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 It's not treason, it's not lie - Enzo

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MessageSujet: It's not treason, it's not lie - Enzo   Lun 4 Mai 2015 - 20:35

 ► It's not treason, it's not lie ◄
Enzo & Kezabel

 
 
Jeudi 29 Janvier – Cours de Métamorphose
 
Certaines choses s’arrangent, d’autres stagnent. Depuis que Marcus n’est plus là, j’ai la sensation de mieux respirer. Mlle Stoneheaven a été formidable avec moi et j’hésite encore à aller voir le psychologue de l’école. Je suis bien entourée et avec Riley à mes côtés, je pense que les choses iront en s’améliorant malgré ce même sentiment qui me taraude mais qui semble s’insinuer si lentement que je n’en prends presque pas conscience. Les cauchemars deviennent quotidiens et je me mets à l’idée qu’avec les événements récents, je dois vivre une espèce d’après-coup. J’essaie de prendre sur moi et de ravaler cette colère qui parfois, arrive de nulle part et avec violence.
 
Je suis en pleine réflexion alors que je commence à m’installer en cours de métamorphose jusqu’à ce que j’entende quelques exclamations féminines. Je lève les yeux vers la porte et mon cœur loupe un battement. Puis deux. Mon cerveau subit un choc violent et cesse de tourner un très court instant. La raison de ces gloussements et de ses cris de joies sont tout simplement la venue de ce jeune homme dans la classe, aux airs exaspérés. Un jeune homme que je connais bien mais bien moins que son frère : Derek. Et si Derek est revenu, saint et sauf.. Alors cela veut dire qu’Enzo aussi. Et j’ai le cœur qui n’en finit plus de battre, causé par un tas de sentiments. Soulagement, joie, excitation et angoisse. Est-ce qu’Enzo va bien ? Où étaient-ils tous les deux ? Cette question n’a plus sa place pour l’instant, j’ai besoin de le voir et vite, de me rassurer, de le toucher pour constater par moi-même que oui, il est bien vivant. Je suis prête à sortir de classe jusqu'à ce qu'un rappel à l'ordre me ramène à la réalité. Non, calme toi. Respire un bon coup et ne t'emballe pas. Mais il n'empêche que je n'arrive absolument pas à concentrer sur le cours avec pour seule idée en tête : Le retrouver dès l'intercours. La sonnerie annonce a fin, je remballe mes affaires en un temps record, aussi vite que Mateo c'est pour dire. Je franchis le pas de la porte derrière lui, avance de plusieurs pas jusqu'à ce qu'à nouveau, une exclamation me tire de mes pensées. Je lève les yeux et parmi la foule d'élève, c'est Riley que je vois dans les bras de Derek. Cette image m'est un peu bizarre... parce que je n'arrive pas à oublier la manière dont il la considérait même s'ils n'ont jamais signé d'accord entre eux. Mais j'esquisse tout de même un doux sourire car si elle, elle est ravi de le revoir lui, moi c'est son petit frère que j'attends. Derek n'a pas l'air trop mal en point alors je juge qu'Enzo doit aller bien.

Dites moi juste qu'il va bien.

Je m'apprête à continuer ma route... Mais je capte la présence d'un jeune homme, planté en plein milieu du couloir, les sourcils froncés, les traits tirés au possible. Son regard n'est qu'un brasier noir fusillant le point qu'il fixe. Je suis la trajectoire de ses yeux... Riley et Derek. Mateo ne détache pas ses prunelles du « couple » d'ami devant lui qui exprime leur joie de se revoir. Je suis... étonnée, surprise, de le voir ainsi bloqué sur eux mais surtout, de le voir si énervé. Non, en rage totale.

- Hey... Mateo, ça va ? 

Je l'avoue, je m'inquiète un peu et je me demande ce qu'il ressent en cette seconde. Est-il... jaloux ? Je sais ce qu'il s'est passé lors de la colle et je me demande ce que lui pense de tout ça.

- Pourquoi tu m'pose la question. Qu'est-ce que ça peut t'foutre, putain.

Je reste …. complètement bloquée. Il me pousse et je n'arrive pas à réagir, attérée par la colère qu'il vient de me claquer en plein visage. Je sens doucement la colère me monter aux joues sous forme de chaleur alors que je serre la lanière de mon sac entre mes doigts. Ne lui cours pas après pour lui coller une gifle. Ne fait pas... ça. Pourtant je l'imagine parfaitement, sa petite gueule de Latino en face de moi et surtout j'imagine parfaitement mes cinq doigts sur son visage. Quand il s'y met, il n'est qu'un foutu crétin. Je serre les dents et me retourne, secouant la tête et surtout me fixant sur mon objectif. Retrouver Enzo. Sauf que là, je n'ai plus le temps et je grogne intérieurement. Je le retrouverais bien à l'heure du déjeuner, non ? Le temps passe à une vitesse... affreusement lente. Je ne tiens plus pour être honnête. Je ne me concentre sur rien, ni sur personne si ce n'est qu'il doit être quelque part. Je crois que le fait de ne pas l'avoir encore vu sous les yeux ne m'aide pas.

Heure du repas.

Toujours rien, pas de petite tête de surfer dans les parages, ou du moins pas celle que je souhaite voir. Je pousse un soupire, Riley me rassure en me disant qu'il doit bien être quelque part et qu'il finira par sortir de sa cachette. Je lui souris. Elle n'a pas tord... Mais autre chose me chiffonne. Maxime. Elle est à une table plus loin et ne détache pas son regard de moi. Je me sens rougir jusqu'aux oreilles de la voir ainsi me fixer avec autant... d'insistance. Depuis le jour de la photo, j'ai l'impression que quelque chose d’électrique c'est installer. Ça n'est pas une tension désagréable mais plutôt quelque chose de... vibrant. Dans un élan de courage et surtout de besoin de vivre à 100 à l'heure, je suis venu lui tendre une perche plus ou moins éloquente et elle n'a absolument rien compris, au plus grand damne de William. Selon lui, avec Maxime il faut lui dire les choses clairement car elle semble aveugle face à des signaux qui serait plus que visible, même pour un borgne.

Ca ne change pas que son regard ne décroche pas et que je me sens perturbée. Je coupe ma viande de manière trop brutale et fait tomber mes haricots hors de mon assiette. Riley me regarde en riant.

- On est pas douée de ses deux mains ?

Je grommelle pour la forme, ramasse mes conneries, relève les yeux... J'ai le cœur qui bat bizarrement trop vite parce que je n'aime pas quand on me fixe comme ça. Et encore moins quand c'est … Elle. J'égare mes yeux vers Maxime en prenant mon verre de jus de citrouille que je loupe et manque de renverser si Riley n'avait pas fait preuve d'un réflexe surprenant.

- Merde. Désolée.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu vas devenir manchot ?
- Non c'est... je baisse les yeux et me ratatine un peu plus. C'Maxime, elle arrête pas de me fixer depuis tout à l'heure.

Elle ouvre des yeux ronds comme des soucoupes avant de se retourner l'air de rien, discrètement... puis revenir vers moi, un grand, très grand sourire aux lèvres.

- Sans commentaires.

Nouveau regard vers Maxime qui cette fois, semble revenir à elle et détourner les yeux brutalement, prenant sûrement conscience de ce qui était entrain de se passer. Je pousse un soupire, me glissant une main sur le front. J'avoue... avoir ressenti quelque fois l'envie de passer du temps avec elle mais j'ai l'impression que pour réussir à lui faire comprendre quelque chose, je dois effectuer les 12 travaux d'Hercule. En gros, ça n'est pas gagné.

Je termine mon repas, retourne en cours et affronte le même manque de concentration que ce matin : Enzo. En vie. Quelque part dans ce château sans que je ne sache où, ni s'il va bien... Peut-être est-il à l'infirmerie dans un sale état ? Je me refuse à cette idée. Non. Même durant mon heure de creux je ne l'y trouve pas. Et c'est en potion, que je commence à perdre patience. Moi qui suis habituellement si assidue, j'ai la sensation de ne plus avoir la patience nécessaire pour m'appliquer. Pas aujourd'hui.

La fin du cours sonne, je pars précipitamment jusqu'à la salle commune poufsouffle et je lâche mon sac dans mon dortoir. Et ça n'est qu'un bon quart d'heure plus tard que je me rend compte que...

- Ma... baguette. Mais je rêve, me dit pas que j'ai oublié ma baguette en potion.

Je rage. Je jette mon sac. Oui j'ai clairement moins de patience et ça ne me ressemble pas. Non, pour être honnête cette histoire affûte mes nerfs déjà à vif ses derniers temps. Je me passe une main dans les cheveux en me revoyant clairement poser ma baguette sur mon bureau et ne pas la récupérer. Comment ais-je pu l'oublier ? Elle est le prolongement de mon bras. Je dévale les escaliers à toute vitesse en priant Merlin que PERSONNE n'ai posée les pattes dessus. Et si c'était le cas ? Et si un petit malin me la volait par pur plaisir ? Non, j'peux pas me séparer d'elle.

J'arrive d'un pas rapide dans le couloir menant vers la salle des potions, pestant en silence contre mon imbécillité.

Mon cœur explose.
Mon corps s'arrête dans sa course, lentement.

Les larmes me montent aussitôt aux yeux sans que je n'y puisse rien. Il m'a fallut une demi-seconde pour reconnaître ses traits, pour reconnaître sa démarche, sa carrure. Mon cerveau sort violemment de cette brume épaisse et confuse qui m'a habitée tout le long de la journée.
Je porte mes doigts à ma bouche, fronçant les sourcils. Enzo est en vie. Il est là... devant moi. Vivant. Arborant son sourire en coin, presque timide. Mes mains tremblent et c'est comme si je me regardais dans haut courir dans sa direction même si à peine 5 mètres nous séparent. Je l'agrippe par le col de son vêtement et le plaque à moi, même s'il fait deux têtes de plus que moi et qu'il est obligé de se pencher pour que mes bras enlace son cou, je m'en fou. Je me fou de tout. C'est son odeur que je sens, sa présence et … Mes larmes ruissellent en silence alors que je reste quelques secondes ici. Je ne pensais que tu ne reviendrais jamais. C'était inconcevable mais mon vécue me soufflait que la vie n'était pas un foutue conte de fée. Loin de là.

Enzo s'est fait sa place dans ma vie très en douceur, à coup de sourire, de rire et de confessions. D'apprentissage scolaire à mes côtés, essayant de le sortir de l'eau, essayant de lui redonner confiance. Il est devenu une sorte de frère/Ami, peu importe. Sa personne est importante pour moi, à mes yeux. Il ne sait pas à quel point sa disparation affectait mes nuits ou mes angoisses.

Je m'écarte vivement, passe ma main dans ses cheveux, détaillant son visage avant de le prendre entre mes mains et de lui claquer un premier bisous sur la joue. Puis sur le front et un autre sur le joue.

- T'es en vie. T'es bien là.

Je lâche un rire confus entre mes larmes avant de le plaquer de nouveau contre moi. Mes bras l'encerclent avec fureur, mains accrochées dans son dos, à son vêtement, mon oreille coller à son torse où son cœur pulse avec violence. En vie. Il ne s'est pas arrêté de battre, jamais. Enzo est vivant, sous mes doigts.


Dernière édition par Kezabel E. Hasting le Sam 16 Mai 2015 - 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It's not treason, it's not lie - Enzo   Sam 9 Mai 2015 - 13:13

Jeudi 29 Janvier 2015 – Fin de journée
It's not treason, it's not lie



Kezabel & Enzo

Première étape de l'opération remise à niveau : Check. Il va y avoir du boulot, j'en doute pas une seconde, mais ça va, ça n'est pas non plus comme si j'avais raté six mois de cours et que tout était nouveau pour moi. Je ne me repose pas sur mes acquis, c'est pas dans ma nature, mais je me sais pas trop dans la merde en ce qui concerne certaines matières. J'y passerai peut être un peu plus de temps que d'habitude parce que je veux faire les choses bien mais .. Oui, j'ai confiance. Je me fais confiance. Au moins pour ça et c'est peut être déjà pas si mal étant donné le contexte actuel finalement. Qu'il soit global ou personnel.
La nouvelle prof à l'air plutôt « cool » et non je ne ferais pas de commentaire sur son physique agréable. Je suis un gentil garçon respectueux – la plus part du temps – et de toute façon on n'est pas là pour ça … Enfin si, aussi, autant se faire plaisir même si ça n'est pas le but premier de la manœuvre. Il n'y a rien de mal à se faire du bien, et ça fait du bien de laisser glisser ses yeux sur quelque chose – ou quelqu'un en l'occurrence – d'agréable à regarder mais on ne va pas non plus en faire des caisses et en parler pendant des heures. On a perdu Victoria, on récupère Mlle Roberts-Moore, ça me va. Je sais on ne me demande pas mon avis mais je le donne quand même, je trouve qu'on a quand même relativement de la chance de ce côté là. Je ne parlerai pas d'Ismaelle parce que pour moi c'est juste pas possible de laisser trainer mes yeux sur elle de cette façon mais entre la nouvelle Prof de Potion, Rina, et même Mlle Hunt … on est plutôt gâtés pour ceux que ça intéresse. Il paraît d'ailleurs que la nouvelle Prof de Vol et de sports est plutôt pas mal aussi dans son genre … Et oui, si je me concentre là dessus c'est peut être pour éviter de penser au reste mais on fait ce qu'on peut.

Et puis il y a cette présence, cette impression de ne plus être seul dans ce dédale obscure, cette voix que je perçois et qui sonne étrangement familière à mes oreilles avant même que je ne vois à qui elle appartient. Mains toujours dans les poches je ralentis un peu mon pas et fronce les sourcils plus par automatisme qu'autre chose. Je n'ai pas spécialement envie de croiser quelqu'un c'est vrai mais la curiosité, ce sentiment, cette impression de familiarité prennent le dessus je crois. Quand je vois sa silhouette apparaître au détour du couloir je comprends instantanément pourquoi et si je m'arrête instinctivement sans trop savoir pourquoi c'est un sourire qui commence à étirer mes lèvres. Sourire qui s'estompe quand je me rends compte qu'elle … pleure, ou en tout cas ses yeux deviennent humides. A nouveau mes sourcils se froncent, elle bloque … Elle bloquait … Main devant la bouche maintenant, ses sourcils froncés aussi, je me redresse sans trop y faire attention. On doit avoir l'air fin bloqués tous les deux comme ça, face à face, chacun dans son bout de couloir … jusqu'à ce que tout se déclenche et qu'elle coure vers moi. La seconde d'après elle me chope par le col ...

« Wow ! »

… et passe ses bras autour de mon cou pour se coller à moi ou plutôt me coller à elle. Souviens toi Enzo, on appelle ça un câlin. Oui, je sais, ça va ! Plié en deux je ne m'en pleins pas une seconde et mes bras viennent l'enrouler à son tour. Je ne pensais pas qu'un tel contact me ferait autant de bien, je l'admets, mais c'est comme si tous mes muscles se relâchaient à mesure que je me laisse aller contre elle. Je perçois les battements de son cœur, ils sont rapides. Elle pleure, vraiment cette fois, et je m'en veux un peu de la mettre dans cet état alors inconsciemment je la serre un peu plus fort tout en me maitrisant néanmoins suffisamment pour ne pas lui faire mal. Je la savais importante, de plus en plus au fil des jours et des confidences, des rires qu'on a partagé, un peu d'humidité sous les paupières parfois à cause de nos douleurs communes, et maintenant qu'elle est là, dans mes bras, ça me saute aux yeux. Long et profond soupir, son odeur empli mon odorat et mon sourire se fait plus large. Tranquille.
De nouveau tout s'agite un peu, je la sens se dégager alors je la libère et m'écarte mais nouvelle surprise quand elle m'attrape le visage après m'avoir passé la main dans les cheveux. Un bisou, deux bisous, trois bisous … et je m'en retrouve un peu décontenancé je l'admets. Ça va un peu vite pour mes neurones à peine réveillés mais le corps réagit bien plus vite que l'esprit et sans trop de problème.

« T'es en vie. T'es bien là. »

Sa tête contre mon corse, ses bras autour de moi et les miens qui l'enserrent à nouveau en douceur. Une de mes mains caressent ses cheveux un instant et sans réfléchir je dépose un baiser sur sa tête avant d'y poser mon menton. Ce contact me fait du bien, vraiment.

« En chair et en os. Le seul. L'unique. »

Juste parce que je ne peux pas m'en empêcher, mais c'est plutôt bon signe. Je me raccroche à tout ce qui va bien chez moi, c'est … un réflexe, j'y peux rien, c'est comme ça. Je suis encore capable de plaisanter et de faire le malin, c'est important, c'est tout.

« J'suis désolé de pas m'être pointé, je ... »

Tu ? Inspiration. Expiration. Je la relâche, m'écarte un peu et la regarde droit dans les yeux.

« C'était difficile pour moi de sortir de ma tanière. »

Parce que je suis un sauvage et que ça ne changera jamais malgré des sursauts de sociabilité de temps à autre. Et aussi parce que j'ai besoin de temps, pour beaucoup de choses. Sans trop réfléchir je me retrouve à replacer une mèches de ses cheveux derrière une de ses oreilles et je me retiens avant d'essuyer ses larmes d'un révère de pouce. J'en sais rien, j'aurai l'impression d'empiéter sur son espace vital et je dois l'admettre, ça me perturbe un peu de la voir pleurer comme ça.

« J'suis content de te voir Keza, tu m'as vraiment manqué. »

Sa douceur a mon égard, ses sourires, sa patience, le temps qu'elle m'accorde que ce soit pour m'aider ou juste pour discuter … Ce sont des choses que j'ai gagné, que j'ai perdu avec le temps et que je retrouve avec elle. Je ne m'étais jusqu'ici pas vraiment rendu compte à quel point c'était … à ce point justement.

« J'compte bien me rattraper tu sais ! Pour les cours j'veux dire. D'ailleurs je viens d'aller voir la Prof de Potion pour savoir ce que j'avais manqué, mais de toute façon j'ai déjà le programme. C'est juste que comme elle est nouvelle j'voulais ... »

Stop. Arrêt sur image.

« Mouais, on s'en fout. Désolé. »

J'écrase un rire mi-nerveux, mi-amusé en secouant la tête puis remets mes mains dans mes poches après m'être ébouriffé les cheveux par réflexe. De nouveau mes yeux dans les siens et un sourire tranquille sur le visage.

« Comment tu vas ? »
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MessageSujet: Re: It's not treason, it's not lie - Enzo   Lun 18 Mai 2015 - 15:37

« En chair et en os. Le seul. L'unique. »

Je lâche un nouveau ricanement contre son vêtement, alors que mes larmes ruissèlent toujours mais cette fois, sans sanglots. J’entends toujours son cœur battre avec force et son menton sur le sommet de ma tête me rappelle encore une fois qu’effectivement, Enzo est bel et bien de retour mais surtout, vivant. Entier. Je ne sais pas où il était, ni ce qu’il a subit et c’est une chose que je saurais plus vite que je ne le crois ou peut-être pas, mais l’important est qu’il soit là et en bonne santé. Il est bon de le sentir contre soit, après tout ce temps.

« J'suis désolé de pas m'être pointé, je ... »

Il m’écarte légèrement de lui et je le suis dans son mouvement puisque je suis moi-même étonné de ce qu’il me dit. Désolé ? Il n’a pas à l’être, loin de là. Je suppose qu’il avait ses raisons et de toute manière, ça n’est pas le plus important.

« C'était difficile pour moi de sortir de ma tanière. »

Je pose ma paume sur son torse, à l’emplacement du cœur. Je ne suis pas gêné par ce geste, ni intimidé. Il est spontané, naturelle et bienveillant, comme je pourrais le faire avec un proche. J’esquisse un sourire encore un peu tremblant alors que je souffle :

- Chut. Tu n’as pas à t’excuser, c’est rien.

C’est pas important. Il me replace une mèche de cheveux derrière l’oreille alors que j’essuie mes larmes d’un geste de la paume, toujours sourire aux lèvres ayant sacrément du mal à me remettre de ces émotions. Je me sens encore un peu fébrile et déstabilisée mais on dirait que mon cerveau commence à faire le chemin tout seul et assimile l’idée qu’Enzo soit bien revenu. Quiconque nous verrait ainsi aurait pu croire que nous étions en pleine retrouvailles amoureuses, prêt à s’embrasser comme deux amants passionnés. Parce qu’il semble compliqué aux yeux du monde d’avoir un ami masculin sans arrières pensées. Mais en cet instant, je me fiche de ce que pourrait penser la première personne nous voyant comme ça, dans les bras de l’autre.

« J'suis content de te voir Keza, tu m'as vraiment manqué. »

Tu les vois mes larmes revenir ? Celle que je tente de retenir en pinçant les lèvres ? Je ne m’attendais pas à ses mots et je crois que ma fatigue cumulée joue aussi sur ma sensiblerie. J’ai considéré Enzo comme un élève, puis au fil du temps, il est devenu beaucoup plus que ça, mais nous n’avons eu que très rarement des effusions d’affection si nous ne comptons pas ce jour où il m’a avoué que sa mère lui manquait, comme maintenant. Dans les mots, les regards et les gestes. Et je ne peux pas le nier, ça me fait un bien fou. C’est un apaisement, un énième nœud qui se défait pour quelques minutes. Pour un instant.

- J’suis contente aussi mon grand. Tu m’as manqué, beaucoup trop même.

Je ne le quitte pas un instant, laissant ma main sur son torse qui migre sur son avant-bras, tout en douceur, lui fournissant cette chaleur dont je suis capable avec naturel et spontanéité. Il a l’air fatigué, épuisé même. Un peu déphasé, son regard étant là sans l’être. Je sais qu’il est revenu qu’hier, je l’ai cherché toute la journée lorsque j’ai vu Derek dans ma classe et il me semble normal qu’il n’ait pas encore reprit ses repères. Maintenant que les retrouvailles sont faites, mon cerveau s’alarme et les questions défilent à la chaine, à une vitesse vertigineuse. Où est-il ? Avec qui ? Enlèvement ? Décision personnelle ? A-t-il souffert ?

Calme. Une chose à la fois Keza. Chaque chose en son temps.

« J'compte bien me rattraper tu sais ! Pour les cours j'veux dire. D'ailleurs je viens d'aller voir la Prof de Potion pour savoir ce que j'avais manqué, mais de toute façon j'ai déjà le programme. C'est juste que comme elle est nouvelle j'voulais ... »

Je m’écarte et fronce les sourcils, une moue amusé sur le visage. Je vois qu’il n’a pas perdu ses réflexes de bon élève assidue !

« Mouais, on s'en fout. Désolé.
- Serais-tu devenu un élève modèle Enzo ? »

J’écrase un rire avec lui, lançant ça sur le ton de la plaisanterie. Je sais ce qu’il vaut et je sais aussi qu’il est devenu bien plus assidue qu’il n’a pu l’être. Il s’accroche et s’en donne les moyens, d’ailleurs ses résultats s’en font clairement sentir et… Non. Bref, on s’en fou comme il dit. En tout cas pour le moment, c’est pas notre priorité. Non, la priorité est de profiter de cet instant.
Nos regards se croisent à nouveau après qu’il se soit ébouriffé les cheveux. J’avais oublié à quel point il pouvait être adorable comme ça.

« Comment tu vas ? »

J’affiche un sourire en coin, laissant un battement de quelques petites secondes. Je pourrais lui dire que ce mois a été éprouvant et pas que parce qu’il n’a pas été là. Mais pour un tas de raisons. Marcus, mes cauchemars, cette bataille manquée qui me laisse un goût amer de désir de vengeance. Je pourrais lui raconter tout ça parce que c’est Enzo et que nous nous sommes déjà retrouvé à parler de nos mères respectives, de ce manque mutuel. Pourtant… Je n’ai pas l’impression que ça soit la meilleure chose à faire, là maintenant. Et puis, ça n’est tout simplement pas le bon moment. Pas maintenant.

- Ca va, le quotidien, la routine des cours etc etc. Rien de bien transcendant à part que nous avons eu le droit à une troupe de groupie autour de ton frère ce matin… Mais si elles t’avaient vu toi, elles t’auraient complètement déchiré les vêtements ! Comme des sauvages. C’est la rançon de la gloire.

Je lâche un rire amusé, pas que je fais de préférence… Enfin si, j’en fais une. Je sais, c’est pas tellement sympa mais je n’ai jamais eu une approche très positive le concernant. De par son passé et sa manière de se comporter mais ça ne regarde que moi et je reste encore avec cette idée en tête : Ne pas se fier aux premières apparences. Mateo et Maxime ont été les exemples les plus concrets ces derniers temps… Surtout Maxime en réalité. Ca aussi c’est un détail dont j’aimerai lui faire part et…

- Ma baguette !

Je sursaute en me frappant mollement le front. J’en avais complètement oubliée son existence, accaparée par celle d’Enzo. Je tourne ma tête vers ce dernier en posant ma main sur son bras.

- Bouge pas je reviens, j’ai oublié ma baguette dans la salle de classe… Je fais un pas, puis un deuxième. Je me retourne. Tu m’attends, d’accord ?

Comme si j’avais peur qu’il ne parte en mon absence. Dernier sourire et j’ouvre la porte de la salle de potion, je passe la tête puis le corps entier. Pas de prof en vue, elle doit être à « l’arrière bureau » mais je constate avec soulagement que ma baguette est bel et bien sur la table. Je pousse un soupir d’apaisement alors que je m’en empare et que je la glisse dans ma poche, rassurée. Je me sens soudainement moins vide, moins fragile, comme si je venais de récupérer une part de moi. Je me hâte à revenir sur mes pas et revenir au couloir où Enzo est toujours là. Je lui affiche un grand sourire alors que je passe mon bras sous le sien, m’y accrochant en douceur.

- Viens, on va s’isoler dans une salle pour pouvoir discuter tranquillement.

Je le mène à quelques pas plus loin, remontant vers la surface dans le couloir menant vers le Hall d’Entrée mais au lieu de l’exhiber en plein cœur de la petite foule, j’ouvre une porte quelques mètres avant, donnant sur une salle vide et y pénètre, le laissant me suivre. Il se retourne et je reste là, planter devant lui, mon sourire ne se défaisant pas de mon visage, trop heureuse de le voir là. Doucement, délicatement, je dépose mes doigts sur sa joue et effleure sa mâchoire avant d’y poser ma paume. Il y a quelques mois, je ne me serais jamais permise ce genre de geste de manière aussi naturelle mais aussi sans raison, mais le fait est qu’il a disparu durant tout un mois et que j’ai bien failli ne plus le revoir. Qui sait ce qui aurait pu lui arriver alors je ne veux pas m’attarder sur une hésitation d’en faire trop. C’est comme ça, tout simplement.

Je reste quelques secondes dans cette position avant de formuler à voix haute ce que je n’ai osé lui demandé tout à l’heure, laissant les choses se mettre en place les unes après les autres.

- Et toi, comment vas-tu ?

Moment de pause. Je ne lâche pas mon regard du sien.

- Pas en surface Enzo. Comment vas-tu réellement ?

Il n’est pas obligé de me répondre, il peut tout simplement me dire qu’il ne veut pas m’en parler tout de suite et je le comprendrais sans aucun problème. Seulement, j’ai appris à le connaitre et ses mensonges deviennent de moins en moins crédibles avec le temps. Je ne sais pas où il était tout ce temps, ni ce qu’il lui ait arrivé… Je m’inquiète vraiment mais s’il préfère ne pas évoquer le sujet alors je ne lui en tiendrais pas rigueur et me contenterait de le serrer dans mes bras une énième fois pour lui montrer que je suis là, que je ne suis jamais très loin quoi qu’il arrive.
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MessageSujet: Re: It's not treason, it's not lie - Enzo   Lun 1 Juin 2015 - 18:22

Est-ce que je suis devenu un élève modèle ? Mais je l’ai toujours été ! Non, pas exactement, mais ça n’est qu’un détail. Disons que je l’ai été … jusqu’à la mort de mes parents, ensuite j’ai traversé une période assez difficile – on va dire ça comme ça – et mes résultats ainsi que mon comportement en ont un peu pâtis mais dans le fond je ne suis pas un … mauvais élève. Pas vraiment. Enfin je ne pense pas mais ça n’a pas la moindre importance puisque de toute façon je suis quelqu’un de relativement déterminé et je sais parfaitement ce que je veux : Exploser mes scores. J’y mettrais toute mon énergie s’il le faut mais j’y arriverai et ça n’est pas ma cinglée de « famille » qui m’en empêchera, ça n’est pas un mois passé loin d’ici qui changera la donne. Kezabel n’est pas étrangère à tout ça, elle m’est vraiment d’une aide précieuse tout comme l’était Jillian avant qu’elle ne parte et si je n’avais pas des personnes comme ces deux là autour de moi et prêtes à m’accorder un peu de leur temps ça ne serait pas la même chose je le sais très bien. Ça n’est pas que je suis plus stupide qu’un autre, j’ai surtout des petits soucis de concentration alors être avec elle me permet de bosser aussi et surtout là-dessus, le reste devient donc bien plus facile et j’apprends beaucoup plus facilement. En plus de ça je trouve vraiment ces moments particuliers, pour ne pas dire privilégiés, ils sont réellement important pour moi. Pour le côté scolaire mais pas seulement.

Mais ça n’est pas le sujet du jour, le sujet du jour est plus … vaste. C’est comme faire connaissance à nouveau, j’en sais trop rien. Hey salut, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, comment tu vas ? C’est sincère et en même temps tellement hypocrite mais qu’est ce qu’on peut faire d’autre ? Le fait que ça m’intéresse vraiment de savoir comment elle va.

« Ca va, le quotidien, la routine des cours etc etc. Rien de bien transcendant à part que nous avons eu le droit à une troupe de groupie autour de ton frère ce matin… Mais si elles t’avaient vu toi, elles t’auraient complètement déchiré les vêtements ! Comme des sauvages. C’est la rançon de la gloire. »

Première réaction : Je tourne la tête quand elle évoque mon frère. Pourquoi ? Parce que … Je crois que je ne veux simplement pas entendre parler de lui. Deuxième réaction : J’écrase un rire bref en secouant la tête quand elle me flatte honteusement.

« Ouais … »

A un autre moment et avec une autre personne j’aurai peut être fait le malin mais ça n’est pas ce qui se manifeste chez moi pour l’instant. Elle me taquine, je le sais, c’est fait dans ce but là et pas celui de me balancer des fleurs. Une nouvelle fois ma main passe dans mes cheveux, presque nerveusement et je la regarde en effectuant une sorte de petite grimace accompagnée d’un sourire.

« Merci ? »

Mains dans les poches à nouveau je me redresse un peu et retrouve un semblant d’air plus confiant, plus détaché.

« J’préfère autant pas, j’aime bien mes vêtements. »

Et l’idée de me faire assaillir par une bande de furies là tout de suite ne me branche pas des masses. J’aspire juste au calme, pas à … ça. Un autre jour si vous voulez Mesdemoiselles, par contre faudra passer prendre un ticket au quatrième étage d’abord.

« Ma baguette ! »

Elle sursaute, moi aussi, mais ne te frappe pas comme ça malheureuse !

« Bouge pas je reviens, j’ai oublié ma baguette dans la salle de classe… »

Un pas, deux pas, elle se retourne.

« Tu m’attends, d’accord ? »
« J’bouge pas. »

Elle m’amuse, elle me fait rire certes malgré elle cette fois mais ça me fait du bien. Comme un gentil garçon – le premier qui dit toutou je lui encastre la tête dans le mur sans sommation – j’attends donc tranquillement dans le couloir et heureusement pour moi elle revient alors que je commence à m’embarquer dans mes pensées. Deux secondes plus tard elle m’attrape le bras et je me laisse faire même si c’est une « posture » dont je ne suis pas très fan sans savoir pourquoi. En fait c’est surement parce que je ne la trouve pas très pratique, surtout à cause de ma taille probablement.

« Viens, on va s’isoler dans une salle pour pouvoir discuter tranquillement. »
« Ok. »

Lui dire non ? Pas une seconde je ne l’envisage même si je sais à quoi je m'expose. Discuter tranquillement ? Je sais qu'elle n'insistera pas mais je sais aussi - enfin je suppose - qu'elle va me poser des questions. Je suis le mouvement sans rechigner malgré tout même si j’admets avoir eu un mouvement de recul en voyant qu’on prenait la direction du Hall mais c’est une porte juste avant qu’elle pousse puis entre dans la Salle. J’y entre à mon tour et sans trop réfléchir me pose contre une table. Elle ferme la porte, je me dis que si quelqu’un nous a vu rentrer là dedans – surtout si cette personne est Harper, que je n’ai pas encore croisé soit dit en passant – alors les rumeurs pourront aller de bon train. Je m’en fous, on sait tous les deux à quoi s’en tenir et c’est le principal. Quand elle se rapproche et qu’elle se plante devant moi je la dévisage et laisse mes yeux ancrés dans les siens mais quand sa main se pose sur mon visage après l’avoir effleuré quelques secondes je ne peux pas m’empêcher de baisser les yeux. Je n’y peux rien, son geste me déstabilise. J’ai passé un mois sans contact ou presque et si ça n’avait pas été Clarisse je crois que personne n’aurait jamais posé la main sur moi de cette façon là tant que j’étais là bas mais le fait est que comme à chaque fois je dois me réhabituer, c’est tout. Même avec Kyle j’ai du me réhabituer mais c’est un peu différent et disons toujours en cours de processus.

« Et toi, comment vas-tu ? »

Blocage.
Et elle le sent.

« Pas en surface Enzo. Comment vas-tu réellement ? »

Je suppose que j’aurai du m’y attendre, je m’y attendais en réalité mais comme beaucoup de choses depuis quelques jours – et quelques années en réalité - j’ai simplement rangé ça dans un coin de ma tête pour éviter d’y penser.

« Je … »

Mes mots se coincent dans ma gorge pour la simple et bonne raison qu’ils ne viennent pas. La réponse pourrait être simple : Oui ou non. Ça n’est pas le cas. J’hésite quelques secondes pour finalement prendre une profonde inspiration et relâcher l’air longuement alors que mes doigts se rejoignent sur mes cuisses, un peu nerveusement.

« A vrai dire, j’en sais trop rien. J’crois que j’ai juste évité de me poser la question jusqu’ici. »

Phrase prononcé en regardant le sol, puis je relève la tête vers elle.

« Ça va, j’veux dire j’ai connu pire – ou en tout cas différent – et physiquement j’suis en forme même si je suis très fatigué. »

Seulement tu sais très bien jeune homme que ça n’est pas parce que le corps se porte relativement bien que le reste est en forme. Encore un geste nerveux, je me mords la lèvre inférieur puis regarde quelques secondes le mur à ma droite avant de retrouver ses yeux à nouveau.

« J’suis un peu perdu pour être honnête, je sais plus trop où j’en suis, où sont mes repères. Ce genre de trucs. »

Encore une fois et ça n’a rien de drôle malgré le rire bref que je lâche. Moment de silence, moment de flottement, puis tout s’enclenche. Les vannes s’ouvrent.

« J’ai passé les plus belles vacances de toute ma vie. Enfin je mets de côté celles passées avec mes parents parce que j’peux pas vraiment comparer et que j’ai pas envie de les « laisser de côté » mais … On est parti tous les deux avec Kyle, on a d’abord été à Portland, aux USA, là où il a grandi et il m’a montré un peu son p’tit monde. C’était vraiment cool, ça m’a fait super plaisir parce que … Tu sais, c’est pas un grand bavard, même après deux ans il est encore plein de mystères pour moi parfois, alors en découvrir un peu plus sur son passé c’était vraiment bien et puis ça m’a permis de trainer vraiment dans le monde sans magie, chose que j’ai vraiment apprécié même si je devais avoir l’air d’un con la moitié du temps. »

Cette fois c’est un rire un peu plus franc que je laisse échapper en revisualisant certaines anecdotes dans ma tête. Ce fourbe qui me sert de petit ami ne s’est pas privé pour se moquer de moi un bon nombre de fois !

« On a été au cinéma, c’était la première fois de ma vie que j’y mettais les pieds. »

C’est pas un peu ridicule ça ? Tout ce que je sais c’est que j’étais comme un gamin en émerveillement constant et que malgré mon côté un peu à l’ouest par moment je me suis adapté d’une manière plutôt efficace.

« Après ça on a passé quelques jours au Brésil et franchement … »

Tu les vois les étoiles dans mes yeux ? Tu le vois mon sourire qui s’élargit ? Rien que d’y penser j’en plane à nouveau.

« Je ne m’étais pas senti aussi bien depuis … depuis … En fait j’arrive même pas à m’en souvenir. »

Quelques secondes de réflexion, même si en réalité je sais parfaitement de quoi il s’agit.

« Depuis que mes parents ne sont plus là, je crois. »

Ça fera trois ans dans quelques semaines, j’ai l’impression d’avoir vécu une dizaine de vies depuis ce jour là.

« Le fait d’être loin, rien qu’avec lui, dans un endroit totalement neutre et franchement paradisiaque, de pouvoir surfer quand je voulais, d’être qui j’avais envie d’être c'est-à-dire juste … moi, sans que personne ne sache qui ont était et ce qu’on a pu vivre, c’était vraiment génial. »

Pas une seule ombre au tableau, c’était presque trop beau pour être vrai en y réfléchissant.

« De bronzer aussi, même si j’en ai déjà perdu une bonne partie. »

Nouveau rire, un peu plus franc celui là alors que je remonte une manche et et une des siennes puis pose mon poignet sur le sien pour marquer la différence. Un peu que j'en suis fier de mon teint halé !

« Ensuite on est passé voir ma Grand-Mère en Australie, et mon frère, pour Noël. D’ailleurs je t’ai ramené un p’tit truc de là bas, c’est pas grand-chose mais c’est plus pour le symbole qu’autre chose. J’te donnerai ça dès que j’en ai l’occasion. »

Non je ne te dirais pas ce que c’est, tu verras quand tu l’auras entre les mains.

« Et puis on a filé chez Jill, Cameron était déjà là, et c’était vraiment cool de passer du temps avec eux en dehors du château. Ça m’a fait beaucoup de bien de la revoir. »

Parce qu’elle me manque cette folle ! Même si on s’écrit régulièrement ça n’est pas pareil que de l’avoir dans les pattes et surtout de pouvoir aller la voir chaque fois que l’envie me prend. Jillian c’est … ma grande sœur, et elle le restera toujours, quoi qu’il arrive.
Mon sourire s’affaisse soudain, je pense que mon regard se voile un peu mais en tout cas il s’assombrit probablement. Les mots sortent tout seul mais de manière plus amère cette fois, plus froide même, et j’ai les yeux rivé sur la porte derrière Kezabel.

« J’me suis fais embarquer sur le chemin du retour, quand on rentrait au château avec les gars, le dimanche avant la rentrée. »

C’est peut être un brutal comme revirement de situation, comme changement de ton et de conversation mais je n’arrive pas à faire autrement.

« Tout s’est passé super vite, Cameron et Kyle était devant moi et déjà entrain de discuter avec le Gardien qui devait nous faire transplaner, je sais plus trop pourquoi je me suis arrêté, pour refaire mon lacet ou une connerie du genre et c’est à ce moment là que … »

Une boule se forme dans ma gorge, mes poils se hérissent sur ma nuque et un violent frisson me parcoure des pieds à la tête mais je ne m’arrête pas.

« Que mon oncle s’est pointé. Il a balancé un sort vers les gars et m’a chopé le bras en même temps, après c’était le trou noir. »

Je peux encore ressentir l'angoisse qui s'est emparé de moi quand j'ai retrouvé mes esprits et que j'ai compris que quelque chose clochait. C'était encore pire quand les cases se sont remises à leur place et que l'évidence des souvenirs et de la réalité m'ont sauté à la gorge. L'inquiétude, pour eux, pour Lui, mais aussi pour moi. Oui, j'ai eu peur, entre deux spasmes de colère. Et puis pendant un mois en non stop ou presque mais ça n'est qu'un détail.

« Le mari de la sœur de ma mère. »

Haussement d'épaules, sans doute un peu pour donner le change.
Et une pensée pour Amelya au passage, j'espère vraiment qu'il ne lui ait rien arrivé pour ce qu'elle a fait.

« Et c’est chez mon Grand-Père que j’ai atterri, le père de ma mère, que j’avais jamais vu. Derek était là aussi, pas de son plein gré non plus, et c’est là bas qu’on est restés coincés pendant … Je sais plus trop, un mois je crois. »

Tout ça exprimé sur le ton de la conversation mais évidemment à l'intérieur c'est tout autre chose. Pourtant je crois que ça fait du bien – un peu – d'en parler, de l'exprimer, de laisser sortir quelques vagues d'explications histoire de plus avoir ça coincé dans un coin de ma tête comme un milliard d'autre chose. C'est aussi prendre le risque de réveiller certains trucs auxquels je ne pensais pas mais … Tant pis, c'est trop tard de toute façon et pour le reste je me sens suffisamment en confiance avec Kezabel pour jouer franc jeu. Au moins en partie.

« On n’a pas été maltraités, c’était pas l’idée de base apparemment mais … Enfin je suis un peu perplexe vis-à-vis de tout ça. Se retrouver prisonnier de sa propre famille c’est un peu perturbant, surtout quand c’est des gens qu’on connait pas ou très peu. »

Dit il en triturant un bout de son sweat.

« Et oui, j’ai du sang anglais, même si je m’en vante pas. »

Ceci est une tentative d'humour pour détendre un peu l'atmosphère, parfaitement. Il n'empêche que je suis Australien et je le resterai toujours dans mon cœur.

« Le point positif c’est que j’en ai appris beaucoup sur ma mère, sur qui elle était et comment s’est passé son enfance et sa jeunesse. Elle était Poufsouffle, ce qui en soit ne m'étonne pas vraiment, et mon père lui a complètement tapé dans l’œil alors elle l’a suivi en Australie très peu de temps après l'avoir rencontré. Ils avaient fini leurs études tous les deux, chacun de leur côté du globe. En fait elle a fuit sa famille d’après ce que j’ai compris, surtout son père je crois. Divergence d’opinion sur pas mal de choses apparemment. »

...

« Les chiens ne font pas des chats visiblement. »

Esquisse d'un sourire quand mes yeux se posent dans les siens de nouveau et au fond de moi je ressens une petite vague de chaleur douce et agréable. Encore une chose qui me rapproche de ma mère et pour moi c'est une quelque sorte un réel cadeau. Tout ça n'était pas calculé évidemment mais malgré moi je marche dans ses traces et j'en suis fier. Je suis fier de lui ressembler.

« Et toi, tes vacances avec Riley, c’était bien ? »

Ou comment passer de l'hippogriffe au niffleur, comme d'habitude en fait.
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MessageSujet: Re: It's not treason, it's not lie - Enzo   Ven 5 Juin 2015 - 14:46

Face à Enzo qui se trouve à demi-assit sur la table, je patiente tranquillement dans l’attente d’une réponse. J’essaie de ne pas paraître trop soucieuse, jugeant qu’il n’était pas utile de rajouter une couche à ce qui pourrait ne pas aller. De le voir en face de moi me parait toujours si improbable et si irréel que j’ai du mal à assimiler l’idée qu’il se tient debout, à peine à un mètre de moi, vivant, respirant et plutôt en bonne forme. Du moins, physiquement. Je me suis faite un sang-d’encre pour lui, allant parfois jusqu’à l’éveil profond d’une angoisse qui se mêlait à toutes les autres.
Il bloque face à ma question et je ne lui tiendrais pas rigueur s’il refuse de m’en parler. Je comprendrais qu’il ne veuille pas m’en parler ou même en parler tout court. Personne – ou presque – ne sait ce qu’il s’est passé durant tout ce mois d’absence et encore moins où ils étaient lui et son frère. Avec qui. Comment. Pourquoi. Toute une série de question qui pourrait bien vous rendre fou. Je me suis même surprise à calquer la situation sur Adam… Et si ça avait été mon frère à la place d’Enzo ? J’aurai mis le feu au monde pour le retrouver.

« Je … »

J’essaie de l’encourager d’un regard et d’un sourire apaisé, apaisant. J’ai toute la soirée à lui accorder qu’il le souhaite, alors il peut prendre le temps qu’il lui faut pour remettre ses idées en place et savoir comment les formuler. Je le détail rapidement et il hésite quelques secondes, semblant un poil nerveux. Qui ne le serait pas à sa place ? Je le suis moi-même un peu, par peur de ce que je vais entendre.

« A vrai dire, j’en sais trop rien. J’crois que j’ai juste évité de me poser la question jusqu’ici. »

C’est une manière simplifié de ne pas faire face à la réalité et c’est ce que je fais moi-même souvent. Peut-être un peu trop. Il baisse les yeux sur le sol et je ne bronche pas, retenant un peu mon souffle en attendant la vérité.

« Ça va, j’veux dire j’ai connu pire – ou en tout cas différent – et physiquement j’suis en forme même si je suis très fatigué. »

Toujours aucune parole de prononcer de ma part, parce que ça ne sert pour le moment à rien. Il doit trouver ses mots, sa manière de parler, de se retrouver ici avec moi et je lui laisse le temps qu’il faut. Je reconnais tous ces gestes de « malaise ». Mordiller sa lèvre, regarder ailleurs et celui qui survient de manière la plus récurrente c’est la main dans les cheveux et sur la nuque.
Une chose m’interpelle plus qu’une autre. Si Enzo se trouve être en forme physiquement, cela veut peut-être dire qu’il n’a subi aucuns sévices corporels et ça serait une excellente nouvelle à savoir.

« J’suis un peu perdu pour être honnête, je sais plus trop où j’en suis, où sont mes repères. Ce genre de trucs.
- Tu les retrouveras, prend juste le temps de le faire. »

Parce qu’il est toujours important de prendre son temps pour soigner ses propres blessures et de ne pas faire ça à la va-vite. C’est comme des points de suture. Si ceux-ci sont fait dans la précipitation et de manière négligé, les sutures sauteront une à une alors que si nous prenons le temps de le faire de manière correcte, les points tiendront, la plaie cicatrisera. Il en va de même pour l’être humain dans son ensemble… Et je n’en reviens pas de me dire ce genre de chose alors qu’il me semble ne pas suivre cette règle moi-même. Stop, il n’est pas question de moi, mais d’Enzo.

« J’ai passé les plus belles vacances de toute ma vie. Enfin je mets de côté celles passées avec mes parents parce que j’peux pas vraiment comparer et que j’ai pas envie de les « laisser de côté » mais … On est parti tous les deux avec Kyle, on a d’abord été à Portland, aux USA, là où il a grandi et il m’a montré un peu son p’tit monde. C’était vraiment cool, ça m’a fait super plaisir parce que … Tu sais, c’est pas un grand bavard, même après deux ans il est encore plein de mystères pour moi parfois, alors en découvrir un peu plus sur son passé c’était vraiment bien et puis ça m’a permis de trainer vraiment dans le monde sans magie, chose que j’ai vraiment apprécié même si je devais avoir l’air d’un con la moitié du temps. »

Je lâche un rire amusé, accompagnant le sien qu’il émet avec une légèreté visible. Pour le moment, les aveux sont tranquilles, voir même agréables. J’imagine ces deux-là parcourir Portland même si je n’y ai jamais mis les pieds mais je suppose que tout cela était un moment hors du temps, un moment où ils ont pu en profiter uniquement à deux, sans que personne ne les dérange. Et lorsqu’il me dit que Kyle n’est pas un grand bavard, je n’en suis qu’à moitié étonnée. Je ne lui ai jamais parlé mais il a tout l’air d’être le genre de garçon, discret qui se noie dans la foule pour ne pas qu’on le repère et que nous l’étouffions de trop de questions.

« On a été au cinéma, c’était la première fois de ma vie que j’y mettais les pieds. Après ça on a passé quelques jours au Brésil et franchement … »

Ses yeux s’illuminent et son sourire se perd dans les souvenirs alors que je ne bouge pas. J’imagine sans peine un Enzo qui découvre tout cette univers de non-magicien, assit devant un écran géant où se déroule un film qui ne doit pas trouver si extraordinaire que ça, lui qui a toujours baigné dans la magie. Lorsqu’il évoque le Brésil, son visage s’apaise, s’illumine et tout cela est contagieux. Mon sourire s’élargit… Le Brésil. Je n’ai jamais réellement voyagé à part en France et en Ecosse pour aller voir Riley mais je n’ai pas encore franchi d’autres frontières. Ça aurait peut-être été le cas si Maman était encore là…

« Je ne m’étais pas senti aussi bien depuis … depuis … En fait j’arrive même pas à m’en souvenir. »

Alors ne te souviens pas, gorge toi de ce que tu as vécue durant ces vacances.

