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 [Event 15/02] I'm drowning [Libre]

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MessageSujet: [Event 15/02] I'm drowning [Libre]   Ven 28 Aoû 2015 - 12:46

~Dimanche 15 février – Au début de la nuit ~

Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que tout dérape encore une fois ? Que tout lui échappe et qu’une fois de plus son incapacité à se taire se retourne contre ses proches. Emily avait l’impression d’étouffer. Il lui fallait sortir, prendre l’air, ne plus avoir les murs du Château autour d’elle. La demoiselle se releva alors péniblement. Cela faisait maintenant plusieurs heures qu’elle était assise dans les toilettes après avoir vomi tout ce que contenait son estomac. Puis elle était restée là, complètement apathique, incapable de rien, incapable de se sortir de cette torpeur qui lui vrillait les entrailles et lui donnait envie de renoncer à tout. Pourquoi ? La jeune femme avança péniblement dans les couloirs et se rendit compte qu’il serait difficile pour elle de sortir discrètement du Château dans son état. Surtout que les gardiens devaient être sur les dents après ce qu’il s’était passé. Pourtant c’était vital à ses yeux. Elle ne pouvait pas rester à l’intérieur au risque de faire une crise de nerfs. En avançant dans les couloirs et en voyant les marques des événements du jour, Ems sentit ses muscles trembler. Vite. Il fallait qu’elle sorte de là. Sans trop réfléchir, la demoiselle se mit à courir. C’était idiot, cela ne ferait qu’attirer l’attention sur elle si un gardien passait par là mais elle n’était plus en mesure de réfléchir à tout ça. Des flashs défilaient dans sa tête et la poussaient à retrouver de l’énergie, à aller plus loin et plus vite. Son instinct la guidait vers la zone extérieure la plus facile à atteindre : la volière. Là haut malgré les chouettes, malgré tout elle pourrait avoir de l’air et surtout, se poser à un moment dehors, à l’air pur, côtoyer le ciel et vider sa tête. Oui, Emily voulait juste oublier. Pourquoi ? Pourquoi ?

Emily arriva en courant en hauteur et quand enfin elle sentit le vent frais voir glacial sur ses joues, elle s’arrêta net. Elle constata alors qu’il faisait nuit. Ce n’était pas étonnant et pourtant elle n’avait elle-même aucune conscience du temps qui venait de s’écouler. Le ciel était couvert et les étoiles étaient donc voilées. Et pourtant, elle ne s’en attrista pas. Elle était persuadée que même elles n’auraient pas réussi à l’apaiser, en aucune façon. La jeune femme s’avança alors un peu, penchant la tête en arrière, les yeux clos pour mieux savourer l’air sur sa peau. C’était un cauchemar. Elle voulait se réveiller, que tout s’arrête, recommencer cette journée à zéro, faire comme si elle n’avait pas existé, comme si elle ne pouvait pas avoir existé. Mais chaque fois les images revenaient, les voix résonnaient dans sa tête et, soudainement, Ems se plia en deux de douleur. Elle sentait encore une terrible envie de vomir mais savait très bien aussi que plus rien ne pouvait sortir de son estomac. Sa respiration était courte, elle avait juste l’impression qu’elle allait mourir étouffée, ici, là, sans autre forme de procès. Cameron. Pourquoi ? Encore une fois on avait payé pour elle, pour ses erreurs, pour son envie de donner un sens à sa vie. Elle savait que son frère prenait des risques, qu’il faisait aussi des actes de résistance et elle avait l’accepté qu’il puisse lui arriver du mal à cause de ça. Mais c’était inconcevable qu’il souffre à cause d’elle. Cette liste, ces mots…. Les Supérieurs l’avaient dans le viseur, elle le savait très bien, ce n’était sans doute pas pour rien que son frère avait essayé de la tuer. Mais de là à s’en prendre à Cameron pour la faire taire… C’était parfaitement logique mais jamais elle n’aurait voulu l’envisager. Et voilà que tout c’était réalisé devant elle. Et c’était trop dur. Elle n’en pouvait plus.

Un cri retentit alors dans la nuit. Un hurlement de désespoir, de rage. Ems n’avait pas pu le conserver plus longtemps en elle. Cela faisait maintenant de longues minutes qu’il lui brûlait la gorge, qu’il détruisait ses neurones et qu’il attaquait tout ce qu’il restait d’humain et non de bestial. Puis il était sorti, sec, violent, trahissant l’état de destruction dans lequel se trouvait la jeune femme. Et puis, soudain, elle se laissa tomber à genoux, prostré, en avant, des sanglots la secouèrent. Elle serrait avec force son haut au niveau de son poitrine alors qu’elle sentait la douleur la faire suffoquer. Elle avait faillit perdre son frère. Ils avaient vu la mort devant eux encore une fois. Elle avait été épargnée physiquement mais elle savait maintenant qu’elle était en permanence en danger de mort. Une cible mouvante, une cible de choix. Elle l’avait cherché, et pourtant, elle n’avait jamais ressenti la peur aussi forte. La peur mais aussi le désespoir. Alors qu’ils croyaient tous revoir la surface de l’eau, alors qu’ils pensaient se reconstruire et reprendre des forces pour assumer de nouvelles batailles, ils étaient pris par surprises, attaqués dans le dos. On voulait détruire toutes leurs envies de rébellion, tous leurs espoirs. Emily était une figure de proue de ces gens qui voulaient toujours continuer à y croire. Mais cette fois elle se sentait fragile, à la portée de n’importe quel ennemi. Elle n’avait plus la force tout simplement. Peut être demain la retrouverait-elle mais cette douleur qui lui vrillait la poitrine, elle ne l’oublierait sans doute jamais. Ems qui croyait enfin être redevenue forte, être de nouveau une femme prête à tout, sentait qu’en fait, cette assurance n’était pas complète. Il y avait toujours en elle cette fragilité latente, cette humanité qui faisait qu’elle ne pouvait pas toujours être pleine d’espoir, garder le sourire et vaincre toutes les difficultés. Non, là, elle réalisait qu’elle était réellement une personne comme les autres pouvant ployer dès que le point sensible était touché.

Tremblements, pleurs. Le corps d’Emily était secoué de manière anarchique mais régulière. Elle crachait tout ce qui la torturait depuis des heures maintenant mais avait l’impression que cela ne pourrait jamais la soulager. Cette fois les larmes ne seraient pas salvatrices, cette fois elle ne suffirait pas à la faire repartir de bon pied. Ils avaient voulu détruire sa volonté, la réduire au silence et ils étaient en bonne voie pour réussir. Emily la rebelle, la meneuse du groupe de musique, la fille que rien n’avait arrêté jusque là, du moins en apparence, était tout simplement entrain de lâcher prise. De se noyer.
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MessageSujet: Re: [Event 15/02] I'm drowning [Libre]   Ven 28 Aoû 2015 - 20:18

Dimanche 15.02.2015
À la tombée de la nuit

D'abord, ça avait été Ever. Ever la jeune fille modèle, encore plus modèle que Caitlyn, qui ne perdait jamais une occasion d'étaler sa science et de proposer son aide. Ever la belle poursuiveuse brune de l'équipe de Quidditch de Ravenclaw, Ever la sœur jumelle calme et posée de la turbulente Killian. Ever, qui n'avait jamais rien fait à personne, et encore moins aux Supérieurs. En tout cas, jamais rien dont Caitlyn soit au courant. Au contraire, elle avait toujours eu l'impression que la bleue faisait son possible pour calmer la rouge, l'incitant à être plus discrète, plus réservée, par peur que sa sœur jumelle n'attire sur elle-même les foudres des Supérieurs. Et, aujourd'hui, c'était Ever qui s'était fait poignarder, à quelques mètres de Caitlyn, dans les gradins du Stade de Quidditch, juste après le coup de sifflet final qui avait marqué la victoire des Hufflepuff. Victoire qui avait été vite oubliée, lorsque des spectateurs avaient commencé à s'écrouler un peu partout dans les gradins. S'il n'y avait pas eu Rafael pour la retenir, Caitlyn se serait précipitée vers sa coéquipière et camarade de classe, pour intervenir, la secourir, ou au moins pour empêcher sa sœur jumelle de tabasser son agresseur à mains nues. Mais d'autres qu'elle avaient rapidement pris en charge la situation, et, finalement, elle s'était "contentée" d'essayer de calmer Rosalyn qui avait semblé totalement prise de panique, et qui n'avait de loin pas été la seule. Ceux qui ne succombaient pas aux coups de poignards se laissaient submerger par la peur et par l'hystérie. Les cris de joie et les applaudissements avaient laissé place aux regards effrayés, parfois même aux pleurs. Et Caitlyn, ainsi que Rafael, avaient pris sur eux, essayant tant bien que mal de rassurer leurs proches.

Une fois rentrée au château, c'était Matthew et sa sœur, jumelle aussi, qu'elle avait découverts en train de se vider de leur sang dans un couloir du premier étage. C'était Cassie qui avait reçu le premier coup, alors qu'elle n'avait jamais rien fait à personne, qu'elle s'était fait discrète pendant les deux ans qu'Ils avaient passé à Poudlard, comme Ever. Matthew, d'après ce qu'il lui avait raconté, d'une voix entre-coupée par sa respiration saccadée, n'avait été qu'une victime collatérale, blessé seulement lorsqu'il avait voulu venger sa sœur en sautant sur son agresseur. Cette fois-ci, Caitlyn avait été toute seule pour gérer la situation. Pas de Rafael, ni aucun autre de ses amis, pour l'aider. Le couloir était totalement vide, c'était d'ailleurs pour éviter l'agitation générale qu'elle l'avait emprunté, comptant rentrer dans son dortoir. Seule, donc, avec son corps encore fragile suite à sa propre agression datant du jour de Noël et avec la baguette de Supérieur capricieuse qu'elle utilisait en attendant de pouvoir s'en procurer une nouvelle puisque la sienne avait été cassée, elle s'était retrouvée à devoir secourir ses voisins d'enfance. Cassie était inconsciente, Matthew n'avait pas tarder à perdre connaissance aussi… Il y aurait eu de quoi faire flancher plus d'un. Elle se demandait d'ailleurs comment elle avait fait pour ne pas perdre les pédales. Mais, comme d'habitude, elle s'était retenue, avait pris sur soi, pour les autres. Elle avait gardé la tête froide – du moins en apparence – et agi, presque sans réfléchir, ou plutôt sans penser à autre chose, refusant de se laisser happer par la spirale de pensées qui tournaient dans sa tête. Prise de pouls, épouvantard envoyé avec la baguette de son ennemie jurée, pansement improvisés, discussion lancée et entretenue jusqu'au bout pour le maintenir conscient le plus longtemps possible, brancard, bandages, couvertures… Et, finalement, le Médicopsychomage était arrivé. Il les avait retrouvés, étalés par terre, quelques mètres plus loin du lieu du crime, puisque Matthew avait tenu à marcher en direction de l'infirmerie et qu'elle n'avait pas eu le cœur de lui refuser cette faveur, et avait pris les choses en main.

À l'infirmerie, c'était l'attaque de Elias qu'elle avait appris. Et de Marlone. Et de tous les autres. Tous innocents. Et tous, d'une manière ou d'une autre, reliés à des Résistants actifs et affirmés. Cette pensée là avait fini par germer dans son esprit. Et si, au départ, elle n'avait pas voulu y croire, fermant les yeux et les oreilles devant une telle cruauté et perversion, la rumeur d'une liste retrouvée dans un couloir pas loin de l'infirmerie avait confirmé ses craintes. Sur cette liste, les noms de ceux qui avaient joué un rôle dans la défaite des Supérieurs, et ceux de leurs proches. C'étaient ces derniers qui avaient servi de cibles aux coups de poignard. Elle devait bien se rendre à l'évidence. Si Elias avait été blessé, c'était encore une fois, comme en juillet dernier, parce qu'elle avait fait la maligne, parce qu'elle avait voulu jouer le jeu du plus fort. Parce qu'elle avait trop protesté, parce qu'elle s'était trop soulevée. Une fois de plus, ils avaient frappé là où ça faisait le plus mal. Ils avaient blessé leurs proches, à tous. Ils avaient mis leur vie en danger. Et Caitlyn ne se le pardonnerait jamais. Rongée par la culpabilité et par la peur, elle avait insisté pour rester à l'infirmerie, auprès d'eux, à leurs chevets. Veillant tantôt sur Elias, tantôt sur Marlone, tantôt sur Matthew et Cassie. Pâle comme un linge, des cernes creusés sous ses grands yeux bleus, elle restait là sans rien dire, échangeait de temps en temps des regards lourds de sens avec les autres, qui, comme elle, assistaient à la souffrance de leurs proches blessés par leur faute. Inconscients pour la plupart, ou très affaiblis, ils étaient en proie à des frissons de fièvre, des gouttes de sueur perlant sur leurs fronts, ils ne bougeaient pas et luttaient pour survivre.

Caitlyn fut parmi les derniers à quitter l'infirmerie. Expulsée par les adultes qui leurs ordonnèrent d'aller se coucher pour être en forme le lendemain. Il devait être près de dix heures du soir. Mais elle n'avait aucune envie de dormir. Elle ne pouvait pas. Tout ce qu'elle retenait à l'intérieur depuis le premier cri de détresse menaçait d'exploser. Elle avait envie de pleurer, elle avait envie de hurler. De craquer. N'avait-elle pas le droit ? N'avait-elle pas le droit d'être faible, d'être humaine ? Elle avait pris sur elle pour ses amis, elle s'était interdit de pleurer, de se plaindre, de se laisser submerger par la peur, mais maintenant qu'elle était toute seule, tous ces sentiments lui revenaient en pleine face. Et la culpabilité, cette culpabilité atroce, dévastatrice. Allait-elle y céder ? Combien de temps allait elle encore tenir ? Non, elle ne pouvait pas retourner dans son dortoir avant d'être totalement sûre qu'elle ne craquerait pas. Sauf que quelque part, elle n'avait pas envie de craquer. Elle ne voulait pas leur faire ce plaisir. Clairement, c'était leur but. Les intimider, allumer en eux une étincelle de peur, qui se propagerait et les consumerait de l'intérieur. Et s'il y avait bien une chose qu'elle avait apprise de son passage au cachots en juillet dernier, c'était bien le fait qu'elle n'avait pas à se sentir coupable de la torture de ses proches par ces fous-furieux et qu'elle ne comptait plus se laisser faire. Certes, elle avait renoncé à sa relation avec Elias, plus ou moins à cause d'Eux, mais elle n'était pas coupable d'avoir voulu contribuer à la création d'un monde meilleur. S'Ils n'avaient pas décidé d'exterminer tous les sorciers qui n'étaient pas de sang pur, elle n'aurait eu aucune raison de se rebeller, et Ils n'auraient eu aucune raison de s'en prendre à ses amis pour la faire taire. Elle avait juste envie de les égorger un à un.

Soudain, un cri vint déchirer le silence dans lequel était plongé le château. Elle s'arrêta, tous les sens aux aguets, retenant sa respiration. Machinalement, elle essuya ses joues inondées de larmes qui avaient malgré tout coulé de ses yeux, puis elle renifla, se recoiffa, et se remit à marcher. Elle était restée au septième étage depuis qu'elle avait quitté l'infirmerie et ses pas l'avaient menée près de l'entrée à la tour qui menait à la volière. Elle s'arrêta à la base de l'escalier en colimaçon qui menait vers les hauteurs de la Tour Est et écouta. Un bruit sourd parvint à ses oreilles, puis le grincement du plancher. Coïncidence ? Elle ne pouvait pas en être sûre. L'envie de pleurer l'avait quittée et laissait place à de la curiosité inquiète. Il fallait qu'elle monte, qu'elle vérifie que tout allait bien. Alors, elle monta les escaliers, retenant sa respiration, sa baguette serrée malgré tout dans sa main droite à l'intérieur de la poche de son gilet. Mais, plus elle montait, et plus elle distinguait clairement des sanglots et des pleurs. En hâte, elle gravit les dernières marches et entra dans la volière ou un courant d'air lui gifla les joues. Et, là, au centre de la pièce, sur le sol en bois, se trouvait un corps recroquevillé sur lui-même, secoué de hoquets et de frissons. Caitlyn avait depuis longtemps lâché sa baguette, et ne fut même pas tentée de l'allumer. Ses yeux se firent bientôt à l'obscurité de la nuit, et elle reconnut Emily, la belle guitariste et chanteuse du groupe de musique, en proie à une détresse si profonde qu'elle la frappa en pleine poitrine. Elle se précipita vers la métisse et s'agenouilla auprès d'elle, passant un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre elle.

« Hééé, là, ça va, tout va bien. »

D'une voix chantonnante, elle commença à la rassurer, à calmer un tant soit peu ses pleurs. Elle sentait que c'était bien plus profond et qu'il ne suffirait pas d'un simple câlin et de quelques belles paroles pour calmer son désespoir, mais c'était un début. Il fallait dire qu'elle ne l'avait encore jamais vue dans cet état là. Elle était la meneuse, le moteur de leur groupe de musique, la battante, la tigresse. Elle était celle qui se jetait dans le tas avec un cri de guerre pour planter ses poings dans leurs côtes ou pour leur refaire le portrait. Aujourd'hui, la voilà torturée, dévastée, secouée de violents tremblements, gémissant et couinant ou criant parfois. Et Caitlyn avait d'un coup perdu toute envie de craquer. Face à une telle détresse, elle sentait ses propres tracas s'envoler et céder leur place pour qu'elle puisse se consacrer totalement à ceux de son amie. Comme une éponge, elle voulait absorber le malheur d'Emily, ses larmes, ses cris, sa douleur. Elle la comprenait tellement. Elle ne sentait que trop bien cette culpabilité et ces reproches qui lui tordaient les boyaux. Et cette peur, cette peur de savoir qu'elle était en danger, et tous ses proches avec elle. Qu'ils la connaissaient, qu'ils n'hésiteraient pas à frapper là où ça faisait mal, qu'ils feraient tout et n'auraient aucun scrupule pour la faire taire. De savoir qu'elle n'était rien, au fond, face à eux. Qu'elle n'était qu'une fourmi qu'ils pouvaient écraser sous leur pied, qu'un pion sur leur échiquier qu'ils pouvaient tuer quand ils le voudraient. Elle sentait tout ça dans les pleurs de son amie et ça lui faisait tellement mal. Quelque part, c'était le reflet de ses propres sentiments les plus profonds. Mais il y avait forcément des fois où ils remontaient à la surface, et aujourd'hui, c'était le cas pour Emily.

« C'est moi, c'est Caitlyn. Ne t'inquiètes pas, je suis là. Respire, tu m'entends ? »

Ce qu'elle disait n'avait aucun sens, ça aurait été ridicule dans n'importe quelle autre situation, mais vu l'état dans lequel était Emily, ça lui ferait très probablement du bien d'entendre ça. De savoir qu'elle n'était pas seule, qu'il y avait quelqu'un à côté d'elle pour la soutenir, la rassurer, la protéger. Quelqu'un qui tenait à elle et qui ne comptait pas la lâcher. Même si Emily était plus âgée qu'elle, elle pouvait s'appuyer sur elle, se relever avec son aide. Caitlyn avait beau être la petite dernière du groupe de musique, avec Adrianna, elle avait plus d'un tour dans son sac et était plus forte qu'elle ne pouvait parfois en donner l'air. Et plus intelligente, aussi. Spontanée, sociable, elle aimait à passer pour une gamine irréfléchie qui s'amusait sans prise de tête, elle aimait profiter de la vie et vivre au jour le jour, mais au fond, elle était bien plus mature et responsable que ce qu'elle ne voulait bien laisser voir. Et elle avait toujours su écouter et réconforter les autres. Patiente, empathique, elle avait été grande sœur avant que son frère ne se fasse assassiner, de même que ses parents, l'an dernier, en janvier. Et, même si ses parents n'avaient rien de la maman poule ou du papa dorlotant, même s'ils ne l'avaient jamais chouchoutée et qu'ils l'avaient maintes fois regardée tomber pour se relever et apprendre de ses erreurs, elle était devenue sensible et attentionnée avec ses proches. Aujourd'hui, c'était Emily qui avait besoin de réconfort, et même si elle avait été à deux doigts de craquer quelques minutes ou heures plus tôt et qu'elle avait eu toutes les raisons de le faire, elle se donnait désormais pleinement à son amie.

« Je sais, c'est dégueulasse, c'est injuste. Mais c'est pas ta faute, Emily. Écoute moi, tu entends ce que je te dis ? C'est pas ta faute, c'est pas la mienne non plus. C'est pas une excuse, c'est la vérité. Ils veulent te faire croire que c'est à cause de toi, à cause de nous, mais s'Ils n'étaient pas là, rien de tout ça n'aurait eu lieu. »

Et elle continuait à serrer Emily contre elle. Son corps d'habitude si énergique, presque hargneux, paraissait tellement fragile en cet instant, parcouru de spasmes et de frissons, soulevé par des hoquets et des haut-le-cœur, crispé et replié sur lui-même. Elle se revoyait, en ce soir d'Octobre où elle s'était retrouvée face à face avec son Épouvantard et que celui-ci avait pris l'apparence d'un Elias mourant dans ses bras, comme lorsqu'il était descendu aux cachots à cause d'elle en juillet. Elle se revoyait, hurlant de désespoir et se roulant par terre tellement la douleur était violente. Et elle revoyait Enzo essayant tant bien que mal de la calmer. C'était dans les hauteurs du château, aussi. Pas exactement dans la Volière, mais dans les combles, et dans l'obscurité de la nuit tombée. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Elle voulait qu'elle entende ce qu'elle était en train de lui dire. Elle voulait qu'elle voie, qu'elle comprenne. Elle prit la tête d'Emily entre ses mains et la força à la regarder dans les yeux.

« Regarde moi, Emily. C'est des timbrés, ils vont pas hésiter à tuer, mais ça, on le savait déjà, hein ? Tu comptes vraiment te laisser faire, renoncer ? Tu comptes vraiment te taire, baisser les armes ? Ça ne les arrêtera pas, tu le sais ça. Ils continueront, ce sera encore pire, ce sera pire qu'avant. C'est ça que tu veux, Emily ? »

Flash. Elle vit Elias, devant elle, maculé de sang, pâle comme un linge, tenant à peine debout, puis s'écroulant par terre. Elle vit Matthew, Marlone, Casey. Elle vit Rafael et Jeroen. Enzo. Rosalyn. Killian. Aelie. Non, elle non plus ne voulait pas qu'ils soient des victimes collatérales, elle ne voulait pas qu'ils prennent pour elle, pour eux. Elle ne voulaient pas qu'ils meurent à sa place, parce qu'elle aurait été trop aveuglée par son envie de faire le bien pour voir qu'ils tombaient l'un après l'autre à côté d'elle. Elle avait peur, aussi. Elle avait même terriblement peur. Mais même s'Ils faisaient tout pour lui donner l'impression qu'elle pourrait arrêter de craindre pour ses proches en arrêtant de Leur résister, elle savait que ce n'était qu'une illusion pour la faire céder. Et une fois qu'elle aurait cédé, qu'ils auraient tous cédé, plus rien ne les retiendrait de leur faire vivre un Enfer.

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MessageSujet: Re: [Event 15/02] I'm drowning [Libre]   Dim 30 Aoû 2015 - 19:29

~But for the longest time I knew
There was nothing left for us to do
But I tried, oh, I tried
And in this quiet company
There is nothing staring back at me
I'm in need of the sound~

Emily sentait la rage et le désespoir lui dévorer les entrailles. Elle ne cessait de repasser ces derniers mois dans sa tête, de revoir tout ce qu’elle avait fait, toutes les fois où elle n’avait pas pu s’empêcher de manifester fièrement son engagement contre les Supérieurs. N’aurait-elle pas pu se contenter de faire profil bas après la libération du Château ? Pourquoi avoir affirmé haut et fort son rôle dans la Résistance alors qu’elle savait très bien qu’ils finiraient pas revenir ? La jeune femme s’en mordait les doigts alors qu’elle sentait que tout son corps était en train de se scinder en deux. Elle ne s’était pas rebellée simplement pour se montrer ou donner un sens à vie. C’était toute son âme qui lui avait ordonné de le faire. Elle avait senti cette action comme nécessaire, comme vitale, comme faisant partie de son code génétique. Alors qu’ils s’étaient tous retrouvés acculés, elle avait compris que son caractère de cochon, que son côté tête brûlée était la seule chose qui pouvait lui permettre de garder la tête hors de l’eau. Alors elle avait foncé et si parfois elle avait eu peur, elle avait eu envie de reculer, jamais elle n’avait remis en cause le bien fondé de ses actions. Mais maintenant c’était différent. Ils avaient attaqué Cameron par sa faute et toutes ses convictions étaient en train de s’écrouler. Qui serait le prochain sur la liste ? Ricardo ? Elle ne savait pas et ne voulait pas savoir. Devait-elle s’éloigner de tout le monde ? Se taire à jamais ? Ne devenir plus qu’une ombre, plus animée par le moindre espoir ? C’était terrible à visualiser et pourtant l’idée commençait peu à peu à germer dans l’esprit de la jeune femme. Et si c’était la solution ? Et si maintenant, elle devait simplement lâcher les armes, enterrer sa fierté, enterrer son entêtement personnel et se contenter de protéger ses proches ? Et si elle désamorçait enfin la bombe qu’elle représentait pour eux ?


~And I'll go talk to fill the void,
Let me go cause you are just a shade
Of what I am, not what I'll be
But in this quiet company
I forget sometimes just how to breathe
Fill my lungs with the sound~

Cela faisait des années qu’Emily n’avait été dans un tel état d’abattement. Jusque là, elle avait toujours trouvé la force de se relever, d’accepter les difficultés de la vie et de repartir du bon pied. Même après avoir appris que son frère avait voulu la tuer. Mais cette fois, elle n’avait plus la force. Elle venait de comprendre que l’idée de sécurité qu’elle s’était figurée n’était qu’une illusion. Elle venait de comprendre que ce n’était plus un jeu, qu’elle n’était plus la seule à porter la responsabilité de ses actes. Elle comprenait maintenant ses parents qui n’osaient rien faire pour protéger leurs enfants. Elle comprenait maintenant ceux qui étaient restés les bras croisés car ils avaient trop à perdre. Elle s’était toujours placé comme une fille indépendante qui n’avait pas peur pour elle ou du moins qui savait maitriser cette peur et qui du coup, n’avait pas à s’en faire. Mais en créant des liens ici, en se reformant une famille elle s’était exposée à autre chose. Maintenant, elle ne pouvait plus penser qu’à elle. Et l’idée qu’on s’en soit pris à son frère par sa faute la dévorer de l’intérieur. Elle n’était même plus capable de réfléchir clairement, tout se mélangeait dans sa tête, tout devenait flou jusqu’à ce qu’il ne reste que cette souffrance lancinante. Emily était prostrée, dans sa bulle si bien qu’elle n’avait pas entendu les pas précipités dans les escaliers. Elle ne réalisa qu’elle n’était plus seule qu’en sentant un bras sur ses épaules et en entendant une voix. Cette dernière était lointaine. La jeune femme ne chercha cependant pas à se débattre et se laisser aller dans ses bras qui la serraient, qui l’arrachait pendant quelques secondes à son face à face avec sa douleur. Combien de temps avant que la voix ne se fasse de nouveau entendre et qu’Emily reconnecte tout ça à la réalité ? Elle ne savait pas.

« Caitlyn… »

Pourquoi répéter son nom ? Peut être pour s’assurer que c’était bien elle, peut être pour rallier la réalité avec cet état de transe qui la saisissait depuis des heures maintenant. Mais Emily n’avait pas la force de parler plus que ça, de questionner la jeune femme, de reprendre contenance et de faire comme si de rien n’était. La métisse n’aimait pas se montrer en état de faiblesse mais là, toutes ces questions étaient bien loin d’elle. Elle n’y arriverait pas. Tenir le choc était déjà une véritable épreuve alors non, ce n’était plus le moment de chercher  à faire bonne impression. Et Caitlyn comprendrait. Elles étaient dans le même bateau. Elles étaient toutes les deux dans la résistance, elles avaient toutes les deux décidé de parler bien des fois, bien des fois où il aurait mieux valu être silencieuses. Mais elles fonctionnaient de la même façon en un sens. Alors Emily ne cherchait plus à se battre et se laissait aller dans les bras de la demoiselle. Ses larmes ne tarissaient pas mais ses tremblements par contre se faisaient moins violents. Puis la voix de sa camarade se fit entendre de nouveau. Les mots qu’elle prononçait parvenaient aux oreilles d’Ems mais cette dernière n’arrivait pas à les accepter. Sans doute aurait elle dit exactement la même chose mais la logique et la réflexion n’était pus dans ses compétences. Tout ça lui paraissait trop violent, trop fort. Non, elle n’était pas innocente. Elle ne pouvait pas s’accuser de la barbarie de ces types mais comment se croire innocente ?

« Ils ont attaqué Cameron… »

Ce n’était qu’un murmure étranglé qui venait de sortir de la gorge de la jeune femme. A peine avait-elle fini sa phrase que sa voix s’était brisée. Rien que d’énoncer ces faits, cela lui redonnait encore la nausée. Ils étaient venus s’en prendre à son frère et ça, c’était juste insupportable à ses yeux. La culpabilité la rongeait et elle ne voyait pas comment elle pouvait se sentir innocente. Mais Caitlyn n’avait apparemment pas envie de la laisser si facilement. Elle lui attrapa le visage et les yeux rougis et gonflés d’Emily croisèrent enfin ceux déterminés de sa camarade. Les mots frappèrent l’écossaise de plein fouet qui sentit soudainement les tremblements revenir. Non elle ne voulait pas leur laisser le champ libre, elle ne voulait pas renoncer mais elle ne pouvait pas remettre ses proches en danger. Elle ne supporterait pas une autre attaque de ce genre…

« J’ai plus la force, j’y arriverai pas… »

Emily détourna le regard à défaut de pouvoir détourner tout simplement la tête. Oui, elle avait honte. Cette souffrance la rendait faible, elle en avait parfaitement conscience et l’accepter n’était vraiment pas simple. Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Commet continuer à se battre ? Où trouver la force de garder la tête haute, de regarder le corps meurtri de Cameron et de se dire que tout ça en vaut la peine ? Et si cette guerre durait toute leur vie ? Combien de personnes devrait-elle sacrifier sur son passage ? Ems ne pouvait pas se résigner à être une sorte d’ange de la mort, à se dire que chacun de ses actes serait payé par quelqu’un à qui elle tenait au plus profond de son âme. Ou alors devait-elle devenir un soldat sans état d’âme, isolé du monde ?

« Je peux pas les mettre en danger encore une fois, j’ai pas le droit… »

Emily s’arrêta, sentant l’air qui commençait à lui manquer. Elle haleta quelques instants jusqu’à avoir assez de souffle pour reprendre la parole.

« Pourquoi est-ce qu’on se bat encore ? »

C’était tombé comme un couperet. Ces mots qui lui brûlaient la gorge, qui lui détruisaient le cœur.
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MessageSujet: Re: [Event 15/02] I'm drowning [Libre]   Sam 5 Sep 2015 - 1:40

I know you've suffered
But I don't want you to hide

Sa détresse était poignante. Des sanglots secouaient brutalement son corps entier, des hoquets lui coupaient la respiration, et des larmes, ces larmes qui inondaient ses yeux et coulaient à flots sur ses joues, intarissables, tout comme l'était la souffrance et le désespoir qu'elle éprouvait et qui emplissaient la volière dans laquelle elle s'était reclue. Lyn fut frappée de plein fouet par le désarroi de son amie et la rejoignit, s'agenouillant à ses côtés pour l'attirer vers elle. Elle enroula ses bras autour d'elle comme pour la protéger, la serra fort contre elle comme pour lui donner un peu de sa force. Toujours en proie à de violents sanglots, Emily se laissa aller à pleurer sur l'épaule de la jeune Raven, blottie contre sa poitrine. Rien ne semblait pouvoir l'arracher à cette souffrance qui lui tordait les boyaux et la consumait de l'intérieur. Le visage tordu par la compassion, Caitlyn se retenait de se mettre elle-aussi à pleurer et lui murmurait des paroles rassurantes à l'oreille en la berçant de temps en temps. Comme le faisait sa maman lorsque la fillette était triste et allait se réfugier dans la douceur de ses bras pour déverser son malheur. Longtemps, elles restèrent ainsi prostrées, au beau milieu de la volière vide, tout en haut de la Tour Noire, seules dans la nuit qui les entourait. Comme deux survivantes d'une bataille dévastatrice, d'une guerre ravageuse. L'une soutenant l'autre, essayant de la rassurer tout en la laissant vider ses larmes. Des hurlements déchirants venaient briser le silence de la nuit, témoignant de sa souffrance et de sa rage, entrecoupés par les gémissements et couinements plaintifs que lui soutiraient ses hoquets. Le prénom de Cameron revenait régulièrement, et elle fut bientôt à nouveau parcourue de spasmes, si bien que Caitlyn décida de manifester un peu plus fermement sa présence pour la tirer de son délire.

« Caitlyn…
- Oui, oui c'est moi, je suis là, tout va bien, respire. »

Pleure un bon coup, mais ne t'étouffe pas. Caitlyn comprenait sa détresse, elle connaissait bien cette culpabilité qui lui rongeait les tripes et qui lui coupait le souffle, et la peur, la peur constante pour ses proches, cette peur de les voir tomber un à un à cause d'elle, parce qu'elle Les dérangeait, parce que c'était elle qu'Ils voulaient voir tomber, et ce le plus bas possible. Ils voulaient la voir regretter de s'être opposée à Eux, d'avoir résisté et tenu bon, d'avoir élevé sa voix contre Eux. Ils voulaient l'entendre demander pardon et grâce, supplier de ne pas s'en prendre à ses proches, promettre de se taire à jamais, prête à se sacrifier pour qu'Ils les laissent tranquilles. Pour avoir enduré tout ça, pour avoir touché le fond et dû se relever en serrant les dents, Caitlyn savait aujourd'hui repousser cette culpabilité qu'Ils tentaient de lui imposer par le biais de la peur. Ils lui donnaient envie de gerber, c'était dégueulasse. Elle avait mal, et elle voulait pleurer, crier, frapper. Mais elle était une warrior, bien que malgré elle, et elle ne comptait pas Leur faire le plaisir de flancher, de tomber et de laisser les remords la submerger. C'était presque triste qu'elle ait eu à en arriver à là, mais c'était ainsi. Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, c'était exactement ça, et tant qu'à faire, autant en profiter pour en tirer le meilleur. Il fallait qu'elle soit forte, pour ses amis. Pour Emily, dont les larmes continuaient à imbiber son gilet et son t-shirt. L'épuisement commençait l'envahir, cependant, et ses tremblements se faisaient plus légers, mais la culpabilité continuait à la ronger de l'intérieur.

« Ils ont attaqué Cameron… »

Et la voix de la belle métisse se brisa, tandis que Caitlyn revoyait Elias recroquevillé sur lui-même dans un coin du cachot dans lequel Ils l'avaient jeté après l'avoir blessé. Elle revoyait le sang, partout sur ses vêtements déchirés et sur sa peau écorchée à vif. Elle revoyait ses yeux rougis et son regard vide souligné par ses cernes profondes, elle revoyait ses joues creuses et son teint pâle. Et elle le revoyait tomber, ses genoux se dérober sous son poids, après avoir essayé de faire quelque pas. Elle avait cru qu'elle l'avait perdu, à ce moment là. Elle avait été persuadée qu'il venait de mourir dans ses bras – à cause d'elle. Une boule se forma dans la gorge et elle crispa les mâchoires, se forçant à prendre sur elle, une fois de plus. Aujourd'hui, le Elias avait à nouveau servi de cible aux Supérieurs pour atteindre Caitlyn, tout comme Cameron avait été blessé pour atteindre Emily. Mais ce n'était pas leur faute à elles. La jeune fille s'interdisait de penser ainsi. Paradoxalement, avoir quelqu'un à rassurer et à raisonner l'aidait à tenir le coup. Elles n'avaient pas le droit de lâcher prise, de baisser les armes. Elle prit la tête de la métisse entre ses mains et la força à la regarder dans les yeux. Pour la première fois, leurs regards se croisèrent, et elle put lire toute la détresse de son amie au fond de ses pupilles dilatées par la terreur et pleines de remords.

« J’ai plus la force, j’y arriverai pas… »

Elle détourna les yeux, en proie à de nouveaux tremblements, et Caitlyn l'attira à nouveau contre elle pour la serrer dans ses bras en guise de réponse. Elle la comprenait tellement ! Elles étaient dans le même camp, sur le même bateau. Deux gamines un peu trop révoltées au goût de ces autoproclamés Supérieurs qui n'avaient aucun scrupule à le leur faire payer. Combien de coups seraient-elles encore capables d'encaisser ? Combien de pertes seraient-elles encore capables de supporter ? Combien de fois auraient-elles encore la force de se relever après être tombées, combien de fois auraient-elles encore le courage de s'exprimer après avoir été réduites au silence ? Elles avaient toujours été conscientes des risques qu'elles prenaient et qu'elles faisaient prendre à leurs amis, mais les voir se réaliser et devoir assister impuissantes au carnage mis en place pour les punir et les soumettre était insoutenable. C'était bien là le but de la manœuvre. Les tuer ou les blesser, elles, aurait été trop simple, c'était beaucoup plus grisant et efficace de les voir céder sous la contrainte, se rendre sur leur propre initiative, résignées. Pré-au-Lard, Salem, Noël… maintenant ça. Cette attaque, cette liste. C'était la preuve qu'Ils savaient parfaitement ce qu'ils faisaient, que tout était calculé. C'était une mise en garde, une menace au même titre que les précédentes, qu'Ils faisaient planer au dessus d'eux, laissant le temps faire son œuvre. Bordel, n'avaient-elles pas le droit de flancher, de douter ? Elles n'étaient qu'humaines. Des gosses qui s'étaient toujours interdit de plier devant eux et de renoncer à leurs principes, et qui, de plus en plus, payaient le prix de leur effronterie. Aujourd'hui, Emily craquait, n'avait plus envie de se battre. Elle était trop vulnérable, l'enjeu était trop grand, et elle n'était pas la seule à subir les répercussions de ses actes. Elle ne voulait plus sacrifier ses amis. Elle était prête à se soumettre en échange de leur merci.

« Je peux pas les mettre en danger encore une fois, j’ai pas le droit…
- Je sais… je comprends, je te comprends tellement, si tu savais… »

Comment lui dire qu'il le fallait, que ça en valait la peine malgré tout ? Comment lui demander de continuer à mettre en danger ses amis, sa famille ? Ils avaient frappé là où ça faisait le plus mal. Ils s'en étaient pris à leurs proches et n'hésiteraient pas à le refaire, elle le savait très bien. C'était le chantage le plus efficace. Introduire dans leurs esprits une pointe de peur qui les paralyserait, comme allumer un feu qui se déploierait et réduirait en cendres tout ce qui se mettrait en travers de son passage, comme injecter un poison qui se propagerait dans les veines jusqu'à s'emparer du cœur, lentement mais sûrement, ils faisaient monter la pression pour qu'elle les anéantisse à Leur place. Ensuite, Ils n'auraient qu'à venir, en vainqueurs, en terrain conquis. C'était tellement plus performant, plus rentable. Régulièrement, sans devoir faire trop d'efforts, Ils leur rappelaient qu'Ils étaient là, qu'Ils attendaient l'occasion pour revenir et que ce serait le retour de l'Enfer. Qu'ils pouvaient résister et s'y opposer autant qu'il le voudrait, Leur vengeance n'en serait que plus terrible : tel était le message. Qu'ils avaient meilleur temps de reconnaître qu'Ils leurs étaient Supérieurs, d'accepter de se soumettre et en priant pour être épargnés, en espérant s'en tirer sans trop de mal.

« Respire, Emily. Tu m'entends ? »

Elle la prit par les épaules et l'écarta en la maintenant fermement, comme si ça pouvait l'empêcher de hoqueter et la forcer à inspirer correctement. Elle se revoyait, crispée et parcourue de spasmes, complètement hystérique, se roulant dans la poussière du Grenier et hurlant sous la douleur atroce qui lui transperçait les entrailles. Et Enzo, complètement dépassé par la situation, qui haussait la voix et la secouait brutalement pour la sortir de sa transe. Aujourd'hui, c'était à elle de briser cette torpeur qui avait pris possession de son amie, aveuglée par la peur et par la souffrance. Elle n'avait pas le droit de la laisser dans cet état, ça ne menait nulle part, ça n'avait aucun sens. Il fallait qu'elle la réveille de ce cauchemar.

« Emily ! Ecoute-moi. Calme-toi, ça suffit maintenant ! »

Progressivement, les hoquets qui secouaient la belle métisse se calmèrent et sa respiration se fit plus profonde. Bientôt, Caitlyn put la lâcher, se contentant de l'observer, soucieuse. Dans son regard, sur les traits de son visage, elle pouvait lire l'épuisement le plus total. Emily était à bout de forces.

« Pourquoi est-ce qu’on se bat encore ? »

Ce fut comme une flèche tirée droit dans son cœur. Comme un coup de pied assené de toutes ses forces au creux de son ventre, lui coupant le souffle. Cette question qu'ils s'étaient tous posés au moins une fois dans leur vie. Pourquoi ils se battaient. Pour quoi ils se battaient. C'était tellement vain, ils étaient tellement insignifiants, face à Eux. Ils n'avaient aucune chance, au fond. C'était un coup de bol, qu'ils aient in extremis réussi à Les faire partir, mais ce n'étaient pas quelques chansons ni quelques sortilèges de huitième année qui les arrêteraient. Lyn se souvenait de sa discrétion, pendant les premiers mois, la première année. Elle faisait en sorte de vivre sa vie, malgré tout ce qui se passait, refusait de se laisser influencer par la présence et l'idéologie des Supérieurs. Elle jugeait tout soulèvement vain et contre-productif, donc idiot. Si c'était pour attirer sur elle, ses amis et sa famille les foudres des Supérieurs, et augmenter la terreur globale en servant d'exemple de ce que subissaient ceux qui osaient Leur résister, ça n'en valait vraiment pas la peine. Mais aujourd'hui ? Aujourd'hui, elle savait qu'en se taisant, elle participait à la mise en place de Leur ordre. Elle avait compris qu'Ils ne se contenteraient pas d'affirmer leur supériorité, mais qu'ils allaient tout mettre en œuvre pour éradiquer les éléments indésirables. Moldus, Nés-Moldus, Cracmols, Sangs-mêlés… Elle ne pouvait décemment pas espérer qu'Ils la laisseraient tranquille ni qu'Ils laisseraient tranquilles ses amis, voire ses enfants. Alors oui, elle ouvrait sa bouche contre eux, levait sa baguette pour ses principes.

« Tu préfères te rendre, baisser les armes, abandonner le combat ? »

Elle soupira… Ce qui allait suivre n'allait pas être facile à entendre, mais il fallait qu'elle le lui dise.

« Tu crois vraiment que ça Leur suffira ? Ne sois pas naïve, c'est comme la Policy of Appeasement pendant la seconde guerre mondiale, ça n'a jamais marché. Ils nous prendront tout, Ils ne se contenteront pas de la moitié. Sur le long terme, ça ne peux qu'être pire, tu le sais ça. »

Elle mettrait ses amis encore plus en danger en arrêtant de te battre que si elle tenait bon, les exposant avec elle en tant que cibles pour l'atteindre. Elle ne pouvait pas arrêter, surtout maintenant qu'ils avaient commencé. Même s'ils promettaient de se taire à jamais, les Supérieurs n'oublieraient pas et finiraient par le leur faire payer un jour. Peut-être que faire profil bas les épargnerait ou épargnerait leurs amis au départ, mais c'était une illusion qui ne durerait certainement pas très longtemps, autant voir la vérité en face. Pourtant, devoir dire ça à Emily lui faisait mal. Elle réalisait d'autant plus fort qu'ils étaient complètement pris au piège. Elle passa rapidement ses mains sur son visage, comme pour se défaire de tout cet accablement. Lorsqu'elle les replaça sur ses cuisses, son regard avait perdu son éclat, comme caché derrière un voile opaque. Ses épaules s'affaissèrent et elle serra les mâchoires avant de reprendre la parole, sur un tout autre thème.

« Ils s'en sont pris à Elias, aussi. Même si ça fait deux mois qu'on ne sort plus ensemble… »

Elle laissa sa phrase en suspens, boule dans la gorge. Elle avait tellement de choses à dire, pourtant aucun mot ne sortait de sa bouche. Il ne leur avait rien fait, son seul crime avait été de sortir avec elle. Quand il s'était fait torturer devant elle, elle avait cru devenir folle. Elle le revoyait se tordre et se plier sous l'effet du Doloris, poussant tantôt des hurlement, tantôt des feulement, de douleur, les yeux exorbités et injectés le sang, la bouche déformée et rapidement emplie d'écume… Cette vision la hanterait probablement à jamais. Pourtant, la semaine d'après, elle était de retour sur scène, à chanter des chansons contestataires et contribuant à l'élimination des Supérieurs. Après quelques secondes de lourd silence, elle parvint à prononcer d'autres phrases.

« Et ils s'en sont aussi pris à Marlone, Matthew et sa sœur, Julian, Ever… Mais si on les laisse, si on les autorise, ils le referont. Personne n'est en sécurité si les Supérieurs sont dans les parages, qu'ils aient des cibles privilégiées ou pas. »

Qu'elle ne se méprenne pas, il lui avait fallu beaucoup de temps et de souffrances pour qu'elle comprenne et accepte ça. Mais c'était aujourd'hui ce qui lui permettait de persévérer.

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MessageSujet: Re: [Event 15/02] I'm drowning [Libre]   Mer 9 Sep 2015 - 15:23

Qui étaient-elles maintenant ? Deux filles perdues ? Deux insolentes que le destin punissait jour après jour ? Bien sûr que Caitlyn la comprenait, bien sûr qu’elle avait dû sentir la même force lui serrer la gorge et les entrailles. Emily n’en doutait pas une seule seconde. Et pourtant, cela ne l’aidait pas. Elle n’avait plus besoin d’être comprise, elle voulait juste que ça s’arrête. Ça ne pouvait plus durer cette douleur au creux de son estomac, cette impression que chaque pas qu’elle faisait était une lame de plus au-dessus de la tête de ceux qu’elle aimait. Elle avait dit à Cameron qu’elle accepterait de le laisser prendre des risques mais elle n’était pas prête à le perdre. Non elle ne pouvait pas concevoir de le perdre. Elle avait déjà perdu l’homme qu’elle aimait, elle avait perdu sa seule famille, en était arrachée à eux et propulsée ici. Puis elle l’avait rencontré, il lui avait redonné la force, l’envie de se battre. Ems avait pu pleurer dans ses bras, s’accrocher à lui, sourire et rire avec lui. Il était essentiel à son existence et le voir attaqué par sa faute était la chose la plus insupportable pour elle. Penser à ça avait toujours le même effet sur elle. Elle sentait soudainement sa gorge se nouer, l’air lui manquer. Elle se mettait alors à suffoquer, à chercher désespérément un peu d’air. Non Caitlyn, j’arrive plus à respirer ! Je peux plus ! Emily se battait avec elle-même pour réussir à reprendre son souffle, pour ne plus hoqueter et suffoquer dans ses propres sanglots. Mais son cœur ne cessait de se serrer, un peu plus fort à chaque seconde. Elle avait l’impression de mourir, tout simplement. C’était un étau qui se refermait sur elle, quelque chose qui occupait la moindre de ses pensées. L’horreur. L’horreur de tout ce qu’elle avait pu voir, l’horreur de son existence. Son frère de sang avait cherché à la tuer. Ils étaient venus pour s’en prendre à Cameron. Et ensuite ? Qu’arriverait-il ? Combien de temps ce petit jeu allait-il encore durer ? Jusqu’à ce qu’elle rampe ? Jusqu’à ce qu’elle décide d’arrêter de se battre ? Jusqu’à ce qu’elle décide d’en finir… ? Elle était en train de perdre la guerre psychologique, elle le savait.

Emily sursauta soudainement. C’était comme si quelqu’un cherchait à la sortir de sa transe. Devant elle, Caitlyn, qui cherchait désespérément à la raccrocher au monde réel, à lui faire prendre conscience qu’elle n’était pas seule, qu’elle ne devait pas se laisser dévorer… Cela eu au moins pour action de calmer sa respiration mais les larmes continuaient à couler le long de ses joues. Ems n’aurait jamais cru qu’elle puisse tant pleurer. Elle qui gardait toujours la tête haute, elle qui avait toujours refoulé son désespoir. Elle craquait, plus que jamais. Elle perdait pied. Elle ne savait plus pourquoi continuer à se battre, à avancer. Mais apparemment sa camarade ne l’entendait pas de la même façon. Lorsqu’elle commença par lui demander clairement si elle comptait abandonner la lutte, Emily sentit ses tripes se serrer. C’était étrange d’entendre ces mots là à voix haute. Ça les rendait soudainement comme, plus réels, plus présents. Était-ce vraiment ça qu’elle souhaitait ? Ce à quoi elle aspirait ? Caitlyn continua et Ems eut l’impression de se sentir déchirée. Déchirée entre cette douleur qui l’avait mise à terre et ce en quoi elle avait toujours cru. Elle avait raison, ils ne s’arrêteraient pas là. Elle ne sortirait peut être jamais vivante de cette lutte. Mais pouvait-elle au moins sauver Cameron ? Et Ricardo ?

« Je sais qu’un jour ils nous supprimeront. Mais peut être qu’ils laisseront nos proches tranquilles si on ne se bat plus… »

Rien n’était plus incertain. Et Emily ne pouvait décemment pas soutenir ces gens par son silence. Seulement, en cet instant, plus rien n’avait de sens à ses yeux. Elle n’arrivait plus à être objective ou logique. Elle était complètement bouleversée par ce qu’il venait de se passer et ses pensées étaient de fait complètement chamboulées. Elle ne savait plus en quoi croire, à quoi s’accrocher. Elle ne savait même plus si la Emily rebelle qu’elle avait toujours été existait toujours. Elle avait l’impression qu’elle était morte au moment où la contre-attaque avait eu lieu. Elle avait l’impression que la cracmolle fière qu’elle avait toujours été, était en train de s’éteindre… Elle était en train de se faire engloutir par les flots. Des flots trop puissants pour elle, bien plus forts que ce qu’elle aurait pu un jour imaginer. Elle était submergée. Elle était coupable, indéniablement coupable… Pourquoi avait-il fallu qu’elle révèle son identité ? Pourquoi parader de la sorte ? Si elle choisissait cette attitude alors, elle se devait de choisir la solitude. De les isoler pour les protéger. Ou alors d’abandonner le combat. Elle n’avait que peu d’issues.

La voix de Caitlyn permit une nouvelle fois à Emily de reprendre ne serait-ce que légèrement conscience du monde qui l’entourait. Mais les mots étaient rudes. Elias… Même s’ils n’étaient plus ensemble il était certain que son ami tenait toujours à lui. Cette bande de raclures restait tout de même bien informée. Un léger silence s’installa. Ems comprit que ce n’était pas évident pour Cait’ de parler de ça. Elle leva alors doucement le regard vers elle, pour la première fois. Ses yeux rougis se posèrent sur le visage de la jeune femme. Oui elles étaient dans le même bateau mais peut être pas de la même trempe après tout. Emily avait toujours voulu être fort, se croire capable de surmonter tous les obstacles mais peut être qu’elle avait atteint ses limites ? La Serdaigle elle ne semblait pas douter, elle parvint même à reprendre la parole. La liste fut comme un coup de massue. Matthew ? C’était bien ça. Tous les membres du groupe avaient été attaqués. Julian… Ricardo devait être effondrée, elle savait déjà pour Sean mais pas pour Julian. La jeune femme prit sa tête entre ses mains, entendant d’une oreille distraite la suite des informations données par Caitlyn. Oui personne n’étaient réellement en sécurité avec des gens comme ça mais était-ce une raison pour mettre certaines personnes dans leur viseur ?

« Certains n’avaient rien fait… »

Trop d’innocents. Trop d’innocents qu’elle voyait partir. Une douleur plia soudainement la jeune femme en deux et elle cru qu’elle allait vomir. Un souvenir venait de remonter en elle. La rafle. Cette nuit où la plupart des moldus avaient été exécutés de sang froid. La plupart n’étant que des gosses perdues. Elle avait survécu, comme Cameron, comme Kyle et Dakota. Mais ils étaient peu à avoir tenu jusque là. Elle en avait vu passé du monde. Elle avait décidé d’avancer quand même. Mais cette fois c’était trop. Combien de personne avait-elle vu mourir depuis son arrivée ici ? Elle n’était même plus capable de tenir le compte, d’avoir le nom de chacun d’entre eux en tête. Ils étaient trop… Ems se leva alors brutalement. Une fois sur ses jambes elle regarda autour d’elle vivement, comme pour chercher un ennemi ou les fantômes de ceux qu’elle avait vu partir. Puis, ses yeux se posèrent sur Caitlyn, elle marqua alors un temps d’arrêt.

« Je n’arrive même plus à me souvenir des visages de tous ceux que j’ai vu mourir ici… J’avais appris à vivre avec. Mais sans Cameron…. Sans lui je ne pourrais pas avancer. »

Emily ne l’appelait pas grand frère pour rien. Ce n’était pas un jeu débile destiné à faire croire aux autres qu’ils étaient du même sang. Non, ce mot avait une signification très forte. Ils étaient liés, intensément. Ils avaient survécu ensemble et elle lui devait tout. Alors oui, elle avait réussi à vivre avec la culpabilité de tous ces innocents qui étaient partis trop vite mais pas Cameron. C’était tout bonnement impossible.

« Je ne peux pas et me battre et garder ceux que j’aime près de moi… »

La voix d’Emily s’était brisée et les larmes avaient repris de plus belle sur ses joues. Devait-elle réellement faire ce choix ? Entre le combat de sa vie et les seuls qui lui permettaient encore de garder la tête hors de là ? Dans tous les cas, elle serait incomplète, elle deviendrait une sorte d’ombre d’elle-même. Alors que choisir ? Ems avait tout simplement l’impression qu’elle ne pourrait plus jamais prétendre au bonheur. Parce qu’elle les avait provoqués. Parce qu’elle avait voulu tout avoir, la satisfaction de suivre ses convictions et l’amour des autres. Mais c’était trop en demander, beaucoup trop…

« On peut plus les envoyer à la mort Caitlyn ! »

Emily ne contrôlait plus ses émotions et s’était presque mise à crier pour dire ces derniers mots. C’était un appel du cœur, un appel qui venait du fond de ses tripes.
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MessageSujet: Re: [Event 15/02] I'm drowning [Libre]   Dim 25 Oct 2015 - 0:27



« Je sais qu’un jour ils nous supprimeront. Mais peut être qu’ils laisseront nos proches tranquilles si on ne se bat plus… »

Ce fut à cet instant que Caitlyn sut qu'Emily ne voulait pas comprendre ni être comprise. Elle avait juste besoin d'être rassurée, d'être protégée, de se sentir en sécurité. D'être en sécurité. Elle voulait juste que tout s''arrête. La peur, la douleur, la culpabilité… Ses larmes coulaient à flots sur ses joues, ne tarissaient pas, tandis que de violents hoquets secouaient son corps recroquevillé sur lui-même et parcouru de frissons. Emily la rebelle, la tigresse, la battante, craquait complètement, laissait libre cours à sa détresse qui la submergeait, l'engloutissait, de plus en plus. Elle perdait pied, sombrait dans les profondeurs de son malheur. Et Caitlyn, la psy de service, le Saint-Bernard par excellence, était désemparée, ne savait plus que faire ni que dire face à un tel désespoir. Elle n'avait pas de solution miracle. Elle n'avait pas de remède, de potion magique. Elle avait essayé de la raisonner, lui rappelant qu'il ne suffirait pas de se taire pour garantir la sécurité de ses amis à l'intérieur d'un château occupé par des Supérieurs, que baisser les armes reviendrait à leur donner l'autorisation de les assujettir. Mais le sentiment de culpabilité était trop fort à l'intérieur de la métisse. Elle avait vu son frère de cœur flancher sous Leurs coups et s'en voulait terriblement de l'avoir ainsi exposé, sacrifié. Ils avaient réussi à lui faire assez peur pour qu'elle regrette de s'être soulevée contre Eux. Leur chantage était puissant et efficace. S'en prendre à leurs proches était la meilleure manière d'éteindre la flamme de révolte qui brûlait en eux et d'étouffer le cri qui se formait dans leurs gorges. La menace qui planait au dessus de leurs familles et amis leur arrachait toute forme de volonté de résistance, de protestation. Le seul choix qui leur était offert était celui de se taire et de baisser les yeux, courber l'échine, faire profil bas en priant pour que leurs vies et celles de leurs proches soient épargnées.

Comment lui dire de ne pas se laisser faire ? Comment lui dire de ne pas lâcher l'affaire, de continuer à se battre, alors que ça impliquait directement la torture voire la mort de ses amis ? Avait-elle le droit de demander ça à Emily ? Avait-elle le droit de demander ça à qui que ce soit, elle-même y compris ? À quel point pouvait-elle encore se regarder dans le miroir, à quel point pouvait-elle encore vivre avec soi-même, après avoir pour la deuxième fois été la raison pour laquelle Ils s'en étaient pris à Elias ? Oui, c'était une fois encore Elias qui avait pris pour elle, alors même qu'ils ne sortaient plus ensemble depuis deux mois. Elle croisa, l'espace d'une fraction de seconde, le regard d'Emily pour la première fois depuis qu'elle l'avait rejoint, puis fut assaillie d'images entrecoupées par des flashs aveuglants. Le cachot sombre et empestant la pourriture, le mur sale auquel elle avait été suspendue par les poignets et les chevilles, le sol sur lequel avait convulsé Elias devant ses yeux paniqués. Les hurlements de rage et de haine qui avaient étouffé ceux de son homme et qui lui avaient vrillé les cordes vocales, les battements déchaînés de son cœur reflétant les distorsions de son corps essayant d'échapper aux liens qui s'incrustaient dans la chair de ses bras et de ses jambes. Leurs regards mauvais, Leurs sourires cruels, Leur plaisir malsain de voir la douleur physique d'un pauvre gosse innocent et celle, psychologique, de la petite morveuse qui avait osé se soulever contre eux et qui méritait punition. Leurs mains sur elle, sur son corps, et les poings dans son ventre ou dans son visage. Elle dût faire un effort considérable pour se ressaisir et ne laisser paraître que le moins possible la violence de l'émotion que provoquait en elle ce souvenir traumatisant. Emily n'avait pas besoin de ça en ce moment. Cependant, lorsqu'elle reprit la parole, elle n'y alla pas pour quatre chemins et lista les plus récentes victimes. Elle voulait la faire réagir, lui faire comprendre qu'ils n'auraient aucun scrupule à s'en prendre à des innocents, que ce soit pour faire pression sur les rebelles ou pas. La métisse prit sa tête entre ses mains.

« Certains n’avaient rien fait… »

La plupart n'avaient rien fait. Innocents, ils n'avaient pour défaut commun que celui d'être les proches de résistants. Personne ne s'était attendu à cette attaque pourtant si logique et prévisible, leur rappelant que rien n'était gagné et qu'ils payeraient, tous, le prix fort pour l'effronterie de quelques uns. Oui, la liste était longue. Presque une vingtaine de personnes étaient présentement à l'infirmerie en train de se battre pour survivre aux coups de poignard qu'ils avaient reçus. Pour l'une d'entre elles, le combat était terminé, et rien que cette pensée donnait à la belle brune des nausées de dégoût et des envies de meurtre. Mais elle n'eut pas le cœur de le mentionner devant son amie qui était déjà assez terrassée comme ça. Soudain, Emily se plia en deux comme si elle venait de recevoir un coup dans le ventre. Cette fois-ci, la Raven ne fit rien. C'était le combat d'Emily. Elle la vit se lever d'un bond, jeter des coups d'œil paniqués autour d'elle, comme une biche encerclée par une meute de loups, dans l'espoir de trouver une échappatoire. Caitlyn resta par terre, immobile. Combien de temps parviendrait-elle encore à garder la face, à rester forte ? Sa journée défilait devant ses yeux et elle se rendit compte à quel point elle avait pris sur elle. Des situations toutes plus improbables les unes que les autres s'étaient enchaînées sans lui laisser ne serait-ce que quelques minutes de répit pour que son taux d'adrénaline puisse redescendre, depuis le premier cri de panique dans les gradins du stade de Quiddich jusqu'à l'effondrement émotionnel d'Emily au grenier, en passant par le bain de sang dans lequel elle avait retrouvé Matthew et Cassie au premier étage. Pourtant, elle était clairement dans le déni, et c'était justement ça qui lui avait permis de ne pas flancher. Les gestes et les décisions s'étaient effectués automatiquement, elle avait tout fait pour les empêcher de l'atteindre. Mais cette fois-ci, face à la détresse d'Emily qui reflétait ses propres angoisses, elle sentait que les murailles qu'elle avait bâties autour de son cœur et de son esprit étaient en train de s'effriter.

« Je n’arrive même plus à me souvenir des visages de tous ceux que j’ai vu mourir ici… J’avais appris à vivre avec. Mais sans Cameron…. Sans lui je ne pourrais pas avancer. »

Mourir. Lorsqu'Emily prononça ce mot, ce fut comme une décharge électrique pour Caitlyn qui sentit ses muscles se crisper et déglutit difficilement. Son cœur manqua un battement et un frisson lui parcourut l'échine. Soutenant le regard d'Emily, elle hocha doucement la tête puis se releva lentement sans un bruit et resta debout devant elle, immobile, muette. L'évocation de tous ces gosses qui avaient perdu la vie entre les murs de ce château la touchait au plus profond de son âme. Des moldus, arrachés à leur monde, massacrés par dizaines. Des nés-moldus, aussi, et des sang-mêlés, tous aussi innocents et insignifiants face à Leur haine aveugle et irrationnelle. Et Megan, aujourd'hui, à peine quelques heures plus tôt, venait s'ajouter à la liste bien trop longue de victimes. Elle passa ses mains dans ses cheveux et crispa ses doigts autour de sa tête avant de les croiser sur sa nuque. Se souvenir de leurs visages ? Elle ne connaissait même pas leurs noms pour la plupart. Elle ne connaissait parfois même pas leur existence. Elle avait fait un tour aux cachots pendant cette nuit fatidique qu'Ils avaient choisie pour faire leur coup d'état, mais, par elle ne savait quel miracle, elle avait réussi à retrouver son dortoir le lendemain. Et même si elle y était redescendue à plusieurs reprises, elle était loin d'imaginer l'Enfer qu'avaient vécu Emily, Cameron et tant d'autres pendant des mois. Y avoir survécu ensemble les avait soudés plus fort que quoi que ce soit d'autre n'aurait pu le faire, c'était indéniable. Voir son frère attaqué, en quelques sortes à cause d'elle, la rendait complètement folle et Caitlyn ne pouvait pas s'en étonner et encore moins lui en vouloir.

