AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Million miles an hour ▬ Mateo

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 7940
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar TAG + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Million miles an hour ▬ Mateo   Lun 6 Juil 2015 - 19:47

Mercredi 4 Février 2015 ▬ Fin d'après midi
Million miles an hour



Mateo & Riley

Je ne pensais pas que ça m'atteindrait autant, sérieusement. Quand William est venu me voir lundi dans l'après midi pour m'annoncer que Mateo était parti à l'infirmerie et qu'il était dans un sale état je ne me suis pas inquiétée outre mesure mais en le voyant … J'ai perdu toute consistance. Une chute dans les escaliers … Sur le moment je n'ai pas réagit, complètement choquée parce ce que j'avais sous les yeux. J'ai senti mon cœur s'affoler jusqu'à m'en filer des angoisses pas possibles. Tu tiens à lui ma grande, bien plus que ce que tu croyais, pas vrai ?
Ça fait deux jours qu'il est là, ils le shootent pour ne pas qu'il souffre trop mais son corps à bien morflé. Il va bien, c'est ce qu'ils disent en tout cas et je me sens bien plus apaisée que le jour même mais j'ai quand même hâte qu'il sorte de cette léthargie et qu'il redevienne ce sale con arrogant qu'il est sensé être. C'est vrai que par moment je ne sais pas trop comment me comporter, je ne sais pas si j'ai ma place ici, si ma présence est légitime et quel statut j'occupe mais … Je ne suis pas son amie, ni même sa copine. Sa petite amie ? Je sais pas. C'est … Enfin merde, j'ai passé le début de l'après midi à la bibliothèque et au bout d'une heure j'ai tout remballé et je suis venu m'installer ici pour faire mes devoirs. Pas de Rina, pas de Monsieur Helland, on m'a laissé me mettre dans mon petit coin et depuis je ne fais pas de bruit. Je suis concentrée, comme toujours quand je fais mes devoirs, mais ça ne m'empêche pas de jeter un coup d'œil sur lui régulièrement, ni même de lui caresser la main ou même d'embrasser sa joue ou son front en arrivant ou en repartant quand je passe ici.

« Hey. »

Hein ? Oh. Un visiteur.

« Salut Enzo, ça va ? »
« Un peu fatigué mais ça va, merci, et toi ? »
« Hum … J'dirai que comparé à lui j'ai pas trop à me plaindre. »

Signe de tête pour désigner Mateo qui semble dormir profondément. Je n'ai rien de la veuve éplorée et désespérée, mon sourire en atteste même s'il reste timide. Ça en reste néanmoins de l'humour. 

« J'ai entendu dire que la Capitaine des Verts s'était battu lundi midi … Vous faites un concours pour savoir qui sera le plus amochés ou quoi ? »
« T'es con. »

J'écrase un rire même si … mouais, ça n'a rien de drôle mais bon, y a plus grave, clairement.

« Et lui, comment il va ? »
« Il dort. Je crois que les trucs qu'ils lui filent contre la douleur l'assomme complètement. Parfois il marmonne des trucs mais rien de bien intelligible. Après j'passe pas non plus tout mon temps ici et je sais qu'il a eu des moments de consciences mais … J'vais finir par croire qu'il veut pas me voir en fait. »
« Ça m'étonnerait. »

J'avais les yeux perdu sur le visage de Mateo, j'ai relevé la tête de manière vive vers Enzo, surprise par la façon spontanée dont il a laissé échappé ses mots.

« J'veux dire, à sa place j'adorerai que la première chose que je vois en ouvrant les yeux soit une jolie fille. »
« Et pas Kyle ? »
« Kyle est une très jolie fille. »

Regardez moi ce sourire de petit branleur.

« J'vais lui dire ! »
« Ouh, je tremble ! Par pitié fait pas ça ! »

On se marre tous les deux, ça fait du bien je dois dire. Ça n'est pas que je passe mon temps à broyer du noir mais ça irait clairement mieux s'il n'était pas allongé dans ce lit. Le reste, disons que pour le moment ça me passe un peu au dessus.

« J'ai pas pu beaucoup passer à cause de la Pleine Lune. Tu sais … J'avais peur que ça soit pas l'idée du siècle, tout ça ... »
« Ah mais oui ! J'avais pas capté. C'était quand ? Cette nuit ? »
« Hum. »
« Tu viens de te lever ? »
« Ça se voit tant que ça ? »
« Un peu. »

Les cheveux dans tous les sens, les cernes sous les yeux, le pas trainant … Ce sont des indices je dirais … Mais il est mignon avec son air pas réveillé. Ça donne envie de lui pincer les joues, envie qui passe l'espace de quelques secondes quand je le visualise en pensée sous sa forme animale. Je n'aurai pas osé je pense.

« J'pense pas qu'il soit du genre à t'en vouloir pour ça, enfin j'crois pas. »

Difficile à dire, ça n'est pas comme si je le connaissais depuis des années. C'est assez frustrant d'ailleurs, de se rendre compte à quel point … je ne le connais pas. Réveille toi, j'ai un milliard de questions à te poser !

« Tiens, j'me suis dit que t'avais peut être faim. J'ai croisé Keza en bas, elle m'a dit que tu serais là alors ... »

Je le regarde fouiller dans sa poche et tendre un muffin qui semble être au chocolat. Je lui adresse un grand sourire, sincèrement touchée et attrape le gâteau par dessus le lit. Tu m'en voudras pas si je mets des miettes partout sur toi, n'est ce pas ? T'as qu'à te réveiller et m'engueuler si t'es pas content.

« Merci, t'es adorable. Vraiment. »

Ça donne encore plus envie de te pincer les joues. Ça me donne aussi envie de te demander comment va ton frère mais j'irai lui poser la question moi même.

« Bon, Maracas, ça suffit la comédie maintenant. C'est juste deux ou trois égratignures, arrête de faire ta fiotte comme ça. J'vais être obligé de jouer les princes charmants … »

Une seconde, deux secondes, trois secondes ...

« Je savais que t'attendais que ça ! »

J'écrase un rire et secoue la tête, amusée par sa connerie, jusqu'à ce qu'un léger silence s'installe. Silence que je me décide à briser au bout d'un moment, cherchant le regard du jeune Gryffondor presque avec insistance. Sérieusement, en tout cas.

« J'suis pas stupide tu sais. »
« Pardon ? Enfin oui je sais que t'es pas stupide mais … ? »
« Une chute dans les escaliers ? »

Il ne répond pas, ses mains glissent à nouveau dans ses poches et il se mord la lèvre inférieure. J'ai conscience de le mettre dans une situation peut être embarrassante, je me dis que je suis peut être juste totalement parano, ou qu'il ne sait rien, etc … J'en sais rien, tout ça c'est … une impression. Si c'est vrai alors il a du faire une sacré chute, c'est tout.

« J'poserai pas de questions, ni à lui ni à personne d'autre. »

Je ne m'en sens pas la légitimité, pour ça non plus. Mes yeux se posent à nouveau sur Mateo, il n'a pas bougé d'un millimètre depuis une bonne heure, je me dis qu'il doit dormir paisiblement alors c'est sans doute plutôt bon signe. Mon attention se focalise à nouveau sur Enzo, je perçois dans son attitude qu'il est sur le départ.

« J'passais juste prendre des nouvelles, j'vais te laisser tranquille. »
« C'est gentil d'être passé. Bonne soirée Enzo. »
« A toi aussi. Et dis lui que s'il sort pas avant la fin de la semaine je lui pique son pieu pour m'en faire un double. Ses lunettes de soleil aussi. Ah et sa veste en cuir. »
« Ah non, celle là j'la garde. »
« Vendu. Sa chemise noire aussi je suppose ? »
« Anh ! »

J'étais à deux doigts de lui lancer le muffin par réflexe mais je me suis rappelé qu'effectivement j'avais faim. Le seul autre truc que j'ai sous la main c'est mon livre de Potion alors on va éviter. On n'est quand même dans une infirmerie …

Je suis de nouveau seule depuis quelques minutes, ma concentration est revenue. Assise sur une chaise à côté du lit, j'ai les jambes levées et les pieds posés sur le lit – en chaussettes, quand même – mon bouquin et un parchemin sur les cuisses, une plume dans les cheveux pour retenir mes cheveux, une autre dans ma main droite et le muffin dans la gauche que je porte à ma bouche pour en croquer un morceau.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 960
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Million miles an hour ▬ Mateo   Dim 12 Juil 2015 - 20:50

 ►Million miles an hour◄
Riley & Mateo


Lundi 2 Février – Déjeuné

Je ne l'ai pas vu venir, je n'ai rien vu venir. Si j'avais compris avant tout ça à quel point ces fameuses crises étaient aussi destructrices, peut-être que j'aurai eu le réfléxe et le temps de faire quelque chose. De sortir ma baguette, de courir plus loin dans le couloir. Si William m'avait parlé dès le début de cette violence qui la gagnait lorsqu'elle entrait dans cette phase que je ne connais pas, que je n'ai jamais connu, j'aurai pu anticiper quelque chose. Or, ici, ça n'est pas le cas. A la seconde où Maxime porte les doigts à son front pour constater ce filet de sang et qu'elle accroche son tee-shirt, le souffle court et rude, j'ai su que j'aurai déjà dû courir depuis cinq bonnes secondes. Mais il est juste, trop tard. Un grondement sourd sort de sa gorge, un truc que j'ai jamais entendu avant, comme si... Comme si l'animal en elle se manifestait à sa place. Comme si le grondement se manifestait juste à côté de mon oreille. La peur se manifeste au creux de mes tripes, je ne peux pas le nier. Et je ne peux rien faire.

Le premier choc est douloureux, brutale et me fait chuter au sol, m'affalant comme une masse dos contre les pavés. Mon souffle se coupe un bref instant et la sensation d'avoir un million de putain d'aiguille qui me traverse la tête entière est entrain de prendre place. J'suis complètement sonné et pourtant l'état d'urgence est établit dans chaque partie de mon être. Fuir. Vite. Cours dès que tu peux, même si tu dois lui en coller une pour ça. Parce que personne n'a vu cette putain de noirceur dans son regard. Elle qui a le regard si bleu translucide m'a donné la sensation d'avoir une vague d'orage assombrir ses iris. L'ombre d'une colère plus effrayante et dévastatrice que je n'pouvais le croire. J'ai à peine le temps de prendre une bouffée d'air que je sens un poids m'empêcher de me relever et les coups pleuvent. Je ne sais plus très bien ce qu'il se passe, ni ce que je tente de hurler et encore moins dans quel sens parte mes poings, mes paumes, mes genoux. Tout le corps entier réagit, se débat, tente du mieux qu'il peut de se libérer de cette acharnement et de cette violence. La douleur se multiplie à chaque fois que je sens son poing s'abattre sur mon visage. Elle se repend en écho dans ma boite crânienne et s'intensifie, prend sa place et établie une connexion avec toutes mes terminaisons nerveuses pour leur faire sentir à quel point la brutalité qui se manifeste sur ma gueule est entrain de me massacrer.

- TU LE VOULAIS HEIN ?! TU VOULAIS LA VOIR LA BÊTE !

Je les entends ses mots, ils se joignent à la douleur qui vibre chez moi mais j'ai l'impression qu'ils perdent leur sens à la seconde même où mon cerveau les enregistre. La bête ? La voir ? Qu'est-ce que je m'en branle putain, elle le sait que j'm'en fou qu'elle soit un putain de Loup-Garou. Elle pourrait très bien se transformer en scrout en pétard toutes les nuits que j'm'en balance. Mais j'ai pas le temps de dire quoi que ce soit. A ce stade, ça n'est même plus ne pas avoir le temps, mais ne plus en avoir la force et la volonté. Parce qu'un énième coup m'éclate la mâchoire et le son des os brisés s'impriment quelque part chez. Je les sens et les entends, exploser. Je suis pas une petite nature, la douleur je l'encaisse généralement plutôt bien. Les bastons à la con que tu fais dans la rue parce qu'un mec t'emmerde, je connais aussi. Mais putain, là, tout de suite maintenant, je donnerais n'importe quoi pour sombrer dans un malaise, dans un coma qui ferait en sorte que je ne sente pas les os de mon visage éclater un par un. La pommette. L'arcade. La mâchoire tout à l'heure. La douleur est si puissante que je ne sais même plus si je la ressens ou non. Je ne sais même plus ce qu'il se passe, si c'est bien Maxime qui se trouve au dessus de moi entrain de me tenir le col et de me hurler dessus.

- Ne t’avise plus jamais de me lever la main dessus, plus jamais enfoiré ! 

Une part de moi commence à sentir naître en lui une haine profonde, une colère qui aurait pu exploser avant autant de force que la sienne si j'en avais été capable et si j'en avais eu la possibilité. La personne que je considère comme une sœur est entrain de me bousiller la gueule. D'en faire juste un amas de chair et d'os, sans forme, sans traits humains. Je veux partir dans l'inconscience. Je veux m'évanouir. Qu'elle me tue si elle veut, mais putain, laissez moi sombrer.

Un poids se libère de mon torse pour en ajouter un autre, par à coups, dans mes côtes. L'une d'entre elle se brise, sec, nette. Des coups dans mon estomac, désormais. Peut-être que je vais même finir par gerber mon déjeuner. Je m'entends prononcer un gargouillis de mot mélanger de « Arrête », « S'il te plait, stop ». Des suppliques qui se manifestent malgré moi. J'ai toujours fais le fier, le grand connard de service à tous les emmerder avec mes majeurs levés vers le ciel, à tous les renvoyer se faire foutre. Affichant ses airs de sans foi ni loi, à rompre chacune des règles que l'on me posaient devant la gueule, à jouer les durs pour leur faire comprendre que la douleur je ne la crains pas. Un putain de sale con arrogant. Ouais, un putain de sale con arrogant qui aujourd'hui est entrain de supplier sa meilleure pote d'arrêter de le massacrer.
Je n'entends plus et ne comprends plus les cris qui se manifestent autour de moi. C'est un mélange de son qui accentue toutes les douleurs qu'un corps est capable de ressentir. Je n'ai plus aucune perception du temps, des mouvements, de mon propre corps. Combien de secondes, de minutes, d'heures, s'écoulent avant que je ne sente la masse que je suis être soulevé du sol ? Ma tête retombe sur mon torse, mon menton s'entrechoquant faiblement contre mon sternum mais de manière suffisante pour éveiller un pic de douleur me tirant de mon inconscience. J'étais partie dans les limbes sans m'en rendre compte. Des sons se manifestent de nouveau, mes jambes trembles, avancent par automatisme sans que je ne sois sûr qu'elles ne tiennent vraiment jusqu'au bout. Mais jusqu'au bout de quoi au juste ? Et qui est-ce qui est entrain de me tenir comme ça ? J'essaie d'ouvrir les yeux, mon cerveau essayant lui de reprendre un minimum le contrôle. Le gauche me laisse simplement la vision d'un noir total. Le droit, lui, semble réussir à s'ouvrir suffisamment pour que je perçoive le monde qui m'entoure malgré le flou constant. Une vois me parvient, elle ressemble à celle de William.

- Déconne pas vieux, tiens le coup, faut juste monter les étages d'accord ?

Ce sont des interférences qui s'installent, je comprends un mot sur deux. On avance, lentement et j'ai mal. Les termes « douleur » et « mal » prennent tout leurs sens et me paraissent même moindre face à ce qui me colle à la gueule. Une autre voix s'infiltre. J'la connais pas. Et j'm'en branle. Parce que mon cerveau lui, se charge de me rappeler que Maxime m'a fracassé. Je sais pas pourquoi, mais elle l'a fait. Avec une brutalité meurtrière que je ne lui connaissais pas.

- Bordel de dieu. Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? 
- Ri...
- Escaliers. Tombé. 

Et putain, fermez là.
Les mots sortent d'eux même, de manière hachés mais suffisamment fort pour être compréhensible. Car même si Jefferson est la responsable de ma gueule qui doit plus ressembler à un puzzle qu'autre chose, j'irai pas la balancer. Non. La colère sourde accentue les battements du myocarde et il est clair comme de l'eau de roche que j'ai une haine profonde envers elle. Mais j'suis pas une balance et encore moins un lâche car si cette histoire doit se régler, elle se le fera avec mes phalanges contre sa propre gueule. Bordel. Rien à foutre de savoir si l'on me croit ou non. J'en ai strictement rien à foutre.

Inconscience s'il vous plaît. Un coma. Une perte de connaissance. Rien à foutre, mais faite que je sombre. Encore une fois.

Je n'entends plus aucuns sons, n'a plus connaissance de ce que je fais, si je continue de marcher ou non. Le peu que je vois devant moi s'effondre comme un château de carte, la fatigue venant porter son coup de grâce et ainsi exaucer mon vœu le plus cher.

J'oscille entre conscience et inconscience, mon cerveau replongeant rapidement dans une sorte de coma à la seconde où il capte ces ondes de douleurs fulgurantes et violentes. Et à chaque fois, j'avais cette sensation que plusieurs marteaux me fracassaient de nouveau le visage, entendant mes os craquer, bouger, se ressouder. J'en sais foutrement rien. Mais c'était là et putain, c'était insupportable. Ces... aiguilles dans le cerveau. Par millier. J'ai parfois l'impression d'entendre des voix que je connais. William, Enzo et même Caem. Mais j'suis sûr de rien. J'capte à peine ce qu'il se passe. Je me souviens seulement de ces flashs auditifs et parfois visuels où Maxime me massacre. Ses mots, sa rage, sa haine. La mienne. Coma. Puis plus rien. Seules des images se manifestent où Maxime disparaît pour laisser place à Camélia, ma sœur, celle que j'aimerais le plus avoir à mes côtés en cette seconde.

¥

Mercredi 4 Février – Fin d'après-midi

Combien de jours se sont écoulés depuis ? J'ai l'impression que tout ça s'est passé hier ou il y a 5 minutes. Pourtant, des éléments extérieurs m'indiquent que non, j'suis allongé dans ce pieu depuis plus longtemps que le croyais. Je sens parfois une main sur ma joue, un souffle sur mon front, un sort qui m'effleure ou mes os qui se remettent en place, ce qui est la partie la moins agréable. Mais en cette seconde j'ai surtout la sensation d'émerger. D'entendre de nouveau plus clairement mais sans pouvoir ouvrir les yeux pour autant.

« J'ai entendu dire que la Capitaine des Verts s'était battu lundi midi … Vous faites un concours pour savoir qui sera le plus amochés ou quoi ? »
« T'es con. »

J'ai du mal à distinguer les voix et j'aimerais pouvoir bouger quelque chose chez moi mais j'en suis foutrement incapable. C'est comme si j'étais paralysé du corps entier, chose impossible puisque je sens le contacte des draps et des vêtements sur ma peau. Où est-ce que je suis ? Pourquoi ? Les images reviennent, les sensations aussi et si j'avais pu j'aurai froncé les sourcils. A la place je guette chaque manifestation de mon corps. Les seuls que je perçois sont les battements de mon cœur, mon estomac crispé qui menace de vomir mais aussi la douleur qui se fait … moins fulgurante. Beaucoup moins que dans mes souvenirs.

« Et lui, comment il va ? »
« Il dort. Je crois que les trucs qu'ils lui filent contre la douleur l'assomme complètement. Parfois il marmonne des trucs mais rien de bien intelligible. Après j'passe pas non plus tout mon temps ici et je sais qu'il a eu des moments de consciences mais … J'vais finir par croire qu'il veut pas me voir en fait. »
« Ça m'étonnerait. »

Enzo... Et.. Riley. Accélération du myocarde. J'ai du mal à faire le tri dans mes idées, mes émotions. J'suis à l'infirmerie, hein ? Depuis que Rina n'est pas là j'ai l'impression que ça sent plus le lieux aseptisé qu'un endroit parfumé pour être à l'aise. Les phrases commencent à prendre leur sens et la première question qui me vient : Maxime est-elle passée ici, pour voir l'étendu des dégâts ? Je suis scindé en deux parties : Celle qui lui en veut à mort et celle qui est dotée visiblement d'un peu plus de logique en se demandant si elle voulait tout ça. Je suis complètement paumé.
Riley est là.
Elle m'a vu dans cet état.
Mais elle.. est là.
Et oui, j'ai envie de te voir malgré cette chose qui semble gronder en moi, comme ce genre d'orage que vous voyez au loin.

« J'veux dire, à sa place j'adorerai que la première chose que je vois en ouvrant les yeux soit une jolie fille. »

Eh, drague pas ma meuf, bro'....
J'viens vraiment d'me dire ça ?
J'suis shooté, c'est ça. Putain.
Ca n'empêche pas qu'Enzo est là lui aussi. Mon capitaine. C'est con, mais j'crois que j'suis content.

« Et pas Kyle ? »
« Kyle est une très jolie fille. »
« J'vais lui dire ! »
« Ouh, je tremble ! Par pitié fait pas ça ! »

Ils rient ensemble et moi j'écoute. On dirait que j'suis un vieux pervers écoutant aux portes. Eh les gars, j'suis réveillé. Bon, j'ai l'impression d'avoir la gueule asséchée et la peau qui va craquer dans la seconde, mais j'suis presque là. Je crois. Ou alors j'suis mort... Je sais pas. Et j'me sens bien trop léger pour quelqu'un qui s'est fait démolir par sa meilleure pote.
Ouais, alors c'est que j'suis vraiment shooté.

« J'ai pas pu beaucoup passer à cause de la Pleine Lune. Tu sais … J'avais peur que ça soit pas l'idée du siècle, tout ça ... »

T'inquiète pas Bro', t'as pas loupé grand chose à part ma gueule toute déformée. Puis t'es là, bordel. C'est ce qui compte, non?

« Ah mais oui ! J'avais pas capté. C'était quand ? Cette nuit ? »
« Hum. »
« Tu viens de te lever ? »
« Ça se voit tant que ça ? »
« Un peu. »

Silence. Je crois que je commence à divaguer et à repartir dans les limbes du sommeil sans réellement savoir si c'est le cas. J'aimerai me sortir de cet état, mais j'ai peur du résultat. Puis la phrase d'Enzo me donne un déclic. La pleine lune était cette nuit donc... nous sommes quoi, le 4 ? Le 5 ? Deux à trois jours que j'suis dans cet état ? Merde. Elle m'a si … ouais bref.

« J'pense pas qu'il soit du genre à t'en vouloir pour ça, enfin j'crois pas. »
« Tiens, j'me suis dit que t'avais peut être faim. J'ai croisé Keza en bas, elle m'a dit que tu serais là alors ... »
« Merci, t'es adorable. Vraiment. »

Je sens que je suis légèrement entrain de repartir malgré cette lutte que je mène en silence pour rester conscient. J'aime pas me sentir dans cet état, comme un... foutu légume. Je veux me lever. Ouvrir les yeux. Aller éclater la gueule de Maxime parce que oui, putain, quand j'vais me réveiller j'vais lui foutre une bonne droite.. non, plusieurs, pour lui remettre les idées dans l'ordre. Puis après j'irais voir Riley et j'passerais la nuit avec. J'en ai envie. J'en ai rien à foutre de ce que vous pensez, j'veux juste retrouver ce qu'elle m'a procurée il y a quelques jours. Et tout ça me plonge de plus en plus dans une espèce de fatigue, de besoin irrépressible de dormir.

« Bon, Maracas, ça suffit la comédie maintenant. C'est juste deux ou trois égratignures, arrête de faire ta fiotte comme ça. J'vai... »

Silence et plus rien.

¥

Cette fois, l'éveil se fait moins compliqué et moins nébuleux. Tout d'abord, le cerveau s'anime, se réenclenche et me ressert à toutes les sauces tous souvenirs que je peux avoirs. Ma sœur, mes parents, mes colères face à leur autorité, mon départ des Etats-Unis, Poudlard, Maxime, Noël et notre bataille, Riley et sa peau nue sous la mienne, Maxime de nouveau et cette discussion si fraternelle que nous avons eu il y a peu. Maxime me fracassant la gueule. Riley présente, quelque part à côté de moi.

Un foutu de bordel. J'arrive pas à y remettre de l'ordre et ça me prend... j'sais pas combien de temps ça me prend. Mais les choses me reviennent lentement et non sans en ressentir une légère douleur au creux du cerveau. Je veux me réveiller maintenant. Et je pourrais chialer de bonheur de réussir à bouger les doigts de mes mains, puis mes yeux. Je déglutis et ma gorge ressemble à du papier de verre, tout comme mes paupières. Ma vue est trouble, les couleurs se mélanges et encore maintenant, j'ai la sensation que la peau de mon visage est tirée à son maximum, prête à craquer au moindre mouvement. Ma respiration est douloureuse mais pas insupportable. Et de tout ça, je n'en avais pas conscience tout à l'heure.

Je cligne des yeux, puis perçois à ma droite une forme qui se distingue un peu plus à chaque seconde.

Riley. Toujours là. Ça fait combien de temps que j'me suis rendormie ?

J'essaie d'esquisser un sourire mais au lieu de ça, je fronce les sourcils. Parce que ça fait mal.

- T'es... plus jolie que Kyle... t'en ..fais pas.

C'est laborieux. Foutrement laborieux. Tout me viens à retardement, toutes les sensations, tous les ressentis. Ma mâchoire me fait encore mal mais moins que je ne l'aurai cru mais ma gorge reste un tunnel de sable du désert. J'ai atrocement soif.
Riley était assise avec un bouquin, un muffin à la main, sûrement entrain d'étudier je ne sais quels cours. Quand je croise son regard, j'ai l'impression que mon myocarde va exploser. Elle était pas obligée d'être là, après tout on a rien défini entre elle et moi, pas de mots posés. Nous avons juste agis selon nos envies et laisser faire le cours des choses durant ces quelques jours. Et pourtant, j'suis content de la voir. Plus que je ne l'aurai cru.

- 'suis pas 'core mort, désolé.

Mais j'arrive toujours à sortir des conneries. Tellement que je ne vois pas la file d'attente en moi, celle des sentiments explosifs qui patientent en silence de se manifester une à une. Parce que ça sera le cas et j'le sais. Je ne sais pas ce que sait Riley mais j'ose espérer que comme tout le monde, elle a eu le droit à mes mots : Tombé dans les escaliers. C'est gros, j'en ai conscience mais j'en ai rien à foutre, j'veux que personne ne sache. C'est pas que j'lui fais pas confiance, loin de là, c'est juste que... je... Putain.
C'est là que choisi le premier ressenti pour faire son entrée. La honte et l'humiliation. Je suis là, allongé comme un légume parce que Maxime m'a éclaté la gueule, comme une vieille merde. Et Riley assiste à l'étendu des dégâts, en prime. J'pourrais dire ce que je veux, mais ma virilité prend elle aussi de sacrées droites en pleine gueule. Et j'ai du mal à le digérer. J'essaie de me redresser malgré tout, bougeant les bras et tentant de m'appuyer dessus pour me mettre en position assise mais échec cuisant. La douleur transperce mes côtes et me fait grimacer, m'arrachant un râle douloureux qui lui aussi, me tire une grimace de souffrance. Je n'ai réussi qu'à me relever légèrement, rien de plus. Connerie. Putain de connerie. J'ai l’impression d'avoir 90 ans. J'vais te tuer Jefferson.

Je pousse un soupir à peine audible et constate que je me sens tout de même moins gonflé au niveau du visage. Mes yeux se reportent sur Riley que j'ai envie d'embrasser en cette seconde mais c'est pas comme si c'était possible. Et j'ai l'impression d'être un foutu bipolaire. Entre éclat de rage et besoin de douceur. Pour atténuer ces foutues aiguilles qui me transpercent.

- J'ai l'air d'un puzzle en désordre, c'est ça ? Ou j'ressemble au monstre de Frankenstein..
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7940
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar TAG + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Million miles an hour ▬ Mateo   Mar 21 Juil 2015 - 19:01

Ce muffin est vachement bon, je tenais à le dire. Ce devoir de Potion … un peu moins. Mlle Roberts-Moore met la barre haute, ceci dit je ne peux pas dire que ça me déplaise, bien au contraire ! J’adore le challenge, la compétition, j’ai toujours aimé ça alors ça me va très bien. Je dirais que si j'ai atterri chez les Verts c'est bien pour une raison et malgré la sale réputation qu'on se traine à cause de certains – qu'ils soient Serpentard ou non – je suis très fière de mes couleurs. Je n'ai pas le sentiment d'être une pétasse arriviste, juste une nana qui fait ce qu'elle a affaire pour donner le meilleur d'elle même sans pour autant écraser les autres. En somme, je suis géniale.

« T'es... plus jolie que Kyle... t'en ..fais pas. »
« Putain, tu m’as fait peur. »

Main sur le cœur, le muffin sur le drap, le livre rattrapé de justesse et les deux pieds sur le sol. Tu m'as pété mon égo-trip là ! Et puis les informations grimpent jusqu'à mon cerveau, mon myocarde se calme et un sourire étire mon visage sans que je ne contrôle rien. Montée d'angoisse : Qu'est ce qu'il va penser de ma présence ici ? Peut être qu'il n'avait pas envie de me voir après tout, je … Stop ma fille, détends toi. Il n'a pas l'air … En fait j'en sais rien, c'est difficile de déterminer ce qu'il ressent en cet instant. Ce que je ressens moi en revanche c'est du soulagement, celui de le voir ouvrir le yeux. Du soulagement et un petit rayon de bonheur parce que même si je ne l'admettrais sans doute pas à voix haute, 48h sans entendre sa voix c'était long. Une pirouette pour nous sauver la mise à tous les deux ? Oui.

« C’est pas gentil pour lui, en plus il a de très beaux yeux bleus. »

Et un joli p’tit cul mais ça je vais m’abstenir hein ? Oui. Quoi ? C’est pas parce qu’on a les mêmes goûts en matière de genre que ça empêche d’observer, au contraire c’est juste un coup d’œil sur le paysage sans aucune ambiguïté donc les deux Gryff là, on se détend. Après, tout ce que j’ai vu c’est par-dessus le tissus alors je ne peux pas vraiment juger mais … Ok, j’me tais. Je suis quand même contente que tu me trouves plus jolie que lui ...

« Merci. »

J’esquisse un nouveau sourire, un peu timide – je vous jure qu’un jour je vais me mettre des baffes mais pas aujourd’hui – puis porte instinctivement mes doigts sous mon œil droit … Tranquille. Kezabel m’a arrangé le coup, on ne voit plus rien. Cette folle furieuse de Cassie … C’est juste pas le moment d’y penser sinon je vais m’énerver et j’en ai pas du tout envie.

« 'suis pas 'core mort, désolé. »

Réaction impulsive miraculeusement contrôlée, j'étais à deux doigts de le frapper en lui balançant le plat de ma main sur le bras ou la cuisse certes à travers le draps mais quand même. Je crois qu'il est assez cassé comme ça, non ? Il n'empêche que ...

« T’es con ! »

… c'est plus fort que moi.

« Dis pas ça. »

Parce que ça n'a rien de drôle. Non je ne suis pas là pour jouer les emmerdeuses et lui dire ce qu'il a le droit de faire ou pas, c'est juste … Non, c'est pas drôle et de toute façon j'ai réagit sans réfléchir, comme la plus part du temps en fait mais peu importe. Je crois que c'est à partir de ce moment là que les questions commencent à fuser dans ma tête mais je les contiens. Silencieuse je l'observe et me rapproche un peu pour être au niveau de sa tête. J'ai envie de le toucher mais m'abstiens, incapable de savoir si ça ne lui ferait pas plus de mal que de bien vu son état. Une chute dans les escaliers ? Prenez moi pour une conne. C'est possible, je dis pas, mais … Oui, une sacré chute alors. Je n'ai pas la légitimité pour lui demander de me rendre des comptes – même si ça n'est pas vraiment comme ça que je vois les choses – mais ça me pèse un peu, c'est sur. J'en sais rien, s'il a des problèmes est ce que j'ai le droit de m'inquiéter ? Et si c'est quelqu'un qui lui a fait ça, qui dit que ce quelqu'un ne va pas recommencer ? Je sais qu'il est capable de se débrouiller seul, enfin je le suppose et dans le fond vu l'aperçu de son caractère que j'ai je n'en doute pas vraiment mais …
Et ça me rend dingue de le voir entrain d'essayer de bouger comme il le fait là, pour se redresser j'imagine. J'ai les mains qui me démangent, les mots aussi, mais je n'en fais rien et croyez moi je prends sur moi. Je le laisse faire, je le laisse se gérer, après tout je ne suis pas là pour le materner mais simplement pour … être là. Je l'ai vu se ruer sur Marcus, j'ai vu la violence dont il est capable alors j'imagine qu'il n'en est pas à son coup d'essai, qu'il n'est pas en sucre, etc … C'est difficile pour moi de trouver ma place dans tout ce merdier, je l'admets. Qui est ce que je suis pour lui ? Jusqu'où j'ai le droit d'aller ? Je sais, je me pose sans doute trop de question. C'était plus simple quand on se détestait, pas vrai ? Surement, mais j'ai pas la moindre envie de revenir en arrière personnellement.

Bon t'arrête de te torturer maintenant ?! Arrête de bouger ! Garde ton calme Riley, si tu ne le fais pas pour toi alors fais le pour lui. La dernière chose dont il a besoin dans ses pattes c'est d'une furie hystérique incapable de se contenir. Hey, j'suis pas une chose mais un être humain, ok ? Chut.

« J'ai l'air d'un puzzle en désordre, c'est ça ? Ou j'ressemble au monstre de Frankenstein.. »

Mes yeux se posent sur son visage que je détaille quelques secondes en essayant de ne pas être trop insistante pour autant. Il a morflé, c'est le moins qu'on puisse dire, mais il est déjà en bien meilleur état qu'il y a deux jours ça c'est une certitude. Il y a tout un tas de choses qui me passent par la tête en cet instant, voici celle qui s'exprime :

« Hum … T’as un peu l’air d’être passé sous un rouleau compresseur mais t’en fais pas, t’as toujours ton aura de sale con arrogant. »

Non je ne lancerai pas la carte du sérieux, je ne peux pas faire ça et je n'en ai pas du tout envie. Je crois … je crois que peut être c'est ce qu'il souhaite aussi donc ça l'arrange même si dans le fond j'en sais rien. Qu'est ce que vous voulez que je lui dise d'autre ? Oh mon chéri, tu souffres le martyr et ton si beau visage témoigne de ta douleur !!! Non mais sérieusement, vous m'avez bien regardé ?

« Rigole pas ! »

Ok ça je l'admets je n'ai pas réussi à le retenir mais j'ai quand même évité une nouvelle fois de le frapper. Ça devient pathologique mon truc là … En même temps grosse maline ! Tu lui fais de l'humour et tu t'étonnes qu'il se marre ? Je dédramatise la situation, c'est tout. Je fais ce que je peux. Rire lui fait mal, j'arrête de le faire rire.
Et puis merde … J'en ai marre, voilà. J'en ai marre d'être là, à côté de lui et de ne pas pouvoir le toucher. C'est avec un petit soupir que je laisse ma main gauche glisser contre la sienne alors que la droite se porte sur son front sans pour autant vraiment établir un contact physique.

« J’ose pas trop te toucher, j’ai peur de te faire mal … »

Mais t'inquiète pas, rassure ton égo de machoman, je ne te prends pas pour une petite chose fragile pour autant.

« Je commençais à m’ennuyer de toi. »

Ces mots là m'échappent alors que mes doigts glissent dans ses cheveux et que mes yeux se perdent sur le mouvement. Quand je croise son regard c'est comme un électrochoc qui me réveille, je me sens extrêmement vulnérable et mes défenses font leur boulot instinctivement en affichant un air faussement détaché sur mon visage.

« C’est vrai, j’veux dire, y a personne pour vendre mes culottes dans le Hall ou faire des concours d’abdo avec moi. »

Je tourne ça à l'ironie mais je ne cache pas vraiment ce que je ressens réellement. Les mots, les gestes, ma présence … J'en sais rien, je crois qu'ils sont assez représentatifs. Je ne te dirais pas que j'ai envie d'être un peu plus près de toi mais je le pense. Ces murs, ces protections, ils ne s'écrouleront pas comme ça mais j'y travaille.

« Enzo est passé tout à l’heure, il a dit que si tu ne sortais pas d’ici avant la fin de semaine il récupérait ton lit pour s’en faire un double. »

Peut être qu'il a entendu, j'en sais rien, mais sa référence à Kyle tout à l'heure … Peu importe.

« Comment tu te sens ? T’as besoin de quelque chose ? T’as soif peut être ? »

Riley, respire. Et ne l'assomme pas alors qu'il vient juste de se réveiller enfin !

« Si tu veux être tranquille je comprendrais, pas de soucis. J’étais juste … »

T’étais juste ? Je sais pas. J’ai ressenti le besoin de venir le voir alors je l’ai fait et voilà, c’est tout. Parce que j’étais inquiète, parce qu’il me manquait, parce que … parce que c’est comme ça alors merde.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 960
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Million miles an hour ▬ Mateo   Lun 27 Juil 2015 - 15:45

Que Kyle ait de très jolis yeux bleus, je m’en fou un peu, sans offense Capitaine, mais là j’suis dans le brouillard complet et la seule chose que j’arrive à percevoir plus ou moins distinctement est la présence de Riley. L’esprit est embourbé dans un coton collant. Je dors depuis combien de temps, d’ailleurs ? Je sais même pas. Il aurait bien pu se passer une semaine, voire deux, que je n’en aurai absolument pas conscience. J’ai un flot d’image qui me revient mais j’essaie de ne pas m’en préoccuper maintenant, pas tout de suite. J’occulte volontairement en ayant parfaitement conscience que lorsque tout ça me reviendra dans la gueule, je n’aurai plus envie de parler à qui que ce soit. Ruminant ma colère dans mon coin jusqu’à ce que je puisse sortir d’ici. Et d’ailleurs, j’aimerais sortir maintenant. Je suis réveillé, c’est le principal. Le reste se remettra tout seul. Même si j’ai l’air d’un papy lorsque j’essaie de me redresse sur mon oreiller.

Quant à la présence de Riley… Revenez quelques mois en arrière et je lui aurai demandé ce qu’elle fou là, à me regarder avec la gueule cassée et si elle était simplement là pour assister au spectacle du grand et fier Vargas qui s’est fait éclater la gueule comme un cafard par sa pote. Je l’aurai renvoyé chier en somme. Sans aucun état d’âme, sans aucune hésitation. Mais le fait est que j’en ai pas envie et que ça ne me vient même pas à l’esprit. Je suis tout ramolli et je suis content de la voir ici en prime. Je ne me pose pas plus de question que ça. Riley est présente et là aussi, je ne sais pas depuis combien de temps, et ça me va. Je sais qu’avec ce qu’il s’est passé ces derniers temps, tout est un peu sujet aux questions. Est-ce qu’on doit concrétiser tout ça ? J’en sais rien, si ça doit se faire, alors ça se fera tout seul, pour le moment je ne me mets aucune pression et je profite de tout ça. J’aime bien être avec elle, la toucher, la sentir.
Enfin, je le ferais quand j’pourrais.

Et quand je demande si j’ai l’air d’un puzzle, c’est comme si je connaissais déjà la réponse. Bien évidemment. Je ne comprends toujours pas ce qu’il s’est passé mais je peux presque sentir ses poings s’abattre sur moi avec une fureur que je n’avais jamais connu jusqu’ici. Une fureur quasi animale…
Les yeux de Riley glissent sur mon visage et je ne la regarde pas, détournant mon regard à un point fixe, devant moi. Je déglutis. Ma gorge est un papier de verre.

- Hum … T’as un peu l’air d’être passé sous un rouleau compresseur mais t’en fais pas, t’as toujours ton aura de sale con arrogant.

Un ricanement amusé m’échappe et me crispe aussitôt de douleur. Bordel, même ça, ça me donne l’impression d’avoir soixante ans de plus…

- Rigole pas !
- Compliqué.

Avec tes conneries. Ceci dit, c’est bon signe. Je n’ose même pas me regarder dans un miroir … enfin pas maintenant. Je laisse d’abord mon cerveau émerger et retrouver ses repères.
Riley fait de l’humour et ça me va. Je suppose qu’après m’avoir vu un bon nombre de fois à l’œuvre, elle a saisi que la compassion est quelque chose que j’ai du mal à digérer et à vivre. Le fait qu’elle m’insulte de sale con arrogant avec son sourire me va très bien, ça sonne même comme un « bon rétablissement ». Tout comme cette main qui se glisse sur la mienne, tandis que la droite se dépose sur mon front. En douceur. Mon premier réflexe a été de me crispé, juste une fraction de seconde. Pour plusieurs raisons. Mon cerveau a emmagasiner tellement de douleur qu’un instant, il s’est braquer de voir une main s’approcher de mon visage. La deuxième : Le contacte. Je n’y suis plus habitué. Le dernier que j’ai eu est une paire de phalanges venues pour me dématérialiser. Je serre la mâchoire et me décontracte, lentement, tout en fermant les yeux. Du repos. Juste du repos. Sa main fraiche m’apporte un soulagement non feint. Ça fait du bien. J’en apprécie le contacte et je suis trop shooté pour m’en étonné.

- J’ose pas trop te toucher, j’ai peur de te faire mal …

Putain, c’est si moche que ça ? J’suis pas un puzzle mais un assemblage de légo. Mierda.
J’ouvre les yeux, esquisse un sourire et articule.

- C’est pas le cas, t'inquiète pas.

Donc tu peux continuer. Mais ces mots ne franchissent pas mes lèvres. Je me sens bloqués entre rage et apaisement, s’en est frustrant. J’suis complètement désorienté, là est la putain de vérité. J’aime pas ne pas avoir de contrôle et c’est clairement la sensation que j’en ai en cette seconde. Que tout m’échappe, même mes propres émotions. Le pire est de ne pas réussir à lutter contre.

- Je commençais à m’ennuyer de toi.

La surprise me provoque une légère crampe au creux de l’estomac alors que je tourne mon visage vers elle. Cette vague de chaleur qui s’insinue en moi est bien réelle et elle s’agrandit lorsque ses doigts se perdent dans mes cheveux. Son regard se perd sur ma chevelure, le mien sur son visage. Mes défenses sont brisées, explosées et je me sens affreusement à nu. Ces barrages mit en place durant autant d’année étaient là pour ça, pour filtrer tout ce qui pouvait m’atteindre. Ici, c’est la porte ouverte aux émotions. Et j’peux rien faire contre. La dernière fois où j’ai ressentis tout ça, c’est avant la mort de Camélia. Tout le reste n’a été que violence, brutalité et haine incontrôlée et exacerbée par le bonheur des autres. Et il y a cette nana au caractère digne d’un Magyar à pointes, qui débarque avec cette douceur qui vous fout une grosse claque dans la gueule. Si bien que vous en redemandez en silence.

- C’est vrai ça ?
- C’est vrai, j’veux dire, y a personne pour vendre mes culottes dans le Hall ou faire des concours d’abdo avec moi.
- J’suis commercial dans l’âme. Et puis faut dire que t’as des culottes de qualité.

J’en suis sûr maintenant que j’ai pu les voir de très… très.. Près.
On se sent vulnérables. Tous les deux. Et ça, c’est pas une habitude qu’on a quand on affiche notre fierté à découvert dès que l’on se croise. J’ai envie de lui dire que j’suis content qu’elle soit là, parce que c’est la réalité mais ça ne vient pas. Et de ça non plus, j’ai pas l’habitude. Les mots ont toujours été pour moi très spontané, vif et parfois très mal employé mais ici je bloque, même si ma manière de me laisser faire par Riley reste tout de même éloquente. Et cette main dans les cheveux, je veux qu’elle y reste.

- Enzo est passé tout à l’heure, il a dit que si tu ne sortais pas d’ici avant la fin de semaine il récupérait ton lit pour s’en faire un double.

Deux informations : Enzo est passé me voir et j’en suis touché. Puis le terme « avant la fin de la semaine » clignote. Nous étions… Quand, lorsque tout ça s’est passé ? Je fouille dans ma mémoire mais tout ce que j’en tire c’est un mal de tête aigüe. Ok, on verra ça après. Est-ce que quelqu’un d’autre est passé ? Ça aussi, on verra près. Vu le nombre d’amis que j’ai dans cette école, je ne serais pas surpris d’une réponse négative.
Mais cette histoire de lit, je l’ai entendu. Comme d’autres choses qui me reviennent de façons très floues. Abstraites.

- Ça voudrait dire que j’serais obligé de dormir avec toi… C’est dommage.

J’emploi une tête faussement déçu. Tu parles, c’est pas moi que ça gênerait et ce, pour de multiples raisons.

- Comment tu te sens ? T’as besoin de quelque chose ? T’as soif peut être ?

Wow wow wow. Alerte migraine.

- Si tu veux être tranquille je comprendrais, pas de soucis. J’étais juste …

Je fronce les sourcils sous la douleur mais ne retiens pas ce sourire qui s’affiche sur mes lèvres. Je la sens soudainement stressée, tendue, ou quelque chose comme ça. Mes yeux la parcourent. Est-ce que je peux prendre le risque de lever le bras et de la toucher ? Juste une poignée de seconde.

- Eh, arrête de te stresser comme ça. Reste ici, ça me va très bien.

Et au prix d’un ultime effort, je lève mon bras gauche vers son visage, non sans une grimace de douleur. Ce simple geste me tire légèrement sur les côtes sans que ça ne soit insupportable pour autant, alors j’insiste et glisse ma paume sur sa joue avant de laisser courir mes doigts sous son menton que j’agrippe faiblement entre mon pouce, index et majeur. J’effectue une légère pression pour l’inciter à venir vers moi. Je laisse la spontanéité agir, car à défaut de pouvoir m’exprimer par les mots, le corps lui, n’oppose aucune résistance et aucune difficulté à déposer mes lèvres contre les siennes. Une première fois, en douceur, puis la deuxième fois de manière légèrement plus appuyé alors que ma main droite glisse sur son cou. Et durant ce laps de temps, je m’évade, oublie et me laisser aller. Mon cerveau se focalise sur cet échange en balayant cette violence qui me hante en silence et de manière insidieuse. La douleur est là mais elle est supportable, bien plus que durant mes moments courts d’éveils. Je respire son odeur, touche la douceur de sa peau, son grain que je reconnais doucement sous mes doigts et goûte la saveur de ses lèvres. Tout cela est récent mais se manifeste chez moi avec un naturel contre lequel je ne lutte pas. J’aimerai même que tout cela continue. L’oubli, la perdition de soi. L’apaisement et le soulagement s’unissent pour me porter vers une chaleur qui me berce. J’aimerai y dormir. M’y reposer.

- J’en avais envie.

Elle me provoque de foutu frissons qui ne font que me provoquer de faible sensations de douleur dans le creux du dos mais je m’en tape. C’est délicieux et si je m’écoutais, je laisserais aller pour reposer mes lèvres sur les siennes. Le contacte se rompt en douceur et mes mains lâchent son visage qu’elles tenaient entre leur paume, caressant de temps à autre une parcelle de peau du pouce. J’esquisse un sourire qui ressemble à une grimace lorsque je replace en douceur mes bras sur le lit mais main gauche entourant la sienne entre ses doigts.

Je déglutis difficilement. La gorge me râpe toujours autant.

- Est-ce que tu peux me donner un verre d’eau, por favor. J’ai l’impression d’avaler des lames de rasoirs.

Et je veux me redresser sur ce putain de lit. Chose que je fais alors qu’elle se tourne pour prendre ce qu’il faut. Mes côtes me font un mal de chien, bien au-delà de la douleur qui tambourine de temps en temps au creux de mes tempes, mais je persiste. Rien à foutre de toute façon. J’y parviens, au prix d’un effort douloureux et d’une bouffée de chaleur qui me gagne mais j’y parviens. Là, adossé sur mon oreiller, je pousse un soupir de soulagement avec l’impression de redécouvrir une autre position de mon corps.
Je prends le verre de Riley entre mes mains après avoir murmuré un merci d’une voix rauque et éraillée et de descendre cul sec le contenu d’une fraicheur que j’en pleurerais de soulagement. L’irritation au creux de ma gorge s’atténue considérablement et j’en ferme les yeux une poignée de seconde de bien-être.

- J’suis content que tu sois là.

Les mots franchissent mes lèvres avant que je ne puisse les arrêter ou me poser des questions sur comment sera perçue la phrase. J’ai pas l’habitude de tout ça, d’être aussi… ouvert. On dirait pas comme ça, je sais, mais ce genre d’aveu venu de ma bouche dans ce type de situation sont rares. Je suis un avare en sentiment et en démonstration affectif. Bien moins que Maxime puisque personne ne pourra jamais faire pire qu’elle, mais je possède malgré tout mon quota. Les gestes sont pour moi des choses bien plus évidentes. Je me contente de glisser mon regard vers mes pieds avant de les ramener à ses yeux émeraude. Je me rends compte que tout cela, je le vis comme une sorte de retrouvaille. J’ai la sensation que nous nous sommes quittés la veille alors qu’il doit en être tout autrement de son côté.

- Ça fait combien de temps que j’suis ici ? Et toi, ça va ? Comment vont les autres?

Je n’sais pas ce qu’elle sait sur mon état et j’espère en silence qu’elle ne me posera pas la question. Parce que je serais tout simplement obligé de lui mentir et cette idée me dérange, sans que je ne puisse expliquer pourquoi. Tout cela ne regarde que Maxime et moi et même si je suis persuadé que Riley n’irait rien dire si je devais lâcher le morceau, j’ai la sensation de devoir tenir ma langue. Par respect. Parce que même si Jefferson est responsable de mon état de semi-légume aujourd’hui, elle reste pour moi une amie. Une amie que je vais sûrement déboiter dès que je sortirais d’ici. Rien que d’y penser, ma colère surgit avec violence.
Ma main enserre un peu plus fort celle de Riley, mon regard se fixant sur son existence. Je me concentre sur elle et uniquement sur elle. Mes doigts glissent et s’unissent entre les siens, d’un geste presque machinale.

D’un geste que je rends machinale.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7940
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar TAG + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Million miles an hour ▬ Mateo   Ven 31 Juil 2015 - 9:05

« Eh, arrête de te stresser comme ça. Reste ici, ça me va très bien. »
« Pardon. »

Est-ce que je viens de dire pardon ? Oui, je viens de dire pardon. En baissant les yeux et en me tassant un peu sur moi-même en prime. Où est ma fierté ? Aucune importance parce que ça n’est juste pas la question, il a eu raison de me stopper comme ça parce que je ne sais pas dans quoi je m’embarquais mais le fait est que … oui, je suis stressée, cette situation me stresse. Seulement quand je sens sa main se poser sur ma joue, deux réactions émanent de moi : La première implique un certain apaisement, la deuxième un vieux réflexe – qui me rassure quelque part – consistant à vouloir lui « crier » de ne pas faire ça. Pas parce que ça me dérange mais bien parce que ça lui fait mal. Sauf que je n’en fais rien, je le laisse faire même et j’obtempère sans aucune forme de résistance quand son corps transmet un message au mien. Premier impact, mes yeux se ferment. Deuxième impact, la tension qui commençait à prendre naissance dans mes veines se décharge d’une partie de sa contenance … et ça fait du bien. Sa main glisse sur ma peau, la mienne en fait autant mais sur son avant-bras en descendant et remontant en douceur. Pendant un instant je ressens l’envie de m’allonger contre lui, garder les yeux fermés et rester là sans rien dire quelques temps.

« J’en avais envie. »

J’ai envie de lui dire qu’il est stupide, et maso, mais tout ce que je fais c’est lui adresser un sourire avant de regarder sa main attraper la mienne. Pas un mot ne m’échappe, de toute façon je crois qu’il n’y a rien de spécial à dire. C’est surtout une question de ressentis.

« Est-ce que tu peux me donner un verre d’eau, por favor. J’ai l’impression d’avaler des lames de rasoirs. »
« Oui bien sûr. »

Ma main se dégage de la sienne et je me retourne pour attraper le verre d’eau posé sur le meuble juste derrière moi, le temps que je me tourne à nouveau je le retrouve en train d’essayer de s’assoir. Encore une fois je réprime l’envie de lui faire le moindre commentaire même si je n’en pense pas moins. J’essaie aussi de me mettre à sa place, est ce que quelqu’un réussirait à me garder immobile dans un lit ? Je n’en suis franchement pas certaine. C’est en partie pour ça – et parce que je n’ai pas à lui dire ce qu’il doit faire ou non – que je garde le silence et me contente de lui tendre le verre qu’il attrape et le terminer d’une traite. C’est effectivement ce qu’on appelle avoir soir …

« J’suis content que tu sois là. »

Je l’admets, même si je tente de ne pas trop laisser percevoir ma réaction, c’est l’étonnement qui prédomine. Je … J’ai pas l’habitude de l’entendre dire ce genre de choses, je ne peux pas dire que ça ne me fasse rien parce que ça serait mentir mais en réalité je ne sais pas du tout comment l’appréhender alors quand il enchaine presque aussitôt …

« Ça fait combien de temps que j’suis ici ? Et toi, ça va ? Comment vont les autres? »

… je saute sur l’occasion.

« Tu es là depuis lundi midi, on est mercredi après-midi donc ça fait un tout petit peu plus de deux jours. Ils t’ont filé des trucs pour te shooter, pour la douleur je crois. De ce que j’en sais t’as eu des moments de vague conscience mais jamais bien longtemps. »

Parler. Sortir de cet aura que je n’arrive pas à gérer. Revenir sur du concret. J’ai besoin de ça et je m’en excuse. Le reste me fait bloquer, la situation me fait bloquer, j’ai l’impression que je ne pourrais pas réagir de manière naturelle alors que là, ça, ça me ramène sur mes rails et me faire retrouver un peu de consistance.

« Et moi ça va oui, pas grand-chose de notoire à déclarer de mon côté. Les cours, le sports, les devoirs, les amis, le quotidien quoi. »

Et Cassie qui t’a sauté à la gorge ? Et cette discussion avec Matthew ? Pourquoi est-ce que je n’en parle pas ? Parce que s’énerver est bien la dernière chose dont il a besoin et je suis presque certaine que ça serait le cas si j’évoquais tout ça.

« Les autres … ça dépend de qui tu parles mais … En vérité je ne pourrais pas trop te dire, on peut pas dire que je communique beaucoup avec Maxime et j’ai pas le souvenir de l’avoir beaucoup vu ces derniers jours de toute façon. William et Macy ont l’air d’aller plutôt bien mais pareil, en dehors des cours je ne les ai pas beaucoup croisé non plus voir pas du tout. »

Est-ce que j’ai hiberné ces derniers jours ?

« Caem et Enzo … Joker. Le Gryff avait l’air plutôt en forme tout à l’heure. Pour un lendemain de Pleine Lune. »

Haussement d’épaules.

« En fait j’ai passé beaucoup de temps seule ces derniers jours, je m’en rends compte. Avec Keza aussi évidemment. Un peu avec ma sœur et Lukas. »

Je sens bien que je me détends au fur et à mesure de mon récit, ce qui n’est clairement pas du luxe.

« A priori toujours pas de mariage en vue entre Maxime et Kezabel mais je ne désespère pas. »

Mais ne vous inquiétez pas les filles, on a compris, c’est pas un rencard ! Enfin moi je pense que si, tout le monde pense que si, mais ok ça n’est pas un rencard.
Un léger rire amusé m’échappe, je sais que si Keza était là elle m’aurait déjà sauté dessus pour me faire payer cet affront mais Mateo lui … Je ne saurais pas vraiment décrire sa réaction à vrai dire.

« Je crois que quand tu sortiras et que ça ira mieux tu vas avoir le droit à un interrogatoire style quelle est ta couleur préférée, ta date de naissance, plutôt salé ou plutôt sucré ? Ce genre de trucs. »

Ma main droite replace une mèche de cheveux derrière mon oreille, la gauche triture le drap sans trop y faire attention.

« C’est pas pour te coller la pression, m’immiscer dans ta vie ou quoi que ce soit, de toute façon si t’as pas envie de me répondre tu ne le feras pas ça j’en doute pas mais … J’connais pas grand-chose de toi au final, et réciproquement. »

Et je crois qu’il vient en parti de là le « problème », en ce qui me concerne en tout cas. C’est trop calme pour moi, je ne dis pas que je n’apprendrais pas à me poser, à me faire à sa présence de cette façon-là, mais ça fait finalement peu de jours qu’on a mis les points sur les i et … j’étais pas préparée à ça, c’est tout.

« J’suis désolée, j’me sens un peu idiote. Je sais pas trop comment gérer tout ça. Quand ça part dans tous les sens ça je sais faire parce que … moi aussi je pars dans tous les sens mais là … J’vais me faire jeter dehors si je laisse la Tornade s’exprimer. »

Je ne me sens jamais trop à l’aise dans cet endroit, c’est comme si je ne savais jamais quoi dire ni comment me comporter. Avec Lukas c’était différent, il est mon petit frère et je le connais par cœur mais quand Jamie m’a demandé si je pouvais l’emmener voir Enzo quand il était dans le coma l’année dernière je n’ai pas pu rester longtemps. Je … ne me sentais pas à ma place, tout simplement, mais là aussi c’était un peu différent.

« J’suis en train de me dire que ça tient du miracle si je n’y passe pas plus souvent d’ailleurs. Entre le Quidditch et ma maladresse … »

Maladresse ? T’appelle ça comme ça toi … ? Oui, bon, ok ! Mon impulsivité, voilà. Je fonce et je réfléchis après, ça passe ou ça casse. En l’occurrence ça passe la plus part du temps, je dois avoir une sacré bonne étoile là-haut.

« Est-ce que tu veux que j’aille te chercher quelqu’un ? Un de tes potes ou … Qui tu voudras. Tant que c’est pas Daniela. »

Ou une autre pétasse dans ce genre-là. Oui, la jalousie ça je sais gérer, tout ce qui me rend hystérique je sais gérer, mais ce calme … Il me perturbe au possible. Et puis je crois que c’est sans doute ma manière à moi de te faire comprendre que je tiens à toi, même si c’est maladroit, même si ça n’est pas calculé.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 960
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Million miles an hour ▬ Mateo   Dim 9 Aoû 2015 - 15:47

- Tu es là depuis lundi midi, on est mercredi après-midi donc ça fait un tout petit peu plus de deux jours. Ils t’ont filé des trucs pour te shooter, pour la douleur je crois. De ce que j’en sais t’as eu des moments de vague conscience mais jamais bien longtemps.

… Ah ouais. Quand même. Deux jours. Deux jours totale de perte de conscience provoquée par des médocs tellement elle m'a amochée la gueule comme si j'étais une poupée de chiffon. J'comprends toujours pas ce qu'il s'est passé. J'comprends toujours pas pourquoi elle m'a sautée sur la gueule comme si j'étais la première personne qu'elle voulait voir crever sous ses phalanges. La nana devant moi n'était plus celle que je considérais aujourd'hui comme une sœur mais une inconnue dont le visage était déformée par une haine que je ne lui avais jamais vu. Et aujourd'hui, encore abruti par leurs putains de médicaments, je sens cette colère qui dort chez moi et qui s'éveillera lorsque je serais sortie de cet état comateux et pâteux. Un vrai légume bordel. J'règlerais cette merde plus tard.

- Et moi ça va oui, pas grand-chose de notoire à déclarer de mon côté. Les cours, le sports, les devoirs, les amis, le quotidien quoi.

Et je me focalise sur Riley et sur rien d'autre. Ca me fait étrange de la voir ici, à mon chevet. Ouais, c'est bizarre et ça l'est encore plus de voir que ça ne me dérange pas, voir même que ça me fait plaisir de la voir ici. Comment est-ce que je dois te considérer Jenkins ? On avait dit pas de questions, Mat'. Je déraille à cause des cachetons. Mon attention revient sur elle et je remarque qu'une barre douloureuse s'installe juste au-dessus de mes yeux.
J'ai quelques mots qui remontent en douceur dans mes souvenirs, un truc que j'ai cru entendre tout à l'heure et où je sais pas si je l'ai rêvé ou non... Le fait qu'elle se soit battue. Je scrute son visage attentivement et je n'y vois aucune trace de coups, de griffures ou de quoi que ce soit d'autre. Ouais, j'ai du halluciné encore. J'espère. Parce que si c'est pas le cas, j'suis pas sûr de réussir à contenir mon calme puisque l'éventualité que quelqu'un ait pu lui lever la main dessus m'agace déjà profondément. Du genre, colère explosive qui va créer un attentat à la gueule de la personne concernée. Je sais qu'elle sait se défendre, mais ça n'empêche pas que j'tolère pas le geste. Mais puisque j'ai l'air d'avoir halluciné...

- Les autres … ça dépend de qui tu parles mais … En vérité je ne pourrais pas trop te dire, on peut pas dire que je communique beaucoup avec Maxime …

Je me tends un quart de seconde mais ne laisse rien paraître, visage impassible.

-... et j’ai pas le souvenir de l’avoir beaucoup vu ces derniers jours de toute façon.

Tu m'étonnes.

- William et Macy ont l’air d’aller plutôt bien mais pareil, en dehors des cours je ne les ai pas beaucoup croisé non plus voir pas du tout. 

Eux deux c'est pareil. J'les attends au tournant. Me dire que Maxime avait des crises, c'est bien. Mais de me préciser QUEL GENRE, ça aurait été encore mieux putain. J'suis pas le voisin du coin ou son putain de bouche-trou. On est censé être … bons potes, merde. On a fait la Roumanie ensemble, les conneries j'les fais pas sans elle et parfois on a même pas besoin de se parler pour s'comprendre. Alors ouais, j'aurai aimé être au courant de quel genre de crise elle fait.
Bref. C'pas la question de toute façon.
Je me recentre sur Riley que je détails. Elle a l'air un peu fatiguée elle aussi et j'me demande si j'suis en partie fautif. A cause de l'inquiétude.
C'est quand que j'sors d'ici ?

- Caem et Enzo … Joker. Le Gryff avait l’air plutôt en forme tout à l’heure. Pour un lendemain de Pleine Lune.

Pleine Lune ? Putain oui. Pleine Lune. Loup-Garou. Mon Capitaine est un Super-Garou, c'est comme si les souvenirs de ma vie « d'avant » me revenait par brides. S'il est en forme alors tant mieux, parce qu'en revenant de son kidnapping on pouvait pas dire qu'il avait l'air vraiment … bien. Déphasé, déconnecté voir un peu taciturne.
Caem, je l'ai pas revu depuis j'crois.

Pleine Lune... Est-ce que c'est une des raisons pour laquelle elle m'a sautée à la gueule ? J'me souviens maintenant d'une boite en carton. Forcer sur mes souvenirs me tire une douleur semblable à un coup de fouet sur les neurones et je grimace légèrement.

- En fait j’ai passé beaucoup de temps seule ces derniers jours, je m’en rends compte. Avec Keza aussi évidemment. Un peu avec ma sœur et Lukas. A priori toujours pas de mariage en vue entre Maxime et Kezabel mais je ne désespère pas.

Cette fois je lâche un ricanement qui me tire de nouveau une grimace de douleur. Un vrai grand-père.
Kezabel et Maxime. Ca aussi qui l'aurait cru. Jefferson a l'air de voir ça comme un truc banal, des moments de plaisirs à partager avec la petite British qui le lui rend visiblement très bien. Si j'connais des détails … ?
Continue donc, Amor.

- Je crois que quand tu sortiras et que ça ira mieux tu vas avoir le droit à un interrogatoire style quelle est ta couleur préférée, ta date de naissance, plutôt salé ou plutôt sucré ? Ce genre de trucs. 
- ¿ Cómo?

J'ai … pas suivi. Mon cerveau engourdie essaie de chercher un lien entre Kezabel et Maxime et... cet interrogatoire sur …. mes couleurs préférées, date de naissance et je ne sais pas quoi d'autre. Mes neurones ont du mal à se connecter, à se relier et je cherche toujours le sens de sa phrase. Je la regarde placer une mèche de cheveux derrière son oreille alors que sa main gauche triture le drap. Qu'est-ce qu'il se passe et que j'ai pas compris, encore. J'ai l'impression d'être décérébré.

- C’est pas pour te coller la pression, m’immiscer dans ta vie ou quoi que ce soit, de toute façon si t’as pas envie de me répondre tu ne le feras pas ça j’en doute pas mais … J’connais pas grand-chose de toi au final, et réciproquement.

Moment de réflexion. Il faut une poignée de seconde pour que la logique se glisse le long de mon système nerveux et qu'enfin, la compréhension s'active. Bravo Mateo. Peut-être que demain tu réussiras à calculer combien font 2 + 2.

Me connaître plus ? Je réfléchis un instant, un peu étonné par cette soudaine évocation du sujet.... Pour me rendre compte que de mon côté, je ne connais pas grand-chose non plus. De sa vie, de sa personne. A part que c'est une folle furieuse hystérique quand on la pousse à bout – ou quand on la pousse tout court -, qu'elle est capitaine de Quidditch et … Qu'elle a de très jolis sous-vêtements. Eh, déconnez pas, c'est important. Et qu'elle fait incroyablement bien l'amour. Et pour ça, les souvenirs n'ont aucun mal à ressurgir petit à petit, me faisant esquisser un sourire en coin. Toujours pleines de surprises Jenkins. Et bizarrement, l'idée qu'elle en sache un peu plus sur moi ne me colle pas la pression... tant que je n'ai pas à me lancer dans des détails bien précis. Par exemple : Mes parents et Camélia. Pas pour l'instant. Pas maintenant. J'ai déjà eu du mal à en parler avec Maxime... Maxime qui m'a bien défoncée la gueule au passage, alors avec Riley, je n'suis pas certain d'y arriver tout de suite. Pas par manque de confiance, c'est juste... J'peux pas, c'est tout. Pas tant que je n'ai pas digérer tout ça.

- J’suis désolée, j’me sens un peu idiote. Je sais pas trop comment gérer tout ça. Quand ça part dans tous les sens ça je sais faire parce que … moi aussi je pars dans tous les sens mais là … J’vais me faire jeter dehors si je laisse la Tornade s’exprimer.
- T'es pas idiote. J'commençais à croire que t'as fumé un truc pas clair pour ne pas avoir encore crier ou bouger dans tous les sens.

Nouveau ricanement... nouvelle douleur. Est-ce qu'on peut au moins me laisser la taquiner sans avoir mal, bordel. Et moi aussi j'aime pas trop ce silence qui s'installe autour de nous, même si au fond je ne serais pas trop fan d'entendre hurler et de voir trop bouger le monde autour de moi avec cette douleur qui me provoque toujours cette barre sur le front. Et pas ailleurs la barre HAHAHAH. Vous voyez, Maxime m'a pété les os mais pas l'humour.
J'suis quelqu'un de très silencieux, mais ça n'empêche pas que j'aime pas quand ça bouge pas.

- J’suis en train de me dire que ça tient du miracle si je n’y passe pas plus souvent d’ailleurs. Entre le Quidditch et ma maladresse … 
- Hum... Moi, j'suis maladroit. Toi tu fonce dans le tas comme une furie.

Nouvelle taquinerie. Est-ce que ça voudrait dire que mon cerveau commence à émerger ? Faut croire que oui. Et niveau maladresse... Tu repasseras Mateo.
Je lui esquisse un sourire et me demande quelle gueule je dois avoir en cet instant précis. Je dois ressembler à une sorte de Frankenstein, mais en plus canon quand même. Faut pas déconner. Et je crains que toute cette façon de détourner les choses avec autant d'humour ne me dissimule une colère profonde qui éclatera lorsque je serais sur pieds. J'occulte volontairement tout sujet qui pourrait me foutre en rogne. J'occulte volontairement cette sensation d'humiliation qui trône quelque part chez moi. Une chose à la fois. De toute façon, je ne suis pas en état de m'énerver sur quoi que ce soit, pas après deux jours de pseudo-coma médicamenteux.

- Est-ce que tu veux que j’aille te chercher quelqu’un ? Un de tes potes ou … Qui tu voudras. Tant que c’est pas Daniela.

Daniela ? C'qui celle...
Ah ouais. Daniela.

- Et si c'était le cas, tu m'ferais quoi ?

Je lève mes yeux vers elle avant de lâcher un rire qui me tire sur les côtes et me tire un juron mêlé d'un ricanement sec.

- Voilà, j'me suis puni tout seul avec mes conneries.

Parce qu'elle sait que je plaisante et que j'm'en tape comme de l'an 40 de cette nana, Daniela. C'est pas elle que je suis venu voir en mettant à la porte ma fierté pour lui dire que celle qui ne quittait plus mon esprit, c'était Riley. Dans un geste lent, je glisse ma main gauche vers la sienne pour y déposer mes doigts sur l e dos et ensuite la saisir entre ma ma paume. Le contacte est de nouveau doux et chaud, me rappelant l'effervescence connue lors de cette fameuse nuit où, enfin, nous avons briser les barrières.
Est-ce que je veux qu'elle aille chercher quelqu'un ? Non. C'est peut-être égoïste mais je n'ai... envie de voir personnes. Pas pour l'instant. J'aurai pu lui demander d'aller chercher Maxime pour qu'elle vienne planter son regard dans le mien et qu'elle m'explique, mais non. J'le ferais pas. Je ne veux ni la voir, ni William, ni Macy. Personne qui pourrait se rapprocher de ce qu'il s'est passé il y a deux jours. Pas tant que …. tout ne sera pas retombé. Enzo ? Non plus, pas parce que j'en ai pas envie mais parce que j'ai besoin de digérer tout ça. Mais s'il vient de lui même venir moi, j'en serais pas mécontent, bien au contraire. Je me sens simplement incapable de « réclamer » la présence de qui que ce soit. Pour l'instant, je m'adapte à la présence de Riley en douceur et ça me suffit. Je sais que c'est un moment léger qui me lâchera à la seconde où elle partira de cette pièce, alors je m'en abreuve avant de me voir plonger droit dans une colère sourde et nébuleuse.

- Ne va chercher personne. J'ai pas envie, pas maintenant. Sinon, mon cerveau se déconnectera et ne vous lâchera en court de route.

Du genre, gros court-circuit. Puis Black-out et plus de Mateo. Ca serait dommage après avoir survécu à la fureur d'un Loup-Garou en pré-Lune.

- 8 Avril, 1992.

Je lâche ça de but en blanc alors que mon regard s'est égaré au fond de la pièce où j'ai cru voir un Infirmier passé. Mes yeux glissent dans ceux de Riley avant d'esquisser un autre sourire qui tire un peu sur la peau de mon visage.

- C'est ma date de naissance. Le 8 Avril. A San Antonio, c'est au Texas. Et c'est en cette seconde que je brise le mythe, car non, je ne suis pas né en Argentine, même si j'y passais la majeur partie de mon temps. En réalité, j'y étais chaque weekend et chaque vacances. Les joies du transplanage.

Ca me file une sensation étrange de parler de ça même si, finalement, ça sort d'une manière assez naturelle. Sans que je n'en ressente une quelconque gêne. Peut-être parce que je vois ça comme des détails complètement banals. Et ouais... j'suis pas né en Argentine, mais ça ne m'empêche pas de me considérer comme tel, peut-être parce que j'y passais toutes mes vacances et week-end là bas. C'était … Non, c'est ma deuxième maison.

- J'aime bien le vert. Je plonge mon regard dans le sien. Un peu comme la couleur de tes yeux en fait. Et le bleu foncé aussi. Et sucré, salé, peu m'importe, tant que ça se mange.

Parce que j'suis un gouffre sans fond même si ça se voit pas vu comme j'suis sec comme une brindille. Je garde sa main dans la mienne et réfléchis deux secondes à ce que je pourrais lui dire d'autre sans trop en lui dire non plus. Sinon, ça sert à rien et j'aime pas l'idée d'être un livre ouvert de toute façon. En même temps, vu le peu de fois que je parles de moi, ça risque pas d'arrivée. Le fait de partager ça avec elle … c'est étrange. Étrange, mais agréable. J'ai pas l'impression de me mettre à nu, ni d'en ressentir une intrusion désagréable. Peut-être que nous sommes finalement sur la bonne voie. Mon pousse caresse la peau du dos de sa main sans que je ne m'en rende compte.

- Et mon deuxième prénom, c'est Estéban.

Comme celui de mon père.

- Donnant, donnant.

Mon regard se plante de nouveau dans le sien, sourire en coin. Le message est clair et je pense qu'elle le comprend. L'ambiance s'est allégé malgré la douleur qui persiste sur mon front mais j'occulte au mieux, après lui avoir fourni une preuve dissimulée que je ne refuse pas de m'ouvrir à elle, si tant est que rien ne soit brusqué.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7940
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar TAG + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Million miles an hour ▬ Mateo   Mar 11 Aoû 2015 - 14:28

« Et si c'était le cas, tu m'ferais quoi ?

Ça mon cher, je ne suis pas certaine que tu aies réellement envie de le savoir … Mais oui c’est ça, marre toi … Ah ! Bien fait ! Si le karma ne te frappe pas je m’en chargerai avec plaisir mais il a l’air plutôt bien disposé en l’occurrence alors laissons le faire, hum ?

« Voilà, j'me suis puni tout seul avec mes conneries. »
« J'te ferai ça mais en 10 fois pire. »

Regarde mon air de petite fille sage et mon sourire tout tranquille, regarde comme ça me donne l’air d’une psychopathe … Je sais que tu es entrain de te demander si je suis sérieuse ou pas … Bien sûr que je suis sérieuse. Ou pas. Peut-être que tu finiras par le découvrir un jour ou l’autre mais en attendant, je l’admets, je me réjouis un peu – un tout petit peu – de te voir souffrir … Je sais, c’est mal, mais tu l’as cherché ! Voilà ce qu’il se passe quand on joue au malin Monsieur Vargas ! Enfin arrête quand même de te torturer, surtout pour cette grognasse qui n’a pas le moindre intérêt. Je suis beaucoup plus intéressante qu’elle et je suis là. Voilà. Mes chevilles ? Oh elles se portent plutôt bien.

Sa main sur la mienne me rend plus douce, c’est un fait, mais je ne peux pas nier avoir ressenti du soulagement quant à la présence de mon double maléfique pendant quelques secondes. C’est … moi, un moi que je connais et avec lequel je sais composer. Je le laisse faire et observe nos deux mains en souriant tranquillement, lui laissant le temps de réfléchir jusqu’à ce qu’il se décide finalement.

« Ne va chercher personne. J'ai pas envie, pas maintenant. Sinon, mon cerveau se déconnectera et ne vous lâchera en court de route. »
« D’accord. »

Est-ce que je suis contente de le garder pour moi et moi seule encore un peu ? Je ne le nierai pas non plus même si j’aurai été chercher ses amis sans un seul mouvement de recul. La famille est une chose importante, la personne qui … comment qualifier ça au juste ? On n’a mis aucun mot là-dessus et ça me va très bien mais parfois c’est compliqué de s’exprimer clairement sur le sujet. Bref, ce que je veux dire c’est que – pour moi en tout cas – les amis passent avant tout et quand je dis amis en réalité c’est surtout à Kezabel mais ça n’est pas le sujet.

« 8 Avril, 1992. »

Pardon ? Oui je l’admets il me prend un peu au dépourvu en lâchant ça comme ça de but en blanc et il me faut quelques centièmes de secondes pour comprendre à quoi il fait allusion mais quand je m’apprête à lui dire que ça peut attendre et que d’ailleurs ça aurait dû attendre – qu’il sorte et qu’il aille mieux – il enchaine déjà.

« C'est ma date de naissance. Le 8 Avril. A San Antonio, c'est au Texas. Et c'est en cette seconde que je brise le mythe, car non, je ne suis pas né en Argentine, même si j'y passais la majeur partie de mon temps. En réalité, j'y étais chaque weekend et chaque vacances. Les joies du transplanage. »

8 avril 1992. San Antonio. Texas. Cassage de mythe ! Ou pas. Oui je l’admets j’ai esquissé un large sourire face à cette confidence.

« Anh le vile cachotier ! J’suis sûr que t’en abuse pour faire tomber les filles comme des mouches ! T’as pas honte ?! »

N’allez pas croire une seconde que je m’en formalise réellement et d’ailleurs le fait que j’éclate de rire en est une preuve assez convaincante je pense. Je m’en fous qu’il ne soit né en Argentine mais au Texas, ça ne change rien du tout et s’il se sent Argentin dans le cœur – c’est beau ce que je dis – alors c’est tout ce qui compte. Tout ça, ça le regarde et ça ne regarde personne d’autre … Même si je suis certaine qu’il en a déjà usé pour faire du charme à ses nombreuses conquêtes ! Bref, reprenons notre sérieux.

« J'aime bien le vert. Un peu comme la couleur de tes yeux en fait. Et le bleu foncé aussi. Et sucré, salé, peu m'importe, tant que ça se mange. »

Ça aussi c’est une technique de drague ? Ne me dis pas que tu joues de la guitare s’il te plait … Mais j’enregistre les informations et continues d’écouter attentivement tout en souriant, sa main toujours contre la mienne sans que ni lui ni moi n’y fassions spécialement attention je crois. Les secondes passent et Mateo Vargas perd un peu de son mystère. N’allez pas croire que ça le rend moins intéressant pour autant, bien au contraire. Cette situation est un peu étrange c’est vrai mais c’est un moment que j’apprécie, y compris quand une petite voix dans ma tête me rappelle l’état de nos échanges il y a encore peu de temps … Je n’aurai certainement jamais cru en arriver là un jour. De plus s’il me parle de lui de cette façon c’est que quelque part il me fait confiance et que … que je compte un peu pour lui, non ? Admettre que je me pose réellement la question, que j’y pense tout simplement, n’est pas spécialement facile à faire mais passons.

« Et mon deuxième prénom, c'est Estéban. »
« C'est joli. Et très sexy, Monsieur le Latin Lover. »

Mateo Estéban Vargas.
Enchantée.

« Donnant, donnant. »
« Ok. »

Je n’ai aucun problème avec ça, maintenant qu’on est lancé.

« 17 avril 1995. »

On est du même mois c’est trop super ! On va pouvoir fêter tous nos anniversaires en même temps !!! L.O.L. Pardon, désolée, je me calme. C'était pour rire hein ... Bref, je note quand même qu’il a trois ans de plus que moi.

« Je suis née à Glasgow et j'y ai grandi. Mes parents y vivent toujours, chacun de leur côté. Charleen est ma demi-sœur. Enfin c'est la fille du nouveau conjoint de ma mère. »

Je sais, c’est passionnant.

« C'est un peu moins exotique que l'Argentine ou sans doute même le Texas mais … J'aime ma ville, et mon pays. »

Haussement d’épaules.
Sourire léger.

« Hum … J'aime aussi le Vert mais ça n'a rien de narcissique. Et le Jaune aussi je crois. Je t'avoue qu'en fait je ne me suis jamais réellement posé la question. »

Je sais que le rose n’a pas nécessairement mon affection par exemple. Je ne suis pas spécialement ce qu’on peut appeler une fille féminine, etc … Pas que le fait d’aimer le rose ou non fasse de moi une vraie fille, ça n’est pas ce que je veux dire, mais … Oui je suis un peu garçon manqué même si je sais aussi être … Bref. On s’en fiche.

« J'adore le sucré, j'adore le salé et je mange comme quinze. »

Avec toute l’énergie que je consume en courant tout le temps partout il faut bien que je rattrape tout ça et que je refasse les stocks alors oui je mange comme une horde de lions affamés et je le vis bien.

« Et mon deuxième prénom c'est Sarah. »

Riley Sarah Jenkins. Sarah étant le prénom de mon arrière-grand-mère paternelle, pour la petite anecdote : Mon père aimait beaucoup sa grand-mère.

« Il faut que tu saches que tu viens de passer de vendeur de Tacos à Cowboy. »

Grand sourire innocent, sourire qui trahis largement mon envie de rire quand je fais référence à la conversation qu’on a eu il y a quelques temps sur le terrain de basket durant laquelle il avait lui-même utilisé ce qualificatif. Vendeur de Tacos … Et oui, Texas, Cowboy. Suite logique … Hey mais attends …

« J'ai entendu ça à la télé un jour chez mon père … »

Réflexion intense, il doit clairement se demander ce que je suis en train de faire mais l’illumination se pointe et ma main libre vient frapper le lit juste devant moi.

« Gaucho ! »

Pas de commentaire sur l’accent s’il vous plait.

« C'est ça ! T'es un Gaucho ! »

J’invente rien, c’est comme ça qu’on appelle les Cowboy Sud-Américain non ? Et bien voilà, c’est foutu, il est un Gaucho et moi je suis fière de ma connerie même si j’ai l’air d’une gamine qui gigote sur sa chaise en souriant comme une … une enfant.
Puis l’enfant se calme, l’enfant se lève et l’enfant se glisse en douceur à côté du Gaucho en question en faisant bien attention à ne pas lui faire mal mais … ça m’a pris comme ça, l’envie d’être allongée à côté de lui et il m’a laissé faire. Juste quelques minutes, minutes passées dans le silence et le calme jusqu’à ce que je m’écarte un peu – en faisant attention de ne pas me casser la figure au passage, ça serait un peu con.

« Je vais te laisser maintenant. Repose-toi bien. Je repasserai te voir demain si tu ne me trouves pas trop envahissante. »

Encore une fois en faisant attention je lui dépose un bisou sur la joue et me laisse retomber par terre sans le lâcher. De la joue je passe à ses lèvres, y reste quelques secondes puis me recule en affichant un sourire tout en replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Si la plume tient encore elle ne le fera pas bien longtemps alors je décide de l’enlever et de la ranger dans mon livre que je referme.

« T'en auras plus quand tu sortiras d'ici. »

Mais prends ton temps pour le faire. Message sous-entendu. L’instant d’après, mes affaires dans les bras, je m’éloigne en lui faisant un signe de la main.

« Je t'attends tranquillement. »

Stop.

« Enfin aussi tranquillement qu'une Tornade peut l'être. »

Et puis qui sait, peut-être que je vais recroiser Cassie au détour d’un couloir … *tousse*connasse*tousse*

▬ Fini pour moi ▬
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 960
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Million miles an hour ▬ Mateo   Lun 24 Aoû 2015 - 16:35

- Ok.

Je me livre, tu te livre. C'est la règle, la mienne. Je ne suis pas le genre de type à faire des confessions ou même à parler de lui mais je sais pas, c'est venu comme ça et même si ça ne fait qu'une poignée de jours que nous avons mit cartes sur table, je pense que c'est nécessaire. Je ne me suis pas senti braquer ou même oppresser lorsqu'elle m'a faite comprendre que ça serait bien qu'on apprenne à se connaître. Ça m'a même sembler normal. Et c'est normal qu'Esteban soit sexy... t'as vu le modèle que j'suis ? C'était l'instant auto-lançage de fleurs. 'Faut bien ne pas entraver ma confiance en moi avec la gueule de travers que j'ai.

- 17 avril 1995.

Pas de la même année, mais du même mois. J'suis une bille en date d'anniversaire mais je prends note et je vais tâcher de pas oublier. J'esquisse un léger sourire et acquiesce signe que c'est entendu.

- Je suis née à Glasgow et j'y ai grandi. Mes parents y vivent toujours, chacun de leur côté. Charleen est ma demi-sœur. Enfin c'est la fille du nouveau conjoint de ma mère. C'est un peu moins exotique que l'Argentine ou sans doute même le Texas mais … J'aime ma ville, et mon pays. 

Glasgow... Glasgow... c'est quoi ça ? Une ville d'où ? Eh, on peut pas être tous un pro de la géographie d'accord ? Perso, c'est pas mon truc, je laissais ça à Camélia. Mais en vue de son accent, je dirais bien qu'elle est du coin. Pas British mais peut-être irlandaise ou écossaise. L'un ou l'autre, c'est la même chose non ? On ne frappe pas, j'suis assez démonté comme ça... Et je dois avoué que nous venons de deux pays bien distincts et différents. Je suppose que c'est qui fait notre charme commun.
Bien, Charleen la demi-sœur. Ca j'étais au courant.  Je note donc une famille recomposée et le fait que, par conséquent, elle soit à la base fille unique. Enfin, elle ne signale aucune autre existence de frère ou de sœur, donc... Ouais, j'suis hyper perspicace comme mec. J'vous emmerde. Je connais pas ce genre de problèmes familiaux. Séparation, divorce, recomposer toute une famille.. Non. La nôtre a toujours été soudée malgré quelques engueulades même si j'me doute qu'un divorce ne se base pas que sur ce fait, d'être soudé ou non. Mes parents n'ont jamais cessés de s'aimer, ce qui en soit est … je sais pas. J'me suis jamais posé la question, ça a toujours été naturel et normal pour nous. Et j'me rends compte que mes pensées recommencent à être brouillonnes, désordonnées.

- Hum … J'aime aussi le Vert mais ça n'a rien de narcissique. Et le Jaune aussi je crois. Je t'avoue qu'en fait je ne me suis jamais réellement posé la question.

Je lâche un rire amusé en lâchant une légère grimace. J'avoue que c'est pas tellement une chose qu'on se demande tous les jours... Le vert pour elle, le jaune pour Kezabel. C'est un signe ?

- J'adore le sucré, j'adore le salé et je mange comme quinze.
- Tu mangeras pour moi alors.

J'suis pas un gros mangeur. Enfin, ça dépend pour quoi. Je sais pas comment c'est possible mais dès que je mets un pieds chez ma grand-mère et que je sens l'odeur de ses plats, j'ai l'impression que mon estomac s'élargit de cinq fois sa taille et que je suis un puits sans fond...
Je jette un œil à Riley, de haut en bas, rapidement. Manger comme 15 et être aussi mince qu'elle, improbable ? Non. Vous avez vu l'énergie qu'elle dépense à longueur de journée ? J'ai l'impression qu'elle ne s'arrête jamais et c'est pas plus mal, j'aime bien quand ça bouge tout le temps, qu'il y est de l'animation même si j'avoue apprécier mes moments de calme et de solitude. Comme tout le monde je suppose.

- Et mon deuxième prénom c'est Sarah.
- Sarah ? C'est hyper bourgeois ça, tu le sais ?

Grand sourire taquin de ma part. Riley Sarah Jenkins. Ouais, ça fait quand même richou hein, mais c'est pas grave, c'est très bien comme ça parce que c'est tellement pas l'image que tu laisse de toi. Je la scrute un instant et j'ai du mal à prendre conscience de ce qu'il se passe autour de nous, nous concernant. Mettre des mots sur tout ça ne me branche pas pour l'instant, je veux juste profiter. J'suis bien avec elle, elle m'apporte un truc en plus que j'apprécie un peu plus à chaque fois. Et lorsque je sens venir le doute, je repense aux mots de Maxime.

Jefferson. Non. On va pas penser à elle finalement.

- Il faut que tu saches que tu viens de passer de vendeur de Tacos à Cowboy.
- Eh, j'suis pas un Rednek !

Je me redresse un peu plus, sourcils froncés, sourire tordu en une grimace de douleur. Qu'est-ce que je déteste être aussi... empoté putain.
Et Cowboy, ça claque quand même non ? Oui, je l'avoue je viens de m'imaginer une fraction de seconde avec mon cheval et mon chapeau, parcourant les plaines... HAHAHA. C'est normal si je viens de voir le visage de Riley se dédoubler ? Je cligne des yeux et me frotte les paupières d'un geste lent.
Je m'apprête à lui lancer une boutade mais je la vois en grande réflexion, sourcils froncés. Y a pas moyen de me guérir genre, maintenant ? Parce que j'ai l'impression d'avoir envie d'elle, là tout de suite.

- J'ai entendu ça à la télé un jour chez mon père … 

Elle réfléchit un peu plus, se perd dans ses souvenirs et j'ai l'envie aussi brutale que spontanée d'interrompre clairement la conversation pour qu'elle vienne là, m'embrasser avec fougue. C'est furtif, l'envie se brise en une poignée de seconde, mais c'était là, un peu comme une flamme qui se ravive en douceur.

- Gaucho !
- Hein ?

Cette fois, c'est moi qui fronce les sourcils. Tu t'moques de moi ?

- C'est ça ! T'es un Gaucho !
- Le Gaucho et Princesse Sarah, on va faire des envieux là.

Moment de silence... Non sans rire, Gaucho ? Vous savez ce que c'est ? Les « gardiens » des plaines de l'Amérique du Sud. Vous avez vu leur gueule. Sans déconner, vous croyez que mes cousins et moi on ressemble à ça ?



HAHAHA.
Non.
Mais ça me faire ricaner quand même parce que je suis bon publique de ce genre de vanne. Preuve, j'suis le premier à le faire. Elle est là, toute fière de sa connerie et elle peut, parce que c'est foutrement bien trouvé et que les seules personnes qui me nomme comme ça sont mes cousins/cousines et j'en fais de même avec eux... Ça me rappelle de bon souvenirs. Je me demande ce qu'ils deviennent... Peut-être qu'un courrier ne serait pas de refus pour avoir des nouvelles Mateo.

Je reviens brutalement à la réalité, surprit et un peu …. désarçonné. Je la regarde se glisser contre moi et à aucun moment je ne l'en empêche. Au contraire, malgré moi ou non, j'en ressens un apaisement qui me surprend, qui m'étonne. Je ne suis pas habitué à tout ça, aux étreintes, aux petites preuves... d'affections et je pense que je vais mettre un sacré bout de temps avant de m'y faire mais force est de constaté que ça ne me dérange pas. Au contraire, ça me plaît. Je passe doucement mon bras par dessus Riley et le glisse dans son dos où ma main glisse sous son tissu, juste pour effleurer sa peau. Léger frisson. Soupire d'apaisement. Je prends conscience que je pourrais rester des heures plongé dans ce moment de calme. Sans penser à rien. Sans penser à ce qui va me revenir dans la gueule d'ici peu. Je prends aussi conscience que Riley sait être aussi vive que calme et que cette balance de comportement est un trait qui me convient. Me … séduit ? Je n'en sais rien, je profites juste pour l'instant.

Les minutes s'écoulent, mon esprit commence doucement à sombrer dans une volute apaisante et calme, chaud confortable. Son corps contre le mien dégage une chaleur reposante.
Riley bouge, je sursaute légèrement ouvrant subitement les yeux. J'crois que je me suis assoupie. Quelques secondes. Ou minutes. Je ne sais pas, ça n'a pas d'importance.

- Je vais te laisser maintenant. Repose-toi bien. Je repasserai te voir demain si tu ne me trouves pas trop envahissante. 
- C'est pas le cas. Tu le saurais sinon.

Baiser sur la joue, sourire de ma part. Oui, si elle était trop envahissante elle le saurait. Parce que que je n'ai aucun filtre pour mes paroles et que je suis d'une franchise assez déconcertante. Mais les faits sont là, je n'ai pas cette sensation d'étouffement. D'envahissement. Elle sait gérer ce temps, cette approche et moi de même. Quoi qu'elle sait mieux gérer que moi, puisque j'suis clairement un idiot qui ne sait absolument pas comment faire dans ce genre de situation et qui se laisse plutôt porté par les émotions. Bref. Pas la peine d'épiloguer sur ça, encore une fois je préfère saisir l'instant présent. Comme toujours. Alors si elle vient demain, non ça ne me dérangera pas. Absolument pas.

Son corps descend du lit sans me lâcher alors que ses lèvres se déposent sur les miennes. Mes mains glissent sur ses bras et son cou, alors que je me délecte de cet instant, me rendant compte que je m'y accroche. Juste une seconde. Une seule petite seconde avant le retour de flamme. Elle s'écarte et je me repose sur les oreilles, sourire aux lèvres. Sourire qu'elle me rend. Je me sens à la fois atone et... fébrile. Je déteste cette sensation de yo-yo.

- T'en auras plus quand tu sortiras d'ici.
- Injustice. J'en mérite encore plus pour cette gueule en puzzle.

Soigne moi, allez. Oui oui, tu peux mettre aussi une petite tenue d'infirmière, ça ne serait pas de refus
Elle rassemble ses affaires et s'éloigne sans me lâcher du regard, m'offrant un signe de la main que je lui rend, lentement sans trop tiré sur mes côtes.

- Je t'attends tranquillement. Enfin aussi tranquillement qu'une Tornade peut l'être.
- Évite de détruire le château en attendant.

Grand sourire de ma part en retenant un rire parce que la douleur commence sérieusement à se réveiller. Elle s'échappe .. et le sourire s’éteint à la seconde où mes yeux se posent sur l'espace vide, puis sur les alentours. Retour à la réalité. L'infirmerie, cette putain d'odeur aseptisé qui n'a rien à voir aux parfums que Katherine dispose généralement ici pour rendre le lieu moins angoissant. L'infirmier qui passe et repasse. Un autre élève au loin qui dort, le bras en charpie. Et moi. Gueule fracassée dont la peau semble se tirer un peu plus à chaque fois. Le départ de Riley vient de placer un courant d'air froid tout autour de mon pieu et je m'étonne à me dire que j'aurai préféré qu'elle reste quelques minutes de plus. Parce que maintenant la réalité me gifle. Je me rétracte sur mes oreillers et dans un ultime effort de douleurs et de grognements, je glisse mes jambes dans le vide. Les deux mains appuyées sur le bord de mon matelas, je serres les dents, transpirant en un rien de temps. Ça fait... combien de temps déjà ? Deux jours que j'ai pas bougé ? Mes jambes sont prises de fourmis et j'attends quelques minutes que l'effet s'estompent. Chacune de mes articulations semblent se bloquer et me provoquent des douleurs qui me crispent toujours un peu plus.

Mon objectif dans tout ça est simple. Chopper le miroir qui se trouve à un mètre à peine de mon lit. Un petit, ovale mais qui suffira amplement à me regarder et à constater moi-même les dégâts. Et j'y parviens, en douceur, tremblant, crispé comme jamais mais j'y arrive. Je saisis l'objet entre mes mains et ouvre les yeux face à mon reflet. Je me braque dans la seconde, serrant le miroir entre mes doigts.
Je suppose que je ressemble plus à quelque chose aujourd'hui que la veille mais mon visage reste enflé, criblé de bleus et d'écorchure. Je n'ose imaginer la gueule que j'ai du avoir en arrivant ici. Un puzzle, j'avais pas tord en me comparant à un jeu en pièces détachées. Et la responsable est la personne que je considère comme ma frangine. Ni plus ni moins. Mon cœur s'accélère, le flot retenu à mon réveil s'évacue en une fraction de seconde dans mes veines comme un torrent de lave.

La violence explose et d'un geste sec j'écrase mon poing dans le miroir qui se fracture avant de le plaquer, reflet contre le meuble, souffle court. Je me sens humilier, réduit à l'état de poupée de chiffon. Un vieux jouet merdique qu'on a estropier. Ouais, humilier. Mais encore pire que ça. Je me sens trahis par ma propre frangine.

RP TERMINE
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Million miles an hour ▬ Mateo   

Revenir en haut Aller en bas
 
Million miles an hour ▬ Mateo
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» OUR SOLEMN HOUR
» 8 miles (film avec eminem en vedette)
» Charlène L. Miles
» Joey Miles [ E.C ]
» Entrainement de Miles Quaritch

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Septième Etage. :: ─ Infirmerie-
Sauter vers: