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 [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn

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MessageSujet: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Lun 12 Jan 2015 - 18:02

Mercredi 17.12.2014
Dans la matinée

Une semaine avant Noël, jour pour jour. Lorsqu'on annonça au peu d'élèves restés à Poudlard, pendant le petit déjeuner, qu'une nouvelle sortie à Poudlard aurait lieu une fois le repas fini, Caitlyn ne tarda pas à prendre sa décision. Elle irait rapidement au village sorcier pour acheter un cadeau à Aelie, et retournerait au château dès que la mission serait accomplie. Elle était en mode "rapide et efficace", et n'envisageait pas vraiment l'option flânage. Elle aurait pu y aller avec Marlone ou avec Emily, restées à Poudlard elles-aussi, ou avec d'autres gens qu'elle connaissait et avec lesquels elle s'entendait bien, mais contrairement à ses camarades, elle ne se sentait pas d'humeur à prendre son temps, à se promener sans but et sans raison... C'était assez étrange, et presque dommage, car elle était sûre que le village enneigé aurait pu être magnifique, avec une boisson chaude à la main, la tête emmitouflée dans une écharpe et un bonnet en laine, avec cette atmosphère particulière des fêtes de Noël qui approchaient, mais dans l'esprit de la jeune femme, la question ne se posait même pas. Elle irait à Pré-Au-Lard, seule, achèterait un cadeau drôle, ou utile, ou les deux, et retournerait au château en un temps probablement record. Que faire ensuite ? Elle n'en savait trop rien. Alors, pourquoi ne pas prendre son temps, pourquoi ne pas s'autoriser un peu de liberté ? Elle n'en savait tout aussi peu. C'était comme ça, un point c'est tout. Elle monta donc rapidement à son dortoir pour attraper son écharpe et ses gants, pour changer de chaussures et pour prendre un peu d'argent, puis elle se rendit dans la cour pavée et attendit le départ officiel. Elle fut parmi les premiers à emprunter le chemin menant à Pré-Au-Lard, seule, réfléchissant à ce qu'elle allait bien pouvoir offrir à sa meilleure amie. Elle espérait que les vitrines allaient l'inspirer, car elle ne savait pas trop ce qu'elle pouvait s'attendre à trouver dans les magasins du village sorcier à cette période de l'année.

Et puis il y eut un cri. Un cri strident, alors qu'elle passait devant les premières maisons, en direction de la place centrale de Pré-Au-Lard. Un cri à vous glacer les sangs, un cri de panique et de terreur. Et la voilà qui pressait un peu le pas, emmenée par les autres autour d'elle, qui, curieux et irréfléchis, voulaient savoir la raison de ce hurlement. Elle voyait les profs et les gardiens accélérer, quelques mètres devant elle, elle sentait les personne derrière elle se presser, et elle-même, par curiosité et par instinct, voulait connaître la cause de ce cri. Tout alla très vite alors. Elle n'eut même pas le temps d'observer en détail le spectacle qui s'offrait à eux sur la place centrale du village que déjà les gardiens et autres adultes menant la marche se chargeaient de leur faire faire demi-tour. Pas de sortie, pas d'achats de cadeaux, pas de Bièreaubeurre. Que tout le monde rentre au château, et que ça saute ! Se laissant à nouveau emporter par le flot, sans trop protester ni trop réfléchir, Caitlyn activa son mode automatique pour mieux se plonger dans ses réflexions. Autour d'elle, les gens parlaient, s'excitaient, gesticulaient et se prenaient dans leurs bras, mais elle ne participait pas à cette effervescence. Elle revoyait dans sa tête l'homme, pendu comme une marionnette et le front ouvert. Ce n'était pas là l'œuvre d'un sorcier, un Avada Kedavra ne laissait pas de trace corporelle visible. La plaie sur le visage du sorcier et le sang qui avait coulé le long de sa nuque pour imbiber son sa cape noire étaient en rapport direct avec le flingue posé par terre. Et puis il y avait la pancarte, au sol elle aussi. Nous savons. Ils savaient. Ils savaient que la sortie aurait lieu en ce mercredi matin, alors qu'elle avait été annoncée à peine une heure plus tôt. Ils savaient, et plus que le meurtre, plus que la mise en scène, c'était cette réalité qui présageait une lourde menace.

Caitlyn fut parmi les derniers à rejoindre la grande salle, donc, et à être comptée parmi les présents. Dans les regards des jeunes sorciers autour d'elle, elle pouvait distinguer l'incompréhension, l'incertitude, l'insécurité. Mais plus loin, parmi ceux qui n'avaient pas eu le temps d'arriver jusqu'au lieu du crime, c'était la curiosité teintée de crainte du pire. Pour la deuxième fois, une sortie à Pré-Au-Lard était interrompue. Pour la deuxième fois, la Grande Salle servait de lieu de rassemblement et de comptage. Personne n'avait le droit de partir avant que l'administration et les gardiens n'aient fini leur boulot, si bien que, naturellement, la pression montait parmi les élèves. L'un faisait stresser l'autre. Caitlyn gardait son calme, essayait de dédramatiser la situation. Oui ya eu un mort, c'était un coup de pistolet et pas de baguette, oui yavait une menace écrite. Si ça signifiait qu'il y avait une taupe au sein du château ? Probablement, mais au fond, c'était à prévoir, non ? Et qui disait que Poudlard n'avait pas de taupe parmi les Supérieurs ? C'était comme dans les gouvernements, tout le monde avait des espions partout. Elle pourrait presque paraître désintéressée, mais en réalité, son cerveau travaillait à plein régime. Tout était plus ou moins clair, mais il n'empêchait que les questionnements se bousculaient dans sa tête. Elle fut bien contente lorsque la procédure fut terminée, et, essayant de ne pas s'y prendre trop brusquement, elle finit par prendre congé des filles avec lesquelles elle discutait pour se diriger... elle ne savait pas vraiment où, en fait, mais autre part. Peut-être sur le terrain de Quidditch, pour se défouler un peu, se changer les idées ? Ouais, c'était une bonne idée. Partir de cet endroit plein de gens et trop plein de questions qui ne servaient à rien d'autre qu'à leur foutre la pression. Sauf que dans le hall d'entrée, elle se fit interpeller par une voix qu'elle connaissait bien.

« Ah, salut Jeroen. »

Un sourire automatique, sans grande signification, simplement comme marque de sa douceur et de sa bonne humeur habituelle. À l'intérieur, elle n'était aucunement joyeuse, mais disons qu'elle n'était toujours pas réellement sortie de son mode automatique qu'elle avait activé en arrivant à Pré-au-Lard. Elle ne savait pas trop à quel point c'était visible ou pas, mais après tout, ça faisait depuis le début des vacances qu'elle était un peu différente de la Caitlyn habituelle, et puis tout le monde était un peu – beaucoup – tendu, donc au final, son comportement ne devait pas être si étrange que ça. De toute manière, même si Jeroen remarquait quelque chose, ce n'était pas vraiment son genre que d'y faire allusion et encore moins d'insister pour savoir ce qui n'allait pas. En fait, il pourrait probablement même comprendre la raison de ce sourire absent... si tant était qu'il ne soit pas trop obnubilé par ses propres émotions.
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Mer 14 Jan 2015 - 17:26

… You got to get up and try. ♪

Les vacances faisaient du bien. Ne plus à se soucier des cours, du travail à faire… Plus besoin de se lever pour aller s’ennuyer en cours pendant des heures et des heures… Évidemment, depuis cinq jours, il en profitait allègrement pour être avec Julian, qu’il ne lâchait plus depuis qu’elle avait fait son coming-out sur la pureté de son sang. Il était pris d’un besoin irrépressible de la protéger, ça le rendait collant et insupportable, mais la jeune femme le supportait. Elle avait du courage et de la patience, chose qu’il n’aurait pas forcément eue dans la même situation qu’elle… Ouais, il était content de l’avoir, quand même. Un peu de légèreté et une personne à protéger, ça lui occupait l’esprit. Il avait décidé d’attendre un peu avant de rentrer à Londres. Plusieurs dates étaient prévues, et il avait envie de prendre un peu de temps pour elle. La dernière lettre de son père lui intimait de ramener son amoureuse un de ces quatre, parce que Lily commençait à devenir insupportable. Jeroen avait prévu de répondre par un court message, histoire de, mais il se demandait encore comment il allait pouvoir formuler son refus… Là, comme ça, la ramener sans préparation, alors qu’ils sortaient ensemble depuis relativement peu de temps finalement, c’était un peu précipité non ? Lily devrait prendre son mal en patience ou se défouler sur Emeric.

Mercredi 17 décembre. Ce matin-là, il se réveilla avec l’arrivée d’un elfe de maison dans le dortoir. L’esprit tout empâté de son désir de grasse-mâtinée, il entendit vaguement qu’une sortie à Pré-au-Lard était annoncée. Ouverture des portes à 7h30. Bon. Le dodo serait pour plus tard. Il n’avait fait aucune course depuis des mois et Noël approchait à pas de géant. Il prit son temps pour se réveiller et se glisser hors de son lit comme un animal flasque et invertébré. Il détestait les magasins, devoir se presser contre des gens pressés et énervés, acheter des choses… Il ne savait jamais quoi acheter en fait… Des merdouilles, des bricoles en passant, rien d’exceptionnel à chaque fois. Lily, il lui suffisait d’un rien qui brille un peu pour qu’elle soit folle. Un carton et un stylo à paillettes et elle était occupée pour la soirée. Tiens, des paillettes… Il passerait peut-être au magasin de farces et attrapes pour trouver des jeux bien bruyants, bien salissants - juste pour voir son père faire ce petit regard désespéré qui provoquait des fous rires tellement c’était drôle.

Le passage était déjà ouvert depuis un bon quart d’heure lorsqu’il partit du château. Il avait l’intention de s’acheter un truc à manger en passant dans une boutique. Emmitouflé dans sa grosse veste, le bas du visage intégralement caché derrière son écharpe vert et argent, il ne fit pas beaucoup de chemin avant que des groupes d’élèves ne commencent à prendre le chemin inverse. Ce n’était pas normal, et le bruit commença à courir que la sortie était annulée et que tous les élèves devaient se rassembler dans la Grande Salle. Jeroen se plaça sur le côté et reprit le chemin aux côtés de trois élèves qui discutaient des bruits qui couraient. Il écoutait sans en avoir l’air, tâtant le terrain. Un mort sur la place de Pré-au-Lard, à l’arrivée de ceux qui ouvraient la marche… Qui avait vu ? Peu de monde semblait-il. Plus loin en arrière, il vit les gardiens et professeurs qui fermaient la marche. Ils étaient terriblement soucieux, aussi Jeroen ne tenta-t-il même pas de poser des questions… Caitlyn, passa à côté de lui sans le voir.

L’appel sembla durer une éternité. Rassemblés dans la Grande Salle, ils vérifiaient la présence de tous les élèves, tâche fastidieuse et répétitive pendant laquelle ils durent tous rester en place. Jeroen écoutait les chuchotements, la panique due au manque d’informations montait en flèche et son estomac criait famine. Qui était mort ? Dans quelles circonstances ? Les Supérieurs avaient-ils laissé un petit message à Poudlard pour leur dire qu’ils ne les oubliaient pas ? Tout le monde piétinait, c’était de plus en plus insupportable. Jeroen était maintenant totalement réveillé et tenait sa veste à la main, son écharpe posée n’importe comment sur ses épaules pour ne pas étouffer dans la foule. Lorsqu’il put enfin sortir de la Grande Salle, il n’en avait pas appris beaucoup plus. C’était frustrant, et en même temps cela ne présageait rien de bon… Il fit un saut pour chercher à manger et remonta dans le hall. S’il ne trouvait pas quelque chose à faire rapidement, il allait tourner en rond dans la salle commune et s’énerver. Caitlyn passa non loin de là. Cette fois-ci, il se manifesta auprès d’elle en l’apostrophant.

- Ah, salut Jeroen.

Bon. Elle avait le regard vide, le sourire sans joie, et elle n’avait pas l’air d’humeur à causer, comme si elle était très profondément perdue dans ses pensées… Anormal. Vu sa position dans le groupe de ceux qui allaient à Pré-au-Lard, elle avait peut-être vu quelque chose. C’était peut-être l’occasion de trouver une occupation sympathique à faire entre amis ? Il lui sourit légèrement et s’étira, s’envoyant par la même occasion sa veste dans le visage. Aïe. Il n’était finalement pas si réveillé que ça…

- Pouah ! J’aurais bien fait une grasse-matinée. Mais bon. Maintenant qu’on est tous bien réveillés et bien à cran… Un petit duel t’intéresse ? Je n’aimerais pas rouiller avant la fin des vacances.

Eh beh oui, les garçons ça aime sa battre, il paraît. Jeroen ne dérogeait pas à la règle : son rêve était de tâter de la Force Obscure dans son futur travail, alors les duels magiques, il aimait bien. Pourtant, il n’irait pas faire l’offense de refuser de se battre contre une fille. Tout le monde était logé à la même enseigne. Caitlyn accepta la proposition et ils bifurquèrent de leurs trajectoires respectives pour rejoindre la salle du club de duel. Elle était vide, et il fallait dire qu’il était tôt pour avoir l’idée d’aller s’envoyer des sorts à la gueule. D’autant plus que la conjoncture ne se prêtait pas trop à ça. Les gens préféraient se regrouper et se poser des questions sur ce qui se passait dans ce monde devenu fou, l’instinct de bataille venait après… Jeroen prit une chaise sur laquelle il posa sa veste et son écharpe, puis son pull. Il avait mis un t-shirt noir à l’effigie d’un héros d’un film moldu, V pour Vendetta. Masque un peu étrange, souriant, symbole de révolte dans un monde sans musique. Superbe film. Emeric le lui avait offert un an plus tôt et il le mettait souvent sous ses pulls. Il sautilla un instant sur place en secouant ses poignets, réflexe de batteur pour s’échauffer et faire circuler le sang dans son corps encore tout endormi. Puis il prit sa baguette et se mit en position, attendant que son amie soit prête.

- On s’échauffe un peu ? Qu’est-ce que tu veux bosser ? Je ne vais pas commencer à t’envoyer tout mon répertoire à la face mais je peux m’adapter si tu me dis le type de sorts que tu veux travailler un peu.

