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 I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo

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MessageSujet: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Lun 13 Avr 2015 - 22:18

Jeudi 22 Janvier 2015 – Fin d'après midi, après les cours
I have a feeling deep down, You’re caught in the middle



Mateo & Riley

Pourriture. C'est le seul, unique et premier mot qui me vient à l'esprit quand je ressasse tout ça, quand ça tourne et retourne partout dans ma tête sans jamais en sortir. Ça ne fait même pas 24h, ça n'est pas moi qui ait été directement touché, mais je ne supporte pas l'idée qu'une telle personne se balade librement entre les murs de cette école dans laquelle on est tous sensés être sécurité, probablement plus qu'à l'extérieur. Elle s'est endormie, enfin, après des heures à tourner sur elle même, à pleurer, à trembler, et plus ses émotions l'épuisaient, plus les miennes me réveillaient. Si ça n'avait tenu qu'à moi j'aurai débarqué dans le bureau de Rivers pour lui dire de foutre ce connard dehors sans sommation et sans attendre une seconde de plus mais … Stop, on se pose, on se repose, tu te reposes. Quand Macy a débarqué hier avec Kezabel dans cet état que je ne saurais même pas décrire j'ai cru que mon cœur s'était arrêté de battre l'espace de quelques secondes. C'est peut être stupide, mais j'avais oublié ce que ça fait d'avoir peur pour quelqu'un a qui on tient … Cette sensation s'est réveillée brutalement, elle m'a réveillé brutalement, et depuis je n'ai pas fermé les yeux un seul instant. Il est bientôt 8h, dans quelques minutes mon réveil ou celui des autres filles vont sonner et si je vais en cours c'est uniquement parce qu'elle m'a demandé de le faire.

Excuse me for a while
While I’m wide-eyed
And I’m so down caught in the middle


London Grammar ▬ Strong

Maxime est là je crois, je l'ai vu rentrer hier soir et se mettre directement derrière ses rideaux. Pendant un moment je me suis demandé si Keza n'avait pas envie de la rejoindre et je n'aurai pas cherché à l'en empêcher une seule seconde mais elle n'a fait aucun geste dans ce sens. Elle est restée dans mes bras, j'ai fait ce que j'ai pu pour apaiser ses cauchemars, en la berçant, en lui caressant les cheveux, en lui parlant tout bas mais ce type a brisé chez elle quelque chose qui mettra peut être du temps à se reconstruire. Ça aurait pu être pire c'est vrai, il paraît que ça peut toujours être pire, mais à mon sens c'est déjà beaucoup trop. Je ne suis pas une fervente défenseur du féminisme, à la rigueur je m'en cogne pas mal, mais s'en prendre à une femme de cette manière, justement parce qu'elle est une femme … J'y arrive pas. J'arrive pas à concevoir qu'un homme puisse avoir ce genre de comportement. Rien n'excuse un tel geste, absolument rien, et même si je tente de ne pas ramener la chose à moi je n'arrive pas vraiment à retenir certains flash d'une certaine virée dans les cachots. C'était rien, juste une présence un peu trop … présente, juste des mots, quelques gestes déplacés, mais ces souvenirs restent pourtant bien ancrés dans ma mémoire même si j'ai pu prendre un peu de distance avec ça depuis. Aussi incroyable que ça puisse paraître c'est en partie grâce à Derek, d'une parce qu'il m'a aidé à me débarrasser de ce sale rat lors de la bataille de juillet mais aussi parce qu'en m'entrainant avec lui toutes les semaines pendant des mois j'ai gagné en maitrise et donc en confiance en moi. T'es passé où toi, dis moi ?
Si on m'attaque je saurais me défendre, j'aime à le penser en tout cas, mais je sais pertinemment que ce genre d'agression à le « don » de paralyser assez facilement. Qu'est ce qu'il se serait passé si Maxime n'avait pas été là ? Rien que d'y penser, une violente nausée me prend et je ferme les yeux, serre les dents et les poings tout en restant immobile, tel un corps mort, une boule dans la gorge et une colère toujours plus présente. Je vais devoir me lever, aller en cours, me déplacer dans les couloirs et éventuellement croiser cette ordure … Au fond de moi je sens bien que quelque part je l'espère, ce qui est une belle connerie j'en ai parfaitement conscience.

C'est l'heure. Soupir. J'hésite. Tout le monde s'active, moi je ne bouge pas et me contente de regarder le haut de mon lit sans vraiment le voir tout en gardant Kezabel contre moi. Je n'ai pas envie de la laisser seule, pas une seule seconde …

« Vas-y. Ça va aller, t'inquiète pas. »

Je n'avais pas remarqué que sa respiration était moins régulière, qu'elle était réveillée, et c'est un nouveau soupir qui m'échappe.

« Sure ? Mon dossier scolaire ne va pas pleurer – et mes parents non plus – si je rate quelques heures tu sais ? Franchement ça m'embête. »
« Vas-y. Je te connais, si tu restes enfermée toute la journée ici tu vas devenir folle. Enfin plus que tu ne l'es déjà je veux dire. »
« Hey ! »

On lâche un rire toutes les deux mais le cœur n'y est pas, c'est plutôt clair.

« Bon. Ok. »

Et je m'apprête à me lever mais sa main attrape mon bras. Je me stoppe dans mon geste et me retourne.

« T'as pas dormi ? »
« Si. Si, si, t'en fais pas. J'ai imaginé que tu étais un gros nounours tout doux et Morphée est venu me chercher en même temps qu'il n'est venu te chercher toi. »

Mensonge. A vrai dire je n'espère pas vraiment qu'elle me croit et je n'en suis pas fière mais qu'est ce que c'est que ce délire où les rôles s'inversent ? Ça n'est pas à elle de s'inquiéter pour moi, mais bien l'inverse et c'est non négociable.

« J'te ramène un truc du p'tit dej avant d'aller en cours. »

Un bisou sur le front et je m'échappe avant qu'elle ne dise quoi que ce soit d'autre. Les rideaux se referment derrière moi, la laissant dans une antre protectrice et je l'espère rassurante. Douche brulante, j'espère qu'elle me détendra mais l'effet est un peu nul autant l'admettre.
En tout et pour tout je n'aurai passé que … trois minutes dans la Grande Salle je pense, je me suis simplement contenté de prendre des réserves et de les ramener à mon amie dans le dortoir où elle passera la journée. Je repasserai à midi et la rejoindrais dès que l'après midi de cours sera terminé.

« T'as rien à craindre ici. En plus Monkey monte la garde. »

Monkey que je sors de sa cage et dépose sur l'oreiller avec quelques miettes pour qu'il accompagne Kezabel pour le petit déjeuner. Il gazouille, comme toujours, et ça nous fait sourire toutes les deux.

« Je parlerais à Ismaelle ce soir. Je suis juste … un peu déphasée. »
« Pas de problème. Prends ton temps. »

J'ai l'air calme, et je le suis, ce qui quand on me connait est un comportement relativement étrange. Ces derniers temps j'ai plus eu tendance à péter des câbles et partir en live mais je n'ai pas envie d'exploser, de perdre le contrôle. C'est froid, sourd, mais c'est bien là. La Tornade n'est pas de sortie, pour le moment.

Je reste avec elle jusqu'au dernier moment, la forçant à manger un peu et essayant de lui changer les idées puis je m'éclipse. HDM. Botanique. Pause. Dortoir. Étude des Moldus. DFCM. Ce dernier cours m'a mis dans un état assez étrange, je me suis … un peu défoulé, je l'admets, et c'est épuisé que j'en ressors, l'esprit assez vide finalement. La journée aurait pu se passer de cette manière, s'épurer tranquillement, mais le hasard a décidé de me tester je crois. Je suis sortie de la classe en dernière, perdu dans mon absence de pensée, marchant sans trop faire attention, mon gilet posé sur l'avant bras, échauffée par les deux heures intensives, et quand j'ai relevé la tête il a fallu que mes yeux se posent sur la seule et unique personne que j'espérais sincèrement ne pas croiser aujourd'hui. Mon cœur accélère instantanément, le dégoût me remonte dans l'œsophage et toute cette haine refoulée depuis la veille semble remonter à la surface telle de la lave en fusion. Je bloque, mon regard que je devine noir se braque sur lui, il ne fait pas attention au départ mais quand il se rend compte que je suis en plein sur sa trajectoire il bloque lui aussi, esquisse un sourire et lève les yeux au ciel, faussement blasé. Sa sale gueule est bien amochée, Maxime ne l'a pas raté et je me surprends a ressentir une vague de sympathie intense pour ma collègue Serpentard. Si t'avais pu cogner encore plus fort ...

« Laisse moi deviner, t'es venu chercher ta part toi aussi ? »

Le simple fait d'entendre le son sa voix me glace le sang et je devrais avoir peur face à cette montagne mais mon irrationalité est dans la place, tout ce qu'il m'inspire c'est de la haine et de la pitié.

« Te sens pas aussi important, à ma connaissance on est dans une école, jusqu'ici rien d'improbable à ce qu'on se croise puisqu'on y est tous les deux. »

Fous le camp Riley, ne rentre pas dans ce petit jeu là … Voilà ce que me souffle le petit ange sur mon épaule gauche, il ressemble à Kezabel, mais le petit diable sur la droite – qui n'a pas de ressemblance particulière avec qui que ce soit si ce n'est moi même je crois, me souffle tout autre chose lui ...

« Tu penses sincèrement que c'que t'as entre les jambes te donne tous les droits ? »

Le ton est glacial, je m'entends parler mais c'est comme si je ne me reconnaissais pas, comme si j'étais absente de mon propre corps. Je sais à quoi je m'expose, je le sais parfaitement bien, et pourtant rien ne semble pouvoir m'empêcher de continuer, surtout pas quand il éclate de rire.

« Je ne le pense pas, je le sais. »
« Pourtant si ça valait vraiment le coup tu s'rais pas obligé de forcer qui que ce soit, tu penses pas ? »

Du mépris, c'est du mépris que je lui crache au visage et apparemment ça ne lui plait pas puisqu'il cesse de rire instantanément.

« Si tu fais un pas de plus j'te jure que tu vas le regretter. »
« Parce que tu penses me faire peur avec tes douze kilos peut être ? »

Je ne le pense pas, je le sais. Non, en réalité je ne lui fais absolument pas peur. Je ne suis qu'une pauvre petite fille sans défense, un truc sans intérêt, quelque chose qui a ses yeux ne serre visiblement qu'a une seule chose même si je doute qu'il tente quoi que ce soit de ce style là avec moi vu l'expression qu'il a sur le visage. Qu'est ce que je risque ? Me prendre une trempe et faire trois fois le tour de moi même vu la différence de gabarit. Pourtant quand il fait le pas de trop je ne réfléchis pas, c'est plus fort que moi, et le dernier mètre c'est moi qui le franchis pour lui envoyer mon genou en plein dans les parties. Effet immédiat, il se plie en deux et je le pousse de toute la force que je possède. C'est peut être pas grande chose mais ça suffit pour me dégager de ces sales pattes qui essaient de m'attraper. Tout ce qu'il obtient c'est quelques cheveux, éventuellement. Tu comptes en faire un philtre d'amour toi aussi ? Allez y, servez vous, c'est libre service.

« Sale pute ! Tu vas me payer ça très cher ... »
« Je t'avais dit de pas approcher. »

Le problème c'est que noyé par mes émotions j'ai oublié un détail : La Magie. Ça n'est pas mon genre pourtant, surtout pas en sortant de DCFM mais ce reflex il l'a avant moi, et surtout plus rapidement alors qu'une de ses mains protège toujours son Saint Graal. L'autre se braque sur moi et l'instant d'après j'étouffe, je suffoque, privée d'oxygène, les mains accrochées à ma gorge comme si ça pouvait m'aider à trouver l'air, titubant en arrière alors que mon sac tombe lourdement sur le sol et mon gilet avec. Réfléchis, garde ton sang froid, contre-sort, Finite, n'importe quoi ...
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MessageSujet: Re: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Mer 15 Avr 2015 - 19:40

 ► I have a feeling deep down, You’re caught in the middle  ◄
Riley et Mateo



Jeudi 22 Janvier – 7h15

Je suis au bout du rouleau. J’ai l’impression que sa revanche ne cessera … jamais. Comme si elle allait durer éternellement et que jamais plus je ne serais reposé. Réveil de la Marine, cheveux roses – et pas que… merci le gel douche trafiqué -, œufs et farine sur la gueule de bon matin. Bref, chaque jour sa vengeance est là, le matin principalement et une fois sur deux, j’ai le droit à un rappel en pleine journée. Je suis devant mon café, la gueule dans le pâté, complètement déphasé. J’ai les cheveux en pétard, la chemise noire débraillée que j’ai enfilé à l’arrache et je ne me suis pas rasé depuis deux jours. J’ai des paquebots sous les yeux et le regard sombre. Mais je l’ai mérité, ce n’est que justice et William ne blaguait pas lorsqu’il disait que l’Enfer serait tellement plus agréable à côté de ce que Maxime me ferait subir. Ouais, il avait foutrement raison. J’ose même plus aller pisser tranquille, tellement j’ai la trouille qu’elle débarque et qu’elle prenne mon derrière en photo.
 
- Alors champion ! Toujours en vie ?
 
Je lève mon regard fatigué et irrité vers William qui vient s’installer devant moi, guilleret comme tout.
 
- T’sais même pas la chance que tu as de dormir.
- Oh si, j’le sais, t’inquiète pas. J’dors même pour toi, je suis une âme généreuse.
- Monsieur est trop bon.
 
Il s’incline, tel un prince et j’avale mon café d’une traite. La porte de la grande salle claque et mon estomac se retourne. Riley débarque, le visage tiré, les sourcils froncés. Elle semble remontée mais j’ai l’impression que c’est son quotidien. Depuis l’histoire du filtre, je ne l’ai pas approché, je l’ai à peine regardé et j’ai fais au mieux pour l’esquiver et ce, pour plusieurs raisons. La première est que je la déteste toujours pour ce coup foireux avec l’histoire du filtre. Ok, la blague n’était pas drôle pour tout le monde certes, mais de là à me la foutre à l’envers de cette manière ? Non, j’cautionne pas et j’le digère pas. Par fierté, égo, tout ce que vous voudrez je m’en contre fou. Je l’ai toujours mauvaise et si de base je ne suis pas rancunier, il faut croire qu’ici, je fais exception. Elle me fou les nerfs. La deuxième, c’est qu’elle … est toujours là. Trop souvent, du moins. J’ai tenté ma chance avec une Serdaigles ce weekend et j’ai rencontré le même problème qu'avec Daniela. Le même putain de problème. J’ai balayé ça d’un geste, ignorant ce que cela pouvait provoquer chez moi et je me suis contenté de suivre mes règles. L’éviter, ne pas la regarder, ne pas l’approcher. Et c’est très bien comme ça. Et c'est difficile.
 
Ouais… alors décroche ton regard et fixe ta tasse, crétin.
 
Je reporte mon attention sur William qui sourit comme un benêt.
 
- C’est toujours la guerre froide ?
- J’vois pas d’quoi tu parles. J’ai pas vu Maxime encore… j’dois m’attendre à quoi cette fois ? De la merde de Troll dans la tronche ?
 
Son sourire s’efface un peu et malgré mon esprit embrumé, je reste alerte.
 
- Quoi ? Un soucis ?
- Non, non. Mais j’pense pas que tu la verra aujourd’hui.
- Il s’est passé un truc ?
- Elle te racontera sûrement plus tard.
 
Je fronce les sourcils, attendant un peu plus d’information de sa part mais rien ne vient. Au lieu de ça, il tartine son morceau de pain et croque dedans avidement, comme s’il n’avait pas mangé depuis 15 jours. Je n’oublie pas les mots de Maxime, ceux qui mentionnaient qu’elle me voyait visiblement comme un frère. Je n’arrive pas à discerner mes sentiments à ce sujet. Content ? Ouais, j’suis content. C’est plutôt clair mais j’ai toujours cette boule dans la gorge et dans le ventre. On sait ce que ça a donné avec Camélia. Qu’est-ce que ça donnera avec Maxime ? Et si j’prends le risque de lâcher la bride et de vraiment me laisser aller à la considérer comme une frangine, est-ce que j’vais la perdre ? Putain, tu te ramollis mec.

- Ah, bah quand on parle du Loup.

Je lui jette un regard, il se stoppe et me murmure :

- Lui dit pas que j'ai dis ça.

Je lâche un ricanement alors que Maxime approche d'un pas décidé vers notre table. Je ferme les yeux, d'un air résigné. C'était trop beau pour être vrai. Je pensais échappé à une vengeance aujourd'hui mais il faut croire que non. Fais chier bordel. Je la sens s'installer en face de moi après que William ait foutu le camp je ne sais trop pour quelle raison.

- Ouvre les yeux du con. J'suis pas d'humeur à te faire quelque chose ce matin.

Serait-ce un miracle que j'entends là ? Je me risque d'ouvrir un œil, la tête rentrée dans les épaules, les mains glissées entre mes cuisses...le risque zéro n'existant pas... Je vois une Maxime s'acharner à tartiner son morceau de pain, l'air maussade.

- C'est.. Vrai ? Pas de crasse ce matin ?
- Ouais, c'est vrai.

Son ton est froid, sa posture est sèche. Elle est en pétard. Je me redresse un peu, soulagé mais inquiet. Non pas parce qu'elle fait la gueule, ça j'ai l'habitude. Mais parce que son poing droit est éraflé et bleuit. Elle s'est encore battu ? Avec qui ? C'est de ça dont voulait parler William ?
Elle capte mon regard qui reste ancré sur sa main, mes sourcils froncés.

- Quoi.
- Toi, quoi. Je désigne d'un geste de la tête ses phalanges écorchées. Qu'est-ce que t'as foutu ?
- Ouais, en parlant de ça. J'ai vu un mec faire chier Hasting hier.

Elle ne décolle pas son regard de la tartine et moi, je souris amusé. Maxime défendant Kezabel ? Deviendrais-tu sensible ?
Je ricane, m'apprêtant à lui lancer une boutade sur le sujet et aussitôt, son regard bleu limpide se braque dans le mien, furax et dur.

- Non. La faire vraiment chier. Du genre : Ordure de compet'.

Vu le ton employé et la dureté de son visage, je ne doute pas un seul instant qu'elle n'exagère en aucun cas son terme. C'est pour ça que Riley est aussi tendue et que je n'ai pas vu l'ombre de Kezabel ce matin ? Je retrouve mon sérieux, soucieux.

- Tu peux m'en dire plus ?
- Non. Par contre j'ai son nom et sa maison. Marcus Fincher, Poufsouffle. Un grand, châtain, du genre baraque et grande gueule. Jette juste un œil.
- … Okay. Je reste pensif, inquiet. Et elle va bien au moins ? Il l'a blessé ?
- Non, il a pas eu le temps.

Donc, il a eu l'intention de le faire. Je me crispe un peu, tendu.

- Tu devrais pas l'louper. C'est le mec le plus amoché de l'école.
- J'en doute pas.

Pas d'humour dans ma voix, juste de l'inquiétude. J'suis pas proche de Kezabel et même si je ne l'ai pas forcément apprécié pendant un long moment, ça ne change pas le fait que j'ai pas envie qu'elle soit blessée. Et pour que Maxime affiche cette gueule de dix kilomètres de long, c'est que ce fameux Marcus devait en tenir une bonne couche mais que, surtout, il ne devait pas avoir l'esprit net pour s'attaquer à quelqu'un comme Kezabel. Pas avec une nana aussi.. douce. Non, y a un truc qu'elle me dit pas et qu'elle ne me dira pas. Et je crains le pire, j'sais pas pourquoi.

Le petit déjeuner se termine en silence puis nous partons en cours, chacun de notre côté, l'air morne sur nos deux visages.

¥

Jeudi 22 Janvier – Après les cours

Ca me travaille toute journée. Enfin, les moments où je ne dors pas, épuisé, en cours. Kezabel n'est pas là, à aucun des cours et venant d'une nana comme elle... c'est étrange. L'épisode avec Marcus a dû être beaucoup plus corsé que je ne l'ai cru et ça m'inquiète. Et parce que j'suis un gars bien, j'récupère les cours et les devoirs - … Enfin récupérer, j'ai dupliqué les cours d'un autre – pour aller les lui donner. Ou les donner à Maxime. L'un dans l'autre, j'lui rend service. Pas parce que j'suis inquiet mais parce que voilà. C'est comme ça merde, j'vais pas me justifier.

Je termine la journée par Potion. Sac à dos sur l'épaule, mains dans les poches, je monte les marches pour atteindre la salle de DCFM. Je suis un peu en retard et je crois que je l'ai loupé... fais chier. Elle est toujours la première à sortir de classe mais pour ce genre de cours. Arrivé au troisième étage... personne. Je soupire. Je vais tenter ma chance auprès de William, au pire il saura où est Kezabel avec Maxime. J'en sais foutrement rien. Si Marcus est un poufsouffle, je ne suis pas certain qu'elle soit dans sa salle commune. Et si elle n'y est pas, il n'y a qu'un endroit où elle pourrait être : avec Riley.

« Si tu fais un pas de plus j'te jure que tu vas le regretter. »
« Parce que tu penses me faire peur avec tes douze kilos peut être ? »

Je m'arrête net dans mon demi-tour, tournant ma tête vers ma droite. Je ne vois rien, mais j'entends. Les couloirs se vident pour rejoindre les salles ou la Grande salle mais il y a visiblement des retardataires. Seulement, la voix féminine qui s'élève, je la connais et en vu de son timbre, je ne dirais pas qu'elle soit dans son meilleur jour. Sa meilleure amie s'est faite agressée et même si j'ai une profonde haine envers elle, je ne peux pas m'empêcher de ressentir une vague d'inquiétude. Une voix d'homme également. Je m'approche d'un pas vif dans le couloir opposé à celui dans lequel je suis, afin d'avoir une idée précise de la situation. Parce qu'en vu des propos, j'suis pas certain qu'ils soient là pour parler mariage.

Je fais deux pas, me penche et vois une masse de muscle s'avancer tout droit vers un corps. Mon sang ne fait qu'un tour, jusqu'à ce que celui du baraqué, se plie en deux, en étouffant un cri de douleur. Je continue de m'approcher et cette fois je vois Riley, de manière bien distincte, essoufflée les joues rougies, le visage tiré par la colère. Qu'est-ce que c'est ce que ce bordel.

« Sale pute ! Tu vas me payer ça très cher ... »

Mon sang s'embrase, mon cœur s'emballe, je serres aussitôt la mâchoire, prêt à intervenir.

« Je t'avais dit de pas approcher. »

Et là, deux choses se produisent chez moi.

1 – Je vois le visage du mec, de cette force brute et mon cœur loupe un battement. Grand. Chatain. Baraqué. Et le visage amoché. Le lien se fait en une micro-seconde dans ma tête : Marcus. Cet ordure, ce fils de chien était là, se tenant les parties d'une main après que Riley lui ai assénée un coup de genoux. Il avait tout du type dégueulasse. Le sourire, le regard, l'attitude.

2 – Il brandit sa baguette et jette un sort sur Jenkins qui se tient aussitôt la gorge, cherchant son air, titubant en arrière. Son sac tombe, le gilet se défait, elle cherche son oxygène. Elle étouffe. Parce que cet enculé vient de s'en prendre à elle.

Il y a de ces moments où vous ne réfléchissez plus, où votre cerveau n'a plus cette capacité à rationaliser les choses. A aucun moment je ne me dis qu'elle était forcément venu lui régler son compte parce qu'il s'en ait prit à sa meilleure amie. A aucun moment je ne réfléchis à cette haine que je vouais à Riley.
Mon esprit se vide, comme une dépressurisation, de toutes pensées, de toutes idées. Tout ce que je vois c'est Lui, l'attaquant Elle. Marcus, s'en prenant à Riley. Un volcan éclate en moi, répandant sa lave avec violence dans chacune de mes veines, mon corps en ébullition. Une bulle de rage, de haine et de colère grimpe le long de ma gorge, mon cœur pulsant à une vitesse vertigineuse. Mon sac tombe lourdement sur le sol alors que ma conscience me hurle de faire un choix. Lui ou elle en premier. Les deux. Je cours vers Marcus, le sang battant à mes tempes, le souffle coupé et ma main se pose sur l'épaule de cet enculé. Je le retourne vers moi et mon poing s'abat violemment sur sa pommette dont la blessure provoquée par Maxime se déchire sous le coup porté par ma droite. Seule une flamme persiste en moi, celle de la raison qui menace de s'éteindre dans la seconde tant j'ai envie de le défoncer sur le pavé. Je plonge ma main dans ma poche, sors ma baguette, prononce un « Finite » d'une voix forte et tremblante vers Riley avant de lâcher mon arme et cette fois, plus rien n'existe. Un voile rouge s'abat devant mes yeux, cette flamme s'éteint et je ne contrôle plus rien. Je ne veux qu'une chose : L'éclater. Le fracasser. Et en cette seconde, je me demande si c'est ce que ressent Maxime lors de ses crises. Je pousse un hurlement de rage alors que Marcus tente de se relever, titubant, sonné. Je cours vers lui, le plaque au sol par les hanches et plus rien ne m'arrête. Je le revois lever sa baguette. Je revois Riley chercher son air, manquant d'Oxygène et surtout un film, une image s'impose en moi : Et si je n'étais pas intervenu ? Elle aurait pu crever là, sur le pavé, qu'il n'en avait rien à foutre. A cheval sur son ventre, mon poing s'abat une première fois alors que mon autre main attrape son col. Puis une deuxième et une troisième. La frénésie m'emporte, et je cris de rage alors que je déverse cette sombre colère sur cette raclure. Je repense à Camélia, à ma propre colère. Je revois Riley encore une fois et je sens mon poing s'abattre encore alors que le visage de Marcus percute le sol. Il commence à perdre connaissance mais j'en ai rien à foutre. J'en ai. Rien. A. Foutre. J'veux qu'il paie, je veux qu'il saigne, qu'il pleure sa mère, son père, sa famille entière. Je veux qu'il rampe.

Une voix forte s'élève derrière moi mais je n'entends rien. Tous les sons sont étouffés, même ceux que je provoque avec mes phalanges contre sa sale gueule. Je sens des mains m'agripper et me tirer en arrière avec violence, me faisant tomber au sol, sur le dos. Mais ma rage ne se tarit pas, je suis prêt à me relever mais cet homme face à moi m'attrape par le col et me plaque au mur.

- Lâchez moi putain de bordel !
- VARGAS ! Fermez là ! Qu'est-ce qu'il vous prend bon sang !

Je me stoppe net alors que ma vue recouvre sa logique et la transmet à mon cerveau.

Monsieur Holt. Notre très cher Gardien. Ma respiration est courte, saccadée alors qu'il me tient toujours plaqué au mur avec une force qui me surprend mais surtout, avec un regard à terrifier les plus courageux. Pourtant, je ne me démonte pas, pas cette fois. Mon cœur bat à une vitesse folle, j'ai le corps en ébullition et mes muscles sont douloureux tant je suis crispé de haine.

- Maintenant, vous allez m'écouter. Vous allez vous calmer cinq minutes et m'expliquer ce qu'est ce foutoir. Il jette un regard vers Riley, les dents serrés le souffle presque aussi court que le mien. C'est valable pour vous, Jenkins.

Il me lâche, me laissant contre le mur, la chemise débraillée, le cheveux en pétard et je suis incapable de formuler la moindre parole alors que mon cœur cogne comme un beau diable dans ma cage thoracique. Je n'avais pas vu l'autre Gardien essayé de relever Marcus, qui peine à retrouver ses esprits et surtout sa conscience. Je donnerais n'importe quoi pour le démonter un peu plus, là maintenant. Pour Kezabel. Pour Riley a qui je jette un regard pour m'assurer qu'elle allait bien, une vague d'inquiétude venant s'immiscer au cœur de cette vague de colère. Chose qui a l'air d'être le cas malgré son air un peu hagard. L'adrénaline est toujours là, palpitante, envahissante, si bien que je ne sens pas encore la douleur parcourant les phalanges écorchées de ma main droite.
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MessageSujet: Re: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Jeu 16 Avr 2015 - 18:27

Petite fille sage deviendra t’elle une meurtrière ? Visiblement ça n’est pas pour aujourd’hui. Peut être qu’aujourd’hui sonne l’heure de ma mort, au contraire, parce que je l’admets l’idée que je vais y passer m’effleure l’esprit alors que l’air commence à me manquer cruellement. J’imagine que maintenant je peux commencer à avoir peur, non ? Et c’est le cas. J’ai peur pour ma vie, peur de ce qu’il pourrait me faire dans cet état de faiblesse, peur de me retrouver une nouvelle fois trop près d’un type alors que je ne l’ai pas choisi … Pourtant derrière cette peur se cache une colère sourde et noire, une haine quasiment viscérale envers cette ordure pour ce qu’il a fait à Kezabel et peut être à d’autres avant elle. Qu’est ce qui se serait passé s’il n’avait pas eu ce réflexe avant moi ? De quoi est ce que j’aurai été capable même si j’étais déterminée à garder mon calme ? Je ne le saurais sans doute jamais et tant mieux, parce que ça aussi ça me fait peur. T’aurais du passer ton chemin, Riley. Je sais, et ? A quoi ça me sert de me dire ça maintenant ? A rien, alors laisse-moi tranquille et ferme-la.

J’avoue ne pas vraiment réaliser tout de suite ce qu’il se passe, trop occupée à chercher l’oxygène que je ne trouve pas mais en me sentant un peu partir j’ai aperçu cette silhouette familière débarquer de nulle part et si j’avais été en état d’avoir la moindre réaction je ne sais pas ce que j’aurai ressenti mais tout ce que je vois, tout ce que je sais, c’est que tout se passe très vite. Les deux corps s’entrechoquent, avec une certaine violence. Je crois … Je crois que Mateo vient de frapper Marcus mais …

« Finite »

Libération. Un seul mot et tout l’air revient brutalement dans mon organisme, avec une telle virulence tant je le cherche que je n’arrive pas à gérer correctement cette inspiration et manque de tomber sur le sol. Sans le mur derrière moi, j’aurai probablement fini par terre et ce depuis quelques secondes déjà. Pliée en deux, une main a plat sur le mur derrière moi, l’autre sur la gorge, à bout de souffle et reprenant mes esprits tant bien que mal j’ai encore un peu de difficulté à comprendre ce qu’il se passe. J’entends un hurlement, une sorte de cri de rage, puis mes yeux se posent sur une baguette là par terre, ensuite ce sont des bruits de lutte et mes esprits se rassemblent suffisamment pour que je comprenne ce qui est entrain de se passer. Je m’élance pour m’éloigner du mur et manque de tomber encore une fois tant mes jambes me tiennent à peine mais par je ne sais quel miracle je parviens à garder un semblant d’équilibre, y compris quand je me baisse pour ramasser cette baguette sans trop savoir à qui elle appartient. Je crois que c’est celle du Gryffondor mais je n’en suis pas certaine. Quand je me redresse je prends enfin conscience de ce qui est entrain de se passer et … Je bloque, totalement. Marcus est à terre, Mateo le maintient fermement contre le sol et est entrain de littéralement le massacrer. Sa baguette dans la main, les doigts fermement serrés autour, je me vois entrain d’observer la scène en retrait sans avoir la moindre réaction si ce n’est cette boule dans l’estomac. Je le regarde faire, je le regarde mettre en pièce cette ordure et ne fais absolument rien pour l’arrêter … Je ne jubile pas, pas à ce point là, mais c’est bien de la satisfaction que je ressens chaque fois que son poing s’abat violement sur le visage du Poufsouffle. Celui là est pour Kezabel, celui-ci aussi, et encore un. Pas de peur, pas de pitié, juste une froideur que je ne me connaissais pas et qui je le sais me fera paniquer tôt ou tard mais pour le moment ça n’est pas le cas. Puis il y a cette petite voix, celle qui tente de me ramener à la raison, celle qui me dit de l’arrêter parce qu’il va finir par le tuer et que ça n’est pas bien. Pourquoi est ce qu’il réagit de cette manière ? Je ne connais pas bien Vargas mais c’est la première fois que je le vois dans cet état et je devrais sans doute ressentir si ce n’est de la peur au moins un peu de méfiance, de la panique, quelque chose … Mais non, rien de tout ça. Il est l’instrument d’une vengeance … Et il ne devrait pas l’être. Les connexions se font à nouveau dans mon esprit, je me dis que j’ai peut être manqué d’air trop longtemps même si c’est totalement stupide et hypocrite de chercher une excuse, une raison, à cette absence directe de réaction. Il n’empêche que l’adrénaline revient, elle embrase tous mes vaisseaux sanguins, tous mes muscles, toutes mes veines, mon organisme tout entier. Bouge ! Fais quelque chose !

« Mateo ! »

Je fais un pas vers eux mais comment faire ? Utiliser la magie ? Non. Sans trop savoir pourquoi ça n’est pas une option que j’envisage et pourtant ça serait la plus logique. Il a l’air perdu, totalement parti dans cette accès de violence et si je m’approche je risque de prendre un coup je le sais, et sous ses frappes Marcus perd conscience, le visage plein de sang, de quoi vous en faire faire des cauchemars ou vous imaginer dans un film. Petite fille n’est pas habitué à tant de … tant de …

« Mateo arrête ! »

Il ne m’écoute pas. Il ne m’entend pas. Il n’y a rien d’autre qui existe pour lui sur cette planète que son poing qui s’abat sans relâche sur le visage de ce type. Rancune personnelle ? Comment le savoir. Je le savais sanguin, jamais je n’aurai pensé le voir dans cet état et je ne sais pas vraiment comment l’appréhender. Parce que je ne sais pas qui tu es ... Encore un pas, les mains tendues vers l’avant une seconde puis dans mes cheveux celle d’après alors que je me prends la tête au sens propre du terme. Je me décide finalement et sort ma propre baguette de ma poche mais je n’ai pas le temps de l’utiliser …

« Arrêtez ! Arrêtez immédiatement ! »
« Hey ! »

Une masse me bouscule brutalement mais je ne suis pas la cible quand bien même je recule de plusieurs pas pour finalement atterrir de nouveau contre le mur auquel je me rattrape encore une fois. Des Gardiens. Ils sont là, ils interviennent, et c’est probablement du soulagement que je devrais ressentir mais quand l’un d’eux attrape Mateo par les épaules et qu’il le tire violemment en arrière j’ai cette réaction à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Je franchis de nouveau les quelques pas qui me séparent d’eux, ma baguette serrées dans mon poing, furieuse …

« Ne le touchez pas ! »

Et d’où ça sort ça au juste ? Du fin fond de mes tripes, avec une voix encore un peu éraillée et sifflante à cause du manque d'air un peu plus tôt, un truc que je ne calcule pas et sur lequel je n’ai pas l’intention de m’arrêter une seule seconde. Je n’aime pas le voir comme ça, c’est tout. Ça ne me plait pas que ce type, Holt, l’attrape de cette façon. Point barre. Ils sont là, tous les deux dans un état d’énervement palpable, surtout Mateo qui n’est pas redescendu, pas sorti de sa transe destructrice, et Holt le bloque contre le mur après l’avoir attrapé par le col et relevé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Moi, je ne sais plus vraiment où donner de la tête, et dans ma poitrine mon cœur bat à cent à l’heure.

« Lâchez moi putain de bordel ! »
« VARGAS ! Fermez là ! Qu'est-ce qu'il vous prend bon sang ! »

Il n’est que haine, ils sont l’autorité, il est … un déchet, une ordure, et moi ? Moi j’hésite, mon regard allant des uns aux autres sans trop savoir où se fixer, diverses émotions bien distinctes qui pourtant se mélangent dans ma tête et partout dans mon corps. Marcus me donne des envies de meurtre et je prends conscience que Mateo aurait pu le tuer, là, sous mes yeux, sans que je ne fasse rien pour l’arrêter. Culpabilité. Mais colère, toujours, et toujours cette satisfaction de le voir souffrir … Ça n’est pas toi Riley, tu n’es pas comme ça. Non, mais il s’en est pris à la mauvaise personne, et de la mauvaise façon … Que Marcus crève je n’en ai rien à foutre, mais pas comme ça, pas de ses mains à lui, pas quand on sait ou en tout cas suppose l’impact qu’un tel geste peu avoir … Je tremble, des pieds à la tête, les deux baguettes dans ma main droite s’entrechoquent infimement et le regard un peu perdu, hagard, je ne sais plus quoi faire de moi ni quoi ressentir.

« Maintenant, vous allez m'écouter. Vous allez vous calmer cinq minutes et m'expliquer ce qu'est ce foutoir. »

Instantanément je me crispe quand son regard se braque dans le mien et que je n’arrive pas à le fuir mais fierté ou non, je relève la tête et inspire un bon coup, le toisant sans détour.

« C'est valable pour vous, Jenkins. »

Ce type me fait peur, il me fait peur depuis le jour où ils nous a envoyé en colle après le cirque improvisé dans le Hall, mais pourtant … Pourtant je reste droite, y compris quand mon regard se détourne et croise celui de Mateo l’espace de quelques secondes. Mes yeux se baissent, comme si je n’arrivais pas à la regarder en face. Depuis cette blague qu’il a fait à Maxime – et moi par extension – et le désastre qu’elle a engendré en majeure partie par ma faute, il n’y a quasiment plus aucun contact entre nous mais je sens bien qu’un truc coince. Peut être pas de son côté, peut être qu’il … est passé à autre chose mais pour moi … Disons que je n’arrive pas à savoir où j’en suis mais ça n’est pas le moment, vraiment pas. la couleur rouge de mon bracelet, celui que m’a offert Dimitri, attire mon attention et instinctivement mes yeux se braquent sur Marcus, qu’un deuxième Gardien est entrain d’aider à se relever. Matthews, je crois. Aucune importance. Ça serait tellement simple de cracher le morceau maintenant, d’incriminer ce connard pour ce qu’il a fait à ma meilleure amie … Et pourtant je ne lâche rien, comme si … Je ne sais pas, comme si ça n’était pas à moi de le faire, comme si quelque chose m’en empêchait. Non je ne suis pas un chat qui attend qu’on relâche la souris pour lui sauter dessus à nouveau et la faire souffrir encore un peu mais …

« C’est rien, il ne se passe rien. »

Ça me défonce le thorax de balancer une telle absurdité, réellement, mais je sens la colère renaitre de ces cendres encore chaudes tel un Phoenix et mes yeux vert se braquent dans la glace de ceux du Gardien.

« C’est de ma faute, ça vous va ? »

Crise d’adolescence, si tu veux, petite peste insolente, la petite fille à son Papa se rebelle … ça n’a strictement rien à voir.

« Oui, c’est de sa faute. Elle m’a agressé sans raison et lui il … »

Une seconde, à peine, c’est le temps qu’il me faut pour réagir et tourner la tête vers Marcus qui tient à peine debout. T’avais juste à fermer ta putain de gueule et tu ne l’as pas fait … Et c’est suffisant pour faire péter tous les fusibles dans mon cerveau, suffisant pour me faire lâcher un cri plein de rage alors que je me jette sur lui. Je ne l’atteindrais pas pourtant, parce qu’une paire de bras m’attrape par les hanches et me retient fermement alors que je me débats comme une folle. Laisse-moi. Laisse-moi juste une fois … Laisse moi lui envoyer mon poing en pleine figure même si ça doit me casser toutes les phalanges. Laisse-moi soulager toute cette putain de frustration !

« C’est ça, tiens ta copine, elle est aussi cinglée que toi ! »
« Ta gueule ! Ferme ta gueule ! Ferme ta putain de gueule ! »
« OH ! Ça suffit ! »

Le souffle court, le cœur qui bat comme il a rarement battu, je continue de me débattre en le fusillant du regard mais celui qui me retient ne lâche pas sa prise et ma main se pose sur son bras, le serre de toutes ses forces, alors que je me laisse retomber contre lui et me calme, au moins en apparence. Je sens son torse contre mon dos, ses mains sur mes hanches, et je n’ai pas besoin d’avoir les trois autres en visuel pour savoir et comprendre de qui il s’agit. Je n’y pense pas, mais je n’aurais pas réagit de la même manière avec quelqu’un d’autre, même s’il me déteste depuis que j’ai brisé le cœur de son amie simplement pour me venger de lui. Tu fais vraiment n’importe quoi en ce moment, tu penses pas ?

« Emmène-le à l’infirmerie avant qu’il ne tourne de l’œil. »

Et je ne sais pas pourquoi je fais ça, peut être parce que je ne supporte plus de voir sa sale gueule, mais je me retourne et reste le visage enfouie contre le torse de Mateo une seconde, peut être deux, une de mes mains agrippée à son pull, avant de le pousser légèrement et de m’écarter de quelques pas.

« Vous deux, venez avec moi, et sans discuter. »

La voix froide de Holt, son ton implacable, je n’ai même pas envie de discuter alors je me contente de ramasser mon sac et de le balancer sur mon épaule avant d’attraper mon gilet sur le sol. Tu vas attraper du mal, petite Tornade, couvre toi, seulement j’ai bien trop chaud pour ça tellement mon sang circule à vitesse grand V dans mes veines. Je tremble toujours des pieds à la tête et mes yeux restent braqués sur le sol. Je ne veux plus voir sa sale gueule, je ne peux plus, alors je me contente de suivre le Gardien sans broncher tandis qu’il a récupéré les deux baguettes que je gardais dans ma main comme si ma vie en dépendait. Un étage, deux étages, on descend, et je ne me calme pas mais tout s’est remis en veille. Paradoxale ? Non. C’est toujours bien là sauf que je n’extériorise pas mais à l’intérieur je bouillonne littéralement. Une sorte de réserve attenante à la bibliothèque et à l’intérieur d’autres élèves, trois ou quatre peut être, entrain de ranger des livres je crois. Où est ce qu’il veut en venir ?

« Bonjour, je vous amène la relève. »
« Cool ! »

C’est ça, cassez vous. Ils sortent, Holt nous fait signe d’entrer et encore une fois je ne bronche pas. Petite fille sage et obéissante. Je dépose mon sac sur une table, et enfile mon gilet sans pour autant le fermer puisque le froid commence à se frayer un chemin dans mon organisme, malgré tout. Ce soir je tomberai probablement d’épuisement, mais ça n’a strictement aucune importance.

« Aller, au travail. Je repasse dans une heure, en espérant que vous soyez calmés et qu’on pourra mettre ça au clair pour éviter que ça se reproduise. »
« Lui aussi il a besoin d’aller à l’infirmerie. »

Et de quoi je me mêle ? J’en sais rien, fous moi la paix ! C’est juste qu’il … sa main … Et puis merde.

« Ça peut attendre une heure, et je ne veux pas de grabuge là haut alors chacun son tour. Ces deux là dans la même pièce je doute que ça soit une bonne idée, qu’est ce que vous en pensez Mlle Jenkins ? »

Rien. Je n’en pense rien.

« Je suppose que vous êtes suffisamment intelligents pour comprendre ce que vous avez à faire. A tout à l’heure. »

Il ferme la porte, je le foudroie du regard ou plutôt son dos et c’est plus fort que moi, encore un geste que je ne maitrise pas, je me vois attraper le premier livre qui me passe sous la main et le balance violemment contre la porte qui vient de se refermer. Pas de réaction. Le silence s’installe, sourd, lourd, étouffant même, et je prends conscience qu’on n’est plus que tous les deux. Je prends aussi conscience que si mon cœur recommence à battre de plus belle ça n’a plus grand-chose à voir avec tout ce qui vient de se passer et comme si ça pouvait changer quelque chose je commence à faire les cents pas dans la pièce – une sorte de petite bibliothèque, avec des rayons, des étagères, des tables et quelques chaises mais qui n’est pas un endroit très fréquenté. Une réserve, probablement, et je n’y ai jamais mis les pieds en neuf ans – les mains dans les cheveux, les yeux fermés, comme un fauve qui tourne en rond dans sa cage.

« Elle va m’attendre … »

Elle ? Kezabel, évidemment. Je lui ai promis de la retrouver chaque fois que les cours seraient terminés. Ce midi, et maintenant. Ce sont des mots qui sortent d’eux même, qui ne s’adressent à personne d’autre qu’à moi, et d’ailleurs je ne sais pas s’il les a entendu ni même ce qu’il est entrain de faire tellement j’évite de croiser son regard. Volontairement ou pas. J’en sais rien, je sais plus. Putain d’impulsivité. Connerie d’émotions mal gérées.

« Je maitrisais parfaitement la situation, d’accord ? »

Ce qui est faux, totalement faux, et je pense qu’on en a parfaitement conscience tous les deux mais … Et sinon, dire merci tu l’envisages Mademoiselle ? Est-ce qu’il reste encore une once de rationalité en toi, dis moi ?
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MessageSujet: Re: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Ven 17 Avr 2015 - 9:47

C'est animal, bestiale. Cette envie de le réduire en cendre, de fracasser encore son visage contre mes phalanges et le pavé. Mon cœur bat comme un fou et j'ai une rage en moi qui n'attends qu'une chose : Exploser. Encore. Je veux encore de cette violence, je veux sentir encore sa peau craquer sous mes coups. Pourquoi ? Mon esprit en surchauffe n'arrive pas à ordonner ses pensées mais la première chose qui me vient en tête : Riley. Ce fils de chien a oser l'attaquer, elle. Et plus j'y pense, plus ma rage se bloque dans le fond de ma gorge, malgré le corps de Holt qui prend appuie sur le mien pour me maintenir contre le mur. J'en ai rien à foutre de ta gueule, si tu savais. Tout ce que je veux, c'est ce type derrière toi. Pour avoir oser lever la baguette sur elle. Pour avoir oser lever la main sur Kezabel. Parce que faut pas m'prendre pour un putain de débile. Je ne me débats plus mais mes poings restent crispés, les phalanges blanches. Je lève les yeux vers Riley qui détourne le regard. Ma haine se mélange et je repense à tout ce qu'il s'est passé. Je vais devenir dingue avec ce truc qui court librement en moi. Même après mon règlement, elle réussit à me rendre fou et ça me frustre. Ouais, ça me fait péter une pile. Si bien que je sens mon cœur s'emballer un peu plus alors que mon souffle commence tout juste à reprendre un rythme régulier.

Un râle de douleur et mon regard se braque derrière Holt. Marcus se relève... putain d'enfoiré de merde. J'ai même pas réussi à te laisser inconscient pour quelques jours. Je donnerais n'importe quoi pour envoyer un patronus à Maxime et lui demander de me rejoindre afin que nous finissions le travail qu'elle a commencé hier. Je ne sais pas ce qu'il a fait exactement, mais il a dû y aller fort pour mettre Maxime dans un état pareil et pour que Kezabel loupe l'ensemble de la journée. Merde j'suis perdu dans ce foutoir.

« C’est rien, il ne se passe rien. »

Ma tête se tourne brusquement vers Jenkins. C'est une putain de blague ?

« C’est de ma faute, ça vous va ? »

… mais... putain, elle se fou de ma gueule ? Pourquoi tu dis pas la vérité ? Pourquoi tu dénonce pas ce fils de p... Bordel. Respire. Recentre toi et reprend ton calme. Ca sert à rien d'être à deux, à vous énerver. Ouais. Ca sert à rien. Sauf que je pige pas que ce mec s'en sorte aussi bien, du genre blanc comme neige. Avec l'épisode d'hier soir, j'comprends même pas pourquoi il est toujours là.

« Oui, c’est de sa faute. Elle m’a agressé sans raison et lui il … »

Tout se passe en une fraction de seconde. J'ai eu cette envie furieuse de courir vers lui pour lui asséner un énième poing dans sa gueule mais Riley a été plus rapide que moi. Sauf qu'il est hors de question qu'elle soit en face de lui. Qu'il l'a touche. Qu'il ne la regarde ne serait-ce qu'une putain de seconde. Je me précipite à sa suite et j'ai juste le temps d'enrouler mes bras autour de ses hanches pour l'empêcher de faire la connerie de sa vie. Ce mec est un malade. Suffisamment pour s'en prendre sans aucun remord à une femme. Alors après avoir essuyer cette cuisante humiliation, crois moi qu'il ne se gênera pas pour revenir te voir et finir ce qu'il a commencé. Et c'est franchement pas ce qu'il y a de recommandé à l'heure actuelle.

« C’est ça, tiens ta copine, elle est aussi cinglée que toi ! »
« Ta gueule ! Ferme ta gueule ! Ferme ta putain de gueule ! »
« OH ! Ça suffit ! »

Elle se débat comme une lionne et moi je la retiens, l'écarte le plus loin de cette ordure. Jamais je ne l'ai vu si en colère, même ce jour dans le Hall où elle m'a accrochée au lustre après ma vente de sous-vêtements improvisée. Je lance un regard noir à Marcus qui lui promet toute une série de torture et de meurtre que je me ferais un plaisir de lui affliger une fois que je le coincerais avec Maxime, au détour d'un couloir. Parce que j'suis pas le genre à lâcher le morceau comme ça. Du con. Et je n'suis pas le seul à être tenace. Riley continue de se débattre alors que je la maintiens fermement plus loin, évitant de justesse un coup de coude.

- Calme-toi. Arrête. Laisse tomber, il vaut même pas l'coup.

Il ne mérite même pas cette colère que tu lui offre. Que tu lui donne sur un plateau d'argent. Ma colère à son égard s'est volatilisée, parce que c'est franchement pas le moment de jouer les gamins dans la cours de récré. La situation est sérieuse, suffisamment pour que je mette un instant mon égo et ma rancune de côté. Mon cœur bat encore à une vitesse vertigineuse mais ma colère est bien plus maîtrisable que tout à l'heure même si je rêve de le bousiller.
Sa main se pose sur mon bras alors que son corps prend appuie sur mon torse. Mes mains ne quittent pas ses hanches et je … je ne saurais pas expliquer ce qu'il se passe en cette seconde. Quelque chose débloque en moi et fais que je sens une vague de chaleur agréable m'envahir, malgré la colère qui prend énormément de place.

« Emmène-le à l’infirmerie avant qu’il ne tourne de l’œil. »

Je lâche un ricanement amusé en regardant son collège trainer ce connard loin de nous. Ouais, emmène-le avant que je ne lui amoche un peu plus sa sale gueule. Et …
Riley se retourne, pose son front contre mon torse et un sentiment intense de … soulagement s'abat sur moi. Je ne comprends rien à ce qu'il se passe mais pendant qu'elle s'accorde quelques secondes de repos, mes mains restent bien fermement sur ses hanches et c'est comme si elle appuyait sur un nœud et que le soulagement et la plénitude envahissaient les lieux. Je m'en veux aussitôt de ressentir ça et d'avoir cette furieuse envie de glisser ma main dans ses cheveux. Une seconde qu'elle est contre moi et une douce chaleur se présente. Un instant hors du temps, qui se coupe de toute cette violence et de toutes ces choses que je ne comprends pas. Un lien, unit. Présent. Palpable.
Connerie. Putain de connerie. L'instant se brise, se coupe, de son propre fait à elle et je ne la regarde pas. Surtout pas. Rappelle-toi ton règlement. Pas de regard, pas de … touché. Non, pas de contacte, merde. Pour justement éviter tout ça.

« Vous deux, venez avec moi, et sans discuter. »

Le ton de sa voix est sans appel et surtout, d'une froideur qui lui est propre. J'entends souvent dire que ce mec est le saint des saints, toujours là pour prêter main forte. Mais le peu que j'ai eu à faire à lui, il me les brise. Et j'suis franchement pas d'humeur à ce qu'il assoit son autorité sur ma gueule.
Soupire de ma part alors que je glisse les mains dans mes poches pour éviter que le tremblement qui agite mes doigts, ne soit visible. Ma colère stagne mais reste contrôlable alors que ce sale fils de chien s'en sort royalement bien. Mais pourquoi t'as rien dit ? Pourquoi tu le laisse filer comme ça... J'y comprends tellement rien. Et je ne cherche pas plus loin, j'ai pas envie. La douleur commence à se réveiller au creux de ma main et je reste stoïque. Je donnerais se plaisir à personne. Je récupère mon sac à dos, le glisse sur mon épaule et suis Holt et Jenkins, sans un seul mot. Juste l'envie d'aller dormir ou me défouler. Et dans tout ça, j'avais complètement oublié que dans un geste stupide, j'avais laissé ma baguette tombée au sol. Maintenant, c'est Holt qui la tient dans sa main avec celle de Riley. Riley que je ne regarde pas, que je calcule pas. Je repense à cet instant hors du temps, hors de ce contexte brutal. Je sens encore la présence de son corps contre le mien et je serre plus fort les dents.

Un instant, je me demande ce que j’aurai été capable de lui faire si les Gardiens n’étaient pas intervenus. Cette vague de violence était tellement transcendante que j’aurai aussi bien pu le tuer sans m’en rendre compte. Le pire dans tout ça c’est que ça ne me fait absolument rien. La colère. Vibrante sous la peau. Elle nous ferait faire n’importe quoi d’insensé.

Durant tout le trajet, je tente de me calmer. J’inspire et j’expire en silence, à l’arrière du « cortège ». Je pense à Camélia et prend entre mes doigts son chapelet, sans broncher. Je ne prie pas, je ne prie plus depuis des années. En revanche, je pense à elle, pour tenter un apaisement. Et le corps de Riley contre mon torse s’impose à mon esprit. Mes nerfs se détendent imperceptiblement. Combien de temps tout cela durera ?
Les battements de mon cœur s’atténuent, mon souffle reprend un rythme normal et ce feu brûlant au creux de ma poitrine diminue. Ça m’arrache la gorge de l’avouer, mais mes pensées vers Camélia et vers cet instant furtif mais coupé du monde, semblent apaiser cette rage en moi.

« Bonjour, je vous amène la relève. »
« Cool ! »

Je reviens sur terre et remarque je n’avais même calculé où est-ce qu’il nous emmenait puisque j’en avais rien à foutre. Mes yeux parcourent les alentours. Des livres, un tas de livres. La bibliothèque ? Sans déconner. Des gosses sortent d’une espèce de remise dans laquelle nous y entrons juste derrière. Et c’est un foutu bordel que je découvre. Bien évidemment.

« Aller, au travail. Je repasse dans une heure, en espérant que vous soyez calmés et qu’on pourra mettre ça au clair pour éviter que ça se reproduise. »
« Lui aussi il a besoin d’aller à l’infirmerie. »

J’hausse un sourcil, surprit. Je porte un regard sur ma main qui enfle un peu, les écorchures commençant à ne plus saigner, du sang sécher sur ma main. Je bouge les articulations et réprime une grimace de douleur. Je n’en mourrais pas. Mais entre le « Ne le touchez pas », son repos contre moi et ça, je me pose de sérieuse question. N’es-tu pas censé me détester Riley ? Tu sais, le mec qui te plaque dans un couloir, t’arrache un baiser et dont tu te venge après ? Tu culpabilise, c’est ça ?
Ne commence pas à partir dans ce putain de délire. T’en a rien à foutre.

En principe.

« Ça peut attendre une heure, et je ne veux pas de grabuge là haut alors chacun son tour. Ces deux là dans la même pièce je doute que ça soit une bonne idée, qu’est ce que vous en pensez Mlle Jenkins ?
- Et moi, vous m’demandez pas mon avis ? »

Il m’ignore comme si je n’étais pas là et je secoue la tête, dans un ricanement sarcastique. Parce que personnellement, j’me ferais une joie de le retrouver là-bas, ce sac à merde.

« Je suppose que vous êtes suffisamment intelligents pour comprendre ce que vous avez à faire. A tout à l’heure. »

C’est ça, connard. Je ne le regarde même pas partir alors que je suis dos à la porte, toujours une main dans la poche tandis que celle écorchée, maintiens la lanière de mon sac à dos sur l’épaule. Et c’est reparti pour un tour. Une énième colle, la deuxième avec Jenkins. Je retiens un soupire, j’suis pas sûre que ça soit si agréable que la dernière fois où on faisait les cons avec cette substance verdâtre. Je ne sursaute même pas lorsque Riley lance avec une force surprenant ce bouquin contre la porte. Elle tremble de rage depuis tout à l’heur et c’est une chose que je peux aisément comprendre. Je ne saurais pas comment j’aurai réagis s’il s’en était pris à Maxime, même si cette grande malade sait se démerder toute seule.
Je reste planté là, fermant un instant les yeux et me gorgeant de ce silence qui sera mon fidèle allié durant toute cette colle. Je ne broncherais pas, je ne l’ouvrirais pas. Je vais ranger ces putains de livres et me tirer d’ici en vitesse, point barre. La pièce est exiguë et je sais très bien ce qu’il se passe lorsque je suis trop près d’elle et c’est justement ce qui me pose un foutu problème.

Ne pas la regarder.
Ne pas lui parler.
Ne pas la toucher.

Ouais, et tout devrait bien se passer. Pourtant, l’air autour de moi vibre et s’alourdit. Je fais glisser mon sac de mon épaule et le jette un peu plus loin, dans le coin de la pièce, près d’un rayon de livre. Riley, elle, tourne en rond, sur les nerfs, sur le point d’exploser. Je comprends sa frustration mais je ne saisis toujours pas pourquoi elle n’a rien dit à Holt. Pourquoi ne pas lui avoir dit la vérité ? Je ne sais pas où en est cette histoire, ni le réel contenue, mais ça m’a l’air d’être un véritable bordel.

« Elle va m’attendre … »

Je commence à saisir un tas de livre sur la table non loin de moi et d’en regarder les auteurs. Je suppose qu’il faut les ranger par ordre alphabétique.
Je ne la regarde toujours pas, mais je sais qu’elle parle de Kezabel. Et mine de rien, moi aussi j’me fais du soucis pour elle. Si elle attend Riley et que je ne l’ai pas vu une seule fois dans les couloirs, c’est qu’elle doit être cloîtrer quelque part et le seul endroit qui me semble plausible serait le dortoir ou salle commune de Riley.
Au pire Macy et Maxime seront là le temps qu’elle revienne. Il n’est question que d’une heure. Et soixante minutes passent extrêmement vite lorsque nous sommes occupés à ranger des foutus livres par ordre alphabétique. Je suis certains que les filles s’occuperont très bien d’elle le temps que Riley aille la rejoindre. Je pourrais lui dire tout ça mais je me refuse de prononcer la moindre parole. Depuis l’histoire du filtre, je fais tout pour l’esquiver et ne pas avoir à faire à elle. Les choses risquent de se compliquer si je reste ici.

« Je maitrisais parfaitement la situation, d’accord ? »

… J’arrête mon geste, net. Celui qui s’apprêtait à ranger un des livres sur l’étagère. Mon cœur vient de subir une embardé et mes mains se mettent à trembler subitement. Toute la colère que je tentais tout à l’heure de calmer, vient de s’éveiller avec violence et la soupape menace d’exploser. Elle vient bien de me dire ça ? Est-ce qu’elle vient bien de ramener sa gueule avec sa fierté à deux galions ? Mâchoire serrée, je me redresse de toute ma hauteur et pose le livre sur la table avant qu’il ne finisse contre un mur. Je me retourne vers elle et cette fois je n’hésite pas à planter mon regard noir sur elle.

- Tu t’fou de ma gueule j’espère ? Dis-moi tout de suite que t’es entrain de te foutre de ma gueule.

Voix froide. Voix dure.

C’est foutu. Chaque mot est une perte de contrôle et je commence à craquer. Là c’est trop. Elle est entrain de se foutre de ma gueule putain de bordel de merde. L’histoire du terrain de basket. Le filtre. Sa vengeance. Ouais, t’es une blague en fait. T’es née pour me faire chier et…

- Oh oui ! La grande Riley Jenkins contrôlait parfaitement la situation ! Je lève ma main blessée, tremblante, phalanges tournées vers Riley. Ouais, t’as vu comment tu gérais bien ? Tellement que j’ai dû aller fracasser sa salle gueule de connard contre le pavé.

Je m’embrase aussitôt, comme une flaque d’essence et c’est une explosion en moi. C’est foutu, je suis foutu. Tout est foutu. J’en ai marre de fermer ma gueule, j’en ai marre de faire face à son air fier de Miss-je-contrôle-tout. J’en ai marre que ça soit ELLE qui me provoque ces putains d’effets même quand elle n’est pas là. Un voile rouge s’abat devant mes yeux et je n’arrête rien. J’en ai plus rien à foutre.

- Pardon ! J’avais oublié que t’étais LA super héroïne qui n’a besoin de personne pour se sortir d’un merdier pareil. Rappelle-moi la prochaine fois de regarder et de te laisser faire comme une grande fille que tu es. Si j’avais pas été là putain, tu ne serais même plus entrain de respirer bordel de merde ! CE MEC A FAILLIT TE TUER LA EN PLEIN COULOIR!! Et la seule chose que tu trouves à me claquer dans la gueule c’est que tu contrôlais cette putain de situation !

Je me retourne, tremblant de colère, le souffle court. Je vais exploser. Putain. Respire. Calme-toi. Je tremble. Je reprends un livre entre mes doigts, prêt à reprendre la colle là où je l’ai laissé. J’ai déjà trop parlé. Ca vibre sous ma peau, ça hurle dans mon crâne et mon cœur martèle mes côtes. Et avant même que mon esprit ait eu le temps de dire stop, la chaise termine déjà contre le mur et se fracasse alors que je hurle un « Puta de mierda », gorgé de frustration et de haine.
Je me retourne brutalement vers elle en la pointant du doigt. J’ai chaud, je tremble et la pièce est bien trop petite pour notre colère commune.

- Tu commences à m’emmerder Jenkins. A sérieusement m’emmerder. Ma voix est brutale, violente, gorgé d’une colère que je ne contrôle pas. Même dans un moment comme ça t’es pas foutu de la ravaler ta putain de fierté ! Même dans un moment comme ça il faut que tu trouves le moyen de me faire péter les plombs !  Rappel moi bien la prochaine fois d’être moins con et de n’plus m’inquiéter pour toi.

Parce que c’est ce qui arrive. C’est ce qui est arrivé. Si j’ai fracassé ce mec c’est parce que je l’ai vu s’en prendre à quelqu’un mais surtout, parce que ce quelqu’un : c’était elle. Et ça, bordel, ça me fou en rage. J’ai envie de lui cracher toute ma haine et toute ma rage concernant cette histoire de filtre, qu’elle n’est qu’une vicieuse et indécise qui me fou hors de moi, tout comme j'ai envie de lui demander pourquoi elle a laissé filée ce connard, mais ça ne sort pas, les mots restent coincés dans ma gorge tout en sachant pertinemment qu’il ne faudra qu’un seul éclat de colère pour que tout explose. Et a contrario, le flash de cet instant hors du temps me revient brutalement en mémoire et ma colère est d’autant plus forte.

Comment une nana comme Riley peut-elle réussir à me foutre dans des états aussi contradictoires ?
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MessageSujet: Re: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Ven 17 Avr 2015 - 23:31

Tu n'as pas de sens ma pauvre fille. Tu n'as pas le moindre sens, t'es rien qu'un putain de désastre émotionnel, une pauvre fille incapable d'être rationnelle deux minutes. Comment l'être ? Comment l'être quand se balade dans la nature des individus de ce genre, et quand l'un d'entre eux s'en prend à votre meilleure amie ? Comment l'être quand dans votre tête c'est un bordel sans nom, quand les émotions implosent et explosent à tour de rôle ? Je ne me cherche pas d'excuses, peut être simplement des raisons, et je sais que je pourrais, devrais même, faire un effort pour prendre sur moi, me calmer, me poser et réfléchir ne serait-ce que trois secondes avant de parler mais là, maintenant, tout de suite, je n'y arrive pas. Est ce que j'essaie seulement ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne sais pas pourquoi j'ai lâché ces mots qui ont eu l'effet d'une bombe sur lui. Je ne sais pas ! Ils sont sortis, et c'est tout. J'aurai du … me taire, oui, et attendre que ça passe. J'aurai du le laisser dans son coin et rester dans le mien, faire ce que j'ai à faire sans me poser de question, ignorer sa présence, ignorer ce qu'il vient de se passer. Fermer les yeux, respirer un grand coup, faire le vide, et laisser tout ça se décanter. Voilà ce que j'aurai du faire mais il faut croire que je ne sais pas faire grand chose d'autre que des erreurs ces derniers temps. Pas hier. Hier je n'ai pas fait d'erreur. J'ai été là pour Kezabel, peut être pas sur le coup, mais j'ai été là après. Je suis une bonne amie, pas vrai ? Il y a au moins ça que je ne fais pas de travers. Ça, les cours aussi. Le reste … Est ce que ça a vraiment de l'importance ? 19 ans, bientôt 20, tu n'es plus une gamine capricieuse et impulsive qui fait la gueule à sa mère parce qu'elle a décidé de quitter ton père et de se mettre avec un autre homme. Grandis un peu …

Grande, ça n'est pas le terme que j'emploierai pour me qualifier quand je sens la tension qui émane de lui venir me frapper de plein fouet. Gestes lents, regard noir, ses mains tremblent et toute ma colère s'envole ...

« Tu t’fou de ma gueule j’espère ? Dis-moi tout de suite que t’es entrain de te foutre de ma gueule. »

Glacial. T'as juste ce que tu mérites ma grande et tu le sais.

« Oh oui ! La grande Riley Jenkins contrôlait parfaitement la situation ! »

Je ne détourne pas le regard, pas une seule seconde. Je sais qu'il me montre sa main mais ça n'est pas elle que je regarde. Mes yeux restent ancrés dans les siens, j'ai l'impression de me désintégrer un peu plus chaque seconde qui passe. Juste une gamine, une gamine qui a fait une connerie et qui se fait engueuler. C'est tout ce que je suis, tout ce que je mérite.

« Ouais, t’as vu comment tu gérais bien ? Tellement que j’ai dû aller fracasser sa salle gueule de connard contre le pavé. »
« Je t'ai rien demandé ! »

Sursaut. Juste un putain de caprice de plus. Mais ferme là ! Écrase.

« Pardon ! J’avais oublié que t’étais LA super héroïne qui n’a besoin de personne pour se sortir d’un merdier pareil. Rappelle-moi la prochaine fois de regarder et de te laisser faire comme une grande fille que tu es. Si j’avais pas été là putain, tu ne serais même plus entrain de respirer bordel de merde ! CE MEC A FAILLIT TE TUER LA EN PLEIN COULOIR!! Et la seule chose que tu trouves à me claquer dans la gueule c’est que tu contrôlais cette putain de situation ! »

Figée. Immobile. Prostrée sans doute un peu. Et lui ? Il explose, il déverse, évacue, exorcise … Si je ne fixe plus ses yeux c'est simplement parce qu'il me tourne le dos mais je ne le lâche pas du regard pour autant. Ses mots m'atteignent en plein cœur, droit dedans, et j'ai perdu de ma superbe c'est une évidence mais quelle importance ? Aucune. Sauver les apparences ? Pourquoi faire ? Il n'est pas dupe. Et quand il hurle je sursaute, quand cette chaise rencontre le mur je sursaute encore, mais quand il se retourne à nouveau vers moi … Pourquoi j'ai ressenti ce besoin de chercher du réconfort et du calme contre toi tout à l'heure ? Je n'ai juste pas réfléchis, c'était spontané, évident même, mais maintenant … Cet doigt pointé vers moi, accusateur, il brise tout. Tout.

« Tu commences à m’emmerder Jenkins. »

Brutal. Violent. Mais mon regard ne s'abaisse toujours pas.

« Même dans un moment comme ça t’es pas foutu de la ravaler ta putain de fierté ! Même dans un moment comme ça il faut que tu trouves le moyen de me faire péter les plombs !  Rappel moi bien la prochaine fois d’être moins con et de n’plus m’inquiéter pour toi. »

Les mots font mal, la vérité blesse comme on dit, et je sais qu'il a raison et que j'ai tort. J'aimerai tellement lui en vouloir, ça serait tellement plus simple, mais même avant qu'il … Pourquoi est ce que tu t'inquièterais pour moi ? Ça non plus ça n'a pas de sens. Je ne suis rien pour toi, personne.

A ce moment là je sens bien qu'il bloque, je bloque aussi, mais il y a comme un trop plein de chaque côté. Quelque chose qui a besoin d'être décoincé, brutalement, rapidement. Je ressens encore une fois un tas d'émotions contradictoires et ne fais plus vraiment attention aux tremblements qui me secoue de la tête aux pieds tant ils sont là depuis de longues minutes et me paraissent presque normales alors qu'ils me font mal, tendant mon corps au maximum. Muscle, nerfs, articulations, ça tire, ça travaille, et ça fait mal. Et ça pète ...

« Qu'est ce que tu veux que je te dise ?! Qu'est c'que tu veux ?! »

Le silence aura duré une minute, peut être plus , je n'en sais absolument rien. J'ai complètement perdu la notion du temps, c'est un élément abstrait, comme si le monde en dehors de cette pièce n'existait plus vraiment quand bien même j'ai l'impression qu'il m'appelle. Prendre la fuite ? Je ne l'envisage pourtant pas une seule seconde et les liens qui me maintiennent stoïque, statique et droite depuis tout à l'heure sont entrain de lâcher les uns à la suite des autres.

« Merci ! »

Poings et mâchoires serrées.

« Merci d'avoir débarqué et manqué de tuer cette ordure ! Merci de m'avoir fait comprendre que j'aurai aimé le voir souffrir encore un peu plus ! Merci d'être tellement … tellement ... »

Tellement quoi ? J'en sais rien. Tellement toi. Tout ce merdier soulève trop de choses, j'y arrive pas. J'y arrive pas putain ! J'essaie de me calmer, de chercher mes mots mais tout ce qui sort c'est un cri de frustration, de rage, de … pleins de choses. Et une pile de livre fini son chemin par terre parce que je n'ai pas pu m'empêcher de la pousser violemment. En réalité je n'ai même pas essayé. L'instant d'après j'ai les deux mains dans les cheveux, le souffle court à nouveau, et le cœur qui bat à cent à l'heure.

« T'as raison, je gérais rien du tout, c'est ça que tu veux entendre ? J'suis même pas foutue de tenir tête à cet enfoiré de première qui ne mériterait qu'une chose : Finir pieds et poings liés dans une cellule miteuse d'Azkaban ou lesté d'une tonne dans le fond du Lac. J'suis même pas foutue d'avoir été là pour elle au moment où elle avait le plus besoin de quelqu'un, même pas foutue de faire payer à ce type l'envie de recommencer. J'suis pas une super héroïne, d'accord ?! Ni une grande fille, surtout pas la grande Riley Jenkins ! Et non j'contrôlais rien du tout ! »

Parce que je contrôle jamais rien même si j'arrive parfois à faire croire le contraire, je ne me contrôle pas moi même en tout cas mais je pense que finalement c'est relativement évident, non ?

« Voilà ! T'es content ?! C'est ça que tu voulais entendre ?! Que j'suis pas capable de me défendre par moi même, que n'importe quel crétin aurait le dessus sur moi, que n'importe quel type dans son genre pourrait me bouffer toute crue sans que je n'ai la moindre chance de m'en tirer sans égratignure ! »

Que je ne suis qu'une pauvre petite conne qui n'a pas assez vécu, pas même le quart de ce que vous avez tous endurés. Ma vie c'est du rose et des paillettes, c'est les câlins de mon père, les disputes à la con avec ma mère, une mauvaise note perdue au milieu d'un bulletin exemplaire. Un cœur brisé, au moins une fois ? Même pas. J'ai pas ma place ici, j'suis pas taillée pour ça, pour être à la hauteur de vos blessures. Des balafres j'en ai pas, juste une pauvre cicatrice sur la joue dont plus personne ne se souvient de la provenance. Je ne comprendrais jamais, je ne saurais jamais ce que ça fait d'être brisé en mille morceaux épars. Vous avez tous ce truc dans le fond du regard, ce truc que je n'ai pas, et ça n'a pas le moindre sens d'en arriver à le regretter … Et t'as peur du noir putain ! Du noir ! Qui a peur du noir à 20 ans ?! La grande Riley Jenkins qui maitrise bien la situation … T'es qu'une vaste blague ma fille. Une imposture.

Yeah I might seem so strong
Yeah I might speak so long
I've never been so wrong


London Grammar ▬ Strong

Maintenant tu use et abuse encore de cette fierté à la con et tu me ravales cette larme qui menace de rouler sur ta joue, c'est clair ?

« Désolée de te faire péter les plombs ! Crois moi ça n'arrivera plus ! Sauf si c'est toi qui te pointe encore une fois, parce que moi j'irai pas te chercher, mais là tu pourras t'en prendre qu'à toi même ! »

Je vais te foutre la paix si c'est ce que tu veux, mais rappelle toi d'une chose ! C'est pas moi qui est commencé tout ça, d'accord ? C'est pas moi qui ai commencé à te chercher, à t'emmerder. C'est toi qui m'a fait péter les plombs en premier et regarde où on en est maintenant ? Non je ne rejette pas la faute sur lui, non je ne mélange pas tout ! Ou peut être. J'en sais rien. Il n'empêche que c'est lui et pas moi qui a déclenché tout ça alors c'est facile de tout me mettre sur le dos maintenant. C'est pas moi qui suis venu chercher tes lèvres ce jours là dans cette pièce de je ne sais plus quel étage et qui a tout changé. J'aurai pu rester une fille parmi les autres tu sais, et t'aurais pu rester ce crétin qui me sort par les yeux mais t'as actionné ce truc qui fait que c'est différent maintenant, au moins de mon côté. J'aurai voulu m'en foutre, j'ai pas réussi visiblement, et plus j'y pense, plus ça me bouffe, plus j'étouffe. Je ne suis pas de celles qui jouent, je ne le suis plus, alors peut être que t'arrive trop tard j'en sais rien, je sais pas, mais c'est comme ça. J'attends rien de toi, ou peut être que si même si je ne sais pas ce que c'est, mais je ne serais pas un de tes passe-temps avec lequel tu joues quand tu t'ennuies, t'entends ?

« J'voudrais juste savoir une chose ... »

Quelqu'un peu me dire pourquoi et comment on en arrive à ça ? Au départ ça n'avait rien de personnel, il n'était pas question de nous deux, et pourtant ça dérive je le sens bien. Il y a comme un truc qui se fissure en moi, un besoin … de savoir, oui, mais pourquoi ? S'en foutre c'est tellement plus simple, il y arrive bien lui, non ? J'aimerai retenir mes mots, cette rancune qui est entrain de me ronger comme un parasite dans les veines, mais j'y arrive pas. J'ai besoin de cracher ce venin, de laisser sortir tout ça, alors effectivement ça sort mais intérieurement je hurle parce que je m'en veux. Je m'en veux d'être aussi faible, de lui donner tant d'importance, tant d'ascendance sur moi. Directement ou pas. Ça sort, oui, mais avec une voix tout aussi glaciale que le regard que je lui lance en ce instant après avoir retrouvé une posture statique, stoïque. Figée.

« T'en as bien profité le jour où tu m'as taxé un cheveux ou deux pour faire ce putain de philtre à la con ? »

C'est agressif, je n'essaie même pas de faire en sorte que ça ne le soit pas. Oui, c'est du venin que je crache, quoi de plus normal pour une Serpentard diraient les plus stupides, prompt au jugement et l'amalgame. Je vous emmerde. Je vous emmerde tous. Et pas avec le sourire cette fois. Mais ma voix tremble et je ne supporte pas cette marque de faiblesse.

« Hein ? Ça va, tu t'es bien fait plaisir quand tu m'as plaqué contre ce mur ? T'as cru que j'étais une de ces pauvres filles que tu charmes sans le moindre effort ? Parce que je t'ai sauté dessus l'autre fois. Qu'est ce que tu t'aies dit à ce moment là ? Est ce que t'as pensé à ce que moi j'ai ressenti ?! »

Est ce que t'en as seulement quelque chose à foutre ?! Non, tu t'en fous. Tu te pointes, tu te serres, c'est ce que tu fais non ? Avec moi, avec d'autres. Juste une conne parmi d'autres, souviens toi Riley. Rien de plus, rien de moins. La cassure se fait plus à vif, je ne lui ferais pas le plaisir de me voir saigner. T'entends ? J'te laisserai pas m'atteindre de cette façon ! T'auras pas ce pouvoir sur moi !

« Pourquoi t'as pas couché avec elle ? »

BOOM ! Je ne l'ai pas senti venir ça, ou peut être que si j'en sais rien, je sais plus, encore et toujours, mai la boule que j'ai dans la gorge depuis un long moment maintenant augmente d'un cran et m'étouffe. Je ne suis même pas sure de ce que j'avance, même pas sure qu'il comprenne de quoi je parle, de qui je parle, mais quitte à se ridiculiser alors autant y aller à fond, non ? J'ai de l'endurance, ça c'est bien un truc que je peux me vanter avoir, alors allons-y, je suis parée à tenir la cadence que je m'inflige moi même, tout ça pour ne pas perdre la face. T'as pas l'impression que c'est totalement con de ressentir les choses comme si ta vie en dépendait ? Débranche. Tu vas finir par imploser et lui va te finir, t'enterrer six pieds sous terre quand il va éclater de rire.
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MessageSujet: Re: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Sam 18 Avr 2015 - 19:22

L'air est surchargé en électricité et en tension. J'ai le souffle court, les muscles tendus à leur paroxysme et je n'ai qu'une envie : Foutre le camp d'ici. Parce que tout ça, prend trop d'espace. Ma colère, ma rage, la sienne, ce que me provoque Riley. Tout, prend trop d'espace. Et j'étouffe. Je me suis rarement vu dans un état de nerf comme celui-ci. Tout d'abord parce que cet enfoiré ne mérite pas d'arpenter les couloirs si j'écoute Maxime, parce qu'il s'en est prit à Riley et que ça m'a rendu complètement dingue, et maintenant parce que même après lui avoir sauver la mise, il faut qu'elle se la ramène avec ses airs fière de petite fille capricieuse. Et ça putain, ça me rend complètement dingue. J'ai emprunté un ton froid, glacial et dur, sans aucune hésitation et surtout aucun remord. Je m'en branle de ce qu'elle pense en cette seconde, j'ai juste envie de lui claquer la vérité à la gueule. Chose faite, désormais et malgré ça, j'arrive pas à me sentir plus soulagé. Tout est contraste. Il n'y a pas dix minutes elle se trouvait contre moi pour un moment calme et apaisé, une chose que je n'ai pas connu depuis la mort de Camélia. Désormais, nous sommes là comme deux cons à nous assassiner du regard et à nous détester, encore et toujours.

Détester dis-tu ?

Le silence s'installe et devient lourd alors que je suis là les deux mains plaquées sur le bois de la table, tentant de retrouver un rythme cardiaque normale alors que ma mâchoire ne cesse de se crisper.

Elle tremble. Moi aussi. Nos souffles sont courts et mes yeux ne la quittent pas. Elle est crispée, farouche et malgré toute la colère qu'elle provoque chez moi, elle est absolument et foutrement désirable.

« Qu'est ce que tu veux que je te dise ?! Qu'est c'que tu veux ?! »

Rien. Je ne veux rien. Menteur. Tu comprends pas putain.

« Merci ! »

Non... tu ne comprends.. rien. Inspiration. Expiration. Je serres les poings sur la table avant de les reposer bien à plat. Contrôle.

« Merci d'avoir débarqué et manqué de tuer cette ordure ! Merci de m'avoir fait comprendre que j'aurai aimé le voir souffrir encore un peu plus ! Merci d'être tellement … tellement ... »

Tellement quoi hein ? Tellement con ? Tellement imposant ? Tellement détestable ? Crache le, ce foutu morceau Riley. Crache le.
C'est à son tour de craquer, c'est à son tour de lâcher prise. La pile de livre qui se trouvait à proximité se retrouve directement au sol, jeté avec une rage que je ne lui connaissais pas. Elle me surprend depuis la seconde où je suis venu l'aider face à Marcus. J'ai face à moi une boule de nefs et de colère, dans le même état que moi. Je peux comprendre, vraiment. Je ne sais pas ce qu'a foutu Fincher avec Kezabel mais mon instinct me dit que ça n'a rien de jolie alors oui, je comprends la colère de Riley. Mais c'que j'comprends pas, c'est cette fierté mal placée. Pourquoi il faut que tu …. Mierda. Elle glisse ses deux mains dans ses cheveux et mon corps réprime une pulsion violente et subite de me jeter sur elle et de lui déchirer tout ce qu'elle possède, avec une fureur que je ne me connais pas. Voilà ce qui me rend aussi fou. Cette haine envers elle et ce désir monstrueux de la sentir contre moi. Ca n'a pas de sens. Ce n'est que le résultat d'une rage sur laquelle tu n'as pas le contrôle.
Bien évidemment.

« T'as raison, je gérais rien du tout, c'est ça que tu veux entendre ? J'suis même pas foutue de tenir tête à cet enfoiré de première qui ne mériterait qu'une chose : Finir pieds et poings liés dans une cellule miteuse d'Azkaban ou lesté d'une tonne dans le fond du Lac. »

Je tique. Les actes sont beaucoup plus grave que je le pensais, c'est ça. Putain d'enfoiré.

« J'suis même pas foutue d'avoir été là pour elle au moment où elle avait le plus besoin de quelqu'un, même pas foutue de faire payer à ce type l'envie de recommencer. J'suis pas une super héroïne, d'accord ?! Ni une grande fille, surtout pas la grande Riley Jenkins ! Et non j'contrôlais rien du tout ! »

Alors pourquoi il a fallut que tu dise le contraire, plus tôt. Pourquoi il a fallut que tu te ramène avec ta fierté.

« Voilà ! T'es content ?! C'est ça que tu voulais entendre ?! Que j'suis pas capable de me défendre par moi même, que n'importe quel crétin aurait le dessus sur moi, que n'importe quel type dans son genre pourrait me bouffer toute crue sans que je n'ai la moindre chance de m'en tirer sans égratignure ! »

Elle mélange tout pour me jeter toute cette merde à la gueule. Elle ne comprend rien à ce que je lui dis, rien à ce que j'ai essayé de lui faire comprendre. J'en ai rien à foutre de ses remerciements et de sa gratitude. J'ai pas agis pour obtenir une quelconque grâce de sa part, non. J'ai juste voulu... J'ai juste pas voulu que ce type la touche, lui fasse du mal. Et j'voulais pas qu'elle arrive avec son égo pour paraître plus forte qu'elle ne l'est.

Je ne la lâche pas du regard, le myocarde battant à toute vitesse et le souffle court, les dents serrées. Elle même n'est qu'un amas de rage qui menace d'exploser à la figure. Elle crache, crie, exorcise ce qu'elle a sur le cœur. Elle vomit ses propos comme si elle vomissait quelque chose de trop lourd à digérer.

« Désolée de te faire péter les plombs ! Crois moi ça n'arrivera plus ! Sauf si c'est toi qui te pointe encore une fois, parce que moi j'irai pas te chercher, mais là tu pourras t'en prendre qu'à toi même ! »

Un bloc de glace chute au creux de mon estomac et mon sang se refroidie. Mes mains sont toujours à plat sur cette table, mon regard noir accroche toujours ses mouvements et parfois ses yeux émeraudes.. mais mon dos, mon corps entier, se redressent. Droit. C'était donc ça. Tu préfère que je prenne le large. Mais à quoi tu t'attendais, grand con ? Qu'est-ce que tu cherches, dis moi ? Qu'est-ce que tu voulais ce jour dans ce couloir ? Tu te le dissimules comme tu essaierais de cacher un corps en pleine rue bondée de monde : Avec désespoir.
C'était sa manière à elle de me faire comprendre : Ne me touche pas. Ses mots me semblent désormais assez clair. Elle ne me cherchera plus. Terminé. On arrête là. Je vais me tirer.

Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'une lame est entrain de me déchirer du cœur aux entrailles.

Je devrais pas le prendre comme ça. Je devrais m'en foutre, putain. Qu'est-ce qu'elle est pour moi ? Rien. Rien qu'une nana parmi tant d'autre. Rien qu'une fille que je trouve désirable mais dont je me fou de son existence...

Rien qu'une fille qui me hante l'esprit. Rien qu'une fille qui me donne cette fureur au creux de moi de la toucher. Rien qu'une fille... qui me fait perdre totalement le contrôle sur mes envies et sur mes décisions.

Je baisse la tête, essayant de reprendre mon souffle.

« J'voudrais juste savoir une chose ... T'en as bien profité le jour où tu m'as taxé un cheveux ou deux pour faire ce putain de philtre à la con ?  »

… Quoi ?

Son ton est agressif, sec, et gorgé de reproche. Mon regard se relève vers elle, les sourcils froncés. Qu'est-ce qu'elle me raconte bordel.

« Hein ? Ça va, tu t'es bien fait plaisir quand tu m'as plaqué contre ce mur ? T'as cru que j'étais une de ces pauvres filles que tu charmes sans le moindre effort ? Parce que je t'ai sauté dessus l'autre fois. Qu'est ce que tu t'aies dit à ce moment là ? Est ce que t'as pensé à ce que moi j'ai ressenti ?! »



La machine se met en route dans mon esprit. Les rouages se remettent en place et les grains de sable sont balayés par la logique. Voilà pourquoi elle s'est vengée. Voilà pourquoi elle me crache toute cette haine à la gueule. Tout devient clair comme de l'eau de roche et cette fois, je comprends. Mieux. Beaucoup mieux. Et ça me met en rogne qu'elle ait pu croire ça de moi. Cette fois, Mateo, c'est toi qui est bien con de ne pas y avoir penser plutôt. Tu es l'un des mecs qui couchent le plus dans ce château, un loveur de première et tu fais même des concours avec ton grand copain Zacchary. Tu drague à chaque coin de couloir alors comment veux-tu qu'elle te voit autrement ?

La colère se gorge un peu plus, mon myocarde s'affole. Tout va exploser, encore une fois. Pourquoi ? Parce qu'une part de moi, celle qui aime avoir le contrôle et qui ne veux PAS ressentir un quelconque attachement, voudrait qu'elle ait raison. Elle voudrait qu'effectivement ce jour là, je sois partie pour la coincer dans ce couloir, abuser de cette attraction qui semble nous habiter lorsque nous nous croisons et lui prendre deux cheveux pour ce filtre, profitant par la même occasion d'un échange sauvage, sensuel et incroyablement puissant. Oui, cette part de moi voudrait que Riley ait raison sur toute la ligne.

Seulement... c'est pas le cas. C'est … foutrement... pas le cas.

Et c'est là tout le problème. C'est là toute ma colère.

« Pourquoi t'as pas couché avec elle ? »

Nouveau coup au cœur, uppercut dans l'estomac. C'est quoi ce délire. Avec Elle ? De nouveau, les liens s'établissent et ça ne prends que quelques secondes. Que dis-je. Une. Voir deux. Daniela, bien évidemment. Avec son putain de caractère à la con, elle a dû le crier sur tous les toits que je l'ai repoussé. Que je l'ai refusé. Tout se mélange dans mon esprit. Daniela. Le fait que Riley sache la vérité. Qu'elle croit que j'ai profité d'elle, que ça n'est pas le cas, mais que cette part de moi aurait préféré. Ce moment hors du temps, que j'ai apprécié au delà du possible. Cette frustration. Ce désir. Son regard. Marcus. L'inquiétude. La perte de contrôle. Camélia. Son absence. Tout. Merde. Comment est-ce qu'on peut en arriver là.
Riley termine à peine sa phrase, que la rage pulse et grimpe, elle vibre sous ma peau. Une seconde. Ma respiration se bloque. Deux secondes. J'explose littéralement.

- PARCE QUE J'ARRIVE PAS A T'SORTIR DE MA TETE MIERDA !!

Et à chaque mot, c'est mon poing qui martèle avec violence la table, une douleur remontant de mes doigts jusqu'au coude mais que j'ignore sous la rage. Je hurle ses mots sans réfléchir, spontanément. Trop spontanément. Avec un accent espagnol qui ressort bien plus qu'habituellement sous l'effet de la colère. La fin de ma phrase se termine par un dernier coup sur la table... J'ai le souffle court et mon cœur reste toujours au même stade d'affolement.
Mais qu'est-ce que je viens de lui dire ?
Qu'est-ce que je viens de foutre...

Je prends conscience de mon aveu. Je prends conscience à quel point il est véritable et à quel point il est dénué de mensonge. Et je prends conscience à quel point je m'expose face à elle, lui laissant entrevoir une partie de moi que je tente de dissimuler.
La colère explose une seconde fois et la table termine contre un des murs qui nous entoure, alors que lâche un juron espagnol, frustré, enragé. Et cette fois, cette colère n'est dirigé que contre moi et moi seul. Espèce d'abruti. Non, j'voulais pas. Si tu voulais, tu l'as dis, tu lui as hurlé avec une sincérité qui te rends, en cette seconde, fébrile et tremblant. Je me passe mes mains dans mes cheveux, les remontants par la même occasion, alors que je lui tourne le dos, faisant les cents pas. J'ai une boule dans la gorge et dans l'estomac.

- De toute manière, qu'est-ce que ça peut te foutre, hein ? Qu'est-ce que tu en as à foutre avec qui je couche ou pas ! En quoi ça t'intéresse ?!

Le contrôle m'échappe de nouveau alors que je n'ose pas la regarder. Je n'ose plus affronter son regard après ce que je viens de dire, je me sens écorché, vulnérable et foutrement pitoyable. Elle aurai jamais du le savoir. Et j'aurai jamais du m'en rendre compte. Mais c'est trop tard. T'es foutu. T'es horriblement foutu. Les mots me brûlent, me lacèrent, et je vais moi aussi les vomir dans quelques secondes parce que je suis un impulsive et que je n'ai jamais eu aucun filtre dans mes paroles.

Je me retourne face à elle, la mâchoire serrée toujours mes mains dans les cheveux. Foutu, pour foutu.

- Tu crois que ça me fait plaisir d'être dans cet état là ? Putain. J'ai rien demandé à ce qui arrive. NADA ! J'voulais juste continuer ma petite vie, à me taper tout ce qui bouge, à ne pas m'prendre la tête et si au départ j'te faisais chier, c'était juste parce que j'pouvais pas t'encadrer et que t'étais suffisamment expressive pour te foutre dans tous tes états.

La machine est lancée, je sais déjà que j'pourrais rien faire pour l'arrêter. Je parles avec de grand geste, en marchant de long en large de la pièce qui est un vrai carnage. C'est Holt qui va être ravi ;

- Puis y a eu cette putain de colle. Ouais je t'ai embrassé et OUI ça m'a fait quelque chose. Et ça m'fait encore quelque chose putain. J'ai le contrôle sur rien, absolument RIEN et c'est ça qui me rend dingue. Pourquoi j'ai pas couché avec l'autre idiota ?! Parce que t'es tout le temps là ! Je pointe ma tête d'un doigt rageur avant de reprendre mon monologue enragé et frustré. Tout le temps. Je la touchais elle, je te voyais toi. Et c'est ça à chaque fois. J'ai autre chose à foutre que de venir te plaquer contre un mur et de profiter de toi ! J'en ai rien à foutre de tes cheveux, j'en ai rien à foutre de ce filtre de merde ! J'voulais juste voir si j'étais pas timbré !

Et Dios, que j'aurai préféré que ça soit le cas. Comme j'aurai préféré que ma langue ne se délie pas de la sorte sous l'effet de la colère et de l'impulsivité. Et maintenant, quoi Mateo ? Comment tu vas réussir à te reprendre après ça. Comment tu vas réussir à afficher cet air impassible ? J'ai tout foutu en l'air mais je suis lassé et usé. Je m'arrête dans mes pas, les mains sur les hanches, lâchant un soupire désabusé et fatigué. Pourquoi crois-tu que je t'esquivais ? Pourquoi crois-tu que je ne te regardais pas ? Pour éviter tout ça et cette flopée de mot qui me trahisse. Je venais de vomir une vérité que j'essayais de fuir, en usant de tous les stratagèmes possibles de dénis.
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MessageSujet: Re: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Dim 19 Avr 2015 - 11:37

Fébrile. Fébrile et en colère. Contre moi, contre lui, contre tout. Contre cette situation que je ne contrôle plus du tout, que je n'ai finalement jamais contrôlé. Tu ne contrôles rien, Riley, et surtout pas toi. N'oublies pas ça. Comment ? Pourquoi ? Comment et pourquoi est ce qu'on en est arrivé là, dis moi ? Est ce que ça vient de toi ? Est ce que ça vient de moi ? Parce que moi je ne comprends pas, je ne comprends pas ce qu'on a pu faire de travers pour que tout dérape à ce point là. Trop de choses en jeu, trop de choses à gérer et faire le tri m'est impossible. Alors j'ai perdu les pédales et cette question m'a échappé. Ces questions. C'est comme si … comme si j'avais ce besoin irrépriscible de savoir, comme si j'avais retenu tout ça pendant trop longtemps, comme si j'avais été capable d'enfouir ça dans un recoin de ma tête en me persuadant que ça n'avait pas la moindre importance, que tu n'avais pas la moindre importance, et il suffit d'un coup de pression, de ta présence, pour que tout s'échappe. Si au moins ça s'évaporait ? Mais non, ça reste là, collé partout sur les parois, et ça nous étouffe tous les deux, je le vois. Peut être que ça devrait me rassurer, peut être que je devrais me sentir satisfaite de voir que je ne suis pas la seule à perdre les pédales et ne pas savoir garder mon calme mais on explose, littéralement, et je m'en veux si tu savais. Encore une fois j'aurai du me taire et je ne l'ai pas fait, tout ça c'est de ma faute, et je n'ai pas envie que tu répondes. Tais toi. S'il te plait. Je ne veux pas savoir. Je ne veux pas que tu me brises en mille morceaux. Ça ne m'intéresse pas … Tout ce qui m'intéresse c'est de passer ce temps, qu'il passe vite, et d'aller retrouver ma meilleure amie parce que c'est tout ce qui compte à présent. Elle. Elle et personne d'autres. Pas toi, pas moi, pas … ça. Juste elle, simplement elle … Et pas ce regard que tu me lances alors que j'ai l'impression que le temps s'est arrêté malheureusement. Qu'est ce que tu vas faire ? Me claquer mes quatre vérités à la figure ? Vas-y, je t'en prie. Dis moi que je ne suis qu'une gamine capricieuse parce que tu auras raison. Laisse sortir toute ta rancœur et qu'on en parle plus. Parce que je n'en peux plus de ces montagnes russes, je suis … fatiguée. Tout va trop vite. Ça n'a pas le moindre sens. Il ne s'agit pas de toi, et de moi, c'est bien plus important que nous deux et j'ai fait l'erreur de laisser certaines choses prendre le dessus alors que ça n'aurait jamais du être le cas. Je ne veux pas savoir et pourtant en cet instant je sais que tu vas pourtant y répondre à ces questions, je le sens, alors instinctivement je me renferme, espère que ça sera rapide. J'ai eu beau essayer d'occulter instinctivement, instantanément, je crois que tu as compris presque immédiatement de qui je parlais, non ? Et ta réaction me désarçonne. Ça ne devrait pas être le cas.

Une seconde. Deux secondes. J'ai eu l'impression de retenir mon souffle pendant de longues minutes pourtant … Et mon coeur s'emballe avant de faire un raté quand son poing s'abat sur la table une première fois.

« PARCE QUE J'ARRIVE PAS A T'SORTIR DE MA TETE MIERDA !! »

C'est violent, c'est brutal, et ça n'a rien à voir avec le fait qu'il hausse le ton ni même son poing qui s'abat avec force sur la table … Non, ça n'est pas ça qui me paralyse et me coupe le souffle même si l'impact de sa main sur le meuble me fait sursauter à chaque fois, à chaque coup. Ça n'est pas ça. Ce sont … ses mots … Je devrais avoir peur de lui, peur d'être enfermé avec un homme en colère, un homme qui ne se contrôle plus et par ma faute, mais ce sont ses mots qui m'explosent à la figure comme la déflagration après l'explosion d'une bombe. T'as pas le droit de dire ça. T'as pas le droit … T'as pas le droit débloquer des cadenas dont j'étais la seule à avoir la clé. T'as pas le droit. T'as pas le droit de m'atteindre comme ça.
Tu aurais pu répondre tout et n'importe quoi, mais pas ça. Tu aurais simplement pu me dire que c'était simplement pour t'amuser, pour l'attiser, la faire attendre un peu, pour qu'elle te supplie à genoux de ne pas la rejeter une deuxième fois, la mettre à tes pieds. Je m'en fous. Tout. N'importe quoi. Mais pas ça. T'as pas le droit. Tu aurais simplement pu me dire que tu avais autre chose à faire ce soir, avec quelqu'un d'autre, avec une autre et qu'elle ça n'était qu'un jeu, un passe-temps, un moyen pour toi de de voir à quel point tu peux lui faire de l'effet, mais pas ça. T'as pas le droit.

Et si ma main ne se pose pas sur cette étagère, je tombe. Mes jambes ne me tiennent plus et je te déteste. Je te jure que je te déteste. T'as pas le droit de me dire ça. Je te jure que j'aimerai croire que tu mens, que tu te joues de moi, mais cette possibilité ne trouve pas son chemin jusqu'à mon inconscient … Pas même quand un nouveau sursaut me fait rater un battement de cœur alors qu'il envoie la table contre le mur. Cette table, ça pourrait être moi s'il ne se calme pas, et pourtant parmi tout ce que je ressens pas une once de peur. En tout cas pas pour ça. Donne moi un peu de ta colère, s'il te plait. Sors moi de cet état.

« De toute manière, qu'est-ce que ça peut te foutre, hein ? Qu'est-ce que tu en as à foutre avec qui je couche ou pas ! En quoi ça t'intéresse ?! »

Et ben alors Mademoiselle j'ai toujours un truc à dire, je me la ramène sans arrêt avec mes airs fiers et mon égo démesuré, on ne dit plus rien ? Tu n'as pas un commentaire à faire ? Une réponse à lui apporter ? Dis lui qu'effectivement tu n'en as strictement rien à faire de ce qu'il fait et avec qui il le fait ! Dis lui que ça n'a pas d'importance et qu'il peut bien se taper tout le château s'il veut tu t'en moques totalement ! Dis lui ! Seulement aucun mot ne sort, aucun, et même si c'était le cas, si c'était pour dire ça, ils ne seraient que mensonges. J'aimerai, ô vraiment j'aimerai que ça ne soit pas le cas mais pourtant c'est la vérité : Ils ne seraient que mensonges. J'ai gardé la tête haute, plus ou moins froide, mais ce soir là quand j'ai vu cette fille lui faire les yeux doux, ses formes bien en avant, et son regard à lui, son mode séducteur activé, ça m'a donné des envies de meurtres. Elle, lui, tous les deux. Et moi avec, pour être aussi conne, pour l'avoir laissé approcher, pire ! Pour l'avoir moi même approché. Mais qu'est ce qui t'a pris ce jour là ma pauvre fille ?! Pourquoi tu t'es pointé comme une fleur en lui demandant comment il allait ? T'aurais du passer ton chemin, on n'en serait pas là aujourd'hui et ça serait beaucoup mieux. Il n'a pas envie d'être là, pas envie de … ça, et toi non plus alors éloignez vous, vous êtes toxiques l'un pour l'autre.

Tu l'as mis au pied du mur, mais tu n'étais pas prête pour ça. Maintenant c'est un désastre. C'est ce que vous êtes, un désastre. Un putain de désastre. Et si lui tourne en rond comme un fauve en cage, toi tu ne bouges pas d'un millimètre, incapable de le lâcher du regard. Regard qu'il capture dès l'instant où il se retourne, faisant naitre en toi un milliard de sensations. Des flash. Dans ta tête il y a des flash. Des images, réelles ou non, passées, toi, lui, ses mains. Tu devrais avoir peur et pourtant quand il te regarde comme ça tu perds tout sens commun.

« Tu crois que ça me fait plaisir d'être dans cet état là ? Putain. J'ai rien demandé à ce qui arrive. NADA ! J'voulais juste continuer ma petite vie, à me taper tout ce qui bouge, à ne pas m'prendre la tête et si au départ j'te faisais chier, c'était juste parce que j'pouvais pas t'encadrer et que t'étais suffisamment expressive pour te foutre dans tous tes états. »

Tu le sais qu'en temps normal tu aurais réagis à ce qu'il vient de dire, hum ? Bien sur que tu le sais et pourtant encore une fois aucune réaction. Figée. Silencieuse. La seule chose encore vivante chez toi, trop vivante même, c'est ton cœur dont les battements se font de plus en plus rapides. En temps normal tu lui aurais hurlé de se casser, de retourner se taper tout ce qui bouge si ça lui fait plaisir, de ne pas se prendre la tête et de continuer à te détester parce que c'est réciproque seulement il a faussé toutes les données en une seule phrase. Parce que lui non plus ne sort pas de ta tête, et ça fait toute la différence. Ça change tout, même si tu ne veux pas l'accepter, et c'est certaine réciproque vu son état, non ?

« Puis y a eu cette putain de colle. Ouais je t'ai embrassé et OUI ça m'a fait quelque chose. Et ça m'fait encore quelque chose putain. J'ai le contrôle sur rien, absolument RIEN et c'est ça qui me rend dingue. Pourquoi j'ai pas couché avec l'autre idiota ?! Parce que t'es tout le temps là ! »

T'as pas le droit de faire ça … T'as pas le droit ! Pourtant il le fait, et sans me lâcher du regard une seule fois. Je le vois lever le bras, pointer son index vers sa tempe et je ravale difficilement ma salive. T'as pas le droit de faire ça. T'as pas le droit de dire ça. Tais toi … Je t'en supplie, arrête, tais toi. Fais pas ça.

« Tout le temps. Je la touchais elle, je te voyais toi. Et c'est ça à chaque fois. J'ai autre chose à foutre que de venir te plaquer contre un mur et de profiter de toi ! J'en ai rien à foutre de tes cheveux, j'en ai rien à foutre de ce filtre de merde ! J'voulais juste voir si j'étais pas timbré ! »

Et le silence nous assourdis. Tu me laisses là, complètement sonnée par tes mots, cet espace entre toi et moi et mes yeux qui ne te lâchent pas. Si tu savais à quel point je ne t'ai jamais autant détesté, si tu savais … Si tu savais comme je me sens fébrile, vulnérable, vide … Mais je n'arrive pas à détacher mes yeux de toi et dans ma tête tout se mélange. Je n'étais pas prête à entendre tout ça, vraiment pas, et maintenant je me retrouve comme une conne qui ne sait pas comment réagir ni même si elle doit le faire. J'ai envie de fuir, de te fuir, de fuir cette chose qui s'installe lentement, insidieusement, au creux de mes côtes. Je voudrais hurler, crier, exploser mais rien. Rien ne vient. Juste du vide. Tu m'as tout pris, toutes mes émotions, toute ma colère, tout ce qui me permet de garder la tête haute et de faire croire à tous ceux que je croise que rien ne peut m'atteindre. Tu m'as atteins, et je te déteste. Plus que jamais. Je te déteste et mon corps tout entier te réclame. J'ai une boule dans la gorge qui m'empêche de respirer, les larmes pas loin du bord des yeux parce que je me sens en cet instant comme une petite fille complètement perdue, mise à nue, vulnérable, et parce que je ne sais pas ce que tu attends de moi, ni même si tu attends la moindre chose de moi. Je me pensais incapable de la moindre réaction physique et pourtant c'est un pas en avant que je fais, vers toi, sans même m'en rendre compte.

Viens ce jour, ma peau ne sait plus attendre
Viens cours, des papillons au creux du ventre
Viens me porter secours, je brule de nous imaginer

Quelque chose me retient, cette chose, cet instinct d'auto-protection qui m'empêche d'aller plus loin. Je t'ai déjà trop donné, tu as déjà trop vu ma faiblesse. Je ne peux pas. Flash. Tes mains … Tes lèvres … A quoi ça rime ? J'ai besoin de toi, et je déteste ça. Pourquoi est ce que je me suis senti aussi bien contre toi il y a seulement quelques minutes, à peine ? Pourquoi tu ne sors pas de ma tête toi aussi ? Et pourquoi est ce que je ne doute pas une seule seconde de ta sincérité ? Après tout, qu'est ce qui t'empêche de t'amuser encore un peu avec moi ? Qu'est ce qui t'empêche d'user et abuser de tes talents de comédien pour me faire croire que tout ça est réel ? Je t'ai vu à l'œuvre tu sais, avec ces autres. Je sais de quoi tu es capable et si je me pensais au dessus de ça jusqu'ici je n'ai plus aucune certitude. Parce que tu m'attires comme un aimant alors que ça devrait être tout le contraire. Mais tu as faussé toutes les données … Pourquoi est ce qu'il a fallu que tu laisses tous ses mots t'échapper ?

J'ai peur de nous, j'ai pas envie de résister
J'ai peur de nous, la raison n'est pas notre allié
Tour à tour on se tourne autour, sans jamais avoir basculé

Immobile à nouveau, je tremble des pieds à la tête, totalement assommée par toutes les émotions qui reviennent me frapper de plein fouet en bloc compact. Elles vont me mettre à terre. Tu vas me mettre à terre. Pour la première fois depuis de longues minutes je ferme les yeux, espérant peut être y retrouver un peu de réconfort, de calme, et pour ne plus te voir aussi je crois. Je ne me demande même pas ce qu'il va se passer parce que je le sais très bien, parce que je ne pourrais pas m'en empêcher même si je tentais de le faire. J'hésite, j'ai peur.

Tu le sais, une évidence de tout les diables
je le sais, succomber est Inévitable


Brigittes ▬ A bouche que veux tu


Un pas sur le côté, j'ai rouvert les yeux et je me penche pour ramasser les livres que j'ai fait tomber. Tout et n'importe quoi pour ne pas te regarder. J'ai chaud. J'ai froid. Je tremble, encore et toujours, et je voudrais disparaître. Tu es … trop près, ou moi pas assez loin. Je ne sais pas. Je ne sais plus. J'ai l'impression de sentir ton regard sur moi et je n'arrive pas à en faire abstraction. De toute façon c'est trop tard, les liens de ma raison sont entrain de péter les uns après les autres. C'était couru d'avance ? Peut être, mais foutu pour foutu … Qu'est ce qui peut se passer ? C'est peut être le meilleur moyen de … régler ça. Lâcher prise. Parce que je ne tiens plus, parce que je ne peux plus, parce qu'il n'y a pas d'autre solution et parce que je sais l'effet que ça me fait d'être contre toi. Et si tu me rejettes ? Alors on aura réglé le problème. D'une manière ou d'une autre. On aura apaisé cette tension, ce truc qui personnellement est entrain de me rendre dingue et que je ne supporte plus. Je ne tiendrais pas la cadence, c'est … trop.

Un livre, deux livres, je me redresse et fixe un point droit devant moi sans le voir mais à l'instant même où sa présence me frappe à nouveau je sais que c'est trop tard et les livres retombent par terre. Pas un mot. Les mots gâchent tout. Tu penses trop, Riley … Débranche. Laisse tomber.

« Toi non plus tu ne sors pas de ma tête. »

Et je te déteste pour ça.

On avait dit pas un mot … Pourquoi ? Pourquoi t'as fait ça putain ? Pourquoi ?! Parce que je m'en fous, je m'en fous d'être vulnérable, de lui donner un moyen supplémentaire de m'atteindre. Alors laisse tomber cette foutu fierté à la con, elle n'a aucun sens. Non, elle n'a aucun sens, et il l'a parfaitement compris tu sais. Il a vu clair dans ton jeu. Parfaitement clair.

Électrochoc. Violent frisson. Adrénaline. Il n'aura suffit que d'un regard alors que j'ai tourné la tête vers lui et l'instant d'après je le poussais contre la table renversée sans vraiment y faire attention. Mon corps contre le sien réveille la moindre parcelle de mon organisme, les effets sont exactement les mêmes qu'à chaque fois, mais ils sont décuplés, comme à chaque fois. Une fois, deux fois, trois fois … Je n'hésite pas une seconde, la machine est lancée, mon cerveau est débranché, il n'y a que le corps qui parle et il sait très bien ce qu'il veut. Ma main droite s'enroule autour de sa nuque, la gauche glisse sous sa chemise et la chaleur de sa peau m'embrase instantanément. Pas une once d'hésitation, je sais que c'est la seule chose à faire, la seule chose que j'ai envie et besoin de faire. Pour nous sortir de là, tous les deux. D'une manière ou d'une autre. Et quand mes lèvres s'emparent des siennes je me leste de tout le reste. Plus de rancœur, plus de rancune, plus de peur, plus de questions. Plus rien. Ni personne. Juste … ça. Et c'est tout. Ça passera ou ça cassera, ça n'a pas la moindre importance. Rien n'a d'importance. Si ce n'est ma main gauche qui glisse sur la peu de son ventre, sur ses côtes, dans son dos puis ressort et se porte à son col qu'elle attrape dans un geste ferme avant de descendre tout le long de son torse, entrainant un à un les boutons de sa chemise qui cèdent sur le passage de mes doigts. Je ne veux pas de tes mots, je veux ta peau, et je la veux maintenant. Aucun de mes gestes n'est hésitant, je ne suis plus cette petite fille perdue que tu avais sous les yeux il y a quelques secondes à peine, je suis la femme désespérée qui ne sait pas du tout où elle met les pieds mais qui se laisser aller à ses envies. Mes lèvres lâchent alors les siennes, frôlent son cou de chaque côté avant de s'y poser par impact régulier tandis que mes doigts courent sans détour sur sa peau, de ses clavicules à sa taille, sans jamais toucher ce chapelet qu'il porte autour du cou, pour remonter jusqu'à ses épaules et le défaire de ce vêtement que je jure de brûler un jour, en le faisant glisser le long de ses bras. Et une fois ce morceau de tissus à terre, c'est sur sa ceinture que mes mains se posent, mes doigts s'enroulent autour de la boucle. Ma tête dérive trop, tout le temps, mais mon corps lui n'a pas ce problème. Je me fous des conséquences. Plus rien ou presque n'a d'importance.

I wanna feel your kiss,
Oh I mean really feel it,
What I would give,
To say you didn't really mean it.

More than anything ...

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MessageSujet: Re: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Mar 21 Avr 2015 - 22:07

Pourquoi il a fallut que je l'ouvre. Pourquoi il a fallut que je flanche. Une colère sourde résonne au creux de mes côtes et j'ai l'impression que la seule issue de secours se trouve en cette porte. Porte de sortie, la pousser et me barrer pour ainsi éviter son regard mais aussi éviter de devoir faire face à une putain d'humiliation. Si mon père était là, je sais déjà qu'il m'aurait collé une claque derrière le crâne en me hurlant en espagnol d'arrêter de jouer les cretinos et qu'avouer ce genre de chose ne fait pas de moi quelqu'un de faible, mais un homme qui assume ce qu'il ressent. Sauf que … putain, non, j'ai pas envie. J'suis pas prêt. J'peux pas vivre avec ça dans la tête, j'peux pas réussir à flancher et à me dire que oui... Riley ne me sort pas de la tête. Putain mais quel con. Et sans m'en rendre réellement compte, je sens une pointe de panique s'insinuer en moi. C'est pas comme ça que ça devait se passer, bordel. J'aurai du... rien faire ce jour là. J'aurai juste dû récurer ces murs et fermer ma gueule, l'ignorer, m'en taper d'autres. Aujourd'hui, c'est comme si j'y arriverais plus jamais alors que ça n'a jamais été pour moi une grande difficulté. Ca va me rendre dingue.

Le silence est lourd, terriblement lourd. Gorgé d’électricité, gorgé de... tension et de désir. Parce qu'au travers ma haine et ma rage, c'est son corps que le mien veut percuter et brûler sous ma peau. Une envie dévastatrice m'enveloppe et tout perd son sens. Riley est plantée devant moi, les yeux brillants. Allez, balance le moi que j'suis qu'un pauvre con, un idiot finit et rit moi à la gueule qu'on en termine, que je te renvoi chier et que je me casse, pour ne plus jamais t'adresser un mot.

Elle fait un pas. Mon estomac se crispe. L'espoir. Stop Mateo. Arrête putain. Pourquoi tu restes planté là, tu n'obtiendras rien, t'entends. RIEN. Merde. Elle hésite, je le sens, je le vois. Une de ses mains tremblent et les miennes viennent de nouveau se glisser dans mes cheveux alors que je la fixe dans les yeux. Réagis putain. Viens m'en coller une, que je hurle. Des images s'imposent mais je me les refuse. Arrête ce jeu Mateo, t'es foutu. T'as foiré, t'es dans une merde jusqu'au cou et tu ne pourras plus jamais rien contrôlé désormais. Un pas de côté, elle se penche pour ramasser les bouquins jeter au sol tout à l'heure. J'le savais. Rien. Je vais partir, j'ai que ça à foutre. Pourquoi j'ai cette boule de plomb dans l'estomac ? Pourquoi est-ce que ça m'affecte moi qui ai toujours fait en sorte que rien ne puisse m'attendre, et encore moins ce genre de chose à la con.
Elle est proche, trop proche de moi. Comment est-il possible d'avoir en soit des choses aussi contradictoire. Comment est-il possible de désirer autant quelqu'un. Cette même personne qui visiblement, ne sait pas quoi répondre à vos conneries avouées. Je secoue la tête, mes bras retombent lourdement le long de mes flancs alors qu'elle continue de ramasser ces putains de bouquins dont je n'en rangerais pas un seul. J'en ai rien à foutre de toute manière, Holt aura qu'à supprimer 50 points à ma maison que je m'en branle. Je veux partir de cet air trop étouffant et de ce désir trop violent.

Elle se redresse, nos regards se croisent et j'ai un ouragan qui me ravage de l'intérieur. Lutte et tire toi. Mais à la seconde où ma volonté prend le dessus pour prendre la porte de la sortie, les livres tombent de ses mains.

« Toi non plus tu ne sors pas de ma tête. »

Je me fige, pétrifié. Une enclume remplace mon estomac et je ne saurais jamais ce qu'il se passe en moi en cette seconde. J'ai l'impression que mon corps est divisé en deux hémisphères. Celle où se répand une vague de froid, d'angoisse et de dénie. Non, on ne peut pas en être là. On ne peut pas en être au même point, toi et moi parce que si c'est le cas... bordel, ça craint. Et l'autre, où se répand une vague de chaleur au goût d'un soulagement, qui apprécie ses mots. Les deux camps s'affrontent dans une lutte acharnée alors que cette fois, c'est moi qui ne sait pas comment réagir, tout en sentant un cadenas sauter en moi avant de s'éclater au sol.

Puis l'explosion. Mon cœur grimpe en pulsations en un quart de seconde alors qu'un feu ardant se répand le long de mes veines. Elle me pousse sans aucune délicatesse contre la table renversée derrière moi qui me maintient debout par le bassin. Les ressentis se décuplent, explosent en moi comme une bombe répandant différentes saveurs. La rage se mue en un désir impétueux et furieux, celui de l'avoir contre moi, entièrement nue, peau contre peau. Je sens venir en moi cette étincelle recherchée auprès de Daniela, perdue, puis enfin trouvé auprès de Riley dans ce couloir. Ses doigts parcourent ma peau et ma colère fou le camp. Mes mains se glissent sous son gilet et son haut, caressant la courbe voluptueuse de ses hanches et c'est ma raison qui suit le même chemin de sortie. Je ne contrôle plus rien, je lâche prise, je sens déjà toutes les barrières se rompre avec violence. Sa main sur ma nuque, la mienne dans son dos sur sa peau, nos lèvres se scellent et … un long soupire de soulagement m'échappe. Un poids s'élève de mes épaules, de mon estomac, de mon thorax et les barrières s'écroulent pour de bon. Ma langue effleure la sienne et c'est foutu, je ne répond absolument plus de rien, ne pensant pas à l'après, me focalisant sur cette peau frémissante sous mes doigts. J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure alors que mon désir grandit plus vite et plus fort en moi. Elle vient de répondre positivement à mes mots et je ne sais pas si c'est le fait d'être pour une fois d'accord sur une chose qui fait exploser en moi ce désir furieux pour elle, mais je m'y laisse glisser avec délectation. Mes mains la défait avec rage de son gilet alors que je ne quitte pas ses lèvres et que d'une poignet ferme, elle m'attrape par le col de la chemise. L’excitation atteint son paroxysme. Ce simple geste vient d'éradiquer toute mes dernières résistances, si tant est qu'il n'en restait.

Ma chemise s'ouvre avec agilité sous ses doigts et l'hésitation n'est plus de mise, ses gestes n'ont jamais été aussi décidés. Et c'est ce qui me pousse à m'aventurer plus loin, plaquant son bassin contre le mien de deux mains ferment avant de remonter le long de son ventre, ses côtes, sa poitrine que je touche sans plus aucune crainte au creux du ventre. Je la veux. Maintenant. Sur le sol. Contre un rayon. Contre le mur. Je m'en contre fou, je la veux juste elle. Mordre sa peau, la consommer, la consumer, me gorger de ses soupires, de ses envies, de son corps cambré. C'est à me rendre dingue. Non, je suis déjà entrain de devenir dingue. Ses lèvres parcourent mon cou et ma main agrippe sans douleur ses cheveux alors qu'un soupire profond s'échappe de mes lèvres. Ses doigts me provoquent de long frissons transcendant et je retrouve chacune des sensations ressentie sur le terrain et dans le couloir, mais multiplié par cent. Et je ne veux pas que ça s'arrête. Alors qu'elle me défait de ma chemise et qu'elle s'attaque à la boucle de ma ceinture, j’entreprends avec fougue de lui retirer son gilet que je fais glisser le long de ses bras, avant de la débarrasser de chaque tissu du haut, la laissant en soutient-gorge face à moi. Mes yeux s'attardent quelques secondes sur ses courbes et le désir n'en est que plus grand. Il me terrasse et explose. Mes lèvres se ruent sur la peau de son cou que je mords avec passion, la plaquant plus fort à moi et … à l'instant où sa peau embrasée rencontre la mienne, pour la première fois depuis ce jeu, un frisson violent me parcoure l'échine. Les derniers liens cèdent et je la serre plus fort contre contre mon corps, avec une envie furieuse à ce qu'elle se fonde à moi alors que je la pousse contre une étagère de livre derrière elle. Rayon qui s'ébranle mais qui ne chancelle pas. Mes doigts déboutonnent furieusement le jean de Riley que je baisse de quelques centimètre alors que la boucle de ma ceinture n'est qu'un souvenir et que mon propre jean est déboutonné. Je la saisis par les hanches et la soulève pour qu'elle s'enroule autour de moi. Mes lèvres vont des siennes, à son cou. Sa poitrine, ses épaules. Je la veux. Maintenant. Dans l'instant. Avant que je ne devienne complètement barge.

C'est d'une ardeur peu commune. Non. Inconnue. C'est grisant, transportant et transcendant. Je ne pensais pas qu'un désir pouvait atteindre cette folie furieuse de posséder l'autre. Et ce que je veux : C'est la posséder elle, dans son entièreté. M'y perdre, sentir encore ses mains dans mes cheveux et s'y accrocher autant qu'elle le veut. Je me perds dans l'ivresse et nos souffles écourtés par la pression du désir, se rejoignent pour un baiser sulfureux. L'air est surchargé. Mon cœur va imploser. Je découvre la moindre parcelle de peau, celle de son torse, avec l'aide de mes doigts ou de mes lèvres puis je la repose à terre, une main dans ses cheveux, l'autre s'aventurant dangereusement sur son ventre nue et ferme, sûrement le résultat de ses longues séances de Quidditch, tremblante, fébrile, alors que mon front se colle au sien, m'apprêtant à passer la barrière du sous-vêtement...

Une porte s'ouvre. Mes muscles se tendent.

- OH PUTAIN FAIS CHIER ! MERDE ! Vous êtes sérieux bordel ?!

Sursaut violent et je me retourne. La descente est brutale et mon sang se glace alors que je vois William nous tourner le dos en claquant des bras sur ses flancs.

Le retour à la réalité me gifle à la seconde où je me retrouve face à Riley, son regard pétillant dans les miens, nos souffles mélangés. Je ne me suis pas écarté d'elle, parce que je n'y arrive pas. M a peau n'est qu'un brasier et réclame la sienne, sans attendre. Mon front contre le sien, je me perds quelques secondes dans cette incompréhension qui me submerge. Will venait de nous griller, prêt à passer à l'acte... parce que si ce putain d'enfoiré n'avait pas débarqué, le corps de Riley serait actuellement enroulée autour de moi, contre cette étagère pour...

Parce que je n'arrive pas à te sortir de ma tête

Mes cris résonnent et ma conscience éclot parmi ce brasier tumultueux. Je fermes les yeux quelques secondes, comme pour être sûr que je ne suis pas fou. Non, j'le suis pas. J'ai bien envie de l'embrasser de nouveau, de sentir ses mains dans mon dos pour un moment d'apaisement et ce malgré la présence de Will. Et c'est une chose que j'peux pas accepter, que je n'peux pas concevoir. Parce que.. j'suis pas comme ça. J'peux pas putain.

Je me fais violence, une incroyable et douloureuse violence, pour m'extirper de son corps encore embrasé. Tout cela n'a prit que quelques secondes à peine, mais j'ai la sensation que de longues minutes ce sont écoulées.

- J'suis... Bordel.

Désolé? Impossible à le cracher.

Je cherche des yeux ma chemise, le souffle court et le cœur encore tambourinant dans ma poitrine et l'attrape d'un geste sec alors que mes pas me dirigent vers la sortie. J'peux pas rester ici. Putain que non, c'est pas possible. A l'instant où William quittera cette pièce – s'il la quitte -, je vais flancher de nouveau, perdre pieds et … Fais chier.
Jackson est là, cette fois de face, adossé contre l'encadrement de la porte, une clope entre les lèvres.

- Te tire pas si vite. Tiens.

Il plonge sa main dans sa poche et en sort ma baguette, un grand sourire aux lèvres alors que son regard va de Riley à moi.

- Holt m'a dit de vous les rendre, il a eu vent par mes soins que Marcus n'était qu'un gros connard. Il dit que vous pouviez vous en servir pour arranger la pièce rapidement et vous tirer... Enfin. Sans faire de vilains jeux de mots, ça va de soit.

Son sourire s'élargit, espiègle et amusé. Je sais ce qu'il se dire ce connard mais j'ai pas envie d'l'entendre. J'ai la mâchoire crispée et je lui arrache mon arme d'un geste sec alors que je le pousse pour passer, donnant un coup d'épaule, mes mains essayant fébrilement d'attacher la boucle de ma ceinture avant de s'attaquer à ma chemise. Tout cela, sans un seul regard pour Jenkins... Puisque si je le recroise de nouveau, je la dévore sur le champ. Et c'est pas comme ça que ça doit se passer. Je revois et sens encore ses mains, ses lèvres. Entendant encore ses gémissements alors que je mordais sa peau sucrée. Putain. On devrait pas être sur la même ligne aiguisée tous les deux. Non. Y en a toujours un qui ment dans une histoire pareille... Et je ne sais pas si le pire est de se dire que pour une fois, le menteur, ça n'est pas moi.

- FIN POUR MOI -
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MessageSujet: Re: I have a feeling deep down, You’re caught in the middle ▬ Mateo   Ven 24 Avr 2015 - 17:36

La seule solution. La seule et unique solution pour nous sortir de là, mais même si ça semble être un geste de désespoir ça n’est pas le cas, disons pas entièrement. Il y a des évidences sur lesquelles on ne veut pas ouvrir les yeux et c’est peut être pour ça que mes paupières demeurent scellées mais je ne peux pas le renier. Je ne peux pas renier le fait que dès l’instant où le contact physique s’établit j’en perds la raison et si jusqu’ici j’en perdais aussi mes moyens, c’est plutôt clair que pour l’heure ça n’est plus vraiment le cas. Ma tête s’est débranchée, mon corps a le contrôle total de la situation et sait parfaitement ce qu’il doit faire, ce qu’il a envie de faire, ce que j’ai envie de faire. Ce que j’ai envie de ressentir, en conflit total avec ce que j’ai peur d’éprouver.

Repousse-moi.
Fais le maintenant, après il sera trop tard.


Il ne le fait pas, c’est même tout le contraire, et entre ses mains je deviens totalement déséquilibrée. Fébrile ? Oui, un peu. J’aimerai être beaucoup plus forte que ça mais je sais d’avance que c’est complètement foutu alors j’abandonne, je cède, et il semble en faire autant. Pas d’interrogation. Pas de peur. Pas d’intérêt pour … après. Tout ce qui compte c’est l’instant présent, un instant dont je ne suis pas capable de me défaire, un instant que j’ai cherché, créé même. On est dans un sale état, pas vrai ? Et ce qui n’était que rancœur, colère et rage devient désir … Désir qui n’a jamais cessé d’être là même si je m’efforçais de le nier et d’en faire abstraction. Désir et même un peu plus que ça, non ? Tais-toi.
C’est du soulagement qui s’exprime, de mon côté, du sien, comme si un poids s’envolait et laissait en paix nos épaules. Son corps réponds aux avancés du mien sans détour, sans la moindre hésitation, et c’est plus que réciproque. Tu crois qu’on est doués juste pour ça ? Les mots nous mettent en transe, à croire que c’est le seul moment, le seul moyen pour nous d’être compatible et d’arrêter de se haïr. Aucun sens. Pas d’intérêt. Débranche, mais fais le complètement.

Soupir incessants, gémissements plaintifs parce oui c’est une torture, je veux tes mains sur ma peau, partout sur moi. Je te veux toi, toi et personne d’autre … Stop. Arrête. De. Penser. Stop ! Et ouvre les yeux.

Je ne le regarde pas, pas directement, pas dans les yeux, mais c’est plutôt mes mains que j’observe. Mes dix doigts s’affairent sans hésitation sur sa ceinture dont la boucle cède sans trop de problème. Le message est plutôt clair, cette fois il n’y aura pas de frein à cette attraction, à cette tension qui passe du négatif au positif. Le bouton, la fermeture éclair, et puis mes yeux glissent sur sa peau et découvrent ou redécouvrent la multitude de tatouage qui la recouvre. Son chapelet. Pas de questions. Juste un cœur qui bat violement et ce besoin de le sentir plus prêt encore alors que son bassin s’est plaqué contre le mien presque brutalement quelques secondes auparavant. Sa main dans mes cheveux, sur mes côtes, sur mon ventre, ma poitrine, mon dos … Touche moi encore. Partout.
Il m’enlève mon gilet sans la moindre trace de résistance de ma part. Toujours aucune forme de résistance quand c’est mon débardeur qui se retrouve sur le sol mais quand son regard s’attarde sur mes courbes je ressens ce besoin brulant de lui sauter dessus. Fais en ce que tu veux mais fais le maintenant.
Nos regards se croisent une seconde, éclairés de la même lueur, celle de l’envie et de tout un tas d’autres choses, l’instant d’après j’étouffe un cri mêlé de surprise et de plaisir alors que son visage se perd dans mon cou et qu’il y laisse sa marque de manière bestiale. Une de mes mains s’accroche à ses cheveux, l’autre s’enroule autour de son cou et s’il se plaque contre moi j’essaie d’en faire autant et surtout de le retenir. Si tu t’éloignes d’un seul millimètre … Ne t’éloigne pas d’un seul millimètre. Il ne le fait pas, nos peaux se découvrent réellement pour la première fois et ça serait mentir de dire que ça ne me fait rien. Je le sais, je le sens, je tremble des pieds à la tête et chaque contact est un coup de grâce menant à de violent frissons alors quand il me pousse vers l’arrière sans jamais agrandir la distance entre nous deux je suis le mouvement jusqu’à ce que quelque chose m’empêche d’aller plus loin. Un mur, une étagère, aucune importance. J’aime ça. J’aime ce fait d’être coincé contre lui sans la moindre possibilité de m’enfuir. J’aime quand il attrape mes hanches fermement entre ses mains, qu’il me soulève et que mes jambes savent parfaitement où trouver leur prise même si à aucun moment il ne me lâche. Il ne le fera pas. Jean déboutonné, de son côté comme du mien, le message est plutôt clair. L’échange est vif, comme si on avait tous les deux un paquet de choses à évacuer, et si mes mains s’égarent sans détour sur sa peau, la griffant parfois, si mes lèvres en font autant, les siennes me rendent complètement folle à chaque impact.

Viens.
Maintenant.


Nouveau baiser brulant et de ses bras je glisse lentement vers le sol jusqu’à ce que mes pieds stoppent ma chute qui n’en est pas vraiment une. Sa main retrouve mes cheveux, les miennes se promènent sur son torse, descendent sur sa taille et glisse jusqu’à son dos avant de descendre jusqu’au creux de ses reins alors que je le ramène un peu plus contre moi. Nos fronts se rencontrent, sa main glisse sur mon ventre et je sens mon corps se tendre et se cambrer plus encore. La porte s’ouvre …

« OH PUTAIN FAIS CHIER ! MERDE ! Vous êtes sérieux bordel ?! »

… L’effet est instantané, et violent.

Accélération brutale du myocarde, panique, mais il est difficile de retomber sur terre et de s’extirper des effets de notre échange, de ce qu’il serait devenu si cette porte ne s’était pas ouverte. Je n’avais pas pensé à ça, pas une seule seconde. Pas une seule seconde je n’ai envisagé que quelqu’un pouvait débarquer …

William. C’est William qui se tient près de cette foutue porte, les bras le long du corps, dos à nous, et la réalité revient me frapper de plein fouet. Pris en flagrant délit, mais ça n’est clairement pas ce qui me pose le plus de problème. Loin de là même. Tout s’est arrêté, ses mains, les miennes, et un froid glacial vient s’emparer de moi alors que tout ce que j’avais réussi à mettre de côté à l’instant même où j’ai senti sa peau sous mes doigts revient de plus belle. Tout est figé, y compris nous trois, et quand son regard se pose dans le mien je sens une boule se former dans ma gorge. Son front contre le mien, ses mains encore sur moi, les miennes n’ont toujours pas bougé non plus mais …

C’est foutu, je le sens. L’instant est brisé et c’est trop tard. Je me demande ce qu’il se passe dans sa tête alors que je n’arrive pas à interpréter ce qu’il se passe dans la mienne, tout ce que je sais c’est ce que je ressens quand il s’éloigne de moi : Le vide.

« J'suis... Bordel. »

C’est comme faire une chute de dix étages, glacée par le froid, secouée et assommée par l’atterrissage. Brisée. Pleins de petits morceaux épars sur le sol … Mais un sentiment paradoxal de soulagement malgré tout ça. Ne pars pas … Fais le.
Mes bras s’enroulent autour de ma poitrine, je me sens minuscule, fragile et complètement perdue. Pas de réaction particulière, les yeux dans le vague je ne le regarde pas s’éloigner alors qu’il ramasse sa chemise et se dirige d’un pas rapide vers la porte. Atone. Anesthésiée. Contrecoup. On est monté trop haut, trop vite, pour redescendre trop brutalement et maintenant tu n’es plus là. D’une manière ou d’une autre … Oui, on l’a réglé le problème …

« Te tire pas si vite. Tiens. »

La voix de Will attire mon attention, je tourne la tête et tout ce que je vois c’est son dos, cette chemise noire, son bras qui se tend et sa main qui attrape brutalement sa baguette.

« Holt m'a dit de vous les rendre, il a eu vent par mes soins que Marcus n'était qu'un gros connard. Il dit que vous pouviez vous en servir pour arranger la pièce rapidement et vous tirer... Enfin. Sans faire de vilains jeux de mots, ça va de soit. »

Sursaut de conscience. Tu as fait quoi ? Qu’est ce que tu as dis à Holt ? Un soupçon de gêne face à sa remarque, puis cette silhouette qui disparait sans un regard, sans se retourner. Non, pas un seul regard et je ne sais pas quoi penser.
Ne flanche pas, Riley. Ne flanche surtout pas. Serre-toi encore un peu de cette fierté à deux balles, garde la tête haute, mais je ne peux pas m’empêcher de baisser les yeux et de fixer le sol comme s’il était la chose la plus intéressante sur terre, les bras toujours autour de moi, me sentant soudainement très vulnérable si peu vêtue. C’est William, ça serait surement pire avec quelqu’un d’autre, mais …
Déblocage. Une poussée du dos et je m’écarte de l’étagère, déroule mes bras et remonte mon jean de quelques centimètres avant de le reboutonner pour finalement attraper mon débardeur et l’enfiler, même chose pour mon gilet que je ferme jusqu’au bouton du haut. Mes mains tremblent, mon corps tout entier tremble, et le regard du Serdaigle me fait me sentir toute petite mais je m’approche pourtant de lui et récupère ma baguette à mon tour tout en déglutissant, lui faisant face très difficilement. Je n’ai pas honte, c’est bien plus profond que ça.

« Merci. »
« J’croyais que ça s’passait mal entre vous ? »

C’est le cas. Tu trouves que ça a l’air d’aller bien là ? Mais non, je me refuse à devenir amère vis-à-vis de personnes qui n’ont rien demandé et qu’en prime j’apprécie donc je ne ferais pas le moindre commentaire. Je me contente de me retourner et de commencer à ranger ce qui traine, en commençant par les chaises et la table qui est par terre. Quand je me retourne je me rends compte que Will est toujours là, entrain de ranger les livres à l’aide de la Magie, mais plus le temps passe et plus la boule dans ma gorge devient volumineuse.

Manque d’attention. Un morceau de verre que je n’avais pas vu vient se loger sur le côté de ma main et c’est d’une façon lente, très lente, que je me redresse et contemple en silence cette petite chose insignifiante enfoncée dans ma chair. Soupir. J’aurai pu utiliser la Magie, je ne l’ai pas fait, comme si m’occuper physiquement pouvait m’empêcher de penser et ainsi reculer l’échéance. Sans trop savoir pourquoi je retire ce morceau dans un geste toujours aussi lent et bien évidemment le sang se met à perler d’abord sur ma peau puis jusqu’au sol. Pas de réaction, je me contente de le regarder couleur. Ça n’est pas abondant, ça ne fait pas mal, je n’arrive simplement pas à décrocher. État de choc ? Ça y ressemble en tout cas mais mon camarade me sort de ma torpeur, attrape ma main et referme la petite plaie d’un coup de baguette. Je relève les yeux vers lui et pense lire dans les siens un peu d’inquiétude alors je récupère ma main et bredouille un merci avant de me détourner et inspecter la pièce du regard rapidement. Mes yeux bloquent partout où il s’est trouvé, ses mots résonnent dans ma tête et mon corps se souvient de chaque impact de sa peau sur la mienne. Ses mains, ses lèvres. Les larmes montent, la boule menace d’exploser, je tremble, j’étouffe. Je dois sortir d’ici, tout de suite, et ne plus jamais y remettre les pieds.

« Faut que j’y aille, Keza m’attend. »

Mon pas être trop rapidement pour être naturel ou tranquille mais c’est presque en courant que je passe la porte et m’engouffre dans les couloirs après avoir récupéré mon sac. J’espère ne croiser personne, et surtout pas lui. Je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est et je m’en moque, mes doigts s’enroulent autour de la petite biche qui pend à mon cou et … Stop. Je ne peux pas faire un pas de plus, je ne peux pas débarquer dans cet état auprès de ma meilleure amie. Premier détour de couloir, premier recoin, je me plaque contre le mur et me laisse glisser jusqu’à m’assoir par terre. L’instant d’après je craque, littéralement, et je m’en veux. Je m’en veux tellement d’être aussi faible ! Le fait que je ne peux pas me pointer auprès de Keza dans cet état alors je me fais violence, je laisse échapper quelques larmes, lâche un cri étouffé de frustration et me redresse, met de l’ordre dans mes cheveux, mes vêtements, me frotte le visage et redresse la tête, le menton levé. Fière et droite. En apparence.

Quelques minutes plus tard j’arrive dans le dortoir et laisse mon sac tomber sur le col à côté de mon lit avant de m’assoir dessus.

« Désolée, j’ai eu un p’tit contretemps et j’ai pas pu te prévenir. »

Sourire. Fébrile, pas franchement convaincant, mais sourire quand même.

« Ça va ? Tu t’es pas trop ennuyée ? Monkey a été sage ? »

Est-ce que j’y crois ? Malheureusement pas une seule seconde, et d’autant moins quand son regard suspicieux capture le mien quand bien même j’essaie de détourner les yeux.

« Riley, je te connais … Dis moi ce qu’il y a. »

Tu le sens ton cœur qui se fissure là, hum ?

« Je … »

A partir de là, après un peu d'hésitation et d'insistance de sa part, j’ai commencé à vider mon sac sans être capable de m’arrêter une seule seconde quand bien même plus j’avançais dans mon discours, plus j’avais l’impression de bruler de l’intérieur tout en étant complètement frigorifiée. Marcus. Mateo. Holt. La colle. William. J'ai tout craché, et ça ne m'a pas soulagé pour autant.

T’as foutu un bordel monstre dans ma tête, et tu t’es barré. Tu veux savoir le pire dans tout ça ? C’est que je ne t’en veux même pas. Je me dis que c’est sans doute mieux comme ça.

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