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 [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William

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MessageSujet: [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William   Ven 30 Jan 2015 - 22:47

« T'entends ça Matéo ?
- No, enfin... Un peu ? »

Parfois j'oublie que Matéo n'a pas la même ouïe que la mienne et que, même si je me renferme à toute expérience possible en matière de lycanthropie, elle reste quand meme supérieure à la sienne. Cachés derrière des buissons comme deux cons, ce sont des froissement d'ailes que je perçois. Qu'est-ce-qu'on fait et oú est-ce qu'on est ? En Roumanie, on a décidé d'infiltrer cet endroit où des dragons seraient gardés, apparemment. Magiquement parlant on a pas eu beaucoup à faire mais on a du grimper une haute palissade grillagée et le chemin jusque l'espèce d'enclos géant est sacrément long. On a du marcher une bonne demie-heure avant d'arriver derrière ces grands rosiers plein de piques. C'est le troisième jour que nous sommes en Roumanie et jusque la, notre voyage est cool. Je crois que ni l'un ni l'autre n'étions prêts a rentrer dans nos familles alors l'idée m'est venue de choisir une destination au hasard et de partir à l'arrache, tous les deux. Pourquoi lui ? Parce que dans ce château c'est surement lui que j'apprécie le plus. Je me surprends à lui accorder un millième de confiance. Il sait de moi plusieurs choses que j'ai voulues garder secrètes mais en contrepartie il n'émet jamais un seul mot dessus. Je peux m'éclipser à la pleine lune sans qu'il ne me pose de questions. Je peux l'ignorer et vouloir rester seule, il respectera cet espace vital. Il ne me dérange pas et apprécie les silences, mon langage premier. Il me couvre si j'ai besoin, et je le couvre si c'est lui qui me le demande. Il ne refuse pas une petite partie de jambes en l'air et surtout pas quand j'approche de la lune mensuelle. Il m'aide sans bruits et sans me demander de retours si par hasard j'ai déchiré mes vêtements. Il fait des choses qui m'ameneront à le remercier un jour. Y compris supporter mon mauvais caractère. Je reste méfiante parce que le genre humain est aussi imprévisible que n'importe quelle créature sur cette terre et que les chemises se retournent vite. Je m'obstine à garder de la distance parce que je ne veux pas être blessée à nouveau. J'ai déjà du abandonner mes amis de toujours, j'ai avalé mon âme soeur et meilleur ami presque un an plus tôt et le goût du sang est toujours là. Alors je ne peux pas me permettre de laisser tomber trop vite ma garde.

En tout cas nous sommes là, on passe un bon moment et j'occulte tout ça de ma tête. On est là pour voir des dragons. Je lève la main dans un signe de silence vers Matéo et écarte les broussailles pour nous ouvrir une percée vers l'enclos. On avance doucement et finalement, touchons les bords de l'espace consacré aux grosses bestioles. Il n'y a qu'une barrière à mi-hauteur mais lui comme moi n'avons pas envie de passer par-dessus. Notre vision est de toutes façons dégagée sur un lac gigantesque paumé entre d'immenses collines. Des sorciers, surement des chercheurs, sont la et plus particulièrement autour d'un dragon bleuté, attaché. Je me surprends à retenir mon souffle : La créature est majestueuse, pleine de fierté.
Nous comprenons vite qu'il s'agit d'un lieu réservé à la sauvegarde de créatures blessées. Et ils vont détacher celle-ci car elle n'a plus besoin des services de ces médecins inhabituels. Je sens un frisson de peur me glisser le long de l'échine et un autre d'excitation en même temps. Cette sensation ne m'est pas inconnue mais est rare. Je suis soufflée par la beauté de cet être effrayant, imposant. Comme hypnotisée.

Les sorciers s'affairent et au bout de quelques longues minutes ils finissent par s'éloigner du dragon, sauf un. Il lève ce qui semble être sa baguette et jette un sort qui brise les chaines de la créature. Je m'attendais à ce que le dragon s'envole d'un geste sec et parte à toute vitesse mais il n'est pas question de cela. Les chaines disparaissent et alors il étend ses ailes avec grâce. Tout son corps se redresse de fierté et il semble mesurer la liberté et l'amplitude de ses mouvements, avant d'agiter ses ailes et finir par s'élever.

« wow… »

L'envol est superbe. C'est incroyable, je me surprends à sourire et le coeur battant je reste le regard rivé sur cette créateur mystique, magique, magnifique. Un sentiment de plénitude m'envahit alors que le dragon s'éloigne, toujours aussi gracieux. Le brin d'excitation que j'ai ressentis quelques minutes plus tôt ne m'a pas lâché. J'ai l'impression qu'une envie nouvelle se pointe à l'intérieur de moi : Je crèverais pour être à la place de celui qui a brisé ses chaines et lui a offert la liberté. Etrange sensation d'attirance pour ce monde que je n'avais jamais approché.

« Maxime… »

Je n'écoute qu'à peine Matéo jusqu'à ce que sa main choppe un bout de mon hoodie pour me réveiller, mais mon regard reste planté dans le ciel dans l'espoir de repérer à nouveau la créature volante. Je crois que je souris comme une abrutie. Mais je ne m'en suis pas rendue compte jusque là.

« Maxime...
- Quoi, m… »

Mon corps se crispe, mes yeux s'ouvrent en grand. Matéo est tout aussi tendu, la redescente sur terre est brutale. Immobiles tous les deux, nos yeux rivés vers l'espèce de chien magique qui nous tourne le dos. Je ne sais pas par quel miracle il n'a pas senti notre présence mais c'est surement bientôt notre heure de filer. Immense, colossal, surement entraîné pour la garde, ce chien ne fera qu'une bouchée de nous s'il nous découvre la comme deux cons plantés. Un signe de tête de Matéo, j'acquiesce, il est temps qu'on mette les voiles.
Sachez qu'à priori, les choses ne devaient pas se passer comme ça. On devait sortir tranquillement de l'enclos, filer à l'anglaise, la discrétion comme instinct de survie. Mais c'était sans compter que l'un de nos se casse la gueule à cinq mètres du gardien animal. Une seconde nous a suffit a comprendre er accepter la marche à suivre.

Courir.

« COURS COURS IL EST JUSTE DERRIÈRE ! »

Mais oui putain cours Matéo, un sentiment que je connais bien perce la défense armée de ma cage thoracique. Combien de fois me suis-je retrouvée dans la situation de hors-la-loi, petite délinquante sur un terrain interdit. L'adrénaline. Alors qu'on se faufile entre les arbres j'ai presque envie de rire. Mais je canalise ma respiration pour ne pas faiblir parce que la bestiole est rapide et pas seule. Lorsqu'on aperçoit enfin la barrière grillagée, c'est du soulagement que je ressens, et on s'y jette à corps perdu, conscients qu'on joue de pas loin nos vies.
Mon corps retombe lourdement sur le bitume de l'autre côté, suivie de Matéo. Les mains sur les genoux, le corps penché, je cherche l'air un sourire aux lèvres.

« Putain on l'a échappée belle...
- Bordel oui.
- HE VOUS ! BOUGEZ PAS !
- Merde MAXIME VALE ! »

Je pousse un grognement. Il ne manquait plus que ça. Je suis à peine remise que des espèces de gardes ont décidé de nous prendre en chasse. On est dans un pays que nous ne connaissons pas. Je ne me souviens plus du chemin pour rentrer à l'hôtel. Je me sens vivante. Alors plus rien n'a d'importance.

Ce sentiment de résurrection ne m'est pas inconnu. Et j'aime ça plus que tout. Sentir le manque d'air me brûler les poumons, mes jambes s'engourdir, les cris de nos prédateurs que l'on va une fois de plus semer. C'est comme ça et uniquement ainsi que j'arrive à apprécier le vent dans mes cheveux et la gravité retenir mon corps. J'aime défier cette force. Et ridiculiser celles de l'ordre. Je ne sais pas si ce sont des sorciers ou non mais peu m'importe. Nous prenons de la distance, mes poumons sont en feu, mes hanches me tracassent mais un grand rire s'échappe de ma gorge. Et cela faisait bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé.

« MAXIME ! LA PIECE ! ON PEUT RENTRER !
- Attrape ma main !! Allez ! »

Une seconde, puis deux, je tends ma main, il l'attrape en courant, a moitié tourné vers moi, je ferme les yeux.

Poudlard, nous voilà.

Ø

19 Décembre — 10h

« Maxime... »

Qu.. quoi qui me parle ? Qui a allumé la lumière ? Qui a refroidit la pièce ? J'effectue une rotation lente et difficile de mon visage, m'emmêle entre le drap et mon t-shirt, pousse un long grognement. J'ouvre un œil, puis deux et observe. Première constatation : Je ne suis pas dans mon lit. Deuxième constat : C'est celui de Mateo puisqu'il me regarde d'en haut, attendant surement une réponse de la nouvelle locataire de son lit. Me rappelle pas avoir couché avec pourtant ? 'Suis pas nue, pas de traces de griffures récentes sur le bois -il faut c'qui faut-, alors quoi, niuh ?
C'est alors que je me rends compte du problème. Mes bras sont entourés autour de lui, mon visage était posé sur son épaule. J'étais gentiment lovée contre lui. Mon réflexe premier est douloureux lorsque l'info remonte à mon cerveau : Je m'éjecte, que dis-je, m'expulse du lit avec un cri, traverse les rideaux et m'éclate au sol avec un air parfaitement terrifiée.

« Oh bordel, putain de bordel fais chier. »

Je vois son sourire qui s'élargit alors que je me masse le coude gauche, endolorie. Merci pour le réveil putain. Je détourne le regard, un brin d'agacement grimpe d'un coup. Ma tête tourne et la honte s'immisce dans mes veines. Putain de merde. Mais qu'est-ce-qui m'a pris de m'enrouler autour d’ce con ? C'est quoi mon problème ? Ça y est je suis énervée. Il ne dit encore rien mais je sens qu'il est prêt à rire voila pourquoi je ne lève pas la tête.

J'ai les mâchoires serrées et putain mais arrête de me regarder comme ça troudcul. Et arrête aussi de te frotter le coude Maxime ça va certainement pas changer quelque chose. Je finis par me redresser difficilement, toujours dans le coma matinal habituel malgré mon saut du lit plutôt impressionnant.