Ce serait bien pour s’échauffer et se mettre en jambe. Le sport rassemblait les gens dans la sueur et l’endorphine, et… ils avaient clairement besoin de se défouler avant que la panique ne les gagne eux aussi. Il poserait des questions plus tard, lorsque la jeune serdaigle serait sortie de l’espèce de léthargie dans laquelle elle était plongée depuis déjà une bonne heure. Un peu de nerfs moussaillon ! C’est l’heure de se taper gentiment dessus.

- Je te propose d’essayer de m’attaquer.

Il avait un bon répertoire de sorts de protection en stock, et il pourrait voir un petit peu Caitlyn à l’œuvre. Ils avaient quand même deux ans de différence, aucun cours commun, ne s’étaient jamais battus ensemble - mais s’il l’avait déjà vue lancer des sorts sur de pauvres arbres… Allez. Attaque le troène au lieu de détruire la Forêt Interdite.
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Ven 16 Jan 2015 - 11:00

Non, elle ne donnait pas l'air d'être d'humeur à causer. Elle ne donnait pas l'air d'être d'humeur à faire quoi que ce soit autrement que seule, tout simplement. Et c'était peut-être bien pour cela que ses pieds l'emmenaient dehors, sur le terrain de Quidditch. En plein hiver, aussi tôt le matin, personne n'était assez fou pour enfourcher son balai. Mais elle en avait besoin. De plus en plus, elle avait besoin de ces sports un peu extrêmes qui lui permettaient de se défouler et de se vider la tête. Le Quidditch en premier lieu, car c'était un de ses plus anciens loisirs, du moins ici à Poudlard. La musique était plus ancienne encore, mais même si elle était libératrice, ce n'était pas la même chose. Et récemment, il y avait tout ce qui était self-défense, duels, DCFM... Quelque part, c'était même mieux que le Quidditch, car en plus de l'épuiser, ça l'entraînait, ça la préparait. C'était utile. Ce n'était pas qu'un loisir. Et puis bien sûr, il y avait les traditionnels joggings ou encore la lecture, mais pour le coup, Caitlyn avait bien envie d'aller se frigorifier un peu à des mètres d'altitude, espérant que le froid ralentirait le cours de ses pensées ainsi que celui de son sang. Sauf que ça n'allait pas être le cas, car Monsieur Jeroen avait décidé de lui faire une autre proposition, après s'être étiré comme un chat en se réveillant par un coup de veste au visage.

« Pouah ! J’aurais bien fait une grasse-matinée. Mais bon. Maintenant qu’on est tous bien réveillés et bien à cran… Un petit duel t’intéresse ? Je n’aimerais pas rouiller avant la fin des vacances. »

Manifestement, elle n'était pas la seule au château à utiliser des techniques sportives pour se distraire. Après tout, c'était assez logique comme attitude à adopter, que d'aller s'épuiser pour se changer les idées, ne serait-ce que pour quelques heures. Le sourire qu'elle lui adressa fut moins automatique que le précédent. D'une part, elle se moquait un peu de lui et de sa maladresse, et puis d'autre part, elle était effectivement assez contente de se voir proposé un duel par Jeroen. Deux ans de plus qu'elle, le mec, et pourtant, il ne semblait pas vouloir la prendre de haut, la considérer comme inintéressante car trop faible pour lui. Bon, il y aurait très certainement une belle différence de niveau entre les deux jeunes adultes, mais ce n'était pas grave, si ? L'essentiel était de s'essouffler un peu mutuellement, de faire monter l'adrénaline, et de se prouver qu'ils n'avaient pas de trop mauvais réflexes. Oui, vraiment, elle l'aimait bien, ils avaient leurs différences mais ils s'entendaient bien, et ça faisait toujours plaisir que de voir que l'amitié semblait être réciproque.

« J'allais sur le stade pour me sortir un cognard, mais si t'insistes... je vais te faire l'honneur de ma compagnie. »

En plus, l'humeur à faire des blagues semblait vouloir revenir, elle-aussi. Il n'y avait finalement pas tant de mal que ça à ne pas être seule de temps en temps. Disons que ça devait dépendre du genre de personne qui se proposait à l'accompagner. Si elle évitait un peu tout le monde ces derniers temps, c'était parce qu'elle n'était pas sur la même longueur d'onde qu'eux. Elle était plus loin. Plus loin devant ou plus loin derrière, elle ne pouvait pas trop dire sans paraître prétentieuse ou défaitiste, mais le fait était qu'elle ne se voyait pas aller jacasser du bon et du mauvais temps, des profs et des devoirs, ni des garçons et autres jeunes de leur âge. Elle aurait pu essayer, se dire que ça lui changerait les idées, mais ce n'était pas assez fort, pas assez intéressant. Causer avec des filles de son âge n'empêchait pas son esprit de continuer son petit travail à côté, et elle finissait par avoir l'impression d'imploser. Non, elle avait besoin de quelque chose de plus extrême, de plus dangereux. C'était drôle comment une fille relativement sage et raisonnable pouvait finir par adopter des comportements à risques. Le but ici n'était pas de se suicider, loin de là, et elle n'était pas vraiment en train de se jeter dans une mer déchaînée du haut d'une falaise, ni de faire des chutes libres en sautant d'un hélico, mais voilà l'idée était là tout de même.

Ils se dirigèrent donc vers la salle du club de duels. Sur le chemin, elle enleva ses gants et son écharpe en laine. Elle mit les premiers dans les poches de sa veste, passa la deuxième autour de son avant bras, bientôt rejointe par sa veste. Elle avait chaud depuis un certain temps déjà, mais comptant se rendre sur le terrain de Quidditch, elle n'avait pas pris la peine de se dévêtir. Là, puisqu'elle restait finalement à l'intérieur, elle n'allait pas rester emmitouflée dans ses vêtements d'hiver très longtemps. Arrivés à la salle du club de duel, elle imita Jeroen et posa ses habits sur une chaise. Elle garda son gilet car elle n'avait qu'un débardeur en dessous. Au pire, si elle avait trop chaud, il ne serait pas trop tard pour l'enlever. Elle eut un sourire en voyant le gros masque blanc sur le T-shirt de Jeroen. Ça voulait bien dire ce que ça voulait dire. Mais elle n'allait pas faire de remarques.

« On s’échauffe un peu ? Qu’est-ce que tu veux bosser ? Je ne vais pas commencer à t’envoyer tout mon répertoire à la face mais je peux m’adapter si tu me dis le type de sorts que tu veux travailler un peu. »

Il voyait son regard, là ? Manifestement, elle était encore un peu dans l'idée de faire du Quidditch et son cerveau avait du mal à s'adapter aux nouvelles règles du jeu, ou plutôt aux règles du nouveau jeu.

« Heuuu... »

En plus, c'était pas comme si un Sup allait lui demander quel type de sort elle voulait utiliser. En fait, quand elle s'entraînait seule avec des mannequins, elle ne réfléchissait pas énormément au répertoire qu'elle voulait utiliser. Elle essayait de varier le plus possible, justement, et d'utiliser des sorts un peu moins communs, histoire de faire en sorte qu'ils deviennent automatiques. Parce que bon, des Expelliarmus (1), des Petrificus Totalus (2), et des Repulso (3)... c'était pas très recherché. Efficace, oui, surtout si c'était automatique, mais d'autres sorts pouvaient être tout aussi efficaces s'ils devenaient automatiques à leur tour. Bref. Type de sorts, type de sorts. C'était terrible à quel point elle ne voyait pas quels types de sorts il pouvait y avoir. Enfin si, elle pouvait dissocier attaque et défense, elle pouvait dissocier dangereux et inoffensifs, mais globalement, qu'est ce qu'il entendait par type de sorts au juste ?

« Ben je sais pas, un peu tout ? Enfin sauf si t'as quelque chose en tête... »

Après tout, s'il voulait lui servir de prof en plus de lui servir de partenaire, elle ne dirait probablement pas non. Malgré le fait qu'elle ne soit pas très douée, niveau travail à plusieurs. Oui, elle préférait clairement travailler seule, finalement. Pas assez d'assurance ? Peut-être bien. Allez, un peu de nerfs ! Changer de technique ne pouvait que lui faire du bien.

« Je te propose d’essayer de m’attaquer.
- Ok ! »

Et non, elle n'allait pas dire "En garde !". Car si elle disait "En garde !", ce serait en rigolant, et l'heure n'était pas aux plaisanteries. Elle se mit pourtant en garde et attendit qu'il fasse de même. Les Sups n'allaient pas s'enquiquiner avec ces règles de bienséance, mais jusqu'à preuve du contraire, ils étaient en salle de duels, et non sur un champ de bataille. Elle connaissait les règles, et même si seule, elle s'en passait aisément, elle préférait les respecter si elle avait de la compagnie.

« Expelliarmus (1) ! »

Allez hop, un classique. C'est pour commencer en douceur !

« Repulso (3) ! Atakunto (4) ! Everte Statis (5) ! »

Trois fois la même chose, en gros. Et hop, sur ses gardes. Il avait beau lui avoir dire qu'il comptait la laisser l'attaquer, sous-entendu qu'il n'allait faire que se défendre, elle ne pouvait tout de même pas s'attendre à ne rien se recevoir dans la tronche. Prête à esquiver ou à contrer, elle regardait son partenaire tout en réfléchissant à d'autres sorts d'attaque qu'elle pourrait bien lui jeter.


***

(1) Expelliarmus : Désarme l'adversaire.
(2) Petrificus Totalus : Immobilise et raidit totalement la personne visée pendant une demi-heure, hormis ses yeux.
(3) Répulso: Repousse l'objet visé et expulse la personne visée (sort contraire: Accio). Sort beaucoup plus puissant que flipendo.
(4) Atakunto : projette son adversaire en le petrifiant pendant 5 secondes.
(5) Everte Statis : Propulse en arrière la personne visée.
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Dim 18 Jan 2015 - 19:27

Il s’agissait d’en apprendre plus sur ce qui se passait ici. Le savoir, c’est le pouvoir, comme il aimait le penser. Connaître le monde qui les entourait, connaître les problèmes et les dangers, c’était la base pour pouvoir s’en prémunir. Jeroen ressentait à nouveau ce besoin irrépressible de savoir. Ces derniers temps, les informations arrivaient plus difficilement. Julian lui mentait effrontément sur ce qui lui arrivait et il n’arrivait pas à savoir ce qui la tracassait autant et la poussait à se comporter de manière insensée. Sauf qu’il ne pouvait pas la harceler continuellement pour qu’elle lui dise la vérité : elle s’éloignerait, s’isolerait, et c’était la mettre en danger que de la laisser seule avec ses problèmes. De leur côté, les professeurs aussi leur cachaient des choses. La deuxième sortie à Pré-au-Lard de l'année avait déjà été interrompue sans qu’ils ne donnent d’informations sur ce qui s’était passé. Même son père n’avait pas réussi à en savoir plus. Ce qui se passait à Poudlard restait à Poudlard, aux mains des dirigeants. Pendant l’appel de ce matin, ils n’avaient rien dit non plus, se contentant de faire affreusement monter la pression.

C’était terrible pour le serpentard. Difficile de connaitre son ennemi quand les alliés se décident à le cacher à tout le monde. Certes, certains ne devaient pas savoir, et ils étaient nombreux, mais passer pour un vulgaire gamin incapable d’agir le gênait. Il voulait compter, faire quelque chose pour ce château et ses habitants, quelque chose d’assez important pour l’occuper. Difficile d’acquérir le statut d’adulte responsable lorsqu’on est encore sur les bancs d’une l’école qui n’a pas le recul nécessaire pour dire « hé, lui il a grandi depuis ses premières années, c’est bon, il peut servir. » Il savait que ce sentiment était partagé par les élèves les plus matures de cette école, tant sur le plan magique qu’émotionnel. Qui de mieux pour parler de sa frustration et se défouler qu’une autre élève qui, comme lui, détestait l’impuissance ? Il avait donc abandonné toute sa retenue habituelle pour inviter Caitlyn à faire un duel, chose qu’il ne proposait pas à n’importe qui en temps normal. De préférence, il se battait avec des collègues ou quelques aînés qui acceptaient de l’entraîner sur des sorts du programme de dernière année, pas avec des plus jeunes… À situation exceptionnelle, proposition exceptionnelle.

Elle avait l’air complètement à l’Ouest. C’était justement cela qui avait fait tilter le jeune homme. Il fallait qu’ils discutent de certaines choses. Les impressions personnelles de la jeune femme comptaient à ses yeux. Elle était intelligente, sensible, peut-être en savait-elle plus que lui. Il retrouvait ses vieux réflexes. Comme le balai, on ne perd pas facilement les automatismes de manipulation acquis après des années d’expérience. Il voulait des réponses, il les aurait. Les deux années précédentes, il lui suffisait d’écouter l’ennemi pour connaître leur position, leurs actes à venir, tout ce qu’ils cachaient à la masse anti-Supérieurs. À l’époque, il payait ces informations au prix fort ; savoir n’avait jamais été facile… Mais le changement de méthode induit par leur fuite avait des conséquences. Négatives ? Positives ? Il n’avait pas d’idée tranchée sur la question. En tout cas, cela faisait remonter en lui l’ivresse de la manipulation effectuée en y mettant les formes et la classe à l’anglaise, sans avoir à blesser quiconque. Pas besoin de blesser Caitlyn pour savoir ce qu’elle avait en tête, il suffisait d’être gentil avec une amie, ouvert, de parler normalement, de se défouler. Il avait parfois pensé que c’était plus simple avant, mais il se soignait. Ça, c’était le mieux, et qu’importe s’il n’avait pas toutes les réponses qu’il voulait, il les aurait à la régulière.

- J'allais sur le stade pour me sortir un cognard, mais si t'insistes... je vais te faire l'honneur de ma compagnie.
- Madame...

Il prit un air de gentleman anglais, heureux qu’une dame lui fasse l’honneur d’accepter sa proposition. Cela l’amusait : il n’avait pas insisté du tout, il avait en fait suffi de presque rien pour qu’elle accepte. Sa façon de s’exprimer était mignonne. Troquer une activité solitaire de défoulement contre une autre activité de défoulement sur quelqu’un, c’était plutôt facile de toute façon, l’objectif était le même. On aurait pu se dire que se défouler avec quelqu’un ne permettait pas de s’isoler, mais avec Jeroen et sa capacité bien connue à se faire silencieux comme une tombe, c’était du pareil au même. Si elle ne voulait pas causer, il ne causerait pas non plus, du moins était-ce ce qu’il laisserait penser au début.

Ils voulaient de l’adrénaline, ils voulaient relâcher leurs nerfs sur une activité forte. Ils voulaient suer un peu et se sentir vivant. C’était simple, et un duel marchait toujours dans ce genre de cas. En plus, ils resteraient au chaud. Elle se déshabilla un peu sur le chemin et lorsqu’ils furent arrivés dans la salle, ils abandonnèrent les derniers vêtements superflus. Son sourire en regardant le t-shirt de Jeroen le fit sourire lui aussi. Seuls ceux qui avaient la référence pouvaient comprendre, et il était amusant d’observer leurs réactions, souvent plutôt positives, en voyant ce subtil élan de rébellion de la part du jeune homme… Bon, on n’est pas non plus là pour parler fripes, quand est-ce qu’on tape ? Et surtout, avec quoi ? Non parce qu’ils n’allaient pas s’échauffer en s’envoyant tout leur répertoire à la tronche dès le départ non plus… Ce serait contre-productif.

- Ben je sais pas, un peu tout ? Enfin sauf si t'as quelque chose en tête…
- C’est juste histoire de s’échauffer.

Non, il n’avait pas d’idées particulières, mais un cadre permettait parfois plus facilement de commencer. Il proposait dans le cas de figure où Caitlyn aurait aimé travailler quelque chose en particulier, mais si ce n’était pas le cas, ils feraient au feeling. Finalement, il lui intima de l’attaquer. Du moins d’essayer de le toucher, pour voir un peu la différence de niveau et savoir comment s’adapter. Par la même occasion, ça obligeait la jeune femme à se creuser les méninges et à penser à ses sortilèges, et non à autre chose. Elle se réveillait de sa torpeur, elle venait à lui exactement comme prévu. Maintenant, laisser faire le temps et en profiter pour se défouler un peu. Elle se mit en garde et attendit qu’il fasse de même pour attaquer. Un sort de désarmement, pour commencer. C’était simple mais efficace. Jeroen riposta sans prononcer un mot et annula le sort. Lui savait ce qu’il devait travailler : les sorts informulés étaient compliqués et demandaient une grande concentration. S’il commençait à y arriver presque systématiquement pour les sorts les plus simples, il avait encore un peu de travail et c’était l’occasion de s’entraîner là-dessus, tout en faisant travailler sa capacité d’adaptation à Caitlyn.

- Repulso ! Atakunto ! Everte Statis !
- Finite ! Bien !

Cette fois-ci, il avait fallu qu’il le dise après avoir reculé à cause du deuxième sort. Elle y mettait de la conviction, c’était bien mais pas encore ça. Elle hésitait encore, lançait de petits sorts gentils, alors qu’elle pouvait faire mieux, c’était évident. Certes, elle allait devenir plus sérieuse avec le temps mais il pouvait bien la pousser un peu. Il lui avait proposé de l’attaquer, mais il n’avait pas dit qu’il ne riposterait pas, et la voir en garde le conforta dans son petit projet. D’un mouvement sec de la main, il envoya un Repulso informulé vers la jeune femme sans que cela ne porte. Il n’y mettait pas encore assez de puissance non plus. Zut. Il inspira, vida son esprit et balança un nouveau sortilège d’expulsion qui fit reculer la jeune femme. Comme ça, c’était mieux. Il sourit en la regardant se remettre sur pattes, en garde et sûrement un peu surprise de s’être fait attaquer en traître.

- Un ennemi n’attendra pas son tour pour attaquer. Reste en garde en toutes circonstances, c’est un bon réflexe.

Lui-même était en garde, prêt à encaisser tout ce qu’elle aurait l’imagination de lui envoyer à la tronche. Pour le moment, il la taquinait en reprenant les mêmes sorts, mais il se demandait ce qu’il pourrait utiliser d’autre sans la blesser… Pas d’impardonnables, pas de maléfices ; il avait envie de travailler l’Impérium, pour pouvoir le lancer sur un Supérieurs en cas de nécessité, mais jamais, au grand jamais il ne demanderait à un ami d’être son cobaye pour un sortilège qui touchait autant à l’intime… Il évitait aussi tout sortilège qui pourrait la blesser tant qu’elle ne démontrait pas son aptitude à se protéger contre tout et n’importe quoi. Un duel à sens unique n’aurait aucun sens.

- Alors, tu as peur de me faire mal ? Il faut que je t’attaque pour que tu t’y mettes sérieusement ?

Il l’agaçait volontairement, allant titiller son envie de frapper. Elle voulait se défouler, mais ce n’était pas en restant gentille et prévisible qu’elle allait y arriver. Dans un même temps, il s’échauffait lui-même pour la suite. Lui aussi avait envie de se défouler un peu, mais il n’arriverait pas à se donner à fond si elle ne suivait pas…
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Mar 20 Jan 2015 - 19:11

La situation promettait de devenir intenable. La pression montait de plus en plus à Poudlard, depuis l'incident de Pré-au-Lard en novembre. Les premières semaines après le départ des Supérieurs avaient été inscrites sous le signe du soulagement et de la liberté, pleines de joie de vivre. Mais depuis Halloween, de plus en plus, les élèves reprenaient conscience du danger qui rôdait autour d'eux. Gagner une bataille n'était pas gagner la guerre, et ils pouvaient être sûrs que les Supérieurs tenteraient de prouver leur supériorité et de restaurer leur fierté bafouée. Après ce qui venait de se passer dans la matinée, un élément supplémentaire venait perturber la paix et la sérénité déjà bien fragiles. Ils savaient. Ils avaient une taupe à Poudlard. Un espion. Voire plusieurs. Et qu'est ce qu'ils savaient ? Qu'une sortie aurait lieu au moment même qu'elle était annoncée ? Ou plus encore ? Connaissaient-ils les secrets administratifs de l'équipe pédagogique, connaissaient-ils les plans et les mesures de sécurité des gardiens ? L'impuissance de Caitlyn était telle, qu'elle craignait de plus en plus souvent de se voir exploser. De craquer face à toute cette pression. Comme avec Stoneheaven. Elle se réfugiait donc dans des activités très physiques pour se défouler, si bien qu'elle finissait crevée, mais même si ses pensées psychotiques ne tardaient pas à revenir, les quelques heures pendant lesquelles elle avait pu s'en défaire en valaient la peine. Alors oui, malgré son état un peu second, Caitlyn avait accepté le duel que lui proposait Jeroen. Elle avait prévu d'aller se fighter un peu contre un cognard et contre le vent froid, mais globalement, le résultat serait probablement le même.

Elle était obligée de se concentrer sur les sorts à lancer pour attaquer ou pour se défendre. C'était la solution idéale pour chasser de son cerveau les pensées liées aux Supérieurs. Finis les questionnements vains, finies les tentatives de raisonnement et les déduction foireuses, fini le sentiment d'impuissance et d'inutilité lié à tout ça. Et un grand merci à ce Slytherin qui se chargeait de lui changer les idées. Elle ne savait pas s'il le faisait exprès, mais il faisait exactement ce qu'il fallait faire pour elle à ce moment là. La distraire. La réveiller un peu, aussi. Lui foutre une claque aurait marché aussi, et été probablement plus efficace car plus rapide et plus brutal. C'était comme s'il savait de quoi elle avait besoin. Ce n'était pas improbable, après tout. Il la connaissait depuis plusieurs mois maintenant, et même si c'était peu en comparaison avec certaines de ses amies, elle pouvait presque dire qu'il la connaissait mieux qu'elles, du moins sur certains côtés. En l'occurrence, il était probablement le seul à savoir réagir face à son état un peu paumé. Ce n'était pas pour autant qu'elle allait l'embêter, au contraire, sinon il l'aurait eue dans les pattes depuis plusieurs jours, mais elle devait avouer que sa compagnie lui faisait du bien de temps en temps. C'était assez paradoxal de parler de compagnie agréable alors qu'ils étaient en train de se jeter des sorts à la figure, mais c'était précisément cette particularité qui rendait Jeroen si précieux aux yeux de la belle brune.

« Finite ! Bien ! »

Il la félicitait, et faisait naître sur ses lèvres un sourire. Elle retrouvait, avec plaisir, son énergie et sa motivation. Elle était contente d'avoir pu atteindre son aîné, profitant qu'il l'ait laissée l'attaquer en premier pour jeter rapidement trois sorts à la suite. La vitesse était parfois un bel avantage, et envoyer un combo de sorts à la tronche d'un adversaire augmentait les chances de le voir y succomber car n'arrivant pas à tous les contrer. Se laisser déconcentrer par une petite réussite aurait été une grosse erreur, et elle s'appliqua à ne pas baisser sa garde malgré le compliment que lui avait fait son ami. Elle ne le regretta pas, car bientôt, elle le vit effectuer un mouvement sec du poignet, la baguette dirigée sur elle.

« Protego ! »

Elle sauta même un peu de côté au cas où. C'était vraiment à la dernière minute. Mais ça marcha, et elle vit le sort de Jeroen s'écraser sur le bouclier qu'elle avait projeté avec la force du désespoir devant elle. Il l'avait attaquée d'un sortilège informulé ! Elle ne s'y attendait pas du tout, il fallait l'avouer. Elle ne s'y attendait pas, même si c'était aussi sans rien dire qu'il avait contré son Expelliarmus, son Repulso et son Atakunto et qu'elle aurait donc plus ou moins pu prévoir. Il y eut alors un petit moment de flottement. Une hésitation. Devait-elle l'attaquer en retour ? Il semblait ne pas vouloir continuer à lui envoyer des sorts dessus. C'était assez étrange, d'ailleurs, et à sa place, elle aurait probablement réessayé jusqu'à réussir à l'atteindre. Elle leva néanmoins la baguette pour recommencer à attaquer, mais il fut tout de même plus rapide et elle se reçut dans la tronche un autre sortilège informulé sans qu'elle ne puisse l'esquiver et encore moins le contrer. Elle recula de quelques pas, essayant de lutter physiquement contre l'effet du sort, mais finit tout de même par se retrouver les fesses à terre. Elle n'attendit rien pour se relever d'un bond et rétablir sa garde par automatisme. Elle était un peu surprise, mais surtout pas très fière d'elle.

« Un ennemi n’attendra pas son tour pour attaquer. Reste en garde en toutes circonstances, c’est un bon réflexe. »

Hochement de tête entendu, avec un petit sourire en coin mais sans se laisser trop déconcentrer pour autant. Voyant que cette fois, il ne comptait vraiment pas l'attaquer, elle osa à son tour un informulé, toujours avec cette même volonté d'expulsion. Une expression de surprise se dessina sur le visage de son adversaire tandis qu'il contrait son sortilège, mais elle ne perdit pas de temps à tergiverser et répéta la même manœuvre, qui fut soldée par une réussite. Mais ça restait du léger et il ne tarda pas à le lui faire remarquer.

« Alors, tu as peur de me faire mal ? Il faut que je t’attaque pour que tu t’y mettes sérieusement ? »

Elle sourit en coinçant une mèche rebelle derrière son oreille. Voilà enfin complètement de retour la Caitlyn habituelle. Espiègle, pleine d'entrain, un brin provocatrice...

« Je pourrais te retourner la question. Tu me demandes bien de t'attaquer, je suppose que c'est pour la même raison, non ? Mais ok, tu veux la guerre, tu l'auras ! »

Oui, elle avait peur de lui faire mal, et il n'allait pas prétendre que la réciproque n'était pas vraie. Mais elle pouvait comprendre qu'il ait plus de scrupules qu'elle à l'attaquer. Elle ne cautionnait pas pour autant une telle attitude qu'elle considérait même comme un peu sexiste, voire machiste, et certainement trop stéréotypée à son goût, mais le fait était que Jeroen se battait là contre une fille de deux ans de moins que lui, et qu'à sa place, elle aurait sûrement réagi de la même manière malgré tout. Et puis de toute manière, elle ne pouvait décemment pas lui reprocher son instinct protecteur alors qu'elle-même était un Saint Bernard par excellence, ce serait l'hôpital se foutant de la charité. Mais s'ils voulaient se défouler, il fallait bien qu'ils se débarrassent de ce frein, de cette retenue, qui les empêchait de se lâcher complètement. Et c'était à elle de faire ce pas en premier, car elle avait bien plus de raisons de faire confiance à Jeroen pour ce qui était de savoir se défendre que l'inverse. Il fallait qu'elle lui prouve qu'elle ne prenait pas sa proposition de duel à la légère. S'il voyait qu'elle n'hésitait pas à l'attaquer et qu'elle était capable de lui balancer des sorts à la tronche sans trop avoir peur des conséquences, il pourrait se le permettre à son tour. Il avait tout de même fait abstraction de la différence de sexe, d'âge et de niveau, ainsi que de toutes les autres différences qui faisaient obstacle à sa décision. Il fallait qu'elle lui montre de quoi elle était capable, il fallait qu'il se sente suffisamment menacé pour pouvoir la menacer en retour. Il voulait la guerre, elle la voulait aussi, alors...

« Stupefix ! Electro ! »

Elle continuait sur la lancée des sortilèges assez inoffensifs, même si d'un niveau légèrement supérieur, mais qu'il n'eut pas trop de problèmes à contrer. Il attaqua ensuite à nouveau.

« Protego ! »

Elle réussit à maintenir son bouclier assez longtemps pour que plusieurs des sorts de son ami s'écrasent dessus, puis recommença à attaquer.

« Verdimillous ! Petrificus totalus ! Immobilus ! »

Comme tout à l'heure, elle lui envoyait plusieurs sorts à la suite, pour qu'il ait du mal à suivre le rythme. Il aurait vite fait de comprendre que c'était là une de ses tactiques. Sauf que contrairement à tout à l'heure, elle effectua un mouvement de baguette supplémentaire, envoyant muettement le sort de Rictusempra sur son ami qui bientôt finit par terre, succombant aux chatouilles provoquées par l'enchantement imprononcé et fourbe de la jeune femme. Jeune femme qui voilà en train de rigoler comme une gamine du spectacle qu'elle s'offrait. Grosse erreur de concentration, elle le savait, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher, car c'était trop drôle de le voir gigoter par terre.

« À la guerre comme à la guerre, hein ! Haha ! »
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Sam 31 Jan 2015 - 20:29

Il commençait à se laisser prendre au jeu. Jeroen avait du mal à se défaire de cette manie de vouloir tout contrôler, mais pour une fois il acceptait de décrocher un peu, de faire quelque chose qui lui plaisait juste… parce qu’il en avait envie. Se battre, c’était quelque chose d’un peu bête et instinctif, de pas très utile en soi. Distraire Caitlyn, c’était juste un prétexte pour décrocher et retourner à ce quelque chose primitif et pur. Mais il fallait attendre que la Raison accepte de se déconnecter du corps pour un temps. Il était entre de bonnes mains, avec la jeune serdaigle, il n’avait plus peur de se laisser un peu aller après tout ce qu’ils avaient vécu. Ils s’étaient vus l’un l’autre exploser littéralement sous le coup de la pression. En fait, ils étaient entrés dans l’intimité l’un de l’autre en quelque sorte, alors bon, il pouvait bien lui proposer de péter un câble à deux cette fois-ci, en faisant un petit duel. Bienvenue dans le joyeux club des névrosés de Poudlard ! Et n’oublions pas que ça faisait surtout du bien de ne pas être seuls dans ces moments-là. Raison de plus pour se mettre joyeusement sur la gueule.

Inspiration, expiration. Rester droit, calme, tranquille, dans la maîtrise la plus totale. Dans sa main, sa baguette vibrait d’excitation pour le combat, prête à en découdre. Parfois, il avait envie de briser ce morceau de bois maudit : cette baguette était instable, elle refusait de l’écouter s’il n’était pas en pleine maîtrise de lui-même… Il devait l’avouer : il avait peur qu’elle le lâche au moment crucial où sa vie serait en danger. Même si pour l’instant tout allait bien, était-il vraiment protégé ? Cela posait aussi une autre question. Qui devait-il craindre le plus, ses alliés, ses ennemis, ou lui-même ? N'était-ce pas plutôt lui qui risquait de faillir au dernier moment ? Oui, c’était cela. Il ne devait pas penser à l’autre. Le travail était sur lui-même. Le bon sort au bon moment, dans le calme, sans précipitation. Sans hésitations non plus, car s’il hésitait au mauvais moment, cela serait fatal…

Pour l’instant, il se contentait donc de titiller Caitlyn. Plus il sentait la résonnance entre leurs deux envies de se battre, plus il oubliait les questions qui l’avaient amené à proposer ce duel à la jeune femme. Considérations futiles. Il avait juste envie d’oublier que la mort était à la porte et les attendait. Lorsqu’il commença à riposter, Caitlyn balança un sortilège de protection mais n’encaissa qu’un seul sort sur les deux envoyés. Sur les fesses, la jeune femme le regarda avec un air interloqué avant de se redresser prestement. Elle savait encaisser et se relever. Bien. Cela ne suffisait pas mais c’était un bon début. Dans un combat, il fallait combiner self-control, défense et attaque, le combo gagnant. Ne pas avoir peur de l’affrontement, c’était arriver à ne pas fermer les yeux, à ne pas se laisser déconcentrer par une blessure.

Jeroen avait l’air de plus en plus sérieux, sans pour autant se départir d’un certain sourire presque automatique. Il repoussa le sortilège informulé mais le second porta. Bon sang ! Il se moquait d’elle mais il n’était pas mieux finalement. Il se redressa sur ses pattes et se remit en garde en se secouant. Quelle humiliation. Il n’allait plus se laisser faire maintenant.

- Je pourrais te retourner la question. Tu me demandes bien de t'attaquer, je suppose que c'est pour la même raison, non ? Mais ok, tu veux la guerre, tu l'auras !
- Nous savons tous les deux que c’est moi qui gagnerais…

Parce que oui, soyons sérieux deux minutes. Jeroen avait deux ans de plus, il s'entraînait souvent à un niveau plus élevé que le sien pour s'améliorer ; même si elle travaillait autant que lui, elle avait quand même des notions en moins. Pendant les deux ans qu'il avait passé du côté des méchants, Jeroen avait travaillé des sorts que Caitlyn refuserait de prononcer même face aux assassins de ses parents… Mais il continuait quand même de la titiller pour voir jusqu’où elle était capable d’aller. Ça l’amusait, et puis ça débloquerait le duel et ils pourraient passer aux choses sérieuses…

- Stupefix ! Electro !
- Allez, encore un effort ! balança-t-il en souriant après qu’il a repoussé les deux sortilèges.

Il attaqua en retour, utilisant exactement les mêmes sortilèges. C’était de la pure provocation. Elle se défendait bien, commençant à comprendre quand il allait balancer un informulé. Le concept était pourtant que ça devait être imprévisible, bon sang ! Il augmenta un peu la puissance mais la jeune femme se remit à attaquer avec une flopée de sorts fleuris et plutôt gentils finalement. Il maintint un bouclier protecteur devant lui, se protégeant ainsi de son assaut répété. Elle avait un très bon débit, ça, c’était clair ! Il venait à peine de dissiper le bouclier pour renvoyer un sort qu’il se rendit compte du mouvement supplémentaire, pourtant éminemment prévisible. Il s’était fait avoir comme un bleu.

Il sentit soudain la sensation atroce des chatouilles sur tout son corps et ne put bientôt plus tenir debout. Il se laissa tomber par terre, recroquevillé sur lui-même pour essayer de réchapper au sortilège, mort de rire et tellement contracté sur lui-même qu’il en versa une larmichette. Atroce. Il n’était pas très chatouilleux de base, mais par magie, ça n’avait rien à voir. Il finit par envoyer un Finite et s’étala au sol, l’air à moitié mort et épuisé. Bon sang, quel crétin. Il resta un instant comme ça, sans bouger, le temps de reprendre son souffle. La serdaigle était morte de rire de toute façon, elle n’allait pas recommencer à attaquer de sitôt… Puis il se redressa et se frotta le crâne en respirant le plus doucement possible pour détendre ses muscles contracturés.

- À la guerre comme à la guerre, hein ! Haha !
- Bien ! C’était bien traître comme il faut.

Il ne pouvait que saluer la manœuvre, évidemment. Mais quelque chose manquait pour qu’il se donne lui-même à fond. Se défendre contre un Rictusempra ou un Doloris, ça n’avait rien à voir. D’accord, il enfonçait des portes ouvertes, mais voilà, il risquait de ne pas travailler sa défense s’il n’y avait aucun risque. Le risque… Finalement, se décharger d’une frustration n’était pas si simple que prévu. Il ne savait pas si elle était dans la même optique, mais lui, il avait besoin d’aller à fond pour que ça marche vraiment… Sa main s’ouvrait et se refermait sur sa baguette dans un geste maîtrisé. Il se remit en position face à Caitlyn et inspira à nouveau pour se vider l’esprit. Garder le contrôle.

- On reprend ?

Dès qu’il eut sa réponse, il lança un sort qui fit valser plusieurs mannequins de combats vers la jeune femme. Ça, c’était pour la diversion. Il en profita pour balancer son second sort.

- Expelliarmus !

Tandis que deux des nombreux mannequins qui convergeaient vers la jeune femme s’écrasaient l’un contre l’autre à quelques cheveux d’elle - distance parfaitement calculée évidemment, il n’allait pas la laisser se faire écrabouiller comme une crêpe -, Jeroen récupéra la baguette. Équilibre rétabli. Titillage à son paroxysme. Il renvoya les mannequins abîmés se réparer d’eux-mêmes hors du champ de combat et rendit sa baguette à Caitlyn avec un sourire.

- Je te propose d’en finir avec l’échauffement et les sorts de première année. Je suis l’ennemi : attaque-moi en tant que tel.

Elle avait un ancien pro-Supérieur qui acceptait de se faire attaquer, quel meilleur moment pour en profiter et décharger sa haine ? Et qu'elle n'essaie pas de faire semblant, elle en avait. Ils en avaient tous. Allez, cessons d’être gentils. Laissons sortir l'animal, ça l'apaisera un peu...
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Lun 2 Mar 2015 - 19:04

Un duel avec Jeroen ? Caitlyn n'avait pas hésité une seconde pour accepter la proposition du jeune homme. Après tout, l'un comme l'autre semblaient avoir joliment besoin de se défouler. Le stress montait gentiment chez les élèves de Poudlard, et ils ne faisaient pas exception. Ils cachaient bien leur jeu, tous les deux, contrôlaient leurs émotions, mais ils ne pouvaient pas tout retenir indéfiniment. Du moins, Caitlyn avait de plus en plus de mal à rester en place. Il lui fallait un moyen d'évacuer. Joggings, footings, séances de vol avec batte et cognards, entraînement à la self-défense et à la DCFM… elle enchaînait les activités physiques de sorte à se distraire et à se dépenser. Il fallait que ce soit assez intense pour qu'elle soit obligée de se concentrer pleinement sur l'activité en question, et donc d'oublier, l'espace de quelques heures, les autres pensées et surtout questions qui autrement se bousculaient dans son esprit à longueur de journée. La plupart du temps, elle était seule et ça lui convenait très bien. Elle n'aimait pas imposer son rythme ou s'adapter à celui de quelqu'un d'autre. C'était d'ailleurs assez paradoxal, au vu de sa sociabilité innée. Mais même en cours, elle préférait travailler seule, elle n'était pas faite pour les devoirs à plusieurs. Avec Jeroen, c'était autre chose. Ils s'étaient vus craquer mutuellement, et quelque chose d'indescriptible semblait les rapprocher malgré toutes les différences qu'il pouvait y avoir entre eux. Caitlyn le considérait comme son ami, un des meilleurs. Ou peut-être comme son grand frère. Car ils ne traînaient pas souvent ensemble, au final, mais lorsqu'ils se retrouvaient, ils se comprenaient totalement. Ils n'étaient même pas obligés de parler pour s'entendre tellement ils étaient en phase. Et ça ne voulait pas dire qu'ils étaient identiques, qu'ils pensaient et agissaient de la même manière etc, mais voilà, elle se sentait à l'aise avec lui. Elle n'avait pas peur d'être ridicule, elle n'avait pas peur d'être vulnérable. Elle pouvait être elle-même en sa présence. Tout semblait la pousser à accepter ce duel qu'il lui proposait.

Pourtant, quelque chose bloquait. D'ailleurs, se connaissant, Caitlyn aurait pu s'attendre à ce que son instinct de protection et sa gentillesse la retiennent de réellement se battre contre lui comme contre un ennemi. Car il état un ami. Certes de deux ans son aîné, donc largement capable de se défendre contre elle – et c'était sans parler des deux dernières années qu'il avait passées et survécues aux côtés des Supérieurs – mais ami quand même, et elle avait de la peine à se permettre de lui vouloir du mal. Finalement, le duel risquait d'être plus difficile à mettre en place que prévu… Heureusement, Jeroen semblait avoir trouvé l'attitude à adopter pour l'aider à se libérer de ces liens moraux dont elle se bridait l'esprit. Un échauffement avec des sortilèges inoffensifs pour commencer en douceur, un peu de provocation qu'elle lui rendait bien soit dit en passant… Il la titillait gentiment, pour réveiller en elle cette envie de faire sortir sa rage et sa frustration, envie qui pour l'instant semblait avoir du mal à se libérer du contrôle que l'esprit de Caitlyn exerçait dessus en permanence. Mais plus il la titillait, plus elle avait envie de le titiller en retour. Et c'était bien le but. Ils étaient sur la bonne voie. Elle fut fière d'elle lorsqu'elle réussit à l'atteindre. Sa technique du combo de sorts semblait bien marcher ; elle n'allait probablement pas tenir très longtemps, car l'effet de surprise qu'elle lui procurait s'estomperait bien vite une fois que son adversaire s'y serait habitué, mais elle lui avait assuré le succès à deux reprises, donc elle était quand même efficace et Caitlyn n'en était pas peu fière. L'excitation pointait le bout de son nez chez la belle brune qui sentit le plaisir et la motivation l'animer de plus en plus. Elle se prenait au jeu, sortait progressivement de l'espèce de léthargie dans laquelle elle s'était volontairement enfermée en réaction au trop-plein de panique qui régnait au château après ce qu'ils venaient de vivre et à laquelle elle ne voulait pas succomber. Et bientôt la voilà qui jetait à son ami un sort de Rictumsempra et rigolait tandis qu'il croulait sous les chatouilles. Il finit par lancer un Finite et s'étendre sur le sol pour y rester quelques secondes inerte avant de se relever en se frottant le crâne.

« Bien ! C’était bien traître comme il faut. »

Elle lui adressa un grand sourire. Allait-il vouloir se venger ? C'était très probable. Elle venait tout de même d'attaquer sa dignité. Même si à la base, ils étaient plutôt là pour s'attaquer tout court, et que le Rictumsempra n'allait probablement pas lui être très utile face à un Supérieur, mais c'était un début. Il fallait se détendre ! Se mettre à l'aise, se lancer des défis, des challenges. Maintenant qu'ils étaient détendus, ils allaient pouvoir passer aux choses sérieuses. Elle hocha la tête pour lui indiquer qu'elle était prête. La seconde d'après, elle n'esquissa que par pur réflexe un mouvement de recul pour éviter les mannequins de combat qui lui fonçaient dessus, animés par un sort de son adversaire. Elle en fit disparaître deux par un informulé, administra un coup de pied à un troisième et esquiva un cinquième en se baissant. Ce fut alors qu'elle entendit le sort de désarmement que Jeroen jetait en sa direction, et sentit sa baguette lui échapper des doigts. Elle le regarda en se redressant attraper sa baguette au vol. Deux mannequins s'entrechoquèrent à quelques millimètres de son nez et elle leur assena un puissant coup de poing qui les fit tomber par terre entre elle et son adversaire. Un sourire étira à nouveau les lèvres de la jeune femme qui prenait un air faussement vexé en comprenant que Jeroen venait de lui rendre la monnaie de sa pièce. Se faire prendre sa baguette était pour un sorcier une des pires humiliations qui soient. Personnellement, elle ne se considérait pas tant que ça dépendante du bâton de bois, puisqu'elle conservait relativement bien son éducation moldue d'une part, et y était d'autre part quasiment habituée, vu le nombre de fois où les Supérieurs lui avaient rendu impossible de s'en servir. Il n'empêche qu'elle entretenait, comme tout sorcier, un lien très intime avec sa baguette magique, et se voir privée de sa compagne ne la laissait pas indifférente. Elle la reprit donc lorsqu'il la lui tendit en lui souriant. C'était de bonne guerre, ils étaient à égalité.

« Je te propose d’en finir avec l’échauffement et les sorts de première année. Je suis l’ennemi : attaque-moi en tant que tel. »

Et ce fut alors que quelque chose changea chez la jeune femme. Elle plissa les yeux, fronça légèrement les sourcils.

« Oui chef ! Bien chef ! »

Sa voix était ferme, elle ne disait pas ça pour se moquer de lui ou pour le taquiner. Elle était sérieuse, tout comme lui. Finie la rigolade, finie la provocation. Elle enleva le gilet qui recouvrait ses bras nus et le posa sur la chaise où s'entassaient ses vêtements, restant en débardeur. Se moquer de son ami puis subir ses moqueries lui avait donné chaud. Et puis, il fallait avouer que le gilet la gênait, entravait ses mouvements. Elle se sentait plus libre et donc plus à l'aise sans. Elle fit face au jeune homme, bien campée sur ses pieds, et envoya un premier sort, après avoir croisé son regard pour s'assurer qu'elle pouvait y aller. Cette fois-ci, pas de combo. Elle misait sur la puissance et la rapidité, concentrée. Sa frustration commençait enfin à sortir, sous forme d'agressivité voire même de colère, et elle perdait progressivement cette retenue que causait chez elle la présence d'autrui. Bientôt, plus rien n'eut d'importance. Moralement, Jeroen avait disparu, et il ne restait de lui que l'entité physique, comme s'il faisait partie du décor permettant à Caitlyn de se défouler. Ce fut comme si elle s'entraînait seule, se lâchait sans témoins. Car oui, cet état là était pour Caitlyn une sorte d'intimité, et elle prenait d'habitude soin à ne pas que d'autres puissent la voir ainsi. Brûlante, moite, les yeux flamboyants, les cheveux défaits, grognant parfois, les sens aux aguets et les muscles tendus, elle ressemblait presque à une bête sauvage. Mais ça faisait du bien. Elle ne pensait pas à l'image qu'aurait d'elle le Slytherin, elle ne pensait pas aux hématomes dont serait parsemé son corps fatigué et endolori après leur session d'entraînement. Les sorts fusaient de part et d'autre, les mannequins et les meubles volaient et se fracassaient contre les murs. Attaque, défense ; défense, attaque… Elle dévia ou contra efficacement une bonne partie des sorts de son aîné, mais régulièrement, elle finissait par terre, ou propulsée vers l'arrière contre un mur, ou cognée par un accessoire. Chaque fois, elle se relevait, se remettait en garde, cependant. Il avait clairement le dessus, et elle n'était même pas sûre qu'il soit au maximum de ses capacités, mais elle réussit tout de même à l'atteindre quelques fois aussi. Pourtant, ce fut elle qui finit par céder. Assise par terre, s'appuyant sur sa main gauche, elle se contenta de maintenir un bouclier devant elle pour se protéger des derniers sorts de Jeroen sans plus essayer de se relever.

« C'est bon, j'en peux plus, je capitule. »

Elle ne savait pas combien de temps ils avaient passé ensemble dans cette salle. Une partie de son esprit semblait croire que ça faisait une éternité, l'autre que c'était passé trop vite. Une chose était sûre, elle était épuisée. Reprenant son souffle comme si elle venait de se taper un sprint, le cœur tambourinant contre sa poitrine… elle s'était vraiment donnée à fond, et elle avait l'impression qu'il se l'était permis aussi.

« Mais ça fait quand même sacrément du bien. »

Son corps ne serait pas forcément d'accord avec elle, mais elle ressentait cette légèreté toute particulière qui marquait la fin des activités physiques plaisantes, et c'était un sentiment vraiment reposant. Elle aurait bien continué encore un peu, mais son enveloppe corporelle la limitait dans ce sens là, lui rappelant sa condition d'humaine faible et fragile. Elle n'en était pas moins contente d'avoir pu se défouler, ainsi que d'avoir pu permettre à Jeroen de se défouler aussi. Elle ne l'avait pas déçu, finalement, même si les débuts avaient été laborieux. Oui parce que ce n'était pas que pour elle qu'il lui avait proposé un duel, mais aussi pour lui, et elle était heureuse d'avoir pu lui rendre service, en plus d'être heureuse de s'être épuisée à la tâche. Il avait besoin autant qu'elle de se défouler et de laisser sortir sa frustration. Restant assise par terre, elle recula de sorte à pouvoir s'adosser contre un mur, puis fit apparaître un grand verre d'eau qu'elle vida d'une traite avant de le remplir à nouveau et de faire signe à son ami pour qu'il se serve. Elle enleva l'élastique qui ne retenait plus que la moitié de ses cheveux pour refaire rapidement un chignon, appréciant la fraîcheur de l'air ambiant sur les endroits auparavant recouverts par ses mèches brunes. Elle allait bientôt devoir se couvrir un peu plus, mais pour le moment, elle avait terriblement chaud. Elle resta un moment sans rien dire, les yeux fermés, laissant à ses forces le temps de lui revenir. Puis elle eut un sourire en coin et demanda.

« Alors, verdict ? »
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Ven 20 Mar 2015 - 15:52

Abaisser les barrières. Passer à autre chose, à un autre niveau. Jeroen alimentait le conflit. S’il fallait faire semblant de lancer un impardonnable pour qu’elle se lâche pour de bon, il serait capable de le faire. Après des petits sorts gentillets de chatouilles, il était temps de passer aux choses sérieuses, de s’entraîner à faire face à une réelle agression, pas à un ami qui s’amuser. Les événements récents étaient loin d’être un décor propice aux blagounettes. Et ce n’était pas parce qu’il s’était pris une attaque de chatouilles un peu humiliante, enfin, ce n’était pas uniquement pour ça qu’il cherchait le vrai duel… Son attaque porta ses fruits et les mannequins s’écrasèrent avec violence sans la toucher. La fine baguette de Caitlyn en main, il la vit balancer un coup pour repousser deux hommes de bois. Quelle violence ! Elle était bien batteuse, ça se voyait clairement. En même temps, facile à dire pour un joueur sensibilisé à l’observation des réflexes acquis sur le terrain… Il ne tarda pas à lui rendre sa baguette. Inutile de prolonger le temps passé sans qu’elle l’ait entre les mains. Puis il lui proposa de passer au vrai duel. Caitlyn fronça les sourcils, soudain très concentrée.

- Oui chef ! Bien chef !
- Ton ennemi, pas ton chef… dit-il en roulant des yeux.

C’était la dernière petite blague avant le défouloir. Elle enleva son gilet : ça allait être sportif à présent. Et ils commencèrent. Jeroen avait en partie déconnecté sa retenue dans son esprit, et se concentrait à en maintenir ce qui restait. Il ne pouvait pas envoyer n’importe quel sort, n’importe comment. Caitlyn restait une adversaire inférieure en force et se donner à fond pouvait causer des dégâts. Mais quelque chose s’était débloqué. Plus de sourires, plus de blagues, juste les sortilèges volant dans la pièce, leurs souffles bruyants. Elle était rapide et ses attaques étaient puissantes, mine de rien. Lui aussi, quoiqu’il ait encore un peu de travail au niveau de sa rapidité et de sa souplesse. Le poste de batteur forgeait pour la violence brute et bien placée, pas pour la dentelle et le scrapbooking. Il ne pensait pas que la serdaigle pourrait le forcer autant à travailler sa rapidité. Il ne sentait plus rien. Son esprit était obnubilé par les sorts, l’esquive, la stratégie. C’était ainsi qu’il prenait son pied : en s’oubliant. Il ne cessait pas de réfléchir, non, mais le processus n’était plus qu’un fil continu d’informations qu’il traitait sans attendre et dont l’effet, immédiat, lui procurait le plus grand bien. Les sorts qu’ils prenaient de plein fouet laisseraient sûrement des bleus et des marques. Tant pis, ou plutôt, tant mieux. Y’a pas une forme de masochisme dans les bagarres ? Si, complètement. En même temps, rien de mieux pour montrer qu’on n’est pas un animal sans défenses… Il était en train de lancer une série de sorts avec une énergie sortie de nulle part, sûrement dans ses réserves les plus profondes, lorsqu’elle se mit en position de défense et cessa d’essayer d’attaquer. Immédiatement, il marqua un léger temps de pause, et comme il s’y attendait…

- C'est bon, j'en peux plus, je capitule.

Jeroen baissa sa baguette en signe d’acquiescement. Il resta un instant debout, figé, à l’observer reprendre son souffle à même le sol. Puis il sourit, d’un petit sourire chargé d’endorphines. Il était en train de découvrir l’épuisement de son corps. L’adrénaline faisait jusqu’à oublier des douleurs franchement cinglantes… Au moins, les médicaments et pommades d’Emeric allaient lui servir à nouveau, vu les bleus, les courbatures et les coupures superficielles qu’il allait retrouver sous la douche ce soir. Après ce temps d’arrêt qui lui permit d’assimiler correctement que le combat était terminé, il finit par s’approcher, s’assit en tailleur à côté d’elle en grimaçant puis se positionna le dos bien droit pour s’étirer, sa baguette posée à côté de lui. Après la violence et l’effort, le réconfort d’un débriefing dans le calme. Intense. Il en aurait presque envie d’aller se coucher là tout de suite.

- Mais ça fait quand même sacrément du bien.
- Ça, c’est clair… On sous-estime trop souvent les sports extrêmes.

Vous avez des soucis ? Des angoisses ? Trouvez un bon ami et mettez-vous sur la gueule bien comme il faut. Ça ne règlera absolument aucun problème, ça fera un mal de chien mais ça fera aussi un bien fou l’espace de quelques heures. Les endorphines, l’adrénaline, la possibilité de se déchaîner, l’épuisement d’après le sport… Tout cela mélangé, cela formait un cocktail fantastique pour l’humeur et pour le teint. Ils allaient avoir une peau de bébé dans les jours à venir. Par contre, le serpentard était en sueur. Il profita de l’arrêt pour s’aérer un peu et s’essuya le visage avec le bas de son t-shirt. Elle n’allait certainement pas s’offusquer de ce geste ou du bout de nombril et des cicatrices qu’il dévoilait avec ce geste… Il accepta finalement le verre d’eau si gentiment proposé et le vida lui aussi d’un trait.

- Alors, verdict ?
- C’était un plaisir.

Il sourit avec un naturel étonnant venant de lui. Eh oui, l’effort, le bon, ça relâchait toutes ses tensions, il en deviendrait presque amical. Il se redressa en grimaçant à nouveau, lança son pull à Caitlyn pour qu’elle puisse se couvrir et enfila le sien avant de se refroidir totalement. Il avait beau avoir le sang chaud, il ne jouait pas avec les coups de froid d’après l’effort, qui pouvait ruiner tous les bons effets du sport.

- Tu te défends bien. Et tu es plus rapide que moi ! On devrait se faire ça plus souvent, pour s’entrainer sérieusement sur certains aspects. Tu restes relativement gentille dans tes attaques, face à quelqu’un qui veut ta mort, ça peut être fatal.

Évidemment, Jeroen n’avait pas tenté de lancer des Sectumsempra ou des impardonnables, mais les Supérieurs n’avaient pas cette retenue. Il ne faisait que soulever la question, sans pour autant chercher à la culpabiliser. Face à quelqu’un d’hésitant, un autre élève pas très convaincu, elle avait toutes ses chances. Mais il n’allait pas lui lancer tout plein de fleurs ! L’objectif était qu’elle se dépasse, pas qu’elle s’assoit sur ses acquis, aussi utiles soient-ils. Lui-même faisait preuve de recul, se rendant bien compte que si elle avait réussi à le toucher, c’était qu’elle était meilleure sur certains points. Il se remit en tailleur et lui lança un regard.

- Je crois avoir pu évacuer mon envie de frapper. Julian va me demander pourquoi j’ai autant de bleus… tant pis. Et toi ? Tu as suffisamment évacué ?

Ça ressemblait à un échange entre deux alcooliques se vantant de leur état de sobriété et attendant de la reconnaissance. Dans sa tête, c’était plus un effort considérable pour faire part de ce qu’il ressentait… afin qu’elle fasse de même en retour, évidemment. On n’a rien sans rien. C’était le principe même de l’alchimie.

- Qu’est-ce qui s’est passé là-bas ?
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Mar 24 Mar 2015 - 19:56

Laisser sortir la bête. Ouvrir les portes, abaisser les barrières, détacher les chaînes et laisser libre cours à la violence, sauvage et furieuse, qui ne demandait qu'à éclater. Mieux valait accepter et permettre l'explosion en choisissant l'endroit et le temps, plutôt que tenter de la retenir et finir par y succomber sans ne plus avoir aucun choix. La colère, la peur, la frustration… Elles vous prenaient aux tripes, vous bouffaient de l'intérieur, jusqu'à vous rendre fou. Les évacuer régulièrement était le meilleur moyen de les contrôler un tant soit peu, avant qu'elles ne vous contrôlent entièrement. Résister et prendre sur soi était impossible sur le long terme. Et les ignorer, les cacher, c'était se mentir à soi-même ; mais la vérité finissait toujours par vous rattraper et vous faire payer les conséquences de votre lâcheté. Caitlyn le savait très bien, par logique et par expérience. Plusieurs fois, elle s'était vue exploser au mauvais moment et au mauvais endroit, aux yeux de mauvaises personnes. Dernièrement, c'était la prof de SACM qui en avait fait les frais. Mais, de plus en plus, la jeune fille faisait du sport, quitte à s'épuiser physiquement, pour s'occuper et pour se vider l'esprit, pour se défouler, et ça marchait plutôt bien. D'habitude, elle s'arrangeait pour être seule, afin de ne pas s'encombrer d'autres gens et n'imposer son rythme à personne, et surtout aussi car c'était bien pour ne pas inquiéter son entourage qu'elle s'appliquait à canaliser ainsi ses émotions négatives. Mais avec Jeroen, c'était différent.

Ils s'étaient vus craquer mutuellement, ils s'étaient soutenus à tour de rôle… Et, quand bien même elle restait fidèle à soi-même, c'est à dire encline à intérioriser et à dédramatiser beaucoup de choses pour ne pas l'alarmer ni alarmer qui que ce soit d'autre, Caitlyn se sentait suffisamment à l'aise avec le Slytherin pour se permettre de se défouler avec lui. D'autant plus qu'elle le connaissait assez pour savoir qu'il pensait plus ou moins de la même manière qu'elle concernant certaines choses, dont le fait de se défouler justement. L'un comme l'autre avaient besoin d'évacuer leur stress et leur frustration. Le faire ensemble, bien que ce ne soit pas franchement dans leurs habitudes et principes respectifs, s'avérait finalement ne pas être une si mauvaise idée que ça. C'était même plutôt encourageant et motivant. Les débuts avaient été difficiles, certes, à cause de cette retenue pleine de précautions qu'ils avaient l'un pour l'autre, mais ils avaient laissé sortir la bête, et celle ci, au fil du temps, des sorts qui fusaient, des meubles qui se fracassaient, des gouttes de sueur qui perlaient sur leurs fronts et des meurtrissures qui parsemaient leurs peaux, était devenue un animal de compagnie inoffensif.

Magnifiquement à bout de forces, Caitlyn finit par ne plus se relever et capituler devant Jeroen qui aurait probablement encore pu continuer un certain temps, mais qui finit par céder, lui aussi, à l'épuisement. Ils s'observaient mutuellement, comme pour s'assurer qu'ils allaient bien. L'un comme l'autre reprenaient leur souffle sans bouger, analysant leur état d'épuisement respectif. Grimaçant, il s'assit en tailleur près d'elle tandis qu'un sourire faible, presque niais, mais sincère, se dessinait sur les lèvres de la jeune femme. Vidés. Ils étaient vidés. L'énergie était partie mais les soucis aussi, et ça faisait du bien. Oui, malgré l'épuisement, malgré les bleus et les coupures, malgré la chaleur et l'essoufflement, et malgré les courbatures qu'ils auraient sûrement le lendemain, ça faisait du bien.

« Ça, c'est clair… On sous-estime trop souvent les sports extrêmes. »

Elle hocha doucement la tête et recula de sorte à pouvoir s'adosser contre le mur. Elle se couvrirait plus tard, elle s'étirerait plus tard. Pour le moment, ses muscles avaient besoin de temps pour retrouver leur forces, ses poumons pour retrouver leur souffle et son cœur pour retrouver son rythme. Elle avait soif, et fit apparaître un grand verre d'eau qu'elle porta à ses lèvres. À travers le fond du récipient, elle put entrevoir Jeroen soulever un pan de son t-shirt pour s'essuyer le visage dedans, dévoilant des cicatrices qui lui barraient le ventre, et elle eut un pincement au cœur. Elle-même en avait quelques unes sur son flanc, et les sentait la tirailler parfois en réponse à des faux mouvements de sa part, mais il semblait bien plus mal en point qu'elle. Elle ne fit pas de remarques, cependant. Elle ne connaissait que trop bien la gêne et la honte provoquées par un surplus d'attention et d'importance accordé aux marques laissées sur son corps par les Supérieurs. Remplissant à nouveau le verre d'un mouvement de baguette, elle invita Jeroen à se servir à son tour et il le vida d'une traite tandis qu'elle fermait les yeux et appuyait sa tête contre le mur, succombant à une nouvelle vague de fatigue agréable. Elle resta quelques instants ainsi, sans bouger, avant de reprendre la parole pour lui demander son verdict.

« C'était un plaisir. »

Et le sourire de Caitlyn s'étira, des étincelles apparurent dans ses yeux. Son visage entier venait de s'illuminer face à cet enthousiasme dont venait de faire preuve son ami. Elle ne s'attendait pas franchement à ce qu'il lui dise ça ainsi. Ça sortait du cœur et ça allait droit au sien. Avoir pu faire plaisir au Slytherin la rendait encore plus heureuse que le fait d'avoir pu évacuer sa frustration et lui permettre de faire pareil. Et puis, il semblait tellement… libre, léger. Il affichait un sourire qu'elle ne lui connaissait pas. Lui qui d'habitude arborait une mine fermée, dure et froide, les traits tirés et les mâchoires serrées, le dos droit et la tête haute, il donnait presque l'air d'avoir perdu quelques années, tellement il était naturel. Il se releva pour aller chercher leurs pulls et elle enfila le sien sans se faire prier. La fraîcheur commençait à se faire sentir à travers son corps fatigué et moite, et il ne faudrait pas qu'elle se refroidisse. Toujours est-il qu'elle ne cachait qu'avec difficulté son émerveillement envers le naturel dont il faisait preuve. Elle n'était pas habituée à tant d'émotion de sa part. Elle savait qu'il la considérait comme une amie, qu'il lui faisait confiance, et qu'il appréciait de passer du temps avec elle, mais ça faisait sacrément du bien que de l'entendre le dire. Observateur dans l'âme, Jeroen était réservé, même carrément secret, et donnait l'impression de ne rien attendre de personne, si bien que Caitlyn restait naturelle en sa présence et ne cherchait pas à lui faire de cadeaux ou autres faveurs. Il n'était pas quelqu'un qu'on pouvait apprivoiser comme un chien avec des friandises. Réussir à lui faire plaisir relevait presque de l'exploit. Ou peut-être pas, car il serait bien du genre à être sensible aux petits plaisirs de la vie, mais il ne le montrait généralement pas. Et il n'avait pas fini de la surprendre.

« Tu te défends bien. Et tu es plus rapide que moi ! On devrait se faire ça plus souvent, pour s’entraîner sérieusement sur certains aspects. Tu restes relativement gentille dans tes attaques, face à quelqu’un qui veut ta mort, ça peut être fatal. »

Son éloquence était particulièrement étonnante, par rapport à son silence habituel. Caitlyn soutenait le regard du jeune homme et hochait la tête, attentive à ses commentaires. Oui, elle était plus rapide que lui, mais pas de beaucoup. Et puis, elle s'essoufflait vite, à toujours pirouetter dans tous les sens. Il fallait qu'elle se concentre plus sur sa magie et se serve davantage de sa baguette, c'était quelque chose qu'elle se disait depuis un certain temps déjà. Esquiver un sort pouvait s'avérer vital, certes, mais elle ne pouvait pas compter que sur son agilité et sa souplesse corporelle. La rapidité de ses réflexes était principalement due à ses compétences de batteuse, mais celle de ses sorts résultait du fait qu'elle s'y prenait souvent au dernier moment pour contrer ceux de son adversaire, manquant de temps pour avoir le loisir de les anticiper. Le tout étant étroitement relié au fait qu'elle dépensait beaucoup d'énergie à virevolter dans tous les sens. Donc oui, elle se défendait bien, comme le disait Jeroen, Mais elle savait qu'il y aurait un moment donné où ses stratégies de compensation basées sur la vitesse ne suffiraient plus pour combler les manques. Trop de mouvements tuait les mouvements.

« Je viens assez souvent m'entraîner, mais seule la plupart du temps, et c'est clair qu'à deux, ça met l'accent sur d'autres choses. Pis c'est plus réaliste, et plus drôle surtout. Donc… je dis pas non pour qu'on se fasse ça plus souvent ! »

Caitlyn était clairement partante et motivée pour la proposition que venait de lui faire Jeroen. Et puis, c'était flatteur, quoi. Entendre un mec de deux ans de plus vous dire qu'il voulait s'entraîner avec vous, c'était un compliment de taille ! Il prétendait, en gros, qu'il avait des choses à apprendre d'elle, que les duels avec elle lui profitaient, et pas seulement l'inverse, donc c'était qu'elle n'était pas si mauvaise que ça. Quant au fait qu'elle restait trop gentille dans ses attaques, à nouveau, tout était dans l'entraînement, et dans les scrupules qu'elle avait vis à vis de la personne en face. Elle s'était certes lâchée en présence de Jeroen, mais elle savait que le combat aurait tout de même été différent s'il y avait eu à la place de son ami un véritable ennemi, et, surtout, inconnu. Pourvu qu'elle ait l'occasion de se défendre, s'entend.

« Je crois avoir pu évacuer mon envie de frapper. Julian va me demander pourquoi j’ai autant de bleus… tant pis. Et toi ? Tu as suffisamment évacué ? »

Ah ! Donc il y avait bel et bien quelque chose entre Jeroen et la rousse que Caitlyn avait pu voir parfois à ses côtés. Elle eut un sourire en coin. C'était la première fois que Jeroen évoquait Julian devant elle et confirmait ainsi les hypothèses qu'elle avait faites. Son sens de l'observation ne l'avait pas trompée. N'étant pas de la même année ni maison que le jeune homme, et encore moins dans le même cercle d'amis, elle n'avait que très peu l'occasion de prendre de ses nouvelles et ne connaissait finalement que très peu de choses sur sa vie privée. Elle ne lui demandait rien, aussi, se contentait de le prendre comme il était et entendre ce qu'il voulait bien lui dire, sachant qu'elle était probablement une de ceux à qui il s'ouvrait le plus facilement. Mais une fois qu'il la mentionnait...

« Que c'est mignon... ! »

... difficile de s'interdire une petite boutade. Sourire malicieux, regard taquin, elle était clairement en train de se moquer de lui. Cependant, elle ne tarda pas à reprendre son sérieux et avouer qu'elle comprenait tout à fait ce qu'il voulait dire.

« Elias m'aurait demandé aussi. »

S'il était resté à Poudlard pour les vacances. S'ils n'avaient pas décidé de se séparer, juste avant son départ chez lui. Il n'avait jamais aimé la vue des blessures corporelles que portait sa copine, lui avait toujours reproché de trop chercher les ennuis et de se mettre en danger inutilement. Comme si, au final, elle était responsable de sa soufrance. Elle-même se surprenait parfois à raisonner de cette manière, et trouvait ça impressionnant à quel point les Supérieurs avaient réussi à les retourner contre eux-mêmes. C'était la faute à ces tarés, s'ils vivaient dans la crainte, s'ils dormaient mal, s'ils se faisaient blesser ! Qu'on ne vienne pas leur dire qu'ils avaient qu'à se tenir à carreaux, ce serait le monde à l'envers. Même cet entraînement, au fond, avait lieu à cause de la menace que représentaient les Supérieurs, et s'il faisait du bien aux deux jeunes gens, c'était parce qu'il leur avait permis d'évacuer le trop plein de pression accumulé par leur faute.

« Moi… je suis tellement morte que j'arrive plus à réfléchir. Donc ouais, ça va super ! »

Elle eut un petit rire. N'importe qui d'autre, de normal, d'extérieur à Poudlard - quoique, pas forcément - aurait trouvé ça paradoxal et dénué de sens, mais actuellement, c'était ce qui marchait le mieux chez elle, et elle savait que Jeroen comprenait. Parfois, le fait d'être physiquement à bout rendait plus vulnérable face aux idées noires, et c'était alors un cercle vicieux qui s'enclenchait, mais c'était surtout le cas lors de dépressions. Pour un simple stress, l'état de fatigue après l'effort était tout bonnement salvateur. Pourtant, aucun d'eux n'avait oublié.

« Qu'est ce qui s'est passé, là bas ? »

La question qui tue. Caitlyn fronça les sourcils, sentant s'estomper une partie des bienfaits du sport qu'elle venait de faire. Elle repensa aux sources de sa frustration. Qu'est ce qui s'était passé à Pré-Au-Lard ? Elle revit dans sa tête la mise en scène à laquelle ils avaient eu le droit en arrivant sur la place centrale de Pré-Au-Lard. Elle n'avait pas voulu trop en parler, pour ne pas dramatiser inutilement la situation. L'ampleur qu'avaient pris les émotions chez les habitants du château rassemblés dans la Grande Salle avait été assez spectaculaire, alors que seule une petite vingtaine de personne n'avait eu le droit au spectacle. Mais Jeroen n'était pas comme ça, il était plus posé, plus rationnel, elle pouvait lui raconter. Il voulait savoir, et c'était à elle qu'il le demandait, bien qu'il ait sans doute déjà entendu des versions. Et puis, parler lui ferait du bien, à elle aussi. Elle avait beau dédramatiser beaucoup la situation, elle venait quand même de se mettre sur la gueule avec un pote à cause de la pression qui était montée en elle suite à cet incident, donc ça n'était pas anodin. Si ça leur profitait aux deux, autant répondre. Elle haussa les épaules d'un geste désinvolte.

« Au final, c'était pas grand-chose. Plus de peur que de mal. C'était un peu le but, en même temps. En gros, yavait un cadavre, un flingue, et une pancarte où c'était écrit 'Nous savons'. »

Elle disait ça d'un ton presque blasé. C'était sa manière de dédramatiser. Se dire qu'au fond, c'était pas si grave que ça. En fait, c'était psychologique, ils voulaient les faire craquer un par un, et ils y arrivaient plutôt bien à vrai dire. Mais Caitlyn était tellement crevée que le psychologique ne marchait pas sur elle en ce moment. Elle racontait les événements comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

« C'était clairement un sorcier, avec son chapeau et sa cape et tout, et il était pendu mais il avait une balle dans le front… comme si c'étaient les sorciers les victimes et les moldus les coupables, tu vois le genre ? Fin bon. Et pis pour l'histoire de la pancarte, j'imagine qu'ils ont tout simplement une taupe à Poudlard, c'est pas très étonnant, même si c'est bien flippant. Mais qui dit qu'on a pas une taupe chez les Supérieurs, nous ? Fin bon, c'est ce que je dis, ya eu plus de peur que de mal. Sauf pour le mec qu'ils ont flingué. » »

Personnellement, elle, ça la faisait bien plus flipper qu'elle ne voulait bien le montrer à ce moment précis. Et encore une fois, c'était à cause de cette fatigue qui attirait sur elle toute l'attention de la jeune fille. Et puis, elle ne voulait pas de cette angoisse, elle ne voulait pas de cette peur de l'inconnu et de toutes les idées farfelues qu'elles faisaient naître dans son esprit. C'était flippant, elle ne disait pas le contraire, mais ça faisait partie de leurs plans et elle ne voulait pas leur faire plaisir en y succombant. Elle n'allait pas l'ignorer, bien sûr, mais tant qu'elle le pourrait, elle garderait le contrôle.

« Enfin bref, faut pas sous-estimer, mais c'est pas non plus la peine d'en faire tout un plat, quoi. Enfin, je trouve. Je me dis juste que les sorties à Pré-Au-Lard, c'est un peu mort pour l'instant… C'est dommage, j'ai pas pu acheter de cadeau pour Aelie. Va falloir que j'en trouve un autre part. Toi t'as prévu quoi comme cadeaux pour ta famille ? Et comment ça se fait que tu sois resté là pour les vacances, ils vont pas trop t'en vouloir ? »
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Lun 20 Avr 2015 - 19:43

Ses jambes tiraillaient dans sa position. Il aurait peut-être aussi du travail à faire au niveau de la souplesse, chose qu’ils ne travaillaient pas beaucoup au poste de batteur. Mais généralement, il se contentait d’étirer un peu les muscles qui avaient le plus travaillé sans chercher à aller plus loin. Ça faisait déjà assez mal comme ça. Ho la chochotte ! Ouais, ben il avait le droit de ne pas aimer s’infliger de la douleur comme ça, hein. Déjà, il faisait des efforts fous en discutant avec elle plus qu’à l’accoutumée, chose qu’elle semblait prendre sans grande surprise. Bien, tant mieux, il n’aurait pas à s’expliquer sur sa manœuvre au moins.

Elle semblait contente. Son sourire était chaleureux lorsqu’il signifia qu’il avait apprécié leur petit duel. C’était tellement simple : quelques mots, l’expression d’un contentement et n’importe qui pouvait céder. Même lui, évidemment, pourvu que ces quelques mots proviennent de quelqu’un dont il s’inquiétait de l’avis. Caitlyn semblait complètement… euh, subjuguée ? Quelque chose comme ça, ouais, surprise par son comportement si avenant. Jeroen était tout de même un peu étonné par le changement que son regard reflétait. C’était comme s’il avait affaire à quelqu’un d’autre, quelqu’un de naturellement ouvert et tranquille, alors qu’il ne se sentait pas comme tel. C’était bizarre.

Bizarre de s’entendre parler autant. De se sentir aussi calme dans son corps, aussi détendu. Le sport n’avait pas fini de l’impressionner, ça c’était clair ! Il se rattrapa tout de même en faisant quelques commentaires sur ses techniques d’attaque, revenant sur un terrain qu’il connaissait et sur lequel son ton était toujours aussi égal. Il pouvait ainsi balancer des insanités à la gueule de n’importe qui sans que ce n’importe qui se rende compte de ce qu’il racontait, juste par le choix de ses mots et de ses expressions corporelles. Bref, il se sentait plutôt bien et toujours autant en alerte, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps.

Ils avaient encore du boulot niveau duel. Ce qui aurait été encore mieux, ç’aurait été de travailler en groupe, de se mettre sur la tronche à dix, à vingt, à cinquante, mais l’équipe enseignante ne validerait jamais une telle proposition. C’était trop dangereux. En même temps, comment se préparer au danger sans l’avoir en face de soi ? Comment se protéger de sorts fusant dans tous les sens quand on n’y est pas habitué ? C’était impossible. Ils allaient tous se ramollir à nouveau et à la prochaine attaque, ils se feraient avoir comme la première fois où ils avaient dû leur faire face…

- Je viens assez souvent m'entraîner, mais seule la plupart du temps, et c'est clair qu'à deux, ça met l'accent sur d'autres choses. Pis c'est plus réaliste, et plus drôle surtout. Donc… je dis pas non pour qu'on se fasse ça plus souvent !
- Ça peut être intéressant. On verra si c’est praticable. De mon côté, je travaille plutôt avec des camarades de classe plus expérimentés, il faudra trouver un terrain d’entente sur ce qu’on peut faire ou non.

Pour ne pas se faire mal, surtout. Il ne s’amusait à envoyer des sortilèges pas très beaux à ses potes que lorsqu’il savait qu’ils pouvaient répliquer et que, dans le cas contraire, ils pourraient gérer les blessures que cela impliquait. Encore une fois, ils ne gagneraient pas la guerre avec des chatouilles. S’il ne pouvait pas se lâcher totalement, leurs entraînements resteraient ponctuels, mais il n’allait pas lui balancer ça ; elle risquait de relever le défi sans vraiment y être préparée, et il comptait bien la faire progresser aussi, pas juste la latter en quelques sortilèges aux vieux relents de magie noire. Ils auraient bien le temps d’en reparler.

Lorsqu’il continua sur sa lancée, il parla de Julian. C’était… comment, irrésistible ? Presque un réflexe, le réflexe de l’amoureux qui pense souvent à sa belle, paroles bien niaiseuses comme il fallait. Il remarqua immédiatement le petit sourire en coin de la serdaigle et regretta immédiatement ses paroles. Aïe. Déjà, lorsqu’il parlait d’elle à ses potes, il se faisait chambrer pendant des heures ; ils ne se remettaient toujours pas de cette relation totalement incongrue entre la fille facile de service et le mec un peu marginal qui pète plus haut que son cul… Mais si Caitlyn s’y mettait…

- Que c'est mignon... !

… Merde. Il leva les yeux au ciel et se laissa tomber doucement en arrière. Non, ça, ce n’était pas fair-play du tout. Il allait regretter sa proposition !

- Elias m'aurait demandé aussi.

Il tiqua. Ils ne parlaient pas beaucoup de leurs amoureux respectifs. En fait ils n’en parlaient pas du tout, alors que c’était cet amoureux en question qui avait fait qu’ils s’étaient recroisés dans ces foutus châteaux, alors que Caitlyn cherchait à le sortir de là.

- Aurait ? demanda-t-il simplement.

Elle pouvait parfaitement ne pas répondre à sa question, ça ne changerait rien, mais la réponse l’intriguait. Qu’est-ce qui n’allait pas ? Il finit par se redresser à la seule force de ses abdominaux, par flemme d’utiliser ses bras, et lui refit face.

- Moi… je suis tellement morte que j'arrive plus à réfléchir. Donc ouais, ça va super !

Il sourit brièvement et reprit son sérieux. Il pouvait parfaitement comprendre son état de calme. Mais était-il décidé à la laisser en profiter ? Pas vraiment, malheureusement. De toute façon, les pensées noires reviendraient bien vite. Dès qu’ils sortiraient de la pièce, tout leur reviendrait rapidement en pleine face… et il avait besoin de savoir ce qui s’était passé à Pré-au-Lard. Elle fronça les sourcils. Elle n’aimait pas ça mais elle n’avait pas non plus l’air de lui en vouloir de demander. Quant à lui, il n’irait pas se chercher d’excuses en disant que ça lui ferait du bien d’en parler ; non, il voulait juste savoir, au fond, et tant mieux si ça pouvait l’aider de mettre des mots dessus. Toujours aussi tranquille et chaleureux le petit van Saade ?

- Au final, c'était pas grand-chose. Plus de peur que de mal. C'était un peu le but, en même temps. En gros, yavait un cadavre, un flingue, et une pancarte où c'était écrit 'Nous savons'.

Il hocha la tête, attentif mais sans intention de l’interrompre. Un cadavre, ce n’était pas rien, mais Caitlyn et tous les autres dans ce foutu château avaient déjà vu la mort d’assez près pour la frôler du doigt. Ce n’était pas le mort en question qui posait problème, c’était sa symbolique. Un pistolet, un petit mot laissé sur place comme unique signature… De la pure mise en scène. Ils laissaient un message. Ils ? Les Supérieurs, évidemment. Il n’y avait qu’eux pour balancer un macchabé tué d’une balle bien moldue pour menacer Poudlard. Que savaient-ils ? Qu’ils sortiraient à Pré-au-Lard ce jour-là, visiblement, et ils avaient réussi à faire battre en retraite tout le château en moins d’une heure. Chapeau bas. Le reste n’était qu’hypothèses pour le moment. Le message était tellement large qu’il pouvait désigner beaucoup trop de choses, et il était facile d’interpréter selon leurs angoisses respectives, alors que ce n’était sûrement qu’une tentative d’intimidation…

- C'était clairement un sorcier, avec son chapeau et sa cape et tout, et il était pendu mais il avait une balle dans le front… comme si c'étaient les sorciers les victimes et les moldus les coupables, tu vois le genre ? Fin bon. Et pis pour l'histoire de la pancarte, j'imagine qu'ils ont tout simplement une taupe à Poudlard, c'est pas très étonnant, même si c'est bien flippant. Mais qui dit qu'on a pas une taupe chez les Supérieurs, nous ? Fin bon, c'est ce que je dis, ya eu plus de peur que de mal. Sauf pour le mec qu'ils ont flingué.
- Ouais… C’est sûr. Dommage pour lui, mais on n’y peut pas grand-chose s’ils ont eu envie de l’utiliser comme hibou. Effectivement, il y a pour l’instant plus de peur que de mal. Tant qu’on n’en saura pas plus, ce serait déjà ça si tout le monde ouvrait l’œil et ne cédait pas à la panique…

Ce qui n’était pas donné, mais ils pouvaient toujours espérer. Si on commençait à pointer du doigt certains sorciers habitant à Poudlard, cela pourrait finir en lynchage en règle et ce serait le bordel. Il leur fallait plus d’éléments pour commencer à paniquer sur la présence éventuelle d’une taupe ici. Si c’était simplement un de ces petits crétins d’élèves qui n’étaient même pas foutus de mentir sur leurs convictions, il leur suffirait de faire attention aux informations qui leur étaient données…

- Enfin bref, faut pas sous-estimer, mais c'est pas non plus la peine d'en faire tout un plat, quoi. Enfin, je trouve. Je me dis juste que les sorties à Pré-Au-Lard, c'est un peu mort pour l'instant… C'est dommage, j'ai pas pu acheter de cadeau pour Aelie. Va falloir que j'en trouve un autre part. Toi t'as prévu quoi comme cadeaux pour ta famille ? Et comment ça se fait que tu sois resté là pour les vacances, ils vont pas trop t'en vouloir ?
- Ne jamais les sous-estimer, effectivement. Mieux vaut qu’ils nous gardent ici en attendant qu’ils trouvent les responsables. Même si c’est frustrant…

Être tenu ainsi à l’écart de ce qui se passait… Il ferait sa petite enquête dans son coin, mais si Rivers ou un autre prof l’apprenait, il serait foutu de lui passer un savon parce qu’il se mêlait d’un sujet bien trop sensible. Que c’était chiant ! Il haussa aussi les épaules pour mettre de côté ces considérations.

- Pour les cadeaux, je n’en sais rien. Je sèche totalement. Je comptais sur cette sortie pour trouver. Et en fait, je pensais rentrer à la prochaine ouverture du château mais… quitter le château alors qu’ils nous menacent ?

L’idée commençait à faire son bonhomme de chemin dans sa tête. Rester ici, protéger Julian, Caitlyn, son deuxième chez-lui…

- Je pense que je vais envoyer Slight à mon père pour lui dire que je ne rentrerai sûrement pas tout de suite. Et… oui. Il va m’en vouloir.

Il se tut en réfléchissant. Il savait qu’il allait se faire engueuler, mais il ne s’attendait pas à la déferlante de beuglantes qui allait lui tomber dessus dès que Slight serait arrivée à Londres… Après deux ans sans passer Noël avec son fils, c’était évident que papa lui en voudrait, d’autant que Jeroen avait promis qu’il rentrerait sitôt que la situation redeviendrait dangereuse…
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Mer 6 Mai 2015 - 16:35

Ce n'était pas qu'elle n'avait personne avec qui s'entraîner. Dans l'absolu, elle ne connaissait pas grand monde qui n'accepterait pas un petit duel histoire de se défouler un peu, de s'endurcir, de se dépasser. Mais pour une raison qu'elle n'était pas sûre de pouvoir expliquer réellement, elle s'arrangeait toujours pour le faire seule dans son coin. Timidité ? Honte ? Elle avait beau être quelqu'un d'ouvert, de franc, il y avait des choses dont elle ne parlait pas, des choses qu'elle ne montrait pas. Et ce besoin d'adrénaline, de sueur, d'épuisement, en faisait partie. Elle était la fille qui souriait toujours, celle qui réconfortait en cas de besoin, celle qui savait conseiller et encourager, celle qui connaissait une tonne de choses et collectionnait les bons résultats, celle donnait le meilleur de soi même et tirait le meilleur de chaque situation. Mais de plus en plus, pour continuer à l'être, elle avait besoin d'évacuer toutes les ondes négatives qui s'accumulaient en elle. Elle avait tenu à rester la bonne vieille Caitlyn envers et contre tout, comme refusant d'assumer que la Caitlyn actuelle conservait des marques de son passé, que la véritable Caitlyn avait aussi des côtés sombres, et que c'était normal. Combien de personnes savaient que les heures passées sur le terrain de Quidditch, ou à courir dans le parc, ou dans la Salle de Duel, étaient motivées par un besoin irrépressible de sentir son cœur tambouriner contre sa poitrine, le souffle lui manquer, le sang et l'adrénaline pulser dans ses veines, la sueur perler sur sa peau ? C'était une facette de sa personnalité que son entourage ne connaissait pas, mises à part quelques exceptions. Jeroen était une de ces exceptions. Depuis le tout début, il la connaissait mieux, ou du moins autrement, que nombreux de ses amis. Et c'était bien pour cette raison qu'elle pouvait s'entraîner avec lui ainsi.

Il avait croisé son chemin pendant une période tumultueuse de sa vie. Les jours qu'elle vivait alors faisaient partie des pires jours de son existence, et elle agissait en conséquence. La Caitlyn qu'il avait rencontrée n'avait pas été une Caitlyn enjouée, espiègle, rieuse, mais une Caitlyn au bord du gouffre, se battant avec la force du désespoir, avec la détermination et l'acharnement de celui que l'on s'apprête à briser. Et lui, tel qu'elle l'avait rencontré, n'était pas le toutou inconditionnel des Supérieurs, la brute sans cervelle et sans scrupules, mais l'homme intelligent, réfléchi, ambitieux et à la recherche du juste, du bien. Donc les voilà aujourd'hui à s'affronter en duel, non pas pour se faire du mal, mais bien pour se faire progresser mutuellement et se permettre d'évacuer leur frustration. Pour se rendre service mutuellement. Les circonstances de leur rencontre avaient instauré entre eux un sentiment de confiance qui permettait à Caitlyn de se sentir suffisamment à l'aise avec son ami pour assumer devant lui son besoin d'adrénaline et de violence, presque. Elle ne s'était pas encore tout à fait lâchée, certes, car elle avait du mal à lui vouloir du mal autant qu'elle pourrait vouloir du mal à un Supérieur, mais rien que le fait d'avoir accepté un duel avec lui plutôt que d'aller s'entraîner toute seule était déjà notable. Elle pouvait paraître confiante, sûre d'elle, solide, mais il y avait des sujets sur lesquels elle perdait son assurance et était alors comme une autre personne. C'était pareil pour Jeroen. Réservé, froid d'apparence, presque hautain parfois, il s'ouvrait plus que d'ordinaire lorsqu'il était avec elle et elle en était consciente. Mais il n'avait jamais encore réellement mentionné Julian devant elle, et elle ne put s'empêcher de le chambrer légèrement – même si elle compromettait par là d'hypothétiques futurs  – avant de compenser en évoquant Elias. Ils ne parlaient pas vraiment de leur vie sentimentale, d'habitude.

« S'il était pas rentré chez lui pour les vacances, je veux dire. »

Elle déglutit. C'était pas très fair-play de sa part. Elle n'était certes pas en train de mentir à Jeroen, mais un mensonge par omission n'était pas franchement une belle preuve de confiance. Comment voulait-elle qu'ils continuent à se faire confiance si elle lui cachait des choses, quand bien même il n'insisterait pas pour savoir ?

« Et si on n'avait pas rompu, aussi. Mais bon tu me diras, il est encore capable de s'inquiéter pour moi même si on n'est plus ensemble, et d'ailleurs, c'est réciproque. Enfin voilà. »

Changement de sujet. Il n'était pas là pour faire le psy – et elle n'allait pas s'en plaindre, soit dit en passant – mais pour l'interroger sur ce qui s'était passé concrètement à Pré-Au-Lard pour que la sortie soit annulée avant même qu'elle ne puisse réellement commencer. Elle ne pouvait pas s'empêcher d'être un peu réticente à l'idée de devoir décrire la scène, alors qu'elle venait tout juste d'évacuer toutes les émotions négatives qu'elle avait provoquée en elle, mais elle comprenait que Jeroen veuille savoir. À sa place, elle aurait très certainement posé la même question : que s'était-il passé ? Ni plus ni moins qu'une confrontation avec la mort. Caitlyn dédramatisait à l'extrême, et Jeroen ne semblait pas plus choqué que ça par sa désinvolture. Ils avaient beau être des gosses à peine sortis de l'adolescence, la mort faisait pratiquement partie de leur quotidien.

« Ouais… C’est sûr. Dommage pour lui, mais on n’y peut pas grand-chose s’ils ont eu envie de l’utiliser comme hibou. Effectivement, il y a pour l’instant plus de peur que de mal. Tant qu’on n’en saura pas plus, ce serait déjà ça si tout le monde ouvrait l’œil et ne cédait pas à la panique… »

Si elle avait si facilement accepté d'expliquer la situation à Jeroen, c'était bien parce qu'elle savait qu'il avait une vision des choses similaire à la sienne, ou du moins compatible avec. Il n'allait pas se mettre à s'exciter ou à jouer aux drama-queens, il n'allait pas lui reprocher de le prendre un peu trop à la légère, de garder un peu trop son sang froid. Elle était presque contente qu'il lui donne ainsi l'occasion de parler de cet incident source de frustration et d'angoisse sans avoir à craindre de réactions envenimantes. Il connaissait aussi bien qu'elle l'importance de l'aspect psychologique dans ce genre de situations. Ouvrir l'œil et ne pas céder à la panique.

« Ne jamais les sous-estimer, effectivement. Mieux vaut qu’ils nous gardent ici en attendant qu’ils trouvent les responsables. Même si c’est frustrant… »

Elle hocha la tête. Les sorties à Pré-Au-Lard seraient sans doute suspendues pendant quelques temps. Rivers ne prendrait certainement pas le risque d'exposer ses élèves alors que la menace planait clairement sur leur école. Il y avait une taupe à Poudlard, mais à rien ne servait de succomber à la panique. Ils voulaient clairement introduire la peur à Poudlard à partir de l'extérieur, afin qu'elle fasse son bonhomme de chemin et les brise un par un. Caitlyn était un peu trop intelligente pour se laisser avoir ainsi. Certes, elle venait de se battre en duel avec un ami pour évacuer toute la frustration que ça provoquait en elle, mais elle gardait le contrôle. Elle ne prétendait pas être assez forte pour résister psychologiquement à toutes leurs stratégies, mais elle avait déjà un certain entraînement, et elle ne se rendrait pas sans livrer bataille. Pendant deux ans, Caitlyn avait fait des efforts pour continuer à vivre une vie digne d'une ado de son âge, avec sa dose de bonne humeur et de légèreté, sans se laisser bouffer par les circonstances. Elle en avait fait abstraction, sans pour autant les ignorer complètement. En gros, quand elle n'était pas en train de jouer aux Saint-Bernards, elle faisait en sorte de s'amuser, en dépit de leurs efforts à remplacer les sourires par des moues terrifiées sur les visages des élèves. Cette fois-ci, elle comptait bien utiliser la même stratégie.

« Pour les cadeaux, je n’en sais rien. Je sèche totalement. Je comptais sur cette sortie pour trouver. Et en fait, je pensais rentrer à la prochaine ouverture du château mais… quitter le château alors qu’ils nous menacent ? Je pense que je vais envoyer Slight à mon père pour lui dire que je ne rentrerai sûrement pas tout de suite. Et… oui. Il va m’en vouloir. »

Parler de cadeaux de Noël était clairement plus agréable et si pas plus simple, du moins plus léger que cette histoire de cadavre et de menaces. C'était peut-être une sorte de passivité qu'elle choisissait là, en comptant laisser les Gardiens et autres adultes responsables de Poudlard faire leur boulot et régler le problème des Supérieurs et de leur(s) taupe(s) au château, mais c'était aussi une manière de leur faciliter le travail, en leur évitant de devoir s'occuper d'élèves hystériques. Elle ouvrirait l'œil, clairement, mais elle n'allait pas non plus jouer aux détectives, du moins pas en apparence.

« Et il aura bien raison. Mais bon, ceci dit, je comprends, et ouais, à ta place, franchement, je sais pas ce que je ferais. »

Aujourd'hui, la question ne se posait plus. Sa maison, c'était Poudlard, et sa famille étaient les sorciers qui y habitaient. Elle aurait pu rendre visite à Aelie, ou accepter de partir avec Elias, ou avec Marlone, ou avec n'importe lequel de ses amis qui comptaient fêter Noël en famille, mais elle ne l'avait pas fait car ce n'était pas sa place. Elle ne comptait s'imposer à personne, quand bien même jamais personne ne lui reprocherait d'être en train de s'imposer à eux si c'était leur invitation qu'elle acceptait. Elle ne pouvait s'empêcher de trouver ça dommage que Jeroen ne veuille pas fêter Noël en famille, il devait certainement leur manquer, à son père et ses frère et soeur, mais elle n'allait pas lui dire ça comme ça. Elle n'était pas franchement là pour lui imposer des remords, et comme déjà dit, à sa place, elle aurait certainement eu tendance à vouloir rester à Poudlard aussi. Elle remplit à nouveau le verre d'eau, le vida d'une traite, et essuya ses lèvres du dos de sa main droite.

« Bon allez, étirements. »

Elle étendit les jambes devant elle et replia le haut de son corps dessus, lentement, précautionneusement. Ça faisait un mal de chien. Les mollets, les cuisses, les fessiers. Elle n'était pas l'exemple de la souplesse, mais à force, elle arrivait à replier ses doigts autour de ses orteils, et pouvait toucher ses tibias avec son front si elle se forçait à expirer et à se détendre. Car le réflexe était de bloquer la respiration, de retenir l'air, et ça allait totalement à l'encontre de l'exerrcice. Après quelques secondes dans la même position, elle se releva difficilement en grimaçant et entreprit de s'étirer les biceps et les dorsaux en joignant ses mains dans son dos. Finalement, elle se mit à genoux et se laissa tomber en arrière pour étirer les quadriceps et les abdos. Elle couina, décoinçes pieds, et resta affalée par terre en ricanant de son manque de souplesse. Elle ferma les yeux quelques instants, attendant que Jeroen finisse ses propres étirements.

« Faudrait ptêtre que j'y retourne. En tout cas, merci pour tout ça, c'était cool de me défouler un peu avec toi. Si tu veux qu'on se le refasse un de ces quatre, tu sais où me trouver hein ? »

Tandis qu'elle parlait, elle s'était relevée et était allée récupérer sa veste et son écharpe. Il fit de même, et bientôt les voilà qui sortaient ensemble de la salle du Club de Duel, un sourire flottant sur leurs lèvres. Ils marchèrent ensemble un moment avant de se séparer à un croisement de couloirs.

« On se voit plus tard, bonne journée Jeroen ! »

~ Fin pour moi ~
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   Mer 27 Mai 2015 - 20:28

Le monde partait en vrille. Le décalage avec leur petite vie de tous les jours devenait de plus en plus étrange à mesure qu’il y faisait attention. Ils avaient essuyé des attaques d’une violence inouïe, et ils continuaient de suivre les cours comme d’habitude. Ils trouvaient le moyen de se battre entre eux dans un duel magique, pour s’entraîner, alors qu’il y avait eu un mort aujourd’hui. À présent, ils discutaient tout naturellement du quotidien, d’amourettes, de ces choses inintéressantes et curieusement essentielles à leur santé mentale. La vie pour contrer la mort. L’adrénaline pour repousser l’angoisse. L’amitié pour ne plus se sentir seuls face à toutes ces menaces qui les entouraient et les visaient, eux, avec de plus en plus de précision… Les deux élèves remettraient ça, très certainement. Ils en avaient besoin et trouver quelqu’un avec qui se déchaîner n’était pas des plus faciles, il fallait en profiter. Quant à s’ouvrir… eh bien, ils tentaient aussi l’exercice mais c’était encore peu convaincant. Après avoir titillé Jeroen sur sa relation avec Julian, Caitlyn se trouva un peu muette lorsqu’il s’agit de parler d’Elias.

- S'il était pas rentré chez lui pour les vacances, je veux dire.

Moui. Est-ce que ça se voyait sur sa tête qu’il était sceptique ? Un peu, mais il ne posa pas de questions. Elle céda d’elle-même après un léger silence gêné et compléta sa réponse.

- Et si on n'avait pas rompu, aussi. Mais bon tu me diras, il est encore capable de s'inquiéter pour moi même si on n'est plus ensemble, et d'ailleurs, c'est réciproque. Enfin voilà.
- D’accord. Je ne suis pas le meilleur conseiller en la matière, c’est clair… Mais bon. Il y a toujours un pote pour s’inquiéter de toute façon.

Pour ses bleus ou ses soucis de couple, l’inquiétude ? Un peu des deux. Jeroen ne savait pas trop que dire, en fait, puisqu’elle ne semblait pas vouloir en parler plus que ça. Il aurait pu lui rappeler qu’il était là si elle en avait besoin, mais elle le savait déjà et puis bon, les histoires de couple, c’est drôle cinq minutes. Non pas qu’il se fichait de son mal-être, simplement qu’il trouvait ça un peu compliqué par moments. Elle lui avait sauvé la peau et ils rompaient quelques mois plus tard, alors qu’ils avaient l’air compatibles. Pourquoi ? Aucune idée. En parallèle, lui vivait une histoire qui marchait avec une nana en apparence complètement incompatible… Allez savoir. Le grand mystère irrésolu de la nature humaine.

Il était devenu meilleur pour minimiser la mort qu’une rupture. Le monde à l’envers. Avec certaines personnes, il passait toujours pour un psychopathe insensible, voire pour un timbré qui aimait voir les autres souffrir… Caitlyn, elle, le croyait meilleur et plus sain d’esprit qu’il ne l’était en réalité, mais c’était l’extrême qu’il préférait. Il n’avait pas à justifier de ce qu’il disait auprès d’elle, ni à se retenir de dire ce qu’il pensait. C’était pratique, parce que faire penser aux autres qu’il était normal était un exercice fatigant et extrêmement chronophage. Ils avaient d’autres chats à fouetter…

Genre les cadeaux de Noël ? Ouais, par exemple, dans un registre joyeux et familier. Pourtant, sur chaque acte normal, il y avait une ombre qui planait, une ombre noire, menaçante et froide. Il n’y aurait peut-être pas de Noël en famille cette année non plus. Il pouvait encore changer d’avis et rentrer à Londres à la prochaine ouverture des portes. Il se le permettrait sans problème si son père commençait à le menacer de venir le chercher par la peau du cul – et Merlin savait qu’il en était capable… Mais en attendant, ce foutu mort compromettait les retrouvailles… Il fallait bien des élèves un peu censés et autonomes pour surveiller le château et rester en renfort, au cas où. Ce que son père ne pardonnerait pas si facilement, après deux ans totalement coupés de son fils. Il rompait une promesse, forcément, ça n’allait pas passer comme un voyage dans le réseau des cheminées.

- Et il aura bien raison. Mais bon, ceci dit, je comprends, et ouais, à ta place, franchement, je sais pas ce que je ferais.

C’était compliqué, hein. Continuer de vivre normalement, de faire semblant, partir en vacances comme si tout allait bien ? Certains en étaient capables et le serpentard ne savait pas si c’était de l’inconscience, un détachement bienheureux ou de la peur. Chacun son choix, évidemment. Pour lui, l’important était que sa famille était en sécurité. Rien ne pouvait leur arriver à Londres, donc ils n’avaient pas foncièrement besoin du second fils. Il s’ébroua tandis que Caitlyn se resservait à boire. Retour au moment présent.

- Bon allez, étirements.

Il la suivit dans ses exercices, concentré sur sa respiration, laissant ses pensées défiler sans s’y attacher. Elle avait nettement plus de souplesse qu’elle, alors il n’essayait même pas de faire exactement comme elle. Ça l’étirait plus vite, du coup. Il resta un moment en position pour étirer sa nuque. Caitlyn finit par se relever, l’air apaisée, moins absente que lorsqu’il l’avait croisée dans les couloirs. L’objectif de la ramener parmi les vivants avait été atteint avec succès et il avait eu ses réponses. Parfait, non ?

- Faudrait ptêtre que j'y retourne. En tout cas, merci pour tout ça, c'était cool de me défouler un peu avec toi. Si tu veux qu'on se le refasse un de ces quatre, tu sais où me trouver hein ?
- Ça oui. Tu peux venir aussi si t’as besoin.

De se défouler ou de parler. Vu qu’ils risquaient de passer tous les deux leurs vacances à Poudlard, ils allaient se recroiser de toute façon… En espérant que ce serait sans raisons la prochaine fois. Pas à cause d’une attaque ou d’un incident… Il se leva à son tour et récupéra ses affaires avant de sortir à sa suite. Ils firent quelques mètres ensemble, tranquilles et silencieux.

- On se voit plus tard, bonne journée Jeroen !
- À toi aussi !

Ils se séparèrent et Jeroen descendit jusqu’à sa salle commune pour prendre une douche rapide. Ça parlait déjà beaucoup des événements récents… Quand cela allait-il réellement se calmer ? Avaient-ils seulement une chance de retrouver une vie normale ? Non, lui soufflait en continu une petite voix dans sa tête. Non, ils étaient bien loin d'en voir le bout.

▬ Fin
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MessageSujet: Re: [Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn   

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[Event 17/12/2014] « Just because it burns, doesn't mean you're gonna die. » | Jeroen && Caitlyn
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