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 Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo

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MessageSujet: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Lun 27 Avr 2015 - 3:01

« Don’t you think that it’s boring how people talk ? »
MAXIME & MATEO
22 JANVIER 2015.


  • 15 JANVIER


Je marche depuis quelque temps aux alentours du château, le cœur en miettes, les chevilles en vrac, le dos fatigué de porter toute cette merde. Je rumine sans arrêt, le regard de Riley derrière mon dos. Mes yeux sont rougis, bouffis, j’ai pleuré, pas mal, oui c’est vrai et je déteste ça. Oui je déteste ça, chialer comme ça, pour une chevelure brune et une voix d’or. Je suis faible. J’ai été bernée par la beauté d’une attitude, d’un caractère de feu mais plus encore par celui que je considère désormais comme un ami. Je ne lui ai pas cassé la gueule non, mais je ne peux plus me résoudre à lui parler. J’ai renoncé à un souvenir cher à mon cœur pour elle, et Matéo s’est permis de me la voler avant même que j’ai pu la frôler. Et sans m’en parler. La trahison est cuisante et même si ma colère s’est étrangement apaisée, la douleur n’en reste pas moins vibrante et dans les rayons du soleil qui se couche je laisse aller le souvenir d’un amour que je n’ai pu éprouver.

Je finis par m’asseoir, quelque part, contre une sorte de rocher et mon regard se perd dans le lointain. Je m’apaise doucement, renouant avec ma solitude, mes grands espaces, mon besoin d’air. Je cavale davantage la nuit que le jour, j’ai besoin de mes moments seule, de mes instants privilégiés.

Le soleil tombe tranquillement et…. Et doucement je me sens passer à autre chose. Des sensations vibrantes de chaleur, de jalousies, de passion et d’inimitié s’effacent tranquillement et au bout d’une dizaine de longues minutes, je fronce les sourcils.

Que vient-il de se passer.

Je reste immobile, les mains coincées entre mes cuisses serrées, le regard perdu, les sourcils toujours froncés. Un froid incroyable se répand à l’intérieur de mes côtes et j’ai l’impression de perdre quelque chose de trop lourd pour moi. Les images de cette journée défilent sous mes yeux et mon expression faciale traduit mon effroi soudain. Je me redresse d’un coup, les mains dans mes cheveux, le regard désormais terrifié, horrifié par cette apocalypse. Qu’est-ce-que c’est que ce foutu bordel. Des monologues et des pensées dégoulinantes d’amour jaillissent au cœur de mon bordel mental et mes yeux s’ouvrent d’autant plus, ma bouche l’accompagne et je reste coincée là, dans le soleil déclinant, les mains toujours bloquées dans mes cheveux.

Un putain de long frisson me parcourt l’échine. Oh putain. Oh… Oh bordel me dis pas que… Oh non.

« Oh non… conneries… »

Je n’y crois pas. Un mélange d’irritation et de honte se mêle dans ma tête et je reste effarée par les images de plus en plus claires qui se forment devant mes yeux. Un putain de film. C’est de la connerie, j’y crois pas. Bordel de merde. Mais même si j’y crois pas, c’est forcément vrai, qu’est-ce-que je foutrais ici sinon ? Toute seule comme une conne endimanchée ? Non mais sérieux ! Je déglutis avec peine, la gêne s’insinue en moi comme un serpent et devinez quoi, la colère avec. Je n’ai aucun foutu souvenir de comment je suis arrivée ici. Mais par contre, ceux de moi-même déclarant ma flamme passionnée à Riley Jenkins (RILEY JENKINS BORDEL !!!), eux, sont bien ancrés dans mon crâne. Les évènements défilent comme un véritable film et je me revois aller chercher Kezabel, parler à Riley, me faire piétiner le cœur, en vouloir à Riley, frapper Matéo et… et il y avait Macy et William. Je tente de remettre de l’ordre dans mes idées mais mon effroi est paralysant.

Kezabel, William, Riley, Macy et William. Ils étaient là. Pourquoi frapper Matéo ? Parce que Riley venait de me dire qu’elle était amoureuse de lui, et que c’était réciproque. Mon cœur brisé et trahi par un amour et un ami m’a dicté ma conduite. Un truc est louche, mon cœur s’alarme, c’est l’alerte rouge partout dans mon organisme et je n’arrive pas à faire le point. Ils sont pas censés se détester ?

Je comprends tout à coup la blague. C’est ça. On m’a fait une blague dégueulasse. Je vais tuer le commanditaire.
Ni une ni deux, après avoir shooté dans une pauvre motte de terre, les poings serrés et le pas déterminé je me rapproche du château, fini par passer la porte et, par chance, j’aperçois Kezabel plus loin dans le hall.

« Hé, Hasting ! »

Elle n’a à peine le temps de se retourner que j’attrape son épaule et lui fait brutalement face, le visage rougi par la colère et la honte.

« Qu’est-ce-qu’il s’est passé bordel de dieu ?! »

Elle a un petit sourire qui ne me laisse rien présager de bon. Ma main quitte son bras.

« Ah… Bon retour parmi nous Maxime.
— J’déconne pas.
— Moi non plus. Tu ne te souviens absolument de rien ?
— De tout, c’est ça le problème. Alors. »

Je m’agace, je n’ai pas envie de parader, de jouer à qui a les réponses à quoi. J’en veux maintenant. La contrariété est flagrante sur mon visage et ma jambe bouge frénétiquement. Elle soupire.

« Je pense que tu devrais plutôt poser la question à ton grand copain Matéo… »

Son nom me fait tiquer et putain de merde pourquoi je n’y ai pas pensé. Ses manières de me parler ne me plaisent pas plus pour autant, je n’ai pas envie de jouer, je viens de le dire mais je vais clarifier ça. Je prends une inspiration profondément agacée.

« J’veux juste des réponses. Que s’est-t-il passé. »

Elle me regarde un instant puis finit par lâcher tranquillement…

« Je sais pas comment il s’y est prit… mais il t’a fais boire un filtre d’amour.
— … enfoiré. Putain. »

Mes mains refont un tour dans mes cheveux. Mon esprit s’enclenche. Le café. Le café. LE CAFÉ. Enfoiré. Tu m’as eu. Oh bordel. Le sang me monte aux joues, la colère et la honte et tout c’que j’ai déjà cité précédemment me remontent. Je vais l’éclater. Il va comprendre le sens du terme souffrir. Les choses se mettent en mouvement dans mon cerveau et celui-ci reconstitue les faits avec davantage de clarté. Je commence à faire quelques pas, le regard halluciné, prête à en découdre avec l’abruti qui a jugé bon de me faire cette crasse ingrate quand la voix d’Hasting s’élève dans mon dos.

« Oh si ça t’intéresse il me semble qu’il fume avec William dans le couloir menant à la salle d’Histoire de la magie, au deuxième… »

Je me retourne sans m’arrêter de marcher, remonte une mèche de cheveux et lui adresse un regard plus… tolérant que quelques secondes auparavant, et lâche rapidement un :

« J’te revaudrais ça. »

Maintenant mon frère en carton, moi et moi-même allons t’instruire sur le mot « vengeance »…


— DÉBUT DE LA SEMAINE DE L’ENFER, LES 7 CHÂTIMENTS, PAR MAXIME JEFFERSON —

  • DAY 1 / 16 JANVIER


5H30 du matin.
J’approche doucement de la salle commune des Gryffondors avec cette sensation parfaitement acquise de transgresser les règles inhérentes à l’école. Et j’aime ça, je vous emmerde. Ma vengeance ne sera pas froide mais lente, tortueuse, et de tous les instants. Je suis déterminée, rien ne peut me réveiller plus vite que la colère vengeresse. Quelques minutes silencieuses plus tard, j’arrive près du lit de Matéo et ouvre doucement les rideaux après avoir récupéré quelques unes de ses affaires.
Il dort comme un bébé, il serait presque mignon comme ça, son chapelet a posé une empreinte sur son torse nu : mais rien de tout ça ne saura m’attendrir. Le mode Maxi-commando est activé depuis hier, lorsque j’ai décidé de prendre ma revanche. J’ai quelques affaires posées à portée de main, à ma droite. J’écarte mes bras et les claque en me mettant largement à hurler (j’ai prévenu ses voisins pour qu’il soit plus dur encore de constater qu’il est le seul à se lever si tôt).

« ALLEZ ALLEZ MATÉO, BOUGE BOUGE ! TOUT DROIT, TIENS ! »

Il se réveille en trombe, ne comprend rien, je jubile, lui donne des ordres, lui dit que c’est urgent, il ne capte que dalle, sa gueule enfarinée, et en même temps je lui fourre des trucs dans les bras : sa baguette, des fringues, des bouquins, sa brosse à dent dans la bouche bref, il finit par se retrouver au milieu de sa salle commune en caleçon avec un tas de merdes dans les bras. Il émerge. Je lui adresse un doux sourire.

« Bonjour, darling. Bienvenue dans ta nouvelle vie. »

Et je me tire. Bonne nuit les gars !

Dans la journée.
Les jumelles (j’entends par là les miss Hasting et Jenkins) se sont passé le mot pour me causer aujourd’hui. L’une après l’autre, à différents horaires. Jenkins s’est excusée. Je suis trop préoccupée par ma vengeance pour lui en vouloir réellement même si je n’apprécie guère que l’on m’utilise pour des vengeances perfides au détriment des sentiments humains. Je ne lui en tiendrais pas rigueur. Elle sait ma façon de penser, voilà tout. Puis Hasting. J’ai vaillamment tenté de lui faire la conversation — Pourquoi ? Boh…—, ça a été rude mais ça a marché un peu. Bon. R.A.S. Je suis déjà en train de préparer ma vengeance de ce soir, avec pour première complice, mon amie Macy. Celle-ci me donne un sac sans que personne ne s’en aperçoive (merci les années de délinquance) et je la remercie d’un regard. A ce soir Matéo.

23H.
Je suis cachée dans le lit d’un de ses voisins avec Macy. Celui-ci est dans la même position que nous : accroupis et les yeux rivés vers Matéo. Il arrive, l’air morne et crevé, il observe autour de lui comme s’il était suivi. T’as raison mon garçon. Il semble soulagé et je souris de plus belle. Macy est super-excitée, je pose une main sur sa bouche, parce qu’elle va griller notre couverture à deux balles. Matéo, se dessape et puis, pacha comme il est, se jette sur son lit, dos en premier. La réaction est immédiate.

Des cris, des rires et surtout des bruits de pétard. Macy et moi sortons comme deux pestes en hurlant de rire. Matéo effrayé s’observe sous toutes les coutures. Pétards sans mèches. Je lui ébouriffe les cheveux et on se casse avec ma pote.

« A demain, mon frère ! »

  • DAY 2 / 17 JANVIER


5H30.
Même topo. Réveil en fanfare. Les mecs de son dortoir exultent. Je suis la meilleure et la pire à la fois.

8H.
Il débarque dans la grande salle, je le suis à quelques mètres. En entrant dans la salle, il est entre deux rangs et moi je jette un regard à Riley et Kezabel qui se trouvent à la table des Verts. Je passe une main dans mon dos, William me file les deux œufs et la farine qu’il a été cherché pour moi.

« Tu vas en faire quoi ?
— Un gâteau aux saveurs délicates de l’Argentine. »

Grand sourire de ma part. T’en voudras bien un peu Jenkins ? :ga: PAS LA BABOUCHE ! *out*. Bref.

Matéo va pour s’asseoir, je trottine près de lui, dernière regard chez les Verts, je chantonne un bonjour et écrase les deux œufs sur la gueule fatiguée de Vargas. Il se tourne vers moi, interloqué, les mains collées. Je bats des cils. Mouah !

Durant la journée ? Oh simple. Je le croise dans les couloirs et lui afflige croche-pattes et autres conneries. Je lui balance des boules de papiers, lui colle des trucs sur la gueule et dans le dos, bref, je m’amuse comme une petite folle après avoir piqué quelques trucs dans la réserve du prof d’EDM… Me regardez pas comme ça c’est pour la bonne cause.


  • DAY 3 / 18 Janvier ;


7H
J’installe mon matos en douceur. Je réveille chacun des mecs du dortoir avec rapidité. Le spectacle va commencer. Je me poste à l’encadrement de la porte et attend. Matéo finit par se réveiller, surement étonné que ça ne soit pas ma douce voix qui l’extirpe de son sommeil. Il pose un pied par terre, sa tête engourdie… Puis, surement ragaillardi par le fait que je ne sois pas là, se lève d’un ton enjoué et…. Alors il se met à hurler et à sauter dans tous les sens. Je hurle de rire alors que les tapettes à souris claquent dans tous les sens et notamment sur sa peau. Je suis morte de rire. Il me fusille du regard. Je m’en vais telle une princesse et me délecte de ses cris alors que je me tire de son dortoir.

13H
Il s’assoit. J’ai trafiqué sa bouffe avant qu’il n’arrive à table. Je croyais qu’il allait m’éviter mais non, ce con s’acharne et se pose en face de William. Aucun de nous ne souris, on discute comme si de rien n’était. Jusqu’à ce que le tabasco, le sucre, le poivre et tout c’que j’ai trouvé atteigne ses lèvres.
Je ris.
Je m’aime.


  • DAY 4 / 19 Janvier ;


10H
Je suis furax. Je ne l’ai pas trouvé dans son lit ce matin. Mais par contre, j’ai senti son odeur, quelque part… dans mon entourage. En sortant du premier cours j’ai chopé William et l’ai plaqué au mur, utilisant mon odorat lupin. Ouais, je déteste ce sale cabot, ouais. Mais là il sert mon intérêt profond et ma dignité. Je braque mon regard de glace dans celui intrigué de William. Fais pas semblant crétin, on s’est tout appris sur le mensonge. Il comprend mon message et un fin sourire s’étire sur son visage, le mien reste de marbre.

« J’te pardonne tout. Mais ne cache pas l’ennemi de la nation dans ton lit, sinon t’es mort. Tu pues la pétasse mexicano-brésilienne à dix mètres. »

Je le lâche puis attrape Macy au passage. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de me fouler, à le suivre, et par exemple à ouvrir la porte des chiottes, lui faire des croche-pattes etc… Non j’ai la flemme. Alors je vais lui dévoiler ma carte ultime de la chiantise. Aujourd’hui, j’ai promis à Macy un paquet de cigarette si elle restait avec lui et lui parlait de tout. Surtout de ses cheveux, des licornes, des paillettes, et des cours, etc… Aujourd’hui, Matéo allait comprendre tous ces moments où William et moi décrochons du discours de Miss Davis. Elle claque un bisou sur ma joue, hyper heureuse de faire partie de ma démarche revancharde et s’éloigne pour aller chercher sa proie. Douce amie.

22H
Matéo éreinté court rejoindre son lit. Il vérifie. Je ne suis pas avec lui mais je me suis permise de lui placarder une jolie photo de William a moitié nu sur le haut de son lit. Indécollable. Fais de beaux rêves Matéo.


  • DAY 5 / 20 janvier ;


5H30
Réveil. Comme d’habitude.
J’ai pris soin de piquer de la coloration à Macy, qu’elle trafique elle-même. Son shampooing et son gel douche sont désormais parfaitement colorants. Oui mes amis, aujourd’hui Matéo se balade en rose. Des pieds à la tête. Chaque petite parcelle de poil, et de cheveux, de barbe pas rasée… oui, tout ça, c’est rose. La latin love se transforme en licorne de ses dames. Je ris. Je m’amuse. Le complimente. La teinture ne s’en va pas. Il lui reste 24 H à vivre avec ça. Vous avez déjà vu une tortilla à la barbapapa ? Ahahah…


23H
Pas besoin d’en faire des caisses : j’ai remplacé l’image de William par du poil à gratter. J’en ai aussi foutu dans son armoire. Du coup double-dose pour demain matin. Je m’aime.

  • 21 janvier ;


Matin
Réveil de la marine, déjà fait, mais c’est mon préféré.
Journée
Je n’ai pas eu le temps. J’ai cassé du connard. La vengeance que je lui vouais, je l’ai laissée tombée. J’avais d’autres choses à faire, une colère à expulser. R.A.S. pour aujourd’hui.

  • 22 JANVIER 2015 (jour du RP) ; 21 HEURES, salle commune des Gryffondors.


Ma vengeance devait se terminer aujourd’hui mais… Non. J’ai laissé tomber. L’histoire d’hier m’a foutu un coup, la soirée avec William en a rajouté une couche. Je suis d’humeur maussade, passablement irritée voir énervée. Trop de choses d’un coup, trop d’images, trop de fatigue. J’ai décidé que ce soir serait la trêve, j’enterre la hache de guerre. Matéo en a bien bavé et je lui ai surement passé l’envie de me refaire boire toute autre connerie. Je dois aller le voir, également, parce que le sournois William m’a confié un petit secret. Je suis une tombe, ce qu’on se dit entre nous ne sort pas de notre cercle, on ne s’inquiète pas. Mais connaissant mon lien avec Vargas, William s’est dit qu’il me serait utile de savoir qu’il a interrompu une salsa pimentée entre mon faux frère et ma fausse ex-future âme-sœur, Jenkins. C’est peut-être le seul truc qui m’a fait sourire aujourd’hui.

Depuis cette nuit, je pense, sans arrêt. Je me sens comme hors du temps, détachée de cette notion de réalité commune. J’avance parce qu’il faut avancer, mange parce qu’il faut manger, en bref, pallie les besoins nécessaires de mon organisme mais tout mon esprit est focalisée sur des questionnements plus abstraits. Je pense à Kezabel et à mon ultimatum. Je pense à cette nuit, je pense à Dean, je penses à ce qui m’attend sur ma table de chevet. Si je vais voir Matéo ce soir, ce que je maquille sous une trêve, c’est un besoin de pause. Une minute d’arrêt, à deux, dans ces silences que nous échangeons. J’ai besoin de voir quelqu’un d’autre et ce quelqu’un, c’est lui.

Je monte les marches sans trop me presser et remonte le zip de mon sweat.
Mon sweat. Non, le sien. Le tissu bleu marine est trop grand pour moi. Avant de passer la porte des Gryffondors, je m’arrête une minute. La capuche sur ma tête, je voudrais rentrer dans les mailles minuscules du vêtement, et caresser chaque atome volatile de parfum. Ce sweat ne m’appartient pas. Je fourre une main dans la poche gauche mais j’y vais avec plus de délicatesse que dans les miens, comme si j’allais briser ce sort qui fait qu’à cet instant présent, je respire clairement le parfum d’un être qui me manque plus que jamais. Un être que je perçois parfois à travers les yeux de Matéo. Je déglutis péniblement, presque fantomatique, et m’engouffre dans la salle commune.

Il est là, assis par terre, face à la cheminée. Sans bruit, j’arrive derrière lui, passe les bières devant son épaule et lâche, doucement.

« J’arrête. C’est terminé, c'est la trêve, détends-toi. J’viens juste passer la soirée avec toi. »

Il me regarde d’un air interrogateur en attrapant les bières, je viens m’installer en tailleur par terre, à sa droite, le dos contre un côté de fauteuil. Mon corps n’est qu’un assemblage disparate d’illusions. J’ai cependant encore le pouvoir de lui balancer un sourire narquois en attrapant la bière qu’il me décapsule à la main, gentiment. Son « Smile » me fait face.

« Alors comme ça on fait la tortilla avec Riley, dude ? »

C’est sans compter son regard qui s’assombrit. Je tends ma bière, il claque son goulot au mien en silence. Je fronce un poil les sourcils derrière ma capuche, relève et plie ma jambe droite et pose mon visage sur mon genou.
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Mar 28 Avr 2015 - 0:15

« Don’t you think that it’s boring how people talk ? »
MAXIME & MATEO
22 JANVIER 2015.


Vendredi 16 Janvier

5h30

« ALLEZ ALLEZ MATÉO, BOUGE BOUGE ! TOUT DROIT, TIENS ! »

Qué...quoi... Merde. Attentat ? Alerte à la bombe ? Bordelkesskisspass ? Je suis dans le brouillard, je capte rien de ce qui est entrain de se produire. La seule chose que je sais c'est que mon corps se lève sous l'urgence, sous les cris. La guerre ? Ils sont revenu ? Bordel de merde. On m'ordonne de me mettre debout, bien droit, j'exécute alors que j'pige quedal à ce qu'il m'arrive. Je me retrouve avec un tas d'affaire sur les bras, ma brosse à dent dans la bouche prêt à les frotter en urgence pour m'habiller et aller affronter du Supérieurs, les yeux encore collés de fatigue et les cheveux sûrement en pétard. Sous l'adrénaline, le cerveau commence à émerger, plus rapidement chaque seconde jusqu'à ce que je distingue devant moi une forme humaine, celle qui s'est mise à hurler dans ma chambre de bouger, de me tenir droit et …

Maxime.

Mon sang se glace alors qu'elle m'accorde un sourire. Mais pas n'importe lequel, non. Celui de la vengeance et de ma mort prochaine. J'écarquille les yeux et les clignes à toute vitesse alors que j'ai encore ma putain de brosse à dent dans la bouche.

« Bonjour, darling. Bienvenue dans ta nouvelle vie. »

Elle se tire, les copains rigolent et se foutent littéralement de ma gueule. Bordel, c'est quoi ce délire ? Je suis toujours là, comme un con, debout, tout droit, avec mes affaires dans les mains et toujours cette brosse à dent dans la gueule. Je tourne ma tête vers mon réveil magique... 5h30... Puta de mierda. 5H30 du matin ! Je me retourne brusquement, jetant mes affaires au sol et ma brosse à dent contre le mur. Je me passe mes mains dans mes cheveux, alors que j'suis en caleçon, en plein milieu du dortoir. Calme. Tu l'as mérité... putain, j'me demandais comment ça s'faisait qu'hier elle ne m'avait pas tué lorsqu'elle est redescendu sur terre. Mais tuer du genre vraiment mort. Mais maintenant, je comprends mieux le poids des mots car lorsque Maxime Jefferson me dit la Bienvenue dans « ma nouvelle vie », je suis à peu près certains qu'elle ne s'arrêtera pas à un seul jour de vengeance pour lui avoir fait boire ce putain de filtre d'amour. Comme si j'avais pas assez de Jenkins à gérer avec ses airs de prétentieuse Miss j'contrôle tout. Je me recouche, énervé, sans réussir à fermer l'oeil. Bien évidemment. Sinon, c'est vachement moins marrant.

Journée

J'suis claqué, j'aime pas me lever trop tôt et j'ai eu du mal à suivre la journée. C'est pas comme si je suivais en temps normal, je sais mais quand même. De toute manière, j'ai pas tellement le droit de gueuler après le coup que j'lui ai fais et à sa place j'aurai sûrement fait la même chose alors pourquoi chercher plus loin ? J'ose espérer qu'il n'est question que d'un jour … Alors mon vieux, on serre les dents et on encaisse la vengeance de son Alter-Ego.

23h

Je file au pieu. J'suis mort. Dead. Fini. Terminé. Moi vouloir dormir. Bon gros dodo. Et quand j’atteins d'un pas lourd mon dortoir, c'est avec un sourire béat que je contemple mon lit. Ah si tu savais comme tu m'avais manqué. Trop fatigué pour la douche, je retire directement pull, tee-shirt, jean et me jette comme un gros lard sur mon lit.

- PUTA DE MIERDA !!!

Tout explose autour de moi mais surtout SOUS moi !!! J'suis là comme un con à sauter partout pour éviter que ça ne m'explose à la gueule. Et quand je vois Maxime et Macy sortir de la pièce après que Jefferson m'ait ébouriffer les cheveux.  

- Vous faites chier putain !
- A demain, mon frère !

Elles en ont rien à foutre ouais ! Elles sortent hilares et je regarde sous mes bras et mes cuisses : Aucunes traces. Des pétards. Bordel de merde... des pétards. Dans mon pieu !

¥

Samedi 17 Janvier

5h30

Même cauchemar matinal. Même réveil. La Marine, comme à l'armée. Et moi j'suis à deux doigts de l'envoyer se faire foutre mais je subis en silence. On est Samedi, elle venait de foutre en l'air ma grasse mat'.

8h

J'ai les crocs et cette fois, je commence à surveiller les couloirs. Peut-être qu'elle se lassera avant moi. Du genre, aujourd'hui. C'est le week-end, Maxime est flemmarde elle aura sûrement plus envie de me faire chier. J'entre dans la grande salle avec prudence. Au moins ici, elle me fera rien... Je croise le regard de Riley que je ne soutiens pas alors que je m'assoie à ma place. J'ai pas envie, rien que d'y penser ça me prend déjà la tête et j'suis déjà suffisamment grognon pour …

- Bonjour !

Je me raidis. Un choc, puis un deuxième... puis un liquide visqueux et gras qui me glisse le long du cou et me provoque un long frisson. Je me retourne très lentement... je t'en supplie, arrête... Battements de cils et elle se casse. Je serre les dents. Regarde vers William...

- Je te l'avais dis que même l'Enfer serait si doux à côté de ce qu'elle te fera subir. Bon courage Dude.

Journée

Croche-pieds, boules de papiers dans la gueule, collage de connerie dans le dos. Nous en sommes qu'au deuxième jours et ma patience commence déjà a s'effriter. Je me passe une main dans les cheveux alors que je retiens ma colère après avoir manqué de m'éclater la gueule sur le sol, Maxime me saluant au loin. Je crois que j'ai sous-estimé sa colère.

¥

Dimanche 18 Janvier

7H

J'ouvre un œil... puis deux... Rien. Du silence, du calme. Je risque un coup d'oeil à mon réveil alors que je suis allongé sur le dos, la tête enfouie dans l'oreiller... 7 heures ? Vraiment ? 7 heures du mat' et toujours rien ? J'redoutais tellement qu'elle vienne me faire le même coup que j'me suis réveillé aussi tôt... un Dimanche. N'empêche que j'ai bien dormi. Et qu'elle n'est toujours pas là. Donc, c'est la trèèèèève! Je m'étire de tout mon long, sourire aux lèvres et incroyablement soulagé. Ca y est, je vais enfin pouvoir vivre ma vie en paix. JE m'assoie sur le bord de mon lit. A bordel, j'ai cru que ça allait durer 150 ans cette histoire de mer...

- MIER … AIE !!

Les claquements résonnent dans tout le dortoir, ma peau se pince à de multiples endroits. Je grimace de douleur, pousse des jurons que même mon père n'a jamais prononcé de toute sa vie et c'est les larmes aux yeux que je me retrouve assis sur mon lit, des tapettes à souris me pince les pieds et les mollets. Et ce rire résonne … je serre les dents et lève mon regard noir vers une Maxime, hilare, qui se tire de nouveau. Elle représente dès aujourd'hui le Diable. Satant en personne ou alors une des plaies venu frapper l'Egypte. Ouais putain, elle est pareille. Elle s'insinue et te frappe sans même que tu ne t'en soucie. Combien de temps j'vais subir cette merde ? William me déconseille d'aller lui demander pardon, ça ne ferait qu'empirer les choses. De toute manière, j'comptais pas le faire. J'ai fais une connerie, je l'assume jusqu'au bout alors vas-y éclate toi mais qu'on en finisse.

13h

Moment du repas. Moment de paix, je l'espère. Je m'installe face à William car malgré tout ça, la bande des trois terribles restent mes potes. Et ils m'aident dans mon nouvel objectif : Eviter Jenkins. Pourquoi ? Parce que je la cherche un peu trop souvent du regard et lorsque je la croise dans un couloir, c'est une vague de chaleur qui me submerge. Un truc que j'arrive pas à contrôler et que j'comprends pas. Alors dès aujourd'hui c'est ni regard, ni croisement au détour d'un couloir et aucun contact physique. Surtout pas ça.

Ma fourchette se plante rageusement dans mes pâtes que j'enfourne avec faim... Je tousse, étouffe, crache en me tapant du poing sur le torse. C'est infecte, pimenté plus que de raison – et pourtant, j'ai foutrement l'habitude de la bouffe épicée d'Abuela – mais ici, c'est immangeable. Inutile que je ne pose la question de savoir qui est le coupable de cette putain de connerie...

- Est-ce que.. je tousse encore une pâte qui attéri dans mon assiette alors que je me bourre la bouche de mie de pain... j'pourrais au moins bouffer tranquille ? Putain.

Bien sûr que non.

Soir

- Will, s'il te plait... juste pour cette nuit. Demain y a cours, j'suis mort, j'veux juste pouvoir dormir en sécurité.
- En sécurité ? Mec, t'es pas un recherché d'la nation.
- Te fou pas d'moi, c'est tout comme avec Maxime. Allez, juste pour cette nuit et j'te lâche.

Il est assit dans salle commune, livre sur les genoux. Regarde à droite, à gauche. Puis soupire. Je prie tous les Dieux pour qu'il accepte.

- Ok, mais juste pour cette nuit.
- Bordel, merci mec.

Soulagement intense. Une VRAIE nuit de sommeil. Sans Maxime venant à 4 heures du mat, sans Maxime venant me jeter des trucs à la gueule. Juste un lit et un sommeil lourd...

¥

Lundi 19 Janvier

BAM DANS TA GUEULE ! Eh ouais, j'ai dormi. Et bien en plus. Et j'suis en cours, en pleine forme et trop fier d'avoir réussi à tromper sa vigilance. Bon, j'ai plus qu'à espérer qu'elle ne m'offre pas le double de la sentence prévue mais bon sang, ça fait un bien fou de dormir. Je sors de DFCM ragaillardie par ces heures de défouloirs malgré mon niveau plus que moyen, presque content de ne pas voir Maxime aujourd'hui. C'est con, je l'adore vraiment. Elle est devenue une amie, une alliée et... je sais pas trop. J'le dis souvent mais elle me fait penser à moi, je la considère comme mon Alter-ego mais malgré tout, j'suis foutrement content de pas la voir débarquer ce matin.

- Salut Mateooo !
- Hm... salut Macy... je la regarde suspicieux.
- Eh détend toi ! J'cache pas Maxime derrière moi. Je crois que t'es tranquille aujourd'hui.
- Ah cool ! Merci !

Je commence à partir mais elle me suit.

- Eh attends ! Ca te dirait qu'on mange ensemble ? Oh attends, tu sais pas c'qu'il m'est arrivé en cours ? J'étais là tranquille...

BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA .
BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA .

BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA .

BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLA .


Voilà. A. Quoi. Ressemblait. Ma. Fucking. Journée.

J'ai la tête comme un ballon. Macy ne m'a pas lâchée de la journée. Elle était là PARTOUT. A chaque détour de couloirs. A chaque passage aux chiottes. Elle m'a collée au basques comme une ombre. Et je suis certain qu'elle a été payée par sa meilleure amie pour ça.
J'ai encore croisé Jenkins. Je l'ai encore évité. Et j'ai encore eu cette chose au bide, un truc qui sort de nulle part et qui vous prend aux tripes, sans rien comprendre. Le tout commence à m'agacer. Cette vengeance, Riley, la fatigue et le qui-vive perpétuel. Je satures.

22h

Je monte me coucher avec prudence, regardant toutes les minutes derrière mon épaule et surtout, arriver à mon dortoir, je scrute le sol et sous mes draps. Rien. Du vide. Sous le lit ? Rien non plus. Puis-je espérer une nouvelle nuit tranquille Reine de l'Enfer. Je m'apprête à me coucher et …

- Putain .. mais... MERDE FAIS CHIER !

J'essaie d'arracher cette putain de photo de Will a moitié à poil... que dal. Coup de baguette ? Mon c*l. Rien. Indécollable. Rien à foutre. C'est pas lui qui m'empêchera de dormir.

¥

Mardi 20 Janvier

5h30

Réveil de la Marine. Ca ne m'avait pas manqué. Je suis dans un tel état de fatigue que j'en suis venu à supplier Kezabel de lui parler, de la faire arrêter. Je n'en peux plus, je ne sais pas quand tout ça va s'arrêter et c'est pire que tout. J'veux juste... bordel. Maxime, j't'en prie.  
Douche.

Douche.
Cauchemar.

Cauchemar.
Douche.
Rose.

Ouais. Je ressors de ma douche, les cheveux roses. Les poils pubiens... roses. Barbe non rasée.... rose Et cette fois, je craque et je jette le gel à laver contre le mur en hurlant et malgré plusieurs minutes sous la douche.. Rien ne s'en va. Je suis devant la glace, prêt à hurler et à aller la voir pour me mettre à genoux et de la supplier d'arrêter. Non. Non et Non. Jamais j'irai faire ça. Elle est où ta fierté putain ? Ecrasée sous les innombrables blagues de Maxime. Quoi qu'il en soit, j'ai foutrement compris la leçon et croyez moi qu'il faudra me payer en lingot d'or pour lui refaire une sale blague à la Vargas.

Les gens se foutent de ma gueule, je perds toute crédibilité auprès de la gente féminine que je ne regarde même plus comme avant. Trop de bordel dans ma tête.
Je croise Will...

- Hum... on en mangerai.
- Va. Te. Faire. Foutre.

Il ricane, clope aux lèvres et se tire. J'ai pas envie d'être avec eux. Ma virilité est touchée de plein fouet et la fatigue m'use.

23h

Je me couche. 5 minutes.

Ca gratte un peu.

10 minutes.

Non, là ça me démange. Furieusement même. Qu'es-ce que c'est ce que bordel.

- PUTAIN MAIS JE VEUX DORMIR TRANQUILLE BORDELDEMERDEDEDIEUDENFOIRER !!!

J'en ai  ma claque de ce lit que j' porte en horreur. Je choppe une couverture au pif et m'allonge au sol. Rien à foutre. Je veux pioncer putain.

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Mercredi 21 Janvier

Réveil de la marine. Vêtements qui grattent. Et je me surprend à verser une larme de fatigue dans les chiottes tellement je suis usé. Je me passe de l'eau fraiche sur le visage, prend un profond soupire et je regarde ma main tremblée. J'suis nerveux, je n'ose plus manger et je suis au bord de la rupture psychologique. T'as survecue face à la mort de ta sœur, tu vas vraiment chialer pour des blagues à la con. Je me colle une gifle. Non. Tu lâche pas, tu fais cette putain de journée et si ça ne s'arrête pas, tu lui demande d'arrêter.

Puis le vide durant toute la journée.
Du vide. Un soulagement.
Rien. Pas de connerie.

Je respire enfin ? On dirait bien que oui. Je suis presque prêt à en chialer tellement j'suis content de pas la voir jusqu'au lendemain matin...

Ouais, plus jamais je me risquerais de faire une blague quelqu'elle soit à Maxime. J'étais à deux doigts de la détester pour de bon.

¥

Jeudi 22 Janvier

Puis tout c'est enchainé. Marcus. Riley. Ma rage intense et incontrôlable. Son corps contre le mien. La colle. Cette dispute. Ces hurlements. Ce désir puissant, vibrant, désarçonnant. Son corps de nouveau, sa peau contre la mienne, frisonnante. J'en veux encore. Ses doigts sur mon torse, le contour de mon buste. Ses lèvres sur les miennes. Ma main dans ses cheveux. Ses longs soupires de gémissements.

- Putain de merde !!!

Mon poing attérit brutalement contre la porte d'une armoire, celle d'une salle vide. Je tourne en rond, ma main dans les cheveux. L'autre sur ma hanche. J'ai la chemise a moitié boutonnée et encore, elle l'est de travers. J'ai pas récupérer ma ceinture, je m'en branle. J'ai encore la sensation de la sentir partout sur moi, autour de moi... Ce désir furieux est encore là, il m'habite. Les flashs sont là, eux aussi. Bordel, qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Je n'arrive pas à te sortir de ma tête

Non, j'y arrive pas.

- J'y arrive pas ! FAIS CHIER !

La table s'écrase contre le mur. Là était tout mon problème. Son existence qui me revient à la gueule même lorsque je l'évite. Mais surtout, ce besoin irrépressible de l'avoir contre moi. De la sentir. De l'avoir, là, à porter de main. Cette envie rageuse de ne faire qu'un avec elle. Sa douceur, une main sur mon visage, son sourire, son souffle... Je suis foutu ? Non. Je refuse. Je nie. Je ravale. Il est hors de question que je me laisse faire. Hors de question que je cède.

Mais de rester là, à me tourmenter, me fais un mal de chien. Je voudrais pouvoir faire demi-tour, le garder contre moi et oublier. Me perdre et ressentir de nouveau cette vague de chaleur et de bien-être au creux de moi. Ce truc qui fait du bien, qui court le long des veines et qui shoote sans faire mal. J'ai besoin de ça... j'ai ….

Je me laisse glisser contre le mur, visage entre les mains. Je me sens complètement paumé. Je repense à mes parents, à leurs lettres, à Riley, à Camélia. A tout ce qui me déchire en silence pendant que j'suis là, comme un con, à attendre que ça passe. T'es pas celui qui ressens Mateo. T'es pas celui qui te fais berner et qui annonce ce genre de vérité non...

Mais j'ai tout foutu en l'air. J'suis partie comme un connard. Je glisse mon pouce entre les dents alors que je fixe le vide. Que veux-tu vraiment, Mat' ? Là, maintenant, que veux-tu vraiment...  La réponse s'impose et je me lève d'un geste plein de rage, direction un sac de frappe.

21 heures

Je sais pas combien de temps s'est écoulé depuis que je me suis assis face à la cheminée. Ce feu crépitant aux couloirs vive m'apaise un peu je crois, comme si je pouvais trouver des réponses et un courage parmi les flammes. J'ai mal au crâne. Je suis adossé contre un canapé, la salle est presque vide puisque la majorité sont partie finir leur devoir dans leur chambre. Mais je ne bouge pas, restant captivé.

Lorsqu'une bière se glisse devant moi, je sursaute. Et encore plus lorsque je vois de qui elle provient. Par dépit, je soupire et ferme les yeux, prêt à subir l'énième sentence. Après je lui parlerais... parce que j'arrive clairement à bout.

« J’arrête. C’est terminé, c'est la trêve, détends-toi. J’viens juste passer la soirée avec toi. »

J'ouvre un œil, puis l'autre. Je la fixe, interrogateur.

- Genre... pour de vrai ? Pas de sale coup ni de blague ?

Pour toute réponse, elle s'installe à côté de moi. Je suis tellement sur les nerfs que je n'arrive même pas à pousser un soupire de soulagement. Elle est à ma droite et pendant que je décapsule sa bouteille de bière, j'ai presque envie de lui dire merci d'arrêter. Je lui tend son bien, attrapant la mienne entre mes doigts.

« Alors comme ça on fait la tortilla avec Riley, dude ? »

Chute brutale. Glaçon dans l'estomac. Et tout me revient dans la gueule. J'la regarde pas. Hors de question. Cette petite p*te de William – Oui, j'ai osé ! - a été joué la balance, bien évidemment. Sauf que cette fois j'ai pas envie d'en rire.
Je claque ma bière contre la sienne sans un mot alors qu'elle s'installe plus confortablement à côté de moi. Mes deux genoux relevés, je pose un bras sur l'un d'eux, tenant ma bière que je porte à mes lèvres pour une gorgée alors que mon autre main termine dans mes cheveux. J'me sens lourd, comme dans un trop plein. Le genre de truc qui vous lâche pas et qui vous grignote de l'intérieur. J'ai failli détester Maxime mais en cette seconde, j'suis content qu'elle soit là, à côté de moi. Parce que j'me sens... foutrement pitoyable. Elle attend une réponse de ma part et elle voit clairement que j'ai pas envie de déconner sur le sujet. J'en suis plus à ce stade et c'est ce qu'il me pose problème.

- … Maxime. J'crois que j'suis dans la merde.

Ma voix est faible, rauque et j'avale une autre gorgée, mes yeux toujours fixés au creux du feu. Pourquoi parler de ça avec elle ? Parce que j'étouffe. J'ai besoin de lâche prise avant que la salle commune subisse le même sort que la salle vide de tout à l'heure. Et parce que... c'est Maxime. J'la connais depuis Octobre, j'passe les 95% de mon temps libre avec elle et jamais on a prit le temps de parler, de se poser. Sauf que là, j'en ai besoin. Moi. Celui qui parles jamais de ce qu'il peut ressentir à l'intérieur alors que j'ai un nid de bestioles qui me grignotent.
Nouvelle main dans mes cheveux, qui termine sa course sur ma nuque alors que je fixe toujours ce feu, résolu. Par où commencer ? Quoi dire ? Nouveau soupire.

- J... J'y arrive pas. J'ai passé des jours à m’établir des règles précises concernant Jenkins. Pas de regard. Pas d'échange. Pas de toucher. Rien. Et c'était très bien comme ça.

J'ai...énormément de mal à poser des mots sur ce qu'il se passe. Et j'ai bien peur qu'elle finisse par se foutre de ma gueule, ouvertement. Sauf que j'ai pas le cœur à jouer les fiers. J'suis juste fatigué, épuisé de ces jeux à la con. Épuisé de pas comprendre et de voir que tous m'échappent.

- J'ai toujours eu l'habitude de tout contrôler autour de moi. De gérer mes plans, ma vie, mes envies. J'avais d'ordre à recevoir de personne et j'étais foutrement bien.

Cette époque où je me foutais de tout et de tout le monde. Cette époque où j'étais encore un branleur je m'en foutiste.

- Et maintenant, t'as cette … nana qui débarque.

Nouvelle gorgée. J'ai une boule dans la gorge. J'arrive pas à sortir les mots comme j'le veux. Je sais même pas ce que je veux sortir... Les flashs reviennent. Riley. Encore et toujours elle. Et à tout cela, il y a une raison.
Et à contrario, j'me sens bien avec Maxime. A côté d'elle, la sentant malgré son silence, présente, vivante. Palpable. Pour une soirée, j'ai envie de ne plus être celui à cette carapace effritée par tout ce qui a pu me bousiller. Je pousse un long soupire avant de me passer une main sur le visage.

- J'y comprends rien. Elle est là, tout le temps. Quoi que j'fasse. Peut importe ce à quoi je pense, elle se pointe toujours. Et je pige que dal... Ca n'a pas... de sens. Tout comme ça n'a pas d'sens que j'en parle. J'ai beau essayer de faire comme si ça m'passait au dessus mais j'y arrive pas. C'est un délire que j'comprends pas, Maxime.

Ma voix n'est qu'un murmure, à peine articulé.
Moment de silence. Je fixe encore le feu et bois deux longues gorgées comme pour noyer mes paroles sous la honte et la timidité des mots. Je me sens paumé, effrité et irrité de perdre ainsi le contrôle sur mes mots et mon esprit. Elle n'aurait jamais dû entendre ça. Je m'en mords les doigts mais il est trop tard. Tout comme il est trop tard pour ces mots prononcés lors de la colle. Je suis foutu.

Je suis censé faire quoi maintenant?

Je.
Suis.
Foutu.
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Mar 28 Avr 2015 - 1:38

Je l’observe tranquillement, porte la bière à mes lèvres et me gorge d’un peu de liquide. Mon demi-sourire s’efface alors qu’il se décompose. Je reste silencieuse. Je comprends bien dans la seconde que quelque chose cloche chez lui, pas besoin d’être devin pour voir ses épaules s’affaisser. Je n’aime pas trop le voir comme ça, pour la simple et bonne raison que ce type commence à prendre de la place dans ma vie, plus que ce que je n’avais prévu, planifié, et voulu, au départ. J’attends une réponse, sans broncher et me contente de rester là.

« … Maxime. J'crois que j'suis dans la merde. »

Je fronce mes sourcils mais ne décide pas d’intervenir. Peut-être qu’il a envie de parler, je sais pas. Maintenant que j’y pense, je me dis que je ne connais pas grand-chose de la vie de Matéo. On se côtoie les trois-quarts du temps, mes amis l’apprécient, je commence à le connaître et pourtant ni lui ni moi ne connaissons vraiment beaucoup de choses sur l’autre. Il connaît l’existence d’Alex et Kristen, je sais que ses parents l’attendent quelque part. Voilà tout. Nous n’avons jamais vraiment besoin de parler vraiment, nos messages se dissipaient parfois d’un regard à l’autre avant d’agir. Il m’est pénible de reconnaître que parfois j’ai l’impression de percevoir Dean dans sa posture voutée, dans son silence infini, et ses yeux noirs.
Non. Je me refuse à faire cet amalgame. Je reviens vers lui alors que son geste attire mon attention. Je détourne mon regard, ailleurs, et ne pipe mot sur son malaise perceptible. Je préfère attendre. Je ne suis pas très douée en communication mais quelque chose me dit de la fermer.

« J... J'y arrive pas. J'ai passé des jours à m’établir des règles précises concernant Jenkins. Pas de regard. Pas d'échange. Pas de toucher. Rien. Et c'était très bien comme ça.  J'ai toujours eu l'habitude de tout contrôler autour de moi. De gérer mes plans, ma vie, mes envies. J'avais d'ordre à recevoir de personne et j'étais foutrement bien. »

Il parle avec lenteur, articule distinctement, et je me surprends à ne pas comprendre et surtout connaître la gravité dans sa voix. Qu’est-ce-que ce type est en train de me dire ? Je reste totalement calme, neutre, je n’ai plus envie de rire ni de l’emmerder sur ce sujet qui visiblement le touche plus que de raison. Je me resserre dans mon sweat, la capuche vissée sur ma tête, mes yeux sont perdus dans le feu, mes lèvres attrapent ma bière et je reste silencieuse.
Ses mots résonnent dans mon crâne et j’ai l’impression de percevoir un écho à l’intérieur de moi. Je ne bronche pas pour autant et lui laisse de la place. Pourquoi est-ce qu’il me dit ça à moi ? Aucune idée. Je n’ai pas envie de me foutre de lui. Les sentiments… c’est pas notre tasse de thé. Nous, on est « pas des tapettes ». Conneries de clichés. On a jusque là préféré se taper sur l’épaule, mais ne jamais divulguer de secrets. Règle tacite, regards entendus. C’est comme ça que Matéo et moi fonctionnons : en silence. Ensemble, mais en silence, dans l’ombre, éclairés par nos propres moyens. Nous ne nous sommes même pas laissés de la place dans nos espaces de pensées personnels. Il ne m’est jamais venu à l’idée de lui parler de quoi que ce soit me concernant, l’inverse est réciproque. Alors qu’est-ce qui justifie ses actes ?

Je n’en sais strictement rien, comme je ne saisis pas non plus le pourquoi je le laisse faire. Etrangler sans bruit la première règle que l’on s’est donnée, lorsque j’ai claqué mon assiette face à la sienne, la première fois : « J'te connais pas, tu m'connais pas mais on veut tous les deux bouffer tranquille. Alors j'te propose un deal : On mange face à face, on s'parle pas et comme ça personne vient nous faire chier ». C’était ça, le deal.

« Et maintenant, t'as cette … nana qui débarque. »

Je relève mon regard vers lui. Il a l’air au bout du rouleau. Je sais que j’y suis pour beaucoup mais quelque chose dépasse ma vengeance. Je ne lui dirais pas que son odeur est mélangée à celle de… « cette nana qui débarque ». Est-ce que j’ai le droit à une sorte de confession ? J’en sais rien. Je suis plutôt débile. Mais ça vient de quelque part où je n’ai jamais été posé un pied, chez lui. L’ambiance s’est alourdit, mais il n’y a pas de tensions, pas même un grésillement. Je me sens toujours hors du temps, portée par autre chose : le nuage de doute qui me soulève.  Mais mon attention est focalisée sur Matéo. Son air est vraiment soucieux, il a l’air de buter comme s’il ne savait pas quels mots choisir pour me parler alors que jusqu’alors il ne s’est jamais soucié de la brutalité de ses mots pour moi. Sans détours, cash, pas de raccourcis. C’est comme ça qu’on se parle. Qu’on s’énonce les faits. Comme lorsqu’il a découvert ma lycanthropie. Je bois une gorgée de bière en même temps que lui. Il passe une main sur son visage, et finit par murmurer.

« J'y comprends rien. Elle est là, tout le temps. Quoi que j'fasse. Peut importe ce à quoi je pense, elle se pointe toujours. Et je pige que dal... Ca n'a pas... de sens. Tout comme ça n'a pas d'sens que j'en parle. J'ai beau essayer de faire comme si ça m'passait au dessus mais j'y arrive pas. C'est un délire que j'comprends pas, Maxime. »

Ses mots font résonner un étrange fourmillements à l’intérieur de moi et je baisse la tête, pose les yeux sur ma bière : mes lèvres s’assèchent. Mes doigts tapotent le haut de ma bouteille en verre et mes yeux se perdent sur mes tatouages.
Alors c’est de ça dont il s’agit. Dire que mon cœur ne répond pas en écho à ses paroles serait mentir, mais je me refuse à ça. Je déglutis en silence.

A cet instant précis, j’ai l’impression que les choses ne seront plus jamais semblables à ce qu’elles ont étés, et ce, depuis hier soir. Cette discussion avec William a finit d’ouvrir les vannes à tout ce que j’avais oublié, volontairement occulté jusqu’alors. Trop de choses s’enchaînent. Ici, cependant, je ne me sens pas bousculée même si ce qu’il dit me peine. Et dès que je constate ce chagrin, je comprends qu’avec Matéo aussi, plus rien ne sera jamais pareil. S’interdir de s’attacher, hein… C’est ce qu’on avait dit. C’était ça le deal. C’est qu’on s’était promis, chacun de notre côté, on le savait. Ce soir on se retrouve… paumés. A la dérive. Ma main droite glisse sur ma capuche et l’enlève de mon visage. Tissu maudit et chéri à la fois. Je pousse un très léger soupir et boit une gorgée de ma bière alors que je crois mes jambes, en tailleur, et que mon regard est perdu dans les flammes. Je sais d’avance que je vais regretter ce que je vais dire, comme j’ai regretté cette question posée à William hier. Mais c’est désormais un peu plus qu’un ami que j’ai à côté de moi.

« Y’a un an et demi j’ai perdu la… personne qui me restait dans la tête. Par ma faute. Je l’ai oublié, occulté, refoulé, ignoré. »

J’ai le cœur qui bat à vive allure, ma gorge est comme mes lèvres : sèche, et je tente de la réhydrater avec un peu de bière mais la déglutition est pénible. Presque absente, j’ai pourtant bien l’impression de vivre tant le stress se répand dans mes veines. Mon visage et mon regard se tournent vers lui, je grimace, une main posée sur ma tête.

« Et il est toujours là-dedans, tout le temps. »

Je tapote mon crâne du plat de ma main, ma voix n’est pratiquement qu’un souffle, sans drame aucun cependant. J’essaie de faire comme si… comme si c’était normal et pourtant un ouragan s’élève à l’intérieur de moi. Quand je lui dis, c’est comme si je me le disais, enfin, aussi. Mettre des mots et comprendre, ce n’est pas dans mes habitudes. Je m’adresse à lui sans penser qu’il puisse être une sorte de reflet, une autre dimension de moi-même.

« Mec, j’te dirais ça qu’une fois. Je le reverrais jamais, j’ai pas la chance de pouvoir retourner le temps. Je sais pas plus que toi c’qui t’arrive, je sais même pas le fin mot de ton histoire. Mais peut-être que si t’arrêtais d’essayer de comprendre et de chercher un sens à ces conneries, t’aurais pas l’air d’une loque là maintenant. »

Je défais à nouveau mon regard du sien. Je pourrais presque entendre Dean me dire de respirer, et c’est ce que je fais, en me rendant compte que j’ai cessé de le faire. Il est derrière moi. Je resserre le sweat autour de ma poitrine, serre le tissu dans ma main gauche, comme si je m’accrochais à… à lui ?
J’avale une nouvelle gorgée de bière.

« Reste pas là comme un sale con arrogant. Fais quelque chose, gâche pas ton temps. Contrairement à c’qui s’dit y’a pas de putain de deuxième chance. »

On est pas dans un putain de film ou dans un bouquin à la con. C’est la merde, c’est comme ça. Toi et moi on est des saloperies de cons, mais si t’as une chance, pourquoi la jeter à la poubelle sans regarder ?
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Ven 1 Mai 2015 - 14:56

Je me souviens de pas avoir été toujours comme ça. Quand j'étais gosse j'étais déjà un branleur avec une fierté égale à celle de mon père mais j'étais pas si... connard sur les bords. Je n'sais pas trop comment expliquer ça. Peut-être parce que Camélia était toujours là pour me recadrer là où il le fallait et qu'elle m'apportait cette douceur dont j'avais besoin pour équilibrer les choses. Ouais, c'est exactement ça. Un équilibre serein et inébranlable. J'ai pas à me plaindre de ma vie, de mon enfance. Mes parents s'aiment comme au premier jours, nous étions sans réels problèmes, j'étais pas une flèche à l'école mais je me maintenais à une faible moyenne mais suffisante pour passer en classe supérieure. J'étais pas si violent, juste un peu turbulent. Bon okay, j'me battais dans la cour de l'école mais toujours pour une raison valable.

Puis Camélia est tombée malade pour ensuite mourir en Novembre. Et là, tout c'est fracturé. Je venais de perdre mon équilibre, ma sœur, cette présence qui m'apaisait toujours quand j'me sentais complètement paumé, à croire que j'étais qu'un bon à rien et que j'allais sûrement foiré ma vie. Elle était toujours là avec les mots qu'il fallait, les gestes qu'il fallait... Alors lorsqu'elle a définitivement quittée ce monde, j'ai complètement pété les plombs. Je suis devenu qu'un amas de colère, de rage, de frustration et de haine. Je voulais simplement brûler tout ce qui m'entourais et me carboniser avec. J'pouvais pas vivre dans un monde qui ne portait plus l'existence de ma sœur. Je me suis jeté à corps perdu dans ce qui pouvait me rendre plus vivant. Les bastons pour un rien, l'alcool, parfois les drogues, les conneries, les fuites avec les flics, les insultes, les conflits. Toute cette merde jusqu'à ce que je sois expédié chez ma tante ici, en Angleterre, avec deux choix. Rester à bosser et vivre chez eux, donc supporter son enfoiré de mari. Où de vivre dans cette école de Roast-beef, logé, nourri, blanchi, sans que personne ne vienne m'emmerder sur ce que je fais ou non, même si je sais que mes parents reçoivent un courrier à chacune de mes colles. J'ai plus eu un seul contact avec eux depuis des semaines... Et ça me ronge. Avant la mort de Camélia, j’aurai jamais réagit comme ça. Mais quelque chose s'est fracturé et je me suis cloîtré dans cette spirale qui n'en finit pas.

Maintenant, il y a Maxime. J'ai déblatéré mon discours mais je ne la regarde pas, pas une seule seconde. Maxime qui est mon atler-ego, qui m'apporte un soutient que j'ai plus connu depuis des années. On a pas forcément besoin de se parler pour se comprendre et ça me va très bien. Elle est devenue bien plus qu'une amie au fil des jours, surtout depuis cette bataille à Noël où j'ai pas hésité à foncer dans le tas pour détruire celui qui était près à la tuer. On touche pas à.. Maxime. Bordel de merde. Je me rends compte qu'avec elle aussi, il y a des choses à laquelle je me serais pas attendu. C'est devenue comme une sœur et d'un coup, j'me sens con et moins serein. J'ai pas été à la hauteur avec Camélia, comment j'le serais avec elle. Malgré ça, j'ai besoin d'elle et ça m'arrache la gueule de me l'avouer. Autant que ça m'étonne d'avoir ce besoin de tout lui dire. Dire que la condition pour bouffer ensemble c'était de pas s'attacher, de pas de venir pote... Regarde où nous en sommes maintenant ? Depuis Octobre que l'on se connait, avons-nous passer une moment à réellement se parler ? Jamais. Je me rend compte que j'connais quedal sur sa vie si ce n'est qu'elle vient de Salem, qu'elle a un frangin et une sœur qui elle, vit en Angleterre. Qu'est-ce qu'on a foutu durant tout ce temps ?

Je bois une nouvelle gorgée mais malgré ça, ma gorge reste sèche, éraflée par mes mots. Je viens de lui avouer clairement que Riley ne me sort pas de l'esprit et c'est une chose qui me dépasse et me rend dingue. Dingue à en exploser. Une main dans les cheveux, le regard planté dans ce feu face à moi. Je me sens con et un peu honteux, craignant que Maxime me prenne pour un demeurer. J'me sens paumé.
Je la sens bouger à côté de moi, enlevant sa capuche, poussant un faible soupire. Je serre les dents. Je sais. Je sais que tu me trouve pathétique, hein ? Moi aussi, rassure toi. Moi aussi j'me trouve con à me retourner le cerveau dans tous les sens pour comprendre, moi aussi j'me sens con de lutter comme un forcené pour repousser tout ça. Bras sur mes genoux, j'ai envie de tout arrêter.

« Y’a un an et demi j’ai perdu la… personne qui me restait dans la tête. Par ma faute. Je l’ai oublié, occulté, refoulé, ignoré. »

… Je bloque complètement et tourne ma tête vers elle, par automatisme. Est-ce que j'ai bien compris ce qu'elle vient de me lâcher ? Elle boit une gorgée et moi je bug sur sa personne, assise en tailleur juste à côté de moi. Je m'attendais à me prendre « t'es qu'une tapette putain » ou un « Laisse tomber Mateo, va t'en taper une autre et tu l'oubliera » ou un truc dans ce goût là. Quelque chose de brutale, de Maximement brutal. Parce qu'on a toujours réagit comme ça avec l'autre, avec cette fierté qui fausse souvent toutes nos données. Et puis merde, entre nous aussi ça a changé à ce point ? Le pire est que … j'en serais presque soulagé. Bordel, qu'est-ce qu'il s'est passé.
Je ne bronche pas, ne pose aucune question, parce que si Maxime passe aux aveux, je sais que ça lui coûte un effort considérable et que si par malheur je la coupe, elle risque de se refermée comme une huître.

Elle croise mon regard et je l'ai rarement vu aussi... à nue ?

Elle grimace, pose une main sur sa tête.

« Et il est toujours là-dedans, tout le temps. »

Elle tapote son crane du plat de sa main, dans un souffle, comme si l'aveu était difficile. Il l'est. J'le sais aussi bien qu'elle. J'ai l'impression d'avoir un miroir face à moi.
C'est en cet instant que j'me rend compte que je ne sais rien d'elle. Que je la vois flirter avec d'autres, avec Kezabel, sans que je ne me pose aucune question sur sa vie passée, sur ce qu'elle a pu vivre. Alors... toi aussi. Toi aussi t'es dans la merde. Bordel.

« Mec, j’te dirais ça qu’une fois. Je le reverrais jamais, j’ai pas la chance de pouvoir retourner le temps. Je sais pas plus que toi c’qui t’arrive, je sais même pas le fin mot de ton histoire... »

Mon souffle se coupe, je sens déjà cette enclume qui va me tomber sur la gueule, je sens déjà cete vague furieuse, ce brasier, cet ouragan qui va venir tout détruire. Je .. j'suis pas prêt, putain de bordel. Pourtant, si je l'écoute... elle sait de quoi elle parle. J'pensais pas qu'elle aurait été aussi bien placer pour me dire ça, j'pensais pas tout court qu'elle me dirait ça un jour. Et elle a pour effet d'enfoncer le clou, d'autant plus que je sais qu'elle a raison. Et j'suis là, à lui raconter tout ça alors qu'elle semble avoir perdu toutes ses chances de son côté? merde.

« Mais peut-être que si t’arrêtais d’essayer de comprendre et de chercher un sens à ces conneries, t’aurais pas l’air d’une loque là maintenant. »

C'est l'effet d'une bombe et je secoue la tête en ramenant mon regard vers le feu, un rire nerveux sur le bord des lèvres en lâchant un « Mierda » tremblant. Je bois une grosse gorgée de bière comme pour faire passer la chose, alors que je la sens faire de même de son côté. Combo. Maxime a perdu quelqu'un de manière irrécupérable et elle me dit de pas jouer aux cons. Je me passe une main dans les cheveux, sentant l'étau se refermer. Tu lui en as parlé, fallait t'attendre à recevoir ce genre de mots, de paroles, de sens. Le pire est de savoir qu'elle a raison mais encore une fois, je me fais fureur pour tout repousser, tout renier. J'peux pas... putain. J'peux pas.

« Reste pas là comme un sale con arrogant. Fais quelque chose, gâche pas ton temps. Contrairement à c’qui s’dit y’a pas de putain de deuxième chance. »

Je me passe une main sur le visage en poussant un soupire avant de la glisser dans mes cheveux que j'agrippe entre mes doigts. Bordel. Bordel.

- Bordel.

Ouais. Bordel.
Sale con arrogant. Je lâche un autre rire nerveux et sec en secouant la tête buvant une autre gorgée, mon regard fixé sur ce feu dans laquelle j'aimerais m'y jeter pour ne plus avoir ce brouhaha au creux du cerveau. Ne pas gâcher son temps. Pas de deuxième chance. Ne pas chercher à comprendre. Le truc c'est que j'ai quelque chose qui bloque. J'ai...

- J'ai la trouille.

Je claque ma langue contre mon palais, crispant un peu plus mes doigts autour de mes cheveux. Je commence à sentir une colère sourde m'envelopper à la seconde même où j'ai terminé ma phrase. Le fait de le dire à voix haut, l'évidence me saute à la gueule pour gifler à grand coup de torgnoles. J'peux pas me laisser aller, j'peux pas arrêter de me prendre la tête parce que ouais, j'suis mort de trouille. J'suis tétanisé à l'idée de faire ça, à l'idée que le fait qu'elle me sorte pas de la tête possède une raison véritable, évidente et qui pourrait me foutre à découvert.

- Putain ouais. J'suis con comme un manche pour ce genre de connerie et j'devrais arrêter de me poser des questions ? Je sais même pas comment m'y prendre. Je sais même pas comment y faire. J'ai jamais eu la frousse de foncer dans le tas mais là, je bloque.

Sauf qu'à force de bloquer, toutes chances peuvent s'évanouir avant même que tu n'ai eu le temps de dire quoi que ce soit. Et c'est ce qui semble s'être passé avec Maxime. La véritable histoire, c'est quoi ? Dans quel merdier on s'est foutu ? Mon père serait là, il m'aurait déjà engueuler comme un gosse pour oser jouer à ça, au sale con arrogant, parce que ouais, Maxime a raison, c'est ce que je suis. Et lui aussi me dirait pas laisser passer cette chanson qui risque de ne pas se représenter. Mais une chance pour... quoi ? Pour aller la voir et lui dire « Salut Jenkins. J't'ai détesté comme un putois pendant des mois et maintenant j'arrive pas à t'sortir de la tête. On fait quoi ? ». C'est même pas envisageable. Pourtant, j'ai fais la moitié du chemin en le lui crachant pendant la colle.

- Elle le sait. Que... c'que j't'ai dis. Elle le sait. J'lui ai tout craché pendant notre heure de colle. Nouvelle gorgée. J'me sens nerveux. Elle m'a dit qu'elle aussi. Et ouais, on a commencé « une tortilla ». Sauf que Will est arrivé et j'me suis tiré. Sans rien lui dire.

Je tourne ma tête vers Maxime, elle me regarde avec un air de « tu te fou de ma gueule ? ». Plus je parles, plus j'ai l'impression que les pièces du Puzzle se mettent en place. J'ai clairement eu envie d'avoir Riley contre moi, plus fort chaque foutues secondes passés à l'embrasser après s'être avoué qu'on … Je soupire.

- Non. Rien. Pas un mot. Enfin, j'ai juste dis « Bordel » et j'me suis tiré sans me retourné. Comme « un sale con arrogant. »

Rire sec et nouvelle gorgée, ma bière est presque vide. J'aurai pu... rester contre elle, comme j'le voulais. J'aurai pu renvoyer William se faire foutre pour qu'il se tire et de continuer là où ils nous avait arrêter. Parce que c'est ce que je voulais. Rester avec elle et ne pas la lâcher. Mais j'ai joué le gros connard en la plantant là, comme un rien, comme si je regrettais. J'ai tout foutu en l'air en une poignée de seconde. L'évidence se profile et j'ai la gerbe.
Nouvelle gorgée. C'est peut-être à ce moment là que je devrais me prendre un vrai coup de poing dans la gueule pour me remettre les idées en place et que j'arrête de faire le débile. J'ai l'impression d'être divisé en deux parties. Celle qui se retranche, avec la trouille d'y aller et l'autre qui me hurle que dans le pire des cas j'me prendrais une véritable gifle et qu'au moins je serais fixé et que tout s'arrêtera.

L'ambiance n'est pas lourde, comme propice aux mots. J'aurai jamais cru lâcher tout ça avec elle, ce soir. Mais pourtant malgré la colère et la confusion dans lesquels tout ça me plonge, j'en ressens un certain soulagement. D'y poser les mots et de saisir un peu plus ce qu'il se passe. Il ne me reste plus qu'à gérer cette angoisse latente qui cogne dans mon crâne. J'ai vu la douleur qu'un attachement provoque et je l'ai pas supporter. J'suis pas prêt à remettre le couvert. Je crois. Je sais plus. Merde.

- Pourquoi tu ne le reverra pas, toi ? Qu'est-ce qui fait que t'as pas le droit à te deuxième chance.

Je tourne mon regard vers elle, menton posé sur mon bras. J'ai lâché l'aveu. Tu sais maintenant que je suis entrain de me tailler une faiblesse malgré moi et qu'en sale connard trop fier, j'ai du mal à digérer la pilule. Mais qu'en est-il de toi. La sœur que je ne connais pas.
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Dim 3 Mai 2015 - 20:30

« J'ai la trouille. Putain ouais. J'suis con comme un manche pour ce genre de connerie et j'devrais arrêter de me poser des questions ? Je sais même pas comment m'y prendre. Je sais même pas comment y faire. J'ai jamais eu la frousse de foncer dans le tas mais là, je bloque. »

Je comprends ce qu’il dit, je ne veux pas lui faire la morale, ça n’est pas mon but, je serais très mal placée. Mais je vois bien qu’il est troublé, je sais comment on est. Je le sais parce que nous agissons de la même manière, comme des reflets stupides qui ne comprennent par leurs erreurs. Elle le trouble. J’ai posé mon regard sur lui mais le sien est ailleurs, je sais combien ça lui coûte de me dire ça, autant que ça m’en coûte de lui raconter tout ce bordel autour de Dean. Mais quelque chose plante encore plus en moi depuis hier soir et je ne peux pas me permettre de rester comme ça, avec Matéo. Ne plus perdre les personnes qui m’entourent, c’est une idée qui me taraude depuis cette nuit. Ça n’était pas prévu qu’on s’attache. Je n’aime pas ce mot. Mais c’est trop tard maintenant, et si je peux être là pour lui, alors je le ferais.

« Elle le sait. Que... c'que j't'ai dit. Elle le sait. J'lui ai tout craché pendant notre heure de colle. Elle m'a dit qu'elle aussi. Et ouais, on a commencé « une tortilla ». Sauf que Will est arrivé et j'me suis tiré. Sans rien lui dire.  »

Deux choses m’interpellent et en premier le : « Elle m’a dit qu’elle aussi ». Comment elle lui a dit qu’elle aussi ? Il sort pas de sa tête, c’est ça ? Et c’est tout, il avance, il me raconte son bordel de tortilla mais c’est tout ? J’imagine que non, et qu’à l’intérieur de lui c’est un océan de questions qui s’abat sur ses côtes. Puis deuxièmement, son histoire de tortilla et surtout le fait qu’il se soit tiré sans un mot. Ils venaient clairement de s’avouer qu’ils s’avaient dans la peau et lui la plante sans ménagement. Je crois que la torsion dans laquelle est imprimée mon visage est bien plus éloquente que dix minutes de discours, j’ai l’air outré, au-delà de toutes espérances. Je n’en rajoute pas une couche. Son regard est dans le mien, il soupire.

« Non. Rien. Pas un mot. Enfin, j'ai juste dis « Bordel » et j'me suis tiré sans me retourné. Comme « un sale con arrogant. »
— Non mais… »

Il ricane sèchement. Il ne bouge pas, se contente de boire sa bière, son regard dans le vide. Le silence n’est pas lourd, mais il est là, et je n’ai pas envie de changer ça. Je reste moi aussi intégrée dans mon schéma de pensées et continue de l’observer. Il ne ressemble à rien, rien de l’Argentin fringant, habituel. Elle t’aurait alors également piqué ta fierté c’est ça ? Il ne me fait pas pitié, il me fait de la peine. J’ai appris à vivre avec ce type, avec ses silences et ses interrogations muettes, avec ses insultes et sa fierté un peu trop assumée. J’ai appris à comprendre sa gestuelle comme a essayé de le faire pour moi. On est pas faciles, on le sait, je dirais même qu’il s’en sort mieux que moi à certains points. Je n’ai alors certainement pas envie de me foutre de sa gueule après ce qu’il s’est passé, entre Marcus et William, après la bataille et autres conneries. De toutes façons, sous filtre, je n’ai pas eu la bonne idée de retenir mes mots concernant ma vision de lui. Si je regrette ? Non. Je ne suis juste pas habituée.

Je bois une nouvelle gorgée de bière depuis longtemps et repose mon regard dans les flammes. Je lui laisse le temps et puis, il élève la voix, enfin.

« Pourquoi tu ne le reverra pas, toi ? Qu'est-ce qui fait que t'as pas le droit à te deuxième chance. »

Mon sang se glace et je sens mon corps se redresser, mes mains se fermer autour de ma bouteille en verre. Je tourne lentement mon visage vers lui.

« Tu te fous de ma gueule ? »

Je suis on ne peut plus sérieuse. Et en même temps, je suis effrayée, comme foutue au pied du mur. Je ne pourrais lui mentir, mais je ne me vois pas lui dire que je l’ai tué à ma première pleine lune. Il est là, il change de sujet, me dit qu’il vient de tout rater sur une possible entente avec Jenkins, parce que lui non plus ne sort pas de sa tête, et il revient sur ça. Je sors une clope d’un geste rapide, un peu trop brutal, lui balance mon paquet aux pieds, et allume la mienne avec le zippo de Dean. Pas le mien. Mon cœur saigne et cet ouragan ne veut pas s’éteindre. Je tire une première latte, comme énervée d’un coup, puis je reviens vers lui d’un geste sec.

« Enfait, putain, en plus d’être con mais t’es con ! »

Je coince ma clope entre mes lèvres, repousse mes cheveux sur mon épaule droite et dézipe le sweat de Dean, parce que j’ai chaud, à cet instant. Mon regard reste planté dans le sien et je pointe un index vers lui, avec la main qui tient ma clope désormais.

« Tu me dis que la nana qui te colle à la peau ressent la même chose pour ta tronche, tu la plantes, et pouf tu passes à autre chose. Ah, tu veux que j’te dise ? Il est mort. Ok ? »

Je me prends moi-même une tarte dans la gueule à l’évocation de son absence, et alors que je commençais à m’emballer ça réduit à néant la flamme qui commençait à naitre en moi, et je me calme, retombant d’un geste lent sur ma première posture, habituelle. Je vois sa gueule buger et me regarder sans bouger.

« Fais pas cette tronche, ducon. Mais tu vois j’aurais vraiment pas cette chance, toi tu m’dis qu’elle est là, bien vivante, qu’elle te kiffe bordel de con d’dieu et tu la laisses se balader dans les couloirs sans au moins avoir les couilles de lui dire ce que tu penses. »

J’attrape ma bière la porte à mes lèvres, avec un sourire, oui…

« Crois-moi, on sait jamais, elle pourrait dégager demain. »

… Mais un sourire douloureux. Ce putain de trou dans ma poitrine s’élargit, je vais pour boire une gorgée mais lâche un souffle entre mes dents, qui m’en empêche. Mon sourire est toujours là, et loin de réfléchir ma joie il exprime une souffrance profonde que je voudrais lui cacher comme je la cache au monde entier. Je fais non de la tête et boit cette foutue putain de gorgée qui se transforme en joli cul-sec, ma descente au rendez-vous. Je pose ma bouteille à terre, reprend ma cigarette entre mes lèvres. Je serais pas aussi virulente si j’m’inquiétais pas pour toi espèce de pétasse mexicano-brésilienne.
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Mar 12 Mai 2015 - 16:28

« Tu te fous de ma gueule ? »

Le ton qu’elle emprunte est suffisamment éloquent pour me faire comprendre que soit j’vais me faire détruire physiquement, soit j’vais me faire détruire… moralement. Je ne prends pas tout de suite conscience de ma faute, comme un con, comme un mec stupide qui comprend jamais rien en fait. Je reste là, à la regarder en attendant que ça me tombe sur la gueule mais au lieu de ça, elle sort d’un geste brutale une clope de son paquet avant de me le balancer à mes pieds. Elle allume sa nicotine en tube avec un zippo que je n’avais jamais vu auparavant et elle tire sa première latte d’un souffle rageur. J’ai encore dis une connerie ?

« Enfait, putain, en plus d’être con mais t’es con ! »

Je me redresse, les sourcils froncés. C’est quoi le putain de problème ? Tu le fais exprès Mateo ? Oui un peu. Pour sûr que de dire que vous n’avez pas décroché un mot à la fille qui vous obsède après avoir failli conclure avec elle, y a de quoi énervé. Surtout lorsque cette fille en question vous avoue qu’elle non plus, elle n’arrive pas à penser à vous. J’crois que le changement de sujet n’est pas passé ou alors que j’l’ai mal bidouillé. Ouais, j’ai encore une fois foutu les pieds dans le plat comme un gros bourrin. C’est pas comme si elle n’avait pas l’habitude.
Elle continue de me regarder en jetant ses cheveux sur son autre épaule, dézippant son sweat. Elle n’a pas l’allure d’une femme, du genre à la Hasting ou Jenkins, mais elle garde quand même un charme qui lui est propre. Sombre, dur et inaccessible. Elle ne s’en rend juste pas compte que derrière ses airs de bonhomme, elle peut s’avérer être très sexy. Et je suis sûre que Kezabel en est très… très consciente.

Elle me pointe de son index et je ne dis toujours rien.

« Tu me dis que la nana qui te colle à la peau ressent la même chose pour ta tronche, tu la plantes, et pouf tu passes à autre chose. Ah, tu veux que j’te dise ? Il est mort. Ok ? »

Uppercut. Sonné. K.O. Je sens le sang quitter mon visage, une sueur froide glissant le long de mon dos. Mort. Est-ce que je suis en train de comprendre que la personne pour qui elle éprouvait quelque chose est décédée, c’est ça ? Bordel de merde. Tu pouvais pas fermer ta gueule. En même temps, j’suis pas censé savoir mais si Maxime Jefferson me sort un discours pareil c’est qu’il devait y avoir une raison. Ouais, il y en avait une. Une qui est morte et enterrée. J’me rends compte que je connais rien d’elle, que dal. Juste l’existence d’un frère et d’une sœur et basta. J’ai jamais pensé qu’elle aussi, a pu connaitre ce même vide que moi

Elle s’affaisse légèrement et je ne la quitte pas du regard. C’est la première confidence qu’elle me fait et il faut que j’foute ça en l’air.

« Fais pas cette tronche, ducon. Mais tu vois j’aurais vraiment pas cette chance, toi tu m’dis qu’elle est là, bien vivante, qu’elle te kiffe bordel de con d’dieu et tu la laisses se balader dans les couloirs sans au moins avoir les couilles de lui dire ce que tu penses. »

Je n’dis rien mais ça me touche en plein cœur pour deux choses. Elle a foutrement raison et le fait qu’elle me le dise éveille en moi une prise de conscience que j’aurai peut-être dû avoir plus tôt. Mais aussi parce que son sourire n’est pas celui d’une joie…

« Crois-moi, on sait jamais, elle pourrait dégager demain. »

… Mais d’une peine. Et la sienne est vivante, palpable. Je la vois dans ses gestes, celui de secouer négativement la tête et surtout, de descendre cette bière cul-sec, comme si ça pouvait combler le manque qu’elle doit ressentir. Parce que j’connais cette peine. J’la sens encore tous les jours.
Mes yeux se détournent d’elle et fixent le feu alors que je bois même de grande gorgée de bière. Maxime a raison, si j’loupe ma chance, je sais que j’m’en voudrais à mort de n’avoir rien fait, rien essayer. Qu’est-ce que j’ai à perdre ? Ma fierté. Rien à foutre de ta fierté, regarde ce que ça t’as coûté jusqu’ici de faire le paon.

Je sais que ma décision sera prise le temps que je réfléchisse mais pour l’instant… ma conscience se tourne vers Maxime. Elle transpire la douleur. Cette douleur qui a été la mienne durant des années et qui l’est encore aujourd’hui. Comment gère-t-elle sa propre souffrance ? Celle d’avoir perdu l’être aimé ?

- Il s’appelait comment ?

Je formule cette phrase sans la regarder, parce qu’on n’a pas besoin de ça pour le moment. Les mots sont déjà assez difficiles, c’est pas la peine d’en rajouter. Pourtant, je la regarder à la dérober et c’est en cette seconde que j’prends conscience à quel point j’ai les tripes à l’envers de la savoir entrain de vivre avec ce trou béant en elle. Parce que j’prends par la même occasion, conscience ce qu’elle représente pour moi. Cette nana qui était censé être juste une compagnie pour manger et rien de plus, rien de moins. Pas de parole, juste une présence pour qu’on arrête de nous emmerder avec des « Pourquoi tu manges tout seul ? », « t’es triste ? ». Non j’veux juste que tu m’lâche. Parce que Maxime et moi sommes des associables et qu’on aime pas se mêler aux autres, sauf si c’est pour des soirées alcoolisées.

Cette meuf est mon alter-égo, au féminin. Elle pourrait être ma sœur jumelle.

- Tu tiens le coup grâce à Will et Macy, hein ?

Parce que moi, tout seul, j’ai pas réussi. J’suis partie en vrille et j’me suis tiré. Et je sais pas si c’est grâce ou à cause, le bon terme à employer mais tout seul, tu peux pas y arriver. Tu as toujours cette impression de crever au fond du trou, tous les jours et que ça ne s’arrêtera jamais. Maxime avoir des sentiments pour quelqu’un… j’aurai jamais cru ou imaginer. En même temps, pourquoi ça devrait être si étonnant ? Parce qu’elle ne montre jamais rien de ce qu’elle ressent, rien, à part une colère sourde et violente parfois. Et l’agacement. Puis il lui arrive de rare moment où enfin, elle se laisse aller aux rire. Et ça, depuis que ses deux amis sont là.
Je pourrais lui demander ce qu'il s'est passé mais je ne suis pas certain que cela soit nécessaire, du moins, pas tant qu'elle ne l'avoue d'elle même. J'ai envie de le savoir, c'est vrai mais ça n'est pas à moi que l'histoire appartient, mais à elle. Devoir m'avouer ça doit lui coûter un maximum d'efforts. Inutile d'en abuser.

Je fixe le goulot de ma bouteille et étale une de mes jambes, l’autre étant toujours ramener vers moi, bras sur le genou.

- Ma sœur est morte dans mes bras. Ca a fait 4 ans en Novembre.

Je remarque que son paquet de clope est toujours à mes pieds. Alors je le saisis d’un geste tremblant mais je fais comme si, sort une cigarette et me la loge entre mes lèvres avant de fouiller dans la poche de mon pantalon et d’en tirer le zippo de mon père. Je l’allume, prend une bouffée et l’expulse.
Camélia. Je n’en ai jamais parlé à personne. Le fait de le formuler à voix haute m’arrache un long déchirement le long du thorax mais je ne dis rien, pas une plainte, pas une larme. Je regarde le bout de ma cigarette se consumer lentement entre mes doigts, avant de lâcher un soupire las. Je secoue la tête, repensant à tout ce que cela m’a provoqué. Drogue, délinquance, baston à l’école. Expulsion. Coupure radicale avec mes parents.

- Et tout seul, j’y arrivais pas.

Je lâche ça dans un souffle. Si confidence il doit y avoir alors faisons-le. Pour que pour un soir, toi et moi, soyons autre chose que deux corps esquintés dans l’ombre.
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Mar 19 Mai 2015 - 23:38

« Il s’appelait comment ?
-… Dean. »

Je sais qu’il me regarde de travers et je sais qu’il ne sait pas que je sais. Oui c’est compliqué, je m’en fous. Sortir son foutu prénom m’assèche. Qu’es-ce que je ne donnerais pas pour le revoir, cet espèce de sale con. C’est de ma faute, oui, je sais, c’est moi qui l’ai tué. Je sais tout ça, bordel, je suis la seule cause de mon malheur et si un jour je rencontre le lycan qui m’a fait ça, qui fait qu’aujourd’hui j’suis un monstre, je le tue. Je prendrais un malin plaisir à tuer cette personne parce que, quand je croyais que j’étais au fond du trou avec mon père, j’avais quand même encore Dean et Spencer. Je serais pas un foutu cabot, je serais certainement actuellement dans les bras de Dean, j’aurais pu tous les protéger à Salem, et, on serait tous là, tous les cinq à Poudlard, j’aurais connu Matéo, plus tard, mais je l’aurais connu. Putain, me dire ça, me dire que j’aurais pu éviter ce gros merdier me rend malade à crever. La bière que j’ai avalée cul-sec ne passe pas, de ce fait, et je sens déjà que j’ai mal au ventre. Mais ça passera parce que j’suis une dure à cuire, j’suis une putain de lycanthrope. Sortez la corde c’est jour de pendaison.

« Tu tiens le coup grâce à Will et Macy, hein ? »

Je tourne mon regard vers lui, le sien s’est échappé. J’me rends compte bêtement, parce que oui, je suis aussi débile que lui, que ce type  a été là un certain temps avant que William et Macy arrivent. Sans Spencer. J’aurais très bien pu le laisser là, sur le côté, quand ils sont revenus mais, étrangement, la jointure entre le moment où Will et Macy n’était pas là et leur arrivée s’est passé naturellement, sans problème. Ce sale con arrogant s’est arrangé pour percer mon quotidien et s’insérer dans ma vie sans que je n’y prête réellement attention et maintenant voilà que j’me traine avec un lien affectif de plus. J’me rends compte que j’aurais parfaitement pu lui dire tchaobie sans soucis, comme avec un autre, il n’aurait pu être qu’un foutu passe-temps avant de pouvoir rentrer chez moi, chez mon frère, en Amérique, et ne pas me soucier de lui davantage. Mais je constate que c’est plus que ça, et que son attitude, ses pensées, quand elles sont mauvaises, influencent les miennes.
Je suis pas quelqu’un de sentimental, je sais pas faire moi,  je suis instable et pas vraiment la meilleure personne quand on a besoin de réconfort. Je sais me battre, pas faire l’amour. Je sais exploser, tabasser, réduire en fumée, critiquer, mais je sais pas exprimer ce truc que je ressens parfois avec certains personnes. Les seules fois ou c’est arrivé, ça dure depuis dix ans maintenant et ces personnes restent dans ma vie — les deux autres sont mortes. S’attacher, c’est aussi, pour ma part, se créer une autre faiblesse. Si quelqu’un venait à blesser ce type, je crois bien que j’aurais envie de lui faire la peau, et j’avoue qu’à l’instant, ça me fait peur.

Sa question me revient en mémoire alors que j’étais plongée dans mon crâne, à la recherche de la réponse, et puis, mes lèvres se descellent et je lui réponds, avec franchise. Parce que Matéo et moi on ne doit pas se mentir, je crois pas que ça ait été le cas. Je crois que je serais déçue s’il m’avouait sa trahison. Et ma putain de réaction lors du filtre a été le coup de grâce. Bordel. Dans quoi on s‘est fourré. J’avais dis plus jamais.

« J’tiens l’coup parce que j’suis lâche, et que j’ai pas l’choix. Ils sont là, ouais, ça aide. Mais ça ramène aussi tout c’que j’avais pas envie d’savoir. »

J'te dirais pas à quoi je pense.

Et je sais que tu comprends ce que je te dis.

J’suis pas stupide, je me dis que ce mec revient de quelque part pour me ressembler autant. Il est à vif, il est pas victime d’un cocooning, il est pas surprotégé. J’avoue que jusque là je ne m’étais pas posée la question du pourquoi face à certaines choses. Pourquoi il est ici alors qu’il était lui aussi de Salem. Pourquoi il porte constamment son chapelet. Pourquoi il bade en silence certains jours. Trop de pourquoi que je ne m’étais jamais posés avant. Mes yeux sortent de leur divagation tranquille et je capte la réalité à partir du mouvement où il se met à bouger. Il fixe sa bouteille, sa jambe s’étend, l’autre se plie. Je reste là, à l’observer, sans bouger, ma bière vide, mon cœur aussi, mais je préfère ne rien dire, sentant le truc arriver.

« Ma sœur est morte dans mes bras. Ca a fait 4 ans en Novembre. »

Et j’suis « pas déçue » par le résultat. Une enclume prend la place de mon estomac et je sens que je vais vomir si j’me calme pas. Mon esprit fait un transfert direct sur Alexander. Si c’est lui qui était décédé je ne m’en serais jamais remise. Mon frère c’est une autre partie de moi, je m’autorise tout avec lui. Il a vu mes larmes, mes colères, ma tendresse, toutes mes faiblesses, à lui seul il catalyse tout ce qui pourrait me faire chuter de mon piédestal de fierté à la con. Je ne sais pas trop quoi lui dire et je crois que ça n’est pas nécessaire de rajouter quelque chose, parce que c’est un moment qu’il doit, j’imagine, affronter à cet instant, tout seul, avec lui même.

« Et tout seul, j’y arrivais pas. »

Je tire une longue latte de ma clope et mon regard retombe sur le sol, soufflant la fumée, tranquillement. Qui pourrait y arriver, tout seul. J’me serais foutue en l’air, j’aurais pas hésité à me foutre sous ce putain de train, cette fois, j’aurais pas hésité. Pas si Alexander était passé de l’autre côté. Je ferais n’importe quoi pour lui. Et vu la tronche de Matéo, j’ai bien l’impression que sa sœur était son deuxième soleil.  Je pousse un soupir. Quelle merde. Ce qu’il me dit me touche, c’est vrai. J’arrive pas à concevoir comment il peut vivre sans sa sœur. J’ai plein de questions en tête, mais j’me sens pas à ma place. J’me sens pas de lui demander où et pourquoi, pourtant ça m’intéresse, c’est pas malsain, mais j’m’intéresse à sa vie, il me confie une telle perte, comment ne pas s’y arrêter ?

Je finis par bouger et je ne sais pas pourquoi, mais j’adopte une autre position totalement en contraste avec mon repli jusqu’alors. Je referme, dans un premier temps, le zip de mon sweat, puis bascule doucement sur le dos, mes bras en croix derrière ma tête qui se pose sur la jambe étendue de Matéo. Une jambe repliée, l’autre étendue, à son image, je tire une autre bouffée de nicotine et finit par capter son regard d’où je suis, en bas, puis le repose vers le plafond. Sa douleur est immense, palpable, ses gestes ne sont pas assurés. Mon bras se repose contre sa jambe.

« Elle s’appelait comment ? »

Œil pour œil, dent pour dent. C’est tout ce que je lui demanderais je crois, c’est comme si je lui rendais la monnaie, il ne s’est pas introduit dans mon sombre passé, je ne veux pas en faire de même, ne veux pas remuer la merde, il est déjà tendu et à la fois brisé. Ça se sent. A dix kilomètres, ça se perçoit.

« C’est pour ça que tu parles pas à tes parents ? »

J’ai dis que je ne parlerais pas de sa sœur. J’ai pas dis que j’éviterais le sujet de ses parents, pour la simple et bonne raison que j’ai déjà bien évidemment remarqué les lettres en tas sur sa table de chevet. Quand il en reçoit et qu’on est à table, qu’il n’ouvre pas. Je sais c’que ça signifie quand je fais pareil avec Kristen. Ce mec est mon reflet, bordel de merde, je décrypte ses gestes par rapports aux miens.

« t’sais parfois, quand tu te tais, tu lui ressembles. A Dean j’veux dire. Mais va pas t’faire de fausses idées. »

Je glisse ma main dans ma poche, je fuis littéralement son regard parce que, premièrement, je ne comprends pas pourquoi je lui dis ça et de deux, parce que je sais pas m’exprimer. Rappelles-moi pourquoi on s’en est pas tenus à fermer nos gueules et manger en silence, Matéo ? C’était une histoire de zippo volé au départ,  c‘est ça ? J’étais perdue dans un couloir et tu as commencé à me faire chier ? Ah oui, c’était ça. Et regarde aujourd’hui à quoi on ressemble. Deux vieux branleurs perdus devant leur cheminée. T’es en train de kiffer une nana et moi j’te dis que tu lui ressembles, parfois. Mais où va-t-on. Je crois que s’il ne m’avait pas avoué son crush pour elle, on en serait pas là.  Un mal, un bien ? Je dirais que malgré la souffrance qui en découle, c’est un bien. Parce que j’le connais pas, ce type à qui j’accorde une confiance, rareté dans mon monde abrupte et sans couleur.

Je sors le joint que William m’a filé de ma poche et jette mon mégot consumé dans les flammes, pour coincer entre mes lèvres le pétard. Ni une ni deux, je l’allume. Une latte profonde, je respirer, ça monte, je ferme les yeux, profite, embaume l’air. Une deuxième. Un instant de silence pour nous reposer. Puis, alors que le joint est coincé entre mes lèvres, j’attrape d’une main la cigarette pas encore finie de Matéo et la jette dans la cheminée elle aussi, sans lui demander, puis lui tend ce que je suis en train de fumer tranquillement.

« Alors ? c’est pour ça ? »
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Dim 31 Mai 2015 - 14:24


C’est compliqué. Plus que je ne le croyais. Raconter tout ça c’est me ramener à une réalité que j’essaie de fuir depuis un moment déjà. Maintenant, je me retrouve confronté à mes mots et surtout, à l’évidence. Camélia n’est plus là, elle ne reviendra plus. Ma sœur ne sera plus celle qui viendra me réveiller le matin pour les cours parce que je n’arrive pas à me lever. Je suis assis sur le sol, les yeux rivés sur le feu crépitant dans la cheminée et elle me manque. A en crever. Je n’arrive toujours pas à faire ce qu’on appelle « le deuil » même après tout ce temps. Il y a cette fracture que je n’arrive pas à résorber et le seul moyen de pallier la douleur était ces montées d’adrénaline que je me procurais en défiant toute autorité et en levant mon doigts bien haut vers ceux qui comptaient me dicter une conduite. J’ai renié Dieu, renié ses principes et ma foi à la seconde où Camélia a poussé son dernier soupire dans le creux de mes bras. Je me revois dans cette chambre d’hôpital, entouré de mon père et ma mère qui ne cessait de sangloter, autant que moi. Mon front contre le sien, me berçant d’avant en arrière, je ne pouvais pas croire qu’elle allait nous quitter d’ici quelques minutes, quelques secondes. Je me revois également prier des dizaines de fois par jour à la chapelle de l’hôpital, genoux au sol, chapelet que j’égrenais entre mes doigts. Mais ça n’a servie à rien. Ma sœur est morte. Je sens la boule de larme monter le long de ma gorge et je ne m’attendais pas à ce que ça soit si dur d’en parler. Pourtant, c’est comme si j’en avais besoin… Maxime, à mes côtés, représente ma seule réelle attache ici. Elle est mon amie, mon alter-égo et je ne comprends pas que nous n’ayons pas eu la chance de nous connaitre à Salem. Si elle avait été là à la mort de Camélia, peut-être que tout aurait été différent. William et Macy sont là pour elle, avec un peu de retard peut-être, mais ils sont là.
 
Je n’avais personne à qui me raccrocher. Sur qui m’appuyer. Personne. J’ai porté le fardeau de son absence seul, délaissant mes parents, les fuyants pour ne pas faire face à leur propre douleur alors que la mienne était déjà ingérable.
 
Je la sens bouger à côté de moi, la perçoit et je ne retiens pas un hausse de sourcil lorsqu’elle s’allonge sur le sol, tête posé sur ma jambe. La surprise est là, mais je suis trop … ouais, j’arrive pas à réagir autrement. Elle tire une bouffée sur sa clope et j’en fais de même alors qu’elle me regarde de là où elle est, pour faire retomber son regard sur le plafond. J’expulse la fumée, j’aimerais vomir ma douleur. Et qu’en est-il de celle de Maxime ? Serait-elle aussi dans le même état que moi malgré le temps qui défile sous nos yeux ? C’est une belle merde. Ouais, un putain de beau merdier qui nous est tombé sur le coin de la gueule, à tous les deux.
 
« Elle s’appelait comment ? »
 
Je donnerais mon âme pour l’entendre employer le présent. Je pose mon bras sur mon genou relevé, clope au bout des doigts, regardant toujours ce brasier dans la cheminée.
 
- Camélia. La fleur préférée de ma mère.
 
Dans tous les sens du terme. Ma sœur était un peu la fleur de Madré, la princesse de mon père, mon soleil à moi. Je lâche un bref soupire alors que ma main glisse dans mes cheveux, venant gratter ma nuque par réflexe, l’accrochant de mes doigts. Je ne me suis pas introduit dans le sombre passé de Maxime parce que j’estime que si elle veut me dire les causes de la mort de Dean, elle le fera d’elle-même, comme lorsqu’elle m’a parlé de la mort de ce dernier. Je sens qu’elle retient ses mots pour manifester ce même respect et je la remercie pour ça. Pas que je ne répondrais pas à ces questions… Mais que l’attention me touche. Nous sommes deux âmes arrachées, détruites et il est étrange de nous voir ici, à parler de nos plus profondes blessures alors que nous sommes tous les deux si réservés.
 
« C’est pour ça que tu parles pas à tes parents ? »
 
Coup de massue, mon corps se raidit aussi sec, comme une planche de bois et j’ai la sensation de me prendre un uppercut droit dans l’estomac. Je savais qu’elle observait mais pas à ce point-là. Elle a dû remarquer qu’à chaque réception de lettre, jamais je ne les ouverte, du moins pas devant elle, les rangeant négligemment dans le creux de ma poche, comme si de rien n’était. Je ne réponds pas à sa question, je suis trop comme un con avec la gorge sèche et je me persuade qu'une nouvelle gorgée de bière m'aidera à faire passer cette sensation. Bien évidemment, j'me goure complètement. Mes parents... J'suis qu'un putain de fils ingrat, voilà pourquoi j'leur parle pas. Plus. J'y arrive pas et je sais pas comment lui expliquer, lui raconter tout ça. C'est déjà suffisamment compliqué là haut, dans ma tête, au point que j'ai du mal à m'y retrouver moi-même. Je ne comprends pas encore pourquoi mes parents persistent toujours et que mon père ne me déteste pas...

« T’sais parfois, quand tu te tais, tu lui ressembles. A Dean j’veux dire. Mais va pas t’faire de fausses idées. »
 
Je baisse mon regard vers elle, surprit par ce changement subit de conversation mais surtout par cette révélation qui semble me sonner elle aussi. Regardez-nous... On était partie pour parler de ma lâcheté avec Riley et nous voilà à évoquer des aveux et des confessions qu'on aurait jamais dis à personne. Ressembler au mec pour qui elle ressentait des sentiments ? Ouais, ça m'fait tout drôle... mais genre vraiment. Du coup, j'essaie de me l'imaginer, de savoir à quoi il ressemblait mais je n'y arrive pas vraiment. Qu'est-ce que ça doit faire de traîner avec un mec qui ressemble à celui qu'on a perdu ? Ça serait comme traîner avec une nana qui ressemble trop à Camélia. Une douleur permanente. Comme si c'était pas suffisant. Pourtant à aucun moment elle ne m'a fuit et c'est peut-être pour ça qu'on couchait ensemble au début, parce que j'lui faisait penser à Dean. J'en sais trop rien et pour être honnête, j'veux pas le savoir. Mais j'me dis que finalement, je lui procure peut-être un apaisement à lui ressembler un peu. J'en sais trop rien, honnêtement.

Mais ça fait du bien. De l'entendre, de parler. De lâcher prise un instant, même si je me sens un peu fébrile parce que j'en ai pas l'habitude. J'suppose que ça doit être pareil pour Maxime qui est encore plus fermée que moi. On est bien là, tous les deux. Coupé du monde, coupé du temps. Entre potes, entre Alter-Ego.

Elle sort un truc de sa poche et mes yeux se posent sur un joint. Un faible sourire apparaît sur mes lèvres. Le Saint Graal en cet instant de crise. Elle jette son mégo qui termine dans les flammes et allume aussitôt le joint qu'elle porte entre ses lèvres, inspirant une grande bouffée, yeux fermés. Je reste là, à la regarder. Qu'est-ce qu'on cache derrière ses armures, dis moi ?
Le silence s'étire sur nous, nous enveloppe et je reste toujours avec cette foutue question dans le crâne. En réalité, pourquoi j'leur parle plus vraiment ?
Maxime prend ma cigarette d'entre mes doigts et la jette dans le feu avant de me tendre le joint que je saisis toujours sans un mot, pour le coincer entre mes lèvres.

« Alors ? c’est pour ça ? »

Je tire une longue bouffée que j'inspire sans rien dire, bloque quelques secondes puis relâche. La saveur est agréable, l'odeur nous entoure et je ferme les yeux, pensif, essayant de me détendre un peu. Je ne réponds pas tout de suite. J'attends quelques secondes, toujours les yeux fermés, des petites lumières dansant sous mes paupières. Je reporte le joint à mes lèvres, tire une nouvelle bouffée avant de le rendre à Maxime. J'expulse de nouveau et je sais qu'il faudra quelques minutes avant que ça ne fasse réellement effet.

- J’peux pas les regarder en face. Silence, je fixe le feu qui dégage toujours cette forte chaleur agréable. J’étais le seul compatible pour une greffe de moelle osseuse.

Nouveau silence. Je me souviendrais toujours de cette douleur atroce lors du prélèvement et la force avec laquelle j'ai du mordre ce foutu tissu pour ne pas hurler à la mort. « Détendez-vous », me disait le Doc'. Putain. Ferme ta gueule et soigne ma sœur, c'est tout ce que j'avais envie de lui dire. Rien de tout ça ne s'est produit. J'me sens à la fois calme et mal. J'ai toujours cette boule dans la gorge. Quatre ans que j'en ai pas parlé, ni évoqué à part à Cameron et encore, c'était très vague. Plus que vague même. C'est la première fois que je mentionne tout ça à voix haute depuis qu'elle n'est plus là et c'est comme sentir un couteau à dent de scie vous déchirer l'intérieure.

- Elle a fait un rejet. Y'avait pas d'autres moyens pour … L'aider. J'ai rien pu faire d'autre.

Et depuis, je me déteste. Je peux rien contre les lois de la nature, je ne pouvais rien contre cette putain de leucémie. J'le sais tout ça... Mais c'est plus fort que moi. Toute sa guérison reposait sur ma moelle osseuse, compatible à son corps devenu si frêle à l'époque, rongé par la maladie, par les médicaments qu'on lui faisait prendre. Se rejet a été le signe d'une fin que j'ai jamais réussi à accepter. Mais aussi un rôle que j'ai pas non plus réussi à remplir, malgré moi : Celui de la protéger.

J'me sens con, a nu mais c'est pas pour autant que mes lèvres se scellent, même si j'suis pas très expressif. Mes sourcils sont froncés, mon visage est crispé malgré le joint que j'inhale.

- J’ai pas le courage de me trouver face à eux après ça. De les regarder en face, droit dans les yeux et de faire comme si de rien n'était. J'ai pas non plus le courage de me prendre leur propre douleur dans la gueule, alors que...

… Alors que j'arrive pas à gérer la mienne. Je termine ma bière à défaut de réussir à terminer ma phrase. J'suis qu'un foutu lâche, j'le sais. Et un égoïste. Ils sont là, à ronger leur peine ensemble, d'avoir vu leur fille mourir et leur fils partir, sans plus donner de nouvelles. Je me passe une main sur le visage en lâchant un bref soupire. J'suis qu'un con arrogant, Maxime a raison. Encore plus qu'elle ne le croit. Le fait est que j'ai la trouille de revenir sur mes origines, dans cette maison où Camélia à vécu toute sa courte vie. D'y retourner sans qu'elle ne soit là.

Je secoue la tête et reprend le joint qu'elle me tend, le plaçant entre mes lèvres et le rallume avec le zippo de mon père. Je le regarde un instant, puis l'ouvre et en fait jaillir la flamme. L'odeur se répand de nouveau et j'inspire une grosse bouffée que j'expulse après quelques secondes dans mes poumons. Je n'arriverais pas à en dire plus, ça m'écorche la gorge. J'ai le cœur qui menace d'exploser.

- Et toi, c’est pour ça que t’es partie de là-bas ? Parce qu'il n'est plus là ?

Est-ce que toi aussi tu fuis tout ça plutôt que des les affronter ? Maxime est comme moi, plus nous parlons, plus je m'en rends compte. Nous sommes là dans les couloirs à faire nos branleurs, nos grandes gueules comme si on savait et pouvait tout gérer... alors qu'au fond nous avons eu la lâcheté de quitter nos proches par incapacité de gérer tout ça, de le digérer et d'y faire face. Mes doigts glissent dans mes cheveux, je tire une autre bouffée du joint qui commence doucement à faire son effet et lui tend de nouveau.

- Tu m'as jamais parlé de tes parents.

Malgré tout ça, malgré nos fiertés mal placées... Pour rien au monde je ne voudrais que cet instant ne se termine avec Maxime.
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Ven 5 Juin 2015 - 23:31

« J’peux pas les regarder en face. J’étais le seul compatible pour une greffe de moelle osseuse »

Presque égoïstement je me demande ce qu'il me serait passé par la tête dans sa situation. Mon frère est celui qui a toujours été la pour moi. Il n'y a pas de question de sang entre lui et moi ou de légitimité. Et celui qui se permettra d'émettre un mot là-dessus verrait bien vite le sien, de sang, couler. Pour leur prouver que ça n'a rien a voir et que mon sang de sorcière n'est pas rose fluo. Il n'a jamais hésité à se mettre entre mon père et moi. C'est lui qui m'a appris à faire mes lacets, qui m'a aidé à faire mes devoirs, à rouler des clopes puis à serrer des nanas. C'est lui qui soignait mes plaies et serrait mes bandages, calmait mes crises et me couvrait quand je faisais le mur, s'il n'était pas avec moi. C'est lui aussi qui m'a surveillé quand William s'est fait tabasser et que Jude est mort. Il savait très bien que ma rage aurait eu raison des trois lâches qui les ont fracassés. Si ma moelle osseuse n'avait pas permis sa guérison alors... Alors je crois que je m'en serais voulue toute ma vie. Que je n'imagine pas sans lui, le perdre me tuerait. J'en suis sure.

Alors si Matéo est une sorte d'alter-ego pour moi, j'imagine et je comprends sans vraiment comprendre sa peine. Je ne pourrais jamais percevoir ce qu'il ressent. Mais je comprends ce qu'il est et ses manières d'agir.

« Elle a fait un rejet. Y'avait pas d'autres moyens pour… L'aider. J'ai rien pu faire d'autre. »

Il est tendu. Je n'ose rien dire. Que peut-on dire de toutes façons ? A sa place je n'aimerais pas que l'on commente quelque chose qu'on ne connait pas. Son visage est entouré de fumée et seuls ses sourcils sont froncés. Je sais qu'on ne connait jamais vraiment quelqu'un. Mais je capte aussi combien son masque lui colle à la peau. Ses traits ne sont pas tordus de douleur, il reste presque impassible. Je l'observe tranquillement, sans jugement. Je comprends. La fierté, le secret, vouloir rester seul. Purger sa peine et sa culpabilité. Je le laisse parler sans l'interrompre.

« J’ai pas le courage de me trouver face à eux après ça. De les regarder en face, droit dans les yeux et de faire comme si de rien n'était. J'ai pas non plus le courage de me prendre leur propre douleur dans la gueule, alors que... »

Je récupère le joint et tire quelques lattes tranquillement, laissant le silence prendre sa place. Je ne comprends pas ça mais le respecte. Je n'ai jamais eu de vrais parents, en tout cas des normaux alors les regarder dans les yeux était pour moi juste une manière de leur cracher dessus. De les provoquer et de les détester. Je comprends l'intention bien sur, comment supporter la peine de ses parents quand la notre est déjà suffisamment grande ? C'est impossible. Je comprends maintenant que Mateo n'a surement jamais fait son deuil, mais est-ce que c'est humainement possible ? Je repense à ce que je me disais plus tôt par rapport à Alex, et l'éventualité de vivre en paix sans lui me semble improbable.
Je me surprends à avoir de la peine pour lui. Ses épaules sont surement blessées par le poids de ses souffrances. Je ne sais pas comment il fait pour affronter chaque jour sans Camélia, sa sœur. Je pousse un léger soupir, réajuste ma position sur sa jambe.
Je lui tends à nouveau le joint et il enchaine.

« Et toi, c’est pour ça que t’es partie de là-bas ? Parce qu'il n'est plus là ? »

Je hausse un sourcil. J'acquiesce lentement, et déglutis difficilement. Les vapeurs de joint commencent à grimper dans mon crâne et j'en remercie presque le ciel. Chaque fois que son souvenir est évoqué je sens mon cœur faire des ratés.

« Ça et ce putain de clebs que j'garde. »

Mes yeux se fixent sur le feu. S'il savait que tout était lie, que dirait-il ? Si je lui disais que c'était moi, celle qui l'a tué, fuirait-il ? Je sens mon cœur battre à mes tempes, un peu trop fort. Et si moi j'avais peur de perdre ce type, ce sale con arrogant, ce reflet que j'observe ? Je déglutis, enfourne mes poings serrés dans mes poches et reste fixée sur le feu. Putain... Je déteste ça. J'ai failli perdre William et Macy alors qu'on se connait depuis le début, qu'est-ce qui l'empêcherait de me cracher au visage ? Un air sombre se pose sur mon visage je le sens bien et pourtant j'essaie de faire comme si. D'afficher la même tête que lui. Si toi et moi on est même pas capables de se montrer la vérité l'un à l'autre, alors personne d'autre ne pourra réussir à nous toucher. Une boule brulante se bloque dans ma gorge. Conneries putain. Je suis attirée par un mouvement et je remarque qu'il me tend le pet'. Putain oui ça fera du bien.

« Tu m'as jamais parlé de tes parents. »

La fumée se coince dans ma gorge et je me redresse un moment alors que je tousse, poing fermé devant la bouche. Ma quinte de toux finit par se calmer et je reste là, une demi-seconde, redressée, puis je m’affale à nouveau sur le dos, blasée et reprends ma place. Je pousse un long soupir, me gratte le front un petit instant avec la main qui tient le joint puis le replace entre mes lèvres. Je lève mes sourcils dans un signe évident de lassitude et expire à nouveau la fumée, maintenant que mon cœur s’est remit à battre « normalement » pour un lycanthrope.

De toutes façons on est partis sur la lancée des aveux alors…

« Boh… Ma mère est partie quand j’avais 1 an du coup j’la connais pas. Mon père était et est toujours un connard d’alcoolique. Ma belle-mère s’est ramenée avec mon frère et à partir de là ça a déconné. »

Je tire une bouffée du joint et lui tends. Il se consume tranquillement. Il l’attrape et le coince entre ses lèvres. Mon regard se fixe à nouveau sur le plafond. Quelle vie de merde. Je ferme un instant les yeux. J’ai toujours l’impression que mon bras me fait mal, ou mes côtes, quand je repense à l’ordure qui m’a faite. Bordel. J’espère que la connerie n’est pas génétique, ni l’alcoolisme. Je ne veux pas être comme lui. Je n’ai pas un seul souvenir ou mon père me donne de l’affection. Je ne me suis jamais demandée pourquoi, j’ai accepté la chose, j’avais mes amis. Peut-être que tout se serait passé autrement s’il m’avait accordé un peu d’attention.

« Mon père a toujours eu la main leste, ma belle-mère aussi, mais bon, pas la même force. »

Les yeux fermés, j’ai l’impression d’attendre un truc qui ne viendra pas. Je me sens tout de même reposée, là, à cet instant. Même si ce que je dis m’assèche le fond de la gorge.

« Ma sœur est partie quand elle avait onze ans, à Londres, pour faire ses études ici. Du coup mon père s’est déchargé sur moi et Barbara ne m’a jamais appréciée. Alexander m’a toujours aidée, il faisait barrage. J’ai échappé à un tas de correction à cause de cet abruti. »

Je lâche un petit rire amusé. Faire comme lui était mon activité préférée. Bomber le torse, faire le caïd, courir dans les escaliers et voler les gâteaux que Barbara voulait pas me filer.

« Ma magie s’est manifestée en été, je l’ai faite tomber de sa chaise, cette morue, alors qu’elle m’engueulait. »

Deuxième petit rire qui finit par s’éteindre. J’ouvre à nouveau les yeux, un petit sourire triste sur le visage.

« … Quelle merde. »
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MessageSujet: Re: Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo   Mar 16 Juin 2015 - 8:50

C’est quand même un truc sacrément étrange cette sensation qui se diffuse en moi. Je ne parle pas des effets du joint qui font très doucement leur effet mais de cette chose qui flirte avec moi, mes sensations et mes ressentis. Parler de Camélia me blesse autant que cela me soulage. Quatre années que je n’ai pas parlé d’elle si ce n’est qu’à moi-même, tuant par la même occasion son existence. Et je me rends compte uniquement en cet instant qu’à force de taire son existence auprès de mon entourage, son esprit et souvenir s’estompait, les traits de son visage s’atténuant dans les flous. Une vague d’angoisse me submerge. Je ne peux pas vivre dans un monde où j’oublierais son visage, je ne peux pas vivre dans un monde où son souvenir serait effacé, quel que soit la manière. Je me souviens de cette salle où j’ai vu ce… fantôme ? Ou cette illusion, peu importe, venir à moi. Elle était là, vivante, palpable, même intonation de voix, même sourire, même douceur. Ma sœur presque vivante. Je serais tenté de remettre l’expérience mais… Ouais, j’crois que c’est pas une bonne idée. Pourtant, j’ai cette envie qui grandit en moi, ce désir à en crever de la revoir, une dernière fois. Juste… cinq minutes. Cinq petites foutues minutes où je pourrais la serrer contre moi tout ce temps. Ne rêve pas, hermano. Ne rêve pas.

Mes yeux se déportent vers Maxime qui m’écoute en silence. La première nana à qui je confie tout ça, à qui je parle réellement. J’l’ai jamais fait avant, je le refusais. Et ici, les mots glissent presque tout seuls et j’crois que malgré tout, ça me soulage. Et plus les secondes s’écoulent, plus je prends conscience de son importance dans mon quotidien, ma vie. Putain, qui l’aurai cru Jefferson, hein ? Deux égos comme les nôtres, deux indomptés et indomptables, à se lier dans les aveux, juste toi et moi, autour de ce joint. J’aurai voulu que Camélia te connaisse… Ce qui a peut-être été le cas ? Nous étions tous de Salem après tout…

Je n’ai pas le temps de réfléchir plus longtemps à la question que Maxime manque de s’étouffer avec la fumée du joint lorsque j’évoque ses parents. Nous ne sommes pas là que pour parler de moi et confidence pour confidence, autant y aller, non ? Je ne connais rien de sa vie, de son passé et je dois admettre que je suis curieux d’en savoir un peu plus, prenant conscience que ces détails pourraient donner plus de consistance à ce qu’il se passe et nous entoure, elle et moi.

Elle se redresse, tousse dans son poing et je fixe sa nuque en silence, attendant que tout ça se calme. Quoi, j’ai dit quelque chose qui fallait pas… ? Elle attend une demi-seconde et s’écroule de nouveau sur le dos, tête posée sur ma jambe alors qu’elle se gratte le front, pensive. Elle pousse un soupir, hausse les sourcils, on dirait qu’elle ne sait pas comment entamer sa réponse à ma question mais encore une fois, rien ne l’oblige à me répondre de toute manière.

- Boh… Ma mère est partie quand j’avais 1 an du coup j’la connais pas. Mon père était et est toujours un connard d’alcoolique. Ma belle-mère s’est ramenée avec mon frère et à partir de là ça a déconné.

Je marque un geste d’arrêt mais me reprend lorsqu’elle me tend le joint que je coince entre mes lèvres afin d’en absorber son contenue. Visiblement, nous avons chacun vécu notre merdre… Je fronce les sourcils et me demande quel a été l’enfance de Maxime avec une mère inexistante, un père alcoolique et une belle-mère qui fait chier son monde – de ce que j’en déduis - … J’ai peut-être perdu Camélia mais il y a une chose dont je ne peux pas me plaindre, c’est ma famille. Nous avons toujours été très unis, partageant régulièrement des repas de famille, surtout en Argentine. Mes parents ont été aimant, présents et … Ouais, on peut pas rêver mieux comme parents. Je les visualise dans notre cuisine, Padré regardant ma mère de ses yeux amoureux, de son petit sourire en coin séducteur qu’il arbore lorsqu’il veut l’emmerder alors qu’elle est concentrée sur ses tirages photos. Elle ne savait jamais rester trop longtemps sérieuse lorsqu’il était comme ça et encore moins lui en vouloir plus de quelques heures lorsqu’ils se disputaient.

- Mon père a toujours eu la main leste, ma belle-mère aussi, mais bon, pas la même force.

Le bloc de glace s’éclate dans mon estomac et me donne la sensation que la glace remonte le long de chacune de mes veines pour ensuite exploser à un degré de chaleur volcanique. La main leste ? Quoi, en plus de se saouler la gueule toute la journée il l’a battait ? Sa propre gamine ? Mes yeux se figent sur Maxime, je sens mon poing gauche se crisper sur le tapis. Battu. Sa propre gosse. Son sang, sa chaire. Son enfant. Sa gamine. Merde. Jamais mon père ne m’a levé la main dessus ou alors de très rares fois lorsque j’étais en plein cœur d’une descente en Enfer mais il était inconcevable pour lui de régler quoi que ce soit par… les poings. Je suis le premier à dire qu’une gifle ne fait de mal à personne et permet de remettre nos idées en place. Mais des coups ? La personnalité de Maxime trouve ses réponses dans ce qu’elle me raconte mais surtout dans la teneur de ce passé et de son entourage.

- Ma sœur est partie quand elle avait onze ans, à Londres, pour faire ses études ici. Du coup mon père s’est déchargé sur moi et Barbara ne m’a jamais appréciée. Alexander m’a toujours aidée, il faisait barrage. J’ai échappé à un tas de correction à cause de cet abruti.

Elle lâche un rire amusée mais je ne la suis pas. Pas parce que je ne veux pas mais parce que je n’y arrive pas. Les images d’un homme au visage flou mais que j’imagine malgré tout grand et brun levant le poing sur sa fille me hante quelques secondes alors que mon estomac se tord dans tous les sens. Je le sais et le sens que si un jour j’ai l’occasion de croiser cet enfoiré, je ne saurais pas me tenir. J’en viens même à espérer le croiser un jour. Quelle merde, bordel. Je pense à Alexander, à ce qu’il faisait pour sa frangine… Ça m’fait penser à moi quand j’essaie de « protéger » Camélia, surtout lorsqu’elle était affaiblie dans son fauteuil.
Je tire une nouvelle latte sans broncher, l’écoutant en silence, comme elle l’avait fait, repensant à la cause de son départ. La mort de Dean et sa lycanthropie. Je ne connais rien concernant le Loup qui l’habite mais en vue de comment elle en parle et de la manière dont elle a réagi la dernière fois que je l’ai vu dans les bois, j’suis pas certain que ça soit une bonne idée d’en parler…

- Ma magie s’est manifestée en été, je l’ai faite tomber de sa chaise, cette morue, alors qu’elle m’engueulait.

Cette fois un ricanement s’échappe de ma gorge, le joint toujours coincé entre mes lèvres. J’imagine plus ou moins la scène mais surtout le visage de Maxime avec 10 ans de moins, satisfait et victorieuse de sa petite blague.

- … Quelle merde.

J’me demande comment elle a fait pour se construire dans un merdier pareil et j’suis moins étonnés de voir son regard brisé parfois, cette manie de se cloitre dans sa capuche pour que personne l’emmerde et surtout, le refus à ce qu’on la touche. Je tire encore une fois sur le joint et le lui tend alors qu’elle ouvre de nouveau ses grands yeux bleus clairs. J'ai un tas de question qui me traverse l'esprit : Comment t'es devenu lycanthrope? Ton frère, il est où? Est-ce que tu veux qu'on aille foutre une correction à ton père pour te venger? Et Dean... tu l'aimes toujours?
Autant de question que, pour une fois, je n'ose pas poser. Pour de multiples raisons. Les confidences et les aveux sont venus sans prévenir et nous avons déjà fait un... pas énorme pour deux êtres comme nous dont le silence est le meilleur compagnon.

- J’espère que tu lui as péter le coccyx au moins, à cette dinde.

Je lâche un souffle désabusé en secouant la tête, levant la tête vers le plafond tout en me passant une main sur la nuque, réfléchissant à ce qu’elle venait de me dire. J’ai entendu parler de sa grande sœur, brièvement. Kristen je crois mais j’suis pas certain. Puis, bien évidemment d’Alexander … ce fameux jour où elle s’est trouvée entrain de m’étreindre tendrement, pensant que j’étais son frère. Et quand on connait le fond du tableau, le décor de sa pièce de théâtre de vie à elle, le sens de cette étreinte prend toute son importance et surtout, toute sa sensibilité. Il a dû être le seul raccord avec la normalité pour pas péter les plombs, non ?

- T’sais quoi, un jour on ira leur foutre la trouille de leur vie. J’ai quelques cousins qui seraient ravis de leur coller la peur de leur vie en se faisant passer pour la Mafia et leur soutirer de l’argent, juste pour le plaisir de les voir se pisser dessus de frousse.

J’ai jamais dit que nous étions des enfants de cœur, loin de là. Tout seul j’faisais pas mal de connerie… mais alors avec les cousins, je n’en parle même pas. Ce sont des braves gars avec qui j’ai passé la totalité de mon enfance à courir dans les rues de Buenos Aires, fuyant les autorités ou ceux que nous emmerdions, flirtant parfois avec les filles de joies ou les filles tout court, se prenant pour des héros, se cassant un bras en sautant d’une clôture, s’écorchant les genoux en voulant faire le malin pour impressionner les plus vieux… Bref toute une panoplie de souvenirs qui surviennent. Si je venais à dire à Andrès et Leandro que j’aimerai bien que nous nous occupions d’un vieux gars alcoolique et qui tabasse sa gamine pour passer ses nerfs… Je suis certain qu’ils se feraient une joie de me suivre, les yeux fermés. Et je ne cache pas que l’idée germe en douceur et s’ancre chez moi. Elle n’a pas besoin de moi pour se défendre de quoi que ce soit, j’le sais. Maxime est une dure à cuire et même si quelque chose l’atteint, elle préfèrerait passer sous un hyppogriffe plutôt que de l’avouer. J’devrais pas m’en mêler mais j’suis pas certain de pouvoir garder mon calme face à ce genre d’ordure.

- Ça serait cool que tu viennes. En Argentine j’veux dire, tu sais pendant les vacances d’été. Je jette un œil à son visage et esquisse l’ombre d’un sourire. Puis ça te ferait prendre des couleurs, tu donnerais moins l’impression d’avoir la gerbe H-24.

Je lâche un ricanement alors que je retrouve le joint entre mes doigts. Ouais, c’était une invitation à passer des vacances là bas pendant quelques temps. J’suis certain qu’Abuela l’aimerait bien mais… qu’elle croira également qu’elle est malade et qu’il faut qu’elle mange. Et quand abuela dit qu’il faut manger, tu le fais, c’est tout. On peut pas refuser un bon plat fait de ses mains. Tout ça me manque. Mes yeux se plantent dans le feu qui crépite toujours et je songe à mes parents. Peut-être qu’il serait temps de sortir de l’ombre et d’assumer tout ça, d’arrêter de leur causer cette souffrance que je leur inflige égoïstement. Je tire une ou deux bouffées sur le joint et le lui redonne, soupirant d’aise. Les effets sont présents et les langues se délient. Je lui parle de quelques trucs de chez moi, de mon pays de ma vie. Elle fait de même en me racontant de ses conneries faite avec William, Macy, Spencer et… Dean. Sa blessure, sa faiblesse et sûrement le poids qu’elle traine chaque jour dans ces couloirs.

Les minutes s’écoulent. Peut-être les heures, je n’en sais trop rien. Je suis juste… « bien ». C’était pas arrivé depuis un moment de ressentir cette légèreté, cet apaisement et cette petite sensation que finalement, ça devrait peut-être s’arranger. Mon Alter-Ego est là, toujours allongée tête sur ma cuisse… J’peux plus me permettre d’avancer toute seul comme je l’ai toujours fais. Plus aujourd’hui. Malgré mes règles, mes refus de voir qui que ce soit pénétrer dans mon « cercle » d’isolement, je ne pouvais nier l’évidence. Maxime y était à pieds joint et j’ai pas envie qu’elle se casse. T’entends Jefferson ? Désormais, c’est nous deux contre toutes ces conneries.

- FIN POUR MOI -
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Don't you think that it's boring how people talk ? — Matéo
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