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 [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]

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MessageSujet: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Dim 28 Déc 2014 - 11:44

~Nuit du Vendredi 19 Décembre ~

Les vacances scolaires, enfin ! Si à titre personnel Keith s’en moquait un peu puisque de toute façon il ne quitterait pas le Château pour les fêtes, il devait bien avouer qu’il était bien content que les élèves par contre profitent de cette opportunité. Le lundi, lorsque l’annonce était tombée, tous les élèves s’étaient précipités pour aller faire leur malle avec un réel enthousiasme. Enfin tous… Non cela n’était pas tout à fait exact. Avec les récents événements, pas mal d’entre eux se trouvaient dans l’obligation de rester ici, n’ayant pas forcément d’autre endroit où aller. Mais la majorité des sales gosses avait décidé de débarrasser le plancher et cela se ressentait. Les couloirs n’étaient plus dans un bordel monstre, il ne fallait plus maîtriser chacun de ses pas pour éviter de se prendre un mioche dans les pattes et surtout, la bibliothèque était très calme. Les rares qui venaient travaillaient étaient ceux qui avaient réellement envie de e faire ou du moins se sentait réellement porté par le sens du travail. De fait, ils ne passaient pas leur temps à chahuter mais restaient plutôt assez calmes et se contentaient de se concentrer sur leurs parchemins. Pour le plus grand plaisir du bibliothécaire. Il avait enfin l’impression de respirer, de pouvoir profiter d’un silence réel. De fait, il avait repris du plaisir à lire, plus activement et sans avoir l’impression qu’il perdait le ses des mots à cause d’un gamin qu’il devait allait reprendre. Définitivement, ces vacances étaient du pain béni pour Keith. Alors bien sûr, il allait devoir passer le cap des fêtes, ce qui serait sans doute le plus difficile. Passer Noël, cette période qu’elle aimait tant, qui la mettait d’une humeur enfantine… Keith refoulait en permanence ce genre de souvenirs, il refusait de penser à tout ça pour pouvoir survivre, pour ne pas s’écrouler. Mais indéniablement, un moment où à un autre pendant ces vacances, il se retrouverait confronté à lui-même et à sa mémoire. Alors pour l’instant, autant profiter de cette période de calme total qui lui apportait un véritable repos de l’esprit.

Une semaine était déjà presque passée. Le temps passe vite quand on se sent plus léger. Keith s’était enfilé pas mal de bouquins et s’était même surpris à écrire. De la théorie littéraire, des critiques. Comme à l’époque où il donnait encore des cours, où il partageait son savoir et ne se contentait pas de rester dans sa bulle. Bulle qu’elle avait réussi à percer. Peut être qu’un jour il enseignerait de nouveau. Mais ce ne serait qu’à des personnes d’un âge minimal et avec lesquelles il n’aurait aucun contact précis. Juste leur donner des cours pour qu’il puisse de nouveau parler des heures d’un sujet qui l’avait toujours passionné. Mais a ce n’était pas pour tout de suite… Dans l’univers magique, la littérature n’était pas une matière en soit comme chez les moldus. Il ne savait plus ce qu’il en était à l’Université, tant de choses avaient changé depuis son époque, du moins dans son esprit… En tout cas, Keith se prenait à s’imaginer de nouveau professeur. Peut être était-ce par ce que les élèves n’étaient plus tous là et que du coup, il avait l’impression de pouvoir mieux les supporter… Sauf certains qui refusaient de se retirer de sa mémoire. Comme Melle Twain… Cette fille semblait vraiment vouloir avoir des ennuis avec lui. Cela faisait maintenant plusieurs fois que leurs routes venaient à se croiser et le bibliothécaire avait presque parfois l’impression qu’elle en faisait exprès. La jeune femme était venu dans la bibliothèque dans la semaine pour demander accès à un livre interdit, soigneusement rangé dans la réserve. La réponse de Keith avait été immédiate : aucune dérogation possible. Ce livre ne sortirait pas de la réserve mais ne serait pas non plus consulté là-bas, il appliquait strictement les consignes. Et l’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais Caitlyn n’était pas comme tous les élèves du Château et il le savait très bien.

Keith savait surveiller les gens et savait aussi les prendre au piège. Ce vendredi-là, le bibliothécaire avait fermé boutique plus tôt que d’habitude. Il n’y avait pas grand monde en ce temps de vacances et le directeur était assez compréhensif, lui faisant comprendre qu’il pouvait aussi prendre quelques vrais congés s’il le souhaitait vu qu’il n’était pas obligé d’être présent pendant les vacances. Mais Keith n’avait pas fermé plus tôt que pour son bon plaisir. Il avait fait exprès de rendre cet acte visible et surtout, de négliger de verrouiller la réserve comme à son habitude, de ne le faire qu’à demi et non de façon renforcé. Il savait que quelqu’un épiait ce genre de petites erreurs ou que du moins, elle le saurait. Caitlyn. Elle chercherait à avoir son bouquin et il pensait qu’en lui laissant une telle ouverture, elle ne ferait que foncer dans le tas. Après s’être rendu dans la Grande Salle pour avaler un léger dîner, Keith était revenu près de la réserve, histoire d’épier. Il attendit un long moment. Elle passerait sans doute à l’attaque dans la nuit, là où, si elle se débrouillait bien, personne ne pourrait la remarquer. Et cela ne manqua pas. Alors que la soirée était déjà bien avancée, le bibliothécaire vit une ombre passer et se rendre dans la réserve. Il attendit un peu. Il ne foulait pas la surprendre trop vite, non, il voulait la laisser prendre un peu confiance, chercher correctement. Même s’il n’avait pas pu voir la silhouette, ou son visage, il était sûr que c’était elle. Aussi, après quelques minutes bien calculées, il se décida à entrer dans la réserve et à signifier sa présence en claquant la porte. Suffisamment fort pour qu’elle l’entende mais pas trop non plus pour que cela n’alerte pas les gardiens. Même s’il pouvait les éloigner facilement en disant qu’il était seul, il n’avait pas envie qu’ils viennent mettre leur grain de sel.


« Tiens tiens… Mademoiselle Twain, je savais que vous finiriez par montrer le bout de votre nez dans cette réserve. Savez-vous réellement ce que signifie un refus ? »


En cet instant, Keith jubilait. Il adorait s’amuser avec Melle Twain. C’était un petit animal sauvage, fier et prêt à montrer les crocs à tout moment, à se défendre avec hargne et cela l’amusait beaucoup. Elle faisait partie de sa petite liste de favoris…
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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Dim 11 Jan 2015 - 10:15

Vendredi 19.12.2014
Dans la nuit

Cinq jours étaient passés depuis le début des vacances. Cinq jours pendant lesquels le château avait été étrangement vide. Les dortoirs, les couloirs, la Grande Salle, la bibliothèque. La majeure partie des jeunes sorciers étaient retournés dans leurs familles pour les fêtes de fin d'année, et Caitlyn avait l'impression de se retrouver seule, abandonnée. Mais elle l'avait voulu, elle l'avait cherché. Ses amis lui avaient proposé de venir passer Noël avec eux, mais elle avait refusé. Elle ne se sentait pas de squatter chez la famille d'autres gens, aussi sympathiques qu'ils lui soient. Elle ne voulait pas s'imposer à qui que ce soit, se sentir obligée d'être de bonne humeur pour éviter qu'ils se sentent obligés de la rendre de bonne humeur, ce genre de choses. Et puis, après avoir perdu son chez soi, sa nouvelle maison était Poudlard. donc c'était à Poudlard qu'elle voulait passer les fêtes, quitte à devoir les passer seule ou presque. Bon d'accord, elle n'était pas réellement seule, elle connaissait pas mal de gens qui étaient restés aussi, mais disons que les plus proches de ses amis étaient rentrés chez eux, et surtout, sa famille n'était pas là avec elle, donc finalement, c'était bien elle qui s'isolait des autres, qui s'enfermait dans ses souvenirs. Un peu comme si elle était en train de déprimer, mais ce n'était pas vraiment le cas. Disons plutôt que c'était une sorte de mélancolie, de nostalgie, qu'elle gardait assez bien sous contrôle. Elle avait cette capacité assez particulière de savoir se regarder d'un point de vue extérieur et de se raisonner comme elle raisonnerait quiconque d'autre en train de déprimer. Elle savait très bien que se laisser submerger par la tristesse ne menait à rien, et qu'elle devait garder la tête haute, continuer à avancer. Quelque part, la solitude de ces quelques jours de vacances lui permettait de se poser pour faire le point, de redéfinir un peu ses priorités, ses ambitions. De déconnecter, aussi. Déconnecter du monde, de la routine, du quotidien. Parfois, il y avait besoin d'occasions pour débrancher un peu.

C'était à la bibliothèque qu'elle avait passé le temps qu'elle ne passait pas dans les salles d'entraînement. Elle bossait sa self-défense, elle bossait sa DCFM, elle bossait sa technique de duel. Seule. Elle s'entraînait, en gros. Et elle lisait, satisfaisait sa curiosité, s'évadait dans la littérature, notamment dans des domaines auxquels elle n'avait pas eu accès avant de se procurer, par une succession de hasards, une autorisation écrite signée du professeur de Magie Noire pour consulter et emprunter certains livres de la réserve. La seule ombre sur le tableau était que le bibliothécaire était Keith McEwen. Celui-là même qui semblait prendre un malin plaisir à jouer avec elle. Quelque part, c'était réciproque, et tant qu'ils en restaient à des mots, Caitlyn n'avait rien contre l'adrénaline qu'elle sentait pulser dans ses veines et animer son cœur, ses poumons, son être entier. Elle ne pouvait pas nier avoir ressenti une certaine fierté en montrant au bibliothécaire qu'elle avait l'autorisation signée par Oscar Reid de consulter et d'emprunter certains livres de la réserve de la bibliothèque, le premier jours des vacances. Et elle ne savait pas trop ce qui lui avait pris, mais elle avait même osé lui demander l'autorisation d'emprunter un livre qui n'était pas sur la liste rédigée par le professeur de Magie Noire. C'était une référence sur laquelle elle était tombée à plusieurs reprises, dans plusieurs livres différents qu'elle avait commencé à lire. Elle savait qu'elle n'avait quasiment pas d'espoir pour qu'il accepte sa demande, mais elle avait tout de même essayé, sans succès. Mais elle ne serait pas Caitlyn si elle ne savait pas atteindre ses objectifs, et elle comptait bien se plonger dans la lecture de ce livre. Ce ne serait pas la première fois, après tout, qu'elle rentrerait dans la réserve interdite. Sauf que jamais avant elle n'avait eu la bêtise de tenter la voie honnête au préalable. Tant pis, c'était fait, il allait falloir qu'elle fasse avec, elle risquait mille fois moins que pendant les supérieurs, non ?

Quelques jours étaient passés depuis qu'elle avait demandé à Keith McEwen l'autorisation d'emprunter le livre interdit. Mercredi, l'incident à Pré-Au-Lard avait eu le don de faire remonter en chacun l'inquiétude et les incertitudes. Pas de shopping de Noël, pas de cadeaux à envoyer aux proches. Ils avaient comme d'habitude été prévenus à la dernière minute de l'ouverture de l'école, et comme en novembre, ils avaient été rapatriés au château. Sauf que cette fois, 1) le rapatriement avait eu lieu avant même que tout le monde n'ait pu accéder au village sorcier, et 2) ceux qui y avaient eu accès savaient précisément la cause de ce rapatriement. Caitlyn, parmi les premiers à partir de Poudlard, voulant trouver un cadeau pour sa meilleure amie de manière rapide et efficace, avait eu l'honneur d'assister au spectacle qui les attendait au village sorcier. Et, plus que la mise en scène macabre, c'était le fait que les Supérieurs étaient au courant de leur sortie qui ravivait les angoisses. Si elle avait fait son petit pétage de câble devant Mlle Stoneheaven avant les vacances, ça avait été au tour de Jeroen d'avoir besoin de se défouler, ce qui n'avait pas tout compte fait été pour déplaire à la jeune femme, si bien qu'ils avaient fini dans la salle de duels à s'envoyer des sorts à la tronche. Comme des bons petits soldats. Elle avait bien progressé, aucun doute là dessus. Elle n'égalait certes pas son ainé de trois ans, mais elle se débrouillait mieux que la plupart des élèves de son année, voire même d'une année au dessus. Il n'empêche qu'elle en était sortie crevée, et qu'elle avait été se coucher tôt, après un bon bain chaud dans la salle de bains des préfets, en toute illégalité s'entend.

Avec tout autant d'illégalité, elle s'était décidée, en ce vendredi soir, de tenter une infiltration dans la réserve de la bibliothèque. McEwen profitait des vacances pour réduire ses horaires de travail et même pour abaisser sa vigilance. Elle ne se doutait pas qu'elle était en train de se jeter dans la gueule du loup. Tout était allé beaucoup trop facilement, et pourtant, elle n'eut pas un soupçon. Enfin quoique... si, elle avait beaucoup de soupçons, elle ne cessait de se retourner pour vérifier que personne ne la suivait, mais c'était toujours comme ça, et elle avait toujours réussi à passer inaperçue, donc pourquoi pas cette fois aussi ? Elle repéra assez facilement le livre en question, sur le rayon du haut d'une étagère, et se hissa sur les pointes pour l'atteindre. Elle y parvint tant bien que mal, au prix d'un petit tiraillement au niveau d'une cicatrice de son abdomen qui lui tira une grimace. Elle dépoussiéra la couverture du vieux livre, l'ouvrit, alluma le bout de sa baguette et alla s'adosser à un mur, cachée derrière une étagère, pour se plonger dans la lecture. Un claquement de porte la fit sursauter alors qu'elle arrivait à la fin de la deuxième page. Sans réfléchir, elle éteignit sa baguette et retint son souffle. Aurait-elle oublié de fermer la porte derrière elle, un courant d'air s'en serait-il chargé à sa place ? Elle se pencha, discrètement, espérant qu'il n'y avait personne d'autre qu'elle... mais distingua la silhouette du bibliothécaire dans l'obscurité. Et manifestement l'avait-il aussi reconnue, car il ne tarda pas à l'aborder d'une voix suave.

