AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 782
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Jeu 18 Juin 2015 - 13:12

► Nothing ever lasts forever◄
Maxime, Enzo, Mateo & William



Dimanche 1er Février – Tôt le matin

« 30 JANVIER.
Mon très cher ami,

Comment vas-tu ? Bien je l’imagine, j’en suis sure même. J’espère que tu arrives à bien travailler malgré l’état de ta pauvre femme qui empire. Ne t’inquiète pas, je veille sur elle comme je veillerais sur toi. Elle se bat, elle est vaillante, les médecins sont étonnés car même si son heure est comptée, elle regorge d’une vie nouvelle. Tu devrais passer nous voir, elle spécialement, elle t’attend chaque jour un peu plus.

J’ai bien reçu tes nouvelles pour la famille Vena Dasa, je suis un peu déçue, j’aurais voulu continuer à les protéger, là-bas, en Italie. La petite Lys’ est une enfant charmante, très silencieuse, très docile. Tu glisseras un baiser à son grand-frère pour moi, sa petite sœur n’avait que son nom à la bouche, je le connaitrais presque déjà par cœur !

Concernant ta demande, ton hibou est assez fort pour supporter la charge du colis, vaillant comme il est. J’ai tout trouvé et j’espère que tu en feras bon usage.

N’oublie pas de m’informer de ta date de venue à Ste Mangouste et également de la bonne réception du colis… Tu manques à Luna, James.
Je t’embrasse toujours aussi fort,
Ta Lou. »

Mes yeux parcourent de nouveau ces lignes, ses mots et j’esquisse un sourire. Les lettres de Lou’ sont toujours empreintes de double-sens et de petit mystère. Si nous ne la connaissons pas, nous ne pouvons pas comprendre. Sauf que moi, je la connais. Par cœur. Comme je connais désormais Luna et plus encore. Concernant cette dernière, je savais d’ors et déjà comment procéder pour cette mort et cet enterrement. Je dois admettre que l’idée de ne pouvoir assisté à ses derniers instants de vie me touche, m’affecte. A mesure légère, bien entendu, mais tout de même. Matt’ saura faire ce qu’il faut concernant tout cela et Lou’ sait comment l’y aider. Je peux compter sur eux, les yeux fermés et j’en suis parfaitement conscient. Ils sont les rares personnes en qui je porte une totale confiance, sans l’ombre d’un doute. Nous sommes habités par la même flamme, la même rage et les mêmes désirs de servir notre rang, notre Ordre.

Je jette un coup d’œil au paquet d’Eli m’a déposée sur mon bureau avant d’avoir sa petite friandise et esquisse un sourire. Il est toujours bon de recevoir un petit mot de Lou’, quel qu’il soit. Cette époque où nous étions réunis me manque, être son mari n’aurait peut-être pas été aussi désagréable que ça, bien loin de là. Mais c’est plutôt pour notre descendance qu’il risquait d’y avoir un léger problème… Ces crises qu’elle manifeste parfois avec cette incapacité à tenir sa colère et sa haine lors d’une mission risquaient de déteindre de manière génétique sur nos enfants et c’est une chose que nous ne nous pouvons pas nous permettre. Sans cela, il est évident que je serais déjà marié à cette femme que je chérie malgré tout.
Je replis le courrier, imaginant bien assez le visage de mon amie lorsqu’elle a reçu l’ordre de ne plus toucher un seul cheveu de Lys’ Vena Dasa. Aka, Lily Van Saade. Les anagrammes sont un maniement des mots que nous apprécions particulièrement.

D’un geste lent, je défais le nœud du paquet soigneusement emballé et ouvre chaque pan du papier kraft pour ensuite, ouvrir le carton. Et ils sont là, enroulés autour d’un tissu bordeaux. Je sais chacun des objets avec soin et précaution, comme si je tenais entre mes doigts une relique. Lentement, je les dépose un a un sur mon bureau, les uns à côté des autres, pour ensuite les contempler avec un large sourire de satisfaction.

Deux colliers étrangleurs en argent, deux laisses en cuir et deux muselières de la même matière. Et le tout, entièrement neuf.

Je me recule d’un pas et contemple les accessoires, l’exultation transparaissant clairement sur mes traits quelque peu tirés par la fatigue. Les choses commençaient à devenir réellement amusantes. Van Saade obéissait aux rendez-vous malgré quelques tentatives de résistances – un indompté met du temps à se faire asservir -, mon plan concernant Hunt démarrait avec brio et cela n’était pas prêt de se terminer, pas avec ce que je lui réservais pour obtenir toute son attention. Il y avait également Katherine qui se trouvait à St Mangouste pour un gros problème de santé et j’ose espérer que mon poison en est la cause. D’ailleurs, je demanderais à Lou’ de jeter un œil à cette histoire, si elle le peut…
Et il y avait cette petite information qui m’est arrivée par bride. Des sous-entendus, des fragments par lettre. Je commence à y comprendre le sens et si c’est bien ce à quoi je pense, alors les choses risques d’aller en s’améliorant toujours plus. Mon sourire s’élargit. Il m’a fallu du temps mais petit à petit, les impacts commencent doucement à prendre de l’ampleur. Je pense bien évidemment à Aileen avec qui j’ai pris plaisir à jouer à ce petit jeu.

Le soir même, je m’attèle à ma tâche avec précaution et minutie. Je veux que tout soit parfait mais surtout, que le sens transparaisse avec violence et de manière très claire. La soumission, la nature de la personne visée et ce qui l’attend dans un avenir proche. J’ouvre deux boites de taille moyenne et en carton – ensorcelées, afin qu’aucune autre odeur déjà présente ne s’y dépose -, parsemées de tâches d’urines et de déchets en tout genre : Graisse, jus de citrouille, etc. Pour l’odorat humain, cela reste complètement soutenable, quoi qu’un peu dérangeant. Mais pour un animal… le sens en serait agressé. Munis de gants ensorcelés dissimulant quelconque odeur, je dispose à l’intérieur des morceaux de journaux – La Gazette de sorcier - piochés dans la volière, couverts de quelques excréments de hiboux et/ou de chouettes et de pluie. Je déplie par la suite les deux tee-shirts qui enveloppaient laisses, colliers et muselières, et ce, depuis ce matin. Pourquoi ? Pour que l’odeur des détenteurs des vêtements s’y imprègne bien. Je dispose à l’intérieur de chaque carton, le collier étrangleur en argent accroché à cette laisse de cuir en premier lieu. Puis en son centre, la muselière détachée.

Je contemple le résultat : Crasseux, vulgaire, dégradant et humiliant. Mon sourire s’élargit alors que je ferme chaque pan de boites et de papier kraft, et les scotchs. J’y note les noms et prénoms des concernés avec ma main gauche, d’une écriture complètement différente de celle que je possède et me lève de ma chaise pour contempler le résultat. J’exulte, sentant une pointe d’excitation grandir au creux de mon ventre, l’adrénaline pulsant dans chacune de mes veines. Sans Cody et Connor, j’aurai eu un peu de mal à me procurer deux tee-shirts de Derek Ryans et deux de William Jackson, mais il faut avouer que ces deux-là on fait du très bons boulots. Plus les jours passent, plus ces deux jeunes hommes affirment leur place à mes côtés, me montrant leur dévotion, me prouvant leur capacité. Et j’en suis plus que satisfait.

L’encre des prénoms d’Enzo et de Maxime sèche sur le papier kraft et une règle sonne avec une douce mélodie en moi : Diviser pour mieux régner. Je frémis déjà d’impatience de voir leur visage se décomposer lorsqu’ils comprendront que les expéditeurs ne sont autres que le frère et le meilleur ami. Si je suis moins sûr que cela fonctionne auprès de Maxime – mais la voir exploser de colère comme il est déjà arrivé, suffirait amplement à ma satisfaction -, il n’en est pas de même pour Enzo. Avec les antécédents de son frère et ce petit séjour chez Grand-Papa, il se peut que l’effet soit peut-être un peu plus conséquent.

Je m’étire de tout mon long, satisfait du résultat et après une douche brûlante, file directement me coucher, l’esprit à la fois apaisé et surexcité, comme un enfant à la veille de Noël.

¥

Lundi 2 Février – heure du Déjeuner

La grande salle est remplie, 95% des élèves sont présents pour le repas et le brouhaha incessant ne me cause cette fois, aucun agacement. Bien au contraire. Je visualise déjà de loin Maxime en compagnie de trois jeunes gens : William, Macy et Mateo. Ils discutent, rient, haussent les épaules. Enzo est lui aussi visible à la table de sa maison, tenant la conversation à Kezabel qui vient de passer par là et à un autre de ses amis assit en face de lui. Ils sont tous calmes, presque sereins. Apaisés. Ne se doutant de rien.
Phaedre se trouve face à moi et nous discutons, de tout et de rien. De son serpent, de ses cours également à laquelle je prête une particulière attention, chose qui semble la toucher. Je tente depuis la dernière fois de creuser ma place en douceur et subtilité dans sa vie et jusqu’ici, cela semble fonctionner. Elle tombera, tôt ou tard et ce, peu importe le temps que cela prendra. J’aperçois Logan au loin et un sourire se dessine sur mes lèvres, imperceptible. Ta chute, Logan, viendra.

Un bruissement d’ailes attire mon attention et je perçois deux hiboux passant par l’une des fenêtres de la grande salle. L’un dépose en délicatesse le premier colis face à Enzo, l’autre en fait de même, face à Maxime. Ma conversation se poursuit avec Phaedre mais mon cœur s’emballe, l’adrénaline éclate et pétille au creux de mes veines et je m’en abreuve à volonté, savourant cette sensation de plaisir inégalable de détenir leurs émotions dans le creux de ma paume. Les bras et mains s’agitent pour ouvrir les colis si soigneusement emballés…

Joyeux Noël, les cabots.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 697
Date d'inscription : 27/04/2014
Crédits : Bm
Double Compte : Phædre E. Hunt & Katherine Calderòn Llanos & John Kingsley



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2713-maxime-a-jefferson
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Ven 26 Juin 2015 - 16:01

MAXIME ENZO MATEO WILLIAM
LUNDI 2 FÉVRIER
NOTHING EVER LASTS FOREVER


Je me suis réveillée ce matin avec la désagréable impression d'avoir été frappée des heures durant uniquement sur la tête. La migraine qui me cogne dessus depuis quelques jours ne semble pas vouloir s'en aller, et pourtant il est encore tôt, il fait noir dans ce dortoir qui n'est d'ailleurs pas le mien. Demain, c'est la pleine lune. J'en frémis d'avance. Je sens bien à quel point je suis tendue, grattée de l'intérieur, irritée et ce malgré la nuit que j'ai passée... Avec Kezabel. Charmante compagnie il n'y a pas à dire. J'ai cependant préféré quitter son lit sans bruits et sans la réveiller, pour lui éviter ma mauvaise humeur habituelle en cette période du mois. J'ai récupéré mes fringues en silence puis me suis faufilée dans les couloirs, baillant tranquillement aux corneilles, tête dans la capuche, mains dans les poches, j'ai passé une heure à me balader, en passant par la case tue-loup. Plus que demain et on y est. Chaque pensée dirigée vers la lune mensuelle me tire des frissons de peur et de dégoût. Je ne m'y fais toujours pas. Je n'ai pas envie de m'y faire.

J'ai finis par atterrir dans la salle commune de ma maison, suis passée me doucher, glisser sous l'eau bouillante pour défaire les nœuds dans mes muscles durs comme du béton. Je me sens néanmoins plus sereine que la veille, ce qui est paradoxal quand on s'approche de la Lune. J’ai l'impression d'être vidée de toute énergie, comme si Kezabel avait tout pris sans penser à m'en laisser assez pour la journée. J'hésite à retourner me coucher, les valises sous les yeux et persuadée que le noir complet atténuera la douleur qui me cisaille le crâne mais lorsque je sors de la douche, la tête blonde et endormie de Macy m'observe, comme si elle m'attendait depuis longtemps.

« T’étais pas dans ton lit cette nuit. T’étais où ?
- Macy, il est encore tôt…
- Tu contournes ma question. Kezabel ? »

Je pousse un soupir, passe une main sur mon front et transfère mon poids sur ma jambe droite. Elle me regarde avec un air endormi mais complètement lucide sur ce qu’il s’est passé. Impassible elle s’approche de moi. Elle sait, je suis sure, que demain je vais transformer en ce qui a tué Dean. Elle repousse une de mes mèches pour voir mon visage et pose sa main sur mon épaule.

« Migraine ?
- Ouais… J’arrive pas à m’en défaire.
- T’sais j’ai… ces trucs là qui t’aidaient avec.
- Tu fais encore tes potions bizarres que tu faisais à Salem ?
- Hey ! ça t’aidait bien ! »

Je soupire à nouveau, elle attrape ma main et me ramène au dortoir. Macy est calme ce matin, c’est agréable, elle parle doucement, elle sait bien à quel point mes migraines sont insupportables. Elle attrape une boite sous son lit et finit par me ramener une fiole contenant un liquide rose, comme ses cheveux. J’avale ce truc vite fait bien fait avec une grimace de dégoût.

« Ew… Merci Macy.
- Il reste une demi-heure avant le p’tit dej’. J’te réveille. »

J’acquiesce. On ne discute pas avec Nurse Macy. Elle s’allonge dans mon lit et je me pose à côté d’elle. Le sommeil vient rapidement.

Ø


A table, ça va mieux. Il faut croire que la fausse infirmière qui fait des médicaments colorés s’est améliorée. Je n’ai pas respiré aussi sainement depuis des jours, le mal n’a pas disparu mais s’est grandement atténué. Je suis face à Matéo, Macy est à côté de lui, William à ma droite, ils discutent, et je les écoute. J’ai l’impression d’être à la place de Dean, qui, à l’époque, adoptait la même attitude. Gardienne du silence, je n’en reste pas moins attentive. J’aime simplement le petit brouhaha qu’ils forment autour de moi, sans une seule fois me demander d’y participer. Ils savent que je suis là et seuls leurs bruits persistent dans mon crâne. Les autres n’existent pas.
J’ai croisé le regard de Kezabel, toujours aux bras de Riley. Elle m’a laissé un petit sourire puis s’est remise à parler avec Riley. Bien sur William n’a pas manqué d’observer, comme d’habitude et m’a fichu un petit coup de coude dans les côtes. Leur conversation a continué et moi j’ai continué tranquillement à les écouter, plus sereine, moins endolorie.

C’est à ce moment là que deux hiboux se sont faufilés dans la grande salle. En fait, je ne les aurais clairement pas vu si l’un d’eux n’avait pas largué un colis juste à ma place. Je hausse un sourcil, clairement étonnée, tout simplement parce que je ne reçois que très peu de colis et que je sais toujours quand ils viennent de Kristen, qui est la seule à le faire tout simplement parce que mon hibou est une espèce de machine à hurlements et qu’il fait toujours son entrée en grandes pompes. Le papier kraft soigneusement plié est tatoué de mon prénom, écrit par une main inconnue au bataillon. Ça n’est ni James, ni Kristen, ni même Alexander puisque celui-ci passe par les hiboux de Kristen. Je lâche ma fourchette, repousse mon assiette et attire le colis vers moi. Tranquillement, je déplie le kraft qui embaume des odeurs étranges et qui me piquent le nez. Je fronce les sourcils, retrousse mon nez mais ma curiosité me pousse à aller plus loin.

Lorsque je déplie les pans de kraft, une odeur agressive me fait me redresser d’un geste écœuré, tandis qu’une autre m’interpelle. L’odeur de William abonde entre celles de… je ne sais quoi, c’est tout bonnement dégueulasse. On dirait de la pisse et autres trucs dégueu. Je regarde William d’un œil torve et lui balance un coup de coude dans les côtes.

« Tss, t’es con. »

Je fais fi de son expression mi-figue mi-raisin et recentre mon attention sur la boite, intriguée et dégoutée à la fois. Je prends avec précaution les pans supérieurs du carton, ne voulant pas imprégner mes mains de ces odeurs dégueulasses et les écarte pour observer l’intérieur.

A l’instant où mes yeux se posent sur le fond de la boite, ils s’arrondissent et je sens mon sang quitter mon visage. Un froid, glacial, s’immisce entre mes côtes. L’odeur insoutenable me monte au nez et là, figée dans mon mouvement, je sens mon cœur s’arrêter. Je ne suis pas sure de voir ce que je vois, et dès lors que mon cerveau capte ce qui est en train de se passer, je referme les pans de carton avec force. La nausée me pince le cœur, me tord les boyaux. La gerbe me remonte jusque dans la gorge, et avec, une vague de haine s’abat sur mes côtes. Je n’arrive pas à reprendre conscience du monde qui m’entoure, un acouphène, prédicateur de terribles malheurs, se répand dans mes oreilles. Je ne capte pas ce que William me dit, ni ne prend conscience des regards des deux autres. Ma respiration saccadée me fait mal, mes poumons brulent, mes doigts agrippent la boite. Des vertiges me montent au cerveau, une salve d’eau se pose au bord de mes yeux.

Une douleur se déclare dans ma poitrine, comme une pointe, ou une fleur qui s’épanouit, tous pics dehors. La migraine qui s’était faite la malle revient claironnante dans mon crâne, le temps se suspend alors que les images des objets contenus se matérialisent sous mes yeux. Une laisse attachée à un collier étrangleur et une muselière pour les chiens, pour les putains de chiens. Le message me paraît clair, et la louve à l’intérieur de moi, je pourrais presque la sentir hurler. Je cligne des yeux, du papier de verre s’est visiblement glissé sous mes paupières. J’étouffe, il faut que je sorte, que je vérifie, que je me plonge dans un bain d’eau glacé. La douleur et la colère se font la course dans mes veines et je crois que ma fureur est en tête.

Je me redresse d’un geste sec, attrape la boite en carton sous mon bras et, le pas rapide, je m’extirpe hors de la salle, le souffle court et la gorge serrée. Je m’éloigne avec rapidité, sans faire attention à qui je bouscule, ou qui me bouscule en retour. Un détour de couloir plus loin, beaucoup moins fréquenté, et je m’arrête un instant, une main posée contre le mur, l’autre retenant avec force le paquet nauséabond. Je sens que je vais vomir, mais quelque chose me pousse à rester debout. Tremblante, les yeux fermés, j’essaie de respirer. Je n’y arrive pas et le monde tourne autour de moi. Le loup à l’intérieur semble vouloir sortir, hurler, gratter et je me retiens de grogner pour le simple plaisir d’extérioriser le mal qui me ronge. Ma respiration n’arrive pas à se frayer un chemin.

Ma main libre ouvre le carton, l’odeur ingrate me saccage l’intérieur des narines, et parmi elle se trouve encore celle de William. Je finis par ouvrir les yeux et les baisser sur le contenu. Une putain de laisse. Une putain de laisse pour me mettre en cage, une muselière pour me faire taire, moi, sale cabot, foutu clebs meurtrier. L’animal en moi ne supporte pas la comparaison, cet affront, et mon cœur de nana perdue dans cette merde a la simple envie de s’effondrer, et de pleurer. Pour s’arracher cette peau, cette fourrure qui jaillira demain par magie et fera disparaître en moi toute humanité.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1009
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Ven 26 Juin 2015 - 17:44

Lundi 2 Février – 6h30

Je m'étire de tout mon long dans le lit, assit au bord du matelas, me grattant l'arrière de la tête avant de m'ébouriffer les cheveux d'avant en arrière, comme si ça pouvait m'aider à émerger un peu. Dios, je déteste les putains de Lundi. Je déteste les fins de weekends. Je déteste les cours tout court en faite. Je jette un œil sur l'enveloppe posée sur ma table de chevet et retiens mon souffle une poignée de seconde. La lettre que j'ai écrite hier à mes parents comporte toutes les excuses possible de la part d'un fils aussi lâche que moi. J'ai du la recommencer au moins tres veces mais elle est là, elle est terminée. Mais toujours pas envoyée, parce que j'ose pas encore. L'écrire est déjà un grand pas, l'envoyer en est un autre. Pourtant, j'vais pas tourner autour du pot pendant encore 40 ans... Je claque ma langue contre mon palais, me lève et me dirige vers la salle de bain vêtu en tout et pour tout d'un caleçon, prenant au passage quelques affaires propres. L'eau brûlante me réveille un peu, j'ai même pas regardé l'heure qu'il était. Pourtant, ça serait pas mal que je commence à me caler sur des horaires régulières si j'veux au moins avoir la moyenne à ces foutues examens. Connerie. J'souhaite bien du courage à Hasting pour avoir la patience de me faire rentrer toutes ça dans le crane, à temps.

Je sors, me lave les dents, évalue si oui ou non je dois me raser... barbe de deux jours ? La flemme. Je m'habille et sors de ma chambre et agis sans réfléchir. Je prends l'enveloppe, sors de ma salle commune non sans avoir saluer mon capitaine que je trouve à peine réveiller, tout endormi avec peut-être un air grincheux. Lundi 2 Février. Demain, c'est la pleine lune. Jefferson doit pas être dans un meilleur état. Direction la volière, toujours sans réfléchir. Et pour ça, je pense à autre chose. Jenkins par exemple, comme ça j'suis sûr de pas réfléchir à « Est-ce que je dois vraiment l'envoyer maintenant ? » et de ne pas me détourner de ma trajectoire. Donc, je disais ? Jenkins. Ouais. De la dynamite en boite. Explosif, bourré d'adrénaline mais sans les dégâts derrière. J'pourrais me dire que … en vu de l'état actuel des choses, ça serait pas mal que chacun reprenne sa vie là où il l'a laissé, pour la simple et bonne raison que les attachements de ce genre ça m'a toujours déplu, voir, fais flipper. Perdre Camélia – même si c'est pas du tout la même relation – m'a suffit pour comprendre qu'avoir des personnes proches de soi : Très peu pour moi. Mais les années ont passés, les temps ont changés. Maxime se trouve être mon alter-égo, une sorte de sœur, que j'me vois absolument pas « quitter » du jour au lendemain. Enzo, mon Capitaine, qui est devenu l'un de mes meilleurs amis … Même chose. Pourquoi j'irai le foutre sur les roses ? J'ai pas envie, encore moins depuis qu'il est revenu « d'entre les morts ». Alors pour Riley... Ok, j'ai posé aucun mot sur ce qu'il se passe même si au fond, j'suis loin d'être con, faut pas s'faire d'illusions. Et si nous prenons en compte mes aveux de la dernière fois, tout porte à croire que quelque chose se trame. Mais le fait est que j'ai pas envie de me mettre la pression et elle non plus, alors pourquoi se prendre la tête ? J'aime passé du temps avec cette nana et c'est un fait, j'peux pas le nier et de toute manière, j'ai pas envie que tout ça s'interrompt. On profites de ce qu'il se passe, sans forcément réfléchir et même si nous ne sommes pas les pros de la discussion, nous le sommes pour autre chose... Et croyez moi, il ne faut absolument pas la sous-estimer. Ça aurait pu être que ça, mais ça ne l'est pas. Ca va au-delà. Et bordel, ça fait du bien.

Je me retrouve plus vite que je ne l'aurai cru à la volière où après un petit sifflement, mon hibou arrive à proximité, se posant sur le bord d'une fenêtre. Je me dirige vers lui, lui attache le courrier à la patte, solidement – manquerait plus que ça qu'il la perde alors que j'en ai chié pour l'écrire – puis lui donne deux petites friandises.

- Allez, va faire un tour chez les parents. Ca faisait longtemps.

Il me mordille le doigts gentiment, non sans me tirer une légère grimace de douleur et s'envole enfin par la fenêtre. J'me sens maintenant... à la fois vide et soulagé. Ou plutôt stressé et soulagé. Je sais pas comment ils vont prendre ce courrier, s'ils réussiront à me pardonner ou à accepter le fait que leur fils ne les a prévenu de rien durant tout ce temps. Même pas un mot, une phrase du genre « J'suis vivant », non. Rien.

Je plonge ma main dans la poche de mon jean et me bloque une cigarette entre les lèvres, l'allume et fais demi-tour. Inutile que je reste là comme un gland, ça ne change rien.

Lundi 2 Février – Déjeuné

Le cours de Sortilèges se terminent et cette fois, j'ai pas joué aux flemmard. J'ai essayé de m'activer, de faire de mon mieux mais de 1) Je suis hyper en retard et j'ai compris que la moitié des cours. De 2) Putain que je déteste la magie. C'est pas nouveau, depuis la mort de Camélia j'y porte un dégoût qui s'est pourtant atténué avec le temps mais qui reste suffisamment présent pour y apposer une certaine résistance chez moi.

- Baisse pas les bras Vargas. Dis toi que t'es un nouveau-né et que tu dois tout réapprendre.

Coup d'oeil vers Kezabel qui vient tout juste de remballer ses affaires, s'apprêtant à quitter la pièce.

- Nouveau-né, nouveau-né, ça dépend pour quoi.
- STOP ! Tais toi, je ne veux rien savoir.
- Mais j'ai rien dis !

Comme si mon grand sourire ne suffisait pas à lui faire comprendre ce que j'insinuais...

Je sors du cours, fais quelques pas dans les couloirs et au moment d'aller rejoindre Maxime dans la grande salle, j'aperçois Riley un peu au loin, au détour d'un couloir, attendant sûrement Kezabel qui s'est attardée à discuter avec … Charleen. Ouais, j'crois que c'est ça. Je m'approche d'elle, sourire aux lèvres alors qu'elle me voit arrivé.

- Holà ! Je dépose un baiser sur ses lèvres, prends mon temps tout en glissant mes mains sur sa taille. Ca va ? Kezabel arrive, elle demande un truc à ta sœur.

Nouveau sourire, on discute un peu de la matinée et d'autres choses, le tout se faisant avec une simplicité qui peut s'avérer déconcertante lorsque nous regardons deux ou trois moi sen arrière. Tout ça ne compte plus, ça n'a plus d'importance. Du moins, pas pour moi. J'suis pas le genre à rester sur les choses du passé – ouais tout dépend pourquoi -, préférant profiter de l'instant présent. Comme en cette seconde où tout me semble plus simple plus tranquille et surtout, plus apaisant. Ouais, c'est .. Ouais. J'suis bien.

- Allez, j'vais rejoindre Maxime. Buen apetito.

Bisous sur son front, puis sur ses lèvres, un dernier sourire et je me retourne pour aller rejoindre la petite bande qui est déjà attablée et entrain de manger. Je m'installe, écoute William et Macy discuter, me joignant de temps en temps à la discussion, Maxime nous écoutant toujours de son habituel silence tout en étant présente et attentive. Puis, un bruissement d'ailes attire notre attention une poignée de seconde jusqu'à un hibou passe au-dessus de nous pour se diriger vers une table derrière moi et qu'un deuxième lâche délicatement un paquet devant Maxime. Je détourne les yeux et continue ma conversation avec William.

- Bon alors ces cours particuliers, tu vas les accepter ?
- Si j'ai pas envie de me retrouver dans la classe des morveux, ouais.
- Les morveux ? Ceux qui sont moins stupides que toi, c'est ça ?

Macy et ses petites piques lancées avec des pillettes et un sourire amusé.

- Comment tu t'fais écrasé Vargas !
- Ta gueule la cage aux folles.
- Tu veux venir dans ma ledit cage... ? 

Il me regarde avec ses yeux brillants de perversité et je lui jette une serviette dans la gueule alors que Maxime fronce du nez, le dos de sa main bouchant son odorat. On la regarde un peu étonné jusqu'à ce qu'elle donne un coup de coude à William, presque amusée.

- Tss, t’es con.
- Euh... il n'a pas l'air de comprendre mais hausse les épaules. Ouais ça j'le sais.

Il me jette un regard et je ne comprends pas plus que lui. Macy se tourne vers moi, s'apprêtant à ouvrir la bouche jusqu'à ce que Maxime ouvre les pans du carton et les referme d'un geste sec, se redressant. Une vague d'odeur un peu... étrange nous enveloppe. Familière. Un peu comme celle des rues paumées ou des caniveaux mais elle reste légère, à peine perceptible. Mais ce qui attire le plus mon attention reste Maxime. Maxime et son teint bien plus blanc que d'habitude. Les yeux grands ouverts, les doigts se crispants sur le carton.

- Eh Maxime, ça va pas ? Y a quoi dedans ?

Elle répond pas, j'suis même pas sûr qu'elle entende quoi que ce soit. Je fronce les sourcils alors qu'elle se redresse aussi sec, carton sous le bras et qu'elle fasse demi-tour pour sortir de la grande salle. On reste un peu comme des cons, sans comprendre ce qu'il se passe, s'interrogeant mutuellement du regard.

- J'vais aller voir ce qu'elle a.

Il acquiesce mais Macy semble plus réticente. Un regard de William suffit pour qu'elle ne bouge pas, à contre-coeur, lâchant un soupire agacé. Je bois rapidement mon café, me lève et me dirige d'un pas rapide vers l'extérieur, cherchant du regard Maxime. Je la vois in-extremis au détour d'un couloir puis la suis, accélérant le pas, soucieux. Je sais pas ce qu'elle a vu dans cette boite mais il est plutôt clair que c'est ce qui lui a provoqué ce visage crispé, ses yeux gorgés d'une haine perceptible. Je la trouve appuyée main contre un mur, près de quelques armures. J'hésite un instant, j'entends sa respiration sifflante jusqu'ici et l'inquiétude franchit un pas de plus chez moi. J'ai pas pour habitude de la voir comme ça, William m'a évoquée ses crises mais je n'ai jamais assisté à l'une d'elle... Et pour le coup, je sais pas si elle est entrain d'en faire une. Ni pourquoi. Ni... Ta gueule. Va la voir.

J'avance de quelques pas et pose délicatement ma main sur son épaule, voulant la retourner en douceur vers moi.

- Eh... Qu'est-ce.... WOAW !

J'étouffe un grognement de douleur alors que, sans que je ne la vois venir, elle m'attrape par le col et me plaque avec une violence que je ne lui connaissais pas contre le mur. Mon crâne rebondit contre les briques et me sonnent quelques secondes. J'comprends rien à ce qu'il se passe, rien à ce qu'il lui arrive, rien à...

Deuxième choc. Sa voix me parvient de manière étouffée et mon cerveau met une bonne poignée de seconde avant de réagir, faisant pulser mon sang dans mes tempes sous l'aide de l'adrénaline à la seconde où il comprend ce qu'il se passe. Maxime me tient toujours par le col de mon pull et me jette de nouveau contre le mur alors que d'un geste du bras, je la repousse avec violence pour m'en défaire, pour me décoller de cette brutalité que je n'ai pas vu venir.

- PUTAIN ! Mais t'es malade !

Je vois son corps partir vers ma gauche, titubant vers une armure qu'elle bouscule et dont le casque chute sur son crâne.

Silence.
Lourd silence.
L'objet de métal roule sur le sol. Maxime ne bouge plus. Je secoue la tête pour réordonner mes idées, reprenant mon souffle écourté par la surprise et l'effort.

- Mierda ça va ? J'suis désolé mais... bordel t'as quoi ? C'est quoi ton problème ?

Je me frotte l'arrière de la tête, tentant vainement de faire passer la douleur, grimaçant sous la douleur sans comprendre ce qu'il lui arrive et surtout, essayant de ravaler cette colère sourde qui bat à mes tempes. Je n'ai pas envie de m'énerver ni contre elle, ni avec elle, pas sans comprendre ce qui lui a prit. C'est pas son genre. Elle peut être mal aimable et grincheux si vous voulez, mais jamais elle lèverait la main sur William, Macy ou même moi, consciemment et par plaisir.
Je jette un œil sur le carton au sol à moitié renversé mais sans en laisser voir le contenu et mon regard glisse vers Maxime. Mes sourcils se froncent. Je n'ai pu la regarder qu'une seconde. Peut-être deux. Juste le temps de m'apercevoir que son visage n'était plus le même et n'appartenait pas à la Maxime que je connais. Un visage crispé, les joues rouges d'une haine qui transpire de chaque pore de sa peau...

La première vague de douleur survient avant même d'avoir eu le temps de lever le bras en geste de défense.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 697
Date d'inscription : 27/04/2014
Crédits : Bm
Double Compte : Phædre E. Hunt & Katherine Calderòn Llanos & John Kingsley



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2713-maxime-a-jefferson
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Sam 27 Juin 2015 - 19:14

Un putain de collier étrangleur. Voilà c’que j’ai sous les yeux. Réduite à un simple animal, rien qu’un putain de cabot enragé, un chien qu’on doit forcer à se taire. C’est tout ce à quoi je pense alors que je me sens projetée en arrière, m’écrouler à moitié contre une surface froide et dure. Une colère sans égale jusqu’alors me parcourt les veines. Je me sens éclater, petit à petit, j’implose à différents niveaux et lorsque je reçois un truc sur le crâne, une douleur froide se répand dans mon cerveau. Dans un premier temps, je ne capte pas le monde autour de moi, simplement ce bruit lourd de fer se répandre dans mon crâne qui m’écrase au sol. Je me sens chuter contre la pierre, le dos râpant au mur, mais finis par me raccrocher à l’armure que j’ai visiblement bousculée. Une vague de haine se rue sur mes côtes quand je relève la tête. Matéo me fait face. Je n’entends pas ce qu’il dit. C’est lui qui m’a bousculée. Un truc chaud glisse le long de mon front et en me relevant, pose ma main sur l’entaille ouverte. Mes yeux s’arrondissent à la vue du rouge qui teinte mes doigts. C’est la couleur de ma colère que je vois, là, sur mes mains. Ma respiration se saccade, je pose ma main sur ma poitrine, attrape mon t-shirt et tente de me contrôler un instant. Je sais ce qui va arriver si je ne respire pas.

L’image des colliers et de la laisse s’interpose entre lui et moi. Je voudrais me reculer, mais je n’y arrive pas, mes yeux se voilent de rouge et je sens que je l’attrape, dans un premier temps, et balance Matéo au sol. Il vient de me faire mal. Il m’a balancé contre une putain d’armure. Il m’a fait mal, et je saigne à cause de lui. Qu’est-ce qu’il veut. Lui aussi veut m’humilier c’est ça ? Ils veulent me saigner, pour voir ce qu’il y a à l’intérieur ? Je le ferais avant eux. Plus personne ne doit m’atteindre. J’ai vu ma mère partir, laissé mon père me frapper, ma belle-mère aussi. J’ai perdu la personne qui me tenait le plus à cœur, et ce, à cause de ce chien que l’on me force à mettre à jour. Ce loup à l’intérieur de moi que l’on devrait réduire à néant, pour moi. Cette bête qui me ronge de l’intérieur. Il veut la voir lui aussi, c’est pour ça qu’il est là. Comme tous les autres, j’ai placé ma confiance en la mauvaise personne.

Je n’entends pas ce qu’il dit, mes yeux sont brouillés par de la putain de flotte, mes grognements surpassent ses accents latins, je vois à peine, je sens simplement sa peau s’ouvrir sous mon poing droit, la main gauche ayant attrapé son col, soulevé du sol pour mieux l’atteindre. Un coup de poing, puis encore un autre, je n’arrive pas à contenir ma violence, ma rage qui court mes veines, je veux juste qu’il se la ferme, qu’il arrête de se débattre, même si ses jambes m’atteignent et me saccagent le bas du corps, j’ai l’impression d’assister au massacre plus que d’y participer. Chaque fois que mon poing s’abat sur sa peau, une image du contenu de la boite se matérialise devant mes yeux et ma colère grandit chaque fois un peu plus.

« TU LE VOULAIS HEIN ?! TU VOULAIS LA VOIR LA BÊTE ! »

Je me vois passer une jambe par-dessus son corps mou mais rien ne m’arrête. Quand je crie, je ne m’entends qu’à moitié, ça n’est plus mon problème à ce stade. Mon problème c’est de réduire à néant ceux qui voudront m’atteindre, ceux qui voudront me blesser. Le sang sur mon visage commence à se mélanger à celui qui me parvient du visage du latin.
Ma main s’arrête dans ses gestes de violence, attrape son col de chemise tâché désormais et je le soulève encore, je vacille mais je tiens bon. Il ne me transformera pas en cendres. Personne ne me mettra ce collier, ni cette muselière. Celui qui s’y tentera sera mort avant moi.

