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 Au temps se soustraient les centimètres ▬ Kim

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MessageSujet: Au temps se soustraient les centimètres ▬ Kim   Mar 5 Mai 2015 - 21:29

Mercredi 7 janvier ▬ dans la soirée

À mademoiselle Gwen Roberts-Moore,

Nous te remercions pour tes nouvelles. Nous avons eu très peur en apprenant ce qui s’était passé à Salem. Fort heureusement, ton frère Gabin nous a prévenus bien tôt : ton père s’apprêtait à partir pour l’Institut. Ne nous refais pas de telles frayeurs. Nous espérons que tu ne manques de rien et que l'équipe pédagogique de Poudlard est accueillante. July voyage actuellement en Italie, contacte-la en cas de besoin.

Nous t'embrassons.

Gwen passa sa main dans ses cheveux et soupira silencieusement, refermant la lettre. Joint à ce mot, un cachet représentant une petite somme. Elle s'était empressée de refermer le courrier, avant qu'un œil indiscret ne vienne ne serait-ce qu'à entrevoir le nombre à quelques zéros. Cela frôlait l'indécence. Comme à leur habitude, ils avaient pensé à tout, y compris à ce qui n'était pas nécessaire. Quand comprendraient-ils qu'à présent, elle avait un travail, un salaire, une indépendance lui permettant de vivre confortablement sans leur soutien économique ? Elle n'avait ni loyer ni nourriture à payer ; même en ces circonstances si particulières, l'argent était le cadet de ses soucis. Toutefois, elle ne pouvait pas nier être contente d'avoir reçu leur lettre. Malgré la retenue dont sa mère faisait preuve, elle savait qu'ils ne devaient pas être sereins sans nouvelles de leur petite fille chérie. Ils s'étaient même retenu de faire des remarques sur les vacances qu'elle aurait dû venir passer chez eux, ce qui en disait long sur leur inquiétude. En tout cas, le problème était réglé : elle allait bien, elle était en sécurité, ils n'avaient pas besoin d'en savoir plus.

Toutefois, elle se demandait comment Gabin avait été mis au courant de sa situation avant tout le monde. Il faisait partie de ses premiers destinataires, mais tout s'était passé très vite et Gwen n'avait pu envoyer des nouvelles que tardivement. Un intuition lui soufflait qu'Anton n'y était pas étranger. Gabin et lui s'entendaient relativement bien malgré les différends qui opposaient les deux familles. Cela ne l'étonnerait pas qu'il lui ait donné des nouvelles avec toute la primeur de celui qui en sait beaucoup trop pour être innocent... Décidément, il lui donnait mille raisons de le rosser ces derniers jours. Il n'avait pas intérêt de pointer son nez avec ses amis ici : il aurait droit à une humiliation publique de la part de sa mégère mécontente. Mais elle ne lui en voulait pas trop. Tant que les Roberts-Moore au complet ne décidaient pas de venir marcher sur l'Ecosse pour la chercher, tout irait pour le mieux. Il y a des limites à l'implication familiale.

La jeune femme piocha un petit morceau de viande dans un plat et le tendit à Richard. Il avança son bec acéré et s'empara de l'offrande avant de prendre son envol, satisfait d'avoir accompli sa mission. La Grande Salle était relativement calme, les élèves mangeaient sans hausser le ton. Par moments, un rire éclatait dans un coin de la pièce mais l'atmosphère ressemblait à celle d'une école tout ce qu'il y a de plus banal. L'enseignante resta pensive le restant du repas, tâchant de se tenir correctement malgré l'envie terrible de s'accouder à la table comme une roturière. Et de jouer avec ces fichus petits pois qui traînaient dans son assiette. Une adulte respectable ne fait pas ça, il paraît.

Et d'ailleurs, que faisait July sur le vieux continent ? Elle avait peut-être pris des vacances avec son fiancé, ou peut-être avait-elle un colloque important sur l'importance du renforcement des effectifs de gobelins dans les services de gestion de l'immigration sorcière... Gwen avait du mal à saisir de ce genre de débats. La politique ne l'intéressait pas le moins du monde ; comment ses deux aînés pouvaient-ils travailler dans un milieu aussi peu stimulant ? Qu'importait. Elle n'avait pas de raisons de contacter sa sœur, aussi proche géographiquement soit-elle. Elle était capable de régler ses problèmes seule, sans l'aide de personne, et en cas d'urgence, elle était entourée de suffisamment d'adultes responsables et censés pour ne pas avoir à aller chercher July, qui ne manquerait pas l'occasion de la réprimander froidement pour une raison X ou Y.

En fin de repas, elle rangea la lettre dans une poche intérieure de son sac et s'éclipsa pour marcher un peu. Elle devait déposer un livre à la bibliothèque et souhaitait saluer Keith par la même occasion. D'un geste fluide et habitué, elle enroula ses cheveux en un chignon imparfait qu'elle fixa avec sa baguette magique. Les deux bouts ressortaient largement, mais cela avait au moins l'avantage de rendre la baguette facilement accessible en cas de besoin. Elle poussa la porte de la bibliothèque, sourit à des élèves qui la saluaient et déposa le livre emprunté sur son bureau et lui adressa un large sourire. Ils discutèrent un instant, le temps pour la belle de demander s'il lui ouvrirait la réserve un autre jour pour qu'elle puisse jeter un œil aux ouvrages de potions qui y étaient soigneusement enfermés. Puis elle le laissa et sortit de la bibliothèque avec deux nouveaux ouvrages hyper-spécialisés dans lesquels elle espérait piocher quelques informations intéressantes. Alors qu'elle croisait des étudiants, elle s'arrêta.

- Kim ?

Son visage s'éclaira d'un large sourire tandis qu'elle s'approchait de la jeune femme. Eh non, elle ne s'était pas trompée. C'était bien Kim Collins, une bonne amie de Gabin. Si elle ne l'avait pas eue en face d'elle, il lui aurait été bien impossible de faire le rapprochement entre la petite américaine énergique et garçon manqué qui traînait avec son petit frère, et cette jeune femme en fauteuil roulant moldu. Gabin, s'il était au courant, ne lui avait pas touché un mot de ça... Il s'en était passé des choses, ces dernières années. Mais cela lui faisait plaisir de la revoir.

- Ah ! Je n'aurais jamais imaginé te croiser ici. Cela fait longtemps. Tu as... hm... Tu étais plus grande dans mes souvenirs.

Elle fit un geste de mesure par rapport à ses souvenirs. C'était de l'humour, évidemment, mais connaissant la miss, elle ne prendrait pas cela au premier degré. Espérait-elle ? Sans se départir de son sourire, elle glissa ses livres dans sa sacoche en cuir, se libérant ainsi les mains.

- Que fais-tu par ici ? Comment va la famille ?

C'était un ensemble de questions d'usage bateau, mais cela l'intéressait réellement de savoir ce qu'elle devenait.
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MessageSujet: Re: Au temps se soustraient les centimètres ▬ Kim   Sam 16 Mai 2015 - 19:11

Mercredi 07.01.2015
Dans la soirée

Maman,

Je vais bien, et non, je n'ai pas changé d'avis. Arrête d'insister, s'il te plaît. Tu me manques aussi, vous me manquez tous, mais tu sais très bien que je ne supporterais pas d'être coincée à la maison. Papa et toi m'avez toujours dit que l'école, c'était important. Alors maintenant que j'étudie, arrête de m'en dissuader. Ne t'inquiète pas pour moi, je saurai me défendre si besoin, tu sais bien que je ne me laisse pas faire. Je t'assure que je vais bien. Je t'aime et je t'embrasse très fort !

Ta Kim

Elle leva les yeux au ciel et secoua la tête avec lassitude. Quand elle s'y mettait, sa mère était vraiment… chiante. Ne pouvait-elle pas la laisser vivre sa vie, une fois pour toute ? Elle savait que s'énerver ne servirait à rien et ne ferait qu'empirer les choses, mais elle avait vraiment envie de pousser une gueulante pour évacuer sa frustration. Elle avait dû s'y prendre à plusieurs reprises pour rédiger une réponse correcte à la lettre qu'elle avait reçue dans la matinée. Ses essais précédents gisaient autour d'elle, boulettes de papier jetées rageusement par terre. Bien sûr que ça ne lui faisait pas plaisir de devoir quitter les siens, mais elle ne voyait pas d'autre option. Elle voulait être Auror, et si aux States on ne l'en croyait pas capable avec 21 ans et un fauteuil roulant, au point de lui refuser les études supérieures dans ce domaine, elle n'avait pas vraiment eu d'autre choix que celui d'étudier là où ils avaient bien voulu d'elle, à savoir, Poudlard. Elle ferait ses preuves, et ils n'auraient plus rien à lui reprocher. Peut-être les Anglais étaient-ils malgré tout plus ouverts que leurs cousins d'Amérique qui se voulait pays libre par excellence ? S'il le fallait, elle se ferait engager par le Ministère de la Magie britannique. Ou alors, elle se la jouerait solo, se ferait un nom en partant de rien. Quoi qu'il en soit, ce n'était décemment pas en fuyant le danger que représentaient les Supérieurs qu'elle allait réussir quoi que ce soit, donc non, elle n'allait pas rentrer à New-York, au grand dam de sa mère qui s'avérait être une mère poule bien plus qu'elle n'en donnait l'air.

Elle plia la lettre et la glissa dans son sac, puis, d'un coup de baguette, elle rassembla et brûla les boulettes de papier, de sorte à ne rien laisser derrière elle. Elle partit en direction de la volière, guidant son fauteuil avec sa baguette. Elle avait bien de la chance de ne pas avoir le vertige. Pour le reste, ce n'était qu'une question d'habitude et de confiance en ses capacités magiques. En matière de lévitation, elle était sans doute une des meilleures sorcières du monde entier, et pour cause, sa vie en dépendait. Une simple petite erreur pouvait lui être fatale lorsqu'elle se faisait léviter dans les escaliers. L'apprentissage n'avait pas été facile, mais elle était aujourd'hui en totale symbiose avec son fauteuil. Il était un membre de son corps à part entière, et même s'il ne s'avérait pas toujours pratique, elle le maniait avec dextérité et fluidité. Elle était bien contente de ne pas avoir croisé Lysander sur son chemin à la volière, car il aurait sans doute insisté pour porter la lettre à sa place, lui promettant de ne pas la lire et de la poster sans fourberies pour lui éviter de devoir s'y rendre et de s'exposer ainsi au danger. Elle s'approcha de sa chouette préférée, sortit de son sac quelques friandises et les lui offrit avant de lui confier l'enveloppe où était notée l'adresse de ses parents. Puis elle redescendit jusqu’au Rez-de-Chaussée pour le repas du soir.

Elle discuta un peu avec Thomas au départ, puis le laissa se consacrer à ses autres amis tandis qu'elle finissait de manger. Enzo n'était pas à table et quelque part, ça commençait à l'inquiéter. Elle avait saisi des bribes de conversations entre certains de ses amis et ils semblaient considérer son absence comme anormale. Elle-même n'aurait pas pu en juger car elle ne le connaissait pas plus que ça au final, mais si ses proches s'inquiétaient pour lui, c'était qu'il y avait une bonne raison. Elle n'avait pas encore trouvé le courage d'aller aborder qui que ce soit au sujet du jeune homme, mais s'il ne revenait pas rapidement, elle sentait qu'elle allait probablement essayer d'en savoir un peu plus que ce qu'elle entendait vaguement par-ci par-là. Elle sortit de table parmi les premiers. Elle avait encore des devoirs à faire, et elle ne pouvait pas retarder plus qu'elle ne l'avait déjà fait le moment où elle allait devoir s'y mettre. Il fallait juste qu'elle passe aux toilettes d'abord, puis elle irait trouver une table à la bibliothèque en espérant trouver aussi de la motivation et de l'inspiration. Ce fut donc au premier étage, après avoir passé plusieurs minutes aux toilettes du quatrième, qu'elle croisa une jeune femme blonde aux lèvres fines et à la tête haute.

« Kim ?
- Gwen ? »

Depuis que Salem était tombée, Kim ne cessait de croiser à Poudlard des gens qu'elle connaissait dans le passé. En l'occurrence, Gwen était la sœur de son ami Gabin qu'elle avait vu pendant les vacances de Noël. À peine quelques jours plus tôt, elle avait revu Emmy dans les cuisines, et dès le premier jour de la rentrée, elle avait trouvé Benjamin. Tous les trois avaient eu beaucoup de chance de ne pas avoir été trop touchés par la bataille qui avait dû se dérouler à Salem et dont le monde sorcier entier avait eu vent, mais ils étaient sans doute un peu traumatisés malgré tout. Les deux jeunes femmes se sourirent radieusement en réduisant la distance qui les séparait et Gwen ne tarda pas à reprendre la parole.

« Ah ! Je n'aurais jamais imaginé te croiser ici. Cela fait longtemps. Tu as... hm... Tu étais plus grande dans mes souvenirs. »

Elle fronça les sourcils, faussement vexée.

« Toi, par contre, tu es toujours aussi petite. »

Et un grand sourire étira à nouveau les lèvres de la rouquine qui ne s'offusquait que pour le fun de la remarque de la belle blonde. Quant au fait de la croiser ici, il fallait avouer que Kim s'y attendait un peu, car Gabin lui avait justement demandé de la retrouver lorsqu'il avait appris que Gwen s'était réfugiée à Poudlard et que Kim comptait y retourner malgré les protestations de sa mère. La jeune Gryffindor avait vite fait de constater grâce aux repas en commun que Gwen semblait bien se porter et avait rejoint l'équipe pédagogique de Poudlard puisqu'elle mangeait à leur table et avait l'air en forme. Elle ne savait pas trop quelle matière elle pouvait bien enseigner, par contre. En fait ça faisait au moins six bonnes années qu'elles ne s'étaient pas revues, comme l'avait si subtilement fait remarquer Gwen en évoquant la différence de taille dûe au fauteuil auquel Kim avait été réduite.

« Que fais-tu par ici ? Comment va la famille ? »

La jeune Roberts-Moore avait rangé ses livres dans son sac et demandait des nouvelles. Kim haussa les épaules.

« Mis à part le fait que ma mère n'approuve pas mon retour à Poudlard, la famille va plutôt bien. Je les ai revus à Noël, et j'ai croisé ton frère Gabin d'ailleurs. C'était sympa. Quant à moi, tu ne me croiras peut-être pas mais j'étudie. »

Oui oui, Kim étudiait. Kim était studieuse, Kim faisait des efforts. Kim avait de l'ambition. Elle rigola à sa propre blague qui n'en était même pas une. Si on lui avait dit quand elle avait treize ans qu'elle serait étudiante, elle aurait ricané et considéré ça comme impossible. Elle n'était pas faite pour les études. Elle était une femme d'action, pas de théories ou de discours. Pourtant, la voilà à Poudlard, déterminée à réussir son année et toutes ses années. À réussir sa vie.

« Et toi donc, qu'est ce que tu deviens ? Je savais pas que tu travaillais à Salem. Ta famille va bien, t'as des nouvelles ? »

Elle avait un arbre généalogique énorme, Kim n'était même pas sûre d'avoir tout compris. Il fallait dire qu'elle ne parlait pas forcément de famille, lorsqu'elle traînait avec Gabin. Et puis, elle n'avait pas franchement une très bonne mémoire pour ce genre de choses de toute manière. Si elle savait une chose, c'était qu'ils avaient des manières de bourgeois et que c'était bien drôle par moments.

« Je vois que tu as fait connaissance avec la bibliothèque de Poudlard. L'Écosse te plaît au point de ne pas vouloir rentrer chez tes parents ? »

Elle ne savait pas trop si Gwen avait un chez soi autre que Salem et que la maison familiale, mais elle savait que Gabin et le reste des Roberts-Moore s'étaient inquiétés et s'inquiétaient pour leur fille. Peut-être allaient-elles se trouver des ressemblances, dans tout ça ?
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MessageSujet: Re: Au temps se soustraient les centimètres ▬ Kim   Mer 3 Juin 2015 - 19:35

Croiser tant de visages connus si loin de chez elle... Elle aurait aimé que cela ne soit qu'une vaste coïncidence. Un voyage scolaire aurait été une raison magnifique pour visiter le château de Poudlard, école de magie presque aussi ancienne que l'Institut des sorcières de Salem. Ses murs renfermaient des trésors fantastiques que Gwen appréciait à leur juste valeur, mais il était difficile de se détacher totalement du contexte. S'il était normal de retrouver des anciens de Salem venus s'installer outre-Atlantique pour diverses raisons, sa présence, ainsi que celle de ses élèves et collègues actuels, ne devrait pas avoir lieu d'être. À cette heure-ci, ils devraient être dans leur école. Elle sortirait à peine de la bibliothèque après une longue et intense discussion avec Benjamin, et elle irait se coucher dans ce qui était sa chambre depuis plus de deux années. Parfois, la douleur se réveillait et elle sentait la mélancolie pointer, mais cette fois-ci, il n'y avait pas de quoi faire un mélodrame.

- Gwen ?

Kim Collins, elle ne l'avait pas vue depuis des années mais en gardait un bon souvenir. Globalement, elle appréciait les amis de Gabin. Elle le soupçonnait d'avoir eu une histoire avec la plupart d'entre elles, ce qu'il ne démentait jamais tout à fait, laissant planer le mystère. Passé un certain âge, il avait cessé de se vanter de chaque bisou obtenu d'une fille qui lui plaisait. Elle ne connaissait pas la nature exacte de sa relation avec Kim mais elle savait qu'il était aussi très ami avec son frère, et elle-même appréciait bien la jeune miss. Malgré la différence d'âge et leurs statuts actuels respectifs, les deux jeunes femmes se connaissaient donc suffisamment pour ne pas s'embarasser d'une distance inutile. Elles étaient tout simplement contentes de se croiser et ne s'en cachaient pas. Kim fronça les sourcils à sa petite boutade.

- Toi, par contre, tu es toujours aussi petite.

Elle prit un air faussement contrarié avant de sourire à nouveau. Bien, elle avait toujours le sens de l'humour. C'était la petite entrée en matière permettant de savoir sur quel ton aborder cette conversation, et assurément, celle-ci devrait se révéler assez légère malgré les... changements. Entre l'attaque de Salem et la chaise roulante de la demoiselle, leur échange aurait pu être nettement moins joyeux, mais elles étaient sur la même longueur d'onde. C'était parfait pour un échange social comme il faut.

- Mis à part le fait que ma mère n'approuve pas mon retour à Poudlard, la famille va plutôt bien. Je les ai revus à Noël, et j'ai croisé ton frère Gabin d'ailleurs. C'était sympa. Quant à moi, tu ne me croiras peut-être pas mais j'étudie.
- Gabin est toujours fourré avec ton frère ? Cela ne m'étonne pas. Je me demande quand il prend le temps de travailler... Il va bien ? Cela fait belle lurette que je ne l'ai pas vu.

Elle sourit mais le petit dernier l'inquiétait un peu. S'il ratait ne serait-ce qu'une année de son D.E.S.M.A.N. Défense, ce serait la crise politique chez les Roberts-Moore. Elle préférait ne pas trop y penser mais venant de lui, c'était une hypothèse à ne pas ignorer...

- Et qu'étudies-tu de beau ? Ce n'est pas si surprenant, tu sais. Nous nous assagissons tous avec le temps. Plus ou moins.

Pour une jeune enseignante n'ayant jamais perdu la passion de faire exploser des choses, mieux valait qu'elle tempère un peu ses propos. Ils n'avaient pas besoin de constamment se comporter en adultes, cela dépendait des caractères. Et puis, Kim avait encore du temps devant elle avant de devoir se « ranger », comme la mère Roberts-Moore aimait à le dire. Les études supérieures n'étaient qu'une étape, un moyen de s'occuper l'esprit en attendant de trouver du boulot, cela ne l'étonnait donc pas que la jeune femme soit ici aujourd'hui, même si son caractère ne le laissait que difficilement présager.

- Et toi donc, qu'est ce que tu deviens ? Je savais pas que tu travaillais à Salem. Ta famille va bien, t'as des nouvelles ?
- Eh bien, je suis devenue Maître des potions. À Salem, j'entends. J'ai été prise là-bas sitôt mes études terminées. Comme nous sommes arrivés alors que la place venait d'être laissée vacante par Monsieur Hammerschmitt, j'ai repris le poste ici.

C'était aussi simple que cela. Une parfaite continuité, où le seul accroc correspondant à l'attaque de Salem avait été bouché en deux temps, trois mouvements. Tout le personnel n'avait pas eu cette chance. Entre la disparition hautement inquiétante de la directrice, les décès purs et simples et les changements de postes, tout le monde était un peu désorienté... Mais elle, elle avait retrouvé sa place, un bureau, une salle de classe, ses élèves, sa matière, ses chaudrons. Faute de régler les problèmes, cela lui permettait de rendre le tout plus supportable. Elle continua avec les nouvelles sans s'arrêter sur ces tristes détails.

- J'ai reçu une lettre de mes parents ce matin, justement. Ils semblent aller bien, ma sœur voyage en Italie en ce moment même. Ils s'inquiètent eux aussi. Majeures mais incapables de s'occuper d'elles-mêmes, n'est-ce pas dramatique ?

Elle rit, d'un petit rire franc et joyeux, qui s'apaisa en un sourire déséquilibré. Celui qui s'inquiétait le plus était assurément Anton, et il n'essayait pas d'arranger le problème avec de l'argent. Non, lui possédait beaucoup plus de cartes en main que tous les autres. Il avait mille raisons supplémentaires d'invalider son choix de rester à Poudlard dans un contexte si troublé.

- Je vois que tu as fait connaissance avec la bibliothèque de Poudlard. L'Écosse te plaît au point de ne pas vouloir rentrer chez tes parents ?
- Je n'ai plus vraiment l'âge d'habiter chez mes parents, tu sais. Elle ramena délicatement une mèche de cheveux en arrière. Mais si j'avais eu le choix, je serais restée à Salem. C'est assez dépaysant, et il m'arrive encore de me perdre dans tous ces couloirs. Je ne les ai pas autant pratiqués que ceux de Salem...

Une chose était assurément fausse dans son discours : elle avait parfaitement eu le choix. Elle aurait pu rentrer chez elle, peut-être aurait-elle pu retourner à l'Institut de Salem pour... eh bien, pour faire quoi ? Récupérer ses affaires, certes, cela aurait pu être intéressant. Mais que souhaitaient-ils faire du château à présent qu'ils l'avaient fait tomber ? Leur but était-il seulement de détruire, de mettre les récalcitrant en fuite jusqu'à leur mort ? Anton n'en disait rien mais ils devaient bien avoir une idée derrière la tête. Elle secoua ses boucles blondes, faisant retomber la mèche récalcitrante devant sa joue et sourit en jetant un œil à ses livres.

- Mais la bibliothèque de Poudlard est riche et j'apprécie le bibliothécaire. En plus d'avoir mes élèves entre ces murs, cela me fait une bonne raison de rester. Et toi ? Les Etats-Unis ne te manquent pas trop ?

HJ:
 
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MessageSujet: Re: Au temps se soustraient les centimètres ▬ Kim   Ven 10 Juil 2015 - 10:56

Si elle pensait échapper à son passé en s'inscrivant à la section universitaire de Poudlard, Kim s'était trompée mais alors sur toute la ligne. Depuis les vacances de Noël et les événements tragiques qui les avaient ponctuées, les élèves et professeurs de Salem arpentaient les mêmes couloirs que les sorciers britanniques, si bien qu'elle retrouvait au sein même du château écossais d'anciennes connaissances américaines, et c'était assez bizarre. Elle avait parfois même d'autant plus l'impression qu'elle n'avait pas sa place ici. Tous les jeunes et moins jeunes qu'elle côtoyait au quotidien avaient vécu des horreurs, des atrocités. Ils avaient perdu leurs proches, leurs familles, leurs chez-sois. Ils avaient été blessés de toutes les manières possibles et imaginables. Pourtant, la voilà en fauteuil roulant, affichant malgré elle son handicap aux yeux de tous, les incitant à la plaindre et à vouloir l'aider alors qu'elle était celle qui en avait le moins besoin. Ça lui donnait envie de gerber, et il était presque inévitable pour elle de s'engueuler à ce sujet avec les personnes dont elle faisait la connaissance. Ça ne l'empêchait pas pour autant de s'en faire des amis par la suite. En fait, c'était souvent une bonne engueulade qui lui permettait de poser les bases d'une relation qui avait ensuite le mérite d'être sincère et donc solide, durable. Et, malgré ses airs grincheux et associables parfois, elle était en réalité quelqu'un qui aimait la compagnie.

Quand elle était gosse, elle était constamment fourrée avec ses potes. Ils lui donnaient ce sentiment de toute-puissance, cette impression d'être invincible, éternelle. Avec eux, elle pouvait faire toutes les conneries du monde. Elle avait besoin de liberté, d'espace, mais ce n'était aucunement incompatible avec l'amitié. Elle n'était pas spécialement populaire, elle avait son cercle d'amis sur lesquels elle savait qu'elle pouvait compter en toutes circonstances. Ils étaient sa liberté. Et puis elle avait aussi un bon nombre d'ennemis qui n'acceptaient pas son caractère ou qu'elle ne pouvait pas saquer pour des raisons diverses et variées. C'était souvent du tout ou rien, avec elle. Et globalement, même si elle ne s'en rendait pas forcément toujours compte, beaucoup de gens la connaissaient, surtout à cause de son caractère bien trempé, des bêtises qu'elle faisait et des conflits qu'elle provoquait, ou encore des punitions qu'elle écopait régulièrement. Pas besoin d'être savant pour comprendre que c'était à partir de son accident qu'elle avait commencé à changer. C'était d'ailleurs assez difficile à décrire, car elle pouvait donner l'impression d'avoir mûri et perdu en spontanéité d'un côté, tout comme elle pouvait donner l'impression d'être encore plus lunatique et désagréable de l'autre. Ça dépendait de beaucoup de choses. En fait, elle avait eu du mal à se trouver, à se créer une nouvelle identité et à accepter son fauteuil et tout ce qu'il impliquait. Mais au fond, elle était restée la rouquine indomptable et garçon-manqué avec ses humeurs et ses ambitions.

Ce n'était pas pour fuir son ancienne vie qu'elle avait décidé d'aller à Poudlard. C'était simplement une manière pour elle de prendre sa vie en main, ou du moins d'essayer, après en avoir été indirectement empêchée pendant deux ans à cause de son handicap. C'était une des seules options qui s'offraient à elle, en fait, si elle voulait réaliser son rêve. En même temps, vouloir devenir Auror en étant sur chaise roulante n'était vraiment pas l'idée la plus intelligente du siècle ! Mais après tout, il fallait dire que le monde sorcier ne voulait pas d'elle même en tant que secrétaire ou vendeuse, donc elle considérait qu'elle n'avait pas de reproches à se faire pour suivre son ambition. Pour le coup, même si les crimes des Supérieurs étaient assez atroces, elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'au moins, elle aurait peut-être plus de chances pour être acceptée dans la défense malgré son handicap. Ils n'allaient tout de même pas refuser une paire de bras et une baguette en plus ! C'était aussi pour ça qu'elle était revenue au château malgré la menace qui planait au dessus : ce n'était pas en se cachant dans les jupes de sa mère qu'elle allait devenir Auror ! Mais croiser des visages connus dans l'école Écossaise où elle était arrivée sans connaître personne était tout de même assez étrange. Par contre, elle s'était quand même plus ou moins attendue à retrouver Gwen entre ces murs. C'était la sœur de Gabin qui était ami avec elle ainsi qu'avec Tom, son frère aîné, et qui était venu passer quelques jours chez les Collins pendant les vacances d'hiver. Alors qu'il était à New-York, il avait reçu un hibou lui apprenant que Salem était tombée et que les rescapés avaient trouvé refuge à Poudlard. Il avait donc plus ou moins chargé Kim de retrouver sa grande sœur.

« Gabin est toujours fourré avec ton frère ? Cela ne m'étonne pas. Je me demande quand il prend le temps de travailler... Il va bien ? Cela fait belle lurette que je ne l'ai pas vu. »

La réflexion de Gwen – bon, d'accord, son vocabulaire et sa formulation aussi, un peu – tira un sourire à la rouquine.

« Il avait l'air en forme, oui. Et, oui, il est resté ami avec mon frère, mais il avait l'air encore plus content de me voir moi ! »

Oui parce que Gabin était l'ami de Kim, avant d'être celui de ses frères. Un peu comme Kim était d'abord l'amie de Gabin avant d'être celle de Gwen, même si c'était quand même un peu différent car la différence d'âge entre les deux benjamins des Roberts-Moore était bien plus marquée que celle entre les deux Collins du milieu.

« Et qu'étudies-tu de beau ? Ce n'est pas si surprenant, tu sais. Nous nous assagissons tous avec le temps. Plus ou moins. »

À nouveau, la remarque de la belle blonde fit sourire Kim. Même si Gwen pouvait paraître posée et responsable, il n'était pas trop difficile de l'imaginer en train de faire des caprices et des enfantillages, et cette idée était d'ailleurs bien drôle. Mais il fallait dire que Kim n'était pas très différente, et derrière ses airs de rabat-joie elle était en réalité une grande gamine.

« Pour l'instant, j'étudie beaucoup de choses pas très intéressantes, genre HDM ou droit, cursus littéraire oblige. Mais ça devrait bientôt changer, j'espère, car c'est pas trop mon truc. J'aimerais travailler dans la défense, idéalement être Auror. Donc je ne serais pas si sûre de m'être assagie avec le temps, mais bon. »

Elle fit un petit clin d'œil à la jeune femme. Elle savait qu'elle n'était pas très crédible lorsqu'elle parlait de son rêve, de son ambition, mais si d'habitude elle craignait le jugement des autres, elle le prenait aujourd'hui avec humour et détachement. Ça semblait d'ailleurs être le mode de toute leur conversation, et Kim devait avouer qu'elle était plutôt contente de ne pas sombrer dans les complaintes, lamentations et condoléances qu'auraient presque voulu les circonstances. Elle ne tarda cependant pas à demander à Gwen ce qu'elle devenait et à lui retourner la question sur sa famille à elle.

« Eh bien, je suis devenue Maître des potions. À Salem, j'entends. J'ai été prise là-bas sitôt mes études terminées. Comme nous sommes arrivés alors que la place venait d'être laissée vacante par Monsieur Hammerschmitt, j'ai repris le poste ici. »

Elle hocha la tête, c'était clair net et précis, et elle voyait plutôt bien la jeune femme dans le rôle de la Maître des potions. Quant à son emploi ici, il fallait dire que c'était assez logique et qu'elle avait plutôt de la chance que tout s'arrange si bien.

« J'ai reçu une lettre de mes parents ce matin, justement. Ils semblent aller bien, ma sœur voyage en Italie en ce moment même. Ils s'inquiètent eux aussi. Majeures mais incapables de s'occuper d'elles-mêmes, n'est-ce pas dramatique ? »

Kim joignit son rire à celui de Gwen et secoua la tête en levant les yeux au ciel.

« Moi aussi j'ai reçu une lettre de ma mère ce matin ! On dirait pas forcément, comme ça, mais c'est une vraie mère poule. Mon petit poussin, comment fera-t-il pour survivre dans ce monde inconnu et hostile ? »

La mère Collins était vraiment désespérée, mais Kim ne démordait pas. Elle avait tout sauf envie de retourner à la maison pour y rester cloîtrée à rien faire !

« Je n'ai plus vraiment l'âge d'habiter chez mes parents, tu sais. Mais si j'avais eu le choix, je serais restée à Salem. C'est assez dépaysant, et il m'arrive encore de me perdre dans tous ces couloirs. Je ne les ai pas autant pratiqués que ceux de Salem... »

Kim acquiesça doucement en souriant à nouveau.

« Oh, t'inquiètes pas, moi aussi, et ça arrive même à des écossais qui sont là depuis bien plus longtemps que nous ! Mais ça peut être bien drôle, parfois. Enfin, sauf quand t'es pressée pour ne pas arriver en retard à un cours. Enfin, chez toi, ça risque pas trop, vu que tu ne changes pas de salle… D'ailleurs, elle est où la salle de potions ? Il faudrait que je commence un peu à m'intéresser à cette matière. Ne te vexe pas, mais j'ai jamais vraiment accroché, en fait je crois bien que je détestais les potions, mais pour être Auror, va falloir que je me réconcilie avec... »

Le Polynectar, le Véritaserum, des antidotes… elle aurait très certainement besoin de savoir les fabriquer et les utiliser dans son métier. Ce n'étaient pas les chaudrons, les mélanges, ni les réactions, qui l'avaient à ce point dégoûtée, mais plutôt le fait de devoir apprendre par cœur les ingrédients ainsi que leur ordre et leur préparation alors qu'elle pouvait trouver ces informations dans n'importe quel bouquin. Et puis il fallait avouer qu'elle n'était pas forcément quelqu'un de très patient ni de très délicat, donc elle s'énervait rapidement si une potion devait mijoter pendant plus d'une heure et il arrivait souvent que ses mélanges échouent à cause d'un ingrédient pas assez bien coupé. Mais il allait vraiment falloir qu'elle trouve le goût à cette matière car elle savait qu'elle était très importante dans son métier.

« Mais la bibliothèque de Poudlard est riche et j'apprécie le bibliothécaire. En plus d'avoir mes élèves entre ces murs, cela me fait une bonne raison de rester. Et toi ? Les Etats-Unis ne te manquent pas trop ? »

Elle haussa les épaules.

« Franchement, pas plus que ça. Mes potes me manquent, ça oui, mais faut croire que je n'ai jamais réellement été Américaine. Je suis pas assez hypocrite. Je me sens plutôt bien en Écosse, ça doit être mes origines Irlandaises qui se manifestent. Enfin, ils sont un peu ridicules avec leur Tea-time et ce genre de choses, mais autrement, j'aime bien le paysage et le climat. »

Vert, pluvieux… c'était assez étrange d'aimer ce genre de décor, mais il fallait dire qu'elle se sentait particulièrement libre lorsqu'elle était perdue dans l'immensité du parc, et s'imaginer au beau milieu d'un champ écossais ou au bord d'une falaise irlandaise avait le don de la faire frissonner de plaisir. Oui, elle avait de plus en plus l'impression de vouloir vivre ici, sur la péninsule Britannique. Rien à voir avec son quartier Irlandais de New-York, gris et sombre. Elle l'appréciait aussi, elle appréciait le manque d'intérêt dont faisaient preuve les voisins et elle appréciait la distance qui séparait les frontières des US, mais globalement, elle savait qu'il y avait beaucoup de choses qu'elle n'aimait pas sur les States et que si elle devait s'établir quelque part, l'Angleterre rentrerait en compte dans son choix.

« Qu'est ce qu'il a fait, le bibliothécaire, pour que tu l'apprécies à ce point ? »

Même si Kim n'était d'habitude pas quelqu'un qui s'intéressait à ce genre de choses, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir taquiner la belle blonde au sujet de ses petits ébats sentimentaux. Bien sûr, elle ne savait rien à propos de son fiancé…

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MessageSujet: Re: Au temps se soustraient les centimètres ▬ Kim   Dim 30 Aoû 2015 - 15:31

Changer, ne pas changer, fuir ce que l'on est ou courir après, et si tout cela n'était qu'inconscient et accident ? Le monde était si petit, courir partout menait souvent à retourner au point de départ, et plus vite que prévu. Il y avait certainement une forme d'attraction menant les gens à se retrouver dans des circonstances inattendues. Gwen aimait penser ça, pour désarmer les conditions malheureuses de ses retrouvailles avec quelques têtes connues. Après tout, elle était contente de retrouver la petite Kim, et ce n'était pas un fauteuil ni des attaques qui entacheraient le tableau. C'était l'heure de prendre des nouvelles comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes.

- Il avait l'air en forme, oui. Et, oui, il est resté ami avec mon frère, mais il avait l'air encore plus content de me voir moi !

Les garnements. En même temps, cela devait faire un moment que les deux jeunes gens ne s'étaient pas vus. Gabin, quant à lui, faisait de la rétention d'informations : Gwen aurait deux mots à lui dire dans sa prochaine lettre. Elle n'était pas amie de Kim dans le sens où la différence d'âge était bien trop conséquente, mais elle appréciait avoir quelques nouvelles de temps à autres. Tant pis, elle les prendrait par elle-même, puisqu'elle en avait l'occasion.

- Pour l'instant, j'étudie beaucoup de choses pas très intéressantes, genre HDM ou droit, cursus littéraire oblige. Mais ça devrait bientôt changer, j'espère, car c'est pas trop mon truc. J'aimerais travailler dans la défense, idéalement être Auror. Donc je ne serais pas si sûre de m'être assagie avec le temps, mais bon.
- Ce doit être un travail enrichissant, mais j'ai entendu dire que les carrières d'aurors ne durent jamais bien longtemps... je serais tentée de dire que tu n'es effectivement pas encore très sage ! ajouta-t-elle avec un sourire.

Blessures, traumatismes, autant de désagréments que Gwen ne pourrait supporter dans sa carrière. Elle aimait son petit quotidien plan-plan et ne s'en cachait pas. Tout le monde n'est pas fait pour courir le monde en chassant des mages noirs, d'autant plus lorsque l'on sort avec l'un d'eux. Mais si certains trouvaient leur voie dans ce genre de métiers, grand bien leur fasse, il fallait bien des aurors pour les protéger après tout. Quant à son handicap, Gwen ne le voyait pas comme un frein ; disons surtout qu'elle n'avait pas enregistré l'information. Elle entreprit donc de raconter ce qui lui était arrivé ces derniers temps – son nouveau travail à Salem, sa prise de poste à Poudlard – non sans une certaine fierté. « Maître des potions » passe toujours bien lorsqu'on l'énonce à voix haute. Elle finit par parler de la lettre qu'elle venait de recevoir, non sans se moquer tendrement de l'inquiétude constante de sa mère.

- Moi aussi j'ai reçu une lettre de ma mère ce matin ! On dirait pas forcément, comme ça, mais c'est une vraie mère poule. Mon petit poussin, comment fera-t-il pour survivre dans ce monde inconnu et hostile ?
- Par Merlin ! Si elles nous couvent ainsi jusqu'à la fin de nos jours, nous n'apprendrons jamais à nous débrouiller seules. C'est une véritable prophétie auto-réalisatrice...

La meilleure manière de s'en prémunir était de s'échapper de leur emprise, ce qu'elles tentaient toutes les deux de faire comme deux adolescentes fugueuses. C'était excitant, en quelque sorte, ce petit goût d'interdit...

- Oh, t'inquiètes pas, moi aussi, et ça arrive même à des écossais qui sont là depuis bien plus longtemps que nous ! Mais ça peut être bien drôle, parfois. Enfin, sauf quand t'es pressée pour ne pas arriver en retard à un cours. Enfin, chez toi, ça risque pas trop, vu que tu ne changes pas de salle… D'ailleurs, elle est où la salle de potions ? Il faudrait que je commence un peu à m'intéresser à cette matière. Ne te vexe pas, mais j'ai jamais vraiment accroché, en fait je crois bien que je détestais les potions, mais pour être Auror, va falloir que je me réconcilie avec...
- Dans les sous-sols. Effectivement, en tant qu'Auror, tu croiseras de nombreuses potions interdites... Je pourrai te conseiller quelques ouvrages intéressants si tu veux en savoir plus.

Mieux valait refuser le conseil, car Gwen avait tendance à lire des ouvrages énormes et infâmes à lire. Elle prenait son pied qu'importe le livre, mais ce n'était pas le cas de tout le monde. Quant à ses livres les plus intéressants, ils n'auraient même pas eu une place à la Réserve de la bibliothèque tant ils renfermaient de sombres desseins. Avoir un compagnon qui se fournissait dans les quartiers les plus mal fâmés de Salem n'aidait évidemment pas à assainir le contenu de sa bibliothèque personnelle. En tout cas, elle ne se vantait pas de ça, et ne proposerait pas à Kim d'aller voir le stock de potions interdites qu'elle avait dans ses placards – polynectar, veritaserum, quelques poisons et explosifs des plus sympathiques... Il y avait des secrets qui feraient mieux de le rester. Même si certains tenaient de la prouesse technique pour une femme aussi jeune, elle évitait de se vanter de ses capacités à créer une potion inédite aux effets si agressifs qu'elle pourrait finir en procès pour usage abusif de la magie. Elle reprit la discussion sur les livres et la bibliothèque, puis sur leur pays d'origine.

- Franchement, pas plus que ça. Mes potes me manquent, ça oui, mais faut croire que je n'ai jamais réellement été Américaine. Je suis pas assez hypocrite. Je me sens plutôt bien en Écosse, ça doit être mes origines Irlandaises qui se manifestent. Enfin, ils sont un peu ridicules avec leur Tea-time et ce genre de choses, mais autrement, j'aime bien le paysage et le climat.
- J'aime bien le Tea-time. Les paysages aussi sont sympathiques, mais enfin, l'hypocrisie américaine est un art que j'avais appris à maîtriser...

Elle sourit largement. Si l'amour du pays se calculait en termes d'hypocrisie, Gwen était bien classée. Le changement de mentalité lui avait fait un choc, et si elle gardait la plupart de ses réflexes, force était de constater que les réactions n'avaient strictement rien à voir avec le caractère du sorcier américain moyen.

- Qu'est ce qu'il a fait, le bibliothécaire, pour que tu l'apprécies à ce point ?
Oh ! Il est plutôt beau garçon, cultivé... Il lui arrive d'être un peu rustre et renfermé, mais cela fait le charme du personnage. Eh puis, nous nous sommes sauvé la vie mutuellement lors de l'attaque de Poudlard, cela forge les amitiés.

Elle ne mentait pas en disant cela. Dans d'autres circonstances, si elle ne l'avait pas vu tuer des amis d'Anton de sang-froid, elle aurait pu facilement tomber sous le charme, juste pour le plaisir de tenter de dominer un homme de cette trempe, mais...

- Mais je ne suis pas intéressée pour autant. Je ne sais pas si Gabin t'en a parlé : je suis fiancée ! Cela fait déjà deux ans, mais la relation entre nos deux familles est un peu tendue et nous travaillons loin l'un de l'autre. C'est un peu difficile mais je ne changerais pour rien au monde.

Elle exhiba fièrement les deux alliances qu'elle portait autour de son cou. L'existence d'Anton n'était pas un secret : c'était ses « occupations » qui l'étaient. Elle n'avait pas à cacher sa relation, fort heureusement, et pouvait se laisser aller à quelques élans de romantisme fleur bleue avec des collègues et amis... Gabin était un des rares à la soutenir dans sa relation et à apprécier Anton, cela ne l'aurait donc pas étonnée qu'il en ait parlé à Kim, mais comme c'était un secret de famille qui traumatisait leurs parents, personne n'osait vraiment en parler... Sauf Gwen.

- Bref, j'espère que cela s'apaisera bientôt. Et toi, les amours ?

Retour de flammes. Fallait pas la chercher sur ce terrain-là.
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MessageSujet: Re: Au temps se soustraient les centimètres ▬ Kim   Jeu 5 Mai 2016 - 21:56

« Ce doit être un travail enrichissant, mais j'ai entendu dire que les carrières d'Aurors ne durent jamais bien longtemps... je serais tentée de dire que tu n'es effectivement pas encore très sage !
- Et j’espère bien que je ne le serai jamais, n’en déplaise à la terre entière ! »

Elle n’était pas faite pour être sage, la rouquine. Sans bêtises et sans punitions, la vie serait bien moins drôle. Bien entendu, elle ne parlait pas des rebellions contre les Supérieurs et des répressions qui s’en suivaient. Les gamins coincés à Poudlard pendant ces deux dernières années n’avaient pas eu d’enfance et c’était révoltant. Non, les bêtises, aux yeux de Kim, c’étaient les expéditions nocturnes, c’étaient les blagues pourries faites aux petits cons un peu trop imbus d’eux-mêmes, c’étaient les feux d’artifice dans la cour de récré ou les fumigènes lancés dans les couloirs. C’était toute sorte d’action qui défiait l’autorité des profs et des surveillants. Il s’agissait simplement de trouver la bonne personne et c’était une partie de plaisir garanti, et peu importait s’ils se faisaient prendre ou dénoncer. Quant à ses ambitions ? Sa mère avait beau s’inquiéter pour elle, ses professeurs avaient beau l’en juger incapable à cause de son handicap physique, elle ne comptait pas y renoncer si facilement. Elle voulait être Auror, c’était plus qu’un rêve d’enfant, c’était plus qu’un choix parmi tant d’autres, c’était une vocation, une raison de vivre, et elle était prête à tout pour y parvenir.

« Par Merlin ! Si elles nous couvent ainsi jusqu'à la fin de nos jours, nous n'apprendrons jamais à nous débrouiller seules. C'est une véritable prophétie auto-réalisatrice... »

Ou comment décrédibiliser totalement l’image de femme forte et indépendante qu’elles se créaient fastidieusement chacune à leur manière, les réduisant à des adolescentes fugueuses qui jouaient aux rebelles. Le pire c’était que la maman Collins savait très bien que ses enfants étaient tous aussi débrouillards les uns que les autres. À l’exception peut-être du petit dernier, mais même celui-ci avait réussi à faire sa vie. Pourtant, l’instinct maternel ne se contrôlait pas en un claquement de doigts, et, comme par hasard, c’était Kim qui en faisait les frais. N’avait-elle pas bientôt fini de la restreindre ? Comme le disait Gwen, c’était un véritable cercle vicieux. À force de vouloir les protéger, leurs chères mamans les empêchaient de faire leurs propres expériences et d’en tirer des leçons de vie. Comment voulaient-elles donc qu’elles sachent se défendre elles-mêmes en cas de besoin ? Bon, en réalité, toute sa famille savait que Kim était probablement la plus calée d’eux tous en sortilèges et en duels. Les potions, par contre, n’avaient jamais été son point fort, et elle ne tarda pas à l’avouer à la belle blonde qui se trouvait être Maître des Potions à Salem et désormais aussi à Poudlard.

« Effectivement, en tant qu'Auror, tu croiseras de nombreuses potions interdites... Je pourrai te conseiller quelques ouvrages intéressants si tu veux en savoir plus. »

Grand sourire.

« Volontiers ! Interdites ou pas, d’ailleurs, j’te dis, j’ai jamais vraiment accroché, donc un petit cours de soutien de temps en temps ne serait pas de refus. »

Peut-être qu’avec la jeune Roberts-Moore, ça passerait mieux qu’avec le vieux bouc qu’elle avait jadis eu comme prof à Salem, malgré leurs différences de culture et d’éducation. Non parce que le fait qu’elles soient toutes deux des jeunes femmes qui tentaient d’échapper à l’emprise maternelle et d’avoir le contrôle sur leur vie était probablement le seul point qu’elles avaient en commun. Leur classe sociale, leurs manières, leur vocabulaire et leur vision de la vie différaient du tout au tout, et Gwen ne tarda pas à le lui rappeler ne tarda pas à le lui rappeler.

« J'aime bien le Tea-time. Les paysages aussi sont sympathiques, mais enfin, l'hypocrisie américaine est un art que j'avais appris à maîtriser... »

Il était vrai que dans leur manoir familial, les dîners sociaux ne devaient pas être rares, donc le Tea-time et l’hypocrisie, elle connaissait. Kim, au contraire, n’avait jamais su se retenir de dire ce qu’elle pensait, et ne tenait pas en place plus de trente minutes à l’heure du repas. Elle sourit, amusée, avant de sauter du coq à l’âne pour revenir sur le sujet du bibliothécaire que Gwen avait avoué apprécier.

« Oh ! Il est plutôt beau garçon, cultivé... Il lui arrive d'être un peu rustre et renfermé, mais cela fait le charme du personnage. Eh puis, nous nous sommes sauvé la vie mutuellement lors de l'attaque de Poudlard, cela forge les amitiés. »

L’attaque de Poudlard. C’était quand même vachement con, pour une futur Auror, d’avoir passé Noël tranquille avec sa famille alors que le Château se faisait attaquer. Ceci dit, effectivement, se sauver mutuellement la vie avait le don de souder des liens. Quant au reste... elle prit bonne note, au cas où ça puisse lui servire le jour où elle voudrait la taquiner un peu !

« Mais je ne suis pas intéressée pour autant. Je ne sais pas si Gabin t'en a parlé : je suis fiancée ! Cela fait déjà deux ans, mais la relation entre nos deux familles est un peu tendue et nous travaillons loin l'un de l'autre. C'est un peu difficile mais je ne changerais pour rien au monde. »

Et elle tira la chaine qu’elle portait autour du cou pour lui montrer les deux alliances qui y étaient suspendues. Son sourire était rayonnant.

« Woaw, non, je ne savais pas, il ne m’a rien dit ce traître ! Eh bien, mes félicitations ! Il s’appelle comment ? »

De fil en aiguille, elle apprit non seulement qu’il s’appelait Anton, mais aussi qu’ils s’étaient rencontrés pendant une soirée chez un ami il y avait de cela sept années et qu’elle était follement amoureuse de lui. Enfin, ce dernier constat, elle ne l’obtint que par déduction et par observation, avant que la jeune fiancée ne décide de changer de sujet.

« Bref, j'espère que cela s'apaisera bientôt. Et toi, les amours ? »

Loupé, Kim n’y échapperait pas. Mais Gwen allait être déçue, car, comme d’habitude, c’était calme plat à l’horizon. Elle croyait peut-être que ce n’était que du bluff, des cachotteries, mais si c’était le cas, elle se trompait. Kim n’y pensait vraiment pas, depuis un bon bout de temps. La jeune Roberts-Moore n’était pas la première à le lui demander, mais la réponse restait la même, toujours sur ce ton désinvolte.

« Bon, ceci dit, j’ai des devoirs à finir pour demain… et je suppose que tu n’avais pas franchement prévu de passer ta soirée dans un couloir. On se reverra un de ces quatre, je compte sur toi pour m’aider en potions ! »

Elle lui adressa un clin d’œil, puis lui souhaita une bonne soirée et elles se séparèrent.

Fin.
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