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 The night suffering - Maxime.

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MessageSujet: The night suffering - Maxime.    Ven 24 Juil 2015 - 9:28

►The night suffering◄
Maxime & Charleen


Mardi 3 Février – Soirée

- Circée ? Bon sang... Circée !

Je ne sais pas depuis combien de temps je la cherche. Peut-être une demi-heure, voir plus. Je ne suis pas du genre à m'inquiéter de ses allers et venus dans le château mais cette fois, je ne peux pas m'empêcher de me faire un million de scénario. Je ne l'ai pas vu depuis deux jours... Ça n'est pas dans ses habitudes, elle vient tous les matins me réveiller ou réclamer une caresse avant de reprendre le cours de sa vie. Et si ça n'est pas le cas, je la retrouve au moins en revenant de cours, confortablement installée sur mon lit afin de réclamer son câlin de la journée. Mais pas aujourd'hui. Je n'ai pas vu l'ombre de sa présence, ni dans les couloirs, ni dans les salles ou dortoirs. L'inquiétude grimpe à chaque minutes et je n'arrête pas de me dire que je me fais sûrement de fausses idées... pourtant, la vérité c'est que s'il lui arrive quoi que ce soit, j'aurai l'impression de perdre une partie de moi. J'ai Circée à mes côtés depuis qu'elle est bébé... Non. Je n'veux pas qu'il lui arrive quelque chose. Je sais qu'un chat est débrouillard et que parfois il lui arrive de passer des jours pour chasser mais pas elle, je la connais et ce, mieux que quiconque dans ce château.

Baguette en poche, cœur palpitant, j'arpente tous les couloirs où elle se promène d'habitude. Je serais prête à vérifier chaque recoin du château mais je sais aussi que ça me prendrait la nuit, voir bien plus. Peu m'importe. Et malgré mes protestations, Ethan a tenu à m'aider. Nous nous sommes répartie quelques endroits et pendant qu'il arpente le Hall, je me charge de l’extérieur. Peut-être qu'elle est blessée quelque part et que personne ne l'a vu ? J'ai les jambes tremblantes et je n'ai rien avalé de la soirée. Je n'y arriverais pas avec un estomac noué comme le mien. Je veux juste retrouver Circée. J'ai la sensation d'être déconnectée de toute réalité et je sens surtout une émotion contre laquelle je lutte depuis des semaines, pour progresser, me sentir moins vulnérable. La peur. Celle qui me tétanise, me fait perdre mes moyens et qui est suffisamment imposante pour m'empêcher tous actes logiques, de survie ou de censés. Je me souviens de ces nombreux moments où je n'ai été capable de rien sous l'emprise de la peur, de l'angoisse qui me faisait … trembler. Me tétanisais. Et je sens en cet instant les premiers symptômes d'une panique croissante qui finira par me faire entrer dans une crise de larmes, de tétanie et de tout un tas d'autres choses que je veux éviter. Je ne pouvais pas réussir aussi vite à me détacher de ça, je le sais que je ne le pouvais pas mais ici, ça n'est pas le moment pour céder à l'angoisse.

Respire. Concentre-toi.

Dehors, elle doit sûrement être dehors.
Je pousse la porte du Hall, sans réfléchir une seule seconde au jour où nous sommes. Sans être alerté par cet éclairage naturel qui inonde tout le parc de ses rayons naturels, doux, presque maternels. Pas une seule seconde mon cerveau m'alerte de cette pleine lune qui prend sa place, là-haut, sur ce ciel noir et couvert d'étoiles. Mais surtout, la notion de danger ne me parvient pas, pas tout de suite. Elle rôde quelque part puisque je sens les voyant s’allumer un par un. Ma panique prend considérablement le dessus. Stress, angoisse, paranoïa, tout ce cocktail d’émotion m’empêche d’être lucide et d’avoir une certaine maitrise sur ma raison.
Je foule les allées alors que je suis emmitouflée dans ma grosse veste et une écharpe. La neige crisse sous mes pas malgré sa petite épaisseur et, baguette en main, j’éclaire le chemin, essayant vainement de voir la fourrure de Circée quelque part.

- Circée ? Allez ma fille, viens ! Circée !

Pas un bruit, pas un miaulement. Je m’inquiète sûrement pour rien, je dois avoir l’air ridicule à appeler mon chat avec cette voix tremblante, mal assurée et larmoyant. Mais je m’en fiche. Là, maintenant tout de suite, je m’en contre-fiche oui. Je veux simplement la retrouver, peu importe de quoi j’ai l’air en cette seconde. Peu importe de ce que pense les autres autour de moi qui se diront sûrement qu’il est stupide de chercher son chat après deux jours d’absences. Ils ne la connaissent pas. Moi, si.
Je suis aveuglé par la peur de ne pas la retrouver et je continue ma route jusqu’à la lisière de la forêt. Enfin, à quelques mètres de la lisière. Cette fois le danger transpire, se glisse jusqu’à moi et j’hésite. Et si elle s’y était perdue ? Si elle y était blessée et qu’elle ne pouvait pas bouger jusqu’au Parc pour se faire soigner ? Une boule d’angoisse se loge dans ma gorge. J’hésite. C’est inconscient d’y aller en pleine nuit… Peut-être que si j’avertie Ismaëlle, elle saurait quoi faire ? J’aurai dû commencer par là dès le début, aller lui demander si elle l’avait vu et comment je pourrais faire pour la retrouver. Il est tard, je ne sais pas si c’est décent d’aller lui rendre visite à cette heure même si je vois de la lumière au loin, aux fenêtres de sa cabane…

Je fais un pas hésitant. Recule. Prends une inspiration et me lance.
Jusqu’à ce que je sois coupé net dans mon élan.

Un gémissement. Un râle de douleur, proche de la colère. Une masse frappe le sol, comme si quelqu’un tapait du pied ou du poing sur la terre durcit par le froid et la neige. C’est à ma droite, non loin de la lisière, derrière des fourrées. Je fronce les sourcils, le souffle court. Ca n’est pas l’effort, mais la peur. La peur qui s’amuse à accélérer les battements de mon cœur, le faisant entrer aussitôt en tachycardie. La peur qui me tétanise, là tout de suite, qui me paralyse les jambes et l’esprit. La peur qui fait glisser tout le long de ma colonne vertébrale une lourde chaleur, signe de danger. Un nouveau gémissement. Comme si la douleur était espacée. Quelqu’un est en danger ? Ça n’a rien d’animal. Bouge Charleen, prend une inspiration, bloque et bouge. Ou parle. Mais fais quelque chose. Prendre sur soi, se rappeler de tous ces exercices que j’ai faits durant des semaines pour réussir à me décoller de cette peur tétanisant lors d’un danger.

- Y… y’a quelqu’un ?

Ma voix n’est qu’un murmure, un tremblement de mot presque incompréhensible. Je brandis ma baguette illuminée devant moi, afin d’y voir peut-être la personne qui semble souffrir par intermittence.
Plus d’assurance Charleen. Il y a peut-être quelqu’un qui a besoin de ton aide ou de quelque chose de semblable.
Je ferme les yeux avec force en lâchant un gémissement plaintif, sautillant d’un pieds sur l’autre avant de prendre violemment sur moi et d’inspirer une profonde goulée d’air.

- Hey ! Y a quelqu’un ?

Cette fois ma voix perce le silence et le léger bruissement des feuilles alors que je réussis à effectuer quelques pas vers les fourrées, baguette toujours en main pour éclairer ce qu’il y a devant moi, aider des éclats de Lune dont je ne prends toujours pas conscience de sa rondeur.
J’ai l’impression que mon cœur va littéralement exploser dans ma cage thoracique. Un pas, puis deux. Je n’entends plus que les battements de mon myocarde au creux de mes tempes.
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MessageSujet: Re: The night suffering - Maxime.    Mer 29 Juil 2015 - 2:34

CHARLEEN & MAXIME
MARDI 3 FÉVRIER 2015
« THE NIGHT SUFFERING »


Je refuse catégoriquement de me transformer.
Ça fait une demi-heure que je tourne en rond dans le dortoir des Serpentards, je fais les cent pas, celui-ci est étrangement vide. S’il y a quelqu’un je n’en ai pas conscience tout simplement parce que mon esprit est focalisé sur ce qui va se passer dans quelques heures. Mes os vont se briser, un pas un, avec fracas. Mes muscles vont changer de forme, ma peau va se déchirer, ma structure va se modifier dans un douloureux processus de plusieurs heures.
J’angoisse. C’est dit. Comme à chaque fois, comme chaque mois : j’angoisse. Ça n’est jamais une libération pour moi, non, d’autant plus avec ce qu’il vient de se passer. La louve à l’intérieur de moi se démène, perspicace, impatiente de pouvoir courir à ma place. Je vérifie sur mon calendrier pour la trente-sixième fois si j’ai bien pris mon tue-loup. Une croix pour chaque ingestion. C’est le cas. J’ai respecté mes doses. La composition est plutôt bonne, je ne devrais pas avoir trop de mal à avoir la main sur la bête. Et pourtant, quelque chose en moi me dit que ça ne se passera pas comme je le prévois. Effectivement ma transformation sera longue, douloureuse, je vais frapper, grogner, voir hurler sous la douleur, mais je n’arriverais pas à tenir la cadence concernant la louve. Mon esprit humain fragilisé par les derniers évènements, fatigué et bourré de remords, a la seule envie de se jeter sous un putain de train, se laissera aller et fera passer l’instinct animal à l’avant. Je le sens bien. Pourquoi résisterais-je au fait de tout oublier, ne serait-ce que pour une nuit ? Non, je ne le ferais pas.
Ma culpabilité, ma souffrance et ma haine contre moi-même s’effaceront comme neige au soleil au profit d’une bestialité purement animale et primaire. Le soulagement de ne plus ressentir le poids de toute cette merde sera trop fort et trop tentant. Oublier l’image de Matéo au sol par ma faute sera tellement agréable que je laisserais faire. Parfois je me dis que j’aimerais crever lors de ces putains de mutations, mais ça n’arrive jamais.

C’est long, douloureux, je perds connaissance en général plusieurs fois et reste des heures allongée au sol sans aucune maitrise de ma douleur. Cette humiliation mensuelle est devenue ma croix. J’entends un instant les paroles de Ryans dans ma tête. « Des gens peuvent t’aider ». Non. Je refuse. Ne placer aucun espoir. La déception est plus lourde à porter que la haine.

« Ça va ? »

Une main froide se pose sur mon épaule, je fais un bond incroyable en arrière, ma respiration se coupe. Mes poings serrés, mes yeux se posent sur Macy, qui a visiblement quitté le repas plus tôt que prévu. Mon myocarde se calme, elle est seule, nous sommes seules, je m’assois alors d’un geste sec sur mon lit, désemparé, au bord du gouffre. J’ai peur. Je ne m’autorise jamais à avoir peur, ce sont les autres qui doivent avoir peur de moi, ça ne marche jamais dans le sens contraire. Mais ici, je peux et de toutes façons je n’ai aucun contrôle sur la panique qui fait vibrer mes veines sous ma peau.

« Non… non ça va pas. »

Je passe une main dans mes cheveux, me penche en avant, inspire profondément puis expire avec force. Ça va arriver, ça arrivera, c’est inéluctable. On dit que la plus grande peur de l’homme, c’est l’inconnu. Pas sure que celui qui ait dit ça ait subi l’enfer des transformations lycanthropiques.

« J’crève de chaud, p’tain, j’me sens pas bien…
— Respire et…
— J’fais que ça de respirer, OK ? »

Arrêtez de me dire de respirer.

Je m’énerve, mes mains se crispent, mon ton est un peu plus agressif que je ne l’aurais voulu. Je fais lâchement retomber mes bras sur le lit, serrant le drap entre mes doigts.

« Désolée, j’suis juste… pas bien.
— Je sais, je sais.
— Macy…
— Non, t’inquiètes. J’vais y aller, je prendrais ton lit cette nuit. J’t’ai juste ramené un truc pour pas que t’y ailles le ventre vide. »

Je relève mes yeux vers elle, puis pousse un soupir. Je n’ai pas faim. Mais je crois que c’est machinal, mon bras se tend vers un bout de brioche qu’elle me tend. Fais chier.

Ø


J’ai traîné, terrifiée à l’idée de sortir, mais maintenant le chemin jusqu’à l’extérieur est plus difficile à affronter. Elle veut sortir, elle sait que la lune vient la délivrer de cette toute petite enveloppe charnelle et c’est comme si j’allais imploser à chaque pas. J’ai chaud et je tremble, j’essaie de paraître normale, mais je ne peux pas être plus suspecte. J’ai même oublié de laisser ma baguette dans mon dortoir, n’ai même pas pris la peine d’enfiler un manteau alors que la situation devenait ingérable. Il me fallait sortir, ne pas mettre en danger les autres personnes de ce château. Dean, Matéo, personne d’autre ne devra subir mes accès colériques ou lupins.

Je me précipite dehors, passe les portes en vitesse, croise surement des gardiens mais aucun ne s’approche, comme conscient du danger, et je fais le plus vite possible pour rejoindre la forêt interdite mais mon corps tendu est difficile à manier. C’est comme s’il me répondait à moitié, conscient de la douleur qui allait lui être infligé. Je fais psychologiquement l’impasse sur le frisson de bien-être qui a parcouru ma colonne vertébrale dès lors que ma peau blanche s’est vue couvrir des rayons lunaires.

En marchant je perçois mon souffle s’écourter, ma poitrine se comprime sous les effets des premières douleurs, lancinantes, et j’ai rapidement du mal à respirer. Ça bloque ma progression. Pourtant, je serre les dents, je force, je dois aller le plus loin possible. Pour les autres, et pour me cacher des regards.
Normalement il ne devrait y avoir personne, fort heureusement.
Ce qui est malheureux dans le cas présent c’est qu’un premier craquement se fait entendre la, quelque part dans jambe droite, et la douleur est telle que je lâche un premier gémissement, m’arrêtant contre un arbre en lisière de la forêt. Je ne dois pas lâcher, je dois au moins m’enfoncer. Mon regard fait un rapide tour de l’horizon, ma vue brouillée repère de la verdure, un peu haute, et je décide de m’y jeter le plus vite possible pour me cacher de la vue de tous. Si je ne peux pas m’éloigner plus, je dois au moins ne pas être visible. Je fais mon maximum pour m’éloigner de la bordure de la forêt, mais rapidement, un autre craquement se fait entendre et la douleur me plie en deux. Je lâche prise, m’écrase au sol et frappe du poing le temps que ça passe. Les premiers maux sont en général espacés, aléatoires. Puis ça deviendra pire, plus régulier et plus en profondeur alors je commencerais à perdre connaissance. Le schéma est simple. Tortueux, mais simple.

D’une main tremblante, le souffle écourté, j’extrais ma baguette de ma poche et la pose à ma droite, posée sur ma hanche gauche, dans un mouvement de torsion pas très agréable. C’est surement à ce moment-là que je remarque les larmes brûlantes qui coulent sur mes joues. Je ne pourrais pas m’arrêter, la peur se mélange à la souffrance et rien se sera tarit tant que ça ne sera pas terminé. Je vais imploser. Je ferme les yeux, fort, essaie de me remémorer les conseils de James. Tenter de rester calme, laisser venir, fermer les yeux. On passera pour le calme et je n’ai pas d’autre choix que de laisser venir les vagues aléatoires de douleur.

Craquement. Je hurle d’une voix rauque, les poings serrés. Je sens que les choses s’accélèrent à l’intérieur de moi, alors j’essaie de détendre mes muscles, avec peu de succès. Un claquement se fait sentir quelque part sur mon flanc et je lâche totalement la bride, m’écroule et frappe le sol à plusieurs reprises, comme pour accompagner ma douleur. Et ça dure…. Ça dure. Oscillant entre gémissement et cris étouffés, je me sens permuter, ma peau s’étire doucement, mes os et mêmes les plus petits se brisent ou se modifient.

Il se passe un certain temps avant qu’un son m’interpelle. Je ressors d’une absence d’à peine quelques secondes quand j’entends une voix percer le non-silence de cette foutue nuit de pleine lune.

« …elqu’un ? »

Je serre les poings, retient avec difficulté mes gémissements et grognements brutaux en me disant que la personne qui est stupidement en train de se balader autour de la forêt interdit un SOIR DE PLEINE LUNE finira par se tirer. Mais non. Ce qui semblait être un murmure est à présent un cri qui perce la nuit.

« Hey ! Y a quelqu’un ? »

Un juron passe entre mes dents, je serre les poings. J’ai l’impression de transpirer à grosses gouttes maintenant tant la douleur s’est faufilée un peu partout. Allongée au sol, recroquevillée, je perçois des pas qui s’approchent alors que j’ai envie d’hurler. Un grognement sourd s’échappe de ma poitrine, qui grossit alors que je me retourne et fait face à une baguette brandie et illuminée. Mes yeux se plissent, endoloris par ce jet de lumière, et j’essaie de respirer correctement sans grand succès.
Je reconnais ce parfum. Je ne fréquente pas vraiment cette gamine, je sais qui elle est, de loin. Mais j’ai déjà perçu ses effluves mélangés à celles de William. Charleen. Une gamine de Poufsouffle, à qui j’ai adressé la parole pas plus tard qu’il y a deux jours. Ma respiration est irrégulière, j’essaie de puiser un maximum d’air. Elle abaisse sa baguette, visiblement terrorisée, alors je peux deviner sa silhouette à quelques mètres de moi.

