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Just One Night To Fix It [Enzo]

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Kyle Johnson



The Artist
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MessageSujet: Just One Night To Fix It [Enzo] Sam 12 Juin - 2:49



[- Just One Night To Fix It -]



Un trop plein d’émotions. Voilà ce qu’il se produisait à l’intérieur de mon petit être fragile. Le cœur un peu trop saignant et la tête un peu trop remplie me mettait dans une position délicate. Celle de dévoiler le tout au grand jour. Il m’était carrément impossible de cacher à Enzo, même s’il se trouvait sous sa forme lupine, le contentement que je ressentais de le retrouver. Je ne regrettais pas de le voir sous sa forme animale, loin de là, je pensais même que j’étais privilégié. Combien de personnes de son entourage l’avaient vu sous cet angle? Il était un magnifique animal et il n’avait surtout pas à avoir honte du don qu’il possédait. D’ailleurs, je n’avais jamais pris le temps de lui demander comment il se sentait dans ce nouveau costume et s’il aimait toute la liberté que sa lycanthropie lui donnait. Surtout qu’il semblait être capable de maîtriser la bête primaire, cela devait être encore plus intéressant. Enfin bref, j’étais très heureux de le retrouver, même s’il n’était pas Enzo l’humain. Malgré que j’aurais aimé le retrouver en garçon que j’aimais tant. J’avais tellement de choses à lui dire… Je ne savais pas ce qu’il pensait de moi ni même s’il était prêt à tout entendre… Après tout, peut-être me jugerait-il par mes gestes. J’avais retrouvé uniquement la mémoire grâce aux blessures que je m’étais moi-même infligé. Si ça n’aurait pas été de ma tentative de suicide, je n’aurais jamais vu ma vie défilée dans ma tête et ainsi me permettre de retrouver le peu de moments que j’avais pu avoir avec Enzo. Ils n’étaient pas tellement nombreux mais ils représentaient une énorme partie de ma vie même si j’ignorais depuis combien de temps exactement je le connaissais. Comment parviendrais-je à lui expliquer tout ça? Je devais trouver une excuse le plus rapidement possible. Peut-être qu’un jour il s’apercevrait de mon erreur là, sur ma chair et qu’à ce moment là il m’enverrait une baffe digne de ce nom pour avoir baisser les bras. Enfin, ça c’était s’il voulait toujours de moi… Je restais toujours confus quant à son geste sur le deuxième étage, soit à notre dernière rencontre, mais je ne lui en tenais pas rigueur. Seulement, j’avais quelques questions qui continuaient à me hanter qui méritaient d’avoir certaines réponses. Comme tout ça était compliqué… Comme situation, comme relation en général… Quoi de plus normal dans un monde rempli de magie et de violence… Mais tellement compliqué pour l’adolescent que j’étais. Il se passait trop de chose en même temps et je trouvais tout cela difficile, pénible, voir même tortueux. Pourquoi est-ce qu’on ne s’était pas rencontré dans une rue à Londres ou même lorsque j’étais en Amérique? Ah oui c’est vrai, Enzo venait de l’autre bout de la planète…

Situation étrange. Oui c’était réellement le mot. Il venait de me sauver la vie pour xième nombre de fois et moi, je me contentais de rester debout près de la bête qu’il était, attendant un mouvement de sa part. Peut-être est-ce que je lui en demandais trop… Oui sans doute, comme à mon habitude. J’étais extrêmement exigeant avec lui mais parfois, j’avais la nette impression de ne pas avoir le choix. Il avait besoin d’être corrigé et d’être secoué. Il fallait qu’on lui montre qu’il ne devait pas être aussi borné et cesser d’être aussi renfermé sur lui-même. Bien que nous n’étions pas ensemble, simplement ami, et qu’il n’était pas amoureux de moi, je voulais qu’il soit un peu plus sociable et qu’il arrête de faire l’enfant gâté. D’accord, il n’avait pas eu une vie facile mais moi non plus et ce n’était pas pour autant que je me plaignais de mon sort. Je me contentais simplement d’avancer et de regarder en avant plutôt que de revenir sans cesse sur mon passé même s’il m’était impossible de l’oublier. Après tout, il faisait parti de moi et je n’avais pas la possibilité de le changer. Et si un jour, dans mes rêves les plus fous moi et Enzo serait réellement ensemble, il fallait qu’il apprenne à être capable à vivre à deux, en communauté et cesser d’être aussi égoïste. J’étais, je pense, la personne la mieux placée pour réussir à changer sa carapace en fourrure. Mais bon ça, ce n’était que des fantasmes.
Les voix se rapprochaient de plus en plus mais Enzo ne faisait aucun mouvement. Et moi, je me contentai simplement de continuer de le regarder. Pour moi, il était maître de la situation puisque visiblement, il était largement plus fort et plus puissant que moi. Bien que je me doutais qu’il était dans l’impossibilité d’utiliser la magie sous sa forme animale, les crocs de son loup semblaient être des armes redoutables et destructrices. De plus, ses quatre pattes lui permettaient d’être beaucoup plus rapide que moi qui n’avais jamais été très bon dans la course à pied. J’espérais simplement qu’il avait réellement un plan derrière la tête et qu’il n’était pas simplement venu pour assouvir une certaine vengeance. Après tout, je savais qu’il avait été victime de l’attaque des supérieurs et ce, par ma seule et unique faute. Cependant, même si j’avais une vague idée de ce qu’il avait pu subir de leur part, j’ignorais toujours lequel d’être eux avait commis le geste fatal. Pourtant, le visage d’un seul homme me revenait sans cesse à l’esprit. Son corps gisait maintenant sur un escalier en pierre, les os brisés, baignant dans une marre de sang. De son sang. Après mure réflexion, cet enfoiré avait eu ce qu’il méritait. Et si c’était réellement lui qui avait fait du mal à Enzo? Et si, attendant la pleine lune, il avait prévu une vengeance bien préparée? Et si moi je m’étais simplement retrouvé là par hasard?

Si c’est le cas, pourquoi m’épargnes-tu?
Pourquoi est-ce que tu ne m’achèves pas comme tu l’as fait avec lui?

Soudainement, l’animal s’active. Il se lève et ouvre sa mâchoire sur mon poignet sans me faire de mal et tire légèrement vers lui. Je lui souriais. C’était le geste typique d’Enzo et seul lui aurait pu faire cela. Derrière ce geste se cachait un message que j’avais parfaitement compris. C’était ce qui était aussi génial dans ma relation avec lui. Les mots nous étaient bien souvent inutiles. Il me lâcha finalement et le voyant se mettre en marche, je fonçai directement derrière lui. J’ignorais où nous allions mais j’avais l’impression qu’il avait une destination bien précise. S’il le désirait, il pouvait m’attirer dans un vilain piège. Après tout, après notre dernière rencontre, j’ignorais comment il allait se comporter avec moi. Il ne m’avait pas encore fait de mal mais peut-être que ça ne saurait tarder. Pourtant je fonçais aveuglément, lui faisant entièrement confiance. Une partie de moi me disait qu’il était incapable de faire une chose pareille. Me livrer aux loups. Drôle de jeu de mots dans ce cas-ci… Bref, c’était un garçon très intelligent qui pouvait parfois paraître d’un sans cœur mais moi je savais que ce n’était pas le cas. Je l’avais beaucoup trop touché pour qu’il réussisse à me battre comme la fait celui qui, je croyais, était son frère aîné. Lui c’était une tout autre histoire. Un mec vraiment sans cœur et sans honte. Sans aucune frontière ou barrière pour lui bloquer toute la violence accumulée avec les années. Ils pouvaient être tellement différents… J’avais tenté de trouver une faille, pendant mes deux semaines de répit, mais je n’avais rien trouvé qui clochait. Leurs parents semblaient être des adultes exemplaires et leur éducation très bonne alors où était le problème? Dans sa tête. Fort probablement. Ou encore dans les relations qu’il avait ailleurs que ceux avec sa famille. On naît fou, on ne le devient pas. Sauf par la force des choses. Comme dans un établissement pareil. Comme dans mon cas. Mais ça, c’était une autre histoire.
Je courrais toujours derrière lui, jusqu’à en perdre haleine. Essoufflé, rouge comme une tomate à cause de trop d’efforts, la gorge sèche, la vue embrouillée, le cœur qui voulait me sortir de la poitrine, je m’étais arrêter dans crier gare. D’ailleurs, je n’aurais jamais été capable de lui demander d’arrêter tellement il était parti dans une course contre la montre. Il s’était pourtant retourné vers moi et m’avait patiemment attendu tant dis que j’appuyais mes mains sur mes genoux légèrement fléchis. Nous avions quitté le quatrième étage, empruntant les premiers escaliers que nous avions trouvés. Et depuis, nous ne cessions pas de monter d’étage. Bien que je ne me posais pas réellement de question sur notre destination, j’en venais tout de même à me demander quand est-ce que nous allions arrivé. On courrait pour notre vie, le temps pressait et je me maudissais de ne pas être normal. De ne pas être un sorcier, comme les élèves de ce château. Je me permettais de penser que je méritais le don de la magie beaucoup plus que certains d’entre eux. C’était malsain et très égoïste mais il était toujours permis de rêver, non?
Tant dit que je reprenais lentement, mais sûrement, mon air, je me contentai de fixer mes converses, tentant de me concentrer sur le moment présent, question de ne pas laisser mon esprit vagabonder à gauche et à droite. Je n’avais qu’une seule envie et c’était qu’Enzo reprenne sa forme humaine afin que je puisse lui raconter mon mensonge concernant le retour de ma mémoire et qu’on reprenne là où on en était rendu sous le chêne. Bon ça c’était dans ma tête car je savais que la réalité allait être tout autre. Il avait certainement des choses à me dire et même si je me doutais que ce n’était que du négatif concernant notre dernière fois, j’allais être prêt à l’écouter et à répondre à ses questions.
Je relevai la tête et même si je n’avais pris que quelques secondes de répit, je recommençais à escalader les escaliers le plus rapidement que je pouvais. Je me maudissais de ne pas être un sportif. Un footballeur aurait passer toutes ces marches sans s’arrêter une seule fois et peut-être même aurait-il réussit à faire le double de ce que j’étais capable de faire. Un peu plus loin, je perdis une seconde fois mon souffle et je m’arrêtai encore. Enzo restait patient, m’attendant toujours. Et moi, je n’osais pas le regarder. Je ne savais pas trop bien pourquoi. Peut-être était-ce tout cet effort physique qui ne m’aidait pas… Quoi qu’il en soit, nous repartîmes de nouveau et même si je l’arrêtai encore deux fois durant notre course, nous arrivâmes finalement à destination.

Nous traversâmes un long couloir vide jusqu’à temps qu’Enzo s’arrêta brusquement. Plus qu’essoufflé, je m’arrêtai à mon tour et regardai autour… Il n’y avait rien. Il passa deux fois devant une partie du mur et je le regardais faire, ne comprenant pas réellement ce qui était censé se produire. Quand soudain, une porte fit son apparition. D’une façon très habile pour un loup, Enzo ouvrit la porte sans trop de difficulté et je crus comprendre que j’avais le droit d’entrer dans la pièce qui venait d’apparaître. J’aurais dû être plus surpris que ça mais maintenant que je connaissais de plus en plus la magie, j’étais moins émerveillé lorsqu’elle se présentait à moi. Que ce soit sous une forme ou une autre. Pour moi, c’était presque rendu naturel. Après tout ce temps passé ici, même si j’ignorais encore depuis combien de temps j’avais franchi la porte de Poudlard…
Tant dis que le loup parti dans un coin de la pièce, je fermai la porte derrière moi et jetai un coup d’œil sur le nouvel endroit. Tout près du lit, se trouvait un amas de vêtement qui devait probablement être à Enzo. C’était donc ici qu’il s’était transformé? Et puis… C’était quoi cette place au juste? Il y avait un lit, dans un autre coin je remarquai qu’il semblait y avoir beaucoup de nourriture, des livres étaient entassées un peu plus loin et quelques autres objets étaient ça et là dans la salle. C’était la chambre d’Enzo ou quoi…? Qu’est-ce qui se passait au juste…?
Je tournai la tête afin de voir où était rendu l’animal lorsque je le trouvai couché en dessous de la table qui occupait l’endroit. Qu’est-ce qu’il faisait là? Lentement, reprenant de plus en plus ma respiration normale, je m’approchais de la table en question et je m’abaissai un peu pour voir ce qu’il faisait. Il était simplement couché sur le sol, la tête sur les pattes, comme s’il voulait se cacher ou comme s’il avait fait une bêtise. Je m’accroupirai et je lui fis un petit sourire désolé.


-Je sais qu’on ne peut pas vraiment discuter mais… Je veux juste te dire que je me souviens de tout. Je peux pas te dire comment c’est arrivé mais… Je me souviens de toi et moi sous le saule vivant. Notre rencontre sur le quatrième étage et celle de la nuit où tu étais ivre. Et quand on a pris une douche dans l’énorme salle de bain. Mais aussi celle du chêne… Et de ce que je t’ai dis… Et tu sais…

Gêné, je baissai la tête pour regarder le sol. Nerveusement, je passais une main dans mes cheveux pour les ébouriffer encore plus qu’ils ne l’étaient déjà.

-Je pense toujours ce que je t’ai dis. C’est toujours aussi fort.

Je tentai un regard vers lui, déterminé.

-Saches que je ne t’en veux pas et que je te comprends. Tu n’as pas à te justifier et même si j’aurais mille et une questions à te poser, je ne veux pas que tu me donnes de réponse. Tu n’as pas à le faire. J’imagine que tu as besoin de temps et ça aussi je peux le comprendre. Je commence à savoir comment tu fonctionnes tu sais.

Je lui fis de nouveau un sourire avant de me relever et de me diriger vers le lit qui se trouvait un peu plus loin. Je prenais la douillette et l’apportai avec moi, revenant près de l’animal qui était demeurer couché. Je m’accroupissais de nouveau et m’avançai un peu plus avant de déposer la couette sur le loup, prenant soin de bien le cacher. Seuls les pattes et la tête dépassaient de l’énorme tissu moelleux.

-Tiens. Ça, c’est pour demain matin. Comme ça, je n’aurais pas à retrouver un mec à poil sous la table.

J’eus un petit rire, repensant à lorsque je l’avais retrouvé sous le saule ravageur. Puis je me relevai d’une traite avant de me diriger de nouveau vers le lit. Et, juste avant de me coucher, je me retourner vers la masse velue.

-Merci.

Simple murmure mais je savais qu’il m’avait entendu.
Je me couchai finalement sur le dos, fixant le plafond comme un dingue, les pensées nulle part et partout à la fois.
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Enzo Ryans



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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Sam 12 Juin - 16:23

Courir m'a fait un bien fou. Ça m'a permis de détendre mes nerfs et de ne penser à rien d'autre que notre survie pendant l'espace de quelques minutes. Je suis bien conscient de ce que je viens d'infliger à Kyle mais ... Je ne pouvais quand même pas le laisser derrière moi, aux griffes des Supérieurs qui à l'instant même où ils vont tomber sur le cadavre de leur compagnon, vont se douter ce qui s'est tramé ici. J'aurais été prodigieusement stupide de lui sauver la vie d'abord, et le laisser se faire tuer la minute d'après. Je ne sais pas ce qui est mieux à vrai dire. Leur faire face, ou se retrouver avec un monstre à quatre pattes capables de péter les plombs à tout moment. Il sait pourtant comme je suis instable ne serait-ce que sous ma forme humaine, alors je dois dire que j'ai un peu du mal à le suivre. J’ai toujours eu du mal à le suivre, mais je croire que lui me connaît déjà par cœur. Je crois même qu’il arrive à anticiper mes réactions. Il m’a analysé, m’a apprivoisé, puis il m’a abandonné. Et je lui en veux. Je m’en veux encore plus de ressentir ça. Je sais qu’on ne lui a pas laissé le choix. Je sais aussi qu’à sa place, je n’aurais pas pu faire grand-chose non plus, même avec la magie qui coule dans mes veines.
Quoi qu'il en soit, nous sommes désormais en sécurité et malheureusement, j'ai tout le loisir de repenser à ce que j'ai essayé d'oublier l'espace d'un instant, lors d'une course effrénée contre la mort.

La tête sur les pattes, je n’avais pas grand-chose d’humain, et pourtant, je pouvais lire dans les yeux de Kyle ce qu’il voyait en posant son regard sur moi. Un gros loup, certes, mais c’était bien plus que ça. Il me voyait moi, Enzo, tel que j’étais à l’intérieur. Un gamin perdu, qui a besoin qu’on le réconforte en permanence, qui a besoin d’être aiguillé pour faire les bons choix parce qu’il est incapable de le faire lui-même. Un adolescent quelconque qui se cherche, qui découvre, qui explore. Quelqu’un de fragile, malgré les apparences. Quelqu’un qui n’est pas ce qu’il prétend être.

Il s’est avancé, a plié les genoux pour être a ma hauteur et m’a souris. J’ai émis une sorte de petit gémissement plaintif et j’ai détourné le regard, comme toujours. Que je sois Enzo l’humain ou Enzo le Loup, rien ne changeait en présence de Kyle. D’un certain côté ça me rassurait. Je me disais que j’étais proprement incapable de lui faire du mal, au sens physique du terme. Le Loup était apaisé, calme. Il n’essayait même pas de luter. Un poids en moins sur mes épaules bien que tout le reste soit déjà bien assez lourd à porter comme ça. Au moins j’étais certains de ne pas me jeter sur lui d’un instant à l’autre pour le dévorer comme j’avais pu le faire à la Pleine Lune précédente. Mauvais souvenirs. Mais le prix du sang avait été payé. Et l’image du Supérieur sans vie me revint en mémoire. Je grognais imperceptiblement. Kyle lui me dévisageait toujours, je pouvais le voir du coin de l’œil.

« Je sais qu’on ne peut pas vraiment discuter mais… Je veux juste te dire que je me souviens de tout. Je peux pas te dire comment c’est arrivé mais… Je me souviens de toi et moi sous le saule vivant. Notre rencontre sur le quatrième étage et celle de la nuit où tu étais ivre. Et quand on a pris une douche dans l’énorme salle de bain. Mais aussi celle du chêne… Et de ce que je t’ai dis… Et tu sais… »

Tu ne peux pas, ou tu ne veux pas ? Tu sais Kyle, sous ma forme animale je perçois beaucoup mieux les variations de comportement chez l’être humain. Par les odeurs ou l’intonation qui change sans que l’oreille humaine ne puisse le percevoir. Et quelque chose me dérange. Qu’est ce que tu me caches ? Il y a un truc qui cloche, qui ne colle pas Forcément, puisque je ne vois vraiment pas comment tu aurais pu retrouver ta mémoire comme ça, comme par enchantement. Je suis complètement largué. Et je ne peux pas m’empêcher de penser que peut être tu m’as menti ce jour là. J’ai honte. Si tu savais comme j’ai honte de ne serait-ce qu’effleurer cette possibilité. Au fond de moi je sais que tu serais incapable de faire ça, mais je me dis que peut être, tout comme je l’ai fait en te mentant, tu as fait ça pour notre bien à tous les deux. Je suis partagé. Je me mélange les pédales. Et je crois que tu t’en rends compte, non ?
Il s’adresse à moi comme il parlerait à un enfant. Un ton calme, précis. Une voix douce et tranquille. Comme on parle à un animal finalement. Puisque c’est ce que je suis. Un gros loup noir, cachée sous une table, qui ne sait pas quoi faire de lui, dépassé, totalement dépassé par les évènements. A croire que ça ne sera jamais simple entre nous. J’y mets déjà beaucoup de barrière, alors si les éléments extérieurs s’en mêlent, on ne va pas s’en sortir. Ça aurait été tellement plus simple que tu ne retrouves pas la mémoire, que tu oublies tout ce qu’on a vécu, que tu oublies mon visage et mon nom. Définitivement. J’aurais continué à veiller sur toi, dans l’ombre, sans t’imposer ma présence et les problèmes que je te créer.
Entre nous, ça n’aurait été que des souvenirs, plus ou moins bons. Le Saule. Le Quatrième étage. La tour. Et tout le reste …

Il a baissé la tête, gêné visiblement, et moi je me suis caché le museau entre mes pattes.

« Je pense toujours ce que je t’ai dis. C’est toujours aussi fort. »

Mec, je te rappelle que tu parles à un loup là ... J'veux pas être méchant mais ... C'est vraiment space comme situation. Et n'importe qui rentrerait maintenant et entendrait ça te prendrait pour un malade. A raison d'ailleurs. Fort heureusement, personne ne peut rentrer dans cette pièce. Tant qu’on sera à l’intérieur, on sera en sécurité. Sauf s’ils arrivent à formuler une demande exactement similaire à la mienne mais j’en doute. Elle est très spécifique. J’y ai travaillé des heures, pendant des mois. Et personne n’a jamais su que je venais me cacher là. Question de survie. Celle des autres d’abord, puisque jusqu’ici je ne contrôlais pas totalement le Loup, et puis la mienne par la suite. Et enfin la tienne. Même si je sais qu’on ne va pas pouvoir rester ici éternellement. Je deviendrais fou d’être enfermé. Déjà une semaine et demi, c’était trop long. Et toi, toi … Je ne veux pas être celui qui te retient prisonnier. Je sais comment tu réagiras. Tu me diras que je ne te force pas, que t’es bien là avec moi, mais je verrais bien dans le fond de tes yeux que tu étouffes. Et si jamais on arrive à passer au dessus de tout ce qui pour moi reste encore sans explications, si j’arrive à me débloquer et à essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé sans péter les plombs, je ne supporterais pas de te voir rester captif juste pour moi. On finirait par se détester. Rien que l’idée me fait tourner la tête et me serre le cœur. Quoi qu’il se passe, qu’il a pu se passer entre toi et moi, et même si les choses ne peuvent pas redevenir comme avant, je ne veux pas prendre le risque d’en arriver là. Si ça doit se terminer comme ça, je ne veux garder que des bons souvenirs.

C’est toujours aussi fort tu dis ? Ce n’est pas possible. Et j’ai peur Kyle, peur de ton regard quand j’aurais retrouvé ma forme humaine, d’ici quelques heures à peine. Peut être que tu te rendras compte que finalement, c’était mieux quand tu ne te souvenais pas de moi.

Je n’osais toujours pas le regarder, mais lorsqu’il s’est relevé et qu’il s’est éloigné, j’ai relevé la tête par instinct et j’ai suivi le moindre de ses mouvements, en plissant les yeux. Qu’est ce qu’il faisait ? Pourquoi est ce que tu t’éloignes ? Toujours cette foutue contradiction. Le besoin de l’avoir près de moi, et cette peur panique qu’il soit trop près. Trop près ou Trop loin ? Il va falloir choisir Enzo. Il n’y a pas de juste milieu. Je l’ai regardé faire, allant jusqu’au lit, attrapant la couette et se retourner vers moi. Encore une chose que je ne comprenais pas. Et avant même d’avoir eu le temps de faire le moindre geste, je me retrouvais avec la couverture sur le dos, laissant dépasser seulement ma tête et mes pattes.

« Tiens. Ça, c’est pour demain matin. Comme ça, je n’aurais pas à retrouver un mec à poil sous la table. »

Cette petite réflexion bien placée a eu l’air de beaucoup l’amuser. Je crois que j’aurais pu rire moi aussi, entre deux montées de rouge à mes joues. C’est vrai qu’on s’est rencontré d’une drôle de manière lui et moi. C’est peut être aussi ce qui fait que c’est si fort, à vrai dire je n’en sais trop rien. Mais je me sens toujours horriblement gêné en y repensant. Et la perspective que ça se reproduise d’ici peu de temps ne m’enchante pas vraiment. Alors merci Kyle, du fond du cœur. Si je peux éviter de me retrouver encore à poil n’importe où comme cette fois là, ça m’arrange grandement.
Mais bon, on va pas se mentir, comme si ça te dérangeait ... Pervers.
Je sais que c’est pour moi qu’il fait ça, pas pour protéger son regard innocent qui risquerait d’être choqué à la vue d’un corps nu. Ce n’est pas comme s’il ne l’avait pas déjà vu. Bah ! C’est vraiment trop bizarre. Je préfère ne plus y repenser.

Il s’est éloigné de nouveau. J’ai reposé ma tête sur mes pattes, en soupirant, le suivant du regard, jusqu’à ce qu’il se retourne vers moi. Je dressais mes oreilles sur mon crâne.

« Merci. »

De quoi ? D'avoir agit par pur égoïsme ? D'avoir sauvagement entraîné un être vivant dans la mort ? D'être un assassin, et d'avoir prémédité ce crime ? Ne te fais pas d'illusion Kyle, si je t'ai sauvé la vie c'est simplement parce que je ne supporte pas l'idée de devoir vivre sans toi. D'être celui qui reste, encore et toujours. Je voulais le tuer. J'y ai mis toute mon énergie, pour lui faire payer tout ce qu'il a pu me faire, ainsi qu'à toi et à tous les autres. Et tu t'es trouvé là, par hasard, ou peut être est-ce encore un coup du destin. Je me dis que je fais finir par y croire à ces histoires de destin. Enfin bref, je ne m'attendais pas à te voir cette nuit, vraiment pas. Je ne le souhaitais même pas. Pour moi, cette nuit là signait la fin de quelque chose, mais en sentant ton odeur, et en te voyant, même si au départ je n'ai pas vraiment levé les yeux sur toi, j'ai repris tous mes sentiments en pleine gueule. Qu'est ce que j'aurais pu faire d'autre, hein ? Le laisser te tuer ? Hors de question. J'ai réussi à mettre mon plan a exécution, et en plus de ça, je t'ai retrouvé, après deux longues semaines interminables durant lesquelles je n'ai fait que penser à toi. Nuits et jours. Jours et nuits.

Il m’a laissé là, avec mes pensées, tandis qu’étendu sur le lit, il devait vagabonder dans les siennes. Tout est devenu immobile et silencieux et les minutes qui ont commencé à s’écouler m’ont paru semblables à des heures. Je ne pouvais détacher mes yeux de cette silhouette familière juste là, à seulement quelques mètres. Dans ma tête, l’orage se calmait. Je me disais que j’aurais bien le temps de réfléchir à tout ça une fois redevenu humain, que j’avais la possibilité de faire une chose dont je mourrais d’envie et que je n’aurais jamais eu le courage de faire sous mon autre forme. Alors je me suis levé, en silence et après m’être dégagé de la chaude étreinte du tissu, je l’ai attrapé entre mes crocs pour la tirer dans mon sillage. J’ai marché, à pas de loups, jusqu’au lit. J’ignore s’il m’a entendu arriver, mais je n’ai pas le souvenir de l’avoir senti sursauté lorsque j’ai posé mes pattes avant près de lui. La couette toujours entre les crocs, j’ai hissé le reste de mon corps animal sur le lit et me suis étendu à mon tour près de lui. J’ai essayé de faire remonter la couette pour nous recouvrir tous les deux, mais je n’ai pas vraiment réussi. Lassé, j’ai finalement posé ma tête sur son ventre et j’ai fermé les yeux. Sa main dans mon pelage quelques secondes à peine après l’impact, je me suis laissé bercer par ses caresses et sa respiration. Jusqu’à m’endormir finalement, épuisé.



Sueurs froides. Tremblements. Douleur et tiraillement. Réveil en sursaut. Panique. La transformation m’a capturé dans mon sommeil. J’ai voulu m’éloigner de Kyle mais coincé par la couverture, je n’ai réussi qu’à rouler sur le flanc jusqu’à toucher de nouveau le sol. Je n’ai pas pu voir son visage, ni même s’il était réveillé, s’il avait peur ou quoi que ce soit d’autre. La douleur m’a pris ma conscience l’espace de quelques secondes. Mes os ont craqué, se sont déplacés. Mes muscles ont également fait le grand voyage en sens inverse. Pris de spasme, j’avais grand peine à respirer. Puis mon corps a commencé à se modifier de l’extérieur. Il s’est étiré, s’est transformé, jusqu’à reprendre une apparence mi-animale/mi-homme. La fourrure du loup a disparu, laissant place à mon corps nu et tremblant. J’étais redevenu humain. Puis j’ai perdu connaissance. Je pense que ça n’a pas duré longtemps, peut être une minute. Lorsque j’ai rouvert les yeux, rien ne semblait avoir changé alentours. Un regard vers l’extérieur, il faisait presque jour. L’obscurité était encore bien présente mais on pouvait déjà distinguer les premières lueurs du soleil sur l’horizon. Autour de moi, la couette. Et derrière moi, le lit, sur lequel devait encore se trouver Kyle. J’ai été incapable de me retourner. J’ai commencé à trembler, frigorifié, alors que ma peau était brulante. C’est toujours comme ça lorsque je retrouve ma forme originelle. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi. Je suis resté statique quelques minutes, le temps de reprendre mes esprits. J’ai porté ma main à ma gorge, ma chaîne et sa croix étaient toujours là, à leur place légitime. J’ai laissé s’échapper un soupir de soulagement. Enroulé dans la couverture, j’ai réussi à me lever au bout de plusieurs essais et une fois debout, je me suis rappelé de la blessure que cet enfoiré de Supérieur m’avait infligé sur le flanc droit. J’ai laissé glisser la couette jusqu’à ma hanche et j’ai jeté un œil. Il n’y avait plus là qu’un fin liseret un peu plus rougis que le reste de ma peau. D’ici quelques jours, on n’y verrait plus rien.

Je sentais la présence de Kyle derrière moi, mais quelque chose m’empêchait de lui faire face. Je n’arrivais pas à me résoudre à le regarder. J’ai remonté la couverture sur le haut de mon corps et j’ai contourné le lit pour ramasser mes vêtements sur le sol. Je me suis rhabillé en vitesse et une fois la capuche de mon sweat sur la tête, j’ai marché tant bien que mal en direction d’une petite porte qui se trouvait dans le fond de la pièce, pas très loin du stock de nourriture. Une salle de bain. Miniature, mais avec juste ce qu’il faut pour avoir un minimum de confort pendant dix jours. Une douce. Un lavabo. Des toilettes. Merci la magie. J’ai poussé la porte, allumé la lumière et fait couler l’eau du lavabo. J’ai passé mes mains sous le liquide, et après avoir récolté assez d’eau dans la coupe qu’elles formaient, je me suis arrosé le visage et j’ai frotté. Pour me réveillé, mais aussi pour tenter d’effacer toutes les pensées que j’avais mis de côté avant de m’endormir et qui revenaient au grand galop maintenant que j’étais redevenu humain. J’ai regardé mon reflet dans la glace un moment. Je crois que mes joues s’étaient encore creusées. Et me voir avec les cheveux plus courts, c’était quelque chose d’assez étrange. J’avais perdu l’habitude. J’ai laissé mon esprit divaguer jusqu’à me demander ce que Kyle penserait de ça, puis j’ai secoué la tête pour chasser ces réflexions internes qui commençaient déjà à me prendre la tête.
Mon estomac a grogné, comme toujours après une nuit passée à cavaler dans le corps du Loup. Finalement tout ça, ça devenait une sorte de routine mensuelle. Les lendemains de Pleine Lune se ressemblaient tous. J’étais épuisé, affamé et frigorifié.
J’ai fait demi tour et mon regard à croisé celui que j’essayais tant d’éviter depuis de longues minutes. Je suis resté bloqué une demi-seconde puis j’ai repris mon chemin. J’ai attrapé un truc a manger sur l’une des étagères, et de biais, sans le regarder, j’ai prononcé mes premiers mots depuis la veille.

- T’as faim ?

Je sais que j’aurais pu faire mieux, mais … Qu’est ce que je pouvais bien dire ? J’en avais trop sur le cœur et dans la tête, et je savais pertinemment qu’à l’instant même où je laisserai les vannes s’ouvrir, je ne contrôlerais plus rien. Je n’avais pas envie de ça. Pas maintenant. Comme à mon habitude, devoir faire face ne m’enchantait pas le moins du monde. Voyant que je recommençais à gamberger, je me suis énervé et j’ai trituré tout ce que j’avais à portée de main. J’ai attrapé le paquet de gâteau sec, c’est a peu près tout ce qui se conserve assez longtemps, dans lequel j’avais déjà pioché et j’ai marché droit vers Kyle. Je lui ai tendu l’objet sans le regarder.

- Mange.

Et ce n’est pas négociable. Je ne l’ai pas empêché de te tuer pour que tu te laisses mourir de faim. Regarde-toi. T’es pâle. T’as maigri. On dirait moi. Et je ne suis PAS un bon exemple alors tu manges et c’est tout.
Devant son absence de réaction, j’ai laissé tomber le paquet sur le lit et je me suis éloigné de nouveau, pour aller m’asseoir sur la table, à quelques mètres du lit, lui tournant le dos. J’ai mâchonné quelques secondes puis j’ai laissé tomber ma main sur ma cuisse, en fixant l’extérieur comme un damné. Je sentais bien que je commençais à partir dans tous les sens. La pression était trop forte.

- Désolé que tu ais assisté à ça.

Je parlais principalement de la transformation, mais également de la chute du Supérieur dans le vide. Changer de forme était à mes yeux quelque chose de très personnel et je me sentais un peu mis à nu, plutôt ironique, d’avoir du faire ça en présence d’une autre personne. Pourtant, c’était Kyle, alors ça changeait tout. Je crois qu’il était bien le seul que j’aurais pu tolérer dans ce moment là. Il était le seul à avoir vu ce spectacle d’horreur, en dehors de mon frère mais là encore c’était une autre histoire, et quelque part j’avais honte, je me sentais mal. On ne peut pas dire que ce soit la plus belle chose qu’il soit au monde. La phase entre le corps Humain et celui de l’animal est très douloureuse et à mon avis, vu de l’extérieur, cela doit être horrible à voir. Une forme indistincte. Un monstre. Un entre-deux.
Je soupirais une nouvelle fois, les yeux fermés, ne sachant pas quoi faire de moi alors que je n’avais qu’une envie, redevenir ce gros Loup noir pour pouvoir me coucher près de lui comme cette nuit.
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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Dim 13 Juin - 4:57

Le silence s’était installé dans la salle. Et pourtant, ça faisait un bruit de fou dans ma tête. Mes pensées, mes sensations passées et mes souvenirs s’entre choquaient là-haut, créant un vacarme infernal. Je ne savais plus trop où me poser et le loup couché en dessous de la table m’obsédait. La situation était toujours aussi étrange que lorsque nous étions sur le quatrième étage. Parler à un animal de cette façon était quelque chose d’assez inhabituel. Je savais qu’en dessous de tout ce poil ce trouvait Enzo, mon Enzo mais j’avais toujours le museau, les pattes mais surtout la fourrure qui me revenait en pleine face. C’était difficile de se faire à l’idée, surtout que j’avais envie de lui dire mille et un trucs à la fois. Sachant qu’il lui était impossible de me répondre, j’avais préféré écourter ma version des faits. Après tout, c’était peut-être mieux ainsi. Ainsi, je m’évitais de me prendre les pieds dans les plats à raconter des mensonges gros comme ma connerie visible sur mes poignets. Je m’étais simplement contenter de lui dire que j’avais retrouvé la mémoire mais point final. J’avais préféré ne pas embarquer des les détails car je n’y avais pas encore réfléchi. Je détestais mentir, en particulier aux personnes que j’aimais mais là, c’était une situation extrême. C’était mieux pour moi et pour lui. J’allais sortir mon côté théâtral pour avoir l’air du meilleur menteur possible mais ce n’était pas gagné d’avance. Pour ce qui était de jouer la comédie, j’étais sûrement le plus nul qui existait sur la Terre. J’ignorais pourquoi mais plusieurs signes physiques laissaient croire que je mentais. Mon sourire était encore plus facile que d’habitude, ma main jouait toujours avec mes cheveux mais surtout, j’étais incapable de regarder la personne dans les yeux. Saurais-je capable de maîtriser tout ça pour laisser croire à Enzo ce que je voulais bien qu’il entende? Après tout, il ne me connaissait pas tant que ça alors si je pouvais jouer de ce côté-là… Se douterait-il de ce que j’ai fais? A part peut-être s’il jetait un coup d’œil vers mes poignets, rien n’était fichu. Mais qu’est-ce que je pourrais lui raconter lorsque viendrait le temps de ses questions? Que j’étais tellement un moldu exceptionnel que j’avais réussi à retrouver la mémoire en claquant des doigts? Hum je ne me trouvais pas crédible moi-même. Ou bien encore que les supérieurs avaient tellement pitié de moi qu’ils avaient décidés de me redonner la partie qu’il m’avait enlevé? Encore moins crédible. Arg peut-être que pris sur le fait, je réussirais mieux à trouver l’excuse qui allait convenir. Pour le moment, j’étais incapable de réfléchir correctement tant que la masse du loup me faisait revenir sur Terre. Il était là, à seulement quelques mètres de moi mais pourtant si loin… J’avais l’impression qu’il était à l’autre bout du monde et qu’il y avait des chemins parsemés d’embûches entre nos deux. C’était imagé, bien entendu, mais j’avais pourtant l’impression que c’était ça. L’impossibilité de s’exprimer pour lui et la façon dont il avait de se fermer à moi faisait que cette image me restait dans la tête.

Couché sur le dos, je continuais de fixer le plafond. Je n’avais point sommeil, après tout ce qu’il venait de se passer. Bien que ma respiration normale était de retour après notre course effréné, mon cœur battait toujours autant la chamade. C’était probablement dû à la présence d’Enzo le loup. Moi qui pensais ne plus jamais le revoir, je m’étais trompé et j’en étais très heureux. Qui avait prédit que ce matin là, en me réveillant, j’allais le voir? Avant tout cela, il avait fallu que j’affronte le maître des supérieurs mais tout cela était déjà du passé. Ce sorcier était décédé à présent et je me doutai que ses subalternes n’allaient pas tarder à faire preuve d’une présence plus ardue. Durant mes nombreuses séances de torture avec les hommes vêtus de noir, aucun d’eux ne se manifestait sauf si le maître leur en donnait l’autorisation. Ils se contentaient simplement de demeurer dans l’ombre, observant et attendant leur moment de gloire. Maintenant que leur chef se trouvait en enfer, je l’espérais, la situation allait probablement changer. Peut-être qu’il y allait même avoir certains duels afin de savoir qui prendrait la place. Et quelles seraient les nouvelles directives. Et du coup, en pensant à ça, je paniquai.
Même si cet homme avait voulu me tuer par un Avajesaisplusquoi, il avait toujours voulu me protéger. En me faisant souffrir, certes, mais son seul désir était que je demeure envie. Parce qu’il me trouvait spécial. Selon lui, je dépassais tous les moldus qu’il avait connu jusqu’ici. J’avais une résistance hors du commun, faisant de moi encore plus une bête de foire que tous les autres qui se trouvaient prisonnier du quatrième étage. Maintenant qu’il était décédé est-ce que lorsque les autres me mettrait la main dessus voudrait m’envoyer dans le monde des fantômes? Puisque j’avais retrouvé Enzo, même si ce n’était pas encore tout à faire concret, je n’avais plus envie de quitter la magie. La vie n’allait plus être pareille. Et j’ignorais combien de temps nous pouvions rester ici. Je ne savais même pas si Enzo voulait bien me garder à ses côtés. Après tout, il avait toujours ses études en jeu et j’ignorais quand et comment il avait découvert cette salle. Et si…

Je sentais soudainement une présence tout près de moi accompagner par un poids lourd sur le lit. Je sortais aussitôt de ma rêverie tournant autour de la mort de ce supérieur. Mon cœur s’accéléra dans ma poitrine tant dis que le loup se coucha à mes côtés. Je sentais la couette remonter sur nos deux corps et peu de temps après, c’était la tête de l’animal qui se posa sur mon ventre. Comme par réflexe, je soulevais lentement ma main, en souriant, et la déposai entre ses deux oreilles avant de la perdre dans son doux poil. Je débutai mes caresses comme si ça aurait été simplement un chien qui serait venu me retrouver. Mais intérieurement, c’était beaucoup plus que ça. Je ne savais pas trop ce que ce geste de la part d’Enzo voulait signifier mais bon. Moi j’agissais avec lui comme j’aurais réagi s’il aurait été humain. Non j’avoue que là, je mens. En réalité, je lui aurais probablement sauter dessus comme un fou mais ça, tout le monde s’en fou (sauf Lili et Jess).
Mes doigts perdus dans son pelage que je ne cessais d’agripper malgré moi, je continuais de sourire, l’air niais. J’avais l’impression que tout était revenu comme avant entre lui et moi. Enfin, presque comme avant… Au lieu d’avoir le garçon de mes rêves étendu dans un lit avec moi, j’avais plutôt une grosse bête poilue noire. Oh il était bien mignon mais je n’étais quand même pas pour embrasser un animal. J’étais peut-être gaga de lui mais pas à ce point là. Je me demandais comment allait se passer le lendemain. Bercer dans mes illusions je m’imaginais qu’après sa transformation on discuterait de ce qu’il s’était passer durant tout ce temps où nous nous étions perdu. Et qu’ensuite, sans trop se poser des questions sur comment j’avais fait pour retrouver la mémoire, nous rirons des supérieurs qui avaient lamentablement échoués leur plan machiavélique. Pour terminer, avec nos deux cerveaux combinés, nous trouverions un endroit plus sûr où nous cachés et ou fuir toute cette violence et cette agressivité provenant de ce château et de ses habitants magiques. Et ces avec ces belles images à l’esprit que je fermai les yeux et tombai rapidement endormi, le doigts refermés dans la fourrure de la bête qui semblait s’être déjà assoupie.

Je m’étais gourré. Je m’étais enfoncer le doigt dans l’œil jusqu’au coude.
Il fallait croire qu’encore une fois, mes espoirs m’avaient envoyer très bas dans les ténèbres. Merde pourquoi tu me fais chier comme ça Enzo? Quoi, t’es plus content de me voir soudainement?

Ressentant un fort mouvement sur mon ventre et à mes côtés, je me réveillai en sursaut. Moi qui avais toujours eu le sommeil très léger, ça ne me prenait pas grand-chose pour me sortir des bras de Morphée. Et la bête était si près de moi qu’une simple respiration trop forte de sa part pouvait m’extirper de mes doux rêves. Mes yeux s’ouvrirent brutalement et ne sentant plus qu’Enzo était dans le lit, je me redressai aussitôt. Enroulé dans la couverture, le loup s’était retrouvé sur le sol et aussitôt, mon réflexe fut de regarder à l’extérieur. Au loin, je percevais l’aurore qui s’annonçait. La nuit maintenant terminée, la pleine lune s’était totalement effacée et donc, les choses revenaient à leur normalité. Je regardais de nouveau la couverture mais je n’arrivais plus à voir ce qu’il se passait à l’intérieur. À vrai dire, je n’y comptais pas trop non plus. À entendre les bruits étranges qui sortaient de ce tas de tissu, je n’avais pas envie de voir ce qu’il se passait. J’entendais divers craquement et je pense avoir perçu quelques faibles hurlements. Impuissant, je laissais les choses faire, me mordant les lèvres. Je me doutais qu’Enzo devait souffrir le martyr mais malheureusement, il m’était dans l’impossibilité de l’aider.
Après quelques instants, la couverture cessa enfin de bouger. Il ne semblait plus y avoir signe de vie. Les secondes s’écoulaient, il n’y avait toujours rien et la panique s’empara de moi. Hésitant, j’ouvrai la bouche pour appeler Enzo mais aussitôt, il se redressa, s’assoyant sur le sol. Je soupirai de soulagement avant de remarquer qu’il tremblait. Comme s’il avait froid ou quelque chose comme ça. Attendant qu’il fasse un mouvement, je ne parlai pas, me contenant simplement de fixer le derrière de sa tête. Il avait coupé ses cheveux. Ils étaient environ comme lorsque je l’avais rencontré pour la première fois sous le saule ravageur. Dommage. J’aimais bien ses cheveux longs pour y glisser mes doigts. Eh puis merde, ce n’était juste pas le moment de penser à ça.
Il s’activa enfin, après plusieurs minutes de silence interminable et il se leva, prenant soin de se couvrir avec la couverture. Moi, je ne le quittais pas du regard, attendant qu’il me regarde pour lui sourire et lui dire que tout allait bien. Mais il m’ignorait, littéralement. Comme s’il était seul dans la pièce où que j’étais un objet sans valeur. Mon cœur se serra lorsqu’il contourna le lit pour prendre ses vêtements qui étaient demeuré sur le sol. Il s’habilla rapidement, mettant même la capuche de son sweat sur la tête, avant de disparaître, dans ce que je supposais être, la salle de bain. J’eus alors une légère pensée pour Cameron qui lui aussi avait mit sa capuche sur sa tête après m’avoir sauvé la vie. Et mon suicide me revenait en tête. Alors j’avais tout fait ça pour rien… Il m’ignorait! Peut-être était-ce dû à sa transformation? Non. Il ne m’avait pas ignoré sous le saule alors pourquoi le faisait-il maintenant? Tout semblait bien aller avant qu’on s’endorme alors pourquoi là c’était différent?

Et bien merde Kyle, tu t’es encore fait avoir.
Mais je pensais vraiment que tout était revenu comme avant!
Encore une fois, tu as été trop rêveur. Franchement, tu ne le connais pas assez pour savoir quelle aurait été sa réaction des heures à l’avance?
Ça m’a effleuré l’esprit mais son geste…
Il était en loup. Tu n’as pas pensé à ça? C’est différent Enzo l’humain et l’Enzo loup. Tu t’en fous de ça?
Non! Mais merde! S’il s’avait ce que j’ai du endurer juste pour retrouver son les traces de son visage!
Bah va s’y, exprime toi mon grand!

Il ressorti de la salle de bain et moi, j’étais demeurer assis en indien sur le lit, fixant les draps, déçu mais surtout, en colère. Qu’est-ce que je pouvais le détester!
Je senti sa présence près de moi et je levai les yeux. Nos regards se sont croisés puis une fois de plus, il était reparti dans son délire. Je rebaissais les yeux comme s’il ne s’était rien produit.
Intérieurement, j’hurlais, j’explosais. Tous mes beaux rêvés étaient partis en fumée. Il n’y avait pas de paroles, pas de rires. Aucune retrouvaille. Juste le silence et le froid. Voilà ce que comportait les murs de cette foutue pièce de merde alors que ça aurait du être le contraire. J’avais tout fait ça en vain. J’avais les signes du faible. Le monde entier pouvait rire de moi et me juger. Et lui, il s’en foutait. Je n’existais pas. Je n’étais qu’un vulgaire bibelot pour égayer sa cachette merdique.


- T’as faim ?

Je ne répondais pas, je ne relevai même pas la tête.
Wtf, tu ris de moi j’espère? Après tout ça, tu me demandes si j’ai faim? Je suis désolé mais contrairement à bien des gens, je ne mange pas mes émotions. Et tu m’en fais vivre tout un tas là. Tu ne vois pas à quel point j’ai besoin qu’on en discute? Je tremble tellement je suis énervé? C’est quoi, tu as envie de revoir le mec qui était dans le parc? J’ai pas envie de le faire ressortir mais tu m’y forces. Tu me pousses dans les limites, encore une fois. Tu fais exprès ou quoi? Merde qu’est-ce que je peux me détester de t’aimer autant… Mais tu t’en fou. Toi tu passes au travers et tant pis pour le reste. Tant pis pour moi.
Je te déteste.

Il faisait un bruit infernal. J’ignorais s’il cherchait à attirer mon attention mais je ne lui donnai pas, concentrer à tenter de garder mon calme devant cette situation qui me dépassait dans tous les termes du mot. Il cessa tout mouvement et du coin de l’œil, je le vis s’approcher de moi.
Oh tu vas enfin m’accorder de l’attention, de la vraie?


- Mange.

Je levai de nouveau les yeux. Il me tendait une saleté de gâteau sec que je détestais comme la peste. Sans me regarder, bien entendu. Encore de faux espoirs. Et vlan, dans les dents.
J’avais des flammes dans mes yeux bleus tant que j’étais énervé. Il me donnait des ordres maintenant? Je n’allais pas l’avaler son stupide gâteau. J’avais en horreur tous ces trucs moches qui se conversent trop longtemps.
Voyant que je ne faisais rien, il laissa simplement tombé la nourriture sur le lit et s’éloigna de moi tant dis que mes tremblements étaient de plus en plus présent. Je grinçais des dents, les sourcils froncés. J’avais l’impression d’être traité comme une vermine. Je pense qu’être traité ainsi par lui était pire que d’être traité comme ça par les supérieurs. Avec lui au moins, je pouvais me permettre de faire quelques excès. Il s’assoiya à la table, dos à moi, bien entendu, avant de se mettre tranquillement à manger.
Quoi, c’est tout?


- Désolé que tu ais assisté à ça.

Ah non alors là c’était trop. Et puis il parlait de quoi là? De son meurtre? De sa transformation? De lui qui était venu me retrouver dans le lit? Ou encore de son humeur massacrante? Toujours a lui. Il ramenait toujours tout à lui sans se soucier de ce que je pouvais ressentir. Sale petit égoïste. On s’en fou de moi, je ne suis qu’un pauvre moldu.
Je n’en pouvais plus. Il devait changer d’attitude ou sinon c’était moi qui allait mettre les voiles. Avoir su que ça aurait été aussi pénible…
Je voulais avoir son attention et je savais comment y parvenir. Il allait me le payer celle là. Quitte à ce que je me prenne une baffe monumentale. Quitte à ce que ça coupe les ponts entre nous. Je ne voulais pas lui mentir et bien je n’allais pas le faire. Contrairement à lui qui prenait un malin plaisir à me balancer n’importe quelles conneries quand ça lui chantait.

Sans crier gare, je me levai d’un coup sec, renversant par la même occasion de la boîte de gâteau sec qui tomba par terre. Je ne m’en souciai point. Je me dirigeai directement vers la table, la tête haute, les sourcils toujours froncés. Une fois arrivé, je contournai le meuble afin de me retrouver en face d’Enzo.


-Bonjour monsieur l’égoïste, alors comment ça va ce matin? Oh bien ne t’inquiète surtout pas pour moi, tout va bien! Hier, j’ai vu un homme loup tuer un sorcier qui s’apprêtait à me tuer. Pas mal hein? J’ai adoré entendre ces pauvres os se fracasser contre l’escalier en pierre! Et j’ai surtout adoré être traîner jusque dans un endroit merdique comme celui-ci pour me faire traiter comme une vraie merde qui n’existe pas! BON DIEU que c’est le pied de se faire ignorer alors que je me suis fendu le derrière en quatre pour tenter de retrouver ma mémoire sur ton cas! En passant, j’espère que tu as bien remercié ton salopard de frère pour m’avoir refait la face! C’était comment hein? Est-ce que vous vous êtes échangés deux ou trois tapes amicales? Est-ce que ça ravivé votre relation au fait? Vous méritez tous les deux un oscar! Toi pour être un petit garçon égoïste et lui pour être le plus grand connard que la Terre n’a jamais connue! Oh et quelle droite! Dis, t’aurais pas envie d’essayer ça sur ma joue, hein? J’avais envie de savoir si cette force est de famille!

Je tendais la joue droite au hasard mais je reprenais aussitôt la parole, ne lui laissant pas le temps d’en placer une. Je parlais fort et rapidement. Je déballai tout en même temps.

-Tu dois tellement te demander comment j’ai fais pour ravoir ma mémoire! Bordel qu’est-ce que tu dois te poser des questions! Peut-être que tu te dis que je jouais la comédie l’autre fois? Ben désolé mon vieux mais c’était authentique. Et t’as sûrement du t’en rendre compte. Parce que contrairement à toi, je ne t’aurais pas ignoré comme tu viens de le faire. Maintenant que tu sais ça, je ne ferais plus durer le suspense. Comment est-ce que j’ai fais pour retrouver ma sacré nom de dieu de mémoire hein? Moi aussi j’ai des pouvoirs magiques, le savais-tu? Tout le monde ici pense que je suis qu’un stupide moldu mais ce n’est pas le cas! Et tu sais c’est quoi ma spécialité? Je fais apparaître de jolies coupures! Tiens regarde ça!

Dans ta gueule mon enfoiré.

Je levai les bras, me penchai directement sur la table, poussai sa nourriture sur le sol et tournai mes poignets juste en dessous de sa figure, laissant ainsi au grand jour mes nombreuses coupures en voie de guérison.


-C’est ça que j’ai fais pour retrouver ma mémoire. Pas mal hein? Dommage, il n’en manquait que quelques unes avant que Cameron vienne me sauver mais un peu plus et je passais de l’autre côté. Et tu sais quoi? C’est grâce à cette petite chute que j’ai pu voir ma vie défilée devant mes yeux et ainsi te retrouver. Alors maintenant, le grand mystère est résolu!

J’enlevai mes bras, m’écartai de la table, reculant de quelques pas. J’étais essoufflé par tous ces mots que je venais de dégueuler mais je ne m’arrêtai pas.

-Mais je vois que ça n’en a pas voulu la peine. Tu te fous de moi. Hier soir, je pensais que tout était réglé parce que tu es venu me retrouver. Mais non, tu m’as fais de faux espoir! Tu m’en voulais te t’avoir fait prendre une douche froide l’autre fois et bien tu m’as retourné la pareille, j’espère que tu es content! Et puis merde, on s’en fou de ce que je peux ressentir hein? Mais oui, je ne suis qu’un moldu. Moi je n’ai pas ma place ici.

Je m’arrêtai enfin, avec la sensation d’avoir tout dit.
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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Dim 13 Juin - 16:09

J’aurais du me douter de la tournure que prendrait les évènements. Je commençais à connaître Kyle sur le bout des doigts et je me doutais qu’il risquait de prendre relativement mal mon absence de réaction. Ce n’était pas que je n’avais pas envie de lui sauter dessus, de le prendre dans mes bras et de lui dire à quel point j’étais soulagé de l’avoir retrouvé, qu’il aille bien ou presque, et surtout qu’il se souvienne de moi. Mais les circonstances de toute cette sombre histoire étaient beaucoup trop floues dans mon esprit pour que j’arrive à me poser calmement. J’aurais pu le faire, aussitôt après être redevenu humain. J’aurais pu m’asseoir sur le lit près de lui et répondre à ses questions, lui poser les mêmes, mais comme toujours je ne me sentais pas près. Et je me fatiguais d’être comme ça, toujours effrayé par la vérité, en permanence sur le qui-vive, incapable de faire face. Ça s’était déjà produit une fois, il n’y avait donc aucune raison que ça ne recommence pas. Je m’en souviens comme si c’était hier et pourtant, c’était il y a déjà un mois de ça. Kyle m’avait poussé loin dans mes retranchements, en me forçant à me faire face. Je l’avais détesté, puis je l’avais aimé. J’avais juste besoin d’être débloqué. Je n’ai jamais eu la moindre estime pour moi-même, c’était peut être finalement tout à fait normal que les autres n’en aient pas non plus à mon égard.

J’étais assis sur la table, le regard dans le vague, et le temps s’est arrêté. Tout m’a semblé en suspend pendant plusieurs minutes. Le silence. Rien ne bougeait. A l’extérieur, le soleil se levait lentement mais sûrement. Je ne savais pas si j’étais content ou pas de le revoir celui là. D’un côté, sous ma forme animale j’avais l’excuse de ne pas pouvoir m’exprimer, et j’avais surtout la capacité de faire certaines choses que je me sentais incapable de faire sur mes deux jambes. Rejoindre Kyle et me coucher près de lui par exemple. Parce que je savais qu’il allait vouloir parler, et je n’avais pas la force d’affronter ça maintenant. J’étais exténué après cette transformation plutôt rapide. J’avais froid. J’avais faim, même si autant l’avouer ça ne passait pas vraiment. J’aurais voulu revenir en arrière et poser à nouveau ma grosse tête poilu sur le ventre de Kyle jusqu’à m’endormir, bercé. C’était tellement plus simple comme ça.

Pourquoi est ce que je suis comme je suis ? Je me fatigue. Je devrais sauter de joie et le couvrir de toute mon affection mais non, je n’arrive pas à profiter. Je suis trop cérébral, pas assez dans l’action. Il ne mérite pas ça mais pourtant je n’ai rien d’autre à lui offrir pour le moment que la vision de mon dos et de ma tête baissée. Et je sais que ça ne va pas lui plaire. Je le sens. La pièce est remplie de tension, j’en ai la chair de poule et le fin duvet de ma nuque devient électrique.



Un bruit sourd sur le sol. Je reconnais le son du papier qui se froisse sous l’impact. Le lit grince. Il se lève. Et ses pas frappent le sol. Rapides. Francs. Mon cœur s’emballe. Ma respiration le suit. Mes yeux se referment. Je ne peux pas te voir, ne viens pas. Trop tard. Je relève la tête, il est là, devant moi. Et sa colère me donne des frissons. Je voudrais me cacher dans un coin et ne plus jamais en ressortir. Ses yeux bleus devenus noir, ils accrochent les miens sans leur laisser la moindre chance de fuir. Alors je soutiens, incapable de m’en détacher. Ses lèvres s’agitent, je sais que rien de ce que je pourrais dire ou faire ne saura le stopper. A quoi bon. Peut être qu’on a besoin de ça. Peut être que j’ai besoin de ça. Je sais parfaitement que je ne pourrais pas fuir toute ma vie, j’avais juste besoin d’un peu de temps, pour me retrouver et faire le tri. Mais ça il ne le comprend pas. Pire, il ne le tolère pas. De toute façon, je suis comme paralysé, comme toujours finalement. Le temps passe mais rien ne change. Il reste lui. Je reste moi. Nous, et cette relation plus que particulière et destructrice qui nous caractérise tant je crois. Plus le temps passe et plus je me dis que je ne suis finalement peut être pas la seule source de problèmes dans cette histoire. J’ai parfois l’impression qu’il m’en demande trop, qu’il n’arrive pas à patienter et à se contenter de ce que je lui donne. Je suis égoïste, ça c’est certain, mais je crois qu’il devrait se regarder dans un miroir lui aussi de temps en temps. Je n’ai jamais été irréprochable, mais je ne rejette pas tous les torts sur lui en tout cas. C’est ce que j’ai l’impression qu’il fait parfois avec moi.

Mon crime. Mon frère. Ma façon de me comporter. Il ne m’épargne rien. Je serre les poings. Je serre les dents. J’encaisse en le regardant droit dans les yeux. Je ne veux pas m’énerver. Je ne veux pas prendre le risque de laisser échapper quelque chose qui pourrait tout détruire. Alors j’attends et j’écoute. Je ne perds pas un mot. J’analyse tout ce qu’il a besoin de me faire comprendre. Toutes ces choses qui me blessent, mais je n’en montre rien. A l’intérieur, mon cœur s’agite et se déchire à chaque fois qu’il évoque Derek. Il peut me traiter d’égoïste s’il le veut, je ne pourrais que lui donner raison, mais l’entendre me parler de mon frère me fait trop mal. Tout ça me rappelle qu’il m’a chassé de sa vie, que je ne suis à ses yeux qu’un être sans intérêt qui ne mérite pas le sang qui coule dans ses veines.
Tu ne peux pas imaginer ce que ça fait Kyle. Ça non, je te jure que tu ne peux pas. Ça me détruit. Je me sens vide. Je ne peux pas comparer cette souffrance là face à celle que j’éprouve quand je crois t’avoir perdu mais c’est tout aussi fort. Finalement, vous êtes pareil tous les deux. L’un comme l’autre ne m’acceptez pas réellement comme je suis. A trop vouloir me faire changer, vous allez finir par me tuer. Je ne peux pas changer. Mais je ne peux pas me résoudre à vous perdre. Vous ne me comprenez pas. Ni l’un, ni l’autre.

Il me tend la joue, en me demandant d’une voix pleine d’ironie de le frapper. Je manque de m’étrangler et le dévisage d’un air offusqué. Jamais je n’ai levé la main sur lui. J’aurais pu, mais j’ai toujours su me contenir, ou plutôt j’ai toujours été incapable de faire le moindre mauvais geste envers lui. J’ai beaucoup de violence et de colère en moi, mais elle ressort toujours sur les autres. Jamais sur lui. Ce n’est jamais arrivé. Ça n’arrivera jamais. Je l’ai plaqué une fois contre le mur, peut être un peu trop brusquement, mais je n’ai pas réfléchi ce jour là. C’était au quatrième étage, juste avant qu’il ne m’embrasse pour la première fois. Pas un baiser, non, mais une punition. Et si j’ai réagit comme ça, c’est parce que j’ai eu peur. Il m’a surpris en m’arrachant à mon rêve éveillé. A cette époque là, je n’avais pas encore fait le deuil de mes parents. Aujourd’hui, j’aurais sans doute réagit différemment, moins violemment. Comment le savoir, je suis tellement imprévisible finalement.
Il ne m’a pas laissé le temps de réagir, enchaînant comme un damné, plaçant des mots toujours plus blessant à mon encontre. Est-ce que je mérite autant de haine ? Je ne sais pas. Peut être. Je ne sais plus. Quoi qu’il en soit, je commence à regretter d’avoir demandé à Jill de me couper les cheveux. J’aurais pu cacher mon visage derrière eux … Me cacher, toujours me cacher. J’ai besoin de ça, de ma bulle. Un endroit dans lequel me protéger du monde extérieur, mais avec Kyle, je n’ai pas le droit à ça.
Oui je me pose des questions, des tas de questions même. Oui j’ai cru que peut être tu m’avais menti, et crois-moi je ne suis pas fier de ça. Il délire, s’énerve toujours plus, bouge dans tous les sens. J’ai envie d’attraper ses épaules et de serrer si fort qu’il ne puisse plus faire le moindre geste, mais je me contente de garder mes mains sur mes cuisses, poings toujours bien serrés et visiblement pas près à se relaxer. Mes jointures sont devenus blanches et le sang peine à circuler, mais je m’en moque. Je n’arrive pas à me détacher de ses mots qui me heurtent tous les uns après les autres. Et surtout, je suis curieux qu’il m’explique enfin comme il a fait pour retrouver la mémoire, parce qu’à mon sens c’est impossible. J’ai beau chercher, je ne vois aucune explication. C’est impossible.

« Tout le monde ici pense que je suis qu’un stupide moldu mais ce n’est pas le cas! Et tu sais c’est quoi ma spécialité? Je fais apparaître de jolies coupures! Tiens regarde ça! »

Il s’est penché vers moi, a retroussé ses manches et m’a foutu ses poignets sous les yeux. Au début, je n’ai pas regardé, je me suis contenté de fixer son regard, incapable de m’en détacher tant j’étais blessé et en colère. Voyant qu’il insistait, j’ai baissé les yeux. Je n’aurais jamais du. Ce que j’ai vu m’a coupé le souffle. Sur ses deux poignets, de multiples plaies linéaires en pleine cicatrisation. Je me suis mis à tremblé plus encore en fixant intensément toutes ces traces qui ne pouvaient signifier qu’une seule chose. Pourtant, je n’ai pas réagit. J’aurais voulu hurler, le bousculer, lui dire que c’était n’importe quoi. Je crois ne jamais lui en avoir autant voulu qu’à cet instant. A quoi il avait pensé, MERDE !
Il a continué son monologue, retirant enfin ses bras que je n’ai su saisir au passage, et moi j’avais des centaines d’images qui défilaient dans mon esprit. Je l’imaginais entrain de se tailler les veines dans le simple et unique but d’en finir. Avec ce sentiment de culpabilité ancré au fond de mon être.

« C’est ça que j’ai fais pour retrouver ma mémoire. Pas mal hein? Dommage, il n’en manquait que quelques unes avant que Cameron vienne me sauver mais un peu plus et je passais de l’autre côté. Et tu sais quoi? C’est grâce à cette petite chute que j’ai pu voir ma vie défilée devant mes yeux et ainsi te retrouver. Alors maintenant, le grand mystère est résolu! »

Alors c’est vrai ? On voit vraiment sa vie défiler devant ses yeux quand on meurt ? Je ne me souviens pas avoir ressenti ça le jour de l’accident. A vrai dire, je ne me souviens pas de grand-chose. Je me demande si Papa et Maman sont parti avec de beaux souvenirs en tête. J’espère. De tout mon cœur je l’espère. Mais tout ça n’excuse pas ton geste Kyle Johnson ! Tu as beau me traiter d’égoïste, ton geste me désespère. Tu as pensé une seconde à ce que j’aurais pu ressentir si ce … type ne t’avait pas trouvé à temps ? Cameron. Un nom qui déclenche en moi une vague de fureur malgré la gravité de la situation. Je n’arrive pas à me faire à l’idée qu’il soit celui qui l’a sauvé. Celui qui a réparé mes erreurs et mes fautes. Celui qui parvient à le faire rire alors qu’il ne m’a adressé ce jour là qu’une expression de peur et de tristesse. C’est à moi que tu aurais du sourire, pas à lui !
Je sais que comme toujours je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, que je fais tout de travers, que je n’arrive pas à trouver les bons mots et les bons gestes. J’en suis conscient, mais je suis comme ça et je l’ai toujours été. J’avais beau être un gamin souriant avant l’accident, je n’en restais pas moins incapable de me comporter de façon sociable avec les gens. J’ai toujours été en retrait, dans mon coin. J’avais des amis, mais je n’étais pas du genre à sortir et faire la fête dans des endroits blindés. J’avais mes petites habitudes, et un groupe d’amis assez restreint. Je n’ai jamais été un grand fan des effusions et j’ai toujours eu du mal à contrôler mes émotions. Depuis l’accident et la mort de mes parents, c’est encore pire.

Faux espoir. Douche froide. Tu crois que je prémédite tout ça peut être ? Oui c’est ce que tu crois, je le vois dans tes yeux. Et bien désolé de te décevoir mais ce n’est pas le cas, et ça ne m’amuse pas plus que ça ? Regarde moi, est ce que j’ai l’air de m’éclater là ? Tu trouves que j’ai l’air bien, détendu ? J’ai l’air de m’en foutre et de prendre tout ça à la légère ? Là c’est toi qui déraille mon pauvre. C’est quand même pas de ma faute si t’es aveugle.

C’était visiblement les mots de trop, et les derniers d’une longue série forte heureusement. Je me suis levé et je l’ai écarté de façon un peu brusque afin de pouvoir m’éloigner de lui. J’ai porté mes mains à mon visage, puis dans mes cheveux et j’ai hurlé en pliant les genoux jusqu’à m’accroupir.

Arrête ! Tais-toi ! Arrête !

Je me suis relevé aussi sec, un peu trop rapidement même puisque la tête m’a tourné et que j’ai vacillé. J’ai marché de nouveau vers la table et j’ai attrapé la chaise par le dossier. Je l’ai balancé dans la fenêtre fermée, parfaitement conscient que si je ne trouvais pas quelque chose pour calmer mes nerfs, surtout au lendemain d’une Pleine Lune alors que les instincts de la bête étaient à peine endormis, j’étais capable de faire du mal à Kyle. Je doutais que ça se produirait mais n’étant pas décidé à prendre le risque j’avais déversé toute ma colère et ma frustration sur cette chaise qui a fait voler en éclat toute la vitre. Je n’étais pas vraiment certain des conséquences de cet acte, mais la pièce et ce qui s’y trouvait étant magique, je ne fus pas surpris de voir la fenêtre se résorber d’elle-même et la chaise disparaître à l’instant même où elle avait franchit le passage vers l’extérieur. Le bruit résonnait encore dans mes oreilles, seul vestige de ma violence.

Je me tournais vers Kyle et pointait un doigt accusateur vers lui, sans m’approcher pour le moment. Il voulait me faire sortir de ma réserve, et bien comme toujours il avait réussi. Assis toi, j’en ai pour un moment.

- Ne me parle plus jamais de mon frère, c'est clair ?! PLUS JAMAIS ! J'existe plus pour lui, et tu sais pourquoi ? Non, tu sais pas, parce que tu t'en fous. Parce que je ne suis qu'un sale égoïste qui ne se préoccupe que de sa petite personne et ne tiens pas compte des autres. C'est là où tu te plante Kyle. Il a beau être le plus grand connard que la terre n'ai jamais porté, il reste mon frère. Un frère qui me déteste et qui préférerait sans doute me voir mort plutôt que d'avoir à supporter l'idée que je me sois entiché d'un mec, et d'un Moldu en prime. J'ai été le voir, et tu pourras d'ailleurs lui demander ce qu'il pense de ma droite puisque excuse moi, mais je ne te ferais pas le plaisir de te frapper. Il m'a demandé de choisir. Toi, ou lui. J'aurais pu choisir la facilité, puisque tu ne te souvenais plus de moi, j'aurais pu le choisir lui puisqu'en théorie j'avais plus rien à perdre, seulement j'ai pas pu ! J'ai pas pu parce que je peux pas t'oublier, je peux pas tirer un trait sur toi, d'accord ? Je lui ai dit que je ne pouvais pas choisir. Qu'il restait toujours mon frère et que je ne pouvais pas le rayer de ma vie, pas plus que je ne pouvais te rayer toi, même si de ton côté c'était déjà fait. Et ne transforme pas ce que je dis, je n'ai jamais dit que c'était de ta faute.

J’ai préféré anticiper sa réaction d’où ma dernière phrase, puisque je ne doutais pas un seul instant qu’il parviendrait à me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’étais bien conscient que tout ça n’était pas de sa faute, qu’il n’avait pas demandé à ce qu’on lui vole une partie de sa mémoire, ni même à ce que mon frère lui tombe dessus. Je ne voulais pas non plus qu’il pense que je n’en voulais pas à Derek d’avoir agit comme il l’avait fait avec Kyle. Seulement je n’avais pas été en mesure de confronter mon ainé. Comme toujours.

- Maintenant je me retrouve comme un con, sans famille. Il était tout ce qu'il me restait, le dernier souvenir de mes parents. Oh oui c'est vrai, j'ai pas le droit de me plaindre puisque toi tu n'as pas eu la chance d'avoir une vrai famille et que tu en as bavé pendant des années avec ces deux connards qui te servent de géniteurs. Et ne te méprends pas, ça ne veut pas dire que je ne lui en veux pas pour ce qu’il t’a fait, c’est clair ?!

Mais est ce que c’est de ma faute ? Hein ?! Est-ce que j’ai choisi de venir au monde dans une famille exemplaire ? Est-ce que j’ai choisi pour toi ? Est-ce que c’est moi qui ai décidé que tu aurais les parents les plus incompétents et égoïstes du monde ? Ne mélange pas tout. S’il te plaît.

J’ai gardé le silence un instant, mes bras revenu le long de mon corps et la tête sur le côté.

- Tu t'attendais à quoi ? A ce que je me jette sur toi à l'instant même où j'aurais repris forme humaine ? Bordel Kyle ! Je pensais que tu me connaissais un minimum. Excuse moi de ne pas être aussi à l'aise et expansif que toi.

J’ai toujours été une personne avec un énorme besoin affectif mais j’ai besoin d’un temps d’adaptation. Jusqu’ici il n’y avait qu’avec ma mère que ça se passait naturellement. Je sors tout juste de dessous ses jupes et toi tu t’attends à ce que je me mette à genoux devant toi ? Je suis désolé, je ne peux pas faire ça. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, crois moi, je serais bien mieux dans tes bras plutôt qu’à m’enfoncer cette lame que tu m’as planté dans le cœur, encore un peu plus profondément.
Je me suis approché de lui, absolument pas calmé et j’ai attrapé ses bras jusqu’à ce que ses coupures m’apparaissent de nouveau. Je les ai fixé un moment puis j’ai capté son regard. J’étais bien conscient que mes yeux avaient du virer du noisette au noir, comme à chaque fois que j’étais énervé, mais à vrai dire je me fichais pas mal de ce qu’il pouvait bien en penser, et ce même si je lui faisais peur. Hors de question qu’il s’en sorte comme ça. Il ne fallait pas me sortir de ma torpeur si tu ne voulais pas entendre ce que j’ai a te dire. Et je ne compte pas me taire avant d’avoir vidé mon sac. Entièrement.

- Pourquoi t'as fait ça ?! C'est de ma faute c'est ça ? Oui bien sur que c'est de ma faute. C'est toujours de ma faute. C'est à cause de ce que je t'ai dit au Deuxième étage ? Désolé d'avoir agis par instinct. Désolé d'avoir essayé de nous protéger tous les deux. Mais je suis égoïste, alors j'ai sûrement du faire ça juste pour ma gueule, pour arrêter de souffrir, parce que je ne suis qu'un sale gamin pourri gâté qui n'a pas supporté de se faire rejeter.

C’est ce que tu penses non ?

- Je pourrais te tuer pour avoir fait ça Kyle ! Mourir ? Tu crois pas que t'as eu mille fois l'occasion de le faire depuis que t'es arrivé là ? Mais bordel qu'est ce qui cloche chez toi ?!! C'est quoi ton problème. Pourquoi tu agis comme si j'en avais rien à foutre de toi ? C'est pas le cas merde ! De toute façon, ça change quoi maintenant ? Je t'ai vu avec ce type là, Cameron, c'est ça ? T'avais l'air de bien t'amuser.

A partir de ce moment là, je me suis complètement laissé emporter par mes émotions. J’ai perdu les pédales et j’ai ouvert les vannes. Il a du me trouver injuste, peut être à raison, mais il voulait discuter et savoir ce que j’avais sur le cœur alors il allait le savoir. Il était entrain d’obtenir exactement ce qu’il attendait de moi, j’en étais bien conscient. Je me laissais manipuler sans aucune volonté de luter, j’avais pris l’habitude.
J’ai lâché ses bras et j’ai croisé les mains derrières ma nuque en regardant vers l’extérieur, faussement apaisé. Je sentais que je n’allais pas tenir longtemps à ce rythme et ma voix commençait déjà à trembler dangereusement. Mes yeux restaient secs mais j’avais comme l’impression que ce n’était qu’un sursit superficiel.

- Tu me tues Kyle. Ça fait deux semaines que je ne dors plus, que je ne mange plus. Tout ça pour quoi ? Pour te retrouver avec des cicatrices qui signifient trop de choses. Pour m'en prendre plein la gueule encore une fois. Pour t'entendre me parler de ton Cameron, ton héro, celui qui t'a sauvé la vie parce que t'as essayé de la fuir à cause d'un enfoiré d'égoïste. Tu me donnes le beau rôle. Merci.

J’étais vraiment amer vis-à-vis de ça. Et je lui en voulais de me mettre dans une telle situation. Les images de ce que j’avais vu ce jour là me revenaient en tête. Je revoyais son sourire. Je l’entendais rire. Et ça me tuait. J’étais bien conscient d’avoir une réaction excessive et probablement puérile mais j’étais incapable de faire autrement.

- T'as la mémoire courte, Kyle. Si tu te souviens de tout, tu dois aussi te souvenir de ce que je t'ai dit sous le gros chêne, non ? Et bien de mon côté c'est pareil. Je le pense toujours. Et c'est toujours aussi fort. Seulement tu t'entêtes à pas le comprendre parce que je ne t'ai pas fait une déclaration assez convaincante. Tu t'es jamais dit que t'en attendais peut être un peu trop de moi ? Ça fait trois mois que t'es rentré dans ma vie et regarde le bordel que t'as foutu ! Si ça ne comptait pas pour moi, si tu ne comptais pas, tu crois que j'aurais pris le temps d'essayer d'encaisser toute cette merde ? Tu crois que j'aurais laissé mon frère s'éloigner de moi ? Mais bordel ouvre les yeux !

Oui ouvre les, parce que j’en peux plus d’avoir a m’expliquer chaque fois que je fais quelque chose, chaque fois que j’agis différemment de ce que tu attendais de moi.

- Je ne t'ignore pas. J'arrive pas à te faire face, c'est différent. Et si je t'ai rejoins cette nuit c'est parce que ça me tuait d'être loin de toi alors que t'étais juste là, à quelques mètres. Enzo l'humain est faible, lâche et incapable d'arrondir les angles, incapable de faire et dire ce qu'il a envie de faire et dire à la seconde même où il en a envie. Le Loup lui n'a pas ce problème là, même depuis que j'arrive à le maîtriser.

Une main entre ma tête et ma capuche, j’agrippais mes cheveux, tandis que l’autre s’était posé sur mon ventre là sous mes vêtements. Comme si j’avais besoin d’un contact pour me calmer. J’avais pris cette habitude, et même si je ne savais pas trop d’où elle sortait, elle m’aidait beaucoup. Je regardais de nouveau Kyle droit dans les yeux, ma colère s’était quelque peu envolé mais elle demeurait bien présente, peut être juste un peu différente.

- J'aurais pu te tuer tu sais. T'es complètement inconscient de t'être approché comme ça de moi. Et si j'avais pété un plomb ? Tu sais que le sang excite les prédateurs ? Je suis un assassin Kyle. J'ai tué ce mec de sang froid. J'attendais la Pleine Lune rien que pour ça. Je suis un monstre.

Et tu n’as pas peur de moi ?
Je ne te dégoûte pas ?

- Un monstre, doublé d'un égoïste. Un enfoiré. Un connard. Tout ce que tu veux. Mais ne redis plus JAMAIS que je m'en fous de ce que tu peux ressentir. Et même si effectivement tu n'as pas ta place ici, je ...

J’aurais voulu la retenir cette larme, mais je n’ai pas pu. Elle a glissé sur ma joue, traçant son sillage comme l’écume derrière un bateau. J’ai tendu la main et je l’ai posé sur sa joue à lui, cherchant mes mots, hésitant, la gorgé nouée et la bouche entrouverte. Ma paume a glissé jusqu’à atteindre son coup et mes doigts se sont enroulés autour de sa nuque. J’ai laissé mon pouce caresser la peau de son visage. Je tremblais comme si la terre s’en mêlait.

- Je ne voudrais pas que tu sois ailleurs parce que loin de toi je peux plus vivre.

Fais attention Enzo, j’ai comme l’impression que tu es entrain de tomber là !

Je me suis rapproché encore un peu, sentant un changement au fond de moi. Je n’étais plus en colère. J’étais … Je ne saurais même pas décrire dans quel état j’étais. J’ai gardé le silence une minute ou peut être plus, et puis mon front est venu se coller contre le sien, imposant ma présence dans son espace vital. Je savais qu’il pouvait me repousser à tout moment, pourtant rien ne semblait pouvoir m’arrêter. Une nouvelle larme s’est déversé sur mon visage et dans ma voix, les trémolos dus à l’émotion se faisaient beaucoup plus insistant.

- Parce que je t'aime. Mais ça tu ne le comprends pas, tu ne veux pas le comprendre. C'est ça que tu voulais entendre, non ? Je t'aime.

On dit toujours qu’il y a un bon moment pour ça. Je ne sais pas si c’est la vérité puisqu’avant ça, je ne l’avais jamais dit à personne, pour la simple et bonne raison que je n’avais jamais ressenti quelque chose d’aussi fort, et d’aussi … soudain. Quelques mois à peine. Pour certains, ça prend des années.
Je les ai gardé longtemps pour moi ces trois mots, parce que je ne me sentais pas capable de les prononcer, parce que j’ai mis du temps à me rendre compte de la puissance de mes sentiments envers lui. Et maintenant que j’avais passé ce cap, je me prenais l’envie d’aller le crier sur tous les toits. J’ai explosé en larmes et ma fierté s’est fait la malle. Ce qui n’est finalement pas une mauvaise chose. J’ai posé ma main libre sur de l’autre côté de son coup et mon pouce est venu caresser ses lèvres cette fois. Tous nos souvenirs sont remontés à la surface. J’ai fermé les yeux.

- Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime tellement. Plus que ma propre vie. Je ne suis rien sans toi. J'ai juste peur de ça, de tout ce que je ressens pour toi, et de tout ce que ça signifie. Je sais qu'on va souffrir, mais je m'en fous. J'veux plus jamais être séparé de toi. Pardonne-moi. Je t'en supplie pardonne moi. Pardonne-moi pour tout le mal que je t'ai fait. Pardonne-moi d'être long à la détente. Pardonne-moi de n'être qu'un sale égoïste, jaloux et possessif. Pardonne-moi d'avoir détesté ce Cameron à la seconde même où je l'ai vu te faire rire alors que je venais tout juste de te briser. Pardonne moi d'être aussi dépendant de toi.

Et puis finalement …

- Pardonne moi d'être moi.

Rejette-moi si tu ne veux plus de moi. Je veux juste que tu saches que tu t’es trompé en pensant que je t’ignorais, que je m’en foutais, que tu ne comptais pas.
Mais je ne vais pas changer, et tu le sais.
C’est tout ce que je peux t’offrir comme certitude, celle de mes sentiments pour toi.
Même si je te déteste de me mettre dans cet état là.
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Kyle Johnson



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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Lun 14 Juin - 5:55

Sans réfléchir un seul instant à mes actes ou à mes paroles, je m’étais lancé dans un discours cruel, méchant, direct et sans aucune faille. J’avais laissé tomber le masque du gentil Kyle qui se laissait dominer pour ressortir la bête noire qui, encore une fois, avait pointé le bout de son nez. Peut-être était-ce dû à plusieurs petites accumulations. La montagne et la pression étaient devenues trop lourdes à gérer et il fallait que ça sorte. Et il avait fallu que sa tombe sur lui. Pourtant, il n’avait rien fait de mal. Je connaissais bien Enzo et en quelque part, je savais qu’il allait redevenir le petit garçon renfermer sur lui-même. Mais je n’avais pas pu le supporter, lui demandant encore d’en faire plus qu’il ne le pouvait. Le repousser, le forçant à sortir tout de suite ce que je voulais voir. Pour alléger ma conscience? Peut-être, probablement. Mais pour moi, ça avait été la goutte qui à fait déborder le vase. Contrairement à ce que je lui avais dit et à ce que je m’étais mis dans la tête, au fond de moi, je lui en voulais de m’avoir solidement renvoyé lorsque je l’avais croisé à tout hasard à la suite de mon éveil du coma. L’aillant oublier, je n’avais pas compris ce changement radical de comportement de sa part. Il se démontrait au début très amical, voir même très affectueux à mon égard et naturellement, moi ça m’avait fait peur. Et c’était à cet instant précis, au moment où je tentais de me souvenir de lui que tout avait basculé. Il m’avait envoyé balader sans demander son reste, comme si je méritais toutes les merdes qui me tombaient sur le nez. Après avoir finalement retrouvé les fragments de mon esprit qui me manquaient et après avoir réfléchi et revu en boucle cette scène sur le deuxième étage, j’en étais venu à la conclusion qu’il avait fait ce qu’il fallait. Que je comprenais tout et qu’être dans sa situation, j’aurais probablement réagi de la même façon même si j’aurais trouvé le tout extrêmement difficile mais surtout pénible. Autant pour mon moral que pour mon cœur qui aurait prit un sale coup. Pour lui, c’était différent puisqu’il n’était pas amoureux mais seulement accroché à moi. La comparaison n’était pas la même. Mais bon, j’acceptais quand même sa décision, me disant que je n’avais pas à me torturer en me repassant encore cette même vidéo sans cesse dans ma tête. J’avais de meilleurs souvenirs retrouvés disons. Enfin, je pensais que j’avais accepté le tout. Parce que sans nécessairement le vouloir, dans mon dégueulis de mots perçants, je m’en étais directement prit à son frère, chose qu’en temps normal je n’aurais pas fait. Bien sûr que je le détestais pour m’avoir considéré comme une merde qui ne mérite pas de vivre. Bien entendu que je ne portais pas ce mec dans mon cœur comme je portais son frère. J’avais plusieurs mauvaises pensées à son égard mais j’aurais plutôt misé sur le silence plutôt que d’éclater le tout au grand jour, comme un fou furieux, sans réfléchir à ce que pouvait en penser Enzo. Je savais parfaitement qu’il ne l’aimait pas beaucoup ou du moins que leur relation fraternelle était encore plus compliquée et tordue que la nôtre mais cela n’empêchait pas qu’il devait éprouver une certaine affection envers lui. Surtout qu’ils avaient perdu leurs deux parents en même temps, sans doute que leurs sentiments n’avaient cesser d’augmenter l’un vis-à-vis l’autre en ces moments difficiles. Cette épreuve, ils avaient dû l’affronter à deux et c’était en unissant leurs forces qu’ils ressortiraient de cette situation plus forts. Enfin bref, j’avais réellement parler dans réfléchir. En plus détalé ce que je voulais le plus caché à Enzo. Je n’avais pas attendu longtemps avant de lui exposer ma honte. Pourquoi? Pour le faire sentir coupable? Peut-être. Mais c’était plutôt pour avoir son attention. Tout ce beau monologue avait été constitué dans un seul et unique but. Qu’il cesse de m’ignorer, de tourner autour du pot et qu’il m’affronter. Qu’il me donne ce que j’attendais de sa part. Au moins une attention. Si minuscule soit-elle. Et pour y parvenir, il aura fallu que je lui fasse mal. Que je me fasse du mal. Je ne me reconnaissais plus. Comment avais-je pu être aussi cruel?
Les remords commençaient déjà à faire surface alors que je venais tout juste de terminer ce que j’avais à lui dire. La vérité éclatée au grand jour, il allait certainement me répondre et j’espérais qu’il le ferait avec tout son cœur. Parce que j’avais mis le mien là, sur la table et je venais de lui insérer un poignard au beau milieu. Parce que le toucher là où ça faisait mal me blessait au plus profond de moi-même.

Pardonne moi.
Je te traites d’égoïste mais regarde moi. Je ne me considère pas comme un être parfait mais je pense avoir plusieurs qualités rares que la majorité d’entres nous tentent d’obtenir durant toute leur vie. Mais je suis loin d’être un gentil garçon, c’est là que je m’en rends compte. Tu as osé m’adresser la parole et quand je suis revenu vers toi, au lieu de me rejeter, tu m’as traîné avec toi. Je suis maintenant lié à toi. Comme un chaton perdu et affamé à qui l’on donne du lait. Tu lui en donnes le soir et le lendemain, il sera de retour sur ton balcon à en redemander encore. Et le chaton rendu grand, tu t’es attaché, incapable de t’en départir. C’est ce qui s’est passé entre nos deux. J’ai été ta bouée de sauvetage mais au lieu de continuer mon chemin vers mon escapade, j’ai décidé de rester parce que j’ai cru qu’il me restait encore un espoir dans tout ce bordel. Et ce, même si tu m’avais envoyé balader. Il y avait quelque chose… Je ne sais pas. Comme une sorte de lien qui était née entre nous deux alors qu’on se connaissait à peine. Tu n’étais pas là par hasard et moi non plus. Notre destin était lié même si notre relation était prématurée. J’étais tellement heureux que tu m’accordes enfin ton attention et que tu sois gentil avec moi. Regarde ce que j’en fais. Je te détruis un peu plus chaque fois à petit feu. Je suis le plus grand manipulateur que la Terre n’a jamais connu et c’est bien malgré moi. Je te pousse sans cesse derrière tes barrières sans prendre le temps de réfléchir à tout le mal que ça peut te causer. J’ai cette facilité de faire ce que je veux de toi sans même à avoir levé le petit doigt. C’est la première fois que j’arrive à faire ça. Habituellement, c’est plutôt le contraire, ce sont les autres qui s’en prenne à moi d’une façon aussi directe. Et ce pouvoir que j’exerce sur toi me remonte dans mon estime, tellement que je suis aveuglé par tous mes faits et gestes que je considère étant correct. Égoïste. Oui tu l’es mais pas autant que moi, ça je peux te le garantir. Je commence à bien te cerner tant dis que je me connais parfaitement. Peu à peu, je perçois les vilains défauts que je possède, qui commence à effacer les oh combien rares bonnes qualités que je possède. À force de me faire taper dessus sans raison, il faut croire que cela n’a pas que seulement créer une carapace. En plus de me renforcir, on dirait que je me suis dit que j’allais me venger dès que je le pourrais de tout ce que j’ai subis. J’ai trouvé ma victime. Celle qui se laisse contrôler en embarquant dans mon jeu les yeux fermés plutôt que de me fuir à toutes jambes. Et c’est toi. Peut-être est-ce parce que tu as encore moins d’estime que tu en as pour toi que j’en ai pour moi? Je ne sais pas. Toi qui m’apparaissais si solide et si fort au début, je me rends compte peu à peu que tu es dans la même galère que moi, voir même peut-être pire puisque je réussi quelques petits tours de magie avec toi.
Oui pardonne moi de m’emballer autant.




La colère était toujours aussi présente dans mon être. Par contre, mon sac tout versé sur Enzo, je me sentais plus léger et ce, même si je commençais à ressentir une vague de remord. Une énorme vague, intense. Je l’a sentais monter à l’intérieur de moi un peu comme mes mots dévastateurs m’étaient venus à l’esprit. Et pourtant, mon interlocuteur n’avait pas bougé d’un poil. D’ailleurs, il s’était contenté de resté sagement assis à sa place, m’écoutant d’une oreille attentive. Il ne démontrait aucune colère mais je savais parfaitement que je l’avais atteins en plein cœur. Et ça commençait à me tuer. Sérieusement. Et lorsqu’il s’est enfin levé de sa chaise pour me bousculer avant de s’éloigner de moi, mon cœur se serra. La boule allait éclatée, je l’attendais à tout moment. Après tout, je l’a méritais. Je l’avais provoqué et j’obtenais ce que je voulais. Son attention. Pas de la bonne façon, certes, mais m’y étais-je pris de la bonne façon moi? Bien sûr que non. J’étais dos à lui et je n’osais pas l’affronter comme lui l’avait fait. Parce que contrairement à lui, moi j’étais un petit peureux, incapable d’affronter lorsque c’était le temps. Pourtant, lui ne m’avait pas lâché du regard durant tout le long de mon discours, ne vacillant jamais, contrairement à ce que je m’attendais. Je ne me sentais pas capable de lui rendre la pareille, la vague étant de plus en plus présente. Après un court laps de temps, il était revenu dans mon champ de vision et moi, j’avais peine à regarder le sol. Je le vis empoigner le dossier de la chaise avant de l’envoyer dans les airs jusqu’à temps qu’elle atterrisse directement dans la fenêtre, la fracassant au passage et moi, je sursautai. Mais je n’avais pas peur, étrangement. Parce que je savais que jamais il ne me ferait du mal. C’était d’ailleurs la raison du pourquoi il avait préféré envoyer ce morceau de bois plutôt que moi. Plutôt que de me frapper alors que quelques instants plus tôt, je lui avais tendu la joue. Les yeux rivés sur la fenêtre qui se reconstruisait d’elle-même alors que la chaise n’avait jamais eu le temps de franchir le seuil de celle-ci, j’échappai une expression de surprise d’entre mes lèvres qui étaient demeurées entre ouvertes. Ce que la magie pouvait me surprendre parfois… Moins qu’avant, certes, mais il y avait toujours cette mystérieuse partie qui continuait de m’attirer.

Il se retourna vers moi, me pointant du doigt et mon cœur se serra un peu plus. Maintenant que l’expression physique avait fait son apparition, le pire était à venir. J’étais prêt à tout affronter. Il le fallait de toute façon.
Il commença par me parler de son frère et qu’est-ce que j’ai pu me sentir con de l’avoir autant rabaisser devant lui. Bien sûr qu’il l’aimait, je n’aurais jamais du avoir de doutes là-dessus. Nous avions beau être amis, il avait eu beau m’avoir presque tuer, il n’en demeurait pas moins qu’ils partageaient le même sang, les mêmes origines. Je fus surpris d’apprendre qu’ils avaient eu l’occasion de discuter après notre dernière rencontre abrégée. Et ce qu’il m’apprenait par la suite me faisant encore plus détester son aîné. Il lui avait demandé l’impossible, soit de choisir entre moi et lui. Non mais quel connard… Comme si c’était possible… À vrai dire, oui ce l’était. Au lieu d’hésiter et de préférer ne pas donner de réponse, Enzo aurait dû aller rejoindre son frère pour renforcir leur relation. Moi, je n’étais qu’un intrus parmi eux. Je m’étais incrusté dans leurs vies, dans leur fraternité sans rien leur demander. Peut-être avais-je brisé certains liens qui s’étaient créé depuis l’accident de leurs parents, je n’en savais rien mais je me sentais responsable. Parce que c’était de ma faute s’il n’était pas là avec son frère plutôt que moi. Je savais qu’il ne voulait pas m’oublier et me rayé de sa vie mais je n’étais qu’un parasite. Je voulu d’ailleurs lui en faire part mais sa dernière phrase prononcée m’arrêtait dans mon élan.
Ce qu’il me connaissait mon petit Enzo…
Il a continué à parler de son frère, de sa famille et finalement de la mienne. De mes deux drogués de parents. Puis, il a gardé le silence pendant un instant et ses paroles remuaient dans ma tête, comme une tempête dans un verre d’eau. Lui aussi m’avait touché là où sa faisait mal. Je me sentais extrêmement coupable qu’il ait coupé les ponts avec son frère. Ou plutôt que lui ailles décider de rayé Enzo de sa vie. Mais bon, il ne voulait pas que je dise que c’était de ma faute alors je préférai m’abstenir de tout commentaire. Mais cela ne m’empêchait pas de le penser tout de même.
Mon cœur, beaucoup trop serré à présent, avait de la difficulté à battre correctement. Comme s’il était vieux de quatre vingt dix ans alors qu’il n’avait seulement que dix sept années de vie. Mais lorsqu’il rebaissa son doigt, je me sentis respirer un peu mieux. Je détestai être une cible visuellement. Un poids sur mes épaules. Un poids envolé maintenant.


- Tu t'attendais à quoi ? A ce que je me jette sur toi à l'instant même où j'aurais repris forme humaine ? Bordel Kyle ! Je pensais que tu me connaissais un minimum. Excuse moi de ne pas être aussi à l'aise et expansif que toi.

Oui c’est précisément cela. Tu as visé en plein de le mile, tu me connais beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé. C’est d’ailleurs les rêves que je fais la nuit dernière alors que tu n’étais encore qu’un loup. Moi aussi je pensais mieux te connaître mais c’est que je refuse de voir ta réelle personnalité en face. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce que je n’arrive pas à gérer tout ça. Parce que tu es trop imprévisible même si là, toute cette scène était visible des kilomètres à la ronde. Parce que je suis fatigué. Parce que j’ai trop d’imagination, que je suis un grand rêveur en manque d’amour. Parce que j’ai écouté trop de films romantiques et que j’ai lu trop de romans. Parce que je suis trop con de continuer à espérer alors tout ce que je sais faire c’est du cinéma. J’hallucine des paroles qui n’existent que dans ma tête. Non ne t’excuse surtout pas, t’es pas à blâmer. Ce n’est que de ma faute, encore une fois. Je devrais être plus patient. Non même pas. Je devrais arrêter de t’imposer ce que je veux, ce que j’attends de toi. Je devrais arrêter. Parce que les mecs, ça ne t’intéresse pas, c’est pas ton truc. Parce que je suis juste un bon copain avec qui t’a vécu trop de choses.

Sans crier gare, il s’était approché de moi et je restai immobile, ignorant ce qu’il allait faire. Il s’est seulement contenté de me soulever les bras pour regarder plus attentivement mes blessures. Il me regarda directement dans les yeux et quand je vis son regard noir, je fermai les paupières, incapable de lui en donner plus. Ça y était, le déluge qui avait bien commencé allait se terminer en avalanche.
Puis il parle, blablabla et moi, j’ai envie de m’enfuir en courant pour ne plus entendre certaines vérités qui me faisaient trop mal. Il était vrai que c’était en partie de sa faute mais ce ne l’était pas totalement. J’avais fait ce geste par pur et simple désespoir. Parce que j’avais peur de me retrouver dans la folie et je préférais mettre fin à mes jours avant que ça arrive. Oui, ses paroles ce jour-là m’avait profondément blessé, voir même achevé et m’avait donc poussé à briser ce miroir afin de me construire une arme tranchante. Et le fait qu’il ne cesse de s’excuser pour une et mille raisons me rend complètement fou. Je veux plaquer mes mains sur mes oreilles et chanter jusqu’à temps qu’il aille terminer. Mais je résiste. Pour lui, pour moi. Je méritais tout cela. C’était les conséquences suite à mon acte manquer. Les conséquences suite à la macabre découverte que je lui avais apporter sur un plateau d’argent.


- Pourquoi tu agis comme si j'en avais rien à foutre de toi ? C'est pas le cas merde ! De toute façon, ça change quoi maintenant ? Je t'ai vu avec ce type là, Cameron, c'est ça ? T'avais l'air de bien t'amuser.

J’ouvrai brusquement les yeux. J’étais complètement resté scotché sur sa dernière question. Comment ça il m’avait vu avec Cameron? Je ne l’avais vu qu’une seule fois et c’était lorsque j’avais fais ma tentative. Après, je n’avais plus eu de nouvelles de sa part. Il fallait dire aussi qu’en étant enfermé à double tour dans ma chambre, il m’était impossible d’en avoir. Il m’avait donc suivi après notre rencontre sur le deuxième étage?
Il avait finalement lâché mes bras pour aller croiser ses mains en dessous de sa capuche qui était toujours sur sa tête. Et mon esprit dérivait vers le quatrième étage. Moi par terre, du sang sur les bras et le grand blond près de moi. Je n’avais pas envie d’y retourner mais je m’y sentais obligé par la force des choses. J’avais envie de poser des questions mais je me le refusais. Je n’avais pas à l’interrompre parce qu’il avait su m’écouter jusqu’à la toute fin sans jamais broncher. Je lui devais au moins ça. Et pourtant, je revoyais Cameron qui tout comme lui, avait son capuchon sur la tête alors que nous étions à l’intérieur. J’arrivais même à sentir tout ce sang qui coulait sur mes avants bras et comme par réflexe, je passais mes mains sur mes poignets mais naturellement, il n’y avait rien. Je regardai Enzo qui lui, semblait avoir le regard perdu à l’extérieur.


- Tu me tues Kyle. Ça fait deux semaines que je ne dors plus, que je ne mange plus. Tout ça pour quoi ? Pour te retrouver avec des cicatrices qui signifient trop de choses. Pour m'en prendre plein la gueule encore une fois. Pour t'entendre me parler de ton Cameron, ton héro, celui qui t'a sauvé la vie parce que t'as essayé de la fuir à cause d'un enfoiré d'égoïste. Tu me donnes le beau rôle. Merci.

Il me fit revenir sur Terre de nouveau. Heureusement. Marre de ce foutu quatrième étage.
Quoi? Non mais je rêve ou tu es jaloux Enzo Ryans? Tu sais bien qu’il n’y a pour moi qu’un seul et unique héro dans cette histoire et c’est toi. Et je ne parle pas du personnage que j’ai créé dans mes bandes dessinées lorsque j’étais gamin. Mais bien de toi, sorcier Australien de seize ans. Cameron n’est qu’une page qui s’est inscrite à jamais dans ma vie. Toi, tu es un roman en entier épais comme un dictionnaire. Il m’a sauvé la vie, oui, mais sans plus. Je m’excuse de t’avoir parler de lui mais pensais-tu que je savais que tu nous avais vu ensemble? Pourquoi tu lui en veux autant? Au contraire, tu devrais le remercier parce que c’est uniquement grâce à lui que je suis là, en face de toi, à t’écouter me renvoyer le poignard. Pourquoi est-ce que tu es jaloux? J’ignore si tu l’es réellement ou si c’est encore moi qui rêve un peu trop mais… Tu sais bien que notre amitié est trop forte pour que je laisse quelqu’un prendre ta place aussi facilement. Tu as ce qu’il me faut, lui non, même si je le considère aussi comme un ami. Mais je le vois plus comme un grand frère protecteur qu’un amoureux. Toi t’es mon mec de rêve, mon petit ami parfait. Lui, c’est seulement un frère.
Un peu comme je l’avais fait la vieille, il était revenu à notre dernière fois sous le gros chêne. Me faisait revivre pour un nombre x de fois tout ce qu’il m’avait dit. Il m’assurait que c’était toujours aussi fort de son côté aussi et j’en étais plutôt heureux. Mon cœur saignait un peu moins. Il me dit que je dois ouvrir les yeux… Oui mais sur quoi? Tout est clair pour moi autant que ça l’est pour toi.
Son regard dans le mien, sa main sur son ventre, j’écoutais la suite des choses. Il semblait s’être calmé et intérieurement, je m’en réjouissais. Le plus gros était maintenant derrière nous. Terminer les histoires de se prendre la tête. Du moins pour cette journée là. Nous avions eu une nuit plus qu’éprouvante et je pensais sincèrement que cela ne nous avait pas aidé dans nos sauts d’humeurs.


- J'aurais pu te tuer tu sais. T'es complètement inconscient de t'être approché comme ça de moi. Et si j'avais pété un plomb ? Tu sais que le sang excite les prédateurs ? Je suis un assassin Kyle. J'ai tué ce mec de sang froid. J'attendais la Pleine Lune rien que pour ça. Je suis un monstre.

Vraiment? Son meurtre était prémédité? Et moi qui croyais qu’il venait spécialement pour moi… Mais bon, ça ne faisait pas aussi mal que ça, m’y étant préparé à l’avance.
J’ouvrai la bouche pour la première fois depuis mon dégueulis de mots.


-Je sais mais je n’ai pas peur de toi Enzo. Que tu sois en simple mortel ou bien en loup, tu ne me fais pas peur. Tu es sûrement le seul être habitant ce château qui ne m’effraie pas. Et pourtant, je sais que je devrais mais je n’y arrive pas. Même si tu m’aurais mordu ou tué je… De toute façon, ça n’aurait jamais arrivé. Tu n’est pas un monstre, tu…

Il continua dans sa lancée d’insultes, m’interrompant au passage et je roulai des yeux avant de les baisser sur le sol, me sentant coupable. J’avais envie de lui dire de se taire, que tout ce qu’il disait n’était que mensonge mais il ne m’aurait jamais écouté de toute façon. Alors je continuais d’encaisser en gardant le silence.
Puis soudain, je sentais une main chaude s’enrouler autour de ma nuque et aussitôt, je relevai les yeux vers les siens, surpris de ce doux contact. Tant dit que son pouce caressait ma joue, je remarquai qu’une larme parlait sur son visage. Il tremblait comme s’il était secoué par de puissants frissons. Légèrement je fronçai les sourcils plus que surpris de ce changement soudain d’attitude. C’était tout lui ça. Toujours aussi imprévisible. Et là dans ma poitrine, mon cœur recommençait à battre normalement, complètement desserrer.


- Je ne voudrais pas que tu sois ailleurs parce que loin de toi je peux plus vivre.

Je lui fis un petit sourire tant dis que j’avalai difficilement ma salive. Il s’était rapproché un peu plus de moi et mon organe vital battait plus que normalement maintenant. J’arrivais à sentir sa chaleur corporelle et sa main posée là, sur ma nuque, commençait déjà à me rendre fou. Il eut un petit moment de silence, qui était plutôt apprécier dans mon cas. J’avais besoin de me recentrer, de faire le point sur ce changement radical de cap. J’avais la vague impression de retourner sous le chêne. Nous étions un peu dans la même situation. L’amour après la galère et la prise de bec. Mais était-ce réellement ça ou bien c’était moi qui divaguais à cause de ses belles paroles? Et comme il l’avait fait la fois sous le gros arbre, il appuya son front contre le mien et je fermai les yeux de nouveau. Comme ces contacts m’avaient manqués… Sa peau brûlante contre la mienne, froide comme la pierre.

- Parce que je t'aime. Mais ça tu ne le comprends pas, tu ne veux pas le comprendre. C'est ça que tu voulais entendre, non ? Je t'aime.

J’ouvrai les yeux encore plus brusquement que lorsqu’il m’avait parler de Cameron.
Non c’était impossible, il ne devait pas me dire ça à moi…
Sous le coup, je retirai mon front du sien, mille et une expressions accrochées à mon visage.
Ces mots… Si longtemps attendus. Pendant toute ma vie, jamais personne ne me l’avait dit, même pas mes parents. Après lui avoir demander s’il m’aimait dans le parc, je n’avais plus vraiment eu d’espoirs. Pendant un temps oui mais une fois au quatrième étage avec mes souvenirs retrouvés, non. Tout ce que je voulais faire, c’était me l’enlever de la tête et j’avais échoué comme j’avais échoué à notre promesse faite. Et maintenant qu’il me le disait, j’avais de la difficulté à le croire. Comment faisait-il pour m’aimer moi? C’était à cause de moi s’il souffrait autant mais il se raccrochait à moi comme je l’avais fait avec lui. Je ne le méritais pas, vraiment pas. Et pourtant, au fond de moi, je savais qu’il ne me mentait pas. Non, il disait la vérité mais je restai bloqué, incapable de dire ou de faire quoi que ce soit, me contentant de le regarder les yeux écarquillés.
Il s’est mis à pleurer pour de bon et mon cœur s’est serré de nouveau. Avec sa seconde main, il est venu entourer la deuxième moitié de mon cou et son pouce se posa sur mes lèvres qui étaient encore une fois entre ouverte, beaucoup trop abasourdi pour qu’elle reste fermée. Et il a fermer les yeux, tant dis que les miens restaient grand ouvert.


- Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime tellement. Plus que ma propre vie. Je ne suis rien sans toi. J'ai juste peur de ça, de tout ce que je ressens pour toi, et de tout ce que ça signifie. Je sais qu'on va souffrir, mais je m'en fous. J'veux plus jamais être séparé de toi. Pardonne-moi. Je t'en supplie pardonne moi. Pardonne-moi pour tout le mal que je t'ai fait. Pardonne-moi d'être long à la détente. Pardonne-moi de n'être qu'un sale égoïste, jaloux et possessif. Pardonne-moi d'avoir détesté ce Cameron à la seconde même où je l'ai vu te faire rire alors que je venais tout juste de te briser. Pardonne moi d'être aussi dépendant de toi. Pardonne moi d'être moi.

J’aurais pu entendre ses premiers mots à répétition pendant des semaines de temps sans jamais me fatiguer. Et malgré moi, mon sourire me revient alors que lui pleurait à chaudes larmes. Je ne riais pas de lui, loin de là, mais je prenais peu à peu conscience de ses mots. Ceux dont j’avais tant rêvé. Ils étaient sortis de sa bouche comme le plus mélodieux des chants. J’étais tellement heureux qu’il soit le premier à me les dires. Mais j’étais tout aussi heureux de me sentir enfin réellement apprécier par quelqu’un et pas seulement qu’au niveau de l’amitié. Je me sentais léger et je dirais même que j’avais l’impression d’être quelqu’un d’autre. Une personne importante, qui avait finalement sa place dans le monde. Et cette place était dans ce monde magique, aux côtés du sorcier le plus fabuleux que je n’eus jamais connu.
Continuant de sourire, je posais mes mains sur chacun de ses bras qui étaient tendu vers moi et je les serrai un peu.


-Je te pardonne. Mais seulement et seulement si, tu me pardonnes d’être moi aussi. Pardonne moi d’être aussi exigent avec toi alors que je sais parfaitement que tu te dépasses à chaque fois et ce, sans même que je ne te l’aille demander. Pardonne moi d’être parfois impatient et intolérant face à ce que tu fais ou que tu vis. Pardonne moi de n’être qu’un simple moldu égaré qui jusqu’ici, n’avait jamais été aimé. Pardonne moi d’avoir évacué ce trop plein sur toi en te criant des mots qui n’avaient aucun sens. Pardonne moi te me raccroché autant à toi… Tu es ma drogue et ma seule raison de vivre ici.

Je me souvenais de ma chambre. De mon lit, sur lequel reposait encore le sweat qu’il m’avait donné en souvenir.

-Tu sais, lorsque j’ai finalement retrouvé les morceaux de ma mémoire qu’il me manquait, j’étais obsédé par le sweat que tu m’as donné. J’ignore comment il est atterri là mais on l’a déposé dans ma chambre et je le serrai sans cesse contre moi. Je n’arrivais pas à détacher mon nez de son tissu qui était imprégné par ton odeur. Et lorsque je ne l’avais plus sous la main pour x raison, je me sentais complètement vide. C’était pourtant stupide puisque ce n’était qu’un vêtement mais pour moi… C’était comme s’il s’agissait d’or. Et comme cette chaleur et cette odeur me manquaient…

Mon cœur battait de plus en plus vite et mon sourire s’effaçait. Oui nous étions là, sous ce chêne alors que l’obscurité nous envahissait tous les deux. J’arrivais encore à sentir le vent frais sur mes bras nus alors que mes pensées défilaient à toute vitesse dans ma tête. Et je n’en pouvais plus qu’il soit si loin de moi alors qu’en réalité il était si près. Il ne l’était pas encore assez. Ce ne serait jamais assez. Alors pour calmer ce manque, je me rapprochais de lui jusqu’à temps que mon corps soit écrasé contre le sien. C’était le plus que je pouvais faire mais pour moi, ce n’était pas assez. Je laissai l’un de ses bras pour lever ma main jusqu’à son capuchon que je descendais de sur sa tête. Par la suite, je déposai à mon tour cette main sur l’une de ses joues pour essuyer ses larmes qui n’arrêtaient plus de couler. Ses yeux commençaient à être légèrement rougis à cause de toute cette eau mais je m’en foutais royalement. Ça ne me dérangeait pas de le voir pleurer parce que lui non plus ça ne le dérangeait pas. De toute façon, ce n’était pas la première fois que je le voyais. Et puis, je le comprenais. L’une de mes qualités rares. Celle d’être capable de me mettre à la place des autres peu importe la situation.

-J’veux être avec toi jusqu’à la fin de mes jours. Même si je sais qu’on se prendra encore la tête avec n’importe quoi. Même si nos prises de bec n’ont aucun sens et qu’on se fait du mal mutuellement. Même si le monde entier ne veut pas qu’on soit ensemble, j’ai envie qu’on se batte. Pour leur prouver qu’on peut-être plus fort qu’ils le pensent. Je sais qu’on s’est déjà fait ce genre de promesse mais je veux que l’on recommence à zéro et qu’on leur tienne tête à ces salopards. Maintenant que leur chef est mort, même s’ils le remplacent, nous avons une victoire de notre côté et j’ai l’impression que plus rien ne peut m’arrêter. Parce que tu me donnes la force dont j’ai besoin pour continuer à avancer. Parce que tu m’aimes et je t’aime… Oui je t’aime toi Enzo Ryans et à mes yeux, il n’y a qu’un seul héro. C’est toi et personne d’autre.

Je m’étais lancé à cœur ouvert dans un nouveau dégueulis de mots qui était franchement mieux construit que le premier. Car au lieu de parler avec ma tête qui ne cessait de travailler, je lui avais donné du répit forçant mon cœur à parler à sa place. Je pensais ce que je disais et j’avais réellement envie qu’on retente notre chance avec une nouvelle promesse. Maintenant que je savais qu’il tenait autant à moi mais surtout qu’il m’aimait, j’avais l’impression que je pouvais tout démolir sur mon passage. J’étais prêt à tout juste pour le garder un peu plus longtemps à mes côtés. Juste pour pouvoir préserver notre amour, notre amitié, notre relation. Le préserver lui pour ne pas le perdre encore une fois.
Son corps contre le mien, j’avais de plus en plus chaud tellement il dégageait de la chaleur. Ce côté de lui n’avait pas changer et probablement que ça serait toujours ainsi. Tant mieux, moi je ne m’en plaignais pas. D’ailleurs, j’adorais ce côté de lui qui le caractérisait si bien. Comment pouvais-je oublier à quel point sa peau était une source de réconfort?
Ma main humide par ses larmes quitta sa joue pour venir se poser sur sa nuque avant de monter doucement dans ses cheveux. Mon geste de réflexe. J’ignorais pourquoi mais elle finissait toujours par remonter jusqu’à eux comme pour m’y raccrocher. Comme si j’avais peur qu’il se dissout devant moi ou il disparaisse à jamais. Ses cheveux étant beaucoup plus court que la dernière fois, je n’eus pourtant aucun mal à refermer mes doigts sur eux comme je savais si bien le faire. Je rapprochai mon visage de son cou jusqu’à temps que mon nez se retrouve collé contre sa peau. Je fermai les yeux. Et comme je l’avais fait sous le chêne et lorsque j’avais sa veste entre mes bras, je respirai un bon coup avant de pousser un petit soupir. J’étais tellement heureux de retrouver l’odeur à la source même. Lui qui sentait si bon et qui m’enivrait à chaque fois que j’osais le respirer. Je restai ainsi pendant un certain moment, prenant le temps de bien le sentir. Puisque pour une fois, nous n’étions pas pressé par le temps. Du moins, ce n’était pas mon cas. J’ignorais si sa cachette était réellement efficace mais je lui faisais entièrement confiance et puisqu’il ne semblait pas s’en faire, je ne m’inquiétais pas outre mesure.
Et pendant que je le respirais à plein nez, une pensée m’effleura l’esprit et j’eus un petit rire. Comme un petit garçon timide devant une belle fille. Je remontai ma bouche jusqu’à son oreille.


-Est-ce que j’ai le droit de te considérer comme mon petit ami maintenant…?

Parce que je veux qu’on le soit.
Parce que je veux que ce soit officiel.
Parce que je te veux toi.
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OMG... This is
Enzo Ryans



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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Lun 14 Juin - 23:02

Tout ça finalement, ce n'est rien de plus qu'une vieille habitude. Je me ferme. Il me pousse. Jusqu'à ce que je lâche le morceau. Jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut de moi. Pas de problème, moi ça me va. Sur le coup, je morfle mais je sais qu'après la tempête, c'est en général que du bonheur. C'est en tout cas comme ça que ça s'est passé la dernière fois. Ce sera peut être pas le cas cette fois mais ça me semble bien parti. Je prends ça à la légère maintenant mais c’est simplement parce que j’ai laissé sortir tout ce que j’avais sur le cœur depuis visiblement trop longtemps. Et je suis là comme un con devant lui à me vider de toutes les larmes de mon corps. Pitoyable. Un trop plein je suppose. Tout ce que j’ai gardé pour moi ces dernières semaines. La colère. La frustration. La douleur. Un mélange explosif. Un cocktail à base de T.N.T. Mais je m’en fous, parce qu’il est là, qu’il m’a dit des choses qui m’ont fait mal mais qui avaient besoin de sortir. Je lui ai retourné la chose et maintenant … Maintenant je l’aime. Il m’aime. C’est tout ce qui compte.
De toute façon, je crois qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Je ne sais pas, je crois qu’on marche comme, c’est tout. On a besoin de se faire du mal pour mieux se retrouver peut être. Aucune idée. Et je repensais à ce qu’il avait essayé de caser durant mon monologue plein de rancœur.

« Je n’ai pas peur de toi Enzo. Que tu sois en simple mortel ou bien en loup, tu ne me fais pas peur. »

J’aimerai pouvoir en dire autant. Même si je me sens désormais beaucoup plus à l’aise en sa présence, je n’en reste pas moins totalement incapable de gérer l’état dans lequel il me met. Que ce soit la panique, la colère ou … l’envie, autant l’avouer, il a toujours le dessus et moi je me sens comme un chaton effrayé. Kyle Johnson, en plus d’être masochiste, t’es inconscient. Et malgré tout ça, je ne peux pas me passer de toi. On forme un duo de choc tous les deux. Deux cinglés complètement atteint qui ont décidé qu’ils voulaient être ensemble alors que le château entier veut les voir séparé. Je ne sais pas, peut être qu’un matin on s’est dit, tiens aujourd’hui j’vais faire chier le monde et j’vais essayer d’attirer les emmerdes au maximum. Et ben bingo, c’est réussi. Bravo.

J’avais terminé de déverser mon flot sur le monde, à bout de souffle, et je restais immobile, son visage entre mes mains. Je n’arrivais plus à me défaire de lui, de son regard que je cherchais à nouveau. Sur mes joues, les larmes ne voulaient plus s’arrêter et lui …Lui, me souriait. Je n’ai rien fait pour retenir mes nerfs. Je n’ai rien fait pour empêcher mes yeux de s’humidifier. Je crois que de toute façon, ça n’aurait pas servi à grand-chose.
Le silence s’est installé dans la pièce. Plus rien ne bougeait. Et à l’extérieur, le soleil continuait sa lente ascension vers son zénith, encouragé par les oiseaux qui peu à peu émergeaient à leur tour et envahissaient les environs de leur chants mélodieux. Moi je ne voyais rien d’autre que les yeux de Kyle. Je n’entendais rien d’autre que nos deux respirations calées sur le même rythme.

~ * ~

Ses mains sur mes bras, les enroulant de leur douceur mais avec fermeté. Je sais pourtant que cette fois il ne fait pas ça par peur que je disparaisse. Il le sait, que je ne vais pas m’envoler. Il le sent. Il en est certain.
Et ses mots me le prouvent.

« Tu es ma drogue et ma seule raison de vivre ici. »

L’addiction. Je crois que c’est le bon terme pour définir cette relation un peu spéciale. Il me dit que je suis sa drogue. La réciproque est plus que flagrante. Je ne m’attendais vraiment pas à tout ça. Vraiment pas. Je pensais que ce genre de chose n’arrivaient que dans les films, qu’autant de fusion et de passion ce n’était pas possible et surtout que ce n’était pas pour moi, que ça ne m’arriverait jamais parce que j’étais un solitaire dans l’âme et que j’étais bien trop distant des autres pour tomber dans un traquenard pareil. Seulement j’avais faux sur toute la ligne. Non seulement j’étais totalement dépendant de quelqu’un mais en plus de ça, d’un garçon. Je dois dire que celle là, j’étais bien loin d’imaginer qu’elle tomberait sur la gueule. Mais je ne regrette rien. Pas même les cris. Pas même le sang versé. Pas même ces larmes qui n’en finissent plus de s’écouler. Je suis épuisé, mais je tiens debout, grâce à toute l’adrénaline qui permet encore à mon corps de resté droit, même si je n’ai qu’une envie, m’écrouler contre lui et ne plus le lâcher.
Il m’a raconté qu’il avait retrouvé le sweat que je lui avais laissé quand on s’était quitté sous le gros chêne. Il m’a dit qu’il l’avait serré de toutes ses forces juste pour mon odeur, que tout ça lui manquait. Que ma chaleur lui manquait. Et moi pendant tout ce temps là, je n’avais rien à lui, rien qui portait son odeur, rien qui me rappelait la fraicheur de sa peau.

~ * ~

Son corps contre le mien. Une main qui quitte mon bras, qui abaisse ma capuche, me forçant à ouvrir les yeux sur le monde alors que je me sentais si bien, protégé par ses barrières. Elle se pose sur ma joue et tente d’essuyer ces quelques larmes, preuves d’un flux ininterrompu. Les nerfs qui se relâchent d’un coup.
C’est comme s’il avait lu dans mes pensées. Moi qui ne supportais plus, une nouvelle fois, cette fausse distance entre nous. Un acte dangereux, dans la mesure où même si je suis dans un état lamentable, proche de l’évanouissement tellement la transformation m’a épuisé, il n’en reste pas moins que les instincts du loup sont toujours là quelque part dans mon sang et qu’ils exacerbent ceux de Enzo l’humain.
J’ai froid. Je n’explique pas ce phénomène étrange mais pourtant j’ai bel et bien froid. Alors je me serre encore un peu plus contre lui et laisse mes bras retomber pour enserrer sa taille. Il parlait, mais je n’écoutais que d’une oreille. Ma tête sur son épaule, j’essayais de percevoir les battements de son cœur. Jusqu’à ce qu’il prononce ce qui m’appartient. Mon identité.

« Oui je t’aime toi Enzo Ryans et à mes yeux, il n’y a qu’un seul héro. C’est toi et personne d’autre. »

Bordel ce que j’aime entendre mon nom sortir de sa bouche. Redis-le encore, s’il te plaît. Même si c’est pour dire des conneries après. Je ne suis pas un héro, je ne le serais jamais. J’ai pas l’étoffe pour ça. Tu ne devrais pas me mettre sur un piédestal comme ça, tu risquerais d’être très déçu par ma banalité et ma médiocrité.

Sa main quitte ma joue, se perd un instant sur ma nuque puis glisse dans mes cheveux, comme à son habitude. Malgré leur longueur limitée, il parvient toujours à les agripper aussi facilement. Ce que j’aime quand il fait ça. J’aurais presque hâte qu’il repousse rien que pour sentir les choses de façon plus forte encore. Son visage dans mon cou, il me respire. Ca m’étonne toujours quand il fait ça, comme s’il voulait s’emparer de mon odeur corporelle et la garder à tout jamais.
Le temps s’arrête. Le silence s’installe. Je me laisse bercer. Je crois que je pourrais m’endormir comme un bébé. Je suis tellement bien là contre lui. Je voudrais que jamais ça ne se finisse. Totalement parti dans ma plénitude, j’ai sursauté lorsqu’il s’est mis à rire. Pourquoi est ce que tu ris, Kyle ? Qu’est ce que tu trouves drôle ?
J’ai senti son visage remonter le long de ma joue et entendu sa voix dans mon oreille.

« Est-ce que j’ai le droit de te considérer comme mon petit ami maintenant…? »

J’aurais voulu répondre du tac au tac, mais j’avoue qu’il m’a pris au dépourvu avec cette question. J’ai été surpris, et un peu mal à l’aise. J’assume désormais complètement ce que je ressens pour lui. Je ne sais pas s’il s’en rend compte mais j’ai été très loin derrière mes barrières en lui avouant clairement que je l’aimais. Je ne regrette pas, pas le moins du monde, ça non, bien au contraire. Seulement je n’en reste pas moins un mec de base pour qui l’engagement pose problème. Sur le terrain, si je puis m’exprimer ainsi, il n’y a pas de problème. En parler avec lui. Me rouler par terre avec lui. L’embrasser. Le toucher. Le respirer. Tout ça ne me pose plus aucun souci. Je pousserais même le vice jusqu’à dire que j’adore ça. Mais là où ça se corse, c’est quand il faut mettre des mots là dessus, exposer les faits d’une manière officielle, claire, nette et précise. Je ne suis pas du genre à admettre devant les gens que je me suis laissé avoir dans les filets de l’amour. J’y peux rien, j’ai ma fierté. Et jusqu’ici, j’étais un hétéro tout ce qu’il y a de plus classique, bien que je n’ai pas non plus eu l’occasion de remplir un tableau de chasse digne de celui de mon frère. Ce que je veux dire c’est que le fait d’être tombé amoureux d’un garçon ne me rend pas la chose plus facile. Pourtant je vais devoir me faire à l’idée. Je suis raide dingue de lui, et ce peu importe son sexe, son âge, sa nationalité et son statut dans le monde de la magie. Je suis un sorcier, il est un moldu. Je suis un garçon, lui aussi. Les opposés s’attirent. Qui se ressemble, s’assemble. Toutes ces belles phrases ne nous conviennent pas. Je sais que je ne devrais pas me poser autant de questions, que je devrais profiter du moment présent, mais il m’a bien eu là. Je sens mes jambes qui tremblent, j’essaie de le lui cacher mais aux vues de la proximité qui réside entre nos deux corps, je pense que c’est peine perdu.
Alors comme souvent, je tente d’évacuer le stress par une pirouette. J’ai senti mon sourire s’élargir dans une expression digne d’un Enzo qui s’apprête à dire une connerie plus grosse que lui.

- Je suppose que j’ai pas le choix … Aïe ! Mes cheveux ! Mais ils t’ont rien fait eux.

Je ne sais pas s’il l’a fait consciemment ou pas, mais à l’instant même où j’ai débité ma connerie ses doigts se sont refermés sur mes cheveux brun, presque noir. Il m’a fait mal l’enfoiré, mais je sais, je le mérite. Je suis un sale gosse insupportable. En tout cas, ça m’a permis de rire, chose que je n’avais pas fait depuis des semaines. Et ça m’a fait un bien fou.
Je l’ai serré plus fort encore, comme si j’avais peur qu’il tente de se dégager, même si je me doutais qu’il n’était pas vraiment vexé parce que j’avais dit. J’essayais juste de détendre l’atmosphère. Mon atmosphère. Et je crois que c’est à ce moment là que mes larmes ont cessé de couler. J’ai soupiré, puis mon visage est allé se cacher dans son coup, tout comme le siens dans le miens.

- Tu vas probablement me prendre pour un idiot mais c’est à cause de toi que je les ai coupé … Parce que … Parce que j’avais sans arrêt le souvenir de ta main qui les agrippe et ça me rendait malade de me dire que tu ne le referais plus jamais.

Je me sentais un peu stupide de lui avouer ça. Je me sentais … comme un petit garçon. Timide. Puis j’ai de nouveau laissé un silence s’installer. Après tout, on a le temps pour une fois alors autant en profiter. Mais je savais bien qu’il attendait une réponse concrète de ma part. Alors j’ai relevé la tête de façon à lui faire face de nouveau sans pour autant le lâcher.

- Ton petit ami, hein ? Ça fait très officiel tout ça, mais je crois que l’idée me plaît assez. Tant que tu ne me donne pas un surnom ridicule du style mon lapin ou mon canard en sucre.

J’ai grimacé avant de sourire à nouveau.

Non mais oh ! Je suis un loup, pas un vulgaire canard ou un pauvre lapin. Je suis un prédateur, pas une proie … Même si j’arrive pas à me convaincre moi même tant je me rend compte que ce gars fait de moi ce qu’il veut. Je ne suis peut être pas un canard ou un lapin, mais je me rapproche dangereusement du chiot inoffensif dès qu’il s’approche un peu trop près et qu’il me fait les gros yeux en m’engueulant et en m’envoyant dans la gueule tout ce que je ne veux pas entendre. La vérité, par exemple. Entre autre …

- Je crois bien que c’est ce qu’on est, non ? Même si ça me fait bizarre.

L’image du couple qui se tient la main dans la rue, qui fait tout ou presque ensemble. Je ne sais pas si je suis vraiment près et fait pour ça, mais je crois que notre histoire est tellement pas commune qu’on ne sera jamais comme les autres. Après tout, je devrais m’en foutre de tout ça. Moi tout ce que je veux, c’est être avec lui. Plus près encore. Toujours plus près. J’ai l’impression qu’il ne sera jamais assez près. Et je me rend compte que notre dispute et tout ce qu’on a vécu dernièrement, y compris mon crime que j’ai presque totalement oublié, n’a en rien entaché ce besoin que j’ai de le sentir contre moi. J’ai besoin de sa peau pour me calmer, c’est un fait. Je ne m’en cache plus. Et je n’ai plus envie de m’en priver maintenant qu’il est là rien qu’à moi.
Être à deux. J’avoue que ce concept me fait peur. Faire des concessions. Tout partager. Se voir dans le regard de l’autre. J’ai peur d’être trop égoïste pour ne pas tout gâcher. D’un autre côté, je me dis que j’ai trop longtemps laissé mes peurs me dicter mes actes et mes pensées. Il est temps que j’avance, que je grandisse. C’est précisément cette possibilité que m’offre Kyle. Et je serais bien le dernier des cons si je n’en profitais pas.

- Oui tu peux me considérer comme ton petit ami, et ton petit ami a très envie de t’embrasser là, maintenant, tout de suite, mais il va s’abstenir parce que je crois qu’on a des choses à se dire, et sans se crier dessus cette fois. Et si je me laisse faire, je ne m’arrêterai plus, alors je compte sur toi pour m’aider à ne pas craquer.

Tu sais quoi ? Je ne sais pas où on va, mais moi je m’en fous tant que j’y vais avec toi.
Même si c’est droit dans le mur.
Rien ni personne ne pourra plus me séparer de toi.

Mon visage s’est penché vers le sien malgré toute ma bonne volonté. J’ai vu mes lèvres se rapprocher des siennes mais au dernier moment j’ai changé de cap, pour finalement les laisser courir contre sa joue, jusqu’à y déposer un baiser, juste un. J’étais bien conscient que je facilitais la tâche de personne mais me maîtriser restait encore un problème que je n’étais pas certain de pouvoir résoudre ce matin là. J’ai finalement réussi à me détacher de lui, jusqu’à ce que mon corps et le sien soient bien distincts. Mes mains se sont décroisées, et ont glissé de son dos à ses hanches, pour finalement suivre la trajectoire de mes bras, le long de mon propre corps. Je lui ai souris, et j’ai attrapé son poignet entre mes doigts, en exerçant une légère pression pour lui faire signe de me suivre. En chemin, j’ai laissé mes doigts descendre le long de son bras jusqu’à ce qu’ils s’enroulent autour des siens. Main dans la main. Pour la première fois.

Au bout de quelques mètres, je me suis laissé tomber sur le lit, incapable de faire un pas de plus. Je me suis reculé pour lui laisser la place, parce que je voulais qu’il s’allonge près de moi. Je voulais le sentir contre moi, le prendre dans mes bras. Je voulais entendre son cœur battre. Il a du se demander ce que je faisais. Rassure-toi Kyle, je ne vais pas te sauter dessus comme un sauvage. J’ai juste besoin de me poser un peu, et si t’es avec moi, ce serait encore mieux. Je me suis couché sur le côté, laissant ma tête reposer sur l’oreiller. Ne pas fermer les yeux. Ne surtout pas fermer les yeux. Ce n’était pas vraiment le moment de s’endormir, et même si mon corps réclamait un sommeil réparateur, ma tête elle n’en avait pas la moindre envie. Je l’ai regardé se coucher près de moi, me faisant face et j’ai une nouvelle fois attrapé sa main pour jouer avec.

- Je te pardonne. Je te prends comme tu es, et je ne veux pas que tu changes. J’aime pas spécialement quand tu me pousses comme ça mais je sais qu’il en ressort toujours quelque chose de bon, même si on se fait du mal.

J’étais entrain de me dire que je n’avais probablement jamais autant parlé de toute ma vie. Il allait finir par être saoulé le pauvre. Mais je ressentais ce besoin étrange de lui dire tout ce qui me passait par la tête, enfin dans la limite du raisonnable…
Puis je ne sais pas bien pourquoi mais mon esprit à dérivé sur Cameron, cet espèce de grand type blond aux yeux bleus. Le physique de rêve qui fait craquer toute les filles, et s’il me laissait de marbre, j’espérais bien qu’il en soit de même pour Kyle.
J’ai baissé les yeux.

- Tu sais, c’est stupide mais je ne peux pas m’empêcher d’être jaloux. Je sais que c’est ridicule mais … Enfin tu me connais, j’ai aucune confiance en moi alors quand je t’ai vu avec lui, j’ai paniqué. Je suis désolé de réagir comme un crétin. T’as le droit d’avoir d’autres gens dans ta vie qu’un jeune Loup un peut trop émotif. Je suis pas un cadeau, hein ?

J’ai lâché un rire nerveux avant de laisser courir mes doigts sur la paume de celui qui était désormais officiellement … mon petit ami ? J’avais vraiment du mal à me faire à cette formulation. J’étais à lui. Il était à moi, là-dessus aucun doute mais je sais pas, peut être ce côté trop solennel, ça me dérangeait. Quoi qu’il en soit mes problèmes d’acclimatation de changeaient rien au fait. J’avais envie d’être avec lui et c’était réciproque. A partir de là, nul besoin de se prendre la tête pour des formulations.
Je regardais la peau de Kyle, si pâle contrairement à la mienne qui gardait toujours une teinte dorée peu importe le climat. J’aimais bien cette différence. J’allais sourire quand mes yeux se sont posés sur ses cicatrices. J’ai fermé les yeux.

- Pourquoi t’as fait ça ?

Je ne t’agresse pas. J’ai juste besoin de comprendre. Regarde-moi Kyle. Je te jure que je ne te jugerais pas.

Je le sais, j’ai conscience des grandes lignes je pense, mais j’ai besoin de l’entendre de sa bouche. J’ai besoin de l’entendre me dire qu’il regrette, qu’il ne recommencera jamais. Je lui en veux d’avoir fait ça, vraiment. Dans ma poitrine mon cœur se serre et mes yeux à peine sec se plissent. Entre mes deux sourcils, j’ai la ride du lion, qui démontre que sous mes apparences tranquilles et apaisés, quelque chose cloche. Je ne vais pas m’énerver, ni même lui crier dessus. Je n’en ai pas la force et surtout pas la moindre envie. Mais je veux qu’ils se confient à moi et qu’il concède qu’il a fait la plus belle connerie de sa vie. Et je préférerai crever plutôt que de l’admettre, mais … merci Cameron. Merci d’être arrivé à temps. Merci de l’avoir sauvé. Merci de lui avoir redonné le sourire mais si j’ai envie de te tuer pour ça. Je me sens stupide avec toute cette rancœur, mais j’y peux rien. Je n’arrive pas à me faire à l’idée que quelqu’un d’autre fasse partie de sa vie. Je suis beaucoup trop possessif, et très franchement, je me demande de quoi je serais capable si un jour quelqu’un s’approchait trop près de lui. Je sais qu’il ne se passe rien entre ces deux là, j’en suis convaincu, mais je ne peux pas m’empêcher d’être jaloux.

J’ai laissé mes doigts glisser le long des plaies en attendant qu’il ne me réponde.
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Kyle Johnson



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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Mar 15 Juin - 8:03

J’avais l’impression de nager dans un rêve. La fatigue aillant de plus en plus le dessus sur mon corps qui était demeuré enfermer et inactif durant trop longtemps, me donnait l’impression de dormir éveillé. Et notre course d’hier m’avait sérieusement épuisé. Nous devions nous être endormis tard et je me doutai qu’il était très tôt le matin. C’était pourquoi je me sentais dans une sorte d’état second, que tout ce qui se passait n’était que le fruit de mon imagination. Que j’étais toujours au quatrième étage, prisonnier de ma chambre qui était devenue ma cage depuis beaucoup trop longtemps. Enzo le loup n’avait jamais fait son apparition et je n’avais jamais vu le maître supérieur se jeter de lui-même en bas de la balustrade. Tout ça, ce n’était que des fantasmes qui étaient enfouis au plus profond de moi. En réalité, je me trouvais toujours endormi dans mon matelas trop dur avec le sweat d’Enzo serrer contre moi. Je n’avais jamais suivis un loup noir pendant un marathon pour tenter de sauver ma vie et la sienne par la même occasion. Je n’avais pas vu cette porte apparaître de nulle part. Je ne m’étais pas endormi sur un lit qui n’était pas le mien avec la tête de la bête couché sur mon ventre. D’ailleurs, cet animal, au petit matin, n’était jamais redevenu humain pour se transformer en celui que je rêvais tant de revoir. On ne s’était pas disputer. Je ne lui avais pas lancé des mots crus en plein visage sans qu’il ne l’aille pas mérité. Il ne m’avait jamais répondu sans me ménager. Il n’avait surtout pas éclaté en sanglot en me répétant trois mots qui pour moi, signifiait absolument tout. Et je ne lui avais jamais demandé d’être mon petit ami.
Ça non jamais. Mon esprit me jouait des tours, tout simplement. J’hallucinais. Je divaguais comme si je me trouvais dans un monde parallèle. Un monde parfait, puisque je me trouvais avec le seul être que je désirais.

Mais Kyle, ne sens-tu pas cette douce chaleur qui émane de son corps? Et ne vois-tu pas ses yeux noisette ancrés dans les tiens? Et ses bras autour de ton corps?
Si. Seulement c’est un rêve qui paraît réel.
Mais non mon petit Kyle. C’est la réalité. Ouvres-toi les yeux. As-tu déjà oublié les mots qu’il t’a dit? Même dans tes rêves, ce n’était jamais arrivé. Cesse donc de croire que tu es entrain de planer. Tout cela est bel et bien vrai. Ne sens-tu pas cette bonne odeur? Ça non plus en rêve tu n’arrives pas à l’obtenir.

Oui son odeur… Celle qui me rend complètement fou. C’était presqu’à se demander lequel était le loup entre nos deux…



Il n’y avait plus aucune tension dans la pièce. Mon cœur était si léger que j’avais l’impression qu’il allait s’envoler à tout moment. Mes pensées noires étaient disparus et mes mauvais souvenirs aussi. Plus rien ne pouvait m’arrêter à présent. Et dire qu’il m’avait dit les trois mots… Je me les répétais sans cesse dans ma tête comme une chanson que l’on passe en boucle. Je ne me tannais pas d’entendre sa voix me dire encore et encore la même chose. Et tant dit que je continuais de le respirer comme un dingue, je m’étais surpris à penser à la notion de couple. Je l’aimais et lui aussi. Ça c’était officiel maintenant. Mais quand deux personnes s’aiment, ne sont-elles pas ensemble…? En couple je veux dire. Peu importe le sexe ou l’âge, habituellement c’était ce qui arrivait. On se casait. Dans mon cas, je n’avais jamais été avec quelqu’un. J’avais bien eu une ou deux aventures mais rien de jamais sérieux. Non, il était certain que je n’avais jamais aimé quelqu’un comme lui auparavant. Et lui, il avait déjà eu quelqu’un dans sa vie? Je n’en savais trop rien. Comme j’étais novice dans la chose, j’étais un peu emballé par cette idée. Après tout, il me plaisait tellement… J’avais envie de montrer au monde entier qui faisait battre mon cœur aussi vite et qui me rendait fou. Je voulais crier sur tous les toits qu’on s’aimait mutuellement et qu’on était fait pour être ensemble. Je voulais envoyer balader toutes les filles qui lui courraient après pour leur dire que c’était moi qui avais gagné son cœur.
J’avais donc lâché ma dernière phrase un peu à la blague car à vrai dire, même si je n’avais jamais réellement vécu ça avant, je trouvais stupide l’idée de mettre des mots sur ce genre de chose. Après tout, ça se fait naturellement, inutile de dire : je t’aime, tu m’aimes alors on sort ensemble. C’était bon pour les gamins de douze ou treize ans. N’empêche que même si je trouvais le tout très stupide, j’attendais une réponse de sa part. Comme pour me rassurer. Pour me dire que je n’étais pas simplement qu’une passade mais bel et bien un amour véritable comme on en voit au cinéma.
Il me répondit finalement par une stupidité et sans faire exprès, mes doigts s’étaient refermés sauvagement sur ses cheveux. Je me rendis compte de mon erreur en même temps qu’il eut une expression de douleur et je le lâchai subitement. Il se mit à rire et je riais à mon tour en lâchant un : désolé, entre deux éclats. Il soupira avant d’enfouir son visage humide dans mon cou et je continuai de faire descendre mon nez le long du sien. Puis il se mit à me parler de ses cheveux. Que c’était à cause de moi s’il les avait coupés parce que ça lui rappelait trop de souvenirs. J’eus un petit pincement au cœur mais je me disais que tout ça n’était que du passé. Tout ça était derrière nous et il nous fallait regarder vers l’avenir, même si je savais que les chemins allaient être parsemés d’embûches. Et puis… Ses cheveux allaient repousser non? Cette coiffure ne lui allait pas si mal que ça finalement. Pour moi, il restait le même et ce, peu importe son état capillaire. Comme tout bon mec, je m’en foutais.

Il releva la tête et je relevai la mienne en même temps que lui. Par instinct, je savais qu’il allait me dire quelque chose. Par rapport à ma question? Peut-être allait-il la prendre au sérieux. Où peut-être qu’au contraire, il laisserait tomber, se disant que ce n’était qu’une banalité qui ne méritait aucune réflexion. Je me rendis compte que j’y accordais beaucoup plus d’importance que je le pensais. Oui je voulais que ce soit officiel, même si je me sentais carrément stupide de lui demander un truc pareil. Ça faisait très gay et je n’aimais pas trop ce style là. Même si c’était ce que j’étais. Je détestai toutes ces rumeurs et stéréotypes fondés. J’étais certain que même Cameron ne se doutait pas que les mecs m’intéressaient. Et c’était bien tant mieux.


- Ton petit ami, hein ? Ça fait très officiel tout ça, mais je crois que l’idée me plaît assez. Tant que tu ne me donne pas un surnom ridicule du style mon lapin ou mon canard en sucre.

Il me souriait et j’éclatai de rire comme un fou.

-Oh dommage, moi qui comptais te surnommer mon loup!

Réplique remplie d’humour et d’ironie, naturellement. Je n’étais pas assez idiot pour faire quelque chose d’aussi stupide. Et peut-être que les plus intelligents y verraient là un sous entendu et ils auraient parfaitement raison.
Alors voilà. C’était officiel. Kyle Johnson et Enzo Ryans étaient en couple. Mon premier petit ami à la vie. Et j’espérais, le dernier. De toute façon, ça allait probablement être le cas. Sûrement que j’allais me faire tuer avant d’avoir réussi à tenter de m’évader pour une deuxième fois. Mais je savais que personne dans ce château n’allait jamais lui arriver à la cheville. Il était irremplaçable. Et s’il lui arrivait quelque chose avant moi alors j’allais le suivre. Il m’était impossible de vivre sans lui à présent tant je me sentais lié à lui.


- Oui tu peux me considérer comme ton petit ami, et ton petit ami a très envie de t’embrasser là, maintenant, tout de suite, mais il va s’abstenir parce que je crois qu’on a des choses à se dire, et sans se crier dessus cette fois. Et si je me laisse faire, je ne m’arrêterai plus, alors je compte sur toi pour m’aider à ne pas craquer.

Tu penses vraiment que j’ai envie de t’aider pour ce genre de truc? Non je t’en prie, ne me raconte pas de conneries. Qu’en dis-tu si on parle après? Il faut bien fêter nos retrouvailles non? Si tu savais combien j’ai moi aussi très envie de t’embrasser là, maintenant, tout de suite… Tes belles lèvres m’appellent depuis tantôt et si tu savais comment j’ai hâte de les goûter de nouveau. Tais toi et embrasse moi jusqu’à temps que nous n’aillons plus de souffle. Jusqu’à temps que le jour soit tombé et que la nuit se lève. Rattrapons tout ce temps que nous avons perdu à être éloigné l’un de l’autre. Tu t’approches? Ah ha mon petit menteur, tu disais ça juste pour déconner? Non tu te détournes…?
Et smack, sur la joue.
Petit démon… Tu mériterais la correction de ta vie juste pour me faire languir. Mais ce sera pour une prochaine fois car pour le moment, je ne suis pas encore descendu de sur mon petit nuage. Tes mains qui glissent le long de mon dos… Tu m’abandonnes? Non je t’en prie, reste encore contre moi… Si tu savais à quel point j’ai besoin de ta chaleur… Je me sens tout froid et vide même si tu n’es qu’à un demi mètre de moi… Tu me souris… Putain qu’il est beau ce sourire. Il me fait fondre le cœur à chaque fois… Tu savais qu’il était contagieux? Je ne peux pas m’empêcher d’y répondre. Tu attrapes mon poignet, encore une fois. C’est devenu une habitude hein? Tu veux que je te suive? C’est d’accord, je te suivrais jusqu’au bout du monde s’il le faut, juste pour être avec toi. Et tes doigts qui glissent de long de mon bras. Et… Ta main dans la mienne… Je n’arrive plus à me débarrasser de mon sourire. Je n’arrive plus à détacher mes yeux des tiens. Guides moi parce que si l’on rencontre un mur, je ne serais pas capable de l’éviter.

Il s’installe sur le lit, prenant le temps de se pousser assez pour me faire de la place et sans broncher, je m’exécute. J’ignorais ce qu’il avait derrière la tête mais je savais que ce n’était pas pour faire des câlins. Il avait été plutôt clair à ce sujet et si c’était plus important pour lui de parler d’abord, je respectais cela. Après tout, c’était vrai qu’on avait encore des choses à se dire. Maintenant que nos têtes étaient froides et reposées, nous pouvions nous exprimer sans avoir à élever la voix, ce qui était une excellente chose. Je n’avais jamais été fan des chicanes, préférant les prévenir ou les éviter la majorité du temps. Mais avec Enzo, elles apparaissaient sans crier gare et au lieu de résister, j’embarquais à fond dans le jeu.
Je me couchai sur le côté et poser ma tête sur l’oreiller afin de lui faire face. Ça ne prit que quelques secondes pour qu’il ne reprenne possession de ma main. Il me dit qu’il me pardonne et qu’il me prend comme je suis même s’il y a certaines choses qu’il n’apprécie pas. Je lui souriais, content qu’il me pardonne mes sauts d’humeurs bien souvent inexpliqué. Ça ne m’arrivait jamais avant mais ici, tout me changeais. Je me pliais à ces nouveaux changements, sans trop me poser de question.
Les yeux baissés, il poursuivit son petit discours.


- Tu sais, c’est stupide mais je ne peux pas m’empêcher d’être jaloux. Je sais que c’est ridicule mais … Enfin tu me connais, j’ai aucune confiance en moi alors quand je t’ai vu avec lui, j’ai paniqué. Je suis désolé de réagir comme un crétin. T’as le droit d’avoir d’autres gens dans ta vie qu’un jeune Loup un peut trop émotif. Je suis pas un cadeau, hein ?

Ah Cameron, si tu savais à quel point tu hantes les pensées d’Enzo en ce moment…
Et moi, je me demandais toujours comment ça se faisait qu’il nous avait vu. Mais d’un part, le fait qu’il soit aussi jaloux me donnait… Je sais pas comme un baume sur le cœur. Il m’aimait réellement, sa réaction me le prouvait.


-Tu n’as pas à t’inquiété pour ça tu sais. Je pense que si un jour je te vois avec une fille et que tu souris un peu trop, je serais tout aussi jaloux. Je suis pas insensible non plus alors je comprends ce que tu veux dire. Et t’es pas un cadeau, tu es mon cadeau, ce n’est pas pareil.

Nouveau petit sourire comme pour l’encourager. Je ne voulais surtout pas qu’il culpabilise pour un truc aussi ridicule. Et moi, comment je réagirais si la situation que je vais dénoncer se produisait réellement? Sans doute que je serais blessé et que je serais toujours obsedé par cette idée qu’il serait avec elle plutôt qu’avec moi. Surtout qu’être remplacé par une fille serait le coup de grâce pour moi. Je ne sais pas trop pour quelle raison mais je me sentais en compétition. Contre elles. Contre toutes les filles de cette école. Je n’étais pas idiot. Enzo avait beau avoir l’air d’un sauvage et d’un mec super renfermé, il n’en demeurait pas moins qu’il était très charmant. Il avait un très beau physique et sûrement que plusieurs filles rêvaient de se blottir au creux de ses bras. Même si j’avais remarqué qu’il avait perdu énormément de poids depuis que je le connaissais, il n’en demeurait pas moins beau. Même moi, un mec, je craquais pour lui. Je me disais souvent qu’il était l’homme de mes rêves mais c’était pourtant vrai. Comment résister à ses yeux noisette, son sourire parfait et ses cheveux sans cesse en bataille? C’était impossible, carrément.


- Pourquoi t’as fait ça ?

Sans comprendre de quoi il parlait, je relevais mes yeux vers les siens et je remarquai qu’il semblait être fixer sur mes nouvelles cicatrices au niveau de mes poignets. Je fermai aussitôt les paupières avant d’avaler difficilement. Et encore une fois, j’étais de retour ce sur foutu quatrième étage qui ne semblait pas vouloir s’effacer de mon esprit. Aussitôt que lui ou moi faisions allusion à ces blessures qui commençaient sérieusement à me pourrir la vie, je revenais à cet endroit. Assis sur le sol froid dans l’un des nombreux corridors que cet étage comportait. Il voulait savoir, naturellement. Il en avait d’ailleurs tous les droits et en quelque part, je m’attendais à ce genre de question. Avais-je seulement envie d’y répondre? Bien sûr que non. Moi, j’avais rapidement sauté cette étape, me disant que c’était seulement une mauvaise passe, une chute. J’étais déjà passer à autre chose mais mes blessures étaient là pour me rappeler que j’avais fait une erreur monumentale ce jour là. Mais pour lui, c’était différent. Il venait de me retrouver et en quelque part, je n’étais plus le même. Parce que j’avais oser faire un geste fatal même si je n’avais pas été jusqu’au bout. J’aurais réagis de la même façon si j’aurais été à sa place. Je lui aurais posé des questions et j’aurais voulu m’assurer qu’il ne recommence plus jamais. Moi je me connaissais, je savais que je n’allais pas poser deux fois la même erreur. Mais me connaissait-il assez pour me croire? Je savais qu’il me faisait confiance mais jusqu’à quel point?
Ses doigts frôlèrent les fines lignes qui étaient dessinées sur ma peau blanchâtre et j’eus une mauvaise sensation. Celle de quand le fragment de verre déchirait ma chair fragile. Et dire que lorsque j’étais dans ce moment là, j’adorais l’effet que ça me faisait. Je ne souffrais point au contraire, j’avais l’impression d’être libéré. Que pour la première fois depuis des mois, je sortais de cet enfer qu’était ce château magique. Alors que là, le doux contact d’Enzo me brûlait, me blessait, comme si à la place des doigts il y avait des lames acérées. C’était la première fois que j’avais autant envie de refuser la caresse qu’il m’offrait. Pourtant, je n’en démontrai rien pour ne pas le blesser. Ça devait être mon imagination qui me jouait encore des tours.
Je fermai les yeux pour tenter d’effacer toutes ces mauvaises images qui me revenaient en tête et je tentai de me concentrer pour lui donner une bonne réponse. Je décidai donc de me lancer dans ma grande histoire, sans prendre le temps de réfléchir à ce que ça lui ferait. Il avait envie de savoir et moi, j’avais envie qu’il me connaisse un peu plus. Parce qu’après tout, si nous étions enfin un vrai couple comme on en voit des tonnes dans les rues, je veux qu’il en apprendre plus sur moi. Car à part de savoir comment je me nomme, d’où je viens, quels sont mes passes temps et connaître un peu mon passé, il ne sait rien de moi. Si ce n’est que de ma personnalité complexe, trop souvent sado masochiste, il ignorait mes peurs.
Les yeux toujours clos, je me refusai de le regarder parce que je n’avais pas envie de lire trop de choses sur son si beau visage, je commençai lentement, mais sûrement, le petit discours de ma vie.


Accroches toi à moi mon amour, j’ai une histoire à te raconter.

-Tu sais, le soir où je me suis fait enlever, je me trouvais à Londres. En fait, je sortais du boulot et j’avais fait des heures supplémentaires parce qu’il y en avait un qui n’était pas rentrer. Je suis donc sorti très tard et j’avais toujours cette bonne vieille habitude, depuis que j’habitais la ville, d’aller prendre une bonne balade nocturne. J’adorais la cité lorsque la nuit était tombée. Habituellement, ce genre d’endroit ne dort jamais réellement mais je sais pas… Il y avait quelque chose de beau. Toutes ces lumières de couleur allumées, les jeunes couples d’amoureux que l’on croisait par hasard dans les rues… J’adorais me balader seul pour me recentrer. C’était comme mon petit plaisir à moi et je ne manquais jamais le rendez-vous.

Je ne pu m’empêcher de sourire en repensant à ces nombreuses promenades que je m’étais généreusement offert. Je pouvais marcher des heures durant sans jamais me fatiguer. Je visitais Londres sous tous ces angles, empruntant parfois le bus pour explorer plus loin et plus longtemps. Même que parfois, je revenais à mon appartement aux petites heures du matin. Je me sentais comme chez moi à Londres. Le temps était pratiquement identique à celui dans le Maine mais la ville en plus. Ça bougeait sans cesse et j’aimais l’effet du tournis que ça me procurait. Toutes ces voitures, ces gens croisés qui étaient parfois étrange, les petits bijoux du centre-ville, les lumières, le brouhaha continuel… Mon appartement me manquait réellement et dans ma tête, je voyais clairement mon petit chez moi qui était toujours en bordel. Des crayons, des feuilles et des carnets de croquis jonchaient le sol de ma chambre. Sur mon lit défait, des vêtements propres et sales étaient entassés dans une montagne. Je n’avais pas de télévision, ni de radio, seulement un téléphone pour que je puisse être joignable. Je n’étais pas assez souvent à la maison pour m’acheter l’un de ces gadgets électroniques dont on venait rapidement dépendant. Je menais une vie simple, pas trop mouvementée. Je travaillais, j’avais quelques bonnes connaissances, un mec sur qui j’avais des vues et des tonnes d’idées en tête pour de futurs projets. Sinon, je passais tout mon temps libre dans ce bon vieux café qui me manquait tellement. Ses employés sympathiques, sa boisson délicieuse et son odeur de vieux bouquins. Comme cette vie passée me manquait…
Et mon esprit divaguait perdue entre mes moments passées là-bas jusqu’au soir où l’on m’avait brusquement enlevé.
J’avais gardé le silence pendant quelques instants, me remémorant mes balades.


-C’est donc durant l’une de ces balades qu’on m’a kidnapper. Je n’ai pas eu le temps de voir ou de réagir. On m’a attaqué par derrière, je suis tombé sur le sol et ensuite plus rien. Je me suis réveiller mais j’ignore pendant combien de temps je suis resté inconscient. Assez longtemps pour qu’on m’amène dans un endroit inconnu. J’étais enfermé dans une sorte de cachot qui sentait vraiment la merde. J’ai encore cette odeur dans mes narines…

Je grimaçai avant de continuer mon récit.

-J’ignorais ce qui ce tramait ici. On me sortait une fois de temps en temps pour jouer à l’esclave. Du genre que j’allais porter quelque chose à quelqu’un et après, on me renfermait aussitôt. J’ai pris le temps de compter les jours. Sept. Pendant une semaine entière, j’étais demeuré entre ces quatre murs qui constituait ma cage ou bien ma prison comme je l’appelais. Tout m’échappait. J’étais perdu, seul, je ne savais pas quel crime j’avais commis pour être traité de cette façon. Et j’avais peur. Peur de l’inconnu qui était constamment présent mais aussi peur de l’avenir. Personne ne m’expliquait jamais rien. J’ai cru devenir fou tu sais… Je n’ai jamais été quelqu’un qui aime les espaces clos et en plus, je n’avais pas mon carnet et mon stylo habituel. Je l’ai avais toujours sur moi mais on me les a enlevé. Et le dessin est plus qu’une passion pour moi. C’est toute ma vie. Et sans cette source de réconfort, je n’étais plus rien. C’était du moins ce que je ressentais.

Et une boule là, au fond de ma gorge, qui se forme, tant dit que je me remémore ces douloureux souvenirs qui me semblent si lointain mais si présents à la fois… J’avais encore cette odeur désagréable dans mes narines et mon cœur battait aussi vite qu’à chaque fois que la porte s’ouvrait dans ce temps là. J’avais toujours peur que le moment soit venu pour qu’on me tue. Mourir me faisait peur à l’époque, surtout que j’étais dans la plus totale incompréhension.
C’était très difficile pour moi de tout ramener ça mais je me disais que c’était comme une sorte de libération. Je n’avais jamais parlé à personne de ce que j’avais vécu depuis que j’étais un prisonnier de Poudlard. Et Enzo était la personne la plus compréhensive que je connaissais ici. Surtout que j’avais envie de lui raconter depuis le tout début pour qu’il comprenne pourquoi j’en étais venu à poser ce geste. Ne le voyant pas, j’espérais seulement qu’il m’écoutait d’une oreille attentive car tout ce que je lui disais me tenais à cœur. C’était une histoire bien triste, certes, mais elle valait la peine d’être écoutée et comprises jusqu’au bout.
Encore un petit instant de silence.
Pardonne moi Enzo mais c’est très pénible pour moi…


-Sept jours enfermé dans ce trou à rat. Puis un homme qui vient, comme ça, et qui me dit que j’ai le droit d’aller où je veux dans le château avec le respect d’un couvre feu. Il m’a simplement dit que je n’avais pas le droit d’aller dans les salles de classes et les salles communes des élèves. T’aurais dû voir ma tête quand il a dit ça… Moi j’me suis dit : mais c’est quoi cette école de fou? J’avais commencé à penser à plein de trucs du genre : maison de correction, pensionnat… Après tout, quel genre d’établissement scolaire enferme des jeunes sans histoire dans des cachots? J’étais certain d’avoir mal compris mais j’ai décidé d’aller me promener quand même. Tout ce que je voulais, c’était de tomber sur quelqu’un qui pourrait m’expliquer ce qu’il se passait.

Puis, je me souvenais de cette fille, blonde aux yeux bleus, que j’avais rencontrée par hasard. Elle qui m’avait mis sur le droit chemin par des explications précise. Elle avait su me donner l’information que j’avais besoin quand j’en avais besoin. Je n’avais jamais eu le temps de la remercier et je m’en voulais un peu. Elle qui s’était démontrée compréhensive mais surtout très patiente avec moi. Un comportement plus qu’exemplaire pour le cas désespéré que j’étais. Je ne l’avais jamais revu depuis et je n’avais jamais su son nom mais quoi qu’il en soit, je n’oubliais pas son visage. Et je me disais que si je la recroiserais un jour, j’avais une dette envers elle, elle qui avait su m’ouvrir les yeux sur la nouvelle réalité qui s’offrait à moi.

-À force de me balader, j’ai finis par tomber sur quelqu’un. Une fille qui était une élève mais je ne sais pas dans quelle maison elle se trouvait puisqu’elle était habillée comme à tous les jours. Elle me parlait de magie et naturellement, moi, je l’a prenais pour une folle. Je me disais qu’elle se moquait de moi jusqu’à temps qu’elle sorte une branche d’arbre de sa poche et qu’elle réussisse à soulever une pierre qui devait peser des tonnes. Elle l’a faisait flotter à distance, avec une telle facilité… C’était quelque chose d’effrayant… Au début, je croyais que j’hallucinais et j’ai tenté de trouver une faille. Je suis même aller près de cette roche et j’ai passé ma main sous tous les côtés pour tenter de trouver le truc. Mais il n’y en avait pas. Le truc, elle l’avait en elle et elle le faisait sortir par le bout de sa baguette. J’étais stupéfait, ébahi, je n’en croyais pas mes yeux. C’était quelque chose de complètement irréel, surréaliste. J’ai cru que j’étais fou. Que j’étais plus sur la même planète.

Et par la force des choses, j’ouvrai les yeux pour le regarder. Mon cœur commençait à se serrer et une fois de plus, j’avalai difficilement la salive. La boule, toujours grandissante, commençait à m’étouffer et mes yeux semblaient vouloir dire plus que de simples mots. Tout comme il l’avait fait un peu plus tôt, ils avaient envie de s’exprimer avec des larmes. Les larmes des souvenirs enfouis qui me faisaient mal. Mais au lieu de les laisser couler sur mes joues, je lui fis un petit sourire.

-Tu dois probablement te demander pourquoi je te raconte tout ça au lieu de répondre à la question que tu m’as posé. C’est pas parce que je tourne autour du pot ou parce que je n’ai pas envie de te dire la véritable raison qui m’a poussé à faire ça. J’veux juste que tu comprennes que depuis que je suis ici, je ne suis plus le même. Plus jeune et même encore aujourd’hui, j’avais toujours été attiré par les trucs qui sortaient de l’ordinaire. Un peu comme la magie mais ce n’était juste des rêves. Et ici, j’ai appris qu’elle était réelle et qu’elle était différente de celle que je m’imaginais. J’ai vu beaucoup plus de cruauté de sa part que de simples lapins qui sortaient d’un chapeau haut de forme. Le fait d’être ici m’a enlevé tous mes beaux rêves. Je me retrouve au beau milieu d’un cauchemar plutôt que d’être dans un endroit entouré de couleur et d’étincelles qui brillent…

Je ne savais pas s’il comprenait ce que je lui disais mais j’ignorais comment exprimer ce que je ressentais. Je n’arrivais pas à trouver de meilleurs mots pour expliquer comment je me sentais face à tous ces changements radicaux. Après tout, il n’avait jamais vu la magie d’un même œil que moi puisque contrairement à moi, il avait grandi avec. Il s’agissait donc pour lui d’une normalité et j’ignorais s’il était capable de se mettre à ma place. Moi, un pauvre petit garçon égarer qui ne se trouvait pas un bon endroit. Un petit esprit vagabond qui avait été trompé toute sa vie par des contes de fées qui n’étaient que de purs mythes.

-Quand j’ai finalement réalisé que tout ceci était bien réel, j’ai cru que j’allais devenir fou et je pense que ça m’a fait réellement peur. Perdre ma tête a toujours été quelque chose qui me terrifie. J’ignore pourquoi et d’où je tiens cette peur absurde mais à chaque fois que j’y pense c’est comme si c’était toute ma vie qui en dépendait. J’ai cru flancher lorsque tout ceci c’est produit. Mais mon cerveau a été capable de recevoir l’information et il ne m’a pas laissé tomber comme c’est arrivé à certains. Si tu verrais certains moldus qui habitent le quatrième étage, tu comprendrais… Je pense que certains n’ont même pas eu besoin d’être touché par une quelconque magie pour sombrer dans une folie pareille. J’avais peur de devenir comme eux, une sorte de zombie sans but précis. Se frappant la tête contre les murs en racontant des choses qui n’avaient aucun sens.

J’avais l’impression de m’enfoncer toujours plus loin dans un récit interminable. J’ignorais réellement s’il voyait le lien et ça commençait à me faire peur. Habituellement, je ne m’ouvrais pas si facilement aux autres mais avec lui c’était différent. Surtout qu’il m’avait posé une question bien précise et j’avais peur qu’il pense que je voulais éviter le sujet alors que je l’amenais doucement, prenant le temps de lui raconter tout depuis le début. J’ouvrai mon cœur qui était resté un peu trop longtemps à l’écart et même si je me faisais du mal, je continuai à tout lui dire, comme si je lui dictais ma biographie pour un livre. Je continuai de le regarder dans les yeux même si je baissais souvent mon regard, étant perdu dans tous ces souvenirs qui revenaient au galop.

-Lorsque je t’ai trouvé ce matin là, en dessous de l’arbre ravageur, je tentai de m’évader d’ici. J’avais trop peur que la folie ne vienne à bout de moi et je voulais fuir ce monde qui n’était pas le mien. Mais je t’ai trouvé là et je ne sais pas… Mon instinct de sauveur s’est soudainement réveiller et je me suis dis que j’avais le devoir de te sortir de là. Au début je pensais que tu étais un moldu à qui on avait fait du mal et qu’on avait délibérément abandonné là. J’ai donc changé d’idée et au lieu de continuer mon chemin sans te voir, je suis allé près de toi.

Nouveau petit sourire. Et ma main qui glisse dans la sienne, tout naturellement. Je retrouve sa chaleur et mon cœur devient moins gros. Comme par magie.

-Mais si tu savais combien je suis content de m’avoir écouter et d’avoir laisser tomber… Après mûre réflexion, je n’aurais jamais été capable de m’enfuir d’ici. La magie protège tout le château mais c’est seulement plus tard que je m’en suis aperçu. Je n’avais aucune chance de me rendre loin alors c’était la meilleure décision à prendre. Je t’ai trouvé, je t’ai sauvé la vie et c’est probablement le meilleur geste que j’ai posé dans toute ma vie jusqu’à date. Sans le vouloir, tu as été ma lumière au bout du tunnel, ma bouée de sauvetage qui me raccrochait ici. Même si tu n’as pas été très gentil avec moi la première fois, je me suis identifié à toi. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être à cause des circonstances étrange de notre rencontre. Peut-être parce que tu le seul, mis à part cette fille, qui voulait bien me donner un peu d’attention… Et la suite des événements on l’a connais. On, par je ne sais quel miracle, s’est entiché l’un de l’autre et crois moi, j’en suis vraiment très heureux.

Mes doigts qui jouent avec les siens. Juste pour le sentir même s’il était déjà près de moi. Je voulais le toucher encore plus pour ne pas qu’il disparaisse.

-Je suis rapidement tombé amoureux. Tout me plaisait chez toi et ce, même si tu étais quelqu’un de très mystérieux. Je pense que c’était ce qui me plaisait le plus venant de toi. Mais à force de te connaître et de te voir, je t’aimais encore plus et je désirais toujours être avec toi-même si je savais que ce n’était pas vraiment permis. Et le moment qu’on a passé tous les deux là sous le chêne… C’était très important pour moi tout ça. J’ai réussi à te dire ce que je ressentais au plus profond de moi et à mes yeux, j’avais fait un énorme pas en avant. J’étais tellement content que tu ne me rejettes pas. Après tout, même si on est maintenant ensemble, on ne se connaît pas tellement et j’avais peur que tu ailles en horreur les personnes comme moi. Que tu portes de faux jugements parce que je n’aimais que les mecs. Les filles, ça n’a jamais été mon truc. Je saurais pas te l’expliquer mais c’est comme ça.

La boule commençait sérieusement à m’étouffer car j’arrivais au moment le plus difficile de tout mon long monologue. La réponse à sa question n’allait pas tarder et j’allais devoir affronter tout cela. Pour lui et pour moi. Parce qu’il avait le droit et que je devais retirer ce poids lourd qui me pesait sur la conscience. Parce que mon geste n’avait pas été banal et pour ce genre de truc, il y a toujours une explication. Personne ne fait un tel acte sans avoir de raison apparente.
Je ne retenais plus rien. Une larme perla sur ma joue et puis une autre. Le flot allait bientôt être déverser sur mon visage mais tant pis. Plus de cachotteries entre nous. Et puis c’était plutôt difficile de se retenir de pleurer dans de telles conditions.


-Si tu savais comme je t’aime Enzo… Quand ils m’ont enlevés les parties qui te concernaient dans mes mémoires, j’ai cru encore une fois que j’allais devenir fou. J’avais à cœur la promesse qu’on s’était fait et j’échouais déjà. Je me plantais lamentablement alors que je venais tout juste de te promettre que j’allais rester fort. Je l’ai ai supplié presque aux larmes pour qu’ils n’usent pas de leur magie destructrice sur moi. Je n’ai pas su garder la tête froide quand ils m’ont annoncés leurs plans diaboliques. Je me suis battu jusqu’à la fin pour tenter de garder ces précieux souvenirs. C’était horrible de voir tout se rembobiner et de voir ton visage disparaître… Je ne connaissais plus ton nom, je ne savais plus qui tu étais et je…

Paf!
J’éclatais. Comme un gros ballon rempli d’eau. Je sanglotais comme si j’étais à un enterrement. C’était presque ce que je vivais à vrai dire. Je me souvenais encore de leur visage agressif, avide de me voir souffrir de la perte de celui que j’aimais. De moi qui tentait de résister à leurs attaques mentales en me raccrochant au doux sourire de celui qui faisait battre mon cœur. Mon énorme mal de tête à force de trouver vouloir tout garder pour moi. Ce n’était pas des moments que j’allais oublier du jour au lendemain. Les évoqués en mots, c’était encore pire que juste d’y penser. Surtout que je parlais directement à la personne concernée. J’ignorais bien ce qu’il en pensait d’ailleurs mais je lui relatais les faits. Il ferait ce qu’il en voudrait ensuite mais au moins, ça sortait même si j’avais l’impression que c’était tout croche et sans but.
D’une voix tremblante, je poursuivais après quelques instants de silence.


-J’étais détruit, tu comprends? Lorsque je me suis réveillé, ton frère était là et il me racontait des trucs qui n’avaient aucun sens. Je ne me souvenais plus de toi mais si tu savais combien je me sentais vide de l’intérieur… J’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose d’important mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Il m’a battu sans me donner d’explications et je me suis retrouvé pendant une semaine couché sur un lit d’infirmerie. À mon réveil, j’ai été chassé de là comme si j’étais un vulgaire animal et je suis tombé sur toi comme par hasard. Au début, je ne comprenais plus, tu me faisais peur. J’ignorais ce qu’il se passait mais voyant tes expressions et avec les sensations de déjà vu qui me revenait en tête, je tentai de me donner des explications. Mais tu m’as rejeté… Mais comme je t’ai déjà dit hier soir, je comprends et dans ta situation, j’aurais réagi de la même façon. Seulement pour moi, ça été le coup de grâce…

Je lâchai ses doigts pour venir essuyer mes joues qui humidifiaient l’oreiller sur lequel ma tête était posée.

-Je suis retourné sur le quatrième étage, dans ma chambre, j’ai trouvé quelque chose de tranchant et je me suis…

Je m’interrompais, incapable de donner plus de descriptions qui me donnait des hauts le cœur tellement je me sentais stupide. Médiocre. Idiot. Le mec le plus faible de la terre. Et lui dire tout ça à lui était de plus en plus pénible pour moi. J’entrai dans les détails et mon cœur se faisait tout petit tellement j’avais envie d’aller me cacher. J’avais honte. Un sentiment indescriptible.
À défaut d’aller me cacher dans un coin sombre de la pièce, je me contentai de plaquer les deux mains sur mon visage afin de me le couvrir entièrement. Il m’était impossible de le regarder dans les yeux à présent, c’était trop difficile. Le flux de mes larmes n’arrêtait pas même qu’il renchérissait ce connard. Comme pour me donner le coup de grâce.


-Je croyais devenir fou! Pour de vrai! Je perdais la mémoire! J’hallucinais des amis alors que j’en avais aucun! Un mec m’avait tabassé presque à la mort à cause de choses que je ne comprenais pas! Il m’en voulait pour une raison que j’ignorais et ça me détruisait! Je t’avais perdu et je me suis perdu! J’ai pété un câble! Alors je n’ai pas réfléchi et j’ai pris ce morceau de verre. J’ai entaillé mes poignets sans penser au reste du monde, croyant que j’étais seul sur mon île.

Je n’arrivais plus à articuler tellement que je pleurais. Et qu’est-ce que je me sentais mal… J’avais la tête qui tournait même si j’étais couché. Et qu’est-ce que j’avais honte… Et bordel que j’avais envie d’effacer toutes ces mauvaises images qui s’insinuaient dans mon esprit me faisant encore une fois revivre ce calvaire.

-J’ai fait une connerie, la plus grosse que j’ai jamais faite. J’ai montré à tout le monde à quel point je ne suis pas fait fort. Que je suis juste un sale gosse qui n’est pas capable de garder la tête froide quelle que soit la situation. Un faible qui ne pense qu’à lui. Je porte les signes de cette faiblesse et ça va me rester pour le reste de mes jours! Si tu savais comme j’ai envie de remonter le temps…

Lentement, j’abaissais mes mains humides de mon eau salée pour agripper fermement son sweat. Pour encore une fois, me raccrocher a lui pour ne pas sombrer. Ma bouée de sauvetage.

-Je ne vais plus jamais recommencer, c’est une promesse. Je sais que je n’ai pas réussi à tenir la nôtre mais celle là, tu peux être certain que je ferais tout en mon pouvoir pour ne pas recommencer. Si tu savais comment je me sens en ce moment même…

Je suis démoli Enzo. Parce que je me rends enfin compte de la gravité de mon geste. Je suis démoli mais je suis aussi libéré car grâce à toi, je me libère d’un poids qui pesait depuis déjà deux semaines. Un poids lourd qui m’empêchait de respirer correctement. Je me sens mal mais je sais que d’ici quelques minutes tout ira mieux. Excuse moi de te fatiguer avec mes histoire sans intérêts mais j’avais besoin de tout te raconter depuis le début. Pour que tu saches à quel point j’ai peur de devenir fou dans ce monde cruel et sans pitié. Pour que tu saches à quel point je t’aime mais surtout pourquoi. Pour que tu saches à quel point je me raccroche à toi et que tu es mon pilier central. Pour que tu saches que je ne veux pas te perdre, tu es tout ce que j’ai. Toutes ces petites choses qui me libèrent même si peut-être qu’à tes yeux ça ne change pas grand-chose. Ça n’a aucune importance.
Je voulais que tu saches, c’est tout.


-Si tu savais combien je t’aime… Je n’arrive même pas à mettre des mots assez puissants pour tout te dire ce que je ressens à ton égard… Je n’ai surtout pas envie de te perdre à cause d’une énorme connerie. Si tu savais à quel point je m’en veux… Je m’en veux tellement…

Comme par réflexe, je m’avance vers lui tout en demeurant couché sur le lit. J’enroule mes bras autour de son corps pour le serrer contre moi.
J’ai besoin d’un câlin. Juste un.
Si tu veux bien.
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Enzo Ryans



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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Mar 15 Juin - 19:57

Mon Loup. On aura tout vu, même si … C’est la vérité quelque part. Je suis un loup. Je suis à lui. CQFD. Je suis son Loup. Aaaah je veux pas virer dans la niaiserie et devenir un de ces amoureux transit qui passe son temps à minauder devant l’objet de son affection. Pourtant je meurs d’envie de le prendre dans mes bras et de lui murmurer des trucs dans l’oreille. Je ne sais pas vraiment quoi. Lui dire que je l’aime, encore, et encore, et encore, puisque maintenant que j’ai découvert comment ça fonctionne et que je me suis ENFIN débloqué, je crois bien que ça va rapidement devenir une manie. Mais ne nous enflammons pas. Je vais finir par le faire fuir si je me laisse aller à faire n’importe quoi. Les débordements affectifs, ça fait peur. Je suis sur que même lui en a peur. Et je me dois de conserver cette allure de mec inaccessible, histoire de garder un peu de fierté quand même. Non mais ! On attrape pas Enzo Ryans comme ça !

La preuve que si, lui l’a bien fait …
Oh ça va, ta gueule toi !
><
Sale gamin mal élevé.
Quoi ?! Tu vas quand même pas me dire qu’il a pas mis du temps avant de me mettre le grappin dessus ? C’est pas comme si je lui étais tombé dans les bras dès le premier jour.
Le premier, non, mais dès le deuxième ça a déjà dérapé mon grand, et après … Je préfère ne même pas en parler. De toute façon j’ai toujours raison. Alors tais-toi.
Je …
JE T’AI DIT DE TE TAIRE ENZO RYANS !

~ * ~

Je pourrais aussi lui raconter des trucs salasses, rien que pour le tenter et l’allumer un peu. Ça pourrait être marrant si j’étais absolument certain de ne pas tomber dans mon propre piège … Mission impossible. Je vais m’abstenir de tout commentaire et rester bien sage.

~ * ~

J’étais bien là, étendu sur le lit près de lui. Plus rien ne semblait avoir d’importance hormis nos retrouvailles et j’avais cette furieuse envie que le temps s’arrête, une fois de plus. Je voulais qu’on puisse profiter de ce moment, rien que tous les deux. Qu’on puisse oublier l’espace d’un instant toutes les merdes qui nous tombaient dessus les unes après les autres. Mais ils n’ont pas encore compris qu’ils n’arriveraient pas à nous séparer ? J’en suis sur maintenant. Toutes leurs tentatives ont échoué, sur le long terme parfois, mais elles ont échoué. Il n’y a que deux personnes au monde capable de briser cette bulle protectrice. Lui, et moi. Je ne pense pas qu’il en ai envie, et de mon côté, j’ai enfin pris conscience de tout ce que j’avais a perdre en laissant la peur me dicter mes actes. J’ai trop souffert durant ces deux semaines. Je ne peux plus vivre sans lui. Survivre, oui, peut être, mais vivre, non je ne pense pas. Je me suis senti vide, perdu, à l’agonie chaque matin quand je me réveillais en sursaut après un cauchemars. Je ne veux plus revivre ça. Désormais je veux m’endormir chaque jour près de lui, me réveiller chaque jour près de lui et rêver dans ses bras. Je ne me fais pas d’illusion. Je sais parfaitement que tout ça frôle l’utopie mais j’en ai assez que la vie soit une course contre la montre. Je n’ai pas l’intention de bouger d’ici tant que je n’aurais pas eu l’impression d’avoir mis les choses à plat entre lui et moi. Personne ne peut venir perturber ce moment. Je suis confiant de ce côté là. Et même si je sais qu’on ne pourra pas rester indéfiniment ici, je ne me sens pas près à tenter la grande évasion maintenant. Déjà d’une parce que je suis épuisé et lui aussi, donc je pense qu’un peu de repos ne ferait de mal ni à lui, ni à moi. Et d’autre part parce qu’à l’instant même où on essaiera de prendre la fuite, ils nous tomberont dessus. J’ai beau essayer de ne pas y penser, je ne trouve pas de solution. Si on reste, on ne pourra pas être ensemble et de toute façon, je risque de payer très cher le prix de la vie de cet enfoiré de Supérieur. Kyle sera considérer comme complice et on y passera tous les deux après une bonne séance de torture. Je pense qu’ils seraient même capable de pousser le vice jusqu’à ne pas nous tuer mais juste se contenter de nous faire souffrir jusqu’à ce que la folie s’empare de nos deux esprits. Si on essaie de s’enfuir, on n’a que très peu de chance de réussir à quitter le château. J’ai beau chercher, je ne vois aucune faille, aucun moyen de sortir. Se cacher ? Oui, mais pour combien de temps ? Tout ça me paraît sans issue, comme depuis le début, à l’exception faite que cette fois il est avec moi, qu’on est deux et que même si j’ai peur pour sa vie, je ferais tout pour qu’on reste ensemble.
Je me suis dis qu’il était grand temps de débrancher mon cerveau, mais lorsque j’ai décidé de passer à autre chose, c’est l’image de Kyle et de Cameron qui m’est venu en tête. Foutue jalousie de merde. J’ai pas pu m’empêcher d’exprimer mon ressenti. Je me sentais vraiment con et je pense qu’il a du le sentir. C’est sûrement pour ça qu’il m’a rassuré, d’une voix calme, en souriant.

« Tu n’as pas à t’inquiéter pour ça tu sais. Je pense que si un jour je te vois avec une fille et que tu souris un peu trop, je serais tout aussi jaloux. Je suis pas insensible non plus alors je comprends ce que tu veux dire. Et t’es pas un cadeau, tu es mon cadeau, ce n’est pas pareil. »

Tu parles d’un cadeau. Je suis trop grand, trop lourd. J’ai l’air d’un dinosaure qui apprend à marcher dès que je me déplace. J’ai un sale caractère. Je suis impulsif et imprévisible. J’ai les yeux d’un commun, ç’en est affligeant. Mes cheveux partent dans tous les sens. Je suis jaloux et extrêmement possessif. Et je me laisse bouffer par mes pulsions et mes émotions. Mais toi tu t’en fous. Toi, tu m’aimes quand même. Alors rien que pour te faire plaisir et aussi parce que j’en suis bien incapable, je ne vais pas changer. Et peut être qu’à force d’être collé à toi comme un coquillage à son rocher, je vais finir par m’améliorer. Tu fais de moi quelqu’un d’autre, Kyle. Tu m’apaises. Tu me calmes. Je me sens bien, vraiment bien, que quand je suis près de toi. J’ai trouvé le remède à mes blessures, comme disais je ne sais plus qui dans je ne sais plus quelle chanson, et ce remède c’est toi, tout simplement. J’espère que tu es conscient que tu viens de signer pour en chier, parce que je n’ai plus l’intention de te lâcher maintenant. Oublie pas que je suis un jeune loup, et que comme tous les jeunes animaux, je suis un pot de colle avec un énorme besoin d’attention et d’affection. A mon avis tu vas vite te sentir envahit, mais tu l’as cherché. Bien fait pour toi.
Et puis les filles, je ne les regarde plus depuis que je t’ai dans mes bras. Je crois qu’il ne faudrait pas que tu me vois avec Jillian en revanche. On est très complice elle et moi, même s’il n’y a absolument rien entre nous, et qu’il n’y aura jamais rien. Mais peut être que de l’extérieur les impressions sont différentes. A vrai dire je ne me suis jamais posé la question. Pour moi tout est clair. En plus de ça, elle est plus âgée que moi, de trois ans, et je n’arrive vraiment pas à nous imaginer ensemble. Non vraiment, ce serait trop étrange.
Je ne vais pas te le dire Kyle mais si tu savais ce que tu m’as obligé à faire après m’avoir embrassé de force la première fois. Oui bon d’accord, tu ne m’as pas obligé à me comporter comme le dernier des connards, je sais, mais bref, j’avais tellement peur de devenir gay, d’avoir des doutes sur ma sexualité, que j’ai attrapé la première fille que j’ai croisé et … je vais pas te faire de dessin. J’en suis pas vraiment fier, surtout quand je vois où ça m’a mené. J’ai été un beau salaud, et elle m’a mis une claque que je ne suis pas prêt d’oublier ça crois-moi. Enfin bref, je ne me pose plus de question. Fille ou garçon, ça n’a pas la moindre importance, moi c’est toi que je veux. Les autres, je m’en fous.

Je dois bien l’avouer, le fait de savoir qu’il avait des tendances à la jalousie lui aussi m’a réconforté. Je crois que quelque par, il a fait gonfler mon estime. Je n’en étais pas encore à bomber le torse pour me pavaner comme un paon mais j’ai senti un afflux de satisfaction envahir tout mon organisme. Je n’ai rien dit. Je n’ai pas relevé. Je me suis contenté de profiter de l’effet que me faisaient ses mots.

Ça n’a duré qu’un temps, jusqu’à ce que mes doigts rencontrent ses cicatrices là sur son poignet. J’ai eu mal et je n’ai pas pu retenir ma question. J’ai su que ça l’avait brisé à l’instant même où les mots sont sorti de ma bouche. Son sourire s’est figé. Son corps tout entier s’est tendu. Il a fermé les yeux, puis a gardé le silence un moment. Je n’avais de cesse que de le regarder, essayant de percevoir le moindre de ses ressentis. Lui faire mal était une chose que je n’aimais vraiment pas, mais j’avais besoin de savoir. Et je pense qu’il avait besoin d’exorciser tout ça, de faire sortir tout ce mal-être qui devait le ronger de l’intérieur. Une tentative de suicide, ce n’est pas rien. Surtout pas pour une personne telle que lui. J’étais persuadé qu’il devait vraiment être au fond du gouffre pour en arriver là, que je n’étais pas le seul responsable de sa chute, que c’était certainement un tout. Je ne m’improvise pas psy, mais il n’y a pas de raison pour que je le laisse patauger là dedans tout seul. Moi aussi je peux le pousser pour qu’il arrive à lâcher ce qu’il a sur le cœur. Quitte à ce qu’il m’en veuille par la suite. Je prends le risque. Et je veux être certain de ne pas être celui qui l’a poussé à faire ça. J’ai déjà deux morts sur la conscience, je ne sais pas si je supporterais d’être le responsable d’un tel acte. Surtout pas le concernant. Je veux être certain que c’est réparé là haut dans sa tête, au moins en partie, qu’il ne recommencera pas.
Les mots ont mis du temps à sortir, mais il les a finalement prononcé sans ouvrir les yeux, comme s’il avait peur de croiser dans mes yeux une sorte de jugement. Je ne lui en veux pas, j’aurais probablement fait pareil. Je sais combien c’est difficile de parler de soi, surtout quand on en a pas l’habitude, et surtout dans un cas comme ça. Je m’en suis voulu de le mettre dans un état pareil, mais la soif de comprendre était pourtant bien plus forte que la culpabilité. J’ai continué à le dévisager, même s’il n’était pas près à supporter mon regard sur lui, puis j’ai écouté. Au départ, je n’ai pas vraiment compris où il voulait en venir. Il a commencé à me parler de Londres et je me suis rendu compte une fois de plus que je ne savais pas grand chose de lui. J’ignorais depuis combien de temps il était là bas, s’il y avait des amis, et si sa vie était telle qu’il l’avait rêvé en tirant un trait sur l’ancienne, pleine de douleur et de rancœur. Je m’étais dis que loin de ses parents, il ne pouvait de toute façon qu’être mieux. Je prenais conscience également que je n’avais jamais pris le temps de lui demander comment c’était passé son enlèvement. J’ignorais totalement comment procédais les Supérieurs dans leur rapt de Moldu. Alors je me concentrais, et tachait de garder mon calme bien que mes sens commençaient à se réveiller. Je savais le Loup encore sous la surface, et si Enzo l’humain arrivait à se contrôler, pour l’animal c’était plus compliqué. Un sentiment d’injustice prédominait sur celui de la colère mais les deux mêlés risquaient d’être dangereux si je laissais tout ça éclater. Pour Kyle, je me devais de tenir. Il avait probablement besoin de me raconter tout ça, peut être même qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’en parler à qui que ce soit avant ce matin. Alors je fermais les yeux, essayant d’imaginer les lueurs de Londres, la nuit, puis au petit jour. Il avait vraiment l’air de l’aimer cette ville. Et dire que je crachai sur l’Angleterre depuis que j’y avais posé les pieds il y a des mois de ça …
Je l’ai laissé à ses souvenirs, gardant ma main sur son bras pour lui montrer que j’étais toujours là, que je ne bougeait pas et que je l’écoutais. Qu’il avait le temps, que je ne le brusquerais pas. C’est là qu’il a raconté sa capture, puis son arrivée au château. Traité comme un moins que rien. Enfermé. Jeté dans un cachot comme une vulgaire bête de foire. Je sentais mon rythme cardiaque s’accélérer mais je prenais sur moi. Je n’avais pas à intervenir dans son histoire, même si ce que j’entendais me révoltais. J’ai serré le poing sur ma main libre, pour tenter d’apaiser mes tensions et j’ai essayé de calmer, et de dissimuler ma respiration qui elle aussi s’était pris l’envie de faire la course.
Il était seul. Il était perdu. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Traité comme un esclave, pendant que la vie pour nous autres sorciers suivait son cours. Et dire que j’étais moi aussi entre ces murs quand il a subit tout ça. Je sais pertinemment que je n’aurais rien pu faire, que je ne le connaissais même pas à l’époque, mais je me sentais coupable.
Je voyais bien que c’était de plus en plus difficile pour lui de continuer. J’avais envie de le serrer contre moi, de l’encourager, mais je savais que je n’avais pas le droit d’intervenir. J’espérais juste que ma main sur son bras lui donnerait un minimum de réconfort. Sa voix se faisait de plus en plus cassée, il avait du mal à finir ses phrases. Ça me tuait. Mais je respectais son nouveau silence, jusqu’à ce qu’il reprenne de nouveau, m’expliquant qu’un homme était venu le voir et lui avait donné l’autorisation de sortir, d’aller où bon lui semblait. Je supposais que c’était peut être cette ordure que j’avais poussé à se jeter dans le vide la veille. Etrangement, je n’avais plus aucun remords concernant cet « incident ». Puis il y a eu cette fille, une sorcière, qui a pris le temps de lui expliquer dans quel genre d’endroit il se trouvait. Une école de magie, remplie de sorciers. Je pouvais difficilement me rendre compte de la sensation qu’avait pu ressentir Kyle alors qu’il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Ayant grandi dans le monde de la magie, c’était pour moi quelque chose d’absolument naturel, mais pour une personne qui jusqu’ici ignorait son existence, c’était sans doute la manière la plus violente de découvrir qu’elle existait réellement, et peut être pas sous la forme à laquelle on pouvait s’attendre. Je savais donc maintenant comme Kyle avait découvert l’existence de cette particularité qu’était la magie, et quelque part j’étais rassuré qu’il l’ai fait de cette manière là plutôt que d’en être victime. Intérieurement je remerciais cette fille d’avoir eu le bon sens et surtout assez de cœur pour ne pas le traiter comme le faisaient les autres. Je sais bien que je ne suis pas un exemple de sociabilité, et qu’en apparence je méprise tout le monde, mais je sais qu’il reste encore dans ce château des sorciers qui ne sont pas à jeter. Je pense à Jillian. Je pense à Elwynn. Je pense à Ismaelle aussi bien sur, et à ce prof que je connais à peine mais qui est finalement un de ceux dont je suis le plus proche malgré moi. Jakob Hammerschitt. Un étrange personnage. Je ne sais pas encore si je peux lui faire totalement confiance. J’ai un peu tendance à me méfier de tout le monde ces derniers temps.

Pour la première fois depuis de longues minutes, Kyle a enfin ouvert les yeux et m’a regardé. La tristesse que j’y ai lu m’a frappé d’une telle force que mon cœur a eu un raté. Par une simple question, j’avais remué tous ses mauvais souvenirs. Et une fois de plus je me rendais compte de mon égoïsme. Juste parce que j’avais besoin de comprendre, il avait fallu que je le pousse dans des recoins de son esprit et de sa mémoire où il ne souhaitait plus mettre les pieds. Je suis désolé. Malgré ça il trouve encore la force de me sourire.
Oui Kyle, c’est vrai, je me demande pourquoi tu me racontes tout ça, mais je suis contente que tu le fasses, parce que ça signifie que tu me fais assez confiance pour mettre ton cœur sur la table, sans avoir peur que j’y plante une lame de fer. Je me doute à quel point tu dois être déçu par la magie. Si tu savais comme je le suis aussi. Pourtant elle fait parti de moi, elle coule dans mes veines. Mais je crois que ce château n’est pas un bon exemple de ce qu’elle représente vraiment. Elle peut faire de réelles belles choses. Je ne peux pas vraiment me mettre à sa place, ce n’est pas quelque chose que j’ai découvert, puisque ça a toujours été en moi. En moi et chaque membre de ma famille.
Plus il avançait dans son récit et plus je prenais conscience de tout ce qu’il avait pu vivre. Je crois que je commençais à comprendre où il voulait en venir en me racontant tout ça. Je pense qu’il voulait simplement me faire comprendre que son geste était du à une accumulation de pleins de choses et pas seulement à un seul et unique événement. Plus je l’écoutais, plus j’avais envie de me boucher les oreilles. Toutes ces horreurs que les Supérieurs et certains élèves faisaient subir aux Non-Magiciens, j’étais bien loin de la vérité même si j’avais conscience que leur séjour ici n’était pas une partie de plaisir. Après tout, j’aurais du m’y attendre. Ils étaient capables de jeter un sorcier de Sang Pur, Lycanthrope de surcroît, dans une cage juste pour le punir d’être un traître, en lui faisant payer son crime par le meurtre d’une innocente. Repenser à cette nuit là me rendait malade. Je fermais les yeux à mon tour, tachant de chasser mes propres démons pour me concentrer sur ceux de Kyle. Comment ne pas devenir fou dans un cadre comme celui là.
Il a poursuivit en abordant le sujet de notre rencontre. Ce jour là, il comptait s’enfuir, et même s’il me l’avait déjà dit, je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir coupable une nouvelle fois. J’étais bien sur totalement conscient qu’il ne s’en serait pas sorti vivant mais … Peu importe. Tout ça c’est du passé. J’ignorais par contre qu’il m’avait pris pour un Moldu qui tout comme lui aurait pu être maltraité. Je le reconnaissais bien là mon Kyle, le sauveur des âmes en peines. A l’époque, je m’étais comporté comme un vrai con avec lui. Finalement, j’avais agit comme je le faisais depuis la mort de mes parents, de façon à maintenir le reste de la planète loin de moi. Il me sourit et j’oublie tout. Sa main glisse dans la mienne, et mes doigts se referment sur cette prise. Je soupire.
Oui on l’a connaît la suite Kyle. Tu m’en as fait baver tu sais ? Et je sais que tu as beaucoup souffert par ma faute. Je crois qu’on est quitte maintenant, non ?

Tu me dis que tu es rapidement tombé amoureux de moi. Si tu savais l’état dans lequel tu m’as mis la nuit où tu me l’as avoué. J’ai cru que j’allais le tuer. C’était le bordel dans ma tête, et je me revois encore m’avancer vers lui d’un pas rapide. Je ne sais pas lequel des deux à été le plus surpris par mon geste mais je comprends beaucoup plus de choses avec le recul. Pour ma part, j’ai pris conscience que j’aimais Kyle il y a deux semaines, lorsque je l’ai perdu. Je savais qu’il avait un truc avant ça mais ça m’a frappé violemment quand je me suis rendu compte qu’il n’avait plus aucun souvenir de moi. Et quand je l’ai vu avec Cameron, c’était encore pire. J’ai cru devenir fou. Et aujourd’hui … Il le sait, que je l’aime moi aussi, parce que comme il le dit si bien, par on ne sait quel miracle, on s’est entiché l’un de l’autre et j’aurais été ridicule de le nier plus longtemps.
Je comprends ces peurs quant à ma réaction. C’est vrai que beaucoup de garçons ont énormément de mal avec l’homosexualité. Mon frère, pour ne pas le citer. En ce qui me concerne ça n’a jamais été un problème pour moi. Et étrangement, je ne me considère toujours pas comme l’un d’entre eux. J’aime pas les étiquettes. Je veux juste Kyle. Pas les autres garçons. Quant aux filles, si tu ne les as jamais aimé, elles ont toujours été ma came en revanche, même si pour être honnête ça n’a jamais été une obsession chez moi. J’ai jamais eu d’histoire fixe. Deux ou trois amourettes de vacances mais jamais rien de sérieux. Et puis comme il le dit, ça ne s’explique pas. Je fais parti de ceux qui pensent qu’on aime une personne, pas son genre. C’est précisément ce qui m’arrive en ce moment.

J’ai vu la larme rouler sur sa joue, et j’ai su qu’on arrivait au moment le plus dur de son récit, alors j’ai resserré ma main autour de la sienne, par instinct.
Sa perte de mémoire. Ses souvenirs qui s’effacent, qu’on lui a effacé. Il m’a tout expliqué dans le moindre détail, jusqu’à ce qu’il éclate à son tour en larme, comme je l’avais fait quelques minutes plus tôt. Des larmes qui seraient je l’espère libératrices pour lui, tout comme elles l’avaient été pour moi.

Mon frère. Notre rencontre au deuxième étage après une semaine de séparation qui m’avait semblé durer des mois. Je gardais encore un mauvais souvenir de notre séparation dans le Parc. Un goût amer au fond du cœur, comme si je n’avais pas essayé de le retenir, et c’était le cas. Je m’en voulais pour ça. Ce sera je crois, l’un de mes plus grands regrets. Mais qu’est ce que je pouvais faire ? Le forcer à rester près de moi ? Il voulait partir. Je ne pouvais pas me résoudre à être celui qui le mettrait une fois de plus dans une cage. Détruit. Bien sur que je comprends. Avoir le sentiment qui manque quelque chose pour pouvoir vivre correctement, se sentir vide en permanence. Je connais ça par cœur, mais bien sur c’est différent. Je sais ce qui m’a fait ressentir ça. La mort de mes parents. Et puis ta perte. J’ai souffert comme jamais, mais pour rien au monde je n’aurais voulu qu’on m’efface la mémoire. Je ne veux pas les oublier. Je ne veux pas t’oublier non plus.
J’ai bien vu que je te faisais peur, et ça m’a tué. Tu étais la dernière personne sur terre a qui je voulais donner cette impression et pourtant je n’ai rien pu faire, rien su faire pour te rassurer. J’ai fait un choix, peut être pas le bon, mais on ne peut pas changer le passé. Tu comprends peut être ma réaction, mais elle n’en reste pas moins celle qui t’a conduit à vouloir en finir, et ça, même si je me garderais bien de te le dire, je ne me le pardonnerais jamais. Non ! S’il te plaît. N’en rajoute pas plus. Je sais ce que tu as fait. Je ne suis pas idiot. Je connais les conséquences et les causes. Je ne veux pas de rapport détaillé. S’il te plaît. Et ne te cache pas de moi, Kyle. Regarde-moi.
Je n’ai pas essayé d’enlever ses mains qui cachaient son visage, peut être parce que je me disais qu’il avait besoin de ça. Je le regardais, une expression de compassion et de peine sur mon visage, et je caressais doucement son bras. C’est tout ce que je pouvais faire tant qu’il n’avait pas terminé. Et il n’avait pas terminé. Je voulais que toute cette merde qu’il gardait en lui sorte définitivement, qu’il arrête de garder tout ça pour lui.

« J’ai fait une connerie, la plus grosse que j’ai jamais faite. J’ai montré à tout le monde à quel point je ne suis pas fait fort. Que je suis juste un sale gosse qui n’est pas capable de garder la tête froide quelle que soit la situation. Un faible qui ne pense qu’à lui. Je porte les signes de cette faiblesse et ça va me rester pour le reste de mes jours! Si tu savais comme j’ai envie de remonter le temps… »

Ses mains ont quitté sont visage et sont venu s’accrocher à mon sweat. Je les ai regardé une seconde, incrédule, avant de poser ma main sur sa joue comme il l’avait fait pour moi.

- Je t’interdis de dire ça, t’es la personne la plus solide que je connaisse. Combien de fois tu m’as tenu tête ? Combien de fois tu m’as permis de rester droit alors que je menaçais de m’écrouler à tout moment ? Même mon frère ne t’arrive pas à la cheville. Il est fort, c’est certain, mais il a quelque chose que tu n’as pas : La magie. La moitié de ce château se sent supérieure rien que pour ça. Toi, toi tu n’as pas besoin de ça pour tenir debout. Tu fais ce que tu dois faire et même si t’as eu un moment de faiblesse, même si tu as cru qu’il n’y avait plus d’espoir l’espace d’un instant, même si tu as baissé les bras, pour moi tu restes toujours quelqu’un de fort. Je t’admire, il faut que tu le saches.

J’aurais voulu garder le silence encore un instant mais les mots sont sorti sans m’en demander la permission.

« Je ne vais plus jamais recommencer, c’est une promesse. Je sais que je n’ai pas réussi à tenir la nôtre mais celle là, tu peux être certain que je ferais tout en mon pouvoir pour ne pas recommencer. Si tu savais comment je me sens en ce moment même… »

Je crois que j’avais finalement entendu tout ce que je voulais entendre et même si ça me faisait un mal de chien de le voir dans cet état, j’étais soulagé qu’il ai réussi à faire sortir ce trop plein qui le bouffait de l’intérieur. Je connaissais trop cette sensation désagréable pour le laisser se noyer là dedans.

« Si tu savais combien je t’aime… Je n’arrive même pas à mettre des mots assez puissants pour tout te dire ce que je ressens à ton égard… Je n’ai surtout pas envie de te perdre à cause d’une énorme connerie. Si tu savais à quel point je m’en veux… Je m’en veux tellement… »

Moi aussi je t’aime, bien plus que tu ne veux bien le croire je pense. Peut être même plus que moi-même je veux bien le croire.
Il s’est avancé vers moi et ses bras sont venus s’enrouler autour de mon corps. Je me suis laissé rouler sur le dos, pour que sa tête trouve sa place sur mon torse. J’ai posé une main dans ses cheveux, les caressant d’un geste répétitif, tandis que l’autre a trouvé sa place sur le bras qui enroulait mon ventre et ma taille.

T’en as mis du temps.

Mes lèvres sur son front, un baiser, juste un.

- Chut, tout va bien. Je suis là. Tu ne vas pas me perdre. C’est fini de prendre la fuite dès que je sens que tout m’échappe. Je suis là, avec toi et je n’ai pas l’intention de te laisser tomber. C’est toi et moi maintenant, et peu importe les conséquences. Je ne veux pas te perdre non plus.

J’ai respiré son odeur en le berçant comme une mère réconforterait son enfant, comme ma mère avait l’habitude de le faire avec moi. J’aurais pu rester comme ça des heures. Lui contre moi. Et le monde qui semble nous avoir oublié. Juste ce qu’il faut. Juste ce dont nous avions besoin. Du répit. Du repos. Un moment juste pour nous deux, sans avoir peur que quelque chose nous tombe dessus. Un moment pour partager cet amour réciproque qui nous permet de rester debout et d’essayer d’avancer, qui nous permet d’y croire encore même s’il n’y a pas d’espoir ni de sortie de secours.
Ma main qui joue dans ses cheveux et mes lèvres qui courent sur sa peau, qui caressent son front, laissant parfois un impact ça et là.

- Qu’est ce que tu m’as fait Kyle Johnson ? J’ai parfois l’impression que tu m’as ensorcelé. Je n’arrive pas à croire que t’ai réussi à me faire cracher le morceau. Je te déteste.

J’ai souris, puis j’ai ri, en espérant que tout ça soit communicatif. Dans la position dans laquelle je me trouvais, je n’arrivais pas à voir son visage. Et l’épaisseur de mon sweat m’empêchait de me rendre compte s’il pleurait encore ou non. J’ai décidé que ce n’était pas si important finalement, alors j’ai laissé ma tête se reposer sur l’oreiller, et mes yeux se sont perdus dans le plafond. Plus rien n’avait d’importance hormis ce garçon qui malgré lui me réchauffait. J’avais toujours aussi froid malgré la température de ma peau toujours au dessus de la moyenne. Pourtant je ne tremblais plus, parce qu’il était là et faisait office de chauffage d’appoint, pardonnez moi l’expression et la comparaison.
Et puis j’ai repensé à tout ce qu’il venait de me dire.

- Je veux m’excuser, de faire parti de ceux qui ont détruit ta vie. Le monde de la magie est entrain de devenir fou. Ils n’ont pas le droit d’abuser de leur pouvoir sur des innocents. Si tu savais comme j’ai honte de faire parti des leurs. Si je pouvais, je donnerai mes pouvoirs rien que pour avoir le droit de vivre normalement. Rien que pour me détacher d’eux et de ce qu’ils représentent. Rien que pour avoir le droit d’être avec toi, loin d’ici.

Je sais très bien qu’il va me répondre que ce n’est pas de ma faute, que je n’ai pas choisi, et que je ne suis pas comme eux. On a déjà eu une discussion sur le sujet. Seulement je ne peux pas renier mes origines et le monde auquel j’appartiens. Je pourrais, je pense, tirer un trait sur la magie mais seulement et seulement si j’ai la chance de sortir d’ici un jour. Je ne me fais pas d’illusion, je sais qu’elle courra toujours dans mes veines, mais j’ai fait le choix de ne pas l’utiliser à des fins abjectes, malheureusement, ce n’est pas le leitmotiv de cette école. Je n’y ai pas ma place. Je n’y ai jamais eu ma place. Je l’ai toujours senti et ce même bien avant que Kyle apparaisse dans ma vie. Je meurs un peu plus chaque jour dans ce pays qui n’est pas le mien, coupé de mes racines. Et même si Derek est là lui aussi, ça ne change rien au fait que je me sens comme un arbre à l’agonie. Ce n’est pas ma terre. Je ne veux pas rester ici. Je veux revoir les plages d’Australie. Je veux sentir à nouveau le soleil caresser ma peau et la faire dorer jusqu’à en devenir noir. Je veux pouvoir goûter à l’océan. Et tout ça, je veux le faire avec Kyle. Je voudrais l’emmener avec moi, lui faire découvrir l’endroit où j’ai grandi, où j’ai tout mes souvenirs. Je voudrais pouvoir aller sur la tombe de mes parents, et leur dire que je vais bien, parce que je ne suis plus seul. Je voudrais que Derek ouvre les yeux et qu’il sorte de sa connerie, qu’il m’accepte, qu’il accepte Kyle et qu’on retrouve notre vie d’avant, là bas. Avec Grand-Mère, dans notre maison. Il y a de la place pour tout le monde. On pourrait même emmener Jillian, et Cameron si Kyle a besoin de lui. Je ne ferais pas la fine bouche. Je prendrais sur moi et vérifierait qu’il ne s’approche pas de trop près de MON Kyle.

Je me perdais dans mes délires jusqu’à ce que je revois le visage de mes parents apparaître dans ma tête. Nous étions une belle famille, tous les quatre, plus tous les autres. Une famille unie. Une famille aimante. Une famille … de Sang Pur.
J’ignorais si Kyle était au fait de toutes ces histoires de Sang et autres conneries auxquelles je n’avais jamais vraiment prêté la moindre attention. Je ne sais pas pourquoi, j’ai ressenti le besoin de lui parler de ça.

- Je suis ce qu’on appelle un Sang Pur. Je fais parti des rares sorciers qui n’ont encore aucune trace de sang de non-magicien dans les veines. Pour beaucoup, c’est une immense fierté. Pour mon grand-père, c’était quelque chose de très important. Mes parents, je pense qu’ils passaient un peu au dessus de ça, même si mon père marchait dans les traces de son père, bien malgré lui. Quant à mon frère, c’est sa plus grande fierté. Il pense que ça fait de lui un être supérieur, que ça lui donne le droit de mépriser tous les autres juste parce qu’il fait parti de « l’élite ». Moi ça me donne envie de gerber. J’ai pas choisi de naître comme ça, et je ne le regrette pas spécialement mais j’ai parfois honte de ce qui en théorie, de l’avis d’un grand nombre en tout cas, devrait être une gloire.

Je n’ai jamais compris en quoi c’était une chance d’avoir un sang pur. Ça ne fait pas de nous des sorciers plus puissants, ni plus intelligents. On n’a absolument rien de plus que les autres, ou en tout cas pas grâce au sang, c’est une certitude. Et quand je repense à mon abruti de frère qui voudrait perpétuer cette tradition débile, ça me retourne l’estomac. Je suis sur qu’il va finir par se marier avec une Sang Pure, même s’il ne l’aime pas. De toute façon, le jour où Derek aimera quelqu’un, de l’eau aura coulé sous les ponts. Quand je vois comment il traite le reste de la planète, j’ai peur de ce qu’il inculquera comme valeur à ses enfants s’il en a un jour. Il va nous faire une armée de terroriste anti-moldu et sèmera la panique sur le globe. Je fais le mariole là, mais en vérité ça ne me fait pas rire du tout, surtout quand je repense à ce qu’il a fait à Kyle.
Par reflex, j’ai serré plus fort mon emprise sur lui et j’ai pris une profonde inspiration avant de relâcher tout cet air sensé m’aérer le cerveau et éloigner mes pensées. Ce qui bien évidemment n’a pas fonctionné.

- Je suis désolé que Derek t’ai fait autant de mal. Je suis désolé de n’avoir pas su le lui faire payer. Mais tout comme toi, il arrive à faire de moi a peu près ce qu’il veut. Alors tu vois, s’il y a quelqu’un de faible dans cette pièce, ce n’est pas toi.

Comme toujours je me fais manipuler dans tous les sens, et pourquoi ? Parce que je suis définitivement le roi des cons. Derek m’a toujours marché dessus, et je le laisse faire, simplement parce qu’il est mon frère et qu’à mon sens ça signifie plein de choses. Quant à Kyle, c’est juste … notre moyen de fonctionner je pense. Et c’est aussi et surtout parce que je l’aime comme un fou.

- Je suis persuadé que tu es plus fort que lui. Il a la magie de son côté, il a la force physique mais tu as quelque chose qu’il n’a pas et qui lui fait cruellement défaut, tout comme à moi d’ailleurs, à croire que c’est de famille. Tu as un contrôle quasi-total sur tes émotions. C’est en tout cas l’impression que tu me donnes et ça crois-moi, c’est parfois bien plus important que tout le reste.

Les émotions …
C’est un truc qu’on gère très mal dans la famille. Et je pense malheureusement que Kyle en a fait les frais plus d’une fois. De la part de Derek, mais aussi de la mienne.
Qu’est ce qu’on peut être cons chez les frères Ryans.

Toutes ces histoires de Sang Pur m’ont ramené au peu de fréquentations que j’avais dans cette immense baraque. J’ai fait le compte et dénombré aucun de ceux là parmi eux. Tous des Né-Moldus ou des Sang Mêlés. C’est officiel, Ryans Jr prône la tolérance, même s’il ne le fait pas exprès, mais c’est moins classe de dire ça. En même temps, pour un mec qui en tient un autre dans ses bras, je n’aurais pas l’air très crédible si je commençais à prôner l’inverse. Surtout quand on voit comment ça a tourné l’autre nuit dans le Parc …
Jillian. Kyle. Ismaelle. Ismaelle ? Je me souviens que Kyle m’en a déjà parlé, et je n’ai jamais eu le temps de lui demander comment il avait croisé son chemin, ni même de quoi ils avaient bien pu parler. En tout cas, il avait l’air de l’apprécier puisqu’il cherchait à la voir quand il était finalement tombé sur moi et ma mauvaise humeur.

- Dis-moi, il y a quelque chose qui me triture l’esprit. Comment est ce que tu as rencontré Ismaelle ?

Puisque tu m’as dit la connaître.

Changement drastique de conversation. Ce n'était même pas voulu, mais peut être qu'inconsciemment la pression avait besoin de retomber en s'engageant sur des chemins banals cette fois.
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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Mer 16 Juin - 15:09

J’avais l’impression d’être exorcisé. La pression avait été relâchée d’un seul coup par tous les souvenirs que j’avais décidé de raconter à Enzo. Je me sentais maintenant libéré d’un poids et même si ça m’avait vraiment fait mal, j’étais heureux que ce soit fait. Avec lui en plus. Je n’aurais pas pu trouver une meilleure personne à qui raconter tout ça. Car après tout, ça le concernait toujours de près ou de loin, excepté mon arrivé ici, bien sûr. Pour ça, il était loin d’en être le responsable. Et durant tout mon récit, Enzo avait prit le temps de m’écouter en me démontrant sans cesse qu’il était là. Sa main parfois dans la mienne et d’autres fois entrain de caresser mes bras avait su m’apaiser au plus au point. Je continuais de souffrir certes, mais à défaut de le regarder, je savais qu’il était toujours là, à mes côtés à me soutenir et à me comprendre. J’avais parfois eu de la difficulté à placer certains mots face à tel ou tel sentiment mais jamais il ne m’avait posé de question et j’étais certain qu’il savait ce que je voulais dire. Car entre nous, les paroles étaient bien souvent inutiles. Seuls quelques gestes ou regards suffisaient pour que ce soit clair. Ce que je pouvais aimer cette complicité que je trouvais plutôt rare avec les autres personnes que je connaissais.

Il avait déposé sa main sur ma joue humide alors que j’avais agrippé son chandail. Puis il m’a dit ces mots que je pense que je n’oublierais jamais tellement ils ont de l’importance pour moi. Que j’étais une personne solide malgré le fait que je ne possédais pas le don de la magie. Même plus fort que son frère qui ne m’arrivait pas à la cheville selon lui. Et pour terminer le tout, il m’avait dit qu’il m’admirait et ça m’a franchement fait du bien. Un baume sur mon cœur qui était beaucoup trop gros. Sur le moment, je n’ai pas su le remercier car je voulais d’abord lui assurer que plus jamais je ne recommencerais un geste aussi ridicule qui n’avait fait que m’apporter des malheurs plutôt que du réconfort. Il y avait eu un bref moment de réconfort, jusqu’à temps que Cameron intervienne, mais maintenant que mes souvenirs concernant Enzo était de retour, il était certain que je n’allais pas m’entailler une deuxième fois. Le grand blond ne serait pas toujours là à ma rescousse.
Je m’étais ensuite jeté dans ses bras, ne supportant plus cette distance entre nous, une fois de plus. Mais j’avais surtout besoin de sa présence pour définitivement chasser ces démons qui me hantaient depuis trop longtemps. Mes larmes n’arrêtaient plus de couler mais tant pis, je les acceptai. De toute façon, je n’avais pas le choix. Se tournant sur le dos, ma tête se retrouva contre son torse et aussitôt, j’entendais son cœur battre. Et comme à son habitude, il battait de façon anormale pour un simple humain. Et c’était ce qui le caractérisant tant. Et c’était pourquoi j’aimais autant entendre ces battements. Surtout que je savais que ce cœur était à moi désormais. Sa main qui caressait mes cheveux qui étaient devenu beaucoup trop long depuis le temps et son autre qui s’était déposer sur mon bras qui enroulait sa taille m’apaisait encore plus. Et lorsque je sentais ses lèvres se poser sur mon front pour se terminer en un baiser, je fermai les yeux de nouveau.


- Chut, tout va bien. Je suis là. Tu ne vas pas me perdre. C’est fini de prendre la fuite dès que je sens que tout m’échappe. Je suis là, avec toi et je n’ai pas l’intention de te laisser tomber. C’est toi et moi maintenant, et peu importe les conséquences. Je ne veux pas te perdre non plus.

J’eus un léger sourire, soulager par ses paroles. J’avais besoin de l’entendre me dire qu’il était là, que je n’allais pas le perdre et qu’il ne le voulait pas plus. Qu’il ne voulait pas me laisser tomber et qu’il était prêt à tout, peu importait le reste. Des mots parfaits choisi dans une circonstance appropriée.
Merci Enzo de tout ton soutien.
Il me berçait comme si j’étais un enfant et moi, je me laissais faire, resserrant mon étreinte autour de lui. Pour le sentir un peu plus. Et cette envie de pleurer commençait à disparaître fort heureusement. Toutes ces larmes m’avaient sérieusement épuisé et entendre ses battements de cœur ne m’aidait pas beaucoup à tenter de rester éveillé. Je me sentais si bien là, tout contre lui, que j’aurais pu rester ainsi pour l’éternité. Et le fait de savoir qu’on ne nous trouverait pas m’aidait beaucoup à me relaxer d’avantage. Pour une fois, nous n’étions pas pressés par tous ces supérieurs qui nous donnaient continuellement du fil à retorde et du stress.


- Qu’est ce que tu m’as fait Kyle Johnson ? J’ai parfois l’impression que tu m’as ensorcelé. Je n’arrive pas à croire que t’ai réussi à me faire cracher le morceau. Je te déteste.

J’ouvre les yeux, je l’entends rire et je ris en même temps que lui.
Moi aussi j’avais parfois l’impression que je possédais des pouvoirs magiques à mon insu. Pas nécessairement à cause d’Enzo même s’il semblait vouloir affirmer le contraire mais plutôt à cause des supérieurs qui m’affirmaient sans cesse que j’étais différent des autres moldus. Parce qu’à force des sorts reçus, j’avais développé une certaine résistance. Même qu’à la longue, certain sort envoyé sur moi ne me faisait plus rien. Je pouvais ressentir un tiraillement ou un picotement mais rien de plus. Je restais de marbre face à cette magie et même si ça me faisait assez peur, je ne pouvais cacher que j’en étais fier. Bien sûr ça ne devait être que de la magie basique mais pour eux, ça semblait être un pas énorme. Et cela me fit repenser aux dernières paroles du maître supérieur. Il m’avait parlé d’un certain Avada… J’ignorais ce que c’était mais ça semblait être assez puissant, un peu comme celui du Doloris. Celui-là je commençais à le connaître par cœur. Il avait parlé de sorts impardonnables et je comprenais pourquoi. Il semblait y en avoir trois et d’après lui, deux avaient été utilisé sur ma personne. Le Doloris et quoi…? J’en avais aucune idée. Et je ne voulais pas en parler à Enzo. Pour ne pas encore éveiller les démons qui s’étaient endormis à présent.
Puis il s’excuse pour tout, encore une fois, comme s’il sentait responsable de toutes les merdes qui m’étaient tombés dessus. Comme si c’était de sa faute… Il m’était inutile de lui dire qu’il avait tord et qu’il n’avait rien à avoir avec ça mais je savais d’avance que je gaspillerais ma salive pour rien. Il semblait réellement convaincu de ce qu’il disait et je me contentai simplement de l’écouter. Il dit aussi qu’il voudrait se débarrasser de sa magie pour vivre normalement. Quel monde fantastique ça serait si ça pouvait être possible… Moi et lui enfin libre de tous ces supérieurs et de cet enfer… Mais malheureusement, on ne pouvait que fantasmer à ce sujet.

Il change de cap et me parle maintenant de son sang, de sa famille en général et de la fierté qu’ils éprouvent envers ce liquide qui nous maintient en vie.
Sang pur… Oui son frère avait déjà mentionné ces mots devant moi, peu de temps avant de me refaire le portrait. Heureusement, je ne portais plus aucune marque de sa violence sur mon visage et c’était bien tant mieux. Sur le coup, je n’avais pas compris de quoi il parlait mais grâce aux explications d’Enzo, je comprenais un peu mieux. Ils semblaient être très rares, ces soit disant sang pur. Être né uniquement de sorciers et d’une descendance portée sur la magie. J’ignorais que les sorciers étaient classifiés selon leur sang et personnellement, ça me donnait tout aussi envie de gerber qu’Enzo. Et ça me fit penser que nous, les moldus, au lieu d’être une histoire de liquide, c’était plutôt une histoire de couleur de peau, de sexe et de toutes ces conneries. Je n’avais jamais été tolèrent envers les personnes racistes, sexistes ou tout autre truc qui dénigrent les gens. Nous ne sommes pas tous égaux? Pourquoi est-ce qu’une simple couleur de peau ou encore une nationalité fait qu’il n’est pas humain? D’où toutes ces histoires étaient-elles parties? Qui avait été assez crétin pour dire ça un jour? Absolument et totalement ridicule. Les différentes étaient ce qui rendait le monde magnifique et merveilleux. Toutes ces belles langues, ces cultures, ces architectures… Ça me révoltait, complètement.


-Tu as raison, c’est vraiment ridicule. Je n’ai jamais pu supporter ceux qui n’aiment pas ou n’acceptent pas les différences. Une affaire de sang… Tu parles d’une belle connerie… Du sang c’est fait uniquement pour vivre et faire fonctionner ton organisme et non pas pour commencer à te pavaner comme un paon en disant : gna j’ai le sang pur et pas toi!

J’étais peut-être un peu cru, voir même injuste mais c’était ainsi que je voyais les choses.
De l’enfantillage et rien d’autre.
Puis il s’excuse encore et encore. Pour son frère cette fois-ci… Et encore une fois, je m’abstiens de faire tout commentaire de ce que je pense de lui. Cette manie qu’il a de s’excuser toujours pour des choses qu’il n’avait pas fait me rendait un peu triste. Mais si ça pouvait le libéré d’un poids alors je préférais garder le silence. Après tout, peut-être était-ce libérateur pour lui et si oui, je respectais ça. Chacun à sa façon.


- Dis-moi, il y a quelque chose qui me triture l’esprit. Comment est ce que tu as rencontré Ismaelle ?

J’avoue que je fus un peu surpris lorsque j’entendais Enzo me poser cette question.
Il savait que je connaissais Ismaelle?
Je réfléchissais pendant quelques instants et je me souvenais que j’avais bien pu lui dire un ou deux mots à son sujet. Ça faisait un petit moment que je ne songeais plus à cette enseignante, qui avait été plus que clémente avec moi alors que j’étais dans un état quasi second. J’étais tombé sur elle par hasard, durant l’un des congés que les supérieurs avaient bien voulu me donner afin que je change d’air. Mais cela ne faisait qu’être pire. J’avais l’impression qu’on m’avait injecté un poison dans mes veines et lorsque je n’avais pas l’esprit ou le corps occuper, il se mettait à se remonter jusque dans mon cerveau pour me hanter. Et ce poison, c’était Enzo qui me l’avait donné, probablement malgré lui. C’était la fois où il m’avait carrément abandonné dans la salle de bain géante. Je lui avais fait un aveu et il m’en avait également fait un après m’avoir embrasser comme un fou furieux. J’avais ces images et ces paroles qui me revenaient sans cesse en tête et j’avais peine à croire ce qu’il m’avait dit. Lui. Un lycanthrope. Moi qui, jusqu’ici, n’avais jamais eu connaissance de ces créatures mythiques auparavant, avait reçu un énorme choc. C’était comme un coup invisible qui m’avait frapper au ventre, me coupant le souffle. À l’époque, je n’en croyais tout simplement pas mes oreilles, n’arrivant pas à me faire à l’idée que le mec dont j’étais entrain de tomber amoureux n’était nul autre qu’une bête assoiffée de sang et de chair humaine une fois par mois. Et en plus, j’apprenais que tous ces montres existaient dans la réalité de la magie, chose qui m’effrayais au plus au point. D’ailleurs, j’ignorais toujours s’il existait d’autres créatures comme les vampires par exemple. Je n’avais jamais osé poser de question là-dessus, aillant trop peur des réponses. Après tout, peut-être avais-je vu ou parler à un ou deux de ces êtres là et je n’étais pas très chaud à cette idée. Pas que j’avais des préjugés mais seulement j’avais peur de ceux et celles qui n’étaient pas simples mortels. Il fallait me comprendre quand même. C’était déjà un exploit de ma part de prendre la magie et le don de mon petit ami en considération. Enfin pour Enzo ce n’était pas la même chose parce que dans son cas, c’était prémédité et j’avais su qu’il y avait un remède.


-À vrai dire, je l’ai rencontré un peu au hasard. C’était quelques jours après que tu m’ais amené dans l’énorme salle de bain. Les supérieurs avaient décidés de me donner un peu de répit suite à plusieurs événements et j’me suis retrouvé dehors.

Je souriai lorsque je me souvenais de comment avait réussi à m’approcher la femme du prénom d’Ismaelle. Et de son chien Fenrir, une énorme boule de poil blanche mais oh combien adorable. Et Mila aussi, une Sombral que je n’avais pas réussi à voir mais dont j’avais pu sentir son souffle chaud. De la sensation que j’éprouvais face à tout ce nouveau monde offert à moi. Celui des animaux. Ça faisait belle lurette que je ne pensais plus à eux et me faire revenir à cet endroit m’aidait à chasser les mauvais souvenirs que j’avais mis sur table. Je repensais aux explications de l’enseignante sur les loups-garous et à la façon dont j’avais eu de me comporter avec elle. J’avais été sauvage et je le regrettais amèrement. Mais la vision d’Enzo se transformant en bête m’avait rendu complètement fou, ou presque. Pauvre elle, comme elle n’avait pas du comprendre… J’espérais seulement la ravoir un jour afin de lui expliquer tout. Je ne savais pas encore si je pouvais lui faire entièrement confiance mais elle me semblait en être digne.

-C’est elle qui m’a donner toutes les informations sur les loups-garous. Et c’est suite à ça que j’en suis venu à la conclusion que tu n’étais pas dangereux. Et te connaissant, je me doutais que tu utilisais le tue loup. Je sais bien que tu n’as pas envie de faire du mal à quelqu’un. Bon ok il y a eu ce gros connard hier soir mais on sait tous les deux qu’il le méritait. Même qu’il aurait dû souffrir encore plus plutôt que de mourir sur le coup… C’était vraiment une chance pour lui…

Kyle Johnson! Comment oses-tu être aussi méchant et méprisant?
Je suis désolé. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire. Sur le coup, j’avoue avoir été choqué mais maintenant que j’y pense… Enzo aurait du lui broyer tous les os du corps avec ses dents puissantes plutôt qu’ils se brisent lamentablement contre la pierre après une chute vertigineuse. Cet homme m’avait fait beaucoup de mal et contrairement à lui, mon méprit était minuscule. C’était une véritable libération pour moi de le savoir mort et probablement que ce l’était pour d’autres aussi. Je ne devais pas être le seul sur sa liste noire et j’espérais qu’en posant ce geste, Enzo avait aidé plusieurs autres moldus dans mon cas. Il était certain que oui.
Mais bon, je n’allais certainement pas dériver sur un monologue concernant ce connard. Il ne méritait pas qu’on lui accorde autant d’attention. Du moins, plus maintenant. Il s’agissait d’un passé lointain pour moi.


-Mais bon pour en revenir à Ismaelle, elle a vraiment été pro avec moi. C’est vraiment un ange cette femme là et je suis bien content de l’avoir rencontré même si ça plutôt été bref. J’espère bien la revoir un jour…

Pour m’excuser d’avoir été aussi con. Pour revoir Mila et Fenrir qui me manquaient au simple fait de repenser à eux.

Je laissais quelques instants de silence s’écoulés, remuant encore les vestiges qui me restais de notre seule et unique rencontre.
La fatigue commençait de plus en plus à me gagner et c’était probablement à cause de toutes ses larmes que j’avais laissé s’évacuer. Probablement du aussi à la nuit dernière. Et à tous ces jours passés dans l’inactivité. Et pourtant, je ne voulais pas dormir. Parce que j’avais encore peur que tout ceci ne soit qu’un rêve, les fruits de mon imagination. J’avais envie de profiter de tous les moments possibles passés en la compagnie d’Enzo et ce même si je devais rester éveillé nuit et jour. Justement… En parlant de moments…
On ne s’était pas encore embrassé depuis que nous nous étions revus. Nous avions eu à parler avant mais tout semblait avoir été dit, non? Et puis, je ne devais pas le punir aussi? Pour m’avoir fait languir? Après tout, j’avais tenu ma parole et s’il y avait autre chose à dire, ça attendrait plus tard. Je n’en pouvais tout simplement plus de le sentir là contre moi sans avoir eu ses lèvres sur les miennes depuis que nous nous étions retrouvés.
Alors sans crier gare, je desserrai mon étreinte autour de son corps et je me redressai avant d’embarquer par-dessus-lui, un peu comme je l’avais fait sous le chêne. Mes jambes pliées se posèrent de chaque côté des siennes, sans le serrer cette fois. Mon torse se posa contre le sien mais je n’y mettais aucun poids, le répartissant plutôt dans mes bras et mes jambes. Pas que j’étais lourd ou que j’avais peur qu’il ne me supporte pas mais c’était simplement pour être plus libre dans mes mouvements. Mes mains fraîches se cachèrent en dessous de son sweat et même dessous son t-shirt pour aller se poser sur les côtés de son ventre. Le contraste de sa peau chaude avec la mienne m’allumait déjà.
Hum. C’était très mal partit.
Je commençai tout de même mes caresses et j’approchai ma tête de son cou avant de faire glisser mes lèvres sur sa chair.


-Est-ce que tu as autre chose qui te triture l’esprit? Parce que ton petit ami à très, mais alors là très, envie de t’embrasser. Genre là, maintenant, tout de suite.

Chaque mot était entre coupés par un baiser, déposer là, à tout hasard sur son cou. Et plus ça allait, et plus je devenais fou. Déjà. Mais comme tous ces contacts physiques m’avaient manquer… Combien de fois avais-je revécu notre scène sous le chêne? Et combien de fois aussi m’étais-je imaginé nos retrouvailles? Surtout que là, c’était vraiment inespéré. Parce qu’en plus de s’être revus, il m’avait dit qu’il m’aimait et ça, c’était le plus beau des cadeaux qu’il avait pu m’offrir. Son cœur m’appartenait en entier désormais et j’allais en prendre soin comme s’il s’agissait d’un trésor précieux. Je n’étais pas prêt de le lâcher. Après tout ce que j’avais subi pour l’obtenir…
Sans attendre une réponse de sa part, mes lèvres remontèrent sur son menton et finalement jusqu’à sa bouche. Arrivé à destination, je restai en suspend quelques instants juste pour profiter pleinement du moment qui commençait sérieusement à me faire perdre la tête. Peut-être était-ce du à tout ce temps que nous avions passés si loin l’un de l’autre. Ou encore à cause simplement du moment que l’on vivait. Celui que l’on pensait qui ne se produirait jamais. Il était enfin là et je faisais languir Enzo. Pour mon plaisir et pour le sien, j’en étais certain.
Je prenais finalement possession de ses lèvres avec les miennes, transformant le tout en un baiser passionné. Et le feu se déclenchait déjà en moi et je n’arrivais plus à me défaire de sa bouche. Mes doigts se resserrèrent sur sa peau et je devais rester concentrer pour ne pas que mes mains descendent plus bas. Ce n’était pas l’envie qui manquait mais me souvenant de la réaction qu’avait eu Enzo lorsque j’avais tenté d’aller vers ce chemin pour la première fois, je préférais éviter cela. Je n’avais pas envie qu’il pense que je ne respectais pas son choix. Mais je voulais surtout ne pas le faire fuir ou lui faire peur avec mes envies personnelles. Ce n’était pas très bien vu. Surtout pas dans une relation aussi jeune. Après tout ça faisait quoi, trente minutes qu’il était officiellement à moi? Non je préférais de loin qu’il fasse le premier pas lorsqu’il serait prêt à aller plus loin.
Oui je tentais de rester concentré mais ce n’était pas aussi facile à dire qu’à faire. Sa peau, son odeur et sa bouche m’avait déjà fait oublier la réalité et j’avais l’impression de flotter dans les airs même si je sentais encore son torse contre le mien. Et ma main qui descendait alors que je faisais un effort monumental pour la retenir…
Je décidai d’enlever mes mains d’en dessous de ses vêtements pour se poser sur ses hanches. À bout de souffle, je lâchai finalement ses lèvres avant de lui adresser un petit sourire.


-C’est tout. Et c’était ta punition pour m’avoir fait languir tantôt alors que tu disais que tu avais envie de m’embrasser. Tu m’as fait de faux espoirs, tu en es conscient hein?

Je te rends la pareille. Mais avoue que c’était beaucoup mieux que ce que tu m’as offert, non?
Mais en réalité, ce n’est pas la vérité. Je m’arrête juste parce que je ne veux pas pousser le vice plus loin. Je ne sais pas si c’est parce que ce n’est pas la première fois qu’on a ce genre de passion mais le feu s’est rapidement allumé de mon côté et je n’ai pas envie de faire quelque chose que tu ne veux pas. Alors je préfère m’abstenir, comme un gentil petit garçon. Parce que c’est ce que je suis. J’ai remis mon masque du gentil Kyle qui se laisse taper dessus.

Lentement, je me redressai de nouveau avant de me laisser tomber sur le dos à ses côtés. Je tournai la tête vers lui avec un sourire amusé, espérant avoir l’effet que je voulais obtenir. Celui du désir mais aussi de l’abstinence. À vrai dire j’en sais trop rien. Je voulais simplement le faire réagir et je savais que ça allait fonctionner. Parce qu’il n’était pas insensible à moi, mon charme et toutes mes caresses peu importe lesquelles. Parce qu’il était humain, tout comme moi.
Ma main alla retrouver la sienne. J’étais incapable d’être à ses côtés sans qu’on se touche.
Puis je lançai à l’aveuglette :


-Dis, tu connais pas un moyen pour qu’on fiche le camp d’ici? C’est pas que j’aime pas ta cachette, on est bien ici, mais je sais pas… Si on pourrait partir de ce château, ce serait vraiment génial. On pourrait aller se cacher pendant quelques temps à mon appartement à Londres. Et après on pourrait aller en Australie, moi j’voudrais bien voir la plage que tu me parlais l’autre fois.

Et j’étais parti dans mes rêveries. J’avais lâché ça pour changer de sujet et de trajectoire mais à vrai dire, ce n’était pas vraiment une blague. Je souhaitais réellement partir de cet enfer avec lui. Je me disais qu’il fallait au moins tenter le coup. Après avoir tuer le maître supérieur, je me sentais beaucoup plus puissant même si ce n’était pas moi qui avais fait le travail. Seulement, j’avais cette impression que plus rien ni personne ne pouvait nous arrêter.

-J’peux pas croire que ce château est juste entouré d’eau et de forêt. Il doit bien y avoir une ville tout près non? Y’a pas un moyen d’y accéder sans se faire voir ou je sais pas quoi?

J’eus un petit rire.

-Excuse moi, je délire. Ça doit être ton odeur qui me fait dire des choses pareilles.

Nouveau sourire.
Mais au fond de moi, j’espérais qu’il me dise qu’il y avait vraiment une sortie de secours.
Et si c’était possible?
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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Jeu 17 Juin - 16:47

Pourquoi je suis parti sur le sujet Ismaelle ? Honnêtement, j’ai pas plus envie que ça de parler d’elle, même si je l’aime beaucoup là n’est pas la question. C’est juste que, c’est venu comme ça, dans la conversation. C’est pas le genre de truc qui m’empêche de dormir. Qu’il la connaisse ou non ne change finalement pas grand chose pour moi mais j’avais besoin de partir sur un sujet un peu moins grave. J’en ai assez des drames et des larmes. Je crois qu’on a le droit de débrancher un peu.
J’ai continué à me perdre dans son contact rassurant, en me laissant bercer par sa voix et ses explications que je n’écoutais finalement que d’une oreille. Mais si je t’écoute mon chéri.

« À vrai dire, je l’ai rencontré un peu au hasard. C’était quelques jours après que tu m’ais amené dans l’énorme salle de bain. Les supérieurs avaient décidés de me donner un peu de répit suite à plusieurs événements et j’me suis retrouvé dehors. »

Arf. L’épisode de la Salle de Bain … Pas franchement un bon souvenir. Ni pour lui, ni pour moi je pense. A ce moment là j’assumais pas du tout le fait que je puisse être attiré par lui. Et quand il m’a avoué ses sentiments, j’ai pété un plomb. Je ne sais pas ce qui m’a pris de réagir comme je l’ai fait. Enfin si, maintenant je le sais, je l’ai embrassé parce que j’en avais déjà envie sauf que je me voilais la face et que je ne voulais pas que ce genre de truc me tombe dessus. Quand je me revois me jeter sur lui, j’ai honte. Et quand je me revois lui balancer mon secret en pleine figure … Là, j’avoue, j’ai fait n’importe quoi. Je m’en veux de l’avoir mis devant le fait accompli comme ça mais en même temps, je préfère qu’il l’ai appris par moi plutôt que par quelqu’un d’autre même si ce n’était pas la meilleure des façon de faire. Et je préfère également de loin qu’il l’est appris de cette façon là plutôt qu’en faisant face au Loup un soir de Pleine Lune, quand je ne le maîtrisais pas encore.

- Je me suis comporté comme un gros con cette fois là, hein ? Dans la Salle de bain je veux dire. Pour ma défense, j’ai pas compris ce qui m’arrivait et j’ai paniqué. J’aurais sans doute préféré que tu apprennes que je n’étais pas tout à fait normal d’une autre façon, mais bon maintenant c’est fait et le pire dans tout ça c’est que ça ne te dégoûte même pas.

T’es complètement à côté de tes pompes, tu le sais ça ? Un grand malade. J’ai jamais croisé quelqu’un comme toi. Enfin bref, j’ai pas envie que tu changes.
Des infos sur les Loup Garou. Il lui a demandé des infos sur les Loup Garou. C’est trop mignon. Par contre pour le « Pas dangereux » tu repasseras. Ce mec est inconscient, ç’en est fascinant.

« Et te connaissant, je me doutais que tu utilisais le tue loup. Je sais bien que tu n’as pas envie de faire du mal à quelqu’un. Bon ok il y a eu ce gros connard hier soir mais on sait tous les deux qu’il le méritait. Même qu’il aurait dû souffrir encore plus plutôt que de mourir sur le coup… C’était vraiment une chance pour lui… »

Me connaissant … Ca pour me connaître, il me connaît. Bien plus que je ne me connais moi même. Et c’est flippant. Mais s’il te plait, ne me parle plus de ce type. Penser à lui me ramène à ce que je suis. Un assassin. Et je ne suis pas près de digérer ça, crois moi. Même si j’ai l’air bien là, je ne serais plus jamais le même. C’est vrai qu’au fond de moi je n’ai pas envie de faire de mal aux gens, pourtant c’est ce que je fais. A lui. A toi. A mon frère. A Jillian. A tout le monde. Là où tu marques un point, c’est que ce connard le méritait. Je sais que je n’ai pas à décidé de qui doit vivre ou qui doit mourir, mais je ne regrette pas de l’avoir poussé à tomber dans le vide. Il m’a fait trop de mal. Il a fait trop de mal à trop de gens. Et même si je ne me sens absolument pas à l’aise avec ce que j’ai fait maintenant, j’ai comme toi regretté qu’il n’ai pas un peu plus souffert. J’aurais aimé lui faire plus de mal. J’aurais aimé lui planter mes crocs dans la chair, mais j’avais trop peur de lui transmettre ma Lycanthropie. Enfin, il ne fera plus de mal à personne. Même un de moins c’est déjà une victoire.
Ça m’étonne que Kyle réagisse comme ça. Lui qui d’habitude est si calme. Mais je le comprends, et je sais que les apparences sont parfois trompeuses, surtout en ce qui le concerne lui. Méfie toi de l’eau qui dort comme dit le proverbe. Il est amer, il a trop souffert lui aussi. J’en ai assez de penser à tout ça.

~ * ~

A vrai dire je commençais à sérieusement luter conter une irrésistible envie de me rendormir. Je trouvais qu’on était bien quelques heures plus tôt avant que je ne redevienne Humain. Bon je ne vais pas me mentir, c’est quand même beaucoup plus intéressant que lorsque j’étais un gros loup mais on se retrouve au même endroit, dans la même position ou presque. Le silence avait cette capacité déconcertante à me bercer et il avait beau commencer à faire très clair dehors, la lumière ne me posait pas le moindre problème. De toute façon, avec tout le retard de sommeil que j’avais accumulé ces dernières semaines, je n’allais certainement pas jouer la fine bouche. Kyle ne disait plus rien. Je me demandais si de son côté il dormait déjà. Jusqu’à ce qu’il se mette à bouger avant de me lâcher et de s’écarter. J’ai paniqué direct. Genre tu fais quoi là ? Tu vas pas me planter ?! J’ai pas compris. Je me suis demandé où il pouvait bien vouloir aller. Je veux dire, on vient de se retrouver et lui il tient pas en place. C’est quoi le délire là ?! Reste avec moi, merde !
Anh c’est là que tu voulais aller finalement. J’ai visiblement paniqué pour rien. En a peine une seconde, je me retrouvais avec un paquet surprise par dessus moi.
Eh eh ! Tu peux pas résister hein ? Oui, oui je sais bien que tu ne peux pas te passer de mon corps de rêve. Et non, merci, mes chevilles se portent à merveille.
Je ne sais pas bien pourquoi, et ce n’est certainement pas parce que ça ne m’était pas passé par la tête, mais je ne m’attendais pas à ce genre de revirement de situation. Alors quand son torse est venu se coller contre le mien, que son visage a glissé dans mon cou et que ses mains ont filé sous mes vêtements, je n’ai pas pu retenir un petit cri de surprise. Non pas que ça ne me plaise pas. Loin de là. Bien au contraire. Des frissons. Partout. Du sommet du crane jusqu’au bout des orteils. Mais beaucoup plus présent sur mes flancs et mon cou, là où sa peau et sa bouche rencontraient directement la mienne. Je crois bien que mes jambes se sont agitées d’elle même coincées dans l’étau de celle de Kyle. J’avais presque oublié la puissance de ce contact, et la différence de température entre nos deux corps. Lui toujours froid. Moi toujours brûlant. Une réflexion complètement débile m’est passé par la tête à ce moment là. Et si on finissait par faire de la vapeur ? O_o
A chaque impact de ses lèvres dans mon cou, je devenais plus fou encore. J’ai fermé les yeux, pour mieux appréhender les choses. Et ses mains sous mes vêtements, j’avais juste envie de virer ce gros sweat qui prenait toute la place.

Aucune gêne. Juste, l’envie.

« Est-ce que tu as autre chose qui te triture l’esprit? Parce que ton petit ami à très, mais alors là très, envie de t’embrasser. Genre là, maintenant, tout de suite. »

Ah mais attends, je peux te tenir la jambe toute la journée si tu veux. J’ai pleins de truc à raconter.

- Oui je voudrais te parler du temps qu’il fera demain, et de la dernière coupe du monde de Quiddich. Et aussi du taux de chômage au Venezuela, de l’avancée scientifique en matière de clonage, et …

Aïe. Pourquoi tu me fais ça Kyle ?! Qu’est ce que tu crois ? Que j’en ai pas envie moi aussi ?
Je crois que je ne m’y fais toujours pas à ce terme de « Petit Ami ». Non pas qu’il me dérange ni même que j’assume pas mais je trouve ça … trop … trop je sais pas quoi. J’ai pas envie de poser un mot pour définir notre relation. Il m’aime. Je l’aime. On a envie, et besoin, d’être ensemble. On est officiellement l’un à l’autre depuis plusieurs minutes. A la façon dont je dis ça on dirait qu’on vient de se marier. Je délire moi là. En même temps je ne vois pas vraiment comment je pourrais garder l’esprit clair alors qu’il est entrain de me torturer. Je tremble sous ses caresses et ses baisers là dans mon cou comme au premier jour, et je crois bien que la séparation ne m’aide pas. Plusieurs semaines passées loin l’un de l’autre et voilà le résultat. S’il me chauffe trop, je ne sais pas comment je vais réagir et très franchement ça me fait peur.
En plus de ça, je ne peux pas m’empêcher d’être vexé. J’essaie de me comporter comme un mec civilisé et non pas un animal et voilà comment il me récompense.

Dis le carrément si j'te saoule ><

Ceci dit je ne vais pas me plaindre. S’il savait le bien qu’il me fait là, maintenant, tout de suite. En réalité je ne vois pas comment il pourrait ne pas le savoir. Y a des choses qu’on peut difficilement cacher. Eh ! Je suis pas entrain de dire que ça se sent physiquement ! Même si je dois bien avouer que je lute pour me contrôler, mais disons qu’une respiration qui s’accélère d’un coup comme ça, en général ça ne trompe pas. J’ai des papillons dans le bas ventre, c’est l’horreur. Je deviens fou dès que sa peau touche la mienne, et je crois qu’on peut difficilement faire plus proche en matière de contact physique. Enfin si, mais c’est un autre débat que je n’ai pas franchement envie de lancer actuellement.
Putain tu me tues Kyle. Arrête ça tout de suite. Non ! Malheureux. M’écoute pas. N’arrête surtout pas. Continue. Je veux sentir tes doigts courir sur mon ventre et mes côtes. Je veux sentir tes lèvres dans mon cou. Je veux sentir ta présence là sur moi. C’est bizarre mais autant j’étais frigorifié il y a encore quelques minutes, autant là … je crève de chaud. Bordel ce que ça m’a manqué. Ce que TU m’as manqué. J’y croyais plus. Même dans mes rêves les plus fous je m’interdisais de penser à ça, à l’éventualité qu’on pourrait se retrouver. C’est peut être aussi pour ça que je ressens les choses plus intensément encore que cette nuit là sous le vieux chêne.

Et je te sens qui remonte le long de ma gorge, de mon menton, de ma bouche qui n’en peut plus de savoir la tienne si loin. Trop loin.

Et … tu t’arrêtes.

Qu’est ce que tu fais là ? Qu’est ce que t’attends ?! J’te préviens, si tu m’embrasses pas dans les deux secondes, tu voles à travers la pièce et je viendrais m’écraser de tout mon poids sur toi pour te le faire payer. Tu sais que j’en suis capable. Et je ne me ferais pas prier pour ça, crois moi.
Enfin !
J’ai senti mon esprit partir définitivement quand il a pris possession de moi en m’embrassant comme un fou. Un baiser dément, passionné, qui me rendait complètement taré et auquel je ne pus m’empêcher de répondre instantanément avec autant de virulence. Il agrippe ma peau, toujours plus fort, là sous ces morceaux de tissus que je hais à l’instant présent, et moi je perds le contrôle. Il y a toujours cette petite voix dans ma tête mais j’essaie de ne pas l’écouter. Cette partie de mon être qui garde en elle un semblant de peur, d’appréhension quant à la suite des événements. Et je sens bien que de son côté Kyle se maîtrise pour ne pas laisser descendre ses mains plus loin que mon ventre. Qu’est ce qu’il est chou quand même. Il ne veut pas me brusquer. Et il a raison. Je crois que ce serait la pire chose à faire. Je finirais probablement par me braquer et ça gâcherait tout. Je ne veux pas gâcher nos retrouvailles. Je veux juste … arrêter de penser et profiter de nos deux corps collés l’un à l’autre. J’allais me joindre à la fête lorsqu’il a retiré ces bras de sous mes sapes. Il les a posé sur mes hanches puis a finalement lâché ma bouche. Quand j’ai vu son sourire, j’ai cru que j’allais péter un câble. J’ai compris tout de suite qu’il avait fait exprès de m’allumer comme un dingue pour me laisser comme un con juste après. Ça le faisait marrer ça. Et ça sentait la connerie à dix kilomètres à la ronde.

« C’est tout. Et c’était ta punition pour m’avoir fait languir tantôt alors que tu disais que tu avais envie de m’embrasser. Tu m’as fait de faux espoirs, tu en es conscient hein? »

Et il se barre, quittant mon corps pour rouler sur le côté et atterrir sur le dos. Moi, je fixe le plafond comme s’il était aussi captivant que le goût de cet enfoiré qui vient de me planter avec mon désir. Il a allumé le feu et il me balance un bac de glace sur la gueule. J’ai comme une impression de déjà vu là, non ? Je ne vais pas m’énerver. Je ne vais rien dire. Je vais me contenter de fixer le plafond, de ne pas lui accorder un seul regard.
Ma ... punition ? T'es pas sérieux là ? Non mais j’hallucine. Je pensais pas que le simple fait de t’avoir dit que j’avais envie de t’embrasser mais ne pas le faire pouvait t’amener à une vengeance pareil. Espèce de … Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Je vais le tuer.
Et lui il se marre là intérieurement. Je le vois bien quand je me risque à un regard sur le côté. Il sourit. J’ai envie de le lui arracher son sourire moi. J’vais te le faire bouffer. Tu vas quand même pas me faire ce coup là à chaque fois ?! L’air de rien, le voilà qui attrape ma main et qui commence à parler. Comme si rien ne c’était passé. Je vais craquer. Je vais craquer. Je craque. Prends sur toi Enzo. Il attend que ça. Laisse le parler. Continue de regarder le plafond. Oui c’est vachement intéressant un plafond. Y a des poutres. Y a des pierres. Un ton uniforme et des jolies couleurs. Vraiment l’architecture de ce château est particulièrement agréable à regarder … Je vais le tuer.

« Dis, tu connais pas un moyen pour qu’on fiche le camp d’ici? C’est pas que j’aime pas ta cachette, on est bien ici, mais je sais pas… Si on pourrait partir de ce château, ce serait vraiment génial. On pourrait aller se cacher pendant quelques temps à mon appartement à Londres. Et après on pourrait aller en Australie, moi j’voudrais bien voir la plage que tu me parlais l’autre fois. J’peux pas croire que ce château est juste entouré d’eau et de forêt. Il doit bien y avoir une ville tout près non? Y’a pas un moyen d’y accéder sans se faire voir ou je sais pas quoi? Excuse moi, je délire. Ça doit être ton odeur qui me fait dire des choses pareilles. »

Et bla, bla, bla. MAIS JE M’EN TAMPONNE !!! Tu vois pas que je suis aussi tendu qu’un nerf de bœuf là ? A cause de qui ? A cause de toi Kyle Johnson. Je …
Un grondement sourd s’est échappé de ma gorge sans que je ne puisse le contenir. Ça, ça veut dire que le Loup n’est pas du tout content, et qu’il va probablement ne pas tarder à passer aux représailles. Ah mais que ce que tu croyais ? Que t’allais t’en tirer comme ça ? Tu rêves mon pote. Laisse moi juste le temps de me calmer.
Concentration. Analyse. Qu’est ce qu’il m’a raconté déjà ? Ah oui. Une porte de sortie. Je sais pas. Peut être. Je sais plus. J’arrive pas à garder l’esprit assez clair pour réfléchir correctement. Son appartement à Londres. Oui on peut faire ça, y rester enfermé à double tour pendant une semaine histoire de rattraper le temps perdu et on décolle pour l’Australie. Je lui montrerais ma plage et on pourra se rouler dans le sable comme des fous jusqu’à l’épuisement. Je lui apprendrais à surfer et je retrouverais mes short à fleurs. Une ville ? Oui il y en a une, mais je n’y ai jamais mis les pieds. Interdiction formelle de sortir de ce trou à rat. Tu penses, ils ont bien trop peur qu’on se fasse la malle et qu’on aille raconter partout ce qu’il se passe ici.
Oui tu peux t’excuser. Et oui tu délire. Et non je ne suis absolument pas calmé.

D’un côté, j’avais ma main dans la sienne. De l’autre, mon poing serrait le drap fermement pour tenter d’évacuer la tension qui courrait dans tout mon corps. Autant dire mission impossible. J’avais toujours le regard rivé sur le plafond et n’avais aucune intention d’accorder pour le moment le moindre intérêt à Kyle. Bien sur c’était une torture, mais je me surpassais je dois dire. Je ne pensais pas être capable de tenir aussi longtemps, un lendemain de Pleine Lune en plus.

- C'est officiel. Je te déteste.

J’ai lâché ça comme ça, comme je pouvais, entre mes mâchoires serrées elle aussi comme pas permis. Oh ça oui je le déteste. Je l’aime, comme un fou même, mais je le déteste de me mettre dans des états pareil.
Tu vas me le payer, ça je peux te le garantir. A mon tour de jouer maintenant que j’ai eu le temps de reprendre mon souffle et un minimum de contrôle.

Dans un mouvement rapide, j’ai roulé sur moi même jusqu’à atterrir par dessus lui à mon tour. J’ai bloqué ses bras avec mes mains, bras tendu, le buste bien droit, à califourchon sur ma nouvelle proie et j’ai souri. Un sourire fourbe et carnassier. Un sourire qui signifie : Crois moi mon pote, tu vas en baver. Je vais te faire oublier ton propre nom.

- J'vais finir par croire qu'il n'y a que mon corps qui t'intéresse ... Tu t'en sortiras pas comme ça ! Fallait pas réveiller "ton" Loup.

Je me suis penché vers lui en enroulant mes doigts autour des siens et j’ai enfouie mon visage dans son cou. Pas de bisous, oh non, tu ne les mérite pas. T’as été méchant avec moi. Je vais l’être avec toi aussi, juste retour des choses. J’ai simplement laissé courir mes lèvres le long de son cou, de sa gorge, de son menton, de ses joues, de son front, de son nez et de ses lèvres, sans jamais le moindre impact. Qui est ce qui contrôle maintenant ? Hein ? Tu fais moins le malin !
Je me sentais d’humeur particulièrement joueuse à vrai dire, mais j’étais entrain de tomber dans mon propre piège, j’en avais pleinement conscience. Je savais à quoi je m’exposais en me comportant comme ça pourtant je m’accrochais, rien que pour faire durer le plaisir. Mon plaisir. Celui de le voir se débattre contre ses pulsions. Parce que s’il a compris la mesure de l’état dans lequel il a la capacité de me mettre, je ne suis pas aveugle non plus. Je sais qu’il a envie de moi. Je le sens. Je sais aussi qu’il fait beaucoup d’effort pour ne pas me brusquer et je ne le remercierais jamais assez pour ça.
J’avoue que c’était de plus en plus dur de faire durer le suspense, mais plutôt que de lui voler un baiser j’ai lâché ses mains et j’ai remonté ses vêtements jusqu’à son cou. Cette fois je n’ai eu aucune réaction quand mes yeux ont croisé sa cicatrice. Hors de question que je ne le mette mal à l’aise avec ça une nouvelle fois. Une main qui maintient le tissus et l’autre court sur sa peau. Et ma bouche qui se perd sur son torse, sa cicatrice, son ventre. Un impact ici. Un autre là. Et encore un, puis un autre. Je ne m’arrête plus. Je veux entendre sa respiration s’accélérer. Je veux sentir son cœur battre de plus en plus vite. Je veux l’entendre soupirer. Je t’avais dit que tu allais en baver. Et mes doigts qui s’enroulent autour de sa ceinture, et qui tirent vers le bas. Un baiser sur son nombril. Et sa peau entre mes dents quand je n’arrive pas à me retenir. Je sais qu’il ne faut pas que j’abuse de ça, que je ne peux pas me permettre de me lâcher complètement. Si j’en venais à le mordre jusqu’au sang, les conséquences pourraient être catastrophiques. Je ne vais pas lui dire que je pourrais accidentellement lui transmettre une part de ma différence même si je suis sous forme humaine. Il aurait peur. Il me fuirait. Et je ne veux pas de ça. Je ne veux pas non plus prendre le risque qu’il me demande de le transformer parce qu’il en serait tout à fait capable. A vrai dire, je ne sais pas si les Non-Magiciens peuvent survivre à la morsure d’un Loup Garou. Une chose est sure, je ne vais pas tenter l’expérience sur lui.
C’est tellement naturel pour moi tout ça. Je savais déjà que je n’avais aucun problème pour me jeter à corps perdu dans nos ébats mais là, j’avoue que je pousse le vice peu plus loin que la dernière fois. Ça ne me fait pas peur, parce que je sais que je ne vais pas aller plus loin, mais je m’étonne tout de même d’être capable de faire ce que je suis entrain de faire. Une dernière morsure, un dernier baiser, juste à la limite de sa taille, en dessous de son nombril. Je m’arrête, le regarde et lui adresse un sourire plein de malice en croisant mes mains sous mon menton. Posé là sur son ventre comme si j’étais à la plage.

- Et merde ! J’suis vraiment, vraiment désolé. J'ai oublié mon GPS à la maison, et je ne connais pas le chemin pour aller plus loin. Je vais être obligé de faire demi-tour. Vraiment, c'est dommage. Tu trouves pas ?

Haussement de sourcils. T’en pense quoi de celle là ? Tu vas me détester à ton tour ? J’espère bien avoir atteint mon but en tout cas.
Je me suis redressé au dessus de lui en prenant appuie sur mes bras et j’ai remonté son corps jusqu’à ce que mon visage rencontre le sien. Mon bassin collé au sien. Je suis bien là. Nouveau sourire. Celle là, elle est pour moi. Je ne peux pas ne pas t’embrasser même si je me trahis en faisant ça. J’ai mordu sa lèvre inférieur, juste assez pour lui faire de l’effet sans lui faire mal, puis j’ai déposé ma bouche sur la sienne. Un baiser long, lent et brûlant, tandis que mon torse venait se coller au sien, au risque de l'écraser, et mes mains se perdaient dans ses cheveux. Tu vois, je prends la relève le temps que les miens repoussent.
Je t’aime.
Ça a duré plusieurs minutes comme ça sans que je ne lâche ses lèvres autrement que pour reprendre mon souffle et le laisser reprendre le sien. Je n’arrivais plus à le lâcher, c’était plus fort que moi. Alors dans un sursaut de motivation venu dont ne sait où j’ai brisé cet échange et je me suis laissé tomber sur le côté comme un poids mort. Un bras sur son abdomen, ma main sur son cœur et l’une de mes jambes entre les siennes. Mon visage près du sien sans pour autant le toucher.

J’aurais pu me lever carrément, ou m’écarter de lui et le laisser planté là comme il l’avait fait avec moi mais …

Me demander de ne pas le toucher, c'est comme me demander de ne pas me transformer une nuit de Pleine Lune. Impossible. Que ce soit une main, un bras, un cheveu, une joue ... Peu importe, mais il doit y avoir un contact. Je ne sais pas d'où ça vient, ni pourquoi c'est là, mais c'est comme ça.

Kyle Johnson & Enzo Ryans.
Ou comment passer de la tendresse à la débauche en deux secondes neuf centièmes.

Mon menton sur son épaule, j’ai fini par répondre à ses questions, comme quoi j’avais quand même écouté ce qu’il me racontait, faut pas croire.

- La ville la plus proche c'est Pré-au-Lard. Ne me demande pas pourquoi ce nom ridicule, j'en sais rien. Avec le monde magique faut pas chercher des fois. Mon prof de Potion m'a parlé d'un endroit où certains Lycanthropes allaient se cacher les nuits de Pleine Lune. Pour ne pas être un danger pour les autres. La Cabane Hurlante. En théorie, il y a un passage vers l'extérieur là bas. Les Supérieurs sont sensés avoir bloqué tous les accès mais avec un peu de chance, ils auront oublié celui là, et si c'est pas le cas, on pourra toujours essayé de défaire le sort qui le protège. Le seul hic, c'est que pour y accéder, il faut passer sous le Saule Cogneur. Tu sais cet arbre complètement cinglé sous lequel tu m'as trouvé dans mon plus simple appareil. Tu t'es bien rincé l'œil, hein ? Sale pervers.

J’avais prononcé mes derniers mots d’une voix à peine audible dans le creux de son oreille, juste histoire de l’emmerder encore un peu plus. Je prenais carrément mon pied à faire ça, c’était génial. Même si je savais que ce petit jeu n’allait pas durer, qu’il avait envie de partir et je pouvais le comprendre même si moi j’étais vraiment bien là et que je voulais profiter de ce calme encore un peu avant d’affronter la dure réalité qui nous attendait.

- Et ne fais pas porter le chapeau à mon odeur. Je suis sur que je dois sentir le chien mouillé en plus.

Effectivement je pense qu’une bonne douche n’aurait pas été du luxe, enfin, on fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie.


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OMG... This is
Kyle Johnson



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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Ven 18 Juin - 7:47

Ce que je pouvais être malfaisant parfois. C’est drôle mais plus je passais de temps avec Enzo et plus je me rendais compte que je ne me connaissais pas aussi bien que je le prétendais. Je me voyais sous un autre jour. Il y avait une énorme familiarité entre nous comme si nous nous connaissions depuis dix ans alors qu’en réalité, ça ne faisait même pas dix fois que l’on se voyait. Mais chaque rencontre avait été marquer par un événement quelconque, faisant avancé notre relation qui était plutôt inqualifiable. Il était mon petit ami alors que je ne connaissais presque rien de sa vie antérieure. Petit ami… J’aimais bien ces deux mots. C’était la première fois que je pouvais qualifier un autre garçon comme étant mon copain. Une relation amicale avec un énorme plus. Et quand je repensais à tout ça, j’avais encore de la difficulté à me faire à l’idée, étant toujours certain que je nageais en plein fantasme. À chaque fois que mes yeux se posaient sur lui j’avais l’impression de voir un ange en avant de moi. Je le trouvais parfait avec toutes ses imperfections. Je me disais que j’étais réellement le mec le plus chanceux au monde pour être tombé sur quelqu’un comme lui. Lui qui semblait à prime abord être inaccessible alors qu’en réalité, lorsque l’on regardait un peu plus près et en étant patient, il était gentil et tendre. Bon c’était parfois un peu bestial ou maladroit mais c’était ce qui faisait son charme. Je le trouvais réellement parfait en tout point. Peut-être était-ce du à la nouveauté ou encore parce que l’on ne s’était pas vu plusieurs fois avant de tomber dans les bras l’un de l’autre. Je préférais éviter ce genre de questionnement. Je devais vivre le moment présent et oublier le reste.
J’me sens complètement gaga. Je le suis. Je me sens stupide mais tant pis. Au moins ça, y’a juste toi qui me voit comme ça.

Non je ne me connaissais pas autant que je le pensais. J’avais décidé de jouer la carte du physique parce que je n’en pouvais plus de l’avoir à mes côtés à simplement discuter. Je ne l’avais pas respecté en ce sens là mais je ne regrettais pas mes gestes. Ça valait la peine pour l’effet obtenu. J’avais encore son goût dans ma bouche et j’arrivais encore à sentir les frissons qu’il avait eus sur la peau sur mes lèvres. Quelques vestiges de sa chaleur corporelle étaient restés sur le bout de mes doigts et ce, même si ma main reposait dans la sienne. Je devais avoir l’air d’un mec qui n’a envie que de ça, des contacts physiques. Il y avait ça mais pas seulement que ça. Oui il m’attirait énormément physiquement. En tout cas, c’était le plus beau mec que j’avais eu la chance d’embrasser jusqu’ici. J’avais mis toute ma bonne volonté pour le lâcher, ce qui n’avait pas été chose facile mais quand je repensais à mes mains qui ne pouvaient pas s’empêcher de vouloir descendre plus bas, j’avais décidé de tout arrêter. J’aurais eu besoin d’une douche froide même si je n’étais resté qu’une ou deux minutes par-dessus lui. Je m’étais allumé beaucoup plus que je le pensais mais bon… Après tout, ça avait été mon initiative, non? Enfin bref, non il n’y avait pas que son physique de rêve qui faisait en sorte que je voulais être avec lui. Il conservait toujours sa part de mystère et c’était ça qui me rendait fou de lui. Imprévisible. Ça oui. On avait encore des choses à se dire, après tout ce temps perdu, mais j’avais eu envie d’avoir une pause, même si c’était pour allumer le feu là, dans mon bas ventre.
J’avais décidé d’aller sur un sujet comme ça, mais plus je pensais à ce que je venais de lui dire et plus je commençais à avoir espoir. Et si en réfléchissant bien Enzo trouverait notre sortie de secours express? Et si ce que j’avais dit avait finalement un sens malgré le fait que j’avais sorti ces mots à tout hasard? Je commençais à reprendre mon sérieux même si mon sourire stupide était toujours accroché à mes lèvres. Je ne le quittais pas des yeux et ma main continuait de serrer la sienne, étant incapable d’être simplement à ses côtés sans le toucher. Il se contentait de regarder le plafond sans bouger d’un poil, comme s’il digérait encore ce que je venais de lui faire subir. Une satisfaction naissait dans mon être, sachant pertinemment que j’avais eu l’effet escompté. J’espérais simplement qu’il ne soit pas fâché contre moi. J’avais fait ça pour m’amuser, pas pour le mettre une nouvelle fois à dos. Une dispute dans la journée c’était déjà bien assez. Même que c’était trop. Je voulais que l’on reste sur la même longueur d’ondes mais surtout qu’elle soit bonne. Je détestais qu’on se prenne la tête pour un oui ou pour un non.

Le temps passait et il ne réagissait toujours pas. Je me demandais même s’il avait écouté ce que je lui avais dit. Peu à peu, mon sourire disparaissait et j’étais soudainement angoissé. Oh non… Je n’avais pas commis encore une erreur là…
Puis, il y eu un grondement sourd et contre ma volonté, j’eus un léger sursaut.


- C'est officiel. Je te déteste.

Sa mâchoire était serrée. J’arrivais à voir les traits se dessinés sur son visage crispé et je commençai sérieusement à me sentir mal.

-Je suis désolé… Je voulais pas… Woooh!!

Tant dit que je commençais à vouloir formuler une longue phrase remplie d’excuses, il se retrouva sur moi alors que je n’eus même pas le temps de réagir. J’avais simplement eu une petite exclamation de surprise qui m’avait fait perdre ce que je voulais lui raconter. Mes bras retenus par ses mains, s’étaient retrouvés cloués sur le matelas et je ne tentai même pas de me défaire de son emprise. Je me contentais de le regarder d’un air surpris, la bouche entre ouverte, comme si je venais de voir un fantôme. Et dans ma tête, tout allait au ralenti, tentant de comprendre ce qu’il se passait. Il avait un regard d’animal et je fis un sourire se dessiner sur son visage.
Enzo l’imprévisible était de retour. Pour me jouer un mauvais tour.


- J'vais finir par croire qu'il n'y a que mon corps qui t'intéresse ... Tu t'en sortiras pas comme ça ! Fallait pas réveiller "ton" Loup.

Je ne pus m’empêcher de sourire à mon tour, comprenant qu’il ne m’en voulait pas du tout. Enfin si mais pas de la façon dont je le pensais. Je laissais même un petit soupir s’échapper de mes lèvres.

-Non il ne faut surtout pas que tu croies une chose pareille parce que ce serait une erreur. Je…

Je coupai sec dans mon élan d’explications alors qu’il se penchait vers moi et renforçais son emprise sur mes bras. Je ne pu m’empêcher de fermer les yeux en continuant de sourire comme un idiot. Qu’est-ce que je pouvais avoir l’air ridicule… Un garçon complètement fol amoureux d’un autre, voilà de quoi j’avais l’air.
Ses lèvres là sur mon cou, me redonnaient la folie que j’avais ressentie quelques instants plus tôt. Et le feu là, dans mon bas ventre, qui revenait également…
Attention Enzo… Tu tentes le diable là… Je t’en prie, fais ce que tu veux de moi mais fais gaffe. Je fais tout ce que je peux pour me retenir mais un jour je ne le pourrais plus et je sais qu’à cet instant là, je le regretterais amèrement. Je n’ai surtout pas envie de faire quelque chose que tu n’es pas prêt à affronter.
Ses lèvres qui remontent dans mon cou, sur mon menton, sur mes joues, sur mon front mais jamais de baiser.
Merde qu’est-ce que tu me tues… Et pourtant je n’ai pas la force de te résister. Et je sais que même si je me tente de me dégager, je n’y arriverais jamais. Tu es beaucoup plus imposant que mon petit corps maigre mal nourrit. Je n’ai pas envie que tu me lâches, j’ai envie que ça dure encore comme ça le temps que tu voudras. Je sais que présentement je passe pour un jouet pour toi mais… Au fond, c’est ce que je veux. Je voulais éveiller ça en toi, j’ai réussi et j’en suis franchement fier. Mais tu le sais tout ça hein? Oh oui tu le sais.
Ses lèvres frôlent les miennes sans s’y déposer et moi, je relève la tête comme par réflexe pour lui voler…
Trop tard.
Tu t’es fait avoir Kyle.

Ses mains délaissent mes bras mais je les laisse comme ça, incapable de faire un mouvement. Il me paralyse. Oui c’est le bon mot. Je me sentais comme un vulgaire pantin, complètement à sa merci. Et il décidait de remonter mon t-shirt jusqu’en dessous de mon cou et aussitôt, je sentais sur ma peau la chaleur de son propre vêtement et de son visage qui s’approchait dangereusement de mon torse. Et moi, là haut, prisonnier dans mon propre corps, j’ouvrai les paupières, surpris par ce nouveau geste venant de sa part. Je baissai un peu les yeux et tout ce que je voyais était sa main qui soutenait mon chandail tant dis que je sentais sa seconde toucher ma peau et je tressaillais malgré moi. Il obtenait ce qu’il voulait de moi sans avoir à lever le petit doigt… Et merde qu’est-ce que ça me faisait chier… J’aurais voulu être plus fort mais je n’y arrivais pas, c’était comme mission impossible. Mais, il me faisait un tel effet que je refermai les yeux de nouveau, me laissant importer dans le mouvement. Son mouvement. Ses gestes et ses baisers qu’il laissait là à tout hasard me rendaient complètement fou. Ma respiration accélérait au fur et à mesure que ses caresses s’amplifiaient et j’avais réellement l’impression de perdre la tête. Pour une fois, je ne pensais plus à rien sauf à sa bouche et à sa main qui se perdait sur mon torse et mon ventre. Étendu comme une étoile de mer dans le lit, je n’arrivais toujours pas à bouger, me laissant faire. Je devais avoir l’air du gars à qui tout cela ne faisait aucun effet mais c’était très loin d’être le cas. D’ailleurs, quelques signes étaient plutôt apparent pour les plus fins observateurs. Mon cœur qui battait à une allure folle et les quelques ‘’hum’’ que je laissais échapper trahissait mon état physique qui donnait l’indifférence.
Sa main qui agrippe ma ceinture pour la baisser… Non je t’en prie Enzo pas ça… Et ma peau entre ses dents… Oh non pas ça, tu sais que trop bien l’effet que ça me fait, tu sais que je perds la tête quand tu fais ça…
Je voulais lui demander de s’arrêter mais c’était impossible. J’avais perdu l’usage de ma langue et même si je réussissais à formuler ses quelques mots, c’était le contraire de ce que je voulais. Même si ça me faisait profondément chier, je ne voulais pas qu’il s’arrête en si bon chemin. C’était tellement bien partit… Je me mordais la lèvre inférieure comme un dingue pour tenter de résister à l’envie qui me prenait soudainement de le re-plaquer contre le matelas pour moi aussi lui en faire voir de toutes les couleurs.
Il continuait de descendre les lèvres et c’était réellement un supplice. Une morsure, un baiser et plus rien. Et moi, j’ouvrai les yeux brutalement, comme si je venais de recevoir une bonne douche d’eau froide dans les parties. Je relevai la tête avec l’air de dire : pourquoi tu t’arrêtes là?!
Et pourtant, je m’attendais à une connerie. Une vraie de vraie connerie. Juste cette façon dont il avait de me regarder. Et son petit sourire satisfait… Son petit air innocent, menton déposé sur ses mains entrecroisé, appuyé contre mon ventre.
Eh bordel si tu savais tout ce que j’ai envie de te faire… J’te jure que tu ne me regarderais plus de cette façon là espèce de…


- Et merde ! J’suis vraiment, vraiment désolé. J'ai oublié mon GPS à la maison, et je ne connais pas le chemin pour aller plus loin. Je vais être obligé de faire demi-tour. Vraiment, c'est dommage. Tu trouves pas ?

Je le regardai pendant une demie seconde, mécontent de ce qu’il venait de me dire et puis je laissai retomber ma tête sur l’oreiller d’un coup sec comme si elle pesait des tonnes. Et j’éclatai d’un rire franc. Je n’en revenais pas qu’il venait de me dire ça. Avait-il réellement besoin d’un GPS pour trouver la clé du bonheur? Et pourtant, je n’arrêtai pas de rire comme un fou, les yeux clos en me tordant d’un côté comme de l’autre. Et lorsque je me calmai enfin, il était là, son visage tout près du mien et son bassin contre le mien. Il me souri, je lui souriais à mon tour avant de lui répliquer :

-C’est une très bonne chose que tu l’ailles oublier chez toi. Parce que vois-tu, ma dernière douche remonte à deux jours alors ça doit pas sentir les roses sur le chemin de l’inconnu.

Son torse s’appuie contre le mien tant dis que son visage s’approche de moi et encore une fois, je perds les pédales comme s’il n’avait jamais interrompu son petit manège. Il s’abaissait encore un peu plus jusqu’à temps que ma lèvre inférieure se retrouve coincée entre ses dents un peu comme je me mordais un peu plus tôt. Je fermai encore les yeux et j’appréhendais de plus en plus le futur baiser qui se préparait. Et il arriva finalement et j’en profitai pleinement comme s’il s’agissait de notre dernier échange. Je suivais le mouvement et le rythme qu’il m’offrait. Ses mains prisonnières de mes cheveux, je ne pu m’empêcher cette fois-ci de laisser tomber mon rôle d’étoile de mer. Je levai mes mains avant d’en poser une sur sa nuque et la seconde ne pu s’empêcher de descendre jusqu’à l’une de ses fesses avant de l’empoigner fermement.
Pardonne moi Enzo mais je n’arrive pas à faire autrement en ce moment… Ça fait un bon moment déjà que je te matte le cul et que j’ai envie de te mettre la main au derrière. Vraiment désolé.
Perdant tout le deux le souffle, il coupa le baiser et lorsque l’air revenait, on reprit de plus belle sans se soucier du reste. D’où nous étions ou encore du temps qu’il faisait. Il n’y avait que lui et moi et je nageais en plein bonheur. J’ignore pendant combien de temps cet échange à durer mais c’était le pied à chaque fois que ses lèvres revenaient sur les miennes et que sa langue prenait possession de la mienne.

Et un moment donner, il n’y eut plus de baiser. Alors que nous faisions, enfin c’était ce que je croyais, une pause pour chacun reprendre notre souffle, il se laissa tomber à côté de moi sans pour autant me quitter totalement. Sa main là, posée sur mon cœur, il percevait probablement les battements qui étaient toujours aussi rapides alors que mon t-shirt était toujours soulevé jusqu’en dessous de mon menton. Et l’une de ses jambes qui était demeurée entre les miennes qui étaient toutes écartées. Le menton posé sur mon épaule, il commençait un discours auquel je ne m’attendais pas du tout.


- La ville la plus proche c'est Pré-au-Lard. Ne me demande pas pourquoi ce nom ridicule, j'en sais rien. Avec le monde magique faut pas chercher des fois. Mon prof de Potion m'a parlé d'un endroit où certains Lycanthropes allaient se cacher les nuits de Pleine Lune. Pour ne pas être un danger pour les autres. La Cabane Hurlante. En théorie, il y a un passage vers l'extérieur là bas. Les Supérieurs sont sensés avoir bloqué tous les accès mais avec un peu de chance, ils auront oublié celui là, et si c'est pas le cas, on pourra toujours essayé de défaire le sort qui le protège. Le seul hic, c'est que pour y accéder, il faut passer sous le Saule Cogneur. Tu sais cet arbre complètement cinglé sous lequel tu m'as trouvé dans mon plus simple appareil. Tu t'es bien rincé l'œil, hein ? Sale pervers.

Il avait prononcer ses derniers mots au creux de mon oreille et je ne pu m’empêcher de réagir à ceci.

-Hey! Je te rappelle que je me suis empressé de mettre ma veste sur toi ce jour là, souviens toi! Non mais espèce de…

Je souriais avant de prendre son visage à deux mains avant de déposer un baiser sur ses lèvres.
Il m’avait donc écouté lorsque j’avais parlé tout à l’heure? Il y avait donc une ville qui était tout près du château. Pré-au-Lard non mais quel nom merdique… Sérieusement. Et la cabane hurlante. Les cabanons avaient un nom dans le monde magique? C’était une chose que j’ignorais. Justement, son nom ne m’inspirait pas trop confiance. Si des loups-garous s’y cachaient les soirs de pleine lune, je comprenais pourquoi on l’avait appelé ainsi. Ah oui le saule ravageur. Oh parce qu’il porte un nom cet enfoiré d’arbre de merde? À croire que tout porte un nom dans ce foutu monde bordélique. Saule cogneur… Moi qui lui avait donner tous les surnoms inimaginables sauf celui là, cogneur. C’était pourtant l’adjectif qui le qualifiait le mieux, sans aucun doute.
Je réfléchissais pendant quelques instants alors que mes mains étaient revenues de mon côté. L’une d’entre elle était posée sur la sienne qui était toujours sur mon cœur et j’entrecroisais mes doigts avec les siens. Et dans ma tête, j’imaginais la scène.
Moi et Enzo qui partions à la découverte de notre prochaine aventure : celle de notre fuite. Arrivés près du saule cogneur, c’était déjà tout un défit de se rendre jusqu’à son tronc. Et il y avait réellement une entrée sur cet enfoiré d’arbre? Pourtant je n’avais rien vu la première fois… Il était vrai que j’étais beaucoup trop concentré sur Enzo et sur son état pour commencer à regarder de long en large un arbre qui au début, m’était apparu comme étant un saule pleureur comme tous les autres. Enfin bref, une fois cette étape franchie, il restait à savoir si les supérieurs avaient pensés protéger cette entrée et moi, j’étais à peu près certain que c’était le cas. Après tout, un échappatoire qui se trouvait aussi près de l’école n’avait pas pu être oublié. À moins qu’ils soient tous des idiots, ce que je doutais fortement. Enzo serait-il en mesure de briser le sort de protection? Je n’avais pas trop d’espoir non plus. Probablement qu’ils avaient choisi quelque chose d’indéchiffrable pour être sûr et certain que personne ne parviendrait à foutre le camp de Poudlard. Mais bon, admettons que nous passions aussi cette laborieuse étape. Ensuite, un coup dans la cabane hurlante… Est-ce que la ville était proche ou loin de là? Et un coup arrivé dans la ville, est-ce que Londres était encore bien loin? J’étais perdu dans tous les plans. Autant dans le temps que dans l’espace. Le monde magique était-il séparé du monde réel par une sorte de barrière invisible? Après tout, je n’avais jamais entendu parler de cet endroit avant d’y mettre les pieds. Comment tout cela fonctionnait?
Certaines questions me brûlaient les lèvres mais je n’osais pas en dire un mot à Enzo pour de ne pas commencer à le saouler avec toutes mes affaires que je ne connaissais pas de ce monde. Et puis je devais garder espoir malgré tout. Probablement que lui savait comment ça fonctionnait et comment se rendre à Londres alors je devais remettre tout cela entre ses mains. Il fallait déjà qu’on arrive à la ville…

Je tournai la tête vers mon compagnon et il était si près de moi que le bout de mon nez s’accota contre le sien.


-Alors nous avons peut-être une chance, toi et moi. De partir d’ici. J’ai vraiment envie de recommencer ma vie. À zéro. D’avoir un nouveau départ. Et cette nouvelle vie, elle commence ici, avec toi. Il y a tellement de choses que je voudrais te dire. Tellement de choses que je voudrais te montrer…

Tout ce temps que nous avons perdu alors qu’on ne se connaissait pas… Maintenant que c’est fait, j’ai envie d’aller jusqu’au bout du monde avec toi. Je suis prêt à tout pour y parvenir et même si je n’ai pas la magie en moi, je ferais tout ce que je peux pour t’aider même si tu me demandes l’impossible.
Toi et moi. Et un monde meilleur. Une nouvelle vie. J’ai envie d’y croire, pas toi? Je veux découvrir ton pays natal et j’ai envie de te montrer le mien. Je veux montrer au monde entier que tu es à moi et que personne ne t’aura jamais sauf moi.
Mes yeux se perdent encore une fois dans les siens alors que je resserre mes doigts entre les siens.


-Que dirais-tu d’un bon plan solide pour y parvenir? On reste ici, le temps qu’on reprenne des forces et ensuite, on se lance, la tête baissée. On se donne à fond mais surtout, on y croit pour que ça fonctionne vraiment.

Je lui fis un sourire déterminé.

-Et tout ça, ça commence avec une bonne douche pour chacun mais surtout un bon repas ou au moins quelque chose à se mettre sous la dent. Et du repos, pas mal de repos. Il faut être au meilleur de notre forme si on veut vraiment mettre le cap vers notre nouvelle destinée. Je vois bien que tu es épuisé, depuis tantôt que tu luttes pour ne pas tomber endormi. Et c’est pareil pour moi alors…

J’eus un petit rire.

-Mais pour ce qui est de la bouffe euh… Dis t’as autre chose que des gâteaux secs? Je veux pas faire mon difficile mais je déteste vraiment ça!

Mais si tu n’as que ça alors je le prendrais sans hésiter.
À moins que tu sois partant pour me donner autre chose…
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Enzo Ryans



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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Ven 18 Juin - 16:01

J’avoue que je suis plutôt fier de mon coup là. J’ai peut être été un peu trop loin mais il a été prévenu, fallait pas me chercher. Ça fait deux fois qu’il me fait ce plan foireux, il croyait quand même pas s’en tirer sans représailles. Je sais que la première fois c’était différent. Je n’étais pas certains de ce que je ressentais pour lui. Je ne savais pas où je mettais les pieds et tout ce qui se passait entre nous à ce moment là était bercé par l’incertitude. Il avait besoin de savoir, parce qu’il avait peur de souffrir et même si sur le moment je l’ai très mal pris, je me suis rapidement calmé. Là c’est différent, il a fait ça dans le seul but de m’allumer, pour jouer. Moi je veux bien jouer, y a pas de problème, seulement c’est un jeu qu’on joue à deux. De toute façon, je sais pertinemment qu’il attendait une réaction de ma part. Peut être pas celle là, mais je sais bien qu’il a fait ça pour que je lui saute dessus à mon tour. Il est futé ce Kyle. Il sait à quel point je suis sensible aux contacts physiques, surtout les lendemains de Pleine Lune. Et bien je pense qu’il n’a pas été déçu. C’est en tout cas l’impression que j’ai eu en l’entendant soupirer plusieurs fois. Ça m’a fait plaisir à moi aussi de savoir qu’il était bien, même si j’étais entrain de le torturer. Et l’effet douche froide, c’est vraiment plus marrant quand on est l’origine plutôt que la victime.

Comme je l’espérais et surtout comme je m’y attendais, il a réagi au quart de tour quand j’ai évoqué le souvenir de la trouvaille qu’il avait fait sous le Saule cogneur voilà plusieurs mois de ça. Et moi j’étais mort de rire.

« Hey! Je te rappelle que je me suis empressé de mettre ma veste sur toi ce jour là, souviens toi! Non mais espèce de… »

De quoi ? De salaud ? D’enfoiré ? De sale petit con insupportable ? Oui, oui. Je suis tout ça et j’assume parfaitement parce que je suis absolument satisfait de l’effet que je te fais. Si tu savais comme je m’éclate à te faire tourner en bourrique. Je crois que ça va devenir mon petit jeu favoris. Accroche toi, tu vas souffrir. Et oui, encore, je sais. J’y peux rien, on ne peut que souffrir en présence d’Enzo Ryans.
Mais bon, tu ne m’en veux pas vraiment. Je crois même que tu aimes ça. Ça te fait sourire, ça te fait même rire. Tu sais c’est marrant, mais j’avais presque oublié comment on faisait. Avant l’accident j’étais toujours présent pour raconter des conneries, et faire chier mon monde. Après ça, je me suis renfermé sur moi même et j’ai arrêté de faire le clown. Il n’y a qu’avec lui et avec Jillian que je recommence à sourire et à faire le con.
Ne t’en fais pas Kyle, si j’ai dis ça c’est juste pour te faire chier. Je sais que tu t’es inquiété pour moi ce jour là. Et maintenant qu’on est si proche tous les deux, tu ne peux pas savoir comme je regrette ce qu’il s’est passé ce jour là. Mon comportement. Les circonstances. Tout. J’aurais du te traiter mieux que ça, mais finalement, je pense que cette rencontre un peu atypique a joué son rôle dans notre relation particulière. Tu connais déjà tous mes mauvais côtés. A moi de te montrer les bons maintenant. Oui, parce qu’il y en a. Je m’entêtais à ne pas les voir mais je reprends confiance en moi près de toi. Et mon estime, elle n’a de cesse de remonter elle aussi. Parce que toi tu vois ce qu’il y a de meilleur à l’intérieur du jeune Loup que tu regardes et rien que pour ça, je me dois de ne pas te décevoir en me dévalorisant.

Il m’a souri, juste avant de prendre mon visage entre ses mains et de m’embrasser. Juste un baiser, court, bref, plein de tendresse. Je crois bien que c’était le premier de ce genre là qu’on échangeait. Et j’ai beaucoup aimé ça, comme quoi on est pas que des bêtes, faut pas croire.
Il a récupéré ses mains puis le silence s’est installé. Je l’ai laissé réfléchir et engranger toutes les informations que je venais de lui fournir. Les chances pour qu’on arrive jusqu’à la cabane hurlante n’étaient pas très bonnes à vrai dire. On devait traverser tout le château, du septième étage au Hall d’entrée, puis le Parc ensuite, jusqu’au Saule Cogneur. Si on arrive à faire tout ce chemin sans se faire attraper, ça relèvera déjà du miracle. Ensuite cet arbre complètement cinglé. Hammerschmitt m’a expliqué comment faire, mais de là à ce que ça fonctionne et que j’y arrive, encore une incertitude. Si par bonheur on arrive jusqu’à la Cabane Hurlante, il faut qu’elle soit vide et accessible. Le passage vers l’extérieur sera très certainement bloqué par un sort. Avec mon niveau de cinquième année, ça m’étonnerait fortement que je parvienne à lever ce sort. Et même si on parvient à sortir, il faudra encore traverser Pré-Au-Lard, trouver un moyen de rejoindre Londres. Et ensuite, qu’est ce qu’on fera là bas ? Ca fait plusieurs mois que Kyle a disparu, est ce que son appartement sera encore libre ? Trop de questions pour aucune réponse. Pourtant, on a pas le choix. Soit on reste ici en attendant que quelqu’un finisse par trouver un moyen de nous retrouver. Soit on essaie de sortir par tous les moyens, au risque de se faire prendre. J’ai beau essayer d’être optimiste, je n’y arrive pas vraiment. Pourtant j’ai envie d’y croire, vraiment. J’ai envie de quitter cet enfer et de commencer une nouvelle vie, loin d’ici, avec lui.
Sa main s’est posé sur la mienne et j’ai repris contact avec le monde des vivants. Je sentais son cœur battre sous ma paume. Des battements réguliers, redevenu calmes. Ils me berçaient. Et ses doigts enroulés autour des miens. J’ai eu soudain peur que ce soit la dernière fois. Une nouvelle boule s’est formé dans ma gorge alors qu’il a tourné la tête vers moi et que nos nez se sont rencontrés. J’ai tendu le cou en avant pour caresser son visage.

« Alors nous avons peut-être une chance, toi et moi. De partir d’ici. J’ai vraiment envie de recommencer ma vie. À zéro. D’avoir un nouveau départ. Et cette nouvelle vie, elle commence ici, avec toi. Il y a tellement de choses que je voudrais te dire. Tellement de choses que je voudrais te montrer… »

Kyle …
Si tu savais comme j’aimerai moi aussi que ça fonctionne. Je nous vois déjà marcher main dans la main sur les plages Australienne ou flânant le long des avenues à Londres, en Amérique, partout où tu voudras m’emmener.
Je peux déjà te dire que si jamais on réussi à s’enfuir, l’argent ne sera pas un problème. Mes parents m’en ont laissé assez pour voir venir plusieurs années. J’aurais préféré les garder eux mais … Il faudra fuir, sans arrêt, parce que même dehors ils nous poursuivront. Ils ne laisseront pas dans la nature deux gamins qui ont la possibilité de raconter au monde entier, enfin au monde de la magie j’entends, ce qu’il se passe dans la prestigieuse école de Poudlard. Personne ne nous croirait de toute façon.
Je n’aimais pas du tout la direction que prenaient mes pensées, alors j’ai luté pour me sortir de ça, en me raccrochant à Kyle, et c’est par une nouvelle connerie que j’ai réussi à m’extirper des griffes de mon angoisse.

- Tu pourrais me les dire ces choses, si t’arrêtais de me sauter dessus sans arrêt. Aïe !

Je suis désolé, je ne peux pas m’en empêcher. Comme si je ne voulais pas laisser le danger s’immiscer entre nous. Je veux l’entendre rire à nouveau, détendre l’atmosphère par tous les moyens possibles, ou presque. Non pas que je n’aime pas quand ça devient sérieux, c’est juste que … j’ai peur. De le perdre. De me perdre. De nous perdre. On risque gros dans une telle entreprise et ça ne me rassure pas du tout de foncer les yeux fermés vers un but qui me paraît bien trop utopique pour être réalisable.
Oui, regarde moi. Ça me rassure quand tu fais ça. Je les aime tes yeux bleus tu sais ? J’aime tout chez toi. Ta bouche. Tes cheveux. Tes yeux. Toi tout entier. Même ta manie de m’en faire voir de toutes les couleurs et de me pousser à bout dès que tu sens que quelque chose coince.

T’es beau Kyle Johnson.
De toute les façons dont il est possible de l’être.
Ne me lâche pas.

« Que dirais-tu d’un bon plan solide pour y parvenir? On reste ici, le temps qu’on reprenne des forces et ensuite, on se lance, la tête baissée. On se donne à fond mais surtout, on y croit pour que ça fonctionne vraiment. Et tout ça, ça commence avec une bonne douche pour chacun mais surtout un bon repas ou au moins quelque chose à se mettre sous la dent. Et du repos, pas mal de repos. Il faut être au meilleur de notre forme si on veut vraiment mettre le cap vers notre nouvelle destinée. Je vois bien que tu es épuisé, depuis tantôt que tu luttes pour ne pas tomber endormi. Et c’est pareil pour moi alors… »

Comment ne pas croire ce qu’il dit ? Comment ne pas être confiant avec ce sourire déterminé. Je te suivrais n’importe où, et ce même si c’est droit dans le mur. Tu le sais déjà. Mais je vais y croire, pour que ça fonctionne comme tu dis. Oui, j’y crois. Parce qu’à deux on est plus fort. Parce qu’ils ont déjà essayé de nous séparer plusieurs fois et qu’ils n’ont jamais réussi. Je ne vois pas pourquoi cette fois ce serait différent. Tu as raison. On va y arriver.
Il rit. Pourquoi est ce qu’il rit ? Raconte moi, je veux rire avec toi.

« Mais pour ce qui est de la bouffe euh… Dis t’as autre chose que des gâteaux secs? Je veux pas faire mon difficile mais je déteste vraiment ça! »

Oui j’ai bien cru voir ça effectivement. A la façon dont tu les as laissé tomber sur le sol tout à l’heure.

J’ai souri en tournant la tête pour regarder le plafond une nouvelle fois. Moi aussi j’avais retrouvé mon calme. Quoi de mieux que la peur pour reprendre le contrôle de soi. J’aurais préféré le perdre totalement plutôt que de ressentir toutes ces choses là entre ma tête et mon cœur.

- Moi qui pensait que tu voulais vivre d’amour et d’eau fraîche …

Nouveau sourire alors que mon visage s’enfouie une nouvelle fois dans son coup. Juste comme ça, pour trouver un peu de réconfort.

- Je suis d’accord. Pour tout. Pour le repos, pour la douche, surtout pour la douche. J’me sens dégueulasse, j’ai l’impression d’avoir encore l’odeur du Loup partout sur moi. Je sais pas comment tu le supportes.

Qu’est ce qu’on est glamour lui et moi dis donc. Enfin en même temps, c’est pas parce que je suis tombé amoureux d’un mec que je vais me transformer en princesse. Et c’est pareil pour lui. Je vois pas où est le problème. J’ai jamais trouvé que Kyle avait quoi que ce soit de maniéré. Il a absolument rien du stéréotype de la folle, et heureusement d’ailleurs …
Faut pas que je commence à partir dans mes délires moi, sinon je m’arrête plus.

- Enfin bref, pour la bouffe, j’ai d’autres trucs entassés là bas. Fouille, tu trouveras sans doute ton bonheur, mais comme je ne sais jamais combien de temps je reste ici ni si j’aurai l’occasion d’y revenir quand la Pleine Lune approche, je ne peux pas garder des trucs qui se conservent mal. C’est toute une organisation, j’suis une vrai ménagère de moins de 50 ans. Pas franchement sexy, hein ?

J’avais lâché son cœur et m’était redressé sur le coude. Je le regardais en souriant, pas peu fier de ma comparaison. Aller avoue, ça te fait rêver le fantasme de la ménagère de moins de 50 ans. Qu’est ce que je suis drôle moi quand même. Pitoyable quand je m’y mets.

- Je file sous la douche et toi tu manges, d’accord ? J’en ai pas pour longtemps … juste quelques … minutes … et je …reviens … si j’arrive à te … lâcher.

J’avais entreprit de passer par dessus lui pour me relever. J’aurais du le contourner. A l’instant même où je me suis retrouvé au dessus de son corps je me suis arrêté net et j’ai foncé sur sa bouche. L’embrassant entre chaque mot. Ça été dur mais j’ai réussi à lui foutre la paix. J’ai filé droit vers la salle de bain après avoir déposé mon sweat sur la table et attrapé des serviettes au passage.

Deux minutes après j’étais sous l’eau, noyé dans mes pensées.

Enzo, t’es qu’un sale petit obsédé ! Arrête de penser à Kyle. J’ai pas envie d’avoir de vision d’horreur, merci.
J’y peux rien, c’est plus fort que moi. Si tu savais comme j’aimerai qu’il soit avec moi là. Je crève d’envie de lui demander de me rejoindre mais je sais que je ne suis pas en mesure d’assumer les conséquences de mes actes. Je sais qu’il m’a déjà vu à poil, mais j’étais inconscient alors ça change tout. Et vu la place qu’il y a ici, vu la place que je prend déjà moi avec ma grande carcasse … Je nous connais ça risque de dégénérer. Je me sens pas en phase avec ça. J’ai peur, ça m’angoisse à mort. J’ai envie, d’aller plus loin je veux dire, ne serait ce que pour lui parce que je sais qu’il fait énormément d’effort pour prendre sur lui mais je suis pas près à passer le cap. J’ai besoin de temps, d’y aller en douceur. Progressivement. Petit à petit. C’est tout nouveau pour moi, et je commence à peine à me faire à l’idée que celui que j’aime et que je désire est un mec, alors … Je me mets la pression tout seul ça j’en suis bien conscient. Je sais que jamais Kyle ne me forcera à quoi que ce soit, ni même qu’il fera quelque chose susceptible de me mettre mal à l’aise mais je me sens mal vis à vis de lui. Surtout après ce que je lui ai fait tout à l’heure. Avec le recul, je me dis que c’était pas franchement malin de le tenter comme ça alors que lui comme moi savions pertinemment que ça n’irait pas plus loin. Qu’est ce que je peux être con.

Alors que l’eau coulait toujours sur moi, je suis allé coller mon front contre la faïence qui recouvrait les parois de la douche. J’avais envie de m’y taper la tête comme si ça pouvait faire sortir ma connerie et surtout m’empêcher de penser. J’ai vraiment été trop stupide, et super égoïste. Il l’a cherché mais peut être pas à ce point là. Putain d’hormones à la con ! Ce serait plus simple si on était capable de rester l’un à côté de l’autre sans avoir envie de se jeter dessus respectivement. J’ai jamais eu autant besoin de sentir quelqu’un avant lui. Je ne comprends pas d’où ça vient. Je sais que j’ai toujours été tactile et en recherche d’affection mais la plus part du temps c’était les câlins de ma mère que je cherchais. Là c’est totalement différent, et heureusement d’ailleurs. Manquerait plus que je fasse un transfert entre ma mère et Kyle. Oh merde, je vais penser à ma mère quand je le verrais maintenant. Aaaah non ! C’est dégueulasse. Non, non, non ! Je veux pas de ça. Maman, sors de ma tête je t’en supplie. Les filles. Penser aux filles. Comment je me comportais avec elle. Aller souviens toi Enzo, c’était y a pas si longtemps. J’étais … J’étais pas si tactile, je pense pas. J’en ai pas l’impression en tout cas. Peut être un peu, mais pas autant qu’avec Kyle ça j’en suis persuadé. Peut être que ça vient de l’amour. J’en ai aimé aucune. C’est peut être ça qui fait la différence. Oui, ça doit être ça. Parce que j’ai beau creuser dans mes souvenirs, je ne me souviens pas avoir autant eu envie d’une personne. Même pas cette fille étrange l’année dernière. Une copine de Derek alors qu’on était encore un Australie, juste avant que nos parents se tuent. J’ai rien vu venir. Je sentais bien qu’elle jouait avec moi mais je pensais qu’elle faisait ça juste pour s’amuser, pour me tenter, parce que j’étais le petit frère de son « pote », - J’ai jamais trop su ce qu’ils faisaient ensemble ces deux là et je ne veux pas le savoir - et qu’elle trouvait ça drôle. Jusqu’au jour où elle m’a coincé dans ma chambre un après midi. Voilà comment s’est passé ma première fois. Elle m’a pris par surprise et moi je suis tombé dans son piège comme tout bon adolescent de 15 ans qui est totalement incapable de contrôler ses hormones en pleines croissances. J’ai jamais su pourquoi elle avait fait ça. J’ai jamais su si Derek était au courant ou non. L’accident a eu lieu une semaine après, et je ne l’ai jamais revu. Je m’en fous pas mal à vrai dire. J’ai jamais eu de sentiment pour elle, mais je peux quand même affirmer que même si elle m’a rendu fou, je ne me souviens pas avoir ressenti autant de désir pour elle que j’en ai pour Kyle et ce même si je suis allé beaucoup plus loin avec elle qu’avec lui.

Tout propre comme un sous neuf, avec cette bonne odeur d’océan qui me collait à la peau, j’ai fini par sortir de la salle de bain. Une serviette autour de la taille l’autre dans ma main qui frottait ma tête pour sécher mes cheveux. J’avais laissé mes fringues sales dans un recoin de la salle de bain, comme tout bon mec qui se respecte.

- La place est libre et toute chaude. Frotte bien, et que ça brille ! T’as trouvé ton bonheur au fait ? Désolé si c’est pas le cas. Ah, et regarde dans l’armoire, y a des fringues propres si tu veux te changer.

C’est un peu comme ma maison cet endroit. Je le connais par cœur et je l’apprécie. C’est mon petit havre de paix, le seul endroit dans ce château où je me sens vraiment bien. Il y a tout ce qu’il faut pour avoir le minimum de confort et même si là dessus je n’ai jamais été très exigeant, j’avoue que ce n’est pas désagréable. J’ai formulé ma demande de façon si précise qu’il y a tout ce dont on peut avoir besoin. Un endroit où dormir. Une salle de bain aussi minuscule soit elle. Une table et … ah ben non, plus de chaise … Merde j’avais oublié que je l’avais balancé par la fenêtre. Bref, un endroit où je pouvais faire mes devoirs ou juste me poser pour regarder dehors. Des placards, et une armoire, remplies de choses en tout genre. Des vêtements. Du linge de toilette. De la nourriture. Je suis heureux comme un pape dans cette pièce. Je le suis encore plus maintenant que Kyle est avec moi et que je peux lui faire partager ça.

Il allait dans la salle de bain quand je l’ai intercepté au passage, en lui attrapant le poignet comme à mon habitude.

- Kyle, attends.

Sans attendre la moindre réaction, j’ai enroulé mes bras autour de ses épaules et je l’ai serré dans mes bras. Parce que j’avais envie, tout simplement.

- Je t’aime.

Je sais que je te l’ai déjà dit, mais j’ai envie que tu en prennes pleinement conscience. Et moi aussi par la même occasion. Parce que je sais que je suis assez difficile à suivre, et pas toujours très expansif dans mes mots. Je ne veux surtout pas que tu crois que tout ça c’est à sens unique, parce que c’est vraiment pas le cas. Je suis encore jeune, toi aussi, mais t’es beaucoup plus mature que moi. T’as plus d’expérience de la vie. Moi je te l’ai dis je sors tout juste des jupes de ma mère. J’y connais rien à tout ça et ça me fait peur. Moins maintenant c’est certain, grâce à toi. Tu me rends les choses tellement plus faciles si tu savais. Regarde moi maintenant et repense à celui que j’étais quand on s’est rencontré. Tu as vu le changement ? Personnellement je ne l’ai pas vu venir, et alors qu’il y a quelques mois je ne t’aurais même pas adressé la parole, je suis là dans cette pièce qui nous appartient, à te serrer contre moi.
J’espère vraiment qu’on va réussir à sortir de cet enfer, qu’on va pouvoir partir loin d’ici, juste toi et moi et ce même si je laisse derrière moi deux personnes à qui je tiens profondément. C’est toi ma vie maintenant. Et puis Jill et Derek … Peut être qu’ils seront là, l’un pour l’autre. Je m’en veux de penser comme ça. Je culpabilise. Mais je sais qu’il n’y a pas d’autre solution. Si on essaie pas de fuir maintenant après ce sera trop tard. On ne peut plus rester ici.

- Aller file !

J’ai fait claquer ma serviette contre son cul, juste parce que j’en avais envie et que je trouvais ça drôle puis je suis allé m’étaler sur le lit, les bras écartés de tout leur long, en fixant le plafond comme je l’avais fait un peu plus tôt.

Oui, y a pas à dire. Je suis bien, là. Mais il est temps d’y aller.

Alors je me suis activé. Je me suis habillé et j’ai rangé toutes mes affaires. J’ai rempli mon sac de tout ce que je pouvais prendre, de ce dont on pourrait avoir besoin. Nourriture. Vêtements de rechange. J’ai remis ma montre et mon bandeau de cuir et j’ai attendu que Kyle sorte à son tour de la douche. Une épaule appuyée contre le mur près de la porte.

- On y va ? Je crois qu’il vaut mieux partir tout de suite. A cette heure là le château et le parc sont blindés de monde. On aura moins de difficultés à passer inaperçu si on se noie dans la masse. Enfile ça.

Je lui ai lancé ma robe de sorcier, avec ça sur le dos, il passerait pour le plus commun des habitants de cet enfer.

Cette fois, on a plus le choix.
Adieu ma petite Salle sur Demande.
J’espère juste ne pas dire adieu à la vie.
Ne pas dire adieu à Kyle.
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OMG... This is
Kyle Johnson



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MessageSujet: Re: Just One Night To Fix It [Enzo] Sam 19 Juin - 3:22

Regarder vers le futur et tenter d’oublier le passé. Voilà ce que je faisais. Du grand ménage dans ma tête et dans mes souvenirs, question de commencer ma nouvelle vie du bon pied. J’avais envie d’oublier d’où je venais et ce que je faisais ici. La raison du pourquoi je m’étais retrouvé dans cet enfer alors que je n’avais rien demandé au reste du monde. Parce que oui, mon futur je le voyais avec celui qui était à mes côtés. Je l’aimais plus que tout et je sentais que nos sentiments l’un pour l’autre nous rendait plus fort, comme si nous étions soudainement devenus invincibles. Parce qu’on venait de marquer un point dans notre équipe. Et je voulais qu’il y croie lui aussi. Sinon à quoi bon? On faisait tout ça à deux, pour notre bien commun donc il fallait que nous soyons tout les deux partants pour cette nouvelle aventure.

Sa tête s’était retournée vers le plafond lorsque j’avais fait allusion à la nourriture et je fis de même de mon côté en continuant de sourire. Je ne voulais vraiment pas faire mon difficile mais s’il n’y avait vraiment que ces gâteaux de merde à manger alors j’allais me sacrifier. C’était toujours mieux ça que la nourriture dégoûtante que prenait soin de m’apporter le supérieur alors que j’étais enfermé dans ma chambre.


- Moi qui pensait que tu voulais vivre d’amour et d’eau fraîche …

J’eus de nouveau un rire et lorsque son visage venait retrouver le creux de mon cou, je fermai les yeux. Oui j’aurais peut-être pu vivre d’amour et d’eau fraîche mais je n’aurais certainement pas survécu longtemps. Sa chaleur me réconfortait mais m’endormait par la même occasion. Et le fait d’être couché sur le dos comme ça ne m’aidait pas réellement à rester éveillé. Mais j’entendais de nouveau sa voix et je ré ouvrai les yeux. Il me disait qu’il était d’accord pour le plan que j’avais établi. Quelque chose de simple mais d’efficace. Il était inutile de commencer à faire des phases de long en large. Nous savions quoi faire et à quoi nous en tenir. Le plus important était d’abord de se refaire une forme pour être encore plus fort qu’on ne l’était déjà. On allait pas à la guerre sans se préparer d’abord, le ventre vide.

- Enfin bref, pour la bouffe, j’ai d’autres trucs entassés là bas. Fouille, tu trouveras sans doute ton bonheur, mais comme je ne sais jamais combien de temps je reste ici ni si j’aurai l’occasion d’y revenir quand la Pleine Lune approche, je ne peux pas garder des trucs qui se conservent mal. C’est toute une organisation, j’suis une vrai ménagère de moins de 50 ans. Pas franchement sexy, hein ?

Sa main quitte mon cœur et j’enlevai la mienne par-dessous le tout. Il prenait appuie sur l’un de ses coudes en me regardant avec un sourire. Je tournai la tête vers lui en riant.

-Pas franchement sexy?! Tu dois être la ménagère la plus sexy que j’ai jamais vu. Et probablement la plus efficace aussi! En tout cas, tu sais bien t’organiser et tu es rangé contrairement à moi! Si tu verrais mon appartement à Londres… Un vrai désastre!

Il se positionna au dessus de moi et il fonça directement sur mes lèvres en prononçant un mot entre chaque baiser. Comme il était mignon. Il n’avait pas envie de me quitter on dirait bien… Mais bon, comme il disait, il n’en n’avait que pour quelques minutes et entre temps, moi j’allais faire la grande visite de ses étagères afin de trouver quelque chose de mieux que ces trucs sec qui me donnait des hauts le coeur. Et lorsqu’il se retrouva dans la salle de bain, je me levai à mon tour et me dirigeai directement vers l’endroit où il m’avait indiqué. J’étais réellement affamé.
Arrivé à destination, je prenais le temps de regarder chaque boîte et chaque canne qui s’offrait à moi. Il n’y avait rien de très intéressant. Il y avait bien des pâtes mais j’ignorais comment faire bouillir l’eau puisqu’il n’y avait aucune cuisinière dans la pièce… Avec sa magie, Enzo devait les faire ramollir avec un simple coup de baguette. Donc il lui était inutile d’avoir ça, un four ou encore un micro-onde. Ce qui limitaient donc mes choix.
Puis soudain, je remarquai de petits emballages très colorés, un peu comme s’il s’agissait de bonbons ou de friandises. Je prenais l’une de ses boites sur laquelle était écrit : Dragées Surprises de Bertie Crochue. En lisant le nom, je ne pu m’empêcher de rire. Pauvre femme, avoir un pareil nom, ça ne devait pas être super chouette. Enfin, je décidai d’ouvrir la boîte et à l’intérieur se trouvaient de petites boules de différente couleur. J’en prenais un rouge, le portai à ma bouche avant de le mastiquer. Ça goûtait la cerise, un fruit que je trouvais très agréable. Enfin, je m’étais trouvé quelque chose. Je décidai d’en prendre un second, un vert cette fois-ci et je recommençai le même mouvement. Mais aussitôt, j’arrêtai de mâcher et je recrachai le bonbon sur le sol avant de toussoter. Celui-là goûtait la vomissure… Je regardai dans la boîte, je repérai une autre boule rouge et retentai… Il n’avait plus ce goût de cerise mais plutôt de foie, viande que je détestai au plus haut point. Encore une fois, je recrachai le tout sur le sol avant de refermer la boîte et de la mettre à sa place.


-Non mais c’est quoi ces bonbons de merde là…

C’était absolument dégoûtant. Je devais me trouver quelque chose d’autre. Une seconde boîte, bien plus petite que la première, attira mon attention. Chocogrenouille. Chouette, du chocolat. Ça faisait une éternité que je n’en avais pas manger. Je prenais sans hésiter cet emballage avant de tirer sur la petite corde qu’il s’y trouvait comme ouverture et je sursautai lorsqu’une grenouille vivante me sautait au visage. Je laissai échapper la boite sur le plancher en même temps qu’une exclamation de surprise. Je baissais mes yeux au sol et je vis une grenouille, toute fait en chocolat, qui bondissait jusqu’en dessous d’une commode qui se trouvait tout près. Aussitôt, je m’abaissais au niveau du meuble et je vis la grenouille qui était à mi-chemin de moi, totalement immobile.

-Non mais c’est quoi là… Une vraie grenouille trempée dans du chocolat? C’est vraiment n’importe quoi… Petite, hey petite viens, je vais t’aider!

Et voilà que je l’appelais comme s’il s’agissait d’une pauvre bête en détresse. Et c’était parfaitement le cas à vrai dire. Pauvre bête qui ne devait pas être en mesure de respirer correctement. Je continuai de l’appeler comme un idiot mais elle ne bougeait toujours pas et donc, j’en concluais qu’elle était morte. Je me relevai finalement en soupirant et je retournai vers le lit, attrapant les gâteaux secs sur le sol. Je m’assoyais sur le matelas, en observant l’emballage dans mes mains.

-Vous avez gagné on dirait bien…

Lentement, avec précaution et déjà du dégoût, j’ouvrai le tout en prenant l’un de ces gâteaux entre mes doigts, d’ouvrir ma bouche et de le mastiquer rapidement afin de ne pas trop le goûter. Et à chaque bouchée, je n’arrivais pas à retenir une grimace. Qu’est-ce que je ne pouvais pas aimer ces trucs là… Vraiment infâme. Ça ne devrait même pas exister… Je continuai tout de même de manger. C’était mieux ça que les bonbons de miss Crochue là…
J’arrêtai tout mouvement lorsque j’entendais la porte de la salle de bain s’ouvrir derrière moi. Je me retournai la tête comme par réflexe et ce que je vis me coupa littéralement le souffle. Enzo se tenait là, une simple serviette autour de la taille avec une seconde serviette dans une main, se séchant les cheveux. Et moi, je le regardai la bouche grande ouverte, et les yeux ronds comme si je venais de voir un mirage. Ça ou un ange. C’était les deux à la fois.


- La place est libre et toute chaude. Frotte bien, et que ça brille ! T’as trouvé ton bonheur au fait ? Désolé si c’est pas le cas. Ah, et regarde dans l’armoire, y a des fringues propres si tu veux te changer.

Je prenais quelques secondes avant d’analyser ce qu’il m’avait dit. Le gâteau sec encore entre mes doigts, je n’arrivais pas à enlever mon regard qui était posé sur son corps qui ma foi… Était parfait. Bien plus beau qu’en rêve. Je ne me souvenais pas qu’il était aussi sexy sans vêtement. Mais là, c’était encore pire. Le scénario parfait, avec le mec humide qui sort de la douche avec la serviette… Et moi je devais résister à ça alors que l’on m’offrait le mec parfait sur un plateau d’argent. Je restai dans cette position pendant une ou deux minutes, incapable de faire le moindre mouvement ou de prononcer un seul mot. Je retournai finalement ma tête vers l’avant.

-Putain ouais, j’ai besoin d’une bonne douche froide d’urgence…

Je me levai, laissant tomber les gâteaux qui étaient resté sur moi par terre et me dirigeai vers la super commode où se trouvait le cadavre de la grenouille en dessous. L’air de rien, j’ouvrai l’une des portes et attrapait le premier jean et le premier t-shirt que je trouvai. Je me retournai et me dirigeai vers la salle de bain en tentant le plus d’éviter de regarder Enzo. Parce que là franchement, il ne m’aidait pas beaucoup… J’avais vraiment envie de le traîner avec moi dans la salle de bain pour lui faire sa fête mais je savais que c’était peine perdue et en plus, j’allais lui faire peur. Ce n’était sûrement pas voulu, toute cette scène. Après tout, on était entre mec et habituellement, on ne se reluque pas comme ça mais là…
Enfin, je passais à côté de lui lorsque je sentais sa main prendre mon poignet.
Oh non…


- Kyle, attends.

J’arrêtai tout mouvement à contre cœur et me retournai vers lui, m’attendant au pire.
Il me serra contre lui et moi, j’avais carrément envie de mourir. Je me consumais à petit feu et lui ne devait même pas s’en rendre compte… Quelle torture!!
Je le serrai tout de même contre moi en fermant les yeux, prenant le temps de respirer son odeur, comme toujours. Et merde, il sentait encore meilleur que tout à l’heure… Merde il faisait vraiment exprès ou quoi?


- Je t’aime.

Oh comme tu es chou mon amour. Je t’aime aussi mais tu crois vraiment que c’est le moment là? Parce que j’ai vraiment besoin d’une douche froide là, tout de suite. Tu ne vois pas à quel point tu me fais de l’effet? Je te ferais bien des trucs si y’avait pas cette barrière entre nous.

- Aller file !

Je tressallai lorsqu’il claqua sa serviette humide contre mon derrière.
Non mais espèce de… AAHHH!!!!
Je me mordais la lèvre inférieure avant de me retourner pour me rendre réellement à destination cette fois-ci.

J’entrai dans la minuscule salle de bain qui était encore humide à cause de la douche chaude de mon compagnon. La vapeur me collait à la peau, me donnant encore plus chaud. Je déposai les vêtements et les serviettes que j’avais choisis sur la toilette avant de croiser mon visage dans le miroir qui était embué. Lentement, je me rapprochai de mon reflet avant de frotter le tout pour mieux voir. Et j’eus une petite exclamation de surprise en regardant cette figure qui me faisait face. Ma peau était devenue encore plus blanchâtre qu’à l’habitude, mes joues s’étaient encore creusées et d’énormes cernes noirs s’étaient dessinés en dessous de mes yeux. J’avais l’air d’un mec qui était en phase terminale d’un cancer avec des cheveux en plus. Ceux-ci étaient devenu beaucoup trop long et avaient recommencé à boucler, ce qui me donnait envie de tous les arracher. J’avais l’air d’un sans abri avec mon t-shirt taché et mes jeans qui s’était encore troué à quelques endroits. En lâchant un petit soupir, je posai l’une de mes mains dans mes boucles châtain pâle et je croisai mes cicatrices sur mon poignet dans le miroir. Et paf, de retour au quatrième étage. Je me revoyais frapper la glace d’un coup de poing puissant et me souvenant de ce mouvement, je regardai ma seconde main. Sur mes jointures de petits traits blanc, seules cicatrices de ma violence envers l’objet qui m’avait servi d’arme blanche. Et tout ce sang qui revenait… Je fermai les yeux l’espace d’un instant pour tout effacer de mon esprit. Il s’agissait là d’un passé enterrer. Je n’avais jamais tenté de me suicider. Ces marques étaient apparues là comme par hasard ou alors je ne me souvenais plus comment ça c’était produit.
Des mots. Juste pour tenter de me convaincre moi-même. Si ça fonctionnait? Bien sûr que non. Comment faire pour oublier une pareille partie de ma vie… Mais je devais regarder droit devant. Pour moi et pour Enzo. Pour notre vie ensemble. Oublier tout le reste.
Je me débarrassai de mes vêtements que je laissai tomber sur ceux qu’Enzo avait laissé là. J’enlevai également mes converses qui ne m’avait pas quitté depuis un bon moment. Je fis couler l’eau et je jetai un dernier regard à ma paire de jean préférée qui s’était retrouvé par-dessus tout le amas de vêtement. Adieu chérie. J’ai vécu trop de chose avec toi alors je décide de te rayer de ma liste. J’entrai donc sous le jet que j’avais régler sur l’eau tiède et aussitôt, le contact du liquide me fit un bien fou. Mon esprit dérivait encore sur Enzo, me demandant ce qu’il faisait à cet instant précis. Même s’il n’était que dans la pièce à côté, derrière la porte, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il était trop loin de moi. J’aurais adoré l’avoir avec moi sous la douche mais je n’avais pas osé lui demander, ne sachant pas trop comment il allait réagir. Et j’allais encore passer pour le pervers de service alors que je n’aurais probablement rien tenté. Quoi que ça aurait été très difficile de résister à la tentation vu les circonstances… Ses cheveux mouiller lui collant au visage, son corps de rêve nu devant moi tant dit que l’eau coulait sur lui et que je sentais ses mains se perdre sur ma peau…
Arf. J’ouvrai l’eau froide jusqu’au bout question de m’arrêter dans mes illusions qui m’amenaient un peu trop loin. Je devais me rafraîchir les idées et ça fonctionnait à merveille. Heureusement! Je continuai donc de me laver sous ce jet glacial qui me faisait claquer des dents. Bah ça m’apprendra, c’est tout. L’odeur marin flottait à présent dans la pièce et j’avais l’impression qu’Enzo se trouvait avec moi. J’allais maintenant porter son parfum et si jamais il devait arriver quelque chose dans notre tentative d’évasion j’aurais toujours son effluve avec moi… Non à vrai dire il n’allait rien nous arriver. Parce que j’y croyais. Nous étions plus fort que tous ces connards réunis et ils n’arriveraient jamais à nous séparer.

C’est sur cette bonne note que je coupai l’eau avant de sortir de la douche. Je me séchai rapidement avant d’enfiler les nouveaux vêtements que j’avais choisi qui étaient beaucoup trop grand pour moi. J’avais l’impression d’être un petit garçon qui avait emprunté les vêtements de son grand frère pour avoir l’air cool. Bah tant pis, au moins, c’était son linge à lui et ils sentaient lui alors… Et je sortais de la salle de bain, sans prendre le temps de ramasser quoi que ce soit. Mes vêtements sales étaient restés sur le sol ainsi que les serviettes que j’avais utilisé. Comme un vrai mec quoi. Je sursautai lorsque j’appercevais qu’Enzo ne se trouvait qu’à quelques centimètres à côté de moi.


-Bon sang!

Une main sur mon cœur qui battait la chamade. Qu’est-ce que j’étais devenu nerveux avec le temps… Je tournai la tête vers lui avec un petit sourire. Il avait l’air d’un petit ange, appuyé là, contre le mur.


- On y va ? Je crois qu’il vaut mieux partir tout de suite. A cette heure là le château et le parc sont blindés de monde. On aura moins de difficultés à passer inaperçu si on se noie dans la masse. Enfile ça.

Il me lança un truc que j’attrapai au vol. Je dépliai le tout et je reconnu presque aussitôt le vêtement noir qu’il avait sur le dos quand il m’avait sauvé des griffes des serpents sur le quatrième étage. Le genre de toge avec comme insigne un lion. D’ailleurs, je ne comprenais toujours pas c’était quoi l’affaire avec les couleurs et les animaux. Une autre chose que j’avais envie de lui demander mais que j’allais m’abstenir. Parce que ce n’était pas important. De toute façon, on foutait le camp de la place alors inutile d’obtenir ces renseignements qui n’allaient qu’entrer par une oreille pour mieux sortir par l’autre. Sans broncher, j’enfilai donc la robe par-dessus tous mes vêtements et seules mes mains, ma tête et mes converses dépassaient des ouvertures qu’avait l’énorme truc en tissus. Je baissai mes yeux sur l’insigne rouge orné d’un lion. Ouais c’était ce qu’on était tous les deux. Moi un lion et lui un loup. Avec une équipe pareille, personne ne pouvait nous arriver à la cheville.
Et bordel, quelle réflexion conne et inutile…
Je soulevai mes deux mains en l’air, j’agrippai la capuche qui se trouvait accroché après la toge et je la mettais sur ma tête pour être certain que personne ne me verrait. J’imaginais ma tronche… Je devais avoir l’air d’un de ces mecs dans Star Wars. Un genre de gros dur alors que si on m’enlevait mon costume, j’avais l’air de rien. Je fis néanmoins un regard déterminer vers mon compagnon accompagné par un petit sourire.


-Ouais allons y.

Allons explorer notre nouvelle vie.
Fonçons ensemble vers l’inconnu avec la tête basse remplie de bonnes intentions et d’espoir.
Ne laissons personne briser notre rêve.
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