« Je ne peux pas et me battre et garder ceux que j’aime près de moi… »  

C'était l'éternel dilemme. Sacrifier ses amis ou sa fierté ? S'entourer et faire profil bas ou s'isoler et se rebeller ? Comment concilier son caractère avec ses sentiments dans un contexte de terreur et de guerre ? Les larmes giclèrent à nouveau des yeux de la métisse et ce fut une nouvelle lame plantée dans le cœur de Caitlyn. Toute cette détresse, tout ce désespoir, c'était tellement déchirant ! D'autant plus que la belle brune savait parfaitement ce qui se passait dans la tête de son amie, mais ne savait pas comment l'aider, ne pouvait pas l'aider. S'approchant de la métisse, elle la prit dans ses bras et essaya de lui transmettre toute l'énergie et toute la force de son étreinte. Pourtant, quelque part, elle avait envie de partir, de s'enfuir le plus loin possible pour ne pas avoir à gérer ça, pour ne plus voir cette tristesse et ce désarroi dans les yeux d'Emily ni qui que ce soit d'autre. Lorsqu'elle s'écarta, ses traits étaient las, fatigués et son regard avait perdu de son éclat. La douleur se lisait pourtant sur son visage et dans sa posture. Et lorsqu'Emily s'écria

« On peut plus les envoyer à la mort Caitlyn ! »

elle ne parvint plus à se retenir et éclata en sanglots. Secouant la tête avec fougue, son visage entre ses mains, elle eut envie de prendre les jambes à son cou et tourna le dos à la métisse. Toute la pression retombait en cet instant, évacuée par les larmes qui coulaient à flots sur ses joues et par les gémissements qui accompagnaient ses hoquets. Rapidement, toutefois, elle se força à respirer profondément pour se calmer. Ce n'était qu'un craquage d'une pauvre gosse qui en avait trop vu et trop vécu, ce n'était pas productif. Une bonne nuit de sommeil, un peu de sport ou de musique, et tout serait à nouveau comme avant, elle le savait. Quelques instants plus tard, les courants d'air séchaient ses dernières larmes et son regard se perdait dans le vague.

« J'aurai pu y passer, à Noël. Je ne me souviens de rien, mais c'était violent. C'est horrible de se dire que j'ai eu de la chance, que j'aurais pu ne pas en avoir… »

Ce qu'elle disait n'avait rien à voir avec la conversation. Et c'était profondément égoïste. Mais elle ne réfléchissait pas à ce qu'elle disait. Ses paroles n'étaient qu'un murmure emporté par le vent. Perdue dans ses pensées, elle s'approcha lentement du rebord de la tour et resta immobile à quelques centimètres du vide. Combien de personnes avaient déjà voulu se jeter du haut de la Volière pour échapper à leur vie sans joie et sans intérêt ? Caitlyn n'en faisait pas partie, ou du moins plus maintenant. Fut un temps, où, suite à la mort de sa famille et à sa rupture avec Elias, elle avait cru perdre sa raison de vivre. Mais aujourd'hui, la voilà, blessée mais debout, prête à continuer à se battre pour sa vie et celle de ses amis.

« Tellement de gens y sont passés, et j'aurais pu être l'une d'eux… mais jamais je n'aurais voulu que vous arrêtiez de vous battre. »

Elle n'en démordait pas. Elle ne Leur ferait pas le plaisir d'en démordre. Non, elle ne voulait pas envoyer ses proches à la mort, mais elle ne comptait certainement pas laisser la mort venir à eux. Malgré la pression, malgré les menaces et le danger qui planeraient au-dessus de sa tête et de celle de ses proches, elle ne lâcherait pas l'affaire. Car malgré les promesses implicites, malgré l'impression que ça ne pouvait pas être pire, elle savait que les Supérieurs ne feraient pas la paix avec eux s'ils Les laissaient reprendre le pouvoir. Les cheveux au vent, elle inspira profondément et ferma les yeux, se gorgeant du calme de la nuit, puis se retourna vers Emily.

« Mais je comprends que tu aies peur pour tes amis et c'est pas moi qui te reprocherai de faire profil bas… »

Certainement que ça la rendrait triste de voir les Supérieurs réussir à la briser ainsi, mais elle ne pouvait décemment pas demander de mettre en danger ses proches et elle ne la jugerait pas quelle que soit la décision qu'elle prendrait.
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MessageSujet: Re: [Event 15/02] I'm drowning [Libre]   Dim 1 Nov 2015 - 10:04

Ils ne pouvaient pas sortir intact de tout ça. Ils ne pouvaient pas se relever comme si de rien n’était et continuait leur petite vie presque normale alors que leur monde était de nouveau en train de s’écrouler. Depuis le début, Emily avait compris que ce Château avait fait des personnes qui y vivait des gens différents, des gens n’ayant pas subi une construction normale. A l’adolescence normalement on découvre le monde, on remet son identité et souvent c’est un passage difficile mais là… Là il ne s’agissait plus seulement de découvrir le vrai visage du monde mais plutôt d’être confronté à tout ce qu’il pouvait avoir de terrible, de malsain et de violent. Il ne s’agissait plus de vivre une construction de soi difficile mais bien d’essayer de ne pas se laisser détruire. Et quand enfin tout cela était passé, il fallait qu’ils reviennent. Comme pour finir le travail. Comme si tous ces gamins n’avaient pas eu leur dose et que leur souffrance n’était pas suffisante, pas assez prononcée… Ems faisait partie de ceux qui pensaient avoir réussi à traverser tout ça. Elle avait conscience d’avoir faillit plusieurs fois s’écrouler sans savoir comment se relever. Elle avait conscience d’avoir cru se noyer complètement et être incapable de faire surface. Mais elle avait réussie, jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce qu’ils touchent directement son point faible, qu’il la mette au cœur d’un processus de destruction plus violent encore que les précédents. Une simple attaque ponctuelle qui pouvait tout remettre en cause. Alors oui elle s’était toujours relevée jusque là, oui elle était à l’origine d’un beau combat mais ça c’était avant. Avant qu’elle n’apprenne que Cameron avait faillit mourir parce qu’elle était incapable de se taire. Avant de comprendre qu’elle avait beau faire la fière, elle n’était rien seule. Elle avait besoin de ses amis, de sa famille… Ils lui permettaient d’avancer, de se sentir entière. Sans eux elle n’était qu’une coquille vide cherchant désespérément un sens à sa vie. Cette évidence était maintenant bien claire dans son esprit et elle comprenait qu’à partir de là, tout ne pouvait pas rester intact. Cela entraînerait certainement des changements. Obligatoirement. Et cela transparaissait en cet instant par cette sorte de folie qui avait pris possession d’elle. Cette folie qui faisait qu’elle ne contrôlait plus ses émotions et laissait tout sortir avec force. Mais apparemment ce n’était pas que sur elle que tout cela jouait. Alors qu’elle venait de crier, plus qu’elle ne l’aurait voulu, cette évidence qui lui transperçait les tripes, elle vit Caitlyn exploser à son tour en sanglots. Cela marqua un temps d’arrêt dans l’esprit d’Emily. L’espace de quelques secondes elle arrêta de bouger, se figea. Avait-elle provoqué ça ? Avait-elle fait craquer quelqu’un qui pensait jusque là réussir à avancer malgré tout ?

L’attitude d’Ems changea alors d’un coup. Son visage changea d’expression et ses larmes se tarirent. Elle resta là, interdite, à fixer sa camarade qui laissait elle aussi finalement sortir ce qu’il y avait au fond d’elle. Cette dernière prit alors la parole pour évoquer son histoire, ce qui faisait d’elle ce qu’elle était maintenant et notamment son passage aux cachots. Oui, la métisse comprenait ce qu’elle ressentait, ses interrogations. Elle aussi était passée par là. Ce moment où l’on se demande pourquoi on est encore en vie. Pourquoi non ? Plutôt qu’un autre, plutôt qu’un gosse qui ne voulait que rentrer chez lui, qui était prêt à abandonner une lutte qui n’était quelque part pas la sienne. Pourquoi elles ? La réponse n’était nulle part. Le hasard en avait décidé ainsi. La cracmolle resta sans rien dire jusqu’à ce que Caitlyn déclare qu’elle n’aurait jamais souhaité qu’ils arrêtent le combat, même dans les moments les plus durs. Elle comprenait, mais il ne s’agissait pas de savoir ce que voudrait Cameron même après avoir frôlé la mort et tous les autres. Mais bien ce qu’elle était encore capable de supporter, ce qu’elle pouvait encore porter sur ses épaules qui ployaient définitivement sous le poids de toutes ces souffrances. La jeune femme passa alors ses mains sur son visage, comme pour y enlever les traces de larmes mais aussi pour se réveiller, pour éveiller tout ce qui semblait s’être éteint en elle. Caitlyn reprit alors la parole et Emily sentit une impression étrange l’envahir. Que voulaient dire ces mots ? Ou plutôt, comment les acceptait-elle ? Elle se tourna alors vers le ciel et laissa le silence planer encore quelques instants avant que finalement sa voix s’élève de nouveau. Elle était cassée, rocailleuse mais plus calme et maitrisée que tout ce qu’elle avait montré jusqu’alors.

« Il ne s’agit pas juste de faire profil bas parce que j’ai peur pour eux. Mais parce que je ne suis plus capable d’être responsable de la mort des gens. Il faut l’accepter, en créant ces mouvements de révolte on se met du sang sur les mains. Pour sauver encore plus de vies sans nul doute, mais ce sang qui coule, on en est responsables d’une certaine façon. »

Emily poussa un léger soupire. Voilà ce qui lui torturait réellement l’âme. C’était de voir que le monde n’était pas si manichéen, qu’ils ne pouvaient pas juste être de gentils héros qui sauvent leur camarade en leur apportant un nouveau souffle, en leur apportant une envie de se battre. Non ils étaient aussi ceux qui faisaient couler leur sang, qui attirait le courroux de ces hommes violents sur eux. Ils ne pouvaient pas ignorer cet aspect là de la chose et se contentait des lauriers de la gloire. Ems avait toujours mis cette réflexion de côté, comme pour ne pas se brûler les ailes trop vite. Mais avec ce qu’il s’était passé ce jour là, elle ne pouvait plus ignorer tout ça, elle ne pouvait plus juste fermes les yeux et espérer que l’évidence ne vienne pas l’assaillir trop souvent. Elle devait simplement accepter.

« J’ai peut être aidé à sauver des gens mais j’ai failli avoir le sang de mon frère sur les mains. Et peut être celui de Ricardo qui sait. Je ne suis peut être pas assez forte pour ça. Pour accepter d’être le bourreau des seules personnes qui m’ont acceptée sur cette terre. »

Emily laissait son regard se perdre dans le ciel. Elle ne s’était jamais plainte de sa condition, de ce que le monde lui avait imposé. Elle avait décidé de faire avec et de continuer à avancer. Mais pouvait-elle mépriser ce fait là ? N’était-elle pas arrivée à sa limite ? A vrai dire dans son esprit les choses n’étaient pas claires, elle ressentait le contre coup de sa crise de larmes et sentait une énorme fatigue peser sur elle. Elle était épuisée et incapable de prendre une décision. Mais elle savait une chose : elle ne serait plus pareille après ce jour. Elle allait avoir besoin de temps pour choisir son chemin et comprendre ce que oui ou non elle pouvait accepter.

« J’espère pouvoir suivre ton raisonnement Caitlyn. Mais je suis pas sûre d’en être capable… »

La voix d’Ems s’était alors baissée et elle avait passée ses bras autour de son propre corps. Elle avait froid, elle était complètement épuisée. Elle avait besoin de se perdre dans les bras de Ricardo, dans le silence et de fermer les yeux pour sombrer dans le sommeil. Un sommeil vide, profond, c’était tout ce à quoi elle aspirait. Elle voulait juste maintenant prendre une pause.
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MessageSujet: Re: [Event 15/02] I'm drowning [Libre]   Mer 27 Jan 2016 - 19:05

Ce qui devait arriver arriva, et les premières larmes giclèrent de ses yeux, aussitôt suivies par d’autres, inondant ses joues. Caitlyn cacha son visage dans ses mains et se détourna d’Emily. Son cœur venait d’éclater dans sa poitrine, les murailles qu’elle avait érigées pour le protéger venaient de céder et la profondeur de son désespoir transparaissait enfin au grand jour. Trop longtemps avait-elle retenu ses larmes, trop longtemps avait-elle pris sur elle, s’interdisant de flancher, s’efforçant de rester forte pour ses amis… Mais au final, elle n’était qu’une gosse comme eux tous, une gosse qui en avait trop vu et trop vécu et qui craquait sous le poids des horreurs qui s’écrasaient sur eux. Elle voulait s’enfuir, courir le plus loin et le plus vite possible pour échapper à ce quotidien plein d’atrocités. Elle voulait se réveiller en hurlant, haletante et en sueurs, pour constater que tout ça n’était qu’un mauvais rêve, un cauchemar, et qu’elle était une fille normale avec une vie banale, entourée par sa famille et ses amis, et ayant pour seules préoccupations des soucis d’ado, des histoires de cœur et des contrôles surprise. Mais la réalité était qu’ils n’auraient plus jamais une vie normale, que les Supérieurs leur avaient pris leurs familles et qu’ils étaient en train de leur prendre leurs amis. Elle avait passé deux ans à faire profil bas, à leur tenir tête en silence, persuadée d’être assez forte pour ne pas leur faire le plaisir de renoncer à sa vie, à son bonheur, à ses rêves. Elle avait fait abstraction, sans jamais leur permettre de rentrer dans sa tête, sans jamais les laisser la manipuler par la peur ou par la culpabilité. Et puis, elle avait commencé à s’affirmer, à élever contre eux sa voix et sa baguette, et les choses avaient pris une toute autre proportion. Comment ne pas se sentir responsable des victimes de la bataille que son groupe avait provoquée ? La culpabilité était exactement ce sur quoi les Supérieurs avaient décidé de jouer. La peur pour leurs propres vies n’ayant pas suffi pour les faire taire, Ils misaient sur la peur pour la vie de leurs proches pour les réduire au silence. Caitlyn savait que le seul moyen de continuer à avancer était de refuser toute responsabilité pour les dégâts que faisaient et feraient les Supérieurs pour se venger de leur défaite et pour revenir au pouvoir, mais le sentiment de culpabilité d’Emily était si puissante qu’elle n’arrivait plus à y faire face.

Le craquage fut violent mais court. Les larmes se tarirent aussi rapidement qu’elles étaient venues, elle expira profondément en replaçant ses bras le long de son corps, et les courants d’air séchèrent ses joues. D’une voix monotone, elle évoqua alors la séance de torture qu’elle avait subie pendant la bataille de Noël. Elle n’en parlait pas, d’habitude. Elle n’avait jamais réellement eu de problèmes pour revenir sur les horreurs qu’elle avait vécues, mais cette fois-ci, c’était différent. C’était un sentiment qu’elle n’avait jamais vraiment connu, cette pudeur qui la forçait à se cacher lorsqu’elle changeait d’habits, cette gêne qui l’incitait à détourner ou baisser la tête lorsqu’on la fixait trop longtemps. Elle n’aimait pas montrer ses cicatrices ni les décrire ou les mentionner d’une quelconque manière. Bien que petites et discrètes, les marques que conservait son visage de ce fameux soir de Noël lui sautaient aux yeux à chaque fois qu’elle croisait son reflet dans un miroir et elle les observait avec insistance et dégoût comme dans l’espoir de les voir disparaître. Les restes des mots gravés sur son dos, eux, étaient bien moins discrets et des tiraillements ou picotements lui rappelaient régulièrement leur présence. Elle avait honte de tout ça, faisait tout pour ne pas devoir en parler, mais en cet instant, c’était comme si la présence d’Emily n’importait pas, et elle repensait à voix haute à ce qu’elle avait vécu et survécu par simple chance. Puis, d’un pas lent, elle alla se placer au bord de la tour. Les yeux grand ouverts perdus dans le vague, vides mais pleins à la fois, les traits tirés et las, elle resta immobile à quelques centimètres du vide, se demandant combien de ses camarades avaient déjà voulu s’y jeter. Elle-même y avait pensé, fut un temps, croyant avoir perdu toute raison de vivre suite à la mort de ses parents et à sa rupture avec Elias. Elle n’était pas aussi forte et inébranlable qu’elle voulait bien le faire croire… Mais pour le moment, elle était dans l’optique de continuer à se battre malgré tout ce que ça impliquait pour elle et pour ses proches. En se retournant vers Emily, toute trace de son craquage avait disparu et elle arborait à nouveau un regard déterminé, bien que plein d’empathie et de douceur pour la métisse. Celle-ci se détourna alors à son tour pour regarder le ciel, et, après quelques instants de silence, prit la parole d’une voix rauque mais posée.

« Il ne s’agit pas juste de faire profil bas parce que j’ai peur pour eux. Mais parce que je ne suis plus capable d’être responsable de la mort des gens. Il faut l’accepter, en créant ces mouvements de révolte on se met du sang sur les mains. Pour sauver encore plus de vies sans nul doute, mais ce sang qui coule, on en est responsables d’une certaine façon. »

Caitlyn ne répondit rien mais elle sentait que son amie avait raison. Elle refusait de se considérer comme coupable de quoi que ce soit, mais elle ne pouvait pas nier qu’elle était responsable des conséquences des batailles qu’elle avait provoquées en faisant partie du groupe de musique. C’était pour se venger de gens comme elle que les Supérieurs attaquaient le Château et continueraient à le faire jusqu’à ce qu’ils aient réussi à reprendre le pouvoir dessus. C’était pour atteindre des gens comme elle que les Supérieurs s’en étaient pris à des innocents quelques heures plus tôt. Son nom, ainsi que celui d’Emily et des autres membres du groupe était inscrit sur la liste. Il fallait se rendre à l’évidence, elle était responsable, tous ceux qui se rebellaient étaient responsables du sang qui coulait pendant les batailles qu’ils provoquaient. Pourtant, l’intention restait plus importante que les conséquences aux yeux de Caitlyn. C’était dangereux, de penser comme ça, elle le savait, mais elle était persuadée du fait que tout serait bien pire s’ils se rendaient et laissaient les Supérieurs revenir.

« J’ai peut être aidé à sauver des gens mais j’ai failli avoir le sang de mon frère sur les mains. Et peut-être celui de Ricardo qui sait. Je ne suis peut-être pas assez forte pour ça. Pour accepter d’être le bourreau des seules personnes qui m’ont acceptée sur cette terre. »

Elle fronça les sourcils mais ne dit rien, continuant l’observer attentivement, à la surveiller. Elle la vit frissonner, elle vit ses épaules s’affaisser et son corps se détendre. De ses yeux pleins de tendresse, elle vit la fatigue se déverser sur Emily et la submerger tout comme elle l’avait submergée après son craquage. Fatigue ou lassitude, ou les deux à la fois peut-être.

« J’espère pouvoir suivre ton raisonnement Caitlyn. Mais je suis pas sûre d’en être capable… »

Ses derniers mots ne furent plus qu’un murmure à peine audible, puis elle enroula ses bras autour de son propre torse. Alors, Caitlyn s’approcha et la prit à nouveau dans ses bras, pour la protéger du froid et pour lui offrir une fois de plus son soutien, autant physique que psychologique. Elles restèrent quelques instants encore ainsi serrées l’une contre l’autre, avant que Caitlyn ne commence à s’écarter doucement.

« Viens, il faut qu’on aille dormir. »

Passant une main dans ses cheveux, elle attendit qu’Emily ouvre la marche pour la suivre. Elle voulait pouvoir surveiller chacun de ses mouvements et elle voulait être sûre qu’elle ne resterait pas là. Elles descendirent les escaliers en colimaçon de la tour Est et débouchèrent dans un couloir du septième.

« Je t’accompagne. »

Son ton ne laissait place à aucune discussion. Elles descendirent donc ensemble jusqu’au quatrième et rejoignirent le dortoir des Moldus. Au moment de se quitter, elle la prit encore une fois dans ses bras.

« Ne doute jamais de toi, Emily, tu es une femme forte et je t’admire. Quelle que soit la décision que tu prendras, ce sera la bonne. Mais maintenant, tu dois te reposer. Bonne nuit, Emily. »

Et elle la regarda entrer dans le dortoir et fermer la porte derrière elle. Puis elle remonta au septième et se dirigea vers la Salle sur Demande. Sans réellement savoir ce qu’elle voulait, elle passa trois fois devant l’entrée de la salle où elle avait l’habitude de répéter puis vit apparaître la fameuse porte et l’ouvrit. Elle se retrouva dans une salle qui ressemblait en tout point à sa chambre, celle dans laquelle elle dormait lorsqu’elle habitait chez ses parents à Liverpool. Un synthé était placé près du mur gauche et son lit l’attendait près du mur droit. Bien qu’épuisée, ce fut vers le synthé qu’elle se dirigea. Elle l’alluma, ses doigts se posèrent sur le clavier et elle se laissa emporter par la musique qui s’échappait de l’instrument.



Let’s start over again
Why can’t we start it over again?
Just let us start it over again
And we’ll be good
This time we’ll get it, get it right
It’s our last chance to forgive ourselves

Elle resta ensuite quelques instants immobile, puis éteignit le synthé, se releva et alla se coucher dans son lit. Elle essuya une larme qui avait coulé le long de sa joue droite, puis ferma les yeux et s’endormit aussitôt.

Fin pour moi. ~
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