« Depuis que mes parents ne sont plus là, je crois. Le fait d’être loin, rien qu’avec lui, dans un endroit totalement neutre et franchement paradisiaque, de pouvoir surfer quand je voulais, d’être qui j’avais envie d’être c'est-à-dire juste … moi, sans que personne ne sache qui ont était et ce qu’on a pu vivre, c’était vraiment génial. De bronzer aussi, même si j’en ai déjà perdu une bonne partie. »

Je sens une petite boule se former dans le creux de mon ventre car je comprends plus qu’il ne peut le croire ce qu’il veut dire. Je chasse cette mauvaise sensation pour laisser place aux meilleures. D’ailleurs, Enzo remonte sa manche et l’une des miennes pour faire un comparatif…

- Eh ! C’est pas équitable ! Je suis une Britannique pure souche et toi t’es Australien, tu as déjà un avantage dans tes chromosomes.

Je ricane en le poussant gentiment, sans brutalité. Pour sûr que lorsque l’on voit ma peau blanche et la sienne caramélisé, ça n’a rien à voir. On pourrait nous prendre pour des Twix. Mais un jour, moi aussi je reviendrais avec un super bronzage et je pourrais rivaliser avec sa jolie peau hâlée. Ou pas. Et en plus de ça, il vend clairement du rêve… J’imagine sans peine la plage blanche, l’eau translucide, cette chaleur qui tape sur nos épaules sans être étouffante. J’en rêve d’avance et me demande si je ne tenterais pas l’expérience…

« Ensuite on est passé voir ma Grand-Mère en Australie, et mon frère, pour Noël. D’ailleurs je t’ai ramené un p’tit truc de là-bas, c’est pas grand-chose mais c’est plus pour le symbole qu’autre chose. J’te donnerai ça dès que j’en ai l’occasion. »

….

- Mais !
- Et puis on a filé chez Jill, Cameron était déjà là, et c’était vraiment cool de passer du temps avec eux en dehors du château. Ça m’a fait beaucoup de bien de la revoir.

Le fourbe ! Tu crois vraiment que je vais laisser passer ce détail comme si de rien n’était ? Il vient d’éveiller ma curiosité, cette petite part enfantine complètement surexcité de voir que son ami lui ramène un petit souvenir de vacance. Pourtant, je me tiens tranquille après avoir affiché une fausse moue boudeuse, juste pour la forme. Tout ce qu’il me raconte à l’air de vraies vacances reposantes, des endroits et des personnes qui permettent de décrocher de tout ce qui a pu se passer ici. Nous avons deux années complètes à rattraper, voire plus, je ne sais plus réellement mais l’important est de pouvoir profiter de nos proches désormais, pour toutes ces fois où nous n’avons pas pu.

Puis son sourire s’affaisse et la crainte revient de mon côté. Il fallait se douter qu’après le conte des vacances sans fausse note, nous allions arriver à l’histoire la plus sombre. Le regard d’Enzo s’assombrit, se perd de nouveau mais cette fois derrière moi. Ses sourcils se froncent et les miens avec…

« J’me suis fais embarquer sur le chemin du retour, quand on rentrait au château avec les gars, le dimanche avant la rentrée.
- Quoi ? »

C’est d’une brutalité à laquelle je m’y attendais pas. J’ai l’impression de me retrouver devant Ismaelle la dernière fois lorsque j’ai lâché le morceau avec la même amertume et la même brutalité. Un enlèvement ? Un long frisson de dégoût et d’horreur me parcoure l’échine alors que je ne le lâche pas du regard.

« Tout s’est passé super vite, Cameron et Kyle était devant moi et déjà entrain de discuter avec le Gardien qui devait nous faire transplaner, je sais plus trop pourquoi je me suis arrêté, pour refaire mon lacet ou une connerie du genre et c’est à ce moment là que … Que mon oncle s’est pointé. Il a balancé un sort vers les gars et m’a chopé le bras en même temps, après c’était le trou noir. Le mari de la sœur de ma mère.»

Je … reste bloqué, lèvres pincés, les sourcils toujours froncés. Est-ce que je suis entrain de comprendre qu’en plus de s’être fait enlevé avec son frère, tout cela vient de sa famille ? Ça n’a pas de sens et je ne comprends pas… Deux secondes Kezabel. Laisse-lui le temps de terminer ce qu’il a à te raconter. Après, tu laisseras venir cette boule de braise se diffuser dans tes veines, mais pas maintenant. Il hausse les épaules presque avec désinvolture.

« Et c’est chez mon Grand-Père que j’ai atterri, le père de ma mère, que j’avais jamais vu. Derek était là aussi, pas de son plein gré non plus, et c’est là bas qu’on est restés coincés pendant … Je sais plus trop, un mois je crois. On n’a pas été maltraités, c’était pas l’idée de base apparemment mais … Enfin je suis un peu perplexe vis-à-vis de tout ça. Se retrouver prisonnier de sa propre famille c’est un peu perturbant, surtout quand c’est des gens qu’on connait pas ou très peu. »

Mes yeux se baissent machinalement sur le bout de sweat qu’il triture entre ses doigts. J’ai froid. Je tremble, je crois.

« Et oui, j’ai du sang anglais, même si je m’en vante pas. »

J’aurai pu lui sortir une boutade sur le fait que d’avoir du sang anglais dans les veines c’est aussi très bien. La preuve en image, je suis là et je ne suis pas aussi dérangé que peut l’être sa famille. J’ai une boule dans la gorge et ne prononce toujours aucun mot, figée et emmagasinant les informations difficilement.

« Le point positif c’est que j’en ai appris beaucoup sur ma mère, sur qui elle était et comment s’est passé son enfance et sa jeunesse. Elle était Poufsouffle, ce qui en soit ne m'étonne pas vraiment, et mon père lui a complètement tapé dans l’œil alors elle l’a suivi en Australie très peu de temps après l'avoir rencontré. Ils avaient fini leurs études tous les deux, chacun de leur côté du globe. En fait elle a fuit sa famille d’après ce que j’ai compris, surtout son père je crois. Divergence d’opinion sur pas mal de choses apparemment. Les chiens ne font pas des chats visiblement. »

Le passé de sa mère me happe et … je crois que je ressens une colère profonde, bouillante qui semble dormir depuis quelques jours quelques semaines. Je n’entends pas sa dernière phrase puisqu’un acouphène m’enveloppe et les sons se trouvent être étouffés. Enlevé par sa propre famille, séquestré par les siens… pour une divergence d’idées ? Qu’est-ce qu’ils espéraient ? Faire un lavage de cerveau sur les deux garçons. Je m’insurge et j’ai toute les peines du monde à ne pas exploser en un flot de parole pour contester ce qu’il s’est passé. Je prends conscience que mes sourcils restent froncés alors que mon corps est tendu comme un arc. Voilà donc où il était durant tout ce temps… Comment ont-ils pu s’échapper ? Je doute que leur grand-père ait eu l’envie subite de les voir partir, pas après s’être donné tant de mal pour les « capturer ». Comme des bêtes. Les retenir prisonniers. Comme des bêtes.

C’est ahurissant, c’est horrifiant. Pourtant… je n’en suis qu’à moitié étonnée. J’ai vu l’horreur. J’ai vu leur haine, leur rage et leur plaisir de nous détruire. Je l’ai vu de mes propres yeux. Je me revois encore dans le jardin en les voyants au loin faire exploser chacune des maisons. Moldus ou non.
Une boule se forme dans ma gorge et je me force à me recentrer sur Enzo qui attend sûrement une réaction de ma part.

- Ta mère serait fière de toi, Enzo. Pour ce que tu es et pour tes convictions que tu maintiens malgré ton mois passés là-bas.

Les mots sortent tous seuls alors que mes yeux le cherche, le capte et je ne souris pas, mon visage restant stoïque pour le moment si ce n’est que mon regard exprime un sérieux et une douceur habituelle. Je n’ai pas bougée depuis tout à l’heure et si j’aurai pu ressentir une légère agitation, il n’en est rien pour l’instant. Je me contente simplement de rester face à lui, sans le lâcher du regard.

- J’ai … du mal à digérer l’information. A l’assimiler complètement tellement ça me parait dingue. Tellement ça me parait surréaliste. Ca n'a pas de sens.

Et je me passe une main dans les cheveux toujours en le regardant. J’ai envie d’exploser de colère. Je le sens, j’ai envie de crier et de demander comment ils ont pu en arriver là, comment ils ont pu leur faire ça. Bordel, ce sont des gosses, même si Derek a le même âge que moi nous n’en restons pas moins de jeunes adultes. C’est quoi cette obstination, bon sang. Qu’est-ce qu’ils cherchent à faire ça. Leur retourner le cerveau ? Leur faire comprendre où se trouve le vrai camp des gentils ? Leur parents sont morts, ça ne leur suffit pas d’en rajouter une foutue couche sur tout ça ?
Respire. Ta colère ne servira à rien et la chose dont il a le moins besoin ici, c’est bien cette haine qui te ronge les nerfs. Je pousse un long soupire en secouant la tête, baissant les yeux vers le sol un instant afin de retrouver mon calme. Ma douceur. Il est là, en vie. C’est le plus important, je ne dois pas oublier ça. J’aurai toutes les occasions du monde de cracher ma frustration plus tard.

Je m’approche de lui et lui pose délicatement une main sur la joue, en douceur, m’inspirant de la chaleur de sa peau. Mes nerfs se détendent aussitôt et je lui transmets du mieux que je peux, ce que je suis.

- Je ne peux pas dire que je te comprends, parce que ça serait mentir. Mais tes marques, tu les retrouveras. Tu es plus solide qu’ils ne peuvent le croire. Prends du temps pour ça, pour te recentrer, te retrouver, faire le point. Mais n’oublie pas qu’ils n’ont pas réussi à te détruire. Et ça, c’est important Enzo.

Et c’est même un point primordial dans tout cela. Il est là, devant moi, et même si je me doute que psychologiquement ça doit être encore dur pour lui, il n’en est pas moins qu’il n’a pas viré de bord. Sinon, il ne serait pas là, pas vrai ?

- Et je te signale que d’avoir du sang anglais peut être super cool. Regarde, j’en suis la preuve vivante.

Je tente un élan d’humour et lâche un petit rire amusé avant de reprendre mon sérieux et de lâcher son visage de ma paume, ramenant ma main le long de mon corps.

- Est-ce que tu sais… pourquoi ils ont fait ça ? Comment avez-vous réussi à vous échapper de là-bas ?

Là encore, il n’est pas obligé de répondre, mais je suis là si il a besoin d’en parler plus. Et ça serait mentir que de dire je ne veux pas savoir ou que je n’en suis pas curieuse. Pas de la curiosité de commérage, mais de savoir comment ils ont réussi à fuir. Est-ce que c’est leur grand-père qui a bien voulu les laisser partir ? Ou est-ce une fugue. Parce que si c’est le cas… La question que je me pose est : Seront-ils en sécurité à l’extérieur ? Cette idée me provoque un électrochoc le long du corps, de la tête jusqu’aux pieds. Pour le moment ça n’est pas le plus important. Ce qui compte c’est ce qu’il a à me dire mais aussi le fait qu’il soit présent. Si je peux l’aider d’une quelconque manière, il sait qu’il peut compter sur moi.
Comment ça se passe dans ta tête, Enzo ? Comment ça s’emboîte là-dedans après tout ça.
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MessageSujet: Re: It's not treason, it's not lie - Enzo   Sam 6 Juin 2015 - 11:38

Une étincelle. Il ne suffit parfois pas de plus pour déclencher un incendie et si je tente de prendre sur moi et d'enterrer mes propres ressentis pour ne pas me laisser avoir par des sentiments que je ne contrôlerai pas, j'ai comme l'impression de ne pas être le seul dans ce cas là. Il y a des signes qui ne trompent pas, des choses qu'on fini par capter par habitude avec le temps et d'autant plus quand on a des perceptions différentes de celle des humains normaux. Une odeur est en général associée à une émotion, un rythme cardiaque, une respiration, une posture même. L'instinct animal capte tous ces signaux et les analyse, il les comprend. Ce que j'en déduis c'est que Kezabel n'est au fond d'elle pas aussi calme qu'elle ne veut bien me le montrer. Est ce que c'est ma propre histoire qui la révolte ou bien est ce qu'elle fait un parallèle avec une expérience qu'elle a déjà vécu ? Avec le monde qui déraille complètement de manière globale ? Difficile à dire voir impossible parce que même si on discute beaucoup je ne la connais pas assez pour capter ce genre de choses. Tout ce que je sais c'est qu'une partie de moi digère « difficilement » cette réaction, j'ai bien vu qu'elle n'était plus là, qu'elle n'a probablement pas capté mes derniers mots et ça n'est clairement pas ça qui me perturbe mais le fait qu'elle … vive mes propres émotions. Ce sont les siennes, mais c'est mon histoire et j'ai toujours eu un peu de mal avec le fait que d'autres que moi puissent être atteint par ces choses là, des choses qu'ils ont peut être vécu à leur manière de leur côté mais pas de la mienne. Égocentrisme ? Peut être, je ne m'en cache pas, mais je suis comme ça. Je ne lui en veux pas, ça n'est pas la question, je dis juste que ça me dérange un peu. C'est tout. Je me doute de toute façon que m'entendre parler de ma mère doit raviver chez elle des choses qu'on peut parfaitement comprendre tous les deux alors c'est peut être « simplement » ça et bien sur ça n'était pas le but mais … Enfin tout ce que je vois c'est qu'elle n'est plus là mais bien partie loin dans ses pensées. Pensées et souvenirs ?

« Ta mère serait fière de toi, Enzo. Pour ce que tu es et pour tes convictions que tu maintiens malgré ton mois passés là-bas. »

Cette fois c'est moi qui me fige, moi qui bloque, moi qui ne sait pas vraiment comment réagir écartelé entre plusieurs émotions. C'est comme un coup dans l'estomac suivit d'une réaction un peu plus perplexe. Est ce qu'elle le serait vraiment ? Je n'ai pourtant pas l'impression de faire quoi que ce soit d'extraordinaire, tout ça ne sont pas des choix. Pourtant je le souhaite du plus profond de mon cœur, je souhaite que Kezabel ait raison et que d'où qu'elle soit ma mère soit fière de moi. J'ai fait un paquet de choses dont je ne suis pas fier, des choses graves, mais malgré ça j'espère vraiment qu'elle me pardonne et qu'effectivement elle est fière de son fils, de celui qu'il est devenu avec le temps en refermant une à une ses blessures et en faisant taire ses sales travers les uns après les autres. Je n'ai pas l'impression de maintenir des convictions, j'essaie juste de vivre, d'être moi même, avec ma façon de voir les choses mais peut être que ça en revient au même ? La vérité c'est que je suis très centré sur moi même dans le sens où je ne me sens pas investi d'une mission d'intérêt général. C'est comme si dans le fond je ne voyais pas vraiment plus loin que le bout de mon nez mais peut être que je me trompe. Je ne considère pas les Non-Magiciens comme des êtres inférieurs par exemple mais chaque fois que je me suis battu pour ça c'était parce que je me sentais directement concerné dans le sens où la personne que j'aime se trouve être l'un d'entre eux. J'ai l'impression que c'est le cas pour tout le reste, les différences en générale. J'en sais trop rien.

Quoi qu'il en soit je reste coincé par le regard de cette jeune femme qui arrive à vous toucher l'âme de manière déconcertante. C'est ce qu'elle vient de faire, autant par ses mots que par son langage corporel. J'en reste décontenancé, incapable de réagir, mais je ne force pas les choses et reste complètement stoïque malgré tout ce que cette « simple » phrase vient de provoquer chez moi.

« J’ai … du mal à digérer l’information. A l’assimiler complètement tellement ça me parait dingue. Tellement ça me parait surréaliste. Ça n'a pas de sens. »

Elle s'agite à nouveau, j'en reste doublement stoïque. Pourtant à l'intérieur je hurle mais sa propre colère force la mienne à se terrer dans un coin. Si j'explose ça risque d'être moche et je ne veux pas le faire devant elle.

« Personnellement j'ai arrêté de chercher un sens à tout ça. Perds pas ton énergie à essayer de comprendre, c'est du gâchis. »

Est ce que c'est vrai ? Pas vraiment. Je crois que j'ai juste enfermé tout ça dans un coin de ma tête, comme d'habitude, mais est ce que ça ne risque pas de péter plus tard ? Allez savoir. J'ai gagné en endurance au fil du temps, à force d'en prendre plein la gueule on apprend à faire avec. Bonjour, c'est la Saint Martyr.
Je ne sais pas où j'étais parti mais quand sa main se pose à nouveau sur ma joue je sursaute et adopte aussitôt une sorte de position de défense. C'est imperceptible, ça ne dure qu'une fraction de seconde.

« Je ne peux pas dire que je te comprends, parce que ça serait mentir. Mais tes marques, tu les retrouveras. Tu es plus solide qu’ils ne peuvent le croire. Prends du temps pour ça, pour te recentrer, te retrouver, faire le point. Mais n’oublie pas qu’ils n’ont pas réussi à te détruire. Et ça, c’est important Enzo. »

Un soupir m'échappe, je soutiens son regard mais je ne la vois plus vraiment. Non, ils ne m'ont pas détruit mais parfois je me demande si ça n'est pas simplement parce que je le suis déjà. On ne peut pas se sortir indemne de … tout ça, tout ce qu'on a pu vivre ici et ailleurs, tout ce que j'ai pu vivre depuis trois ans. Je m'en sors, je suis toujours là et je m'accroche mais on ne se sort pas de tout ça sans dommage et j'étais prêt à baisser les bras je crois. C'est épuisant de devoir se battre en permanence ou presque. Soit comme ci, pas comme ça, et pense de cette façon. Oui je suis solide mais je ne suis pas indestructible et se construire dans un environnement aussi instable et parfois néfaste ça n'est pas simple. Enfin, tout le monde à des problèmes, je m'estime assez chanceux quand même. Ça aurait pu être pire, j'en ai conscience. Certaines cicatrices ne disparaitront jamais mais je suis en vie et la plus part des gens que j'aime aussi. Fait non négligeable. Quant à mes marques … A chaque jour suffit sa peine, je vais essayer de m'en tenir à ça et de me concentrer sur l'instant présent. Il se trouve que l'instant présent c'est ici et avec elle.

« Et je te signale que d’avoir du sang anglais peut être super cool. Regarde, j’en suis la preuve vivante. »

Elle lâche un rire pas très franc mais bien présent, j'en fais autant et mon sourire n'est pas feint. Son bras retombe le long de son corps, j'ai l'impression de sentir encore la présence de sa main sur ma peau et ça me fait du bien. Bras a demi levés, paumes tournées vers elle :

« J'abdique. Il n'empêche que je ne capte toujours pas le concept de boire de l'eau chaude à heure fixe mais … »

J'aime me faire frapper, j'assume.

« Est-ce que tu sais… pourquoi ils ont fait ça ? Comment avez-vous réussi à vous échapper de là-bas ? »

L'effet de sa marque d'humour retombe comme un soufflé malheureusement mais je n'en montre rien. Je pensais que parler un peu de ça me ferait du bien mais je commence à être sceptique pourtant à aucun moment je n'envisage de ne pas lui répondre. Personne ne me force à le faire, c'est de mon plein gré que je le fais alors après m'être redressé un peu je me recentre et réfléchis.

« D'après ce que j'ai compris c'est … Disons que ça ne partait pas spécialement d'une mauvaise intention. Le truc c'est que quand ma mère est partie elle a complètement coupé les ponts ou presque si j'ai bien compris. Je crois que son père en a beaucoup souffert et ... On est un peu comme une partie d'elle, tu vois. Il voulait rattraper le temps qu'il a perdu sans elle, avec nous. »

Ce que en soit je peux comprendre, un peu, même si mon cher frère me tuerait probablement pour avoir eu une telle pensée. Je l'emmerde, c'est aussi simple que ça. Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé entre eux mais je soutiens la décision de Maman à 100% en me disant que si elle est partie c'est qu'elle avait ses raisons, point barre, seulement en faisant ça elle l'a privé d'une partie de son sang, de sa famille. Des ses petits fils. Ne va pas nous développer un syndrome de Stockholm Enzo Ryans, t'as été kidnappé par ta propre famille j'te rappelle et cette famille en question t'a très clairement fait comprendre que tu n'avais pas le droit d'être qui tu es et surtout pas le droit d'aimer le garçon avec qui tu partages ta vie depuis maintenant bientôt deux ans. Tu n'aimes pas qu'on te dise ce que tu dois faire et comment tu dois penser, n'est ce pas ? Non. Bien. N'oublie pas non plus la façon dont ce cher Travis t'a traité, n'oublie pas que ton Grand-Père – et même Amelya – n'ont rien fait pour l'en empêcher ou en tout cas pas tout du long. Ils t'ont puni comme un chiot qui a fait une connerie, t'en as conscience de ça ? Comme un fauve indomptable qui ne veut pas se laisser faire et qu'on tente de mater d'une manière ou d'une autre. Mais clairement, c'était pas le pire que le fauve en question a pu subir, ceci dit ça n'est pas le débat.

« Après j'te cache pas qu'ils sont pas vraiment pour le mélange Sang-Pur/Autres types de Sang et alors Sang-Pur/Non-Magicien là faut pas rêver. »

Et un rire sarcastique pour la route.

« Il voulait … Je sais pas, nous offrir une vie toute tracée, une vie de Sorcier bien sous tout rapport, je sais pas trop. Reformer la famille peut être, un truc dans le genre. Sauf qu'il s'y est pris comme un manche. Du côté de mon père c'est potentiellement la même chose, la pureté du Sang est un truc super important, y avait que mes parents à être en marge comme ça et c'était très discuté déjà sauf qu'ils étaient adultes et Sang-Purs tous les deux donc bon, ça passait sans doute mieux. Et puis ils vivaient quand même comme des Sorciers même s'ils étaient moins sectaires. »

Ils nous ont appris la tolérance, je crois que ça a mieux fonctionné sur un de leur fils que sur l'autre mais passons. Je sais que Derek a fait beaucoup de progrès là dessus, qu'il a énormément pris sur lui et tout ça pour moi mais je crois que j'ai trop de rancœur contre lui aujourd'hui pour … accepter nos divergences d'opinions. J'ai plus envie de faire d'efforts, c'est tout.

« Et y a moi maintenant, sauf que je les collectionne et les accumule et ça en général ça passe pas trop. J'suis un peu … le vilain p'tit canard de la bande, le mouton noir. »

T'es pas un mouton, t'es un loup.
Et tu les emmerde.
Si seulement c'était aussi simple ...

« Je sais pas trop pour Derek parce qu'on s'est pas vraiment parlé là bas, on est un peu en froid on va dire, mais en ce qui me concerne j'ai essayé un nombre incalculable de fois de me barrer et j'ai jamais réussi. En fait, quelqu'un nous a fait sortir. »

Et ce quelqu'un restera « quelqu'un » pour la simple et bonne raison que Amelya a déjà pris trop de risques pour nous et même si j'ai confiance en Kezabel je ne veux pas mettre quelqu'un d'autre dans la confidence.

« J'ai fait des rencontres plutôt sympa quand j'étais là bas. Tout n'était pas à jeter. »

Amelya, Clarisse, même les gosses. Surtout le petit dernier, et surtout quand ça faisait chier Travis. Moi aussi je peux être une sale bête quand on me fait trop chier, il s'en est vite rendu compte cet espèce d'enfoiré.

« Tu sais quoi, si t'as le temps tu vas venir avec moi chez les Gryff et j'vais te donner ce que je t'ai ramené. Comme ça tu pourras me raconter tes vacances en chemin ou là haut. »

J'attends pas plus, ma main claque sur ma cuisse et sonne la fin de cette conversation. Ça n'est pas contre elle mais … J'ai besoin que ça s'arrête et surtout plus envie d'en parler, plus envie d'y penser. C'est assez pour aujourd'hui.
Alors c'est avec un sourire que je l'entraine avec moi et on monte les escaliers tranquillement sans parler des vacances mais plutôt des choses qui ont potentiellement changé ici en mon absence. Un tableau déplacé, un fantôme qui passe par là et attire notre attention, deux ou trois potins sur certaines personnes qu'on croise, sans parler du détour pour éviter June. Entre autres. Toujours est il qu'on arrive en haut plus rapidement que je ne l'aurai cru et quand je pousse la porte du dortoir ...

« Ouais, c'est un peu le bordel désolé. Fais pas attention. »

J'avais oublié ce tout petit mini détail, merci les gars ! Y a encore des traces de paillettes, mon sac est légèrement en bordel sur le sol avec deux ou trois trucs qui dépassent et quand je vois que Keza a les yeux rivés sur le « Vaisseau de l'Amour » là j'ai carrément envie de me jeter par la fenêtre.

« Petit cadeau de bienvenue des gars. »

Au moins y a pas de caleçon à cœur qui traine dans un coin ... Ahum. Bref ! Je me penche et fouille dans mon sac jusqu'à en sortir un objet bien particulier que je lui tends.

« Tiens, cadeau. »

Il s'agit d'un gros coquillage, enfermé dans une boite pour le protéger pendant le trajet, que j'ai ramassé sur la plage à Lakes en allant me promener pas très loin de la maison. Il est a peu près de la taille d'une main, en spirale et nuancé de couleur ocre je dirais. Il se confondait très bien dans le sable en tout cas.

« J'te l'ai dit c'est pas grand chose mais … C'est un p'tit bout de chez moi. »

Haussement d'épaules.
Sourire timide.

« Et si tu le colles à ton oreille tu peux entendre l'Océan. Ma mère me disait toujours ça, elle m'en avait donné un quand j'étais petit et je la croyais dur comme fer. Quand il a fallu que j'aille à l'école moi aussi je prenais le coquillage tous les soirs avant de dormir et j'écoutais le ressac à l'intérieur. Ça me berçait à défaut d'entendre le vrai même s'il n'était pas très loin. Et puis ça me faisait penser à elle. »

En réalité ça n'a rien à voir avec l'océan, la cavité fait simplement caisse de résonance à ce qu'il se passe dans le corps humain mais encore maintenant je préfère me dire que c'est vraiment les éléments naturel qui se déchainent ou au contraire restent tranquilles.

« J'aimais pas être loin d'elle. »

Gros bébé va ! Et le gros bébé fouille dans son tiroir et en sort une photo de ses parents qu'il tend à la jolie demoiselle.

« Tiens, j'crois que je ne te les ai jamais montré. »

C'est le cliché qui me suit partout où je vais … sauf que je ne l'avais pas ce mois ci puisqu'il était dans le sac quand j'ai été chopé à Londres mais maintenant je suis là, lui aussi, et c'est tout ce qui compte. Sur cette photo animée mes parents ont l'air vraiment heureux et ma mère est juste magnifique avec ses longs cheveux ondulés. Comment ça je ne suis pas objectif ? N'importe quoi. C'est la plus belle femme du monde, qu'est ce que j'y peux ?

Partie dans mon délire je sors une autre photo, une que j'ai ramené l'été dernier après l'avoir retrouvé à la maison. Elle représente Derek et moi sur la plage devant la maison, respectivement 7 ans et 4 ans.

« Derek va me tuer s'il sait que je t'ai montré ça. »

Je tremble de peur ! Non, en réalité je me marre parce que ça m'amuse. Cette photo – même si déjà à l'époque ça n'était pas le grand amour entre nous deux – mais aussi la réaction de Kezabel en voyant nos deux bouilles de gamins. Elle regarde les photos, moi c'est elle que je regarde pendant ce temps là.

« Tu sais … J'peux sans doute pas juger mais je suis sur que ta mère aussi est fière de toi. »

Comme ça, de but en blanc.

« T'es quelqu'un de bien Kezabel, vraiment. Des personnes comme toi on n'en trouve pas à tous les coins de rue, faut que tu le saches. »

Assis sur mon lit je lui adresse un sourire tranquille tout en pensant chacun de mes mots. Elle ne s'en rend peut être pas compte mais c'est la vérité, la mienne en tout cas même si je doute être le seul à penser ça d'elle.

« Bon, tu vas me raconter tes vacances ou pas ? »

C'était y a un mois et il s'est peut être passé un million de choses ici depuis mais pour moi c'est comme si le temps n'était pas passé, comme s'il ne c'était rien passé, alors désolé si je suis un peu déphasé.
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MessageSujet: Re: It's not treason, it's not lie - Enzo   Mer 17 Juin 2015 - 11:04

Blasphème… Il part du thé comme de « l’eau chaude », comme si cela n’avait aucune saveur ! Pourtant, je lâche un rire amusée. Je sais à quel point nous sommes connus, les Britannique purs, pour adorer le thé et le prendre à certaines heures de la journée. Je sais aussi que comme beaucoup d’origine, nous avons des clichés et je ne suis pas le genre de personne à m’offusquer pour ça. Bien au contraire… je suis bon publique concernant l’humour et la petite réplique d’Enzo en fait partie ! Peut-être qu’il faudrait que je me penche un peu plus sur les clichés Australiens…
Quoi qu’il en soit, me retrouver avec lui dans cette pièce empreint de tranquillité possède un effet apaisant sur ma personne. Et je l’espère, sur la sienne aussi. Discuter de tout ce qu’il s’est passé doit le remuer quelque part, je ne sais pas trop comment il prend les choses mais il y a des regards qui ne trompent pas. Il semble à la fois absent, détachés et touchés. Tout dépend des sujets abordés et je pense qu’il lui faudra un bon moment avant de pouvoir atterrir parmi nous, de retrouver ses marques. En attendant, je fais au mieux pour être présente et l’écouter, mais surtout de comprendre ce qu’il s’est passé. Il m’a manqué, j’ai imaginé les pires films le concernant et le soulagement a été bien plus qu’intense de le voir en vie, en forme devant moi. Désormais, il fallait voir vers l'avenir et prendre garde à ce qu'il ne se perde pas en cours de route..

« D'après ce que j'ai compris c'est … Disons que ça ne partait pas spécialement d'une mauvaise intention. Le truc c'est que quand ma mère est partie elle a complètement coupé les ponts ou presque si j'ai bien compris. Je crois que son père en a beaucoup souffert et ... On est un peu comme une partie d'elle, tu vois. Il voulait rattraper le temps qu'il a perdu sans elle, avec nous. »

Je fronce les sourcils mais ne dit rien, me contentant d'acquiescer face à ses mots. Je comprends l'intention de son grand-père mais... Pourquoi allez jusqu'à l'enlèvement et ne pas simplement lui envoyer un courrier ou se déplacer lui même pour venir les voir ? Encore beaucoup de questions fleurissent mais ici encore, je ne bronche pas. Il me dit qu'ils ont été plutôt bien... « traités » mais cela reste tout de même de la séquestration et je... Oui, stop. Écoute, tout simplement.

« Après j'te cache pas qu'ils sont pas vraiment pour le mélange Sang-Pur/Autres types de Sang et alors Sang-Pur/Non-Magicien là faut pas rêver. »

Je vois. Voilà peut-être une explication à pas mal de chose. Je repense à la conversation que j'ai eu avec Mackensie, sur son mariage arrangée et ces traditions qui n'appartiennent qu'à une certaine catégorie de « Sang-Pur » et je me demande dans quel mur nous fonçons, actuellement. Tous. Je me doute que la relation d'Enzo avec Kyle doit par conséquent être mal vu par sa famille... Et je me demande comment il fait pour gérer tout cela, comment il le prend, comment il le vit. Certains n'y accorde aucun crédit, d'autre font tout l'inverse. Ce qui est largement compréhensible.

« Il voulait … Je sais pas, nous offrir une vie toute tracée, une vie de Sorcier bien sous tout rapport, je sais pas trop. Reformer la famille peut être, un truc dans le genre. Sauf qu'il s'y est pris comme un manche. Du côté de mon père c'est potentiellement la même chose, la pureté du Sang est un truc super important, y avait que mes parents à être en marge comme ça et c'était très discuté déjà sauf qu'ils étaient adultes et Sang-Purs tous les deux donc bon, ça passait sans doute mieux. Et puis ils vivaient quand même comme des Sorciers même s'ils étaient moins sectaires. »

J'acquiesce en silence, l'écoutant attentivement. Il a eu la chance d'avoir des parents réussissant à sortir des carcans imposés et aussi à avoir leurs propres opinions, se détachant ainsi de tout ce qui a pu être inculquer durant leur enfance. Les histoires de famille ont toujours eu pour « réputation » d'être compliquées, alors je ne doute pas que dans ces circonstances...

« Et y a moi maintenant, sauf que je les collectionne et les accumule et ça en général ça passe pas trop. J'suis un peu … le vilain p'tit canard de la bande, le mouton noir.
- Vilain petit canard qui est en phase de devenir un magnifique cygne. »

Cette histoire était connue de tous, ou presque. Le petit canard se faisant « rejeté » par sa famille pour sa différence de plumages pour ensuite se révéler être un magnifique cygne. Enzo devenait au fil du temps un jeune homme plus sûr de lui, il devenait ce cygne imposant ce qu'il était, tout au fond de lui, ne se souciant plus de ce que qui que ce soit pouvait en penser.

« Je sais pas trop pour Derek parce qu'on s'est pas vraiment parlé là bas, on est un peu en froid on va dire, mais en ce qui me concerne j'ai essayé un nombre incalculable de fois de me barrer et j'ai jamais réussi. En fait, quelqu'un nous a fait sortir. »

Derek? En froid? Encore une fois je ne dis rien mais mon cerveau se pose un million de questions. Je me demande désormais si Derek avait décidé de revenir sur ses positions du temps des Supérieurs ou si lui aussi refusait catégoriquement de rentrer dans ce petit jeu? Je prends conscience au fur et à mesure à quel point tout cela peut devenir compliquer, pour l'un comme pour l'autre. J'espère juste sincèrement que cet air glacière entre eux deux ne durera pas.. Nous avons toujours besoin d'un frère ou d'une soeur sur qui compter. Derek représente presque sa seule famille et je n'étais pas là pour voir et vivre ce qu'ils on vécus mais ... ils ne faut pas qu'ils se lâchent. Pas maintenant.
Et si j'avais ce "quelqu'un" sous la main, je crois que je l'embrasserais de les avoir "libérer".

- J'ai fait des rencontres plutôt sympa quand j'étais là bas. Tout n'était pas à jeter.

J’ai la sensation que son séjour reste mitigé, entre ses rencontres, la situation, ce qu’il a pu voir, entendre et vivre là-bas. Et je reste toujours aussi scié par les évènements et de voir jusqu’à où l’Homme est prêt à aller pour assouvir ses convictions mais aussi, ce besoin de… contrôle ? Je n’en sais trop rien. Je me focalise sur une chose qui me semble en cette seconde, la plus importante : Que Enzo soit en vie et en bonne santé. C’était presque inespéré après cette longue absence et celui qui n’était qu’un élève que je souhaitais aidé est devenu bien plus que ça au fil du temps. Le perdre aurait été une chute violente et brutale.

« Tu sais quoi, si t'as le temps tu vas venir avec moi chez les Gryff et j'vais te donner ce que je t'ai ramené. Comme ça tu pourras me raconter tes vacances en chemin ou là haut.
- Si j’ai le temps ? Hum, je sais pas j’ai peut-être mon thé à prendre… regard taquin et j’éclate de rire. Allons-y champion ! »

Il claque ses mains sur ses cuisses et je me tourne vers la sortie, ne prenant pas en compte le fait qu’il ait abrégé la discussion de manière aussi « brutalement ». Je comprends aisément qu’il n’ait pas envie d’étaler tout ça durant des heures et des heures et qu’il ressent peut-être le besoin de passer à autre chose, à une discussion bien plus légère. Je sais qu’il sait que si jamais il souhaite en reparler, je serais là, quoi qu’il arrive. Je pense qu’il n’y a plus rien à prouver de ce côté-là mais je garderais un œil sur lui, de loin s’il le faut. Pour m’assurer qu’il va bien, sur long terme. L’instinct maternel ou fraternel se déclenche en sa présence et ça fait bien longtemps que je ne souhaite plus lutter contre ça. Ca fait partie de moi, c’est ainsi, c’est tout.

Nous grimpons les escaliers, lui racontant ce qui avait changé ou non durant son absence, évitant par la même occasion de cette écervelé de June qui lui aurait sûrement sauté dessus en le revoyant tout en lui posant un milliard de questions… La sensation est encore étrange de l’avoir à mes côtés après ces longues semaines d’absences et je peine encore à réaliser qu’il se trouve à côté de moi. Je n’ose imaginer le soulagement de Kyle lorsqu’il a dû retrouver Enzo… Un demi-sourire attendri s’étire sur mes lèvres.

Salle commune des Rouges, direction dortoir, direction chambre d’Enzo. Il pousse la porte et…

- Wow… Qu’est-ce que…
- Ouais, c'est un peu le bordel désolé. Fais pas attention.
- Difficile de pas le faire… Avec ça….

Je pointe du doigt l’écriture gravée dans le bois de son lit, à deux doigts d’exploser de rire. « Le vaisseau de l’amour » ? Mon regard capte des traces de brillants un peu partout sur les rideaux et même sur les draps. Je fronce les sourcils. Bon sang, il y a eu une fête improvisée ?

- Petit cadeau de bienvenue des gars.

Je laisse échapper un rire amusée face à ça mais aussi face à la tête d’Enzo qui se trouve… gêné ? Peut-être un peu oui. Le vaisseau de l’amour… je n’ose pas imaginer la signification et je crois qu’il est mieux pour moi de ne pas chercher le sens – même s’il est clairement évident – de cette appellation pour son lit… STOP. Pas d’images, c’est comme si c’était Adam que j’imaginais. J’ai dit STOP !

- Tiens, cadeau.

Je me tire de la contemplation de tout ça en me retournant et m’avançant vers lui, un léger sourire flottant sur mes lèvres. Sourire qui s’affaisse quelques secondes. Mes sourcils se froncent… Mon cerveau enregistre ce qu’il se trouve dans cette boite, le détail, mon cœur s’emballe et cette fois mes yeux s’ouvrent en grand. Mon sourire réapparait aussitôt, bien plus grand et plus large que tout à l’heure. Ce qu’il s’y trouve est tout simplement… magnifique. Un cadeau de la nature, une beauté de ce monde parmi tant d’autre, se trouve dans cette boite. Un coquillage gros comme la main d’Enzo, en parfait état, en spirale avec des nuances nacrés et blanc cassé.

- J'te l'ai dit c'est pas grand chose mais … C'est un p'tit bout de chez moi.
- Tu plaisante ? Il est… magnifique. Merci Enzo, vraiment. Je…

Je secoue la tête et le prend dans mes bras, le serrant doucement contre moi, ma tête dans son cou et fermant les yeux un instant pour m’imprégner de sa présence, le cœur battant. Mes lèvres effleurent sa joue et je me détache de cette étreinte pour prendre la boite avec une grande précaution entre mes mains, complètement émerveillée par ce que j’y vois et n’osant pas l’ouvrir de peur de le laisser échapper et de le briser. Je suis touchée, profondément touchée. Par ce cadeau mais aussi pour le fait qu’il ait pensé à moi durant ses vacances.

- Et si tu le colles à ton oreille tu peux entendre l'Océan. Ma mère me disait toujours ça, elle m'en avait donné un quand j'étais petit et je la croyais dur comme fer. Quand il a fallu que j'aille à l'école moi aussi je prenais le coquillage tous les soirs avant de dormir et j'écoutais le ressac à l'intérieur. Ça me berçait à défaut d'entendre le vrai même s'il n'était pas très loin. Et puis ça me faisait penser à elle.

Je n’ai pas besoin de grand-chose, je n’ai pas besoin d’un cadeau au prix fort, d’une qualité extraordinaire… Un cadeau comme celui-ci, venant du cœur et ayant une valeur aussi symboliquement forte vaut bien plus « cher » à mes yeux. J’ai la sensation d’être une enfant à Noël, n’arrivant plus à arrêter de sourire, venant m’assoir sur le bord de son lit toujours cette boite entre mes mains. L’émotion se fait plus grande, plus intense. Parce qu’en plus d’avoir pensé à moi et de m’avoir ramené un « bout de chez lui », ce coquillage prend toute une signification particulière, un fragment de souvenir, une partie de … lui. D’un quelque chose qui nous rattache. Le souvenir d’une mère. Je lève mon regard brillant vers lui, n’arrivant pas à décrocher un mot et m’imaginant déjà dans mon lit le soir, essayant d’entendre les vagues au creux de coquillage, le bruit des mouettes, le bruit de l’eau sur le sable et j’en ressens déjà un apaisement brûlant. Je sais que les bruits ne sont que l’écho de ce qu’il se passe autour de nous mais… Une part de moi, l’enfant, préfère conserver la certitude qu’un océan se déchaine au creux de cette merveille que je pose avec délicatesse sur mes genoux, résistant à l’envie furieuse d’y plaquer mon oreille sur le champ.

- J'aimais pas être loin d'elle.

Mon cœur loupe un battement. « Elle », sa mère. Ce fragment manquant à sa vie. Il fouille dans un tiroir alors que je retourne à la contemplation de mon coquillage – Non mais vous avez vu sa taille ? je peux y loger toute mon oreille ! – et l’étudie sous toutes ses coutures, de ses stries à la forme presque parfaite de cette spirale qu’il forme. La magie et le mystère d’une nature qui ne cessera jamais de nous surprendre. Un instant je repense à tous ces jardins que maman me faisait visité. Un champ complet de fleurs en tout genre, de verdures, de paix.

- Tiens, j'crois que je ne te les ai jamais montré.

Je saisi la photo qu’il me tend et contemple le cliché, un sourire figé sur mes lèvres. Je suis frappé par une première chose : Le visage de sa mère. Une jeune femme aux longs cheveux ondulés, un sourire plus que vivant et surtout, une douceur qui transpire de ses traits, à tel point que nous ne pouvions concevoir une seule seconde que cette jeune femme pouvait être capable d’un quelconque trait de méchanceté. Volontaire ou non. Et surtout, j’y retrouve Enzo dans ce sourire. La photo est animée et ils me saluent tous les deux. Oui, son père y est aussi et c’est là que j’y trouve un peu plus de Derek en cet homme au visage patient mais au trait familier de son fils, le regard brillant et le sourire tout aussi heureux que celui de sa femme. Ils sont beaux, ils sont douloureusement vivant sur ce cliché et je ressens une vague de chaleur s’étendre dans le creux de mon ventre. C’est une photo intime, personnelle et le fait qu’il me la montre me touche droit au cœur.

- Ils sont beaux. Tu ressembles beaucoup à ta mère, tu as le même sourire je trouve.

Et je suis sincère, ce détail est frappant. Du moins, à mon sens. Je contemple encore un peu cette photo, presque religieusement, encore un peu fébrile d’être ainsi glissée dans cette intimité qui lui appartient. Il revient vers moi, un autre cliché dans la main que je saisis et là…. J’ouvre grands les yeux.

- Derek va me tuer s'il sait que je t'ai montré ça.
- Bon sang ! C’est vous ?!

J’éclate de rire devant leurs bouilles juvéniles qui sont absolument à croquer, là, en maillot de bain sur la plage devant une grande maison.

- C’est moi où il manque deux petites dents à Derek ? Et toi t’as pas changé… enfin si, mais t’as toujours la même bouille. Tu portais déjà le vice sur ton visage !

Regardez-moi ces yeux de filou ! Il était tout petit et je me retrouve comme une idiote à être complètement attendri devant ces deux petits bonhommes devenus… Immensément grand. Surtout Enzo qui n’a rien à voir avec cette petite carrure d’enfant de… quoi, 4-5 ans ? J’effleure l’image du bout des doigts, grand sourire aux lèvres, me plongeant tête baissée dans tout ça, cette ambiance de souvenir, imaginant Enzo et Derek se chamailler pour un château de sable. Son grand frère a l’air si… innocent. Si doux, juvénile et serein. Un enfant en somme. Un enfant qui n’a pas encore subit la violence de l’absence de ses parents et la force des convictions meurtrières.

- Tu sais … J'peux sans doute pas juger mais je suis sur que ta mère aussi est fière de toi.

Je me fige dans ma contemplation, brutalisée par la sensation de recevoir un coup de poing dans l’estomac. Mon sang se glace, mon sourire se fige, puis s’affaisse sous la surprise. Les mots d’Enzo viennent de me donner une gifle monumentale en plein visage et je n’arrive soudainement plus à décrocher mes yeux de la photo que je ne vois plus. L’impact de ses mots est à la fois brutal et touchant. Violent et tendre. Je ne parle jamais de ma mère donc, en l’occurrence, personne ne m’en parle. Ni pour des souvenirs, ni pour savoir comment elle était et encore moins pour me dire qu’elle serait fière de moi. Je ne les vois pas mais je les sens, les larmes montent aussitôt au bord des yeux mais je me refuse de les laisser s’échapper. Inspiration, expiration. Les évènements récents ont eu la force de m’ébranler dans tous les sens. Marcus, les témoignages, les cauchemars. Bref. Enzo a réussi à me toucher là où il faut et même si l’émotion est palpable, je suis … reconnaissante ? En tout cas, quelque chose qui y ressemble.

- T'es quelqu'un de bien Kezabel, vraiment. Des personnes comme toi on n'en trouve pas à tous les coins de rue, faut que tu le saches.

Je déglutis, ravale mes larmes et ignore mon estomac qui se contracte sous ses paroles. Il redore une partie de moi qui s’effrite alors que je ne m’en rends même pas compte. Je n’ai jamais réfléchi pour savoir si j’étais quelqu’un de bien ou non. Je me suis toujours évertuée à être… moi-même, à suivre mes idées, mes convictions tout en espérant qu’effectivement, ma mère serait fière. Qu’il me le dise me touche plus qu’il ne peut le croire et j’ai du mal à calmer ce cœur qui est entrain de se déchaîner au creux de moi. Un sourire finit par s’afficher au coin de mes lèvres alors qu’il me demande comment s’est passé mes vacances. Je me tourne vers lui, les sourcils froncés luttant contre les larmes qui me brûlent la gorge. Je pose ma main droite sur sa joue alors que la gauche tient encore les clichés entre mes doigts. Mes lèvres viennent se déposer sur son front, tout en douceur et j’y reste quelques secondes avant de le lâcher et de murmurer :

- J'espère que tu as raison mais j’ai eu un très bon exemple pour ça… merci Enzo.

C’est étrange mais en cet instant quelque chose se produit. Un petit truc très… intime, familier, profond. Un échange que ma mémoire incruste dans ses souvenirs. Je ravale mes larmes qui n’ont pas coulées et lui offre un sourire sincère et encore un peu émue je crois. Je sens que tout ça me remue et que ces quelques mots ont suffi à ébranler cette forteresse qui semble se fragiliser avec le temps. Ma mère me manque, terriblement. Et si je pensais réussir à avaler tout ça après 4 ans, je me rends compte qu’il n’en est rien. La plaie reste là, menaçant de se rouvrir sous ces cauchemars incessants et je ne sais pas moi-même ce qu’il se passe réellement. La pression peut-être, à cause de ce qu’il s’est passé à Noël. Mais ça n’est pas tellement le moment de réfléchir à tout ça, je lâche un soupire d’aise en reposant doucement les photos sur ses genoux.

- Hum… J’ai amené Riley en France, dans les Alpes pour aller faire du Ski et manger de la fondue. Elle s’est cassée la figure pas mal de fois mais elle a vite apprit ! Une vraie championne ! Ah et je lui ai aussi faite découvrir la chanson Française

Mot que je prononce en français avec un fort accent British. Je la parle et la lis parce que nous avons passé de nombreuses vacances là-bas depuis que je suis toute petite, sans parler du meilleur ami de ma mère qui était lui-même français et dont sa fille m’a appris la langue lorsque nous allions chez eux. Ça aussi, ce sont de bons souvenirs…

- Elle a pu faire connaissance de mon père et de mon frère, ça s’est très bien passé. Puis j’ai rencontré ma… enfin, la nouvelle compagne de papa. Mon sourire se crispe un peu alors que je secoue la tête. Elle est gentille, surprenante et j’étais assez étonnée. Enfin, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit le type de mon père en fait.

Brune, timbre de voix assez rauque tout en étant féminine et un visage parfois un peu dur dans ses traits. Pourtant, il suffit qu’elle vous parle pour vous montrer une tout autre facette de sa personnalité. Je ne connais pas encore grand-chose de Shannon et je me surprends encore aujourd’hui à avoir un goût amer lorsque je parle d’elle. Je ne lui en veux de rien, ni n’est en colère contre elle. J’ai juste un peu de mal à me faire à l’idée que… oui, bref. Passons. Je ne sais pas pourquoi je lui raconte tout ça... peut-être parce que c'est naturelle et qu'avec Enzo les choses se simplifient.
Les souvenirs des vacances surgissent en même temps que mes mots et un sourire se dessine, plus serein, plus tranquille.

- Elle a un fils de dix ans et bon sang, qu’est-ce qu’il parle et bouge partout. Un véritable casse-cou. S’il pouvait faire 150 choses à la fois, il le ferait… Je lève mon regard vers lui, un sourire taquin sur les lèvres. C’est dingue combien il m’a fait fortement pensé à quelqu’un.

Peut-être pas la même physionomie mais au niveau du caractère, c’était presque troublant.

- J’ai passé Noël avec eux puis je suis allée rejoindre Riley à Glasgow. Il y avait Lukas et Charleen. Riley m’a fait visiter le coin, on a été en boite – un lieu où il y a de la musique très forte et où tout le monde danse avec tout le monde – et je crois que c’est tout ! C’était cool de passer du temps avec Riley loin du château et de revoir un peu ma famille.

Un vrai bol d’air frais. Sans compter les nombreuses nuits passées avec Riley à parler de tout et de rien, faire les folles en chantant sur des groupes démodés mais tellement drôle, à faire des photos complètement stupides que j’ai gardées bien précieusement dans un coin de ma valise. J’en garde de très bons souvenirs, pour tout et avec tout le monde. J’effleure automatiquement le bracelet d’argent que je porte autour du poignet, cadeau de ma meilleure amie, plus précieux que jamais.

Je me tourne vers Enzo, enjouée et regard brillant.

- Je voulais te ramener du camembert français mais je ne suis pas certaine qu’il aurait tenu le choc et je…

Je fronce les sourcils alors que mon regard se déporte derrière Enzo, sur le mur de son lit. Un parchemin de couleur vient de me frapper, chose que je n’avais pas vue avant. Mes yeux distinguent ce qu’il se présente à moi et je reprends les photos des mains d’Enzo, délicatement et sort celle de ses parents.

- Bon sang… Je me lève, me contourne et m’approche du dessin coloré avec… Je détails. De l’Aquarelle, à coup sûr. Je brandis la photo à côté des traits et je reste ici, complètement sidérée par la qualité de l’œuvre et par la beauté qui y transpire. C’est magnifique ! C’est… Wow. Qui a fait ça ? J’arrive pas à le croire, regarde-moi ces couleurs. On pourrait presque croire que le dessin est vivant.

La justesse des traits est frappante et ma fascination d’artiste s’active alors que je détails chaque coups de crayons, de pinceaux. Les parents d’Enzo y sont représentés avec leurs fils et c’était presque aussi réaliste qu’une photo sans trop l’être, afin de conserver l’authenticité de l’oeuvre. Je repense à Zachary et à mes propres dessins dont il avait étudié la qualité… S’il voyait ce que je vois, il serait fou. Un large sourire s’affiche sur mon visage alors que mon cerveau s’active déjà, presque aussi enthousiaste qu’une enfant à Noël.
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MessageSujet: Re: It's not treason, it's not lie - Enzo   Ven 19 Juin 2015 - 14:35

Enzo Ryans, en plus d'être à moitié Loup tu es désormais un cygne … et ça, c'est super viril. Je fais le malin là mais dans les faits ça me touche beaucoup ce qu'elle dit. Je ne sais pas si je suis vraiment le vilain petit canard qui se transforme en cygne mais si elle y trouve un parallèle alors je lui fais confiance. Jusqu'ici je trouve qu'elle est plutôt bon juge et le fait que j'arrive de plus en plus facilement à m'ouvrir à elle doit aider dans le processus mais sans parler du lien qui se créé entre nous je pense dur comme fer – et je le lui ai déjà dit d’ailleurs, il me semble – qu’elle est douée pour faire parler les gens, même si ça n’est sans doute pas son but. Ça rejoint ce que je viens de lui dire, elle est quelqu’un de bien, les gens se sentent à l’aise avec elle. C’est mon cas mais je ne crois pas être le seul à penser ça la concernant. Quoi qu’il en soit ça je suis réellement content que mon petit cadeau lui plaise, je suis tout aussi heureux de lui avoir montré une photo de mes parents et même celle de Derek et moi bien que je risque le fratricide pour ça. Oops. PS : C’est pas le vice que tu vois sur mon visage, c’est l’innocence ! Et elle y est toujours d’ailleurs … 100% crédibilité.
Je l’admets j’ai toujours une phase d’étonnement quand elle me prend dans ses bras avec autant de facilité mais le fait est que mon corps s’est habitué, la tête suivra le mouvement et ça n’est pas comme si je le vivais mal. C’est même tout le contraire. Je suis juste un grand timide un peu coincé qui se crispe chaque fois qu’on rentre dans son espace vital le plus restreint. Ou pas.

Dans tout ça je me dis que je devrais sans doute fermer un peu les vannes et surtout arrêter de parler de ma mère comme ça parce que … Disons que si j’arrive à me livrer aussi facilement à elle c’est aussi en partie parce qu’on partage une absence commune et si pour moi cet instant n’a rien de douloureux je ne sais pas du tout comment elle se sent elle vis-à-vis de tout ça. Je parle de ma mère mais je sais très bien qu’elle est entrain de penser à la sienne. C’est ce qu’on fait tous je pense, consciemment ou pas, et ça me semble juste complètement naturel et normal. Enfin bref, comme toujours je laisse sortir les mots et voilà ce qui se passe … Elle a le cœur au bord des larmes. Elle les retient mais je sens bien qu’elles sont là, coincées sous ses paupières en compagnie de la boule qu’elle doit avoir dans la gorge. J’ai juste laissé parler le mien de cœur mais l’idée n’était vraiment pas de lui faire du mal alors … Oh … Ok. Oui encore une fois je reste un peu figé mais je la laisse faire. Je la laisse poser sa main sur ma joue, je la laisse déposer un baiser sur mon front et trouve ce geste extrêmement maternel. C’est déstabilisant, je ne peux pas le nier mais son sourire me tranquillise. Elle ne va pas mal, elle est simplement émue.

« J'espère que tu as raison mais j’ai eu un très bon exemple pour ça… merci Enzo. »
« De rien. »

Je pense qu'elle me connait suffisamment maintenant pour savoir que je dis toujours ce que je pense ou en tout cas que je pense toujours ce que je dis. Quant au fait que sa mère ait été un très bon exemple je n’en doute pas une seconde. Quand on voit la femme qu’est en train de devenir sa fille ça n’a rien d’étonnant après tout, non ?
Si elle a besoin de temps alors je le lui laisse, je la laisse se perdre un peu dans ses pensées en restant tranquille sur mon bout de matelas. Elle a encore mes photos dans les mains et mes yeux s’égarent un peu dessus, un sourire amusé étire doucement mes lèvres. On était vraiment heureux tous les quatre, je croyais que jamais rien ne nous séparerait – comme tous les gosses j’imagine – mais c’est comme ça, il faut faire avec et c’est précisément ce qu’on fait.

« Hum… J’ai amené Riley en France, dans les Alpes pour aller faire du Ski et manger de la fondue. Elle s’est cassée la figure pas mal de fois mais elle a vite apprit ! Une vraie championne ! Ah et je lui ai aussi faite découvrir la chanson Française. »
« Ouh, sexy. »

Non, sérieusement. Ça l’est carrément et je sais qu’on parle de Kezabel là mais … ouais, non, sexy. A fond. Bref. J’ai pas retenu que ça de ce qu’elle vient de dire hein, promis.

« Un de ces quatre on se croisera sur les pistes et on fera la course, enfin sauf si t'es trop occupée à boire de l'eau chaude évidemment. »

Qui a dit que j’étais un sale gosse ? C’est de la diffamation, parfaitement. Quoi qu’il en soit je me dis que ça serait carrément fun si ça devait arriver. Elle sur ses ski, moi sur mon snow, et un gros kiff de glisse hivernale. C’est un truc que j’ai toujours connu moi aussi – parce que non, les sorciers ne sont pas privés de ça et c’est plutôt cool que ça traverse la barrière magique d’ailleurs – et j’espère avoir l’occasion de me refaire quelques sessions un jour même si ça me parait compliqué de retourner dans le chalet de la famille maintenant … Mouais, non, pas envie de penser à ça. Les vacances de Kezabel et Riley c’est bien plus amusant et d’ailleurs ça me fait bien rire d’imaginer la brunette se casser la figure et manger un peu de poudreuse.

« Elle a pu faire connaissance de mon père et de mon frère, ça s’est très bien passé. Puis j’ai rencontré ma… enfin, la nouvelle compagne de papa. »
« Oh ... »

Non mais sincèrement on ne s'en sort pas de ce « oh... » qui se colle partout ! Le truc c'est qu'il sort tout seul et que même s'il ne fait que deux lettres, il veut en général dire beaucoup de choses. Je ne peux absolument pas imaginer ce qu'elle a dû ressentir quand elle a appris que son père voyait quelqu'un d'autre, ni même quand elle a rencontré cette femme, mais je vois bien qu'elle est mitigée dans ses ressentis ce qui je pense peut se comprendre, non ? Quand on est habitué à voir son père avec sa mère ou bien seul ça ne doit pas être évident d'accepter une nouvelle entité dans l'équation, j'imagine. Je n'essaie même pas de me mettre à sa place parce que c'est impossible. J'ai gardé dans ma tête l'image de mes parents unis et heureux, pour moi c'est impensable de les imaginer l'un sans l'autre.

« Elle est gentille, surprenante et j’étais assez étonnée. Enfin, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit le type de mon père en fait. »
« Je vois. »

En fait non, pas du tout, mais c’est sorti tout seul. Dans ce cas-là tu ferais mieux de te taire jeune homme, surtout quand tu ne sais pas quoi dire. Oui mais c’est pour lui montrer que je suis là, que j’écoute, tout ça … Je sais pas si je dois poser des questions, je crois pas puisqu'elle a l'air bien partie d'elle même mais ...

« Elle a un fils de dix ans et bon sang, qu’est-ce qu’il parle et bouge partout. »

Quoi ? C’est quoi ce regard … ?

« C’est dingue combien il m’a fait fortement pensé à quelqu’un. »
« J'vois pas du tout à qui tu fais allusion. »

Tu vois mon auréole au-dessus de ma tête ? Elle est bien là, exactement comme mon innocence.

« Ça veut dire que j'ai l'âge mental d'un garçon de 10 ans … Hum … ça sent la remise en question ça. »

Remarque ça change du chiot de trois mois ! Oui j’aime me comparer à un chiot de trois mois, ça m’éclate. Chacun ses délires après tout, c'est juste que quand ça vient des autres - ça dépend de qui et/ou de comment c'est présenté - ça me vexe mais moi j'ai le droit.

« J’ai passé Noël avec eux puis je suis allée rejoindre Riley à Glasgow. Il y avait Lukas et Charleen. Riley m’a fait visiter le coin, on a été en boite – un lieu où il y a de la musique très forte et où tout le monde danse avec tout le monde – et je crois que c’est tout ! C’était cool de passer du temps avec Riley loin du château et de revoir un peu ma famille. »
« Ça devait être vraiment génial tout ça, j'suis content pour toi que t'aies pu en profiter. »

Même si ton truc là, la boite, ça me semble carrément être un lieu de torture. Ça m’a tout l’air d’être une grande famille tout ça en tout cas, c’est cool et je trouve ça beau. Est-ce que je l’envie ? Oui, un peu, mais c’est pas la peine de le dire. Parfois je me surprends à penser aux parents de Kyle, je me dis que ça aurait été cool qu’il s’entende bien avec eux mais si ça avait été le cas il ne serait pas là donc on en revient toujours au même point. C’est comme ça, faut faire avec et puis c’est pas comme si j’étais seul au monde. Et pour avoir déjà vu ces deux-là danser ensemble je me dis que ça devait être un sacré tableau ! Ça me donne envie de faire la fête d’ailleurs.

« C’est joli ça, c’est de l’argent ? »

Son bracelet. Je me renseigne, c’est tout. On sait jamais si un jour je l’énerve trop et qu’elle me le balance en pleine tête, que ça me blesse et paf j’y reste, ça serait con. Non mais ça va pas bien dans ta tête Enzo Ryans, tu vas loin là. J’te rappelle que t’as une chaine en argent autour du cou, ainsi que la petite croix qui va avec et c’est le cas aussi pour ta montre alors … Non mais je déconne ! Ça va là oh. Faut se détendre un peu.

« Je voulais te ramener du camembert français mais je ne suis pas certaine qu’il aurait tenu le choc et je… »

Tu ? Qu’est ce qu’il y a ? Un fantôme ?

« Bon sang… »

Mais quoi ?! Elle se lève et me contourne sans jamais lâcher ce truc du regard et quand je me décide à tourner enfin la tête pour comprendre je la vois entrain de positionner la photo de mes parents à côté de l’aquarelle que m’a offert Kyle pour Noël et que j’ai accroché sur le pan de bois de mon lit au-dessus de la tête. Un sourire étire mes lèvres aussitôt, autant parce que mes yeux se posent sur la peinture, autant parce que la réaction de Kezabel m’amuse.

« C’est magnifique ! C’est… Wow. Qui a fait ça ? J’arrive pas à le croire, regarde-moi ces couleurs. On pourrait presque croire que le dessin est vivant. »

Elle semble complètement fascinée et je me dis que ça ne devrait finalement pas m’étonner étant donné qu’elle partage cette passion avec l’auteur de ce petit bijou. Pas besoin d’être soi-même artiste pour se rendre compte de la qualité de cette œuvre même si pour ma part c’est surtout le côté personnel qui me touche. Mes parents, moi, notre maison, même mon surf ! Mais aussi parce que ça vient de lui, parce qu’il a passé du temps à faire ça, pour moi, et que ça me touche énormément.

« C'est Kyle. »

Et ouais, c’est mon mec et mon mec il est super doué. Bien sûr que j’en suis fier ! Attends, t’es pas ouf toi. En plus il se diversifie parce que jusqu'ici la peinture c'était pas vraiment dans sa liste de passe-temps mais quand je vois le résultat j'ai envie de lui dire ... Fonce mon gars ! Continue ! Enfin occupe toi de moi quand même hein.

« C'est mon cadeau de Noël, il déchire hein ? »

Je me lève à mon tour et contourne le lit pour me retrouver de l’autre côté histoire m’approcher moi aussi. Mains dans les poches et une petite crise d’arythmie dans le cœur comme à chaque fois que je parle de lui de cette façon.

« Ce type à de l'or dans les mains, sérieusement. J'ai pas vraiment la fibre artistique mais j'suis complètement fan de ce qu'il arrive à faire. C'est … Il est impressionnant. Relou parfois parce qu'il y passe des heures pendant lesquelles plus rien d'autre n'existe mais impressionnant. Quand je vois le résultat en général j'lui pardonne tout de suite de m'avoir complètement ignoré au profit d'un morceau de parchemin. »

Un rire sec mais amusé pour la route. Oui ! Oui  il me fait péter les plombs parfois avec ça ou autre chose mais c’est son truc, au même titre que la glisse est le mien par exemple et je respecte totalement ça quand bien même mon côté gros bébé qui réclame de l’attention quasi-permanente se sent parfois laissé de côté.

« J'lui ai fabriqué une sorte de mallette/coffre en bois pour qu'il puisse ranger ses dessins et tout son matos, j'dois dire que j'en suis pas peu fier. »

Hey moi aussi je sais me servir de mes p’tits doigts hein !

« T'as déjà vu mon surf ? »

Je ne vois pas où ni comment mais peut-être que j’ai simplement oublié. Toujours est-il que je m’accroupis et attrape mon sac – ensorcelé le sac, faut voir le bordel qu’il y a là dedans – sous le lit d’où je sors délicatement ma planche de surf. Noire, relativement petite malgré ma carcasse, profilée, légère … Parfaite.

« J'avais commencé à fabriquer cette planche avec mon père et malheureusement on n'a jamais pu la terminer mais l'été dernier quand je suis rentré à la maison je m'y suis remis et je l'ai fini. Kyle y a ajouté sa touche aussi. »

En plein milieu se trouve le dessin qu’il a fait exprès pour moi et devant lequel je suis admiration à chaque fois malgré le temps qui passe. Ça fait des mois mais là encore c’est vraiment un geste qui m’a touché, ça compte beaucoup pour moi. Un ciel étoilé, la lune et les yeux de Lune, puis mon visage scindé en deux. Une partie Loup, une partie Homme. Ma chaine en argent. Ça peut paraitre un peu mégalo de se balader avec une planche de surf sur laquelle se trouve sa face mais … à vrai dire j’en ai rien à foutre. Ce truc vaut de l’or pour moi.

« J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. »

Et d’ailleurs je ne tarde pas à la ranger tout aussi délicatement après avoir laissé Kezabel la regarder quelque instant. Ça, ça me donne envie de surfer. Faire la fête, surfer … Oui, ça me parait pas mal comme programme. Et puis dans deux heures je penserais peut être autrement mais c’est pas grave, autant en profiter tant que la bonne humeur et la légèreté sont là.

« Ma mère aimait beaucoup peindre, c'est marrant parce que c'est pas un truc auquel je pense spontanément mais … ouais, finalement, j'ai toujours été entouré d'artistes. »

Merci pour cette information capitale, Enzo. Oh ben de rien, c’est avec plaisir.

« Je m'excuse et je ne veux pas te mettre dehors mais y a quelqu'un que je dois absolument aller voir. »

Non ça ne me prend pas comme ça, ça fait un moment que j’y pense et je ne parle pas de Kyle pour une fois. Il est temps, c’est quelque chose que j’aurai du faire dès que j’ai remis les pieds en dehors de ce dortoir et je le sais.

« En plus j’fais que d’parler, tu vas finir par m’assommer. »

Elle comprend très bien, du coup on se met en route tous les deux tout en continuant à discuter et arrivés au 4ème étage nos chemins se séparent. Un dernier câlin pour la route, celui-ci vient de moi.

« Bonne soirée Kezabel. On se voit demain. »

Un clin d’œil pour la route, parce que je ne peux juste pas m’en empêcher, et une sorte de grésillement dans le myocarde, un truc positif. C’est con comme un simple « on se voit demain » peut prendre un sens important quand on n’a pas pu le dire pendant un moment. Demain je serais toujours là, toi aussi, et ça fait du bien de se rendre compte de ça.

La porte de leur dortoir est ouverte, j’arrive en silence et tend l’oreille pour essayer de capter qui est là si jamais ça parle. Ça n’est pas le cas alors j’avance doucement sans entrer dans la pièce et reste suffisamment en retrait pour ne pas attirer l’attention. La première chose que je vois c’est Kyle assis sur son lit entrain de griffonner et puis sur le lit d’à côté la personne que je cherche. C’est moi où t’as les traits tirés toi ? Je fronce les sourcils et c’est à ce moment-là que Cameron lève la tête. Nos regards se croisent, quelques secondes après un sourire s’étire sur son visage et je me calque dessus tout en posant mon index devant ma bouche et en lui faisant un signe pour lui faire comprendre de me rejoindre. Chose qu’il a fait, sans attirer l’attention de Kyle une seule fois, ce qui n’a rien d’étonnant quand on connait l’oiseau.

C’est donc dans le couloir qu’il me rejoint et on se retrouve comme deux cons, mains dans les poches, à se regarder sans trop savoir quoi se dire ni comment agir. Au fond de moi je me demande s’il m’en veut et il aurait des raisons de le faire. Ça fait plus de 24h que je suis rentré, que j’ai commencé à croiser des gens, et je n’ai pas été le voir. A sa place je m’en voudrais étant donné la façon dont on s’est séparé qui plus est.

« Salut P'tit Con. »
« Salut Oncle Sam. »

Une seconde. Deux secondes. Je ne sais pas qui s’active en premier mais c’est le résultat qui compte : On se prend dans les bras et je le sens qui me serre de toute ses forces ou presque.

« T'as merdé putain. »
« Je sais. »

Ça dur le temps que ça dur, il se passe un tas de choses en cet instant et je crois que nul mot ne pourrait les qualifier alors on ne dit rien. Je sais à quoi il fait référence quand il dit que j’ai merdé, c’est simplement une trace d’humour qu’on comprend bien tous les deux, des sous-entendus, rapport à mon absence et pas au fait que j’ai trainé avant de débarquer.

« Merci. »

Signe de tête entendu de sa part, ça aussi il le comprend. Merci d’avoir pris soin de lui encore une fois pendant que moi je ne pouvais pas le faire. Merci d’être là pour lui, depuis toujours.

« J’aurai du venir te voir plus tôt, pour ça aussi j’ai merdé. En fait t’aurais dû être la première personne que je croise après lui. »

Parce que t’étais là ce jour-là, parce que t’as été là pour lui, parce que je sais que t’as tout fait pour le protéger et parce que t’aurais mis ta vie en danger pour ça s’il le fallait. Tu l’as peut être fait d’ailleurs et t’aurais pu être gravement blessé. Parce que je sais que tu t’es inquiété pour moi, aussi. Pour toutes ses raisons là j’aurai du me manifester plus tôt.

« Hey, te prends pas la tête, ok ? T’avais tes raisons. J’te connais tu sais, t’avais juste besoin de temps et j’comprends. T’es là maintenant, c’est ça qui compte, et ça me fait plaisir de revoir ta p’tite gueule de branleur. »

On écrase un rire tous les deux et je le bouscule légèrement pour la forme mais ça fait plaisir de voir que rien n’a changé.

« Il t'en a parlé un peu ou pas du tout ? »
« Tu le connais ... »
« Ouais. »

Nouveau rire, tout en levant les yeux au ciel. Kyle est secret avec lui-même, il l’est tout autant avec ce qui concerne les autres alors bien sûr que non il n’aura pas parlé de ce qui s’est passé à Cameron. Avec lui il aurait pu, je pense qu’il le sait, mais c’est une décision qui le regarde.

« T’as une semaine devant toi là ou … ? »
« Ouais, et plus que ça même. Ton frère ça va ? »
« J’sais pas trop. »

C’est la vérité. Je me dis que tôt ou tard il faudra crever l’abcès et que ça viendra probablement de moi parce que … Merde, c’est mon frère. C’est tout.
On est resté un moment à discuter dans le couloir tous les deux, à vrai dire j’ai pas vraiment vu le temps passer mais je lui ai raconté à peu de choses près tout ce que j’ai raconté à Kyle la veille, c'est-à-dire la vérité, puis finalement ce dernier a pointé le bout de son nez et après avoir échangé quelques mots tous les trois le grand blond s’est éclipsé en finesse. La seconde d’après j’avais ma moitié dans mes bras, ma tête sur son épaule et le visage dans le creux de son cou.

« Tu dors avec moi encore cette nuit ? »

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MessageSujet: Re: It's not treason, it's not lie - Enzo   Mer 24 Juin 2015 - 15:50

- C'est Kyle.

Bêtement, je n’y avais pas pensée avant, trop subjugué par le talent de l’artiste en question. Kyle, hein ? Je l’ai déjà vu dans quelques coins du château entrain de dessiner sur ses parchemins, plumes ou crayons en main mais je n’ai jamais osée l’interrompre. Par pudeur mais aussi par respect. Je devrais peut-être me décider à aller le voir un de ces jours, je serais intéressé de voir ses techniques et de partager avec lui cette passion commune. Après tout, pourquoi pas ?

- C'est mon cadeau de Noël, il déchire hein ?
- Oui, complètement !

D’autant plus que les personnes représentées sur ce dessin ne sont pas n’importe lesquels. Les parents d’Enzo s’y trouvent, tel un souvenir et je n’imagine sans peine l’émotion d’Enzo lorsqu’il a dû le recevoir. Un léger sourire s’esquisse sur mes lèvres alors que mon ami contourne son lit pour venir à l’ opposer de moi, contemplant l’œuvre lui aussi.

- Ce type à de l'or dans les mains, sérieusement. J'ai pas vraiment la fibre artistique mais j'suis complètement fan de ce qu'il arrive à faire. C'est … Il est impressionnant. Relou parfois parce qu'il y passe des heures pendant lesquelles plus rien d'autre n'existe mais impressionnant. Quand je vois le résultat en général j'lui pardonne tout de suite de m'avoir complètement ignoré au profit d'un morceau de parchemin.

Je lâche un rire amusé. Je comprends ce qu’il veut dire mais surtout, je comprends mieux la position de Kyle.

- Il faut te dire que c’est comme toi avec le Surf. Tu as besoin parfois de décroché complètement. C’est ce que le dessin lui apporte je pense… du moins, c’est ce que moi, ça me fait.

Et il m’est arrivé sans m’en rendre compte de me perdre des heures entières dans une reproduction, les traits prenant à chaque minutes plus de sens, plus de formes, me faisant totalement déconnecter de toute réalité. Et ça me faisait du bien, surtout à la mort de maman où j’y trouvais un vrai moment de repos, de plénitude. Décrochant pour quelques heures de cette douleur qui se faisait certains jours trop insupportables. Après, je ne sais pas comment Kyle voit les choses mais je peux comprendre un minimum sa manière de faire, tout comme celle d’Enzo pour qui il doit être frustrant de se trouver un peu à l’écart de ces moments précieux.

- J'lui ai fabriqué une sorte de mallette/coffre en bois pour qu'il puisse ranger ses dessins et tout son matos, j'dois dire que j'en suis pas peu fier.
- Vraiment ? Aurions-nous finalement deux artistes dans la famille ?

Grand sourire de ma part, amusée de le voir si… enthousiaste. Il n’a plus rien à voir du jeune homme de tout à l’heure, au regard sombre, au sourire mélancolique et triste et aux airs perdus. Non, cette fois-ci ses yeux pétillent d’enthousiasme. Sentiment que je partage avec joie. Et puis, il ne faut pas oublier que l’art du bois ou d’une tout autre matière reste quelque chose d’artistique ! Il suffit de voir un ébéniste à l’œuvre par exemple, pour s’en rendre compte. Peut-être est-ce quelque chose qu’Enzo pratiquera plus tard.

- T'as déjà vu mon surf ?
- Non… Maintenant que j’y pense, je l’ai jamais vu effectivement.

Je pose un genou sur son lit et m’y assoit alors qu’il est entrain d’ouvrir son sac qu’il sort de sous son lit et en tire … sa planche. Effectivement. Je connais ce sortilège pour l’avoir utilisé un certains nombres de fois, surtout pour les valises lors des départs en vacances. Rien de plus pratique lorsque nous avons tendance à prendre des vêtements pour 2 semaines alors que nous n’en partons que pour une …

Noire et plus petite que je ne le croyais, elle se tient désormais dans les mains d’Enzo alors qu’il arbore un air fier et satisfait.

- J'avais commencé à fabriquer cette planche avec mon père et malheureusement on n'a jamais pu la terminer mais l'été dernier quand je suis rentré à la maison je m'y suis remis et je l'ai fini. Kyle y a ajouté sa touche aussi.

Il la tourne vers moi et je peux y voir un dessin d’une perfection surprenante et bluffant. Première chose qui me frappe : Le visage d’Enzo divisé avec sa part d’Homme et celle de l’animal. Les détails et la ressemblance est plus que frappante et j’en reste bouche bée. En fond, un ciel étoilé, la Lune mais aussi les yeux… d’un chat. Peut-être celui d’Enzo ? Une chaine couleur argent orne son cou. Je passe quelques secondes à la détailler en silence, mon côté d’artiste admiratif de l’œuvre face à moi.

- Woaw.
- J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux.
- Ca, je veux bien te croire. C’est une petite merveille.

Même si je suppose que ça n’est pas uniquement pour le dessin que sa planche représente autant à ses yeux mais avant tout parce qu’elle a été faite avec son père aujourd’hui décédé. C’est comme pour moi : Avoir récupérer la mallette à dessin de maman m’a donné la réelle sensation de détenir un trésor entre mes doigts et comme Enzo avec sa planche, j’y tiens plus que jamais. Je ne supporterais pas qu’elle soit brisée, éraflée ni quoi que ce soit d’autre, d’autant plus que Papa l’a retapée afin qu’elle soit en état. Même si la magie pourrait régler le problème en cas d’incident, ça n’est pas pareil. C’est différent et je ne saurais pas réellement expliquer pourquoi.

- Ma mère aimait beaucoup peindre, c'est marrant parce que c'est pas un truc auquel je pense spontanément mais … ouais, finalement, j'ai toujours été entouré d'artistes.

Je m’arrête de respirer quelques secondes, étonnée par cette révélation sur sa mère qui me rapproche irrémédiablement de la mienne. Ma mère était une artiste dans l’âme et aussi loin que remonte mes souvenirs, je l’ai toujours vu peindre ou dessiner dans le jardin ou même lorsque nous allions en vacances et/ou pique-niquer quelque part. Je m’apprête à lui dire que nos mères se seraient sûrement bien entendu – et je les imagine très bien peindre côte à côte, discutant des dernières âneries de leur fils, parce que moi je suis un ange ! Cool – mais je suis trop lente à la détente, perdu dans mes souvenirs et rattraper par la réalité.

- Je m'excuse et je ne veux pas te mettre dehors mais y a quelqu'un que je dois absolument aller voir.

Je me lève dans un sursaut, secouant la tête pour rassembler mes idées.

- Pas de problème t’inquiète pas ! De toute manière je dois aller voir Riley.
- En plus j’fais que d’parler, tu vas finir par m’assommer.
- C’est pas de ta faute si à défaut d’aimer l’eau chaude tu es une vraie pipelette !

Je lâche un rire amusé et nous le savons tous les deux que tout cela est dit sur le ton de la taquinerie. Il va de soi que je préfère l’entendre parler durant des heures plutôt que de ne pas savoir où il est et comment il va durant un mois entier… Je commence donc à prendre le large, Enzo à mes côtés tout en continuant de discuter de choses et d’autres, des petits potins un peu bête de Poudlard et d’autres encore, continuant sur la légèreté de la discussion de tout à l’heure. Nous arrivons rapidement au 4ème étage où nous nous apprêtons à nous séparer. Enzo me prend aussitôt dans ses bras et je me retrouve un peu bêta comme ça, les bras ballants avant de réagir et de les enroulés autour de lui, un sourire aux lèvres. Je ne m’y attendais pas et je sais combien il est réticent à certains contact alors je me laisse aller, le cœur réchauffé et ce jusqu’à ce qu’il rompt le contacte.

- Bonne soirée Kezabel. On se voit demain.
- Profites bien mon grand. A demain.

Profites de la personne que tu retrouveras, profites des retrouvailles avec tes proches mais aussi de cette liberté afin de retrouver tes marques. Je le regarde partir, ne pouvant ignorer ce soulagement de me dire qu’effectivement, je le reverrais demain. Puis après-demain, puis les jours suivants. Il est désormais revenu, là, en chair et en os mais surtout, en vie et c’est tout ce qui m’importe.
Je finis par bouger du couloir au lieu de rester comme une potiche comme ça et continue de descendre les escaliers, pensive. Je repense à tout ce qu’Enzo m’a dit, à mes propres émotions, me perdant de fil en aiguille ailleurs qu’à Poudlard…

- Aïe !
- Oops ! Attention !

Je n’ai pas vu le choc arrivé, ni la personne concernée et je me masse le front après avoir rencontré brutalement son épaule.

- Ca va, je t’ai pas fait mal ?

Je lève les yeux et rencontre une paire d’yeux … bleus. Incroyablement bleus. Mais aussi une jeune femme qui est presque aussi grande que Maxime, cheveux courts et noirs corbeaux, sans compter les innombrables tatouages qui couvrent son bras. Je fronce les sourcils en la regardant avant de secouer la tête. Keza, on revient sur terre !

- Ah non non, c’est moi. J’suis désolée, je regardais pas où j’allais.
- Y a pas d’mal.

Elle agite la main pour accentuer ses paroles tout en accompagnant le tout d’un sourire que je lui rend avant que nous nous contournions pour reprendre nos chemins respectifs. Il me semble l’avoir déjà croisé dans les couloirs, une jeune femme comme elle ne se loupe pas, c’est certains mais au-delà de ça, il y a quelque chose qui me chiffonne. Pas le fait qu’elle soit incroyablement charismatique, du même genre que Maxime même si elles semblent complètement différentes malgré tout, mais… je sais pas. Une impression de déjà-vu, que je connais. Je hausse les épaules et me dirige vers le dortoir de ma boulette pour aller la chercher pour manger sans savoir que je venais de croiser un fragment de ma vie plus important qu’il n’y paraissait.
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