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 It's my own remorse - Ismaelle.

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MessageSujet: It's my own remorse - Ismaelle.    Lun 4 Mai 2015 - 14:32

► It's my own remorse ◄
Ismaelle & Kezabel



Jeudi 22 Janvier – Fin d’après-midin après les cours

Assise contre la tête du lit, genoux repliés vers moi, ça fait des heures que je n’ai pas bougées de ma place, prostrée comme un animal terrifié. La nuit a été un … véritable cauchemar, entrecoupé de sanglots et de période d’angoisse presque incontrôlable. J’ai revécu la scène de long en large, sous toutes ses formes possibles, me remplaçant par Riley, Charleen, voir même Macy. J’ai la tête dans un étau, le cœur au bord des lèvres et je me demande encore ce que je fiche ici, pourquoi je n’ai toujours pas bougé pour aller voir Ismaelle. La réponse est simple : La peur me tétanise. J’ai passé la matinée à essayer de dormir mais sans véritable succès puisqu’une lutte acharnée se manifestait chez moi. La discussion avec Riley m’a fait le plus grand bien mais je reste encore prisonnière de la culpabilité  et surtout de cette angoisse qui me tambourine la cage thoracique à chaque tentative pour bouger hors du dortoir. Je me fais honte de le laisser se balader comme ça, après ce qu’il a fait depuis tout ce temps. J’aurai dû agir avant, je le sais mais le fait est que c’est trop tard désormais pour m’apitoyer lâchement sur ce que je n’ai pas fait.

Non, ça n’est pas ta faute. Le mot victime résonne encore dans ma tête et je ne remarque pas qu’à l’évocation de ce terme, mon corps se balance d’avant en arrière. C’est comme une plaie qui se rouvre et qui vous lacère de douleur. Ses mains, son haleine près de moi alors que je ne voulais pas. Je secoue la tête. Stop. Pas d’image, n’y pense plus. Mais je ne fais que ça, inlassablement comme un vieux film repassant en boucle. Je me passe une main dans les cheveux. Je vais devenir folle si je reste ici… Je repense à Riley et à ses inquiétudes, à sa nuit blanche par ma faute car je sais qu’elle me ment lorsqu’elle dit avoir dormi. Lui avouer toutes ces choses n’a pas été un moment évident et j’en sens encore mes muscles crispés et cette douleur au creux du ventre face aux souvenirs de ce qui a été pour moi, un calvaire. Mes mots brûlants mes lèvres, lacérant ma gorge. Et je sais que je vais devoir tout recommencé tout à l’heure, lorsque j’aurai trouvé le cran d’aller voir Mlle Stoneheaven.
J’entends Monkey gazouiller et je me permets de l’enlever de sa cage pour le serrer quelques minutes contre moi. S’il pouvait crier de joie, il le ferait. Je suis toujours agréablement surprise par cette affection qui émane de lui. Mes doigts gratouille le sommet de son crâne quelques minutes avant que je ne le repose, sourire aux lèvres, satisfaite d’avoir pu goûter à un court instant de pause et de douceur.

La porte du dortoir s’ouvre et mon regard croise celui de Maxime. Un Iceberg éclate au creux de mon estomac et je détourne les yeux quelques secondes. Si Riley était pour moi un véritable phare à laquelle je m’accrochais pour ne pas me perdre, Maxime était mon rappel à la réalité.

Deux jours

Ses yeux bleus se plantent dans les miens que je soutiens désormais. Je ne l’ai pas encore remercié pour ce qu’elle a fait et je n’en ai pas la force pour le moment, pas tant que tout ça ne sera pas régler.

- Alors ?

J’enroule un peu plus mes bras autour de mes jambes, je sais ce qu’elle attend de moi et je ne peux m’empêcher de ressentir une vague de pression s’abattre sur mes épaules. Je déglutis et prononce d’une voix écorchée.

- Ce soir. A l’heure du repas, j’irais voir Ismaelle. C’est notre Directrice de maison.
- Ok.

Elle effectue un léger signe de tête et nous restons comme ça quelques secondes, en silence. Je ne sais pas quoi lui dire d’autre et elle n’est pas du genre bavarde. Pourtant, je l’avoue, j’aurai voulu … une bride de conversation. Quelque chose, n’importe quoi. Une énième blague faite à Mateo ou une mésaventure de Macy mais nous ne sommes pas suffisamment proches quand bien même il nous arrive de parler un peu plus souvent qu’avant.

- Et… toi, ça va ?
- Ouais.
- Cool.

Je baisse de nouveau les yeux, nous échangeons quelques derniers mots avant qu’elle ne parte. Si elle est ici c’est que les cours de la journée sont terminés et que Riley ne devrait plus tarder. La revoir va être un soulagement alors que j’ai passé la journée à tourner en rond, me poser mille et une question et surtout tourner et retourner le discours que j’allais sortir à Mlle Sonteheaven. J’ai la boule au ventre, la peur accentue les tremblements de mon corps. J’ai été incapable d’aller en cours, incapable de traverser ces couloirs en sachant que je pourrais y croiser Marcus et de nouveau lui faire face. Non, je n’en suis pas capable pour de multiples raison. Je me pensais plus… forte de caractère et plus solide, seulement la réalité semble tout autre pour l’instant. Je suis assise sur le bord du lit de Riley, Macy a débarquée en trombe, m’a regardée et est venue discuter un peu. Mais toujours pas de Riley.

- Macy ? Tu n’as pas vu Riley ?
- Si si, elle était là toute la journée en cours. Pourquoi ?
- Non. Pour rien.

Je fronce les sourcils. Pas de panique, tu te fais sûrement des films. Je sais qu’elle m’a promis de passer à chaque fois qu’elle le pourrait, à chaque intercours mais il n’est pas impossible qu’elle soit retenue pour un devoir avec un prof ou quelque chose dans ce genre-là. Voir même par Charleen ou Luka. Elle a le droit de vivre sa journée, je n’ai pas à l’en empêcher, pas après la nuit que je lui ai faite passer, pas après mon manque de courage.
Je patiente encore, écoutant les échos dans le dortoir comme si je n’étais pas réellement là. Une bulle m’enveloppe et je me sens… déphasée. Tout ce mélange, je suis désordonnée psychologiquement parlant et je fonctionne au ralenti. J’ai la sensation de mélangé plusieurs évènements de la journée, d’être une coquille incroyablement vide. Le contre-coup. Après les tremblements angoissants, la peur vomissant et les crises de larmes, survient maintenant un vide profond et une lassitude exacerbée. Mais aussi, nait la colère. Profonde. Comme un insecte griffant vos parois lors de son ascension, elle grimpe d’échelons en échelons. Il m’a touché. Il me voulait, contre ma volonté. Abuser de moi, comme un vulgaire pantin. A quel moment un cerveau réussit à débloquer de la sorte ? Je frissonne et ravale ce goût amer qui me tapisse le fond de la gorge. Je tente de manger un morceau de muffin apporté par Riley ce midi, la première bouchée passe difficilement.

Riley. Toujours absente. Les minutes défilent au rythme de mon angoisse sûrement exagérée par mon propre état de stress. Calme toi, elle n’est pas loin. Et si jamais il s’en était pris à elle ? Je le jure sur l’amour que je porte à ma mère que si jamais Marcus ne l’effleure que d’un seul cheveu, je le tue de mes propres mains. La colère se mue en une rage et haine sourde. J’ai la sensation que mes émotions m’échappent de secondes en secondes. J’ai eu tout le loisir de la grossir et de la voir prendre autant d’ampleur pour plusieurs raisons. La première est bien évidemment Marcus qui m’a rendu aussi pathétique et amorphe, me donnant l’impression d’être sale et d’être sous sa manipulation. Puis toujours ces mêmes questionnements concernant ma mère et les Supérieurs, cette vague étrange qui semble chaque jours gagner du terrain, ces cauchemars qui ne cessent d’influer et ce besoin… inconnu de danger. De vibrer. Je n’arrive pas à faire le tri, à comprendre ce qu’il se produit et ce qui est entrain d’éclore quelque part chez moi mais j’ai le vague espoir d’en contrôler la naissance…

18 h 30. Rien. 19h… Toujours rien. Je commence à sérieusement m’inquiéter, me tordant les doigts entre mes mains, secouant la jambe sur le sol alors que je suis assise sur le bord du lit.

Puis, la porte s’ouvre et elle entre. Je pousse un soupir de soulagement intense, sentant un nœud se défaire au quelque part dans mon ventre alors que je me lève, légèrement tremblante.

Elle se dirige vers moi, pose son sac au sol et s’assoit sur son lit. Quelque chose me frappe sur son visage : Pâle, les traits tirés… les yeux rougis. Mon angoisse revient violemment au galop alors que je m’installe à côté d’elle. Je ravale mon inquiétude, mais j’en suis incapable.

« Désolée, j’ai eu un p’tit contretemps et j’ai pas pu te prévenir. »

Elle tente un sourire qui ne me convainc absolument pas. Elle tremble, elle semble… déboussolée. Faite qu’il ne se soit rien passé. S’il vous plait.

« Ça va ? Tu t’es pas trop ennuyée ? Monkey a été sage ? »

L’angoisse et le stress font en sorte que mon esprit reste en éveil. Je suis tellement en surmenage psychologique depuis presque 24 heures que je ne suis pas apte à passer à autre chose, pas après ce qu’il s’est passé hier. Je capture son regard, elle le détourne. Elle commet cette erreur qui est pour moi signe de mensonge. J’ouvre la bouche, d’une voix la plus douce possible malgré l’inquiétude qui commence sérieusement à me ronger.

« Riley, je te connais … Dis moi ce qu’il y a. »

Hésitation.

« Je… »

Je retiens mon souffle, elle hésite encore une fois puis lâche tout un flot de mot.

1ère grosse claque. Marcus. Je me suis sentie me redressée, le cœur en vrac, l’estomac à l’envers, les mains serrées sur mes genoux. Je ne saurais pas dire ce qu’il s’est passé en cette seconde mais une nouvelle fracture venait de se former en moi. Elle avait été le voir, elle avait pris ce risque pour moi et surtout, elle avait failli y passer. Par ma faute. Ma gorge se serre et je suis dans un tel état de fureur et de peur, que je me sens…
2ème claque. Mateo et la colle. Et surtout, ce qu’il s’est passé. Ca n’est plus un secret pour moi, Riley n’est pas insensible à lui. Et de ce que j’ai pu en constater, tout porte à croire que lui non plus. Jusqu’à ce qu’il la plante là, dans la bibliothèque suite à la venue de William. Si je n’étais pas si en colère, je lui aurai dit que peut-être, il a pris peur. Mais ma haine est tellement intense que je n’ai pas la force d’essayer de comprendre.

Je reste là, silencieuse et l’écoute jusqu’au bout. Tendu comme un arc, raide comme un morceau de bois. J’ai le cerveau en ébullition et le sang qui se glace au fur et à mesure que le temps s’écoule. Je suis entrain d’assister aux lourdes conséquences de mon silence et ces conséquences ont effleurées Riley. Et ça me suffit pour avoir ce voile rouge devant les yeux. Se reprendre, respirer. Mes poumons me brûlent. Je sens à quel point elle ne se sent pas bien et je sens aussi que Mateo y joue un rôle important. Tout se mélange, tout se bouscule. Et cette fois, je ne peux pas laisser passer ça. Non. Elle aurait pu être… brutalisée. Touchée. Violée. Par ma faute.

Je la prends dans mes bras, la serre contre moi sans un mot et passe une main sur ses cheveux tentant de l’apaiser du mieux que je le peux. Pas besoin de parler pour cela, pas besoin de gâcher cet instant avec des mots inutiles. Je veux juste qu’elle sente que je suis là… Je ne lui dirais pas à quel point je suis désolée et à quel point je me déteste en cette seconde, ça n’est pas le moment d’en rajouter une couche. Je prends sur moi et serre les dents. Je l’aime, je tiens à elle plus qu’à n’importe qui d’autre dans ce foutu château alors non, je supporterais pas que ce porc s’en prenne à elle.
L’angoisse grimpe, le souffle me manque mais je tente de ne rien laisser paraître lorsqu’elle me dit qu’elle va prendre une douche avant que nous allions manger.

Elle quitte le dortoir, se dirige vers la salle de douche et l’angoisse revient au triple galop. C’est maintenant ou jamais et tu le sais. Prends ton courage, enfile une veste et dégage d’ici. J’ouvre rapidement le sac de Riley, en sort un morceau de papier et griffonne quelques mots à la hâte.

« Je suis partie voir Ismaelle pour tous lui raconter. Ne t’en fais pas, je fais vite et je fais attention.
Je suis vraiment désolée pour aujourd’hui…
Je t’aime.
Keza. »

Je le pose en évidence sur son lit, lui emprunte une veste épaisse et quitte le dortoir pour la première fois depuis 24 heures, baguette en main.
Je me concentre sur un souvenir heureux, un rêve où ma mère était vivante, présente avec ses mains chaudes sur mes joues. Je pense aux vacances d’Hiver auprès de ma famille et de Riley. Je me concentre dessus et murmure à voix basse avant de sortir de la salle commune.

- Expecto patronum.

Un filet d’argent jaillit doucement de ma baguette, tissant en quelques secondes la forme d’un Samoyède, assit à mes côtés tel un fidèle ami. Pour me rassurer. Pour m’accompagner et me donner suffisamment de courage.

- Accompagne moi jusqu’à Ismaelle. S’il te plait. Si tu sens Marcus… fais-moi signe.

Il jappe et je franchis le pas, sortant de la salle des Serpentards. J’ai le cœur qui bat la chamade, une douleur caractéristique d’une angoisse au creux du ventre et je me sens déjà tremblé. Je n’ai que quelques pas à faire jusqu’à la salle du repas, peu importe ce qu’il se passe, je dois la trouver et tout lui raconter. Je n’ai pas le choix. Point. Je marche d’un pas rapide, lourd et précipité. Je retraverse tout ce couloir, théâtre de l’horreur d’hier en serrant violemment les dents. Respire. Calme toi, il n’est pas là. Mon fidèle compagnon trottine à mes côtés, l’oreille aux aguets alors que de mon côté, mes yeux scrutent chaque parcelle de couloirs, chaque visage que je croise. Je fonce sans prêter attention à qui que ce soit. Respire. Respire. Le Hall, puis la grande porte et c’est là que je vois Mr Gabrieli sortir mains dans les poches.

- Monsieur Gabrieli ?

Il ne m’entend pas, ma voix est un murmure enroué. Je réitère mon appel d’une voix plus forte et il se retourne enfin, m’accordant un sourire puis fronçant les sourcils. Je ne veux pas avoir à quoi je ressemble actuellement, je veux juste savoir où est Mlle Stoneheaven. Je pourrais tout lui raconter à lui mais je… non. J’en suis pas capable. Pour diverses raisons.

- Kezabel, tu va…
- Vous savez où je peux trouver Mlle Stoneheaven, s’il vous plait ? C’est urgent.

C’est en débit accélérer que je lui sors ses quelques mots, dictés par l’angoisse.

- Euh… oui. Elle doit être encore dans sa cabane, elle n’est pas encore venue manger.

La cabane ? Le parc… coup d’œil à une des fenêtres du château : Il fait nuit noire.
Gabrieli jette un regard étonné à mon patronus et je lui murmure un merci précipité, sans écouter son interpellation. Dépêche-toi, ravale moi cette angoisse qui prend trop de place dans ta gorge. Je franchis les portes du Hall, le Samoyède toujours à mes côtés et la nuit me fait face. Il n’est que 19h30, ou peut-être un peu plus, mais déjà l’obscurité engloutie de son manteau le parc qui s’étend devant moi, illuminé uniquement par la lune non pleine. Je prends une inspiration. Fonce. Cours si tu le veux, mais fonce. Il n’est pas là, il doit être entrain de manger dans la salle, comme tout le monde.

La peur au ventre, les nerfs à vifs, les larmes aux bords des yeux je me trouve faible et pitoyable mais je ne me démonte pas. Pas maintenant. Mon Patronus me suit à la trace alors que j’avance d’un pas rapide. Je vois la cabane de ma Directrice de Maison à plusieurs mètres d’ici. Les fenêtres y sont allumées, je suis au moins certaines que je n’y frapperais pas pour rien. J’ai le cœur qui bat tellement vite qu’il me donne l’impression de se loger dans mes tempes.

Je suis presque à mi-chemin. Grondements sourds. Je me fige, mon sang se glace et je me tourne légèrement vers ma droite, endroit que mon Samoyède vise de son regard et de ses crocs d’argent. Mon cœur loupe un battement. Marcus est là, à 20 mètres de moi. Il ne bouge pas, le visage complètement amoché par les coups de Maxime et Mateo mais d’ici, je peux percevoir le froncement de ses longs sourcils bruns. Le souffle me manque, la peur me tétanise alors que je crispe mes doigts autour de la baguette. Nos regards s’accrochent, se jaugent, et lorsque je jette un coup d’œil vers la cabane, lui aussi. Il revient vers moi… Il comprend. Bouge.

Il avance d’un pas. Je recule. Mon Patronus grogne de plus belle.  J’ai la gorge sèche, le corps plus tremblant que jamais et je crois que je n’ai jamais ressenti une peur pareille. Deux pas.

BOUGE.

Son corps s’élance, le mien en fait de même et la course commence. Je n’hurle pas, mes cris restent coincés par la peur et mes pas foulent l’herbe à toute allure en direction de la cabane. Si Marcus me rattrape, je suis fichu. Je ne veux pas y penser. Non. Je ne veux pas. Cours. Vite. Plus vite. Plus fort. Je pousse sur mes jambes alors que mon Patronus me suit dans ma course et un sifflement bien distinct me frôle mon bras, déchirant la veste de Riley. Marcus sait ce que je vais faire et il tente de m’en empêcher. Par-dessus mon épaule sans regarder, je brandis ma baguette pour des sorts informulés. Efficace ou non, je m’en fou, je veux juste gagner du temps. L’air fouette mon visage, mon cœur cogne brutalement entre mes côtes et mes poumons sont déjà en feu malgré ma bonne condition sportive. J’entends les sons en décuplés, le martèlement de mes pas sur l’herbe et le sien, plus proche. De secondes en secondes. Les larmes roulent sur mes joues mais je ne les sens pas, je veux cours pour sauver ma peau et l’adrénaline est au rendez-vous. Je pousse plus fort sur mes pieds et mes cuisses. J’ai envie de hurler. Que tout s’arrête. Que mon cœur s’arrête. De tomber dans l’oubli. L’instinct de survie maitrise mon corps et mon esprit.

Plus quelques mètres. Je l’entends hurler mais ne l’écoute pas, un acouphène commence déjà à m’envelopper alors que la porte n’est plus très loin de moi. Je jette un autre sort qui provoque une légère explosion derrière mon dos, ricochant sûrement avec l’une de ses attaques.
Je pense à Riley. Maxime. Je pense aux mains de Marcus sur moi. Je ne peux pas tolérer ça. Je ne peux plus tolérer ça. Un effort. Cinq mètre. Il se rapproche. Dernier sort à son encontre et je l’entends étouffer un juron puis un bruit sourd s’écrase au sol. Trois mètres. Je n’en peux plus.

- NON NON NON BORDEL !

Je craque sous mes nerfs à vifs, mon cerveau ressemblant à une TV détraquée me projetant des images sans aucun sens.
Je me jette contre la porte et l’ouvre à la volée, sans réfléchir, l’air manquant à mes poumons. Je dérape sur un tapis, me raccroche à la poignée et claque la porte, dos contre le bois. La chaleur intérieur m’étouffe et d’une main tremblante je dézippe la veste, incohérente, les yeux remplis de larmes, le souffle manquant et la peur au ventre. L’angoisse me maitrise et mes jambes se dérobent.

- Il.. il est là. Il est là pas loin. J’veux pas que ça recommence. J’veux pas qu’il recommence.

Je me laisse glisser sur le sol, cherchant l’air, main posée à la base de mon cou après avoir cherché à ouvrir les pans de la veste. Je ne vois plus rien qu’un amas de couleur brouillonne, secouant la tête, aveuglés par des flashs incessants que me provoque mon angoisse violente. J’ai l’impression d’entendre encore derrière moi ses bruits de pas martelant le sol, courant pour m’attraper et finir ce qu’il voulait entreprendre à mon égard. Je repense à ses mains. Son souffle. Je repense mon silence, à ce qu’il a fait à Riley. A ce qu’il a pu faire à d’autre. Je bredouille des mots sans aucun sens. Je me recroqueville tête baissée vers mes genoux, mains agrippant mes cheveux, oubliant complètement où je suis, avec qui.

- Mais qu’est-ce que j’ai fait mon dieu… Qu’est-ce que j’ai fait.

Rien. Tu n’as rien fais. Et c’est là tout le problème Kezabel.
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MessageSujet: Re: It's my own remorse - Ismaelle.    Mar 2 Juin 2015 - 13:02

Jeudi 22 JANVIER 2015 – Fin de journée
It's my own remorse



Kezabel & Ismaelle

C'est un fait, cette soirée avec Dimitri a remuée beaucoup de choses et je ne peux pas dire que je le vive très bien mais comme à mon habitude je fais avec. Il n'empêche que ça m'a permis de parler un peu, ce qui je crois n'était finalement pas négligeable. C'était sensée être une soirée détente, l'effet a été un peu plus nuancé mais sans trop savoir pourquoi – ou peut être que si dans le fond – je me suis réveillée relativement légère le lendemain. Avec un beau mal de crane, certes, mais mentalement je n'étais pas au 36ème dessous contrairement à ce qu'on aurait pu croire. J’ai confié à mon collègue – qui dans le fond est un peu plus qu’un simple collègue ou en tout cas qui le devient au fil des jours – des choses dont je n’ai jusqu’ici parlé à personne d’autre que Maxence et ça m’a fait du bien d’ouvrir un peu les vannes, de lever le voile sur certains « mystères » mais surtout de … vider un peu mon sac. J’ai toujours eu tendance à garder beaucoup de choses pour moi, à garder des objectifs en tête, à me concentrer sur mon travail en oubliant en partie le reste et surtout moi mais on en oublie facilement qu’on n’est simplement pas infaillible. Je ne le suis pas, pas plus que quelqu’un d’autre, j’ai juste … focalisé mon attention sur autre chose que sur moi-même et mes états d’âmes. Je continuerai à fonctionner comme ça, c’est dans mon caractère, mais peut être que je devrais apprendre à m’occuper un peu de moi-même. J’ai réussi à le faire – un peu – pendant ma grossesse, je devrais être capable de m’y remettre un peu, non ? On verra bien ça, parce que ça ne sont pas les choses à faire et à penser qui manquent dans ce château.

Fin de journée, c’est quasiment l’heure du repas je crois mais je suis encore dans ma cabane et compte bien y rester encore un moment. Le feu crépite dans la cheminée, Lune est lovée confortablement sur un coussin posé lui-même sur le canapé, Fenrir est couché sur le tapis et ma plume frôle tranquillement le parchemin alors que je corrige les copies rendues il y a quelques jours par les quatrième année. La soirée est calme, je suis concentrée et un sourire étire parfois mes lèvres quand je tombe sur un commentaire assez comique d’un élève – je sais, c’est mal de se moquer des élèves … en fait non.
Ce calme ne dure pas pourtant, j’ai toujours été attentive aux réactions des animaux – on apprend beaucoup de choses grâce à ça – et il se trouve que voir Fenrir et Lune lever la tête en même temps et regarder tous les deux en direction de la porte met ma curiosité à vif. Il se passe quelque chose, c’est une évidence. Mes yeux vont et viennent entre la porte, la fenêtre même si je ne vois rien puis Lune et enfin Fenrir qui est assis désormais, les oreilles bien dressées sur son crane et totalement focalisé par une chose que je ne vois pas, que je n’entends pas non plus.

« Qu'est ce qu'il y a Louloup, quelqu'un approche ? »

Je me lève, il en fait autant et s’interpose entre la porte et moi. Ce simple geste me conforte dans l’idée que quelqu’un approche et je ne m’inquiète pas outre mesure mais ma baguette repose néanmoins entre mes doigts. Ce sont de vieux réflexes mais je ne suis pas mécontente de les avoir encore. Un bruit à l’extérieur me fait sursauter, il me semble même avoir entendu un cri et perçu un flash de lueur. Le chien grogne, il aboie même, et les poils sur son échine se hérissent alors que Lune saute du canapé au sol et du sol à la table, attentive. Ce qu’elle fait là ? Elle se languit de son maitre en passant un peu de temps avec son copain canin et continue de voguer entre Kyle et moi.

« Qu'est ce qu'li se p... »

Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase que la porte s’ouvre à la vollée. Premier reflexe ?

« Fenrir ! Couché ! »

Rappeler Fenrir immédiatement. C’est vrai qu’il a l’air d’une grosse peluche et qu’il est adorable mais il n’en reste pas moins un carnivore de 50kg et surtout un ancien chien de combat ayant probablement un peu de sang de loup dans son capital génétique. En d’autres termes il peut être très dangereux et je ne tiens pas spécialement à ce qu’il blesse Kezabel – parce que c’est elle qui vient d’entrer dans la cabane – en voulant me protéger. Il obéit, c’est instantané. Deuxième réflexe ? Analyser la situation. Mon chien est à mes pieds mais assis devant moi et toujours sous l’emprise de l’adrénaline, pendant ce temps ms yeux détaille la jeune fille qui me semble en panique total et dans un état désastreux. Les larmes sur ses joues, son corps qui tremble, la peur évidente dans son regard … Elle fuit, comme une proie fuirait un prédateur …

« Il.. il est là. Il est là pas loin. J’veux pas que ça recommence. J’veux pas qu’il recommence. »
« Qu'est ce qu'il se passe Kezabel ? Calme toi ... »

Elle ne me voit pas, elle ne m’entend pas plus et si je ne cède pas à la panique c’est simplement parce que j’ai de la bouteille en matière de gestion de crise mais la voir dans cet état n’a absolument rien de rassurant. Mon instinct fait le boulot tout seul, se disant qu’une personne calme et maitrisé dans le lot est nécessaire. Clairement, ça ne sera pas elle.

« Mais qu’est-ce que j’ai fait mon dieu… Qu’est-ce que j’ai fait. »
« De qui est ce que tu parles ? »

Il. Et elle ne veut pas que ça recommence. Mon sang se glace alors que je prends conscience des mots qu’elle a formulé entre deux spasmes quelques secondes plus tôt. Je bloque une seconde, peut être deux et puis me relève et l’attrape par les épaules de manières ferme pour la faire se relever et la décaler de la porte afin de l’ouvrir. Un signe pour intimer à Fenrir de ne pas bouger, il m’écoute mais je sens bien que c’est difficile pour lui de tenir en place. Lune n’a pas bougé de son perchoir, elle observe. Lumos. Je sors sur le pas de la porte et aperçois une silhouette qui s’éloigne dans l’obscurité, en direction du château.

« Hey ! »

Je pourrais lui lancer un sort pour l’arrêter mais ça n’est pas ce que je fais. Il accélère le pas en m’entendant et je retourne à l’intérieur. Ma priorité est de m’occuper de la jeune femme mortifiée qui se trouve dans ma cabane, le reste attendra. Je referme la porte, la verrouille pour tenter de lui faire comprendre que personne d’autre n’entrera ici et me plante devant elle qui se tient tétanisée contre la paroi près de la porte. Elle n’a pas bougé d’un millimètre, je n’ose même pas la toucher mais adopte une posture et un ton doux et calme. Autant que je peux.

« Écoute je ne sais pas de qui il s'agit mais il a fait demi-tour. »

Lentement, très lentement, prenant garde à ne pas la surprendre, je pose ma main sur une de ses épaules et par une légère pression l’invite à quitter le mur.

« Viens, viens t'assoir sur le canapé. Près du feu. »

Je guide chacun de ses pas et ne la lâche pas d’une semelle jusqu’à ce qu’elle s’assoie ensuite je m’accroupie devant elle et cherche son regard.

« Respire calmement, voilà … C'est bien. Prends ton temps. »

J’attends, patiente, qu’elle prenne le temps dont elle a besoin pour se calmer mais dès que je sens que la pression redescend et après lui avoir apporté une tasse de thé, j’attaque frontalement toujours en gardant un ton le plus calme possible.

« Dis moi ce qu'il se passe maintenant. »
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MessageSujet: Re: It's my own remorse - Ismaelle.    Jeu 4 Juin 2015 - 15:20

Inspire. Expire. Ne laisse pas cette boule t’étouffer, ne laisse pas l’angoisse t’envelopper. Je sais que c’est trop tard, je sais que je suis complètement entrain de craquer. Mes nerfs explosent les uns après les autres alors que mes mains glissées dans mes cheveux s’accrochent, comme si je me retrouvais dans un vêtement trop petit et qu’en essayant d’en sortir, les coutures cédaient au fur et à mesure. Je perds la notion du temps, de l’espace, du monde autour de moi, complètement assaillis de flash, d’images désagréables, de sensations froides, oppressantes. Sur moi, ma peau, sous mes vêtements. Des souffles écourtés m’enveloppent, les râles de Marcus, son sourire méprisant et malsain, son regard affamé, son attitude de prédateur. Mon souffle se coince au creux de mes sanglots que je peine à expulser, serrant les dents de rage, de peur, de tout. Je n’entends pas distinctement cette voix non loin de moi et je suis tellement hors de ce monde que je ne montre aucune résistance lorsque je sens mon corps se décaler vers ma gauche, se logeant de nouveau contre le mur contre laquelle je me recroqueville. Comme si cela pouvait changer quelque chose, comme si cela pouvait éloigner toute ces images loin de moi, loin de mon esprit.

J’aurai dû agir dès le début. J’aurai dû agir dès que je le pouvais. La culpabilité toujours présente, m’étreint à m’en étouffer. J’ai honte. Honte de ce que j’ai fait, de ce que je n’ai pas fait. Des mouvements se produisent autour de moi mais mon corps ne suit pas, mon esprit non plus. Il se cisaille en plusieurs fragments, plusieurs sensations différentes. Colère, rage, désir de vengeance violente, vomir, pleurer, hurler, expulser, frapper, culpabilité. C’est un train lancé à pleine vitesse qui fonce droit dans le vide, avec pour seul avenir que de s’écraser contre les rochers, une centaine de mètre plus bas. Est-ce ce que je suis entrain de devenir ?

Mon corps entier reste stoïque, mes muscles raidit et tendus comme un morceau de bois, seuls mes sanglots silencieux secouent mes épaules de temps à autre. Je m’enveloppe seule dans une bulle que je ne veux pas quitter, pas tout de suite. La chaleur de la pièce ne m’étouffe plus autant que tout à l’heure alors que ma veste est ouverte, que ma gorge et mon thorax sont à « l’air libre ». En revanche, j’ai la sensation que le danger est omniprésent, que les pas de Marcus se répercutent encore derrière moi et que nos sorts s’entrechoquent de nouveau. Pourtant, il n’y a pas un seul bruit, juste un silence lourd, pesant. Je me crispe plus fort, je glisse mes mains sur ma nuque alors que mon front se pose sur mes genoux, ma tête se secouant de gauche à droite. Je refuse les images, je refuse les idées. Inspire. Expire.

« Écoute je ne sais pas de qui il s'agit mais il a fait demi-tour. »

Mon corps se balance d’avant en arrière. Il m’a touché. Senti. Pourquoi tout prend de l’ampleur Presque 6 mois plus tard? Pourquoi tout se désagrège si longtemps après.
La voix qui s’élève, je la reconnais. Douce, tendre, tranquille. Ismaëlle. Mes yeux humides se lèves vers elle alors que mes lèvres se plissent. Mes idées essaient de se remettre en ordre, de forcer le passage de mon angoisse et de la peur qui, en cette seconde, fait trembler mes membres. Et s’il revenait ? Si tout cela n’était pas suffisant? Il serait capable de me tuer. De tuer Maxime. Ou meme Riley. L’idée est inconcevable, violente et fait naitre en moi une boule de rage que je ne digère pas. J’ai l’envie… non, le besoin, d’hurler. De griffer les murs, de cogner le monde autour de moi.

Je sens la main de Mlle Stoneheaven se poser sur mon épaule et je sursaute légèrement malgré la douceur du geste. Légère pression. Je dois bouger. Un premier geste de la main droite posée sur le sol. Un deuxième de la main gauche sur mon genoux. Et un dernier pour prendre appuie sur le mur pour me lever. Mes muscles sont endoloris, mes mains tremblent avec violence et je me sens à nue avec une brèche béante en pleine poitrine.

« Viens, viens t'assoir sur le canapé. Près du feu. »

En sécurité. Tu es en sécurité.

Les sanglots sont toujours présents, ma respiration reste saccadé, entrecoupé de souffle erratique. Elle me guide comme une enfant de 4 ans et je me laisse faire, parce que c’est l’air que je dois donner. De ne plus savoir comment marcher, bouger, agir. Tétanisée comme un animal prit au piège. Je m’assoie en douceur sur le canapé, le cerveau embrumé jetant des regards vers la porte comme si Marcus pouvait débarquer d’une seconde à l’autre. Dans l’idée, il pourrait… Mais il ne le fera pas. J’ai atteins la cabane d’un professeur. De ma Directrice de Maison. Et surtout, de la Co-Directrice de cette école. Il sait ce qu’il l’attend si j’ouvre la bouche. Et je sais ce qu’il m’attend si je ne parle pas vite et que je n’explique pas rapidement ce qu’il s’est passé.

Mon regard capte pour la première fois celui d’Ismaelle et je m’y accroche comme à une bouée de sauvetage. Je ne la connais qu’en tant que professeur et même si elle sait être douce et tendre avec nous, elle sait également se montrer ferme. C’est une bonne enseignante, ses cours sont passionnants et je n’y suis jamais allé à reculons. Mais c’est la première fois que je viens la voir de cette manière, de façon si brutale mais aussi pour quelque chose qui n’a rien à voir avec les cours. Je trouve dans ses yeux une sécurité qui m’a échappée depuis 4 ans, que je pensais m’avoir forgée seule. Il n’en est rien.

« Respire calmement, voilà … C'est bien. Prends ton temps. »

Je l’écoute, mains sur les cuisses alors que je triture le bout de ma veste, toujours aussi angoissée et stressée. Pourtant j’ai la sensation de percevoir un calme se rependre autour de moi. Je n’avais pas vu Fenrir assit non loin de nous, ni … Lune, assise sur son perchoir. Lune. Enzo. Disparition. Larmes.

Inspire. Expire. Calme toi.

Le feu crépite avec sa force naturelle au creux de la cheminée et je baisse la tête, prenant des inspirations profondes comme me la demandé Mlle Stoneheaven. Je cherche un point d’ancrage pour ne pas sombrer de nouveau, pour ne pas me perdre dans cette folie qui me guette depuis tout à l’heure. Les yeux bleus de Maxime refont violemment surface, faisant place au sourire de Riley, sans manquer la douceur de Charleen. Macy s’interpose. Puis d’autres visages. Si il leur arrive quoi que ce soit, jamais je ne me le pardonnerais.
Alors calme toi, arrête de pleurer. Prends cette colère qui te ronge et sers toi en pour parler. Avoue. Crache les mots.

La pression redescend doucement, Ismaelle revient avec une tasse de thé. Ma mère étant anglaise pure souche, elle m’a appris à en apprécier les saveurs. J’y trouve un réconfort, voyant en ce geste quelque chose de maternelle qui n’appartient qu’à moi.
Le voilà mon point d’ancrage. Ce simple geste. Une tasse de thé donné par la prof que nous considérons tous ici comme une femme née pour être une vraie mère. Une mère qui n’est pas revenue avec son enfant. Une mère qui n’est pas aussi épanouie qu’elle devrait l’être. Et pour l’espace de quelques secondes, Marcus s’efface.

« Dis moi ce qu'il se passe maintenant. »

Retour à la réalité, je cligne des paupières sentant ma respiration se bloquer.

Qu’est-ce qu’il se passe Kezabel ?

Thought that I was strong
I know the words I need to say
Frozen in my place
I let the moment slip away
©Evanescence – The Change

Je serres la tasse entre mes mains, réchauffant par la même occasion mes doigts, puis ferme les yeux quelques secondes, sentant des nouvelles larmes glissées sur mes joues mais en silence. Qu’est-ce qu’il se passe.
Les mots ne viennent pas tout de suite, parce que je ne sais pas comment lui dire. Comment lui expliquer qu’il y a six mois, un mec de mon âge est venu pour tenter de me violer et a réussi la moitié de son job en me salissant la peau de ses mains. C’est difficile. Parce que je me sens sale et coupable alors que comme me le dit si bien Riley, le coupable ici, ça n’est pas moi.

C’est lui. Ce monstre. Cet homme que je voudrais …

Inspiration. Expiration. Deux mots d’ordre que je m’impose. Mes yeux s’ouvrent et se posent dans ceux d’Ismaelle alors qu’un malaise latent monte en surface.

- Je suis désolée… d’arriver comme ça, je…

Stop. Ferme là. Embraie sur la vérité, tout de suite. C’est maintenant ou jamais, t’es là pour ça. Quoi qu’il se passe, quoi qu’on en pense, tout doit s’arrêter. Et maintenant.

Je déglutis.
Crache le morceau.
Je fronce les sourcils, c'est un bloc de ciment qui se coince dans ma gorge.

- Un élève m’a fait des attouchements il y a 6 mois. En juillet.

La phrase éclate dans la pièce comme une bombe et je ne sais pas faire autrement que de le dire de manière aussi brutale, aussi directe. Parce que si je passe par quatre chemins, je vais me perdre dans des explications, des mots sans aucun sens. Moi même je m'en sens ébranlée. Je baisse les yeux, me mord la lèvre avec force alors que je secoue la tête tout en tentant de ravaler mes larmes. Explique lui maintenant… pourquoi tu as attendu tout ce temps pour parler. Ma honte surgit et m’écrase, m’étouffe, enveloppe mon existence entière.
Nouvelle inspiration, les larmes roulent sur mes joues rougies mais je ne sanglote pas. Je suis là, face à elle et je ne me suis jamais sentie aussi… fragilisée.

- Marcus Fincher. Poufsouffle. C’est lui qui… me poursuivait tout à l’heure.

De nouveau, le regard baissé, mes yeux se logent dans le liquide ambré de la tasse. Ma voix est enrouée et ma jambe se secoue sous le stress et cette angoisse omniprésente.

- La première fois, ça s’est produit lorsque les Supérieurs étaient encore là. Puis quand ils sont partis, Marcus ne s’est plus manifesté.

Mais aussi parce qu’Alec est intervenu. Les mots semblent se délier avec plus de facilité alors que l’horreur, elle, prend son ampleur. Poser des mots aussi réels sur une chose tant de fois refoulée, explose les barrières et vous percute de plein fouet.

- Avant-hier, il est revenu à la charge en me faisant comprendre que puisque les Supérieurs reviendraient, lui et moi devions reprendre « le jeu » là où il s’était arrêté la dernière fois.

Cette fois je la regarde, sourcils froncés, une expression de dégoût sur le visage mais aussi de douleur, de honte et d’excuse. J’aimerais que tout se termine. J’aimerais que ma mère soit là, à mes côtés pour me prendre dans ses bras et que pour l’espace d’une seconde je puisse retourner à l’état d’enfant, sans me soucier de quoi que ce soit. Sans cauchemar. Il est difficile de cracher ces aveux face à Ismaelle mais elle m’a toujours inspirée confiance et douceur, un calme que je ne trouve pas ailleurs. Un calme d’adulte, une maitrise que je n’ai plus en cet instant. Je ne sais pas si elle me jugera, je ne sais pas si elle trouvera ça elle aussi honteux de ne pas avoir parlé avant mais les faits sont là. Je ne peux plus retourner en arrière.

Je reprends le fil de la conversation, toujours tremblante mais plus maitrisée que tout à l’heure.

- Maxime est intervenue. Je me suis cloitré dans la chambre de Riley jusqu’à ce soir pour... pouvoir venir vous parler. Instant de pause, puis de nouveau un regard et je sens qu’une nouvelle larme s’échappe. J’suis désolée de pas être venue avant, je… j’ai pas d’excuse. J’avais peur, j’voulais pas l’accepter. J’ai honte et je m’en veux mais même ça, ça … ça n’sert plus à rien.

J’ai la boule au ventre alors que je ferme les yeux avec force. Je secoue la tête et baisse de nouveau le visage en glissant une main sur mon front, puis dans mes cheveux. La folie refait surface et gratte les parois de ma conscience de la pointe de sournoiserie, afin de faire céder les barrières et que j’explose enfin en un million de morceau de rage.
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MessageSujet: Re: It's my own remorse - Ismaelle.    Lun 8 Juin 2015 - 18:24

La détresse d’un être humain, non je ne peux pas y rester insensible même si j’ai peut être l’air d’un bloc de pierre en cet instant. La détresse d’une femme … c’est une partie de moi qui hurle à l’intérieur quand bien même je ne sais pas ce qui arrive à cette jeune femme paniquée. Trop de signes, trop de sensations familières, trop de flashback qui secouent mon esprit violemment même si je garde la tête froide. Des questions, par dizaine, et un besoin de réponse qui se fait de plus en plus pressant alors que je lui laisse le temps dont elle a besoin pour s’exprimer, pour formuler mais surtout pour se calmer et se recentrer. Je sais une chose : Même si je n’emploierai jamais la force ni la violence, elle ne sortira pas d’ici sans avoir parlé ou m’avoir clairement indiqué d’une manière ou d’une autre ce qu’il se passe. L’agression de Caitlyn, l’enlèvement de Jake et celui des frères Ryans, tant d’autres faits marquants ces derniers temps sans parler des « Supérieurs » qui rodent autour de cet endroit comme un prédateur rode autour de sa proie … Rien ne doit être laissé au hasard, quand bien même cela n’aurait aucun rapport. En tant qu’adulte j’ai le devoir de m’occuper de ces gosses et à aucun moment je n’envisage une seule seconde de baisser les bras ni d’être laxiste. Je l’ai été, je l’admets. J’ai eu mes moments de « faiblesse » moi aussi et je sais ne pas avoir été très tendre avec la jeune Twain ou encore Keane quand ils sont venus frapper à ma porte mais … Je ne suis pas infaillible. De plus j’ai été tout à fait honnête, envers eux comme envers moi-même, mais je ne suis pas là pour me justifier ni pour revenir sur des faits passées. Je suis là pour tenter d’aider cette jeune femme en larme qui semble être au bout d’elle-même, morte de peur et emplie d’autres émotions.

Si c’est du temps dont tu as besoin alors prends le, encore un peu, autant qu’il le faudra même si j’ai conscience de te mettre un peu la pression en insistant mais les choses sont très claires, je pense qu’elle le sent. Non, elle ne sortira pas d’ici sans avoir donné d’explication. Inspiration, expiration, des réflexes précurseurs à une prise de parole je dirais. Son regard se pose dans le mien, ce simple geste semble être une épreuve pour elle mais de mon côté je ne cille pas. Présente, attentive et attentiste. Autour de nous rien ne bouge si ce n’est le feu qui crépite dans la cheminée et la fumée qui s’échappe de la tasse qu’elle serre rageusement entre ses mains – ce geste ne m’a pas échappé. Fenrir et Lune sont deux statues blanches, immobiles mais à l’écoute.

« Je suis désolée… d’arriver comme ça, je… »

C’est un début. J’ai pour réflexe d’ouvrir la bouche afin de lui dire qu’elle n’a pas à être désolée et que ma porte est ouverte à n’importe quelle heure du jour et de la nuit mais je n’ose pas l’interrompre alors c’est avec un signe de tête et un léger sourire que je lui réponds. L’utilisation du langage corporel me semble être la bonne solution en cet instant.

« Un élève m’a fait des attouchements il y a 6 mois. En juillet. »

Le couperet tombe, sèchement, violement, et la vérité explose. Si son aveu me coupe la respiration je n’en montre rien mais il est évident qu’une telle confidence m’atteint de plein fouet. Je peux parfaitement imaginer ce qu’elle ressent en cet instant où les mots sortent, où la chose prend vie trop brutalement, sans possibilité aucune de revenir en arrière. Est-ce qu’elle en a parlé à quelqu’un d’autre ? Reste concentrée Ismaelle, laisse la terminer, poursuivre au moins. Pourquoi ce schéma se répète sans cesse ? Inlassablement.

« Marcus Fincher. Poufsouffle. C’est lui qui… me poursuivait tout à l’heure. »

Tous mes muscles sont tendus, mes nerfs menacent de craquer je le sens mais parce que j’ai des responsabilités je prends sur moi et reste stoïque. Je ne craquerai pas, pas devant elle en tout cas, mais l’identité de ce garçon s’imprime au fer rouge dans ma conscience. Il en va de même pour son visage puisque je vois très bien de qui il s’agit.
Quand je m’aperçois que Kezabel baisse les yeux je comprends instinctivement ce à quoi elle est entrain de faire face et croyez moi, c’est difficile de ne pas hurler quand on sait ce qu’elle est entrain de vivre. Elle a honte. C’est lui a eu un comportement intolérable mais c’est elle qui a honte. Est-ce qu’on passe toutes par là ? Une partie de moi a envie de lui attraper les épaules et de lui faire relever la tête. Tu n’as pas à avoir honte ! Jamais. Mais je ne dis rien, je me contente de hocher la tête une nouvelle fois pour lui faire comprendre que l’information est enregistrée.

« La première fois, ça s’est produit lorsque les Supérieurs étaient encore là. Puis quand ils sont partis, Marcus ne s’est plus manifesté. »

La première fois ? Est-ce qu’elle aperçu l’éclair d’horreur dans mon regard ? Aucune idée mais une première fois évoque le fait qu’il ne s’agit pas d’un fait unique et mon sang se glace dans mes veines avant de se mettre à bouillir. Je ne peux pas la blâmer, je ne sais pas du tout comment j’aurai réagi à sa place mais je me pose quand même la question : Pourquoi est ce que tu n’en as pas parlé à ce moment là ? Les réponses sont pourtant d’après moi claires et évidentes, multiples également. La présence des Supérieurs est probablement un des éléments les plus flagrants mais il n’y a – à mon avis – pas que ça. La peur, la honte, l’incompréhension et j’en passe. Après tout je n’ai rien dit non plus … Entre ses murs et à l’extérieur il n’y a que deux personnes à être au courant, si je ne me compte pas : Maxence, et le principal concerné évidemment. D’après moi Jakob n’aura pas été se vanter de ce « petit » incident mais qu’est ce que j’en sais après tout ? Ca n’est pas comme si je pouvais prétendre le connaitre.

Concentration.

« Avant-hier, il est revenu à la charge en me faisant comprendre que puisque les Supérieurs reviendraient, lui et moi devions reprendre « le jeu » là où il s’était arrêté la dernière fois. »

Deux informations. La première : Selon ce garçon les Supérieurs reviendront ? Soit, ça n’est plus un secret pour personne qu’ils ont tenté de revenir et qu’ils ne laisseront probablement pas les choses en suspend mais qu’est ce qui le pousse à se sentir pousser des ailes comme ça ? Est-ce qu’il sait quelque chose de particulier ? Information à creuser. La deuxième : Ce gosse est une pourriture. Un jeu, vraiment ? 20 ans et une façon de penser déjà bien arrêtée, grosse lacune en terme d’éducation ou bien un caractère qui laisse à désirer mais une chose est sure, ça ne se passera pas comme ça.

« Maxime est intervenue. Je me suis cloitré dans la chambre de Riley jusqu’à ce soir pour... pouvoir venir vous parler. »
« Tu as bien fait. »
« J’suis désolée de pas être venue avant, je… j’ai pas d’excuse. J’avais peur, j’voulais pas l’accepter. J’ai honte et je m’en veux mais même ça, ça … ça n’sert plus à rien. »

Dans un cas comme celui-ci, je l’admets, il m’est très difficile de savoir comment réagir, de rester neutre, partiale et surtout impassible ou en tout cas stoïque. Ce que vit Kezabel résonne de manière trop familière en moi même si nos histoires diffèrent et j’ai du mal à encaisser ce que son récit réveille chez moi. C’est un mélange d’émotion assez difficile à décrire, à cerner et à appréhender, un cocktail qui tord aussi bien le corps que l’esprit de par tout ce qu’il soulève et si je garde le silence c’est tout autant pour lui laisser du répit à elle qu’à moi.

Besoin de souffler, de faire le tri.

Je l'observe mais lui laisse l'espace suffisant pour qu'elle puisse se recentrer, accuser le coup et laisser toutes ces larmes lui échapper. C'est important de tout laisser sortir, ça ne règle pas les choses mais ça apaise un peu, ça fait du bien quoi qu'on en dise. Certains ont la larme facile, d'autres un peu moins et je crois que c'est mon cas mais en cet instant j'ai l'impression que c'est la chose à faire. Une minute, peut être un peu plus, peut être un peu moins et dans le fond ça n'a pas d'importance mais dès l'instant où je sens que le « pire » est passé je me redresse et m'éloigne de quelques pas pour aller chercher une chaise que je place face à elle avant de m'y assoir. La toucher ? Ne pas le faire ? J'hésite mais finalement ma main droite se pose sur son genou gauche et je penche la tête pour tenter de capter son regard. Une fois certaine d'avoir son attention, continuant de faire taire mes propres états d'âmes, je décide qu'il est temps de briser le silence.

« Kezabel. Je veux que tu continues de te calmer comme tu es entrain de le faire, que tu te concentres, que tu me regardes et que tu m'écoutes. »

Le ton reste doux, je ne souris pas mais mon visage n'est pas fermé pour autant. Je suis stricte, peut être, mais le but est précis et le message que je m'apprête à essayer de lui faire passer très clair.

« Tu l'as dit toi même : Tu avais peur, tu ne voulais pas l'accepter, tu avais honte. Ce sont des excuses tout à fait valables et ce qui est fait, est fait. Ce qui compte c'est le présent. Tu es là, tu m'en parles. D'accord ? »

J'attends qu'elle hoche la tête pour poursuivre. Est ce qu'elle imprime bien ? Difficile à dire et puis ça n'est pas comme si ce genre de ressentis disparaissait du jour au lendemain, surtout pas à peine quelques minutes après avoir du fuir son agresseur.

« Ce qu'a fait ce garçon est extrêmement grave, c'est lui qui n'a aucune excuse. Tu enregistres ? »

Jusqu'où est ce qu'il a été ? C'est une question que je ne formulerais pas. Je ne suis ni juge ni avocat, si Kezabel est venu me parler c'est qu'elle me fait confiance et ce qui se dira ici restera ici tant et autant qu'elle ne donnera pas son approbation. C'est à elle de savoir à qui elle veut en parler et de quelle façon même si … Si ça ne tenait qu'a moi ce garçon foncerait droit au poste de police avec une plainte placardée sur son dos. Je ne peux pas agir pour elle c'est une certitude mais après ce qu'elle vient de me confier je ne peux pas rien faire non plus et je n'en ai pas l'intention. Pas une seconde. Il est un danger, pour elle mais peut être pour d'autres.

« Tu me dis que Maxime est intervenue c'est bien ça ? Est ce que quelqu'un d'autre était là ? Cette fois là ou celle d'avant ? Je sais que ça va être difficile pour toi mais il va falloir en parler aux concernés parce que même si je te crois sur parole, plus il y aura de personnes prêtes à témoigner et plus ça sera efficace. Le but étant de renvoyer Marcus de cette école. Je ne laisserai pas une personne comme lui se promener une seconde de plus dans les couloirs sachant ce dont il est capable mais ça risque d’être un mauvais moment à passer je te l’accorde. »

Lettre aux parents, c'est le minimum. En plus de l'expulsion de l'établissement bien sur mais les faits sont graves. J'ai beau savoir que Jakob a agit d'une très mauvaise manière ce jour là, je crois que je n'ai jamais envisagé de mêler qui que ce soit d'autres à tout ça ni même de lui créer des problèmes. C'est clairement l'hôpital qui se moque de la charité mais si je ne m'abuse Kezabel n'a aucune affinité avec Marcus, et jusqu'à preuve du contraire – même si je ne cherche pas d'excuse à notre ancien Maitre de Potion parce qu'il n'en a aucune – le jeune homme n'est pas un Lycanthrope et nous ne sommes pas un lendemain de Pleine Lune.

« Il ne te fera plus de mal. Ni à toi ni à qui que ce soit d’autre tant qu’il sera ici. »

Cette fois le ton est moins formel, plus … réconfortant peut être, moins « professionnel » et solennel mais j'ai cette petite boule dans la gorge qui persiste. Et une fois dehors ? Qu'est ce qui garanti qu'il ne recommencera pas avec quelqu'un d'autre ? Je sais qu'on ne peut pas être sur tous les fronts mais la frustration n'en n'est pas atténuée pour autant.
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MessageSujet: Re: It's my own remorse - Ismaelle.    Ven 12 Juin 2015 - 13:12

Ca fuse là haut, dans mon cerveau. Dans tous les sens, n'importe comment et surtout avec violence. Se raccrocher à quelque chose est quelque chose d'ardue, de compliquer et surtout, d'éreintant lorsque nous avons une divergence de ressenti qui me tiraille, de part en part. Je suis scindé en deux pôles menant une guerre violente, l'une contre l'autre. Celle qui me dit de lâcher prise, de laisser mes chaînes éclatées afin de pouvoir dormir, oubliée et pour une fois, ne plus tenir sur la corde raide. Car, en réalité... Qu'est-ce que cela ferait si pour un instant, je lâchais, je cédais sous cette pression qui semble m'écraser. Si pour un seul instant, je laissais tomber le masque, la parade que j'adopte depuis déjà 4 ans pour être sûre de tout gérer, de tenir bien au creux de mes paumes ce contrôle que je maintiens, tant bien que mal, pour reconstruire la vie de mon père et de mon frère.

Alors qu'un homme, un seul, venait de porter le poing à ma fenêtre, fracturant le carreau que je laisse depuis déjà trop longtemps endommagé. Mon autre partie, m'ordonne de ne pas lâcher prise. De ne pas flancher. De ne pas lui accorder ce plaisir, cette victoire. Non, lève la tête, redresse les épaules et regarde droit devant toi comme tu l'as toujours fait. Affronte ce qu'il, ce qu'il t'a fait et ce que toi tu n'as pas fais. Et l'épuisement s'en trouve décuplée, pourtant je sais d'avance qu'elle position j'adopterais malgré cette sensation d'être … sale. Lourde de honte. La tasse entre mes mains tremble légèrement alors que ma jambe se secoue sous le stress trop oppressant. J'ai toujours eu du mal à me situer dans tout ça, lorsqu'un événement me touche directement. A savoir comment réagir, comment faire, comme laisser aller les choses. Je n'ai jamais su le faire et c'est bien pour ça que je me retrouve en cette seconde complètement tirailler par deux extrêmes.

Où est-ce que j'en suis maintenant ? Le calme est revenu, je crois. Je sens que la crise de larme est passée et que maintenant que les mots se trouvent avoués, je me sens délestée d'une première horreur.

Le feu crépite dans la cheminée, Fenrir reste assit non loin d'Ismaelle qui pose délicatement une main sur mon genou gauche et je ne peux pas nier que cette entrée dans mon espace vitale me donne la sensation d'un étouffement durant un millième de seconde. Oui, jusqu'à ce que son regard croise le mien et où l'image de ma mère vient violemment s'incruster dans ma rétine. Ma mère et les Supérieurs. Cette alliance au goût de violence me lacère en silence. Marcus semble avoir ouvert une brèche que je pensais … guérit. Ismaelle et son regard, donc. Sa présence, sa chaleur, son calme et sa maîtrise. Elle est ma Directrice de maison et la seule adulte à qui je me sentais prête de passer le cap de cet aveu.

- Kezabel. Je veux que tu continues de te calmer comme tu es entrain de le faire, que tu te concentres, que tu me regardes et que tu m'écoutes.

Et c'est ce que je fais, en silence, les lèvres encore pincées alors que mes mains serrent plus fort la tasse entre mes doigts. Je lève mes yeux vers les siens et si sa voix reste douce, son visage est ferme sans pour autant y déceler une agressivité. Non. Peut-être que nous sommes arrivé au moment où je dois m'éveiller, écouter, réagir. Et je m'accroche à cette tasse comme si ma vie en dépendait, la mâchoire serrée.

- Tu l'as dit toi même : Tu avais peur, tu ne voulais pas l'accepter, tu avais honte. Ce sont des excuses tout à fait valables et ce qui est fait, est fait. Ce qui compte c'est le présent. Tu es là, tu m'en parles. D'accord ?

Elle a raison et c’est ce que je me répète : Ce qui est fait, est fait. Il n’y a pas de retour en arrière possible, ma seule option est d’assumer et d’y faire face. Point. J’acquiesce d’un signe de tête, en silence, la gorge encore nouée de larmes que je ne veux plus verser. Mes mains tremblent, mon corps entier tremble et je peine à refreiner les battements de mon cœur qui s’affole par à-coup. J’écoute, j’enregistre, mon cerveau digère l’information et essaie de me l’imposer, de me la faire comprendre dans le bon sens.
Maman me manque plus que jamais en cette seconde.

« Ce qu'a fait ce garçon est extrêmement grave, c'est lui qui n'a aucune excuse. Tu enregistres ?
- Oui. »

Pas un mot de plus sinon c’est la seconde ouverture des vannes. Marcus n’a pas d’excuse, je ne l’ai pas aguiché, je ne l’ai pas tenté et quand bien même cela avait été le cas, la définition du terme « Non » ne se modifie pas. Un « Non » reste un refus, une négation. Mais mes souvenirs se chargent de me rappeler que ce non provoquait chez lui une excitation malsaine. Je me crispe. Stop. N’y pense pas.
Mettre des mots sur tout ça me donne la sensation que tout devient plus réel, plus brutale et plus douloureux. Après avoir passé des mois à ranger ça dans un tiroir, tout est entrain de m’exploser à la figure et j’en paie les frais. Comme une chaudière en surcharge.

« Tu me dis que Maxime est intervenue c'est bien ça ? Est ce que quelqu'un d'autre était là ? Cette fois là ou celle d'avant ? Je sais que ça va être difficile pour toi mais il va falloir en parler aux concernés parce que même si je te crois sur parole, plus il y aura de personnes prêtes à témoigner et plus ça sera efficace. Le but étant de renvoyer Marcus de cette école. Je ne laisserai pas une personne comme lui se promener une seconde de plus dans les couloirs sachant ce dont il est capable mais ça risque d’être un mauvais moment à passer je te l’accorde. »

Je me suis crispée au fur et à mesure des mots prononcés par Ismaelle. Témoigner ? Tout un chemin se fait dans mon cerveau… Les témoignages se feront et je devrais de nouveau me confronter à Marcus. Cheminement logique et évident, cheminement à laquelle je n’avais pas pensée. J’ai cru stupidement que tout se terminerait ce soir, avec ma parole face à Ismaëlle mais il n’en est rien. Ce n’est que le début d’une procédure, d’un cheminement, d’une épreuve à laquelle je n’avais pas pensé. Les confrontations, prévenir les parents, mon père entre autre. Mon estomac se crispe, se tord et l’envie de vomir devient plus présente que jamais. Comment vais-je dire ça à Papa alors que je l’ai regardé par deux fois en face, sans jamais lui en toucher un mot ? Et Adam dans tout ça… Les parents de Marcus que je ne connais pas qui verront leur fils accuser d’attouchement sexuel. Ce n’est que maintenant que je prends conscience à quel point cette histoire peut entachée bien plus que ma propre personne.

Mais Mlle Stoneheaven a raison. Une personne comme lui ne doit pas rôder plus longtemps dans les parages, il ne doit pas avoir accès une seconde plus à une possibilité de réitérer ses pulsions malsaines. Je serre les dents et ferme les yeux en prenant une inspiration. Se calmer. Le parfum de ma Directrice de Maison flirte avec mon odorat et je m’accroche à sa présence pour ne pas péter les plombs. Pour ne pas jeter cette tasse au travers la pièce. Pour ne pas hurler une bonne fois pour toute.

« Il ne te fera plus de mal. Ni à toi ni à qui que ce soit d’autre tant qu’il sera ici. »

Son ton semble s’adoucir bien qu’il n’est jamais été agressif mais j’y sens une nouvelle forme, une nouvelle douceur et mes yeux se lèvent lentement vers elle alors que je lutte pour ne pas exploser. Dans la folie de toutes ces émotions, je n’avais pas envisagé un seul instant devoir faire face à Marcus devant une cour ou même en parler à mon père, ce qui a été stupide de ma part. Mais les faits sont là, je me le répète, je ne peux plus reculer. Il en est tout simplement hors de question.

- Vous avez le même sourire que ma mère. Vous me faite un peu penser à elle.

Je lâche ça de but en blanc. Pourtant, tout différencie Ismaelle de Maman. La couleur des cheveux, celle de leur peau qui semble plus caramélisée chez mon professeur mais il y a ce quelque chose dans ce sourire et dans cette douceur que je calque rapidement sur ma mère. Ma voix tremble et je ne ressemble en rien à cette jeune femme de tous les jours, pourtant je tente de me redresser un peu, les sourcils froncés et tente une gorgée de thé, en douceur. La saveur est légère et la chaleur du breuvage se repend aussitôt dans mon estomac pour se diffuser lentement en moi.
Ma jambe se secoue de nouveau et je peine à la regarder dans les yeux.

- La première fois c’est Alec qui est intervenu. Il l’a surpris en … flagrant délit. Ma gorge se serre, je tousse dans le creux de mon poing et me recentre sur mes paroles. Je … j’essaierais de lui parler pour voir s’il est d’accord pour… témoigner.

Je bois une nouvelle gorgée et même si ça a du mal à passer, je me force un peu. Je ne peux pas rester recroqueviller de la sorte éternellement. Non. Ça n’est pas moi, ça n’est pas ce que je suis et même si cette fracture persiste quelque part en moi, il faut que je relève au moins mon regard vers Ismaelle.

- La « deuxième » fois, là où il a voulu « continuer », c’est Maxime qui était là et… William aussi. Peut-être Macy, mais je ne suis pas sûre qu’elle ait entendu les propos tenus.

Je fronce les sourcils tout en essayant de fouiller dans ma mémoire mais les souvenirs restent flous, brouillons. Je secoue la tête. Je verrais directement avec elle et avec Maxime et William, plus tard. Demain peut-être. Ou ce soir… Plus vite cela sera fait, mieux ça sera. La première chose que je veux est la même qu’Ismaelle : que Marcus ne soit plus dans cette école. Qu’il ne rôde plus autour de moi, autour de nous tous et que le danger soit au moins écarté d’ici.

Un flash. Du sang. Maxime et sa rage, Maxime et ses phalanges sur le visage de Marcus… Je marque une hésitation de quelques secondes avant de replanter mes yeux dans ceux de Mlle Stoneheaven.

- Je… Il y a juste un petit détail. Personne ne risque quoi que ce soit à témoigner ? J’veux dire… Lâche le morceau Keza. Maxime est intervenu mais Marcus l’a insulté de « sale putain », ils en sont venu aux poings. En vérité, elle lui a complètement refait le portrait.

Moment de pause, je me sens gênée mais je ne pense pas que ça soit le moment de passer par quatre chemins. Je ne peux m’empêcher de sentir une certaine exaltation de savoir qu’il s’est fait ainsi corriger.

- Mais c’était pour me défendre. Je veux juste m’assurer qu’elle ne risque rien avec cette histoire. Je n’ai pas envie que tout ça ait des répercutions sur les mauvaises personnes.

En somme : Que Maxime subisse un jugement quelconque alors que le réel coupable ici, n’est rien d’autre que Marcus. Je m’en veux suffisamment de ne pas avoir réussi à faire quoi que ce soit et à ne pas me défendre seule, alors il est hors de question que Maxime en récolte les frais.
Je raconte également à Ismaelle que Riley a fait face à Marcus, que ce dernier l’a agressé par la magie et qu’il a effectivement tenu des propos tendancieux. Il s’est permit de toucher à ma meilleure amie. Il aurait pu lui faire n’importe quoi simplement parce que j’ai eu la bêtise de ne rien dire la première fois. La vague de rage se soulève et je bloque ma respiration, comme un contrôle que je souhaite avoir sur moi-même et sur ma respiration.

- Merci pour ce que vous faite.