Il me regarde avec un demi-sourire, torse nu, et je tourne la tête vers sa table de chevet. Mouais voila pourquoi je me souviens pas : Shot et tequila, rien de mieux pour faire l'impasse. Fais chier merde.

« T'avais l'air bien pourtant tu souriais,
- ouais tu vois ça m'arrive, connard. »

Et il éclate de rire. J'ai envie de l'éclater tout court. Je préfère m'asseoir sur le lit, même si mes mains sont crispées autour du drap, j'en ai besoin pour reposer mes bases, fermer les yeux un instant et reprendre conscience et possession de ce grand corps qui est le mien. Des flashs de la veille me reviennent et même si j'ai pas la nausée normalement avec tout ce que j'ai bu, visiblement, je devrais.

« C'est qui Alexander ? »

Je me retourne avec vivacité et le fusille du regard. Il lève les bras en signe de reddition.

« Eh, c’est pas ma faute si t’es plus bavarde endormie qu’éveillée ! »

Je pousse un long soupir désabusé et ferme les yeux à nouveau. Les rayons du soleil sont en liesse pour me rendre aveugle. Je finis par me laisser tomber sur le côté, dos à Matéo. Je grommelle :

« C'est mon grand frère.
- Je savais pour ta sœur mais pas lui.
- Ouais. Moldu.
- T'as faim ? Je vais chercher un truc chez les elfes.
- Non. »

Ø

20 janvier, au matin.


« Vous allez la fermer ouais !
- Jefferson la ferme sérieux,
- Hé tu baisses d’un ton grognasse…
- T’as pas entendu la nouvelle ? Salem a été attaquée pendant la nuit, ils viennent de débarquer, et...
- Attends, quoi ? Vasy répète ?
- Salem, les supérieurs ont pris l’école et… oh ! Ils nous ont dit de rester dans les… »

Je n’attends pas la fin de sa phrase, j’en ai assez entendu. Mon cœur se met à battre dans l’immédiat, debout, j’attrape un gilet et me faufile déjà dehors. Putain de bordel de merde. J’ai pas quitté Salem, j’ai pas abandonné mes potes, pour qu’ils se fassent attaquer par trois connards. J’peux pas y croire. D’ailleurs je veux pas y croire, j’ai besoin d’aller vérifier par moi-même.
Ok, je suis partie de cette école sans dire rien à personne. Oui, je les ai laissés tous seuls, tous les trois, mais j’ai mes raisons. S’ils sont ici, je dois les voir, j’ai besoin de les voir, de savoir qu’ils vont bien. J’y crois pas ce sont des conneries. Je quitte le dortoir des Serpentards et contrairement à ce que je pensais, il n’y a personne dans les couloirs. Je dois la filer discrète non ? Disons que c’est pas mon rayon. Je serre ma baguette à me blanchir les phalanges. Pourquoi t’es si stressée si tu crois qu’ce sont des conneries ? Ta gueule ! Merde. S’arrêter une seconde et réfléchir. Pourquoi j’ai pas écouté la grognasse jusqu’à la fin pour savoir où ils se sont mis ? Réflexion, réflexion. À ton avis, réfléchis. Accessible et grand espace. Le Rez-de-chaussée ? La grande salle ? La putain de grande salle ?

C’est ça. Allez.

Avant d’entamer mon périple, je lâche un patronus, furax.

« Va dire à Matéo que Salem a été attaquée, grouille ! »

Je grime les marches une à une, avant d’arriver enfin au Rez-de-chaussée. Des traces de sang jonchent le sol, effectivement des tas de gosses transitent par la porte de la grande salle. Je vois rouge, ou même noir, ou rien du tout. Mes yeux se mettent en focus droit devant eux et je m’installe des œillères. Je veux rien voir de tout ça j’veux juste retrouver mes potes. Puisqu’ils sont visiblement là. Un barouf incroyable émane de la pièce et l’infirmière débarque à toute allure, guide les blessés à l’intérieur. Elle m’aperçoit mais ne prête pas attention à moi. C’est plutôt Monsieur Gabrieli qui m’attrape le bras et me retiens dans ma course.

« Oh !
- Jefferson retournez dans votre dor-
- Non ! J’suis d’cette école ok, j’ai des amis là dedans, je veux savoir s’ils vont bien lâchez moi putain !
- Ok. A une condition, soyez discrète, pas de remous, ils ont besoin de repos. »

J’écarte mon bras avec violence et lui adresse un regard noir mais mon corps est déjà partit en avant. J’occulte l’avertissement du professeur parce que je n’ai qu’une idée en tête, retrouver mes amis et voir comment ils vont. J’ai laissé Liam, Spencer et Macy à Salem. En partant c’est un peu de moi que je leur ai laissé. Je dois les voir. Je dois savoir qu’ils vont bien.
Je franchis la porte de la grande salle avec détermination, évite deux mecs blessés et avance dans la foule. Je suis grande et de ce fait j’ai une vision d’ensemble. Tous mes sens sont à l’affut, je cherche du regard mes trois amis. C’est au bout d’une ou deux minutes qui me semblent des heures que j’aperçois des tâches rose vif à plusieurs putains de mètres de moi. À ses côtés un mec avec des cheveux en bataille, blessé, les yeux dans le vague. Je reconnaitrais ces deux abrutis à des kilomètres. Mon cœur s’arrête de battre au moment où je les vois. Je reste immobile une seconde. Puis deux. Je me rends compte que j’ai vraiment arrêté de respirer à partir du moment où je recommencer à marcher, et pousser les gens qui sont sur mon chemin. Je n’entends rien à part les battements de mon cœur qui résonnent et vibrent jusque mes tempes. Je ne vois que deux de mes potes sur trois. Ou est Spencer. Je n’arrive pas à faire le point sur ce que je ressens tout s’affole et j’ai peur, j’ai chaud, j’ai froid, je suis soulagée et terrifiée à la fois. Mon regard reste fixé sur mes deux amis et je heurte des gens sans me soucier de ça parce que je ne vois rien d’autre qu’eux. Je n’entends rien, ne perçois que les sons ultra accélérés de mon cœur. Je ne suis même pas capable de dire si c’est vraiment moi qui hurle à travers la pièce.

« LIAM ! »

Son visage se lève, mes mains tremblent, je pousse un mec. C’est bien lui. C’est bien Macy.
Où est Spencer.


Dernière édition par Maxime A. Jefferson le Mar 3 Fév 2015 - 21:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William   Mar 3 Fév 2015 - 9:28


[EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead
Maxime & Will


Dans la nuit du 19 au 20 Décembre - SALEM

- Putain t’es qu’un tricheur mec !
- C’est ce que disent les mauvais joueurs Spenc’…
- Non, j’en ai juste marre que ces cartes m’explosent à la gueule.
- C’est le principe de la bataille explosive, ducon.

Cigarette entre les lèvres, je cligne d’un œil lorsque la fumée vient me brouiller la vue. Je ramasse le tas de carte, le mélange et distribue de nouveau, déposant ma clope dans le cendrier à ma droite. On est peinard, jouant aux cartes entre potes, les trois rescapés de la bande des cinq. Deux d’entre eux manquent à l’appel mais on évite de trop en parler. Parce que ça rappelle trop de chose, trop de souvenirs et trop d’émotions que nous ne sommes pas prêt à voir en face. N’empêche que ces deux cons me manquent, quoi que j’en dise. Sans parler de Jude pour qui j’ai une pensée chaque jour que le grand barbu fait.  

- Tu fais ça parce que j’suis noir.
- Ouais, j’suis un enfoiré de raciste c’est bien connu. D’ailleurs, t’as ciré mes chaussures ?
- P’tit con !

Il me saute dessus et me fou à terre en deux secondes, en renversant la table dans la salle commune et le cendrier avec, écrasant ma clope avec ses grands pieds, alors que je ricane comme un gosse. Clé de bras, à cheval sur mon dos, il fait le fier, trônant comme un roi.

- HAHA ! Tu fais moins le malin tête de nœud !
- Spencer, t’es assis sur mon cul… et j’risque d’apprécier tu sais.
- PUTAIN MEC !

Il s’écarte avec un air dégoûté et je me relève en frottant mon jean, un grand sourire aux lèvres. J’adore ce type, c’est réciproque. C’est une vraie pile électrique, il s’arrête jamais de parler, de bouger et c’est le mec le plus fier de sa coupe afro que cette terre puisse porter. C’est aussi un sacré batteur et c’est d’ailleurs grâce à ça qu’il réussit à évacuer une partie de son trop plein d’énergie. Nous venions le voir à chacune des représentations de son groupe, toujours fidèle au poste et faut dire qu’il se démerde franchement bien.

-Vous pouvez pas faire moins de bruit, les gosses ?

Macy lève ses yeux vers nous, avec un regard de reproche, un bouquin d’informatique devant son nez. C’est la deuxième pile électrique du groupe et les seuls moments où elle ne bouge pas dans tous les sens en parlant, c’est lorsqu’elle lit ses livres sur ses meilleurs amis les ordinateurs. Spencer se plante devant elle, en dansant d’un pied sur l’autre, les poings levés. L’image même de Rocky. Mais noir.

- Qu’est-c’t’as l’androïd, tu veux t’battre ?
- Tu fais chier Spenc’, fou moi la paix.
- Arrête de faire semblant de savoir liiiiire, je…

Un bruit sourd nous fait tous sursauté dans la salle, du moins, ceux qui ne sont pas encore partie se coucher.

- Putain, c’était quoi ça.

- J’en sais rien… peut-être un mec qui sait pas se servir de sa baguette.

Deuxième bruit. Là, ça devient flippant. On dirait une explosion et à la troisième, on sent le sol trembler sous nos pieds.

- Merde… Qu'est-c'que... ?

Un gars de notre âge est à la fenêtre, le nez contre la vitre et nous nous précipitons tous derrière lui. Ce qu’on y voit c’est… une armée de d’Homme, se ruant vers l’entrée de l’école. On entend des cris, les sorts fusent et…

- L’ÉCOLE EST ATTAQUÉE !

C’est un des fantômes de l’école qui passe au travers le mur et qui scande ces mots à tue-tête, plus affolé que jamais. Si l’information a visiblement du mal à parvenir jusqu’au cerveau de Macy, n’ayant pas l’air de comprendre ce qu’il se passe, il suffit d’un regard entre Spencer et moi pour s’activer. Et vite. J’ai le cœur qui fait une embarder mais je ne perds pas une seconde. Première chose, mettre Macy à l’abri. C’est con, mais c’est un réflexe que nous avons à l’unisson avec Spencer. On a perdu Maxime, on a rien pu faire, elle a disparu comme Dean. Il n’arrivera pas la même chose à notre petite sœur. On ne se le pardonnerait pas. On sait ce qui a été fait à Poudlard, les informations circulent vite, très vite. Surtout entre potes et entre membres d’une même famille. On sait ce qu’ils ont fait là-bas, la merde qu’ils ont semé et l’horreur qu’ils y ont laissé.

Maintenant c’est notre tour. Notre putain de tour. Je flippe, on est tous angoissé et faut être un véritable suicidaire pour ne pas sentir cette peur vibrante et étouffante au creux du ventre. Surtout lorsque tu sais que ces ordures sont prêts au pire.  Mais l’adrénaline fait déjà son entrée et je ne perds pas une seconde. La peur attendra, j’ai des choses plus importantes à faire.

Macy lâche son bouquin et saute du fauteuil, baguette en main. Je saisis la mienne et Spencer m’a déjà devancé, choppant notre amie par le bras et la trainant vers les dortoirs, ne la laissant pas se débattre.

- Spenc’ qu’est-ce qu’tu fou !
- J’te planque imbécile !
- NON ! LÂCHE MOI ! Hors de question que j’reste à me planquer pendant qu’ils se battent en bas !

C’est l’hécatombe dans la salle. Certains sont déjà dans les couloirs pour faire mordre la poussière à ces ordures, d’autre sont déjà cachés dans les dortoirs ou dans les placards. Et on peut même pas leur en vouloir. On entend de plus en plus d’explosion, de plus en plus de cris. J’ai l’impression d’être au plein cœur d’un film au ciné. Mais c’est une foutu réalité qui nous explose à la gueule.

- Macy ! Écoute-le, on a …

La porte explose et me souffle le dos, me propulsant droit devant où j’atterris lourdement dans un fauteuil que je fais tomber à la renverse par la même occasion. Je suis désorienté, je sais plus où se trouve le nord ou le sud et j’ai l’impression de mettre une éternité avant de réussir à voir correctement lorsque j’ouvre les yeux. J’entends des cris, je vois des lumières, des sorts exploser au plafond et une tête au-dessus de moi qui hurle quelque chose. Mes oreilles sifflent. Merde.

- Liam ! Ca va ? Réponds-moi !
- J’suis là… j’suis là Macy. Ça va.

Je vois Spencer accourir vers nous et me relever brutalement. Je secoue la tête comme pour mettre rapidement de l’ordre dans mes idées, ramasse ma baguette en titubant et fonce vers la sortie pendant que Spencer explique dans un débit de parole hallucinante, qu’un Supérieur avait fait exploser la porte pour nous attaquer. Notre Covent se trouve au premier étage. Ces enfoirés en sont déjà à ce stade de l’école.
Et maintenant, on a pas le choix que de se faire à l’évidence, Macy ne sera en sécurité nulle part et le seul moyen que nous avons de la protéger c’est de la garder avec nous, de la couvrir même si cette entêter foncera dans le tas comme une inconsciente. Lorsqu’il ne s’agit pas d’elle, c’est une angoissée maladive mais lorsqu’il faut qu’elle fonce dans le tas pour défendre sa « famille »… C’est tout autre chose. Et c’est ce qu’il se passe ici.

- MACY PUTAIN ATTENDS ! Fonce pas dans le tas comme ça merde ! Reviens !

Nous étions entrain de lui courir après dans le couloir jusqu’à ce qu’elle s’arrête aux mots de Spencer et qu’elle face demi-tour, le chopant par le col. Je l’ai rarement vu dans un état de rage comme celui-là où elle semble prête à défoncer tous les murs de cette école.

- Spenc’ ! Ça se trouve ce sont ses enculés qui nous ont pris Dean et Maxime ! T’as vu ce qu’ils ont fait à Poudlard ?! Tu t’souviens qu’ils ont été jusqu’à choper des Moldus juste pour le plaisir ? Si t’as envie de jouer aux lâches, c’est toi qu’ça regarde mais moi j’reste pas ici à jouer au trouillard !

Elle le lâche, je me crispe autour de ma baguette. On y a longtemps et souvent pensé à ce qui a pu arriver. A Dean et à Maxime. Ils sont tous les deux né-moldus, je le suis aussi. Avec ce qu’on a appris, nous ne sommes plus sûrs de rien, rien n’empêche ces enfoirés de recommencer leur petit plaisir, en pleine nature.
Les profs surgissent dans les couloirs, les ennemis sont… partout. Incroyablement partout et nous nous mettons à agir sans réfléchir. Ils sont là pour nous tuer, pour nous éclater la gueule sans aucun remord. L’adrénaline fait son boulot, nous fonçons tête baisser, baguette levé, scandant des sorts à tout va. Je me prends une pierre dans la gueule, titube, me remet bien droit. Spencer se met au travers mon chemin entre un Supérieur et moi-même, lançant un sort et l’expulsant contre un pilier où son corps se disloque de manière… pas normal.

Pas de mot, juste des regards. Notre silence au milieu des hurlements, de la peur. L’odeur du sang, de la roche éclaté, l’école tremble de partout et j’ai l’impression qu’on va tous crever ce soir. Je vois nos profs qui se battent comme des lions avec des élèves comme nous, encore debout… alors que nous sommes pratiquement entrain de marcher sur des cadavres sans nous en rendre compte. C’est un cauchemar. J’perds pas la raison, j’ai pas le droit de le faire. Les mots de Maxime résonnent encore : T’es la tête du groupe Mec, si toi tu pète les plombs, on l’fait tous.  Je suis la tête froide, le plus réfléchis, celui qui trouve toujours solution lorsqu’ils se foutent dans la merde. Sauf qu’aujourd’hui, j’ai foutrement rien en stock si ce n’est de sauver nos peaux comme on le peut. Même si nous tombons…

Macy hurle de rage face à son ennemi tandis que je pétrifie le mien et que je me prends une droite, puis une autre d’un autre enfoiré avant de lui éclater la rotule à coup de talon. Spencer est quelque part, j’ai pu voir sa peau noire se mouvoir à ma droite. Ils sont toujours là, tous les deux. En vie. Continue Will, pense à ces deux enflures qui t’ont enlevés Jude. Ils sont de la même espèce, les mêmes conneries dans le crâne.

« JACKSON ! Ramenez-vous avec les survivants ! MAINTENANT ! »

L’information a du mal à se transmettre lorsque le prof de Sortilèges me secoue dans tous les sens. Putain mais bouge-toi, merde. Je cours auprès de Macy et l’attrape par la main, en continuant d’agiter ma baguette pour nous éloigner des Supérieurs.

- Attends ! Qu’est-ce tu fou !
- Ferme là et suis-moi ! Grouille ! SPENCER ! VIENS !

Je le vois se retourner un instant avant d’acquiescer. Il choppe une petite rousse par le bras et la traine avec lui pendant que le prof rameute encore les élèves qui restent, en les protégeant du mieux qu’il peut. Ça sent la fuite, ça sent peut-être la chance de pouvoir s’en tirer. J’ai le cœur qui tambourine comme un malade et l’adrénaline ne cesse pas de pulser au creux des veines. On se réunit, le prof arrive. Je lève encore ma baguette, explose un morceau de mur qui sombre sur l’un de nos ennemis et … Tout se passe vite. Trop vite. Je vois deux Supérieurs non loin de nous et surtout Macy qui s’écarte du groupe et qui essaie de récupérer un gamin d’à peine 12 ans, blond comme les blés. Spencer est plus vif, plus léger et plus souple et se jette entre Macy et ses ennemis.

- SPENCER NON !

J’accours mais avant même que je n’ai pu atteindre sa main, son sang explose à mon visage et à celui de Macy qui est au sol. Je l’entends hurler et ce que je vois restera graver dans mes plus profonds cauchemars. Le torse de notre pote éclate littéralement sous nos yeux, les siens sont déjà sans vie et son corps s’écroule au sol. Mort. En deux secondes. Juste… deux putains de seconde, et il n’était déjà plus là.

- Non… Non putain pas toi. Merde. Pas toi Spenc’.

Macy pleure, elle hurle de rage mais avant que nous ne fassions quoi que ce soit les couleurs se mélangent, j’ai l’impression d’avoir un crocher au creux du ventre et l’air frais vient nous claquer le visage. Le silence, les souffles courts, les pleurs. Ma main tendu dans le vide où aurait dû se trouver notre meilleur ami, laissé là-bas, piétinez par ces enfoirés. Mort. Un de plus.

¥

Ma meilleure amie assise à côté de moi, sa tête sur mon épaule, pleure toute ce qu’elle peut mais en silence. Un de ceux qui sont lourd, oppressant. Mes coudes sur mes cuisses, mes mains dans le vide, mes yeux hagards, je ne calcule absolument rien. J’ai ces images qui défilent en boucle dans ma tête. Le torse de Spencer, ses yeux sans vies mais aussi ce gamin que Macy n’a pas réussi à ramener avec elle. J’espère qu’il n’a pas trop souffert. Mais Spencer est mort. Mort. Décédé. Sans vie. Il est partie, l’enfoiré. Rejoindre Dean et Maxime. Nous laissant seuls, lui aussi. Petit con. T’avais pas le droit de nous faire ça. EUX, n’avaient pas le droit de nous faire ça. Ces Supérieurs de mes deux. J’ai encore son sang sur mon visage, je le sens, il colle encore. Et cette putain d’odeur de mort qui règne dans cette salle sans qu’on n’puisse rien faire.

Poudlard. On vient de trouver refuge dans une école anciennement occupée, les profs ne sachant pas quoi faire d’autre que de nous emmener ici. Jusqu’à ce que ce que ces gros cons reviennent, parce qu’ils vont revenir. Ils ne lâcheront rien. Ils ont eu Poudlard une fois, ils l’auront une deuxième et tout va recommencer.

Ne perds pas la boule William. Ne perds pas ton sang-froid, garde la tête sur les épaules.

Spencer est mort putain.

La salle est remplit de blessé, un homme au regard qui ressemble aux Iceberg ayant causé l’accident du Titanic est venu nous ausculter, Macy et moi. Je ne me souviens même plus de ce qu’il nous a dit. Juste que là, maintenant, j’ai l’air d’un demeurer à regarder dans le vide, comme si toute intelligence avait quitté mon crâne. Comme si j’n’avais plus aucune capacité. Combien de mort, sans déconner ? C’est quoi cette merde, cette guerre de sang et de clan. Putain, on est pas dans un film.

Spenc’ est mort, merde. Il est mort. J’en reviens pas. J’ai envie de chialer comme un gosse, en pensant à lui, à Dean et sa force tranquille, à Maxime et ses airs de brute.

- LIAM !

On crie mon nom, mais je m’en branle. Foutez-moi la paix putain.

- W…. Will.

Cette fois, on me secoue le bras faiblement, puis plus fort. Je ne réagis pas. Je veux juste de la tranquillité.

- Will putain, c’est Maxime. C’est Maxime !

Réaction. Je lève mes yeux du sol et les tourne sur ma gauche, Macy sautant déjà dans les bras de cette grande brune, en chialant tout ce qu’elle peut. Elle est immense. Aussi grande que moi. Et son putain de regard noir, celui qui te fait croire que la nuit est déjà là alors qu’il n’est que 14 heures. Je suis entrain d’halluciné. J’ai des foutues hallucinations. Je me lève, comme un automate. C’est bien elle. Maxime Jefferson. Bien droit devant moi, les mains tremblantes, le regard illuminé par ces retrouvailles inespérées. Maxime. Joan Jett. Notre pote qu’on croyait morte depuis plus d’un an. Celle qui… depuis tout ce temps était en vie, dans cette putain d’école. J’ai la rage qui grimpe et qui explose tout ce sang-froid que je peux avoir.
Je fais quelques pas et le coup part avant même que je n’ai décidé de lui foutre une droite dans la gueule. Mon poing s’écrase contre sa pommette. Je tremble, je vais hurler si ça continue. Je vais exploser. Et je continue, de frapper dans ses côtes, m’accrochant à son tee-shirt trop grand pour elle, hurlant des mots, des « Putain de connasse », « j’te déteste t’entends ? ». Des mots que je ne penserais déjà plus dans cinq minutes et Maxime me bloque déjà autour de son bras, serrant trop fort, pendant que je me débats comme un diable.

« LACHE MOI PUTAIN ! LACHE MOI ! »

J’entends sa voix, qui hurle d’arrêter. On a sûrement réveillé tout le peuple mais je m’en fou parce que c’est elle que je frappe, c’est Maxime. Pas un putain de fantôme. C’est un corps vivant qui m’étrangle à moitié. Pas comme celui de Spencer. Macy essaie de m’attraper par le tee-shirt pour me faire reculer mais mes poings tentent encore de frapper. Parce que je lui en veux d’être restée ici, sans donner AUCUNES nouvelles, nous laissant croire qu’elle était morte crevée j’sais pas où sur cette putain de planète. Comme si on avait besoin de ça.
Je sens mes jambes flancher, je sens mon corps s’affaisser et mes doigts s’agrippent à ses hanches. Sa peau est brûlante, comme fiévreuse. J’explose en sanglot.

Spencer est mort.
Mais Maxime respire sous mes doigts.
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MessageSujet: Re: [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William   Mar 3 Fév 2015 - 21:21

Je l'appelle. Il ne réagit pas. Mais Macy, oui. J'ai l'impression que traverser cette masse de blesses me prend des heures d'autant plus que l'attente de les retrouver se pointe. Ils sont bien la. En vie. Je ne vois pas Spencer. Mais le corps de Macy qui s'écrase contre le mien efface l'inquiétude des premiers instants et je sens mon cœur battre la chamade. Elle est bien la, vivante, bouillante de vie. Ses sanglots s'écrasent contre mon épaule et pour l'une des premières fois de ma vie je la serre dans mes bras. Ce que je ne fais jamais. Je ne suis pas démonstrative et encore moins tactile. D'autant plus depuis ma transformation. Elle est plus petite que moi, de pratiquement dix centimètres alors j'ai l'impression pendant une seconde que je peux la protéger. Puis je me rappelle que je les ai abandonnés. Et un grand froid se pointe dans mes côtes, blessant mon silence.

Par-dessus la tête de mon amie je guette la réaction de William. Je l'attends. Il finit par se lever mais ce que je vois dans ce corps désarticulé ne ressemble en rien à ce que je connais de William. Mon coeur bat si vite qu'il va finir par me lâcher. Ce sang sur son visage n'augure rien de bon et une vérité assassine se pointe, sournoise, dans mon esprit mais celui-ci fait son travail et occulte. Un affreux bourdonnement résonne dans mes oreilles et je ne sens meme pas Macy s'écarter de moi. Il arrive, son silence et sa lenteur sont sans équivoque. Mes poings se serrent. Je le regarde droit dans les yeux.

« WILL ! »

La voix de Macy me charcute le cerveau alors que le poing de William s'est abattu sur ma pommette. Je n'ai pas vu le coup venir, mais il est bien guidé par la haine et je n'ai pas l'habitude de cette violence chez lui. Celle-ci est clairement dirigée contre moi et malgré le vent de rébellion qui se lève à l'intérieur de moi, je ne lui en voudrais pas. Pas plus que pour les coups qu'il me donne et qui me font reculer d'un pas, bousculant une nana blessée derrière nous.

« Putain… »

J'essaie d'abord de l'écarter de moi, ne tenant pas compte de l'entaille qui saigne à ma pommette mais il s'accroche comme il se raccrocherait à une porte de sortie et frappe à volonté, me lacère de ses mots haineux. Je suis obligée d'employer rapidement la manière forte et mon corps réagit presque avant moi. Clef de bras puis l'autre passé sous sa gorge, je le garde de dos contre moi et serre cet espèce de diable. Il me donne du fil à retordre et sa douleur se répercute à l'intérieur de moi. Des larmes se faufilent jusque mes yeux parce que je lui fais mal, encore, comme je l'ai fais cette dernière année en les laissant sans nouvelles.

« LACHE MOI PUTAIN ! LACHE MOI !
- T'ARRÊTES WILLIAM PUTAIN ! »

Il me hurle dans les oreilles et je serre encore, plus fort, ça lui coupe la respiration mais il est déchaîné. Ne m'oblige pas à faire pire putain William pas maintenant, arrête de bouger. Macy essaie de sen mêler mais la force du désespoir de William est plus forte qu'elle, rouge de haine, crachant sa douleur alors que je l'étrangle à moitié et c'est comme si je me coupais moi-même la respiration. On touche pas aux potes et je suis en train de lui broyer les os mais il ne se calme pas, me cogne et se fait du mal. Jai beau lui hurler de se calmer, tout son être me rejette. Et je fais un énorme travail sur moi-même pour ne pas réduire mon ami en colère, parce que la louve elle, n'aime pas sa résistance. Mais ma souffrance la fait taire.

Et puis, son corps flanche, en une demi-seconde les gens ne nous regardent plus parce qu'on se bat, mais parce qu'il s'effondre contre mon grand corps. Mes bras fatigués relâchent la pression et William tombe à genoux, ses doigts posés sur la peau chaude de ma hanche, et je reste un instant interdite. Je relève la tête vers le plafond, tremblante, les poings serrés et je mords ma lèvre pour me calmer. Sa douleur est immense. La mienne commence à naitre, et elle s'épanouit comme une fleur dans mon cœur. Le silence reprend sa place, et mon corps est secoué de tremblements terribles. Ne pas craquer. Je ravale mes larmes, serre la mâchoire pour ne pas me blesser et attends là un instant. Lorsque je replace mon visage droit, j'aperçois Gabrieli dans le cercle qui nous observe. Il croise mon regard et je sens un reproche qu'il tente de cacher. Il s'approche de nous mais je tourne mon regard vers le visage de Macy. Elle pleure et son corps disloqué semble se ternir avec le flot de larmes qui s'échappe de ses yeux. Son être entier appelle au secours, et je ne parle pas de William. Ce contact extrêmement intime, sous les yeux de tous, me rend malade, me gêne. Son attitude est la réponse à la question que je me pose inconsciemment. Spencer n'est pas avec eux. Je serre les poings. Et s'il n'est pas là à protéger Macy comme on le doit tous, c'est qu'il...

Ne pas faiblir.

Je sens que je pâlis au fur et à mesure que j'entends les sanglots de William, ses mains m'agrippent et me font presque mal, la peine dans sa gorge finit par avoir raison de ma pudeur. Prudemment, je me baisse, décollant son corps agrippé comme à une bouée de sauvetage et son corps s'affaisse en avant, définitivement sur les genoux. J'attrape son visage entre mes deux mains et le force à me regarder. Sa souffrance y est plus vibrante que jamais, et l'espace d'un instant j'ai l'impression de le revoir à l'hôpital, pleurant sans cesse la mort de Jude.

« Spencer ? »

Il comprend ce que je lui demande. Et il acquiesce. Derrière moi le silence est rompu par la reprise des sanglots bruyants de Macy.
Moi, je me sens comme un rien. Un trou béant se creuse dans ma poitrine, noir, profond, définitif. Une sensation de vide m'envahit, j'ai presque l'impression que ma chaleur habituelle se raréfie. Mes yeux s'échappent des siens, happés par le néant. Mon esprit se brise, quelque chose se rompt à l'intérieur de moi et je me sens vieille, brûlée et abandonnée. Je n'arrive pas à entendre ce qu'on me dit, je crois que le prof est là. Je sens sa main qui s'approche de William. Mon premier réflexe n'est pas de lui arracher le bras. Non. J'attrape mon ami et l'attire contre moi. Je sens que le moment de suspensions entre ses pleurs s'arrête à l'instant où il rencontre mon tissu parfumé, ses larmes le traverse et parvient à mouiller ma peau. Je le protège maintenant. Un vague grognement sourd s'échappe de ma gorge et Gabrieli se stoppe net.
Je dois le protéger. Protéger Macy. J'ai fais une erreur en les quittant. Nous aurions pu nous en sortir à quatre. Tout ça à cause de toi, sale animal stupide et hargneux.

Tout ça par ta faute Maxime.

Je me sens si vide que je n'arrive pas à pleurer. Spencer est mort. J'ai l'impression que mon cœur s'effrite petit à petit. Un bourdonnement s'installe dans mes oreilles et c'est la seule chose que j'entends. J'ai posé ma main dans sa nuque, mes ongles rentrent presque dans sa peau et lorsque je m'en rends compte je relâche un peu la pression. Je n'ai pas sentis un instant ma force s'enrouler autour de lui.
Je tends un bras vers Macy et rapidement ce n'est pas sa main que je récupère mais son être entier, qui se courbe et son visage atterrit dans mon cou. Pas un instant je ne songe à les éloigner et au contraire, les serre encore plus contre moi. On reste là par terre comme des demeurés, le regard vague mais bien ouvert, je guette chacune de leur réaction. Je ne sens plus mes jambes parce qu'ils s'appuient sur moi mais rien ne me ferait plus plaisir que de souffrir pour eux, coupable et repentante, je n'émets pas un mot.

Je crois qu'on reste là un moment. J'ai vu que le prof a eu le respect de dissiper le cercle. C'est lorsque je comprends que Macy s'est endormie contre moi, épuisée d'avoir tant pleuré, que je décide qu'il faut qu'on bouge.

« Will… »

Un murmure, un presque rien. Mais cela lui suffit à comprendre. Il s'écarte, le visage pâle, et j'attrape la blonde aux mèches roses en passant un bras sous ses genoux. Macy a toujours été un poids plume.et tandis que je me relève difficilement, je me rappelle toutes ces fois où elle sautait sur mon dos pour que je la transporte. J'ai toujours été plutôt musclée avec la mécanique. Et elle ne se gênait pas.

J'ai l'impression que toute cette année et demie je lai passée à occulter ces souvenirs qui me faisaient mal. Ne jamais en parler pour ne pas flancher, pour ne pas raviver la culpabilité de les avoir laissé là -bas. Pour ne pas penser à Dean. Mais maintenant, je me rappelle. Au fur et à mesure que j'avance avec notre petite sœur à tous dans les bras, je me souviens. Je n'avais pas conscience de ce manque parce que je l'oubliais. Volontairement. Le remord que je ressens aujourd'hui appuie sur mon cœur et la culpabilité ajoute la dose fatale pour m'écraser.

Lorsque William trouve un lit vide, j'y pose notre amie avec le plus de souplesse possible. Ce n'est pas simple mais elle ne se réveille pas et c'est tant mieux. Je retrouve la même sensation qu'il y a un an : Cette tendance à oublier qu'elle et moi avons le même âge.

Je m'assois sur le bord de son lit, à coté de William. Un instant je touche ma pommette. Je n'ai aucun doute sur le temps de la cicatrisation. Bientôt je n'aurais plus rien. Je veux juste enlever le sang séché qui traine et colle sur ma joue. Ce n'est que le mien. Alors que celui qui trône sur le visage de Liam ne semble pas lui appartenir. Je n'ose pas demander et je n'ai pas envie de connaitre la provenance de toutes façons. L’infirmière de tous les diables passe par ici et je choppe une serviette trempée d’eau chaude à la volée. Elle s’arrête un instant pour me fixer d’un air étonné mais je suis déjà passée à autre chose.
Cette autre chose c’est débarrasser mon ami du sang qui lui colle à la peau. La sensation du sang de l’autre sur soi, c’est surement l’une des pire. Quand on a pas celle d’avoir mangé son ami. Je déglutis difficilement puis attrape son visage. Pas vraiment délicatement mais, ça, j’y peux rien. Puis d’un geste tranquille, prudent, je débarbouille le sang sur son visage. J’essaie d’être douce mais ce n’est pas ma qualité première.

« J’avais pas le choix. »

Un simple murmure.
Je ne pense qu'à Spencer.
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MessageSujet: Re: [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William   Jeu 12 Fév 2015 - 16:08

Lâcher prise. Ne rien retenir, juste laisser aller ce poids qui m’écrase non seulement le thorax, mais aussi les épaules. J’ai l’impression qu’une bombe nucléaire éclate à répétition dans mon crâne. Je chiale comme une fiotte, prêt à tomber à genoux, mes doigts accrochés sur cette peau chaude que nous avons cru froide comme la pierre parce que morte. Mais surprise les gars, Maxime n’a pas passé l’arme à gauche, non. Elle est bien là depuis tout ce temps où on chialait sa disparition, bien vivante prêt de moi, le corps qui semble trembler. En fait, j’en sais foutrement rien puisqu’il n’y a plus que moi et ce désastre de douleur. Spencer est mort, les mecs. Notre meilleur pote, merde. Son cœur explosant sous nos yeux, son sang sur ma gueule et sa disparition en fardeau. J’ai pas su le protéger, j’ai rien pu faire. Comme pour les autres. Et maintenant, voilà qu’un fantôme revient, comme ça. Putain ouais, comme ça, comme si c’était… normal. Merde quoi. J’sais même plus si je suis content ou pas, j’ai juste le corps lourd de fatigue et de lassitude, d’horreur et d’impuissance. Et je pleure, je sanglote, la gorge nouée et les larmes qui s’écrase contre le jean de Maxime et le mien.

Jude t’es où putain. J’ai besoin de toi.
Fais chier.

Je ne sens pas mes doigts se fermer un peu plus sur la peau de Maxime. Je ne sens plus rien que ce creux béant, que ce cauchemar qui nous bouffe. On a je n’sais pas combien de corps autour de nous, blessés, gravement ou pas, mort peut-être. Et j’suis là à chialer de colère et de douleur. Je sens Maxime s’éloigner une poignée de seconde et je ne me retiens pas, mes genoux percutent le sol et je suis là, une main sur les pavés, l’autre sur mon visage, mon corps secoué de sanglots douloureux et haineux. Deux grandes mains bouillantes m’attrapent les joues et me forcent à regarder en face. Encore ce sombre regard, toujours le même. Je devrais être content de la revoir, de la savoir en vie et c’est foutrement le cas putain. Mais Spencer devrait être là lui aussi, à l’engueuler un bon coup pour ensuite proposer une cuite pour oublier tout ça. Oui, voilà comment ça aurait dû se passer. Au lieu de ça, je lui fou mon poing dans la gueule et je chiale, elle tremble et Macy… n’en parlons même pas. On ne devrait pas en être là, vous l’savez.

« Spencer ? »

Elle le sait, j’le vois dans son regard, dans ses grands yeux aux couleurs d’une nuit sans lune. Elle sait mais elle a besoin que moi je le lui confirme, pour être sûre. Pour affronter cette réalité qui nous a rattrapés avec violence. Que veux-tu que j’te dise ? Rien. Y a rien à dire. Alors, j’acquiesce seulement. Serrant les dents, le souffle court et Macy pleure de plus belle. Il était son Spencer à elle, son Doudou de quelques nuits quand elle angoissait toute seule, quand Maxime est partie. Et ouais… maxime… Maxime et Macy. Macy et Maxime. Longue histoire. Tordue, réelle, vivante, vibrante.
Qui est le prochain, dis-moi.

Je viens d’éclater un morceau d’elle avec un simple signe de tête et je ne la lâche pas de mon regard mouillé, pleins de larmes. J’ai l’air d’un orphelin des rues. Tout est brouillon, je n’entends plus rien, les pleures reprennent et j’en ai marre de chialer. Ça me donne mal au crâne et Spencer toi déjà être entrain de se foutre de nous. Et t’aurai raison, lâcheur. Mais tu permets, pour le moment tu nous manques et la douleur est trop vive. La seule chose que je sens c’est Maxime qui m’agrippe subitement contre elle et c’est un grognement sourd que j’entends sortir de sa poitrine. Je l’entends parce que j’ai arrêté de pleurer face à son geste qui ne lui appartient pas. Je sais pas d’où ça sort, j’ai sûrement dû l’imaginer, l’esprit trop à l’ouest, trop drogué par la peine. Mon front contre son épaule, mes yeux imbibent son tissu et ses ongles s’enfoncent dans ma peau mais je m’en fou, parce qu’elle me rappelle que je suis encore vivant.

Je sais pas combien de temps on reste là. Je dis on, pas parce que je suis avec Maxime mais parce que j’ai senti Macy s’approcher, se coller à nous. Je sens leur deux parfums se mélangés, comme avant. Comme avant… Rien n’est plus comme avant. Pourquoi t’es partie, hein ? Pourquoi LUI aussi. Pourquoi vous tous, comme une putain de fatalité. On doit avoir l’air con au milieu de toute cette douleur humaine. C’est ce que je me dis quand je n’arrive plus à pleurer et que mon crâne me fait trop mal pour réussir à aligner deux idées, l’une derrière l’autre. On se tient, on se serre, on se tait. On finit de chialer. Je n’entends plus Macy mais je perçois les battements du cœur de Maxime. En vie. Je suis atone.
Je repense à ce que nous avons vu à Salem, à ses corps s’écrasant sur les murs, aux morts, au sang.

- Will…

Je relève lentement la tête, les yeux gonflés, sûrement pâle comme la mort. Je m’écarte et mon regard s’égare sur Macy que Maxime commence à soulever avec difficulté dans ses bras. Elle s’est endormie, complètement lessiver par tout ça. Et j’me rends compte que durant tout ce temps, personne n’est venu nous hurler dessus d’avoir osé se taper sur la gueule. Ou peut-être que je n’ai rien remarqué. Je m’appuie à deux mains sur le sol avant de me relever, essuyant mon nez d’un geste sec de la manche – on est franchement pas là pour faire des manières. - cherchant d’un coup d’œil un lit vide avant d’inviter Maxime à me suivre d’un signe de tête. Elle vient déposer Macy sur le matelas, comme une mère le ferait avec son enfant, ou comme une sœur. On ne sait jamais avec elles deux.

Je suis déjà assis sur le bord du lit et j’donnerais n’importe quoi pour une clope. Pour décompresser. Si j’me sens mieux. J’en sais trop rien, je me sens vide. Vide et en colère. Heureux de la savoir en vie mais rancunier comme jamais. Et puis il y a toujours la mort de Spencer sur ma peau et j’sais pas pourquoi, je n’arrive pas à me décider à l’enlever.

C’est elle qui s’en charge à ma place.

Une infirmière passe, elle chope une serviette chaude et humide et attrape mon visage sans délicatesse entre ses doigts pour me tourner vers elle. Mon corps suit le mouvement et je la laisse faire. Elle essaie de faire ça en douceur, je le vois dans son regard qu’elle esquive à chaque fois. Mais moi j’la lâche pas. Affronte-moi du regard Jefferson. Je suis ton pote depuis 8 ans maintenant, alors regarde-moi parce que je suis le seul qu’il reste avec Macy.

« J’avais pas le choix. »

Je lâche un ricanement sec, amer. Je la laisse continuer parce que quoi que je dise, quel que soit l’ampleur de ma colère, ses gestes me font du bien.

- Forcément. T’avais la Mafia au cul et tu pouvais rien dire ?

Je ne suis pas le caractère le plus mauvais du groupe, j’suis pas celui qui gueule, qui est le plus rancunier. En général, j’suis tout l’inverse. Je tempère la situation, je calme les esprits et fais preuve d’une diplomatie utile. Mais là j’suis claqué, j’suis au bout du rouleau et j’ai pas envie de passer par les petits chemins de la délicatesse. Pas ce soir. Et puis, c’est pas avec Maxime qu’il faut faire ça. Les choses cash, elle aime ça. Elle préfère et on sait tous les deux que dès maintenant, si colère il y a, il va falloir la ravaler pour ne pas réveiller Macy et provoquer une autre crise de larmes.

Elle continue encore, frotte le sang de Spencer. Elle sait que c’est le sien. Elle a pas de bonne note en cours mais elle est loin d’être conne. Elle déduit vite, avec son esprit hyperactif. Parce qu’elle a un problème de comportement, d’attache envers les autres. Ces crises de nerfs, ses accès de colère démesurés. Rien ne m’a échappé lorsqu’elle développait au fur et à mesure les symptômes. Elle aurait clairement pu m’éclater la tête tout à l’heure quand je l’ai cogné, elle aurait pu me tuer, s’acharner sur mon visage. Mais elle n’en a rien fais, ce qui a dû lui couter un effort monstrueux qui la conduit maintenant à une fatigue de plomb. Comme à chaque fois.

- Alors vas-y, j’t’écoute. Tu foutais quoi ici pendant qu’on se demandait si quelqu’un t’avais pas planté dans une ruelle pour t’abandonner au fin fond d’un lac ? Ou que ces putains d’enfoirés t’avais pas tout simplement kidnappé et tuer, comme ils ont pu le faire avec Dean.

Elle est là, ma colère. Dans ma gorge. Et pourtant, malgré mon myocarde qui s’affole, mon visage reste stoïque et froid, voir léger comme si je lui demandais de m'expliquer pourquoi elle a gerbé dans ma chaussure et pas la sienne. C’est rare de me voir aussi sombre, mais elle sait que ça restera pas. Tout comme moi je sais que cette rancune ne durera pas. Et ça m’fou les nerfs.

Elle termine d’une main tremblante sa tâche avant de serrer entre ses mains le linge humide et tâché de sang. Celui de Spencer. J’ai de nouveau une boule dans la gorge et les larmes aux yeux de repenser à son visage. T’as osé me laisser avec ces deux folles alliées mec. Je te pardonnerais jamais. La porte de la grande salle s’ouvre doucement dans un grincement lugubre et je vois un gars, grand, brun, passer la porte. Jetant un œil à droite, à gauche. Repérer quelqu’un qu’il connait visiblement. Les gars de Salem sont là et il est fort probable que des situations comme « William chialant dans les bras de Maxime parce que leur pote est mort » se reproduisent. Et je crois que c’est ce qu’il se passe là- bas, mais sans les larmes, sans le corps qui flanche. Juste une nana qui le regarde, qui secoue la tête lorsqu’il lui demande quelque chose. D’ici, nous n’entendons qu’un murmure teinté d’un léger accent. Son corps entier se tend, il acquiesce brièvement, cherche encore une fois dans la salle et nous repère. J’le connais pas mais peut-être que Maxime oui. Et il se tire, sans un mot, le corps qui semble lourd.

Comme ce silence teinté de toux, de reniflement.

Je me remets les deux jambes face à moi, les pieds bien encrés sur le sol avant de pousser un soupir et de plonger mon visage au creux de mes mains, de le lâcher et de balancer d’une voix tremblante et éraillée.

- T’aurai pu m’expliquer depuis longtemps. Au moins à moi, j’aurai su le dire aux autres et on t’en aurai même pas voulu. Le pire dans tout ça… C’est que j’ai jamais été aussi content de revoir ta gueule de gothique. Tu nous avais manqué.

Sans la regarder. Parce que c’est encore compliqué de lui dire ce genre de chose alors qu’une pointe de colère persiste au creux des côtes. Demain elle ne sera plus là, ou peut-être dans une heure. J’peux pas rester fâcher avec elle, pas après une année d’absence où elle avait sûrement ses raisons de partir.
Pas quand un de nos meilleurs amis s’est fait tuer sous nos yeux, comme pour nous rappeler que le temps était trop précieux pour le perdre dans des conneries pareilles.
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MessageSujet: Re: [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William   Dim 15 Fév 2015 - 18:56

« Forcément. T’avais la Mafia au cul et tu pouvais rien dire ? »

Je serre les dents. Sale con. Si tu savais. J’ai envie de l’étrangler là, sur-le-champ, mais je sais très bien que c’est inutile. Inutile de s’énerver. Sa colère est justifiée. Elle ne durera pas longtemps. L’effort d’une colère n’est pas possible de mon côté, je me sens vide et sans âme, un simple geste du visage a réussi à me faire vivre l’inertie jusqu’au bout des ongles. Je ne connais pas ce ton acerbe chez William, rarement poussé à cet extrême. Il est calme, et plutôt patient, raisonnable. En somme, tout mon contraire. Mais on ne touche pas à sa famille, ses amis, sa Macy. Je ne lui réplique rien, et exécute un effort inhumain sur moi-même à nouveau pour ne pas être désagréable. Ce n’est pas le moment. Fébriles, perdus, hésitants. Je n’arrive pas à situer mes émotions. Je ne fais que penser à Spencer.

Je fuis ses regards, non pas par soumission — jamais — mais par esprit de réserve, parce que je n’ai pas envie de revoir la douleur dans ses yeux, faire écho à la mienne. C’est plus pour moi que pour lui. Je ne veux pas me trahir. Je suis pudique, et je n’ai pas envie de lui montrer la souffrance qui assombrit mon regard davantage bleu/gris au quotidien. Je me contente d’essuyer le sang sur son visage, celui de son propriétaire obscurcit ma vision. La mâchoire serrée, je me rends compte qu’une fatigue incroyable se répand dans mes muscles et bientôt chacun de mes gestes devient une vraie torture. Relever, poser puis frotter. Recommencer. Tout ça pour lui effacer les horreurs sur sa peau. Mais me faire violence pour ne pas éclater est ce qui me coûte certainement le plus d’énergie. Je suis fatiguée. Épuisée d’avoir du me retenir, de contenir en moi la colère qui éclate habituellement. Mon corps est lourd, je reste impassible, mais je donnerais un rein pour être à la place de Macy. Oublier tout ça dans un sommeil profond. Mais je sais bien que cette nuit je ne dormirais pas.

« Alors vas-y, j’t’écoute. Tu foutais quoi ici pendant qu’on se demandait si quelqu’un t’avais pas planté dans une ruelle pour t’abandonner au fin fond d’un lac ? Ou que ces putains d’enfoirés t’avais pas tout simplement kidnappé et tuer, comme ils ont pu le faire avec Dean. »

Je termine d’effacer les traces de sang sur son visage et je sens que l’agacement est là. Je lui montrerais bien ma manière de penser mais quelque chose de plus fort que moi annihile tous mes gestes et ma violence. Ma colère n’a pas d’essence pour s’enflammer. Je suis crevée, et j’ai plutôt envie de renverser ma peine d’une autre manière. Je n’arriverais pas à pleurer. Et ce blocage va prendre la forme d’une boule de ciment enchainée dans ma gorge. Elle va m’empêcher de respirer pendant un certain temps puis prendre place dans ma vie de tous les jours. Elle va me suivre, comme un boulet accrocher à mon pied et je ne vivrais plus de la même manière.

J’accepte de vivre avec ça.
C’est de ma faute.

« Je n’avais vraiment pas le choix. Tu crois quoi. J’vous aurais pas laissé comme ça, putain, William, tu m’connais. »

Je ne sais pas quoi dire d’autre. Les dents serrées, c’est à peine un murmure que je lui laisse. Mes mains se crispent autour du linge humide et par « chance », notre attention converge vers un autre élément, lorsque les portes du hall s’ouvrent. Je reconnais immédiatement la silhouette de Matéo et je me redresse, mon patronus est donc arrivé à destination. Je le suis du regard et constate rapidement que lui aussi est une victime de son affiliation à Salem. Son corps s’affaisse et le mien avec. Nous avons été dans la même école un tas d’années sans se connaître, et on ne sait toujours pas pourquoi. Aujourd’hui, je pense pouvoir dire que nous sommes amis. Lorsqu’il se retourne pour regarder autour de lui, nos regards se croisent. Mais il se détourne et repart, le corps lourd. Je lâche un soupir résigné. Mes yeux ne voudront plus se fermer désormais alors que ceux de Spencer sont éteints pour toujours. Mes épaules s’affaissent d’autant plus, William se détourne et regarde face à lui. Le bout de mes doigts me picote. Quoi dire. On a plus rien à dire. Il est mort. Et je me sens morte avec lui.

« T’aurai pu m’expliquer depuis longtemps. Au moins à moi, j’aurai su le dire aux autres et on t’en aurai même pas voulu. Le pire dans tout ça… C’est que j’ai jamais été aussi content de revoir ta gueule de gothique. Tu nous avais manqué. »

Ses mots me confèrent un peu de chaleur. William n’est pas rancunier, pas comme moi. Il n’est pas plein de haine et de violence. William Jackson est l’une des meilleures personnes que j’ai pu rencontrer jusqu’ici. Je ne sais pas par quel miracle il s’est posé sur la route d’une aussi mauvaise personne que moi. Je suis contente qu’il soit là, encore aujourd’hui. Je savais très bien qu’il ne m’abandonnerait pas. Et moi… et moi et bien si. Une vive douleur me prend à la gorge.

« Ça a été l’année la plus désastreuse de ma vie, William. »

Pour la deuxième fois depuis nos retrouvailles tumultueuses, je pose mon regard dans le sien. C’est ainsi que nous communiquions et je suis contente de voir que ce la n’a visiblement pas changé. J’ai toujours été la tête du groupe, le leader et lui, le deuxième, plus raffiné, plus sage, m’empêchant de nous emmener droit dans le mur. Le duo pensant. Dean a toujours été à ma droite, me protégeant de tout, fidèle ami de mon frère, il était comme une âme-sœur pour moi. Nous ne parlions pas, nous échangions en silence. C’est lui qui avait mon entière confiance, plus encore que n’importe qui dans ce monde en dehors de mon frère. Spencer et Macy étaient les deux piles électriques de la bande. Toujours inventifs, prêts à en découdre avec le premier venu si nécessaire, ils mettaient du soleil dans nos vies déjà mal assumées.

Je me sens mal, d’un coup. Ma tête tourne et je sens que quelque chose ne passe pas. Je ferme les yeux, pose une main sur l’épaule de William. Je ne dois pas laisser ma carcasse tomber maintenant.

Mais Dean, c’est avec lui que j’aurais bien prévu de vivre.

« On va se fumer une cigarette ? »

Je me redresse d’un coup, vacillant un instant, les poings serrés je tâche de retrouver mon équilibre. En fait, je ne lui laisse pas le temps de choisir et avance. Je sais qu’il va me suivre. Je cache les tremblements de mes mains en les enfonçant dans les poches avant de mon hoodie. On arrive dehors rapidement et je sors immédiatement les clopes, lui en propose une et finit même par l’allumer. Il fait froid, mais rien à faire. Je suis dos à la lune et pose mon regard sur son visage, en tirant une bouffée de nicotine qui désagrège petit à petit le poids dans ma gorge.

« J’arrive pas à croire que vous êtes là. J’veux dire… »

Non tu sais pas quoi dire alors tais-toi. J’attrape ma capuche d’un geste la plante sur mon crâne, comme toujours, vissée à sa place. Les tremblements s’échappent, je fais comme si ils n’étaient pas là. Fumer une cigarette me fait du bien. Le petit vent froid m’insensibilise. Je n’ai plus envie de ressentir quoi que ce soit, c’est trop douloureux.

« J’ai vu les cicatrices de Macy. Elles sont résorbées. Elle a arrêté l’aiguille c’est ça ? »
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MessageSujet: Re: [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William   Mer 18 Fév 2015 - 21:03

Oui, j'te connais et c'est justement ça qui m'pose problème là maintenant, alors que t'es entrain de nettoyer mon visage du sang de Spencer. Parce que je te connais, je pensais que tu allais m'envoyer un courrier. Un simple foutu courrier pour nous dire que tu vivais, respirais. Que tu allais bien. Elle aurait pu même m'envoyer un poil de jambe pour me prouver sa survie que j'aurai été content. Mais rien, alors pourquoi ? Je ne suis même pas sûr qu'elle répondra, parce que c'est Maxime. Et que ça n'est peut-être pas l'heure des explications, mais j'avais besoin de le dire. Malgré ça, malgré la mort de... Spencer, j'ai jamais été aussi heureux de la revoir. Elle et son grand corps, ses grands yeux noirs. Et tout le paquet qui va avec, tout son mauvais caractère mais aussi sa mauvaise foi qui dissimule un cœur plus tendre qu'elle ne le laisse croire. J'fais un paris qu'elle en a fait chier plus d'un ici. Elle me décevrait si elle ne l'avait pas fait.

Pour le moment, je suis encore tremblant, fébrile, touché. Notre ami est mort il y a .. quoi... Une heure ? Deux ? Trois ? Je ne sais même plus. Je sais juste que nous sommes au plein milieu de la nui et au plein milieu de corps endoloris. Et j'ai un vide, béant dans la poitrine. Et encore une fois, il va falloir faire avec. Ravaler sa douleur et avancer, parce qu'on a pas le choix que de continuer de regarder droit devant soit. Mais avec Maxime et Macy à mes côtés, tout sera plus simple malgré tout. Bordel, j'ai encore du mal à me dire que Maxime est là.

« Ça a été l’année la plus désastreuse de ma vie, William. »

Je lève les yeux vers elle et croise son regard. Ce que j'y vois me tord le ventre et … fou en l'air toutes mes barrières, toute ma colère. Comme une bourrasque qui vient tout démonter, tout balayer sur son passage et paf, plus rien. Nada. Juste une massue qui te tombe sur le sommet du crâne et te fait sentir con. Tout cela me traverse avec un regard parce que je lis une vérité que je ne connais pas, juste au fond de ses yeux. Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour que tu sois ici et que tu y joue les morte, hein ? Sa douleur est palpable et fait écho à la mienne. C'est comme une inversion de rôle. Parce que cette phrase, à quelques mots près, sont ceux que je lui ai prononcé alors que Jude venait de se faire enterrer. Je me souviens de ma voix tremblante, de ma vue brouillé par les larmes où pour l'une des rares fois, je me suis accroché à la main de Maxime comme si j'allais m’effondrer, le cercueil de Jude au fond d'un trou. Comblé aujourd'hui, mais ça n'est toujours pas le cas de celui que ça a creusé au fond de moi.

Maxime est pas là personne d'entre nous qui a eu la meilleure vie. Macy a des parents riches comme des rois mais absents comme la mort. Dean a été placé de foyer en foyer pour enfin trouver une famille d’accueil stable où il a été abusé par son enfoiré de « père » que nous avons tous eu envie de tuer et d'ailleurs, Maxime a fait la promesse de le retrouver et d'en faire son affaire. Puis, Jefferson avec une mère qui s'est faite la malle, un père alcoolique et violent, une belle-mère qui fait chier son monde avec ses simagrées appelant à l'aide son mari dès que Maxime hausse le ton mais qui n'hésitait pas à lui en coller une quand elle en avait envie. Eux aussi, l'envie de les faire passer derrière les barreaux nous a démanger. Et plus d'une fois, nous avons hésité à monter l'immeuble jusqu'à son appartement pour foutre le foutre à l'envers, les menaçants que s'ils recommençaient, c'était finit pour eux. Mais encore une fois, il a fallu tempérer les esprits pour ne pas commettre l'irréparable.

Alors je me tais. Si Maxime s'est tiré sans un mot... Oui, elle avait sûrement ses raisons. Il me faut juste le temps de l'accepter, de le digérer et après, je verrais les choses sous un autre angle. Donc, n'en parlons plus pour ce soir. Pensons plutôt à Spencer qui devrait être là, avec nous. A sauter autour de Maxime, de harceler de question au point que je n'aurai même pas eu la force de lui en vouloir. La mort rend aigri, amer.

Sa main sur son épaule me surprend et me ramène à la réalité. Quand je la regarde, j'ai l'impression qu'elle n'est plus blanche que blanche..

- Eh, ça va pas ?
- On va se fumer une cigarette ?

Elle se lève d'un coup vacille et je l’attrape par le bras avec mon autre main sur sa hanche. Je ne sens même plus la fatigue qui, tout à l'heure, accablait mes épaules.

- Maxime, t'as quoi ? Va pas tomber parce que j'suis pas sûr d'être capable de te rattraper …

Vous avez vu la taille qu'elle fait? Sans déconner.
Et elle se tire déjà, fonce droit devant elle pour sortir et sûrement respirer un air frais. Je jette un dernier coup d'oeil à Macy … J'sais pas ce que j'aurai fais si ça avait été elle qui... Putain, ta gueule Will. Tu me fais honte de penser comme ça.

Je lui emboîte le pas même si elle a déjà une longueur d'avance sur moi mais la rejoints bien vide dehors, une couverture dans la main. Elle est mignonne mais il fait un froid de canard dehors, j'suis crevé et j'ai qu'un pull fin sur moi. L'air frais me fouette le visage et je frisonne aussitôt, main tremblante en chopant sa clope et en l'allumant avant de m'emmitoufler dans la couverture polaire.
Bordel, t'as pas froid comme ça ?

Peut-être que son hoodie est renforcée avec de la moumoute de mouton. Je tire une première bouffée... et j'en ressens un vif soulagement. C'est tout ce que je voulais. Une clope. Pour détendre un peu mes nerfs et ne pas me laisser éclater par le souvenir de Spencer.

« J’arrive pas à croire que vous êtes là. J’veux dire… »

Geste de malaise immédiat : Rabattage de capuche sur le crâne. T'as vraiment pas changé. J'esquisse un sourire avant d'agiter la main.

- Arrête, tu vas t'faire du mal.

Maxime ne sait pas exprimer ses sentiments ou alors, c'est rare. Alors j'vais lui épargner ça. Elle tremble encore mais je sais pas si c'est parce qu'elle se les cailles ou parce qu'elle est nerveuse. Peut-être les deux.

« J’ai vu les cicatrices de Macy. Elles sont résorbées. Elle a arrêté l’aiguille c’est ça ? »

J'ai honte de parler de tout et de rien alors que Spencer est mort tout à l'heure. J'ai vraiment honte et je culpabilise comme un con. Jusqu'à ce que je me dise qu'il doit être déjà derrière moi à me donner un coup de pied au cul en me disant que ouais, j'suis con de pas profiter de ces retrouvailles. Mais quand même, mec. Tu devrais être là. Je sens une nouvelle boule dans le creux de ma gorge mais la ravale en même temps que la bouffée de nicotine que j'inspire.
Macy, ses cicatrices et sa dépendance.

- Elle n'a pas eu le choix. On la retrouvé chez elle, elle était évanouie. C'était pas une overdose mais elle était pas loin. On en a profité pour la foutre en cure pendant les deux mois de vacances. Ses parents s'en sont occupé... enfin, quand ils étaient pas en voyage dans le trou du cul du monde. Sinon, c'était les miens qui prenaient la relève.

Ma mère m'en avait déjà parlé un nombre incalculable de fois qu'il fallait aider Macy, l'aider à retrouver la bonne voie et la couper de cette chose malfaisante. C'était sans compter la bonne humeur de Macy qui nous trompait à chaque fois, disant qu'elle arrêterait. Jusqu'à ce que jour où il était hors de question de la laisser continuer cette merde. J'ai jamais touché à ce qui était coke, héroïne ou ecstasy. Par respect pour mes parents. Je me contentais du shit pendant que je regardais les copains se défoncer la tronche avec toutes ces merdes.

- Pour pas la laisser toute seule... Spenc' a décidé qu'il ferait cette cure avec elle. C'était plus simple pour eux de faire ça à deux. C'est encore fragile, ça date que de cet été et j'ai peur qu'avec la mo...

Je regarde le sol un instant en lâchant un ricanement tremblant, prêt à craquer de nouveau.

- Fais chier. Spencer n'est plus là, j'ai peur qu'elle replonge.

Dean n'était plus là, Maxime non plus... On n'avait plus goût à rien, se disant que tout ça était peut-être un signe pour calmer le jeu. Maintenant que c'était autour de Spencer de « foutre le camp », est-ce que Macy allait tenir le choc ?
Je tire une autre bouffée alors que ma main tremble aussi bien de fatigue que de froid avant de me passer une main dans les cheveux.

- Et toi, t'en es où ? T'as arrêté ?

Dis moi que oui, que nous reprenions tout ça ensemble, sur de bonnes bases. Et parce que j'ai pas envie de te retrouver au détour d'un couloir en pleine crise d'overdose. De toute manière, ça m'étonnerait qu'ils soient assez cons ici pour laisser entrer de la drogue... Même si Maxime peut s'avérer très maline.

- Et arrête de trembler, viens sous la couette au pire. C'est pas moi qui risque de te peloter... enfin pour c'qu'il y a peloter.

Nouveau ricanement, toujours un peu tremblant. Les vieilles habitudes reprennent leur place avant même que je ne les ai vu revenir. Ma rancune est déjà tari, tapit au fond de moi... parce qu'il est trop bon de la retrouver, de la revoir. Et l'envie furieuse de la serrer contre moi me prends, comme pour bien vérifier que j'suis pas entrain d'avoir une hallucination.

Au lieu de ça, j'enchaîne.

- Tu m'avais manqué.

J'ai toujours été plus doué que toi pour m'exprimer. Je lève les yeux au ciel avant de me tourner et de contempler le château, en silence, durant quelques secondes. Je me recentre sur Maxime en montrant d'un geste du pouce la structure derrière moi.

- Ça donne quoi cette école ? T'as pété combien de gueule et t'en as tuer combien ?

Léger sourire, je sens de nouveau la fatigue m'enrouler de plusieurs poids, me surprenant à rêver d'un lit afin de pouvoir sombrer et oublier pour quelques heures tout ce qu'il venait de se passer.
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MessageSujet: Re: [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William   Jeu 12 Mar 2015 - 21:22

« Elle n'a pas eu le choix. On la retrouvé chez elle, elle était évanouie. C'était pas une overdose mais elle était pas loin. On en a profité pour la foutre en cure pendant les deux mois de vacances. Ses parents s'en sont occupé... enfin, quand ils étaient pas en voyage dans le trou du cul du monde. Sinon, c'était les miens qui prenaient la relève. »

Alors qu’il parle, je me sens complètement hors du temps. Hors de tout, de l’espace actuel. Je me sens déphasée, mes poings sont serrés, et si je tremble ce n’est pas à cause du froid. Mais de la peine. Je n’arrive pas à chasser de mon esprit le visage des disparus de notre groupe, je n’arrive pas à contrôler les battements plus forts encore de mon cœur. Je n’arrive pas à regarder William, honteuse, coupable, blessée. Je ne lui en veux pas de m’avoir foutu une droite, j’aurais fais certainement la même chose à sa place. Abandonner les siens. Ma seule famille, quand la biologique me battait.
L’aiguille. Voilà ce que t’as loupé Maxime. T’as laissé ta petite sœur se tordre de douleur toute seule dans son coin, devant se sevrer seule. Même si elle ne l’était pas vraiment, je sais comme William tient à Macy, surement plus qu’à sa propre vie. Elle a toujours été le petit joyau d’intelligence que nous nous efforcions de protéger, alors que ses propres parents n’étaient jamais là. Elle aurait pu virer pétasse, se venger de leur absence claquant sa thune à tout va, exigeant mille et un caprice. Non, elle a fait mieux, Macy et sa tête remplie se sont entichées des ordinateurs. Joyaux du monde moldu selon elle. Elle était bien sur la première à vandaliser, voler, avec nous. Dean, Spencer et moi en tête de liste pour aller casser une bagnole. Spencer. Je serre les dents après avoir tiré une taffe.

« Pour pas la laisser toute seule... Spenc' a décidé qu'il ferait cette cure avec elle. C'était plus simple pour eux de faire ça à deux. C'est encore fragile, ça date que de cet été et j'ai peur qu'avec la mo... — silence douloureux, que je partage, les yeux ailleurs — Fais chier. Spencer n'est plus là, j'ai peur qu'elle replonge. »

Je tourne ma tête vers lui. Il se tuerait pour elle. Spencer était le « doudou » préféré de cette fille. Je l’ai toujours considérée comme ma petite sœur, empruntant le rôle qu’Alexander avait pour moi. Fragile et forte à la fois. La mort de Spencer l’ébranlera plus qu’elle ne le fera pour nous, c’est certain, et je comprends son inquiétude. Mais je ne sais pas où me positionner : où sont mes droits maintenant que je les ai abandonnés ? Un an entier, plus que ça, disparue. Mais je n’avais pas le choix. Une boule me serre la gorge, je retourne mon regard vers l’horizon noir, je ne veux pas qu’il voit ce qu’il se passe derrière mes yeux bleus. Le groupe que nous nous étions constitué était simple. Cinq pauvre gars, cinq gamins pas tous gâtés. On en a vécu des tas. On est tombés dans les conneries ensemble. Je menais la barque, William à mes côtés pour me garder la tête froide. Dean à ma droite, toujours dans mon dos, son regard noir posé sur tout ce qui m’approchait. Je déglutis. Macy, cette espèce de pile électrique avait trouvé en Spencer un alter-égo masculin. Ils mettaient de la vie entre nous. Malgré nos provenances sociales complètement différentes, nous étions tous égaux dans nos hangars désaffectés, dans nos coven, autour d’une table à jouer à la bataille explosive.

« Et toi, t'en es où ? T'as arrêté ? »

Je pose mon regard sur mes pieds, tapotant le bout de ma ranger droite contre la gauche. Je pose une épaule contre l’édifice en pierre. Tire une taffe. Respire. Je me racle la gorge.

« J’ai lâché ces conneries en arrivant ici. Pas le choix. J’me suis enfermée chez Kristen. J’espère que Macy et… — moment d’arrêt. Je reprends ma respiration — Et Spencer, n’ont pas autant douillé. »

Pas le choix. Condition pour rester ici. Je tire une nouvelle taffe, ma clope arrive bientôt à sa fin et je m’en fumerais bien une deuxième, là. Le manque de Spencer commence à se faufiler. Pourquoi est-ce qu’il n’est pas là à me casser les couilles, à sauter partout, sans aucune raison valable, ou tout simplement compréhensible pour le commun des mortels vivant en dehors de son système solaire ? Je lâche un soupir. Je donnerais un rein pour qu’il vienne me sauter dessus. Quelle merde.

« Et arrête de trembler, viens sous la couette au pire. C'est pas moi qui risque de te peloter... enfin pour c'qu'il y a peloter. »

Je lâche un petit ricanement mais ne bouge pas pour autant. C’est pas contre toi William, tu n’imagines pas comme j’aimerais être capable d’être tendre avec vous. Surtout maintenant. J’suis désolée.

« Tu m'avais manqué. »

Je lève la tête d’un geste sec, surprise, et c’est un couteau qu’il me plante droit au cœur. Il se retourne, contemple le château. J’aimerais tellement qu’il voit dans mes yeux tout ce que je ne suis pas capable de lui dire. Tout ce que je cache, garde, enveloppe d’un voile d’indifférence. J’ai envie de lui dire que lui aussi il m’a manqué, et qu’à ce moment précis il a ouvert une valve que j’avais pourtant bien serrée.

Il se retourne à nouveau vers moi et je tourne le visage pratiquement immédiatement. Non. Tu ne dois finalement pas voir.

« Ça donne quoi cette école ? T'as pété combien de gueule et t'en as tuer combien ?
— Ce sont des anglais : de la flotte et du royal à tout va. C’est insupportable. J’ai pu poser mes poings oui, y’a matière dans la discipline trou du culs, ici. Tu vas pouvoir t’éclater et puis… »

Et puis quoi ? Rien. Je n’arrive pas à finir ma phrase, je ne sais pas, plus rien ne sort de ma bouche. Ça reste en suspens. Et au lieu d’essayer de forcer la serrure, je laisse tomber mes épaules et referme les lèvres en même temps. Je jette mon mégot dans la neige, et me retourne, le visage rangé sous ma capuche. Je lui fais face et cette fois, de toute ma hauteur, je le contemple presque. J’avais presque oublié à quoi tu ressemblais. Il ne comprend visiblement pas. Moi non plus.

« Tu trembles. Rentre. »

La soupape va exploser, je sens que mon poing veut partir, s’éclater contre le mur comme j’aimerais fracasser mon visage. Si j’avais été là, Spencer serait encore parmi nous. J’avance et je sais que William me suit, le pas lourd de fatigue. Par chance, un lit vide se trouve près de celui de Macy. Je le rapproche de celui de la blonde, histoire qu’ils soient collés. Je me relève et observe William. Il tombe à moitié par terre déjà.

« J’dois aller voir quelqu’un, je serais là demain matin. »

Je serais là. Je pose mon regard sur la blonde endormie. Mon cœur se serre. Je m’approche de lui, je ne sais pas comment m’y prendre, défais ma capuche et pose mon regard dans le sien.

« Demain matin. »

Je file déjà. Lorsque je sors, j’aperçois Matéo qui file dans un des couloirs. Sa silhouette est voutée, je décide de le rattraper et finit par lui attraper l’épaule. Son regard est sans appel.

« Je vais pas pouvoir dormir cette nuit. »

Il acquiesce, puis se remet à avancer. J’enfourne mes mains dans mes poches et me poste à côté de lui. Nous sommes restés toute la nuit ensemble, et au petit matin, les cernes sous les yeux, j’ai rejoins la grande salle. Macy a été la première à s’éveiller.
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MessageSujet: Re: [EVENT SALEM, 20/12] Don't say I'm better off dead — William   

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