AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 7861
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri   Jeu 25 Juin 2015 - 13:16

Samedi 7 Février 2015 – Début de matinée
Happy Birthday, Muffin !



Dimitri & Ismaelle

C’est temps si on ne peut pas dire que tout est calme dans le château. En l’espace d’un mois et demi il s’est passé tellement de choses que ça en donnerait le tournis à n’importe qui mais par je ne sais quel miracle tout le monde à l’air de garder le cap. Plus ou moins. Disons que chacun fait ce qu’il peut et comme il peut. La chute de Salem donc l’arrivée des rescapés/réfugiés qu’il a fallu gérer avec donc tout ce que ça implique – je comprends la réticence et la méfiance de certains quant au fait de laisser entrer des inconnus à Poudlard après les deux ans d’enfermements qu’on a tous vécu ici, c’est difficile de faire confiance après un tel traumatisme – l’attaque du 25 décembre dont certains sont toujours en train de panser les plaies qu’elles soient visibles ou non, la disparition de Jake et l’angoisse qu’elle entraine derrière elle, la disparition des Ryans aussi puis leur retour, le départ en urgence de Rina pour Sainte Mangouste, les gestions de crises parmi les élèves, comme le renvoie de Marcus Finsher, entre auters, etc … Non, clairement, on ne s’ennuie pas ici et d’autant moins quand on a tout un tas de paperasse et de questions de ressources humaines à gérer. Oh, la gestion des stocks aussi, parce qu’il faut bien nourrir tout ce petit monde, etc … On a de la réserve, heureusement, et pour l’instant on arrive à gérer le flux mais qui nous dit qu’un jour ou l’autre ces ordures n’arriveront pas à nous couper les vivres ? Je sais que c’est une source d’angoisse supplémentaire de penser à ça mais je ne crois pas qu’il faille écarter l’éventualité. Chaque chose en son temps et aujourd’hui je n’ai pas envie de penser à toutes ces angoisses, ce stress, ces choses à gérer. Aujourd’hui c’est samedi et même si la journée va être bien remplie quand bien même c’est le weekend, même si j’ai pris le temps de m’entrainer ce matin, de faire le tour des créatures pour assurer les soins quotidien, etc … c’est un tout autre but que j’ai en tête pour le moment et il n’a strictement rien à voir avec le boulot ou une quelconque responsabilité. C’est … personnel, mais surtout amical.

Aujourd’hui nous sommes le 7 février et à l’instar de Cameron qui a pris un an de plus il y a quatre jours, un autre jeune homme de ma connaissance gagne une année supplémentaire aujourd’hui. Je crois que je peux le dire à présent, il est devenu un ami et une personne envers qui j’ai beaucoup d’affection. Je crois que la soirée qu’on a passé tous les deux l’autre fois a scellé ce sentiment en ce qui me concerne et c’est bien évidemment – ou pas – de Dimitri dont je parle. C’est également lui que je viens de prendre en filature dans le couloir après avoir fait un petit détour par les cuisines, une idée bien précise en tête. A vrai dire, j’ai l’impression d’avoir 14 ans en cet instant et je me surprends à avoir un sourire jusqu’aux oreilles doublé d’une envie de rire incroyable. Ismaelle Luna Stoneheaven, t’apprêterais-tu à faire une bêtise ? Ouh la la … Ahum. Non, ça n’est pas une bêtise à proprement parlé, juste une petite attention et quelque chose qui me tient à cœur. C’est d’autant plus le cas parce que je vois bien que le départ de Rina et surtout son état de santé le préoccupe beaucoup même s’il n’en parle pas spécialement. On est tous très occupés certes mais ça n’est pas pour autant qu’on doit oublier de faire attention aux autres et ça me rend triste de le voir comme ça. Bien sûr que je m’inquiète aussi pour notre belle espagnole et bien sûr que j’attends des nouvelles et j’imagine qu’on en saura plus quand Leiv reviendra mais ça n’est probablement rien face à ce que doit ressentir Dimitri étant donné leur lien qui me semble être assez fort. C’est un mauvais coup de plus pour son moral, par conséquent j’espère réussir à le faire sourire un peu …

C’est donc pour ça que je débarque dans son espace vital, sautillante et souriante – une vraie gamine – et lui plante sous le nez un muffin surplombé d’une bougie.

« Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire … Muffin ! Joyeux anniversaaaaaire ! »

Ismaelle, aurais-tu de la fièvre ? Tu viens vraiment de chanter joyeux anniversaire en plein milieu du couloir ? Oui. Tu viens vraiment de l’appeler … Muffin ? Oui, il semblerait. Oh ça va ! Un peu de légèreté dans ce monde de brute, ça ne fait pas de mal et ça n’est pas parce qu’on est « vieux », prof et qu’on a des responsabilités qu’on ne peut pas s’amuser et se détendre un peu. Je dois avouer que le pauvre Benjamin et sa tarte à la crème ont bien joué leur rôle hier ... Comment tu veux garder un semblant de sérieux devant les élèves alors que tu as juste envie de rire ? C'est difficile. En plus de ça on n’est pas vieux, qu’est-ce que c’est que ces conneries au juste ? Il a 25 ans ! C’est un bébé ! Et je n’ai que 3 ans et quelques mois de plus que lui autant dire rien du tout.

« Tu m'as vu danser, tu peux bien m'entendre chanter. On est comme un vieux couple toi et moi, plus rien à se cacher et t'as même gagné un surnom dans l'histoire. »

Promis, je n’ai pas pris de drogue ! Et la poudre blanche sur ton muffin c’est simplement du sucre glace si jamais tu en doutais.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité


Invité
MessageSujet: Re: Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri   Lun 6 Juil 2015 - 16:25

►Happy Birthday, Muffin !◄
Isma & Dim



Mardi 3 Février – Tôt le matin, chambre de Dim'

J'ai passé une nuit de merde, comme la précédente, à tourner et virer de tous les côtés, hanté par des cauchemars assez troublants, horribles et surréalistes. Nous arrivons au 5ème jour de son absence et les seules nouvelles que j'ai sont celles de Leiv. Une courte lettre, de quelques lignes, pour m'avertir que Rina passait des examens complémentaires, qu'elle se portait au mieux et qu'elle me recontacterait très prochainement pour me donner plus d'informations. Et moi j'suis là, comme un pauvre abrutit, à me faire un sang d'encre, essayant de rassurer dans un sourire ces gamins à peine âgé de 12 ans qui me demandent où est Rina, qu'elle va bien et qu'elle a juste prit quelques vacances. Je ne sais pas ce qu'elle a et le fait qu'elle ne m'écrive pas elle-même ne fait qu’accroître mon inquiétude. Si TOUT allait bien, elle m'aurait déjà envoyé un courrier. J'en suis certain.

Je suis assis sur le bord de mon lit, me frottant les yeux de la paume de ma main et si je suis déjà réveillé à 5 heures du matin c'est à cause de deux choses : Un cauchemar et ce hibou qui n'arrête pas de cogner à ma fenêtre.

- Ca va. Bordel.

Je me lève, vêtue uniquement d'un pantalon de pyjama, me gratte l'arrière de la tête et ouvre rapidement la fenêtre pour laisser entrer l'animal mais un courant d'air glacial pénètre aussitôt dans la chambre et me glace la peau par la même occasion. Je saute d'un pied sur l'autre avant de claquer la fenêtre en serrant les dents, me frictionnant les bras tout en me dirigeant vers le hibou qui s'ébroue les plumes.

- Y a intérêt à que ça soit important pour me réveiller à 5h du mat'.

Oui j'suis un peu grognon mais j'devais avoir encore deux bonnes heures de sommeil devant moi et là, autant dire que c'est foutu. Je me recoucherais pas. Je détache avec précaution l'enveloppe et laisse le Hibou s'installer sur le rebord de la fenêtre, ayant sûrement besoin d'un peu de repos suite à son trajet. Lorsque mes yeux se posent sur l'écriture, mon cœur fait un violent bon dans ma poitrine.

Rina. Sûr, à 100%. Et je ne peux m'empêcher d'avoir ce léger sourire en coin des lèvres et les doigts tremblants. Il est inutile de dire à quel point elle me manque et à quel point j'ai la sensation de vivre avec une part de moi en moins depuis qu'elle n'est plus au château. Elle est … comme ma sœur. C'est presque plus profond que ça. C'est Rina, c'est tout. Heureusement, Riley est présente, malgré cette tranchée prof/élève. Il n'est pas rare que nous nous retrouvions à l'abri des regards pour parler un peu et à l'occasion, pour la prendre dans mes bras parce qu'elle reste … ma petite Riley ? La petite sœur que je me dois de protéger, chose que je m'évertue de faire au mieux, en gardant un œil sur elle au loin, discrètement. Comme je le fais avec Phaedre.

Je n'attends pas de me rasseoir et déchire le papier de l'enveloppe, sortant la lettre où je reconnais ici aussi l'écriture de Rina.

« Cher Dimitri,

Je suis désolée que tu n’aies eu jusque là pas de nouvelles, j’aurais aimé t’en fournir un peu plus tôt. Ne m’en veut pas, je n’ai pas eu réellement le temps de te fournir plus d’explications.

Dimitri, ce que j’ai à te dire n’est pas vraiment facile. Je ne sais pas comment m’y prendre, mais il faut que tu saches que tu es l’une des seules personnes que je me dois de tenir au courant.
Il y a dix-neuf ans, j’ai perdu ma mère d’un cancer généralisé. Elle s’est battue deux ans durant, aucun traitement n’a été susceptible de la guérir, et elle est décédée. On dit que cette maladie à des facteurs d’hérédité. J’imagine que fumer et boire n’a pas aidé à me préserver. Ils ont découvert une tumeur cancéreuse sur mes poumons et ont statué le problème au stade 2. J’imagine que je dois vous remercier, si j’avais attendu encore il aurait été mué en stade 3, je me suis voilé la face et je vous ai inquiété, je suis désolée.

Au moment où je te parle, ils m’ont opérée, ont réussi à enlever la tumeur et un de mes poumons est amputé de son lobe inférieur. Je t’écris ces mots, fatiguée, il m’est difficile de me remettre de cette opération, mais ça va aller. Je vais rencontrer aujourd’hui le médecin qui me donnera la suite du traitement. Le plus dur dans cette histoire pour moi, et pour l’instant, c’est d’arrêter de fumer. Ça me manque vraiment mais je ne compte pas retomber dans cet enfer, c’est promis.

Surtout ne t’inquiètes pas, j’ai contacté Victoria et je vais lui rendre visite quelques jours. Cet hôpital me file des frissons. Envoie-moi de tes nouvelles, tu me manques et j’aimerais que tu sois là. Leiv te demanderas deux-trois petites choses.

Prends soin de mon oiseau, et de toi surtout.
Réponds-moi vite.

Te quiero, hermano.
Rina. »

Corps lourd. Cœur en vrac. L'impact des mots m'ont rendu fébrile, tremblant, je me suis senti m'asseoir sur le bord de mon lit. Ce que je sens aussi, c'est un liquide brûlant qui s'écoule sur mes joues, sans sanglots, lèvres serrées.

Cancer. Stade 2. Opération. Mère morte. Victoria.

C'est comme une sale histoire, comme un truc qui vous explose à la gueule, comme la mort d'un proche que vous n'acceptez pas, plongé dans le déni le plus total.
Pas ma Rina. Pas Katherine.
Et puis, c'est quoi … cette histoire de mère décédée ?

Et c'est là que j'prends conscience que j'connais rien de Katherine. Je la considère comme ma sœur, comme un membre à part entière de ma vie, de mon existence, de ce que je suis. Et tout ça, sans la connaître. Sans savoir ce … qu'elle a fait avant de venir ici, sans savoir quelle est son histoire... Et maintenant j'me retrouve comme un pauvre con à apprendre que sa mère est morte d'un cancer qui lui a été légué comme un lourd fardeau. Un fardeau meurtrier.

Un cancer, putain. Une putain de maladie qui la rongeait depuis tout ce temps. J’aurai dû insister plus lourdement, j’aurai même dû la trainer hors de ce château de force pour qu’elle suive les consignes d’Helland.
Ok. Oui, un cancer, mais ils l’ont opérés et elle m’écrit, c’est que tout va mieux ? C’est ce que j’ose espérer croire entre ses lignes, entre ses mots. Pourtant, cette boule dans la gorge ne dégrossie pas, ne veut pas prendre le large. J'aurai dû venir avec elle ce jour-là, j'aurai dû tous les envoyer se faire foutre et être là-bas, auprès de Katherine à lui prendre la main et à la rassurer, lui dire que tout ira bien. Je devrais être à la place d'Helland. Je n’arrive pas à trier ce qu’il se passe dans ma tête, ni à analyser toutes ces vagues d’émotions qui me traversent mais je me sens trembler, perdre un peu contenance et perdre pieds tout court. Trop de chose tombent d’un coup, trop d’évènements, trop d’instabilités. La frustration d’être coincé ici à attendre commence déjà à me rendre dingue, mais surtout, cette prise de conscience me gratte de l’intérieur comme un animal.

... mais il faut que tu saches que tu es l’une des seules personnes que je me dois de tenir au courant.

Sa mère est morte. Dois-je comprendre dans cette phrase qu’elle n’a plus personne ? Qu’elle n’a plus de famille à prévenir en cas de problème ? Me dite pas que j’ai fait toutes ces boulettes en parlant de ses parents, sans savoir qu’elle n’avait plus personne, remuant le couteau dans la plaie sans avoir conscience qu’en réalité, sa seule famille n’est plus là.
Je me passe une main dans les cheveux et dans l’ombre de cette chambre, alors que le château dort encore paisiblement au même rythme que la douce respiration du hibou sur ma fenêtre, un lourd sanglot se détache de mon torse et se fraie un chemin le long de ma gorge. La lettre glisse au sol et le front entre les paumes j’évacue ce qu’il y a à évacuer, pour la première fois depuis de nombreuses années.

Samedi 7 Février – Matin

Je sens une main chaude me secouer doucement l’épaule alors que je suis couché sur le côté, dos à la porte de ma chambre. Je fronce les sourcils et mon cerveau s’extirpe lentement du sommeil, sans violence, en douceur.

- Debout Dimitri, c’est l’heure… C’est un jour particulier aujourd’hui.

Je reconnais la voix qui s’élève avec un son feutré, presque maternel et ma surprise est réelle. Est-ce que je ne rêve pas ? Est-ce que c’est bien ma propre sœur que j’entends avec ce timbre de voix, à proximité de ma personne ? J’ouvre les yeux, inquiet, désorienté et me retourne en m’asseyant. Je me frotte les yeux comme pour me réveiller totalement, plissant les paupières sous la faible lueur du jour. Mon regard se pose sur ma sœur qui se trouve assise sur mon lit, juste à côté de moi, un sourire sur les lèvres et le visage totalement apaisé. C’est tellement inhabituel que j’en suis inquiet.

- Quelque chose ne va pas ?
- Pour moi, ça va.

Elle tire un paquet déposé au sol et me le tend toujours avec un sourire, sans me lâcher de ses grands yeux bleus si semblable à ceux de papa.

- Joyeux anniversaire, mon frère.

Deux choses se produisent à la seconde où sa phrase s’achève :

La première : Mon cœur explose littéralement dans ma poitrine simplement pour le mot « mon frère ». Depuis que je suis arrivé à Pourdlard, jamais elle n’a prononcé ce terme en s’adressant à moi. Les seules fois où elle se permet de l’employer et ce, de manière rare, c’est pour me situer dans sa vie auprès des autres. Mais jamais lorsqu’elle s’adresse à moi. Et ça, c’est un putain de cadeau d’anniversaire, le meilleur. Le plus sincère. Je crois qu’elle aurait pu juste me dire ça et partie, ça m’aurait suffi.

La deuxième : Elle y a pensée. Elle le sait, je sais pas comment, ni pourquoi… peut-être grâce à ces dons et son talent, les planètes etc ou simplement parce qu’elle a pris la peine de faire des recherches mais… Elle est là. Pour moi. Pour me le souhaiter et accessoirement m’offrir ce qu’elle tient dans la main.

Et j’ai clairement dix secondes de bug, de retard à ma réaction. Je suis là comme un con pour la centième fois de la semaine à la regarder, sans rien dire avant qu’elle n’insiste d’un haussement de sourcils et qu’elle avance un peu plus le paquet. Mes yeux se baissent sur ce dernier que je prends entre mes mains, avec précaution. Pas un mot ne sort d’entre mes lèvres, j’en suis foutrement incapable parce que oui, je suis ému. Bordel. En revanche, un sourire commence à naitre au coin de mes lèvres, puis s’élargit sans difficulté.
Mes doigts entreprennent de déchirer le papier soigneusement plié et j’en sors un livre dont la couverture est juste… ahurissante. Un minotaure entouré d’un serpent avec en fond le système solaire, est inscrit en relief sur une couverture de cuir. Les gravures sont parfaites aux détails près, annonçant un titre qui illumine mon regard. Un bouquin sur la mythologie magique de la divination…

Je l’ouvre et tombe sur des dessins fait à la plume, animés, avec des annotations précises.

- Woaw…

J’en suis soufflé. Elle sait que la mythologie est mon sujet de prédilection comme la divination l’est pour elle. Ce bouquin regroupe nos deux domaines et m’offre la satisfaction d’y voir un second signe de rapprochement.

Je relève mon regard brillant de joie vers elle et la prend sans hésitation dans mes bras, la serrant en douceur contre moi, m’imprégnant pleinement de sa présence. Je sais à quel point elle a sentie cet orage qui planait au dessus de mon crâne depuis que Rina est partie à St Mangouste mais encore plus depuis que j’ai reçu la lettre m’annonçant son cancer. Je sais qu’elle sent ce genre de chose, sans que je n’ai à lui parler de tout ça avec des mots précis. Plus le temps s’écoule, plus Phaedre me semble présente, adoucit… voir, fraternel. Et il ne pouvait pas m’arriver meilleure chose en ce moment.

- Merci, ma sœur.

Je m’écarte, la gratifie d’un sourire rayonnant alors qu’elle me le rend, une main posée sur mon avant-bras. Je prends le livre entre mes mains et le brandit :

- Attention, avec ça je vais être encore plus incollable que toi, t’en es consciente ?

Nos rires se mêlent en douceur et c’est avec l’âme d’un enfant que je profite de la présence de Phaedre durant une bonne heure, à discuter. Ouais, à discuter bordel. Comme deux frères et sœurs normaux. Sans frontières, ni barrières.

¥

« PS : Peux-tu avertir Ismaelle de tout ce que je t’ai dit dans la précédente lettre ? Je te fais confiance pour ça et je suis trop fatiguée pour écrire une seconde lettre avec des termes si lourds. Dis-lui que je me rattraperais très prochainement et que je l'aime. »

Nouvelle lettre de Rina ce matin, me souhaitant un joyeux anniversaire et si la dernière reçue m’a complètement assommé, celle-ci me redonne du baume au cœur malgré la lourdeur de mes épaules. Je suis content qu’elle y ait pensé et surtout qu’elle m’ait envoyée ce courrier, s’excusant de ne pas m’avoir envoyé mon cadeau mais qu’elle le ferait dès que l’occasion se présenterais. Je sens bien sa fatigue intense dans ses courtes lignes et que cela a dû lui coûter un gros effort.
Je digère en douceur la nouvelle annoncée quelques jours plutôt et malgré ma culpabilité, je lui ai répondu un courrier le plus joyeusement possible, manifestant ma joie sincère d’avoir de ces nouvelles et m’assurant qu’elle allait mieux désormais. Sans oublier… de lui demander de saluer Victoria, malgré la légère boule au cœur que cela m’a provoqué même si ça n’a duré qu’une poignée de seconde. Rina me manque, plus qu’elle ne le croit mais j’ai comme l’impression que d’avoir des mots sur ce qui la ronge mais surtout, des solutions, apaisent tout cela, apaisent la peur de la perdre. De toute manière, c’est une battante non ? Oui. Mais comme tout être humain, elle comporte ses faiblesses et il est temps pour elle de mettre sa vie sur pause afin de se reprendre, se reconstruire et se soigner correctement. Je ne doute pas qu’Helland lui ait mit un gentil coup de pression à ce sujet et pour ça, je l’en remercie.

Debout dans ma chambre, je lâche un sourire et range soigneusement sa lettre sur mon bureau, me promettant d’y répondre dans la journée.

7 Février mon vieux. C’est ton anniversaire et tu atteins tes 25 ans. Je reste un instant appuyé sur le bureau, manches de ma chemise bleue remontées jusqu’aux coudes, bras croisés sur la poitrine. Je sais que je recevrais sûrement dans la journée un courrier de ma tante et avec un peu de chance, de ma mère si sa lucidité ne lui fait pas défaut. Peut-être quelques amis, notamment Nicolas. Un gars que je connais depuis déjà quelques années et qui se trouve être l’ami le plus proche que je possède à l’extérieur. Je suis un fêtard dans l’âme et j’ai toujours fêté mes anniversaires comme il se doit, entre amis et le lendemain, en famille. Mais j’ai comme l’impression que cette année sera quand même vachement plus morose que l’année dernière … Je songe un instant à aller voir Riley pour fêter ça avec elle avec une bouteille de quelque chose mais tout bien réfléchi… à 10 heures du matin c’est peut-être pas la meilleure idée du siècle.

Je sors de la chambre, ferme à clé et prend la direction du Hall. Je sais même pas quoi faire en fait… J’voulais aller voir Phaedre mais ce matin elle bosse sur son projet de bouquin donc je ne vais pas la déranger. Et puis elle est déjà venu me voir ce matin – Elle était quand même trop mignon avec ses grands yeux bleus à dire « mon frère », ça lui va bien de lui dire ça ! -, donc n’imposons pas trop notre présence non plus.
Mains dans les poches je descends et traverse un couloir du 4ème étage après avoir fait un crochet par mon bureau pour déposer mes copies corrigés. Je préfère les savoirs sous clés là-bas plutôt que dans ma chambre où je les oublierais sûrement à chaque fois, vu la tête en …

- Oh bordel !!
- Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire … Muffin ! Joyeux anniversaaaaaire !

J’ai la main sur le cœur, le corps légèrement courbé alors que je tente de reprendre un rythme cardiaque correct non sans éclater de rire face à … Ismaelle. Oui oui, j’suis pas entrain de rêver et de devenir maboule sous mon coup de vieux. C’est bien elle qui se tient face à moi, un muffin en main avec une petite bougie plantée dessus, tout en me chantant mon anniversaire… Et ça, je m’y attendais pas. C’est pas comme si j’étalais ma date d’anniversaire sur tous les murs du château avec de la peinture rouge ! J’crois que c’est la journée des surprises… Et ça m’plait quand même pas mal ! Surtout venant d’elle. Je sais que j’ai éveillé certain a priori chez pas mal de personne ici à mon arrivée et je sais aussi qu’Ismaelle en faisait partie mais je suis content de voir que finalement, nous nous entendons bien. Au point même que je peux me dire aujourd’hui sans l’ombre d’une hésitation que je la considère comme une amie, au-delà du statut de collègue. Lorsque l’on dit que les évènements généralement dramatiques rapprochent… Il faut croire que c’est pas tout à fait faux.

- Alors là… Si je m’attendais à ça !

Cette fois bien redressé, sourire jusqu’aux oreilles, ma main dans mes cheveux et l’autre sur ma hanche, je dois avoir l’air d’un gamin de 12 ans, tout content que sa pote ait pensé à lui. Ce matin Phaedre, la lettre de Katherine et maintenant Ismaelle… Voyez à quel point j’suis hyper bien entourée. Et que de femmes s’il vous plait !

- Tu m'as vu danser, tu peux bien m'entendre chanter. On est comme un vieux couple toi et moi, plus rien à se cacher et t'as même gagné un surnom dans l'histoire.

Je me recule d’un pas, écarte les bras, prenant un air sérieux de représentant de pub :

- Le Dimi Muffin, l’homme aussi bon que le gâteau, mais sans les calories !

Je lâche un rire amusé avant de la regarder en haussant les sourcils, montrant le muffin du doigt :

- Dois-je comprendre qu’il faut que je fasse gaffe en le mangeant parce que tu y as caché une bague pour ta demande en mariage ?

25 ans et toujours les mêmes conneries dans le crâne. Tant mieux, ça me rassure ! Et me marier à Ismaelle … No way ! Désolé, c’est pas que tu ne sois pas attirante ou quoi que ce soit – bien au contraire… - mais je crois que c’est tout simplement pas imaginable. Il n’y a jamais eu d’ambiguïté entre elle et moi, et je crois qu’il n’y en aura jamais. C’est juste comme ça, on est bien là entre potes à dire des conneries comme si nous avions 15 ans, alors pourquoi se prendre la tête alors qu’il n’y a aucune raison de le faire ? On connait tous ma tendance d’être un sacré lover et charmeur, mais je sais aussi avoir des amitiés féminines sans qu’il n’y ait aucun passé sentimentaux. Du moins, du côté « amoureux » si j’puis dire. Regardez, même avec Katherine ça n’est jamais arrivé et pourtant, elle correspond clairement au type de femme qui aurait pu me rendre dingue. Peut-être que c’est la droite qu’elle m’a collé dès son arrivée à Beauxbâtons qui m’a secoué le système nerveux la concernant…

Je reprends un peu plus mon sérieux et la prend dans mes bras, sans trop réfléchir, la gardant ainsi contre moi quelques secondes. Parce que son geste me touche plus qu’elle ne peut le croire, surtout en ces temps qui me semblent un peu trop compliquer à mon goût.

- Merci Isma. Tu assures.

Je m’écarte, reprenant ma place et mes yeux vont d’Ismaelle au Muffin dont la bougie se consume toujours.

- Je suppose que c’est le moment de faire un vœu et de la souffler ?

Nouveau sourire et je prends une inspiration, faisant réellement un vœu, comme à mes 10 ans, souhaitant pleinement que Katherine ira mieux et qu’elle ne m’échappera pas, qu’elle ne partira pas rejoindre ses proches parce que j’ai besoin d’elle, plus qu’elle ne le croit.

J’aurai pu souffler en douceur sur la bougie mais… j’expulse tout l’air de mes poumons avec force, soulevant ainsi la poudre du sucre glace qui lui atterri droit sur le visage… Et quand je vois le résultat, je ne peux empêcher un éclat de rire venant droit du cœur face à ce tableau. C’est juste… magistral ! Je lève les mains en signe de défense !

- Eh ! C’est mon anniversaire, tu peux rien me dire !

Et tu le vois ce grand sourire enjôleur ? Il est là rien que pour toi !
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7861
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri   Sam 11 Juil 2015 - 16:56

Bien sur que tu ne t'y attendais pas, c'était le but et je suis bien contente d'être arrivée à mes fins : A savoir, te surprendre. Non l'idée n'était pas de lui faire faire une attaque, simplement de le surprendre autant par le geste que par l'arrivée. Ça aide de voir défiler les dossiers du personnel, ça permet de savoir quand tombent les anniversaires mais bien sur je n'aurai pas agit comme ça pour tout le monde. J'ai beaucoup de connaissances par la force des choses mais des amis … Ils sont finalement très peu nombreux et je crois que Dimitri s'y fraie tranquillement son chemin. Les choses se font naturellement, j'apprécie beaucoup sa présence et contrairement à ce qu'on aurait pu penser tous les deux au début je nous trouve relativement sur la même longueur d'ondes. Le fait est que … ça fait du bien. Oui, ça fait du bien d'avoir autour de soi des personnes avec qui on se sent à l'aise comme ça et avec qui on peut parfois débrancher un peu, s'amuser, etc … Ce sont des choses que j'apprends à faire, pas que je ne savais pas m'amuser avant mais disons que ces derniers temps je sors la tête de l'eau. J'ai décidé d'en profiter, de me lâcher un peu. Je crois que c'est simplement venu naturellement et … oui, ça fait du bien de lâcher prise parfois, de ne pas penser qu'à des choses sérieuses et graves.

Voilà comment on se retrouve à surprendre un de ses collègues au détour d'un couloir et surtout voilà comment on se retrouve à l'appeler Muffin sans aucune sommation ! Ni raison particulière. Tout ce que je vois c'est que ça semble lui faire plutôt plaisir, aussi bien le surnom que l'attention, et c'est tout ce qui compte. S'il est content alors je suis cotente.

« Le Dimi Muffin, l’homme aussi bon que le gâteau, mais sans les calories ! »

Clairement, ça fait plaisir de le voir sourire cet espèce de grand gosse parce qu'il ne le montre peut être pas mais je sais, enfin je pense savoir, que le départ de Katherine l'affecte vraiment et ça peut parfaitement se comprendre.

« Dois-je comprendre qu’il faut que je fasse gaffe en le mangeant parce que tu y as caché une bague pour ta demande en mariage ? »
« C’est exactement ça ! Selon ma mère j’arrive à un âge où il faudrait que je commence à songer à me ranger alors voilà, j’ai jeté mon dévolu sur toi. »

Pas d'bol ! En vérité, même si je ne suis pas vraiment porté sur ce genre de choses, envisager Dimitri de cette façon … Je crois que c'est clairement impossible. A mon avis c'est le même ressenti de son côté comme du mien d'ailleurs et tant mieux. Je trouverai vraiment dommage de « gâcher » une relation comme ça, une belle amitié, pour … J'en sais rien … Enfin peu importe, la file d'attente est de toute façon bien trop longue et je n'ai pas assez de patience. Oui ça c'est uniquement pour flatter ton égo parce que c'est ton anniversaire :ga:
Vous savez à quoi on reconnaît la réelle affection ? La vraie confiance ? C'est par exemple – en ce qui me concerne – quand je n'ai pas un seul mouvement de recul quand il me prend dans ses bras. C'est vrai, j'ai avancé, mais il n'empêche que la proximité des hommes n'est toujours pas une chose naturelle pour moi or en cet instant je crois qu'il n'y a pas d'autre mot pour décrire ma réaction. Ma tête se pose sur son épaule, je ferme les yeux et laisse mon visage se perdre dans un sourire tranquille tout en l'enroulant de mes bras. Attention au Muffin ! Ce contact ne me pose aucun problème, au contraire, il est très agréable.

« Merci Isma. Tu assures. »
« De rien, c'est pas grand chose et puis ça me fait vraiment plaisir. »

Non ça n'est pas grand chose, c'est même rien du tout mais j'avais avoir réagit un peu tardivement pour faire mieux. Je sais que le geste compte, sans doute plus que le reste, ça me console un peu.

« Je suppose que c’est le moment de faire un vœu et de la souffler ? »
« Oui, c’est tout à fait ça. »

Enfin j'ai envie de dire : Fais comme tu veux, c'est ton anniversaire après tout ! Mais dans les conventions, etc ... Oui effectivement c'est bien comme ça que ça fonctionne. On fait un vœux, on souffle et TADAAAAAM ! On oublie ce qu'on a souhaité avant de savoir si ça s'est réalisé ou non.

Je l'admets, je suis curieuse, je me demande ce qu'il peut bien souhaiter ... Cette question s'envole très rapidement néanmoins puisqu'en moins de temps qu'il ne faut pour le dire je me retrouve noyée dans un nuage blanc, de la poudreuse pleins le visage ... C'est Noël ! Pas du tout en fait, quand bien même cet éclat de rire pourrait être celui du vieux barbu mais j'ai bien compris que c'était Dimitri et que la poudreuse en question n'était autre que le sucre glace saupoudrée avec amour sur le Muffin ... Ça, ça va se payer mon garçon ... C'est marrant mais je n'avais pas remarqué à quel point il y en avait autant ...

« Eh ! C’est mon anniversaire, tu peux rien me dire ! »

C'est ça oui ! Moment de flottement, je garde le Muffin dans une main et ne bouge plus d'un centimètre si ce n'est un souffle pour faire s'envoler quelques traces de sucre sur mon visage. On va croire que j'ai des cheveux blancs avec tes bêtises Gabrieli ! Est ce que je suis réellement énervée ? Bien sur que non, le sourire qui prend forme sur mon visage alors que j'ouvre lentement les yeux et essuie mon visage d'un revers de manche en atteste.

« Je suis d’origine Vénézuélienne, pas Colombienne. Enfin bon ce sont deux pays voisins et j’imagine que ma couleur de peau peut prêter à confusion mais non Dimitri, je ne suis pas Marraine d’un Cartel. »

Le ton employé est des plus sérieux, pure comédie, et vous ne rêvez pas : Je suis bien entrain de parler de drogue. Ouh la la ! Bref.

« Ça m’irait bien tu crois ? »

Je lui fourre le Muffin dans les mains et pose mes mains sur mes hanches avant de secouer mes cheveux pour finalement croiser mes bras sur ma poitrine et le regarder d'un air grave, se voulant réflecteur de danger. Le menton haut, le regard perçant ...

« Dame mi dinero, pequeño. »

Tout y est ! Le ton, l'attitude, et même l'accent que je ne maitrise certes pas totalement mais après tout, autant faire honneur à mes racines ! Je relâche finalement mes bras et retrouve la Ismaelle de tous les jours, une petite pincée de folie en plus. Elle semble très présente ces derniers temps et je ne vais pas m'en plaindre. Peut être que je peux me reconvertir après tout, non ? Le trafic de drogue est un métier d'avenir. C'est une blague, pour ceux qui ne comprendraient pas la subtilité.

« Alors, crédible ou pas ? Bon, j'aurai du trainer un peu plus avec ma Grand-Mère, j'ai des grosses lacunes en espagnol. »

J'ai beaucoup parlé avec elle quand je suis allée la voir là bas - avec Owen - et elle a toujours eu l'habitude de me parler dans sa langue maternelle de temps en temps mais ça n'a jamais été quelque chose de flagrant chez nous. Mes parents sont nés en Irlande, on parlait anglais la plus part du temps. J'ai quelques bases, on va dire ça comme ça, mais je suis loin, très loin d'être bilingue. Le fait d'avoir Rina dans les parages m'aide à enrichir mon vocabulaire en revanche ! Et d'ailleurs ...

« J'me rattraperai avec Rina quand elle reviendra. »

Parce qu'elle va revenir, et en pleine forme. C'est comme ça.

« T’as des nouvelles de notre Guapa ? »

Je sais que je prends le risque de mettre les pieds dans le plat mais tant pis. Et ne t'en fais pas Rina, je fais la maligne mais je ne vais pas te piquer ton privilège d'être la latina de la bande Wink Je vais me contenter de parler anglais, c'est déjà pas mal ! En l’occurrence c'est un surnom affectif, si je peux me permettre.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité


Invité
MessageSujet: Re: Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri   Sam 25 Juil 2015 - 23:29

La scène est quand même assez mémorable et si je n’arrive pas à me défaire de ce grand sourire, ça n’est pas … tout à fait de ma faute. Je suis la cause de tout ce sucre glace sur le visage d’Isma mais couplé avec cette expression qu’elle me tire, c’est à mourir de rire. Je suis certain que Rina aurait elle aussi, rit de tout ça. Dans un esprit bon enfant qui changerait sûrement de ce qu’elle est entrain de vivre actuellement. Elle ne bouge pas tout de suite mais je peux lentement voir un sourire s’esquisser sur son visage après, d’un souffle, avoir fait voler cette petite poudre blanche. Elle ouvre les yeux et je n’ai pas bougé non plus, l’air benêt toujours présent. C’est mon anniversaire et malgré ce Karma qui me fait littéralement dessus, j’ai bien le droit à un petit instant de bonheur, non ?
 
Elle s’essuie le visage de sa manche et je lâche un nouveau rire. Elle en a partout. Cheveux, visage, voir même le cou.
 
- Je suis d’origine Vénézuélienne, pas Colombienne. Enfin bon ce sont deux pays voisins et j’imagine que ma couleur de peau peut prêter à confusion mais non Dimitri, je ne suis pas Marraine d’un Cartel.
- Ouuuuuuh ! Moi qui croyais avoir le droit à une exclusivité et de prix sur la marchandise en plus de ça !
 
Elle affiche un air sérieux mais nous savons tous les deux que le ton présent n’est qu’humour. Nous rendons cet instant léger, amusant et …juste tranquille. Ca fait du bien, je dois l’admettre. Cette histoire avec Rina m’a pas mal secoué, d’autant plus de savoir que depuis le début elle n’avait aucune famille à part moi. Avec en plus sa maladie et le fait que j’ai la sensation d’avoir été un crétin de service de ne pas avoir retourné le château pour l’accompagné, sans compter cette histoire avec Victoria. C’est ridicule. Je ne sais même pas pourquoi j’ai une pensée pour elle.
Je me concentre de nouveau sur Isma qui, elle, est bien présente. Venu spécialement pour l’évènement avec un petit cadeau à sa façon qui m’a bien plus touché qu’elle ne peut le croire.
 
- Ça m’irait bien tu crois ?
- Hum… à voir ! Fais moi une démo, j’suis un pro en la matière.
 
C’est faux, mais on s’en fou. Manquerait plus que ça que je fasse anciennement partie d’un gang de ce genre. Même si en soit je ne porte aucuns jugements en réalité. Juste que je m’attire suffisamment de problème comme ça pour éviter d’aller en chercher d’autres de moi-même. Allez Ismama’, montre nous ce que tu as dans le ventre !
Elle me fourre le muffin dans les main, dans laquelle je croque déjà avidement. J’ai faim. Je la vois secouer ses cheveux pour se débarrasser des dernières trace de CokeSugar et par la même occasion les ébouriffés, croiser les bras sur sa poitrine avant de me regarder d’un air presque sévère, menton relevé… J’vous jure qu’elle met le paquet et si c’est ça mon cadeau d’anniversaire, j’suis quand même sacrément content.
 
- Dame mi dinero, pequeño.
 
Je lâche un sifflement admiratif parce que je suis clairement épaté. Non, je n’ai absolument pas rêvé, Mlle Stoneheaven a parfaitement acquis l’accent Espagnol et bordel, c’est que ça la rend carrément sexy.
 
- Alors, crédible ou pas ? Bon, j'aurai du trainer un peu plus avec ma Grand-Mère, j'ai des grosses lacunes en espagnol.
- Ne me parle plus jamais avec cet accent, j’risquerais de tomber amoureux de toi. Ça serait vraiment gênant.
 
On s’emballe pas, je déconne. Quoi qu’on sait jamais de quoi est fait l’avenir. Mais je n’ai pas envie d’être le Titanic qui va se faire exploser par l’Iceberg si jamais j’devais séduire Ismaelle. Et ouais, peu de personne comprendront le sens de cette référence mais j’m’en fou :ga:
Plus sérieusement, il m’est inconcevable de ressentir quoi que ce soit pour elle si ce n’est qu’une profonde et sincère amitié. Tout comme Katherine même si là, c’est un level au-dessus. Mais je reste sur mes positions lorsque je dis qu'un réel charme s'échappe d'Ismaelle lorsqu'elle articule ces quelques mots en espagnol.. Langue que je ne parles absolument pas. Anglais, Français et Italien okay, mais le reste...
 
- T’es carrément crédible. Tu les mènerais tous à la baguette. Isma la patronne quoi, comme le parrain mais chez les Colombiens.
 
Grand sourire de ma part en mordant de nouveau dans la petite pâtisserie, mâchouillant en silence. C’est moi où je me sens plus léger ? Non, ça n’est pas moi, c’est réellement le cas. La présence d’Ismaëlle vient de mettre un coup de fraîcheur à ma solitude de cette semaine même si finalement elle a toujours été là, sans parler de Phaedre qui a senti à 10 km que quelque chose n’allait pas. Les avantages… ou désavantages, d’avoir une sœur avec un troisième œil. J’ai la sensation que le rapprochement est subtile mais présent entre elle et moi. Je ne penserais pas que ça me ferait autant de bien de l’avoir à mes côtés.
 
- J'me rattraperai avec Rina quand elle reviendra. 
 
