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 Need to see you ▬ Julian

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MessageSujet: Need to see you ▬ Julian   Sam 29 Nov 2014 - 11:45

Lundi 8 décembre en fin de journée.

Par Merlin… les cours allaient avoir sa peau. Il avait manqué s’endormir en histoire, comme d’habitude. Sauvé par le gong. Il sortit du cours en s’étirant, balança une connerie à un pote. L’arrivée prochaine de Noël le mettait de bonne humeur. Aux dernières nouvelles, Lily avait cinq jours d’avance sur son calendrier de l’avent et elle se vantait dans chaque lettre qu’elle envoyait à son grand frère qu’elle avait déjà trouvé son cadeau. Les cadeaux, cette éternelle réflexion à se taper la tête contre les murs… La petite, encore, ce n’était pas la pire. Elle avait fait une liste longue comme un bras de trucs de fille, c’était hallucinant l’imagination qu’elle avait. Emeric et papa, c’était la mort pour leur trouver des cadeaux de Noël… Il aviserait en rentrant, un passage au chemin de Traverse lui donnerait forcément deux, trois idées de merdouilles à leur acheter.

Le serpentard fit un saut à la bibliothèque. Ça lui faisait penser qu’il avait toujours ce livre de magie noire « emprunté » l’année dernière… Si le bibliothécaire était au courant, il lui pèterait les rotules. Voler un livre censé être dans la Réserve, quel sacrilège ! Mais après la discussion qu’il avait eue avec le professeur Reid… il hésitait à venir finalement le rendre. Ce n’était pas un ouvrage de référence en la matière, et il avait peut-être une chance d’en apprendre plus par d’autres biais… Mais ce n'était pas pour tout de suite. Il cherchait un livre sur l’animal qu’ils avaient étudié dans l’après-midi, en SACM. Il se glissa en silence dans la rangée dédiée à la matière et y planta sa tente après être tombé sur un ouvrage regorgeant d’informations sur les sombrals…

Ce fut un ami qui le sortit de ses pensées, une bonne demi-heure après qu’il soit entré dans l’antre du savoir. Le nez planté dans son livre, il reconnecta son cerveau au bruit ambiant. L'ami avait l’air excité, parlait fort et reçut un regard noir des élèves présents et du bibliothécaire. Lorsqu’il retrouva son camarade de classe, il le héla, faillit se faire engueuler à nouveau et soupira. Qu’ils étaient agaçants, avec ce silence religieux dans les lieux de savoir. Si on devait se taire à chaque fois qu’une grosse tête bûchait dans un coin, le monde serait aussi silencieux qu’un cimetière. Il se planta devant Jeroen et se pencha sur le ton de la confidence.

- Ça fait des plombes que je te cherche. Ça parle beaucoup de ta chérie… Il parait qu’elle a fait une annonce pendant un cours cet après-midi…
- Une annonce ?
- Elle a avoué être une sang-de-bourbe. T’étais au courant ?

Jeroen jeta un regard vide et froid à son ami. Non, il n’était pas au courant de cette annonce. Il ne releva pas l’usage du terme, connaissant bien son pote et sachant bien que ce n’était pas lui qui irait émettre un jugement négatif sur le sang… En plus, il le savait déjà depuis des mois, qu’elle n’était pas ce qu’elle prétendait être. Ils étaient tous à la ramasse. Mais… bon sang ! Faire une annonce en cours, histoire que ça fasse bien le tour du château ? Qu’est-ce qui lui prenait tout à coup ? Le pote, ayant délivré sa dépêche, se tut et l’observa un instant. Puis il commença à s’impatienter et claqua des doigts devant son visage pour vérifier qu’il n’avait pas fait un malaise les yeux ouverts.

- Jerry ?
- Je dois y aller. Tu m’empruntes ça s’il te plait ?
- Mais je peux plus emprunter de bouquin depuis que j’ai défoncé mes derniers emprunts… Jerry ?

Jeroen avait déjà disparu. L’étudiant haussa les épaules, posa le livre sur une table et sortit sans saluer le bibliothécaire. Lorsqu’il s’agissait de Julian Neil, les foules se soulevaient et tout le monde avait un avis à donner. Le vert, lui, était tout entier lancé dans sa recherche. Il devait la trouver, rapidement. Urgence capitale, quasi vitale, laissez passer. Il passa aux abords de la Grande Salle. Plusieurs potes le saluèrent en passant mais il ne les voyait pas. L’un d’eux, un serpentard un peu langue de vipère, balança une remarque sur la nouvelle qui avait déjà traversé une bonne moitié du château. Des élèves, non loin de là, se mirent à tendre l’oreille. Jeroen s’arrêta un mètre plus loin, revint sur ses pas. Trente secondes d’arrêt, juste le temps d’attraper l’insolent par le col et de lui jeter un regard aussi glacial que l’hiver lui-même.

- Quelque chose à redire là-dessus ?
- Hé, putain, je rigolais… On s’en fout !
- « On » ne s’en fout pas. Tu sais où elle est ?
- Sûrement redescendue à la salle commune…
- Merci.

Un remerciement qui signifiait bien autre chose. Les autres le regardaient avec des grands yeux, peu habitués à voir cette facette-là du personnage. Jeroen repartit au pas de course. Extérieurement, on aurait pu penser qu’il voulait démonter tout le monde, elle y comprit. Il était comme un chien prêt à se jeter à la gorge de quiconque manifesterait son existence. Pourtant… non, il s’était juste mis en pilote automatique, d'où le regard froid, et il n’avait pas pu s’empêcher de réagir à la remarque déplacée. Ça ne voulait plus passer.

Elle avait agis de manière irréfléchie, sans le prévenir. Elle se mettait en danger ! La situation pouvait s’avérer pire que lorsqu’elle avait cette image de sang-pure ayant collaboré sous le joug des Supérieurs. Qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? Qu’importe ses mots exacts, ils la traiteraient de menteuse, d’imposteuse, de gamine en mal de célébrité, ou pire, ils en profiteraient… Les scénarios allaient bon train dans son esprit. Depuis qu'elle s'était fait attaquer, il s'inquiétait pour elle, à raison... Il faisait le tour de la question à toute allure, pour pouvoir lui faire face en ayant une idée de l’étendue du truc. Lorsqu’il entra comme un fou dans la salle commune, il fit cesser quelques discussions. Pas de chevelure rousse en vue. Après un temps d’arrêt pendant lequel il reprit son souffle, il reprit sa route grimpa quatre à quatre les marches vers les dortoirs des filles. Lorsqu’il se retrouva devant la porte, il pesta. La poignée ! Il n’y avait pas pensé. Il attrapa la première fille qui passait à portée de main.

- Je dois voir Julian.
- Et puis quoi encore ? Tu veux pas aussi que je te passe ses culottes ?
- C’est important. S’il te plait.

Devant son regard implorant, elle finit par céder. L’élève gravit les dernières marches pour le rejoindre, toqua et ouvrit la porte du dortoir avant de s’éclipser après un dernier regard méfiant. Elle était là. Sa Julian. Seule. Il entra, referma la porte derrière lui et s’arrêta au milieu de la pièce. Et maintenant ? Respire mec, reprend ton souffle. Elle allait se sentir agressée s’il ne reprenait pas le contrôle de lui-même là tout de suite. Il inspira, passa sa main dans ses cheveux pour se calmer et se lança dans la contemplation de ses pieds avant de lever à nouveau les yeux vers elle, plus tranquille et un petit sourire gentil sur les lèvres. Bisou ?

- Ça va ?

Ça. Va. La question la plus improbable qui soit, et pourtant. Qu’est-ce qu’il aurait bien pu dire d’autre ? « Hey salut ! J’ai appris que tu t’étais sabordée, ça t’amuse ? » Ou lancer une discussion banale alors qu’il n’était vraiment pas question de faire semblant ? « Ne me laisse jamais partir. » Elle lui avait demandé. Il lui avait répondu qu’il serait toujours là, et qu’importe si elle était déjà endormie, il n’allait pas revenir sur sa parole. Et puis la question voulait tout dire. Il n’était pas là pour l’engueuler ou la féliciter. Il était là en soutien. Et pour savoir, aussi, mais ça viendrait en temps et en heure. Lorsqu’il sentit qu’elle n’allait pas lui envoyer des objets à la figure - sait-on jamais, une femme énervée peut présenter des risques pour la santé -, il s’approcha d’elle, s’assit sur le bord du lit et prit sa main avec douceur.

- Qu’est-ce qui s’est passé ?

Il n’avait pas vraiment écouté les gens qui parlaient. Il ne connaissait qu’une partie de l’histoire… et c’était d’elle qu’il voulait l’entendre. Pas de la bouche de l’un de ces crétins des Alpes. Il la secouerait selon sa réponse...
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MessageSujet: Re: Need to see you ▬ Julian   Mer 3 Déc 2014 - 12:19

Le jour était arrivé. Julian n’avait quasiment pas dormi de la nuit. Son cerveau avait seulement réussi à se déconnecter par tranches de quelques minutes, parce que ça faisait un moment déjà que son sommeil était agité alors forcément, le repos manquait cruellement. Pourtant, lorsqu’elle avait décidé de sortir de son lit, elle ne sentait en aucun cas la fatigue. La jeune femme avait plutôt l’impression que son cœur battait un peu trop vite et qu’elle avait besoin d’aller courir un coup pour se détendre et ôter le surplus de nervosité, se transformant en énergie, qui l’habitait. Elle jeta alors un regard à l’heure et constata qu’elle avait du temps avant son premier cours. La demoiselle s’habilla donc rapidement et se rendit sur le terrain de Quidditch. Les Gryffondors étaient là pour s’entraîner, comme tout les lundis. Elle décida tout de même d’aller prendre un balai dans les vestiaires et de se déplacer sur le terrain destiné au vol pour se faire une petite session. La jeune femme décolla rapidement et enchaîna les allers retours, à toute vitesse, prenant des virages serrés ou tentant quelques piquets. Avant elle adorait le vol sur balais et avait même fait du Quidditch mais un jour elle avait décidé que cela ne faisait plus partie de ses centres d’intérêt. Pourquoi ? Elle ne savait pas trop pourquoi, parce qu’à un moment elle avait décidé qu’elle était au-dessus de ça, même si elle aimait encore regarder les matchs. C’était totalement stupide elle en avait conscience mais de toute façon, elle ne pouvait pas changer le passé alors cela ne servait à rien de s’appesantir sur ça. Ju’ se défoula donc sur le balais pendant un long moment, histoire de se vider complètement la tête. Après ça elle retourna prendre une douche, changer de vêtement, zappa la case petit déjeuner, ses intestins étant bien trop noués pour ça, et se rendit directement en cours. Autant dire que son attention n’était pas au maximum et que la journée serait certainement extrêmement longue. Mais bon elle n’avait pas le choix, elle ne devait pas éveiller de soupçon pour l’instant, tout devait se dérouler comme prévu… Rien ne devait l’empêcher d’agir.

Les cours s’enchaînaient et Julian avait l’impression de n’être qu’une coquille vide. Elle n’arrivait à rien. Se concentrer aurait peut être pu l’aider à passer le temps mais cela semblait être totalement au-dessus de ses capacités. Alors elle se contentait de regarder par les fenêtres quand c’était possible, de griffonner sur ses cahiers et d’attendre que le temps passe. Parfois c’était très lent, d’autres fois elle devait avoir quelques absences car les minutes s’écoulaient plus rapidement que prévu. Cela n’empêcha cependant en aucun cas le moment fatidique. Alors qu’elle se dirigeait vers la salle d’Etude des moldus, Julian fut prise d’une violente envie de vomir mais elle ne se détourna pas. Elle continua à avancer tout droit en direction de la salle et alla s’installer sans broncher. Une camarade de classe vint lui demander si tout allait bien, la trouvant un peu pâle. Ju’ se montra aussi convaincante que possible et réussi à la faire retourner à sa place. Le professeur fit son entrée. La demoiselle retint son souffle. Elle devait agir au plus vite car elle plus elle reculait l’échéance, pire ça serait. Aussi, alors que M.Gabrieli s’apprêtait à commencer son cours, la rousse se leva.

« Excusez moi professeur mais je voulais parler de quelque chose avant que le cours commence. »

Les mains de Julian était posée sur sa table. Du moins c’était l’impression que cela pouvait donner de l’extérieur. En réalité, la jeune femme était complètement appuyée sur la table. Elle avait l’impression que ses jambes s’étaient transformées en coton et qu’à tout moment elle allait finir par terre si elle ne les aidait pas à supporter son poids. Il fallait qu’il accepte de la laisser parler. En même temps M. Gabrieli était loin d’être le professeur le plus hostile, il était même du genre à être plutôt sympa avec les élèves, à essayer de les aider à se sortir de tout ce qui pouvait les dévorer. La jeune femme attendit donc un signe, un simple signe qui lui montrait qu’elle pouvait parler. Un léger silence s’installa alors. Elle qui était plutôt du genre grande gueule ne pensait pas qu’un jour elle aurait autant de mal à parler. Pourtant, elle avait l’impression que sa bouche était pâteuse, que depuis sa gorge tout était collé et que parler demandait un effort surhumain. Effort qu’elle se devait de fournir.

« J’ai une annonce à faire…. Je suis une née-moldu. »

C’était sorti. Etrangement, Julian avait réussi à garder un ton ferme, serein, alors qu’au fond d’elle c’était un bordel sans nom. A peine eut-elle lâché ces quelques mots que les murmures commencèrent à se faire entendre. De l’étonnement. Les gens la dévisageaient, se demanant quel monstre elle pouvait être ou se demandant juste pourquoi elle révélait ça si soudainement. Ceux qui connaissaient un peu sa famille commençaient par contre à se poser sérieusement des questions. Ju’ n’attendit pas plus longtemps pour s’emparer de son sac et sortir de la salle de classe. Elle ne pouvait pas rester là, à se sentir observée, dévisagée. Une fois dans les couloirs, elle se mit à courir. Aussi vite que possible. Au passage elle croisa Sean qui lui demanda ce qu’elle foutait, elle se contenta de le bousculer sans le vouloir et de poursuivre son chemin. Il ne chercha en aucun cas à la suivre mais irait sans doute poser des questions à Ricardo pour en savoir plus. Mais ça elle verrait plus tard. Pour l’instant elle courrait. Julian se retrouva rapidement dans le parc de l’école et n’arrêta sa course folle qu’une fois dans un coin calme. Le froid était cinglant mais elle s’en fichait. La jeune femme se laissa finalement tomber sur le sol. Sa respiration était haletante et pourtant elle se mit à chercher frénétiquement dans son sac une cigarette. Elle ne fumait que très occasionnellement mais avait tout de même en général un paquet sur elle. Les mains tremblantes elle parvint à trouver une clope, la mettre entre ses lèvres et l’allumer. Elle ferma alors les yeux, ne se concentrant que sur cette fumée qui entrait et sortait de ses poumons. Le silence total, juste le vent qui faisait bouger les feuilles, la neige crissant quand un animal se rapprochait. Juste ça…


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Impossible pour Julian de savoir combien de temps elle était restée là dehors. En tout cas, lorsqu’elle reprit enfin contact avec la réalité il faisait nuit noire et ses muscles étaient engourdis par le froid. La jeune femme se décida alors enfin à se relever et à retourner vers le Château. Pour la première fois de sa vie, elle marchait tête baissée. Elle ne voulait croiser le regard de personne. Elle savait bien qu’à l’heure qu’il était, la moitié de l’école devait déjà être en train de parler d’elle, d’imaginer le pourquoi du comment. Aussi, alors qu’elle traversait les couloirs, elle essaya d’être la plus rapide possible, direction la Salle Commune des Serpentards. Quand elle l’atteignit enfin elle se précipita vers le dortoir des filles. Elle ne voulait croiser personne. Sean, Ricardo, Alec… Ils étaient susceptibles de lui poser trop de questions. Mais surtout, Jeroen. Il allait devenir complètement fou en apprenant ce qu’elle avait fait, en apprenant qu’elle ne lui avait rien dit. Mais elle n’avait pas eu le choix. La rousse arriva finalement dans son dortoir sans trop d’encombre. Les filles de sa maison n’étaient pas là, en même temps il devait être dans les 18h-19h, elles n’avaient aucune raison de se trouver là. La rousse enleva ses vêtements trempés par la neige et enfila des fringues sèches chaudes et sèches. Une fois emitoufflée elle s’assit sur son lit et poussa un long soupir. Allait-elle réussir à vivre comme avant après ça ? Alors qu’elle était plongée dans ses réflexions, la porte du dortoir finit par s’ouvrir et Jer’ apparu. Elle aurait dû s’en douter. Il lui demandait si ça allait. Julian ne répondit rien sur le coup. Elle ne savait pas trop quoi lui dire. Il avait l’air mal à l’aise. Le jeune homme s’approcha finalement et prit sa main. Une nouvelle question. Cette fois elle allait devoir parler. Après quelques minutes de silence, elle se décida enfin.

« J’ai décidé de dire la vérité. Il fallait que ça sorte, je pouvais pas vivre éternellement dans le mensonge, ça ne m’aurait menée nulle part. »

Ce qu’elle disait n’était pas totalement faux. Un moment ou à un autre Julian aurait peut être fini par craquer et avoir envie de tout révéler à la terre entière. Sauf que là ce n’était pas ce qui l’avait poussée à se révéler. Mais ça Jeroen n’avait pas à le savoir et il n’en saurait rien. Il était hors de question qu’elle lui parle de Joshua et des menaces alors qu’elle venait de passer le plus dur, alors qu’elle venait de faire ce qui l’avait bouffée pendant des semaines.

« Et si ça va… J’en sais rien. On verra ça quand j’irai en cours demain, si j’aurais la force d’affronter les regards de tous nos petits camarades qui ont l’air de s’en donner à cœur joie. »

Petit rire jaune. Oui ça c’était sûr, leurs camarades avaient l’air de bien s’amuser. Contrairement à ce qu’elle aurait pu penser cependant, la plupart n‘avaient pas eu de réaction violente. Comme s’ils étaient vaccinés à force de voir des gens s’entretuer. Mais elle le savait, certains gardaient une certaine rancœur et ne gâcheraient pas une seule occasion de profiter de la situation. C’était ainsi, elle devait s’y faire.

« Et toi, la forme ? »

Julian releva alors la tête vers Jer’ et lui fit un petit sourire. Elle n’avait pas envie de parler de ça même si elle se doutait que lui ne laisserait pas le sujet filer si facilement.
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MessageSujet: Re: Need to see you ▬ Julian   Mer 10 Déc 2014 - 15:49

Courir. Courir, laisser le cerveau aller en pilote automatique et ranger les informations dans les cases adéquates. L’opération était rapide, précise, efficace. Sa boite crânienne était comme une immense salle où s’alignaient des étagères à perte de vue, avec système de rangement et de recherche rapide. Le sport était merveilleux en cela qu’il pouvait se vider l’esprit de toutes les pensées parasites pour ne laisser place qu’à l’essentiel - mais un essentiel épuré au maximum, presque creux. Tout déconstruire lui permettait de remettre les pièces maîtresses en place, de manière claire et logique. Les cours, la fatigue, les regards que l’on posait sur lui parce que « on ne court pas dans les couloirs bon sang de bois », les sons qu’il percevait, les odeurs… tout cela avait été relégué au second plan. La ramasseuse de pensées secondaires sélectionnait tandis qu’il fonçait vers son objectif principal.

La salle commune. Le dortoir des filles. Tant pis s’il passait pour le pervers de service, il avait déjà fait pire dans sa jeunesse en allant s’installer dans l’un de leurs dortoirs avec des amis. Ils en avaient gardé de bons souvenirs et des traces de main sur le visage pendant quelques jours… Mais il n’aurait pas ce genre de problèmes avec Julian. Pas sûr que cela se passe comme sur des roulettes avec elle, mais il ne pouvait pas ne pas réagir. Il avait soigneusement refermé la porte, espérant que personne ne passerait tant qu’ils n’auraient pas parlé de tout ça calmement et sans interférences. Julian ne sembla pas surprise de le voir surgir sans même frapper à la porte comme la bienséance le voudrait. Si lui était mal à l’aise face à cette situation un peu hors du commun, elle semblait… absente, comme si son esprit s’était barré en voyage. Et ce n’était pas forcément de bon augure lorsqu’elle mettait autant de temps à répondre. Bien, c’était décidé, il ne lui lâcherait pas les basques tant qu’elle n’aurait pas expliqué son geste de manière convaincante et convaincue.

- J’ai décidé de dire la vérité. Il fallait que ça sorte, je pouvais pas vivre éternellement dans le mensonge, ça ne m’aurait menée nulle part.
- Il y a vivre dans le mensonge, et vivre avec un poil de vie privée… et les deux n’ont rien à voir ensemble.

Car son sang était-il une affaire d’État ? Non. À la limite, si ça l’amusait, elle pouvait aller se justifier auprès des gens qui lui en voulaient, histoire de leur offrir quelques minutes d’assouvissement de leurs vendettas à deux balles - et encore, il voulait être derrière pour surveiller. Mais balancer une telle info pendant un cours d’étude des moldus, sans raisons, sans rien autour, c’était un peu comme larguer une bombe. Elle s’en était déjà assez pris dans la tronche, elle en redemandait ou quoi ?

- Et si ça va… J’en sais rien. On verra ça quand j’irai en cours demain, si j’aurai la force d’affronter les regards de tous nos petits camarades qui ont l’air de s’en donner à cœur joie.
- Si je ne te connaissais pas, je dirais que ça t’amuse de te faire du mal comme ça.

Problème ma cocotte, je te connais. Elle avait déjà suffisamment souffert lorsqu’elle avait appris que sa vie était « basée sur un mensonge », comme elle disait. Il l’avait vue, il l’avait retenue de sombrer alors qu’il ne lui devait rien à cette époque, qu’ils ne faisaient que flirter ensemble. Aujourd’hui, il la connaissait mieux et non, elle n’était pas du tout ce genre de filles à agir de manière aussi… stupide. Elle était impulsive, pas dénuée de bon sens. Donner l’info au grand nombre, c’était tendre le bâton pour se faire battre, et pas un petit bâton qui ne peut pas blesser gravement. Par envie qu’on s’apitoie sur son sort ? Par flemme de prévenir ses potes un à un ? Par amour pour autrui, pour leur permettre de bien lui casser la gueule maintenant qu’elle n’était plus du tout supérieure à eux ? C’était une grosse blague, et ce n’était vraiment pas drôle.

- Et toi, la forme ?

Petit sourire, air gentil de celle qui aurait bien envie de changer de sujet… Elle pouvait toujours essayer. Il roula des yeux et soupira avant de la regarder à nouveau dans les yeux.

- Tu sais déjà que ça ne marchera pas.

Son ton n’était pas froid mais ferme et calme. Elle pouvait tout de suite économiser sa salive et préparer sa réponse - mais une vraie réponse, pas un ersatz pour essayer de le rassurer. D’autant que, hé, lui demander si ça allait, c’était un peu piège. Il aurait pu aller beaucoup mieux ces derniers temps, alors s’il pouvait éviter la question sous couvert d’inquiétude pour elle, il n’était pas contre non plus. Ils formaient un beau couple de menteurs ces deux-là…

- Est-ce que ça a à voir avec la dernière fois, déjà ? Si quelqu’un t’a menacée ou t’a touchée, tu dois me le dire. J’ai l’impression de te perdre totalement depuis quelques temps et je n’aime pas ça.

Et ce n’était pas totalement faux. Ils s’étaient tenus à l’écart l’un de l’autre pendant quelques semaines. Il ne se rappelait plus exactement pourquoi lui n’était pas allé la voir pendant ce laps de temps. Cody, James… le Supérieur infiltré avait tout bonnement effacé définitivement leurs traces de son esprit, alors il comblait le vide en mettant son éloignement sur le compte de la fatigue… et un peu sur son compte à elle, à force. Il ne pouvait pas lire dans son esprit. Quelles étaient ses raisons ? Pourquoi ce silence ? Et quand ils s’étaient finalement retrouvés, elle avait essayé de lui mentir et de lui cacher qu’elle avait été blessée. Il y avait un problème de confiance là-dedans, ou alors il n’y comprenait rien.

Il passa sa main dans les cheveux de la jeune femme, essayant de rétablir le contact, de la retrouver. Non, il ne voulait pas la perdre. Pas pour une connerie aussi futile qu’une histoire de sang. Il lui avait déjà dit, ça, qu’il s’en fichait. Elle le savait pertinemment. Pourtant, ce même problème avait l’air d’essayer de les séparer par un autre biais et il n’aimait pas du tout ça.

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MessageSujet: Re: Need to see you ▬ Julian   Sam 13 Déc 2014 - 12:04

Vie privée… Julian ne voyait pas en quoi son statut de sang relevait de sa vie privée. Alors certes elle n’était pas dans l’obligation d’en parler à tout le monde et aurait sans doute attendu pour le faire si la situation avait été autre mais quand même. Après tout ce qu’il s’était passé, ces années auprès des Supérieurs elle avait compris qu’un statut de sang ça ne sa cachait jamais très longtemps et que cela devenait vite l’apanage de toute une société. Alors quand Jeroen lui avait dit ça, elle avait presque eu envie de le traiter d’idéaliste mais elle se contenta de rester muette. Ce n’était pas la peine d’aggraver son cas. Elle ne se sentait certes pas comme une petite fille en faute face à Jeroen mais elle savait qu’il était en colère pour ce qu’elle venait de faire et elle n’avait en aucun cas l’intention de provoquer une dispute. Elle voulait juste qu’ils arrêtent de parler de tout ça et que la situation se débloque tranquillement. Mais c’était très certainement peine perdue… Jer’ était trop soucieux, trop sérieux dès qu’il s’agissait d’elle. En un sens elle était heureuse qu’il soit ainsi mais maintenant elle en comprenait le problème. Elle ne pouvait plus agir à sa guise. Avec n’importe quel autre mec, elle aurait pu lui intimer de se taire. Mais eux ils avaient une relation égalitaire. Une relation reposant sur l’amour qu’ils se portaient l’un à l’autre et sur leur envie de prendre soin l’un de l’autre. A la place du jeune homme elle aurait sans doute réagi de la même façon. Sauf peut être qu’elle ne serait pas parvenue à rester aussi calme, non, elle l’aurait assassiné du regard et peut être même qu’une gifle lui aurait échappé. Alors non elle ne le blâmait pas d’agir ainsi, elle ne lui en voulait pas mais elle comprenait une fois de plus que la relation qu’elle entretenait avec Jeroen était toute particulière, forte, mais que cela impliquait nécessairement qu’elle ne pouvait plus mener impunément son petit monde en bateau. Jeroen lui en apporta d’ailleurs la preuve lorsqu’il sous-entendit que son comportement, de l’extérieur, pouvait passer pour quelque chose de masochiste alors que lui, savait bien ou se doutait bien, qu’il y avait autre chose qui avait poussé la jeune femme à agir ainsi. Julian ne répondit rien et pourtant, les paroles du jeune homme avaient touché juste. Elle avait ressenti un léger pincement au cœur. Non elle n’aimait pas avoir mal. D’ailleurs, elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour ne plus avoir mal, pour se sortir de cette situation qui était en train de la dévorer pas à pas. Il n’avait pas le droit de dire ça…

Alors il fallait changer de sujet. Ju’ espérait de toute son âme que Jeroen accepte de parler d’autre chose, accepte de dériver la conversation. Mais elle n’y croyait pas une seule seconde comme il lui fit bien remarquer. Jamais il ne se laisserait avoir aussi facilement. Ils se connaissaient tous les deux, à toujours fuir leurs problèmes, à toujours vouloir se concentrer sur l’autre au point parfois d’oublier de se soigner jusqu’à ce que ça devienne trop grave… Mais cette fois c’était différent. La rousse était enchaînée, la parole lui était interdire et le fait qu’il creuse, cela ne faisait qu’aggraver les choses. Alors oui, elles ‘était lancée à cœur perdu, avec l’infime espoir que tout cela fonctionne et que Jeroen accepte de ne plus poser de question. La déception qu’il ne se laisse pas avoir fut douce à côté du reste. Le vert lui demanda alors si tout cela avait à voir avec la dernière fois. Touché. Et lui expliqua qu’il avait l’impression de la perdre ces derniers temps. Coulé. Julian eut alors l’impression de se décomposer et resta quelques minutes silencieuse. Elle parvint tout juste à se concentrer pour que son visage ne témoigne de rien et lorsqu’il passa sa main dans ses cheveux, elle eut juste envie de se laisser aller. Mais c’était impossible.

« Tu te prends trop la tête Jer’. Arrête de voir le mal partout. Oui des petits cons sont venus me mettre une raclée mais ça s’arrête là. C’était mon choix, j’avais besoin de faire sortir tout ça… »

Les mots étaient sortis automatiquement de la bouche de la jeune femme. Comme si à force de devoir mentir sur ce sujet, elle était presque capable de tenir un discours rationnel, presque capable de se mentir à elle-même. Seulement au plus profond de son être parler ainsi lui faisait du mal. Elle revoyait Joshua et se demandait d’ailleurs quand est-ce qu’il allait se manifester. Car si elle avait fait ce qu’il demandait, elle craignait qu’il ne veuille maintenant quelque chose d’autre. C’était à prévoir avec ce type de personne… Le cauchemar n’était sans doute pas terminé. Mais en tout cas, tant qu’elle n’avait pas d’avis contraire, elle ne devait rien dire à Jeroen. Surtout pas. Elle pouvait détruire son amour propre, piétiner sa fierté mais ne tolérerait pas qu’on lui fasse du mal. Oui Julian avait bien changé, pour le meilleur et pour le pire.

« Alors arrêtons d’en parler s’il te plait… Je sais que tu y vois quelque chose de grave, moi je te dis que je n’ai fait qu’avancer le moment fatidique. Un jour ou l’autre tout le monde l’aurait su. Comme ça s’est fait. Dans une semaine la plupart des gens me ficheront la paix. Il ne restera sans doute que quelques imbéciles pour me chercher des noises mais j’en mourrai pas. »

Il fallait espérer en tout cas… Julian savait bien que les menaces de Joshua n’étaient pas des paroles en l’air. Et surtout, si les Supérieurs venaient à réapparaitre, elle serait sans doute une cible de choix. Mais elle ne voulait pas croire à ce scénario, comme la plupart de ses camarades. Si l’agitation du mois de novembre lors de la sortie au Pré-au-Lard avait commencé à faire circuler des rumeurs, la rousse refusait de s’attacher à ça. Pour l’instant, Poudlard était redevenue une école de sorcellerie à peu près normale, si on oubliait sa population de moldus, et il n’y avait plus qu’à espérer que cela reste ainsi pour un bon moment. La jeune femme se redressa alors légèrement et attrapa la main de Jeroen, le regardant dans les yeux.

« Maintenant je vais faire quelque chose que je fais rarement alors écoute bien. Tu n’es pas en train de me perdre Jeroen. Ca n’arrivera pas. Je peux pas t’expliquer pourquoi, je peux pas mettre de mots dessus c’est trop dur mais je tiens énormément à toi et je peux pas te laisser partir ni m’éloigner… »

Julian n’était pas du genre sentimentale mais elle avait senti qu’il fallait qu’elle dise cela. Elle le pensait sincèrement mais savait aussi qu’il fallait que Jeroen l’entende pour qu’il accepte peut être de ne pas trop poser de question. Alors oui il utilisait un peu ce beau discours dans ses propres intérêts mais il était plus que sincère. Jeroen était tout pour elle dernièrement et elle ne se sentait en aucun cas la force de l’éloigner sinon elle l’aurait fait depuis longtemps. Elle était trop faible pour lui dire de ne pas l’approcher alors qu’une sacrée menace pesait au-dessus de sa tête…
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MessageSujet: Re: Need to see you ▬ Julian   Mer 14 Jan 2015 - 17:25

Ils n’avaient visiblement pas les mêmes notions de pudeur et de vie privée. Jeroen estimait que peu de choses concernaient les autres, et relevaient donc du public. Le familial, l’affectif, le sexuel, ce n’était pas une question d’État. Et le sang, ça relevait du domaine familial, c’était un fardeau qu’on se portait sans l’avoir choisi, il n’était pas question de rendre des comptes là-dessus. Certes, les gens y prêtaient une attention démesurée, mais moins on en disait, moins les gens s’y intéressaient. Julian aurait pu se contenter de faire profil bas, le temps que les esprits se calment et cessent de vouloir à tout prix se venger. Le seul danger, c’était ça, les petites vengeances des uns et des autres, leurs regards méfiants, parfois violents ; dire que son sang n’était qu’un mensonge, c’était comme nier ce qu’elle avait été jusque-là. « Il fallait que ça sorte. » Alors que le regard des autres la blessait déjà profondément ? Alors que son propre regard sur elle-même avait été entaché par la nouvelle ? Ce n’est pas du mensonge quand personne ne demande rien. Ils demandaient des comptes sur leurs actes, pas sur leur identité propre. Elle mélangeait beaucoup trop de choses. Jeroen ne voulait pas laisser passer ça. Il n’était pas en colère, il voulait juste comprendre ce qui clochait dans sa petite tête et vérifier que c’était bien son petit cœur qui lui avait dicté cet acte. S’il s’avérait qu’elle ne serait pas capable de gérer les répercussions, il sortirait un sortilège de glu magique et se collerait à elle pour la protéger non-stop. Quand il s’y mettait, il pouvait être terriblement têtu le petit serpentard. Julian était en train de se décomposer mais c’était un mal nécessaire dans sa tête. Ça en disait long sur ce qu’elle ne voulait justement pas lui dire…

- Tu te prends trop la tête Jer’. Arrête de voir le mal partout. Oui des petits cons sont venus me mettre une raclée mais ça s’arrête là. C’était mon choix, j’avais besoin de faire sortir tout ça…

Tch. Ce n’était pas crédible pour un sou. Elle lui disait qu’il se prenait trop la tête ? C’était drôle, parce que ce n’était un secret pour personne. Il ne savait pas rester léger plus de quelques heures et très exceptionnellement. Ça lui avait sauvé la peau des fesses à de nombreuses reprises, il n’allait essayer de changer pour faire plaisir aux gens… En plus, il faisait rarement part de ce qu’il ressentait, ce n’était pas comme s’il spammait constamment les gens de ses questionnements métaphysiques sur la nature humaine et les mécanismes qui les rendait faibles et fragiles. Dans ce cas-là, s’il disait ce qu’il pensait, ça voulait bien dire que c’était du sérieux. Il avait peur pour elle, impossible de le blâmer pour ça.

- Alors arrêtons d’en parler s’il te plait… Je sais que tu y vois quelque chose de grave, moi je te dis que je n’ai fait qu’avancer le moment fatidique. Un jour ou l’autre tout le monde l’aurait su. Comme ça s’est fait. Dans une semaine la plupart des gens me ficheront la paix. Il ne restera sans doute que quelques imbéciles pour me chercher des noises mais j’en mourrai pas.
- Mouais. J’espère au moins que tu as prévenu quelqu’un avant de faire ça. Il ne faut pas que tu restes seule avec ça…

Il aurait pu demander pourquoi elle ne l’avait pas prévenu lui, mais cela aurait sonné comme un reproche. Il n’était pas en train de lui reprocher ce qu’elle avait fait, il s’y refusait catégoriquement. D’autres le feraient. Lui, il était là pour le soutien, pour essayer de comprendre ce qui lui avait pris. Si elle se braquait, il ne lui soutirerait pas plus d’informations et ce serait contre-productif. Cela ne l’empêchait pas de la secouer un peu, mais il n’avait pas trop le choix s’il voulait maintenir la conversation sur le sujet, parce qu’elle n’avait réellement pas l’air de vouloir lui répondre sérieusement… Elle se redressa et prit sa main.

- Maintenant je vais faire quelque chose que je fais rarement alors écoute bien. Tu n’es pas en train de me perdre Jeroen. Ça n’arrivera pas. Je peux pas t’expliquer pourquoi, je peux pas mettre de mots dessus c’est trop dur mais je tiens énormément à toi et je peux pas te laisser partir ni m’éloigner…

Yeux dans les yeux, un aveu gros comme un immeuble. La situation relevait décidément de l’exceptionnel. Il était un peu pris de court, ne s’attendant pas à ce qu’elle tente de lui couper l’herbe sous le pied de cette façon… Il serra sa main en retour et lui donna un petit sourire.

- Tu me caches des choses. La Julian que je connais est plus réfléchie que ça, ou alors j’ai manqué quelque chose.

Qu’elle ose lui dire que c’était lui qui était en tort ! Bon, peut-être qu’il idéalisait la jeune femme, l’amour rend aveugle comme on dit, mais il ne pensait pas que c’était ça. Ils parlaient peu des choses graves qui leur arrivaient, alors qu’ils parlaient plus facilement du reste. C’était facile de savoir qu’un tel silence cachait quelque chose. Il déposa un baiser sur son front.

- Je ne vais te laisser aller te planquer parce que tu n’as pas envie de me parler. Je n’aime pas forcer, mais je ne te laisserai pas gérer la situation toute seule, que tu le veuilles ou non. Il faut bien que je comprenne de quoi il en retourne, et ce n’est pas qu’une question d’image. Oh et n’essaie même pas le coup du « c’est pour ton bien », c’est de toi et toi seule qu’il s’agit présentement.

Il devançait d’éventuels arguments à deux balles qu’elle serait capable de lui sortir pour essayer de l’amadouer. Il était un grand garçon, capable de se gérer, et il était là pour elle, pour la protéger, pas pour qu’on lui mente et qu’on enrobe la crasse de ce monde avec un peu de miel et de sucre rose. Leur fragilité était de niveau différent. Non, là, clairement, il allait faire Ventouse-man, avec l’air profondément sérieux et tout. La suivre jusque dans tous ses déplacements, la surveiller de près, ne lui laisser aucun répit jusqu’à ce qu’elle lui dise ce qui n’allait pas, cela semblait être une idée fantastique. Non ?

- Parce que moi aussi je tiens à toi, mine de rien, et je refuse que tu t’éloignes à cause de ça, ou que tu te retrouves dans tous tes états comme cet été…

Il avait assez donné. Si elle disparaissait à nouveau de sa vie pour essayer de régler ses problèmes en s’isolant totalement, il ne la laisserait pas faire. S’enfermer dans le silence n’était pas une bonne solution sur le long terme. Certes, c’était l’hôpital qui se foutait la charité, comme d’habitude… mais rien à faire, ça faisait partie du jeu…
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MessageSujet: Re: Need to see you ▬ Julian   Mer 21 Jan 2015 - 10:11

Petit sentiment de culpabilité alors que Jeroen demandait à Julian si elle avait parlé de quelqu’un à tout ça avant d’agir. Oui à Alec, et on s’en bourré la gueule ensemble et on a partagé un pur moment de camaraderie. T’es fâché ? Bon Ju’ n’allait pas lui dire tout cela, pas maintenant en tout cas. Elle finirait sans doute par lâcher le morceau parce qu’elle n’était pas du genre à faire durer les mensonges trop longtemps et puis surtout parce qu’elle n’avait en aucun cas envie de cacher son amitié avec Alec. Mais une chose était sûre, c’était que ce n’était pas le moment. Il serait peut être content de savoir qu’elle avait réussi à se lier sincèrement avec d’autres gens, que son cercle d’amis augmentait, choses importantes dans les périodes difficiles mais bon… Jer’ aurait sans doute préféré qu’elle vienne le voir lui, ce qui était tout à fait logique… La rousse aurait sans doute elle aussi eu du mal à supporter qu’il soit allé se confier à quelqu’un d’autre. Comme si elle ne suffisait pas. Elle ne dit donc rien lorsqu’il posa cette question implicite. Et puis, elle avait d’autres chats à fouetter, d’autres paroles à assumer et à affronter. Alors elle se lança, laissant ce petit détail de côté pour le moment. Il était plus important qu’elle lui fasse comprendre qu’elle tenait à lui quoi qu’il puisse croire, quoi que son attitude et son silence puissent laisser entendre. La réaction du jeune homme ne se fit pas attendre. Lorsqu’elle sentit sa main se serrer dans la sienne elle fut rassurée. Mais sa réponse était moins sympathique. Enfin en soit, elle n’avait rien de désagréable mais elle montrait que Jeroen était bien conscient qu’un truc clochait en elle. Le mener en bateau semblait définitivement être mission impossible.

« J’ai peut être changé tout simplement. »

Julian n’avait pas dit cela réellement sérieusement. A vrai dire, cette réponse était en fait très peu crédible. Certes la jeune femme avait évolué ces derniers temps. Sa façon d’être, sa façon de voir les choses n’étaient plus identiques après les récents événements. Cependant, il y avait des choses qui ne pouvaient pas changer. Il était évident que Julian n’avait pas pu devenir une nouvelle personne en quelques mois. Sa personnalité restait affirmée, c’était d’ailleurs ce qui lui permettait de garder bien, de se rendre compte qu’elle n’avait pas été totalement absorbée par les événements. C’était rassurant en un sens. Le manque de conviction dans ses propos devait être évident. Un baiser sur son front. Ça pouvait faire oublier pas mal de choses. Enfin, si on éludait les propos qui suivaient. Ah Jeroen… Décidément, il était encore plus tête qu’elle celui-là ! Il y avait quelque chose de touchant dans ses paroles, de rassurant. Cette idée qu’elle ne serait plus jamais seule presque, qu’il veillerait sur elle autant que possible. Mais Julian avait l’habitude de mener son bateau seule, de faire ses propres choix et de ne pas se laisser embêter. Si elle avait décidé de garder ça pour elle et de ne pas s’étendre sur la question, c’était son choix et elle avait du mal à accepter que quelqu’un puisse contester cela. Et en même temps, c’était ça le choix du non-couple. Accepter que tout n’était plus seulement entre ses mains et qu’il pouvait avoir un certain droit de regard. Les paroles du jeune homme plongèrent donc Ju’ dans une profonde réflexion. Enfin jusqu’à ce qu’elle soit piquée au vif par sa petite remarque sur ce qui s’était passé pendant l’été. Outch, il venait de toucher un point sensible, son orgueil. La première réaction de la jeune femme fut de retirer sa main de celle de Jeroen.

« Ça c’est un peu facile… Tu sais très bien que les choses étaient différentes cet été. »

Oui elle était vexée. Certes elle avait bien saisi que Jeroen ne disait pas cela en pensant à mal mais en entendant ses paroles elle avait eu l’impression qu’il la considérait comme une petite chose fragile. Qu’il avait l’impression qu’elle était à sa charge et que s’il ne veillait pas au grain elle risquait de déraper à tout moment. Et cette idée ne lui plaisait pas. Cette idée la rendait folle même. Julian était une femme fière, fière de son indépendance et de ce qu’elle était. Certes les temps étaient difficiles, certes elle prenait des gros coups sur la tête mais elle n’avait pas besoin qu’on lui rappelle. Surtout lui. Elle avait besoin qu’il l’aide à se sentir bien, à se sentir forte et non encore qu’il la mette dans la peau de l’éternelle victime. Respire Ju’… Tu es sur les nerfs et du coup tu interprètes tout mal. Respire. La jeune femme ne voulait pas créer un conflit en plus, elle n’avait clairement pas la tête à ça. La journée avait été difficile et ce qu’elle voulait c’était juste s’enfouir sous sa couette, se vider la tête, attendre que le temps passe, se reposer un peu, enfin… La jeune femme devait donc faire l’effort de calmer le jeu, de prendre un peu sur elle et de faire comprendre à Jer’ qu’elle s’était emballée mais qu’elle avait été vexée. Bon dire ça ça restait un peu trop dur pour elle, elle n’avait pas envie de se transformer en fille sentimentale d’un seul coup. Et puis elle restait trop orgueilleuse. Alors elle devait trouver un détour, comme d’habitude.

« J’apprécie que tu me soutiennes, j’en ai besoin. Mais je suis une grande fille. Je ne vais pas m’effondrer comme ça du jour au lendemain. J’ai eu une période troublée, d’accord, mais tu dois pas pour autant toujours me prendre pour quelqu’un de faible. »

La jeune femme avait essayé de dire cela de la manière la plus calme possible, de ne pas s’énerver. En disant cela elle essayait de calmer un peu les choses et si sa voix trahissait de l’énervement elle risquait juste de créer un nouveau conflit. Julian décida donc de s’allonger sur le lit et tira sur le bras de Jeroen pour l’inviter à faire de même. C’était sa façon à elle de lui faire comprendre que si elle avait des choses à dire, que si certains trucs ne lui avaient pas plu, elle n’avait pas envie de se battre. Que quelque part, ce n’était pas grave. Ils étaient plus importants que ça. Une mise au point oui mais pas une guerre ouverte. Ju’ se mit donc à fixer le plafond cherchant à jouer de manière distraite avec les doigts de Jer’.

« J’aimerais bien m’enfermer dans une bulle, regarder film, écouter de la musique, m’endormir et me réveiller pour partir un peu en vacances… Ça serait sympa ça. »

Se détendre totalement et oublier la pression des derniers jours… Mais ce n’était pas pour tout de suite. Et puis quand bien même le Château venait à s’ouvrir aux prochaines vacances, Julian n’aurait nulle part où aller et elle savait déjà qu’elle resterait ici. Peut être que dans plusieurs mois, plusieurs années ils pourraient partie en voyage tous les deux. Cette idée l’amusa, elle se demandait bien à quoi ça pourrait ressembler.
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MessageSujet: Re: Need to see you ▬ Julian   Sam 31 Jan 2015 - 22:01

Non, Jeroen n’était pas jaloux. Ne souriez pas derrière votre écran ! Pour une fois que c’est vrai Rolling Eyes Il demandait si elle en avait parlé à quelqu’un parce qu’il savait qu’il n’était peut-être pas l’interlocuteur privilégié pour tout ce qui lui arrivait. Maintenant, si elle refusait toujours de lui parler, il n’allait pas la forcer. Mais elle n’avait pas intérêt de rester dans son coin avec ses problèmes. Il y avait toujours quelqu’un de prêt à écouter, une amie ou même le psychomage… Certes, il était parfois difficile de raconter ses problèmes à quelqu’un, il était même difficile de penser à le faire quand on n’a pas l’habitude de s'ouvrir ainsi, mais elle devait comprendre qu’elle pouvait parler, à lui ou à n'importe qui d'autre.

Oui, parce que bon. Jeroen non plus ne lui disait pas tout. La dernière fois qu’il avait craqué, c’était auprès de Caitlyn qu’il s’était confié, chose qu’il n’avait même pas évoquée avec Julian. Ça avait été une affaire de circonstances, mais il s’était ouvert à la jeune serdaigle et pas à sa chérie. De toute façon, il abordait peu ses états d’âme sur ce que penserait son père de ses actes, et tant que ça n’avait pas d’impact sur son entourage à Poudlard, il ne se forcerait pas à en parler. Ce n’était l’affaire de personne d’autre que lui-même, justement. Il n’allait pas aller balancer au plus grand nombre que son père allait le punir pour ce qu’il avait fait aux autres. Ça n’avait aucun sens, ça n’apaiserait personne et il garderait les mains sales…

Non, bon sang, il ne saisissait toujours pas le sens de cette annonce en plein cours. Est-ce qu’elle pouvait lui en vouloir pour ça ? Mais soit, peut-être avait-elle ses raisons qu’elle refusait de lui dire, peut-être cela était-il parfaitement justifié. Elle restait une femme sensée et intelligente, il devait y avoir une raison derrière tout ça… Mais dans tous les cas, elle n’avait pas intérêt de s’isoler. Un sortilège de glu éternelle la menaçait si elle faisait la bêtise de jeter ceux qui voulaient l’aider.

- J’ai peut être changé tout simplement.

Et mon cul c’est du poulet ? Ceci n’est pas une invitation. Ou peut-être que si. Quoi qu’il en soit, il ne la croyait pas. D’accord, ces derniers mois, il lui était arrivé pas mal de choses et elle avait dû changer un peu d’état d’esprit, mais elle restait Julian, la Julian. Elle avait toujours sa verve, ses petits côtés hystériques et son ambition, c’était ça qu’il aimait chez elle. Après, ce serait du boulot pour elle de maintenir son indépendance face à Jeroen : il était remonté comme une horloge et prêt à la surveiller de près pour s’assurer qu’elle irait bien. L’ange gardien ou le pot de colle, ça ne dépendait que d’elle. Par contre, ses dernières paroles amenèrent une réaction vive de la jeune femme, qui reprit sa main. Elle avait l’air vexée comme tout.

- Ça c’est un peu facile… Tu sais très bien que les choses étaient différentes cet été.
- Justement, non, je ne sais pas…

Et c’était vrai. Tellement vrai que ça lui faisait mal de l’avouer. Non, il ne savait pas ce qui se passait donc il ne savait pas en quoi c’était différent. Il ne voulait pas dire par là qu’elle était faible et fragile, mais que parfois les circonstances n’étaient pas aussi simples que prévu et qu’un contrecoup était inévitable. Lui-même se tapait régulièrement les contrecoups de ses problèmes, alors bon. Elle avait l’air de le prendre très mal. Bon. Tentative ratée de rapprochement, il saurait pour la prochaine fois du coup…

- J’apprécie que tu me soutiennes, j’en ai besoin. Mais je suis une grande fille. Je ne vais pas m’effondrer comme ça du jour au lendemain. J’ai eu une période troublée, d’accord, mais tu dois pas pour autant toujours me prendre pour quelqu’un de faible.
- Ce n’était pas du tout mon intention. Excuse-moi si tu l’as pris comme ça… T’as le droit de t’énerver si je suis un troll, tu sais.

Il se gratta la nuque, gêné. Que c’était compliqué ! Il ne tirerait vraiment rien d’elle, mieux valait qu’ils changent de sujet avant que ça n’explose pour de bon entre eux deux. Il s’y prenait décidément comme un pied aujourd’hui… Julian finit par s’allonger et le tira par le bras. Il s’allongea docilement à côté d’elle et la prit dans ses bras. S’il suffisait à la jeune femme que son chéri ferme sa gueule et la prenne contre lui, qu’il en soit ainsi. Il l’observa jouer avec ses doigts en fixant le plafond.

- J’aimerais bien m’enfermer dans une bulle, regarder film, écouter de la musique, m’endormir et me réveiller pour partir un peu en vacances… Ça serait sympa ça.

Il sourit. Oui, ce serait bien, une petite bulle dans laquelle s’isoler en attendant la fin de l’année. Il enfouit son visage dans les cheveux roux de la jeune femme et s’isola un peu dans son odeur, faute d’avoir une bulle à disposition.

- Moi ça va être vacances en famille, encore… ça va être joyeux. Mais on peut se prendre quelques jours à nous deux si tu veux. Ici, ou ailleurs.

Prendre l’air et jouer au couple de touristes mièvres, ça pouvait leur faire du bien. Et puis en y réfléchissant, ça pouvait être quand même vachement drôle. Eux deux, sur des transats, à siroter des cocktails et à s’ennuyer ferme devant une mer azur… Ok, il faudrait tenter un jour, juste pour le fun et les photos de vacances compromettantes.

- Tu veux que je reste un peu ?

Cette fois-ci, il lui donnait le choix. Si elle avait toujours envie de le démolir, mieux valait qu’il ne la colle par trop pour le moment et qu’il attende un peu… En même temps, c’était peut-être le moment où elle avait le plus besoin d'une présence. Tant pis si ses camarades de chambre risquaient de lui sauter dessus pour lui enlever ses bijoux de famille, c’était elle qui commandait.
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MessageSujet: Re: Need to see you ▬ Julian   Dim 1 Fév 2015 - 18:06

Se comprendre… C’est censé être la base du couple, la base en général de toute bonne relation humaine : être capable de comprendre l’autre, d’accepter sa différence, sa façon de pensée qui n’est pas la même mais faire avec. Malheureusement ce n’est pas toujours aussi facile. Lorsque Jeroen lui avait fait comprendre que justement, il ne savait pas que c’était différent de ce qu’il s’était passé pendant l’été, la jeune femme eut envie de soupirer. Certes elle ne lui donnait que très peu de détails mais il devait la croire quand elle disait ça. Elle en était sûr, elle le sentait au fond de ses tripes : cela n’avait rien à voir. Certes Julian en chiait, certes elle avait marre, certes elle souffrait mais elle se sentait tout de même plus forte que pendant l’été. Et elle avait besoin d’une seule et unique chose : qu’il croit en elle. Voir la pitié dans son regard lui donnerait l’impression qu’elle était encore au fond du gouffre, qu’elle n’était pas capable de s’en sortir. Ju’ comptait sur son regard réconfortant, sur son soutien et sur sa capacité à la rassurer même quand son égo en prenait plein la tête. Heureusement, la petite mise au point que la rousse s’était décidée à effectuer avait porté ses fruits. Jer’ avait fini par s’excuser, mettant même de l’humour dans ses propos. Sourire. Il était tout pardonné. Julian pouvait avoir la rancœur difficile mais plus difficilement avec lui et surtout sur tout ce qui se rapportait plus au malentendu. Cela ne servait à rien qu’ils se déchirent, qu’ils se battent pour ça. Ils souffraient assez comme ça alors pardonner était la meilleure chose pour tous les deux.

Julian préférait qu’ils se construisent une bulle plutôt qu’ils se percent de part en part. Alors quand Jeroen vint enfouir sa tête ses cheveux, elle sourit de nouveau. Elle aimait quand il venait ainsi contre elle, quand il se serrait dans ses bras comme si la survie de l’un dépendant de l’autre. Alors doucement la jeune femme passa un bras autour de lui et le serra un peu dans ses bras. Parfois elle aimait elle le serrer, comme si elle était un peu le garçon ou plutôt, celle qui veillait sur l’autre et non seulement celle qui était rassurée. C’était cet équilibre qu’elle cherchait dans leur relation, l’impression qu’ils apportaient chacun à l’autre et que tout n’allait pas toujours dans le même sens. Bon par contre, bien qu’ils commencent à s’enfermer dans leur petite bulle, il fallait parfois se rappeler à la réalité. Se rappeler par exemple que Jer’ allait passer des vacances avec sa famille alors qu’elle… Ju’ avait décidé qu’elle ne renouerait pas pour Noël avec ses parents, elle n’était pas encore prête même si Alec avait réussi à la faire réfléchir à ce sujet. Elle s’était donc faite à l’idée de rester ici, elle trouverait bien quelques petites occupations et puis ne serait sans doute pas la seule à hanter les murs du Château.

« Je préfère qu’on garde nos économies pour partir ensemble quand il fera plus beau et plus chaud. Je me suis faite à l’idée de rester ici pendant les vacances. Mais si tu peux rester un peu avec moi, je dirais pas non. Tu te rends compte, je suis prête à modifier mes plans pour toi… »

Un peu d’humour encore et toujours. Mais en tout cas, elle était sincère. Imaginer que Jer’ puisse passer quelques jours des vacances avec elle l’enchantait. Pour une fois qu’ils n’avaient pas vraiment de contraintes et qu’ils pouvaient agir comme bon leur semblait, ce serait agréable d’être tous les deux. De pouvoir traîner, de pouvoir aller se promener, de mener leur propre barque, de faire leur vie à deux presque comme des gens normaux. Alors elle ne savait pas si cela serait facile pour Jeroen de rester un peu, elle ne voulait pas se bercer d’illusions, se faire des films pour ensuite être déçue mais elle avait envie aussi de croire que ces vacances, après tous ces moments difficiles pourraient être douces. Et puis, elle pouvait avoir un petit aperçu de ces jours de douceur puisque Jer’ lui proposa de rester un peu plus en sa compagnie. Au début, elle ne pu s’empêcher de rire, bien ce que ne soit absolument pas contre son camarade.

« J’imagine d’ici les têtes des filles du dortoir quand elles vont te voir ici, franchement, rien que pour ce moment d’anthologie il faut que tu restes ! »

Bah quoi ? Quelqu’un pensait encore que ce que pouvaient penser ses camarades de chambre allait faire changer d’avis à Julian ? Sérieusement ? Cela n’entrait en aucun cas en ligne de compte. Elle faisait ce que bon lui semblait surtout que le fait que Jeroen soit là ne changerait rien pour les autres filles. Et puis elles n’allaient pas nécessairement arriver maintenant alors bon, ils avaient un peu de temps. Se tournant donc pour aller se blottir contre Jeroen, elle se décida enfin à lui répondre de manière un peu plus sérieuse.

« Oui reste. On est bien là. En plus tu me sers de bouillote alors je fais pas te laisser partir comme ça. »

Jeroen lui tenait chaud en effet alors qu’ils étaient au-dessus des draps. Elle avait l’impression que là, comme ça, contre lui, elle pouvait s’endormir. Cela ne lui ferait pas de mal d’ailleurs de pouvoir dormir tranquillement, enfin. Il avait réussi à l’apaiser alors qu’à la base il était plus venu parce qu’il ne comprenait pas et parce qu’il désapprouvait son comportement. Comme quoi, nos actions n’ont pas toujours l’effet escompté. Et dans le cas présent cela convenait parfaitement à Julian. Elle avait soudainement l’impression d’être vidée de toute énergie. La pression retombait enfin maintenant qu’elle avait craché le morceau. Elle avait tout le temps de voir ce que ses propos allaient provoquer comme réaction. Pour l’instant, elle pouvait donc se permettre de se détendre un peu, de se laisser aller dans les bras du seul qui réussissait à lui faire autant de bien.

« Manquerait plus que tu me chantes une petite berceuse ! »

Et la situation serait définitivement incongrue et imprévisible. Mais cette idée l’amusait. Après tout, elle était à leur image : leur couple était étrange, sans nom, sans catégorie et personne ne pouvait savoir ou soupçonner de quoi il serait fait dans l’avenir.

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