« Tiens tiens… Mademoiselle Twain, je savais que vous finiriez par montrer le bout de votre nez dans cette réserve. Savez-vous réellement ce que signifie un refus ? »

Elle se releva en essayant de paraître naturelle et assurée. C'était donc ça. Il l'attendait, il l'avait suivie. Elle fut tentée de le lui dire, d'un ton méprisant, car son plan était très bas, mais elle n'en fit rien. S'il était si bas, pourquoi ne l'avait-elle pas prévu ? Pourquoi n'avait-elle pas pensé qu'il pourrait justement attendre qu'elle vienne pour la coincer ? Elle avait envie de ne rien dire. De se taire, de faire la gueule comme une gamine. Elle pourrait aussi l'accuser, lui demander de façon rhétorique s'il n'avait jamais fait ce genre de choses, étant plus jeune. Mais soit il lui répondrait que non et qu'il était sage comme un agneau, soit il lui dirait qu'au moins, lui, ne s'était jamais fait prendre, et dans les deux cas, ce serait délétère pour elle. Non, elle avait envie de ne rien dire, de rester là, à le regarder droit dans les yeux, presque provocatrice. Elle venait de perdre toute forme de dignité. Elle s'était fait prendre au piège comme une blanc-bec.

« Vous attendez vraiment une réponse à cette question ? »

Elle voyait bien qu'il avait déjà tiré ses propres conclusions dans son esprit, que c'était une question rhétorique. Et s'il était intelligent, il se souviendrait peut-être du groupe qui bravait les refus. Voire même, s'il était assez informé à l'époque, il se souviendrait peut-être de la dissertation qui avait dû causer quelques polémiques parmi les correcteurs des examens de juillet 2014, rédigée et signée par la jeune Raven. Mais contrairement aux apparences, elle savait bien ce que signifiait un refus. Ce qu'elle transgressait, c'était les refus qu'elle trouvait injustes ou pas valables. Et elle assumait les conséquences.

« Alors, qu'est ce que vous allez faire, maintenant ? »

Laisser la petite rebelle mal élevée retourner se coucher gentiment ? Ça m'étonnerait. En tout cas, c'est sûr que je n'en sortirai pas sans punition, mais peut-être que vous voulez vous amuser un peu. Après tout, ça fait bien longtemps que nous n'avons pas eu l'occasion de nous retrouver en tête à tête, n'est ce pas ? En pleine nuit, dans la réserve interdite, tous les deux, quoi de mieux pour discuter un peu, comme vous aimez tant le faire ?
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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Mer 14 Jan 2015 - 20:47

Elle avait éteint sa baguette. C’était mignon quand même. La jeune Caitlyn pensait vraiment que cela lui permettrait de passer inaperçu ? Alors bien sûr si ça avait été un gardien qui n’était pas sûr de ce qu’il avait vu, qui cherchait à tâtons, peut être que cela aurait pu marcher. Mais là c’était différent. Keith ne cherchait pas, il avait trouvé, il se contentait de filer droit vers son objectif. Alors elle avait beau se dissimuler, il aurait de toute façon finie par la trouver. D’ailleurs le bibliothécaire ne fit pas durer le suspens très longtemps et manifesta sa présence en provoquant comme à son habitude la demoiselle. Il la connaissait par cœur, à force. Enfin, façon de parler. Il ne savait que très peu de choses d’elle mais juste ce qu’il fallait pour que l’amusement soit plein. Il savait comment elle réagissait dans ce genre de situations, la façon qu’elle avait toujours de sortir les griffes, de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Cela l’amusait énormément. L’homme avec un sourire en profita pour sortir sa baguette et allumer une lampe juste au-dessus de leurs têtes. Il n’avait pas envie de tout allumer, cela pourrait signifier leur présence de manière trop suspecte auprès des gardiens. Alors que là, s’ils ne voyaient qu’une faible lueur, ils se douteraient sans doute que c’était Keith qui était en train de faire ses petites affaires. Tout ça pour dire que l’homme faisait de son mieux pour laisser le moins de détails possible au hasard. Cette petite scène serait son divertissement des vacances et il n’avait pas envie de laisser ça filer, certainement pas. Et apparemment Caitlyn était elle aussi au sommet de sa forme. A peine le bibliothécaire s’était-il mis à parler, à la provoquer que la jeune femme avait réagit, pointant du doigt le fait que sa question pouvait paraître assez stupide. C’était fou comme elle lui donnait toujours cette même envie de rire. Rare étaient ceux pourtant qui pouvaient lui arracher un sourire. Alors certes, celui de Keith n’avait rien de sain mais ça restait un sourire. Là il n’en était pas encore là, tous ces signes de joie restèrent intérieurs mais il jubilait c’était indéniable. Il fallait laisser le temps au plaisir de monter, ne pas tout dévoiler maintenant.

« A vrai dire non. Même si ce que vous venez de dire représente une réponse en quelque sorte. »

Oui car Melle Twain ne cessait de rappeler à tout le monde qu’elle n’avait que faire de l’autorité. En répondant ainsi elle voulait sans doute lui remettre en mémoire ces différents coups d’éclat. A vrai dire cela n’impressionnait pas vraiment Keith, cela ne faisait que l’amuser. Elle était rigolote à vouloir se présenter comme une grande rebelle, à prendre ses grands airs et à toujours cacher sa peur. C’était aussi pour cela qu’il aimait jouer avec elle. Il y avait du vrai là-dedans. Cette gamine était vraiment une emmerdeuse avec un sacré cran. Mais pas que. Et il adorait la voir se fondre pleinement dans ce rôle, ne montrer que cette facette de sa personnalité pour ne pas qu’on voit ses faiblesses. C’était réjouissant de voir une proie se débattre ainsi. En parlant de ça, Caitlyn semblait décidément avoir décidé de lui faire plaisir ce soir puisqu’elle lui demanda ce qu’il s’apprêtait à faire. Cette fois il ne pu retenir un sourire. Il adorait voir ce petit animal demander à quelle sauce il allait être mangé.


« Pourquoi toute cette précipitation ? Il faut savoir profiter de l’instant présent, se délecter de chaque seconde plutôt que de toujours vouloir tout anticiper. »


Keith aimait bien faire le faux philosophe. En soit, il ne prenait pas tout cela vraiment au sérieux, il ne se prenait pas au sérieux en disant cela. Mais il aimait bien se placer en adulte face à elle et la faire tourner en bourrique. D’autant qu’il savait qu’avec son caractère, ce genre de petites phrases toutes faites avaient le don de l’énerver. Il voyait déjà sa réaction se profilait pour son plus grand plaisir. Mais il n’en avait pas fini avec elle. Il n’en était encore qu’aux amuse-gueules. Le bibliothécaire s’approcha alors de Caitlyn et s’empara du livre qu’elle avait décidé de consulter sans son autorisation. Il se mit alors à le feuilleter, l’air de rien. Il savait bien ce que contenait ce livre même s’il n’avait pas pour habitude de le lire tous les jours. Il le consultait plus pour la faire attendre un peu. La maîtrise du temps était très importante dans ce genre de petits affrontements. Quand il se décida enfin à refermer le livre, il le fit volontairement claquer avant de repartir dans sa petite démonstration.

« C’est amusant que vous vous démeniez tant pour lire quelque chose de ce style… Pourquoi une jeune fille exemplaire et luttant pour le bien comme vous s’intéressant tant à ce genre de magie ? Auriez-vous une part d’ombre ? »


Il ne savait pas si Caitlyn allait répondre honnêtement, sans doute allait-elle essayer d’esquiver, ne voulant pas se faire manipuler, ne voulant pas entrer dans son jeu de manière trop simple. Mais Keith avait très envie qu’elle s’engage dans cette voie. Malgré tout, ce n’était pas pour rien qu’il s’acharnait autant sur elle. Cette fille était clairement intéressante à ses yeux. Elle avait quelque chose de particulier, de différent des autres jeunes de son âge. Elle était intelligente, courageuse mais cachait aussi des faiblesses. Il avait envie d’en savoir plus sur ces dernières. Il ne voulait pas la détruire complètement. Même si c’était ce qu’on pouvait croire au premier abord, le bibliothécaire la trouvait trop spéciale pour la sacrifier. C’était comme Cameron Cassidy, maintenant il n’avait plus envie de l’anéantir mais de continuer à l’observer et pourquoi pas se confronter à lui encore une fois. Ils étaient ses favoris, sans doute pas pour leur bon plaisir mais quelque part, ils étaient presque plus en sécurité que certains de leurs camarades… Keith agita alors le livre qu’il avait toujours dans les mains, une petite idée venant de germer dans son esprit indéniablement tordu.

« Nous pouvons passer un marché si vous voulez. Je vous laisse emprunter ce livre et un autre de votre choix de la réserve si vous accepter de m’éclaircir sur quelques unes de vos faiblesses, sur ce qui cloche chez la parfaite petite Serdaigle que vous êtes… »

Il devait rester sur sa garde, Caitlyn allait peut être essayer de le flouer, et elle aurait raison en un sens. Mais Keith voulait jouer et essayer au maximum de prévoir plusieurs coups d’avance.
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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Jeu 15 Jan 2015 - 18:53

Lorsqu'elle se retrouvait confrontée au bibliothécaire, Caitlyn sentait son cerveau fonctionner à plein régime, rapide et efficace pour analyser et moduler si besoin ses instincts. D'habitude, ces derniers étaient suffisants pour réagir correctement à une situation donnée, sans avoir besoin de trop réfléchir, de trop s’appesantir sur les tenants et les aboutissants de ses comportements spontanés, mais face à Keith McEwen, elle était constamment en train de se demander si ses réflexes ne lui seraient pas délétères au bout du compte. En fait, elle ne savait pas si elle se détestait ou si elle s'admirait. Car le problème, c'était qu'elle lui donnait exactement ce qu'il voulait. Une gamine effrontée qui mordait et griffait et faisait tout pour ne pas se laisser intimider, n'était-ce pas une distraction parfaite pour un pauvre gars paumé dans ses bouquins poussiéreux et devant faire la discipline à la bibliothèque ? Elle se trouvait ridicule, faible et vulnérable, et se détestait pour accepter ainsi de lui servir de jouet. Mais pourtant, d'un autre côté, il fallait bien avouer qu'elle avait du cran, à jouer ainsi avec le feu. Car tout le monde savait à quel point Keith McEwen était un homme vil, pervers, cruel et sanguinaire, et l'équilibre entre la petite Ravenclaw et le grand bibliothécaire n'était garanti que par un fragile règlement en vigueur dans une école en période de paix éphémère. Pourtant, elle rentrait dans son jeu, et elle l'assumait. Bon d'accord, elle ne l'assumait pas vraiment, vu qu'elle était constamment en train de se demander si elle faisait exprès ou pas, justement, de rentrer dans son jeu, et à quel point ça la prouvait faible ou au contraire forte, mais globalement, elle se savait assez mature pour assumer les conséquences de ses actes. Ce qu'elle n'assumait pas du tout, c'était de lui donner aussi facilement ce qu'il voulait. Mais comment l'éviter ? Comment ne pas lui donner ce qu'il voulait alors qu'il voulait tout ? Il voulait ses instincts de proie tout comme il voulait ses réponses calculées. Il voulait même son silence buté, autant qu'il voulait sa soumission intimidée. Oui, vraiment, elle avait l'impression que tout ce qu'elle pouvait trouver comme réaction, tout comportement possible et imaginable de sa part, servait d'amusement à l'homme qui se trouvait devant elle. Et cette impression n'était pas franchement ce qu'elle avait connu de plus encourageant.

« A vrai dire non. Même si ce que vous venez de dire représente une réponse en quelque sorte. »

Voilà, c'était bien ce qu'elle disait. Elle aurait pu répondre n'importe quoi, que ça aurait tout de même correspondu à une attente du bibliothécaire. Alors, quel était son avantage ? Il devait bien y avoir un petit quelque chose sur quoi elle pouvait miser, sur quoi elle pouvait jouer, non ? Car c'était bien un jeu, au fond... Jeu qui pouvait prendre des dimensions bien plus drastiques si le bibliothécaire décidait qu'il en avait marre de jouer, certes, et jeu relativement peu équilibré, mais jeu tout de même. Peut-être n'était-ce pas trop tard pour... non, il était toujours trop tard avec Keith. Il savait dès le tout début que Caitlyn était une battante, et éviter qu'il ne l'utilise pour s'amuser n'aurait été possible que si elle n'était pas venue lui taper la discut' en septembre. Il était bel et bien trop tard pour reculer désormais. L'homme avait choisi son jouet. Rien n'empêchait qu'il se lasse au bout d'un moment, et elle pouvait probablement avoir une certaine influence sur le temps que ça prendrait, mais globalement, elle n'avait pas trop d'autre choix que d'accepter ce rôle de jouet et de lui faire plaisir, plus ou moins malgré elle. Et sachant tout cela, il y avait plusieurs possibilités différentes, avec des avantages et des inconvénients différents. Elle pouvait s'évertuer à lui opposer le plus de résistance possible et de manière la plus subtile possible. Elle pouvait se forcer à lui faire croire qu'il l'impressionnait et qu'elle lui était complètement soumise. Ou elle pouvait arrêter de se prendre la tête et laisser son naturel la guider. La voie qu'elle avait choisie à était la première. Pas forcément la plus facile, mais pas la plus dure non plus. C'était une question de compromis. Il gagnait de toute manière, mais en fonction du comportement qu'adoptait la jeune femme, il ne gagnait pas les mêmes choses. Et c'était bien pour cela qu'elle devait s'en tenir au comportement qu'elle avait adopté au tout début, pour ne lui donner que la même chose à chaque fois, chose qu'il avait déjà. Oui, l'option la plus avantageuse pour la jeune femme était de ne pas trop changer d'avis et de comportement, pour en dire le moins possible sur elle, même si cette attitude trahissait aussi certaines choses. Jouer les gros durs signifiait lui procurer volontairement l'amusement qu'il cherchait, mais quitte à être distrayante, autant l'être en conservant un minimum de dignité et d'intimité, ce qui n'aurait pas été le cas si elle avait décidé de feindre la soumission ou de ne pas se prendre la tête à cause de lui.

Elle sourit au bibliothécaire, d'un sourire qui se voulait forcé, alors qu'au fond, il était aussi un peu sincère. L'avantage de la jeune femme, c'était qu'elle savait très bien qu'il ne cherchait qu'à s'amuser un peu avec elle, et qu'elle pouvait s'y adapter. Après tout, pourquoi ne pas lui servir de jouet, si ça pouvait lui faire plaisir ? C'était tellement simple ! C'était tellement simple qu'elle n'était même pas obligée de le faire exprès, ce qui était assez déconcertant, car elle n'était parfois pas sûre d'avoir voulu ou pas l'amuser, et se sentait ridiculement faible, mais au fond, ça l'amusait de le voir s'amuser avec elle. Et ça, il ne devait pas le savoir. C'était bien pour cela qu'elle avait fait semblant que son sourire soit forcé. C'était aussi pour cela qu'il lui arrivait parfois de se la jouer intimidée. Elle voulait que ça l'amuse, elle voulait voir à quel point c'était facile de le contenter. Sur le long terme, la soumission ne lui seyait pas, et elle se sentait incapable d'assez d'endurance pour lui donner l'impression d'être aussi fade et inintéressante que les autres, mais de temps en temps, ça l'amusait de le voir sourire, avec une fierté qu'il croyait gagnée et méritée alors qu'au fond elle ne la lui avait que donnée. Oui, au final, si c'était rare et modéré, de sorte à paraître crédible, c'était assez drôle que de l'observer tomber dans le panneau. Il ne le montrait pas forcément, certes, il ne montrait d'ailleurs que très peu de choses, mais elle savait qu'au fond, lorsqu'elle faisait semblant de lui être soumise, il ressentait son pesant de fierté. Et c'était d'autant plus drôle quand, sur les rares fois où elle se laissait intimider, elle décidait de lui montrer que sa soumission n'était que feinte, et de le voir réaliser qu'il se faisait mener en bateau, puis refaire la même erreur la fois d'après.,Après, il fallait avouer que ce n'était pas non plus du grand art, et qu'elle ne se forçait pas vraiment pour avoir l'air intimidée car il savait être intimidant, mais voilà, s'il croyait être le seul à s'amuser, il se trompait, car même si elle était partagée entre plusieurs sentiments, il fallait bien voir qu'il y avait parmi ces sentiments aussi de l'amusement.

« Pourquoi toute cette précipitation ? Il faut savoir profiter de l’instant présent, se délecter de chaque seconde plutôt que de toujours vouloir tout anticiper. »

Il aimait ça, hein ? Il aimait l'entendre lui demander ce qu'il allait faire. Ce qu'il allait faire d'elle. Mais comme déjà dit, il aimait tout ce qu'elle pourrait bien faire, et même si ça amusait Caitlyn de le voir s'amuser, elle n'était pas du genre à lui faire de faveurs, donc elle choisissait ses réactions de sorte à lui faire le moins possible plaisir. Elle aurait pu essayer de s'enfuir, mais il l'aurait rattrapée, et ce non en souriant, mais bien en riant. Elle aurait pu s'excuser, lui demander de l'épargner et de la laisser retourner à son dortoir, mais il aurait secoué la tête en riant face à tant de faux espoirs. Là, elle gardait sa dignité, se montrait mature, consciente, lucide. C'était au moins ça de gagné. Oui, Caitlyn réfléchissait énormément quand elle discutait avec Keith. Elle pesait cent fois le pour et le contre de telle ou telle réplique, l'envoyait à des dizaines de points de contrôle différents de son cerveau avant de la prononcer. De plus, le processus devait être très rapide, et le ton de sa voix adapté, ni trop assuré ni pas assez, de sorte à ce que ses réponses paraissent naturelles. Tout ce qu'elle disait, était au prix d'un énorme effort mental, jusqu'au dernier moment, et même après. Keith devait en être conscient et sans doute s'amusait-il de la voir se démener pour trouver la meilleure attitude à adopter, mais il était loin de se douter à quel point c'était difficile en réalité. Tant mieux d'ailleurs, car si c'était le cas, son amusement serait probablement encore plus fort. Elle consacrait une très grande partie de sa réflexion à faire en sorte de ne pas lui faire trop de faveurs. Elle ne voulait pas montrer à quel point il la faisait travailler, à quel point il obnubilait son esprit. Elle se contenta de hausser les épaules en guise de réponse à sa petite intervention philosophique qui était à la fois vraie et ridicule, et le vit s'approcher d'elle pour lui prendre des mains le fameux livre de Magie Noire qui avait été la cause de tout cela. Il se mit à le feuilleter, d'un air désinvolte. C'était tout une question de pression. De pression et de résistance. De patience et de provocation. Il referma le grimoire en le faisant claquer, comme pour lui rappeler qu'il était maître de la situation. Si elle craignait de passer pour une gamine rebelle en pleine crise d'adolescence voulant défier toute l'autorité, il fallait aussi prendre en compte le comportement du bibliothécaire qui n'était pas forcément plus mature ou plus recherché.

« C’est amusant que vous vous démeniez tant pour lire quelque chose de ce style… Pourquoi une jeune fille exemplaire et luttant pour le bien comme vous s’intéressant tant à ce genre de magie ? Auriez-vous une part d’ombre ? »

Elle eut un petit rire sec tout en gardant un visage sans émotions. Alors là, il lui tendait une perche. Non, ce n'était pas une perche, c'était une échelle, c'était un escalier avec une rambarde, c'était un escalator électrique. C'était tellement facile qu'elle avait du mal à y croire. "Auriez-vous une part d'ombre ?" Dans sa tête, elle était déjà sûre de ce qu'elle voulait répondre, ou plutôt de la manière dont elle voulait répondre. Quelque chose de philosophique, exactement comme ce qu'il avait dit par rapport au fait de savoir profiter de l'instant présent. L'attaquer avec ses propres armes, en quelques sortes. Rentrer dans son jeu, l'imiter. Elle avait déjà utilisé cette technique avec lui, certes, et elle savait que dès la première fois, il n'avait probablement pas considéré ça comme du grand art que de se calquer sur lui, mais si elle comptait s'en servir à nouveau, c'était bien pour ces deux raisons. Oui, elle jouait avec le feu. Elle voulait l'énerver, elle voulait l'exaspérer. Et elle voulait le voir continuer à jouer avec elle malgré tout. Malgré le fait qu'elle ne soit pas très drôle, à toujours mettre en œuvre la même stratégie. Malgré le fait qu'elle ne soit pas très originale, à chercher à le provoquer en l'imitant. Il la regarderait, dédaigneux, se moquerait d'elle, la rabaisserait : ne savait-elle rien faire de mieux que jouer aux perroquets ? Quel niveau, vraiment ! Il savait très bien qu'elle était capable de plus, mais elle ferait exprès de le décevoir, elle ne lui montrerait pas ce qu'elle savait faire d'autre. Ou peut-être rarement, pour le garder en haleine, mais il n'arriverait pas à la provoquer assez pour qu'elle arrête de réfléchir et de calculer ses agissements. Il voulait jouer avec sa patience, il voulait faire monter la pression ? Très bien, elle connaissait les règles du jeu et même si elle avait plus de chances de craquer que lui, elle ne l'épargnerait pas pour autant.

« Chacun a une part d'ombre et une part de lumière en soi. »

Dans sa gueule. Le truc qui voulait à la fois tout et rien dire. Qu'il se démerde avec ça, un peu. Elle continuait à jouer la désinvolture, du coup. C'était facile, ça lui permettait de gagner un peu de temps et de faire monter la pression en son adversaire, tout comme il la faisait monter en elle. Elle était une petite gamine insolente et qui se croyait tout permis, oui, exactement. Elle avait un peu honte, parfois, car ce n'était pas l'image qu'elle voulait que les gens aient d'elle, car elle se sentait incomprise lorsqu'ils la voyaient comme ça, mais avec Keith, c'était quand même un peu voulu. C'était ça, son avantage. L'avantage du doute. Il ne savait rien sur elle. Il ne savait rien d'autre que ce qu'elle voulait bien lui montrer. S'il voulait la considérer comme une ado naïve et irrespectueuse, qu'il se fasse plaisir, mais elle savait qu'elle était plus que ça. Et en l'occurrence, ce n'était de loin pas une question d'ombre ou de lumière, et si elle s'intéressait à la Magie Noire, c'était d'une part par curiosité et d'autre part pour savoir mieux s'en défendre. Mais il ne pouvait pas décemment espérer qu'elle serait sincère avec lui, qu'elle lui avoue tout et n'importe quoi. Même si pour le coup, lui répondre honnêtement n'aurait pas été trop grave. Disons que c'était pour lui prouver quelque chose qu'il savait déjà : qu'elle ne comptait pas se laisser faire. Il en conclurait sûrement et à raison qu'elle cherchait lui cacher des choses, mais elle pouvait aussi faire exprès de lui donner cette impression et le faire tourner en bourrique. Elle aimait bien le voir s'acharner pour trouver une faille dans sa carapace.

« Nous pouvons passer un marché si vous voulez. Je vous laisse emprunter ce livre et un autre de votre choix de la réserve si vous accepter de m’éclaircir sur quelques unes de vos faiblesses, sur ce qui cloche chez la parfaite petite Serdaigle que vous êtes… »

Et elle aimait encore plus le voir s'avouer vaincu. Elle avait de la peine à en croire ses oreilles. Il était prêt à marchander avec elle pour en découvrir un peu plus sur ses faiblesses, sur ses défauts. Il avait même agité le livre comme on agitait un appât. Elle le regarda en haussant les sourcils. Il était sérieux, là ? Pensait-il vraiment qu'elle allait se laisser acheter avec deux insignifiants bouquins de Magie Noire ? Et surtout, était-il réellement en train de lui confesser qu'il ne se sentait pas capable de percer ses défenses ? Il fallait dire qu'elle faisait beaucoup d'efforts pour ne pas trop changer de stratégie, pour lui montrer toujours cette même facette de son caractère, et elle ne pouvait nier de ressentir une certaine fierté en l'entendant confirmer indirectement l'efficacité de sa tactique et s'avouer vaincu. Plusieurs choix s'offraient à elle désormais. Elle pouvait refuser le marché, lui montrer ainsi qu'elle voulait et pouvait rester maîtresse de son intimité mais aussi qu'elle craignait les conséquences d'un tel engagement. Au fond, ce n'était pas très intéressant. Raisonnable, peut-être, mais elle ne se mouillait pas trop et même si elle était curieuse de voir ce qu'il aurait fait si elle l'avait envoyé balader, elle sentait qu'elle ne choisirait pas cette option là. Une autre possibilité était celle d'accepter sa proposition, et de faire en sorte que les conséquences ne lui soient pas délétères. Après tout, qu'est ce qui l'empêchait de lui mentir ou de mettre l'accent sur des choses qui étaient tout sauf importantes ? Sinon, elle pouvait aussi avoir l'audace d'imposer d'autres conditions... par exemple – au pif, bien sûr – vouloir en savoir plus sur ses faiblesses à lui ? Elle se retint de lui dire qu'il pouvait tout simplement utiliser du Véritaserum, histoire d'éviter de lui donner des bonnes idées. Peut-être y avait-il d'ailleurs déjà pensé, mais elle n'allait même pas le lui demander, car si ce n'était pas le cas, c'était tant mieux pour elle. Elle faisait exprès de prendre son temps pour réfléchir. Elle s'osa même à prendre la liberté de faire quelques pas, curieuse de voir sa réaction à cette nouvelle preuve d'insubordination.

« Et si je vous dit que je préfère échanger mes faiblesses contre les vôtres, et non contre deux vieux bouquins ? Enfin mettez vous à ma place, vous trouvez que votre offre est équitable ? »

Provocation, provocation. Oui, elle lui donnait ce qu'il voulait. Oui, elle lui servait de jouet malgré elle. Oui, elle se donnait en spectacle, l'amusait à se débattre comme une proie, à chercher des compromis, des avantages dans son malheur. Mais elle n'était pas qu'une proie. Elle n'était pas qu'un jouet. Elle avait son intelligence, elle avait son courage. Elle avait sa curiosité, aussi. Curiosité malsaine, effrontée, qui se retournait contre elle, mais elle l'acceptait et l'assumait. Elle jouait avec le feu. Comme Tom et Jerry. Tom avait beau être plus fort, plus dangereux, plus haineux, Jerry le provoquait tout de même, avait ses petites victoires, et s'amusait malgré les risques qu'il courait. Parfois même le spectateur avait l'impression que Jerry n'était pas la victime mais bien le coupable, et qu'il n'était pas si innocent qu'il ne le paraissait. Caitlyn méritait-elle que Keith s'acharne sur elle ainsi ? Sans doute, car elle le cherchait. Mais il méritait qu'elle le cherche, car il la cherchait aussi. Le tout n'étant, encore une fois, qu'un jeu.

