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 Hide & Seek {Kyle}

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MessageSujet: Hide & Seek {Kyle}   Dim 20 Juin 2010 - 22:44

Je t'aime. Un peu. Beaucoup. Passionnément. A la folie. Et on va faire l'impasse sur le Pas du tout, parce que celui là, il n'existe pas, n'a jamais existé, et n'existera jamais. C'est peut être des rêves d'adolescent, mais très franchement, je m'en fous pas mal. Tout ce que je vois, c'est que je ne me suis jamais senti aussi bien depuis des lustres. Je crois même n'avoir jamais été autant heureux de toute ma vie. Même si j'ai peur bien sur, puisque la situation ne joue pas en notre faveur, mais je ne pensais pas que l'amour pouvait me faire ressentir les choses de cette manière là. Savoir qu'une personne tient à vous plus qu'à sa propre vie, que vous comptez pour elle comme personne n'a jamais compté, ça donne des ailes. Et quand c'est réciproque, c'est encore meilleur. Dans ma tête, j'ai cinq ans. J'ai l'impression d'être un petit garçon à la petite école qui fait des bisous en cachette à son amoureux. C'est timide. C'est prude. Oui bon peut être pas si prude que ça mais, c'est ... complètement niaiseux. Je m'en tape. J'aime ça. J'aime le rendre gaga. J'aime le voir sourire quand il me regarde et qu'il se passe mille choses dans ses yeux bleus. J'aime sa main dans la mienne. J'aime le rendre fou. J'aime tout ce qu'on partage.

~ * ~

J’ai récupéré Kyle à la sortie de la salle de bain, et je crois bien que je lui ai fait peur parce qu’il a sursauté en me voyant. Je suis si horrible que ça ? D’accord je dois avoir des cernes pas possible et une tête de mort vivant mais … Ah et puis tant mieux. C’est le but. Si je peux en intimider un ou deux au passage, c’est tout bénef. Parce que ça va pas être une partie de plaisir de traverser le Château, ensuite le Parc, le Saule, le Passage jusqu’à la Cabane. Une fois sous le Saule on sera tranquilles je pense mais d’ici là, il va falloir se fondre dans la masse. C’est drôle de voir Kyle avec ma robe de sorcier, mais il y a un truc qui me dérange. C’est pas lui. J’ai l’impression de le dénaturer en lui faisant porter ça. Lui n’a pas l’air de s’en soucier plus que ça et tant mieux mais vraiment, ça me perturbe. J’aimerai pas qu’il soit l’un d’entre nous. J’aurais trop peur que la magie le change, qu’elle prenne le contrôle de son inconscient et qu’elle me le transforme en une personne qu’il ne serait pas. Elle a ce genre d’effet sur certains, et même si je doute qu’on puisse changer sa façon d’être, la magie est capable de beaucoup de chose. On ne sait jamais comment ça peut tourner. Il me semble que l’appel de la magie noire est très fort en plus. Je ne sais même pas si je serais capable d’y résister si elle me tombait dans les mains par hasard. Enfin bref, je perds mon temps là. Kyle n’est pas un sorcier, il n’en sera jamais un et même si ça aurait pu arranger plein de choses, peut être qu’on ne se serait jamais adressé la parole si les circonstances de sa venu à Poudlard avaient été différentes.

~ * ~

J’ai hésité un moment avant d’ouvrir la porte. La main sur la poignée, je tentais de rester calme, d’afficher un air sur de moi et une expression déterminé, mais intérieurement j’étais mort de trouille. Je revoyais mon « altercation » de la veille avec le Supérieur, et son crâne brisé sur les marches. Ils étaient probablement entrain de nous chercher et peut être même qu’ils attendaient de l’autre côté, qu’on se décide à sortir de là. Je n’ai pas regardé Kyle, je sais que je n’aurais sans doute pas été capable de me retenir de craquer si j’avais croisé son regard. Un coup d’œil à ma montre m’indiquait qu’on était en plein rush, que les couloirs devaient être remplis d’élèves, de professeurs, et autres fantômes. J’ai avalé difficilement ma salive, pris une profonde inspiration et j’ai finalement appuyé sur la poignée. Ensuite, tout a été très vite. Cette portion de couloir était vide, à l’exception de deux personnes qui se dirigeaient vers l’infirmerie. J’ai attrapé la main de Kyle et je l’ai tiré dans mon sillage, direction le passage secret qui mène directement au premier étage. Pour ça, il faudrait que je remercie Jill un jour. C’est elle qui me l’a fait découvrir. J’espère vraiment ne pas la croiser ce matin, je ne me sens pas la force d’affronter son regard. Je culpabilise de la laisser derrière moi mais, est ce que j’ai vraiment le choix. Elle sera bien mieux quand je ne serais plus là pour lui créer des problèmes. Cette fuite va faciliter la vie de tout le monde si elle fonctionne. Et j’espère vraiment qu’elle fonctionnera même si je ne peux pas m’empêcher de penser au pire.
Passer du septième étage au premier dans une sorte de tobogan géant est une expérience relativement traumatisante. Je dois bien avouer que je ne suis pas mécontent d’avoir eu l’estomac quasiment vide à se moment là. Kyle accroché derrière moi, je crois que lui aussi a été secoué même s’il m’a semblé l’entendre rire. J’ai peut être halluciné, ou peut être qu’il a vraiment apprécié le voyage. Vas donc savoir, il est un peu bizarre ce type. Complètement maso.
Arrivée en bas, j’avais la tête qui tournait tellement que j’ai eu besoin de me stabiliser un peu et allez donc savoir pourquoi, je me suis accroché à Kyle. Au départ, j’avais juste mes mains dans son dos et ma tête sur son épaule mais ça n’a pas duré bien longtemps … J’ai relevé la robe de sorcier jusqu’à sa taille et mes mains sont allé se cacher dans les poches arrières de son jean. Enfin mon jean en l’occurrence, qui était trop grand pour lui bien évidement. Je trouvais ça mignon qu’il porte mes vêtements, mais heureusement qu’il avait une ceinture pour tenir tout ça quand même.
Je ne me suis pas posé de question quant au fait que j’étais entrain de toucher les fesses d’un autre mec. J’avoue que ça m’a un peu trituré l’esprit mais je me suis souvenu de sa main qui empoignait fermement une des miennes un peu plus tôt. Même si je n’avais rien dit ni montré à ce sujet, j’avais proprement adoré ça. Je tuerais pour qu’il recommence. Alors fille ou garçon … C’est encore mieux quand c’est lui. Point final.

Puis après tout, un cul est un cul, une main n'a pas d'œil
Des petites fesses parfaites, on dirait qu’elles ont été moulées exprès pour mes mains.

Je suis irrécupérable.

Je sais qu’on était pressé par le temps, mais personne ne se doutait qu’on était planqué là, dans un passage, au premier étage, et j’avais vraiment envie de profiter de lui un peu sachant pertinemment qu’on risquait de se faire choper dès l’instant où on sortirait d’ici, alors j’ai laissé mon visage glisser contre le sien, un petit bisou sur la joue et mes lèvres sur les siennes. Ben quoi ? C’est pour me redonner des forces.
Et hop, ni vu, ni connu, je t’embrouille. Et vas y que je te pelote le cul dans les petits coins sombres. On va peut être se faire descendre à la seconde où on franchira le seuil de cet endroit mais moi je m’en fous, j’embrasse mon « petit ami » et je lui touche le cul.
Je commence sérieusement à me poser des questions. Je me demande si inconsciemment j’étais pas prédisposé à être avec un mec parce que là franchement ça fait beaucoup de choses qui me semblent naturelles. Pourtant j’ai pas le souvenir d’avoir été attiré par l’un d’entre eux avant Kyle. Je comprends pas trop ce qui m’arrive. De toute façon, qu’est ce que ça change ? On va crever alors j’aurais plus à me poser la question de savoir ce que je suis. Je suis ni homosexuel, ni hétérosexuel. Je suis Kylesexuel. Et puis c’est tout. Qu’est ce que je raconte moi. Je suis un Ange. Je suis asexué. Oui c’est ça, un véritable petit angelot. Un innocent qu’on tente de pervertir. D’ailleurs c’est pas de ma faute si mes mains ont atterrit là, on m’a forcé. J’ai rien pu faire. Je ne peux pas les enlever, elles sont collées. De toute façon, il n'y a pas de contact direct. Pas avant le marriage, non mais oh !

Why do you have to be so cute?
It's impossible to ignore you … ♪


J’ai finalement lâché sa bouche et j’ai murmuré dans son oreille un truc qui m’a traversé l’esprit. Je sais que j’aurais du m’abstenir mais c’était plus fort que moi, j’ai pas réussi à me taire. J'ai parfois l'impression de ne pas avoir de filtre entre mon cerveau et ma bouche et ça risque de me poser problème si je continue. Enfin bref, trop tard, le mal était déjà fait avant même que je ne me rende compte que j'avais ouvert la bouche.

- Je sais que je ne devrais pas te dire ça mais ... tu m'as manqué tout à l'heure sous la douche.

Comme si c’était le moment très franchement ?! Enzo, merde ! Tu réfléchis des fois avant d’agir ?
Euh … nah ! C’est superflu.
Crétin.
Merci.
De rien. Non mais tu me fais quand même halluciner. Tu ne te rends pas compte de la situation dans lequel tu le mets ? Et regarde toi, t’as juste envie de lui sauter dessus. Active toi au lieu de jouer les jolis cœurs dans les recoins les plus reculés de ce château de malheur. Je te rappelle que vous n’êtes pas venu là pour enfiler des perles. Y a encore du chemin à faire. Descendre dans le hall. Traverser le Parc. Réussir à trouver le passage sous le Saule. Et la liste est encore longue. Alors garde les dernières forces que tu as pour ça et arrête de torturer ce pauvre Kyle. Fous lui un peu la paix, c’est pas un jouet.
Oui maman.
Aller sors de là maintenant et plus vite que ça. Et enlève-moi tes sales pattes de là !

~ * ~

Je n’avais pas franchement envie de faire ça, le lâcher je veux dire. J’avais cette désagréable impression, comme un pressentiment, qui me collait à la peau. J’avais une peur panique qu’on nous attrape et qu’on nous sépare. Ajoutée à ça la peur de mourir, et surtout la peur qu’ils fassent du mal à Kyle. Globalement je n’étais pas très bien même si je tentais de ne rien montrer. J’ai récupérer mes mains et la robe de sorcier est retombé sur ses jambes et je me suis excusé. Petite hésitation avant de sortir du passage, mais nous n’avions de toute façon pas le choix. Ce couloir là était bondé, et se fondre dans la masse n’a pas été un énorme problème. J’avais pris soin de ne pas mettre ma capuche sur ma tête pour une fois, j’étais bien trop visible puisque j’étais l’un des seuls à faire ça. Et vêtu de noir, malgré mon absence de tenue de sorcier, je ne jurai pas avec le reste de la population de Poudlard. Les conversations autour de nous étaient stériles, pas franchement intéressantes. Des élèves qui n’avaient pas envie d’aller en cours pour la plus part. J’ai cru perdre Kyle a un moment, j’ai paniqué et par reflex ma main a saisi la sienne le plus discrètement possible. J’ai aperçu quelques visages connus, certains m’ont dit bonjour, d’autres n’ont pas fait attention. Et il y a eu cette petite fille dans les escaliers. J’ai surpris son regard étonné lorsqu’elle a vu ma main dans celle de Kyle. Je lui ai offert un sourire, j’ai porté mon doigt à mes lèvres, intimant le signe du silence, et elle m’a souri en retour. Un clin d’œil puis nos chemins se sont séparés. Traverser le Hall n’a pas été une partie de plaisir. Il nous a fallu ruser pour éviter un groupe de Supérieurs qui fendait la foule comme un brise-glace en Antarctique. Mon cœur battait si fort là dans ma poitrine que je me demande encore comment j’ai fait pour tenir debout. L’adrénaline probablement.
Une fois la grande porte de bois passée, je me suis dit que le reste du trajet n’allait pas être une partie de plaisir. Il nous fallait atteindre le Saule sans se faire remarquer, trouver la bonne racine sur laquelle appuyer pour qu’il nous laisse l’accès, le tout sans se faire tuer. Heureusement qu’à deux, nous avions un stock de volonté assez conséquent et qu’il me donnait du courage parce que cette entreprise avait tout l’air d’un acte désespéré. On a profité d’un groupe d’élève qui se rendait au cours d’Ismaelle pour arriver aussi près que possible de l’arbre. Il est vrai que tout ça aurait probablement été plus simple en pleine nuit mais … Disons qu’on n’a pas vraiment eu le choix. Je ne sais par quel miracle, on a réussi à se rendre jusqu’au vieil arbre sans encombres. J’ai regardé un peu partout autour de nous, histoire de voir s’il n’était pas possible d’utiliser quelques choses pour atteindre le nœud de racine autrement qu’en plongeant sous les branches folles. C’est là que j’ai remarqué un petit amas de pierre. J’ai sorti ma baguette de ma poche arrière tout en regardant derrière nous si la voie était libre. Personne. J’ai prononcé un sort, et l’une des petites roches s’est élevée dans les airs pour atterrir sur le pied de l’arbre. Il ne s’est rien produit. J’ai recommencé, deux fois, trois fois, … Et au bout de la sixième, l’impact a été le bon. Pendant tout ce temps j’ai bien cru que je n’y arriverai jamais. L’arbre a bougé un instant, ses branches se sont agitées, puis plus rien. Jusqu’à ce que les racines s’activent à leur tour et laisse apparaître une sorte de passage au beau milieu du nœud. J’ai regardé Kyle et j’ai pas hésité une seconde. Je ne sais pas d’où m’est venu cette impulsion de courage ou d’inconscience mais j’avais le sentiment que si je marquais ne serais-je qu’une seule seconde d’hésitation, quelque chose tournerait mal. Kyle dans mon sillage, on s’est engouffré dans ce qui semblait être une sorte de tunel sans que l’arbre ne bronche une seule fois. A l’aide d’un Lumos, on a avancé comme ça dans l’inconnu durant de longues minutes. J’ai repris sa main dans la mienne, par inquiétude. J’avais cette trouille maladive qu’il disparaisse d’un moment à l’autre pour je ne sais trop quelle raison. Au moins, tant que je le sentais, j’étais rassuré.
Je commençais à trouver le temps long et mes yeux se fermaient dangereusement, quand ces espèces de marches et ces planches de bois sont apparues. Deux minutes plus tard, nous étions dans la vieille cabane abandonnée. Elle semblait totalement vide.

C’est en tout cas ce que je pensais jusqu’à ce que je pousse une porte et que malgré moi, je sursaute. J’ai éclaté de rire en voyant la cause de ma surprise. Sur le sol, assis dans la poussière, se tenait un minuscule petit chaton, aussi blanc que mon loup est noir. J’ai posé mon sac par terre et je me suis avancé vers lui tout doucement. Il a miaulé.

- Hey salut toi. Qu’est ce que tu fais là. Viens me voir. Ouh t’es trop mignon. T’es tout seul ? Ben alors. Faut pas avoir peur, j’vais pas te manger.

Moi non. Le Loup peut être. Mais rassure toi, il ne sera pas là avant un mois maintenant. Avec toute la patience du monde j’ai réussi à approcher la petite boule de poil et je l’ai pris dans mes bras. Je me suis relevé en faisant plein de bisous à ce petit chat trop mignon et j’ai regardé Kyle.

- Il est tout doux.

Kyle était dans l’embrasure de la porte et me fixait comme s’il venait de voir un fantôme ou je ne sais pas trop quoi. Sur le moment j’ai pas compris et j’ai froncé les sourcils, jusqu’à ce que je me rende compte que je devais avoir l’air complètement gaga avec cette boule de poil dans les bras, à lui parler comme si c’était un bébé, ce qui est le cas soit dit en passant. Je me suis mordu la lèvre inférieure et j’ai grimacé.

- Quoi ? J’ai l’air d’un crétin c’est ça ? Je t’ai pas dit, je suis « Insensible » ascendant « Bisounours ». Sois pas jaloux c’est qu’un chaton.

Insensible ascendant Bisounours. Sympa comme signe astrologique. T’as fumé quoi Enzo Ryans ? Je te trouve particulièrement prédisposé à la connerie depuis ce matin.
J’ai souri comme un con et j’ai ramené le ptit chat sous son nez. Je te mets au défi de ne pas craquer face à des yeux pareil mon pote.
Mon pote … Je ne sais pas si c’est vraiment le mot. Mon pote. A la base Kyle est mon ami, donc par définition c’est mon pote. C’est juste que j’ai pas vraiment l’habitude d’embrasser mes potes. Mon copain ? Mon mec ? Mon homme ? Ouais mon pote ça va le faire hein. Ça fait moins cérémonieux.
Un miaulement plus rauque ma sorti de mon délire et j’ai tourné la tête. Derrière Kyle, dans le couloir, se tenait un autre chat, tout aussi blanc, mais adulte celui-ci. Dans mes bras le petit s’est agité.

- C’est ta maman ?

Dis donc, qu’est ce que t’es perspicace. C’est vrai que vu la couleur de son pelage qu’est aussi blanc que celui du petit, on peut effectivement se demander si c’est bien sa mère. T’es complètement gaga. Regarde moi ça.
Je me suis penché et j’ai déposé le petit chat par terre en le regardant s’éloigner rapidement vers l’autre chat avec un regard qui trahissait mon attendrissement face à cette petite chose. Je suis une guimauve c’est pas possible.

- Aller va la rejoindre, elle s’inquiète de te voir dans les bras d’un mec bizarre qui sent le Loup.

Oui va la rejoindre. Moi aussi j’aimerai bien rejoindre ma maman.

Les deux animaux disparu, j’ai reporté mon attention sur la pièce. Du bois partout. Des vieux meubles. Un lit. Des fenêtres toutes barricadés. Un vrai palace.

- Tin tiinn ! Charmant n’est ce pas ? Bienvenue au quatre étoiles Cabane Hurlante. Domaine de caractère qui brille par … Euh ben par sa poussière et sa forte odeur de renfermée visiblement. Quel cadre absolument formidable. Ils devraient organiser des mariages ici.

Au centre de la pièce, j’ai tourné sur moi-même afin d’observer l’endroit dans les moindres détails. Au bout de 30 secondes, j’ai lâché un bâillement à m’en décrocher la mâchoire.
Ouais je crois qu’il est grand temps que je dorme. De toute façon, pour aller plus loin il va falloir vérifier s’il n’y a pas des sorts de protection et pour ça j’ai besoin d’énergie. Chose dont je suis totalement dénué pour le moment.
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Lun 21 Juin 2010 - 7:13


[- Hide & Seek -]


Même si j’étais très enthousiasmé à l’idée de notre évasion bien préparée je ne pouvais m’empêcher d’avoir une certaine crainte. Je n’avais jamais été fan de l’inconnu et là je mettais les deux pieds joints dedans, les yeux bandés. Je pense que cette situation là m’effrayait encore plus que mon arrivée à Poudlard. Parce que je n’avais pas simplement peur pour mon avenir et pour ma vie. J’étais encore plus terrifier de ce qu’il adviendrait d’Enzo si jamais on nous mettait la main dessus avant que nous puissions réaliser notre but ultime. J’ignorais ce qu’il adviendrait de moi si jamais je le perdais. Je l’aimais tellement… J’en étais complètement dingue et s’il aurait été une seringue, j’aurais toujours eu son aiguille plantée dans le bras. On disait souvent que les adolescents vivaient leur émotion encore plus intensément que les adultes. Peut-être parce que pour nous c’était du nouveau, du jamais vu. Et pourtant, quelque chose au fond de moi me disait que si nous réussissions à sortir de cet enfer, j’allais encore plus être scotché à lui que ne l’étais déjà. Encore plus amoureux et passionné. La liberté retrouvée, plus rien ni personne ne pourrait nous interdire d’entre ensemble et c’était peut-être ça qui allait rajouter un plus. J’avais l’impression que lui et moi, c’était pour la vie et non pas juste pour quelques temps. Nous étions si compatibles que ça ne pouvait pas être autrement.

Nous étions finalement sortis de la chambre magique et aussitôt, me cœur se serra avant de se mettre à cogner un peu plus fort dans ma poitrine. Heureusement que le couloir était vide, ce qui a eu pour effet de me calmer un peu. Je suais à grosses gouttes sous ma capuche mais je préférais l’avoir sur ma tête plutôt que d’être à découvert. On ne savait jamais quand un supérieur pouvait surgir devant nous alors valait mieux que je conserve mon rôle d’étudiant de la magie. Et lorsqu’Enzo attrapait ma main, je me calmai d’avantage. Sa présence physique m’aidait encore plus à garder espoir et les pieds sur terre. Après tout, nous n’étions pas trop loin et il y avait donc une possibilité de faire demi tour si jamais ça tournait mal. Mais il ne fallait pas penser à ça.
Il m’entraînait dans un coin sombre jusqu’à une sorte de tunnel. Je relevai la tête vers lui, le regard plein de question, me demandant où il voulait me conduire au juste. Il s’engouffra dans ce nouveau passage et je prenais place derrière lui, agrippant son sac à dos et nous commençâmes à glisser à vive allure vers l’inconnu. Au début, je fus surpris de cette poussée d’adrénaline mais je trouvai le tout très agréable. Le vent dans mes cheveux, j’avais l’impression d’être libre et pendant un instant, j’oubliais la raison du pourquoi j’étais là. Pourquoi que je descendais cette glissade comme un fou furieux et où cela me menait. Je me contentai simplement d’être là et malgré moi, j’avais éclaté de rire. Je ne sais pas trop pourquoi. J’avais beaucoup de plaisir à être là et c’était peut-être la pression qui relâchait par la même occasion. La situation était cocasse, tout simplement. Nous avons descendu pendant longtemps, très longtemps. Tellement que je croyais que nous allions atterrir directement dans la cabane hurlante.
Mais je m’étais trompé.
Une fois le manège terminer, nous atterrîmes dans un endroit qui encore une fois, m’était totalement inconnu mais nous semblions toujours être à l’intérieur du château. Heureusement qu’Enzo savait ce que l’on faisait parce que si s’aurait été moi le guide, j’aurais probablement tout gâché en nous rallongeant plutôt que de faire ça court. Je me relevai rapidement de terre et aussitôt, j’eus le vertige. Oh lala, qu’est-ce que ça tournait autour de moi… Et Enzo qui est là, debout devant moi, qui fini par s’accrocher à moi. Je sentai ses mains dans mon dos et son visage dans mon cou.
Encore une fois, j’éclatai de rire.


-Haha c’était vraiment trop bien, j’ai adoré! Dis, on recommence?

Mais il ne semblait pas être de mon avis puisqu’il ne me répondit pas. Le pauvre, il semblait être encore plus étourdit que moi. Il faut croire que j’aimais les sensations fortes. J’aurai pu tuer juste pour qu’on se retrouve à la foire, question de s’éclater un peu.

-Hey… Est-ce que ça va…?

Je commençai déjà à m’inquiéter de son cas alors que nous étions à peine sortis du tunnel. Je ne lui laissais même pas le temps de reprendre ses esprits que je lui posais déjà tout un tas de questions. C’était tout moi ça…
Contre tout attente, il releva la robe à l’insigne de lion jusqu’à ma taille avant de mettre ses deux mains dans les poches arrière de mon jean. Non pardon, de son jean. J’avais laissé ma paire trouée dans la salle de bain et… Ça avait beau n’être qu’un vêtement, j’avais l’impression d’avoir laisser une partie de moi dans la pièce secrète. Moi et elle avions tellement vécu de choses ensemble… Autant ici qu’à Londres ou encore en Amérique. Étant ma paire préférée, je les portais toujours et c’était justement celle que j’avais décidé de mettre le soir de mon enlèvement. Elle était si confortable… Non pas que je n’aimais pas le pantalon d’Enzo, loin de là, mais il était légèrement trop grand pour moi et j’avais du régler ma ceinture au dernier trou pour m’assurer qu’il ne tombe pas par terre aussi facilement. Enfin bref, ses mains là, dans les poches du jean que je portais, me fit un effet tout bizarre. Je n’avais pas eu de commentaire de sa part lorsque je lui avais plus ou moins explicitement agrippé son derrière comme un fou alors j’imaginais que c’était ok. Je ne savais pas ce que j’avais le droit de faire ou de ne pas faire alors j’y allais au pif, quitte à me faire rejeter ou repousser si quelque chose n’allait pas. Je ne connaissais pas très bien ses limites et ça me laissait dans le néant et je n’aimais pas trop ça. Alors j’attendais toujours qu’il fasse le premier pas mais là, pour cette fois là, je l’avais légèrement devancé. Seulement lui il se contentait simplement d’avoir mes fesses dans ses mains et non pas de me les arracher littéralement. Donc tout ça pour dire que ça me faisait un drôle d’effet. Pas que je n’aimais pas ça, seulement j’étais surpris qu’un mec comme lui progresse aussi rapidement. Après tout, il était dans sa première expérience gay et pour lui ça avait l’air de couler comme de l’eau. Il m’embrassait comme s’il était un habitué de longue date, il me faisait des câlins et maintenant, je le surprenais entrain de me peloter dans un coin sombre… Surprenant pour un garçon qui se disait n’avoir jamais été attiré par d’autre gars avant.
Je l’avais donc regarder d’un air surpris mais avec une touche d’amusement dans mes yeux. Quoi, il avait déjà besoin d’une pause alors que nous n’étions même pas à mi-chemin? Et ses lèvres sur ma joue et ensuite sur les miennes pour encore une fois se terminer en un baiser passionner.

Tu es si accro que ça à moi?


- Je sais que je ne devrais pas te dire ça mais ... tu m'as manqué tout à l'heure sous la douche.

Je fermai les yeux avant de le serrer contre moi pour retenir tout autre mouvement que j’avais envie de faire.
Nah mais bordel, arrêtes de m’allumer merde! Tu crois vraiment que c’est le moment en plu?! Tu sais que trop bien ce que tu l’effet que tu me fais et tu en joues… Et moi je suis là, comme un gros con, à t’écouter me dire de pareilles sottises et j’embarque là dedans les yeux fermés alors que je sais parfaitement que je n’aurais pas ce que je désire. Tu sais à quoi tu me fais penser? À l’une de ses filles dans les clubs. Celles qui, durant toute la soirée, se déhanchent comme des diablesses en sachant que l’un des nombreux gars de la salle sont entrain de les regarder. Elles font exprès. Tout comme elles ont fait exprès en s’habillant pour montrer tous leurs atouts physiques. Tout comme elles ont fait exprès de se maquiller et de se coiffer en conséquence pour être sous leur meilleur jour. Et là, les gars viennent les accoster, leur offre même un verre et paf, ils se font envoyés baladé. Je me sens comme l’un d’entre eux présentement. Et toi, tu m’as fait pensé à elles tout à l’heure lorsque tu es sorti de la douche. Mais toi, t’as rien vu ou alors tu peut-être fait semblant de ne rien voir. Je suis un mec merde, tu devrais me comprendre non? Qu’est-ce que j’ai envie de te crier que je suis humain moi aussi et que j’ai beau avoir beaucoup de patience et de compréhension, il est évident que si tu n’en as pas de ton côté, ça ne pourra pas fonctionner.
Il me lâcha finalement et aussitôt, je ré ouvrais les yeux, le lâchant à mon tour. Et tant dis que ma robe de sorcier retombait péniblement jusque sur le sol, il s’excusa.
J’espère bien que tu t’excuses… Toutes ces choses que j’ai envie de te dire mais qui ne sorte pas parce que j’ai peur de te blesser. J’ai peur de faire une gaffe. Alors j’encaisse sans rien dire parce que je ne veux pas que tu te sentes forcé et j’ai encore moins envie de déclancher la troisième guerre mondiale entre nous.

Nous sortîmes de l’endroit par où nous étions arrivé et nous tombèrent directement dans un couloir qui était bondé de monde et aussitôt, je me sentais étouffer. Je n’avais jamais eu peur de la foule mais cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas été autant entouré que je me sentais prisonnier dans une cage d’humain. Et à cause de tout ce beau monde, j’eus peur de perdre Enzo de vu. Nous tentions d’avancer rapidement mais ce n’était pas évident avec tous ces jeunes. Tous ceux pour qui la vie était normale et poursuivait son court. J’eus quelques échos de mots et de conversation ça et là mais je n’y prêtai aucune attention, les yeux rivés sur mon compagnon. Puis il attrapa ma main et je ne pu m’empêcher de sourire. Il avait beau être près de moi, qu’est-ce que ça me rassurait qu’on se touche… Surtout dans des cas comme celui-là.
Nous franchîmes l’énorme porte du hall d’entrée et l’air frais me fit un bien fou. Moi qui n’étais pas sorti à l’extérieur depuis ma dernière fois avec Enzo, j’étais très heureux de me retrouver là et j’eus beaucoup de difficulté à dissimuler ma joie. Attrapant un groupe d’élèves au passage, nous nous faufilâmes entre eux pour parvenir jusqu’à l’énorme saule cogneur qui ne m’avait pas du tout manqué. Et je commençai déjà à me demander comment nous allions réussir à parvenir jusqu’à son tronc sans se faire happer par l’une de ses nombreuses branches mais surtout sans se faire remarquer…
Je n’arrêtai pas de regarder derrière nous, toujours à l’affût de voir des supérieurs mais il n’y avait rien d’alarmant. J’entendais Enzo prononcer deux ou trois mots étranges alors je me retournai vers lui et je vis une pierre foncer directement au pied de l’arbre. Il avait sorti sa baguette et soulevait déjà une deuxième roche grâce à la magie et moi je continuai de faire le guet. Je me retournai de nouveau lorsque j’entendais les branches bougées et je vis une certaine ouverture au niveau des racines du saule. Comme si une sorte de passage venait de faire son apparition. Je regardai mon compagnon et sans hésiter une seconde de plus, nous courûmes jusqu’au trou noir avant d’entrer à l’intérieur. Enzo nous illumina le chemin grâce à sa baguette et nous commençâmes à marcher en silence. J’espérais seulement qu’il ne se soit pas tromper et que nous étions vraiment dans le trajet pour nous rendre à la cabane hurlante. Je ne pouvais que me reposer sur ses épaules et même si je lui accordais toute ma confiance, je ne pouvais m’empêcher d’avoir une ou deux craintes. Et au bout de quelques minutes, sa main dans la mienne, nous sommes finalement arrivés à destination et je lâchai un petit soupir de soulagement.

Enzo poussa la porte qui allait définitivement nous mener à la cabane et je ne prenais même pas le temps de regarder aux alentours que je sursautai en même temps qu’Enzo éclatait de rire.
Quoi? Où? Quand? Comment?!
Il s’avance, dépose son sac, se penche vers le sol et moi je reste là, sur le pas de la porte, le regard inquiet.


- Hey salut toi. Qu’est ce que tu fais là. Viens me voir. Ouh t’es trop mignon. T’es tout seul ? Ben alors. Faut pas avoir peur, j’vais pas te manger.

Fuck mais à qui tu parles là, hein?
Curieux comme deux, je me hissais sur la pointe des pieds mais il me cachait toute la scène. Il se relevait finalement et je me rebaissais, l’air toujours inquiet. Il se retourna finalement et j’eus une exclamation de surprise en voyant qu’il tenait dans ses bras un petit chaton blanc comme la neige. Mais qu’est-ce qu’il faisait là, celui-là? Et depuis quand Enzo était aussi gaga devant une bête aussi innocente? Oui il était bien mignon mais quand même… Là on aurait dit une vieille matante qui donnait de gros bisous mouiller sur les joues. Je le regardai l’air décourager. Et c’était moi le gay…
Il semblait s’énerver.


- Quoi ? J’ai l’air d’un crétin c’est ça ? Je t’ai pas dit, je suis « Insensible » ascendant « Bisounours ». Sois pas jaloux c’est qu’un chaton.

J’eus un petit rire offusqué.

-Jaloux? De cette boule de poil? Non mais tu veux rire j’espère! C’est juste que t’as l’air complètement tata présentement…

Il s’approcha de moi pour me montrer plus en détail l’animal que je regardai tranquillement. Il était vrai qu’il était adorable mais pas au point de commencer à faire des tititata. Oh là je suis un mec moi! J’ai beau être gay, je ne l’étais pas à ce point là quand même! Des chats comme lui, y’en avait des milliers, voir des millions sur la terre alors…
Nous entendîmes un miaulement, je me tournai pour voir un autre chat derrière moi. Génial… Qu’est-ce que t’en dis si on s’ouvrait une animalerie tant qu’à être parti? Et Enzo qui était reparti dans ses délires… Je secouai la tête de gauche à droite, l’air désespéré et un peu agacé. J’avais l’impression de m’être retrouvé devant un enfant de cinq ans qui découvre le monde.
Il laissa finalement le chaton disparaître avec le chat et il redescendit sur Terre. Fort heureusement. Sinon je l’aurais sans doute assommé. Bordel, ça allait être quoi lorsqu’il allait avoir un enfant?


- Tin tiinn ! Charmant n’est ce pas ? Bienvenue au quatre étoiles Cabane Hurlante. Domaine de caractère qui brille par … Euh ben par sa poussière et sa forte odeur de renfermée visiblement. Quel cadre absolument formidable. Ils devraient organiser des mariages ici.

Et je le voyais tournoyer sur lui-même au centre de la pièce, comme s’il voulait voir le tout en détail. Et ensuite il avait poussé un bâillement énorme et je ne pu m’empêcher de rire en le voyant ainsi. Il fallait dire que moi aussi la fatigue était bien présente, l’adrénaline étant retombé. Nous étions finalement rendu à destination, après quelques embûches, mais le tout s’était très bien déroulé. Je m’étais imaginer un scénario cent fois pire que ce qu’à fait pour nous la réalité. Il nous restait encore du chemin à faire mais pour l’instant nous avions bien droit à un peu de sommeil. Au moins quelques heures. Car la route était encore longue et probablement que passé au travers de la ville n’allait pas être chose facile. Nous n’étions plus sur le terrain de l’école, ce qui était un énorme plus, mais je me doutais bien que les supérieurs avaient accès à Pré-Au-Lard et que les plus fainéant devaient passé leur journée entière là-bas à faire je sais pas trop quoi. Peut-être surveiller les commerces ou encore à surprendre des élèves un peu trop intelligents qui auraient réussis à franchir la protection magique imposée.
Je regardai un peu partout autour de moi et effectivement, Enzo avait tout à fait raison. Un véritable quatre étoiles et même encore là, il n’avait pas été assez généreux. Même un cinq aurait été trop faible pour un endroit pareil. Le tout était très naturel, avec les murs en bois rond, le sol fait de planches de plywood dont on avait l’impression qu’elles allaient craquer à tout bout de champ, les fenêtres toutes barricadés mais surtout, la poussière qui hantait chaque recoin de la place. Je fus tout de même surpris de voir qu’il y avait un lit et même quelques meubles qui rendait le tout un peu moins désert.


-Ouais t’as raison. J’aurais du inviter mes parents. Ils ne se sont jamais mariés mais je suis certain qu’un endroit comme ici aurait fait leur bonheur. Je suis même certain qu’ils auraient voulu s’installer ici.

Je secouai légèrement la tête de gauche à droite. Qu’est-ce qui me prenait à parler d’eux? Sûrement que j’avais besoin de dormir car mon esprit s’embrouillait sur de drôles de choses. Je jetai un dernier coup d’œil aux alentours avant de me rendre vraiment compte d’où nous étions. Notre première étape était franchie avec succès.
Sans crier gare, je sautai dans les airs en riant comme un dingue avant de me jeter sur Enzo et je le tenais dans mes bras pour ne pas que nous tombions tous les deux sur le plancher sale.


-Tu te rends compte? Est-ce que tu te rends compte? Merde on y est! On y est arrivés!

J’aurai pu me mettre à pleurer tellement j’étais heureux. Plus rien ne pouvait nous arrêter, c’était maintenant officiel.
Le serrant contre moi, je continuai de rire comme un fou en sautillant sur place comme si on m’avait transformé en sauterelle.


-On y est… Merde je pense que c’est la première fois que je suis aussi content de voir un endroit aussi merdique! Qu’est-ce que je suis heureux d’être là avec toi…

Peu à peu, je me calmai, sachant très bien que j’avais l’air d’un psychopathe tout droit sorti d’un asile. Bien quoi, lui avait bien eu l’air d’un concombre mou avec son chaton alors… Bah peu importait, je savais qu’il comprenait ce que je ressentais même s’il n’était pas aussi expressif que moi. Tout pour ne pas avoir l’air ridicule, n’est-ce pas?
Je resserrai mon étreinte autour de lui comme si je voulais le maintenir debout. J’avais vraiment l’impression qu’il était faible qu’il pourrait tomber à tout moment. J’approchai mon visage de son oreille.


-Aller viens. On va aller se coucher tous les deux. On a besoin de reprendre des forces.

Doucement je desserrai mon étreinte avant que ma main glisse dans la sienne et je l’apportai jusqu’au lit qui se trouvait là comme par miracle. Je le poussai et il tomba comme une mouche sur le matelas dans un bruit de ressort alarmant. Je me penchai jusqu’à mes mollets et j’attrapai à deux mains le pan de la robe noire que j’avais toujours sur le dos. À présent, il m’était inutile de rester une minute de plus dans ce costume horrible. En plus, on crevait de chaleur dans ce truc là… J’ignorais comment les élèves faisaient pour supporter ce vêtement qui en plus d’être encombrant était vraiment moche à regarder. J’enlevai finalement la robe, la passant à l’envers sur mon corps au grand complet et je l’ai jetai sur le sol avant d’aller retrouver Enzo sur le lit. Aussitôt, je sentais les ressorts me rentrer au derrière et je ne pu retenir un :

-Aïe!

J’avais déjà connu des lits moches. Celui de ma chambre au quatrième étage était particulièrement difficile à battre mais celui de la cabane hurlante… Alors là chapeau. Je n’avais jamais mi les fesses sur quelque chose d’aussi dur et d’inconfortable à la fois. À croire qu’il avait plusieurs années d’utilités et aussi que quelques lycanthropes avaient fait leurs griffes dessus…
-Hum désolé c’est que la qualité de ce lit m’a un peu surpris…

Je me laissai tomber sur le dos aux côtés d’Enzo avec une grimace douloureuse. J’avais plutôt eu la mauvaise impression de tomber sur du ciment sur lequel il y avait plein de petites roches. Mais je tentai de ne rien démontrer cette fois-ci à mon compagnon pour ne pas qu’il pense que je suis un faiblard. J’avais beau être gay, j’avais quand même une fierté et j’étais loin d’être une mauviette. C’était la surprise, comme je lui avais dis, rien de plus que de la surprise.
Même si j’étais épuisé, me retrouver là, de nouveau couché dans un lit, avec lui à mes côtés, ça ne m’aidait pas vraiment à me défaire de ces mauvaises pensées qui envahissaient mon esprit. Malgré la forte odeur de renfermer qui planait dans la pièce, je parvenais à respirer son odeur à lui et encore une fois, ça commençait à me rendre fou. Mais je devais me contrôler parce qu’il était important qu’on se lâche pour une fois. Après tout… Être toujours l’un après l’autre comme ça ne m’aidait pas vraiment à garder mes mains pour moi, elles qui avaient toujours envie de se faufiler dans les endroits interdits. Je devais donc rester concentrer sur mon envie de dormir plutôt que de mon envie de lui en faire voir de toutes les couleurs.
Je me contentai donc de tourner ma tête vers lui avec un petit sourire.


-J’te dis bonne nuit Enzo Ryans. Fais de beaux cauchemars.

Je m’étirai le cou pour venir déposer un baiser sur sa joue avant de reprendre ma position initiale. Je regardai le plafond pendant une demie seconde avant de fermer les yeux, déterminer à dormir malgré ce matelas qui commençait déjà à me ronger le dos.
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Lun 21 Juin 2010 - 16:29

J’ai bien vu qu’il était étonné par mon geste dans le passage. S’il savait combien je me suis étonné moi-même. Plus on avance dans notre histoire et plus je me fais peur. Mais au final, c’est une bonne chose non ? Faudrait savoir ce qu’il veut un peu. Dès que j’ai le malheur de faire un pas en avant, je suis le pervers de service. Je croyais pourtant que c’était ce qu’il attendait de moi. On a visiblement un gros problème de communication ici. Allo la Terre ?! J’y comprends rien moi aux relations. C’est a peine commencé que ça me prend déjà la tête. Ceci dit j’ai pas vraiment ni l‘envie ni l’intention d’arrêter maintenant. Pas après tout ce qu’on a fait pour en arriver là. Pas après tout ce qu’on a encaissé. J’espère que c’est pareil de son côté. Je pense en tout cas. J’ai même honte de ne serait-ce que penser à en douter. Vilain Enzo.

On est là, comme deux glands, dans notre nouvelle résidence secondaire et quelque part je n’arrive pas à croire qu’on est réussi à arriver jusqu’ici sans encombres. Ça me parait même trop simple presque, alors même si je n’ai absolument pas l’air, je reste méfiant et sur mes gardes. Le moindre bruit. Le moindre mouvement. Je regarde cette pièce avec des yeux grands ouverts. La poussière que j’ai soulevé ne marchant me chatouille les narines et me fait éternuer. Je ne m’en plains pas. C’est pas un drame et j’en ai vu d’autre. Et je repense à la réaction de Kyle quand je lui ai apporté le petit chat. Ou plutôt son absence de réaction. J’ai bien conscience que j’avais l’air proprement ridicule mais je ne le savais pas si insensible. Je veux dire, comment résister à une petite boule de poils aussi mignonne. C’est peut être moi qui suis trop sensible.

« Jaloux? De cette boule de poil? Non mais tu veux rire j’espère! C’est juste que t’as l’air complètement tata présentement… »

T’es pas jaloux ? Ben tu devrais. Lui au moins il ne me juge pas, ou alors il ne le montre pas. Tata. C’est quoi ça ? Tata ?! Je vais pas m’énerver. On s’en fout. C’est qu’un chat. Qui n’est déjà plus là. Et moi, moi je continue mon exploration visuelle de cette merveille. Ironie, quand tu nous tiens. Voilà chaque chose à sa place et tout va bien dans le meilleur des mondes. Heureusement que j’ai encore la capacité a cacher certaines de mes émotions et surtout à concentrer mon attention sur autre chose que moi même et mes états d’âmes. L’architecture de ce bâtiment est absolument formidable. Je me demande qui est l’auteur, ou plutôt le créateur, de ce chef d’œuvre.

J’ai baillé. Il a ri. J’ai sourit.
Et il a évoqué ses parents. Chose qui m’a étonné.
Des paroles cependant remplies d’ironie.

« Ouais t’as raison. J’aurais du inviter mes parents. Ils ne se sont jamais mariés mais je suis certain qu’un endroit comme ici aurait fait leur bonheur. Je suis même certain qu’ils auraient voulu s’installer ici. »

Quoi ?! T’as été conçu dans le pêché ?! Sors d’ici satanas. Tu brûleras en enfer ! Aheum … pardon. Je me calme. Désolé. La fatigue, probablement. Ou pas. Tu serais vachement content si c’était mon état normal hein mon lapin ? Aller avoue. J’te fascine par ma connerie. Je vois bien que t’as envie de m’arracher la tête là, mais étrangement, ça ne me pousse pas à arrêter.
Je me mets à sa place cinq minutes, et je dois dire que je ne sais pas si je me supporterais. J’ai l’air d’un schizophrène. Quand il m’a rencontré j’étais une ombre. Je ne parlais pas. J’étais mal luné en permanence et là … Je suis insupportable tellement je tiens pas en place. A vrai dire, je ne sais plus vraiment lequel est le véritable Enzo dans tout ça. Un mélange des deux probablement, sauf que pour le moment je n’arrive pas à doser correctement.

ENFIN BREF.

Les parents de Kyle … Quels charmants personnages. Vraiment, j’adorerais qu’il me les présente. Je suis certain qu’on s’entendrait très bien eux et moi … Je me ferais un plaisir de leur faire comprendre qu’ils ont sérieusement merdé dans l’éducation de leur fils. Et que s’il est ce qu’il est aujourd’hui, c’est à dire un mec bien, ce n’est certainement pas grâce à eux. Une bande d’incapables ! D’insensibles ! Des mauvais parents. Des monstres. Des drogués, des alcooliques. Des cons. Des …

Enzo ?
Quoi ? Je m’enflamme là c’est ça ?
Oui.
Pardon.
C’est pas grave. Calme gentil Petit Loup. Calme. Tout doux.

Et je me suis calmé. Qu’est ce que j’aurais pu dire de toute façon ? Rien. Il n’y avait rien à dire. J’écoutais s’il avait envie de me parler de ses parents mais je n’avais pas à les juger même si après tout ce que m’avait raconté Kyle à leur sujet, je ne les portais pas vraiment dans mon cœur contrairement à leur fils qui lui y prenait quasiment toute la place. Je crois qu’il essayait juste de tirer un trait sur cette vie là, et sur eux par la même occasion, mais qu’il n’y arrivait pas vraiment. C’est difficile d’oublier ses parents, même s’ils ont apporté une majorité de mauvaises choses. Peut être qu’il a quand même vécu de bons moments avec eux. Et qu’il se raccroche à ça justement. Je me contentais de le regarder avec un air désolé, sachant pertinemment que sous son air désinvolte se cachait une souffrance qui restait bien présente sous la surface. Je suis désolé. Vraiment. On est dans la même galère lui et moi maintenant. Deux pauvres gamins sans parents. Seuls au monde, mais là l’un pour l’autre. C’est déjà pas si mal.

Et sans crier gare, la bombe humaine s’est amorcé. J’ai rien compris. J’ai rien vu venir. J’ai juste fait un bon de trois mètres quand il s’est mis à sauter sur place en braillant. Mon cœur a fait trois tour sur lui même avant de prendre un rythme certes régulier mais franchement très rapide. Il m’a fait peur ce con. Il s’est jeté dans mes bras et j’ai rattrapé le colis tant bien que mal, manquant de m’effondrer sous l’impulsion qu’il y avait mis. Les yeux grands écarquillés je me demandais quelle mouche l’avait piqué lui qui semblait être si blasé en arrivant.

« Tu te rends compte? Est-ce que tu te rends compte? Merde on y est! On y est arrivés! On y est… Merde je pense que c’est la première fois que je suis aussi content de voir un endroit aussi merdique! Qu’est-ce que je suis heureux d’être là avec toi… »

Et il riait comme un fou. Il sautait sur place. Moi j’avais du mal à le tenir et a rester debout en même temps. Un endroit merdique, oui je pense que c’était le terme approprier pour décrire ce lieu. Tout était super vieux, à moitié moisi et pourtant, tout comme Kyle, j’étais bien content d’être arrivé à bon port. Et même si je n’en disais rien j’étais moi aussi très heureux d’être là avec lui. Depuis mon arrivée à Poudlard, je n’avais qu’une seule idée en tête : En repartir. Seulement je n’avais jusqu’ici pas trouvé le courage de le faire, préférant m’enfermer dans un statut quo engourdissant. Je regardais la vie passer sans essayer de la rattraper. Comme quoi, quand on dit qu’on est plus fort à deux, ce n’est pas nécessairement des conneries comme j’ai pu le croire pendant un moment.
Mes bras enroulés autour de son corps, j’essayais de rester stable dans la mesure du possible. Il me faisait rire à s’enthousiasmer comme ça. On devait avoir l’air fin tous les deux au milieu de la pièce.

- Rappelle moi que pour le bien être de l’humanité, on ne doit JAMAIS faire d’enfants.

Parce qu’entre toi qui pète un câble et qui saute partout comme un malade, qu’à l’air d’un psychopathe qui aurait réussi à s’échapper de l’asile ; et moi qui suis de plus en plus … folle, on risquerait de faire des abominations.

Il me serrait tellement fort que j’avais l’impression qu’il voulait m’étouffer. Je crois en réalité qu’il essayait juste de me maintenir debout. Mes yeux se fermaient d’eux même et je commençais à sérieusement manquer d’équilibre. J’avais une grosse carrence de sommeil, mais je devais cet état d’épuisement à la transformation. En temps normal, je restais couché une bonne partie de la journée les lendemains de Pleine Lune. Ce changement d’habitude s’était fait un peu violemment pour mon organisme.
J’ai senti son visage glisser le long du mien jusqu’à ce que sa bouche se cale près de mon oreille. Tu vas me raconter une histoire ?

« Aller viens. On va aller se coucher tous les deux. On a besoin de reprendre des forces. »

Hum … C’est une proposition ?
Enzo !
Quoi ?
Ta gueule.

Il a desserré son étreinte et moi j’ai bien failli m’écrouler maintenant qu’il ne me soutenait plus. Je devais ressembler à un chinois tellement mes yeux étaient à peine ouverts. Sa main a glissé dans la mienne et il m’a tiré vers le lit. Je l’ai suivi en traînant des pieds jusqu’à ce qu’il me pousse et que je m’écroule comme un sac. Les ressorts me sont rentré dans le dos d’une force. Je n’ai même pas eu la force de me plaindre. J’ai juste grimacé. Fais chier d’être aussi lourd. Quand tout le poids du corps tombe d’un coup ça fait mal. Fichu gravité. J’ai relevé mes jambes et me suis installé plus confortablement, mes mains croisées sur mon ventre, tandis que Kyle me faisait un strip tease … Nan j’déconne. Il était entrain de luter pour enlever l’horrible robe de sorcier qu’il avait sur le dos et ça n’avait absolument rien de sexy. Il a jeté le vêtement par terre et j’en ai déduis qu’il ne l’appréciait pas plus que moi. Ça m’a fait sourire. Il s’est couché à côté de moi et je l’ai entendu étouffer un cri. Alors, toi aussi t’as rencontré les ressorts ? T’excuse pas, j’en pense pas moin. J’ai viré mes chaussures qui sont tombées par terre dans un bruit sourd et je me suis étiré de tout mon long en faisant craquer mes os ça et là. C’est que ça commence à rouiller tout ça. Va falloir que je me remette au sport.
J’ai tourné la tête une seconde, il me regardait, un léger sourire accroché au visage.

« J’te dis bonne nuit Enzo Ryans. Fais de beaux cauchemars. »

Saloperie.

Si je pouvais refaire le même qui me hante depuis des semaines, ça m’arrangerait. Tu sais celui où moi je reste et toi TU TE CASSE ! Ah il m’énerve !!! J’vais l’étriper. J’ai qu’une envie, lui sauter dessus et le lui faire payer. Le supplice des chatouilles, hum, pas con. Va falloir que je teste ça un jour.

- Merci, c’est trop aimable. Je vais sans doute rêver de toi maintenant c’est malin. Merci du cadeau. J’espère que tu vas rêver de millier de chatons blancs qui te regarderont avec leur grands yeux tout mouillés juste pour te faire payer ton insensibilité. Enfoiré.

Au cas où tu le saurais pas encore, je suis rancunier. Et oui, j’ai tous les défauts qu’il est possible d’avoir. C’est comme ça.

Lorsqu’il a étiré le cou pour venir déposer un baiser sur ma joue, j’ai grogné. Pas méchamment bien sur, mais juste d’histoire de donner à ma fausse crise de bouderie une illustration la rendant encore un peu plus réelle. En fait je repensais au regard qu’il m’avait jeté à propos du chaton. c’est quand même pas de ma faute si j’ai de vieux relents de mon enfance qui me revienne en pleine tête. Ceci dit, je sais que le contraste peut faire peur. En temps normal, j’affiche toujours un air distant et sur de moi, voir méprisant, alors il est évident que de me voir gagater devant un chat, ça doit faire peur. J’ai toujours aimé les animaux, parfois même plus que les humains car eux ne m’ont jamais déçu. On n’en a jamais eu à la maison mais ça ne me manquait pas. J’allais voir le chien des grands parents régulièrement et depuis que je suis à Poudlard, je passe énormément de temps à traîner près des enclos. Avec Fenrir. Avec Mila. Ils m’apaisent. Avec eux, j’oublie tous mes problèmes. J’exagère, je ne suis pas le plus malheureux sur terre mais disons que dernièrement j’ai du faire face à beaucoup de choses. La mort de mes parents. La morsure et mon nouveau statut de Lycanthrope. Derek. La mort de notre Grand Père. L’arrivée de Kyle dans ma vie et le bordel qu’il y a foutu. C’est pas un reproche, loin de là. Bien au contraire, dans toutes ces merdes, je dois dire que je ne le remercierais jamais assez d’être arrivé comme un cheveux sur la soupe. On a finalement passé peu de moment ensemble et tous ont été mouvementés, pas forcément dans le bon sens du terme. Finalement, à part l’épisode du Vieux Chêne et notre réconciliation toute neuve, on a pas vraiment eu le temps de profiter d’un peu de temps pour être ensemble. En plus de ça, dès que j’essaie d’en caser une il me saute dessus. Et après c’est moi qui passe pour l’obsédé de service parce que j’ai le malheur d’être un peu trop expansif physiquement. Je sais que j’abuse et que je ne me rends pas forcément compte des conséquences que peuvent avoir mes actes. J’y vais à l’instinct, même si tout ce que je fais peut passer pour un caprice. C’est vrai que j’ai un peu trop tendance à me servir quand j’en ai envie, d’autant plus que d’un autre côté je joue les vierge effarouchée. En même temps, je pense que j’ai le droit d’être un peu effrayé par tout ça. Je veux dire, j’encaisse un changement radicale là, et même si ça se passe plutôt bien, même si je me vois capable d’explorer certains trucs que je n’aurais jamais cru faire il y a seulement quelques mois de ça, je ne vais pas m’improviser expert en la matière. Alors oui je me comporte mal, j’en prends conscience avec le recul. J’agis par caprice et je ne tiens pas compte de ce que peut ressentir Kyle. Je vais faire des efforts, c’est promis. Je vais arrêter de lui sauter dessus sans arrêt tout en sachant que je ne lui laisse pas tous les accès. Je crois qu’il ne sait pas trop sur quel pied danser avec moi et je le comprends, puisque moi même je ne sais pas ce que je veux. Disons plutôt que je ne sais pas si j’en suis capable. Au dessus de la ceinture, il n’y a aucun problème. En dessous, c’est un peu plus compliqué en ce qui me concerne. Alors si l’un de va pas sans l’autre … On est pas dans la merde. C’est là que je me rends compte de la signification d’être à deux. Faire des concessions. Ça prend tout son sens.
D’un côté il y a Kyle, ses envies et ses besoins. De l’autre il y a moi et mes peurs. Je lui demande d’être patient. Quant à moi, il va falloir que j’essaie de me familiariser avec cette nouvelle évidence. Et surtout que je me retienne et que je fasse attention à ce que je fais et à ce que je dis. On a jamais abordé le sujet. Il sait à quoi s’en tenir simplement parce que ma main a arrêté la sienne, mais on n’en a jamais discuté. On n’a pas vraiment eu le temps non plus, faut le dire aussi. Je ne suis pas trop fan de ce genre de discussions mais je n’ai absolument pas envie de me prendre la tête avec lui et surtout pas pour une histoire de sexe alors s’il faut en passer par là …
J’ai pas été très sympa là haut, mais c’est lui qu’a commencé alors pour ce coup là il ne peut s’en prendre qu’à lui même. Je suis bien loin d’être innocent mais j’étais tranquillement entrain de parler, en l’enlaçant tendrement et monsieur me saute dessus comme un sauvage pour me planter deux minutes après. Il croyait quoi ? Que j’allais rester bien tranquillement allongé sur le lit sans rien faire ? Quand on chauffe un Loup Garou, on assume.

C’est puéril.

La fatigue ne m’aide pas. Elle me fait délirer. J’ai l’impression d’être un gamin de cinq ans encore une fois. Et ça l’agace, je le vois bien. Enfin je l’ai bien vu je veux dire. J’ai peut être l’air un peu perché et idiot mais je ne le suis pas totalement. Oh et puis ça m’énerve tout ça.

Je me suis tourné sur le côté, lui tournant le dos et j’ai rentré mes mains dans les manches de mon sweat après avoir remonté ma capuche sur ma tête. Je mourrais d’envie de me pelotonner contre lui mais je savais que ça risquait de dégénérer encore une fois et j’avais bien saisie le message même si Kyle ne m’avait fait aucun reproche. J’avais pas franchement envie de remuer le couteau dans la plaie et il avait raison, on avait besoin de reprendre des forces. Il faisait relativement clair dans la pièce contrairement à ce a quoi je m’attendais avec toutes ces barricades. Le jour perçait à travers le bois par certains endroit, mais encore une fois, ça ne m’empêcherait pas de dormir tant j’étais épuisé. J’avais l’impression de n’avoir le temps de rien à force de courir pour échapper à la mort ou l’enfermement. On ne devrait pas être là. On devrait être n’importe où ailleurs mais pas ici. On devrait vivre normalement, comme tous les jeunes de notre âge. Qu’est ce que ça change de penser à ça. Rien. Rien du tout. Mais ça m’énerve.

Le silence a pris sa place entre nous et alors que je fermais les yeux, j’ai prononcé une ultime phrase.

- Et j’suis pas tata.

Oui, oui, Kyle, j’ai pas relevé mais j’ai très bien entendu.

Est ce que je suis réellement vexé ? Oui. Et en colère, mais contre moi-même, pas contre lui. Ou peut être juste un petit peu. Je suis un homo-sapiens de 16 ans qui durant toute sa vie a cru qu’il était « normal » si je puis m’exprimer ainsi, et je me découvre une facilité déconcertante à m’engager dans une relation homosexuelle, avec donc un mec par définition. Je l’embrasse comme si j’avais toujours eu l’habitude de le faire. Je le touche dans tous les sens. Je le pelote. J’ose des trucs, certes pas encore très poussés mais déjà pas mal je pense pour un gars qu’a jamais été attiré par les hommes avant ça. Entre nous, ça va super vite et ça me donne le tournis. J’ai sans arrêt envie de me scotcher à lui, de l’embrasser, de lui faire des câlins. Et si parfois je me sens d’humeur bestiale, j’ai aussi énormément besoin de tendresse. Jusqu’ici ça ne me posait pas trop de problèmes puisqu’on n’en parlait pas et que je ne prenais pas le temps d’y réfléchir, mais là … Là j’ai l’impression d’avoir fait dix pas en arrière. De me retrouver dans le même état que la fois où je me suis jeté sur lui dans la salle de bain des Griffondor. Ça m’a bouffé les entrailles pendant des jours entiers. J’en dormais plus. Je me posais toutes les questions du monde et surtout j’avais pas envie que tout ce merdier soit réel. J’assumais pas du tout. Et maintenant que je repense à tout ça, je me sens plus si à l’aise. Je n’ai qu’une envie, me barrer en courrant pour ne pas avoir à faire face à moi-même.

A force de ressasser, j’ai fini par m’endormir. Probablement bercé par ma connerie.

~ * ~

Lorsque j’ai rouvert les yeux, j’ai cru devenir fou. Autour de moi, des barreaux en acier. Une cage. Ma cage. Porte fermée. Et à l’extérieur, juste devant moi, le Supérieur. Précisément celui qui avait normalement terminé sa vie la veille en rencontrant un peu violemment les marches de pierre du château. Je n’ai rien compris. J’ai paniqué, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, j’étais devenu Loup. J’avais ma conscience mais étrangement je n’arrivais pas à contrôler la bête. C’était une sensation très désagréable. La porte s’est ouverte, et une silhouette a été poussée à l’intérieur. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite, jusqu’à ce qu’il relève la tête et que ses yeux bleus croisent les miens. J’ai ordonné au Loup de reculer mais il ne m’a pas écouté. Il s’est jeté sur Kyle et a commencé à le mordre. Je l’ai entendu crier. J’ai senti son sang couler dans ma gorge. J’avais conscience de tout mais je ne pouvais rien faire. C’était une torture.

- NON !

Un rêve. Rien qu’un rêve. J’étais assis sur le lit, tremblant et en sueur. La respiration haletante et le cœur parti dans une course folle. Juste un rêve, mais qui m’a semblé tellement réel. Pourquoi maintenant ? Pour me ramener à ça maintenant ? J’avais presque réussi à oublier l’épisode de cette Pleine Lune alors pourquoi est ce que mon inconscient me pousse à revenir à tout ça. Et pourquoi Kyle à la place de cette fille dans la cage ?
J’ai laissé mes jambes glisser dans le vide jusqu’à ce que mes pieds nus touchent le sol. J’avais du enlever mes chaussettes sans m’en rendre compte. Le contact avec le planché froid m’a fait du bien mais n’a pas stoppé les tremblements. A aucun moment je ne me suis retourné pour voir Kyle. Je n’avais qu’un souhait, qu’il soit endormi profondément et qu’il n’est pas assisté à ça. Parce que si c’était le cas, il allait vouloir que je lui raconte mon cauchemars et je ne me sentais pas la force d’affronter ça une deuxième fois. J’ai posé mes coudes sur mes genoux et j’ai enfouie ma tête dans mes mains. Ma capuche était retombée sur mes épaules. Je tentais de reprendre mon souffle et de chasser les images horribles qui me bouffaient mon oxygène. J’ai regardé ma montre. J’avais réussi à dormir quelques heures à peine. Je ne comprenais pas. Et je me sentais très mal. Une boule dans le ventre, une autre dans la gorge et une envie de pleurer saisissante bien que qu’aucune larme ne semblait pouvoir s’écouler.


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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Mar 22 Juin 2010 - 13:37

Être couché là, en sachant qu’il était près de moi me faisait un bien fou. Bien que nos corps ne se touchaient pas, pour une des rares fois, je me sentais en sécurité. Et ce, même s’il était sous sa forme originelle. Peut-être était-ce parce que contrairement à moi, il possédait le don de la magie en plus d’être plus fort et résistant que moi physiquement. Mais c’était aussi sans doute parce que je savais qu’il était prêt à tout pour me protéger coûte que coûte. Personne avant lui n’avait jamais été autant attentionné envers moi. Tout ce plan d’évasion, il l’avait fait pour moi. Bon je savais qu’en quelque part ça l’arrangeait aussi mais c’était d’abord et avant tout pour profiter du temps avec moi, non? J’ignorais ce que nous réservait l’avenir mais je tentai de rester le plus optimiste que possible. Tout ce que j’espérais c’était qu’on ne se fasse pas arrêter en si bon chemin. Ça relevait déjà du miracle qu’on soit arrivé à notre destination sans aucun problème. Je me demandais même s’ils n’avaient pas fait exprès de nous laisser filer pendant un moment pour mieux nous tomber dessus ensuite. Je les connaissais. Ils étaient assez tordus pour faire ça. Nous donner plus de liberté pour mieux nous la retirer afin de nous faire souffrir d’avantage. Leur maître étant maintenant décédé, ils avaient probablement déjà un énorme plan de vengeance en tête et peut-être même qu’il était déjà mis sur la table. Peut-être qu’ils n’attendaient plus que leurs deux pions manquants, soit moi et Enzo. Et en repensant à tout ceci, j’eus un pincement au cœur. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée de vouloir fuir après ce que nous avions fait à cet homme. Après tout, il semblait être très important au sein de leur équipe malsaine. Nous devions être recherchés partout et au lieu de rester en sécurité dans la cachette d’Enzo nous étions sorti de notre cocon pour aller explorer le monde, ne pensant qu’à la liberté avant notre vie. Et si jamais ils nous trouvaient? Est-ce qu’ils nous tueraient où feraient-ils durer le plaisir? Je ne m’inquiétais pas pour moi mais pour mon compagnon. Je tenais plus à lui qu’à la prunelle de mes yeux. Moi, je passais en dernier sur ma liste d’importance. S’il le fallait, je me sacrifierais pour lui sans même réfléchir. Sans me poser de question. Comme un geste naturel. Était-il capable de faire de même pour moi? Pensait-il comme moi et est-ce que moi aussi j’étais le premier sur sa liste? Aucune idée. Mais tant que c’était une évidence de mon côté, je me foutais bien de ce qu’il pouvait penser de tout cela. Après tout, je n’étais pas dans sa tête et j’ignorais jusqu’à quel point il tenait à moi. Par contre, je savais qu’il était capable de beaucoup pour ma personne et ça me donnait un bon indice. Mais jusqu’où?

- Merci, c’est trop aimable. Je vais sans doute rêver de toi maintenant c’est malin. Merci du cadeau. J’espère que tu vas rêver de millier de chatons blancs qui te regarderont avec leur grands yeux tout mouillés juste pour te faire payer ton insensibilité. Enfoiré.

Sa réponse après mon bonne nuit spécial. Je ne savais pas pourquoi mais je détestais dire : beaux rêves. Une réplique qui ne servait à rien en général. Je souhaitais donc plutôt le contraire, comme si de rien n’était mais ça ne l’avait pas laissé de glace. Il avait fortement réagit et j’eus un petit rire.

-Rêver de moi? Et tu oses appeler ça un cauchemar toi? Ce n’est ni un rêve, ni un cauchemar, c’est un fantasme Enzo. Merci pour tes souhaits de rêve et… Je t’aime aussi. Espèce de gros connard amoureux des chats.

J’avais éclaté de rire de nouveau avant de l’embrasser et il avait grogné. Mais oui bien sûr, je te crois. Tout comme je pense aussi que tu es la reine d’Angleterre qui cache bien sa couronne. Qu’est-ce qu’il pouvait être mauvais acteur parfois…
Il m’avait tourné le dos, en mettant sa capuche sur sa tête. Qu’est-ce qu’il avait à toujours se cacher comme ça… Nous étions dans un lit, nous nous apprêtions à dormir et lui, il avait encore sa foutue capuche sur la tête. Bah après tout, je n’avais pas à le juger. Je n’étais pas mieux que lui. Lui c’était son capuchon et moi, c’était mes converses qui ne me quittaient jamais. Enzo avait prit le temps d’enlever ses skates avant de se poser confortablement sur le matelas et moi, mes souliers étaient demeurés dans mes pieds. Je me disais que c’était mieux comme ça. Si jamais on nous prenait par surprise, j’allais être plus rapide avec mes précieux converses plutôt que pied nus. Surtout que courir dans les bois, même avec des bas, ça ne devait pas être quelque chose de génial. Je me préparais donc à cette éventualité. Habitude que j’avais prise depuis que j’étais ici. D’ailleurs, je me demandais si lorsque je reviendrais à ma vie normale si j’allais me défaire de cette formalité.
Résolu à dormir définitivement, il avait prononcé une phrase qui m’a fait rire de nouveau.


- Et j’suis pas tata.

Qu’est-ce qu’il était mignon. Toujours là à ce soucier de ce que je pouvais bien penser de lui. J’avais dis ça pour rigoler, mais c’est vrai que sur le coup, j’étais resté un peu bête. Nous étions très loin du Enzo, sous l’arbre, qui m’envoyait balader plutôt que de me remercier de lui avoir sauver la vie. Ou bien du Enzo du quatrième étage. Très loin aussi de celui qui s’était bourré pour x raison. L’amour le rendait tata, ça c’était évident. Ce sentiment peu changer bien des personnes et tant mieux si c’est pour le meilleur. Parce que même s’il devenait complètement gaga devant tous les bébés du monde, à mes yeux il resterait le même. Mais avec un énorme cœur en plus.



Je n’avais jamais été un fan de la lumière lorsque venait le temps de dormir. Bien souvent, lorsque j’étais encore chez moi, que ce soit en Amérique ou à Londres, je prenais toutes les mesures nécessaires afin que tous soit bien fermé ou tiré lorsque je m’apprêtai à tomber dans les bras de Morphée. Ça et le bruit. C’était définitivement deux choses que je ne supportais pas. Et dans cette foutue cabane, le soleil pénétrait aussi facilement que nous avions pu y entrer. Malgré les fenêtres barricadées, les rayons illuminaient la pièce et même si j’avais les yeux fermés, je percevais de petits faisceaux verdâtres qui envahissais ma noirceur personnelle. Et même si j’étais extrêmement fatigué à cause de tous les efforts physiques que j’avais fournis et à cause de la minuscule nuit que j’avais eu, cela m’empêchait de dormir.
Le silence s’était définitivement installé entre Enzo et moi et j’avais l’impression qu’il était super loin même s’il n’était qu’à mes côtés en réalité. Il commençait à respirer un peu plus fort, m’indiquant ainsi qu’il dormait et moi j’avais fini par rouvrir les yeux à force de ne pas être capable de dormir. Et merde, pour une fois que je pouvais avoir l’esprit tranquille et que je pouvais dormir comme un bébé sans me soucier du reste du monde il avait fallu que cette pièce soit illuminé de partout et m’empêcher de sombrer dans un trou noir. J’avais tourné la tête vers mon compagnon qui semblait s’être réellement endormi et je décidai de coucher sur le côté à mon tour, faisant face à son dos. Je me rapprochai un peu plus de lui, passai mon bras autour de sa taille afin d’enfouir mon visage entre deux pli de son sweat pour me cacher de tous ces rayons du soleil qui commençaient à me rendre dingue. Je fermai les paupières une seconde fois et tentai de me rendormir de nouveau. Après quelques minutes, ce fût le cas, fort heureusement.



Toi.
Moi.
Le soleil et la plage.
L’océan qui se déchaîne derrière toi.
Et hop en quelques secondes, je m’étais retrouvé en Australie. Avec toi. Parce qu’il me serait impossible d’être seul ici. Parce que je ne connais pas le chemin. Tu veux bien me guider? Un sourire se dessine sur ton visage et ta main qui glisse dans la mienne. Et tu m’entraînes sur l’étendu de sable qui s’offre à nous. Étrange, la plage est déserte. Non ce n’est pas étrange, c’est un rêve. Et si je demande à l’instant que le sable devienne aussi bleu que la mer, ça va fonctionner. Oh regarde, je te l’avais dit hein! T’as envie d’essayer toi aussi? Aller dis quelque chose, n’importe quoi. Un soleil vert, bien oui pourquoi pas. Regarde autour de nous. T’as pas l’impression qu’on est dans un film de Tim Burton? On s’en fou du décor. Qu’on soit en chine ou dans les chiottes, ça ne fait aucune différence pour moi. Parce que quand tu es là, avec moi, l’espace et le temps ne comptent plus. Ce ne sont que des éléments supplémentaires qui me permettent de me situer mais je ne leur fais plus attention parce que cette dernière est toujours tournée vers toi. Tu trouves que j’exagère? C’est pourtant la vérité. Je n’ai jamais ressenti quelque chose d’aussi fort tu sais. J’ai beau te le dire à maintes et maintes reprises, c’est toujours la même histoire qui revient. Tu te laisses tomber sur le dos et instinctivement moi je tombe sur toi. Parce que tu es comme un aimant, j’ai sans cesse besoin de te toucher sinon j’ai l’impression que tu es loin. Toujours cette peur panique que tu disparaisses sans dire un mot. Qu’on t’arrache ou qu’on t’enlève à moi. Oui je sais que c’est la même chose pour toi. T’es trop mignon, tu le sais ça? Oh attends, t’as un peu de machin bleu là dans les cheveux… Mes lèvres qui s’emparent des tiennes. Oui je sais, désolé, je t’ai menti mais je voulais avoir ton attention même si je sais que je l’avais déjà. Je t’en demande des trucs, hein? Quoi qu’est-ce que tu as? Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça? Arrêtes, tu me fais peur, on dirait que tu as vu un fantôme. Je me retourne et il y a un immense trou noir derrière moi, avalant mon décor de rêve sur son passage.


- NON !

J’ouvrai les yeux brutalement, en silence et tout ce que je voyais était ces foutus rayons qui m’avaient empêcher de tomber endormi. L’Australie avait disparue de nouveau et je savais que ce n’était pas moi qui avais crié. Enzo n’était plus couché mais plutôt assis sur le rebord du lit et il tremblait tellement que je parvenais à voir distinctement les mouvements de son corps. Je lui avais souhaité des cauchemars mais je ne souhaitais pas qu’il en fasse un. Ça avait tout l’air d’être son cas, à voir comment il était.
Lentement, je me redressai avant de venir me placer directement derrière lui, enroulant mon bras autour de sa taille doucement pour ne pas lui faire peur. J’avançais mon visage tout près du sien et malgré je constatai rapidement qu’il était couvert de sueur. Hum ça avait vraiment l’air d’être un très, très mauvais rêve. Peut-être avait-il besoin d’en parler? Je le serrai contre moi pour lui faire sentir que j’étais toujours là et qu’il n’avait plus rien à craindre puisqu’il était de retour dans la réalité. Et ma seconde main commença à lui caresser le dos pour le tenter de le réconforter d’avantage. Je lui murmurai :


-Tu as besoin d’en parler, mon amour?

Juste un réflexe.
De lui demander.
Mais aussi de l’appeler par un surnom. Je ne savais pas trop bien pourquoi. Et du coup, je me sentais tata à mon tour.
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Mer 23 Juin 2010 - 13:00

On parle souvent des surprises que réserve la vie. Certains disent que rien n’est jamais tracé, que le hasard se plait à semer le chaos partout où il passe. D’autre pensent au contraire que tout est écrit. On appelle ça le Destin. En ce qui me concerne, je ne sais pas lequel je dois croire. Destin ou Hasard ? Qui aurait pu prédire tout ce qui m’est arrivé en un an tout juste ? Toutes ces choses inattendues, de l’accident à Kyle, en passant par la morsure. J’en ai la tête qui tourne dès que j’essaie d’analyser tout ça. C’est vraiment un sacré bordel. Je m’y perds. Je m’y retrouve. Je ne m’inquiète plus, depuis que j’ai cette épaule solide sur laquelle me reposer quand je n’arrive plus à tenir debout tout seul.

Lui.
Ma bouée de sauvetage.
Mon équilibre.
Mon envie de me battre et d’avancer.
Ma nouvelle vie.
Mon cœur.

~ * ~

« Rêver de moi? Et tu oses appeler ça un cauchemar toi? Ce n’est ni un rêve, ni un cauchemar, c’est un fantasme Enzo. Merci pour tes souhaits de rêve et… Je t’aime aussi. Espèce de gros connard amoureux des chats. »

Un Loup amoureux des chats, on aura tout vu. Ces innocents là devraient avoir peur de moi, de ce que je dégage malgré moi, de mon odeur peut être aussi, mais non, en général ça se passe plutôt bien même si je me suis déjà fait cracher dessus plusieurs fois par des bestioles un peu moins tolérantes que les autres. Je ne leur en tiens pas rigueur. Je devrais préférer les chiens je suppose, mais j’adore le côté solitaire et indépendant du chat. Je ne m’identifie pas à eux, parce que je ne leur ressemble pas du tout. Ma solitude est fausse, fabriqué de toute pièce. Si je suis seul ce n’est pas par envie mais simplement parce que j’ai décidé que ça devait être comme ça et pas autrement. Et certains jours, être borné à ce point c’est très difficile à porter. Pour ce qui est de l’indépendance, là je m’y retrouve un peu plus. Je crois que je l’ai toujours plus ou moins été, mais malgré moi encore une fois. Je n’ai pas eu vraiment le choix avec Derek à vrai dire. En tout cas, tout ça c’était avant que je rencontre Kyle, parce que depuis Lui, d’une je ne suis plus seul, et de deux, je suis totalement dépendant. De lui. De sa présence. De l’emprise qu’il a sur moi. Une relation qui ne sonne pas très saine expliquée comme ça mais je crois au contraire qu’elle l’est beaucoup plus que ce qu’on veut bien le croire. On fait les cons. On se chamaille et on s’engueule. On se cherche et on se trouve. Ça part parfois dans tous les sens. Mais c’est une relation pure, chargée à bloc d’amour réciproque.

Un fantasme. Un rêve. Un cauchemar. Si tu savais comme tu hantes mes nuits depuis des semaines, des mois. Mes jours aussi. Mes heures perdues et celle que je perds tout seul à penser à toi. Sans arrêt. Combien de fois je me suis fait réprimander en cours parce que je n’écoutais pas. Des dizaines, mon esprit s’étant braqué sur toi sans que je m’en rende vraiment compte. Je vois ton visage partout. Je sens ton odeur et je crois entendre ta voix. Ça pourrait être une torture. Ça pourrait me rendre fou. Et ça a été le cas pendant quelques temps, plusieurs fois. Au début, quand je n’arrivais pas à gérer tout ça, que je me disais que c’était des conneries, que je ne ressentais rien pour toi. Là j’ai vraiment cru péter un câble. Et puis quand je t’ai perdu, que tu ne te souvenais plus de moi. J’ai frôlé l’hystérie. Puis il y a eu ton geste stupide qui pourtant t’a ramené à moi. Oui un geste stupide, et je ne te pardonne toujours pas d’avoir fait ça même si jamais tu n’entendras quelconque reproche sortir de ma bouche à ce sujet là. Je t’en veux, simplement parce que j’ai horriblement peur de te perdre. Et même si je n’avais pas conscience à ce moment là que tu tentais de fuir la vie, j’ai beaucoup de mal à m’y faire maintenant que je le sais. Comme si la peur que j’aurais du ressentir si je t’avais retrouvé venait à moi même si ce n’était pas le cas, même si je n’étais pas celui qui t’avais empêché de partir. Je crois que quelque part ça me soulage. Je n’aurais certainement pas été en mesure d’avoir les bonnes réactions au bon moment. Et si Cameron a pu garder la tête froide, je suis content que ce soit lui qui t’ai trouvé et sauvé. Il faudra que je le remercie, mais je n’en aurais j’espère jamais l’occasion. N’y vois rien de personnel Cameron, c’est juste que je n’ai pas l’intention de retourner dans le château simplement pour ça. Et même si je te dois la vie de Kyle, j’ai encore ce sentiment de jalousie puéril qui survit au fond de moi. On ne se refait pas. Je suis désolé.

Et son « Je t’aime » qui glisse sur moi, qui s’ancre dans mon cœur. Dire qu’au début j’en avais peur. Aujourd’hui je ne m’en lasse plus. Moi aussi je t’aime Kyle Johnson. Je t’aime comme un fou. Comme un désespéré. Je t’aime maladroitement, comme un jeune Loup qui découvre l’amour. T’es mon premier, et j’entends dans mon esprit cette petite voix qui me murmure que je souhaite que tu sois aussi le dernier. J’ai pas envie de faire de plan sur la comète. Je veux juste être avec toi. Sans penser à rien d’autre qu’à nous. Je n’ai peut être que 16 ans, et toi 17, mais je sais, je sens, que tout ça ce n’est pas qu’un petit coup de cœur passager ou une amourette d’adolescence. Peu importe ce qu’en pensent les gens, je m’en contre fous. Et si par bonheur on arrive à sortir d’ici, je voudrais crier au monde entier que tu es celui qui fait battre mon cœur. Je veux te prendre la main dans la rue. Je veux t’embrasser, t’enlacer, sans avoir à m’inquiéter sans arrêt de ceux qui ne tolèrent pas notre histoire. Et ils sont nombreux. C’est peut être aussi ce qui me pousse à ne pas vouloir lâcher. Pour leur montrer à tous qu’ils ont tort et qu’on a le droit d’être ensemble et de s’aimer.

Le « gros connard » en revanche … C’est beaucoup moins romantique. Pas plus que mon « Enfoiré ». Ah l’amour vache. J’adore ça quand on se cherche, surtout quand on fini par se trouver, même si pour cette fois lui comme moi avons su rester bien sages.

Une fois n’est pas coutume.

~ * ~

J’aurais pu passer une bonne « nuit » de sommeil mais là encore mon inconscient m’a joué des tours et je ne comprends toujours pas pourquoi tout ça ressort maintenant. Je croyais avoir tourné la page avoir sinon accepté au moins décidé de ranger ça dans un coin et ne plus y penser. On dit que les rêves et les cauchemars sont notre moyen d’évacuer les angoisses qui nous rongent. Peut être que mon secret devenait trop lourd à porter, peut être que mon cerveau en avait assez de le maintenir en cage.
Je revois encore les images très nettement et j’ai envie de vomir. J’entends encore ses os qui craquent, ses muscles qui se déchirent. Je sens encore le goût métallique de son sang là dans ma bouche. Et ses cris, ils résonnent dans mes oreilles comme un bruit sourd, lointain mais intempestif. Je suis pourtant bien réveillé mais j’ai l’impression de revivre la scène encore et encore.
J’étais tellement happé par ces sensations désagréables que je n’ai pas entendu Kyle se redresser, je n’ai même pas senti de mouvement lorsqu’il s’est rapproché de moi. Il faut dire aussi qu’avec son poids plume, ce n’est pas difficile de passer inaperçu, contrairement à moi qui ne peut pas faire un mouvement sans que la terre tremble. J’ai sursauté quand j’ai senti son bras s’enrouler autour de ma taille alors que je ne m’y attendais pas du tout. Il y était pourtant allé tout en douceur, comme s’il avait peur de me surprendre, mais totalement absorbé par mon cauchemar, je n’avais pas fait attention et continuais de penser qu’il dormait toujours à points fermés. C’est en tout cas ce que j’espérais. Qu’il ne me voit pas dans cet état là. Le visage caché par mes mains, je n’ai pas bougé, mais son contact eu l’effet instantané d’un calmant. Mes tremblements se sont sensiblement réduits et ma respiration s’est apaisé un tant soit peu.
Il était là juste derrière moi, sa main sur mon ventre et son visage près du miens. Je ne pouvais m’empêcher de repenser à l’expression de terreur que j’avais lu dans ses yeux, et même si tout ça n’était pas réel, je n’osais pas le regarder. Néanmoins j’étais rassuré de le savoir bien présent et en bonne santé, comme si au fond de moi j’avais eu peur que tout ceci ne soit que la pure et stricte réalité. Il a resserré son emprise sur moi et j’ai senti sa main me caresser le dos dans un geste réconfortant. Une fois encore j’avais l’impression d’être un petit garçon, qu’on vient consoler parce qu’il a fait un mauvais rêve. Et je n’aimais pas vraiment cette situation. J’appréciais sa présence par contre. Elle me faisait un bien fou, autant que faire se peut.

« Tu as besoin d’en parler, mon amour? »

Juste un murmure.
Mon amour ?
Et une étrange sensation qui me donne des fourmis dans tout le corps.

Je tremble déjà comme une feuille morte de la tête au pied, mais ça ne m’empêche pas de ressentir tous les frissons qui secouent mon corps à l’impact de ces mots sur moi. Ton amour. On avait dit pas de surnoms … Alors pourquoi est ce que tu fais une impasse comme ça ? Je devrais trouver ça ridicule dans mon rôle de mâle un peu trop fier mais c’est tout le contraire. Je voudrais te l’entendre dire encore. Et cette marque d’appartenance. « Mon ». Je suis à toi. Corps et âmes. Tout entier. Tu peux faire ce que tu veux de moi. Tu pourrais même me briser si tu le voulais, je ne me défendrais pas. J’ai longtemps pensé avoir le dessus sur toi tu sais. Tu étais le petit américain qui débarque, qui ne sait pas où il a atterrit. Sans pouvoir. Sans rien, ni personne. Et moi j’étais le sorcier, plus grand, plus fort. Le Loup Garou. Un Loup Garou qui s’est transformé en agneau aussitôt que ton emprise s’est refermée sur lui. Un fait presque immédiat. Un fait que je ne regrette pas.

Encore secoué par mon rêve mais surtout par ses mots, j’ai mis un peu de temps avant de redescendre sur terre. Par reflex j’ai posé ma main sur la sienne, celle qui enserrait ma taille et j’ai mêlé mes doigts aux siens, libérant ainsi mon visage de sa cage. Pourtant je n’arrivais toujours pas à le regarder, alors je fixais un point invisible droit devant moi et pris une profonde inspiration avant de lui répondre.

- Non, je … C’est rien. Juste … Juste un mauvais rêve. Je vais bien. T’inquiètes pas. Je fais souvent des cauchemars, c’est normal.

Ce qui en soit n’était pas un mensonge. J’en faisais presque toutes les nuits depuis peu. J’avais toujours eu tendance à faire de mauvais rêves mais ce fait s’était intensifié ces dernières semaines. Je crois que c’est dans ma nature d’être perpétuellement angoissé. Ça a toujours été comme ça, aussi loin que je m’en souvienne. Et je me demande si je ne dois pas ce trait de caractère à Derek. Encore un cadeau de sa part, il faudra que je le remercie. Est ce que j’en aurais l’occasion ? Je n’avais pas pensé à ça jusqu’ici. Fuir c’est bien. Avec Kyle, c’est encore mieux. Mais même si je savais que je laissais mon frère derrière moi je n’avais jamais mesuré l’ampleur de la séparation. C’était peut être un « pour toujours » et cette pensée me glaça le sang malgré moi. J’avais beau le haïr de toutes mes forces, je ne pouvais pas m’empêcher de l’aimer tout autant. Et j’avais besoin de lui, peu importe tout le mal qu’il avait pu me faire. Je sais que je devrais être heureux de me défaire enfin de son emprise, de tirer un trait sur le passé et de démarrer une nouvelle vie mais … Se défaire des liens du sang ce n’est pas si simple que ça en à l’air.
Je baissais la tête et soupirais, tachant de chasser tout ça de mon esprit. Ça faisait beaucoup trop de choses d’un coup et encore une fois je commençais à perdre pied. J’avais la capacité à porter un masque devant les autres. Celui du mec froid, distant voir insensible. Mais avec Kyle, c’était différent. J’étais proprement incapable de lui cacher quoi que ce soit. Il m’avait vu sous tellement de coutures que je me disais qu’il devait maintenant me connaître par cœur. Je sais que je ne suis pas facile à suivre mais ça n’a pas vraiment l’air de le déranger plus que ça. Il m’accepte comme je suis. Un instable chronique.

Au bout de quelques secondes, le temps que je retrouve mon souffle, je relevais la tête et collais mon front contre sa tempe, nos deux visages s’effleurant doucement. Je caressais sa joue du bout des doigts et posais finalement ma main sur son genou. J’avais besoin de ce contact pour me sentir mieux. Comme toujours. Je ne sais pas si c’est normal, mais ça m’étonne toujours de voir à quel point je suis dépendant de lui au sens physique du terme. Il n’y a pas que ça bien sur mais ça prend une grande place dans notre relation. C’est très étrange. Parfois déstabilisant.
J’avais les yeux fermés depuis un bon moment déjà et lorsque je les rouvrais, la faible luminosité me brûlait pourtant la rétine. Je ne m’en plaignais pas. Je préférais avoir mal aux yeux plutôt que de revoir encore ces horribles images qui me saisissaient dès que j’avais le malheur de clore mes paupières.

- Excuse-moi de t’avoir réveillé. Rendors toi, t’as besoin de sommeil.

Une voix faible, tremblante, qui trahissait bien trop mon état. Non seulement j’étais épuisé mais j’avais peur. Peur de me rendormir. Peur d’avoir à affronter encore mes souvenirs et mes angoisses. Peur de devoir faire face à ce que je suis réellement. Un assassin. J’ai 16 ans, et déjà deux morts sur la conscience. Je me demande même comment j’ai fait pour vivre « normalement » pendant ces quatre dernières semaines sachant pertinemment que j’avais commis des choses horribles. Je crois que j’ai cette faculté à caler dans un recoins hermétique de mon esprit les choses qui me dérangent. Je l’ai fait pendant un temps avec Kyle, mais ça a fini par ressortir. Et finalement le schéma se répète. Mes démons reviennent en surface au moment où je peux enfin souffler l’espace d’un instant, et je crois que même si je me donne énormément de mal pour les faire taire à nouveau, ça ne changera rien.
Alors que dois-je faire ? Les affronter. Oui, mais comment ? Je ne peux pas revenir en arrière et effacer ce que j’ai fait. J’aimerai pouvoir la sauver, la ramener d’entre les morts pour réparer ma faute mais c’est impossible. Quant à lui je … Je ne suis pas sur de regretter ce que j’ai fait. C’est un engrenage, un cercle vicieux. Il m’a tué en m’enfermant dans cette cage, en tentant le diable. C’était pour moi un juste retour des choses que de le lui faire payer, mais je prend à présent mesure de mon acte et je me rends compte que je ne vaux pas mieux qu’eux finalement. Je les méprise, les hais, mais je suis comme eux. Je ne me serais jamais cru capable d’autant de rancœur. Je ne me serais jamais cru capable de pousser cet homme dans la mort. Et s’il n’était pas tombé, est ce que j’aurais été capable de le tuer de moi même ? C’était mon idée première mais je préfère ne pas y penser.

J’avais complètement lâché Kyle et replongé mon visage dans mes mains. Mes tremblements s’étaient atténués mais pour combien de temps … Je n’osais pas fermer les yeux et pourtant je tombais de sommeil malgré tout.
Mais la culpabilité et le poids du secret me rongeaient de plus en plus. Je me sentais coupable de ce que j’avais fait, mais pas seulement. Je sais que je m’étais juré de ne jamais parler de ça à personne mais sur l’instant j’avais clairement l’impression de mentir à Kyle. Je culpabilisais de lui cacher un truc pareil. Après tout, quand il m’avait trouvé le lendemain, il avait bien du voir que je n’étais pas très bien, et il avait compris que je lui avais menti. Donc en théorie il sait que les Supérieurs s’en sont pris à moi mais il ne sait pas comment. Est ce que je dois lui dire ? Oui, je pense que je devrais mais j’ai peur qu’il ne veuille plus de moi après ça. Parce que j’ai pris la vie d’une de ses semblables. Je sais que je suis entrain de coller une étiquette alors que je déteste ça mais pour moi m’en être pris à elle c’est comme si je m’en étais pris à lui. Indirectement. A contrario, s’il avait du tuer un sorcier, je ne l’aurais pas pris pour moi et ne lui en aurait certainement pas voulu, parce que le connaissant il aurait très certainement eu toutes les raisons de le faire.. Peut être qu’il penserait comme moi, ou peut être pas. En réalité j’avais bien une petite idée de la façon dont il réagirait mais aucune certitude.

Le poids du secret devenait trop lourd et ça virait à l’obsession là haut dans ma tête. Je sentais que je pétais les plombs dangereusement. Mes tremblements avaient repris leur danse folle et mon pied droit frappait le sol dans un mouvement frénétique. Je me frottais le visage puis laissait mes mains retomber sur mes cuisses en agrippant mon pantalon, comme si j’avais besoin de me raccrocher à quelque chose pour ne pas sombrer. En temps normal c’est à Kyle que je me serais accroché mais cette fois je ne pouvais pas. J’ai levé la tête, jusqu’à ce que mon regard se porte au delà de quelques mètre, droit devant nous.

- Kyle … Il faut que je te dise quelque chose.

Trop tard. Je venais de lancer la machine, avec aucun moyen de faire marche arrière. Je m’agitais, et même si je demeurais assis sur le lit j’avais l’impression de tourner en rond. Je me mordais la lèvre inférieur, fermais les yeux puis les rouvrais. Je sentais la tension envahir tous mes muscles et les bloquer. Il fallait que je fasse quelque chose de moi et en urgence.
Alors je me suis levé et j’ai fait quelque pas sur le planché de bois qui grinçait parfois sous mon poids. Mes pieds nus ne sentaient pas le froid, et pourtant je me sentais de nouveau frigorifié, alors que seulement une minute plus tôt j’étais en sueur. Mes bras le longs du corps, je respirais de façon saccadée, erratique, et rien ne sortait. Intérieurement, je hurlais. Ma main sur ma nuque, j’hésitais. Toujours incapable de me retourner pour lui faire face.

- C’est pas facile. J’ai peur de ta réaction, parce que quand tu sauras de quoi il s’agit, tu ne me verras plus de la même façon. J’veux pas te perdre mais … Ca me bouffe la conscience. J’en ai parlé à personne et là ça ressort d’un coup dans mon sommeil. J’en peux plus de vivre avec ça. Ça me détruit.

Non, à personne. Pas même à Jillian, surtout pas à Jillian. Pas même à mon frère alors qu’il était à première vue la personne plus à même de recevoir un tel aveu de ma part. J’avais accepté le sien, c’était un juste retour des choses. Nous en étions au même stade tous les deux, à l’exception que je n’avais pas voulu en arriver là contrairement à lui qui s’était acharné sur ce pauvre innocent accusé d’un seul crime : Ne pas être un sorcier.
Il était là au mauvais endroit et au mauvais moment. Je n’aurais pas cru capable mon frère d’autant de cruauté et pourtant … On se ressemble bien plus que ce que je n’ai bien voulu voir. Frères de sang. Meurtriers. Je ne vaux pas mieux que lui. Il ne vaux pas mieux que moi.
Je ne sais pas ce qui me prenait de repenser soudainement à Derek alors qu’il m’était plus ou moins sorti de l’esprit avant que je m’endorme comme un bébé. On s’amusait bien avec Kyle. On avait enfin du temps pour nous malgré notre fuite et moi encore une fois je gâchais tout ça.

Je me déteste.

J’ai finalement tourné sur moi même pour faire face à Kyle, estimant qu’il avait au moins le droit de voir mon visage, le visage de celui qu’il allait haïr et mépriser dès que j’aurais eu la force de lui dire, de lui avouer tout ce que je cachais au fond de moi depuis sans doute trop longtemps.

- Quand on s’est trouvé par hasard près du Lac l’autre fois, et qu’on s’est engueulé, que tout à commencé. Tu m’a demandé s’ils m’avaient fait du mal. Les Supérieurs, j’veux dire. Je t’ai répondu que non, et tu t’es énervé. Tu ne m’as pas cru, hein ?

Une question qui n’en est pas vraiment une. Je le sais qu’il ne m’a pas cru. Je l’entends encore me crier dessus. Je ressens encore les vibrations du banc sous moi alors qu’il avait abattu le poing dessus avec une violence que je ne lui connaissais pas.

- T’avais raison, à un détail près. J’ai souffert c’est vrai mais j’ai surtout fait souffrir et je …

J’hésitais, m’agitait de nouveau en faisant les cent pas. Je cherchais mes mots. La gorge nouée. L’estomac en vrac. Je me sentais horriblement mal avec ce poids de la culpabilité sur les épaules. Avec cette peur qui me tiraillait les entrailles. Je m’arrêtais de nouveau et le regardais comme un dément, les larmes qui me montaient aux yeux sans jamais vouloir s’écouler. Et le flot de mots lui s’est échappé de ma bouche sans que je puisse le contrôler.

- Je m’en veux tellement si tu savais. Je voulais pas que ça arrive mais j’ai rien pu faire. Ils m’ont enfermé dans cette cage, pendant cinq jours, juste avant la Pleine Lune. Ils m’ont pas donné de Tue-Loup. J’avais aucune chance de contrôler la bête sans ça. En réalité, avant hier soir, je n’ai jamais réussi à avoir un contrôle total sur lui. Là où je veux en venir c’est que, elle n’avait aucune chance contre moi. Ils ont attendu la Pleine Lune et juste avant que je me transforme, ils ont fait rentrer une fille dans la cage, une Non-Magicienne, comme toi. Ils m’ont dit que je devais m’estimer heureux que ça ne soit pas toi et que ça n’avait rien de personnel, que c’était juste … une expérience. En réalité c’était une punition, parce que j’avais trahis mon Sang comme ils le disent si bien. J’aurais pu le tuer, celui qui m’a fait ça. Mais au lieu de ça, c’est elle que j’ai tué. Dès que le Loup a senti sa présence il a attaqué. Quand je me suis réveillé le lendemain la cage était ouverte, la pièce vide, et j’étais allongé dans une marre de sang. Son sang à elle.

A mesure que mon récit s’étirait je revivais la scène dans ses moindres détails. J’avais beaucoup trop de souvenirs de cette nuit là à mon goût et tout me semblait encore si vivace. J’ai eu une violente crampe dans le ventre, elle m’a plié en deux si bien que j’ai failli m’écrouler. J’ai enroulé mes bras autour de moi, comme si ça pouvait changer quelque chose. Je restais là au milieu de la pièce, secoué de tremblements encore plus violents que les précédents, totalement effrayé par la réaction qu’il allait avoir après ça. J’espérais juste qu’il ne se sente pas responsable de ce que ces enfoirés m’avaient fait, de ce que moi même j’avais fait subir à cette innocente.

- J’voulais pas Kyle. J’te jure que j’voulais pas. C’est pour ça que je m’en suis pris au Supérieur cette nuit, parce que … parce que j’voulais me venger même si ce n’est pas lui qui l’a tué mais bien moi. C’est lui qui m’a fait enfermer dans cette cage. Il m’a traité comme un animal, … Mais c’est ce que je suis. Je suis un monstre. J’ai tué une innocente et j’arrive pas à vivre avec. J’vaux pas mieux qu’eux. C’était ça mon cauchemar. La même scène, sauf que cette fois c’était toi dans la cage, toi que je tuais.

Et je ne veux plus jamais revivre ça. Plus jamais.
Pardonne moi. Je t’en supplie, pardonne moi. J’aurais sûrement du te le dire avant mais j’avais peur que tu te sentes en danger avec moi. J’te ferais jamais de mal, tu le sais ? Hein ? Je pourrais pas. Je préfèrerais mourir plutôt que de te voir souffrir encore une seule seconde.

Aide-moi.
Je veux retrouver mon innocence.
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Mer 23 Juin 2010 - 15:03

J’ignorais pourquoi mais mes rêves me ramenaient bien souvent au même endroit. Celui du pays de l’Australie mais plus précisément sur une plage déserte. Je me souvenais très bien de la description faite par Enzo lorsqu’il m’avait appris son origine et à chaque fois que je tombais endormi, mon esprit me ramenait là-bas. Ça me plaisait bien de me dire que cela était peut-être le reflet de l’avenir. Que je parvenais à voir le futur dans mon sommeil même si ça ne m’était jamais arrivé avant. Je me disais que ce que je vivais avec lui était tellement fort que je parvenais à projeter notre vie de couple plus loin que ce que pouvait nous offrir Poudlard. Qu’un jour, même avec toutes les chemins noirs et les embûches possibles, nous parviendrons à notre ultime but, soit de foutre le camp de cet enfer. Nous semblions être sur la bonne voie et j’espérais vraiment que ça fonctionne comme sur des roulettes. Je ne comprenais toujours pas pourquoi on nous empêchait d’être ensemble. À deux, nous ne faisions rien de mal. Nous ne nous préoccupions même pas des autres jeunes de notre âge, étant trop occupé à s’admirer l’un l’autre. Quoi ça ne fonctionnait pas juste parce qu’il possédait des pouvoirs et moi non? Ou encore c’était parce qu’on était du même sexe? Ah non, ça devait être une histoire de sang. Me souvenant de ce qu’Enzo m’avait raconter à ce sujet, ça semblait être très important dans le cœur de certains sorciers. Dont les supérieurs. Il devait faire de ce liquide vital une importance capitale et l’infliger même aux étudiants pour ne pas qu’ils tombent du mauvais côté. Enfin, ça c’était ce qu’ils devaient penser. Car j’étais un être humain tout autant qu’eux, avec un cœur qui battait et des pensées plein la tête. Un garçon tout à fait normal et ordinaire, avec une histoire banale en prime. Je n’avais jamais été un super héro et n’avait jamais eu de talent particulier sauf peut-être celui d’être un dessinateur hors pair. Une injustice planait sur nous alors qu’elle n’avait aucune raison valable d’être. On n’avait absolument rien demandé au reste du monde mais on nous poursuivait sans cesse. On était fait pour être ensemble, ça me paraissait comme une évidence maintenant mais nous ne nous étions simplement pas rencontrés au bon endroit. Il nous était impossible de vivre l’un avec l’autre et l’un sans l’autre.
Et si jamais nous échouons? Comment ferais-je pour vivre sans lui? Je l’avais déjà vécu une fois et je portais encore les cicatrices sur ma peau blanche. De son côté, il avait su être beaucoup plus fort que moi. À part coupé ses cheveux et même s’il avait probablement beaucoup souffert intérieurement, il n’en démontrait rien. Il n’avait pas tenter de faire de geste fatal, sauf peut-être celui d’enlever la vie à un connard qui le méritait amplement. Par la force des choses, il était devenu un meurtrier et en quelque part, même si encore une fois il n’en démontrait rien, cela devait le ronger de l’intérieur. Donc, s’il y avait une prochaine fois, une nouvelle séparation? J’avais promis à lui et à Cameron et même à moi-même de ne plus recommencer ce geste stupide qui m’avait causé bien plus d’ennuis que je ne l’aurais imaginé. Est-ce que je me jetterais dans la gueule du loup plutôt que d’avoir à m’infliger tous ces malheurs moi-même?
Toujours ce si et ce mais… Je n’arriverais pas à survivre sans lui. Il était tout. Mon énergie, ma lumière, mon salut, tout ce que vous voulez. Je sais que c’est dingue mais je ne saurais l’expliquer autrement.

Mon amour.
Ça m’était sorti comme ça, tout naturellement. Le premier surnom affectif que je lui donnais même si nous nous étions dit que nous n’allions pas nous en attribuer. Le moment était bien choisi pour le faire. Parce que c’était ce qu’il était pour moi. Mon amour. Ça et bien d’autre chose. Je comptais beaucoup sur son amitié également. Nous savions être sérieux quand c’était le temps mais nous étions aussi sensible à toutes nos conneries qui nous passaient par la tête. Plus je passais du temps avec lui, plus j’apprenais à le connaître et plus je m’attachais à lui. Au fur et à mesure que le temps passait et que nos conversations s’enchaînaient, j’étais de plus en plus amoureux de lui et j’avais cette impression d’être prêt à tout pour ne pas le perdre. Je n’hésiterais pas une seconde pour sacrifier ma vie pour la sienne tellement tout ce que je ressentais à son égard était fort. Moi qui pensais terminer mes jours seul comme un vieux mononcle entouré de tous ces chiens… Je valais beaucoup plus que ça, c’était lui qui m’aidait à m’en rendre compte. L’une des seules personnes qui m’acceptaient comme j’étais. Un petit garçon parfois perdu mais sans aucune malice au fond des yeux.



Malgré moi et malgré toute la douceur que j’avais eu dans mon geste, il avait légèrement sursauté. Il faut dire aussi que les ressorts du matelas n’avaient pas penchés en ma faveur, aillant préféré garder le silence pour cette fois là. Mais une fois la surprise passée, ses tremblements et sa respiration avaient quelque peu diminués. C’était moi qui lui faisait cet effet de calmant ou alors c’était parce qu’il se remettait doucement de son rêve, si disant qu’il était bel et bien éveillé? Dur à dire mais je penchais plus pour la première proposition. Il y eut un moment de silence, durant lequel il libéra son visage de ces deux mains pour venir posé l’une d’entre elle sur la mienne et ses doigts se mêlèrent avec les miens. J’eus pour réflexe de resserrer encore mon emprise sur ceux-ci, comme si je ne voulais pas le laisser partir. Puis, il prononça finalement quelques mots.


- Non, je … C’est rien. Juste … Juste un mauvais rêve. Je vais bien. T’inquiètes pas. Je fais souvent des cauchemars, c’est normal.

Malgré moi, je fronçai légèrement les sourcils. Il semblait être réellement secoué par le rêve qu’il avait fait et j’étais surpris qu’il ne veuille pas m’en glisser un mot ou deux. Il ne me faisait pas assez confiance ou…? J’étais déçu. Déçu qu’il ne veuille pas me parler de ce qu’il s’était passé d’aussi grave dans son cauchemar pour qu’il ne veuille pas m’en parler. Moi j’avais bien envie de le réconforter mais si j’ignorais de quoi il était question alors comment pourrais-je le faire? Je me contentai donc de rester là, immobile, me disant que peut-être après un instant ou deux de réflexion il reviendrait sur sa décision. Le savoir si troublé me perturbait. Je n’aimais pas le voir dans cet état, surtout pour quelque chose qui n’existait pas. Je commençais déjà à me faire des scénarios de ce qu’il avait pu voir en rêve. Peut-être avait-il revécu son accident de voiture et la mort de ses parents? Ou encore peut-être était-ce son frère qui s’amusait une fois de plus à le torturer avec ses manigances folles? Et si c’était le maître supérieur qui revenait d’entre les morts pour lui jeter l’un de ces sorts impardonnables? Et s’il lui faisait vivre l’Avada, même si je n’avais aucune idée de ce que c’était…? Ça pouvait vraiment être n’importe quoi et j’avais beau chercher, toutes ces différentes propositions semblaient plus horribles les unes que les autres.
Il vena déposer son front contre ma tempe, me tirant de ma rêverie cauchemardesque. Et l’espace d’un instant, j’oubliai tout. Nos visages se frôlant, je n’avais plus qu’une envie et c’était de l’embrasser jusqu’à ce qu’on s’endorme de nouveau. Pour que lui aussi oublie. Oublie que tout cela n’était que des illusions et qu’il était de nouveau avec moi, dans la cabane hurlante. Qu’il était en sécurité et qu’il n’avait rien à craindre. Et ce, même si des sorciers arrivaient en attaque surprise avec des baguettes magiques braquées sur nous. Il n’y avait plus rien au monde sauf lui et moi et le reste n’était que du superflu. Sa main caressant l’une de mes joues, il décida finalement de la déposer sur mon genou tant dis que moi je continuais de lui caresser le dos, espérant que ça continue de l’apaiser un peu quand même. Il s’excuse pour m’avoir réveiller et m’ordonne de me rendormir sous prétexte que j’ai besoin de sommeil. Foutaise. Il avait bien plus besoin de mon soutient que moi je pouvais avoir besoin de dormir. De toute façon, ce n’était pas avec mon esprit embêter par des questionnements que j’allais réussir à revenir dans les bras de morphée. J’étais bien trop troublé par son attitude pour le laisser seul ainsi avec toutes ces peurs. Son corps et sa voix le trahissaient alors il était impossible de me cacher quoi que ce soit.
Il me lâcha complètement mais moi, ne faisant comme si de rien n’était, je restai scotché à lui. Un peu comme si je voulais le forcer à sortir les démons qui semblaient le hanter. Je voulais l’aider à revenir dans notre monde à nous et je ne voulais surtout pas qu’il reste seul, dans le noir avec son rêve qui commençait à me rendre fou.
Pourquoi ne pas me le dire, tout serait tellement plus simple? Qu’est-ce qui fait que tu ne veux rien me dire, tu sais bien que jamais je ne te jugerais. Aller, dis moi ce qu’il ce passe dans ta tête. Après tout, ce n’est qu’un rêve, j’en ai vu d’autre tu sais. De quoi tu as peur au juste? Tu sais que tu me tortures en gardant le silence comme ça? Je t’en supplie, regarde moi et dis moi quelque chose. Un mot ou deux, n’importe quoi… Me laisse pas dans le néant comme ça.

Et alors que je commençai sérieusement à perdre espoir…


- Kyle … Il faut que je te dise quelque chose.

Je le sentais s’agiter mais aussi se tendre avant qu’il ne se lève, me laissant seul sur le lit. Il commençait à marcher à tout hasard dans la pièce et moi je le regardais faire, attendant avec impatience la suite des évènements.

- C’est pas facile. J’ai peur de ta réaction, parce que quand tu sauras de quoi il s’agit, tu ne me verras plus de la même façon. J’veux pas te perdre mais … Ca me bouffe la conscience. J’en ai parlé à personne et là ça ressort d’un coup dans mon sommeil. J’en peux plus de vivre avec ça. Ça me détruit.

Je fus surpris par de telles paroles. Avait-il subit un choc assez important pour revivre tout cela en rêve? Était-ce assez choquant pour qu’il ait peur de ma réaction? Ma curiosité ne faisait qu’augmenter alors que je savais que c’était mal. Mon esprit se nourrissait de sa douleur et de ses démons pour rester bien en vie. Mais je ne pouvais pas m’en empêcher car je lui voulais du bien. Je voulais que ça sorte, un peu comme il l’avait fait avec moi et mon semblant de suicide. Nous étions là l’un pour l’autre et c’était aussi valable dans de pareils cas. Et le fait qu’il en ait parlé à personne me donnait un certain avantage sur tout le monde. Bien que j’allais garder son secret pour moi, bien entendu. Je n’étais pas un panier percé, surtout pas lorsqu’il s’agissait de quelque chose d’aussi important.
Il se retourna finalement avant de se lancer à corps perdu dans ce que je croyais être un rêve. D’abord, il me ramenait à l’épisode du parc, celui tout juste avant le gros chêne. Oui, comment oublier un moment pareil… Je me souvenais à quel point j’avais été possédé par mon propre démon, celle de la bête noire, laissant exprimer tout mon mécontentement qui avait débordé ce jour là. Et le sujet concernant les supérieurs… Oui j’avais su qu’ils lui avaient fait du mal. En fait, il ne me l’avait jamais dit, préférant prétendre le contraire, mais j’avais pré sentis son mensonge qui était aussi gros que le château. Il était parfois mauvais acteur et le fait que j’arrivais à voir en lui comme dans un livre ouvert m’avait indiqué qu’il avait fait fausse route en ce qui concernait ces sorciers noirs. Il s’apprêta à m’en dire d’avantage lorsqu’il commença à faire les cent pas dans la cabane et moi je ne faisais que bouger mes yeux, le regarder aller de gauche à droite sans prononcer un seul mot. Ça avait l’air d’être le bordel dans sa tête et je lui laissais tout le temps qu’il fallait pour réussir à me dire ce qu’il avait sur le cœur. J’allais finalement savoir quel sort lui avait réservé les supérieurs et bien que j’avais hâte de connaître la suite, mon cœur était devenu serrer. Ce n’était pas un détail que j’avais oublier, disons simplement que j’avais préféré faire un trait là-dessus puisqu’il n’avait pas sembler vouloir s’étendre sur le sujet. Savoir qu’il avait souffert, probablement en parti à cause de moi, ça me rongeait de l’intérieur. D’ailleurs, je me demandais bien comment j’allais réagir après son histoire. Je n’allais pas lui en vouloir, peu importe qui il avait fait souffrir comme il disait. Non j’allais rejeter la faute uniquement sur eux. Enzo n’était pas une méchante personne et donc, je le savais incapable de faire du mal à qui que ce soit à moins qu’il n’y ait été forcé.
Il s’arrêta dans sa course, me faisant face de nouveau et l’expression que je lu dans ses yeux me donna presque le vertige tellement c’était intense. Une chance que j’étais assis sur le lit car avoir été debout, j’étais certain que je m’aurais écraser comme un avion sur le sol de plywood. Mon cœur se serra encore plus tant dit qu’une boule se formait dans ma gorge alors qu’il n’avait même pas commencer à me parler. J’avais envie de mettre mes mains sur mes oreilles pour ne plus à avoir à affronter la dure réalité qu’il allait m’annoncer.

On ne parlait plus d’un cauchemar mais d’un fait réel. Et ça me perturbait encore plus. Tais toi Enzo, je ne veux plus savoir. S’il te plaît, ne me dis rien…
Trop tard.


- Je m’en veux tellement si tu savais. Je voulais pas que ça arrive mais j’ai rien pu faire. Ils m’ont enfermé dans cette cage, pendant cinq jours, juste avant la Pleine Lune. Ils m’ont pas donné de Tue-Loup. J’avais aucune chance de contrôler la bête sans ça. En réalité, avant hier soir, je n’ai jamais réussi à avoir un contrôle total sur lui. Là où je veux en venir c’est que, elle n’avait aucune chance contre moi. Ils ont attendu la Pleine Lune et juste avant que je me transforme, ils ont fait rentrer une fille dans la cage, une Non-Magicienne, comme toi. Ils m’ont dit que je devais m’estimer heureux que ça ne soit pas toi et que ça n’avait rien de personnel, que c’était juste … une expérience. En réalité c’était une punition, parce que j’avais trahis mon Sang comme ils le disent si bien. J’aurais pu le tuer, celui qui m’a fait ça. Mais au lieu de ça, c’est elle que j’ai tué. Dès que le Loup a senti sa présence il a attaqué. Quand je me suis réveillé le lendemain la cage était ouverte, la pièce vide, et j’étais allongé dans une marre de sang. Son sang à elle. J’voulais pas Kyle. J’te jure que j’voulais pas. C’est pour ça que je m’en suis pris au Supérieur cette nuit, parce que … parce que j’voulais me venger même si ce n’est pas lui qui l’a tué mais bien moi. C’est lui qui m’a fait enfermer dans cette cage. Il m’a traité comme un animal, … Mais c’est ce que je suis. Je suis un monstre. J’ai tué une innocente et j’arrive pas à vivre avec. J’vaux pas mieux qu’eux. C’était ça mon cauchemar. La même scène, sauf que cette fois c’était toi dans la cage, toi que je tuais.

Les yeux presque exorbités de ma tête, je n’en croyais tout simplement pas mes oreilles. Ses paroles m’avaient abasourdi et je me sentais comme si je venais d’apprendre la mort d’un proche. Je restai sans réaction pendant quelques instants, voir même des minutes, à vrai dire je ne sais plus trop, me contentant de demeurer dans la même position que j’étais avant qu’il ne me raconte son histoire concernant ces enfoirés de supérieurs qui nous pourrissaient la vie. Lentement, je repassais toutes ses paroles, une à une, avant d’être certain d’avoir bien saisi le sens de son long discours. Après tout, peut-être que j’avais simplement halluciner tout ça ou encore que j’avais mal compris. Enfermer dans une cage pendant cinq jours. Aucune chance de contrôler la bête. Fait rentrer une fille dans la cage. Punition pour avoir trahis son sang. Le loup à senti sa présence et il a attaqué. Cage ouverte, pièce vide, marre de sang. Sang de la fille. Un monstre. Tué une innocente.
Plus je réfléchissais et plus je me disais que tout cela ne sentait pas bon. Et pourtant, j’étais tellement abasourdi que je me contentais simplement de resté là, les yeux fixés sur lui, la bouche entre ouverte alors qu’Enzo restait debout devant moi. Dans ma tête, ça bourdonnait, un bruit vraiment infernal alors qu’en réalité, il n’y avait que le silence et la tension entre nous.
Alors c’était ce que lui avait fait subir les supérieurs. Et moi qui croyait qu’ils s’étaient simplement contentés de lui faire vivre quelques sorts par ci, par là, un peu comme ils le faisaient avec moi. Ce qu’il avait enduré était bien plus pire que je ne l’aurais jamais imaginé. Ils lui avaient enlevés sa jeunesse, sa liberté, son innocence, tout quoi. Les choses auxquelles ont tiens le plus hormis les êtres chers. Ils avaient été cruels, le traitant comme une bête de foire alors qu’il n’était qu’un jeune adolescent qui demandait simplement d’être laissé en paix. Ils avaient été lâches et ils…
Et la boule dans ma gorge qui s’était transformé en explosion. J’avais envie de crier tant que j’étais en colère après eux. Après ce qu’ils avaient osé faire a lui. Celui que j’aimais plus que tout et que je chérissais même plus que ma propre vie.

Sans crier gare, je me levai d’un coup sec et je commençai à faire les cents pas dans la pièce en contournant Enzo comme s’il n’avait jamais été là. Je marchai à une telle vitesse que j’avais même l’impression que tout tournait autour de moi alors qu’il n’en n’était rien. Cage. Bête. Fille. Sang. Tuer. Ces mots, je les voyais écrit en gros, comme des enseignes lumineuses qui clignotaient. Et en moi, je sentais la bête noire qui criait, qui ne demandait qu’à sortir tant dit qu’un puissant sentiment de vengeance s’emparait de tout mon être. Je ne voyais plus clair et je n’avais qu’une seule et unique envie : tout détruire sur mon passage jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Retourner au château comme un prédateur assoiffé de sang et tuer tous ces salopards jusqu’au dernier. Leur arracher les yeux pour leur faire manger. Leur arracher la tête et jouer au foot après en m’en servant comme un vulgaire ballon. Non… Beaucoup mieux que ça… J’allais tous les enfermer dans une énorme cage jusqu’à temps qu’ils s’entretuent. Peu importe le temps que ça allait prendre, l’un d’eux allait sûrement flanché avant les autres et hop, trop affamé, il mangerait un membre ou deux de l’un de ses coéquipiers. Une mort lente et pénible à faire virer, même la plus personne la plus censée sur la terre, complètement folle. Une mort comme ils avaient donnés à cette fille. Une morte juste et équitable.
Je m’arrêtai sec, face vers le mur, faisait dos à Enzo. J’étais incapable de le regarder. Pas à cause qu’il avait tué quelqu’un ou que je le jugeais. Seulement, je ne voulais pas qu’il me voie dans cet état là. J’étais dans une rage indescriptible et maintenant que je m’étais arrêté dans ma marche folle, je me rendais compte que je tremblais de la tête aux pieds et je n’essayais même pas de calmer mes mouvements. La bête noire me possédait maintenant et elle était encore beaucoup plus puissante que lorsqu’elle était sortie pendant ma balade au parc. Je me sentais super puissant, un peu comme si d’un simple regard je pouvais faire tomber le mur qui se trouvait devant moi. Je devais faire peur à Enzo par mon comportement étrange mais il devait me pardonner. Je n’arrivais pas à agir autrement après avoir entendu son histoire. Je ne pouvais pas faire autrement que d’avoir cette envie folle de meurtre. J’avais envie d’assister au spectacle auquel je me préparais déjà mentalement. Ils allaient payer pour ce qu’ils avaient osé faire à Enzo. Ils n’avaient pas à le toucher, point final.
La mâchoire serrée et la voix grave, afin de m’empêcher de crier, je parvenais tout de même à lâcher quelques mots.


-Ces… Ces espèces de salopards… Les tués… J’vais tous les tués…

Je fermai mon poing gauche avant de le frapper solidement contre le mur de bois devant lequel je me trouvais. Ce qui eu pour effet de rouvrir les plaies qui se trouvaient déjà sur mes jointures mais je m’en foutais. J’étais beaucoup trop colérique pour parvenir à sentir la douleur qui n’était que passagère de toute façon.
Je me retournai finalement face à lui, la mâchoire toujours aussi serrée, les sourcils froncés et les poings qui s’étaient de nouveau fermé. Je les serrais si fort que le sang ne circulait plus dans mes mains. Je fixai mon regard noir sur Enzo et je n’arrivais pas à adoucir mes yeux pour lui. Ce n’était pas à lui que j’en voulais et même si je l’aimais comme un fou, j’étais beaucoup trop emporté dans ma rage pour faire autrement.


-Je retourne là-bas. J’vais leur faire payer. À tous ces connards. Ils vont savoir ce que c’et d’être d’enfermé dans une cage à se bouffer les uns et les autres.

Adieu Enzo.
Il est fort probable que je ne revienne pas. Car même si je suis aveuglé par ma rage et que je me crois indestructible, on sait très bien tous les deux que je cours après la mort. Après mon suicide. Aussitôt que j’aurais mis un pied dans le château et peut-être même juste sur le terrain, tout près du saule cogneur, je serai attaqué par des sortilèges sortis de nulle part. Ils me tueront sur le coup sans même me demander où tu es passé. Et j’aurais tout fait ça en vain alors que je rêve de vengeance. Une vengeance personnelle, bien méritée, même si ce n’est pas la mienne. Il faut que tu me pardonnes. C’est que vois-tu, ils s’en sont prit à la mauvaise personne en t’attaquant directement. Je savais qu’ils t’avaient fait quelque chose de moche mais je ne pensais jamais à une telle chose. Ce qu’ils ont fait est impardonnable et je sais que tu en es conscient. Tu as voulu te faire justice toi-même en tuant cette espèce d’abruti et tu as bien fait. Je regrette juste encore plus qu’il n’ait pas souffert plus longtemps. Seulement, il n’est pas le seul à avoir participer à ce petit manège et je compte bien tous les faire payer. Je veux qu’ils vivent ce que tu as vécu pour qu’ils comprennent enfin la gravité de leur geste. Ils t’ont prit ce que tu as de plus précieux sans te demander ton avis. Ils t’ont volé ta vie, ton innocence. À cause d’eux, tu as souffert inutilement, t’attribuant ainsi le titre de meurtrier alors que rien de tout ça n’est de ta faute. Si tu savais comme je me sens mal et j’ai envie de retourner en arrière juste pour ne pas que ça arrive… Arrivé à temps pour leur dire de me tuer plutôt que de te faire endurer tout ce calvaire… Mais ne t’inquiète pas. Dans quelques heures, tout ceci sera terminé et tu ne verras jamais ton cauchemar se réaliser. Soit c’est eux qui partent, soit c’est moi.

Et sans un mot de plus, je fonçai directement vers le tunnel que nous avions suivi pour parvenir jusqu’ici. J’espérais seulement qu’il ne m’arrêterait pas dans ma course même si je savais parfaitement qu’il allait tenter quelque chose. Et s’il le faisait, j’étais fichu. Parce que même si je croyais que j’avais une force exceptionnelle venue de nulle part, je savais que ce n’était pas le cas dans la réalité. C’était mon émotion qui me donnait cette fâcheuse impression. Il y avait aussi ma bête noire qui me faisait croire tout ce qu’elle voulait. Et donc, si mon compagnon décidait de se mettre de la partie, je pouvais laisser tomber mon plan. Car il lui serait très facile de m’arrêter, de me plaquer contre le sol ou contre le mur, de m’immobiliser et de me crier après pour que je revienne à la réalité. Il était beaucoup plus grand que moi, bien plus bâti malgré qu’il avait perdu plusieurs livres mais il n’en restait pas moins que s’il le désirait, il pouvait m’arrêter avec son petit doigt. Je saurais alors que c’était peine perdue car il saurait trouver les bons mots pour me faire rester et faire disparaître la bête noire qui avait pris possession de mon corps. C’est pourquoi j’avais rapidement voulu m’engouffrer vers le long corridor plutôt que de continuer à lui faire face, attendant qu’il m’interdise d’y aller.
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Jeu 24 Juin 2010 - 11:52

Je n’ai pourtant pas l’impression de demander la Lune. Je ne comprends pas. Je crois que peut être il y a quelque part quelqu’un qui nous a jeté un sort ou une malédiction. Pourquoi est ce qu’on a pas le droit au bonheur lui et moi ? On ne dérange personne. On ne s’expose pas. On veut juste avoir le droit d’être ensemble. Je ne vais pas me drainer de mon Sang pour avoir le droit de l’aimer, ni même vendre mes pouvoirs. Je ne vais pas non plus le faire changer de sexe. Deux garçons. Un Non-Magicien. Un Sang Pur. Un seul amour. Qu’on me trouve une bonne raison de mettre une barrière à tout ça ? Une seule ! Et j’accepterai peut être les choses plus facilement. Mais ils auront beau chercher, ils n’en trouveront jamais aucune. Alors on fait quoi en attendant ? Je ne lâcherai pas ma position, et Kyle non plus j’en suis certain. De leur côté, il me semble qu’ils s’en tiendront à ce qu’ils ont dans le crane. La seule solution : Disparaître.
Et c’est précisément ce qu’on essaie de faire lui et moi. Partir, échapper à cette vie houleuse et interdite pour en construire une nouvelle. La liberté. Et le droit d’être avec la personne qui compte plus que tout.
J’ai eu la vie facile, pendant des années. Je ne compte pas les coups de pression de Derek parce qu’en ce qui me concerne, je n’y pense plus. Il m’a fait souffrir mais j’ai fini par m’y habituer. Une sorte de routine, quelque chose de quotidien, de récurant, comme une vieille rengaine. Des parents formidables, présents et toujours à l’écoute de leurs fils. Une famille soudée. Une belle vie sous le soleil, sans jamais manquer de rien. Ni d’argent, ni d’amour. Et puis tout s’est cassé la gueule. Ma vie a basculé sur un coup de frein. Une voiture qui dévale un ravin, une morsure. Mes parents : mort. Mon frère : Bouffé par la haine. Et mon petit monde parfait a éclaté. Une explosion dont je porte encore quelques séquelles.
Ensuite, il y a eu l’exode. Quitter l’Australie a été un tel déchirement pour moi que je ne m’en suis toujours pas remis. L’océan. Le sable blanc. Ma planche de surf. Les vagues. Le soleil. La végétation. Tout me manque. C’était ma maison, mes racines. J’ai beau être à moitié anglais, par le sang, par ma mère, je ne me suis jamais senti chez moi ici. Ce pays est gris, froid. Il m’a rendu plus austère encore qu’un monastère abandonné. Et dans toute cette obscurité, j’ai retrouvé un semblant de lumière. Quelque chose qui m’a ramené à la vie, qui m’a fait sourire à nouveau même si ça n’a pas toujours été simple non plus. Et on veut déjà me l’enlever ? Hors de question. Personne ne pourra me séparer de lui. Personne. Il est mon oxygène, ma raison de me lever le matin. Il est celui qui a remis mon cœur en état de marche, et ce contre toute attente. Je ne laisserai personne nous briser, pas même lui.

Je suis désolé Kyle.
Je ne peux pas te laisser faire ça.

~ * ~

Je me sentais vide, mais absolument pas libéré d’un poids. Je sentais encore la honte, la culpabilité et la douleur me ronger de l’intérieur et s’appuyer sur mes épaules. Elles étaient là, bien présentes les garces, comme si elles tentaient désespérément de me faire plier l’échine. Mais moi je restais debout, plus par dépit que par courage. Et surtout parce que j’attendais une réaction de la part de Kyle. Réaction qui ne venait pas. Plus le temps passait, plus le silence était pesant. Je n’avais pas la moindre idée de ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. A vue d’œil j’étais bien incapable de déterminer dans quel état d’esprit il se trouvait. Il avait gardé le silence durant toutes mes hésitations, jusqu’à ce que j’ai terminé et plus encore. Et moi j’étais là, comme un con. J’attendais le regard dans le vague, au beau milieu de cette pièce sordide qui pourtant m’apparaissait rassurante. J’attendais, oui mais quoi ? Que la vie passe ? Que le temps s’arrête et qu’il fasse demi-tour ? Non. Il est vrai que j’aimerai changer beaucoup de choses, et que revenir en arrière en arrangerait plus d’une, mais j’ai bien trop à perdre en faisant ça. Je suis désolé papa. Je suis désolé maman. Je ne peux pas faire ça. Je ne veux pas faire ça. Je me suis fait à votre absence et même si c’est dur chaque jour qui passe, j’ai appris à vivre avec, ou plutôt sans. Je ne vous oublierai jamais, mais je veux tirer un trait sur cette vie. Elle m’épuise. Je suis en bout de course et je n’ai plus la force de me battre contre tout ces gens qui ne veulent pas qu’on soit heureux.

Il est resté immobile tellement de temps que j’ai du arrêter de compter les secondes, puis les minutes dans ma tête. C’était une torture. Il me dévisageait avec tellement d’intensité et pourtant je ne voyais que du vide dans son regard. C’était comme s’il ne me voyait pas, ou qu’il voyait à travers moi. Et je ne savais pas sur quel pied danser. Je venais de lui apprendre que j’avais plus de sang sur les mains qu’il ne le croyait et je n’avais aucun moyen de savoir ce qu’il pensait de tout ça. Est-ce qu’il allait me détester, me tourner le dos et me juger comme je le mériterai sûrement ? J’avais peur. J’étais mort de trouille à l’idée qu’il puisse m’en vouloir au point de me quitter, mais il fallait que je le lui dise. Pour moi. Pour ma conscience. Même si à présent je m’en mordais légèrement les doigts. Je n’aurais peut être pas du lâcher tout ça comme ça. J’aurais peut être du attendre qu’on soit loin d’ici.

Qu’est ce que ça chance de toute façon, le mal est fait maintenant.

Je ne savais pas quoi faire. Il restait prostré et moi j’étais entrain de crever d’attendre comme ça. J’étais partagé entre l’envie de fuir, celle de me rouler en boule dans un coin et la dernière, celle de me jeter dans ses bras. Mais j’avais trop peur qu’il me rejette, et je ne voulais surtout pas m’imposer à lui dans un moment pareil alors je ne fis aucun geste, aucun mouvement. Je ne prononçais aucun mot non plus. Je n’avais de toute façon plus rien à dire. J’aurais pu m’excuser toute la journée, lui demander de me pardonner, le supplier même, mais j’avais l’impression que ça n’aurait servit à rien, qu’il avait juste besoin de temps pour encaisser les révélations que je venais de lui faire. Cependant, je devenais fou à me faire mille et un scénarios dans ma tête. Et son absence de réaction ne m’aidait pas franchement.
Comment on fait pour toujours en arriver à des situations comme celle là. Un instant on joue, ou bien on dort, et celui d’après on se déchire ? Qu’est ce qui ne va pas chez nous ? Est-ce que ça vient de moi ou ? Je ne sais plus quoi penser. Même si je n’ai pas osé le regarder quand il est venu me réconforter tout à l’heure, j’ai bien senti qu’il attendait que je me confie à lui. Et c’est ce que j’ai fait. Mais est ce que je l’ai fait de travers ?

Je commençais a désespérer de le voir faire le moindre mouvement quand il s’est réveillé subitement. J’ai sursauté une nouvelle fois en le voyant se lever comme un fou. Les yeux grands ouverts et le pas rapide. Il allait et venait dans la pièce comme si je n’existais pas. Et moi je me sentais comme un pauvre animal abandonné sur une aire d’autoroute. Pas un seul regard. Pas un mot. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais mais certainement pas à ça. Il m’ignorait carrément. Malgré tout ça, malgré la pointe qui me cisaillait le cœur, j’arrivais à percevoir la colère dans son attitude. Il était totalement sous le contrôle de la rage. Seulement je n’arrivais pas à déterminer contre qui cette haine était dirigée. Contre moi ? J’avais tellement besoin qu’il me parle. Même pour m’en mettre pleins la gueule mais que je sache au moins à quoi m’en tenir. C’est certain, j’aurais préféré qu’il me prenne dans ses bras, qu’il me dise que ce n’est pas grave, que c’est fini et que tout ira bien maintenant. Qu’il me dise qu’il ne m’en veut pas. Mais j’aurais accepté jusqu’au plus violent des reproches, rien que pour entendre sa voix, rien que pour savoir ce qui se passait dans sa tête.
Je l’ai regardé tourner en rond comme un lion en cage pendant de longues minutes. Elles m’ont paru interminables, éprouvantes. Elles m’ont fait mal ces putains de minutes. Je ne pouvais pas m’empêcher de me ronger les ongles, de me mordre les lèvres. Il me faisait peur. Et je détestais avoir peur de lui. C’était quelque chose que je n’arrivais pas à gérer, pas encore en tout cas. Quand il était comme ça, il finissait toujours par me sortir des trucs que je n’avais pas envie d’entendre, qui me faisaient mal mais qui finalement crevait l’abcès. Pourtant cette fois, je ne m’attendais à rien. Je n’avais pas spécialement peur d’entendre ce qu’il avait à me dire même si ça risquait de me blesser, même si j’avais cette crainte proche de la panique qui me bouffait les entrailles. Celle qu’il ne voit en moi qu’un monstre. Celle qu’il est la même vision de moi que j’en avais moi-même. J’avais beau avoir retrouvé un peu d’estime et de confiance ces derniers temps, j’étais toujours bloqué dans un trip d’autocritique constant.

Je ne m’aime pas.
Même si lui m’aime, je ne m’aime pas.

J’avais les yeux perdu dans une contemplation silencieuse du planché quand il s’est enfin arrêté. J’ai relevé la tête et j’ai froncé les sourcils. Il me tournait le dos et semblait fixer le mur comme un forcené. Les bras le long du corps et les poings tellement serrés que ses jointures en devenaient blanche. Je commençais sérieusement à m’inquiéter de son état. J’avais vraisemblablement réveillé son côté obscur et je n’étais vraiment pas fier de ça. Je n’avais pas vu Kyle dans cet état là depuis la soirée qu’on avait passé près du lac. Même après ma transformation il avait l’air d’un chaton inoffensif à côté de ce qu’il dégageait à cet instant précis.

« Ces… Ces espèces de salopards… Les tués… J’vais tous les tués… »

J’ouvrais grand les yeux. Cette voix, je ne la reconnaissais pas. Jamais depuis que nous nous étions rencontrés j’avais ressentis autant de choses néfastes dans son intonation. Un son grave, presque caverneux, comme s’il serrait les dents et les mâchoires pour contrôler la tonalité de ses mots. J’aurais préféré que tu cries Kyle. J’aurais préféré que tu lâches tout, rien que pour te sentir sinon soulagé au moins débarrassé d’un poids inutile. Les tuer tu dis ? C’est moi que tu devrais tuer, pas eux. C’est moi qui est pris la vie de cette pauvre fille. Si j’avais été plus fort mentalement, j’aurais pu maîtriser cette bête qui dort en moi et j’aurais pu empêcher ça. Je sais bien que je me mens à moi même, que sans Tue-Loup, même le plus habitué et le plus fort des Lycanthropes n’aurait rien pu faire. Mais je ne peux pas ne pas me sentir coupable pour ce crime. Elle a été vengé, et j’ai été vengé par la même occasion, mais ça ne me soulage pas pour autant. La mort de cet enfoiré n’effacera pas mes souvenirs des horreurs que j’ai commis. Elle n’effacera pas mes cauchemars. Elle n’effacera pas mon acte ni même ma culpabilité. Des salopards, il me semble que c’est bien ce qu’ils sont oui. J’ai longtemps essayé d’être insensible et sans cœur moi aussi, mais je n’ai jamais vraiment réussi à l’être. J’avais beau être d’apparence aussi fermé qu’une porte de prison, à l’intérieur c’était autre chose. J’étais comme à mon habitude bouffé de l’intérieur par mes émotions. Regarde toi, tu es comme moi. Ne retiens pas cette rage Kyle. Je t’en supplie. Ne fais pas les mêmes erreurs que moi. On a plus le temps pour ça. Qu’est ce que tu veux faire ? Me venger parce qu’ils m’ont fait du mal ? C’est bien ça hein ? Tu ne m’en veux pas alors ?

Kyle, qu’est ce que …

- Arrête !

Trop tard. Totalement bloqué par mon propre corps j’ai été prodigieusement incapable de faire ne serait ce qu’un mouvement lorsqu’il a levé le poing pour l’abattre violemment dans le mur. Toute cette violence, c’était une facette de lui que je n’avais jamais vu. Et j’étais responsable de cette crise, parce que je n’avais pas su me taire, parce que je me rendais compte à quel point il pouvait tenir à moi, qu’il était près à risquer sa vie rien que pour leur faire payer le mal qu’ils m’avaient fait. Et je me sentais mal d’avoir déclenché tout ça.
Il s’est finalement retourné vers moi et je n’ai pas pu m’empêcher de faire un pas en arrière tant son regard m’a saisi. Un regard noir, plein de colère. Un regard qui m’a fait mal même si j’avais bien compris qu’il ne m’était pas destiné. En tant normal, il arrivait toujours à me cacher ses émotions quand il le souhaitait, à m’attendrir, à faire semblant que tout allait bien même quand ce n’était pas le cas. Mais là … Là c’était visiblement trop lui demander. Il tremblait et serrait les mains si fort qu’elles devenaient chaque fois plus blanches. C’est là que j’ai vu le sang sur ses articulations. Je n’avais pas vraiment prêté attention à ses blessures là lorsque j’avais examiné ses poignets. Elles ne me semblaient pas si importantes et j’en connaissais l’origine puisqu’il m’avait expliqué comment il s’y était pris pour s’entailler les veines. Un miroir. Il avait du frapper si fort dedans qu’il s’était brisé. Et voilà d’où provenait ces plaies fraîchement ouverte. Je ne supportais pas de voir son sang couler à cause d’eux. Et j’allais me précipiter vers lui pour lui prendre la main et stopper le saignement quand il a de nouveau réagit tant dis que je gardais le silence, prostré à mon tour.

« Je retourne là-bas. J’vais leur faire payer. À tous ces connards. Ils vont savoir ce que c’est d’être enfermé dans une cage à se bouffer les uns et les autres. »

Leur faire payer ?! T’es complètement malade ! Si tu fais ça, tu …

Je n’ai pas eu le temps de penser plus qu’il était déjà parti comme un pilote de Formule 1 au démarrage. Sur le coup j’ai bloqué, jusqu’à ce que je sente une vague de panique monter en moi, et les mots sont sorti tout seul.

- Kyle, non !

Devant lui, la porte s’est refermée d’elle même avec une telle violence que la Cabane a semblé en trembler. Je n’ai pas compris ce qu’il s’était passé. Ma baguette était toujours dans poche et n’en avait pas bougé. Est ce que par mes simples émotions, ma peur, et ma colère, j’avais réussi à fermer cette porte à distance ? Possible. La magie est parfois pleine de surprise.
Quoi qu’il en soit, je décidais que le moment était mal choisi pour analyser la situation. Je me précipitais vers lui et le plaquais violemment contre le mur. Mes deux mains à plat contre le bois, de chaque côté de son visage, je le regardais droit dans les yeux. Les miens aussi s’étaient assombris, comme chaque fois que je me trouve dans un état instable proche de la colère. Du noisette ils passent au noir et je sais par expérience qu’ils peuvent être très convaincant dans une phase d’intimidation. Seulement là je ne cherchais pas à l’intimider. Pas encore.

- Tu crois quand même pas que je vais te laisser y retourner ?! Si t’y vas ce sera pas sans moi. Je m’en fous de mourir mais j’veux pas te perdre. J’te laisserai pas y aller de toute façon. Et ne me force pas à me servir de la magie contre toi. Tu sais que je le ferais pas, mais si tu m’y obliges, si ça peut t’empêcher de faire la deuxième plus grosse connerie de ta vie, si c’est mon dernier moyen, j’hésiterai pas une seule seconde.

Tu le sais que je ne mens pas Kyle. Tu le sais aussi que ça me coûtera cher de faire ça. La plus grande de mes punitions, celle qui ne me détachera plus de ceux qui t’ont amené ici. Je t’en supplie ne me donne pas de raisons de m’en prendre à toi de cette façon là.

- Tu veux pas que je meurs, hein Kyle ? Parce que si tu y vas, tu vas te faire tuer. Et si tu te fais tuer, je crève aussi parce que je peux pas vivre sans toi.

Chantage affectif.
Je suis prêts à tout.

Je survivrais peut être sans toi, mais dans quel état ? Je ne veux pas redevenir ce zombie qui a subsisté malgré lui pendant des mois. T’es injuste de me faire ça. Tu m’offres le plus beau cadeau qu’on ne m’a jamais offert et tu veux le reprendre ? Tu m’as redonné l’envie de vivre Kyle, de sourire, de rire, d’être heureux alors que je n’y croyais plus. Je t’interdis de briser ça. Et surtout pas pour ces raisons là. T’es injuste. Regarde moi. C’est moi ta vie maintenant, pas eux. Laisse tomber. Oublie les. Tire un trait là dessus et pars avec moi. Souviens toi, nos projets. L’Australie. L’Amérique. Je ne veux pas d’un trip « Vivre vite, mourir jeune ». Toi et moi c’est plus que ça. Ne leur donne pas l’occasion de nous séparer. Pas encore une fois.

J’attrapais ses épaules fermement. Mes yeux ne lâchaient pas les siens et je commençais moi aussi à perdre les pédales, à ne plus être capable de me maîtriser. Ni moi, ni ma force. J’avais peur de lui faire mal mais j’étais incapable de mesurer mes gestes et mes mots.

- Il est mort ! Il ne me fera plus de mal. Ni à moi, ni à toi. Ni a personne d’autre. On va se barrer d’ici. On va vivre libres, juste toi et moi. Plus de souffrance. J’veux juste oublier tout ça. Il faut que tu oublies toi aussi. Et … On ira retrouver ma Grand Mère, elle saura quoi faire. Elle nous aidera. On pourra dire à tout le monde ce qui se passe ici, et tous les sauver. Mort, on ne changera rien, on ne servira à rien.

J’aurais jamais du te le dire, j’suis vraiment trop con.

De ses épaules, mes mains étaient passées à son cou et agrippait désormais le col de son T-shirt. Mon front s’ancrait sur le sien alors que je gardais mon regard plongé dans ses yeux bleus. J’avais recommencé à trembler comme un dingue et ma respiration était très irrégulière, très rapide. Je parlais vite, nerveusement.

- Laisse ta rage sortir sur moi. Défoule toi sur moi. Frappe moi si ça peut te soulager mais n’y va pas, je t’en supplie.

Oui vas-y. Ne te retiens pas. J’encaisserai sans rien dire. Fais moi mal Kyle, si ça peut te faire du bien. Et même si je te supplie de ne pas y aller, en réalité je te l’interdis. Je ne lâcherai pas. Je pense que tu l’as très bien compris. Physiquement tu n’as pas le dessus. En revanche tu pourrais de casser en milles morceaux rien que par ton silence ou au contraire par tes mots. Mais je m’en fous, je suis certain que je serais assez fort pour faire abstraction de ça et t’empêcher d’y retourner. On a pas fait tout ce chemin pour faire demi-tour maintenant. On y est presque. On ne va pas abandonner maintenant.
Dans un geste désespéré je me collais à lui et enfouissait mon visage dans son cou. Mes coudes étaient venu se poser contre le mur de bois, juste au dessus de ses épaules, et dans leur prolongement, mes avant bras, puis mes mains là dans ses cheveux. Je n’arrivais pas à rester en place. Alors mon visage allait et venait contre le sien. L’effleurant sous toutes les coutures. Sa joue contre ma joue. Mes lèvres dans son cou, sur le lobe de son oreille, sur son front. Des mouvements frénétiques et saccadés.
Puis je reculais, pour mieux le voir, mes doigts à présent enroulés autour de sa nuque.

- Je t’ai dans la tête. Je t’ai dans le cœur. Je t’ai dans la peau. Je suis prêts à tout pour t’empêcher d’y retourner. T’entends ?! A tout. Absolument tout.

Oui Kyle, à tout. Tu m’as très bien compris.

Et sans prévenir je m’emparais de ses lèvres sauvagement. J’étais tellement hystérique que je ne prenais même plus la peine d’essayer de me contrôler. Je crois que ce baiser là était encore plus violent que celui que je lui avais arraché dans la Salle de Bain de la Tour des Griffondors le soir où je lui avais balancé la vérité sur ma véritable nature, par pure vengeance.
Je me rends compte maintenant que ces histoires de vengeances nous embarquent toujours dans des situations inextricables. Y a trop de passion, trop de fusion entre nous. Trop ? Je ne crois pas. J’en aurais jamais trop.
Je ne l’ai pas lâché pendant plusieurs secondes. Ils pouvaient bien essayé de se débattre que je ne sentais rien. Il était prévenu. J’étais près à tout.

J’ai fini par libéré sa bouche de la mienne. Un regard, plein d’émotions contradictoire mais toutes plus virulentes les unes que les autres. Est ce que je te fais peur ?
J’ai dézipé ma veste dans un geste rapide et brutal avant de la retirer tant bien que mal et de la jeter sur le sol. Un nouveau baiser et mes mains qui s’égarent sous son vêtement avant de le lui retirer. Lui aussi termine sa courses sur le sol tandis que je reprends ses lèvres. Je me sens totalement dépendant, comme si j’étais ivre. Je ne contrôle plus rien. Je ne sais pas ce qui m’arrive mais je crois que je suis poussé par ma peur. J’ai tellement peur de le perdre que mon corps prend le relais sur mon cerveau, le fait taire, pour avoir le champ libre.
Un baiser sur la joue, un autre dans le cou puis sur l’une de ses épaules alors que mains le caressent sans douceur. Le ventre. Le torse. Les côtes. Le dos. Jusqu’à ce qu’elles reviennent se positionner sur sa taille, puis sur sa ceinture que je défais sans réfléchir. Le bouton ne tient pas longtemps lui non plus. Et ce jean deux fois trop grand pour lui que ne tient plus que par les os de ses hanches. Je deviens de plus en plus fou à chaque seconde qui s’écoule.

Ne pars pas.

Mes doigts glissent sur sa peau, découvrent son dos une nouvelle fois, sa nuque, ses cheveux. Et je lui vole un autre baiser. J’ai l’air d’un désespéré. Je me sens comme si j’étais dans le couloir de la mort. Une sensation horrible et à la fois tellement excitante. Pourtant c’est bien la peur qui prédomine cet échange.
Et mes bras qui l’entourent, lui interdisant le passage vers un geste, un acte, que je ne lui laisserais pas faire.

Tu es à moi et à personne d’autre.
Tu m’appartiens.

Je les sens qui descendent dans son dos, mes mains, et j’ai l’impression de n’avoir plus aucune domination sur mon être. Elles s’accrochent à son corps, la griffe mais ne s’arrêtent pas. La ceinture, le jean puis son caleçon. Les barrières sont franchis aux creux de ses reins. Plus aucun tissus de les séparent de sa peau et je m’y accroche comme si c’était la dernière fois.

- Reste avec moi. J’ai besoin de toi. Apprends-moi. J’veux être à toi, entièrement. Et j’veux pas qu’ils gâchent ça. Ils n’existent plus. C’est juste toi, et moi. Nous. Maintenant et pour toujours.

Je t’en supplie.
Fais de moi ce que tu veux, j’me défilerais pas cette fois.
Je ferais n’importe quoi pour que tu ne me quittes pas.
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Ven 25 Juin 2010 - 20:41

C’était beaucoup plus grandiose que la fois dans le parc. Plus intense, plus présent mais surtout, beaucoup plus insistant. Je n’avais jamais ressentie une telle colère. Tellement que je me faisais peur à moi-même. J’ignorais de quoi j’étais capable mais je savais surtout que j’étais capable du pire. Je pouvais faire des gestes que sur le coup me semblaient bien mais qu’après mûre réflexion me rendrait malade de culpabilité. Je ne voulais pas me défouler sur Enzo. De toute façon, je ne le pouvais tout simplement pas. Ma rage n’était pas du tout dirigée contre lui mais plutôt contre ces hommes et leur injustice. Contre les gestes qu’ils avaient posés à l’égard de celui qui était encore plus précieux que de l’or à mes yeux. Leurs manigances me rendaient malade et je n’avais qu’une envie de c’était de leur faire payer pour qu’ils puissent savoir ce que lui a pu ressentir pendant ces jours de torture. C’était très cruel de s’en prendre ainsi à quelqu’un sans défense. Ce qu’ils lui avaient volé étaient des biens précieux à qui personne ne doit toucher. Je n’arrivais toujours pas à y croire. Et dans ma tête, en plus d’entendre ce bourdonnement qui n’en finissait plus, je réentendais ses paroles en boucle, comme si je faisais jouer un cd. J’avais l’impression d’être devenu complètement fou tant dis que mon sentiment de vengeance ne cessait d’accroître. J’avais maintenant un seul et unique but et c’était de tous les exterminés jusqu’au dernier en prenant mon pied comme eux l’avaient fait avec lui. Aucune pitié mais surtout, ne pas penser aux remords qui allaient probablement me ronger le restant de mes jours. Je savais qu’ils méritaient ce que je leur préparais. Ça et beaucoup plus encore pour tout le mal qu’ils avaient pu faire aux autres avant nous.


- Kyle, non !

Je n’entendais plus rien. Je ne voyais plus clair tellement la bête noire était présente en moi. Je n’arrivais plus à me contrôler. Autant mes pensées que mes gestes. J’étais sur l’adrénaline, voulant à tout prix mettre mon plan de vengeance à exécution, sans réfléchir à rien. Y aller sur l’impulsion du moment pour me libérer de ce fardeau. Je savais que j’étais très égoïste. J’agissais et je parlais sans réfléchir à ce que pouvait en penser Enzo, un peu comme si je me foutais de lui. Je n’avais même pas pris le temps de lui dire que tout cela n’était pas de sa faute. Qu’il n’avait pas à se reprocher quoi que ce soit et que je ne le jugeais pas devant tout ceci. Il avait fait un énorme effort pour tout me raconter, me disant même que j’étais le premier à qui il disait tout cela et moi, je réagissais sous l’effet de la colère plutôt que de le rassurer. Non mais quel petit ami merdique je faisais… Pour la première fois dans ma vie, je pensais à mon besoin avant de penser à celui des autres alors que c’était le cas parfait pour prouver que je n’étais pas quelqu’un d’égoïste. Qu’est-ce que je pouvais être nul… Et qu’est-ce que je pouvais m’en vouloir aussi… Mais j’étais pourtant là, sur le chemin de ma future mort, continuant d’ignorer celui qui faisait battre mon cœur. J’étais d’ailleurs près du premier but, celui de sortir de cette maudite cabane et lorsque je venais pour franchir le seuil de la porte, cette dernière ce referma brutalement devant moi sans que je n’aille touché quoi que ce soit. De nature plutôt nerveuse, j’aurais probablement sursauté devant un tel événement inattendu. Mais au lieu de cela, je grognai. Comme un animal. Comme Enzo avait parfois l’habitude de faire lorsqu’il était en colère. Je savais qu’il était derrière tout ceci et je me retournai brusquement vers lui, mécontent qu’il m’empêche d’aller plus loin. Je savais parfaitement pourquoi il le faisait et il avait raison. Si les rôles auraient été inversés, j’aurais fait de même sauf que moi, je n’aurais jamais réussi à avoir le dessus sur lui. Je n’avais pas de pouvoirs mais surtout, je ne savais pas comment être quelqu’un de persuasif. En plus, je n’avais pas la force physique alors…
Parlant de force, il me prit par surprise en se précipitant sur moi avant de me plaquer solidement contre le mur. Ses mains posées sur la surface plane, juste là, tout près de mon visage, il me regardait avec des yeux presque noirs. Je le regardais aussi intensément que lui le faisait mais avec une pointe de colère en plus. J’avais envie de le repousser et de crier mais je savais parfaitement que c’était peine perdue alors je me contentai d’écouter ce qu’il avait à me dire.


- Tu crois quand même pas que je vais te laisser y retourner ?! Si t’y vas ce sera pas sans moi. Je m’en fous de mourir mais j’veux pas te perdre. J’te laisserai pas y aller de toute façon. Et ne me force pas à me servir de la magie contre toi. Tu sais que je le ferais pas, mais si tu m’y obliges, si ça peut t’empêcher de faire la deuxième plus grosse connerie de ta vie, si c’est mon dernier moyen, j’hésiterai pas une seule seconde. Tu veux pas que je meurs, hein Kyle ? Parce que si tu y vas, tu vas te faire tuer. Et si tu te fais tuer, je crève aussi parce que je peux pas vivre sans toi.

Je savais que tu allais t’interposer Enzo, je ne suis pas stupide. Je ne voulais pas que tu le fasses mais une partie de moi l’espérait. Parce que je sais que c’est un geste stupide qui ne sauvera personne alors que fuir pourra peut-être sauver plusieurs vies. J’agis sous l’impulsion de la nouvelle, du moment. Je suis incapable de me contrôler mais je sais que tu peux m’aider à me sortir de là. Elle est là tu sais. Elle est là et elle me ronge comme lorsque que nous étions dans le parc. Elle gronde, elle voudrait que je te repousse, que je te frappe, juste pour que tu me laisses mais je tente de la retenir. Ce n’est pas à toi de supporter sa rage. Tu n’as pas à avoir les coups qu’elle prépare pour eux. Moi non plus je ne peux pas vivre sans toi et tu l’as su à mes dépends. Je t’aime. Tellement que je veux tuer les gens qui t’on fait du mal.
Je restai là, sans réagir à ses paroles comme s’il n’avait jamais ouvert la bouche. De glace, de marbre, voilà en quoi j’étais constitué. Mais à l’intérieur de ma tête, c’était la troisième guerre mondiale. Je continuais de trembler comme un dingue alors que j’interdisais ma colère de se retourner contre lui. Lui qui ne me voulait que du bien, qui tentait de me résonner devant mon moment d’égarement. Et ce bruit qui n’arrêtait toujours pas, c’était un véritable enfer. Je décidai de finalement fermer les yeux afin de mieux me concentrer. Pauvre Enzo. Il ne devait rien comprendre à mes agissements. Je me faisais peur alors je n’osais même pas imaginer comment il se sentait à cet instant précis.
Il m’attrapa fermement les épaules et me serra si fort que j’eus mal. J’ouvrai brutalement les paupières comme si je venais de me faire réveiller brusquement. Ses yeux s’encrèrent de nouveau dans les miens.


- Il est mort ! Il ne me fera plus de mal. Ni à moi, ni à toi. Ni a personne d’autre. On va se barrer d’ici. On va vivre libres, juste toi et moi. Plus de souffrance. J’veux juste oublier tout ça. Il faut que tu oublies toi aussi. Et … On ira retrouver ma Grand Mère, elle saura quoi faire. Elle nous aidera. On pourra dire à tout le monde ce qui se passe ici, et tous les sauver. Mort, on ne changera rien, on ne servira à rien.

Ses paroles me firent réfléchir un peu plus à mes actes et à mes agissements. Je baissais lentement les yeux vers le sol, sachant qu’il avait parfaitement raison. Oui j’avais été stupide, je l’étais encore d’ailleurs. La culpabilité commençait déjà à faire son apparition mais la bête noire était toujours aussi présente, grondant à l’intérieur de moi de ne pas me laisser faire par lui. Mais je ne pouvais faire autrement que de baisser les armes devant lui.
Il y avait encore d’autres hommes à faire souffrir mais le chef de la bande était décédé. Oui il marquait un point. Et nous étions rendu si loin… Aller voir sa grand-mère, oui probablement qu’elle savait quoi faire dans un cas pareil.
Oui je m’excuse Enzo, je m’excuse, me pardonneras-tu d’avoir été aussi stupide? Aussi égoïste?
Ses mains laissèrent finalement mes épaules pour s’agripper après mon t-shirt. Son front se posa contre le mien et on ne se lâchait pas des yeux. Mes tremblements commencèrent à cesser légèrement tant dis que les siens semblaient augmenter. Il respirait rapidement, comme s’il venait de faire un énorme effort physique et mon cœur se serra. Il était comme ça à cause de moi. C’était de ma faute si je l’avais mis dans un état pareil.

Bordel qu’est-ce que je pouvais être con.
Qu’est-ce que je me détestais.


- Laisse ta rage sortir sur moi. Défoule toi sur moi. Frappe moi si ça peut te soulager mais n’y va pas, je t’en supplie.

Je fermai de nouveau les yeux lorsque j’entendais ces mots qui intérieurement, me tuaient. J’avais une soudaine envie de pleurer. Je me sentais comme un maniaco dépressif qui change d’un extrême à un autre. Ou alors je possédais une double personnalité. Ou encore, c’était lui qui me mettait dans un tel état. Il s’avait appuyé là où ça faisait mal, c’était ça le problème. Non pas un problème mais plutôt une solution. Car je n’avais plus du tout envie de me précipiter dehors pour mettre le château à l’envers afin de retrouver ceux qui avait fait ça. Tout ce que je désirais était qu’il arrête d’avoir peur car ça se sentait des kilomètres à la ronde. Je voulais qu’il soit heureux et non pas qu’il soit nerveux comme ça. Ça me rendait malade de le voir ainsi. Je ne prêtais tellement plus d’attention à la bête que je la sentais disparaître doucement, tant dit que le gentil Kyle habituel reprenne sa place qui lui revenait.
Son corps se colla contre le mien alors que ses mains étaient remontées jusque dans mes cheveux. Puis, il déposa son visage dans mon cou et moi, je ne pu m’empêcher d’enrouler mes bras autour de lui afin de le serrer contre moi. J’avais besoin de sa présence et de son soutient même si ça aurait plutôt dû être le contraire. Son visage remonta contre le mien, le frôlant à plusieurs endroits, tant dis que je restai immobile. Il se recula un peu afin de mieux me regarder et j’ouvrai les yeux de nouveau.


- Je t’ai dans la tête. Je t’ai dans le cœur. Je t’ai dans la peau. Je suis prêts à tout pour t’empêcher d’y retourner. T’entends ?! A tout. Absolument tout.

C’est d’accord Enzo, j’ai compris. Je n’ai plus l’intention d’y aller, ne t’inquiètes pas. Tu as gagné, comme toujours. Mais tu es si convaincant, tu es le seul qui peut m’apaiser ainsi.
Il revenait de nouveau vers moi avant de m’embrasser sauvagement, me prenant par surprise. Je ne m’attendais pas du tout à ça de sa part, croyant plutôt qu’il s’était rendu compte que je me rendais à l’évidence, que je cessais de lutter. Son impact était tellement puissant que je dû me reculer jusqu’au pied du mur, prenant appuie sur celui si pour ne pas me laisser glisser jusque sur le sol. Je pense bien que c’était le baiser le plus violent que nous aillons jamais échangé. Je tentai de garder le rythme, y faisant passer ce qu’il restait de la bête noire avant de m’en débarrasser complètement. À défaut de cogner sur lui comme il me le demandait, je profitais de l’occasion pour la faire fuir autrement. Je continuais de le serrer contre moi comme un dingue pour ne pas qu’il parte loin de moi. J’étais bien là, il m’aidait grandement à m’apaiser et à me faire penser à autre chose.
Lorsqu’il m’a finalement lâché, après ce qui m’a semblé être une éternité, je me sentais beaucoup mieux. Comme si j’étais libéré d’un poids ou je ne sais pas trop. J’étais tellement léger que j’aurais pu m’envoler. Mais Enzo lui n’était pas calmé et dans ses yeux, je pouvais y lire un million de chose. Et la peur s’empara de mon être. Il était étrange, comme s’il se trouvait toujours sur l’adrénaline. Notre baiser ne lui avait pas suffit, contrairement à moi. Je me sentais de plus en plus coupable de l’avoir mis dans un tel état. Et contre toute attente, il dézipa rapidement sa veste avant de la jeter sur le sol avant de m’embrasser de nouveau. Ses mains posées en dessous de mon chandail commençaient à éveiller autre chose en moi et je ne savais pas trop si j’en avais envie. Je ne voulais pas profiter de la situation et encore moins de lui. Mais il allait si vite que je n’avais pas le temps de réagir. Pas le temps de parler, de réfléchir ou tout simplement de l’arrêter. Je me sentais tout mou, comme une guenille. Il enleva mon t-shirt et moi je me laissais faire plutôt que d’intervenir dans sa course effrénée. Ses caresses et ses baisers commençaient à me rendre fou de désir et je savais que ce n’était pas bien. Mais je n’arrivais pas à faire le moindre mouvement à part que de le serrer contre moi et d’absorber toute l’attention qu’il me donnait. Ses mains descendirent jusqu’à mon jean, débouclant ma ceinture et détachant mon bouton. Je bloquais, posant mes yeux sur lui d’un air interrogateur.

Tu es certain que c’est ce que tu veux?
Pardonne moi mais je n’en suis pas tellement convaincu.

Le pantalon, qui était beaucoup trop grand pour moi, tenait miraculeusement encore en place seulement à cause de ma taille. Et c’est là que je compris à quel point tout cela était sérieux. Il venait de franchir une autre étape et j’ignorais encore plus quoi faire. La situation me dépassait surtout que je savais que ce n’était pas qu’un simple jeu comme nous avions l’habitude de faire. J’avais encore plus peur, comme si je n’étais plus certain de rien. Et c’était parfaitement le cas. D’un côté le désir me disait de foncer sans penser à rien mais ma conscience elle, me rappelait qu’il faudrait peut-être que je réveille Enzo de sa torpeur. Prisonnier entre deux je restai bouche bée, encore surpris de nombreux gestes de mon compagnon tant dis que lui se donne à cœur joie dans ses multiples caresses qui me griffent presque la peau. Ses mains étaient descendues jusqu’à mes fesses, les tenant fermement.

Attention Enzo.
C’est un jeu dangereux.


- Reste avec moi. J’ai besoin de toi. Apprends-moi. J’veux être à toi, entièrement. Et j’veux pas qu’ils gâchent ça. Ils n’existent plus. C’est juste toi, et moi. Nous. Maintenant et pour toujours.

Un simple murmure.
Je ferme les yeux quelques instants afin de reprendre mes esprits et le contrôle de moi-même.
Attends, tu vas trop vite pour moi et j’ai la tête qui tourne. J’ai l’impression d’avoir descendu vingt étages en une demie seconde et là, je sais plus où j’en suis. Tu m’allumes comme un digue, j’espère que t’en es conscient. Et encore une fois, il faudra que je résiste parce que même si tu prétends le contraire, je sais que tu fais tout ça dans le seul et unique but que je reste avec toi. Je t’aime Enzo et j’ai surtout pas envie de faire une connerie. Je ne veux pas que tu te sentes obligé ou forcé pour ça. C’est un truc qui se fait naturellement et non pas par la force des choses et tout ça commence à me rendre dingue. Je voudrais te dire d’arrêter mais tu as tellement de pouvoir sur moi que je te laisse faire alors que je ne devrais pas. Je suis perdu, confus, mélangé et toi, tu me fais peur.

Aller, je dois faire quelque chose.

J’ouvrai les yeux, ancrai mon regard dans le sien et prenais son visage entre mes mains, l’air sérieux.


-Viens avec moi.

C’est un ordre. T’as pas le droit de te défiler.
Je lâchai ses joues pour poser mes mains sur ses avant bras avec une certaine pression afin qu’il me lâche complètement. Ma main glissa dans la sienne et je l’emportai vers le super lit qui était super confortable. Dans un même geste, nous nous assîmes sur le matelas et cette fois-ci, je prenais le temps de retirer mes converses qui commençaient à me taper sur le système. Par la même occasion, j’enlevai mes bas, question de principe. Puis, je me retournai vers Enzo, avec un petit sourire aux lèvres.


-C’est bon. Tu as gagné tu sais. Je vais rester avec toi. Je ne retournerais pas au château pour mettre mon plan diabolique en marche. C’est déjà terminer tout ça, c’est du passé.

Je me rapprochai de lui, agrippant sa nuque pour finalement me pencher sur lui, l’obligeant à se coucher sur le dos, le sourire toujours accroché aux lèvres. J’embarquai par-dessus lui et ma main libre se faufila sous le t-shirt qu’il avait gardé, caressant son ventre au passage.
Il fallait que je trouve les bons mots pour ne pas faire de connerie. J’avais beau avoir un incendie à l’intérieur de mon corps, je devais réfléchir à mes faits et gestes avant qu’aucun d’eux ne soient fatal.


-Je veux juste que tu te calmes maintenant, d’accord? Tout va bien, je suis là avec toi et je ne partirais pas, c’est une promesse. Je veux juste que tu… Ne fasses pas quelque chose que tu regretterais par la suite.

Parce qu’on ne parle pas de n’importe quoi. Parce que toi c’est toi, et moi c’est moi. Nous avons tous les deux une vision différente de la chose et j’ai pas envie de tout venir gâcher à cause d’une connerie de ma part. D’une pulsion, un sentiment qui n’aura durer qu’un tout petit moment dans mon existence merdique. Je m’en voudrais à mort si tout cela ne serait pas naturel et évident pour toi. C’est super important pour moi que tu te sentes à l’aise mais surtout prêt, j’espère que tu comprends ma vision des faits. Nos câlins et nos baisers me suffisent pour l’instant mais si tu veux plus, il est évident que je ne te refuserais rien. Il faut que tu choisisses mais surtout que tu t’écoutes avant tout.
Je me baissai sur lui, mon visage dans son cou et ma main dans sa nuque remonta jusque dans ses cheveux qui se mêlaient entre mes doigts. Ma seconde main remontait doucement le long de son côté, remontant par le fait même le vêtement qu’il portait toujours. Et je commençais à devenir fou. Le désir ne cessait de monter alors que moi tout ce que je voulais, c’était de tenter de le calmer et de le rassurer.
J’étais nul à chier. J’avais l’impression d’aller tout de travers et que mon corps ne m’écoutait plus, se perdant sur celui d’Enzo.


-Je ne veux pas que tu te sentes pressé ou obligé, tu comprends? Tu n’as pas à le faire si tu n’es pas prêt. Les câlins, moi ça me suffit amplement.

Et cette fois-ci, je ne t’en veux pas parce que tu as eu raison d’agir de la sorte. Je ne dirais pas que je l’ai cherché mais presque. Probablement que tu as vu que c’était la seule et unique façon pour toi de m’arrêter dans ma folie. Même si là, présentement, j’ai envie de t’en faire voir de toutes les couleurs je ne ferais rien tant et aussi longtemps que je tu ne m’auras pas rassuré à ton tour. Ce n’est pas l’envie qui manque de t’arracher tous tes vêtements mais je m’abstiendrai de tout mouvement. Par principe. Parce que je ne suis pas un connard qui ne pense qu’à lui, contrairement à tout ce que je viens de démontrer.
Je ramenai mon visage tout près du sien, lui souriant de nouveau avant de l’embrasser tendrement. Et je descendais mon baiser jusque dans son cou, serrant un peu plus ses cheveux.

Je n’attends qu’un mot ou un signe de ta part.
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Sam 26 Juin 2010 - 18:30

C’est l’histoire d’un ascenseur émotionnel.
Il monte, il descend.
Et puis un jour, il s’écrase.

On passe d’un extrême à l’autre et j’en ai le tournis. Tout vas tout le temps si vite entre lui et moi, c’est peut être pour ça que je ressens le besoin de me raccrocher à lui, en toutes circonstances. Tout simplement pour réussir à rester debout, à garder un semblant d’équilibre. Je voudrais qu’on soit loin d’ici, juste nous deux et nos rêves. Sur une plage en Australie. Au pied d’un phare dans le Maine. Et même dans les rues de Londres s’il en a envie. Je n’aime pas ce pays mais avec lui, je suis certain que je ne verrais plus tout ce gris. Peu importe l’endroit, moi c’est près de toi que je me sens chez moi.

~ * ~

Je n’en reviens pas d’avoir réagi de manière aussi violente. Je me savais à fleur de peau et incapable de gérer mes émotions, mais cette fois … Cette fois je suis allé très loin. Bien plus loin que je ne me serais cru capable d’aller. Trop loin. Je lui ai fait peur. Je lui ai fait mal. Psychologiquement certainement, mais surtout physiquement, et je crois que c'est la première fois. Je me déteste de ne pas avoir su garder le contrôle. La violence ne me dérange pas, elle m'a même habité pendant un moment mais qu'elle ressorte contre lui ça je ne suis pas d'accord. Tout est tellement compliqué. Je m’y perds, et pourtant je me dis que si c’était plus simple, ce ne serait certainement pas aussi fort. Il se passe un truc. Je ne sais pas quoi. Je ne sais pas comment s’est arrivé, ni pourquoi, ni même réellement quand mais je n’ai pas l’impression que notre histoire est banale. Peut être parce qu’on n’a pas le droit de s’aimer. Peut être parce qu’on est en permanence dans une course contre la montre. Peut être parce que j’ai un sérieux problème émotionnel. Peut être parce qu’on s’aime trop. C’est possible ça, s’aimer trop ? J’y connais tellement peu de chose à ces trucs là.
Quoi qu’il en soit j’avais totalement perdu le contrôle de la situation, et de moi-même, pour la simple et bonne raison que j’avais été pris de court et surtout de panique. Je savais qu’il n’aurait pas pu aller bien loin, que j’aurais fini par le rattraper et que s’il l’avait vraiment fallu j’aurais pu l’immobiliser par un sort mais ça s’est passé tellement vite que j’ai laissé l’adrénaline parler pour moi. Je suis sanguin, impulsif, et quand un moment comme celui-ci arrive, je ne peux pas y faire grand-chose. C’est encore pire quand il s’agit de Kyle, parce que même si visuellement ça ne se perçoit pas vraiment, je reste totalement conscient de ce que je fais. Je ne peux juste pas maîtriser ça. Donc je reste lucide et me fustige intérieurement de faire ce que je suis entrain de faire. J’ignore comment il va réagir, ni même s’il va se calmer, ou s’il l’est déjà. Tellement absorbé par ma folie. Oui de la folie, je deviens fou. Je ne vois pas ce que ça peut être d’autre que ça.

Je ne sais pas à quoi j’ai joué, ni même jusqu’où j’aurais été près à aller, mais je reprends mes esprits peu à peu. Et quand mes yeux croisent ceux de Kyle, j’ai envie de mourir. Tendu. Crispé. Je n’arrive plus à le lâcher malgré la situation quelque peu déroutante. Mes mains sous ses vêtements, ça me perturbe. Il a fermé les yeux un instant et moi j’ai attendu là comme un idiot, ne sachant pas quoi faire de moi et de ce corps un peu trop vivant qui une nouvelle fois avait pris le contrôle. J’ai eu l’impression qu’il s’était écoulé plusieurs longues minutes avant que ses yeux ne me dévisagent de nouveau.

~ * ~

Mon visage entre tes mains et ton regard rempli d’amour, de tendresse. J’ai l’impression d’être un petit garçon égaré quand tu fais ça. Je me sens rassuré, comme si par le bleu de tes yeux tu pouvais calmer tous mes tracas. Et Dieu sait s’ils sont nombreux.

« Viens avec moi. »

D'accord.
Jusqu'au bout du monde même si tu veux.

Je ne résistais pas lorsque d’une pression sur mes bras il se libéra de moi. La perte du contact avec sa peau me laissa un grand vide intérieur mais cela ne dura qu’une fraction de seconde, le temps qu’il s’empare de ma main pour m’emmener avec lui. Il avait l’air sérieux, calme, totalement serein alors que moi, j’étais en pleine phase de descente, prenant pleine conscience de ce que je venais de faire. Et la honte m’a envahi. Une nouvelle fois, j’avais fait n’importe quoi. Je me faisais un millier de réflexion dans ma tête, du genre il va se lasser de mes sautes d’humeur, de mes crises de parano et de mes angoisses. Même sa patience à des limites. Qu’est ce qu’il s’emmerde avec un mec comme moi. Il pourrait être tellement mieux sans moi.
Je l’ai suivi sans un mot jusqu’au lit, et je me suis assis près de lui, rivant mon regard sur le sol tandis qu’il retirait ses chaussures. Je respirais toujours très rapidement, reprenant mes esprits un peu plus à chaque seconde qui s’écoulait puis il s’est retourné vers moi, un sourire sur les lèvres. J’ai froncé les sourcils dans un geste d’incompréhension.

Pourquoi est ce que tu souris alors que je te donne toutes les raisons de pleurer, de disparaître, de me fuir ou d’être en colère ?

« C’est bon. Tu as gagné tu sais. Je vais rester avec toi. Je ne retournerais pas au château pour mettre mon plan diabolique en marche. C’est déjà terminer tout ça, c’est du passé. »

Et ça devrait me rassurer ? Je te crois, c’est juste que j’ai toujours peur que tu disparaisses. J’ai du mal à suivre, tout va trop vite. Explique-moi comment tu fais pour avoir autant de contrôle sur toi ? Regarde toi, tu parviens à calmer ta bête noire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, et je sais que tu le fais pour moi, pour me rassurer, parce que tu t’es rendu compte à quel point j’avais eu peur, à quel point ta crise m’a fait péter les plombs. Et regarde-moi. Je tremble encore comme un damné. Je n’arrive pas à me détendre. Sur le qui-vive, les sens en alerte. J’attends le moment où tu vas te relever pour essayer de franchir cette porte à nouveau. Je ne devrais pas douter de toi. Je sais que je peux te faire confiance mais c’est plus fort que moi. La crainte de te perdre l’emporte sur ma raison. Et ma raison, il y a bien longtemps qu’elle s’est fait la malle. Je crois qu’elle a décidé de me quitter complètement le jour où j’ai décidé d’accepter la vérité, le jour où j’ai décidé qu’il était temps que j’arrête de me voiler la face. Le jour où j’ai réellement commencé à t’aimer.
Ton sourire, il agit comme un calmant. Je voudrais tellement que ce soit la dernière chose que je vois en m’endormant le soir, et la première quand je me réveille. Est-ce que tu sais que tu es tout pour moi ? Que plus rien ni personne n’existe quand tu es là ? J’ai fait mon choix, je suis près à tirer un trait sur mon frère pour toi. Et je me rends compte que je ne t’ai jamais parlé de Jillian, tu l’aimerais beaucoup je crois, mais ce n’est, je pense, pas le moment de parler de ça.

Lorsqu’il s’est approché de moi j’ai instinctivement reculé. Pourquoi ? Aucune idée. Je me sentais comme un petit animal perdu, un Loup qu’on voudrait mettre en cage. A la différence que cette fois, la cage émanait de moi et de personne d’autre. Je m’enfermais dans mon mutisme et ma peur. Sa main s’est posé sur ma nuque et tout de suite, je me suis senti mieux. Mon corps s’est détendu aussi infimement soit-il et j’ai obtempéré, m’allongeant sur le matelas de tout mon long. Une seconde après, il était sur moi et me caressait le ventre en glissant sa main sous mon T-shirt. Pendant tout ce temps, il n’a jamais cessé de me sourire. Et moi, je gardais les yeux grands écarquillés en essayant de me calmer. Son toucher m’y aidait beaucoup même si je sentais bien que j’avais encore du chemin à faire.

« Je veux juste que tu te calmes maintenant, d’accord? Tout va bien, je suis là avec toi et je ne partirais pas, c’est une promesse. Je veux juste que tu… Ne fasses pas quelque chose que tu regretterais par la suite. Je ne veux pas que tu te sentes pressé ou obligé, tu comprends? Tu n’as pas à le faire si tu n’es pas prêt. Les câlins, moi ça me suffit amplement. »

C’est peut être vrai. C’est peut être faux. Je n’ai pas l’esprit assez clair pour en juger. Je sais que c’est dur pour toi, de faire attention à moi et à mes angoisses. Je sais que tu as toute la patience du monde mais je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser. Alors oui, si je t’ai sauté dessus comme ça c’est pour les mauvaises raisons, et j’ai pris le risque de gâcher quelque chose qui ne devrait pas se passer comme ça, dans la violence et le désespoir. Ce moment qui n’appartiendra qu’à nous, je suis heureux que tu ais su le préserver. Merci Kyle. Merci d’être toi.
Moi aussi j’aimerai me calmer tu sais, mais je n’y arrive pas. Je revis la scène en continue. Les mêmes peurs et les mêmes angoisses qui me déchirent les entrailles. Des émotions exacerbées, comme toujours. Et comme toujours je n’arrive pas à les gérer, à les faire taire.

Il avait a présent son visage dans mon cou, une de ses mains dans mes cheveux et l’autre qui remontait le long de mes côtes en emportant mon vêtement dans sa course. Je commençais à sentir une nouvelle sensation, une nouvelle chaleur. J’étais méfiant, me demandant quel genre de cocktail explosif pouvait ressortir d’une telle situation. Le mélange de la peur et du désir, le tout saupoudré d’adrénaline. Je ne voulais surtout pas réagir encore de façon brutale. Alors j’essayais de me détendre, de laisser mes muscles se relâcher. Mes tremblements cessèrent peu à peu, de même que ma respiration et mon rythme cardiaque s’était sensiblement ralentis.

Et puis son visage près du mien à nouveau. Je tentais de sourire mais n’y parvins pas, et lorsque ses lèvres se posèrent sur les miennes, dans un élan de tendresse absolument divin, je ne touchais plus terre. J’avais l’impression que tout allait bien, que rien de ce qui venait de se passer n’avait existé. Mes mains se posèrent sur ses hanches dans un geste lent et je penchais la tête sur le côté pour qu’il ai un total accès à mon cou dans lequel il continuait de m’embrasser.
J’aurais pu rester comme ça des heures, des jours même. J’oubliais tout. Et pourtant, une nouvelle fois je n’ai pas réussi à tenir en place.
Je me suis redressé jusqu’à m’asseoir, gardant Kyle sur moi, puis je l’ai entouré de mes bras. Sa peau toujours aussi fraîche ne soulageait pourtant pas la brulure lancinante qui se déplaçait là sous ma peau. Je posais ma tête sur son torse, juste en dessous de la sienne et resserrais mon étreinte autour de sa taille.

- Serre-moi fort. Me lâche pas. Si tu me lâches je disparais.

Pas parce que je vais prendre la fuite, ça non, mais tout simplement parce que je risque de me dissoudre. Je pense qu’il l’aura compris.

- Excuse-moi d’avoir réagi aussi violemment. Je t’ai fait mal, je t’ai fait peur. C’est impardonnable.

Tu auras beau me dire le contraire, je ne supporte pas de t’inspirer ces sentiments là. La douleur. La peur. Je ne veux pas les lire dans tes yeux. Je veux te voir sourire mais tout ce que j’arrive à faire c’est te faire souffrir. Je fais n’importe quoi mais toi, toi tu me passes tous mes caprices. Tu me pardonnes tout. Toujours.

- J'ai besoin de toi. Je ne comprends pas d'où ça vient mais même quand t’es tout près je te trouve trop loin. Je voudrais rester accroché à toi pour le restant de mes jours. Et je m’en fous que tu sois un garçon. Je t’aime comme un dingue, comme tu es. Je ne veux plus jamais tenir quelqu’un d’autre que toi dans mes bras. Je te veux toi et personne d’autre.

Oui, Kyle. Je ne veux que toi. Je te veux, comme toi tu me veux.

Je déposais à mon tour un baiser dans son cou avant de le regarder droit dans les yeux avec mes yeux qui devait plus inspirer le chien battu que le loup super puissant.

- Je suis mort de trouille. Tu le sais quand je suis nerveux je n’arrive pas à m’empêcher de parler. Et je me rends compte qu’on n’a jamais abordé le sujet. J’veux dire c’est tout nouveau ça pour moi et c’est très perturbant d’être aussi attiré par un garçon comme ça du jour au lendemain. C’était peut être enfouie en moi depuis longtemps mais sincèrement je ne crois pas. C’est juste … toi. Oui c’est toi.

Toi. Juste toi. Toi et tes yeux bleus. Toi et ta peau froide et pâle. Toi et ton sourire qui me rassure. Toi et ton calme olympien. Toi et ta patience. Toi et ta tendresse. Toi. Toi. Toi. Tu es toute ma vie, et désolé pour la pression que cela va mettre sur tes épaules. Je suis du genre envahissant, et avec toi c’est pire. Il faudra que tu me le dises quand tu auras besoin d’air, parce que je ne m’en rendrais probablement pas compte par moi-même.

J’ai bloqué un instant, je crois que j’essayais de capter mes battements de cœur et de me caler sur eux. Pourquoi ? Je n’en ai pas la moindre idée, ça m’était juste venu comme ça. J’ai essayé de percevoir ceux de Kyle aussi, en posant mon oreille sur sa poitrine, et j’ai souris en les trouvant. Ils étaient plus calmes que les miens, mais assez rapide tout de même. C’était comme une berceuse, un refrain qu’on ne se lasse jamais d’entendre.

- Je pourrais aller au bout du monde avec toi, et je ne veux plus te faire attendre même si finalement ça ne fait pas si longtemps. Entre nous tout à toujours été très vite alors cette excuse là ne tient pas. Je … J’ai juste besoin qu’on y aille en douceur, tu comprends. Et je ne sais pas comment m’y prendre. Je me sens vraiment con pour tout te dire, mais je sais que tu ne me juges pas alors ça m’aide à me sentir plus à l’aise.

J’ai déposé un petit bisou chaste sur la commissure de ses lèvres et j’ai murmuré dans son oreille.

- Merci, pour tout. Et désolé pour le flot de parole.

Je crois que les mots ne servaient plus à rien. J'espérais juste qu'il ai compris que je n'étais pas en mesure de m'exprimer clairement, que je me sentais idiot, profondément, que je n'avais qu'une envie, celle de me cacher dans son cœur.
Je commençais réellement à me sentir sinon bien au moins mieux. J’avais toujours la peur au ventre, mais cette fois c’était différent. Une bonne peur, une peur qui donne des ailes. Une peur panique de l’inconnu mais le simple fait de voir son sourire, de sentir ses mains dans mes cheveux et sur ma peau, grâce à ça je ne touchais plus terre.
Je respirais son odeur, lentement. Je l’effleurais, doucement. Je nous berçais, calmement. Ce moment est à nous, rien qu’à nous. Je ne veux pas le gâcher. Je veux que ça soit parfait, inoubliable. J’ai besoin de toute ta tendresse et ta patience. Et je sais que tu vas me les donner sans rien me demander en retour. Seulement je ne veux pas te laisser sans rien t'offrir, car même si je te donne mon corps sache que tu as déjà toute mon âme et tout mon cœur. Je vais prendre soin de toi autant que toi tu prendras soin de moi. Peut être plus maladroitement, mais en tout cas sincèrement.

Décidant que je l’avais suffisamment fait attendre sans rien dire ni faire, je l’ai fait basculer sur le côté jusqu’à ce qu’il se retrouve lui aussi allongé. Contrairement à ce qu’il avait fait plus tôt, je n’ai pas escaladé son corps pour me mettre sur lui, j’avais trop peur de l’écraser. Je me suis contenté de placer une jambe entre les siennes, une main sur sa hanche presque dans son dos et l’autre au dessus de sa tête alors que j’étais en appuie sur mon coude. Nouveau baiser, tendre, lent, sensuel, alors que ma main quittait son dos pour s’égarer sur son ventre, jusqu’à la boucle de ceinture qui n’était plus, jusqu’au bouton qui n’était plus non plus. La fermeture éclaire du jean n’a pas fait long feu. J’ai quitté ses lèvres, laissant ma main en suspens là où elle se trouvait et je me suis redressé pour avoir le champ libre. Je ne me forçais pas à faire tout ce que j’étais entrain de faire. Je n’étais pas super à l’aise c’est vrai mais j’en avais envie. J’avais envie de lui montrer que je savais ce que je voulais, et que je n’agissais pas simplement pour lui faire plaisir même s’il y avait tout de même une grande part de ça. Il est bien loin d’être stupide, et je suis certain qu’il l’avait deviné mais j’espérais sincèrement qu’il comprendrait mon point de vue.
Poussé par un élan venu de je ne sais où j’ai fait glisser mes deux mains jusqu’à son jean et j’ai tiré, tranquillement, jusqu’à ce que le vêtement se retrouve par terre comme ma veste et son T-shirt.
C’était la première fois que je voyais Kyle si légèrement vêtu et psychologiquement j’étais rassuré qu’il est encore son caleçon sur lui. Une réaction peut être un peu étrange, mais je me sentais pour l’instant plus à l’aise comme ça. Mon corps à moi n’avait plus de secret pour lui et ce depuis le premier jour et pourtant j’étais encore habillé. Je me suis positionné au dessus de lui, en appuie sur mes bras. Je l’ai embrassé, encore, et encore. J’ai rendu sa liberté à l’une de mes mains qui est allé se frayer un chemin sur sa cuisse, se faufilant sous le tissu en remontant sur le côté. Je n’étais pas habitué à ce genre de contact, si masculin, mais étrangement ça ne me posait pas vraiment de problème. C’était juste … différent. Pas plus désagréable, et j’irais même jusqu’à dire mieux parce que cette fois, il y avait les sentiments en plus.
Je me suis dit qu’il était temps pour moi d’arrêter de jouer les pudiques alors une nouvelle fois j’ai quitté son corps, plus difficilement cette fois. Une jambe de chaque côté de lui, sur les genoux, j’ai voulu retirer mon T-shirt. L’attrapant à la base au niveau de mon ventre, je n’ai eu aucun problème à le faire remonter jusqu’à mon torse, puis ma tête … Jusqu’à ce qu’il se coince dans mes cheveux alors que j’allais le virer et le balancer plus loin. J’ai éclaté d’un rire nerveux qui a eu le don de me détendre et j’ai regardé Kyle, mon vêtement coincé au niveau de mon front. Je devais avoir l’air bien con.

- Kyle ... J'crois que j'ai besoin d'un coup de main.

Sourire d'ange.
Air innocent.
Désolé d'être un boulet mon cœur.

Dépêche-toi de m’enlever ça que je puisse te retrouver. Parce que tu me manques déjà trop.

You are the only exception ♪
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Mar 29 Juin 2010 - 15:09

Je suis désolée d'avance pour la partie en hide. Mais c'est un peu trop hot à mon goût alors...
Vous ne manquez rien, ne vous inquiétez pas! XD


J’ignorais réellement comment je réussissais à passer d’un extrême à un autre sans faire aucun dégât. Autant j’étais en colère quelques secondes auparavant, totalement sous le bon vouloir de mon côté obscur autant que là, je me retrouvais dans une passion charnelle, le feu dévorant l’intérieur de mon corps et mon âme. Et pourtant, je faisais attention à absolument tout. Mes gestes, mes paroles. J’y allais en douceur pour d’abord calmer mon compagnon avant qu’il ne se lance dans des aventures qu’il pourrait regretter par la suite. Et ce, même si des voix dans ma tête m’avaient crié de me jeter sur lui comme un fou sans penser au reste. À lui, aux conséquences qui pourraient s’en suivre. Parfois, je m’étonnais moi-même. J’avais beaucoup plus de facilité à contrôler mes démons que je ne le pensais. Physiquement, j’avais beau n’avoir l’air de rien, rien d’autre que adolescent qui se fait passer pour une victime mais mentalement, c’était tout autre chose. Plus tout ça allait et plus je comprenais pourquoi j’intéressais autant les supérieurs qui voulaient tant faire des expériences sur ma personne. Probablement que je possédais une sorte de don moi aussi. Celui de pouvoir contrer une certaine magie mais aussi celui d’être un caméléon. Enzo avait réussi, par je ne sais trop quel moyen, soit par ses gestes ou ses paroles, à me faire revenir brusquement à la réalité. Sa panique m’avait réveillé de ma torpeur et j’avais eu peur. Bien plus pour lui que pour moi. Aillant agit en égoïste sur le coup, je me rendais compte de mon erreur. Erreur qui aurait pu être fatale.

Merci mon amour de m’avoir sauvé la vie, une fois de plus.
Et après tu dis que tu es loin d’être un héro?



Il m’avait suivi jusqu’au lit sans rechigner une seule fois. Il s’était assis à mes côtés, le temps que je me débarrasse de mes converses. Il m’a écouté et n’a pas résister lorsque je l’ai finalement couché sur le matelas. J’avais tenté de le calmer du mieux que je le pouvais avec des paroles fortes, sincères accompagné de quelques gestes tendres pour faciliter le tout. Et ça avait fonctionné. Du moins je le pensais. Sa respiration était de plus en plus lente et il s’abandonnait à toutes mes caresses, laissant à mes lèvres le champ libre pour explorer tous les recoins de son cou. J’étais heureux de savoir que mon plan fonctionnait à merveille. Je détestai le savoir aussi mal, surtout que je ne l’avais jamais vu comme ça. Il avait littéralement paniqué, sur le qui-vive, faisant et disant n’importe quoi pour ne pas que je le quitte. Et en quelque part, sa réaction m’avait touché et m’avait même plu dans un sens. S’il avait eu une telle réaction, c’était parce qu’il m’aimait réellement et il s’accrochait à moi autant que je m’accrochais à lui. Un sentiment de bien être m’avait envahi et ce, malgré tout le mal que cette situation nous avais causé à tous les deux.
Je poursuivais mes baisers au creux de son cou et le braisier commençait réellement à me consumer à l’intérieur de mon corps. Concentrer sur mon action, je sursautai légèrement lorsqu’Enzo s’agita sous moi, s’assoyant sur le lit. Il me garda cependant sur lui et me serra dans ses bras. Quelque peu perdu, je mis une ou deux secondes avant de comprendre et de réagir. Sa tête posée en dessous de mon menton, accoté contre mon torse nu, une nouvelle sensation de bien être m’envahi. Et lorsqu’il resserra son étreinte autour de moi, je ne pu m’empêcher de l’enrouler à mon tour avec mes bras et je le serrai. Il me demanda de le serrer plus fort, ce que je fis sans hésiter. J’y mettais toute ma force même si je savais qu’il ne devait presque rien sentir en réalité. J’étais si faible, si épuisé. Mon adrénaline et mon énergie avait disparue aussi rapidement qu’elle avait pris possession de mon corps. Mais je savais que c’était pour une bonne cause alors ça ne me dérangeait pas trop. Et puis, il me resterait toujours assez de force pour lui, même avec toute la misère du monde sur les épaules. Je fermai les yeux, accotant mon menton sur le dessus de sa tête, profitant pleinement de ce moment, qui j’espérais, ne soit pas trop rare.


- Excuse-moi d’avoir réagi aussi violemment. Je t’ai fait mal, je t’ai fait peur. C’est impardonnable.

Je ne pu m’empêcher de lui répliquer.

-Non toi excuse moi. J’ai été le pire des idiots vraiment… Je ne sais pas ce qui m’a pris.

En réalité, je te mens. Je sais parfaitement ce qu’il m’est arrivé. J’ai pété les plombs, tout simplement. Ça me tue qu’on te fasse du mal et ce qu’ils t’ont fait est impardonnable. D’ailleurs, je ne t’ai pas encore dit de ce que je pense de tout ça mais je compte le faire. Pas maintenant parce que nos esprits sont encore brûlants mais lorsque nous serons plus reposé, je reviendrais sur le sujet. Je ne veux pas qu’on l’écarte et que le laisse tomber. C’est quelque chose qu’il faut, je pense, exorciser. J’ai lu tellement de choses dans tes yeux que j’en ai eu mal au cœur. Comme un poignard qu’on m’aurait inséré en plein milieu de mon organe vital. Je sais que tu te considères comme un assassin à cause de ce qu’il t’on fait mais je veux que tu cesses tout ça. Je veux que tu arrêtes de remuer ce passé même si je sais qu’il fait parti de toi dorénavant. Enfin, ces pour toutes ces petites raisons si j’ai explosé. Ça retombé sur toi et ça t’a conduit à une crise d’angoisse que je n’aurais jamais osé imaginer. Je t’ai fais bien plus de mal et de peur que toi tu as pu m’en faire. Moi ce n’est pas grave, je suis capable d’en prendre, j’ai été habitué à ce genre de chose. Toi, je sais que c’est différent. Nous sommes loin d’être pareil tous les deux et même si extérieurement tu laisses paraître que tu es un gros dur, à l’intérieur c’est tout le contraire. Malheureusement, tu es facile à modeler. Tu te laisses trop emporter par des émotions et un simple rien te fait réagir comme si tu étais une bombe. Moi ça me prend beaucoup de tranches et là, c’était celle de trop. Mais je te promets qu’un jour, nous allons te venger. Nous allons la venger. Ensemble, toi et moi. On reviendra avec une armée de supers sorciers qui botteront le cul des supérieurs. C’est la première chose que nous devons faire lorsque nous arriverons à bon port. Répandre la vérité et les mauvaises nouvelles. Renvoyer les moldus chez eux, dans leur famille respective. Redonner la joie et le sourire à tous les élèves de cette école. Mais surtout, faire descendre de leur pied d’estale tous ces hommes qui se prennent pour des dieux.

Un fantasme à réaliser.
Un fantasme que nous allons réaliser, ensemble.


- J'ai besoin de toi. Je ne comprends pas d'où ça vient mais même quand t’es tout près je te trouve trop loin. Je voudrais rester accroché à toi pour le restant de mes jours. Et je m’en fous que tu sois un garçon. Je t’aime comme un dingue, comme tu es. Je ne veux plus jamais tenir quelqu’un d’autre que toi dans mes bras. Je te veux toi et personne d’autre.

Je souriai et déposai un petit baiser d’affection dans ses cheveux. Il ressentait exactement la même chose que moi à son égard. J’étais heureux de savoir que tout ça était réellement réciproque. J’envisageais aussi de rester avec lui pour le restant de mes jours et même après la mort. Je ne voulais pas qu’on nous sépare, j’étais trop bien près de lui. Il disait qu’il se foutait que je sois un garçon… Tant mieux. Après tout, ce n’était pas tous les mecs qui auraient été capable d’accepter ce fait du jour au lendemain. Je ne dis pas que ça n’avait pas été facile pour lui, loin de là, mais il semblait posséder une capacité d’adaptation vraiment étonnante. Je me surprenais encore de quelques uns de ces mots et de ces gestes. À chaque fois, il poussait le vice un peu plus loin sans que je ne fasse quoi que ce soit. C’était réellement surprenant pour un mec qui disait que c’était sa première fois avec une personne du même sexe. Bof à vrai dire je m’en foutais un peu. Moi je l’aimais comme il était et c’était encore mieux s’il était plus ouvert d’esprit qu’il ne le pensait.
Il déposa un petit bisou sur mon cou et je rouvrais les yeux, le sourire toujours collé aux lèvres. Il me regardait avec un petit air piteux.
Qu’est-ce que tu as mon amour?
Aller, dis moi.


- Je suis mort de trouille. Tu le sais quand je suis nerveux je n’arrive pas à m’empêcher de parler. Et je me rends compte qu’on n’a jamais abordé le sujet. J’veux dire c’est tout nouveau ça pour moi et c’est très perturbant d’être aussi attiré par un garçon comme ça du jour au lendemain. C’était peut être enfouie en moi depuis longtemps mais sincèrement je ne crois pas. C’est juste … toi. Oui c’est toi.

J’hochais la tête alors que l’une de mes mains venait se poser dans ses cheveux en bataille.
Oui je comprends parfaitement. Ne t’inquiètes pas, c’est normal que tu sois effrayé par tout cela, je suis passé par la moi aussi. Dis toi simplement que tu es chanceux d’avoir tombé sur un mec comme moi. Pas que je veux me penser supérieur aux autres, mais j’ai le souci de ce que tu penses. Je prend mon temps, je ne te presses pas et franchement, y’a quelques personnes qui ne se préoccupent pas de ça, ne pensant qu’à leur désir primaire. Ce n’est pas mon cas. Tu es l’une des seules personnes dans ma vie à m’accorder autant d’attention et d’affection. Ce serait stupide et idiot de te forcer à tout pour mieux te faire fuir. J’ai envie que tu restes près de moi et je fais tout en œuvre pour que ce soit le cas. Parfois j’ai certaines chutes, comme tout à l’heure mais ne t’inquiètes pas, ce n’est pas fréquent chez moi. Et tant mieux si tu m’aimes pour les bonnes raisons. Ça prouve simplement que tu n’es pas quelqu’un de superficiel, une qualité rare que j’apprécie vraiment chez toi. Les gens ont souvent la fâcheuse tendance de juger les autres au premier regard, sans connaître la vie ou les goûts des visés. Et puis tu sais… J’ai beau avoir toujours été gay, moi aussi c’est juste toi… J’aurais toutes les raisons du monde de te fuir mais je ne le fais pas. J’ai toujours su que tu avais besoin de moi. J’ignorais pourquoi mais je pense que je commence à voir le portrait un peu plus. Tu as simplement besoin d’être écouté, supporté mais surtout d’une présence. Je me trompe? Tu es tactile, toujours entrain de me toucher ou de m’embrasser. Ce n’est pas un reproche, au contraire. J’en ai autant besoin que toi sinon plus. Disons que je me rattrape pour toutes ces années passés à ne rien recevoir.
Il avait de nouveau posé sa tête sur mon torse et il y eut un petit silence avant qu’il ne reprenne la parole.


- Je pourrais aller au bout du monde avec toi, et je ne veux plus te faire attendre même si finalement ça ne fait pas si longtemps. Entre nous tout à toujours été très vite alors cette excuse là ne tient pas. Je … J’ai juste besoin qu’on y aille en douceur, tu comprends. Et je ne sais pas comment m’y prendre. Je me sens vraiment con pour tout te dire, mais je sais que tu ne me juges pas alors ça m’aide à me sentir plus à l’aise.

-Ne t’inquiète pas. Je suis vraiment pas du genre à brusquer, t’as du t’en rendre compte. Avec moi tu ne risques absolument rien. Je ne te jugerais jamais peu importe ce que tu feras ou ce que tu as fait.

Nouveau petit sourire. Et il remonte vers moi, un petit bisou sur les lèvres et il me murmure un merci et un désolé. Encore. Toujours et encore des excuses, pour absolument rien en plus. C’est bien lui ça, il ne changera jamais. Je ne veux pas qu’il change.
Nous restâmes un petit moment ainsi et je me sentais comme chez moi. Là, dans ses bras. C’était là que je voulais rester pour le reste de ma vie. Je m’y sentais en sécurité mais surtout, je me sentais aimé. Une chose que personne d’autre avant n’avait pu m’apporter. Lui me l’offrait en entier sans rien me demander. Je ne pouvais pas rêver mieux.
Il s’anima de nouveau, me faisait coucher sur le côté et il s’étendit à côté de moi. Nos jambes emmêlées, sa main posée sur ma hanche alors que la mienne n’avait toujours pas quitté ses cheveux il m’embrassa langoureusement et mon braisier augmenta d’un coup. Le feu était de retour dans ma tête, mon cœur, dans mon corps tout entier. Je savourais chaque seconde passée, me disant sans cesse que c’était peut-être les dernières. Je ne voulais pas vivre ainsi, dans la presse mais toutes ces aventures passées m’y forçaient. Je me disais que tant et autant que nous étions sur le terrain de l’école, il fallait rester prudent. Sa main rendue sur ma braguette, j’entendais ma fermeture éclaire s’ouvrir. Ses lèvres quittèrent les miennes et il se redressa. Puis il retira finalement ce jean beaucoup trop grand pour moi et le vêtement alla retrouver le sol avec les autres. Il s’était penché au dessus de moi et je ne pouvais pas me défaire de mon sourire. Nous nous embrassâmes de nouveau et alors qu’il caressait ma cuisse, allant même jusqu’en dessous de mon caleçon, ma main libre se posa sur son dos, en dessous de son t-shirt qu’il avait toujours sur lui. Mes doigts se refermaient sur ses cheveux alors que notre baiser se prolongeait. Mon désir et mon envie ne cessaient d’augmenter, le feu étant devenu un incendie de forêt. J’avais des frissons partout sur la peau et ce n’était pas dû au froid qui habitait la cabane hurlante. Et lorsqu’il coupa notre échange, lorsqu’il se releva un peu de moi, je le retenais légèrement, l’air de dire : pourquoi est-ce que tu me quittes déjà?
Reste s’il te plaît. J’ai trop besoin de toi pour que tu m’abandonnes.
Il s’était redressé sur ses genoux, agrippant son t-shirt à la base pour l’enlever…
Oh striptease? Bah je suis pas contre moi…
Je me mordais la lèvre inférieure, appréhendant le spectacle qu’il s’apprêtait à m’offrir lorsque je remarquai un truc étrange.

Petit rire nerveux de sa part. Je cesse de me mordiller, soudainement intrigué par la situation.
Un problème chéri?
Le t-shirt semblait coincé. Les bras toujours en l’air, le vêtement restait au niveau de son front. Fâcheuse position, surtout dans un moment aussi… Intime.


- Kyle ... J'crois que j'ai besoin d'un coup de main.

Regard angélique, air innocent, comme si de rien n’était alors que moi je ne pu m’empêcher d’éclater de rire à mon tour. Les deux mains dans le visage, un peu comme si je voulais cacher à quel point la situation me faisait marrer. Mais bon il fallait avouer qu’il avait l’air vraiment con avec son t-shirt coincé comme ça, sur son front. J’aurais eu envie de lu balancer une connerie ou deux du genre : woah c’est moi qui te fais enflé la tête de cette façon là? Mais je ne disais rien, continuant de rigoler juste pour ne pas gâcher le moment qui dégringolait déjà.
Je me calmai peu à peu, retrouvant ma respiration ordinaire et je me redressai à mon tour, le sourire toujours aux lèvres. Je dirais même que me mordais la lèvre inférieure afin de m’empêcher de rire encore plus. Je devais retrouver mon sérieux même s’il avait vraiment l’air… Idiot. Mais il était tellement mignon en même temps… Me plaçant sur les genoux, face à lui, je levai les bras afin d’agripper son t-shirt et je tirai d’un coup sec pour le libéré de l’emprise de son vêtement. Celui-ci s’enleva sans trop de dégât et je ne me gênai pas pour l’envoyer voler à l’autre bout de la pièce tant dis que mon sourire s’élargissait. Malgré moi, j’eus de nouveau un petit rire et je lui ébouriffai les cheveux d’un geste rapide de la main pour les emmêler un peu plus.


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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Ven 2 Juil 2010 - 14:23

C’est peut être étrange de penser à ça maintenant, dans une pareille situation je veux dire, mais je me rends compte que je suis devenu mon pire cauchemars. Je me croyais fort, indépendant. Je voulais absolument que le reste de la planète reste loin de moi. Je pensais que jamais plus quelqu’un arriverait à entrer dans ma bulle. J’en était convaincu, et je me riais de tous ces gens qui pensaient être invincible parce qu’ils étaient deux, ou même plus. Je ne voulais pas de ça, en tout cas j’arrivai à m’en convaincre. Et lorsque je croisais un couple de jeunes amoureux transis, j’avais envie de vomir. J’avais envie de leur hurler dessus, de leur dire que tout ça c’était du vent, que ça ne les rendait pas plus puissant ni même indestructibles. J’étais l’enfoiré de service. Le mec froid, distant et méprisant. Celui que personne n’approche parce qu’il fait mal avec ses mots. Parfois même avec ses points. Un solitaire. Un Loup sauvage et déterminé. Je crois que personne ne savait qui j’étais réellement. Tout le monde connaissait le grand, le beau, le formidable Derek Ryans mais moi, moi je n’étais qu’un prénom, et encore, parfois même seulement un adjectif qualificatif. Le mec un peu étrange qui fait peur. Celui qu’on fuit. Le paria.
Et puis un jour, un lendemain de Pleine Lune, ma vie a basculé dans un sens auquel je ne m’attendais pas du tout, une direction que je n’avais pas envie de suivre, pire, j’irais même jusqu’à dire que je la fuyais cette direction, comme la peste. Je me demande dans quel état je serais aujourd’hui si ce jour là ne s’était pas déroulé comme il l’a fait. J’en serais probablement toujours au même stade. Un ado « rebelle » qui n’est pas heureux mais qui n’a surtout pas envie de prendre le risque de le devenir. Un orphelin qui a peur de vivre. Tout simplement. Je cachais mon mal être derrière une carapace de dureté, et quand je me vois aujourd’hui, je ne me reconnais pas. Kyle m’a totalement transformé. L’amour qu’il me porte et que je lui retourne m’a changé. Je n’ai plus rien à voir avec le Enzo d’il y a quelques mois à peine. Devant les autres si, peut être encore un peu, et encore, mais avec lui, je me retrouve dans le rôle de ceux que je méprisais il n’y a encore pas si longtemps. De l’image du gros dur, je suis passé à celui de la victime inoffensive qui a peur de tout et de tout le monde. Je crois en l’amour. Je recherche sans arrêt le contact. Je suis tendre et câlin. Je balance des trucs que je me serais proprement cru incapable de dire avant. Ce n’est pas que je n’aime pas ça, non, c’est juste que parfois je me sens faible. Il a cette capacité déconcertante à faire de moi ce qu’il veut. Je sais qu’il ne fait pas exprès, qu’il ne cherche pas à m’intimider ou quoi que ce soit d’autre mais les faits sont là. Il a une telle emprise sur moi que je perds toute consistance.

Merci Kyle, d'avoir fait de moi un Bisounours x_X

~ * ~

Je me sentais très con dans cette drôle de position, et lui qui avait éclaté de rire, ça ne m’aidait pas franchement. Je ne lui en voulais pas, trouvant moi même cette situation prodigieusement ridicule. J’aurais pu m’énerver, et tout gâcher mais je me suis contenté de rire. J’étais de toute façon bien trop ailleurs pour prendre la mouche. C’était bien moi ça, capable d’une telle connerie dans un moment pareil. Certes, ça nous avait permis de détendre un peu l’atmosphère, enfin surtout la mienne en l’occurrence puisque Kyle lui semblait absolument serein, mais ça ne m’empêchait pas d’être nerveux comme au premier jour. Comme si c’était la première fois. Quelque part, c’était un peu le cas. Non seulement je n’avais jamais eu ce genre d’expérience avec un garçon, ce qui en soit s’avérait être assez traumatisant je dois bien l’avouer, mais en plus de ça, je n’étais pas champion du monde au palmarès des parties de jambes en l’air. J’avais quinze ans quand j’ai perdu ma virginité. Il y a tout juste un peu plus d’un an. Mes parents étant morts peu de temps après, je n’ai pas vraiment eu le temps de continuer sur ma lancée. Le déménagement, l’adaptation, ou plutôt l’absence d’adaptation dans mon cas, à un nouveau pays. Mon état d’esprit qui avait changé. Je n’avais plus vraiment la tête à ça. Il y a bien eu cette fille peu de temps après ma rencontre avec Kyle, mais ça n’avait rien à voir. Je me suis servis d’elle. Je n’y ai pris aucun plaisir hormis celui le plus primaire. Cette fois c’est complètement différent. Il y a trop de facteurs en jeu pour que je me sente vraiment à l’aise.
Il le sait. Il le sent. Et ça m’angoisse encore plus. Adieu le prédateur. Adieu Enzo la brute, le Loup assoiffé de contact et de chaleur. Il ne reste plus que moi, sans ma carapace. Perdu. Effrayé. Mais heureux malgré les apparences. J’oublie peu à peu ce qui vient de se passer. Je me laisse bercer par le rire de celui que j’aime, et je dois dire que ça me plait de le voir comme ça, même s’il se moque de moi. Je crois qu’on a eu notre dose d’émotions fortes pour ces dernières Vingt Quatre heures, enfin je me comprends. En attendant, je commençais à avoir des crampes, et lui, il se fendait la gueule comme pas permis. Bon Kyle, je sais que j'ai l'air d'un con mais je galère là et si tu m'enlèves pas ce T-shirt à la con, tu pourras pas profiter de mon corps d'athlète. Aheum ... Un athlète qu'a morflé, oui je sais. Je suis pas un dieu du stade mais bon, la faute à qui si j'ai autant maigris ? Oui bon d'accord, la mienne, mais aussi un peu la tienne quand même. Si tu m’avais pas largué comme un pauvre labrador sur le bord de l’autoroute … Ok je délire, c’est juste que mon sang arrive plus jusqu’à mon cerveau là. Et j’essaie aussi de me détendre comme je peux alors je me parle à moi-même dans ma tête. Ça fonctionne pas tellement d’ailleurs …

{- Désolé amis pervers, le reste c'est privé -}



Dernière édition par Enzo Ryans le Lun 2 Mar 2015 - 10:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Mar 6 Juil 2010 - 15:55

Là c'est vraiment, mais alors là vraiment, trop hot.

Je m'occupe de vos yeux sensibles.
Désolée Lili de devoir te faire endurer ça! XD


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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Jeu 8 Juil 2010 - 16:24

Rp supprimé le 02.03.15


Dernière édition par Enzo Ryans le Lun 2 Mar 2015 - 10:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Lun 26 Juil 2010 - 23:10

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No Private

Ma main se perdit encore dans ses cheveux et pour une première fois après de longues minutes, mes lèvres se posèrent sur les siennes avant de se transformer en un baiser passionné.
Après quelques instants, légèrement essoufflé à cause de notre nouvel échange, je me redressais et je jetai un coup d’œil autour de nous. Les vêtements étaient entassés en boule sur le matelas et le sac à dos reposait à côté d’eux. J’eus encore un sourire. Il était de retour cet idiot et ne semblait pas prêt à m’abandonner de si tôt.


-Tu sais quoi? Je pense qu’on devrait se rhabiller. Il fait beaucoup moins chaud que tout à l’heure, tu ne trouves pas? Et puis on devrait dormir pour de vrai cette fois-ci, question d’être en forme pour les prochaines heures. Parce que là, c’est la liberté qui nous attend. La vraie de vraie. Et notre avenir en plus. Et tous nos plans. Qu’est-ce que j’ai hâte de te faire découvrir l’Amérique…

J’ignore comment l’on va faire. J’ignore même comment on réussira à se rendre là-bas. Parce que je n’ai pas d’argent sur moi et ils ont probablement tout vider mon compte en banque que j’avais à Londres. Mais je veux y croire. Je sais qu’à deux on est plus fort et qu’on est capable de tout. Si tu n’aurais pas été là, je n’aurais jamais pu atteindre cette cabane merdique seul. Tu es toute ma force, mon énergie et sans toi, je ne peux plus avancer. Par contre, si tu es à mes côtés, je serais capable d’aller à l’autre bout du monde. Et c’est ce qu’on fera. Notre destinée nous attend de l’autre côté de la porte et crois moi, elle est belle et douce. Pleines de découvertes et de nouvelles aventures. Cette nouvelle vie, on l’a mérite. Nous ne sommes que des enfants encore et la noirceur nous a assez fait souffrir. Retournons vers la lumière, main dans la main et on se quittera plus.
Je déposai un baiser sur le bout de son nez avant de m’activer. Farfouillant au travers de la pile de linge, je reprenais le jean et le t-shirt qu’Enzo m’avait prêté avant d’enfiler le tout. Reprenant également ma ceinture, je resserrai le pantalon beaucoup trop grand pour moi autour de ma taille. Je relevai la tête pour le voir. Il s’habillait lui aussi et le revoir avec des vêtements sur le dos me fit étrange. Je le trouvais tellement beau dans son plus simple appareil… Hum il fallait que je fasse avec. Il ne pouvait pas rester tout nu pour l’éternité non plus.
Un coup que nous avions terminé, je me recouchais de nouveau sur le lit et je prenais la main d’Enzo avant de le tirer vers moi pour qu’il vienne me retrouver. Une fois couché à son tour, je ne pu m’empêcher de me tourner de côté, pour lui faire face, et je passais mon bras autour de lui.


-Dans quelques heures toi et moi on sera loin d’ici. On pourra dire adieu à tout ceci et vivre une vie normale. Bon… Okay peut-être pas tout à fait normale parce qu’il faudra sans cesse être paranoïaque mais je suis certain que tout va bien aller. On va mener une vie de rêve, rempli de voyages, ça va être génial. On fera le tour du monde sans ce soucier de rien. Ça sera que toi et moi. Pour toujours.

Je n’ai pas l’intention de te lâcher. Tu es plus précieux que de l’or à mes yeux. On veillera l’un sur l’autre et on ne se quittera plus. Je t’épouserais et lorsqu’on aura marre de se balader à gauche et à droite on s’achètera une grande maison juste pour tous les deux. Où tu veux, ça m’importe peu. L’important, c’est que je sois avec toi.
Nouveau baiser sur ses lèvres.


-On se retrouve dans quelques heures pour une meilleure vie.

Je remontai ma main pour lui caresser la joue avant de fermer les yeux.
J’étais prêt à recevoir le sommeil.
Sommeil que j’espérais réparateur. Enfin plus que les précédents.
Mais encore une fois, tout cela n’était qu’un rêve. Un désir flou qui ne pouvait pas être réel.



Love is our resistance
They‘ll keep us apart and they won‘t stop breaking us down
Hold me
Our lips must always be sealed


J’ouvrai brusquement les yeux avant de me redresser comme si j’avais le diable à mes trousses. Je prêtai l’oreille sans jeter un coup d’œil à Enzo. Mon cœur se mit à battre la chamade.

Ils arrivaient. Je pouvais entendre leurs pas dans le couloir qui séparait notre cachette au saule cogneur. Aillant un sommeil plutôt léger, cela n’avait pris que quelques martèlements avant de me réveiller complètement. Il fallait dire aussi que mon séjour à Poudlard me rendait de plus en plus prudent, pour ne pas dire paranoïaque. Sachant que nous devions être recherchés n’aidait pas la chose. Nous étions en flagrant délit et même si je souhaitais de tout cœur que je me trompais sur ce qui se rapprochait de nous, je me doutais qu’ils étaient là pour nous. Pour venir nous chercher. Pour transformer notre petit rêve en cauchemar. Notre paradis perdu en enfer sanglant.
Je me retournai vivement vers Enzo que je secouais enfin qu’il se réveille.


-Enzo! Enzo, ils arrivent!

Je baissais mon visage tout près du sien, le corps tremblant de peur, les yeux paniqués. J’agrippai sa veste à deux mains et lui murmurais quelques paroles.

-Peu importe ce qu’il se passera. Peu importe comment ça se terminera, je veux que tu saches que tu es le seul et l’unique. Y’a jamais eu personne d’autre que toi et il n’y aura personne pour te remplacer. Je t’aime, je t’adore comme un fou et je ferais absolument tout pour te retrouver. Ça c’est une promesse.


Sans réfléchir à rien d’autre, je l’embrassais comme un dingue. Comme si je manquais de temps. Et c’était précisément le cas.
Peut-être que je me faisais des illusions. Peut-être était-ce simplement des gamins qui avaient envi de sécher les cours. Mais l’idée des supérieurs hantait mon esprit. Je ne parvenais plus à m’en défaire. J’étais certain que c’était eux.

Parce que tout ceci ne pouvait pas être vrai.
Pas d’aventures, pas d’avenir, pas de nouvelle vie.
On avait pas le droit d’être ensemble.

La porte s’ouvrit à la volée et je sursautai, me levant d’un bond. Tremblant fortement de la tête aux pieds, je fis face à l’armée de supérieurs vêtus de noir qui entraient dans la cabane. Ils pointaient déjà leurs baguettes sur nous et je tentai de garder mon calme devant cette mauvaise situation qui nous prenait de court.

-Tiens tiens. Vous voilà enfin. Ça fait des heures qu’on vous cherche. On a fouillé le château de fond en comble et on a vu que vous nous avez laissé un petit cadeau. Vous avez tué notre chef. Et puisque tu es le dernier à avoir été en sa compagnie, c’est sûrement toi Kyle qui l’a tué, n’est-ce pas?

Fronçant les sourcils, je ne répondis pas.
S’il était assez intelligent pour savoir qu’un moldu ne pouvait pas tuer un sorcier doté d’autant d’expérience, il allait répondre à sa question seul.
Je serrai les poings et les dents.


-Très bonne cachette. C’est votre petit nid d’amour? Ah mais non, suis-je bête. Vous comptez vous enfuir par Pré-au-Lard, n’est-ce pas? C’était bien réfléchi mais pas une très bonne idée. De toute façon, tu pensais vraiment que toi, Enzo Ryans, élève de cinquième année, allait réussir à enlever le sort de protection que nous avons mis à cet endroit? Franchement, tu te crois bien au dessus de tes forces mon cher.

Les autres éclatèrent de rire tous en même temps. On s’aurait cru dans un mauvais sitcom.
Et la rage commençait à naître en moi. La bête noire montrait le bout de son nez et je n’avais pas envie de la retenir. Pour une fois qu’elle avait sa place, je devais la laisser s’exprimer. La peur commençait à se dissimuler pour laisser place à une colère toute entière. Je regardais les hommes tour à tour, qui se turent, reprenant leur sérieux.


-Bande de lâches. Vous êtes quoi… dix? Dix pour un petit élève de cinquième année et un moldu? Pfff… C’est plutôt vous, bande de crétins, qui vous vous croyez au dessus de vos forces.

-Surveille ton langage Johnson. Tu ne sais pas à qui tu as à faire.

-Je le sais très bien, depuis le temps que je suis ici. J’ai à faire à une bande d’idiots qui se croit pour des dieux mais vous n’êtes rien. Vous êtes que des minables qui se cachent derrières des branches d’arbre parce qu’ils ont peur de la réalité. Je suis bien plus puissant que la moitié d’entre vous et pourtant, je n’ai pas la magie.

L’un d’eux éclata de rire avant de me lancer un sort sans prononcer un seul mot. L’éclair me fouetta le visage et je ne ressenti absolument rien. Puisqu’il n’avait pas parlé j’ignorais ce qu’il venait de me lancer mais il devait s’agir de l’un de ses sorts qui ne me faisait plus d’effet. Voyant qu’il venait d’échouer, il cessa brusquement de ricaner et eut l’air surpris alors qu’un sourire mauvais se dessinait sur mon visage.

-Comment est-ce qu’il…

Je ne lui laissais pas le temps de terminer sa phrase. Sans penser à rien, je couru vers l’homme, la tête baissée, avant de voir une seconde éclair devant mes yeux.

PAF!

Avant même de me rendre compte de ce qu’il se passait, je m’écrasai sur le sol, l’esprit planant dans le néant.


Je suis porté disparu
Vous ne me reverrez plus
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MessageSujet: Re: Hide & Seek {Kyle}   Mar 27 Juil 2010 - 21:26

J’étais tellement bien là, installé comme un Prince, avec pour oreiller le corps de celui qui faisait battre mon cœur. On avait encore failli se prendre la tête, parce que j’avais perçu son mécontentement lorsque je lui avais raconté l’épisode de cette fille qui n’avait pas le moindre intérêt pour moi mais pour laquelle j’éprouvais de la culpabilité tout de même. Avant Kyle, je n’aurais jamais avoué que j’avais honte d’avoir agit comme ça. Je me serais contenté d’ignorer ceux qui me faisaient des reproches, continuant de jouer au sale gosse rebelle, associable et méprisant. Mais voilà, je n’étais plus le même, j’allais devoir me faire à cette idée. Terminé la carapace solide qui me protégeais du monde extérieur. J’allais devoir réapprendre à vivre en société, parce ce que lui n’acceptait pas vraiment cette partie là de ma personnalité, je le savais. Et depuis que j’avais enfin réussi à faire le deuil de mes parents, je ne ressentais plus ce besoin maladif de me couper du monde. Les choses allaient donc en s’arrangeant et même si ça ne m’enchantait pas plus que ça de devenir un gentil garçon, voir même parfois un bisounours, je savais pertinemment que je ne pouvais pas luter contre ça, parce que c’était en moi et que même si j’avais agit pendant des mois comme un connard, je n’en étais pas un. Pas totalement en tout cas.
Le silence s’était de nouveau installé brièvement entre nous deux, et dans toute la pièce. Je n’entendais même plus les grincements agressifs du bois mécontent d’être abandonné, bien trop concentré sur les battements de mon cœur cachés par sa main là sur ma poitrine. Je ne sais pas bien pourquoi je faisais ça mais ça semblait devenir un automatisme, comme cette manie que j’avais de lui attraper le poignet, ou celle que lui avait de s’agripper à mes cheveux lorsque nous étions assez proches pour qu’il se le permette. C’est à dire tout le temps ou presque.

Je revivais le fil des évènements, repensant à certaine de ses paroles.

« De quoi est-ce que tu parles? On est loin d’être le ptit dej comme tu dis. On est arrivé ici, il devait être cette heure là. Et je te rappel que nous sommes tombés endormi avant que je te fasse monter au septième ciel. Mais c’est vrai qu’avec le talent que j’ai, probablement que t’as oublié tout ce qu’il c’était passer avant. Mais t’inquiètes, c’est juste passager comme sensation. »

Juste avant que je ne me découvre bien moins farouche que ce que j’aurais pu le croire.

Oui j’ai oublié. Enfin j’essaie d’oublier, parce que pour moi, ce n’est pas forcément des bons souvenirs. Mon cauchemars. Mes angoisses. Ma crise de panique. Ta crise d’hystérie. Mon pétage de plomb qui nous a mené à ces échanges physiques. Ça m’a calmé c’est certain. Et je trouve ça dommage que cette sensation soit passagère comme tu dis, parce que crois moi, je préférerai être encore entrain de planer grâce à toi plutôt que de penser à ça à nouveau. Mais il faut que je m’y fasse. Je n’oublierai jamais. Je vais devoir vivre avec ça sur la conscience. Tant que tu seras là, près de moi, je pense que ça ira, mais ne m’en veux pas si certains jours ça ne passe vraiment pas. Je suis exécrable quand je vais mal et la meilleure chose que tu ais à faire, c’est de rester loin de moi, d’attendre que ça passe. Je ne pense pas que je serais encore capable de m’en prendre à toi mais je suis bien loin d’en être sur. Et c’est parfois tellement plus facile de taper sur ceux qu’on aime, parce que ça soulage, parce qu’on déverse une part de sa souffrance sur une personne qui est en mesure de l’éponger. C’est injuste, je sais, mais ça ne se contrôle pas.
J’ai bien conscience que je suis loin d’être parfait, que j’ai des défauts énormes et que mon âge ne m’aide pas. T’as grandi plus vite que moi, et même si on a seulement un an d’écart, même si c’est toi le plus âgé, je suis persuadé qu’a mon âge tu étais déjà bien plus mature que je ne le suis. C’est comme ça, c’est dans ton caractère, et dans ton histoire. Parce que tu n’as pas eu le choix. Je vais faire mon possible pour ne pas être un fardeau pour toi. Faire des efforts, arrêter d’être un gamin capricieux, faire plus attention à toi et arrêter de dire plus de conneries que nécessaire. C’est le seul moyen que je trouve pour l’instant pour me détendre, parce que même si j’ai l’air à l’aise, tout ça me dépasse encore. Cette attirance que j’ai pour toi, je ne l’explique pas. Elle m’a frappé de plein fouet il y a quelques mois et depuis c’est la course. On a jamais le temps de se poser, de se parler, d’apprendre à se connaître, et même si c’est plus ou moins ce qu’on est entrain de faire là, je sais que ça ne va pas durer. Je ne sais pas combien de temps je vais être capable de tenir ce rythme là. Peut être jusqu’à la fin de ma vie si ça se trouve, j’en sais rien. Dans toute cette histoire je n’ai qu’une certitude : Je t’aime. Peut être que c’est suffisant. Peut être que ça ne l’est pas. Quoi qu’il en soit, ça me rend plus fort et le fait de l’avoir admis et accepté m’aide à être plus serein. J’ai toujours été une personne angoissée. Par tout. Par rien. Des détails insignifiants. Il ne me faut pas grand chose. Excessif, je me braque au lieu de réfléchir et de prendre les choses calmement. Je m’en rend compte, mais je n’arrive pas toujours à prendre sur moi. Et depuis que cette créature m’a mordu il y a plus d’un an, c’est encore pire. Il m’a transmit tous ses instincts, toute sa sauvagerie. Et mon sang chaud trahis mon impulsivité. Je suis un animal. Je me comporte comme tel. Totalement sous le contrôle de mes émotions. Je t’en ai fait baver, et ce sera probablement encore le cas. Je ferais tout pour ne pas te pourrir la vie, mais je ne peux pas aller contre ma véritable nature. Tu le sais, non ?

Ce n’est pas vraiment le moment de penser à tout ça, puisque les instants de calme qui nous sont accordés sont rares, je n’ai pas envie de tout gâcher. Quand on sera loin d’ici, je sais qu’une discussion sera inévitable, parce qu’on a besoin de ça, de mettre carte sur table, de savoir à quoi s’en tenir. T’as vécu trop de choses ici. T’as vu et subi trop d’horreurs et même si tu n’en montres rien, même si t’es fort pour deux, je sais que tu n’es pas invincible. Tes marques là sur tes poignets, je ne les oublie pas tu sais. Je ne remettrais pas ça sur le tapis, parce que ça te fait du mal, parce que j’ai bien compris que tu voulais les oublier, mais elles sont l’illustration de ma peur. Tu ne recommenceras pas, tu me l’as promis. Mais elles sont la preuve que tu peux flancher toi aussi. Alors avant d’en arriver là, j’essaierai de faire sortir tout ce mal qu’il y a en toi. De mon côté, c’est pareil. Je ne me sens pas super bien, même si quand tu es là près de moi ça va beaucoup mieux. Je sais qu’on ne pourra pas toujours faire abstraction de toutes ces merdes qu’on a vécu. Un jour ou l’autre ça remontera à la surface. Et je ne veux pas que ça devienne un sujet de dispute, ou quelque chose qui nous éloignerait l’un de l’autre parce qu’on aurait peur d’aborder le sujet. Enfin j’imagine que ce sera peut être plus simple de vivre à l’extérieur, en Amérique, en Australie, n’importe où mais pas ici.

Penser à autre chose.
Se concentrer sur ce qu’il y a de bien.

Nos conneries, par exemple, car malgré la gravité de la situation, toi comme moi, on ne peut pas s’en empêcher et même si parfois je pars loin dans mes délires et que j’en suis ridicule, je sais que ça nous rapproche.

Des petites allusions.
Je te cherche.
Tu me trouves.

« J’aimerais bien mater mais tu me caches la vue. Ouais, j’avais cru remarquer que tu l’aimes un peu trop. D’ailleurs, il a plutôt hâte que tu viennes lui rendre visite. De pd à pd. »

Si j’avais été entrain de manger ou de boire, je me serais probablement étouffé. J’ai du luter pour ne pas perdre la face mais cette réflexion a fait grimper ma chaleur corporelle d’un coup, mêlé à l’angoisse, c’était un cocktail plutôt asphyxiant. Une visite … Et si je te dis que c’est pas l’envie qui m’en manque ? J’y ai pensé. J’y pense toujours. Et a mesure que j’observe le plafond en caressant ton bras, l’éventualité que ça arrive rapidement m’effleure l’esprit. Faire abstraction de mes peurs, me laisser aller, ne penser à rien d’autre que toi, et moi, unis. Tu plaisantes, mais je sais que tu es sérieux. Et je le suis aussi malgré toutes les bêtises que je fais et que je raconte. Avec cette attraction physique entre nous, je crois que c’est une étape à laquelle on échappera pas. Ça faisait un moment déjà qu’il avait lâché ça comme une bombe sans se rendre compte probablement de l’effet que ça avait eu sur moi, mais de mon côté, je n’avais de cesse que d’y penser. Alors sans me retourner, de but en blanc, en le cherchant du regard avant de boire un peu d’eau, je m’étais décidé à m’exprimer à mon tour sur le sujet. L’air sérieux, pour une fois.

- Je vais venir. Mais pas tout de suite. Il va falloir qu’il soit patient ton joli ptit cul.

Voilà, c’était dit. Après tout, il savait déjà que j’en avais envie. Il le savait non seulement parce que physiquement c’était plus que flagrant mais également parce que je le lui avais dit quelques instants plus tôt. Un sourire. Tu en fais ce que tu en veux mais au moins, tu sais à quoi t’en tenir. Oui de la patience, je t’en demande encore un peu. Non pas que j’en ai spécialement besoin, c’est juste que … disons que tout comme toi, je pense que ce n’est pas le bon moment pour approfondir notre relation dans cette voie là. On a plus urgent sur le feu. Dormir, par exemple. Et s’enfuir. Entre autre.

Il jouait avec mes cheveux, moi avec sa peau, et j’attendais qu’il me réponde même si mon esprit n’était plus vraiment là. Je lui avais retourné la question qu’il m’avait posé concernant ma vie « sentimentale » avant lui, et j’avais instinctivement voulu en savoir plus moi aussi, quitte à m’en prendre plein la tête une fois encore. Je savais que ça n’allait probablement pas me plaire, mais j’étais certain que même si mon faible palmarès n’avait rien d’impressionnant, ça l’avait agacé un tant soit peu. Un sujet qui fâche, encore un. A croire qu’on est incapable d’aborder des trucs sur lesquels on est en phase tous les deux. Enfin bref, je me concentrais de nouveau sur le plafond, quand pris de cours je sursautais alors que Kyle semblait s’étouffer. Il s’était redressé, envoyant ma tête voler dans le décors. J’arquais un sourcil. Ben alors, t’étouffe pas mon cœur. Qu’est ce qu’il t’arrive ? Tu croyais quand même pas t’en sortir comme ça. Si ?

« J’avais oublier que je ne suis pas capable de boire lorsque je suis couché. J’sais, c’est stupide mais mon corps de merde me le permet pas … »

Oui c’est ça, prend moi pour un con tant que t’y est. Je t’ai pris de cours, avoue le.

Je me positionnais sur le côté et passais un bras par dessus ses cuisses pour m’installer en appuie sur mon coude, une main retenant ma tête tandis que l’autre attrapait la bouteille d’eau pour la remettre dans le sac avant de se poser tranquillement sur le matelas.

- Il est très bien ton corps. Arrête de dire des conneries. Parfaitement à mon goût en tout cas, mais ça n’engage que moi. T’es pas obligé de l’aimer, je l’aimerai pour deux c’est pas bien grave.

Un hop un petit bisou sur le ventre tandis qu’il reprenait lentement ses esprits et que sa respiration redevenait normale.

« Bah je pense que les garçons connaissent très bien les autres mecs. Je sais les trucs qui plaise et donc, je sais comment m’y prendre. Un peu comme une fille avec une autre, tu vois? Ça ne s’apprend pas vraiment, je pense plutôt que c’est instinctif. D’ailleurs, t’as une très bonne main. »

Il me sourit, je lui répond alors que mes doigts s’enroule autour de l’une de ses cuisses, sagement, juste histoire d’avoir un contact direct avec sa peau. Je garde mon calme et mon sérieux, pour le moment. Je m’étonne d’ailleurs de ne pas balancer 36 000 conneries à la seconde comme j’aurais été capable de le faire dans des circonstances pareilles et avec une telle discussion.

- Génial. Je suis un Dieu du sexe entre hommes et je ne le savais même pas. Si je suis doué avec mes mains, je devrais l’être avec le reste. Si c’est pas le cas, tu seras mon cobaye et je m’entraînerai sur toi. T’as pas le choix. Et arrête de me sourire comme ça, je vais finir par te manger.

Oui enfin je croyais en être capable mais visiblement c’est pas le cas. Je suis désolé, je peux pas m’en empêcher et j’aime tellement t’embêter. C’est mon jeu préféré. Laisse moi avoir 5 ans de temps en temps. Juste de temps en temps. Je sais être sérieux quand il le faut, c’est promis.

A partir de là, il a commencé à me raconter son histoire en empruntant le chemin du cœur. Au fil du discours, je me rendais compte à quel point il fonctionnait aux sentiments. Est ce que ce gars là était capable de faire du mal à quelqu’un ? De se servir d’une personne juste pour le fun ? Un coup d’un soir ? Jamais ? J’aurais préféré, parce que là, il était clairement entrain de me dire qu’il avait eu pas mal de coup de cœur et honnêtement je n’aimais pas ça du tout. Je baissais les yeux, de peur qu’ils ne prennent la teinte sombre qui trahissait mon état avancé d’énervement lorsque ça m’arrivait. Je n’étais pas en colère, juste … déçu ? Avec cette impression désagréable de ne pas être une exception comme il pouvait l’être pour moi. J’avais le sentiment d’être un nom de plus gravé sur son cœur et ça me faisait mal. Tu pourrais pas être un salaud comme tout le monde ?!
Quand il a commencé à parler de ce type, j’ai cru que j’allais lui arracher la jambe alors j’ai lâché sa peau pour finalement serrer mes doigts autour du drap qui en avait déjà vu de toutes les couleurs.

« Il disait qu’il aimait mon accent… »

Enfoiré. J’ai bien compris le message. Tu te venges. Et bien je t’informe que ton petit manège marche très bien mais je ne te ferais pas le plaisir de te le montrer. Ton accent. Quel abruti. Y a bien plus de trucs en toi qui font que t’es irrésistible, mais même si je dresse une liste, je me garderai bien de te la transmettre. Non mais. Tes yeux déjà. Regarde moi ça. Ils sont bleus, comme l’océan. Bleus-Gris même, comme l’ambiance maritime quand une tempête s’annonce. Tes cheveux. On dirait ceux d’un enfant avec leurs bouclettes là. Ça te donne un petit air innocent mais je tombe pas dans le panneau, je sais de quoi tu es capable et t’es bien loin d’être aussi sage que ton corps le laisse paraître. Ta bouche j’en parle même pas. J’ai sans arrêt envie de te la voler. Comme si c’était mon plat préféré ou un truc du genre. Ta peau, toujours si fraîche, qui apaise le brasier qu’est la mienne en permanence. Ton petit cul qui plaît énormément à mes mains. Et sans parler du physique, y a tout le reste. Ton caractère. Ta patience. Ta gentillesse même si tu peux parfois être le pire des connards. Tu m’as fait beaucoup de mal avec tes mots, mais je te pardonne. Ton empathie. Ta force, même si tu penses le contraire. Bref, tout quoi. Alors je vais te dire, même si moi aussi j’aime ton accent, c’est pas ce qui me plait le plus chez toi.

« On s’est embrassés. Une fois ou deux je crois. Mais ça n’a pas eu le temps d’aller plus loin. J’ai été traîné ici avant donc… Tout ça, c’est du passé. C’est toi mon présent, mon avenir et mon futur. On peut dire que tu es mon premier petit ami. »

Connard.
Prends sur toi Enzo. Gâche pas tout parce que tu n’arrives pas à contrôler tes pulsions de jalousie. Il te l’a dit, c’est du passé.
Oui mais tu as aussi bien compris que moi, ce type a compté pour lui, et s’il n’avait pas été traîné de force ici, c’est dans ses bras à lui qu’il serait probablement en ce moment. Comment tu veux que je reste calme ? Hein ?! Je me sens coupable, parce que s’il était resté à Londres, il aurait eu la vie dont il a toujours rêvé, avec un mec qui lui plaisait, et a qui il plaisait aussi sûrement. Et d’un autre côté je peux pas m’empêcher d’être satisfait qu’il soit avec moi et pas avec lui. Comment tu veux que j’encaisse ça ? J’ai l’impression d’avoir gâché sa vie. Encore une fois je me sens super égoïste.

- C’est bizarre, t’es aussi mon premier petit ami … Quelle coïncidence. Ah mais je suis con, c’est parce que j’étais normal avant que tu décides que j’avais pas d’autre choix que de tomber amoureux de toi.

Encore une pirouette pour faire passer la pilule.

J’ai serré les dents et j’ai souri tant bien que mal. Hors de question que je craque puisque c’est tout ce qu’il attendait. Regarde comme j’arrive à me contrôler, ça t’épate hein ? Moi en tout cas je m’épate. Parce qu’intérieurement c’est pas pareil. A l’extérieur j’ai l’air serein ou presque même si je ne suis pas idiot, je me doute qu’il a bien du percevoir l’agacement dans mes yeux. La tristesse aussi ? Ca j’espère pas. C’est mon problème, pas le siens. Je ne veux pas qu’il se prenne mes états d’âmes dans la figure encore une fois. Il n’a pas à les gérer pour moi.
Et comme s’il avait peur de ma réaction, il avait rapproché son visage du mien. T’inquiètes pas, je ne vais pas craquer. Je maîtrise, mais le Loup n’est vraiment pas content ça je peux te l’assurer. Ça fait genre deux minutes que j’essaie de contenir un grondement qui prend forme dans ma gorge. J’ai du mal à respirer.

« Tu es mon premier et mon dernier. Tu es le seul que j’ai réellement aimé, le seul qui réussi à me rendre aussi fou. T’as vraiment tout pour toi alors tu n’as pas à te casser la tête avec des mecs qui n’existent plus pour moi. »



- Merci pour l’info. Je vais tacher d’y penser.

Sa main se perdait dans mes cheveux tandis que son visage se rapprochait dangereusement du mien. Je ne bougeais pas d’un millimètre, les yeux rivés sur sa bouche. J’ai été pris d’une violente envie de l’embrasser mais j’ai tenu le coup, tout simplement pour lui montrer que je n’étais pas un sauvage et que même si intérieurement j’avais du mal à me contrôler, à l’extérieur ça ne se voyait je pense pas trop.
Lui n’a pas pris cette peine et m’a embrassé comme un fou. Je n’ai eu d’autre choix que de rentrer pleinement dans son jeu, attrapant sa nuque au passage pour le maintenir près de moi et aussi parce que ce geste là était devenu un reflex comme beaucoup d’autre. L’impact de ses lèvres sur les miennes, de sa langue qui prenait un malin plaisir à taquiner la mienne, ça me rendait dingue. J’arrivais de moins en moins à avoir un total contrôle sur moi et j’avais peur de me jeter sur lui sans prévenir. Dans d’autres circonstances, je ne me serais probablement pas retenu comme ça. Je crois que je n’en aurais pas eu la force. La gène qui avait fait son apparition après notre premier véritable échange physique avait complètement disparu et je me rendais compte, même si j’en étais déjà convaincu, que ça m’avait horriblement manqué. Je ne pensais plus à ce qui m’avait bloqué plus tôt. Je n’y pensais plus du tout. Je ne sentais plus que sa saveur à lui et c’était du vrai bonheur. Il mis fin à cet échange un peu trop vite à mon goût. Et j’ai ressenti ce foutu vide qui s’emparait de moi à chaque fois dans ce genre de circonstances. Je détestais ça, mais on allait quand même pas se rouler des pelles jusqu’à l’épuisement.
Kyle s’est redressé et je me suis dégagé, m’asseyant à mon tour. Je suivais son regard sans vraiment y faire attention.

« Tu sais quoi? Je pense qu’on devrait se rhabiller. Il fait beaucoup moins chaud que tout à l’heure, tu ne trouves pas? Et puis on devrait dormir pour de vrai cette fois-ci, question d’être en forme pour les prochaines heures. Parce que là, c’est la liberté qui nous attend. La vraie de vraie. Et notre avenir en plus. Et tous nos plans. Qu’est-ce que j’ai hâte de te faire découvrir l’Amérique… »

T’as raison, sur toute la ligne. Effectivement je n’ai plus aussi chaud que tout à l’heure. Je dirais même que je me les pèle comme si je venais tout juste de retrouver forme humaine. Et même si j’ai bien une petite idée d’une meilleure façon de se réchauffer – Faire le ménage bien entendu, vous vous doutiez bien que je ne pensais pas à autre chose – je sais que ce n’est pas le moment.
J’acquiesais en souriant. En pensant à l’Amérique. Puis à l’Australie. Et j’eus soudain une sensation de manque au creux de l’estomac. J’avais envie de surfer, là, maintenant, tout de suite. Impossible. Dommage. Ce n’est plus qu’une question de temps après tout. Patience est maîtresse des vertus.
Un bisou plein de tendresse sur mon nez et il s’activait. Je le regardais se rhabiller en souriant jusqu’à ce que je me rende compte que je devais avoir l’air prodigieusement niais. Je me levais, attrapais mes chaussettes, les enfilais, puis mon pantalon. Je bouclais ma ceinture quand je croisais son regard dirigé vers moi. Il avait l’air pensif, j’aurais pu croire qu’il était déçu que je me rhabille aussi. M’en veux pas bébé – bébé ? Ca sort d’où ça ? O_o - mais le naturisme c’est pas vraiment mon truc alors …
Je penchais la tête sur le côté et tendais le bras pour poser ma main sur sa joue.

- Fais pas cette tête là. Tu le reverras très vite, c’est promis. Et cette fois, je craquerai pas mon strip tease en coinçant mon T-shirt dans mes cheveux. Je le déchirerai ça ira plus vite.

Un petit rire et un clin d’œil avant de lâcher sa joue pour enfiler mon T-shirt, mon sweat et mes skates. Je m’abstenais de poser ma capuche sur ma tête, après tout je n’avais aucune raison de me cacher.
Il s’allongea et me tira par la main pour que je prenne place près de lui. J’arrive. Sois pas si impatient. Je te manque tant que ça ? Il se tournait, vers moi, nous nous faisions face, incapable de regarder ailleurs que dans les yeux l’un de l’autre. Je soupirais, de bien être. Il m’enlaçait. Puis il me parlait, de notre avenir, de notre future vie loin d’ici. J’écoutais sans rien dire.

Pour toujours.

Encore un baiser, celui là voulait dire bonne nuit et ce peu importe l’heure qu’il était.

« On se retrouve dans quelques heures pour une meilleure vie. »

Je rapprochais mon visage du sien, l’effleurais un instant et le serrais contre moi, en enfouissant ma tête dans son cou.

- A tout à l’heure. Dors bien. Je vais essayer de ne pas te serrer trop fort mais je peux rien te promettre.

T’es mon doudou. J’peux plus dormir sans toi.

~*~

Je pense que je me suis endormi presque instantanément, le serrant contre moi, comme un enfant serrait la chose à laquelle il tient le plus. C’était précisément ça. Excepté le fait que Kyle n’était pas une chose mais un être humain. Et que je n’étais plus vraiment un enfant malheureusement. J’aurais préféré. Vivre dans l’insouciance, loin des problèmes. Avec mon innocence près de moi … Peut être que Kyle m’aiderait à la retrouver. Je m’étais laissé bercer par sa respiration, jusqu’à sombrer dans les bras de Morphée. Des rêves. Des milliers de rêves. Il était dans tous ceux dont je me souvienne.
Jusqu’à ce dernier, dans lequel j’avais l’impression que la terre tremblait. Je pouvais ressentir les secousses. Une chose particulièrement désagréable. Et cette voix familière dans le lointain. Je l’entendais mais ne distinguais pas les mots clairement. Est-ce qu’il m’appelait ?

« Enzo! Enzo, ils arrivent! »

Je ne percevais que des bribes de sons, bien trop parti dans les nimbes d’un sommeil profond. Pourtant la terre continuait de trembler. Je ne comprenais pas.

- Hum …

Laisse-moi dormir encore un peu. Aller, s’il te plaît, juste une minute, ou une heure. Un jour entier. Je veux dormir.
Ils arrivent ?!
Je me suis redressé instantanément. Le cœur battant la chamade et le souffle court. La panique et l’adrénaline prenait rapidement possession de mes sens et je tremblais de tous mes membres.

- Quoi ?! Et merde !

Je fixais la porte, m’attendant à les voir débarquer d’un moment à l’autre. Je n’entendais rien d’autre que le sang qui me battait les temps. Impossible de me concentrer pour analyser la situation.
C’est là que Kyle a attrapé les pans de ma veste et qu’il m’a regardé avec une lueur intense dans les yeux, celle de la peur. J’ai cru mourir de le voir comme ça.

« Peu importe ce qu’il se passera. Peu importe comment ça se terminera, je veux que tu saches que tu es le seul et l’unique. Y’a jamais eu personne d’autre que toi et il n’y aura personne pour te remplacer. Je t’aime, je t’adore comme un fou et je ferais absolument tout pour te retrouver. Ça c’est une promesse. »

Avant même que je n’ai eu le temps de réagir, il s’emparait de mes lèvres sans me laisser la moindre possibilité de le repousser, chose que je n’aurais bien évidement pas fait. Je n’arrivais tout simplement pas à le croire. En arriver là, pour ça. Pour se faire rattraper. Avoir été heureux seulement quelques heures. Non. Non ! Impossible.
J’attrapais son visage entre mes mains et le regardais droit dans les yeux.

- Non ! Dis pas ça. Ils vont pas nous séparer. On va s’en sortir. Je vais te protéger. Je les laisserai pas te faire du mal.

Parfaitement conscient que je n’y croyais pas moi même je baissais les yeux. Pourquoi lui mentir, lui donner de faux espoirs alors que nous étions tous les deux lucides sur le sujet. On n’avait aucune chance de s’en tirer indemnes. C’était flagrant. Pourtant je voulais qu’il puisse être certain que j’allais me battre pour lui, pour nous. Comme si quelque part ça pouvait encore nous sauver de leurs griffes.

- Moi aussi je t’aime. Ils ne pourront jamais nous enlever ça.

La porte s’ouvrait à la volée, nos deux têtes se tournèrent vers celle-ci d’un seul mouvement et je sentais la colère m’envahir. Un profond sentiment d’injustice qui me caressait l’échine, à mesure que la peur me rongeait des pieds à la tête. Je me levais tout comme Kyle venait de le faire me posant instinctivement devant lui, les poings serrés dont l’un sur ma baguette que j’avais attrapé au vol. Elle ne me serait pas d’une grande utilité mais j’étais près à tout essayer pour les empêcher de nous séparer.
Ils entrèrent dans la pièce, les uns après les autres. Une dizaine. Mes yeux s’écarquillèrent. Pourquoi autant ? Alors qu’un seul aurait suffit. J’avais en moi cette image désagréable. Celle d’un panneau lumineux et clignotant qui indiquait : « Vous n’avez aucune chance. »
L’un d’entre eux sorti des rangs et s’avança vers nous, un immense sourire sur les lèvres. J’eus un rictus typiquement lupin lorsque ma lèvre supérieur se souleva d’elle-même et qu’un grondement s’échappa de ma gorge. Tu t’approches encore et je te tues.

« Tiens tiens. Vous voilà enfin. Ça fait des heures qu’on vous cherche. On a fouillé le château de fond en comble et on a vu que vous nous avez laissé un petit cadeau. Vous avez tué notre chef. Et puisque tu es le dernier à avoir été en sa compagnie, c’est sûrement toi Kyle qui l’a tué, n’est-ce pas? »

Kyle ? Mon sang ne fit qu’un tour. Impossible de les laisser l’accuser à tort. J’en venais même à être fier de ce que j’avais fait. Fier d’un meurtre. Même si je ne l’avais pas réellement tué moi-même. Je fronçais les sourcils et le dévisageais avec haine.

- Kyle n’a rien à voir là dedans, c’était une vengeance personnelle ! De toute façon, il s’est tué tout seul, personne ne l’a poussé, il a juste … basculé. Je crois que cet homme avait peur des canidés.

J’aurais pu rire si la situation n’était pas si désespérée. Si Kyle n’était pas là. Si je ne risquais pas sa vie en la ramenant un peu trop.

« Très bonne cachette. C’est votre petit nid d’amour? Ah mais non, suis-je bête. Vous comptez vous enfuir par Pré-au-Lard, n’est-ce pas? C’était bien réfléchi mais pas une très bonne idée. De toute façon, tu pensais vraiment que toi, Enzo Ryans, élève de cinquième année, allait réussir à enlever le sort de protection que nous avons mis à cet endroit? Franchement, tu te crois bien au dessus de tes forces mon cher. »

Ils éclatèrent tous d’un rire franc.
Touché.
Au fond de moi je savais pertinemment que je n’y croyais pas, mais j’espérais trouver un autre moyen, une faille.

« Bande de lâches. Vous êtes quoi… dix? Dix pour un petit élève de cinquième année et un moldu? Pfff… C’est plutôt vous, bande de crétins, qui vous vous croyez au dessus de vos forces. »

Je reculais vers lui, et tournais légèrement la tête pour l’apercevoir. Il était hors de lui.

- Kyle, arrête.

Je savais qu’il ne m’écouterai pas. Ces hommes l’avaient trop fait souffrir pour qu’il se contente de rester calme. Il avait trop de choses sur le cœur. Trop de trucs à laisser sortir.

« Surveille ton langage Johnson. Tu ne sais pas à qui tu as à faire. »
« Je le sais très bien, depuis le temps que je suis ici. J’ai à faire à une bande d’idiots qui se croit pour des dieux mais vous n’êtes rien. Vous êtes que des minables qui se cachent derrières des branches d’arbre parce qu’ils ont peur de la réalité. Je suis bien plus puissant que la moitié d’entre vous et pourtant, je n’ai pas la magie. »

Qu’est ce que je pouvais bien y faire. Rien. J’étais impuissant. Totalement impuissant. Et tandis qu’ils échangeaient des mots durs qui avaient manifestement besoin de sortir d’un côté comme de l’autre, je me sentais partir.
Un éclair me réveilla en sursaut et lorsqu’il frappa Kyle je me tournais vers lui avec la peur au ventre, m’apprêtant à hurler, à le rattraper. J’aurais voulu prendre l’impact à sa place mais je n’avais pas été assez rapide. Pourtant il n’eut aucune réaction. Rien. Comme s’il n’avait rien senti. Je ne comprenais pas.

« Comment est-ce qu’il… »

Kyle souriait. L’autre ne semblait plus s’amuser du tout. Les choses allaient mal tourner je le sentais. Il fallait que je fasse quelque chose. Et le temps que je regarde le Supérieur, Kyle échappa à l’emprise de mes bras alors que je voulais les refermer sur lui.

- Kyle, non !

Nouvel éclair.
Nouvel impact.
Mon cœur explosa à la vue de ce corps qui sombrait sur le sol.

- NON !

Je me précipitais vers lui, me laissant tomber sur les genoux à ses côtés. Il ne bougeait plus. Autour de moi plus rien n’existait, pas même les Supérieurs et leur air menaçant, pas même leur baguettes braquées sur moi alors que la mienne m’avait été arrachée une seconde plus tôt. Elle reposait dans la main de l’un des leur. Je m’en moquais pas mal. Je ne voyais plus que cette enveloppe charnelle que je n’osais pas retourner. Aucun mouvement ne provenait de son corps, alors qu’il aurait du se soulever à intervalles régulières. Je sentais les premières larmes couler sur mes joues tandis que mes mains tremblantes se décidaient enfin à entrer en jeu. Elles se posèrent sur son dos puis le retournaient. J’éclatais, me vidant de mes larmes en murmurant des « non » à peine distinct. Un regard vide. Et ce filet de sang qui s’échappait d’entre ses lèvres. Je caressais son visage, posais mes doigts dans son cou dans l’espoir d’y trouver son pouls, mais rien. Rien du tout. Pas un seul battement. Pas un souffle. Je le secouais comme un damné. Désespéré. Anéanti.

- Non, non, non ! Tu peux pas me faire ça. Réveille-toi. Kyle ! Merde, réveille-toi ! M’abandonne pas !

Je m’écroulais sur lui, à bout de souffle, incapable de respirer calmement, normalement. Incapable de respirer finalement. Je ne voyais plus rien tant mes yeux étaient baignés de larmes. Je m’accrochais à ses vêtements, collais mon visage contre le sien en l’appelant comme un fou mais rien. Pas de réaction.
Puis je me suis senti projeté vers l’arrière. J’ai du voler sur quelques mètres avant de frapper violemment le mur. J’étouffais un cri en retombant sur le sol mais on ne me laissa pas le temps de souffler qu’une paire de mains venaient me saisir les bras pour me relever. Il me cintrait, m’empêchant de retourner vers celui que j’aimais. Je devenais fou. Soudainement réveillé, je m’agitais dans tous les sens. Je voulais que cet enfoiré me lâche. Je voulais le retrouver, le sentir. Je voulais qu’il ouvre les yeux, qu’il respire. Je voulais que son cœur batte, qu’il batte pour moi. Toutes ces choses que je voulais, encore un caprice. Mais l’évidence, je ne la voulais pas. Lui, devait ouvrir les yeux, pas moi. Pas sur cette réalité là. Alors je me débattais. Encore et toujours. Perdant le contrôle au fur et à mesure.

- Lâchez-moi ! J’vais vous tuer ! J’vais tous vous tuer, jusqu’au dernier !

Je le pensais, vraiment. J’en aurais été capable si je n’avais pas été si jeune et impuissant face à des sorciers si compétents. Après tout, j’avais bien été capable d’en pousser un dans la mort, alors pourquoi pas d’autres ? En cet instant, je désirais le Loup plus que jamais. Lui aurait su quoi faire. Lui aurait su les détruire tous jusqu’au dernier. Lui … n’aurait pas fait repartir ce cœur qui ne battait plus.

« Ryans ! Ca suffit ! Pourquoi continuer à te battre ? Regarde l’évidence, il est mort. Tu vois, plus aucune réaction. Tu l’as senti, son cœur ne bat plus. Il ne respire plus. Hop, envolé ton âme sœur. »

Celui qui avait parlé en premier, en arrivant dans la cabane. Mon nouvel ennemi numéro un. Celui qui allait prendre pour les autres. Je m’arrêtais net, relevais la tête et plongeais mon regard glacial et humide dans le siens. Je tremblais de partout, sous le coup d’une rage qui n’en finissait pas s’accroitre là sous ma peau. Ses mots me tuaient, alors j’ai porté mes mains jusqu’à mes oreilles en lui criant de la fermer. J’ai fermé les yeux et lorsque je les ai rouverts, je sentais une nouvelle vague de colère me parcourir de haut en bas, de bas en haut, me forçant à courber l’échine un instant. Du bout du pied, il donnait une petite pression sur le corps de Kyle, le faisant bouger imperceptiblement.

- Ne le TOUCHEZ PAS !

Dans un élan d’adrénaline, je parvins à me dégager de ma prison humaine. Mon poing alla frapper le visage de l’homme qui me maintenait captif. Puis mon pied dans son ventre. Il tomba au sol. Alors j’avançais vers les autres, leurs baguettes toujours braquées sur moi. Je n’avais plus peur. Je voulais juste qu’ils arrêtent de le salir, qu’ils enlèvent leurs sales pattes de ma raison de vivre. Celui que je supposais être leur nouveau chef, autoproclamé manifestement, maintenait sa main en l’air comme pour leur intimer de ne pas me lancer de sort. Pourquoi ? Je n’avais pas vraiment l’esprit ouvert à ce genre de questionnement sans intérêt. Qu’ils attaquent s’ils le souhaitaient, j’étais aveuglé. L’un d’entre eux, certainement un novice, s’approcha de moi. Il voulu m’arrêter, et lorsque je sentais l’impact de sa main sur mon bras je me tournais vers lui le repoussant violemment. La magie s’en est mêlée. Il est allé s’écraser contre un meuble plus loin. Pour une fois, mes émotions exacerbées me servaient à quelque chose. Mort ? Inconscient en tout cas. Je n’en avais de toute façon strictement rien à foutre. Je continuais ma marche vers ce corps qui quelques heures plus tôt à peine m’offrait toute la chaleur dont j’avais besoin. Et pourtant, il semblait si immobile que s’en était difficile à croire. Que dire de ce cœur, qui me donnait tout son amour avant de cesser de battre si violemment. Et ces yeux, qui d’ordinaire me regardaient avec tendresse, toujours là pour m’indiquer le meilleur chemin à suivre. Ils ne me regardaient plus. Ils ne me voyaient plus. Ils ne me verraient plus jamais.
De nouveau je m’écroulais sur lui et le silence gagna la Cabane Hurlante. Il n’y avait plus que mes cris qui déchiraient ce faux calme. Ma douleur, et l’écho de ma souffrance. Je prenais ce corps vide dans mes bras et le serrais contre moi mais il ne se réchauffait pas. Je le berçais, comme s’il dormait, mais il ne dormait pas. Ce genre de sommeil là n’est pas réparateur. On n’en sort jamais. Je ne voulais, ne pouvais pas l’admettre. Non. C’était impossible. Il n’était pas … mort. Pas comme ça. Pas maintenant.

T’avais promis que tu ne me quitterais jamais. Tu me l’avais promis ! T’as pas le droit de me laisser. Je te déteste ! T’as pas le droit.

La douleur, mentale, physique, puis juste mentale lorsque soudainement je ne sentais plus mon corps. Je lâchais Kyle sans avoir indiqué à mon cerveau de le faire. Je me relevais alors que je n’en avais pas la moindre envie. Je voulais juste rester sur le sol, à ses côtés et attendre que la mort vienne me chercher à mon tour, pour le retrouver, puisque lui ne pouvait pas rester. Pourtant, j’étais prisonnier de mon propre corps. L’Imperium. Il m’a fait me relever, me tenir droit. Je ne contrôlais plus cette enveloppe de chair. Seules les larmes continuaient de rouler sur mes joues.

« C’est terminé de jouer les enfants pourri gâté. Emmenez-le et enfermez-le. Je ne veux plus le voir. »

Je me suis senti marcher, m’éloigner puis disparaître de cet endroit, laissant derrière moi la seule personne au monde que j’avais autant aimé, pour qui j’étais près à tout, pour qui j’aurais pu tuer, pour qui j’aurais pu mourir.
J’aurais voulu hurler, mais je ne pouvais pas.
Je n’ai eu d’autre choix que de continuer à avancer, jusqu’à ce que le néant s’empare de moi.



Il a été mon premier.
J’avais été son dernier.
L’histoire était écrite.
On a pourtant essayé de sortir de ses pages, ça n’a pas fonctionné.
Le livre se referme, scellé.
C’est terminé.

Mon cauchemar prend vie.
C’est toujours le même schéma, qui se répète. Inlassablement.
Toi qui pars. Moi qui reste.

Je t’aime.



Attends-moi.

Love was our Resistance … But it wasn’t enough.
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