AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Anima Exhalare - Riley.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 2158
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Anima Exhalare - Riley.    Jeu 16 Avr 2015 - 22:12

 ► Anima Exhalare. ◄
Riley & Kezabel


Mardi 21 Janvier – Fin de soirée

Chaque pas est un supplice, chaque mouvement du corps me demande un effort incommensurable tant je tremble de partout. Je viens à peine de quitter le couloir où se trouve Maxime, William et Marcus et j'ai l'impression que j'ai mis une éternité pour le quitte, la main de Macy dans la mienne, son bras entourant mes hanches. Elle est là, présente par sa douceur et par ses mots tendres et qui se veut réconfortants. La vérité est que je suis entrain de vivre une explosion violente. Je suis entrain de me fracasser de l'intérieur au fur et à mesure que mon cerveau percute que tout ça n'était pas un cauchemar. La réalité. Celle où je n'ai rien dis, celle où il est revenu, celle où Maxime le détruit. Deux jours Kezabel. Sa voix résonne en écho, ma culpabilité enfle encore et encore, jusqu'à ce que je n'en puisse plus. Je l'ai laissé arpenter les couloirs, comme un être normal. J'ai laissé Marcus vivre sa vie, comme si de rien n'était. Je lui ai laissé la chance de recommencer avec une autre, ce qu'il avait déjà fait sur moi, de moi. Mes larmes ne se tarissent pas, mes tremblements non plus. A qui s'en est-il prit après moi ? Quels visages ais-je croisés avec un sourire alors qu'elle ou il venait de se faire agresser ?

Un vide se creuse, un trou béant, un précipice dans laquelle je menace de tomber. Et si Maman était là ? Si elle me regarde de là haut, son seul souhait doit être celui de me renier. Je n'avais jamais pris conscience à quel point le retour de Marcus pouvait me détruire, me réduire en une bouillie de peur, d'angoisse et de pathétisme. Regarde le résultat Kezabel. Regarde le. Je suis morte de trouille. A la seconde où il reprendra connaissance, il viendra. Me traquera. Peu importe les menaces de Maxime, peu importe si elle semble bien plus effrayante que nous pouvions le croire : Il reviendra. Avec ce même sourire dégueulasse. Ce même regard lubrique. Ces mêmes intentions.

- Allez. On y presque Keza, ça va aller t'inquiète pas.
- Non … Il reviendra. Il se fou de ce que Maxime lui fera... il va revenir.

Sa main se pose sur mes cheveux et je continue d'avancer, avec l'impression que mon corps se disloque à chaque pas. Il reviendra. Tel un serpent venant s'insinuer sous tes vêtements. La nausée me prend avec violence, je titube, Macy me rattrape. Je m'arrête, le souffle court, la panique me saisissant avec brutalité. Qui sait ce qu'il me fera subir avec la colère qui habitera son esprit.... Qui sait ce qu'il me fera pour se venger et assouvir son obsession.

Nausée. Violente. Brutale. Une main sur le ventre, je pousse Macy et fonce vers le mur, vomissant tout ce que j'ai mangé aujourd'hui. Les crampes de mon estomac sont  douloureuses et cambre mon corps entier en avant. Ma gorge se contracte et expulse tout repas ingurgité. Je vomis mon dégoût de moi même, ma culpabilité et mon horreur. Je sens deux mains fraîches saisir mes cheveux et les remontés afin que je ne me tâche pas alors que je m'appuie d'une main sur le mur tandis que de l'autre, je me maintiens le ventre.

- T'en fais pas, j'suis là, j'te tiens les cheveux.
- T'es... pas obligée.
- Oh t'inquiète j'ai l'habitude avec Maxime. Elle vomit souvent quand elle est bourrée.

Malgré la situation, je ne peux m'empêche de lâcher un sourire mêlé d'un rire qui ressemble plus à un gargouillis qu'autre chose. Avant que mon cerveau ne me remette en pleine face les flashs d'une Maxime qui tabasse Marcus. D'un Marcus salissant ma peau. Je tousse, pleurant autant de douleur que de mal être. Macy me tend un morceau de tissu blanc que je saisis d'une main fébrile et tremblante, essuyant les coins de ma bouche. Je reprends mon souffle un instant sentant ses doigts dans mon dos. Je tremble de plus belle et reprend le chemin de la salle des Serpentard. Et plus j'approche, plus l'angoisse se décuple. Faire face à Riley ? Mes larmes ne roulent plus sur mes joues mais mes yeux restent humides, et je me demande comment je vais me débrouiller pour parler. Lui parler. Me confier. Avouer. Avouer que... j'ai mis indirectement en danger sa propre sœur. J'ai laissé Marcus en liberté, croisant le chemin de Charleen tous les jours, dans la salle commune de notre maison. Comment ais-je … pu faire ça.

Je donnerais n'importe quoi pour sentir les mains brûlantes de Maxime sur mes épaules et pour que son regard accapare le miens, qu'il me sermonne encore de ses yeux bleus limpides, qu'il me ressaisisse. Bouge toi. Avance.

Deux jours.

Oui, deux. Deux pour me présenter face à un adulte. Deux pour lui expliquer à quel point je suis lâche, pathétique et que je suis sûrement responsable d'actes pervers et sexuels pour ne pas avoir dénoncer le coupable. L'envie de disparaître se fait plus forte, plus intense, plus violente. Je ne peux pas me présenter face à Riley comme ça. Pas avec ça sur la conscience.
Pourtant... c'est la personne dont j'ai le plus besoin en cette seconde. Égoïstement, certes. Mais elle se trouve être ce Phare guidant mes pas lors des jours sombres. Et aujourd'hui, est un jour apocalyptique. J'ai besoin de toi... Plus que jamais. Pourtant, je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie de croiser ton regard, alors que mon corps est alourdis par la culpabilité et le dégoût.

A chaque recoins j'ai la sensation que Marcus débarquera. A chaque bruit dans les couloirs, je sursaute, le cœur battant comme un fou de le voir débouler, hurlant de rage, point en avant. Pourtant, ça n'arrive pas.  

J'entends la voix de Macy prononcer le mot de passe de leur salle commune, mon estomac se crispe et un instant, je me demande si je ne vais pas de nouveau vomir sur le pavé. Au lieu de ça, j'entre, les dents serrés. Ne pas pleurer. Ne plus pleurer. Macy entre la première, sa main dans la mienne et me dirige comme si j'étais une enfant de dix ans, incapable de réussir à marcher seule. Mon regard humide jette un œil à la salle commune à moitié vide. Il doit y avoir en tout et pour tout, 5 personnes.

Elle me dirige vers le dortoir et je bloque.

- J'peux... j'peux pas.
- Hey. Keza regarde moi. Ça va aller. Tout va mieux aller maintenant.
- Laisse pas Charleen seule.

Mes mots fusent. S'il te plait Macy, débrouille toi pour qu'elle ne soit pas seule au moins jusqu'à demain. Pas avec lui encore dans ces putains de couloir. J'ai envie d'hurler, j'ai envie de me griffer la peau. J'ai envie de cracher tout ça, une bonne fois pour toute. Elle comprend, acquiesce en me posant une main sur son bras. Son regard tente de me rassurer et ce n'est qu'en cette seconde que je remarque à quel point ses yeux sont magnifiques.
Mon corps tremble plus fort, comme une feuille. Je suis débraillée, les cheveux défaits, mes mains triturant mes doigts alors que je me mors violemment la lèvre. Elle entre avec délicatesse et cherche du regard Riley, qu'elle trouve sur son lit, un bouquin près d'elle.

- Riley? Je crois que... qu'elle a besoin de toi.

Ma meilleure amie lève les yeux vers nous, nos regards se rencontrent.

Tous ces mots que nous n'avons jamais pu dire s'échangèrent dans le silence par les regards de nos deux êtres fissurés.
©Eths - Anima Exhalare

A la seconde même où son regard émeraude rencontre le mien, quelque chose se fissure, éclate, se brise. Un truc, un quelque chose se forme en un seul instant. Elle sait, elle sent. L'inquiétude traverse son regard d'un éclaire alors que son corps se redresse. Je secoue la tête lentement, les larmes me trahissent déjà alors qu'elles roulent sur mes joues et s'écrasent au sol. J'ai une boule dans la gorge, une boule à l'estomac. J'ai honte de la regarder en face, comme ça, droit dans les yeux. Mes jambes menacent de se dérober sous mon poids.

J'ai besoin de toi, Riley. Je sais plus où je suis, qui je suis, ce que je dois faire. Je ne sais même plus si mon corps m'appartient alors qu'il n'a pas eu le temps de se l'approprier pleinement. Je ne sais même plus ce que je dois faire, ce que je dois penser. Leurs voix s'élèvent et je n'entends rien, un acouphène entourant ma personne, mon ouïe. Je n'entends qu'un fond sonore, étouffé et je ne lâche pas Riley des yeux, complètement .. paumée et brisée.

Mes doigts se crispent plus fort, mon cœur cogne avec plus de violence.

- Elle... t'expliquera tout ça. Je dois envoyer un patronus à Maxime mais... enfin... la laisse pas sortir d'ici, c'est tout.

Je crois qu'elle s'éloigne en douceur, me posant une main sur l'épaule. Je menace de tomber tête la première et de nouveau, je secoue la tête lentement. Je suis désolée. Si tu savais comme je suis désolée Riley. Et son regard qui ne comprend rien, qui menace d'exploser d'inquiétude.

L'insecte qui pullule, grignoteur de cellules, engraissé par l'abus, menaçant de mille somations, te dévora.
©Eths - Anima Exhalare

Et cette angoisse latente d'être détruite. Cette angoisse à ce qu'il me retrouve et se charge de Maxime. Et un tas d'autres choses qui soulèvent en moi une vague destructrice et dévastatrice. Ma main se glisse dans mes cheveux alors que mon regard se fait hagard et qu'une goutte de sang perle sur ma lèvre inférieur à force de trop la morde. Les images, toujours les mêmes, se bousculent. Me fracassent. Mes yeux glissent sur le sol, le lit et retrouvent de nouveau les siens. Et c'est terminé.

- Je... j'suis désolée. J'suis vraiment désolée.

Ma voix se brise en un sanglot profond et douloureux alors que ma souffrance coupable se répand comme un poison dans mes veines. Mes jambes menacent de se dérober et je pose une main sur l'un des piliers du lit pour me maintenir debout, du mieux que je le peux, au comble du pathétisme. Puis je me laisse tomber sur le bord du matelas une main sur mon visage, les sanglots entravant ma gorge.

Je voudrais tellement disparaître.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7905
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Anima Exhalare - Riley.    Ven 17 Avr 2015 - 20:04

Mercredi 21 Janvier 2015 – Fin de journée
Anima Exhalare



Kezabel & Riley

T’as merdé ma fille, t’as merdé sévère. Ça fait presque une semaine et pourtant ça tourne un peu en boucle dans ma tête. Ma réaction était … totalement stupide et hors propos, irrespectueuse même. Je sais que Maxime n’a pas l’air de s’en formaliser plus que ça, elle passe son temps à faire chier Mateo pour se venger, mais ça n’est pas parce que je me suis excusée que je le vis bien pour autant. Je culpabilise, et je m’en veux. Passe à autre chose, c’est pas la mort. Non ça n’est pas la mort, certes, et tout ça c’était du flan mais il n’empêche que même si ses sentiments n’étaient pas réels elle a quand même ressentis la douleur et surtout, je l’ai envoyé directement contre un de ses amis, son « frère » ? Et tout ça pour quoi ? Pour ma petite vengeance personnelle. Ça n’est pas moi, ça ne me ressemble pas, et ça ne m’empêche pas de dormir mais je sais une chose : Si Mateo s’était servi de Kezabel de cette façon je l’aurai pulvérisé. Pourtant rien. Pas un mot, pas un regard ou presque.

Aucun contact. Ou presque. Disons, par la force des choses puisqu’en vivant dans le même endroit c’est difficile de ne pas se croiser. Il a l’air épuisé, Maxime ne lui laisse pas un seul instant de repos visiblement et si je pensais réagir en jubilant totalement ça n’est pas du tout le cas. Ça n’a rien à voir avec moi, s’il mange autant c’est uniquement de sa faute, mais ça ne veut pas dire que ça me fait exalter de le voir dans cet état. Ça ne me fait pas non plus exalter de me dire qu’il me déteste, même si je devrais m’en foutre royalement seulement ça n’est pas le cas. Je ne m’en fous pas. Et je pense un peu trop souvent à lui. En temps normal ça m’énerverait, le truc c’est que j’ai l’impression que ça me déprime plus qu’autre chose, et inutile de dire que ça ne me plait pas. Pas du tout.

« Mlle Jenkins, vous êtes avec nous ? »

Sursaut. Mateo sort de mes pensées brutalement et le visage de la Prof me ramène sur terre.

« Oui … Oui, pardon. »

Pas d’insolence, juste de la résignation, un ton las, un soupir et je baisse les yeux pour les river à nouveau sur mon livre. Si je commence à perdre ma concentration pendant les cours ça ne va pas le faire, surtout pas à cause d’un garçon. Ce matin j’avais tellement la tête ailleurs que j’ai failli tomber de mon balai en plein vol et ça non plus ça ne va pas du tout. Il faut que je me ressaisisse, que je tire un trait sur tout ça, que j’arrête d’y penser. A lui. Au reste.
Croiser Cameron en compagnie de Kyle dans un couloir aide dans le processus, ça il n’y a pas à dire. Toujours pas de nouvelles, ni de Enzo ni de son frère. Sans trop savoir pourquoi ça me donne envie d’écrire à mes parents alors c’est ce que je fais. Je remonte m’enfermé dans le dortoir et me pose sur mon lit, laisse la plume glisser sur le parchemin. Une lettre pour Maman et Peter, une pour Papa, une autre pour mes Grands-parents de chaque côté. En cet instant je me surprends à ressentir l’envie d’être ailleurs, d’être avec eux, dans ce cocon sécuritaire qu’est la famille quand on lui laisse sa chance. Ils me manquent, et si je ne parle pas de certaines choses je crois que ça n’est pas l’envie qui m’en manque pourtant. Peut être que je pourrais m’assoir dans la cuisine avec Maman, peut être qu’on pourrait boire un thé ou n’importe quoi d’autre toutes les deux et discuter. Maman, ta petite fille va avoir 20 ans dans quelques mois et elle est un peu perdue. Elle a besoin de toi je crois.

Pause du midi. Je retrouve Kezabel et mon sourire par la même occasion. L’espace d’une heure j’oublie un peu tout ce qui me prend la tête même si croiser le regard de Mateo me colle un frisson le long de la colonne et une boule dans la gorge. Stop. Dégage. Un peu de temps passé avec Charleen, on s’entraine, je l’aide pour un de ses devoirs, on se remémore les vacances, on rigole, on s’amuse, c’est un très bon moment. Lukas se joint à nous. Finalement je l’aurai mon après midi en famille et ça fait du bien.

En fin de journée je finis par m’installer dans un des canapés de la Salle Commune, en biais, les jambes étendues dessus et mon bouquin d’arithmancie dans les mains, une plume dans les cheveux pour les tenir, comme d’habitude. Je suis concentrée, comme toujours ou presque quand je bosse, mais une ombre vient me sortir de ma bulle quand une personne s’assoie sur le dossier juste au dessus de moi et que sa main me frôle la tête. Heureusement pour moi j’ai de bon réflexe alors je l’évite mais …

« Oops pardon je ne t’avais pas vu, désolée Riley ! »

Grand sourire ultra bright, magnifique cheveux brun, des yeux à faire pâlir, un accent latin prononcé … Ma grande copine, évidemment. Daniela Alvarez. Pour être honnête elle m’était totalement sortie de la tête mais je l’admets, je serre un peu les dents alors qu’elle se met à rire comme une dinde.

« Pas grave. »

Restons poli. Elle se retourne et s’installe un peu plus loin, je me remets dans ma lecture mais elle et sa copine parlent trop fort, ou alors je fais trop attention j’en sais rien mais …

« Alors, c’est pour quand le mariage avec le beau Latino ? »
« Ne me parle pas de lui. »
« Roh aller, j’suis sure que c’était uniquement pour t’incendier un peu plus, faire monter la pression, et la prochaine fois il te fera grimper au plafond. »
« Il m’a laissé en plan. Il m’a allumé et il m’a laissé en plan. On ne me laisse pas en plan de cette façon. »

Riley, tu t’en fous … Laisse tomber. Tu te concentres sur ton boulot, tes cours, et c’est tout. Seulement voilà, c’est plus fort que moi, et je relève la tête et les regarde, attentive. Incompréhension, surprise, intérêt non assumé, …

« Non mais tu le crois ça ? »

Et là je me rends compte qu’elle est tournée vers moi, ses yeux dorés plantés dans les miens. Est-ce qu’elle me parle ou … ?

« Hum ? »
« Il est là à faire son beau, son charmeur, et quand ça devient « sérieux » il disparait. »
« Comment ça ? »
« Tu sais … J’étais avec ce gars l’autre soir, ça se passait bien, on a commencé à … voilà, et pouf il est parti, comme ça. »
« Tu parles de qui ? »
« Mateo Vargas, tu vois qui c’est ? »
« Vite fait. »

Je le savais, j’avais compris que c’était de lui qu’elle parlait ou en tout cas je faisais le raccourci dans ma tête mais quand j’entends son nom je ressens un truc étrange, un truc qui me bloque, comme une boule dans la gorge et surtout à nouveau de l’incompréhension. Pourquoi ? Pourquoi est ce qu’il a fait ça ? Ça n’est pas logique, ça n’a pas de sens, pas quand on voit cette fille qui en temps normal me sort par les yeux. Alors je reste là, le regard dans le vague et la bouche entrouverte quelques secondes jusqu’à ce que je me rende compte qu’elle a l’air d’attendre une réaction de ma part ou je ne sais trop quoi. T’es sérieuse là ? Visiblement oui, et moi je nage en plein délire devant l’absurdité de cette situation. Quelles étaient les probabilités pour que ça se produise, sérieusement ? Quelles étaient les probabilités pour que je me retrouve mêlée à une conversation sur les … ébats – ou pas d’ailleurs – de Daniela et Mateo ? C’est quoi ces conneries putain ?! Oui, intérieurement je m’énerve mais je n’en montre rien. Je me racle la gorge et me redresse un peu, irritée, agacée, mais je lui réponds pourtant tout en haussant les épaules.

« Peut être que Camille a raison, peut être qu’il cherche juste à te … te rendre folle, dans le bon sens du terme. Peut être que c'est juste un jeu sensé se jouer à deux. »

Je n’admettrais pas que ça me procure une sensation de chaleur dans le corps, et pas une chaleur agréable. Je n’admettrais pas que l’idée que ça puisse être la vérité me fait battre le cœur bien plus rapidement qu’il ne devrait le faire. J’ai pas envie de passer la soirée à les écouter, pas envie d’imaginer Mateo entrain de poser ses mains sur elle comme il a pu les poser sur moi, pas envie de …

« Faut que je révise, j’ai un devoir sur table demain matin. »

Mon livre claque, sans m’en rendre compte je suis déjà debout et sans un regard de plus je m’engouffre dans les escaliers, direction mon dortoir.

~*~

Sors de ma tête. Toi et tes conneries. Toi et tes … Sors de ma tête, c’est tout. Allongée sur le ventre, sur mon lit, Monkey pas loin de moi et mon bouquin sous les yeux. Concentrée, un peu, même si cette … Je ne sais même pas si on peut appeler ça une conversation en réalité. Ce truc avec Daniela m’a passablement énervée. Pourquoi ? Pourquoi tu me parles au juste ? Et de lui en plus. Mais je m’en fous putain ! Je m’en fous, d’accord ? Je m’en fous. De ce que tu fais avec lui ou un autre. De ce qu’il fait avec toi ou une autre. Je m’en fous. Je ne veux pas en entendre parler. Point barre. Peu importe ce qui s’est passé, c’est terminé.

« Riley? Je crois que... qu'elle a besoin de toi. »

Une petite voix me sort de ma torpeur, de mes réflexions, de ma fausse concentration et je la reconnais comme étant celle de Macy. Mon alter-égo niveau pile électrique, en blond, et rose, d’après certains. Lentement je relève la tête et … Mon cœur s’arrête, littéralement, et le temps semble se figer totalement. Ce que je vois me bloque dans un premier temps, ce que je vois c’est ma meilleure amie, des larmes roulant sur ses joues déjà trop rougit, du désespoir, de la peur, pleins d’émotions contradictoires dans les yeux, et Macy qui la soutient. Mon cœur repart, il fait une incroyable embardé et me semble passer de zéro à cent pulsations/minute en une seconde. Instinctivement je me redresse, j’ai l’impression que mes gestes se font au ralenti mais à aucun moment mon regard ne lâche celui de mon amie jusqu’à ce qu’elle baisse la tête comme si elle était incapable de me regarder alors mes yeux trouvent un nouveau point d’ancrage dans les yeux de l’autre jeune femme alors que je me lève et m’appuie sur un des piliers de mon lit. J’ai l’impression qu’elle va s’écrouler d’un instant à l’autre et la peur m’envahit des pieds à l’a tête, l’adrénaline aussi …

« Qu’est ce qui se passe ? »
« Elle... t'expliquera tout ça. Je dois envoyer un patronus à Maxime mais... enfin... la laisse pas sortir d'ici, c'est tout. »

Patronus. Maxime. Tout se mélange mais ça n’a pas la moindre importance, rien d’autre n’a d’importance que ma meilleure amie qui me semble prostrée, brisée, prête à se craqueler en un milliard de petits morceaux … Qui ? Qui a fait ça ? Qui t’a mis dans cet état là ? De l’angoisse nait la colère, l’incompréhension est comme un parasite qui se nourrit de la moindre émotion et la transforme, l’amplifie. Je tremble. Instant de clarté, mes yeux se posent à nouveau dans ceux de la petite blonde qui s’éloigne …

« Merci Macy. »

… puis disparait. Oui, merci Macy. Merci d’avoir été là quand ça n’était pas mon cas. Culpabilité ? Non, c’est hors propos. Merci, c’est tout. L’inquiétude revient, comme une vague violente qui s’écrase sur la jeté, sur les rochers, à m’en faire mal au cœur tellement il se serre et bat à cent à l’heure. Mon corps tout entier hurle de la voir dans cet état et déjà les pires scénarii se forment dans mon esprit à l’imagination trop fertile.

« Je... j'suis désolée. J'suis vraiment désolée. »

A partir de là tout s’accélère, et tandis qu’elle s’écroule sur le bord de mon matelas j’en fais le tour d’un pas plus que rapide et m’assoie à côté d’elle pour la prendre avec sans doute un peu trop de vigueur dans mes bras. Une de mes mains se pose sur ses cheveux et les caresses, je commence à la bercer de manière instinctive tandis qu’elle se vide de toutes les larmes de son corps. Elle est dans un état lamentable, des pieds jusqu’à la tête, de la tête jusqu’au cœur. Brisée. Et mon myocarde s’active de plus en plus. J’ai peur de lui faire mal mais je ne peux pas m’empêcher de la serrer contre moi de toute mes forces, comme si j’avais peur qu’elle disparaisse, comme si j’avais peur qu’elle se volatilise …

« Qu’est ce qui se passe Keza ? Qu’est ce qu’il y a ? »

Mais rien. Aucun mot ne sort de sa bouche, simplement des sanglots étouffés et des râles imperceptibles. Elle explose, elle implose, et sans le vouloir son silence nourrit mon angoisse. Quelqu’un entre, bloque, reçoit un regard noir de ma part et fait demi tour immédiatement mais par mesure de précaution je me mets à genoux sur mon matelas et passe mes bras autour de Kezabel pour la ramener contre moi. L’instant d’après les rideaux se mettent en place, nous coupant ainsi du monde extérieur. Encore un sort pour bloquer le son et toute mon attention se reporte totalement sur elle.

« Viens là, viens là. Chut. Tout va bien. J’suis là. T’es en sécurité ici. »

J’ai les yeux braqué sur le vide, avec cette impression de ne plus rien voir d’autre que des flash indistincts que nourrissent encore une fois mon imagination et ça ne me plait pas. Je dois savoir, maintenant, mais je ne veux pas la brusquer non plus, surtout pas. Patience, patience … C’est beaucoup me demander quand on connait mon caractère mais pour elle je suis prête à tout encaisser, absolument tout, y compris ce besoin viscéral de savoir, de comprendre … Alors je lui laisse le temps, je la laisse évacuer ce trop plein qui semble totalement la détruire, tout en ayant peur de l’état dans laquelle je vais la retrouver après ça. J’attends … J’attends de nombreuses secondes, des minutes peut être, une éternité pour moi quoi qu’il en soit mais je ne tiens plus alors dès l’instant où j’ai l’impression de sentir son corps se calmer un peu, je la redresse en douceur et attrape son visage entre mes mains. Tout doucement … Voilà, tout doucement … Je te promets que tu es en sécurité. Je te le promets.

« Regarde-moi. »

Encore une fois je lui laisse le temps, le temps de retrouver ses esprits, le temps de faire un peu de tri dans sa tête, de se calmer, de sécher ses larmes, peu importe. Du temps, juste du temps, même si plus il passe plus je deviens folle. Pourtant rien ne transparait si ce n’est de l’inquiétude dans mes yeux et ma voix qui tremble. Je dois … savoir.

« Parle-moi s’il te plait. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2158
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Anima Exhalare - Riley.    Sam 25 Avr 2015 - 18:59

Les sanglots sont profonds et douloureux au point de m'y perdre quelques secondes. Comme si je n'étais plus ici dans cette chambre, comme si je n'étais plus dans une réalité un peu trop lourde à porter. Comment pourrais-je être plaint après ma faute commise ? Je ne suis pas le genre de personne à me morfondre et à venir pleurer dans les chaumières pour attirer l'attention de l'autre, loin de là. Je suis plus le type de personne à garder les choses pour soit, à y faire face et surtout, à tout relativiser. Sauf que cette fois, c'est tout simplement trop. Trop de questions, trop de cauchemars, trop de pression, trop de peur entre Marcus qui revient à la charge et la disparition d'Enzo dont on a toujours pas de nouvelles. Je sais qu'il y a son frère mais aussi horrible que cela puisse paraître, je suis moins touchée malgré le fait que je trouve la situation absolument horrible... Mais Enzo c'est... Les sanglots redoublent. Tu ne peux pas mourir. Tu n'en as pas le droit. Je le refuse. Et ma rage se décuple. Ma rage contre moi même, ma rage contre ceux qui l'ont enlevés. Ma rage contre les Supérieurs venus à Noël pour tout détruire de nouveau. J'ai la sensation d'être une brèche, une plaie à vif où le moindre effleurement accentue cette douleur qui ne me quitte pas. Et c'est comme si je ne m'en sortirais jamais.

Puis je sens ses bras m'entourer et ce corps me plaquer contre lui avec une vivacité qui me surprend d'abord une seconde, jusqu'à ce que je revienne à moi et que je prenne conscience que la seule personne pouvant se permettre ce geste, est Riley. Elle me serre plus fort et un nœud en moi se défait, lâchant un nouveau flot de sanglot de la sentir ainsi près de moi, comme une coquille qui m'enveloppe et qui fera en sorte que cette fois, rien ne m'atteigne.

« Qu’est ce qui se passe Keza ? Qu’est ce qu’il y a ? »

Je ne peu pas. Je ne peux pas lui dire, lui avouer. La honte reste présente alors que ma main empoigne son tissu, mon visage sur son torse. J'explose littéralement entre ses bras alors que les images surviennent, s'interposent et me fracturent de part en part. Comme si je n'étais qu'un vulgaire miroir tombé face contre terre au sol et dont les morceaux m'écorchaient un peu plus. Je donnerais n'importe quoi pour avoir maman près de moi mais sa seule pensée suffit pour décupler les larmes qui m'étreignent la gorge. Alors je me serre plus fort contre le corps de Riley, comme une protection, comme si je n'étais qu'un sans peau, sans protection, cherchant au creux de ses bras un réconfort qui pourrait enfin apaisé cette douleur insoutenable au centre de ma poitrine. Mon souffle court cherche l'air. Puis le corps de Riley disparaît.

Non. Reste. Je t'en prie. J'ai besoin de toi, besoin de ta présence, besoin de ta chaleur.

Je me retrouve vide, sans attache et sans accroche mais tout cela ne dure qu'une seconde puisque je sens ses bras s'enrouler de nouveau autour de moi, me forçant ainsi à me mettre sur le côté, tête contre son cœur dont les battements m'apportent un port d'attache pour ne pas sombrer dans la folie.

« Viens là, viens là. Chut. Tout va bien. J’suis là. T’es en sécurité ici. »

Vraiment ? Crois-tu que ce malade mentale s'arrêtera à une simple barrière qu'est un tableau ? Un rideau ? Un corps ? Non. Il est mauvais comme la gale, il est détraqué avec des désirs et des besoins malsains. Et moi ? Je n'ai rien dis. Tout en ayant conscience de tout ça, je l'ai laissé vogué, flirtant avec la vie comme un homme qui n'avait jamais rien fait. J'ose espérer que l'intervention d'Alec lui a suffit pour calmer ses ardeurs durant tout ce temps que sa manifestation auprès de moi n'est que la première depuis Juillet. Et si ça n'était pas le cas. Non. Je ferme les yeux plus fort, sans que les sanglots ne réussissent à se tarir malgré mon corps qui semble se détendre au contact de Riley.

Riley Sarah Jenkins. Comment ais-je pu te détester et t'aborder avec autant de préjugés ? Lorsque c'est toi aujourd'hui, qui m'apporte cet équilibre qui me manquait depuis la mort de maman. Lorsque c'est toi qui, aujourd'hui, éclaire un peu plus mes pas et ma vie alors que j'étais paumée dans ces dédales sombres. Je ne ressens rien pour elle qui ressemblerait à de l'amour véritable, pas celle que l'on ressent dans un couple. Non c'est différent et pour moi, plus puissant. Quelque chose d'une nature véritable, comme une âme sœur. C'est tellement naturel et d'une évidence certaine qu'encore aujourd'hui, je m'émerveille de voir à quel point nous sommes devenues proches en si peu de temps. Je pourrais lui confier ma vie ou même celle d'Adam sans aucuns doutes, sans aucune peur. Je lui porte une confiance aveugle. Elle est cette bouffée d'oxygène que peu de personnes ont la chance de connaître durant cette courte vie...

Et c'est bien pour ça qu'en cet instant, je suis terrifiée à l'idée de devoir lui dire ce qu'il se passe. En soi, je n'ai commis aucun meurtre mais de laisser Marcus libre, risquant ainsi à ce qu'il s'en prenne à Charleen et à Elle est pour moi, semblable à une trahison. C'est en cette seconde que je prend conscience que si Riley me lâche, je tomberais avec l'incroyable impression de ne plus pouvoir me relever. Et Maxime, dans tout ça ? Elle qui vient de prendre un risque inconsidérable à ce qu'il vienne se venger auprès d'elle, ou auprès de Macy s'il se rend compte du lien qui les unissent.

Deux jours

Il va être tout simplement temps que tu arrêtes de fuir et que tu fasses front.

Et durant tout ce temps de réflexion, je me fixe sur les battements de son cœur, y cherchant un moyen de réconfort et d'apaisement.

Boum-Boum.

Respire.

Boum-Boum.

Calme toi et inspire.

Boum-Boum.

Je sens ses deux mains me relever le visage et je sais qu'il va être temps que je lui parles, que j'arrête de la laisser dans cette inquiétude qui lui tire les traits. Ses paumes sont chaudes et me provoquent une furtive sensation de bien être alors que je tremble de froid. Ou peut-être est-ce tout simplement les nerfs qui lâchent, qui s'effritent. Je ne m'étais pas rendu compte que mes sanglots s'étaient calmés et que mes larmes n'étaient que perles silencieuses sur mes joues, inondant par la même occasion le haut de Riley.

« Regarde-moi. »

Regarde là. Assume et finissons-en. Je suis a genoux désormais face à elle et mes yeux se lèvent pour se planter dans son regard émeraude que j'ai toujours trouvé magnifique, traversés par de multiples sensations qui rend Riley très … vraie. Naturelle.
Je respire lentement, souffle tremblant alors que je sèche mes joues avec ma manche, plongeant la main dans ma poche pour en sortir un mouchoir dans laquelle je me mouche en silence. Ce sont comme qui dirait les côtés moins glamour d'une tragédie.

« Parle-moi s’il te plait. »

Sa voix tremble, son regard et gorgé d'inquiétude parce que je suis là, en face d'elle, complètement brisé, les yeux probablement rougis par les larmes et le visage pâle comme la mort. Je la connais par cœur, son esprit est hyperactif et le temps que je me calme, un tas de scénarios a dû se former dans sa tête, un tas d'horreur. Et j'aurai réagis pareil de mon côté. Il serait temps que je parles, que je l'ouvre et que je crache ce qu'il se passe et s'est passé. Mais rien que l'idée de devoir évoquer ces images qui me hantent à nouveau, me colle un frisson dans le creux du dos.

Je baisse le regard, mes yeux s'égarant sur les genoux de Riley, sur la pliure de sa couette, puis sur ses mains. Je ne sais pas par où commencer alors que je réprime un nouveau frisson, les sourcils froncés. Je chasse une larme de ma joue d'un geste tremblant de la main avant de tousser dans le creux du poing.

- Je... J'suis désolée pour tout ça.

Cette fois je la regarde, lèvres pincées. Arrête de faire durer le suspens et passe aux aveux.

- Il faut que je te parles de quelque chose. Mes doigts se triturent entre eux, toujours aussi tremblant alors qu'une boule dans le fond de mon estomac ne cesse de grossir. J'ai pas réussi à t'en parler avant et j'suis désolée.

Je me demande en cet instant si je vais de nouveau vomir. Je réajuste une mèche de cheveux derrière mon oreille et prend une faible inspiration, les yeux dans le vague, dirigé vers ma droite, me fixant sur le bois du lit où j'y trouve une légère fissure. J'ai l'impression que le matelas va s'ouvrir sous mon corps et que je vais me faire engloutir dans la seconde. Je me sens lourde, a vif et surtout, fracturée.

- J'ai déjà eu une altercation avec un garçon de ma maison, Marcus. Ma voix est éraillée mais je ne me démonte pas. Qu'on en finisse. En Juin, je crois. Je...

Je pousse un soupire tremblant avant de déballer le premier épisode. Celui avec Caem où j'étais tranquillement entrain de discuter avec lui, pour les cours, pour lui apporter une aide. Jusqu'à ce que Marcus débarque avec ses propos racistes envers Caem et tendancieux à mon égard. Ça a dégénérée, je n'ai pas réussi à la fermer et peut-être que si je l'avais fait, Caem n'aurait jamais été blessé par ce duel truqué, Marcus ne serait jamais revenu à la charge ce jour là... Plus je parles, plus les sensations divergent en moi. Entre angoisse, culpabilité et pointe de soulagement. Mon regard va de ses yeux au bois jusqu'à ce que je me fixe une bonne fois pour toute dans les siens. Je prends une inspiration et je fais bloc. Je n'ai pas envie d'entrecouper et hachurer le récit, les faits.

- Je l'ai recroisé, quelques temps après. Il m'a coincé dans une salle et à commencer à devenir trop entreprenant. Je n'ai pas réussi à me défendre et à le repousser suffisamment pour qu'il s'arrête. Marcus a commencé à s'en prendre à ma chemise, s'est amusé avec moi, ma peur et ma soumission lamentable.

Ma voix devient plus dure, plus crispée et tremblante. Je m'en veux, encore aujourd'hui, de ne pas avoir trouvé le courage nécessaire pour réussir à l'en empêcher.

- Je me suis débattue comme j'ai pu. Ca l'excitait encore plus, ses mains se sont aventurés sur... mon buste. Je frissonne en serrant les dents, fermant les yeux quelques secondes alors que les images arrivent par flash. Et Alec est arrivé. Tout s'est arrêté. Il lui a donné une correction assez... brutale, à la hauteur de ses actes j'imagine.

Je lâche un rire sec, mes doigts se crispant sur mes cuisses, griffant mon jean.

- Eh tu sais ce qui est le pire ? C'est... je détourne le regard. J'ai rien dis. Rien. T'entends ? Je n'ai même pas été foutue d'aller voir un prof, ou n'importe qui d'autre pour en parler.

Et cette fois les larmes reviennent alors que je repose mon regard sur elle, retenant tant bien que mal ce sanglot qui me bloque le creux de la gorge. Je me passe une main rageuse dans les cheveux, parce que la colère surgit, la culpabilité l'amplifie. Je la sens, là au creux de moi, prête à tout exploser à l'intérieur de ma tête. J'ai rien dis. Rien. Dis. Quedal. Pas un seul mot à qui que ce soit. Mon souffle s'écourte, la panique me submerge et les mêmes questions reviennent me gifler à tour de rôle.

- Et parce que je n'ai rien dis et parce que... j'ai été lâche, je … Il est revenu à la charge tout à l'heure, me bloquant dans un couloir. Voulant... finir ce que « nous » avions commencé la dernière fois. Il voulait finir. M'avoir. Me … posséder comme si j'étais qu'un putain morceau de viande.

Je me balance d'avant en arrière, en m'entourant de mes bras, mes larmes brûlantes glissants de nouveau sur mes joues.

- Maxime est arrivée, c'est partie en vrille. A cause de moi Riley. Tout ça... bordel. A cause de moi. Parce que j'ai rien dis et parce que j'suis lâche. Qui me dit qu'il n'a pas été recommencé ? Qui me dit qu'il n'a pas trouvé quelqu'un d'autre à l'heure qu'il est ? J'ai honte. Honte de moi. Honte de tout ça. Honte de devoir avoué qu'il m'a... touché. Par plaisir. Par... Merde.

Je secoue la tête et plonge mon visage dans ma main, ravalant mon sanglot, me frottant la joue avant de me mordre le poing avec force. Tout ça est trop lourd, trop grand, trop... grave. On ne parle pas d'un homme trop vulgaire dans ses propos, mais d'un homme capable d'être sûr de lui au point de trouver ça normal de se servir de votre corps, comme s'il se servait de bonbons dans un foutu bocal.

- J'suis désolée. Je te le jure.

Mots étouffés. Je chute encore, toujours dans ce même gouffre que je ne contrôle pas, le cœur serré et cognant trop fort, l'estomac à l'envers et toujours cette furieuse envie de disparaître quelque part, pour lâchement oublier.
Je suis désolée Riley. Désolée de n'avoir jamais rien dit. Ni à toi, ni à qui que ce soit.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7905
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Anima Exhalare - Riley.    Lun 27 Avr 2015 - 18:21

Est-ce qu’il existe pire sensation que découvrir une des personnes qu’on aime le plus dans un tel état ? Elle est blanche comme un linge, son corps tremble comme si un violent séisme le secouait, ses yeux sont rougit par trop de larmes et des sillons salés ont déjà creusés ses joues. Ça ne va pas. Ca ne va pas du tout. Et quand ça ne va pas pour elle, ça ne va pas pour moi non plus. J’ai le cœur qui bat à cent à l’heure, cette situation me terrorise autant qu’elle ne me frustre et me met en colère tandis que mon imagination prend dix fois trop de liberté. Qu’est ce qui s’est passé pour qu’elle soit dans cet état ? Qu’est ce qui s’est passé bordel ?! Je prends sur moi, énormément, mais je sens bien la réaction violente prendre possession de tout mon organisme. Impulsive, souvent hystérique c’est vrai, je ne peux pas réagir autrement mais pour elle je prends sur moi et puise dans ma patience, parce que la dernière chose dont elle a besoin c’est que je perde mon calme et pète un plomb. Alors on respire, et on attend. Laisse la retomber sur ses pattes, quand bien même elles ne la portent plus. Oui, ici tu es en sécurité, alors prends le temps dont tu as besoin …

Les secondes défilent comme des heures, les minutes me paraissent siècles … Inspire, expire. Elle baisse le regard et même si je meurs d’envie de lui soutenir le menton – en douceur – je la laisse gérer son propre corps et ses propres réactions. Elle a besoin de temps, besoin de se retrouver, qu’elle le prenne même si le temps qui passe dans le silence est entrain de me rendre dingue. Son langage corporel est éloquent, trop éloquent même, mais il me permet au moins de comprendre qu’elle s’apprête à lâcher prise et à parler. Je la regarde essuyer une larme sur sa joue et tousser dans son poings, ma main se pose instinctivement et le plus délicatement possible sur la sienne alors que je n’ai qu’une envie, qu’un réflexe que je réprime : serrer mes poings jusqu’à en faire blanchir les jointures.

« Je... J'suis désolée pour tout ça. »
« Chut. »

C’est plus fort que moi et tandis qu’elle relève les yeux vers moi j’essuie une autre de ses larmes d’un revers de main et replace une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Ne t’excuse pas. Je ne veux pas entendre d’excuse que tu n’as pas à formuler.

« Il faut que je te parles de quelque chose. »

Elle est nerveuse, très nerveuse, et c’est comme si elle avait honte … Encore une fois mon imagination fonctionne un peu trop et les battements de mon cœur accélèrent encore un peu. Je tente de rester calme et stoïque mais c’est clairement de plus en plus difficile. Quelqu’un s’en est pris à elle, c’est une évidence. Quelqu’un s’en est pris à ma meilleure amie …

« J'ai pas réussi à t'en parler avant et j'suis désolée. »

Cette fois c’est une enclume qui s’abat sur moi et me coupe le souffle l’espace de quelques secondes alors que j’ouvre la bouche et fronce les sourcils sans qu’aucun son ne m’échappe. Elle me parle de tout, en tout cas c’est ce que je croyais et je ne lui reproche pas de ne pas l’avoir fait mais je me dis que si ça n’est pas le cas c’est qu’il s’agit de quelque chose de grave, de très grave. Elle n’arrive même pas à me regarder dans les yeux …

« J'ai déjà eu une altercation avec un garçon de ma maison, Marcus. En Juin, je crois. Je... »

Nouvelle accélération du myocarde. Une altercation, avec un garçon, c’est suffisant pour enflammer à nouveau mon imagination déjà trop fertile et cette fois ce sont mes yeux qui se braquent dans le vide. Les mots sont comme des lames chauffées à blanc … Garde ton calme … Regarde la, laisse la capter ton regard et reste calme. Cette fois c’est mon propre corps qui est secoué par un séisme et je continue d’essayer de faire en sorte que ça ne se ressente pas mais je n’y crois pas vraiment. Ça n’est pas de ça dont elle a besoin, Riley, bien au contraire. Elle n’a pas besoin d’une nouvelle explosion …

« Je l'ai recroisé, quelques temps après. Il m'a coincé dans une salle et à commencer à devenir trop entreprenant. Je n'ai pas réussi à me défendre et à le repousser suffisamment pour qu'il s'arrête. Marcus a commencé à s'en prendre à ma chemise, s'est amusé avec moi, ma peur et ma soumission lamentable. »

Un coup de poignard à chaque aveux, et ma colère grandit, grandit, et encore et encore. Dans ma tête je visualise des faits que je ne verrais jamais. Culpabilité ? Non. En juin on ne se connaissait qu’à peine, voir pas du tout, alors je n’ai pas à regretter de n’avoir rien fait mais … Violence, violence, violence, je ne suis plus que violence. Je le sens, je le sais et intérieurement je réprime l’envie de hurler, de lui dire de se taire, de me lever et d’aller chercher cette ordure quand bien même je sais que ça serait une incroyable connerie. Elle n’a pas été en mesure de se défendre, je ne le serais pas plus. Je ne l’ai pas été dans les cachots, je ne l’ai pas été en juillet et si Derek n’avait pas été là je … Stop, ça n’est pas de moi dont il s’agit.

« Je me suis débattue comme j'ai pu. Ca l'excitait encore plus, ses mains se sont aventurés sur... mon buste. »

Cette fois c’est foutu, je n’y arrive plus. Je n’arrive plus à la regarder et une énorme boule se forme dans ma gorge, mélange de tout un tas d’émotions asphyxiantes, des émotions qui m’étouffent à mesure que de nouvelles images dansent devant mes yeux. Absurdes, mais trop réelles. Il l’a touché … Il l’a touché …

« Et Alec est arrivé. Tout s'est arrêté. Il lui a donné une correction assez... brutale, à la hauteur de ses actes j'imagine. »

Vague infime de soulagement. Tout s’est arrêté. Alec, un autre, une autre, aucune importance. Quelqu’un a été là et tout s’est arrêté. C’est tout ce que je retiens mais … Il l’a touché, et c’est déjà bien trop. Il n’aurait jamais du poser ses sales pattes sur elle. Jamais. Sauf que ça, c’était il y a quelques mois, et non pas aujourd’hui. Elle lâche un rire sec, je réprime une nouvelle envie de hurler.

« Eh tu sais ce qui est le pire ? C'est... J'ai rien dis. Rien. T'entends ? Je n'ai même pas été foutue d'aller voir un prof, ou n'importe qui d'autre pour en parler. »

Elle craque, cherche mon regard, mais je suis incapable de le lui donner. Il n’aurait rien de rassurant, d’apaisant et j’aimerai vraiment être capable d’empêcher ses larmes de couler à nouveau mais … Je ne peux pas. Je ne peux pas. Elle vide son sac. Qu’elle vide son sac. Vide ton sac s’il te plait …

« Et parce que je n'ai rien dis et parce que... j'ai été lâche, je … Il est revenu à la charge tout à l'heure, me bloquant dans un couloir. Voulant... finir ce que « nous » avions commencé la dernière fois. Il voulait finir. M'avoir. Me … posséder comme si j'étais qu'un putain morceau de viande. »

Cassures. Les dernières barricades s’effondrent. C’est elle qui souffre, pas toi ! Je ne souffre pas, ça n’est pas de la souffrance, c’est de la haine. De la haine envers la gente masculine, envers ce type d’hommes, et tout se mélange dans ma tête. Il n’y a selon moi pas pire façon de s’en prendre à une femme mais je suis entrain de perdre toute rationalité. Il l’a touché. Marcus. Poufsouffle. J’enregistre. Tu ne t’en sortiras pas comme ça.

« Maxime est arrivée, c'est partie en vrille. A cause de moi Riley. Tout ça... bordel. A cause de moi. Parce que j'ai rien dis et parce que j'suis lâche. Qui me dit qu'il n'a pas été recommencé ? Qui me dit qu'il n'a pas trouvé quelqu'un d'autre à l'heure qu'il est ? J'ai honte. Honte de moi. Honte de tout ça. Honte de devoir avoué qu'il m'a... touché. Par plaisir. Par... Merde. »

Maxime ? Alors cette fois c’est Maxime. Alec, puis Maxime. Heureusement que ces deux là ont été là, mais très égoïstement ça n’est pas au autres que je pense en cet instant. Oui, tu aurais du en parler, pour éviter que ça se reproduise, mais c’est comme ça et je ne jugerais pas. Personne n’a le droit de juger de ça, c’est elle qui a vécu ces horreurs, elle et personne d’autre. Elle a géré comme elle a pu, et si ce connard s’en est pris à d’autres alors ces autres ne se sont pas manifestés non plus. Un instant mes pensées s’égarent vers Charleen et je frissonne violemment des pieds à la tête.

« J'suis désolée. Je te le jure. »

Déclic. Réaction. Brutale, trop brutale. Je ne maitrise rien et ma main droite attrape son menton alors que je plonge mon regard dans le sien. Intense. Brulant.

« Hey, regarde-moi. Regarde-moi bien. Je t’interdis de t’excuser, c’est clair ? »

Sois douce, sois gentille, sois présente et apaisante. J’en suis incapable … J’en suis incapable putain ! Je ne suis pas capable d’être l’amie réconfortante, je ne suis rien qu’une boule de nerfs rongée par la colère. Ça n’est pas de ça dont elle a besoin, vraiment pas.

« Il n’y a qu’un seul et unique fautif dans cette histoire et c’est cette pourriture, lui et uniquement lui, et certainement pas toi. Toi, tu es une victime, d’accord ?! »

Si je n’étais pas assise, si les rideaux n’était pas tirés, si je n’avais pas encore un tout petit peu de contrôle sur moi-même, je serais déjà entrain de faire les cent pas dans le dortoir. Au lieu de ça je relâche son menton, serre les dents et passe ma main sur sa joue avec un peu plus de délicatesse, essuyant ses larmes au passage avant de lui caresser les cheveux une seconde pour finalement la lâcher totalement et détourner le regard.

« J’espère qu’elle lui a bien refait le portrait à cette ordure … »

Des mots prononcés plus pour moi-même qu’autre chose, des mots qui auraient du rester informulés, au stade de la pensée, mais encore une fois je n’ai pas su les retenir. Mains dans les cheveux, puis sur le visage. Inspiration. Un, deux, trois. Expiration. Je regarde le plafond sans le voir et baisse à nouveau la tête pour la regarder.

« Excuse-moi. »

Excuse-moi de ne pas être capable de rester stoïque face à tout ça. Aller, on respire, on se calme. Elle va bien, elle est en sécurité, cette ordure ne peut pas l’atteindre ici. Tout va bien. Non, tout ne va pas bien, parce qu’il a fait ce qu’il n’aurait jamais du faire et que ça me rend dingue de le savoir entre ses murs.
Quoi qu’il en soit les secondes passent et je reprends un semblant de contrôle sur mon corps alors ma main attrape la sienne et la garde précieusement. Mon regard se fait moins dur, je l’espère en tout cas.

« Ces types là savent comment s’y prendre pour tout t’enlever y compris ton libre arbitre. Tu n’es pas lâche, tu n’es pas faible, c’est juste un incroyable manipulateur qui n’en n’est probablement pas à son coup d’essai, d’accord ? »

Ma voix tremble, je le sens, mais le ton est beaucoup plus doux. Il en va de même pour mon langage corporel dans sa totalité, je pense. Plus avenante, plus calme, plus douce. Pression sur ses doigts, semblant de sourire, plus un rictus qu’autre chose.

« T’as rien à te reprocher, je t’interdis de le faire. »

Plus facile à dire qu’à faire, j’imagine. Je ne peux pas prétendre comprendre, même si j’ai pu croiser la route d’un de ces types deux fois dans ma vie parce que ça n’a pas été aussi … aussi …

« Kezabel, s’il a été plus loin … »

Est-ce qu’elle m’a tout dit ? Je m’en veux d’en douter même si ça n’est qu’une seule seconde mais … Non. Non, il n’a pas été plus loin, mais il a été trop loin quoi qu’il arrive. Jamais il n’aurait du poser la main sur elle, jamais il n’aurait du lui faire peur, jamais, jamais, jamais ! Jamais il n’aurait du abuser de sa stature de mâle pour lui faire subir tout ça. Jamais. Et parce que je sens que je repars en vrille mes bras l’attrapent et l’enroulent tout en la ramenant contre moi. Je la serre, peut être un peu fort, mais je ne veux pas la lâcher et entreprends sans réfléchir de la bercer.

« Ça va aller. Ça va aller, d’accord ? »

Comment est ce que je peux le savoir ? Comment est ce que je peux savoir que ça va aller ? J’en sais rien. J’en sais absolument rien ! Je ne sais pas comment elle va pouvoir passer au dessus de ça, vivre avec encore une fois, le digérer, ne pas perdre toute sa confiance alors que c’est déjà la troisième fois qu’il s’en prend à elle.

« Tu vas rester ici, autant de temps que tu veux, et je vais rester avec toi d’accord ? »

Et cette fois c’est un baiser que je dépose dans ses cheveux sans y réfléchir une seconde alors que mes yeux se ferment, comme si ça pouvait me couper de cette réalité dans l’optique de récupérer un semblant supplémentaire de calme et de maitrise.

« Et puis quand tu te sentiras prête tu iras en parler à quelqu’un, et si tu ne te sens pas d’attaque pour le faire alors j’irai à ta place. Ou on ira toutes les deux. Il y a des témoins, il ne s’en sortira pas comme ça. On va se débarrasser de lui et il ne posera plus jamais la main sur toi je te le promets. Ni sur personne d’autre. »

Sinon sa main, je la lui casse moi-même, os par os et très lentement.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2158
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Anima Exhalare - Riley.    Mar 5 Mai 2015 - 10:28

J'ai cette boule dans la gorge qui me donne la sensation de ne plus réussir à respirer correctement. Le matelas semble s'ouvrir sous mes genoux alors que mon monologue est enfin terminé. Je tente de reprendre mon souffle, tente de reprendre une respiration normale mais n'y arrive pas. Je ne peux pas. J'attends les mots de Riley comme un condamné attend la mort. Parce qu'elle aurait toutes les raisons de m'en vouloir. A la seconde où je lui ai dis explicitement que Marcus m'avait... touché, avec une intention plus poussée et plus malsaine au fond du cerveau, je sais qu'elle a dû comprendre que mon silence a pu le pousser à s'en prendre à d'autres que moi. Mais surtout, il aurai pu jeter son dévolu sur Charleen. Et si ça avait été le cas, jamais je ne me serais pardonnée. C'est avec cette angoisse tapi au fond de moi que j'attends de recevoir cette tornade en plein visage. Est-ce que je vais la perdre ? Je ne le supporterais pas.

Je sens sa main agripper mon menton et relever mon visage avec brutalité, son regard accaparant le mien, brûlant, sombre et déroutant. Je n'offre aucun résistance, je n'ai plus de force à rien. Encore moins à manifester quoi que ce soit.

« Hey, regarde-moi. Regarde-moi bien. Je t’interdis de t’excuser, c’est clair ? »

Sa voix est tranchante mais je ne m'offusque pas, parce que je le mérite. Parce que j'ai besoin malgré tout de ce claquement sec pour me réveiller et revenir à la réalité. Et cette réalité, c'est elle. Riley. Le Phare dont j'ai besoin pour retrouver mon chemin alors que je me sens paumée entre cauchemars et colère. Mes larmes roulent cette fois silencieusement et je ne la lâche pas des yeux malgré tout le malaise que cela me provoque.

« Il n’y a qu’un seul et unique fautif dans cette histoire et c’est cette pourriture, lui et uniquement lui, et certainement pas toi. Toi, tu es une victime, d’accord ?! »

Ses mots ont un violent impacte sur moi. Le terme victime me fragmente un peu plus au fur et à mesure que je prends conscience à quel point elle a raison. Une victime. C'est ce que je suis ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je secoue la tête alors qu'elle pose sa main sur ma joue, mes doigts venant effleurer les siens. Cette douceur me manque, tu sais ? Celle qu'avait ma mère envers moi pour apaiser mes cauchemars ou mes doutes. Cette douceur qui me manque tant, que je me suis accaparée pour pallier la douleur. Elle essuie mes larmes et je m'accroche à elle, comme un mort à la vie. Je ne savais pas à quel point je pouvais me trouver dans un état aussi lamentable qu'en cette seconde mais c'est le cas et je ne dois pas y rester, encroûter, m'y laisser mourir. Non. Lève la tête. Pas maintenant, je ne peux pas. Je suis fatiguée. Lassée..

Ses doigts quittent ma peau pour terminés dans mes cheveux et me quitter définitivement, rompant ce contacte qui m'offrait un raccord à elle, à une réalité. Dis le moi, au fond des yeux, est-ce que tu m'en veux ?

Elle détourne son regard si dur, serrant les dents. Je sais à quel point en cette seconde, elle se retient de ne pas exploser littéralement de colère. Je le vois dans ses gestes malgré ma vue brouillée de larmes.

« J’espère qu’elle lui a bien refait le portrait à cette ordure … »

Je me redresse, hoche la tête avant de m'affaisser un peu sur moi-même, essuyant du pouce une autre larme traîtresse. Je baisse les yeux sur mes mains qui triturent un morceau de fil dépassant du tissu servant de couverture. Lèvres pincées, je la vois se passer une main dans les cheveux, puis sur le visage. Elle inspire et expire, sans m'en rendre compte je suis le même mouvement. Elle lève les yeux au plafond et moi, je la regarde, toujours cette fracture au creux du cœur et cette sensation de n'être qu'un rien, qu'un morceau de chair que nous aurions dénaturé.

« Excuse-moi. »

Elle n’a pas à s’excuser, je secoue la tête. Après ce que je viens de lui annoncer je serais moi-même sur les nerfs, à vifs. Je reste dans la même position de silence, sur mes genoux, légèrement affaissée. Je suis fatiguée, tremblante et je n’ai qu’une envie c’est de me plonger dans un sommeil de plomb, bien que je sache qu’il ne viendra pas cette nuit.
Je sens ses doigts enroulés les miens et je ne peux réprimer un léger sursaute de ma part, mon cœur bondissant de ma poitrine. Je suis sur le qui-vive, encore sur les nerfs et je sais que ça ne se tarira pas en un claquement de doigts. Je lève mes yeux et il semble qu’un voile de douceur s’impose.

« Ces types là savent comment s’y prendre pour tout t’enlever y compris ton libre arbitre. Tu n’es pas lâche, tu n’es pas faible, c’est juste un incroyable manipulateur qui n’en n’est probablement pas à son coup d’essai, d’accord ? »

Qui n’en n’est probablement pas à son coup d’essai, dis-tu ? C’est bien ça le problème. Mon silence lui a donné trop d’occasion de perdurer ces mauvaises actions. Sa voix s’adoucit et dépose sur mes épaules une légère couche chaleureuse contre laquelle j’aimerais me blottir. Riley a raison, je le sais et c’est bien pour ça que lorsque je croise le regard de Marcus je me retrouve être totalement tétanisée.

« T’as rien à te reprocher, je t’interdis de le faire. »

Mais c’est trop tard. Je sais que tu as raison Riley, je le sais, mais je n’y arrive pas. Il me faudra probablement du temps pour que tout cela s’atténue mais en cette seconde, je n’arrive pas à digérer ma culpabilité trop ancrée. Je m’accroche avec force à ses doigts et me demande ce qu’il serait advenu de moi si ma meilleure amie n’était pas là, en cet instant même.

« Kezabel, s’il a été plus loin … »

Je fronce les sourcils et secoue la tête avec force, en signe de négation, sentant les larmes revenir rien qu’à cette pensée, ce à quoi j’ai échappé.

- N… Non. Je te le promets, il n’a pas été plus loin.

Et si ça avait été le cas ? Peut-être que je me serais décidée à parler plus rapidement ?
Ses bras s’enroulent autour de moi et je me laisse aller comme une enfant, car c’est ainsi que je me sens désormais. Je veux me perdre dans ses bras et simplement oublier. Mon cerveau lutte pour faire le tri et me séparer des évènements passé mais il n’y arrive pas. Je ne peux pas nier tout cela une deuxième fois. De toute manière, Maxime ne m’en laissera pas l’occasion. Ma tête sur son torse, mes bras enroulés autour d’elle, je m’accroche à son tissu, me laissant bercer sans un mot.

« Ça va aller. Ça va aller, d’accord ? »

Est-ce que j’ai réellement le choix ? Je sais que non. Je n’ai pas le choix que de faire avec, que de digérer tout ça et de repartir de l’avant. Ne pas tomber dans une psychose, dans une paranoïa qui pointe déjà le bout de son nez. Je n’ai pas le choix que de lutter contre tout ça, contre ce qu’il provoque chez moi. Contre ce mal. Les faits me martèlent : Marcus m’a touchée dans le but de me violer. Point. Rien de plus, rien de moins. Pourquoi ? Parce que c’est un malade. Un taré. Un putain de taré. La colère éclot, gronde, devient sourde. Je ne suis qu’un amas de sentiments contraire et j’ai la sensation de devenir folle.

« Tu vas rester ici, autant de temps que tu veux, et je vais rester avec toi d’accord ? »

J’acquiesce en silence, ne luttant absolument pas car il était hors de question que je ne mette un pied hors de cette salle commune. Marcus étant Poufsouffle, je ne prendrais pas de risque stupide… pendant qu’il se balade et cherche peut-être une potentielle victime. N’y pense pas. Pas maintenant. Sinon tu n’y verras jamais clair. Je sens ses lèvres se déposer sur mes cheveux et je me recroqueville un peu plus.

« Et puis quand tu te sentiras prête tu iras en parler à quelqu’un, et si tu ne te sens pas d’attaque pour le faire alors j’irai à ta place. Ou on ira toutes les deux. Il y a des témoins, il ne s’en sortira pas comme ça. On va se débarrasser de lui et il ne posera plus jamais la main sur toi je te le promets. Ni sur personne d’autre. »

Je le ferais, je le sais. Peut-être pas dans la minute, peut-être pas dans l’heure, mais je le ferais. Ses mots m’apaisent, me tranquillise et atténue ma violente culpabilité malgré cette nausée constante. Je ferme les yeux et reste ainsi quelques secondes, sans un mot. Un tas de choses se mélangent dans ma tête, des questions, des flashs, des visages. J’ouvre les yeux et fixe le rideau sans ciller. Quand est-ce que tout cela s’arrêtera ? Je suis bien là, dans ses bras, m’abreuvant de quelques instants de douceur et d’apaisement après avoir vomis dans ce couloir et après avoir assisté à cette scène atroce où Maxime se déchaînait sur son visage après avoir compris ce qu’il s’était passé. Elle sait désormais, du moins, elle se doute. Même chose pour William. Je ne la savais pas … capable d’une telle violence. D’une telle colère. Je crois que c’est la première fois que je la vois transit de rage. Elle m’en a collée des frissons autant qu’elle m’en a effrayée.

- Elle l’a complètement amochée.

Ma voix est rauque sans aucune once de regret, un peu tremblante, dure, mais mes larmes ne sont plus. Elles se sont calmées, mais mon cœur ne semble pas vouloir ralentir sa course. Mes yeux fixent le vide alors que je me remémore la scène, du début à la fin.

- J’entends encore son visage… s’écraser contre le sol. Je reste quelques secondes silencieuses avant de reprendre, toujours les yeux grands ouverts. Je n’ai ressenti aucune peine, aucune pitié. Je n’avais juste qu’une envie c’est qu’elle en finisse avec lui. A ma place.

Comme une lâche incapable de le faire soi-même. J'entends également les phalanges de Maxime se répercuter sur la pommette de Maxime. Tout ça n'était que mérité, non? La colère est sournoise, elle arrive, se défile, puis s'insinue encore.
A côté de ça, c’est une preuve profonde qui m’habite car désormais, Marcus s’est vu être amoché par une femme et il ne s’arrêtera pas là. Il ne va rien digérer du tout et à la seconde où il sera remis sur pieds, il me traquera pour finir ce qu’il a commencé. Respire. Tu es en sécurité. Et s’il s’en prenait à Maxime ? A Macy ? C’est pour ça que tu te dois te bouger dès demain. Tu devrais même le faire ce soir… Mais j’y arrive pas.
Je me redresse légèrement pour lui faire face, posant quelques secondes mon front contre le sien et me reculant en reprenant mon souffle, me passant une main sur le visage avant de planter mon regard encore humide dans celui de Riley.

- J’irai … Je ferais le nécessaire. Tu as ma parole.

La première personne qui me vient en tête est Mlle Stoneheaven. Pourquoi ? Par instinct, parce qu’elle est la Directrice des Poufsouffle, qu’elle est une femme et que… quelque chose chez elle me rappelle une personne qui a tendance à beaucoup trop me manquer ces derniers temps. Je ne sais pas encore comment je vais aborder le sujet et rien que l’idée de le faire, mon estomac se retourne. Mais je ne peux pas passer tout ça sous silence plus longtemps. Peu importe ce que cela me coûtera, j’irai. Pour moi. Pour ce que Maxime a fait pour moi et que je remercierais lorsque je réussirais de nouveau à me regarder dans la glace. Mais aussi pour celles qu’il a .. blessé.

- J’comprendrais que tu m’en veuilles de n’avoir rien dis à personne. Je serre les dents, tu ne pleureras pas de nouveau. Je… j’avais honte. Honte qu’il m’ait rendu comme ça. Honte qu’il m’ait … qu’il ait eu cette pression sur moi sans que je réussisse à me défendre correctement.

Moi qui suis pourtant une enragée quand besoin est. Je sais me défendre, je ne suis pas une experte en magie mais je me débrouille et j’ai un bon niveau. Seulement, je ne comprends pas pourquoi je n’ai rien réussi à faire ce jour-là et tout à l’heure. Les mots de Riley me reviennent… Il exerce sur nous, victimes, un pouvoir qui nous fait sentir si « rien », si lâche. Si coupable.

Je pense à papa et Adam et aussitôt mon cerveau bloque. Non. Je ne peux pas le leur avouer ça, je n’y arriverais pas. J’imagine déjà la scène et surtout, mon père, rouge de colère, promettant de le tuer de ses propres mains. Et que penseraient-ils de moi ? Je ne veux pas prendre ce risque, malgré tout l’amour que je leur porte, je ne réussirais pas à avouer ça parce qu’ils ont suffisamment à s’occuper ces derniers temps et à ce soucier avec l’attaque de Poudlard.

Je lève très lentement ma main pour la poser sur la joue de Riley, dans un geste qui me semble me coûter trop d’effort tant la lassitude rend mes muscles rigides. Elle ne sait pas combien elle me fait du bien, simplement par sa présence, ni combien j'ai besoin d'elle, dans tout ça.

- Je n’sais pas ce que je ferais sans toi Riley.

L’émotion prend le dessus, le cœur également. Je suis secouée, je me rends compte à quel point j’ai eu de la chance qu’Alec et Maxime interviennent à chaque fois.

- Rien ne serait pareil si je ne t’avais pas. Mes yeux ne lâchent pas les siens. Tu es ce que j’ai de plus cher ici et … t’es un peu comme le Phare d’un port, pour moi. Et si je ne perds pas la raison maintenant, c’est parce que tu es là.

Je ravale les larmes et lui esquisse un sourire maladroit et timide. Elle est mon âme sœur, ma meilleure amie. J’ai beau avoir une attirance pour certaines femmes, je n’ai jamais eu une once d’envie pour Riley, rien que l’idée me paraît… malsaine et incestueuse. Elle est juste… Riley. L’Etoile que tout le monde espère entrevoir lorsque le ciel d’une vie se fait soudainement trop sombre.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7905
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Anima Exhalare - Riley.    Mar 5 Mai 2015 - 21:47

Ce sentiment de colère froide et insidieuse ne m'est pas totalement étranger, j'ai comme des vagues de souvenirs qui remontent et viennent s'écraser violemment contre être à intervalles irrégulières à mesure que je tente de garder mon calme. Si ça n'était pas pour elle, si ça n'était pas elle … Non, mauvais exemple. Si ça n'était pas elle je ne prendrais pas autant les choses à cœur mais si ça n'était pas pour elle j'aurai déjà probablement explosé. Au lieu de ça je reste là, stoïque, calme d'apparence, malgré le bourdonnement sourd qui commence à me donner la migraine. J'essaie de me montrer la plus douce possible pour Kezabel et Merlin sait que la douceur n'est pas toujours un de mes traits de caractère mais je peux l'être. Douce. Oui je peux l'être. Avec des personnes plus jeunes en général, Charleen en est l'exemple le plus flagrant, Jamie y a souvent goûté aussi. Lukas un peu moins mais c'est différent, il n'est pas … Il n'a pas autant besoin de ma douceur que les deux autres. Aujourd'hui Jamie n'est plus là, il est resté chez ses parents, et je sens bien que Charleen grandi de jour en jour. Physiquement, certes, mais ça n'est pas à ça que je fais référence. Ça fait quelques mois maintenant qu'on entretient une véritable relation toutes les deux et je sens bien la différence. Elle gagne en assurance, et je ne sais pas si j'en ai encore la légitimité mais je suis fière d'elle. Malgré ça elle restera toujours ma petite sœur, elle aura toujours le droit à ma douceur. Tout comme Kezabel, capable d'une force à toute épreuve et Merlin sait – oui, encore lui – qu'elle en a déjà vécu des épreuves.

La violence commence à s'évacuer, s'évaporer de mon corps, je crois que je commence à me détendre à mesure que le silence nous enveloppe. Elle évacue, elle se calme, un peu, donc je me calme aussi. Ça va aller. On va faire ce qu'il faut et ça va aller.

« Elle l’a complètement amochée. »

Je reviens sur terre, sans trop savoir où j'étais partie mais il se passe quelques secondes avant que je comprenne de qui elle parle. Maxime. Maxime a fait sa fête à ce connard et en cet instant j'en ferais bien ma meilleure amie – après Kezabel évidemment. On n'a surement pas toujours été sur la même longueur d'onde elle et moi, et après cette histoire de philtre je ne sais pas trop quoi penser mais une chose est sure, je ne la remercierais jamais assez pour ce qu'elle a fait. Elle s'est mise en danger, elle n'était pas obligé de le faire mais elle l'a fait. Ça compte beaucoup. Ça compte pour moi, même si il ne s'agit pas de moi, mais je sais que ça compte aussi pour Kezabel. J'en suis certaine.

« J’entends encore son visage… s’écraser contre le sol. »

Je grimace, c'est plus fort que moi. Sorte de rictus trahissant mes pensées, ma colère revenue instantanément et une incroyable dose de satisfaction que je ne suis pas certaine d'assumer en ce instant. Je visualise. Je visualise sa sale gueule s'écrasant contre le pavée et j'aime cette vision.

« Je n’ai ressenti aucune peine, aucune pitié. Je n’avais juste qu’une envie c’est qu’elle en finisse avec lui. A ma place. »

C'est … exactement ce que j'ai ressenti le jour où Derek est intervenu pour me débarrasser de l'ordure qui avait osé poser ses mains sur moi. J'ai … occulté tout ça, je l'ai rangé dans un coin de ma tête mais quand je l'entends me raconter ce qui lui est arrivé c'est comme si tout revenait, la colère et le goût amer en premiers sur la liste. J'ai l'impression de pouvoir sentir son souffle dans mon cou, et sa main entrain de glisser sur mon ventre, sa voix dans mes oreilles. Je … Stop. Renferme tout ça dans un coin de ta tête, remet le sous clé et n'ouvre plus jamais cette porte. Terminé. Est ce que j'aurai tenté d'arrêter Derek si jamais … J'ai dit stop, putain ! Il ne s'agit pas de toi, il s'agit d'elle. Comme il s'agissait de Charleen il y a quelques semaines dans un couloir ... C'est quoi votre problème sérieusement ? Qu'est ce qui se passe dans vos têtes de cinglés pour que vous en arriviez à faire des choses pareilles ? Je ne comprends pas. Je ne comprends pas !

Elle se redresse, me ramène sur terre à nouveau par ce geste et toute mon attention se focalise sur elle. Elle et uniquement elle. Le plus gros est passé, je pense. Façon de parler mais je me comprends. Elle me fait face, son front se pose contre le mien et je ne bouge pas d'un millimètre, il n'y a que mes paupières qui se ferment puis s'ouvrent trois secondes plus tard alors qu'elle se passe une main sur le visage. Ses yeux sont rouges, encore humides, elle est pâle comme un linge et je me surprends à me demander si j'aurai encore l'occasion de revoir son sourire. Bien sur. Bien sur qu'il va revenir. Dis moi qu'il va revenir s'il te plait.

« J’irai … Je ferais le nécessaire. Tu as ma parole. »

Signe de tête de ma part mais pas un mot. Je crois … Je crois que je suis à court et mes mâchoires sont encore un peu trop serrées pour se desserrer mais ça va venir. Je viens de faire plusieurs phrases, j'ai simplement besoin d'encore un peu de temps. De toute façon il n'y a pas grande chose à dire. Elle fera le nécessaire, point. Et je le lui ai dit, si elle a besoin de moi je serais là à chaque étape. Je l'accompagnerai même aux toilettes s'il le faut.

« J’comprendrais que tu m’en veuilles de n’avoir rien dis à personne. Je… j’avais honte. Honte qu’il m’ait rendu comme ça. Honte qu’il m’ait … qu’il ait eu cette pression sur moi sans que je réussisse à me défendre correctement. »
« T'en vouloir ? Tu plaisantes j'espère ? »

Riley … Oui, je sais, sois plus douce mais je peux pas. Merde ! D'accord ? Je peux pas. Je ne peux pas être la douceur incarnée quand un taré comme ça se balade dans la nature en mettant des idées pareilles dans la tête d'une des personnes à qui je tiens le plus. Je ne peux pas. Elle a fait ce qu'elle a pu, comme elle l'a pu, c'est tout. J'ai beau me dire que oui, il faut en parler, à aucun moment je ne lui en veux de ne pas l'avoir fait jusqu'ici. Tout ce qu'elle compte c'est qu'elle le fasse maintenant. Je n'aime pas ce qu'il a fait d'elle … Et je voudrais qu'il souffre pour ça. Inspiration. Blocage. Expiration. Puis un sursaut quand sa main se pose sur ma joue, je me rends alors compte que j'avais fermé les yeux mais ils sont désormais rivés dans les siens et ne cherchent pas à échapper à ce regard qu'elle me lance.

« Je n’sais pas ce que je ferais sans toi Riley. »
« T'as pas besoin de le savoir, ni même de te poser la question. »

Esquisse d'un sourire, mais c'est tout. Sincèrement j'aimerai vraiment me laisser aller à toutes ces émotions que ses mots font naitre en moi mais … C'est impossible et je me connais suffisamment pour savoir qu'il me faudrait un petit temps pour retomber sur mes pattes. J'ai trop de colère, d'amertume en moi pour réussir à appréhender quelque chose de positif même ça ne veut absolument pas dire que ça ne m'atteint pas. C'est même tout le contraire. Elle est tout aussi importante pour moi que je ne le suis pour elle. Égalité parfaite. C'est comme ça. Cette fille est mon âme sœur, c'est factuel. Je l'aime. Je l'aime comme j'aimerai une sœur, comme j'aurai du aimer Charleen dès le premier jour.

« Rien ne serait pareil si je ne t’avais pas. Tu es ce que j’ai de plus cher ici et … t’es un peu comme le Phare d’un port, pour moi. Et si je ne perds pas la raison maintenant, c’est parce que tu es là. »

Un sourire. Faible, mais un sourire et c'est tout ce qu'il me faut pour sentir une cassure en moi, une cassure qui permet au bon d'entrer et de faire sa place. Elle est encore capable de sourire.

« J'ai pas l'intention de partir. »

Ce qui était l'esquisse d'un sourire quelques secondes plus tôt se transforme petit à petit en véritable sourire. Il n'est pas bien franc mais réellement sincère, tout comme ce que je viens de dire. Non, je n'ai pas l'intention de partir, jamais. Je sais qu'à nos âges les amis ça va et ça vient – je suis bien placée pour le savoir je pense – mais Kezabel c'est différent. Je ne me vois pas … Je n'arrive pas à imaginer un quotidien dans lequel elle n'aurait pas sa place, ça me semble totalement improbable. Elle m'a donné un équilibre, j'ai trouvé en elle une perle rare que je ne suis absolument pas prête à voir disparaître et j'ai l'impression que ça durera toute la vie. Je sais que ça peut paraître étrange mais c'est comme ça et c'est tout.

« T'as l'air épuisée. Et frigorifiée. »

J'ai de nouveau le bras tendu, ma main caresse ses cheveux et je l'observe sans la détailler de manière dérangeante. C'est comme si un poids délestait mes épaules lentement mais surement, comme si je retrouvais mon sens commun et je recommence à être capable de réfléchir et agir correctement. Avec réflexion. Efficacité. Calme.

« Viens, tu vas prendre une bonne douche brulante et je vais te prêter des affaires de rechange. »

Je suis déjà debout, entrain de fouiller dans mon armoire pour attraper des vêtements qui je le sais lui iront parfaitement. Rien que du confortable : Un pantalon de survêtement en coton, un T-shirt ample et un gros sweat dans lequel elle sera bien au chaud. Je me retourne, la pile de vêtement dans un bras et tend l'autre pour attraper sa main avec la mienne. En douceur cette fois. Elle est fébrile, je le sens, alors je reste vraiment près d'elle, prête à la rattraper si elle tombe, prenant soin de garder un contact avec elle sans pour autant être envahissante. J'essaie de me mettre à sa place, je ne sais pas si j'aurai envie qu'on me touche après … ça. C'est moi, d'accord, mais quand même. Une fois arrivées dans la salle de bain j'ouvre une douche, entre et pose les vêtements sur le support prévu à cet effet avant de me retourner vers elle.

« Je reste avec toi, j'te lâche pas d'une semelle. »

...

« Enfin je vais peut être pas venir sous la douche avec toi mais t'as compris. »

Je lâche un semblant de rire, le cœur n'y est pas vraiment mais c'est un rire sincère néanmoins.

« Je vais rester juste à côté. »

Et te raconter ma journée si tu veux, pour te changer les idées, bien qu'il ne s'y soit pas passé grand chose. Rien de bien palpitant en tout cas. Un peu comme tous les jours depuis quelques temps.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2158
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Anima Exhalare - Riley.    Lun 18 Mai 2015 - 10:41

« J'ai pas l'intention de partir. »

Si tu le fais, je ne m’en remettrais pas. Ou peut-être que si. Nous ne savons jamais réellement comment nous réagirons face à des évènements diverses, mais la chose dont je suis sûre c’est que si Riley devait quitter les sentiers de mon existence comme Tallulah l’a fait, je me sentirais … vide. Comme amputée d’un bras ou d’une jambe, comme si une partie de moi aurait été éteinte, comme la flamme d’une bougie sur laquelle nous aurions soufflée, laissant ainsi planer un courant d’air froid. C’est exactement le genre de sentiment que l’absence et/ou départ de Riley me laisserait à l’intérieur du cœur. J’en ai trop bavé jusqu’à présent, je refuse à ce que l’on me l’arrache aussi sec, de la même manière qu’elle est entrain dans ma vie, dans mon quotidien. Oui, Riley est cette petite flamme au fond de soi, celle que nous entretenons comme un espoir, afin que rien ne sombre dans l’oubli, dans le noir profond.
Ma main glisse sur la sienne que j’accroche. Les derniers évènements m’ont vidée de toute énergie et je n’aspire qu’à un repos, espérant que mon cerveau se plonge dans les lymbes profondes d’un sommeil réparateur. Même si je sais déjà d’avance que ça n’arrivera pas, pas maintenant, poursuivi par cette peur qui me colle encore à la peau. Comment vont William et Maxime ? Pourvu que Marcus ne se soit pas relevé. Ni réveillé.

« T'as l'air épuisée. Et frigorifiée. »

Ses doigts dans mes cheveux me fournissent une vague de chaleur réconfortante, affaissant ainsi mes épaules, comme soulagée d’un poids. Je me laisse aller contre sa main, en haussant les épaules, n’osant pas prononcer une parole de plus de peur de flancher de nouveau. Je suis épuisée, oui. Frigorifiée également parce que je me sens tout simplement vide et trop pleine à la fois, en cette même seconde où je suis près de Riley. Il est temps que tout cela s’arrête et surtout, que j’y mette un terme. L’idée commence doucement à s’insinuer en moi mais ne s’impose pas encore totalement. Me laisser du temps… J’en ai déjà eu suffisamment, tu ne trouves pas ? Si. Alors secoue-toi un peu, demain au plus tard tu portes le point final à cette histoire qui te déglingue et qui a peut-être détruit d’autres esprits en plus du tien.

« Viens, tu vas prendre une bonne douche brulante et je vais te prêter des affaires de rechange. »

Riley se lève et fouille dans son armoire alors que je glisse mes jambes par-dessus le matelas, m’asseyant sur le bord de son lit. Cette angoisse ne veut pas se défaire de moi, tapis dans ma cage thoracique pour m’empoigner le cœur et me donner l’impression qu’il se trouve dans un étau. Si jamais il revenait ? Il ne pourra pas m’atteindre ici, dans ce dortoir. Malgré toute la volonté dont il peut être capable, jamais il ne pourra venir finaliser sa destruction ici. Et je crois que c’est pour ça que j’ai déjà pris la décision de ne pas partir en cours demain. J’ai besoin de me retrouver, de me remettre sur mes jambes. Je ne demande que 24 heures… peut-être moins.

Je reviens sur terre alors que je perçois la main tendue de ma meilleure amie, que je saisis avec l’esquisse d’un sourire. Je la saisis et entoure sa paume entre mes doigts. Ce contact chaud et doux me maintient debout et surtout, me permet de ne pas craquer de nouveau.
Nous nous dirigeons vers les douches des Serpentards sans prêter attention aux regards d’une ou deux personnes arrivés entre temps. Aucune trace de Maxime, est la seule chose que je me dis. Riley m’ouvre la porte d’une cabine, dépose mes affaires de rechange sur un support prévu pour ça et se tourne de nouveau vers moi. J’ai la sensation d’être une petite fille entre ses paumes et bizarrement, cela ne me dérange pas. Je laisse volontairement toute forme de force et de résistance au sol, le temps d’un instant.

« Je reste avec toi, j'te lâche pas d'une semelle. Enfin je vais peut-être pas venir sous la douche avec toi mais t'as compris. »

Je lâche un rire un peu tremblant, certes, mais présent. C’est de ça dont j’ai besoin, de sa légèreté à elle, pour me montrer que ce monde n’est jamais trop lourd quand nous sommes deux pour y faire face.

« Je vais rester juste à côté.
- D’accord. Je n’en ai pas pour longtemps… t’as qu’à me chanter une chanson en attendant. Ou me raconter des bêtises à la Jenkins.»

Nouveau rire, un peu plus léger et sincère que le premier et je pénètre dans la douche dont je ferme la porte derrière moi. Et c’est en cette seconde que je sens une sensation opaque m’enrouler mais je ne bronche pas. De nouveau seule, même si Riley n’est qu’à un mètre de moi, c’est comme si le sol se trouvait être tremblant. Une boule de larme prend de nouveau naissance et je me hâte à me déshabiller, me délestant de mes vêtements pour me retrouver entièrement nue sous le jet brûlant que j’actionne dans la seconde. Les larmes ruissèlent aussitôt, en silence, alors que je serre les dents et bloque ma respiration pour ne pas laisser échapper un violent sanglot. La voix de Riley s’élève et je l’écoute malgré tout, essayant de m’accrocher à ce timbre chaleureux, parfois rieur bien que difficilement joyeux.

Les Flashs reviennent brutalement, ceux où les mains de Marcus s’imposent à moi et j’ai l’envie violente de me griffer la peau, de me l’arracher dans un élan de colère et de rage peu commune. Je ne supporte pas cette vision, je ne la supporte plus, comme cette impression d’être sale. L’eau brûlante ruissèlent sur mon corps alors que de mes deux mains, je m’appuie face au mur, visage vers le bas. Oublie. Occulte. Je n’y arrive pas, je n’y arriverais pas tant que cette histoire ne sera pas close. Tant qu’il sera encore là entre ces murs. Je revois également maman, mes cauchemars qui se font plus violent que sur le moment et mes larmes redoublent d’intensité, toujours sous ce silence pesant que je m’impose. Ma culpabilité refait son apparition même si au fond, je crois qu’elle ne m’a jamais réellement lâchée. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, mes cheveux tombant lourdement sur mes épaules sous le jet d’eau, essayant de manifester ma présence auprès de Riley qui me demande d’une voix douce si je l’écoute.

Oui je t’écoute. Je dois t’écouter. Parce que tu es mon seul raccord à cette réalité que mon cerveau cherche à fuir.

I see them snakes come through the ground
They choke me to the bone
They tie me to their wooden chair
Here are all my songs
©Augus et Julia Stone - Draw your swords

Les minutes s’écoulent et je finis par me sentir plus sereine, plus ragaillardi. Les larmes se sont tarris pour de bon et j’entreprends de frotter ma peau parfois plus fort que nécessaire, comme pour me défaire d’une autre peau, puis de me rincer et de me sécher. J’enfile les vêtements de Riley et au fur et à mesure qu’ils couvrent ma peau, je me sens en sécurité. Comme dans un cocon. Je pousse la porte pour sortir et affiche un sourire à Riley.

- On est super confortable dans ton sweat. J’veux le même.

Il est un peu large mais c’est ce qui le rend si confortable. Riley attrape ma main et me dirige de nouveau vers son dortoir.
Il m’a été impossible d’aller manger, ne voulant qu’une chose : Dormir. Au fond de son lit, pas du mien. Je veux rester près d’elle, là où j’aurai la sensation de ne pas être un insecte aussi vulnérable que fragile. Je me souviens avoir entrevu Maxime, son regard océan se posant sur moi puis sur Riley pour ensuite effectuer un léger signe de tête, comme pour un « Ok ». Ok, tu es là. Ok tu n’es pas sortie. Ok, il ne peut pas te toucher.

La nuit se présente, blotti au fond des bras de Riley, mes doigts accrochant son tissu, je lutte contre toutes formes de cauchemars me rongeant le cerveau jusqu’à ce que j’en gémisse de douleur. Ce n’est qu’un prix à payer face à mon silence coupable des derniers mois…

- Fin du topic -
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Anima Exhalare - Riley.    

Revenir en haut Aller en bas
 
Anima Exhalare - Riley.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Anima & Exanimis [OBTENUE]
» Anima
» Anima [Mage]
» Anima pure accro???!!!
» Anima l'ombre d'omega.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Catacombes et escaliers :: Salle commune des Serpentards :: ─ Dortoirs, Salles de Bains & Toilettes-
Sauter vers: