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 If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James

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MessageSujet: If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James   Jeu 27 Nov 2014 - 20:47

Samedi 13 Décembre 2014 – Fin de matinée
If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not



James & Enzo

Il est 10h et j’ai une petite pensée pour Mateo et Riley qui doivent déjà être entrain de … faire je ne sais trop quoi pendant leur colle. En fait non, je n’ai absolument aucune pensée pour eux tout simplement parce que j’ai mieux à faire, sans offense les copains. C’est les vacances ! Et ok je ne sais pas si on va pouvoir quitter le château mais si c’est le cas … Je pense qu’elles vont être mémorables. J’ai passé la soirée d’hier avec Kyle, et la nuit tout entière, on a beaucoup discuté de tout et de rien mais aussi des possibilités qu’on aurait peut être et surtout de ce qu’on a envie de faire. C’est vrai que je préfère ne pas m’emballer et ne pas trop y penser mais je me connais, c’est quasiment mission impossible. Sauf si je trouve un truc pour détourner mon attention ! Ce qui est le cas actuellement puisqu’il est toujours là, avec moi, dans mon lit.

« Ah mais putain ! T’as les pieds glacés ! »

Et ce fourbe s’amuse à me les coller sur les miens et partout sur mes jambes non naturellement ça ressemble plus à un champ de bataille qu’à un lit mais aucun de nous deux n’a envie d’en sortir. Les rideaux sont tirés, un sortilège nous isole du reste du dortoir donc c’est un peu comme si on était seul au monde. Même Lune n’est pas là ! Elle est passée dans la nuit mais je crois que les mouvements répétés de ce matin l’ont fait fuir parce que comme souvent je ne tiens pas en place. Et alors ?

« Comment tu fais pour être aussi froid alors que t’as passé la nuit sous la couette avec un radiateur ambulant ? »

Parce que je suis chaud comme la braise moi, et dans tous les sens du terme ! Mais ça n’est pas la question. Entre nous il y a toujours eu un contraste effarant de température corporelle puisque que je suis relativement chaud, et lui relativement froid. J’aime bien, lui aussi, c’est notre petit truc à nous. Enfin un de nos trucs à nous. Et pour le coup ce matin c’est une cause de chahutage, on est comme deux gamins entrain de s’emmerder l’un et l’autre et les éclats de rire ne sont pas rares. Ça fait du bien, d’autant plus que ça devient assez rare de partager le même lit pour une simple raison de respect envers les autres. Vivre en communauté n’a pas que des avantages mais on s’y fait, on s’adapte, et puis une fois de temps en temps on s’accorde un temps mort dans ces règles implicites de cohabitation. La Magie le permet plus facilement puisqu’elle peut offrir une certaine intimité non négligeable.

« J’suis sur que t’es pas humain ! »

Nouvelle impact. Nouvel éclat de rire.

« Mais ! »

Protestation pour la forme et le reste ne regarde personne d’autre.

~*~

Comme je suis un petit ami ingrat et tout ce qui va avec j’ai naturellement abandonné mon cher et tendre après avoir abusé de lui … Dans les faits c’est un peu ça mais pas vraiment non plus et on s’en tape. Il est un peu plus de 11h et je descends les escaliers quatre à quatre, un grand sourire sur le visage, direction le Lac malgré le temps glacial ! Grosse dose de câlins, de tendresse, et tout ce qui va avec, la suite logique est donc pour moi d’aller taper la vague alors oui j’ai laissé Kyle là haut mais il a l’habitude alors même s’il boude un peu à chaque fois pour la forme il me laisse partir. Et puis c’est pas comme si on n’avait pas passé la soirée, puis la nuit et une bonne partie de la matinée ensemble de toute façon. Arrivé au quatrième j’entends quelqu’un qui m’interpelle …

« Eh toi là ! T’as fait quoi de mon compatriote ? »

Cameron.
Mon sourire s’élargit.

« Je l’ai attaché dans mon lit pour pas qu’il en ressorte ! Jamais ! »

Il lève les yeux au ciel tout en souriant à son tour.

« Il est resté au chaud, et moi je vais braver le froid. T’en fais pas pour lui il est très bien où il est et totalement libre d’en sortir quand il veut. »

Et je ne sais pas pourquoi je me justifie parce qu’il le sait très bien. On se serre la main pour se dire bonjour et je reprends ma route, impatient, et de très bonne humeur.

« Amuse-toi bien petit Kangourou. »
« Merci Oncle Sam ! On se retrouve pour le déjeuner ? »
« Ouaip ! A tout à l’heure et fais gaffe à ton cul ! »

Je suis déjà trop loin pour lui envoyer mon « Oui papa ! » habituel donc ça se solde par un signe de la main alors que je lui fais dos. Arrivée dans le Hall j’offre un sourire à Kezabel et Charleen qui se trouvent là, puis chope mon frère un peu plus loin. Je crois qu'ils sortent tous de cours ... En fait j'en sais rien, tout ce que je sais c'est que je fais parti des veinards qui n'ont pas cours le samedi et tout le monde n'a pas cette chance.

« Salut frangin ! On mange ensemble ce soir ? »

Mais je ne suis déjà plus là. La petite porte du Hall se ferme derrière moi, le vent me fouette le visage et sans réellement faire attention je me tasse un peu sur moi-même. Capuche sur la tête, écharpe autour du coup parce que Loup-Garou ou pas je ne suis pas insensible au froid pour autant, sac sur l’épaule, c’est parti pour l’aventure. Les pavés, puis l’herbe, le parc, la lisière de la forêt, puis le couvert des arbres. Sursaut. Je ne l’avais pas vu … Rectification, je ne les avais pas vu. Les Sombrals, ils sont là, et dès qu’elle me voit Mila vient vers moi en piaffant. Mon sourire est toujours aussi large et ma main cherche le contact de son chanfrein dès qu’elle arrive à ma portée.

« Hey, salut toi. »

Certains en ont peur à cause de leur allure reptilienne et squelettique, d’autres ne les voient pas, mais pour moi ils ont toujours eu quelque chose de spécial, dès mon premier jour ici, dès que j’ai su pourquoi je pouvais les voir et pas d’autres. Et puis il y a eu Mila, la première créature à laquelle je me suis attaché ici alors que je fuyais l’être humain comme la peste, mon caractère m’y aidant assez bien. C’était il y a deux ans, elle était encore toute petite …
Au bout de quelques minutes sa mère l’appelle et elle repart de son côté, j’en fais autant. Encore un peu de marche dans la Forêt, près du bord du lac, les sens en alerte même si en général il n’y a pas vraiment de danger dans ce coin là, et je débouche enfin sur mon petit paradis. Une sorte de … Je ne pense pas qu’on puisse vraiment qualifier cette endroit de crique puisqu’il n’y a pas de rocher pour l’enclaver mais c’est comme une sorte de petite plage, avec un tron d’arbre mort qui me sert souvent de banc, un autre arbre bien vivant celui là qui m’a permis de cacher mes planches au départ, et puis bien sur la Forêt juste derrière. C’est toujours calme, personne ne vient jamais ici, c’est en dehors du champ de vision qu’on peut avoir du château et sauf rares exceptions, très peu de gens connaissent mon petit coin. Ça ne paie pas de mine comme ça, le Lac est bien sur plat … comme un lac, même si le vent le fait bouger un peu mais il y a des sortilèges de protection, merci Ismaelle, de les avoir lancé au départ et de me les avoir appris pour que je les entretienne. Et puis ce sort magique, qui me permet de créer les vagues moi-même … C’est pas Lakes, c’est pas l’Océan, mais c’est déjà ça.

Surfer en short est devenu un luxe que je ne me permets plus vu le temps j’ai donc – après de nombreux essaie – réussi à métamorphoser des vêtements en combinaison et même si je n’aime pas spécialement être à l’étroit là dedans c’est toujours mieux que de se transformer en glaçon, quand bien même je ne tombe jamais malade. Je sors délicatement ma planche de mon sac – ensorcelé celui là aussi et encore une fois merci Ismaelle – et comme toujours je l’observe quelques instants, un sourire sur le visage, toujours aussi émerveillé par le dessin que Kyle a fait dessus cet été. Cette planche est une vraie planche, pas un objet métamorphosé, et c’est surtout une planche que j’ai fabriqué moi-même. Quand mes parents sont morts, mon père commençait toujours juste à m’apprendre et celle-ci on l’avait commencé ensemble. Je l’ai fini sans lui, mais je sais d’où elle vient et c’est ce qui fait que je l’aime autant. La petit touche de Kyle en plus dessus la rend encore plus exceptionnelle. Elle est noire, toute noire, et en plein milieu se trouve mon visage coupé en deux : Mi-humain, Mi-loup. Ma chaine, la croix, puis quelques étoiles en fond, une pleine lune, et les traits de Lune avec son regard perçant. Comme si elle veillait sur moi. Sa signature, ses initiales en bas, à côté d’un petit phare. J’ai toujours un frisson quand je regarde cet objet, et j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux même si je sais bien qu’une erreur de ma part, une vague trop puissante, un rocher, suffirait à la briser. Dans le pire des cas : Reparo. Mais ça n’arrivera pas ici.

Je secoue la tête, sort de mes pensées et me tourne vers le lac. Ma planche sous le bras, après lui avoir passé un peu de wax, et ma baguette dans la main. Elle finira attachée à mon poignet. Inspiration, profonde, blocage de l’air dans mes poumons et expiration.

« Bon, maintenant, l’épreuve. »

Je fais quelques pas mais quand mes pieds touchent enfin l’eau, la grimace et le mouvement de recul est automatique. Je me surprends même à penser que j’étais bien mieux au chaud dans mon lit avec Kyle. Enfin ça n’a rien de surprenant … Mais quand même un peu quand on sait à quel point la glisse est presque une raison de vivre pour moi, un moyen d’exister en tout cas, de m’exprimer même.

« Aller Enzo, t’es pas en sucre et loin de là. T’as déjà affronté l’Océan en plein hiver ! Oui bon ok en Australie c’est pas vraiment le même climat et en plus c’est un lac et pas l’océan mais bon … »

Et je me lance, tout en faisant les choses bien c'est-à-dire en me mouillant au maximum au fur et à mesure, surtout la nuque, mais tout le monde le sait … Il y a un palier critique à passer … un endroit qui préfère largement avoir chaud …

« Aaaaaaah putaaaaaaaiiiiiin … Ça pique. »

Et voilà, j’ai de l’eau jusqu’à la taille, le pire est passé. Deux secondes plus tard je plonge, ma planche bien accroché à ma cheville par le leash, et l’instant d’après je suis à plat de ventre dessus entrain de ramer vers le large. Une fois suffisamment loin je m’arrête, m’assoie une jambe de chaque côté, observe, et lance le sort qui fait venir les vagues. C’est parti pour le kiff !

Je me suis accordé tout juste un peu plus d’une heure, mais c’est de ma faute j’aurai du décoller plus tôt. Ça n’est pas très grave, j’espère pouvoir me rattraper pendant les vacances, ailleurs, sur de vraies vagues, sur un véritable Océan et ce peu importe lequel, mais ça ne m’a pas empêché de m’éclater comme un petit fou, de repousser certaines limites, de faire grossir les vagues, la fréquence, de prendre des gamelles magistrales mais d’être satisfait de moi quand même. Je m’améliore dans certains trucs, je le sens bien. Je suis beaucoup plus à l’aise sur certaines figures et c’est juste le pied. Seulement voilà, quand je ressors de l’eau en trottinant et en secouant mes cheveux par reflexe, un méga smile sur le visage comme toujours, je plane tellement que je ne me rends pas compte que je ne suis plus seul et c’est au dernier moment que je le vois. Bug. Instinct directement en marche. Défensive. Grondement sourd dans ma gorge puis je me ravise et me tranquillise. Un Gardien. Visage familier sans trop l’être. Grillé ? Je redeviens un gamin tranquille, fais taire le Loup, et reste planté là, la planche sous le bras, sans trop savoir comment je dois réagir.

« Hum. Bonjour … ? »

:gla:
Est-ce que je suis bon pour un savon ? Ca tombe bien faut que j’aille prendre une douche … Ok, je sors.
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MessageSujet: Re: If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James   Mer 3 Déc 2014 - 23:57

« Et puis arrête de tirer une gueule pareille… t’as eu une punition, et alors ? Tu vas faire quoi ? Allez chialer auprès de papa maman pour cette injustice ? C’est bon, c’est pas non plus la fin de ton petit monde Jenkins et ça changera un peu ta vida. Parce que, que tu le veuille ou non t’as pris ton pied à faire ce que t’as fait. Alors arrête d’en faire toute une montagne en tirant une gueule de 15 kilomètres de long.
- D’abord mon collier, ensuite tu me mates sous la douche et tu te barres avec mes sous-vêtements que tu t’amuses à vendre à n’importe qui dans le Hall, et tu t’étonnes que j’ai réagi un peu « excessivement » ? Oui ! Je suis tout aussi responsable que toi pour cette colle, t’es content ?! »
 
Je suis encore derrière la porte, adossée à celle-ci, mains dans les poches. Je profite de leur petite altercation pour me délecter de leur colère commune mais surtout, pour me reposer un peu. Je suis sous tension depuis quelques jours, depuis cette lettre reçue, depuis que je sais. Et je sais trop de chose d’un coup. Mon cerveau fait le tri, mais mes nuits me ramènent à tout ça sous forme de cauchemars. Je suis fait pour être endurant et rester des mois sous silence, me fondant dans la masse, dans la peau d’un autre mais il arrive parfois que le cerveau réclame un break, un instant de pause. Et je le trouve ici, contre cette porte, à entendre Mlle Jenkins et Mr Vargas se disputer à propos de leur retenue… et de bien d’autres choses visiblement.
 
Je ferme les yeux, les écoutes encore, puis inspirent un bon coup. Journée de repos, journée de calme. C’est ce que je souhaiterais, sans compter Luna qui crèvera sûrement dans les prochains mois sans me donner descendance. Je suis frustré, énervé. Agacé. Elle ne m’a servi à rien. J’ai perdu toutes ces années de ma vie… pour rien. Je soupire et quitte le bois de la porte, laissant ces deux idiots se disputer tel un vieux couple. Je ne sais pas comment se terminera cette retenue, en échange charnelle, en coup de poing donné ou en silence mais je n’en ai cure. J’ai d’autre chose plus importante à faire. Parce que désormais une mission se rajoute à mon quotidien.
 
Ryans, señor et junior sont désormais « sous ma protection ». Je dois « veiller » sur eux, leur gentil grand-père ayant demandé à ce que quelqu’un prenne soin de leur progéniture semi-orpheline et batarde. Que j’enquête également sur eux, dans le but de savoir ce qu’ils prévoient durant leur vacance. Je ne sais pas ce que projette réellement leur grand-père, mais je me doute qu’ils ne laisseront pas ces deux gamins dans la nature. Peut m’importe, l’ordre est clair alors j’obéis. Et puis… A aucun moment je n’ai eu de restriction sur mes agissements envers car je suis presque certain que le Grand Ryans serait ravis que j’emploi certaine méthode pour les remettre dans le droit chemin. Bien évidemment, j’éviterais toute blessure physique si je n’ai pas envie de me retrouver les bras en croix sous quelques heures. Bref, peu importe, ça n’est pas la question pour le moment. Non, le plus important est que je suis dans l’urgence. Nous sommes le 13, les vacances débutent et je ne sais pas moi-même si les élèves partent ou non en vacances. Mais si c’est le cas, je mets ma main à couper que ça sera effectif d’ici quelques jours.
 
En somme, je dois agir vite. Vite et bien. De manière efficace.
 
Je suis désormais dans le couloir et je croise Devin. Mlle Jones s’est montré particulièrement tenace, touchant l’indécence du bout des doigts et provoquant chez moi un agacement plus que certain. Mais l’avoir dans nos rangs sera utile, pour la simple et bonne raison que de par sa lâcheté, elle peut se fondre dans la masse sans que plus personne – ou presque – ne la soupçonne. Il faut également que je mette rapidement Connor en garde contre Jeroen, lui indiquant qu’il n’était plus la peine de l’interroger. Il valait mieux pour nous tous de laisser Van Saad dans un coin le temps que tout cela se passe, se tasse et survienne. Il faut que je mette à jour ma liste d’intervention, rapidement. La tension n’était pas palpable au château car le seul endroit où elle résidait était en moi. L’excitation mélangée d’agacement. Le sang coulera, quoi qu’il arrive… Et cela fait longtemps que j’attends de pouvoir assister à ça. Une extermination en masse de cette race vouée à la mort.
 
Je croise également Enzo, prenant la direction de la sortie. J’esquisse un sourire discret et sur le chemin de ma chambre je salut cet abruti de Dimitri, cette bonne à rien de Katherine et le muet Owen. Lui au moins, me fichait une paix presque complète à peu parler. Et ça m’arrange. Je ferme derrière moi et m’écroule sur mon lit, assit, dos courbé. La fatigue se fait sentir ses derniers temps… Je sors ma baguette et en sort mon patronus, brillant, petit, discret…
 
« Trouve moi Enzo Ryans et dis-moi où il est. »
 
Je n’ai pas besoin de répéter l’ordre deux fois, mon Scorpion est déjà partie au travers ma fenêtre afin d’établir ses recherches. Le temps qu’il revienne, je me change et enfile un gros pull en laine, un jean et un manteau, m’apprêtant à braver le froid. Il revient un bon quart d’heure après… Le parc, le Lac. Nouveau sourire de ma part. J’acquiesce et mon Scorpion disparait dans une veloute de fumée argentée.
 
Mes pas m’emmènent rapidement près du Lac où j’entends… l’eau s’agiter. J’arque un sourcil, surpris. Une tempête ? Un bête féroce. Je m’approche derrière un bosquet … Bingo. Je trouve le jeune Ryans surfant sur les vagues du lac, concentré sur sa tâche, sans prêter attention au monde qui l’entoure. Je l’observe un instant, me demandant si mon odeur sera détectable d’ici. Enzo, le loup-garou. Enzo, le cabot batard de sa famille. Le fait qu’il soit Lycanthrope n’est pas un problème en soit… Bien au contraire. Un garçon comme lui dans nos rangs ne serait que bénéfique… Mais, à croire que c'est de famille de vouloir tout gâcher. Il aurait pu être un des meilleurs, respecter de tous dans cette grande famille connu des sang-purs. Seulement, non. Ce petit crétin préfère aller batifoler avec un homme... Une vermine, une sous espèce de surcroît. Un moldu. Pur et simple. Aussi blanc qu'un mort que l'on pourrait croire qu'il tomberait raide, les bras en croix au prochain couloir. Je pourrais moi même le tuer, un seul mot, une seule formule et il disparaîtrait de la vie d'Enzo. Il serait plus vulnérable pour que nous puissions en faire ce pour quoi il est fait. Un sang-pur respectable. Mais pour le moment, son grand-père devra se contenter d'un petit fils aux tendances douteuses, immondes et répugnantes.

Je le vois s'approcher du rebord, trottinant hors de l'eau en s'ébrouant comme l'animal qu'il est. Et ce sourire aussi étincelant que possible me donne la furieuse envie de le faire disparaître. Mains dans les poches, j'approche d'un pas assuré vers lui, à son encontre. Enzo me voit et j'entends un grondement sourd s'échapper de sa poitrine. Qu'est-ce qu'il y a le clébard, tu te sens en danger ? Mais jouons l'intelligence et la patience. S'il est un loup-garou, il a alors le gêne d'un canidé. Et avec cet espèce, mieux vaut ne pas les brusquer. Y aller en douceur et ne pas s'imposer au sein de leur territoire. Alors, je marque un temps d'arrêt, sans le lâcher du regard. Il se détend, j'esquisse un léger sourire qui ne se veut pas trop engageant mais qui montre un semblant d'amusement face à la situation. Planche de surf sur le bras, Enzo n'a pas l'air de savoir où se mettre.

« Hum. Bonjour … ? »

Dire qu'il suffirait que... Hum. Injustice en ce monde. Trop de temps que je suis resté cloitré à ne pouvoir laisser exprimer mes pulsions meurtrières. Et puis, Monsieur est un petit protégé maintenant alors James, on se tient droit et nous respectons nos engagements.

Je lève le regard vers le ciel, scrutant les nuages lourds et grisâtres avant de m'emmitoufler un peu plus dans mon manteau.

« Ca n'est pas tous les jours que nous pouvons voir un surfer profitant des...  « vagues » du Lac de Poudlard. Surtout par ce temps. »

Nouveau sourire. Je tente d'engager une conversation plutôt amicale mais sans pour autant oublier mon rôle premier, celui de gardien. Je tiens cette fois une expression un peu plus sévère, empruntant une voix plus solennelle.

« Cependant, je ne pense pas que ça soit autoriser de surfer ici... Et je suis certainement dans le devoir d'en référer auprès de ton Directeur de maison. Nom, prénom et maison, jeune homme ? »

Je le regarde perdre de sa superbe... en tout cas, de son sourire, ayant l'air un peu penaud, se passant une main dans les cheveux. Je ne sais pas si c'est habituel pour lui de venir surfer avec un froid pareil et cela m'importe peu. Je l'écoute se présenter, Enzo Ryans, Gryffondor. Je connais déjà ses informations mais inutile de le montrer. Je suis Gardien, pas professeur. Je ne devrais pas connaître la majorité des élèves.

Je le fixe avant de partir dans un éclat de rire, clair et franc, en regardant cette tête qui affiche cette fois un mécontentement. Du moins, de ce que j'en déduis.

« Je plaisante mon garçon... Je suis Gardien, pas tortionnaire. Il serait dommage de se voir réprimander le premier jour des vacances ! Disons que pour aujourd'hui... Je n'ai absolument rien vu. »

Et pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque de t'enfermer dans un des cachots... Dans une cage, en pleine, pleine lune. Avec ta raclure de petit ami avec toi. Afin de voir le spectacle que vous pourriez nous offrir tous les deux. Montrez-nous votre amour passionnel, celui qui se terminera dans le sang, la souffrance et les larmes. Quelle douce image d'imaginer Enzo, tous crocs dehors, dévorer le cœur de celui pour qui il vit ses jours.

Mon sourire s’élargit quelque peu, affichant un air tranquille et détendu, montrant que mon but ici n'est pas d'affliger une sanction à Enzo et que je suis là par un pur hasard. Je m'approche du Lac et y plonge le bout de mes doigts avant de la retirer en la secouant.

« Brrrr elle est extrêmement froide ! Ça te prends souvent de venir surfer par ici ? Tu as bien du courage avec cette température. »

J'ai envie d'ajouter « Belle performance » mais cela indiquerait que je suis ici depuis plus longtemps qu'il ne le croit et ne sachant pas le degré de méfiance de Ryans, je préfère m'en abstenir. Je me relève, en désignant d'un signe de tête la planche d'Enzo où... son visage y était peint. Enfin, la moitié de son visage. L'autre étant celle d'un loup. Lune en arrière plan... Je n'arrive pas à voir tous les détails mais d'instinct je me dis que ce jeune homme est soit narcissique de peindre son portrait et d'exposer sa tare ainsi, soit... Je ne sais pas, en réalité.

« Jolie planche ! C'est toi qui a fait le dessin ? »

J'affiche un air sincèrement surprit et impressionné devant tant de talent. Je joue la comédie comme chaque jours passés dans ce château. Et cela fonctionne à merveille.
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MessageSujet: Re: If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James   Jeu 11 Déc 2014 - 18:43

Endorphine powaa ! Sérieusement, vous connaissez un meilleur moyen de commencer une journée ? Je voudrais qu’elles commencent toutes de cette manière, avec le soleil et quelques degrés en plus, et je serais le garçon le plus heureux de la terre. Certes le cadre n’est pas celui que je préfère mais je m’en contente et m’en acclimate tant que j’ai la possibilité d’avoir à côté de ça des trucs pour peser dans la balance de manière positive. Kyle, bien sur, c’est quand même une chance de pouvoir le voir tous les jours et non je ne m’en lasse pas – je suis bien trop dépendant de lui, c’est pas un scoop – et me réveiller à côté de lui le matin c’est juste … Bref. Bien sur il n’est pas le seul « à côté » qui fait pencher la balance. Il y a aussi d’autres personnes, mon frère en tête de liste, puis les créatures, et quelques activités sans parler de certains cours que j’apprécie vraiment. Pour résumé, même si au fond de moi j’aurai toujours ce sentiment, cette envie d’être ailleurs, je ne suis pas malheureux ici, loin de là. Nourris, logé, presque blanchi, ça serait réellement malvenu de ma part de me plaindre même si c’est une évidence, le Royaume-Unis ne sera jamais ma maison, je ne m’y sentirais jamais totalement chez moi.

Matinée parfaite, donc, après une nuit plutôt cool aussi. J’ai eu ma dose de câlins, et de bisous, c’est vachement important les bisous et j’ai parfaitement conscience de passer pour un gros niais accro, bla bla bla mais je m’en tamponne.
Seulement voilà, les effets sont un peu passés quand je me suis rendu compte que je n’étais plus vraiment seul, d’autant plus que je ne connais pas ce type et mon instinct de préservation a pris l’habitude de se mettre sur la défensive automatiquement dès qu’un visage non familier se pointe dans mon espace. Rapide état des lieux, on n’est certes plus en terrain conquis ici mais le fait que je me retrouve face à un sorcier – il est Gardien, un Gardien sans pouvoir ça serait un peu contre-productif sans vouloir être désagréable ou dans le jugement de valeur, donc ça laisse peu de place au suspens – adulte qui n’a pas sa place dans ma liste de confiance, au milieu de nulle part, seul donc vulnérable d'une certaine façon. Je ne ressens pas spécialement de peur, je suis juste méfiant et observateur, on ne perd pas ses vieux réflexes aussi facilement et tant mieux. Point positif, même si c’est paradoxale, je suis seul, aucun proche avec moi donc l’esprit et les sens totalement focalisés sur le nouveau venu.

Comme je suis un garçon poli, j’ai dit bonjour. Lui, il sourit. Bon signe, mauvais signe ? Distance de sécurité en tout cas même si je suis plus en mode p’tit branleur qui vient de se faire gauler qu’autre chose …

« Ça n'est pas tous les jours que nous pouvons voir un surfer profitant des...  « vagues » du Lac de Poudlard. Surtout par ce temps. »

Mode statue activé.

« Cependant, je ne pense pas que ça soit autoriser de surfer ici... Et je suis certainement dans le devoir d'en référer auprès de ton Directeur de maison. Nom, prénom et maison, jeune homme ? »

Autorisé ? A vrai dire j’en sais rien, le fait en revanche que personne ne me l’a jamais interdit. Soyons sérieux, ça n’aurait rien changé, mais … Enfin ceci dit il est hors de question que je lui dise que c’est Ismaelle elle-même qui m’a aidé à rendre cet endroit praticable, donc jouer les pauvres petits innocents pris en flagrant délit c’est sans doute la meilleure chose à faire. Petite question néanmoins : Est-ce que Jakob en aura réellement quelque chose à faire ? Permettez moi d’en douter et ça n’a strictement rien à voir avec le fait que peut être, éventuellement, je fais plus ou moins partie des chouchous de ces deux là … Ahum … Bon je sais très bien qu’ils seraient intransigeant sur certains points, ce que je comprends tout à fait puisque c’est leur rôle mais avec ma p’tite gueule d’ange et mes yeux de loup battu j’embobine n’importe qui quand je veux, ou presque. Evidement ça n’est pas comme ça que je compte amadouer Jakob, je doute que ça fonctionne, mais d’une avec ma Lycanthropie je pars avec une longueur d’avance et de deux … J’sais pas … Il a l’air de tellement planer lui aussi parfois que … Je ne remets pas en question ces capacités à être Directeur de Maison, j’dis juste que … Ouais, j’sais pas s’il accorderait de l’importance à ça. Au pire je m’en tire avec quelques heures de colle, des points en moins pour les Rouge mais ça ne sera pas la première fois ni la dernière alors … Quoi ? Comment vous dites ? Petit con ? Ah, oui, c’est bien moi.

Bref, main dans les cheveux, un p’tit frisson pour la route parce que mine de rien ça pèle ! Et surtout quand on est mouillé. Je pourrais me sécher d’un coup de baguette et me débarrasser de cette combar qui me colle à la peau mais je n’ose pas faire un seul geste en réalité.

« Enzo Ryans, le seul, l’unique, Gryffondor, 6ème année. »

Et je sens bien que je commence à danser d’un pied sur l’autre, ma patience se fait la malle et j’aimerai bien savoir à quoi m’en tenir. Ce suspens est … chiant, en fait. Et il éclate de rire … De mieux en mieux …

« Je plaisante mon garçon... Je suis Gardien, pas tortionnaire. Il serait dommage de se voir réprimander le premier jour des vacances ! Disons que pour aujourd'hui... Je n'ai absolument rien vu. »

Ah oui, ouais c’est sur drôle effectivement … Sarcasme ? Si peu. En tout cas il a l’air tranquille, et commence à se balader. Je ne bouge toujours pas d’un poil et je dois avoir l’air d’un con d’ailleurs mais je ne le quitte pas des yeux pour autant et quand je le vois grimacer après avoir mis la main dans l’eau je retiens difficilement un sourire. Petite nature.

« Brrrr elle est extrêmement froide ! Ça te prends souvent de venir surfer par ici ? Tu as bien du courage avec cette température. »
« De temps en temps. »

Toutes les semaines depuis un paquet de mois maintenant, en réalité, mais ça n’est pas la peine de tenter le diable ni de mettre qui que ce soit dans l’embarras puisque clairement si j’ai réussi à garder ce petit secret pour moi pendant aussi longtemps c’est parce qu’il est bien protégé et que certaines personnes ferment les yeux.

« Pour le reste c’est une question d’habitude à prendre. »

Haussement d’épaules de ma part, pas blasé juste … neutre je dirais. On n’a pas tous la même résistance au froid c’est sur mais autant les filles disent qu’il faut souffrir pour être belle, moi ça ne me dérange pas de souffrir un peu pour m’éclater. Ça fait un peu maso sur les bords dit comme ça … Bof, pas grave.
Sinon … Je vais y aller moi hein, j'veux dire, on ne va pas passer le réveillon ici et puis j'ai comme qui dirait une grosse dalle donc ce qui m'arrangerait c'est juste de retrouver le sec, rentrer au château et retrouver mes potes pour manger comme un type qu'à pas toucher de nourriture depuis un mois. Sauf qu'évidement se barre comme ça devant « l'Autorité » ça ne se fait pas trop mais j'avoue que s'il ne passe rien dans les trois secondes, je ne vais pas attendre plus longtemps, quitte à me faire rappeler à l'ordre.

« Jolie planche ! C'est toi qui a fait le dessin ? »

Et merde, il veut faire la conversation visiblement. J'imagine que je vais devoir me comporter comme un gentil garçon sage et respectueux, mettre mon estomac de côté en compagnie de mon ennuie ? Hum … Mouais, on dirait bien. J'étais bien pénard avec mon silence, mes vagues et mon endorphine moi, pourquoi est ce qu'il a fallu que Monsieur choisisse ce coin pour sa balade matinale ?
Enfin ceci dit … Il touche quand même une corde sensible et je l'admets, ma lassitude apparente – et celle qui ne l'est pas d'ailleurs – disparaît un alors que j'écarte ma planche de moi et que je la regarde. Je crois même que c'est un semblant de sourire qui se dessine infimement sur mon visage.

« Merci. »

T'as décidé de parler en monosyllabe aujourd'hui ou … ? T'étais bien plus bavard tout à l'heure dans le dortoir jeune homme. Alors d'une je ne parle pas en monosyllabe parce qu'il y en a deux dans merci, et de deux j'ai rien à dire à ce type que je ne connais pas alors que j'ai toujours un milliard de choses à dire à Kyle. Une autre question ? Non, bon. Faudrait savoir, soit je parle trop, soit pas assez.

« Mais non le dessin n’est pas de moi. J’ai fabriqué la planche, en partie, mais le dessin est un cadeau … Donc merci pour l'artiste, je lui dirai qu'on a complimenté son travail. »

Il faut rendre à César ce qui appartient à César, c'est ça qu'on dit ? Je sais que Kyle ne coure pas après la gloire et que ce dessin est quelque chose d'assez intime en réalité mais ça n'empêche pas de lui faire part des échos que je peux avoir sur son talent.
Tout ça, cette planche, c'est le résultat d'un travail d’équipe, et non seulement j’en suis super fier mais en plus de ça j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. D’une parce que c’est un surf, et que les surfs c’est sacré, et de deux parce que deux des hommes qui comptent le plus pour moi y ont apporté quelque chose. Je pense que ça peut se comprendre mais ça n’est pas la peine d’aller l’étaler sur la place publique d’autant plus que j’en ai pas spécialement envie.

« Est-ce que je dois en déduire que maintenant que je suis grillé je vais devoir m’abstenir ? »

Filtre. Cerveau. Bouche. Non, toujours pas. C'est sorti comme ça, et le pire c'est qu'à aucun moment je trouve ça déplacé. En même temps, je me renseigne et c'est tout. Autant savoir à quoi je peux m'en tenir même si ...

« Ou à défaut trouver un autre spot. »

Traduction : Trouver un autre coin où on ne viendra pas me faire chier, en changer toutes les semaines s'il le faut et continuer de filer en douce quand ça me chante ou presque, bien conscient des risques quand même. C'est clair que la Forêt ou même le Lac ne sont pas des endroits qu'on peut qualifier de « surs » mais depuis quand est ce que ce genre de truc m'arrête ?
Insolence ? Je dirais que ça n’est pas fait dans cette optique là mais ça pourrait être interprété en tant que tel, de même que ma stature qui parle d’elle-même. Redressé de toute ma hauteur, la tête bien droite et le regard planté dans le sien, il n’y a pas de provocation là dedans, juste une sorte d’assurance sans doute déplacée mais le fait est que non, je n’ai pas l’intention d’arrêter de surfer pour qui que ce soit. Je sais que je prends un risque en agissant comme ça mais au moins il saura à quoi s’en tenir : Je suis du genre borné et j’ai du mal avec la privation de liberté. Sans parler du fait qu’ici je ne fais de mal à personne, non ? Si ce n’est moi-même de temps en temps mais j’ai envie de dire, ça me regarde.
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MessageSujet: Re: If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James   Mar 23 Déc 2014 - 14:11

La méfiance semble se dresser tel un mur imaginaire. Ryans est devant moi, planche sous le bras et aussi expressif que la plante du coin. En soit, le fait qu'il surf sur le lac à l'insu de tous – ou peut-être, presque tous – m'importe peu, qu'il s'y casse une jambe également. Mais mon rôle de gardien est de veiller à la sécurité des élèves et de parfois, les rappeler à l'ordre et surtout de signaler la transgression des règles à leur directeur de maison. S'il est interdit de jouer sur une vulgaire planche ? Je n'en ai aucune idée et de ça aussi, je n'y prête aucun intérêt. Mon simple objectif est de tenter de le mettre en confiance et de réussir à ouvrir un dialogue, en douceur, afin que je sache où il compte passer ses vacances et s'il sera bien évidemment suivit de Ryans Señor. Mains dans les poches, dans une allure qui se veut décontracté je ne le lâche pas de mes yeux bleus glaces. Je me rend avenant, pas très bavard ni l'air très blagueur mais en rien, dangereux. Cependant, si j'en ai cru certains échos, il va être compliqué de me mettre ce jeune homme dans la poche avec son vécue.

La lycanthropie est un don – ou une malédiction, tout dépend de quel point de vue nous nous plaçons – qui est, encore à ce jour, un réel mystère à nos yeux. Je n'y fais pas exception. J'aimerais voir quelles sont les limites de la bête, de ce Loup à l'appétit vorace et féroce de chair fraîche. Je n'exclue pas l'idée de devoir moi même le constater le jour venue si nous réussissons à mettre en œuvre nos plans, pour notre retour. Peu importe la manière employée, Enzo ne restera pas indemne. Certes, leur Grand-père m'a demandé de veiller sur eux, mais je suis certains qu'il ne serait pas contre une petite remise au point sur les priorités de son petit-fils : Se débarrasser de cette tare qu'il traîne comme petit ami, lui trouver une jeune femme aimante lui donnant une descendance digne de ce nom mais aussi, servir une cause que nous devons perdurer. Plusieurs stratagèmes ont prit naissance au fin fond de mes pensées pour que celui qui aurait pu être une abomination de la nature, retourne sa veste. Le persuadé que son petit ami n'est qu'un traître, l'ayant offert en pâture aux Supérieurs. Le persuader que Kyle ne l'aime pas et ne l'a jamais aimé, voir même qu'il le trompe depuis un certain temps parce qu'il ne supporte plus d'avoir un Loup dans son lit, parce qu'au fond, un être mi homme, mi animal... Est-ce réellement quelque chose de sain pour soi, pour son avenir ?

Je ne sais pas encore où me conduiront ces effusions d'idées mais je compte bien y réfléchir sérieusement au moment venu. Derek n'échappera pas non plus à une petite remise à niveau, certaines informations m'ayant déjà été transmise. Une grand-mère en Australie, une certaine Jillian dont je ne sais pas encore grand chose. Ça ne saurait tarder.

S'insinuer lentement au cœur des douleurs, détruisant les piliers uns à uns, jusqu'à ce que la forteresse cède sous le poids d'une peur innommable.

L'air est glaciale et je me demande si ce garçon réussit à rester aussi stoïque à cette fraîcheur grâce à l'animal qu'il possède en lui. Il me dit qu'il vient ici de temps en temps et d'autres mots que mon cerveau efface presque aussitôt. Ils sont sans importance.
Maintenant la planche, lui donnant la sensation que ce dessin m'intéresse mais en tentant de ne pas paraître trop curieux

« Merci. »

La partie s'annonce longue et rude.

« Mais non le dessin n'est pas de moi. J'ai fabriqué la planche, en partie, mais le dessin est un cadeau... donc merci pour l'artiste, je lui dirai qu'on a complimenté son travail. »

Il ne m'en dit pas plus sur l'artiste, mais est-ce quelque chose de réellement important ? Il ne l'a pas lâché depuis tout à l'heure, agrippé à elle comme à une bouée. Valeur sentimentale ? Dessin effectué par un être cher ? Je range l'information dans un coin de ma tête, chaque détail peut s'avérer important le concernant. Et le fait qu'il y soit représenté « Mi-homme, mi-Loup » est un signe évident d'acceptation de soi. Ce jeune homme n'a visiblement pas honte de ce qu'il est.

Je lui accorde un sourire concernant le dessin, sans bouger de ma place, les mains toujours dans les poches, réprimandant de temps à autre des frissons glacés.

« Est-ce que je dois en déduire que maintenant que je suis grillé je vais devoir m’abstenir ? Ou à défaut trouver un autre spot.  »

J'ai presque envie de rire face à la faible insolence d'un jeune homme dans la force de l'âge et qui, de toute évidence, désire goûter à un plaisir libre, sans que quiconque ne vienne empiéter sur son terrain. Car s'il souhaite se trouver un autre terrain de jeu afin de jouer le cabot avide de s'ébrouer, ça n'est pas pour rien. Il aime avoir sa liberté et il semble y tenir. Le cerner n'est pas facile, je ne connais presque rien de lui mais à première vue :

Gamin non-chalent.
Certaines tendances vers un je m'en foutiste.
Fou amoureux de la tare qui lui sert de passe-temps.
Franc et méfiant.

Pour le reste, je n'en sais encore rien. Mais Devin pourrait peut-être poser les questions aux bonnes personnes, tout comme Connor. Deuxième lot d'idée en rangement dans le coin de ma tête.

Toujours un sourire aux lèvres, je lâche d'un ton amusé :

« Tu fais bien ce que tu veux jeune homme... je ne suis là que pour veiller à ce qu'il ne t'arrive rien, pas pour te dicter une conduite. »

Sans aucune once d'agacement ou de sécheresse dans ma voix, bien au contraire. J'affiche cet air amusé et taquin sans pour autant prendre mes aises et prendre trop de place dans son environnement. Il est clair que discuter avec Enzo revient à marche sur un terrain miné. La moindre erreur pourrait me coûter cher, mais surtout me faire échouer ma mission secondaire.

Je sors ma baguette et fait apparaître une couverture polaire à partir d'un galet qui se trouve sur le bord du lac et la ramène directement sur l'épaule d'Enzo.

« Par contre, je préfère éviter à ce que tu n'attrape une pneumonie. Enroule là autour de tes épaules et tu devrais être réchauffer d'ici peu. »

Pour eux, je ne suis qu'un homme banale, introvertie, qui parle peu et qui reste généralement dans son coin en attendant qu'un autre face le premier pas. Je ne suis pas fermé au contact, à l'échange. Je suis un gentleman, serviable, parfois nerveux et dont la patience s'effrite lors d'une trop longue fatigue. En aucun cas je ne suis perçu comme un homme prêt à encaisser trois heures de traque par simple plaisir de voir sa victime pleurer d'affolement, de la voir paniquer, perdre pied.
Je suis bien loin d'être comme Owen qui, lui, n'aurait même pas hésité à laisser Ryans attraper une bronchite. Owen ne semble pas prêter grand intérêt à ces gamins et je le comprends... sauf que je ne peux pas lui dire.

Je range ma baguette dans la poche de mon manteau et d'un signe de tête, l'invite à me suivre.

« Il serait mieux que nous rentrions maintenant, je ne suis pas sûr qu'un Enseignant apprécie de savoir que je t'ai laissé près de la Forêt sans t'avoir escorté un peu plus loin de la lisière... Enfin, dans l'optique où il l'apprend. Mais je ne préfère pas prendre de risque. »

Un peu ferme parce que mon rôle de gardien m'y oblige, sans pour autant paraître désagréable. Je ne fais que marcher sur la ligne que l'on m'a tracé en tant que Gardien, rien de plus, rien de moins. J'attends qu'Enzo se décide à bouger de quelques pas, pour le suivre, maintenant une certaine distance de sécurité entre lui et moi. Il possède des instincts animal et je garde en tête qu'en tant que tel, l'approcher trop rapidement serait une erreur pour moi.
Nos pas se mêlent aux feuilles mortes de la forêt, presque givrée par le froid. Je me tasse dans mon manteau et mon écharpe avant de lui demander d'un air intéressé :

« Alors, tu as des projets pour les vacances si vous avez l'autorisation de partir ? Je ne t'ai même pas demandé d'où tu venais... Un jeune élève avec sa planche de surf sous le bras et n'hésitant pas à braver les vagues par un temps pareils, je ne suis pas sûr qu'il soit Britannique... »

Je lâche un petit rire amusé, marchant d'un pas tranquille, les mains dans les poches, attendant patiemment que le chiot veuille bien donner la patte.
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MessageSujet: Re: If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James   Mer 24 Déc 2014 - 14:11

Petit con. J’ai entendu ça tellement de fois dans ma vie, depuis deux ans surtout en fait – exclusivement quand on y pense parce qu’avant ça j’étais sage et discipliné, jamais insolent ni dans la provocation – et ça me fait marrer presque à chaque fois. Il ne l’a pas dit, je ne sais même pas s’il l’a pensé en réalité et je m’en cogne, c’est juste qu’à sa place je pense que c’est le premier qualificatif qui me serait venu en tête. Pour Cameron c’est carrément devenu un surnom officiel, mais affectif.
Je n’ai pas spécialement de problème avec l’autorité, je ne dis pas que j’apprécie qu’on me donne des ordres parce que clairement c’est le meilleur moyen de me braquer mais quand je respecte la personne en face de moi, et qu’elle me respecte aussi évidemment, tout se passe pour le mieux et tourner ça comme une sorte de service à rendre ou simplement en y mettant le ton, il n’y a aucun soucis. Là où je veux en venir c’est qu’il représente l’Autorité, mais ne fait pas partie des personnes ayant l’accès à ma petite sphère privée donc quelque part je vis son arrivée comme une agression et borné comme je suis je doute que ça change …

Il sourit, ça l’amuse, soit. Éclate-toi, c’est moi qui régale. J’ai de la bonne humeur à revendre aujourd’hui alors profites-en, c’est cadeau.

« Tu fais bien ce que tu veux jeune homme... je ne suis là que pour veiller à ce qu'il ne t'arrive rien, pas pour te dicter une conduite. »

Encore heureux, aux dernières nouvelle t’es de toute façon pas mon père. Eh oh jeune homme, tu crois qu’il dirait quoi ton père justement en t’entendant penser de cette façon ? C’est quoi au juste cette rébellion d’ado insolent là ? C’est pas faux, et à vrai dire j’en sais rien. Peut être que ça me casse simplement les c… pieds qu’on vienne me péter mon délire pleins d’endorphine et qu’on empiète sur mon espace vital alors que j’étais pénard tout seul. Et puis j’en sais rien, y a un truc qui me dérange chez ce type. Peut être qu’en d’autres circonstances je me serais comporté en gentil petit garçon poli et intéressé par la conversation mais il faut croire que ce matin, midi en fait, ma mauvaise tête et moi on ne marche pas dans le trip et que son côté … grand frère/pote/j’sais pas quoi … Hum, non, ça prend pas. Pas envie.
Là où je me recentre un peu et retrouve un peu de bon sens c’est qu’il a raison, il est là pour veiller sur nous, tout simplement parce que c’est son boulot et loin de moi l’idée de l’empêcher de le faire mais je l’admets, j’ai comme envie de lui répondre que son taf c’est de protéger le château de l’envahisseur, pas de nous empêcher de faire des conneries de sales gosses, nous empêcher de vivre en fait, parce que de toute façon ça ne fonctionnera pas. On a été enfermé ici pendant deux ans, deux putains de longues années, et c’était notre seul moyen de survivre, de rester un peu nous même, alors clairement non lui et ses collègues pourront y mettre tous les efforts du monde, ils n’arriveront pas à nous brider là-dessus et je pense que certains l’ont déjà très bien compris. Cette liberté qu’on s’est créé, ce besoin d’enfreindre les règles pour se sentir vivant parfois au-delà de la raison, il est ancré en certains d’entre nous comme une manière de leur faire un gros fuck, pour leur dire que peu importe ce qu’ils ont pu faire, ou dire, ils ne nous ont pas brisé. Et lui, étranger à tout ça, il ne peut pas s’attendre à ce que ça change. Cette insolence de ma part n’est pas totalement gratuite, elle part simplement d’un fondement qu’il ne comprendra sans doute pas parce qu’il n’a pas vécu tout … ça. Ce spot, ma planche, le surf, c’est ma façon à moi de m’accaparer ce semblant de liberté, de m’exprimé, d’être moi, un truc que je ne partage que très rarement, et il est hors de question que j’arrête, peu importe ce qu’il dira. Au fond je pense qu’il l’a d’ailleurs parfaitement compris, à moins de m’attacher et de m’enfermer, ils se lasseront tous avant moi.

C’est qu’il est obstiné et persistant le gamin ! Borné, oui, ça fonctionne aussi, mais ouais, ok, c’est cool, il est cool. Qu’est ce que …

Mouvement de recul, je ne peux pas le nier ni l’interrompre avant qu’il ne prenne réellement forme. Qu’il s’approche aussi près de moi comme ça sans prévenir, non, ça ne me plait pas et ça ne plait pas à Loup non plus. Notion primordiale : Espace vital. Donc je fronce les sourcils, même si j’ai conscience du principe du geste.

« Par contre, je préfère éviter à ce que tu n'attrape une pneumonie. Enroule là autour de tes épaules et tu devrais être réchauffer d'ici peu. »

Je reste un peu con, je l’admets, mes yeux allant du plaid à lui sans trop savoir comment réagir à cette attention. Je suis habitué à ce que … Ismaelle fasse ça par exemple, ou quelques uns de mes amis éventuellement mais un autre adulte ? Non, et surtout pas une personne que je ne connais pas alors ça me rend un peu perplexe c’est vrai mais je finis par me décoincer un peu et attraper la polaire avec une main alors qu’il me lance un signe de tête que je comprends tout de suite.

« Il serait mieux que nous rentrions maintenant, je ne suis pas sûr qu'un Enseignant apprécie de savoir que je t'ai laissé près de la Forêt sans t'avoir escorté un peu plus loin de la lisière... Enfin, dans l'optique où il l'apprend. Mais je ne préfère pas prendre de risque. »

Mon air blasé, limite arrogant, a laissé place à une certaine neutralité et dans le son de sa voix à lui c’est un peu de fermeté que je perçois. Je ne me sens pas agressé, je comprends, et puis de toute façon j’allais partir alors …

« Alors, tu as des projets pour les vacances si vous avez l'autorisation de partir ? Je ne t'ai même pas demandé d'où tu venais... Un jeune élève avec sa planche de surf sous le bras et n'hésitant pas à braver les vagues par un temps pareils, je ne suis pas sûr qu'il soit Britannique... »

Sourire en coin de ma part, sourire amusé, pas provocateur, mais avant de répondre je me dirige vers mon sac qui est au pied de l’arbre et range ma planche dedans. Bien sur c’est un sac ensorcelé de manière à pouvoir contenir de grands objets, une petite astuce apprise par Ismaelle comme beaucoup d’autres. Quand ça n’est pas elle c’est que ça vient de Jill, ou d’Elwynn, voir Kezabel maintenant, et c’est très pratique d’avoir des copines plus âgées et donc plus calées en magie. D’ailleurs parlant de Magie, un Finite plus tard et ma combinaison redevient vêtements. Nouveau coup de baguette et me voilà tout sec, bien emmitouflé dans mon jean et mon gros sweat dont je tire la capuche sur ma tête après avoir enfilé mon écharpe. L’instant d’après j’arrive près de lui et lui tend la couverture qu’il a fait apparaitre avec un nouveau sourire en coin.

« J’pense que vous pouvez récupérer ça … »

Non je ne suis pas entrain de jouer au petit malin qui se la pète … même si je ne peux pas nier en retirer une certaine satisfaction personnelle quant au fait que je me débrouille pas mal en Métamorphose. Faut pas croire, c’est du boulot tout ça, et beaucoup d’entrainement.

« Mais merci, c’était sympa de vous inquiéter pour ma santé. »

Signe de tête. Je balance mon sac sur mon épaule et lui emboite le pas tout en respectant une certaine distance entre nous et surtout en faisant attention à ce qu’il ne soit jamais derrière moi. Question de principe et d’instinct. S’il tient tant que ça à me raccompagner, soit, de toute façon on prend le même chemin a priori, mais il doit bien se douter que ça n’est pas la première fois que je me balade tout seul dans la Forêt, non ? Peu importe.

« J’suis pas assez pâle pour être Britannique, ça serait un affront de me considérer en tant que tel. »

Ok c’est dit avec le sourire façon humour, mais tout le monde sait très bien – en tout cas ceux qui me connaissent bien – que je le pense quand même. J'veux dire, je garde un teint un peu doré quoi qu'il arrive, non seulement c'est dans les gènes - même si ma mère était anglaise - mais en plus c'est le résultat d'années passées sous le soleil.

« J’en n’ai pas vraiment l’accent non plus d’ailleurs. »

Ceci dit, après deux ans passé ici en compagnie de toutes ces personnes d’horizons différents, peut être que je l’ai perdu sans m’en rendre compte. Mon mec est Américain, mes potes viennent d’un peu partout, ici c’est blindé de Britanniques … Oui ça serait possible.

« Je viens d’Australie. Soleil, chaleur, océan, surf, tout ça … »

Haussement d’épaules détendu.

« Et j’sais pas trop encore ce que j’vais faire si j’peux partir, ni même si je vais le faire en fait, mais probablement aller faire un tour là bas histoire de faire le plein de vitamine D. »

Parce que c’est l’été bordel de merde !!! Pardon, trop d’enthousiasme tue l’enthousiasme. Et en vérité des envies j’en ai pleins la tête mais je crois que je préfère juste ne pas trop y penser pour ne pas être déçu si jamais les portes ne s’ouvrent pas. En plus de ça je n'ai pas spécialement envie d'en parler avec un type à qui je parle pour la première fois, sans offense. On fera abstraction du fait que je n’ai pas du tout envie de revoir ma famille en dehors de ma Grand-Mère, soit dit en passant.

« Et vous ? En tant que Gardien vous avez des vacances ? »

Le Chaton se déride un peu, vous voyez que je ne suis pas qu’un p’tit con qui se prend pour un cador … tout simplement parce qu’il en est un mais ça n’est pas le sujet.
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MessageSujet: Re: If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James   Mar 6 Jan 2015 - 16:26

Je ne me laisse pas gagner par l’agacement face à ce petit air arrogant qu’il arbore de temps à autre puisque je sais qu’il n’est rien, absolument rien. Du moins il est devenu ce « rien ». Il aurait pu être bien plus avec un peu d’ambition. Je connais ses fautes, la tare qu’il s’évertue à être alors ses grands airs ne m’atteignent pas, pas lorsque cela vient d’un gamin comme lui. Je perds déjà suffisamment de temps à essayer d’extirper tant bien que mal des informations de sa personne pour les prochaines vacances, inutile d’en perdre d’avantage à me laisser gagner par l’agacement parce qu’Enzo veut jouer les grands… Ou plutôt l’adolescent qui se fou de l’autorité.

Je le laisse ranger ses affaires dans son sac à dos où je vois la planche disparaitre sans effort. Je ne m’étonne pas de ce genre de fait et attend patiemment qu’il vienne me rejoindre. Coup de baguette et il se retrouve de nouveau au creux de ses vêtements avant de me tendre le plaid que je lui ai fourni :

« J’pense que vous pouvez récupérer ça … »

Je le saisis et le garde sous le bras, un demi-sourire aux lèvres sans ajouter un seul commentaire. Effectivement, il a tout prévu, mais ici encore, rien de surprenant même si en soi, les sorts de métamorphose sont plutôt difficile.

« Mais merci, c’était sympa de vous inquiéter pour ma santé.
- Rien de plus normal, c’est simplement de mon devoir de veiller sur vous. »

Donc ne prends pas cette grosse tête qui ne te permettra plus de passer les portes du château. Il n’est pas censé savoir que je me fou de sa santé mais peu importe. Je m’en tiens à mon rôle pour le moment : veiller sur eux, aussi bien à ce qu’il ne fasse aucunes idioties qu’à protéger le château des « méchants » qui leur veulent du mal.
Il me suit en maintenant une distance entre nous et encore une fois, je n’en suis pas surpris. J’ai déjà eu vent de ce que mes camarades ont pu lui faire subir alors je me doute que ce gamin ne fera confiance à personne, pas aussi aisément. Moi-même, je ne supporte pas que nous soyons trop proches de mon espace vitale. J’ai tout aussi besoin d’avoir une marge de manœuvre si jamais il devait se passer quoi que ce soit.
Nous sommes côtes à côtes, l’orée de la forêt nous entourant de ses bruits à la fois calme et stressant lorsque nous n’y étions pas habitués.  Bruissement des feuilles, nos souffles, les battements d’un cœur. Toujours agir au bon moment, méthodiquement. Patiemment.

« J’suis pas assez pâle pour être Britannique, ça serait un affront de me considérer en tant que tel. J’en n’ai pas vraiment l’accent non plus d’ailleurs. »

Le mot « Affront » sortie de sa bouche perd toute sa crédibilité.

« Je viens d’Australie. Soleil, chaleur, océan, surf, tout ça … »

J’acquiesce en esquissant un sourire. Si tu savais que nous étions voisins, mon accent s’est perdu au fil du temps avec de l’entrainement, de la pratique de la langue anglaise pour essayer d’emprunter leur accent princier, distingué. Tout a été pensé, travailler pour que je sois parfaitement intégré en tant que parfait petit anglais. Certains pourrait trouvé ça triste, mais pour ma part j’y trouve une vraie jouissance de pouvoir me fondre dans la masse sans que l’on sache mes véritables intentions.

« Et j’sais pas trop encore ce que j’vais faire si j’peux partir, ni même si je vais le faire en fait, mais probablement aller faire un tour là-bas histoire de faire le plein de vitamine D. »

Première information qui était bien sûr la plus évidente : Un retour aux sources, l’Australie. Et c’est bien là que nous nous attendions tous à le retrouver et je me demande si cette information ne suffirait pas à ma mission mais les ordres sont claires : Obtenir le plus de détails possible sans éveiller les soupçons. Avec un garçon comme Enzo, l’objectif devient compliqué et je l’ai compris dès le début.

« Tu as bien raison, un retour aux racines fait toujours un grand bien. Et là-bas tu pourras au moins surfer en toute tranquillité. »

Et faire un petit coucou à ton grand père, va savoir. Je ne suis pas né de la dernière pluie et ce besoin urgent de savoir où le chiot et son incapable de frère allaient mettre les pieds n’était pas par plaisir ou juste à titre informatif. Peu importe, ce ne sont pas mes affaires.
Nos pas continuons que je m’efforce de ne pas trop accélérer, histoire que nous restions bien encore à la lisière de la forêt et surtout à l’abri des regards. Je jette discrètement et régulièrement des coups d’œil aux alentours.

« Et vous ? En tant que Gardien vous avez des vacances ? »

Je repense furtivement à Luna que je devrais rejoindre durant les vacances de Noël à cause de sa maladie… Je préfère autant rester ici à me concentrer sur ma tâche plutôt que d’aller retrouver cette femme épuisée par les traitements et se lamentant qu’elle ne veut pas me perdre et qu’elle ferait tout pour survivre. A quoi bon ? Elle ne me servira plus à rien désormais et même si au fil des années j’ai appris à la respecter pour sa patience, il n’en reste pas moins qu’elle ne vaut plus rien à mes yeux. Alors concernant les vacances…

« Tout dépend de beaucoup de choses, mais normalement nous sommes un effectif suffisamment pour permettre à tout le monde de partir un peu. »

Je saisis ma baguette et réduit le plaid à une plus petite taille avant de frictionner mes mains avec pour les réchauffer.

« Il faut vraiment que je pense à me garder une paire de gants pour les prochaines fois. »

Discussion banale, sans intérêt qui force parfois le cerveau à se déconnecter du monde. Et c’est toujours d’un air tranquille et naturel que je continue sur le ton de la conversation :

«  J’aimerais avoir la possibilité de retourner voir ma femme. » Je me mets à jouer avec le plaid de la taille d’un foulard , le saisissant par les deux bouts, dans le sens de la diagonale, le faisant tourner sur lui-même, puis le défaire et ainsi de suite. « Sinon elle va me tuer ! Elle trouve que je travaille trop. »

Parler, parler et parler. L’ennuyer. Les détails d’un ennuie ou d’une impatience est souvent visible et Enzo n’échappe pas à la règle même si je suppose qu’il fait un effort pour paraitre polie. Alors j’en rajoute une couche.

« Elle n’aime pas tellement me savoir ici, elle s’inquiète et puis être absent plus de la moitié de l’année… ce n’est pas toujours évident à gérer pour une vie de couple. Après, c’est une question de choix. Mais je peux la comprendre… »

Dernier moulinet de poignet et mon corps s’enclenche, comme lors d’un entrainement, tout est calculé. Il suffit de faire un pas sur le côté et je me retrouve derrière Enzo. Ses réflexes sont vifs, plus qu’un être humain normal mais il me faut une demi-seconde pour passer le foulard autour de son cou et d’ainsi le ramener vers moi, serrant de toute mes forces pour le faire suffoquer et ainsi le trainer un peu plus loin dans la forêt. Si le froid me transperçait de part en part il y a un instant, une vague de chaleur est maintenant entrain de m’envahir. A cause de l’effort que me fait fournir ce cabot à se débattre comme un beau diable mais aussi par l’excitation du moment. Il est tenace, le souffle lui manque mais sa seconde nature lui donne une force que d’autre ici n’ont pas … et que je n’ai pas non plus.

Pourquoi j’en suis là ? Parce que j’ai compris depuis déjà suffisamment longtemps que je ne tirerais aucune information de ce garçon. Lui parler de ses vacances, lui demander où est-ce qu’il ira avec son frère, rien ne sortira de sa bouche. Alors si la méthode douce ne fonctionne pas, tentons autre chose.

« Arrête de … bouger mon garçon. » Je serre un peu plus fort le foulard autour de son cou. « Ne me rend pas la tâche plus difficile… S’il te plait. »

Il suffoque. Je ne le tuerais pas, même s’il croit le contraire. Je le traine un peu plus vers la forêt afin que nous soyons à l’abri des regards. Mes mains tiennent fermement le foulard que je continue de garder bien au chaud, serré contre son cou. Mes pas glissent sur les feuilles gelées et j’ai honnêtement du mal à me maintenir debout avec Enzo qui bouge dans tous les sens. Son sac à dos est suspendu dans le creux de son coude, ses mains cherchant à le défaire du tissu qui lui prive d’oxygène.

J’étouffe un premier juron douloureux lorsque je sens son coude m’atteindre dans les côtes avec une force que je croyais disparu par le manque de souffle. Je relâche légèrement ma prise… Je sens une violente douleur me vriller le crâne et une autre me traverser le torse. La tête me tourne, mon souffle s’écourte. Je saisis l’urgence aussitôt, palpant ma poche pour saisir ma baguette… même si j’suis foutrement incapable de m’en servir tellement la douleur se fait si puissante que lorsque je ré-ouvre les yeux, à genoux sur le sol, les formes se brouillent, les couleurs se mélangent. Ce petit merdeux se défend bien, très bien même et je suppose qu’il doit une partie de sa force au chien qui sommeille en lui, même s’il est plutôt grand pour un jeune homme de son âge.

Je l’entends suffoquer, chercher sa respiration et palper un tissu.

L’urgence me saisit avec force et précipitation, l’adrénaline me donne un coup de fouet, me réveillant avec violence. Ma baguette se lève en même temps que la sienne :

« Expelliarmus. »

Elle atterrit dans ma main alors que j’avance mollement jusqu’à lui, ma baguette toujours pointé vers lui. Je sens ma pommette se gonfler de douleur au fur et à mesure que les secondes s’écoulent. Je lâche un ricanement rauque, le voyant se tenir la gorge comportant une marque rouge, significative d’étranglement.

« Eh bien Enzo, je dois avoué que toi au moins, tu ne me rends pas la tâche facile. »

Je ricane toujours en me redressant et me faisant craquer le dos, jubilant complètement face à lui. Cette adrénaline m’avait terriblement manqué et même s’il ne m’a pas loupé, j’en suis satisfait. Je ne sens plus le froid qui transperce le tissu de mon jean ou qui me cingle le visage, les bruits sauvages se font présent, rendant l’atmosphère un peu plus lourde. La forêt est dangereuse, moins à cette heure de la journée mais le risque zéro n’existe pas, surtout ici.

« C’est dommage de voir que tu pourrais être à la hauteur de ton statut, mais que tu brises toutes tes chances en te rabaissant à souiller tes draps avec une monstruosité pareille. »

Cette monstruosité s’appelle Kyle Johnson et il l’a très bien compris. Il s’approche, ma baguette se fait plus menaçante. Si je dois y aller plus fort pour qu’il comprenne, je n’hésiterais pas une seule seconde…

Je secoue l’index en signe de négation :

« t-t-t-t Ryans. Ne joue pas au plus malin, ni au plus fort. Pour une fois, accepte ta soumission et reste tranquille. Nous devons discuter, toi et moi, comme deux adultes civilisés. »

A moins que tu ne sois suffisamment fou pour me pousser à employer des moyens disons plus… douloureux.

Large sourire sur mes lèvres, amusons-nous un peu, ça fait tellement longtemps que ça ne m’ait pas arrivé.

« Je sais déjà que tu n’es pas le genre à avoir peur facilement, ni à cracher le morceau comme ça, d’un claquement de doigts. Donc je t’épargnerais le petit discours d’intimidation. »

Et surtout, je n’ai pas de temps à perdre avec lui, pas maintenant, pas dans ces conditions. Une douleur lancinante me vrille le creux de la tête, comme un début de migraine. Il ne m’a pas loupé et j’en suis vraiment  satisfait. Les proies trop faciles sont ennuyeuses, je préfère la chasse, la traque, le combat au corps à corps ou part sortilège.

« Où allez-vous passer vos vacances, toi et ton lâche de frère ? »

Résistance. Il parle mais ce n’est pas la réponse que je veux entendre. Je lâche un ricanement amusé une nouvelle fois, ma baguette toujours pointé vers lui. J’avance, le fait reculer de quelques pas jusqu’à ce que son corps s’adosse à un arbre. Un moulinet du poignet suffit pour que des liens invisibles l’y attachent. Je range ma baguette et dépose la sienne à côté du sac à dos, tombé un peu loin.

Bras croisés, main sur le menton, je fais mine de réfléchir, en marchant devant lui.

« Bon… Procédons autrement. »

Le coup part comme une flèche, directement dans le foie. L’un des organes les plus douloureux lorsqu’il est touché. Une balle, une lame de couteau bien enfoncée peut vous vider de votre sang et surtout vous faire perdre la vie en quelques minutes. Il se cambre autant que cela est possible étouffant la douleur.

« Tu as trop vécu pour que la douleur ne te fasse parler et flancher, je le sais, ne t’en fais pas. Le martyre que tu es ne m’ait pas inconnu. Donc, je vais être un peu plus intelligent que ceux qui se sont occupé de toi il y a quelques mois. »

Un autre coup part dans ses flancs et je me recule, passant une main dans mes cheveux pour y remettre un peu d’ordre. Je ne veux pas trop l’abîmé, il va falloir que je mette un frein à cette pulsion qui me martèle les côtes. Et puis, ça n’est pas loyal mais j’avais besoin de me défouler un peu. Trop de mois sans rien faire, trop de mois à retenir tout ça.

« Je te le redemande gentiment : Où vas-tu passer tes vacances, Ryans ? »

Même résultat. J’esquisse un sourire et je m’approche de lui :

« Tu sais que si tu ne me réponds pas… Je ne peux pas te garantir que le cabot que tu es restera très longtemps en couple avec lui. Tu t’en doute, n’est-ce pas ? Oui, tu t’en doute, tu es loin d’être bête. Tu sais que Kyle reste ton point faible. Un très gros point faible. Il suffit de vous voir dans les couloirs pour comprendre que toi et lui, c’est à la vie, à la mort. »

Je saisis son visage  entre mes mains glacées, sans trop approcher le mien, mon regard accrochant ses yeux emplit de haine, de rage, d’envie de meurtre que je peux sentir frémir sous mes doigts. Ma voix se fait plus doucereuse, plus froide.

« Imagine un peu qu’il ne soit ma prochaine cible, que je le coince dans une salle et que je m’occupe un peu de lui à ma manière ? Et tout ça, sans que tu ne le sache ou que tu aies oublié tout ce qu’il vient de se passer ? N’est-ce pas la pire chose au monde d’ignorer que l’être aimé risque sa vie à chaque détour de couloir ou qu’il se fasse amoché, par ta faute ? »

Je le lâche subitement en m’écartant, toujours le regard plongeant dans le sien. Je ne passerais pas de temps à juger sa relation parce que c’est inutile et ça ne ferait que de le mettre dans une colère monstrueuse. Ca n’est pas ce que je cherche, pas aujourd’hui. Ce que je veux, c’est sa peur. Son angoisse de perdre Kyle, même si je ne comprends toujours pas comment il peut partager sa couche avec cette petite merde qui perdra sûrement la vie prochainement. Donc, je garde tout cela pour une prochaine fois, jouer sur sa psychologie est pour le moment, le meilleur moyen de pression.
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MessageSujet: Re: If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James   Mer 7 Jan 2015 - 18:47

Sursaut de confiance, ouais, et ça fait du bien. Je ne peux pas dire que ça ne m'arrive jamais mais j'ai tendance à me laisser facilement embarquer dans la descente en flèche de ma propre estime de soi. Le meilleur remède à tout ça : Faire grimper mon mec au rideau et taper la vague comme un champion. Me la péter en Métamorphose c'est que du bonus. En réalité je suis simplement de bonne humeur et j'ai envie d'en profiter. Je comprends que ça puisse me rendre insupportable et faire doubler le volume de mes chevilles mais je ne vais pas m'excuser d'avoir le sourire, ni même d'être doué pour certaines choses.

Ça n'a pas l'air de le déranger ou de l'offusquer, je pense même qu'il doit intérieurement bien se marrer de voir un gamin de mon âge entrain de faire le malin comme je le fais. Peut être même qu'il se souvient de sa propre adolescence et que je lui rappelle le sale gosse qu'il a peut être été ? A moins qu'il ait été du genre enfant sage, stricte, qui ne dépasse jamais les limites et respecte l'autorité. Qui sait ? Pas moi en tout cas et dans le fond ça ne m'intéresse pas de le savoir. Il peut bien être ce qu'il veut, ça n'a pas d'importance. Rien n'a d'importance ce matin, enfin ce midi, si ce n'est la session que je viens de me taper et le gros kiffe qui en a résulté. J'ai aimé toutes les vagues sur lesquelles j'ai surfé aujourd'hui, y compris celle que j'ai ridé sous les draps et d'ailleurs j'en plane encore. Obsédé ! Non, épicurien. C'est bien comme ça qu'on dit, non ? Je m'en tape, je profite des choses que je trouve agréables, jusqu'ici rien d'incroyable à mon sens et si certains veulent perdre leur temps à me juger et bien qu'ils le fassent, j'en ai rien à carrer.

A peu de choses près comme la discussion qui est entrain de se former entre nous deux, soit dit en passant.

« Tout dépend de beaucoup de choses, mais normalement nous sommes un effectif suffisamment pour permettre à tout le monde de partir un peu. »

Hum. Donc ça veut dire moins de Gardien sur place pendant 15 jours ? Donc si je reste, ça double la possibilité de faire le mur et des conneries … Je prends note, même si je n'espère pas rester évidemment. Je m’écarte instinctivement un peu plus quand je le vois jouer avec sa baguette mais n’en fais pas trop de cas, c’est juste un réflexe alors que mes yeux suivent ce qu’il est entrain de faire. Rien d’exceptionnel en soit.

« Il faut vraiment que je pense à me garder une paire de gants pour les prochaines fois. »

En hiver, oui effectivement ça peut servir …

« J’aimerais avoir la possibilité de retourner voir ma femme. »

Si je baille là, ça ne va pas le faire, n’est ce pas ?

« Sinon elle va me tuer ! Elle trouve que je travaille trop. »
« Ça peut se comprendre. »

Enzo, on t’a pas demandé ton avis sur la question. C’est pas faux. Au moins ça prouve que j’écoute ce qu’il raconte non ? Et puis dans le fond ça me fait réfléchir un peu, je me dis que ça doit être difficile d’être loin de la personne qu’on aime, et que ça pourrait bien m’arriver un jour si jamais il décide de partir reprendre le cours de sa vie à l’extérieur. Je crois que de toute façon dans ma tête c’est assez clair même si je me refuse à y penser : Je le suivrais. S’il veut bien de moi, évidemment. Peut être que je finirai mon année en cours s’il part avant la fin mais … Enfin c’est pas le sujet.

« Elle n’aime pas tellement me savoir ici, elle s’inquiète et puis être absent plus de la moitié de l’année… ce n’est pas toujours évident à gérer pour une vie de couple. Après, c’est une question de choix. Mais je peux la comprendre… »

Qu’est ce que je disais !

C’est à ce moment là que tout se déclenche, tout bascule, et tout s’enclenche. Ça va très vite, et je me rends compte que j’ai baissé ma garde à force de faire le malin et de me laisser endormir par ses paroles mais c’est trop tard pour se fustiger. J’ai beau avoir de bon réflexes, ils ne le sont pas assez aujourd’hui et malgré la force que me donne mon gabarit et ma Lycanthropie je ne suis pas en mesure de me défaire de … ça.
Ça, c’est cet homme qui me l’a fait à l’envers et qui maintenant est entrain de m’entrainer avec lui sous le couvert des arbres malgré la résistance dont je fais preuve. C’est ce truc qui m’étrangle alors qu’il y va de toute sa force pour me faire reculer avec lui. J’étouffe, je suffoque, je cherche l’air tout en me débâtant mais il n’arrive pas et je commence déjà à avoir la tête qui tourne malgré l’adrénaline qui me réveille.

« Arrête de … bouger mon garçon. »

Ne rêve pas. De toute façon c’est impossible, mon corps se débat de lui-même comme n’importe quel être vivant le ferait alors qu’on tente de le priver d’air. C’est un réflexe contre lequel on ne peut pas aller, mais je n’en ai de toute façon pas l’intention. Je me battrais, débattrais, jusqu’au dernier souffle si c’est ce qui m’attend.

« Ne me rend pas la tâche plus difficile… S’il te plait. »

J’en ai pourtant bien l’intention, même si encore une fois c’est bien mon corps qui s’exprime, pas mon esprit, et je le laisse faire. Par je ne sais trop quel moyen et avec quelle force mon coude va se loger violemment dans ses côtes et quand j’entends son souffle se couper, quand je sens la pression qui se relâche contre mon cou, je ne marque aucune hésitation.  Je me dégage et me retourne bien plus rapidement que je ne m’en serais cru capable étant donné les circonstances, lui aussi d’ailleurs à voir la surprise sur son visage, mais il faut croire que l’adrénaline me donne des ailes et ça ne devrait pas m’étonner finalement. Le coup part, mon poing s’écrase contre son visage et le plat de mon autre main le repousse en appuyant sur son plexus. Le corps se façonne, il enregistre des gestes répétés inlassablement par les cours de Self-Defense, j’imagine que celui-ci en fait partie mais ça n’a pas la moindre importance. Si je n’avais pas épuisé une bonne partie de mon énergie ce matin, si la fatigue, les émotions, et le contrecoup de cette agression ne m’empêchaient pas d’être à 100% je lui aurai probablement déjà sauté dessus mais j’en suis incapable, à moitié plié en deux, titubant, cherchant l’air alors qu’il tombe sur ses genoux, sonné. Proie facile. Un grondement sourd s’échappe de ma gorge, éraillé, lui aussi peine à s’exprimer à cause du manque d’air mais quand mes esprits me reviennent je comprends qu’il est déjà trop tard. Geste désespéré peut être, je tente quand même bien que ça ne soit pas un réflexe ni un automatisme chez moi de me servir de la Magie pour me défendre …

« Expelliarmus. »

… Mais ça ne sert à rien. Ma baguette s’échappe de ma main dès l’instant où je la sors de ma poche. A bout de souffle, je le fusille du regard tout en me redressant de toute ma hauteur, menaçant, même si je sais que ça ne sera pas suffisant. Il n’a pas l’air de s’arrêter à ce genre de détails, pour lui je ne suis clairement qu’un gosse et sans doute pas un véritable danger. T’as raison, marre toi, sous-estime moi …

« Eh bien Enzo, je dois avoué que toi au moins, tu ne me rends pas la tâche facile. »

T’as l’air de tellement bien t’amuser, j’voudrais pas ruiner l’ambiance en te privant de ce plaisir … Mais la main sur la gorge et respirant encore difficilement j’arrive à me brider pour garder le silence. Mon corps hurle, ma tête aussi, j’essaie malgré tout de rester stoïque face à lui. Qu’est ce que tu veux ? Qui es-tu ? Un pote de Taylor qu’a pas apprécié que je l’envoie six pieds sous terre ?

« C’est dommage de voir que tu pourrais être à la hauteur de ton statut, mais que tu brises toutes tes chances en te rabaissant à souiller tes draps avec une monstruosité pareille. »

Et mon monde s’écroule, mes épaules s’affaissent et je me fustige pour ça mais je n’arrive pas à faire autrement. Il appuie là où ça le plus mal, donc il sait parfaitement à qui il s’adresse. Un putain de Sang-Pur, Lycanthrope, qui gâche son potentiel et trahis son sang en se mélangeant à un Moldu. Encore et toujours ce même putain de refrain que j’ai entendu trop de fois. En d’autres circonstances j’aurai peut être écrasé un rire plein de cynisme face à cette attaque qui provoque désormais chez moi une certaine forme de lassitude mais au lieu de ça la colère et la rage reprennent possession de mon être et j’avance vers lui dans un but bien précis. J'ai envie de hurler, de lui dire qu'il n'est pas une monstruosité mais un être vivant, mais à quoi ça servirait ?
J’ai du mal à tenir debout c’est un fait mais plutôt crever que de montrer le moindre autre signe de faiblesse. Je suis un prédateur, pas une proie, mais je m’arrête pourtant lorsqu’il pointe sa baguette dans ma direction. Bâtant, oui, mais pas suicidaire pour autant malgré les apparences qui ont souvent jouées contre moi.

« t-t-t-t Ryans. Ne joue pas au plus malin, ni au plus fort. Pour une fois, accepte ta soumission et reste tranquille. Nous devons discuter, toi et moi, comme deux adultes civilisés. »

Est-ce que j’ai l’air d’un adulte civilisé ? Ce simple mot – soumission – suffit à m’électriser des pieds à la tête et pas de la bonne manière. Son sourire n’arrange pas les choses, il s’amuse et ça me mène au bord de la rupture. Qu’est ce qui va se passer si je craque et que je perds véritablement le contrôle ? Je ne suis pas maso au point de tenter sciemment le coup mais si ça arrive, je ne pourrais pas me maitriser. Et je ne pourrais certainement pas le maitriser lui non plus. Sa baguette braquée sur moi me bloque, elle me fait peur même si la colère ne laisse pas trop de place à ce sentiment. Je sais trop ce que ça fait de subir les capacités de la Magie, surtout quand elle vient de tarés dans son genre, mais je n’ai paradoxalement pas vraiment peur d’avoir mal. La souffrance physique est une chose que je me sais capable d’encaisser jusqu’à un certain point, et si je suis toujours vivant aujourd’hui c’est pour en apporter la preuve, mais qui sait de quoi il est capable et surtout quel est son but ? Je ne poserai pas la question.

« Je sais déjà que tu n’es pas le genre à avoir peur facilement, ni à cracher le morceau comme ça, d’un claquement de doigts. Donc je t’épargnerais le petit discours d’intimidation. »

Ça se confirme, il sait clairement à qui il parle et ça ne présage rien de bon, n’est ce pas ? Tout ça c’est ciblé.

« Où allez-vous passer vos vacances, toi et ton lâche de frère ? »
« Qu’est ce que ça peut te foutre ? »

Et mon frère n’est pas un lâche, au contraire, mais cette réflexion je la garde pour moi sachant pertinemment que ça n’arrangera pas la situation, bien au contraire. Dans le pire des cas ça le poussera à essayer de me prouver par A+B qu’il a raison, et alors ? Je penserais toujours le contraire. Je pense comprendre où il veut en venir en le traitant de cette façon, parce que même si je n’y pense pas souvent et que malgré notre passé assez tumultueux de fraternité j’ai tout pardonné ou presque à mon frère, Derek n’a pas toujours été celui qu’il est aujourd’hui. Leurs idées, il les a partagé et en partage sans doute encore quelques unes seulement il a ouvert les yeux et à fait des choix.  Il a choisi sa famille, et ce jour là il a fait de moi le petit frère le plus heureux du monde. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain mais c’est à eux qu’il a tourné le dos et en faisant ça il s’est mis en danger, recevant comme cadeau d’adieu une belle cible sur le front ou peut être dans le dos connaissant leur méthode. Ce sont eux les lâches, et pas l’inverse.

Tu ne sauras rien, je ne dirais rien, hors de question que je trahisse ma famille même si je ne comprends pas bien le but de la manœuvre. Est-ce que ça veut dire que si on sort d’ici ils vont nous tomber dessus ? Je n’arrive pas à me concentrer suffisamment pour penser de manière cohérente et son sourire, son rire, me donnent littéralement envie de lui sauter dessus. Je crois qu’il n’a pas la moindre idée des efforts que je fais pour rester tranquille en cet instant. Moi aussi j’observe, j’analyse, et ce type ne m’inspire pas du tout. Il ne m’a pas l’air d’être de ceux qui se laissent avoir facilement et ça me pose un réel problème. Ses gestes sont lents, calculés, millimétrés, et son sourire permanent laisse entrevoir une froideur glacial. Il est loin d’être stupide, c’est plutôt clair, même avec la rage qui commence à m’aveugler je le perçois très clairement. Et il aime avoir le dessus, le contrôle sur la situation.
L’instant d’après je me vois reculer alors qu’il avance et je déteste ça. J’aimerai lui tenir tête mais c’est comme si mon corps réagissait sans me demander la permission. Prendre la fuite ? C’est une option que je n’écarte pas malgré mon caractère mais même si les arbres pourraient me protéger des sortilèges, même si je coure vite, je ne préfère pas prendre le risque vu mon état, quand bien même il ne part pas avec trop de longueur d’avance non plus. Quand mon dos rencontre une résistance je comprends que je viens de commettre une grossière erreur. Ça n’est qu’un tronc, je peux très bien m’en dégager et continuer à bouger pour semer le trouble chez lui mais c’est de toute façon trop tard encore une fois. Avant même que je n’ai le temps de réagir des liens invisibles me maintiennent de force contre l’écorce et je grimace, étouffe un cri non pas de surprise mais de douleur. Naturellement j’essaie de me débattre, naturellement je me fais un peu plus mal à chaque mouvement, mais ça n’est pas moi de m’arrêter. Lui m’observe comme si j’étais un tableau inachevé, à qui il manque une dernière touche, et quand il range sa baguette puis jette la mienne près de mon sac sur le sol, je me sens soulagé d’un côté mais …

« Bon… Procédons autrement. »

… mais pas pour longtemps. Le coup part, il est violent et me coupe en deux. Bien sur mon corps ne peut pas réagir comme il le souhaite pour tenter d’endiguer ce nouvel affront alors la douleur se propage et les traits de mon visage se tirent dans une nouvelle grimace alors qu’un hurlement m’a échappé mais quand je relève la tête vers lui c’est comme si rien ne s’était passé. Nouveau grondement sourd, qui se termine en quelque chose d’à peine intelligible et si mes iris avaient des armes il serait déjà entrain de se vider de son sang.

« Enfoiré … »

Détache-moi qu’on règle ça comme deux adultes civilisés. Bien sur qu’il ne le fera pas, ils ne le font jamais. Alors quoi, t’as trop peur que je réussisse à avoir le dessus sur toi ? Répète moi qui est le lâche dans cette histoire ? C’est vrai que s’en prendre de cette façon à un gamin de 17 ans c’est très glorieux mais quelque chose me dit qu’il s’en tape royalement de tout ce que je pourrais dire. Au contraire, ça l’amuserais plus qu’autre chose. Et moi je ne peux plus me comporter comme un égoïste, je le sais. Ils ont déjà trop payés pour mes conneries et mon impulsivité alors je vais juste continuer à me taire même si ça me rend dingue. Continue de frapper si ça t’éclate, j’encaisserai.

« Tu as trop vécu pour que la douleur ne te fasse parler et flancher, je le sais, ne t’en fais pas. Le martyre que tu es ne m’ait pas inconnu. Donc, je vais être un peu plus intelligent que ceux qui se sont occupé de toi il y a quelques mois. »

Je ne le lâche pas du regard mais ne lui offre aucune autre réaction. Qu’il pense me connaitre si ça lui fait plaisir, il ne sait pas qui je suis ni de quoi je suis capable. Personne ne le sait réellement, pas même moi. Nouveau coup, cette fois je serre les dents même si je brule à l’intérieur et que je ne peux pas empêcher mon corps de réagir comme il le peut pour se protéger.

« Je te le redemande gentiment : Où vas-tu passer tes vacances, Ryans ? »

Je redresse la tête, sans jamais le lâcher des yeux, mais aucun mot ne m’échappe. Aller, vas-y, cogne, t’as l’air de tellement aimer ça. Mais le coup ne part pas, il se contente de sourire et de s’approcher de moi. Inutile de dire que je bouillonne de l’intérieur à l’idée d’être prisonnier de cette manière. Loup comme moi ne supportons pas de ne pas être maitre de nos mouvements et attachés de cette manière.

« Tu sais que si tu ne me réponds pas… Je ne peux pas te garantir que le cabot que tu es restera très longtemps en couple avec lui. Tu t’en doute, n’est-ce pas ? Oui, tu t’en doute, tu es loin d’être bête. Tu sais que Kyle reste ton point faible. Un très gros point faible. Il suffit de vous voir dans les couloirs pour comprendre que toi et lui, c’est à la vie, à la mort. »
« Si tu le sais alors pourquoi tu perds ton temps de cette façon ? »

Même quand on se sait condamné, on continue de se battre non ? Et puis même si je tente de garder mon calme, c’est plus fort que moi. Je ne me transformerai pas en gentil petit garçon obéissant du jour au lendemain, ne serait-ce que parce que Loup ne me laissera jamais faire ça mais ça n’est de toute façon pas vraiment dans mon caractère. Pas quand je me sens « obligé » …
T’as pas intérêt à toucher un seul de ses cheveux sinon je t’arrache la gorge et je regarde ton sang s’écouler jusqu’à ce que tu en sois totalement vidé, jusqu’à ce que ton cœur s’arrête et que tout l’air contenu dans tes poumons soit relâché dans la nature. Voilà les pensées qui me traversent l’esprit à l’heure actuelle, et même si je sais pertinemment que ça n’est pas possible je ressens pourtant la pression du Loup à l’intérieur de moi. C’est comme si ses griffes poussaient au bout de mes doigts et partout dans mes mains pour sortir, comme si ses crocs menaçaient d’apparaitre pour aller se planter directement dans la chair de cet Humain. Présence et douleur fantôme mais il est bien là. Je suis bien là, malgré l’absence de la Pleine Lune passée depuis une semaine maintenant. Elle est décroissante, il devrait être calme, mais la situation le réveille et il n’a pas tué ni mangé quand son tour est venu … Je pourrais presque sentir l’odeur de son sang alors qu’il circule encore dans ses veines et son cœur qui bat n’est qu’une provocation, une injure même. Cette furieuse envie de le mettre en pièce fait battre mon myocarde plus vite et plus irrégulièrement que jamais. N’envisage pas une seule seconde le mêler à tout ça ou je te jure que tu le regretteras. Mais il n’est pas là, je suis là, et cet enfoiré est là, avec moi, pas avec lui, alors tout va bien pour l’instant.

Je ne peux pas me retenir de luter quand il attrape mon visage entre ses sales pattes mais évidemment ça ne sert à rien. Est-ce qu’il a conscience qu’une simple morsure un peu trop profonde de ma part pourrait l’envoyer tout droit en Enfer ? Je ne suis pas transformé certes mais n’en demeure pas moins dangereux. Et je ne supporte pas qu’il me touche. Son odeur me frappe de plein fouet, elle est pleine d’informations. Je me rends compte d’ailleurs qu’il saigne un peu finalement et Loup s’agite encore un peu plus à l’intérieur, jusqu’à m’en faire mal, comme si ses griffes me lacéraient de toute part. Cette fragrance le rend complètement fou même si c’est infime comme perception olfactive. C’est suffisant.

« Imagine un peu qu’il ne soit ma prochaine cible, que je le coince dans une salle et que je m’occupe un peu de lui à ma manière ? Et tout ça, sans que tu ne le sache ou que tu aies oublié tout ce qu’il vient de se passer ? N’est-ce pas la pire chose au monde d’ignorer que l’être aimé risque sa vie à chaque détour de couloir ou qu’il se fasse amoché, par ta faute ? »

Avec le temps, et simplement la vie, les expériences, les choses qu’on traverse, on apprend que parfois luter, tenir tête, se révolter, ne sert à rien. On apprend que le meilleur moyen de protéger ses proches c’est d’abdiquer, de céder, de donner à la menace la satisfaction qu’elle recherche pour essayer de trouver une autre solution par la suite même si pour l’heure je n’arrive pas à en entrevoir l’ombre d’une seule. Me sacrifier pour Kyle, je n’hésiterai pas une seule seconde mais sacrifier Derek pour Kyle ? Hors de question, tout comme l’inverse me serait impossible. Moi pour eux, oui, sans aucun problème, mais eux pour moi c’est inenvisageable, tout comme l’un pour l’autre. On apprend aussi que les menaces impulsives ne servent à rien si ce n’est à gaspiller de la salive et de l’énergie, voilà pourquoi je parviens à garder plus ou moins le silence depuis tout à l’heure alors que tout un tas de menaces d’une mort lente, violente et sanglante ne demandent qu’à franchir la barrière de mes lèvres puisque bien évidemment ça me rend dingue qu’il le menace et parle de Lui de cette façon. Je suis déjà passé à l’acte, ça ne me fait pas peur de recommencer mais ça il n’a pas besoin de le savoir. Une seule erreur de sa part, voilà ce que j’attends. La moindre petite erreur et je m’engouffre dans la faille, peu importe le risque. Une menace ça s’élimine, c’est le seul moyen de s’en débarrasser mais pour ça il faut l’endormir, lui donner un peu de ce qu’il veut alors partager entre l’abdication et la manipulation, calculateur, un semblant de sang froid qui ne me caractérise pas souvent même s’il est malmené par mon impulsivité et la rage qui coule dans mes veines actuellement – on apprend de ses erreurs, avec l’expérience, et beaucoup de travail sur soi sans parler de l’aide des autres de temps en temps même si ça reste une démarche très personnelle – je desserre les mâchoires entre deux spasmes de douleur.

« On rentrera en Australie. »

Et si t’es si malin et informé que ça, tu dois bien savoir où exactement, non ? J’ai bien conscience de mettre Grand-Mère en danger, de même que mon frère et Kyle sans même avoir l’espoir de me souvenir de cette entrevue puisqu’il a été parfaitement clair sur ses intentions mais ai-je le choix ? Je ne crois pas. Là bas la maison est protégée par de nombreux sortilèges, Grand-Mère est une sorcière expérimentée et s’il le faut le reste de la famille viendra en renfort quand bien même je n’ai absolument pas envie de les voir mais ils ne laisseront pas notre aïeul se faire malmener, j’en suis persuadé. Ils ont peut être leurs défauts, et nos façons de voir le monde ne sont pas les mêmes mais là-dessus j’ai confiance. La perte de Grand-Père a été suffisamment difficile comme ça, ils ne laisseront pas ça se reproduire même si cette fois la menace vient d’autres Sorciers et peu importe leur statut de Sang.
Aller, jubile, regarde comme je baisse facilement les bras, regarde comme je cesse de luter dès que tu te sers de lui comme moyen de pression. Oui, c’est vrai, il est ma plus grande faiblesse mais aussi ma plus grande force et ça aucun de vous ne l’a jamais compris. Personne n’arrivera jamais à me le sortir de la peau même si l’un de nous deux doit mourir, même si on y passe tous les deux, même si on se retrouve encore une fois séparés. Je le retrouverai, toujours, et ça rien ni personne en dehors de la Faucheuse ne m’en empêchera. J’ai arrêté de lui faire des promesses que je ne pourrais pas tenir avec certitude, il en a fait de même, aussi on sait très bien tous les deux qu’on souffrira peut être encore pour cette relation mais on n’a pas survécu à tout ce qu’on a vécu jusqu’ici pour abandonner maintenant.

« Pendant deux semaines. »

Avoir l’air convaincant et surtout convaincu, mais est-ce réellement un mensonge ? Je n’en sais réellement rien. Oui c’est vrai qu’avec Kyle on a évoqué d’autres possibilités, de même que je ne perds pas de vue l’idée d’aller voir Jillian mais l’impliquer là dedans ? Hors de question. Dans le fond ça n’a rien d’improbable que deux expatriés retrouvent leur terre natale dès qu’ils en ont l’occasion, non ? S’ils nous pensent tous à Lakes pendant 15 jours alors les risques sont amoindris et surtout en théorie nul pour les autres. En cet instant je ne vois pas d’autres solutions, ni même la moindre échappatoire. Fuir ? M’éloigner d’eux encore une fois pour les protéger ? Ca ne fonctionne pas, j’ai déjà essayé et c’est prendre le risque d’en faire des appâts. Pourquoi Derek et moi ? Est-ce que je suis près à lui donner ce qu’il veut ? Oui, tant qu’il laisse ma famille en dehors de ça. Je ne veux plus jamais aucun dommage collatéral même si je sais parfaitement que cette volonté est parfaitement utopique. On a encore le droit de rêver, non ?
Est-ce qu’il est avec eux ? Avec les Supérieurs je veux dire. Sinon je ne vois pas pourquoi il agirait de cette façon et ça me rend dingue de savoir qu’il se balade tranquillement entre ces murs …

« Quelqu’un arrive. »

Mensonge ?
Non.
Bien sur il n'est pas obligé de me croire.

« Votre collègue. »

Il m’a suffit d’un coup de vent pour percevoir l’odeur d’un autre être humain, mais je ne suis pas assez concentré pour entendre les bruits de ses pas. Il n’est pourtant pas très discret, sans doute parce qu’il ne se doute de rien. Qu’est ce qu’il fout là alors ? Et comment est ce que je connais son odeur ? Parce qu’il la laisse trainer près d’Ismaelle et que je n’oublie jamais une information olfactive, tout simplement. D’ailleurs je crois qu’il est entrain … de courir, ou quelque chose comme ça. Un footing peut être. Et l’enfant sage est de retour, tout comme le vouvoiement. Les efforts pour rester aussi calme sont entrain de malmener violement tous mes nerfs et tous mes muscles mais j’ai comme l’impression que je ne suis pas seul à devoir faire face à certaines … contrariétés.

« Est-ce qu’il va me refaire le portrait lui aussi ? »

Le ton de ma voix est plein de cynisme, de provocation que je ne tente même plus de retenir de même que ce rictus proche du sourire qui étire un coin de ma bouche. La colère est toujours bien là mais atténuée par une certaine lassitude je crois, sans parler de ma tête et mon corps tout entier qui accusent le coup.
Je ne sais pas si je dois me sentir soulagé ou pas, tout ce que je sais c’est qu’à voir l’expression sur son visage je doute que cette arrivée était prévue au programme. Est-ce que ce gars là va être un dommage collatéral et mon répit de courte durée ? Allez savoir, tout est possible. Je ne m’attends à rien, je n’espère rien mais quand je vois de nouveau sa baguette se braquer droit sur moi …

▬ BOOM ▬

Brouillard total. Douleur un peu partout mais surtout à la tête. Odeur de sang, le mien. Présence. Je suis assis, je crois, ou plutôt à moitié sur le sol mais quelque chose de dur derrière moi maintien le haut de mon corps. Je suis dans la Forêt, je crois, non j’en suis sur. Il n’y a pas spécialement de bruit, aucun animal ne se manifeste et je trouve ça étrange mais l’odeur de la sève des arbres ne peut pas me tromper. J’ai les yeux fermés, comme si j’étais incapable de les ouvrir, mais je perçois une faible lumière derrière mes paupières closes. Il fait jour, mais le couvert des arbres empêche la luminosité de percer comme elle le voudrait. Je me sens engourdis, déphasé, complètement à l’ouest, comme si … comme si j’étais défoncé. Je ne fume jamais, c’est impossible, et je ne prends jamais de substance suspecte si ce n’est mon Tue-Loup – qui ne fait absolument pas cet effet là et si je ne me plante pas la Pleine Lune est de toute façon passée – mais en tout cas ça ne ressemble pas aux effets de l’alcool. On est samedi, non ? Je pourrais être entrain d’encaisser une grosse gueule de bois à cause d’une soirée trop arrosée avec Mateo mais … Non, ça ne colle pas. Mes souvenirs me reviennent peu à peu … J’ai passé la nuit avec Kyle, et une bonne partie de la matinée aussi. Après je suis allé surfer … J’étais seul … Je ne le suis plus …

L’instinct, encore et toujours l’instinct. Le sang se charge d’adrénaline, le corps et l’esprit oublient qu’ils ne sont pas totalement efficaces et je me vois me redresser d’une façon trop rapide pour être normale alors qu’une main vient de se poser sur mon bras. J’ai perçu sa voix mais je n’ai pas écouté ce qu’il disait, tout ce que je sais c’est qu’il se trouve à présent coincé contre le tronc d’arbre, ma main autour de sa gorge. J’ai le souffle court, le cœur qui bat de manière violente dans ma poitrine, les yeux exorbités et qui ne le lâche pas, tous les sens aux aguets. Ça ne dure que quelques secondes, le temps que je me rende compte de ce que je viens de faire et mes doigts se desserrent lentement mais surement alors que je recule, paniqué.

« Désolé … »

Je viens de manquer d’étrangler un Gardien, tout va bien. La tête me tourne, ma main se pose sur mon front, je vacille et mon corps tremble. Je trébuche sur un truc mais me rattrape tant bien que mal, un coup d’œil rapide mais pas trop sûr m’apprend qu’il s’agit de mon sac à dos mais mon regard se concentre à nouveau sur l’homme qui me fait face.

« Je … C’est l’effet de surprise, j’voulais pas … »
« James ? »

Nouveau sursaut de ma part et sous l’effet de surprise je tourne la tête trop vite. Qu’est ce qui se passe, c’est une réunion tuperware ? Je ne sais pas ce que je fous là, je ne comprends rien, et de la gène vient une sorte d’angoisse qui me saisit violement. Génial, il ne manquait plus que ça … Une crise d’angoisse, depuis combien de temps est ce que je n’en ai pas fait ? Des semaines, pratiquement des mois même. En général ça ne me rend pas très agréable pour la simple et bonne raison que je ne supporte pas qu’on me voit dans un état de faiblesse et aussi vulnérable alors sans réfléchir j’attrape mon sac sur le sol, palpe ma poche et constate que ma baguette est bien à sa place et commence à m’éloigner d’un pas mal assuré.

« Qu’est ce qui se passe ? Vous allez bien tous les deux ? Hey, tu comptes aller où comme ça toi ? »

T’aurais pas du … T’aurais pas du employer ce ton là avec moi. Pas maintenant. Pas comme ça. Je m’arrête et me retourne, regard noir à son adresse sans réellement calculer l’autre. Dans ma tête tout se bouscule, tout ce que je veux c’est foutre le camp d’ici et qu’on me foute la paix.

« Je rentre au château, ça s’voit pas ? Qu’est ce que vous allez faire ? M’attachez pour m’empêcher d’y retourner ? »
« Sur un autre ton jeune homme, et tu ferais bien d’aller à l’infirmerie. »
« J’vais bien. Pas besoin. »
« Tu saignes. »
« Et alors ? »

Il n’aime pas ça. Il n’aime pas qu’un gamin lui parle de cette façon mais j’en ai rien à foutre. Quand il s’approche de moi mon regard devient un peu plus sombre et je crois bien que mes pupilles se dilatent. Ça n’est jamais bon signe … Quand sa main se pose sur mon bras sans me demander la permission, on passe un cran au dessus.

« Ne me touche pas. »

Mâchoires serrées, ton menaçant, mauvais cocktail.
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MessageSujet: Re: If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James   Sam 17 Jan 2015 - 15:03

Plus le temps s'écoule, plus le danger à ce qu'une personne ne vienne interrompre mon petit entretient avec Enzo Ryans, grandit. Et je ne peux pas faire durer plus longtemps ce risque. Alors je presse la chose, le moment, le garçon. Il faut qu'il me crache ce qu'il sait et je m'en veux déjà de ne pas avoir garder une fiole de veritasérum sur moi car même sous la pression, ce gosse peut me raconter tout ce qu'il veut sans que je ne sache si c'est une vérité ou un mensonge. Mais tant pis, il faudra faire avec, de toute manière je suppose que ses lieux de prédilections sont déjà sous surveillance. Et sa grand-mère est la première cible sur laquelle ils doivent garder un œil. Du moins, à mon sens.
Quoi qu'il en soit, le désir de le voir souffrir me démange avec force mais je ne céderais pas à ce petit caprice de la nature qui court le long de mes veines. Il est vrai qu'il serait jouissif de faire venir Kyle ici même, sous ses yeux, et d'en faire ce que je veux. Des actes aux plus terribles aux plus douloureux. Seulement le temps me manque et le risque est bien trop grand. Et puis, Père m'a toujours apprit à faire preuve de patience et de sang-froid. Et sur ces points, je suis exemplaire. Il serait fier de moi s'il voyait tout ce que j'ai pu accomplir depuis que je suis partie de la maison il y a plusieurs années. Peut-être en est-il même informé sans que je ne le sache. Allez savoir.

Il se relâche un peu, comme s'il abdiquait et s'en ait presque jouissif. Aurait-il saisit le risque qu'il prenait à se la jouer les gros durs ? Aucune idées, pour le moment je me maintiens face à lui, mes doigts tenant mon menton, mon autre bras derrière mon dos, baguette en main.

« On rentrera en Australie. »

Je retiens un grognement d'insatisfaction. L'Australie, la grand-mère etc, je sais tout ça. Il était même évident que ce sale gamin allait y faire un tour mais... où d'autres ? Mais il n'empêche qu'il baisse les bras et cette petite satisfaction n'est pas pour me déplaire. Mais ça n'est pas pour autant que je me laisse aller à la joie, non, car encore une fois, rien ne me garantie qu'il n'est pas entrain de me raconter des bobards.

« Pendant deux semaines. »

Je ne peux m'empêcher d'afficher un sourire satisfait. Il suffit donc de parler de Kyle et de le menacer pour que tu accepte de coopérer ? C'est intéressant, prévisible, mais intéressant. Il a l'air sincère en plus de ça, vraiment sincère. Ils ne savent pas encore s'ils partiront mais s'ils le font, passera-t-il réellement deux semaines en Australie ? C'est probable et en tout cas, il en a lui même l'air persuadé.

« Quelqu'un arrive. »

Je me redresse, les sourcils froncés, sentant aussitôt l'urgence afflué partout en moi, dans chaque parcelle de mon corps. Est-ce que ce bon à rien n'est pas entrain de me mener en bateau ? Puis les détails de ce qu'il est me revient. Bien évidemment, ses sens sont accrus et sont bien meilleur que moi. Pourtant, j'hésite un instant... s'il s'avère qu'il est entrain de me mentir, il prendra cher, très cher.

« Votre collègue. 
Merde. »

L'injure m'échappe parce que si c'est Lancaster ou même cette plante verte d'Owen, il faut que je fasse vite. Sauf que je n'en avais malheureusement pas terminé avec lui. Je me saisis aussitôt de ma baguette, fonctionnant le plus calmement possible malgré mon visage tiré par la contrariété et l'agacement. Je la pointe vers Enzo et estompe fortement la marque rouge qu'il possède autour du cou. Fonctionner par étape, sans ce précipité et commettre la moindre erreur. Je pointe ensuite la pointe de ma baguette vers son arcade, puis hésite un instant... Non, celle là pourrait m'être utile. Vite. Se dépêcher. Agir rapidement.

« Est-ce qu'il va me refaire le portrait lui aussi? »

Il me provoque et si je n'étais pas dans l'ultime urgence, je me chargerais de lui rappeler qu'il n'est pas le garçon libre comme il le croit. Que je le contrôle et que si je le souhaite, je peux lui faire commettre les pires horreurs.
Je serres les dents, m'approchent de lui mon regard noir planté dans le mien. Imprime ces derniers mots, mon garçon :

« Tu vas tout oublier mais intègre bien ces dernières paroles durant quelques secondes : Si toutefois j'apprends que tu t'ai joué de moi, Enzo... et crois moi je le saurais, sache qu'il se pourrait bien que les prochains jours seront les derniers que tu passeras avec Kyle. »

Je pointe ma baguette, me concentre et murmure un « oubliette » en serrant les dents, luttant contre cette rage qui malmène mon myocarde. Son corps finit petit à petit par s’affaisser, retenu uniquement par les liens invisibles qui eux aussi disparaissent en une demi-seconde. Et c'est en cet instant que je prends conscience que ce cabot ne m'a pas raconter d'âneries. Loin de là, puisque j'entends des pas lourds au loin, crissant sur les graviers.

« Tu me le paiera cher garçon, mais pour le moment... »

Je le laisse tomber de tout son poids sur le sol, comme s'il venait de faire un véritable malaise. Je touche du bout des doigts ma pommette endolorie et la fait cicatriser tant bien que mal, essuyant avec un mouchoir de poche le sang sur mon visage même si celui-ci n'est pas très abondant. Chaque détails suspects doivent être effacer et mes précepteurs n'avaient pas tord lorsqu'ils insistaient bien sur ce point : Il faut étudier chaque terrain d'enseignements, la médecine y comprit. Je serais incapable de refaire pousser des os ou de cautériser une plaie trop importante mais les bases, je les connais. Et je crois que c'est ce qui me sauve la mise en cette seconde.

Enzo est sur le dos, le visage un peu pâle et ce n'est pas l'envie de lui donner un coup de pieds dans les côtes qui me manque. Mais je ne suis pas lâche à ce point, il ne faut pas non plus abuser des bonnes choses également. Je viens déposer son sac à dos à ses côtés, je remets sa baguette dans sa poche et je m'accroupis aux côtés d'Enzo... affichant un air inquiet, baguette en main alors que les pas se rapprochent un peu plus. C'était moins une pour que je fasse sauter ma couverture. Une poignée de secondes trop tard et j'étais foutu ou alors trop suspect pour que l'on me laisse tranquille, sans me poser de questions.

« Eh mon garçon, réveille toi ! » Je lui tapote les joues sans y aller trop fort, tentant de le réveiller tant bien que mal. « Allez ! Reviens parmi nous ! »

Ma voix se fait entendre par mesure de sécurité car si la personne approche et entends ces mots, je suis presque certains que les soupçons ne prendront pas naissance. Je regarde le cabot en lui s'agiter, sa conscience s'éveiller et je...

La violence m'arrive droit au visage et surtout la force du loup qui sommeil en lui me sonne en une demi-seconde. Je me sens projeter contre le tronc d'un arbre, ma tête se cognant avec force contre l'écorce, me provoquant une douleur aiguë au creux de mon crâne. Ses doigts m'étouffent et malgré le choc de la douleur, l'instinct de survie prend le dessus et mon corps s'éveille, attrapant le poignet de cette petite ordure pour le faire lâcher prise tandis que l'air ne parvient pas à mes poumons. Ça ne dure que quelques secondes, une petite poignet, cela suffit à graver l'instinct de vengeance dans mes veines. La pression se relâche et j'inspire au plus vite de l'oxygène, lâchant son poignet en le jetant avec force, écartant mon col pour me sentir libéré et non oppresser.

« Désolé... »

Son regard est affolé, inquiet, perdu. Il ne comprend pas et moi je respire de nouveau, m'abreuvant de cet air qui m'a manqué trop longtemps à mon goût. Quel foutue ironie du sort à ce qu'il vienne lui même m'étrangler avec cet... instinct animal. Parce que dans ses yeux, la seule chose que j'ai vu c'est le Loup, l'animal en lui éveillé et prêt à me briser la trachée.
Enzo vacille et je ravale ma fierté, jouant les gentils, jouant celui qui pardonne alors que ma seule envie est de le briser en deux moi même.

« Je … C’est l’effet de surprise, j’voulais pas … » 
- C'est... c'est pas grave mon garçon... calme t...
- James ? »

La respiration d'Enzo s'accélère, son regard s'affole, il tangue encore un peu complètement sonné par l'oubliette que je lui ai donné. Et moi je suis appuyé contre l'arbre, ma main sur l'écorce, penché un peu en avant puis me redressant pour reprendre contenance et le rassurer. Owen débarque à son tour, inquiet, nous regardant tour à tour alors qu'Enzo s'apprête à déguerpir et vite.

« Qu’est ce qui se passe ? Vous allez bien tous les deux ? Hey, tu comptes aller où comme ça toi ? »

Je n'ai pas le temps d'intervenir qu'Enzo se braque aussi sec. Il arrête sa course et se retourne, le regard sombre et le visage tiré par l’incompréhension mais aussi ce qui semble être de l'agacement.

« Je rentre au château, ça s’voit pas ? Qu’est ce que vous allez faire ? M’attachez pour m’empêcher d’y retourner ? »
« Sur un autre ton jeune homme, et tu ferais bien d’aller à l’infirmerie. »
« J’vais bien. Pas besoin. »
« Tu saignes. »
« Et alors ? »
« Attends Owen, il est juste... »

Trop tard. Sa main se pose sur le bras d'Enzo et je sais déjà que l'animal en lui déteste ce contacte. Ce garçon est bien trop avide de liberté pour supporter que quelqu'un autre que sa petite merde de petit ami ne le touche. Sûrement dû à ce qu'on lui a aussi fait subir, je n'en sais trop rien et c'est bien le cadet de mes soucis. Mais il se tend comme la corde d'un arc, se redresse de toute sa hauteur, défiant ouvertement l'autorité d''Owen.

« Ne me touche pas. »

Il est visiblement temps que j'intervienne avant que ça ne vire au cauchemar et à l'échange de coups de phalanges. Je me caresse la gorge du bout des doigts, dissimulant ma rage avant de me venir vers eux, posant une main sur l'épaule d'Owen afin de calmer le jeu.

« On se calme Messieurs. » Je me tourne vers Owen, le visage sérieux. « J'ai trouvé Enzo inconscient par terre, il a prit peur et m'a plaqué contre l'arbre, rien de bien méchant. Il a plus été surprit qu'autre chose... »

Je me tourne cette fois vers Enzo, soucieux et sincère avant de lâcher l'épaule d'Owen dont je ne remets absolument pas l'autorité en cause, essayant simplement de situer le contexte afin qu'il comprenne.

« En revanche jeune homme, Owen a raison, tu devrais aller consulter à l'infirmerie. Tu saignes et tu te réveilles d'un malaise sans que personne ne soit présent pour voir ce qu'il s'est passé. Ça t'arrive souvent ce genre de chose ? Et... qu'est-ce que tu faisais aussi proche de la lisière de la forêt ? »

Il se tend un peu plus, cherche du regard autour de lui un indice qui pourrait lui en dire plus sur le pourquoi il est ici alors que ses souvenirs devaient s'arrêter à ces moments de surf sur le lac. Intérieurement, je jubile de le savoir ainsi, dans cet état de panique et d'affolement où il ne se souvient de rien après son petit instant de joie à surfer comme s'il était dans son pays natal.
Owen et moi lui offrons un regard interrogateur, attendant des réponses à nos questions. Mon collègue lui rappelle le règlement, insistant bien sur le fait que nous rappelions déjà suffisamment qu'il était dangereux de venir traîner par ici, même en pleine journée.

J'hésite un court instant sur la conduite à tenir avant de finir par lâcher.

« Quoi qu'il en soit, il est hors de question que tu ne partes comme ça, tout seul. Nous allons t'accompagner jusqu'au château, que tu le veuille ou non. »

L'autorité qu'il déteste même si je n'emprunte pas une seule once d'agression dans ma voix. Il veut fuir, il veut partir et vite de cet endroit où ce sont passés des choses qu'il ne contrôle pas. Son cerveau doit être entrain de tourner à plein régime pour fouiller dans le tréfonds de ses souvenirs, cherchant un quelconque indice.
Nous lui faisons signe d'avancer mais il était bien prétentieux de notre part pour s'attendre à une obéissance de la part d'Enzo car à peine nous étions sortie de la lisière qu'il partait déjà loin devant nous, d'un pas rapide, sans se retourner, nous faisant comprendre qu'il n'avait besoin de l'aide personne. Je ralentis mon pas, poussant un soupire exaspéré, regardant Ryans s'éloigner.

« Bon... j'suppose qu'on pourra rien y faire. Peut-être que l'on devrait au moins avertir l'un des Enseignants ? »

Même si au fond, je me contre-fou des séquelles que cela pouvait lui causer, ma seule idée étant d'envoyer un courrier à mon contact pour lui faire part de tout ça, même si l'instinct au fond de moi me somme d'être très vigilant quant aux informations qu'il m'a fourni.

« Il a l'air plutôt nerveux comme garçon et surtout... qu'est-ce qu'il foutait là bas ? »

Je regarde au loin, voyant son corps d'adolescent disparaître entre les grandes portes, gardant mon air suspicieux et surtout, affreusement convaincant.

- FIN POUR MOI -
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If everybody had an ocean, Then everybody'd be surfin' … Or not ▬ James
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