La colère s’abat sur mes épaules et l’humiliation à la fois. Une deuxième insulte se fraie un chemin jusqu’à mes lèvres, mais il n’en sort qu’un gémissement douloureux. Mes yeux se ferment avec force, je pose mon front sur mon poing posé au sol et j’attends que la douleur passe, ce qui n’arrivera pas. Le processus de transformation est désormais sur une pente croissante. Dans quelques temps je serais un véritable danger pour cette gamine ici et elle ne semble pas bouger. J’essaie d’articuler un mot, toutes mes alertes mises au niveau le plus élevé. Je suis en colère. En colère parce que je n’ai pas pu aller assez loin, en colère parce que cette fille se trouve dans une zone dangereuse un soir de pleine lune, en colère parce que je vais passer de femme à loup.

Je me tourne à nouveau vers Charleen, mes yeux percent les secrets de la nuit, je la scrute. Si elle ne bouge pas il faut que j’avance. Avec beaucoup de conviction mais peu de force, je tente de ramper un peu plus loin, mais je comprends rapidement que ça ne marchera pas. Posée sur le côté gauche, au sol, je serre mes bras contre mon ventre. Putain mais elle va pas bouger ?

La colère et la terreur forment un cocktail explosif dans mes veines. Je dois lui dire de se casser, vite fait. Je rassemble un peu de force disséminée dans mes veines et tente d’articuler un truc.

« Va-t’en… »

Inspire. Expire. Encore.

« VA-T’EN J’TE DIS, va-t’en ! »

La fin de ma courte phrase se noie dans un grondement mêlé à un gémissement venu du plus profond de mes entrailles. Je serre la terre entre mes doigts et attend un certain temps, essayant toujours de respirer au maximum. C’est sans compter un craquement, sonore, qui résonne et me tire plus un rugissement qu’un vrai cri. Mon corps se redresse, plié en deux, puis retombe sur le côté.
La souffrance se répand, électrique, dans chacun de mes membres et j’ai l’impression que je vais tourner de l’œil. Pourtant, je résiste, et je crois que c’est à cause de l’odeur de la poufsouffle qui semble continuer à se tenir, pas loin.

« réagis, putain… »

Elle ne sait pas à quoi elle s'expose, elle ne comprend pas qu'il faut qu'elle se tire. Je ne suis pas seule ce soir, trois loups-garous sont dans ce château, j'en fais partie. Que sera-t-elle si elle reste là ? Une proie de choix, c'est tout, une humaine aux odeurs foutrement agréables à se foutre sous le croc. Qui court et qui flippe. La cible la plus savoureuse de cette nuit.
Il faut qu'elle se tire. Maintenant.
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MessageSujet: Re: The night suffering - Maxime.    Dim 9 Aoû 2015 - 14:11

J'ai peur. J'ai envie de fuir mais mes jambes s'y refusent. Je les sens faiblir, devenir cotonneuse et je n'entends presque plus rien autour de moi si ce n'est les battements violents de mon cœur. Ma vue se rétrécie, se trouble et toutes mes alarmes s'enclenchent en même temps. J'ai toujours pensé que je n'avais aucun instinct de survie, que je serais l'une des premières à mourir si une guerre devait éclater. Pourtant je suis toujours là et ce, parce que je me suis lamentablement cachée pour ne pas avoir à les affronter. Si je n'étais pas aussi tétanisée en cette seconde j'aurai déjà remarqué qu'un détail aurait dû me sauter aux yeux depuis le début, un détail qui me vaudra sûrement une remontrance si quelqu'un me voit ici. Mais j'ai appris à mes dépends que ma peur est d'une telle envergure qu'elle en est mon épouvantard, d'une telle puissance qu'elle m'abrutirait presque et me coupe toute faculté de réflexion logique, brouillant mon environnement de parasites auditifs, visuels. Comme en cette seconde où j'ai la sensation de n'être que dans un couloir de couleur, ma vue s'étant largement rétrécie à un tube qui se focalise droit devant moi, là d'où provienne les bruits. Ceux qui déclenchent désormais une profonde panique chez moi. Mes pas me guident, s'avancent, baguette en avant.

Une masse est au sol, un corps qui se tord, frappe du poing. Qui gronde. Et son visage me frappe à la seconde même où elle se retourne. Mon cœur bondit dans ma poitrine, me laissant pour sensation que le muscle s'y déchire.

- Maxime ?!

Son prénom m'échappe dans une voix fluette, complètement paniquée. Je ne contrôle plus mes membres tremblants et encore moins cette panique croissante de voir son visage complètement déformée par la douleur, la colère, ses dents serrées, ses pupilles rétrécis. J'ai la sensation que ses traits sont... durcis, comme de la roche. Sa souffrance serait presque communicative sauf que je n'ai pas conscience du degré de douleur qui lui brûle les veines en cette seconde. Elle se recroqueville de nouveau, posant son front sur son poing. Les seuls sons qui me parviennent sont ceux de sa respiration effrénée, de mon cœur qui fait violence dans mon thorax mais aussi de ses grognements, mutant en un grondement purement animal.
Maxime se tourne vers moi, je veux tendre ma main vers elle pour tenter de lui porter secours mais elle me fuit, et... rampe sur le sol, de quelques centimètres pour s'éloigner. Dans mon dos, cette lueur naturelle qui me brûle l'échine. Comme un avertissement. Comme un ordre.

- Maxime ! Attends qu'est-ce qu'i...
- Va-t’en… 

J'arrête mon pas, j'arrête ma main tendue. Mon thorax va exploser.

- VA-T’EN J’TE DIS, va-t’en ! 

Je sursaute violemment lorsque son crie mue en un grondement animal mêlé à un gémissement douloureux. Et ça n'est que lorsque j'entends nettement un craquement sonore et que je laisse échappée un couinement effrayée que totu s'imbrique enfin chez moi. C'est comme la reconstitution d'un puzzle, d'une maquette, d'un mur de brique pour vous laisser entrevoir la solution, la forme de l'objet en question. La cassure se répand en écho chez moi et me donne de long frisson d'horreur tout le long de la colonne vertébrale. Un éclat. Un éclat d'os. De membres. Les rayons de la lune me brûle le dos, me pétrifie de secondes en secondes où, enfin, je réalise ma stupidité, moi qui prend garde d'être toujours vigilante. Moi qui prend garde de ne prendre aucun danger inutile.

La Lune est pleine.
Et Maxime mute sous mes yeux.

Mon souffle se coupe, mon cœur subit une accélération si cela est encore possible et lorsque je prends pleinement conscience du danger je sais que je ne bougerais plus. Que mon angoisse mute à la même allure de l'animal qui parcoure les veines de Maxime, devant moi. Elle agit chez moi comme un bloc de ciment sur chacun de mes membres. Comme toutes ces fois où je me suis trouvée en situation de danger et où je n'ai été capable à aucun moment de me défendre ou de portée une aide à qui que ce soit. Je peux lutter avec autant d'ardeur que je le veux, aucun de mes membres ne répondront à l'appel, subissant une réelle tétanie, plantée ici avec la même lourdeur qu'un rocher. Je n'entends plus les mots de Maxime qui me parviennent dans un brouhaha où se mélange le craquement de ses os, ses gémissements, ses hurlements, les battements de mon cœur, les bruits de la forêt, les oiseaux nocturnes qui s'échappent de la lisière sous les rugissements, le vent qui se lève et bruisse sur les feuilles du bosquet juste à côté de nous. Tout ça se mélange et forme un amas de sons qui me donnent le vertige et une envie profonde de vomir. Ma vue se rétrécie toujours plus, le tube de couleur se focalisant uniquement sur le visage de Maxime, et plus rien n’apparaît autour. C'est une mélange de couleurs. De vert, du noir, d'un jaune pâle. Une palette brouillonne qui entoure ce cercle qui se concentre sur la Louve face à moi, le contour des traits striés.

Je suis fichue.
Si pour certain la peur leur sert de catalyseur pour fuir, pour moi elle signe aussitôt mon arrêt de mort. Et c'est pour ça que je lutte chaque jours, à m’entraîner avec Ethan, Riley et parfois Rosalyn. A faire face, à faire front, à tenter de contrôler mes angoisses. Ici, tout échoue et s'écrase lamentablement à mes pieds. Je ne suis qu'un corps fait de chairs et de muscles tendus à leur paroxysme, yeux écarquillés, baguette baissée, tremblante comme une feuille. Incapable de bouger le petit doigt. Circée a disparue de mes pensées comme toutes les choses qui pouvaient me préoccuper ces derniers temps. Les seules choses qui me viennent en tête sont de savoir si tout cela sera douloureux, si Maxime réussira à fuir ma présence ou si, inévitablement elle se jettera sur moi pour faire de ma personne son repas nocturne. Mes cours sur les Loup-Garou me reviennent en mémoire... C'est donc à ça que l'on pense lorsque nous sommes à deux doigts de la mort ?

Mort. Décès. Arrêt brutale de toute vie. Je ne sens pas les larmes qui brûlent mes joues, mes sens perdant leur faculté un par un. Seules la vue et l'ouïe persistent puisque j'entends de nouveaux le bruit de ses os qui se brisent sous sa peau tendue. Puisque ce tube colorée se fixe toujours sur elle, sur son visage déformée et qui n'aurait presque plus rien d'humain. Mon instinct de survie se retrouve comme moi, enchaîné par l'angoisse profonde et vicieuse. Mes pensées s'éteignent et se mettent sur pause comme si l'horloge du temps cessait de tourner, de s'égrener. Mon cœur se déchirera sûrement bientôt tant il bat avec violence, mon souffle lui même peine à trouver l'air qu'il lui faut pour oxygéner l'ensemble de mon corps. Parce que si je suis terrorisée et tétanisée par la peur de mourir, je le suis également par la souffrance de Maxime qui est aussi la raison pour laquelle mes larmes s'écoulent sans interruption sur mes joues. Je suis une porte ouverte aux émotions et tout me percute avec violence, comme des centaines de coups qui pleuvent sur moi.

Même cette lueur d'argent qui s'échappe de Maxime ne me fait pas plisser les yeux, ni ne me ramène à l'instant présent où j'aurai déjà dû fuir depuis longtemps jusqu'au château.
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MessageSujet: Re: The night suffering - Maxime.    Mer 26 Aoû 2015 - 0:38

Je lutte pour ne pas tourner de l’œil, ne voulant pas laisser une seule petite place à l’inconscient, ne pas laisser la louve prendre le dessus ne serait-ce que pour une seconde. SI je craque maintenant, si je laisse le processus se mettre enfin en marche, qui sait ce qui arrivera ? A cette gamine, et à moi ? Je serre alors les dents, je jongle clairement, tente de respirer mais les modifications qui s’effectuent à l’intérieur de moi me coupent la respiration.
L’animal à l’intérieur gratte, elle veut sortir, je déteste ressentir ce besoin de la laisser faire ce qu’elle a à faire et pourtant ce serait l’une des choses les plus agréables qu’il me serait donné à cet instant précis. Bien que la douleur soit cuisante, elle est davantage supportable quand je laisse les choses se faire. Mais pas cette fois. Il est nécessaire que je garde un minima de contrôle sur ma conscience pour la simple et bonne raison que cette foutue gamine ne bouge pas. Elle s’immobilise même davantage dès lors que ma voix l’atteint. Je suis en colère, je suis en pleurs, je souffre et elle ne bouge pas. Il faut qu’elle se tire, pour notre sécurité à toute les deux.

J’essaie de respirer, d’articuler quelque chose à nouveau mais rien ne pourrait ressembler plus à des gémissements bestiaux de douleur. La voix de l’animal, la douleur de l’humaine. Je suis tiraillée.
C’est alors que me vient une idée. Un craquement sec se répercute dans mes côtes et je lâche un cri. La douleur arrive comme un ultimatum. Les prochaines minutes vont être décisives c’est pourquoi j’attrape d’un geste ma baguette, la serre comme une malade à la vie et ferme les yeux.

Je tente tant bien que mal de me concentrer, mais c’est carrément compliqué. C’est le moment où je suis censée penser à un truc joyeux ? Je fouille dans mes souvenirs, tente de faire abstraction de mes os qui se brisent, des élancements dans mes muscles et cherche la moindre parcelle de bonheur. Je passe en revue la plupart de mes souvenirs et rien n’arrive à m’extraire du moment présent, mon esprit qui se met en route m’apporte des images de Matéo par exemple, et autres horreurs de ces dernières semaines. Mon poing enserre davantage ma baguette, mes yeux se ferment plus fort et je grogne. Contre moi-même.

Je m’efforce de reconstruire une scène vivante, lumineuse, qui n’a rien à voir avec l’instant présence. Avec plus de force encore mon esprit commence à dériver vers des images lointaines. Je modélise petit à petit différentes situations. Mon choix se porte assez rapidement sur une étreinte particulière et l’amour qui s’en dégageait. J’aperçois mon frère et ses gros bras refermés sur moi, sur les toits d’un vieux bâtiment new-yorkais, un lever de soleil nous forçant à fermer les yeux. Je nous visualise l’un contre l’autre, sa main dans mes cheveux, mes bras entourant sa trop grande taille pour moi et surtout la force avec laquelle il me garde contre lui. La sensation d’être importante et aimée était l’une des meilleures choses que j’ai ressentie jusqu’ici. Un flot irradiant de chaleur électrise ma poitrine jusque ma main. Je profite de ce moment précis pour tendre ma baguette le plus loin possible, sans ouvrir les yeux, concentrée mais fébrile. Je tente de réunir toutes mes forces, recroquevillée sur moi-même et ouvre enfin la bouche :

« Expecto Patronum ! »

Une lueur argentée me pousse à ouvrir les yeux.
Alors que je m’attends à observer se matérialiser mon éternel scarabée à la con, c’est un tout autre animal qui se forme au bot du filament qui s’échappe de ma baguette. La vue de mon patronus me glace le sang. Dès que l’animal a terminé de se défaire de ma baguette, je me sens retomber, comme vidée de toute énergie. Mon cœur bat à vive allure, la terre tourne, je suis épuisée et pas loin de me laisser tomber dans le néant. Je force sur mes coudes pour redresser mon visage, et faire face à un patronus gigantesque, bien loin du scarabée. Le requin qui me fait face attend surement mes instructions. Je suis au bout du rouleau, je me sens tomber.

« Ismaëlle. Charleen, dehors. »

Je murmure à moitié, puis me laisse retomber complètement au sol, sur le dos, les jambes repliées, forçant sur mes dernières ressources pour ne pas me laisser aller à l’inconscience. Ma baguette pressée contre ma poitrine, j’ouvre grand les lèvres, comme pour récupérer le plus possible d’air. Je laisse libre court à mes exclamations animales puisque ma partie humaine commence à se faire allègrement la malle. Je flotte entre conscience et oubli, tâche de me maintenir à flot sans pour autant tout bloquer parce que la douleur va me faire basculer de l’autre côté de la barrière.

C’est lorsque un bruit de pas précipité arrive à mes oreilles, qu’une odeur particulière s’ajoute à celles présentes que je décide de laisser l’inconscient prendre le dessus. Mon corps qui jusque là était tendu et bougeait au rythme des vagues de douleur commence à s’enrouler dans la torpeur du néant, ma voix qui s’exprimait sans relâche sur les multiples lésions que j’endure s’embourbe, les cris muent en grognements, je ne commence à lâcher la bride qu’à partir du moment où les parfums féminins commencent à quitter le périmètre.
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MessageSujet: Re: The night suffering - Maxime.    Mer 26 Aoû 2015 - 12:53

Mardi 3 Février 2015 – Début de nuit
The night suffering

Maxime, Charleen & Ismaelle

Ce soir la Lune est pleine et alors que je la contemple par la fenêtre depuis de longues minutes, statue immobile et silencieuse, je me rends compte que toutes mes pensées ou presque sont focalisées sur une seule et même personne, un seul être : Jakob Hammerschmitt, autrement dit le père de mon fils. Lui a … disparu de la circulation, non sans prévenir certes, et Alexander n’est plus présent que sur quelques photos et dans mes souvenirs. Jakob et moi n’étions pas vraiment proches, pas comme on peut l’entendre en général en tout cas, et surtout pas avec … ce qu’il s’est passé au lendemain d’une certaine pleine lune qui a tout fait basculer mais je ne peux pas le nier : Dans ces moments-là, il me manque. Sa présence me manque, pas intrinsèquement mais le simple fait de le savoir dans le château apaisait égoïstement ma peine parce que je savais que je n’étais pas la seule à la ressentir. En réalité je ne suis pas la seule entre ces murs à ressentir ce manque, cette douleur au creux de la poitrine, et j’en ai parfaitement conscience. Maxence a beaucoup souffert et il souffre encore mais je sais que je ne peux rien faire pour lui tout comme il ne peut rien faire pour moi, c’est comme ça. Cette situation – bien qu’elle commence à s’apaiser avec le temps qui passe – nous dépasse tous les deux.

Un soupir m’échappe, je secoue la tête et tente de penser un peu à autre chose alors que mes doigts jouent avec la gourmette que je garde précieusement autour de mon poignet et que je n’enlève jamais. Une pensée pour chacun des Lycanthropes présents ici, bien sûr, et puis …

« Qu’est-ce que … »

Ma chambre n’étant éclairée que par deux simples chandelles sur le mur – pour apprécier la clarté du ciel hivernal et la lueur de la Lune – bien évidemment le changement de luminosité soudain m’a attiré l’attention immédiatement et je me suis retournée pour faire face à … un énorme requin. D’abord j’ai sursauté naturellement, ça n’est pas tous les jours qu’on se retrouve face à une telle créature aussi impressionnante après tout – j’ai mon lot quotidien de créatures impressionnantes, certes, mais les requins n’en font pas partie. Deuxième réaction : Une pensée pour Victoria. Est-ce qu’il s’agit de son Patronus ? Dans ce cas que fait-elle ici ? C’est peut être une autre espèce, je ne suis pas assez calée dans le domaine pour faire la distinction et la seule personne à qui je pense instinctivement qui pourrait sans doute me donner la réponse doit être en train de soit cavaler sur quatre pattes, soit se tordre de douleur sur le sol de ma Cabane – pensée qui me provoque un violent frisson dans la colonne vertébrale soit dit en passant. Troisième réaction …

« Ismaëlle. Charleen, dehors. »

… Si je ne me trompe pas, cette voix ne m’est pas étrangère mais quand bien même l’information a un peu de mal à se frayer un chemin jusqu’à mon cerveau je n’attends pas une seconde de plus pour …

« Et merde ! »

… Lâcher un juron, oui, mais surtout pour attraper ma baguette, enfiler un manteau et mon écharpe et descendre les escaliers à toute vitesse en suivant tant bien que mal le Patronus qui bien sur fini par disparaitre au travers d’un mur ou plutôt de la grande porte du Hall. Lorsque j’arrive à son niveau un des Gardiens qui garde cette fameuse porte m’interpelle mais je ne m’arrête pas une seconde pour autant.

« Qu’est ce qu’il se passe ? »
« Restez ici tant que je ne vous demande pas de venir, je n’aurai peut-être pas besoin de vous. »

Je ne me retourne pas, je suis déjà dehors et repère le Requin argenté qui file à toute vitesse vers la lisière de la Forêt.

« Charleen ! Qu’est-ce que tu fous dehors par Merlin ?! »

On passera sur les conventions, je n’ai pas le temps pour ça étant donné ce qu’il se passe sous mes yeux. La jeune Poufsouffle est complètement tétanisée et un seul coup d’œil m’a permis de comprendre pourquoi. J’attrape son bras sans prêter d’attention visible à l’auteur de ce Patronus qui est en train de se briser sur le sol, elle n’a certainement pas besoin d’un public.

« Rentre immédiatement ! »

Le ton est ferme, oui je suis en colère et ça se sent mais c’est surtout la peur et l’adrénaline qui s’exprime. Pas de réaction, je la secoue un peu plus et la tire en arrière avant de la pousser pour lui faire accélérer le mouvement. Alors qu’elle se met en route j’ai néanmoins un regard pour la jeune Serpentard qui est en train de se tordre de douleur à peine masquée par la végétation : La voir comme ça, ici, me tord les tripes mais je devine que tout ce dont elle a besoin pour le moment c’est de sa tranquillité.

« Fais attention à toi Maxime. Je ne suis pas loin si tu as besoin, fais le moi savoir d’une manière ou d’une autre. »

Et ne joue pas les grosses dures intouchables s’il te plait, j’ai déjà ramassé suffisamment de Lycans amochés pour supporter ce genre de comportement. Vous n’êtes pas infaillibles, demandez de l’aide quand vous en avez besoin et avant que ça soit trop tard !

« Protego. »

Ma baguette se braque vers elle, je me rends compte alors que son Patronus a disparu mais la Lune éclaire suffisamment le ciel et tout le Parc pour que la visibilité soit correct même pour un œil humain. Le sortilège l’enroule sans s’approcher trop près, ça ne l’empêchera pas de souffrir – rien ne le pourrait – mais ça la protègera au moins contre d’éventuelles agressions extérieures. L’instant d’après je reprends mon pas de course et rattrape Charleen, c’est sans un mot que je nous dirige toutes les deux très rapidement vers le château et quand finalement on arrive à bon port je me concentre quelques secondes sur les Gardiens présents.

« Tout va bien. »

Le message est je pense suffisamment clair : N’allez pas mettre votre nez là-dedans. Je ne suis pas leur Chef, ils n’ont techniquement pas à m’obéir mais je dois avoir l’air suffisamment déterminée – et folle peut être, allez savoir – pour qu’ils ne bronchent pas. Après avoir réglé ce « problème » je reprends ma route et fait quelques pas à l’intérieur jusqu’à retrouver la jeune Poufsouffle qui me semble complètement … en réalité je ne saurais trop le dire. Quoi qu’il en soit mes mains attrapent ses épaules et mes yeux s’ancrent dans les siens avec insistance avant de commencer à l’observer sous toutes les coutures.

« Est-ce que ça va ? Tu n’es pas blessée ? »
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MessageSujet: Re: The night suffering - Maxime.    Mar 1 Sep 2015 - 14:57

Je suis complètement cloîtré dans une bulle hermétique au monde extérieur. Les seuls sons et les seuls images qui me parviennent sont ceux qui émanent de Maxime. Le bruit de ses os qui éclatent, le raclement de sa gorge lorsqu’elle exprime sa souffrance, son corps qui se tord et qui se tend. C’est une vision d’horreur qui s’imprime dans chacune de mes cellules et si j’avais un minimum conscience de mon existence en cette seconde, je sentirais ma peau subir une vague de frisson en discontinue mais aussi, mon cœur prêt à exploser contre mes côtes, mes larmes ruisselées en discontinue sur mes joues blanches. Ma respiration se bloque puis se reprend. Avant de se bloquer de nouveau. J’entre dans une phase de léthargie, voire de tétanie la plus totale.
Je fais face à mon angoisse la plus profonde : La peur en elle-même. Elle se concrétise sous mes yeux. Celle que je redoute tant de croiser, de ressentir. Parce que je sais quels effets elle possède sur moi et encore ce soir, elle me le démontre avec violence. Encore ce soir, elle me prouve qu’en cas de crise et de situation dangereuse, je suis incapable d’y faire face, de me maitriser et de garder un semblant de sang-froid, ne serait-ce que pour protéger ma vie.

Connor avait peut-être raison au fond, je n’y arriverais pas.

Est-ce réellement à ça que je pense alors que je me retrouve face à Maxime qui se transforme sous mes yeux ? Face à sa souffrance à elle ? J’aimerai clairement perdre connaissance. J’aimerai fermer les yeux et me retrouver dans mon lit, me réveillant en sursaut et me dire que ce n’était qu’un fichu cauchemar. Après tout, c’est possible, non ? Ces couleurs qui n’en sont plus vraiment, ce tube entouré de brouillard qui se focalise uniquement sur Maxime, ces sons étouffés et cette absence de conscience pour l’environnement. Ca ne peut être qu’un cauchemar. Le simple fruit de mon imagination trop fertile.

Le filet d’argent s’étend et se modifie, sans que mes yeux ne se plissent. La forme me fait face, prenant toute la largeur de ce tube qui s’élargit cette fois. Peut-être un sursaut de ma conscience, je n’en sais rien. C’est comme si j’étais spectatrice de cette scène et non actrice. Comme si ça n’était pas moi dans ce corps tétanisé. La forme s’étend et c’est … une masse animale qui apparait. Un énorme requin qui prend forme sous mes yeux, prenant la place de Maxime, couvrant toute la vue que j’avais sur elle.

Des murmures que je ne comprends pas s’élèvent et le requin disparait sans que je ne bouge. A la seconde où le patronus n’est plus là… je ne sais pas réellement ce qu’il se passe. Le tube se rétrécit brutalement et laisse place à un brouillard complet, un mélange de couleur comme si j’avais face à moi une palette de peinture dont toute les couleurs seraient entremêlées de manière désordonnés. Et tout est flou, tout n’est que brume. Mon corps, les sensations avec le monde extérieurs, ma vue, mon odorat. La seule chose qui se maintient avec une netteté irréprochable est mon ouïe. Et elle n’en finit plus de me laisser entendre ces sons qui m’éloigne un peu plus de la réalité. Craquement sonore d’os, hurlement mi-humain, mi-animal. D’autres cassures. D’autres cris. C’est un cauchemar. Un véritable cauchemar éveillé.

Combien de temps s’écoule-t-il ?
Combien de temps reste-t-il avant que je ne périsse à cause de ma stupidité chronique ?
Combien de temps, dis-moi.
Beaucoup de gens disent que nous voyons toujours les meilleurs moments de notre vie lorsque nous mourrons ou que nous savons que nous allons mourir. C’est faux. Entièrement faux. Parce que la seule chose que je vois c’est toujours cette palette de couleur, couplé à ces sons qui se font de plus en plus douloureux et terrible. Je ne pense à rien d’autre qu’à ça. A cette brume. A ce que je vois et ce que j’entends. Mon cerveau s’est tout simplement arrêté de fonctionner, se mettant brutalement en une pause forcé. Peut-être pour mieux m’aider à accepter la vérité et l’évidence.

Une explosion survient. Une brutalité qui brise d’un geste sec ce miroir de couleur mélangée face à moi. Un éclat et une chute brutale dans cette réalité que mon cerveau et ma conscience ont volontairement fuit. J’ai la sensation de ne pas avoir respiré depuis des lustres car lorsque j’inspire une grande bouffée d’oxygène, mes poumons me brûlent et me tirent douloureusement.
La raison de cette explosion ? Une secousse, dans l’ensemble de mon corps que j’ai senti tiré vers l’arrière avec force. Mon inconscience éveillée a sûrement amplifiée le geste mais toujours est-il que cette fois, je cligne des yeux et les sons me parviennent clairement et surtout, s’acheminent enfin vers moi. La vue revient, la reprise de sensation avec mon corps également.

Respire. Reviens et respire.
Vite, tout de suite. Maintenant.
L’urgence me gifle de plein fouet lorsque mes yeux se posent sur Maxime qui se tord dans tous les sens, puis sur Ismaelle, le visage déformé par la colère…

- Rentre immédiatement !

Son ton est sans appel mais je n’arrive pas tout de suite à réagir, mon esprit ayant du mal à s’extirpé de goudron de terreur dans laquelle il s’y était logé. La prise d’Ismaelle se resserre et je me sens secouée un peu plus fort, suffisamment pour me redonner le reste de conscience perdue. Je me sens tiré vers l’arrière puis légèrement poussé pour me faire avancer. Mon corps, empoté et empâté dans la même texture que l’esprit, titube une première fois, manque de chuter et j’ai tout juste le temps de me rattraper avec mes deux mains sur l’herbe trempée et fraiche. Je n’attends pas une seconde de plus pour me remettre sur pieds et de détalé aussi vite que possible. Et à chaque foulée, la panique s’agrandit. Cette fois elle ne me paralyse pas, elle ne me tétanise pas. Non, elle me dicte de marcher plus vite, de forcer mes jambes à reprendre contact avec mon cerveau et d’obéir rapidement à ses ordres. Une à une les sensations reviennent. D’abord cette impression de n’être qu’un squelette de coton, puis le froid qui vous glace de part et d’autre votre corps malgré vos couches de vêtements. Il y a aussi les larmes qui ne cessent de couler et cette boule douloureuse dans la gorge. Sans oublier les images et les sons, de nouveau. J’avance un peu plus vite, plus tremblante que jamais et lorsque je sens Ismaelle revenir vers moi, j’ai pour premier réflexe un sursaut avant de continuer, sans jamais la regarder.

Qu’est-ce que j’ai fait, bon sang. Qu’est-ce que j’ai fichu.

Et je ne cesse pas de marcher plus vite alors que ma respiration s’écourte et me fait mal, donnant la sensation d’un chalumeau dans les bronches. Avance, ne t’arrête pas. Ne t’arrête surtout pas. Pas tant que tu pourras marcher encore.
Nous traversons le parc, puis des Gardiens et je ne cherche pas à savoir si nous continuons à me suivre puisque je continue ma route vers le Hall où la sécurité du château englobe aussitôt mon existence.

Et là, je décroche. Je m’adosse au premier pilier que je trouve, yeux hagards, bouche scellée en un mince filet de lèvres blanchi. Mains sur les genoux, je regarde le sol et cherche mon air, mon oxygène, pleurant toujours en silence. Un flot d’émotions me gifle. La peur, le soulagement, la culpabilité, l’horreur. J’ai été stupide. Complètement stupide. Comment est-ce que j’ai pu ne pas… voir. Ne pas comprendre et calculé. Moi qui suis toujours attentive à ce genre de détail. Moi qui suis respectueusement les règles. Pourquoi est-ce qu’il a fallu que je sois aussi… idiote.

Circée. Mon chat. J’étais… Non. Je n’arrive pas à aligner deux idées cohérentes à la suite.

Un regard s’impose devant le mien et s’y accroche alors que je relève la tête, avec un deuxième sursaut. Je réalise avec un peu de retard que c’est de nouveau Ismaëlle, ses deux mains sur mes épaules.
Respire, doucement.

- Est-ce que ça va ? Tu n’es pas blessée ?

J’aurai préféré que tout ça soit juste un cauchemar, que ma stupidité ne soit pas réelle. Pourtant, c’est le cas. En vie, devant mon professeur de SACM je vais devoir justifier les raisons de mon passage dans le parc, un soir de pleine lune.
Et Maxime ? Sa douleur me revient brutalement et mes larmes redoublent sans que je n’émette le moindre sanglot. C’est un Loup-Garou. Je ne savais pas. Je voulais pas la regarder comme ça. J’voulais pas…

- Circée…

Je bafouille, je ne suis même pas cohérente. Je viens parler de mon chat alors que je viens de faire l’une des plus grosses erreurs de ma vie.

- Je.. J’voulais pas… Je fuis son regard, le pose n’importe où avec précipitation avant de revenir à elle. J’étais partie chercher Circée, ça fait deux jours qu’elle n’est pas rentrée. C’est pas dans ses habitudes. J’ai pas réagis, j’étais paniqué et j’ai pas réagis quel jours nous étions.

Cette fois, je ne la lâche plus et ne remarque que maintenant que mes deux mains se sont accrochées à ses avants bras alors qu’elle me tenait par les épaules. Comme si ce seul contacte me permettait de ne pas perdre la raison.

- J’ai été stupide, j’suis désolée. Vraiment, je… J’ai pas réussi à partir. Elle avait… si mal. Je pouvais pas. J’ai pas compris tout de suite, ça n’est qu’après que j’ai réalisé et j’ai pas pu lutter contre ce truc.

Ce truc : Ma peur. Mon épouvantard. Ma phobie et mon angoisse profonde. Réelle. Peut-être stupide, mais elle est présente.
Ma voix tremble, je ne saurais même plus dire si je continue de pleurer ou non.

- J’étais comme… figée sur place. Je lève mes yeux vers elle de nouveau, lèvres pincées où cette fois, je sens un sanglot me guetter mais que je ravale aussitôt. Est-ce… est-ce que ça va aller pour elle ? Elle va avoir mal combien de temps ?

Dites-moi que ça ne va pas durer toute la nuit comme ça. Dites-moi que sa douleur va s’atténuer d’ici quelques minutes. Dites-moi que ça n’est pas à chaque fois comme ça.
Ça n'est pas de la curiosité, mais une inquiétude sincère.
Je connais mes cours, je sais que les transformations sont douloureuses mais nous ne réalisons jamais avant d’y faire face. J’entends de nouveau ses os se brisés en écho et un long frisson me parcoure la colonne. Je m’inquiète. Au-delà de toute frayeur et de toute culpabilité, je m’inquiète. Comment fait-elle ? Comment font-ils ?

Ils n’ont pas le choix. Pas le choix que de souffrir et s’éclater en un million de morceau pour former un animal, l’espace d’une nuit. L’ampleur de la chose prend tout son sens en cette seconde. Mes yeux n’ont pas lâché ceux d’Ismaelle dont je pourrais craindre une représailles digne de ce nom. Et c’est sûrement ce qu’il se produira mais en cette seconde, l’idée ne me terrifie pas autant qu’elle ne l’aurait fait en temps normal. Pas tant que j’aurai l’image de Maxime fracturée au sol, à me dire que j’aurai pu mourir ce soir. A me dire que j’aurai pu lui donner une mort sur la conscience. Par ma faute.

- … j’… j’suis désolée.

Même si ça ne changera absolument rien à mon incompétence chronique et mon évidente inconscience.


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MessageSujet: Re: The night suffering - Maxime.    Jeu 3 Sep 2015 - 19:45

Oui je suis en colère et non je n’essaierai pas de le cacher. Qu’est ce qu’il leur passe par la tête pour avoir ce genre de comportement ? Non seulement ils se mettent en danger mais ils oublient que ça n’implique pas qu’eux. Selon moi c’est une réaction très égoïste même si dans la plus part des cas c’est simplement un oubli ou quelque chose comme ça. Je doute que Charleen soit sciemment sortie en se disant « Chouette c’est la Pleine Lune ! Je vais aller courir avec les Loups-Garous du coin » … Ca n’est pas son genre mais j’attends néanmoins des explications, et qu’elle me rassure sur son état même si en dehors de sa terreur latente je ne détecte rien de particulier.

« Circée... »

Pardon ? Circée ?

« Je.. J’voulais pas… J’étais partie chercher Circée, ça fait deux jours qu’elle n’est pas rentrée. C’est pas dans ses habitudes. J’ai pas réagis, j’étais paniqué et j’ai pas réagis quel jours nous étions. »

Circée. Son chat. Les connexions se font et ce qu’elle raconte devient tout de suite plus intelligible.

« J’ai été stupide, j’suis désolée. Vraiment, je… J’ai pas réussi à partir. Elle avait… si mal. Je pouvais pas. J’ai pas compris tout de suite, ça n’est qu’après que j’ai réalisé et j’ai pas pu lutter contre ce truc. »

Ce truc ? Je ne suis pas certaine de comprendre à quoi elle fait allusion mais je pense que je peux comprendre pourquoi elle est restée tétanisée. J’ai par deux fois assisté à la transformation d’un Lycan même si c’était dans l’autre sens, trois Loups sont redevenus Humains sous mes yeux et même si j’ai essayé de ne pas me focaliser là-dessus c’est quasiment impossible d’en faire abstraction. La vision est une chose, les sons qui vont avec en sont une autre. A mesure qu’elle s’exprime je sens ma colère se dissiper et la pression de mes mains sur ses épaules se fait plus douce. Pour l’heure je me contente d’écouter ce qu’elle a besoin d’évacuer, j’en profite également pour récolter les informations dont j’ai besoin tout en gardant dans un coin de ma tête une pensée pour Maxime. Pour elle, pour Ever et pour Enzo. Une autre pour Jakob. Et si Alexander avait hérité de la particularité de son père, aurait-il survécu ? Cette question me hante depuis des mois et elle me serre la gorge à chaque fois que j’y repense. Je n’aurai pas souhaité ça à la chair de ma chair, autant de souffrances et de difficultés malgré certains bons côtés, mais si ça lui avait permis de survivre … ?

« J’étais comme… figée sur place. Est-ce… est-ce que ça va aller pour elle ? Elle va avoir mal combien de temps ? »

Je n’en sais rien. C’est la vérité, je ne sais pas. Cela dépend de plusieurs facteurs, aussi bien internes qu’étrangers. J’espère pour elle que ça sera « rapide » mais je n’ai aucun moyen d’en être certaine.

« … j’… j’suis désolée. »
« Hey, calme toi, ça va aller. Tu es en sécurité maintenant, d'accord ? »

Mes mains lâchent ses épaules et je me dégage en douceur de l’emprise des siennes avant de lui caresser les cheveux une seconde sans jamais la quitter des yeux.

« Si Circée n'a pas repointé le bout de son museau demain matin, viens me voir, on la cherchera ensemble. Quant à ce que tu as vu là dehors il faut que tu me promettes de garder ça pour toi. Tu n'aurais jamais du assister à ça, il faut respecter la vie privée de cette personne. Si tu as besoin d'en parler, d'évacuer, je t'écouterais sans problème mais ça ne nous regarde pas, d'accord ? Je ne parlerais pas pour elle, personne n’a ce droit. Si elle estime que tu dois avoir plus d’explications elle te le fera certainement savoir mais ça ne doit venir de personne d’autre qu’elle. »

Et là-dessus je resterai intransigeante. Néanmoins …

« Ça fini par passer, de ce que j'en sais. »

… Si ça peut la rassurer un peu. J’imagine que mon manque de réaction à ce sujet peut être frustrant mais c’est comme ça. J’ai côtoyé mon lot de Lycanthropes, même si je ne saurais jamais vraiment ce qu’ils vivent et ressentent je n’y suis pas totalement étrangères non plus. La douleur, à court terme bien sur puisque ce schéma se répète inlassablement deux fois par mois, voir plus. Cette année le mois de juillet comptera deux Pleines Lunes, ces « détails » ne m’échappent pas.

« Maintenant tu vas aller te coucher, ce qui devrait déjà être fait depuis un moment jeune fille. »

Mes traits se font plus paisibles, je lui adresse même un sourire. Oui je la réprimande mais pas en lui hurlant dessus ce qui d’après moi serait totalement contreproductif. Je comprends ses motivations, si Fenrir avait disparu j’aurai probablement réagit de la même manière qu’elle mais une large différence nous sépare : Je suis plus âgée, j’ai plus d’expérience et suis par conséquent plus à même de me défendre. Ce sont juste des faits, pas un moyen de me faire mousser ni même un complexe de Supériorité.

« Allez viens, je te raccompagne. »

Je viens me placer à côté d’elle et passe mon bras autour de mes épaules dans un geste se voulant à la fois incitant et réconfortant. Il est également suffisamment ferme pour lui faire comprendre que ça n’est pas négociable sans pour autant la brusquer ni la braquer.
Le reste du chemin jusqu’à la Salle Commune des Jaunes n’est pas très long mais je ne m’arrête pas devant la porte pour autant. Ça n’est pas pour la fliquer, c’est simplement pour m’assurer qu’elle est bien à l’abri et de toute façon y faire un tour de temps en temps ne fait pas de mal. Après tout, c’est aussi mon travail non ?

« Bonne nuit Charleen, à demain. »

Enlever des points aux Jaunes pour ça ? Non, elle vient probablement d'avoir la frousse de sa vie, je crois que c'est déjà cher payé et son intention de base n'était pas mauvaise alors non. Je ne suis de toute façon pas spécialement le genre à donner ce genre de punition. Je la regarde s’éloigner quelques secondes et laisse mes yeux faire un tour d’horizon sur l’endroit. Un soupir m’échappe, je me rends compte qu’il est teinté de nostalgie. J’ai passé des heures dans cet endroit, pendant onze ans … A cette époque tout était bien plus simple. Une nouvelle pensée me traverse l’esprit : Il serait peut-être temps que je passe le flambeau. On verra ça plus tard, ça n’est clairement pas le plus urgent. Le plus urgent ? Aller m’écrouler dans mon lit.

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MessageSujet: Re: The night suffering - Maxime.    Dim 6 Sep 2015 - 21:35

—  Hey, calme toi, ça va aller. Tu es en sécurité maintenant, d'accord ?

Elle me caresse doucement les cheveux et je me sens presque aussitôt plus tranquille. Je suis en sécurité, oui, et malgré tout je tremble encore de toute part n'arrivant pas à me défaire de ces sons qui reviennent sans cesse : Ceux des os de Maxime qui se brisent... explosent. Un frisson d'horreur me traverse. Est-ce que c'est ça chaque nuits ? Pour Elle ? Pour Enzo ? Pour les autres. J'ai l'impression que je vais vomir.

—  Si Circée n'a pas repointé le bout de son museau demain matin, viens me voir, on la cherchera ensemble. Quant à ce que tu as vu là dehors il faut que tu me promettes de garder ça pour toi. Tu n'aurais jamais du assister à ça, il faut respecter la vie privée de cette personne. Si tu as besoin d'en parler, d'évacuer, je t'écouterais sans problème mais ça ne nous regarde pas, d'accord ? Je ne parlerais pas pour elle, personne n’a ce droit. Si elle estime que tu dois avoir plus d’explications elle te le fera certainement savoir mais ça ne doit venir de personne d’autre qu’elle.

J'acquiesce avec ferveur, larmes aux yeux.

— Vous avez ma parole. Je n'dirais rien.

Elle peut me faire confiance sur ça, sans aucune hésitation. Pas une seule seconde je n'ai envisagé d'en parler à qui que ce soit. Riley, Ethan ou même Keza, je ne le ferais pas. Je leur fait confiance, ça n'est pas le sujet... Mais j'aurai l'impression de violer l'intimité de Maxime parce qu'au final, c'est ce qu'il s'est passé ce soir. Ismaëlle a raison, je n'aurai jamais dû voir ça, je n'aurai jamais du resté bloquée comme une idiote devant son corps qui se tord dans tous les sens de douleur. La honte me submerge un peu plus et je me sens rougir, rentrant ma tête dans mes épaules. Je m'entoure de mes bras et me mord intérieurement la joue. Je ne voulais pas que ça arrive.

— Ça fini par passer, de ce que j'en sais.

Je relève mon regard dans celui de ma Directrice qui m'apporte en cet instant, un réconfort qui me fait du bien. Comme.. une maman. J'aimerais sentir ses doigts dans mes cheveux encore une fois, l'espace de quelques secondes et je me trouve stupide de penser à tout ça.
Ca finira par passer ? Vraiment ? Jusqu'à la prochaine pleine lune. Je frisonne violemment de nouveau, serrant les dents en silence.

— Maintenant tu vas aller te coucher, ce qui devrait déjà être fait depuis un moment jeune fille.

Elle ne paraît plus aussi en colère que tout à l'heure et encore une fois, je suis soulagée même si ça n'enlève rine de ma culpabilité... Je sais qu'elle a sûrement du comprendre que si j'étais dehors ça n'était pas dans le but de jouer l'inconsciente. Loin de là, je voulais juste... Circée. Retrouver mon chat. L'idée qu'elle soit dehors cette nuit me terrifie et m'inquiète un peu plus mais je remercie Ismaelle en silence de me proposer de m'aider demain. Je ne veux pas la perdre, c'est peut-être ridicule aux yeux des autres mais c'est mon chat. C'est … J'veux la retrouver.

— Allez viens, je te raccompagne.

J'acquiesce toujours en silence, toujours tremblante mais le cœur calmé et la corps moins engourdie. Je suis fatiguée, vidée de toute force mais je ne peux m'empêcher de jeter un dernier coup d'oeil à la grande porte, me demandant si Maxime souffrait déjà moins ou non. Je laisse Ismaelle me guider jusqu'à ma salle commune, me concentrant sur son bras autour de mes épaules et ça n'est qu'une fois à l'intérieur qu'elle me lâche en douceur.

— Bonne nuit Charleen, à demain.

Je fais un pas et me retourne, lui offrant un sourire tremblant mais reconnaissant. Vraiment. Si Ismaelle n'était pas intervenue... qui sait ce qu'il serait advenue de moi ce soir ? A cause de ma stupidité ?

— Bonne nuit professeur et... Merci. Merci pour tout.

Et encore désolée pour ça. Mais je ne le dis pas. Je reste un instant à la regarder et à lui sourire avant de grimper jusqu'à mon dortoir, résolue à ne pas me retourner pour ne pas laisser échapper de nouvelle larme devant Ismaelle. Je pousse la porte de la chambre et fonce droit vers mon lit, sans prêter attention à qui que ce soit avant de me cloîtrer derrière les rideaux, me défaisant de mon manteau avec une certaine pointe de rage. Dos contre ma tête de lit, genoux ramener contre ma poitrine, ça n'est que maintenant que je laisse échapper un sanglot. Celui que j'ai retenue jusqu'à ce que j'arrive ici, en repensant à Maxime, sa douleur, ses bruits horrifiants qui me glace le sang, à Circée et au fait que j'aurai pu y passer si Maxime n'avait pas eu le réflexe de prévenir qui que ce soit. Je pense également à sa colère à elle... J'ai vu une partie de son intimité, peut-être un secret qu'elle gardait rien que pour elle. Elle m'en voudra à coup sûr et je n'écarte pas l'idée qu'elle pourra se planter devant moi demain matin pour me faire comprendre que j'ai tout intérêt à me taire. En somme, elle me détestera. Je ne la connais pas, je ne lui ai presque jamais parlé mais l'idée qu'elle puisse me haïr me rend malade. Je n'aime pas que l'on se souvienne de moi comme ça. Je n'aime pas être le centre d'une intention... J'aimerais juste qu'elle m'oublie cette nuit. Encore faudrait-il que ça soit possible...

¤¤

Mercredi 4 Février – 6 heures

Je n'ai pratiquement pas dormis de la nuit. J'ai passé mon temps à sursauté, à me plaquer les mains sur les oreilles pour ne plus entendre ces craquements sonores et horribles, j'ai voulu ne plus fermer les yeux pour ne plus voir Maxime se torde de douleur, de la voir devenir Loup, de voir ses os transpercer sa chair, de voir sa peau se fondre et tomber au sol. Les heures ont été une série de cauchemar successifs qui, dès 5 heures, m'ont tenu éveiller pour de bon, cœur battant et souffle court. Je suis restée de longues minutes adossée à ma tête de lit en ayant pour compagnie quelques boules lumineuses au-dessus de moi. Même Circée n'est pas là et j'aurai donné n'importe quoi pour la sentir se blottir dans mes bras, contre moi, m'aidant à vaincre ces cauchemars où elle-même y était mêlé, dévorée par Maxime.

Je ne peux pas rester comme ça sans rien faire, sans rien dire, sans agir. J'ai .. commis une faute et les mots d'Ismaëlle ne cessent pas de me hanter quant bien même ils étaient doux et plus rassurants qu'elle ne pourrait le croire. J'ai violé son intimité, j'ai été une intruse dans sa vie privée, dans sa tranquillité. Genoux ramenés contre ma poitrine, j'ai hésité de très longues minutes, cherchant un moyen de me faire pardonner et la seule solution que j'ai trouvé est celle que je suis entrain d'écrire d'une main un peu tremblante sur le parchemin posé sur mes genoux, avec pour appuie mon livre de potion. Les mots défilent tout d'abord avec hésitation, puis de manière plus spontanée sans que je n'y réfléchisse vraiment. Ça n'est pas une lettre de trois parchemins, juste quelques lignes pour m'excuser pour hier soir, m'excuser d'avoir vu ce qu'elle cachait probablement aux yeux de tous mais aussi pour lui promettre que jamais je ne dirais quoi que ce soit vis à vis de ça. Je termine le tout, la relis puis m'arrête en pleine lecture. Si je lis encore un peu plus, je vais finir par déchirer le parchemin et tout recommencer. Je le roule soigneusement et tire ma valise en silence de dessous mon lit, afin de ne pas réveiller mes camarades de classe. Je fouille et en sort un paquet de chocolat français, le dernier qu'il me reste. Je le regarde un instant puis m'habille à la hâte. Jean, converses, petit pull et gilet à capuche.

Il me faut peu de temps pour arriver à la salle commune des serpentards dont je connais le mot de passe grâce à Riley. Je me sens fatiguée, complètement épuisée même et je ne serais pas surprise de voir mes yeux injectés de sang ou gonflés de fatigue. Je sais que Maxime est dans la même classe que ma sœur donc je sais où est-ce que je dois aller... mais vers quel lit ?
Je pousse la porte en silence alors que tout le monde dort dans le dortoir. Il est tôt, très tôt et c'est ce que je souhaitais pour ne pas croiser Maxime parce que je sais pertinemment que face à elle, je ne tiendrais pas le fil d'une conversation sans me mettre à bêtement pleurer et à me confondre en excuse. Il fait nuit noire et je sors ma baguette pour m'éclairer avec un Lumos qui ne gênera personne ayant tirés leurs rideaux... et le seul lit dont je peux en voir les couvertures défaites est vide. Tous les autres sont à tissus tirés, cachés à la vue de tous. Je m'y approche et jette un œil sur les détails pour être sûre de ne pas me tromper. Un paquet de cigarette et un briquet sont posés sur la table de chevet alors que des vêtements jonchent le lit, éparses. Juste au-dessus je peux y voir une série de photos où Maxime s'y trouve. Je peux aussi voir William et la jeune femme aux cheveux blonds/roses. Macy je crois. Il y a également un jeune homme à la peau noire et un autre, beaucoup plus grand et costaud, au crâne rasé. Je me perds dans la contemplation de leur sourire quelques instants avant de réaliser que je m'introduis une nouvelle fois dans une intimité qui n'est pas la mienne.

Je recule brusquement d'un pas avant de déposer en douceur le parchemin et le sachet de chocolat sur l'un des oreilles. Je fais demi-tour aussi rapidement que possible, sans faire un seul bruit et c'est le cœur battant que je sors de la salle commune pour rejoindre la mienne et ainsi attendre que les minutes ou les heures défilent. Son retour m'angoisse. L'idée qu'elle lise ma lettre encore plus.
Lorsque j'arrive à mon lit, je prends conscience que j'espérais en silence d'y trouver Circée, gentiment lové sur mes draps. Mais pour la troisième matinée consécutives, elle n'y est pas. Sa place résolument vide et froide.
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The night suffering - Maxime.
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