« Ne me dites pas que vous ne m'avez pas trouvé de faiblesses. Je suis sûre que vous avez au moins un début de diagnostic. »

Se laisserait-il prendre au piège ? Si Caitlyn disait ça, c'était bien parce qu'elle espérait qu'il développerait un peu toutes les conclusions qu'il avait bien pu tirer sur elle. Oui, elle était curieuse. Et puis, qu'est ce que ça pouvait lui faire, de lui faire part de son analyse ? En réalité, ça pouvait lui faire beaucoup de choses, et il avait de bonnes raisons de ne pas vouloir s'ouvrir à elle, mais il avait aussi de bonnes raisons de ne pas le lui refuser. S'il le faisait, elle ne se priverait pas de lui faire comprendre qu'il n'était pas franchement très doué. Non, à sa place, elle n'aurait pas refusé de répondre à la question informulée qu'elle posait. C'était parce qu'elle se savait en position d'infériorité et se forçait donc à réfléchir énormément, si bien qu'elle pensait à toutes les conséquences possibles de toutes ses possibles réactions. Mais peut-être ne se sentait-il pas obligé de tout calculer dans sa tête, lui, puisqu'après tout, il était maître de la situation, et ça pouvait fort bien se retourner contre lui. Plongeant ses yeux bleus dans ceux du bibliothécaire, elle rajouta encore :

« Tout dévoiler en cinq minutes serait trop facile et moins drôle, ce serait dommage, vous trouvez pas ? »

Elle était bien curieuse de voir comment il allait réagir à ses attaques subtiles.
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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Mer 21 Jan 2015 - 11:06

Le jeune cesserait donc jamais. Keith semblait insatiable. C’était toujours la même chose, toujours les mêmes cibles, toujours le même mode d’affrontement et pourtant c’était comme s’il ne s’en lassait pas. Comme s’il était prêt à accepter que toute sa vie puisse se dérouler ainsi, s’alterner entre des moments d’ennuis, de colère et des moments de jouissance perverse à travers les conflits verbaux qu’il provoquait avec certains étudiants. Peut être qu’un jour il se lasserait mais alors ce serait une mauvaise nouvelle pour ses victimes favorites. Peut être qu’un jour il deviendrait fou, peut être qu’un jour il lâcherait prise pendant une petite joute. Mais c’était aussi le risque à prendre. Peut être que c’était ce qui lui plaisait aussi au fond de lui, ce sentiment d’insécurité permanente, cette idée que rien n’était définitivement gagné et qu’au final, à chaque fois il prenait un risque, à chaque fois il s’exposait à quelque chose de dangereux. Mais ce qui était le plus intriguant dans tout ça, c’était pourquoi ses victimes acceptaient toujours avec autant d’entrain de l’affronter. Bon Cassidy c’était un peu différent, il avait fini par entrer dans son jeu à force de tortures et par envie de vengeance aussi sans doute. Caitlyn elle ne fonctionnait pas du tout de la même façon. Keith ne s’en était jamais prise à elle physiquement, à vrai dire, il avait même plutôt été calme en sa compagnie. Mais tout de même. Elle savait qui il était, elle savait de quoi il était capable. Quelque chose devait clocher dans son cerveau. Quelque chose ne devait pas tourner rond. Mais à vrai dire, il se fichait un peu de savoir quoi. Ça l’amusait et ça l’arrangeait qu’elle soit ainsi, alors il n’allait pas s’en plaindre ? D’ailleurs lorsqu’elle affirma que chacun avait sa part d’ombre, il eut presque envie de lui dire qu’il l’avait bien remarqué mais qu’il était content qu’elle l’accepte. Cette jeune femme avait trop tendance à jouer les filles parfaites pour lui. Ce n’était pas le style qu’il préférait. Mais le fait qu’elle se comporte ainsi, qu’elle cherche toujours à entrer dans les jeux malsains du bibliothécaire montrait bien que sa part d’ombre était bien présente, sans doute même plus envahissante que ce qu’elle pouvait penser.

Keith avait donc la confirmation qu’il allait encore pouvoir jouer un petit moment avec la jeune femme et qu’il retirerait sans doute beaucoup de satisfaction de cet entretien. Alors certes, elle saurait peut être le même en colère, elle parviendrait peut être à le faire un peu sortir de ses gonds mais qu’importe. Il était prêt à se sacrifice, pour la bonne cause… Aussi, l’homme avait décidé de lancer les hostilités en proposant à la jeune femme d’échanger les bouquins contre quelques informations sur ses points faibles. Mais comme à son habitude elle avait décidé de ne pas se laisser démonter. Caitlyn ne semblait pas trouver le marché très équitable et en vint à proposer un échange faiblesses contre faiblesses. Cette fois-ci, le bibliothécaire ne pu s’empêcher de rire. Un rire froid, glacial qui résonna dans la réserve vide. Elle était pleine d’humour. Certes Keith voulait en savoir plus mais il était hors de question qu’il délivre des informations sur lui.

« Vous pensez donc avoir tant de valeur que ça ? Et bien, le complexe du super héros chez vous est plus avancé que ce que je ne pensais. »

Keith aimait jouer, il avait envie de la secouer dans tous les sens et d’en savoir plus mais ouvrir ses pensées à une gamine c’était absolument hors de question. L’homme n’avait parlé à personne de la raison de sa venue ici, hormis l’ancien directeur et l’actuel, il avait dû faire quelques concessions pour obtenir sa place. Mais c’était tout. Et il n’avait pas l’intention de changer du tout au tout de ce point de vue là. D’autant plus auprès des élèves. A la limite, qu’un adulte réfléchi et lui plaisant suffisamment arrive à en apprendre un peu plus sur lui, c’était envisageable. Mais les autres non. Alors Caitlyn se fourrait bien le doigt dans l’œil. Mais elle parvint tout de même à le surprendre lorsqu’elle lui demanda s’il n’avait pas déjà décelé ses faiblesses. Alors comme ça elle voulait qu’il lui montrer ce qu’il savait d’elle. Intéressant. La psychologie de cette gamine était décidément une vraie source d’analyses. Il y aurait beaucoup à dire dessus, il n’aurait sans doute jamais le temps de tout explorer. Mais oui, étrangement avec cette phrase elle avait su repiquer son intérêt. Voilà pourquoi elle était en tête de ses listes. Et une petite provocation en plus ! Voilà que la jeune femme reprenait ses arguments sur le fait de prendre son temps, voilà qu’elle entrait complètement dans son jeu. Peut être qu’au final, elle ne tenait pas tant que ça à ses bouquins. Peut être qu’au final, elle avait elle aussi besoin de se distraire un peu.

« Moi qui croyais que les élèves adoraient les vacances. Ils semblent que les vôtres soient bien ennuyantes pour que vous ayez tant envie de passer du temps avec moi. Ou alors vous m’adorez, ce qui serait surprenant voire même effrayant. »

Oui effrayant était le mot. Effrayant au regard de la société, qu’une gamine puisse apprécier passer du temps avec un homme comme lui aux allures de tortionnaires. Effrayant pour Keith aussi qui aurait l’impression que quelque chose lui aurait échappé dans cette relation de jeu qu’il avait établi avec la demoiselle. Mais bon, il penchait plus pour l’idée qu’elle avait aussi quelques amours pour les plaisirs malsains. Son évolution serait sans doute très intéressante. Enfin bref, toujours était-il que la jeune femme lui avait demandé s’il savait déjà des choses sur ses faiblesses. Il ne pouvait pas ne rien ne dire, se serait montrer une faiblesse, une incapacité de sa part à lire dans les gens. Et en même temps, trop en dire, c’était se tirer une balle dans le pied, sacrifier une part de l’ascendant qu’il pouvait avoir sur elle. Il devait être habile, être malin. Jouer intelligemment sans griller ses cartes.

« Mais pour en revenir à votre question, j’ai déjà entraperçu certaines de vos faiblesses c’est indéniable. Je peux encore lire dans vos regards la peur parfois, ou le besoin impératif de se montrer forte. Mais je ne vous ferais pas le plaisir de dire tout ce que je sais, ce serait idiot. »

Profondément idiot. Certes Keith pouvait agir comme un imbécile quand il perdait le contrôle, quand on arrivait à le faire sortir de ses gonds, à faire en sorte que la colère prenne complètement le dessus sur tout le reste. Mais il n’en était pas encore là. L’homme avait encore contrôle sur son esprit et son corps et pouvait donc réfléchir de manière logique et stratégique. Pour l’énerver, pour qu’il agisse de manière stupide elle devait réussir à toucher les points sensibles et heureusement, elle manquait encore de beaucoup d’informations. Il se demandait d’ailleurs si elle allait prétendre savoir des choses sur lui, si elle allait vouloir jouer la carte du bluff. Ce serait fort amusant ça d’ailleurs.
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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Ven 23 Jan 2015 - 10:18

Manifestement, Keith ne releva pas le fait que Caitlyn retournait contre lui ses propres armes. Sa petite remarque philosophique sur la présence de parts d'ombre et de lumière en chacun n'eut pas l'effet escompté. Dommage, elle aurait pensé qu'une telle manière de dévier la réponse l'aurait exaspéré, mais il semblait le prendre au premier degré et s'en satisfaire. Bref, epic fail pour Caitlyn, en gros, mais elle n'en montra rien. Après tout, s'il voyait là un aveu d'humilité et d'imperfection, pourquoi pas ! Apparemment, l'idée que Caitlyn puisse avoir des défauts et des problèmes n'était pas pour déplaire au bibliothécaire. Quoi, la considérait-il peut-être comme une parfaite petite fille modèle ? Il ne serait pas le premier, certes, mais elle ne comprenait pas vraiment pourquoi tout le monde s'acharnait à croire qu'elle était sans défauts. Donnait-elle vraiment tant que ça l'impression d'être une intello ? Rien que le fait de la voir dans la réserve interdite en plein milieu de la nuit, clairement en train de transgresser les règles, prouvait bien qu'elle n'était pas le prototype la petite fille sage et obéissante. Et puis, Keith avait déjà plusieurs fois eu affaire à la jeune femme, donc il devait bien savoir qu'elle n'était pas une radine en matière de provocation et autres petits pêchés dans ce genre là. Elle devait avouer que c'était assez frustrant, à la longue, de se voir attribuée l'étiquette de Miss-parfaite ou Miss-je-sais-tout. Wallenstein l'avait compris, et par conséquent, ne s'en privait pas. Rien que pour l'énerver, s'entend. Doryan aussi, même si un peu moins maintenant. Et ils n'étaient pas les seuls. Mais avec Keith… c'était quand même un peu le but. Ne faisait-elle pas tout pour paraître forte et inatteignable à ses yeux ? Ne se fondait-elle pas totalement dans le rôle de la rebelle irréprochable ? Oui, quelque part, c'était le but que de lui apparaître comme sans failles et sans vulnérabilité, lui montrer qu'elle était une battante, une warrior, et qu'elle n'avait pas peur de lui ni du fait de prendre des risques. Ça avait visiblement très bien marché jusque là, et l'entendre avouer maintenant qu'elle restait humaine avec ses imperfections et ses défauts sembla réveiller la curiosité de Keith. Oui, il sauta tout simplement sur l'occasion pour lui proposer un marché. Un livre contre sa sincérité sur ses faiblesses. La bonne blague. Qu'en dirait-il si elle lui proposait un marché plus équitable ? Apparemment, l'idée même d'échanger faiblesses contre faiblesses lui parût ridicule au point d'en rire ouvertement, brisant le silence de la réserve interdite. Elle resta imperturbable jusqu'à ce qu'il arrête de rire et prenne la parole.

« Vous pensez donc avoir tant de valeur que ça ? Et bien, le complexe du super héros chez vous est plus avancé que ce que je ne pensais. »

Ce fut au tour de Caitlyn de rire. Rire court, sec, et presque méprisant, mais amusé tout de même, et presque un peu moqueur.

« Le complexe du super-héro ? Vous ne croyez tout de même pas que connaître quelques unes de vos faiblesses va permettre à qui que ce soit de sauver le monde ou un truc du genre, j'espère ? Ce serait assez prétentieux, vous trouvez pas ? »

Une fois de plus, elle retournait ses arguments contre lui. C'était sa technique. Pas franchement du grand art, pas très recherché ni très original, mais elle ne comptait pas changer. L'essentiel, pour elle, c'était de conserver son avantage. L'avantage du doute. Il ne savait rien sur elle, il ne savait rien sur sa psychologie, sur son mode de pensée. Certes, il avait sans doute déjà tiré quelques conclusions sur son caractère et en particulier ses faiblesses, et elle ne se priva pas de lui en faire la remarque histoire de l'amener doucement à dévoiler une partie de son analyse, mais il ne voyait d'elle que ce qu'elle voulait bien lui montrer. Et si elle lui montrait toujours la même chose, il serait confronté à une impasse, exactement comme c'était le cas maintenant. C'était à la fois ennuyant et intéressant. Il devait se sentir exaspéré et lassé, mais maintenu en haleine et curieux malgré tout. C'était amusant. Oui, c'était amusant de le décevoir tout en attisant sa combativité et sa compétitivité. Car elle savait qu'il aimait bien jouer avec elle, même si elle faisait tout pour rendre le jeu moins amusant pour lui. Elle le connaissait, il n'était pas du genre à se dégonfler ou à abandonner la partie, et elle aimait bien le mener dans ses retranchements, voir quels sacrifices il était prêt à faire et combien de patience il était prêt à montrer pour pouvoir continuer à jouer avec elle. C'était presque malsain… Non, c'était carrément malsain en fait. Elle rentrait complètement dans son jeu, alors même qu'elle était censée en être la victime, et sans doute s'était-il rendu compte du fait qu'elle aimait bien leur petit manège, mais à nouveau, il ne pouvait pas connaître ses raisons ni ses motivations avec certitude. Et ce fut d'ailleurs l'objet de sa prochaine question, indirecte s'entend.

« Moi qui croyais que les élèves adoraient les vacances. Ils semblent que les vôtres soient bien ennuyantes pour que vous ayez tant envie de passer du temps avec moi. Ou alors vous m’adorez, ce qui serait surprenant voire même effrayant. »

Petit sourire de la part de Caitlyn qui ne dévia pas le regard, ne baissa pas les yeux. Alors comme ça, il avait peur qu'elle ne se soit subitement entichée de son prédateur ?

« Vous voulez dire, comme pour le syndrome de Stockholm ? C'est pas la première fois qu'on m'en fait la remarque... »

Le sourire continuait à flotter sur ses lèvres. Si elle le faisait exprès pour paraître flippante ? À peine… Il trouvait ça effrayant, elle n'allait pas se priver. De toute manière, s'il était un minimum intelligent, il comprendrait bien qu'elle n'était qu'en train de se foutre de sa gueule et qu'il n'avait aucun souci à se faire quant aux sentiments affectifs et adorateurs de la jeune femme. Mais à nouveau, il ne pourrait pas être sûr, car elle ne lui donnait pas de réponse claire et nette. Elle restait dans le flou, et il pourrait toujours trouver quelque chose sur quoi douter. Pour autant, elle n'était pas en train de mentir lorsqu'elle prétendait que ce n'était pas la première fois qu'on lui demandait si elle n'avait pas le syndrome de Stockholm. C'était Jeroen qui, lors de leur première véritable rencontre et conversation, au fin fond des cachots, en juillet dernier, avait voulu savoir pourquoi elle était revenue dans ce lieu de torture après en être sortie la veille à peine. Aujourd'hui, le Slytherin et la Ravenclaw étaient bons amis. Ce n'était pas près d'arriver avec le bibliothécaire, mais il y avait malgré tout un lien particulier et intense qui les unissait.

« En tout cas, vous n'allez tout de même pas vous plaindre du fait que je vous offre un peu de distraction. Sinon, pourquoi m'auriez vous suivie et fait en sorte de me prendre en flagrant délit de… hum, lecture. »

Avec le petit air dépréciatif qui allait avec. Genre que la lecture était un crime, genre que la lecture était mauvaise, méchante, dangereuse, genre ! Bref.

« Mais effectivement, mes vacances seraient assez ennuyantes s'il n'y avait pas des livres pour les remplir un peu, vous comprenez bien… »

Elle était à deux doigts de le remercier de s'être inquiété pour elle, et de lui demander comment se passaient les siennes, de vacances. Mais elle n'allait pas pousser le vice trop loin. Il aurait bien compris qu'elle était plus ou moins en train de sous-entendre que ses vacances à lui ne devaient pas être franchement très amusantes non plus… Et puis s'il ne l'avait pas compris, au fond, tant pis, elle se contenterait de le penser très fort et de se moquer de lui intérieurement.

« Mais pour en revenir à votre question, j’ai déjà entraperçu certaines de vos faiblesses c’est indéniable. Je peux encore lire dans vos regards la peur parfois, ou le besoin impératif de se montrer forte. Mais je ne vous ferais pas le plaisir de dire tout ce que je sais, ce serait idiot. »

Affichant un air faussement et exagérément penaud en réponse à sa dernière phrase, elle jubilait intérieurement d'avoir réussi à lui faire dire ce qu'elle voulait qu'il dise. Au fond, elle ne s'attendait pas à beaucoup plus de sa part, ce serait idiot. Et puis elle savait bien que sa réponse n'était pas forcément sincère. N'importe qui aurait pu, pour ne pas perdre la face, prétendre avoir lu la peur dans le regarde de l'autre, et, vu comment Caitlyn faisait en sorte de se comporter, il n'était effectivement pas très difficile de prétendre qu'une de ses faiblesses était son besoin de se montrer forte. Et elle n'allait pas le démentir, car elle était effectivement le genre de filles à ne pas se laisser marcher sur les pieds, et ce depuis sa tendre enfance. Ses parents s'étaient chargés de la responsabiliser et de l'autonomiser dès ses premiers pas, la laissant se rendre seule à l'école sans qu'ils ne l'accompagnent, et ce n'était qu'un exemple parmi d'autres. La bande de Cassie Lorence s'était, pour sa part, chargée d'allumer en elle cette flamme de révolte et de liberté qui avait fait d'elle une battante. Ses bonnes notes à l'école lui permettaient d'augmenter sa confiance en elle-même, et elle considérait l'intelligence comme la clé permettant d'ouvrir toutes les portes. Elle n'avait pour autant pas peur de prendre des risques ni de suivre son instinct qui s'avérait souvent bon aussi. Elle savait se sortir d'une multitude de situations, et elle assumait les conséquences de ses actes. Si ça faisait d'elle quelqu'un de prétentieux, d'arrogant ? Peut-être bien que Keith la voyait comme ça, mais globalement, elle savait trouver un juste milieu et n'était pas dénuée d'humilité. Alors, où trouver des faiblesses dans ce caractère décidément trop parfait ? Comme c'était le cas pour beaucoup d'autres, ses faiblesses étaient aussi ses forces. Il suffisait de toucher à ses amis, sa famille, ses proches ou juste n'importe quel innocent pour la faire craquer et lui faire faire l'impossible. En l'occurrence, si Jeroen lui avait demandé si elle n'avait pas le Syndrome de Stockholm, en la voyant revenir aux cachots alors qu'elle venait d'y passer et la veille, c'était parce qu'elle était revenue y chercher son copain. Elle ne savait d'ailleurs toujours pas comment elle avait réussi à l'en sortir, mais le fait était qu'elle n'avait pas eu peur de se mouiller jusqu'aux oreilles pour l'aider. C'était là l'exemple le plus flagrant, mais il suffisait aussi de voir comment elle prenait la défense des moldus auxquels on s'en prenait dans les couloirs, prête à se sacrifier et à prendre leur place aux cachots. C'était idiot, c'était contre-productif, mais ça valait la peine, du moins à ses yeux. Oui, ses faiblesses n'étaient finalement pas si bien cachées qu'il ne semblait le croire, et il était facile de la faire hurler et pleurer : il suffisait de faire en sorte de la faire assister, impuissante, à la torture d'un tiers, comme ça avait été le cas en juillet dernier.

« Dommage... »

Elle n'était pas assez naïve pour croire qu'il allait tout lui dévoiler, mais elle pouvait le lui faire croire. Après tout, la naïveté pouvait parfois s'avérer être un de ses défauts, alors même qu'elle était mature et réfléchie. Car elle avait tendance à vouloir voir le meilleur en chacun, et à avoir foi en l'humanité. Contrairement à une grande majorité de tous ces gosses qui avaient passé deux ans dans d'atroces conditions. Mais il ne fallait pas se leurrer en omettant de voir le réalisme de la belle brune qui, bien que positive, ne se faisait pas d'illusions pour autant. Comme elle l'avait dit à Keith tout à l'heure, chacun avait une part d'ombre et une part de lumière en soi, et tout n'était qu'une question d'équilibre.

« C'est vrai que ce serait idiot de me dire tout ce que vous savez. Ce serait idiot aussi que je vous dise tous mes points faibles. Au fait, pour savoir, vous comptez me faire rester là encore longtemps ? Nan parce que si c'est le cas, on pourrait peut-être s'asseoir, vous croyez pas ? »

Joignant le geste à la parole, elle sortit sa baguette et lança un Inanimatus Apparitus imprononcé sans trop attendre son avis.

« Pas que je sois fatiguée, mais un peu quand même. »

Bon, alors, de quoi comptait-il parler avec elle ?

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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Ven 30 Jan 2015 - 22:35

Elle ne lâchait jamais rien. Keith avait parfois l’impression d’avoir à faire à un petit chien. A chaque fois c’était pareil, dès qu’elle avait un os à ronger, elle ne le lâchait pas. Après il fallait bien avouer que lui n’était pas mieux. Quand il trouvait un moyen de faire tourner Caitlyn en bourrique, quand il avait une ouverture pour s’amuser un peu plus avec elle, il ne lâchait pas non plus l’affaire alors bon… A eux d’eux, cela pouvait durer des heures. Ils avaient cette fâcheuse tendance à répondre à chaque propos de l’autre. La preuve étant, à peine le bibliothécaire avait-il évoqué le syndrome du Super héros que la jeune femme avait décidé d’interpréter la chose au premier degré et de lui renvoyer l’appareil en soulignant qu’il se croyait lui aussi un peu trop important. Et bah voilà. En même temps il l’avait un peu cherché mais cela l’amusait plus qu’autre chose. Caitlyn avait peut être au fond la possibilité de le blesser, après tout, avec elle il prenait plus de risques qu’avec certains sinon le jeu ne serait pas suffisamment stimulant. Alors oui, elle avait moyen de créer des petites brèches mais étrangement, elle se contentait d’attaques qui le faisaient sourire. Deux possibilités à cela : soit elle pensait pouvoir l’atteindre à force de lancer des petits pics dans le genre, soit elle n’avait pas tant que ça envie de lui faire du mal. Cette hypothèse lui paraissait être étrange. C’était un peu comme s’il pensait que la jeune femme avait la même façon tordue de penser que lui. Il avait ses victimes préférées et maintenant, c’étaient celles à qui il avait le moins envie de faire de mal, même si Cassidy lui pour le coup avait déjà eu droit à son mauvais quart d’heure. Dans tous les cas, Keith n’aurait pas de réponses claires à sa question mais cela lui ferait un bon sujet de réflexion quand il serait vraiment plongé dans un ennui trop profond.

Et voilà que la jeune femme évoquait le syndrome de Stockholm. Keith ne pu s’empêcher d’afficher une expression de surprise. Alors ça ce serait vraiment effrayant. Il pourrait trouver cela amusant comme principe mais dans l’idée cela lui faisait peur. Peut être parce que l’idée qu’une gamine puisse être intéressée par lui lui faisait déjà peur en soit. Mais il ne pensait pas que Caitlyn en était là. Lorsqu’il avait parlé de son plaisir en ces instants, il pensait plus à son amour pour le jeu pervers plutôt qu’à une attirance pour sa personne même. Se sortir cette idée de la tête, c’était très important car décidément, tout cela ne lui plaisait pas du tout. Heureusement la jeune femme se rattrapa en réussissant à dire quelque chose de drôle. Flagrant délit de lecture… Si seulement tous les gamins insupportables de cette école pouvaient se contenter de commettre ce genre de crimes, Keith serait sans doute tout à fait satisfait. Parce qu’il fallait bien avouer que la vie serait beaucoup plus tous si au lieu de piailler en permanence dans les couloirs ils se contentaient de se cultiver… Mais bon, il ne fallait pas trop rêver non plus. Enfin, malgré son sens de l’humour, le bibliothécaire n’avait clairement pas envie de lui dévoiler toutes ses cartes et il le fit clairement comprendre. Dommage ? Oui sans doute pour elle mais il ne reviendrait pas là-dessus. Melle Twain décida finalement de jouer la carte de la fille blasée, s’installant, lui faisant comprendre qu’elle préférait passer du temps ici mais bien assise. Il la regarda faire mais sans plus se formaliser que ça. Tant qu’elle n’abimait pas les livres, il s’en fichait.


« Vous remarquerez tout de même, Mademoiselle Twain, qu’à aucun moment vous n’avez réellement essayé de partir et donc que je n’ai jamais eu réellement l’occasion de vous retenir. »


Certes Keith ne l’aurait sans doute pas laissée faire. Après tout, il aimait avoir les mains sur les choses et choisir exactement quand les choses commençaient et quand elles finissaient. Donc oui, il aurait sans doute émis une petite résistance face aux tentatives de Caitlyn de s’en aller. Mais peut être n’aurait il pas utilisé la force tout de suite, se contentant de la menacer de diverses punitions. Alors oui, la jeune femme avait beau dire tout ce qu’elle voulait, jusque là, il n’avait pas sentir de sa part une fervente envie de s’en aller. Le bibliothécaire s’appuya alors confortablement contre une étagère, les bras croisés sur la poitrine tandis qu’il fixait la jeune femme confortablement assise. Elle était vraiment difficile à cerner par moments. Mais il n’allait pas s’en plaindre, c’était aussi ce qui la rendait intéressante. Les autres élèves étaient en moyenne trop plats à ses yeux. En même temps, ce n’était pas comme s’il avait vraiment tendance à s’y intéresser.

« Et si vous me disiez pourquoi vous tenez tant à lire ces livres ? Parce qu’il faut bien vous mettre en tête quand sans une raison valable, sans quelque chose pour satisfaire totalement ma curiosité je ne vous laisserai jamais partir avec. »

Oui Keith repartait à la charge. En temps normal il oubliait vite les sujets qui n’avaient pas abouti mais là il voulait savoir. Il ne la laisserait pas sortir de cette réserve sans raison. En soit, il s’en fichait un peu qu’elle emprunte ces bouquins. Si elle l’agaçait profondément il savait une chose d’elle : quand il la voyait à la bibliothèque elle était plutôt du genre à faire attentions aux livres et à ne pas les abîmer. A partir de là et avait l’autorisation qu’elle avait eu en amont, il n’avait pas de vraie raison de s’opposer à son emprunt si ce n’était l’envie de l’emmerder. Oui il pouvait clairement appeler ça comme ça. C’était sans doute d’ailleurs le mot le plus approprié. Le fait de l’emmerder l’amusait, l’occupait et du tout, il pouvait s’adonner à cette simple occupation pendant de longues minutes. Et puis, cela lui permettrait aussi de savoir si elle tenait vraiment à se procurer ses livres ou pas. Parce que si elle y tenait réellement, elle ne verrait pas d’opposition nette au fait de lui apporter quelques éléments de réponses.

« Et vous savez sans doute que la patience n’est pas ma plus grande qualité, de fait, si vous mettez trop de temps à répondre je serai dans l’obligation de vous mettre dehors et de garder les livres. »

Keith avait envie de jouer et il n’était pas si pressé que ça de mettre fin à l’entretien mais il savait aussi que s’il ne stimulait pas la jeune femme d’une quelconque façon que ce soit, elle essaierait encore et encore de tourner autour du pot et d’arriver à ses fins sans le satisfaire lui. Alors oui, il devait établir des règles. En soit, Caitlyn pouvait contester le fait que ce soit lui qui impose les règles du jeu mais il restait malgré tout en position de force non pas dans l’échange en lui-même mais par son statut. Ce qui, il fallait bien l’avouer, l’arrangeait pas mal en cet instant même s’il savait pertinemment que cela ne serait pas suffisant pour gagner le petit duel qui venait de s’installer entre eux.

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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Lun 2 Mar 2015 - 19:03

L'expression de surprise qui se dessina sur le visage de McEwen fit jubiler intérieurement Caitlyn. Réussir à faire naître une émotion chez le bibliothécaire d'ordinaire imperturbable était un exploit dont elle pouvait à juste titre être fière. D'habitude, ils se contentaient tous les deux de s'envoyer des piques, et c'était comme s'ils les envoyaient dans le vide car aucun n'atteignait vraiment l'autre, ou dans une surface réfléchissante car ils se les renvoyaient mutuellement. Mais elle avait touché quelque chose, là, en évoquant le syndrome de Stockholm. Monsieur avait-il peur qu'elle ne se soit attachée à lui plus que de raison ? Elle imaginait bien que ça devait être carrément flippant, pour quelqu'un comme Keith, prédateur par excellence, de voir ses proies s'attacher sentimentalement à lui. Et c'était très amusant que de voir les yeux de l'homme trahir, pendant une fraction de seconde, l'affolement horrifié que provoquait la simple idée d'un tel cas de figure. Elle avait vraiment bien joué son coup. Elle n'avait rien démenti ni rien affirmé, elle était restée vague et lui avait donc généreusement permis d'imaginer toutes les implications de cette possibilité déstabilisante. Pas très longtemps, cependant. Elle n'aimait pas s'éterniser. Elle préférait que le doute fasse son petit bonhomme de chemin dans l'esprit du bibliothécaire une fois que ce dernier serait seul et sans rien à faire d'autre que de repenser aux événements qui l'auraient marqué. Elle sourit intérieurement à l'idée qu'il puisse tourner et retourner dans sa tête les différents aspects de l'hypothèse qu'elle venait de soulever.

Et elle changea de sujet, répondant à ce qu'il lui avait dit un peu plus tôt, par rapport à ses vacances. Il sembla trouver ça drôle, et à nouveau, elle fut satisfaite. C'était un jeu. Oui, tout ça n'était qu'un jeu. D'habitude, il avait plus ou moins le dessus, menait la partie, mais là, c'était la jeune femme qui dictait le ton de la conversation, et elle s'amusait bien à faire naître successivement chez l'homme des émotions différentes. Oui, elle était flippante, quand elle s'y mettait. Elle était la proie qui s'amusait à faire tourner en bourrique son prédateur. C'était malsain, mais elle prenait plaisir à jouer avec lui, même s'il était le chat et elle la souris, et qu'elle risquait beaucoup plus gros que lui. Il lui fit donc à juste titre remarquer qu'elle n'avait pas encore réellement essayé de partir, et elle eut un sourire. S'il y avait bien une chose qu'elle avait apprise, chez le bibliothécaire, c'était qu'il ne lâchait pas prise facilement, et surtout pas sous contrainte. Elle savait très bien qu'il ne l'aurait pas laissée partir ainsi. Et puis, elle n'en avait pas forcément envie non plus. Donc autant s'installer et attendre la suite des événements.

« Et si vous me disiez pourquoi vous tenez tant à lire ces livres ? Parce qu’il faut bien vous mettre en tête quand sans une raison valable, sans quelque chose pour satisfaire totalement ma curiosité je ne vous laisserai jamais partir avec. »

Ah, le voilà qui repassait à l'attaque. C'était qu'il y tenait, à sa réponse. C'était presque drôle, car Caitlyn avait limite l'impression que le bibliothécaire attachait plus d'importance à ces bouquins qu'elle-même. Comment lui dire qu'elle était simplement curieuse et avide de connaissance nouvelles ? Il n'y verrait qu'une excuse bidon, et insisterait pour lui faire avouer des crimes qu'elle n'avait pas commis. Au fond, elle même ne savait pas vraiment pourquoi elle tenait à lire des livres de Magie Noire. Enfin, elle voulait les lire car elle les trouvait intéressants, mais pourquoi les trouvait-elle si intéressants ? Quel était le but, le bénéfice ? À la base, elle s'intéressait à la Magie Noire tout simplement parce que la logique voulait qu'elle saurait mieux se défendre contre des choses qu'elle connaissait que contre un ennemi invisible. Mais elle devait avouer que plus elle avançait dans sa lecture, plus il lui devenait difficile de résister à la tentation d'essayer, de pratiquer par elle-même. Elle savait que ce n'était pas son genre, que ce type de magie ne lui seyait pas, mais la curiosité était un de ses plus grands défauts. Elle aimait bien tester les nouvelles choses, faire ses propres expériences. Mais une fois engagée dans ce domaine là de la sorcellerie, il n'y aurait pas de retour possible, c'était bien ce que leur avait dit le professeur Reid lors des premiers cours, c'est à dire justement ceux auxquels elle avait pu assister. Donc non, il ne fallait pas qu'elle s'aventure là-dedans, et encore moins seule. Au fond, elle n'en avait pas forcément envie ni besoin, c'était simplement l'attrait de l'inconnu. Mais… dire tout ça au bibliothécaire ? Non seulement ne saurait-elle pas lui donner une réponse qui soit à la fois claire et honnête, mais en plus, c'était presque une question de fierté que de ne pas satisfaire ses exigences. Pourtant, il allait bien falloir qu'elle lui réponde, si elle voulait qu'il lui fiche la paix.

« Et vous savez sans doute que la patience n’est pas ma plus grande qualité, de fait, si vous mettez trop de temps à répondre je serai dans l’obligation de vous mettre dehors et de garder les livres. »

C'était presque comme s'il le faisait exprès. Comme s'il s'amusait à lui faire du chantage, à l'obliger d'avouer des choses sur elle en échange du droit d'emprunter des livres qui l'intéressaient. Elle pinça légèrement les lèvres, plissa discrètement les yeux. Réflexion intense mais tout compte fait assez courte et surtout imperceptible pour finir par se rendre à l'évidence que oui, c'était bel et bien un nouveau jeu dans lequel venait d'entrer le bibliothécaire. Une nouvelle technique pour lui faire dévoiler des faiblesses et des défauts. Keith était-il réellement prêt à envisager chez Caitlyn un attrait caché pour cette forme interdite et dangereuse de la magie, rien que pour satisfaire le principe que personne n'était parfait ? C'en était presque drôle. À la recherche de la petite bête, l'homme semblait d'accord de considérer la jeune femme comme capable de s'engager sur cette voie, alors que c'était tout simplement dénué de bon sens.

« Je vous ai déjà dit l'autre jour, c'est une référence qui apparaît à plusieurs reprises dans d'autres livres que j'ai lus. »

Elle se procurait du temps. Caitlyn savait bien que ce n'était pas la réponse qu'attendait le professeur, mais elle savait aussi que Keith savait qu'elle n'était pas du genre à se rendre sans s'être battue, sans avoir résisté. Cette réponse avait donc plusieurs avantages : non seulement était-elle véridique, mais en plus, elle s'accordait bien avec l'image que le bibliothécaire avait de la jeune femme. Il aurait certainement trouvé ça louche que de la voir lui donner tout tout de suite sans hésiter. Et ça l'arrangeait bien, car elle avait besoin de temps pour réfléchir et calculer son coup. Il semblait réellement prêt à la croire si elle lui faisait part d'une attirance pour la Magie Noire. Cela voulait-il dire qu'il l'autoriserait à emprunter ces bouquins, trouvant amusant le fait qu'elle puisse essayer de mettre en pratique ce qui y était écrit ? C'était là une hypothèse non-négligeable. En fait, Caitlyn était de plus en plus convaincue qu'il la laisserait partir avec ces livres s'il croyait que c'était effectivement pour mettre en pratique ce qu'elle y lirait. Mais il ne fallait pas qu'elle se trahisse. Il ne fallait pas qu'elle lui avoue de but en blanc un intérêt pour la pratique de la magie décrite dans les livres qu'elle voulait emprunter, car ça foutrait tout en l'air. Elle devait jouer la carte du bluff. Faire semblant de faire semblant. Dire la vérité tout en la faisant passer pour un mensonge afin de lui faire croire l'inverse. Endosser le rôle de la coupable qui voulait s'innocenter, et non de l'innocente qui se faisait passer pour coupable. Ça demandait un méticuleux choix de vocabulaire et de ton, ainsi qu'un contrôle de soi tel qu'il ne remarque pas que tout ça ne serait que du bluff. Elle devait lui faire croire qu'elle avait des choses à cacher.

« Qu'est ce que vous voulez entendre d'autre ? Que je m'éclipse discrètement avec les bouquins dans la forêt interdite pour concocter des potions douteuses, fabriquer des poupées vaudous et proférer des maléfices ? »

Quelques aspects de l'ancienne magie dont s'inspirait la Magie Noire, d'après ce qu'elle avait pu lire. Il y avait bien sûr d'autres formes beaucoup plus accessibles et intuitives de Magie Noire, auxquelles on pensait plus facilement, comme les Impardonnables tout simplement. Et puis il y avait le reste, beaucoup plus sombre, plus flou aussi. Les incantations, les prophéties, les sortilèges pour compenser l'impossibilité de se servir de Magie Blanche. Chaque Mage Noir développait finalement sa propre magie, sur des bases communes plus ou moins respectées. Bref, elle faisait exprès d'extrapoler et ridiculiser l'hypothèse d'une pratique de la Magie Noire pour qu'il voie là une manière d'essayer de lui prouver son innocence. Elle parlait de manière désinvolte, fluide, naturelle. Une pointe de moquerie, un brin d'excitation. Il fallait qu'il croie qu'elle était engagée dans son argumentation, comme un criminel qui essaye de sauver sa peau lors d'un interrogatoire. Et elle prit soin de s'éloigner du sujet, comme si elle essayait de détourner son attention.

« Ne me dites pas que vous n'avez jamais voulu aller plus loin que ce qui vous était donné. Je suis juste curieuse. Probablement trop, certes, et c'est vrai que la curiosité est un défaut, mais je ne comprends juste pas pourquoi certaines lectures seraient punissables. Juste parce qu'on ne nous enseigne pas certaines choses à l'école, cela ne veut pas dire qu'on peut nous interdire d'aller nous informer par nous-mêmes si ça nous intéresse. »

Elle s'étonnait elle-même. Elle contrôlait parfaitement la situation, jouait son rôle à merveille. Mais combien de temps allait-elle tenir ? Combien de temps saurait-elle lui faire croire qu'elle était une coupable qui mentait pour s'innocenter ? Combien de temps lui restait-il avant de se trahir ? Et quelle serait la réaction du bibliothécaire quand il comprendrait que tout ça n'était que du bluff ?
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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Ven 13 Mar 2015 - 16:40

Qu’arrive-t-il lorsque l’on met deux têtes de mules face à face ? En général pas grand-chose et c’était exactement ce que Keith était en train de constater. Au début, ses affrontements avec Caitlyn parvenaient toujours à le surprendre mais cela tenait aussi malgré tout au fait qu’ils étaient encore en train de se sonder l’un l’autre. Désormais, l’ambigüité était absente ou, du moins, elle avait complètement changé de nature. Les deux se connaissaient, savaient à quoi s’attendre l’un de l’autre. Cela ne voulait pas dire que le bibliothécaire n’appréciait plus faire tourner en bourrique la jeune femme mais juste qu’il devait accepter que les choses étaient nécessairement différentes. Il savait maintenant pertinemment que la Serdaigle n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds comme ça et cela n’allait pas en s’arrangeant. C’était logique en même temps. A force elle commençait à le connaître et à avoir l’habitude d’être confronté à lui. Elle savait un peu comment elle réagissait et puis elle pouvait aussi avoir l’impression de n’être finalement pas tant en danger que ça. Après tout, jusque-là, Keith n’avait jamais réellement levé la main sur Caitlyn. Il l’avait menacée, certes, il avait cherché à lui faire mal psychologiquement, à semer le trouble dans sa tête mais jamais il n’avait mené d’attaque frontale, jamais il ne s’en était pris à elle physiquement. Alors oui, quand il y réfléchissait, il se disait que la jeune femme devait presque se sentir intouchable et, de fait, avoir encore moins peur de lui tenir tête. Il devait remédier ça. Mais pourtant, il n’avait aucunement envie de lui faire mal physiquement. Premièrement parce que cela signifierait pour lui un renvoie immédiat et une impossibilité d’accomplir sa vengeance ; mais aussi étrangement parce qu’elle n’était pas ce genre de « victime ». La demoiselle était son divertissement, il n’était pas tendre avec elle mais il ne la voyait pas comme un moyen de se défouler comme ça. Il fallait donc qu’il trouve un moyen pour réinstaller la peur en elle mais sans violence… Cela lui compliquait la tâche mais c’était aussi ce qui rendait le tout intéressant.

Le bibliothécaire était donc en pleine réflexion alors que Caitlyn elle ne changeait pas sa ligne de défense, répétant qu’elle ne voulait ses livres que pour étudier, par curiosité. Il voulait la pousser à bout et par conséquent cette réponse ne lui suffisait pas. N’était-ce pas vrai pour autant ? Si peut-être, mais ce n’était pas ce qui intéressait Keith. Il ne cherchait pas la vérité. Alors lorsqu’elle fit une petite blague en demandant à l’homme ce qu’il voulait entendre, il ne put retenir un sourire mauvais. Elle y était presque en un sens. Oui presque mais pas tout à fait. Elle le voyait encore comme un être simpliste qui avait une vision manichéenne des choses. Cela le blessait un peu dans son orgueil d’ailleurs mais ce n’était pas le moment de s’attarder là-dessus. Non, l’homme voyait bien plus loin que ça.

« Pas tout à fait mais vous vous en approchez… »

Oui elle touchait du bout des doigts les volontés de Keith. Il voulait l’amener là-dedans, lui faire comprendre qu’il ne la soupçonnait pas de faire ce genre de choses mais d’être capable de basculer là-dedans très facilement. La super rebelle pouvait, à son avis, très vite se transformer en un personnage plus sombre si tout ce en quoi elle croyait s’écroulait, si ses adversaires savaient frapper au bon endroit. Alors certes, le bibliothécaire n’avait pas encore pour projet de créer des monstres sans cœur mais l’idée de voir le trouble apparaître dans la petite tête pleine d’assurance de Melle Twain l’amusait beaucoup. Cette dernière ne semblait cependant toujours pas décidé à se laisser bouffer par le bibliothécaire. Elle se battait encore avec un certain calme et une certaine réserve. Oui elle avait progressé là-dessus c’était indéniable mais il en fallait plus pour que Keith ne s’avoue vaincu. Il l’écouta donc détourner l’angle de la conversation avec un petit sourire. Il prit soin de laisser un léger silence avant de parler. Non pas pour réfléchir mais bien pour laisser les mots de la jeune femme planer dans le silence et surtout, lui laisser le temps de se poser des questions sur ce qu’elle venait de dire et sur ce qui pouvait se tramer dans l’esprit indéniablement tordu de la figure d’autorité en face d’elle.

« Jamais je n’ai prétendu avoir voulu rester dans le droit chemin, même au niveau de la magie et vous le savez très bien. Quant à votre curiosité, elle ne m’intéresse pas. Ce qui m’intrigue plus c’est ce que peuvent provoquer ces lectures chez vous. Maintenant que les temps sont calmes il vous faut de l’adrénaline. Cela vous manque certainement de sentir votre cœur battre à cent à l’heure. De vous dire que chaque jour est un nouveau défi… Peut-être que la magie noire serait un bon moyen de retrouver ces sensations. »

Keith s’était mis à parler moins fort et surtout, plus lentement. Il appuyait sur chacun des mots qu’il utilisait comme si chacun d’entre eux recélaient en réalité une multitude de significations et de sous-entendus. C’était aussi un moyen de se faire la voix du mal, d’instaurer une ambiance plus inquiétante. Alors certes il s’agissait là d’une technique assez basique mais qui avait déjà fait ses preuves. Et puis, il n’en restait pas moins que le fond du discours du bibliothécaire restait la chose la plus importante dans tout ça. Parce que oui, il était sûr et certain que miss parfaite avait dû plusieurs fois se laisser tenter par des choses qu’elle n’aurait même pas du envisager. Il était sûr qu’au fond d’elle, persistaient des doutes quant à ce qu’elle serait capable de faire. La regardant alors droit dans les yeux, Keith reprit la parole parlant toujours aussi bas, sur un ton morne. Il s’amusait comme un petit fou.


« Il est tellement facile de voir en vous cette envie d’aventure, ce besoin de tout découvrir, d’être la première à explorer certains terrains quoi que cela puisse coûter… »


Tout était imagé dans ce que Keith disait et bien sûr rien n’était à prendre au pied de la lettre. Il voulait la faire réfléchir, quitte même à ce qu’elle sur interprète ce qu’il venait de dire, ce qui serait encore plus drôle. Le jeu prenait une tournure toute particulière. Mais un bruit de porte suivit de pas pressés semblaient décidé à interrompre leurs joyeuses réjouissances….

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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Mar 31 Mar 2015 - 13:44

Ping-pong. C'était du ping-pong, et Caitlyn se demandait qu'est ce que Keith McEwen pouvait bien trouver d'amusant à ce jeu. Il ne comprendrait sans doute pas la référence, puisqu'il éprouvait clairement de l'aversion vis à vis de tout ce qui touchait à l'univers moldu et ne connaissait donc sûrement pas ce sport, mais c'était l'image la plus parlante qu'elle pouvait trouver pour illustrer leur conversation. Toutes leurs conversations, d'ailleurs. Ils se renvoyaient la balle, ni plus ni moins. Certes, Caitlyn éprouvait un certain plaisir à sentir dans son ventre cette chaleur et ce fourmillement caractéristiques des vagues d'adrénaline qui la submergeaient : c'était la pression qui montait, qui affolait son cœur et ses poumons, et c'était grisant, presque jouissif… Mais à force de le prolonger, le jeu perdait bien vite son intérêt et devenait presque puéril. C'était décevant. Elle avait cru qu'elle finirait par le dégoûter, si elle arrivait à garder cette désinvolture, cette indifférence, pendant assez longtemps. C'était un peu son seul défi, défi qu'elle devait se le lancer elle-même puisque la situation ne le faisait pas. Et finalement, elle devait avouer qu'elle se lassait plus rapidement que lui. Elle était presque étonnée qu'il s'accroche autant. Mais franchement, quoi : qu'est ce qu'il y avait d'intéressant à cette confrontation ? Ils se connaissaient quasiment par cœur, désormais. Mis à part pour tester leurs limites, c'était ennuyeux, tout simplement.

Pourquoi ne changeait-elle pas de stratégie ? Pourquoi n'essayait-elle pas de mettre plus d'action et de challenge, voyant qu'il ne le faisait pas ? Pourquoi ne prenait-elle pas les choses en main, pourquoi se contentait-elle de lui répondre en faisant l'innocente et en le provoquant comme à toutes leurs confrontations ? Elle aurait très bien pu tout simplement partir, et voir sa réaction. Elle aurait pu monter le ton, elle aurait pu sortir sa baguette. Mais il n'attendait que ça, et jusque là, elle n'avait pas voulu le lui donner. Pourquoi devait-elle être aussi têtue ? Elle ne voulait pas lui faire le plaisir de céder avant lui. Oui, c'était ça, le défi, le seul défi. Son seul défi. C'était de ne pas céder avant l'autre. De tenir plus longtemps que l'autre à ce jeu qui perdait de plus en plus son intérêt. En espérant, peut-être, qu'il finirait par devenir le jeu le plus intéressant au monde, s'ils arrivaient à tenir assez longtemps. Car elle risquait gros. Potentiellement. Si les règles changeaient. Si… Argh, nonsense. Il ne cherchait pas à lui faire de mal, il ne cherchait pas à faire changer les règles. Elle ne savait pas ce qu'il cherchait, ce qu'il considérait comme le défi de ce jeu, mais il ne lui ferait pas de mal, pas physiquement du moins, et quelque part, elle le savait très bien. C'était bien ça le problème, c'était ça qui rendait le tout si vain, si inutile. Ça manquait d'action, ça manquait de défi. Ça ne valait plus la peine. Flippant.

« Jamais je n’ai prétendu avoir voulu rester dans le droit chemin, même au niveau de la magie et vous le savez très bien. Quant à votre curiosité, elle ne m’intéresse pas. Ce qui m’intrigue plus c’est ce que peuvent provoquer ces lectures chez vous. Maintenant que les temps sont calmes il vous faut de l’adrénaline. Cela vous manque certainement de sentir votre cœur battre à cent à l’heure. De vous dire que chaque jour est un nouveau défi… Peut-être que la magie noire serait un bon moyen de retrouver ces sensations. »

Et c'était flippant aussi à quel point c'était possible que le bibliothécaire ait raison. Admettre que son cœur battant la chamade et sa respiration retenue ou haletante lui manquaient, c'était comme admettre que les Supérieurs l'avaient transformée en une sorte de… de monstre, de freak. Que son corps s'était habitué à tourner à l'adrénaline et était en manque depuis leur départ. Qu'elle avait besoin de sa dose de sensations fortes comme le drogué avait besoin de sa dose de daube. Elle déglutit difficilement. Et s'il avait réellement raison ? Si, derrière les traits de la jeune fille aux beaux cheveux bruns, aux grands yeux bleus, intelligente, curieuse, amusante, sensible, ouverte et positive, derrière la petite miss parfaite comme ils s'entêtaient tous à la qualifier, se trouvait un tout autre visage ? Un visage sombre, inquiétant. Le visage d'une gosse qui avait su survivre des horreurs, pratiquement, qui n'avait pas eu d'autre choix que d'apprendre à survivre, et qui n'était plus capable de vivre… Ultra-flippant. Étaient-ils tous comme ça ? Tous ces gosses de Poudlard qui avaient été coincés sous le joug des Supérieurs pendant deux ans, étaient-ils tous devenus des étrangers à eux-mêmes ? What doesn't kill you makes you feel alive. Avait-elle besoin du stress, du danger, des Supérieurs pour vivre ?

« Donc en gros, vous êtes en train de me dire que les Supérieurs me manquent ? Mais bien sûr, allons les chercher, les inviter à revenir, tant qu'on y est. Après tout, sans eux, la vie n'en vaut pas la peine, hein ? »

Et non, qu'il ne voie pas là une sorte d'aveu, ce n'était absolument pas le but de la manœuvre. Le ton était clairement ironique, elle voulait lui montrer l'absurde de son raisonnement. … Ou se montrer l'absurde de son raisonnement à elle ? Non. Non non non. Ce n'était pas parce qu'elle évoquait le fait d'avoir besoin des Supérieurs pour vivre, que c'était le cas. Ce n'était pas parce que son esprit avait interprété ainsi les paroles du bibliothécaire, que c'était le reflet de la réalité. Ce n'était pas parce qu'elle se défendait, qu'elle était coupable ! Elle voyait déjà la satisfaction de l'homme, comme un flic qui venait de trouver une preuve là où il n'y en avait pas, et elle regretta d'avoir ainsi extrapolé ses accusations, de s'être ainsi laissée prendre au piège. Elle était loin de souhaiter le retour des Supérieurs, si ce n'était pour les éradiquer afin qu'ils ne puissent plus jamais revenir.  Mais insister sur son innocence dans cette histoire, comme dans n'importe quelle histoire, ne serait qu'accroître l'impression d'un fautif qui essayait de se justifier, de se disculper. Elle se retint de continuer à argumenter, que ce soit par l'absurde ou par la raison, car ça n'aurait été que s'enfoncer encore plus. C'était ça, son challenge à lui. C'était de la faire craquer alors qu'elle s'efforçait de tenir. Ça l'amusait.

« Il est tellement facile de voir en vous cette envie d’aventure, ce besoin de tout découvrir, d’être la première à explorer certains terrains quoi que cela puisse coûter… »

Il la regardait droit dans les yeux, parlait lentement, d'une voix caverneuse. Il choisissait avec précision son vocabulaire, son ton, son attitude. Le jeu devenait moins ennuyeux, maintenant qu'il mentionnait ces parts d'ombre qui sentaient l'interdit, le risqué, le dangereux. Les limites à ne pas dépasser. De quoi était-elle capable ? De quoi était capable un esprit, une âme, un corps ? Quelles étaient les étendues des facultés humaines ? Elle retenait son souffle, assise sur la chaise qu'elle avait fait apparaître, se forçant à paraître détendue, naturelle. En vrai, cette conversation commençait à la stresser un peu. Elle avait essayé de la prendre à la légère, de laisser les mots glisser sur son esprit sans l'atteindre, mais il y avait tout de même une brèche dans son bouclier, et il avait réussi à l'élargir contre sa volonté. Le contrôle qu'elle avait si bien réussi à garder jusque là venait de lui glisser un peu des mains, et il le savait. Et elle savait qu'il le savait. Au moment même où elle avait laissé le doute et les questions envahir son esprit, au moment même où elle avait commencé à envisager le fait que le bibliothécaire pourrait avoir raison et qu'elle ne se connaissait peut-être pas aussi bien qu'elle ne le croyait, elle avait perdu le contrôle. Et c'était aussi pour ça que le jeu devenait moins ennuyeux. Mais elle n'abandonnait pas si facilement la partie. Touché n'était pas encore coulé. Il fallait qu'elle se ressaisisse, il lui fallait du temps pour se ressaisir. Lui-même avait bien laissé quelques instants de silence avant de reprendre la parole, donc pourquoi n'y aurait-elle pas le droit à son tour ? Prenant soin à ne pas trop le montrer, elle profita de ces secondes de flottement pour se reprendre en main et réfléchir. La réflexion était la clef de tout.

« C'est exactement ce que je disais, oui, je vois que vous me comprenez bien. Je suis curieuse, j'aime apprendre des nouvelles choses, "explorer des terrains" comme vous dites. Je ne prétends pas que l'envie d'essayer de passer à la pratique ne m'a jamais effleuré l'esprit, mais j'espère que vous ne me considérez pas non plus comme une inconsciente, ce serait très mal me connaître. En fait, je crois que vous prenez cette histoire de Syndrome de Stockholm un peu trop au sérieux… c'était censé être une blague, hein. Enfin bref, pour revenir à cette histoire de bouquins, vous comptez marchander encore longtemps ? Vous voulez me surveiller pendant que je lis, pour voir ce que les lectures peuvent "provoquer chez moi" ? J'ai essayé de répondre à la question du pourquoi je veux les emprunter, mais la réponse ne vous a pas satisfait, donc je ne vois vraiment pas ce que je peux faire d'autre. »

Et plus elle parlait, plus elle reprenait de l'assurance. Mais il en fallait pas non plus qu'elle abuse trop de son temps de parole. Elle le regarda en se retenant de lever les yeux au plafond avec un soupir lassé, mais elle lui montrait tout de même bien l'exaspération qu'elle ressentait par rapport à ce cirque qu'il faisait autour des livres qu'elle avait voulu emprunter en secret. Elle n'allait tout de même pas lui avouer qu'elle avait apprécié le moment de stress provoqué par ses sous-entendus et par leur vraisemblance. Elle savait d'ores et déjà que les paroles du bibliothécaire lui reviendraient, le soir, dans son lit, ou même la journée, dans des instants de solitude et de calme plat. Elle aurait alors l'occasion de se faire flipper soi-même, se demandant à quel point il pourrait avoir raison et à quel point ce n'était que de l'abstrait, de l'hypothétique. Soudain, il y eut le bruit d'une porte qui s'ouvrait et de pas qui se pressaient.

« Mr. McEwen ? Keith McEwen ?! »

Des murmures insistants, puis un halo de lumière qui s'approche et finalement, un homme apparût devant eux, à contre-jour, les aveuglant avec la lumière de sa baguette. Caitlyn se releva, sans bruit mais en hâte, et réprima l'envie de se placer aux côtés du bibliothécaire comme s'ils avaient été dans le même camp. Quelle était la conduite à adopter ? Qu'attendait-on d'elle ? Et qu'attendait-elle d'eux ?

« Ah ben enfin ! Je vous cherche partout. Qu'est ce que vous faites là ? … Et vous, vous devriez pas être dans votre dortoir ? Le couvre-feu est passé depuis des heures ! »

Il fronça les sourcils en regardant Caitlyn, qui espérait que Keith prendrait la parole pour gérer la situation, ne serait-ce que pour répondre à la partie de la question qui lui était adressée et détourner ainsi l'attention que l'homme portait à la jeune femme.

« Bon, peu importe, on a besoin d'aide dans la grande salle, une paire de mains en plus sera toujours utile. Suivez-moi. »

Besoin d'aide dans la grande salle ? Caitlyn gardait le silence, mais une multitude de questions se bousculaient dans sa tête suite à ce retournement de situation inattendu. Le gardien, sans trop s'attarder à leur expliquer les détails de la situation, sortait en hâte de la réserve interdite, et pressait le pas dans les couloirs et escaliers du château. Elle n'était pas vraiment en droit de demander quoi que ce soit, mais elle espérait que Keith exigerait des précisions par rapport au peu d'informations qu'ils venaient de recevoir.

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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Jeu 2 Avr 2015 - 12:00

Les Supérieurs lui manquait, Keith en était sûr. Alors bien sûr, il était un peu étrange de le dire en ces termes et on ne pouvait pas dire que la jeune femme les regrettait eux particulièrement. Mais une chose était sûre: elle avait besoin de sa dose d’adrénaline, de ce petit coup de fouet. Elle avait évolué et affirmé son identité dans une période troublé, dans une période où on n’existait que par des prises de positions affirmées. Alors oui, voilà pourquoi le bibliothécaire était sûr que cela avait une important particulière pour elle. Il ne la voyait pas comme nostalgique mais plus comme ressentant un vide, comme cherchant à tout prix à retrouver des sensations fortes. Caitlyn était un objet d’étude intéressant. Il y avait chez elle des reflets directs de ce que pouvaient faire des gens comme les Supérieurs sur le développement des jeunes gens. Il ne démordrait pas de sa position même si elle continuait à se débattre et à vouloir le contredire. Cela l’amusait d’ailleurs de la voir chercher à tout prix à lui faire comprendre que ce qu’il disait était idiot. Sa réponse manquait de force, d’arguments. Elle s’était contentée de quelque chose de très simple comme si elle se sentait soudain un peu trop sur la défensive. Est-ce que cela voulait dire quelque chose? L’homme ne pouvait pas l’affirmer, il n’était pas psy et puis à force de vouloir interpréter tous les signes, tous les gens de la demoiselle il risquait fort de se leurrer lui-même. Mais il notait tout de même sa façon de répondre. Il gardait ça dans une petite case de son esprit, à exploiter pour plus tard. Car pour l’instant, il devait mener sa petite attaque jusqu’au bout, dire ce qu’il avait à dire, aller au bout des choses pour ensuite peut être tenter d’en tirer des conclusions. Agir de manière méthodique et posée. Il devait essayer au maximum de refréner ses gestes d’humeur et ses colères. S’il se laissait déborder face à elle ce serait foutu et un peu humiliant même.

Keith avait donc fini son petit discours et il était maintenant prêt à accueillir les réactions de Caitlyn à continuer d’emmagasiner. Et il ne fut pas déçu. Ce fut comme si la jeune femme se réveillait soudainement d’un sorte de veille et que d’un coup, elle lançait tout ce qu’elle avait à dire. D’un côté, elle donnait vraiment l’impression de vouloir en terminer au plus vite, d’être agacée par l’homme. Soit… Cela ne le blessait pas plus que ça. Ce qui l’amusait surtout c’était la façon qu’elle avait de se débattre dans sa relation avec les Supérieurs et son envie d’adrénaline. Le bibliothécaire était sûr et certain que tout n’était pas réglé dans l’esprit de la jeune femme à ce sujet. Mais pour le moment il aurait été inutile de continuer à appuyer là-dessus. Il fallait attendre. Oui ce qu’espérait vraiment Keith au fond c’était que cette discussion s’insinue ensuite dans l’esprit de la demoiselle et qu’elle ne puisse s’empêcher d’y réfléchir. Si jamais cela se produisait, alors il serait certain d’avoir accompli ce qu’il voulait faire. Quant à cette histoire de lecture… Ce n’était au final qu’un détail, un prétexte à tout ça. Allait-il lui laisser les lire? Peut être. Ce serait une petite fleur qu’il lui ferait. Un fléchissement non pas de caractère mais une manière de lui dire qu’en fait, ce qu’il cherchait était bien différent.


“Vous ne vous attachez qu’à la surface des choses… Il faudrait que vous…”


Mais Keith n’eut pas le temps de finir sa phrase. La porte, les bruits de pas et ces murmures qui l’appelaient. Qui était-ce? Qui osait venir le chercher dans la réserve, c’était étrange? Le bibliothécaire se retourna, sur ses gardes, serrant sa baguette dans sa main. Un homme fit alors son apparition qu’il reconnu comme l’un des gardiens du Château. Ce dernier semblait surpris de le trouver ici et fit une réflexion à Caitlyn. Bon ça à la limite il comprenait mais il avait dû mal à accepter qu’on lui demande ce qu’il faisait là. Il allait où il voulait quand il voulait, il n’était pas prisonnier ici et il était assez grand pour se surveiller tout seul. Agacé par cette entrée en matière, Keith ne pu donc s’empêcher de glisser une petite réflexion, en profitant au passage pour dédouaner la jeune femme. Il voulait s’occuper de son cas seul et ne voulait pas non plus qu’on le soupçonne de maltraiter des élèves parce que sinon Rivers risquait fort d’accourir et la situation deviendrait compliquée.


“Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai aucune raison de ne pas être ici. Quant à Melle Twain, elle errait dans les couloirs pour cause d’insomnie, je lui ai donc proposé une bonne lecture pour qu’au moins elle ne perde pas son temps.”


Question suivante? Si le gardien ne se souvenait pas du caractère particulier de Keith, au moins ce dernier venait de lui rafraîchir la mémoire. Enfin, tout cela passa au second plan lorsqu’il lui fit comprendre qu’ils avaient besoin d’aide dans la Grande Salle. Le bibliothécaire fronça les sourcils. Qu’est-ce que c’était que ce bordel? Pour qu’il accepte que Caitlyn vienne au lieu de la ramener dans son vestiaire c’était clairement parce que ça sentait le roussi. Alors qu’ils s’étaient mis en route, Keith exigea des explications. Le gardien semblait profondément agacé par la personnalité du bibliothécaire mais il lui résuma tout de même la situation. C’était mauvais. Très mauvais. Si Salem était tombée c’était que les Supérieurs avaient décidé de marquer un grand coup. La victoire de Poudlard n’avait été qu’une étape. Enfin, cela signifiait aussi que sa vengeance pourrait bientôt prendre une tournure plus concrète… Alors qu’ils arrivaient vers la Grande Salle, le bibliothécaire se tourna vers Melle Twain.


“Nous reprendrons nos petites affaires plus tard. Je vous laisse les livres pour cette fois. Et profitez, voici une belle occasion pour vous de jouer les héroïnes…”


Oui c’était facile. Une petite moquerie simple. Mais l’occasion était absolument parfaite et le bibliothécaire n’aurait en aucun cas pu passer à côté. Mais malheureusement, il n’avait pas le temps de plus s’attarder sur la demoiselle. La Grande Salle ressemblait vraiment à une zone sinistrée. Il y avait des gens partout, plus ou moins blessés. Les regards étaient perdus, terrorisés. C’était moche à voir. Ils devaient avoir l’impression de revivre le jour de la Révolte. C’était étrange d’être de ce côté là maintenant. Mais Keith ne regrettait pas. Sans rien ajouter de plus à Caitlyn, il se dirigea donc vers un groupe de professeurs qui semblaient avoir plus ou moins pris les choses en mains.
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MessageSujet: Re: [Event 20/12/14] My dear old friend [PV Caitlyn]   Sam 4 Avr 2015 - 18:52

Cet homme la faisait tourner en bourrique. Il soulevait dans son esprit des questions qu'elle avait enterrées le plus profondément possible, il ouvrait grand la porte à des doutes qu'elle avait soigneusement enfermés et verrouillés. Il secouait son cerveau comme un barman secouait son shaker, et ses pensées s'entrechoquaient comme les liquides et les herbes pour former un cocktail explosif. C'était la pagaille la plus totale. Elle ne savait pas sur quel pied danser, autant vis-à-vis de lui que vis-à-vis d'elle-même. Des hypothèses inquiétantes, flippantes, s'étaient faufilées dans le périmètre de sa conscience et elle ne parvenait pas à les en chasser. Il la rendrait folle. Elle avait déjà bien du mal à tenir le coup avec toute la pression qui montait en elle suite aux récents événements, elle avait régulièrement et de plus en plus fréquemment besoin d'évacuer sa frustration par l'intermédiaire du sport et d'autres activités physiques intenses. Il venait de rajouter une couche de plus en dévoilant une face de son caractère qu'elle ne se connaissait pas ni ne voulait connaître. Mais c'était trop tard. Elle savait que, désormais, avant de s'endormir, elle tournerait et retournerait dans sa tête tous les arguments pour et contre la vraisemblance de ce qu'il avançait. Les Supérieurs lui manquaient-ils ? Leur présence dans sa vie en cette période d'instabilité et de vulnérabilité qu'était l'adolescence l'avait-elle rendue dépendante à l'adrénaline et à la prise de risques ?

Les deux années qu'elle avait passées à survivre par tous les moyens sous le joug de ces tarés étaient deux années de maturation psychologique pendant lesquelles les individus se créaient leur identité, ce serait tout à fait logique que son esprit en conserve des marques. Pourtant, Caitlyn n'était pas franchement le genre de personne psychologiquement faible, à la base. C'était même plutôt le contraire. Elle était assez précoce, niveau maturité, et bien plus intelligente qu'elle ne le laissait croire. Maintes fois, elle s'était promis de ne pas laisser les Supérieurs rentrer dans sa tête, que ce soit de manière volontaire ou par effet secondaire. Elle se considérait comme seule maître de son esprit. Elle rejetait leur idéologie qu'ils cherchaient à répandre, elle rejetait la terreur qu'ils voulaient faire régner, elle rejetait les sentiments de culpabilité qu'ils pouvaient leur instiller… Finalement, force était de constater qu'elle vivait très mal l'absence de ses tortionnaires. Elle n'était peut-être pas aussi inatteignable qu'elle l'aurait voulu. Mais de là à savoir s'il s'agissait d'une crainte de leur retour ou d'un manque, d'un vide, caractéristiques d'un sevrage ? Oui, ces questions reviendraient hanter son esprit chaque soir avant qu'elle ne s'endorme, elle le savait, et elle se sentait déjà devenir folle à essayer de les tourner dans un sens qui ne soit pas flippant ou malsain tout en sachant pertinemment qu'il suffisait de les regarder dans l'autre sens pour qu'elles le soient.

Heureusement, un gardien était venu interrompre leur petite discussion, manifestement à la recherche du bibliothécaire et surpris de le trouver dans la réserve interdite en compagnie d'une élève qui aurait dû être couchée depuis longtemps. Keith lui avait rappelé qu'il avait tous les droits de se rendre dans la réserve interdite de sa bibliothèque si l'envie l'en prenait, mais quelque part, c'était comme si son agacement ne résultait pas que du comportement du gardien, mais aussi de sa simple présence qui perturbait son entretien avec la jeune femme. Il avait d'ailleurs aussi justifié la présence de cette dernière à ses côtés, et c'était tout à son avantage car il risquait gros si l'information remontait jusqu'au Directeur. Il avait fini par suivre le Gardien et Caitlyn leur avait emboîté le pas, tout en écoutant attentivement les explications que Keith avait demandées au Gardien. Ce fut ainsi qu'elle apprit que Salem était tombée, et que s'ils avaient besoin d'aide dans la Grande Salle, c'était parce qu'ils venaient d'ouvrir le château à plusieurs centaines de rescapés qui avaient survécu à l'attaque.

Le spectacle fut franchement moche à voir. Du sang et des larmes. Des corps affalés par terre, entassés les uns sur les autres. Ils avaient peur, ils étaient épuisés, ils venaient de vivre le traumatisme de leur vie. Elle n'entendit que vaguement la remarque que lui fit le bibliothécaire avant de la planter là avec les deux gros grimoires dans les bras. Elle sortit dans le hall et chercha un endroit où elle pourrait laisser les livres encombrants, puis entra à nouveau dans la pièce. Elle se sentait presque aussi paumée que ces étrangers venus chercher asile dans son école. Mais elle ne tarda pas à se ressaisir. Ce n'était pas le moment de tergiverser et de se laisser assaillir par les émotions.  Il fallait de l'efficacité. Elle chercha des yeux quelqu'un à qui elle pourrait proposer de l'aide et qui lui dirait quoi faire.

« Hep, toi là ! »

Elle se retourna.

« Oui toi ! J'ai besoin d'aide. Allez on s'active ! »

Elle se dépêcha de le rejoindre et s'agenouilla comme lui auprès d'un jeune homme qui semblait mal en point.

« J'ai besoin que tu l'immobilises, tu t'en sens capable ? Ouais, voilà comme ça, les épaules et les hanches, c'est parfait. Prête ? On y va ! »

Et elle appuya de toutes ses forces quand le corps s'arc-bouta sous la baguette de l'homme.

« C'est bon, merci. »

Elle hocha la tête et retira ses bras du corps du jeune homme qui avait cessé de bouger. L'homme fit alors apparaître un lit de camp et demanda à Caitlyn de l'aider à allonger le patient dessus. Il le recouvrit ensuite et le marqua de sorte à ce que d'autres puissent voir qu'il avait reçu les soins imminemment nécessaires. Puis il se tourna vers elle et la jaugea du regard. Bientôt, les voilà s'affairant ensemble dans un coin de la Grande Salle. Elle soignait les plaies superficielles, il se chargeait des plus profondes. Il était le docteur et elle l'infirmière. Progressivement, le reste de la Grande Salle s'organisait plus ou moins de la même manière, avec des petites équipes agissant dans leur périmètre. La nuit promettait d'être longue.

The End
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