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 The show must go on, merde ! - Charleen -

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MessageSujet: The show must go on, merde ! - Charleen -    Ven 19 Juin 2015 - 13:44

Lundi 9 Février -
"
« Nan mais attends c’est plus possible ça ! »

La porte de la salle commune venait de claquer, faisant disparaitre une ombre fuyante derrière elle. Ethan. Ethan qui avait manifestement voulu rentrer CHEZ LUI. Chez lui, oui, parce que la salle commune leur appartenait tous un peu, c’était là qu’ils devaient se sentir chez eux. Et il ne devrait pas y avoir une seule raison de les en détourner ainsi. Et sûrement pas une pauvre cloche assise en tailleur sur un fauteuil, un bouquin sur les jambes et une bouteille d’eau au sol. Oui, la pauvre cloche, bien entendu, c’était Jordane. Jordane qui s’était sentie tellement mal à l’aise qu’elle avait évité de croisé son regard pendant la première semaine. Mais là ça faisait un mois ! Un mois qu’il l’évitait effrontément, qu’il ne pouvait la regarder ou même souffrir sa présence dans cette pièce. Alors elle en avait fait exprès, elle avait passé plus de temps que d’ordinaire dans la salle commune des Serpentards, sachant qu’il pouvait également être dans celle des Poufsouffles avec Charleen, là où elle était allée au début : mauvaise idée. Et ça, elle le faisait non pas pour se trouver en sa présence parce qu’elle ne la supportait pas, mais bien au contraire pour ne pas lui imposer la sienne. Pour ne pas qu’il se sente mal à l’aise, pour lui laisser le temps de s’en remettre sans qu’elle soit systématiquement là à lui rappeler le râteau affreux qu’elle lui avait foutu ! Oui, parce qu’il s’agissait de ça, rien de plus ni de moins. Mais il y avait un moment où il fallait arrêter cette mascarade ! Alors elle avait doucement repris ses habitudes, sans réellement se poser de questions. Non, bien sûr qu’un mois, ça n’était pas assez. Bien sûr ! Mais ils vivaient dans un château fermé à clé. Oui, d’accord, l’école était grande, mais pas assez pour qu’ils évitent de se croiser entre deux couloirs. Eh puis, il allait bien falloir qu’il accepte de la rencontrer de nouveau. Pas forcément de lui parler, d’accord, elle avait la lèpre à ses yeux en cet instant : ok. Pas de soucis. Mais merde, ne serais-ce qu’être dans la même pièce ! Il faudrait bien qu’il s’y fasse, qu’il avance, qu’il passe à autre chose. Il ne pouvait pas avoir le cœur en sang à chaque fois qu’il croisait son ombre tout de même ! L’année et celles à venir allaient être longue sinon.

Alors la jeune femme avait sauté de ses coussins moelleux, y laissant son livre pour se précipiter à la porte. Mais non. Déjà, les lieux étaient vides. Le jeune homme avait disparu.

« Quelle anguille ! »

Savonnette de compet’ ! Capable de vous glisser entre les doigts comme de l’eau, s’en était presque impressionnant. Tente le métier d’espion sinon !

Lâchant un soupire fatigué, la jeune femme était restée quelques secondes à fixer le vide avant de se décider à réellement sortir de la salle commune vide. Oui parce qu’en plus, les lieux abandonnés de toute vie humaine autre que la sienne ne l’avaient pas vraiment aidée à passer inaperçue. Les mains dans les poches de son jean, elle avait dévalé tous les escaliers qui la séparaient du rez de chaussée. Autant dire un grand nombre de marches. Il fallait tenir la forme dans cette école ! Surtout pour y remonter le soir …
Ainsi, donc, contrairement à ses dernières habitudes, la belle rousse s’était rapidement engouffrée dans la salle commune des Poufsouffle, espérant y trouver Sovahnn. Aileen faisait un tour avec Takuma qui tentait de lui remonter un peu le moral, ainsi, elle savait qu’ils étaient quelque part dans le parc : introuvable à moins d’avoir beaucoup de chance. Parler à quelqu’un d’autre ? Les seuls qui pouvaient apparaître sur sa liste étaient Alec, Jayden et Mack. Alors autant Mack n’en ferait probablement pas toute une histoire, mais elles n’étaient pas assez proches pour qu’elle vienne s’exprimer à ce propos, autant…. Autant, Alec, c’était hors de question de base et Jayden se moquerait probablement autant de la situation que son alter égo masculin : à gorge déployée donc.

Non.
Clairement, donc : non.

Il était assez mal comme ça, pas besoin d’en rajouter. Et elle avec, accessoirement.

Pourtant, pas de Sovahnn ! Ça n’avait d’ailleurs rien d’étonnant, une anguille aussi celle-là ! Sûrement quelque part dans les airs. Le match approchait, ça n'avait rien d'étonnant.
D’un air dépité, la jeune femme était restée quelques secondes dans l’encadrement de la porte. Pourtant, loin de s’en détourner, elle avait finalement fait quelques pas en avant : vers une autre tête blonde. Bizarrement, sa motivation semblait s’étioler à chaque pas qu’elle faisait devant elle : Charleen, ils étaient proches d’après ce qu’elle en avait vu le long de l’année. Non, elle n’était pas particulièrement à l’aise de faire ça, mais, honnêtement, après un mois à être pestiférée, elle se disait qu’il ne semblait pas vraiment aller mieux..

« Salut. »

Ce sourire est un poil tendu Jordane.

« Charleen, c’est ça, j’me trompe pas ? Tu es une amie d’Ethan non ? »

A vrai dire, je crois que tu es la seule que j’ai vue en sa compagnie alors…

« J’suis Jordane. J’sais pas s’il t’a parlé de moi. Jl’aurais probablement fait à sa place mais c’est pas sûr… enfin pas qu’il faille parler de moi mais… »

Oui oui oui… tais toi c’est mieux. J’te jure, tu parles peu quotidiennement mais quand t’es mal à l’aise, ça te prend comme ça, et on voit que c’est pas inné chez toi de communiquer.

La jeune femme avait poussé un soupir.

« Ok, tout ça me met vraiment super mal à l’aise, j’pense que ça se voit pas mal. »

Petit souffle.

« J’veux juste savoir comment il va. Si… ya un mieux. Si j’peux faire quelque chose. »

Ne me réponds pas de rester loin de lui pitié.
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MessageSujet: Re: The show must go on, merde ! - Charleen -    Jeu 25 Juin 2015 - 14:13

►Show must go on, merde !◄
Jordane & Charleen


Lundi 9 Février – 6h30, dortoir des Poufsouffles.

Dire que je ne fais plus de cauchemar avec ce qu’il s’est passé cette soirée de pleine lune serait un mensonge. J’ai du mal à faire comme si de rien n’était ou comme si rien ne s’était passé mais même si je n’ai rien vu de la transformation de Maxime, les bruits de … ses os se répercutent encore dans ma tête. Comme des tambours qui se répètent sans cesse. Je ne dirais rien, elle le sait et moi-même je le sais. Elle veut que sa nature reste secrète et je n’ai pas le droit de la trahir, je n’ai pas le droit de lui faire ça. Maxime m’a toujours impressionnée et cette soirée elle m’a carrément faite peur, malgré elle.
Je suis allongée dans mon lit, les yeux grands ouverts alors que mes doigts caressent doucement le pelage de Circée qui ronronne, couchée contre mon flanc. J’aime bien l’avoir près de moi, elle m’apaise toujours, surtout dans des moments comme celui-ci où le sommeil ne vient plus et où les cauchemars ont été quelque peu effrayants. Je sais que ça passera, c’est même certain, je ne vais pas restée traumatisée à vie de tout ça mais il faut simplement que ça … passe. Je repense aux sons, aux gémissements douloureux de Maxime et un long frisson me parcoure les bras et le dos. Pas de dégoût, mais… d’effroi. Vis-à-vis de sa douleur, la leur. J’étais au courant pour Enzo, mais pas pour elle.

Je lâche un soupire avant de me redresser. Ça ne sert à rien que je persiste à vouloir dormir le peu de temps qu’il me reste. Je hausse les épaules et Circée s’étire de tout son long en baillant, avant de se frotter à moi, réclamant d’énièmes caresses.

- Tu n’en as jamais assez, hein ?
- Maouuw.

Je lâche un rire amusée et finis par me lever et me doucher. Une bonne et longue douche chaude… rien de tel pour évacuer tous les cauchemars d’une nuit et pour être honnête, ça fonctionne plutôt bien. Je prends mon temps, n’ayant pas cours ce matin, enfin pour la première heure du moins et j’en profites même pour aller voir Ethan rapidement et lui faire un bisou de bon matin. Entre amis, on se serre les coudes et lui en a bien besoin. Depuis notre discussion de l’autre jour dans la salle sans fond – Plus jamais je ne veux y remettre les pieds… - j’ai la sensation que quelque chose de plus profond s’est créé entre nous, une amitié plus solide. Après avoir craché un peu tout ce qu’on avait sur le cœur, c’est comme si nous étions plus léger. Bon… il reste toujours affecté par ce qu’il s’est passé avec Jordane mais je peux le comprendre. Il lui faudra du temps pour digérer tout ça mais ça viendra, il lui faut simplement un peu de temps.

J’entre dans la grande salle vêtue d’un jean, d’un tee-shirt et d’un bon sweat-gilet que j’affectionne particulièrement pour être à l’aise et repère Riley au loin, entrain de déjeuner. Les hiboux survolent encore les tables pour distribuer le courrier et constate que cette fois, ça n’est pas moi qui sera garni en lettres. Je me dirige vers la table de ma sœur et m’installe en face d’elle, grand sourire aux lèvres, beaucoup moins contrariée que je ne l’étais il y a quelques jours.

- Je viens prendre le petit déjeuner avec toi, ça faisait longtemps !

Je hausse les sourcils alors qu’elle ne me répond pas, son visage plongé sur un parchemin, sourcils froncés et le teint un peu pâle. Mon angoisse revient au triple galop alors qu’un tas de films se mélangent dans ma tête avant même qu’elle n’ait pu me dire quoi que ce soit. J’ai appris à connaitre Riley au fil des mois et je peux dire sans hésitation que quelque chose à l’air de la contrarier.

- Riley qu’est-ce qu’il y a ? Tu as reçu une mauvaise nouvelle ?

C’est papa, c’est ça ? Une boule de stress se forme dans ma gorge. C’est ridicule, si ça avait été le cas Riley aurait paru bien plus … triste, non ? Enfin, je sais que ça n’est pas son père à elle mais je sais qu’elle l’aime bien et que ça se passe bien mieux maintenant que tout est réglé, donc elle devrait être plus expressive. Alors quoi ? Alors tais-toi ! Et laisse là réagir et toi, gère ton stress jeune fille.
Riley finit par lever les yeux vers moi, remarquant ma présence seulement maintenant je crois et moi j’attends avec la sensation que ma tension explose tous les plafonds.

- Oh … Non. Enfin, ça dépend. Si nous prenons en considération que ma mère m’envoi ce courrier pour me demander pourquoi j’ai été collé et pourquoi j’ai loupé mon cours d’Astronomie… t’en penses quoi ?
- Ah…

Oui, Ah. Parce que Moïra est intransigeante concernant les cours de Riley, comme papa peut l’être avec moi. Je tords la bouche dans une moue qui veut dire « Oops… » et fronce les sourcils par la suite. Ok, je n’ai pas toujours vécue avec Riley, c’est vrai… mais je la connais mieux maintenant. Bien assez pour savoir que même avec de la fièvre, elle serait capable de se trainer jusqu’en cours. Et concernant les colles… Je comprends que Moïra puisse se poser des questions.

- D’ailleurs, pourquoi t’as séchée ? Ça ne te ressemble pas.

C’est moi ou je crois voir le rouge à ses joues… Ça, c’est encore en plus bizarre.

- Un évènement imprévu m’a légèrement fait oublié que j’avais cours aussi tard…

Elle esquive presque mon regard. Cette fois, je percute et mon sourire s’élargit. Je suis souvent naïve et je suis clairement plus lente que les autres à comprendre les évidences… mais il faut croire que je fais des progrès. Je me serre un jus de citrouille et hausse les sourcils, presque l’air de rien.

- Et cet « évènement » est si intimidant que ça pour que tu deviennes aussi rouge que les Gryffondors ?

C’est ce qu’on appelle toucher dans le mile ? Elle se mort la lèvre inférieur, rougit un peu plus et moi je ricane doucement en me servant des tranches de bacon et un œuf toujours chaud – la magie des elfes, j’y ai toujours été admirative… - puis m’y attaque avec des tranches de muffin. Et la révélation tombe…

Cette fois, c’est moi qui écarquille les yeux.

- Mateo ? .. Vargas ? Celui qui est toujours avec Maxime et qui n’arrêtait pas de t’ennuyer ?
- … Oui ?

Silence, alors que ma fourchette est suspendu dans les airs entre ma bouche et l’assiette… Parfois, j’ai l’impression de vivre dans un monde parallèle. J’affiche une moue songeuse et lui demande, en levant les yeux vers le plafond, en profonde réflexion.

- Riley, combien d’épisodes j’ai loupé depuis ce jour où tu l’as attachée au lustre à ce matin…. ?
- Je suis aussi surprise que toi, tu sais !
- Et quelle surprise hein…

Et une bouchée de bacon, comme si de rien n’était – désolée Elise, mais j’ai envie de raconter la vie de Charleen, je la sors du placard alors faut bien que j’en profite :gla: - et ne la regarde pas, en tout cas pas tout de suite. Bizarrement, je me sens d’humeur presque taquine. Je bois une gorgée de jus de citrouille et reprend.

-  Il est Argentin, c’est ça ? Et il t’a montré la carte de son pays ?



- Pour partager sa culture hein !

…. ….

- Il est vachement bon ce bacon.

Sourire presque innocent. Je dis presque parce que… Bon, j’ai quand même 17 ans et sous le ton de la blague, ce genre de chose ne me pose plus de problèmes. Après, je ne m’engage pas à dire que je ne deviendrais pas rouge écrevisse si je devais aborder un sujet sérieux avec Riley. N’y pense même pas, Charleen. C’est même pas concevable. Bref. Ahem, oui, il est super bon ce bacon. Et Riley a réagi au quart de tour, bien évidemment. En s’indignant faussement et j’ai bien vu qu’elle était un peu surprise par ma taquinerie même si elle reste très gentillet, mais il faut se dire que j’ai mis beaucoup de temps avant de réussir à me débrider un peu, à me lâcher. Bon, avec Rosalyne il était fréquent sous l’enthousiasme nous nous laissions un peu aller, mais c’était différent. Je la connais depuis tellement longtemps que tout me semblait naturel. Riley et moi commençons à nous apprivoiser et désormais, c’était comme si tout avait été toujours comme ça. Comme maintenant. Simple et fraternel.

Je termine mon petit déjeuner, continuant de discuter avec elle, de tout et de rien. Bon, de Mateo un peu quand même, parce que je ne manque pas de me renseigner car si ma sœur est en couple avec quelqu’un, j’aimerai savoir comment est mon …  « beau-frère ». Non, ça, ça faisait bien trop formelle. Bref, comment il était avec ma sœur tout court ! Elle a l’air épanouie, sur un petit nuage et son sourire est communicatif. Je l’écoute, elle me dit que Moïra me fait de gros bisous, chose qui me donne du baume au cœur, comme à chaque fois. Je ne manque pas de la taquine gentiment pour Mateo et ce, jusqu’à la fin du petit déjeuner. Je me lève, m’étire et remonte la fermeture de mon gilet alors que Kezabel s’apprête à rejoindre Riley pour la fin du repas.

- Je sais ce que tu pourrais dire à Moïra pour cette histoire de colle…

Je la regarde avec un léger sourire.

- Que c’est parce que son futur gendre te faisait réviser la géographie de l’Argentine. Et que ça reste un cours, donc, c’est pas très grave. Bonne journée grande sœur !
- Qui t’as fait réviser quoi ?

Ah, salut Keza !

- Oh, c’est Riley qui m’a dit que Mateo et elle avait suivi un cours de Géo sur l’Argentine il n’y a pas longtemps. Je file, j’ai un devoir à terminer pour tout à l’heure.

J’entends Kezabel éclater de rire derrière moi et je m’échappe, grand sourire aux lèvres, sachant pertinemment que je ne m’en sortirais sûrement pas aussi facilement.

En attendant, j’ai le cœur bien plus léger que ce matin…

¤

Lundi 9 Février – soirée, salle commune des Poufsouffles

La journée est passée assez rapidement et je n’en suis pas mécontente. Les Lundi sont souvent terrible mais je m’en plein rarement. J’aime les cours, j’aime étudier et je sais que certains trouvent ça barbant, mais j’ai toujours aimé apprendre, m’instruire. Peut-être parce que papa m’a donné très rapidement le goût de l’effort et du résultat mais aussi ouvert beaucoup d’horizon, nourrissant ma curiosité d’enfant. Enfin qui reste toujours blotti là, contre moi, quelque part et que je ne lâcherais pour rien au monde. J’ai passé le repas du midi avec Ethan, puis avec Rosa qui n’a pas manqué de me dire qu’elle était soulagée de revoir Mr Helland, ses yeux bleus commençaient à sérieusement lui manquer…

Je suis désormais attablée au fond de la pièce, tête sur un parchemin d’Astronomie où je tente tant bien que mal d’y trouver une logique entre différentes constellations. Ca n’est pas la matière dans laquelle j’excèle le plus mais je me débrouille comme je le peux pour avoir des résultats convenables afin de rendre toujours fier Papa. Mais aussi Maman, quelque part là-haut.

- Salut.

Je lève les yeux alors que je traçais soigneusement une droite entre deux constellations et lorsque mon regard croisa celui de la jeune femme, j’eu cette impression un peu étrange de recevoir un coup de poing dans l’estomac.

Jordane.

Je me redresse légèrement, un peu bloquée dans ma surprise de la voir ici mais surtout, venir me parler et aussitôt l’image d’un Ethan triste et blessé apparait avec force sur mes rétines. Et de nouveau, ce sentiment de colère alors que finalement, Jordane n’était pas si fautive que ça. Elle n’allait tout de même pas se forcer à sortir avec quelqu’un pour qui elle n’éprouvait pas de sentiment. C’était injuste pour elle et humiliant pour Ethan. Mais… je sais pas. Je crois que je l’associe directement à la douleur de mon ami et, n’aimant pas le voir dans cet état, ça me met un peu en colère.

- Salut.. ?
- Charleen, c’est ça, j’me trompe pas ? Tu es une amie d’Ethan non ?

Je fronce les sourcils avant de répondre toujours de cette voix douce, malgré la pointe d’inquiétude qui perce en moi. Comme ce matin, un nombre de film défile devant mes yeux… C’est ridicule. Et tu vas faire ça a chaque fois que l’on vient te demander quelque chose ? Respire un peu Charleen.

- Oui, c’est moi. Il y a quelque chose qui ne va pas ?

… Ou pas. Je t’avais dit de respirer un peu.

- J’suis Jordane. J’sais pas s’il t’a parlé de moi. Jl’aurais probablement fait à sa place mais c’est pas sûr… enfin pas qu’il faille parler de moi mais…

Elle se mélange, s’embrouille dans le sens de sa phrase même si je comprends l’essentiel : Est-ce que tu sais qui je suis ? Oui, je le sais et que trop bien. Mais je ne dis rien parce que je n’ai rien à dire pour le moment. Elle n’a rien fait de mal, pas consciemment alors on se détend un peu. J’essaie, promis. Mes yeux restent tournés vers elle et je la détaille rapidement. Jordane était vraiment très jolie avec de grands yeux bleus qui ressortaient beaucoup avec ses cheveux noirs. Un peu comme Maxime en réalité, mais l’aura n’était pas la même. Je comprends pourquoi elle plait tant à Ethan… Et cette idée me brûle l’estomac, sans que je ne comprenne pourquoi. C’est ridicule.

- Ok, tout ça me met vraiment super mal à l’aise, j’pense que ça se voit pas mal.
- On peut dire ça comme ça oui.

En temps normal je lui aurai dit de s’assoir et lui aurai même proposé les bonbons que j’ai dans mon sac, tout en disant que les sucreries réussissent toujours à nous remettre d’aplomb mais aussi à dénoué le stress. Mais je n’arrive pas à décrocher mon regard de Jordane, ni à bouger le petit doigt. Parce qu’en réalité je suis aussi intimidé qu’un poil agacée, même si je ne le montre pas. Parce que ça ne se fait pas et qu’elle n’y est pour rien. Ou presque. C’est compliqué. Au moins, mon sourire est toujours là.

- J’veux juste savoir comment il va. Si… ya un mieux. Si j’peux faire quelque chose.

Je n’aime pas ce qu’il se passe chez moi, je n’aime pas ce flot de sensation, de sentiments, de ressenti. Je n’aime pas avoir l’impression qu’un volcan gronde au fond de moi et encore moins d’avoir l’impression que je ne vais pas pouvoir gérer mes émotions. Sa question m’offusque un peu alors qu’une partie de moi la trouve adorable de vouloir se soucier de lui, malgré tout. Un combat se produit, deux parties de moi s’affrontent et c’est une chose que je déteste. Pire, que je crains.
Je triture la plume entre mes doigts, signe qu’un léger état de stress commence à venir me tarauder mais je ne le remarque même pas.

- Un mieux, non. Enfin, je sais pas trop, il n’est pas très bavard et encore moins sur ce sujet-là.

Et pourquoi tu ne vas pas toi-même lui poser la question ? Pourquoi devrais-je servir d’intermédiaire ?

….

Stop. Respire. Et parle un peu moins froidement. Je me sens aussitôt en faute mais une part de moi tente de reprendre dessus. Ça ne me ressemble pas, j’ai toujours été … douce, attentionnée et patiente, je ne veux pas changer ça.
J’ai dit, Respire.

- Je te dirais bien d’aller lui poser la question à lui directement, mais je ne pense pas que ça soit une bonne idée. Pas maintenant en tout cas.

Je lui offre un sourire désolée, sincère malgré ce branle combat qui me désarçonne complètement et qui me noue la gorge.

- Tu… tu ne veux pas t’assoir s’il te plait ? Ca me stress un peu que tu te tiennes debout comme ça. J’ai l’impression de t’interroger pour un examen.

Même si ça n’est pas moi qui pose les questions.
Léger rire amusé. Voilà qui est mieux.
Et maintenant ? Je dois lui dire quoi que de plus ? Je vois bien qu’elle s’inquiète sincèrement, au moins un minimum mais je sais aussi à quel point il a été blessé et que suite à ça, je l’ai entendu dire des choses à son égard qui se trouvent être horrifiante. Il se considère comme un monstre, comme un garçon ne méritant pas de s’attacher à quelqu’un, et encore moins à quelqu’un comme Jordane qu’il définit avec beaucoup de jolies mots. Sa douleur est devenue la mienne ... Enfin ce que je veux dire, c’est que je supporte mal de le voir souffrir comme ça, même si ça va un peu mieux avec le temps mais qu’il n’ose toujours pas affronter son regard.

- Laisse-lui du temps pour digérer la pilule. Chacun à sa manière de réagir et ça n’est pas aussi évi…

Je me stoppe, laissant mourir ma phrase dans un souffle. Est-ce que j’ai vraiment envie de dire que ça n’est pas aussi évident pour Ethan que pour un autre et ainsi, lui donner l’impression qu’il est plus fragile qu’un autre ?
C’est d’une ironie qui me sidère, moi qui me bat pour montrer au monde que même de personnes comme moi peuvent réussir à s’imposer si besoin est et qu’être fragile ne signifie pas être incompétent ou impotent.  
Je hausse les épaules avant de ranger ma plume.

- Bref, du temps. C’est tout ce qu’il lui fait, je pense.

Une question me taraude, une vilaine curiosité que je n’assume pas et que je ne laisserais pas franchir mes lèvres. Au lieu de cela, ces dernières esquissent un pâle sourire à cette jeune femme que je ne connais pas mais qui semble ébranler certains de mes piliers.
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MessageSujet: Re: The show must go on, merde ! - Charleen -    Jeu 2 Juil 2015 - 15:24

- Oui, c’est moi. Il y a quelque chose qui ne va pas ?

En effet. Il y a quelque chose qui ne va pas : je suis une fille abominable et Ethan ne semble pas vraiment bien parti pour s’en remettre. Et ça, ça craint. Faire le deuil de ses idéaux, de toute façon, ça craint, que ça vise la personne sur laquelle on craque, ses parents, ses enfants ou le monde qui nous entoure d’une manière plus générale, ça n’est pas tout à fait la chose la plus sympathique au monde. Mais, surtout, c’est bien eux qui ne sont pas à la hauteur de nos attentes concrètes ou inconscientes. C’était elle qui n’était pas telle qu’il aurait voulu qu’elle soit, elle qui cachait bien trop de choses pour ne serais-ce qu’avoir envie d’être celle qu’il voyait en elle. Le problème dans l’histoire, ça n’était pas ça. Après tout, bien sûr qu’untel et untel étaient finalement bien différents de ce qu’ils montraient. Et puis, elle le lui avait dit, ils ne se connaissaient pas assez pour ça. Sous entendu : il y avait bien des choses sur elle qui le feraient probablement déchanter. Elle qui partait du principe qu’il faut tout d’abord être très proches d’une personne pour ensuite pouvoir se déclarer honnêtement amoureux était très loin de cette situation. Après, elle avait probablement un certain recul sur tout ça qu’il n’avait pas. Mais justement, c’était ça qui l’inquiétait : qu’il pense que tout venait de lui. Elle avait tout fait pour lui faire comprendre qu’il n’y était pour rien, qu’elle était celle chez qui ça péchait. Pas l’inverse. Mais elle le connaissait tout de même assez pour bien voir que… eh bien qu’il ne lui en voulait pas comme il l’aurait dû. Non, c’était à lui qu’il en voulait. Il avait honte, il se sentait mal et, non, vraiment, elle ne voulait pas qu’il se sente ainsi !!

- J’suis Jordane. J’sais pas s’il t’a parlé de moi. Jl’aurais probablement fait à sa place mais c’est pas sûr… enfin pas qu’il faille parler de moi mais…

Peut-être qu’elle marchait trop à la colère aussi. Peut-être que c’était sa manière à elle de dépasser les choses. Mais elle ne pouvait supporter le fait qu’il s’attribuait tous les mérites de ce fiasco complet ! Merde quoi ! Laissez-moi mes erreurs !

Et… C’est dingue comme elle qui assumait totalement se sentait affreusement mal à l’aise en cet instant. Il y avait quelque chose qui coinçait plus que ce qu’elle espérait et elle ne pouvait faire comme si elle ne le ressentait pas. La jeune femme lui souriait mais son regard restait froid. C’est ce qu’on appelle un sourire pyramidal en biologie. Le sourire du vendeur.
Vous me mettrez trois cookies choco-noisette, merci !

C’est pas grave, on persévère !

- Ok, tout ça me met vraiment super mal à l’aise, j’pense que ça se voit pas mal.
- On peut dire ça comme ça oui.

Merci.
Poin.. poin.. poiiiinggg... ♫

Merveilleuse impression de se prendre un arbre en pleine course.

Comment essayer de faire passer les choses d’une manière un peu moins négative ?
En même temps, elle le savait très bien, c’était logique tout ça : elle s’adressait à son amie et elle avait à cœur la cause d’Ethan, donc elle n’était pas dans son camp à elle. Elle aurait probablement fait la même chose en d’autres temps. Quand tout était un poil plus simple et qu’elle avait cessé de … je ne sais pas. Quand elle-même était différente. Plus simple. Plus.. pas conforme mais quelque chose dans ce goût-là. Bref, elle comprenait parfaitement la réaction de Charleen et ne s’était finalement pas vraiment attendue à quelque chose de différent. Le truc, c’était qu’elle aussi était dans le camp d’Ethan. Elle voulait réellement aider tout en sachant qu’elle s’y prenait probablement de la mauvaise manière. Comme souvent d’ailleurs.

Et au passage, les gars, à force de dénigrer vos capacités de communication auprès de l’être humain, je vais finir par me dire que vous avez finalement plus de points communs que prévus !

- J’veux juste savoir comment il va. Si… ya un mieux. Si j’peux faire quelque chose.

Dingue comme elle avait l’impression d’être tout sauf à sa place. Et, en soit, elle s’en foutait, c’était juste qu’elle était mal à l’aise de savoir qu’elle était à l’origine de tout ce malaise. Car, non, elle ne se foutait pas de l’être humain. C’était juste que, d’ordinaire, elle réussisse plutôt bien à rester en dehors de ce genre d’embrouilles empathiquement parlant désastreusement chaotiques.
Oui, j’invente des adjectifs !

- Un mieux, non. Enfin, je sais pas trop, il n’est pas très bavard et encore moins sur ce sujet-là.

Tu vas la casser cette plume à force tu sais ?

« Ouais, bizarrement, je le craignais. »

Tu peux m’envoyer des cailloux, si ça peut te détendre à long terme tu sais.

- Je te dirais bien d’aller lui poser la question à lui directement, mais je ne pense pas que ça soit une bonne idée. Pas maintenant en tout cas.
« Ah ben de toute façon, ça risquerait d’être compliqué, il préfèrerait sauter du haut de la tour plutôt que d’être dans la même pièce que moi.... »

Tu lui as foutu un râteau ma conne, tu t’attendais à quoi ??
Ça devait être à peu près ce que la jeune femme pensait en cet instant même.
Eh bien, à vrai dire, elle ne pensait pas à grand-chose en cet instant, il y avait surtout une énorme alarme qui sonnait dans son crâne, un téléphone rouge qui s’égosillait et tout ses petits personnages dans le crâne qui courraient dans tout les sens. A peu près.
Non, réellement, il l’avait pris par surprise et elle n’avait rien cherché de tout ça. Après, oui, elle aurait probablement pu faire mieux pour le repousser. Encore faut-il savoir comment ! Et, là, elle manquait d’expérience.

Petit sourire désolé de la part de Charleen : Yes ! Il y a un mieux !

- Tu… tu ne veux pas t’assoir s’il te plait ? Ca me stress un peu que tu te tiennes debout comme ça. J’ai l’impression de t’interroger pour un examen.
« Ah ? Oui, pas de soucis ! C’est aussi l’impression que j’ai en plus ! »

Vous savez, ce stress d’être face à un Jury qui juge toutes vos compétences, vos connaissances, votre attitude, votre jugement, vos oublis, vos erreurs, qui cherche à creuser pour trouver jusqu’à quel point vous n’êtes pas capables de gérer le stress ou une quelconque situation. Jusqu’à quel point vous faites semblant d’être à l’aise avec tel ou tel sujet ?

Eh bah là, elle ne gérait pas grand-chose et n’était pas à l’aise du tout avec le sujet cité !

Pour la note de fin d’évaluation, c’était pas gagné d’avance mes cocos !

Assise, donc, elle l'écouta poursuivre.

- Laisse-lui du temps pour digérer la pilule. Chacun à sa manière de réagir et ça n’est pas aussi évi…

Aussi évident pour certains que pour d’autres ? Oui, bien vu.
Une phrase supposée qui avait causé un certain agacement dissimulé à la jeune femme.
Hop, on ne rebondi pas, ça ne sert à rien. ‘Pas une bonne idée.

- Bref, du temps. C’est tout ce qu’il lui fait, je pense.
« Oui, ça je m’en doute. Le truc c’est qu’on est dans la même maison, et que, comme je l’ai dit, il n’accepte pas de rester dans la même pièce que moi. Du coup j’me suis un peu expatriée autre part depuis deux semaines histoire de ne pas m’imposer à lui tous les quatre matins, mais ça ne peut pas durer comme ça pendant des mois non plus. J’veux dire, il peut pas… on vit dans le même château, les portes sont fermées, et vivre dans la forêt interdite, j’avoue que ça me fout les miquettes. Oooor j’veux pas.. »



« Il peut pas souffrir le martyre à chaque fois qu’il me voit quoi. C’est pas vivable pour lui. »

Pour moi non plus cela dit.

« Surtout que j’ai pas l’impression qu’il me hait particulièrement, ce qui devrait être le cas. Nan, j’ai l’impression qu’il s’en veut à lui et.. ça doit pas vraiment l’aider. »

A vrai dire j’ai l’impression qu’il s’en veut toujours pour beaucoup de choses, et notamment pour ce qu’il ne contrôle pas forcément. Il ne peut pas anticiper les réactions des gens, pas toujours. Et ça se fait avec l’expérience, ça ! D’ailleurs ça n’est probablement pas en fuyant les gens après une boulette qu’on apprend à gérer ce genre de conneries. Ceci était une accusation largement plus tournée vers Jordane que vers Ethan.
Cesse de fuir à l’autre bout du monde dès que tu en as l’occasion ma fille.

Enfin, là, elle n’avait pas réellement le choix : elle était enfermée.
Enfermée avec sa claustrophobie : cool.

« Il n’y est pour rien, il ne faut pas qu’il se torture, c’est tout ce que j’veux dire. Et j’crois que là il se torture. C’est pour ça que je suis là, tu le connais mieux et … voilà, j’sais pas.
La première hypothèse, c’est que j’me plante totalement et j’peux repartir un poil plus zen.
La seconde c’est que c’est pas le cas et… va falloir qu’il développe une haine bien saine contre moi plutôt que contre lui ! »


Lancez-moi des cailloux, j’aime les cailloux.
Non.
Mais bon.
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MessageSujet: Re: The show must go on, merde ! - Charleen -    Jeu 9 Juil 2015 - 10:02

Je ne sais pas si c’est une bonne idée d’avoir cette conversation à propos d’Ethan. Parce que je me sens mal à l’aise, non légitime de parler de… lui et de ce qu’il ressent et que je n’ai pas envie de commettre un faux pas qui pourrait le mettre en colère ou qui ferait qu’il se sente trahit. Et puis, c’est Jordane. La fille pour qui il éprouve des sentiments suffisamment forts pour prendre son courage en main et aller la voir. Pour se sentir aujourd’hui suffisamment mal pour se croire aussi détestable. Je crois que je ne me sens pas tellement à ma place dans toute cette histoire, sauf lorsqu’il s’agit de faire comprendre à Ethan que non, il n’est pas un monstre, loin de là. J’aimerais juste qu’il se voit comme moi je le vois. Si c’était aussi facile, nous n’en serions pas là…
Et j’avoue me sentir un peu coupable dans cette histoire. C’est moi qui l’ai poussé à aller la voir, à lui avouer ce qu’il ressentait. Moi qui lui ait dit qu’il avait toutes ses chances, choses que je pensais réellement. Pourquoi pas lui après tout ? Peut-être aurais-je du modérer mon enthousiasme à propos de tout ça et tâter le terrain avec lui avant tout. Le mal est déjà fait de toute manière …

- Oui, ça je m’en doute. Le truc c’est qu’on est dans la même maison, et que, comme je l’ai dit, il n’accepte pas de rester dans la même pièce que moi. Du coup j’me suis un peu expatriée autre part depuis deux semaines histoire de ne pas m’imposer à lui tous les quatre matins, mais ça ne peut pas durer comme ça pendant des mois non plus. J’veux dire, il peut pas… on vit dans le même château, les portes sont fermées, et vivre dans la forêt interdite, j’avoue que ça me fout les miquettes. Oooor j’veux pas.. Il peut pas souffrir le martyre à chaque fois qu’il me voit quoi. C’est pas vivable pour lui.

Je sais qu’elle a raison dans ce qu’elle dit, et ce sur toute la ligne mais cette fois, pour être honnête, je ne sais pas quoi lui dire. Je ne peux pas aller avoir Ethan et le brusquer pour qu’il arrête de fuir Jordane. Est-ce que nous ne pouvons pas le laisser juste… guérir à son rythme ? Je ne sais pas, je me perds un peu avec les mots de la jeune serdaigle face à moi. Pourtant il est vrai qu’Ethan ne peut pas continuer de la fuir indéfiniment. Je sais aussi qu’il doit apprendre à vivre avec ça, cette chose qu’il voit comme un échec cuisant et humiliant. Ce n’est pas faute de lui répéter qu’il n’a pas à être humilié, qu’il est quelqu’un de bien et que c’est malheureusement le genre de chose qui arrive… souvent. Et à tout le monde. Il n’est pas pire qu’un ou une autre. Il est juste Ethan.
Je continue de jouer distraitement avec ma plume sans pour autant l’abîmée, étant de nature très soigneuse avec mes affaires.

- Je sais … mais on ne peut pas non plus le forcer à accepter ça d’un claquement de doigts si je puis dire. Il apprendra à faire avec mais c’est juste quelqu’un qui a besoin de temps. Je ne peux pas lui forcer la main sur ça… Je..

Je suis pas légitime pour ça. Tout ça me met mal à l'aise. La seule chose que je peux faire c’est l’écouter et être présente, mais aussi de l’aider à travailler cette peur chronique des relations humaines. Je ne peux pas faire plus, je ne peux pas me permettre de faire plus. Et puis peut-être que si Jordane allait lui parler, le confronter face à face, il entendrait plus raisons qu’avec moi ou un/une autre ? Je ne sais pas ce qui pourrait être le mieux, je ne sais pas quelles démarches valent le coup d’être entamer pour cette histoire qui parait soudainement plus compliquée qu’elle ne l’est. Dès que nous laissons les sentiments s’y mêler, c’est fichu.

- Il n’y est pour rien, il ne faut pas qu’il se torture, c’est tout ce que j’veux dire. Et j’crois que là il se torture. C’est pour ça que je suis là, tu le connais mieux et … voilà, j’sais pas.
La première hypothèse, c’est que j’me plante totalement et j’peux repartir un poil plus zen.
La seconde c’est que c’est pas le cas et… va falloir qu’il développe une haine bien saine contre moi plutôt que contre lui !


Oui, je le connais mieux que toi alors c’est à moi d’aller le voir et de faire passer le message ? Qu’est-ce que tu attends de moi là-dedans ?
Qu’est-ce qu’il m’arrive… C’est n’importe quoi. Je pousse un soupir et me frotte le menton du bout des doigts comme si je perdais moi-même pieds avec cette conversation.
Développer une haine saine contre elle ? Pourquoi ? Finalement elle n’y est pour rien. Il n’y est pour rien non plus. C’est juste une divergence de goût, de sentiment, est-ce que nous pouvons réellement en vouloir à quelqu’un de ne pas être amoureux de l’autre ? Non. Pas lorsque tout se fait dans la délicatesse et le respect… Pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’avoir cette boule de feu dans le creux de la gorge. Quelque chose qui ressemble à une colère que je ne justifie pas et que je ne comprends pas moi-même. Je vois bien qu’elle n’a rien de méchante, loin de là. Elle ne lui a pas non plus dit que c’était un moins que rien, qu’il ne valait pas un gallion. Je revois le regard triste d’Ethan et cette boule ne fait que grossir. Sa peine à lui me touche, plus que ça ne le devrait j’ai l’impression.

- Ethan n’est pas le genre de garçon à aimer se mêler aux autres, pour un tas de raison, alors il est normal qu’il prenne cet… échec trop à cœur. Du moins plus que la normalité. Enfin, s’il y en a une.

Je ne vais pas lui faire un cours sur la psychologie d’Ethan par respect et parce qu’il a déjà de la peine à s’ouvrir alors il est hors de question que je ne le trahisse. Je ne me le pardonnerais jamais. Mes yeux glissent sur mes parchemins que je commence à ranger au fur et à mesure… Je terminerais mes devoirs un peu plus tard, je n’ai plus le cœur à le faire, ni la concentration. Je sais que ça reviendra sans peine tout à l’heure, étant de nature studieuse, mais pas maintenant. Pas ici.

- S’il se torture, c’est parce qu’il est amoureux de toi. Encore. Et que ce genre de chose ne s’efface pas aussi facilement qu’un dessin sur du sable. Je fronce les sourcils, les yeux braqués sur le bois de la table après ces quelques mots, ce feu étrange se rependant au fur et à mesure sur ton mon thorax. Il ne t’en veut même pas à… toi. Il ne te reproche rien. Il se dit juste qu’il…

Qu’il n’est pas à la hauteur. Qu’il ne vaut rien. Qu’il ne mérite pas quelqu’un comme elle. Et c’est faux, bon sang. Je ne cesse de lui répéter et je le lui ai dit clairement ce jour-là, qu’il méritait d’être heureux. Il est quelqu’un de bon, de gentil, d’adorable et bien d’autres choses alors il n’y a pas de raison qu’il n’ait pas droit au bonheur. Je ne sais pas d’où vient cette peur chronique mais elle ne le lâche pas. Du moins pas maintenant. Je me suis promis de lui faire prendre conscience de tout ça et de lui montrer à quel point il est plus important qu’il ne le croit.
Tout se mélange un peu chez moi, j’ai du mal à suivre un vrai fil logique. Je glisse mes mains sous la table, paumes et doigts joints entre mes cuisses, lâchant un léger soupire, épaules affaissées.

- Tu attends quoi de moi Jordane ? Si c’est de lui faire entendre raison, j’essaie déjà. Je ne peux juste pas lui forcer la main.

Parce que je n’en ai pas envie et parce que personne ne peut l’obliger à ça. Je lève mes yeux vers la [s]rousse[/s] et plonge mon regard dans le sien.

- Pourquoi il ne te plait pas ?

Les mots ont franchi mes lèvres sans que je ne réussisse à les freiner et à la seconde où ma phrase se termine, mes joues s’empourprent de manière ridicule. La honte se diffuse en moi et j’ai l’envie brutale de fuir. Pourquoi est-ce que je lui demande ça ? C’est stupide et surtout, ça ne me regarde pas. Pourtant, je me sens concernée, peut-être plus je ne le devrais. Pour la simple et bonne raison que j’aimerais savoir pourquoi Ethan ne lui a pas tapé au cœur alors qu’il doit simplement être une question de goût, de… Pleins de choses. Il est mon ami et finalement, peut-être que d’en savoir un peu plus pourrait m’aider à lui faire entendre raison la prochaine fois que lui et moi parlerons de tout ça …
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MessageSujet: Re: The show must go on, merde ! - Charleen -    Mar 25 Aoû 2015 - 22:44

- Je sais … mais on ne peut pas non plus le forcer à accepter ça d’un claquement de doigts si je puis dire. Il apprendra à faire avec mais c’est juste quelqu’un qui a besoin de temps. Je ne peux pas lui forcer la main sur ça… Je..

Pourquoi faire ça ? Pourquoi être là à tenter d’arranger les choses alors que dans le fond, elle en était peut-être consciente : il n’y avait pas grand-chose à faire. Attendre, voilà tout, comme le disait Charleen. Il faudrait du temps pour que les plaies se referment, voilà tout. Pourtant, impatiente de nature, elle ne pouvait à priori pas s’y résoudre. Non, elle rongeait son frein, là, à s’entendre dire qu’il fallait lui laisser le temps de s’en remettre. Peut-être qu’elle n’était pas tout à fait capable de se genre de choses, finalement. Prendre son temps. Laisser de l’espace aux autres. Elle voulait toujours tout brusquer, ne supportant pourtant pas qu’on l’approche quand elle avait à son tour besoin d’être isolée.
Et pourtant, elle était loin d’être du genre sociable ! Juste pressée. Toujours pressée de voir les gens s’en remettre et passer à autre chose tandis qu’elle-même restait indubitablement bloquée dans le passé.

- Il n’y est pour rien, il ne faut pas qu’il se torture, c’est tout ce que j’veux dire. Et j’crois que là il se torture. C’est pour ça que je suis là, tu le connais mieux et … voilà, j’sais pas.
La première hypothèse, c’est que j’me plante totalement et j’peux repartir un poil plus zen.
La seconde c’est que c’est pas le cas et… va falloir qu’il développe une haine bien saine contre moi plutôt que contre lui !


Ça n’était peut-être pas si censé qu’elle en avait l’impression. Et pourtant ça paraissait juste dans sa tête. Il lui fallait exprimer sa colère autrement qu’en se flagellant. Et elle était probablement la personne la mieux placée pour en porter le blâme non ? Car il faut bien que quelqu’un  porte la responsabilité des merdes non ? Non, pas pour Charleen. Mais ça, Jordane n’en avait pas conscience. C’était bien un point sur lequel elle restait particulièrement immature. Un ancien système de pensée qu’elle gardait bien gravé en elle.

- Ethan n’est pas le genre de garçon à aimer se mêler aux autres, pour un tas de raison, alors il est normal qu’il prenne cet… échec trop à cœur. Du moins plus que la normalité. Enfin, s’il y en a une.
« Oui… je sais. »

En effet, elle avait bien comprit la situation, le problème n’était pas là. Elle savait comment était le jeune homme et l’avait parfaitement accepté. Elle-même avait passé un long temps de son existence dans le même de schémas que celui du jeune homme. Elle avait simplement changé ensuite, gardant pourtant certaines traces de ses anciens comportements. Un besoin assez courant de s’isoler, de sortir seule, de s’enfermer dans des livres.
Les siens, d’ailleurs.

Raison de plus pour qu’ils parlent de nouveau, elle allait être en manque de nouveaux romans !!
Ceci était ironique. Voir sardonique.

- S’il se torture, c’est parce qu’il est amoureux de toi. Encore. Et que ce genre de chose ne s’efface pas aussi facilement qu’un dessin sur du sable.

Ça, pour le coup, elle arrivait déjà un peu moins à le concevoir. Parce qu’elle s’était toujours fait violence. Parce qu’elle s’était prit des coups plus que violents et que la manière dont il envisageait ce genre d’amour lui échappait totalement. Alors elle s’était contentée de grincer des dents.

Il ne t’en veut même pas à… toi. Il ne te reproche rien. Il se dit juste qu’il…
« ..n’est pas assez bien. »

Oui, je sais.

Et c’était bien ce qui lui faisait du mal, parce que, non, non ça n’était pas vrai. Il était loin d’être tel que ce qu’il pensait, et c’était aussi ce qui lui mettait les nerfs en pelotte. Le voir souffrir et s’en vouloir alors que, concrètement, il n’y avait rien à… il n’y avait pas de raisons de se mettre dans cet état. Et surtout pas de raisons de se dénigrer ainsi !! Ni de se dénigrer tout court à vrai dire. Ça venait simplement d’elle, absolument pas de lui. Mais comment dire un truc pareil sans tomber dans des clichés affligeants ?!

Charleen avait changé de position, mal à l’aise, probablement autant que la rousse d’ailleurs qui, elle, ne bougeait simplement pas, posée en tailleur, elle restait là, à attendre elle ne savait trop quoi. Que la situation se débloque. Mais ça ne viendrait pas.

- Tu attends quoi de moi Jordane ? Si c’est de lui faire entendre raison, j’essaie déjà. Je ne peux juste pas lui forcer la main.
« Ouais… nan, j’sais pas. »

C’est bien là tout ton problème ma pauvre vieille.
Elle te fixe vachement là non ?

- Pourquoi il ne te plait pas ?

La question qui tue.

Elle l’avait fixé un instant, interdite, les lèvres entrouvertes et les yeux en forme de billes. Que voulez-vous répondre à un truc pareil ? Sérieusement ? À sa meilleure amie, d’autant plus ! Il n’est pas grand et blond. Je kiffe les grands et blonds. Surfers. Avec Ken marqué dessus. Ceci est également particulièrement sarcastique, à prendre bien évidement au second degré. Précisons-le avant qu’un grand Ken blond ne débarque pour lui offrir une bierraubeurre. On ne sait jamais !
Ça ferait deux cœurs brisés dans un même mois, ça fait beaucoup. Même un cœur en plastique.
Je m’égare, elle s’égare, nous nous égarons.
Et surtout, il va te falloir trouver une réponse ma fille. Ni débile, ni caustique, si possible.

« Je… ça c’est franc comme question au moins. C’est pas une question d’il me plait ou pas. J’suis pas… dans ce délire là. Je n’ai envie d’être avec personne, et donc personne, ça l’exclu au même titre que tous les autres. Et puis, j’ai du mal à concevoir qu’on puisse être accro à quelqu’un qu’on connait si peu que je le connais et surtout, qu’inversement, il me connait. Disons que je ne veux, actuellement, pas partagé mon univers avec qui que ce soit, à part quelques amis. »

Et encore, tu es très optimiste en incluant des amis.
Qui est au courant ici, de ce que tu appelles ton ‘univers’ au juste ? Ton univers, donc ton passé, ton présent, celle qui se cache aussi derrière ton sourire de façade. Celle qui le blesserait très probablement parce qu’elle est bien loin d’être celle qu’il aime.

« Il s’est imaginé… Il fantasmé à travers moi l’image d’une fille parfaite que je suis très loin d’être. Et puis voilà, pour le coup c’est moi qui suis très loin d’être à la hauteur. Du coup j’suis pas… on n’est pas du tout sur la même longueur d’onde quoi. J’suis… assez loin des considérations de tomber amoureuse de quelqu’un, de l’intégrer dans sa vie, de construire des souvenirs ensembles. Bref : pas les mêmes aspirations quoi. Aucun rapport avec le fait qu’il me plaise ou non. Et encore moins avec le fait qu’il puisse plaire, d’une manière générale. »

Voilà voilà.

On n’est pas sur le même plan astral. C’est dire l’éloignement.

« J’ai répondu à ta très franche et déstabilisante question ? »

J’espère parce que c’est dur de faire mieux. Et le plus honnête encore me vaudrait quelques shoots de vodka pour accuser le coup.

« J’vais peut-être y aller.. »
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MessageSujet: Re: The show must go on, merde ! - Charleen -    Sam 29 Aoû 2015 - 1:49

Ma question la dérange, je le vois et le sais. J'ai honte mais c'est trop tard... Je ne m'attendais pas à ce que les mots franchissent mes lèvres, comme si j'avais pensée trop fort et que mes idées s'étaient extirpées toute seule de ma tête. Je ne devrais pas me mêler de ça, je n'aurai jamais dû lui poser la question puisqu'en soit, ça ne me regarde pas. Mais pour une raison que j'ignore, je me sens concernée, impliquée et … Non. Je n'aurai pas dû.

Mais c'est trop tard, alors je garde mon regard braqué sur elle, malgré le feu à mes joues et mes lèvres serrées.

- Je… ça c’est franc comme question au moins.
- D... Désolée...
- C’est pas une question d’il me plait ou pas. J’suis pas… dans ce délire là. Je n’ai envie d’être avec personne, et donc personne, ça l’exclu au même titre que tous les autres. Et puis, j’ai du mal à concevoir qu’on puisse être accro à quelqu’un qu’on connait si peu que je le connais et surtout, qu’inversement, il me connait. Disons que je ne veux, actuellement, pas partagé mon univers avec qui que ce soit, à part quelques amis.

Je me redresse doucement, écoutant attentivement ce qu'elle me dit, me raconte. Je n'ai pas à lui demander de justification, elle aurait pu tout aussi bien me renvoyer balader et me dire d'aller voir ailleurs. Pourtant, elle prend le temps de me fournir une explication. Que je connais déjà, en prime. Parce que oui, elle n'a peut-être tout simplement pas envie d'être avec quelqu'un. Peut-être que tout simplement Ethan n'est pas le type de garçon qui lui convient ou qui éveille chez elle cette petite étincelle qui brille actuellement dans les yeux de mon ami lorsqu'il la regarde... Mais je ne saurais pas expliquer pourquoi j'éprouve un mal fou à comprendre ce que nous ne pouvons pas trouver chez Ethan. Enfin.. une raison qui fait qu'on ne puisse pas l'aimer.
Je ne comprends moi-même pas grand chose à tout ça. Jordan à tous les droits de simplement se refuser à lui... Alors pourquoi a-t-il fallut que je pose une question aussi stupide ? Bon sang.

- Il s’est imaginé… Il fantasmé à travers moi l’image d’une fille parfaite que je suis très loin d’être. Et puis voilà, pour le coup c’est moi qui suis très loin d’être à la hauteur. Du coup j’suis pas… on n’est pas du tout sur la même longueur d’onde quoi. J’suis… assez loin des considérations de tomber amoureuse de quelqu’un, de l’intégrer dans sa vie, de construire des souvenirs ensembles. Bref : pas les mêmes aspirations quoi. Aucun rapport avec le fait qu’il me plaise ou non. Et encore moins avec le fait qu’il puisse plaire, d’une manière générale. 
- Oui oui, j'comprends.

Et c'est la vérité. Même si... Enfin j'ai la sensation que tout le monde ne se pense pas être à la hauteur de qui que ce soit, être assez bien. Pourtant, je n'ai pas la sensation qu'il recherche la fille parfaite qu'elle semble m'énoncer. Je me dis que c'est la chose qu'Ethan aurait peut-être dû entendre, pour qu'il se sente mieux et qu'il ne le prenne pas personnellement pour lui, même si je doute que ça n'aurait pas probablement eu cet effet là.

- J’ai répondu à ta très franche et déstabilisante question ?

Le rouge me monte un peu plus aux joues et je me rétracte un peu plus sur moi même. Ma colère de tout à l'heure s'est légèrement évanouie, voir a totalement disparu tant je me trouve incroyablement stupide d'avoir oser me mêler de ça. Je tousse dans le creux de mon poing avant de replacer une mèche de cheveux derrière mon oreille, cherchant bêtement quelque chose à lui dire, mais je n'en ai pas le temps.

- J'vais peut-être y aller...
- Hum... D'accord...

Qu'est-ce que je suis censé lui dire ? Faire ? Je ne sais pas. Je n'arrive déjà pas à m'extirper de toutes ces questions qui commencent à fleurir en silence chez moi alors... Je retiens un soupire. Je regarde Jordan commencer à se lever pour partir.
Dis quelque chose Charleen. Un truc, je n'sais pas quoi mais quelque chose.
Je la regarde bouger, quitter ma table et je repense au desespoir d'Ethan. J'veux qu'il aille mieux. Je veux qu'il comprenne combien c'est un garçon formidable et que si ça n'est pas Jordan qui le comblera, alors... ça sera une autre fille. Une autre femme. Il a … trop de chose à offrir. Il ne le sait simplement pas encore.

- Jordan ?

Je baisse le regard vers mon parchemin puis relève mes yeux bleus vers elle.

- Excuse moi. Pour cette question... Ca ne me regardait pas. C'est juste que...

Que quoi ? Je ne le sais pas moi-même.
Je balaie ma phrase d'un geste de la main, lâchant un rire bref et gêné. J'ai la sensation d'avoir un radiateur sur le visage.

- Bref. Désolée. Je m'inquiète juste pour lui. Je n'ai pas l'habitude de le voir comme ça. Même si je ne le connais pas depuis si longtemps que ça. Laisse lui encore du temps, s'il te plait.

Pour qu'il assimile. Qu'il digère. Qu'il … Apprenne à s'aimer lui-même.

- Ethan n'est pas le genre à chercher la fille parfaite... Pas comme tu le crois. C'est dans tes imperfections qu'il t'apprécie comme tu es. Enfin, à mon sens. Je marque un court silence avant de reprendre. Je lui parlerais. De tout ça.

J'essaierais. Peut importe le temps que cela me prendra, j'aiderais Ethan à remonter la pente. Je n'ai jamais connu de relation comme celle-là, de lien qui se tisse aussi rapidement mais avec lui tout me semble différent. J'aime passer du temps avec, l'écouter parler, le regarder sourire lorsque je suis bêtement maladroite. Ses sourires sont rares mais lorsqu'ils apparaissent, je prends cela comme une victoire.

Un dernier sourire pour la Serdaigle et mon regard se bloque sur mon écriture que je ne vois pas.
Cette colère s'est atténuée, mais rien ne change le fait que je ne sais toujours pas d'où elle sort, ni pourquoi elle s'est manifestée.
Tout comme je ne comprends pas un trop grand nombre de choses.

- FIN POUR MOI -

HRP:
 
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MessageSujet: Re: The show must go on, merde ! - Charleen -    Sam 12 Sep 2015 - 10:08

Ça devrait faire du bien non ? De se prendre la tête sur ce genre de sujets. Sur des sujets d’adolescence, simples. Enfin, simples ! Non, pas vraiment. Mais classiques disons. Ces sujets qui lui échappaient totalement à présent. C’était probablement bien pour ça qu’elle se sentait si éloignée d’Ethan, pour ça que, quelque part, elle était en colère. Elle n’était plus là dedans, plus dans ce monde-là et, oui, quelque part, c’était douloureux, frustrant et injuste. Mais aucunement sa faute à lui. Donc, bon, en effet, elle le savait, elle avait tendance à être parfois un peu brute de décoffrage, elle ne se prenait pas trop la tête sur des sujets qui pouvaient pourtant être importants pour les autres, était cynique quand, parfois il ne le fallait pas. Conclusion elle faisait des boulettes. Mais là, elle savait qu’elle ne devait pas, qu’elle ne pouvait pas et pourtant il lui semblait, malgré sa bonne volonté, avoir tout fait de travers. Il lui semblait toujours être un peu à côté, probablement parce qu’elle était simplement en dehors de certaines considérations. Un peu dans un autre monde. Un monde dans lequel elle avait déjà tenu une arme, tué un homme et été jugée coupable mais non responsable. Un monde où elle ne se souvenait plus exactement quand elle avait cessé d’être une enfant. Comme si elle ne l’était plus vraiment depuis la disparition de sa mère. Les examens médicaux, les évaluations psychologiques. Apte ou pas apte ?

Alors ? Apte à vivre dans un monde d’adolescence ?

Peut-être pas tout à fait. Malheureusement, la leur était martelée aussi, écartelée pour ne plus ressembler tout à fait à ce qu’elle devait. Alors, oui, finalement, ça passait mieux. Et c’était bien triste. Donc elle aurait dû être heureuse d’en être à ce type de prise de tête. Ce genre de choses finalement si traditionnelles, conventionnelles presque. Mais voilà, non. Non parce qu’elle ne savait pas s’y prendre et que, surtout, dans l’histoire, quelqu’un souffrait vraiment et elle n’en avait aucune envie. Peut-être qu’elle l’aimait bien, peut-être qu’elle le comprenait, qu’elle se retrouvait un peu en lui. Mais, non, elle ne voulait pas qu’il souffre ainsi. Et elle ne pouvait pourtant pas contrôler ça malgré le fait qu’elle en était l’instigatrice maladroite. Et il était clair que le fait de ne rien pouvoir y faire la rendait barge.
Le fait d’affronter une question indiscrète et déplacée ? En toute sincérité ? Elle ne s’était même pas rendu compte de la nature personnelle de ce genre d’infos. Voilà, elle s’en foutait et y répondre était naturel. C’était cash, voilà, rien de plus ni de moins et ça ne la gênait pas plus que ça.
Charleen était désolée ? De quoi ? Elle pouvait bien poser la question, au pire, si ça la gênait, elle n’y répondrait pas et les choses n’iraient pas plus loin. Pour le coup, pas de malaise, c’était simplement un peu frontal. Alors elle y avait répondu avait toute la sincérité dont elle était capable. Cette étrange honnêteté derrière laquelle elle cachait pourtant d’amères pensées. Étranges murailles.

- Oui oui, j'comprends.

Pourtant le malaise est là. Un malaise que la jeune femme comprenait sans tout à fait saisir. Alors, s’agitant, elle avait fini par proposer d’y aller. De cesser de s’introduire dans le cercle perso de la jeune femme pour finalement aller retrouver les siens et sa salle commune plus ou moins proscrite. Debout sur ses deux pieds, retenant un soupire lasse, la jeune femme avait commencé à s’éloigner avant d’entendre son nom résonner parmi les bruits de vie des lieux.

« Hm ? »
- Excuse moi. Pour cette question... Ca ne me regardait pas. C'est juste que...
« C’est vraiment pas un problème, j’te promets. »

C’était le cas.

- Bref. Désolée. Je m'inquiète juste pour lui. Je n'ai pas l'habitude de le voir comme ça.
« Ouais.. »
Laisse lui encore du temps, s'il te plait.
« J’vais faire ça. »

Se taire, laisser le temps au temps. Laisser faire les choses.
Tu sais. Ce truc que tu ne sais pas faire. Ce truc qui te rend folle : tourner en rond, impuissante.

- Ethan n'est pas le genre à chercher la fille parfaite... Pas comme tu le crois. C'est dans tes imperfections qu'il t'apprécie comme tu es. Enfin, à mon sens.

Je lui parlerais. De tout ça.
« C’est sympa merci. Et assez beau comme vision des choses. »

Elle lui avait offert son plus beau sourire avant de lui faire un signe de main pour sortir finalement des lieux.
Ses imperfections…
Inspirant l’air froid et âpre du couloir, elle était restée là quelques instants alors que la porte coulissait derrière elle, reprenant son rôle protecteur quoi qu’affreusement détourné depuis quelques années.
Puis, se laissant tomber contre le mur en pierre, elle s’était mise à fermer quelques secondes les paupières, serrant les mâchoires, sentant une boule de colère qu’elle ne comprenait pas monter dans son bassin.

« Elles sont pourtant foutrement moches mes imperfections. »

- Topic Fini -

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