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 [OS] And once you're gone you can never come back - Part One.

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MessageSujet: [OS] And once you're gone you can never come back - Part One.   Jeu 5 Mar 2015 - 12:22

► And once you're gone you can never come back ◄
OS Part One - William



Dimanche 4.01

- Macy j’ai pas envie d’y aller. Sans déconner, j’ai jamais le Quidditch en plus !
- Mais t’as pas honte ! C’est ta maison maintenant, tu DOIS aller encourager ton équipe.
- Tu t’fou d’ma gueule sérieusement ? J’vais pas foutre les pieds là-bas, en plus il caille.
- T’es qu’une tapette c’est pour ça.
- Haha. Tu fais dans la facilité, tu te ramollie.
- Non c’est vrai. Môsieur veut pas y aller parce qu’il fait trop froid… T’as peur de quoi ? Que ton joli petit visage soit tout sec ?

Elle pince mes joues et je balaie sa main d’un geste du poignet en fronçant les sourcils. Bordel qu’est-ce qu’elle peut être casse-couille quand elle s’y met. Et bien évidemment, Jefferson n’est JAMAIS là quand j’ai besoin d’elle. Quoi que… Non c’est tout aussi bien qu’elle ne soit pas là, elle n’aurait fait que surenchérir.

- T’en fais pas, j’te prêterais ma crème.
- Celle que tu mets pour éviter de ressembler à un Sharpay à 40 ans ?
- T’es qu’un connard.
- Gentil Connard.
- Allé on y va ?
- NON.
- S’teuplait ?
- Bordel  NON.
- Will…
- Quoi ?
- On y va ?
-…

J’étouffe un râle agacé en plongeant mon visage entre mes mains, alors que nous sommes assis dans la salle commune des Serpentards. Est-ce qu’elle va un jour arrêter ? Je sais même pas pourquoi elle veut foutre les pieds à ce match. Ok, elle aime bien le Quidditch et elle s’y défoule en tant que batteuse. Quand il s’agit de cogner, c’est la première. Mais j’ai pas envie d’y aller, vraiment. J’ai jamais été friand de ce sport et je ne le serais jamais. Les seuls matchs auxquels j’ai assisté sont ceux où elle y jouait. Hors ici, à Poudlard, l’équipe est complète. Pas de Macy qui joue, pas de match.

- Sans rire, pourquoi tu m’emmerde pour qu’on y aille ? Tu veux te faire du mal envoyant ce que t’as loupé ou quoi ?
- Bah… en fait, c’est pas trop ça.

Vous savez quoi, je connais Macy depuis qu’on porte des couches culottes. On est devenu inséparables. L’un n’allait jamais sans l’autre et c’est encore le cas aujourd’hui. C’est ma meilleure amie, ma frangine. Personne ne la touche, sinon j’élabore un stratagème pour établir le crime parfait à l’encontre de celui qui osera porter la main sur elle. Je la connais mieux qu’elle ne se connait elle-même. Chaque mimique, chaque geste, chaque intonation de sa voix… tout ça je les connais par cœur. Alors quand elle me sort son regard vert bouteille, mouillant et que ses pommettes rougissent…

- J’espère que t’es vraiment entrain de te foutre de moi…
- Maiiiis ! J’veux le voir dans sa tenue de Quidditch ! Il va être trop sexy dedans !
- C’est lequel ?
- Le grand, brun, aux yeux bleus. Avec une gueule de p’tite frappe mais il a l’air tout doux. Puis il a un sourire craquant. Il est dans ta maison.

Vaste blague quand je visualise le mec dont elle parle…

- T’es au courant qu’il est aussi gay que moi ?
-…

Elle me regarde, me sonde puis hausse les épaules d’un air désinvolte.

- M’en fou. Ça m’empêche pas de le trouver hyper canon. Puis il a un beau p’tit cul quand même… Alors sur son balai, j’imagine même pas !

Et nous y sommes allés. Parce que Macy a un foutu pouvoir de persuasion et que de toute manière, Maxime n’aurait jamais foutu les pieds là-bas, même si c’était aussi son équipe qui jouait aujourd’hui. Si personne n’avait voulu accompagner Macy, nous aurions eu le droit à une crise. Franchement, nous avions tous envie d’éviter ça. D’ailleurs, en parlant de Jefferson, elle semble souriante aujourd’hui. Pas le genre de sourire où tu es heureux, amoureux ou toutes ces conneries mais plutôt son sourire de victoire. Mais j’sais pas encore pourquoi. Elle m’a promis de m’en parler un peu plus tard et qu’elle aimait bien garder le suspens…

¥

Le match est … comment dire. Macy n’a dieu que pour le beau brun mais elle ne manque pas de gueuler contre l’équipe quand ils perdent l’avantage …même si Serpentard se mange une énorme raclée. D'ailleurs, si Riley n'avait pas été là pour attraper le vif d'or, ils se seraient pris une défaite des plus violentes et humiliantes. Et j'crois que Macy fait la gueule parce que les Serdaigles ont perdu... et moi j'm'en fou complètement. Nous sommes rentrés au château, elle est venu « pleurer » auprès de Maxime qui l'a réconfortée à sa manière… C’est à dire en disant que « de toute façon les Serdaigles ont rien dans l'ventre et que ce sont des tapettes sans ambition pour le Quidditch ».

– N'empêche qu'ils allaient mettre une grosse raclée à Serpentard si Riley n'avait pas chopée la boule dorée.

J'ai le droit à une remarque salace, comme d'habitude. De toute manière, Maxime c'est même pas une vraie femme. Sans déconner, j'comprends pas. Bon, quand tu la regarde comme ça, tu vois bien qu'elle fait partie de la gente féminine même si ses atouts féminins ont décidés de lui faire la gueule dès sa naissance. Mais quand elle parle parfois... J'ai l'impression qu'un mec est coincé dans ce corps. Remarque, ça ne serait pas improbable avec une personne comme Maxime.
J'suis content de l'avoir retrouvé... Même après nos retrouvailles tumultueuses. Je n'ai plus cette colère sourde que j'ai ressenti lorsque je l'ai revu et où j'ai capté que durant tout ce temps, elle était en vie et libre. Tout s’est échappé rapidement pour laisser place à ce qui a toujours été là : Mon affection pour elle. C'est une force brute que j'ai souvent envie de protéger même si cette grande gueule me dit qu'elle n’a pas besoin de Baby-Sitter mais qui aimait venir se glisser chez moi, lorsque ça n'allait pas chez son père.

Nous avons passé une bonne partie de la journée ensemble et j’ai même fait la connaissance d’Adrianna. Une Gryffondor qui se demandait si ce fameux Loar était toujours en vie ou non. Même ceux de Poudlard connaissent visiblement l’angoisse de la destruction de Salem. Je me souviens très bien du visage du concerné mais … je n’ai pas su lui dire s’il était toujours en vie. Parce que les survivants sont ici, à Poudlard et que je doute que ceux étant restés pris au piège là-bas, soit encore de ce monde. Lorsque nous nous sommes quittés, je n’ai pas pu m’empêcher d’adresser une prière silencieuse pour tous ceux qui n’ont pas eu notre chance. Peut-être que j’ai fait ça par automatisme, je n’en sais trop rien mais, je le promets… Elle était sincère.

Nuit du Dimanche 4 Janvier au Lundi 5 Janvier

- Psss… Will. Will reveille toi.
- Humniagnak….

J’ai les paupières lourdes et quelqu’un m’oblige à les ouvrir alors que j’étais en plein rêve. Un rêve… hyper cool. Où un beau mec me faisait la cour. Non mais sans déconnez, genre LE beau mec… avec des mains toutes douces et …

- Will !
- Mais quoiiiii bordel je dors !
- Maxime a disparue.

J’ouvre cette fois grand les yeux et me redresse sur mes coudes alors que j’étais endormie sur le ventre et tourne ma tête vers cette petite tête aux cheveux blonds/roses qui s’est assise sur mon lit, vêtue d’un tee-shirt punk et d’un pantalon de pyjama rose pâle. J’ai le cœur qui a fait une putain d’embardé. Maxime et disparu et ne peuvent plus faire partie de mon vocabulaire, pas quand ils sont dans la même phrase.

- Comment ça disparue.
- Enfin… je ne sais pas en fait. Elle est pas dans son lit.

… La pression chute et m’allège d’un poids de plomb. Bordel. Je m’affale dans mon lit, soulagé.

- Macy… m’refais plus jamais des peurs comme ça putain. Tu la connais, elle a sûrement dû vagabonder à droite à gauche. Ou alors elle occupe le lit de Mateo…

Ou d’Hasting de ce que j’ai cru comprendre.

- Mais si elle était encore partie ?

Et là je comprends. Je tourne la tête vers elle et je vois son visage pleinement éclairé par la lune qui sera bientôt pleine. Je peux percevoir sans peine les larmes dans ses yeux et la panique qui l’habite.
Macy est une boule d’énergie inépuisable avec un caractère aussi à chier que celui de Jefferson. Mais c’est aussi une angoissée perpétuelle. Lorsqu’il s’agit de foncer dans le tas pour nous venir en aide, elle le fera. Elle possède cette inconscience juvénile qui, souvent, s’avère dangereuse. En revanche… il se peut qu’il lui arrive d’angoisser pour des choses qui parfois, n’ont pas lieu d’être. Comme ce soir. Maxime est déjà partie une fois, elle lui a terriblement manquée et elle a peur qu’elle se refasse la belle. Même si nous savons que ça ne recommencera pas, elle n’arrive pas à chasser cette sale idée de sa petite tête. De ne pas l’avoir vu dans son lit a dû accroitre ce sentiment opprimant.

Je me redresse cette fois complètement avant de venir m’adosser sur la tête de mon lit et de lui tendre le bras. Elle connait ce geste, elle connait cet appel et elle y répond dans la seconde en se glissant sous ma couette. Elle vient se blottir contre mon torse alors que je l’enveloppe de mon bras.

- Elle partira plus, t’en fais pas.
- Alors pourquoi elle n’est pas dans son lit ?
- Tu la connais Macy… C’est une vagabonde. Elle vit la nuit, j’suis sûr qu’elle est quelque part dans le château… Qui sait, elle a peut-être été retrouvée Hasting parce qu’elle a plus appréciée qu’elle n’a bien voulu nous l’dire.

Elle lâche un petit ricanement amusée avant d’entortiller ses doigts autour du bas de mon tee-shirt. Je ne sais pas quelle heure il est mais peu importe, Macy a besoin d’une présence et jamais je ne la renverrais balader, même si elle me disait qu’elle avait fait un cauchemar avec une carotte géante qui lui courrait après. C’est ma petite sœur et comme tout grand frère qui se respecte, je suis là pour elle. Elle m’attendrit toujours dans ces moments où elle transpire d’une fragilité que peu de personne arrivent à percevoir chez elle. Seuls Maxime et moi-même en connaissent les signes.

Il ne faut pas plus de 5 minutes pour qu’elle s’endorme tranquillement contre moi et lorsque je m’assure qu’elle est bien partie sauter sur Morphée, je ne tarde pas à l’y rejoindre, bercer par le rythme de sa respiration.

Lundi 5 Février – 11 heures

Ils sortent de cours SACM et Maxime ne s’est pas présenté. Pourtant, elle m’a dit que c’était l’un des seuls qu’elle suivait avec un minimum d’attention. A croire que sa soirée a dû être sacrément épuisante pour qu’elle ne soit pas ici ce matin. Je l'attendais à la sortie mais personne... je me dirige vers la prof' en question et elle me dit que non, elle n'a pas vu Maxime ce matin. Je fronce les sourcils, la remercie et fais demi-tour. J'ai vu Macy partir avec une de ces nouvelles « potes » de classe, celle qu'elle s'est fait en Arithmencie, me chargeant de faire un gros bisou à Maxime … sauf qu'elle n'est pas là. Donc elle doit être encore entrain de dormir. Je soupire... Elle ne changera jamais. Je marche dans les couloirs, main dans une poche, l'autre tenant la lanière de mon sac me dirigeant vers la salle d’Histoire de la Magie que je songe sérieusement à sécher. Je suis en avance sur le cours et j'ai pas envie de perdre deux heures de mon temps...

– Monsieur Jackson ?

Je me retourne et fais face à celui que Mateo et Maxime appelle « Mr Iceberg ». Mr Helland se tient devant moi et étant le Directeur des Serdaigles, le fait qu'il m’alpague comme ça m'étonne. Pourtant j'suis calme en cours, j'dirais même gentil... sauf quand Jefferson m'emmerde mais c'est autre chose. Je plante mon regard dans le sien d'un air … pas nonchalant. Nous sommes tous d'accord sur ce point avec les copains : La dernière personne qu'on a envie d'emmerder avec Mlle Hunt, c'est bien lui. Alors je me tiens bien droit, j'enlève la main de ma poche et me comporte comme mes parents me l'ont appris.

- Oui Monsieur Helland?
– Vous pouvez me suivre s'il vous plait ?

Moment d'hésitation. Il englobe le couloir blindé de monde de son regard, avant de le planter dans le mien. Une réunion privée entre vous et moi ? Mais pas de problème, grand fou. J'espère qu'il peut pas lire dans ma tête quand même... Il tourne les talons, je le suis sans broncher alors que mon cerveau est en train de se poser milles et une question. Je retourne toutes les situations dans ma tête en me demandant ce que j'ai bien pu foutre pour qu'il veuille me voir en privé. Mes résultats ne sont pas tombés puisque nous sommes en début de reprise mais mon dossier est clean, mise à part quelques conneries faite à droite à gauche. Droit et psychorigide comme il est, c'est sûrement pour un truc dans ce genre là...

Il m'emmène d'escaliers en escaliers, de couloirs en couloirs et lorsque l'un d'eux est vide, il se tourne vers moi et emprunte un ton plus doux et moins froid.

– Votre amie, Mlle Jefferson, est à l'infirmerie.
– … Ah.

Juste Ah. Parce que vu sa gueule, j'ai pas l'impression qu'elle y soit pour des règles douloureuses. Les questions se bousculent déjà entre mes lèvres.

– Qu'est-ce qu'elle a ? Elle va bien ? Quelqu'un lui a fait du mal ?
– Du calme, du calme. Elle va bien. Nous l'avons retrouvé hier soir dans une des salles de ce château... Elle sortait tout juste d'une crise de violence.

Mon cœur s'est emballé au rythme de ses mots parce que nous parlons de Maxime, qu'on vient de perdre Spencer et que nous venons de la retrouver elle. Hors de question pour qu'il lui arrive quoi que ce soit. Puis il me parle de rage. Violente. Et je sais de suite, de quoi il parle. Et il le voit aussitôt dans mon regard.

– Est-ce que ce genre de chose est fréquent ?

Je me braque mais ne laisse rien paraître. Je me redresse, en réajustant de manière naturelle mon sac sur l'épaule.

– Qu'est-ce que vous appelez par ce « genre de chose » ?
– Mlle Jefferson semble être sujette à des crises de nerfs plutôt violents, suivi d'une fatigue et d'un épuisement assez conséquent.
– Comme tout le monde je suppose, non ? Peut-être qu'elle s'était disputée avec quelqu'un.
– Vous savez très bien que non, Monsieur Jackson.
– Je ne sais rien du tout, Monsieur Helland.

J'ai dit que je ne risquerais pas à faire le malin devant lui mais là, c'est de Maxime dont nous parlions. Je sais très bien de quoi il s'agit, quelles crises il évoque mais il est hors de question que je lui en parle. La seule personne qui doit le faire, c'est elle car cela voudra dire qu'elle aura enfin passé l'étape de l'acceptation pour peut-être tenter quelque chose derrière, afin d'apaiser ce truc qui la bouffe et qui lui fait péter des plombs pour trois fois rien.

– Qu'est-ce qu'elle fait à l'infirmerie si elle va bien ?
– Elle est épuisée et dors depuis hier soir avec des fragments d'éveils assez courts. Je ne suis là que depuis le 20 Décembre et c'est déjà la deuxième fois que j'assiste à ce genre de crise de sa part. Je ne vous en parle pas pour vous faire des remontrances, Monsieur Jackson. J'aimerais simplement que vous m'aidiez à m'éclairer sur le sujet afin de pouvoir lui apporter des solutions.
– La seule personne qui pourra et qui doit vous en parler ici, c'est elle même.

Il ne la connait pas... Il ne sait pas qu'à la seconde où il va lui proposer de l'aide elle va le renvoyer chier. Prof ou pas. Elle a déjà été formelle avec moi sur ce sujet, à l'époque où elle était encore à Salem. Elle n'était pas folle, elle n'était pas une putain de taré alors ce n’était pas la peine d'aller faire un speech à l'infirmier. Et je la crois quand elle me dit qu'elle n'est pas folle, parce que ça n'est effectivement pas le cas. Elle est simplement atteinte d'un trouble que peu de personne savent reconnaître ici, jugeant d'abord au premier regard, prenant le « malade » pour un fou allié qui frappe sur tout ce qui bouge alors qu'ils ne sont, en fait, qu'un condensé de douleur et de violence incontrôlée et incontrôlable. J'ai assisté à de nombreuses crises de Maxime et croyez-moi, les petites crises de nerfs que vous vous tapez dans votre coin, c'est DisneyLand à côté. Mais j'ai aussi assisté aux après et encore aujourd'hui, je me demande ce qui est le pire. La voir tout dévaster sur son passage en hurlant des insultes et des propos qui pourraient blesser les plus endurcis ? Ou ce regard bourré et gorgé de douleur, de culpabilité et de violence qu'elle aimerait vomir une bonne fois pour toute.

Alors oui, je le crois ce type quand il me dit qu'il peut l'aider. Mais je sais aussi que si je lui dis quoi que ce soit, Maxime ne me le pardonnera pas. Elle seule peut prendre la décision. Et Monsieur Helland, semble le comprendre. Il abdique et m'intime de le suivre d'un regard. Chose que je fais, d'un air détaché alors qu'à l'intérieur de mon crâne, c'est Bagdad. Parce que qui dit crise, dit énervement. Qui dit énervement, dit cause. Mais laquelle ? Quelqu'un ? Une situation ? Parce que la première chose que je m'attendais à entendre était qu'elle avait fracassée le visage de quelqu'un... Ce qui ne semble pas être le cas. A moins qu'elle ait caché le corps.

J'ai mal au ventre alors que je sais qu'elle va bien, il me l'a dit. Mais j'sais pas, j'suis stressé alors que j'suis de nature super calme d'habitude. Seulement, là c'est Maxime et ça me rend mal à l'aise et un peu angoissé. Nous arrivons à l'infirmerie et il me guide vers le fond d'une salle que je connais déjà et où je vois cette grande brune hispanique s'occuper d'un patient après m'avoir jeté un regard et un demi-sourire que je lui rends, par politesse. Monsieur Helland tire un rideau et …

C'est une bombe dans mon cœur, une bombe dans ma gueule. Je reste figé sur place, complètement... ébranlé par cette vision. Il n'y a rien d'horrifiant. Pas de sang si ce n'est ses poings qui comportent encore un peu d'écorchures et d’ecchymoses. Sinon, rien sur le visage, rien sur les bras. Mais une chose me choc au-delà de tout ça. Sa position et son visage, ses expressions.

Roulée en boule, comme un fœtus se mettant à l'abri dans le ventre de sa mère. Et son visage. Bordel de merde. Crispé, sourcils froncés, cernes sous les yeux... et des larmes. Des putains de larmes qui s'écoulent sur ses joues. Maxime ne pleure jamais, seulement de rage. Mais là, elle dort et on dirait que même le monde de ses rêves est devenu douloureux.

– Elle est comme ça depuis hier soir. Je vous laisse seul avec elle... mais pas trop longtemps. Elle a besoin de repos. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis à côté.

Je ne bronche pas et le laisse partir après avoir tiré le rideau derrière lui. Je reste un instant figé, mon regard bloqué sur ses foutues larmes. D'un geste d'épaule, je fais glisser la lanière de mon sac à dos dans le creux de mon coude avant de le déposer au sol. J'attrape doucement la chaise et la place juste devant le bord de son lit, près de son visage et m'y assoit.

– Putain... mais qu'est-ce qui va pas chez toi, Jefferson.

Pourquoi tu t'es tiré. Pourquoi t'as pas eu le choix. Pourquoi t'es plus fermée que jamais. Pourquoi tu te retrouves là maintenant à pleurer en silence, dans ce lit, prostrée comme une enfant. Et ça me bousille le myocarde. Je remercie le vieux barbu à ce que Monsieur Helland m'ait demandé moi et non Macy.

Et les larmes continuent de couler. Je les essuie d'un geste tendre avec mon index, les unes après les autres, avant de lui murmurer.

– Arrête de pleurer, ça te ressemble pas. J'suis là maintenant. On est là. Macy arrête pas de te réclamer alors que ça fait même pas 12 heures qu'elle ne t'a pas vu.

Je laisse échapper un rire bref et amusé, essuyant la dernière larme roulant sur sa joue pâle. Elle semble avoir 10 ans de moins.

– D...Dean.

Je me fige, mes muscles se tétanisent. Mon cœur subit une embardé et mon geste se suspend avant que je ne vienne ranger ma main sur ma cuisse, sentant une boule se former dans ma gorge.

Désolée... v'lait pas... Dean. Non…

Elle s'agite et je pose ma main sur sa tête, lui caressant les cheveux avec tendresse. Elle dort profondément mais ses cauchemars se font douloureux. Aussi bien pour elle, que pour moi. Parce qu'il s'agit visiblement de lui. Dean. Ce grand gaillard avec sa force tranquille et silencieuse. Il était le seul mec qui pouvait gérer Maxime, qui savait là où appuyer pour la calmer, l'apaiser. Et pendant longtemps, je les ai soupçonnés de s'être tournés autour avec bien plus qu'une amitié dans leurs regards échangés.  Puis il est partie. Elle s'est brisée. Et elle a disparu. Est-ce que c'est à cause de lui que tu n'as pas pu rester, Alice ?

Alice.

Il existe des moments entre nous qui deviennent spéciaux. De ceux qui ne se reproduisent qu'une fois par an et encore, je suis généreux. Et durant ces moments-là, les barrières s'écroulent et la pudeur se fait la malle. Dans ces moments-là, le prénom d'Alice surgit de mes lèvres. De manière plus intime, plus fraternel.

– A moi aussi, il me manque tu sais ? Il nous manque à tous, ce grand con. Il n'était pas très causant mais c'était bon de l'avoir.

Tu vas pas te mettre à chialer toi aussi quand même, putain. Je ravale et continue de caresser le sommet de sa tête.

– Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que tu ailles jouer les folles furieuses, hein ? C'est Mateo, c'est ça ? Il t'a piqué un soutif ? J'le savais que c'était une Drag-queen ce con.

Nouveau rire, comme si je pouvais l'apaiser. Comme si je pouvais penser ces blessures qu'elle dissimule à ce monde. Ce qui semble fonctionner, puisque j'ai l'impression de percevoir un semblant de sourire au coin de ses lèvres. Je préfère ça, tu sais? Je préférerais même que tu te lèves et que tu me colle une patate dans la gueule pour avoir osé jouer les mères avec toi, en te caressant les cheveux. Mais rien, juste cet étirement sur ses lèvres, furtif.

Je reste un instant ainsi, m'assurant qu'elle dorme mais cette fois, sans pleurer. Maintenant la question est de savoir comment j'vais expliquer ça à Macy. C'est pas une enfant, je lui dois la vérité, tout simplement.

¥

– Quoi ? A l'infirmerie ?! Mais elle a quoi ? Quelqu'un lui a fait du mal ? Vas-y dis-moi qui c'est et j'vais aller lui péter ses putains de rotules et lui arracher la carotide avec les dents putain ! Et j'vais...
– MACY OH ! Du calme bordel, laisse-moi finir !
– …. Désolée. C'est juste que... Ouais, désolée.

Je pousse un soupir alors que nous sommes assis sur les marches avec Macy et Mateo. Je jugeais bon de le tenir lui aussi au courant... Maxime semblait lui faire confiance. C'était une preuve suffisante pour moi, pour en faire de même.

– Elle a juste fait... enfin tu sais. Les crises qu'elle tape.
– Elle tape tout le temps des crises, non ?
– Crois-moi mec, t'as rien vu.

Ouais, t'as vu que dal. Je termine de fumer ma clope avant de l'écraser sur la semelle de ma basket et de garder le mégot entre mes doigts.

– Bref, elle a juste besoin de se reposer, ils vont la garder deux trois jours là-bas, pour qu'elle dorme tranquillement.
– On peut aller la voir ?
– Oui mais...
– A plus tard.

Et elle se tire sans demander son reste et je pousse un nouveau soupire, restant un instant seul avec Vargas. On reste silencieux même si je me doute qu'il doit avoir un tas de question à me poser. Il ne le fait pas et c'est tant mieux parce que j'ai pas envie de répondre. J'ai pas tellement envie de parler à vrai dire. Pas à cause de Maxime car ce genre de crise sont récurrentes. Elle va se reposer trois jours et revenir comme une fleur de printemps en mode « Ca va les tapettes ? ». Ça c’est toujours passé comme ça. Il est arrivé qu’elle arrive à la maison après avoir fait une crise de nerf chez son père pour venir y trouver un repos, un calme et une paix et ainsi, dormir facilement 48 heures avant de retrouver sa force Olympique d’emmerdeuse. Donc, non, je n’éprouve aucune inquiétude à ce sujet. Ce qui me touche un peu plus ce sont les millions de questions qui viennent se percuter.

Je n’avais jamais fait le lien entre la disparition de Dean et de Maxime. Enfin si, mais pas dans le bon sens. Nous avons d’abord cru qu’il avait fui sa famille d’accueil et par la même occasion, le pays. Mais si ça avait été le cas, Maxime en aurait été au moins averti. Puis, ils ont retrouvés son sweat fétiche, le bleu marine qu’il portait tout le temps et que Jefferson n’arrêtait pas de lui piquer. En lambeaux, tâchés de sang. Les autorités ont été formelles malgré plusieurs semaines de recherches infructueuses : Il ne reviendra pas. Pourtant, pas de corps. Juste ce putain de sweat.

Un mois s’est écoulé.

Maxime a disparue. Sans Sweat imbibé de sang mais en laissant derrière elle, trois vides béants en pleine poitrine. Et si elle s’était tout simplement tiré parce qu’elle ne supportait pas l’absence de Dean et qu’elle tenait plus à lui qu’elle ne le disait ? Si j’avais vu juste concernant leur relation… Un doute plane pourtant. Jefferson se tirer pour un mec en qui elle tenait ? Jamais, elle préfèrerait se saigner les poignets. Mais pour un mec mort… la donne change du tout au tout. Et plus cette idée prend de la place dans mon esprit, plus sa véracité s’accroit. Je n’ai même pas remarqué que Mateo était partie depuis une bonne poignée de minutes puisque je suis toujours plongé dans mon analyse. Maxime ne sait pas gérer sa douleur, pas lorsqu’elle concerne un attachement. Elle ne s’attache de toute manière jamais sous cette forme-là. Elle s’en croit incapable. Puis il y a eu Dean.

- Elle l’a aimé ce grand con, j’suis sûr. Et c’est pour ça que tu t’es tiré. Parce que t’as pas supporté, t’as culpabilisé et t’es partie. Pour t’éloigner de tout ce qui pouvais te le rappeler.

Je fouille dans ma poche pour en sortir mon paquet de clope et m’en allumer une, les mains tremblantes de colère. Parce que si t’as fait ça Maxime, tu n’es qu’une sombre idiote. Nous, on aurait pu t’aider. On est une famille bordel de merde.

T’emballe pas William, ton analyse est peut-être fausse. Pourtant, elle tient debout. Elle expliquerait même beaucoup de chose. J’hésite un instant et me promets de lui poser la question ce soir ou demain matin au plus tard, lorsqu’elle sera réveillée. Non, demain serait le mieux. Elle aura eu le temps de récupérer un peu.

Je finis par me lever, ne passant pas par la Grande Salle, n’ayant pas faim. Son affection pour Dean me ramène au manque de Jude. Je me balade de couloirs en couloirs, ravivant ces souvenirs que j’essaie de ne pas trop m’affliger. Ses mains, son petit accent Algérien. Ses grands yeux clairs et son sourire qui me faisait complètement débloquer. Il me manque et parfois l’injustice me saisit l’estomac pour me donner l’envie de vomir de dégoût. J’ai encore du mal à faire le deuil, à accepter le fait qu’il n’est plus là.

Regarde Maxime. Jude est mort. Je l’aimais et l’aime encore, putain. Et pourtant, j’suis resté. Parce que vous étiez les seuls à pouvoir m’aider pour que je ne plonge pas tête la première dans un merdier qui aurait eu ma peau.

Mais toi… qu’en est-il de toi.
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MessageSujet: World so Cold - OS Part Two.   Mar 10 Mar 2015 - 15:35

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Will – OS Part Two



Mardi 6 Janvier – 6h15 du matin

Je suis déjà douché et habillé. Mais surtout, je suis plus réveillé que jamais. Je ne sais même plus à quelle heure j'me suis couché mais j'ai à peine réussi à dormir à cause de ces foutus cauchemars. De repenser à tout ça hier m'a ramené un tas de souvenirs dont je me serais bien passé. Comme celui où j'ai vu le visage de Jude tuméfié, déformé, ensanglanté. Comme celui où les flics nous ont ramené le sweat de Dean en lambeaux tâchés de son propre sang pour nous demander confirmation s'il lui appartenait bien. Je revois le visage de Macy se décomposer et pleurer comme si …. Ouais, comme si il était mort. J'ai mis des mois à l'accepter, j'ai mis des mois à me dire qu'il ne reviendrait jamais. Il m'a toujours impressionné, surtout au début. Il faut dire qu'il vous fait flipper avec son regard limpide et son silence de glace. Puis t'apprends à le connaître et tu te rends compte que ce mec contient en lui une caisse en béton où se trouve la troisième guerre mondiale et toute la douleur qui va avec.
Et il y a eu la tristesse de Maxime. Celle que j’ai à peine eu le temps de jaugé tant je ne l’ai pas vu suite à la disparition de Dean. Puis, elle a disparu, sans laisser de traces. Toujours les mêmes faits, les mêmes questions.

Je traverse les couloirs, me frottant encore les yeux de fatigue. Tout est vide et il caille. Je rentre ma tête dans mes épaules, dans mon gros pull en laine avec des motifs absolument dégueulasses. Mais j'm'en fou, j'suis pas là pour faire un défilé de mode.  Mains dans les poches, je me glisse dans ce silence apaisant pour rejoindre l'infirmerie dont je pousse la porte avec délicatesse et prudemment. Celle que l'on surnomme Rina sursaute de sa chaise et s'essuie la joue du dos de sa main avant de poser son regard sur moi, se demandant sûrement qui est le p'tit con qui vient de briser son sommeil profond.

– 'Scusez-moi. Je voulais pas vous réveiller.
– Dios ! Que faites-vous ici à cette heure ? Il n'est pas l'heure des visites, Mr Jackson.

Nos voix ne sont que murmures comme si nous avions peur de réveiller la terre entière. Peut-être parce que le silence est épais ou parce qu'il est envahissant, en plus des deux patients qui dorment à point fermés.

– Je sais... Mais j'voulais voir comment elle allait. Elle est réveillée ?
– No, elle dort. Elle s'est réveillée un peu cette nuit pour manger puis elle s'est rendormie.
– Hum hum..

Je pince les lèvres et jette des regards au fond de la pièce, sur ce rideau fermé qui nous cache son grand corps qui, je l'espère, n'est plus recroquevillé comme hier. Macy est venue la voir avant de venir me retrouver. Elle est restée un moment silencieuse puis a retrouvé ses mots et s’est mise à parler à tour de bras, de tout et de rien. Elle ne m'a rien dit d’autre, c'est que ça doit aller. Rina me regarde avant de tourner la tête derrière elle et de pousser un long soupire. Je l'achève avec mes grands yeux bleus tout mouillés et je sais déjà qu'elle lâche prise.

– D'accord … mais pas longtemps.
– Merci Mlle.

Grand sourire, comme si j'avais 7 ans et qu'on me laissait voir mon meilleur copain qui à la varicelle. C'est un peu comme ça que je me sens, j'dois l'avouer. J'ai presque envie de sauter sur son lit et de lui hurler qu'il est l'heure de se réveiller... mais j'vais éviter si je n'ai pas envie qu'elle me saute dessus pour venir me refaire le portrait. J'ouvre doucement le rideau et me glisse dans ce petit coin qui a été aménagé juste pour elle.

– Veinarde. On dirait que t'es la Reine Elizabeth.

Je viens m'asseoir à la même place qu'hier où la chaise n'a pas l'air d'avoir bougée si ce n'est que de quelques centimètres. Elle a encore les sourcils froncés et son visage reste crispé d'une tension provoquée par ses cauchemars, mais son corps semble plus relâché et moins recroquevillé. Un grand sourire s'étale sur mes lèvres... D'ici ce soir elle ira mieux, elle sera reposée et … Ouais, j'attendrais peut-être un peu pour lui poser toutes ces questions. Je sais pas trop encore comment j'vais me démerder pour aborder ce sujet sans qu'elle ne pète les plombs. Peut-être que ça n'est tout simplement pas le moment.

– Alors, t'as bien dormi ? Allé, avoue le, t'as rêvé de Mateo en  Drag-queen. J'l'ai imaginé moi aussi cette nuit....

Je lui lance un regard lubrique, même si elle est profondément endormie. Ma voix reste un murmure pour ne pas que Katherine et les autres patients ne m'entendent.

– Non, m'regarde pas comme ça... j'ai pas fait ce que tu crois. Il est pas mon genre, puis on passe pas après les copains !

Pour qui tu m'prends sans déconner ? Joue pas à ça avec moi Jefferson, c'est pas cool de ta part. Oui j'me fais un délire tout seul... et le truc qu'elle ne sait pas c'est que j'fais ça à chaque fois. Lorsqu'elle affrontait ses crises et qu'elle tombait de fatigue chez moi ou même à Salem, je venais la voir, lui racontais nos journées ou parfois un tas de conneries... parce que j'me disais que ça pourrait peut-être l'aider ou j'sais pas trop quoi comme connerie. Quoi qu'il en soit c'est une habitude que j'ai prise. Comme celle de rester à côté d'elle en silence. Comme maintenant. Il fait bien meilleur ici que dans les couloirs. Ni trop chaud, ni trop froid, on y est juste bien. Surtout qu'on ne sent même pas l'odeur des produits, simplement celle de l’encens qui n'est absolument pas désagréable. C'est comme à la maison.

Mains dans les poches, je suis assis en parallèle du lit, un pied sur la petite table de nuit. Et j'crois que je commence à avoir les paupières supers lourdes.

– Eh, tu veux pas m'faire une p'tite place ? J'suis mort crevé … j'ai pas beaucoup dormi.

Elle fronce les sourcils et un instant je crois qu'elle va se réveillée et qu’elle va me renvoyer chier en me disant que « BORDEL ELLE DORT » mais au lieu de ça, ses sourcils s'affaissent en une expression de... tristesse. Comme si elle subissait des images qui la poignardaient de partout.

– Non... P'tn... pas toi.

Mes yeux restent plantés sur son visage, ses lèvres charnues, ses longs cheveux obscurs. De nouveau, mon estomac vide se serre parce que je devine la suite. Elle n'en a pas fini et elle subira ce genre de chose jusqu'à ce qu'elle réveille correctement de cette subite hibernation ponctuelle. Et ce qui me surprend et m’intrigue c’est que c’est la première fois que je la vois si agitée. Généralement, elle s’endort d’un sommeil de plomb mais jamais d’un sommeil si agité.

– Dean...

Je me redresse doucement, toujours les mains bloquées dans mes poches.  Ses lèvres partent dans une frénésie de murmure et je me penche en douceur, tendant mon oreille pour mieux entendre ce qu'elle souffle.

– J'voulais... pas te faire de mal. J'voulais pas...

Je serre les dents, déglutie et reste ainsi, essayant de comprendre.

- T'as... t'as pas l'droit...d'porter ça...

Puis plus rien. Le silence et sa respiration saccadée, perturbée. Je me relève lentement... comme si tout autour de moi n'était qu'un condensé de ralenti.

« J'voulais pas te faire de mal. »

Ses propos sont incohérents et pourtant, mit bout à bout j'ai l'impression de me réciter une phrase d'un conte d'horreur. Qu'est-ce qu'elle me raconte putain. Elle parlait de Dean, elle n'arrête pas de le réclamer, de prononcer son nom. Et maintenant ça. Elle délire sûrement à cause... de la fièvre ? En m'approchant j'ai senti sa peau brûlante comme si un volcan rugissait en elle.
J'ai les sourcils froncés et je ne la lâche pas du regard. Hier, je me disais que c'était finalement peut-être à cause de la disparition de Dean qu'elle s'était tiré. Et maintenant, il y a ça. J'y comprends plus rien et me demande si elle n'est pas tout simplement entrain de délirer avec sa culpabilité, se martelant que s'il était mort, tout était de sa faute. Et puis, porter quoi ?

Je tilt en cette seconde que je ne sais rien de ce qu'il s'est passé avant sa crise. Je me lève, dépose un léger baiser sur son front brûlant avant de quitter cette petite pièce improvisée grâce aux rideaux. L'infirmière est toujours là, un café à la main, prenant une petite pause à son bureau. Je m'y dirige alors qu'un grand corps se place à mes côtés.

– Bordel de merde !

Sursaut violent, main sur le cœur... j'ai cru faire une putain de crise cardiaque.

– Votre langage Mr Jackson.
– Désolé M'sieur… vous m'avez fichu une de ces trouilles.

Mr Helland vient se poster aux côtés de Katherine qu'il salut d'un geste de la tête, un demi-sourire aux lèvres. Ils sont là tous les deux, j'devrais en profiter pour savoir, pour qu'ils puissent m'aider à apporter la lumière sur toutes ces conneries parce que ce qui est censé être une « simple » crise de Maxime, se trouve être devenu une véritable énigme en même pas 24 heures.

- Excusez-moi... mais vous ne m'avez pas raconté ce qu’il s’est passé avec Maxime. Juste que vous l’avez trouvé.

Helland regarde Katherine qui hausse furtivement les épaules avant de tourner son attention vers moi.

- Nous l’avons trouvé dans un coin de la salle des projections.
- C’est quoi cette salle encore ? On n’m’avait pas dit que Poudlard était un Kinder Surprise.

Je tente un peu d’humour histoire de relâcher un peu la pression parce que oui, j’ai ce brouillard d’angoisse qui m’enveloppe doucement, mais sûrement. J’ai ma meilleure pote qui n’arrête pas de marmonner le nom d’un de nos proches pour ensuite murmurer qu’elle ne voulait pas lui faire de mal. Donc soit elle délire, soit il y a des choses que je ne sais pas et honnêtement, je préfère la première option. Pas de conclusion hâtive Will, continue de garder ton esprit clair et concis.

- Elle projette des illusions basées sur les émotions de la personne présente. Du petit problème à la plus grande douleur. Si vous avez perdu un proche, vous le verrez sûrement entrant dans cette salle, revivant peut-être la situation dont il est décédé mais de manière plus… violente et exagéré.
- … Woaw, c’est archi sympa chez vous, sans déconner.

Les  mots claquent d’une voix sèche. Cette fois, c’est une colère qui monte en moi. Une colère que je n’avais pas prévue. Je n’avais jamais entendu parler de cette salle. La salle des illusions, oui. Le Patio des 4 saisons également. Mais pas celle des projections. Et ça me fou hors de moi qu’un truc aussi… malsain puisse exister. Je sais qu’on est dans une école de magie et que le château comporte des secrets que même les plus anciens résidents n’en sont pas au courant. Mais merde. Je serre les mains et les fourrent dans mes poches, mâchoire crispée.

- Et vous êtes tous d’accord pour que cette salle reste ouverte à tous ? Un gamin de 12 ans vient de perdre sa mère parce qu’un malade mentale l’a violée et vous le laisser entrer là-dedans pour imager ça ? Putain, vous êtes de vrais génies.
- Veuillez nous parler sur un autre ton Monsieur Jackson. Nous ne sommes pas responsables de cette salle…

J’en ai rien à foutre de ton froid Helland.

- Non, mais vous êtes responsables de vos élèves. J’ai ma meilleure pote qui s’est retrouvée dans ces projections à la con et qui est maintenant complètement déboussolée. Vous savez même pas quelle merde cette salle peut remuer, vous savez même pas les choses qu’elle a pu voir là-dedans. Putain.

Ca ne te ressemble pas Will. Cette colère ne te ressemble pas, elle est bien trop rare pour que tu ne la connaisses et que tu réussisses à l’apprivoiser. Pourtant, je reste figé tout le long, affichant un visage neutre sans hausser le ton une seule fois. Seule ma froideur est caractéristique de la rage qui éclot en moi. Pourquoi ? Elle a vu des choses qui l’ont rendu complètement taré et qui l’ont faite débloquer pour la faire éclater de rage, voilà ce que je m’imagine. Et si je coordonne tout ça avec ses propos de tout à l’heure, autant dire que j’ai de quoi me poser de sérieuses questions.

- Ecoutez… Nous savons que vous vous inquiétez pour elle William, mais calmez-vous, je vous prie.

Katherine vient à ma rescousse alors qu’Helland était sûrement prêt à me coller une retenue pour insubordination. Je l’aime bien mais là, je suis sur les nerfs. Je veux comprendre ce qu’il s’est passé et j’ai l’impression qu’une pièce du puzzle m’échappe. Pourtant, j’pourrais simplement me dire « Ok, elle a dû voir un truc horrible qui l’a faite craquer ». Après tout, Maxime va bien. Elle dort, personne ne l’a agressée. Elle dort juste parce qu’elle a encore fait une crise. Alors pourquoi j’ai ce feu au fond de moi qui tourne en rond et qui me ramène toujours à cette question. Pourquoi « Je voulais pas te faire de mal », pourquoi en murmurant le prénom de Dean.  

Je soupire et relâche. Esprit Will. Clair et bien rangé. Avec calme. Réfléchis tranquillement. Mes épaules s’abaissent légèrement.

- Ouais… j’suis désolé.

Aucuns des deux ne bronchent, de toute manière ça n’sert à rien.

- Comment vous avez su qu’elle sortait d’une crise ?
- Ses poings étaient écorchés au niveau des phalanges et certains os étaient fêlés. Nous avons retrouvés des traces de sang sur les pavés, non loin d’elle. Nous sommes arrivés alors qu’elle hurlait dans un coin.

Ok et sinon, comment vous avez su qu’elle sortait d’une crise ? Parce qu’Helland à l’air d’en savoir plus que je ne le crois. Je n’ajoute rien de plus, acquiesçant seulement pour les remercier de leurs précisions. Je finis par faire demi-tour, songeur, sans accorder un regard au lit de Maxime. J’ai déjà le cerveau qui entre en ébullition alors que ma conscience me souffle qu’il valait mieux faire l’impasse sur cette zone d’ombre qui attise ma curiosité et mon besoin d’obtenir une vérité. Et je devrais m’écouter.

Mains dans les poches, je retourne à mon dortoir sans aller déjeuner, l’estomac à l’envers sans que je ne sache réellement pourquoi.

¥

13 heures

- Eh Macy ! Tu viens pas manger ?
- Non, j’vais aller voir si Maxime est réveillée. Tu m’prends un truc ? Sinon j’vais mourir en sport et faire un malaise, t’imagine la honte ? Tu m’prends un muffin et … Non deux muffins ! Une brioche et un fromage !
- Tu veux pas que j’te fasse tes courses pendant qu’on y est ?
- Nan ça j’te le réserve pour quand on vivra ensemble !

Elle me claque un bisou sur la joue avant de partir d’un pas décidé. Je secoue la tête en levant les yeux au ciel, me retourne et …

- Aïe..
- Merde ! Désolé j’t’avais pas vu.

Le choc fut un peu brutal puisque nous venions de nous cogner front contre front avec… Tiens. Kezabel. Une douleur me cisaille les neurones durant quelques secondes alors qu’elle-même est entrain de se frotter le front comme pour faire disparaitre la douleur.  

- C’est rien, j’aurai dû te prévenir que j’étais derrière toi.
- Au moins, t’as la tête dure !

Elle rit avec légèreté et j’en fais de même. Je ne connais pas Hasting mais le peut que j’en ai vu, elle n’avait pas l’air d’être la nana relou que Maxime m’avait décrite avant que je n’apprenne qu’elles aient couchées ensemble. Comme quoi, les « ennemis » se trouvent être les relations les plus palpitantes… Haha. J’vais la ressortir à Jefferson celle-ci. Concernant ses airs princiers, ils étaient, selon moi, accordés à son accent purement British. Ils sont bien connu pour ça, pour leur manière de parler d’une façon un peu distingué, articulé et pompeux. A côté de ça…elle n’avait pas les airs d’une Princesse. Jefferson a toujours tendance à exagérer quand elle n’accroche pas avec les gens.

- Dis… J’ai entendu que Maxime était à l’infirmerie. Elle va bien ?

Ah merde. J’avais pas tellement prévu au programme qu’on viendrait me demander ça et surtout, j’ai rien prévu comme excuse.

- Ah euh… ouais. Elle va bien t’inquiète.

Elle me fixe de son regard noisette, attendant peut-être un peu plus de précisions. Bordel, j’sais pas quoi dire moi.

- Elle… Elle a juste fait un malaise à la con dans un couloir. Tu sais, t’as pas mangé, t’as fait un peu le con, t’es fatigué et BAM, plus personne. Tête la première sur le pavé !

Bordel, si Maxime sait que j’ai dit ça, elle va me crucifier au prochain tableau qu’on croisera. Je la vois déjà hurler que je l’ai faite passer pour une tapette à lui inventer des malaises sans raison. Tant pis. Au moins, ça a servi à rassurer la jeune femme devant moi qui m’affiche un sourire plus léger et moins crispé.

- Tant mieux alors. Tu lui passeras le bonjour de ma part ?
- Tu peux aller lui faire un coucou si tu veux hein !
- No… Non. Enfin, j’irais prendre des nouvelles plus tard. Merci William.

Dernier sourire et elle s’évapore alors que je ricane intérieurement en ayant vu ses deux petites pommettes rougir.

¥

14 heures

Ca fait cinq bonnes minutes que je suis au chevet de Maxime qui… dort toujours. Macy m’a dit qu’elle s’était entre réveiller tout à l’heure et qu’elle avait pu parler avec elle avant de se faire renvoyer balader avec ses airs de grognons, signe qu’elle allait très bien. Chose, dont je ne doutais absolument pas. A croire qu’elle n’a pas envie de me voir puisque j’ai encore le droit à son sommeil profond mais agité. Des murmures parfois, une main qui tressaute. Ses yeux s’agitent sous ses paupières et elle délire encore. Et moi, je continue mon chemin dans ma tête. Des questions, encore des questions et tout ça depuis hier soir et ce matin. J’ai à peine suivi le cours de métamorphose, trop occupé à faire des suppositions du pourquoi du comment et avec qui. Un putain de casse-tête qui est entrain de me monter les nerfs, je crois. J’ai l’impression qu’elle nous cache un truc.

Non, elle nous cache un truc. C’est pas une impression. Elle s’est tirée et il y a une raison et bordel, j’mettrais ma main au feu et me taperais une nana si j’ai tords de me dire que tout à avoir avec Dean.
Si c’était pas le cas, elle serait pas encore entrain de prononcer son prénom en disant qu’elle voulait pas lui faire de mal. Sans compter les « j’te déteste sale garce », « t’as pas l’droit porter ça » et j’en passe. Putain Spenc’, si seulement tu pouvais être là et m’éclairer de ton esprit vif. T’aurai sûrement déjà compris avec ton imagination débordante. Macy ne sait toujours pas que Maxime est ici parce qu’elle s’est retrouvé face à des projections. Je ne m’en veux pas de pas le faire parce que pour le moment, j’cracherais rien tant que je ne saurais pas de quoi il en ressort. Je suis un têtu, un borné et j’ai beau être la tête froide du groupe, ça n’empêche pas que j’ai cette curiosité qui me ronge. Des films se sont formés. J’en suis même venu à me demander si c’était Maxime qui avait démontée Dean suite à une grosse crise pour ensuite fuir mais en sachant le lien qui les unissait … elle aurait préférée se tirer une balle dans le crâne plutôt que de faire ça. Alors quoi ?

Je suis assis sur la même chaise, le regard fixé sur mes mains croisées alors qu’elle continue de murmurer les mêmes choses, inlassablement. J’ai l’impression d’être dans un film où la patiente est possédée par je ne sais quel esprit. Je tourne mon visage vers elle alors que mon cœur se serre. Comment est-ce que je vais réussir à obtenir cette vérité Maxime ? Est-ce que tu me la diras toi-même ?  Je sais que non. Est-ce que ça vaut le coup à ce que j’insiste ? Je crois que … non.

Puis il y a cette larme, suivit d’une deuxième, qui perle au coin de son œil alors qu’elle se crispe de douleur. Et mon cerveau devient un véritable engrenage dont les idées s’emboitent les unes derrières les autres à une vitesse vertigineuse. Ca fuse là-dedans, encore et encore et je reste les yeux ronds face aux larmes qui me paraissent être la solution à nos douleurs basées sur des questions et des ignorances. Je me lève rapidement sans faire de bruit et cherche dans le tiroir un récipient. Un tube, un verre, je m’en fou, peu  importe mais quelque chose et vite.  Je fais un tour sur moi-même alors que mon regard fouille son petit coin de tranquillité. Je finis par écarter légèrement le rideau et cherchant du regard un truc qui pourrait m’être utile… jusqu’à ce que j’aperçoive un peu plus loin, un tube vide avec son bouchon. Je sors aussitôt ma baguette et murmure après m’être assuré que personne ne me voyait un « Accio tube ». Ce dernier atterrit droit dans ma main et je me dirige aussitôt vers Maxime qui continue de pleurer. Je pose délicatement et prudemment le bord du tube sur l’arrête de son nez où les larmes roulent… Une. La deuxième suit et la troisième, même chose.

- Allez Maxime, un p’tit effort s’il te plait. J’ai besoin de plus.

Je ne remarque pas à quel point je suis crispé au tube tellement je me demande si ce que je fais n’est pas stupide ou complètement honteux. Quatre larmes supplémentaires alors qu’elle geint et que sa peau est brûlante, et je retire le tube avant de le reboucher aussitôt, prenant garde à ne pas le mettre dans ma poche. Ne pas tenir le récipient au chaud au risque à ce que les larmes ne sèchent. Je les contemple au travers le verre et j’ai… honte. L’idée qui vient d’éclore dans ma tête n’est pas la meilleure et c’est bien pour ça que j’hésite à vider l’éprouvette. Puis je repense à Dean et aux mots de Maxime.

- Merde, j’perds la boule bordel.

La mort de Spencer, l’attaque de Salem, le changement d’environnement et maintenant ça. J’dois perdre les pédales à me faire tous ces films et à accorder autant d’importance à ces détails.

-Liam ?

Je sursaute et cache aussitôt ma main dans ma poche alors que Maxime semble s’éveiller. Un large sourire apparait sur mon visage :

- Bah putain, t’en a mis du temps à vouloir ouvrir les yeux quand j’suis là.
- T’veux pas m’laisser dormir au lieu d’parler tout seul ?
- J’suis hyper content de t’voir aussi. Ingrate.

Elle grogne avant de se plaquer sur le ventre et d’enfouir sa tête dans l’oreiller…puis plus rien.

- Tu t’fou vraiment d’ma gueule quand tu t’y mets.

Rire crispé alors qu’elle s’est déjà rendormie. Et moi je commence à faire demi-tour, le cours de sport étant déjà commencé depuis une bonne demi-heure. Je fourre le tube dans la poche avant de mon sac. Ça sera la dernière solution. Ce soir, je viens la réveiller et je lui demande ce qu’il s’est VRAIMENT passé. Je suis pas sûr de pouvoir tenir longtemps à tourner en rond comme ça, à me demander ce qu’il en est et si elle n’en sait pas plus que nous à propos de Dean. Je veux juste la vérité ou au moins qu’elle m’annonce qu’elle ne sait rien. Absolument rien.

Nouvelle engrenage dans mon cerveau, nouvelles effusions d’idées et je me dis que si je fouillais dans son dossier, peut-être que je pourrais en savoir plus. Pas sur ses crises, mais sur cette fièvre qui persiste. J’ai demandé à Katherine si c’était normal et elle m’a dit d’un air faussement détaché qu’elle avait dû attraper froid. Et puis, pourquoi ils la gardent si longtemps ?
J’hésite… J’devrais pas faire ça, c’est pas bien. Foutue bonne conscience ouais. Spenc’ tu ferais quoi à ma place ? Tu parles, il serait déjà entrain de fouiner dans le dos de l’infirmière pour vérifier si on est pas entrain de nous cacher un truc sur son état de santé. A Salem, l’infirmier la gardait … pas plus de 24 heures. Katherine me dit qu’ils la garderont encore jusqu’à demain, peut-être jeudi.

Foutu blague.

Pourquoi faire autant de mystère autour de ça, j’ai l’impression que quelque chose gêne Rina et ça me rend dingue. J’ai envie de leur gueuler tous dessus pour qu’ils arrêtent de jouer aux p’tits secrets avec moi, avec nous. Ca se trouve cette imbécile à un cancer et on l’sait même pas, ce qui expliquerait son départ où elle « n’avait pas le choix ».

Oh la vache, trop de question. Respire un coup, fais le vide dans ta tête. Prends les problèmes un par un et arrête de te prendre pour Sherlock. Mes suppositions sont que soit elle est malade et on l’sait pas. Ce qui expliquerait le regard gêné de Katherine, la fièvre et les délires de Maxime mais peut-être aussi son départ.
Soit, il y a un rapport avec Dean et elle sait quelque chose qui nous a échappé.
Soit elle n’a pas supporté la disparition de Dean.

Pourquoi je ne m’en tiens pas à cette dernière supposition pour passer à autre chose ? Ce besoin irrépressible de savoir, de voir et d’apprendre. Parce que je sens qu’il manque toujours une pièce de ce foutu puzzle.

- Et puis merde.

Nouvelle vérification. Rina est à l’entrée entrain d’examiner un jeune Poufsouffle – Sans déconner, ce nom… -. Je sors aussitôt ma baguette et …

- Accio dossier Jefferson.

Je transpire, j’ai le cœur qui bat comme un malade. Les larmes te suffisent pas non, faut que tu regardes plus loin. J’me sens comme un pervers. Le dossier jaune pâle arrive entre mes mains à la seconde même où Katherine se retourne pour conduire le jeune élève à un lit. Je m’écarte brutalement derrière les rideaux, le dossier derrière mon dos. J’ai eu chaud bordel… Si ça continue j’vais faire un malaise sous l’adrénaline. Et cette petite pointe d’excitation me rappelle les conneries que nous faisions plus jeune. C’est grisant.

Je tends le dossier devant moi, ma main tremble. J’devrais pas faire ça… Ou alors pas ici. C’est ça, abruti. Comme ça tu pars avec le dossier… et après ? t’en fais quoi ?

Je soulève mon tee-shirt et calle le dossier dans mon jean avant de rabattre mes vêtements par-dessus. Tu fais la pire connerie de ta vie Will. Ouais mais si ma pote à un cancer ou  une connerie de ce genre, j’ai pas envie qu’on s’foute de ma gueule.
J’ai honte.
Je tousse contre mon poing avant de sortir  de la « chambre » de Maxime.

- Excusez-moi Mlle… Où sont les toilettes ? J’ai bu trop de jus de citrouille.

Sourire alors que j’ai chaud et que mon myocarde palpite. Garder son calme, voilà, comme ça. Elle m’indique une pièce au fond à droite… J’y vais d’une démarche tranquille, mains dans les poches. Comme si je n’avais pas un foutu dossier dans le caleçon. J’entre dans les chiottes, m’enferme à clé et enlève le dossier de mon jean avant de m’asseoir sur les toilettes. Bon, c’est maintenant ou jamais mon vieux. Tu ouvres, tu regardes, tu fermes et tu jettes le dossier l’air de rien sur le bureau. Comme s’ils l’avaient oublié ici, par inadvertance. Ou alors, tu fais rien. Tu regardes pas, tu le pose et tu te casse.

Je repense à sa fièvre, à toutes ces zones d’ombres. Si jamais on m’chope, je suis foutu.

Inspiration. J’ouvre le dossier. La première feuille : Une photo d’elle avec nom, prénom et deuxième prénom. Date de naissance, lieu et heure. Nationalité, adresse en dehors du château. Famille à contacter etc etc bref, toutes les informations basiques. Mes yeux continuent de descendre et un putain de mot me saute à la gueule. Un seul mot.

Lycanthropie.

- Quoi ?

Je me frotte les yeux de la paume de la main et relit. Lycanthropie. Lycanthrope. Loup-Garou. Recensé auprès du ministère de la magie. Un mot et mon cerveau explose sous les images, les solutions et c’est un enchainement d’emboitement. Le dossier tremble entre mes doigts. Je regarde la date approximative de « l’accident »…

Tout me saute à la gueule. Tout concorde et j’ai une putain d’évidence qui me gifle, me tue, me castagne le cœur et le cerveau. Je vais vomir si je continue de réfléchir mais mon cerveau lui, s’en branle. Il veut continuer car il ressent la satisfaction d’enfin comprendre.

Ce fameux soir où nous étions près des bois à boire et à fumer où nous avions fui le danger. Où Maxime a été blessé par ce qui semblait être « un gros chien noir ». Mes cours refont surface, les mots clés s’affichent. Pleine Lune. Température corporelle élevée. Intense fatigue après chaque transformation. Et je revois Maxime, droite et téméraire devant moi.

- Mais putain Will j’en sais rien, fais pas chier avec tes questions.
- Non toi, fais pas chier. J’ai besoin de savoir si oui ou non c’était qu’un foutu clébard et pas autre chose !
- MAIS OUI ! OUI C’était qu’un foutu clébard, t’es content ? tu m’prends pour qui merde. Je sais faire la différence.

Non elle savait pas. Elle n’a pas su. Elle s’est fait mordre ce soir-là et … putain, elle aurait pu y passer. Elle s’est faite mordre par un Loup-Garou. Et après  Août,  Dean disparait. Septembre ? Maxime disparait et ne revient pas à Salem. La disparition de Dean, rappelle-toi Will. Réfléchit, c’était quand. C’était… J’me souviendrais toujours de cette date où les flics sont venus nous poser des questions et où, en allant chez lui nous ne l’avions pas trouvé. Maxime n’était pas là, cloitré chez elle « à cause de son père » soit disant. Putain. Les fils s’emmêlent et s’entremêlent. La vérité m’éclabousse de sa douleur.

Ils sont venu le 24 Juillet. Il faut que je vérifie. Putain, il faut que je vérifie. J’ai depuis longtemps lâché le dossier et ça doit faire un moment que je me balance d’avant en arrière en me ressassant toutes ces images. Ce sweat ensanglanté et en lambeaux. Maxime qui ne s’est pas montré et qui nous a pratiquement fuit à partir ce moment-là. Le 24 Juillet, signalement de l’absence de Dean. Il aurait donc disparu un peu avant, sa famille adoptive n’en ayant rien à foutre, ils ne l’auraient pas signalé tout de suite. On se donne donc deux à trois jours  maximum. Pas trois non. Le 22, nous l’avions vu, on était entre nous. Une bande de copain bien soudé. Puis plus rien.

Mon cerveau a terminé son travail à la seconde même où quelqu’un toque à la porte. Et je me rends compte que des larmes silencieuses sont entrain de rouler sur mes joues.

- William ? est-ce que tout va bien ?
- O… Oui. Je sors tout de suite.

Ta voix Will. Contrôle là. Je ramasse le dossier et le calle dans mon jean une nouvelle fois avant de rabattre mes vêtements et de m’essuyer rageusement les yeux. Je sors, j’accorde un furtif regard à Rina avant de retourner auprès de Maxime. Maxime que je ne regarde pas, que je ne veux pas regarder. Je tremble comme un feuille et j’ai l’impression d’être au bord de la rupture.Katherine retourne à ses occupations,  je jette le dossier sur son bureau et me tire, sac à dos sur l’épaule. Je fuis et vite. Avant que je ne vienne hurler dans cette putain d’infirmerie. Avant que je n’éclate tout autour de moi, avant que je ne devienne dingue. Il faut que je vérifie cette date. Il le faut.

Souvenir d’hier soir où Macy dormait dans mes bras. La pleine lune est ce soir… Ce qui explique cet état de fièvre avancé. Mais sa crise ? Les projections ? Qu’a-t-elle vu ? Réfléchis Will, qu’est-ce qu’elle a vu là-bas ? Repense à ses mots. « J’voulais pas t’faire de mal ». Elle est un Loup-Garou et lors d’une première transformation… sans tue-loup, quand tu sais pas ce qu’il se trame sous ta peau, il se passe quoi ? Bordel de merde.

Explosion. Implosion. Mon cœur se déchire et ma raison est entrain de dangereusement viré de bord.

J’ai pas de calendrier, j’ai rien sous la main. Maxime est un Lycan. Putain. Un Loup-Garou. J’ai le myocarde qui tambourine avec une violence inouïe entre mes côtes. Mes muscles sont tellement tendus que j’ai l’impression d’avoir des courbatures des cheveux aux ongles.

«Je n’avais vraiment pas le choix. Tu crois quoi. J’vous aurais pas laissé comme ça, putain, William, tu m’connais.»

Je croyais te connaitre oui. J’le croyais putain.

« Ça a été l’année la plus désastreuse de ma vie, William. »

Ne pas craquer maintenant. J’ère dans les couloirs sans voir personne, j’ai juste le cerveau qui tourne à plein régime. Je dois vérifier cette putain de date. Elle s’est faite mordre un mois avant. Elle ne savait rien, la connaissant elle a ignorée les symptômes et n’en a parlé à PERSONNE. Sa première transformation a dû être un calvaire, une douleur à vouloir mourir et sans Tue-Loup, tu n’es plus qu’un animal sanguinaire qui ne demande qu’à assouvir ses besoins primaires.

Pas ça, s’il vous plait. J’ai pas envie de faire face à ça. J’ai pas envie que cette vérité soit celle qui existe. J’ai envie de vomir mais ma raison me calme et tente de m’apaiser un maximum. Peut-être que tu établie le mauvais raisonnement, peut-être que tout cela n’a rien à voir. L’angoisse ne fait qu’accroitre tout ça et tu le sais. Mais j’en doute. Dieu, que j’en doute.

Je dois vérifier que la Pleine Lune n’était pas à cette période.

Je dois vérifier que Maxime et Dean n’étaient pas ensemble ce soir-là.

¥

20h30

- Un problème jeune homme ?

Je me retourne et fais face à Helland. Putain mais ce mec vit ici ou quoi.

- J’viens juste voir Maxime. J’me demandais comment ça se faisait que vous la gardiez ici… c’est à cause de sa fièvre ?

Mon ton est froid, glaciale et tranchant. J’ai dû lutter toute l’après-midi pour ne pas exploser, j’ai dû mentir à Macy en disant que si j’avais l’air grognon c’était à cause d’un truc que j’ai dû attraper, une connerie, un rhume. Elle n’y est pour rien, je refuse de passer mes nerfs sur elle.

Maintenant, je veux cette vérité. Je n’en voulais pas cette après-midi mais maintenant, il me la faut. Et vite.

- Elle n’avait pas de fièvre.
- Alors pourquoi elle est aussi brûlante ? En plus elle délire complètement… Elle dit des choses que j’comprends pas. Bref… Donc, j’peux la voir ?

Il hésite et j’hausse les sourcils.

- Elle a quittée l’infirmerie il y a  une demi-heure.
- Ah… Et elle est où maintenant ?
- Sûrement partie se reposer.
- J’étais dans la salle commune des Serpentard depuis tout à l’heure avec Macy et nous ne l’avons pas vu.
- Alors, je n’en sais rien Mr Jackson.
- Vous êtes entrain de me mener en bateau.

Il a fui mon regard une microseconde lorsque je lui ai dit que nous étions dans sa salle commune. Et moi je refreine cette envie d’être odieux et de lui cracher ma colère à la gueule.

- Si je voulais jouer au Cluedo j’en aurai fait expédier un par ma mère. Je veux simplement savoir où est Maxime.
- Jeune homme, j’ai fermé les yeux sur votre insubordination d’aujourd’hui mais vous commencez sérieusement à dépasser les limites. Je vous croyais plus raisonnable.
- J’le suis. J’veux juste savoir où est ma pote.

Allez dis le moi. Dis le moi qu’elle est partie à la lisière de la forêt ou je ne sais où pour aller se transformer en un Loup géant qui vient bouffer toutes chairs fraiches qu’on lui tend sous le museau. Je suis une boule de colère et de haine. Je serre les poings, j’ai chaud, j’vais hurler. Il veut pas me répondre et je le vois. Je n’insiste pas, ça ne sert à rien. Je sais même pas pourquoi j’suis ici… C’est comme pour vérifier que je ne me suis pas trompé en lisant le dossier. Et lui il sait pas que tous ces mensonges me provoque une envie furieuse d’aller voir Maxime et de lui hurler toute ma colère au visage. Pourquoi t’as rien dis, putain de merde. J’aurai pu t’aider à gérer ça.

Je ne dis rien,  me retourne et me casse. J’ai déjà pris mes dispositions pour la suite parce que je suis bien décidé à aller jusqu’au bout malgré ma colère envers Maxime. Parce que l’évidence se fait plus forte, plus violente. Elle est coupable. Tout concorde, absolument tout. Les dates, sa transformation, la disparition de Dean, la sienne et ses délires fiévreux. TOUT. ABSOLUEMENT TOUT. Mais si c’est le cas, alors je veux le voir. Je veux le voir de mes propres yeux pour chasser toutes questions qui puissent entraver la vérité.
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MessageSujet: Re: [OS] And once you're gone you can never come back - Part One.   Mar 10 Mar 2015 - 15:36

Direction la salle sur demande et cette fois, j’en dois une belle à Kezabel. J’exécute ses consignes et une porte qui n’existait pas, apparait sur le mur. Je pousse le pan de bois et entre dans une pièce aussi grande qu’une salle de classe… qui ressemble à une salle de classe d’ailleurs. Sauf qu’en son centre se trouve ce que j’avais demandé. Une bassine entourée de runes anciennes : Une pensine. J’avance de quelques pas et me plante devant ce récipient. Je sors de la poche de mon jean l’éprouvette contenant les quelques larmes de Maxime et la vide dedans d’un geste presque machinale. Le liquide prend alors une forme argenté et un peu plus épaisse que la normal.

J’hésite un instant… Est-ce que tu as vraiment envie de voir tout ça, Will ? Ce sont les souvenirs de Maxime, son intimité. Si jamais elle apprend ça, elle me tuera.

Comme elle a tuée Dean ? La nausée me prend déjà. Si elle a fait ça… je… Tu quoi ? Rien du tout. Elle n’y était pour rien. Mais si elle l’a vraiment tué ? Que vas-tu faire, dis-moi ? La tuer en retour ? Tu n’es pas né pour la haine. Tu n’es pas fait pour ça… Tu es fait pour réfléchir et recoller les morceaux après avoir retrouvé ce qui te manque. Alors je prends une grande inspiration, faisant le vide dans ma tête.

Sans réfléchir, je plonge la tête droit dans la pensine et me sens aussitôt aspiré en avant, comme si l’on me saisissait par un crochet au nombril.

Je me retrouve projeté en plein milieu d’un jardin, devant une maison aux allures crasseuses. Sur le perron se tient petite fille d’environs 6/7 ans. Cheveux châtains clairs, grands yeux bleus et lèvres déjà pulpeuses, vêtue d’un de ces vieux tee-shirts d’été. Maxime serait reconnaissable entre mille, même à cet âge-là et je me surprends à la trouver adorable, mon cœur oubliant sa haine en une seconde. Elle agite le bras pour dire au revoir à une jeune femme plus âgé, 10 ans peut-être, avec des valises à ses pieds, un hibou. Les cheveux blonds comme les blés et les yeux aussi bleus que Maxime… Kristen. Je ne l’ai jamais rencontré mais Jefferson nous en a déjà un peu parlé. Et j’assiste visiblement au départ de sa sœur pour Salem.  A côté de Maxime se trouve un garçon qui semble avoir le même âge que Kristen. Toujours ce même visage, ce regard froid mais confiant, sur qui tu pourras toujours compter. Alexander. Son grand-frère et l’être avec qui elle se permet enfin d’exploiter ce que son cœur peut offrir.
La gamine Maxime ne comprend pas trop ce qu’il se passe, si elle doit sourire ou pleurer de voir sa grande sœur partir. Ces images me rendent lourd d’émotions car durant tout ce temps… La violence allait être son quotidien.

Un mélange d’image, je ne vois que des fragments d’un père qui pourchasse sa fille au travers la maison pour lui en coller une, Barbara qui hurle après Maxime et l’attrape par les cheveux pour la trainer à son père. Tout cela se mélange pour enfin se fixer. J’ai déjà la nausée avec le peu que je viens de voir et je sais déjà que je suis loin de l’horreur.

Il fait beau,  j’ai l’impression que nous sommes en plein Printemps, doux, agréable et tranquille. Je suis toujours dans le même jardin et je vois au loin Maxime et Alexander entrain de manger et de chahuter un peu. Comme un frère et une sœur. Je m’approche de quelques pas incertains, ayant l’impression de vivre un film avec la sensation que nous pouvions me voir. Pourtant je n’étais qu’un spectateur fantôme de tout cela. Des éclats de voix me ramènent au souvenir où Maxime a fait tomber un couvert et Barbara ne la loupe pas. « Tu peux pas faire attention, tu es incroyable, tu n’sais pas te tenir » et j’en passe. J’ai envie de lui coller une tarte. Je vois que Maxime fronce les sourcils et je sais aussi que déjà, c’était une enfant sujette à des crises en plus de se manger des torgnoles à tour de bras par son père. Elle fixe Barbara intensément et une chaise vient se mettre au travers son chemin. Elle s’étale de tout son long, surprise et moi j’éclate de rire.

- T’étais déjà une emmerdeuse.

Je suppose que ce sont les premières traces de Magie chez elle et honnêtement, ce fut une belle entrée en matière… Nouveau mélange de couleur, nouveau fragment éparse de la lettre reçu de Salem, de ses fournitures faite grâce à Kristen et non à ses parents qui semblent réfractaires à la magie pour se stabiliser dans le Hall de Salem alors qu’elle est déjà entourée de Spencer et de Dean. Spenc’ est déjà grand et mince mais Dean est un géant pour son âge. J’parle même pas de Maxime. Ils étaient nos trois grandes asperges. J’entends des cris au loin et je me retourne… A l’autre bout du couloir, je … me vois moi. Putain quelle gueule de gland. Et Macy avec ses cheveux blonds et sa petite bouille toute ronde qui se fait emmerder par deux élèves d’un ou deux ans nos aînés.  Je suis prêt à foncer dans le tas pour m’aider plus jeune, à foutre une tarte à ces enfoirés d’emmerdeur mais le souvenir de la Maxime-enfant me dépasse et fonce dans le lard.

- Eh ! Tu la laisse toi ok ? Tu la touche pas !
- Tu t’es prise pour qui le microbe, toi aussi tu veux que j’te pousse ?

Et là Dean s’interpose et Spencer avec… Bordel, j’me souviendrais toujours de ce moment-là. Notre première rencontre. Les souvenirs que je vois ici sont ceux qui ont été pour elle le plus marquant et .. ouais ; mon cœur se gonfle de voir qu’elle se souvient encore parfaitement de tout ça. Les deux gosses déguerpissent et déjà, Spencer entame la discussion avec moi et me pose un tas de question dont Macy apporte les réponses à ma place. Les deux piles électriques se sont trouvées.

Changement de décors où je vois défiler nos moments à Salem, nos conneries lorsque Spencer s’est fait cramé sa coupe affro par Macy qui s’est précipité avec sa potion. Tout ce fige.

« VIENS ICI PETITE GARCE ! T’ENTENDS ! RAMENE TOI !! »

Je recule par réflexe lorsque Daniel passe devant moi comme un fou, courant après quelqu’un. Mon cerveau met quelques secondes avant de comprendre et mon corps, deux secondes de plus avant de s’élancer à la poursuite de Daniel lorsque ma logique s’est remise en place. Les coups pleuvent déjà, les larmes et les suppliques de Maxime retentissent contre les murs et me transpercent. Je chute conter une porte, me redresse, la cherche partout du regard, le cœur au bord de l’explosion. Et je les trouve enfin, dans la chambre de Maxime. Daniel hurle de rage, son poing s’abat sans retenue sur le corps recroquevillé de Maxime qui semble avoir 14 ans tout au plus. Elle hurle, elle pleure. Et lui… il continue. Prends tout ce qu’il sur la main pour lui balancer à la gueule. J’ai la sensation que je vais devenir fou.

- Ordure…

Je tremble comme une feuille. De rage, de tristesse et d’horreur. Je savais Maxime maltraité mais … Un craquement et un hurlement se fait entendre. Maxime se tient le bras alors qu’elle est en boule sur le sol.

Il venait de le lui briser dans l’élan. Enfoiré. Putain d’enfoiré. J’hurle et fonce dans le tas pour lui éclater son visage d’ivrogne sur le sol. Je veux le détruire, en cet instant même, je veux le bousiller entre mes doigts. Il n’y a plus de William, je suis juste qu’un amas de colère et de haine et à la seconde où je rencontre le corps de Daniel, ce dernier s’évapore en une brume et je chute sur le sol, me ramassant sur mes bras alors que nous changeons déjà de décors. J’en reviens pas. Il la battait… à coup de tout. De lampe. De bouteille. Jusqu’à lui péter le bras. Sa propre fille. Nouveau tourbillon et toujours Barbara qui se plaint à Daniel que sa fille n’est qu’une petite merdeuse qui ne fera jamais rien de sa vie, qu’elle ne sait pas se contrôler, qu’elle lui a manqué de respect. J’assiste même rapidement à des scènes où Maxime s’est fait sauver la mise plus d’une fois grâce à l’interposition d’Alexander que son père n’osait visiblement pas frapper. Tout cela est un condensé de cauchemars et je sais déjà qu’à la seconde où je sortirai de ses souvenirs, j’irais vomir malgré mon estomac vide. Je tremble, l’impuissance est violente. Comment a-t-elle pu survivre à cet enfer sans péter les plombs ?

Les souvenirs se fixent sur l’instant où elle est venue me rejoindre avec la bande à l’hôpital. Jude. Non, j’veux pas ré assisté à ça. Je me bouche les oreilles à la seconde où Maxime ouvre le rideau et me découvre amoché, hagard et en pleure. C’est l’une des rares fois où elle m’a prise dans ses bras et où je m’y suis accroché comme un mort à la vie. Et plus les souvenirs défilent, plus je me rends compte de son importance dans ma vie. Je n’ai de préférence pour personne mais avec Maxime, un lien étrange s’était tissé. Et c’est en nous voyant là, que je me rends compte aujourd’hui…

Les souvenirs se changent à nouveau et j’ai le cœur serré. La culpabilité a foutu le camp tant je suis occupé à emmagasiner autant de chose. J’aperçois de nouveau souvenir avant de me stabiliser dans une pièce rempli de poster, de magazine de bagnole sur un coin de bureau, des vestes et tee-shirt éparses sur le sol et un lit complètement défait. Une chambre ? Laquelle ? Elle ne ressemble pas à celle de Maxime et …

La porte s’ouvre à la volée et je sursaute violemment…

Choc.

Maxime et Dean, serrés l’un contre l’autre, s’échangeant un baiser plus que passionnel. Dean plaque Jefferson contre l’un des murs de sa chambre alors qu’il claque la porte du pieds et elle entreprend de le défaire de son tee-shirt…

- Bordel de merde ! BANDE DE GROS DEGUEULASSE ! J’le savais !

Merde j’ai pas envie de voir ça !

Je ferme les yeux et surtout, me bouche les oreilles avec force et entreprend de chanter une chanson à la con, tout en dansant d’un pied sur l’autre. Je me sens d’un coup hyper mal à l’aise avec l’impression d’être un gros pervers. Je rougis et continue de fermer les yeux…  Eh non sans déconner, j’aurai dû parier avec Spenc’ la fois où je lui avais dit que j’étais CERTAIN qu’il se passait un truc entre eux. Et bordel, j’avais foutrement raison. Un sourire se peint sur mes lèvres et s’affaisse aussitôt… Ouais, j’avais raison sur ses sentiments. Les petits détails qui auraient pu paraitre banals aux yeux des autres, devenaient plus significatifs à présent.

Je sens que le décor change de nouveau et je risque d’ouvrir un œil… Il fait nuit et la seule lumière qui se présente est cette Lune, pleine et bien ronde. Un instant, la peur me saisit l’estomac jusqu’à ce que je nous vois au loin, déguerpir comme des lapins poursuivit par le démon. Et c’était le cas car… maintenant que je suis spectateur et après nous avoir vu me filer sous le nez, je vois Maxime à 5 mètres de moi, attrapée par un Loup noir de taille anormal, plantant ses crocs dans sa hanche. Un gros chien hein ? Putain de connerie. La peur me fait frissonner avec violence même si je sais que je ne risque rien, mais lorsque vous avez des souvenirs devant vous, plus vrai que nature, tout semble possible. C’est pourquoi je recule d’un pas, puis deux, la nausée au bord des lèvres, le cœur remuant son muscle et la peine m’abattant toutes barrières. Les images se floutent, puis tressaillent, comme s’il y avait des interférences. Tout va soudainement vite, trop vite et j’en ai le vertige. Un tourbillon de souvenir où je vois une Maxime blafarde, cachant au maximum sa blessure puis la retrouvant fiévreuse dans un coin de sa chambre, téléphone à la main. Des brides de paroles me parviennent et c’est à Dean qu’elle parle. Dean qu’elle demande à voir sur le champ. Arrêt. Reprise. Droit dehors.

C’est comme un bloc de glace au creux de soi. Vous perdez la notion du temps, de présence. Mes yeux se lèvent vers le ciel. Pleine Lune. Mon regard s’abaisse sur les deux personnes devant moi. Dean et Maxime. Maxime et Dean. Les amants improbables ou presque. Mais surtout… l’évidente solution. L’évidente évidence. L’évidente foutue vérité. La peur m’achève cette fois et tandis que j’entends au loin les os de maxime craquer, sa peau se déchirer et que ses hurlements déchirent la nuit et ce ciel si éclairé, je pleure. Je chiale comme un enfant. Parce que je sais la suite. Parce que je sais ce qu’il va se passer. Dean est affolé, moi je sombre. Je tremble. La bête prend forme, le corps se transforme. L’instinct animal éclot comme une fleur de printemps et tout est terminé. Maxime n’est plus là, sa conscience est écrasé par le poids d’un animal qu’elle a nié.

Je tombe à genoux et j’assiste au massacre. Mon cerveau capte chacune des images, chacun des gestes et des bruits. La chair déchiré, les crocs se plantant dans la jambe de Dean qui explose sous le choc. Elle est entrain de le tuer alors qu’il la supplie en pleurant comme un enfant. Il la supplie en hurlant de douleur, de peur et de supplice. Et elle, elle n’arrête pas. Ce gros loup gris ne s’arrêterait pour rien au monde de goûter à cette chair fraîche, à ce sang si gouteux. Ma vue se brouille de larmes et je ne m’entends pas lui hurler d’arrêter, mon ouïe étouffer par un acouphène. Mon cœur explose et je me perds dans ces images d’horreur, des images qui se saturent d’interférence pendant que je me balance d’avant en arrière, choqué, atterré, vide de tout. Vide de sensation, de sentiment. Je ne suis plus rien qu’une putain de coquille vide. Maxime venait de me dévorer en même temps que Dean. Je m’accroche à mon propre tee-shirt et prononce presque par automatisme une prière, suppliant ce foutu Dieu que tout cela ne soit pas vrai, que Dean n’ait pas souffert, que Maxime… brule en enfer. Qu’elle y brule et qu’elle y reste. Elle vient de se faire un putain de festin avec notre pote en plat principale. Elle l’a bouffé. Dévoré. Rongé jusqu’à l’os, jusqu’à lui exploser la nuque à coup de mâchoire.

Au moins, il ne hurle plus. Il ne me déchire plus le cerveau de sa souffrance. Il ne me déchire plus le cœur de cette horreur.

- Tu l’as tué. Putain, tu l’as tué Maxime. Tu l’as tué.

Et je bredouille, hagard. Et surtout, crispé de douleur. Une douleur que je voudrais n’avoir jamais connu. Les images se confondent, saturées au possible jusqu’à changer au lendemain où je trouve une Maxime en pleure, en crise, du sang sur les vêtements en essayant de se laver, se frottant à sang, se faisant du mal. Et moi je suis toujours à genoux et je chiale avec elle. Je n’arrête pas, ça n’en finit pas. Toujours à me balancer comme un autiste. Toujours hagard comme un écervelé. Et elle est face à moi, nue dans sa salle de bain. Elle frotte encore et encore. Elle n’y croit pas et moi non plus alors que je le savais au fond. Je m’y attendais et je voulais voir. Savoir.

- Pourquoi t’as fais ça. Pourquoi. POURQUOI PUTAIN !

Mon poing part subitement dans son visage pour ne rencontrer que du vide. Je chute lourdement sur le sol et je pleure de plus belle. Je sens le sol commencer à se dérober et lorsque je crois que c’est la fin, tout continue. Les souvenirs, les siens, à elle et à sa bête. Cet animal sanguinaire et meurtrier qu’elle se tape au fond de son être. Je vois sa sœur, un mec, un grand homme à la peau noire. Mais je m’en branle de tout ça, je m’en branle. Maxime, ma meilleure amie, ma pote, ma frangine, cette putain d’âme que je gardais au creux de mes mains à bouffer celui qu’elle aimait. Qui l’aimait.

Et la fin se présente. Je la vois dans une salle pavée. Poudlard. Dean est là, à ses côtés. Leurs mains enlacés, les siennes englobants celles de Maxime. J’ai envie de m’arracher la peau, le cœur, tout ce qui peut constituer une naissance aux sentiments, aux sensations. A genoux, je les contemple. La colère et la profonde tristesse s’unissent, se font l’amour, se rejette, se retrouve. Et je m’y perds. Parce que je vois toute cette douleur dans son regard, tous ces regrets et lui là.. .putain, qui est là à côté d’elle, à la toucher.

« Tu me manques aussi, tu sais. »

Pauvre con. Et nous ? Et moi, et Macy ? Et Spenc’ ? Fais chier bordel. Pourquoi il a fallut que ça soit toi qui l’assassine. Pourquoi il…

« J’y vais. Te blâme pas pour Spenc’, il a fait ça pour Macy, ok ? Pense à eux. »

Tout change, notre décor à nous. Je suis dans cette salle des illusions. Et cette fois Dean court, loin, en criant. Maxime reste aussi hagarde que moi devant cette image et nous comprenons tous les deux.

Voilà ce à quoi elle a assisté. Voilà ce qui lui a fait péter les plombs. De tout se reprendre dans la gueule. Elle se revoit entrain de le dévorer et sans le savoir, nous sommes tous les deux entrains de contempler pour la seconde fois l’horreur de ce meurtre. Elle hurle. Je hurle. Elle court, je cours. Elle crie son nom. Je pleure le sien. Je vais devenir fou. Ma raison va se rompre, je la sens me fuir au fur et à mesure que la peine de Maxime explose dans cette pièce et me gifle avec une puissance extraordinaire.

Tout s’arrête.

Et tout reprend.

Nous levons la tête ensemble, comme si nous ne faisions qu’un. Nous lui faisons face, à son double à elle. Elle porte ce sweat, le préféré de Dean. Celui qu’il portait alors qu’il a été déchiqueté sous mes yeux.

« T’as pas le droit de porter ça.
« Le prochain, c’est qui… ? T’en as tué deux déjà, alors ? Macy ? William ? A qui le tour, Maxime.»


Main sur l’estomac, je les regarde tour à tour. Le visage et le corps en sang de Dean s’interpose devant mes yeux puis ma conscience revient à elles deux. Je les écoute et je saisis de nouveau l’importance de son souvenir.

« Enlève-ça.
— Je l’ai durement gagné.
— GAGNÉ ?! »


La représentation même de sa haine. Elle-même. Elle se déteste et elle entre en crise. Je le vois à ses yeux qui se rétrécissent, à ses larmes qui ruissellent, à son teint, à ses traits.

« … t’es comme ton père.
— SALOPE ! »


L’explosion est soudaine et j’ai le droit à un vrai massacre, une fois de plus. Maxime se démonte elle-même la gueule, elle se détruit d’exister. Elle se détruit d’avoir fait ça. Elle hurle sa haine, son appel au meurtre et je n’ai plus la capacité de bouger, je n’ai plus la capacité de quoi que ce soit si ce n’est de continuer à pleurer et de subir ses images où son visage n’est qu’un amas de chaire, cette souffrance, cette colère, cette pitié. Tout. Absolument tout m’écorche et mon cerveau va bientôt arriver au point de rupture. Ses poings éclatent en réalité le sol et moi je veux sortir. Je ne veux plus rien voir, je ne veux plus rien entendre.

Un effort surhumain de ma part. Juste un et c’est terminé, tu le sais. Je m’extirpe avec violence en poussant un hurlement et en chutant sur le sol. Je ne sens pas la douleur puisque la seule qui m’habite est cette putain de vérité qui me déchire. Je me retourne et vomis le peu que j’ai mangé, me tordant ainsi l’estomac de souffrance. Je pleure encore, je ne fais que ça, je ne peux faire que ça. Et je hurle de nouveau en abattant mon poing avec une rage inouïe contre le pavé. Parce que mon cerveau sature, parce qu’il n’arrive plus à dissocié de ce qui est bien ou pas, de ce qui est mal ou pas, de ce qu’il doit ressentir. Et mes phalanges  s’écrasent encore avec colère, incontrôlable. Les images se succèdent, s’interposent. Ma raison me hurle de reprendre conscience et d’arrêter mais je n’en fais rien. Puisque j’en ai plus rien à foutre. J’avais raison et j’aurai préféré me tirer une balle dans la tête plutôt que ça ne soit le cas.

Je perds le fil de la douleur, de mes gestes, de mes hurlements et de mes larmes. La terre tourne avec violence et je finis par disparaitre dans un noir totale où je m’y loge, le temps d’un repos.

¥

Une heure. Peut-être deux. Je ne sais plus. Je suis toujours dans la même pièce, tout au fond, assis sur le sol, dos appuyé contre le mur. Je vois ma flaque de vomis au loin, mélangé au sang de mes phalanges et à mes nombreuses larmes qui se sont tarît depuis. Ma main est beaucoup moins gonflée que tout à l’heure grâce au sort apposé il y a une vingtaine de minutes. Finalement, avoir pris de l’avance sur certains domaines peut être utile.
Genoux replié, bras appuyé dessus et clope entre mes doigts je regarde la fumée s’évaporer et disparaitre. Au même rythme que ma colère. Je me suis évanoui, puis sûrement endormi de fatigue quelques minutes, peut-être quelques heures. Je n’en sais rien. J’ai recommencé à hurler, puis à pleurer. A vomir une nouvelle fois lorsque j’entendais au fond de ma tête, la nuque de Dean se briser sous la mâchoire de Maxime.

Maintenant ?

Je me sens vide de toute énergie. Je suis plein de remord, plein de colère, plein de tristesse. J’en veux à Maxime mais plus pour les mêmes raisons. Je ne sais pas si c’est parce que je suis doté d’un pragmatisme assez développé mais ma raison a repris le dessus. Mon cerveau ressemble à une cathédrale où mes pensées se perdent et résonnent. Et ça dure des heures comme ça, à réfléchir, ruminer. Lui en vouloir encore et encore jusqu’à ce que toute cette rage se taise, s’enterre. Que ma raison, encore une fois, reprenne le dessus mais surtout, mon esprit logique et raisonnable. Elle n’y est pour rien, je le sais mais pour le moment, c’est encore dur à digérer. Tout est devenu clair et limpide, tout me parait désormais beaucoup plus compréhensible. Certaines vérités deviennent évidentes.

Maxime était amoureuse de Dean, ce passage dans la chambre de ce grand con n’est pas anodin. La passion qui les habitait non plus. Et dans la salle des illusions… ce manque avoué, ces mains unies, liés. Ce regard, cette peine au fond de son regard. J’essuie une larme traitresse. Et ce n’est qu’en cet instant que je fais un transfert. Si ça avait été moi à la place de Maxime et Jude à la place de Dean ? Ouais hein, le décor change brutalement tu n’trouve pas ? Je m’en serais voulu à en crever. A vouloir m’éclater la tête contre un mur, à vouloir à ce que l’on m’arrache les membres.

Voilà la peine qu’elle ressent chaque jour. Voilà la souffrance qui l’a poussé à mettre les voiles.

Je pousse un soupir tremblant. J’ai mal au ventre et je n’ai pas sommeil. Je ne dormirais pas de la nuit et je le sais. Plus les heures passent, plus mes convictions s’effondrent. Je pense à ce que voudrait Dean, encore une fois à ce que ressent Maxime. Et Macy dans tout ça ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ? Comment est-ce que je vais pouvoir avouer tout ça. Mon erreur et celle de Maxime. Et pourquoi tu n’as rien dis, au moins pour la Lycanthropie… j’aurai pu t’aider. Je le sais.

Je tire une latte et écrase ma cigarette au sol. Je me sens pathétique, triste et … détruit. Maintenant, qu’est-ce je dois faire ? Je le sais, j’entends déjà Dean derrière moi me souffler les mots que j’adhère déjà.

Je suis resté toute la nuit à y réfléchir et tout est redevenu calme ou presque, au sein de mon être. Je me lève et marche d’un air nonchalant jusqu’à ma salle commune où je file dans les douches afin de me débarrasser de cette odeur persistante de vomis. Mon cerveau continue de tourner et j’aimerais qu’un instant, il s’arrête. Je donnerais n’importe quoi pour Jude apparaisse et me prenne dans ses bras, en cet instant.

Comme Maxime doit attendre le retour de Dean, chaque matin. C’est un cauchemar.

J’enfile un tee-shirt et une chemise, un jean et de vieilles baskets trouées. Je passe au lavabo, me lave les dents et me regarde dans le miroir. Mes yeux sont gonflés par les larmes et je suis aussi pale qu’un mort.
Je lève les yeux vers la fenêtre… Le Soleil se lève. Il est temps, je crois. Mes pas m’emmènent doucement vers l’infirmerie, pas un chat ne fréquente le couloir… enfin si, un seul. Un tout blanc, comme la neige. Je pousse pour la énième fois le lourd battant et de nouveau, je tombe sur Katherine fraichement réveillée, qui se dirige vers moi. Je ne prononce pas un seul mot et me contente de lui montrer ma main. Elle ne me pose aucune question en m’appliquant un baume sur les phalanges. J’en ressens un intense soulagement. Je lance un regard vers le rideau tiré et je devenir la forme de Maxime derrière, endormie sur son lit. J’ai le cœur qui se serre avec violence.

Rina me regarde et se dirige vers son bureau comme si de rien n’était, une manière à elle de me donner le feu vert. J’ai la peur au ventre, le myocarde qui bat avec violence et déjà, les larmes se pointent. J’ai plus autant chialé depuis la mort de Jude. Ma main attrape le rideau et l’écarte doucement alors que je me glisse près du lit, après l’avoir retiré derrière moi.

Elle est là, endormie comme une masse après avoir subi une énième transformation, malgré elle. Après avoir vécu un énième supplice, celui qui était la cause de toutes nos douleurs, de la sienne, la plus mortelle. Cette fois, pas de sommeil agité. Juste une jeune femme, en soutien-gorge sous un drap, dormant sur le côté, une main posée devant elle. Mon pas est trainant, je pose un genou au sol, puis un deuxième, les deux bras appuyés sur le lit.
Je pleure. Une fois de plus.

- Tu n’es qu’une putain d’abruti. Une imbécile, une vraie conne quand tu t’y mets.

Je serre les dents et je donnerais ma vie pour celle de Jude.

- Comment est-ce que tu peux te balader comme ça, comme si de rien n’était ? Tu sais ce qui est le pire ? C’est que j’arrive plus à t’en vouloir. J’y arrive plus, parce que j’ai pas la force de le faire. Je pourrais te tuer, là, maintenant, d’avoir fait ça. Mais comment j’pourrais quand…

Ma gorge se serre dans un sanglot que j’étouffe. Je n’y arrive presque pas. Ma voix n’est qu’un murmure.

- Putain… comment j’pourrais quand je sais ce que ça fait de perdre un type comme Dean. Quand je sais ce que ça fait d’avoir l’impression qu’on t’arrache le cœur et que tu vis avec un morceau de muscle informe. Et merde, j’ai pas envie de faire dans le romantisme.

Les larmes s’écrasent sur le matelas drapé et je flanche, mes genoux tremblent, mes mains aussi. Je m’essuie les joues d’un geste avant de reprendre, d’une voix brisée.

- T’avais pas à garder tout ça pour toi, parce que c’est pas possible de vivre avant.. autant de douleur et de haine à l’intérieur de soi. On peut pas survivre à ça, on finit toujours pas se déchirer en un million de morceau avant de crever lamentablement dans un caniveau. Et tu vois, c’est pas ce que Dean veut. Et c’est pas c’que je veux non plus.

Silence. Soupire. Respiration. Mon cœur finira par se déchirer sous cette pression.

- Jude et lui ne sont plus là et ils nous botteraient le cul de nous voir aussi pathétique. Et puis Macy ? On va pas la laisser toute seule, j’peux pas gérer ça sans toi. J’ai eu envie de te voir mourir toute la nuit Maxime. Toute la putain de nuit je t’imaginais morte sous mes doigts et maintenant, j’ai qu’une envie c’est de te dire que … moi j’suis là. J’suis pas mort. T’entends ? Dean n’est plus là, mais moi si. J’vais pas te laisser tomber.

Je lui prends la main, sa peau encore bouillante mais moins que la nuit précédente. Je serre ses doigts entre ma paume. On ne peut pas vivre avec tout ça en soit, on peut pas faire ça et j’laisserais pas faire ça. Peu m’importe le temps que cela me prendra, je veillerais sur elle et m’attèlerait à réparer toutes ces conneries qu’on lui a infligé. Nous n'avons que 19 ans et trop de chose à vivre bordel.

- J’vais prendre soin de toi, Maxime. J’en ai rien à foutre si t’es qu’une putain de nana incapable d’accepter ce genre de truc. Tu m’empêcheras pas de faire ça. Pour Dean, pour Jude, pour nous. Parce qu’on est une famille et que j’te lâcherais jamais. J'tiens à toi, comme j'peux tenir à Macy.

Elle dort profondément, je le sais. Et même si elle m’entend, j’en ai plus rien à foutre. Ca ne compte plus. Mes larmes s’apaisent au fur et à mesure mais mon murmure se fait toujours plus intense. Je lui en veux, oui, mais ça ne change rien pour moi car je sais déjà que cette haine fondra comme neige au soleil lorsque je croiserais son regard limpide aux allures de testament. Je revois son père et sa maltraitance, je revois cette passion avec Dean lorsqu’elle s’accrochait avec ferveur à son tee-shirt et lui à ses cheveux. Ils s’aimaient ses deux cons. Putain.

Je me penche en avant et murmure comme dernier mots :

- Je veillerais sur toi. Comme il l’aurait fait, t’entends ? T’as ma parole et je te le promets, sur tout ce que j'ai de plus cher.

Je dépose un léger baiser sur sa joue, comme si elle risquait de se briser sous mes lèvres. Je me recule en douceur et pose mon menton sur mes mes mains. Je l’observe, en silence, m’imprégnant de cet instant privilégié. Pensant à Dean, qui aurait aimé être là. A Jude, à qui j’aurai donné ma vie entière pour qu’il puisse respirer de nouveau. A Maxime et ce loup qui détruit son existence mais qui est là et qu’il faudra apprivoiser.  A Macy qui, de son lit, ne se doute absolument de rien… Et a Spencer, qui aurait sûrement été retrouvé cette dernière pour la serrer contre lui.

Je m'en veux pour ce que j'ai fais, je m'en veux d'avoir été fouiller là où je n'aurai pas dû...

Le temps passe et le sommeil m’emporte, mon cerveau y trouvant un repos réclamé et supplié.

Désormais, Macy n’est plus la seule fragilité que je dois conserver de la brutalité d’une vie.

- FIN -
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MessageSujet: Re: [OS] And once you're gone you can never come back - Part One.   Mar 10 Mar 2015 - 20:22



“ Dans les images qu'on donne de soi, on cherche l'anonymat.
Abandonner ce que l'on sait de soi. Et les peines qui vont avec. “

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[OS] And once you're gone you can never come back - Part One.
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