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 And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn

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MessageSujet: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Jeu 9 Oct 2014 - 13:18

Samedi 6 Décembre 2014 – Dans la nuit
And then we are running under the silver moonlight



Sovahnn & Enzo

Réveil douloureux, pénible, lent. Sueurs froides. Panique. Cauchemars ? Non. Gueule de bois. Instant de clarté, les souvenirs reviennent petit à petit, l’horloge tourne, mon ventre grogne, Lune miaule, elle  a faim. Samedi matin, lendemain de cuite, tout va bien. Mon lit est vide, je n’aime pas ça. T’es où ? Pas là, c’est une évidence. Tant mieux, j’imagine. T’aurais pas aimé me voir dans cet état, et surtout pas celui dans lequel j’étais hier soir, enfin cette nuit. Mais t’es pas là et … j’aime pas ça. J’ai beau savoir que t’es pas loin, juste à quelques étages plus bas … J’aime pas ça, parce que c’est là, avec moi, contre moi, que tu devrais être et t’y es pas. T’y étais pas hier, t’y seras pas ce soir non plus. Pleine Lune oblige, et mon cœur bat déjà à 100 à l’heure, de manière encore plus irrégulière que d’habitude. J’ai chaud. Les sons, les odeurs, tout me semble … plus puissant, plus fort, décuplés et agressifs. Grimace. Grognement. Et t’es pas là pour m’aider à les faire taire. Et demain ? Est-ce que tu seras là demain ? Est-ce que tu seras là quand j’émergerai de mon sommeil profond et post-lunaire ? On sera dimanche, t’as pas d’excuses, alors tu seras là. Tu passeras ta main dans mes cheveux, tu la poseras sur ma joue et tu m’embrasseras le front en douceur et puis ton odeur envahira mes sens, mon ouïe se focalisera sur les battements de ton cœur, ma peau cherchera la tienne, mon corps tout entier réclamera le tien. Comme toujours. Dis-moi que tu seras là.

Je chasse ces pensées de mon esprit en me frottant le visage, un coup d’œil sur ma montre m’apprend qu’il est déjà plus de 10h et que ça ne me ressemble pas de faire des grasses matinées même si c’est dernier temps ça arrive plus souvent que d’habitude. Fatigue. Grisaille qui donne envie de rester sous la couette. Probablement. Aller, debout l’endormi, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt d’après ce qu’on dit alors profite de ta journée au lieu de trainer et ressasser. Pas cours aujourd’hui, votre mission si vous l’acceptez : Prendre l’air au maximum, même s’il fait froid, même si c’est humide. Même si c’est l’été en Australie et qu’un peu de soleil ça serait sympa. T’es pas en Australie Enzo, alors arrête de penser à ce que t’as pas et profite de ce qui est là, à ta portée.

Oui chef, bien chef.

Les draps et couvertures sont repoussés, mes pieds nus touchent le sol glacial, je frissonne à ce contraste violent entre ma température corporelle et ce blizzard qui m’envahi de bas en haut. Petite nature. Garçon sensible, à tout un tas de choses, oui. Et alors ? Je suis dans le gaz, dans le brouillard, appelez ça comme vous voulez, mais ça n’est pas étonnant et je ne m’en pleins pas. On récolte ce que l’on sème, je dirais que ça valait le coup de toute façon donc je ne regrette rien. Nourrir Lune. Prendre une douche. Me laver les dents. Descendre et manger un morceau. Aller courir, puis surfer, puis revenir tranquillement vers le château. Manger encore ? Non. C’est déjà passé difficilement pour le petit déjeuner. Encore une fois : Pleine Lune oblige. Je mangerai demain, ou après demain. Ou peut être cette nuit, tout simplement. Aucun contact, aucun être humain dans mon périmètre, pas envie. C’est mon jour, et ma nuit. A moi et rien qu’à moi. Je laisse libre court à cet être sauvage qui vit en moi, c’est sa journée, son moment du mois. C’est lui et ça n’est plus moi. Accord tacite. Pas envie de parler, pas envie de communiquer, pas envie de … Envie de toi là quand je te vois, c’est plus fort que moi, plus fort que lui, plus fort que toi ? Plus fort que nous. Je saurais résister, j’en ai juste pas envie, et toi non plus. J’ai envie de te dire que tu me manques la nuit, mais je me tais. J’ai envie de te dire que tu me manques parfois le jour aussi, mais je me tais. Pas envie de parler. Tu ne peux pas me le reprocher, de toute façon tu ne le fais pas.

Tic, tac. C’est l’heure. L’heure où le jour s’éclipse, leur où le soleil s’en va réchauffer mon île natale et laisse l’obscurité s’emparer de cette partie du globe. C’est mon heure, notre heure. L’heure où tous les chats sont gris d’après ce qu’ils disent, l’heure du prédateur, du chasseur, peut être du tueur. L’heure des Loups, et c’est tout. Odeurs familières. Jakob, Ever, et l’autre Louve. Maxime, je crois. Chacun son terrain de jeu, c’est comme ça. Je retrouve la Cabane d’Ismaelle comme tous les mois, et comme tous les mois le même schéma se répète. Le même depuis presque 3 ans maintenant. 34ème Pleine Lune et je suis toujours en vie. Constat que je me fais tous les mois, comme une manière de me rendre compte de la chance que j’ai d’être encore là aujourd’hui. Crampes, nausées, sueurs froides, douleurs, je me brise, me déchire, puis devient mon autre. Le temps que dure les transformations stagnent à présent, je crois qu’il ne changera plus. Une vingtaine de minutes de calvaire, en moyenne, mais ensuite vient la liberté. Toujours une petite appréhension, est ce que le contrôle est bien là ? Est-ce que je suis bien seul ? Il y a chaque fois un temps d’adaptation mais l’instant d’après je suis déjà dehors, entrain de me re-familiariser avec ce corps, humant toutes les odeurs, zigzagant entre les arbres d’abord au pas, puis au petit trop, puis plus vite, jusqu’à ce qu’une odeur m’interpelle parmi les autres et la chasse commence … Je me sens libre, je me sens bien, et si un Loup pouvait sourire le miens irait jusqu’à mes oreilles, bien dressées sur le sommet de mon crâne et à l’affut du moindre bruit. Hurlement puissant, gorgé, pleins de satisfaction, de fierté. Cette nuit rien ni personne ne peut m’atteindre.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Mar 14 Oct 2014 - 0:28

Encore une fois. Aller, debout Sovahnn. Juste une fois. Serrant les mâchoires, la jeune femme se redressa, ses paumes de main écrasant la mousse glacée, l’eau passant entre ses doigts pour glisser sur sa peau. Baguette à la main, face à un arbre, elle répétait encore les mêmes gestes. Son balai était posé là, derrière elle. Elle en avait fait durant une grande partie de la journée, précédé d’un footing dans les bois et d’une séance de renforcement ensuite. Un entrainement qu’elle tentait de mettre en place le plus régulièrement possible et qui marchait surtout lorsque le stress s’emparait d’elle. Un examen de prévu avec Logan en début de semaine suffisait il fallait croire. Roulant des épaules, elle avait de nouveau pris position, prononçant le sortilège, moulinant du poignet alors que celui-ci se faisait plus raide à chaque sort lancé. Et une nouvelle fois, la jeune femme s’était trouvée envoyée en arrière, quelques éclats de bois lancés sur le visage, le cul en vrac à force de s’exploser le coccyx au sol. Bref, la joie. Et des éclats dans les yeux tient, ça manquait ça alors ! Grognant, la jeune femme s’était redressée en tailleurs, se frottant les paupières dans une attitude tout autant humaine qu’idiote.
Cet examen n’était pas si important dans le fond et elle le savait parfaitement mais, voilà, en magie, elle était et resterait manifestement le boulet toujours à la ramasse qui n’est pas foutu de faire quoi que ce soit de correct. Clairement, cette impression d’incapacité totale commençait à doucement l’agacer. D’autant que cela signifiait inlassablement qu’elle était strictement inapte à se défendre en cas de problème et, ça, ça commençait à lui peser. Ainsi la jeune femme se trouvait à s’éloigner au fur et à mesure de tout le monde. A vrai dire, tout le monde s’éloignait de tout le monde en ce moment alors ça n’aidait probablement pas énormément. Ainsi, Sovahnn se concentrait sur d’autres sujets de son existence. Comprendre : les cours, le Quidditch et sa forme. En effet, si les premiers mois voir la première année de son retour sur cette terre avaient été supportés par l’action d’une potion qu’on lui avait proposé et qu’elle avait continué à prendre jusqu’à récemment, la belle avait décidé qu’il était hors de question de se laisser porter ainsi encore longtemps. Son corps avait besoin de prendre de la force et la magie n’avait rien à voir là dedans. Ainsi, elle s’entraînait sans relâche, voyant au fur et à mesure ses muscles se développer et lui permettre, finalement, d’oublier ce flacon qui était longtemps resté sur sa table de nuit.
A présent, la jeune femme était capable de courir aussi vite qu’avant et probablement plus longtemps sans pour autant utiliser d’artifices. Elle avait fini par réussir à maîtriser plus aisément le flux de magie primaire qui décidait apparemment de se servir du biais de ses émotions parfois expansives pour se déclarer et, ainsi, attenter à l’existence de tout ce qui pouvait se trouver autour d’elle. Bref, en soi, elle avait amélioré un grand nombre de choses. Mais impossible, toujours, de faire comprendre à ce fichu bout de bois ce qu’elle attendait de lui. Et si elle s’avérait être quelqu’un d’entêté, elle était également assez peu patiente. Comme vous pouvez le deviner, ces deux caractères n’étaient pas toujours parfaitement compatibles, ce qui pouvait donner lieu à ce genre de situation : une Sovahnn frustrée, le cul dans l’herbe, à s’échiner à réussir quelque chose qu’elle ne pouvait maîtriser si elle s’énervait et agissait avec ces petits gestes nerveux qu’elle affectionnait, apparemment, tant.

En bref, c’était ainsi que la jeune femme s’était retrouvée le soir frustrée, gelée et endolorie. Un bien bon samedi. Elle était rentrée via les airs, lâchant un instant ses doutes au sol pour les retrouver une nouvelle fois sur le plancher des vaches. C’était ainsi qu’elle avait fait des bulles sous le jet de la douche d’un air passablement agacé et qu’elle avait fini dans une soirée où elle n’avait aucune envie d’être puisque les gens en étaient déjà à leurs quatrième verres à son arrivée et qu’elle… qu’elle avait décidé d’être chiante aujourd’hui, que voulez-vous, ça arrive, même aux meilleurs d’entre nous ! Et pourtant, elle était du type plutôt coulant dans son genre mais ces derniers temps, la solitude lui pesait et, si elle en était consciente, elle ne savait trop comment renouer certains contacts et finissait ainsi par agir de manière idiote. En prenant quelques verres avec des gens qui l’emmerdaient, pour commencer. Et en prenant une potion depuis quelques jours pour tenir le coup alors qu’elle tentait difficilement d’améliorer ses médiocres résultats scolaires ensuite. Mais, surtout, connerie la plus notable : un coup dans le nez et avec des personnes qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam, la jeune femme en était arrivée à marcher droit vers la forêt interdite, acceptant un pari stupide, à une fête stupide et une nuit… où il valait mieux éviter les stupidités. Oui mais voilà, ce qu’elle n’osait ni avouer ni penser c’était qu’elle se faisait bouffer par l’ennui. Chaque jour et à chaque instant, la jeune femme s’emmurait dans une sorte d’immobilité lourde qui la minait. Elle n’était pas faite pour ça, pas faite pour passer des jours calmes, pour réviser en tailleur sur un canapé ou pour simplement trainer. Elle manquait d’action, elle manquait de nouveauté, de surprises, de chose qui la prenne à défaut, qui fasse battre son cœur plus fort. Qu’il brise enfin la glace. Sauf que voilà, un peu d’action, ça voulait dire souhaiter que des choses affreuses comme celles qui s’étaient déjà déroulée reprennent et elle ne pouvait pas vouloir une chose pareille, c’était simplement immoral et absurde. Mais voilà, le seul jour où elle avait rit comme une idiote dans son lit un soir, c’était lors de cette semaine affreuse à Halloween. Alors peut-être que ce goût du danger, de voir sa vie frôler des dégâts irrécupérables, peut-être que ce besoin de mouvement l’avait mené ce soir-là à en écouter d’autres et à se retrouver là, entre les arbres. Peut-être que l’idée venait même d’elle ou qu’elle avait encouragé une élucubration à devenir un pari réel. Après tout, elle était bien déjà venue ici dans la matinée, à courir parmi les fourrés, à écouter les bruits inquiétants des bois, là, derrière le souffle accéléré de sa respiration.

C’était ainsi qu’elle avait parcouru un certain chemin avant de comprendre que sur les quatre personnes parties du château, ils n’étaient déjà plus que trois. Et ce fut à cet instant précis que la jeune femme entendit les craquements, là, derrière eux. La minute suivante, ils se dispersaient, à grand coups de cris aigus alors que des grognements s’étaient faits entendre. Le souffle court, cette fois, la jeune femme avait accéléré, sautant par-dessus les branches, s’éloignant le plus possible de ce qui se trouvait derrière elle. Une accromentule ? Un centaure ? Un chien à cœur ? Un Loup Garou ?
Attends voir… Un, deux, trois, quatre… Oh elle n’en savait rien et ne se souvenait même pas d’avoir fixé le ciel avant de sortir dans les ombres. Peut-être les astres étaient-ils voilés, ce qui expliquerait son manque de souvenirs. Peut-être n’avait-elle simplement pas cherché à savoir. Dans tous les cas, il lui semblait qu’elle dégrisait soudainement très vite. A vrai dire, elle n’avait finalement pas tant bu que ça. Assez pour se désinhiber, mais pas assez pour en oublier les conséquences. Dans tous les cas, la blonde qu’elle était avait fini par ralentir le rythme, n’entendant plus rien aux alentours. Il fallait rentrer maintenant. Avant qu’un éventuel prédateur se jouant d’elle ne décide de lui faire connaître sa présence.
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Lun 20 Oct 2014 - 20:10

The woods are covered in the light of the moon,
My home is the forest, covered by starlight.
It is the animal inside me!

Lune. Loup. Liberté. L'Humain s'efface, s'endort, il s'éteint ou se met en veille tout en restant paradoxalement bien présent pour profiter de cet éphémère devenu nécessaire avec le temps. Union parfaite des deux entités qui n'en sont finalement qu'une seule et unique. Difficile de trancher mais doit on obligatoirement prendre cette décision ? Les choses sont ce qu'elles sont : indescriptibles.
Tout s'éloigne, tout s'efface, y compris le poids que porte parfois l'Humain sur ses épaules pourtant résistante mais fatiguée. Ça n'est plus le poids du monde, ça ne l'a d'ailleurs jamais été, mais celui du quotidien, celui … d'être, tout simplement. Lâcher prise, boire l'air, laisser ses sens attraper le moindre mouvement, le moindre son, la moindre odeur. Même le toucher n'est plus le même, et le goût s'en trouve lui aussi bien plus développé. Intense. Libérateur. Ça n'est pas un retour aux sources, ça ne peut pas l'être puisque l'Homme était là bien avant le Loup mais c'est comme si tout ce temps passé sans lui, sans sa présence, n'existait pas, n'avait jamais existé. Comme si rien n'avait jamais existé d'autre que ses pattes qui foulent le sol d'un pas solide, déterminé, et de plus en plus rapide ; que cette fragrance devenu plus que familière, celle de la proie envoutée par la peur d'être entrain de vivre ses derniers instant ; que cette brise glacial qui pousse les créatures les plus fragiles à se blottir contre elles mêmes ou une autre source de chaleur, ses semblables peut être. Loup ne craint pas le froid lui, non, Loup aime le froid. Et il aime la nuit. Cette nuit. Mais Loup n'est pas un ange, sous ses airs de grosses peluches … Loup a soif de sang, soif de chasse, soif de mort. Le Tue-Loup contrôle ses plus bas instincts, les fait taire et protège l'Homme de sa déviance mais n'efface en rien la nature du prédateur. Retour à l'état sauvage, au racine même de la créature. Cette nuit il est le maitre des lieux, il est l'Ombre qui viendra prendre ta vie petite chose, parce qu'il en va ainsi dans le grand cycle de la vie la chaine alimentaire au sommet de laquelle il se trouve. La chasse a commencé …

Dark clouds and dark thoughts,
The fullmoon night brakes my everry barrier
Inside me wakes the greed for the hunt.
Feel this lust for blood now and here.
Deep in the night the glowing stars
A sweet sent pulls me into the distance.
But attention cause the night slowly rises my beast
And the hunter inside me awakes!
I'm changing into an animal, a creature of the night.
I am a hunter under the moon until the morning rises.

Il est toujours là, fidèle au poste et prêt à se sacrifier pour defender sa harde … Non, bien sur que non, la survie avant tout et s’il me laisse le traquer c’est simplement par jeu parce qu’il sait que je ne l’attraperai pas. Le jour où il ne se sentira plus capable de survivre à cette course mensuelle il trouvera un autre cerf qu’il poussera sur ma voie et il sauvera sa vie en rusant comme ceux de son espèce savent si bien le faire. Alors je cours, encore et toujours, parfois je l’ai à vue là juste devant moi et l’instant d’après il disparait mais son odeur ne sort jamais de ma mémoire ni de mon système olfactifs. Ce grand cerf qui aux yeux de Loup n’est finalement rien d’autre qu’un morceau de viande, une proie, un objectif à atteindre. Je le tempère, c’est devenu presqu’une tradition entre nous et j’espère au fond de moi qu’aucun des autres Loups ne marchera sur mon territoire. Il est à moi, et je ne veux pas qu’il soit tué. Concentré, les muscles poussés dans l’effort, les sens totalement focalisés sur cette créature que je traque, je ne peux pourtant pas faire abstraction de ses cris qui m’arrêtent instantanément dans ma course. Humains. Lointain, mais Humains.
Griffes plantées dans la terre, la frustration m’envahi une seconde, puis l’instant du prédateur se réveille à nouveau mais je le fais taire immédiatement. Non, pas les Humains. Si tu as besoin de tuer d’accord, mais on ne touche pas aux Humains. Couché, oui, exactement, et si t’es pas content c’est pareil. Non mais oh ! C’est qui le chef ?! Bref.

Demi tour, malgré tout, et tant pis pour ma course mensuelle mais c’est plus fort que moi. L’instinct me pousse à aller dans cette direction et je n’ai pas pour habitude de ne pas lui obéir. Le vent tourne, je l’ai de face et commence à percevoir plusieurs odeurs humaines. Le mélange et la distance ne me permettent pas encore de bien les identifier si une ou plusieurs d’entre elles m’est familière mais une petite alarme s’allume dans ma tête et certains visage commencent à défiler devant mes yeux …
Plus j’approche et plus je me réveille, les sons, les odeurs, tout devient plus clair et parmi ces fragrances humaines se trouve l’une d’elle qui ne m’est pas étrangère, loin de là même quand bien même les choses sont ce qu’elles sont en ce moment. La savoir ici, dans la Forêt Interdite, une nuit de pleine lune ne m’étonne pas du tout et je dois l’admettre, une pointe de colère me traverse de part en part. Colère déclenchée et dominée par la peur qui lui arrive avec quelque chose, tout simplement. L’hôpital qui se fout de la charité, oui, si vous voulez.
Je sais qu’elle est pleine de ressources mais face à un monde aussi sombre et dangereux que celui-ci personne n’est à l’abri, pas même moi en l’état sans pour autant jouer les présomptueux par la même occasion. De plus quand un Humain crie c’est qu’il a peur, qu’il est surpris, qu’il se sent en danger, alors certes ça pourrait très bien être une fausse alerte, juste un jeu ou une blague, mais étant donné la piste d’un Chien-A-Cœur qui me parvient en pleine face soudainement et les odeurs humaines qui s’éloignent les unes des autres … Ma course se fait de plus en plus rapide.

Je me rends compte à quel point je m’étais enfoncé dans les profondeurs de la forêt quand la distance que je parcoure me semble interminable mais je me sais sur la bonne trajectoire, faisant totalement confiance à mes sens. Elle n’est pas statique, c’est qu’elle est en théorie capable de se déplacer et qu’elle le fait donc qu’elle n’est pas blessée. Pas d’odeur de sang. Et les autres, oui, je m’en tape, aussi cruel que ça puisse paraitre. Est-ce que Jakob est dans le coin ? Aucune idée. Je n’ai pas senti son odeur musquée ni même celle d’Ever mais j’ai croisé celle de Maxime que j’ai soigneusement évité. Pas de contact lupin cette nuit, pas envie. Donc oui, elle se déplace, mais l’inconvénient c’est qu’elle n’est pas la seule à le faire. Le Chien-A-Cœur la suit à la trace, ou plutôt au son des battements de son cœur probablement bien vivant.

Tic tac. Si son cœur à elle bat suffisamment fort pour attirer l’autre créature, le mien est actuellement en phase de battre des records sous l’effort et les émotions. Nouvelle accélération quand la vue s’en mêle … D’abord lui, puis elle à seulement quelques mètres devant, je les distingue entre les arbres et ma course ralenti, j’avance à pas de Loup dans le silence le plus total. Ayant le vent toujours de face il y a de forte chance pour que j’arrive à m’avancer suffisamment avant qu’il ne découvre ma présence. Un instant l’humain en moi se surprend à le trouver magnifique mais Loup lui n’a qu’une idée en tête : Conflit. Ce Chien-A-Cœur pourrait presque être mon jumeau d’un point de vue physique, voilà pourquoi il est aussi beau gosse ! Ben quoi ? Ca va, je plaisante. Situation dramatique, oui, je sais. En attendant elle est toujours entière et … oh, merde.
Il ne suffit qu’un quart de seconde, il s’élance, je m’élance, elle se retourne probablement alertée par quelque chose et le choc est brutal. Je crois que je viens de lui donner un coup d’épaule qui l’a mise par terre mais l’important c’est surtout que le Chien a roulé avec moi sur le sol, cueilli dans sa course par une autre masse sombre et puissante qu’il ne s’attendait pas à voir et si lui comme moi voyons parfaitement dans le noir, ça n’est surement pas le cas de la jolie blonde qui se tient là, à seulement quelques mètres de deux dangereux prédateurs. J’imagine qu’elle sa baguette, de toute façon. Enfin j’espère, malgré l’odeur de l’alcool que j’ai senti au passage. Je ne suis pas son père, je sais, mais c’est plus fort que moi en cet instant. Note pour plus tard : Prévenir Ismaelle que le Chien-A-Cœur est revenu trainer pas « très » loin du château. Ceci dit il est certainement plus à sa place ici qu’un être humain, après tout c’est son territoire, son lieu de vie.

Sauf que voilà, le truc à ne pas oublier concernant ces créatures c’est que Loup-Garou ou pas, ce gus est bien plus costaud que moi, et plus grand aussi, sans parler du fait que lui n’en a strictement rien à faire de me tuer ou pas. Je crois même que c’est dans ses projets d’avenir proche à voir comment il me regarde en se redressant, tout croc dehors et le poil hérissé sur l’échine et la colonne vertébrale. J’en fais autant, tout en reculant vers la petite blonde pour me mettre entre elle et lui sans jamais le lâcher du regard mais si un combat entre nous deux a lieu … Je dirais qu’il vaut mieux éviter un combat entre nous deux si je veux garder tous mes poils, et ma vie accessoirement. La sienne aussi, à cette demoiselle. Mais est ce que j’ai vraiment le choix ? A la course qui est le plus rapide ? Lui, ou moi ? Il a sans doute un peu plus de masse à soulever que moi mais il passe son temps sur ses quatre pattes lui donc l’entrainement est quotidien. Est-ce qu’une morsure de Loup-Garou aura de l’effet sur lui ? Est-ce que je peux pas l’affaiblir un peu grâce à ça ? Je l’ai légèrement serré à la gorge en l’attaquant mais ça n’a pas l’air de faire beaucoup d’effet si ce n’est celui de l’énerver encore un peu plus. L’Accromentule j’ai géré, je me suis même amusé, mais là … là, oui, je fais beaucoup moins le malin. Ceci dit mon égo de mâle refusera catégoriquement de prendre la fuite, là-dessus il ne faut pas se leurrer. On aime le challenge … Ahum …

Et puis soudain le doute m’habite … Est-ce qu’elle m’a reconnu ? Est-ce que je ne risque pas de me prendre un sort par derrière parce qu’elle me prend moi aussi pour une menace ? J’en doute mais …

© E Nomine ▬ Das Tier In Mir
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Ven 7 Nov 2014 - 12:15

Idiote. Bougre d’idiote. Ça, c’était l’évidence même, elle avait fait la conne au plus profond de tout ce qu’elle pouvait encore imaginer pour se mettre en danger. Parce qu’après tout, c’était de ça qu’il s’agissait non ? Se mettre en danger, sentir ce foutu cœur qui bat puissamment dans sa poitrine, sentir ses muscles se bander sous l’effort, le sang qui afflue par vagues dans tout l’organisme et lui prouve que, si, elle est là, elle existe, plus fort que tout. Mais qui dit vivre induit qu’elle pouvait également y passer à tous moments. Dire qu’elle s’était en quelque sorte calmée au bout d’un moment. A son réveil, la jeune femme avait tout fait, tout expérimenté, exploité chacune de ses émotions dans son paroxysme. Et puis, elle s’était assagie, doucement mais sûrement. Pas qu’elle cesse d’être. Elle avait simplement… été moins dans l’extrême de chaque instant. Oui, mais voilà, depuis leur départ, il lui avait semblé que cet assagissement était devenu une vraie prison dans laquelle elle ne se reconnaissait plus. Un besoin inné  ou acquis, elle n’en savait trop rien, venait la prendre à la gorge : celui d’exploiter avec la violence de la vie sa propre existence. Pourquoi ? Pourquoi puisque ça signifiait se mettre en danger, se faire du mal, puiser dans ses moindres retranchements jusqu’à sentir l’acide dans ses veines. Celui-là même qui la détruisait autant qu’il lui prouvait qu’elle avait une raison d’être, qu’elle était réellement là, encrée dans la réalité, puissante dans son honnêteté à être. Mais elle allait droit dans le mur, elle allait se blesser et le savait parfaitement.

Elle savait que c’était un mauvais plan, un très mauvais même. Mais là, au creux des ténèbres, la belle blonde avait sentit sa vie lui appartenir de nouveau. Elle s’était sentie maitre d’elle-même. Maîtresse de son existence, de ses angoisses, de ses peurs et de sa course contre la montre. Et pourtant, en quelques minutes, son temps semblait devenir fugace en ce monde. Elle s’était rapidement trouvée seule. Sur les quelques crétins qui étaient là, quelle était la probabilité que le prédateur la choisisse elle ? 1/n. n était le nombre de crétins. Bien, tu sais compter. Ça fait donc relativement assez pour s’en sortir non ? Bizarrement, pourtant, rien n’était moins sûr dans l’esprit de la jeune femme lorsqu’elle s’était arrêtée, l’acide coulant dans ses veines alors qu’elle cherchait l’air salvateur pour ses poumons. Alors que son oreille ne réclamait que le silence pour entendre les bruits de la forêt à ses côtés. Des bruits d’oiseaux ? La nuit, ça ne risque pas tant que ça. Pas de nocturnes dans le coin apparemment. Ou bien toutes les espèces attendaient-elle cette confrontation. Celui de la proie naïve et de la bête à l’affut. Celui qui tout son être lui criait qu’elle devenait imminente. Instinct de proie. Car tu n’es que ça. Un amas de muscles, de chair, de neurones et de tissus sanguins. Un organisme absolument merveilleux, fourmillant de capacités incroyablement abouties. Un travail du hasard et de la sélection parfaitement adapté au milieu dans lequel tu évolues. Un chef-d’œuvre que l’on peut déchiqueter en quelques secondes. Détruite. Se repaitre. Quelques bouts de barbaque.

Les mâchoires serrées, il lui semblait qu’elle ne faisait qu’attendre de se prendre le coup. Chaque fibre musculaire lui semblait tendue à l’extrême, tellement qu’elle n’était même pas sûre d’être capable de bouger. C’est ce que font nombre de proies face à la peur : elles figent. Elles freezent même. Incapables de bouger, elles ne font qu’attendre le coup de crocs, de serres, de chélicères. Est-ce une manière de faire la morte ? Comme ça, droite comme un i en pleine forêt dans être capable de voir quoi que ce soit dans ces foutus bosquets pourtant éloignés de moins d’un mètre, ça ne risquait pas d’avoir grand effet.

Et en effet, elle n’avait pas agit. Lorsqu’un bruit soudain s’était fait entendre, elle avait pivoté sur elle-même plutôt que de courir dans le sens opposé. Elle avait attendu le coup plus qu’autre chose. Baguette en main, elle ne l’avait pas activée. Elle n’en était pas capable de toute façon. Foutue vieille rengaine.

Et le choc était venu, comme promis. Pourtant, si la jeune femme eut comme l’impression que son épaule s’était démise sur le coup, la douleur ne fut pas si terrible que ça et pour cause : ni crocs, ni griffes… ni chélicères d’ailleurs. Juste des contusions. Lorsqu’elle redressa le regard, elle pu enfin comprendre qu’il y avait non seulement un loup face à elle mais plutôt deux. Des loups ? Des Lycans ? Des… autres choses ? Aucune idée. L’adrénaline était venue battre à ses tempes un peu plus, alors que les deux corps s’étaient entremêlés un temps. Amas de poils, de muscles, de crocs et de griffes qu’elle ne savait distinguer correctement. Et là, alors qu’elle reculait sans prendre la peine de se lever, elle en vit l’un des deux se positionner entre elle et l’autre.

« C’est la pleine lune hein ? »

Ils se jaugent, se défient. C’est ridicule. Si tu es réellement sortie une nuit de pleine lune c’est… encore plus naze que ça l’était à la base. Sauf que si c’est le cas, l’animal face à toi, dans cette position protectrice est sans aucun doute… humain. Elle avait lu un grand nombre d’ouvrages après qu’Enzo lui ait expliqué ce qu’il était. Elle avait apprit, c’était renseignée. Et selon les écrits, s’il était sous Tue-Loup, il pouvait contrôler certains de ses instincts. Derrière les grognements, elle ne semblait n’entendre que son cœur battant la chamade à ses oreilles. Donc pour que l’un deux vienne là… il ne pouvait s’agir que de son meilleur ami.

Scoop ma fille : il y a des différences entre son pelage et celui de l’animal que tes angoisses ont fait ressortir la nuit d’halloween.
… SERIEUX ?? Nan mais on s’en fout !

Un instant, la tension était restée là, bandée à son extrême. Là, ses muscles s’étaient remis à répondre aux appels désespérés de ses neurones. Et en quelques secondes, elle avait fait demi-tour, s’accrochant au tronc le plus noueux à proximité pour y grimper comme si sa vie en dépendait… ce qui était probablement le cas d’ailleurs. En réalité, c’était peut-être idiot que de bouger dans la situation actuelle. Mais bizarrement, Enzo ou pas, elle ne se sentait pas trop de voir comment les choses allaient évoluer en restait derrière les crocs plus ou moins rassurant d’un Loup qu’elle supposait être son meilleur ami. Ça fait gros quand même comme supposition. Il ne s’agissait peut-être que de deux mâles dominants qui s’étaient mis à se taper sur la poire pile poil à ce moment-là. Peut-être, peut-être pas.
Un Loup, ça ne grimpe pas aux arbres hein ? Un canidé d’une manière générale ne grimpe pas aux arbres n’est-ce pas ? Là était toute la faille. Tout comme le fait de se faire faucher au vol. Mais non. Elle avait d’ailleurs prit de la hauteur à une vitesse hallucinante. Force décuplée grâce à la peur, l’habileté, elle, ne l’était pas forcément mais il fallait croire que, comme courir, grimper était une seconde nature chez elle. D’où ses facilités en vol. Peut-être. Peut-être pas. Dans tous les cas, elle s’était arrêtée une fois sûre d’être hors de portée d’un saut particulièrement impressionnant. De là, en équilibre sur sa branche comme elle l’aurait été sur un balais, les deux pieds bien encrés dans l’écorce, elle s’était mise à fixer la scène, à la comprendre. Récupérant sa baguette qu’elle avait coincé entre ses mâchoires quelques instants, elle avait fixé les deux bêtes sans trop savoir quoi en penser. Aucune envie de blesser un ami si elle ne se trompait pas – et son instinct lui disait que non – mais volonté de fuir d’ici au plus vite.

C’était vraiment lui ?

Elle revoyait les ombres qu’elle avait vu cette nuit-là. Elle avait su que c’était lui sans vraiment le voir. Pourtant, là, il était face à elle mais sa peur la poussait à la méfiance. Même sans ça, elle ne quittait de l’esprit qu’il était transformé et avec le potentiel risque d’une perte de contrôle. Il aurait été idiot de ne pas y prêter attention. Après tout, elle n’était pas dans son esprit et il ne lui en avait pas parlé tant que ça. Pas assez pour qu’elle devine à quel point il était maitre de lui-même en cet instant. Va voir la différence entre les deux en plus, alors qu’il faisait nuit, qu’elle était loin, que…

Pourtant, quelques temps plus tard, elle avait fini par se décider, poussée par les évènements, à tenter sa chance. Ses yeux n’avaient jamais quitté le prédateur. Le menaçant. Elle ne s’était pas trompée, malgré sa peur qu’il en soit ainsi. Inspirant à fond, elle avait tenté plusieurs stupefix qui n’eurent aucun effet. Et un petrificus totalus qui fini par marcher au bout de la quatrième tentative. Pâlichonne, elle n’avait pu s’empêcher de s’étonner du bon fonctionnement de son sort.

« Nan ? ça a marché.. ! »

L’autre était figé.

Son regard était allé fixer l’autre. Le potentiel Enzo. Attendant un signe, quelque chose. Descendre ? Oui, non ? Risqué quand même non ?

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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Mer 12 Nov 2014 - 16:41

Situation de merde, je pense qu'on peut le dire, mais malgré tout ça il y a encore une part de moi qui trouve ça … grisant. On ne se refait pas, ça n'est très certainement pas parce que j'ai frôlé la mort un paquet de fois et que je me suis nettement calmé ces derniers temps que je n'aime plus l'adrénaline ni ne la recherche. J'ai pas arrêté de faire le con sur mes planches, j'ai pas arrêté de trainé avec des créatures 10 fois plus grosse que moi, j'ai pas non plus arrêté de trainer régulièrement dans la Forêt Interdite avec tout ce que ça implique comme par exemple faire la course avec une Accromentule, me battre avec un autre Loup ou me retrouver nez à nez avec un Chien-A-Coeur comme c'est le cas actuellement. La peur je la ressens, évidemment, plus pour la petite blonde qui est derrière moi que pour ma propre personne soit dit en passant mais je la ressens parfaitement et c'est tout l'intérêt de la chose. Non je ne suis pas complètement inconscient, j'ai peut être pété de sérieuses durites au cours de mon existence mais j'ai toujours gardé au moins une petite part de … d'esprit sain, si on veut.

Émotions, sensations démultipliées par la pleine lune, je jubile et m'impatiente. Il ne se passe rien, on se regarde dans les blancs des yeux et même si je perçois un mouvement derrière moi, des bruits émis par un être humain, à aucun moment je ne me retourne et surtout détourne mon attention. S'il me saute dessus, je veux être prêt à réagir avec tous les moyens et armes que j'ai en ma possession mais une chose est sure il ne touchera pas un cheveux de Sovahnn. Au fond de moi j'ai presque envie qu'il passe à l'action d'ailleurs … Je sais, c'est mal, mais maintenant que j'ai compris que la demoiselle était à l'abri en hauteur – tout ça sans regarder, je suis trop fort, et très bon réflexe mademoiselle parce qu'on ne sait jamais – ça m'enlève une certaine pression et j'en viens presque à m'amuser. S'amuser quand on risque sa peau … Je sais, c'est pas bien, mais c'est pas comme si c'était prémédité et puis … Bon tu te décides le gros ?! On va pas y passer le réveillon, si ?
Je crois que la jolie blonde a compris que l'un de nous deux n'était pas totalement animal ou plutôt pas que ça, et je pense qu'au fond d'elle, elle a du faire le rapprochement donc en théorie je ne risque rien venant de derrière sauf si Monsieur le Maître des lieux ne se déplaçait pas seul mais j'en doute. Je ne sens aucune autre présence et puis c'est un mâle, du genre gros mâle solitaire bad ass et tout ce qui va avec. Tant mieux, j'aurai détesté m'en prendre à une femelle … et éventuellement me faire mettre en pièce par une femelle surtout. Virilité oblige. Oui même quand je me balade en mode peluche, et alors ? C'est comme ça depuis la nuit des temps, j'vais certainement pas déroger à des traditions ancestrales quand même !

Et puis pif, paf, boom, des mots prononcés là derrière mois, des flash de lumières : Des sortilèges émanant directement de la baguette de Sovahnn. Ça m'a surpris, lui aussi, et quand j'ai remarqué que ça n'avait aucun effet sur lui si ce n'est celui de l'énerver encore plus et de détourner son attention vers elle, je me suis dit que c'était la merde. Est ce que les sortilèges humains ont de l'effet sur les créatures magiques ? Je sais que les nuits de pleine lune ils ont moins d'effets sur moi – ça n'est pas très flagrant mais bien réel – et même si au fond de moi je sais que normalement oui ça fonctionne … Disons que je me prépare à intervenir et lui couper la route en me tassant sur moi même pour prendre de l'élan et de la puissance mais juste quand je vais pour m'élancer … Il se fige, totalement, et je reste là, planté comme un con, redressé de toute ma hauteur.

« Nan ? ça a marché.. ! »

Tête penché sur le côté, j'observe l'autre poilu par méfiance mais au bout de quelques secondes ça m'apparait évident : Il est complètement pétrifié. Bien joué Mademoiselle ! Par mesure de précaution je fais quand même le tour du Chien-A-Coeur, le renifle et l'effleure du bout de la truffe pour m'assurer qu'il est bien complètement coincé. Je ne remets pas en cause les capacités de Sovahnn, elle a géré comme une chef et je suis fier d'elle mais mieux vaut prévenir que guérir. Une fois que je suis certain que le danger est complètement écarté j'hésite sur l'attitude à tenir. Partir ou rester ? J'entends son cœur qui bat, je sens malgré tout l'odeur de sa peur et je ne veux pas que ma présence soit un problème pour elle. A côté de ça je me vois mal foutre le camp comme un voleur et surtout, la laisser ici ? No fucking way. Alors je me pointe d'un pas lent sous l'arbre, gardant une distance de sécurité pour ne pas qu'elle se sente acculée là haut. La tête basse mais le regard rivé vers elle, je ne veux pas qu'elle ressente la moindre menace émanant de ma part. Tenter de sourire ? Euh … Non. En tant que Loup c'est compliqué et je ne suis pas sur que montrer les crocs soit une bonne idée. Remuer de la queue ? Hum … ça me pose un problème mais s'il faut en passer par là … C'est donc ce que je fais, avant de m'assoir, puis finalement me coucher, la tête posée sur les pattes. Calme. Le message est le suivant : Je ne suis pas un danger, pas pour toi, donc prends le temps qu'il faudra – pas trop quand même, le but c'est de dégager avant qu'il ne se réveille – pour savoir si tu me fais confiance ou pas. Je me fais confiance, en revanche je ne suis pas le seul Garou à se balader dans le coin cette nuit et si Jakob et Ever ne représentent pas un problème, je me méfie de la nouvelle. Ça n'a rien de personnel, c'est typiquement lupin. Je ne la connais pas et la première impression qu'elle m'a laissé n'était pas super bonne, c'est tout. Encore une fois ça n'est pas pour moi que je m'inquiète mais pour ce p'tit bout de chair humaine perché là haut. Alors, descendra ou descendra pas ?

Descendra, au bout de quelques minutes et après un monologue auquel j'ai essayé de répondre par mon langage corporel autant que possible. Pas évident de communiquer quand on n'a pas l'usage de la parole mais le but n'étant pas de côtoyer des êtres humains une nuit de Pleine Lune … Enfin de toute façon ça ne me dérange pas, je m'adapte. Nouvelle hésitation une fois que ses pieds touchent le sol, je la laisse venir à moi et une fois que je suis certain qu'elle est suffisamment en confiance je me permets de lui passer un coup de langue sur la joue … :angel: … Si après ça elle a encore des doutes … L'instant d'après j'attrape un pan de son manteau entre mes crocs et tire doucement pour lui faire comprendre de me suivre parce qu'il est hors de question qu'elle passe une seconde de plus dans cette forêt et surtout pas quand un prédateur comme ce Chien-A-Coeur traine dans les parages. Grognement réprobateur pour la forme, même si c'est l'hopital qui se fout de la charité mais quand je me rends compte que question timing ça va faire trop juste pour rentrer au château pour plusieurs raisons, c'est direction la Cabane d'Isma, là où ont lieu toute mes transformations depuis plusieurs mois. L'entrée se fait par une trappe à l'arrière, ensorcelée, et qui ne laisse entrer en principe personne à part moi mais je crois que certaines exceptions sont possibles, si je suis là à ce moment là par exemple, ce qui est le cas et si un Lycan passe, une humaine de sa taille y entre sans problème. Une fois à l'intérieur je prends conscience qu'il va falloir que je me transforme devant elle, et dire que ça me plait serait mentir, mais je préfère la savoir ici à l'abri et tant pis pour ma pudeur. Ça n'est pas comme si c'était n'importe qui, elle va probablement en faire des cauchemars mais l'idée d'aller reprendre forme humaine dehors ne m'emballe pas des masses alors …

Le temps passe, le silence s'installe, elle s'endort et moi aussi mais quand les premières crampes me saisissent et me font couiner je m'éloigne et vais me « cacher » dans un coin le plus loin possible d'elle même si … Vu la taille de la Cabane …
Je ne me sens pas à l'aise, clairement pas, c'est un moment que tout Lycan qui se respecte déteste partager mais c'est trop tard pour faire machine arrière maintenant alors … C'est parti …
Gémissements plaintifs, hurlement de douleur, divers bruits d'os qui se cassent, le corps qui se convulsent et j'en passe, puis une vingtaine de minutes de calvaire plus tard il n'y a plus que l'Homme qui git immobile sur le planché de bois, à bout de force et frigorifié. Et nu comme un ver … La situation est un peu gênante mais je ne suis pas encore suffisamment revenu à moi pour véritablement m'en préoccuper et avant même que je n'envisage de bouger, je sens un tissus doux et chaud se poser sur moi : Le plaid qui était sur le canapé, que Sovahnn vient de poser sur moi. Encore quelques secondes de silence et d'immobilité puis je me retourne finalement vers elle, les yeux à peine ouvert, tremblant de froid, mais avec un léger sourire sur le visage.

« Tu t'es trompé de canidé. »

La voix est encore complètement rauque, caverneuse.

« J'suis vexé, j'suis quand même beaucoup plus beau que lui. »

Grimace entre deux tentatives d'humour, du au fait que mon corps est extrêmement sensible et que chaque mouvement peut facilement devenir une torture. J'essaie de me redresser, je ne devrais pas, mais cette situation ne me rend pas super à l'aise. Je n'ai rien à cacher à Sovahnn, je le sais, mais ça ne m'empêche pas de me sentir vulnérable pour autant.
Mes yeux se ferment après un dernier effort pour parvenir à m'assoir, enveloppé dans le plaid, et un profond soupir s'évade d'entre mes lèvres de nouveau scellées. Quelques secondes de silence, mon attention se repose sur la jeune femme, mon sourire aussi timide soit il revient après avoir jeté un coup d'œil vers le feu qui brûle dans la cheminée. Si j'arrive à me lever, je me rhabille et je vais me coller devant l'âtre.

« Enfin tu me diras, après ce que t'as du voir ici ... J'ai du perdre tout mon sex-appeal. »

Nouveau soupir, l'épuisement est palpable. Je me pose néanmoins une question :

« Ça va ? »

Rapport à ce qu'il s'est passé cette nuit mais surtout rapport à ce que tu as vu, si tu as regardé, parce que je me doute que ça doit être traumatisant.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Ven 5 Déc 2014 - 18:13

Marre de ne pas avoir de place. Marre d’être cantonnée à ce rôle là. C’est affreux non ? De se sentir enfermé par une vie qui se calme enfin, qui devient plus sûre, qui ne manque pas de basculer à chaque instant. Mais pourtant, pourtant, attendre sans rien faire que quelque chose se passe. Attendre en étudiant, en étant cette élève modèle qui ne lui ressemblait pas… il lui semblait simplement qu’elle rattrapait tout l’ennui et le sérieux qu’elle n’avait pas vécu pendant ses années de coma. Sauf que, voilà, si, justement, elle s’était ennuyée, pire que jamais d’ailleurs, et c’était bien ce qui la bouffait actuellement, c’était qu’elle avait l’impression de retrouver cette immobilité, cette stagne qui hantait toujours ses cauchemars. Non, elle n’était pas faite pour ça. Elle… elle était faite pour courir, fuir le danger et pousser son corps dans ses derniers retranchements. Ça n’était peut-être pas pour rien que c’était elle que l’animal avait choisi. Elle était une proie parfaite après tout. Un bon jeu pour la nuit. Après tout, elle tenait trop à la vie pour se pelotonner dans un coin avec la peur de bouger, mais elle y était trop attachée pour se laisser bouffer par quoi que ce soit. Quoi que ce soit, sauf l’inactivité faut-il croire.

Alors, là, elle se sentait renaître. Elle qui avait eu l’impression de s’enfoncer dans un bourbier, sans avoir la moindre envie de voir qui que ce soit, avait l’impression qu’un bout de sa vie lui avait échappé. Encore. Elle avait perdu le compte des jours, avançant sans trop chercher à changer les choses, elle s’était simplement… arrêtée pendant un temps. Elle n’avait pas beaucoup parlé, elle n’était pas beaucoup sortie. Elle avait simplement cessé d’être elle-même. Mais là, les mains écorchées à force de grimper le plus vite possible, les genoux en feu et les cheveux en bataille, il lui semblait se retrouver. Et surtout, ce cœur qui se débattait dans sa poitrine pour lui donner toute la force dont elle avait besoin pour exister. Oui. C’était de ça dont elle avait besoin.

En équilibre, bien encrée sur ses pieds, la jeune femme observait la scène de sa branche. Posée comme elle l’aurait été sur son balai, prête à sauter ou à se lever pour choper le vif d’or, la jeune femme attendait, serrant les dents, ne quittant pas d’une seconde la tension dans les muscles des deux animaux. Oui, parce que l’Homme est un animal. Alors l’Homme se transformant en animal tous les mois est toujours un animal CQFD. Et puisque nous sommes tous issus d’un ancêtre commun, Trolls, sorciers et sirènes sommes affectés par le même genre de choses non ? Probablement. Si l’on peut figer un chat en pleine course, c’est que l’on peut faire de même avec un chien à cœur. C’est décidé, cette logique est imparable !
Et déjà que cette logique pouvait soulever quelques interrogations, ce qui était bien moins imparable, c’était sa capacité à réellement se servir de la magie. D’accord, elle s’était tout de même bien améliorée sur ce point. La preuve, aucun de ces êtres à fourrure ne s’était retrouvé avec une blanche en travers de la colonne vertébrale ! C’était déjà beaucoup en soit. Ainsi, l’échine de la jeune femme s’était contractée involontairement lorsqu’elle avait vu sa tentative de sortilège échouer lamentablement en atteignant sa cible. Loin d’être immobilisé, l’animal avait surtout tourné son regard vers elle, prêt à en découdre. Tout c’était pourtant ensuite passé extrêmement vite. Alors qu’il lui semblait que tout était sur le point de péter de tous les côtés, le sortilège avait marché. Comme ça. Pouf. Boum, sur le côté. Pof. C’était tout.
C’était tellement tout qu’ils avaient tout les deux bloqué sur la situation. Nan ? Sérieusement ? Eh oui, l’animal était tombé raide sur le côté, parfaitement immobile. Et à en croire Enzo, il ne présentait probablement plus de danger puisqu’il l’avait observé un temps avant de s’en désintéresser, en faire le tour, et s’approcher de l’arbre où la jeune femme était perchée.

Et là, c’était l’instant où la joie laissait place aux interrogations dubitatives. En effet, la jeune femme se trouvait face à un loup qui s’approchait doucement du lieu où elle s’était réfugiée. Ça fait assez conte pour enfants. Après le retour aux instincts de proie, la voilà qui se retrouve de nouveau à se demander si le loup qu’elle a en face d’elle est réellement celui… qu’elle croit qu’il est. C’est étouffe chrétien tout ça.

Les sourcils froncés par la réflexion, la jeune femme l’avait observé s’avancer puis se poser sans la quitter des yeux. Pourtant, sa position n’était pas agressive, son comportement non plus, et le fait qu’il se tienne à une certaine distance de son arbre salvateur était plutôt rassurant. Et puis, finalement, il lui avait bien semblé l’avoir vu remuer de la queue avant de s’assoir, puis de s’allonger. Ça fait beaucoup.

« Sachant que je vois mal un loup normal faire ça et que j’imagine mal Ever faire un truc pareil face à moi… j’en déduis qu’un grand brun se foutra de moi demain matin. Ou inversement. J’sais pas. »

Petite grimace du haut de sa branche. La jeune femme s’était laissée tombée, les jambes de chaque côté du bois, en équilibre, à fixer l’animal en bas, qu’elle était persuadée de connaître comme un grand con qu’elle aimait plus qu’elle-même. Ça fait un choc. A vrai dire, elle avait beau savoir, elle se sentait… comme con face à la situation. Elle parlait à un loup là, tout de même. Un loup en qui elle avait confiance. Un LOUP en qui elle avait CONFIANCE. Ya personne que ça choque comme phrase ?? Non parce que c’était tout de même bien ancré en elle, que ce type d’animal, on évite quand même d’aller lui faire des gratouilles à l’arrière des oreilles merde ! Et mine de rien, sa logique de moldue refaisait surface avec la conviction plus ou moins absurde que l’animal, là, en bas, ça ne pouvait pas être Enzo. Inspirant à fond au bout de quelques secondes, la jeune femme s’était motivée à descendre un peu, pouvant ainsi appréhender de plus prêt la situation et … dompter non pas le loup là, en bas, mais plutôt ses propres craintes.

« En fait… c’est incroyablement pas naturel cette situation. »

Un humain sans protection qui va vers un loup. Comme si c’était inscrit dans ses gènes, cette angoisse, ses poils qui se hérissent, cette irrésistible envie de se barrer. De courir. Alors que, concrètement, l’humain n’étant pas très rapide, courir face à un prédateur n’est pas la meilleure idée qui soit. M’enfin bref.

Ainsi, la jeune femme avait gagné quelques mètres au fur et à mesure, s’approchant de celui à qui elle débitait des conneries sans même y penser. Celui qui, là, présentement, pouvait lui briser les os d’un coup de mâchoire. Oui, parce que dans les films, c’est très beau comme situation, l’amitié entre un loup et un humain, mais là, c’était idiot, pourtant, elle avait du mal à se détendre totalement. Le fait d’avoir été coursée en pleine forêt interdite alors qu’elle n’avait pas la totale maîtrise de ses réactions devait y être pour quelque chose d’ailleurs. Dingue comme elle avait dégrisé vite fait cela dit.

« Tu sais quoi ? T’es assez esthétique en tant que loup. »

Merci Sovahnn pour cette information très utile.

Inspiration totale et pied sur les épines de pin. C’est fait. T’es au sol ma grande.
C’était déjà énorme. Mais maintenant, le plus gros était fait. Ainsi, les mains un peu tremblantes, elle s’était approchée du corps massif et lupin allongé devant elle.

« J’étais pas loin de la réalité hein. »

Sauf que dans l’illusion à laquelle elle faisait référence, l’animal lui grognait dessus. Trop cool. Et venait de bouffer Enzo aussi. Encore plus cool. Enzo qui l’avait embrassée. Cool dans une toute autre situation, pas cool du tout actuellement.

« Je crois que je vis un fantasme de gamine en fait. »

Elle venait de poser sa main dans la fourrure de l’animal, au niveau de son cou. Ça, en revanche, pour le coup, c’était assez chouette. Car, oui, qui n’a jamais rêvé de ce genre de promiscuité avec un animal sauvage ? Le fait que l’animal en question soit votre meilleur ami… n’ajoute qu’un peu d’étrangeté à la situation, c’est tout.
L’instant suivant, elle venait de se prendre une magnifique léchouille sur le visage. Ça avait fini par la détendre, la faisant exploser de rire. Mais qu’il est con. C’est le fantasme, avoue. Ça méritait une léchouille, je suis d’accord.

« Hey ! Putain tu fais chier XD ! C’est bizarrement plus crade quand t’es sous cette forme là qu’en temps normal. »

Petite tape sur l’épaule… d’un loup.
Logique.

La jeune femme s’était finalement levée, tout comme Enzo d’ailleurs, pour le voir attraper les pans de son manteau et la tirer vers… vers elle ne savait pas où.

« Bah oui, évidemment que je te suis voyons. J’aurais dû mettre mon manteau rouge moi, ça aurait été top pour le comique de situation. »

Et, après une course dans les bois aux côtés d’un loup majestueux – laissez moi dans mon délire de Mononoke – ils étaient arrivés tout deux prêts de la cabane d’Ismaelle.

« C’est marrant, j’étais persuadée que le château était de l’autre côté moi… »

On peut savoir comment tu comptais sortir de cette forêt toi ?? En suivant les miettes de pain ?

Un loup, une fille, une cabane. Manteau rouge, je vous dis. Ça manque au tableau.

Et comme le petit chaperon rouge, elle était entré dans les lieux, sans chevilette ni porte d’ailleurs. Pourquoi pas, autant continuer dans les bizarreries, c’est beaucoup mieux. Et c’était surtout là que la magie s’était arrêtée. La jeune femme était restée un instant prêt de l’entrée, observant son ami prendre possession des lieux. Elle était dans son domaine, elle le savait. Parce que même si on était chez Ismaelle, c’était à lui, son moment, ses lieux, sa torture. Un temps qu’il ne désirait pas partager et elle le savait très bien. Tout comme elle savait très bien qu’il avait fait un choix, choix qu’elle se devait de respecter. Inspirant à fond malgré l’affolement de son cœur, la jeune femme s’était avancée pour allumer le feu. Disons que ce serait plus réconfortant comme ça.

Elle s’était étiré un instant avant d’aller faire chauffer de l’eau. Un thé. Deux tasses ? Ben non. T’es con. Avez-vous déjà vu… un loup pendant le thé time ? Non. Maintenant… non plus. Non, c’était con, c’était réflex, c’était.. la preuve que la situation était perturbante. Et, oui, elle se servait parmi les affaires de son enseignante. Pas parfait ça non plus, mais elle était persuadée qu’Ismaelle n’y verrait aucun inconvénient. Ainsi, la jeune femme était revenue prêt du canapé, avait laissé infuser le thé avant de se poser un instant aux côtés d’Enzo. Un bras autour de ses épaules et un baiser poser sur cette figure qui n’avait rien d’humaine. Ces os qui devraient craquer, se déplacer, se contorsionner, se tordre, se mouvoir…
Les paupières fermées un instant, elle s’était redressée pour aller boire son thé huit fois trop chaud, emmitouflée dans le plaid beige qui était posé sur le meuble. Pourtant, rattrapée par la fatigue, la jeune femme s’était endormie avant d’avoir atteint la moitié de la tasse. Belle performance d’épuisement. Pourtant, elle était persuadée que, vu la situation, elle aurait été incapable de plonger dans le sommeil. Il fallait croire que ce genre de tensions était bien plus efficace pour la faire dormir que les journées de cours calmes auxquelles elle avait le droit en temps normal. Il fallait croire que son instinct d’humain en présence d’un loup avait fini par être rassuré.

Bientôt, pourtant, ses paupières se soulevèrent de nouveau. Du mouvement, du bruit. Des gémissements étouffés. Des craquements. Se recroquevillant sur le canapé, la jeune femme avait grincé des dents, serrant les mâchoires à s’en faire mal, fermant les paupières plus fort. Il ne voudrait pas qu’elle voit, qu’elle observe et, elle-même, se sent voyeuse. Rapidement, les petits gémissements plaintifs avaient fini par se transformer en hurlement et, à force, elle avait doucement relevé les yeux, grimaçant déjà, malade de la souffrance de son ami, le cœur au bord des lèvres et le thé resté sur l’estomac. Curiosité malsaine ou besoin de savoir que tout se passait bien ? Mais comment savoir si c’était le cas ? Comment savoir ce qui était normal de ce qui ne l’était pas ? De toute façon, elle était incapable de faire quoi que ce soit. Juste attendre que ça passe, comme lui, comme eux tous, répartis autour du château, à se tordre de douleur pour retrouver leurs traits humains. Mais pour elle, là, il n’y avait que lui qui comptait. Lui à qui elle aurait voulu apporter toute l’aide du monde. Mais il n’y avait rien à faire, elle avait assez lu sur le sujet pour le savoir. Tout comme elle avait assez lu sur le sujet pour connaître la violence de ces transformations. Mais savoir et comprendre sont deux choses différentes. Alors elle avait de nouveau enfouie sa tête, le laissant à sa souffrance, cessant de respirer par intermittences, les larmes coulant doucement.

Et puis tout c’était finalement arrêté. Ses cris s’étaient calmés, elle s’était redressée pour comprendre que son calvaire se terminait enfin. Alors, tremblante, elle s’était relevée pour aller doucement vers lui, le plaid dans une main pour le déposer doucement sur son corps endolori. Le visage défait, elle s’était assise à ses côtés, le laissant reprendre son souffle. Le silence s’était de nouveau installé, libérateur. Elle aurait voulu le prendre dans ses bras mais ne serais-ce que poser sa main sur la sienne l’inquiétait. Hors de question de lui infliger ne serais-ce qu’une fraction de douleur supplémentaire. C’était donc avec un petit sourire fébrile qu’elle l’avait accueilli en le voyant se tourner doucement vers elle.

« Tu t'es trompé de canidé. »

Un petit rire était passé sur ses lèvres. T’es con bordel. J’suis sûre que ça te fait mal de parler en plus.

« J'suis vexé, j'suis quand même beaucoup plus beau que lui. »
« Ouais j’ai voulu jouer à la balle mais bizarrement il était pas très chaud. »

Grimaces. Encore des grimaces.

« Bouge pas.. »

Et pourtant, c’était exactement ce qu’il s’était mit à faire. Grinçant de nouveau des dents, elle l’avait vu tenter de se redresser, insister, et y parvenir. Elle n’avait cessé de faire des gestes vers lui, amorçant la volonté de l’aider sans jamais aller au bout de ses mouvements de peur de lui faire du mal.

« Mais arrête ! »

C’était bon, il était posé, et elle n’avait pu que lâcher un soupire agacé. Enfin, agacé, ça n’était pas le bon terme, c’était ce qui en ressortait, mais elle était surtout angoissée de le voir souffrir.

« Ouais ben t’es pas mieux dressé que lui, t’écoute que dalle. »

C’était pas nouveau, elle le savait parfaitement. Et il sourit ce con en plus !

« Enfin tu me diras, après ce que t'as du voir ici ... J'ai du perdre tout mon sex-appeal. »
« Pourtant, t’as jamais été aussi attirant : dans le sens que j’ai jamais autant voulu te prendre dans mes bras. »

Le jour où s’en sautés dessus n’est rien en comparaison. Tu vois, t’as rien perdu dans le fond.

« Ça va ? »

C’était la question à ne pas poser. Les larmes étaient remontées automatiquement dans ses yeux. C’était con, vraiment, parce qu’il était foutu de bouger, celui-là, tel qu’elle le connaissait. Mais il fallait croire que ça faisait trop. Parce qu’il lui demandait si, elle, ça allait ! Elle ! Mais c’était lui qui venait de vivre une torture. Un putain de calvaire qu’il vivait chaque mois, systématiquement, irrémédiablement, et c’était une vérité qui résonnait dans son crâne en boucle depuis le début de sa transformation.

« J’peux faire quelque chose ? »

… !

« Et ne t’avise pas de bouger ne serais-ce qu’un muscle pour me filer du réconfort, parce que j’te jure, je t’assomme à coup de tison ! »

Pas bouger ! Nan, j’te jure ! Va pas te faire encore plus de mal.

« Il est pas loin fait gaffe ! »

Juste derrière, là bas, à côté du feu.
Un doigt menaçant était tourné vers lu, pas tout à fait crédible. Pourtant, non, sérieusement, elle refusait qu’il bouge ne serait-ce que le petit doigt. Ça va, j’te vois venir avec ta bouille d’ange toi !
Nan parce qu’en effet, là, elle ne pétait pas le feu, elle devait être bien pâle vu la sensation tenace que le monde tanguait autour d’elle, et avait les yeux rouges d’avoir pleuré pendant vingt minutes, mais ça n’avait pas la moindre importance sérieusement. Ça n’avait aucun impact, aucune nécessité. C’était… c’était juste comme ça. Il fallait croire qu’elle était incapable de prendre sur elle et d’être simplement là sans lui imposer ses états d’âme. Non, les larmes étaient montées et elle luttait contre un malaise depuis un petit moment maintenant. Mais elle ne tomberait pas. Parce que ça l’obligerait à faire des mouvements brusques et c’était hors de question.

Alors elle s’était simplement posée à ses côtés, le dos calés, une main sur le plaid, posée sur le sol, proche de son corps sans oser lui infliger ne serais-ce que la pression du poids de sa main. Elle imaginait l’état dans lequel son organisme devait être, tout en cherchant à ne surtout pas y penser.
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Lun 8 Déc 2014 - 18:41

Comment est ce que j’aurai réagi à sa place ? C’est peut être stupide – même si je ne vois pas vraiment pourquoi – mais je me pose réellement la question. Qu’est ce que ça fait de se retrouver face à un Loup géant ? Oh la réponse je l’ai puisque bien sur je l’ai moi-même vécu avant d’en devenir un – par la force des choses – mais à l’époque j’ignorai tout de lui, il n’était pas une personne proche de moi. Alors oui je me demande ce que peut ressentir Sovahnn en cet instant tout comme je me suis posé la question concernant Kyle, Jillian ou mon frère par exemple. Qu’est ce que ça fait de voir une personne que l’on côtoie humainement tous les jours sous une autre forme ? Il y a eu un peu de peur, de la méfiance bien sur et c’est une bonne chose puisque ça prouve que malgré le fait qu’elle se balade une nuit de pleine lune dans la Forêt Interdite son instinct de survie est toujours bien là, mais aussi une certaine forme d’excitation. Elle l’a dit elle-même, cette situation n’a rien de naturel. L’Humain est la Proie du Lycanthrope, par excellence et par-dessus toutes autres proie, et pourtant il n’y avait là qu’une échange silencieux entre deux amis, à la limite entre une jeune fille et un gros chien inoffensif. Elle aurait du courir, hurleur, avoir peur, pleurer toutes les larmes de son corps, et j’aurai du prendre un malin plaisir à la traquer, à la sentir craquer, à refermer mes crocs sur sa gorge et à la dévorer comme le Prédateur et la Proie ont l’habitude d’interagir dans le cours normal des choses. Sans Tue-Loup c’est peut être de cette façon que ça se serait terminé et bien sur qu’y penser fait froid dans le dos mais ça n’est pas comme ça que ça s’est passé et c’est tout ce qui compte. Peu importe ce qu’en pensent nos deux instincts antiques combinés, ils n’ont pas leur mot à dire dans l’histoire.

Il n’empêche que … Avouez que l’image est belle : Un grand Loup noir – genre beau gosse le Loup, évidement, et puis elle l’a dit la demoiselle, j’suis assez esthétique – et une jolie petite blonde qui se baladent sous la lune. Ce qui est moins beau en revanche c’est tout ce qui vient après, enfin passée l’aspect thé, feu, gros dodo, parce que les os qui craquent, la transformation en fait, et ses sanglots étouffés que j’ai quand même perçu, tout ça mêlé à l’odeur de sa peur … Non, ça, ça n’était pas beau mais c’est passé. Ça n’est pas quelque chose que j’apprécie, partager ce moment j’entends, et ça on en a conscience tous les deux mais j’ai fait un choix et je l’assume. Je n’aurai pas accepté n’importe qui, c’est ce qu’il faut retenir. Cas de force majeur certes, mais quand même. Expérience traumatisante pour elle, relativement pour moi aussi, d’une intimité assez puissante quand on y pense mais qui je l’espère ne se reproduira pas. Peu de personne ont pu assister à une transformation je pense, que ça soit la mienne ou celle d’un autre Lycan, mais j’imagine que c’est une chose qui reste gravé à jamais dans une mémoire. Pour nous autres les Garous ça en devient banal, répétitif, même si c’est chaque fois aussi douloureux que la première. Moins long, donc d’une façon moins pénible, mais toujours aussi douloureux. Je comprends, l’état dans lequel ça peut mettre les autres je veux dire, parce que si les rôles étaient inversés j’aurai probablement été mort de peur pour elle, avec un sale sentiment d’impuissance coller à la peau. Voir une personne qu’on aime souffrir et ne rien pouvoir faire pour l’en empêcher est une sensation atroce, personne de sensé ne pourra dire le contraire je pense.

Pensée fugace pour Ever, Maxime et Jakob. Tous dans la même galère, on ne peut pas le nier c’a quelque chose de rassurant de savoir qu’on n’est pas le seul à vivre ce calvaire. Et puis on fait ce qu’on sait faire de mieux : Raconter des conneries. Elle m’engueule, inquiète, et je n’écoute pas, la comparaison canine ne tarde pas à tomber et malgré la douleur qui résonne dans chaque parcelle de mon corps je m’entête, souris, et bouge, mais quand je lui demande comment elle va ses larmes reviennent et je ne sais pas trop comment les appréhender. J’ai envie de lui dire que tout va bien, que c’est simplement la routine, mais ça ne l’est pas pour elle et rien de ce que je pourra dire ou faire ne changera ça alors je reste là, assis sur le sol, immobile, assommé par la fatigue et la souffrance physique, encore un peu animal sous la surface même si sa présence fait revenir l’humain sans doute plus rapidement que d’habitude. Est-ce que j’ai conscience d’être à poil là sous le tissu polaire ? Merci de me le rappeler …

« J’peux faire quelque chose ? »

Amorçage de mouvement …

« Et ne t’avise pas de bouger ne serais-ce qu’un muscle pour me filer du réconfort, parce que j’te jure, je t’assomme à coup de tison ! »

Parce que oui c’est bien ce que j’allais faire, elle me connait suffisamment bien pour anticiper ce genre de réaction chez moi. Je ne supporte pas de voir les gens que j’aime comme ça, et même si ma discussion avec Kate d’il y a deux jours m’a vacciné sur le fait de vouloir consoler les jolies blondes qui pleurent …

« Il est pas loin fait gaffe ! »

De menaces maintenant ! Non mais oh ! Vous avez vraiment un grain, c’est pas possible.

« T’as de la chance que j’sois pas en état sinon j’te jure que tu serais déjà entrain d’étouffer sous mon poids. »

Dans tout ça elle a raison, même si je m’en fous, mais c’est vrai que le moindre mouvement est une torture pour moi. Ma peau est encore à vif, le moindre contact est une agression, sans parler de mon côté sauvage qui n’est pas forcément apte à tolérer une présence dans son espace vital aussitôt. En temps normal il me faut un peu de temps pour émerger réellement et j’attends toujours un moment avant de quitter les lieux pour rentrer au château et retrouver mon lit ou à défaut celui de Kyle quand grimper jusqu’à la Tour me parait … trop. Néanmoins mon sourire est sincère, tout aussi sincère que mes tremblement qui me font probablement ressembler à une castagnette géante à l’heure actuelle. Celle là c’est pour toi Maracas, une petite dédicace.

« En fait, j’voudrais juste récupérer mes fringues si c’est possible … »

Regard de Loup battu enclenché … Non tu ne rêves pas, je te demande bien d’aller me chercher mes fringues qui sont probablement à trois mètres grand maximum mais puisque je n’ai pas le droit de bouger ne serait-ce que d’un millimètre … Moi, profiter de la situation ? Jamais !

« C’est pas que ça m’éclate pas de faire du naturisme et j’sais bien que j’ai pas grand-chose à te cacher mais … »

Mais je me sens toujours un peu vulnérable quand je suis tout nu, j’y peux rien.

« … Je meurs de froid. »

C’est quand même la raison principale, malgré la petite gêne que je ressens.

« Quand j’pense qu’il doit faire minimum 25° chez moi … Enfin ceci dit j’aurai froid pareil. Et ouais, le Lycanthrope post-transformation Loup/Humain est une petite nature. Ou alors c’est juste moi, j’en sais trop rien. »

Haussement d’épaules et regard dans le vide. Moi être gros dur, mâle super puissant, mais moi avoir froid alors virilité couchée.

« Merci pour le plaid. »

Et je crois que c’est pas la peine de te dire ce qu’a vécu ce plaid il y a quelques mois, ahum. Mais bon ! C’est la nature, c’est beau, c’est de l’amour ! Mon côté grand niais romantique reste attaché à ce moment, et donc à ce plaid, et par extension cette cabane, même si c’est ridicule. M’en fous, une première fois ça n’arrive … qu’une fois, oui je sais merci, et ça rend les choses particulières et uniques. Bref, passons. C’était le moment cucul de la … J’allais dire soirée, on va dire matinée vu l’heure qu’il est et on s’estime heureux que les hormones se tiennent tranquilles parce qu’un lendemain de Pleine Lune … Oh, des vêtements. Sourire de ma part, mi-tranquille mi-tête à claque bien évidemment, on ne se refait pas et pendant ce temps là mes hormones n’ont pas le champ libre au moins. Maintenant ce qui va être drôle c’est de s’habiller sans trop grimacer sinon elle va s’inquiéter et je vais me faire engueuler, et ne pas faire un strip-tease dans les règles de l’art même si c’est complètement ridicule. En fait pas tant que ça, j’veux dire … Ouais, bref. Comme je l’ai dit je n’ai rien à lui cacher qu’elle n’est déjà vu ou … stop, j’ai rien à lui cacher mais ça serait embêtant que ses yeux glissent sur mon corps de rêve et qu’elle n’arrive pas à garder une certaine distance quoi … Ben quoi ? Oui je suis mort de fatigue et de froid mais non ma connerie n’est pas morte pour autant. Ceci dit on ne va pas tergiverser pendant trois heures, d’autant plus qu’elle n’est pas du genre à se comporter de manière douteuse donc c’est pas la peine de jouer les flipettes. Le caleçon d’abord, avec le corps à moitié planqué sous le fameux plaid, et croyez moi ça n’est pas facile de s’habiller en étant à moitié affalé par terre, surtout après avoir vécu une transformation alors même si je voulais éviter les grimaces c’est râpé. Le pantalon dans la foulée, et les chaussettes parce qu’il faut couvrir les extrémités, parfaitement ! Ceci est une règle de survie. Puis le T-shirt, et là je croise son regard et ne peux pas retenir une connerie en désignant mon torse du regard, torse qui n’est désormais plus vraiment épargné par l’absence de pilosité … Ni de cicatrices mais ça c’est un autre débat.

« Et ouais, fallait bien que ça m’arrive un jour j’imagine … J’suis entrain de devenir un homme t’as vu ? »

Puberté tardive ? No comment et laissez mes poils tranquilles ! Comment ça je m’énerve tout seul ? Bientôt 18 ans, c’est le début de la fin, ou juste le cours normal des choses et puis en même temps un Loup-Garou imberbe … J’aurai du me douter que ça ne durerait pas. J’vous arrête, j’ai tout ce qu’il faut là où il faut sinon, depuis un moment maintenant, et je vais m’arrêter là. Ça va, tant que je ne me retrouve pas avec une moquette opaque c’est bon. En plus le p’tit liseré qui part sous le nombril en direction du Trésor de l’Atlantide c’est sexy non ? Narcisse est toujours dans la place, en toute circonstance et oui je donne des p'tits noms à ... certaines parties de mon corps. Un problème ?

« Prochaine étape, j’me laisse pousser la barbe pour faire vibrer la ménagère de moins de 50 ans. Obligé j’vais pécho ! J’réaliserai enfin mon rêve d’être gigolo. »

...

« J'pense que j'ai moyen avec la bibliothécaire. »

Vieille harpie d'un âge certain qui me déteste et m'a blacklisté depuis que j'ai déclenché une bagarre avec mon frère l'année dernière, ou celle d'avant je ne me souviens plus très bien. Autant McEwen me fait flipper, autant elle ... Enfin ça reste une femme donc je me méfie. Une vieille femme, qui ne doit pas avoir vu le loup depuis un moment ... Jean Blaguin ! Humouriste !

Est-ce que je suis toujours aussi bavard au réveil ? Non. La voix enrouée, les yeux à peine ouvert, les gestes lents et laborieux, tout y est mais l’instinct de préservation ou simplement ma connerie qui se réveille quand elle est dans les parages … J’arrive juste pas à me taire. En attendant ça y est, je suis présentable, la capuche de mon sweat sur la tête, le plaid autour des épaules parce que même avec mes vêtements j’ai encore froid, et le dos appuyé contre le canapé.

Nouveau regard de Loup battu vers Miss-Belle-Au-Bois-Qui-Dort.

« Est-ce que j’ai l’autorisation de me rapprocher du feu ou je risque encore le coup de tison ? »

:gla:

« Ça va aller, promis. »

Cette fois le ton est toujours aussi calme mais la voix est douce, pour elle, et je crois que ça fait toute la différence. Non ça n’est pas de la manipulation, juste l’instinct et l’envie de la rassurer. Tout ira bien. Pendant un moment je la regarde, en silence, je l’observe et la détaille sans rien dire, un sourire absent en coin. Combien de temps il s’est passé depuis la dernière fois qu’on s’est réellement retrouvé tous les deux ? Sa faute, la mienne, probablement un peu des deux mais je sens mon cœur qui se réchauffe alors qu’elle s’énerve en me demandant ce que je suis entrain de fabriquer. Je sais pertinemment qu’en d’autres circonstances j’aurai déjà reçu un truc en travers de la tronche mais j’ai un avantage, elle a trop peur de me faire mal. Tu me détestes hein ? Oh oui tu me détestes ! Mais tu m’aimes.
Est-ce que je risque quelque chose si je tente de me lever ? Genre un placage dans les règles, une nouvelle vague de protestation et de menaces, etc … Mais elle l’a dit elle-même, je n’obéis pas alors je tente. Une main sur l’accoudoir du canapé, encore des grimaces, les appuies sont fébriles et les jambes tiennent à peine mais ça va le faire. L’instant d’après je la regarde pousser la table basse et tirer le canapé vers la cheminée avec ses petits bras – plein de forces, je sais, t’en fais pas – puis me laisse retomber lentement sur le canapé en question. Pas de geste brusque. Mes yeux se ferment, je lâche un soupir et ne les rouvre pas.

« C’est quoi cette idée tordue d’aller se balader dans la Forêt Interdite une nuit de Pleine Lune au juste ? J’sais que t’étais pas toute seule, j’ai entendu et senti d’autres humains mais je m’en fous des autres humains. »

C’est sorti tout seul, et le ton n’est pas accusateur en ce qui la concerne, mais c’est la vérité aussi cruel et cash que ça puisse paraitre. Loup et moi étions d’accord sur une chose : Il n’y a qu’elle qui compte, les autres n’ont pas la moindre importance. D'ailleurs la question ne s'est même pas posé une seconde il me semble. Je me dis que l’un d’entre eux est peut être entrain de se vider de son sang là dans la Forêt mais … Tant pis. Quand on prend des risques on assume et non évidement que non je n’aurai pas ce genre de pensées si un, on n’était pas un lendemain de Pleine Lune – quoi que, ça dépend de l’humeur – et deux, il s’agissait de personnes auxquelles je tiens. Ça n’est pas le cas, je n’ai reconnu aucune odeur.
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Dim 14 Déc 2014 - 18:45

Comment réagir face à votre meilleur ami dont l’apparence est… présentement un poil plus poilue ? à vrai dire, la jeune femme s’était souvent posé la question. Comment se sentirait-elle ? Eh bien à vrai dire, sa première réaction avait été de ne pas y croire. Comme quoi le côté reconnaissable d’un coup d’œil marchait surtout dans les contes pour enfants de son esprit trop fleur bleu (oui, Sovahnn… fleur bleue… on y croit). Pourtant, il y avait quelques moins la jeune femme n’avait pas réfléchi plus d’une seconde, persuadée que ce qu’elle entendait, ce qu’elle sentait jusqu’au plus profond de ses tripes, ne pouvait qu’être vrai. Enzo en danger, là, son esprit logique n’avait plus réellement marché. Enfin, si, pour échafauder des plans un peu bancales (oui j’ai bugué sur le pluriel de ce mot). Et pourtant, elle avait eu raison, raison d’ameuter tout le château sur des preuves totalement subjectives, raison de s’affoler. Juste raison.
Là, pourtant, elle en était vite arrivée à la conclusion qu’en effet, il s’agissait bien de son ami mais son instinct d’auto-protection avait retrouvé ses droits. Et pour une fois, il ne l’avait pas fait courir comme une dératée, pas devant un loup du moins. En soit, c’était plutôt une bonne chose et malgré cette méfiance innée, le moment était beau, il fallait bien l’avouer. S’il y avait bien un soir où il ne fallait pas avoir trop bu histoire d’éviter d’oublier une partie de la soirée, c’était bien celui-là. Cette image de leur course sous les branches resterait longtemps gravée dans sa mémoire.

Malheureusement, le reste aussi. Non, la jeune femme n’oublierait pas. Elle avait d’ailleurs dessaouler depuis longtemps, ne serais-ce qu’avec sa course et tous ces instants d’émotion intense. Mais surtout, elle ne pourrait se détacher de l’image qui s’était inscrit en elle dès l’instant où Enzo avait commencé à retrouver sa forme humaine. Tout un processus. Un processus affreusement long, lent et douloureux. Il lui avait semblé que ça avait prit des heures, une éternité pendant laquelle il vivait le martyr, pendant laquelle chacun de ses os se brisait, chacun de ses muscles se déchirait. Et elle ne pouvait rien y faire. Regarder, faire les cent pas, se rouler en boule et rester là. Attendre : dans tous les cas ; attendre. Sa respiration s’était coupée par intermittence et ses mâchoires lui faisaient mal à être serrées comme elles l’étaient mais rien ne détournait son attention de la souffrance de cet être qu’elle aimait de tout son être, cet homme à qui elle aurait voulu retirer toute la souffrance. Le libérer de ça. Mais pas moyen. Attends. Attends. T’es tellement douée pour ça.
En effet, la jeune femme n’était pas particulièrement connue pour sa patience. Ses années à attendre la vie, à attendre d’être libérée étaient toujours bien présentes dans chaque fibres de son identité et être incapable de faire quoi que ce soit, devoir simplement attendre que tout ça s’arrête … il lui avait semblé que ça lui avait zappé toutes ses forces. C’était donc en ravalant ses larmes qu’elle était venue protéger son ami avec le plaid qu’elle avait eu sur elle jusqu’ici. Le froid, la nudité… à vrai dire, elle y avait pensé, mais bien plus tôt dans la soirée, là, elle ne pensait qu’à son état, qu’à s’inquiéter de savoir si tout était normal. Ça passerait, elle le savait, mais ça ne rendait pas les choses plus faciles. Il était un Loup. Alors il se soignerait vite, son corps reprendrait le dessus. Comme toujours. Toujours oui.

Ainsi, comme elle s’en doutait – et malgré l’énergie qu’elle mettait à ce que ça n’arrive pas – la jeune femme sentit des larmes monter dès lors qu’elle vit ce grand con s’inquiéter de son état alors qu’il venait de s’auto-massacrer. Lune à la con. Pardon petit chat.
Et non, hors de question qu’il aille se faire plus souffrir encore en cherchant à venir lui apporter du réconfort. Oui, il y avait presque de la colère dans ses paroles, dans le ton qu’elle employait et ce, même si ça se faisait sous couvert de plaisanterie. Mais dans le fond, elle lui en voudrait de se faire plus mal encore, tout comme elle s’en voulait de ne pouvoir rien faire et qu’elle en voulait au monde entier qu’il subisse ça tous les mois.

« T’as de la chance que j’sois pas en état sinon j’te jure que tu serais déjà entrain d’étouffer sous mon poids. »

Regard de grand sœur qui tente d’engueuler son petit frère même si elle sait que ça ne marche pas.

« Un mouvement du petit doigt et j’te tisonne ! »

Il s’était déjà redressé et, à vrai dire, c’était déjà beaucoup trop. Je vais t’attacher, j’te jure ! Et je suis sûre que pour la seule et unique fois de ma vie, j’aurais l’avantage ! Merde quoi.

Et ça n’était pas vraiment pour lui plaire, ce grand corps qui manquait de forces, tremblait sans arrêt et semblait souffrir le martyr.

« En fait, j’voudrais juste récupérer mes fringues si c’est possible … »

Ah oui. Tu as froid. Ça se tient.

« Ah ? Ouais.. Évidemment, tes fringues... »

Des fringues. Oui, tout à fait. A vrai dire, il lui semblait bien qu’elle les avait aperçu mais avec tout ça, la miss commençait à avoir des troubles de la mémoire immédiate semblait-il.

« C’est pas que ça m’éclate pas de faire du naturisme et j’sais bien que j’ai pas grand-chose à te cacher mais … »
« Certes. »
« … Je meurs de froid. »

Petit sourire réconfortant. En même temps, il n’avait qu’un plaid sur le dos et à sa place, elle serait probablement gelée également. Mais ça n’était absolument pas le cas. Etrangement ou non, au contraire de son ami, la jeune femme avait plutôt chaud. Le sentiment d’urgence n’y était probablement pas étranger.

« Quand j’pense qu’il doit faire minimum 25° chez moi … Enfin ceci dit j’aurai froid pareil. Et ouais, le Lycanthrope post-transformation Loup/Humain est une petite nature. Ou alors c’est juste moi, j’en sais trop rien. »
« Ça doit être toi. »

Petite pique au passage. Une petite pique avec un sourire gentiment moqueur qui cassait totalement l’effet raillerie.

« Merci pour le plaid. »

Un nouveau sourire s’était dessiné sur les lèvres de la jeune femme juste avant qu’elle ne fasse un tour sur elle-même pour repérer les fringues posées dans un coin. Elle pouvait le comprendre, bien sûr, mais à vrai dire, s’il avait pu s’habiller d’un coup de baguette magique histoire d’éviter d’avoir à s’agiter dans tous les sens, ça lui aurait largement plus plut.

« J’ai récemment tenté de m’habiller avec un doigt pété tu sais et… clairement, c’est pas particulièrement un bon souvenir. »

C’est même un souvenir plutôt douloureux. Pas qu’elle n’en ait pas vu d’autres mais disons qu’elle avait vraiment hésité avec l’option ‘je me balade à poil dans tout le château le temps d’aller trouver Maxence ou Takuma’. Les deux étant particulièrement éloignés considérant qu’elle n’était pas loin du hall. Il devrait y avoir deux infirmeries : une en bas et une en haut. C’est décidé.

« Tout ça pour dire que j’suis à deux doigts – sans jeux de mots – de te proposer de t’habiller. »

Tout en prononçant cette phrase, la jeune femme s’était accroupie en lui tendant ses affaires.

« Après tout, je t’ai déjà déshabillé, ça ferait un juste retour des choses. »

C’est… l’équilibre du cosmos.

« Tu préciseras à Kyle que j’me suis découverte Lesbienne. Parce que définitivement sinon ça le fera pas. »

Ce qui n’est pas précisément vrai puisque sa seule expérience du monde féminin se résumait à ses jeux d’une soirée avec Riley. Pas grand-chose en somme et ça ne lui avait pas fait plus chaud qu’elle… avait déjà chaud ce soir-là. Enfin bref.
Non ?
Bah non alors. Ne pouvant réprimer un petit sourire, la jeune femme lui avait laissé ses biens avant de regarder ailleurs un court instant, ses doigts jouant machinalement avec une petite griffure qu’elle avait sur l’une de ses mains. Elle s’en était fait quelques unes dans la soirée ; quelques bleus aussi très probablement. Enfin, rien de bien méchant quoi. On a tous simplement tendance à venir tripoter ce genre de petit bobo qui picotent. Petit coup d’œil rapide : caleçon enfilé. Pour le reste, il ne fallait pas déconner, ça n’était pas particulièrement intime, ainsi, elle se tourna de nouveau vers lui, l’observant se démener en gardant un espèce de regard de reproche sur le visage. Tu le sais qu’il suffit d’un mot pour que tu galères au moins un peu moins ? Oui, tu le sais ? C’est bien alors. Et il sourit ce con.

« Et ouais, fallait bien que ça m’arrive un jour j’imagine … J’suis entrain de devenir un homme t’as vu ? »

Et il me fait rire ce con.

« Qu’est-ce que j’suis fière de toi ! J’peux te menacer de t’épiler maintenant, c’est beaucoup plus drôle. »

Tu le vois ce sourire sadique ? Il t’es directement destiné, hey ouaip !

« Prochaine étape, j’me laisse pousser la barbe pour faire vibrer la ménagère de moins de 50 ans. Obligé j’vais pécho ! J’réaliserai enfin mon rêve d’être gigolo. »
« Waaah ! Et tu comptes fixer à combien tes tarifs ? »

On sait jamais, si j’organise un jour une connerie pour une ménagère de 50 ans.

« J'pense que j'ai moyen avec la bibliothécaire. »

Instant de bug… et la jeune femme ne put s’empêcher une énorme grimace. Beurk, re-beurk, su-beurk. Ouais, nan, l’image venait de lui traverser l’esprit et elle n’avait vraiment aucune envie de la garder en mémoire là, vraiment pas. Double-beurk !

« La rumeur était donc vraie, tu kiffes les gargouilles ! … Même si j’ai aucune idée de ce à quoi fait référence cette… référence. »

Tu aurais pu mieux le formuler miss.
Oui mais c’est sorti comme ça.

Enfin ! Enfin oui, parce qu’il était enfin habillé et que donc, il y avait de fortes probabilités qu’il cesse de s’agiter dans tous les sens. S’il continuait, son visage passerait de franchement pâle à carrément vert, elle le savait bien. Tout comme elle savait qu’il vallait mieux qu’elle évite de lui imposer ses choix, type remonter la braguette de son sweat même si c’était un geste dérisoire par rapport à tous les efforts qu’il venait de faire. Pourtant, ça n’était pas l’envie qui manquait. Cependant, pour un loup post-transformation, elle le trouvait relativement calme face à quelqu’un qui squattait son espace vital. Elle prenait ça pour une preuve d’amour particulièrement belle.

« Est-ce que j’ai l’autorisation de me rapprocher du feu ou je risque encore le coup de tison ? »

Et ça une preuve de non amour envers son propre organisme particulièrement lourde. Vous le voyez son regard de ‘tu me saoule’ là ? Nan, j’le sens pas, pitié, bouge plus.

« Ça va aller, promis. »

Sans un mot, elle avait fait le tour du canapé, cherchant de toute sa petite force fluette à le déplacer sans que mister ne se lève. Oui, elle y croit.

« Ouais… bah j’suis pas prête de déplacer des montagnes pour ceux que j’aime moi. »

Oh, t’en veux pas trop, il est lourd le canapé. A moins que ça soit l’homme. Les deux peut-être. Non, c’est le plaid le plus lourd. Oui c’est ça. Plaid qu’elle lui avait déposé sur les épaules dès qu’il s’était assis. Une position qu’elle aimait beaucoup le voir prendre et GARDER d’ailleurs.
Se laissant glisser, pendant de chaque côté du dossier, la jeune femme fini par céder.

« Rrrh, vas-y, lève toi, espèce de glaçon.. Mais tu fais rien ! Tu mets un pieds devant l’autre tout au plus ! »

Moi je… gère le canapé. Et étrangement, la manœuvre s’était avérée beaucoup plus simple sans personne assis dessus. La table basse d’abord et puis le sofa avaient alors été déplacés par une petite blondinette qui avait justement besoin de faire quelque chose. Parfait en soit. Ainsi, elle avait rapproché le canapé le plus prêt possible du feu qui commençait un peu à faiblir. Au moins, il n’y aurait pas de braises à sauter sur le tissu.
Adressant un sourire à Enzo, elle s’était rapprochée de lui alors qu’il s’asseyait de nouveau. Concrètement, c’était assez inutile puisque s’il avait dérapé ou quoi que ce soit d’autre, au mieux, elle l’aurait rattrapé et le choc lui aurait fait un mal de chien plus important que le choc contre les coussins. Au pire… au pire, elle serait tombée avec lui – probablement sur lui – et il aurait plus souffert encore. Mais voilà, disons que l’idée, c’était qu’elle était à ses côtés, même si elle ne savait pas quoi faire et même si chaque action serait plus idiote qu’une passivité mais voilà : elle était là.
Finalement à nouveau posé, il s’était arrêté de faire bouger ses muscles à chaque occasion, n’ouvrant même plus ses paupières. Amen.

Avec un petit sourire doux, elle l’observa quelques instants avant de rire à son intervention. Non, il ne dormait pas de toute évidence. En même temps, en 3secondes30, ça aurait pu être étonnant mais au vu de la capacité de certaines personnes à l’endormissement spontané, elle ne s’étonnant plus de rien. Presque plus.

« C’est quoi cette idée tordue d’aller se balader dans la Forêt Interdite une nuit de Pleine Lune au juste ? J’sais que t’étais pas toute seule, j’ai entendu et senti d’autres humains mais je m’en fous des autres humains. »
« Tu me manquais trop. J’ai décidé d’aller danser sous les étoiles pour te faire venir. »

Et quelle danse…

« Non je… bah en fait là tout de suite, j’crois que je ne sais plus. »

Fronçant les sourcils, la jeune femme se rendait soudain compte que tout ce qui s’était passé avant la forêt était assez flou dans son esprit. L’alcool n’y était probablement pour rien, à vrai dire, elle mettait surtout en cause les émotions qui avaient été intenses après ça.
Haussant des épaules, elle s’était retournée, enlevant la grille du feu qu’elle déposa avec violence au sol en lâchant un petit gémissement.

« Merde c’est chaud cette connerie ! »

Bien vu : du métal devant un feu, c’est chaud. T’as pas beaucoup dormi toi cette nuit et ça se voit.

« On était plusieurs… oui c’est vrai. Merde, j’espère que tout le monde est entier ! »

Ça aussi, c’était une grande révélation de la soirée. Serrant un peu les mâchories et avalant difficilement sa salive, la jeune femme avait reprit son office, ajoutant du petit bois avec des gestes nerveux pour ne pas se brûler. Une grosse buche sèche était allée les rejoindre alors que le bois de conifère commençait à crépiter. Le temps que le feu reprenne, la miss qui avait fait ce genre de choses enfant décida de ne pas remettre la grille histoire de laisser un maximum d’oxygène au feu pour reprendre.
Déjà, les braises rougies par la chaleur produisaient de petites flammes.
L’instant d’après, la brasée prenait.

« J’crois que c’est moi qui les ai entraînés là dedans. »

Assise en tailleur face au feu, elle se retourna vers son ami.

« Enfin du moins, ça ne m’étonnerais pas que la connerie vienne de moi. J’dois vraiment avoir un problème. »

Petite grimace alors que le feu prenait derrière elle.

« J’sais pas faire. J’m’emmerde dans cette vie, sans les emmerdes, l’angoisse et la peur. J’m’emmerde. »

Et je disparais. Le vos vies à tous, de ma vie, du paysage.

Une douce chaleur diffusait de nouveau dans la pièce, agressive dans les premiers temps puis plus calme, modérée. Pourtant elle ne voulait pas que ça soit modéré. En fait, elle ne voulait rien de modéré.
Jetant une autre branche dans l’âtre d’un air distrait, la belle se tourna vers Enzo.

« Tu deviens quoi ? Kyle va bien ? »

La question lui faisait mal, lui montrant qu’elle s’était vraiment terrée dans un coin pendant trop longtemps. Loin des autres et d’elle-même.
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Lun 15 Déc 2014 - 18:48

« Quand j’pense qu’il doit faire minimum 25° chez moi … Enfin ceci dit j’aurai froid pareil. Et ouais, le Lycanthrope post-transformation Loup/Humain est une petite nature. Ou alors c’est juste moi, j’en sais trop rien. »
« Ça doit être toi. »

Sourire moqueur de sa part, grimace de la mienne.
Ça m’avait manqué.

« Merci pour le plaid. »

Un autre sourire, qui veut dire de rien celui là, et je la regarde tourner sur elle-même en tachant de faire abstraction si ce n’est du froid au moins du fait que je suis à poil là-dessous. Elle en a vu d’autre, je sais bien, et moi aussi d’ailleurs mais l’un n’empêche pas l’autre. J’espère bien continuer à garder un peu de pudeur quand même. Ça peut paraitre ridicule, surtout venant de la part d’un super prédateur, mais j’assume parce qu’il y a aussi un être humain dans le package, avec son p’tit côté sensible qu’il n’assume pas toujours en revanche. Contradictoire ? Paradoxale est mon deuxième prénom.

« J’ai récemment tenté de m’habiller avec un doigt pété tu sais et… clairement, c’est pas particulièrement un bon souvenir. »

Froncement de sourcils immédiat de ma part. Comment ça un doigt de pété ? Et après tu t’étonnes que j’ai envie de bouger mais tu me connais, je ne peux pas ne pas réagir quand j’apprends qu’un de mes proches souffre ou à souffert. Sauf qu’elle s’en fout, évidemment, elle prend ça à la légère et peut être que c’est effectivement pas grand-chose mais quand même. Je sais, je suis mal placé pour faire le moindre commentaire à ce sujet, ça va.

« Tout ça pour dire que j’suis à deux doigts – sans jeux de mots – de te proposer de t’habiller. »

Y a que moi qui trouve ça étrange ici ? Même si en y réfléchissant bien ça n’est pas plus saugrenu que ça. D’autant plus que j’ai facilement tendance à oublier que je suis un Sorcier et que d’un coup de baguette je pourrais éventuellement m’habiller en trois secondes mais il faut croire que l’instinct du Loup et sa présence sont encore trop à vif pour penser à ce genre de détails pratiques.

« Après tout, je t’ai déjà déshabillé, ça ferait un juste retour des choses. »

Accélération du myocarde immédiate. J’y peux rien, la nature parle d’elle-même - intérieurement j'entends, pas de méprise - et je ne peux pas aller contre. Je pourrais être mal à l'aise, ça n'est pas vraiment le cas. Au contraire, ça me fait même sourire.

« Faut … pas me dire des choses comme ça un lendemain de pleine lune Mlle … »

Quand bien même je sais que ça n’était pas fait dans le but de m’allumer ou quoi que ce soit dans ce genre là, c’était juste un fait, un fait qui m’amuse d’ailleurs mais si j’écoutais Loup, c’est pas à de l’amusement qu’il penserait. Enfin Loup … Mes hormones de jeune Lycanthrope/ado de 17 ans et demi surtout. En post-pleine lune tout frais, je tiens à le préciser. J’en suis pas au point de menacer de me jeter sur elle, faut pas déconner, et je suis parfaitement capable de maitriser tout ça, mais j’ai pas envie de me taire, ni de ne pas rebondir sur ses paroles parce que c’est simplement drôle. La situation l’est, finalement, ou en tout cas il n’y a rien de dramatique là dedans. Sovahnn est tout ce qu’il y a de plus désirable, on ne va pas se mentir, mais je sais très bien où me situer et mon corps aussi donc tout va bien. Ça n’empêche pas d’en rajouter une couche pour le fun par contre même si je sais qu'il y a des limites, des choses à ne pas trop remuer. Je ne suis pas un danger pour elle mais ça n'est pas le cas de tous les hommes qu'elle a croisé et ça je ne l'oublie pas.

« J’ai l’air complètement mort là, mais une seule étincelle et mes hormones partent au quart de tour. »
« Tu préciseras à Kyle que j’me suis découverte Lesbienne. Parce que définitivement sinon ça le fera pas. »
« Bof, il est pas là de toute façon. Et puis même. »

Même s’il était là, qu’est ce que ça changerait ? Bon, même si c’est le type le moins jaloux de la terre je pense qu’il apprécierait moyennement la situation mais ça n’est pas comme si c’était un strip-tease volontaire. D’autant plus qu’il me fait confiance, et qu’il fait confiance à Sovahnn aussi, donc tout va bien là aussi. Enfin bref ! De toute façon je suis borné, ça ne changera pas, et si j’ai décidé de m’habiller tout seul comme un grand je le ferais. Je le fais. Ça y est, tu peux regarder !

« Et ouais, fallait bien que ça m’arrive un jour j’imagine … J’suis entrain de devenir un homme t’as vu ? »
« Qu’est-ce que j’suis fière de toi ! J’peux te menacer de t’épiler maintenant, c’est beaucoup plus drôle. »

J’hésite entre te lancer un regard ultra menaçant ou bien un regard plein de terreur. Tu préfères quoi ? On va simplement éluder gentiment la menace, on sait jamais, sur un malentendu ça pourrait peut être passer. Je supporte deux transformations par moi, mais ça c'est au dessus de mes forces !

« Prochaine étape, j’me laisse pousser la barbe pour faire vibrer la ménagère de moins de 50 ans. Obligé j’vais pécho ! J’réaliserai enfin mon rêve d’être gigolo. »
« Waaah ! Et tu comptes fixer à combien tes tarifs ? »

Bonne question, merci de l’avoir posé.

« Hum … j’sais pas trop. Faut que j’étudie les prix du marché et que je fasse un comparatif mais vu ma gueule et ce corps que je me trimballe, ça risque d’être cher. »

Ben quoi ?

« J'pense que j'ai moyen avec la bibliothécaire. »

Ouh la belle grimace !

« La rumeur était donc vraie, tu kiffes les gargouilles ! … Même si j’ai aucune idée de ce à quoi fait référence cette… référence. »
« Ah … Ce qui s’passe à Vegas, reste à Vegas. »



« Ouais j’ai entendu ça une fois et même si j’capte pas vraiment … Mais ouais, gargouilles, sirènes, vieilles bibliothécaires … J’suis un déviant tu sais alors quoi de plus normal ? En plus je l’ai toujours dit – attention ça va être très sale – c’est dans les vieilles peaux qu’on fait les meilleures soupes. »

Déviant. Monstre. Pd, tapette et autres dérivés du même style. Traitre à son Sang. Certains le pensent, c’est un fait, mais je m’en cogne même si ça ne ricoche pas toujours comme ça devrait le faire. Il y a quand même un peu d’amertume de ma part derrière tout ça, je ne peux pas le nier, mais je suis ce que je suis et si ça ne plait pas alors tant pis parce que je ne changerai pas. Même si je pouvais je ne le ferais pas. Et comme tu le constateras je suis toujours aussi délicat et classe quand je m’y mets. Et on est quand même mieux avec des vêtements sur le dos.

« Est-ce que j’ai l’autorisation de me rapprocher du feu ou je risque encore le coup de tison ? »

A ce regard, je dirais que non …

« Ça va aller, promis. »

Mais qu’est ce que tu fous ?

« Ouais… bah j’suis pas prête de déplacer des montagnes pour ceux que j’aime moi. »

Déplacer les montagnes, quelle drôle d’idée. Quelqu’un a déjà essayé ?

« Rrrh, vas-y, lève toi, espèce de glaçon.. Mais tu fais rien ! Tu mets un pieds devant l’autre tout au plus ! »
« Oui femme. »

Tu le vois le sourire plein de tendresse sur ma tronche enfarinée là ? Ben il est pour toi. Est-ce que j’ai le droit de dire que ça fait du bien de sentir que quelqu’un est là pour soi, que cette personne s’inquiète à en faire chaud au cœur ? Pas que mon cœur soit glacé, pas que personne ne s’occupe de moi c’est pas ce que je dis mais … Enfin voilà, ça me fait du bien de l’avoir dans mon périmètre même si le timing n’est pas forcément le plus idéal. Lendemain de Pleine Lune, c’est un fait, j’aurai pu réagir d’une tout autre manière en fonction de comment s’était passé ma nuit mais il faut croire que Loup et moi sommes raccord en ce qui concerne la manière de gérer la présence d’une personne qui compte autant. Il suffirait de pas grand-chose pour que ça dérape, j’en ai parfaitement conscience et elle aussi je pense mais je n’ai pas l’impression de faire trop d’effort pour réussir à rester celui que je suis actuellement : Juste un mec qui lute pour pas s’endormir, et contre le froid. Les loups – comme beaucoup d’animaux voir tous – ont peur du feu, ça n’a jamais été mon cas, j’irai même jusqu’à dire qu’il me fascine mais en cet instant il est simplement salvateur. Je ne le vois pas puisque mes yeux sont fermés mais j’en ressens les effets, puis son odeur, et j’en entends les craquements familiers du bois qui ne vit pas forcément bien la chose. En même temps, ça peut se comprendre.

« C’est quoi cette idée tordue d’aller se balader dans la Forêt Interdite une nuit de Pleine Lune au juste ? J’sais que t’étais pas toute seule, j’ai entendu et senti d’autres humains mais je m’en fous des autres humains. »

Non, je ne dors pas, malgré les apparences.

« Tu me manquais trop. J’ai décidé d’aller danser sous les étoiles pour te faire venir. »
« Chacun son tour, c’est ça ? »

C’est sorti tout seul, et je l’admets j’ai regretté ces mots à l’instant même où ils sont sortis parce que même si on peut rire de tout ou presque, ça c’est … Trop de mauvais souvenirs, de possibles rancœurs aussi. Du négatif en tout cas.

« Non je… bah en fait là tout de suite, j’crois que je ne sais plus. »

Ouverture d’un œil, elle a l’air soucieuse, visiblement entrain de chercher la raison de sa présence dans la Forêt puis elle hausse les épaules et mon œil se referme. Ça n’est pas du désintérêt, loin de là, mais je ne suis juste pas vraiment capable de faire plus.

« Merde c’est chaud cette connerie ! »

Gémissement plaintif. Bruit sourd. Sursaut. Ouvertures des deux yeux. Grimace. Qu’est ce qui se passe ?! Hum …

« Faut laisser faire le mâle … mais j’ai pas le droit de bouger alors … »

:gla:

« On était plusieurs… oui c’est vrai. Merde, j’espère que tout le monde est entier ! »
« Pas senti d’odeur de sang en tout cas, mais ça leur fera les pieds. »

Enzo … Oui ben merde, j'peux pas non plus être à 100% et de toute façon je le pense. On récolte ce que l'on sème, c'est tout, et étant moi même un fervent partisan de la prise de risque je sais de quoi je parle. Je dirais juste que ça n'implique pas qu'eux, et que s'il y avait eu un accident avec un des Loups de cette école, qui aurait été jugé coupable ? Je vous laisse méditer là dessus.

« Tu fais ça bien, j’suis impressionné. »

Encore un pic pour la route, alors que je souris tranquillement en la regardant faire, les yeux à peine ouvert. Soupir d’aise, si on fait abstraction du fantôme encore bien présent de la transformation, je me sens bien là avec elle.

« J’crois que c’est moi qui les ai entraînés là dedans. »

C'est mal ... Mais à toi j'arrive pas à t'en vouloir.

« Enfin du moins, ça ne m’étonnerais pas que la connerie vienne de moi. J’dois vraiment avoir un problème. »

On appelle ça le masochisme, c'est monnaie courante par ici.

« J’sais pas faire. J’m’emmerde dans cette vie, sans les emmerdes, l’angoisse et la peur. J’m’emmerde. »

Une partie de moi la comprend très bien, surtout la connaissant elle qui a passé 5 ans de sa vie dans un autre « monde » en attendant de pouvoir réellement vivre et puis simplement parce que c’est dans son caractère, sa façon d’être, il faut que ça bouge. Ici maintenant tout est calme ou presque et ça n’est pas vraiment compatible avec son caractère. J’ai moi aussi mis du temps à m’y faire, partagé entre un besoin de calme évident et un manque d’adrénaline flagrant, sans parler de toutes ces petites choses qu’on n’avait pas le temps de gérer avant et qui devienne rapidement des montagnes infranchissables parce qu’on est plus habitué à gérer des crises bien plus graves et dangereuses. C’est fou ce qu’on perd rapidement ses moyens quand sa vie et surtout celle de ses proches n’est plus en danger.
L’autre partie en revanche est un peu … perplexe, un peu secouée aussi, parce les emmerdes, l’angoisse, la peur … Tous les mauvais souvenirs, les coups durs, les souffrances, la lute perpétuelle … C’est épuisant, et quand on a failli mourir plusieurs fois, quand on a vu et fait souffrir les personnes qu’on aime un nombre incalculable de fois, c’est un goût amer qu’on garde dans la bouche. Double tranchant, mais tout se tient. Est-ce que c’est pour ça que tu t’es éloigné comme ça ?

« Tu deviens quoi ? Kyle va bien ? »

Et cette question me prend un peu au dépourvu, je l’admets. Je pense que ça se voit mais de toute façon je ne tente pas de cacher ce que je ressens. Pas à elle. Au risque de me faire une fois de plus engueuler je me redresse un peu et me frotte le visage avant de ranger mes mains dans mes manches et me ratatiner sur moi-même comme pour garder toute chaleur possible. Je n’aurai pas toléré n’importe qui dans mon espace en étant si vulnérable, en réalité vraiment rares sont les personnes que j’aurai admis dans ma bulle actuellement mais même si nos chemins se sont un peu éloignés depuis quelques temps, elle en fait évidemment partie. Elle n’est pas une menace, elle ne l’a jamais été surtout je n’ai pas peur de me montrer aussi vulnérable et faible devant elle. Elle me connait suffisamment bien pour savoir que des failles j’en ai, et un paquet, mais ces failles je ne les montre pas devant les autres. Par instinct de survie et de préservation, pour me protéger, comme un chaton qui gonfle ses poils pour paraitre impressionnant à l’exception qu’il est plutôt balaise le chaton … C’est comme ça, et ça ne changera pas. La plus part des gens n’ont pas à savoir que j’ai des points faibles, c’est tout.
Tu deviens quoi … A vrai dire, je ne sais même pas par où commencer, parce que je n’arrive pas à me souvenir à partir de quel moment on a perdu le compte elle et moi, et quelque part ça fait mal bien sur mais je me suis résigné avec le temps et j’aurai très bien pu la rattraper, lui courir après, mais je ne l’ai pas fait. Aujourd’hui, en cet instant, ça n’a plus vraiment d’importance ou en tout cas on le met de côté, parce que c’est peut être justement le moment de rattraper tout ça et même si c’est éphémère – ce que je ne souhaite pas mais qui sait de quoi demain sera fait – justement autant en profiter le plus longtemps possible.

« Kyle va bien. Y a eu des hauts et des bas mais ça va mieux. J’crois … j’crois qu’on est quelques uns a pas vraiment savoir comment gérer cette « nouvelle » vie en fait et j’me dis qu’ici il va finir par s’ennuyer sévère. Il déteste l’école, les cours, tout ça, c’est vraiment pas son truc. J’lui ai déjà dit que s’il voulait partir j’comprendrais et je ne l’empêcherais pas de le faire mais … »


Mais la simple idée de ne pas savoir où il est, ce qu’il fait, s’il va bien … Oui, ça me rend malade. Ça me rend malade mais moins que l’idée qu’il finisse par étouffer ici, qu’il en devienne terriblement malheureux. J’ai beau être heureux qu’il soit là avec moi, je ne veux pas qu’il s’oublie et il le sait. A quoi ça servirait qu’il reste juste pour moi s’il n’en retire pas un peu de satisfaction personnelle ? Moi je sais pourquoi je suis là, dans quel but – même si parfois je me suis posé la question sachant que ce monde magique ne me semble pas vraiment être la « place » qui me correspond – mais lui ? Pour l’instant on fait avec, on s’adapte, mais combien de temps est ce que ça va encore durer ? Lui aussi il a des rêves et je ne veux pas être celui qui l’empêchera de les réaliser mais je ne le pousserais pas dehors non plus, c’est une évidence. Tout ce que je peux faire c’est le soutenir dans ses décisions et lui faire comprendre que peu importe ce qu’il décidera de faire, je le soutiendrais.

« J’crois qu’on a tous les deux la trouille de ne plus avoir l’autre sous les yeux après tout ce qui s’est passé ici, et tout ce qui peut encore se passer. Ici ou dehors. »

Ce qui d’après moi peut se comprendre. Le fait d’avoir pu se poser un peu ces derniers mois m’a rendu nettement plus serein, moins … intense peut être, mais ça n’effacera pas tout le reste, c’est une certitude. Qui sait comment je pourrais réagir ? Mes émotions exacerbées me testent chaque jour, et elles n’arrêteront jamais de le faire.

« Y a eu la semaine d’Halloween aussi, il m’a caché des trucs, il a fait comme si tout allait bien, pendant et après, alors que je voyais bien que c’était pas le cas et ça m’a … soulé, clairement, j’crois qu’y a pas d’autres mots. Il est le premier à dire qu’il faut qu’on se dise les choses parce que ça nous a déjà fait pas mal de tort de ne pas le faire, j’essaie de m’y tenir, avec lui comme avec les autres d’ailleurs, mais si de son côté … »

Soupir d’agacement cette fois, et ça n’est franchement pas le moment de commencer à m’énerver, ni de déblatérer pendant des heures sur mes problèmes de couple parce que je ne suis pas certain que ça la passionne. D’un autre côté, à qui d’autre je pourrais en parler si ce n’est une des personnes en qui j’ai le plus confiance ? Caem ? Il a définitivement autre chose à penser en ce moment mais je crois que c’est effectivement à lui que je pourrais parler le plus librement de ça. Je sais que Sovahnn a toujours eu un mouvement de recul face à ça et j’accepte, je compose avec.

« Bref, ça m’a gavé mais bon c’est passé. »

Par la force des choses, certes, mais c’est passé.
Next.

« Enfin voilà, il s’occupe avec ses dessins, tant qu’il dessine c’est que ça va et pour le reste c’est au jour le jour. »

Non parce que genre je ne vais pas me rendre compte que t’arrête de dessiner quand ça va pas … Faut pas me prendre pour un con non plus. Je sais que tu fais ça pour me protéger, me préserver, mais j’suis pas en sucre et faudra que tu te le mettes dans le crane un jour mon coco. Mes bras sont plus gros que les tiens, alors laisse moi donc te porter quand ça va pas au lieu de me sourire et d’essayer de me faire croire que tout va bien. Emmerdeur ! Rah, j’te jure.

« Il plane toujours autant. Ça j’crois pas que ça changera un jour, mais ça me fait travailler ma patience c’est bien. »

Rolling Eyes

« Et moi … »

Vaste débat, comme toujours.

« J’me suis longtemps demandé pourquoi j’étais revenu ici, pour être honnête. Au début, après la rentrée, ça été dur de s’acclimater, de retrouver ces murs entre lesquels il s’est passé autant de choses et pas que des belles. Y a eu d’autres petits trucs qui ont fait que j’avais juste envie de faire demi tour mais j’suis encore là ! Je m’accroche. »

Genre les regards de travers, les messes basses, Keane qui me demande si j’ai déjà tué quelqu’un, Lukas qui en rajoute une couche, la Prof de Divination qui pète une durite et son frère qui m’en colle une … Que je lui ai rendu, certes, mais bref, non ça n’a pas franchement été facile de se convaincre que j’étais mieux ici qu’ailleurs. Lui raconter tout ça en détail ? Pourquoi pas mais plus tard parce que là sincèrement je ne me sens pas d’attaque pour commencer un roman qui durera 4h et je pense que c’est plutôt évident, je ne suis pas le seul qui manque de sommeil dans cette pièce. Néanmoins elle me connait, il y a forcément des choses que je garderais pour moi-même si je viens de faire l’apologie du contraire.

« Plus de Jill, plus d’Elwynn, plus vraiment de toi non plus … Y a eu des moments où j’me suis senti seul si tu veux tout savoir. »

Et je souris, comme si je voulais la rassurer et lui faire comprendre que je ne lui en veux pas même si c’est fait de manière un peu maladroite. Je ne veux pas l’incriminer, j’expose simplement des faits. Oui c’est vrai j’ai Kyle et il est la plus grosse partie de ma vie je ne le nierai pas mais il n’est pas la seule personne au monde pour moi. Je pense faire de mieux en mieux la part des choses maintenant que j’ai le temps de me poser et de vivre normalement, même si parfois c’est rasoir de vivre normalement, mais ça n’empêche pas que ma meilleure amie me manque, ni même que je suis certainement encore un peu « jaloux » des personnes avec qui elle passe du temps. Des personnes que j’apprécie pour certaines, mais avec qui je ne me sens pas spécialement à ma place il faut croire. Chacun son monde, c’est tout, et tant mieux si elle est bien avec eux. On ne se refait pas, même si je sais que j’ai moi aussi ma part de responsabilité là dedans.

« Mais aujourd’hui ça va, j’y vois plus clair sur ce que j’ai envie de faire de ma vie, j’me prends pas trop la tête avec … tout, en fait, vu ma capacité à m’en coller bien trop dans le crane. J’ai rencontré des personnes avec qui le courant passe plutôt bien et avec qui je me marre bien, même si aucun de ceux là ne prendront jamais la place de mon trio de tête. Les gens sont uniques pour moi de toute façon, pas interchangeables. »

Traduction : Personne n’a pris ta place et personne ne la prendra jamais. Que tu veuilles la garder ou non. Ces personnes c’est Kezabel, Mateo, Kim, Caem bien sur a qui j’apporte autant de soutien que je peux en ce moment parce qu’il compte sur moi et parce que ça ne me viendrait simplement pas à l’esprit de le laisser tomber. Il y a toujours mon frère évidemment, et Cameron, etc …

« Lune va bien aussi, elle est toujours aussi casse-pieds mais je l’aime toujours autant. J’me tiens plus ou moins à carreau … ahum … et mes résultats sont plutôt bons. Mouais, j’pense que je vais obtenir le titre de l’Homme de l’année. »

Avec une belle médaille et tout. On fera bien sur abstraction du fait que j'ai mis la tête de Stanton dans son assiette l'autre soir et que ça m'a valu une colle et des points en moins pour les Gryffondor, ni même que j'ai failli lui massacrer la gueule à Pré-Au-Lard la dernière fois, entre autres. Je suis un Saint.

« Et j’vais bientôt avoir 18 ans. »

Yoohoo ! Même si parfois j’ai l’impression d’en avoir au moins dix de plus. Je compense en me comportant comme un gamin de 8 ans de temps en temps, ça équilibre le cosmos ça aussi.

« Et toi ? Au fait c’est quoi cette histoire de doigt cassé ? »

J’espère que tu ne pensais pas sérieusement y échapper.
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Dim 21 Déc 2014 - 19:22

« Faut … pas me dire des choses comme ça un lendemain de pleine lune Mlle … »

Le fixant avec un petit sourire faussement moralisateur, la jeune femme n’avait pu le tenir et s’était mise à rire franchement. Il était vrai que le jour n’était pas particulièrement bien choisi. D’un autre côté, c’était bien parce qu’il y avait eu la lune qu’il se trouvait dans cet état et qu’elle se faisait la réflexion.

« D’un autre côté, t’as déjà réussi à pas me bouffer pendant toute une nuit… tu peux continuer maintenant, t’es plus à ça prêt. »

Jeux de mot pourri, il fallait l’avouer mais bon, elle n’avait pas beaucoup dormi, avait des vestiges d’une gueule de bois qui ne venait pas et avait eu des émotions fortes alors chut. D’ailleurs, la jeune femme doutait fortement d’avoir été au courant que la libido des lycans était à son apogée à ce moment donné du mois. Enfin, si, mais elle n’avait pas particulièrement tilté par rapport au lendemain. BREF. Cela dit, c’était parfaitement logique mais, voilà, quand on ne vit pas certaines particularités de l’organisme d’un autre, on ne pense pas toujours à ce que chaque situation, chaque détail implique.

« J’ai l’air complètement mort là, mais une seule étincelle et mes hormones partent au quart de tour. »

Quelque chose me dit que tes muscles, tes os et chaque cellule de ton système circulatoire ne sont pas forcément totalement en accord avec l’idée. Cela dit, il s’en était déjà probablement aperçu depuis le temps. Et puis, les hormones, ça calme la douleur. C’est une solution comme une autre hein. Une solution un peu flippante si non maîtrisée mais une solution tout de même, disons.

« Tu préciseras à Kyle que j’me suis découverte Lesbienne. Parce que définitivement sinon ça le fera pas. »
« Bof, il est pas là de toute façon. Et puis même. »

Rien si ça n’était que le fait de l’habiller. Enfin, si, concrètement, à sa place, la jeune femme le prendrait sûrement assez mal, surtout en connaissant leur passé commun. Mais voilà, c’était eux. Juste eux deux. Et ça voulait déjà dire beaucoup sur leurs relations. Enfin, de toute façon, elle s’était prit un vent pour le coup puisque, borné comme il l’était, il avait commencé à s’habiller seul. Et elle laissait faire. Elle laissait faire en serrant des dents et en hésitant à ne pas l’arrêter, mais elle avait laissé. Parce qu’elle savait qu’avoir du monde autour de lui, là, tout de suite n’était pas simple pour lui, et surtout parce qu’elle avait peur de faire pire si elle s’y mettait. Bon, voilà, en temps normal, il fallait l’avouer, elle avait tendance à s’imposer un peu selon les situations mais elle avait comprit également qu’un lendemain de pleine lune, post-transformation, il avait besoin de son libre arbitre. Et puis, d’une manière générale, il avait le droit de choisir non ? Plus ou moins disons. Il acceptait sa présence et déconnait, c’était déjà beaucoup et, si elle ne l’appréhendait pas bien, elle le comprenait déjà. D’ailleurs, la déconne reste le moyen le plus adapté ici pour faire face à toutes les situations et il fallait avouer que l’imaginer en gigolo ne pouvait que la faire sourire… puisqu’évidemment, la situation ne le réclamait pas.

« Hum … j’sais pas trop. Faut que j’étudie les prix du marché et que je fasse un comparatif mais vu ma gueule et ce corps que je me trimballe, ça risque d’être cher. »
« Mince alors, et que fais-tu des prix d’amis ? »

On ne sait jamais. Toujours négocier.

« J'pense que j'ai moyen avec la bibliothécaire. »

Buark.


« La rumeur était donc vraie, tu kiffes les gargouilles ! … Même si j’ai aucune idée de ce à quoi fait référence cette… référence. »
« Ah … Ce qui s’passe à Vegas, reste à Vegas. »
« Évidemment. Il existe un Vegas magique ? »

Oui, elle en avait de ces questions totalement décalées et improbables. Cela dit, Vegas, c’était déjà fort en soit, alors si on y ajoutait les possibilités du monde magique elle se disait que… certaines rumeurs de Vegas pouvaient s’expliquer.

« Ouais j’ai entendu ça une fois et même si j’capte pas vraiment … Mais ouais, gargouilles, sirènes, vieilles bibliothécaires … J’suis un déviant tu sais alors quoi de plus normal ? En plus je l’ai toujours dit – attention ça va être très sale – c’est dans les vieilles peaux qu’on fait les meilleures soupes. »

Assise en tailleur, une grimace bloquée sur le visage en entendant cette expression, la jeune femme restait bloquée par l’image assez immonde qui s’affichait dans sa prodigieuse imagination. Mauvais plan. Très mauvais. Nouveau Buark. Et pour ce qui était de son côté déviant, à vrai dire, la jeune femme préférait ne pas relever. Les sirènes, elle voyait de quoi il parlait et la majorité de ce qu’il évoquait n’était qu’une connerie d’un moment, un délire, enfin, ce genre de choses. Elle le savait. Tout comme elle savait que le reste n’était pas si léger que ça. Ce sujet n’était pas facile et encore moins pour le jeune homme et si elle trouvait que la majorité des griefs qu’on lui apposait à ce sujet en étaient risibles de ridicule, tout le monde ne pensait pas comme lui. Et ces gens la fatiguaient.

« Est-ce que j’ai l’autorisation de me rapprocher du feu ou je risque encore le coup de tison ? »

Ça, c’était le début d’une autre bataille. Il venait à peine de s’habiller que, déjà, il songeait de nouveau à bouger. Hyperactif ce gosse, j’vous jure. Et, oui, elle était très bien placée pour songer à ce genre de choses puisqu’elle-même était assez intenable dans son genre. A courir partout sans supporter de rester trop longtemps inactive ou au même endroit, elle se disait qu’ils s’étaient plutôt bien trouvés pour le coup. Même si présentement, sa capacité à toujours vouloir bouger son popotin était assez agaçante. Probablement pour ça qu’il l’avait aussi musclé d’ailleurs.
Oui. Nan. J’me tais.

« Ça va aller, promis. »

Oui, c’était toujours ce qu’il lui disait. Cela dit, elle ne le croyait pas forcément sur parole et le temps avait plutôt eu tendance à lui donner raison. Alors voilà, elle s’était déchainée, petite blondinette bornée qu’elle était. Et bouger un canapé avec la montagne de muscle qu’elle avait pour pote… ça n’était pas tout à fait faisable. Il lui restait l’utilisation de la magie, oui, mais d’ici là qu’elle fasse cramer la cabane… ça obligerait le jeune homme à courir d’autant plus et elle n’était pas sûre que c’était l’idée du siècle. Alors, oui, il avait eu gain de cause. Encore. Et elle boudait. Encore. Mais ça n’était pas vrai. Comme toujours.

« Oui femme. »
« Et le pire, c’est qu’au final, tu fais ce que tu veux. C’est assez frustrant. »

Il faisait son malin mais son sourire était attendri et elle ne pouvait qu’y répondre positivement. Souriant doucement, elle l’avait laissé faire, agissant de son côté pour déménager la partie salon histoire de lui proposer un lieu le plus adapté possible. Qu’il n’ait plus de raisons de se relever après ça. Ainsi la jeune femme avait fait son petit mic mac qui risquait d’étonner Ismaelle quand elle reviendrait ici et s’était même décidée à remettre en état le feu, laissant le loisir à Enzo de reposer un peu son organisme meurtri ce qui ne pouvait que lui faire du bien.

« C’est quoi cette idée tordue d’aller se balader dans la Forêt Interdite une nuit de Pleine Lune au juste ? J’sais que t’étais pas toute seule, j’ai entendu et senti d’autres humains mais je m’en fous des autres humains. »
« Tu me manquais trop. J’ai décidé d’aller danser sous les étoiles pour te faire venir. »
« Chacun son tour, c’est ça ? »

Petite grimace. Disons qu’en règle générale, ça ne se finissait pas forcément très bien. Et comme de coutume, là, la jeune femme aurait très bien pu se faire bouffer par une bête à poil durant la nuit. Il aurait suffit d’une connerie à la mode Supérieur et la bête aurait même potentiellement pu être son meilleur ami. Ça la fout mal, on est d’accords.
Non, elle ne savait plus trop ce qu’elle y faisait dans cette forêt et c’était donc en réfléchissant à la question qu’elle avait réussi à se brûler au passage. Ça manquait. De toute façon, dès qu’elle manquait de sommeil ces derniers temps, elle finissait avec une brûlure quelque part sur la partie droite de son corps alors… Elle aurait pu s’en douter non ? Le fait qu’elle soit droitière y était certes peut-être pour quelque chose. Son mauvais usage de la magie et notamment en cas de fatigue également.

« Faut laisser faire le mâle … mais j’ai pas le droit de bouger alors … »
« Fait gaffe j’ai toujours le tisonnier ! … Et en plus : il est chaud maintenant. »

Moi femme. Moi réussir seule. Moi pas mal. C’est faux.

Elle l’avait menacé d’un doigt, lui offrant ce regard de femme bafouée pas tant bafouée que ça, ni particulièrement vexée d’ailleurs. Cela dit, elle s’en sortait très bien, ça n’était pas le souci, le fait de ne pas être très concentrée à ce qu’elle faisait et d’avoir quelques heures de sommeil en moins dans les pates en revanche avaient tendance à agir un peu plus sur sa maladresse déjà légendaire.

En parlant de maladresse, il était maladroit socialement parlant d’oublier que des gens que l’on connait sont potentiellement en sale état, voir même par notre faute. C’est assez inconvenant.

« On était plusieurs… oui c’est vrai. Merde, j’espère que tout le monde est entier ! »
« Pas senti d’odeur de sang en tout cas, mais ça leur fera les pieds. »

Petit soupire. S’il n’avait pas sentit d’odeur de sang, c’était déjà une bonne chose. Il n’y avait probablement pas trop de casse. Oui, elle avait confiance en lui et devait probablement donner des propriétés un peu abusées à ses capacités surnaturelles. Mais bon. Il ne faut pas trop lui en vouloir.

« Si personne n’est en morceaux c’est déjà pas mal. Et moi ça me fait les pieds ? »

Ça aurait été de ne pas avoir croisé de visage familier dans cette forêt hostile durant la nuit la plus rude du mois qui lui aurait fait les pieds. Cela dit, on ne pouvait pas dire que le visage lui ait particulièrement parlé sur le coup. Mais c’était lui, il n’en avait pas fallu tellement pour le lui prouver.

« Merci. Ça aurait probablement été beaucoup moins sympathique comme promenade si je n’t’avais pas croisé. C’était peut-être ce que je cherchais en fait dans le fond. »

Non, elle n’avait pas percuté qu’il s’agissait de la pleine lune, à vrai dire, elle ne tenait pas les comptes. Pourtant, avec un ami Loup-Garou, il fallait bien avouer que c’était une possibilité à envisager. Un calendrier de l’avant pour chaque nouvelle lune ! Hey c’était une idée à creuser !

« Tu fais ça bien, j’suis impressionné. »
Petit sourire.
« Je faisais ça chez mes parents, petite. C’est pas exactement l’Australie là bas. »
Pas le même temps, il fallait l’avouer. Son esprit, lui, restait branché sur des choses moins positives que son enfance.

Cependant, parfois, l’inconscient fait des choses étranges et son ami lui manquait, c’était une évidence. D’ailleurs, elle se manquait à elle-même également.

C’était un peu ce qu’elle avait essayé de dire ensuite. Elle n’était pas elle-même depuis le départ des Supérieurs. Cette sensation était plus qu’étrange et pas tout à fait acceptable mais elle était ainsi. Oui, le mouvement lui manquait, elle avait besoin de bouger, besoin de connaître la pression et les tensions pour se sentir utile. Là elle n’avait plus qu’un objectif : s’améliorer en magie. Alors, oui, elle l’avait fait. Elle avait eu son année il y avait quelques mois et c’était bien améliorée depuis. La preuve, elle avait même fini par immobiliser une cible mouvante tout en étant fatiguée, sous pression et potentiellement alcoolisée. De plus, son but s’était avéré être une bestiole assez épaisse, bourrée de muscles et de volonté, alors elle partait du principe que l’avoir arrêté voulait dire que son sort avait non seulement touché l’animal mais qu’il avait également été correctement effectué ! Merde quoi, il y avait quelques temps, elle aurait été strictement incapable de faire une chose pareille ! Elle aurait peut-être abattu l’arbre à coup de panique et assommé le Chien-à-cœur au passage, oui, mais bon, c’était tout de même plus aléatoire comme technique.
Pour le reste, elle s’était probablement mal exprimée car non, elle ne se nourrissait pas du mal qu’il arrivait aux gens, de leur souffrances ni même de la sienne. Elle n’avait pas envie de retrouver toute cette merde qui avait secoué l’école… c’était juste que… c’était là dedans qu’elle s’était découverte, qu’elle s’était identifié et qu’elle avait trouvé la force d’être elle-même. Et elle-même, justement, elle ne l’était plus depuis leur départ. Alors il lui fallait probablement s’adapter, faire de nouveaux efforts, bien sûr qu’elle ne disait pas que l’angoisse et la douleur lui manquaient. C’était simplement ses proches et son identité qui lui manquaient. De là à savoir l’exprimer..

« Tu deviens quoi ? Kyle va bien ? »

La question était plutôt innocente, faite pour changer de sujet puisqu’il n’y avait probablement rien à rajouter à ses dires, à son mal-être. Elle n’avait exprimé ça à personne. Elle n’avait d’ailleurs pas exprimé grand-chose ces derniers temps. Cachée dans son coin, dans une existence qui ne lui ressemblait pas et qu’elle ne savait pas gérer, elle s’était simplement assoupie, attendant un moment où elle pourrait être plus utile. Cesser d’exister en attendant la suite. Le silence qui avait suivi ses paroles la mettant mal à l’aise, elle avait donc décidé de passer à autre chose avec ces questions bateau qu’elle avait pu entendre un peu partout alors qu’elle était petite. Ces conversations qui lui sortaient par les yeux. Toujours les mêmes. Toujours cet intérêt qui lui échappait. Pourtant, la réponse lui important, là n’était pas la question. Bien sûr qu’elle voulait savoir comment allait son ami, bien sûr qu’elle voulait se renseigner. C’était juste que… quelque chose lui avait échappé entre cette époque où elle ne comprenait pas les conversations d’adultes et le fait que celles-ci débutent entre ses lèvres à présent.
Finalement, elle avait surtout vu l’espèce de petit malaise qu’avait provoqué sa question. Assise en tailleur devant le feu, elle l’avait observé se redresser pour finalement mieux se recroqueviller.


« Kyle va bien. Y a eu des hauts et des bas mais ça va mieux. J’crois … j’crois qu’on est quelques uns a pas vraiment savoir comment gérer cette « nouvelle » vie en fait et j’me dis qu’ici il va finir par s’ennuyer sévère. Il déteste l’école, les cours, tout ça, c’est vraiment pas son truc. J’lui ai déjà dit que s’il voulait partir j’comprendrais et je ne l’empêcherais pas de le faire mais … »

« Ouais… Disons que c’est pas forcément leur combat. Ça faisait un moment qu’il avait arrêté les cours c’est ça ? »

Non, Enzo ne le retiendrait pas. D’ailleurs, il serait probablement plus en sécurité loin d’ici. Il ne serait pas autant une cible de choix. D’un autre côté, avait-il encore une vie en dehors d’ici ? Avait-il encore des proches ou faudrait-il tout reconstruire s’il décidait de s’en aller ? La jeune femme n’en avait aucune idée et était consciente que, finalement, elle ne connaissait pas vraiment la moitié de son meilleur ami. Après, elle savait que certains partaient du principe qu’ils étaient déjà impliqués et que, de toute façon, ça finirait par leur retomber dessus. Mieux valait rester ici et savoir contre qui ils devraient éventuellement un jour se battre de nouveau.

« Tu crois qu’ils le laisseraient tranquille s’il retournait là bas ? J’veux dire, question tactique, ça serait très pratique d’arriver au devant d’une bataille avec des otages. Mes parents, ton copain, les sœurs des uns et des autres. Bref. »

C’était si mal de penser à ça ? C’était si mal de penser que rien n’était terminé même si tant de gens fermaient les yeux et profitaient d’une existence d’adolescents sorciers qu’elle ne comprenait finalement pas vraiment.

« Désolée. C’est probablement pas la meilleure hypothèse à mettre en lumière. »

Bref, continue.

« J’crois qu’on a tous les deux la trouille de ne plus avoir l’autre sous les yeux après tout ce qui s’est passé ici, et tout ce qui peut encore se passer. Ici ou dehors. »
« C’est naturel il me semble. »

A quel moment allaient-ils rentrer pour elle ne savait quelles vacances pour finalement se rendre compte que quelque part, un cyclone avait prit tous leurs proches. Tous ceux qui vivaient en dehors des murs. Lesquels étaient les plus vulnérables après tout ? Eux, ou les autres ? Elle n’en savait rien et ne voulait pas penser à tout ça. Pourtant il n’y avait pas un jour sans qu’elle le fasse.

« Y a eu la semaine d’Halloween aussi, il m’a caché des trucs, il a fait comme si tout allait bien, pendant et après, alors que je voyais bien que c’était pas le cas et ça m’a … soulé, clairement, j’crois qu’y a pas d’autres mots. Il est le premier à dire qu’il faut qu’on se dise les choses parce que ça nous a déjà fait pas mal de tort de ne pas le faire, j’essaie de m’y tenir, avec lui comme avec les autres d’ailleurs, mais si de son côté … »

Elle avait pincé les lèvres en le voyant s’agacer à revenir là-dessus. Ça pouvait les éloigner l’un de l’autre ce genre d’histoires. Garder ses douleurs pour soit, c’est une très bonne méthode pour s’isoler de toute manière. Enzo savait qu’il n’était pas forcément simple de se confier et il n’était pas le premier à aller s’épancher sur ses emmerdes, mais voilà, c’est comme ça, on espère toujours que tout se passe au mieux. Mais ça n’est simple pour personne. La jeune femme restait donc là, sans un mot, craignant de l’arrêter si elle se mettait à répondre quoi que ce soit. Mais non. Il n’avait pas besoin d’elle pour ça. Il trancha net sur le sujet.

« Bref, ça m’a gavé mais bon c’est passé. »
« Chouette… »

Tu le sens que je n’en suis pas persuadée là ? Ou pas ?
Non parce que vu l’état d’agacement dans lequel ça le mettait, la belle blonde n’était en effet pas persuadée que ça ne ferait pas des dégâts intra-muros avant de ressortir comme un cheveux sur la soupe pour une histoire d’assiette sales cette histoire.

« Enfin voilà, il s’occupe avec ses dessins, tant qu’il dessine c’est que ça va et pour le reste c’est au jour le jour. »
« D’accord.. »

Si tu le dis.
Tu le sais que je ne suis pas un intermédiaire pour faire passer des messages sans en comprendre le sens ? Nan parce que ça pourrait faire effet téléphone arabe et vu qu’il n’est pas dans ma tête.. voilà.

« Il plane toujours autant. Ça j’crois pas que ça changera un jour, mais ça me fait travailler ma patience c’est bien. »
« Ah ? »
« Et moi … »
« À ton ton de voix, ça semble l’éclate totale. »

J’te jure, tu respire la joie de vivre, c’est un truc de malade. Presque comme moi il y a 5min. Mais bon, ça n’est pas comme ça qu’on me connait donc on va arrêter et sourire à nouveau un bon coup. Et puis ça passera un jour.

« J’me suis longtemps demandé pourquoi j’étais revenu ici, pour être honnête. Au début, après la rentrée, ça été dur de s’acclimater, de retrouver ces murs entre lesquels il s’est passé autant de choses et pas que des belles. Y a eu d’autres petits trucs qui ont fait que j’avais juste envie de faire demi tour mais j’suis encore là ! Je m’accroche. »

Ça passera tant qu’on tient. Oui, c’est ça.

« C’était si moche que ça cette rentrée ? »

C’était à partir de là qu’ils s’étaient de nouveau éloignés doucement. Encore sa faute. Encore elle qui partait en vrille et disparaissait dans les ombres des couloirs. Dans ses cours, dans son inactivité, dans ce qu’elle n’aimait pas puisque ça ne lui correspondait pas. Une fois de temps en temps, Takuma la forçait à se bouger et systématiquement, ça lui faisait un bien fou, voir des gens, parler, déconner, boire, danser, débloquer quand elle descendait chez les verts. C’était tellement souvent ces derniers temps tient. Non, sérieusement, elle voyait toujours Jordane qui lui donnait des cours et les autres lorsque le nippon la prenait par la main pour la forcer à se bouger et à se rendre chez les Serdaigles, mais sinon elle avait eu tendance à se renfermer dans son coin et ça avait inclus Enzo. Malheureusement. Elle n’avait pas vu tout ça. Elle n’avait rien entendu. Enfin, si, les insultes la concernant mais ça, ça ne changeait pas beaucoup.

« Plus de Jill, plus d’Elwynn, plus vraiment de toi non plus … Y a eu des moments où j’me suis senti seul si tu veux tout savoir. »

Il souriait, comme si ça n’était pas grave. Et elle, elle ramenait ses genoux au niveau de sa poitrine. Plus de Jill, plus de Keïla. Plus grand monde dans la vie de tous les jours. Elle aussi s’était sentie seule.

« Mais aujourd’hui ça va, j’y vois plus clair sur ce que j’ai envie de faire de ma vie, j’me prends pas trop la tête avec … tout, en fait, vu ma capacité à m’en coller bien trop dans le crane. J’ai rencontré des personnes avec qui le courant passe plutôt bien et avec qui je me marre bien, même si aucun de ceux là ne prendront jamais la place de mon trio de tête. Les gens sont uniques pour moi de toute façon, pas interchangeables. »

Son dos chauffait doucement grâce à l’âtre derrière elle et si elle adressa un grand sourire à son ami, c’était sans quitter sa position de replis.

« C’est cool ! Et qui sont ces heureux élus ? »

Les personnes qu’il voyait et avec qui il déconnait. Oui, voilà, c’était avoué, elle était un peu jalouse de ça parce que ça n’était pas forcément son cas. Parce qu’elle n’avait probablement simplement pas apprit à faire ce genre de choses. Elle se laissait aller dans une certaine inertie qui ne lui convenait pas. Après tout, c’était vrai, dès qu’elle rencontrait quelqu’un, qu’elle créait des liens, c’était la situation qui les lui avaient imposés. Elle était pétillante de joyeuse la majorité du temps mais ces derniers mois c’était bien moins le cas et le fait de s’enfermer dans sa petite solitude y était probablement pour quelque chose. Le fait de n’avoir jamais apprit à aller à l’école et à se faire des amis… des amis adultes, ça n’y était probablement pas étranger. C’était probablement idiot et elle chassait ces idées à la con de son crâne puisqu’elle était sincèrement contente pour Enzo s’il avait pu rencontrer de nouvelles personnes et tisser de nouveau une toile sociale. Simplement ça n’était pas son cas et ça lui pesait.

Il fallait croire qu’elle avait la fatigue triste. Instant je vois tout en noir bonjour. Non, tout n’était pas si naze que ça. Il lui arrivait de passer du temps avec le groupe d’Aileen, il lui arrivait de voir du monde, heureusement. Cependant, il fallait avouer que les jours ou les semaines où ça n’arrivait pas, ça n’était pas vraiment la joie, voilà tout.

« Lune va bien aussi, elle est toujours aussi casse-pieds mais je l’aime toujours autant. J’me tiens plus ou moins à carreau … ahum … et mes résultats sont plutôt bons. Mouais, j’pense que je vais obtenir le titre de l’Homme de l’année. »
« Eh bien, il va falloir que je te fasse une médaille pour Noël dis moi. En même temps, avec un maître pareil, comment tu veux qu’elle soit sage ? J’suis sûre que quand t’as un coup de mou ou que tu t’emmerdes elle vient faire des conneries dans le coin. L’engueule pas, j’suis sûre que tu la pousses aux bêtises. Comme le chat de Takuma quoi. Enfin, celui de Dakota mais que Takuma passe son temps à emmerder plus précisément. »

Un cadeau lors de la première sortie à pré-au-lard.

« Et j’vais bientôt avoir 18 ans. »
« Hey ! Et moi 19. Dans pile une semaine. J’te ferais un gâteau. Il parait que je suis bienvenue en cuisine malgré le cirque que je leur ais fait la première fois. »

Légère panique. Légère.

« Et toi ? Au fait c’est quoi cette histoire de doigt cassé ? »
« Oh un accident de Quidditch. T’aurais pu t’en douter franchement… »

Quoi que t’aurais pu te brêler dans les escaliers te connaissant.

« Mettre un soutien-gorge dans ces conditions c’est un vrai régal. »

Vraiment. J’te jure. Ça sent pas le vécu.

« Et sinon je… j’ai foutu une raclée aux Serdaigles si on veut rester dans le thème balai. Ton cadeau en a vu des vertes et des pas mûres durant ce match, c’est d’ailleurs bizarre que j’en sois sortie entière. Enfin bon. C’était assez classe, j’suis fière de moi. »

Pour une fois qu’elle réussissait quelque chose dans le monde de la magie, il fallait bien le lui laisser. Premier match de la saison, première victoire pour son équipe et c’était elle qui les avait fait la remporter. Ça sonne plutôt sympathique pour une débile de née-moldue incapable de piger quoi que ce soit à ce monde et inutilement en deuxième année entourée de gamin. Oui, c’était une petite victoire personnelle. Dans ta gueule Connor. Ahem. Et oui, à part ça, elle passait son temps chez Serdaigle : logique. Etrangement, ce soir-là, elle avait tout de même évité sous peine de se prendre quelques élèves déçus dans la tronche. Notamment l’autre con d’ailleurs.

