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 The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen

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MessageSujet: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Jeu 19 Mar 2015 - 16:28

► The scar is sinking in, and now your trip begins ◄
Jeroen & James  



Vendredi 16 Janvier – Matinée.

Je l’observe de loin, l’air de rien. Depuis 4 jours, c’est comme une prise en filature mais d’un air qui se veut naturel. Entre mes tours de gardes dans le château et ceux de l’extérieur, je l’observe autant de fois que possible. Il est blanc, il a le visage tiré et il est plus déterminé que jamais. Puisque malgré la lourde menace qui pèse sur ses frêles épaules et sur sa chère petite famille, il ne semble pas s’en formaliser. Non, il fait mieux que ça : Il investigue. Auprès des élèves qui auraient tendance à nous faire un peu trop confiance, selon cette école. Que cherches-tu, mon grand ? Un moyen de vengeance ? De percer la carapace ? La peur t’habite et te contrôle, tu n’es maitre de rien et ça te rend fou ? Large sourire sur mes lèvres alors que je le vois disparaitre dans l’angle d’un couloir. Tu n’aurais jamais dû te risquer à ça, Jeroen. Tu penses savoir ce que tu as à y perdre, mais je ne suis pas certain que tu saches le degré de souffrance qui risque de te tomber dessus.

Je peux compter sur l’œil aiguisé de Connor qui est venu m’avertir il y a une semaine que le jeune homme semblait plus louche que de coutume. Ce gamin est un stratège mais surtout un fin observateur. Et après avoir mené ma propre petite enquête, force est de constater que ses doutes furent fondés. Je me fonds dans la masse, arborant mon air serein et sérieux, alors que je me dirige vers l’extérieur. L’air frais me fait un bien fou, me retrouver dans cette école remplis d’existence sans le moindre intérêt semble parfois m’étouffer. Je pars rejoindre Owen avec qui je trouve un moment de calme et de plénitude, c’est-à-dire le silence. J’aime lorsqu’il se tait, qu’il ne fait qu’observer et que nous nous parlions par simple regard. Je sais qu’il est aussi inutile qu’un autre de ce château mais je me fais à sa présence voir même, je l’apprécie. Ce qui est déjà en soi un exploit pour un être de son envergure. Il est droit, peu bavard, ne posant jamais de question et surtout, c’est un bon partenaire de garde. Je lui accorde un geste de la tête lorsque je l’aperçois au loin lui accordant un bref sourire. Mes yeux finissent par parcourir le parc, puis la lisière de la forêt mais mon esprit est déjà occupé à une seule chose : M’occuper de Jeroen.  Tout s’est imbriqué dans mon esprit, comme lorsque nos mains manipulent un rubikub, enclenchant ligne par ligne afin d’aligner les couleurs. Mon projet pour Jeroen s’est déroulé de la même façon.

Aileen, s’était fait. Réglé. Je m’y pencherais plus demain matin lors de ma journée de repos où je tâcherais de me faire un rapport écrit. Il était toujours plus évident pour moi de coucher sur papier ou parchemin mes idées, mon cerveau permettait ainsi à tout cela de s’enclencher et de se remettre en ordre, même si je devais brûler les écris par la suite. Le tout était que j’enregistre.

Katherine… Elle s’affaiblissait. De jours en jours. Compliqué lorsque la dose de poison est beaucoup plus forte que précédemment. Détectable ? Croyez-vous que je me serais risqué à cela ? Bien évidemment que non. En revanche, j’ai tout intérêt à faire attention de ne pas augmenter plus les doses que cela n’a déjà été fait si je ne veux pas à ce que l’on en retrouve dans son sang. Quoi qu’il en soit, sa souffrance était en cours et il était jouissif de la voir vaciller de temps à autre. Même si je suis plutôt surprit que l’effet du poison soit si… rapide. Peut-être couve-t-elle quelque chose en plus ? Peu importe, le mal est là et il la ronge. C’est tout ce que je désirais.

Phaedre. Point mort, j’attends toujours des nouvelles. Passons.

Jordane. En attente, mais même procédure qu’avec Aileen. Je la croise dans un couloir, discute avec elle, me lie doucement, très doucement avec elle pour installer une confiance aussi minime soit-elle. Même si pour cela je dois sortir des blagues d’un niveau plus que léger. Ce sont les mauvais côtés d’une filature et d’une infiltration. Son temps viendra.

Gwen … Sous surveillance, bien évidemment. De loin. Très loin. Si elle sent que quelqu’un l’observe d’un peu trop près, je crains un retour de flamme qui pourrait mettre mes plans à l’eau, hors ça n’est pas ce que je cherche. Mais je rassure Anton à chacune de mes lettres. Sa petite femme est bien en sécurité ici… Du moins pour le moment. Troisième point négatif lorsque vous êtes espion : Devoir jouer au baby-sitter.

La résistance ? En cours de résolution. J’ai planté deux recherches où j’ai donné de jolis coups de pieds dans le vent, me faisant perdre du temps mais je ne lâche pas prise. C’est un travail de longue haleine et je saurais m’y tenir.

Ismaelle… C’est plus compliqué que je ne le croyais. Je la croise de temps à autre mais seuls des regards s’échangent entre nous. Je sais pertinemment que j’ai frappé là où ça fait mal avec la perte de sa progéniture qui visiblement n’était pas assez résistant pour tenir la vie en lui. J’attends patiemment de voir si elle se décidera d’elle-même à venir me voir ou si je dois de nouveau forcé les choses pour me la mettre dans la poche. Ne me force pas à te pousser dans la salle des Projections pour te faire souffrir et ainsi, intervenir pour renouer un contacte… Il serait tellement dommage de te montrer une réalité qui n’est pas la tienne.

Je lève les yeux au ciel. J’aime me souvenir de ceux que je dois frapper. Ils sont ici pour moi mon jeu, mon occupation et ma distraction. Des petites poupées me réservant un tas de surprise chaque jour. Et lorsque je me laisse aller à cette colère sourde qui se tarie de jour en jour à l’intérieur de moi, il me suffit de repenser à cette petite séance de torture arrivé de manière si subite mais au bon moment. Je repense aux cris de Cait, à ses pleurs, au son de ses os brisés et je me sens soudainement mieux.
Mais je remarque une chose alors que je fais le tour du parc avec Owen, échangeant parfois quelques mots… La torture n’est pas la seule à me procurer une sensation de joie et de satisfaction. Le fait d’avoir ce petit dossier en ma possession me provoque le même effet. Pourtant, je suis agacé pour la simple et bonne raison que si Connor n’avait pas observé ce petit crétin, il aurait sûrement réussi à déloger des informations que je compte garder sous couvert encore quelques temps. Il est malin… Je sais qu’il est malin. Mais il ne l’est que sous la peur lorsqu’elle est manipulée dans le bon sens et de la bonne manière. Ce soir arrivera l’heure de ta chute, Jeroen. Ce soir, tu connaitras le vrai sens de la douleur morale.

¥

Samedi 17 Janvier – 22 heures.

Première chose : Comment l’amener à moi ? La solution est évidente mais elle m’a poussée à reporter mon intervention au lendemain. Il fallait absolument attendre que Mr Helland soit de garde à l’infirmerie. J’ai cru voir ce dernier parler à Jeroen alors qu’ils étaient dans un couloir peu peuplé d’élèves. Un petit tour par l’infirmerie et un geste de baguette m’a permis d’obtenir ce que je souhaitais. Désormais, je suis dans une pièce à part, au 4ème étage, portant l’apparence de cet homme si froid et si maniaque. Il semble être muré d’une prudence presque étonnante. Je n’ai jamais vu son visage auparavant mais il n’a pas l’air d’être le genre d’homme aussi négligeant que cet abruti de Gabrieli.

Je ne me suis vêtu que d’une chemise et d’un pantalon, restant dans la simplicité qui semble propre à Helland sur qui je ne me suis pas encore suffisamment renseigné pour me permettre une approche. Avec patience, j’attends la venue de Jeroen. S’il ne se présente pas ce soir alors je ferais en sorte de le filer demain, tel un animal guettant sa proie pour planter mes crocs dans sa jugulaire alors qu’il s’y attend le moins.
Assit sur le bord de la table au milieu de la pièce, bras croisés sur la poitrine, je retiens un sourire alors que la porte s’ouvre en douceur. Il apparait, là, devant moi. Droit, le visage crispé mais le regard déterminé. Du Van Saade dans toute sa splendeur. D’après ce que j’ai compris… tel père tel fils. Van Saade señor aurait fait preuve de résistance, voir même d’insolence. Je suppose que celui-ci à cesser toute opposition lorsque l’Ordre à menacer sa petite fille adorée.

- Bonsoir Jeroen. Désolé de te faire venir si tard.

Soyons polis pour commencer. Et surtout, débutons tout cela en douceur. Je me redresse tranquillement, arborant un air neutre donc ni menaçant, ni avenant. Je ne veux pas le brusquer, pas maintenant. Je ne pense pas qu’il se méfie d’un homme comme Helland, ni qu’il lui fasse confiance aveuglément mais je préfère rester dans la neutralité. Je ne bouge pas de ma place, mon but étant de le glisser dans une ambiance calme et sereine afin que ses nerfs se délient quelque peu. Puis j’imagine la flopée de question qui doit lui traverser l’esprit.

Pourquoi m’a-t-il convoqué ?
Pourquoi ici ?
Pourquoi si tard ?

« Jeroen, j’ai obtenu une réponse pour ce dont on a parlé… Ils sont en sécurité. Tiens, voici le courrier pour que tu en saches plus. »

C’est fou ce que nous pouvons entendre par hasard, dans un couloir. Je ne sais ni de quoi ils parlaient, ni ce que comportait la lettre. Mon esprit s’est chargé de tenter de faire le lien tout seul avec de très nombreuses zones d’ombres. « Ils », représenterait-il sa famille ? Je ne pense pas, puisque chaque membre est sous contrôle. Ah, comme j’ai hâte que tu apprennes cette merveilleuse nouvelle jeune homme. Celle qui a balayée ma colère d’un geste lorsque j’ai su ce que tu entreprenais. Je joue donc sur ça… A coup de bluff. Si ça ne fonctionne pas alors, tant pis. Nous passerons au plan B : La force.

- Comment vas-tu ?

Sembler s’intéresser de son état en tant que bon infirmier minutieux et prévenant. J’attends sa réponse en observant ses traits tendus. Il a l’air de ne pas avoir dormi depuis des jours. Tu ne manques pas d’audace mon garçon. Je me souviens de notre dernière rencontre et je te revois encore si… énervé. Plein de bonne volonté pour t’en sortir mais aussi plein de haine. Et c’est là-dessus, que nous allons jouer. La haine et la peur. Les sentiments sont la faiblesse de l’Homme.

- J’ai de nouvelles informations concernant ce dont nous avons parlé la dernière fois.

Rester évasif, tranquille et serein. J’apprécie déjà nos retrouvailles, mon grand.
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Ven 20 Mar 2015 - 16:52

Every weekend is a war
And I'm drowning in the déjà vu
We've seen it all before

Jeroen enfonça ses mains dans ses poches et souffla un léger nuage de buée. Debout sur le perron, il observait le parc. La lune déclinait et disparaitrait bientôt pour recommencer à croître. C’était un cycle incessant, impossible à contrer. Certes, leurs vies étaient régies par les saisons, les années scolaires, les années civiles, mais dépendre de la lune et de sa course rapide dans le ciel, cela devait créer une vie à pleine vitesse. Il y pensait, parce que les Ryans manquaient à l’appel depuis les vacances. Impossible d’en savoir plus. Par contre, il avait récupéré quelques informations intéressantes sur la vie des pro-Supérieurs du château. Il avait lui-même quitté une période de quasi-dépression, suite aux vacances et au relâchement de la rentrée, pour entrer dans une nouvelle peau. Ne plus s’intéresser au regard des autres, ne plus se forcer à faire des choses qu’on ne lui avait jamais demandé de faire, écouter ses envies. Il avait recommencé à écouter les bruits de couloir, captant des informations auprès des pro-Supérieurs encore présents dans les environs. Il voulait les faire tomber, les offrir en pâture à Rivers et aux gardiens. Récupérer un maximum d’informations possibles pour atteindre ces salauds qui n’attendaient qu’un instant de faiblesse pour revenir… Les enjeux avaient changé. Aujourd’hui, sa famille, ses proches étaient directement attaqués. Papa se remettait mais faire profil bas n’était pas si simple avec son influence. Caitlyn aussi avait été blessée ; même si elle tentait constamment de le cacher, de détourner l’attention, ce qui lui était arrivé à Noël était très grave et l’impact n’avait pas été le même que pour les autres gens morts pendant la bataille…

Jeroen n’avait plus le droit à l’erreur, il devait récupérer des forces. Les esprits s’apaisaient mais le monstre de la guerre rôdait là, à l’orée de la Forêt Interdite, prêt à attaquer dès que le cœur de ses proies se serait apaisé. Oui, c’était la guerre, tout simplement.

Emmitouflé dans son écharpe et sa veste, il se concentrait pour détendre les muscles de ses épaules et respirer calmement. Il faisait encore franchement froid, mais après avoir survécu au match de Quidditch et l’air glaçant des hauteurs, il pouvait bien rester encore cinq minutes à l’extérieur. Tout était extrêmement silencieux. Depuis qu’il avait quitté les vestiaires, après son entrainement et une longue douche chaude, il s’était posté sur le perron pour observer la patrouille de gardiens faire leur ronde le long des barrières magiques. S’il l’avait pu, il les aurait rejoints et leur aurait offert leur aide depuis longtemps. Leur chef semblait un homme d’une extrême intelligence, calme et organisé. Ils risquaient leurs vies pour les protéger. Avec quelques années de plus, le serpentard aurait fait précisément la même chose à leur place. Peut-être qu’il finirait par rejoindre leurs rangs si la situation restait en stand-by pendant encore une année, quoiqu’il y aurait forcément des évolutions entre temps… En tout cas, après tout ce qui s’était passé ici, il se voyait mal retourner au monde réel sans séquelles. Les vacances s’étaient bien passées, mais à l’époque, il était encore « protégé » par sa réputation de chien des Supérieurs. Aujourd’hui, eh bien, il cherchait toujours qui était responsable de ces fuites d’information sur sa traîtrise… Il avait réussi à esquiver les questions de son père, mais il ne savait pas pour combien de temps. Tant qu’ils allaient bien…

D’ailleurs, c’était un rendez-vous avec Helland qu’il était en train d’attendre. Helland, ange gardien sorti de nulle part ayant aidé à amortir l’attaque à Londres. Apparemment, il avait quelque chose à lui dire. Jeroen ne s’inquiétait pas outre mesure ; si cela avait été grave, il serait venu le prévenir immédiatement, et non en lui donnant un rendez-vous à 22h, après le sport. De plus, les dernières nouvelles étaient bonnes. Papa se remettait et Emeric pensait enfin à retourner en cours. Leiv n’aurait pas eu une information contradictoire aussi rapidement, du moins l’espérait-il très fort. Dans tous les cas, angoisser, qu’est-ce que cela aurait changé ? Rien, rien du tout. Il était redevenu maître de son esprit. Il n’avait même pas recommencé à agresser Connor dans les couloirs, et ce n’étaient pas les occasions qui manquaient ! Lui, impulsif et colérique, la bonne blague… Il inspira une dernière goulée d’air frais. Un gardien lui lança un regard. Ah, ces étudiants qui sortaient n’importe comment, ils prenaient des risques, d’autant plus que la dernière qui s’était aventurée un peu trop loin dans le parc avait fini par être retrouvée à moitié morte… À moitié. Caitlyn était une battante. Il ne pouvait pas se laisser aller quand même elle tenait le coup. Il se résigna toutefois à tourner les talons, quittant la tranquillité de l’extérieur pour la touffeur des quatre murs du Château.

Les couloirs étaient calmes, Jeroen ne croisa quasiment personne. Il monta quatre à quatre les escaliers, prit un détour pour vérifier que personne ne le suivait, puis il rejoignit enfin la pièce de rendez-vous. Il était à l’heure, et ça ne devrait pas prendre trop longtemps. Ensuite, il irait directement se coucher tant les matières de la journée l’avaient épuisé. Il était encore tout extatique des cours de self-defense et de DCFM, mais ça ne tarderait pas à retomber et à ce moment-là, il ne serait plus bon à rien. Une fois arrivé au quatrième, il entra dans la pièce sans refermer derrière lui. Il n’aimait pas l’idée d’être coincé, même avec un homme comme Helland, qui aurait d’ailleurs tout aussi bien pu lui demander de passer à l’infirmerie sans que ça n’éveille les soupçons… L’infirmier était déjà là, habillé décontracté, assis sur une table posée au milieu de la pièce. Jeroen le salua d’un hochement de tête en défaisant son écharpe vert et argent. Il faisait chaud…

- Bonsoir Jeroen. Désolé de te faire venir si tard.
- Pas de souci. L’entraînement s’est terminé il y a peu de temps, ça ne m’a fait faire qu’un détour.

Il s’adossa à un mur près de l’entrée et croisa les bras, son écharpe pendant lâchement autour de son cou. Il n’était ni prêt à partir, ni prêt à rester. L’homme ne s’étonnerait pas de voir que l’élève se tenait toujours un peu sur la défensive, ces derniers temps. Ils n’étaient pas là pour de grandes embrassades et des profusions de joie. Jeroen lui en devait une, très clairement, mais il y avait d’autres manières de rendre compte de son immense gratitude… Toutefois, la simple présence d’un homme aussi calme avait tendance à l’apaiser un peu, donc il n’était pas plus sur ses gardes que d’habitude.

- Comment vas-tu ?
- Ça va. Enfin, j’essaie de m’occuper l’esprit et de m’activer donc globalement, ça va mieux, je crois.

Les nouvelles de Londres étaient bonnes, le risque de crises nerveuses était passé, il ne pouvait pas dire que ça allait mal. Évidemment, ça pouvait aller mieux, mais ça pourrait toujours aller mieux. Ils devaient juste faire avec ce qu’ils avaient. Jeroen s’occupait l’esprit en reprenant ses enquêtes sur les élèves de Poudlard. Niveau professeurs, il n’avait pas l’impression que beaucoup d’entre eux étaient encore des Supérieurs en puissance. Le bibliothécaire était toujours un peu surveillé, normal vu son passif, mais il avait mauvais caractère de base et il avait apparemment fait un carnage dans les rangs de ses anciens collègues… Chez les élèves, c’était plus difficile. Ils étaient beaucoup plus nombreux et la majorité d’entre eux s’étaient toujours contentés d’observer sans agir, mais ils n’en pensaient pas moins. Plein de modèles de Connor en puissance, c’était problématique - d’ailleurs, ce crétin lui tournait beaucoup autour ces derniers temps, le serpentard allait finir par régler le problème à la manière de ses Supérieurs chéris… Bref. En plus de sa Julian, ses potes et les cours, il avait de quoi s’occuper, clairement.

- J’ai de nouvelles informations concernant ce dont nous avons parlé la dernière fois.
- Oui ? répondit-il simplement, s’attendant à une suite immédiate.

Son expression était illisible. Déjà, la première fois, Jeroen ne s’était pas du tout concentré sur ses expressions, trop occupé à pleurer sur son sort. Mais il avait senti une inquiétude, quelque chose de plus protecteur peut-être. Cette fois-ci, il était juste calme, serein, comme si tout allait bien et qu’il semblait satisfait. Jeroen n’était pas sur ses gardes. Certes, il se questionnait toujours un peu sur ses intentions, mais il avait été contraint de lui donner toute sa confiance et… ça en avait valu la chandelle. Toutefois, la suite de sa phrase n’arriva pas immédiatement. De nouvelles informations, mais encore ?

- Aux dernières nouvelles, ça avait l’air d’aller. Il s’est passé quelque chose entre temps ? Ils se sont manifestés ?

Ils. Les Supérieurs. Ces timbrés à éradiquer de la surface de la planète, quitte à se salir les mains pour de bon. Il fronça les sourcils, un peu tendu. Il n’aimait pas ça…
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Mer 25 Mar 2015 - 10:43

Doux souvenirs quant à notre dernière rencontre. Cette fureur au fond de son regard, ce côté téméraire et cette résistante exemplaire. Son sang n’est pas pur, mais nous pouvons presque lui pardonner ce petit écart familial. Où en sommes-nous avec toi, Jeroen ? Je t’ai tant de fois observé et tu as failli nous échapper, faire voler en éclat tous mes efforts entreprit depuis que je suis ici. C’est malheureusement le genre de choses que je pardonne difficilement. Je ne supporte pas la trahison et encore moins la lâcheté, alors il ne faut pas m’en vouloir si j’ai donné l’ordre à ce que l’on s’en prenne à sa famille. Certains chiots ont besoin d’être remit à leur place et lorsque la subtilité ne suffit plus, il faut entreprendre une méthode plus dure, plus radicale. Et ce jeune homme face à moi, avec cette intelligence au fond du regard et ce courage que certains d’entre nous ne possèdent pas, doit être recadré. Il en va de notre sécurité, de celle de nos plans et de mon entreprise dans ce château. La quête est rude, usante et parfois sans résultat. Un parcours sans faute serait un miracle. Si certaines choses semblent bien se présenter, d’autres sont beaucoup plus difficile à obtenir.

Mais je saurais détruire la tour qui abrite les plus fort, pierre par pierre, peu importe le temps que cela me prendra.

Lorsque j’approcherais Hunt et si mon plan se déroule correctement… je possèderais à mes côtés, un atout de taille. L’un des meilleurs, cela ne fait aucun doute. Ces enfants passent leur temps à railler l’art de la Divination, à railler devant « cette vieille folle ». C’est en cela que nous devons reprendre la main sur ce château, tout simplement parce que leur éducation s’est effritée à cause de leurs idées malsaines et erronées. Ils le comprendront lorsque Phaedre agira à mes côtés. S’ils étaient un poil plus intelligent, ils auraient compris à quel point son Don aurait pu leur servir face à notre attaque de Noël. Et à quel point il aurait pu nous faire défaut à nous… Nous avons eu une chance incroyable sur ce point. Dimitri m’en dit beaucoup sur elle, sûrement un peu trop. C’est que le jeune homme s’avère être bavard parfois. Surtout avec son grand ami James.
Ne dit-on pas que : Nous ne prenons conscience de l’importance d’un objet ou d’une personne que lorsque nous l’avons perdu ?

Ce temps arrivera, bien assez vite. Et Jeroen risque d’être le premier à le comprendre.

Je l’endors avec le calme et la sérénité de ce cher Helland. Van Saade n’a pas l’air d’éprouver l’once d’une méfiance envers lui alors je profite de cette situation de calme et de plénitude. De tranquillité. Le seul moyen pour que j’obtienne une coopération de sa part est de toucher le point sensible : La famille. Je me garde une autre carte en réserve, celle qui le rend Homme au cœur ramolli de sentiment, celle qui l’affaiblit alors qu’il n’en a peut-être pas conscience. Julian. Une carte dans ma manche que je ressortirais à l’occasion. Peut-être que je n’en aurai tout simplement pas besoin. Nous verrons en temps et en heure.
Je laisse planer un silence alors que mon visage reste impassible, puis un peu plus soucieux. Une mauvaise nouvelle frôlerait-elle mes lèvres.

- Aux dernières nouvelles, ça avait l’air d’aller. Il s’est passé quelque chose entre temps ? Ils se sont manifestés ?

Ils ? Nous ? Vous êtes donc bien sur vos gardes, comme les informations rapportées me l’indiquaient. Je ne sais pas qui sont ces hommes qui tentaient de protéger sa famille mais je ne suis pas sûr qu’ils aient réussi leur entreprise. Du moins, pas suffisamment longtemps pour que notre équipe réussisse de nouveau à s’introduire et à mettre deux trois petites choses à exécution. Comme je leur ai poliment demandé.

- Tu n’es donc pas au courant ?

Laisser planer le doute, le rendre un peu plus nerveux. Jeroen est une coquille bien plus solide que nous ne voulons bien le croire et il me la démontrer plus d’une fois. Encore aujourd’hui, il fait preuve de résistance dans le plus grand des secrets – ou presque – alors que sa propre famille s’est trouvée être en danger. En particulier son cher père.
Mon visage emprunte toujours cet air inquiet mêlé à une surprise non feinte. Je plonge les mains dans mes poches et effleure du bout des doigts ma baguette, tout en poussant un soupire désolé.

Endormir le jeune serpent. Le rendre inquiet, fissurer sa carapace à des points stratégiques.

- Ta trahison leur a coûté cher. Bien plus que la dernière fois.

Une seconde me suffit, une seule, pour brandir ma baguette et le défaire de la sienne qui se trouvait dans sa poche. Formule prononcée, son arme m’atterrie droit dans la main et j’arbore cet air anormalement serein. Il ne comprend pas, la vitesse à laquelle se sont passées les choses viennent de le plonger dans un semblant de léthargie.

- Collaporta.

Ton calme, sans froideur. Comme si tout cela n'était que normalité.
La port se verrouille et ne pourra être ouverte que par le contre sort. Je range les deux baguettes au fond de ma poche, cette dernière étant agrandit et plus souple grâce à un petit sortilège bien efficace. Si affrontement il doit y avoir avec Jeroen, je tiens à ce que cela se passe à mains nues et non grâce à la magie. Je tiens à sentir ses propres phalanges contre ma peau afin de sentir émaner de lui cette rage que je contrôlerais lorsque le moment viendra. Je décroise les bras en écartant les mains.

- Je pensais sincèrement que tu cesserais tes petites magouilles, Jeroen. Je te croyais plus intelligent et là, tu me déçois.

Vraiment. J’aurai pu baser beaucoup d’espoir en toi si tu n’avais pas été si lâche à retourner ta veste de cette manière. Connor est un bon élément, un très bon élément même et je compte bien le formater également pour servir notre ordre. La démagogie. Faire entrer dans le crâne de ces mouflets que les mauvaises personnes ne sont pas ceux qu’ils croient. Avec Connor, je dois lui faire comprendre que, parfois, la stratégie n’est pas suffisante mais pour le moment je me contente de son observation et de son sens aiguisé pour le repérage et l’écoute des informations.
Jeroen, lui, est une force brute. J’ai eu vent de ces « exploits » et surtout, de son obéissance. Mais il semblerait qu’il se ramollisse à ce niveau.

- Une fois de plus. Bien évidemment.

Il ne comprend pas, ses yeux sont gorgés d’interrogation.

- Suis-je bête, tu as oublié notre petite entrevue qui à semer le trouble au sein de ta famille. Je croise un bras sur ma poitrine, et m’appuie sur celui-ci pour me tenir le menton entre mes doigts, comme plongé en pleine réflexion. Dis-moi Jeroen, comment August prend le fait que son fils ne soit qu’une petite balance, faible et arrogant ? Et égoïste, aussi.

Utiliser le prénom de ses proches accentue la crédibilité de mes propos mais aussi l’angoisse qu’il pourrait ressentir, la colère et la folie qui finira par l’habiter.

- Egoïste de continuer à jouer les petits malins tout en sachant que sa petite famille est en danger et qu’elle a risqué une fois, de perdre la vie. Tout cela, à cause de toi.

J’agrémente mes propos en le pointant du doigt, un demi-sourire aux lèvres. Son investigation va lui coûter cher et il ne sait pas encore à quel point. Il ne sait pas encore qu’il marche sur le fil du rasoir et qu’aux moindres faux pas, il dérapera, se tranchera les veines et se videra de son sang. Tout ne tient qu’à lui mais cela non plus, il ne le sait pas. Si Jeroen ne veut pas rester sage dans les rangs de ceux que l’on considère comme « gentils », alors il deviendrait rage et violence, dans les nôtres.

- Même Leila… je m’interromps quelques instants, plissant les yeux. Non, Lily ? C’est bien ça ? Oui. Même Lily a été très déçue de toi jeune homme. Et décevoir sa petite sœur n’est pas très correct de la part d’un grand frère comme toi.

Et c'est avec un sourire aux lèvres que j’effectue la première entaille afin de laisser le venin s’immiscer.
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Lun 13 Avr 2015 - 15:11

Aucune méfiance. Jeroen n'avait pas peur d'Helland, cet homme si calme, si attentif et loin d'être envahissant, qui l'avait remis sur pieds alors qu'il était en train de lâcher prise. Il fallait de la patience et de la fermeté pour arriver à coucher un Jeroen en état de colère et de dépit survolté, et cet homme en avait eu. Depuis, ils s'étaient recroisés dans les couloirs, échangeant des nouvelles de Londres. Leurs conversations tournaient principalement autour de ça et de l'état du jeune homme, petite routine devenue habitude. Le serpentard avait toujours eu cette sensation de sérénité en sa présence. C'était quelqu'un en qui son père avait une certaine confiance, c'était un père lui-même, prêt à tout pour les gamins de son proprio auxquels il ne devait pourtant rien, comment pouvait-il arriver quelque chose en sa présence ? Évidemment, il fallait toujours se méfier de ceux qui les entouraient, mais l'homme lui-même n'était pas une menace.

Quoique.

Il mettait bien du temps à répondre. La petite hésitation de trop, celle qui fait dresser l'oreille et hérisser les poils sur la peau, même s’il n’en montrait rien. Que se passait-il ? Avait-il reçu un courrier de dernière minute, des informations qu'il ne pouvait divulguer dans un couloir ? Son expression prit une teinte quelque peu soucieuse mais rien qui puisse signifier qu'il avait de très graves nouvelles à annoncer. Son silence et ses réactions n'étaient pas proportionnées. Jeroen, sentant le malaise venir, demanda immédiatement ce qui se passait, avec son recul habituel.

- Tu n’es donc pas au courant ?

Il resta interdit face à cette réponse. Quelque chose clochait. Dans sa tête, l'idée émergea avec violence, totalement imprévisible. Il sentit une montée d'adrénaline fulgurante à tel point qu'il en eut un léger tournis. Sa main le démangeait. Celles de l'homme avaient disparu dans ses poches, hors de vue. Réagir ? Encore une seconde... l'homme eut un petit soupir désolé aux vieux relents de déception.

- Ta trahison leur a coûté cher. Bien plus que la dernière fois.

« Trahison ». L'infirmier n'aurait jamais utilisé ce terme. C'était un mot de Supérieurs et cela ne collait pas au personnage, trop tolérant, ou peut-être trop désintéressé. Cet homme était un imposteur. Dès le deuxième mot, Jeroen esquissa un geste vers sa baguette mais il n'eut même pas le temps d'approcher sa main de sa poche qu'un Expelliarmus le désarmait. Il se figea, ne s'étant pas du tout attendu à une telle réactivité. Puis il releva vivement la tête en entendant la porte claquer. C'était un guet-apens et il ne l’avait même pas vu venir. Il retint sa respiration de stupeur et se mit immédiatement en position de défense, détaché du mur, prêt à bondir dans n'importe quelle direction pour éviter une attaque.

Il se sentit soudain extrêmement démuni. Il avait des réflexes mais pas assez rapides, même Caitlyn arrivait à le toucher. Il était désarmé. Et maintenant, l'homme, Leiv ou qu'importe qui lui volait ses traits, venait de ranger tranquillement les deux baguettes dans sa poche. Ça sentait très mauvais. Si l'homme lui-même rangeait son arme avec autant de sérénité, c'est qu'il savait se défendre à la moldue. Certes, Jeroen se défendait bien avec ses poings, mais il se rendait compte qu’il ne serait peut-être pas à la hauteur. Rien à voir avec ce débile de Connor ou ces petites frappes de sang-purs trouvant rabaissant le fait de se mettre quelques coups en pleine tronche. Qui était ce mec ? Tout cela semblait tellement calculé, comme s’il avait tout prévu au millimètre près… L'élève réprima un nouveau frisson.

- Je pensais sincèrement que tu cesserais tes petites magouilles, Jeroen. Je te croyais plus intelligent et là, tu me déçois. Une fois de plus. Bien évidemment.

Il serra les dents, sourcils froncés, incapable de parler. Cesser ? Encore une fois ? Bon sang, qu’est-ce que ça signifiait ?

- Suis-je bête, tu as oublié notre petite entrevue qui a semé le trouble au sein de ta famille. Dis-moi Jeroen, comment August prend le fait que son fils ne soit qu’une petite balance, faible et arrogant ? Et égoïste, aussi.

Il serra les poings jusqu’à s’en blanchir les phalanges.

Oublié.

Parmi le tourbillon de pensées qui le clouait sur place, il y avait cette sensation de déjà-vu, cette angoisse sourde en train de naître au creux de son ventre. Il avait oublié ? C'était l'exemple par excellence du fait impossible à prouver, puisque le concept même de l'oubli est de ne pas se souvenir. Pourtant, cela faisait résonner quelque chose en lui, quelque chose de profond. Difficile de lui donner raison, mais plus difficile encore de lui donner tort. Dans tous les cas, ce qu’il disait là était très grave. Il avait oublié, mais qu’avait-il oublié ? Quand, en quelles circonstances cela s'était-il produit ? Avait-il parlé de sa famille, de ses mensonges ? Bon sang, il n’aimait vraiment pas ça. Il avait été totalement inconscient de continuer d’agir comme s’il avait l’immunité totale à Poudlard. Quelle stupidité. Ces derniers mois, tout était beaucoup trop calme à Poudlard, il aurait dû se douter de quelque chose. Cela expliquerait que Connor soit sorti de l’ombre à un moment totalement incongru pour lui soutirer des informations. Sinon deviner ce qui allait se passer, il aurait pu se douter que des choses se tramaient derrière tout ce beau décor... Finalement, celui qui l’avait trahi et qui avait été la cause de l’attaque de sa famille à Londres, c’était peut-être simplement lui et lui seul, et il ne s’en rappelait même pas.

Oublié.

Le mot tournait en boucle. Bon sang ! Et cet homme qui se tenait devant lui, cet imposteur avec qui ils étaient enfermés dans le château depuis Merlin seul sait combien de temps, cet homme savait déjà beaucoup trop de choses. C'était une menace terrible pour eux tous. Et le serpentard s’était fait devancer. Cela forçait le respect. Oui, même en ces circonstances, force était de constater qu’il avait trouvé beaucoup, beaucoup plus fort que lui. L'homme n’avait laissé aucune trace, la mémoire de Jeroen était vide et pourtant ça n'avait pas l'allure d'un bluff grossier. De là à abandonner et à baisser la tête avec soumission ? À se laisser aller à l’impulsivité ? Non. Il ne ferait pas un seul faux pas. Après un long passage à vide, il avait repris pleine possession de ses moyens. Ce Jeroen ne frapperait pas inconsciemment, juste parce que l’homme citait le nom de son père. Connor, c’était une exception, un mauvais jour. Dommage pour lui. Au moins, il devait prendre Jeroen pour un impulsif et cette fausse information n’était pas pour le desservir. Mais lui, cet homme face à lui, il lui ne se laisserait pas berner, et il ne savait pas du tout comment ça allait se terminer.

- Egoïste de continuer à jouer les petits malins tout en sachant que sa petite famille est en danger et qu’elle a risqué une fois, de perdre la vie. Tout cela, à cause de toi.
- Culpabiliser les victimes pour les fragiliser. Je ne suis pas stupide, lâcha-t-il avec véhémence. Vous vous cherchez juste des excuses.

Se défendre, démolir les tentatives, montrer qu'il n'était pas aussi bête qu'il ne le laissait croire habituellement. Puisqu'ils ne semblaient pas partis pour se battre physiquement, du moins pas encore, il avait intérêt à asseoir ses positions pour le dissuader d'aller trop loin. C'était sa seule chance de s'en sortir, de ne pas tout perdre, peut-être. En tout cas, l'homme arrivait un peu tard : Jeroen savait qu'il était responsable, il l’avait accepté, à force ; mais son degré de responsabilité n'atteindrait jamais le leur. S'il fallait supprimer tous ceux qui avaient du sang sur les mains, idée qu'il validait totalement, il y passerait, mais pas parmi les premiers. Il n'était pas comme eux. Il était prêt à tuer mais pour des idées qui en valaient la peine, pour des discours sans ignorance, sans cette bêtise crasse que ces consanguins vomissaient à tout bout de champ. Question de symbolique. Et le doigt de l'homme ridiculement pointé vers lui n'y changerait absolument rien, désolé.

- Même Leila… Non, Lily ? C’est bien ça ? Oui. Même Lily a été très déçue de toi jeune homme. Et décevoir sa petite sœur n’est pas très correct de la part d’un grand frère comme toi.
- Je ne vous permets pas de parler en son nom. Il se tut, prit une inspiration pour se calmer et lui lança un regard méprisant. Je vous ai déçus ? Bien. Réglons cela entre nous. Utiliser des gamines comme monnaie d’échange, c’est d’un déjà-vu affligeant. Je suis assez grand pour entendre ce que vous avez à me dire sans que vous ayez besoin de faire tout ce bordel.

Il écarta les bras, en profitant pour desserrer son poing et laisser le sang circuler dans ses membres. Il ne savait pas d’où il sortait un tel sang-froid. Certainement l’énergie du désespoir. En fait, il n’attendait qu’une seule chose : que l’homme annonce leur mort. Oui, ce serait plus simple de lui sauter à la gorge et de démolir ce visage qui lui était pourtant sympathique. Mais demander, ça aurait été laisser une ouverture. Demander, ça aurait été lui dire qu’il avait une emprise. Il savait parfaitement qu’il touchait le point sensible de Jeroen, mais celui-ci se sentait rattrapé par sa fierté. Il n’allait pas le laisser jouir du malaise qui lui prenait les tripes.

Le visage complètement fermé, il fit deux pas vers l’homme, s’écartant un peu plus du mur et de la possibilité de se faire bloquer pour de bon. Ils étaient dans une pièce fermée ? Grand bien lui fasse ! Cela ne l’arrêterait pas. Tant pis s’il fallait essuyer des coups et des sorts. Il n’avait pas peur, il n’était pas angoissé. En fait, et ce n'était pas forcément mieux, il était bien au-delà. Tous ses gestes étaient de purs réflexes de survie, acquis pendant les deux ans passés à leurs côtés. Il avait déjà fait face à Walters en personne, à Logan Rivers, à une flopée de petits cons très désireux de le rabaisser pour le punir à la place de tout son arbre généalogique. Il connaissait ça. Ou plutôt, son corps avait enregistré les postures et les expressions à prendre et il n’avait plus qu’à se regarder agir en pilote automatique.

- Allons bon. Je vous fais si peur que ça ? Je ne suis qu’une petite frappe, un traître de basse lignée. Venir en personne me prévenir que vous menacez ma famille ? Sérieusement ?

Ce n’était pas totalement dénué de bon sens. Pourquoi revenir vers lui le prévenir qu’il se comportait mal, s’il avait déjà eu droit à un sortilège d’oubli et que sa famille était devenue une cible facile ? C’était un peu trop de considération pour un simple sang-mêlé sans intérêt, aussi traître puisse-t-il être. Les autres élèves et leurs familles, ils se contentaient de les démolir et disparaître, puis ils passaient à autre chose. C'était tellement plus simple finalement... Mais cet homme, lui, ne se contentait pas de la simplicité. Il voulait quelque chose. Oui, c’était évident à présent. L’élève s’arrêta à deux mètres de lui et laissa retomber ses bras le long de son corps. Ses muscles vibraient, prêts à donner un coup au moindre geste esquissé dans sa direction, mais il ne frapperait pas le premier. Il réduisait juste l'écart entre eux deux pour laisser penser qu'il avait parfaitement confiance en lui-même. Ça manquait de conviction mais tant pis, il faisait ce qu'il pouvait.

- Qu’est-ce que vous me voulez ?
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Mar 14 Avr 2015 - 15:45

Regardez-le. Regardez-le bien.

Jeroen Van Saade, droit, fier, planté devant moi sans jamais lâcher mon regard. Quel courage. Il est impétueux, intelligent et malin. Je suis là, bras croisés et je l’observe. Car chaque geste trahit un sentiment. Calme ou non. Et pour le moment, il semble sûr de lui, prêt à en découdre. Il comprend que tout cela n’est qu’une vaste mascarade. Mais surtout, il pense que je bluff. Que je menace sa famille sans réellement avoir d’éléments en main. Que se passe-t-il dans ta tête, jeune homme ? Es-tu réellement entrain de me sous-estimer ? J’ose espérer que non. Est-il entrain de bluffer à son tour ? C’est une très bonne question, à laquelle je n’ai pas encore de réponse. Tout ce que je sais, c’est ce que je vois. Son visage neutre, ses poings serrés, ses traits sont tirés. Seulement, un détail m’interpelle. Je l’accuse ouvertement d’être responsable de la douleur familiale et il ne semble pas s’en inquiéter outre-mesure. Non, ça n’est plus une question d’inquiétude mais d’acceptation.

Il sait que sa famille a risqué gros, mais il sait surtout que c’est à cause de lui. Une lettre de papa ? Du frangin ? Allons Jeroen, montre-moi ce qu’il se passe sous cette tête brune. Laisse-moi disséquer chacune de tes pensées pour jouir d’une victoire assurée. Il est malin et je dois être vigilant concernant ce point, même si je sais que je possède en main une longueur d’avance afin de le faire abdiquer. Je ne suis pas à l’abri d’une trahison, pas lorsque je joue uniquement sur du bluff, pas lorsque j’ai à faire à un jeune homme comme lui.

Je parle de sa sœur, de sa propre déception…

- Je ne vous permets pas de parler en son nom.

Les mots fusent à une vitesse incroyable, j’en suis moi-même presque surprit.
De parler en son nom ? C’est doux, une saveur lisse et incroyablement agréable, comme du satin sur la peau, sur ma paume. Continue mon garçon. Continue de croire que je bluff concernant ta petite Lily.

- Je vous ai déçus ? Bien. Réglons cela entre nous. Utiliser des gamines comme monnaie d’échange, c’est d’un déjà-vu affligeant. Je suis assez grand pour entendre ce que vous avez à me dire sans que vous ayez besoin de faire tout ce bordel.

Je reste toujours les bras croisés, face à lui. Il est téméraire et il tente le tout pour le tout. Voilà comment je vois les choses : Il use de son intelligente stratégie pour me mener vers une autre porte de sortie que celle de la menace familiale ? Est-ce que je me trompe ? Je n’en suis pas tout à fait certain à vrai dire, mais je sais à quel point il tient à sa chère et tendre petite Lily et de ce que j’en ai écouté… Elle tient elle aussi, beaucoup à lui. Je dois réduire son cerveau à néant et ainsi, couper toute envie de désobéir et de jouer les grands. Parce que Jeroen, lorsque nous ne savons pas où nous mettons les pieds, le mieux est de rester tapis dans l’ombre, d’observer, peu importe le temps que cela prendra. Au lieu de ça, tu es venu fouiner dans mes petites affaires et ça, ça me dérange. Chacun son territoire, jeune homme.

Pourtant, aucun malaise ne transparait sur son visage, pire, il écarte les bras et attend. L’espace d’un instant, je crains avoir commis une erreur concernant mes informations. Je fouille dans ma mémoire, neutre comme à mon habitude et j’ai beau ressasser dans mes souvenirs, il ne me semble pas avoir commis un impair. Ce qui me laisse croire qu’il essaie de garder la face, d’afficher une face d’argile pour me dissuader de quoi que ce soit…

Parce que lui, il ne sait pas. Non, il ne sait rien de ce qu’il s’est produit dans l’ombre. Pendant que le jeune homme vivait cette petite vie « tranquille » au sein de ces murs, à jouer aux chasseurs de Supérieurs, il ne se doutait pas un seul instant que nous avions eu en main, un élément qui ferait pencher la balance à coup sûr. Et ça, c’était jouissif. Je me demande même sincèrement si Mr Helland n’est pas dans le coup, concernant la protection de la famille Van Saade.

- Allons bon. Je vous fais si peur que ça ? Je ne suis qu’une petite frappe, un traître de basse lignée. Venir en personne me prévenir que vous menacez ma famille ? Sérieusement ?

Il s’approche, laissant retomber ses poings le long de ses cuisses, toujours son regard ancré dans le mien. Et cet affront – car s’en est un, ou du courage… ou peut-être de la bêtise, je n’arrive pas réellement à me décider – fait éclore au fond de moi une vague de chaleur. Mêlant excitation et colère. Encore Jeroen, attise la flamme. Plonge toi jusqu’au cou dans cette merde que tu as toi-même créé.

Avoir peur de lui ?

- Qu’est-ce que vous me voulez ?

Et mon rire éclate, se répercute entre ses murs. Un rire profondément amusé et non moqueur. Non, un réel rire de plaisir face à une blague bien tournée et intelligente. Je n’ai pas bougé d’un iota, restant bras croisés face à lui alors qu’il ne se trouve qu’à deux mètres de moi. Alors, vas-tu cogner ? Vas-tu céder à la pression si tant est que tu en ressens une ? Oui, tu la sens, cette petite fibre au creux de toi, prête à se déchirer, à se rompre.

- Ne sois pas si stupide, je t’en prie. Certes tu es intelligent, voir brillant – quoi que parfois, un peu stupide - mais tu es loin de soulever chez moi une quelconque forme de peur.

J’écarte le bras vers une table à quelques mètres de nous.

- Viens donc t’assoir, je te prie. Toi et moi avons à parler.

Je me dirige d’un pas tranquille vers la chaise a à peine trois mètres de moi. Il ne tentera rien, il a bien trop à perdre pour ça. Car s’il m’arrive quoi que ce soit, c’est toute sa famille qui se trouvera être pendue ou éventrée sur l’un des trottoirs de Londres, sans oublier les preuves de l’inculpation de Jeroen. Fausses ou réelles, qu’importe, non ?

Je n’ai pas l’impression qu’il souhaite réellement coopérer et je n’ai pas envie de m’énerver, pas tout de suite. Le meilleur reste à venir et je veux l’avoir bien en face de moi pour cela. Je m’installe tranquillement, mains posées sur le bois de la table, un air serein sur le visage.

- Jeroen, je peux t’assurer que tu as tout à perdre si tu ne viens pas t’assoir. Ne joue pas les idiots et si tu es un grand garçon comme tu le dis si bien, tu seras suffisamment bien élevé et intelligent pour venir.

Je lui présente la chaise en face de moi, à l’autre bout de la table qui viendra nous séparer d’un mètre, plus ou moins. Il finit par venir et je patiente, tranquillement. Ce que je veux de lui, je le sais déjà. J’ai déjà toutes les cartes en main. Un instant je pense aux Ryans… Enzo, gentil cabot. Toi aussi, un jour, tu tomberas. Si ça n’est pas déjà fait aux mains de ton cher grand-père. Si Ryans Señor pouvait les garder auprès de lui, cela m’arrangerait. Jouer la Baby-Sitter ne me plait guère, ayant d’autres plans bien plus conséquents en tête.

Jeroen s’assoit en face de moi et je lui offre un sourire en coin.

- Soyons civiliser, tu veux bien ?

Je croise mes mains sur la table, sans jamais le lâcher du regard.

- Voilà ce qu’il se passe. Dernièrement, j’ai eu vent de tes agissements. Et ne joue pas les ignorants, il y a ici bien plus d’oreilles et de paires d’yeux que tu ne le crois, qui t’observe, toi.

Je reste impassible, un air tranquille sur le visage. Inutile de commencer dans la violence, cela ne servirait à rien.

- Si j’en crois ce que l’on me dit – et après vérifications – tu serais entrain de fouiner là où il ne faut pas. C’est-à-dire, sur mon terrain. Et lorsque l’on fouine sur mon territoire, je prends mes précautions. Je pourrais tout aussi bien te tuer, là, maintenant et maquiller cela en suicide. Après tout, tu es un jeune homme ayant salit le nom de la famille Van Saade en coopérant avec les « méchants », avec un père s’étant fait maltraité par la faute de son fils. En plus de cela, tu te retrouves coincé entre 4 murs, sans pouvoir faire quoi que ce soit pour les défendre. Je m’arrête un instant en lâchant un soupire désabusé. Non, vraiment, il n’y a pas à dire, tu dois être au bout du rouleau. Peut-être même que tu voudrais en finir.

Je tords la bouche une moue un peu contrarié, presque soucieux.

- Mais tu comprends, faire cela serait vraiment trop simple. Alors j’ai pensé à une autre idée qui m’a paru … sympathique.

Je laisse quelques secondes en suspend avant de lâcher dans un sourire amusé et satisfait.

- L’idée serait que toi et moi fassions équipe. Je lève la main pour l’interrompre aussitôt, si tant est qu’il souhaitait dire quelque chose. Pas un mot jeune homme, je n’ai pas terminé. Je disais donc que toi et moi, pourrions faire équipe. Pourquoi ?

Oui, pourquoi voudrais-je d’une petite tare comme toi Jeroen ? Pourquoi voudrais-je de toi à mes côtés ?

- Tout d’abord, tu n’es pas stupide. J’ai eu vent de tes talents de torture, d’obéissance et d'autres en tout genre. Tu es vif d’esprit, intelligent, plutôt doué en sortilège, bref, la panoplie parfaite pour être un gentil garçon à mon service. Seulement, pour cela, tu te dois d’être obéissant. Mais surtout… Muet comme une tombe. Et pour m’assurer de cela, disons que je me suis permis d’obtenir quelques atouts en poche, afin de te convaincre.

Je plonge la main dans mon autre poche, lui accordant un clin d’œil amusé.

- Tu verras, tu vas adorer.

Je fouille à l’intérieur et lorsque mes doigts palpent une substance rigide et cartonnée, je saisis la pochette et la sort de ma poche ensorcelée. Je le maintien devant moi. Marron foncé, sans aucune écriture dessus, j’ouvre les pans du dossier et contemple sans un mot ce que j’y vois. Ne pas commencer trop fort.

Comment ai-je obtenu ce dossier ? Lorsque Connor m’a fait part de ses suppositions et inquiétudes, et après avoir moi-même vérifier, je me suis charger de dicter deux ou trois instructions envers sa chère et tendre famille. Je veux le briser, je veux briser son âme, réduire ce qu’il possède de raison en bouillie afin qu’il ne soit plus qu’un corps et un esprit obéissant. Tout cela se fera en finesse, en usant petit à petit l’esprit, jouant des coudes pour se faire une place au creux de son cerveau fin d’y couper toutes connexions.

J’hésite un instant, mes doigts parcourant les cinq photos que Jeroen ne peut pas encore voir. Je pose mes phalanges contre mes lèvres, comme si je me trouvais réellement indécis face au choix d’un chocolat. Je me décide enfin après quelques secondes, saisit le bord du cliché, referme le dossier avant de le coincé sous mon autre main et lui tend la photo.

Une image animée. Celle d’une jolie et adorable petite fille attachée à une chaise, bâillonnée. Le visage couvert de crasse, les larmes ayant tracées leur sillage sur ses jolies joues rebondies et enfantines. Elle tente de se débattre, nous pouvons clairement le voir sur ce cliché. Son tee-shirt rose de gamine et son jeans sont déchirés de toute part, laissant entrevoir quelques blessures légères. Elle tremble de peur, ses cheveux en bataille. Son regard hagard trahit son angoisse, elle ne sait pas ce qu’il va advenir d’elle et elle aurait toutes les raisons de croire que le pire reste à venir. Du moins, si j’en crois mes clichés et de ce que j’ai pu entendre de cette petite cassette audio qui se trouve dans le dossier.
Mais tout cela, sera pour plus tard. S’il montre une quelconque résistance, j’ai de quoi lui offrir les pires cauchemars pour les 5 prochaines années à venir. Silencieux, je guette sa réaction, aux aguets. Un geste de sa part, un seul, et sa sœur subira les pires sévices. Tout cela à cause de la fierté de son grand frère qu’elle a tend réclamée ce soir-là.
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Mer 15 Avr 2015 - 22:09

La panique. Ne pas céder à la panique. Ne pas lui faire ce plaisir. Rester calme, froid, illisible comme un livre de runes anciennes. Ne pas lâcher son regard, non, ne surtout pas lâcher son regard, sans perdre de vue ses mains et ses lèvres, concentré sur ses mots. Ses bras restaient croisés. Il ne bronchait pas, ne se laissait pas aller à des démonstrations inopportunes de sentiments, et pourtant il devait bien ressentir quelque chose derrière ce masque d'indifférence... Une page blanche. Au Poker, ce gars serait un monstre. Mais ils ne jouaient pas au Poker, les enjeux n'étaient pas faits de monnaie sonnante et trébuchante. Ils jouaient des vies, là. Le sous-estimer aurait été une grossière erreur, et Jeroen s'était suffisamment enfoncé comme ça. Il se contentait de répondre, cherchant la petite bête, remettant en cause ce que cet homme lui annonçait pour ne donner aucun accès direct à ce qui se passait dans son esprit, mais il prenait la menace très au sérieux.

Les premiers mots que le jeune homme lui balança à la gueule passèrent très vite la barrière de ses lèvres. Automatisme, tentative d'avoir l'air plus ou moins détaché de tout ça. Il ne posa surtout aucune question concernant sa famille et leur situation actuelle, ce qui ne l'empêcha pas de rejeter ce « discours rapporté » complètement faux. Il n'avait pas le droit d'utiliser sa voix pour dire ce genre de choses, Jeroen ne le permettrait pas. Mais contre toute attente, si cela pouvait les protéger, il était prêt à écouter. Il ne savait pas comment il avait agi lors de cette foutue conversation qui avait été effacée de sa mémoire, mais présentement, cela lui semblait une bonne piste à suivre. Le faux Helland semblait dans l'attente de quelque chose ; et s'il suffisait de le lui donner ? Mais que demandait-il au juste ? De laisser son territoire tranquille et d'arrêter de fouiner ? Cela l'étonnerait que ce soit si simple...

Allez, qu'on en vienne aux faits. Les mains bien en évidence, il se montrait totalement ouvert à la conversation. En même temps, il émit l'hypothèse qu'ils avaient peur de lui, pour qu'ils en arrivent là. Que ce merdeux avait plus d'importance qu'ils ne voulaient bien l'avouer. C'était de la pure logique. Comment allait-il réagir ? Colère ? Cynisme ? Rien ? Lorsque le rire éclata, Jeroen ne fut pas surpris. Il trouvait cela drôle, grand bien lui fasse ; ça n'enlevait rien aux faits... À deux mètres l'un de l'autre, ils campaient maintenant sur leurs positions. Un duel sans baguettes ni coups...

- Ne sois pas si stupide, je t’en prie. Certes tu es intelligent, voire brillant – quoique parfois, un peu stupide - mais tu es loin de soulever chez moi une quelconque forme de peur. Viens donc t’assoir, je te prie. Toi et moi avons à parler.

L'élève esquissa un sourire froid mais presque... satisfait. Même s'il avait dit deux fois « stupide » dans sa tirade, le fond était positif, signe que non, il n'était pas qu'un sang-mêlé qu'on peut supprimer en un claquement de doigt. Peut-être que lui, cet homme si sûr de lui, n'avait pas peur face à ce foutu merdeux facile à désarmer, mais les Supérieurs craignaient tout de même qu'il aille trop loin. Il restait une menace malgré tout, et oui, le serpentard aimait beaucoup cette idée.

Cela n'enlevait évidemment rien à la complexité de la situation présente, et il ne perdait pas de vue les menaces qui planaient au-dessus de sa tête. Ils devaient parler, bien, d'accord. Mais il ne vint pas s'asseoir, se contentant d'observer l'homme s'installer sur une chaise. Debout, Jeroen pouvait bouger et réguler son état de stress. L'homme ne sembla pas accepter ce manque d'obéissance, mais il ne haussa même pas le ton.

- Jeroen, je peux t’assurer que tu as tout à perdre si tu ne viens pas t’assoir. Ne joue pas les idiots et si tu es un grand garçon comme tu le dis si bien, tu seras suffisamment bien élevé et intelligent pour venir.

Il se crispa. Tout à perdre ? Il ne savait même pas ce qu'il avait déjà perdu... Quant à obéir, encore obéir... Il détestait ça. Pourtant, après deux secondes d'un refus obstiné, il claqua sa langue contre ses dents et obtempéra sans arriver à cacher tout l'agacement qu'il ressentait. Il n'aimait vraiment pas se rabaisser ainsi.

- Soyons civilisés, tu veux bien ?
- C'est marrant, j'ai pas l'impression que le dialogue ait été très civilisé jusqu'ici.

Rapport au fait qu'on ne désarme pas son interlocuteur lorsque l'on souhaite discuter calmement avec lui. Jeroen posa ses coudes sur la table, cala sa bouche derrière ses mains pour retenir d'éventuelles remarques acerbes qui pourraient lui sortir de la bouche à la vitesse de balles, et entreprit de soutenir son regard sans sourciller. Helland avait de beaux yeux, vraiment. Dommage que cela soit gâché par l'aura désagréable qui l'entourait.

- Voilà ce qu’il se passe. Dernièrement, j’ai eu vent de tes agissements. Et ne joue pas les ignorants, il y a ici bien plus d’oreilles et de paires d’yeux que tu ne le crois, qui t’observe, toi.
- C'est trop d'honneurs.

Il ne chercherait pas à nier ; il avait donc fait une grosse bourde, c'était maintenant clair mais il n'avait aucun moyen de retourner en arrière. Alors soit, il assumerait. Mais bon sang, ne pas remarquer que plusieurs paires d'oreilles et d'yeux le surveillaient... Il ne pensait pas qu'il aurait un jour autant de merde dans les yeux sans même s'en rendre compte... Pitoyable.

- Si j’en crois ce que l’on me dit – et après vérifications – tu serais entrain de fouiner là où il ne faut pas. C’est-à-dire, sur mon terrain. Et lorsque l’on fouine sur mon territoire, je prends mes précautions. Je pourrais tout aussi bien te tuer, là, maintenant et maquiller cela en suicide. Après tout, tu es un jeune homme ayant salit le nom de la famille Van Saade en coopérant avec les « méchants », avec un père s’étant fait maltraité par la faute de son fils. En plus de cela, tu te retrouves coincé entre 4 murs, sans pouvoir faire quoi que ce soit pour les défendre. Non, vraiment, il n’y a pas à dire, tu dois être au bout du rouleau. Peut-être même que tu voudrais en finir.

Jeroen sourit, d'un sourire chargé de sarcasme et d'une pointe d'amusement. Lui, se suicider ? Il s'attendait à quelque chose d'un peu plus élaboré tout de même. Jeroen van Saade n'était pas homme à se suicider, très loin de là. Ses amis, sa famille, Julian, Caitlyn, Ricardo, pas un ne croirait aveuglément une histoire aussi tirée par les cheveux et tous se méfieraient. Malgré les circonstances loin d'être faciles à vivre, il n'avait pas un comportement foncièrement dépressif et il était toujours fermement accroché à l'idée de leur faire payer pour protéger les siens. Et même si les Supérieurs les tuaient tous, Jeroen n'aurait plus qu'un seul objectif : les détruire. Non, sérieusement, au bout du rouleau ? Il était presque déçu. Mais ce n'était pas l'idée retenue, apparemment.

- Mais tu comprends, faire cela serait vraiment trop simple. Alors j’ai pensé à une autre idée qui m’a paru… sympathique.

Il ne voyait pas du tout où l'homme voulait en venir...

- L’idée serait que toi et moi fassions équipe.

Un courant électrique parcourut soudain son corps. Faire équipe ? Etait-il en train de se moquer de lui ? Jeroen, le traître, le sang impur, faire équipe avec un Supérieur dont il était en train de violer le territoire ? Là, il avait du mal à saisir la manœuvre. Il recula imperceptiblement lorsque « Helland » leva sa main, mais l'élève était un peu trop sonné pour l'interrompre.

Pas un mot jeune homme, je n’ai pas terminé. Je disais donc que toi et moi, pourrions faire équipe. Pourquoi ?

Grande question. Pourquoi ?

- Tout d’abord, tu n’es pas stupide. J’ai eu vent de tes talents de torture, d’obéissance et d'autres en tout genre. Tu es vif d’esprit, intelligent, plutôt doué en sortilège, bref, la panoplie parfaite pour être un gentil garçon à mon service. Seulement, pour cela, tu te dois d’être obéissant. Mais surtout… Muet comme une tombe. Et pour m’assurer de cela, disons que je me suis permis d’obtenir quelques atouts en poche, afin de te convaincre.

« Talents d'obéissance ». Jeroen renacla et recula sur sa chaise, n'appréciant pas du tout ces « compliments » qui lui étaient adressés. « Un gentil garçon à son service », c'était donc ça qu'il voulait. Il voulait un toutou pas trop bête qu'il pourrait utiliser à sa guise. Un chien personnel, en quelque sorte, que n'importe quel autre Supérieur aurait préféré piquer par mesure de précaution... Il n'était plus aussi sûr de vouloir lui donner ce qu'il voulait. Le problème, c'était ces « atouts » dont il semblait si fier...

- Tu verras, tu vas adorer.

Petit clin d'oeil, air satisfait, sa condescendance était vraiment blessante. Jeroen s'appliqua à ne pas quitter ses yeux du regard, y compris lorsqu'il sortit la pochette brune. Il la voyait parfaitement dans sa vision périphérique et il savait plus ou moins à quoi s'attendre ; c'était une scène de film vue et revue. L'homme ouvrit l'enveloppe et regarda un instant son contenu, l'air hésitant. C'était le moment de prendre les paris. Des photos de qui ? Son père, Emeric, Lily, Julian ? Dans quel état ? Morts, ils n'auraient pas d'intérêt pour manipuler Jeroen, mais avec ce timbré, il ne pouvait être sûr de rien. L'homme finit par se décider et lui tendit le cliché sélectionné, maintenant les autres feuilles sous sa main.

Jeroen la prit et lui jeta un coup d'oeil, gardant le papier à bout de bras. Nouvelle décharge électrique. Il n'entendit soudain plus rien, tant le sang battait contre ses tempes. Il croyait être prêt à tout mais il se plantait, encore une fois. Ils avaient touché la petite. Après l'avoir forcée à regarder leur père se faire démolir, ils l'avaient touchée elle. Le serpentard passa sa main sur son visage, nerveux, sentant qu'il n'allait pas tenir longtemps assis sur cette foutue chaise. Sur la photo, elle était visiblement blessée ; pas gravement mais une égratignure, pour une gamine, c'était déjà grave. Et elle avait peur, bon sang. Elle était terrorisée, c'était évident, et il avait essuyé trop d'angoisses nocturnes de sa petite sœur pour se faire avoir par un subterfuge...

Un pavé lancé dans la mare aux eaux déjà troubles. Sans arriver à s'en empêcher, il se vit soudain se projeter en avant. Il ne se jeta pas sur ce timbré qu'il aurait aimé démolir à mains nues, non, mais il arracha l'enveloppe de sous sa main en une fraction de seconde. Le geste n'était pas du tout calculé mais il était vif et précis, et tant pis s'il les froissait un peu, il n'allait pas encadrer ce genre de photos dans sa chambre. Afin d'éviter tout risque et de s'éloigner de la table, il recula tout aussi vivement en faisant racler sa chaise contre le sol. Il fallait qu'il voie les autres clichés. Si l'homme tenait vraiment à lui faire un teaser avant chaque photo, il ne serait pas capable de se contenir et il lui enverrait son poing dans la gueule, geste qui pourrait se révéler regrettable. Non, il fallait qu'il les voie avant, qu'il soit fixé pour de bon. Il recula de quelques pas en fixant l'homme, le regard noir et l'air crispé, tout en sortant les clichés de l'enveloppe. Il fallait qu'il sache...
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Ven 17 Avr 2015 - 15:09

J’attends avec une patience difficile la réaction de Jeroen. Je veux percevoir dans son regard cette petite étincelle de rage, de colère. Celle qui réduira sa raison en miette et qui me donnera libre accès à ses volontés. Le silence qui s’installe est apaisant, reposant. Il donne également une certaine beauté à cette scène où le regard de Jeroen se pose sur la photo, cette image animée d’une petite sœur effrayée. Oui, en cet instant, le déroulement de l’évènement est d’une beauté sacrée. A la seconde où ses traits se modifient face à l’horreur de la photo, l’ensemble gagne en superbe et en jouissance. Il se passe une main sur le visage, le teint blafard. Nous y voilà, face à cette petite corde sensible. Ce cliché animé est semblable à la lame d’un couteau effleurant le dernier nerf de Jeroen qui le maintien à une réalité et une raison qui se veut pour le moment, stable. Il y a une chose que je regrette, celle de ne pas avoir la possibilité de lire dans les pensées. De ne pas pouvoir jouir de ce qu’ils leur traversent l’esprit lorsqu’ils saisissent l’horreur d’un évènement, d’une situation. A défaut, je décrypte les gestes, les froncements de sourcils, la commissure des lèvres, le teint du sujet. Et ici, il semblerait que l’implosion ne soit pas lien.

Perdu dans la contemplation de ce tableau proche d’une perfection, je ne l’ai pas vu venir. Pourtant, mes réflexes sont aiguisés et vifs. Seulement, il semblerait que ce jeune homme soit doté d’une vivacité surprenante. Si bien que lorsqu’il se rue sur moi, je n’ai pas le temps d’agir. Cela m’apprendra à le sublimer dans son instant de torture psychologique. Il se saisit du dossier, rapide et agile comme un chat et l’arrache de dessous mon bras… Une vague de colère surgit derrière les parapets de mon esprit. Je n’aime pas que l’on abuse de ma confiance. Je n’aime pas que l’on se joue… de moi de la sorte. Mon regard se fait beaucoup plus froid, plus dur mais je ne bronche pas et ne réagit pas. Pas pour l’instant. Sa chaise racle le sol alors qu’il se recule, d’un geste. Aurais-tu peur d’une réplique de ma part ? Tu le peux, Jeroen. Réellement.

Je penche la tête sur le côté alors qu’il se lève de sa chaise et qu’il recule de quelques pas, tandis que je croise calmement les mains sur la table. Alors c’est donc ça ? Tu ne veux pas attendre ? Il est fébrile, crispé, alors que son regard sombre croise le mien, limpide. Il sort ainsi les clichés du dossier… Je pousse un soupir de déception profonde.

- Jeroen… Tu nous gâche tout plaisir de nous amuser un peu.

Et c’était la vérité. Sa réaction venait de bousculer le programme de ma mise en scène et cela me dérangeait. J’aime prendre mon temps, j’aime rendre ces instants plus précieux, plus palpables. Les sentiments sont des sensations complexes et difficiles à déchiffrer mais une fois que nous saisissons leur logique, il est alors beaucoup plus aisé de manipuler le cerveau humain. La psychologie est une arme puissante, beaucoup plus qu’une arme à feu, qu’une baguette. Pourquoi ?

Prenez l’exemple de Jeroen. Ce jeune homme qui, en cet instant, est entrain de découvrir les 4 autres clichés de sa petite sœur. De la mise en scène de sa douleur, de sa peur. Lorsqu’il va découvrir l’image de Lily hurlant sous un sort dont il n’a pas connaissance – cela pourrait être tout aussi bien un doloris, allez savoir - et celle où elle se trouve attachée par les deux poignets, pendue au plafond, avec en premier plan, une main gantée tenant fermement un couteau ensanglanté… Les liens retenant sa folie, sauteront. Sans oublier les deux autres clichés animés : Lily dans une boite. Une boite ayant un unique espace pas plus grand que deux phalanges afin que nous puissions bien percevoir ses yeux et parfois le contour de sa bouche encrassée. Et la dernière, ma préférée : A genoux, les mains attachées dans le dos, hurlant le nom de son frère adoré. Le suppliant de lui venir en aide. Mais encore une fois, il ne le saura pas, parce qu’il ne l’entend pas…
Au fur et à mesure que ses yeux analysent chacune de ces photos, sa raison saute un peu plus. Les cadenas éclatent uns à uns afin que la folie s’immisce et règne. Il ne sait absolument rien. Il n’est sûr de rien. Est-ce que tout cela n’est qu’une mise en scène ou est-ce la simple réalité ? Lily dort-elle réellement dans cette cage de bois ? Ou l’avons-nous mise ici simplement le temps d’une photo ? Toutes ces réponses, je les détiens. Lui, non. Et c’est ce qui causera sa perte. Je sens d’ici l’absence de contrôle. Lorsque vous savez où frapper, lorsque vous savez toucher le point sensible de la conscience humaine, alors l’être humain est à vous. Vous pouvez le manipuler à votre bon sens, à votre guise, il vous obéira. Parce que la peur contrôle une majeure partie de la conscience.

Combien de temps vas-tu tenir, mon garçon ?

Je me lève, très doucement, prenant mon temps.

- Alors, qu’en penses-tu ? Je suis tout de même, déçu. Je comptais réellement te raconter une petite histoire avant chaque présentation… Seulement, tu viens de m’arracher tout plaisir.

Je fais quelques pas vers lui, sans aucun signe de danger, bien au contraire. Je parais tranquille et posé, alors qu’une colère sourde gronde à l’intérieur de moi. Il m’a enlevé l’occasion de jouer avec lui et je n’aime pas que l’on me prive de mon amusement. Non, vraiment. Je déteste que l’on me contrarie de la sorte. Je m’approche lentement alors qu’il semble choqué par ce qu’il voit.

- Je n’aime pas tellement ton comportement. Tout d’abord tu nous trahis, puis tu te permets de jouer la balance. Sans compter que tu profilais d’enquêter sur nous. Et maintenant, tu veux contrôler cet entretient ?

Je tourne autour de lui comme un vautour, attendant le bon moment pour attaquer, attendant la bonne occasion pour frapper. La colère gronde encore un peu plus, elle vibre sous ma peau et accélère mon rythme cardiaque. Je n’aime pas sa désobligeance envers moi. Pas après la pitié que je lui ai offerte en le laissant en vie.
Je ferme un instant les yeux et mon corps s’élance vers lui. Il esquive de justesse mais ma main attrape sa nuque et malgré sa résistance, je plaque son visage avec violence contre la table tout en lui faisant une clé de bras. Je le maintiens ainsi, en position soumise alors qu’il se débat comme un beau diable. J’accentue ma prise sur son bras en le remontant d’un coup sec. Le souffle court et la chemise froissée, je le maintiens avec plus de force et de brutalité. Je saisis son cou et le replaque plus violemment contre le bois de la table. Le bruit sec que provoque son visage sur la surface m’offre une profonde satisfaction.

- Maintenant écoute-moi bien espèce de petit merdeux. Ici, tu ne contrôles RIEN. Tu m’entends ? L’époque où tu pensais régir ta petite vie selon TES règles est révolue. C’est terminé.

J’attrape un cliché de sa sœur se trouvant sur la table après avoir volée, suite à ma brutalité. Le dossier se retrouve épars au sol et ça aussi, ça m’ennuie. Je n’aime pas lorsque nous ne prenons pas soin de mes affaires après un emprunt.
Je lui plaque la photo contre son nez alors que ma main assure toujours sa prise ferme et brutale autour de son, son visage tourné sur le côté, oreille contre le bois.

- Regarde là bien. REGARDE LA BIEN ! Je m’approche un peu plus de son oreille, les dents serrées. Ecoute attentivement ce que je vais te dire, Jeroen. Lily pourrait mourir si je l’ordonnais. Un claquement de doigt suffirait pour qu’elle soit tuée. Mais attention, j’entends par là quelque chose de très lent. Pas une mort rapide. Non. Je détache chacun de mes mots. Je pensais à quelque chose de beaucoup plus tortueux et de douloureux. Peu importe les manières dont nous devrons user pour qu’elle vive ses derniers instants d’enfants dans les pires conditions, je suis prêt à en donner l’ordre.

Je le maintiens plus fort, enfonçant mes doigts dans sa gorge alors qu’il tente de nouveau de se débattre. Ma main lâche la photo et tout mon corps fait appuie sur son dos. Je plaque encore une fois son visage avec une violence peu commune sur le bois, le sonnant peut-être un peu. Peu m’importe si c’est là la manière pour me faire entendre.

- Alors tu as tout intérêt à m’écouter attentivement et à te montrer docile. Et si tu penses que tout cela n’est qu’un mensonge, alors j’ai un dernier présent pour toi.

Je l’attrape par les cheveux et par l’épaule avant de le jeter avec violence contre le mur d’à côté. Je le regarde percuter les pierres avec violence alors je prends une profonde inspiration afin de retrouver une respiration plus calme. Je me suis laissé un peu emporté, je dois l’avouer, mais Jeroen est quelqu’un de tenace alors je dois y mettre parfois un peu de brutalité pour que les mots entrent dans sa tête et sa logique.
Je me passe les mains dans les cheveux court de Helland et me penche au sol afin de ramasser le dossier dont la petite cassette audio y est toujours scotchée. Je sors ma baguette de la poche et recule de quelques pas, avant de la pointer sur l’objet.

La magie opère et les sons s’élèvent alors que je replonge ma baguette dans ma poche. Tout d’abord, un grésillement de fond, des bruits de pas….
Je plaque mon index sur mes lèvres pour l’intimer de se taire et d’écouter…

Des sanglots s’élèvent. Léger, entrechoqués. Les pleure d’une petite fille perdue et déboussolée. Torturée, affamée ou peut-être abusée. Qui peut le savoir à part moi ? Laisser planer le doute possède une saveur particulière que j’apprécie.

- Petite ? Tu as un mot à dire à ton grand frère ?

Voix fluette et enjouée, qui tente presque de se montrer maternelle. Je souris en entendant ces intonations qui m'avaient tant manqué. Bien évidemment, c'était Elle qui s'en était chargée...

- Je… Jeroen. Elle sanglote, c’est tellement doux et agréable. Ces pleurs tendre et enfantin. Jeroen vient m’aider… j’t’en prie grand frère. J’ai mal.
- Et tu ne veux plus avoir mal, n’est-ce pas ma puce?

Pas de bruit, pas de mot. Je l’imagine secouer sa petite tête aux cheveux châtains dans un signe de négation. Et Lou' qui reste si adorable dans ses mots. Ils ne la connaissent pas, ils ne savent pas à quel point derrière cette voix si adorable, se cache le pire des prédateurs.

- Tu te souviens de ce que je t’ai dit ma chérie? Que c’était la faute de ton frère si tu étais ici et que tu ne voulais pas me croire.
- Ou.. Oui.

Reniflement. Puis…

- P… Pourquoi Jeroen ? Pourquoi t’es pas là ? Pourquoi t’es pas là pour m’aider ? Tu m'avais promis que tu me protégerais ... t'avais promis..

Les sanglots reprennent. La discussion aussi, un échange tremblant, larmoyant et suppliant. Puis des hurlements. De douleur, de supplice. Ceux d’une enfant que nous torturons. Elle hurle le prénom de son frère. Le supplie de venir l’aider parce que la douleur est insupportable. Elle crie, encore et encore.

Et tout cela résonne en moi comme une douce berceuse et une douce mélodie, agrandissant mon sourire.
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Sam 18 Avr 2015 - 19:05

Les fissures commençaient à être de plus en plus nombreuses sur le mur qu'il s'était forgé. Comme un barrage qui cède sous la pression d'une fonte des glaces inattendue, Jeroen était en train de faire face à des sentiments violents et impérieux. Ce n'était pas exactement du désespoir mais ça y ressemblait. Ses gestes n'étaient plus mesurés, ses réflexes se faisaient la malle, même ses habitudes ne lui permettaient pas de compenser la panique qu'il ressentait. En face de lui, toujours assis, l'homme n'appréciait pas du tout ce geste imprévu, mais c'était presque accessoire. Jeroen baissa les yeux sur les clichés qu'il venait de sortir de l'enveloppe. Il perdait pied. C'était plus violent que lorsqu'il avait reçu la lettre d'Emeric, et en même temps beaucoup plus contenu. Il s'y attendait, il savait, sans y être vraiment préparé ; de plus, le danger était dans la même pièce que lui, et ça, ça le maintenait en alerte maximale...

- Jeroen… Tu nous gâches tout plaisir de nous amuser un peu.

Il lui jeta un regard d'une rare agressivité. S'amuser avec lui, il ne le permettrait pas. Il n'était pas n'importe quel merdeux dont on peut se jouer facilement. Il connaissait les règles pour les avoir appliquées lui-même pendant des années. D'instinct, il s'était lui-même élancé vers la conclusion, car c'était là sa seule liberté à l'instant présent. La liberté de regarder les clichés qu'il avait dans les mains, de ne pas laisser l'homme faire monter la pression en se délectant de son angoisse. Bien entendu, dès lors que ce timbré aurait pas décidé de récupérer son bien, la liberté s'arrêterait. Mais il faudrait qu'il les récupère de force ; d'ailleurs, vue la colère qui crépitait dans l'air, ça ne pouvait décemment pas finir de la manière douce.

Son regard retomba sur les photos. La mise en scène était extrêmement soignée. Ce fut la première remarque qu'il se fit. Tout était calculé pour que le regard suive les indices laissés un peu partout, indices qui lui donnèrent des sueurs froides. Le serpentard ne s'y serait pas pris de meilleure manière pour mettre autant de sens en aussi peu d'images. Impossible de dire ce qui tenait du montage et ce qui n'était qu'un reflet de la réalité. Et le mur continuait de s'effriter sans qu'il ne puisse rien y faire. Bon sang, qu'avait foutu son père ? N'était-il pas censé veiller sur elle et la protéger coûte que coûte, après avoir refusé catégoriquement que son fils revienne ? Et les amis de Helland dans tout ça ? Ils avaient donc réussi à les tromper tous, comme ça, aussi simplement ? Depuis combien de temps l'avaient-ils sous leur contrôle, sans qu'il ait été mis au courant ?

Même dans l'enceinte de Poudlard, il lui semblait n'avoir pas vu une telle violence dans les techniques utilisées. Ils semblaient avoir commencé par quelques sorts, et qu'importait ceux qu'ils avaient choisis pour s'amuser, même un Wingardium Leviosa était loin d'être anodin pour une gamine moldue. À partir de la deuxième photo, il ne se concentra plus que sur ce qui pouvait prouver qu'elle tenait le coup. La peur ne s'était pas éteinte, c'était presque une bonne nouvelle. Elle n'avait pas atteint le point de non-retour, celui où la conscience abandonne, où la violence est tellement forte qu'il faut tout éteindre pour survivre, laissant des séquelles à vie. Sur la troisième, une boite, une petite boite qui suggérait plus qu'elle ne montrait, que Jeroen passa rapidement. Son poing se serra sur la quatrième. Ses oreilles bourdonnaient. Il n'arrivait plus à décrypter le sens de ces photos, il voyait juste son visage, ses larmes... Un pan entier de ses protections mentales s'écroula finalement dans le plus grand silence, sans un remou.

L'homme se leva de sa chaise, l'air tranquille.

- Alors, qu’en penses-tu ? Je suis tout de même, déçu. Je comptais réellement te raconter une petite histoire avant chaque présentation… Seulement, tu viens de m’arracher tout plaisir.

Sa voix semblait lointaine, comme une litanie désagréable en toile de fond. Il s'approcha et Jeroen releva les yeux pour surveiller ses gestes. Il avait l'air calme, mais sous ce visage sans expressions, ses muscles devaient frémir. Ses yeux étaient clairs. Il ne montrait même pas de signes d'excitation, ce que les autres Supérieurs ne prenaient généralement même pas la peine de cacher. Qu'est-ce qui se passait dans la tête de ce timbré ? Jeroen commençait à comprendre. C'était comme s'il avait été formaté pour ça. Celui qui se cachait sous les traits de l'infirmier possédait des techniques de chasse caressant la perfection.

- Je n’aime pas tellement ton comportement. Tout d’abord tu nous trahis, puis tu te permets de jouer la balance. Sans compter que tu profilais d’enquêter sur nous. Et maintenant, tu veux contrôler cet entretien ?
- Et vous, vous comptez me contrôler ? cracha-t-il avec véhémence.

Bien sûr. Tout était maintenant très clair dans son jeu. Cette mise en scène, ces attentes... Il lui tournait autour comme un vautour prêt à fondre sur sa proie sans même l'intention de la tuer. Ce n'était plus qu'une question de temps, de secondes. L'instinct était le seul maître du temps dans cette pièce. Jeroen n'était plus qu'une proie qui se débattait vainement. Dès qu'il était entré dans cette pièce, la finalité de cet entretien était déjà scellé. Il avait été stupide de crois qu'il pourrait négocier avec des gens comme ça.

Helland ferma les yeux et son expiration marqua une projection soudaine dans sa direction. Le serpentard esquiva son corps lancé à pleine allure mais l'homme accompagna son geste avec fluidité. Une main sur la nuque du jeune homme, il le plaqua violemment contre la table et lui fit une clef de bras d'une efficacité redoutable. Son corps s'écrasa lourdement contre la table ; c'était au moins aussi violent qu'un cognard lancé à pleine vitesse. Jeroen se débattit avec force, mais la prise s'accuentua sèchement et il grogna de douleur. C'était comme si son bras était sur le point de se détacher de son corps, lui procurant une douleur vive et continue. Pourtant, impossible de détendre ses muscles et de se laisser faire, comme il l'aurait dû s'il ne voulait pas se faire déboîter l'épaule. Cela aurait demandé un effort qu'il n'était pas capable de fournir à cet instant. ll fallut un nouveau choc de sa tête contre le bois de la table pour qu'il cesse momentanément de lutter. Ses mains étaient d'une force qu'il n'avait encore jamais vue, ou plutôt ressentie.

Les yeux fermés, il serra les dents en se demandant ce qui cèderait en premier, son crâne ou le bois. Ou peut-être son épaule.

- Maintenant écoute-moi bien espèce de petit merdeux. Ici, tu ne contrôles RIEN. Tu m’entends ? L’époque où tu pensais régir ta petite vie selon TES règles est révolue. C’est terminé.

Il eut un nouveau râle de douleur pour seule réponse. Non. Cela ne pouvait pas en être ainsi. Il avait perdu deux ans de sa vie, deux ans de méfaits, de violence gratuite, deux ans à jouer leur toutou pour mieux les démolir. Deux ans de maîtrise quasi totale de ce qui pouvait lui arriver ici. Cela ne pouvait pas s'arrêter aussi simplement. C'était inconcevable... Et pourtant. Il était complètement dominé et physiquement, et magiquement. Quant au mental, il s'effritait comme s'il ne s'était agi que d'un mur en sable. Il ne resterait bientôt plus rien, et il n'aura même pas fallu une heure pour que tout s'effondre...

L'homme transfera son poids dans son dos pour maintenir sa clef de bras et libérer sa main, puis il attrapa une photo qui était retombée sur la table et lui colla au nez. Jeroen n'ouvrit pas les yeux. De toute façon, à cette distance, il n'aurait rien vu du tout. Il lui était aussi impossible de respirer normalement avec la prise sur son cou. Il sentait la chaleur et le poids de son corps dans son dos, son souffle contre son oreille et sur sa joue ; son haleine l'effleurait, sale, désagréable, rien à voir avec le vrai Helland.

- Regarde là bien. REGARDE LA BIEN ! Ecoute attentivement ce que je vais te dire, Jeroen. Lily pourrait mourir si je l’ordonnais. Un claquement de doigt suffirait pour qu’elle soit tuée. Mais attention, j’entends par là quelque chose de très lent. Pas une mort rapide. Non. Je pensais à quelque chose de beaucoup plus tortueux et de douloureux. Peu importe les manières dont nous devrons user pour qu’elle vive ses derniers instants d’enfants dans les pires conditions, je suis prêt à en donner l’ordre.

Un nouveau pan de sa résistance vola en éclats. Il suffirait d'un « claquement de doigt », de presque rien, pour que tout s'écroule et que sa petite sœur disparaisse. Supprimer les autres membres de la famille ne serait pas beaucoup plus difficile pour ces timbrés qui avaient déjà démontré leurs talents d'intimidation auprès de la famille.

Jeroen tenta à nouveau de se débattre, plus par réflexe que par réelle volonté de se dégager, mais les doigts s'enfonçaient dans son cou comme s'ils voulaient entrer sous sa peau. Il suffirait d'un mouvement de son poignet pour qu'il lui brise la nuque aussi simplement qu'une brindille. Pourtant, non, il se contentait de le maintenir ainsi, tout son corps pesant pour le soumettre. Il aurait pu le tuer mais il préférait jouer... Le serpentard perdit le contact avec la table l'espace d'une demi-seconde avant que son visage ne retourne s'y écraser. Il ne sentait presque plus rien. S'il sortait de là vivant, la moitié de son visage risquait de n'être qu'un hématome noir et complètement désensibilisé. S'en suivit quelques secondes d'une semi-inconscience pâteuse pendant lesquelles il espéra presque partir dans les limbes. Ses muscles avaient commencé à se relâcher.

- Alors tu as tout intérêt à m’écouter attentivement et à te montrer docile. Et si tu penses que tout cela n’est qu’un mensonge, alors j’ai un dernier présent pour toi.

Lorsqu'il fut violemment écarté de la table, cela lui fit la sensation d'une chute qui ne se termina que lorsqu'il percuta lourdement le mur de pierres. Le souffle coupé, il lui fallut quelques secondes pour se remettre à respirer ; respiration sifflante, saccadée, douloureuse. Incapable de bouger, son corps tremblait à cause de la violence de ces impacts répétés. Il aurait pu se demander comment contre-attaquer, maintenant qu'il était plus ou moins libre de ses mouvements, mais il ne savait même pas comment il faisait pour tenir encore debout à cet instant précis.

L'homme avait pris le temps de se recoiffer un peu, puis de prendre sa baguette et une cassette dans l'enveloppe jetée négligemment par terre. Il lança un sort et des sons grésillants commencèrent à se faire entendre. Adossé au mur pour se retenir, la main accrochée à son col pour s'aider à respirer, Jeroen ravala sa salive et tenta de contenir sa respiration haletante. Lily pleurait. Lily terrorisée, blessée, meurtrie. Une gamine de douze ans, bordel !

- Petite ? Tu as un mot à dire à ton grand frère ?
- Je… Jeroen. Jeroen vient m’aider… j’t’en prie grand frère. J’ai mal.
- Et tu ne veux plus avoir mal, n’est-ce pas ma puce ?

Il secoua la tête comme si c'était à lui qu'on posait la question.

- Tu te souviens de ce que je t’ai dit ma chérie ? Que c’était la faute de ton frère si tu étais ici et que tu ne voulais pas me croire.
- - Ou.. Oui.
- C'est faux... lâcha-t-il d'une voix brisée.

Elle n'entendrait jamais ce qu'il disait là. Tout ce qu'elle allait retenir était qu'il était responsable, et le pire, c'est que c'était la vérité. Si elle s'en sortait, il n'était pas sûr de pouvoir à nouveau la regarder en face. Mais bon sang, ça n'avait aucune espèce d'importance...

- P… Pourquoi Jeroen ? Pourquoi t’es pas là ? Pourquoi t’es pas là pour m’aider ? Tu m'avais promis que tu me protégerais ... t'avais promis...

Il avait de plus en plus de mal à ravaler sa salive. Cette conversation, cette voix douce qui proférait de telles horreurs à la gamine... C'était indécent. Puis il y eut les cris. Les appels au secours. C'était insoutenable. Il continuait d'écouter, car se boucher les oreilles aurait été comme un acte d'abandon, il restait silencieux pour continuer d'entendre sa voix, seule preuve qu'elle était encore en vie à ce moment de l'enregistrement... Et maintenant ? Il ne savait pas. Seul cet homme savait. Cela dura plusieurs longues minutes, ou quelques secondes, il n'avait plus vraiment la notion du temps.

Puis quelque chose s'éteignit en lui. Il le sentit, comme on entend l'interrupteur qui fait le noir dans la pièce ; le point de non-retour était franchi. Il cessa de lutter. Il n'y avait pas d'autre moyen, il ne pouvait pas en être autrement. Il cessa lentement de trembler et d'écouter. Son corps lui semblait lourd comme du plomb.

Il posa un genou au sol. Puis le second. Ses poings serrés posés devant lui pour ne pas tomber plus bas, il ferma les yeux, la tête baissée. Les hurlements de la petite continuaient et pourtant, ils n'étaient pas là physiquement, ils n'étaient qu'un enregistrement, la preuve d'un état à un instant T. Il ne pourrait rien y changer, mais il pouvait encore agir pour la suite et c'était tout ce qui importait. Son cœur pulsait dans toute la moitié de son visage, son épaule était douloureuse, il avait un goût de bile dans la bouche mais peu importait toutes ces considérations futiles.

- Arrêtez ça. Arrêtez ça s'il vous plait.

Sa gorge était râpeuse comme du papier de verre. Il ne s'était jamais senti aussi mal, aussi profondément dégoûté de lui-même et de sa faiblesse d'esprit. Pourtant, il devait la protéger. C'était sa petite sœur, le portrait craché de maman, c'était la merdeuse insupportable qui lui lisait son horoscope tous les jours et l'emmenait faire du shopping, un vrai tyran à la maison quand ses deux frères revenaient pour les vacances. Ils ne pouvaient pas la perdre, ce serait pire que tout. Jeroen était sûrement tombé sur le plus timbré des Supérieurs du pays. Tant pis. S'il n'y avait plus qu'une seule chose à faire, qu'une seule chose sensée qui pourrait, sinon les sortir de là, au moins maintenir un statu quo qui leur sauverait la vie à tous et qui ferait cesser les cris de la petite... oui, s'il n'y avait que cela à faire, alors il le ferait. Toujours à genoux et les yeux rivés sur le sol, Jeroen serra les dents.

- D'accord, commença-t-il.

Sa voix vibrait de colère. Il ravala sa salive.

- J'obéirai.

Et il se tut. Docile. Soumis pour de bon.
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Sam 25 Avr 2015 - 20:47

Je me gorge de cette peur qui transpire dans la voix de cette gamine. J'imagine sans peine l'ambiance sombre, effrayante et humide de cette pièce où, au centre, réside le corps de cette enfant gentiment assise sur une chaise en bois, rongée par le temps. Je ferme les yeux au rythme de l'enregistrement. Je vois Lily, recroquevillée, la lumière jaune donnant directement sur son visage encrassé. Je vois Lou', son corps un peu trop maigre mais qui a su réveiller en moi des envies animales, tourner autour d'elle, lui chantant sa comptine préférée. C'est grisant, jouissif. J'aurai aimé être présent pour assister à ce carnage de larmes et de suppliques. J'aurai aimé être présent pour assister à ce qui semblerait être une mise en scène aux yeux de certains ou une vérité aux yeux des autres. Et je me demande ce qu'en pense Jeroen, à l'heure actuelle. Je me demande ce qu'il se passe dans sa tête, comment les rouages s'enclenchent et si les grains de sable commencent doucement à s'insinuer dans ce mécanisme afin de le faire débloquer, sous cette tempête que je déclenche à coup de photos, de sons, d'imagination.

Quoi de pire que de ne pas connaître la vérité ?

Il est là, devant moi, maintenue par le mur sur lequel je l'ai jeté avec violence. C'est ainsi, Jeroen doit être puni pour son impertinence, sa rébellion et son sarcasme. Il doit comprendre que l'époque où il tenait les dés de sa vie entre ses doigts, est désormais révolue. Il ne contrôlera plus rien et je veillerais à ce que tout se déroule en ce sens. Les cris continuent de se répercuter contre les murs mais à aucun moment Jeroen ne fait en sorte de ne pas en écoute plus. Bien au contraire... Il est là, les yeux hagards, subissant cette torture auditive au goût des hurlements de sa petit sœur bien aimée. Je plonge mon regard dans le sien, attendant un signe ou une manifestation de sa part qui m'indiquerait qu'il flanche pour de bon, qu'il coopère. Van Saade n'est pas un adolescent stupide, il m'a causé bien des soucis et des sueurs froides. C'est bien pour cela que je dois reprendre les choses en main avec lui, à défaut de pouvoir l'éliminer. Quitte à ce qu'il soit plus malin que la moyenne, autant faire en sorte que cela me serve d'une manière ou d'une autre.

Et enfin, le corps bouge. Faiblit. Abdique. Il pose un genou au sol. J'ouvre les yeux. Le deuxième suit le même mouvement. Je souris. Un réel sourire, de satisfaction, de plaisir. Les cris de Lily continuaient, se répétaient, se mélangeaient à ses suppliques pour que Lou' cessent toutes tortures si tant est qu'il y en ait. Et Jeroen lâchait prise face à moi, pour mon plus grand bonheur de dominant (allez, signe le contrat ! :face:).

- Arrêtez ça.

Mon oreille se dresse.

- Arrêtez ça s'il vous plait.

Mon sourire s'étire de plus belle alors que mon enregistrement touche à sa fin. Les derniers cris de Lily emplissent la pièce et le silence reprend ses droits. Je contemple le jeune homme à genoux, soumit et abattu parce qu'il venait d'entendre et probablement par l'impossibilité de pouvoir sauver sa sœur, de lui venir en aide et d'apaiser ses blessures. De pouvoir lui dire que tout cela, il ne l'a pas demandé, qu'il ne l'a pas choisit. Et pourtant... Malgré les menaces qui le menaçaient, malgré la lettre de son frère, Jeroen a préféré lutter plutôt que d'abdiquer. Ce qui est en soit une belle preuve de caractère et de loyauté, mais elle n'est pas diriger vers les bonnes personnes, pas après les fautes commises. Malheureusement pour lui.

- Pourquoi Jeroen ?

Pourquoi me demandes-tu d'arrêter ? Parce que tu n'en peux plus d'entendre cette pauvre gamine hurler ton nom ? Hurler à ce que tu viennes l'aider dans cette pièce sombre et humide ? L'aider à la sortir de cette cage de bois de deux mètres sur deux qui lui sert actuellement de couche? Et si tout cela n'était que manipulation ? Si tout cela n'était qu'un jeu pour te berner ?

Et si ça n'était pas le cas ? J'aimerais avoir la possibilité de lire en toi, de te fouiller, de palper ta peur et de la moduler à ma manière entre mes mains habiles. De m'en gorger, de m'en nourrir. Je garde un calme serein face à sa propre chute. Celle d'un garçon si fier, si combatif.

- D'accord... Sa voix tremble de diverses émotions, j'exulte en silence. J'obéirai.

Et nous y étions. Enfin. Cette fois mon sourire s'étire jusqu'à en laisser paraître mes dents soignées et droites. Mon cœur s'emballe d'excitation et de fierté face à cette quête menée d'une main de fer. Il s'en est fallu de peu pour que je sois aux mains de Rivers et que je ne sois jugé puis expédié à Azkaban. Tout cela à cause d'un petit merdeux comme lui. Si nous n'avions pas vu à temps que Jeroen faisait des recherches sur nous, ma couverture aurait pu être compromise. Malgré ma prudence, je ne suis à l'abri d'aucuns dangers qui pourraient mettre en péril ma couverture mais la soumission de Jeroen est une épine en moins.

Je me baisse et ramasse les photos et feuilles éparses sur le sol afin de les glisser dans mon dossier, puis dans l'enveloppe pour ensuite la déposer sur la table en bois. Je reviens me placer face à lui, droit et surtout, le visage et regard glaciale. Je le prends de haut et je ne me soucie guère de ce qu'il en pense. Désormais, tu es à moi Jeroen et crois-moi, tu es loin de te douter ce qu'il t'attend à partir de maintenant.

- Je ne doute pas de tes mots Jeroen... En revanche, permets-moi de ne pas être entièrement confiant. Je sais que tu abdique sous la douleur et la lassitude d'entendre ta petite sœur pleurer et hurler ton nom, t'appelant à l'aide et non par réelle désir d'obéir.

Je laisse planer un léger silence, furtif, avant de m'agenouiller face à lui deux mètres nous séparant. Il sait dans mon regard que s'il venait à tenter quoi que ce soit, il … ou plutôt, Lily, en subirait les conséquences. Je croise mes mains entre mes jambes avant de lâcher d'un ton dur et froid.

- Tu ne te laissera pas facilement abattre, parce que tu n'es pas de ceux qui se laisse soumettre sans résistance. A l'heure actuelle, tu n'en aura pas la force mais je suis conscient que dès demain matin, tu tentera de trouver une échappatoire à tout ceci. Mais laisse moi te dire une chose...

Je me lève, faisant craquer les articulations de mes genoux, toujours dans la peau de ce bon vieux Helland si soigné sur lui, et viens de nouveau m'accroupir mais cette fois à côté de lui. J'agrippe une poignée de cheveux de Jeroen et lui relève brutalement la tête, tel un pantin désarticulé, lui susurrant à l'oreille d'une voix glaciale.

- Si tu venais à effectuer un seul faux pas, à prononcer un seul mot de travers ou suspicieux, je puis t'assurer que tu auras le plaisir d'entendre d'autres enregistrements et de voir d'autres photos. Voir même, une petite vidéo de ce qu'elle est entrain de subir par ta faute Jeroen.

Et crois-moi jeune homme, je suis capable des pires choses que tu ne soupçonnes pas, même dans tes cauchemars les plus terribles.

- Je serais derrière toi, à chaque pas que tu feras Van Saade, je ne te lâcherais pas. Que ça soit les moments où tu es entrain de pisser dans un coin ou ceux où tu te tapera ta petite pute de sang impur, je serais là.

Ma voix reste aussi dure que de la pierre, aussi froide que la mort. J'impose une brutalité qui doit rester incrustée dans ses neurones, je veux qu'à chaque recoins de cette école souillée, il scrute derrière son épaule à la recherche de celui qui le fait courir à sa perte.
Je lâche brutalement sa tête en la jetant en avant alors que je me relève et me plante de nouveau face à lui.

Je sais qu'il ne lâchera pas prise aussi facilement, je suis parfaitement conscient que le jeune homme possède un de ces forces mentales respectables, exactement ce dont nous avons besoin au sein de nos rangs. Mais si jamais il devait flancher, si jamais il devait représenter un danger pour moi et ma couverture malgré les sévices réelles ou imaginées infligés à sa sœur, alors deux options s'offriront à moi : La mort ou un serment inviolable l'obligeant à me jurer allégeance.
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Dim 3 Mai 2015 - 23:23

Les choses changent. Parfois, la vie nous fait prendre des routes inattendues, des chemins auxquels nous n’aurions jamais dû songer. Jeroen avait fait des erreurs dans sa vie. Il ne s’en était jamais caché et, d’un certain point de vue, il les assumait pleinement. Il avait toujours fait ce que son cœur lui dictait, en fonction de circonstances pour le monde inhabituelles. Qui pouvait se vanter d’avoir toujours agi au mieux durant ces deux dernières années ? Personne. Ils s’étaient tous retrouvés projetés sur une route où les seuls chemins proposés étaient pavés de violence, de haine et de mort : résister ou se soumettre, la seule différence résidait dans la manière dont ils avaient été blessés.

Ce n’était pas le moment de regretter. À cet instant-là, effectivement, Jeroen ne regrettait rien. Il regardait devant lui, il écoutait les cris de sa sœur et il regardait droit devant, vers les choix qu’il restait à faire, les rares possibilités qui s’ouvraient à lui. Il n’y avait pas d’autre solution. Il l’acceptait, l’humiliation, il acceptait la punition pour ces deux années passées à leur mentir, à tous ces illuminés du ciboulot. L’homme devait vraiment prendre son pied. L’élève ne le regardait pas, mais à sa place, il aurait été totalement extatique de voir quelqu’un s’agenouiller devant lui en signe de soumission. Ils étaient de la même espèce, à deux niveaux très différents, certes, mais au fond ils étaient pareils.

L’enregistrement s’arrêta de lui-même. Le silence qui suivit était lourd de sens. Était-elle en vie ? Il n’en avait fichtrement aucune idée, mais il savait que s’il posait la question, il n’aurait pas de réponse et encore moins de preuves.

- Pourquoi Jeroen ?

Pourquoi voulait-il que cela s’arrête ? Peut-être parce qu’il n’était pas si insensible que ça ? Il pouvait blesser des gens sans une once de remords mais il y avait des personnes à ne pas toucher, des gens pour qui il se donnerait totalement. Il ne répondit pas. C’était trop logique, et les mots lui manqueraient clairement pour exprimer ce qu’il ressentait. Son esprit lui semblait si… vide à cet instant précis où il signifia qu’il abdiquait totalement. Sa fierté balayée, il ne restait que de la colère, de l’amertume et une violence inouïe qu’il tâchait de retenir. Le jour viendra où il démolira tout à mains nues pour nettoyer l’affront, mais pas maintenant. Pour l’instant, il devait se contenter de faire ce qu’il avait fait pendant deux ans : obéir et se fondre dans le plancher.

L’homme prenait son temps. Sans un mot, il se baissa et entreprit de récupérer les photos pour les ranger bien soigneusement. L’atmosphère était électrique et glaciale à la fois. Jeroen ne bougeait pas mais il sentait ses muscles se contracter sous sa peau dans un désir de bondir pour détruire la face de ce connard. Puis ses pieds entrèrent dans son champ de vision. Il le regardait de haut, se repaissant de la scène avec une délectation immonde. Il contrôlait maintenant son avenir proche et le serpentard avait envie de vomir rien que de penser à tout ce qu’il serait capable de lui demander.

- Je ne doute pas de tes mots Jeroen... En revanche, permets-moi de ne pas être entièrement confiant. Je sais que tu abdiques sous la douleur et la lassitude d'entendre ta petite sœur pleurer et hurler ton nom, t'appelant à l'aide et non par réel désir d'obéir.

Il n’avait que trop bien compris son fonctionnement. Jeroen n’abdiquait jamais par désir d’obéir. En fait, Jeroen n’obéissait à personne. Il était un électron libre à qui il était impossible d’inculquer une autre éducation que celle de ses parents. L’amour, le respect, ce genre de notions un peu abstraites pour les Supérieurs, m’voyez… Chacun son formatage. L’homme s’agenouilla en face de lui, l’air serein et franchement satisfait. Jeroen se permit de le regarder dans les yeux.

- Tu ne te laisseras pas facilement abattre, parce que tu n'es pas de ceux qui se laissent soumettre sans résistance. A l'heure actuelle, tu n'en auras pas la force mais je suis conscient que dès demain matin, tu tenteras de trouver une échappatoire à tout ceci. Mais laisse-moi te dire une chose...

Depuis quand les Supérieurs étaient-ils aussi sensés ? Jeroen n’avait jamais rencontré un seul homme qui ait été capable de le comprendre aussi profondément. « Helland » se redressa et vint s’accroupir à côté de lui. Lorsqu’il attrapa ses cheveux pour lui relever violemment la tête, Jeroen dut faire un effort phénoménal pour ne pas résister. Cela aurait empiré la situation. Il serrait fortement la mâchoire, les poings et le regard totalement fermés. Impossible de dire si le plus douloureux était ce geste ou le ton de sa voix lorsqu’il se pencha à son oreille pour enfoncer le clou.

- Si tu venais à effectuer un seul faux pas, à prononcer un seul mot de travers ou suspicieux, je puis t'assurer que tu auras le plaisir d'entendre d'autres enregistrements et de voir d'autres photos. Voire même, une petite vidéo de ce qu'elle est en train de subir par ta faute Jeroen.

Si ce n’était la lettre annonçant son décès, mais il n’était nul besoin de le préciser. Il était arrivé à cette conclusion tout seul, merci bien.

- Je serais derrière toi, à chaque pas que tu feras Van Saade, je ne te lâcherais pas. Que ça soit les moments où tu es entrain de pisser dans un coin ou dans ceux où tu te taperas ta petite pute de sang impur, je serais là.

Son ton était sans équivoque. Il voulait le marquer et il y arrivait avec une aisance magistrale. Jamais des mots n’étaient venus s’enfoncer aussi violemment dans sa tête pourtant hermétique à toute forme de manipulation. Il y avait aussi Julian, évidemment… L’homme lâcha brutalement sa tête et le repoussa en avant. Jeroen accusa le coup en se retenant avec ses poings toujours fermés et resta un instant à regarder le sol.

Par Merlin, dans quoi était-il en train de s’embarquer ? Maintenant que l’enregistrement avait cessé et que les photos étaient rangées dans leur enveloppe, maintenant que les menaces avaient été proférées, il prenait conscience de ce qui était en train de se passer. De ce qu’il était en train de faire. De sa position actuelle, à genoux devant l’oppresseur et tout le tralala. Maintenant, il était un traître, un vrai. Un traître à ses idéaux, à sa famille. L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on souvent, et il y avait pavé une rue entière. Un sourire mauvais apparut sur ses lèvres et il se mit bientôt à rire très franchement, d’un rire jaune. C’était irrépressible, il avait besoin d’évacuer la pression. Lorsque ça se calma, il avait toujours un sourire malsain sur les lèvres.

- Vous êtes le premier. Je devrais être honoré d’avoir enfin en face de moi quelqu’un qui comprenne vraiment.

Sans ironie aucune. Il était le premier à comprendre ce qui se passait dans le crâne de Jeroen, à saisir le fonctionnement intrinsèque de ses pensées. Ses poings se desserrèrent lentement et il décida que c’était le moment pour lui de se relever, qu’il en avait déjà assez fait pour le bon plaisir de monsieur. Il n’avait pas été dit qu’il devrait demander l’autorisation explicite pour se lever, hein, et de toute façon, le sang ne circulait plus du tout. Une fois debout, il fit craquer ses articulations et passa une main dans ses cheveux pour les remettre en place, regardant l’homme dans les yeux.

- Vous ne me ferez jamais confiance, et très franchement, vous avez raison, lâcha-t-il avec un sourire froid. Nous sommes pareils. Un seul faux pas, une seule hésitation et quelqu’un tombera. J’imagine que c’est dans l’ordre des choses. L’équilibre, l’alchimie, tout ça…

Un face à face qui devait arriver un jour. Il reprit finalement son sérieux sans le lâcher des yeux.

- Bien entendu, je ferai ce qu’il faudra. J’obéirai et me mettrai à genoux autant de fois que nécessaire pour que vous laissiez les miens tranquilles. J’ai bien compris tout ce que cela impliquait.

Pour sa famille, ses amis, mais aussi pour sa vie quotidienne qui s’en retrouverait changée du tout au tout. Jusqu’ici, il agissait en se cachant d’éventuelles menaces. À partir de maintenant, il savait qu’il n’aurait plus aucune liberté d’action. Il ne connaissait pas le vrai visage de l’homme et ne savait pas qui était de son côté dans cette foutue école, alors non, il ne ferait plus la connerie d’enquêter dans son coin. Par contre, ce mec n’aurait jamais le contrôle de l’intérieur de son crâne, et Dieu seul savait ce qui pouvait s’y passer… Comme il l’avait si bien dit, ce n’était qu’une question de jours avant qu’il ne trouve une alternative. Il leva un doigt pour signifier qu’il n’avait pas terminé.

- Mais j’ai mes limites. Je coopèrerai, mais je connais de nombreuses personnes qui sentiront le moindre écart d’humeur de ma part et l’interpréteront comme ça leur chante. Et je ne pourrai pas vous promettre ma stabilité émotionnelle si vous ne me garantissez pas que les miens seront à l’abri à partir de, disons, maintenant.

« L’époque où tu pensais régir ta petite vie selon tes règles est révolue. » Vraiment ? Jeroen n’était pas stupide. L’homme pouvait le contrôler lui, mais son champ d’action était réduit à sa petite personne. Il suffisait d’un sous-entendu à la bonne personne pour que Rivers en personne soit au courant qu’il se tramait quelque chose. Il y aurait des morts, mais surtout, tout son plan de domination du monde tomberait à l’eau.

Le problème étant qu’un sous-entendu ou un signe que quelque chose cloche, ça s’échappe facilement. Et Jeroen savait que lorsqu’il était en colère ou anxieux, il était plus enclin à laisser entrevoir ce qu’il ressentait à ceux qui lui étaient le plus proches – cela pouvait être Julian, mais aussi Caitlyn, ses camarades de Quidditch ou de dortoir, un professeur… Est-ce qu’il allait laisser passer ce risque-là ? Rien n’était moins sûr, et le serpentard comptait là-dessus pour lui soutirer l’assurance que sa famille serait protégée – et que la petite rentrerait entière et en vie le plus vite possible… Il ne pouvait pas ne pas tenter.

- Et ce, bien sûr, afin que notre « équipe » puisse fonctionner au mieux… termina-t-il sur un ton cynique au possible.

« Faire équipe », quelle idée grotesque au vu du rapport de force qui les opposait… Ils étaient debout l’un en face de l’autre, mais il ne fallait pas cinq minutes pour voir que Jeroen avait du mal à tenir sur ses jambes. Le cocktail de sport, de violence et d’émotions qu’il avait subi ces dernières heures laissait des marques bien visibles. Quant à sa joue, il préférait ne pas en imaginer la couleur vu les élancements qu’il se tapait. Frapper les "camarades", c'était vraiment un truc de Supérieurs.
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MessageSujet: Re: The scar is sinking in, and now your trip begins - Jeroen   Ven 15 Mai 2015 - 22:53

La mise en scène est terminée, le coup est porté, il reste maintenant à observer les dégâts. Ces derniers sont toujours mitigés avec une personnalité comme celle de Jeroen. Il n'est pas de ceux qui lâchent prise facilement et même s'il venait d'entendre les pleures apeurés de sa petite sœur, il ne s'avouera pas vaincu de si tôt. Encore une fois, l'esprit humain est à la fois l'arme la plus complexe et la plus fatale que nous pouvons détenir entre nos doigts. Une fois qu'une personnalité est formatée et manipulée, mais surtout soumise, vous êtes comme un Dieu régnant sur une humanité. Qu'en sera-t-il de Jeroen ? Il possède désormais toutes les cartes en main pour que les choses s'arrangent pour lui. Tout du moins, pour qu'elles se calment, s'atténuent. S'il faut savoir se montrer ferme avec lui, il faut également se montrer tout aussi intelligent que ce cerveau qui lui dicte ses actes avec finesse et réflexion.

Toujours sous l'image de Helland, je patiente tranquillement face à Jeroen, attendant une manifestation de sa part. Et celle qui prend naissance en écho contre les murs n'était pas celle à laquelle je m'attendais. Il est toujours au sol, poings serrés, les épaules affaissés... Mais son rire s'élève, sincère, peut-être parsemé d'une pointe de folie mais il est là, bien présent et se répercute contre les murs qui nous entoure. Je reste droit et impassible, jusqu'à ce que cet éclat s'atténue et disparaisse. Un sourire s'esquisse dans l'ombre de son visage. Deviendrais-tu déjà fou ?

- Vous êtes le premier. Je devrais être honoré d’avoir enfin en face de moi quelqu’un qui comprenne vraiment.

Je suis surpris de ne pas y percevoir une once de mensonge ou de moquerie, mais peut-être cache-t-il tout simplement parfaitement son jeu à ce sujet. Cela ne m'étonnerait qu'à moitié. Mais une part de moi se sent valorisé malgré tout, lustré par ses mots. Je sais ce que je vaux et je sais également à quel point certains de nos confrères ne comprennent rien à leur réelles missions. Chacun ses compétences, chacun ses lacunes ; Certains préfère tuer à tour de bras, sans se poser la moindre question. D'autres ont un penchant plus pousser pour le jeu, la lenteur, comprendre son ennemi et faire de lui un un pantin. Je suis de ceux là, j'ai été formé pour tout ça et ce, depuis mon plus jeune âge. Alors, Jeroen a peut-être raison lorsqu'il m'annonce que je suis le premier à le comprendre vraiment. Car sans cela, il était peine perdu de tenter de le contrôler.

Il finir par se relever, signe que l'abattement n'était peut-être plus au rendez-vous. Plusieurs signes sont présent pour le démontrer. Je reste sur mes gardes, sur le qui-vive afin de prévenir la moindre tentative. Il ne se risquerait pas à un geste de travers tout en sachant que sa sœur était en ce moment même suspendu au dessus d'une crevasse parsemée de broches prêtes à l'empaler à la moindre chute.
Il craque ses articulations, se remet les cheveux en place et plante son regard dans le mien.

- Vous ne me ferez jamais confiance, et très franchement, vous avez raison.

Son sourire est aussi glaciale que celui que je lui rend. Le jeu commence enfin.

- Nous sommes pareils. Un seul faux pas, une seule hésitation et quelqu’un tombera. J’imagine que c’est dans l’ordre des choses. L’équilibre, l’alchimie, tout ça…

Je ne prononce toujours aucun mot, l'écoutant avec la plus grande attention et la plus grande sérénité qu'il soit.
Je suis surprit de le voir si sûr de lui, tout en confiance. Je me demande un instant si cela n'est que le résultat d'un désespoir ou d'une tentative ultime pour reprendre un semblant de contrôle sur la situation.

- Bien entendu, je ferai ce qu’il faudra. J’obéirai et me mettrai à genoux autant de fois que nécessaire pour que vous laissiez les miens tranquilles. J’ai bien compris tout ce que cela impliquait.

Bien entendu, puisque tu n'as pas le choix. Ne l'oublie pas.

Il lève un doigts pour instaurer un silence et rien que ce geste, éveille en moi un profond agacement que je ne montre pas. Je serre simplement les dents et patiente, afin qu'il puisse terminer ce qu'il a à me dire.

- Mais j’ai mes limites. Je coopèrerai, mais je connais de nombreuses personnes qui sentiront le moindre écart d’humeur de ma part et l’interpréteront comme ça leur chante. Et je ne pourrai pas vous promettre ma stabilité émotionnelle si vous ne me garantissez pas que les miens seront à l’abri à partir de, disons, maintenant.

Je hausse légèrement les sourcils, marquant volontairement ma surprise, la laissant pour la première fois s'exprimer complètement sur mon visage. Pourquoi ? Parce que ce bougre est foutrement intelligent, malin et qu'il sait ce qu'il possède en main en cet instant. Je ne peux m'empêcher de sourire face à cette preuve de lucidité. Pourquoi a-t-il fallu que tu nous trahisse, Jeroen ? Si nous excluons le fait qu'il soit sang-mêlé et entiché d'une petite catin de né-moldu, ce garçon pourrait être un élément des plus efficaces. Mieux que cela, il pourrait être un élève que je garderais sous ma coupe, lui apprenant tous les rudiments de la filature, de la manipulation et de la torture psychologique.
Or, Jeroen était … comment dire. Encore encastré dans ce moule que la vie lui a forgé. De part ses influences, de ses fréquentations. De son éducation.

- Et ce, bien sûr, afin que notre « équipe » puisse fonctionner au mieux… 

Je laisse un silence plané, quelques secondes en suspend et … un large sourire s'étire sur mes lèvres, illuminant mon visage d'une joie presque sincère.

Le jeu peut enfin commencé.

Je lâche un soupire de bien-être pour de multiples raisons. La première est que, depuis déjà trop longtemps, je n'ai pas eu affaire à un être aussi gorgé de malice et d'intelligence. Il faut être honnête et je lui ai suffisamment répété sans aucune hésitation ce qu'il était, avec toute la sincérité dont j'étais pourvue. La deuxième c'est que quoi qu'il dise, Jeroen était au plein cœur d'une manipulation qui, bientôt, lui échappera. Mon esprit s’affûte au fil des secondes, les scénarios prennent vies et j'exulte intérieurement, silencieusement alors que je ne me défait pas de ce sourire.

La première erreur du jeune est de me formuler tout cela comme s'il détenait le pouvoir sur certains éléments et le fait est qu'il a raison sur un point. Ses proches s'apercevront de ses changements d'humeur, chose qui en soit, n'est rien d'anormal. Mais pour des personnes qui le connaissent parfaitement, cela peut-être perçue comme un problème. J'en ai parfaitement conscience, tout comme j'ai conscience d'être un homme de parole.

- Je suis ravis de ta coopération Jeroen. Celle qui maintiendra cette « équipe », la notre, sur des bases saines.

Je garde un sourire sincère, toujours aussi droit, dissimulant cet amusement qui me gagne de seconde en seconde.

- Même si tu en doute, je suis un homme de parole. Chaque minute d'allégeance la plus totale, sera une de plus gagné pour que ta petite famille aimante et aimée, soit en sécurité. Un courrier sera envoyé dès ce soir pour en donner l'ordre.

Je me plie à sa condition puisque c'est ici que je veux en venir. Il peut le voir à mon visage, que je transpire la sincérité puisque c'est le cas ici présent. Dès lors que cet entretient sera finalisé, je prendrais soin de faire un courrier à Lou' pour qu'elle cesse ce que nous avons entreprit la dernière fois. Je sais déjà qu'elle sera déçue de devoir cesser son petit amusement mais je respecterais le marché, gardant à ma disposition toutes mes cartes si la moindre faute se manifeste.

- Tu peux également te dire que pour le moindre sous-entendu que tu feras de la situation actuelle, chaque mot sera une nouvelle torture pour Lily. Et tu peux être absolument certains que tes faux pas seront connus à la seconde même où tu les fera.

Ma voix est tendre comme du velours, rendant peut-être d'un point de vue extérieur cette conversation incroyablement frissonnante. Je m'approche de lui d'un pas lent, en confiance. Qu'il pense ce qu'il veut, il ne le sait pas encore mais avec cette acceptation, il venait de lancer un très long processus à laquelle j'aspirais depuis quelques temps.

- Concernant ta stabilité émotionnelle, nous allons remédier à ce problème Jeroen. Et nous allons commencer dès demain soir.

Et crois moi qu'après tout ça, tu n'aura plus aucun problème de stabilité, bien au contraire. Je glisse mes mains dans mes poches, gardant mon regard bien ancré dans le sien avant d'annoncer d'une voix implacable.

- Sois ici à 21 heures précise. Dans cette même salle où tout à débuter pour toi, Van Saade. Si tu ne t'y trouve pas, je saurais te faire venir rapidement. Fais moi confiance.

Je lui pose une main sur l'épaule, d'une poigne franche presque fraternel, tout en lui accordant un dernier sourire. Dossier sous un bras, je me dirige vers la sortie, ouvrant la porte, m'apprêtant à partir puis je me ravise quelques secondes. Je plonge la main dans ma poche et lui jette sa baguette entre ses mains, toujours avec ce sourire aussi joyeux que confiant.

Je tourne le dos, ferme la porte derrière moi et repars dans ce couloir lâchant cette fois un ricanement amusé. Les choses sérieuses débutent mais aussi le formatage de ce jeune homme car si celui-ci « craignait » pour sa stabilité émotionnelle, j'étais de mon côté certains de la manière à adopter afin que tout cela ne pose aucun problème. Je tâcherais également de demander à Lou' quelques suppléments concernant Lily, que je pourrais avoir sous le coude dans le cas d'un débordement.
Comme un enfant la veille de Noël, je sens poindre en moi cette petite excitation caractéristique. Demain soir sera l'occasion de réunir deux amusements, mais aussi de corriger cette résistance qui nous a valu ce cuisant échec...

- FIN POUR MOI -
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