AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Cours plus loin ▬ James & Emily

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Cours plus loin ▬ James & Emily   Lun 18 Mai 2015 - 21:26

Samedi 18 janvier 2015

♪ Eths ▬ Gravis venter ♫

« Je sais mon corps ne se relève pas.
Rendre demain, jamais aussi bien.
Je sais je dors je fais semblant ne regardez pas… »

Ça colle. Ça brûle. Bon sang, il ne s’était jamais senti aussi sale. C’était cela : il avait été souillé par ce timbré, souillé par sa main, ses coups, par le son de sa voix. Difficile de se nettoyer le conduit auditif jusqu’au cerveau pour en effacer les traces, pourtant il tentait quand même. Le visage sous le robinet ouvert à fond, il se frottait la tête, le visage, la nuque, trempant allègrement ses vêtements sans même s’en rendre compte. Lorsqu’il releva la tête et qu’il croisa son regard dans le miroir, il se figea. Sa pommette avait complètement changé de couleur et était légèrement enflée. Ses yeux lui semblaient vides, froids, et le reste de ce qu’il entrapercevait était rougi par le grattage frénétique qu’il venait de s’infliger. Il aurait aimé s’arracher la peau mais ça aurait fini en massacre.

Ça ne pouvait pas être réel. Il allait se réveiller en sursaut, crier un coup et tout cela s’effacerait sans laisser une seule trace autre qu’un filet de bave sur l’oreiller. C’était tellement énorme, tellement… trop… Et pourtant, pourtant c’était réel. Depuis qu’il avait quitté la pièce vide du quatrième étage, il n’avait pas lâché une larme ni un mot, se contentant de s’accrocher aux murs pour ne pas fléchir. Ses jambes tenaient simplement parce qu’il avait le sens de l’équilibre et qu’il avait verrouillé ses articulations. Il avait fait au plus vite pour rejoindre un endroit vide, un endroit où la colère, froide et grondante, pourrait sortir… Soudain, il frappa le miroir d’un grand coup de poing et écouta les débris tomber dans le lavabo dans un bruit cristallin. Il frappa à nouveau, puis encore et encore jusqu’à ce qu’il ne ressente en lui plus rien d’autre qu’un grand vide à l’endroit où son cœur surexcité tambourinait.

Alors il passa ses mains sous l’eau d’un geste mécanique, étranger à toute sensation de douleur. Il ôta délicatement les petits bouts de verre qui s’y étaient fichés, rinça les coupures, puis il se frictionna le visage une dernière fois avant de prendre sa baguette posée sur le bord du lavabo et de quitter les toilettes hantées. Un bref sort de nettoyage plus tard, il referma la porte derrière lui. Pas de traces. Pas de témoins. Il entra dans sa salle commune comme un voleur, traversant la pièce sans s’arrêter, entra dans son dortoir et fila dans son lit en tournant délibérément le dos à ses camarades de chambrée. Il était encore tôt, peu dormaient et lui répondait par monosyllabes. Dans la pénombre, ils ne virent rien d’anormal, ces imbéciles. Jeroen s’assit sur son lit, les rideaux du baldaquin tirés autour de lui. L’angoisse revint en force. Une douche intégrale lui aurait peut-être fait du bien, mais il y passerait la nuit et ses potes se poseraient des questions. Il se roula finalement en boule sous la couette, la baguette plaquée contre sa poitrine, et cessa totalement de bouger.

Cette nuit-là, il ne dormit quasiment pas. Parfois, le sommeil tentait de l’agripper et il sursautait avec une rare violence. Trop de choses tournaient dans sa tête. Lily, ses cris, sa douleur, la violence de cette timbrée sur l’enregistrement, la violence des photos. La violence de ce qu’il avait consenti à offrir à cet inconnu. Bon sang, qu’avait-il fait ? C’était incroyable, indescriptible, il avait l’impression que son esprit ne supporterait pas, qu’il allait imploser… Et pourtant il était toujours là, toujours en vie, et presque lui-même. Il s’endormit finalement vers 6h du matin : il était frigorifié malgré la couette épaisse sur ses épaules, ses membres étaient engourdis par sa position et les plus lève-tôt commençaient à se réveiller, mais il s’endormit.

Dimanche 19 janvier 2015

- Chaque minute d'allégeance la plus totale, sera une de plus gagné pour que ta petite famille aimante et aimée, soit en sécurité.

Jeroen avait acquiescé en silence à tout ce qu’il avait dit, sans le lâcher du regard. Allégeance. Pourquoi pas lui demander de l’appeler « maître » tant qu’il y était ? Espèce de timbré.

Il coupa l’eau et prit sa serviette pour se sécher. Il était midi passé. Jeroen sortit de la douche, jeta sa serviette avec son linge sale et s’arrêta devant la petite sacoche dans laquelle il stockait les cadeaux d’Emeric. Onguents, crèmes, médicaments en tous genres remplaçant les soins élémentaires qui auraient nécessité un passage à l’infirmerie. Il n’était déjà pas fan de ce lieu, mais à présent, il était totalement inconcevable pour lui de revoir Helland après qu’un imposteur l’ait menacé sous son apparence. Pas pour le moment. La moitié de son visage avait pris une teinte noire. C’était indécent de marquer autant. En même temps, vu la violence des impacts, la casse était minime… Un nez pété aurait été autrement plus délicat à cacher. Il passa doucement une crème sur les traces. Sa peau brula pendant un instant, puis sa couleur normale revint. La magie du maquillage made by Emeric. C’était temporaire, mais cela laisserait le temps à son corps de se réparer de lui-même. Il avait refermé les plaies de ses mains avant de prendre sa douche mais il refit une inspection, ne souhaitant pas laisser une seule trace visible. Puis il s’empara d’une paire de ciseaux dans son sac et entreprit de se couper les cheveux. S’il pouvait ôter une prise, une seule à ce timbré qui voulait le mettre à sa botte, il fallait qu’il le fasse. Et s’il n’appréciait pas que son nouveau jouet prenne des initiatives capillaires, tant pis : il ne pouvait pas tout contrôler. Sa tignasse commençaient à se faire longue de toute manière, ça faisait négligé. Jeroen nettoya le bord du lavabo et prit encore quelques minutes pour s’observer. Il retrouvait ce regard froid, distant, calculateur et prêt à tout. C’était comme retrouver un vieil ami…

Lorsqu’il sortit du dortoir, il était tôt dans l’après-midi mais rien ne pouvait prouver qu’il se soit passé quoi que ce soit depuis son entrainement de Quidditch. Ni lutte, ni soumission, ni crise de nerfs. Pas une seule blessure, pas un seul bleu, il était on ne peut plus normal. Quelques amis s’étonnèrent de le voir se lever si tard mais il prétexta une mauvaise nuit, un coup de froid et un besoin d’hiberner un peu. Rien de grave. Ah oui, il s’était coupé les cheveux, c’est mieux n’est-ce pas. Il embrassa Julian avec tendresse, sans rien montrer de la douleur qu’il ressentait lorsqu’elle le touchait là où Il l’avait touché. Le moindre effleurement lui donnait des frissons désagréables, mais il cachait bien son jeu. Ça devrait passer en quelques jours, surtout avec Julian. Cette fois-ci, il était clairement question de vie ou de mort donc pas question de les alerter. Elle aussi serait en danger s’il faisait un seul faux pas, et qui pouvait dire quel visage Il avait pris aujourd’hui ?

Heureusement, il avait manqué l’heure du déjeuner et put aller directement en cuisine pour manger un peu. Il dut se forcer, son estomac vide criant à chaque bouchée qu’il avalait, mais s’il cessait de manger maintenant, il ne reprendrait pas de forces. En fin de journée, il ne serait pas en état pour refaire face à l’homme et à son petit « programme » concernant les émotions de l’élève. Ce fut laborieux mais il quitta la cuisine le ventre plein. Ensuite, il prit un livre et partit s’installer dans la salle sur demande, seul, pendant plusieurs longues heures. Londres. Assis dans sa chambre, la vie moldue bruissant par la fenêtre ouverte, l’illusion était parfaite. Il s’apprêtait presque à entendre la petite entrer en furie pour l’obliger à se lever. « On va faire le shopping ! Allez viens ! Papa a fait le petit-déjeuner ! Viiiiiiens ! » Et l’odeur de Bacon et d’œufs fris qui emplissait la pièce… Il se coucha sur son lit et regarda le plafond blanc cassé. Hey, ma puce, tu m’entends ? Tiens le coup. Bientôt, le courrier marquant ta liberté devrait arriver et ce sera terminé. Tu rentreras à la maison. Papa sera là pour te protéger.

Jamais elle n’aurait à subir ça à nouveau. Il comptait clairement là-dessus, même s’il se demandait où ça les mènerait. Que deviendraient Poudlard et ses occupants si les Supérieurs parvenaient à reprendre le contrôle ? Et s’ils prenaient possession de Londres ? Est-ce qu’il allait finir sa vie à lécher leurs bottes ? Dans le meilleur des cas, ces timbrés se feraient démolir et Jeroen avec. Oui, ce serait bien. Mourir avec eux, les emporter dans la tombe pour vérifier qu’ils resteraient bien en Enfer avec lui… Mais il n’accepterait la mort que lorsqu’il serait sûr que les siens seraient en sécurité. Et c’était loin d’être gagné.

20h30.

En revenant de la salle sur demande, il s’était forcé à manger tôt malgré son estomac noué. À discuter, aussi, ou du moins à rester présent et à garder un air semi-attentif tandis que les autres piaillaient comme d’habitude. Ça parlait cours, Quidditch, week-end trop court. La vie elle-même était trop courte pour ces inepties mais il était essentiel de se fondre dans la masse et de se faire oublier. Lorsque Jeroen se leva, personne ne posa de questions et il leur adressa un salut neutre avant de s’éclipser. Pour manipuler, il fallait savoir choisir des amis manipulables. Non pas qu’ils aient tous été profondément stupides, mais ils ne foutaient jamais leur nez là où ils ne devraient pas, hormis dans les histoires de cœur et de cul. Il était donc tranquille tant qu’aucun d’eux n’irait lui inventer une histoire de maîtresse ou une connerie du genre.

Une ombre. Voilà tout ce qu’il était à présent qu’il marchait vers son rendez-vous. Le deuxième en deux jours : il espérait sincèrement que le rythme se calmerait à l’avenir. Deux disparitions de quelques heures s’expliquent, mais cela poserait problème s’il devait s’éclipser tous les jours et l’homme devait le savoir… Pour l’instant, il devait juste éviter de croiser des gens. Heureusement, il connaissait Poudlard, il connaissait les recoins cachés, les passages secrets. Dix ans de pratique, dont deux ans de rondes de nuit juste pour profiter de sa place de pro-Supérieur… Les escaliers, mus par une quelconque empathie à son égard, lui facilitaient la tâche pour rester discret. Il retrouva sans problème la salle de la veille et ouvrit la porte après avoir frappé doucement.

Vide. Atrocement silencieux, et pourtant encore chargé de l’atmosphère désagréable de ce jeu qu’il avait perdu. Il referma soigneusement la porte derrière lui et fit quelques pas à l’intérieur, le poing serré sur sa baguette qui vibrait légèrement. Bien. Il était loin d’être en retard et c’était absolument parfait. Il n’avait pas envie de savoir comment l’homme comptait le faire venir s’il n’avait pas été à l’heure à ce rendez-vous. Il fit un tour de reconnaissance des lieux, n’ayant pas trop eu le temps de visiter la veille… Puis il prit une chaise, la posa près d’une fenêtre donnant sur la nuit tombée, face à la porte. Il s’assit, s’accouda sur ses genoux et cessa de bouger, concentré sur sa respiration.

Déconnecter les sensations d’angoisse et de malaise, laisser circuler le flux de pensées sans rien toucher. Ça lui revenait. Il se souvenait doucement de comment il avait mimé la soumission pendant deux ans : ce serait son meilleur et unique atout pour garder le cap. Sa joue le lançait toujours et son maquillage improvisé avait commencé à s’estomper. Tant pis. Il se força à ne pas gratter et passa sa main dans ses cheveux avant de reprendre sa position initiale, position qu’il avait prévu de ne lâcher que lorsque ce serait nécessaire. Et à 21h, comme prévu, la porte s’ouvrit.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Dim 24 Mai 2015 - 16:54

► Cours plus loin ◄
Jeroen, Emily & James


Dimanche 19 Janvier – A l'aube

Le levée du Soleil sonne la fin de ma garde auprès d'Owen et la fatigue se fait sentir chez chacun de nous. Depuis l'échec des miens, Rivers s'assure que les surveillances soient doublées et nous devons nous montrer deux fois plus vigilants que de coutume, rallongeant parfois les gardes. Je m'étire doucement en me passant par la suite une main sur ma nuque tendue. Je m'empresse de saluer mon collègue avec qui,j'apprécie passer du temps, de temps à autre malgré ce qu'il est, ce qu'il représente. C'est dommage, dans d'autres circonstances ou dans une dimension parallèle, nous aurions pu être de très bons amis. Je suis certains qu'il aurait beaucoup plus à Lou'... Je m’éclipse dans ma chambre, aspirant à un sommeil réparateur. Je pénètre dans la pièce, m'assurant de fermer à clés derrière moi et me retourne alors qu'un hululement significatif attire mon attention. Eli est là, perché sur son trône alors qu'une lettre reste accrochée à sa patte. L'air frais passant par la fenêtre entrouverte a considérablement rafraîchit la pièce. Je réprime un frisson, ferme le battant et d'un geste de la baguette allume un feu afin de redonner un peu de chaleur à cette chambre qui me sert à la fois de couche et QG pour mes futurs plans d'actions.

- Tiens ma belle.

Je sors une friandise à ma chouette après avoir détaché l'enveloppe couleur crème, nourriture qu'elle gobe avec une sorte de ronronnement de satisfaction. Mes doigts l'affublent d'une petite caresse sur le sommet de son crâne et je m'assoie sur le bord de mon matelas tout en décachetant la lettre. L'écriture est reconnaissable entre milles : Lou'. Je fronce les sourcils, surprit. Elle n'a pas pu me répondre aussi vite à mon courrier d'hier soir où je lui demandais de ne plus toucher à la petite Lily et de lui effacer la mémoire mais de rester que le qui-vive car il se pourrait bien que je lui demande d'autres documents et enregistrements à me fournir si besoin. J'inspire et me lance dans ma lecture.

« Très cher James,

J’espère que tu vas bien et que ton petit boulot se déroule comme tu le veux. Malheureusement de mon côté, si je prends la plume c’est parce que ta chère femme est bien trop faible pour le faire. Je suis désolée James de t’annoncer ça de but en blanc, mais la pauvre Luna a fait une rechute assez conséquente. Elle est actuellement hospitalisée à Sainte Mangouste et si elle ne reçoit pas un cœur d’ici trois à quatre semaines, il sera malheureusement trop tard pour elle. Je suis vraiment attristée, j’ai eu beau la ménager mais tu la connais bien plus que moi à ce sujet, elle n’a pas voulu s’arrêter un moment. Elle se bat, crois-moi, mais son cœur faiblit… Elle est bien évidemment statuée comme une patiente «urgente » mais la rareté de son sang fait que les chances d'avoir un donneur se fait trop rare. Il va te falloir envisager le meilleur comme le pire. Bien sur je serais là à ses côtés tout le temps de son hospitalisation et dans l’avenir, je l’espère, mais aussi aux tiens pour t’aider à passer cette épreuve, comme toujours.

Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à me contacter, désormais je répondrais pour Luna qui est très affaiblie. Je suis à son chevet, bien sur. Tiens-moi au courant de tes intentions la concernant. Elle t’embrasse soit en certain, et elle pense à toi. Elle voudrait que tu viennes la voir, elle en a besoin tu sais, James.

Donne-nous de tes nouvelles, et adresse-moi ton courrier à l’adresse indiquée derrière la lettre,
Ne t’inquiètes pas, je reste près d’elle.

Je t’embrasse bien fort…
Lou. »


Je me fige en un sourire. 4 semaines ? Voilà qui était plutôt une bonne nouvelle... C'est une battante, je ne serais pas surprit qu'elle tienne deux semaines supplémentaires, attendant inlassablement mon arrivée. Chose qui n'arrivera pas, cela va de soit. Personne n'est au courant ici de mon mariage à part Ismaelle, seulement je n'ai émit aucune précision sur l'état actuelle. NI si ma femme était encore envie, ni si nous étions encore unis par le mariage. Et c'est un avantage que je compte bien me garder précieusement et le jour de l’enterrement, il suffira à Matt' de prendre mon apparence et de jouer mon jeu. Oh je sais que tout cela paraît inhumain et monstrueux, mais Luna a fait son temps. Le destin ne veut pas d'elle sur cette planète plus longtemps, alors pourquoi venir pleurer sur ce coup du sort ? C'est une femme tendre avec une générosité sans limite, mais preuve en est que ça n'est pas suffisant pour survivre en ce monde. Je ne peux nier que cette nouvelle me provoque une légère teinte de tristesse, m'affectant à un degré bien moindre que ça ne devrait l'être, mais j'en suis tout de même touché. Il est dommage qu'elle meurt ainsi, nous aurions pu donner naissance à une magnifique descendance. Je pousse un long soupire... Quant à la question de Lou', je ne suis pas encore certain que de la tuer maintenant, soit nécessaire. Je vais prendre le temps à la réflexion et lui ferais part de mon choix plus tard.
Je ferais parvenir un dernier bouquet de fleur via Lou' qui, je suis certain, saura choisir ce qu'il faut. Tout cela est une raison de plus pour m'occuper de mon plan que je garde sous le coude depuis que je suis arrivé ici. J'espère simplement que Kristoff saura se montrer à la hauteur.

Je plie la lettre et la dépose dans un de mes tiroirs à double-fond. Je me dirige vers la douche, me défais de mes vêtements et me glisse sous l'eau bouillante, poussant un léger soupire d'extase alors que je sens mes muscles se détendre sous la chaleur et le martellement du jet. Il faut que je prenne du repos pour ce soir puisqu'un « grand évènement » nous attends, Jeroen et moi. Je me demande comment se sent le jeune homme à l'heure actuelle. As-tu réussi à dormir au milieu de tous les cris de ta sœur, résonnant en écho dans ton crâne, Van Saade ? As-tu réussi à fermer l'oeil quand, lorsque tes paupières se fermaient, ton imagination florissante te faisait la joie de te donner des flashs tortueux du corps de ta chère Lily, soumise à la douleur, aux pleurs et à la peur ? Mon sourire s'élargit alors que je ferme les yeux, mes deux mains appuyées sur le carrelage  face à  moi. Je commence peu à peu à m'adapter à cette école de bon à rien, à connaître leurs gestes, leurs habitudes. Leurs peur comme leurs joies ne me dont plus si étrangères qu'il y a 4 mois. Les choses s'accélèrent en douceur, ma lettre auprès de mes Supérieurs a été envoyée, les décisions sont prises, les stratagèmes se mettent doucement en place de mon côté et plus les mois passent, plus les coups donnés se trouvent être plus puissants.

Durant cet instant de relaxation, je passe en revu le déroulement de la soirée qui nous attends tous les trois. J'ai longuement réfléchi lors de ma garde et la cible potentielle s'est profilée avec légèreté et évidence au sein de mon esprit. La résistance doit être puni, non ? Nous ne pouvons pas laisser ces vermines respirer en toute tranquillité et si remise à l'ordre il doit y avoir, alors autant que ces insectes servent à la formation d'un de nos Futurs Membres. Ou d'un Futur Mort, selon le comportement de Jeroen.
Je coupe l'eau, me sèche et m'habille d'un simple tee-shirt et d'un caleçon avant de me glisser sous les draps, tombant littéralement de sommeil, l'ombre d'une torture apaisant mes songes.

¤

Dimanche 19 Janvier – 20h50

Mon pas est léger, mon visage neutre. L'heure est arrivée et l'excitation est à son comble au creux de mes côtes. Pourtant, je ne montre rien, pas l'ombre d'une expression pouvant trahir cette joie jouissive qui me donne l'envie de saisir ce gamin que je croise au détour d'un couloir par le cou et d'en faire mon objet de torture, de cris et de larmes. Je réprime ce désir de velours et le conserve au creux de moi, l'armant de patience. Un jour viendra où je pourrais laisser exploser ce désir profond, comme avec cette petite vermine de Twain. J'aime lorsqu'ils me résistent, la saveur de leurs larmes en est accrue. Jeroen l'apprendra, avec le temps.

D'un geste du bras, je tire sur la manche de ma chemise afin de regarder l'heure sur ma montre ensorcelée, offerte par Lou' à mon anniversaire mais aussi, avant que je ne partes pour Poudlard, effectuer ma mission actuelle. Ce « bijou » n'a rien de banale, bien au contraire. Aucun présent ne l'est lorsqu'il vient de Lou'. Le fond de la montre est gris clair, ce qui veut dire que mon amie de longue date est en parfaite santé. Plus la couleur se dégrade vers des tons plus foncés, plus cela est significatif d'un état amoindrie chez Lou'. Le noir complet est signe de mort. La jeune femme a aussi fait en sorte que la montre réponde à mon empreinte digitale. Un geste sur le cadran suffit pour que les aiguilles s'affolent et que les chiffres se mélangent et/ou se transforment afin de me donner sa position. Mais Lou' ne s'arrête pas là dans son intelligence... Puisqu'elle possède la même, sa jumelle, permettant d'obtenir ces mêmes informations sur mon compte.

Je suis à l'heure et si j'en crois les informations données par les petites oreilles qui traînent ici et là dans ce château, ma cible n'est pas loin d'ici puisque son dortoir est à proximité. Et effectivement, j’aperçois non loin de moi une chevelure ébène. Ce soir, je n'ai pas pris mon polynectar habituel : Pourquoi ? Je me suis déjà présenté face à Jeroen sous la facette de Helland, me voir dans la peau de James le gentil gardien ne sera qu'une couverture de plus à ses yeux.
Le couloir est vide, je plonge la main dans ma poche et en sors un morceau de papier froissé.

- Mademoiselle ?

Je continue de marcher vers elle, un léger sourire aux lèvres, toujours vêtue de cet air tranquille et serein. Elle se tourne vers moi, avec une légère surprise sur le visage.

- Excusez moi, vous êtes bien... je défroisse le morceau de papier avant d'en lire le nom, comme pour être certain. Emily Anthon ?

Elle acquiesce, intriguée qu'un des gardiens viennent à sa rencontre. Je froisse le papier au creux de ma main comme je devrais froissé son cœur impur de petite tare, entre mes doigts. Quel doux plaisir serait-ce que de lui arracher le myocarde de mes propres mains afin de le réduire en poussière. J'ai pris soin à ce que le couloir soit vide, les élèves étant à cette heure remontée dans leur salle commune, sauf pour les plus téméraires qui préfèrent se reclure dans des salles obscures pour diverses raisons.

- J'ai un message concernant votre victorieuse Résistance.

Ma baguette se braque sur elle et l'Impero prend instantanément effet. Son regard se vide de contenue, d'expression et son corps se relâche, comme apaisé. Un geste de la baguette et Emily se trouve à marcher à mes côtés et je continue de lui faire la discussion pour ainsi donner l'illusion à un probable passant qui risquerait de nous voir. Quoi de plus normal qu'une élève comme Emily discutant de Self-défense avec un gardien ? Ceux qui connaissent son caractère, savent que c'est un sujet qui est susceptible de l'intéresser. Je continue de parler, la menant toujours avec moi au sein du 4ème étage et il ne nous faut pas plus de quelques mètres pour arriver non loin de la salle où doit se trouver Jeroen. Du moins, en théorie... car si le jeune homme s'avère me désobéir, il ne sait pas à quel point il risque la vie de sa sœur, ni combien je ferais souffrir son cerveau face aux images les plus sordides que je puisse lui sortir.

21 heures précise, j'ouvre la porte et la referme derrière moi. Un geste de la baguette me permet de la verrouiller, un autre d'envelopper la salle d'une bulle d’insonorité. Jeroen est bien là, assit sur une chaise, patientant sagement.

- Bonsoir jeune homme.

Emily est toujours là, planté à quelques mètres devant moi, entendant ce qu'il se passe mais ne pouvant pas une seule fois bouger et maîtriser son corps. Je désigne la jeune femme d'un geste de la baguette, un sourire aux lèvres.

- J'espère que tu as pu prendre du repos car un travail fastidieux t'attends.

J’attrape la jeune femme par le col et la jette sur le sol, son corps chutant mollement avant de se relever plus par automatisme qu'autre chose. Le contre-sort effleure Emily qui se déleste de l'emprise et retrouve contenance, aussi bien que dans la posture de son corps et que dans l'expression de son visage. Autant lui trouver une utilité dans cette vie qui la maintient debout, n'est-ce pas ? Emily se tourne vers moi, sans comprendre. J'écarte les bras, un sourire aux lèvres.

- C'est fou le nombre d'idiots à qui je peux emprunter une apparence ici.

Je jette un regard à Jeroen, lui offrant un sourire entendu, comme si lui et moi étions des amis de longues dates.

I'm gonna make you
I'm gonna break you
I'm gonna make you
A fucking psycho

©Muse- Psycho
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2753
Date d'inscription : 24/06/2010
Crédits : ECK
Double Compte : Caem Kaliayev/ Julian A. Neil/Keith M. McEwen / Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1201-emily-anthon#72804
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Mer 27 Mai 2015 - 12:26

Guitare, guitare et encore guitare. Emily ne se séparait plus de l’instrument que Ricardo lui avait offert. Cela avait donné un nouveau souffle à son aspiration, de nouvelles envies, de nouveaux rythmes. Et puis, c’était aussi son seul moyen d’expier, de souffler, d’exprimer tout ce qu’elle était incapable de communiquer seulement avec les mots. Si tout c’était calmé cette dernière semaine, la jeune femme avait encore besoin d’exprimer un peu son agacement. Elle avait toujours envie de refaire le portrait de Connor et son frère s’amusait régulièrement à lui glisser de petits pics. Alors certes, son entrevue avec Kezabel, aussi violent qu’elle avait pu être lui avait permis de décompresser un peu. Mais il fallait que cela tienne sur la durée et qu’elle ne redevienne pas tout de suite après une boule de nerfs incapable de tenir en place. Alors la jeune femme jouait de la guitare, encore et encore, en espérant que ça l’aide à avancer. Et puis, c’était toujours un plaisir de jouer sur cette guitare. Parce qu’elle venait de Ricardo et qu’elle était le symbole du lien qu’il y avait entre eux. Cette relation était toujours aussi inattendue pour Ems. Certes, elle avait eut des vues sur lui mais jamais n’aurait envisagé qu’ils se mettent ensemble. Parce qu’elle avait eu du mal à envisager une vie de couple. Parce qu’elle était encore perdue dès qu’il s’agissait d’évoquer les sentiments. Et pourtant, elle avait franchi le pas, elle se laissait maintenant porter et c’était plus qu’agréable. Ne plus se poser de questions, vivre tout simplement. Voilà ce à quoi elle aspirait. Et elle en avait besoin. La cracmolle se rendait compte qu’à force de subir, elle ne s’était pas aussi bien construite qu’elle le pensait. Certes elle restait une femme forte et apte à franchir bien des obstacles. Mais elle était aussi une demoiselle blessait, en manque de reconnaissance, qui en venait parfois à se demander si elle allait devoir se battre toute sa vie. Alors elle avait besoin de relations simples pour contrer tout ça. Elle avait besoin de Cameron pour lui rappeler qu’elle avait une vraie famille, de Ricardo pour lui prouver qu’elle pouvait profiter.

Ems avait donc passé presque tout son dimanche à jouer de la guitare et à écrire des chansons. Elle avait aussi pris le temps de voir Ricardo et de profiter de lui. Après le dîner, elle avait décidé d’aller se fumer une petite cigarette et avait passé un peu de temps à regarder les étoiles. C’était le seul avantage de cette saison bien froide. Le soleil se couchait suffisamment tôt pour qu’elle puisse voir les astres avec le couvre-feu. Après ça, elle avait erré dans les couloirs. Elle avait bien envie de passer le reste de la soirée avec Ricardo, tout simplement mais ne l’avait pas vu. Il était probablement dans sa salle commune. Alors qu’elle se posait la question, elle aperçu une chevelure rousse au loin qui lui était familière. Julian, la meilleure amie de Ricardo. Les deux jeunes femmes n’étaient pas nécessairement devenues très copines mais elles avaient fini par s’apprivoiser et accepter la présence de l’autre. Pour Ricky. Et puis, bien qu’à une époque elles aient été dans des camps opposés, il fallait bien avouer qu’elles avaient certains points communs, comme ce caractère de merde. Alors bon, elles pouvaient bien faire un effort… La cracmolle c’était donc dirigé rapidement vers la jeune femme avant qu’elle ne disparaisse de sa vue.

“-Hé Julian, attends!

-Tiens, Emily, qu’est-ce que tu fais là?

-Je cherche Ricardo en fait, tu l’as pas vu?

-Non mais il est sans doute dans la salle commune. Au pire si tu le trouves pas, t’en fais pas, ce soir les hommes disparaissent, Jer’ aussi à décidé de passer la soirée seul.”

Seul ou en tout cas pas avec elle, c’était ce que ça voulait dire. Les deux jeunes femmes s’adressèrent un sourire complice puis se séparèrent. Emily décida donc de se diriger vers la salle commune des Serpentards, sans doute sa meilleure chance de trouver son petit ami. Les couloirs commençaient à être bien vides et elle avait intérêt à rentrer vite parce que sinon on allait encore lui faire des remontrances. Elle savait qu’elle ne risquait pas grand chose mais ce n’était pas non plus la peine de se mettre tout le personnel de l’école à dos parce qu’elle avait la fâcheuse tendance à ne respecter aucune règle. La cracmolle pressait donc un peu le pas lorsqu’une voix l’arrêta. Elle se retourna et aperçu un gardien. Holt si ses souvenirs étaient bons. Lorsqu’il lui demanda si elle était bien Emily Anthon, elle hocha la tête tout en arquant un sourcil. Qu’est-ce qu’il lui voulait? C’était bizarre. Au début, la jeune femme se serait attendue à ce qu’il l’arrête pour lui dire de se dépêcher de vider le couloir mais apparemment son intention était tout autre. Et elle eut à peine le temps de la comprendre. Lorsqu’il évoqua la résistance, un courant froid parcouru l’échine de l’écossaise et elle voulu faire un pas de recul mais immédiatement, une force étrange s’empara d’elle. Son corps, que se passait-il? Elle chercha à se débattre, à frapper même à crier mais rien. Impossible. Elle ne pouvait que sentir ses jambes avancer et son cœur prêt à exploser dans sa poitrine. Elle marchait. Sur le chemin, ils croisèrent des élèves. Emily chercha désespérément à attirer leur attention alors que l’autre parlait sans même qu’elle réussisse à comprendre ce qu’il disait. Mais rien n’y faisait. Son visage restait impassible, elle suivait docilement ce type qui ne l’entraînait elle ne savait où. Mais elle sentait ce creux au fond de son ventre, son instinct de survie qui se réveillait après quelques mois de repos. Cet instinct qui lui soufflait de s’enfuir dès que possible, qui lui disait que cela n’annonçait rien de bon….

Emily avait l’impression que ce temps de marche était insupportable. Elle ne pouvait même pas demander d’explications, jeter des regards vers James pour essayer de comprendre ce qu’il se passait. Son corps n’obéissait plus et elle avait presque l’impression que son esprit se laissait peu à peu envahir par cet état de sommeil. C’était effrayant. Alors elle luttait. Pour avoir au moins conscience de ce qu’il se passait. C’est alors qu’une porte s’ouvrit et qu’ils entrèrent dans une pièce. Le gardien salua quelqu’un et c’est alors qu’Emily vit distinctement le jeune homme assit sur la chaise. Jeroen. Son cœur loupa un battement. Elle avait eu affaire à lui dans le passé mais il ne l’avait pas torturée réellement. la jeune femme était restée surprise de leur entrevue. Et puis maintenant, il était le copain de la meilleure amie de Ricardo et aussi camarade de ce dernier. Alors ils se croisaient parfois. Qu’est-ce qu’il faisait là? Un travail fastidieux? Les informations fusaient dans la tête d’Emily sans qu’elle ne parvienne à tout analyser. C’est alors qu’elle se sentit projetée sur le sol. Si elle ne contrôlait pas son corps par contre les sensations étaient bien là. Son corps avait décidé de se relever puis soudainement, elle en reprit le contrôle. La surprise fut telle que sur le coup, la jeune femme faillit s’écrouler sur le sol. Elle porta alors son regard sur le gardien qui semblait se vanter de pouvoir prendre l’apparence de n’importe qui. Pratique. Si elle avait compris que ça allait sans doute mal tourner pour elle, elle aurait aimé au moins savoir qui lui voulait du mal… Ems se tourna alors vers Jeroen et le fixa, perdue. Pourquoi? Il n’était pas censée être contre la révolte… Il était censé être l’ami de Ricardo et… Respire Emily, respire.

“Jeroen, qu’est-ce qu’il se passe?”

Elle voulait comprendre. La jeune femme se doutait bien que son temps de parole serait limité alors elle avait fait de son mieux pour rester calme. Sa voix tremblait légèrement, l’angoisse montant en elle. Mais elle voulait comprendre et elle savait que pour avoir une chance d’avoir des explications, elle ne devait surtout pas se transformer en folle hystérique. Rester calme, garde le contrôle de sa respiration et essayer d’analyser la scène. C’était l’objectif d’Emily pour le moment. C’était aussi à ses yeux la seule chose qui pouvait sans doute l’empêcher de devenir dingue. Ça ne s’arrêterait donc jamais ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Sam 20 Juin 2015 - 18:30

« Tare, lève-moi. Rare reste, « qui » es-tu là ? »

21h. On n’aurait pas pu faire plus ponctuel. Jeroen avait bien fait d’être arrivé en avance : avec cet homme, pas de quart d’heure de politesse. C’était donc un homme droit, sûr de lui, très calme et calculateur. Malgré le plaisir visible qu'il avait pris à le soumettre, il n'était pas du genre à laisser les rênes à ses émotions. Il n’en était pas à son coup d’essai. Tous ces petits détails en disaient long sur le personnage et surtout, sur la gravité de la situation. Le serpentard avait beau être très intelligent et manipulateur, en témoignent les deux années précédentes, il savait qu’il avait devant lui un maître en la matière. S’il avait douté qu'accepter son accord était une bonne idée, maintenant, c’était très clair dans son esprit : il n’y avait pas d’échappatoire à ce merdier. Du moins, pas pour le moment. Il faudrait faire avec.

Il ne savait pas trop à quoi s'attendre pour ce rendez-vous tardif, aussi avait-il décidé de se préparer à toute éventualité. Pourtant, voir arriver ces deux personnes-là réussit à le surprendre. En premier entra Emily. Ce ne serait donc pas un face à face mais plutôt un de ces tests consistant à déléguer les actes de torture, tests dont les Supérieurs les plus sadiques raffolaient. La miss n’était pas là par hasard, aucune chance. Elle semblait très calme. Il la connaissait peu mais elle était loin d'être une inconnue pour lui. Elle était l’amie de Ricardo, et Jeroen l'avait déjà titillée lorsqu'il jouait les pro-Supérieur, l’année précédente, lui évitant par la même occasion une véritable séance de torture avec d'autres Supérieurs en vadrouille.

Emily, c’était une moldue mais surtout une emmerdeuse, une casse-cou prête à tout pour ne pas fléchir, un modèle de cette résistante un peu trop survoltée pour s’en sortir sans casse. Leur relation s’était apaisée, notamment grâce à Ricardo. Même Julian avait accepté de laisser son meilleur ami sortir avec. À partir de ces données, le serpentard voyait parfaitement que quelque chose clochait dans son comportement. Elle était consciente, debout, mais… sous Impérium. Oui, c’était évident, elle était sous Impérium, sinon elle ne serait pas si calme, si absente. Il frémit rien que de penser à ce qu’on devait ressentir sous l’effet de ce sortilège – bien sûr, il avait oublié qu’il en avait lui-même été la victime…

À sa suite entra James Holt, un gardien qu’il avait déjà croisé et qu’il détestait cordialement sans raison logique, juste comme ça. Il avait le calme et la sympathie de Helland, mais il l’étalait trop, absolument désireux de baver son bon sentiment tout autour de lui – ce qu'il avait déjà fait avec Jeroen, en l'occurrence. La première fois qu’ils s’étaient parlé, Jeroen s’était réveillé par terre dans un couloir, sans aucun souvenir de ce qui s'était passé. Quelque chose clochait à propos de cet épisode, mais pas moyen de démêler le vrai du faux. Le vrai visage du maître chanteur pouvait-il être celui-là ? Il n’avait aucun moyen de le savoir. Néanmoins, l'élève ne se gênerait pas pour observer discrètement les agissements de l'infirmier, du gardien et de leurs entourages respectifs. Sans se faire remarquer, bien évidemment.

L’homme jeta quelques sorts pour verrouiller la porte et les isoler comme il se doit. Cette manie de tout fermer rendait Jeroen nerveux, mais celui-ci s'appliqua à ne soigneusement rien montrer de l'horreur qu'il ressentait en voyant les issues être bloquées ainsi.

- Bonsoir jeune homme.

Le serpentard ne répondit pas, ne bougea pas d’un pouce. Il analysait la situation sans rien laisser transparaître. Il n’avait plus le droit à l’erreur. Il n’allait pas faire semblant d'être proche de l'homme, ce que celui-ci tentait de faire croire ; mais se jeter à la rescousse de la demoiselle aurait démontré un quelconque attachement et aurait empiré leur situation à tous les deux. Même si ce n’était pas un secret qu’ils se connaissaient, il ne devait pas montrer qu’il voulait la protéger, s’il voulait obtenir la confiance de l’homme. Il jeta un coup d’œil rapide à Emily lorsqu’il la désigna avec sa baguette, tout sourire.

- J'espère que tu as pu prendre du repos car un travail fastidieux t'attends.
- Fastidieux, cela dépend des points de vue.

Il se redressa en posant ses mains sur ses cuisses, l'air tranquille. Lorsque James prit la jeune femme par le col pour la faire tomber, il retint un réflexe et ne détourna pas les yeux. Elle s’écrasa mollement au sol, comme une poupée sans vie, puis se releva. Son corps n’était qu’une enveloppe ingérable, un automate. Elle pouvait tout percevoir mais n’avait aucun contrôle sur ce qui se passait. L’horreur pure… Jeroen se sentait profondément mal à l'aise face à ça. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait des gens sous l'emprise de ce sort, mais cette fois-ci, c'était... différent. Soudain, elle sembla se réveiller de sa léthargie et vacilla sur ses appuis. Emily était de retour et avait retrouvé un semblant de « liberté ».

- C'est fou le nombre d'idiots à qui je peux emprunter une apparence ici.
- Le choix doit être difficile, effectivement… D’ailleurs, je me demandais comment je suis censé vous appeler ? Entre coéquipiers, c'est important d'apprendre à se connaître, ajouta-t-il avec un sourire cynique.

Le problème avec les gens intelligents est qu'il est difficile de démêler le vrai du faux. Est-ce qu’il bluffait en énonçant qu'il était présentement sous l'apparence d'un autre, ou était-ce un énoncé ayant pour but de lui faire croire ça ? Impossible de savoir. Son expression était illisible. Sa véritable identité resterait un mystère tant qu’il ne ferait pas d’erreurs, et il était totalement maître de la situation. Jeroen trouvait quand même intéressant d'avoir un pseudonyme à mettre sur cet homme au visage changeant. Simple question pratique, et puis ça le ferait parler un peu de lui-même : un pseudonyme en dit souvent plus long sur un personnage que ce que l'on veut bien faire savoir.

- Jeroen, qu’est-ce qu’il se passe ? couina soudain Emily, dont la panique latente commençait à se sentir à plein nez.
- Je ne suis pas certain d’avoir le droit de t’expliquer. Pour tout dire, je ne m’attendais pas trop à une telle… surprise. C’est un cadeau de re-bienvenue ?

Bon retour chez les Supérieurs petit Jeroen ! Pour te féliciter : une moldue à démolir. Objet facile pour jouer un peu avant de la jeter sans état d’âme, ne manquerait plus que le petit nœud sur la tête de la jeune femme et un peu de papier cadeau. Pendant qu’il disait cela, Jeroen n’avait pas détaché son regard de James, cherchant une réponse. Qu’avait-il le droit de dire ou non dans cette situation précise ? Certes, il devait fermer sa gueule concernant leur pacte, mais si un tiers était invité à un de leurs rencards, ça changeait absolument tout. Même si rien ne sortirait de cette pièce, que n’avait-il pas le droit de dire ?

Tout en maintenant sa posture droite et tranquille, il passa sa main dans ses cheveux fraîchement coupé puis gratta légèrement les poils ras de son menton, dans un geste qui se voulait nerveux mais qui était tout à fait maîtrisé. Il attirait l’attention sur son visage, tout simplement. Si Emily avait un peu de jugeote et qu’elle prenait la peine de le regarder, elle verrait qu’ils étaient dans la même galère. James Holt, ou qui que ce fut, faisait mine de bien connaître Jeroen, mais celui-ci ne se gênait pas pour montrer que leur relation était loin d’être égalitaire. Un bleu sur la joue, une obéissance qui ne ressemblait pas à un serpentard de sa trempe… C’était le moins qu’il puisse faire pour la rassurer sur ses intentions réelles.

Qu’importait ce qui allait se passer, qu’importait la violence que ce timbré risquait de lui demander, il ne voulait pas le faire.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Mer 1 Juil 2015 - 17:47

Cette situation pourrait me taper sur les nerfs, m’agacer, me lasser. Parce que me retrouver avec deux gamins impotents sur les bras n’est pas une mince affaire, ni une partie de plaisir. Mais parmi eux se trouve Jeroen et il pourrait faire la différence. Du moins, pas avant que chaque neurone contrôlant sa résistance, soit encore actif. Parce que mon objectif ici reste simple de sens : Écraser la moindre parcelle de lutte, d'espoir et de désir de se maintenir debout afin de me tenir tête. Je ne suis pas un débutant, je ne suis pas un gamin sortie tout droit de ma formation et venant jouer les caïds dans cette école souillée par le sang-impurs de ceux qui l'habitent. Non. Je suis un homme ayant été conditionné pour ça, depuis qu'il est en âge de comprendre le sens d'une suite de mot. Je suis un homme ayant connu diverses stades émotionnelles et physiques. J'ai lutté, je me suis battu, à sang et sous la douleur. J'ai fais face à mes échecs premiers, ces jours sombres où trop naïf et trop peu vigilant, deux gorilles moldus m'ont défaits de ma baguette et mon séquestrés trois jours entiers. Sans que je ne prononce un mot, me mordant l'intérieur de la joue pour palier la douleur. N'ayant que pour seul repas leurs phalanges en plein visage et leur 45 entre mes côtes Et après avoir essuyé le goût amer de l'échec et de la honte qui m'ont toute fois plus enseigné que tué, je me suis gorgé de cette rage au fond des tripes. Celle qui anime tout homme, quoi qu'on en dise. Le contrôle. La jouissance d'un pouvoir sur l'autre. Et les traques furent mes meilleurs moments, mes meilleures missions. En bref, je me suis forgé avec le temps et les expériences qui font de moi ce que je suis aujourd'hui. Un homme expérimenté, agile et habile et surtout loin d'être stupide. Alors, lorsque je crois le regard de Jeroen, celui d'une neutralité qui peut s'avérer déconcertante pour un garçon de son âge mais aussi, celui d'une arrogance qu'il ne contrôle pas toujours, il me prend l'envie de le gifler pour lui faire entendre une vérité que personne ici semble vouloir intégrer. Lui faire entendre que quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, le jeune Serpentard a perdu le contrôle à la seconde même où ses genoux ont rencontrés le sol. Car même si je n'ai pas le pouvoir d'une main invisible sur son cerveau pouvant gérer ses émotions et ses idées comme je le souhaite, quant bien même il pourrait aller voir dès demain le Directeur et tout lui avouer, il y a une chose qui le maintient encore face à moi : Sa famille.

Lilly. La petite sœur chérie de Van Saade, à peine âgée de 11 ans, hurlant à la mort de voir son frère, Jeroen. Son exemple, sa sécurité masculine après celle de son père. Car lorsque papa est roué de coups, dents contre le sol, crachant son sang... quoi de mieux qu'un grand frère pour nous rassurer ? Mais que se passe-t-il lorsque ce ledit grand frère nous trahit ? Que se passe-t-il lorsque l'enfant vivant en Lilly, comprend que Jeroen, celui qu'elle mit rapidement sur un piédestal, celui qu'elle voit comme une sorte... d'idole, ait le seul et unique responsable de sa douleur à elle ? Parce que le cerveau, lui, cède de jour en jour à la douleur, à la manipulation. Peu importe l'espoir qui nous anime, peu importe la force qui nous habite, lorsqu'une série d'images se répète sous vos yeux, lorsqu'un discours digne d'un démagogue vous retourne un à un chaque neurone, le cerveau subit une sorte de rebootage. Il suffit de consulter l'histoire pour en trouver un bon nombre d'exemple. Et il suffit d'autant plus de se jouer de la détresse de l'Humain, pour réussir à atteindre sa cible.
Alors oui, tout cerveau est manipulable. Tout cerveau est modifiable. Tout n'est qu'une question d'éducation, de vision du monde, des choses, du bien et du mal.Et les médias se chargent suffisamment pour nous de faire notre « éducation »à ce sujet.

Mais revenons à notre entrevu, celle qui sonne le début d'une nouvelle ère pour notre cher Jeroen et la fin d'une vie sans douleur pour Emily. Une divergence si exquise. Et la résistance n'en sera que plus savoureuse. Comme le dit si bien Van Saade, entre coéquipiers il est important d'apprendre à se connaître. Seulement, le moment n'est pas encore venu pour cela et ça n'est qu'un détail en comparaison de ce qu'il les attends tous les deux. C'est une chose qu'il doit mérité et pour le moment, ce jeune homme est bien loin du compte...

- Jeroen, qu’est-ce qu’il se passe ?

C'est un couinement qui sort d'entre ses lèvres, peut-être parce que la peur commence déjà à s'immiscer parmi son incompréhension. Jeroen qui se trouve si serein ici, face à moi, qui ne jette aucun regard à Emily, peut-être par peur de se trahir ou tout simplement parce qu'il n'y accorde aucune importance. Enfin... Difficile de l'ignorer lorsque cette petite merde se trouve être la petite amie, du meilleur ami de sa propre petite amie, à lui. Quel joyeux bordel.

- Je ne suis pas certain d’avoir le droit de t’expliquer. Pour tout dire, je ne m’attendais pas trop à une telle… surprise. C’est un cadeau de re-bienvenue ?

Un cadeau ? Foutaise. Nous n'en sommes pas au stade du présent à lui offrir pour avoir obtempérer – ceci est un bien grand mot … -, bien loin de là. Je n'affiche pourtant aucune expression alors qu'il ne me lâche pas du regard, passant une main dans ses cheveux courts, détail plutôt frappant. Je n'accorde pas d'attention particulière à cela et me retourne vers Emily, toujours debout, se demandant sûrement ce qu'il va lui tomber sur le coin du visage. Je lève doucement ma baguette.

- Expelliarmus.

La baguette de Jeroen atterit gentiment dans le creux de ma paume alors que je reste de marbre, la glissant dans ma poche. Peu m'importe si la jeune femme pense que lui et moi sommes ennemis ou amis, puisqu'à la fin de cette entrevue, elle ne se souviendra de rien. Et puis, ça n'est pas l'essentiel de cet entretient. Non, le plus intéressant étant le « Pourquoi » le jeune homme se trouve ici.

- Première leçon : L'arrogance et la surestime de soi sont les pires défauts pour quelqu'un comme toi.

Père me l'a suffisamment répété lorsque j'avais plus ou moins 17-18 ans. C'était une soirée où après avoir passé l'après-midi à exercer l'art-martial, j'avais lâché d'un ton suffisant et narquois qu'il était inutile d'apprendre tout cela tant les moldus étaient si faibles, si bons à rien. Cette réflexion m'a valu un jolie crochet du droit de la part de Père et une nuit et un jour entier dans une pièce exiguë, sans eau, sans nourriture. Parce qu'il ne faut jamais ce surestimer, parce qu'il ne faut jamais sous-estimer sa cible.
Lorsque je regarde Jeroen, je me revois quelques années auparavant. Il me ressemble et il ne sait pas à quel point. Oh, je le comprends. Je comprends cette fierté, cette arrogance et tout ce qui peut l'animer. Mais il comprendra avec le temps que malgré ce qu'on en pense, tout cela peut le mener à sa perte plus vite qu'il ne le croit.

- Aujourd'hui, pas de baguette. Ou du moins... pas pour l'instant. Je sais que tu manie suffisamment bien la magie alors nous verrons cela un peu plus tard.

Je me dirige vers une table à ma droite, non loin du mur et m'y adosse tranquillement, esquissant mon premier sourire depuis que je suis face à eux. Les deux mains de chaque coté de mon corps, je les regardes tour à tour, attends avant de hausser les sourcils, m'adressant à Jeroen.

- Qu'est-ce que tu attends ? Toi qui dois avoir tant de rage en toi, c'est l'occasion de te défouler un peu.

Mes yeux glissent vers Emily désormais.

- Et peut-être que tu pourrais nous montrer que tu sais faire quelque chose de tes poings ? Garde en tête que c'est lui, ou toi.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2753
Date d'inscription : 24/06/2010
Crédits : ECK
Double Compte : Caem Kaliayev/ Julian A. Neil/Keith M. McEwen / Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1201-emily-anthon#72804
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Jeu 2 Juil 2015 - 15:17

Respirer. Un, deux, trois. Garder le même rythme, éviter que tout s’affole, éviter que le coeur s’emballe et qu’il vous force à perdre le contrôle. Respirer calmement pour avoir les idées claires, pour analyser chaque élément de la situation, pour être en mesure d’avoir la réaction la plus appropriée à tout moment. Respirer et surtout ne pas se laisser embarquer par la panique, ne pas céder à cet instinct qui vrille les tripes et qui essaye de vous faire comprendre qu’il faut à tout prix fuir. Respirer et rester maître de soi pour ne surtout pas laisser l’ascendant à l’adversaire, pour ne pas lui donner l’impression qu’il dirige tout et qu’il peut faire n’importe quoi de vous. Respirer comme si c’était la dernière fois et qu’il fallait qu’elle soit parfaite…

Emily ne cessait de répéter ce verbe dans sa tête. Sa respiration c’était sa bouée, ce qui lui permettait de garder contact avec la réalité et de ne pas se laisser embarquer par la peur et la paranoïa. La situation était délicate. Elle savait bien que tout pouvait déraper très vite et qu’elle n’était pas là pour une promenade de santé. Alors elle devait rester aussi calme que possible. Malheureusement si en apparence elle arrivait un minimum à garder la face, dès qu’elle parlait, toute la peur intérieure qu’elle essayait de refouler ne cessait de remonter. Mais tant pis. Il fallait au moins qu’elle ait les idées claires, le type qui l’avait embarquée avait de toute façon décidée d’en faire sa victime alors ne pas se montrer trop impressionnée oui mais dans tous les cas, il devait se douter qu’elle n’était pas pleine d’assurance. Alors elle devait au moins essayer de comprendre, ne pouvant se douter une seule seconde que de toute façon, elle ne se souviendrait de rien… La jeune femme avait donc bien enregistré le fait que l’apparence du gardien ne correspondait très certainement pas à la personne. En même temps c’était logique. Un Supérieur ne pouvait pas agir allégrement à visage découvert. Si elle voulait en savoir plus sur lui, elle allait devoir faire preuve de plus d’ingéniosité. Mais le cas qui l’intéressait le plus pour l’instant c’était Jeroen. Elle le connaissait un peu maintenant et jamais n’aurait pu imaginé qu’il change de camp comme ça. Et d’ailleurs, sa façon de parler en elle-même était bizarre. Comment ça il ne savait pas lui-même ? C’était quoi cette histoire de cadeau ? Ems n’avait pas pu s’empêcher de regarder alternativement les deux hommes, cherchant des réponses dans leurs regards et leurs attitudes puisqu’elle commençait à se faire à l’idée que les mots n’apporteraient sans doute pas ce qu’elle attendait. Ce fut à cet instant seulement qu’elle remarqua que Jeroen avait les cheveux bien plus courts qu’avant et que son visage par la même occasion semblait avoir changé. Elle aperçu un bleu aussi sur ses traits mais malgré tous ses efforts, la dose d’adrénaline et de stress en elle était trop forte pour qu’elle arrive à analyser tout ça. Pour le moment elle n’arrivait qu’à constater et pas à réfléchir. D’autant que l’autre homme ne lui laissait pas vraiment le temps de réunir ses idées.

Apparemment la petite réflexion du Serpentard sur le fait qu’Emily puisse être un cadeau n’avait pas plus à l’autre type qui venait tout simplement de récupérer sa baguette et qui était maintenant entrain de lui reprocher son arrogance. Ems fronça alors les sourcils. C’était étrange la relation qu’ils entretenaient. C’était comme si la cracmolle n’était pas vraiment le sujet principal, comme si elle n’était qu’un outil de plus… La jeune femme était en train de se demander sérieusement si elle n’était pas une sorte de rite de passage. D’un côté c’était rassurant puisque cela signifiait que les Supérieurs ne cherchaient pas pour l’instant à se prendre directement à elle-même pour ce qu’elle était. Mais la situation restait la même en soit : ces salauds semblaient avoir réussi à infiltrer le Château et elle n’était pas sûre de sortir entière de cette pièce… Et d’ailleurs, les festivités qui se faisaient attendre jusque là furent finalement lancer. Le gardien, du moins son enveloppe corporelle, annonça que la magie serait mise de côté et que les deux individus allaient devoir se battre à mains nues. C’était absolument absurde, non ? En plus, cet homme semblait prendre un malin plaisir à orchestrer tout ça, surtout qu’il allait jusqu’à faire des petits commentaires… La jeune femme le regarda d’ailleurs complètement interloquée lorsqu’il se mit à lui faire une petite remarque à elle directement. Tiens maintenant il considérait qu’elle existait ?

“Ah vous me parlez maintenant ? Pardon j’étais encore restée fixée sur mon rôle de poupée désarticulée.”

Emily, ta gueule. Sérieusement, pourquoi fallait-il toujours qu’elle la ramène ? Même alors que le peur était en train de lui vriller les tripes, elle en était venue à faire une petite réflexion sarcastique. C’était peut être aussi un moyen de gagner du temps. Elle ne se voyait pas se jeter sur Jeroen. Lui ou elle ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Elle n’allait pas le tuer, non certainement pas. Alors quoi ? Il comptait les laisser enfermer là et les faire se battre jusqu’à la mort, attendre qu’ils craquent ? Réfléchis, Ems, c’est pas possible, quelqu’un dans le Château finirait par remarquer leur disparition. Il n’avait donc pas autant de temps que ça. Alors s’ils refusaient tous les deux le combat ? Seulement cette hypothèse ne reposait que sur l’idée que Jer’ accepte lui aussi de ne pas l’attaquer. Elle avait besoin de savoir dans quel camp il était. Alors, foutu pour foutu…

Alors, serrant soudainement les poings et faisant craquer ses doigts, Emily se rua sur Jeroen. Le combat à mains nues faisait partie de ses talents. Elle s’était beaucoup entraînée cette année et savait qu’elle pouvait faire mouche facilement si elle savait tirer profit de ses avantages. Aussi, jouant sur la vitesse, elle envoyant un coup de pied latéral au jeune homme avant de se rapprocher extrêmement près pour lui envoyer un coup de poing dans l’estomac.

“ Frappe ma joue droite. Et je saurai.”

Allait-il comprendre ? Ce n’était qu’un murmure glissé au moment où elle frappait mais c’était aussi sa seule chance de comprendre. Emily avait envie de savoir, de savoir si Jeroen était vraiment dans l’autre camp ou pas. C’était essentiel pour elle, pour savoir si elle devait lutter pour sa peau seule ou pas. Après ça restait dangereux, Jer’ pouvait aussi faire semblant d’être dans son camp. mais elle se disait qu’il aurait plutôt intérêt à vendre sa tentative de corruption à l’autre homme plutôt qu’à faire semblant de son côté… C’était risqué mais au point où elle en était, elle ne savait plus comment faire.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Mar 14 Juil 2015 - 18:42

Boum.

Le son d'une révolte qui gronde, condamnée à rester enfermée dans son esprit. Il aurait tant aimé pouvoir se lever, armer son poing et démolir cet homme à mains nues. Briser son crâne, sa belle gueule, le blesser comme il avait blessé Lily, et enfin le tuer, pour ce qu'il comptait faire de lui : un homme sans avenir, un chien obéissant, violent, sale. Jeroen était prêt à la lutte, prêt à se battre de toutes ses forces pour maintenir son esprit en-dehors de son emprise, mais dès qu'il croisait son regard, une petite part de lui se recroquevillait. Elle s'installait à peine, la peur, mais elle lui semblait déjà si... pure, s’immisçant instantanément dans tous les interstices disponibles de son esprit. Car Jeroen savait ; il savait que cet homme avait le contrôle, il savait que tenter d'imaginer tout ce dont il était capable serait vain. C'était pire que tous les autres Supérieurs réunis, puisqu'il avait décidé que Jeroen lui appartiendrait. Et ce n'était que le début : un genou à terre ne pouvait pas suffire à quelqu'un comme ça. Il fallait maintenant qu'il invite Emily à se joindre à la partie...

Boum.

Son cœur battait à tout rompre à présent. Il tâchait de ne rien montrer, comme à son habitude, mais au fond de lui les émotions s'entrechoquaient avec violence. Que se passait-il derrière ce visage impassible qui observait sans réagir, comme un spectateur désintéressé ? Comme un reflet de sa propre inexpression, celui qui avait l'apparence physique de James Holt ne trahissait rien. Il observait. Ainsi, il observa Emily qui se tournait vers Jeroen, Emily qui ne devait absolument rien comprendre de ce qui leur arrivait... Il observa Jeroen lui répondre sur un ton désinvolte, volontairement provocateur. Le serpentard ne savait pas trop quoi faire d'autre : lui lécher les bottes aussi vite aurait semblé plus suspect que se rebeller, car oui, sa soumission aurait été feinte. Toutefois, il continuait d'analyser la situation sans en avoir l'air. Il se doutait bien qu'Emily était là en tant qu'objet plus qu'en tant que personne. Un objet à casser. Silence déplaisant. L'homme se tourna vers la jeune femme, leva sa baguette et...

- Expelliarmus.

Jeroen sursauta en sentant sa baguette quitter sa main pour rejoindre docilement celle de l'homme. Il aurait dû s'y attendre, et pourtant... Pourtant il avait espéré ne pas perdre sa seule arme, malgré son impuissance face au haut niveau de magie du Maître chanteur. Ça devait vraiment lui plaire d'avoir un tel ascendant sur le serpentard. De réduire ce petit sorcier insolent à une chose qu'il contrôlait à sa guise, qu'il pouvait... dresser... La baguette de Jeroen devait encore vibrer dans la main de James, tant son possesseur avait de rage au fond de lui. Il la glissa dans sa poche et le serpentard sentit ses défenses s'amenuiser, comme s'il ne s'agissait que d'un petit glaçon posé en plein cagnard.

- Première leçon : L'arrogance et la surestime de soi sont les pires défauts pour quelqu'un comme toi.

Des défauts ? Pas vraiment, disons plutôt de la pure stratégie. Cette arrogance avait un objectif précis et il en connaissait les conséquences possibles. Il voulait donner l'illusion qu'il était assez con pour le provoquer, mais aussi tester les limites et la faculté de son maître chanteur à supporter les affronts et sa façon de sévir. Loin de se surestimer lui-même, Jeroen avait tout de même besoin de savoir jusqu'où il pourrait aller avant que les conséquences ne deviennent trop graves, et rien de mieux que de passer pour un imbécile dans ces moments-là. En tout cas, si l'homme s'agaçait pour un mot plus haut que l'autre, ça commençait très mal. Il sentit la colère grimper encore d'un cran. Même s'il s'attendait à une remarque cinglante, il en prenait pour son grade. Pour « quelqu'un comme lui », la fierté avait une place capitale et personne n'arriverait à lui enlever cela. Du moins était-ce ce qu'il espérait, car c'était ce qui le définissait au plus profond de lui-même... Son regard s'assombrit tandis qu'il soutenait son regard. Faire la gueule allait empirer la situation, il le savait, mais mieux valait ça plutôt qu'il n'ouvre la bouche pour l'insulter... Chaque parole se retournait contre lui, de toute façon. Même sur ce plan-là, il n'avait aucun pouvoir.

- Aujourd'hui, pas de baguette. Ou du moins... pas pour l'instant. Je sais que tu manies suffisamment bien la magie alors nous verrons cela un peu plus tard.

Evidemment, Jeroen n'avait pas son mot à dire... L'homme alla accoler à une table, dans une position décontractée. Soudain, son visage s'éclaira d'un sourire. Un sourire, chez ce genre d'homme, n'était vraiment pas bon signe. Il haussa un sourcil en regardant les deux jeunes gens immobiles et sembla s'impatienter.

- Qu'est-ce que tu attends ? Toi qui dois avoir tant de rage en toi, c'est l'occasion de te défouler un peu.
- Mais bien sûr, lâcha-t-il malgré lui sur un ton franchement cynique.

De la rage, oui, il n'en avait jamais eu autant, mais il n'était pas ce genre d'homme à pouvoir se défouler sur autre chose que la source de ses émotions négatives... Le seul visage qu'il avait envie de démolir, c'était celui de cette homme et par Merlin, s'il avait pu, ça lui aurait fait un bien fou. C'est en s'imaginant défouler toute sa violence sur l'homme qu'il se leva de sa chaise, obéissant mais les dents si serrées qu'il s'en faisait mal à la mâchoire. Il jeta un regard sombre à Emily, qui recevait à présent ses « instructions ».

- Et peut-être que tu pourrais nous montrer que tu sais faire quelque chose de tes poings ? Garde en tête que c'est lui, ou toi.
- Ah vous me parlez maintenant ? Pardon j’étais encore restée fixée sur mon rôle de poupée désarticulée.

Emily avait retrouvé sa verve. Ce serait d'autant plus difficile si elle agissait comme ça, si elle se débattait ou refusait de combattre... Jeroen ne voulait pas avoir affaire à cette rebelle qu'il trouvait presque distrayante. Il aurait préféré qu'elle perde son statut d'humain, à cet instant précis. Qu'elle ne soit qu'un objet, un mannequin qu'on frappe sans vergogne parce qu'il ne ressent rien, parce qu'il est là pour ça. Mais il n'y arrivait pas. Emily était l'amie de son ami et il l'appréciait malgré son caractère de merde. Il restait immobile, figé et silencieux. Ses poings serrés ne l'étaient que parce qu'il était dans un état de nervosité avancé. L'air commençait à lui manquer. Céder, la frapper, le voulait-il, en était-il capable ? Comment déclencher l'attaque alors que tout, son corps et son esprit, s'y refusait si fermement ? Pendant deux ans, il avait blessé, avec violence, dans cette sorte d'état second où l'humanité s'efface, et il en était ressorti avec une sensation tenace de souillure. Il ne voulait pas retomber là-dedans...

Soudain, Emily serra les poings et lui fonça dessus comme un cognard. Surpris, il eut à peine le temps de parer le coup de pied qu'elle lui balança sur le flanc gauche qu'elle était déjà sur lui. Le coup de poing lui coupa le souffle et il sentit une douleur vive remonter de son ventre en même temps qu'une envie folle de dégobiller. Ses jambes allaient le lâcher. Puis il entendit ses paroles, à peine murmurée à son oreille alors qu'ils étaient quasiment plaqués l'un à l'autre, son petit poing pas très frêle encore contre son ventre.

- Frappe ma joue droite. Et je saurai.

Qu'est-ce qu'elle saurait ? Qu'il était bien de son côté, ou qu'il la trahissait bien ? La première hypothèse semblait la plus logique : s'ils étaient dans le même camp, obéir à sa demande ne devrait pas lui poser de problèmes. En même temps, elle lui demandait de la frapper... Vu la bonne femme, ça ne l'étonnait pas vraiment, mais... Il recula d'un pas, ravala sa salive pour ne pas vomir, une main sur le ventre. Puis il jeta un regard à leur unique spectateur. La colère remonta si vite que son cerveau s'éteignit. Il arma son poing et balança un violent crochet à la joue droite d'Emily. S'il avait donné toute sa force, elle serait déjà par terre, mais l'impact la fit simplement reculer de quelques pas. Lui aussi recula, les muscles contractés, en position de défense plus que d'attaque.

Leurs gestes commencèrent à se soumettre à une extension subjective du temps. Ses oreilles bourdonnaient d'adrénaline : il n'y avait maintenant plus que des signaux d'alerte, des signaux d'attaque et la nécessité de parer et de rendre les coups. Il revint à la charge et la frappa en visant le bras. La mettre hors d'état d'attaquer. Un pur réflexe. Elle avait la vitesse, et lui la force ; à jeu égal, c'était à celui qui laisserait l'avantage à l'autre. Mais Jeroen ne pouvait pas encore se résoudre à la frapper dans le pur but de la blesser... à la frapper franchement...

Je… Jeroen. Jeroen vient m’aider… j’t’en prie grand frère. J’ai mal.

Il frappa à nouveau. Et ça lui faisait aussi mal que si c'était lui qui prenait chaque coup donné – ou peut-être était-ce simplement la riposte de la jeune femme... Il ne savait pas, il ne savait plus. Tout était complètement mélangé et mieux valait que ce soit ainsi car, conscient de ses gestes, il se serait complètement figé...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Lun 20 Juil 2015 - 15:36

- Ah vous me parlez maintenant ? Pardon j’étais encore restée fixée sur mon rôle de poupée désarticulée.

Bon nombre de mes « frères » se seraient insurgés de voir une infamie leur parler de la sorte, de les traiter avec autant d’insolence et de désinvolture. Ça n’est pas mon cas puisque justement, Emily ne vaut rien. Elle n’est qu’une existence présente pour contribuer à l’apprentissage de Jeroen. Le terme de « Poupée désarticulée » lui va moyennement bien puisque ce que je souhaite, c’est qu’elle soit articulée, capable de se déplacer, de porter des coups. Disons que nous pouvons la considérer comme un objet d’entrainement. Je ne prête donc pas attention à ce qu’elle dit, gardant les bras croisés sur ma poitrine, attendant que les deux jeunes gens se décident d’agir.
J’ai la sensation de me retrouver plusieurs années en arrière, à la place de mon père. Il nous entrainait tous les jours, Lou’, Tony, Matt’ et moi. Combat au corps à corps, à l’arme blanche, aux Duels avec baguette, toutes disciplines y passaient. Et ça nous amusait. Même lorsque nous sortions des combats avec le visage enflé par les coups, lèvres en sang, nous étions satisfaits. Puisque chaque effort donné était un accomplissement supplémentaire afin de réussir à maitriser la vermine qui osait partager nos rangs. Et aujourd’hui, il se pourrait bien que je suive la trace de Père en entrainant Jeroen, même si ce dernier ne sera pas facilement formaté. Du temps, de la patience et une dose de malice. C’est tout ce qu’il me faut.

Je suis étonné de voir que la première personne qui se décide d’agir est cette bonne à rien d’Emily. Qui cogne visiblement bien, je dois l’admettre. Elle envoie premier coup de pieds que Jeroen peine à intercepter suivit d’un coup de poing droit dans l’estomac. Etonnant. Plaisant, mais étonnant. Le jeune homme se plie, souffle coupé et j’esquisse un léger sourire. Je ne lui en veut pas, nous reconnaissons facilement si une personne est habituée au sport de combat ou non et ce, grâce à la fluidité des gestes. Et Emily ne semble pas en être à son premier coup d’essai. Jolie coïncidence qui donnerait sûrement plus d’expérience que prévue à Van Saade. Il se décidera un jour à frapper le premier, à porter le premier coup pour marquer le conflit, imposer sa personne et sa domination.
Les secondes s’égrènent, Jeroen reprend son souffle, Emily attend. Et je regarde, contemple le spectacle. Toujours sans un mot, muré dans mon observation, bras croisés sur ma poitrine.

Et enfin, la machine se lance. Peut-être pas avec la même fougue que je l’aurai voulu, mais c’est le cas. Jeroen se rue sur Emily et les coups s’échangent, pleuvent à foison. Les esquives se manifestent, les crochets, les uppercuts, tout cela se suit dans une danse incroyablement délicieuse. Ici je n’assiste pas au simple plaisir d’une douleur infligée à Emily, mais aussi d’une violence cracher, vomit au travers les phalanges et autres membres du corps humain. Le combat est comme beaucoup de chose, le tout est de se lancer et de faire le premier pas. Une fois que le premier geste est manifesté, le corps s’active et le cerveau se module en un esprit de guerre et de survie, car à moins de jouir d’une douleur, l’esprit fera en sorte d’éviter chaque coups donnés et surtout de les rendre.

C’est ce qu’on appelle l’instinct de survie.

Et je ne bronche toujours pas, n’articule pas un seul mot. Je ne veux pas rompre cette magie qui s’opère sous mes yeux. Celle d’une violence qui grandit, s’accroit avec les coups donnés et surtout, cette rage que je perçois sur le visage de Jeroen. Celle qui commence doucement à ravager son esprit et son cœur l’espace de quelques minutes, durant ce combat. Emily n’est plus une jeune femme qu’il connait et/ou côtoie, non, elle n’est que la cause d’un danger qu’il souhaite à tout prix esquiver afin de maintenir sa propre survie.


HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2753
Date d'inscription : 24/06/2010
Crédits : ECK
Double Compte : Caem Kaliayev/ Julian A. Neil/Keith M. McEwen / Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1201-emily-anthon#72804
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Mer 19 Aoû 2015 - 12:19

Se battre, enchaîner les coups, sentir l’adrénaline monter… En un sens c’était quelque chose qu’Emily appréciait jusque là. Elle n’était pas masochiste et n’aimait pas particulièrement prendre des coups mais elle appréciait de se défouler dans un vrai combat à la régulière, dans les règles de l’art. Seulement, cette fois là, ça n’avait rien à voir. Elle ne se battait pas pour améliorer sa technique ou ses réflexes, ni même pour s’amuser un peu avec Cameron. Non elle se battait presque pour sa survie. La jeune femme avait bien compris que cette mascarade pouvait très rapidement tourner au massacre et elle devait donc tout faire pour s’en sortir. Elle n’était pas prête à tout laisser derrière elle, à baisser les bras. Ems avait encore envie de vivre, de passer des bons et même des mauvais moments. Elle était trop jeune pour disparaître dans le néant. Si elle ne savait pas si le Supérieur avait l’intention de la faire tuer par Jeroen, en tout cas, elle ferait tout son possible pour ne pas en arriver là. Sa raison lui disait qu’il ne la ferait sans doute pas disparaitre comme ça, ce serait trop suspect qu’une cracmolle, en plus connue pour avoir participé à la résistance, disparaisse du jour au lendemain. Mais cela ne voulait pas dire pour autant qu’elle ne risquait pas gros dans cette pièce. Respire Emily, concentre toi et trouve un moyen de t’en sortir. La jeune femme avait fini par prendre une décision et elle avait senti l’adrénaline monter en flèche en elle. S’adresser à Jeroen ainsi était un pari très risqué on seulement parce qu’elle ne pouvait pas savoir dans quel camp il était vraiment mais qu’en plus, si l’autre la surprenait dans sa tentative, il risquait fort de ne pas apprécier. Mais elle était dans une impasse et ne voyait pas d’autre solution que de tenter. Rester inactive ne servirait à rien. Elle était même presque sûre que gagner le combat ne lui assurerait en aucun cas un bon état. Alors elle s’était jetée à l’eau, attendant anxieusement une réaction de la part de son camarade.

Les minutes étaient longues pour Emily. Autant les coups semblaient fuser à une certaine allure, autant elle avait l’impression que le temps s’était figé depuis son petit coup d’audace. Et puis, soudainement, le soulagement. Enfin, ambigu certes mais un certain soulagement quand même. Jeroen vint abattre son poing dans la joue droite d’Emily. Elle sentit bien qu’il avait retenu légèrement son coup même si celui-ci la fit indéniablement reculer de plusieurs pas. C’était douloureux mais elle devait s’accrocher pour réprimer une terrible envie de sourire. Jeroen. Elle ne s’était pas trompée sur lui, Julian non plus. Il était dans une situation de merde mais certainement pas un monstre. Cela ne voulait pas dire que tout se finirait bien mais Ems voyait enfin une lueur d’espoir et ne voulait qu’une chose : s’y accrocher. Le but de la jeune femme était maintenant de mettre un terme le plus rapidement possible au combat. Seulement voilà, elle ne pouvait pas non plus se permettre de se laisser faire tout simplement. Ce serait trop suspect surtout après ce qu’elle avait montré au début de l’affrontement. Il allait donc falloir la jouer finement. Sans plus attendre, Emily se jeta donc à nouveau sur Jer’ mais cette fois, elle fit en sorte de laisser des ouvertures dans sa garde. Elle était certes plus rapidement mais s’il frappait là où il fallait, il pouvait la mettre au tapis très rapidement. Physiquement, la demoiselle ne pouvait pas rivaliser avec lui, il avait trop de puissance. Emily entra donc dans la garde de Jeroen et lui donna quelques coups avant d’en recevoir plusieurs et de reculer de quelques mètres. Il n’y allait pas de main morte. Le souffle court, elle sentait qu’il avait bien faillit lui couper tout bonnement la respiration. Elle sentait ses muscles trembler sous l’effort. Elle jeta alors un regard haineux au Supérieur, pour la mise en scène certes mais ce regard était plus que sincère et retourna à l’assaut. Elle enchaîna les parades et les coups mais elle sentait la fatigue monter et surtout, la douleur l’envahir. Elle laissait passer des coups mais même sans ça, elle n’avait plus la même hargne après avoir compris que Jeroen n’était sans doute pas l’affreux méchant de l’histoire. Aussi, elle fini par recevoir un coup à la tempe qui la fit reculer nettement. La demoiselle manqua d’ailleurs de tomber par terre, complètement désorientée.

« Et merde… »

Emily jura. Elle ne devait pas donner l’impression de perdre volontairement, surtout que cela ne collait pas du tout à son caractère, il suffisait de l’avoir vu quelques instants pour comprendre qu’elle n’était pas du genre à admettre une défaite si facilement. Mais ce coup tombait bien. Maintenant qu’elle était désorientée, il semblerait tout à fait logique qu’elle en prenne plein la tête. Ems retourna donc au combat, comme en mission suicide jusqu’à ce qu’elle se retrouve au sol, sur le dos, à bout de souffle et à deux doigts de tomber dans les vapes. Tout son corps était douloureux mais elle se sentait victorieuse. Elle ne pouvait plus se battre, l’affrontement prenait donc fin. L’autre enflure ne pourrait plus se divertir de les voir se taper dessus. Et maintenant ? Elle n’en savait rien. Il pouvait leur réserver encore bien des choses. Mais Ems se sentait prête. Tout ça l’avait revigorée. La déception serait sans doute bien plus lourde quand elle comprendrait que le combat n’était qu’une étape et que la suite serait sans doute encore plus rude. Mais la jeune femme n’était pas du genre à se laisser abattre. Elle avait survécu jusque là, ce n’était pas pour sombrer dans le désespoir à chaque difficulté. Pour Ricardo, pour Cameron, elle voulait croire en son avenir.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Jeu 27 Aoû 2015 - 15:34

Le bruit des coups avait remplacé les mots. À partir du premier coup, James Holt s'était mis en retrait et n'avait plus bougé, observant le drame qui se déroulait devant lui. Un observateur serein, tranquille. Ils ne pouvaient pas se liguer pour le frapper lui, ils ne pouvait pas se soustraire à cette lutte pitoyable, impitoyable, nécessaire. L'homme savait qu'il avait le contrôle et en jouissait paisiblement, comme si ce n'était là que l'ordre naturel des choses. Dominer, soumettre : l'essence même de l'existence d'un fort en ce bas monde. Parfois, lorsqu'un coup semblait lui plaire, il esquissait un sourire satisfait mais il ne s'interposait ni ne faisait de remarques. Il avait déclenché la tempête, à présent, il n'avait plus qu'à attendre de voir si cela irait assez loin à son goût.

Les deux jeunes gens étaient donc seuls l'un avec l'autre, enfermés dans une bulle de laquelle un seul pourrait sortir sur ses deux jambes. Leurs seuls échanges étaient purement physiques, et pas dans le bon sens du terme. Au travers de chaque coup, ils trahissaient leurs pensées. Le poing pas assez précis, les mains pas assez serrées, ils n'étaient pas convaincus, ni l'un ni l'autre. Ils se blessaient mais jamais au maximum de leurs forces. Ce n'était pas un jeu ni une véritable lutte, juste un ersatz de règlement de comptes. Ils n'avaient, au fond, aucune raison de se battre l'un contre l'autre : pas de haine mutuelle, pas de coups bas, pas de peur de l'autre, ils se côtoyaient et se supportaient tels qu'ils étaient, depuis leurs mondes pas si opposés que ça finalement. Sang impur, colère, balancés dans une arène, ils étaient tous deux en danger et n'avaient aucune idée de la merde dans laquelle ils s'embarquaient.

Les coups pleuvaient maintenant presque sans discontinuer. Emily laissait des ouvertures dans sa garde et Jeroen retenait ses coups en serrant les dents. Il pensait qu'en frappant, la colère s'apaiserait, comme si l'impact avait la faculté d'éjecter les sentiments négatifs de son corps. C'était tout le contraire. À chaque coup infligé, à chaque coup reçu, la peur montait d'un cran. Le jeune homme avait peur, oui, il avait peur de ne pas être la hauteur, peur de ne pas frapper assez bien pour sauver sa sœur, peur des coups de la jeune femme. À chaque fois qu'elle le touchait, il se tordait dans un geste de fuite avant de retourner à l'assaut. La douleur prenait possession de ses membres et rappelaient de plus en plus le sortilège de Doloris. Ses muscles se mirent bien vite à brûler, son sang devint comme de la lave en fusion, il n'arrivait plus à respirer.

Il cessa de réfléchir sans s'en rendre compte, poison insidieux de l'effort. Dans son esprit, le visage d'Emily se troublait pour faire place à une ombre menaçants. Le goût du sang s'immisça dans sa bouche. Le coup suivant ne fut pas guidé par une obligation quelconque : il le voulait, au plus profond de lui-même, il voulait la mettre au sol, il voulait qu'elle ne puisse plus lever la main sur lui, qu'elle ne puisse plus la blesser. Même si elle n'était pas directement responsable de ce qui arrivait au jeune homme, elle était un danger qu'il devait supprimer. À partir de là, il oublia son corps, ses limites. À cause de la fatigue et de la douleur, ses coups n'augmentèrent pas en puissance mais il les plaça sans plus hésiter. Il ne prenait même plus la peine de parer, car c'était lorsqu'elle attaquait qu'elle laissait le plus d'ouvertures. Au bout d'un moment, il finit par lui balancer un crochet en plein visage et atteignit la tempe. Il y eut quelques secondes de pause pendant lesquelles la jeune femme vacilla sur ses appuis.

- Et merde…

Arrête de lutter... arrête et soumets-toi, ce sera moins douloureux... pensa-t-il à cet instant.

Malgré son état, elle se lança à nouveau à la rencontre de son adversaire, mais il ne lui fallut que quelques coups pour mettre fin au combat. Quelques coups chargés d'une violence non maîtrisée, une violence qui sortait du fond de ses tripes et du peu d'adrénaline qui lui restait, placés un peu n'importe comment mais suffisants pour qu'elle finisse par tomber. Alors Jeroen s'arrêta, passa sa main sur ses yeux pour faire disparaître les larmes de douleur, renifla le sang qui lui coulait dans la gorge. Il ne pouvait pas se permettre de tomber maintenant. Son corps lui hurlait d'arrêter, mais il n'avait pas le loisir de l'écouter. Son esprit n'était pas apaisé du tout. Il regarda ses mains : elles tremblaient, abîmées comme s'il avait frappé à plusieurs reprises dans un mur en crépi, et il se demanda si c'était le sang d'Emily ou le sien qui lui donnait cette sensation de chaleur au bout de ses doigts.

Il regarda Emily pendant un instant. Elle était dans un état désastreux et semblait sur le point de s'évanouir, pourtant, ce combat semblait l'avoir calmée. Bienheureuse. La respiration de Jeroen sifflait. Quelque chose s'éteint éteint dans le regard qu'il lança à son maître chanteur. Il n'y avait plus aucune arrogance mais la haine était décuplée par la sensation qu'il n'avait plus aucune limite, maintenant qu'il avait bien piétiné ses petits principes à la noix. Sur la fin, il avait ressenti une forme de satisfaction en frappant Emily. Oui, bon sang, ça lui avait plu de la voir s'écrouler enfin. Il s'était senti enfin maître de quelque chose, lui qui perdait le contrôle de sa vie. Il fit un pas, deux pas en direction de James, et son corps vidé de ses forces sembla se réveiller, ses muscles se bandèrent dans un ultime effort.

Fais taire tes pensées. Laisse l'émotion t'envahir, laisse la satisfaction de la violence se faire une place dans ton esprit. Il te brisera de toute façon, par tous les moyens possibles. Il te brisera alors lâche prise, si tu veux y survivre.

Comme Emily se lançant dans leur dernier round pourtant perdu d'avance, Jeroen se jeta sur l'homme et le frappa aussi fort qu'il le put. Son poing en miettes vint s'écraser contre la pommette et le nez, ou peut-être était-ce la mâchoire, qu'importait la zone pourvu que le coup porte. Et il sentit enfin une ébauche d'apaisement. Il voulait démolir ce visage, qu'il appartienne à l'homme ou non. Même s'il savait que ce serait certainement le seul coup qu'il lui assénerait, il fallait qu'il le fasse. Lorsque le coup fut donné, il s'écarta d'un pas sans perdre des yeux le visage de sa nouvelle cible, bouche entrouverte pour mieux respirer. Il voulait absolument savourer cet instant d'épuisement et de satisfaction, les picotements intenses du poing qui vient de frapper quelque chose qu'il avait envie de frapper. Savourer cette seconde avant que tout ne bascule.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Jeu 3 Sep 2015 - 14:37

Les coups s’échangent avec brutalité et une violence que je n’aurais pas soupçonnée des deux parties. Ca n’était pas réellement le cas au début de cette confrontation. Lorsque les combattants ne donnent pas le maximum, cette absence de volonté se lie dans les gestes, dans la manière de se tenir, de frapper. Pourquoi j’en fais la déduction en cet instant présent ? Tout simplement parce que Jeroen commence à se réveiller et que les derniers coups qui atteignent Emily n’ont pas la même ampleur, le même son, la même rage et violence. C’est exactement ce que je cherche. Il est dit que lorsqu’un chien goûte pour la première fois du sang et de la chair humaine, il faut l’abattre car ses instincts sauvages reprennent le dessus et le pire peut être commit. Ici, c’est le même principe : Donner à Jeroen le goût de la domination sur l’autre. A cette prise de pouvoir. Obtenir l’ascendant sur un autre être humain et lui prouver sa supériorité. Il se sentira vivant et en sera grisé de ressentir ces tremblements d’extase et d’excitation.
Emily ? Qu’importe. Elle git sur le sol, en mauvais état et elle est là pour ça. Pour servir d’appât, en quelque sorte.

Le regard de Jeroen se dirige vers moi et lorsqu’il s’ancre dans le mien, je peux percevoir l’ombre d’une victoire. Durant quelques secondes il n’a plus rien du jeune homme respectable qui arpentait les couloirs ces derniers mois. Il n’a plus rien de l’arrogant qui a essayé de me tenir tête, ni de cet être fragile pleurant sur le sort de sa sœur. Non, il est éteint. Tout simplement. Il n’a plus cet éclat de conscience au creux de ses prunelles, seulement celle de la rage. Puissante et vivante. Je ne le lâche pas du regard, scrutant chaque partie de son corps. Lui aussi est bien amoché mais c’est celui qui reste debout jusqu’à présent, visage crispé. C’est à se demander s’il ne souhaiterait pas que je lui ramène une seconde victime.

Nos regards se soutiennent et je reste les bras croisés, toujours adossé à la table derrière moi. Il avance d’un pas, puis de deux. Je reste stoïque, le provoque d’un coup d’œil.

Et je le laisse venir.
Le coup est brutal et se percute droit sur ma pommette. La douleur est d’abord fulgurante, puis diffuse. Malgré son combat, Jeroen a encore la force et la rage de ce désespoir qui l’anime pour venir porter ses poings usés sur celui qu’il considère comme bourreau. Un léger sourire s’esquisse au coin de mes lèvres. Une étincelle de fierté prend naissance à la même seconde qu’une sourde colère. C’est un cocktail que Père a du ressentir un nombre incalculable de fois. Et parce que j’ai été éduqué par le meilleur des hommes, j’agirais en tant que tel.

Van Saade n’a pas l’occasion de me porter un deuxième coup. Si je lui ai laissé la chance de le faire une fois, celle-ci ne se reproduira pas. Pas maintenant. D’un geste calculé, habile et expérimenté, je dégage son poignet alors qu’il se ruait sur mon visage pour remettre son geste à exécution et ce, d’un mouvement de bras et lui lance une droite en plein visage, directement diriger vers la mâchoire. Ma force est mesurée. Pas le même gabarit, pas la même puissance, le but n’est pas de lui fracturer le visage mais de lui apprendre la leçon. Que ça rentre. Je m’approche d’un pas et le rattrape par le col avant qu’il ne chute en arrière et lui abat une deuxième fois un coup sur la pommette puis, un troisième. Tout cela en silence avec un visage impassible. Je le tiens toujours par le col mais ne le ménage pas lorsque je le jette en arrière. Qu’il chute ou non ça m’est égale, ce que je veux c’est qu’il comprenne ce qui l’attends, ce que j’attends de lui et qu’il s’endurcisse. Je veux le laver de toutes ces inepties et lui faire retrouver le goût du contrôle et de l’allégresse que l’on ressent lorsque nous accomplissons quelque chose pour soi-même mais aussi, pour son clan. C’est un monde plus pur que nous voulons et s’il souhaite que sa petite sœur reste entière, Jeroen a tout intérêt à suivre le cheminement et la chance que je lui offre. Une chance semblable à celle que Père m’a lui-même donné. Faire de lui un homme entrainé, compétent et bien plus doué qu’il ne puisse l’imaginer. Il m’a tout apprit, il a fait de moi ce que je suis aujourd’hui et pas un jour je ne l’ai regretté. Bien au contraire. Je suis passé par toutes les étapes possible aux côtés de Lou, Tony et Matt’. Que ça soit par les coups ou les félicitations, nous avons tout goûté. Les jours d’enfermements dans le noir, les jours où pour nous récompenser nous avions le droit de mettre en pratique tout ce que nous avions appris sur sang-de-bourbe ou un moldu. Les enseignements ont été riches, multiples et particulièrement exigeantes. Histoire magique et moldu, de notre monde et du leur, afin d’acérer nos connaissances. Usage de la magie, des armes à feu, des armes blanches. Technique en art martiale ou tout autre forme de combat. Manipulation des potions, adaptation en milieu étranger. Un réel commando à laquelle nous avions été entrainés depuis l’âge de 3-4 ans.

Et c’est ce que j’offre à Jeroen : La richesse de cet enseignement. En est-il digne ? Non. Tout du moins pas pour l’instant. Mais il le deviendra avec un peu de bonne volonté. Je ne saurais déterminer pour quelles raisons précises j’ai jeté mon dévolu sur lui. Peut-être parce qu’il nous a simplement trahit et qu’une correction égale à cette traitrise était amplement mérité… Quoi de plus terrible d’être le méchant de la bande pour ensuite chercher rédemption auprès de ses camarades, acquérir leur confiance, leur « amour » pour redevenir celui que vous étiez vraiment ? Aux yeux des autres, Jeroen ne sera qu’un lâche, un traitre, un moins que rien. A nos yeux, s’il se montre digne, il sera plus « glorifier » qu’un ami ne pourrait le faire. Et il en va de même pour Connor. Il a sa façon à lui d’être de notre camp et je ne peux pas nier que ce garçon ne manque pas de ressource, bien loin de là. Il est un excellent élément et ils sont tous loin d’imaginer à quel point ce jeune homme est actuellement en train de prendre sa revanche envers ceux qui osent le mépriser. Son tour viendra, il suffit d’être patient.

D’un geste de la main je me remets les cheveux en place, toujours sans prononcer un mot. Je réajuste mon vêtement et me dirige vers Emily cette fois. Je ne prête pas attention aux mouvements de son corps, si elle souhaite se relever ou non mais mon pied part avec violence dans le creux de son estomac et cette fois, sans en contrôler la force. Qu’elle vomisse si ça lui chante, ça ne sera que la représentation de sa petite existence.
Je la relève d’un geste en l’agrippant par les cheveux et la gifle à la seconde où je vois un membre bougé. Je tais sa rébellion et il vaut mieux pour elle qu’elle n’essaie pas quoi que ce soit envers moi si elle souhaite garder la vie. Je ne prête aucunement attention à ses blessures, au sang qu’elle laisse derrière elle. Elle n’est rien.

— Regarde. Je cherche le regard de Van Saade. J’ai dit : Regarde. Regarde ce que tu as accomplis et surtout, souviens-toi de ce que tu as ressentis aux derniers instants.

Je l’ai vu dans ce dernier coup, dans tes traits, dans ton regard. Ce plaisir inavoué.
Ma voix est tranchante et froide, sans que je n’ai à hausser le ton.

— Tu veux enfin être un homme Jeroen ? Tu veux enfin être « quelqu’un » plutôt qu’un sale clébard qui obéis aux bienséances de leurs idéaux ? Alors affronte un peu ce que tu es vraiment. Fais face à ce qui sommeil chez toi et arrête de te défiler et de jouer aux lâches.

Et je jette Emily à ses pieds d’un geste violent, comme si elle n’était rien.
Puisque justement, elle n’est rien. Une immondice que la nature a créée.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2753
Date d'inscription : 24/06/2010
Crédits : ECK
Double Compte : Caem Kaliayev/ Julian A. Neil/Keith M. McEwen / Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1201-emily-anthon#72804
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Lun 7 Sep 2015 - 15:19

La douleur. C’était ce qui monopolisait l’esprit d’Emily depuis tout à l’heure. La douleur qui était en train d’envahir chaque parcelle de son corps. Elle était certes soulagée de savoir que Jeroen n’était pas nécessairement son ennemi mais il restait difficile de garder le sourire, de garder la tête hors de l’eau. La douleur était omniprésente mais surtout elle voyait bien dans le regard du jeune homme que quelque chose clochait. Non il ne semblait pas être passé dans le camp de l’autre taré de Supérieur mais… Mais le fait que c’était comme s’il prenait du plaisir à tout ça. Oui, Ems avait l’impression de voir que quelque chose venait de sauter dans le cerveau de Jeroen. Il était en train de se faire griser par cette violence. Oui ce devait être ça. Toute sa colère, toute sa frustration était en train de ressortir dans ce combat. Ou plutôt dans cette mise au tapis. Car la jeune femme avait beau faire de son mieux pour que cela ressemble encore à un affrontement partagé, elle devait bien avouer qu’elle n’en menait plus très large. Les coups s’étaient enchaînés et la jeune femme commençait à ne plus avoir aucune force, aucune ténacité. Son corps criait de douleur et son esprit quant à lui était en train de s’envoler petit à petit vers des zones plus calmes. Oui, la cracmolle se laissait aller vers des contrées dans lesquelles elle n’avait plus à se tordre l’esprit, à vaincre la douleur, à se battre à chaque instant de sa vie. Un endroit où elle était en paix. Emily était fatiguée, elle avait besoin de se reposer, de prendre le temps de fermer les yeux tout simplement et d’attendre que ça passe. Et puis, au bout d’un moment, ce fut comme si ses espoirs s’étaient enfin réalisés. D’un coup, elle ne sentit plus la violence des coups contre son corps. Au début, la jeune femme cru qu’elle était tombé dans les vapes ou quelque chose comme ça. Puis elle se décida à reprendre ses esprits, se concentrant pour garder les yeux bien ouverts. Elle comprit alors que c’était simplement Jeroen qui s’était détourné d’elle pour… Pour se ruer sur les Supérieurs ? Ems se redressa alors légèrement, prenant appui sur un coude et vit le poing de son camarade s’abattre sur le visage de l’autre enflure. Elle n’en croyait pas ses yeux. Pourquoi ? Pourquoi faire ça ? C’était terriblement dangereux. Le Supérieur sembla pourtant rester parfaitement calme. Puis, toujours aussi placide, il saisit le col de Jer’ et vint le frapper avec force. Emily tenta alors de se relever. Elle ne pouvait pas venir à son secours premièrement parce qu’elle n’en avait pas la force mais en plus parce qu’elle craignait que cela ne les mette que plus en danger. Mais elle voulait au moins se relever et penser à autre chose qu’au bruit des coups sur le visage de son camarade.

Mais Emily était trop faible, trop épuisé, et elle mettait bien trop de temps à se relever. Alors qu’elle n’était qu’à peine à demi-relevée, le Supérieur décida d’abandonner Jeroen pour revenir vers elle. La jeune femme n’eut que le temps de relever la tête avant de recevoir un violent coup dans l’estomac. Elle retomba alors immédiatement en gémissant de douleur. Son souffle était court et la nausée était en train de monter. Quand tout cela allait-il s’arrêter ? Pourrait-elle à un moment reprendre son souffle et se laisser aller ? Apparemment non. Alors que le corps endolori de la demoiselle cherchait simplement à reprendre ses repères, elle sentit quelque chose lui agripper les cheveux et vit de nouveau le visage du Supérieur devant elle. Était-ce son vrai visage ? Qui se cachait réellement derrière tout cela ? Parviendrait-elle à le savoir un jour ? Une gifle la sortit de ses pensées. Elle n’avait pas le droit de bouger ou de parler. Un simple pantin… Ems entendit alors la voix du Supérieur qui demandait à Jeroen d’observer le carnage, de profiter de ce qu’il avait fait d’elle. Un sourire mauvais apparu alors sur le visage de la jeune femme qui fut stoppé par un nouveau coup. Était-ce ça l’enfer ? Le Supérieur quant à lui semblait heureux, semblait nager dans son élément. Il la maltraitait, la torturait et continuer de dire à Jeroen de profiter de la vision d’une Emily détruite, comme si c’était un chef d’œuvre. La nausée était encore plus présente en elle alors qu’elle entendant cela.

Ems n’avait même plus la force de se débattre. Elle la guerrière se retrouva une fois de plus propulsé au sol. Le contact avec ce dernier fut sec et violent. Mais la douleur était devenue sa camarade depuis et elle avait presque l’impression d’être accoutumée au moindre de ses caprices. Elle grimaça donc mais sans gémir de douleur cette fois. Puis elle constata qu’elle était effondrée au pied de Jeroen. L’autre fou s’attendait-il à ce qu’il la frappe encore ? Ou alors qu’il l’atteigne avec la magie ? Elle ne savait pas. Elle ne comprenait plus trop ce qu’il se passait. Mais une chose était sûre, elle n’était plus qu’une pauvre victime. La jeune femme ne contrôlait plus rien et ne pouvait qu’observer, attendre et subir ce que les deux autres personnes avaient décidées de faire d’elle. C’était rude, et sa fierté était en train de se fragmenter comme son corps. Devait-elle se révolter ? Elle ne savait pas. Etait-elle même encore capable de parler ? Ems se battait contre elle-même pour rester consciente, elle parvint tout de même à se redresser très légèrement mais étant toujours au sol. Bien qu’ayant la vision floue, elle parvint tout de même à accrocher le regard de l’autre taré.

« Vous êtes… minable… »

C’était inutile. Emily en avait conscience. Cela ne réglerait pas la situation. Ce n’était même pas une vraie forme de rébellion. Mais c’était sa façon de se prouver qu’elle était encore bien consciente et qu’elle avait un minimum de contrôle sur son corps. Son regard se posa alors sur Jeroen puis elle retomba violemment au sol. Elle était épuisée maintenant et n’aurait peut être même pas consciente de ce qu’on lui ferait par la suite…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Mar 15 Sep 2015 - 23:06

Frapper, frapper encore, à s'en user les phalanges, à s'en rincer le cerveau à grands flots d'adrénaline. Sentir le frémissement des phalanges, les endorphines à l'oeuvre pour tenir un choc de plus, un choc de trop peut-être. Si on lui avait dit qu'il se battrait un jour à mains nues avec Emily, et surtout qu'il gagnerait comme sa hargne de résistante moldue, il aurait ri ! Bon sang qu'il aurait ri. Il aurait ri avec d'autant plus de cynisme qu'il ne pensait pas un jour ressentir une once d'envie de la frapper. Ce n'était pas lui, ce n'était pas dans sa nature et pourtant, profondément en lui, quelque chose émergeait. Cette facette prête à tout, il en avait peur même si ça faisait partie de lui, et en même temps, dans la situation présente, il l'accueillait à bras ouverts. Il ne se sortirait pas seul de cette impasse-là, pas encore une fois... S'il ne perdait pas la raison maintenant, il la perdrait à force de lutter. Il n'avait pas le temps pour ça.

Emily au sol, sonnée, en miettes, Jeroen se détourna et leva le poing contre l'homme. Il n'y croyait pas vraiment, c'était juste... une nécessité. Il avait envie de frapper, et il prit un plaisir fou en sentant ses jointures percuter la joue. Puis, sur cette joue s'étira un sourire. Avant même qu'il ait pu se remettre en garde correctement, son poing dévia et il recula sous l'impact. C'était comme s'il ne sentait plus vraiment les coups. Ses oreilles bourdonnaient, il avait finalement fermé les yeux pour limiter les dégâts et puis, à quoi bon regarder quand on n'est que simple spectateur de son corps en train de se faire tabasser ? Tout se passait avec une rapidité indécente. La parfaite combinaison entre force et agilité, que même Emily et Jeroen n'arriveraient jamais à atteindre ensemble. Jeroen sentit son corps vaciller lorsque James le rattrapa par le col et le frappa à nouveau deux fois en plein visage.

Puis le vert s'effondra, encaissant sa chute avec peine, et il resta là, le corps contracté sur lui-même. Il était incapable de bouger. Ses muscles brûlaient, la douleur irradiait jusque dans son cerveau et il n'arrivait même plus à réfléchir ou à aligner trois mots dans sa tête. Aucun coup ne suivit, mais aucun coup supplémentaire n'aurait été nécessaire. La respiration rauque, il cracha du sang et retint un gémissement de douleur lorsqu'il essaya d'assurer ses appuis pour ne pas tomber encore plus bas. C'était tout bonnement ignoble. Que cherchait-il, à le démolir gratuitement à la moindre erreur ? Non, ce n'était pas ça. L'homme avait accepté son coup. Il l'avait laissé faire. Pour lui faire plaisir ? Il était tellement tordu que ça pouvait être ça, même s'il était difficile de penser au plaisir alors que sa joue battait comme un second cœur. C'était peut-être bien sa récompense pour avoir été à peu près obéissant, mais il ne fallait pas trop lui en donner non plus... Qu'importe. L'important, c'était qu'il l'avait fait. Il l'avait frappé. Même s'il devenait la machine à tuer qu'il était censé devenir, même s'il perdait toute conscience, il haïrait toujours cet homme qu'il avait en face de lui et ce, qu'importe son visage.

Jeroen réussit à se frotter les yeux et la bouche et à se tourner vers l'homme, les bras tremblants, malgré l'envie de se laisser mourir sur place. James, non content d'avoir mis son toutou par terre, s'était reporté sur Emily qu'il frappait allègrement au moindre geste. Avec Jeroen, il s'était retenu de trop l’abîmer : on ne casse pas ses jouets, et cette logique était à la portée de n'importe quel timbré... mais la moldue était moins que ça. Prenait-il au moins du plaisir lorsqu'il la giflait ainsi ? Est-ce qu'il aimait le pouvoir qu'il possédait sur elle, maintenant qu'elle était en miettes ? Jeroen détourna les yeux, nauséeux, mais il se fit rappeler à l'ordre. Il ravala difficilement sa salive avant d'obtempérer.

- Regarde. J’ai dit : Regarde. Regarde ce que tu as accomplis et surtout, souviens-toi de ce que tu as ressentis aux derniers instants.

La quintessence de la peur, mais surtout, la gratification d'avoir été le dernier debout. D'avoir gagné un combat qu'il était supposé gagner dès le début, pour protéger les siens. Un plaisir tout simplement malsain. Mais... était-ce mauvais ? Avoir peur, était-ce quelque chose de mal que l'on pouvait juger au même titre que de la violence gratuite ? Il posa ses yeux sur Emily. Elle était vraiment en piteux état. Comme un pantin désarticulé. Quelles répercussions pour ce combat ? Que dirait l'infirmerie en recevant une élève en miettes ? Jeroen secoua la tête. Non, il n'avait pas pu trouver du plaisir à ça. Ce n'était pas lui, c'était la peur, c'était un réflexe de survie, c'était...

- Tu veux enfin être un homme Jeroen ? Tu veux enfin être « quelqu’un » plutôt qu’un sale clébard qui obéis aux bienséances de leurs idéaux ? Alors affronte un peu ce que tu es vraiment. Fais face à ce qui sommeille chez toi et arrête de te défiler et de jouer aux lâches.
- Je ne suis pas un sale clébard, lâcha-t-il d'une voix rauque, tout en grimaçant de douleur. S'il y a une chose que je ne veux pas être, c'est un putain de chien.

Emily s'écroula devant lui. Il releva les yeux vers l'homme, sa poitrine se soulevant difficilement au rythme de ses inspirations. C'était un peu démago de proposer de devenait « quelqu'un »à un sang impur longtemps utilisé comme chien d'attaque... La jeune femme se redressa légèrement et défia l'homme du regard.

- Vous êtes... minable.

Elle lui jeta un regard avant de retomber lourdement au sol. Jeroen prit son visage entre ses mains et ferma les yeux en tentant de se secouer intérieurement. Il avait du mal à passer outre la douleur sourde qui faisait vibrer son corps..

- Tais-toi. Emily, tais-toi.

A mi-chemin entre l'ordre et la supplication. Elle ne comprenait pas ce qui se passait ici et elle risquait d'accélérer le processus en cours, si elle continuait à ce rythme. Une décharge lui vrilla le crâne lorsqu'il s'effleura la joue. Il releva les yeux et soutint le regard de James.

- Ensuite ? Je suis censé en faire quoi ?

En. Dépersonnalisation tout à fait calculée. Pour autant, il ne s'excuserait pas de son geste à son encontre : il ne le regrettait clairement pas, ce coup-là. Il inspira doucement pour se calmer et se concentra pour ne pas toucher les points douloureux de son corps en se tâtonnant par réflexe – son visage ne ficherait pas le camp... Il finit par demander, d'un ton entre provocation et résignation :

- A quel jeu dois-je jouer pour devenir « quelqu'un » ?

A un jeu de cons, assurément... mais comme la bêtise ne souffrait pas de limites, il était en droit de se demander quelles hostilités allaient suivre.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Ven 25 Sep 2015 - 19:10

— Je ne suis pas un sale clébard. S'il y a une chose que je ne veux pas être, c'est un putain de chien.

Il est en colère, elle gronde sous sa peau et je retiens un sourire de contentement. Sa réaction ne s'est pas faite attendre et je dirais même qu'elle est plutôt encourageante. Ne pas vouloir être un gentil toutou est une choses, se battre pour ne pas l'être en est une autre. Je ne comprend pas qu'un gosse comme lui puisse s'infliger de taire sa vraie nature pour rentrer dans les rangs, ceux que l'on juge de normaux. Il rentre chaque jour la queue entre les pattes auprès des siens, à jouer les sages, les gentils, les attentionnés. Pourtant, quelque chose au fond de lui brûle, le consume et n'attend qu'un ordre pour enfin se libérer de ces chaînes qu'il s'est lui même octroyé.

— Vous êtes… minable…

Je n'écoute pas la vermine à nos pieds, sa parole n'a aucune importance en ce monde. Seuls ses cris et ses larmes pourraient avoir l'honneur d'être écouté. Emily est écroulée au sol, mal en point mais pas suffisamment pour que je ne puisse pas réparer quelques un des dégâts. Jeroen prend son visage entre ses mains, j'assiste en direct à un véritable combat de conscience. Se laisser aller et accepter ? Ou continuer à se mentir lâchement, comme tout bon hypocrite le ferait ? Je commence à entrevoir les failles, les plus évidentes, comme si ce garçon était une coquille qui commençait sérieusement à s'ébrécher. Il faut le travailler au corps, encore et encore, jusqu'à ce que la première couche s'effriter et ne devienne poussière pour ensuite me laisser la place pour attaquer le cœur.
Tout en douceur. Lentement. Sûrement.

— Tais-toi. Emily, tais-toi.

Je contemple le pathétisme de ce tableau, allant de la jeune femme à Jeroen. L'une est à terre entrain de souffrir en silence, physiquement. L'autre est à genoux se torturant psychologiquement.
Une douleur se propage et tambourine le long de ma mâchoire. Le coup porté par Van Saade n'était peut-être pas d'une puissance de feu mais suffisamment pour me faire apparaître un bleu qui commence déjà à se former mais aussi, suffisamment pour me faire ressentir de la douleur. Il a du cran. Le reste suivra derrière avec une choquante évidence.

— Ensuite ? Je suis censé en faire quoi ?

Cette fois, un sourire naquit au coin de mes lèvres. Se réveillerait-il enfin ? D'un geste de ma baguette je fais disparaître ma douleur, sans lui répondre tout de suite. « En » faire quoi ? Cette leçon n'est pas pour tout de suite, il ne faut jamais trop en demander le premier soir. Le taux d'erreurs est bien trop élevé pour que je ne me risque à lui faire terminer cette première tâche. En d'autres circonstances et surtout, à un autre endroit, je lui aurait demandé de l'achever ou même d'aller l'attacher à un sous-sol, sans eau ni nourriture, pour ensuite reprendre un deuxième combat dès le lendemain. Comme Père le faisait. Je me suis battue tant de fois, dès l'âge de 8 ans, avec des plus petits que moi, des plus grands, des moins forts, des plus costauds. Je suis passé par tous les stades d'adversité et j'en suis ressortie complètement transformé, amélioré.

— A quel jeu dois-je jouer pour devenir « quelqu'un » ?

Se posait-il réellement la question ou était-ce une manipulation ?
Je jette un œil à Emily que je pousse du bout de la chaussure pour la forcer à se tourner et à s'allonger sur le dos. Je la contemple un instant dans cette horreur qu'est son existence, bras croisés sur la poitrine. Une poignée de seconde s'écoule sans que je ne lâche un mot. Mes yeux vont de ses cheveux à son visage tiré, blessé, en sang. Certaines parties gonflent sous la force des coups reçus.

— La tuer.

Je laisse planer de nouvelles secondes de silence alors que mon regard n'a pas lâché le corps d'Emily et que ma voix s'est élevée d'une manière tranchante, vindicatif et froid. Une vraie lame de rasoir qui vous sectionne la gorge d'un geste sec, proprement et rapidement. Le doute s'installe peut-être, je n'en sais trop rien, je peine à déchiffrer l'expression d'Emily tant les coups l'ont déformés.

— Du moins, c'est ce que je t'aurai demandé en d'autres circonstances. Mais nous ne prendrons pas ce risque là ce soir.

J'emploie volontairement le « nous » et le ferais chaque fois que cela sera nécessaire pour lui faire ancrer dans le crâne qu'il est bien plus impliqué qu'il ne voudrait se l'avouer. Je reste à la regarder encore quelques secondes avant de lever mon regard vers Jeroen et de lui offrir un sourire amusé, toujours bras croisés sur la poitrine.

— Chaque chose en son temps ! Je claque des mains en les frottant l'une contre l'autre. Bon. C'est terminé pour ce soir. Du moins, pour toi Jeroen. Quant à ça... je désigne Emily sur le sol comme si elle n'était qu'un morceau de chaire, rien d'autre. Disons que c'est son jour de chance et que la mort ne sera pas pour tout de suite.

Mais son tour viendra, en temps et en heure. Parce que je sais que cette petite garce est le point de départ de cette résistance qui à foutu en l'air tout notre travail accomplit ici. Sans elle et sans ces gosses trop plein d'espoir, nous n'en serions pas là.
L'espoir. Source de miracle autant que de destruction.
Mon regard se reporte sur le jeune homme alors que je m'approche, d'un pas tranquille, m'accroupissant face à lui. Sourire en coin, je dépose ma main sur son épaule alors que je scrute ses blessures.

— T'as fais du bon boulot pour une première fois, mais ne te repose pas sur tes lauriers. Garde en tête que chaque soir tu sera susceptible à ce que je te refasse venir. Je lève mon pouce vers ma gauche où Emily remue, je crois. Et qu'elle ne sera pas la première, ni la dernière.

Je me relève et pointe ma baguette sur Jeroen, murmurant une formule inaudible qui le plonge aussitôt dans un « sommeil » artificiel. Un autre geste le guéri des coups qu'il s'est prit en plein visage. Je pourrais les lui laisser comme une leçon qu'il conserverait quelques jours mais l’œil de ce château est bien trop affûté pour que je ne prenne un risque aussi stupide. Lorsque les plaies et contusions se sont effacées, je le regarde quelques secondes endormi. Visage cette fois serein... il a l'air d'avoir perdu 10 ans. Il a le faciès d'un gosse profondément endormi, sans rêve, sans cauchemar et ça contraste énormément avec les traits tirés qu'il affichait il y a moins d'une minute.

Je pose sa baguette juste à côté de lui, pour qu'il la retrouve en se réveillant d'ici une dizaine de minute. Je me tourne désormais vers Emily à qui je m'adresse d'une voix à la fois mielleuse et froide.

— A ton tour maintenant.

Le sommeil s'insinue en elle également et j’entreprends de modifier ses souvenirs pour les modeler à ma guise. Une chute dans les escaliers dont le responsable pourrait être son frère. Je mets deux bonnes minutes avant de parvenir à la fin de ma tâche, très concentré et surtout, satisfait de la tournure de cette soirée. Je sais que les choses ne seront pas toujours aussi simple, je m'y attends mais je sais également qu'avec un peu de persévérance et du bon sens, mon objectif pourra être atteint. Jeroen sera à ma merci, il me mangera dans la main et surtout, il sera un allié de taille et de choix. Son apprentissage perdurera autant que possible et il obtiendra de lui-même, les réponses à ses questions.
Quant à cette vermine qui gît sur le sol et à qui je guéris quelques blessures, gardant les plus probantes pour une chute... Elle n'est pas au bout de ses peines. Je ne suis pas un adepte des morts rapides, bien au contraire. Je préfère la lenteur, la patience, la torture … là où le cerveau se gorge de tous sentiments destructeurs pour l'être humain.

— FIN POUR MOI —
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2753
Date d'inscription : 24/06/2010
Crédits : ECK
Double Compte : Caem Kaliayev/ Julian A. Neil/Keith M. McEwen / Ethan Llewellyn/ Zachary Disemba/ Aiyana Hopkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1201-emily-anthon#72804
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Lun 5 Oct 2015 - 10:01

Se taire ? Jeroen espérait donc vraiment qu’Emily allait tout simplement se taire et attendre la suite des événements ? En quelques minutes ces deux hommes lui avait tout pris, sa dignité, sa force… Mais ça au moins, elle le conservait toujours. Cette envie furieuse de se battre, de résister encore et toujours. C’était ce qui faisait son identité désormais, ce qui faisait aussi qu’elle était encore là, debout, la tête haute, avec l’espoir de s’en sortir. Alors non, elle ne pouvait décemment pas se taire. Pourtant, elle savait bien que Jer’ n’était pas nécessairement son ennemi et qu’il disait sans doute cela pour s’aider lui-même, peut être même pour la protéger. Mais elle n’y pouvait rien, alors qu’il lui avait intimé de garder le silence, elle avait senti une colère sourde l’envahir. Comme si ces dernières forces ne pouvaient se consumer autrement que par la haine. La colère c’était ce qui lui donnait envie parfois de se lever le matin et d’affronter une nouvelle journée. Enfin du moins, cela était vrai quand les Supérieurs étaient encore présents dans le Château. La colère et l’espoir lui avait permis de ne pas devenir un sale clébard. Alors non, elle n’avait pas l’intention de se taire quand bien même elle avait l’impression de pouvoir tomber dans les vapes à tout moment. Que pouvait-il se passer de pire maintenant? Ems avait l’intime conviction que son sort était déjà scellé, que l’autre fou avait déjà décidé ce qu’il adviendrait d’elle et ce quoi qu’elle fasse. Elle n’était pas le centre de l’attention mais simplement un outil. Alors oui, elle se sentait piégée et fichue. Mais au moins, elle ne voulait pas rester bâillonnée. Son camarade de son côté semblait chercher désespérément à se sortir de ce marasme. lorsqu’elle l’entendit parler d’elle comme un simple objet, elle sentit un étrange frisson la parcourir mais aussi, une certaine envie de rire. Tout cela était tellement absurde, tellement incroyable. Elle était là et ils parlaient comme si elle n’existait pas… L'humiliation fut plus fort lorsque l’autre la poussa du coin de la chaussure la forçant à se retrouver sur le dos. Elle se promit intérieurement qu’elle se vengerait, qu’elle lui ferait bouffer son arrogance et lui prouverait qu’elle pouvait être bien plus coriace. Il parierait.

Les plans de vengeance d’Emily furent cependant suspendus dans les airs pendant un moment. Il avait suffit de quelques mots pour que sa respiration se bloque soudainement, que son cerveau semble temporairement sortir du flou dans lequel il se laissait doucement entraîner. La mort ? C’était bien ça qu’il lui réservait? La jeune femme aurait dû s’en douter, au fond d’elle peut être même qu’elle avait déjà pensé à ça et pourtant… Pourtant ce n’était pas possible. Elle ne pouvait pas s’y résoudre, elle n’était pas prête. Pas comme ça, pas sans se battre. Non ! Elle ne voulait pas mourir comme un simple pantin. La métisse émit alors une sorte de grognement tandis qu’elle essayait de faire réagir son corps. Mais elle n’avait plus de force et alors qu’elle avait à peine réussi à bouger une jambe, la voix du taré se fit de nouveau entendre. Un sursis. Voilà tout. Elle avait droit à un sursis mais Ems n’était pas dupe. Elle comprenait bien qu’il y avait une sorte de contrat sur sa tête et que si ce n’était pas maintenant, ils ne la lâcheraient pas… Comment vivre avec ça? Comment vivre avec l’idée que chaque jour, la mort pouvait l’attendre à un coin de couloir? Pendant l’Occupation elle s’était faite à cette idée, elle avait appris à la dompter mais elle ne pouvait pas retomber là-dedans, pas alors qu’elle était tout juste en train de se créer une nouvelle vie.

Emily était en train de se battre intérieurement alors que ses paupières étaient elles définitivement closes. Elle n’entendit que les bruits de pas du fou, sa voix et puis, plus rien, le vide. Un sommeil profond qui lui avait pris une partie de sa mémoire. En un sens, elle ne vivrait plus avec la peur, elle ne saurait plus que tout ça avait eu lieu et pourtant… Pourtant il était certain qu’Ems n’aurait jamais choisi cette option. Certes elle pourrait avancer sans souvenirs traumatisants, sans cette impression que la torture pouvait reprendre, sans la peur… Mais elle était maintenant une cible facile, peu méfiante qui en venait à oublier même qu’on pouvait lui faire du mal. Elle redevenait sans s’en rendre compte, un simple pantin manipulé. Car sa colère contre son Stefen ne serait alors qu’une illusion. Car son envie de se débarrasser de ce frère ne serait que basée sur du mensonge. Oui elle était en train de devenir un pantin qu’on articulait sans difficulté. Cette idée l’aurait sans doute rendue complètement folle.

Mais en cet instant, elle n’était plus qu’un corps blessé, souffrant. Qu’une âme manipulée, persuadée de haïr la bonne personne, pour les bonnes raisons. Elle n’était plus qu’une jeune femme endormie qui aurait presque pu paraître paisible... .

- Fini pour moi -
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   Dim 8 Nov 2015 - 23:32

Baisser la tête, grogner, c'était faire plaisir, c'était donner raison à l'homme qui voulait le soumettre. Ne pas vouloir être un chien, c'était en devenir un. Il n'y avait pas d'issue, pas de fond au puits d'emmerdes dans lequel il s'enfonçait depuis quelques semaines. Son âme n'en ressortirait pas indemne. S'il ne devenait pas tout simplement mage noir, il ne serait plus jamais comme avant. Corrompu, rompu, abîmé et retaillé pour rentrer dans un nouveau moule... Différent. Un nouveau Jeroen était en train de naître, un pur produit de la violence qu'il subissait, pure image de ce qu'il avait toujours haïs tout en se disant, oui, j'en comprends les rouages, j'en comprends les sources et il est dur d'y réchapper.

Était-il cette chose froide qui pouvait frapper sans rien ressentir ? Était-il un meurtrier en puissance ? Le temps le dirait, mais à la base, il lui manquait effectivement un petit quelque chose du côté de l'empathie qui faisait de lui un candidat idéal pour être autre chose qu'un foutu chien. C'était ce quelque chose que James avait dû remarquer. Jeroen avait certainement le potentiel de devenir un maître. Oui, c'était cela. Quitte à devoir faire le mal, cette fois-ci, autant monter dans leurs échelons, continuer d'acquérir leurs méthodes à plus haut niveau pour mieux les combattre à l'avenir, pour ne pas hésiter un seul millième de seconde lorsqu'il faudra lancer un Avada sur un Supérieur. Allons-y donc ! Toutefois, si le maître chanteur persistait à vouloir en faire un tueur froid, il prenait le risque de voir l'élève surpasser et détruire le maître...

La conscience faisait des revirements en pagaille. La tête entre ses mains, Jeroen cherchait le bon état d'esprit pour se protéger de ce qu'il faisait, et il commençait à trouver quelque chose du côté des sentiments contradictoires de violence et de détachement qu'il ressentait à cet instant précis. Par les coups qu'il s'était pris, il s'était retrouvé obligé de réfléchir avec son corps et non plus avec sa tête. Et son corps ne tenait plus le choc, assis au sol sans grande dignité. Réfléchir n'aidait pas, pas à cet instant précis, il était donc obligé d'obéir. Ou plutôt, il suffisait d'obéir, il n'était même plus question d'obligation à ce stade puisqu'en soit, rien de ce qui se passait ici n'était consenti...

Quelle serait la suite des événements ? L'homme sourit, un sourire franc. Il exerça un mouvement de sa baguette, un sort sur lui-même, prenant son temps, laissant le silence s'étirer de toute sa longueur. L'homme s'approcha, poussa Emily du pied pour la retourner comme un vulgaire corps sans âme. Jeroen fit attention à rester assez loin pour éviter tout contact, comme si la toucher à nouveau aurait pu lui faire prendre conscience de ce qu'il avait fait subir à son corps... Comme si un contact rendrait tout cela plus réel que ce qu'il pouvait gérer.

- La tuer.

Électrochoc. Un frisson parcourt l'échine de Jeroen. Si cette hypothèse ne l'étonnait pas, il ne s'y attendait pas à cet instant précis. Comptait-il vraiment commencer en le faisant tuer quelqu'un ? Au-delà du fait que ça pouvait construire le « nouveau Jeroen » sur les bases d'un traumatisme, c'était aussi une très mauvaise tactique s'il devait rester discret. Jeroen blêmit. Sans partir dans les grandes réflexions tactiques, il sentait son âme s'ébrouer violemment au fond de lui. Pas ça, surtout pas ça... Mais il n'eut pas le temps de réagir que l'homme avait repris la parole.

- Du moins, c'est ce que je t'aurais demandé en d'autres circonstances. Mais nous ne prendrons pas ce risque là ce soir.

Le serpentard dut prendre quelques secondes pour se remettre à respirer correctement. Il n'aurait pas pu, il n'aurait pas eu la force physique de l'achever, et sa baguette aurait refusé de lui obéir, mais la voir mourir... Il croisa le regard de James, qui lui offrit un petit sourire amusé. C'est qu'il était content de sa petite blague ! Jeroen ravala sa salive et frotta sa main contre sa joue quelques secondes, juste le temps de raviver la douleur ignoble qui lui vrillait toute cette partie du visage. Il grimaça et réprima un grognement.

- Chaque chose en son temps ! Jeroen sursauta lorsque James claqua dans ses mains. Bon. C'est terminé pour ce soir. Du moins, pour toi Jeroen. Quant à ça... Disons que c'est son jour de chance et que la mort ne sera pas pour tout de suite.

A ces mots, le corps de Jeroen se relâcha malgré lui et il ferma les yeux. « C'est terminé. » Il était allé au bout, malgré l'angoisse, malgré les brides en conflit qu'il se mettait et le coup dirigé vers son maître chanteur, le sursis était maintenu. Sa sœur resterait sauve encore un moment, Emily ne mourrait pas... et c'était tout ce qui comptait. James s'approcha tranquillement de Jeroen et s'accroupit pour être à sa hauteur, avant de poser une main sur son épaule. Le garçon serra les dents pour ne pas tenter de se soustraire à ce contact. Il détestait qu'on le touche. Surtout lorsque le but était d'asseoir une domination sur lui... mais il avait accepté cette domination et devait s'y tenir. Il sentit la chaleur de sa main, se diffusant sur sa peau. Une chaleur qui aurait pu être agréable dans d'autres circonstances.

- T'as fais du bon boulot pour une première fois, mais ne te repose pas sur tes lauriers. Garde en tête que chaque soir tu seras susceptible à ce que je te refasse venir. Et qu'elle ne sera pas la première, ni la dernière.
- J'en ai conscience... murmura-t-il, plus pour lui-même.

Puis l'homme se redressa et pointa sa baguette sur lui. Jeroen se tendit à nouveau d'un bloc et eut un mouvement de recul : pur réflexe de survie. Il ne voulait pas qu'il lui trafique encore la mémoire ou qu'il le blesse ou... Les lèvres de James murmurèrent quelque chose et Jeroen sentit son corps devenir lourd, ses paupières se fermer contre son gré. Il retomba lourdement au sol et plongea dans un profond sommeil.

Le rien réparateur, protecteur d'une conscience abîmée. Négation d'un corps en miettes. Comme un enfant endormi paisiblement, inconscient des drames du monde qui l'entourait.


Lorsque Jeroen rouvrit les yeux, il se sentait groggy, un peu perdu. La conscience de ce qui s'était passé lui revint lentement et il accueillit la flot d'information sans bouger, en position fœtale, les vêtements trempés d'une sueur devenue froide et collante. La pièce était à présent vide, silencieuse, comme si rien ne s'était produit entre ces quatre murs. Il se souvenait. Son corps se souvenait de la douleur mais de manière diffuse, lointaine, à la manière d'un mauvais rêve entêtant. James l'avait soigné pendant son sommeil forcé. Sa baguette, à côté de lui, l'attendait comme une récompense pour son bon comportement.

T'as fait du bon boulot.

Il tendit son bras et sa main se referma sur le bois de sa baguette, qui réagit en crachant quelques étincelles. Un goût de bile s'immisça dans sa bouche mais il enfouit ses sentiments au fond de son âme et se releva.

▬ Fin
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Cours plus loin ▬ James & Emily   

Revenir en haut Aller en bas
 
Cours plus loin ▬ James & Emily
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» James Lafferty En Cours
» cours de latin
» OH CONS SEYE ELEC TORO ! VOTRE 12 JANVIER N'EST PAS LOIN !
» Cours informatique
» Amphi pour les cours de Ninjutsu

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Quatrième Etage.-
Sauter vers: