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 By every sigh and scream we make ▬ Mateo

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MessageSujet: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Jeu 20 Aoû 2015 - 13:46

Vendredi 13 Février 2015 – Dans la soirée
By every sigh and scream we make




Mateo & Enzo

Every time we lie awake
After every hit we take
Every feeling that I get
But I haven't missed you yet

Three Days Grace

Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas rester enfermé dans cette pièce, ça m’était complètement impossible. Si l’un des deux avait essayé de m’empêcher de sortir je sais très bien que ça aurait rapidement pu mal tourner mais si Kyle me connait suffisamment pour savoir quand il faut intervenir ou non, ça n’est pas le cas de cet autre être humain – même si je lui ai raconté une partie de mes états d’âmes il n’y a pas trois jours, inconsciemment. J’imagine que j’aurai dû être plus attentif, c’est de ma faute, pas de la sienne, mais pourtant la rancœur est toujours là. Tenace. Sans doute au moins aussi tenace que la haine que j’éprouve en cet instant pour mon frère. Mon propre sang. J’aurai pensé que la présence de Kyle m’aurait apaisé et ça été le cas pendant quelques secondes, quelques minutes peut-être mais ne m’aura fallu qu’un seul coup d’œil sur son visage pour repartir dans les tours … Il a levé la main sur lui, encore, et ça je ne le digère pas. Je le digère d’autant moins en sachant que c’est entièrement de ma faute puisque je suis celui qui a démarré les hostilités – d’un point de vue physique en tout cas – donc dans mon esprit, en l’état, c’est presque comme si j’étais celui qui l’a frappé … C’était peut-être un coup perdu – d’ailleurs qu’est ce qui me prouve qu’il n’en a pas pris un de ma part aussi ? – et il n’aurait pas dû essayer de nous séparer même si je peux comprendre sa démarche, mais j’ai beau être rongé par la rage en cet instant la culpabilité n’en demeure pas pour autant moins présente.

Je pourrais prétendre avoir perdu le contrôle à cause de ma double nature mais je ne le ferais parce que ça n’est pas le cas. Je pourrais également prétendre ne pas comprendre ce qu’il s’est passé mais c’est aussi clair que de l’eau de roche … Il n’aura suffi que d’une phrase, une seule petite phrase, pour me faire péter les plombs. En réalité c’est bien plus profond et bien plus compliqué que ça parce que si j’avais du sauter à la gorge de mon frère chaque fois qu’il m’a traité de tapette, de tarlouse ou je ne sais quel autre terme tout aussi agréable et absolument pas péjoratif – ironie du soir, bonsoir – il aurait déjà probablement eu recours à la chirurgie esthétique ou l’un de nous deux serait mort, au choix. Oui, c’est plus complexe même si le fait qu’il prenne Kyle a partie en même temps que moi n’a surement pas aidé dans le processus. J’imagine que ça couvait depuis un moment, surtout après tout ce que je lui ai balancé la semaine dernière mais je sais pertinemment ce qui a été le déclencheur de cette tension, quelque chose qu’on a refoulé tous les deux je pense : Notre séjour chez le vieux.

Je crois que seul la Magie aurait été capable de m’empêcher de sortir de cette salle et je sais que je n’aurai pas hésité une seconde à m’en prendre physiquement à ce type s’il avait tenté quoi que ce soit pour faire barrage. J’ai eu peur de ne pas avoir suffisamment de contrôle sur moi, peur de m’en prendre à Kyle malgré moi que ça soit physiquement ou psychologiquement. Je n’ai jamais levé la main sur lui, j’ai toujours su me gérer pour ne pas que ça arrive parce que bien souvent il a été en première ligne mais je ne peux pas faire de promesse que je ne pourrais pas être certain de tenir. J’ai une pensée fugace pour Maxime, même si apparemment ses crises ne sont pas dues totalement à la Lycanthropie je ne veux pas prendre le risque que Kyle ou qui que ce soit d’autre que mon frère subisse ce que Mateo a subit il y a quelques jours. Je ne jette pas la pierre à la Serpentard, je sais qu’elle n’a pas pu contrôler ce qui lui arrivait mais les conséquences sont bien réelles, c’est tout. Qu’est ce qui se serait passé si Gabrieli et … Helland ? Ne nous avaient pas séparés ? Dans quel état serait Derek en ce moment ? D’ailleurs dans quel état est ce qu’il est ? J’ai juré que je ne sortais pas pour retourner m’en prendre à lui mais la vérité c’est qu’une part de moi meurt d’envie de reprendre le boulot là où je l’ai laissé. J’ai pris des coups moi aussi, évidemment, Loup ou pas je ne suis pas invincible pour autant mais je suis tellement sur les nerfs, tellement sous l’adrénaline, que je ne sens pas la douleur si jamais elle est présente. Elle l’est surement, j'imagine que mon visage en porte les marques. Encore une fois Loup ou pas, ça n’est pas parce qu’on encaisse mieux la souffrance physique par la force des choses que ça nous rend insensible pour autant. Derek a une bonne droite, il a l’habitude de se battre, ça n’est pas dans un pantin sans défense que j’ai cogné. Il est fait de chair … et de sang. Non je ne penserais pas à ce que diraient nos parents s’ils avaient été là, s’ils avaient vu ça. Pas une seconde. J’ai promis de les rendre fiers …

A cette pensée un rire plein de sarcasme m’échappe alors je marche d’un pas plus que rapide sans prêter la moindre attention à où je vais. Une main qui glisse contre le mur, l’autre qui ne peut s’empêcher de bouger, qui passe de ma nuque à mes cheveux, à mon visage, à mon cœur aussi qui bat encore à 100 à l’heure … Jusqu’à ce que je me retourne brusquement et que cette même main se plaque contre une gorge. Le propriétaire de la gorge en question fini lui-même plaqué violement contre le mur, un grondement sourd m’échappe alors que mes yeux cherchent son regard, le trouve, s’y ancre toutes pupilles dilatées par la présence de l’animal et surtout celle des émotions toutes plus virulentes les unes que les autres: Le déclic est immédiat ou presque.
Mateo. C’est Mateo que j’ai devant moi, que je viens de plaquer un peu trop vivement contre ce mur. C’est aussi lui que je lâche aussi rapidement que je ne l’ai chopé et recule d’un pas puis d’un deuxième, bras à demi levés, paumes tournées dans sa direction. J’aimerai lui dire que je suis désolé mais aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé et je n’ai même pas essayé de comprendre. J’ai ressenti cette présence derrière moi, je n’ai pas contrôlé le reste même si ça ne m’étonnerait pas qu’il ait tenté d’annoncer son approche d’une manière ou d’une autre. J’en sais rien, je sais pas, je …Je n’arrive plus … à réfléchir.
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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Mar 25 Aoû 2015 - 20:56

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Enzo & Mateo


Vendredi 13 Février – Tôt le matin

Allongé sur le côté droit, je scrute le dos nu face à moi. Il est tôt, beaucoup trop tôt même. Je ne vois aucuns rayons lumineux venir baigner notre dortoir. Je suis un gros dormeur, une vraie larve, mais pas ce matin. Il n'y a pas de raison particulière, pas de cauchemar, pas de pression que je renie. Je suis juste... éveillé avec l'impossibilité de me rendormir. Elle est endormie, profondément. Je l'entends à sa respiration. C'est moi qui lui ait demandé si elle voulait passée la nuit ici et elle n'a pas hésitée très longtemps. Il faut simplement me laisser le temps de... m'adapter. M'habituer. Même si j'ai l'impression que j'y arrive plus vite que je ne le croyais, malgré mes maladresses. Je glisse mon doigts sur sa nuque, contourne son omoplate et perçois un léger frisson sur sa peau. Je continue de descendre sur sa colonne vertébrale avant de glisser ma main sur le creux de son rein toujours en douceur. Elle a la peau douce et chaude, j'apprécie ce contacte. Ce moment de paix. J'ai la sensation d'en avoir besoin, de ce genre de moment justement. Ceux où tout parait tranquille, sans crash, sans explosion. Un instant de repos.

Je viens me plaquer à elle en douceur, embrassant sa nuque, son cou, restant ainsi quelques secondes avant de m'écarter de Riley. Je le fais un peu à contre-coeur mais je n'arriverais pas à rester comme ça, réveiller, à tourner en rond. Elle ne bouge pas, profondément endormie et j'en souris tellement c'est contradictoire avec la nana que je vois presque tous les jours. Elle qui est toujours si... vivante, hyperactive, voir bavarde, ici je la vois dans son calme le plus complet. Et ça me plait tout autant que sa nature éveillée.
Je glisse hors des draps en douceur, pour ne pas la reveiller et enfile le premier jean que je vois, un tee-shirt et un gros sweat. Je contourne mon lit pour prendre mon paquet de cigarette dans l'un de mes tiroirs et mon regard se pose sur le visage de Riley, toujours endormie. Nous n'avons toujours pas posé de mots sur la situation et je n'en ressens toujours pas le besoin. Tout se fait en douceur et surtout, naturellement. Je me suis rarement senti si apaisé, même si ma fierté fait que je n'en parles à personne. Eh... chaque chose en son temps. J'changerais jamais, il va falloir s'y faire.

Dans un geste totalement spontané et non réfléchit, je me penche en avant et effleure ses lèvres des miennes avant de me redresser et de sortir du dortoir, sans but précis en tête. Juste sortir prendre l'air, pourquoi pas. Courir? Non. Marcher et fumer. C'est plus probable. Mais lorsque je franchis la porte de ma salle commune, mon instinct me dicte le chemin pour un tout autre objectif. Ma meilleure amie de mes insomnies. Maxime et moi, nous sommes une vraie pièce de monnaie lorsqu'il s'agit du sommeil. Soit nous dormons trop, soit pas assez. Je décide de tenter ma chance auprès d'elle, pour passer un petit moment avec elle. Ca fait deux semaines que tout ça s'est passé et une semaine que je suis revenu la voir. Je lui ai fais comprendre ce que j'en pensais et même si notre relation ne s'en trouve pas entâchée, elle reste malgré tout incroyablement silencieuse. Elle remue ce qu'elle a fait, dans tous les sens. Et ça m'rend dingue. J'ai parfois l'envie de plonger ma main dans son cerveau pour extirper cette merde qu'elle y laisse. C'est inhumain de souffrir autant, merde. Je vois bien que Macy et William s'inquiète mais il y a des choses pour laquelles ont peut aider... d'autres non. C'est ce qui est le plus frustrant, je crois.

Je descend les escaliers d'un pas tranquille, croisant par la même occasion mon reflet dans une des vitres. Je n'ai plus aucune trace sur le visage si ce n'est que quelques bleus à peine. Tout est rentré dans l'ordre de mon côté. Plus de colère, plus de rancune. J'aimerai que ça soit dans les deux sens.
J'arrive au niveau du Hall, non loin de la salle commune des Poufsouffles qui s'ouvrent, alors que je me trouve à à peine 10 mètres d'elles...

… et devinez qui en sort?

J'affiche un large sourire, mains dans les poches de mon sweat et m'approche d'elle avec ma gueule de branleur trop content de l'avoir prise la main dans le sac.

- J'aurai dû me douter que j'aurai dû essayer de te trouver ici en premier.

Elle se retourne, surprise de me voir et moi, je n'en finit plus de sourire. Alors Jefferson, on a été rendre une petite viste à l'Angleterre?

- Et en plus de ça, tu files à l'Anglaise....

BIM ! MATE MOI CE JEU DE MOT DE LA MORT !
Attention, je perçois l'ombre d'un sourire aux bords de ses lèvres, malgré la capuche qu'elle a déjà rabatue sur son crâne. Elle lève son majeur en silence...

- Ah non, gracias. J'veux pas savoir ce que t'en as fait.

Cette fois, le sourire est franc et visible et j'en ressens une légère satisfaction. Ca nous prendra du temps, mais on la ramènera à nous, peu importe ce que nous devons faire. Et puis je suis certain que cette petite nuit avec Kezabel lui a fait le plus grand bien... Ah oui, cherchez pas, si elle sort de chez les Poufsouffle à une heure pareille, c'est pas pour autre chose. Peut-être que Riley a raison, on va finir par les mariés. J'me demande comment ça se passe dans leur tête, même si j'ai bien l'impression que ni l'une ni l'autre ne se posent de question. En tout cas, c'est le cas de Maxime. Je ne connais pas suffisamment Hasting pour en avoir une p'tite idée.

Je sors mon paquet de clope de la poche de mon pull et lui tend.

- Tu viens fumer?
- J'vais chercher Bobby d'abord.

Ah ouais... Bobby. Le fameux rat rescapé, miraculé de la neige. J'ai été surprit de l'avoir avec ce machin sur l'épaule la première fois mais … j'crois que finalement ça lui va plutôt bien. Elle a l'air contente d'avoir un compagnon.
Je lui emboite le pas, glissant de nouveau mes mains dans mes poches.

- T'aurai dû l'appeler Cocaïne. J'suis sûr qu'il était défoncé et qu'il a prit la neige pour d'la coke.

Eh ouais les mecs, Mateo is back.

¥

Vendredi 13 Février – En soirée

- Maxime... ton rat. Il vient bouffer dans mon assiette.
- J'crois qu'il a le béguin pour toi Jackson. Regarde comme il te regarde avec ses yeux tout brillant... j'emprunte une voix plus fluette et niaise au possible. Oh Wiwi je t'en prie, donne moi ton gruyère, partageons ce repas de l'amouuuur.
- Ta gueule sale con.

Macy ricane et moi je lui offre mon air de lover, presque séduisant avant de lâcher un rire amusé. Maxime reprend le rat qui exprime clairement des yeux de mécontentement – oui je parle le langage olfactifs des rats, keskya ! - avant de le replacer sur son épaule où il vient renifler le creux de son oreille. Une vraie histoire d'amour prend naissance sous nos yeux. C'est beau.
Je dois avoué que ce rat à l'air aimanté par la bouffe de William à chaque fois que nous sommes à table. Quand il n'est pas là, Bobby se tient tranquille sur les genoux de Maxime... Mais quand Jackson débarque, on ne le tient plus le pauvre ! Laissons-le vivre sa passion non d'un chien. D'ailleurs j'ai cru entendre que Kyle s'était vu transformé en rongeur ce matin... Il faut que je dise à Ryans de faire gaffe s'il ne veut pas que Bobby ne lui vole son Jules !

Le repas se termine dans une ambiance légère et ça change de celle qui se tramait parmi nous il y a une semaine. Je prends le temps d'aller fumer une clope avec eux, regardant Macy foutre de la neige dans le col de William qui gueule comme un putois avant de lui courir après et de se viander comme... une merde, sur les graviers. J'peux pas m'empêcher d'éclater de rire... mais un vrai fou rire. Je dois me retenir au muret, me prenant le front entre le creux de ma paume, riant aux larmes. Maxime ricane avec retenue même si je sais qu'en temps normal, elle serait probablement dans le même état que moi. Macy... est clairement la plus mauvaise amie en cette seconde, puisqu'elle est foutrement incapable d'aller vérifier si William n'a rien de casser tellement elle rit aux larmes, également, à genoux au sol. Jackson se relève, nous scrute et lève ses deux majeurs en les agitant furieusement.

- 'fait chier putain. J'me suis péter le cul sur les graviers à cause de tes conneries.
- C'est pas comme si t'avais pas l'habitude...

Ricanement de la part de Maxime

- Bien vu.
- J'vous emmerde, Tom et Jerry.

Il nous accorde quand même un sourire amusé. Ce qui est assez extraordinaire chez ce type, c'est son sang-froid et sa façon de … vivre les choses avec légèreté. A sa place j'aurai fais la gueule parce que j'suis qu'un sale con qui déborde de fierté mais lui, non. Il est là, tranquille, entrain de s'essuyer les coudes et de boiter légèrement, mais c'est pas grave. Il est bon joueur, j'dois l'avouer.

Je termine ma clope et les suit à l'intérieur où ils partent tous les trois chez les Serpentards. J'ai passé ma journée avec eux et je comprends, seul, qu'ils ont besoin de leur espace et moi, du mien. Ca se fait naturellement, sans se poser de questions ni quoi que ce soit. Et je préfère ça plutôt que de devoir rendre des comptes à chaque fois pour des conneries. Première étage, puis deuxième où mon regard aperçois une silouhette qui m'ait familière. Un léger sourire se teind sur mon visage et je le suis, d'un pas rapide avant qu'il ne me distance. Ca fait un moment qu'on a pas passé une soirée lui et moi et j'lui ai promis de fêter son retour comme il se doit, entre Capitaines. Enzo est devenu un très bon pote, voir un ami malgré notre différence d'âge. Il a, pour certaines choses, une mâturité que d'autres non pas même s'il reste encore un sale gosse de 18 piges. J'reste plus expérimenté que lui... c'est pour ça que j'dois l'emmener faire le tour des bars argentins Question purement éducative, ça va de soit !

J'agrandis mes enjambées et arrive enfin près de lui, le souffle un peu court. C'est qu'il marche vite ce con.

- Eh, Capitaine Ryans, je...

J'l'ai pas vu venir, comme j'ai pas vu venir Maxime l'autre fois. C'est l'image qui s'interpose chez moi à la seconde où Enzo se retourne et me plaque au mur, ses doigts enserrant ma gorge. Ca ne dure qu'une fraction de seconde. Juste un temps léger mais l'effet est immédiat. Mon cerveau calque cette violence aussitôt sur celle que je me suis prise en pleine gueule et ma réaction ne se fait pas attendre. Enzo retire sa main à la seconde où la mienne donne un coup dans son poignet, dans l'unique but de l'écarter, lâchant d'une voix rauque, gorgé de colère...

- Me touche pas mierda !

Mon coeur subit un choc, une sorte d'embardé alors que mon estomac se tord. C'était pas de la peur, mais un instinct de défense qui s'est naturellement développé après ce qu'il s'est passé avec Maxime et rien que pour ça, la colère ne cesse de grimper tous les étages, sans s'arrêter de croitre. Ma main se porte à ma gorge par pur réflexe, alors que de l'autre je m'appuie contre le mur juste à côté de moi.
C'est quoi votre putain de délire en ce moment les gars. On a franchit le cap de la pleine lune, merde. J'suis quoi, un aimant à Loup-Garou en colère? JE ne supporte pas que l'on me touche, c'est un fait. Encore moins par surprise.

- Fais chier mec, il t'arrive quoi bordel.

Et si je n'explose pas dans la seconde, c'est bien parce que le type que j'ai en face de moi est Enzo, et pas un autre. Parce que je l'ai vu reculé de deux pas, mains levées, paumes vers moi, un air désolé sur le visage. Un air paumé, qui sait plus ce qu'il doit pensé... Ouais un air sur un visage complètement détruit. Et ce n'est que maintenant que je le remarque. Je dis pas qu'il ressemble au puzzle que je formais il y a deux semaines, mais il s'est clairement prit de sales coups sur la gueule et son arcade enfle méchamment, du sang séché marquant sa tempe. Je me redresse complètement cette fois.

La colère s'estompe presque aussitôt, laissant place à l'inquiétude. De le voir amoché comme ça me fait comprendre que, peut-être, il a cru entendre le responsable de cette tronche décalé. Je m'approche d'un pas, un seul, les sourcils froncés et ressentant, sans que je ne m'y attende, une colère naissante dirigé non plus vers Enzo, mais vers le probable responsable de ces coups qu'il porte. Il est grand, vu sa carrure j'suis certain qu'il n'a pas laissé l'adversaire sans quelques souvenirs, mais c'est ma nature, c'est tout. J'suis comme ça avec mes proches, qu'ils sachent se défendre ou non. J'suis un sanguin, pas un passif.

- Putain, qu'est-ce qu'il t'est arrivé? Tu t'es prit une armure sur la gueule ou quoi?

Allez Capitaine, raconte moi et dis moi si moi aussi, je dois aller faire craquer mes phalanges quelque part.
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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Jeu 27 Aoû 2015 - 23:24

« Me touche pas mierda ! »

J’aurai été à sa place et lui à la mienne il y a longtemps qu’il aurait dégagé. J’ai peut-être l’esprit embrumé par les émotions – colère en tête – ça n’est pas pour autant que je n’y vois pas clair sur certains sujets. Il y a une dizaine de jours il a croisé la route d’un Lycanthrope en colère avec tout ce que ça implique alors même si je me doute qu’il aurait réagi de la même façon face à un être humain normal, il en porte quand même sans doute encore les séquelles. Je ne voulais pas réagir comme ça seulement parfois on ne peut pas faire autrement. C’est déjà difficile de se contrôler quand on est dans un tel état en étant simplement Homme alors quand s’en mêle une moitié animal qui ne se laisse pas régir par les mêmes codes et qui amplifient tous les ressentis voilà ce que ça donne. Oui je m’en veux mais non ça n’y changera rien. L’important c’est que j’ai réussi à le lâcher dès l’instant où j’ai compris que c’était lui. J’aurai lâché n’importe qui, sauf peut-être mon frère – et quelques exceptions gratuites éventuellement – mais c’est d’autant plus important parce qu’il s’agit d’une personne que j’apprécie et à qui je n’ai pas envie de faire de mal. Ils sont déjà trop nombreux à avoir fait les frais de notre petite brouille familiale si vous voulez mon avis …
Il est en colère, je le sens, et sa colère nourrit la mienne malgré elle, malgré lui, malgré nous deux en réalité. Je l’ai lâché c’est vrai mais je sais qu’il m’en faudrait sans doute de peu pour que ça dérape même si ça ne me plait pas d’en arriver à ce constat, surtout pas quand je le vois se masser la gorge comme il est en train de le faire.

« Fais chier mec, il t'arrive quoi bordel. »

Ne me parle pas de cette façon …

Je suis à deux doigts de lâcher un grondement sourd mais parvient à le retenir par je ne sais quel miracle. Prends sur toi, merde ! C’est à moi que je parle, pas à lui. Il a toutes les raisons de s’énerver, je ne peux pas lui en vouloir pour ça même si je n’apprécie pas la manière dont il me parle. Sa réaction est on ne peut plus légitime, la mienne n’était simplement pas volontaire ni contrôlée.
Pendant que je tente de retrouver un peu d’emprise sur moi-même je le sens qui m’observe et je n’ai pas besoin de le regarder pour savoir de quelle façon il réagit. Quand j’ai embarqué Maxime l’autre jour je n’ai pas pris le temps de voir l’ampleur des dégâts sur son visage à lui mais si ça avait été le cas je pense que j’aurai réagi a peu de choses près pareil. Ça surprend, c’est un fait. On ne s’attend pas spécialement à voir les gens qu’on côtoie tous les jours dans un tel état. La différence c’est qu’ici il n’était pas là, il n’a pas vu ce qu’il s’est passé et quand je relève la tête et croise son regard je comprends deux choses : Il s’inquiète et il va me poser des questions. La première me touche, je crois, la seconde … J’en sais rien.

« Putain, qu'est-ce qu'il t'est arrivé? Tu t'es prit une armure sur la gueule ou quoi? »
« Ça dépend si elle s’appelle Derek ou pas, ton armure. »

J’ai répondu du tac au tac, chose qui me surprend un peu mais dès l’instant où son prénom est sorti de ma bouche j’ai recommencé à tourner en rond comme un fauve en cage. Poings et mâchoires serrés, malgré la douleur.

« Mon frangin n’a rien d’une armure, c’est juste un putain de connard. »

Le ton est glacial, je regarde droit devant moi sans rien fixer de particulier alors qu’une de mes mains va pour glisser un instant sur mon visage dans un geste réflexe. Grimace immédiate, pointe de douleur, mes doigts finissent dans mes cheveux directement sous la capuche alors que de l’autre je dézippe mon sweat dans un mouvement un peu brusque. C’est à ce moment-là que je me rends compte que j’ai mal aux côtes. Nouvelle grimace.

« Et j’viens de lui sauter à la gueule. »

Parce qu’il nous a traité mon mec et moi de tarlouses … ça n’a aucun sens et bien sur que c’est plus compliqué que ça mais je n’arrive pas à retenir le rire sec et pleins d’amertume qui m’échappe. Nouvelle décharge dans les côtes. Encore une grimace.

« Ma seule consolation c’est qu’il est probablement plus abimé que moi, surement même. »

Est-ce que ça me console vraiment ? La vérité c’est que j’ai le sentiment que tout est entrain de retomber. Je ne ressens plus les choses avec autant d’intensité, je pense que le fait de m’en être pris à lui, à Mateo, m’a fait redescendre un peu sur terre et c’est en partie pour ça que je me stoppe devant lui et capte son regard.

« Désolé j’voulais pas te bousculer comme ça, tu m’a surpris, j’suis sur les nerfs et ... Peu importe, excuse-moi. »

Ce visage, cette partie de moi, il ne la connait pas. D'après moi c'est la première fois qu'il me voit dans ce genre d'état, assez loin du gamin qui fanfaronne et avec qui il balance connerie sur connerie. Ce qu'il a devant lui c'est un type rongé par tout un tas trucs et qui révèle en partie sa part la plus sombre. On est loin du compte, j'ai fait bien pire mais ça non plus il ne le sait pas. En réalité je me rends compte qu'il ne sait pas grand chose sur moi, et sans doute réciproquement.
Les émotions remontent, je ne sais pas vraiment pourquoi mais je repense à ce que je viens de faire, avant que Mateo ne me rejoigne, et j'ai envie de m'en coller une même si je sais parfaitement que je n'aurais pas pu ni du faire autrement. Ce paradoxe me rend dingue, j'avais besoin de le voir, besoin de le sentir mais j'étais incapable de rester, par peur de commettre un geste de trop, de dire un mot de trop, de me laisser embarquer par ce côté bestiale et sauvage qui parfois parasite et court-circuite mes réactions humaines. Si on n'avait pas ce passif ça serait différent mais c'est pas le cas et ça me rend malade.

« Et moi j’me suis barré comme un lâche, j’ai largué Kyle avec Helland alors qu’il s’est pris un coup putain ! »

Je suis tombé sur une porte ouverte, plutôt que de cogner dedans - peut être histoire d'épargner un peu mes phalanges même si sincèrement ... Je m'en fous complètement - je l'ai simplement refermé très brutalement, elle en a tremblé dans ses gonds mais j'ai ressenti ce besoin d'expulser cette montée de rage. C'est toujours mieux que de se défouler sur quelqu'un même si je sais bien au fond de moi que l'idée ne me déplaira pas tant que ça.
J'aurai du être capable de prendre sur moi et de retrouver mon calme. J'aurai du être capable d'être là pour lui, de lui montrer que j'arrive à reprendre le contrôle si jamais je le perds. Je ...

« Il saignait, j’pouvais pas … »

Cette fois c'est clairement du dépit qui peut se lire dans mes yeux, sans doute un peu de panique et une petite dose de désespoir. C'était pas grand chose pourtant, juste un filet de sang, mais pourtant ça m'a suffit pour sentir que je ne pouvais pas rester aussi près de lui. Dans d'autres circonstances ça aurait été différent, j'aurai été capable de supporter cette odeur sans perdre mes nerfs ou sentir que Loup semblait un peu trop intéressé mais avec ce qu'il s'est passé juste avant, ma vulnérabilité, le fait d'être enfermé, les émotions à fleur de peau … C'était trop, je sais au fond de moi que j'ai pris la meilleur décision mais qu'est ce qu'il se passera si je perds sa confiance ? S'il se rend compte que … que ça n'est pas vivable pour lui d'être avec quelqu'un susceptible de péter les plombs et d'être dangereux chaque fois qu'il se blessera, se coupera avec je ne sais quoi ou même saignera du nez ? Dans le quotidien ça reste vivable mais on a suffisamment d'historique tous les deux pour savoir que les éléments extérieurs peuvent tout changer et qu'il suffit parfois de pas grand chose pour que tout dérape. Il n'empêche que je m'en veux, j'en veux à mon frère de nous avoir entrainé là dedans, j'en veux à Taylor d'avoir fait en sorte que ce sang, celui du garçon que j'aime, devienne quelque chose qui peut avoir un tel impact sur moi.

Et puis la lassitude s'en mêle, un soupir m'échappe alors que je me laisse tomber contre un muret jusqu'à m'y assoir. Je me rends compte que je tremble toujours autant alors que mes mains glissent sur mon visage jusqu'à aller se loger dans mes cheveux pour finir leur course autour de ma nuque. Coude sur les cuisses, tête basse, yeux fermés.

« J’supporte plus ses conneries … »

Les siennes et toutes celles de cette famille de cinglés.
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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Mar 1 Sep 2015 - 16:14

- Ça dépend si elle s’appelle Derek ou pas, ton armure.

Je me redresse, sourcil froncé. Bordel. Il est en train de me dire qu’il s’est foutu sur la gueule avec son frangin ? Avec cette violence ?
Ouais, on dirait bien. Et ça putain c’est moche. Parce qu’ils n’ont pas l’air d’avoir échangé un petit crochet du droit histoire de dire « qui domine dans la famille », non. Ca va bien au-delà de ça vu le visage décalé de mon Capitaine. Ma propre colère est retombée comme un soufflet depuis que j’ai vu son air paumé et surtout, que c’était lui et pas un autre type qui est venu me plaquer à ce mur. Cette colère est déjà d’ailleurs oubliée puisque mon esprit est maintenant focalisé sur ce mec qui tourne en rond, poing serré, aussi nerveux qu’un fauve qu’on aurait attisé et enfermé dans une cage. Et ce mec est un ami, proche. Le genre de personne que je laisse rarement entré dans mon cercle très fermé de mon entourage.

- Mon frangin n’a rien d’une armure, c’est juste un putain de connard.

La haine qu’il dégage est palpable et m’effleure d’ici. Ce sont le genre de sentiment qui, lorsqu’ils sont ressentis à 200%, vous donne la sensation d’être un élément matériel d’une pièce. Et j’vous assure que là, ça prend de la place. Ca me déstabilise un peu pour la simple et bonne raison que c’est la première fois que je vois Enzo dans cet état. C’est une facette de lui que je n’ai jamais aperçu jusqu’ici et c’est toujours surprenant. Il a toujours été le gars blagueur, branleur, sale gosse a raconté des conneries à la pelle. Bref, mon Capitaine en somme. Ici, j’ai le droit à une toute autre facette. Une vraie pièce de monnaie. Il transpire la haine et la colère, et à voir l’état de ses phalanges et de sa gueule, je me demande dans quel état se trouve le fameux connard. Je n’aime pas son frère, je dirais même que je le déteste. Incompatibilité d’égo et de caractère, tout simplement. Pourtant ici, je fais abstraction de mon jugement et me contente de l’écouter déverser sa haine. Il dézippe son sweat et glisse sa main dans ses cheveux. De mon côté, je reste droit et surtout, ne bronche pas.

- Et j’viens de lui sauter à la gueule.
- J’vois ça ouais.

Je ne lui demande pas pourquoi. Pas par manque d’intérêt, mais tout simplement parce que je ne veux pas le couper avec mes questions. A tourner en rond comme il le fait, je le sens près à décharger toute sa colère et la meilleure chose que je puisse faire pour lui c’est de le laisser faire. Je suis pas le genre de mec à … savoir avoir les mots. Il y en a qui savent parfaitement quoi dire dans ce genre de situation. C’est pas mon cas. Au contraire, j’suis un vrai empoté lorsqu’il s’agit de devoir donner des conseils. En revanche, je fais ce que je sais faire le mieux : Être présent. Et il sait qu’il peut compter sur moi pour ça. La présence et l’écoute. Je lui dois une fière chandelle pour son intervention avec Maxime mais surtout, pour son silence qu’il a respecté, tout comme William. Ca ne regarde que moi, même s’ils se sont retrouvés impliqués malgré eux là-dedans. Enzo a toujours été présent si j’avais besoin, il peut clairement être certain que je ferais de même.

- Ma seule consolation c’est qu’il est probablement plus abimé que moi, surement même.

C’est un fait dont je ne doute pas. J’ai bien vu de quoi était capable les Loup-Garou – j’ai surtout senti à vrai dire – et je suis parfaitement conscient que même s’ils ne sont pas invincibles, leur force est bien plus décuplée que la nôtre. Rien que Maxime est un exemple de force disproportionné par rapport à sa taille et à son épaisseur. Elle est épaisse comme une planche mais elle a réussi à faire de ma tronche un tableau Picasso.
Encore une fois, je ne l’interromps pas. Allez crache ce que t’as à cracher. Ca te fera du bien Capitaine.
Il se fige devant moi en ralentissant mon pas et je capte son regard.

- Désolé j’voulais pas te bousculer comme ça, tu m’a surpris, j’suis sur les nerfs et ... Peu importe, excuse-moi.
- Tranquille mec, c’est rien. C’est déjà oublié.

Et c’est la vérité. Il peut sans problème le voir chez moi et de toute manière, je ne suis pas du genre à mentir. Bien au contraire. Les vérités ont tendances à franchir ma bouche sans passer par la case « filtre ». Je reste là à le regarder, sans colère, sans surprise. Juste avec un air neutre et posé, avec calme. Pour atténuer ce qui le bouffe en cet instant présent. Pour faire pencher la balance.

- Et moi j’me suis barré comme un lâche, j’ai largué Kyle avec Helland alors qu’il s’est pris un coup putain !

Une porte claque à la volée et je comprends un peu plus sa colère. Je ne connais pas les détails, je ne connais pas les raisons, mais si Kyle est impliquée, alors vous pouvez être certain que Derek n’a pas dû avoir le temps de prendre un seconde souffle qu’il a déjà dû retrouver son nez au fond de sa gorge. Et s’il s’est pris un coup volontaire, c’est peut-être au fond de son estomac qu’il a dû retrouver son visage entier. C’est con, mais un instant j’imagine si ça avait été Riley… Et vu l’explosion de lave qui vient de se produire au creux de mon bide, il vaut mieux que je pense à autre chose. Vraiment.

Il est désemparé mais toujours rien de ma part mais ça n’est pas pour autant que rien ne se passe chez moi, au contraire. Je suis étrangement calme et sincèrement, je pense que c’est mieux pour lui.

- Il saignait, j’pouvais pas …

Son expression change et lorsque je croise mon regard, je lis une espèce de… d’inquiétude. Peut-être de culpabilité. Son visage se décrispe et se détend pour s’affaisser en une moue plus attristé. Je ne saurais pas réellement dire, si ce n’est que ça me touche en plein cœur. Plus que je ne l’aurai cru. Il est complètement paumé. Encore une fois, je n’sais pas ce qu’il s’est passé mais la peine est visible et j’aime pas le voir comme ça. C’est pas le Enzo que je connais, c’est pas le Enzo de d’habitude. Celui qui déconne, qui a le sourire colgate à chaque coin de couloir même s’il parait être un peu solitaire parfois. Il me donne l’impression d’avoir une brèche quelque part, que je ne connais peut-être pas certes mais qui est bien présente. Il était pas mal renfermé depuis son retour… Est-ce que c’est la cause de tout ça ? j’en sais foutrement rien et au final je me demande si ce qu’il s’est passé est finalement si important quand j’le vois comme ça, là, maintenant.

Il soupire et s’asseoir sur un muret, passant ses deux mains sur son visage, puis dans ses cheveux. Coude sur ses cuisses, tête baissée, il tremble. Les nerfs redescendent probablement. Les émotions avec, pour laisser place à celles qui vont le bouffer lentement.

- J’supporte plus ses conneries …

Je ne sais pas de quoi il parle en termes de conneries. Peut-être celles de son frère. Peut-être un ensemble. Et je pourrais lui sortir un tas de blague pour le faire sourire mais ça n’est pas le cas. Je n’ai pas bougé de ma place, l’observant en silence comme à mes habitudes. C’est mon pote que j’ai sous les yeux, mon pote qui se fracture sur ce muret.
Je m’approche doucement, à pas lent, toujours les mains dans mes poches et me laisse glisser à ses côtés jusqu’à être moi aussi assit sur ce petit muret. Je n’articule pas un mot et me contente de glisser mon bras par-dessus son épaule et d’étreindre cette dernière entre mes doigts. Si plus tôt il transpirait la haine, j’ai plutôt l’impression qu’ici il est… triste. Ouais. C’est con, mais c’est ça. Il est triste. Tout simplement, tout bêtement. Je reste un instant comme ça, sans gêne, sans honte, sans rien du tout si ce n’est que la volonté de lui faire comprendre qu’il peut compter sur moi. Quelques secondes s’écoulent, peut-être quelques minutes, pour lui laisser le temps de digérer tout ça, jusqu’à ce que je décide enfin à me manifester, toujours avec ce petit accent.

- Eh. Arrête de te faire du mouron comme ça, Kyle t’en voudra pas. T’es pas un lâche parce que tu t’es barré comme ça. J’dirais même plutôt que pour le coup, t’as bien fais.

Parce que vu l’état dans lequel il était, il était sûrement mieux pour tout le monde là-bas qu’il se tire passer ses nerfs ailleurs plutôt que d’attendre qu’une autre bombe explose. Je connais ces états de colère profonde, je sais à quel point un mot, un seul foutu mot, peut vous faire débloquer. A la mort de Camélia, c’est ce qu’il s’est produit un nombre incalculable de fois. Un rien me faisait exploser et même si aujourd’hui je reste encore très sensible sur le sujet, j’ai réussi à … tasser ces accès de colère.
Je finis par retirer mon bras de son épaule et pose moi aussi mes coudes sur mes genoux, me penchant légèrement en avant avant de me passer une main dans les cheveux pour les remettre un peu en ordre.

- J’suis pas doué pour les longs discours et tout le reste, mais t’es loin d’être ce genre de type, ok ? Tu vaux mieux que ça.

Un lâche c’est un type qui fuit pour ne pas avoir à faire face à son problème. Un lâche, c’est un type comme moi qui n’a pas su affronter la mort de sa sœur et qui a, pour palier ça, couper les ponts avec ses propres parents.
J'hésite un instant... Il n'a jamais réellement parlé de ce qu'il s'était passé en Janvier. Il nous en a touché quelques mots, quelques détails, à Caem et moi... mais le fait est que depuis qu'il est revenu, je le sens parfois absent. Du genre à perdre le fil de la réalité parfois. Je m'inquiète un peu parce que je sais pas ce qu'il s'est passé réellement là bas. Personne ne sait. Ou peut-être que si, j'en sais rien. Mais ... ouais, vider son sac, fait du bien parfois. Même s'il l'a déjà probablement fait... Donc...

- Pourquoi vous vous êtes foutu sur la gueule comme ça ? C’est à cause de tout ce qu’il s’est passé le mois dernier ?

J’emprunte une voix calme et posée, tout en tranquillité. Il sait de quoi je parle et il sait aussi qu’il a tous les droits de me dire stop, d’arrêter d’en parler, qu’il n’a pas envie. Et je respecterais sans aucun problème ce choix. C’est à lui de voir. Je ne suis pas le pro en conseil mais s’il veut vider son sac, il peut, j’suis présent et opé pour l’écouter. S’il veut simplement aller balancer des bombes de peintures sur un prof pour se défouler, j’suis là aussi. Rien à foutre tant que ça puisse le soulager un minimum et qu’il puisse se délester de ce poids qui pèse sur ses épaules. Un langage corporel est parfois plus parlant et criant que des mots. Maxime est le meilleur exemple pour ça.
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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Sam 5 Sep 2015 - 13:40

Ses conneries, et cette manie que j'ai de me remettre en cause en permanence alors que non, putain, j'ai rien à me reprocher. C'est lui qui débloque complètement, pas moi, merde ! Tout ce qu'il a pris ce soir il le méritait, point barre. Et non, visiblement, je ne suis pas capable de faire le « tri » entre Kyle et lui, j'arrive pas me concentrer sur un seul d'entre eux alors que tout ça tourne trop vite dans ma tête. T'as toujours trop de trucs dans le crane gamin, t'as déjà entendu ça … Dans tout ça, tu penses quand à toi ? Tu t'inquiète pour Kyle, tu penses à ton frère en mélangeant ce que tu ressens à son égard, mais toi ? Tu penses à ce que toi tu ressens ? Oui, par extension, je crois. Non ? Je sais plus. Tout ce que je sais c'est que la colère s'évapore et laisse place à autre chose : Une profonde lassitude, de l'épuisement, quelque chose qui me rend triste et me donne envie de baisser les bras, de tout abandonner là, comme ça. Il ne suffira pas d'un soupir pour évacuer tout ça, n'est ce pas ? Non, j'en doute. Un autre truc dont je me rends compte c'est que la présence de Mateo n'est pas une agression contrairement à ce que j'aurai pu imaginer – à ne pas prendre personnellement, lui ou quelqu'un d'autre ça aurait été exactement pareil vu mon état quand avant que ça commence à redescendre et moi avec. Non, sa présence ne m'agresse pas, elle ne me donne pas envie de fuir. Au contraire, je crois … qu'elle me fait du bien, si je peux dire ça comme ça. J'aurai pu réagir au contact, réagir d'une manière agressive et violente pour m'en dégager mais non, je l'accepte et même avec une certaine forme de soulagement. Il ne dit rien, moi non plus, je me contente de me laisser aller un peu tout en gardant les yeux fermés et les mains dans les cheveux, tête basse, sans bouger d'un millimètre alors que les tremblements commencent à se calmer. Je dirais que cette situation ne nous ressemble pas, pourtant je trouve ça relativement naturel et … oui, ça me fait du bien de sentir que quelqu'un est là pour moi, c'est tout. Je n'aurai pas spécialement pensé que ça puisse être lui, je n'en suis pas déçu pour autant. Il fait partie des personnes que je côtoie le plus dans ce château, au fil du temps il est devenu un ami sauf que je me rends compte qu'il ne connait pas grand chose de moi et réciproquement. Je ne le considère pas moins comme un ami pour autant,  c'est un fait, même si a première vu nos caractères ne semblaient pas avoir quoi que ce soit de compatible et qu'on aurait facilement pu en arriver au main, je pense. Ça ne s'est pas passé comme ça.

« Eh. Arrête de te faire du mouron comme ça, Kyle t’en voudra pas. T’es pas un lâche parce que tu t’es barré comme ça. J’dirais même plutôt que pour le coup, t’as bien fais. »

J'en sais rien, je sais pas, et je ne sais pas pourquoi je doute comme ça. Il a supporté bien pire, il sait que je ne suis pas un ange et il a toujours accepté tous mes travers ou pour le moins fait avec mais j'ai toujours ce sentiment dans le creux du ventre, ce truc qui me pousse à penser qu'un jour il finira par en avoir marre. C'est pas un manque de confiance envers lui, juste un manque de confiance envers moi-même. Je suis comme ça, j'ai besoin d'être rassuré.

« Ouais. »

Quand il retire son bras je me redresse un peu et frotte à nouveau mon visage tout en grimaçant à cause de la douleur qui se fraie gentiment son passage un peu partout. Je sais que Derek est dans un sale état, je le devine en tout cas même si je me demande où il est passé parce qu'il n'était plus dans le couloir quand j'ai foutu le quand il n'y a pas dix minutes mais ça ne m'empêche pas de déguster aussi de mon côté. Si je ne me suis pas retenu lui non plus et on fait rarement les choses à moitié dans cette fratrie, c'est un fait. En tout cas il y a un point positif : Loup s'est calmé, il m'a laissé reprendre le dessus en jugeant sans doute que j'étais suffisamment apte à ne plus avoir « besoin » de sa protection et l'odeur du sang n'est plus vraiment un truc sur lequel mes pensées se focalisent actuellement. Peut être que le fait qu'il soit déjà sec aide dans le processus, et surtout que ces « propriétaires » ne sont plus à portée directe de mon odorat.

« J’suis pas doué pour les longs discours et tout le reste, mais t’es loin d’être ce genre de type, ok ? Tu vaux mieux que ça. »

Je renifle, plus par réflexe qu'autre chose, et un nouveau soupir m'échappe alors que je regarde droit devant moi après avoir jeté un regard en coin dans sa direction. Mes coudes reviennent sur mes genoux et mes mains se croisent dans le vide entre mes cuisses. Qu'est ce que je suis censé dire ? Je pourrais – et sans doute devrais – lui dire merci mais rien ne sort. Ça devrait me toucher, dans le fond ça le fait bien sur, c'est juste que je ne suis pas vraiment en accord avec moi même sur le sujet actuellement et ...

« Pourquoi vous vous êtes foutu sur la gueule comme ça ? C’est à cause de tout ce qu’il s’est passé le mois dernier ? »

J'ouvre la bouche, hésite, revois quelques flash de ce qu'il s'est passé le mois dernier et les mots sortent finalement d'eux même au bout de quelques secondes de pseudo-réflexion.

« En fait … J'crois que c'est à cause de ce qu'il se passe depuis 18 ans. »

Et peut être qu'il est grand temps d'en parler, tu penses pas ? Tu ne peux pas toujours tout garder pour toi jeune homme et le pire c'est que tu le sais alors pourquoi t'en profite pas pour te soulager un peu de tout ça ? Il te pose la question, saute sur l'occasion. C'est ça mon problème, c'est que si on ne me pose pas de question je ne parlerai pas spontanément et … les gens ne posent pas toujours de questions. Alors allons y, ouvrons les vannes, de toute façon j'en ressens le besoin maintenant que le sujet est lancé et que je suis suffisamment calmé pour avoir des pensées cohérentes. Juste … Merci de t'inquiéter, sincèrement. Je ne suis pas à pour jouer les Caliméros et dire que ça n'arrive jamais parce que c'est faux, je pense juste que chacun a ses problèmes et que ça vient aussi de moi, tout simplement.

« La semaine dernière je suis allé le voir pour un truc qui était important, pour moi ça l'était en tout cas et je pensais qu'il se sentirait un minimum concerné mais sa réaction … J'lui ai balancé tout ce que j'avais sur le cœur et j'crois que ça ne lui a pas vraiment plus alors j'imagine que ça a du déclenché un peu le truc aussi. »

J'ai senti la pièce se remplir de tension à mesure que je vidais mon sac ce jour là, je crois qu'il s'en ai fallu de peu avant que ça ne dégénère comme ça l'a fait ce soir et avec le recul je me dis que je n'aurai pas du me barrer : On aurait du régler ça à ce moment là, sans témoin ni personne susceptible de prendre un dommage collatéral. Surtout pas Kyle, oui, bien sur que c'est ce que je pense. Le problème c'est que 24h avant la Pleine Lune … Les choses ne se seraient peut être pas passé de la même manière et je n'aurai surement pas été dans le même état ou disons de manière intensifiée ...

« On n'a jamais vraiment été super potes tous les deux, quand on était gosses il me pourrissait la vie, il a jamais supporté ma présence. J'étais qu'un gosse, j'voulais juste trainer un peu avec mon grand frère tu vois, qu'il m'apprenne des trucs ou j'sais pas mais il passait son temps soit à m'ignorer, à me rejeter, soit à me faire chier, à se comporter comme un vrai con et moi j'disais jamais rien. »

Pourquoi je faisais ça ? Aucune idée. Parce que c'était dans mon caractère sans doute, tout simplement.

« Quand j'étais p'tit j'étais un peu dans mon coin, j'parlais pas beaucoup, j'avais pas vraiment d'amis. Les moments où je m'exprimais vraiment c'était avec mes parents ou sur mes planches, surtout dans les vagues. C'était mon moyen de m'échapper un peu j'pense parce que jamais Derek ne serait venu me chercher dans l'eau au moins. »

C'était aussi un truc que je partageais avec mon père et étant donné qu'il était « plus » proche de Derek ça comptait énormément pour moi d'avoir ce truc, rien que pour lui et moi.

« Remarque il ne serait probablement pas venu me chercher non plus si j'avais été entrain de me noyer. »

J'écrase un rire sarcastique. Ça, je l'admets, c'est totalement gratuit mais connaissant mon frère … A vrai dire je ne sais même pas si je devrais en douter.

« En grandissant j'me suis pas spécialement affirmé, j'me laissais moins faire en arrivant à l'adolescence mais c'était toujours pas la super éclate. Les parents se rendaient pas vraiment compte j'crois, il faisait toujours ça en douce et moi j'me plaignais pas mais ... »

C'est … étrange de verbaliser tout ça, mais pourtant je sans bien que ça m'enlève un poids quand bien même une boule se forme dans ma gorge en cet instant alors que je me redresse et agrippe ma nuque une seconde entre mes doigts avant de laisser retomber mon bras. J'avais mon écharpe dans ma poche, je l'attrape et commence à « jouer » nerveusement avec tout en la fixant comme si elle était le truc le plus intéressant du monde. C'est celle que Amelya m'a offert, elle représente quelque chose pour moi malgré tout.

« La nuit où ils sont morts j'étais avec eux, mon père aimait bien toucher un peu aux inventions Moldus de temps en temps et ma mère était très curieuse de ce monde là même si à la maison ça restait très Sorcier alors au lieu de transplaner on a fait le trajet entre chez les grands-parents et nous en voiture – sauf Derek qui ne voulait pas mettre un pied dans ce truc – et on a eu un accident. Un camion nous a coupé la route à flan de colline, la voiture est sortie de route et a fini sa course au fond d'un ravin. J'avais la fenêtre ouverte, j'ai été éjecté. Mes parents sont soit disant morts sur le coup et si j'suis encore en vie c'est uniquement parce que c'était la Pleine Lune et qu'un Garou passait par là. Il m'a mordu, la morsure m'a sauvé. »

Longtemps j'ai cru que c'était aussi « simple », jusqu'à ce que j'apprenne il y a quelques mois que non, ça n'était pas le cas. Ça n'était pas un accident, ça n'était pas la faute à pas de chance ni celle du chauffeur de ce camion, c'était la faute d'un malade mental et ce malade mental est peut être actuellement entrain de pourrir dix pieds sous terre dans la Forêt Interdite. Est ce qu'un jour je la poserai enfin à Logan cette question ? Est ce que je finirai par lui demander ce qu'il a fait du corps de ce Loup ? J'en sais rien, à ce stade je ne peux jurer de rien. C'est quelque chose que j'ai mis derrière moi même si à nouveau j'ai fait couler le sang. Jamais je ne regrettais d'avoir tué cet enfoiré même si cette lutte a failli me couter la vie. Une semaine de coma, un traumatisme psychologie évident, c'est finalement peut être pas si mal, non ? Ben voyons.

« J'ai passé un peu plus d'une semaine dans le coma et quand je me suis réveillé rien n'était plus pareil, à une exception près. Si on veut. »

J'ai pas pu aller à l'enterrement puisque je « dormais » et ça m'a longtemps pesé de ne pas avoir pu leur dire au revoir. Aujourd'hui j'ai accepté ce fait, tout comme j'ai accepté qu'ils ne fassent physiquement plus partie de mon existence même si certains jours c'est encore difficile.

« Je pense que Derek avait besoin d'un bouc émissaire pour encaisser la mort de nos parents et c'est tombé sur moi. J'crois que parce que j'étais avec eux à ce moment là il m'a tenu pour responsable ou en tout cas il me l'a fait croire et … Tu sais, les différences c'est pas vraiment son truc alors quand il a su que ce que j'étais devenu ... »

Un rictus me provoque une grimace, j'émets un bruit de bouche éloquent en secouant la tête de gauche à droite, de droite à gauche. Encore un soupir. Non, Derek ne supporte pas les différences, c'est comme ça et ça ne changera pas même si son esprit étriqué s'est un peu ouvert pourtant, ce plus ou moins par la force des choses.

« On a d'abord vécu quelques mois chez nos Grand-Parents paternels et puis ils nous ont envoyé à Londres chez la sœur de notre mère. C'était au mois d'aout, en 2012, et en septembre on faisait notre rentrée à Poudlard. Les autres connards ont débarqué quelque chose comme deux semaines plus tard. »

Sans que je ne m'en rende réellement compte mon pied droit commence à taper le sol à intervalles réguliers alors que ma jambe s'agite nerveusement. Mes doigts sont toujours occupés par l'écharpe, mon regard se braque droit devant à nouveau et je serre les poings, les mâchoires, tachant de brider les sentiments qui s'emparent de moi en cet instant. Prêt ou pas, je me suis engagé dans cette voix volontairement.

« Il s'est passé des trucs vraiment moches ici. »

Mes yeux se ferment une seconde, je ravale difficilement ma salive et baisse la tête à nouveau.

« J'ai fait des trucs vraiment moches, des trucs qui vont probablement me hanter toute ma vie mais quand t'as pas le choix tu fais ce qu'il faut pour survivre et surtout pour protéger les gens que t'aime. Et parfois tu fais des choix, parfois … ouais, t'as juste pas le choix, pour une raison ou une autre. »

Pourquoi j'emprunte cette voie là ? Pourquoi j'en arrive à parler de ça ? Parce que j'en ai besoin, parce que ça sort et c'est comme ça, c'est tout. Ça n'est de toute façon pas totalement hors contexte, c'est juste … Un aparté, peut être.

« J'peux pas dire que ça se soit arrangé entre le frangin et moi sauf que j'ai vraiment commencé à lui tenir tête et les choses ont un peu changé. Étrangement notre relation s'est amélioré, il a pris conscience de certaines choses, de mon côté j'ai pris sur moi pour certains trucs et voilà, on a tous les deux fait des efforts et essayé que ça fonctionne parce que … Ben nos parents ne sont plus là, notre grand-père est mort quelques mois après, quasiment un an en fait, et il nous reste notre grand-mère  mais elle est loin et le reste de la famille … On peut pas dire qu'on soit proches d'eux du coup c'était un peu lui et moi quoi. Franchement ça allait carrément bien en fin d'année, j'avais vraiment le grand frère que j'avais toujours rêvé d'avoir même si on n'était pas toujours fourrés ensemble. On a joué franc jeu, on s'est dit les choses et il m'a fait comprendre que j'étais important pour lui, il s'est excusé pour certains trucs, etc ... mais … »

Mais tout s'est brisé, à cause d'un caprice qui n'était pas de notre fait. Ni le sien, ni le mien, simplement celui d'un vieil homme qui a ressenti le besoin de rattraper le temps perdu et qui s'y est pris comme un manche. On ne kidnappe pas sa famille, on ne séquestre pas ceux qu'on veut faire venir dans sa vie, en général ça ne fonctionne pas vraiment … Oui je pense sincèrement que les choses auraient été différentes – de mon côté en tout cas – si ça c'était passé autrement, s'il avait juste essayé de prendre contact de manière moins … brutale et disproportionnée. C'est ça qui a tout foutu en l'air entre Derek et moi, ça et les rancœurs du passé qui sont remontées les unes après les autres parce que même si j'ai toujours tout pardonné je n'ai rien oublié pour autant.

« Quand on s'est fait embarquer après Noël je crois qu'on s'est tous les deux refermés comme des huitres. On n'a quasiment pas échangé un mot là bas et j'le connais par cœur tu sais, je sais qu'il m'en veut d'avoir ouvert un peu les vannes notamment avec notre tante. Lui les a rejeté en bloc et il a du sentir se trahit alors je crois que la tension est montée petit à petit jusqu'à ce que ça explose. »

A ce moment là un sourire étire mes lèvres – me faisant grimacer de douleur au passage.

« Il nous a traité de tarlouses, voilà pourquoi je lui ai sauté à la gorge comme ça. Ridicule hein ? »

Je tourne la tête vers lui et écrase un rire blasé face au ridicule évident de la situation. Au début je l'ai mal vécu, on m'a fait sortir « du placard » contre mon gré et j'ai eu du mal à encaisser ce type de comportement, ce type de qualificatifs, etc … Avec le temps ça a fini par me passer au dessus de la tête et d'ailleurs on en jouait clairement avec Derek. Il me traitait de pd et de tapette à toutes les sauces, moi je lui faisais comprendre ô combien c'était l'éclate au pieu avec Kyle – dans la limite du raisonnable par respect pour ce dernier, toujours – pour le dégoûter et lui faire faire des bonds, pour le remettre à sa place en lui faisant comprendre qu'il jouait avec le feu et voilà, on finissait par se marrer tous les deux mais là … Non là ça n'était pas fait dans ce but là. C'était de la provocation, de la manipulation, et j'ai foncé tête baissée comme un idiot impulsif.

« Le pire c'est que j'ai réagit exactement comme il attendait que je le fasse, j'en suis sur. Me demande pas de t'expliquer pourquoi, j'en sais rien. J'te jure, des fois y a des trucs qui tournent pas rond chez lui mais là j'ai juste pas pu prendre sur moi encore une fois. Je lui ai toujours tout pardonné, même les pires horreurs, même quand il a fait du mal à Kyle, mais là j'ai littéralement explosé et laissé sortir toute ma rancœur. »

Je prends une profonde un inspiration et lève les yeux au ciel avant d'expirer tout en laissant sortir les mots.

« J'ai eu le temps de m'en faire un sacré stock pendant toutes ces années. »

Désolé de ne t'avoir laissé que trois ans de répit frangin …

« Je regrette pas, il le mérite, même si ça ne changera absolument rien. »

Non, ça ne changera rien, strictement rien, seulement voilà : J'ai essayé la diplomatie, la discussion, il a fini par avoir ce qu'il voulait à savoir qu'on en vienne aux mains … Maintenant il reste quoi comme option ?

« Franchement je sais plus quoi faire, il pète une durite, je sais pas dans quoi il s'enfonce comme ça mais je sais plus quoi faire. C'est mon frère merde, je l'aime ce connard malgré tout ce qu'il a pu dire, faire, ou ne pas faire. J'le déteste mais j'peux pas me résoudre à l'abandonner. »

Papa, Maman, j'aurai eu besoin de vous sur ce coup là.

« Même si là j'ai juste envie de le finir. »

Some things are worth fighting for
Some feelings never die
I'm not asking for another chance
I just wanna know why

I don't wanna pacify
I don't wanna drag you down
But I'm feeling like a prisoner
Like a stranger in a no named town

There's no easy way out
There's no shortcut home
There's no easy way out
Giving in can't be wrong

Bullet For My Valentine
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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Jeu 10 Sep 2015 - 22:17

— En fait … J'crois que c'est à cause de ce qu'il se passe depuis 18 ans.

Conflit de longue date donc. Depuis sa naissance. Je ne connais rien de leur relation, du moins… pas de détails. Je connais peu de chose tout court sur lui, comme je connaissais peu de choses sur Maxime il y a peu. Sur Riley aussi. Il serait peut-être temps de franchir certaines étapes…
Coudes sur mes genoux, je patiente, attendant de voir si oui ou non il lâchera le morceau. Tout ne tient qu’à lui, il est le seul décisionnaire de ce choix. Quoi qu’il décide, je le respecterais et l’écouterais.

— La semaine dernière je suis allé le voir pour un truc qui était important, pour moi ça l'était en tout cas et je pensais qu'il se sentirait un minimum concerné mais sa réaction … J'lui ai balancé tout ce que j'avais sur le cœur et j'crois que ça ne lui a pas vraiment plus alors j'imagine que ça a du déclenché un peu le truc aussi. On n'a jamais vraiment été super potes tous les deux, quand on était gosses il me pourrissait la vie, il a jamais supporté ma présence. J'étais qu'un gosse, j'voulais juste trainer un peu avec mon grand frère tu vois, qu'il m'apprenne des trucs ou j'sais pas mais il passait son temps soit à m'ignorer, à me rejeter, soit à me faire chier, à se comporter comme un vrai con et moi j'disais jamais rien.

Enzo a toujours son frère dans sa vie, bien vivant. Un frère qui lui a fait vivre une sorte d’enfer en vue de ce que je comprends.
J’ai perdu ma sœur, elle est morte… alors que nous étions comme les deux doigts de la main.

Evaluez vous-même l’ironie de la chose.
J’ai jamais vécu ce genre de calvaire avec Camélia et pourtant, j’étais le plus jeune. Elle aurait pu être la grande sœur tyrannique mais le fait est que ça n’est jamais arrivé. J’la suivais presque partout et elle me laissait faire. Nous avons eu notre lot de dispute mais ça ne durait jamais. Camélia était tout pour moi et l’inverse était valable. Comment serais-je aujourd’hui à la place d’Enzo si j’avais vécu cette relation avec ma sœur ? j’comprends que ça n’soit pas facile. Que ça soit … blessant. Un frère ou une sœur, c’est le lien du sang. C’est un truc bien précis. Ca blesse toujours plus que le reste.

— Quand j'étais p'tit j'étais un peu dans mon coin, j'parlais pas beaucoup, j'avais pas vraiment d'amis. Les moments où je m'exprimais vraiment c'était avec mes parents ou sur mes planches, surtout dans les vagues. C'était mon moyen de m'échapper un peu j'pense parce que jamais Derek ne serait venu me chercher dans l'eau au moins. Remarque il ne serait probablement pas venu me chercher non plus si j'avais été entrain de me noyer.

Rire sarcastique et je ne bronche toujours pas.
Est-ce qu’il est possible que son propre frère soit aussi con ? S’il voulait de l’indulgence pour Derek, il est tombé sur la mauvaise personne mais j’pense qu’Enzo le sait. De toute manière, ça n’est pas ce qu’il cherche en se confiant mais je ne peux pas m’empêcher de ressentir une vague d’agacement et de colère contre ce type. Déjà que j’peux pas l’encadrer de nature, c’est mal barré pour que ça s’arrange. Et croyez-le ou non mais un Enzo peu bavard est assez difficile à imaginer quand on voit le mec d’aujourd’hui. Certes, il est souvent dans son p’tit coin et son p’tit monde mais j’ai déjà passé des soirées avec lui et j’vous assure qu’il est très loin d’être timide et bavard. Eh ouais, les années ça vous change.

— En grandissant j'me suis pas spécialement affirmé, j'me laissais moins faire en arrivant à l'adolescence mais c'était toujours pas la super éclate. Les parents se rendaient pas vraiment compte j'crois, il faisait toujours ça en douce et moi j'me plaignais pas mais ...

… Mais ? J’attends, patiente, même si ça n’est pas mon fort. Les circonstances ne sont pas les même, il a besoin de vider son sac et il m’a choisi moi pour le faire. Quelque part, j’suis content qu’il me fasse suffisamment confiance pour ça. Au rythme de ses mots, je tente d’imaginer Enzo plus jeune, en perpétuel confrontation avec Derek. Qui ne s’est jamais réellement chamailler dans une fratrie ? Pourtant ici, tout a un autre sens…
Il finit par sortir une écharpe de sa poche et joue avec alors que je l’observe à la dérobé, scrutant son visage abîmé.

— La nuit où ils sont morts j'étais avec eux, mon père aimait bien toucher un peu aux inventions Moldus de temps en temps et ma mère était très curieuse de ce monde là même si à la maison ça restait très Sorcier alors au lieu de transplaner on a fait le trajet entre chez les grands-parents et nous en voiture – sauf Derek qui ne voulait pas mettre un pied dans ce truc – et on a eu un accident. Un camion nous a coupé la route à flan de colline, la voiture est sortie de route et a fini sa course au fond d'un ravin. J'avais la fenêtre ouverte, j'ai été éjecté. Mes parents sont soit disant morts sur le coup et si j'suis encore en vie c'est uniquement parce que c'était la Pleine Lune et qu'un Garou passait par là. Il m'a mordu, la morsure m'a sauvé.

Il faut laisser le temps à mon cerveau de digérer toutes ces informations et une plus particulièrement : le décès de ses parents. Je sais qu’Enzo est Loup-Garou, qu’il est Australien, que c’est un piètre chanteur, que son frère m’a l’air d’être un connard taillé dans la plus pure des pourritures, qu’il n’est pas gay mais qu’il aime se taper Kyle… Mais qu’il a perdu ses parents : Non. Et je crois que je me suis légèrement redressé, lentement.

Fais chier.
Je me passe une main sur le visage sans grimacer, seuls quelques bleus peu visibles persistent.
J’me sens con. J’m’attendais pas à ce genre d’information, pas d’une aussi grande ampleur. Et pourtant, j’en ai appris des choses ces dernières semaines avec Maxime par exemple. Est-ce que j’aurai pu m’en douter ? Sûrement. Mais encore une fois… c’est moi. J’suis pas William, Macy, Kezabel ou même Riley. J’pige rarement les choses si on n’me les dit pas. Et quand j’y pense, j’aurai pu tilter lorsqu’il me parlait tout le temps d’aller chez ses grands-parents. Mais rien, que dal. J’ai rien capté. J’en juge par extension que ça ne fait pas si longtemps que ça et j’me demande comment il a vécu tout ça. Comment il a gérer cette double peine. Je pense à la mienne concernant Camélia et la multiplie par deux. J’ai la gerbe.

— J'ai passé un peu plus d'une semaine dans le coma et quand je me suis réveillé rien n'était plus pareil, à une exception près. Si on veut. Je pense que Derek avait besoin d'un bouc émissaire pour encaisser la mort de nos parents et c'est tombé sur moi. J'crois que parce que j'étais avec eux à ce moment là il m'a tenu pour responsable ou en tout cas il me l'a fait croire et … Tu sais, les différences c'est pas vraiment son truc alors quand il a su que ce que j'étais devenu ...

Coudes sur les cuisses, mes bras pendent dans le vide et par réflexe, je serre l’un de mes poings. Enzo claque la langue, secoue la tête et moi je reste toujours aussi silencieux. Le laissant vider son sac… parce que ouais, y a clairement des choses à dire, à exprimer et à cracher, tout simplement. Comme un poison. Il faut que ça sorte. Ce que je pense de tout ça ? J’suis mitigé, pour pleins de raisons.

— On a d'abord vécu quelques mois chez nos Grand-Parents paternels et puis ils nous ont envoyé à Londres chez la sœur de notre mère. C'était au mois d'aout, en 2012, et en septembre on faisait notre rentrée à Poudlard. Les autres connards ont débarqué quelque chose comme deux semaines plus tard.

Nouvelle pause.
Il s’agite. Je ne bouge pas. En total contraste avec lui. Il faut équilibrer la balance. Le répit a été d’une courte durée pour eux deux. Le décès des parents, sa lycanthropie, changement de climat, changement d’environnement, changement d’école et séquestration. Et vous vous étonnez que certains pètes les plombs ici ? C’te blague.

— Il s'est passé des trucs vraiment moches ici.
— J’sais.

J’y étais pas et j’estime avoir de la chance pour ça, mais ouais, je sais. Parce qu’on m’a raconté, pour certains. Avec du recul, j’ai pris la mesure de tout ça. J’me rends compte que j’connais rien du passé d’Enzo entre ces murs. Ni celui de Riley. J’ai l’impression que ça fait de moi un désintéresser totale de leur vie. Ça, c’était… avant. Avant tout ça. Avant que ça change.

— J'ai fait des trucs vraiment moches, des trucs qui vont probablement me hanter toute ma vie mais quand t'as pas le choix tu fais ce qu'il faut pour survivre et surtout pour protéger les gens que t'aime. Et parfois tu fais des choix, parfois … ouais, t'as juste pas le choix, pour une raison ou une autre.

J’suis arrivé ici en me foutant complètement de leur passif mais faut croire que la sociabilité vous rend plus réceptif. J’avais en tête qu’il fallait peut-être passer à autre chose plutôt que de claquer dans la gueule des nouveaux qu’on n’peut pas comprendre parce que nous n’étions pas là. Oui, c’est le cas. Nous n’étions pas là. J’ai sûrement pas la même rage qu’Enzo mais lorsque ces connards ont débarqués ici au château, j’ai pas hésité un seul instant à foncer dans le tas. Encore moins à tuer ce type. C’était lui ou Maxime. Mon choix a été rapide et sans regret. Je ressens un calme froid vis-à-vis de ça et je ne m’en inquiète pas outre mesure. Alors quand il me parle de son propre ressenti, je me demande si je suis moi-même normal. Quand Enzo parle de choses moches, je doute que ça soit de prendre le thé avec un Supérieur… Si lui fait l’aveu que ça le hantera toute sa vie, moi je n’y arrive pas. J’ai beau essayé là maintenant, de ressentir une quelconque culpabilité d’avoir tué ce mec, je n’y arrive pas. C’est juste un calme plat et froid qui se manifeste. Rien de plus. Ryans le dit lui-même… Parfois nous n’avons pas le choix pour protéger un proche… si je ne l’avais pas fait, Maxime ne serait sûrement plus avec nous aujourd’hui. C’est comme ça, point.

Je le laisse toujours vider son sac, tant qu’il est lancé. Je me demande tout de même quels sont ces trucs moches dont il me parle.

— J'peux pas dire que ça se soit arrangé entre le frangin et moi sauf que j'ai vraiment commencé à lui tenir tête et les choses ont un peu changé. Étrangement notre relation s'est amélioré, il a pris conscience de certaines choses, de mon côté j'ai pris sur moi pour certains trucs et voilà, on a tous les deux fait des efforts et essayé que ça fonctionne parce que … Ben nos parents ne sont plus là, notre grand-père est mort quelques mois après, quasiment un an en fait, et il nous reste notre grand-mère mais elle est loin et le reste de la famille … On peut pas dire qu'on soit proches d'eux du coup c'était un peu lui et moi quoi. Franchement ça allait carrément bien en fin d'année, j'avais vraiment le grand frère que j'avais toujours rêvé d'avoir même si on n'était pas toujours fourrés ensemble. On a joué franc jeu, on s'est dit les choses et il m'a fait comprendre que j'étais important pour lui, il s'est excusé pour certains trucs, etc ... mais … Quand on s'est fait embarquer après Noël je crois qu'on s'est tous les deux refermés comme des huitres. On n'a quasiment pas échangé un mot là bas et j'le connais par cœur tu sais, je sais qu'il m'en veut d'avoir ouvert un peu les vannes notamment avec notre tante. Lui les a rejeté en bloc et il a du sentir se trahit alors je crois que la tension est montée petit à petit jusqu'à ce que ça explose.

Ça me fait de la peine. On peut bien penser ce qu’on veut, j’m’en branle, mais c’est le cas. Avoir l’impression d’avoir un frère qui peut pas vous saquer, pour ensuite qu’il se réveil et joue ENFIN son rôle et que finalement, tout explose… C’est une putain de déception. On pourra dire c’qu’on veut, mais c’est le cas. J’essaie de comprendre pourquoi Derek à retourner sa veste mais j’arrive pas à comprendre. C’est… son frère. Merde. Peut-être que j’ai une vision totalement différente de tout ça parce que justement, j’ai vécu de manière différente. Mais j’ai franchement du mal à concevoir que… tu puisses lâcher ton frangin. Comme ça. Ca n’a pas d’sens. Qu’il se sente trahit est une chose, qu’il préfère dire tchao à son frère sans mot en est une autre.

— Il nous a traité de tarlouses, voilà pourquoi je lui ai sauté à la gorge comme ça. Ridicule hein ?
— J’me suis fracassé avec un type parce qu’il m’avait bousculé sans me dire pardon. Question ridicule, t’as encore de la marge.

Petite boutade glissée à la place du « C’était mérité, ça compense tout ce qu’il t’a fait chier durant tout ce temps » mais j’l’ai pas fait. C’est pas le but. J’me dis que Derek a aussi dû vivre son lot de cauchemar. Lui aussi a dû porter le deuil de ses parents et peut-être qu’il l’a beaucoup moins bien vécue qu’on ne voudrait le croire. Avoir traité Enzo de tarlouse était un acte bien bas. Mais un acte d’un type qui a visiblement la haine.

— Le pire c'est que j'ai réagit exactement comme il attendait que je le fasse, j'en suis sur. Me demande pas de t'expliquer pourquoi, j'en sais rien. J'te jure, des fois y a des trucs qui tournent pas rond chez lui mais là j'ai juste pas pu prendre sur moi encore une fois. Je lui ai toujours tout pardonné, même les pires horreurs, même quand il a fait du mal à Kyle, mais là j'ai littéralement explosé et laissé sortir toute ma rancœur.

Expiration.
Je me passe une main dans les cheveux, fixant les dalles face à moi.

— J'ai eu le temps de m'en faire un sacré stock pendant toutes ces années. Je regrette pas, il le mérite, même si ça ne changera absolument rien. Franchement je sais plus quoi faire, il pète une durite, je sais pas dans quoi il s'enfonce comme ça mais je sais plus quoi faire. C'est mon frère merde, je l'aime ce connard malgré tout ce qu'il a pu dire, faire, ou ne pas faire. J'le déteste mais j'peux pas me résoudre à l'abandonner.

Pause.

— Même si là j'ai juste envie de le finir.

Comment le blâmer de tout ça ? On n’peut pas. Je suis bien placé pour savoir à quel point la rancune peut vous monter à la tête et vous rendre aigrie. Elle m’a rendu con, arrogant, mauvais et absolument sans cœur. Et en toute honnêteté, si nous remontons à un an plus tôt, j’aurai tout à fait pu être comme Derek. J’étais peut-être même déjà comme lui. J’suis pas un fin psychologue, j’y connais rien là-dedans et c’est aussi pour ça que j’ai jamais les mots qu’il faut pour les circonstances comme celle-ci, même si je me doute bien qu’Enzo n’attends pas forcément de conseil de ma part. Il avait juste besoin de vider son sac et c’est chose faite. De mon côté, j’ai un tas d’information à digérer, à emmagasiner. La mort de ses parents, sa relation avec son frère, ces deux années de séquestration où, si j’ai bien saisi les rumeurs, Derek n’a pas été un tendre. Leur relation présente est plus que chaotique et j’imagine sans peine à quel point ça peut être blessant. Enzo n’a personne d’autre que lui, alors comment ne pas être affecté quand la seule personne sur qui vous pouvez compter vous rejette comme de la merde ? Ouais, y a Kyle et ouais, ils s’aiment sûrement à en crever, mais c’est différent. Kyle n’est pas éternel, nous ne savons pas ce que nous réserve demain et rien ne dit que lui ou même Enzo ne lâche prise. Il aura beau dire, qu’il sait et qu’il veut que ça dure toute une vie, nous ne sommes à l’abri de rien. C’est comme les potes. T’es à l’abri de rien. Pas à l’abri que l’un d’eux se tire ou que ça clash. Un pote, un p’tit ami, une copine, tout ça peut voler en un éclat et rien ne les retiendra d’aller voir d’autres horizons. Puis le temps passera, d’autres personnes viendront peupler votre vie, un ou un autre viendra vous rendre dingue de sentiments. Et ça sera reparti pour un tour.

Mais un frère ou une sœur, ça ne se remplace pas.
Personne ne remplacera jamais Alexander pour Maxime. Elle a Will’ et Macy et malgré tout l’amour qu’elle leur porte, ils ne remplaceront jamais son frère s’il devait mourir ou même partir.
Personne ne remplacera Camélia. Je considère Maxime comme ma sœur malgré ce qu’il s’est passé, malgré le fait qu’elle m’ait envoyé à l’infirmerie mais malgré tout ce que j’éprouve pour elle, elle ne remplacera pas celle que j’ai perdu il y a peu.
Personne ne pourra remplacer Derek. Kyle, moi, Caem, Cameron, ou n’importe qui d’autres, nous pouvons être ceux qu’il considère comme sa famille. Mais à nous tous, nous n’arriverons jamais à avoir la même valeur que Derek.

Et c’est bien en ça que la cassure est encore plus violente.

— Avec tout ce que tu viens d’me raconter… ca m’étonne que tu n’ai pas explosé plus tôt. Comme tu dis, c'est ton frère, ça aura beau être le pire des enfoirés que tu pourras jamais ignorer son existence.

La fraternité, une alchimie bien mystérieuse.

— J'suis désolé pour tes parents. Désolé pour toute la merde que tu as vécu. C'est normal que tu te sentes déphasé. C'est pas n'importe qui... C'est la dernière personne que tu as envie de voir partir.

Et je suis sincère lorsque je dis que j'suis désolé. Enzo n'est pas un type qui mérite à ce qu'on vienne autant lui pourrir l'existence. Il n'a rien mérité de tout ça et il a l'air d'en avoir sacrément bavé. Ca m'fou en rogne quelque part de voir en plus le frère venir rajouter une couche, comme si tout ce qu'il s'était passé n'était pas suffisant.

— J’le connais pas et tu sais que j’suis pas tellement le genre de type à juger, mais quand tu m’raconte tout ça, j’ai bien compris qu’il t’en a foutrement fait baver. Et de ce que j’ai entendu ici, il n’était pas du meilleur côté quand ils étaient ici.

J’sais pas m’exprimer alors je pose les bases, pour essayer de me démêler au mieux de tout ce que ces aveux ont provoqués chez moi. Indignation, colère, frustration, peine.

— Je sais pas si c’que je vais te raconter va t’aider à comprendre … Mais même si t’as été celui qui en a sûrement le plus bavé, par sa faute de ce que j'en comprends, aujourd'hui j'ai l'impression que c'est lui le plus "malheureux".

Je me redresse, me frottant le visage.
Autant être honnête, c’est pas une leçon de morale et le ton que j’emprunte le fait bien comprendre. J’suis foutrement mal placé pour lui dire « Fallait pas l’frapper » parce que bordel, c’était amplement mérité. Avec ce qu’il vient de me raconter, encore une fois, ça m’étonne que ça ne soit pas arrivé plus tôt.

— Parce qu’il n’a pas su choisir les bonnes personnes. T’as eu la chance d’avoir Kyle pour te maintenir à flot, d’avoir de vrais potes, de te reconstruire tout seul et/ou avec l’aide des autres. Lui… a complètement foiré. Et c’est pour ça qu’il pète une durite. Il n’a rien à quoi se raccrocher. Vous avez perdu vos parents, il a été un véritable connard avec toi, pensant que c’était la meilleure manière d’évacuer cette merde. A croire qu’il peut s’en sortir tout seul, qu’il n’a besoin de personne et encore moins de son frère. Pourtant, il a beau te traiter de tarlouse et de te faire comprendre qu'il veut pas de toi... Quand tu regardes bien, celui qui a le plus besoin de l'autre au fond, c'est lui.

Je sors mon paquet de cigarette de ma poche et joue seulement avec, sans en sortir une. Ce que j’essaie de faire ? De comprendre avec lui pourquoi Derek se comporte comme ça avec Enzo. Moi-même à sa place, je lui aurai sauté à la gueule, je l’aurai détruit, fracassé dans les règles de l’art.

— Si j’te dis ça, c’est parce que moi-même j’ai été aussi con que lui. Et si on m’dit aujourd’hui que j’suis qu’un sale con arrogant, c’est pas pour rien.

Moment de pause.
Ouais, ça craint.

— Cette année ça va faire cinq ans que ma sœur est morte. Et tu veux savoir qu’elle a été ma manière de réagir ? J’en ai foutu plein la gueule à mes parents. Comme un sale connard. Comme si c’était eux les responsables et comme si eux, ne souffrait pas assez d’avoir déjà perdu leur fille.

Les mots sortent tous seuls, d’une traite, sans que je ne réfléchisse. La seule et unique personne au courant ici, c’est Maxime. Personne d’autre. Et le fait d’évoquer ça, me donne déjà l’impression de passer dans un étau. J'ai un sourire amer sur les lèvres, guettant au fond de moi cette colère froide qui se trame comme toujours quand j'y pense.

— Et comme si ça n’suffisait pas, j’ai fait les pires conneries et j’ai passé plus de temps au commissariat que dans ma piaule. Pour tout et n’importe quoi. Ils m’ont envoyé en Angleterre pour que je m’éloigne de tout ça et j’ai été encore plus con que la moyenne en coupant carrément les ponts avec eux. Et j’ai réagis exactement comme ton frère : J’ai rejeté qui que ce soit essayant d’entrer dans mon périmètre. J’étais arrogant, prétentieux, le genre de type que t’as envie de cogner dès qu’il l’ouvre. Parce que j’me croyais capable de m’en sortir tout seul et que j’étais tellement en colère que ça me rendait … foutrement mauvais. Et c’est pas un euphémisme. J’envoyais les autres se faire foutre, les prenant pour de la merde. Résultat, j’me suis retrouvé tout seul. Comme un pauvre con, parce que c'est ce que j'étais.

Et j’suis arrivé ici, avec mes gros sabots de connard. Puis j’ai rencontré Maxime, Enzo, Riley…
Je lâche un soupire de lassitude et j’ai pas l’ombre d’un sourire sur le visage. Si j’dis tout ça c’est pas pour me plaindre mais essayer de lui faire comprendre et de l’aider peut-être à mieux digérer toute cette merde. J’aurai pas cru qu’Enzo était aussi chargé questions sales émotions. Parce quand on a une vie comme celle-là, il y a toujours un moment où on craque complètement. C’est con, mais certaines choses s’éclairent maintenant que je sais une partie de sa vie.

— Tout seul et encore plus détruit que je ne l’étais avant. Je secoue la tête de droite à gauche. Les choses ont changées pour moi, parce que comme toi… j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes. Maxime, toi… Riley.

Je sais que rien n’est défini vis-à-vis de nous mais… Ouais. Il y a un truc. J'peux pas lutter contre.

— Ton frère est juste un type qui ne gère plus sa rancœur et qui se laisse bouffer par sa fierté et son arrogance. Même si ça n’excuse pas tout parce qu’à ta place, je lui aurai probablement refait le portrait aussi. Et on n’peut franchement pas t’en vouloir d’avoir évacué 18 ans de frustration. Peut-être que vous aviez besoin de passer par là pour remettre les bases, pour rappeler à l’autre ce qu’il se passe.

Je m’étire les jambes avant de les remettre à leur place, glissant mes deux mains dans mes cheveux, tournant mon visage vers mon Capitaine, demi-sourire aux lèvres.

— Voilà, c’était la leçon gratuite de Mateo Freud. La prochaine fois c’est 50 gallions Capitaine.

Je ne sais pas si je l'ai aidé à comprendre tout ça, je me suis livré alors que je ne parles jamais de moi à personne. Encore une fois, seule Maxime est au courant. Si je l'ai fais aujourd'hui, c'est pas pour faire jolie, ni pour avoir de la compassion mais simplement parce que j'essaie de tirer mon pote de cette incompréhension qui le rend dingue.
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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Ven 11 Sep 2015 - 18:18

Ça … fait du bien. Oh putain oui ça fait du bien de vider son sac comme je viens de le faire et je me rends compte à quel point j'ai été stupide de ne pas le faire plus tôt. J'en sais rien, c'est pas venu dans la conversation et c'est tout, je suis passé professionnel dans l'art de faire comme si tout allait bien à tel point que j'arrive parfois même à m'en convaincre alors forcément … ça n'aide pas dans le processus. Parler de ma relation avec Derek est une chose que je fais encore moins que le reste j'ai l'impression, je ne sais pas vraiment pourquoi. J'en parlais plus facilement avec Jillian je crois mais avec elle c'était différent parce qu'elle connait plutôt bien les deux spécimens. Sa présence me manque énormément, je m'en rends compte un peu plus chaque jour et bien sur ça n'est pas seulement pour ça, simplement parce qu'elle a une place très importante dans ma vie, elle est ce qui se rapproche le plus pour moi d'une grande sœur et … Oui, elle me manque, sa présence physique me manque, c'est tout. Il y a aussi le fait que je n'aime pas cracher sur le dos de Derek parce que quelque part je ressens le besoin de le protéger et je sais à quel point certains ne l'aiment pas. A tort ou à raison ça ne me concerne pas mais je n'ai pas spécialement envie de donner plus de matière à qui que ce soit pour le détester parce que … parce que c'est mon frère, c'est comme ça. Il a fait des choses moches, plus que moches même et peu de gens savent à quel point il a été loin en réalité mais tout comme moi finalement. Il n'est franchement pas très doué pour se faire apprécier et arrive à se convaincre que ça ne lui pose pas de problème alors … J'ai le droit de lui faire du mal, de m'en prendre à lui, de penser du mal de lui et de l'exprimer – même si je le fais rarement à haute voix et surtout pas devant les autres – mais pas les autres. J'ai le monopole et on a vraiment de sacrées tares dans cette famille, c'est peu de le dire. A croire qu'il n'y avait que nos parents et notre grand-mère paternelle qui étaient et sont normaux et équilibrés. J'exagère, les petits derniers sont je l'espère épargnés, et Amelya – dont je serre toujours l'écharpe entre mes doigts – m'a tout l'air d'être une femme … Enfin elle a l'air d'être quelqu'un de bien. Selon mes critères certes, donc ça n'est pas universel, je n'ai pas encore cette prétention, mais quand même. En toute objectivité, elle m'a donné l'impression d'être une bonne personne, une personne sincère. Une personne qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la femme qui nous a donné la vie et élevé pendant 15 ans, Derek et moi. De là à ce que j'en vienne à regretter d'avoir quitté le manoir cette nuit là … Non, même si le gamin qui vit toujours en moi se pose parfois la question. J'ai admis il y a longtemps avoir besoin des autres, quand bien même je ne le formule et ne le verbalise sans doute pas tellement c'est un fait que je ne nie pas, que je ne renie plus.

La colère s'échappe, la lassitude circule tranquillement et l'épuisement prend sa part du marché. C'est comme si tout s'envolait par un dernier soupir, mes épaules s'affaissent, je ferme les yeux et je me laisse partir. Un peu.

« Avec tout ce que tu viens d’me raconter… ca m’étonne que tu n’ai pas explosé plus tôt. Comme tu dis, c'est ton frère, ça aura beau être le pire des enfoirés que tu pourras jamais ignorer son existence. »
« Franchement je sais pas non plus. J'crois que concernant certaines personnes j'ai un sotck de patience insoupçonné en fait. »

J'écrase un rire, esquisse un sourire sans doute un peu blasé et tourne la tête vers lui pour capter son regard alors que nos deux corps se tiennent plus ou moins dans la même position. Je n'ai pas vraiment fait attention à son langage corporel quand je déversai toute ma rancœur et autres émotions, tout ce que je sais c'est qu'il ne porte pas spécialement Derek dans son cœur et que ça ne me regarde pas mais c'est la première fois que je parle aussi sérieusement en sa présence, la première fois que j'aborde un sujet aussi personnel et j'ignore totalement comment il le prend. Une chose est sure en tout cas : Il a raison, je ne pourrais jamais ignorer l'existence de mon frère … et dans le fond même si en cet instant je le hais de toutes les forces qu'il me reste alors que mon organisme commence sérieusement à me faire passer certains messages, je n'ai pas envie de l'ignorer.

« J'suis désolé pour tes parents. Désolé pour toute la merde que tu as vécu. C'est normal que tu te sentes déphasé. C'est pas n'importe qui... C'est la dernière personne que tu as envie de voir partir. »

Je tourne la tête à nouveau et fixe un point invisible devant moi avant de baisser la tête et les yeux sur l'écharpe que je ne serre plus avec autant d'acharnement.

« Ouais … Merci. »

C'est con, parce que je sais que c'est impossible, mais j'aimerai bien les voir apparaître au détour d'un couloir en cet instant. En réalité il y a bien un endroit où je sais que je pourrais peut être les voir mais … Non. Tout ça c'est faux, ça ne servirait à rien.

« J’le connais pas et tu sais que j’suis pas tellement le genre de type à juger, mais quand tu m’raconte tout ça, j’ai bien compris qu’il t’en a foutrement fait baver. Et de ce que j’ai entendu ici, il n’était pas du meilleur côté quand ils étaient ici. »

Nouveau soupir. Je ne sais plus quoi penser de tout ça, je ne sais pas si le fait qu'il soit mon frère soit suffisant pour lui trouver des excuses vis à vis de toutes les horreurs qu'il a faite ou dite mais n'étant moi même pas tout blanc j'imagine que je n'ai pas vraiment à prendre partie sur la question. Il n'a que très rarement exprimé des remords, c'est … grave mais dans un contexte comme celui là est ce qu'on doit réellement se référer aux lois des Hommes ? Franchement j'en sais rien, tout ce que je sais c'est que je n'épiloguerais pas là dessus. Il a été dans leur camp parce qu'il partageait certains de leurs idéaux, c'est vrai, puis il a retourné sa veste et a tenté de se racheter. On ne changera pas le passé, on ne ramènera pas les morts et en ce qui concerne pour certains je n'ai de toute façon aucun regret ni aucune envie de les voir se relever. Il faut vivre avec, c'est tout. Vivre le présent et tirer un trait sur le reste parce que je doute qu'un jour on nous demande de répondre de nos actes. Est ce qu'on vivra assez longtemps pour ça de toute façon ? Un problème à la fois, une pensée sordide à la fois et en l'occurrence ça ne sera pas celle là.

« Je sais pas si c’que je vais te raconter va t’aider à comprendre … Mais même si t’as été celui qui en a sûrement le plus bavé, par sa faute de ce que j'en comprends, aujourd'hui j'ai l'impression que c'est lui le plus "malheureux". »

A mon tour je me redresse. Mimétisme ? Je ne crois pas, je suis simplement concerné par la conversation, intéressé, intrigué parce qu'il est entrain d'essayer de me dire aussi. J'en ai bavé, certes, à cause de lui, à cause de moi, à cause d'autres mais il y a une chose dont je suis certain et en total accord avec ce que mon comparse Rouge vient de dire :

« Tu sais, ça j'en doute pas une seconde. »

Il n'est pas heureux, il est seul et il me le fait payer à moi parce que je suis la seule personne qui malgré tout continue de lui accorder de l'attention. Jillian est partie, Megan ne lui adresse plus la parole et inversement … Derek n'a pas d'amis, il a des sujets … Connor, Melvin, ce genre de gars ? Ils ne connaissent à mon avis rien de lui. C'est d'après moi aussi simple que ça seulement tout ça c'est de sa faute, il l'a cherché, il récolte ce qu'il a semé. Il n'a probablement pas apprécié toutes les vérités que je lui ai balancé à la gueule l'autre jour mais il faudra bien qu'il se remette en question et les enregistre à un moment ou un autre … C'est ce que je souhaite en tout cas mais il est le seul à pouvoir faire ce choix et malheureusement je ne suis pas certain qu'il empruntera ce chemin un jour.

Est ce que je suis étonné de la tournure que prend cette conversation ? Oui, un peu, je dois bien l'admettre. Je ne m'attendais pas vraiment à ce que Mateo rebondisse sur tout ça. Je ne doute pas une seconde qu'il ait écouté chacun de mes mots mais je ne m'attendais pas à ce qu'il entretienne le fil. Jusqu'ici on a toujours fait les cons quand on était ensemble, on s'amusait, on ne se prenait pas la tête et là c'est clairement un visage que je ne lui ai jamais vu qu'il me montre. Alors j'écoute, très attentivement. Il est plus âgé que moi mais ça ne tient pas qu'à ça. J'en sais rien, il y a quelque chose dans son attitude qui me saisi sans que je ne comprenne trop pourquoi. Il ne supporte pas mon frère et pourtant quelque part il est entrain de prendre sa défense. Je ne m'en sens pas offensé pour autant, je ne suis pas fermé à la discussion, loin de là. J'écoute, c'est tout.

« Parce qu’il n’a pas su choisir les bonnes personnes. T’as eu la chance d’avoir Kyle pour te maintenir à flot, d’avoir de vrais potes, de te reconstruire tout seul et/ou avec l’aide des autres. Lui… a complètement foiré. Et c’est pour ça qu’il pète une durite. Il n’a rien à quoi se raccrocher. Vous avez perdu vos parents, il a été un véritable connard avec toi, pensant que c’était la meilleure manière d’évacuer cette merde. A croire qu’il peut s’en sortir tout seul, qu’il n’a besoin de personne et encore moins de son frère. Pourtant, il a beau te traiter de tarlouse et de te faire comprendre qu'il veut pas de toi... Quand tu regardes bien, celui qui a le plus besoin de l'autre au fond, c'est lui. »

Mot pour mot ou presque, c'est exactement ce que je lui ai dit il y a de ça une semaine ou peut être plus maintenant. Celui de nous deux qui a le plus besoin de l'autre ça n'est pas moi. Oui, c'est ce que je lui ai dit et je le pense même si dans le fond je pense c'est un peu plus complexe que ça. Pour le reste … A quel moment j'ai démissionné au juste ? A quel moment j'ai arrêté de me souvenir que Derek a vécu la même chose que moi avant qu'on atterrisse ici ? J'ai l'impression que j'avais oublié tout ça et … Ouais, clairement, c'est pas agréable de l'admettre. Il a été un véritable connard avant que tout parte en couilles dans notre vie mais tous les traumatismes d'après il les a vécu. Il n'a peut être pas vécu l'accident mais il en a subit les conséquences, il n'a peut être pas été mordu par un Garou avec tout ce que ça implique mais son quotidien s'est vu changé à cause de ça. Quelque part je peux comprendre qu'il ait pensé dur comme fer que j'avais gâché sa vie parce que c'est le cas. Si j'étais mort moi aussi cette nuit là il n'aurai jamais eu a quitter l'Australie, il serait resté avec les Grand-Parents et peut être même qu'il aurait pu venir en aide à Grand-Père le jour où il s'est fait agresser. Il ne serait pas mort, il aurait pu profiter encore de la personne qui comptait le plus pour lui et qu'il a du quitter … en partie à cause de moi. Grand-mère m'a toujours dit le contraire mais je suis persuadé que ma Lycanthropie a joué dans leur décision de nous éloigner. Ils ne pouvait pas prendre deux ados en crise en charge en même temps, surtout pas quand l'un d'entre eux étaient en pleine transition avec tout ce que ça implique. C'est ça en fait, j'aurai du crever pour que mon frère soit heureux ou le redevienne et qu'il n'ait pas à quitter tout ses repères. J'aime ce constat, vraiment, il fait du bien au moral. Oui j'ai morflé mais Mateo a raison, j'ai appris à me reconstruire, j'ai laissé entrer de nouvelles personnes dans ma vie et j'en ai repris le cour même si ça n'a pas été facile tous les jours. Et lui ? Qu'est ce qu'il a fait pendant ce temps là ? Il s'est laissé entrainer vers le fond. Personne ne peut dire que j'ai rien fait pour essayer de l'aider parce que ça n'est pas vrai mais j'ai peut être pas fait attention à lui. Je sais pas, je sais plus, et j'ai une furieuse envie de gerber en pensant à tout ça. Quand on était gosses il était jaloux de ma présence, c'est ce qu'il m'a fait comprendre, parce que je prenais selon lui trop de place auprès des parents. Plus tard j'ai compris qu'il était … presque jaloux de Kyle et de la place qu'il prend dans ma vie. Jaloux de mes amis ? Jaloux du reste de la famille ? Pourtant j'ai fait ce que j'ai pu pour aller vers lui, non ? Qu'est ce que je suis sensé faire maintenant ? Il ne peut pas d'un côté me reprocher de le trahir, de le laisser sur la touche et de l'autre me rejeter ou faire tout ce qu'il peut pour que ça soit moi qui le rejette. Je ne … comprends pas … Qu'est ce que je suis censé faire ?

« Si j’te dis ça, c’est parce que moi-même j’ai été aussi con que lui. Et si on m’dit aujourd’hui que j’suis qu’un sale con arrogant, c’est pas pour rien. »

Une main devant la bouche, le regard braqué devant moi, les yeux grand écarquillés je dégluti et revient sur terre. Je sens mon cœur qui s'est mis à battre très vite et bien sur de manière irrégulière mais en secouant la tête j'essaie de me concentrer sur Mateo, sur sa voix, sa présence. Je m'y accroche comme un désespéré pour me sortir de ces pensées dont je ne sais pas quoi faire.

« Cette année ça va faire cinq ans que ma sœur est morte. Et tu veux savoir qu’elle a été ma manière de réagir ? J’en ai foutu plein la gueule à mes parents. Comme un sale connard. Comme si c’était eux les responsables et comme si eux, ne souffrait pas assez d’avoir déjà perdu leur fille. »

Douche froide. Je voulais revenir sur terre, et bien c'est chose faite et de manière brutale. Je me redresse et le dévisage, la bouche entrouverte alors qu'aucun mot ne sort. Je suis là à me plaindre me mon frère et lui … a perdu sa sœur. Je ne savais même pas qu'il avait une sœur … Il n'en a jamais parlé de lui même certes mais j'en sais rien, j'aurai pu … j'aurai pu creuser un peu, m'intéresser. C'est ce qu'on fait avec ses amis, non ? A quel moment je suis devenu aussi égoïste et égocentrique au point de ne plus porter ce genre d'attention sur les gens qui m'entourent ? La nausée ne disparaît pas, au contraire, elle se fait plus puissante et le goût du sang n'aide pas c'est certains mais ce sont les émotions que je n'arrive pas à avaler et encore moins à digérer. Parmi elle se trouve du dégoût, envers moi même. La colère est de retour, un peu, mais elle n'est plus dirigé contre mon frère qui en cet instant est presque totalement sorti de ma tête. Mateo, sa sœur, ses parents, son histoire. Voilà ce que j'ai en tête alors que je le regarde comme si je le voyais pour la première fois. Il sourit, de ces sourires qui en disent long et n'expriment absolument aucune joie. La plaie est encore à vif, c'est ça ?

« Et comme si ça n’suffisait pas, j’ai fait les pires conneries et j’ai passé plus de temps au commissariat que dans ma piaule. Pour tout et n’importe quoi. Ils m’ont envoyé en Angleterre pour que je m’éloigne de tout ça et j’ai été encore plus con que la moyenne en coupant carrément les ponts avec eux. Et j’ai réagis exactement comme ton frère : J’ai rejeté qui que ce soit essayant d’entrer dans mon périmètre. J’étais arrogant, prétentieux, le genre de type que t’as envie de cogner dès qu’il l’ouvre. Parce que j’me croyais capable de m’en sortir tout seul et que j’étais tellement en colère que ça me rendait … foutrement mauvais. Et c’est pas un euphémisme. J’envoyais les autres se faire foutre, les prenant pour de la merde. Résultat, j’me suis retrouvé tout seul. Comme un pauvre con, parce que c'est ce que j'étais. »

C'est le genre de moments où tu te sens vraiment con, parce que tu ne sais pas quoi dire ni quoi faire, parce que Mateo ne donne pas l'impression d'être de ceux qui acceptent de se laisser aller facilement et encore moins de se faire consoler alors non je ne me risquerai pas à un geste de soutien comme il l'a fait envers moi tout à l'heure en posant sa main sur mon épaule. Ça n'enlève en rien ce que je ressens pour lui en cet instant, loin de là. J'essaie de l'imaginer à l'époque, pas mal de questions passent dans ma tête mais je ne l'ai formulerai pas pour la simple et bonne raison qu'il est celui qui décide de ce qu'il veut dire ou pas, sans influence. Il a été expatrié, on l'a éloigné de chez lui … Évidemment que tout ça trouve écho à l'intérieur de moi mais si j'en crois ce qu'il m'explique et c'est le cas, s'il devait y avoir un point de comparaison il se ferait plutôt avec Derek. Je crois que c'est précisément là où il veut en venir d'ailleurs. Comment auraient évolué les choses si on était resté en Australie ? Est ce qu'on n'aurait pas mal tourné de toute manière ? Difficile à dire, impossible même alors ça ne sert à rien de se poser la question. Je repense aux premières impressions que je me suis faites de lui au tout départ, précisément le jour où il m'a fait cette super blague qui a failli lui valoir un séjour direct la tête sur la cheminée et certaines choses deviennent effectivement plus claires.

« Tout seul et encore plus détruit que je ne l’étais avant. Les choses ont changées pour moi, parce que comme toi… j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes. Maxime, toi… Riley. »

J'esquisse un sourire à l'évocation de ce dernier prénom en voyant son expression mais non je ne le charrierai pas avec ça maintenant, évidemment que non. Quoi qu'il en soit je suis content pour lui qu'il ait effectivement trouvé des personnes capables – à propos ou non – de lui redonner l'envie si ce n'est d'avancer au moins de … vivre, tout simplement. Dire que je ne me sens pas « flatté » d'en faire partie serait mentir, c'est toujours agréable de savoir que les gens qui comptent pour vous ressentent la même chose même si parfois ça n'a pas besoin d'être exprimé pour être évident. Entre cassés on doit se serrer les coudes, et on le fait. Les affinités sont là ou pas, c'est tout. Tout ça se fait naturellement au final.

« Ton frère est juste un type qui ne gère plus sa rancœur et qui se laisse bouffer par sa fierté et son arrogance. Même si ça n’excuse pas tout parce qu’à ta place, je lui aurai probablement refait le portrait aussi. Et on n’peut franchement pas t’en vouloir d’avoir évacué 18 ans de frustration. Peut-être que vous aviez besoin de passer par là pour remettre les bases, pour rappeler à l’autre ce qu’il se passe. »
« Hum. »

Une chose est sure, je me sens … calme. Je n'ai plus en moi cette rage au creux du ventre qui me rongeait violemment à peine quelques minutes plus tôt et c'est à lui que je le dois, à cette discussion. Si mon regard se perd un peu il revient sur lui quand je le perçois tourner la tête vers moi. J'en fais autant, il sourit, je fronce les sourcils et esquisse un demi sourire malgré moi, comprenant que le sérieux grave va être élimé.

« Voilà, c’était la leçon gratuite de Mateo Freud. La prochaine fois c’est 50 gallions Capitaine. »

J'écrase un rire puis grimace en me tenant les côtes par réflexe.

« Merci Docteur/Capitaine Freud. »

Je ne connais pas vraiment ce Docteur Freud mais comme a peu près tout le monde j'en ai déjà entendu parler, même dans ma petite bulle de Sang Purs. En fait c'est très certainement ici mais on s'en fout, c'est pas le sujet.

« Mets ça sur ma note, j'te rincerai en bières, en rhum et en conneries. Ou en chanson tiens ! Enfin si tu veux des Gallions ça peut s'arranger aussi ceci dit. »

Parce qu'au risque de passer pour un gosse de riches – en même temps c'est le cas – on ne peut pas dire que je sois dans le besoin mais ça non plus c'est pas le sujet.

« J'suis désolé pour ta sœur. »

Je lâche ça comme ça, sans prévenir, après avoir retrouvé un peu de sérieux même si ça faisait du bien de débrancher un peu l'espace de trois secondes. Je ne peux juste pas passer à côté de ça, c'est pas possible. Par éducation, sans doute par respect, mais … Parce que c'est quelque chose de trop important pour être laissé sous silence quand bien même je n'épiloguerai pas plus et ne poserais pas de question. Peut être que je devrais, parce que c'est comme ça qu'on permet parfois aux autres de s'exprimer sur des choses qui les rongent exactement comme il vient de le faire avec moi mais pour plusieurs raisons, par instinct aussi, j'ai l'impression que le timing n'est pas le meilleur. Comment est ce qu'elle s'appelait ? Quel âge elle avait ? Est ce qu'ils s'entendaient bien ? Oui tout ça m'intéresse mais … J'en sais rien, ça ne sort pas c'est tout. Qu'est ce qu'on ressent quand on perd un frère ou une sœur ?

« Et j'espère que ça s'est arrangé avec tes parents, enfin que ça va mieux entre vous maintenant. »

Et que ça n'est pas trop difficile d'être loin d'eux. Je ne sais pas bien pourquoi je ne le formule pas, peut être parce que je n'ose pas, parce que je ne sais pas trop où j'ai le droit de mettre les pieds ou pas.

Le silence s'installe un peu entre nous deux, je crois que l'un comme l'autre on a besoin de souffler un peu et de reprendre nos esprits. Ce qu'il vient de se passer était assez intense, et je ne parle pas de la baston avec le frangin mais bien des choses qui ont été remuées ici dans cette conversation. Pour lui comme pour moi. Il n'y a qu'a voir ses expressions pour comprendre que ça n'a pas été une partie de plaisir pour lui non plus d'évoquer tout ça, de se livrer. J'en profite pour pousser sur mes avants bras et reculer jusqu'à poser mon dos contre la fenêtre derrière nous. Tête légèrement penchée en arrière, yeux fermés, je me concentre sur les battements de mon cœur en essayant de les réguler un peu. Ça n'est pas vraiment un tic, c'est quelque chose que je fais de temps en temps, ça me permet de me calmer ou de me poser, de décompresser. Genoux pliés et relevés, mes bras se posent au sommet et ma main droite attrape mon poignet gauche alors que mes pieds sont désormais eux aussi posés sur le muret.

Nouveau soupir.

« La semaine dernière je lui ai dit que j'avais pas besoin de lui et que dans le fond j'avais jamais eu besoin de lui ... »

J'ouvre finalement les yeux et ne regarde rien de bien particulier. Ma main droite lâche mon poignet, va se perdre une seconde dans mes cheveux alors que je me gratte la tête puis revient à sa place.

« C'est pas totalement faux comme c'est pas totalement vrai, c'est juste que … Comme j'ai essayé de lui faire comprendre sous le coup de l'impulsion c'est que j'ai juste fait sans lui parce qu'il m'a pas laissé le choix, c'est tout. Et c'est vrai que j'ai eu la chance de rencontrer Kyle, de me faire des amis et de pouvoir compter sur des gens pour m'aider à m'en sortir quand j'étais au fond du trou mais le boulot il s'est pas fait que dans un sens. »

Ils ont poussé la porte dans un sens, j'ai pas poussé dans l'autre pour les contrer mais au contraire dans le même sens pour les laisser entrer.

« Quand on s'est rencontrés avec Kyle j'étais un sale petit branleur désagréable qui envoyait chier tout le monde, franchement j'étais sans doute pas loin du sale con arrogant moi aussi, pour ne pas dire que c'était clairement ça. Enfin j'avais 15-16 ans donc question crédibilité … »

On repassera même si clairement je n'étais pas fin. Quand je vais mal je suis capable d'être une véritable ordure, certains dans ce château pourraient en attester sans problème. Légèrement bipolaire le garçon … Lunatique, pour le moins. Avec ou sans Lycanthropie.

« Sauf que j'ai pris sur moi, je me suis ouvert d'abord à Kyle et puis après aux autres, progressivement. Ça a pris un peu de temps mais ça c'est pas fait comme ça en claquant des doigts. Peut être que mon caractère est plus malléable que le sien mais quand même, pour moi il a pas d'excuse. »

Pas pour continuer à rejeter tout le monde en bloc comme il le fait. Le reste c'est autre chose, il a des circonstances atténuantes.

« Des mains tendues il en a eu un paquet, il les a toutes rejetées, repoussées, ignorées, etc … Et c'est pourtant pas faute de lui avoir fait comprendre qu'il n'était pas tout seul et qu'il y avait des gens sur qui ils pouvaient compter mais non, Monsieur est persuadé qu'il peut s'en sortir tout seul avec son complexe de Supériorité. »

Problème d'égo ? Fierté mal placée ? Le pire c'est que je ne crois même pas qu'il s'agisse de ça.

« J'veux pas le faire changer, il est comme il est et c'est tout. J'aimerai juste qu'il se rentre ça dans le crane une bonne fois pour toute parce que je sais qu'il en est capable. Qu'il arrête de tout vouloir gérer par lui même parce que tôt ou tard ça se finira mal. »

Haussement d'épaules.

« Même si j'peux pas nier que le gosse en manque d'attention que j'peux être parfois aimerait bien recevoir un peu plus d'intérêt de la part de son propre frère mais bon, ça fonctionne aussi à double sens. »

J'ai pourtant l'impression de lui avoir tendu un certain nombre de perches mais c'était sans doute insuffisant.

« Enfin je comprends où tu veux en venir, je connais mon frère par cœur ou presque mais c'est toujours bien d'avoir un avis extérieur et puis ça m'ouvre un peu les yeux sur des choses pour lesquelles je les avais visiblement fermé avec le temps. Si tant est que je les ai ouvert un jour pour certains trucs. Il n'a pas tous les torts là dedans, enfin j'veux dire j'me considère pas irréprochable pour autant même si j'ai pas l'impression d'avoir été un immonde connard avec lui. Ceci dit j'ai peut être pas suffisamment fait attention à ce qu'il a pu ressentir après la mort de nos parents, surement même. »

A ce moment là j'étais clairement coincé dans un trip très égocentrique, j'étais concentré sur ma propre douleur, mes émotions que je ne contrôlais plus en partie à cause du choc mais aussi de l'adolescence et surtout de la Lycanthropie. Ça ne sont néanmoins pas des excuses, des raisons oui mais pas des excuses.

« Ouais, certes, j'suis pas normal et en plus j'ai fait le combo de me maquer avec un mec, un mec qui en plus n'a pas de pouvoir alors forcément ... »

Sourire en coin … rire … grimace.

« C'est pas drôle. »

Non ça n'a rien de drôle, c'est quand même une sale leçon d'intolérance tout ça mais qu'est ce qu'on peut y faire ? Il a fini par accepter, je me contentais de ça et je continuerais de le faire – tant pis pour les autres, je ne me battrais que pour ma cause, sans offense – mais s'il revient à la charge comme il l'a fait ce soir … Et bien tant pis, je lui en mettrais d'autres jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il ferait mieux d'arrêter et c'est tout. J'en connais un qui ne supportera probablement pas ça mais si ça peut me permettre de sauver cette relation fraternelle, par un moyen ou un autre alors tant pis, je suis prêt à prendre le risque qu'il ne comprenne pas cette façon de procéder. Sauver une relation fraternelle est une chose, sauver son frère en est une autre encore bien plus importante et ... Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on n'est simplement pas loin de ça, en réalité.

« J'vais pas le lâcher, quitte à lui foutre sur la gueule et à en prendre plein la mienne encore et encore mais j'le lâcherais pas. Et merci. Ça fait du bien de parler. »

Un peu de mal aussi avec tout ce que ça remue, j'imagine chez toi comme chez moi, mais … au moins ça ne reste pas enfermé dans un coin à moisir pour ressortir en pire plus tard.

« Fais gaffe que j'tombe pas amoureux de toi, c'est en me faisant parler comme ça que Kyle a réussi à me choper. »

Enzo Ryans, arrête de faire le con parce que ça te fait mal ! Tête à claques. Tête à claques qui se marre et qui se plie en deux parce que Loup-Garou ou pas, se prendre des coups amène son lot de souffrance physique.

« J'ai mal partout. »

Je pense que c'est suffisamment évident oui … Et arrête de sourire comme ça, ça n'a rien de drôle.

« C'est dans ces moments là que t'as juste envie de te poser dans un coin pénard avec une bière, entre potes, et plus penser à rien ni personne. »

Compter les bulles dans ta bouteille devient subitement l'activité la plus fascinante du monde.

« Quand tu m'auras fait faire la tournée des bar Argentins je t'embarquerai chez moi et on loquera sur la terrasse, au soleil, avec le bruit des vagues en fond sonore pour se remettre. »

D'ailleurs si je ferme les yeux, et c'est ce que je fais, je m'y croirais presque. Les odeurs, les sons, je les ai bien gravé dans ma tête et j'espère qu'ils n'en sortiront jamais. A nouveau le silence s'installe, à nouveau je le brise en me redressant un peu, les mains désormais de chaque côté de moi, posée sur le muret et une jambe étendue devant moi. Sur mon visage, entre deux marques, c'est un air soucieux qui s'affiche.

« J'me demande quand même dans quel état il est … J'y ai pas été de mains mortes ... »

La bonne nouvelle du jouer c'est que tu as tué ton frère, félicitations ! Ça non plus ça n'a rien de drôle et je ferais beaucoup moins le malin si c'était le cas mais j'imagine qu'on m'aurait déjà retrouvé si c'était le cas. On se rassure comme on peut ...

« Enfin je crois pas que ça soit l'idée du siècle d'aller le voir maintenant, au pire je demanderai à Gabrieli ou Helland. Ce sont eux qui nous ont séparé. »

Je sais que tôt ou tard tout ça vas me retomber dessus et … c'est normal. Le truc c'est que pour le moment je n'ai simplement pas envie d'y penser.

« J'suis peut être pas forcément la personne que tu viendrais voir si un jour ça va pas et que t'as besoin … de quoi que ce soit, mais sache juste que j'suis là si ça se présente et pas parce que je me sens redevable vis à vis de ce qu'il vient de se passer. »

Ça méritait d'être souligné, c'est tout.

« Voilà, maintenant on arrête le sentimental sinon toi aussi tu vas te transformer en guimauve. Ou pire, en tarlouze. J'te le ferai remarquer, tu te sentiras obligé de me taper sur la gueule, etc … »

Non je n'oublie pas tout ce qui vient de se dire, loin de là même, mais est ce qu'on pourrait juste souffler un peu ? Je suis néanmoins capable de retrouver mon sérieux s'il le faut, je le sais.

« D'ailleurs j'te confirme qu'en ce qui me concerne j'ai eu envie de te cogner la première fois qu'on s'est adressé la parole Monsieur le sale con arrogant. Je pense que t'étais pas loin de dire bonjour de près à la cheminée. »

Encore un rire, encore une grimace.
Gros malin va.

« Tout ça pour me voir à poil … Franchement y avait plus simple. »

Mais !

Puis parfois on passe d'un ricanement débile de mec faussement détaché qui essaie juste de passer à autre chose ou plutôt d'avaler la pilule en faisant le mariole parce que c'est en partie comme ça qu'on s'en sort, en dédramatisant, à une expression plus sérieuse après s'être raclé la gorge et avoir bougé un peu histoire de trouver une position dans laquelle la douleur est moindre quand bien même elle n'est pas non plus au point de vous faire tout lâcher. C'est désagréable, c'est tout, mais si on commence à partir dans des comparaisons fumeuses histoire de passer pour le chaton qui se prend pour un tigre, ou pas : ça n'est rien comparé à une transformation. Alors ravale tes grimaces garçons, tu l'as cherché, t'en as vu d'autres. De l'expression plus sérieuse découle le calme, puis cette question qui finalement m'échappe quand même alors que je tourne la tête vers lui une nouvelle fois.

« Elle s'appelait comment ? »
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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Sam 19 Sep 2015 - 22:18

Il ne devrait pas me remercier. On ne devrait pas se sentir obligé de le faire entre potes. On est là pour ça, non ? Même dans nos silences nous sommes utiles parfois. Une épaule sur laquelle s’appuyer suffit de temps en temps. C’est une chose que j’ai stupidement oublié ces 4 dernières années. Bon s’il me propose de payer en bière… peut-être qu’on devrait faire une exception, non ? On n’a pas besoin de ça pour en boire ensemble, il ne devrait pas y a voir de raison particulière pour boire entre potes. Je ne sais pas si je l’ai aidé avec ce que je lui ai dit, je me sais hyper maladroit pour les mots et parfois j’aggrave plus les choses que je ne les arrange. Même si cette fois, je me suis un peu laissé aller à la confession, chose que je n’aurai jamais faite avant d’arriver ici. Le souvenir de Camélia ravivé me donne la sensation que son chapelet est entrain de me cramer la peau. Comme à chaque fois que je pense à elle, comme un rappel à l’ordre. Et comme à chaque fois, ce sont les mêmes questions qui débarquent. Pourquoi elle. Pourquoi si jeune. Juste… Pourquoi. Elle me manque.
 
Putain ouais, elle me manque.
Les années ne changeront rien à ça, comme le discours « T’as pas le choix que de vivre avec ». Ce foutu discours, oui.
 
— J'suis désolé pour ta sœur.
 
A aucun moment je ne le regarde, me contentant d’hausser les épaules pour signifier que ça « n’est pas brave ». Il n’est pas censé le savoir. La preuve… j’me suis retrouvé comme un con pour l’histoire de ses parents. Comment est-ce qu’on peut trainer aussi souvent ensemble en se connaissant si peu ? Je repense à Maxime que j’ai récemment apprit à connaitre alors que j’ai pas hésité une seconde à tuer ce type pour pas qu’elle y passe. Je connais rien sur Will’, rien sur Macy. Rien sur Riley. Rien sur Enzo. On fait vraiment une belle connerie.
 
— Et j'espère que ça s'est arrangé avec tes parents, enfin que ça va mieux entre vous maintenant.
— On va dire que j’y travaille.
 
Et il serait temps que je le fasse oui. Le courrier a été envoyé, enfin. Et je n’ai toujours pas eu de réponse même si en soit, ça ne fait pas si longtemps que je leur ai transmis… Deux semaines en fait. Peut-être qu’ils ne me répondront jamais. Peut-être qu’ils ne veulent tout simplement plus entendre parler de moi. Peut-être qu’ils me renient désormais… et ça serait entièrement ma faute. Parce que je ne suis qu’un sale connard égoïste. Je me passe une main dans les cheveux, sentant une boule se former au creux de mon estomac. Connerie putain.
Je sens Enzo bouger, s’installer, s’étendre. Et moi je ne bouge pas, coudes appuyés sur mes genoux alors que ma main est toujours dans mes cheveux. Le silence s’installe mais ne soulage pas. Pas pour moi. Je ressasse tout ça en boucle, ces souvenirs, ces conneries. En parler atténue certaines peines. Chez moi, elles reprennent vie alors que je les ai soigneusement évitées durant toutes ces années.
Et lui, il se sent comment maintenant ? J’espère sincèrement pour lui que tout s’arrangera avec son frère. C’est important un cercle fraternel. C’est important de pouvoir toujours compter sur son frère ou sa sœur.
 
— La semaine dernière je lui ai dit que j'avais pas besoin de lui et que dans le fond j'avais jamais eu besoin de lui ... C'est pas totalement faux comme c'est pas totalement vrai, c'est juste que … Comme j'ai essayé de lui faire comprendre sous le coup de l'impulsion c'est que j'ai juste fait sans lui parce qu'il m'a pas laissé le choix, c'est tout. Et c'est vrai que j'ai eu la chance de rencontrer Kyle, de me faire des amis et de pouvoir compter sur des gens pour m'aider à m'en sortir quand j'étais au fond du trou mais le boulot il s'est pas fait que dans un sens. 
 
J’me doute bien Capitaine. La preuve…
 
—  Quand on s'est rencontrés avec Kyle j'étais un sale petit branleur désagréable qui envoyait chier tout le monde, franchement j'étais sans doute pas loin du sale con arrogant moi aussi, pour ne pas dire que c'était clairement ça. Enfin j'avais 15-16 ans donc question crédibilité …
— Ah parce que ça n’a pas changer ?
 
Je dis ça avec le sourire, il sait que je blague.
15/16 ans ? Dis donc, ça commence à faire entre eux deux.
 
— Sauf que j'ai pris sur moi, je me suis ouvert d'abord à Kyle et puis après aux autres, progressivement. Ça a pris un peu de temps mais ça c'est pas fait comme ça en claquant des doigts. Peut être que mon caractère est plus malléable que le sien mais quand même, pour moi il a pas d'excuse. 
 
C’est là que réside la différence. Enzo a eu le réflexe ou plutôt, l’intelligence de mettre ça de côté, de s’ouvrir et d’accepter que ça n’est pas tout seul que tu avanceras. Derek , non. Et ouais, il n’a pas d’excuse. Il a lui aussi vécu son propre calvaire avec des parents morts, un frère lycanthrope, une désorientation totale… mais il n’a visiblement pas eu les bons réflexes pour palier la peine.
 
— Des mains tendues il en a eu un paquet, il les a toutes rejetées, repoussées, ignorées, etc … Et c'est pourtant pas faute de lui avoir fait comprendre qu'il n'était pas tout seul et qu'il y avait des gens sur qui ils pouvaient compter mais non, Monsieur est persuadé qu'il peut s'en sortir tout seul avec son complexe de Supériorité.
 
Il ne le sait probablement pas, mais ça fait mal d’entendre ça. Si j’me suis comparé à Derek tout à l’heure, ça n’est pas pour rien. Enzo n’imagine pas à quel point j’ai pu ressembler à son frère il y a quelque temps. A quel point j’ai pu être une ordure. J’ai rejeté mes propres parents en plein deuil, celui de leur propre fille. J’aurai pu jouer mon rôle, être responsable et celui qui maintient la famille à flot en rappelant sa présence et en leur murmurant que Camélia voudrait que nous soyons heureux. Au lieu de ça je leur ai craché les pires saloperies à la gueule.
 
 Monsieur est persuadé qu'il peut s'en sortir tout seul avec son complexe de Supériorité
 
Ma main tremble et je la remets aussitôt dans mes cheveux.
 
— J'veux pas le faire changer, il est comme il est et c'est tout. J'aimerai juste qu'il se rentre ça dans le crane une bonne fois pour toute parce que je sais qu'il en est capable. Qu'il arrête de tout vouloir gérer par lui même parce que tôt ou tard ça se finira mal. Même si j'peux pas nier que le gosse en manque d'attention que j'peux être parfois aimerait bien recevoir un peu plus d'intérêt de la part de son propre frère mais bon, ça fonctionne aussi à double sens.
— C’est normal. N’importe qui à ta place aimerait recevoir ça.
 
En manque d’intention ou non. Ma voix est un écoulement de gravier et je tousse dans le creux de mon poing, pour m’éclaircir la gorge.
 
—  Enfin je comprends où tu veux en venir, je connais mon frère par cœur ou presque mais c'est toujours bien d'avoir un avis extérieur et puis ça m'ouvre un peu les yeux sur des choses pour lesquelles je les avais visiblement fermé avec le temps. Si tant est que je les ai ouvert un jour pour certains trucs. Il n'a pas tous les torts là dedans, enfin j'veux dire j'me considère pas irréprochable pour autant même si j'ai pas l'impression d'avoir été un immonde connard avec lui. Ceci dit j'ai peut-être pas suffisamment fait attention à ce qu'il a pu ressentir après la mort de nos parents, surement même.
 
Je n’ai pas connu Enzo avant mais je suis certains que s’il me dit ça maintenant, c’est qu’il y a des raisons. Ils m’ont l’air d’avoir été paumé pendant un certain temps ces deux-là et qu’ils n’ont jamais réussi à se comprendre. Certaines fratries se soudent lors de ce genre de drame. D’autres se déchirent, se haïssent un peu plus. Je me dis que ça n’est pas irrattrapable pour eux, du moins je l’espère. Quand t’es perdu dans tout ça, tu sais plus où donner de la tête, j’en sais quelque chose. Et l’avouer est courageux, je trouve.
 
— Ouais, certes, j'suis pas normal et en plus j'ai fait le combo de me maquer avec un mec, un mec qui en plus n'a pas de pouvoir alors forcément ...
 
Je lâche un ricanement amusé. Pour sûr qu’en connaissant les penchants de sa famille.. J’en connais un qui a dû être foutrement bien reçu au dîner de famille si tant est qu’il y en ait eu un.
 
— C'est pas drôle.
— Ouais… mais quand tu fais quelque chose, tu l’fais visiblement pas qu’à moitié.
 
J’imagine Enzo débarqué comme une fleur. Je suis lycanthrope. J’vous présente mon mec et c’est un non-magicien. Comment ça j’vais détruire la si belle lignée de sang-pur ?
Si peu. Et ça me fait rire de voir la tête d’un grand père en décomposition face à cette nouvelle.
 
— J'vais pas le lâcher, quitte à lui foutre sur la gueule et à en prendre plein la mienne encore et encore mais j'le lâcherais pas. Et merci. Ça fait du bien de parler. 
— Me remercie pas, c’est rien. Et ouais… le lâche pas. Parfois il suffit de peu pour que tout change.
— Fais gaffe que j'tombe pas amoureux de toi, c'est en me faisant parler comme ça que Kyle a réussi à me choper.
— J’suis sûr que c’est déjà le cas.
 
Je lui jette un regard en coin, un sourire aux lèvres.
 
— J'ai mal partout.
— Fallait pas tout donner cette nuit.
 
Je remets en avant ma connerie pour mieux gérer cette boule toujours coincée dans mon estomac, chassant ces innombrables questions. Je préfère me concentrer sur Enzo et les conneries que je pourrais lui sortir. Et ça ne ferait de mal à personne un peu d’humour de toute façon.
 
— C'est dans ces moments là que t'as juste envie de te poser dans un coin pénard avec une bière, entre potes, et plus penser à rien ni personne. Quand tu m'auras fait faire la tournée des bar Argentins je t'embarquerai chez moi et on loquera sur la terrasse, au soleil, avec le bruit des vagues en fond sonore pour se remettre.
— Arf. Arrête tu m’fais du mal… J’donnerais un rein pour être en Argentine ou sur cette fameuse cette terrasse. Font chier avec leur soleil d’hiver.
 
Et leur temps à chier en permanence. Et le tour des bars, j’ai hâte de l’y emmener pour voir jusqu’à combien de lieux il peut faire avant de s’écrouler dans une ruelle et d’y dormir comme un bébé. Et pendant qu’un nouveau silence s’installe, je me revois avec les cousins, cousines, parents, oncles et tantes, a ces repas de famille interminables mais incroyablement géniaux. J’me suis jamais sentie aussi vivant que durant ces année-là, aussi à ma place. J’étais aimé, choyé, Camélia était encore là, nous étions tous réunit avec les amis des amis de la famille et ça a toujours été une ambiance joviale, chaleureuse et familiale.
Si j’ai promis de lui faire faire la tournée des bars à lui, c’est à Maxime que je promets silencieusement ces repas où enfin, elle se sentira existante, chez elle et non regardé comme un monstre ou comme une merde. Et un jour j’irai coller une droite à son ordure de paternel.
 
— J'me demande quand même dans quel état il est … J'y ai pas été de mains mortes ... Enfin je crois pas que ça soit l'idée du siècle d'aller le voir maintenant, au pire je demanderai à Gabrieli ou Helland. Ce sont eux qui nous ont séparé.
— J’suis sûr que ça va. Au pire il aura perdu quelques dents et de gros points à son sex-appeal. Ca l’aidera peut-être à se raisonner.
 
Et je sens que ce petit instant de légèreté ne durera pas pour la simple et bonne raison qu'avec Helland, cette histoire ne se finira pas sans sanction. Et je pense que cette fois-ci, Derek pourra bien se la jouer petit branleur qui emmerde l'autorité, avec des prof' comme Helland et Hunt, il est mal barré pour faire le caïd.
Quoi qu'il en soit, Enzo a raison... une bonne bière ne serait pas de refus. J'ai l'image de Camélia qui me revient par intermittence et je prends conscience à quel point elle était belle. J'imagine un type comme Derek l'approcher pour la foutre dans son pieu... Non. N'imagine pas en fait.

— J'suis peut être pas forcément la personne que tu viendrais voir si un jour ça va pas et que t'as besoin … de quoi que ce soit, mais sache juste que j'suis là si ça se présente et pas parce que je me sens redevable vis à vis de ce qu'il vient de se passer.

Je me tourne vers lui, marquant ma surprise une fraction de seconde. Pas que ça m'étonne de lui, juste que je m'y attendais pas là maintenant. Ceci dit, c'est toujours bon d'entendre qu'on peut compter sur quelqu'un et encore une fois, j'ai tardé à le comprendre. Je le remercie d'un signe de tête et d'un sourire en coin. Il sait que j'ai pas forcément besoin de lui dire les choses, j'suis pas d'un naturel bavard et encore moins le type qui aime s'ouvrir aux autres. Ca viendra, j'apprendrais je suppose mais je sais que je peux compter sur lui. C'est un type bien, un type qui réussira à se sortir de là et de vivre la vie qu'il mène. Il emmerdera tout ceux qui ont prit plaisir à le réduire en miette durant tout ce temps, il les enverra se faire foutre et il fera sa vie.

—  Voilà, maintenant on arrête le sentimental sinon toi aussi tu vas te transformer en guimauve. Ou pire, en tarlouze. J'te le ferai remarquer, tu te sentiras obligé de me taper sur la gueule, etc …
— Ou alors tu tombera fou amoureux de moi et on sera obligé de partager un pieu à 3 avec Kyle...

C'est bien évidemment une blague. J'ai rien contre les mecs, j'suis pas un putain d'homophobe mais c'est pas mon truc, c'est tout. Ça m'empêche pas de lancer une ou deux boutades à ce sujet. Le ton se fait plus léger et ça fait du bien, surtout pour lui je suppose avec ce qu'il vient de se passer. D'ailleurs, je jette un œil à son visage... Lycan ou non, un passage à l'infirmerie ne serait pas du luxe.
Je suis content de voir que j'ai pu lui être un minimum utile et peut-être l'avoir aider à mettre la lumière là où il ne voyait plus rien. J'ai une pensée pour Derek qui doit être méchamment entrain de douiller à l'heure qu'il est.

— D'ailleurs j'te confirme qu'en ce qui me concerne j'ai eu envie de te cogner la première fois qu'on s'est adressé la parole Monsieur le sale con arrogant. Je pense que t'étais pas loin de dire bonjour de près à la cheminée.
— La réciproque est tout à fait valable.
— Tout ça pour me voir à poil … Franchement y avait plus simple. 
— Eh, j'voulais faire dans l'original ! Mettre du piment dans cette rencontre.

Je laisse échapper une grimace face à se souvenir. Je me revois ouvertement le provoquer, comme je l'ai fais avec tant d'autres en début d'année. Mais j'y vois surtout un type que je déteste, que j'ai envie de moi-même cogner jusqu'à n'en plus pouvoir. Est-ce que ça signifie que j'ai changé ? Peut-être... Même si je reste un je m'en foutiste né et que ça, en revanche, j'suis pas sûr que ça change. Enzo n'a pas été le seul à faire les frais de ce gros con que j'étais. Je pense notamment à Elias... Mais surtout, Riley.
Mes pensées divaguent vers elle où je revois cette nana hors d'elle, furieuse, prête à m'arracher la jugulaire sur le tas. Elle était foutrement sexy dans cet état et me donnait clairement l'envie de la plaquer à un mur. Plus je ressasse ces souvenirs, plus le désir d'aller la voir se fait présente. Ce n'est plus une envie, c'est un besoin. Ca me fait flipper, vraiment … mais il suffit que je repense au discours de Maxime pour m'apaiser, me tranquillisé et surtout faire le tri, ne gardant que le meilleur de l'émotion. Je songe sérieusement à aller la voir après tout ça. J'y songe pas en réalité, c'est une décision déjà prise. Si je divague autant c'est simplement parce qu'un nouveau silence s'installe et je ne prends conscience que maintenant que j'ai sortie « mon » chapelet de dessous mon haut et que je manipule la croix entre mes doigts.

— Elle s'appelait comment ?

Le jeu de mes doigts autour du métal se stoppe net une poignée de seconde. La croix reprend sa course de mon index à mon majeur, puis revient à mon pouce, le collier toujours autour de mon cou. Une flamme jaillit au creux de mon thorax puisque cette question suffit à faire naître un tas de souvenirs en désordre. Le manque s'installe, s'étend jusqu'au bout de moi, comme un poison. C'est la même chose, à chaque fois. Ce même sentiment de ne pas réussir à parler d'elle sans avoir envie de chialer ou de défoncer quelque chose. J'ai pas fais mon deuil, j'le sais.
Je glisse mon regard vers lui, déglutis en silence et lui accorde un sourire en désignant son visage.

— Je t'accompagne à l'infirmerie ? Si t'y vas pas faire un tour dans 5 minutes, tu vas ressembler au bossu de Notre-Dame avec cette gueule.

Je n'esquive pas sa question. Peut-être que si. J'en sais rien. Pourtant, il n'y a rien de compliquer à dire comment elle s'appelait. S'appelait. La mentionner au passé me brise de part en part alors que je me lève, comme pour lancer notre route. Je laisse le chapelet à l'extérieur de mon vêtement, glissant les mains dans mes poches alors que j'attends qu'Enzo se décide de se lever ou non. Je ne croise pas son regard, comme un lâche parce que je me sens d'un coup complètement … démuni. Vide. Je sais pas.
Je me passe une main dans les cheveux, me gratte la nuque et revois son sourire alors qu'elle était clouée sur son lit d'hôpital. Les odeurs me reviennent, les sons de toutes ces machines avec … Ça m'angoisse. Putain, que ça m'angoisse.

— Camélia.

Le prénom a franchit mes lèvres avant que je ne le décide réellement.

— Elle s'appelait Camélia. C'est la fleur préférée de madré. Elle avait tout un bosquet dans le jardin.

Je ne sais pas pourquoi je lui donne ce détail à la con qui ne l'intéresse peut-être pas, mais c'est comme si ça m'aidait à articuler les mots et les souvenirs qui vont avec. Ma mère prenait grand soin de ses fleurs, bien plus encore lorsque ma sœur nous a quitté. J'crois que ça lui donnait l'impression de l'avoir encore un peu avec elle.
Putain.

Je sors mon paquet de clope, la main légèrement tremblante mais le dissimule en sortant une cigarette que je coince entre mes lèvres. Je sors le zippo que mon père m'a offert et fais jaillir la flamme pour brûler l'embout. Première inspiration, première bouffée. Ça me donne la sensation de pas perdre pieds.

— Elle avait 20 ans. Je me gratte ma joue un peu barbu sans lever mon regard vers Enzo, parce que j'en suis incapable. Je n'saurais pas dire pourquoi. Une leucémie. Une maladie du sang qui peut t'emporter aussi vite qu'elle arrive.

Une putain de maladie que même la magie n'a pas sue vaincre. Je me sens un peu nerveux mais je tente de me concentrer sur ma clope pour essayer de garder contenance, chose que je réussi plus ou moins bien. Je crois.

— Son organisme a rejeté ma moëlle osseuse. J'l'ai pas supporté, j'ai pris ça comme un échec. Ca a rendu son départ plus compliqué.

Et elle est morte, dans mes bras. Je me souviendrais jusqu'à ce que je crève de cette dernière scène auprès d'elle, de cette dernière image. De ces derniers moments où j'ai pu entendre sa voix, l'entendre respirer, l'entendre vivre. Là, contre mon torse. Je sentais encore son cœur battre. Je le sentais. J'aurai donné n'importe quoi pour plonger ma main autour de ce muscle vivant pour le réanimer. J'aurai donné n'importe quoi pour que Dieu ne me l'enlève pas aussi brutalement. Jétais assis contre la tête de son lit, elle était logée dans mes bras, sa tête sur mon thorax. Sa respiration sifflait mais elle a trouvée le moyen de me dire que j'avais intérêt à être sympa pas avec mes parents, parce que sinon elle viendrait me le faire payer elle-même. Et je chialais comme un gosse. En silence. Pendant que mes doigts parcouraient ses longs cheveux bruns abîmés par la tonne de médoc' qu'on lui filait. Mon père égrenait son propre chapelet, sans cesser de regarder sa fille. Ma mère tenait l'une des mains de Camélia, gardant cet éternel sourire au milieu de ses larmes, comme si elle ne voulait pas voir son enfant partir en lui laissant l'image d'une mère dévastée.

J'ai senti ce dernier souffle. Elle est partie si vite que j'ai cru à une blague ou que sa respiration s'était bloquée l'espace d'une seconde ou deux.
J'ai la gorge nouée, le cœur qui bat à une allure complètement irrégulière et je sens cette masse énorme au creux de moi. J'devrais pas parler de ça maintenant, c'est pas … c'est son moment à lui. Il vient de se briser avec son frère, c'est foutrement pas l'instant pour venir étaler ses p'tits malheurs sur ces pavé.
Cigarette entre mes doigts, je passe mon autre main sur mon visage avant de la glisser jusqu'à mon chapelet et de reprendre d'une voix enrouée :

— C'était le sien. Elle me l'a donnée avant de partir. Je crois que j'serais prêt à crever les yeux de celui qui oserait me l'enlever ou me le voler.

Je lâche un rire qui sonne foutrement faux mais je l'ignore.

— Si elle me voyait aujourd'hui, elle me botterait le cul d'être aussi con. D'être aussi arrogant. Camélia était le genre de nana a être d'un calme olympien... jusqu'à ce que tu la titille un peu trop. Là, tu avais droit à une tempête Argentine. Elle a dépensé un paquet d'énergie à me gueuler dessus et à me courir après quand je la faisais chier. Mais ça la faisait marrer... on était... J'inspire, mon sourire coincé dans un rictus mêlé d'une grimace. Pas mal proche.

Pas mal proche ?
Connerie, nous étions comme les deux doigts de la main. Et je me rend compte que je pourrais passer des heures à parler d'elle, à lui raconter tout un tas de conneries que je lui ai faite ou qu'elle m'a faite par vengeance. La manière dont elle était si douce et tendre pour me rassurer pendant un cauchemar ou pendant un moment de doute quand je foirais dans ma scolarité. Je pourrais passer des heures à tout lui raconter, du début à la fin, à l'évoquer. Mais je ne le fais pas et ne le ferais pas, tout simplement parce que ça n'est pas mon genre. Et parce que je n'y arriverais pas sans chialer à un moment donné, mais aussi sans ressentir ce manque qui m'a tant de fois donné l'envie de crever. Cette douleur qui te ronge de l'intérieur jusqu'à te donner l'envie furieuse et vitale de palier avec autre chose. Pour moi, ça a été la violence, la délinquance et la drogue. Elle doit avoir honte de moi. Comme moi j'peux avoir honte de l'image que je lui renvoi à elle.

Je lève mon regard vers Enzo, la voix enrouée et une posture corporelle bien moins fière et certaine que dans mon quotidien, mais de ça, je ne m'en rends pas compte. Je lui dois bien ça, ces aveux. Pas que je me sente redevable ou obligé parce que lui même s'est ouvert à moi, mais peut-être qu'un peu d'efforts de temps en temps ne ferait pas de mal. Je le scrute un instant, me demande comment ça se passe sous sa caboche et s'il réussit à y voir plus clair concernant son frère. Je pensais pas que cette discussion aurait cette tournure mais peut-être que c'était nécessaire, finalement. Même si j'peux pas encadrer son frère, j'espère en silence qu'ils réussiront tous les deux à se retrouver et à ne pas se lâcher. À renouer ce lien fraternel, le seul qui peu perdurer au delà d'une mort.

— Bon, on bouge ? Parce que t'as vraiment une sale gueule et ça serait dommage que Kyle fasse des cauchemars parce qu'il se réveille face à Frankenstein.

Désolé de ne pas pouvoir t'en dire plus vieux. Mais c'est soit ça, soit j'explose sous ce refus catégorique d'admettre qu'elle ne reviendra jamais.
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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Lun 21 Sep 2015 - 18:17

Je ne sais pas si j’ai bien fait, peut être que j’aurai simplement du tenir ma langue mais le fait est qu’il ne s’agit pas de curiosité mal placée, juste … d’intérêt. Il m’a écouté me parler de mon frère, de mes parents, de certains trucs qui me trottent dans la tête et quelque part c’est sans doute aussi un moyen de lui tendre une perche, de lui donner un moyen de s’exprimer à son tour s’il en ressent le besoin quand bien même ma question est simplement sortie naturellement et sans véritables arrières pensées. Quand je le vois se figer, les doigts nerveusement occupés à triturer la croix qu’il porte autour du coup, je ne sais pas vraiment à quoi s’attendre. Mes sens détectent certaines réactions qui me donnent quelques indices mais je n’ai pas envie d’utiliser ma Lycanthropie pour le déchiffrer. Il me répondra s’il en a envie, je ne suis pas là pour épier ses émotions quand bien même je ne fais pas exprès de ressentir tout ce que je ressens. Respiration, rythme cardiaque, odeurs, etc … Le corps des êtres vivants est un véritable vivier d’information sur l’état de son propriétaire. Il a beau me sourire je sais que j’ai mis le doigt dans un engrenage douloureux. Désolé mec, sincèrement. J’aurai sans doute mieux fait de me taire.

Il se lève, je l’observe mais ne bouge pas, sans trop savoir pourquoi. A aucun moment son regard ne croise le mien, c’est quelque chose que je respecte totalement.

« Je t'accompagne à l'infirmerie ? Si t'y vas pas faire un tour dans 5 minutes, tu vas ressembler au bossu de Notre-Dame avec cette gueule. »
« Désolé, je … ne connais pas cette personne. »

J’esquisse un sourire et ne rajouterai rien d’autre, ne ferait aucun commentaire. Il n’a pas envie d’en parler, ça le regarde, je n’insisterai pas. Quant à aller à l’infirmerie … Oui, ça serait sans doute judicieux même si …

« Camélia. Elle s'appelait Camélia. C'est la fleur préférée de madré. Elle avait tout un bosquet dans le jardin. »

J’allais pousser sur mes bras et étendre mes jambes pour effectivement bouger d’ici, je me stoppe aussitôt alors qu’il prend la parole. Toute mon attention est focalisé sur lui sans trop savoir s’il va ouvrir les vannes ou non. Dans les faits il a répondu à ma question. Je lui ai demandé comment est-ce qu’elle s’appelait et maintenant je le sais, je sais même pourquoi elle s’appelait comme ça. Camélia. Joli prénom.
Je ne moufte pas quand il sort une clope et l’allume, je comprends le geste même si je n’en ai personnellement jamais ressenti le besoin. Je crois qu’il essaie de … J’en sais rien, trouver une occupation, se détendre un peu surement. C’est en tout cas l’effet que ça me fait quand je le vois expulser la fumée après avoir tiré sa première taffe. Chacun son truc, en général le mien c’est d’aller prendre une vague.

« Elle avait 20 ans. Une leucémie. Une maladie du sang qui peut t'emporter aussi vite qu'elle arrive. »

Quand le couperet tombe un espèce de lieu commun me saute directement à la poitrine : Ça n’arrive pas qu’aux autres. Pourquoi cette réaction ? Parce que ça n’est pas la première fois que j’entends ce discours, parce qu’une nuit de Pleine Lune où beaucoup de choses ont été dites et pensées, ma meilleure amie, cette fille que je considère comme ma sœur et qui me manque énormément, m’a confessé exactement la même chose. Alors je l’admets, je reste un peu con, la bouche probablement entrouverte. La maladie n’est pas une chose que je connais, que j’ai vécu de près ou de loin. Je sais qu’Ismaelle a été greffée du cœur et que Kyle a exactement la même cicatrice qu’elle au même endroit parce qu’il a eu des problèmes étant petit mais je n’ai jamais été personnellement touché, les membres de ma famille de sang non plus ou alors je n’étais/ne suis pas au courant. Je crois que Grand-Père … Il me semble … Avant qu’il ne se fasse agresser il … Voilà manifestement encore une chose à laquelle je n’ai pas suffisamment fait attention … Mais je pense que ça n’a de toute façon rien de comparable.

« Son organisme a rejeté ma moelle osseuse. J'l'ai pas supporté, j'ai pris ça comme un échec. Ca a rendu son départ plus compliqué. »

J’ai mal pour Mateo, c’est une évidence. Je pense rester de marbre mais ça ne m’empêche pas de ressentir certaines choses quand bien même je ne pourrais jamais comprendre sa douleur tout comme je n’ai jamais pu comprendre celle de Jillian. Je n’ai rien oublié de ce qu’elle m’a dit cette nuit-là, et surtout pas le prénom de sa petite sœur : Suzie. Elle était plus jeune, elle était malade depuis presque toujours, diagnostiquée à l’âge de 3 ans si mes souvenirs sont bons, sans Magie dans une famille de sorciers – détails à mon sens sans importance, chez eux ça n’a jamais fait la moindre différence de ce que j’en sais. Elle a tout fait pour la sauver : Don de sang, de moelle osseuse, de plaquettes, elle lui a même donné un de ses reins et pourtant rien n’a pu la maintenir en vie. Qu’est-ce qu’on ressent à leur place ? J’espère ne jamais le savoir, parce que l’évidence me saute aux yeux : Je ne veux pas perdre mon frère. Il a beau être un odieux connard je ne lui souhaite pas de mal pour autant, en dehors de celui que je lui ferai moi-même et le reste sans commune mesure. Le Karma se charge en général de rétablir l’ordre non ? Je crois qu’il souffre déjà bien assez tout seul dans son coin mais ça n’a strictement rien à voir.

Je les admire, l’un comme l’autre, d’avoir tout fait pour essayer de sauver ceux qui s’avéraient être leur moitié. Je ne vais pas partir dans un délire fumeux en prétendant que je n’hésiterai pas à faire la même chose pour Derek si besoin, tout simplement parce que ça n’est pas de moi dont il s’agit, ni de mon frère. Il est en parfaite santé, je le suis aussi, et de toute façon je doute pouvoir l’aider si un jour ça se produit – pas avec ma particularité … Sauf si je la lui transmets mais ça il n’acceptera jamais et j’aimerai autant ne pas avoir à en arriver là. Et si ce soir j’avais été trop loin ? Ça n’est pas le cas, inutile de penser à ça, même si je n’ai pas la moindre idée de jusqu’où j’aurai été si on ne m’avait pas arrêté dans ma fureur. Stop. Focus. Jillian. Suzie. Mateo et Camélia. Leur douleur commune. Ils ne se connaissent pas, ne se sont même jamais vu et pourtant il partage quelque chose que personne d’autre ne pourrait comprendre, personne n’ayant pas vécu ce qu’ils ont vécu en tout cas. Je sais ce que ça fait de perdre un proche, un membre de la famille, mais les circonstances étaient totalement différentes. Violent, rapide, inattendu. Totalement différent. C’est juste que … ce genre de confession amène à la réflexion, c’est tout. Et je n’ai pas l’intention de l’interrompre pour lui parler de Jillian. Une autre fois, peut-être, mais ça ne sont pas mes souvenirs, pas ma douleur. Qui sait, peut-être qu’un jour ils se croiseront ? Un autre prénom vient squatter ma tête quelques secondes : Alec. Alec Rivers. Le jour où j’ai dû mettre mes mains plus ou moins dans son bide ouvert pour éviter qu’il ne crève je crois qu’il … Enfin il y avait un lien avec sa sœur aussi je crois.

Mateo est parti dans ses pensées, moi aussi manifestement mais quand je capte qu’il bouge je me concentre à nouveau et mes yeux se posent sur la croix qu’il porte autour du cou.

« C'était le sien. Elle me l'a donnée avant de partir. Je crois que j'serais prêt à crever les yeux de celui qui oserait me l'enlever ou me le voler. »

Instinctivement ma main va se poser entre mes clavicules mais je ne sors pas celle que j’ai moi-même autour du cou. Je ne sais pas trop pourquoi encore une fois, je me dis que pour lui cet objet a peut-être une connotation spirituelle et religieuse alors qu’en ce qui me concerne ça n’est pas du tout le cas. Là où je me retrouve dans son discours en revanche c’est pour le reste. Cette chaine en argent et la croix que je porte en permanence m’ont été offert par ma mère, c’est probablement l’objet auquel je tiens le plus au monde. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi, tout ce que je savais c’est que ça me venait d’elle et c’était suffisant mais avec le recul je me dis qu’au cours de ses recherches et intérêts pour le monde sans Magie elle a peut-être simplement découvert à quoi cela faisait référence et … Je me surprends à penser qu’elle m’a offert cet objet dans le but de me protéger ou quelque chose comme ça.

« Je comprends. »

Très bien même. Une seule personne a touché à celui que je porte autour du cou – en dehors de Kyle qui le porte toutes les nuits de Pleine Lune  – et … aujourd’hui il ne respire plus. Les cicatrices que je porte sur le torse sont de son fait, par la main de Kyle certes mais c’est lui le seul et unique responsable et ce jour-là j’étais à deux doigts de le tuer de sang-froid. Kyle m’en a empêché, il m’a calmé, raisonné et plus jamais les doigts de cette ordure n’ont souillé ce bien précieux que je garde en permanence sur moi. Il ne s’est pourtant pas arrêté là, il a pris son pied en nous donnant en spectacle, c’est à cause de lui si l’école entière ou presque est au courant de ce que je suis, je n’ai pas non plus oublié son geste, celui par lequel il m’a forcé à ingérer, respirer le sang de Kyle alors que je n’étais plus maitre de mes mouvements. Je n’ai pas non plus oublié qu’il m’a obligé à lui faire du mal sous peine de lui en faire dix fois plus lui-même ou de demander à mes chers petits camarades de défiler les uns après les autres dans le même but. Non, je n’ai rien oublié de tout ça tout comme je n’ai pas oublié la promesse que je lui ai faite ce jour-là. Promesse tenue. Il a croisé l’Ombre quelques jours plus tard et l’Ombre lui a déchiré la gorge. Elle l’a regardé agoniser et laisser échapper son dernier souffle sans une trace de pitié ni de regret. Une heure après, peut-être plus, peut-être moins, Taylor avait la nuque brisée et j’étais moi-même entrain de partir, me vidant de mon sang dans la Forêt Interdite tout en acceptant ce sort. C’était … comme si j’avais fait ce que je devais faire : Vengé mes parents, me libérer de son emprise et surtout protéger les miens. Tout ça, ce ne sont plus que des souvenirs et même si je n’y pense quasiment plus consciemment ou pas ils sont pourtant toujours bien là, dans un coin, partie intégrante d’une pile de pensées qui un jour ou l’autre peut être se cassera complètement la gueule. En attendant je ne bronche pas et si je m’égare un peu dans mes souvenirs je n’en oublie pas Mateo pour autant. J’écoute chacun de ses mots, attentivement. Je m’en imprègne et apprend un peu plus à cerner le personnage sans pour autant réellement le chercher. Il me fait confiance, il me livre une partie de lui-même et certainement pas la plus facile. Je me prends des claques ce soir, au sens propre comme au figuré, mais cette conversation a quelque chose de … d’épuisant oui mais pas seulement. C’est important, très important. Je comprends certaines choses, ouvre les yeux sur d’autres et j’apprends à connaitre un peu mieux cet espèce de Latin Lover que j’ai failli encastrer dans la cheminée il y a seulement quelques mois. Je sais qu’il ne se confierait pas comme ça à n’importe qui, je le sens, au même titre que je n’aurai pas parlé de moi comme je l’ai fait avec le premier qui passe. Il fait définitivement partie des personnes en qui j’ai confiance, ceux qui me permettent aujourd’hui d’avoir un semblant de stabilité, un certain cadre. Je l’écoute lui, j’ai écouté le message qu’il m’a fait passer, ça n’aurait sans doute pas été le cas avec un bon nombre d’autres personnes. Un Pirate et un Meuble de Salon, qui rêverait mieux franchement ? Moi j’appelle ça une Dream Team, rien de moins. Et c’est sans compter sur les filles, évidemment.

« Si elle me voyait aujourd'hui, elle me botterait le cul d'être aussi con. D'être aussi arrogant. Camélia était le genre de nana a être d'un calme olympien... jusqu'à ce que tu la titille un peu trop. Là, tu avais droit à une tempête Argentine. Elle a dépensé un paquet d'énergie à me gueuler dessus et à me courir après quand je la faisais chier. Mais ça la faisait marrer... on était... Pas mal proche. »

Je le regarde et je souris, je crois que dans ma tête je suis en train d’essayer de la visualiser, de les visualiser, et c’est une image très positive qui en ressort. Jusqu’ici je n’avais jamais … simplement pensé que Mateo puisse avoir une famille ce qui est totalement stupide. J’en sais rien, c’est juste jamais venu dans la conversation entre nous, c’est tout, mais je me rends compte que je n’ai aucun mal à l’imaginer avec sa sœur selon la description qu’il m’en fait. Ça lui fait du mal de penser à elle, c’est aussi évident que le nez au milieu de la figure mais … Je sais pas, se souvenir des belles choses c’est agréable non ? Certes ça nous renvoie à la sensation de manque qui s’installent inévitablement quand on perd quelqu’un mais … Enfin tout ce que je sais c’est que c’est une facette de lui qui m’était jusqu’ici totalement étrangère et ça ne changera rien à ma façon de me comporter avec lui c’est certain mais disons que j’ai le sentiment de le connaitre un peu mieux. Et ça me fait plaisir.

« Bon, on bouge ? Parce que t'as vraiment une sale gueule et ça serait dommage que Kyle fasse des cauchemars parce qu'il se réveille face à Frankenstein. »

La conversation est terminée, ça me va. On a tous les deux remués beaucoup de choses, sincèrement si ça ne tenait qu’à moi j’irai m’écrouler dans mon lit … après avoir bu un verre en guise de somnifère. Ça ne m’empêche pas de me marrer en entendant ce qu’il me balance parce que je trouve l’image vraiment drôle et tout en reposant mes pieds sur le sol et en me levant j’affiche un air très concerné.

« Moi je trouvais que ça me donnait l'air sexy du mec balafré ... »

Non ? Non, bien sûr que non, surtout que ça n’est pas vraiment quelque chose qui plait à Kyle et très honnêtement j’appréhende sa réaction. C’est vrai que j’avais un peu mis ça de côté pendant notre conversation mais maintenant que j’y repense un frisson se balade le long de ma colonne alors que j’écrase une grimace de douleur en mouvant ma grande carcasse. Et s’il n’avait plus envie de se réveiller face à Frankenstein ? Enfin, à son monstre ? Il n’aime pas la violence, je lui ai déjà donné l’occasion d’avoir peur de moi et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il m’a quitté l’année dernière. De toute façon je ne passerai pas des heures sans aller le voir, c’est impossible. Il a le droit à une discussion, c’est la moindre des choses, et dire que je ne ressens pas le besoin de le voir, de le sentir, serait bien sur mentir.

Ça n’est pas en silence que j’emboite le pas à Capitaine Maracas, le pas lent et les mains dans les poches je lui raconte le coup du hamster, non sans oublier d’évoquer les charmantes menaces que j’ai balancé d’un ton très sérieux aux petits malins qui ont manifestement des problèmes de visées.

Une fois devant l’infirmerie je me stoppe et prend une profonde inspiration, la vérité c’est que je ne tiens pas spécialement à me retrouver tout de suite face à mon frère malgré la discussion qu’on vient d’avoir Mateo et moi. Je me suis calmé, c’est peu de le dire, mais je doute que ça soit le cas de son côté. L’air ne m’apporte pas d’information olfactive le concernant si ce n’est le sang séché sur mes jointures et mes vêtements. On entre finalement, Helland est là, il ne fait pas de commentaire et de mon côté je me tiens tranquille. Si j’en crois sa réputation il ne laissera pas courir, soit, je crois que je suis de toute façon un peu trop à l’ouest pour réagir à quoi que ce soit et surtout à ça. Les minutes passent et l’épuisement se fait sentir. Il regarde chacune de mes blessures, à mon sens ça n’est rien et je me retiens de lui poser des questions concernant Derek, ou même Kyle, sans trop savoir pourquoi. Je crois que je n’ai pas envie de parler, tout simplement, je lui ai déjà suffisamment parlé comme ça ces derniers jours … La rancœur n’est pas franchement présente, elle est en sommeil, comme à peu près tout le reste. Je me laisse manipuler sans trop ciller, j’écoute ses conseils, boit la potion qu’il me donne sans rechigner. Si je n’avais pas été aussi posé, calmé, épuisé, je pense que j’aurai pris quelques goûtes de Tue-Loup comme me l’aurait surement conseillés Maxence et Takuma – Helland aussi, peut-être – mais Loup semble être parti se terrer dans sa tanière. Un instant mes yeux glissent sur cet endroit et je me surprends à avoir une pensée pour Rina. Je n’ai souvent eu affaire à elle mais elle apporte quelque chose à cette pièce, elle la rend moins austère. Je me demande si elle va bien mais ne formule pourtant pas la question. Je souris même en repensant à ce pari débile avec Mateo … La deadline c’est demain mon grand, je crois que c’est râpé !

Voilà, c’est terminé, je ne me fais pas prier pour récupérer mon sweat et me diriger vers la sortie en compagnie de Maracas qui est resté avec moi, chose que j’apprécie.

« Merci. Bonne soirée. »

Le ton est poli, on en restera là.

Les premiers pas jusqu’au couloir se font en silence, je suis le premier à le briser, sourire en coin.

« Tu verras, dans quelques jours je serais de nouveau beaucoup plus beau que toi et là c’est toi qui tombera amoureux. Du coup faudra qu’on élargisse le pieu, on va être serrés là-dedans. »

Kyle, lui, Riley ! Ne l’oublions pas. Et même William tant qu’a faire. Kezabel, Maxime, Macy, parce que certains ne semblent pas pouvoir se séparer là-dedans. J’inviterai Caem, bien sur.

« J’vais descendre voir Jules. »

Le ton est plus tranquille, je me sens littéralement vidé et je pourrais presque sentir les cernes se creuser sous mes yeux. Ça n’est pas l’heure de dormir, non, c’est l’heure de retrouver mon homme pour tâter son état d’esprit et probablement discuter un peu même si je me vois déjà à l’horizontal, en compagnie de Morphée, mais la fraicheur de la peau de Kyle contre la chaleur de la mienne. L’appréhension n’a pas disparu, elle ne disparaitra que lorsque je l’aurai sous les yeux.

« Bonne soirée Capitaine, et ne siffle pas tout le Rhum sinon je serais obligé de te vendre une fois de plus aux enchères pour que tu paies tes dettes. Ça ou le supplice de la planche. »

Aux requins l’Argentin !

On se serre la patte, pardon, la main après avoir fait un bout de chemin ensemble et même s’il n’a pas dit un mot sur le sujet je devine a peu près où est ce qu’il va. Ça me fait sourire, je ne fais pour autant pas de commentaire. Qu’il ne s’en fasse pas, je ne manquerai pas de le charrier un autre jour mais … si je ne me plante pas, je le comprends tellement. Et je suis content pour lui. Un dernier signe de tête qui veut en dire long, une sorte de dernier merci informulé et nos chemins se séparent.

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MessageSujet: Re: By every sigh and scream we make ▬ Mateo   Mar 29 Sep 2015 - 18:57

Parler de Camélia comme ça me donne un coup au bide et je n’arrive pas à me défaire de ce sentiment à la fois amer et agréable. Evoquer son souvenir me fait autant de bien que de mal. Pourtant, il faudra qu’un jour je fasse le pas d’en parler régulièrement et non de jouer le silence, de faire comme si elle n’avait jamais existé. Même si j’ai mes raisons de ne pas le faire… Et celles-ci sont actuellement en train de me bouffer les entrailles, de me donner l’envie de me cloitrer dans une pièce et de réclamer son retour, comme un gamin de 10 ans. Elles me donnent l’envie de ne pas accepter la réalité et l’évidence, celle de ne plus jamais la revoir, la sentir, la toucher ou l’entendre. Je me souviens qu’en début d’année je me suis retrouvé bloquer dans une salle où elle est apparue. Une illusion. Juste une foutue illusion. Je n’y suis plus retourné. Je ne veux pas confronter la réalité, ne pas la confondre avec l’illusoire.
Malgré tout ça, en discuter avec Enzo m’a fait un peu de bien. La faire exister auprès d’un autre également. Mais je sais aussi que je ne suis pas prêt de le faire régulièrement. Pas maintenant.
 
— Moi je trouvais que ça me donnait l'air sexy du mec balafré ...
 
Retour au présent. Retour à Enzo à qui je souris.
 
— J’veux bien croire que tu sois un Pirate, mais ne poussons pas le vice trop loin !
 
L’atmosphère s’est considérablement détendue et je le sens moins paumé et peut-être moins frustré aussi. Je n’sais pas trop. J’ai fait comme j’ai pu pour l’aider et j’espère qu’il trouvera rapidement la solution à leur problème parce que malheureusement, tout ça les touches tous les deux frontalement. Enzo finit par se lever et je lui tapote gentiment l’épaule en lui disant qu’il ressemble à un vieux croulant à se lever comme ça et avec cette gueule tout rabougri. Le chemin vers l’infirmerie ne se fait pas sans paroles, bien au contraire. Nous échangeons encore, sur tout et n’importe quoi. Je n’évoque plus Camélia, Enzo me parle de temps à autre de son frère, mais surtout une histoire d’un Hamster qui m’a causé un fou rire. Kyle en rongeur ? La question : « Est-ce qu’il avait encore ses dents quand … tu vois…. » m’a frôlé les lèvres mais je me suis abstenue. Une connerie à la fois !
 
Nous arrivons à l’infirmerie où Helland nous accueil toujours avec ce regard qui vous fige sur place, vous tétanise et vous mets mal à l’aise. Ca ne dure qu’une seconde avant qu’il ne se détende. Ce type est étrangement silencieux. Sauf quand il est avec des patients mais jamais il ne va poser les questions qui fâchent. La mesure. Ouais voilà, ce type est mesuré. C’est flippant. Ca se trouve c’est un vieux Serial Killer et on l’sait même pas… sans déconner, il exprime autant d’expression que j’obtiens des « O » dans mon bulletin scolaire.
Je le regarde faire, copiant son silence, gardant un œil sur mon pote qui se fait rafistoler à coup de pommade et de je ne sais quelles autres remèdes sorciers avant de le libérer.
 
— Merci. Bonne soirée.
 
J’acquiesce en guise de salut juste derrière Enzo et sort avec lui de l’infirmerie.
 
— Putain c’est quand même vachement plus chaleureux quand Katherine est là.
 
Chaleureux ? Tu m’étonnes. Eh, elle est quand même sacrément canon hein. C’est même un euphémisme.
Nous nous engageons dans le couloir en silence, mains dans les poches. Mon chapelet est de nouveau sous mon vêtement, mes pensées se dirigent vers Maxime. Sans trop de raisons apparentes… juste qu’il faut que je veille sur elle.
 
— Tu verras, dans quelques jours je serais de nouveau beaucoup plus beau que toi et là c’est toi qui tombera amoureux. Du coup faudra qu’on élargisse le pieu, on va être serrés là-dedans.
— Ah ouais non… j’suis pas très généreux question pieu. On va avoir un problème !
 
Nouveau ricanement. Beaucoup plus léger. Ca fait du bien, je n’peux pas le nier. Je scrute un instant le visage d’Enzo qui a l’air complètement épuisé. Les émotions, ça usent. Parfois plus que les coups.
 
— Bonne soirée Capitaine, et ne siffle pas tout le Rhum sinon je serais obligé de te vendre une fois de plus aux enchères pour que tu paies tes dettes. Ça ou le supplice de la planche.
— Vu la manière dont les choses ont tournées la dernière fois… je ne serais pas contre me vendre une dernière fois.
 
Eh… j’ai quand même eu le droit à un déshabiller de Riley, c’est pas rien. Cette pensée me mène ailleurs, vers quelque chose qui s’est manifesté tout à l’heure et qui reste présent depuis. Grossissant un peu plus à chaque seconde.
Je serre la main d’Enzo après quelques pas et le regarde partir avant de moi-même poursuivre mon chemin. Je n’irai pas dans ma tour, je n’irai pas dehors fumer une clope comme j’aurai pu le faire. Non. Pas maintenant. J’ai besoin de deux choses. Le manque et la fraternité ont été deux choses qui se sont trouvés être présente tout à l’heure et quand bien même ma discussion avec Enzo m’ait fait du bien, deux choses n’ont pas disparu : Le besoin et la peur.
 
Je franchis la porte des Serpentard, mains dans les poches et, hasard ou non, Macy est avachie sur un fauteuil, livre en main. Je m’approche doucement d’elle mais elle m’a déjà entendu. Elle est à l’affut de tout tant son cerveau est en continue, hyperactif.
 
— C’est Maxime que tu cherches ?
 
Et en plus de ça, elle est futée… bon c’est pas comme si je parlais à 150 filles de Serpentard. Elle avait une chance sur deux de viser juste.
 
— Elle dort. Enfin, elle se repose, elle avait mal à la tête.
— Ca s’est bien passé avec Helland ?
 
Elle hausse les épaules.
 
— Je crois, elle n’a pas trop parlé.
 
Je m’inquiète. C’est une évidence qui me saute à la gueule. L’inquiétude. Son état me préoccupe et pourtant j’suis vraiment pas le genre de gars à me faire du mouron pour rien. Depuis que je suis revenue de l’infirmerie, depuis que nous avons eu cette discussion, tout me parait plus fragile, plus… craignos. J’ai pas envie qu’elle fasse une connerie et si je la surprends entrain d’en faire une, je… Je quoi ? J’la laisserais pas faire ça. Elle le fera pas. Mais je ne la lâcherais pas, parce que je tiens à cette abrutie.
 
— Tu m’dis si jamais ?
— T’inquiète.
 
Justement, je m'inquiète.
J’acquiesce, fais deux pas vers les dortoirs… et rebrousse chemin, en jurant dans ma barbe.
 
— Est-ce tu peux aller chercher Riley ? j’peux pas aller dans ces foutus dortoirs.
— Heureusement que tu peux pas ! J’ai pas envie d’entendre tes cris de bestiaux toute la nuit !
— Dommage, je t’aurai bien demandé d’être de la partie…
 
Elle est déjà debout et me pousse avec un air de dégoût.
 
— Ah putain ! T’es vraiment dégueu Vargas !
— Genre !
 
Je ricane avec amusement alors qu’elle quitte la pièce avec un « Tseuh ! Abruti ! » pour monter jusqu’à son dortoir où elle va sûrement y rester. Sauf si c’est pour me dire que Riley n’est pas là. Je m’adosse au canapé, mains dans les poches toujours, un peu nerveux. Parce qu’aussitôt la conversation terminée, le flot d’émotions est revenu à la charge. Je sais pas où tout cela me mène mais je me laisse portée. Je ne lutte pas. Je ne lutte plus. J’ai juste besoin de la voir, qu’elle soit là. Et c’est la première fois que ce besoin se fait quasi-violent, là, au creux de mes tripes.
La vérité est que je flippe et que j’veux pas me l’avouer. Je flippe de mes propres idées, de mes propres pensées qui prennent la tangente vers Camélia.
Je flippe de me retrouver seul.
 
Des pas dans l’escalier, je déglutis et lève les yeux. Riley descend tranquillement, armée de son habituel sourire. Le cœur s’allège en douceur et ça aussi, je n’veux pas me l’avouer. Ça fait combien de temps ? Une quinzaine de jours ? J’devrais même pas me poser la question parce qu’au fond, qu’est-ce que ça peut foutre ? Je tiens à elle, c’est une évidence. Maxime me l’a assez rappelée. Et c’est bien pour ça que je me redresse, un demi-sourire aux lèvres à sa vue avant de me diriger vers Riley.
 
— Hey.
 
Je n’attends pas qu’elle parle, je n’attends pas qu’elle me pose la moindre question. Deux pas me suffisent pour venir glisser ma main sur sa nuque, l’autre sur sa hanche et de déposer mes lèvres sur les siennes.
L’explosion au creux du ventre me fait foutrement du bien. J'ai besoin de ce contacte. La chaleur, la douceur, le goût sucré et frais de ses lèvres, mon étreinte qui s'accentue légèrement alors que mon baiser se fait plus appuyer, plus profond, plus... émotif peut-être. J'en sais rien, je ne veux pas comprendre. Juste laisser aller, laisser venir. Et son corps contre le mien m'apporte l'apaisement dont j'avais besoin. Ses mains sur ma peau, mon cou, ma joue, son souffle, sa présence. Un tout que je réclame. Comme je ne l'avais jamais désiré auparavant. Depuis combien de temps dure ce jeu ? Un mois ? Deux ? Trois ? Facile. Depuis combien de temps n'ais-je pas céder à ce besoin que je comblais auparavant par des aventures d'un soir ou des nuits au commissariat ? Quatre années.
Camélia me manque plus que jamais.

Reprendre son souffle.
Je m'écarte en douceur, plonge mon regard dans le sien, la respiration légèrement accentuée.

— J'peux rester ?

Sourire en coin. Regard taquin.
Juste un peu de ton temps, de ta présence.

— FIN —
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By every sigh and scream we make ▬ Mateo
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