Mon estomac se crispe légèrement. Les mots dans la lettre de Rina me reviennent et je n’arrive qu’à esquisser un demi-sourire en acquiesçant en silence.
 
- T’as des nouvelles de notre Guapa ?
 
La douche froide. Des nouvelles ? Bien entendu. Des nouvelles que je dois te partager même si c’est bien la dernière chose que j’aurai aimé faire pour mon anniversaire. En même temps, je ne me vois pas lui mentir ouvertement et attendre demain matin pour lui annoncer tout ça. En soit, il n’y a plus rien de grave mais ça reste… Rina. On l’a toujours vu comme intouchable, une sorte d’immortalité inexplicable. La dernière personne que nous verrions malades ou quoi que ce soit dans ce genre-là.
Mes épaules s’affaissent, la lourdeur de cette dernière semaine me revient de plein fouet mais j’essaie de ne pas me défaire de mon sourire. J’ai l’impression d’être un oiseau noir. C’est Phaedre qui n’aimerait pas cette métaphore, d’ailleurs. J’ai l’estomac qui se tourne, je n’ai plus faim mais me force à avaler la dernière bouchée de muffin en me frottant les mains pour me débarrasser des miettes. Le fait est que je n’aurai pas supporté si Rina m’avait annoncée une condamnation à cause de ce cancer. Rien que de penser à cette éventualité me donne la gerbe et me rendrait fou d’incompréhension. De déni.
 
Ne prendre que le positif de la situation. Elle va mieux. Respire.
 
- Merci pour ce muffin. Il était bon, j’aurai dû le cristallisé pour le garder en souvenir.
 
Parce que je sais que comme chaque année, l’anniversaire sera pauvre en bons souvenirs. Entre les crises d’hystérie et de folie de ma mère, il était toujours un peu compliquer de fêter ça dignement. Je pouvais au moins compter sur la présence de quelques copains pour m’aérer le temps d’une soirée.
 
- Ça te dit qu’on parle de tout ça dans le Patio ? J’ai un peu envie de changer de décors. La neige c’est cool mais moins quand j’ai pas ma planche de Snowboard. 
 
Et oui Mini-Ryans, tu as peut-être des concurrents dans ce domaine. Et promis, un jour on se fera une compet’.
Puis c’est mon anniversaire, j’ai envie de quelque chose d’un peu plus chaleureux et de joyeux. Je l’entraine rapidement dans les couloirs, ça ne nous prend pas plus de quelques minutes pour arriver devant la porte du Patio où je m’y plante, espérant d’y découvrir un bel été ou un doux printemps. J’ouvre le battant de bois avec hésitation et un oiseau chantant s’y échappe. Mon sourire s’agrandit.
 
- Faut croire qu’on a de la chance. Après vous, Mlle Reine du Cartel de Colombie.
 
Je la laisse passer, essayant de lutter contre cette angoisse latente, qui flirte près de moi, s’insinue dans mes veines. Une fois la porte fermée, les odeurs du Printemps m’enveloppent en douceur et la légère chaleur qui s’y trouve me fait un bien fou. Un saule pleureur se trouve non loin de nous, arbre préféré de Phaedre et surtout, endroit où nous venons de temps en temps pour parler, même si cela se fait rare. Je m'y dirige tranquillement avant de me laisser tomber sur l'herbe et m'adosse contre le tronc en poussant un soupire.
Comment introduire ça ? Délicatement ? Brutalement ? Je commence doucement à connaître Ismaelle et je ne pense pas que passer par 4 chemins soit une bonne idée ou la meilleure méthode à employer.

- Katherine va mieux mais apparemment les examens ont détecté une sorte de cancer du poumon. Heureusement, elle est arrivée suffisamment tôt pour pouvoir prendre le problème à temps. Elle s'est faite opérée il y a quelques jours, je crois qu'ils lui ont enlevé une petite partie du poumon, celle qui était touchée.

Je lui raconte tout ça en la regardant, pas forcément dans les yeux mais mon regard tout de même diriger vers elle. Quant au ton de ma voix, je pense qu'il est plus ou moins calme, tranquille. L'environnement y joue beaucoup, la présence d'Ismaelle aussi et bien évidemment le fait de savoir que Katherine va mieux désormais. Mais je suis aussi conscient que tout ça me touche plus que je ne veux l'avouer. Je ne suis pas le genre à exposer mes ressentis au grand jour, à étaler ce qui ne va pas, voir tout simplement à me confier. J'suis Dim'. Le mec qui fait le pitre, qui est là si on a besoin et qui garde cette gueule de benêt pour faire bonne figure. Ca a toujours été le cas et ça ne changera jamais. D'autant plus que la personne ayant le plus besoin de soutient aujourd'hui, c'est Rina.

- Elle vivra très bien sans mais finit la clope ! Léger sourire. Elle va sûrement râlé mais c'est pour son bien. Si j'ai bien compris il lui faut quelques séances de chimiothérapie et après, ça devrait être terminé. Les médecins disent qu'elle est sortie d'affaire donc... voilà.

Moment de pause et je reprends, dans un léger sursaut, un souvenir me revenant brutalement.

- Ah et elle m'a dit de te dire qu'elle t'aime et te fais de gros bisous. Elle reviendra vers la fin du mois je pense.

Allez dis lui tout, jusqu'au bout. Fais pas ton gamin.

- Elle part quelques jours chez Victoria... tu sais, pour prendre du repos. Même si je suppose que pour une pile électrique comme elle, ça va être compliqué.

Je suis toujours dans cette même position assise, genoux remontés, bras posés dessus, tranquillement et sans céder à quoi que ce soit. Encore moins à cette brûlure acide qui remonte le long de ma gorge. Parce que malgré tout ça, l'espace d'une seconde, d'une toute petite seconde... J'ai ressenti le désir de revoir Victoria. Et j'ai du mal à le digérer. Encore plus quand ça n'est franchement pas le moment de penser ça. Tout ce qui m'importe, c'est la santé de Rina. Qu'elle aille mieux et qu'elle nous revienne vite.
Quelque part, je suis reconnaissant envers Leiv d'avoir décidé d'être resté là bas, surtout depuis que je sais que... finalement, elle n'a plus rien. Pas de famille, personne.

- J'suis désolé de ne pas t'en avoir parlé avant... Je sais que toi et Rina êtes plutôt proches mais j'voulais pas en parler sans qu'elle veuille elle même partager tout ça. Elle m'a dit qu'elle allait t'envoyer un courrier bientôt.

Je me passe une main dans les cheveux, un peu gêné par la situation même si je sais qu'Ismaelle comprendra ce que j'essaie de lui dire. Et puis, honnêtement, elle doit se foutre de savoir pourquoi j'lui ai pas dis plutôt. Ce qui l'importe est sûrement de savoir comment va Katherine, quand est-ce qu'elle reviendra entre ses murs, même si je me dis qu'elle serait sûrement plus en sécurité chez Victoria qu'ici. Mais nous connaissons tous Rina, elle préférerait mourir plutôt que de laisser ses enfants seuls ici.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7861
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri   Lun 27 Juil 2015 - 21:28

Ah non hein ! Ne t'avise pas de tomber amoureux de moi sinon je t'écrase ! Enfin pas moi personnellement – quoi que – mais je trouverais bien un Abraxans qui a du temps libre pour s'occuper de ça malencontreusement. Oh pardon Dimitri ! On ne t'avait pas vu. Je plaisante, je sais que ça n'arrivera pas, et je l'admets … J'ai l'impression que ça ne me déplairait pas tant que ça de les mener tous à la baguette. Oops. C'est qui le patron ?! Bref. Petit sursaut de confiance en soi, d'estime, une fois de temps en temps ça n'est pas un drame. C'est même une bonne chose je dirais, même si en réalité ça n'est pas vraiment de ça dont il s'agit. Je n'ai pas l'impression d'être de ceux qui ne se font pas confiance et qui n'ont pas d'estime de soi, là je dirais que c'est plus une petite crise de supériorité, d'autorité, quelque chose ça mais tout ça sur le ton de l'humour bien sur.
Sinon, est ce qu'on parle du fait que j'ai l'impression de lui avoir collé un violent coup dans l'estomac en posant cette question qui pourtant me semble assez … simple ? S'il se décompose sous mes yeux c'est également le cas de mon côté parce qu'il n'est pas nécessaire d'être Einstein pour comprendre que j'ai mis le doigt sur une plaie ouverte. Il sait des choses, et ces choses ne lui procure pas un bonheur immense, voilà ce qui me traverse l'esprit quand je vois son sourire s'affaisser presque instantanément, en écho à ses épaules qui prennent le même chemin.

Patiente je le regarde terminer le muffin sans broncher une seconde mais l'inquiétude se pointe petit à petit dans mon organisme et j'imagine que ça doit commencer à se voir sur mon visage.

« Merci pour ce muffin. Il était bon, j’aurai dû le cristallisé pour le garder en souvenir. »
« T'en fais pas, si tu veux un souvenir je te donnerai une photo de moi. »

Je continue de plaisanter mais le cœur n'y est plus vraiment, c'est un fait.

« Ça te dit qu’on parle de tout ça dans le Patio ? J’ai un peu envie de changer de décors. La neige c’est cool mais moins quand j’ai pas ma planche de Snowboard. »
« J'te suis. »

Je vais essayer de retrouver mon sourire quelque part, promis.

« J'connais quelqu'un qui pourrait peut-être t'être utile si tu cherches à renouer avec la glisse sur la neige, au passage. »

J'ai bien dit peut être, je ne voudrais pas trop m'avancer mais même si je n'ai jusqu'ici jamais vu Enzo faire de la glisse sur la neige dans le Parc il a quand été capable de trouver – avec un peu d'aide au départ, certes – un sort pour métamorphoser une planche de bois en planche de surf alors … Et peut être qu'il a ramené son snowboard avec lui aux dernières vacances, je sais qu'il l'a fait pour son surf et son skate.

« Ceci dit … On ne peut pas dire qu'il y ai vraiment de relief par ici ... »

Bref, passons. Je le suis dans le dédale du château jusqu'à ce qu'on arrive finalement devant la porte de cette Salle étrange apparue comme par enchantement il y a quelques mois. Personne n'a d'explication rationnelle, il faut croire que le château a sa magie propre ce qui en soit ne serait pas vraiment étonnant. Entre les fantômes, les tableaux, les Elfes de maison, etc … Cet endroit est un mystère pour tous mais c'est notre maison.
Alors, à quoi est ce qu'on va avoir droit comme climat, fais nous rêver Magie … Hésitation … Un chant d'oiseau s'élève quand Dimitri ouvre la porte et instantanément il se retourne vers moi, un sourire sincère sur le visage. Sourire que je lui rends immédiatement. J'ai beau être Irlandaise, être par conséquent habitué à ce temps humide du Royaume Unis, je ne suis pas contre un peu de douceur et de chaleur de temps en temps et je pense que ça tient simplement au fait que je sois un être vivant, pas à mes racines. Qui a envie de passer son temps dans la grisaille et le froid ? Personne de normalement constitué, soyons sérieux, et malgré les clichés tenaces le Royaume-Unis connait aussi le soleil ! Bref, ça n'est pas le sujet.

« Faut croire qu’on a de la chance. Après vous, Mlle Reine du Cartel de Colombie. »
« Venezuela ! N'insulte pas mes racines s'il te plait sinon je vais être obligé de me fâcher. »

Encore une fois j'emprunte le ton de l'humour mais le cœur n'y est plus vraiment depuis que j'ai posé LA question qui … Je ne terminerai pas cette phrase, merci. Gentleman il me laisse passer devant lui après avoir ouvert la porte et une légère brise tiède m’enveloppe toute entière de sa douceur. Ça ne suffit pas à calmer mon angoisse latente mais c’est agréable, c’est indéniable. Le soupir qu’il pousse en s’asseyant dans l’herbe efface ces effets instantanément pourtant et une petite voix dans ma tête s’éveille : Crache le morceau s’il te plait. Ne prends pas de pincette et dis le moi clairement parce que je me doute que la situation est difficile pour toi mais tu n’as pas idée de l’enfer que c’est de devoir patienter depuis que j’ai posé cette question tout à l’heure …

Installée face à lui je retiens mon souffle quand il inspire et ouvre la bouche. Le couperet va tomber incessamment sous peu …

« Katherine va mieux mais apparemment les examens ont détecté une sorte de cancer du poumon. Heureusement, elle est arrivée suffisamment tôt pour pouvoir prendre le problème à temps. Elle s'est faite opérée il y a quelques jours, je crois qu'ils lui ont enlevé une petite partie du poumon, celle qui était touchée. »

Bombe larguée. Tri des informations en cours. Cancer. Une autre information clignote : Elle va mieux. Elle a été prise en charge à temps … Encore heureux ! Bornée comme elle l’était … Oui, je l’admets, je ressens un soupçon d’énervement mais c’est simplement la peur qui me fait réagir de cette manière. C’est difficile à encaisser pour le malade, ça l’est aussi pour les proches et même si … Je ne sais pas si je peux me considérer comme faisant partie de cette catégorie pour elle évidemment que ça m’atteint. Quoi qu’il en soit je reste calme et stoïque, j’écoute, parce qu’il n’a visiblement pas terminé.

« Elle vivra très bien sans mais finit la clope ! Elle va sûrement râlé mais c'est pour son bien. Si j'ai bien compris il lui faut quelques séances de chimiothérapie et après, ça devrait être terminé. Les médecins disent qu'elle est sortie d'affaire donc... voilà. »

Les médecins … Il faut croire qu’avoir passé la majeure partie de son enfance à l’hôpital aide à encaisser ce genre de nouvelles même si bien sur ça me file un grand coup dans la poitrine. Un cancer, ça n’est pas rien et surtout pas quand il s’agit d’organes aussi essentielles. Je pars du principe que chacun fait ce qu’il veut et qu’ensuite c’est un peu la loterie mais … tant mieux si elle arrête cette saloperie. Rina … On a toujours tendance à se dire que ça n’arrive qu’aux autres et … malheureusement ou non je ne fais pas partie de cette catégorie de personne. Je sais ce que la maladie peut faire, je sais ce qu’elle peut prendre. Non, je ne suis pas insensible pour autant mais j’ai appris dès mon plus jeune âge que ça pouvait tomber sur n’importe qui, n’importe quand et sans aucune raison valable parfois. La cicatrice qui me barre la poitrine en atteste, la gourmette que je porte au poignet depuis quelques mois en est une preuve de plus. C’est injuste mais c’est comme ça, fort heureusement parfois tout s’arrange et j’en suis la preuve vivante encore une fois. J’aurai du mourir, mon espérance de vie n’était pas beaucoup plus élevée que celle d’Alexander et pourtant presque 30 ans plus tard je suis encore là, en pleine forme. Avec un creux dans le cœur – cœur qui n’est pas le mien – mais toujours là.

« Ah et elle m'a dit de te dire qu'elle t'aime et te fais de gros bisous. Elle reviendra vers la fin du mois je pense. »
« Ça marche. »

C’est un sourire que je lui adresse, un sourire tranquille, qui se veut réconfortant parce que je me doute à quel point il est touché par ce qu’il se passe et ce qui arrive à Rina. Ces deux-là ont un lien très fort, j’imagine à quel point il a dû avoir peur, à quel point il tremble encore probablement. C’est un sourire touché aussi, parce que oui ça me touche qu’elle pense à moi là-bas dans son coin de Sainte Magouste.

« Elle part quelques jours chez Victoria... tu sais, pour prendre du repos. Même si je suppose que pour une pile électrique comme elle, ça va être compliqué. »

L’un comme l’autre on écrase un semblant de rire significatif, il la connait bien mieux que moi mais je crois que là-dessus ça n’échappe à personne. Avec Rina ça bouge, ça vit ! Et il n’y a pas de raison que ça change, ce truc ne le lui enlèvera pas. Tu l’as vaincu cette saloperie de maladie, et s’il en reste encore des traces alors tu vas la vaincre !

« J'suis désolé de ne pas t'en avoir parlé avant... Je sais que toi et Rina êtes plutôt proches mais j'voulais pas en parler sans qu'elle veuille elle-même partager tout ça. Elle m'a dit qu'elle allait t'envoyer un courrier bientôt. »
« Pas de soucis, je comprends parfaitement. »

Je me mets à sa place, quand j’ai quitté le château l’année dernière personne en dehors de très peu de personnes étaient au courant de la raison et ceux qui le savent l’ont su par moi donc oui, je comprends parfaitement. Je n’aurai – je pense – pas spécialement apprécié qu’on parle pour moi-même si cette fois c’est un peu différent. Je ne l’aurai pas mal pris non plus si elle avait choisi de me tenir à l’écart de la confidence, vraiment. Il y a des choses qu’on ne veut pas ou ne peut partager et d’ailleurs je n’ai jamais posé de mots concernant la mort d’Alexander face à elle. Elle l’a deviné, c’était tout aussi bien je crois. Victoria partie je suis heureuse d’avoir une présence féminine proche de moi-même si plusieurs autres femmes vivent ici. Ça n’est juste … pas pareil. Le feeling est là avec Rina comme il l’était avec Vicky, il ne l’est pas forcément avec les autres. Ça reste cordiale, très professionnel et je n’ai pas d’animosité envers elles, c’est simplement différent et ne sort pas du contexte pro. D’ailleurs quand on parle du … Non, pas du loup, mais de Vicky …

« C'est bien qu'elle aille se reposer chez Vicky, c'est toujours mieux que de tourner en rond à l'hôpital et là-bas elle sera traitée comme une Princesse. Et puis en attendant elle est avec Leiv, elle n’est pas seule. Je crois … que c’est le plus important. »

Est-ce que je me serais autant accrochée à la vie si mes parents n’avaient pas été là toute mon enfance ? Et sans Owen en octobre dernier ? L’hôpital est bien loin d’être l’endroit le plus fun du monde, c’est le moins qu’on puisse dire alors si des visages familiers peuvent faire partie du décor c’est mieux.
Je me laisse quelques secondes pour engranger tout ça, toutes ces informations, pour penser à Rina, à Vicky un peu aussi, puis à Leiv, jusqu’à ce que mon bras se tende et que ma main se pose sur celle de Dimitri.

« Ça va toi ? »

Je ne peux rien faire pour Rina d’où je suis, c’est un fait, mais lui ? Il a sa sœur, certes, mais parfois un ami n’est pas de trop et c’est comme ça que je le considère, comme un ami. Il a été là pour moi quand ça n’allait pas, il sait beaucoup de choses que peu savent et …

« Tu sais, si jamais t'as un coup de blues, que t'as besoin de parler ou de ne pas parler, juste d'être avec quelqu'un, n'hésite jamais à venir frapper à ma porte, d’accord ? »

Sur mon visage, un sourire plein de tendresse.

« T'es rentré dans mes mœurs Gabrieli, profites en. »

Et un petit clin d’œil pour la route.

« Je me doute que t'as peut être pas la tête à ça mais on peut se fait un petit truc ce soir si tu veux. »

Comme l'autre fois.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité


Invité
MessageSujet: Re: Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri   Sam 8 Aoû 2015 - 12:36

Je sais que je prends un ton presque léger, que j’ai l’air affecté mais que je gère la situation. Parce qu’après tout, la vie ne s’arrête pas là. Rina est en vie, elle respire, elle ira mieux.
Mais il suffit de creuser un peu plus loin pour comprendre qu’en réalité, je suis angoissé et flippé à l’idée qu’elle ait pu se trimballer cette merde durant tout ce temps. Mon père est mort d’un cancer, je me souviens parfaitement de la dernière image que j’ai de lui sur son lit d’hôpital. Son lit de mort. Corps décharné, puisant dans ses dernières ressources pour trouver le prochain souffle de vie, teint blafard. Une image atroce que j’aurai préféré ne jamais voir.

