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 I'm the one you tell your fears to. — William

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MessageSujet: I'm the one you tell your fears to. — William   Sam 18 Avr 2015 - 22:41

Nuit du Mercredi 21 au Jeudi 22 Janvie 2015  / 1H du matin
« I'm the one you tell your fears to »
WILLIAM & MAXIME


    “ The men up on the news
    They try to tell us all that we will lose
    But it's so easy in this blue
    Where everything is good “


J’ouvre un œil. Puis deux, engourdie, enveloppée par une chaleur confortable. Mes paupières papillonnent, la lumière du jour qui pénètre par le vieux rideau me blesse les yeux. Encore ensommeillée, blottie dans l’instant, j’observe doucement autour de moi les fringues éparpillées, le bazar sur la table de chevet en bois, les rideaux qui bougent et se soulèvent doucement au rythme du vent qui arrive par la fenêtre. Un frisson parcourt ma peau et j’observe désormais les changements de la peau sur mon bras. Juste en dessous, sur mes côtes, un autre bras, pas le mien : masculin. Il entoure ma taille frêle et je souris dans le silence chaleureux de sa chambre. Sa respiration est régulière, il dort encore profondément, et moi, j’attire sa main en la prenant dans la mienne à la hauteur de mes yeux, et l’observe, sous toutes ses coutures. Elle est creusée, parfois entaillée, blessée, sa peau caramel est sèche et c’est pourquoi on voit d’autant plus toutes les petites lignes de sa paume. Je place ma propre main à l’intérieur : elle est plus petite, surtout deux fois plus fine et pâle.

Je n’ose pas bouger et je n’ai d’ailleurs pas envie, lovée contre lui, en dehors de quelconque cadre spatio-temporel. Je suis ailleurs, je plane, les yeux ouverts sur les rayons matinaux puis sur sa main, son poignet. Je me sens bien, reposée. Je n’ai pas envie de repenser à ce cauchemar qui m’a semblé durer des heures : un loup, sa mort, d’autres gens, l’Angleterre… Un deuxième frisson me parcourt l’échine et mon corps redevient sensible. Je perçois son souffle dans ma nuque, qui soulève un peu mes cheveux, et ses lèvres pas loin de ma peau. Je lâche sa main un instant pour attraper le drap et le remonter sur ma peau nue, jusque mon épaule, mais c’est pour mieux la récupérer une fois ce geste fini.

Je ne veux pas fermer les yeux, je ne veux pas retourner dans ce rêve qui n’en avait pas l’air, dans cette réalité imaginée où j’étais à Poudlard, je sais pas, mais ce que j’ai rêvé cette nuit ne m’intéresse pas. Je préfère largement la quiétude de l’instant présent. Mon cœur bat au ralenti, et c’est agréable. Je sais que la blessure sur ma lèvre est encore présente mais je l’oublie, rien ne peut m’atteindre, non, parce que je suis avec lui et que, même si mes muscles seront bientôt tendus par des courbatures, je préfère ça.

    “ And I'll never go home again (place the call, feel it start)
    Favorite friend, (and nothing's wrong but nothing's true)
    I live in a hologram with you “


Je ferme les yeux et c’est à ce moment précis que je sens son corps remuer derrière moi, son torse collé contre mon dos. Je regrette son mouvement dès l’instant où du froid s’infiltre entre sa peau et la mienne, tétanisant celle de mon dos. Mais rapidement je sens sa main qui quitte la mienne pour se placer entre mes côtes et le lit, et Dean me rapproche de lui, pose son visage dans mon cou, revient placer sa main sur mon épaule et je me fie à sa posture pour adopter exactement la même. Mon cœur bat un peu plus rapidement que précédemment, intimidée, presque, par ce rapprochement alors que nous avons était bien plus que proches toute la nuit. Mais ce n’est pas pareil, le geste n’a pas la même saveur. Je sens bien que j’ai peur, et je rougis, je crois. Mais pour rien au monde je ne voudrais me décoller de là.

    “ We're all the things that we do for fun (and I'll breathe, and it goes)
    Play along (make believe, it's hyper real)
    But I live in a hologram with you “


J’ouvre les yeux et la chaleur qui m’envahit n’est plus du tout la même. Le réveil est brutal, où suis-je et quelle heure est-il ? Je me redresse sur un coude et observe le monde autour de moi. Les rideaux ne sont plus jaunes mais blancs, il fait nuit, je ne suis pas nue et surtout, je suis seule. Je ne suis pas dans son lit deux places, je ne suis pas dans la banlieue new-yorkaise, je suis en Angleterre, à Poudlard, et ce que je prenais pour un rêve dans un rêve est en fait une réalité. Un frisson me parcourt la peau et un goût amer se pose au fond de ma gorge alors que je passe une main dans mes cheveux, finissant de me redresser.

Assise en tailleur, le dos voûté, je mets un temps avant d’assimiler toutes les informations. On est en pleine nuit, je suis dans mon dortoir, il fait silence et pas même un bruit ne s’extrait du lit de Riley ou se trouve toujours Kezabel. Je pousse un profond soupir, espérant tarir les larmes qui grondent. La réalité est si… si… dure. Si froide. Je donnerais un rein pour retourner dans mon rêve, pour être à ses côtés, sentir la chaleur m’envelopper à nouveau. Je ferme les yeux, secoue la tête et passe mes mains sur mon visage.

Rallongée, dans l’espoir de me rendormir, mon cerveau choisit ce moment pour s’enclencher. Les images, nettes, chaudes, chaleureuses, plus qu’agréables de mon rêve ne s’effacent pas et restent en fond, imprimées sur ma rétine. Je déglutis, posée sur le dos, les yeux perdus dans la contemplation du bois de mon lit. Je pense. Mon cœur se serre quand les sensations de ces instants perdus me reviennent. La douceur du drap déchiré, le vent qui passe sur ma peau, la forme de ses mains et leurs callosités : les creux et les lignes que j’ai parcouru d’un pouce fébrile mais curieux. Où sont passés tous ces instants ? Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que je me retrouve ici, obligée de mettre une correction à un abruti incapable de faire la distinction entre une femme et un bout de viande ? Même si les images de mon rêve ne s’éloignent pas, mes pensées voguent et papillonnent : je revois le visage de Kezabel, celui de Marcus. Je revois celui de Macy, blessé et haineux, puis attendri. Je pense à Matéo qui dort profondément à cette heure-ci. Puis à William, qui était là aussi quand j’ai abattu mes poings sur le Poufsouffle. Où sont ces douces heures passées en la compagnie de Dean ? Je ne le reverrais plus jamais, et son absence inscrite au fer rouge dans ma chaire ne me semblait pas aussi réelle qu’à cet instant précis, où tout son être me marque encore.

Depuis les réconciliations, je fais front. Les choses ne sont plus pareil, désormais, mais j’essaie de faire comme si. Comme si tout allait bien. Je garde mon masque serré, celui de l’indifférence. Pourtant je sens bien que quelque chose est mort à l’intérieur de moi, que je n’arrive pas vraiment à me relever. Je traine ma carcasse plus que je ne la porte vraiment. Je brandis les poings, montre mes muscles, mais quelque chose ne veut pas se réparer, aussi bien dans ma tête que dans mon cœur. L’essentiel étant qu’aux yeux du monde rien n’ait changé.

Le temps passe, je n’arrive pas à dormir, mes yeux ne veulent même pas se fermer, je reste hermétique au sommeil mais poreuse à toutes les images du passé, les pensées d’aujourd’hui, en bref, je ne m’arrête pas. Mon esprit est torturé par des milliards de questions, par l’absence qui se fait plus vibrante au fur et à mesure que je laisse les secondes s’échapper mais aussi par cette soudaine impression d’étouffement.

Je finis par faire un choix, me redresse et enfile un legging noir, mes bottes, puis un long gilet en rabattant la capuche sur mon crâne, par-dessus un pull. J’enfile également une écharpe et un manteau noir qui m’arrive aux fesses. Il faut que je sorte m’aérer, respirer, alors j’attrape mes cigarettes et me faufile aussi rapidement que possible dehors. Mon esprit s’échauffe, commence à s’enfermer et un mal de crâne pointe son nez. La boule de larmes dans ma gorge n’a pas décidé de s’en aller, la sensation du corps de Dean me colle à la peau.

Je sors de la salle Commune des Serpentards, et j’ai besoin de réponse pour délivrer mon cerveau de sa tourmente. Je sais, une fois encore, vers qui me tourner. Il aura une réponse, j’en suis sure… William a toujours des réponses. Son cerveau tourne deux fois plus vite que le mien, ça devrait faire l’affaire.
Je monte un étage et alors sa silhouette emmitouflée, cachée sous plusieurs couches de vêtements s’engouffre à l’extérieur du château. Toi non plus t’arrives pas à dormir Will ?

Je traverse le Hall et à mon tour, passe la porte de l’école. Il est déjà assit sur un bandeau de pierre, les pieds dans le vide. Je l’observe une demi-seconde, il tourne une tête effrayée vers moi mais ses traits tournent rapidement à un mélange de soulagement et d’étonnement à la fois. Ouais on est en pleine nuit, je sais.

« Ah tu m’as fais peur, j’croyais qu’c’était un des foutus fantômes du château.
— T’es con. »

Son ton est taquin, le mien n’arrive pas à lui mentir et à s’élever dans les mêmes tonalités mais il ne dit rien et je m’installe près de lui sans attendre.

Il me regarde, clope au coin de la bouche et je sors mon paquet de ma poche, puis en extirpe une de mon paquet et la coincer également entre mes lèvres.

« T’arrives pas à dormir non plus ? »

Il secoue négativement la tête et n’attend pas que je sorte mon briquet pour me prêter le sien. Je tourne mon visage vers l’horizon noircit par la nuit et, en silence, allume ma cigarette et en tire la première bouffée. Le silence me fait du bien, le paysage ouvert et l’air me permettent de respirer plus correctement. Les battements de mon cœur décélèrent. Je reste silencieuse, lui aussi, on profite. Je m’approche un peu plus de lui, le laisse profiter de ma chaleur lupine. Faut au moins que ce stupide cabot serve à quelque chose. Une pointe de colère se plante entre mes côtes. C’est à cause de toi que je crève d’un manque inavoué.

« Will… Tu fais comment pour vivre sans lui ? »

La capuche de mon gilet vissée sur mon crâne, je ne le regarde pas alors que ma phrase tombe comme un couperet et brise le silence que l’on s’était imposé. Je sais que tu me regardes William, mais je ne tournerais pas la tête.

    “ Cola with the burnt-out taste
    I'm the one you tell your fears to

    There'll never be enough of us
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MessageSujet: Re: I'm the one you tell your fears to. — William   Mar 21 Avr 2015 - 22:27

I'm the one you tell your fears to
Maxime et William


Entre nos crimes et puis nos cris,
C'est fini les infinis,
Entre la cuillère et puis la drogue
Sur les boulevards, vont nos pirogues
©Saez – Faut s'oublier


FLASH BACK ~ Lundi 19 Janvier – Avant les cours

Je viens tout juste de me réveiller. Je suis encore là, assis sur le bord de mon lit, les cheveux en pétard, les yeux collés de fatigues que je frotte avec la pomme de ma main. Comme si cela pouvait m'aider à évincer l'épuisement de dessous mes paupières, celle qui me donne la sensation d'avoir du papier de verre lorsque je cligne des yeux. Pourtant pas de cuite, pas de partie de jambe en l'air... Juste un Mateo désespéré qui a réquisitionné mon lit quelques heures afin d'y trouver un repos mérité. Maxime lui a mit le paquet en terme de vengeance. Comme Vargas a mit le paquet concernant le filtre. Je crois qu'en l'espace de même pas un quart d'heure, ce mec s'est attiré les foudres de 4 nanas différentes : Maxime, Riley, Kezabel … et Macy. Parce qu'on ne fait pas pleurer la grande brune. Parce que si on fait ça, c'est qu'on est vraiment un enfant d'salaud. Ce type a clairement battu un record d'impopularité, pire qu'un politicien en faillite. Je l'avais prévenu que Jefferson allait se venger et que même l'Enfer sera DisneyLand à côté de ce qu'il subira. Et croyez moi, elle ne m'a pas fais mentir... a tel point que j'en arrive à avoir pitié de lui.

Il y a une semaine, jour pour jour, je pensais que j'avais perdu les deux femmes de ma vie. Mais il faut croire que la vie a décidé de nous accorder un moment de répit. Même si je m'en veux encore pour ce que j'ai fais, Macy et Maxime ne sont pas décidées à tourner le dos à leur tapette favorite. Cette pensée me fait sourire.
Je m'étire en faisant craquer mon dos, puis décide enfin à me lever, le cerveau encore dans le brouillard, jusqu'à ce que trois petits coups à la fenêtre du dortoir attire mon attention. Je plisse les yeux, une main dans les cheveux alors que je me grattais le crâne deux secondes plutôt. Je discerne derrière les losanges colorés de la vitre, l'ombre d'un hibou. Ou d'une chouette. Grise.

- Je crois que c'est ta chouette, William ?
- Ah. Euh ouais. J'crois.

J'ai dis que j'étais pas réveillé. Je m'avance d'un pas traînant et ouvre la fenêtre où Ophelia s'engouffre avant de déposer un paquet de taille moyenne sur mon lit. Je hausse un sourcil, mon cerveau se connecte lentement à la réalité alors que ma chouette se pose sur le bois, attendant sa récompense. Mes yeux scrutent toujours les paquets alors que je fouille dans l'un de mes tiroirs pour lui glisser une friandise dans le bec. Mon cœur loupe un battement. Mon esprit fait le lien et un bloc de glace me tombe dans le creux de l'estomac. Je sais de qui vient le paquet, je sais ce qu'il contient et ce qu'il représente. D'un air distrait, je porte mes doigts sur la tête d'Ophelia avant qu'elle ne s'envole. Je reviens m'assoir sur le matelas et c'est d'une main tremblante que je défais le paquet. Le kraft soigneusement plié et attaché, ne peut venir que de ma mère. Et le dernier courrier envoyer me revient parfaitement en mémoire. Lorsque les pans de papier laisse entre voir une boite en carton que j'ouvre, fébrile. L'odeur de Dean enveloppe aussitôt l'air autour de moi et mon estomac se retourne, alors que les larmes affluent. Je les ravale, une boule dans la gorge. Son sweat bleu est soigneusement plié devant moi, dans la boite. Intact. Aussi bien physiquement, qu'à l'odeur. Je suis satisfait de constater que le sort utilisé par mes soins a parfaitement fonctionné. Je n'ose pas le toucher, ayant trop peur d'en rompre le maléfice même si je sais que cela ne changera rien. Sur le côté du sweat est calé trois carnets. Ceux de Dean, toujours. Noirci de son écriture que je n'ai jamais osé lire et que je ne ferais jamais. Par respect pour sa mémoire.

Comment je les ai récupérer ? C'est une putain de longue histoire.

Je pose la lettre de maman sur mon lit, me promettant de la lire à tête reposée mais surtout, de lui répondre et de lui dire merci. Merci d'être aussi présente et patiente, même avec un fils parfois aussi con.
J'esquisse un pauvre sourire avant de refermer la boite et de la glisser sous mon lit, à l'abri des regards. Si j'ai demandé tout cela à ma mère, c'est bien pour une raison précise. Et cette raison porte le nom de celle que j'ai trahis, quelques jours plus tôt.

¥

Nuit du Mercredi 21 au Jeudi 22 Janvier

Je revois Maxime lui exploser le visage contre ses phalanges alors que je me jette sur elle. Mais surtout, je revois encore le sale regard de Marcus et ce sourire à dégueuler. Je l'ai rarement vu dans une colère aussi sombre, aussi noir et aussi … vivante. C'était vibrant. L'air entier était gorgé de cet électricité meurtrière. Si la réaction de Maxime m'a surprise ? Oui, un peu. Elle n'aurait jamais laissé une nana se faire approcher de la sorte, mais le fait que ça soit Kezabel qui soit impliqué... je l'avoue, j'me suis demandé si cela à joué dans sa décision. Mais peu importe. A l'heure actuelle il y a surtout un malade mentale qui rôde dans les couloirs et j’espère viser juste lorsque je dis que Kezabel fera le nécessaire, qu'il faut simplement lui accorder le temps.

Assis sur un bandeau de pierre, je viens tout juste de m'installer. Tout le long du chemin, j'ai remué toute cette merde de tout à l'heure. Kezabel était … comme morte, sur le pavé. Le regard gorgé d'angoisse, de larmes et de remord. Ca ne fait qu'un peu plus d'un mois et demi que je suis ici et c'est la première fois que je la vois sans son sourire. Ca m'a fait un truc que j'arrive pas à m'enlever de la tête. Je ne sais pas ce que ce gros porc lui a fait mais j'espère que ça n'est pas ce que je crois. Et surtout, j'ai cette idée qui ne me quitte pas le cerveau : Il aurait pu être un de ceux qui a tué Jude, devant mes yeux. Il aurait pu être un de ces fils de chiens qui l'ont roué de coups, jusqu'à ce qu'il meurt sur ce trottoir. Ca aurait pu être l'un d'eux oui. Alors de le laisser en liberté, me retourne encore l'estomac … mais par respect par Kezabel, je lui laisse le champ libre et Maxime aussi. Mais s'il te plait, ne joue pas la con et bouge toi Hasting. Des mecs comme ça ne mérite qu'une cellule à Azkaban ou la mort. Non Will.... ne soit pas aussi cons qu'eux. Et la mort est une solution trop facile pour eux.

Je suis emmitouflé dans un sweat à capuche, avec un blouson par-dessus. J'ai trompé la vigilance des gardiens et même si l'un d'eux me choppe, au pire des cas il me passera un savon et fin de l'histoire. Ce soir, je m'en tape un peu. Je n'arrive pas à dormir, je remue toute cette merde dans mon cerveau et ça me bloque. Ça me bloque de savoir que moi aussi, j'avais envie de lui éclater sa petite gueule de tout puissant.

Un bruit de pas me fait sursauter et lorsque je tourne la tête, le cœur ayant subit une embardé, j'affiche aussitôt un air soulager et étonné de voir … Maxime. Vêtue d'un sweat, comme à son habitude, droite dans ces bottes, quoi qu'un peu voûtée par le temps et sûrement par la journée vécue qui, je le sais, a été rude pour elle émotionnellement. Ce genre de crise l'épuise toujours et l'use plus que nous ne pouvons le croire.

« Ah tu m’as fais peur, j’croyais qu’c’était un des foutus fantômes du château. 
— T’es con. »

Son ton reste … morne. Je reste silencieux, captant dans le son de sa voix qu'elle est loin d'être enthousiaste. Après ce qu'il s'est passé aujourd'hui, je ne devrais pas être surprit. Elle est déjà installée à côté de moi et j'en ressens un certain soulagement. Silencieuse ou non, l'avoir à mes côtés à toujours eu un effet apaisant. Clope au coin des lèvres, je l'allume en silence me délectant de la nicotine mais aussi de cette odeur agréable de brûlée.

« T’arrives pas à dormir non plus ? »

Je secoue simplement la tête, en signe de négation. Pourquoi j'suis là en pleine nuit ? Pourquoi je n'arrive pas à fermer l'oeil ? Jude. Marcus. Kezabel. Et je crois que la vie de Maxime continue de me hanter en silence et il est hors de question que je lui partage cet aveu. Je n'ai pas envie de rallumer un brasier que nous avons mit des jours à apaisé. Je ne peux m'en prendre qu'à moi même, alors j'y ferais face seul.

Je lui passe mon briquet alors qu'elle se sort elle même une cigarette qu'elle glisse entre ses lèvres. Parfois, quand je la regarde comme ce soir, j'ai du mal à pigé qu'elle est … vraiment là. Elle a été absente si longtemps, nous l'avons cru morte pendant une année complète. Autant dire que de la voir chaque matin ressemble encore à un petit miracle sortie tout droit de la couche du p'tit Jésus. Le silence s'installe parce que nous n'avons pas toujours besoin de parler lorsque nous sommes ensemble. J'observe l'horizon et perçois la forête Interdite qui, je suppose, porte très bien son nom. Salem me manque, ses dédales, ses salles, son parc aussi. C'était notre maison depuis que nous avions 11 ans et j'ai l'impression d'être qu'un clochard depuis. Son corps se rapproche du mien et j'y prend goût, silencieusement.

« Will…
- Hum ?
- Tu fais comment pour vivre sans lui ? »

Mains dans les poches, cigarette entre les lèvres, j'ai la sensation de recevoir un coup de poignard entre les côtes, qu'une enclume a prit la place de mon estomac alors que mon sang, lui, se glace. Sa question me fait l'effet d'une bombe et c'est tout mon corps qui se disloque. Je sais de qui elle me parle, je ne suis pas débile et la connexion s'est faite aussitôt. De qui pourrait-elle me parler de toute manière ? Personne à part Jude a réussit à me rendre accro, passionné et … bien. Pourquoi elle me pose cette question ? C'est ce que mon regard lui demande alors que je le dépose sur elle, sur une Maxime enfoncée au plus profond de sa capuche et de ses poches où seule la cigarette qui se consume reste visible.

Pourquoi ?

Tu connais déjà la réponse. Tu as vu, senti, capté ce truc qu'il se passait. Tu as vu ses hurlements, sa détresse et surtout, tu as assister à cette illusion dans cette salle où elle s'est fracassée les poings. Ça n'est pas pour rien que j'ai demandé à Maman de m'envoyer ses effets personnels. Ceux de Dean. Mon estomac s'alourdit alors que je me retrouve comme un con, ne sachant pas quoi répondre dans l'immédiat. Je détourne mon regard, une boule dans la gorge alors que le visage de Jude s'impose. Encore aujourd'hui, je panique à l'idée d'oublier les traits de ses lèvres, l'intensité de son regard ou la douceur de ses mains sur ma peau. Le temps fait son effet sur ma mémoire et je bénis je ne sais qui d'en avoir une aussi précise, aussi sélective. Mais je sais que quoi que je fasse, quoi que je dise, il deviendra un visage aux traits moins précis, plus flous. Cette idée me tord les tripes.

Je tire une latte, expulse la fumée en prenant ma cigarette entre les doigts sans jamais quitter l'horizon des yeux.J'ai le choix de lui dire qu'encore aujourd'hui je cherche la réponse ou d'essayer de broder autour de ce ledit mensonge. C'est Maxime, j'ai juré de ne plus jamais lui mentir. Sa douleur, je la connais. Je la sens encore chaque matin malgré les années écoulées. Les années... ça ne fait que deux ans.

- J'aimerai te dire qu'on s'y fait, qu'on s'habitue. Et je crois que quelque part c'est un peu le cas, même si ça n'est jamais totalement vrai.

Ma voix est rauque, un peu tremblante. Je tousse dans le creux de ma main pour reprendre contenance. Je parles jamais de ça à personne. Alors à chaque fois que le sujet est évoqué, j'ai toujours cette boule de larmes dans la gorge et l'envie furieuse de retrouver ces deux enfoirés pour les exploser. Deux meurtriers qui sortiront de prison d'ici peu...
Je contemple le bout incandescent de ma cigarette avant de lâcher d'une voix plus adoucit, plus calme. La nuit nous enveloppe, le silence avec, une tranquillité qui apaise parfois la réticence d'un aveu.

- Je me dis que tôt ou tard, j'le rejoindrais. Que j'plongerais un jour dans une sorte de rêve éternel et qu'il sera là.

Mes yeux se perdent toujours dans cette contemplation, cette petite boule de lumière dans laquelle je puise mes mots. A quel degré souffres-tu Maxime ? Est-ce que toi aussi t'as cette foutu envie de t'arracher le cœur et de le piétiner toi même ? C'est un coup à ne plus jamais vouloir en faire usage. C'est peut-être glauque... mais le fait que nous partagions la même douleur me rend plus serein et me pousse à la parole.

- Pour mieux le vivre, j'essaie de me dire qu'il est toujours là, quelque part derrière moi. Et que si jamais je flanche ou que je lâche prise, il sera là pour me botter le cul, en m'insultant en arabe. Comme il le faisait à chaque fois.

Je lâche un ricanement sec, alors que je replace ma cigarette entre mes lèvres, sans jamais la regarder. Putain, si tu savais comme tu me manques, enfoiré. Pourquoi il a fallut que je l'ouvre ce soir là ? Pourquoi j'me suis pas contenter de fermer ma gueule et de les laisser partir ? Encore aujourd'hui, j'ai conscience que c'est moi qui ait attiré cette haine déjà présente, que mes mots les ont attisés comme un petit feu pour devenir un brasier incontrôlable. Brasier qui s'est transformer en coup de chaussure dans un visage que j'ai maintes fois embrassé.

Putain que c'est douloureux.

- Tu vois, j'peux pas me permettre de jouer aux cons et de me laisser aller. Même si ça fait mal à en crever parfois.

J'me sens vulnérable mais je me concentre au mieux sur cette ligne d'horizon pour pas perdre le fil de ce partage. J'en ai jamais parlé, jamais. Une seule fois avec Macy, un soir, alors que je déprimais et encore, mes quelques mots ce sont soldés en larmes. Une autre fois où j'ai partagé ma douleur en un gros sanglot dans les bras de Maxime. Et c'est tout. Plus rien, plus de mots, plus d'évocation de ma douleur. Juste un silence et une furieuse absence que j'entretenais avec son souvenir.
De manière imperceptible, je me colle un peu plus à elle, comme une forme de soutient. Je suis là, tu l'sais. Si t'as besoin de parler, c'est pareil. Si t'as besoin uniquement d'un silence comme celui de tout à l'heure, même chose. J'bougerais pas, j'te l'ai promis. Je leur ai promis un soir de prière, chose que je n'avais pas fait depuis longtemps. Je sais que je blasphème de prier uniquement par besoin, mais mes parents me diront que Dieu a dû être ravi de me revoir, mains jointes dans mon lit. Dieu qui a laissé deux ordures m'enlever mon Jude. C'est un gouffre que j'ai eu creux du ventre.

- J'suis sûr que tu lui manque, de là où il est. Mais qu'il t'engueulerait avec sa grosse voix de voir ta mine défaite.

J'esquisse un demi-sourire alors que mon regard se tourne vers elle. Elle transpire la douleur, son corps entier courbé et aux allures fragiles me frappent. Elle n'a plus rien avoir avec la Maxime enragée de tout à l'heure, défonçant la face d'un enfoiré. J'ai la sensation que nos peines se rejoignent, communiquent et se lient entre elles ; J'ai une putain d'envie de la prendre dans mes bras.
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MessageSujet: Re: I'm the one you tell your fears to. — William   Lun 27 Avr 2015 - 2:51

Un million de questions me taraudent. Un milliard de doutes et pire encore, toutes ces souffrances mêlées d’amertume. Je suis rentrée comme jamais dans ma capuche, incapable d’être fière de ce que je lui demande. Je sais que c’est un coup de poing dans l’estomac, semblable à celui que j’ai reçu lorsqu’il m’a dit avoir tout vu. Pourquoi je n’arrive pas à lui en vouloir ? Pourquoi lui pardonnerais-je ? Ou plutôt ; pourquoi lui ai-je déjà pardonné, c’est la question. Parce que je ne veux pas perdre un autre ami, après en avoir tué un et n’avoir pu dire au revoir au deuxième. Parce que j’aurais peut-être fais la même chose dans son cas, même si je sais que William est d’une nature plutôt curieuse, je sais que ça n’est pas ça qui a primé dans sa décision. Le besoin de savoir. Comment aurais-je pu espérer une autre réaction alors que nos liens, à nous cinq, sont si forts ?

Étaient, oui, je sais.
Je me sens tendue, désespérée, au bord d’un ravin caché par l’obscurité. Je ne sais donc pas quand je vais tomber.

Mon rêve ne me quitte pas et c’est surement la principale raison pour laquelle je lui pose cette question. Comment vivre avec ces sensations si désirables, collées à la peau. Je n’arriverais pas à dormir si je ne calme pas ces tourments, malgré la fatigue ensuivie de la colère que ce sale type a engendré plus tôt dans la journée. Marcus Fincher. Je te guette, tellement que je ne suis allée me coucher que lorsque j’ai compris qu’il rentrait sagement chez les poufsouffles. J’ai tourné les talons en lui laissant la vie sauve et je m’en mords les doigts.

« J'aimerai te dire qu'on s'y fait, qu'on s'habitue. Et je crois que quelque part c'est un peu le cas, même si ça n'est jamais totalement vrai. »

J’écoute, j’attends, je reviens sur terre alors que sa voix semble s’élever d’outre-tombe. Nous ne nous regarderons pas. Je sais à quel point il est dur pour lui de parler de Jude. Je n’avais jamais vu William, en presque dix ans d’amitié, aussi accroc à un mec. Un mec adorable, sans agressivité, plus gentil que nous cinq réunis à l’époque. Il ne méritait pas le sort qui lui a été infligé. Je sais que William s’en veut encore aujourd’hui, d’avoir ouvert sa gueule ce jour-là, et j’ai beau eu la voix lourde et le poing acharné, je n’ai jamais réussi à lui enlever cette idée de la tête.

« Pour mieux le vivre, j'essaie de me dire qu'il est toujours là, quelque part derrière moi. Et que si jamais je flanche ou que je lâche prise, il sera là pour me botter le cul, en m'insultant en arabe. Comme il le faisait à chaque fois. »

Je n’arrive pas à esquisser un sourire. Ma clope se consume doucement, mes extrémités commencent à s’anesthésier, et je patiente. J’écoute comme un fidèle écouterait son prophète. J’ai besoin de ses réponses, de son esprit agile, droit, précis. William est celui qui a souvent eu le rôle de mettre de l’ordre dans mes propres pensées. Je considère ses paroles une par une, les laissant flotter au-dessus de la somme incroyable de questions que je me pose. Celle que je lui ai posé étant la plus dure, celle qui me reste dans la peau. Beaucoup de choses m’obsèdent ces derniers temps et même si j’essaie de garder la face, je n’arrive pas à enlever son sourire de mes pensées. Mais chaque fois que mon esprit se tourne vers lui, une immense douleur m’envahit, accompagnée d’un sentiment que j’ai du mal à décrypter. Ou que je ne veux pas avoir à décrypter. Je n’arrive pas à comprendre ce qui me tourmente vraiment et la colère est là pour empirer les choses à chaque fois. Je ne veux pas l’oublier, mais sa présence derrière moi me lacère. Tout ce que je ressens pour Dean, toutes ces choses que je ne comprends pas, je n’arrive pas à les clarifier et pourtant elles sont bien là. Ma seule certitude, tardive, c’est de savoir que je n’arriverais pas à vivre sans. Sans lui, sans son sourire presque absent, sans son souvenir, son parfum, son regard profond, son air mutique. Je n’y arriverais pas. Pourquoi ? Je ne sais pas.  

Je ne veux pas savoir.

Sans le savoir, William creuse une entaille profonde à l’intérieur de moi. Je sais que j’ai demandé ses réponses mais je n’aime pas ce que j’entends. C’est douloureux.  Trop douloureux pour que je puisse endurer davantage mais je reste là, je ne veux pas faiblir, je veux entendre tout ce qu’il a à me dire. Il transpire la souffrance d’ici. Je suis désolée de lui infliger cela, en même temps qu’il renforce le pieu au centre de mon thorax. Je me sens faible, pâle, mais je ne bouge pas. Immobile. Comme si un seul geste allait me réduire en cendres à l’instant.

« Tu vois, j'peux pas me permettre de jouer aux cons et de me laisser aller. Même si ça fait mal à en crever parfois. »

Alors toi aussi, tu sens cette douleur qui te donne envie de mourir, parfois ? Comme un coup de poignard en plein cœur, pas un seul en fait, plusieurs. Tu meurs jamais mais tu voudrais tant c’est douloureux. Je sens qu’il se rapproche à peine, mais je ne me recule pas pour autant. Il connaît ma réticence aux contacts mais je ne peux plus lui refuser une telle présence. Pas après être partie tout ce temps, pas après tout ce raffut. J’aurais pu le perdre à nouveau à Noël, j’ai failli les voir s’éloigner il y a peut-être à peine une semaine…  Non. Je ne les laisserais plus partir quoi qu’il m’en coute, et je ne disparaitrais plus. Ils sont mon seul soutien. S’ils n’étaient pas là, rien ne me donnerait envie d’être encore sur cette terre. Dans ce monde de merde.

« J'suis sûr que tu lui manque, de là où il est. Mais qu'il t'engueulerait avec sa grosse voix de voir ta mine défaite. »

Ses paroles m’électrisent et un long frisson perceptible me parcourt l’échine. Je déglutis péniblement, serre les dents, un tremblement agite ma main alors que je récupère ma cigarette.
Je ne tiens plus, mon visage se baisse, mes yeux se ferment, je serre les dents pour ne pas laisser les larmes prendre le contrôle. Un putain de dernier pieu en plein cœur. Je me sens d’un coup vide. Je n’ai jamais envisagé l’idée qu’il puisse me regarder de là-haut, je n’ai jamais cru en personne et surtout pas en dieu. Mes seuls espoirs résidaient en mon frère et ma bande. J’ai quitté l’un et piétiné l’autre. Je me sens défaite, détruite, d’un coup. Son absence se fait plus forte, plus pénible d’un coup, ses mots ne me le ramèneront pas. Une distance évidente et pourtant oubliée jusqu’alors m’apparaît. Oui, je l’ai tué. Je l’ai fais disparaître.  Je refuse, je renie les paroles de William, c’est plus fort que moi. Je lui ai demandé de l’aide et désormais j’en fais la négation.

« J’aurais préféré mourir. »

Ma voix n’est qu’un murmure. Personne d’autre que lui ne pourra entendre ça. La peine est palpable, mes veines palpitent à cause d’elle.

Tout à coup, plus fort encore, je me sens vide. Oubliée. Perdue au cœur d’un néant impalpable. Sans-abri. Mes défenses tombent une par une, mon corps insensibilisé par le froid est bouillant de l’intérieur. Un volcan dégueule sa lave, brûlant tout sur son passage. Je me sens paumée, entre chaud et froid, incapable de me situer. Je ne retournerais jamais chez moi : ma famille ne m’a jamais aimée. Ma mère m’a abandonnée. Mes amis, je les ai quittés, et j’ai tué la personne qui pourrait panser les vieilles plaies que je traine, les entailles, les coups de ceintures dans mon dos. Que se serait-il passé si… je ne veux pas y penser.

Je ne retournerais jamais, jamais chez moi. Je n’en ai plus. Pas de sécurité, nul part. Le sentiment d’appartenir à quelque chose m’a quitté et je ne ressens cela qu’en rêve. Les douces images de mes songes ne sont que des illusions, des rappels d’un passé qui ne sera jamais mon avenir. J’ai envie de vomir. Je me redresse d’un coup, m’éloigne de deux pas de cette bande de pierre. Mes muscles soudain sollicités me tirent, j’étouffe : d’un geste je défais ma capuche, pose ma main droite en poing sur mon front, celle qui tient ma cigarette, et la gauche sur ma hanche. Je ne regarde pas William.

Ravale tes larmes et ta fierté, elles n’ont aucune valeur ici.

« J’aurais tellement voulu que tes mots me le ramènent. Que tu me dises : « Mais Maxime de quoi tu parles ? Il est là, tiens regarde ! T’es folle ma pauvre ! ». Que ce soit qu’un putain de trop long mauvais rêve. Qu’il y ait autre chose derrière cette putain de foutue grande porte qu’un amas de connards et d’endimanchés. »

Je m’arrête, me tourne vers lui, le regard perdu.

« Je sais pas comment faire. Je sais même pas c’qui s’passe. J’comprends plus. »

Mon monde s’efface doucement.

« Je vais l’oublier, un jour. Je ne saurais plus distinguer la couleur de son teint d’un autre similaire, j’oublierais la forme de ses yeux, les creux de ses mains. J’oublierais. J’veux pas. Et tout ça… »

Je n’arrive pas à finir ma phrase parce que je m’énerve, butant sur mes mots, loupant des virgules. Je finis par arrêter mes pas. Je ne suis qu’une grande gigue qui ne comprend rien à pas grand-chose. J’ai besoin d’un phare, de retrouver une lumière alors que je me sens enfermée dans un putain de tout petit placard. Et c’est William ce phare. Alors mon regard, même si sa nature m’échappe, je le fixe dans le sien, alors que mon être entier est à la dérive.

« Tout ça c’est de ma faute. Je l’ai tué, Will. Je regrette plus encore que je ne regrette ma naissance. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il me manque. Si j’avais réagis plus tôt, il serait là. Spencer serait là. Et putain de bordel c’qu’il me manque aussi. Tout est de ma faute. Tout. Est. De ma faute… »

Je porte un poing serré à mes lèvres, comme prête à vomir sur les pavés écossais de cette école qui me rejette et que je rejette en retour.

« Et j’arrête pas de l’entendre de me dire de respirer, mais putain, j’y arrive pas ! J’en peux plus ! Ça m’obsède ! »

Un ton monté un peu trop haut. J’ai jeté ma cigarette au sol, celle-ci fume encore et consume ce qu’il me reste de mégot. Mon léger cri résonne dans le silence et finit par être étouffé comme si la forêt interdite s’en emparait.
Je ne sais pas comment faire.

Le temps passe à une telle vitesse. J’ai l’impression d’avoir tout loupé, de n’avoir pas vraiment vécu. J’ai besoin de changer.
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MessageSujet: Re: I'm the one you tell your fears to. — William   Jeu 30 Avr 2015 - 18:07

Je tiens ma cigarette entre mon pouce et mon index, tout en tirant une longue bouffée de nicotine, pour ensuite l’expulser. Comme si ça pouvait me permettre d’exorciser cette douleur en même temps. Mon discours est terminé et je sens qu’une chape de plomb s’abat sur nos frêles épaules de jeunes adultes qui ont beaucoup trop vécue pour leur âge. Le vent souffle une brise qui me fait légèrement frissonner malgré la proximité du corps de Maxime et la chaleur qu’elle dégage. Je ne m’attendais pas à la voir débarquer cette nuit et encore moins à l’entendre me poser cette question. Je sais ce qu’il en est de ses sentiments… ou du moins, ceux d’avant. Et le fait de savoir si elle ressentait toujours cette fibre pour lui, je me le suis demandé. En vue de sa question, il semblerait que ça soit toujours le cas. Et j’ai mal pour elle.
 
Non, j’ai mal, avec elle. Puisque désormais, nous sommes deux à posséder ce fantôme qui hante nos cœurs déchirés.
 
J’essaie de répondre au mieux à sa question mais surtout de la manière la plus sincère qu’il soit. Je ne veux plus de mensonges, je ne veux plus risquer de la perdre. C’est trop. Dean, puis Elle et après Spencer. Nous avons eu la chance de la retrouver alors je ne veux pas tout gâcher, comme un connard que j’ai été. Alors, même si c’est douloureux, même si je sais qu’a chacun de mes mots la sensation de déchirement c’est fait plus présente, je lui dis la vérité. Qu’il ne reviendra pas et que malgré toute cette douleur qui te dévore de l’intérieur, tu devras faire avec.
J’ai envie de la prendre dans mes bras, nous qui ne sommes pas démonstratif.
 
« J’aurais préféré mourir. »
 
Sa voix n’est qu’un murmure et si je me concentre bien, je pourrais presque croire que ces paroles sortent de ma bouche, entre deux bouffées de cigarette. J’aurais préféré mourir. C’est une phrase que je me suis répété inlassablement lors de la mort de Jude. Pourquoi ce sont-ils acharnés sur moi et pas sur lui ? Parce qu’il a tenté de me défendre ? Pourquoi est-ce que c’est lui, qui s’est retrouvé le visage presque méconnaissable après s’être fait tabasser à mort ? J’ai toujours ces sentiments coupables, j’ai toujours cette colère envers moi-même pour avoir ouvert ma gueule ce jour-là mais les faits sont là : Il ne reviendra pas. Rien, ne me le ramènera.
La souffrance de Maxime est la mienne, d’autant plus qu’elle… que son Loup, en est le coupable. Vivre avec ce poids de culpabilité est le pire des fardeaux. Du moins, l’un des pires. C’est la première fois que je la vois dans un état si prostrée, si…fragile. Soudainement elle se redresse et s’écarte de quelques pas. Je sens qu’elle n’est pas bien, qu’elle perd pieds. Qu’elle sent autour de sa poitrine l’étau se resserrer.
 
Elle défait sa capuche : Signe d’étouffement. Poing sur son front, main sur la hanche : elle n’a pas le contrôle de ce qu’elle ressent. Je connais Maxime par cœur et pourrais vous déterminer son humeur rien qu’à sa façon de marcher, de parler ou même de regarder. Sa respiration, sa manière de se passer sa main dans les cheveux, de serrer les poings hors ou dans son sweat. Tous ces signes sont comme un tatouage imprégner dans ma rétine et ma logique. Elle me tourne le dos, n’affronte pas mon regard alors que le mien scrute son dos et ses épaules voûtées.
 
« J’aurais tellement voulu que tes mots me le ramènent. Que tu me dises : « Mais Maxime de quoi tu parles ? Il est là, tiens regarde ! T’es folle ma pauvre ! ». Que ce soit qu’un putain de trop long mauvais rêve. Qu’il y ait autre chose derrière cette putain de foutue grande porte qu’un amas de connards et d’endimanchés.
- Je sais. »
 
Je n’en dis pas plus, parce que je ne sais pas quoi lui dire d’autre. Parce que sa douleur est tellement immense que j’ai l’impression de la sentir sous mes doigts, de la palper. Ses mots me font l’effet d’un coup de jus. Maxime n’est pas une adepte des mots et encore moins des confidences. Il est extrêmement rare qu’elle débarque comme ça, sans prévenir pour me déballer ce qui ne va pas. Pour qu’elle en arrive à tout ça, je me dis que la douleur doit être si lourde qu’elle doit avoir la sensation de plus savoir respirer correctement.
Je laisse tomber ma cigarette au sol et l’écrase, du bout de ma basket. Elle se retourne, je lève les yeux et ce que j’y vois me brise de part en part. Comme un coup de poing donné dans un miroir. Sa peine est profonde, a vif. Tout son corps l’exprime avec violence.
 
« Je sais pas comment faire. Je sais même pas c’qui s’passe. J’comprends plus. »
 
 Elle ne comprend pas, parce qu’elle n’a jamais connu. Elle n’avait jamais connu ce truc avant Dean, cette petite fibre, ce quelque chose qui te fait sentir presque invincible quand t’es avec l’autre. Comme si tous les problèmes du monde n’était qu’un léger obstacle qu’il suffisait de contourner ou de démolir à coup de pieds, mais sans se faire mal. C’est con, mais quand t’es amoureux c’est comme ça. Quand t’as quelqu’un dans la peau, que tu l’as ancré en toi, elle te donne toujours la sensation que tu peux faire face à ce qui te paraissait avant insurmontable.
Elle sait ce qu’il se passe, seulement elle ne veut pas se l’avouer. Et je ne suis pas certain que de lui claquer cette vérité dans la gueule soit quelque chose de sain, en cette seconde. Je ne suis pas certain que c’est ce qu’elle a envie d’entendre. Je ne suis pas certain qu’elle veuille savoir qu’elle est actuellement amoureuse d’un fantôme, d’un mort, de l’un de ses meilleurs amis tué par l’animal en elle…
 
« Je vais l’oublier, un jour. Je ne saurais plus distinguer la couleur de son teint d’un autre similaire, j’oublierais la forme de ses yeux, les creux de ses mains. J’oublierais. J’veux pas. Et tout ça… »
 
Elle bute, s’essouffle et ses mots sont comme des lames de rasoirs. Dans quel douleur tu t’es fourrée Maxime. Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle a raison. Un jour, l’image de Dean deviendra flou. Tous les détails qu’elle a de lui en tête, de la callosité de ses mains aux pliures qui apparaissaient sur son visage selon son expression, deviendront flous, indistinct. Les seules choses pouvant lui permettre d’entretenir son souvenir sera une photo ou une projection, mais rien ne remplacera la personne réelle. J’ai le cœur qui se serre, parce que pour moi aussi, les années commencent à gommer les détails dont je raffolais de Jude.
 
Son regard se plante dans le mien et je l’accroche, comme si je lui tenais la main, sans que je ne bouge, comme si j’avais peur d’interrompre son aveu qui, au final, pourrait peut-être la soulager.
 
« Tout ça c’est de ma faute. Je l’ai tué, Will. Je regrette plus encore que je ne regrette ma naissance. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il me manque. Si j’avais réagis plus tôt, il serait là. Spencer serait là. Et putain de bordel c’qu’il me manque aussi. Tout est de ma faute. Tout. Est. De ma faute… »
 
Et c'est bien pour ça que j'ai pas réussi à lui en vouloir lorsque j'ai compris et vu la vérité. Comment j'pourrais réussir à être en rage contre elle après tout ça?
Je me fracture en peu plus, je n’ose pas bouger, mes muscles sont tendus à leur paroxysme. Parce que malgré mon silence, malgré mon corps statique, j’ai une putain de boule dans la gorge de la voir comme ça. J’aurais voulu que jamais ça ne lui arrrive, j’aurai voulu qu’elle n’en soit jamais amoureuse ou que cet amour là ne soit pas diriger vers le mec qui allait mourir alors que tout commençait seulement. J’ai les yeux qui brillent mais je ne pleurerais pas. Je ne dois pas, souviens-toi. Pilier, William. Tu es son nouveau pilier, comme tu es le nouveau pilier de Macy. Car tu as auprès de toi deux jeunes femmes qui ont perdu l’être qui les complétait. Comme moi j’ai perdu l’homme que j’aimais à en crever. Je ravale, sans jamais la quitter des yeux. Sa culpabilité, sa douleur, sa violence. Elle commence à s’énerver, la crise venant flirter avec ses nerfs. Mon cœur fait un boucan monstrueux entre mes côtes. Sa voix par dans une intonation plus forte, elle commence à vouloir gueuler, hurler cette rage qui la bouffe de l’intérieur.
 
Poing devant sa bouche, sa douleur me percute.
 
« Et j’arrête pas de l’entendre de me dire de respirer, mais putain, j’y arrive pas ! J’en peux plus ! Ça m’obsède ! »
 
Son cri s’élève dans la nuit et je me dirige d'un pas tranquille vers elle, l’estomac à l’envers, le souffle légèrement accentué. Sa cigarette jetée au sol se consume et je l’écrase sous mes pas lorsque j'avance vers Maxime que je prends par les épaules pour la maintenir bien en face de moi, le visage le plus serein possible. Je n'ai pas le droit de me montrer faible ou fragile. Elle a besoin de moi, alors je serais là.
Dans un élan spontané et parce que depuis nos retrouvailles, quelque chose semble s’être débloqué, je l’agrippe par les épaules et l’attire contre moi, enroulant mes bras autour de ses épaules, une main dans ses cheveux, l’autre dans son dos. Serres moi aussi fort que tu le peux, quitte à m’en briser les os, si ça peut t’aider fais le Maxime. Je sais à quel point elle n’aime pas le contact mais je sais aussi que demain, elle peut disparaître et j’ai plus envie de refréner ces instants précieux et rares où la spontanéité me pousse à faire ce que je fais maintenant, espérant qu'elle y trouve un repos.
 
Ma voix n’est qu’un murmure près de son oreille douce et tranquille, sans brutalité.
 
- J’aurai voulu que ça ne t’arrive jamais. J’aurai voulu que tu ne ressentes jamais tout ça, mais c’est là, et toi et moi on n’a pas le choix que de vivre avec. C'est pas ta faute. T'as rien demandé Maxime. Arrête.
 
Je la serre encore un peu plus contre moi, essayant de me raccrocher à un point d’ancrage pour ne pas perdre la face, parce qu’elle a besoin de moi en cet instant. Jamais auparavant elle n’aura osée m’avouer toutes ces choses. Jamais auparavant je n’aurai osé la prendre contre moi, comme maintenant. A croire que toutes ces conneries nous ont écorchés plus qu’on ne l’aurai cru.
 
- Je sais à quel point ça fait mal…Je sais à quel point t’as envie de crever quand ça te viens en pleine gueule et moi aussi j’ai peur de l’oublier. Mais culpabiliser ne changera rien, je le sais mieux que personne.

Je m'écarte et prend son visage entre mes mains plantant mon regard bleu dans le sien. Jamais je n'aurai cru me permettre ça avec elle mais, je me souviens que lorsqu'elle est venu me voir, seule, peu de temps après la mort de Jude, pas une seconde elle n'a hésité pour m'attirer brutalement à elle et me serrer aussi fort que possible. C'était un instant rarissime, quelque chose qui n'arrive qu'en cas de réelle crise. Ici, s'en est une. Parce qu'elle vit elle même son deuil, comme si sa mort n'était survenu qu'il n'y a que quelques semaines.

- Si tu n’avais pas été là ce jour-là, si tu n’avais pas été là à l’enterrement de Jude, j’aurai jamais pu tenir le coup, t’entends ? J’aurai jamais pu rester debout, j’aurai jamais pu continuer de vivre ma vie sans toi, sans vous. Macy a besoin de toi. J’ai besoin de toi. Et Dean ne voudrait pas que tu lâche prise. Pire, il t’en voudrait à mort si tu laissais tomber. Je suis là, tu te souviens ? J’te lâcherais pas.

Ce sont des choses que je ne répéterais pas deux fois et elle le sait. Il y a des choses que nous ne nous disons pas et tout ça en fait partie.

- Je sais que c’est dur sans lui, je sais que c’est douloureux à vomir... je sais à quel point c’est étouffant de te réveiller le matin avec la même réalité que la veille celle où il ne reviendra pas. Chose que je retiens entre mes lèvres. J’le sais… mais je suis encore là, devant toi. J’ai cru que j’allais jamais tenir mais j’l’ai fait. Parce que t’étais là. Vous étiez tous là. J'ai pas de solution miracle mais si Dean te regarde et s'il le pouvait, il te botterait déjà le cul.

Il ne parlait jamais, mais quand il le faisait ça n'était pas pour rien. Et là, il nous aurait clairement dit d'arrêter de nous la jouer en DramaQueen avant qu'il nous éclate la tête l'un contre l'autre. Cette pensée me fait doucement sourire, un étirement des lèvres en coin essayant de réchauffer son cœur meurtri.
Je serais son pilier, elle peut compter sur moi pour ça, comme elle a toujours pu le faire.
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MessageSujet: Re: I'm the one you tell your fears to. — William   Ven 1 Mai 2015 - 0:01

« J’aurai voulu que ça ne t’arrive jamais. J’aurai voulu que tu ne ressentes jamais tout ça, mais c’est là, et toi et moi on n’a pas le choix que de vivre avec. C'est pas ta faute. T'as rien demandé Maxime. Arrête. »

Qu'il m'arrive quoi ?
Les yeux grand ouvert, le corps statique, les bras ballants, je suis retenue par William et je reste immobile, incapable de lui répondre par la positive. Je ne sais pas faire ce genre de chose, pas avec William, c’est très rare, et même si je dois avouer que sa présence me réchauffe, je n’arrive pas à m’y faire. Je n’arrive pas à me laisser aller. Il y a quelque chose qui déconne à l’intérieur de moi. Ses mots n’arrivent pas à la bonne destination, comme écorchés par la plupart de mes barrières mentales. Il se raccroche à moi et j’aimerais pouvoir me raccrocher à lui mais un fantôme, invisible et muet, m’empêche d’atteindre mon but. Mon cœur bat à une vitesse incroyable et j’entends le sien d’ici même si je ne lui ferais pas la remarque.

« Je sais à quel point ça fait mal…Je sais à quel point t’as envie de crever quand ça te viens en pleine gueule et moi aussi j’ai peur de l’oublier. Mais culpabiliser ne changera rien, je le sais mieux que personne. »

Je sais de quoi il parle. Je sais que Jude a laissé un grand vide en lui. Non tu sais pas à quel point ça peut me donner envie de mourir de l’avoir tué. Personne ne peut savoir ce que je ressens à ce moment précis alors que tu poses ton regard dans le mien. Ce mec fait pas loin de ma taille et nos regards se font face sans soucis. Je déteste ce moment là et serre les dents. J’aime William, je le sais, plus que tout, comme j’aime Macy et je pourrais sans problème leur donner ma misérable vie si besoin. Je préfèrerais me tuer que leur faire du mal, à nouveau, ou les abandonner encore. Ils peuvent tout avoir de moi et s’ils n’étaient pas là, mes plaies ne seraient pas cicatrisées, au sens physique et métaphorique du terme. Combien de fois a-t-il recousu les traces du passage de mon père, dans l’ombre, avant qu’on puisse rejoindre les autres qui ne voyaient alors que d’anciennes plaies ? Alors il est là, ses deux mains froides sur mes joues bouillantes de colère et de culpabilité, d’incompréhension, et il m’observe sans pudeur. Qu’est-ce que tu lis en moi, vasy-y dis moi, toi qui a toujours su mettre de l’ordre dans mes pensées.

« Si tu n’avais pas été là ce jour-là, si tu n’avais pas été là à l’enterrement de Jude, j’aurai jamais pu tenir le coup, t’entends ? J’aurai jamais pu rester debout, j’aurai jamais pu continuer de vivre ma vie sans toi, sans vous. Macy a besoin de toi. J’ai besoin de toi. Et Dean ne voudrait pas que tu lâche prise. Pire, il t’en voudrait à mort si tu laissais tomber. Je suis là, tu te souviens ? J’te lâcherais pas. »

Ce qu’il me dit me fait du mal et chaque fois qu’il prononce son nom, chaque fois qu’il évoque son souvenir ou ses attitudes, quelque chose de mauvais résonne en moi. Je me ferme au fur et à mesure qu’il parle, comme blessée par ses mots. Je ne veux pas en entendre plus. Tout ce qu’il dit éloigne le souvenir de Dean. Je sais qu’ils ont besoin de moi, et je déteste ça, parce que je ne serais jamais à la hauteur. Je croyais, jusqu’à ce soir, l’être, mais ce n’est pas le cas. Il me manque une inconnue dans mon équation, et je suis loin d’atteindre l’équilibre requis. Je sais que ce qu’il dit, ça n’interviendra pas deux fois dans nos conversations, mais je n’arrive pas à l’entendre. Mes yeux plantés dans les siens sont comme absents. Je me refuse à accepter ses paroles, c’est plus fort que moi, quelqu’un ou quelque chose m’en empêche. Je sais qu’il me lâchera pas. Parfois j’aimerais pour partir en paix.

« Je sais que c’est dur sans lui, je sais que c’est douloureux à vomir... J’le sais… mais je suis encore là, devant toi. J’ai cru que j’allais jamais tenir mais j’l’ai fait. Parce que t’étais là. Vous étiez tous là. J'ai pas de solution miracle mais si Dean te regarde et s'il le pouvait, il te botterait déjà le cul.
— J’veux pas tenir. J’peux pas. »

Je me défais de son étreinte après avoir parlé pour la première fois. Je peux pas. Je ne vais pas réussir à soutenir son regard plus longtemps alors que je n’arrive pas à croire ses paroles pourtant je sais qu’il parle d’expérience. Pour la simple et bonne raison que Jude lui manque encore aujourd’hui et que dans les yeux clairs de certains il cherche ceux de son propre fantôme. Il a réussi à faire son deuil… Je le sais. Il vit avec, ça aussi j’en ai conscience. Je n’aurais jamais sa force. Je m’éloigne encore un peu de lui, les gestes tremblants. Je ne pleurerais pas et pourtant la boule de larmes est déjà bien présente dans le fond de ma gorge. Je voudrais m’excuser, platement, à genoux, de ne pas pouvoir réussir à survivre à ses paroles. Mais je ne peux pas lui mentir. Je sais que mon attitude va le blesser, cette manière de s’éloigner. J’entends tout ce qu’il me dit, mon cœur se gorge de ses déclarations, de ses mains tendues, et je ne le remercierais jamais assez d’être là pour moi. Il le sait. Si je me détourne, ce n’est pas de lui, mais de la vérité qu’il m’énonce. Mais il a promis de ne plus me mentir. Je préfèrerais, sans savoir pourquoi, qu’il me mente.

« Mens-moi William. Dis-moi que ça va aller, que je ne vivrais pas avec ce foutu putain de fantôme sur le dos. »

Je sais qu’il ne le fera pas, promesse et respect. Mon corps tremble et j’enfonce mes mains dans mes poches. Je ne suis plus sure de rien. Je ne le serais plus jamais. Une putain d’envie de chialer me monte aux yeux. Je me sens pathétique et faible. Je le suis. Je regarde la forêt. J’voudrais m’y perdre. Mais comme ce soir là sur les chemins de fer je ne serais jamais capable d’attenter à ma vie. Trop lâche, trop bête. Je n’ai aucun avenir. En tout cas pas sans lui. Putain…

Je passe une main dans mes cheveux alors que mon visage tombe et que mes yeux se ferment. Je pousse un long soupir instable, comme incapable de tenir la note. Je vais pas réussir à aller plus loin, la fatigue prend déjà possession de mon corps et je me sens vidée de toute substance réelle. Je ne veux plus l’entendre me dire qu’il me « dirait » ça. Je veux qu’il me les dise.

« Je veux qu’il me les dise, ces putains de mots que tu me racontes. J’veux pas les inventer. J’veux plus. Respire, respire… bordel de merde, c’est de la connerie. »

Le déni. Force supérieure qui guide les esprits aveuglés par la douleur et la haine. Comment faire autrement. Un putain de coup de poignard dans le cœur. J’ai envie d’hurler mais je me retiens : c’est tout ce qu’il me reste de vie. Ma jambe commence à bouger frénétiquement, une larme se faufile, brûlante, sur ma joue, mais je l’écrase d’un poing rageur.

« J’s’rais là. Pour toi, pour Macy. Il m’reste que ça Will, que vous. J’ai plus envie. »

C’est une négation formelle. Je me rejette et rejette tout l’espoir de m’en sortir. Je me retourne vers lui, enfin, le corps secoué de tremblements nerveux, fais un pas, puis deux, et reviens me coller contre lui parce que soudain, je me sens trop… trop toute seule. Perdue. J’ai besoin d’une accroche au réel. Mes mains restent dans mes poches mais mon corps est contre le sien et je pose ma tête sur son épaule. Une seconde larme roule sur ma joue mais je ne l’écrase pas, parce que je ne veux plus bouger.

« Tais-toi. Je suis dans la merde, j’me sens crever. Alors tais-toi et reste-là. »

Ma jambe bouge toujours, de manière répétitive.

« S’il te plait. »
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MessageSujet: Re: I'm the one you tell your fears to. — William   Ven 1 Mai 2015 - 12:45

— J’veux pas tenir. J’peux pas.

Elle s'arrache à moi, fuyant mon regard, me fuyant moi tout entier. Je ne lui en veux pas et je ne m'offusque pas de son geste. C'est Maxime que j'ai devant moi, pas Macy. Si ça avait été elle, je sais qu'elle serait restée contre moi, blotti, attendant que la douleur s'atténue peut-être. Chose qu'elle fait parfois lorsque Spencer lui manque de trop. Mais Maxime, c'est une autre manière de gérer ses émotions et ici, m'avoir contre elle n'est visiblement pas la bonne option.
Je glisse mes mains dans les poches de mon manteau, la regardant fuir mon regard alors que je reste ici, attendant la suite de ses paroles. Je pourrais lui répéter toute la nuit que si, elle y arrivera, parce qu'elle n'a pas la choix à moins d'aller se jeter de la tour d'Astronomie. Elle y arrivera parce que quoi que l'on fasse, le temps fait son œuvre et apaise la douleur sans que nous nous en rendions compte. C'est comme ça que les souvenirs se troublent. C'est comme ça qu'on oublie, que l'on fait avec. Et ça n'est pas le soir pour Maxime d'accepter ce genre d'idée. La seule chose que j'peux faire c'est de rester près d'elle, comme à mon habitude. Je préfère crever sous un Doloris plutôt que de les lâcher, elle et Macy.

« Mens-moi William. Dis-moi que ça va aller, que je ne vivrais pas avec ce foutu putain de fantôme sur le dos.
- J'peux pas. »

Je ne le ferais plus. Mentir en croyant que c'est pour le bien de tous. Je ne veux pas lui laisser une étincelle d'espoir en elle, en lui disant que peut-être, ses souvenirs sont parasités par la transformation de Loup. Je me souviens de ces cours au sujet des Loup-Garou. Sans Tue-Loup, le sujet n'a aucun contrôle sur l'animal en lui, sur ses gestes ou ses envies, mais il y a aussi ce point important : Les souvenirs sont parasités, comme sur une télé à mauvaises réceptions d'ondes. Où des images interviennent puis s'entrecoupent de stries colorés, se mélangeant à d'autres chaines TV. Je pourrais le lui dire que, peut-être, elle se trompe, qu'il n'est pas mort et que ça n'est pas lui qui était là ce soir. Ouais, j'pourrais. Mais jamais j'raconterais de conneries pareilles. Pour quoi ? Pour la voir se raccrocher à un espoir et de l'attendre des mois, des années ? A souffrir de martyr comme ce soir ? Non, j'le ferais pas. Elle doit digérer sa souffrance et passer à autre chose. Je le sais. Putain ouais, j'le sais. Combien de fois ais-je hurler en renversant ma chambre à l'hopital ou chez moi, les premières semaines où Jude était définitivement enterré ? Jusqu'à ce que tout s'atténue. C'est d'abord une douleur violente et enragée. Puis une douleur sourde et silencieuse. Puis elle se diffuse, se dissipe comme la fumée d'une clope et elle se tire, après t'avoir marqué à vif.
Maxime vit chacune de ces étapes, avec une année de décalage..

Elle se passe une main dans les cheveux, s'arrête de bouger, mains dans le sweat et je repense à ce qui attend dans ma chambre. Peut-être que ce soir est le bon moment ...

« Je veux qu’il me les dise, ces putains de mots que tu me racontes. J’veux pas les inventer. J’veux plus. Respire, respire… bordel de merde, c’est de la connerie. »

Non, ça s'appelle être attachée à quelqu'un. Ça s'appelle : Aimer un autre. Mais jamais je poserais de mots là dessus, pas avec elle. Elle est confuse, elle n'arrive pas à gérer ce qu'il lui attérit droit dans la gueule. En cet instant, mon esprit se dirige vers Drew et je l'envie. Pourquoi on est pas comme toi ? A prendre tout ça à la légère. J'aimerai que Maxime dégueule sa douleur et qu'elle ne s'en souvienne plus. Provoquer un oubliette, chasser Dean de ses souvenirs pour ne plus la voir crispée, recroquevillée, se tailladant l'être à coup de souvenir. Elle agite la jambe et je ne bouge toujours pas, pas un geste, patient, alors qu'elle est dos à moi. Je la vois sortir son poing, le diriger vers son visage avant de le rentrer de nouveau. Tu pleure ? Bordel.

« J’s’rais là. Pour toi, pour Macy. Il m’reste que ça Will, que vous. J’ai plus envie.
- On te lâchera pas. »

Parce que t'es tout ce qu'il reste à Macy. J'ai encore mes parents, mais j'ai aussi besoin d'elle. D'elles. Macy possède un père et une mère absent 364 jours sur 365, c'est comme s'ils n'étaient pas là. Le seul bénéfice qu'elle en retire est leur fortune qui semble inépuisable mais pour elle, ça ne suffit pas à combler ce manque qu'elle vient chercher chez moi, tout ce laps de temps. Maxime ne connait pas sa mère... et son père était un putain d'enfoiré au poing leste. Elle ne le sait pas, mais je ne laisserais pas passer ça, cette connerie et cette horreur à laquelle j'ai assisté. A la seconde où je quitterais cette école, pour des vacances, pour un séjour à l’hôpital ou je ne sais quoi d'autre, j'irai lui rendre une petite visite. Je lui ferais comprendre le réel sens du mot : Douleur. Je serre les poings dans mes poches. Comment j'peux être certain que Maxime n'en finira pas ? Elle n'a jamais eu de vie stable, jamais eu d'amour maternel, elle n'a plus rien que Macy et moi. L'être aimé est mort, Spencer est mort. Il reste Kristen et Alex, à nous 4 nous sommes les piliers de son temple de vie qui se casse déjà bien la gueule.

Elle se retourne face à moi puis fait un pas. Je ne bouge pas. Puis un deuxième, pour ensuite finir contre moi. Je... bloque sur son geste avant de comprendre qu'à ce stade, rien n'a plus d'importance. Elle garde ses mains dans ses poches, mais sa tête se pose sur mon épaule et elle ne bouge plus et moi non plus.

« Tais-toi. Je suis dans la merde, j’me sens crever. Alors tais-toi et reste-là. S’il te plait. »

Je ne bronche pas et extirpe en douceur ma main droite de la poche de mon manteau, la glisse dans ses cheveux et garde sa tête contre moi, en silence, comme elle me l'a demandée. Je n'ose pas faire plus de geste d'affection, de peur qu'elle ne se braque ou que tout ces instants se rompent sur un geste de trop. Ma joue s’appose doucement contre son front et nous restons là, en silence. Je repense à tout ce qu'elle m'a dit, à toute cette douleur vu au travers de son regard et j'me demande si nous réussirons un jour à sortir de toute cette merde qui nous tombe sur le coin de la gueule. Je crois qu'on en a suffisamment chier, bordel. Je lève les yeux au ciel, me demandant où mes parents puisaient toute cette foi qu'ils vouent à ce Dieu qui ne semble rien entendre. Je ne comprends pas, n'arrive pas à saisir cette vision qui reste pour moi abstraite. Mais je les respecte, ils ont fait de moi ce que je suis et malgré tous les clichés que nous balançons sur les cathos, ils ont réussi sans peine à accepter ce que je suis. Je respire en silence l'odeur de Maxime et j'ose espérer qu'elle réussira malgré tout à s'y faire, à se guérir. J'ai une pensée furtive pour Kezabel... Je ne sais pas où tu te fourre avec elle, Hasting, ni même si ce que vous faite vaut quelque chose ou verra un lendemain, mais si c'est le cas, j'espère pour toi que t'as le cœur bien accroché.

Les secondes s'écoulent, je prends une inspiration. Je n'ai qu'une chose en tête qui pourrait peut-être l'aider dans le processus en ayant quelque chose à laquelle se raccrocher quelque temps, à accepter.
Ma main glisse sur sa nuque alors que ma voix un peu rauque à force de silence, se manifeste.

- Il faut que tu viennes avec moi dans mon dortoir. J'ai quelque chose à te montrer.

J'attends, puis baisse les yeux vers son visage qui se retire de mon épaule. Je plante mon regard dans le sien et lui offre un sourire en coin.

- Promis c'est pas mon dernier sextoys.

J'essaie un brin d'humour, malgré tout. Je me sens ...comme un grand frère avec sa frangine. Parce que c'est ce qu'elle est, une sœur. Rien à foutre des liens du sang quand on voit ce que ça donne avec son père. Je lui fais un petit signe de tête pour l'inviter à me suivre alors que mes pas commencent déjà à s'engager vers le Hall en silence, évitant d'interpeller les gardiens qui doivent rôder non loin d'ici. Le chemin jusqu'à la tour des Serdaigles se fait sans un mot et je pense que ça n'est pas nécessaire de parler après tout ça. Je grimpe les escaliers en douceur, jetant parfois un regard à Maxime pour vérifier qu'elle me suivait toujours.

Je prononce le mot de passe et m'engouffre dans la salle commune des Serdaigles, occupé par deux mecs qui discutent en silence sans faire attention à nous. Direction mon dortoir dont j'ouvre la porte avec précaution, tâchant de ne pas faire un bruit qui pourrait réveiller les gars. La chaleur m'enroule aussitôt et je me défais de mon manteau en désignant mon lit d'un signe de tête.

- Va t'asseoir sur le lit, j'arrive.

Je la laisse faire, pose mon vêtement sur ma valise et me mets à quatre patte sur le sol pour regarder sous mon lit. J'ai le cœur qui bat à mille à l'heure mais j'lui dirais pas que quelque part, je ressens un léger stress de lui montrer tout ça. Enfin... de lui donner, tout ça. Parce que c'est à elle que tout revient. C'est ce que Dean aurait voulu, je crois. Je tire en douceur la boite évitant un maximum de faire trop de bruit, jusqu'à moi puis reste un instant à genoux, la contemplant. Ouais, il est temps. J'attendais le bon moment et j'pense que c'est le cas. Je soulève la boite, la pose sur le lit où Maxime se trouve déjà et vient m'asseoir aussi au milieu, baguette en main. Un geste du poignet, les rideaux se ferment. Un deuxième, une bulle de silence nous englobe. Inutile que quelqu'un nous voit. Inutile que quelqu'un entende quoi que ce soit. Ici, nous sommes tranquille, enfermé dans un cocoon donnant la sensation d'être coupé du monde.

Je place la boite entre nous deux, mes deux mains posées dessus. Je plonge mon regard dans le sien, un peu nerveux avant de lâcher d'une voix tranquille.

- Quand il a disparu et que t'es partie, on s'est réuni Spencer, Macy et moi dans ma chambre. A se remémorer nos souvenirs, à tous les cinq. C'était cool, j'avais quelques photos et quelque vidéos sur portable. Y avait même celle de Spencer qui courrait cul nul sur les bords de plage, quand Macy l'avait lancé dans un défi à la con.

Je lâche un ricanement avant de me passer une main dans les cheveux, secouant la tête en me souvenant de cette connerie. Ouais, on en a fait un tas tous les 5.

- Puis, on s'est rendu compte qu'on avait rien de Dean. Tu connais Spenc', il a commencé à gueuler que sa famille d’accueil n'était que des gros enfoirés et que c'était pas à eux de garder ses effets personnels.

Ouais, des fils de chien qui mériteraient à ce qu'on aille les émasculer de l'avoir violé quand il était plus jeune, puis tabasser par la suite, quand il disait non. Je serre les dents, essayant de passer à la suite au plus vite, tentant d'afficher un sourire un peu plus malicieux cette fois.

- On est aller les voler. Ces enfoirés ont rien entendu, la magie nous y a aidé, j'te l'avoue. N'empêche qu'on a réussi à récupérer un tas de trucs et... Ma main est toujours posée sur le capot de la boite que je pousse de quelques millimètres vers elle. J'avais gardé tout ça dans le fond de mon armoire. J'ai demandé à ma mère de me les envoyer.

Silence. Sourire. Mon regard dans le sien, je l'incite d'un signe de tête en retirant ma main du couvercle. Elle pourra y trouver ce sweat où mon sort est toujours actif, ses carnets à lui, une photo de nous 5 et quelques babioles. A aucun moment je n'éprouve un déchirement à les lui donner, parce que pour moi... tout cela ne m'appartient pas. Je ne les mérite pas. Pas après ce que j'ai fais, pas après cette trahison qui me reste encore quelque part avec ce goût amer. Tout est à elle et si Dean le pouvait, il m'aurait demander de le lui donner. J'le sais.

- J'voulais te le donner au bon moment, enfin pas comme ça à l'arrache... Enfin bref. C'est à toi. Tu garde tout ce qu'il y a dedans.

Nouveau silence.

- C'est comme ça que tu ne l'oubliera pas et que t'arrivera à faire ce qu'il te … dit.

De respirer. De continuer. Avec nous.
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MessageSujet: Re: I'm the one you tell your fears to. — William   Dim 3 Mai 2015 - 17:21

« Il faut que tu viennes avec moi dans mon dortoir. J'ai quelque chose à te montrer. »

Je suis là, posée sur son épaule, et sa main se glisse d’abord sur ma nuque puis il se décolle de moi. Ses gestes lents me rappellent ceux de mon frère et je me dis à cet instant que je donnerais un rein pour dormir avec lui, ce soir. Il me manque. Mon frère fait partie intégrante de mon organisme, nous partageons notre sang à moitié, mais cela me suffit, je n’ai pas besoin d’en savoir plus, tout ce qu’il a fait pour moi est plus fort que ce qu’aurait à peine imaginé mon père.

« Promis c'est pas mon dernier sextoys.
— Pff. »

Il sourit, m’invite à le suivre, et moi je ne bronche pas et marche à sa suite, presque sans réfléchir. Mon cœur bat à une vitesse incroyable dans ma poitrine. Le chemin se fait tranquillement, c’est sans compter l’orage à l’intérieur qui menace de tout exploser à l’intérieur. Je marche comme un zombie, trop lourde, ma carcasse est trop épaisse et je la traîne plus que je ne la porte. Nous arrivons tranquillement chez les Serdaigles, sa maison, et atterrissons rapidement dans son dortoir.

« Va t'asseoir sur le lit, j'arrive. »

J’acquiesce en silence, passant une main dans mes cheveux, stressée. J’aime pas ce genre de suspens à la con. Je sais pas trop ce qu’il me veut mais je lui fais confiance, comme toujours alors je ne bronche pas. Je me pose sur le lit, en tailleur, dans le fond, les mains enfoncées dans mes poches. Toute mon énergie s’est éclipsée, le temps de monter ces marches, de ruminer encore et encore. William se redresse, remonte une boite qu’il pose sur le lit puis s’installe à son tour face à moi avant de gérer le truc d’un coup de baguette. Moi je fronce les sourcils et mes yeux restent posés dessus. Je relève mes yeux et les plante dans les siens, ses mains sont posées sur le couvercle de la boite et il commence à s’exprimer.

« Quand il a disparu et que t'es partie, on s'est réuni Spencer, Macy et moi dans ma chambre. A se remémorer nos souvenirs, à tous les cinq. C'était cool, j'avais quelques photos et quelque vidéos sur portable. Y avait même celle de Spencer qui courrait cul nul sur les bords de plage, quand Macy l'avait lancé dans un défi à la con. Puis, on s'est rendu compte qu'on avait rien de Dean. Tu connais Spenc', il a commencé à gueuler que sa famille d’accueil n'était que des gros enfoirés et que c'était pas à eux de garder ses effets personnels. »

Je ne peux pas m’empêcher de sourire à l’évocation de ces souvenirs à la con. Un bout d’cul noir courant sur le sable et sous nos encouragements bien sur, un soir d’été. Ça c’était bien Spencer. Il me manque, son dynamisme me manque, ce type était une crème, sa famille aussi, ils n’ont juste jamais vraiment réussi à comprendre et canaliser cette énergie débordante. Mais on l’a aidé, on s’est aidé, et ses parents aussi. Ils ont bien vite compris que même si Spencer rentrait parfois avec la police, le reste du temps il s’était trouvé une bande de pote avec qui il pouvait se défouler. La famille de Spencer ne nous en a jamais voulu d’être des petits cons arrogants, des délinquants etc. Ils nous aimaient tous bien. Ce n’était pas le cas de la famille d’accueil de Dean.
Dean, comme moi, n’était pas voulu. Je me faisais taper dessus, sa famille lui infligeait pire, je peux alors m’estimer heureuse de m’être fais uniquement casser un bras ou une jambe quand ils ont brisé l’enfant à l’intérieur de lui. Dean était silencieux, et c’était surement aussi à cause de tout ça.

« On est aller les voler. Ces enfoirés ont rien entendu, la magie nous y a aidé, j'te l'avoue. N'empêche qu'on a réussi à récupérer un tas de trucs et…J'avais gardé tout ça dans le fond de mon armoire. J'ai demandé à ma mère de me les envoyer. »

Je n’ai aucun mal à tous les imaginer dans le garage ou la chambre de Dean après… après tout ça. Il sourit, je fronce les sourcils, je ne comprends pas tout de suite ce qu’il entend par là et qu’il pousse la boite vers moi. En fait si, un peu, mais je crois que j’ai un peu de mal à respirer à cet instant. Je n’ai rien pu récupérer de lui, après cette nuit-là, j’ai tenté le tout pour le tout, j’ai foiré, puis me suis barrée sans préavis. Une boule se forme dans ma gorge et je pose mon regard sur la boite qu’il a poussée vers moi.

« J'voulais te le donner au bon moment, enfin pas comme ça à l'arrache... Enfin bref. C'est à toi. Tu gardes tout ce qu'il y a dedans. C'est comme ça que tu ne l'oublieras pas et que t'arrivera à faire ce qu'il te … dit. »

Je fronce les sourcils en reposant mon regard dans le sien. Je refuse. Il semble insister du regard et pousse encore la boite vers moi. Mon cœur bat à mes tempes et je crois que la douleur, la fatigue et la colère ont raison de moi. La curiosité s’insinue également elle aussi. Je finis par poser mes mains qui je l’avoue, sont un peu tremblantes, sur le côté de la boite et je défais le couvercle.

La première chose qui me frappe et qui font que j’ouvre les yeux avec étonnement, c’est une odeur, particulière, qui me frappe l’estomac et le cœur avec une violence incroyable. Je croyais ne jamais pouvoir percevoir cette fragrance à nouveau et mon cœur se met à battre, comme s’il allait sortir de ma poitrine et ne plus jamais y revenir. Mes yeux se posent sur l’objet du crime, je n’entends plus rien que les battements effrénés de mon cœur et je comprends alors. Ma bouche se tord dans une grimace, je reconnais ce sweat, je reconnais les coins usés et le tissu parfois un peu délavé. Doucement, avec beaucoup d’hésitation, je pose une main sur le dessus du tissu. Un violent frisson s’empare de mon être, mon autre main dans mes cheveux. Il est là, il est bien là et ce n’est pas un rêve. Ce tissu que portait Dean en toute circonstance dégage son odeur et celle-ci m’enveloppe. Mes sens lupins en perçoivent toutes les tonalités, je crois que les larmes me montent aux yeux alors je réagis, finis par le défaire tranquillement de la boite, et l’étend devant mes yeux. Je le revois encore dedans, alors doucement je le presse contre ma poitrine, mes deux mains crispées sur le tissu et m’imprègne de son absence. Je voudrais respirer cette odeur tous les jours, je voudrais qu’il soit avec nous, avec moi. Il n’y a plus personne pour remplir le vide dans ce vêtement depuis un an et demi, par ma faute, mais son souvenir est gravé et son odeur est là. J’ai les yeux fermés et j’en profite un petit moment, comme si placer ce tissu contre ma peau allait me réchauffer. C’est dans la tête, je sais, mais cette chaleur, sans que je ne sache pourquoi, il n’y a que lui qui puisse me la provoquer.

« Merci. »

Pudeur d’un murmure.

J’ouvre à nouveau les yeux sans faire face à William. Je croyais que c’était tout, mais ce n’est pas le cas et je plonge doucement la main dans la boite, je reste scotchée par tout ce qui est dans cette boite. Mon œil détaille chacune des pièces posées la dedans et tombe en premier sur une photo de nous cinq, cornée, que je connais par cœur : autrefois coincée entre son lit et le mur de sa chambre, nous avons eu maintes fois l’occasion de l’observer. Je libère ma deuxième main de l’emprise qu’elle donne au tissu et commence à fouiller doucement. Dans un premier temps j’ouvre une petite boite dans lesquelles je trouve des bagues, qui lui appartenaient. Au hasard j’en glisse une à mon doigt mais bien évidemment, elle tombe, puisqu’il avait des mains de la taille de celles de mon frère. Je pose ça sur le lit, découvre deux/trois CDS dont un qui me saute aux yeux.

L’album de Jeff Buckley qui est là me ramène à un souvenir d’été. Je lui avais offert pour son anniversaire maculé des dessins de tout le monde, les petites étoiles de Macy côtoient un énorme pénis dessiné par le king ici en personne : William. Un petit mot est écrit à côté, et je ne peux pas m’empêcher de sourire « Pour que jamais tu n’oublies la mienne ». Conneries. Je pousse un soupir amusé et passe au reste des affaires. Une chaîne, un de nos bouquins préférés, son zippo, sur lequel je passe mon pouce et que j’enfonce immédiatement dans la poche de mon jean, d’autres trucs encore que je ne prends pas le temps d’observer réellement parce que mon œil est attiré par des bouts de papiers usés. Je relève mon regard vers William, il semble acquiescer sans bouger.

D’un geste tranquille je saisis la pile de cahiers. Il y en a quatre ou cinq, mon cœur calmé se remet à chahuter. Les carnets de Dean. Peut-être la chose la plus intime le concernant. J’ouvre doucement celui placé au plus haut dans la pile et sans lire réellement, observe son écriture brutale, penchée, de taille moyenne. Les larmes me montent aux yeux. Je récupère des mots à la volée, des prénoms, les nôtres. Il avait son carnet tous les jours, et il écrivait très souvent, dedans. Ce qui au départ n’était qu’une tâche demandée par son psy est devenue une hygiène de vie, un besoin qu’il avait de se mettre dans sa bulle et d'écrire ce qu’il ne pouvait ou n’arrivait pas à dire.

Je referme le cahier et soudainement je sens que j’ai besoin d’être seule. Je repose les objets dans la boite, garde le tissu contre moi, récupère le couvercle et la referme après avoir sortit la chaine, que je fais glisser entre mes doigts. Mes yeux se posent sur elle. Il la portait tout le temps, elle a côtoyé sa peau plus longtemps que moi, j’envierais presque ce bout de métal. Ce que William vient de me donner est un trésor inestimable à mes yeux. Si cher à mon existence, à mes souvenirs, c’est comme une redécouverte. Je me sens entre deux eaux mais surtout, entre douleur et une pointe de soulagement. A présent j’ai besoin de me recentrer, et d’apprivoiser ce que je viens de recevoir, des réponses qu’il a formulées, j’ai besoin de digérer tout ça, dans la pudeur de mon dortoir, avec moi-même. Je lui suis reconnaissante, comme s’il m’avait offert la possibilité d’un second souffle. Je relève mon regard vers lui, en décrochant la boucle de la chaîne, et me pose sur mes genoux, d’un geste du bassin. Je m’approche doucement de lui, passe la chaine autour de son cou, et la referme. Je glisse mes doigts dessus et finis par la passer sous son t-shirt.

« Fais-y attention. »

Mon regard s’ancre à nouveau dans le sien et tant pis pour ce qu’il y verra, je ne pourrais plus rien lui cacher, il n’a pas voulu me mentir, on se retrouve malgré tout ce qu’on a traversé. Je ne veux pas le perdre non plus. Je pose mes mains chaudes sur ses joues et d’un geste spontané je pose mes lèvres sur les siennes quelques rapides secondes. Mon front se pose sur le sien, les yeux fermés, et murmure.

« Merci, de ne pas m’avoir mentit, mais de n’avoir pas non plus forcé les choses. Et merci pour tout ça. »

D’un geste rapide, je me retire, récupère la boite et le sweat, lui lance un dernier regard et me faufile en silence hors de son lit.

J’ai besoin de me retrouver seule, avec moi-même et mes démons, et surtout, ne pas pleurer devant lui. Je descends les marches, fragile, et rejoins le plus rapidement possible mon dortoir, pour me faufiler discrètement dans mon lit. Je dépose la boite au pied, comme si c’était l’objet le plus fragile du monde, et je m’enferme consciemment dans ma bulle. Couchée sur le côté, je pose le sweat sur mes épaules sans pour autant encore l’enfiler. Je me gorge de son odeur, et je pose une main mal assurée sur le cahier qui se trouve à côté de moi.

Je ne dormirais pas beaucoup cette nuit, une larme roule sur ma joue et je me sens pleurer doucement en silence dès l’instant où je ferme les yeux et que les souvenirs affluent dans mon crâne. J’ai besoin d’expulser. Et parmi tout ça j’entends à nouveau les paroles de William. Tu ne m’a pas dis ce qu’il m’arrivait, mais je sais que tu es là.

Je crois que j’ai dormi une heure ou deux, parce que, dans la même position je me suis réveillée vers cinq heures du matin. J’ai pris du parchemin et un vieux stylo que j’ai gardé du cours d’EDM, et j’ai rédigé une lettre pour mon frère. Lorsqu’il a fallu me lever, j’ai finis par prendre la décision d’endosser le rôle de que Dean avait pour nous. Je me suis levée pour la volière, et en premier lieu, ai posé le sweat de Dean sur mes épaules. Gorgée de son aura, j’ai décidé que je resterais pour eux.

— FINI PARA MÌ —
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MessageSujet: Re: I'm the one you tell your fears to. — William   Dim 10 Mai 2015 - 19:58

Je ressens un léger stress alors qu'elle pose ses deux mains tremblantes de chaque côté de la boite, après quelques secondes d'hésitation. Je sais qu'elle se pose un tas de questions mais je ne lui en dis pas plus, la laissant elle même découvrir le contenu. Assis en tailleur, mes mains entre mes jambes, j'attends. Elle le défait de son couvercle et je sens d'ici l'odeur de Dean qui me retourne le cœur, comme à chaque fois. Et elle aussi. Je le vois à ses regards, je le vois à sa bouche qui se plisse. Elle le reconnaîtrait entre mille et un instant j'ai peur sa réaction. Elle pourrait me renvoyer chier en me disant que j'suis trop con de lui donner ça après tout ce qu'elle venait de me dire. Mais justement, pour moi, la logique semblait être présente. Elle a besoin d'un quelque chose à laquelle se raccrocher et c'est tout ce que je peux lui offrir pour le moment, le temps qu'elle puisse faire son deuil avec le plus d'apaisement possible.

Ma baguette s'agite et deux petites boules de lumières se suspendent au dessus de nous, flottant dans les airs. C'est en cette seconde que je perçois les larmes à ses yeux et que je sens mon cœur se crisper. Je ne sais pas encore si ça lui fait plus de bien que de mal mais lorsqu'elle serre le sweat contre elle après l'avoir touché, effleuré, je me dis que finalement... elle avait peut-être trouvé un point d'ancrage à ne pas lâcher prise. J'inspire une énième fois cette odeur qui flotte autour de nous, tout comme elle. Je ne sais pas à quoi elle pense, ni comment elle se sent, mais je n'ose pas briser cette magie qui l'enveloppe en cet instant. Je repense à Jude et à ses nombreux tee-shirt que j'ai pu récupérer et humer un nombre incalculable de fois, espérant qu'il apparaisse dans un coin de ma chambre. J'ai la sensation que Maxime est en cet instant, mon reflet, alors qu'elle s'accroche au vêtement.

« Merci. »

Je ne dis rien, il n'y a rien à dire de plus. J'esquisse simplement un léger sourire, timide et pudique, propre à l'instant. Elle ouvre de nouveau les yeux et je ne bouge toujours pas, mon regard planté dans le reste de la boite. J'ai pris soin de demander à Maman à ce qu'elle n'oublie rien et j'ai été satisfait de constater qu'effectivement, rien ne manquait. La photo est là, cornée, un peu abîmée mais je nous reconnais sans aucune difficulté. Maxime saisit une petite boite où elle peut y trouver les quelques grosses bagues de Dean, elle en essaie une et sans surprise, le bijou glisse le long de son doigts pour retomber dans le creux de sa main. Il a toujours eu des phalanges larges, Maxime possède des doigts de pianiste à côté des siens. Je suis son geste un à un, découvrant anisi le CD de Jeff Buckley que nous lui avions « dédicacé » nous même et où Spencer m'avait lancé de dessiner un pénis avec un petit mot à côté. Chose que j'ai bien évidemment fait. L'idée du cadeau était de Maxime, elle a toujours su avoir les bons choix pour ce genre de chose. Surtout le concernant, lui.

Elle semble replongée dans ses souvenirs alors que je la contemple en silence. Je la scrute, l'observe et me rend compte à quel point elle m'avait manquée. Je repense à tous ces souvenirs partagés, les bons comme les plus mauvais, la mort de Jude, les soirs où elle venait à la maison après s'être disputé avec son père et où je la délestais des quelques bleus qu'il lui provoquait. Je me souviens de nos courses en skate sur les bords de mer, en vélo ou même en courant. Nos douches ensemble... Ouais, avec le plus grand naturel possible, sans aucune once de pudeur. Elle sait qu'elle craint rien avec moi et inversement. C'était à coup de bataille de gel douche, de vêtement mouillé. A coup d'insouciance que nous avons perdu avec la mort de Dean. Puis la disparition de Maxime. Elle a toujours été le caractère fort du groupe, la femme inébranlable. Aujourd'hui, elle apparaît comme la jeune femme brisée, en miette et je la tiens entre mes paumes. Si elle est encore debout face à moi, c'est parce qu'elle possède une force que personne ne soupçonne. Ils ne savent pas à quel point il y a de quoi se foutre en l'air dans ces souvenirs, mais malgré ça, elle encaisse, toujours plus. S'effrite, rend les coups mais s'effrite tout de même. Peu importe le temps que cela me prendra, je la reconstruirais. Et je sais que Macy sera là pour m'aider sans que je ne lui dise quoi que ce soit.

Je reviens à Maxime qui me fixe après avoir vu la pile de carnet. J'acquiesce. Oui, tu peux y aller. Ils sont à toi. Pour toi. Je n'en ai pas lu une seule page par respect et parce que je préfère garder en moi, l'image du Dean silencieux. Maxime en a plus besoin que moi. Ils seront sa thérapies comme ils l'ont été pour lui, pour exorciser tout ça, toute cette merde qui le rongeait sans un bruit. Elle en ouvre un, je ferme les yeux comme pour lui laisser une intimité bien mérité même si j'suis conscients qu'elle ne restera pas longtemps ici, avec moi. Est-ce que j'ai le droit de dire que j'aimerais qu'elle passe la nuit, ici ? Comme avant. Comme lorsque tout allait bien.

J'entends les pages virevolter puis se fermer. J'ouvre de nouveau les yeux et plante mon regard dans le sien. Elle tient entre ses doigts la chaîne en argent de Dean comme si elle gardait entre ses paumes l'une des 7 merveilles du monde. Elle se met sur ses genoux alors qu'elle décroche la boucle du bijou, m'apprêtant à l'aider pour qu'elle puisse se la passer autour du cou... sauf, que c'est vers moi qu'elle tend ses bas, en douceur, glissant le métal sur mon cou avant d'en refermer la boucle. A aucun moment je n'ai bougé... tétanisé. Sentant la glace remplacer mon sang entre mes veines. J'me sens con, parce que j'ai envie de chialer de bonheur que de sentir ce truc autour de moi. Et surtout, parce qu'Elle me l'a donné. J'ouvre la bouche pour protester, j'peux pas accepter ça. C'est à elle.

« Fais-y attention. »

Je n'ai pas le temps de réagir. Pas le temps de parler. Pas le temps de respirer. Ses lèvres se scellent aux miennes avec une infime douceur que je ne lui ai que trop rarement connu. Je sens ses deux mains chaudes sur mes joues et mon cœur subir une embardé, comme un ado se faisant embrassé par sa petite amie. Sauf que ça n'est pas ce genre de sentiment qui affole mon myocarde, mais simplement le geste en lui même, de sa part à elle. L'instant, le moment, cette boite, la présence fantomatique de Dean. Cela forme un tout qui nous remue de l'intérieur. Ses lèvres sont douces et tout aussi chaudes que ses mains. Mais surtout, parce que ce geste n'a rien d'anodin. Cette chaîne est le bijou qu'il portait H-24 et qu'il n'enlevait sous aucun prétexte. Le recevoir de la main de Maxime me rend fébrile puisque je le vois comme une reprise de flambeau. Dean est mort. Spencer est mort. Je suis le seul à être encore présent pour Macy et Maxime.

Son front contre le mien, j'aimerais que cet instant dur toujours ou au moins le temps que tout ça redescende, que je prenne conscience de ce rôle que je me suis pourtant attribué le jour où j'ai été foutre ma gueule dans cette pensine.

« Merci, de ne pas m’avoir mentit, mais de n’avoir pas non plus forcé les choses. Et merci pour tout ça.
- Chut. Dis pas d'connerie. »

Elle se retire, referme la boite et garde le sweat sous son bras. Elle me lance un dernier regard et moi un dernier sourire, avant qu'elle ne quitte mon lit, se faufilant entre les rideaux. Et je reste planté là, comme un con. J'me sens à la fois vide et … vivant. J'effleure la chaîne du bout des doigts et esquisse un sourire. T'entends grand con ? Voilà ce que tu me lègue : deux folles hystériques à gérer, t'as pas honte ? Je lève les yeux au ciel. Spencer, il en va de même pour toi, vous êtes dégueulasses de m'avoir laisser seuls. Vous l'savez que c'est ingérable... Pourtant je vais le faire. Parce qu'elles sont les deux femmes de ma vie. De notre vie. Et que je n'ai pas envie que vous reveniez pour me casser la gueule pour ne pas les avoir suffisamment protéger.

Je garde toujours ce léger sourire en coin alors que je me défait de mes vêtements et que je me glisse sous les draps. Couché sur le côté, je garde entre mes doigts un morceau de chaîne et pour la première fois depuis des années, je prie pour Spencer et Dean, avec toute la sincérité dont je suis capable.

- FIN -
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