Mes yeux voguent sur le feu de cheminée, mes doigts encerclant toujours cette tasse que je porte doucement à mes lèvres. Je n’ai plus aussi froid que tout à l’heure, l’angoisse reste présente mais j’ai la sensation que désormais, tout se produira sous couvert, en moi, en silence. Peut-être que mon merci n’est pas de mise, puisque c’est son rôle mais elle aurait pu avoir de multiples manières de réagir. La sienne a été la plus adaptée pour moi et je me rends compte en cette seconde que je me sens en réelle sécurité, auprès de Mlle Stoneheaven, sans la pression de voir Marcus débarquer ici pour revenir.

- Comment ça va se passer… pour la suite ? Si vous avez besoin de mes souvenirs comme preuve, prenez-les si ça peut nous permettre de mettre un terme à tout ça. Pour de bon.

Mon regard s’implante dans le sien et je me recroqueville sans m’en rendre compte. Parce que mes souvenirs comportent les détails de ce qu’il s’est passé, de la manière dont il s’est rué sur moi, de la façon dont il… m’a touché. Je réprime un frisson de dégoût. Un goût amer tapisse le fond de ma gorge et ça n’est que maintenant qu’un désir insidieux de le voir tomber en puissance, avec violence et brutalité, prend naissance au creux de moi.
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MessageSujet: Re: It's my own remorse - Ismaelle.    Mar 16 Juin 2015 - 14:00

C’est difficile de faire le tri, la part des choses, de ne pas s’imprégner de ses émotions et de les ressentir soi-même. C’est vraiment difficile mais d’un autre côté je ne peux pas m’empêcher de me dire que c’est différent, qu’on ne ressent pas les mêmes choses. Ça n’a rien de péjoratif ou je ne sais quoi, je pense simplement que les faits ne sont pas entièrement les mêmes, nous ne sommes pas les mêmes, donc les ressentis doivent diverger eux aussi. Le résultat reste néanmoins sensiblement le même : Elle se retrouve bloquée dans un cocktail explosif d’émotions, complètement traumatisée, et je pense dur comme fer que ça ne disparaitra pas comme ça. En réalité je crois que ce genre de choses ne disparaît jamais totalement, qu’elles restent là, gravées quelque part dans le fond de nous-même. Peut-être que ça s’estompe avec le temps mais elles restent tapis dans l’ombre, prête à resurgir quand on s’y attend le moins probablement.

« Vous avez le même sourire que ma mère. Vous me faite un peu penser à elle. »

Coup de poignard. En plein estomac, à m’en couper le souffle, mais surtout en plein cœur. Ça n’est pas prémédité, ça n’est même pas volontaire, mais par ces « simples » mots elle vient de faire éclater le peu de résistance qui me reste face à cette situation. Je n’avais pas envie d’entendre ça, c’est un fait, parce que ce genre de choses me fait plus de mal que de bien même si je le cache comme je le peux, de manière plutôt efficace je dirais. Ça remue énormément de choses en moi, des ressentis très personnels, un vécu pas si lointain, encore bien présent même et totalement d’actualité par certains côtés. Sa mère n’est plus de ce monde, j’ignore comment je le sais mais je le sais et intérieurement je ne peux pas m’empêcher de penser qu’elle fait fausse route dans le sens où je n’ai surement rien à voir avec elle. Je suis juste … une femme adulte, une femme qui est là pour elle quand elle en a besoin et à qui elle fait suffisamment confiance pour lui parler de choses aussi personnelles. Elle n’est pas la première à me parler et elle ne sera surement pas la dernière mais ce genre de mots me ramènent à plusieurs points : J’ai été mère, je ne le suis plus et ça fait toujours aussi mal. Je ne suis pas sa mère, j’étais celle de mon fils mais mon fils n’est plus là. Le père de mon fils n’est autre qu’un homme qui m’a fait du mal, peut-être pas exactement de la même manière que Marcus vis-à-vis d’elle mais les liens se font néanmoins dans ma tête. J’ai beau côtoyer tous les jours des enfants, j’ai beau savoir que certains d’entre eux me raccrochent à une figure maternelle de substitution, un seul hormis Kezabel a formulé ces mots et aujourd’hui il est quelque part dans la nature. Je mélange peut-être tout mais j’arrive difficilement à faire autrement en l’état. J’ai perdu un fils, pousserais-je le vice en disant qu’aujourd’hui j’en ai peut-être perdu un deuxième ? Je n’ai pas le droit d’avoir ce genre de pensée je le sais mais ne pas savoir où il se trouve ni avec qui et surtout dans quel état me rend malade. Je suis une grande comédienne, je crois que c’est ce qu’il faudrait retenir. Rien ne transparait, c’est comme ça.

Je ne dis rien, je ne réponds rien, je crois qu’au fond de moi j’ai un peu peur de la manière dont pourrait sortir les mots de ma bouche si je laissais s’ouvrir les vannes alors garder le silence me semble une bonne option. Ça n’est pas à moi de m’exprimer, de toute façon.

« La première fois c’est Alec qui est intervenu. Il l’a surpris en … flagrant délit. Je … j’essaierais de lui parler pour voir s’il est d’accord pour… témoigner. »

Plus elle parle, plus je me rends compte que je ressens comme une sorte de colère et je m’en veux parce qu’elle exprime quelque chose que je ne tolère pas. Elle se présente sous forme de question : Pourquoi est-ce qu’il a fallu qu’elle vienne m’en parler à moi ? Non je n’assume pas du tout mais pourtant c’est bien là quelque part et je m’en veux. Le fait est que cette situation remue trop de choses pour moi mais je ne me défilerais pas pour autant. J’ai des responsabilités, je m’y tiendrais et resterait imperturbable. Au moins en apparence. Juste une chose, Ismaelle : Depuis combien de temps est ce que tu n’as pas pris de vacances ? Vaste blague, ça n’est pas comme si c’était à l’ordre du jour vu le climat actuel et puis dans le fond ça ne fait pas si longtemps. J’ai passé quelques jours au Venezuela chez ma Grand-Mère en novembre sans parler du temps passé chez mes parents juste avant mais vu les circonstances … Bref, stop.

« La « deuxième » fois, là où il a voulu « continuer », c’est Maxime qui était là et… William aussi. Peut-être Macy, mais je ne suis pas sûre qu’elle ait entendu les propos tenus. »

Deux voir trois témoins, c’est une bonne chose.

« Je… Il y a juste un petit détail. Personne ne risque quoi que ce soit à témoigner ? J’veux dire…Maxime est intervenu mais Marcus l’a insulté de « sale putain », ils en sont venu aux poings. En vérité, elle lui a complètement refait le portrait. »

Est-ce que c’est triste d’en arriver à ce constat : La violence de ces jeunes ne me choque même plus.

« Mais c’était pour me défendre. Je veux juste m’assurer qu’elle ne risque rien avec cette histoire. Je n’ai pas envie que tout ça ait des répercutions sur les mauvaises personnes. »
« Il me semble qu'elle a déjà un bon paquet d'heures de colle de prévues, non ? On va dire que ça fait partie du package. »

S’il n’y avait que moi je lui donnerai une médaille et des points en plus pour sa maison quand bien même elle doit s’en moquer comme de sa première chaussette mais passons. J’écoute son récit mais je ne suis plus vraiment là, ça ne tombe pas dans le vide pour autant mais disons que je prends un peu de distance sous peine de ne plus être capable de contenir toutes les émotions qui se débattent à l’intérieur de moi. D’ailleurs Fenrir le sent puisqu’il vient poser sa tête sur mon genou au bout d’un moment et instinctivement mes doigts plongent dans son pelage pour y rester. Sa présence m’apaise, elle me fait du bien.

« Merci pour ce que vous faite. »
« Ne me remercie pas Kezabel, c'est normal. »

C’est mon travail, ma responsabilité surtout en tant qu’adulte plus ou moins en charge de cette école et de ses habitants. J’aimerai paraitre moins froide, moins détachée, mais je crois que c’est peine perdue pour ce soir. Le mode soldat est activé, il ne se réveille que très rarement chez moi mais je me rends compte finalement que c’est peut être en partie ces vestiges qui me permettent de continuer à agir parfois. Peu importe.

« Comment ça va se passer… pour la suite ? Si vous avez besoin de mes souvenirs comme preuve, prenez-les si ça peut nous permettre de mettre un terme à tout ça. Pour de bon. »
« Je pense que c'est effectivement une éventualité. »



« Je ne sais pas ce que tu en penses mais je crois que régler ça en petit comité et un par un est une bonne idée. Je ne crois pas qu'une confrontation soit essentielle, de toute façon nous ne sommes pas dans tribunal. Je ne pourrais pas juger Marcus, je n'en n'ai ni la compétence ni la légitimité, je peux simplement le mettre hors d'état de nuire dans cette école. »

Et faire disparaître le corps.

« Pour ce qui est de ton père, tu es majeure, c’est à toi de prendre la décision de le mettre au courant ou non. »

Maintenant on inspire, on expire, tout va bien se passer. C’est fini.

« Prends le temps de souffler un peu, d'accord ? Ensuite on rentrera au château et tu viendras avec moi, on va s'occuper de tout ça. »

C’est effectivement ce qu’il s’est passé, avec l’aide d’Owen et James. J’ai pris la décision de ne pas confronter Kezabel et Marcus, ils ont été « interrogés » chacun de leur côté et le jeune homme a fini par craquer, ne supportant visiblement pas la pression. Les deux Gardiens l’ont maitrisé et je me suis demandé si je n’étais pas à deux doigts de m’en occuper moi-même. Le lendemain matin il quittait le château définitivement.

▬ Fin ▬

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