chez moi et m’engourdie jusqu’aux bouts des doigts pour avoir une idée un peu plus précise sur ce qu’on ressenti les plus touchés. J’espère que mes frères ont pris autant de plaisir que moi en cet instant avant de rendre leur dernier souffle ou de partir d’ici.
Les marches sont un véritable calvaire et je me demande à quel moment nous avons pu penser qu’il était bien mieux de placer l’infirmerie au 7ème plutôt qu’au 3ème ou dans le Hall. Ils dégondent une porte, me place sur la surface plane et grâce à la magie me transporte jusque dans l’infirmerie. Je transpire, je tremble comme prit d’une fièvre et je ne cesse pas de jeter des coups d’œil au manche du couteau qui dépasse de ma veste et du reste de mes vêtements.

— T’inquiète vieux, ils vont t’arranger ça.
— Au pire j’serais un gruyère vivant.

Pâle sourire, léger rire douloureux mais on fait comme on peut pour garder le moral des troupes en vie. Ca ne dure que quelques secondes. La porte de l’infirmerie s’ouvre et c’est comme si l’horreur envahissait chacune de nos particules. Spiers reste un instant bloqué devant cette vision de sang, de blessés, d’ordres donnés. Il est parcouru d’un frisson, tout comme moi. A la différence que la saveur de ce dernier n’est absolument pas la même.

— Vous êtes blessés ?

Regard vers Spiers qui lui explique brièvement et se fait éconduire dans la salle d’à côté, pour les plus légers. Je ne saurais plus dire si c’est Phaedre que je vois s’approcher de moi avec Ismaelle, ou deux autres personnes. Je ne suis plus sûr de rien alors que je vogue entre deux états, l’inconscience menaçant de m’emporter d’ici peu. Je me sens simplement porter sur cette même planche de bois un peu plus loin au cœur du chaos. Des mains s’agitent, des voix s’articulent pour former des mots dont je n’en comprends pas le sens. Inexplicablement j’ai une pensée pour Lou’ et perçoit ses yeux bridés dans ce néant qui s’approche. Elle se serait éclatée comme une petite folle aujourd’hui.

Ma vue brouillé par la fatigue et par la fièvre naissante, je scrute l’ambiance de la salle. Le chaos y règne avec une folie qui m’étreint de fierté. Les blessés sont arrivés de partout, en un nombre assez conséquent pour le peu de personnel qu’ils sont. Une dizaine, c’est gérable. Mais ça l’est beaucoup moins quand la moitié est blessée gravement ou mortellement et qu’en plus de cela, ils vous sont amenés tous d’un coup. Je perçois Dimitri inconscient dont le psychomage s’occupe. J’aperçois même la femme d’Anton s’afférer à droite à gauche pour aider comme elle le peut. Je me dis qu’il ne serait peut-être pas très content d’apprendre qu’elle aide ceux qu’il cherche à détruire. Les gémissements, les plaintes, les grognements. Les cris parfois, affolés. Ceux d’Helland qui semble s’acharner plus loin sur un corps inanimé avec l’énergie du désespoir, dans un coin reculé de la pièce.

La potion ingurgitée me plonge dans une somnolence proche de l’endormissement alors que la douleur, elle, s’estompe. Petit à petit. Je n’ai pas la force d’un sourire face à ce carnage, mais en moi exulte cette fierté pour les miens d’avoir fragmenter la première couche de glace.

In a coat of gold or a coat of red,
A lion still has claws,
And mine are long and sharp, my lord,
As long and sharp as yours
And so he spoke, and so he spoke,
That lord of Hogwarts,
But now the rains weep o'er his hall,
With no one there to hear
Yes now the rains weep o'er his hall,
And not a soul to hear

© The National – The Rains of Hogwarts (Castamere)


— FIN RP —
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