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 I need a doctor to bring me back to life ▬ Dimitri

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MessageSujet: I need a doctor to bring me back to life ▬ Dimitri   Mer 1 Juil 2015 - 22:07

Dimanche 8 février – Dans la nuit
I need a doctor to bring me back to life



Dimitri & Cameron

I'm about to lose my mind
You've been gone for so long,
I'm running out of time
I need a doctor, call me a doctor
I need a doctor to bring me back to life

Eminem


« Bonne nuit les amoureux. »
« Merci, toi aussi. »

Le dortoir est super calme ce soir, les gars sont tous planqués derrière leurs rideaux ou absents. J'ai discuté un moment avec Enzo à la fenêtre, un joins entre les doigts histoire de me détendre un peu avant d'aller dormir mais il vient de rejoindre Kyle qui s'était déjà endormi depuis un moment je crois, une plume dans la main et un parchemin sur lui. Cette vision nous a fait sourire tous les deux, le Rouge et moi, puis il est parti border son cher et tendre juste après non sans m'avoir demandé avant si ça me dérangeait qu'il dorme là. Je sais que ça n'est pas trop son kiffe de trainer dans notre dortoir donc on ne peut pas dire qu'il soit envahissant mais il nous demande toujours si ça pose un soucis avant de squatter et personnellement j'apprécie la démarche : Il n'est pas là en terrain conquis, c'est assez agréable mais ça ne m'étonne pas spécialement de lui. En plus de ça ils ont été séparés pendant un mois, encore, alors je ne me vois pas lui dire non et j'en ai de toute façon pas du tout envie. Qu'ils en profitent tant que tout le monde est d'accord et c'est le cas, qui sait ce qui peut se passer demain ou même cette nuit ? Tout ça peut se finir en un battement de cœur, on en a tous conscience seulement on essaie juste de ne pas y penser.
Je crois qu'il a capté qu'un truc ne tournait pas rond chez moi depuis quelques temps, il vient de rentrer après avoir vécu sont lot de trucs sordides mais pourtant il trouve encore le moyen de sentir ce genre de choses. T'occupe pas de moi. Ni toi, ni les autres. Kyle ne m'a rien dit, Megan non plus, c'est difficile de savoir concernant ces deux là mais une autre à qui mon état d'absence n'échappe pas c'est Emily et ça n'a strictement rien d'étonnant.

J'ai tenu parole, je n'ai rien dit et jusqu'ici pas de retour de flamme. Coup de bol ? J'en sais rien et je m'en fous, ça n'est pas comme si j'avais peur de lui. Je devrais, je sais, encore et toujours à cause de cette foutue magie mais c'est pas le cas. On se croise, on s'échange des regards noirs et ça s'arrête là mais certaines jours je n'ai qu'une envie : Qu'il me saute dessus pour se venger des coups qu'il a pris il y a quelques semaines. J'ai perdu le compte, je ne compte pas les jours de toute façon, tout ce que je sais c'est que cette semaine j'ai pris un an de plus dans la gueule et si d'habitude je m'en contre-balance je crois que cette fois la pilule est plus difficile à avaler. Je viens d'avoir 23 ans et ma vie ressemble à quoi ? A rien. Je me retrouve sur les bancs de l'école alors que je les ai quitté il y a des années, j'apprends des trucs qui n'ont aucun sens et qui ne m'intéressent pas. Qu'est ce que j'en ai à foutre de savoir comment s'appelle telle ou telle plante ? La vérité c'est ça pourrait effectivement m'être utile un jour mais certains jours je n'aspire qu'à une chose : Qu'on m'efface la mémoire. Oublier tout ça serait tellement plus facile, pas de regard en arrière, aucun regret. Si j'étais totalement égoïste j'embarquerai Emily dans mon délire mais je ne peux pas lui faire ça. Les autres, ils n'ont pas vraiment besoin de moi. Kyle a Enzo, Enzo à son frère, et Megan … Joker. Je me demande parfois à quoi tout ça rime. Et je fume, comme un pompier, des cigarettes mais pas seulement. Je m'anesthésie je crois, parce que j'en ai marre de penser mais le problème c'est qu'à force d'enchainer pétard sur pétard et même si c'est de la bonne ça fini par ne plus me faire tellement d'effet. Je sais que je pourrais calmer la dose sans trop problème – ou peut être que je suis complètement naïf mais je me connais plutôt bien pourtant, je me fais confiance – mais j'en ai pas la moindre envie. En revenant ici après les vacances j'avais pleins de choses en tête, pleins de projets, des trucs qui me faisaient avancer ou en tout cas qui allait le faire, des trucs qui me faisaient dire que ma vie n'est pas sans aucun sens. Pendant les quelques jours passés chez Jill je m'étais renseigné sur tout un tas de trucs, des possibilités de boulot en rapport avec les gosses parce que ça me plait, j'adore bosser avec eux, leur apprendre des trucs, et si ça peut leur éviter de mal tourner et de finir dans la rue couvert de tatouages pour finir avec une balle dans le thorax alors je signe tout de suite. J'ai tiré un trait sur cette vie là et pourtant je m'y sentais à ma place. J'aurai pas pu retourner en arrière après avoir passé deux ans coincé ici mais maintenant je ne sais plus quoi faire. Occupe toi de toi, Cameron ? Je voudrais juste dormir pendant des décennies et pourtant j'ai jamais été un gros dormeur, loin de là même. Je voulais retrouver ma mère aussi, j'étais plein de bonne volonté et tout ça est retombé comme un soufflé, j'ai tout laissé tomber. Y a eu ce truc avec les gars qui se sont fait embarquer, j'ai passé beaucoup de temps à essayer d'être là pour Kyle et le reste m'est un peu sorti de la tête. Tout est rentré dans l'ordre maintenant, j'aurai du rentrer dans l'ordre moi aussi mais ça n'est pas le cas et je le ressens un peu plus chaque jour qui passe.

Ça n'est pas mon genre de me laisser aller mais pourtant c'est exactement ce que je fais depuis quelques temps. J'ai quasiment arrêté d'aller en cours, je continue d'aider les profs mais la plus part du temps je ne suis vraiment pas là, en tout cas mentalement. Je sais pas ce que je veux, je ne sais pas où je vais ni pourquoi, ni comment je dois y aller. C'est le bordel le plus total dans ma tête et par moment j'ai l'impression de devenir fou. Exactement comme en ce moment, en réalité. Il est 4 du matin, est ce que j'ai dormi un peu ? Aucune idée. Tout ce que je sais c'est que je tourne en rond et fixe le plafond comme s'il était la chose la plus intéressante au monde. Je ne tiens plus en place … et c'est comme ça que je me retrouve dans la Salle de Bain du 4ème, seul, les mains posées sur le rebord du lavabo et le regard planté dans mon reflet. J'aime pas ce que je vois, clairement. Je n'aime pas non plus ce que je tiens entre mes doigts, ceux de la main droit, et pourtant je ne le lâche pas. Une petite voix dans ma tête me dit de balancer cette merde droit dans les chiottes sans réfléchir une seconde de plus, c'est un peu comme ce délire de l'ange d'un côté et le diablotin de l'autre. L'un te souffle un truc, l'autre tente le contraire. De la poudre blanche, pas besoin de faire un dessin, ça fait des années que je n'ai pas touché à cette merde, à l'époque je vendais donc je ne touchais pas à la marchandise et de toute façon ça ne m'intéressait pas mais j'ai testé parfois, juste comme ça. Mon truc c'était les pétard, j'ai commencé super jeune et j'ai jamais arrêté mais le reste, les trucs plus fort ? De la merde, ni plus, ni moins. Ceux qui voulaient se péter le crane avec ces saloperies mettaient indirectement de la bouffe dans mon assiette, ça me suffisait. J'ai une pensée pour Rina en cet instant, intérieurement je me dis qu'il ne vaut mieux pas qu'elle se pointe maintenant mais il y a peu de chance et ce pour deux raisons. La première : Qu'est ce qu'elle viendrait foutre là en plein milieu de la nuit ? La deuxième : Elle a quitté le château il y a une semaine. J'espère qu'elle va bien, soit dit en passant. Je ne peux pas dire qu'on soit proches, loin de là même, mais depuis Halloween il y a une certaine connexion entre elle et moi, je crois. On n'en a jamais reparlé, je ne crois pas que ça se produira, mais on sait. C'est tout.

Comment est ce que j'ai fait pour en arriver là ? Comment j'en suis arrivé à me tenir face à un miroir en me demandant si j'allais coller mon nez dans la poudre ou pas ? J'en sais rien, et ça devrait me faire flipper mais je me sens complètement froid et annihilé. Les gestes sont automatiques, visiblement c'est comme le vélo : ça ne s'oublie pas. J'ai pas de carte ni de billet pour faire ça dans les règles mais je me débrouille sans. Une trace, direct sur la tablette attenante au miroir. Une deuxième. Six en tout. Tout ça n'a aucun sens, je ne sais pas pourquoi je fais ça mais je ne cherche pas de raison particulière. Ce truc était dans mes affaires depuis des semaines, un reste de business des vacances de Noël que j'avais complètement oublié. Je suis retombé dessus il y a trois jours, j'ai jamais eu l'intention d'en faire du commerce ici et sans trop savoir pourquoi je ne l'ai pas jeté. J'aurai sans doute du mais je ne le regrette pas pour autant. Soupir. Je me passe la main sous le nez pour effacer les traces de mon pêché sans jamais quitter des yeux mon reflet dans le miroir. Je me fais face, au sens propre comme au figuré, et ça pendant de nombreuses minutes jusqu'à ce que ma vision commence à se troubler. Les tremblements arrivent peu de temps après, idem pour les sueurs froides et l'accélération des battements du cœur. Mauvaise pioche ? Il semblerait. Peut être que c'est simplement mon corps qui – pas habitué – réagit à cette merde chimique que je lui ai imposé mais si ça n'est pas le cas, si c'est simplement de la mauvaise came, qu'est ce qui se serait passé si je l'avais revendu à n'importe qui d'autre ? J'ai pas toujours été regardant sur le sujet, partant clairement du principe que chacun agit en connaissance de cause ou en tout cas de son plein gré. J'ai pas la moindre idée de ce qui a pu arriver à la moitié des personnes à qui j'ai refourgué de la came à l'époque et même si on n'avait pas pour principe de vendre n'importe quoi il suffit d'une fois, d'un mauvais calcul. Certains sont peut être mort à l'heure qu'il est, en attendant personne ne leur a jamais mis le couteau sous la gorge pour qu'ils consomment. Pas moi en tout cas. L'offre et la demande, le business et chacun sa merde. J'ai jamais vendu à des gosses influençables, j'étais peut être pas toujours très regardant quand il s'agissait de fils à papa mais ceux là j'ai jamais pu les encadrer alors oui, j'avais moins de scrupules. On fait tous des choix, c'est tous ce que je dirais. J'ai fait le choix de prendre cette merde, c'est entièrement de ma faute si je me retrouve la tête au dessus de la cuvette des chiottes entrain de vomir mes tripes jusqu'à ce qu'il ne me reste plus que de la bile. C'est entièrement de ma faute si mon ventre se tord dans tous les sens et me fait mal à en crever. Je tiens plus sur mes mains, je ne tiens plus sur mes genoux non plus. Depuis combien de temps est ce que je suis là ? J'en sais rien, j'ai complètement perdu la notion du temps mais le froid du sol me fait du bien, c'est le seul truc que j'arrive à capter pendant que mes yeux se ferment. Je voulais dormir pendant des décennies ... J'suis désolé Sulli.

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MessageSujet: Re: I need a doctor to bring me back to life ▬ Dimitri   Mar 7 Juil 2015 - 13:02

►I need a doctor to bring me back to life◄
Cam’ & Dim



Dimanche 8 février – En pleine nuit

Je ne sais pas si c’est la journée qui a eu sur mes nerfs l’effet d’un cocktail d’adrénaline mais j’ai toujours pas envie de dormir et je ne m’en soucis pas. J’ai toujours été quelqu’un qui aimait bouger et même si je suis un amoureux des grass’mat’, ça ne m’empêche pas d’avoir un penchant pour les nuits courtes, surtout lorsque nous avons un livre aussi passionnant entre les mains ! Celui que Phaedre m’a offert m’offre de toutes autres horizons sur la mythologie et je ne cesse pas de m’étonner à chaque lecture. Mieux encore, je vois là un sujet de cours qui pourrait être amusant pour les élèves. Tout dépend de comment je leur présente ça … Je sais que je suis prof’ d’Etude des Moldus mais étudier la mythologie pourrait être sympa. Peut-être que si je tourne ça comme un jeu, ils pourraient y prendre plaisir. Je ne me suis pas gêné pour le faire pour certaines « matière » d’histoire, comme par exemple leur faire jouer des pièces de théâtre du monde non-magique ou de leur demander d’en créer une à partir d’un évènement historique étudié sur l’année. Bref, j’essaie de faire preuve d’imagination et pour ça, Adrianna et Cameron m’aide de temps à autre. Et d’ailleurs, ces deux-là se débrouillent merveilleusement bien, malgré le coup de mou qui semble les animés tous les deux. Les évènements de Noël peut-être… Ces gosses doivent être épuisés de devoir faire face à ces malades à chaque fois et toujours au moment où l’espoir d’être tranquille renait.

Je finis par m’étirer de tout mon long avant de lâcher un soupire, avachis sur ma chaise de bureau. Tête levée vers le plafond, je pense à Katherine. J’ai répondu à son courrier tout à l’heure et si j’ai bien compris ce qu’elle m’a dit dans sa lettre, Helland ne devrait pas tarder à arriver… ou peut-être même qu’il est déjà là. Je regarde ma pendule ensorcelé et l’heure avancée me murmure qu’il doit sûrement être à l’infirmerie… ou dans son bureau. Non Dim, ne cherche pas. Tu n’iras pas le voir cette nuit. Pourtant, bordel que ça me démange les jambes de bouger et de lui demander de vive-voix comment elle va. Est-ce qu’elle est en meilleure forme ? Elle ne me ment pas ? Elle m’a parlée de quelques séances de chimiothérapie pour éliminer le reste du cancer mais est-elle vraiment sortie d’affaire ? J’ai tout un tas de question à lui poser mais ce que je veux surtout, c’est affronter son regard. Helland n’est pas un manipulateur, ni un menteur, tu le vois clairement à ses yeux de glace qu’il n’est pas là pour perdre son temps. Alors s’il a quelque chose à me dire, il le fera.

Sauf qu’il est presque deux heures du matin et qu’il a sûrement mieux à faire après une semaine passée à l’hôpital… Comme se reposer par exemple. Est-ce que seulement ce type se repose ? J’me le demande, j’ai l’impression qu’il a un frère jumeaux mais que personne ne s’en rend compte tant je le vois partout.

Je sais déjà que je n’arriverais pas à trouver le sommeil, pas en sachant qu’il est là avec plus d’informations en main, mais pourtant je ne vais pas avoir le choix. Je me lève, m’apprête à me mettre en caleçon pour aller dormir mais décide avant tout de satisfaire un besoin naturel. Coïncidence ou non, mais avoir sa chambre dans une pièce adjacente à son bureau me permet également d’avoir un accès direct à la salle de bain et toilettes du 4ème étage, côté garçon. Je pousse une porte dans le fond de ma chambre qui m’amène à un couloir qui lui-même m’amène aux portes des salles de bains et toilettes. Le silence est presque angoissant entre ces murs à cette heure-là de la nuit. Je pousse le battant de bois dans un grincement, me grattant l’arrière de la tête en étouffant un bâillement entre le creux de mon poing. Finalement, la fatigue semble daigné à me rendre visite. Il serait temps, t’es en retard.

Et mes yeux se posent instinctivement sur un corps, affalé sur le côté, au sol. Pâle comme la mort, un liquide verdâtre s’écoulant d’entre les lèvres…

- Bordel ! Cameron !

Je me précipite, glissant sur une flaque d’eau fuyant d’un des toilettes, me rattrapant de justesse au battant d’une des portes avant de m’accroupir à ses côtés, évaluant rapidement les dégâts. Les battements de mon cœur grimpent aussitôt vers des vitesses vertigineuses qui me donnent l’impression que mon myocarde s’est fragmenté en plusieurs morceaux pour se répandre dans mes tempes, ma gorge et mon thorax. Le liquide verdâtre entre ses lèvres n’est autre que de la bile et une odeur caractéristique me fait plisser le nez, sans m’en rendre compte. Une odeur agressive, acide… Je me penche rapidement, vers la cuvette qui se trouve au bout des pieds de Cameron… Tout son repas s’y trouve. Je ne comprends rien à ce qu’il se passe mais la première chose que je fais est de glisser mes deux doigts dans le creux de sa gorge où je pourrais y trouver son pouls. Je ne remarque pas mes mains tremblantes, me concentrant sur ma tâche où mon seul objectif pour le moment est de m’assurer qu’il est vivant.

Ce qui est le cas.

Je secoue son épaule avec force n’osant pas le mettre sur le dos au cas où il revomirait.

- Cameron réveille-toi ! CAMERON !

Aucune réaction. Aucune. Je cherche des yeux un indice de ce qui a pu se passer, sur le sol. Rien. Me dit pas que t’as pris une connerie ? Une tentative de suicide ? C’est pas son genre merde. Depuis combien de temps il est là, inconscient ? 30 minutes ? Une heure ? Plus ?
L’infirmerie. Ouais, l’infirmerie Dim. J’enlève mon tee-shirt aussitôt, courant vers le lavabo pour le mouiller et essayer de le réveiller en essorant le linge sur son visage… mais quand j’arrive devant le miroir, le sang quitte mon visage et la terre se dérobe sous mes pieds. Là, devant moi, un sachet de plastique vide avec une légère trace de poudre blanche à l’intérieur mais surtout, sur la tablette … des restes. De poudre. De… Coke. Putain de merde.

Demi-tour et cette fois je ne me soucie pas de savoir si oui ou non il va revomir. Je glisse mes deux mains sous ses aisselles et le tire en arrière, l’adrénaline me donnant clairement la force nécessaire pour y arriver, d’autant plus que je ne suis pas gringalet. Je l’amène jusqu’à la première douche que je trouve et avant de l’y placer, j’ouvre le jet d’eau, celui du pommeau et jauge la température. De l’eau froide. Pour le réveiller, pour que son cerveau capte cette sensation très désagréable qu’est la basse température et qu’il faut se bouger de là. S’éveiller, renouer contact avec le monde des vivants.
De nouveau je le tire et l’adosse au mur, là où le jet déverse sa froideur, son liquide de glace. Je maintiens son visage entre mes doigts et la première gifle décolle sans que je ne retienne le geste, le but étant de le réveiller.

- Allez mon vieux, réveille-toi putain ! T’ENTENDS ! CAMERON !

Je cris, je fais du bruit, je le gifle encore, le jet toujours sur le sommet de son crâne, sur son visage horriblement blanc, blanc comme la mort. Blanc comme les fantômes qui habitent ce château. Sauf qu’il est vivant et qu’il va le rester. Il n’a pas le choix.

- T’entends ? T’as pas le choix ! Nouvelle gifle. Alors arrête de jouer les sados et reviens !

Et lorsque je perçois un léger froncement de sourcils de sa part et que ses lèvres remuent très lentement, j’ai une vague de chaleur qui s’installe au creux de moi : Celle du soulagement. La conscience est là, elle flotte autour de lui, l’enroule en douceur et essaie de s’immiscer chez lui mais sans succès pour le moment. Je le prends par les épaules, ignorant ses joues rouges vifs sous mes claques, et le secoue sans ménagement.

- EH OH ! CAMERON !

Nouveau froncement de sourcils et cette fois ses yeux s’entrouvrent, très légèrement mais suffisamment pour que je perçoive sa pupille qui repart en arrière, dans un nouvel état de malaise. Fais chier.
Je plonge la main dans la poche de mon jean, sors ma baguette et fait apparaitre un patronus… Pas très concluant. Ouais putain n’imagine pas ce gamin face à toi va mourir. C’est pas le moment. Un souvenir. Un bon. Ton anniversaire, celui d’hier. Ismaelle, Riley… Phaedre. « Mon frère ».

- Spero patronum.

Un aigle ancéolé se forme sous mes yeux de ses filets d’argent, volant à quelques centimètres du sol. De petite taille, mais rapide et discret.

- Helland, Maxence, ou peu importe qui se trouve à l’infirmerie. Urgence, élève inconscient, toilette et salle de bain 4ème étage.

Message bref, précipité et mon aigle ne tarde pas à prendre son envol vers l’infirmerie, traversant aussitôt la porte. Ca n’est que maintenant que je sens les courants d’air froid m’enveloppant, remarquant que je n’avais pas remis mon tee-shirt. J’ignore ce détail, ça n’est pas le plus important. Loin de là.
Je me concentre de nouveau sur Cameron et lui assène des gifles toujours avec la même force, priant je ne sais quel dieu pour qu’ils arrivent rapidement avant qu’il ne choppe une pneumonie ou qu’il ne meurt d’une hypothermie. Qu’est-ce que t’as foutu mon grand ? Pourquoi t’as été sniffé cette merde. J’ai toujours cru qu’il s’arrêtait uniquement aux joints et rien de plus, moi-même il m’arrive de temps à autre d’en fumer un, pour me détendre, pour une migraine ou simplement pour le plaisir. Mais jamais de drogue dure. Et voilà que je le retrouve inconscient pour s’être poudré le nez de cette cochonnerie…

- T’as pas intérêt à me lâcher, t’entends ? T’as encore une putain de vie devant toi.

Oui, même si t’as souvent cru que tu n’avais pas trop ta place ici, tu la trouveras ailleurs. Je sais qu’en étant moldu, il s’emmerde dans ce château. Je sais aussi qu’il a du mal à savoir où il veut foutre les pieds. Mais j’te promets que j’vais pas te lâcher d’une semelle quand tu te réveilleras et s’il faut que je joue les médiateurs pour te trouver un avenir qui te plaira, alors j’vais m’y coller. Mais en attends, réveille toi.

Énième claque qui lui fait de nouveau froncer les sourcils. Je dois le maintenir dans cet état, le maximum de temps possible. Je suis bientôt aussi trempé que lui. Et je sais pas combien de temps s’écoule avant que je n’entende les pas de la délivrance. La porte claque et je me retourne pour faire face à Helland, la chemise déboutonnée, le regard alerte mais non angoissé. Il accoure jusqu’à nous et évalue la situation avant même que je n’ai eu le temps d’ouvrir la bouche.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Je l’ai trouvé inconscient, il a vomit dans les chiottes et j’ai trouvé des traces de coke. Sur la tablette.

Première chose : Je n’ai pas hésité à balancer les détails pour la simple et bonne raison que si je tarde à lui cracher ce que j’ai vu, c’est du temps perdu pour Cameron. Du temps qui peut s’avérer précieux.
Deuxième chose : Si je commence à me la jouer « J’suis pas une balance ! » et que je ne dis rien à Helland, il ne saura pas quel état évalué, ni quoi faire.

Et bordel, je me surprends d’avoir un aussi sang-froid et à me sentir aussi maitre de moi-même, tout en sachant pertinemment que lorsqu’il sera tiré d’affaire, la pression retombera aussi violemment qu’une droite en pleine figure. J’suis prof, j’ai le devoir de protéger les élèves de cette école, de veiller sur eux, peu importe la tranche d’âge.

- Ca fait combien de temps qu’il est inconscient ?
- J’en sais rien mais ça doit faire dix bonnes minutes que je l’ai trouvé.
- Combien pour la dose ?
- J’sais pas j’ai juste trouvé un sachet en plastique.

Je me lève, le prend tout en récupérant mon tee-shirt au sol pour le remettre et lui tend le petit sachet. Il secoue la tête alors qu’il s’est afféré a des gestes précis que je n’ai pas enregistrer.

- Aide-moi à le soulever.

Je n’attends pas une seconde de plus, coupe l’eau et comme Helland, je glisse l’un des bras de Cameron sur ma nuque et le soulève sans trop de mal. A nous deux, il est aisé de le trainer jusqu’à l’infirmerie, non sans nous tirer un essoufflement léger alors qu’il le pose sur un des lits vides. Comme la salle, vide. Pas de patients, pas de présence d’infirmier. Rien, juste nous. Tout se passe incroyablement vite. Leiv a des gestes précis, sûr de lui, rapide et à aucun moment il ne perd le contrôle. En même temps, c’est son job … Je le regarde prendre un premier flacon, puis un deuxième avant de revenir vers Cameron ; Il ouvre le récipient, ouvre la bouche du jeune homme et y glisse 4 pilules bleues vives sous la langue qui fondent instantanément.

- Qu’est-ce que c’est ?
- Un absorbant. Elles vont s’infiltrer dans les organes et le sang pour éponger toutes traces de drogues. Du moins… tout dépend de la dose qu’il a ingurgité.

J’suis incapable d’ajouter quoi que ce soit, me mordant l’intérieur de la joue avec force, mains sur les hanches, passant d’un pied sur l’autre comme si je ne pouvais pas rester en place plus de deux secondes. Le myocarde ne se calme pas, les battements résonnent jusque dans mes oreilles et la première fois depuis que je l’ai trouvé, je détails Cameron. Ce gosse à peine plus jeune que moi, là sur ce foutu lit d’hôpital, toujours aussi blanc malgré mes grosses gifles. Qu’est-ce qu’il t’a pris mon vieux ? Est-ce que tu allais bien plus mal que je ne croyais ? Moi qui pensais que c’était juste un coup de mou ? J’ai pas le souvenir de l’avoir vu complètement péter à mes cours et soutient. Si c’était dans ses habitudes de sniffé de la coke alors il l’a bien caché. Katherine, maintenant lui ? A croire que la mort et ses accolytes rodent autour de nous…

Leiv reste penché vers Cameron et il attend. Je sais pas quoi, mais il le fait. Et les secondes qui s’écoulent me semble foutrement longue…

- Jeune homme ?
- Cameron.
- Cameron ? Tu m’entends ? Ouvre les yeux ou serre-moi la main si c’est le cas.

Une seconde. Puis deux. Et ses paupières tremblent, s’entrouvrent puis laissent enfin apparaitre le bleu de ses yeux.
La pression descend en flèche et j’ai la sensation qu’une pluie de glace s’abat sur mes épaules, les jambes tremblantes et le corps assaillit de frisson maintenant que le stress est retombé et ce, couplé à mes vêtements humide.
Je pousse un long soupir de soulagement en me rattrapant à la table de chevet à côté du lit.

Plus jamais une frayeur comme ça mon grand, plus jamais.
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MessageSujet: Re: I need a doctor to bring me back to life ▬ Dimitri   Lun 20 Juil 2015 - 22:29

Just one more time before I go
I'll let you know
That all this time I've been afraid
Wouldn't let it show

Imagine Dragons ▬ Battle Cry

Le néant, ou presque. Des flashs agressifs, du mouvement, parfois j'ai l'impression que mon corps bouge sans que je ne lui en donne l'ordre. Une présence ? J'en sais rien, je crois que ça s'agite autour de moi mais peut être que c'est simplement ma tête qui tourne trop vite. J'aurai ingurgité la moitié d'une bouteille de javel et les effets auraient été les mêmes j'ai l'impression … Mon ventre se tord dans tous les sens, il hurle et j'ai juste l'impression de crever. J'ai pris des coups de couteau, j'ai même pris des balles, j'ai pris des sortilèges aussi et tout un tas de saloperies pour tester la marchandise de temps en temps même si c'était extrêmement rare en dehors des pétards. Jamais de ma vie je n'ai ressenti une telle douleur et pourtant tout semble s'anesthésier au fur et à mesure. Ça fait … du bien. C'est comme si les lumières s'éteignaient les unes après les autres, je me dis que ça n'est pas plus mal pour dormir non ? Les sons c'est la même chose, tout se transforme en une sorte de sifflement insupportable pour finalement s'atténuer à mesure que les secondes défilent. Les secondes, les minutes, les heures, j'ai perdu toute notion du temps. A la réflexion, je crois que j'ai perdu toute notion … de tout, j'ai perdu toute conscience … J'ai mal, c'est tout ce qui me maintient suffisamment lucide de tout ce qui se passe autour de moi, y compris de moi même.

Qu'est ce que t'as foutu Cameron ? Sérieusement, à quoi t'as pensé ? A rien, j'ai pensé à rien, j'voulais plus penser à rien. C'est tout. Je ne pensais pas que ça se passerait comme ça mais … et alors ? J'ai atteint mon but, est ce que ça n'est pas tout ce qui compte ? La réponse est clair, nette, précise et limpide mais je la renie en bloc.
Le choc est brutal, glacial même et c'est là que je prends réellement effet de ma température corporelle je crois : Une fois que la chaleur que je dégage qui pourtant se nourri de frissons glacées rencontre l'humidité froide de … de quoi ? Deuxième choc. Tout ce que je ressens c'est ma joue. Sursaut d'éveil.

« Allez mon vieux, réveille-toi putain ! T’ENTENDS ! CAMERON ! »

Un gémissement m'échappe, en tout cas j'en ai l'impression mais peut être que tout ça est dans ma tête, y compris cette voix que je perçois au loin. Est ce que c'est mon prénom que j'ai cru entendre ? Aucune importance. J'ai froid. Pourquoi est ce que cette humidité me saisi les os comme ça ...

« T’entends ? T’as pas le choix ! »

Le son résonne dans ma tête, mon ouïe fonctionne mais de manière un peu abstraite alors que le toucher lui est bien là. Nouveau choc.

« Alors arrête de jouer les sados et reviens ! »

La vue ? J'ai cru oui pendant quelques secondes mais c'est de nouveau le trou noir, l'absence totale. Par moment les sensations reviennent puis repartent aussitôt, j'ai l'impression de nager en plein océan et d'être renvoyé vers le fond chaque fois qu'une vague me tombe dessus. Qu'est ce que je fais : Est ce que je me laisse entrainer totalement vers le fonds ou est ce que je me mets à battre des bras et des jambes pour remonter à la surface et y rester ? Sincèrement, je n'en sais rien. A ce stade, non, je n'en sais plus rien.

~*~

Je suis allongé, j'arrive à percevoir mon corps. Le sol ne me semble plus aussi froid que tout à l'heure, ni aussi dur à la réflexion. Petit à petit je reprends conscience de mon être apparemment, de ce qui m'entoure aussi. La douleur est toujours là mais beaucoup moins vive, c'est comme si une partie s'était déplacée dans ma tête pour me coller une migraine magistrale. J'ai les joues toutes engourdies, un peu douloureuse aussi. J'ai froid, j'ai l'impression d'être trempé et … Qu'est ce qui se passe ? Où est ce que je suis ? Je ...

« Jeune homme ? »
« Cameron. »
« Cameron ? Tu m’entends ? Ouvre les yeux ou serre-moi la main si c’est le cas. »

Deux voix distinctes même si encore lointaines. Mon prénom. L'une d'elles plus familière que l'autre. Je nage toujours en eaux troubles, je ne sais pas vraiment où se trouve la surface mais je sens que certaines émotions reviennent au coup par coup. L'une d'elle semble prendre le dessus sur les autres quand les cases de ma mémoire se remette en place : La colère.

Breathing life
Waking up
My eyes open up
Comatose

Skillet ▬ Comatose

J'ignore combien de temps ça me prend mais mes paupières s'ouvrent. Je plisse les yeux presque instantanément, la lumière bien que faible m'aveugle et me donne la sensation d'être entrain de me brûler la rétine. J'ai un sale goût dans la bouche, la tête me tourne et je me rends compte que je n'ai absolument pas envie de voir ses deux visages dont les contours deviennent de plus en plus clairs à mesure que les secondes défilent. Cette colère est bien présente, je sais qu'elle n'est pas dirigée contre eux mais bien contre moi. Tout me revient par bribe et … j'ai honte, c'est aussi simple que ça alors les premiers mots qui m'échappent sont les suivants :

« Foutez moi la paix ... »

C'est à peine audible je pense, ça n'a pas la moindre importance. L'instant d'après je m'agite, nerveux, absolument pas maitre de mon corps mais quand je les sens s'approcher j'ai cette réaction que je ne contrôle pas :  Je les repousse violemment. Dans mon esprit ça me semble violent, dans la réalité je suis bien trop faible pour que ça le soit réellement.

« FOUTEZ MOI LA PAIX PUTAIN ! »

J'ignore complètement d'où me vient ce sursaut d'énergie mais la surprise semée chez eux m'offre une fenêtre de sortie, une marge de manœuvre, une faille dans laquelle je m'engouffre en me laissant rouler sur le côté jusqu'à ce que mes pieds touchent le sol. Stupide. Je sens mes jambes se dérober sous moi, la chute est inévitable et sans trop savoir pourquoi au lieu de me rattraper au lit c'est à une table pleine d'instruments, de potions ou de je ne sais pas quoi que je tente de m'accrocher en me penchant en avant. Erreur. Mes bras ne me tienne pas plus, je glisse et me retrouve par terre après m'être cogné la tête sur le coin du meuble. Le sol me réceptionne brutalement, ma joue se colle contre le froid et un grognement m'échappe alors qu'un filet de sang parvient jusqu'à ma bouche. C'est l'arcade, non ? C'est rien, la tête ça saigne toujours beaucoup.

« Merde ! »

Cri de rage, de frustration, surement un peu de désespoir aussi. Je tremble des pieds à la tête, la situation m'échappe totalement, je m'échappe totalement, et lancé dans ma tentative pitoyable d'évasion je me vois entrain de ramper sur le sol jusqu'à ce que je rencontre un mur contre lequel j'abdique finalement. Assis par je ne sais quel miracle, le dos en appuie, à moitié affalé néanmoins, les mains dans les cheveux, poings serrés, et les genoux repliés vers moi, le visage planqué derrière mes bras, je sens les larmes rouler sur mes joues. En cet instant j'aimerai simplement disparaître mais les sanglots que je tente de retenir m'étouffent, une crampe à l'estomac me plie en deux. T'es plus qu'un déchet mon pauvre vieux, regarde toi … Qu'est ce que t'as foutu ?
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MessageSujet: Re: I need a doctor to bring me back to life ▬ Dimitri   Sam 25 Juil 2015 - 23:31

J'ai cru voir venir le pire en le trouvant allongé dans cette salle de bain, inconscient. J'ai cru le voir tout simplement mourir, pousser un dernier souffle. J'l'aurai pas supporté. Ce sont les aléas de la vie, le cours des choses et toute ces conneries de cycle, que si ça devait arrivé, ça devait arrivé. Point. Mais j'ai pas envie d'entendre toutes ces merdes ce soir, j'ai encore les jambes tremblantes face au soulagement de le voir ouvrir les yeux et bordel... Je sais pas ce que j'aurai fais si Cameron n'avait pas survécu, que ça soit sa faute ou non. Même de ça, on s'en fou. Ça changera rien au fait qu'il a faillit y passer. Le plus important c'est de le voir ouvrir les yeux devant nous. Je me passe une main sur le visage, lâchant un soupir lourd de sens. Tu m'as foutu une de ces trouilles. Une vraie trouille qui te prend aux tripes, qui te donne l'impression que ton cœur va imploser, qui te colle des frissons et déverse en toi un flot d'adrénaline. Mais aussi qui te donne l'envie de pleurer de soulagement. De t'écrouler sous les nerfs. Il y a eu le cancer de Katherine et maintenant, l'état de Cameron...

Pourquoi tu as fais ça ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Est-ce que je dois voir ça comme une simple erreur de dosage ? Ou une manière d'en finir ? Je ne sais pas, j'ai trop de question qui sont entrain de me ronger de toute part et c'est pas le moment. Je ravale tout ça, balayant mes ressentis d'un geste de la main. Cameron est un type bien. A peine plus âgé que moi, il se retrouve entre ses murs sans trop savoir pourquoi. Il est là et c'est tout. Peut-être pour sa « famille », ses amis, un tout. J'en sais rien. Mais j'ai appris à le connaître un peu plus chaque jours et de le voir dans cet état me touche bien plus qu'on ne pourrait le croire. Sinon, je ne serais pas là, blanc comme un mort après avoir paniquer en silence.
Maintenant que le soulagement est là, vient l'inquiétude de savoir ce qu'il s'est passé mais encore une fois, je me tais. C'est pas le moment.

Cameron s'éveille, cligne et plisse des yeux. Leiv ne bronche pas et je ne dis rien non plus. J'attends avec patience qu'il se manifeste.

- Foutez moi la paix ...

Je devine plus que je n'entends ce qu'il dit de sa voix éraillée et à la seconde où Leiv s'approche de Cameron, tout s’enchaîne. Se déchaîne. Il s'agite, nerveux, peut-être désorienté, je ne sais pas mais mon premier réflexe est le même qu'Helland, m'approcher pour le calmer.

Erreur. C'est comme l'effet d'une allumette sur une plaque d'essence, tout s'embrase. Il repousse mollement ma main et le bras d'Helland qui tente de le maintenir couché mais même si la force n'est pas à son maximum, la violence elle transpire dans ce geste. Il subit notre présence comme une agression et c'est une réaction logique. Il s'est fourré cette merde dans le nez et maintenant il se réveille entouré de deux profs dont l'un est un ami. Je ne sais pas dans quel état d'esprit il était lorsqu'il a prit cette poudre mais les choses ici sont clairs : Ne pas le toucher. Le laisser respirer. Je n'entends même pas l'infirmier parlé tellement j'suis concentré sur Cameron.

- FOUTEZ MOI LA PAIX PUTAIN !
- Cameron ! Arrête !

Nouvel éclat d'énergie qui, cette fois, me surprend autant qu'il surprend Leiv. Si bien que nous avons deux petites secondes d'hésitation. Secondes qui suffisent à Cameron d'agir. Et à le regarder comme ça, j'ai clairement pas l'impression qu'il sort d'une espèce de malaise provoqué par un sachet de drogue. Il est comme un animal que l'on croit endormit : Imprévisible. Il se roule sur le côté et malgré mon réflexe sortie de nul part, je n'ai pas le temps de me jeter par dessus le lit pour le rattraper et le forcer à rester couché. Même chose pour Leiv. Cameron paraît toujours si calme, serein et posé... ici c'est tout l'inverse. Il est à peine reconnaissable dans sa manière de bouger, de crier.

Il touche le sol et s'écroule dans la seconde, échappant aux mains de Leiv qui ont tentés de le retenir alors que je m'empresse de faire le tour du lit d'un pas rapide. Bordel. La petite tablette d'instruments se renversent avec lui dans sa chute, étalant autour de lui tout un foutoir en métal auquel je ne prête pas attention. Parce que ce qui prime en cette seconde, c'est le bruit sourd que fait son crâne contre le meuble. Leiv, d'ordinaire peu expressif laisse échapper un juron, suivit d'un cri d'exclamation qui vient de surgir de ma gorge. L'horreur prend possession de mes sens et de l'ensemble de mon corps. Tout s'est passé à une vitesse ahurissante, comme si, quoi que l'on fasse, nous n'arriverions jamais à temps pour lui venir en aide. Les gestes sont confus, désordonnés et pressés, et quand je me rue sur Cameron pour l'aider à se relever, un barrage s'impose à moi, brutale mais qui m'arrête net dans mon élan. Les deux mains de Leiv sont posées sur ma poitrine et un seul regard de sa part suffit à me faire passer un message. En temps normal, je l'aurai poussé avec violence ne l'envoyant se faire foutre, parce que le mec qui est entrain de pisser le sang au sol c'est Cameron, pas un mec que j'connais pas. Parce que le mec qui vient de pousser un hurlement de rage alors qu'il se retrouve à ramper sur le sol pour s'éloigner, est un ami. Ça me prend aux tripes, ça me donne des envies de jeter Helland par dessus le lit et de courir vers Cassidy mais je n'en fais rien. Mâchoire serrée, je détourne mes yeux des siens et glisse mon regard vers le jeune homme, souffle court.

L'image qui s'impose à ma vue éclate toute barrière, brise quelque chose chez moi qui affaisse lentement mes épaules. Quand vous avez l'habitude de voir quelqu'un tous les jours avec ses airs assurés, presque inébranlable, à maintenir ses émotions dans le creux de ses paumes pour réussir à en obtenir un contrôle quasi-parfait, il est toujours brutale de voir cette fameuse personne en position de faiblesse. Ici, le choc est pour moi brutale et violent. Cameron s'adosse contre le mur, poins serrés autour de ses cheveux, genoux repliés contre sa poitrine et visage dissimulé derrière ses bras. L'image que j'ai en cet instant me fige sur place, faisant naître un nœud au creux de mon estomac. Puis s'élève les sanglots. Profond. Déchirants.
Il pleure et je sens mes dernières barrières s'écrouler. Toute une détresse s'impose, toute une douleur explose et me touche, me marque. J'ai pas l'habitude de le voir comme ça. Non en réalité, je ne l'ai JAMAIS vu dans cet état de vulnérabilité qui lui donne en cet instant, dix ans de moins. Je ne suis sûrement pas l'ami le plus proche qu'il possède, loin de là, mais les faits sont là : Je suis présent et j'compte pas le laisser dans cet état, sans me manifester.

La main de Leiv se pose sur mon épaule et je ne sursaute même pas, trop focalisé sur ce que je vois et entends et qui me retourne l'estomac dans tous les sens. Cameron n'est pas le genre de garçon à se laisser aller comme ça et si je le retrouve aujourd'hui dans cet état, c'est parce que quelque chose de plus profond l'habite ou le bouffe. J'en sais rien mais la profondeur des sanglots parlent d'eux-même. La détresse de sa position également.

Je fais un pas. Puis un deuxième. Tout ça en douceur mais spontanément. Je ne réfléchis pas une seconde, laissant faire le naturel et je m'approche de lui, sans brutalité et surtout avec précaution. Je ne sens pas Helland me retenir et je pense que lui-même n'en a pas envie, préférant laisser une personne qui le connaît plus ou moins bien pénétré son espace vitale.
Je m'adosse au mur et glisse lentement, à sa droite. Une seconde, puis deux et mon bras gauche entoure ses épaules en douceur avant de le rapprocher vers moi et le caler contre mon épaule. Ma main glisse dans ses cheveux que je maintiens, avec la même lenteur et douceur, sans un mot. Ça n'a rien d'une pleine étreinte où je pourrais le serrer contre moi, dans mes bras. Ouais, j'pourrais mais je le fais pas, parce que je le connais suffisamment pour savoir que ce geste pourrait le braquer. Alors je me contente de l'étreindre à demi, d'un seul bras et de le caler contre moi. Lui faire simplement sentir que j'suis là malgré tout ça. Je le laisse évacuer tout ce qu'il garde sur ses épaules depuis un certain temps je pense, en réalité je ne sais rien de lui ou du moins, pas suffisamment pour savoir ce qui peut le ronger autant. Sa présence entre ses murs qui l'étouffent ? Je ne sais pas mais j'le lâcherais pas.

- T'es pas tout seul. T'entends ?

J'suis peut-être pas la personne que tu veux à tes côtés, ni celle qui te connais le mieux mais j'suis là. Peu importe ce qu'il se passe parce qu'en cette seconde, je me fou de ce fossé entre élève et prof. Je m'en fou de leur déontologie qui dicte que même dans des situations comme celle-ci, il faut savoir garder une certaine distance. Cette distance n'a jamais réellement existé entre lui et moi alors, on s'en tape.
Je me sens bien plus maître de moi que tout à l'heure, gardant sous contrôle ce qui me rendait fébrile cinq minutes plus tôt. Helland reste en retrait, ne bougeant pas d'un millimètre, gardant le silence avec patience.

- On va te sortir de là. Quoi que ce soit.

Je ne sais pas ce qu'il se passe, ni ce qu'il a, mais je reste là, attendant que les larmes se tarissent.
Je ne te lâcherais pas.
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MessageSujet: Re: I need a doctor to bring me back to life ▬ Dimitri   Lun 27 Juil 2015 - 21:31

Can you feel my heart ?

Parce que moi je le sens, je le sens même un peu trop bien là qui bat comme un fou dans ma poitrine alors que mon corps tout entier hurle de douleur. Nausées, sueurs froides, crampes, tremblements, je ne lui épargne rien et tout ça pour quoi ? Pour un instant de connerie sans nom. T'es tellement con mon pauvre vieux, pourquoi t'as fait ça ? Parce que j'ai pas trouvé d'autre solution ou plutôt parce que je n'ai même pas cherché à en trouver. J'aurai juste pu le dire, l'accepter et le dire : Ça va pas, aidez moi. Seulement ça n'est pas ce que j'ai fait et en plus de le cacher aux autres je me suis mentis à moi même. Voilà où j'en suis aujourd'hui : A chialer comme un gosse recroquevillé sur moi même, le visage en sang, dans un recoin de l'infirmerie d'une putain d'école de Magie. J'ai juste … rien à foutre là.
Dans les faits non, mais c'est plus compliqué que ça sauf que j'ai cette petite voix dans ma tête qui me fracasse le crane de l'intérieur : Arrête les frais. Relâche la pression. Laisse toi aller. Tout ça n'est pas une question de fierté mal placée, ce genre de truc ça n'a jamais été moi. J'ai ma fierté mais exposer mes faiblesses n'est pas quelque chose que je rechigne à faire, je ne serais pas prêt à jouer au con juste pour la préserver. J'ai juste … tout nié en bloc mais quand je sens la présence de Dim je ne peux pas m'empêcher d'avoir un mouvement de recul pour autant. Il est là, assis à côté de moi et si je le sens je ne le regarde pas. Le sang commence à sécher sur ma joue, il me tire la peau et son odeur renforce la nausée mais j'en fais abstraction. Je voulais m'anesthésier, j'ai réussi.

Contact.

D'abord le bras autour de mon épaule, j'accepte. Sa main dans mes cheveux ? J'accepte aussi. Le contact physique n'a jamais été quelque chose qui me pose problème et ce même si mon père m'a cogné sur la gueule les 5 premières années de ma vie. La vie en communauté m'a fait apprendre à apprécier ces moments, serrer un de ses frères dans ses bras n'a rien d'une ineptie. Ça soude, ça montre l'absence d'une barrière stupide. Je ne suis pas de ceux qui voient leur virilité menacée quand un autre homme s'approche trop prêt, je trouve même ça complètement puéril mais chacun sa vision des choses et ses ressentis. Tout ce que je sais c'est que je n'essaie pas de me défaire de ce contact, au contraire : J'y plonge à cœur et à corps perdus ...

« T'es pas tout seul. T'entends ? »

Ces putains de larmes sont entrain de m'étouffer et pourtant elles sont comme salvatrices. J'ai mal partout c'est un fait mais j'ai le sentiment d'être entrain de me libérer d'un poids, comme si l'oppression qui me serrait la cage thoracique éclatait morceau par morceau à mesure que je m'abandonne complètement. Hey Einstein, si ça fonctionne pour les autres pourquoi est ce que ça ne fonctionnerait pas pour toi ? T'es foutu comme tout le monde tu sais. Sauf que les autres ils ont capté que laisser la soupape de décompression faire son taf était une question de survie … Mieux vaut tard que jamais, non ? En espérait qu'il ne soit pas trop tard pour ramasser tous les petits morceaux de toi que t'as laissé un peu partout depuis deux ans.

Et je me rends compte d'une chose : Le soulagement. Je suis soulagé que ça soit lui qui m'ait trouvé et ramassé là bas dans ma déchéance. Lui, Helland, peu importe. Mais pas Emily, pas Kyle, et pas Megan non plus. Je sais que je ne suis pas tout seul … mais pas eux. Je ne peux pas leur faire ça. Et peut être qu'il serait temps que j'admette avoir autant besoin d'eux qu'ils n'ont besoin de moi, si ce n'est plus. Parce que t'es comme ça mon pote, ta vie c'est les autres, le fait qu'ils aient besoin de toi, sauf qu'il se passera quoi le jour où ça ne sera plus le cas ? Tu seras tout seul, sans rien, sans personne, et tu t'en rends compte maintenant alors que tu te retrouves blottis comme un enfant contre ce gars que tu connais depuis peu mais a qui t'as accordé ta confiance. Peut être pas comme un frère, mais comme un ami.

« On va te sortir de là. Quoi que ce soit. »

Si au moins je le savais …

~*~

5h30. C'est l'heure qui est affichée sur l'horloge murale juste en face de moi. J'ai vomis tripes et boyaux après m'être vidé de mes larmes. Mon estomac et ma gorge recommencent tout juste à se sentir a peu près bien et la douche ne m'a pas donné de coup de fouet, elle m'a endormi, m'a réchauffé, m'a lavé de tout ça. J'en suis là, assis sur le lit, calme, dans des vêtements propres et chaud, une tasse fumante de je ne sais trop quoi entre les mains. Le doc a dit que c'était bon pour moi alors j'obéis, je bois sans me poser de question. Il s'est occupé de mon arcade, Dimitri est toujours là. Un soupir, long et profond m'échappe. C'est ce qu'on appelle probablement le calme après la tempête et si je tiens encore éveillé c'est simplement parce que … certaines choses doivent être dites. Maintenant. Parce que demain ça sera trop tard. Le pire est visiblement passé, mon corps a rejeté une bonne partie de la merde que je lui ai collé dans les tissus et je me sens complètement vide.

« Je sais pas pourquoi j’ai fait ça … »

Vide, exactement comme mon regard qui fixe maintenant le sol sans vraiment le voir.

« J’voulais pas … »

Je ne voulais pas en finir, voilà ce que j'essaie de dire mais ça ne sort pas. Est ce que ça devrait m'inquiéter ? Est ce que je me plante ?

« J’crois pas. J’sais pas. »

Gardant la tasse dans une de mes mains je me frotte le visage de l'autre et pour la première fois depuis de longues minutes je regarde mes vis à vis droit dans les yeux, chacun leur tour.

« Merci. »

Qu'est ce qu'il me serait arrivé si personne ne m'avait trouvé ? Après tout, les probabilités pour que quelqu'un me tombe dessus à cette heure là de la nuit étaient assez faible et je m'en serais voulu à mort si c'était tombé sur Kyle, Enzo, Drew, Matthew ou pire Emily. C'est moi le grand frère pour la moitié d'entre eux, ça n'est pas à eux de me gérer mais l'inverse. C'est comme ça. Pour eux j'aurai du rester infaillible mais le karma s'est chargé de me rappeler que je ne le suis pas, que je suis juste … un homme. Avec ses forces et ses faiblesses. Juste un type qui a trop tiré sur la corde et qui s'est oublié en cours de route. Je crois.

« Je sais plus vraiment où j’en suis, je … »

Hésitation. Je ferme les yeux un instant comme si ça pouvait m'aider à rassembler mes idées puis les rouvre sans les regarder cette fois.

« J’en prends jamais. Je tourne pas mal aux pétards c’est vrai mais ça, cette merde, j’en prends jamais. Je l’ai ramené par inadvertance de Londres, c’était juste pour faire du business à l’extérieur histoire de renflouer un peu les caisses mais je l’ai retrouvé dans le fond de mon sac et … »

Et j'ai merdé. T'as ramené de la coke dans une école en plus de ça, et après tu penses être bien placé pour t'occuper de gosses ? Laisse moi rire. C'est de l'inconscience.

« J’avais juste envie de plus penser à rien. La weed est plus assez efficace pour ça, je crois que mon corps et ma tête se sont trop habitués alors quand j’ai vu ce truc … »

J'ai hésité, longtemps, et puis mon cerveau s'est décablé pour ne plus penser à rien. Les gestes ont été d'un automatisme déconcertant ...

« J’ai déconné, je sais. »

Si parler me semble difficile c'est simplement parce que je suis épuisé, aussi bien nerveusement que moralement sans parler du physique mais j'ai l'impression que les mots ont besoin de sortir. Pour moi. C'est pour moi que je verbalise de cette façon, pour me mettre devant l'évidence. Pour ouvrir les yeux.

« J’ai tiré un trait sur ma vie d’avant, sur ma famille, et j’ai donné tout ce que je pouvais pour prendre soin des miens ici mais je crois que dans tout ça j’ai oublié que j’existais. »

La boule que j'ai dans la gorge depuis le début de ce monologue devient un peu plus lourde, parce que je m'en veux de ressentir ça. Je m'en veux de … rejeter en quelque sorte la faute sur les autres. C'était à moi de dire stop, de prendre soin de moi, de ne pas … m'oublier et j'ai pas su le faire. C'est tout.

« Je crois que je ne sais plus comment me souvenir de moi-même, comment me réveiller et trouver un sens à tout ça. »

Est ce que je vais y arriver maintenant ? Comment le savoir … Oui j'ai touché le fond ou en tout cas ça y ressemblait mais je ne pense pas que ce genre de choses se règlent en si peu de temps, si ? Il y a deux heures j'étais entrain de crever au pied d'une cuvette de toilettes, la joue collée sur le sol glacial. Non, ça ne peut pas être aussi rapide et je le sais.

« Est-ce que je peux rester là quelques jours ? Je crois que j’en ai besoin. »

Seul. Sans personne. Juste … moi. Au moins pendant 24h.

« Et désolé de vous avoir pourri votre nuit à tous les deux. »

Est ce l'esquisse d'un sourire ? Oui, on dirait bien. Le sourire d'un mec qui a besoin de dormir pendant une semaine entière je dirais.
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MessageSujet: Re: I need a doctor to bring me back to life ▬ Dimitri   Sam 8 Aoû 2015 - 12:32

Il s’est blotti contre moi, en douceur et je l’ai gardé comme ça jusqu’à ce qu’il vide tout ce qu’il y a éjecté. Il aurait pu y passer la nuit que je n’aurai pas bougé de ma place, à le tenir dans le creux de mon bras. Et pendant tout ce temps où il a sangloté, où il a vomit tout ce qu’il pouvait, son corps rejetant la merde ingurgité. Pendant tout ce temps où il est partie prendre une douche pour se laver, se détendre. Pendant tout ce temps passé avec Helland, en silence. Oui, pendant tout ce temps je me suis demandé ce qu’il s’est passé. Est-ce qu’il a sniffé cette merde et qu’il a tout « simplement » mal dosé ? Ou est-ce que ça va bien au-delà de ça et qu’il l’a fait consciemment ? Imaginer Cameron vouloir en finir est presque inimaginable. Pourtant… Certains doivent si bien cacher leur jeu que vous pourriez les croire sur parole qu’ils vont bien. Et peut-être était-il de ce genre-là. Je n’en sais rien et je ne le jugerais pas sur la question. L’important est qu’il aille « bien » et que nous puissions le sortir de ce trou noir où il semble s’être fait engloutir. Et c’est dans ces moments là que j’me dis que le job de prof ne se limite pas qu’à enseigner tes cours tout le long de l’année. Il y a aussi le côté humain qui va bien au-delà de l’enseignement.
 
Et maintenant, nous en sommes là. Helland s’est occupé de son arcade, puis lui a filé une tasse fumante entre ses mains. Une boisson à base de plante qui lui fera du bien, si nous l’écoutons. Il s’est incroyablement bien occupé de Katherine alors j’ai envie de lui faire confiance et le laisser faire. De toute façon, il est qualifié pour ça donc, aucun risque. Ce qui nous préoccupe maintenant c’est ce jeune homme assit sur le bord du lit, les épaules voûtées. J'ai pas l'habitude de le voir comme ça et je ne cache pas que ça me file des crampes au bide, que ça me touche plus que je ne veux le croire. Il pousse un long soupire et nous attendons, Helland et son regard interrogateur suffisent à faire comprendre à Cameron qu'on aimerait savoir ce qu'il s'est passé mais s'il ne souhaite pas en parler, personne ne pourra l'y forcer.
Katherine et son cancer. Maintenant, Cameron et cette came. J'ai la mâchoire crispée et j'attends le verdict. Parce que cette foutue question me taraude toujours. Dis moi que tu ne l'as pas fais exprès...

- Je sais pas pourquoi j’ai fait ça …

Je pourrais ressentir du soulagement mais ça n'est pas le cas. Il ne sait pas, ce qui peut pousser à croire qu'involontairement, il voulait autre chose. Ou pas. Il est paumé, plus que je n'aurai pu le croire. Son regard fixe le sol alors que le mien et celui de Leiv ne le lâche pas.

- J’voulais pas... J’crois pas. J’sais pas. 

Et merde. Je me redresse légèrement, toujours les mains glissées dans mes poches alors que Leiv est assit en face de lui, sur son tabouret, toujours droit comme un « i » mais le visage beaucoup plus serein et chaleureux qu'il ne peut laisser paraître au quotidien. J'ai l'impression que ce type n'offre sa vraie nature qu'à ceux qu'il soigne ici. Peu importe,  c'est pas le sujet. Je me recentre sur Cameron qui, cette fois, nous regarde tour à tour.
Le fait qu'il ne sache pas, n'est pas rassurant. Loin de là. Et où est-ce qu'il a trouvé cette merde ?

- Merci.
- Ne t'en fais pas.

C'est Leiv qui lui répond et moi je secoue la tête dans un geste qui traduit exactement ses paroles. Oui ne t'en fais pas. T'es vivant, là, assit sur ce lit et c'est tout ce qui compte. Le tout est de maintenant s'assurer que ça ne se reproduira pas. Et pour ça, il faut comprendre le sens de tout ça. Et quand on y pense... avec toutes les merdes qui nous tombent sur le coin du nez avec ces fous furieux qui tentent de venir envahir une école, détruire une autre, le pendu que nous avons retrouvé, leur précédente séquestration... C'est à se demander si nous n'avions pas de la « chance » de ne pas avoir eu de tentatives de suicides ou de profonde dépression. Certes, ces gosses ne doivent pas lâcher parce qu'il est déjà assez dur pour nous de maintenir leur sécurité ici, au château, mais bordel... Est-ce qu'on peut vraiment leur en vouloir de péter une durite à un moment donné ? Non. Ils vivent avec la peur constante de se faire décimer comme s'ils n'étaient qu'une foutu brindille sur une pelouse alors, oui, ils ont le droit à leur crise à eux aussi.

- Je sais plus vraiment où j’en suis, je …

Il hésite. Nous attendons.

- J’en prends jamais. Je tourne pas mal aux pétards c’est vrai mais ça, cette merde, j’en prends jamais. Je l’ai ramené par inadvertance de Londres, c’était juste pour faire du business à l’extérieur histoire de renflouer un peu les caisses mais je l’ai retrouvé dans le fond de mon sac et …

Leiv ne bouge pas mais je peux percevoir sur son visage un imperceptible rictus de contrariété. Un élève a ramené de la coke au sein d'une école qui est désormais plus bouclée qu'une prison. Cette merde aurait pu tombé entre les mains de n'importe qui et faire bien pire comme dégât. Est-ce qu'il est utile de lui claquer ça dans la tronche ? Non. Je ne prétends pas connaître Cameron par cœur, loin de là, mais le peu que je connais de lui me pousse à croire que ça n'est pas son genre de faire ce genre de stupidité, mais aussi de prendre suffisamment conscience de sa connerie pour que nous n'ayons pas besoin de l'engueuler comme si il avait dix ans.
Et en plus ce grand dadet annonce ouvertement qu'il vend ça à l'extérieur et qu'il fume des pétards ici... Si j'suis parfois un peu laxiste, ça n'est pas tellement le cas d'Helland. Cependant, nous pouvons au moins reconnaître son honnêteté.

- J’avais juste envie de plus penser à rien. La weed est plus assez efficace pour ça, je crois que mon corps et ma tête se sont trop habitués alors quand j’ai vu ce truc …

Ni Leiv, ni moi, ne l'interrompons. Car nous sommes conscient qu'un mot de travers peut le braquet et le faire se refermer comme une huitre.

- J’ai déconné, je sais.

Et comment bordel. Tu m'as foutu la trouille de ma vie. Rina et toi devriez prendre un abonnement.

- J’ai tiré un trait sur ma vie d’avant, sur ma famille, et j’ai donné tout ce que je pouvais pour prendre soin des miens ici mais je crois que dans tout ça j’ai oublié que j’existais. Je crois que je ne sais plus comment me souvenir de moi-même, comment me réveiller et trouver un sens à tout ça.

Cette fois, je fronce les sourcils. Nous arrivons au cœur du problème et ce que j'y comprends c'est que, tout simplement, Cameron a trop tiré sur la corde et repoussé ses limites. A se donner aux autres aveuglément, il en a oublié son existence, sa propre personne, oubliant que lui aussi pouvait arriver à une limite qui foutrait ses défenses en l'air. Donc, est-ce que nous pouvons conclure que finalement …. Non. N'y pense pas. Je lâche un léger soupire. Ni de lassitude, ni d'agacement. Peut-être simplement d'épuisement. Il est plus de 5h30 du matin et la nuit a été éprouvante moralement, surtout pour lui. La peur passée, les nerfs se relâchent, la fatigue se pointe. Et je crois que c'est le cas pour Cameron qui a le visage plus tiré que tout à l'heure si c'est encore possible. Je le revois étendu sur ce carrelage, blanc comme la mort... Je l'ai cru parti, sans vie et cette angoisse ressentie à ce moment là n'est pas prête de me quitter. Ni l'image.

- Est-ce que je peux rester là quelques jours ? Je crois que j’en ai besoin. Et désolé de vous avoir pourri votre nuit à tous les deux.
- J'ai toujours dis que tu étais un emmerdeur.

Ce sont les premiers mots que je prononce depuis tout à l'heure et ma voix est quelque peu éraillée. Je ne devrais peut-être pas sortir ce genre de chose devant Helland, pas après ce qu'il s'est passé mais Cameron saura que j'essaie simplement d'alléger l'ambiance, accompagnant son sourire du mien, essayant de faire abstraction de ces flashs où je le giflais sous cette douche avec pour seule angoisse de le voir mourir.
Leiv reste assit et me jette un regard à la dérobée avant de prendre un ton détendu, une voix calme et... apaisante.

- Tu peux rester autant de temps dont tu as besoin. Je vais t'aménager un lit à l'écart pour que tu puisses te reposer quelques jours.

Il pourrait presque me bercer et me rendre plus tranquille. C'est la première fois que je le vois à l’œuvre avec un élève et … ouais. OK. J'suis bluffé et j'ai presque l'espoir que finalement, t'es pas qu'un gros Iceberg.

- Je suis conscients de ne pouvoir te forcer à rien Cameron, mais si toutefois l'isolement et le repos ne te suffit pas, je te conseille de prendre un rendez-vous auprès de Mr Kingsley, le psychologue de l'école. C'est un bon ami à moi et j'ai confiance en ses compétences.

Il ne laisse le temps à personne de réagir et reprend aussitôt.

- Je sais également que beaucoup de personnes voient cela comme une faiblesse ou prendrons ce genre de recommandation comme une insulte en pensant que nous les croyons fous, mais ça n'est pas le cas. Parler à quelqu'un extérieur à tout ça comme tu viens de le faire avec nous, pourra peut-être t'aider à dénouer ce que tu n'arrives pas à comprendre seul. C'est son métier, il saura t'aider si tu ressens le besoin d'aller lui parler de tout ça.

Je reste en retrait et le laisse faire. Il sait ce qu'il fait, il n'est peut-être pas psy mais il est … médecin ou infirmier, je n'ai jamais trop su en réalité, mais je suppose qu'il a déjà du voir des cas comme celui de Cameron.

- Prends le temps d'y réfléchir. Et concernant ce que tu as ramené au château, je compte simplement sur toi pour ne pas réitérer ce geste.

Il se lève en esquissant un léger sourire et je sais que cette preuve de confiance risque d'être fatale si elle s'en trouve être brisée. Je m'attendais à une colle de la part de Leiv mais il n'en fait rien. Je ne saurais dire pourquoi en vu de son intransigeance habituelle...

-  Ah et j'aurai peut-être besoin d'un petit coup de main pour arranger un peu l'infirmerie Samedi prochain. Disons... vers 15h. Une heure devrait être suffisante.

Je me retourne vers lui et le regarde esquisser un sourire sincère avant de faire demi-tour pour aller lui faire une place au fond de la salle. Sa voix n'avait rien d'agressive, au contraire... Elle était presque taquine, même si sa formulation ressemble à une heure de colle, la manière de présenter ça n'a rien d'une autorité imposée de manière brutale, froide et sans appel. Helland me surprend décidément de jours en jours. Il sait tout simplement faire la part des choses et s'adapter à la situation je suppose.
Mon regard se reporte sur Cameron qui est toujours assit là, la fatigue se lisant clairement sur ses traits. Je le détails quelques secondes avant de lâcher un sourire en coin. Si tu savais la trouille que tu m'as foutu... Tout ce que je souhaite maintenant c'est qu'il remette de l'ordre dans ses idées et que surtout, ça ne se reproduise pas. Je sais pas si nous pouvons considérer tout ça comme un appel à l'aide, tirant la sonnette d'alarme pour nous faire comprendre que quelque chose merde quelque part, mais je vais faire comme si.

- J'suis désolé si t'as encore un peu mal aux joues mais j'ai pas lésiné sur les gifles.

Je m'approche de lui et pose une main sur son épaule que j’enserre légèrement entre mes doigts, de manière affectueuse. Je suis soulagé de le voir en meilleur état que tout à l'heure, même s'il a l'air plus épuisé. Au moins, il ne vomit plus, il ne souffre plus. Du moins pas physiquement.

- Si jamais t'as besoin de quoi que ce soit d'autre, t'hésites pas, ok ? En attendant repose toi, pense un peu à toi.

Prof ou pas, à ce stade on s'en tape un peu. Il sait qu'il pourra compter sur moi, quoi qu'il arrive.

- Tu veux que je préviennes quelqu'un en particulier ?

Puisque je suppose que beaucoup ici tiennes à toi. Mais je suppose aussi que tu voudras peut-être le faire toi-même.
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MessageSujet: Re: I need a doctor to bring me back to life ▬ Dimitri   Mar 11 Aoû 2015 - 18:28

« J'ai toujours dis que tu étais un emmerdeur. »

J'écrase un rire en me passant une main sur le visage avant de boire une nouvelle gorgée de ce truc non identifié qui me fait irrémédiablement du bien. A mesure que les minutes défilent je me sens partir mais de la bonne manière cette fois. Le sommeil. Un long et profond sommeil m'attend, il m'appelle et j'ai hâte de le rejoindre mais certaines choses doivent être réglées en premier lieu et je n'ai pas l'intention de les esquiver alors je me secoue un peu intérieurement pour garder le contact autant que possible. Tour à tour je les regarde et au fond de moi un important sentiment de gratitude se manifeste à leur égard. Je ne le montre peut être pas, je suis comme ça, mais je le pense et le ressens. Je débranche et rien que ça me fait du bien mais quand le regard glacial de Helland me capte je fais ce que je peux pour revenir à 100% de mon attention.

« Tu peux rester autant de temps dont tu as besoin. Je vais t'aménager un lit à l'écart pour que tu puisses te reposer quelques jours. »

Pas de merci formulé, juste un signe de tête. Bien souvent les mots ne sont pas le plus important et même si j'ai conscience qu'ils méritent d'être formulés de temps en temps en cet instant il ne sortent simplement pas. Je n'ai pas l'impression qu'ils soient indispensables, d'autant plus quand je comprends qu'il n'a pas terminé de parler.

« Je suis conscients de ne pouvoir te forcer à rien Cameron, mais si toutefois l'isolement et le repos ne te suffit pas, je te conseille de prendre un rendez-vous auprès de Mr Kingsley, le psychologue de l'école. C'est un bon ami à moi et j'ai confiance en ses compétences. »

Je le regarde droit dans les yeux, nouveau signe de tête pour lui montrer que ses mots sont enregistrés mais un soupire m'échappe malgré moi. Ça n'est pas de la lassitude ni de l'agacement, simplement une manifestation de mon corps qui s'exprime pour moi. Aller chez le psy ? Sincèrement ça ne fait pas partie de mes mœurs et l'idée d'aller raconter ma vie à un inconnu ne me branche pas plus que ça. Je sais que ça peut en aider certains mais je ne pense pas que ça fonctionnerait pour moi.

« Je sais également que beaucoup de personnes voient cela comme une faiblesse ou prendrons ce genre de recommandation comme une insulte en pensant que nous les croyons fous, mais ça n'est pas le cas. Parler à quelqu'un extérieur à tout ça comme tu viens de le faire avec nous, pourra peut-être t'aider à dénouer ce que tu n'arrives pas à comprendre seul. C'est son métier, il saura t'aider si tu ressens le besoin d'aller lui parler de tout ça. »

Est ce que j'en ressens le besoin ? Non. Si je dois parler de ça à quelqu'un ça sera à un ami, un membre de ma « famille » parce que non pour une fois je ne ressens pas le besoin de les protéger de ça. J'ai eu un moment de faiblesse, je ne vois pas pourquoi ils n'auraient pas le droit de le savoir. Me voir dans cet état est une chose, une chose que je n'aurai pas vraiment apprécié je le sais, mais en parler … Je ne crois pas y être réfractaire. De plus j'ai beau avoir toujours eu l'habitude de vivre en communauté, de n'avoir jamais été seul, ça n'est pas de cette façon dont j'ai été élevé. Les problèmes on les règle soit même … Je sais que si on ne m'y force pas je n'irai sans doute pas volontairement voir cet homme. Et si on m'y force … je crois que ça serait encore pire à la réflexion.

« Prends le temps d'y réfléchir. Et concernant ce que tu as ramené au château, je compte simplement sur toi pour ne pas réitérer ce geste. »

Je crois que je n'ai pas vraiment de réaction suite à ce qu'il vient de dire même si au fond de moi je sais que je pourrais tenter de me défendre en lui expliquant que je n'ai simplement pas fait exprès. D'une je n'ai pas la force pour ça, ni l'envie en réalité, et de deux les faits sont là : Sciemment ou pas j'ai fait rentrer cette merde entre les murs de cette école et j'en assume pleinement les conséquences. Ça aurait pu être dramatique si c'était tombé entre les mains d'un gosse et si je retombe sur celui qui m'a refourgué cette merde il risque de comprendre qu'il a fait une erreur. Je sais ce que c'est que le business mais de ce côté là j'estime avoir les mains propres : Je n'ai jamais vendu de mauvaise came. Le profit était l'enjeu certes mais pas à n'importe quel prix même si je ne ressentais pas une once d'intérêt ni de respect pour la majorité des clients à qui je vendais. Tout ça pour dire que non, je ne réitèrerais pas ce geste, c'est une certitude et encore une fois c'est par un signe de tête que je réponds. Levez la main droite et dites « je le jure » … Non, merci. Il se lève, je le suis une seconde du regard puis regarde Dimitri sans réel but, me disant simplement que c'est peut être son tour de prendre la parole s'il a d'autres choses à me dire mais mon attention se focalise presque aussitôt à nouveau sur Helland.

« Ah et j'aurai peut-être besoin d'un petit coup de main pour arranger un peu l'infirmerie Samedi prochain. Disons... vers 15h. Une heure devrait être suffisante. »

J'esquisse un faible sourire, un sourire amusé, le message est reçu cinq sur cinq.

« C'est noté Doc. »

C'est une punition, ni plus, ni moins, mais elle est amenée d'une telle manière que je ne me sens pas agressé. J'ai fait une connerie et je dois en payer le prix, c'est comme ça que ça fonctionne alors tant qu'il ne joue pas les représentants de l'Autorité avec moi je suis facilement prêt à accepter sans rechigner. Il a fait ça de manière subtile, je m'y plierai sans rechigner et peut être même avec le sourire.
Quand mes yeux dérivent à nouveau vers Dimitri je le sens qui m'observe et le laisse faire sans me sentir épié ou quoi que ce soit. Je lui ai fait peur, je peux le comprendre et quelque part je m'en veux bien sur mais ce qui est fait est fait. Il a été là pour moi, il ne m'a pas laissé tombé, il s'est inquiété comme il l'aurait peut être fait avec n'importe qui mais quelque part je le prends personnellement. Au fil du temps il est devenu un ami, c'est ce que les amis fonds et j'espère pour lui ne jamais avoir à lui rendre la monnaie de sa pièce mais il pourra compter sur moi en cas de problème. Encore une fois c'est comme ça que ça fonctionne dans mon monde à moi – où il n'y a pas que des poneys – et je ne me sens pas redevable, ça n'a rien à voir.

Nouvelle gorgée ...

« J'suis désolé si t'as encore un peu mal aux joues mais j'ai pas lésiné sur les gifles. »

… sourire en coin tandis que je le regarde par en dessous, penché sur ma tasse.

« T'en fais pas, ça se paiera. »

Ce soir … ce matin ? J'ai failli y passer mais non je n'ai pas perdu mon sens de l'humour. Le jour où il aura disparu celui là, c'est à ce moment là que je m'inquièterais réellement et il se trouve que ces dernières semaines il se faisait plutôt rare. Il aura fallu que je touche le fond pour le retrouver mais c'est plutôt bon signe, non ?

« Si jamais t'as besoin de quoi que ce soit d'autre, t'hésites pas, ok ? En attendant repose toi, pense un peu à toi. »

Encore un sourire bien qu'il soit teinté d'épuisement. Encore un signe de tête, quelques secondes de silence, une énième gorgée de cette mixture brulante ...

« Merci Dim. »

Pour … tout ça, tout ce que tu as fait cette nuit. Je m'en souviendrais mais ça n'est pas la peine d'épiloguer maintenant. Tout ce qui devait être dit l'a été, de mon côté en tout cas.

« Tu veux que je préviennes quelqu'un en particulier ? »

Instantanément je me redresse et prend une profonde inspiration, légèrement … perturbé ? Non ça n'est pas vraiment le mot. Le fait est que ma première réaction bien qu'elle n'ait pas été formulé fut la suivante : Non. Et pourtant ça n'est pas ce qui sort de ma bouche au bout de quelques instants alors que je me ré-affaisse un peu dans un nouveau soupire.

« Ils vont me tuer si j'te dis non. »

Et si je connais le calme olympien de Kyle et celui de Megan je connais aussi le caractère explosif d'Emily. Elle mettrait le château à sac pour me trouver s'il le fallait et je n'ai pas envie de lui faire ça. Je n'ai pas envie qu'elle panique, qu'elle ait peur. Je n'ai pas le droit de lui faire ça.

« Emily, Kyle et Megan. Si tu les croises. Si ça t'embête pas. C'est gentil. »

Tôt ou tard je devrais rendre des comptes même si je sais qu'au moins deux d'entre eux ne me poseront probablement pas de questions. Je ne crois pas avoir l'intention de cacher quoi que ce soit à qui que ce soit de toute façon mais pour l'instant je n'ai simplement plus envie d'en parler ni d'y penser.

« Et Grasham si jamais je ne suis pas sorti lundi, histoire de le prévenir que je ne pourrais pas venir en cours pendant quelques jours. »

Le Prof de Self-Défense, qui pourra tout à fait se passer de moi je pense mais c'est plus pour la forme qu'autre chose.

« D'ailleurs j'suis désolé de te lâcher si ça doit arriver. »

Adrianna est là aussi bien sur et puis Dimitri est parfaitement capable de gérer ses cours sans notre aide de toute façon. C'est juste une valeur ajoutée et en ce qui me concerne quelque chose que j'aime réellement faire.

Maintenant il est temps de clore ce chapitre jusqu'à ce que j'ai pu dormir quelques heures et ces deux là méritent de retrouver Morphée aussi alors après avoir terminé le liquide qui se trouvait dans la tasse je me lève et adresse un léger sourire à Dimitri : Un sourire plein de reconnaissance.

« On se voit plus tard. »

Quelques minutes plus tard, alors que je me suis installé dans un lit un peu écarté du reste, c'est un sommeil lourd qui vient m'emporter. Un sommeil sans rêve.

▬ Fin ▬
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