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 Now my mistakes are haunting me like winter came - Maxime.

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MessageSujet: Now my mistakes are haunting me like winter came - Maxime.   Dim 15 Mar 2015 - 22:25

► Now my mistakes are haunting me like winter came ◄
Maxime & William



Dimanche 11.01 – Début de matinée

J'me sens nauséeux. Comme durant la nuit de Mardi à Mercredi où j'ai vomis toute ma haine, ma peine et mon dégoût pour moi même. Depuis, j'me sens comme un lâche. Pire, comme un traître. J'ai trahis ma meilleure amie, j'ai toujours rien dit à Macy et je sais toujours pas comment j'vais m'y prendre pour faire tout ça. J'donnerais n'importe quoi pour dormir jusqu'à ce que les problèmes se règlent tout seuls. Mais ça n'arrivera jamais, j'dois juste prendre mes responsabilités, point barre. Je pensais que ma soirée avec Riley allait m'aider à remettre de l'ordre dans tout ça mais je constate ce matin que non. J'suis toujours dans ce foutu brouillard et dans cette angoisse latente. J'devrais peut-être aller faire un tour auprès de Demolition-Man pour qu'il me file un truc pour calmer mes nerfs et m'apaiser avant que je ne dégobille dans mon lit.

J'ai mal dormi, voir pas dormir en fait. J'en sais rien. Je suis assis sur le bord du matelas, la bougeotte secouant ma jambe alors que mes mains s'agrippent aux draps. J'donnerais un rein pour que Spencer soit là et m'aide à trouver la bonne solution. Je donnerais ma vie pour que Jude soit là et qu'il m'enveloppe de ses bras pour apaiser tout ce poids qui me pèse. Le poids de ma connerie. J'aurai dû m'arrêter au dossier, rien de plus. Mais non, il a fallut que ma curiosité m'amène à cette putain de pensine. Je revois chaque nuit, Maxime et Dean se faisant l'amour pour ensuite voir ce loup géant au pelage gris, venant déchiqueté le corps de notre pote. Et pour terminer, Maxime en larme, se lavant de son sang, se mordant le bras pour étouffer ses hurlements de douleur et de tristesse. Tuer celui que l'on aime. C'est ça, n'est-ce pas ?

Long soupire.

- Debout Liam ! Oh, bah t'es déjà réveillé ? J'croyais que j'avais l'occasion de te sauter sur le tas pour t'offrir le meilleur des réveils du monde !

Je sursaute violemment et me retourne vers Macy qui trottine vers moi, l'air plus joyeuse qu'hier où elle me demandait encore pourquoi Maxime ne nous parlait pas. Je lui ai sorti le discours habituel : Elle a besoin d'espace parfois tu t'souviens ? D'ici quelques jours elle reviendra, comme d'habitude. Ça a suffit pour calmer ses angoisses. Et maintenant, il serait peut-être temps de lui dire la vérité.
J'me sens pâle. J'me sens tremblant. J'ai l'impression que j'vais lui annoncer ma mort prochaine ou celle de Maxime. Bordel de merde.

- Bah qu'est-ce t'as ? T'es tout blanc ? T'as fais un cauchemar ? Tu veux un câlin ?

Et elle n'attend pas ma réponse pour s'asseoir lourdement et me prendre dans ses bras. Toute cette semaine j'ai essayé de ne rien laisser paraître, de ravaler mes larmes lorsque les images d'une Maxime se faisant battre à sang par son père s'interposait à moi. Lorsque je revoyais sa forme de loup dévorer littéralement Dean avec un grognement de plaisir. Et d'autres encore. Et c'est douloureux. Mais maintenant, j'me sens ….

- Will, tu pleures ?

Comme un enfant. Comme un putain de gamin qui a perdu sa mère. Parce que je sais pas comment gérer tout ça. Je sais pas comment lui dire que … Merde. Les sanglots se font violent et je sens mon corps se secouer sans que je n'y puisse quelque chose. Je n'entends plus rien si ce n'est que des brides de mots et son petit corps frêle qui me berce avec douceur. Comme elle le faisait lorsque je sanglotais dans le pieu après avoir perdu Jude. J'ai l'impression d'être de retour en plein cauchemar. Je me relève finalement, me frottant les yeux afin d'essuyer mes larmes.

- Liam, qu'est-ce que tu as ?
- Je... Faut que j'te parles d'un truc sérieux Macy.

Oui, faut que j't'en parles. Parce que j'peux pas te le cacher plus longtemps et parce que j'suis pas comme ça. Elle me connaît depuis toujours, lui mentir serait lâche de ma part. Je ne serais qu'un enfoiré et une déception de plus dans sa petite vie. Je me tourne vers elle, afin d'être bien en face de son regard que je devrais affronter au rythme de mes mots. Et je lâche prise, je déballe tout. Absolument tout. Mes doutes, mes inquiétudes. Ce dossier volé à l'infirmerie, la lycanthropie de Maxime, les dates qui concordent et … les larmes. Je pensais au moins lui épargner ça mais notre devise à toujours été de TOUT partager ou rien. Alors, je finis de vomir mes regrets, ma stupidité et mes mensonges. Je ne détailles pas ce que j'ai vu des souvenirs de Maxime, simplement celui concernant Dean. Et plus mes mots tombent, plus je sens mon ventre se serrer de peur et de culpabilité. Je vois son visage se défaire, blanchir mais à aucun moment elle ne m'interrompt ni ne s'énerve ou n'explose. Non. Et lorsque Macy emprunte ce visage quasi inexpressif face à ce genre d'aveux, ça ne présage rien de bon. Je termine mon récit, mes larmes reviennent à la charge mais cette fois je les ravales. Arrête de chialer comme une merde bordel et assume tout ça. Assume les faits.

Je n'en veux pas … ou plus, à Maxime. J'ai promis de la protéger, je l'aime putain. C'est Maxime. Elle n'y est pour rien si elle vit avec cet animal au fond d'elle. Macy et moi sommes les deux têtes d'ampoules du groupe mais ce qui nous différencie sont la température de notre logique. La mienne est froide, elle prend du recul, évalue, jauge et identifie. Celle de Macy est aussi brûlante qu'un incendie et ravage tout sur son passage avant de prendre du recul.

Le silence s'installe, devient lourd. Je la supplie sans un mot de dire quoi que ce soit. Même une insulte ou un crachat. Peu m'importe, mais s'il te plait, réagit...

- Est-ce que c'est une blague ?

Je ne dis rien et la fixe dans les yeux. Elle sait que non, que je n'blague pas et que j'aurai choisi autre chose si j'voulais en faire une. J'ai une boule d'angoisse dans la gorge et...

Je ne l'ai pas vu venir. Sa gifle siffle l'air à une vitesse vertigineuse et ma joue me brûle, mais je ne bronche pas. Elle était méritée... amplement méritée. Le coup a déporté mon visage vers la droite et je serres les dents, ne verse pas une larme, ne faisant que ravaler ma culpabilité honteuse.

- Tu n'es... tu n'es qu'un enfoiré William. Un putain de lâche et un enfoiré.
- Macy...
- Bordel non. Ferme là, je t'en prie. Ferme là. Pourquoi t'es pas venu me voir hein ? Pourquoi t'es pas venu m'en parler plus tôt ? PUTAIN ! Tu viens d'me dire que Maxime est un foutu loup-garou et qu'EN PLUS elle... Elle a... MERDE.

Elle se lève et se prend la tête entre ses mains, ses doigts agrippés à ses cheveux au bord de la crise de nerf. J'me sens paumé et … j'sais plus quoi faire de moi. J'ai qu'une envie c'est de me retrouver au fond du lac. Je déglutie de nouveau et me lève alors que Macy tourne en rond. Lui faire du mal c'est me tailler les veines et la douleur est là, bien présente, violente. Personne n'est présent dans la pièce, il n'y a que moi et elle mais déjà, elle cherche un moyen d'expulser toute cette colère.  Je me lève, tremblant comme si j'allais faire un putain de malaise.

- Macy, j'suis désolé je...
- Putain, t'es désolé ?! T'es sérieux ? Et moi pendant tout c'temps j'me demandais ce qu'elle avait et toi tu m'as laissé de côté. JE DETESTE CA MERDE, ET TU LE SAIS ! C'est pas comme si j'étais qu'une pote de cours ! J'suis Macy tu te souviens ? MACY DAVIS la nana que tu connais depuis que tu chie dans tes couches !

Ce qui m'attère le plus, c'est pas qu'elle m'engueule non. Mais qu'elle m'engueule parce que j'lui ai pas dis plutôt. A aucun moment elle ne mentionne Maxime et Dean. A aucun moment elle ne laisse exploser sa rage envers elle ou envers cette malédiction qu'elle porte. Non, son cerveau vient d'encaisser un choc trop violent alors il ne prend pas les problèmes dans le bon sens.
Je tente une approche, elle me pousse avec violence. Mais je ne démords pas. Je la connais, elle va craquer. Se briser d'ici quelques secondes lorsque son cerveau aura finit de gueuler après moi pour avoir tarder à lui dire tout ça. Je reviens, elle me pousse plus fort mais je la saisis de force par les épaules et la plaque à moi. Elle crie en frappant du poing sur mon torse mais j'en ai rien à foutre. Il lui faut une poignée de seconde pour s'effondrer dans mes bras et pleurer contre mon tee-shirt, tombant à genoux où je la suis dans son mouvement. Je la laisse faire, la laisse vomir ses larmes et surtout sa douleur car déjà, son petit esprit est entrain d'assimiler l'information que Maxime et son Loup, on dévoré notre meilleur ami sans aucun contrôle sur elle même.

¥

La décision est prise. Nous devons parler à Maxime et tout le dire. Macy a encaissée les choses mais pas avec le même recul que moi. Ce qu'il fait qu'elle brûle de colère, de rage et de douleur. Elle finira par comprendre, la logique de son cerveau trop garni comme le mien finira de lui même par lui ramener nos cours dans la gueule et nous rappeler que les Lycanthrope sans tue-loup sont incontrôlables. Pour pencher la balance, j'ai également évoquée ce que Maxime avait vu dans la salle des projections, sa violente culpabilité et sa douleur actuelle. Mais je tremble toujours, j'ai toujours envie de vomir et je me dis qu'à la seconde où Maxime apprendra que je lui ai volé ses souvenirs, elle me tuera moi aussi.

Nous avons attendu une bonne heure dans la salle commune mais toujours pas de Jefferson. Et plus on attend, plus la pression monte de mon côté. Macy reste silencieuse et c'est l'une des rares fois qu'elle ne ressemble pas à une enfant de 15 ans avec ses cheveux blonds/roses et son minois aux traits fins. Elle finit par se lever, je la suis sans un soupire. Nous sortons de la salle et mes yeux se posent sur Maxime, un peu plus loin, tête rentrée dans sa capuche mains dans les poches. Elle ne nous a pas vu. Comme depuis 4 jours où elle nous évite et maintenant, je sais pourquoi.

- Non ! Macy att...

Je la vois déjà partir d'un pas décider. Maxime relève la tête et le poing de Macy s'écrase avec violence contre sa mâchoire alors que j'arrive en courant à leur hauteur. Je lui avais dis de pas faire ça putain. J'lui avais dis, merde !
Le silence s'installe, Maxime se redresse, jauge Macy du regard. Macy qui pleure. Macy qui sert les dents. Macy qui se demande quoi faire en cet instant. Mon cœur se serre... Comment est-ce que je pourrais porter la même haune envers Maxime, bordel. J'pourrais pas, j'en suis incapable. Plus je me dis qu'elle aimait Dean, plus la souffrance apparaît en moi comme une plaie béante. Parce que l'absence de Jude m'a affligée la même blessure. Et le pire est que l'assassin, c'est elle même. Elle ne le voulait pas, elle le sait qu'elle ne le voulait pas mais son corps l'a fait. Son animal l'a fait.

- Faut qu'on te parle. Viens.

Pas un mot de plus alors que les deux femmes de ma vie se jaugent du regard comme si nous étions dans une putain d'arène. Je ravale ma douleur et leur désigne une salle un peu pus loin dans le couloir. Nous nous y dirigions d'un même geste. Si Maxime n'était pas venu nous voir pendant tout ce temps, ça n'empêchait pas que nous étions dans les mêmes cours et que son teint blafard, les cernes sous ses yeux et sa démarche trahissait un mal de vivre. Un mal de respirer. Un mal que maintenant, je comprenais et connaissais. Comment est-ce que j'allais faire pour panser autant de plaies ? Comment est-ce que j'allais faire pour...

La porte claque derrière moi et déjà, l'air explose d'une tension violente. La machine est enclenchée et Macy ne tient plus. Elle tourne déjà en rond, fait des pas en large et en travers de la pièce.

- C'est pour ça que t'es partie alors ? Hein ?

Elle ne prend pas le temps de la mettre en condition. Macy ne prend jamais le temps. J'ai l'impression d'être un spectateur en fond de salle...

- Dis le. Dis le que c'est pour ça que t'es partie Maxime. Dis le que c'est pour ça que tu nous a laissé comme si on était TROP CON POUR COMPRENDRE.

Mais qu'est-ce que j'ai fais putain. Qu'est-ce que j'ai branlé. Pourquoi j'ai été fouillé dans ce dossier. Pourquoi j'ai été fouillé dans ces souvenirs. Pourquoi j'en ai parlé. Pourquoi. Je viens de créer une guerre qui ne devrait pas exister, je de rouvrir une plaie qui n'était qu'à demie suturée. La culpabilité est trop forte. Mes mains se glissent dans mes cheveux alors que Macy éclate de colère et continue d'hurler alors que Maxime se trouve là, stoïque et tremblante. Qu'est-ce qu'il va se passer bordel de merde. Pourquoi j'ai fais ça. Elle n'a plus rien de la Macy enfantine... Elle n'est plus rien de tout ça en cette seconde.

- On aurait pu t'aider. On aurait pu l'faire, j'te rappel qu'on est une putain de famille et qu'on s'était promis de pas nous lâcher QUOI QU'IL ARRIVE ! Tu t'es barrée SANS RIEN DIRE  alors qu'on aurait pu l'faire merde. On aurait pu et tu l'sais très bien.

Je fermes les yeux et retiens mon souffle. J'ai la sensation que le temps se suspend. J'ai la sensation de manquer d'air et que mon cœur va s'arrêter. Je voudrais ne plus entendre, ne plus voir, ne plus ressentir cette douleur qui m'arracherait des hurlements si je ne serrais pas les dents comme un forcené.
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MessageSujet: Re: Now my mistakes are haunting me like winter came - Maxime.   Lun 16 Mar 2015 - 0:08

WILLIAM & MAXIME
11 JANVIER 2015

  • MERCREDI 7 JANVIER 2015 — Infirmerie, fin d’après-midi.


« Eyes like a car crash
I know I shouldn't look but I can't turn away.
Body like a whiplash,
Salt my wounds but I can't heal the way
I feel about you. »

« Respire. »

J’émerge des ténèbres, les yeux toujours fermés, je perçois l’avènement de ma conscience. Une voix me parvient du fond de mon âme. Mon corps est lourd, je n’arrive pas à le sentir dans sa totalité comme si un poison létal s’était logé sous ma peau. Je n’arrive pas à ouvrir les yeux, mais je perçois peu à peu l’environnement autour de moi. Des odeurs d’encens, de parfum, d’alcool. Je recouvre très lentement mes facultés sensorielles et mes yeux finissent par s’ouvrir. Je bouge un doigt. Puis l’autre, et enfin, je réussis au bout de quelques minutes à m’extirper du sommeil et donc, à réveiller mes membres atones. Je me redresse, les jambes pendues dans le vide, mes mains agrippées au bord du matelas, je referme les yeux, assaillie de lumière et baisse la tête. Le drap tombe sur ma cuisse, mais je n’ai pas froid malgré les frissons qui parcourent ma peau nue. Un acouphène résonne dans mon crâne.

« Respire. »

Je prends une grande inspiration et rejette l’air avec le peu de force que j’ai actuellement. Engourdie par le sommeil, par les heures passées ici dans ce lit, car je sais où je suis. Je ne suis pas devenue amnésique : j’aurais préféré. Je me sens fébrile, mal à l’aise. Ces heures de sommeil auraient du me remettre de tous les évènements mais ça n’est pas le cas. Je sens que je vais devoir trainer ma carcasse et le lot de souvenirs qui va avec. Je passe une main sur mon visage, la laisse trainer un instant sur ma joue, et pousse un léger soupir, la tête endolorie. J’ai passé une très mauvaise pleine lune. J’ai perdu connaissance plusieurs fois, et je n’ai pas réussi à garder le contrôle total sur la louve. La transformation, dans les deux sens, a duré plus longtemps que toutes celles auxquelles j’ai pu me confronter jusque là. Un arrière-gout d’amertume me colle au palais. Je suis exténuée, mais contrairement à d’habitude, je n’ai pas faim. Je n’ai envie de rien, sauf de mourir. La fatalité s’abat sur mes épaules comme le couperet d’une guillotine, je m’affaisse, et finis par attraper un t-shirt à moi, plié et posé sur la table à mes côtés. Je ne me pose pas de questions sur le pourquoi du comment et concentre toute mon attention à me relever, me poser sur mes deux pieds et constater mon manque flagrant d’équilibre.

Je passe la « surveillance » avec facilité et atteint les toilettes. Mes yeux tombent sur mon reflet barbouillé d’encre noire. Ça ne me tire pas un seul sourire, mais pas non plus de colère. Pour l’instant. J’ai ma petite idée de qui s’est permis de me tartiner la gueule, et je lui ferais part de ma critique concernant sa démarche artistique plus tard. Pour l’instant, un peu d’eau fraiche et du savon devraient faire l’affaire pour me débarbouiller. Me réveiller peut-être également.

La voix de Dean perce la couche brumeuse de mon esprit, et je ne lutte pas, ne pose pas de barrière, le laisse s’infiltrer à l’intérieur de moi comme la mort elle-même. Je le laisse là, ses mots se répercutent contre la paroi de mon crâne, et je préfère ça : l’entendre me fait du bien, et me culpabilise à la fois. Je n’ai pas encore la force nécessaire pour affronter ce qu’il a à me dire, à me dévoiler, mais je sais que cela arrivera bientôt, et même si je ne suis pas prête, je le laisserais faire. Je mérite pire que ça.

Ø

  • JEUDI 8 JANVIER 2015 — Infirmerie, encore.


J’ai obtenu une dispense de la part des deux professeurs qui m’ont trouvée et aidée. Katherine et Mr. Helland. Je peux rester à l’infirmerie, et cela me va. Je n’ai plus droit à ma petite suite personnelle mais je reste dans le fond de la pièce, éloignée du regard, et j’observe le ciel par une fenêtre. J’attends là, comme un malade attendrait la mort mais moi, j’attends Dean et ses vérités. J’attends le son de cloche final sans broncher, sans lutter, sans instinct de survie. Je ne me pose pas plus de questions sur la suite, je laisse les choses faire, les images affluer. Je me sens impalpable, éthérée, incapable de garder les pieds sur terre. Je n’arrive pas à manger, et je ne me reconnais plus.

Je n’ai même plus la force de m’énerver, de m’agacer. La terre tourne sans moi, elle ne m’attend pas, et j’observe la vie, les autres, évoluer et apprendre, ça ne me dérange pas. Je me résigne à ça, à l’absence. Si j’avais pu sombrer, plus loin encore, je l’aurais fais. J’ai déjà essayé de mettre un terme à tout ça ; sans succès. Qui veut me voir survivre si c’est pour me torturer ainsi ? En tout cas, l’infirmière ne semble pas vouloir lâcher le morceau. Celle que je prenais pour une espèce de bombasse sans cervelle se révèle être d’une autre dimension, mille plus ensoleillée que la mienne. Je l’écoute souvent parler sans réponse, mais cela lui suffit et à moi aussi. Et puis elle retourne virevolter près des autres patients, près de Mr. Helland qui est souvent ici, près d’un autre infirmier que je ne connais pas. Je reste là, passagère du temps, les lèvres scellées, le corps fermé, vide, creux.

Rien ne résonne plus à l’intérieur de moi que le son de sa voix. Mêlée à celle de William. « Je veillerais sur toi. Comme il l’aurait fait, t’entends ? T’as ma parole et je te le promets, sur tout ce que j'ai de plus cher ». J’aurais voulu ne jamais en arriver là.

Ø

  • SAMEDI 10 JANVIER 2015 — Dortoir des 9èmes années, Serpentard.


Un oreiller sous le visage, un bras passé au-dessous, je regarde l’extérieur depuis mon lit. Il fait silence dans le dortoir, je suis seule avec mes doutes. J’ai essayé de lire, d’écrire, sans succès. Il me faut être tranquille, sans bruit, pour penser. Il arrive, je le sens, il est là tapis dans mon ombre, ses murmures rassurants se transforment en vérités cruelles, castratrices. Je replace un instant le drap sur mes côtes nues, et je remercie n’importe qui que Macy ne soit pas là. Si elle l’était, je ne la verrais pas. Je suis ailleurs et certainement pas ici.
Ma main droite glisse sur la gauche, et je tourne sans arrêt la bague d’Alexander autour de mon majeur. Un tour, puis un autre, encore un. Je sens mon cœur se serrer, les images affluent, et je me gorge de haine et de douleur comme une éponge, je reçois tous les sentiments que ces flashs m’offrent, sans rechigner. Je ne vis pas, je suis simplement un tissu imbibé de souffrance qui se ballote et prétend être vivant. Parfois, avant de pouvoir m’en rendre compte, je sens l’eau bouillante glisser sur mes joues. Avoir mal de cette manière n’est pas permis. Je ne veux pas m’en sortir, j’ai abandonné l’idée de pouvoir respirer sans entrave un jour. Parfois je me surprends à supplier que mon frère soit là. Lui pourrait me serrer dans ses, il pourrait me recouvrir, m’étouffer dans ses grands bras, je pourrais disparaître.

Mais non, je me cloitre, reste avec moi-même et me contente péniblement de porter mes peines. Le poids de la culpabilité m’écrase. Mes pensées se formulent, et peu à peu, sans y voir réellement plus clair, je discerne un chemin. Une terre sombre, sans lumière, mais le tracé au sol m’indique où me diriger. Cela ne me soulage pas réellement, c’est un simple retour des choses, la ligne évidente à suivre. C’est dans cette voie que je dois continuer. Alors je me prépare, tranquillement, sans forcer, à discourir sur des choses que j’avais promis de ne jamais déterrer. Des images profondément enfouies, que j’aurais voulu ne jamais revoir. Même ton sourire, Dean, est la plus grande traitrise de la vie.

Je me redresse lentement et, fantomatique, me dirige vers la douche. Demain. Oui, demain, j’irais voir Macy et William. Puisqu’ils sont là, puisque nous ne sommes plus que tous les trois, je leur dois la vérité. Libre à eux de me renier.

Ø


« I watch you like a hawk
I watch you like I'm gonna tear you limb from limb
Will the hunger ever stop?
Can we simply starve this sin? »

  • DIMANCHE 11 JANVIER 2015 — Fin de matinée


Je compte retrouver dans un premier temps, Macy. Qui doit encore se trouver chez les verts. Les mains rentrées dans le sweat, la capuche sur la tête, je ne marche pas : je déambule, j’erre, dans le couloir qui me mène à ma maison. Mes pas se font impalpables, je n’entends rien à par moi-même et c’est déjà de trop. La nervosité bat à mes tempes et mon cœur bat à rompre ma carotide. Ça va m’achever. Mais je l’accepte.

« Non ! Macy att... »

Une voix percute mon crâne, familière, et par réflexe je lève la tête pour apercevoir William et, plus proche de moi encore, Macy qui s’approche, le poing en avant. Avant même que je ne puisse intervenir, le coup tombe et je me sens projetée en arrière avant même de pouvoir analyser la situation dans sa totalité. Un acouphène qui m’est devenu familier s’élève dans mon crane et je porte la main à la mâchoire, endolorie. Je masse un instant la zone victime du poing terrible de Macy, et une large montée de violence se pointe dans mon organisme : je me redresse de toute ma hauteur, mes épaules se plantent en arrière et mon regard perçant se pose dans celui de Macy, qui ne fléchit pas. Je ne comprends pas, mais ça m’importe peu, elle m’a levé la main dessus sans préavis, je gronde intérieurement et serre les poings. Je ne peux pas la frapper, je ne veux pas être violente avec elle. Un sentiment de frustration et un autre de colère s’agglomèrent et je mords ma lèvre, pour tenter de me contenir. C’est quoi son problème ? William arrive dans l’immédiat et s’interpose. Il peut. Dire que je ne suis pas étonnée serait mentir. Macy est rarement dans un état comme celui-là. Et quelque chose me dit que j’y suis pour une grande partie. Perspicace. Une boule de larmes se pointe dans ma gorge et je déglutis, entend à peine William et reste fixée sur la blonde. Alors on y est, c’est ça ?

Je le laisse m’entrainer je ne sais où, le regard rivé dans celui que Macy. Ce que j’y vois me lacère le corps entier.

« C'est pour ça que t'es partie alors ? Hein ? »

Cette gifle est plus forte que son poing dans la gueule. Assise sur la chaise, la jambe agitée frénétiquement, les poings serrés, je garde néanmoins mon regard rivé sur le corps en mouvement de Macy. Tout est là. Tout se joue.

« Dis le. Dis le que c'est pour ça que t'es partie Maxime. Dis le que c'est pour ça que tu nous a laissé comme si on était TROP CON POUR COMPRENDRE. »

Un tas de questions se soulève dans mon esprit : Pourquoi maintenant ? Comment ils savent ? Qui a dit quoi ? Je dirige rapidement mon esprit vers tout ceux que je connais et qui connaissent ma lycanthropie : Enzo, Matéo, par exemple… Mais je ne les crois ni l’un ni l’autre capables de balancer ce genre de choses. Quelque chose me dit que la dimension de ce qu’elle nomme « ça » ne considère pas simplement ma lycanthropie. Elle s’agite, sa présence me donne mal au crâne, les pensées affluent dans tous les sens, je ferme les yeux très fort un instant avant de les reposer sur elle. La colère monte, monte, monte, de plus en plus fort, et je sens la crise arriver mais j’essaie de garder le contrôle. C’est difficile, je tremble, j’ai chaud, je défais le zip de ma veste et j’adresse au passage un regard noir à William, là, tapi dans le fond de la pièce dans la position de ceux qui ont fauté.

« On aurait pu t'aider. On aurait pu l'faire, j'te rappel qu'on est une putain de famille et qu'on s'était promis de pas nous lâcher QUOI QU'IL ARRIVE ! »

Ses mots me martèlent, je me redresse d’un geste sec, passe les mains dans mes cheveux pour défaire ma capuche et aérer mon visage. Les tremblements me rendent la marche difficile.

« Tu t'es barrée SANS RIEN DIRE alors qu'on aurait pu l'faire merde. On aurait pu et tu l'sais très bien. »

Et je craque.
Mon poing s’abat sur la table avec une violence incroyable. Tout ce que j’ai gardé ces quatre jours, toute cette douleur, ces images, mon corps atone et transparent semble exploser comme s’il avait caché et contenu trop d’informations, trop longtemps. Je pousse un hurlement effroyable. Le poing encore posé sur la table, dos à Macy, j’inspire et expire avec force, tremblante. Je ferme les yeux, sens la douleur se répandre dans l’os de ma main et se faufiler jusque mon épaule : je m’en délecte presque. Me faire du mal et aller mieux. Le reste s’enclenche.

Je me retourne doucement, les mains toujours serrées, et elle me regarde stoppée dans son élan, oscillant entre la peur et la haine. Mon regard, lui, permute entre William et Macy. Je me sens imploser.

« That little kiss you stole
It held my heart and soul
And like a deer in the headlights I meet my fate
Don't try to fight the storm
You'll tumble overboard
Tides will bring me back to you »

« J'SUIS PARTIE POUR QUI A TON AVIS ? T’AURAIS PU M’AIDER TU CROIS A FAIRE TAIRE CE CHIEN ! »

Je parle en faisant de grands gestes. Ma voix déraille. Je n’arrive pas à contenir les tremblements et un instant, lève la main en l’air en signe d’arrêt, fermant les yeux, souhaitant au moins contenir la crise qui arrive. Mais celle-ci n’est pas comme les autres, quelque chose diffère. Ma voix veut sortir, mon cœur veut crier.

« Je serais restée, et alors quoi ? Hein ? Tu vois pas la suite ? C’était TOI ? C’était William, mon deuxième repas ? T’AURAIS FAIS QUOI SI T’AVAIS TUÉ WILLIAM, HEIN ? »

J’hurle en frappant frénétiquement mon poing droit dans la paume ouverte de ma main gauche et en finissant par le faire atterrir droit sur ma poitrine. Je crève de chaud. Ce qui me semblait être de la haine et de la rage, dans ma gorge, est finalement une boule de toute autre chose. Elle ne veut pas comprendre. Elle semble s’arrêter une demi-seconde à la réception de cet argument. Et ben oui t’aurais fais comment ? Malgré la fureur qui coule dans mes veines à cet instant, je ne me sens pas capable de supporter une crise explosive. Je sens d’ailleurs que je faiblis, je ne tiens pas correctement sur mes jambes et j’attrape le coin d’un table, la deuxième main posée devant mes yeux, tremblante comme jamais jusque là : l’animal gratte à l’intérieur, et je ne parle pas du loup mais de mes pleurs.

Je reste silencieuse un certain moment, debout, comme ça, fragile. Et je déteste ça. Je me sens humiliée. La honte s’abat sur moi et je me détourne d’eux. La colère de Macy ne s’apaise pas, je le sens bien, la mienne non plus, mais la sienne est davantage légitime. Des larmes se pointent, mais je les ravale, je déglutis péniblement, et attends encore, un instant. C’est comme si ma peine sortait par chacun des pores de ma peau. Et c’est terriblement douloureux, comme un couteau planté et replanté sans cesse dans le thorax, à l’endroit où j’ai le plus mal : mon cœur.

« And on my deathbed, all I'll see is you
The life may leave my lungs
But my heart will stay with you »

« J’étais dangereuse… je vous ai fait la pire chose et j’aurais pu faire encore pire, si c’est possible. J’ai pas eu le choix, putain. »

Je me retourne, j’essaie de garder la face, comme soudainement vidée par toutes ces conneries. Ma colère gronde mais elle se tait face à ma peine. Toutes les questions que je me pose s’effacent, dans un premier temps, derrière les explications que je dois leur donner, derrière la haine que Macy me voue — à raison. Mon regard oscille entre les deux jumeaux.

« Vous pouvez me détester, mais c’est pas pour moi que j’suis partie. »
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MessageSujet: Re: Now my mistakes are haunting me like winter came - Maxime.   Dim 22 Mar 2015 - 13:03

J'ai envie de disparaître, d'être englouti par un néant où mon cerveau ne réfléchirait plus et où je n'aurai plus la sensation d'avoir un barbelé qui enserre mon cœur. Plus Macy hurle ses mots, plus Maxime perd le contrôle. Elle dézipe son gilet, ses yeux se rétrécissent comme lorsqu'une migraine vient lui marteler la tête. Ses mains tremblent dans son geste et lorsqu'elle m'adresse ce regard noir, bourré de reproche... je sais qu'elle comprend en cette seconde que tout ça, c'est de ma faute. Elle ne sait pas pourquoi, ni comment, mais j'ai encore une fois usé de ma ruse aiguisée pour comprendre des choses que je n'aurai pas du connaître. Pas maintenant. Et si elle avait décidé de nous le dire elle même après avoir fait face à ses illusions ? Et si elle avait décidé de nous le dire d'ici quelques jours, quelques mois ? La culpabilité m'écrase, j'ai envie de fuir.

Mes yeux sont fixés sur Maxime qui se défait de sa capuche, les pommettes rougies. Elle va exploser, elle tremble, elle va nous claquer entre les doigts et je me surprend à avoir peur. Peur qu'elle se jette sur Macy alors que je sais pertinemment qu'elle préférerait se tuer plutôt que de lui faire du mal. L'air me manque, j'écarte le col de mon pull, j'ai chaud. Trop chaud. Toute cette situation m'échappe et j'ai peur du résultat. Nous venons à peine de nous retrouver et déjà, la merde nous tombe dessus. Je n'aurai jamais dû faire ça. J'aurai dû d'abord lui en parler à ELLE. Et pas faire mon fouineur de mon côté... De toute manière c'est trop tard pour la culpabilité Will, contemple plutôt toute l'emmerde que tu viens de créer entre elles deux.

Macy éclate encore un peu plus, s'agite, bouge dans tous les sens, est à deux doigts de pleurer sa haine et sa douleur. Elle hurle ses reproches et je me passe une main dans les cheveux, les accroche et …

Sursaut violent. Mon souffle se bloque quelques secondes face à la brutalité du coup que Maxime vient de donner sous la table.

Hurlement. Déchirant. Animal et douloureux. Il me transperce de part en part alors que mon corps se tend comme un arc, son cri résonnant en écho contre les murs. Je sens un déchirement au creux de moi alors que même Macy ne bouge plus, figé dans la terreur et la douleur. J'entends d'ici la respiration de Maxime qui s'accélère, qu'elle tente de contrôler. Macy s'approche d'un pas, je la retiens aussitôt par le poignet, fermement.

Une crise. Violente. Il ne fallait surtout pas qu'elle l'approche dans cet état, nous la connaissions suffisamment pour savoir à quel point la lutte se fait avec acharnement au creux d'elle pour ne pas qu'elle explose en cet instant précis. Mon cœur cogne comme un fou et je lutte contre l'envie de tirer Macy vers la sortie, pour qu'elle sorte de cette pièce. Parce que si Maxime se laisser aller à la crise, je ne pourrais peut-être pas la retenir, parce que j'l'ai jamais fait. C'était le rôle d'Alex et Dean, ils étaient les seuls à pouvoir la stopper, la calmer. Mais ils ne sont pas là. Dean est mort. Elle l'a tuée. Quelle putain d'ironie.
Mes doigts serrent un peu plus le poignet de Macy alors que Maxime se tourne lentement vers nous. Ses épaules se soulèvent au rythme irrégulier de sa respiration. Le temps se suspend. Je sens le boulet de canon prêt à nous exploser à la gueule.

« J'SUIS PARTIE POUR QUI A TON AVIS ? T’AURAIS PU M’AIDER TU CROIS A FAIRE TAIRE CE CHIEN ! »

La machine est lancée. La violence emplie cette salle et nous enveloppe tous d'un drap étouffant, horrifiant et angoissant. Macy recule d'un pas alors que Maxime s'agite à son tour dans tous les sens, faisant des grands gestes, perdant le contrôle. Sa voix n'a plus rien d'une ligne sûre, lisse et sombre. Non, elle déraille et vrille sous la colère. J'aurai dû fermer ma putain de grande gueule.

Elle se stoppe, lève une main pour nous suspendre. Une pause. Une inspiration. Une expiration. Elle tend vers le contrôle de soi, essaie de maîtriser ce volcan qui menace de venir la ravager. Je suis toujours aussi raide, mes muscles me fond mal et je retiens tant bien que mal la bile qui remonte le long de ma gorge.

« Je serais restée, et alors quoi ? Hein ? Tu vois pas la suite ? C’était TOI ? C’était William, mon deuxième repas ? T’AURAIS FAIS QUOI SI T’AVAIS TUÉ WILLIAM, HEIN ? »

Ses mots viennent me griffer de l'intérieur, ils viennent me torturer, étreindre mon cerveau, enserrer mon cœur et le réduire en bouillie. Mon esprit fait une projection sur le sien et se met à sa place. Comment aurais-tu réagis sur tu avais dévorer Jude ? Dans quel état serais-tu ? A quelle ampleur ta culpabilité se serait élevée ? Les larmes reviennent, je les ravales. Hors de question de chialer comme une merde face à tout ça, hors de question à ce que je me défile. Le mot repas est un simple terme, une banalité. Pourtant ici, il représente l'horreur de la situation. Parce qu'elle a raison, Dean n'a été qu'un repas pour l'animal qui dort en elle.
Macy tressaute à chaque coup que Maxime donne dans sa propre paume. Elle martèle son poings sur la surface de sa main pour le faire atterrir avec brutalité contre son torse. Traduction d'une douleur qu'elle voudrait tuer. Qu'elle voudrait vomir. Que nous voudrions vomir, tous ici présent. Macy n'ouvre plus la bouche, elle n'ose rien dire, elle réceptionne les derniers mots de Maxime comme une vérité. Je sais qu'elle est partagé entre haine et douleur, je sais qu'elle a envie de serrer notre amie contre elle, en hurlant et en pleurant, laissant évacuer toute cette merde qui est entrain de tout foutre en l'air.

Et toi William, à quel moment vas-tu te décider à intervenir ? Dire qu'elle ne sait pas la total vérité... Bordel.

Maxime se rattrape à la table et moi je serre toujours le poignet de Macy entre mes doigts. Emprise dont elle se dégage avec fureur, serrant les doigts. Elle m'en veut. Et cette évidence finit par m'achever. Je recule de quelques et ne les regarde plus. Ni l'une, ni l'autre. Je cherche vaguement du regard quelque chose sur laquelle je pourrais échouer ce corps devenu trop lourd pour moi. Là, à deux mètres de moi. J'y vais, je m'y traîne m'affale. Je suis fatigué, épuisé, lessivé et surtout, je me sens plus sale que jamais. Je retiens un profond soupire, finissant seulement par prendre appuie sur mes cuisses et de plonger mon visage entre mes mains. Comment est-ce que je vais faire pour arrêter tout ça ? Spencer me manque plus que jamais. Dean également. Sans parler de Jude dont son absence me meurtrie ici plus que jamais.

La voix de Maxime s'élève. Je garde mon visage entre mes paumes, les yeux fermés, cherchant quelque chose à laquelle me raccrocher pour ne pas flancher.

« J’étais dangereuse… je vous ai fait la pire chose et j’aurais pu faire encore pire, si c’est possible. J’ai pas eu le choix, putain. »

Je me balance d'avant en arrière. Je le sais, je le sais putain. Mais Macy non, elle, elle ne le savait pas. Elle, elle n'a pas vu à quel point tu te détestais après tout ça. Elle ne t'a pas vu dans cette salle de bain entrain de t'écorcher la peau à sang pour se débarrasser de celui que tu aimais. Et Maxime a raison. Si elle était restée... qu'est-ce qu'il se serait passé ? Nous aurions pu l'aider... je ne démords pas sur ce fait. On aurait demandé à Moore-Roberts un Tue-Loup ou dans le pire des cas, j'aurai appris à en faire. On est loin d'être con. On aurait pu...

Oui peut-être. Mais est-ce que tu serais resté toi, si t'avais dévoré Macy ? Cette idée me donne la gerbe. Je vais dégobiller sur mes converses salit par le temps.

Mon visage toujours plongé dans mes mains, mon corps se balançant toujours d'avant en arrière, je n'arrive pas à articuler un seul mot.

« Vous pouvez me détester, mais c’est pas pour moi que j’suis partie. »

Une balle me traverse le cœur. J'aurai dû la laisser parler seule, prendre cette décision d'elle même. J'aurai jamais dû en parler à Macy.

- On... on aurait pu t'aider.

Je me stoppe dans mes gestes et lève doucement le regard en reconnaissant la voix tremblante de Macy. Son visage est tiré, crispé par la colère mais surtout, baigné de larmes. Son regard est sans appel concernant sa haine mais ces perles salées sur sa peau sont traîtresse de sa douleur. Elle recule de quelques pas et me pointe du doigts d'un geste rageur accustateur.

« Lui j'en sais foutrement rien, mais moi je te déteste. »

Je me redresse, blessé et ébranlé. J'ai l'impression d'avoir louper un wagon. De pas avoir réellement entendu ce qu'elle vient de lâcher, en détachant chacun de ses mots alors qu'elle tremble comme une feuille mais qu'elle ne se défait pas de son regard brûlant.

- Tu vas comprendre ce que ça fait parce que moi aussi j'me casse.

Elle se retourne sans aucune hésitation, n'adressant aucun regard à Maxime mais ses yeux se tournent violemment vers moi. Ils sont brillants, furieux, accusateur. Jamais elle ne m'avait regardé avec autant de haine et autant de mépris. Et cette image restera comme la marque d'un cauchemar au creux de ma rétine.
Elle se stoppe et me désigne d'un signe de tête, sec.

- Pendant qu'on y est, dans cette journée pleine de révélation, Monsieur Jackson a autre chose à te dire.

C'est un uppercut dans l'estomac et je me raidis plus que je ne le suis déjà. Putain, quelle garce. En cette seconde, je lui voue une haine sans mesure. Sans aucun remords. C'est donc ça ta vengeance Macy ? C'est donc ça ta manière de me faire comprendre que tu m'en veux ? Bordel.

Mon cœur fait une embardé lorsqu'elle se tire et qu'elle claque la porte derrière elle, toujours dans ce même élan de violence. Mais surtout, lorsque je prends conscience que je suis désormais seul avec Maxime. Seul face à son regard profond, interrogateur, celui qui me cisaille de l'intérieur et qui me rend la nausée encore plus insupportable. Me voilà face à mon erreur, à ma culpabilité. Me voilà au pied du mur et je ne vais pas avoir le choix que de cracher ce que je sais, ce que j'ai fais. Rien que cette idée m’horripile et me fais sentir encore plus traître que je ne le suis déjà.

Je pourrais me lever et me tirer mais je ne le ferais pas parce que je lui dois la vérité. De toute manière, après avoir entendu les propos de Macy, elle ne me laissera pas partir. Alors je reste assis, esquivant son regard. Foutrement incapable de lui faire face dans la seconde.

- Ils voulaient rien m'dire. Sur ton état, sur ce qui s'était passé et pourquoi t'avais cette fièvre constante.

Je lâche les mots comme ils me viennent. Il faut que ça sorte, il faut que ça soit dit. Il faut crever ce putain d’abcès qu'on en finisse une bonne fois pour toute. Ma voix tremble mais je ne m'arrête pas pour autant. Assume, pauvre con.

- J'suis venu plusieurs fois par jour pour venir te voir mais à chaque fois tu dormais. Je t'ai entendu murmurer... tous ces trucs. Que tu voulais pas lui faire de mal. Que t'étais désolé. J'ai commencé à croire n'importe quoi, à m'dire que t'avais un foutu cancer et que t'avais rien dis.

Je me passe une main dans les cheveux, la jambe ne cessant pas de trembler alors que je porte enfin mon regard vers elle. Tu lui dois ça, tu dois la regarder dans les yeux quand tu lui parles, quoi que tu ai fais. Prise d'inspiration. J'donnerais n'importe quoi pour qu'elle me coupe et me fracasse le visage.

- J'ai été fouillé dans ton dossier médicale. J'...j'avais besoin de savoir si t'étais malade bordel. Ils me disaient rien et fallait voir leur putain de gueule de coupable. J'ai tout lu. Ta lycanthropie, la date approximative de ta première transformation. Et j'ai... ma voix tremble de plus belle. Je me racle la gorge en toussant faiblement. J'ai fais le lien avec la disparition de Dean.

Il me manque à moi aussi, si tu savais. Tout, me manque.
Je sens les larmes montées, je sens la peur grimper en flèches. Parce que si elle pouvait comprendre le fait que j'ai été faire mon fouineur dans son dossier... je ne suis pas sûr qu'elle comprenne pour les larmes.
Je me bloque, me stop. Bute sur mes mots et me force. Crache la vérité William. Montre lui à quel point tu n'es qu'un connard qui l'a trahit.

- Tu pleurais, pendant que tu dormais. Et j'voulais pas croire ce que je l'ai lu. J'me disais que j'avais mal compris... J'avais... j'avais besoin d'être sûr Maxime.

Elle fronce les sourcils... son cerveau commence à comprendre et son teint devient livide. Je sens le sang quitter mon visage, la peur m'englober et me faire trembler, a bord du malaise. Je me passe une main dans les cheveux, commence à me balancer d'avant en arrière, je déglutis. Une boule obstrue ma gorge. Allez, dis le. Crache le. Formule le.

J'suis désolé Maxime. J'suis désolé, désolé, désolé... putain.

- J'ai... J'les ai récupéré. J'ai versé tes larmes dans une pensine et j'ai regardé.

Ma voix s'éteint dans un murmure alors que mes yeux accrochent les siens. Ils reflètent en cette seconde une haine dévastatrice envers ma personne, mon existence, mes paroles. Envers le simple fait que je puisse encore respirer. La douleur est violente au creux de moi, grandissante et dévastatrice. Je venais de lui donner la corde qui lui permettrait de m'achever.
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MessageSujet: Re: Now my mistakes are haunting me like winter came - Maxime.   Jeu 26 Mar 2015 - 19:20

« On... on aurait pu t'aider. »

Mon regard se pose dans celui de Macy, brûlant de haine. Je n'ai jamais vu cette force furieuse dans son regard bleuté. Je serre les poings, elle ne veut pas comprendre. Elle n'a pas envie. Je n'ajoute rien, je me sens faible, oppressée : Je commence à étouffer mais je ne peux pas laisser tomber mon regard. Trop fière surement, et surtout trop coupable. Je dois assumer. Même si ça me coûte tout ce qu'il me reste de sentir sa colère vibrer. Et ses larmes. L'eau qui afflue sur son visage me donne envie de vomir. Faire pleurer Macy... Une honte, j'en subis les domages collatéraux. Elle anéantit toute ma puissance, ma colère se gorge de ses larmes et je me déteste plus que jamais.

Elle recule de quelque pas et pointe William du doigt.

« Lui j'en sais foutrement rien, mais moi je te déteste. »

Je...
Recule d'un pas. Sa sincérité me colle une balle en pleine poitrine et l'espace d'un instant, alors que je me suis préparée à ça, je me sens désarmée. Mes poings se desserrent, mon coeur se bloque. Sa haine... Sa haine me fouette. Ses mots me transpercent. Je me sens trembler de tous mes membres. Je baisse les yeux au sol, un océan de douleur se forme dans ma gorge.

« Tu vas comprendre ce que ça fait parce que moi aussi j'me casse. »

Je fronce les sourcils en fermant les yeux. La douleur se mue en colère, celle que je tente de ranger depuis tout à l'heure, celle que je garde depuis des années. Je me sens blessée. Et l'entaille s'ouvre un peu plus, ma peau s'écarte sous les doigts fragiles de Macy. Je serre les poings de nouveau, inspirant et expirant profondément. Je l'ai perdue.

« Pendant qu'on y est, dans cette journée pleine de révélation, Monsieur Jackson a autre chose à te dire. »

Je ne relève pas la tête. Sa voix se retourne dans mon cerveau. La porte claque et je sursaute, prise entre colère et souffrance. Pas ça. J'ai envie de courir, la rattraper, lui hurler dessus de ne pas me laisser tomber. Pas elle. Après ma mère et mon père, après la mort de Dean et celle de Spencer. Pas eux. Ils sont tout ce qu'il me reste. J'ai envie de mourir. Que vaut ma vie à cet instant précis ? Si seulement j'étais morte le soir de la morsure. Tout ça n'aurait jamais eu lieu.

Je relève un regard douloureux vers William. Je n'ai pas envie de rester la. Je veux partir. Mais une part de moi a besoin de savoir ce qu'il en est. Je me rassois d'un geste las, me laissant plus tomber qu'autre chose, un bras sur le dossier. J'ai froid.

« Ils voulaient rien m'dire. Sur ton état, sur ce qui s'était passé et pourquoi t'avais cette fièvre constante. »

Il se met à parler, brise le lourd silence et je me rends compte qu'il fuit mon regard. J'en fais de même. La colère me ronge, je regarde par terre et j'attends. Mon corps entier est crispé et mes tremblements s'en font davantage douloureux. Mes pensées sont accaparées par une autre idée: Un possible avenir pour eux si j'avais eu la meilleure idée de trépasser un an et demi plus tôt.
Je le laisse parler, mais ma seule envie est lâche. Jai envie de fuir et je n'ai pas envie de le détester pour ce qu'il a fait. Parce que ça sera le cas. C'est certain. Ma colère me brûle, ma douleur me noie. Prise entre ces deux éléments, je n'arrive pas à respirer. Lui se passe une main dans les cheveux et finis par soulever son regard et le poser dans le mien. Je m'accroche à ses yeux, c'est ainsi que cela doit se passer. Face à face. J'veux m'en aller. Je ne me sens pas capable de sentir sa peine et pourtant mon regard et gorgé de haine.

« J'ai été fouillé dans ton dossier médical. J'...j'avais besoin de savoir si t'étais malade bordel. Ils me disaient rien et fallait voir leur putain de gueule de coupable. J'ai tout lu. Ta lycanthropie, la date approximative de ta première transformation. Et j'ai... J'ai fais le lien avec la disparition de Dean. »

C'est pénible. J'essaie de gérer ma respiration. William est un garçon intelligent, les liens sont plus rapidement faits dans sa tête que dans les miens. Fouiller dans mon dossier médical... Je crois que j'aurais fais la même chose. Dites moi que c'est tout ce qu'il a fait. Mais a voir son air bien plus que coupable, je sens que le coup de massue est pour bientôt.

« Tu pleurais, pendant que tu dormais. Et j'voulais pas croire ce que je l'ai lu. J'me disais que j'avais mal compris... J'avais... j'avais besoin d'être sûr Maxime. »

Je déteste le ton qu'il a. Je déteste les inflexions fragiles dans sa voix. Sa manière de vouloir se justifier. Mes larmes. Je pleurais donc même en dormant. Mon cerveau commence à faire les liaisons possibles et je fronce les sourcils. Sa nervosité palpable commence a m'inquiéter et mon corps s'est redressé sur la chaise. Le dossier médical ne t'a pas suffit William alors. Vas-y qu'est-ce que t'as fais ? Crache le morceau. Une pointe d'impatience malsaine se met en route, je me sens pâlir, fais les ponts entre les événements. Si Macy était si en colère contre lui... Son teint pâle, répondant au mien. Je serre un poing. Son regard tient difficilement en place. Allez. Lâche ce que tu sais.

« J'ai... J'les ai récupéré. J'ai versé tes larmes dans une pensine et j'ai regardé. »

Mon coeur s'arrête de battre.
Une seconde, puis deux, mon regard se voile. Le coup est plus dur que prévu. Mes larmes. Il a regardé mes souvenirs avec l'impunité d'un voyeur. Il a fouillé dans la vie que je ne voulais pas qu'il voit. Il a trahit notre confiance. J'ai mal. Je me sens blessée, et la peine est plus grande de savoir que ça ne serait pas arrivé si e restée. Mais je ne pouvais pas. Je pouvais pas rester après cette putain de transformation. Le choc est long, je revisite mes souvenirs pour savoir ce qu'il aurait pu voir. Je n'en sais rien, finalement, puisque ces souvenirs sont imprévisibles. Il a tout prit. Tout ce que j'avais. Une violente nausée me prend et un autre sentiment familier se ravive. La colère. Tant d'images éparses me parviennent. Tant de moments, souvent difficiles. Mon intimité.

Je relève mon regard vers William. Le fixe. Une seconde. Je prends conscience que mes tremblements sont plus forts, mes poings et ma mâchoire sont serrés. Je n'arrive plus à respirer.
Avant que je ne décide de quoi que ce soit mon corps s'est déjà redressé, j'ai attrapé le col de William et l'ai relevé pour le plaquer violemment au mur.

Ne lui fais pas de mal Maxime, pas à lui. Mais il mériterait tellement, tellement que je lui arrache les yeux de la tête. Le combat est violent, je me sens trembler tout contre lui. J'ai besoin de sentir sa peau fléchir sous la mienne. J'ai besoin de m'échapper de cette violence qui m'aveugle, pose un voile gris devant les yeux. Je respire avec difficulté et contrairement à d'habitude, je ne hurle pas. Non je vibre de haine et de douleur. Une boule de larme se fiche dans ma gorge et remonte jusqu'à mes yeux plantés froidement dans les siens. Ma main reste bloquée en poing sur son col et il ne pourra pas bouger. Mes dents sont serrées à m'en faire mal mais je ne ressens plus grand chose à part cette furieuse douleur qui fait ravage à l'intérieur de moi.

« T'as vu quoi. »

3...2...1...

« T'AS VU QUOI ! »

Je le replaque au mur et attend. Arrête bordel de serrer comme ça. Je voudrais que quelqu'un me desserre, enlève mes mains de lui. Je lutte pour ne pas forcer plus fort sur son corps, mes yeux restent fixés dans les siens et je sens bien qu'il hésite. Je l'incite à parler d'un regard. La réponse est inscrite dans le bleu de son regard.

«... Tout. »

Je ferme les yeux. Tout quoi. Toute ma vie. Toutes les fois ou mon père m'a tapé dessus ? Toute cette putain de pleine lune ? Tout quoi. Ya rien dans ma vie, rien que de la douleur et du ressentiment. Des coups de bouteilles et de ceinture. Y'a rien putain, y'a rien de de la merde et toutes ces conneries me donnent envie de pleurer, de vomir. Je lutte pour ne pas secouer son corps devenu poupée, le front collé contre le sien, respirant avec difficulté, un grognement lent et profond s'échappe de ma poitrine et ce son me pousse à m'éloigner. Je ne suis pas un animal, bête de foire en spectacle. Avec lenteur je me retourne, le lâche comme un pantin, et m'éloigne avec raideur, les yeux fermés, luttant avec moi-meme pour ne pas craquer ses os sous les miens. Une colère d'ouragan me ravage, j'ai du mal à respirer, le corps tendu. Le grognement s'éteint mais je sens croitre a l'intérieur de moi une nouvelle poussée de violence se poindre et me filer des frissons, je sens mes cheveux se redresser sur mon crâne et je serre, serre encore, me tend et marche avec difficulté pour ne pas relâcher cette vague de fureur. Je ne veux pas qu'elle retombe sur lui et pourtant... Je le déteste. A cet instant. D'avoir fouillé dans ma tete comme un putain de vicelard. Mes épaules se soulèvent au rythme de ma respiration irrégulière. Je me sens attaquée dans mon intimité. Je pose mes mains sur mes oreilles, je m'isole acoustiquement, entend simplement mon coeur battre a une vitesse ingérable. Je vais exploser. Je le sens. Je ne me retourne pas pour ne pas lui sauter dessus, le voir précipiterait les choses.

Calme toi, respire...

« Respire. »

...

« Respire.
— J'Y ARRIVE PAS !! »

Une table vole. Une chaise suit le même chemin. Elles se fracassent au sol, libération extrême de pousser cet hurlement, de renverser ce putain de meuble. Mon pied part se foutre dans la porte d'une armoire, et je me fais mal mais tant pis. Ça, ça me libère. Je finis par m'attrape les cheveux ne trouvant rien d'autre de plus libérateur à fracasser, m'accroupis d'un geste sec et ferme les yeux plus fort que jamais. Pourquoi t'es pas la Alex pour m'aider la. J'ai besoin d'évacuer, encore, je veux briser un os, je veux ressentir la honte d'avoir eu cet accès de rage, je veux en pâtir. J'ai besoin d'avoir mal pour expulser. Pour ne pas exploser la gueule de William sur le mur. Je respire mal, je sens les larmes, je n'arrive plus à réfléchir, un hurlement se loge dans ma gorge et je n'arrive pas à le tarir. D'avant en arrière je sens que ça vient, je le sens, et je ne veux pas. Je refuse, secoue négativement la tête. Tant d'images me reviennent en tête, mon visage détruit sur le sol, plus pâle que jamais, le visage de Macy, de William, tout tourne et m'envahit et puis la silhouette de Dean qui s'engouffre dans la forêt.

« Tu me manques aussi, tu sais. »

Je craque.
De ma gorge s'expulse un deuxième hurlement qui s'écrase contre la peau de mon bras que je serre entre mes dents.
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MessageSujet: Re: Now my mistakes are haunting me like winter came - Maxime.   Mer 1 Avr 2015 - 15:41

A la seconde où son regard croise le mien, je me demande si elle va me tuer. Je me demande si elle va se ruer sur moi, si ses doigts vont venir enserrer ma gorge pour briser ma nuque comme si je n’étais qu’un vulgaire morceau de bois. Je sens une charge plombée mon estomac et je ne me suis jamais senti aussi sale. Aussi honteux. Je suis un traitre. Un lâche, un pervers. Un voyeur, un fouineur. Je n’aurais jamais dû regarder dans ses larmes. C’était comme si… comme si j’avais lu un journal intime, comme si j’avais été une tâche dans son existence, témoin de tous ses travers, de toutes ses douleurs. De toute sa vie, dans son entièreté. Et elle le comprend, elle saisit l’ampleur des dégâts mais surtout l’ampleur de ma trahison. Moi. William Caleb Jackson, venait de la trahir, Elle. Et c’est la pire chose que je pouvais faire dans mon existence après avoir menti à Macy. Les deux femmes de ma vie, les seules sur cette putain de planète et j’ai trouvé le moyen de tout foutre en l’air.
 
C’est une brèche au creux de moi, une blessure qui suppure, s’infecte et qui continuera de s’étendre encore et encore jusqu’à ce que je comprenne à quel point j’ai fauté. C’est bien fait pour ma gueule. Si Macy ne veut plus jamais m’adresser la parole, alors ça aussi, je le mérite. Ce que j’ai vu sous mes yeux, les mots de celle que je considère comme ma sœur jumelle, la douleur dans les yeux de mon « Autre », Maxime… Tout cela est de ma faute. Ma seule et unique putain de faute.
 
Je ne baisse pas les yeux, je lui dois au moins cet affront, ce sursaute de pauvre courage. Son teint est livide, translucide. Son corps tremble comme une feuille morte, ballotée au sein d’une tempête. Mes jambes ne sont que du côton malgré que je sois assis sur cette chaise qui me donne l’impression qu’elle se dérobera sous mon poids d’ici quelques secondes.
 
La violence me projette contre le mur, le col de mon vêtement se serre autour de ma gorge et mon corps percute brutalement le mur derrière moi. J’ai rien vu venir, j’ai pas vu arriver cette boule de fureur droit sur moi. Celle qui me décolle presque du sol de ses deux mains accrochés à mon tissu. J’étouffe un râle douloureux alors que je n’effectue aucun geste pour me débattre. Frappe Maxime. Cogne. Eclate moi la gueule.
Elle est là tout contre moi et je sens son corps tremblé alors que je me laisse aller à sa force, à la violence qu'elle s'apprête à m'offrir. Mes yeux se plongent dans les siens et ce que j'y lie me broie de l'intérieur. Tout ça est de ma faute, toute cette douleur qu'elle ressent, leurs blessures, j'ai tout réveillé comme un crétin et maintenant je n'attends qu'une chose : Qu'elle déverse tout ça sur moi, sur mon corps pour qu'enfin la douleur physique prenne le dessus sur ce qui est entrain de me ravager. Je suis désolé Maxime. Putain, si tu savais à quel point je m'en veux. Je n'arrive pas à articuler le moindre mot, la moindre parole. J'ai juste ce regard que j'ancre dans le sien, froid, humide et assassin. Nos respirations écourtées se mélangent. Elle serre les dents, je peux voir sa mâchoire se contracter sous mon regard.

« T'as vu quoi. »

Ne m'oblige pas à le faire. Ne m'oblige pas à le dire. Je t'en prie. Ses mots sont de millions de morceaux de verres qui m'entaillent de part et d'autre. Les images me reviennent, mon cerveau refait le film de sa vie, seul. Du départ de Kristen à cette nuit où tout à basculer, en passant par ces moments où son père la maltraitait avec une violence hors du commun et ces instants où Dean et Elle...

« T'AS VU QUOI ! »

Nouveau râle douloureux alors que mon corps entre en contact avec le mur avec violence. Dans un geste de réflexe et de survit, ma main se porte sur son poignet alors qu'elle resserre la prise autour de mon tissu. Je sens que mon col se serre sous ma gorge, trop. J'ai l'impression d'étouffer et ma respiration se fait plus forte. Ne m'oblige pas à le dire putain. Mes yeux ne décrochent pas des siens. Un regard, elle insiste. J'hésite. Elle sait ce que j'ai vu, elle se doute parfaitement de ce que j'ai pu voir défiler sous mes yeux mais elle a besoin de l'entendre. Elle a besoin que je le lui dise en face.

Du bout des lèvres, dans un souffle, je lâche :

- ...Tout.

Ses yeux se ferment. Toute ta vie. Toutes ces images. Tout, Maxime. Kristen qui part de chez toi. Ton corps si frêle alors que tu n'es qu'une gamine et qui se fait traîner par les cheveux au travers les pièces par un père qui n'est qu'un putain d'enfoiré. Notre rencontre qui, aujourd'hui, me semble être à des années lumières. Moi sur ce lit d’hôpital alors que je venais de perdre celui que j'aimais. Toi et ce père qui te fracasse et te brise le bras et où j'entends encore le bruit de tes os se répercuter dans mon crâne, comme un rappel de ton malheur. Dean et ton corps contre le sien, fougueux, passionnés. Vous m'avez tellement fait pensé à Jude et moi. Ce « chien noir », cette morsure, ta lutte, ta douleur. Cette pleine lune, ton corps se déchirant sous ses rayons pour devenir Loup. Dean et sa mort. Dean et sa peau déchirés par tes crocs. Ses crocs. Ses os brisés. Tes larmes. Ce sang dans cette salle de bain.

Oui. Tout. Douleurs, pleures, faiblesse, joie, plaisir. Tout. Toi et ta vie, dans son entièreté. Comme un putain de voyeur. Comme un pervers dégueulasse.

Nos fronts sont collés l'un à l'autre, je serres les dents pour ne pas laisser sortir mon flot d'excuses. Je serres les dents pour ne pas chialer comme un gamin parce que ça n'est foutrement pas le moment. Je me sens à la fois vide et trop plein. Traître et victime. Je sais plus où j'en suis. Un grognement sourd s'échappe de sa poitrine et je l'attends. Cette mort. Cette douleur, cette blessure. Cette punition qu'elle ne tardera pas à m'infliger. Je fronce les sourcils et serre plus fort mes paupières. Ne chiale pas.

Ma main toujours sur son poignet, je m'apprête à recevoir un coup. Au lieu de ça, son corps s'éloigne du mien qui s'affaisse lourdement contre le mur où je me retiens de justesse pour ne pas m'affaler de tout mon long sur le sol. Ma main se porte à ma gorge et enfin, l'air frais et libre entre correctement dans mes poumons. Je lâche une toux enrouée, frottant ma trachée en silence. Le chemin se fait dans sa tête. Je la sens tendu, je l'entend respirer difficilement. La crise approche, l'explosion aussi. Tout va nous péter à la gueule et tout ça, par ma faute.

Jude, qu'aurais-tu fais à ma place, dis moi ?

Mes jambes tremblent, mon corps est mou et froid. J'ai froid. Je suis un glaçon et une larme roule sur ma joue.
Voilà que tu chiales encore, espèce de traître. Pourriture.
J'ai fais ça pour comprendre, pour savoir, pour en être sûr.
Pourtant, tu le sais que les secrets ne sont pas tous bons à savoir. Que la vérité est parfois mieux, enfouie.

Je lève mon regard vers Maxime qui me tourne le dos, mains sur les oreilles. Qu'est-ce que je dois faire putain. Fuir ? Non, j'ai déjà trop fauté pour me permettre un tel acte de lâcheté. Non, t'assumes jusqu'au bout. Assumes et contemple le désastre que tu as provoqué en grand professionnel que tu es.
J'ai jamais voulu ça, j'te le jure.

Et tout explose. Tout. La table. La chaise. Ses cordes vocales dans un hurlement qui me transperce de part en part, qui me détruit et me lacère de l'intérieur, comme un animal aux griffes tranchantes. La porte d'une armoire se fissure en deux après qu'elle l'est expulsé d'un coup de pieds. Elle hurle son dégoût pour moi. Plus les secondes se meurent, plus elle repense à ce que j'ai pu voir. Et plus elle se sent violé dans son intimité. Sa haine envers moi est croissante, tout comme ma culpabilité. Je ne me rends pas compte à quel point je tremble là, adossé contre se mur, prête à m'effondrer sur le sol. Ma respiration s'accélère, mes muscles me font mal, cette boule dans le creux de ma gorge ne cesse de grandir, menaçant d'exploser en un hurlement pour que tout ça s'arrête enfin.

Ses mains agrippent ses cheveux et je ne bouge pas, je n'ose pas. Je n'y arrive pas. Je suis bloqué dans une boite en ciment, dans du béton. Elle est là, devant moi, crispée de douleur, hurlant encore et encore, se balançant d'avant en arrière. Elle respire mal. Elle crise. Son cœur va exploser. Elle va crever sous mes yeux, j'vais la faire mourir avec mes conneries et ça sera de ma faute. J'ai pas envie de ça, j'veux pas putain. Stop. Arrête. Maxime j't'en prie. ARRETE.

Cours moi arrêter ce train que tu viens de lancer à pleine vitesse, sans frein. Cours, le stopper. Cours afin que tu te le prenne en pleine gueule William.

Nouvel hurlement et ses dents mordent avec violence, rage et fureur son avant-bras.

Réveille toi. Une image de Jude, les cris, mes mains qui secouent son corps inanimé. REVEILLE TOI !  Un sifflement me transperce les tympans, ma vue se brouille de flash blanc et de couleurs, du visage de Jude qui se transpose sur celui de Maxime. Elle se fait du mal, je devine ses dents accrocher sans aucune retenue le tissu et le morceau de sa peau, prête à être transpercée et déchirée.

Arrête moi ça. Réveille toi.

Je sens mon corps tremblant et instable courir vers elle. D'abord lentement, puis précipitamment. Mon cœur cogne comme un fou dans ma poitrine et bizarrement, je ne pleure pas malgré cette boule de larme coincé dans mon torse. Je ne pleurerais pas. Pas maintenant. Je glisse à genoux vers elle et pose mes deux mains sur ses joues brûlantes et humides de larmes.

- Regarde moi. Maxime. Regarde moi.

Ma voix est sèche, autoritaire mais stable malgré cette impression de fléchir. Alex, comment tu te démerdais dans ces cas là ? Et toi Dean, comment faisais-tu pour la calmer ? Souviens-toi de cette promesse, celle où tu disais que tu ne la laisserais jamais tomber. Que tu prendrais la relève. Que même si cela doit prendre des années, tu panserais ses écorchures suppurées par le temps.  

Elle mord toujours son bras que j'attrape avec poigne, mon autre main sur son menton, la forçant à lâcher prise. Je force, évitant de la pousser à se faire plus de mal. Évitant de la laisser se blesser plus qu'elle ne l'est déjà, par ma faute. Je profites d'un moment où sa mâchoire relâche la pression pour lever son visage d'un geste sec et de placer mes deux mains de part et d'autre de ses joues. Je l'agrippe, je la force à me regarder.  Mes yeux se plantent dans les siens complètement fous, inondés de larmes. C'est de ma faute. C'est moi qui te cause toute cette douleur. Putain. J'aimerai crever.

- Regarde moi. Regarde moi.

Mon front se plaque au sien sans que je la lâche du regard, sans que je ne la lâche tout court. Je la tiens entre mes mains, je tiens cette gamine fracassée par son père, par celui qui lui a donné cette image de sous-merde. Cette fausse mauvaise estime de soi. Je tiens entre mes doigts cette femme brisée, habité par un animal ayant tué la personne qu'elle aime. J'ai pas le droit de la lâcher.

- Pardonne moi. T'entends ? J'suis désolé. J'te lâcherais pas Maxime. Regarde moi.

Lâche pas, ne perds pas la raison. Recentre toi sur moi. Sa respiration est irrégulière, étouffée, sifflante. Elle force, je la retiens. J'voulais pas te faire ça, j'voulais pas être responsable de ce qui te détruis en cette seconde.

- Respire.

Un murmure, un souffle.

- Respire. Je suis là. Je suis qu'un enfoiré de connard, je suis la pire ordure mais j'te lâcherais pas. Tu pourras m'ignorer tout le reste de ta vie mais j'te lâcherais pas. J'en ai rien à foutre de comment tu me vois, de comment tu me déteste parce que j'bougerais pas.

Tu pourras bien me vouer une haine sans nom, tu pourras bien me détester comme tu déteste l'animal en toi, je serais toujours cette ombre derrière tes pas. Je l'ai promis et malgré mes actes, je te prouverais que je suis un homme de parole. Ma culpabilité me gifle, me cogne et me donne la nausée mais je ne me démonte pas, ça n'est pas le moment. Elle est tout ce qu'il me reste avec Macy. Mes parents seraient déçus plus que jamais s'il voyait à quel point j'avais merdé, à quel point j'ai abusé des moyens que j'avais en ma possession.

- Respire.

Reviens moi. Reviens nous. Retrouve moi un semblant de respiration normale. Calme moi ce coeur que je sens pulser sous mes doigts, à tes tempes.  J'irai m'écraser face à Macy durant des années mais elle te reviendra. Elle reviendra. J'arrangerais ça, en dépit de votre affection pour moi s'il le faut. Je sais à quel point tu ne pourrais pas vivre en paix si elle te tournait le dos. Je sais à quel point elle compte pour toi.
Le monde n'existe plus autour de moi, je pers la notion du temps, la notion des actes et des mots. Il n'y a plus que Maxime et moi. Je me souviens de notre rencontres, de nos moments passés tous ensemble. De ce lien qui nous maintenait à flot. On était prêt à tout pour aider l'un des nôtres. A tout. On était une putain de famille soudée. Maintenant, nous ne sommes qu'un amas de débris.

Nos regards aux allures d'Océans ne se décrochent pas, je suis son ancrage, un port pour ne pas qu'elle dérive.

- Je t'aime, Maxime. J'te lâcherais pas.

Je ne suis pas Dean. Je ne le serais jamais mais je ferais ce que je peux pour que plus rien ne t'arrive. Pour que Daniel ne lève plus sa main sur toi. Pour que cet animal cesse d'être un fardeau. Je ferais ce que je peux pour te protéger, comme lui l'aurai fait.
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MessageSujet: Re: Now my mistakes are haunting me like winter came - Maxime.   Sam 11 Avr 2015 - 20:24

« Regarde moi. Maxime. Regarde moi. »

Mes dents s’acharnent sur ma peau et même si mon hurlement se tarit, j’ai besoin encore de sentir la douleur se partager mon espace corporel. J’en ai besoin. Je dois avoir mal, je veux sentir encore à quel point on peut souffrir physiquement, comme pour surpasser la douleur mentale. Ça cogne dans ma tête, ça cogne dans mon cœur, ça me détruit, je ne veux plus entendre sa voix, ni celle de Dean, j’veux m’en aller, je veux mon frère, je veux mourir, …

« Regarde moi. Regarde moi. »

Mes dents ont quitté ma peau grâce ou à cause de lui, je ne sais plus, il me force à le regarder. Mes yeux pleins de larmes, pleins de haine, de détresse, se posent dans les siens et je me sens défaillir, les joues blanches, le corps crispé dans cette position inadéquate. Je n’arrive plus à réfléchir, je n’arrive plus à respirer, je retiens des larmes qui coulent quand même, et je me déteste, je le déteste, je ne sais pas quoi faire, quoi dire. Je ne sais plus ou j’en suis, ma tête tourne, j’ai encore mal à l’avant-bras et j’en tire un plaisir étrange mais salvateur. Fais-moi mal encore.

« Pardonne moi. T'entends ? J'suis désolé. J'te lâcherais pas Maxime. Regarde moi. »

Chacun de ses mots est une pluie de verre pilé descendue de force dans ma gorge. J’ai l’impression qu’il m’enfonce encore et encore le même couteau pointu dans la foutue même plaie. Tu ne peux pas me dire ça, lâche, tu ne peux pas me faire ça après avoir violé mon intimité. Tout vu. Des tas et de tes d’images différentes, éparses, se gorgent de couleur, de cris ou de rires, chaque fragment d’image est une plaie ré-ouverte, une larme de plus, une force en moins. Je me sens trahie, je me sens salie, mais par-dessus tout la douleur hurle à l’intérieur de moi et bien sur mon souffle se tarit. Je n’arrive plus à prendre l’air dans mes poumons. Je voudrais mourir étouffée et peut-être qu’ainsi je le retrouverais…

« Respire. »

Ses mots me font ouvrir les yeux, alors qu’ils étaient fermés, perdue dans la contemplation de cette vie misérable. Pas ça. Pas toi non plus, s’il vous plait, lâchez-moi, avec ça. Je veux pas respirer pour toi William, je veux pas respirer sans lui, je veux qu’on me laisse. Arrêtez de me dire de respirer. L’air que j’inspire dans mes poumons, malgré tout, est une brûlure, un alcool dangereux qui s’enflamme. Tais-toi William.

« Respire. Je suis là. Je suis qu'un enfoiré de connard, je suis la pire ordure mais j'te lâcherais pas. Tu pourras m'ignorer tout le reste de ta vie mais j'te lâcherais pas. J'en ai rien à foutre de comment tu me vois, de comment tu me déteste parce que j'bougerais pas. »

Ouais t’es qu’un enfoiré, qu’un connard, je te déteste, je te détesterais à vie, j’ai envie de te cogner, pour m’avoir volée, pour avoir regardé toutes ces choses que je voulais garder avec moi pour toujours. Tu n’avais pas besoin d’être au courant. Je tremble de toutes mes forces, je veux me détacher de lui, je veux arracher chacun de ses membres, je veux éclater mes poings, me faire mal, je ferme les yeux très fort comme si j’allais me réveiller des années plus tôt, quand tout allait bien, quand j’étais dans les bras de Dean, William et Jude s’aimaient vraiment et Macy et Spencer s’éclataient ensemble à danser au milieu. Je veux retourner à cette époque je vous en prie, tuez-moi et renvoyez-moi là-bas, il n’y a que ça qui pourrait me sauver. Pour ne pas forcer William à regarder mes souvenirs, pour ne pas voir Macy partir et me détester. Elle me hait et je me déteste plus encore mais sa haine à mon égard me fait mal, comme entourée et léchée par les flammes.

« Respire. »

Mes lèvres se contractent un peu plus, mon corps tremble davantage, ma respiration reste coupée, je commence à voir des couleurs éthérées, je veux toucher le bout et m’endormir, j’ai déjà essayé de mourir, une fois, et je n’ai pas réussi. Par lâcheté. Fais-le à ma place William, achève-moi, c’est comme ça que tu devras te racheter. Lorsque j’ouvre les yeux à nouveau je plante mon regard dans le sien, immédiatement et nos regards s’accrochent comme ils s’accrochaient des années plus tôt. Quand il a perdu Jude. Je me retrouve à sa place, le visage baigné de larmes, le corps secoué de tremblements incroyables.

« Je t'aime, Maxime. J'te lâcherais pas. »

Mon cœur implose et à la seconde où il finit sa phrase, un sanglot bruyant s’échappe de ma gorge.
Je pleure.
Et je pleure plus que jamais maintenant. Mon regard lâche le sien, mon corps tombe et mes genoux heurtent le sol. Mon être entier se penche, son bras contre mon ventre, mon flanc contre son ventre, je déverse toute ma peine et toute ma douleur, je récupère de l’air et l’expulse dans de long sanglots, mes mains accrochées sur lui, je ne sais pas où. Je ne sens plus mes jambes, me contente de tout relâcher, je ne tiens qu’à un fil et ce fil c’est William.

Alors que je pensais vidée de toute substance, un amas de colère se faufile jusque ma gorge et j’expulse alors un hurlement puissant, qui se stoppe lorsque ma respiration vient à manquer… Et mes sanglots reprennent, moins bruyants, plus feutrés, mais chauds et présents.
Tu me manques et je t’aime, je te déteste mais je me déteste aussi, je n’y arrive pas, j’vais…

« …pas y arriver… »

Entre deux sanglots, mon visage se secoue négativement, et finit par retomber sur son épaule.

« J’te déteste Liam, j’te déteste… »

Je n’arrive pas à arrêter de pleurer et maintenant mes mains s’accrochent à lui. Ma dernière bouée, ma dernière accroche au réel, et même si je veux mourir j’en suis incapable alors autant vivre avec lui, avec Macy. Je ne veux pas qu’ils me laissent, j’ai peur d’être seule. J’ai peur d’être sans eux.

« Mais moi aussi… moi aussi je t’aime. »
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MessageSujet: Re: Now my mistakes are haunting me like winter came - Maxime.   Jeu 16 Avr 2015 - 12:35

A quand la paix. A quand l’apaisement. A quand le souffle qui nous soulage le cœur et les muscles. A quand ces jours où le reflet du passé nous ramènera vers de meilleurs horizons. Je tremble, chaque vibration de mon corps est un supplice et je regrette ces instants de calme que nous vivions lorsque nous étions tous réunis sur les bords de mers, en Californie. Comme une famille. Comme une bande de supers bons potes. Et plus j’y pense, plus une boule de larmes me bloque la gorge. Dis-moi, ils sont passés où ? Tous ces instants volés à la dérobés, en emmerdant le monde, en levant notre doigt bien haut pour les envoyer se faire foutre. Elle est où, notre liberté Maxime. Sans Spencer, sans Dean… j’ai la sensation que nous n’y arriverons plus.

Petite sœur de mes nuits, ça m’a manqué tout ça.
Quand tu sauvais la face, à bien d’autres que moi.
Sache que je n’oublie rien. Mais qu’on est face, à ton Etoile.
©Noir Désir – A ton étoile.

Pourtant, je ne dois pas lâcher prise. Pour la simple et bonne raison que je le lui ai promis. Je lui ai promis de rester près d’elle, je viens de le faire. Je viens de lui dire que je l’aime. Que je n’la lâcherais pas, alors j’le ferais pas. Pour Spencer. Pour Dean, celui qu’elle a aimé. Pour Maxime, parce que j’tiens à elle. Plus qu’elle ne l’croit. C’est comme ma sœur, elle est … je sais pas putain. Je ne peux pas me résoudre à imaginer un avenir sans elle, sans Macy. Et pourtant, je viens de tout foutre en l’air comme un con. Macy me parlera peut-être plus jamais et rien que cette idée me transperce le cœur de balles cloutées. J’ai foiré. Putain, j’ai tellement foiré.

J’ai du mal à ramener Maxime à moi, à notre réalité, à nos douleurs communes. Puis, ma phrase s’achève, celle où je lui crache ce mot que nous n’osions jamais nous dire. Jamais.

Son sanglot me traverse de part en part, me brise et m’éclate au sol en un million de morceau de douleur et de culpabilité. Elle pleure. Elle sanglote quelque chose qui vient du fond de sa gorge, du fond de son cœur. Quelque chose de profond, d’humain, de terriblement douloureux. Le même sanglot qui m’a traversé le corps lorsqu’elle est venue me prendre dans ses bras, à l’abri des regards, lorsque Jude est mort.

Elle chute, je l’accompagne. Ne la lâchant pas une seule seconde alors que le souffle me manque et que les battements de mon myocarde menacent de me tuer. Ses pleures se font bruyants et douloureux. Et tu en es le seul responsable. Je suis à genoux et je la ramène à moi, son flanc contre moi, sa tête contre mon torse et je pleure en silence alors qu’elle déverse tout ce qu’elle contient avec des sanglots de peine que je n’avais jamais entendu traverser ses jolies lèvres. C’était la première fois que je la voyais si… fragile. Détruite. Explosée. Et surtout vulnérable. Ca me déchire les entrailles et ça me rend encore plus con, plus sale, mais pourtant, je la laisse s’accrocher à moi car si je peux lui permettre de tenir, je le ferais. Qu’importe ce que ça me coûtera, j’y arriverais. J’te lâcherais pas, tu m’entends ? Reste là, contre moi. Sa chaleur lupine traverse ses vêtements et me réchauffe malgré mon être froid.

Lorsque je pensais être brisé pour de bon, lorsque je pensais que désormais, elle ne ferait que pleurer sa douleur, un hurlement puissant s'échappe d'entre ses lèvres. Déchirants, percutant et surtout... douloureux. Je sens mon coeur se déchirer alors que je ferme les yeux avec violence et que je serre la mâchoire, la serrant plus fort contre moi, sans me soucier de la douleur. Son cri se répercute entre les murs et vient s'écraser contre moi pour me marquer à vie. C'est animal, plein de rage, de colère et de souffrance. Comme si elle vomissait par son hurlement, tout ce qui la rongeait. Comme si elle n'était qu'un corps contenant trop de blessure au point de ne plus réussir à emmagasiner. Alors, il faut jeter, expulser et ce cri est un exutoire malgré les frissons de terreur qu'il me colle le long de la colonne. Il renforce mes convictions et mon amour pour elle.

Puis il s'éteint et pourtant, j'ai la sensation d'encore le sentir me faire vibrer la peau. Ses sanglots reprennent, plus hachés, mais gorgés de larmes profondes.

« …pas y arriver… »

Je la berce, l’entoure de mes bras et la plaque à moi, la conserve là, au creux de mes bras. Comme une poupée brisée, je tente de la réparer de mon étreinte. Je me donne la sensation de la protéger contre toutes ces blessures qui se ré-ouvrent une à une, les coutures cédant et éclatant à chaque respiration. Elle n'est plus la Maxime qu'ils voient tous dans les couloirs, cette femme au coffre brut, aux allures de caïd. Non. Désormais c'est une jeune femme détruite que je tiens entre mes bras, à coeur ouvert, chair à vif.

- On y arrivera. J’te lâcherais pas. J’te le promets.

Oui, sur tout ce que j’ai, sur tout l’amour que je vous porte à toi et Macy, je resterais là, même si elles me méprisent et me crachent à la gueule, je bougerais pas. J’assumerais mon rôle jusqu’au bout. Ils ne sont plus là pour veiller sur vous, nos deux petites femmes, nos « gonzesses » comme le disait si bien Spencer. Ils me détesteraient de me voir lâcher prise, je serais indigne si je ne tenais pas le choc. Elle secoue la tête en signe de négation. Quoi que tu en pense, tu verras, on y arrivera. On a surmonté les pires merdes, alors cette fois encore, nous y arriverons et nous les emmerderons.
Ma voix est tremblante mais grave, tentant d’affirmer une assurance qui semble se renforcer à chaque nouveau sanglot de la part de Maxime.

« J’te déteste Liam, j’te déteste… »

Le savoir est terriblement douloureux, mais l’entendre est bien pire. Pourtant, j’étais conscient à la seconde même où j’ai lu ses larmes qu’elle me haïrait comme jamais. Mais de l’entendre le dire, d’entendre ses mots de sa bouche me brise. Je me fissure et me retiens de ne pas chuter un peu plus avec elle. Je reste assit sur mes talons, droit, la serrant plus fort que moi. Je le sais que tu me hais, je le sais. Mais putain que ça fait mal, si tu savais.

Elle s’accroche plus fort à moi et j’assure doublement ma prise sur son flanc et sur sa tête. Respire Liam. Respire.

« Mais moi aussi… moi aussi je t’aime. »

Je ferme les yeux avec force, laissant rouler mes larmes sur mes jours, en silence. Son « je t’aime » me fait l’effet d’une bombe nucléaire dans le cœur, elle qui ne le dit jamais. Elle qui n’exprime ni larmes, ni sentiments. Elle était aujourd’hui à genoux, le corps fléchit par la douleur, laissant échapper des sanglots douloureux et me disant qu’elle m’aime. Je la berce toujours, tendrement, lentement, comme si cela pouvait apaiser tout ce mal qui la ronge. Elle vivait avec ça depuis combien de temps ? Depuis combien de temps te laissais-tu te détruire comme ça, en silence ? Avec les coups de ton père, la mort de Dean. Ton amour naissant pour lui. Depuis combien de temps putain. Et j’ai rien vu venir. J’ai rien vu.

Je panserais ses blessures et j’en ai rien à foutre de savoir combien de temps ça me prendra. J’le ferais, c’est tout.

Cette douleur partagée semble irréelle tant sa puissance me désarçonne. Et je ne sais pas combien de temps nous restons là, elle et moi, alors que je la garde contre mon torse, la berçant jusqu’à ce qu’elle se calme, jusqu’à ce ses sanglots se tarissent sous mes étreintes. Mes propres larmes sèchent sur mes joues alors que je rejoue le film de sa vie à elle, de notre vie à nous. Je ne sais pas si ce moment la soulage malgré tout, mais je ne la lâche pas une seconde, mes mains cramponnant son sweat.

Je ne sais pas si elle me pardonnera, je ne sais pas si elle arrivera un jour à me fixer droit dans les yeux, sans me détester… Mais je ne cherche à aucun moment de me défaire de cette étreinte, lui donnant tout l’amour que j’ai pour elle dans ce va et vient aux allures de berceuse, dans mes doigts qui caressent doucement son bras dans un geste tendre. Je me raccroche à son « je t’aime », grave ses sanglots en mon cœur, comme un rappel de sa douleur, pour ne jamais oublier sa fragilité.

Désormais, c’est nous trois, contre le monde.


- FIN -
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