« Ne t’avise plus jamais de me lever la main dessus, plus jamais enfoiré ! »

Je me redresse, le lâche d’un geste sec et me retourne, mon pied atterri dans ses côtes et je ressens le craquement de ses os avec une satisfaction certaine, un plaisir malsain qui se répercute le long de ma colonne vertébrale. Son corps semble s’affaisser, je n’entends plus sa voix qui ressemblait à des gribouillis, mais j’en ai pas finis. J’en ai pas finis avec lui et ça servira d’avertissement à celui qui a voulu me réduire au silence, à ceux et celles qui voudront lever la main sur moi. Je me rapproche de lui à nouveau, rattrape son haut.

« Y’a personne qui m’passera de collier… T’ENTENDS ?! »

Personne. Et c’est à toutes ces personnes que je donne des coups de poings. C’est toutes ces personnes que je réduis à néant, que je fais saigner. C’est eux, qui crèvent sous ma force parce que OUI, je suis forte, c’est comme ça, on ne m’enlèvera pas ça. Mes poings pleuvent à nouveau. Personne n’aura ma peau.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 17264
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins ▬ Elijah C. Leroy ▬ Chiara M. Brooks



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Lun 29 Juin 2015 - 20:17

Lundi 2 Février 2015 – A l’heure du déjeuner
Nothing ever lasts forever

James, Mateo, Maxime, William & Enzo


Méfait accompli.

Il est tôt, très tôt. J’ai quitté le dortoir des gars – Cameron, Matthew, Drew et bien sûr Kyle – à pas de Loup en prenant bien soin de ne réveiller personne parce que j’avais quelque chose à faire et surtout même si j’ai eu l’occasion de mettre les choses à plat avec Drew je ne suis toujours pas franchement à l’aise là-bas. Personne ne m’a fait comprendre que je n’étais pas la bienvenue, loin de là, c’est simplement de mon côté que ça bloque mais pour une fois c’est dans son lit à lui que j’ai passé la nuit et pas l’inverse. Ça me va, j’aime bien être dans son lit, avec son odeur, ses affaires, etc … Son espace quoi. 48h avant une Pleine Lune je peux difficilement me passer de sa présence, j’en ai juste pas la moindre envie et surtout pas après une séparation d’un mois mais le fait qu’on ait migré au quatrième donne probablement un peu de vacances à mes collocs même si je ne pense pas qu’on soit réellement envahissant, dérangeant, ou je ne sais pas quoi d’autre dans ce genre-là. A partir de ce soir c’est terminé tout ça, on le savait que ça ne durerait qu’un temps mais je crois que ça nous va à tous les deux. C’est terminé les vacances, maintenant il faut retrouver le rythme du quotidien, rythme que les autres ont repris depuis un mois et je crois que je vais me sentir un peu à la ramasse. La semaine commence fort, le lundi c’est la plus grosse journée avec deux cours le matin, deux cours l’après-midi et Astro de minuit à deux heures du matin … T’aurais pas mieux fait de profiter de chaque seconde de sommeil que tu pouvais prendre, Enzo Ryans ? Si, sans doute, mais c’est pas grave. Je dormirai … probablement pas avant mercredi matin maintenant étant donné que je doute réussir à réellement choper un sommeil réparateur cette nuit vu la date et que la nuit suivante sera celle de la Pleine Lune donc … Nuit blanche. Liberté. Test. Et pleins d’autres choses encore. J’appréhende mais j’ai hâte, quoi qu’il en soit.
Une fois ma mission accompli j’ai été trainer un peu dehors pour finalement rejoindre la Grande Salle pour prendre mon p’tit déjeuner à la table des Rouge. Ensuite direction HDM et dire que je n’en ai pas profité un peu pour continuer ma nuit serait mentir … Bon dans les faits il faut que je prenne le temps de discuter un peu avec les Profs parce que j’ai quand même un mois de retard par rapport aux autres mais étant donné que je suis redoublant et que mes résultats sont plutôt bon ou en tout cas correct, que mon comportement est plutôt … bon ou en tout cas correct aussi, ça passe plutôt bien. J’affiche mon air de jeune garçon motivé et bien sous tous rapports – ce que je suis, un peu, parfois – et ils ne posent pas vraiment de questions. J’ai raté un mois pour raison personnelle, le Directeur m’a laissé revenir, c’est tout ce qu’ils ont besoin de savoir et il est hors de question que je rentre dans les détails.

Le cours de SACM magique se passe très bien, ici aucun mal à reprendre mes marques. Le truc c’est que Kyle a deux cours aujourd’hui, deux cours où il doit se dépenser physiquement et … ça me rend dingue, complètement dingue. Ça me fait complètement péter les plombs quand je le croise et qu’il vient de sortir d’un de ces cours, un jour avant la Pleine Lune je vous laisse imaginer le carnage sauf que là, pas de bol, j’ai trop trainé avant de rentrer au château – en même temps j’étais occupé à quelque chose d’intéressant aussi puisque je grattouillais Fenrir derrière les oreilles et oui je me suis lavé les mains avant de manger – donc je l’ai raté. Hum … Peut-être que je lui proposerai de venir faire un basket avec moi la prochaine fois … Bref, c’est pas le sujet.

Le sujet c'est que la journée avait somme tout plutôt bien commencée, la nuit a été comme un rappelle à la réalité, juste une preuve de plus que … je ne nage pas en pleine illusion. Oui ça m'angoisse mais non je n'y pense pas. Déni ? C'est possible, et alors ? Je suis assis depuis quelques minutes dans la Grande Salle, face à Harper mais légèrement tourné vers l'allée parce que Kezabel vient de passer et qu'on échange quelques mots. Je lui demande si elle est toujours d'accord pour s'occuper de mon cas désespéré – pas tant que ça en fait ! J'ai cru comprendre qu'elle allait peut être filer un coup de main à Mateo aussi, je dirais juste qu'il faudra éviter de nous avoir tous les deux en même temps dans les pattes mais ils sont dans la même classe, moi j'suis le p'tit dernier et on n'apprend pas les mêmes choses donc je pense que ça ne risque pas. Peu importe, un froissement d'ailes attire mon attention et je crois que la jolie Poufsouffle s'éloigne à ce moment là après avoir posé sa main sur mon épaule. Quand je me retrouve de nouveau face à la table deux choses me frappent : Premièrement, le colis. Je n'attends rien de personne, ça ne veut pas dire pour autant que personne là dehors n'est susceptible de me faire parvenir quelque chose mais les deux seules personnes à qui je pense spontanément son Grand-Mère et Jillian, voir Elwynn, sauf que ça n'est l'écriture d'aucune d'entre elle là sur l'emballage. Deuxièmement, l'odeur. C'est immédiat, une grimace tord mon visage et quand je relève les yeux vers Harper j'en déduis que je dois être le seul à la sentir. Instinctivement je regarde à gauche puis à droite, à l'affut d'une mauvaise blague ou d'un nouveau délire de la Prof de Divination même si au fond de moi je n'y crois pas vraiment.

« Ben alors, t'ouvre pas ? »
« Si, si ... »

Pourtant je ne fais aucun geste en ce sens, je me contente de fixer l'objet sans en détacher mes yeux alors que soudainement le goût pour la nourriture disparaît totalement. Un peu moins de 48h avant la Pleine Lune mes sens sont déjà plus efficaces que le reste du mois et ce mélange indescriptible m'agresse alors que le papier enrobe toujours le contenu de ce truc mystère.

« Tu sais si c'est des trucs pour t'amuser avec Kyle faut pas avoir honte hein ! »

En temps normal j'aurai réagi mais pas cette fois, je suis trop concentré et c'est d'ailleurs à peine si j'ai entendu ce qu'il a dit. Entendu, si, pas écouté en revanche. J'évite de respirer par le nez, je crois que c'est un automatisme qu'a pris mon corps instinctivement mais ça n'est pas forcément mieux par la bouche. Enfin je m'active après avoir poussé un long soupir sans jamais cesser de froncer les yeux mais il n'y a pas vraiment d'enthousiasme dans mes gestes. Des mois voir des années d'embrouilles ici ou à l'extérieur font défiler un paquet d'hypothèse dans ma tête et franchement ça n'est pas l'éclate d'être parano mais je n'arrive pas à faire autrement. Je me dis que c'est peut être juste une blague des gars, ou simplement vraiment quelque chose qui vient de Grand-Mère, Jill ou Elwynn mais qui s'est perdu je ne sais trop où … dans une volière peut être. Je déchire le papier et ouvre finalement le carton non sans la plus grande des méfiances mais quand l'odeur s'en échappe je ne réprime pas le grognement qui lui m'échappe aussi, autour de moi plus rien n'existe. Dans cette boite se trouvent différents facteurs, et différents objets. Un message plutôt clair aussi, et surtout une cible bien précise.

« Alors ? C'est qui, c'est quoi ? »

Mouvement sur le côté, mon attention est attiré et je vois Maxime sortir de la Grande Salle avec un paquet similaire sous le bras. Son pas est trop rapide pour être normal et même si je ne la connais pas je sais reconnaître certains signes qui ne trompent pas. J'ai juste le temps d'apercevoir Mateo a sa suite avant de tourner la tête et de chercher Ever à la table des Serdaigles. Elle est là mais tout semble normal de son côté, tant mieux.

« Enzo ! »

Tout se passe très vite dans ma tête, je crois que je ne prends pas le temps d'encaisser le choc, de réfléchir, de réaliser, de penser à tout ça finalement – y compris à l'odeur de mon frère sur ses objets – et je me lève, referme le colis puis quitte la table d'un pas rapide à mon tour sans me retourner. Quelques secondes après je dépose le carton à côté de Kyle.

« Tu peux me garder ça s'il te plait ? Si tu veux l'ouvrir ne le fait pas ici, c'est tout. »

Je n'ai rien à lui cacher, ni à lui ni à Cameron qui se trouve juste en face et a qui j'adresse un rapide coup d'œil avant de prendre la porte à mon tour. Dans quel but ? J'en sais rien, je me laisse complètement dicter par mon instinct et c'est ce qu'il me dit de faire, à tort ou à raison. J'imagine que je le saurais bien assez tôt, non ? Pas de visuel mais l'odorat fait son job et je n'ai aucun mal à trouver ce que mon organisme cherche. Elle, et lui. Il y a dans l'air une tension palpable et des informations olfactives importantes, je ne sais pas comment ni pourquoi je reste aussi calme mais pourtant c'est bien le cas. Depuis que je suis rentré il y a quelques jours pas une seule fois je ne me suis énervé, pas une seule fois je n'ai perdu le contrôle. Je ne compte pas le retour ni la discussion dans le bureau de Logan même si là encore me connaissant ça aurait pu être dix fois pire. C'est comme si le séjour … là bas m'avait anesthésié et je devrais sans doute avoir peur de la claque que je risque de me prendre au bout d'un moment mais visiblement elle n'est pas pour tout de suite.
D'autres informations me parviennent alors que je monte quelques marches : Des sons, des mots parmi eux même si je ne les distingue pas vraiment, et puis l'odeur du sang. Reconnaissable entre mile.

« Et merde. »

Du sang humain, autant dire que je devrais faire demi tour et surtout ne pas prendre le risque de m'y exposer de trop près mais encore une fois ça n'est pas du tout ce que je fais. Je fonce, j'accélère, je monte les dernières marches au pas de course avant de tourner au détour d'un couloir. Seul le corps agit, le cerveau lui n'est pas vraiment de la partie et c'est très bien comme ça.

« Maxime arrête ! »

Je ne réfléchis pas plus quand je fonce dans le tas et tente de les séparer, bientôt rejoint par quelqu'un d'autre, un type que je ne connais pas et à qui je n'ai jamais adressé la parole mais qui me semble être ce gars dont Mateo m'a parlé l'autre matin – ou l'autre soir, je ne sais plus trop. Un ami de Maxime, et de Mateo, donc quelqu'un qui a sans doute plus de légitimité que moi à être là mais d'une je ne laisserai pas mon pote se faire massacrer et de deux je doute qu'il soit en mesure de maitriser un Loup-Garou en pleine crise. Je ne sais même pas si moi j'en serais capable mais je peux toujours essayer. Les dommages collatéraux n'ont aucune espèce d'importance, je prends des coups moi aussi, on en prend tous, mais on reste là et quand je parviens enfin à la choper avec suffisamment de prise et fermeté pour l'éloigner ...

« Emmène là ! J'm'occupe de Mateo. »

Un signe de tête, c'est tout. Elle se débat mais je ne lâche pas, je crois que t'as pas idée de sur qui t'es tombé tu sais. Je suis du genre plutôt borné et ne crois pas que je vais te lâcher dans la nature. Pas de méprise, je ne me sens pas investi d'une mission, et encore moins parce que Jakob n'est plus là, mais je ne peux pas non plus laisser cette fille, cette louve, comme ça sans rien faire. Et je n'allais pas non plus la laisser tuer Mateo sans lever le petit doigt parce que qu'elle le veuille réellement ou non c'est une éventualité qu'on ne peut pas écarter. Pendant une seconde je me dis que c'est peut être une blague venant de lui, voilà pourquoi elle aurait perdu le contrôle et se serait déchainé sur lui, mais même s'il est capable d'aller très loin je doute qu'il aurait pu aller jusque là.
Ma prise autour d'elle n'a rien de délicat, je sais que je suis peut être entrain de lui faire mal mais ça n'a pas la moindre espèce d'importance. C'est la seule chose à faire et pas une seconde je ne pense à employer la magie pour gérer cette crise. Ça ne me traverse même pas l'esprit et je crois que de toute façon Loup commence à pointer le bout de son nez. C'est comme s'il prenait le relais, comme s'il voulait gérer la situation, gérer la louve peut être aussi. D'animal à animal. C'est comme ça que j'arrive à la faire entrer dans une salle que j'espère vide – par chance elle semble l'être – et l'y pousse sans ménagement avant de claquer violemment la porte derrière moi et d'écarter les bras.

« Vas-y. J'suis pas un p'tit humain fragile alors vas-y, j'ai pas peur de toi et j'ai pas peur de prendre des coups. »

J'ai jamais prétendu être un fin psychologue, je sais juste que parfois malgré ce qu'on pense la violence est quelque chose d'utile alors si c'est de ça qu'elle a besoin … qu'elle fasse. Je ne me laisserai pas faire pour autant mais si ça peut lui permettre d'évacuer et de se calmer alors soit, j'ai déjà mangé un peu, je peux bien en prendre encore.

Et toi garçon, quand est ce que tu vas craquer ?

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 697
Date d'inscription : 27/04/2014
Crédits : Bm
Double Compte : Phædre E. Hunt & Katherine Calderòn Llanos & John Kingsley



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2713-maxime-a-jefferson
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Jeu 9 Juil 2015 - 13:29

Si on me parle, si on me dit quelque chose, si on m’approche, je n’en sais rien, je n’entends rien d’autre que mes poings et mes mots qui giclent comme le sang du latino. Rien ne m’importe plus que de ressentir encore et encore, cette vague de plaisir se prolonger le long de ma colonne vertébrale chaque fois que je dépose une fleur sur son corps. Chaque fois qu’elle s’épanouit, chaque fois qu’une teinte rougeâtre émerge sous mes doigts fermés, une autre s’élève dans mon cœur, blafarde, et ses épines lacèrent mes organes. A la fois douleur et plaisir. A la fois haine et douleur. Ma colère est si vibrante qu’elle ne me laisse pas un instant de répit. Tout ce qu’il me faut est sous mes paumes, ce corps désarticulé répond à toutes mes attentes, il subit, m’entend hurler et réceptionne les coups comme une poupée de chiffon. Rien ne m’arrête, le plaisir, malsain est trop grand, trop puissant, c’est pourquoi quand deux bras m’attrapent, mes coups n’arrêtent pas et alors la fierté et la rage s’entremêlent pour me donner un coup de fouet.

Je regarde autour de moi une demi-seconde et comprend que je ne suis plus seule. On me force à arrêter, on m’enlève de là, on serre ma taille, me projette ailleurs, et mes poings partent dans tous les sens. La louve ne supporte pas l’odeur qui se trame autour d’elle, ne supporte par qu’on l’encadre et l’entrave dans ses moments. Non. JE ne supporte pas qu’on m’entrave dans mes mouvements et mes premiers réflexes sont bestiaux, je grogne et frappe dans tous les sens, sans prendre en considération la personne qui se trouve être Enzo. Un putain de loup-garou. Je le savais bien. Lui aussi fait partie du complot, c’est ça ? Ma haine se décuple. J’rentrerais pas dans les clous, pas dans vos histoire de clans canins à la con, laissez-moi seule dans mon coin.

Une petite seconde plus tard, ou peut-être plusieurs minutes j’en sais rien, je me sens projetée vers l’avant. Le temps que je comprenne et que je me repose sur mes équilibres, la porte claque, et Ryans me fait face, les bras écartés. Mon souffle est saccadé, mon visage tâché du sang de Matéo, la colère me rend rouge et je tremble de rage, les poings serrés. Je respire mal et je n’arrive plus à contenir ma fureur qui a déjà bien éclaté.

« Vas-y. J'suis pas un p'tit humain fragile alors vas-y, j'ai pas peur de toi et j'ai pas peur de prendre des coups. »

Je me redresse d’un geste sec, arrogante, et ça déclare à l’instant un espèce de courant électrique le long de ma colonne vertébrale pour exploser douloureusement à mon visage.

« Mais pour qui tu t’prends ? »

La réaction est immédiate, l’acouphène annonciateur de malheur se déclare et c’est comme si mon corps réagissait sans que je ne puisse rien y faire. Mon poing part dans son joli minois et un rire malsain s’échappe de mes lèvres, presque trop contente de retrouver la violence d’une peau jetée contre une autre. La relève ne tarde pas à se manifester, mon second poing s’abat sur lui, avec toute la force que je possède. J’ai l’impression d’être quelques années plus tôt à boxer avec mon frère mais devant moi n’est pas un putain de sac de sable, simplement un être de chair, d‘os et de sang, et le soulagement n’en est que plus grand.
Il me dépasse et je déteste ça, peut-être qu’une partie spécialement lupine de mon être veut lui prouver que je ne suis pas qu’une petite femelle sans défense et que ni lui, ni personne d’autre ne me passera ce foutu collier au coup.

Mes coups pleuvent à nouveau. Ma voix tremble et gronde comme dans une caverne, une voix sombre et tumultueuse. Sa résistance est faible, il se défend davantage pour entraver mes gestes que pour me frapper, et ça m’énerve. Considère-t-il qu’il ne doit pas réagir parce que je ne suis qu’une petite femme, une louve maigrelette à qui il n’accorde pas même la bénédiction de ses poings ? Lui comme tous les autres se chargera de me descendre sous terre, comme mon père, comme ma mère, ignorée, détestée. Je renforce mes attaques, il renforce sa défense, je voudrais lui dire de frapper, d’y aller, de ne pas se laisser faire. Il ne me fait pas peur, personne ne me fait peur.

« Et bien alors ? Réagis ! »

Je le lâche, j’imagine qu’il m’y aide mais je me sens projetée en arrière, retrouve mon équilibre rapidement, agile. Mes poings serrés ne veulent pas se détendre, ma respiration ne semble pas trouver un chemin clair, conscience, qui s’embourbe petit à petit. Une crise d’une telle intensité est rare entre toutes les autres.

« J’suis trop faible pour toi c’est ça ? Une petite chienne sans défense ? Qu’il vaut mieux faire taire… MAIS RÉAGIS PUTAIN ! »

Ma main attrape le dossier d’une geste et je la balance comme s’il ne s’agissait que d’une feuille de papier. Je ne l’ai même pas visé. Mais je dois détruire, décomposer encore tout ce qui se trouve sur ma trajectoire. Bruler leurs chemins, détruire leurs constructions, leur faire entendre ma voix une dernière fois avant de les jeter par la fenêtre. Des images différentes se répercutent sur ma rétine alors que je deviens folle, j’étouffe, les mains tantôt occupées à détruire, tantôt à agripper ma peau, mes cheveux. La laisse, le collier, puis Matéo sous mes mains qui essaie de se défendre puis qui ferme les yeux, mon frère surgit entre toute cette merde, Spencer, Dean, la muselière, le visage tuméfié de mon meilleur ami.

« C’est votre faute, c’est VOTRE FAUTE ! »

C’est votre faute, pas la mienne. L’odeur de William, les autres, insupportables, les objets. Un message clair pour celui voudrait toucher de plein cœur tout lycan de ce château. Je n’assume pas. Mais cette humiliation est trop cuisante… c’est leur faute. C’est leur faute si Matéo git surement sur les pavés, parce que je l’ai amoché. Parce que je ne l’ai pas reconnu, dans ma colère, et qu’il était simplement le prétexte à laisser échapper cette crise explosive, me permettant à la fois d’expier haine et culpabilité. Son image s’interpose entre le loup et moi alors que mon regard tombe dans le sien. Une douleur se diffuse dans les os de mon visage et ça me fait courber dans un long gémissement mêlé d’un grognement lupin, incontrôlé, une main sur le crâne, l’autre sur une table.

Putain, j’ai tabassé mon pote sans penser à autre chose que mon plaisir et ma rage à déverser. Mon souffle se coupe, mes grognements s’intensifient, s’assombrissent, la douleur dans mon crâne et la pression augmentent, comme si j’allais m’écrouler sur le tas, tremblante. Je ne contrôle plus les inflexions de ma voix et les tonalités sombres de la louve qui s’échappent de ma poitrine, à la fois endolories et agressives. Ça n’est même plus humain à ce stade et je n’arrive plus à garder le contrôle sur les deux parties de moi-même.

« C’est… pas… possible. »

Ça doit s’arrêter, mais aucun de mes efforts n’est remercié, courbée, mon poing auparavant pressé contre mon crâne s’abat contre le dessus de la table. Je vais m’évanouir si ça ne s’arrête pas, je ne veux plus entendre la louve qui s’exprime comme pour prouver qu’on ne lui passera jamais de muselière, je ne veux plus voir le visage ensanglanté de Matéo… Non, non, non.

Mon poing s’abat sur ma poitrine comme pour me faire taire. La douleur est immense, mon souffle se raréfie. Elle est suivie par une seconde décharge, puis une troisième. Ma haine ne s’abat plus sur mon ami, mais sur moi-même. Lui faire vengeance, taire l’animal à l’intérieur, stopper cette putain de crise. J’en oublie presque qu’Enzo est toujours là et que face à lui se trouve une tarée qui s’administre à elle-même une correction.

HJ:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 17264
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins ▬ Elijah C. Leroy ▬ Chiara M. Brooks



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Jeu 9 Juil 2015 - 23:29

« Mais pour qui tu t’prends ? »

Pour un mec qui se tient face à un miroir ou presque, voilà pour qui je me prends. Non je ne suis pas une grande brune avec de magnifiques yeux bleus – c’est gratuit, c’est cadeau – mais un être humain qui s’est retrouvé confronté à l’animal qui a décidé d’élire domicile dans son être il y a trois ans et ce avec tout ce que ça implique. Je ne suis pas étranger à ce genre de crises et je sais qu’elles ne sont pas réservées aux personnes comme nous mais je suis au moins certains du fait qu’elles ont un caractère spécifiques néanmoins. Cette dualité permanente n’est pas facile à encaisser, à gérer au quotidien et si ça devient plus simple au fil du temps les débuts sont en général catastrophiques. Ils l’ont été me concernant en tout cas et même si j’ignore depuis combien de temps elle est ce qu’elle est, même si je ne la connais pas assez pour savoir si ça ne tient qu’à ça – en réalité je ne la connais pas du tout d’ailleurs – je sais que je peux malgré tout me mettre à sa place, au moins en partie.

Son arrogance résonne néanmoins à mon être comme une provocation et instantanément ou presque le Loup se fait violence à l’intérieur de moi. Ses pensées sont claires, nettes et précises : Ne me parle pas de cette façon, femelle. L’humain temporise, il tempère, mais quelque chose me dit que les courbatures dû à des muscles un peu trop tendus vont probablement faire leur apparition dans les heures ou jours à venir. Même avec de l’entrainement et une activité physique quotidienne je n’y échapperai pas, je garde malgré tout en tête que c’est le seul moyen pour que ça ne dégénère pas. Si je me laisse aller moi aussi, si je craque, si je laisse Loup sortir de sa cage, qu’est ce qui se passera ? Je n’ai pas envie de lâcher la bête pour une simple question de fierté que l’humain ne tolère pas, surtout si c’est pour que ça se termine en carnage inévitable. Il veut la remettre à sa place, je ne suis pas d’accord. Un seul de nous deux a le droit de craquer et aujourd’hui ça n’est pas moi-même si son comportement et ses réactions mettent ma patience et mon contrôle à rude épreuve. Inutile de dire que c’est encore pire quand son poing atterri directement en plein dans mon visage. Je serre les miens et encaisse, reculant d’un pas sans réagir plus que ça. Je ne veux pas m’avancer mais je pense dur comme fer que seul l’épuisement aura raison de sa colère alors …
Elle n’est que colère, c’est tout. Plus d’humaine, plus de louve, juste de la rage à l’état brut et rien ne pourra tarir ce flot de fureur. Deuxième coup. Un grondement sourd prend forme dans ma gorge et sans réellement m’en rendre compte je me redresse de toute ma hauteur en faisant un pas vers elle, les yeux braqués dans les siens. Stop. Ma respiration devient de plus en plus rapide, erratique, les battements de mon cœur suive le même rythme, je connais tous ces signes, je les connais par cœur. Stop. Ne fais pas un pas de plus, serre les dents, serre les poings, jusqu’à en avoir mal s’il le faut mais fais le. Si un jour il m’arrive de lever la main sur une femme je ne me le pardonnerai jamais.

Elle continue d’attaquer, j’entreprends de me défendre parce que je ne suis pas là pour me faire refaire le portrait pour autant alors j’esquive quand je peux mais elle est beaucoup plus rapide que moi c’est un fait. Je pare, je la bloque, je ne me défends pas et je comprends rapidement que ça l’énerve au plus haut point. Tant mieux. Continue de t’énerver, l’énergie se consommera encore plus rapidement. C’est peut être une forme de manipulation mais c’est comme ça et cette pensée effleurant mon esprit concentré je la repousse brutalement pour la dégager de moi.

« Et bien alors ? Réagis ! »

Tout ce que je lui offre c’est un silence de mort et un regard franc, sans émotion particulière alors que je commence à bouillir moi aussi de l’intérieur.

« J’suis trop faible pour toi c’est ça ? Une petite chienne sans défense ? Qu’il vaut mieux faire taire… MAIS RÉAGIS PUTAIN ! »

Toujours aucune réaction de ma part, je reste tout autant stoïque quand elle attrape une chaise par le dossier et l’envoi contre un mur. Miroir. C’est ma grande spécialité ça, me défouler sur le mobilier. Pour un peu je pourrais presque sourire, pas pour me moquer, en tout cas pas d’elle, juste parce qu’avec le recul on comprend toujours le ridicule de certaines situations. Sur le coup on sait qu’on ne peut pas réagir autrement, et ça fait du bien, mais quand l’orage passe les pensées deviennent plus claires et parfois ça fait sourire. Parfois. Pas toujours.
Je comprends. Je comprends parfaitement ce besoin de destruction, cette envie de voir les choses exploser partout autour et d’en être la cause. Ça n’est pas contrôlé, ça n’est pas contrôlable, en tout cas pas en l’état à mon avis et là encore c’est quelque chose que j’ai expérimenté un paquet de fois. Ceux qui disent que la violence ne résout rien n’ont jamais connu ce genre de cocktail émotionnel, c’est tout ce que je dirais. Je reste persuadé que parfois elle est la seule solution et je ne me permettrais pas d’empêcher cette fille de détruire tout ce qui se trouve à portée de ses mains, tant que ça ne respire pas. Bon samaritain dirait un Serpentard de ma connaissance, Alec pour ne pas le citer, il a peut-être raison mais je ne crois pas que ça soit une mauvaise chose.
Tout ce que je peux faire en cet instant c’est la laisser exploser, la laisser évacuer tout ce truc qui la ronge comme un serpent qui ramperait dans ses veines jusqu’à ce qu’il en sorte pour ne laisser d’elle qu’un être à peine vivant. Tôt ou tard son corps cèdera, de ce que j’en sais, alors j’attends que l’instant se présente, prêt à réagir s’il le faut tout en essayant de faire taire le Loup qui s’agite en moi.

« C’est votre faute, c’est VOTRE FAUTE ! »

Ses réactions s’avèrent être de plus en plus animales, de moins en moins humaines, ainsi il est compliqué pour moi de tempérer mon propre deuxième moi là à l’intérieur mais par je ne sais quel miracle j’y arrive quand bien même mon corps risque de lâcher lui aussi à un moment ou un autre même s’il est beaucoup moins secoué – en apparence au moins – que le sien. Si la Lune ne régissait pas nos transformations j’aurai devant moi une grande et fine louve grise dont je n’ai jamais oublié la silhouette. En tant qu’humain elle ne ferait qu’une bouchée de moi, j’imagine que j’aurai probablement changé moi aussi et la donne n’aurait pas été la même. L’instinct bestial aurait pris le dessus.

« C’est… pas… possible. »

Je crois que c’est à ce moment-là que je me décide à bouger, après le premier coup qu’elle s’inflige. J’ai hésité, je me suis dit que c’était peut-être nécessaire pour elle d’en passer par là et puis j’ai pensé à Ever, à ses poignets entaillés, au sang qu’elle faisait couler pour apaiser l’animal en elle, celui avec lequel elle n’arrivait pas à cohabiter. S’infliger une telle souffrance, se faire du mal pour se soulager … je suis passé par tout un tas de phase mais je ne crois pas avoir connu celle-là. Pas physiquement en tout cas mais il s’agit peut-être de choses volontairement occultées de ma mémoire, ça ne serait pas les premières. Quoi qu’il en soit c’est comme un électrochoc et quelques secondes à peine après le premier coup qu’elle se porte je fonce droit sur elle sans réfléchir une seconde de plus. Je sais ce que je risque en faisant ça, ça n’a pas la moindre importance et elle peut bien me haïr ça ne changera rien non plus. Dans cette histoire je n’ai rien à perdre, elle n’est pas mon amie, pas même quelqu’un pour qui j’éprouve un semblant d’affection malgré les liens qu’on peut avoir en commun. La seule chose qui influe vraiment ici c’est le fait qu’on partage quelque chose que seul les personnes comme nous peuvent comprendre. Il est là le réel impact et comme pour Ever il faut croire que je ne peux juste pas tourner le dos et repartir comme si tout ça n’avait pas d’importance. Je ne serais jamais Jakob, impliqué dans l’existence des autres Loups, concerné, mais je ne peux pas la laisser comme ça. C’est tout.

J’attrape d’abord ses poignets et fais mon possible pour éviter les coups, ce geste est là pour me protéger dans un premier temps et puis l’instant d’après je suis derrière elle, les deux bras enroulés et serrés autour de son corps pour la maintenir prisonnière. Elle n’aimera pas ça, je le sais. Moi non plus je n’aimerai pas ça. Je ne prétends pas que toutes nos réactions sont nécessairement similaires, simplement qu’un animal sauvage n’aime – de base – pas être entravé.

« Fais avec. »

Le ton est ferme, je l’admets. Je ne crois pas que la douceur soit de mise et de toute façon je ne peux pas faire autrement. Ma voix est grave, rocailleuse, l’animal prend le pas sur l’homme mais la conscience humaine ne s’estompe pas pour autant. C’est … une sorte d’entre deux ou plutôt une alliance, quelque chose comme ça.

« Arrête ça et fais avec parce que t’as pas d’autre choix. Ça ne s’arrêtera jamais, tu n’arrêteras jamais d’être ce que tu es ! »

Parce que c'est ça le fond du problème, non ? Au moins en partie, une grosse partie d'après moi mais peut être que je me trompe.
Elle se débat encore et au bout de quelques secondes je la relâche et la pousse violemment, attrapant encore une fois ses poignets quand elle se retourne, prête à me sauter à la gorge, mes yeux braqués dans les siens sans aucun détour.

« Oui t’es trop faible pour moi, oui t’es qu’une petite chienne sans défense, oui faut te faire taire. C’est ça qu’tu veux entendre ?! Hum ? T’es pas une chienne, t’es une Louve ! Une humaine et une louve mais certainement pas une chienne. »

Alors quoi, tu vas passer ta vie à te détester et détester la terre entière ? J’ai essayé, c’est pas vivable.

« Tu veux laisser des abrutis t’atteindre avec des conneries pareilles ? T’es beaucoup plus forte qu’eux, ok ? T’as un truc qu’ils n’ont pas, serre t’en ! Prends ça comme une force et pas comme une punition. C’est injuste, mais c’est comme ça. On n’a pas le choix. »

Je ne connais pas ton histoire, tu ne connais pas la mienne, je ne me permettrais pas de juger quoi que ce soit mais c’est un fait, on n’a pas le choix. Si je l’avais eu ce choix, aujourd’hui je serais mort. Mort dans un putain de ravin à côté du cadavre encore fumant de mes parents, probablement bouffé par ce type que j’ai fini par tuer deux ans plus tard. De quoi en faire un film tellement tout ça n’a pas de sens.

« Voilà qui j’suis, un type qui comprend ce que tu vis et ce que tu ressens parce qu’il est passé par là lui aussi. La différence entre toi et moi, je pense, c’est que j’ai fini par l’accepter et crois-moi c’est beaucoup plus facile comme ça. »

Ce qui n’est pas facile en revanche c’est le gout du sang dans la bouche, même si c’est le mien. Elle porte sur elle celui de Mateo, du sang humain et ça c’est encore plus difficile.

« T’en voudras peut être pas parc’que j’suis personne pour toi mais j’peux t’aider, j’peux au moins essayer. T’as des proches ici, eux aussi ils peuvent t’aider à faire en sorte que ça soit plus facile. »

Et peut-être que c’est déjà le cas ! J’en sais foutrement rien. J’ai probablement pas à me mêler de tout ça mais voilà, je suis là, et c’est comme ça. J’peux juste pas passer cette porte et la laisser là. J’peux pas m’en foutre visiblement même si c’est sans doute ce qu’elle veut. T’en fais pas, j’te collerai pas au cul pour te surveiller ou veiller sur toi, que sais-je encore. C’est pas mon genre.

« J’essaie pas de jouer les prophètes, les mâles Alpha ou je sais pas quoi, j’dis juste que demain sera ma 36ème Pleine Lune et que ça fait trois ans que je vis avec … une autre partie de moi-même, dont deux ans passés enfermés ici. Je sais de quoi je parle, c’est tout. »

Maintenant t’en fais ce que tu veux, sache juste que ni toi ni moi n’allons sortir de cette pièce tant que tu ne seras pas calmée et c’est pas négociable. T’es dangereuse pour les autres, t’es dangereuse pour toi, ça aussi du va devoir faire avec. Ça se travaille, faut juste que ça vienne de toi. Aussi horrible que ça puisse paraitre et tant pis si j’en arrive à choquer le commun des mortels : Quand on est malade, on se soigne si on veut s’en sortir. Non la Lycanthropie n'est pas une maladie, aux yeux de certains elle est une malédiction. Peu importe le qualificatif qu'on lui donne elle est là et y restera alors autant faire ce qu'on peut pour en atténuer les pires effets si on le peut. Pour soi même. Pour les autres. Tout est une question de choix.

« Et j'ai reçu le même cadeau que toi. »

Alors même si j'arrive par je ne sais quel miracle à laisser mes propres ressentis sur le sujet de côté pour l'instant, j'imagine que tôt ou tard je m'en prendrais un revers en pleine gueule. En attendant on est dans la même galère, c'est tout ce que je dis.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 697
Date d'inscription : 27/04/2014
Crédits : Bm
Double Compte : Phædre E. Hunt & Katherine Calderòn Llanos & John Kingsley



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2713-maxime-a-jefferson
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Mar 14 Juil 2015 - 16:17

La douleur est vibrante, tout un tas de pensées se forment dans mon esprit, aucune n’est suffisante pour calmer cette putain de crise. Crise de trouble explosive intermittente diagnostiquée à l’adolescence. Crise de lycanthrope qui ne s’accepte pas. Le mélange de la bestialité avec la génétique (puisque oui le TEI est une maladie génétique) est un cocktail explosive, je suis une bombe à retardement, et la souffrance se retrouve déversée sur le monde et sur moi-même. Mon caractère n’est pas facile. Asociale, bornée, de mauvaise foi, désagréable, insultante. Fière. Trop fière. Et c’est pourquoi dans ma haine qui explose, à cet instant, c’est la fierté qui me fait rugir alors que je sens deux bras se refermer autour de moi.

« Fais avec. »

Mes yeux s’arrondissent, ma colère grandit à nouveau à une échelle qu’il m’est dix milliards de fois plus difficile à contenir. Plus il me serre, plus mes coups sont traitres, mes coudes se fondent sur ses côtes. J’essaie au maximum de me desserrer de son emprise, je vois rouge, je n’apprécie pas ce qu’il me dit et… et visiblement la louve non plus. Elle et moi ne sommes pas faites pour nous entendre. Elle supporte moyennement qu’on l’entrave, je déteste vraiment ce type à cet instant précis. Je voudrais le réduire en poussière. Sa voix, bien plus animale fait écho à l’intérieur de moi. Je n’ferais jamais avec. Jamais.

« Arrête ça et fais avec parce que t’as pas d’autre choix. Ça ne s’arrêtera jamais, tu n’arrêteras jamais d’être ce que tu es !
— LA FERME ! »

Mes mots me cisaillent le crâne, mais c’est ainsi, c’est l’animal à l’intérieur qui parle pour moi, qui hurle, qui ne veut pas l’entendre. Je me débats sans défaillir, comme une question de vie ou de mort. D’un geste il me relâche, me pousse avec violence, et je n’ai pas le temps de faire quoi que ce soit qu’il me rattrape les poignets.

« Oui t’es trop faible pour moi, oui t’es qu’une petite chienne sans défense, oui faut te faire taire. C’est ça qu’tu veux entendre ?! Hum ? T’es pas une chienne, t’es une Louve ! Une humaine et une louve mais certainement pas une chienne. »

Elle grogne. La louve. Et ça me fait souffrir.
J’entends ce qu’il dit. Je n’ai pas envie d’entendre ce qu’il a à dire. Je bouge. Encore. Ne me laisse pas faire.

« Tu veux laisser des abrutis t’atteindre avec des conneries pareilles ? T’es beaucoup plus forte qu’eux, ok ? T’as un truc qu’ils n’ont pas, serre t’en ! Prends ça comme une force et pas comme une punition. C’est injuste, mais c’est comme ça. On n’a pas le choix. Voilà qui j’suis, un type qui comprend ce que tu vis et ce que tu ressens parce qu’il est passé par là lui aussi. La différence entre toi et moi, je pense, c’est que j’ai fini par l’accepter et crois-moi c’est beaucoup plus facile comme ça.
— Tu m’connais pas ! LÂCHE-MOI ! »

Mes jambes bougent dans tous les sens. Malgré mon petit mètre quatre-vingt il me dépasse et me bloque vaillamment. Je ne vais jamais m’en sortir. Une petite voix dans ma tête essaie de s’extraire de toutes mes pensées hurlées. Elle se faufile entre les autres pour me dire une chose. Que je n’écoute pas. J’essaie de respirer, profondément, mais la colère m’entrave les voies respiratoires et mon souffle est écourté, saccadé. Je peine à trouver l’air qu’il me faut pour réfléchir correctement.
Personne ne peut comprendre ce que je vis. Personne.
Ce putain d’animal à l’intérieur me ronge, j’ai tué la personne qui me tenait le plus à cœur, et quand c’est pas la louve qui s’y mêle, c’est ma fureur qui fait tout éclater.

« J’essaie pas de jouer les prophètes, les mâles Alpha ou je sais pas quoi, j’dis juste que demain sera ma 36ème Pleine Lune et que ça fait trois ans que je vis avec … une autre partie de moi-même, dont deux ans passés enfermés ici. Je sais de quoi je parle, c’est tout. »

36 pleines lunes. 36 nuits de douleur, 36 malédictions qui se vérifient chaque fois. Trente-six putains de moments où tes os se cassent, tes muscles se tendent. L’animal qui déchire la toute petite enveloppe charnelle, humaine, périssable. Mes yeux rencontrent les siens, mais ce n’est pas lui que je vois, c’est Matéo. Matéo qui me demande si je suis comme Enzo, moi aussi, avec un tact légendaire au lendemain d’une de mes premières pleines lunes ici. C’est son sang que j’ai sur le visage, dans ma bouche, sur mes mains qui sont retenues par ce type. Alors non, non, Matéo, j’suis pas comme lui. J’ai un truc en commun avec lui, ouais, chaque lune mensuelle lui aussi se transforme en loup. Le sien est noir, je m’en souviens. Un grand loup noir. Exactement comme celui qui m’a fais devenir cet espèce de monstre. Merde, un putain, de loup noir, comme si ça suffisait pas. J’ai tué Dean, mis en danger mes amis, la seule famille que j’ai. Ça n’a pas écarté mon syndrome TEI : ça l’a exacerbé. Ça m’a rendue dingue. Une espèce de folle. Alors non je suis pas comme lui, j’ai pas accepté ça, j’ai pas réussi. Parce que ça m’a poussé à faire des choses horribles.

Mes yeux restent braqués dans les siens, haineux, cuisants, même si je remarque à cet instant que mes jambes ont cessé de bouger et que ses traits redeviennent les siens, l’image de Matéo s’est affadie et je me retrouve dans cette pièce avec ce type là, qui ne me laissera pas partir.

« Et j'ai reçu le même cadeau que toi. »

Mes sourcils se froncent, ma mâchoire se serre, mon corps est désormais plus calme mais ma poitrine se soulève de manière irrégulière, erratique, puisant profondément dans mes ressources mais pratiquement rien n’en ressort, qu’un filet sifflant d’air entre mes dents serrées.
Je reste là, à le fixer, un long moment. J’essaie de faire le vide dans mon esprit. Mes crises disparaissent toujours aussi vite qu’elles viennent, comme si elles n’étaient l’œuvre que d’un coup de vent, pas plus perceptible qu’une brise matinale, mais aussi destructrice qu’un ouragan. Mes muscles ne se relâchent pas, mais ma température baisse, et même si je reste les traits tirés par la colère, je sens bien que la deuxième phase se pointe.

Le regret et le doute viennent se mettre de la partie. Je garde mon expression fermée mais une foule de sentiments nouveaux viennent foutre le bordel dans ma tête. Ça n’est jamais simple. Ni avant, ni pendant, ni après. C’est comme ça. Ma respiration se calme, mon souffle tend à retrouver la trajectoire qui lui est physiologiquement imposée. Je ne montrerais pas le bazar qui évolue à l’intérieur de moi, la tempête d’émotions les plus contradictoires les unes que les autres, je ne peux cependant cacher la fatigue qui s’abat presque instantanément sur mes épaules. Ma crise est finie, repartie plus vite qu’on ne pourrait le comprendre. Mes yeux restent braqués dans les siens, mais mes mains tatouées et tâchées de sang s’ouvrent, paume vers lui.

« C’est bon, lâche-moi maintenant. »

Voix rauque, des cailloux dans la gorge. Je ne bouge pas, le laisse évaluer la situation, et quand il semble prêt à me lâcher la grappe, il s’éloigne, doucement. Comme si j’allais lui sauter dessus au cou d’une minute à l’autre. Je ne peux pas lui en vouloir. Je ne me ferais pas confiance non plus. Il fait un pas en arrière, puis deux. Je soutiendrais son regard jusque ma mort si ça devait arriver, et ce n’est pas qu’une question de fierté humaine, je le perçois bien. « J’essaie pas de jouer les mâles Alpha. » C’est très bien parce que je ne ferais pas partie de vos clans. La seule personne qui peut arriver à me faire plier se tape ma sœur à cet instant. Je le laisse s’éloigner un instant de plus. Mon cœur cogne dans ma poitrine.
La fatigue va bientôt ronger toute volonté dans mes muscles. Je vais m’écrouler et dormir jusqu’à ce que la lune me réveille pour aller lui rendre son funèbre hommage mensuel. Je le sais bien.

Je fais un pas moi aussi, puis deux, sur la droite, gardant mes yeux rivés dans les siens. Je cogne dans une table, c’est parfait. Je me détourne de lui, de trois quart, je ne veux pas le perdre de vue, je ne lui tournerais pas le dos. D’un geste un peu tremblant, je défais le zip du pull de Dean. Mon esprit occulte volontairement le visage tuméfié de Matéo, parce qu’à chaque fois, une flopée de regrets s’abat sur ma poitrine. Coupable. Faire du mal à mes proches est ce qui peut m’atteindre le plus. Qu’arrive-t-il lorsque c’est moi qui m’y colle ? La pire des malédictions.

Je défais mes manches de mon hoodie avec précaution, et je me retrouve en débardeur court et échancré, laissant apercevoir ma peau à divers endroits : le dos, le ventre, les flancs, les hanches. Un petit bout de tissu gris qui ne cache pas grand chose. Je ne suis pas pudique, et c’est la moindre de mes préoccupations à cet instant. Je ne peux simplement pas porter le sang de Matéo plus longtemps sur moi. Ça me rend dingue, à plusieurs niveaux. Le couperet n’est pas encore tombé.
J’attrape mes longs cheveux noirs et les bloque sur mon épaule droite. Je relève mes mains à hauteur d’œil et observe, le sang. Je serre la mâchoire, ferme les yeux un moment, les images de ma crises arrivent par flash, par intermittence, comme pour les imprimer au fer rouge sur ma rétine.

« Putain… »

J’attrape mon hoodie, utilise le tissu pour enlever le sang de mon visage puis de mes mains. Mon jean est tâché. Macy aura de quoi enlever les tâches de sang avec ses foutues potions, je le sais. Je pousse un soupire, lent, pose une main sur ma hanche et l’autre sur mon cou, tendue, exténuée.
J’attrape le dossier d’une chaise, la tire, et me pose dessus d’un air complètement las. La culpabilité qui me ronge le sang est brûlante. Mes mains tatouées se posent sur mon visage puis remonte jusque mes cheveux et je les tire en arrière, mains sur le crâne, redressée. Mes muscles me font mal, je ne suis plus à chaud. Mes mains retombent lâchement sur mes cuisses, pendouillent, mon dos se courbe, une vague de froid s’insinue entre le peu de tissu qui me couvre et ma peau à nue.

« Fais chier… »

Une de mes mains se faufile sur mon front. Je sens l’angoisse et les remords ronger maintenant le peu de nerfs qu’ils me restent tendus.

« Bordel mais qu’est-ce-que j’ai fais… »

Un abattement profond se dépose sans douceur sur mes épaules. Les yeux fermés, le cœur qui s’effrite sous la force du désespoir. Une de mes mains se glisse sur mon cou. Tendue et exténuée à la fois. J’ai craqué, encore, une putain de nouvelle fois sans aucun contrôle ni sur l’humaine ni sur la bête. Devenue un amas de rage et de plaisir malsain. Et maintenant, tandis que mes muscles à froid commencent à me faire souffrir, je deviens regrets, culpabilité, peine. Mon corps tremble. J’ai froid et la fatigue n’aide pas à stabiliser ces mouvements saccadés.
L’horreur de mes actes s’imprime au fer rouge sur ma rétine, pour que jamais je n’oublie avec quelle cruauté j’ai frappé mon ami, qui est à terre. Par ma faute. Livré à l’inconscience, à la fois jouet et poupée de chiffon.

« J’contrôle pas ces crises ! Et c’est pire avec ce putain de loup. »

Je ne cherche pas à m’excuser. Je ne sais pas s’il a besoin d’explications, mais moi, j’ai besoin de dire ça. J’en ai besoin, je ne parle jamais, mais parfois, ça doit sortir. Mon pote est sur le sol parce que je l’y ai mis. Un coup de couteau en plein cœur. Je fais du mal à ceux qui m’entourent, à ceux que j’aime alors, oui, à ce moment, j’ai besoin de moi aussi entendre ce que j’ai à dire. Je me sens tremblante, mais n’assume pas. Mon souffle est modifié par les mouvements saccadés de mon corps.

La douleur de blesser un proche est la plus lourde à éprouver, à porter et ressentir, pour moi. Comme une épine au creux de la poitrine. Ils m’ont atteints en plein cœur et moi j’ai déversé ma haine pour eux sur un type qui me faisait confiance. Un type qui s’est battu avec moi contre des abrutis de racistes, qui m’a sauvé cette putain de vie insignifiante qui me reste.

« J’ai reçu ce truc ce matin et… et y’avait cette odeur, immonde. Ces objets. Et l’odeur de William. Son odeur. J’ai d’abord cru que c’était une blague quand j’ai ouvert et puis j’ai vu ce qu’il y avait au fond. Je l’ai pas entendu me suivre. Faut jamais me suivre, jamais. J’suis dangereuse. Mais il le savait pas et… et je contrôle pas. Il n’était rien qu’un… bout de viande, une poupée, un prétexte pour laisser passer cette crise. La lycanthropie n’a vraiment rien arrangé. Je suis devenue un monstre, capable de fracasser mon meilleur ami pour une boite en carton. »

Je serre les dents, serre les poings. Ma douleur tapie au fond de la gorge, un mal de crâne se faufile sous ma boite crânienne pour étreindre ma cervelle brûlante.
Si Enzo arrive à vivre avec, tant mieux pour lui. Je ne me résous pas à accepter une meurtrière en ma poitrine. Et jamais je n’entraverais avec leurs histoires d’Alpha/Omega, etc… Je ne serais jamais une subordonnée, ni dépendante, ni esclave, comme si j’étais pas assez inférieure à la louve. Si ça les amuse de faire partie d’une « meute », c’est pas mon cas. Cette louve ne m’aide pas à me tenir. Le syndrome déjà présent, c’est loin d’aider. Je suis responsable d’actes horribles. Ma culpabilité se couple à mon inquiétude. Ma honte. J’ai honte de l’avoir frappé sans états d’âmes.

Je me redresse, les dents serrées, mes yeux fixent à nouveau dans les siens. Je ne cherche pas à être provocante mais mon regard est teinté de glace, de fatigue. Je sens que mon corps est lourd, une boule au fond de la gorge.

« Même si je ne l’accepte pas à l’intérieur de moi… Ça… Ça c’est pas qu’une insulte c’est… un piège. J’ai tabassé mon ami. J’t’ai agressé. Qui a fait ça ? Pourquoi ? C’est quoi le but dans tout ça, quel est l’intérêt de s’attirer les foudres de loups-garous. Qui est assez cinglé ou stupide pour vouloir se mettre des lycans à dos ? »

C’est à lui directement que je m’adresse. Lui qui a plus d’expérience que moi, aussi bien en lycanthropie qu’en terme d’enfermement dans ce foutu château. Depuis que je suis ici, tout un tas de merde me sont tombées sur la gueule, comme si c’était vraiment pas suffisant. Kristen disait que je m’y sentirais chez moi. Kristen n’avait pas prévu que je battrais mon meilleur ami.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 17264
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins ▬ Elijah C. Leroy ▬ Chiara M. Brooks



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Mar 21 Juil 2015 - 23:47

On est quatre dans cette pièce et sur les quatre un seul garde encore le contrôle : Moi. Mon Moi Humain. Ce Moi Humain se bat contre l'autre partie de lui même, sa partie animale, avec fermeté. Il lute aussi non pas contre mais pour essayer de faire en sorte de calmer le jeu du côté des deux autres êtres présents dans cette pièce. L'enfermement n'est pas une chose qu'on apprécie en général, en tant que Lycan, et encore moins quand la tension en est à ce degré là. L'expérience, je crois que c'est ça qui parle de mon côté parce qu'il n'y a encore pas si longtemps que ça j'étais dans le même état qu'elle et rien ne peut garantir que ça n'arrivera pas à nouveau. Instable, soumis à nos pulsions quelles qu'elles soient, pour ça comme pour tout le reste on apprend à faire avec mais parfois les éléments extérieurs et l'incidence qu'ils ont sur nous prennent le dessus, c'est tout.
Dire que je ne ressens rien serait mentir, je serre les dents à chaque coup qu'elle m'envoie et si pour l'instant je ne ressens pas encore trop la douleur c'est simplement parce que l'adrénaline fait son boulot correctement. Une fois que tout sera retombé, je tomberai probablement avec, comme à chaque fois. Je n'en ai peut être pas l'air mais je prends énormément sur moi. Une question néanmoins : Pourquoi ? Parce qu'elle est louve et quelque part ça implique un intérêt de ma part. Parce qu'elle compte pour quelqu'un qui compte pour moi. Parce que … c'est comme ça, je n'ai pas réfléchis, c'est tout. Humain contre Humain. Loup contre Loup.

Le calme après la tempête, je crois que c'est ce que ce temps mort amorce. Ses yeux ne quittent pas les miens, ça ne me plait pas autant être honnête mais je continue de prendre sur moi. Face à face, je la regarde s'apaiser petit à petit, l'adrénaline est entrain de quitter son corps, le plus gros a l'air d'être passé mais je reste sur mes gardes. J'aimerai autant ne pas user de ma force mais s'il le faut je n'hésiterai pas, le fait est que je ne lui fais pas confiance. Elle a craqué une fois, qui me dit que ça ne va pas recommencer sans prévenir ? Un Loup instable est un Loup dangereux, surtout quand s'emmêle en lui des émotions purement humaine. De ce que j'en sais en tout cas. Réédition. Ses paumes se tendent vers moi, couvertes de sang, sang que je tente d'ignorer.

« C’est bon, lâche-moi maintenant. »

Soit. Sache juste que je ne détournerais pas non plus le regard et à ce petit jeu là j'ai de la patience à revendre. Non je ne suis pas là pour jouer les Mâle Alpha, Alpha de quoi de toute façon ? Avec un autre mâle ça serait différent, je le sais, mais deux femelles ? Aucune importance. Ever est mon amie, plus lupinement qu'humaine, et elle … juste une connaissance, c'est tout.
Je m'éloigne et la laisse faire ce qu'elle a affaire sans jamais la quitter des yeux, mon chemin se termine quand je m'assoie sur une table collée contre le mur près de l'entrée. Ceci sera mon poste de garde, que ça te plaise ou non. Tes ressentis à mon égard n'ont pas la moindre importance, tu ne sortiras pas d'ici tant que je ne jugerai pas que tu ne représentes plus aucun danger. A moindre mesure en tout cas. C'est comme ça. Capuche sur la tête, les mains à plat sur le meuble et le dos en appuie sur la pierre derrière moi j'observe en silence. Sa peau m'apparait, à presque 24h d'une pleine lune de légers fourmillements passent comme un éclair dans mon ventre et disparaissent comme ils sont apparus. J'ai appris à faire avec.

« Putain… »

Mon esprit s'égare un peu, je l'admets. Où ? Aucune idée. En dehors de cette pièce en tout cas mais je reste concentré, à l'affut du moindre de ses mouvements. Elle fini par tirer une chaise et s'assoir en face de moi, je garde le silence encore et toujours. S'il doit être brisé ça ne sera pas par moi. J'ai dit ce que j'avais à dire, le reste … dépend d'elle. Qu'elle parle si elle en a envie ou besoin, si ça n'est pas le cas alors soit. Ça ne changera rien pour moi.

« Fais chier… »

Le langage du corps est éloquent, c'est tout ce que je dirais.

« Bordel mais qu’est-ce-que j’ai fais… »

T'as perdu le contrôle et maintenant tu t'en rends compte, tu réalises. Et ça fait mal. Ça fait mal de se dire que t'as entrainé quelqu'un dans ta chute et pas n'importe qui. Ça fait mal de se dire que quelqu'un a réussi à te mettre dans un tel état sans que tu ne puisses rien faire pour y échapper. T'as blessé un de tes proches et tu ne te le pardonneras pas comme ça, en claquant des doigts. Encore un putain d'écho dans la cage thoracique si tu veux tout savoir. Sauf que tu ne veux pas savoir.

« J’contrôle pas ces crises ! Et c’est pire avec ce putain de loup. »

Dans ma tête le discours et pourtant aucun son ne sort de ma bouche. J'ai juste … pas envie, plus envie. Pas envie de repartir encore dans des discours qu'elle n'écoutera sans doute pas, trop portée par ses émotions. Elle a un sac à vider, moi je vais rester là, présent mais silencieux. Ces crises … peu importe ce qu'elles sont, sont exacerbées par le Loup. En rampant sous notre peau, dans nos veines, il rend tout plus puissant, le bon comme le mauvais. Un esprit dérangé ou faible ferait un hôte catastrophique, non ? Je ne considère pas au dessus des autres seulement si j'ai survécu jusqu'ici c'est bien parce qu'il y a une raison. Je me suis battu, j'ai fait ce que j'avais affaire, j'ai accepté de l'aide, j'ai été en chercher, et j'ai survécu. Je suis ce que je suis, avec mes qualités et mes défauts, mais j'ai travaillé dur pour en arriver là, pour survivre. Et j'en suis fier. Trois ans que je suis ce que je suis, trois ans ou presque de lute quotidienne et une vie entière qui se déroulera de cette façon. Il est mon meilleur ami, je suis mon pire ennemi. L'un ne va pas sans l'autre, l'équilibre a plus ou moins été trouvé je pense. Elle a du chemin à faire, j'en suis passé par à moi aussi, Ever, Jakob, pareil. On est la preuve vivante que ça n'est pas impossible. La preuve vivante que deux années d'enfermement et de tortures n'ont pas réussi à nous mettre par terre. Ça n'a pas été une promenade de santé, j'ai parfaitement conscience que je ne m'en serais pas sorti sans certaines personnes. Tout ce que tu ressens en cet instant je suis presque certain de l'avoir déjà ressenti au moins une fois. Ça ne me positionne pas au dessus de toi, ça montre simplement que je peux comprendre ce par quoi tu passes. Au moins en partie. J'ai failli tuer mon petit ami sous l'emprise de la colère, si Jakob n'avait pas été là il serait mort par ma faute. Il a souffert, beaucoup, mais il a fini par me pardonner. J'espère que Mateo en fera autant pour toi mais ça ne me regarde pas. Et les autres, ceux a qui j'ai fait du mal aussi bien mentalement que physiquement ? Tous n'avait pas vraiment d'importance pour moi, ceux là ont été occultés sans trop de problème mais le fait que partager son quotidien avec l'un d'entre nous expose à ce genre d'éventualité. Certains parviennent à faire avec, d'autres non. J'estime avoir relativement de la chance à ce niveau, je te souhaite que ça soit le cas aussi.

Mon genou droit se pli, je remonte ma jambe vers moi et pose mon avant bras sur ma rotule. Pour le reste, j'ai l'impression d'être une statut. C'est presque le cas en réalité, mes muscles et mes nerfs sont tellement tendus qu'ils font parfaite illusion.

« J’ai reçu ce truc ce matin et… et y’avait cette odeur, immonde. Ces objets. Et l’odeur de William. Son odeur. J’ai d’abord cru que c’était une blague quand j’ai ouvert et puis j’ai vu ce qu’il y avait au fond. Je l’ai pas entendu me suivre. Faut jamais me suivre, jamais. J’suis dangereuse. Mais il le savait pas et… et je contrôle pas. Il n’était rien qu’un… bout de viande, une poupée, un prétexte pour laisser passer cette crise. La lycanthropie n’a vraiment rien arrangé. Je suis devenue un monstre, capable de fracasser mon meilleur ami pour une boite en carton. »

Stoïque, j'aurai presque l'air indifférent mais ça n'est pas le cas. Son ami, mon frère. L'impact est le même, je commence à ressentir le contrecoup de cette histoire de mon côté je crois. L'odeur immonde je l'ai senti, elle m'a frappé de plein fouet avec tout ce qu'elle représente. Oui, tu es dangereuse. Tu l'étais peut être déjà avant, tu l'es d'autant plus maintenant. Lassé, blasé, pour moi tout ça est devenu une évidence alors j'ai du mal à me mettre dans sa peau je crois. J'ai tué, volontairement ou nom. Je sais ce que ça fait d'être dangereux, de ne plus être en mesure de s'arrêter. Je le sais. Qu'est ce que je pourrais te dire alors que tu me donnes l'impression de ne rien vouloir entendre ? Alors je me tais, c'est ce que j'ai de mieux à faire je crois.

« Même si je ne l’accepte pas à l’intérieur de moi… Ça… Ça c’est pas qu’une insulte c’est… un piège. J’ai tabassé mon ami. J’t’ai agressé. Qui a fait ça ? Pourquoi ? C’est quoi le but dans tout ça, quel est l’intérêt de s’attirer les foudres de loups-garous. Qui est assez cinglé ou stupide pour vouloir se mettre des lycans à dos ? »
« J'pense que la liste doit être à peu près aussi longue que mon bras. »

La réponse se fait du tac au tac mais le ton est froidement calme.

« J'ai pas l'impression qu'Ever en ait reçu un mais je passerai la voir plus tard pour être sur. »

Je sais qu'elle sait sinon jamais je n'évoquerai Ever aussi librement. Un soupir m'échappe, la lassitude est flagrante mais ça n'a rien contre elle. Machinalement je triture ma chaine en argent quelques secondes, mes doigts s'arrêtent sur la croix faite dans le même métal et je me redresse tout en restant appuyé contre le mur.

« T'as pas l'air d'être super pote avec cette partie là de toi-même, dis toi que d'autres pensent de la même façon que toi et qu'ici pour certains tous les moyens sont bons pour … foutre la merde, chercher à atteindre, blesser, ce genre de trucs. »

Quand mon secret a éclaté il y a quelques mois j'ai entendu un nombre incalculable d'insulte et si j'ai feint l'indifférence chaque fois que j'ai pu ça n'a pas toujours fonctionné. Bien sur que ça atteint, que ça n'est pas agréable de se faire traiter de monstre, de chien et j'en passe. L'espèce humaine est pourrie jusqu'à la moelle, je ne crois pas que ça soit utile d'espérer autre chose comme réaction. Tout le monde n'est pas comme ça, c'est tout ce qui compte.

« William c'est ton pote c'est ça ? »

Le type qui est resté avec Mateo je crois mais honnêtement je n'ai même pas eu le temps de voir à quoi il ressemblait. Tout est allé trop vite, j'étais totalement concentré sur Maxime.

« Le mien avait l'odeur de mon frère. A part quelqu'un à l'intérieur je ne vois pas qui a pu faire ça alors dis toi que c'est probablement juste une blague ou un moyen de nous coller la pression, de nous faire chier. »

Haussement d'épaules.

« On s'y fait. »

C'est comme se faire traiter de pédale et j'en passe, on fini par ne plus l'entendre même si parfois on se confronte a une petite rechute. En général ça dépend de l'auteur de ces mots d'amours. T'as peut être pas envie d'entendre ça non plus mais … c'est ma vérité.

« J'ai pas demandé à ce que mon secret n'en soit plus un mais j'ai pas d'autre choix que de faire avec alors ce genre de trucs … J'me considère pas comme un chien et j'ai pas l'intention de laisser qui que ce soit me passer ces merdes alors à partir de là ... »

A partir de là, quoi ? A partir de là qui que ce soit et quel que soit le but, ça ne fonctionnera pas. C'est beau sur le papier, à voir ce qu'il se passera quand mon esprit concilient se décidera à me sortir de mon déni. S'il le fait.

« Un coup de crocs bien placé et c'est terminé pour eux, peut être qu'ils se sentent menacés. »

Testé et approuvé. La blague. Si je peux me permettre, la jugulaire est un endroit relativement stratégique. Est ce que j'y crois à tout ça ? A cette facilité de déduction ? A vrai dire, j'ai juste pas envie de me poser la question ni même d'y penser. Je sais de quoi l'Humain est capable, je sais aussi que repenser à certaines choses m'entrainent dans des recoins de mon esprit où je n'ai absolument pas envie de retourner.

« J'te connais pas, t'as raison, et je sais pas quels sont les effets ni les causes de tes crises mais j'connais ce genre de … menaces, insultes, peu importe ce que c'est. J'connais aussi les effets de la Lycanthropie et les conséquences qu'elle peut avoir sur soi mais aussi sur les autres. »

La migraine se pointe visiblement, un instant je ferme les yeux et me pince l'arrête du nez tout en fronçant les sourcils pour finalement laisser mon bras retomber sur ma cuisse et appuyer ma tête contre le mur derrière moi. Mes côtes commencent aussi a tirer la gueule, le goût de mon propre sang ma gorge me file la nausée. J'en ai vu d'autre, c'est pas le sujet, c'est juste un rapide état des lieux.

« J'le répète, y a des gens qui peuvent t'aider. T'en fais ce que tu veux. »

Ça n'a rien de désobligeant, c'est juste un fait. Jakob n'est plus là mais il n'a pas été le seul à m'aider quand j'en avais besoin, que je le demande ou pas. On ne peut pas se faire aider si on n'accepte pas les mains qu'on nous tend, j'ai mis un paquet de temps avant de les saisir, ça serait hypocrite de ma part de lui reprocher de se borner à … rester seule dans son coin pour gérer ça. Je le répète ça n'a pas vraiment d'importance pour moi, ça ne changera rien à ma vie même si de loin en loin j'aimerai autant ne pas savoir mes proches en danger potentiel. C'est tombé sur Mateo, ça aurait pu tomber sur n'importe qui d'autre, c'est tout ce que je dis. Je me connais suffisamment pour savoir que ça ne se serait sans doute pas passé aussi calmement si elle s'en était prise à Kyle mais ça n'est pas le cas alors inutile de penser à cette éventualité.

« Ça va aller ? »

Là, maintenant, tout de suite. Pour le reste … c'est un autre débat.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 697
Date d'inscription : 27/04/2014
Crédits : Bm
Double Compte : Phædre E. Hunt & Katherine Calderòn Llanos & John Kingsley



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2713-maxime-a-jefferson
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Lun 27 Juil 2015 - 2:22

« Même si je ne l’accepte pas à l’intérieur de moi… Ça… Ça c’est pas qu’une insulte c’est… un piège. J’ai tabassé mon ami. J’t’ai agressé. Qui a fait ça ? Pourquoi ? C’est quoi le but dans tout ça, quel est l’intérêt de s’attirer les foudres de loups-garous. Qui est assez cinglé ou stupide pour vouloir se mettre des lycans à dos ?
— J'pense que la liste doit être à peu près aussi longue que mon bras. »

Je ne lui fais pas confiance. Ça n’est pas personnel ni même inhabituel, je ne fais confiance à personne, pas même à moi. Mais j’imagine qu’il a raison quand il dit que tout un tas de débiles surmontés d’inconscients sont présents dans ce château pour foutre le bordel chez les lycans.

« J'ai pas l'impression qu'Ever en ait reçu un mais je passerai la voir plus tard pour être sur. »

Ever. Une grimace passe sur mon visage. Charlie Everleigh Calgarry. Putain j’entends encore sa voix de connasse me sermonner « je sais ce que tu es blablabla ». Cette meuf s’est permise de m’agresser sans autre raison qu’elle-même est louve, et ça n’est clairement jamais passé entre elle et moi. Sa tête ne me revient pas, et je compte pas faire des efforts avec elle. Je ne lui souhaite pas du malheur pour autant et tant mieux si elle n’a rien reçu mais je m’en fous complètement de sa gueule. Voilà pourquoi je ne réagis pas. Juste une légère tension à l’intérieur de moi, qui rappelle à quel point je l’exècre. Elle a même pas été foutue de faire un demi-effort en se présentant à moi. J’imagine que son problème était simplement qu’une autre louve mettait un pied sur « son territoire ». J’en ai rien à foutre de ses pavés.

« T'as pas l'air d'être super pote avec cette partie là de toi-même, dis toi que d'autres pensent de la même façon que toi et qu'ici pour certains tous les moyens sont bons pour … foutre la merde, chercher à atteindre, blesser, ce genre de trucs.
— Hm. »

J’approuve simplement, courbée en avant, les coudes posés sur les genoux, tendue. Je sens les fourmillements habituels dans mes muscles qui refroidissent. Quand je me lèverais, la douleur se faufilera comme un coup de jus, je sais bien. La fatigue qui s’abat sur mes épaules deviendra plus imposante. Toujours le même schéma depuis mon adolescence.

« William c'est ton pote c'est ça ?
— C’est ça.
— Le mien avait l'odeur de mon frère. A part quelqu'un à l'intérieur je ne vois pas qui a pu faire ça alors dis toi que c'est probablement juste une blague ou un moyen de nous coller la pression, de nous faire chier. »

Je relève doucement la tête vers lui. L’odeur de son frère. J’imagine qu’il est du château alors, puisque ça ne semble pas réellement l’étonner plus que ça. Je me dis également qu’il doit être de ces élèves qui ont vécus la merde des supérieurs durant les deux ans ou Poudlard a été occupée. Il a l’air d’avoir du passif. Sans offense les mecs, je m’occupais de ma propre merde.

« On s'y fait.
— Ah, vraiment ? »

Ce n’est pas mon optique, ni ma façon de raisonner, mais soit. Je respecte la sienne, peu importe, je ne connais rien de lui, ni son passé ni ses pensées. Qu’il le prenne avec autant de recul est surement une bonne chose. Moi, je ne peux pas. C’est hors de question qu’ils s’en prennent à moi de cette manière. Je commence à réfléchir maintenant que la crise est retombée. Puisque dans cette histoire ils ont mêlés William, les choses me sont davantage difficiles à avaler. Frappez-moi si ça vous chante, mais pas mes proches. J’imagine que les petits malins qui ont fait ça on facilement saisi qu’il était plus efficace de s’en prendre à mes proches qu’à moi-même. Car même si l’attaque était portée directement vers moi, l’implication de William, de son odeur, nécessitant soit sa participation, soit un truc dans son dos, me rend malade. Matéo est un dommage collatéral, ni plus ni moins. Et ça fait éclater un trou béant dans ma poitrine chaque fois que son nom émerge de mes pensées.

« J'ai pas demandé à ce que mon secret n'en soit plus un mais j'ai pas d'autre choix que de faire avec alors ce genre de trucs … J'me considère pas comme un chien et j'ai pas l'intention de laisser qui que ce soit me passer ces merdes alors à partir de là ... »

A partir de là quoi ? On laisse tout passer ? Mon regard reste rivé dans le sien, sans agressivité mais pas non plus davantage de compassion. Tes paroles sages ne me sont d’aucune aide, désolée. Ça n’est pas comme ça que je pense et si je sais bien qu’un jour il me faudra appliquer les conseils de James, mon mentor, ce n’est certainement pas ce type de détachement qui sera de la partie en ce qui me concerne. Tant mieux pour lui, vraiment. Je salue l’initiative. Mais ça n’a jamais été dans la nature d’un Jefferson de se détacher si bien de ce genre de choses.

« Un coup de crocs bien placé et c'est terminé pour eux, peut être qu'ils se sentent menacés. »

Je me surprends à esquisser un très léger sourire, mes yeux toujours dans les siens. Il n’a pas tort. D’ailleurs il a surement raison depuis le début, mais sur ce point je suis pour une fois d’accord. Même si j’avoue ne pas vouloir retenter l’expérience. Une victime m’a suffit jusque là.

« J'te connais pas, t'as raison, et je sais pas quels sont les effets ni les causes de tes crises mais j'connais ce genre de … menaces, insultes, peu importe ce que c'est. J'connais aussi les effets de la Lycanthropie et les conséquences qu'elle peut avoir sur soi mais aussi sur les autres. »

Il se pince l’arrête du nez, et on dirait mon reflet lorsqu’une migraine se pointe. Je lui conseillerais bien d’aller voir la jolie magicienne blonde des Serpentards mais mes lèvres restent fermées. J’enferme tout mon ressentiment dans une boite. Je laisserais échapper ça plus tard, sous une douche froide ou brulante pour me rappeler que ma peau n’est pas en béton et que ma fragilité reste palpable. Matéo est au premier plan de mes pensées. Son corps mort se transpose sur celui de Dean. C’est pour ça que je me sens étouffer.

« J'le répète, y a des gens qui peuvent t'aider. T'en fais ce que tu veux.
— Je sais. »

Des phrases plus longues ? Peu possible. Peu probable.
Je pousse un long soupir et un frisson glisse le long de ma colonne vertébrale puis sur mes bras en passant par ma nuque jusqu’au sommet de mon crâne. J’ai froid. Et c’est pourtant très rare pour quelqu’un de mon espèce. La pleine lune arrivant bientôt n’y change rien, la nature de l’humaine reprend le dessus quand il s’agit de crises TEI. Je repars un instant dans mes pensées mais sa voix m’interrompt.

« Ça va aller ?
— Si tu me demandes si je vais aller frapper un autre innocent, rassures-toi. Je suis trop fatiguée pour ça. »

Ça n’est même pas désobligeant, une pure vérité. Je suis fatiguée, mes muscles sont endoloris et je sens qu’il me faut dormir, dans les plus brefs délais. Le schéma est le même chaque fois, crise — sensation d’étouffement — besoin irrépressible de repos. Si ça va aller plus tard dans la journée ? J’en foute sérieusement. Quand je me réveillerais, la culpabilité que je refoule ressortira de sa boite et viendra me ronger comme un chien sur un os. La haine, le remord, toutes ces émotions avec lesquelles je me dois de vivre tous les jours, sans faillir, toute cette colère contre moi-même et cette envie de me jeter du haut de la tour d’astro. Ce sont des choses que je ne maitrise pas mais que je canalise dans un coin de ma tête jusqu’à ce que ça explose, comme d’habitude, lors de ces crises. Viendra le moment ou je me comparerais à mon père, alcoolique et violent. La peine que je ressentirais pour Matéo se calquera sur celle que je ressens chaque jour par rapport à Dean et ça deviendra insoutenable. Je devrais trouver un exutoire. Un sac de frappe, une course, une baignoire d’eau glacée. Je sais qu’il me faudra battre tous ces démons, un par un, et qu’aucun d’eux ne me quittera jusqu’à la prochaine victime.

Je reprends ma respiration, que j’avais coupée, les yeux posés scrutant le vide. J’étouffe, et j’ai besoin de sortir de cette pièce, de ne plus me sentir sous le regard de l’autre loup. Je pousse un soupir et me redresse d’un geste sec, la douleur qui se répercute, comme prévu, dans mon organisme, me fait flancher et grimacer en même temps. Je me rattrape à la table, l’autre poing serré. J’ai besoin de sortir, de me foutre sous la flotte, d’effacer ce sang de ma peau, jusqu’à la moindre trace. De plonger dans un sommeil qui ne sera pas réparateur. J’ai besoin d’éloigner Matéo de mes pensées, parce que l’envie d’en finir revient en même temps que son image sous mes paupières.

« Je rentre chez les Serpentards. »

Simple information factuelle. Je sais qu’il ne me suivra pas, et vaut mieux pour nous deux en réalité, mais je suis à présent en pleine maitrise de ce corps trop grand, ingrat. C’est bien pour nous deux de le savoir. J’attrape mon sweat que je n’enfile pas, puisque tâché, et le remuer me fait parvenir l’odeur du sang de Matéo. Coup de poing dans l’estomac. Les dents serrées, je me dirige vers la sortir, enfonce ma main dans la poche de mon jean, et alors que je vais pour sortir, la porte désormais ouverte, mes doigts glissent sur un flacon plat, que je devine en verre. Je m’arrête un instant, fronce les sourcils. En le sortant je devine ce que c’est. Il ne fait pas plus de 4 centimètres de hauteur pour trois de large. Relativement plat. Les petites doses que Macy me file pour combattre mes migraines persistantes. Je fais un pas en arrière, réfléchis une demi-seconde, puis pose le flacon sur la table puis la pousse vers lui.

« Contre la migraine. »

Je relève mon regard vers le sien.

« T’en fais ce que tu veux. »

Je dégage ma main de là, fait un pas dehors, et direction ma salle commune. Les poings serrés et le corps tendus, la foule me donne envie de vomir. C’est pourquoi dès arrivée, je ne prends pas la peine de me déshabiller pour me foutre sous la douche. Froide. Puis je file me coucher sans bruit. Personne n’est là mais je verrouille mes rideaux et m’enfonce très, voir trop rapidement dans un sommeil bercé par les images de Matéo, au sol.

— FINI POUR MOI —

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1255
Date d'inscription : 14/01/2015
Crédits : Avatar + Signature : Me
Double Compte : Kezabel & Charleen & Mateo & Ora & Dimitri & James & Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3081-william-liam-c-jackson
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Mar 28 Juil 2015 - 13:36

C'est à peine si j'arrive à croire ce que j'ai vu. Comme si j'étais entrain de dévaler les escaliers dans un monde qui n'était pas le mien, un monde qui m'est totalement inconnu. J'ai l'impression d'être spectateur et non acteur. Face à l'urgence et l'horreur de la situation, mon cerveau s'est complètement débranché de toutes sensations et sentiments, mettant en premier plan le sang-froid : Arrêter le massacre. Mateo était quasi-méconnaissable. Nez dévié, pommette et arcade éclatées, mâchoire gonflée et surtout le visage entièrement en sang, laissant derrière lui et ce, à chaque pas, des gouttelettes témoignant de ses blessures. Je n'ai pas pris le temps de comprendre ce qu'il s'était passé, parfaitement conscient que toutes les réponses arriveront au moment venu. Mais pour l'instant, je m'essouffle à descendre ces putains d'interminables marches. Je ne sais pas depuis combien de temps j'ai laissé Maxime aux mains de cette armoire à glace mais je veux faire vite. J'ai pas envie qu'un autre massacre ne se passe. Je ne remarque pas une seule seconde que j'ai le pull et les mains tâchées de sang mais je déambule comme ça dans les couloirs, sans prêter attention aux regards intrigués qui se dirige vers moi. Je ne vois plus rien, n'entends plus rien qu'un son étouffé, un brouhaha permanent.

Je revois le visage de Vargas se fracturer à chaque coups. J'entends de nouveau ses gémissements douloureux, étouffés mais pourtant, sans avoir lâcher ne serait-ce qu'un quelconque sanglots. Juste une supplique, une seule : Arrête. J'ai le cœur qui va exploser, mes poumons ne sont que deux sacs de braises et mes cuisses commencent à me hurler d'arrêter de courir. Je ne suis pas un sportif né, bien loin de ce que sont Maxime et Macy. Je suis celui qu'elles appellent l'intellectuel, celui qui reste son cul assit sur l'herbe à lire alors qu'elles sont entrain de courir dans le parc. Mais l'adrénaline me sert d'éléments toniques et je puise dans mes réserves, quitte à claquer au bout du compte, peu m'importe.
Mateo est à l'infirmerie, prit en charge par des personnes compétentes... je sais qu'il ira bien, qu'il s'en sortira mais qu'il devra « simplement » prendre son mal en patience afin de retrouver une gueule droite. Lorsque je suis arrivé sur les lieux, j'ai cru une seconde qu'il était mort. C'est pas mon pote mais ça n'empêche pas que je l'aime bien et que, quoi qu'il en soit, j'suis pas certain qu'il ait mérité un passage à tabac de la sorte. Je sais même pas ce qu'il s'est passé bordel... Je chasse tout ça de mon esprit déjà trop électrisé. Il ira mieux. Ce grand con va bientôt nous revenir pour nous raconter ses conneries.
Même s'il ne voudra probablement plus entendre parlé de nous après tout ça.

Passé le premier soulagement et cette sensation d’anesthésie, je me prends un tsunami d'émotions en pleine gueule. Mon urgence est de retrouvée Maxime et vite. Je connais ses crises de TEI plus que quiconque dans ce château et je sais de quoi elle est capable lorsque ses émotions prennent le dessus, comme une putain d'entrave pour venir lui enchaîner le cerveau et laisser le corps agir seul. Je sais à quel point elle peut s'avérer être meurtrière et je sais aussi à quel point la douleur qu'elle ressent lorsqu'elle se brise les os au combat n'est absolument rien comparée à celle qui s'éveille lorsque la crise se tasse, qu'elle s’évanouit. Culpabilité, remords, envie de se jeter du haut d'une tour. Maxime n'est que souffrance perpétuelle et lorsque mes pieds touchent les pavés du Hall, je sais d'ors et déjà que c'est la dernière fois que je reste dans ce château sans chercher une solution pour pallier ses crises. Parce que j'ai pas envie qu'elle se retrouve avec un meurtre sur les mains, j'ai pas envie que sa vie devienne une tombe qu'elle aura elle-même creusée.

Je cours vers le couloir où je les ai trouvé, dérape à l'angle et me rattrape de justesse à une armure qui finit éclatée au sol mais je ne me retourne pas. Je ralentis seulement ma course dans ce couloir à l'écart de la population, souffle saccadé et je me penche une poignée de seconde, appuyé sur mes genoux, en quête d'un nouvel air. Je finis par relever la tête et aperçois une boite en carton qui se trouve toujours là, légèrement renversée. Non loin d'elle quelques traces de sang sur le pavé, déjà séchées. Je sors aussitôt ma baguette et les efface en un murmure puis me dirige vers la boite et que j'ouvre sans aucunes hésitations. L'intimité n'est plus de mise, ni le secret.
Et ce que j'y trouve me donne un aperçue de réponse quant à savoir ce qu'il s'est passé.

Une laisse, un collier étrangleur et une muselière.
Une légère effluve acide s'élève dans l'air mais à peine perceptible.

La colère gronde, se révolte et se remue comme des vagues déchaînées contre la roche. Je serre les poings autour du carton qui plie légèrement sous la pression. Voilà pourquoi elle est entrée dans une rage folle en sortant de la Grande Salle. Parce qu'un connard à juger bon de lui faire une blague sur le Loup qui sommeil en elle. Est-ce que c'est réellement une blague ? Un coup monté ? Je ne serais foutrement pas étonné qu'un sale connard en quête d'amusement lui ait fait ça. J'ai déjà vu de quoi était capable l'esprit tordu d'un Homme à l'esprit étroit. Je sais à quel point ils peuvent se montrer au-delà de ce qu'on appel la cruauté. Le geste est d'une connerie sans nom mais en plus de ça, ils se sont décidés de toucher Maxime. Et lorsque tu touche Jefferson ou la petite Davis, c'est ma colère à moi que tu réveilles, que tu attise et attire.

Être pragmatique et plus futé. Contente toi de ça.
Je me passe une main dans les cheveux où le sang séché orne toujours ma peau. J'inspire une profonde bouffée d'air avant de saisir ma baguette et de réduire la boite et son contenue en un format qui me permet de le glisser dans le creux de ma poche. Je la fais volontairement passer au second plan parce que mon inquiétude principale reste Maxime... Et ce qu'elle a pu faire avec ce type. J'ai bien vu qu'il était plus grand qu'elle et suffisamment costaud pour l’entraîner dans cette salle que je vois au loin. Mais nous ne sommes à l'abri de rien. D'un pas rapide je me dirige vers la porte, priant je ne sais quelles existences divines que ni l'un ni l'autre ne soit au sol, sans vie.

Baguette en main, j'ouvre la porte brutalement, retenant mon souffle. Un seul corps me saute aux yeux, masculin et surtout toujours vivant. Je tiens toujours la poignée dans ma main, l'autre tenant fermement ma baguette et je tente tant bien que mal de contrôler ma respiration mais n'empêche pas un soupire de soulagement s'échapper d'entre mes lèvres de voir qu'il a l'air... plus ou moins … Il relève son visage vers moi. Et merde. Il n'a rien comparé à Mateo mais il est clair que Maxime ne s'est pas laissé faire. Il s'en est mangé des belles dans la gueule. Putain.

Je m'approche, sans prendre conscience que je dois avoir l'air d'un psychopathe avec mon pull et mes mains en sang. Si Maxime n'est plus là, est-ce que je dois en conclure que tout s'est terminé « dans le calme » ? J'en sais foutrement rien.

- Merci.

C'est le premier mot qui m'échappe alors que je me plante non loin de lui, paume appuyée contre l'une des tables. Merci de l'avoir entraîné ici. Merci de m'avoir aider à éviter le pire. Merci de l'avoir gardé enfermé dans cette pièce le temps que tout se calme. L'endroit est en désordre mais j'ai vu pire après un passage à la Jefferson. Mon souffle est encore court, mes poumons s'embrasent à chaque insufflation et mes jambes tremblent comme jamais. Je ne sais pas où est Maxime mais j'ose espérer que si sa colère ne s'était pas tari, elle serait encore prisonnière de cette pièce et l'indice qui me pousse à croire que je ne me trompe pas est cette petite fiole posée sur la table. Celle que Macy procure à Maxime pour ses migraines.

- Ca va ? T'as rien de cassé ?

L'inquiétude est sincère. Il est peut-être costaud avec une allure qui me fait comprendre qu'il est capable d'encaisser bien des chocs mais Maxime reste Lycan et je sais que leur force se trouve être au delà de la moyenne même si elle n'est pas sur-humaine. Et ce que je vois sur la gueule de ce type ça n'est pas de la colère ou de la douleur, non, juste un air blasé au possible, comme si l'envie de comprendre ou même de se lever ne lui était plus accessible.
Je lâche un soupire avant de tirer une chaise près de moi, pour m'y avachir, corps penché en avant, paume contre mes yeux pour les frotter. La recrudescente commence à se faire sentir. Je relève le visage vers lui et indique d'un doigt légèrement tremblant son visage amoché.

- Je peux t'arranger ça si tu veux.

C'est la moindre des choses que je puisse faire pour ce type même si je lui aurai proposé, en dehors de toutes ces circonstances. Il n'était pas obligé de le faire, il n'était pas obligé de nous venir en aide. Il n'était obligé de rien en réalité. Il l'a fait, je ne sais pas pour quelles raisons mais il l'a fait. Et ça me suffit pour lui en être reconnaissant.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 17264
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins ▬ Elijah C. Leroy ▬ Chiara M. Brooks



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Mar 28 Juil 2015 - 18:54

« Si tu me demandes si je vais aller frapper un autre innocent, rassures-toi. Je suis trop fatiguée pour ça. »

Est ce que ça me rassure réellement ? Oui et non. A vrai dire si elle est fatiguée je le suis tout autant mais simplement peut être pas de la même manière. Je peux imaginer ce qu'elle ressent, je pense, pour avoir déjà expérimenté la descente après une montée en puissante d'émotion voir un pétage de câble mais j'imagine que chacun vit les choses différemment. Ou pas. D'après ce que j'en comprends c'est que ces crises comme elle les appelle ne sont pas liées à la Lycanthropie alors peut être que non, je ne peux pas vraiment comprendre ou en tout cas comparer mais de toute façon … J'en ai juste pas envie. Les choses sont ce qu'elles sont, si elle me dit qu'elle ne va pas aller s'en prendre à quelqu'un d'autre alors soit, je la crois. Son langage corporel parle de lui même de toute façon, j'ai souvent eu l'habitude de me fier plus à ça qu'aux mots. Elle a l'air épuisée, aussi bien physiquement que mentalement, je crois que je ne dois pas avoir l'air beaucoup plus « frais » qu'elle … Je ne me suis peut être pas autant débattu qu'elle et je ne me suis pas laissé exploser mais justement, j'ai dépensé un paquet d'énergie en essayant de garder le contrôle alors finalement je crois qu'elle n'a pas grand chose à m'envier. Dans tout ça ma question n'était pas posée uniquement dans ce but là, je ne peux pas dire que je m'inquiète pour elle a proprement parlé mais ça n'est pas pour autant que je lui souhaite que ça n'aille pas ou même que je m'en tamponne royalement. C'est juste … Et puis merde, on s'en fout. Je dirais bien que le pire est passé mais j'en doute : D'une parce que Mateo doit être entrain de douiller dans son coin – enfin à l'infirmerie, je l'espère – et de deux parce que ça m'étonnerait qu'elle vive bien le fait d'avoir massacré – si je ne m'abuse – son meilleur pote. Tout ça ne me regarde pas, je ne m'en mêlerai pas et ça n'est pas vers moi qu'elle se tournera. Mateo non plus, je ne crois pas. En fait, j'en sais rien du tout et évidemment je serais là s'il a besoin de moi mais quelque chose me dit qu'il n'abordera même pas le sujet. C'est … oui, ça les regarde.

Il n'y a que quand elle se lève que je réagis vraiment et encore, il n'y a que mon regard qui se focalise sur elle puisque tout le reste de mon corps reste complètement immobile, presque impassible. Est ce que je compte la laisser s'en tirer comme ça ? La laisser partir tout simplement comme si rien ne s'était passé ? Oui, absolument. Elle vacille, aucune expression ne traverse mon visage. En tout cas je le pense. Pas une seconde mon corps indique qu'il est prêt à la rattraper si elle tombe, à faire quelque chose et pourtant je le sais, je me connais, c'est probablement ce qui se passerait même si c'est prendre le risque de m'en prendre une autre. Une de plus, une de moins, qu'est ce que ça changerait ? Pas grand chose d'après moi.

« Je rentre chez les Serpentards. »

Vague signe de tête de ma part, l'information est enregistrée. C'est simplement l'énonciation d'un fait et on en a conscience tous les deux, je n'avais de toute façon pas l'intention de l'empêcher de faire quoi que ce soit et c'est bien pour ça que la porte s'ouvre d'ailleurs. Quelque part j'ai hâte qu'elle s'en aille, qu'elle disparaisse de mon champ de vision, de mon champ auditif aussi et que tout ce qui reste ici dans cette pièce soit un silence des plus total. Son odeur ne partira pas comme ça en revanche, celle du sang non plus, mais c'est comme si j'étais incapable de bouger, comme si mon corps ne m'appartenait plus vraiment et qu'il avait décidé de rester là, d'attendre que … ça passe ou je ne sais trop quoi. Difficile de trancher et en réalité je n'essaie même pas mais quand elle s'avance et s'arrête finalement à côté de moi je tourne lentement la tête et baisse les yeux sur ce qu'elle vient de poser pas loin de moi : Une petite fiole translucide.

« Contre la migraine. »

Je relève la tête, elle aussi, nos regards se captent.

« T’en fais ce que tu veux. »

L'instant d'après elle n'est plus là et si je fixe de nouveau le petit objet pendant quelques secondes je ne tarde pas à retourner dans ma contemplation silencieuse du vide, du rien. Mon visage tire un peu, mes côtes ne sont pas à la fête mais j'en ai vu d'autre sans vouloir passer pour le super héros insensible du coin. Quand tu te casses deux fois par moi on va dire que la douleur devient une notion … un peu plus gérable, on va dire ça comme ça. Je n'irai pas courir un marathon pour autant bien sur, sans parler du fait que la tension qui a circulé dans mes nerfs et mes muscles se relâchent et me rend pour le moins absent.

Je … flotte. J'ai l'impression que tout ce qui vient de se passer n'est finalement jamais arrivé et c'est comme si je perdais sciemment le contact avec la réalité. Tout me passe au dessus, j'en oublierai presque Mateo, le colis qui m'attend … je ne sais trop où maintenant, Maxime et sa crise … Tout. Je ne suis plus là. Je ne sais pas où je suis mais je ne suis plus là et ça n'est que lorsque je perçois des pas précipités dans le couloir que je reprends conscience du monde extérieur.
La porte s'ouvre brutalement, je ne sursaute même pas et me contente d'observer le nouveau venu sans émotion particulière. Il me faut quelques nanosecondes pour le re-situer puis ça me revient. William, non ? Mateo m'a parlé de lui je crois mais surtout c'est lui que j'ai cru identifier comme étant le gars qui s'est jeté dans la mêlé avec moi : L'ami de Maxime. C'est son odeur qu'il y avait sur les objets contenus dans la boite. En ça tu es le double de mon frère, félicitations.
Première chose : Il est à bout de souffle donc j'en déduis qu'il vient de piquer un sprint depuis le 7ème étage parce qu'il est mort d'inquiétude pour son amie … qui n'est plus là. Deuxième chose : Il est taché de sang. Celui de Mateo, j'imagine, et mon estomac se soulève alors je ferme les yeux comme si ça pouvait calmer les sensations. Un soupir de soulagement, une expression de surprise sur son visage, j'en déduis qu'il s'attendait à ce que je sois dans le même état que mon comparse Maracas mais … Non. Il a pris la première vague, la plus puissante, j'ai pris la deuxième et surtout avec un avantage qu'il n'avait pas : Ce qui donne à cette fille qui les rapproche autant de force.

« Merci. »

Première réaction de ma part à son encontre : Un signe de tête, quelque chose qui veut dire « de rien » ou « pas de quoi, c'est normal » … En réalité j'en sais trop rien. Cette fois c'est de moi dont émane le soupir mais mon regard reste concentré sur lui, sur le moindre de ses faits et gestes. J'essaie de me nourrir de ses émotions, je m'en rends finalement compte. Je ne ressens rien d'autre qu'une sorte de vide total et ça n'est pas que ça me fait peur mais ne rien ressentir c'est extrêmement étrange comme sensation. De lui en émane un paquet, entre peur et colère, puis soulagement. Comment est ce que j'aurai réagit si j'avais été à sa place et que Maxime avait représenté pour moi ce qu'elle représente pour lui ? Pendant tout le temps où il gérait Mateo c'est à elle qu'il devait penser j'imagine, non ? Pour qui ici je pourrais ressentir ce genre de choses ? Peut être que je devrais le rassurer mais rien ne sort.

« Ça va ? T'as rien de cassé ? »

Nouveau signe de tête pour répondre à sa question mais toujours aucun mot. Non, rien de cassé. Elle est costaud certes mais pas à ce point là. Je le regarde tirer sa chaise, j'observe le moindre de ses faits et gestes comme si ça pouvait me sortir de cette apathie mais ça ne fonctionne pas tellement à vrai dire. Un de plus qui a l'air épuisé …

« Je peux t'arranger ça si tu veux. »

Il me faut a peu près trois secondes pour comprendre de quoi il parle et enfin mon corps se remet en marche. Je porte ma main droite à mon visage dans un geste réflexe sans aucune utilité et esquisse un semblant de sourire.

« Non c'est bon, t'inquiète, mais merci c'est gentil de proposer. »

En plus corps qui reprend vie c'est aussi l'usage de la parole que je retrouve et je me rends compte à quel point ma voix est rocailleuse, comme si un éboulement de rocher prenait ma gorge pour un flan de montagne. Sans doute une conséquence de toute la tension qui retombe et du silence que je me suis imposé sans trop savoir pourquoi. Pourquoi est ce que je refuse ? J'en sais trop rien, peut être parce que je ne fais pas confiance à la Magie, parce que je ne le connais pas aussi – sans offense – et puis parce que j'aurai sans doute pu en réparer une partie moi même grâce aux sorts de guérison que j'ai appris avec Logan et Maxence pendant les colles mais ça ne m'a simplement pas traversé l'esprit. On va me poser des question, c'est évident, mais je ne dirais rien sauf qu'il ne me connait pas non plus et n'a pas la moindre raison de me faire confiance après tout.

« J'aurai aucun mal à trouver une excuse pour expliquer ça, ils ont l'habitude de me voir en travaux. »

J'écrase un rire réellement amusé parce que c'est la vérité même si en soi ça n'a rien de drôle diraient certains. Une gamelle en skate, voilà ce qui serait le plus probable et c'est probablement ce qui va se passer, ce que je vais dire si on me pose la question. Je me suis calmé c'est vrai mais il y a encore peu de temps j'étais un abonné de l'infirmerie sauf qu'en ayant appris des sorts de guérisons forcément j'ai commencé à savoir me réparer moi même en cas de besoin. Et puis ça n'est pas comme si je n'étais pas légèrement impulsif alors si on me cherche en général on me trouve donc ça pourrait aussi expliquer ces marques que je suppose avoir sur mon visage s'il m'a proposé son aide pour les effacer. Je le sens de toute façon, la douleur n'est pas insurmontable mais elle est bien là. C'est plus gênant qu'autre chose à vrai dire mais ça passera rapidement, merci l'organisme du Loup. Dès ce soir on n'y verra déjà moins, demain ça sera encore plus abstrait et après la pleine lune il n'y aura plus rien. Je fais confiance à cette magie là.

« Elle s'est calmée, la crise a eu l'air d'être passée alors j'ai pas cherché à la retenir parce qu'à mon avis ça aurait été pire que mieux mais si elle a dit vrai elle est rentrée chez les Verts. »

Je pourrais rajouter « si jamais tu la cherches » mais je doute que ça soit pour moi qu'il est là. Pas de méprise, c'est juste normal, je ne suis rien ni personne pour lui. Un qui n'est pas personne pour moi en revanche c'est Mateo et alors que je pousse sur mes bras pour m'écarter du mur et laisser mes jambes basculer dans le vide sans pour autant descendre de mon perchoir …

« Comment il va ? »

Et je l'écoute me raconter ce qu'il sait, a priori ça ira mais il est salement amoché. La discrétion est de mise ça je l'ai parfaitement compris et je n'avais de toute façon pas l'intention de parler de ça à qui que ce soit mais je comprends ce besoin, cette nécessité de protéger les siens. Il ne le formule peut être pas, il ne me demande rien mais pour moi c'est évident. Ce qui se passe à Vargas reste à Vargas. Je finis par me lever complètement et faire craquer mes os comme si ça pouvait y changer quelque chose alors qu'en réalité c'est d'une bonne douche brulante dont j'aurai besoin pour dénouer tous les nœuds qui se sont invités un peu partout dans mes épaules.
Mes yeux se posent finalement sur la petite fiole que j'avais complètement oublié et dans ma tête une certaine dualité s'installe mais elle n'a rien à voir avec une quelconque divergence Homme/Loup. Pendant un temps j'ai pris des trucs que Takuma me préparait pour me calmer, m'apaiser, améliorer mon sommeil, chasser les cauchemars, etc … mais contre le mal de tête ? Ça passera tout seul, non ? Ça ne me coute rien de le prendre au cas où alors j'attrape finalement la petite fiole et l'observe encore une fois alors qu'elle se tient tranquille dans le creux de ma paume jusqu'à ce que mon regard se pose à nouveau sur mon vis-à-vis.

« Je sais pas si elle est du genre à vouloir qu'on lui dise merci mais si c'est le cas tu pourras le lui dire pour moi ? J'ai pas vraiment eu le réflexe de le faire tout à l'heure, j'avoue. »

Je lui tends mon autre main.

« Enzo. »

Enchanté et bienvenu à Poudlard ? Ouais, non. Je ne crois pas que ça soit de circonstances. Je sais que je ne suis pas très causant mais en réalité je crois que ni lui ni moi n'avons vraiment envie de parler et j'imagine qu'il est peut être pressé d'aller prendre la température du côté de Maxime. Là dessus je lui lâche un dernier signe de tête accompagné d'un sourire poli et sors à mon tour de cette pièce sans trop savoir ce que je vais faire de ma peau. Étrangement j'ai perdu l'appétit et l'idée de me retrouver dans une salle pleine d'humains et de bruits … Non, ça me branche pas trop. Aller prendre l'air me paraît une bonne alternative alors c'est parti, tout ça en essayant de pas trop grimacer à cause du corps qui peine un peu.

▬ Fini pour moi ▬
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1255
Date d'inscription : 14/01/2015
Crédits : Avatar + Signature : Me
Double Compte : Kezabel & Charleen & Mateo & Ora & Dimitri & James & Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3081-william-liam-c-jackson
MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   Mer 5 Aoû 2015 - 11:34

Il ne parle pas, il se contente de me regarder et de hocher de la tête, en silence. C’est pas comme s’il y avait 15.000 choses à dire de toute manière. Et j’crois qu’on est autant crevé l’un que l’autre, alors les forces manque. L’envie aussi. Assis sur cette chaise, coudes posés sur mes genoux je contemple un instant le sang sur mes mains. Celui de Vargas, de Mateo. Un des meilleurs potes de Maxime qu’elle a massacré sous cette crise incontrôlée. Est-ce que tout ça s’arrêtera un jour ? Est-ce que nous arriverons à atteindre des moments légers où tout se déroule bien, sans pression, sans attaque, sans angoisse ? Après que tout ça soit redescendu, il faudra trouver une solution et que je fasse sérieusement fonctionner mes méninges. C’est mon truc ça, le cerveau. Les idées, la logique et la pratique. La connaissance et le savoir. Alors j’dois bien pouvoir foutre quelque chose de tout ça. Mais pour le moment je me concentre sur ce type dont je ne connais toujours pas le nom et qui m’a donné plus qu’un coup de main. Il est un peu amoché du visage mais il a l’air de bien se porter. Tout du moins, de ne pas trop souffrir. Je lui propose d’arranger ça… J’suis pas médecin, ni infirmier. J’suis qu’un élève de 9ème année mais un élève en avance. Je sais que j’ai rien de cool, pas de style, des vieux pulls en laine aux motifs dégueulasse en guise de vêtements, un corps qui n’a rien à voir avec ces athlètes que tu vois courir dans le parc mais le truc que j’ai pour moi et dont je suis parfaitement conscient, c’est cette particularité à tout retenir. Ce que je lis, ce que je vois. Avoir une logique qui s’imbrique toujours d’une facilité qui énervait Maxime et Spenc’. Ma curiosité y est peut-être pour beaucoup, mes parents disent que je suis tout simplement une sorte de surdoué. Ou pas. J’en sais trop rien. Juste que les cours ont toujours été d’une extrême facilité pour moi, comme pour le reste. Comprendre et apprendre. Certains passent une heure pour mémoriser son cours, moi il me faut simplement le lire pour le retenir. Alors j’ai poussé mes connaissances plus loin que nécessaire, notamment en médecine simplifiée. J’suis le petit infirmier du groupe avec toutes les gamelles qu’ils se sont pris et les bastons qu’ils ont fait. Faut bien s’exercer quelque part. Macy est comme moi mais spécialisée dans les ordinateurs. Ouais, nous sommes les deux cerveaux de la bande.

Donc si je propose en cette seconde à ce grand gaillard de lui arranger sa jolie gueule – même si, soyons honnête, les bleus te vont super bien... – c’est que je sais ce que je fais, sans l’ombre d’un doute.
Et il sourit. C’est encourageant.

- Non c'est bon, t'inquiète, mais merci c'est gentil de proposer.
- Pas d’quoi.

C’est la moindre des choses que j’puisse faire avec le sérieux coup de pouce que tu m’as donné. Sa voix est éraillée, comme s’il n’avait pas articuler un mot depuis plusieurs heures et la question qui me vient est de savoir depuis combien de temps il est tout seul.

- J'aurai aucun mal à trouver une excuse pour expliquer ça, ils ont l'habitude de me voir en travaux.

Est-ce que je dois comprendre là que t’es le genre de gars à te bastonner régulièrement dans les couloirs ? Je ne le connais pas alors ça pourrait être probable, mais si c’est le cas je n’ai encore jamais eu l’occasion de le voir à l’œuvre. Et vu sa carrure je peine à croire qu’il se fasse bastonner par des mecs à foison. J’dirais même que dans ce cas, c’est lui qui doit foutre de bonnes dérouillés. En tout cas il en rigole, c’est qu’il doit plutôt bien le vivre. Et son sourire est communicatif puisque le mien s’esquisse en douceur. Les circonstances ne s’y prêtent peut-être pas mais je crois que nous avons tous les deux mérités une petite minute de pause. Et vu ce qu’il m’attend derrière … Ouais. On respire cinq minutes.
Petit flottement alors que les questions se bousculent chez moi et brûlent la gorge.

- Maxime ?

J’ai pas besoin de formuler une question plus complète, il doit sûrement s’attendre à ce que je souhaites comme information pour mieux partir d’ici et gérer ça.

- Elle s'est calmée, la crise a eu l'air d'être passée alors j'ai pas cherché à la retenir parce qu'à mon avis ça aurait été pire que mieux mais si elle a dit vrai elle est rentrée chez les Verts.

J’acquiesce sans rien dire, poussant un léger soupir de soulagement. La retombée va être corsée. Je sais déjà qu’elle doit être entrain de ruminer sa colère contre elle, contre son Loup, contre ses crises, contre tout. Mais principalement sur sa vie. Je sais que les TEI peuvent s’avérer extrême et qu’il n’est pas exclue que l’envie d’en finir sous la pulsion se manifeste. Elle vient de frapper son pote, de le cogner comme une vulgaire poupée de chiffon, à quoi est-ce que nous devons nous attendre ? Quel merdier. J’la laisserais pas dans tout ça, plus maintenant. C’est terminé.

J’entends le type bougé, se décoller du mur pour se rapprocher du bord de son perchoir. J’le regarde pas tout de suite, mon regard fixant une brèche sur le pavé à mes pieds. Je cherche déjà un moyen de stopper tout ça.

- Comment il va ?

Cette fois je lève mon regard vers lui. Je sais que Mateo m’a parlé de lui, j’en ai le souvenir mais j’pense pas savoir son nom. Je suppose qu’ils sont alors potes, d’après ce que j’ai compris, donc lui aussi s’inquiète, naturellement.
Je me recul dans ma chaise et me passe une main sur le visage. Une main au sang séché mais… bref. Pas maintenant les détails.

- Il s’en sortira, il est entre de bonnes mains. Par contre… Il est sacrément amoché, pour être honnête. J’pense que ça va prendre plusieurs jours avant qu’il puisse retrouver un visage clairement reconnaissable.

Je ne mâche pas mes mots mais je ne crois pas que ça soit nécessaire de prendre des pincettes. Tout ça est une réalité. Je revois encore son visage fracturé, ensanglanté, une vraie bouillie de chair et de douleur. Je le plains de ne pas avoir perdu connaissance jusqu’au bout en vue de l’état de son nez et du reste. Et c’est peut-être égoïste mais autre chose me tracasse.

- Il a dit à l’infirmier qu’il était tombé du haut des escaliers.

Je lève mon regard vers lui et comprends presque aussitôt que le sous-entendu est passé. J’le connais pas et je sais pas si je peux vraiment lui faire confiance mais est-ce que j’ai le choix ? Il est resté là pour maintenir Maxime hors de portée le temps que sa crise passe alors je pense pouvoir me permettre de pouvoir lui faire un minimum confiance. Et je sais que ça peut s’avérer monstrueux de la laisser comme ça, sans punition d’avoir littéralement défoncé un de ses potes… Mais celle qu’elle s’inflige elle-même est largement suffisante que toute une année de colle. Ouais, elle dépasse tout ce que nous pourrions lui claquer dans la gueule ou lui faire subir.
Je ne sais pas si quelqu’un croira au mensonge de Vargas mais personne ne pourra lui faire cracher le morceau s’il ne le veut pas. Je ne le connais pas aussi bien Maxime mais j’ose espérer qu’il s’en tiendra à ça, malgré les circonstances…

Il se lève, je le regarde faire et moi je ne bouge pas, profitant encore quelques secondes de cet instant de repos. Il se dirige vers la petite fiole qu’il prend au creux de sa paume pour la regarder. Les petits remèdes miracles de Macy.

- Je sais pas si elle est du genre à vouloir qu'on lui dise merci mais si c'est le cas tu pourras le lui dire pour moi ? J'ai pas vraiment eu le réflexe de le faire tout à l'heure, j'avoue.
- T’en fais pas, y a pas d’mal. Je le ferais sans faute.

Et vu les circonstances, c’est plutôt à nous de te dire merci pour le coup.

- Et tu verras ... c'est sacrément efficace en cas de grosse migraine.
Il me tend la main et cette fois je me lève pour lui faire face, même s’il me dépasse facilement d’une tête.

- Enzo.
- William.

Et je la serre entre ma paume ensanglantée, sans vraiment prendre garde aux manières de propretés mais encore une fois, nous ne sommes plus à ça près.

Et tout s’arrête là. Un regard échangé suffit à se faire comprendre que la discussion n’ira pas plus loin. Pas par manque d’envie… mais plutôt par épuisement. La fatigue, la lassitude. Tout. Il a l’air sympa et je prendrais le temps de le connaitre un peu plus, plus tard. Pour le moment, j’ai des choses à faire qui, malheureusement, sont plus urgentes. Je le regarde me contourner et sortir de la pièce après un dernier salut et un dernier remerciement.
Puis le calme. Pas un bruit dans cette pièce un peu dérangée. Pas un souffle. Et la fatigue s’abat en quelques secondes. Je m’appuie brièvement sur la table à côté de moi, me prenant l’arête du nez entre les doigts et inspirant une profonde bouffée d’oxygène.

Il me faut une bonne minute pour me décider de bouger. Première chose ? Prendre une douche. Maxime est dans son dortoir et je ne peux y accéder. Le seul moyen de le faire est de voir tout ça avec Macy. Lui raconter et lui faire part d’une nouvelle horreur.

- RP TERMINE-
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Nothing ever lasts forever - Maxime, Enzo, Mateo & William.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» pizza forever (maxime & andy)
» Animation : Nothing lasts forever
» Love me now or hate me forever!
» Shawn Adam Maxime Séregon [Vagabond]
» Maxime '' Le Québecois'' Hébert

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Poudlard & ses alentours :: Hogwarts' Inside :: Rez-de-Chaussée. :: ─ Grande salle-
Sauter vers: