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 I had a feeling I could be someone [PV Jordane]

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MessageSujet: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   Mar 14 Avr 2015 - 14:38

~Mercredi 21 janvier - Début d’après-midi ~

La vie n’était plus vraiment la même pour Ethan depuis quelques temps. Cela pouvait paraître étrange de dire ça, et lui même ne le pensait certainement pas en ces termes mais quelque chose avait changé. Depuis le premier janvier, depuis qu’il avait croisé la route de Charleen tout était un peu différent. Il passait toujours autant de temps dans ses bouquins, n’était pas plus expansif qu’avant, ne parlait pas encore beaucoup plus aux autres mais elle, elle était là. Parfois elle venait le voir, tout naturellement, pour lui proposer qu’ils mangent ensemble ou qu’ils passent un moment ensemble. Et ils parlaient. Le Serdaigle s’exprimait, parler de ses bouquins, de ce qu’il pensait, de ce qu’il pouvait ressentir même. Alors bien sûr, il était toujours aussi gauche et peu sûr de lui, mais plus le temps passait et moins il réfléchissait avant de parler. Avec elle, il se sentait libre de dire ce qu’il voulait, il ne se sentait pas jugé. Charleen avait réussi à le mettre en confiance et ça lui plaisait. Cette fille n’avait rien à voir avec les autres, elle était plus douce, plus intéressante… Bref, différente. Et il aimait passer du temps avec elle. Oui, cette demoiselle était en train de devenir son amie, sans même qu’il s’en rende compte. Peu à peu, elle s’était immiscée dans sa vie et était en train de se faire une place. Et étrangement, l’adolescent n’avait pas envie de remettre ça en cause. Oui il se posait des questions, parce qu’il ne s’aimait pas plus qu’avant, parce qu’il n’était pas plus sûr qu’avant de mériter des relations humaines mais… Mais il n’avait pas envie de s’éloigner d’elle. Et puis, ils se ressemblaient aussi, ils semblaient être dans la même galère, dans le même flou et cela l’aidait accepter cette relation. Et puis, malgré tout, il se trouvait être un peu plus téméraire ces derniers temps. Enfin, il ne fallait pas s’attendre non plus à ce qu’il devienne courageux mais il avait pris une décision qui relevait d’une audace qu’il n’aurait jamais eu avant de croiser la route de l’adolescente : il allait dire la vérité à Jordane sur ses sentiments. Oui, oui, vraiment.

Cette possibilité avait longtemps tourné dans l’esprit d’Ethan. Charleen lui avait ouvert les yeux sur certaines choses. Jordane lui plaisait vraiment, il ne pouvait s’empêcher de penser à elle, de l’observer. Mais au final, que risquait-il à lui dire la vérité? Passer pour un idiot oui, mais auprès de qui? Si elle ne voulait pas de lui, qu’importe qu’elle le prenne pour un idiot… Quant aux autres, Ethan ne s’occupait pas d’eux avant, il ne voyait pas pourquoi il allait s’y mettre. Donc dans les faits, il pouvait tout à fait aller voir la demoiselle et tout lui expliquer. Sauf que ce n’était pas si simple que ça. Le jeune homme restait humain, bien que certains venaient à en douter, et l’idée de tout dire à Jordane le terrorisait. Il avait peur. Au fond c’était sans doute parce qu’il ne voulait pas voir sa petite idylle s’effondrer. Mais ça, il était bien incapable de se l’avouer. Alors il avait reculé l’échéance. Charleen essayait de la convaincre d’avoir confiance, de se lancer mais c’était difficile. Et puis, un matin, en se levant, ça l’avait pris, comme ça. Il s’était levée avec la ferme intention d’aller parler à Jordane. Il avait un trou dans la journée, après déjeuner, jusqu’à 16h et avait pu observé que la jeune femme n’était pas en cours à ce moment là non plus. Il allait le faire, cette fois il était décidé. Aussi, pendant le petit déjeuner, il passa près de la table des Poufsouffle et glissa un mot dans la poche de Charleen avant de s’enfuir dans sa salle de classe.

“Je vais essayer aujourd’hui. Si jamais…. Je passerais sans doute te voir après les cours. Ethan.”

Il ne pouvait pas faire ça sans son soutien. Il avait besoin de savoir que si tout tournait mal, elle serait là. Tout simplement.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


La matinée semblait s’être déroulée dans un continuum espace temps des plus particuliers. D’un côté c’était passé vite, plus vite qu’il ne l’aurait pensé et l’échéance se rapprochait brutalement, de l’autre… De l’autre il avait parfois la sensation que c’était interminable. Autant le dire tout de suite: Ethan était complètement paniqué. Faisait-il vraiment le bon choix? Il ne le savait pas vraiment et plusieurs fois il avait faillit faire marche arrière, revenir sur tout ça, abandonner sa démarche et se dire que ça n’avait aucun intérêt. Mais il avait dit à Charleen qu’il le ferait. Il lui avait écrit pour lui dire alors il ne pouvait pas se dérober. Il allait le faire.

Ethan s’était donc rendu dans la salle commune des Serdaigles après avoir pris son déjeuner. Enfin, déjeuner était un bien grand mot. L’adolescent s’était contenté de picorer un bout de bain et de boire de l’eau, on ne pouvait pas appeler ça un festin. Et le pire dans tout ça, c’était quand même qu’il n’avait même pas réussi à se concentrer sur ses bouquins. Impossible. Il avait essayé pourtant, se disant qu’un bon livre lui apporterait sans doute un certain réconfort mais ça n’avait absolument pas fonctionné. Il avait donc dû se résigner. Lorsqu’il était arrivé dans la salle commune il n’y avait pas grand monde. Au début, il avait pensé à aborder Jordane pendant le repas mais il y avait trop de monde autour d’elle, il l’avait donc plus ou moins suivie alors qu’elle remontait dans la tour. Son cœur battait à toute allure. Il avait la désagréable impression qu’il allait mourir là, tout de suite, sur place, en étant incapable de dire un mot. Pourtant, pour la première fois de sa petite existence, il décida de prendre son courage à deux mains. Alors que la demoiselle se retrouvait plus ou moins seule, il prit une grande inspiration et se dirigea vers elle. Il sentait ses jambes trembler et avait du mettre ses mains dans ses proches pour que personne ne voit l’effet Parkinson qu’elle avait sûr lui. Alors qu’il était tout près d’elle, il se décida à ouvrir la bouche, faisant de son mieux pour que sa voix ressemble à peu près à quelque chose.

“Salut Jordane… Dis, tu as quelques minutes pour discuter ou je te dérange?”

Si je te dérange je m’enfuis en courant et je ne reviens jamais. C’était à peu près ce qu’Ethan était en train de se dire. Il était terrifié et rien que de voir le regard de la jeune femme… Déjà que Jordane le déstabilisait en temps normal mais là c’était pire que tout. En la voyant ainsi il ne cessait de se demander ce qu’il était en train de faire, s’il pouvait vraiment croire qu’une fille comme elle allait s’intéresser à lui…

“Je voulais te montrer un truc, un peu plus loin…”

Ok cette excuse était complètement nulle. Mais le jeune homme ne voulait pas faire ça aux yeux de tous mais n’avait pas d’expérience dans la matière et ne savait absolument pas comment s’y prendre pour faire comprendre à Jordane qu’il voulait aller dans un endroit plus calme. Il courrait au désastre il le sentait et pourtant… Pourtant c’était horrible car il voulait y croire.
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MessageSujet: Re: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   Sam 2 Mai 2015 - 16:47

Beaucoup de choses s’étaient déroulées ces derniers temps mais, étrangement, cela avait permis à la jeune femme de sortir de sa solitude. Il y avait eu Alec qui nous faisait le coup du malade plus ou moins imaginaire déjà. Et Mack qui paniquait pour lui, à juste titre, très probablement d’ailleurs. Et puis tout le reste. Pas besoin de les nommer : ces drames de Noël. L’avantage, c’était que, en tout temps, le malheur a toujours permis de resserrer des liens. Alors, pas toujours, nous sommes d’accords. La perte d’un enfant provoque très souvent la séparation d’un couple pourtant soudé. Pourtant, en dehors de ça, elle avait pu remarquer que le malheur rapprochait souvent les gens. Ça avait été le cas avec sa famille à la mort de sa mère, ça avait également été le cas lors de l’arrivée des gens de Salem, puis à Noël. Quelque chose se réveillait, un petit élan de solidarité. Ça ne durerait pas. Ça ne durait jamais.

En attendant, pourtant, la jeune femme se sentait étrangement bien. Cette sensation, elle n’avait pas le droit de la ressentir, pas alors qu’ils avaient tous frôlé le drame et qu’il y avait dans ces dernières semaines, de réelles tragédies. Pourtant, pas de remords du survivant pour elle. Pas cette fois. Pas pour l’instant du moins. Elle se sentait simplement étrangement forte. Il y avait eu cet instant, dans la bataille où elle avait sentit reprendre le contrôle sur toute chose, sur son avenir, sur son existence, sur toutes les plaies que la violence du monde avait sut lui infliger depuis bien trop longtemps. Pour une fois, une seule, elle avait sentit que ses efforts étaient utiles, qu’elle était capable de résister et, étrangement, de s’éclater dans cette sensation de force. Elle n’était pas cette pauvre fille frêle qui risquait d’être détruite par les autres. La sensation grisante de pouvoir dominer l’avait prise et, malgré ce sinistre sentiment que tout ça n’était pas tout à fait sain, elle se sentait rassurer par ce qui s’était passé. En revanche, elle n’avait aucune envie d’en parler et d’être jugée pour cela. Simplement… simplement, elle avait toujours cherché à trouver un moyen pour se protéger afin de ne pas finir comme sa mère. C’était affreux non ? Pourtant, ce sentiment s’était incrusté en elle bien profondément et il n’avait plus jamais voulu partir. A présent, Poudlard lui avait prouvé qu’il était bien malheureusement légitime. Alors elle avait cherché à le dépasser. A être plus forte que tout ça. Plus forte que les autres si elle le pouvait. Bon, ça, c’était dans le meilleur des mondes.

Et ils ne vivaient pas dans le meilleur des mondes.

Grimpant les marches quatre à quatre, elle était entrée en trombe dans la salle commune pour sauter directement sur le canapé et faire sursauter Takuma qui, absorbé dans son bouquin n’avait pas prêté attention à cette trublionne. Oui, j’ai casé le mot trublionne, tout à fait.

« Pu… Damned t’es con ! »

Grand sourire.

« Ça va mieux toi. »
« Tu partage ? »

Son thé. Oui, parce que Takuma faisait partis de ceux qui semblaient accros à cette boisson. Pour un japonais, elle lui avait toujours dit qu’il faisait dans les clichés. Toujours était-il qu’il avait toujours son mug à côté quand il se mettait à apprendre. Ça lui donnait un côté presque sérieux tout ça.

« Tu les as fait quand tes tatouages ? »

Oui, il n’avait pas de manches et ça lui venait comme ça.
Lui, en revanche, ne semblait pas motivé à lui répondre puisqu’il haussa des épaules d’un air absent, de nouveau plongé dans sa lecture.

« C’est dingue le nombre de technique qu’il existe pour gérer les escarres… »

Grimace.

« Tu peux m’expliquer dans quelle situation actuelle … tu peux te retrouver confronté à quelqu’un qui souffre d’escarres ? »
« …. Une personne en fauteuil ? Ou Alec pendant son sommeil forcé =D »

Double grimace. N’imagine pas la plaie représentée sur ces pages sur le bas du dos d’Alec, pitié Jordane !

« Ouais, éventuellement, c’est bien joué. »

Dakota lui avait ensuite expliqué qu’il en était arrivé là à partir d’un questionnement sur la cautérisation des plaies. Rapport aux derniers évènements. Ça avait eu au moins l’avantage d’attiser sa curiosité scientifique.
C’était donc curieuse à son tour que la jeune femme avait prit l’un des livres posés à côté de lui pour l’embarquer avec elle. Posée en travers d’un fauteuil, la jeune femme buvait le thé de Takuma en feuilletant l’ouvrage quand une silhouette connue apparue dans son champ de vision.

“Salut Jordane… Dis, tu as quelques minutes pour discuter ou je te dérange?”
« Hey salut ! Eh bah écoute… je vais laisser les différentes infections basiques ou magiques aux professionnels je crois. Je suis tout à toi ! »

Tu n’aurais pas dû dire ça, malheureuse. Enfin, ce que j’en dis…

“Je voulais te montrer un truc, un peu plus loin…”
« Oui, pas de soucis, ça va ? »

En effet, il ne semblait pas dans son assiette.
C’était donc tout à fait insouciante que la jeune femme s’était relevée, déposant de nouveau son bouquin sur la pile de ceux que Takuma gardait jalousement à côté de lui.

« Je te rend ton thé du coup.. »
« Loué soit Ethan le sauveur de thés !! Merci ! »

Avec un grand sourire envers le jeune homme, Takuma récupéra son bien, le calant contre son bas ventre, espérant probablement que sa position étrange de lecture ne finirait pas en désastre annoncé.
En parlant de désastre, il s’était arrêté de lire le temps de regarder les deux jeunes gens s’éloigner, pinçant ses lèvres dans un rictus désolé.
Lors qu’Aileen arriva aux côtés du nippon et lui demanda pourquoi cette tête, il lui répondit d’un air ennuyé qu’il regardait quelqu’un qui allait se prendre un énorme vent d’une entêtée nommée Jordane.

Takuma ? Cesse de tout observer et prendre en note, ç’en est un peu agaçant. Merde, au nom de tous : laisse nos intimités tranquilles !
Il n’avait pas à s’en mêler de toute façon et se plongea de nouveau dans son apprentissage.

Non loin, Jordane suivait Ethan, se laissant guider.

« Qu’est-ce que tu voulais me montrer ? »
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MessageSujet: Re: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   Jeu 7 Mai 2015 - 12:23

Comment faisait-elle ? A peine Ethan avait-il ouvert la bouche, à peine ses yeux s’étaient-ils posés sur Jordane que bien des choses avaient changé dans sa tête. Surtout qu’elle, elle semblait toute naturelle, lui répondant avec bonhomie, comme s’il était tout à fait légitime qu’un gars comme lui vienne l’interrompre alors qu’elle était avec ses amis. Amis que, d’ailleurs, le jeune homme n’arrivait pas à regarder en face. Il connaissait Takuma de vue, puisqu’il était dans la même maison que lui, et l’autre fille, il l’avait déjà vue, il savait qu’elle n’était pas sorcière mais ne se souvenait pas de ce prénom. De toute façon ça n’avait pas d’importance, son cerveau était trop embrumé pour se concentrer sur des informations secondaires. Et pour éviter tout trouble supplémentaire, le jeune Serdaigle faisait donc de son mieux pour éviter soigneusement les regards des autres. Ne penser qu’à Jordane… Jamais il n’aurait cru qu’elle accepte de le suivre aussi facilement. Et puis, lorsqu’elle lui demanda si ça allait, il dû se faire violence pour ne pas se mettre à rougir comme une pivoine. C’était idiot mais le simple fait qu’elle s’intéresse à lui, au fait qu’il soit ou non bien dans ses baskets avait une signification pour Ethan. Il était ce gamin paumé que tout le monde regardait du coin de l’œil ou oubliait complètement. Mais elle non. Elle prenait son existence en considération et quelque part, oui ça le touchait. Aussi, il se força à lui répondre bien que cela représente pour lui un nouvel effort surhumain. En même temps, s’il n’était pas capable d’aligner trois mots, il n’arriverait jamais à lui dire ce qu’il avait à dire alors autant se lancer tout de suite..

« Oui très bien, merci de t’en inquiéter… »

Et toi comment tu vas ? Voilà comment Ethan aurait dû finir sa phrase mais encore une fois il n’y pensa que bien trop tard. Tout ça, ce n’était pas intégré dans son esprit. Il n’avait pas de réflexe dans ce domaine et il lui devenait alors difficile de savoir quoi dire à quel moment. Encore une fois il s’était loupé mais décida de ne pas trop se concentrer sur ce petit échec. Il y avait bien plus important pour le moment. Ethan décida donc d’avancer et d’emmener Jordane un peu à l’écart. Lorsque Takuma le loua en tant que sauveur de thé, il se contenta d’esquisser un sourire gêné. Encore une fois, il ne savait pas vraiment comment il était censé réagir. Mais il était trop concentré sur sa petite entrevue avec Jordane pour réussir à se concentrer sur le reste. D’ailleurs les deux jeunes gens avaient pas mal progressé et se retrouvèrent assez rapidement dans un coin plus à l’écart où personne ne les entendrait ni les verrait. Entre temps, la demoiselle lui avait demandé ce qu’il comptait bien lui montrer et Ethan avait juste était capable de balbutier qu’elle verrait. Non vraiment le jeune homme n’était pas à l’aise. Et pourtant, il était sûr qu’il ne se défilerait pas. Il avait pourtant encore des protes de sorties mais pour la première fois de sa vie, il voulait essayer d’être courageux en affrontant quelque chose qui en temps normal l’aurait terrorisé.


« En réalité Jordane je…. Je voulais te parler… »


Ethan avait réussi à articuler ses mots alors qu’il avait cessé de marcher. Son regard n’affrontait pas encore celui de la jeune femme, pour le moment, il était encore concentré sur ses pieds qui s’avéraient particulièrement fascinants en cet instant. Mais il savait qu’à un moment ou un autre il allait devoir plonger ses yeux dans ceux de la jeune femme. Ce serait difficile, une épreuve, mais pour ce qu’il avait à dire il devait en passer par là. Ethan ne connaissait pas grand-chose de la vie par expérience mais s’il avait appris une chose dans les livres sur les rapports humains c’était bien que pour dire une chose aussi importante il ne pouvait pas se permettre d’avoir le regard fuyant. En tout cas, heureusement qu’il n’avait pas entendu la remarque de Takuma sinon il se serait sans doute liquéfié avant de disparaitre à jamais de cette salle commune et de la vue de toutes les personnes présentes dans le périmètre. Enfin, en attendant, Jordane était en attente de sa prise de parole et il avait donc tout intérêt à se dépêcher. Ethan prit donc une grande inspiration et se décida enfin à lever la tête vers la jeune femme pour la regarder dans les yeux.

« Tu sais, à Pré-au-Lard quand on a discuté, c’était vraiment un moment sympa et [… ]»

Ethan avait l’impression qu’il allait mourir étouffé par son angoisse à la seconde même. Il arrivait à parler certes mais avait l’impression d’être en dehors de son corps. C’était comme si les mots se formaient parce qu’il s’était programmé pour ça mais qu’en parallèle, il se rendait compte de l’aspect périlleux de la situation et qu’une autre partie de lui-même lui ordonnait de prendre la fuite et d’arrêter tout de suite de faire le con. Peut être qu’il aurait dû écouter cette voix, peut être que cela l’aurait préservé d’un échec, d’une douleur. Mais pour la première fois de sa vie il avait décidé de faire un pas en avant et de tenter de sortir de sa coquille. Peut être que Jordane ne méritait pas de traîner un boulet comme lui, peut être qu’il n’était pas encore prêt à aimer quelqu’un et à prendre soin. Tout ça il en était convaincu en réalité. Mais il agissait pour une fois de manière irrationnelle, en contradiction avec tout ça. Parce que son envie de dire les choses était plus forte. Parce que l’espoir qu’elle puisse poser un regard particulier sur lui était plus fort.

« […] Et en fait je crois que je t’apprécie beaucoup… Enfin… Plus que… Plus qu’une simple camarade ou même amie je… »

L’envie était plus forte mais les mots étaient encore difficiles à trouver. Comment expliquer réellement ce qu’il ressentait ? Il n’avait pas envie de dire n’importe quoi, d’utiliser n’importe quel mot parce que les gens avaient l’habitude de s’exprimer ainsi. Il voulait dire quelque chose de vrai et de juste, quelque chose qui exprimerait vraiment la particularité de ce que Jordane éveillait en lui et ce n’était pas vraiment évident.

« Tu es quelqu’un d’unique à mes yeux… »

Il l’avait dit. Et pourtant, à peine les mots étaient-ils sortis de sa bouche qu’Ethan avait détourné le regard, cherchant un échappatoire. Il s’était entendu dire ça et ça sonnait tellement… Tellement étrange. Le jeune homme se sentait con, piégé. Il regrettait. Jamais il n’aurait dû sortir de sa coquille et tenter quelque chose d’aussi idiot. Il aurait dû prendre la fuite, rester dans son coin et attendre que ça passe. Pourquoi avait-il fallu qu’il décide de jouer au chevalier à ce sujet ?
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MessageSujet: Re: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   Mer 13 Mai 2015 - 12:14

Comment faisait-elle ? Elle s’était déjà posé cette question là, des années auparavant, à voir ces quelques personnes à l’aise dans leurs basquets, à discuter, s’ouvrir sans jamais sembler se poser de questions sur la manière dont ils devaient poser leur voix, sur le ton à employer, les mots à choisir, les questions à poser, la manière de s’adresser à telle ou telle personne. Elle les regardait avec cette espèce d’admiration jalouse alors qu’ils évoluaient, semblant posséder les lieux sans jamais se démonter. Comme si tout était toujours parfaitement naturel. Comme s’ils ne s’interrogeaient jamais sur des points qu’elle, triturait encore et toujours la nuit avant de finalement trouver le sommeil. Qu’aurait-elle pu dire de mieux, de plus juste, de moins… quelque chose qui ressemblait moins aux paroles d’une préado coincée mi-frigide, mi-idiote. Et pourtant, elle n’avait jamais été idiote. Mais muette, ça, oui, elle l’avait été. Elle avait pendant longtemps préféré observer les autres, regarder le monde tourner sans finalement réellement y prendre part de peur d’être mal jugée. Mais c’était finalement systématiquement ce qui arrivait. On se moquait, encore et encore. Et elle finissait par haïr ces gens, ces idiots tout autour qui ne lui donnaient pas la moindre chance. Il lui fallait des mois avant de tisser des liens qui vaillent le coup à cette époque. Des semaines avant de prendre son courage et d’arriver à parler. Des années, peut-être, finalement, pour devenir naturelle avec telle ou telle personne. Et puis, elle avait grandit, brutalement.
Elle s’était prit la vie en pleine face et, soudainement, la crise d’adolescence aidant, elle s’était finalement forgé un caractère, une personnalité violente qui lui avait permit, à sa manière, de se poser en société, de trouver sa place, même si, à l’époque, celle-ci n’était pas la meilleure qu’on puisse trouver. Du moins avait-elle réussi à se détacher de l’enfant timide qu’elle était. Sa transition s’était faite de manière particulièrement rude et tourmentée, comme si elle violait sa propre nature. Et c’était le cas. Elle se faisait violence, devenant radicalement celle qu’elle n’était pas mais que son existence voulait faire d’elle. La petite fille timide et retranchée dans ses rêves avait tout d’abord découvert que son monde imaginaire ne l’était pas tant que prévu. Et puis, il s’était avéré que son univers si sécuritaire avait volé en éclat, et elle avec.

La gentille jeune fille qui aurait dit oui à Ethan était morte ce jour-là.

Alors, oui, elle avait laissé la place à une belle jeune femme qui semblait savoir ce qu’elle voulait dans la vie, une de celles qui marchait la tête droite et regardait les autres dans les yeux. Une de celles qui souriaient sans se soucier du reste, qui riaient sans s’en vouloir, sans se poser de questions. Elle avait eu son passage insolente, violente, insubordonnée. Elle avait fait du chemin, depuis, beaucoup de chemin, était passée par des épreuves lourdes à porter. Elle portait un regard totalement différent sur les autres et l’univers dans lequel ils évoluaient tous. Bref, elle avait prit en maturité, elle avait grandit, énormément, en quelques années.
Alors, à présent, elle avait dépassé tout ça. Elle ne se posait plus de questions sur la manière de s’adresser aux gens. A vrai dire, ça n’avait plus réellement d’importance. Après tout, qu’est-ce qu’elle risquait ? Que la personne le prenne mal ? À son aise. Au mieux, elle le verrait, s’expliquerait, changerait de ton si elle le désirait. Au pire ? Au pire, eh bien, ça se passerait mal, point à la ligne. L’opinion des autres sur ce qu’elle était devenue ne semblait pas lui importer et, même si, finalement, elle aurait probablement aimé une certaine reconnaissance, quelque part, ça ne comptait plus tant que ça.

Alors elle n’avait même pas supposé une seconde ce qui pouvait mettre mal à l’aise le garçon. ¨Pour elle, il ressemblait à celle qu’elle était. Point. Oui, elle n’avait probablement pas réfléchi plus loin que le bout de son nez et, d’ici peu, elle s’en voudrait énormément. Parce que ça n’était pas ce qu’elle voulait être : une petite conne qui se fout des autres. Ça n’était pas sa nature profonde, alors, non, elle n’avait aucune envie de ressembler à ceux qu’elle avait tellement exécrés durant un temps. Mais ça, elle ne l’avait pas vu venir. Mais alors pas du tout ! Probablement parce qu’elle ne l’envisageait pas une seule seconde et que, à partir de là, cette possibilité ne lui avait même pas effleuré l’esprit. Comme quoi, la situation pourrait lui servir de leçon.

Regarde, Takuma, il a tout compris lui.
Bon, sa mémoire particulièrement efficace et donc agaçante lui donne un avantage certain. Nous sommes d’accords. Mais tout de même !

Son habitude de faire attention à tout et à tout le monde devait surtout avoir fortement contribué à sa non-crédulité face à cette situation.
Crédulité qui, concernant Jordane, était à son level maximum.

C’était donc sans la moindre idée de ce que le jeune homme voulait qu’elle l’avait suivit, se laissant entraînée à l’écart des gens sans vraiment comprendre où il voulait en venir. Ce qu’elle remarquait en revanche, c’était qu’il était nerveux et préoccupé. D’où sa question quelques temps plus tôt, d’ailleurs.

« En réalité Jordane je…. Je voulais te parler… »

?
Fait donc.

« Ben.. je t’en pris. »

Instant sublime où elle ne savait pas vraiment quoi dire. Il semblait en plein préambule pour lui annoncer quelque chose de compliqué, de lourd, d’incroyable de… sauf qu’elle ne voyait pas vraiment quoi. C’était vrai, ça n’était pas comme s’ils se connaissaient énormément non plus.
Je suis enceinte ! PLAN DANS TA FACE.
… ahem. Non.
Ça, c’est le flippe dans l’autre sens, pardon.

« Tu sais, à Pré-au-Lard quand on a discuté, c’était vraiment un moment sympa et [… ]»

Oui… respire à fond, je te promets, tu me fais un peu peur là en fait à force…
On pourrait croire que tu..

« […] Et en fait je crois que je t’apprécie beaucoup… Enfin… Plus que… Plus qu’une simple camarade ou même amie je… »

Merde. Double merde. Triple merde. Oh putain !
Elle avait dû soudainement pâlir voire même crisper légèrement ses mâchoires, chose qu’Ethan n’avait probablement pas vu puisqu’il évitait son regard, à présent.
Elle comprenait bien ce qu’il fallait comprendre hein ? Elle n’était pas totalement à côté de la plaque ?

« Tu es quelqu’un d’unique à mes yeux… »

C’était mignon. C’était la phrase qui semblait représenter le coup fatal, la baffe de trop. Eh merde. Tu réponds quoi toi maintenant ?? Hein ?? Dit quelque chose !
Les lèvres entrouvertes, la jeune femme cherchait à son tour ses mots, soudainement affreusement gênée, détournant le regard à son tour.

C’est contagieux ton truc.

Non mais sérieusement ???
Oui, après le choc venait l’hébétement.

« Ethan tu…. On ne s’est pas beaucoup parlé, j’veux dire, j’te connais pas réellement et toi non plus. J’veux dire, la vraie personne, celle qui arrête les faux semblants parce qu’elle connait trop l’autre pour se soucier encore de paraitre être quelqu’un qu’elle n’est peut-être pas tout à fait. J’veux dire.. j’suis pas claire. »

Bonjour la galère.

« J’te remercie, déjà… mais je… j’suis quelqu’un qui a du mal avec la notion d’amour, de couple, j’suis… tout ça, c’est un peu loin de moi. J’en ai pas envie, et j’ai probablement trop de blessures à mon actif pour m’attacher à qui que ce soit comme ça. C’est pas contre toi, c’est juste que je ne veux pas de ça. D’une quelconque manière, et avec qui que ce soit.. »

T’aurais dû lui dire que tu es gay, ça aurait été plus simple.

« Et puis, oui, cet attachement là, quelque part, il est contrefait. C’est incroyablement …. J’en sais rien, mais ça me touche ce que tu me dis, et j’veux surtout pas que tu te sentes mal même si j’me doute que c’est déjà le cas. J’suis désolée, c’est pas réciproque. Et tu te rendras probablement compte que c’était pas si… important que ce que tu pensais, d’ici quelques années. Parce que tu m’idéalise… mais un jour, avec très probablement quelqu’un d’autre, ça sera vrai, parce que vous vous retrouverez l’un dans l’autre, qu’il y aura un lien réel et profond qui naîtra de vos expériences personnelles à tous les deux parce que vous aurez vécu beaucoup de choses ensembles parce que… parce que ça se construit tout ça. Mais là c’est pas le cas… »

Oh mon dieu, c’est mauvais, c’est affreusement mauvais, bordel.  
Nan mais c’est vrai, pourquoi tu ne t’es pas entraînée à foutre un râteau à quelqu’un, c’est vrai, je te le demande !
Ce qui lui faisait vraiment mal, c’était qu’il était atrocement sincère, contrairement à tant d’autres, et qu’il souffrait, et qu’elle ne savait absolument pas comment rendre ça moins dur. En cherchant à faire les choses en douceur, elle avait l’impression de faire pire et…. Et elle n’avait jamais fait un truc pareil de sa vie, ne s’était jamais retrouvée dans une telle situation. Il lui paraissait tellement jeune soudainement. Pas jeune dans le sens plusieurs années de moins qu’elle, même si c’était le cas. Jeune dans le sens moins d’expériences négatives. Beaucoup moins. Moins d’apprentissages douloureux et donc bien plus de rêves mièvres et d’espoirs fous qu’elle.
Ce qui amenait à cette situation affreuse.

Elle parlait bas, bien sûr, pour que personne n’entende ça. Le but n’était pas que qui que ce soit se moque de lui, loin de là, alors elle essayait de faire les choses le plus discrètement possible.

« Ça va aller ? »

Impression de trop parler pour essayer de rattraper les choses. Comme lorsqu’on fait tomber un objet et qu’on se contorsionne dans tous les sens pour ne jamais réellement l’attraper, alors il rebondit, encore et encore entre nos doigts et se rapproche dangereusement du sol, il risque de se fendre, et malgré tous nos efforts, ça n’est jamais une poigne ferme et rassurante qui se referme dessus. Alors il tombe et se brise.

Aurait-on dû lâcher prise dès le début ? La chute aurait-elle finalement été moins rude sans tous ces petits à-coups de bonne volonté ? Devrait-on simplement ne pas s’acharner et tout laisser tomber ?
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MessageSujet: Re: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   Ven 15 Mai 2015 - 17:03

Ethan avait détourné le regard et pourtant, il avait pu apercevoir du coin de l’œil que quelque chose avait changé dans l’attitude de Jordane. Quoi? Il ne saurait le dire exactement mais il avait perçu cette imperceptible modification sur les traits de son visage et cela aurait dû l’alerter. Il aurait dû comprendre dès cet instant qu’il venait de faire une connerie, que ce qu’il allait se prendre dans la tête allait rester en lui encore un long moment. Et pourtant, lui qui en temps normal était expert dans l’observation, n’avait fait que laisser ça de côté. Aveuglé par l’angoisse, aveuglé par toutes les émotions qui étaient en train de l'assaillir, il s’était contenté d’ignorer ce changement. Peut-être était-ce l’espoir aussi? L’espoir qui lui avait donné envie de croire que tout n’était pas perdu et que les signes contradictoires qu’ils pouvaient apercevoir n’étaient en fait que le fruit de sa peur et de son imagination. Mais non. Jordane ne pouvait pas réagir positivement à cette déclaration, elle ne pouvait pas accepter… Accepter quoi d’ailleurs? Car Ethan n’avait rien proposé. Il s’était contenté de déverser ce qu’il avait en lui, d’exprimer ses sentiments à sa manière et avait attendu une réaction. Et elle n’avait pas tardé tomber. Il avait bien senti dans le ton de voix de la jeune femme qu’elle aussi était déstabilisée par la situation, qu’elle aussi ne savait pas comment formuler sa pensée. Et au début, il eut d’ailleurs du mal à saisir ses mots. Enfin, il comprenait juste que cela était mauvais signe. Discrètement, il avait resserré ses poings dans ses poches. Il serrait aussi fort que possible car à peine Jordane avait-elle commencé à parler, qu’il se sentait peu à peu disparaître. Pourtant, elle n’avait fait jusque là que souligner le fait qu’ils ne se connaissaient que peu. Mais cela était suffisant. Cela voulait dire déjà bien des choses.

Ethan sentit quelque chose d’étrange envahir sa gorge et son estomac. Une sorte d’étau qui se resserrait avec rage. Elle le remerciait? C’était elle et pas lui? Il n’en était pas sûr. Il ne voulait pas le croire. Car si une personne méritait bien une relation à ses yeux c’était bien elle. Mais l’évidence était là, celle qu’il avait masqué pendant tout ce temps. Jordane méritait quelqu’un, mais lui non. Cette pensée qui rythmait sa vie depuis des années, qu’il avait laissé entre parenthèses pendant ces quelques minutes était en train de lui exploser à la figure. Et ça faisait mal. Terriblement mal. Le Bleu avait presque l’impression qu’il allait vomir, là, maintenant. Et pourtant, il ne bougea pas d’un millimètre. Le regard toujours fixé dans le vague, il écoutait Jordane et ses mots qui martelaient son coeur. Il aurait été facile pour lui de se mettre en colère, de fuir derrière cette haine du monde extérieur. Et pourtant, elle était trop douce, trop franche… Elle ne voulait pas qu’il souffre? En temps normal, Ethan aurait ri au nez de la personne qui aurait osé lui dire ça mais là non. Là il en était incapable car il la croyait. Mais la suite ne lui plaisait pas. La suite était trop violente, trop sèche. Alors, sans même s’en rendre compte, il lâcha quelques mots entre ses dents.

“Tu n’as pas le droit de dire que ce n’est pas important.”

Jordane avait le droit de le repousser, de dire non et même de ne plus jamais lui parler. Elle faisait ce qu’elle voulait et il ne pouvait pas prétendre avoir d’impact là-dessus. Mais elle n’avait pas le droit de lui dire que ce qu’il ressentait n’était pas important. Peut être qu’elle était sûre de ce qu’elle avançait, de ce qu’il penserait dans le futur mais lui non. Ethan était persuadé que son aînée aurait toujours un statut particulier à ses yeux et qu’importe ce que la vie pouvait lui réserver. De toute façon, l’avenir avait toujours été une conception floue pour lui.

En dehors des quelques mots qu’il avait prononcés, Ethan n’avait pas effectuer le moindre mouvement. Il était pris dans une sorte de torpeur. Dans son esprit, les pensées fusaient à une vitesse incroyable, il réfléchissait, constatait et surtout ressentait. Jamais il n’avait ressenti une émotion si forte hormis la peur. C’était étrange, ça n’appartenait qu’à lui, ce n’était pas dû à quelque chose qu’il lisait ou qu’il observait. Non, le jeune homme était en train de vivre et cette expérience le frappait de manière violente. Sa tête tournait légèrement sous l’impact, il ne comprenait plus. Il ne comprenait pas pourquoi son cœur battait si vite, pourquoi sa gorge se resserrait si fort et pourquoi il ressentait l’envie de fuir tout en étant incapable de bouger. Alors, lorsque Jordane lui demanda si ça allait aller, il eut l’impression d’être rappelé à la réalité. Et pourtant, il avait dû mal à reconnecter. Impossible pour lui de regarder la jeune femme. Et surtout, que répondre? Il ne pouvait pas lui dire qu’il irait bien, ce serait mentir. Et en même temps, avait-elle vraiment besoin d’entendre un mot de plus de sa bouche? Avait-elle besoin d’être confronté à la litanie d’un pauvre être insignifiant comme lui? Il était sûr que non. Il lui en avait déjà trop imposé. Ce qu’il venait de faire était idiot.

“Ne t’en préoccupe pas.”

Ethan avait parlé tout bas, dans un souffle. Il se sentait mal à l’aise, pas à sa place. Cette sensation par contre, il la connaissait par coeur. Cela faisait des années maintenant qu’il vivait avec et qu’il se la traînait. Cette impression que quoi qu’il fasse il ne serait jamais à sa place car sa personne même n’était pas faite pour un tel endroit, pour une telle vie. Il n’avait rien d’autre à faire que de rester dans sa bulle. Ou peut être… Peut être qu’il pouvait aller voir Charleen et lui expliquer. Mais il se sentirait idiot. Il ne lui en voulait pas de l’avoir incité à parler. Il s’en voulait d’avoir cru qu’il pouvait compter aux yeux de quelqu’un, que sa personne avait suffisamment d’intérêt. De toute façon, il n’aurait rien pu faire de bien pour Jordane.

Le jeune homme réussit finalement à desserrer ses poings pour sortir ses mains de ses poches. Premier mouvement depuis un bon bout de temps. Il releva ensuite furtivement la tête pour entr'apercevoir le visage de la demoiselle avant de fixer ses pieds de nouveau. Étaient-ils enfin prêts à lui obéir?


“Oublie ça. Bonne journée.”


C’était froid, sec et déprimant à la fois. Il ne voulait pas parler de manière désagréable à Jordane, il ne voulait pas être méchant mais… Mais il n’arrivait pas à agir autrement. L’étau autour de sa gorge était toujours aussi présent, il avait mal, il avait juste besoin de s’échapper et de s’enfermer. Aussi, il finit par tourner les talons dans l’espoir de sortir de la salle commune sans que personne le remarque. Dans l’espoir de se terrer dans un trou et de ne plus en sortir jusqu’à… Il ne savait pas encore. Mais il n’était pas prêt à une autre confrontation.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   Ven 15 Mai 2015 - 17:32

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MessageSujet: Re: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   Jeu 21 Mai 2015 - 15:40

Tu l’as vue n’est-ce pas ? Cette tension qui s’est plaquée soudainement dans chaque fibre musculaire de Jordane ? Tu as senti ce changement d’attitude, tu as presque senti l’angoisse qui a obstrué sa gorge, coupé sa respiration. Rien de bien grave pourtant. Elle a vécu pire, tellement pire. Elle a affronté des drames horribles et géré sa peine d’une manière incroyablement adulte. Elle s’est improvisée mère de famille, protectrice et même flic de voisinage. Lorsque le château a été attaqué, elle est sortie de la salle commune, baguette à la main et la détermination d’un soldat battant dans ses veines. Elle n’a pas eu peur, n’a pas été angoissé, elle a juste avancé. Mais, là, elle l’est. Elle l’est pour toi, parce que, soudainement, certaines peurs, certaines considérations qu’elle n’a plus depuis longtemps envers elle-même, elle les a pour toi. Toi qui n’a pas eu à affronter tout ça. Parce que dans le fond, elle n’est pas si adulte que ça, et elle aimerait probablement avoir encore peur que le prince charmant ne corresponde pas à ses attentes. Mais de prince, elle a cessé d’en attendre l’aide. Plus de princesse à sauver. Elle n’est pas née d’une reine de toute façon. Juste d’une mère de famille décédée depuis des années. Mais dieu sait aujourd’hui ce qu’elle s’en veut. Parce qu’elle est loin d’être celle que tu attends. Elle est loin d’être gentille et agréable. Bienveillante, oui, sans aucun doute. Mais tellement différente de celle qui te faut. Et elle a beau se sentir à des années lumières des angoisses que tu combats actuellement, elle les comprend pourtant. Elle sait à quel point c’est important, c’est détestable, c’est destructeur. Et pourtant, ça n’a tellement plus d’importance pour elle depuis si longtemps que ça lui semble simplement absurde.

Ils l’ont abandonnée, trahie, trompée. Ils ont disparu quand elle avait le plus besoin d’une aide extérieur, ils lui ont fait croire qu’ils pouvaient écouter, mais ils ne faisaient qu’entendre. Et jamais elle n’a vu arriver l’aide promise. Jamais elle n’a compris les sentiments décrits dans ses précieux bouquins. Ils n’existent pas. Ils ne sont que de la poudre aux yeux, des artifices créés par les plus romanesques. Rien d’autre. Ils n’ont pas d’impacts. Pas plus que l’amour porté à la famille, aux amis. Et comme pour cet amour-ci, les gens s’en vont, disparaissent, ne correspondent pas à nos attentes. Ils sont simplement fades et venimeux lorsqu’ils vous servent leurs mots mielleux. Ce ne sont que des mensonges, éhontés et ridicules. Ce n’est qu’un moyen de te blesser encore plus profondément, se moquer de toi, t’asservir, t’utiliser. Rien de plus. Rien de mieux. Rien de pire.
Nous ne trouvons dans notre cercle que des personnes qui ont une utilité pour notre propre existence. C’est la triste réalité. Lorsque ça n’est pas le cas, il s’agit d’une relation toxique. Mais la définition même de l’attachement finit nocive lorsqu’elle est exprimée ainsi.

Il n’y a pas de grand amour, pas de coup de foudre, pas de personne unique. Juste des gens de passages dans nos vies.

Ça ne pouvait pas marcher, ça n’aurait jamais pu être une réponse positive. Pas avec elle, pas avec sa vision de la vie si éloignée de la tienne. D’où la grimace de Takuma. Parce que tes espoirs étaient voués à l’échec depuis la première seconde.
Désolée.

“Tu n’as pas le droit de dire que ce n’est pas important.”
« Nan, t’as raison c’était maladroit.. »

Parce que c’est vrai, c’est important pour lui. Oui, elle s’y prenait comme un manche. D’un autre côté, elle ne s’était jamais retrouvée dans une telle situation. A force de fuir tous les lieux où elle élisait domicile quelques mois durant ces dernières années, elle avait oublié que ce genre de choses pouvait arriver. Et elle n’avait pas le droit de fuir cette fois-ci. Et pourtant, ciel ! Qu’elle aurait aimé disparaitre dans un tout petit trou de souris. Situation abominable. Comme elle en fait.
Oui, parce qu’elle l’avait senti  se liquéfier au fur et à mesure. Il lui semblait que chaque mot qu’elle prononçait venait se planter en travers de ses cotes. Bientôt, il serait en collapsus, et c’était tout ce qu’elle y avait gagné, avec ses explications à la con, ses tentatives avortées d’apaiser les choses.

Il a un aspect verdâtre non ?
Si.

Ô mais quelle merde !

Elle aurait voulu se tortiller dans tous les sens comme une gamine mal à l’aise dont la vessie menace d’exploser. Et crier comme une folle pour faire baisser toute cette pression qui la poussait de l’intérieur. Pas la vessie, hein. C’est une métaphore. N’en déplaise à la tasse de thé entamée.

“Ne t’en préoccupe pas.”
« Si, pourtant.. »

Si, elle s’en préoccupait. En cet instant, elle ne se préoccupait d’ailleurs que de ça. D’où sa question. Pinçant des lèvres, elle sentait sa gorge se serrer alors qu’elle voyait le désespoir dans ses yeux baissés. Poitrine lourde, elle l’avait vu initier un mouvement. Il allait partir, blessé, et elle ne le reverrait probablement pas, parce qu’elle aurait envie de se jeter derrière le canapé dès qu’il entrerait dans la salle commune, et ô merde ils vivaient dans la même maison bordel de cul ! Et pour ce qui était de lui ? S’il pouvait se jeter quelque part pour l’éviter, ça serait probablement par la fenêtre. Mais que de joyeuses perspectives dites-moi !!

“Oublie ça. Bonne journée.”

Ses paroles claquaient dans l’air, amères, froides, poisseuses.

Jordane, elle, avait esquissé un mouvement vers lui, ses doigts effleurant son bras sans réellement oser le toucher franchement et l’arrêter pour de vrai.

« J’suis tellement navrée Ethan… »

Il s’était éloigné et, une seconde, elle eu la sale impression d’être lépreuse. Une sensation qui risquait de perdurer tant qu’elle lui inspirerait tant de peine.
Etouffant un gémissement de rage mêlé de frustration, la jeune femme passa ses mains sur son visage, pinçant l’arrête de son nez tout en inspirant ensuite à fond. On la regardait bizarrement dans le coin. Si vous saviez ce que je m’en bats les flans…

Elle s’écroulera, plus tard, la tronche la première, dans le canapé de la salle commune, aux côtés de Takuma, Dakota et Aileen.
Grognement étouffés par les coussins et plainte presque agressive.

« T’aurai pas pu m’le dire toi ?? »
« Mais qui te dis que j’le savais ?! »
« Tes yeux insupportablement pétillants de malice !! »

Tu aurais dû aller lui parler Takuma, vraiment. Je sais que ça ne te concernait pas, mais tout peu psy que tu es, ça aurait été beaucoup plus doux pour tout le monde comme conversation.
You sucks.

« Je t’adore. T’es vraiment un chouette gars. Et concrètement, ça n’était probablement pas à toi de faire ça, et je cherche sans aucun doute un bouc émissaire autre que moi-même. Mais, là, je te jure, tu crains ! »

Le tout en conversation assourdie par les coussins desquels elle ne s’était pas encore extirpée.
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MessageSujet: Re: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   Ven 22 Mai 2015 - 22:16

La suite est ici : Somewhere only we know
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MessageSujet: Re: I had a feeling I could be someone [PV Jordane]   

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