Et Katherine aurait pu être elle aussi, cette personne. Le soir allongé dans mon lit et lorsque le calme revenait et que mon esprit n’était plus occupé à penser, ces images se sont manifestées en boucle. Avec une brutalité qui me filait des sueurs, des angoisses et un stress sans nom. C’est pas rien putain, c’est un cancer ! Merci, j’ai compris qu’elle allait s’en sortir mais j’ai pas encore réellement digérer la pilule et rien ne me garantit que ça ne reviendra pas. Combien de personne ont soit disant réussit à vaincre cette maladie en se pensant sortie d’affaire ? Pour ensuite se retrouver entre les 4 planches d’un cercueil six mois plus tard ? Il est hors de question que ça ne lui arrive. Je ne le permettrais pas. Je ne le supporterais pas. Elle est comme une sœur et ça va même au-delà de ça. Un truc que je ne pourrais pas définir mais c’est là. Donc non, elle ne peut pas faire une rechute, ça n’arrivera pas. Point.
Et elle me manque, bordel. C’est plus pareil lorsqu’elle n’est pas là. Je suis pourtant bien entouré, j’dirais même que j’ai presque un Harem rien que pour moi – pataper les filles, j’vous aime et vous l’savez – mais sans Rina, sans ce Soleil vivant, les saveurs se perdent. J’me sens… vide. Affreusement vide. Je sais que Leiv doit probablement gérer la situation… mais encore une fois c’est pas pareil. Il ne l’a connait pas comme moi je la connais. Et j’comprends pas pourquoi on ne m’a pas laissé partir avec elle. Parce que LUI est médecin ? Et alors, il y en a un tas là-bas qui sont là pour la prendre en charge. C’est d’un ami dont elle avait besoin, pas d’un foutu toubib de plus.
 
J’suis injuste. Et j’le sais. Mais je n’suis juste pas d’humeur à vouloir jouer la reconnaissance. Je culpabilise de pas avoir forcé les choses, de n’pas les avoir tous envoyer se faire foutre. Je devrais être auprès d’elle. Comme je devrais être celui qui l’accompagne pour sa convalescence. Je regarde les autres s’occuper d’elle, à ma place. Leiv et maintenant Victoria. Et je crois que tout ça me bouffe sans que je ne veuille l’admettre. Je sais que je ne suis pas la seule personne dans sa vie et encore heureux qu’elle puisse compter sur Victoria ou même Leiv pour lui apporter un soutien, mais… je m’étais promis de prendre soin d’elle. Et je ne l’ai pas fait. Je ne le fais toujours pas.
 
Reviens-moi s’il te plait. En forme. Et plus de frayeur comme celle-là. Plus jamais.
 
En attendant, je conte son histoire à Ismaelle qui est gentiment venue me souhaiter mon anniversaire. Attention qui me va droit au cœur, vraiment. Et même si nous étions bien plus proches qu’il y a quelques mois, je ne m’y attendais pas. J’ai conscience que le sujet plombe l’ambiance mais les choses doivent être dites, parce que c’est important. Parce que ça n’est pas rien. Et j’emmerde sincèrement ceux qui me soufflent de dédramatiser parce qu’elle va mieux maintenant. La route est encore longue pour une guérison optimal alors oui, permettez-moi d’être encore inquiet.
 
Je m’excuse auprès d’Isma, parce que je sais qu’elle est également l’amie de Katherine mais par soucis de respect, je n’ai pas osé lui parler plus tôt de tout ça. Du moins, pas sans le feu vert de Katherine.
 
- Pas de soucis, je comprends parfaitement.
 
Ça ne m’étonne pas d’elle mais je préfère quand même lui expliquer le pourquoi du comment je n’l’ai pas fait avant.
 
- C'est bien qu'elle aille se reposer chez Vicky, c'est toujours mieux que de tourner en rond à l'hôpital et là-bas elle sera traitée comme une Princesse. Et puis en attendant elle est avec Leiv, elle n’est pas seule. Je crois … que c’est le plus important.
 
J’acquiesce en silence. C’est ce que je pense aussi même si je ne peux pas empêcher cette once de culpabilité me ronger sans que je n’en fasse part. Malgré nos différents, malgré ce qu’il s’est passé entre elle et moi, je sais que Victoria saura faire ce qu’il faut avec elle. Et je me rends compte que je n’ai peut-être pas si bien gérer la pilule que je ne l’aurai cru la concernant mais il est tout simplement hors de question que je fasse par de mes états d’âmes à la con. C’est pas le moment et encore moins le plus important. Ce qui m’importe c’est la santé de mon amie, point. Au moins elle n’est pas seule, elle a du soutient, elle est entourée.
J’ai envie d’un verre.
 
Et je tâcherais de remercier Leiv lorsque l’occasion se présentera.
 
- Ça va toi ?
 
Je lève mon visage vers elle, fronçant légèrement les sourcils. Si ça va ? Je n’sais pas. Je suppose que comparer à Rina, je n’ai absolument pas à me plaindre. C’est pas une supposition, c’est un fait.
 
- Je fais avec. Je ne suis pas le plus à plaindre, tu sais. Tout ce qui m’importe, c’est qu’elle aille mieux.
 
Le reste, comment je prends les choses, mes états-d’âmes, tout ça, je m’en fou.
Je me laisse caresser par cette petite brise chaude qui est plus apaisante qu’autre chose et j’y prends plaisir, en fermant un instant les yeux, toujours assit contre l’arbre, genoux remontés. Partager ce moment avec Ismaelle fait du bien, comble légèrement ce sentiment de solitude qui se creuse parfois chez moi. Phaedre change également, de jours en jours et les résultats sont encourageants. Se sentir enfin comme un frère à ses yeux, vaut tous les mots du monde.
 
- Tu sais, si jamais t'as un coup de blues, que t'as besoin de parler ou de ne pas parler, juste d'être avec quelqu'un, n'hésite jamais à venir frapper à ma porte, d’accord ?
 
L’attention me touche et me rend muet. Bêtement muet. Sur son visage se lit une tendresse qui n’appartient qu’à elle. J’aurai jamais cru pouvoir partager tout ça avec elle un jour, c’est une foutue surprise qui s’est décidée à nous tomber dessus sans que l’on s’y attende. Et je ne le regrette pas une seconde.
J’ai envie de la prendre dans mes bras, avec cet air attendri qu’elle m’affiche.
 
- T'es rentré dans mes mœurs Gabrieli, profites en.
 
Et je ne pensais pas que ça arriverait un jour, honnêtement. Un sourire s’affiche sur mon visage, peut-être moins mélancolique que tout à l’heure et ce, même si Rina ne quitte à aucun moment mes pensées.
 
- Je me doute que t'as peut être pas la tête à ça mais on peut se fait un petit truc ce soir si tu veux.
 
Elle vise juste, je n’ai pas la tête à grand-chose mais c’est justement pour ça que l’idée de faire quelque chose ce soir, à l’occasion de mon anniversaire ou non, me ferait le plus grand bien. J’ai passé ma semaine à ruminer dans mon coin, à tourner en rond, à guetter le courrier avec l’angoisse d’y voir une mauvaise nouvelle, une rechute voir même la mort. Phaedre essayait de temps à autre de me faire la conversation parce qu’elle sentait qu’un truc clochait. Parce qu’elle sent toujours ce genre de truc, avec son troisième œil. J’peux jamais rien lui cacher et si parfois, c’est frustrant, ici ça m’a été plus utile que les autres fois. Je n’ai pas eu besoin de parler, de m’expliquer pour qu’elle comprenne. Et c’était très bien comme ça.
 
- Honnêtement, je préfère … ne pas passer cette soirée tout seul.
 
Pas le jour de mon anniversaire. J’y accorde généralement pas autant d’importance mais les évènements font que ça devient bizarrement plus complexe. J’veux pas ressasser toute la merde qui stagne quelque part chez moi.
Je plante mon regard dans le sien et lui accorde un sourire sincère. Je sais ce qu’elle essaie de faire et ça me touche. Plus qu’elle ne peut le croire.
 
- Je m’inquiète pour elle, même s’ils la disent sortie d’affaire. J’peux pas m’empêcher de culpabiliser de pas être avec elle, de pas avoir forcer les choses pour aller la rejoindre ou j’sais pas. Juste d’être là, tu sais.
 
Mais j’peux pas. Tout simplement parce qu’elle m’a filé une mission entre les mains : Celle de veiller sur ses bambinos. Et elle ne me pardonnerait jamais si je les lâchais ici avec les temps qui courent. Alors tu prends ton mal en patience et tu fais ce que tu as à faire. Tranquillement. Je pousse un léger soupire. Les mots sortent seuls, sans forcément pousser vers le drame, faisant une simple constatation.
 
- J’aurai dû la pousser à aller voir quelqu’un plus tôt. J’ai pas assez insisté lorsque je le voyais tousser en permanence. Elle est affreusement têtue mais ça change pas que j’aurai dû l’y trainer, contre son gré s’il le fallait.
 
Je ne dis pas que son cancer est ma faute, loin de là. Juste que si j’avais été peut-être un peu plus insistant dès le mois de Décembre, elle aurait pu éviter quelques lourdeurs en termes de traitement ou… je sais pas trop. Ça n’sert à rien de ressasser ça puisque ça ne changera absolument rien, je le sais. Quoi qu’il en soit, à la seconde où elle reposera un talon aiguille dans cette école, je ne la lâcherais plus. Pas une seule seconde, même si elle me hurle dessus parce que je suis trop collant. J’m’en fou, l’entendre crier en espagnol ne m’a jamais autant manqué qu’aujourd’hui.
Je n’aurai jamais cru qu’elle puisse autant me manquer.
 
Je fini par claquer mes mains sur mes cuisses en lâchant un soupire et en me relevant tout en m’étirant.
 
- Donc ce soir, t’es tout à moi alors … J’espère que t’es gonflé à bloc et que t’es prête à mettre les boucher doubles. Si ma tante respecte la tradition, je devrais recevoir une bouteille du Sud de la France dans la journée. Une vraie merveille mais pour ça, il faut être digne de la consommer.
 
J’affiche un sourire, essayant de me tranquilliser et de me dire que Rina n’aimerait pas que je reste aussi morne le jour de mon anniversaire. Au contraire.
Je m’approche d’un pas vers Ismaelle et comme tout à l’heure, je la serre contre moi, sans l’once d’une hésitation mais aussi sans brutalité. J’ai toujours été quelqu’un de très tactile, sachant pertinemment que ça pouvait en déranger plus d’un mais elle ne m’a jusqu’ici, pas coller de gifle alors… Et ici, j’en avais envie, pour traduire ce que je ressens à son égard, à l’égard de ses gestes et de ses intentions. Donc, je l’étreins en douceur contre moi, quelques secondes avant de déposer un léger baiser sur sa tempe et de me reculer.
 
- Merci pour ce que tu fais Isma. J’suis content de t’avoir ici avec moi.
 
Clin d’œil et sourire. Je suis plus que sincère et je pense qu’elle le sait, qu’elle le voit. L’avoir auprès de moi avec Phaedre, sans oublier Riley ( :boom: ), me fait un bien fou dans ces moments-là.
Et si je suis entré dans tes mœurs Stoneheaven, tu es déjà entré dans les miennes depuis bien longtemps maintenant.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7861
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri   Lun 10 Aoû 2015 - 18:54

Dans les faits je ne peux rien faire d'autre pour Rina que lui envoyer mes pensées et lui souhaiter à distance que tout ça ne soit plus qu'un lointain cauchemar. Je ne peux pas prétendre comprendre savoir ce par quoi elle passe mais je connais les hôpitaux, je connais la maladie, je sais ce qu'on peut ressentir en étant enfermé dans cette spirale et entre les murs blancs et stérile d’un établissement de santé. Compatir à distance, lui faire comprendre que je pense à elle en lui écrivant une lettre pleine de positivisme, voilà ce que je peux faire pour elle mais surtout – et d'après moi c'est probablement ce qui compterait le plus – je peux prendre soin de Dimitri. Lui est là, à portée de main, et il a peut-être besoin d'une présence réconfortante. Je serais cette présence avec grand plaisir si c'est aussi ce qu'il souhaite et si je le fais ça n'est pas uniquement pour Rina, simplement parce que ça me semble … Normal et naturel. Oui il est entré dans mes mœurs et j’apprends petit à petit à me faire à l’idée d’avoir ce type de liens avec certaines personnes. J’ai eu des connaissances, des copains, des copines, des camarades de classe ou d’armée mais des amis ? Si je me penche sur le passé … Je crois que non, je crois que c’est quelque chose que j’ai réellement développé en revenant ici il y a deux ans et demi pour être Prof. Maxence a été le premier a … entrer dans mes mœurs et puis récemment plusieurs autres se sont greffés à mon petit monde sans que je ne m’en rende réellement compte. Ça fait du bien. Ça fait du bien de pouvoir partager avec des personnes vis-à-vis desquelles on se sent sur la même longueur d’onde. Je ne me sentais pas spécialement seule, pourtant aujourd’hui je réalise que je ne le suis plus. J’ai beau adorer les élèves ça n’est bien sûr pas comparable.

« Honnêtement, je préfère … ne pas passer cette soirée tout seul. »

Et bien ça tombe bien parce qu’il se trouve que ça ne sera pas le cas ! Tu ne passeras pas le soir de ton anniversaire tout seul, c’est une promesse, et si ça n’avait pas été ton anniversaire ça n’aurait rien changé. C’est samedi soir, on va en profiter.

« Je m’inquiète pour elle, même s’ils la disent sortie d’affaire. J’peux pas m’empêcher de culpabiliser de pas être avec elle, de pas avoir forcer les choses pour aller la rejoindre ou j’sais pas. Juste d’être là, tu sais. »

Si son sourire est sincère le mien l’est tout autant, teinté de tendresse en prime. Ce grand nigaud fait grimper mon taux d’affection en flèche quand je le vois aussi perdu et désemparé. Pour un peu j’aurai presque envie de te faire un câlin … Mais soyons sérieux – je l’étais en réalité mais ça n’est pas le sujet – je comprends qu’il vive mal cette situation. La culpabilité le ronge c’est flagrant, et le sentiment d’impuissance est quelque chose qui s’avérer très destructeur si on le laisse trop s’enliser. Je crois que dans ce château c’est une sensation qu’on connait tous, à des degrés différents peut être mais elle nous a tous touché au moins une fois. En cet instant ça n’est pas aux autres que je pense, ni à moi, mais à lui. Et à Rina. Est-ce qu’il aurait pu rester avec elle ? Dans les faits oui même si la politique de cet établissement est plutôt claire. Les sorties -  et entrées – ne sont pas à démocratiser mais parfois il y a des cas de forces majeures. Le fait que Vicky puisse prendre soin d’elle à l’extérieur n’est pas négligeable et je crois que ça rassure tout le monde d’ailleurs. Est-ce que Dimitri ressent quelque chose vis-à-vis de ça aussi ? Je ne lui poserai pas la question.

« J’aurai dû la pousser à aller voir quelqu’un plus tôt. J’ai pas assez insisté lorsque je le voyais tousser en permanence. Elle est affreusement têtue mais ça change pas que j’aurai dû l’y trainer, contre son gré s’il le fallait. »
« On aurait tous dû le faire Dim. Ne sois pas trop dur avec toi même. »

On a tous vu que son état se dégradait au fil des semaines mais aucun de nous n’a osé la pousser à … faire quelque chose. En ce qui me concerne je ne m’en sentais pas vraiment la légitimité mais c’était une erreur, une fausse excuse et je m’en veux de ne pas avoir insisté mais ce qui est fait est fait, on ne pourra rien y changer. Elle est entre de bonnes mains, c'est tout ce qu'il faut retenir. Ça et qu'elle a évité le pire, que cette « intervention » n'est pas arrivée trop tard même si elle aurait pu arriver plus tôt. Encore une fois j'ai conscience d'avoir peut être l'air de prendre tout ça à la légère, avec détachement, bien sur ça n'est pas parce que je m'en fiche totalement ou que je ne me rends pas compte de la gravité de la situation mais … Je crois que c'est une situation que je connais suffisamment bien pour savoir la gérer. Pour une fois qu'avoir passé la moitié de ma jeunesse coincée dans un hôpital me sert à quelque chose … Et je ne parle pas du dernier séjour que j'ai effectué.

Légèrement perdue dans mes pensées je ne peux pas nier avoir sursauté quand il a claqué ses mains sur ses cuisses mais je me suis rapidement reprise. Pas de quoi fouetter un chat et qu'on me trouve l'inventeur de cette expression je vous prie. Il se relève et j'en fais autant – non sans m'insurger au passage du fait qu'il ne me tende même pas la main pour m'aider à me remettre debout ! Je plaisante, si j'étais du genre à me formaliser sur ce genre de trucs et à m'y intéresser tout simplement ça se saurait.

« Donc ce soir, t’es tout à moi alors … J’espère que t’es gonflé à bloc et que t’es prête à mettre les boucher doubles. Si ma tante respecte la tradition, je devrais recevoir une bouteille du Sud de la France dans la journée. Une vraie merveille mais pour ça, il faut être digne de la consommer. »
« Non mais tu veux sérieusement me rendre alcoolique ! Oui parce que je ne doute pas une seconde être à la hauteur bien sur. »

Ça n'est pas non plus mon genre de faire la belle mais c'est pourtant exactement ce que je suis entrain de faire. Tout ça c'est de la comédie bien sur et je crois qu'il me connait suffisamment maintenant pour savoir différencier le vrai du faux. En réalité je suis ravie de pouvoir découvrir un bon vin français s'il décide de le partager avec moi et je me dis même qu'on devrait déguster ça autour d'un bon repas, au calme. Et en tête à tête bien sur ! Ce soir Mesdemoiselles il est à moi, désolée de vous briser le cœur. Blague à part, non je n'essaie pas de l'avoir pour moi toute seule et s'il veut voir d'autres gens ça n'est pas du tout un problème. C'est son anniversaire, c'est lui qui décide de ce qu'il a envie de faire et avec qui. Dans la mesure du raisonnable, je vous vois venir.
Un câlin ? Oui, un câlin. Il est bien un des seuls avec qui j'arrive à me laisser aller à ce point et grâce à lui je me rends compte que je reprends petit à petit confiance. En moi, en eux. Un tel contact avec un homme m'aurait été strictement impossible il y a encore quelques temps mais petit à petit je passe au dessus de tout ça, je fais la part des choses. De plus j'apprécie réellement cet échange et m'y laisse totalement aller en posant ma tête contre son épaule, en fermant les yeux et en le serrant contre de moi de la même façon que lui le fait. Ça ne dure que quelques instant mais j'en apprécie réellement chaque seconde. Par ce biais il me transmet sa gratitude et plus encore, son affection, sa confiance. C'est vraiment important pour moi, ça me va droit au cœur. Le bisou ça n'est que du bonus.

« Merci pour ce que tu fais Isma. J’suis content de t’avoir ici avec moi. »

Et j'ai même le droit à un clin d'œil … Dites moi combien de jalouse je fais en cet instant ?

« De rien, c'est ... normal. Et moi aussi je suis contente que tu sois là. »

La tête penchée sur le côté c'est un nouveau sourire plein de tendresse que je lui offre alors que ma main se pose sur son épaule dans un geste spontané et affectueux.

« Faut que je te laisse mais ce soir tu es tout à moi Gabrieli ! Mets ton plus beau short à paillettes. »

Private Joke. Rapport à la soirée passée il y a quelques temps. Je n'attends pas une seconde de plus avant de lui déposer un bisou sur la joue.

« Bonne journée Muffin. A tout à l'heure. »

Je ne saurais dire d'où vient ce surnom, il est totalement arbitraire mais je crois qu'il va rester parce que je l'aime bien. Je trouve qu'il lui va bien.

▬ Fin ▬
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri   

Revenir en haut Aller en bas
 
Happy Birthday, Muffin ! ▬ Dimitri
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 04. Happy Birthday, Cat.
» 19 mai 1962: Happy Birthday to you mister president...
» ♪ Happy Birthday Sir ♪
» Happy birthday my love, from mum xx
» Happy birthday Mona and Rainer ♫♥

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Poudlard & ses alentours :: Hogwarts' Inside :: Quatrième Etage.-
Sauter vers: