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 No one needs to know - Maxime.

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MessageSujet: No one needs to know - Maxime.    Dim 9 Aoû 2015 - 18:59

►No one needs to know◄
Maxime & Mateo


Mercredi 4 Février – Fin de soirée, pendant le repas

Il est devant moi, m'offrant un sourire, les mains plongées dans les poches. C'est bien la dernière personne que j'ai envie de voir aujourd'hui et si j'avais su, j'aurai demandé à l'infirmier de ne laisser aucun des trois me rendre visites. JE suis redressé sur mon lit, Riley est partie il y a un petit moment maintenant et comme je l'avais prévu, je suis passé de l'état d'apaisement à l'état de nerfs. Parce que les médocs commencent doucement à s'estomper et je n'ai plus le cerveau plongé dans cette mélasse qui le ralentissait à mon réveil. Les souvenirs sont tous revenus, de plus en plus vites et de plus en plus détaillés. Et j'comprends toujours pas ce qu'il lui ait passé par le crâne pour venir me refaire le portrait. Je me souviens de ce colis bizarre qui l'a visiblement foutu dans une rage folle et vu qu'elle n'avait pas l'air bien, j'suis partie m'assurer que c'était rien de grave. Belle connerie. Voilà ce que ça m'a valu. Putain, j'te déteste Jefferson. Pour m'avoir prit pour ton puching-ball. Pour m'avoir humilié. Pour toute cette merde.

Et j'ai même pas le droit de fumée. Mais comme ça suffisait pas, il faut que Jackson vienne ici avec sa gueule enfarinée. Tu veux quoi? Me présenter tes excuses ? Super, joie, grandiose. Casse-toi maintenant.

- J'dois te parler d'un truc important. Pour.. que tu comprennes un peu mieux tout ça.

Et tu crois pas que t'arrives un peu trop tard, du con ? Je ne lâche pas une seule fois son regard, préférant me faire rouler dessus plutôt que de le baisser face à lui. Si j'suis si en colère c'est pas parce que je le considère fautif de tout ça, mais parce que ses explications, il aurait très bien pu me les donner avant. Ouais, Lundi matin par exemple, quand il m'a vu partir la rejoindre. Ou même pendant qu'elle était à l'infirmerie il y a quelques temps quand elle a démontée la gueule à ce Serdaigle qui l'a insulté de Sang-de-Bourbe. Là tu vois Jackson, t'aurais pu tout m'expliquer. Toi ou Macy, vous auriez pu le faire. Mais non.
Je fulmine, j'le sens et si j'suis pas déjà entrain de lui en retourner une c'est simplement parce que mon corps est un vrai réceptacle de douleur. Des muscles aux os qui terminent de se ressouder au niveau des côtes. Je laisse William s'asseoir à côté de moi et à peine installé, il lâche tout. Absolument tout. Et mon regard reste ancré dans le sien.

Crises de TEI. Ses explications sur cette maladie. Les cas où elle a déjà dû faire face à tout ça, ce que ça engendre derrière. Des émotions diverses : Colère aveugle, haine profonde, besoin de cogner et le plaisir que la personne y prend. Puis la retombée, la prise de conscience, les remords et la culpabilité et pour finir, le dégoût de soi-même. Il me dit que certains ne supportent pas ce flot d'émotions incontrôlés et se foutent en l'air par la suite. Je ne trahis aucune émotion. Aucune. Il passe ensuite à cette fameuse boite en carton. Le collier, la laisse, la muselière...
Au début j'ai cru à une blague, une putain d'excuse qu'il lui trouve parce que c'est sa meilleure pote de toujours. Mais il ne ment pas. J'le vois dans son regard plein de franchise. Mon premier réflexe est de sentir une colère sourde exploser chez moi à l'idée qu'un sale connard ait pu lui envoyer ces objets de soumissions. Parce que le message est clair : t'es qu'un vulgaire clébard bon à être amadoué et domestiqué. William ne sait pas de qui ça vient, si c'est un petit malin qui a voulu se venger, comme Roberts, celui qu'elle a démontée il y a quelque temps. Ou pourquoi pas Marcus mais ce timbré n'est plus là. Ce qui pourrait être plus plausible finalement... Il n'en sait pas plus, continue ses explications et ma colère ne cesse de croître, jusqu'à ce que je me rappel qu'elle m'a démolit. Et ma haine se dirige de nouveau vers elle. Puis sur cette boite. Et ainsi de suite.

Il termine son récit mais je n'articule toujours pas une seule parole. Il attend quelque chose, je le vois bien mais à part le fixer je ne suis capable de rien d'autre sous peine de déverser un flot de paroles aux termes monstrueux qui ferait retourner Satan dans son propre enfer. Alors il pousse un soupire et se lève, s'excuse et j'ai envie de lui dire qu'il peut aller se faire foutre. Bien profond. Et je le fais sous la forme d'un majeur levé lorsqu'il se retourne vers moi.

Tu ne pouvais pas me laisser moisir dans ma colère contre Jefferson ? Non, il a fallut que tu me présentes des explications qui me retournent désormais le cerveau. Tu fais chier Jackson.

Samedi 7 Février – Milieu d'après midi.

Depuis mercredi les visites ont défilés. Riley dont j'apprivoise peu à peu sa présence, Kezabel qui est venu m'apporter les cours... Parce que « c'est pas parce que t'as le visage de travers que ça te rends moins apte à réviser », mon Capitaine avec qui on s'est promis une soirée entre Pirates pour rattraper tout ça et même … Macy. Avec sa gueule de trop mignonne, à me filer une pommade qu'elle a faite elle même pour les ecchymoses qu'il me reste.

- J'en faisais souvent à cause des grosses brutes de la famille. Toi aussi t'en fais partie, alors y a pas de raison que je ne t'en fasse pas.

Jackson m'éveille les bons sentiments. Et Davis la culpabilité. Non, vraiment, vous m'emmerdez. Fallait me prévenir que ce cassage de gueule en règle était une initiation les gars.
Et le clou du spectacle, hier soir... Daniela. Daniela et ses éclats de voix. Daniela et ses larmes. Daniela et ses mains sur mon visage. Daniela et sa fureur lorsque je l'ai lamentablement renvoyer chier, lui demandant d'aller revoir ses cours d'art-dramatique dans sa campagne profonde espagnole et d'aller se faire engrosser par je n'sais quel mec de l'école qu'elle ne s'est pas encore tapée.
Je l'ai dis, que j'étais pas d'humeur.

Et il y a aussi Maxime. Elle est venue en pleine nuit, pendant que je dormais et si j'ai pu savoir qu'elle était là c'est simplement parce que je me suis réveillé juste au moment où elle partait. Je l'ai vu de dos, quitter mon lit. Et j'ai eu envie de lui sauter à la gorge pour la démolir comme elle l'avait fait avec moi.

6 jours, dont 4 que je suis réveillé à l'infirmerie. Et 4 jours, c'est énorme pour réfléchir. A tout ce que m'a dit Jackson. La vérité maintenant, c'est que je ne suis plus en colère contre Maxime. Enfin si. Non, disons que c'est particulier, que je ne sais pas trop où je dois placer cette rage qui sommeil chez moi. J'ai saisi l'importance de ses crises mais aussi à quel point elle ne les contrôlait pas. J'ai demandé à Kezabel un bouquin sur ça, prétextant qu'un de mes cousins y était sujet et elle n'a pas demandé plus d'explications et me la ramené. J'avais besoin de lire la vérité sur tout ça et maintenant, les choses sont plus clairs. Mais je n'arrive pas à me défaire de cette amertume qui me colle à la peau. Je considère Jefferson comme une sœur et personne n'en a peut-être conscience mais ce genre de truc chez moi, c'est rare. J'ai mit pas mal d'énergie à éviter les autres, les relations, les amitiés, les attachements et ce, depuis que Camélia est morte. Mais il y a visiblement des personnes qui s'imposent à toi de manière naturelle et Maxime en fait partie. Comme Riley. De manière complètement différente, mais j'peux plus lutter contre ça. C'est ce qui rend la déception et l'amertume plus violente et acide. Je crois que c'est pour ça que j'ai du mal à digérer tout cette histoire. Parce que ça vient d'Elle et pas d'une autre.

Je suis devant le miroir de la salle de bain, celle de l'infirmerie, sortant de la douche et enroulé uniquement d'une serviette au niveau de la taille. Mes tatouages parcheminent ma peau où toute une histoire y est contée, une histoire de souvenirs. Et s'y mêlent des ecchymoses jaunies, violets, parfois noirs. Sur les côtes, le ventre, l'épaule et bien sûr, le visage. Il a retourné une forme complètement normal. Plus rien n'est gonflé, ni fracturé. Seules mes côtes mettent un peu de temps à se remettre correctement mais je n'ai pas à me plaindre, même si cela me provoque des petites douleurs  de temps en à autre.
Je me passe une main dans mes cheveux humide, me lave les dents et enfile un tee-shirt, un pull et un jean. Je sors de la pièce et retourne à mon lit où l'infirmier m'attends. Je connais pas son nom et tous les jours j'ai cherché Katherine du regard, sans la trouvé. Je sais justement qu'elle est partie parce que ça n'allait pas fort et de ne pas la voir revenir est quand même inquiétant. Je ne la connais pas beaucoup mais ça ne m'a pas empêché de l'avoir invité à danser à Noël. Peut-être parce que comme moi, elle est de ces pays chauds où la langue Espagnol chante les mots. Et le partage a été incroyablement délicieux, malgré tout. Échanger dans une langue qui nous était commune, nous renouait à nos origines et je dois dire que ça ne fait jamais de mal. Puis j'ai décidé d'apprendre l’écossais. Et c'est franchement pas mal non plus.

- Je vais te faire une dernière auscultation mais normalement, tu vas pouvoir sortir juste après.

J’acquiesce seulement et le laisse faire. Palper, toucher, examiner. Tout à l'air en ordre et il me le fait savoir en m'indiquant que si d'ici 3-4 jours mes côtes me faisaient toujours mal, je devais retourner le voir. Compte là dessus, garçon. Je sors d'ici et bordel,  plus jamais j'veux y refoutre les pieds. Et d'ailleurs, la première chose que je compte faire c'est d'aller dehors fumer une clope, à l'air frais. Lorsque je pose un pieds hors de l'infirmerie, j'ai l'impression d'avoir un poids en moins sur les épaules même si le peuple ambiant ne m'avait pas manqué.

Premier objectif : Ma piaule. Que je retrouve rapidement, en ordre et toujours mon lit à sa place.Mais je reste méfiant, Enzo pourrait me faire croire qu'il est venu faire des trucs pas clairs dedans et je serais capable de le croire. Je file vers mon armoire, saluant quelques camarades de classes au passage, prends une veste, mon paquet de clope dans mon tiroir et le zippo de mon père. C'est dingue comme ces simples objets me font me sentir plus complet.
Deuxième objectif : Le parc. L'air frais. De l'oxygène, du vrai. J'avais l'impression de tourner barge là haut. Comme enfermé. Ce qui était le cas, tout compte fait.

Je dévale les escaliers, veste sur le dos, tirant une légère grimace de temps à autre lorsque j'appuie un peu trop sur les efforts. Un éclat de voix m'interpelle alors que je passe devant un couloir. Une voix que je connais très bien, aux intonations graves. Une voix qui m'a hurlée des choses que j'suis pas prêt d'oublier. Je recule de quelques pas, puis tourne ma tête vers la droite. Ils sont là, tous les trois. Maxime de dos, Macy face à elle qui s'agite en souriant et William juste à côté d'elle entrain de mater le cul de Parker qui passe pas loin de lui. Tout ce tableau, ne m'interesse pas. Non, ce qui focalise mon attention là, maintenant, c'est Maxime. Parce que la solution à cette colère sourde vient tout simplement d’apparaître chez moi, une solution pour mettre fin à cette dualité et à cette amertume dont je n'arrive pas à me débarrasser.

Alors j'avance, d'un pas lent, puis décidé. Macy est la première à me voir et à froncer les sourcils. Maxime comprend visiblement rapidement que quelque chose l'interpelle puisqu'elle se retourne et me voit. Croiser son regard rend l'évidence plus … évidente. Et j'en ressens un début de soulagement. Elle percute très vite ce qu'il va se passer et c'est bien pour ça qu'elle tend son bras vers Macy pour la repousser sur le côté lorsque cette dernière est venue s'interposer entre elle et moi. William la récupère et la tire vers l'arrière. Je n'avais pas revu le visage de Jefferson depuis presque une semaine. Si elle m'a manquée ? Je vous dirais ça dans une dizaine de secondes.

Je ne suis plus qu'à quelques mètres d'elle et il ne me faut que trois enjambées pour arriver à sa hauteur. Les bruits s'étouffent et je n'entends pas le couinement de Macy au loin, tous mes sens concentrés vers une seule et même personne. Mes deux mains saisissent le col de son sweat bien trop grand pour elle et je la plaque au mur, à ma gauche. Je m'élance, absolument sans aucune retenue, lâchant la rage qu'elle m'a provoquée et laissée stagner chez moi depuis 6 jours. Mon poing percute violemment sa pommette et elle s'affaisse légèrement, se rattrapant en s'adossant au mur, toujours sur ses deux pieds. La première vague de soulagement s'abat chez moi et c'est avec un sourire en coin que je frappe une deuxième fois au même endroit, avec la même violence et la même vigueur, déversant le dernier flot de rage que je contenais. A la seconde où mes phalanges percutent sa peau, tout se vide, tout se libère, tout disparaît.

Puis vient le soulagement le plus totale. Plus de rancune, plus d'amertume. Ou peut-être une pointe quelque part mais qui n'obstrue plus mes ressentis vis à vis de Maxime. Qui ne me trouble plus la vue, qui ne me donne plus des envies d'éclats de rage incontrôlée. J'ai l'impression d'enfin me retrouver et de quitter cette coquille qui me privait de tous mouvements depuis Lundi. Comme une sorte de renaissance. Pourquoi j'avais besoin de ça ? Pour une remise à zéro des compteurs. Mon message est clair : Maintenant on est quitte. Je ne lui en veux pas, je ne lui en veux plus. Toutes les informations sont correctement assimilées.
Souffle court, je recule de trois pas et je me rends compte qu'un silence de mort nous entoure. Seule ma respiration le perturbe, couplés aux grognements de Maxime qui se redresse, sonnée mais bien consciente. Son regard croise de nouveau le mien, j'hausse un sourcil et la désigne d'un geste de la tête.

- Tu viens fumer ?

Je lui balance mon paquet de clope, qu'elle rattrape de justesse alors que je ne me défais pas de mon sourire en coin,qui n'a rien de narquois. Non, c'est un peu comme une manifestation joyeuse des retrouvailles.

Maintenant, je peux vous le dire : Elle m'avait manquée.
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Dim 9 Aoû 2015 - 22:55

MATEO & MAXIME
« NO ONE NEEDS TO KNOW »

but you already tasted my hate, I cannot forgive myself

7 février au matin

« Salut.
— Oh salut. »

Elle relève la tête et me sourit. Elle, c’est Kezabel. Je sais pas pourquoi je suis là mais je le suis, adossée par l’épaule au mur adjacent à son lit. Une envie, j’en sais rien. Je suis passée voir Matéo la nuit du 5, et depuis, ça ne va toujours pas. Je n’arrive pas à m’enlever son image de ma tête, son visage tuméfié m’a fait faire un cauchemar et ce matin je me suis levée à une heure déraisonnable, bien trop tôt pour mes habitudes. J’ai du mal à récupérer de ma pleine lune, assez éprouvante ce mois-ci. J’ai pas mangé, je suis complètement hors service. J’allais pour sortir fumer une clope quand, en passant dans le hall et devant la porte des Poufsouffles, j’ai dévié ma route, spontanément et sans réfléchir. Peut-être que j’ai envie de me reposer un léger instant.

« Ça va ? »

J’occulte sa question presque machinalement, mon regard se pose sur sa table de chevet dont je fais le tour. Presque automatiquement je sors une cigarette de mon paquet, qui est vide désormais et que j’écrase dans ma main, avant de le jeter de manière lasse dans une poubelle au hasard. Je m’en fous. D’un geste de mon zippo, j’allume la cigarette que j’ai foutu entre mes lèvres puis attrape un bouquin entre mes doigts et lit rapidement le résumé. Je le lève et lui montre la couverture. Elle sourit toujours, imperturbable.

« Oui bien sur, fais comme chez toi. »

J’acquiesce d’un geste tranquille, défais le zip de mon sweat et m’installe sur son lit, adossée contre sa tête de lit, je remonte mes pieds, ouvre le bouquin, et commence à lire, comme si ça allait enlever toutes mes pensées de mon crâne, qui virevoltent et m’attaquent sans arrêt et sans préavis. Il n’y a pas un bruit, c’est reposant, pour la simple et bonne raison que je ne peux plus supporter les sons forts, et le brouhaha, celui de mes pensées déjà suffisamment désagréable. Je commence à lire tranquillement, posée face à elle de l’autre côté du lit, et bizarrement, je perçois ma tension s’apaiser et la colère que je rumine s’éloigner pour un instant.
Je reste là un moment, sans réellement parler. On n’échange pas beaucoup mais en ce qui me concerne ça me suffit amplement. Je n’ai pas besoin de plus, au contraire, c’est assez reposant. Je lis un premier chapitre, puis un deuxième, encore un autre je crois, et à un moment donné je me rends compte que je me suis endormie, les muscles plus détendus qu’à l’arrivée. Lorsque j’ouvre les yeux de nouveau, surement assoupie depuis quelques minutes, Kezabel range son matos de dessin qu’elle avait quand je suis arrivée. Je prends ça pour un coup de sifflet alors je me redresse, les yeux plissés, dépose le livre sur sa table de chevet et me retourne vers elle.

« Merci. A plus tard peut-être. »

Sur ce je fais demi-tour et retourne à ma salle commune pour allez dormir un peu. Arrivée dans mon dortoir, je m’écrase sur mon lit, et sombre presque automatiquement dans l’inconscience, l’esprit calmé.

Ø

7 février, milieu d'après-midi

« T’as encore la migraine ?
— Ça va mieux, Macy, c’est bon. »

Elle est venue me réveiller au milieu de l’après-midi pour que, selon ses dires : je puisse dormir ce soir. Et aussi pour me dire que Matéo était sorti de l’infirmerie. Je ne sais pas comment elle l’a su, je ne veux pas le savoir, mais le fait est que dès l’instant ou elle m’a annoncé sa sortie, mon esprit s’est remis à travailler, ma culpabilité à repris son boulot de plus belle et je me sens complètement abattue. Comment va-t-il réagir ? Que devrais-je lui dire ? Mon geste est impardonnable et je ne lui en voudrais pas de s’éloigner de moi. Si je le perds, je perds un pilier. On traine tout le temps ensemble, je lui fais confiance et il me faisait confiance, j’imagine jusqu’à ce que je lui refasse le portrait. La colère me monte aux joues, je n’ai pas écouté la conversation de Macy et William, perdue dans mes pensées, en revanche je remonte la capuce sur mon crâne d’un geste énervé et jure entre mes dents d’une voix rocailleuse.

« ‘fais chier. »

Mon cœur bat a une vitesse considérable. Je me sens complètement hors du temps, entre chagrin, angoisse latente, nervosité et culpabilité, encore et toujours. Je souffle un coup, les jumeaux s’interrompent, je me mets un peu en retrait, mais c’est pas le moment de me parler et je crois qu’ils l’ont compris alors ils reprennent le fil de leur discussion. Mains dans les poches du sweat de Dean, capuche sur la tête, épaules affaissées, je trainasse un peu.

« Euh, William… ? »

Le ton de Macy est intriguant et alors je relève la tête vers elle alors que nous nous sommes arrêtés, ses sourcils sont froncés, son regard semble en alerte. Je ne comprends pas tout de suite ce qui lui arrive mais quand je vois que William tourne également la tête dans la même direction, je suis leur trajectoire.
Mon sang ne fait qu’un tour, mon cœur s’arrête de battre. Je crois le regard de Matéo qui s’approche d’un pas décidé, fonceur. Je comprends alors ce qui va se passer. Et merde, putain. Je ferme les yeux une demi-seconde en me retournant vers lui. Le temps que je prends à inspirer profondément suffit à Macy pour se caler sur son chemin, entre lui et moi. Je ne pourrais éviter ce passage, il a l’air si… déterminé. Je ne me permettrais pas de lui mettre des bâtons dans les roues alors, je sors mes mains de mes poches, et pose la gauche sur l’épaule de Macy qui a les bras tendus dans un geste défensif. Comme si ça allait changer quelque chose. Je la pousse sans vraiment faire attention son visage, la décale de la trajectoire de Matéo puis me redresse, prête à recevoir les coups. Parce que je sais que ça va tomber à un moment ou un autre.

Et ça arrive plus vite que prévu.
Il attrape le col de mon sweat et me plaque au mur sans aucune retenue. Je retiens un grondement mais grimace, une douleur se faufile le long de ma colonne vertébrale et mon crâne a cogné contre la surface en pierre. Je soutiens son regard sans aucune once de défi. Je prends sur moi, serre les dents, mais ne romprait pas ce contact visuel, c’est hors de question. Le premier coup arrive avec une violence brûlante. Un grognement s’échappe de mes lèvres alors qu’une douleur vive atteint mon visage. J’ai l’impression de sentir ma pommette se fracturer sous l’impact et pourtant je sais que ça n’est pas le cas. Ma peau a craqué et je suis sure qu’une légère entaille va s’imposer sur mon visage.

Mais je ne dis rien. Même si à cet instant précis les deux parts de moi-même qui se battent habituellement sont en accord pour dire que la fierté est son plus grand atout. Je me laisse faire, ça me demande une maitrise incroyable, je serre les poings alors que je me rattrape au mur. Je ne tomberais pas, ne lâcherait pas son regard, mais je ne lui lèverais pas la main dessus. Je mérite ses poings alors que lui n’en méritait pas un seul. Ça lui fait du bien, son sourire s’étire, ma colère se profile à l’horizon, mais rien. Absolument rien. Mon corps est mou malgré mes poings serrés à m’en blanchir les phalanges.

Je le vois s’étirer à nouveau le bras, prendre son élan, et à nouveau une douleur fulgurante traverse mon visage. Cette fois j’ai parfaitement senti ma peau craquer sous l’impact et, alors qu’il me lâche d’une main, je me sens partir un instant. Je crois que c’est ma main râpant sur la pierre qui m’empêcher de filer dans les vapes. Il y a mit toute sa force.

Un grognement s’échappe de mes lèvres, c’est plus fort que moi, la douleur me fait geindre à cet instant. Je me redresse dans l’attente d’un nouveau coup, le cœur battant à toute allure dans ma poitrine, mais rien ne vient. J’ouvre un œil, puis l’autre, les sourcils froncés, ma main gauche posée sur ma pommette tâchée de rouge, et croise son regard. Il s’est éloigné de trois pas. Mon souffle est court, je tousse, l’arrière du crâne endolori, et la pommette brûlante.

« Tu viens fumer ?
— Hm… »

Je cligne des yeux plus ou moins fort, comme pour reprendre possession de mes capacités visuelles dans leur entièreté. Il me balance son paquet de clope que je rattrape en manquant de me casser la gueule sur les pavés, de ma main encore libre. Il sourit. Ce con sourit. Ma colère n’en est que plus présente, mais je ne ferais rien. Je ne sais pas trop comment interpréter son geste, si ce n’est comme une manière de me dire « on est quittes ». Est-ce que c’est ça ? Est-ce qu’il va me dire qu’il ne veut plus m’adresser la parole ? Quelque chose me dit que nous et pourtant je n’arrive pas à y croire. Une boule se coince dans ma gorge alors que je me redresse, lui qui marche en avant et Macy qui s’approche de moi d’un pas. Je la stoppe, la main libre avec le paquet de clope dans un geste d’arrêt.

« C’est bon, ça va s’remettre, t’inquiètes. »

Elle se recule et se cale contre le torse de son bro, visiblement inquiète. J’adresse un regard à William. Il comprend que je viendrais surement le voir plus tard pour calmer ça quand même. Il acquiesce et je file, plusieurs mètres derrière Matéo, et le suit dans les couloirs.

On finit par sortir. J’arrive après lui. Il a déjà sa cigarette et se l’est allumée sur les marches. Quand à moi, j’ai essuyé le sang sur mon visage avec un bout de mouchoir et maintenant je sors une clope de son paquet que je lui tends en retour.
D’un geste las je me laisse m’adosser sans retenue contre ce même putain de liserai de pierre contre lequel se trouvait William, une autre nuit, quelques semaines plus tôt. Je cherche mon zippo dans ma poche, allume ma clope, replace ma capuche sur mon crâne et croise mes bras après avoir tiré une longue latte sur ma clope.

Je reste là un moment je crois, à regarder ailleurs, fumant doucement ma clope, toujours cette putain de boule coincée dans la gorge. Ma pommette me fait mal, mais je ne dis rien, me contentant de souffrir en silence, comme je l’ai mérité. Je croyais que ce type ne ferait jamais plus que faire un tour dans mon pieu, fût un temps. Aujourd’hui me voilà au bout du rouleau après l’avoir salement amoché. Je déglutis. Je me rends compte que j’ai froid, moi qui suis un putain de radiateur. Je finis par croiser mes jambes, baisser ma tête vers le sol et fermer les yeux un moment, soufflant un long nuage de fumée, deux doigts placés sur l’arrête de mon nez.

Tout ce que je pourrais dire reste coincé dans ma gorge. Je me sens incapable d’émettre un seul son. Je ne sais pas quoi lui dire, je ne sais pas quoi me dire. Je n’arrive pas à articuler un seul mot. Une fatigue s’abat sur mes épaules. Je me passe une main tatouée sur le visage et me redresse un peu, les bras pendus et l’une de mes mains coincée entre mes cuisses serrées. Je pousse à nouveau un soupir, mon regard passe de l’horizon sur lequel je déportais mes pensées, à celui de Matéo qui s’est tourné vers moi.

Lèvres pincées, cœur lourd, mon regard reste sans ciller dans le sien.

Désolée.
Mais là j’y arrive pas.
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Lun 24 Aoû 2015 - 22:57

Elle se redresse et je l'attends, patiemment alors qu'une cigarette est déjà glissée entre mes lèvres. La frustration s'est évaporée en même temps que la colère et lorsque je regarde Maxime désormais, j'ai plus envie de lui refaire le portrait sur les pavés, mais plutôt de la retrouver. Je pense que l'intervention de William y est pour beaucoup, puisque le fait de comprendre m'a pas mal aidé à me raisonner et à revenir à la réalité, atténuant ce feu brûlant. Je lui en ai voulu et je ne le regrette pas puisque c'est à mon sens une réaction humaine et normale. Mais maintenant, c'est plus le cas. J'ai juste envie qu'on retrouve nos marques, nos conneries et le reste. Je sais qu'elle s'en veut, j'le vois dans son regard quand elle m'entend rire. Elle se demande peut-être ce qui l'attend une fois dehors mais il n'arrivera rien. Elle veut en parler ? Aucun problème. Elle préfère taire tout ça ? Aucun problème non plus. Par contre, si je tombe sur l'enfoiré qui lui a envoyé ce colis, je risque de me faire une petite session remodelage de gueule.

Macy me fusille du regard d'avoir cogner Maxime mais je m'en fou. En cette seconde, je m'en fou. William lui, ne dit rien et se contente de saisir le bras de Macy lorsqu'elle veut s'approcher de moi pour me gueuler dessus. Je me détourne et commence le chemin qui nous mène vers le Parc, sachant pertinemment qu'elle allait me suivre. Je me sens plus détendu, tranquillisé.

- C’est bon, ça va s’remettre, t’inquiètes.

Je jette un regard en biais et continue ma route, entendant le bruit de ses pas juste derrière moi. Nous ne tardons pas à arriver dehors et j'inspire une grosse bouffée d'air alors que Maxime traîne un peu en arrière. J'ai l'impression de clairement revivre. De.. redécouvrir l'extérieur. Pourtant, je ne suis resté qu'une petite semaine à l'infirmerie mais j'ai la sensation que ça fait un mois que je n'ai pas foutu un pieds dehors. L'air frais me caresse le visage et j'esquisse un sourire. Putain, ça fait du bien. Et surtout, j'vais fumer ma première clope de la semaine et ça aussi, ça va faire du bien. Je me dirige un peu plus loin vers des marches sur laquelle je m'assois et sors mon zippo. La flamme jaillit dans un cliquetis significatif et allume l'embout de ma clope. Inspiration. Je sens la fumée se glisser dans mes poumons. Expiration. Un soulagement intense se manifeste tout au creux de ma poitrine, comme si une boule de nerfs se déliait. Maxime arrive, se prend une cigarette avant de me redonner le paquet. Clope. Air libre. Ma pote. On revit en douceur. Même si elle tire la gueule. Elle s'adosse contre le liserai de pierre, allume sa clope, rabat sa capuche sur son crâne et croise ses bras alors que je la regarde faire.

Elle vient, en cette seconde, de se fermer comme une huître. Comme si elle se préparait à ce que je lui dise un truc, que je lui reproche ce qu'il s'est passé ou que je lui claque dans la gueule que c'est la dernière clope que nous partageons tous les deux. Pourtant, il n'en est rien. Tout ça, j'lui dirais pas parce que je ne le pense pas. Je suis content de la retrouver, mais je le suis moins de la voir avec un visage si fermé. Je ressasses les mots de William sans cesse. Qu'est-ce qui se trame sous ta capuche, Jefferson ?

Je laisse le temps passer, fumant ma cigarette avec tranquillité profitant de ce silence, de sa présence et de l'air frais que je redécouvre toujours en cette seconde. Ca me fait le même effet que l'étreinte de Riley, la première fois que je me suis réveillé. Un instant de calme, de paix. De repos.
Maxime ne bouge plus après s'être prise l'arrête du nez entre les doigts. Elle cherche ses mots. Elle cherche quelque chose à dire mais, comme à nos habitudes, je n'ai pas besoin que l'on se parle. Je regarde le bout de ma clope qui se consume et qui est presque terminée puis, je lève mon regard qui croise le sien.

Et nous bloquons, tous les deux. Sans rien dire. J'essaie de déceler quelque chose chez elle et ce que j'y trouve me provoque un léger pincement au cœur. Elle ne cille pas, comme si elle devait affronter quelque chose en face, quelque chose de mériter. William m'a tout raconté. Absolument tout. Et si aujourd'hui j'ai plus envie de rester à ses côtés plutôt que de lui en vouloir stupidement, c'est bien parce que maintenant, je suis au courant de tout. Pas par pitié. Elle et moi nous n'agissons pas sous ces influences. Mais parce que je tiens à elle, c'est comme ma sœur. J'la lâcherais pas, j'lui ai dis. Elle m'a cognée sur la gueule, je sais maintenant pourquoi et les choses sont beaucoup plus simples à digérer maintenant que je sais ce qu'il s'est passé depuis qu'elle est Loup-Garou. Ce putain de calvaire qu'elle se traîne sur les côtes depuis tout ce temps. Dean. Elle l'aime encore. Cette nana qui joue l'incapable face aux sentiments, n'a qu'un seul type en tête et c'est lui. Qu'elle a tuée sous l'emprise de la bête. Et c'est bien pour ça que les crises se sont multipliées, en intensité et en en fréquence. Tout un putain de merdier. Comment est-ce qu'on peut vivre avec ça sur la conscience ?

Elle le fait. Entourée de Will et Macy. Et il est hors de question que je me tire de l'équation. J'suis là, je reste. Elle pourra bien m'éclater la gueule une seconde fois à cause d'une autre crise, j'démordrais pas. Ca serait mal me connaître. J'ai foiré une fois avec ma propre sœur. Ca ne se reproduira pas.

Je décroche le premier, termine ma clope et la jette au sol. Je me lève et l'écrase du bout du pieds, mains dans les poches. S'il y a une chose que j'ai appris ces dernières semaines, c'est de ne plus réfléchir. J'suis qu'un sale connard arrogant, j'le sais. Trop franc, trop cash et qui se soucie peu du sort des autres. Et je changerais pas pour ça. Mais j'suis un sale con arrogant qui ne lâche pas ses potes.

- C'est ma première clope depuis une semaine. Il était pas question de la consumer sans toi, Grincheux.

Je lâche un rire sincèrement amusé, avant de me retourner complètement face à Maxime et de planter de nouveau mon regard dans le sien.

- Eh... arrête de faire cette gueule Jefferson. J'reste toujours plus beau que toi. T'es pas contente de m'revoir ?

Moment de pause. Je la scrute, toujours un sourire aux lèvres avant de lâcher, d'un ton plus sérieux. Il est rare que l'on se livre à des moments comme ceux-là et c'est ce qui fait que les instants soient si particuliers. Une sorte d'alchimie, un truc qui passe entre elle et moi. Elle n'aurait pas dû être ce qu'elle est aujourd'hui mais j'ai pas lutté contre ça, j'ai pas voulu. Parce que quoi que je dise, j'ai besoin d'une nana comme elle dans mon entourage. De ce pilier. Oui, je lui en ai voulu à mort les premiers jours mais je suis pas un rancunier puis c'est pas une meuf que je connais pas. Si ça avait été le cas, si elle avait été étrangère à ma vie je lui aurai sûrement rendu au centuple. Nana ou non. Mais c'est pas le cas.

- Parce que moi, si.

Je fais un pas vers elle, me souciant peu de sa voir si elle va m'en coller une ou non, mais je libère sa main d'entre ses cuisses avant de poser mes mains sur ses épaules et de l'attirer contre moi. Stoïque ou non, je m'en fou. J'suis pas un habitué du contact, des étreintes. Mais il y a certains moments où il faut simplement essayer de passer au-dessous de tout ça. J'ai perdu ma sœur, ma propre sœur. Et elle me manque tous les jours. J'suis pas prêt à perdre Maxime pour des conneries aussi stupides. Alors je l'attire à moi, pour une étreinte sincère, un peu brusque peut-être. Une étreinte à la Jefferson/Vargas. Elle ne dure qu'une poignée de seconde où je prends le temps de lui transmettre un quelque chose qui pourrait peut-être colmater la brèche qu'elle s'est créée ce jour où elle m'a fracassée contre le pavé, contrôlé par cette rage. Son corps me transmet une chaleur qui lui est propre et je lâche un sourire avant de m'écarter, mes deux mains sur ses épaules. Je hausse les miennes, en ricanant, une mèche de cheveux retombant devant mes yeux.

- M'en veux pas, cette histoire avec Jenkins réveille mon côté sensible.

Allez, efface moi cet air de ton visage Maxime. J'ai besoin de toi dans mon périmètre, alors t'as pas intérêt à m'lâcher pour ces conneries.
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Mer 2 Sep 2015 - 19:29

« C'est ma première clope depuis une semaine. Il était pas question de la consumer sans toi, Grincheux. Il ricane. Eh... arrête de faire cette gueule Jefferson. J'reste toujours plus beau que toi. T'es pas contente de m'revoir ? »

J’arrive pas à articuler, comme si quelque chose me bloquait la gorge et la respiration dans le même temps. Comment il peut être si détendu ? Il n’a pas l’air d’en avoir rien à foutre, mais presque. Il arbore ce visage toujours indifférent, le même que le mien en somme, c’est pour ça que je le connais pratiquement par cœur. Il m’agace presque avec son air, je sais ce qu’il voit dans mes yeux, j’en suis consciente et ça m’énerve encore plus. Je pèterais un câble s’il en parlait, alors vaut mieux qu’il reste comme ça. De toutes façons je suis toujours en colère, c’est un sentiment avec lequel j’ai appris à composer. Cependant la touche de regret et de chagrin que je porte d’habitude au creux des côtes s’est épaissie, pour former un poids insupportable sur les épaules.

Ses yeux restent dans les miens et je ne cille pas. Autant ne pas bouger. C’est lui qui tient les rênes, il sourit, il le sait, moi je me sens trop atone, trop lourde pour arborer mon air habituel de contrôle absolu.

« Parce que moi, si. »

    So you can throw me to the wolves
    Tomorrow I will come back
    Leader of the whole pack
    Beat me black and blue
    Every wound will shape me
    Every scar will build my throne


C’est comme si j’implosais deux fois d’affilées, au final.
C’est pas facile de gérer ce type d’émotions, encore moins quand elles se battent toutes entre elles. Entre colère, douleur et puis soudain, soulagement, un peu de douceur. Dire que je ne profite pas de cette micro-étreinte serait mentir même si je me sens tétanisée. Je n’ai pas J’avais froid et il ravive la petite flamme sur laquelle j’ai soufflé il y a quelques jours.
On s’est déjà étreints, en quelque sorte, avant. Pour d’autres raisons. Mais ça n’est certainement pas la même chose et le soulagement que je ressens en cet instant est à des années lumière plus fort que tout ce que j’ai pu avoir de lui jusqu’à présent. Un instant, comme ça, dans cette espèce de brusque douceur, il me rappelle Dean. Une boule de feu éclate dans ma gorge, et j’ai l’impression que mes yeux s’humidifient immédiatement.
Il me relâche et mon regard fuit automatiquement. Cette chaleur qu’il me transmettait disparaît et même si mon cœur me semble plus léger, les larmes dans ma gorge alourdissent mon corps et je me sens soudain au bord du gouffre. Il ricane à nouveau, je ne me résouds pas à le regarder même si j’imagine qu’à ce moment précis il préfèrerait que je le regarde dans les yeux. Je n’y arrive pas. Son image se transpose à celle de Dean, lui seul pouvait se permettre de m’enlacer sans que je ne saute à dix mètres. Matéo a réussit cette fois et je ne me sens pas agressée, ce qui m’interroge beaucoup sur ce que je ressens pour lui. Il n’y a pas d’amour, je le saurais, cette fibre toute mince que j’ai se dirige toujours vers la même personne. Je me sens un peu comme quand j’ai décidé d’intégrer William, Macy et toute la bande dans mon quotidien, dans ma vie. Quand j’ai laissé Dean outrepasser les règles qu’on s’est implicitement imposées. J’ai accepté qu’il soit plus qu’un ami à un certain moment, presque inconsciemment, on s’est laissé se piétiner.

« M'en veux pas, cette histoire avec Jenkins réveille mon côté sensible.
— Ouais. »

Ma voix est un peu plus rocailleuse qu’il y a quelques minutes. Je ne le regarde toujours pas, je me sens un peu fébrile, un peu sur le rebord d’un précipice en me demandant si j’dois m’y laisser tomber ou pas. Ses mains sur mes épaules, je passe ma main droite sur mon poignet gauche et je déglutis. Je me dégage sans violence de ses mains et me tourne sur la gauche, un peu tremblante. J’essaie de faire bonne figure. Je souris de ce sourire tout fin qui me caractérise, complètement forcé, pourtant c’est pas comme si j’étais pas contente de le revoir.

« T’es con… »

Je tourne mon visage vers lui et je serre les dents. Putain oui t’es vraiment qu’un con, tu me soules. Ta gueule là, tu me ramènes des années en arrière et j’ai l’impression que je vais exploser sans préavis. J’avance d’un ou deux pas en poussant un long soupir. J’attrape mes clopes et me fourre une cigarette entre les lèvres, comme si ça allait masquer cet air funèbre que je porte sur le visage.
Changer de sujet. Changer de pensées. Forcer sur les dernières ressources pour masquer comme on sait le faire. Je repense à tout ces moments ou j’ai du faire semblant avec mon père.

« Alors comme ça je l’ai vue pas mal de fois à l’infirmerie, à te regarder ? Ça fait quoi ? »

Main gauche dans la poche arrière gauche, j’ai le dos tourné à lui, ma main droite garde la cigarette que je fume peut-être un peu vite.
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Jeu 10 Sep 2015 - 12:56

— Ouais.

Toutes conneries est bonne à dire s’il s’agit d’alléger l’ambiance ou de rendre quelqu’un plus à l’aise. J’essaie avec Maxime. Maxime que je viens de serrer dans mes bras, spontanément et je ne nie pas que cette étreinte – aussi brève fut-elle – apporte quand même un certain réconfort. Je sais qu’elle m’a fracassée la gueule mais c’est bon, y a pas mort d’homme. J’suis toujours là, bien vivant et surtout, j’suis toujours aussi canon alors pourquoi est-ce que j’irais encore faire la gueule ? C’était le cas il y a quelques jours mais les choses sont bien plus faciles à digérer lorsque nous les comprenons.
Elle semble gênée, parce qu’elle n’est pas habituée aux étreintes. Encore moins venant de moi. Je ne suis pas ce qu’il y a de plus affectueux, je l’avoue. Mais c’est pas pareil là. La situation est différente, la nana que j’ai devant moi n’est pas une personne lambda. Alors il y a des exceptions. Maxime finit par se dégager de mes mains et je ne l’empêche pas, supposant que ce contacte était suffisant et qu’il ne fallait pas abuser de cette tolérance. Je me gratte la joue où je sens une barbe de 4 jours sous mes doigts. Ouais, j’devrais penser à me raser accessoirement mais disons que ça n’est pas tellement la priorité.

Elle continue d’esquiver mon regard mais essaie d’afficher un sourire. Plus forcé, tu meurs.

— T’es con…
— Ouais, ça aussi ça change pas.

Je lui souris quand elle me regarde avant qu’elle ne détourne les yeux de moi. Putain, mais regarde-moi bordel. Arrête de culpabiliser en silence et d’me faire croire que ton sourire va passer sans que je ne dise rien. Elle soupire, je ne bouge pas mais lorsque je vois prendre son paquet de clope, je fais de même. Une semaine que j’ai pas fumé, ça m’avait manqué.
Cigarette entre mes lèvres, je l’allume alors que Maxime fait pareil de son côté. Silence. Toujours un silence. Mais cette fois il n’est pas commun.

— Alors comme ça je l’ai vue pas mal de fois à l’infirmerie, à te regarder ? Ça fait quoi ?

Elle fait comme si et j’sais pas ce qui est le mieux en cet instant. La laisser faire le temps de digérer ou de la mettre au pied du mur pour lui dire répéter que j’lui en veux pas, que ce qu’il s’est passé c’est oublié. Et puis merde, on s’en branle. C’est pas comme si on avait une vie de 300 ans. Je l’ai appris à mes dépends. Elle l’a appris à ses dépens. Alors s’il te plait, tourne toi, arrête de te détester et regarde-moi. C’est ma pote que j’veux. Pas son ombre. Pas son corps qui ressemble à une coquille vide.
Je tire une première bouffée sur ma cigarette avant de lâcher un ricanement.

— T’es entrain de m’avouer que t’es venu me voir ?

Je regarde son dos. Elle est vachement grande. Le silence s’étire sur quelques secondes.

— T’avais intérêt t’façon. Pause. Ma voix est amusée, taquine. Et ça fait que j’me sentais hyper sexy.

Eh, j’étais fracassé, Riley était là à s’inquiéter pour moi, prenant garde à ne pas me faire mal… Dites ce que vous voulez mais c’était sexy.

— J’étais le gars qui revenait de guerre, t’sais. J’avais une nana qui venait à mon chevet pour voir si j’allais bien, comment voulais-tu que j’me sente ? T’as augmenté mon capitale séduction.

Et c’est la vérité, j’ai jamais été aussi sexy depuis que j’ai ces putains de bleus sur le visage. Bon si ces derniers venaient des phalanges d’un autre, je l’aurai sûrement éclater en deux à l’heure qu’il est mais c’est pas le cas, alors tout va bien. Ça change pourtant pas qu’elle semble plonger dans une torpeur aussi épaisse que du goudron.  Je suis pas le genre de type à m’attarder sur les choses et encore moins à venir me morfondre dessus. Si on pouvait aborder ce sujet de manière aussi légère que je le fais, je dois avouer que ça m’arrangerait. Et puis merde, on racontera ça plus tard à nos gosses.

Tata a fracassée la gueule de tonton ! Puis tonton a fait pareil après. Pourquoi ? On s’en fou du pourquoi, contente toi de trouver ça cool et de rire.

J’essaie d’être léger, parce que j’en ai besoin. J’ai passé une semaine à rester enfermé dans cette putain d’infirmerie aux odeurs aseptisé qui vous file la gerbe. J’ai pas vu la lumière du jour depuis si ce n’est au travers de la fenêtre, j’ai même pas pu prendre l’air.

— D’ailleurs… Je viens me poster face à elle, m’appuyant contre le mur, tirant une autre bouffée sur ma clope. Parait que t’es toujours pas marié à Hasting ? T’attends quoi, que j’fasse une formation de pasteur pour sceller votre union ?

J’essaie des stratagèmes diverses pour la voir sourire. Pour la détendre. Je fais ça habilement, parce que j’ai l’art et la manière de manipuler mes émotions, de prendre un recul même si ça n’est pas effectif envers tout le monde. Je plante mon regard dans le sien. Ses yeux. Comme si j’étais aveugle putain. A quoi tu penses, là maintenant ? Que t’as failli tuer un deuxième pote ? Les circonstances sont tellement différentes. Je suis pas le genre de type à fermer sa gueule, à la boucler, à jouer les hypocrites mais je dois avouer qu’en cette seconde j’ai envie de lui lâcher qu’elle ne peut pas passer toute sa vie à se détester. Je n’suis peut-être pas le mec exemplaire sur cette question mais c’est ma pote bordel. Comme si j’allais la laisser embourbée dans cette merde toute seule.
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Jeu 17 Sep 2015 - 22:35

Je souris toujours de manière forcée, la tension grimpe à l'intérieur de moi comme si quelqu'un appuyait frénétiquement sur un bouton situé dans mon crâne. Je tire sur ma cigarette en l'écoutant, lui tourne le dos. Si je suis allée le voir ? Oui, essentiellement la nuit, vers deux ou trois heures du matin, à ces heures où je n'arrivais pas à dormir et lui si, sûrement shooté par les médocs. Je devais voir son visage et les impacts des coups portés. Je devais. Même si maintenant cette image reste gravée en grand écran haute résolution sur ma rétine et chaque fois qu'il essaie d'entrer dans mon périmètre visuel j'ai l'impression qu'il va me présenter ses blessures et ses couleurs. L'infirmier de garde n'a rien vu de mes allées et venues. Personne ne sait et ne doit savoir. C'est pourquoi je ne lui réponds pas. Mais il a l'habitude de mes silences, ça ne devrait pas le changer. Alors il continue, me taquine, je n'arrive pas à rire alors je ne fais rien, même s'il a ma complète attention. Ma clope se consume doucement et ça me fait un bien fou de bruler mes poumons.

« J’étais le gars qui revenait de guerre, t’sais. J’avais une nana qui venait à mon chevet pour voir si j’allais bien, comment voulais-tu que j’me sente ? T’as augmenté mon capitale séduction.
- Tss. »

En réalité je déglutis. Un blessé de guerre. Je visualise la situation qu'il me décrit et j'imagine son apaisement, de voir à son chevet non pas celle qui lui a refait le portrait mais celle qui lui procure du bien-être. Un moment mon esprit divague dans le silence qu'on partage et s'imposent à mon oeil fatigué des images que j'avais plus ou moins oubliées, davantage occultées volontairement, comme pour arrêter de souffrir. À la place de Matéo sur un lit d'hôpital, c'est Dean. Moi je suis endormie sur une chaise, les jambes repliées, les bras croisés et la tête sous la capuche. Une correction de son père avait mal tourné cette fois : tombé dans les escaliers en évitant une énième branlée. Lorsqu'il avait indiqué une personne à prévenir il avait fait en sorte qu'Alexander soit au courant et voila pourquoi j'étais la, à attendre qu'il se réveille puis le surveiller quand il dormait. Sa famille d'accueil n'est pas venue. Il n'y avait que lui, moi et parfois Alexander retenu par son boulot. Je suis restée la, prévenu William, Spencer et Macy qui étaient sur la cote Ouest à cette période.

C'est peut-être à ce moment la que ça a basculé pour lui et pour moi, la où on s'était dit qu'on irait pas. L'inquiétude particulière que j'ai ressenti ne m'a ensuite jamais quittée et quand je ne l'avais pas sous les yeux il y avait toujours un peu de peur sous ma peau.

Je reviens au présent et baisse la tête, le poids de ces souvenirs est trop lourd pour que je les porte la tête haute.

« D’ailleurs. Parait que t’es toujours pas mariée à Hasting ? T’attends quoi, que j’fasse une formation de pasteur pour sceller votre union ? »

C'est quand il revient vers moi, se poste en face et parle que je me rends compte qu'un épais voile insonorisé me privait de l'ouïe. Revenue sur terre par l'impact de sa voix, je m'aperçois que mon cœur bat vite, plus que la vitesse moyenne des lycanthropes et que je crève de chaud accessoirement. Un poids s'est mis a obstruer ma gorge. J'ai relevé le visage vers lui puis l'ai reporté sur la forêt. J'ai l'impression d'être une bombe à retardement. Mon souffle s'est amoindri, raccourci et je serre les lèvres. Il attend une réponse. Je n'y arrive pas. Ma gorge est nouée. J'essaie de parler, ouvre le bouche, relève le visage vers lui puis le baisse à nouveau en le secouant négativement. J'étouffe comme si quelqu'un s'amusait à serrer ses mains autour de mon cou. Je pose une main sur mon front, des étoiles commencent à briller devant mes yeux alors je cligne successivement des paupières comme pour les chasser. Je suis privée de souffle et de voix. Je pose ma main a plat sur le haut de ma poitrine et tapote.

Ce qui me fait respirer à nouveau c'est une brûlure de cigarette. Le mégot se consumant entre mes doigts. Je le lâche d'ailleurs avec un geste de recul. Et je respire. Enfin. Ça n'a duré que quelques secondes seulement, j'imagine, je n'en sais rien. Je suis troublée et c'est visible. J'ai perdu pieds l'espace de quelques secondes.

Trop d'émotions à gérer, trop de peur, de haine, d'inquiétudes. Trop de gens et de failles par la même occasion. Dean et son souvenir, ce fantôme qui me hante. Matéo et ce que je lui ai fais, la douleur de Macy, celle de William, mon frère trop loin et Kezabel. Je me sens complètement perdue. Si seulement j'avais pu retenir mes coups je n'en serais pas là, pas à manquer de m'évanouir. Pas à faire des cauchemars, et une fois éveillée, en ressasser d'autres. Je me sens incapable de mettre un terme à toute cette spirale, toute cette merde qui me tourne autour. J'ai besoin de mon meilleur pote mais je l'ai réduis en tas de pâtée pour clebs. Je suis là, faible alors qu'il sort de l'infirmerie où je l'ai envoyé à grands coups de poings, et que c'est surement lui qui a besoin de quelqu'un. De Riley, peut-être, qui lui procurera plus de chaleur que le bloc de glace qui lui fait face. Je me suis transformée en glace un soir de pleine lune.

C'est comme si tout s'éclairait et s'assombrissait à la fois. Je fronce les sourcils, mes yeux posés sur la neige devant mes pieds. C'est surement à ce moment là qu'une goutte d'eau se met à brûler ma joue.

« Merde. »

Je passe aussitôt mes doigts sur ma joue. Une exclamation de dédain s'échappe de mes lèvres, comme un léger rire. Je suis à la fois choquée, stupéfaite et indignée. Mon regard se lève vers celui de Matéo. Le mien est vide, comme projeté au milieu de mon esprit. Mes lèvres sont tirées dans un rictus presque fou, complètement extatique.

« Je... Euh... Il faut que... »

J'en sais rien. J'ai envie de le lui dire, que j'en sais rien. Au lieu de ça je claque mes bras contre mes cuisses, le visage secoué de gauche à droite, l'expression folle de celle qui se prend tout sur la gueule. Je comprends rien. Je supporte plus ne rien comprendre et ça me donne des envies complètement malades. Du type me jeter du haut de la tour d'astronomie.

« Désolée... Je sais pas. »

Je hausse les épaules. Mon air désolé est sincère. Je fais un pas un arrière, puis un deuxième. J'ai besoin de quelqu'un. Mais qui ? Quoi ? Je ne m'autoriserais pas à dépendre de quelqu'un que j'ai balancé face contre terre. J'ai tout foutu en l'air. Qu'est-ce que je dois faire ? Me frapper le crâne contre un mur ? Le laisser me frapper jusque c'que je passe l'arme à gauche ? Je dois partir ? Me balader dans la forêt interdite sous ma forme humaine cette fois ? J'ai trop chaud, alors que je recule je défais le zip de mon hoodie. Mon hoodie. Non, ça n'est pas le mien.

C'est celui de Dean.
J'entame ma marche vers la forêt interdite.
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Lun 28 Sep 2015 - 21:26

J'ai vite compris que ça n'était jamais évident avec Maxime. Du moins, dès que tu décidais de vouloir chercher quelque chose auprès d'elle, tout devenait plus compliqué. Et comme la simplicité fait partie de moi, j'ai jamais été fouiner sa vie avec un tas de question. Je me contentais de bouffer avec elle, de coucher avec elle lorsque ça nous semblait normal, avant la bataille de Noël. J'ai appris à vivre avec sa complexité inébranlable. Puis il y a eu ce type, prêt à la tuer. Je lui ai prouvé que je n'hésiterais pas une seule seconde à me foutre au travers de qui que ce soit essaierait lui faire de mal. Pourquoi ? Parce que cette meuf qui était le simple reflet de ce que je suis, de ce que j'étais, mon alter-égo, est devenu plus que ça. J'ai perdu une sœur, celle qui ne sera jamais remplaçable, celle que je pleure encore aujourd'hui mais en Maxime, j'en ai trouvé une autre. Elle a sa propre place, mais elle l'a. Et Dieu sait que je ne laisse entrer personne dans mon cercle. Du moins, peu de personne.
Donc, j'ai vite compris. Comme j'ai vite appris qu'elle semblait porter une estime de soi de la taille d'un gallion. Et avec ce que m'a raconté William cette semaine, la vérité me semble d'autant plus vivante maintenant que je l'ai face à moi. Elle se déteste. Ca crève les yeux, ça me crève le cœur. Elle me touche parce qu'elle fait désormais partie de ma vie et pour la première fois depuis 4 ans, je ne lutte pas. Je ne lutte plus. Je sais qu'elle s'en veut de ce qu'il s'est passé mais moi, la seule chose que j'veux maintenant, c'est qu'on passe à autre chose. J'peux crever demain. Elle peut crever demain. Si c'est le cas, on va partir de l'autre côté avec ces putains de remords à la con alors qu'on pourrait tout simplement profiter ?

J'aimerai lui faire ouvrir les vannes ou tout du moins, lui faire retrouver une tranquillité. Mais ça ne marche pas. Pas quand je vois son visage se tourné vers la forêt interdite, son souffle s’accélérer, ses lèvres se pincer un peu plus fort. Je fronce les sourcils, patiente tout en laissant ma clope se consumer.
Je n'ai plus envie de la fumer.

Maxime me donne l'impression de blanchir toujours un peu plus, à chaque seconde et je m'inquiète d'autant plus lorsque je vois sa main trembler avec force, alors qu'elle l'appose sur son front.

— Eh, ça va pas ?

Non ça va pas. J'le sais déjà. Mais elle … putain elle me fait quoi.
Elle lâche brutalement le mégot de sa cigarette qui vient de lui brûler les doigts. Je ne la quitte pas du regard alors que je viens de jeter ma clope au sol, l'écrasant du bout du pieds. Je sais pas ce qu'il se trame dans sa tête mais lorsque la lumière est faite sur énormément de zones d'ombres, ça vous rameute un tas de putain de questions. Je m'approche d'un pas, effrayé à l'idée qu'elle puisse s'évanouir sans que je ne le vois venir, mais je m'arrête aussitôt que la première larme glisse sur sa joue.

— Merde.

Il y a mille et une façon de pleurer. Celle de Maxime est toujours la colère, la haine. Cette fois c'est différent.
Foutrement différent. Ca me poignarde le bide, le cœur, de part en part. Elle pleure parce qu'elle va mal. Elle pleure parce que ça ne va pas. Putain, non. Ca n'va pas. Comment ça pourrait aller après avoir tuer celui qu'on aime, après avoir frapper presque à mort son meilleur pote ?
L'impuissance. Voilà ce qui me terrasse. Cette putain, d'impuissance. La même qui m'a saisit la gorge lorsque j'ai compris que Camélia ne survivrait pas, quoi qu'on fasse.

Elle rit, nerveuse. Ça me glace les sangs. Le rire de ceux qui sont abattu. Le même que ma sœur lorsqu'elle a acceptée sa mort. Revivre le film une deuxième fois, à une autre époque, avec une personne différente.
Maxime lève enfin son regard vers moi, elle ne semble même pas me voir.

— Je... Euh... Il faut que... 

Parle. Crache ce que tu as à dire, sors ce que tu as à sortir.

— Qu'est-ce qu'il t'arrive. Explique.

Elle ouvre la bouche. La referme. Elle n'arrive pas à en aligner et moi j'reste là comme un con, sourcils froncés. Elle claque ses bras contre ses hanches, secoue la tête, comme si elle lutait contre je ne sais quoi. Contre ce qu'il se passe dans son crâne. Contre lesquels je ne peux rien.
Impuissance.
Le froid me ravive les bleus et les rends plus douloureux mais je n'en tiens pas rigueur. Je m'en fou. Ce qu'il se passe sous mes yeux capte toute mon attention et j'essaie d'y trouver une solution tout en prenant la mesure et l'ampleur du problème.

— Désolée... Je sais pas.

Un pas en arrière, un deuxième. Elle dézipe son hoodie et se tire. Droit vers la forêt interdite. Je la regarde, lèvres serrées et je ne bouge pas, sans comprendre. Est-ce que c'est possible d'aller aussi mal ? Je n'suis pas dans sa tête mais sa culpabilité a été visible depuis que je suis arrivé devant elle. Elle m'a parlé de Dean, elle m'a dit qu'elle s'en voulait. Maxime vit avec un putain de fardeau dont elle n'arrive pas à se décharger. Comme je n'arrive pas à me décharger du mien. Et lorsque nous sommes au bord d'un précipice comme le sien, qu'est-ce que nous sommes censés faire ? Se battre ? Alors qu'on a tué celui qu'on aime, fracasser son meilleur pote et vécu avec des bourreaux d'enfants ? Ca me donne la gerbe.
Tout me donne la gerbe. Ca se mélange la-dessous et plus je la vois avancé, plus je me dis qu'elle ne peut pas faire ça. Hein, que tu peux pas aller au creux de cette forêt.

Bien sûr que si, elle le peut. Putain.
Bien sûr que si.

Un électrochoc parcoure ma colonne vertébral et m'élance alors que son pas se fait plus déterminé, plus soutenue. Et à chaque mètre parcourue, c'est la colère qui se charge, qui se gorge. A chaque mètre de fait, c'est l'image de Camélia qui s'impose. J'ai chaud et froid. Je sens mes mains tremblés, je sens mon visage se fermer. Elle est entrain de plonger dans une psychose, un délire, un truc qui la bloque et dont elle ne se sort pas. J'peux pas la laisser comme ça. J'peux pas la laisser se murer dans cette souffrance qui n'en finira jamais.
A quoi tu penses là maintenant ?
Putain Maxime, qu'est-ce que tu branles.

J'accélère le pas, encore un peu plus et cours jusqu'à ce que j'arrive devant elle.
Mon poing s'élève et s'abat avec force contre sa pommette pour la troisième fois de la journée. Ca l'a surprend, elle titube et j'empoigne aussitôt son hoodie pour la ramener à moi.

— C'est ça que tu veux ? C'est ça dont tu as besoin ? Putain réveilles-toi bordel !

Cette fois mes mains la lâchent brutalement alors que mon souffle s'écourte sous ma course et sous la haine qui boue dans mes veines. Elle n'est pas dirigée contre elle. Elle n'est dirigée contre personne.

— Je sais pas ce que t'allais foutre là bas, je brandis mon doigts derrière moi, vers la forêt. Mais j'te laisserais pas y foutre un pied.

Je me plante devant elle, tremblant, le cœur au bord de l'implosion.

— Regarde moi. Maxime ! Regarde moi ! Je prends ses épaules entre mes mains puis, son visage que je braque face au mien. Mes doigts froids rencontrent sa peau brûlante et ça me soulage autant que ça me poignarde. T'as assez morflé pour tes dix prochaines vies alors arrête de te bouffer les doigts pour ce qu'il s'est passé. EH ! Je re-capte son attention d'une voix tranchante. T'entends ? T'as assez morflé comme ça. Arrête. Arrête avec tout ça, arrête avec toute cette merde. J'suis là. Tu m'écoutes ? J'suis là Maxime. J'te lâcherais pas, j'vais pas te le redire cent cinquante fois parce que j'suis pas comme ça.

Mon visage n'est pas loin du sien et cette fois, ma voix descend en timbre mais reste tout aussi ferme. Je ne suis pas expressif, je déteste les contacte, déteste les mots mais pour la première fois depuis longtemps, je lâche prise et la confronte, la regarde, lâche ce qu'il y a lâcher.

— J'ai déjà perdue une sœur. Je ne permettrais pas que ça se reproduire. Je ne permettrais pas d'en reperdre une deuxième.

Mes yeux ne lâchent pas les siens. Mon corps tremble mais mes mains restent fermement ancrées sur ses joues, ne lâchant prise à aucun moment. Je veux qu'elle écoute. Je veux qu'elle entende. Je ne veux pas qu'elle fasse une connerie, qu'elle claque pour toute cette merde. Elle le mérite pas. Elle ne mérite rien de tout ça.
Je ne remplacerais ni Dean, ni Alexander. Jamais et j'le sais. Mais ça ne change rien au fait que je veillerais sur elle en silence, comme un frère le ferait. Peu importe ce qu'il se passe.
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Dim 4 Oct 2015 - 21:10

Je titube, la force du coup me souffle. Je fais plusieurs pas en arrière mais je suis vite rattrapée par les mains de Matéo qui empoignent le col de mon hoodie. J’ai du mal à respirer, je n’arrive plus à me supporter.
Ce coup m’a fait un bien fou. La douleur, vivace, qui s’est diffuée de ma pommette au reste de mon visage a freiné ma culpabilité. Souffrir, pour me punir de toute cette merde. Comme si j’avais besoin qu’il me fasse ce que je lui ai fais. Ma tête tourne alors qu’il m’approche de lui, je suis présente à moitié, les yeux mouillés mais je tiens bon. Je ne peux pas pleurer, je ne peux pas avoir pitié de moi. J’ai mérité cette haine, cette douleur. J’ai mérité qu’on me méprise. Je mériterais qu’il s’éloigne pour se sauver, Dean n’a pas eu le temps de courir, lui.

« Je sais pas ce que t'allais foutre là bas… Mais j'te laisserais pas y foutre un pied. Regarde moi. Maxime ! Regarde moi ! »

Il attrape mes épaules puis mon visage. J’ouvre les yeux à nouveau, la tête comme pleine de violons, ça vrille à l’intérieur de moi, tous les sentiments se mélangent. J’aimerais qu’il ne me voit pas dans cet état là mais c’est trop tard. Je me sens trembler comme une feuille. Ma température est alarmante pour un être humain normal, totalement habituelle pour le monstre que je suis.

« T'as assez morflé pour tes dix prochaines vies alors arrête de te bouffer les doigts pour ce qu'il s'est passé. Je commence à vouloir tourner la tête. EH ! T'entends ? T'as assez morflé comme ça. Arrête. Arrête avec tout ça, arrête avec toute cette merde. J'suis là. Tu m'écoutes ? J'suis là Maxime. J'te lâcherais pas, j'vais pas te le redire cent cinquante fois parce que j'suis pas comme ça. »

Ses mots font exploser une lourde boule de douleur au creux de ma gorge et les larmes que je retenais se font la malle. Elles courent sur mes joues, fuient mes yeux, veulent à tout prix rejoindre la terre. Je me sens mal à force de vouloir réguler ma respiration erratique, un flot de lave se répand le long de ma poitrine. Je retiens des sanglots. Je me trouve faible, pathétique. J’ai envie de m’arracher les yeux de la tête. J’ai envie que ses poings s’abattent sur ma poitrine, sur mes pommettes à nouveau. J’ai besoin qu’on me terrasse, je veux oublier d’exister.

« J'ai déjà perdue une sœur. Je ne permettrais pas que ça se reproduire. Je ne permettrais pas d'en reperdre une deuxième. »

Il tremble. Mes yeux se ferment à l’énonciation de ses derniers mots. Ma lèvre saigne maintenant d’avoir été trop malmenée. Les poings serrés, le corps tremblant, je me contiens. Mais je finis par m’écarter. Je veux qu’il me laisse aller là-dedans, qu’on me piétine, qu’on ne laisse plus rien de moi. Qu’on rende à Dean le cœur que je lui ai volé. J’ai l’impression d’être en plein cœur d’un ouragan, ne contrôlant plus rien autour de moi, les éléments chaotiques et déchaînés. Je tremble comme une feuille, les yeux toujours fermés, les larmes ruisselant sur mes joues. Je crève de chaud. J’ai l’impression que ce gilet si réconfortant d’ordinaire est désormais une sorte d’entrave, de cage, poids de ma culpabilité. J’arrache l’eau de mes joues d’un geste sec, comme pour me cacher. Mais c’est trop tard, il m’a déjà vue au plus bas, le visage tordu par la haine et la douleur. Je suis incapable de contrôler les éclairs de peine au creux de mon regard quand je le relève vers le sien.

« Dis pas n’importe quoi. »

Mon ton est brisé. Ma jambe ne tient pas en place, les poings toujours blanchis par la tension, mon corps secoué au rythme de ma jambe, j’ai l’impression que je vais exploser, tout est trop dur à supporter à l’intérieur de moi. Je ne sais même pas comment qualifier toute cette merde. Je suis fatiguée, abattue, le cœur en miettes. Et cette colère qui gronde, monte, s’exerce à briser mes barrières alors que la voix de Matéo, en écho, s’acharne avec elle. Les images, comme des flashs, virevoltent devant mes yeux. Mon père, ma sœur, le loup, Dean, mes amis, mon frère. Toute ma vie danse devant mes yeux, tous les moments où j’ai voulu en finir, tous les moments où j’ai été trop lâche pour le faire. Je finis par imploser, le cœur lourd, le visage redressé, la voix qui gronde.

« Tu veux rester mais jusqu’à quand ? Tu devrais courir, fuir. TU DEVRAIS T’EN ALLER ! »

Mon souffle est compliqué, saccadé, et j’ai du mal à le récupérer.

« D’autres n’ont pas eu cette chance. Tu devrais pas rester au risque que toi aussi je finisse par te tuer. Tu serais pas le premier. J’ai pas été foutue de faire la différence entre ta gueule et un putain de sac de boxe ! »

Je hurle. Ça m’arrache les cordes vocales. Je voudrais cracher du sang pour toutes les peines que j’ai causé. Pour toutes les larmes que j’ai fais coulé. La colère qui tambourine dans mes veines me rend malade, j’ai la nausée. Et crier me fait un bien fou. Hurler me décharge. Pleurer comme je le fais me brûle à vif. Je tremble comme une feuille, comme si j’allais m’éclater sur le sol d’une minute à l’autre. Je vacille, même, prête à tomber. Je me laisserais tomber, si ça peut racheter ce que j’ai fais, si ça peut m’offrir une chance de ne plus être au cœur de cet ouragan.

« Je lui ai pas laissé la chance de courir, à lui. Alors fais-le. FAIS-LE ! »

Je hurle, il ne bouge pas et mes cris, que je répète, finissent par muer en sanglots. Je me retiens, une demi-seconde, une pointe de fierté me sommant de ne pas craquer devant lui. Mais c’est trop tard. Une plainte animale, provenant de la louve, se mue en pleurs qui s’échappent durement de ma gorge, et cette fois je laisse tomber. Mes épaules s’affaissent, mon visage aussi, je me refroidis nettement. Je pense un instant à mon frère, désire ses bras. Je me sens faible, à vif, sensible et complètement à nue. Je fais un pas en avant, vers lui mais n’arrive pas à faire le deuxième tout de suite, la vision complètement trouble. Je titube. Je m’arrête au troisième pas.

« Pourquoi tu m’en veux pas ? C’est plus facile si tu m’en veux. »

Je suis pathétique. Misérable et honteuse. Je pose ma main sur son torse pour le pousser en arrière, ce qui aboutit à un très léger chancellement de sa part. Toute force me quitte par les sanglots qui glissent hors de ma gorge, en compagnie des plaintes de l’animal.

« Va-t-en. »
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Jeu 8 Oct 2015 - 10:23

Sa muraille explose. C’est ce que je me dis là, maintenant, alors que je suis face à une Maxime tremblante, pleurant sans sanglot. Oui. Elle explose. De l’intérieur, comme si une putain de bombe dormait là depuis des années et qu’elle décidait aujourd’hui de se déclencher. De lui faire payer tout ce qui a pu se passer. Je tremble autant qu’elle. Je sors tout juste de l’infirmerie, je suis encore un peu claqué et les nerfs pas tellement solides malgré tout. Encore moins quand je vois celle que je considère comme ma sœur dans un état comme le sien. Elle se dégage de mon étreinte, je ne la retiens pas. La seule chose que j’empêcherais aujourd’hui c’est le fait qu’elle aille se jeter dans la forêt interdite. Qu’elle aille chercher une rédemption qu’elle n’a pas besoin d’avoir. Je commence à la connaitre plus ou moins par cœur et le visage qu’elle affiche n’a plus rien de l’impassibilité quotidienne.

— Dis pas n’importe quoi.
— Et toi, ne fais pas n’importe quoi.

Parce que si je te retrouve à essayer d’y aller, je te cogne. Jusqu’à ce que tu perdes connaissance et que je puisse te trainer à l’intérieur pour t’attacher à ton pieu. Si pour ça, il faut que je t’abîme, si c’est une nécessité, j’en ai rien à foutre.
Je ne bronche pas, ne parle plus et me contente de la regarder s’agiter. Sans m’en rendre compte, je serre les poings, les desserre et ainsi de suite. Comme si je me préparais à une lutte. Allez, t’attends quoi ? Tu veux te battre pour expulser ? Viens. Putain, viens. Qu’on en termine, que tu passes à autre chose. Que tu vives. Parce que bordel, tu mérites de te reconstruire. Si Camélia avait été là, elle aurait su me dire comment réagir, quoi lui dire mais l’évidence est là : Elle ne reviendra pas. Je suis seul face à ma pote qui commence à perdre pieds. Et il n’y a que moi pour la remonter. Est-ce que je dois appeler Will et Macy ? Ils la connaissent mieux que moi, sauront mieux que moi gérer tout ça… Pourtant, égoïstement, je n’ai pas envie de le faire. C’est entre elle et moi que ça se passe. J’ai pas buté un mec pour le plaisir mais pour lui sauver la vie à elle. Celle qu’elle veut bousiller. J’te laisserais pas faire.

Sa colère vibre jusqu’à m’atteindre comme un foutu séisme. Je déglutis en silence, souffle court… Et sa voix gronde, presque animal.

— Tu veux rester mais jusqu’à quand ? Tu devrais courir, fuir. TU DEVRAIS T’EN ALLER !

Je n’la quitte pas des yeux. A aucun moment.

— D’autres n’ont pas eu cette chance. Tu devrais pas rester au risque que toi aussi je finisse par te tuer. Tu serais pas le premier. J’ai pas été foutue de faire la différence entre ta gueule et un putain de sac de boxe !

Elle hurle et j’la laisse faire. J’ai envie de lui répondre « Et alors ? Quelle importance. » parce que justement, de l’importance ça en a. A sa place j’aurai sûrement culpabilisé de la même manière de l’avoir autant amochée mais on ne peut pas rester 150 ans sur cette histoire. J’ai déjà tourné la page, j’lui en veux même pas mais je sais aussi qu’elle fait référence à Dean. « D’autres n’ont pas eu cette chance ». Un tas de mots se mélangent dans ma gorge mais je me tais, résolument droit devant elle, l’affrontant du regard alors qu’elle s’agite toujours plus violemment.

— Je lui ai pas laissé la chance de courir, à lui. Alors fais-le. FAIS-LE !

Les sanglots débarquent et ma propre gorge se serre. Quand on regarde Maxime pour la première fois, nous avons presque envie de la mépriser, de lui dire de descendre d’un étage avec sa gueule de nana trop fière pour se plier à la moindre exigence. T’as même carrément envie de la cogner. Mais quand tu gratte cette surface, tu peux voir qu’elle est tout simplement brisée… De part en part. Un père violent, une mère absente, ses crises de TEI, le peu de considération qu’on lui apportait, le Loup-Garou et Dean. Le type qu’elle aimait.
Qu’elle aime encore.

J’suis un putain d’insensible, pendant longtemps j’l’ai été. Y a trois ans, je l’aurai ignoré, me serait presque foutu de sa gueule en lui disant que j’en ai rien à foutre de sa douleur. La mienne est suffisamment lourde à porter.
Aujourd’hui, j’ai la gorge serré, le myocarde qui fait du tambourin, les mains tremblantes. J’ai presque envie de chialer parce que sa propre fracture m’éclate à la gueule. J’ai peut-être perdu Camélia mais à aucun moment je n’ai eu une vie de merde. Parents aimants, présents, famille en or, amis au top.
Sa famille est au complète et Maxime n’est qu’une poupée brisée. Une poupée qui continue d’hurler ses mots, de me hurler de partir, entre deux sanglots. Elle est écorchée à vif.
Et moi je me sens complètement désarmé. Déstabilisé. Touché. J’veux pas qu’elle soit comme ça. J’veux plus qu’elle se sente bonne à être piétiné.

Hurlement animal. Puis les pleurs, de nouveau. J’ai toutes les peines du monde pour ne pas me jeter sur elle et la prendre dans mes bras. De gré ou de force. J’ai toutes les peines du monde pour ne pas bouger, ne pas me manifester. Nos fiertés ont foutu le camp. Elle n’est plus Jefferson. Elle est juste Maxime, une nana de 19 piges qui craque d’en avoir trop bouffé. Elle s’approche de moi, de quelques pas, titubent comme si elle était ivre.

— Pourquoi tu m’en veux pas ? C’est plus facile si tu m’en veux.

Elle me pousse, sanglote encore, laissant échapper une plainte animale. Jamais elle ne m’avait touchée à ce point, ni éveiller autant de sentiment contradictoire. Pas même lorsqu’elle a abattu ses poings sur mon visage. Maxime me réveille d’une longue léthargie. Tout simplement. Elle fait naitre un nouveau but, me donne de nouvelles responsabilités et un point fixe à suivre pour ne pas péter les plombs.

— Va-t-en.
— Non.

Je ne bouge pas, ne la lâche pas du regard.

— J’suis pas là pour te rendre les choses plus faciles, Maxime. J’suis pas là pour te conforter dans ta fuite.

J’suis pas là pour te laisser t’échapper et te détruire. J’suis pas là pour te laisser crever à petit feu. Je sais que tout est plus facile lorsque tu déteste l’autre. Je sais que tout est plus facile quand tu te juges coupable. Tout ça, j’le sais.
Dire qu’elle n’était qu’une personne de compagnie. Maintenant, j’arrive pas à concevoir un lendemain sans l’avoir dans mon sillage.

— J’ai pas envie de partir et t’as pas envie non plus. C’est trop tard pour ça. Trop tard pour me demander de le faire. J’inspire une bouffée d’air et l’expulse en silence, je me blinde volontairement. J’fuirais pas Maxime. Et toi non plus.

J’approche d’un pas et peu importe ses réactions, les coups qu’elle pourrait me donner, je l’attrape par l’épaule et la tire vers moi. Mes bras l’encerclent, avec force et je ne la lâche pas. Pas un seul instant. Je la maintien contre moi, au plus fort, au plus près. Je veux lui faire sentir une chaleur dont on l’a trop longtemps privé. Elle n’a plus à se détruire comme ça, parce que tout est fini. Tout. William et Macy sont là. Son frère est là. Sa sœur aussi. Moi j’le suis. Peut-être même Hasting si Jefferson réussit à franchir un cap, une acceptation que j’ai personnellement mit 4 ans à regarder en face. Parce que je n’avais pas sa chance d’être entouré des bonnes personnes.

Mon étreinte se resserre, plus longtemps. Je ne bouge pas. Je ne sais pas combien de temps tout ça dure et je m’en branle. Comme du fait que quelqu’un puisse nous voir ou nous. Je me fou de tout ça, je me fou du monde et de leur jugement à la con. Maxime a besoin de moi, qu’elle le veuille ou non alors je n’la lâche pas. Elle peut pleurer sans honte, hurler sans retenue, j’la laisserais faire. Mes bras autour de son cou, je suis à peine plus grand qu’elle mais je réussi à loger ma mâchoire contre sa tempe, une main sur son crâne, un bras autour de ses épaules.

Je reste silencieux. L’étreinte dure quelques secondes, une minute, plusieurs. Je n’sais pas. Je laisse simplement faire avant de me détacher légèrement, regrettant mon geste lorsque je sens une brise glaciale se loger entre nous. Furieux contraste avec le radiateur qu’elle est.

— Tu peux pas faire ça, t’entends ? Lâcher prise et tout abandonner. Pour lui, tu peux pas faire ça. Au moins pour lui, tu ne peux pas te laisser bouffer pour des choses qui ne t’appartiennent pas ou que tu ne contrôle pas. T’as rien demandé. T’as pas demandé à être mordu par un loup. T’as pas demandé à avoir la vie que tu as eue. Si je t’en veux pas c’est parce qu’on est au-delà d’ça putain. On a dépassé ce stade, toi et moi. J’suis pas qu’un mec avec qui tu peux te prendre des cuites ou faire des conneries dans ce château. Fou toi ça dans le crâne Jefferson. Arrête-moi ces conneries et rentre toi ça dans la caboche. Tu ne me tueras pas. Tu ne tueras personnes parce que ce que tu étais il y a un an n’est plus ce que tu es aujourd’hui. T’as William. T’as Macy. Tu m’as moi. La différence d’il y a un c’est que t’es pas toute seule et que personne ici te laissera faire tes putains de connerie. Accepte ça. Arrête de fuir et accepte-le.

Mes yeux se braquent dans les siens. Elle pourra me cogner si elle veut. Elle pourra me jeter, me pousser, me hurler dessus et me frapper de nouveau mais je la garderais là.

— Inverse les rôles. Jamais tu m’laisserais dans ma merde, jamais tu m’laisserais crever comme ça dans mon coin. Si c’était moi demain qui faisait une connerie ? Si c’était moi demain qui était dans la merde jusqu’au cou, tu serais pas là peut-être ? T’en as assez bavé. T’entends ? T’en a assez prit dans la gueule. Je sais qu’il te manque. Je sais que tu crève un peu plus chaque jour de pas l’avoir avec toi. Je le sais parce que Camélia me manque à en crever depuis 4 ans. Mais rien ne le ramènera. Tu pourras te jeter du haut d’une tour, ça changera rien si ce n’est que lui t’en voudrait à mort d’avoir fait ça. Si t’as pas envie de vivre pour toi, si t’as pas envie de vivre pour qui que ce soit… Fais-le au moins pour lui.

Je n’ai compris que récemment que l’acceptation ne se fait pas seule. Que lorsque tu es muré dans un déni total, tu n’es pas foutu d’ouvrir les yeux sans l’aide de quelqu’un. Quelqu’un qui endosse peut-être le mauvais rôle de te rappeler que la mort est un aller sans retour et que quoi que tu fasses, ça ne changera rien. Rien à l’absence. Rien au manque. Rien aux faits. Et ce sont exactement les mêmes raisons qui faisaient de moi une boule de haine, de mépris et de fureur. Jusqu’à ce que l’évidence glisse en douceur entre mes failles. Camélia ne reviendra jamais. Dean ne reviendra jamais. Personne ne le fera.

J'ai laissé tombé le masque et ça ne se reproduira pas avant une éternité. Mais pour cette fois, je laisse à l'arrière ma fierté et laisse place à une part de moi qu'elle peut entrevoir aujourd'hui. Je n'suis pas connu pour mon hypocrisie mais pour mes vérités cinglantes et parfois cruelles. Je tiens à Maxime. Je tiens à elle comme je pourrais tenir à une soeur. Je préfère qu'on me loge une balle en pleine tête plutôt que de rester les bras croisés à la regarder se détruire. Je serais jamais William, Macy, Spencer et Dean. Mais je peux être celui qui la déloge de cette glace qui la maintient dans sa culpabilité et sa haine.

Mes deux mains sont logées dans son cou, pour la maintenir face à moi. Ma voix n’est pas tranchante, ni froide mais elle est ferme. Confiante. J’essaie de lui donner un raccord, un équilibre, une porte de sortie pour qu’enfin elle se déleste de tout ça. De tout ce qui la bouffe et tout ça pour passer de l’autre côté, d’arrêter de côtoyer le monde des morts pour enfin être parmi les vivants. Parmi nous.

— S’il faut que je te cogne pour ça, j’le ferais. S’il faut que j’endosse le mauvais rôle pour que tu reviennes parmi les vivants, j’le ferais aussi. J’suis pas là pour te rendre la tâche plus facile et te conforter dans tout ça, j’suis pas là pour te laisser crever devant moi. J’suis pas là pour te laisser mourir. Alors tu pourras gueuler autant que tu veux de me tirer, j’le ferais pas. Tu vas devoir faire avec.

T’as pas le choix. Aussi égoïste que soit cette décision. T’as foutrement pas le choix Jefferson. Pas maintenant que je t’ai laissé une place chez moi.
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Mar 20 Oct 2015 - 11:44

« Non. J’suis pas là pour te rendre les choses plus faciles, Maxime. J’suis pas là pour te conforter dans ta fuite. »

La tête baissée, la voix brisée, je soupire d'un désespoir profond alors que ses mots me parviennent. Crétin. T'as pas à rester la. Laisse-moi y aller, trouver du repos. Je ne le regarde pas. Je ne peux pas.

« J’ai pas envie de partir et t’as pas envie non plus. C’est trop tard pour ça. Trop tard pour me demander de le faire. J’fuirais pas Maxime. Et toi non plus. »

Mes larmes glissent sur mes joues. Et quand je pensais qu'elles allaient se tarir et se transformer en glace à mon instar, je me sens projetée en avant et d'un geste plaquée à lui. Mon souffle se coupe, mes lèvres se pincent pour retenir les sanglots mais c'est plus fort que moi. Mes larmes redoublent, une plainte s'échappe de mes lèvres et alors qu'il me tient contre lui avec fermeté, mes jambes elles fléchissent à moitié et ma gorge laisse échapper de longs sanglots prudents. J'ai l'impression de ne plus m'appartenir. Ce corps ne bouge pas parce que je l'ai décidé. C'est quelqu'un d'autre qui me pousse contre lui et qui appuie mon visage contre son épaule. Sa chaleur m'enveloppe, la mienne disparaît, toute ma peine s'échappe par les minces filets d'eau qui ruissellent de mes yeux. Tout mon être se décharge et dans son étreinte j'ai l'impression de retrouver mon frère. Dans la force qu'il appose autour de mes épaules et la conviction de sa main dans mes cheveux. Mon coeur fatigué ne cesse de se déverser, veut bondir hors de ma poitrine. Hors du temps, hors contexte, loin de cette journée froide de Février, j'ai l'impression de n'être plus rien qu'un pantin usé aux fils coupés. Jouet de l'infortune.

Ma peine se dévoile, s'épanouit comme une fleur au creux de ma poitrine. Comme si jusque là je n'avais pas eu conscience de son existence et surtout, de son ampleur. Si bien que lorsqu'il s'écarte, je ne me sens pas mieux. Mes sanglots ne sortent plus de mes lèvres serrées et blanchies, mais mes larmes continuent de faire leur chemin.

« Tu peux pas faire ça, t’entends ? Lâcher prise et tout abandonner. Pour lui, tu peux pas faire ça. Au moins pour lui, tu ne peux pas te laisser bouffer pour des choses qui ne t’appartiennent pas ou que tu ne contrôle pas. T’as rien demandé. T’as pas demandé à être mordu par un loup. T’as pas demandé à avoir la vie que tu as eue. Si je t’en veux pas c’est parce qu’on est au-delà d’ça putain. On a dépassé ce stade, toi et moi. J’suis pas qu’un mec avec qui tu peux te prendre des cuites ou faire des conneries dans ce château. Fou toi ça dans le crâne Jefferson. Arrête-moi ces conneries et rentre toi ça dans la caboche. Tu ne me tueras pas. Tu ne tueras personnes parce que ce que tu étais il y a un an n’est plus ce que tu es aujourd’hui. T’as William. T’as Macy. Tu m’as moi. La différence d’il y a un c’est que t’es pas toute seule et que personne ici te laissera faire tes putains de connerie. Accepte ça. Arrête de fuir et accepte-le. »

Je secoue la tête à la négative. Il me tient encore comme si j'allais m'enfuir. Il a raison, mes jambes ne rêvent que d'aller faire une course dans la forêt. Fuir toute cette merde, ce foutu piège dans lequel je suis prise jusqu'au cou. Nos deux corps sont tendus à l'extrême. Il capte mon regard, j'y reste accrochée, incapable de savoir ce que je veux. Incapable de décider si je dois fuir ou rester, crier ou pleurer, m'évanouir ou me redresser.

« Inverse les rôles. Jamais tu m’laisserais dans ma merde, jamais tu m’laisserais crever comme ça dans mon coin. Si c’était moi demain qui faisait une connerie ? Si c’était moi demain qui était dans la merde jusqu’au cou, tu serais pas là peut-être ? T’en as assez bavé. T’entends ? T’en a assez prit dans la gueule. Je sais qu’il te manque. Je sais que tu crève un peu plus chaque jour de pas l’avoir avec toi. Je le sais parce que Camélia me manque à en crever depuis 4 ans. Mais rien ne le ramènera. Tu pourras te jeter du haut d’une tour, ça changera rien si ce n’est que lui t’en voudrait à mort d’avoir fait ça. Si t’as pas envie de vivre pour toi, si t’as pas envie de vivre pour qui que ce soit… Fais-le au moins pour lui. »

Rien ne le ramènera.

J'ai envie de lui hurler de se taire, mais tous les mots qui se bousculent à mes lèvres n'arrivent pas à passer cette barrière. Je tremble désormais, les poings serrés, je ferme les yeux un instant pour retenir la plainte du loup qui en son coeur également pleure l'absence de quelqu'un qu'elle a réduit au silence. Je n'ai pas envie. Je n'ai plus envie. Alors je redresse le regard, lui transmet cette absence. Mon coeur s'est fait la malle. J'ai envie de vomir. Les larmes me brouillent la vue, je crève de chaud et à la fois, il me semble qu'une nouvelle ère glaciaire s'est installée entre mes côtes. L'entendre le dire me détruit, une petite implosion aux fondations de mon être qui réussit à réduire à néant les maigres installations qui me permettaient d'être debout. Jusque là. Saines ou non, elles étaient la. Je serre si fort mon corps entier que cela entretient la nausée qui me monte aux lèvres.

Ses mains autour de mon cou m'empêchent de m'effondrer. Je serre les dents, tremble comme une feuille. Il ne reviendra pas. Comme sa soeur ne reviendra pas. Ma douleur ne demande qu'à s'échapper de mes lèvres, je palis, incapable de tenir la distance. J'ai l'impression que mon esprit s'éloigne de mon corps alors que sa voix imprègne à nouveau notre environnement.

« S’il faut que je te cogne pour ça, j’le ferais. S’il faut que j’endosse le mauvais rôle pour que tu reviennes parmi les vivants, j’le ferais aussi. J’suis pas là pour te rendre la tâche plus facile et te conforter dans tout ça, j’suis pas là pour te laisser crever devant moi. J’suis pas là pour te laisser mourir. Alors tu pourras gueuler autant que tu veux de me tirer, j’le ferais pas. Tu vas devoir faire avec. »

Mes paupières se ferment et ajoutent à l'eau sur mes joues d'autres larmes. Je respire avec difficulté. Toutes forces me quittent. Mes épaules s'affaissent, mon visage en fait de même et mon front se pose contre le sien. Je sens son souffle se glisser sur ma joue trempée, sa chaleur me parviens. J'ai honte et j'ai mal. Mal à en crever. J'aimerais qu'il mette sa menace à exécution et qu'il me frappe, abatte ses phalanges sur ma pommette déjà ouverte par sa précédente intervention. Les contacts que nous avons se résument à ses mains sur mon cou et à nos fronts qui se touchent.

Je lutte pour respirer normalement. Je trempe surement ses avant-bras de mes larmes mais plus rien n'a d'importance, plus rien n'a d'écho que notre échange. Les yeux toujours clos, je réunis toutes mes forces, mes dernières capacités à parler. Mon ton est bas, cassé.

« Je suis désolée. »

Mon corps tendu ne bouge autrement que par ses tremblements. Je laisse à peine le silence s'installer que je reprends, comme si quelqu'un me poussait à parler. Sans mon accord entier.

« Je peux pas. Je ne vais pas y arriver. »

Je n'arriverais jamais à surmonter sa mort, mon meurtre, mes crocs autour de sa gorge. Je me sens glisser dans une eau épaisse et noire. Sans aucun moyen de me raccrocher. William et Macy s'interposent, Alexander, Kristen, Matéo lui-même que je perçois toujours contre moi. Aucun n'arrive à dépêtrer mes jambes du bourbier que j'ai moi-même crée. Je me sens enfermée, bloquée dans une mare du sang que j'ai fais couler. Ses cris sont mes cauchemars, son sang sur ma peau...

« Son sang sur ma peau. Je le sens encore. Je dors pour le voir hurler sous mes crocs. Pour te voir te protéger de mes poings. »

Je me décide enfin à décoller mon front du sien. Je glisse une main tremblante à l'intérieur de mon hoodie et en ressort un papier corné, jaunit, sali par du café ou du coca, peu importe. La photo est en couleur. On est tous là, Macy est sur la droite, adossée au mur derrière elle plein de graffitis, et elle discute avec William qui est assis sur les marches à côté d'elle, en compagnie de Jude. Moi je suis debout à gauche de la photo, derrière Spencer avec une main sur son épaule tandis qu'il est assis avec une gratte sur les genoux. Je suis visiblement contente de me moquer de lui, souriant à Dean qui est de profil, ses yeux posés sur moi. Qui a pris la photo ? Surement un pote éloigné, un ami d'une journée, quelqu'un qui a compris qu'il n'était pas facile de faire partie de notre groupe. Mes yeux se posent sur chacun d'entre nous et la nausée revient. Je pose la main sur ma bouche et lui tend la photo.
Cette photo me brise le coeur.

« J'ai pas envie que tu partes, c'est vrai. »

J'ose le regarder, hausse les épaules, secoue la tête, incapable de contenir de nouvelles larmes qui roulent sur mes joues. Mais la photo qu'il tient entre les mains est le preuve de ce que j'ai détruit, et c'est ce que je chercher à lui faire comprendre en la lui donnant.

Je fais un pas sur le côté, le contourne et me dirige cette fois vers le château. Les seules forces qui me restent me permettront d'aller me doucher, me noyer sous l'eau. Handicapée des relations sociales.

— END —
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MessageSujet: Re: No one needs to know - Maxime.    Lun 26 Oct 2015 - 10:08

Mon discours est aussi long que sûrement blessant mais je ne vois pas d’autres alternatives pour la tirer de ce coma, de cette crise ou de cette culpabilité. Elle est devenue bien plus qu’une amie, je ne me vois pas et ne veux pas la laisser dans cette merde sans agir. Maxime c’est un peu l’accident de bagnole qui vous arrive dans le coin de la gueule, avec toute sa violence et son imprévisibilité. Et dans notre vie, des accidents de bagnole on en a un tas. Elle pleure comme jamais je ne l’ai vu pleuré et ça me déchire quelque part, au fond de moi, me ramène à des époques que j’ai cherché à oublier et à fuir. Je l’ai fait fois, de partir sans un mot en abandonnant tout derrière moi. Mais maintenant il serait peut-être temps de devenir un homme et de prendre ses responsabilités, d’assumer les dégâts qui nous lient a d’autre. Nos amours ne reviendront pas, ils sont désormais naufragés dans ce qu’on appelle un monde meilleur et je sais la douleur devant l’évidence que l’on réfute et que l’on rejette en bloc. Celle qui soulève cette violente injustice et ce dénie. Pourquoi devrions-nous accepter la mort alors que nous ne le voulons pas ? Parce qu’on pas le choix. Putain non, on ne l’a pas.

Je ne m’attendais pas à ce que cette discussion prenne cette tournure. J’étais juste là pour régler mes comptes, lui foutre deux droites dans la gueule et refoutre les compteurs à zéro. Rien de plus. Et ça vire aux confessions. Et s’il fallait tout ça pour en arriver là alors j’en suis content. Content qu’elle puisse cracher sa haine et sa peine plutôt que de la laisser pourrir dans un coin de sa tête et qu’un jour Macy la retrouve avec les veines taillées quelque part dans la salle de bain. J’laisserais pas faire ça et je le lui dis. J’ai perdu Camélia et chaque jours est un véritable calvaire sans elle. Alors je ne permettrais pas à ce que ça arrive de nouveau avec une seconde sœur. Parce que j’ai appris avec le temps et avec mes propres merdes que la vie va au-delà de tout ça. Qu’elle ne se limite pas à une existence quand bien même leurs absences nous donnent l’impression de plus pouvoir respirer correctement et de nous faire vivre avec un membre en moins. J’veux pas la laisser tomber, j’veux pas qu’elle crève. J’veux pas qu’elle se laisse mourir. Elle n’a juste pas le droit.
Même si c’est faux.

Mes mains sont toujours dans son cou et je me refuse de la lâcher. Je veux qu’elle entende, qu’elle comprenne. J’suis là. On est là. J’arrive même à me dire qu’à nous 4 on peut réussir à reconstruire un truc solide pour continuer. Même moi putain, j’réussis à me dire ça. Et le mouvement qu’elle fait, très léger mais présent m’encourage dans mes idées et ma volonté. Son front contre le mien, ce geste intimiste et plus évocateur que n’importe quels mots me prend direct à l’estomac pour m’injecter une dose d’adrénaline droit dans le cœur. Une dose de sentiment dans ce muscle que je croyais mort depuis des années. Je la serre un peu plus fort puisqu’en cet instant c’est elle et moi. Deux âmes complètements bousillées par nos propres soins et celui d’une vie qui cherchent enfin un coin de rédemption. Quelque chose où s’accrocher.

— Je suis désolée. Je peux pas. Je ne vais pas y arriver.
— Maxime Jefferson y arrive toujours. T’es plus toute seule. Entends le, t’es plus toute seule face à tout ça.

Toutes ces conneries sont terminées. Cette histoire de violence familiale, d’abandon et de rejet total, c’est fini. Elle n’aura plus à y goûter parce que j’suis là et j’suis pas tout seul. William est peut-être le plus silencieux d’entre nous mais il est aussi le plus observateur et présent. Sous ses silences de tête d’ampoule, je sais qu’il veille comme un véritable chien de garde sur elle et que le premier qui osera effleurer sa peau ou quoi que ce soit de Maxime, se retrouvera dans un sale état en un claquement de doigts. Qu’elle sache se défendre ou non, qu’elle se soit toujours débrouillée seule ou non, tout ça ne change rien à cette volonté dans le regard de Jackson. Et c’est la même qui m’anime en cet instant. Sans compter celle de Macy. Je sais pas si Maxime se rend compte à quel point nous formons rempart autour d’elle.

Toujours front contre front, je sens sa chaleur irradiée de sa peau et m’envelopper. Ses yeux parfois dans les miens, on pourrait presque sentir un fil rouge se tisser quelque part entre nous

— Son sang sur ma peau. Je le sens encore. Je dors pour le voir hurler sous mes crocs. Pour te voir te protéger de mes poings.

Je m’apprête à formuler une autre réponse mais elle se décolle de moi et me sort une photo toute racornie de sous son vêtement. Je la prends entre mes doigts, scrute ce cliché tâchée mais qui respire le souvenir. J’y reconnais aussitôt Macy et William, les inséparables. A côté de ce dernier, un autre gars est là, une main sur son genou. Métisse, tranquille, je ne sais pas qui c’est. Peut-être un ami ? Petit ami ? J’ai pas le souvenir d’avoir entendu parler de ça. A gauche, Maxime postée derrière un type à la peau noire, gratte sur ses genoux. Ils sourient tous. Et elle regarde un autre gars que je devine être Dean. Grand, crâne rasé, baraque, il doit faire deux à trois fois ma carrure. Mon regard virevolte de visage en visage et pour la première fois depuis des mois, je me sens loin d’eux, loin de tout ça. Peut-être pas comme un intrus puisque si ça avait été le cas, je ne serais pas là à tenir cette photo entre mes doigts. Mais plutôt comme un spectateur de leur petite bulle, de leur petit monde qui a volé en éclat avec la mort de deux d’entre eux. Ce cliché est bourré de nostalgie et je comprends Maxime et sa difficulté à vouloir vivre dans un monde où ce que je vois sur ce bout de papier n’existe plus dans la réalité.

Mais une nouvelle réalité s’est construite. Avec moi. Avec ceux qui restent.

— J'ai pas envie que tu partes, c'est vrai.

Nos regards se croisent et elle pleure de nouveau. Le loup en elle a tué ce type sur la photo mais est-ce que c’est une raison pour se dire que tout le reste ne doit plus exister ? Elle hausse les épaules et tourne les talons, direction le château. Je reste une poignée de seconde avec le cliché entre mes doigts, scrutant de nouveau l’ambiance. Maxime ne sait pas à quel point je l’envie quelque part parce que je tiens là entre mes doigts, c’est une chose que je n’ai jamais eu, jamais connu. Parce que j’ai réagis comme un connard. Alors la question que je me pose maintenant c’est : Est-ce qu’il vaut mieux avoir connue leur bonheur, même détruit, et s’y raccroché quand on a pour seule envie celle de mourir ? Ou n’avoir rien d’autre que 4 années de gouffre sans fond, de noir total et d’absence d’attachement avec aucun regard qui ne vous valorise, avec aucun être à qui manquer, parce que vous vous êtes efforcé à être la pire des ordures durant tout ce temps.

Pour la première fois, je regrette d’avoir été ce connard là.
Pour la première fois, je regrette de ne pas avoir su être quelqu’un de bien pour avoir un jour entre mes mains un cliché comme le sien.

Je déglutis et fronce les sourcils avant de la rattraper, marchant désormais à sa hauteur. Je lui rends la photo. Un silence s'installe, durant quelques mètres, le temps que la tension s'apaise.

— J’tiens trop à voir ton mariage avec Hasting pour me tirer comme ça. Tu vas avoir besoin d’un type comme moi pour te donner du courage pour aller jusqu’à l’autel parce que tu vas te taper une crise d’angoisse, j’suis sûr.

J’imagine rapidement la scène, ça me fait sourire malgré la gravité de la conversation qu’on a eue. J’essaie une pointe de légèreté.

— Et compte pas sur Macy pour te donner ce courage-là, elle sera sûrement entrain d’angoisser autour de toi. Et William se tapera sûrement un type de la famille d’Hasting dans les chiottes.

Moment de silence, perturbé par le seul bruit de nos pas dans la fine couche restant de neige.

— On te laissera pas Maxime. William, Macy et moi. Même quand tu auras 90 piges avec des dents en moins, on sera encore là à te charrier. Mon bras glisse autour de ses épaules et je l’attire un peu contre moi, en douceur. Parait qu’on est une famille maintenant, j’suis le plus vieux. Je dois vous empêcher de faire des conneries, sinon c’est Dean et Spencer qui m’enverront de la foudre en pleine gueule pour avoir failli à ma tâche.

Et je dis ça sans l’ombre d’un sourire. Je ne m’approprie rien mais je devine que s’ils étaient vivants et que si je foirais ma tâche, ils n’déconneront pas avec ça. Je tiens à Maxime plus que je ne le dis ou ne le montre. Elle fait partie de ma vie maintenant, c'est comme ça et j'ai bizarrement pas lutté contre. J'ai fais des choses pour elle que je referais les yeux fermés. Ce qu'il s'est passé là n'est pas anodin. Aussi bien dans les larmes que dans les étreintes, c'était pas un moment banal. C'est comme si un truc s'était passé, que notre mur s'est vu marqué d'une pierre blanche. Comme la trace d'un nouveau départ ou je n'sais quoi d'autre.

J’accompagne Maxime jusqu’à sa salle commune, dans un nouveau silence, peut-être signe d’une nouvelle promesse. Je n’oublie pas ses cauchemars, ni sa culpabilité. Mais quand j’ressors de là-bas c’est comme si je respirais un nouvel oxygène ou une nouvelle vie. Ma gueule me fait encore mal mais c’est rien. Rien que mental. Ça n’a aucune importance à côté de ce qu’il me reste à faire désormais de ma vie.

La garder debout. Avec eux.
Peut-être sous l’œil encourageant de Camélia, là, quelque part à côté de moi.

— FIN —
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No one needs to know - Maxime.
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