« À part ça je… j’me suis améliorée dans la plupart des matières et j’ai l’impression de ne pas trop mal m’en sortir en potion. Par rapport au reste je veux dire. Logan me donne toujours des cours, je finis toujours esquintée mais bizarrement ça me plait. Je m’améliore, ça fait du bien. Et sinon j’ai apprit pas mal de truc sur ton monde et… en fait je passe mon temps à bosser.

Ce qui me fait me dire que j’aime pas du tout ça : réviser. C’est plutôt dommage en soit quand c’est l’activité principale de sa vie. Enfin bon. J’vois Aileen, Takuma et Jordane assez souvent. Pas tous les jours mais assez régulièrement. Jordane a commencé à m’apprendre à me défendre d’ailleurs. Et.. voilà. »


On fait le tour de ma vie beaucoup plus vite que de la tienne dit donc. Sinon je dors sur le ventre et ma couette est bleue. Et euh… je brosse mes dents en circulaire au lieu de le faire horizontalement. Voilà. Dans les grandes lignes.

« Ma vie est profondément chiante en résumé. »

C’est ça.

« Ah si, oui, il y a eu halloween. Tu m’y as embrassée avant de te faire bouffer par toi-même en mode poilu, sache-le. C’était .. assez gore. D’ailleurs, j’étais assez proche de la réalité dans ma projection de toi en Loup. C’était pas mal. Et euh… ouais nan, j’ai pas trop d’idées de quoi raconter. Dodo boulot dodo. Un coup de balai entre temps et de l’activité physique parce que rester au lit c’est pas mon truc. Voilà voilà. »

C’est bien c’est bien.

« Le frère d’Aileen est revenu au château, Jordane a menacé Connor qui avait menacé Aileen qui va finir par se faire griller à force. Et … Takuma a offert un chat à Dakota. »

Ça, c’était le running gag du jour puisque la jeune femme n’avait pu s’empêcher de rire, désespérée de ne trouver que si peu de choses à dire sur sa propre existence. Celle de ses proches semblait déjà plus intéressante. Pas top mes aïeux, pas top. Voilà voilà comme disait ma grand-mère.

« Ton frère ça va ? »

Et la famille ça va ? ça va, ça va, Imhotep.
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Mar 23 Déc 2014 - 13:56

« Kyle va bien. Y a eu des hauts et des bas mais ça va mieux. J’crois … j’crois qu’on est quelques uns a pas vraiment savoir comment gérer cette « nouvelle » vie en fait et j’me dis qu’ici il va finir par s’ennuyer sévère. Il déteste l’école, les cours, tout ça, c’est vraiment pas son truc. J’lui ai déjà dit que s’il voulait partir j’comprendrais et je ne l’empêcherais pas de le faire mais … »
« Ouais… Disons que c’est pas forcément leur combat. Ça faisait un moment qu’il avait arrêté les cours c’est ça ? »
« Ouais, ça fait des années maintenant. »
« Tu crois qu’ils le laisseraient tranquille s’il retournait là bas ? J’veux dire, question tactique, ça serait très pratique d’arriver au devant d’une bataille avec des otages. Mes parents, ton copain, les sœurs des uns et des autres. Bref. »

Je suis incapable de répondre à cette question, tu m’excuseras. C’est une trouille qui me colle à la peau et qui pourrait facilement me rendre dingue si je laisse ça s’immiscer un peu trop dans ma tête alors je préfère … Ne pas y penser, ne pas en parler, juste …

« Désolée. C’est probablement pas la meilleure hypothèse à mettre en lumière. »
« En même temps, c’est pas comme si c’était pas plus que probable. »

Autant être réaliste même si ça fait chier ... Aller, dépêche toi de chasser ces images de ta tête Enzo, c’est pas le moment de te laisser envahir par ça, que ça le concerne lui ou quelqu’un d’autre. Surtout pas un lendemain de pleine lune alors que t’es encore à fleur de peau malgré les apparences. On inspire, on expire, tout va bien. Pour l’instant il est là, supposément en sécurité et si un jour il émet le souhait de partir alors … On avisera.

« J’crois qu’on a tous les deux la trouille de ne plus avoir l’autre sous les yeux après tout ce qui s’est passé ici, et tout ce qui peut encore se passer. Ici ou dehors. »
« C’est naturel il me semble. »

Sourire un peu crispé de ma part.
Bref.

« Y a eu la semaine d’Halloween aussi, il m’a caché des trucs, il a fait comme si tout allait bien, pendant et après, alors que je voyais bien que c’était pas le cas et ça m’a … soulé, clairement, j’crois qu’y a pas d’autres mots. Il est le premier à dire qu’il faut qu’on se dise les choses parce que ça nous a déjà fait pas mal de tort de ne pas le faire, j’essaie de m’y tenir, avec lui comme avec les autres d’ailleurs, mais si de son côté … Bref, ça m’a gavé mais bon c’est passé. »
« Chouette… »

Elle n’y croit pas, en tout cas elle n’en est pas convaincue et même avec les yeux à peine ouvert je le vois bien. Est-ce que moi-même j’y crois ? Est-ce que je crois sincèrement que je suis passé à autre chose concernant les cachoteries de Kyle ? Par la force des choses, je le répète, oui, mais on n’est pas à l’abri que ça ressorte un jour ou l’autre c’est un fait. J’aurai aimé lui en parler, en parler tout cours d’ailleurs, à quelqu’un, mais ça n’a pas été le cas et j’ai fait avec, tout simplement. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai réagit comme ça d’ailleurs, pourquoi je ne suis pas tout simplement allé au front en lui exposant cash le fait que son comportement me rendait dingue, mais c’est un peu tard pour revenir là-dessus maintenant de toute façon et je ne le changerai pas. Il est dans la lune, c’est moi qui suis tributaire d’elle mais concrètement il l’est bien plus que moi. A ce stade ça n’est même plus une garde partagée, je pourrais presque en être jaloux. Oui, je fais de l’humour, de l’humour teinté de cynisme certes mais quand même. Le fait est que je suis réellement passé à autre et c’est tout, je n’ai pas envie de revenir là-dessus. Si ça doit ressortir un jour ça le fera, en attendant ça n’entache pas le quotidien.

« Enfin voilà, il s’occupe avec ses dessins, tant qu’il dessine c’est que ça va et pour le reste c’est au jour le jour. »
« D’accord.. »
« Il plane toujours autant. Ça j’crois pas que ça changera un jour, mais ça me fait travailler ma patience c’est bien. »
« Ah ? »
« Et moi … »
« À ton ton de voix, ça semble l’éclate totale. »

C’est ça aussi de perdre l’habitude de parler de soi à des personnes qui te connaissent réellement, et bien, c’est qu’elles te percent à jour sans le moindre effort.

« J’me suis longtemps demandé pourquoi j’étais revenu ici, pour être honnête. Au début, après la rentrée, ça été dur de s’acclimater, de retrouver ces murs entre lesquels il s’est passé autant de choses et pas que des belles. Y a eu d’autres petits trucs qui ont fait que j’avais juste envie de faire demi tour mais j’suis encore là ! Je m’accroche. »

Pour ça aussi tes septique ? Je crois qu’on n’a malheureusement pas trop le choix.

« C’était si moche que ça cette rentrée ? »

Haussement d’épaules, sourire pas franchement éclatant voir un peu blasé, non ça n’était pas l’éclate. En même temps après trois semaines passées en Australie, c’était forcément violent de base, mais y a eu pas mal de choses à remonter, des souvenirs, des angoisses, etc … Je pense que ça été la même chose pour tout le monde en fait, non ? Le truc c’est que je me suis un peu retrouvé largué dans le sens où je ne savais plus vraiment vers qui me tourner. Vers Kyle, certes, mais il ne fait pas tout.

« Plus de Jill, plus d’Elwynn, plus vraiment de toi non plus … Y a eu des moments où j’me suis senti seul si tu veux tout savoir. »

Toi aussi. C’est comme ça que je ressens les choses en te regardant te recroqueviller sur toi-même comme ça. Peut être que j’aurai du insister, oui, peut être, mais je ne l’ai pas fait. Je ne sais pas si tu mets volontairement de la distance entre toi et moi là, mais je respecte ça. Ou alors t’as peut être juste froid, et être prêt du feu est clairement plus constructif dans ce cas là que d’être près de moi puisque ma température corporelle n’est clairement pas élevée à l’heure actuelle.

« Mais aujourd’hui ça va, j’y vois plus clair sur ce que j’ai envie de faire de ma vie, j’me prends pas trop la tête avec … tout, en fait, vu ma capacité à m’en coller bien trop dans le crane. J’ai rencontré des personnes avec qui le courant passe plutôt bien et avec qui je me marre bien, même si aucun de ceux là ne prendront jamais la place de mon trio de tête. Les gens sont uniques pour moi de toute façon, pas interchangeables. »
« C’est cool ! Et qui sont ces heureux élus ? »
« Ben, en réalité y a surtout Mateo. Il fait pas l'unanimité mais on se marre bien. Y a Kim aussi avec qui je discute pas mal. Et Caem, Cameron aussi évidemment. Kezabel m'aide pour les cours, on s'entend plutôt bien. »

C’est peut être pas exhaustif mais ce sont ceux qui me viennent en tête en priorité. Ever et Killian sont toujours dans le décor bien sur mais ça n’est pas une nouveauté ça et puis ces derniers temps … Disons que ça n’est pas récurant non plus. Enfin voilà, je ne suis pas seul, je me suis ouvert à d’autres personnes et je ne le regrette pas.

« Lune va bien aussi, elle est toujours aussi casse-pieds mais je l’aime toujours autant. J’me tiens plus ou moins à carreau … ahum … et mes résultats sont plutôt bons. Mouais, j’pense que je vais obtenir le titre de l’Homme de l’année. »
« Eh bien, il va falloir que je te fasse une médaille pour Noël dis moi. En même temps, avec un maître pareil, comment tu veux qu’elle soit sage ? J’suis sûre que quand t’as un coup de mou ou que tu t’emmerdes elle vient faire des conneries dans le coin. L’engueule pas, j’suis sûre que tu la pousses aux bêtises. Comme le chat de Takuma quoi. Enfin, celui de Dakota mais que Takuma passe son temps à emmerder plus précisément. »

J’écrase un rire, un rire qui me fait grimacer parce qu’il secoue mon corps et visiblement mon organisme n’apprécie pas trop. Est-ce que je la pousse aux bêtises ? Pas quand je suis paisiblement entrain de dormir et qu’elle me marche dessus, mais je ne peux pas nier que j’adore l’embêter donc je comprends parfaitement Takuma et l’imagine très bien entrain s’amuser comme un gosse avec le chat en question. Peut être que je passerai le voir un de ces quatre, pour prendre des nouvelles un peu. De Takuma je veux dire, pas du chat. Quoi que … J’aime bien les chats moi !

« Et j’vais bientôt avoir 18 ans. »
« Hey ! Et moi 19. Dans pile une semaine. J’te ferais un gâteau. Il parait que je suis bienvenue en cuisine malgré le cirque que je leur ais fait la première fois. »
« Boh tu sais, ils nous ont bien laissé revenir après le massacre des crêpes alors … En plus j'ai eu une colle là bas y a pas longtemps et je les ai aidé à faire la plonge alors au pire tu leurs diras que tu viens de ma part, j'suis dans leur petits parchemins. »

Bon ça a fini se terminer en bagarre, certes, mais ça n’a pas été le cas ! Et puis je plaide innocent, ça n’est pas de ma faute si la tête de Stanton a malencontreusement atterri dans son assiette remplie de nourriture … Comment ça je lui ai donné un p’tit coup de main ? Je ne vois pas de quoi vous parlez.

NB : Ne pas oublier de souhaiter un joyeux anniversaire à la demoiselle la semaine prochaine.

« Enfin ceci dit faudra que je t'en fasses un en premier. J'espère que t'as pas peur ... »

Cauchemar en cuisine, c'est moi.
Ou pas.

« Mais crois le ou pas, j'me défends en cuisine … Bon j'ai jamais vraiment essayé de faire un gâteau mais ça doit pas être si compliqué que ça. »

Je suis un homme moderne, oui madame ! Et pas seulement un macho qui envoie la femme faire à manger. De toute façon, même si c’était le cas, d’une j’ai pas de femme mais un homme et de deux c’est pas sur lui que je pourrais compter pour me nourrir étant donné qu’il est capable d’oublier de se nourrir lui-même. T’es une perle rare mon chéri, y a pas à dire !

« Et toi ? Au fait c’est quoi cette histoire de doigt cassé ? »
« Oh un accident de Quidditch. T’aurais pu t’en douter franchement… »
« Ben oui, c'est vrai que t'es pas du genre à faire tout ce qui faut pour te péter quelque chose, suis-je bête. »

Et on lève les yeux au plafond de manière exagérée, avec un sourire en coin.

« Mettre un soutien-gorge dans ces conditions c’est un vrai régal. »
« La prochaine fois appelle moi, j'suis toujours prêt à rendre service tu m'connais. »

Parce que moi même j'en mets souvent et ... Quoi ? :ga: L'autodérision c'est ma passion, mais sinon à une époque je savais les enlever, les remettre ne doit pas être trop compliqué partant de cette base là, si ? Et je doute avoir oublié même si question pratique j’ai plus vraiment à me soucier de ce genre de détail.

« Et sinon je… j’ai foutu une raclée aux Serdaigles si on veut rester dans le thème balai. Ton cadeau en a vu des vertes et des pas mûres durant ce match, c’est d’ailleurs bizarre que j’en sois sortie entière. Enfin bon. C’était assez classe, j’suis fière de moi. »
« Je sais, j'étais là. »

Et j'ai tout vu, y compris la dégringolade de Lukas qui m'en a flanqué un sacré coup même si je ne suis pas spécialement proche du type. Je crois que ça a choqué tout le monde en réalité parce que Lukas c'est … J'en sais rien, mais voir ce grand gaillard tomber du ciel et s'écraser par terre comme un poids mort c'est violent comme vision.
Mise à part ça, même si ça m’a demandé un effort presque surhumain d’entre dans ce stade plein de tarés en délire, pas une seconde je me suis dit que je n’irai pas et si j’y suis effectivement allé c’était pour elle, pour la voir elle, même si j’ai des connaissances dans les deux équipes. Tout ce que j’en dit c’est qu’effectivement elle peut être fière d’elle. La voir comme ça, aussi déterminée, agile et surtout vivante, c’est … J’en sais rien, ça fait plaisir, c’est tout. Depuis le début c’est une évidence, voilà pourquoi s’en a été une pour moi de lui offrir mon balai et je suis vraiment heureux qu’elle s’éclate autant avec.

« À part ça je… j’me suis améliorée dans la plupart des matières et j’ai l’impression de ne pas trop mal m’en sortir en potion. Par rapport au reste je veux dire. Logan me donne toujours des cours, je finis toujours esquintée mais bizarrement ça me plait. Je m’améliore, ça fait du bien. Et sinon j’ai apprit pas mal de truc sur ton monde et… en fait je passe mon temps à bosser.

Ce qui me fait me dire que j’aime pas du tout ça : réviser. C’est plutôt dommage en soit quand c’est l’activité principale de sa vie. Enfin bon. J’vois Aileen, Takuma et Jordane assez souvent. Pas tous les jours mais assez régulièrement. Jordane a commencé à m’apprendre à me défendre d’ailleurs. Et.. voilà. »


Mon monde ? C’est aussi le tien tu sais. Et puis mon monde … Mouais, surement. En tout cas elle n’a pas lâché le morceau et ça c’est admirable. C’est une battante, je n’en ai jamais douté, mais quand on se réveille à son âge dans un monde qu’on ne connait pas et avec autant de choses à assimiler et rattraper … Je pense que tout le monde n’aurait pas tenu le choc. Elle s’occupe, elle se prend en main, c’est bien, même si la connaissant effectivement je me dis que certains jours elle doit péter les plombs.

« Ma vie est profondément chiante en résumé. »
« Faut dire qu'on a mis la barre sacrément haute aussi. »

Il parait qu’on peut rire de tout. Pour certaines choses j’ai un léger doute mais ça … Voilà. On ne va pas en faire un drame toute notre vie mais sinon, je sais qu’on n’est pas tous fait pareil et que moi aussi il m’arrive de me faire chier comme un rat mort, parfois ça fait du bien de se poser, et de se reposer. Mais je comprends, après 5 ans passé dans le noir ... Je comprends que t'es envie d'autre chose et surtout de vivre avec un peu plus d'enthousiasme. Je vois juste pas vraiment comment t'aider pour ça ... A part en étant celui que je suis et que j'ai toujours été, et en te changeant les idées de temps en temps si tu me laisse approcher ?

« Ah si, oui, il y a eu halloween. Tu m’y as embrassée avant de te faire bouffer par toi-même en mode poilu, sache-le. C’était .. assez gore. D’ailleurs, j’étais assez proche de la réalité dans ma projection de toi en Loup. C’était pas mal. Et euh… ouais nan, j’ai pas trop d’idées de quoi raconter. Dodo boulot dodo. Un coup de balai entre temps et de l’activité physique parce que rester au lit c’est pas mon truc. Voilà voilà. »
« Un coup de balai hein ? Tu veux pas venir le passer dans ma chambre un de ces jours ? »

Non je n’arrêterai jamais de titiller ton petit côté féministe/anti-macho parce que ça m’amuse beaucoup trop mais ça ne m’empêche pas de buguer sur le reste. Je t’ai embrassé ? C’est … étrange, un peu déroutant, perturbant même. Rien d’équivoque là dedans, surtout que ça n’est pas un drame mais … les circonstances … Et je me suis fait bouffer par moi-même … Ok. Donc tu as peur que je t’embrasse et que je m’auto-mange, parce que c’était ça le concept, non ? Faire face à ses peurs. Je ne le dis pas mais je le pense : Tu n’as rien à craindre, pour l’un comme pour l’autre. Jamais je ne t’embrasserai de force – parce que j’ai le sentiment que c’est ce que c’était – et je ne pense pas être suffisamment attaqué pour me manger moi-même. En plus techniquement un autre Loup ne peut pas me manger alors que je suis encore Humain … Donc tout va bien.

« Le frère d’Aileen est revenu au château, Jordane a menacé Connor qui avait menacé Aileen qui va finir par se faire griller à force. Et … Takuma a offert un chat à Dakota. »

Le frère d’Aileen, c’est Jake si je ne me plante pas. Ca fait un moment qu’il est là lui, non ? J’avoue que j’ai un peu perdu la notion du temps et de ce genre de « détails » mais j’enregistre et me marre en imaginant Connor se faire menacer par Jordane. Un peu moins concernant Aileen. Minou ? Chat ! Hum.

« Ton frère ça va ? »
« Mouaip, mais ton ordonnance d'éloignement est toujours à l'ordre du jour. »

Je souris, je me marre tout en continuant de grimacer mais je crois qu’elle comme moi avons parfaitement conscience que derrière tout ça je le pense quand même. On ne se refait pas ! Mais j’ai fait des progrès là-dessus aussi. Ça ne veut pas dire que j’apprécierai mais ils sont grands tous les deux, ça ne me regarde pas et … je préfère ne pas y penser, en fait. Et sinon, pour répondre plus sérieusement à cette question :

« Il a accusé le coup à la rentrée lui aussi, rapport au départ de Jill surtout – bordel t'en a brisé des cœurs Jill ! Oui je sais, elle peut pas m'entendre – mais il a repris du poil de la bête, et non, je ne parle pas du mien. »

Personne ne touche à mon poil ! Bref, c’est pas la question. Derek est assez avare de paroles, en tout cas sur les sujets qui le touchent réellement. Je ne sais pas s’il fait ça pour me préserver parce que je suis son petit frère, ou simplement parce qu’il n’a pas envie de partager ce genre de trucs avec moi ce que je peux comprendre, mais je pense que le départ de Jill n’a pas été le seul facteur. Le fait que Megan ne lui parle plus le pèse bien plus qu’il ne veut le dire, et pour le reste … A vrai dire je ne sais pas comment il vit le regard des autres, parce que clairement il n’a pas que des amis dans ce château mais j’ai l’impression que tout ça lui passe vraiment au dessus de la tête. Faut croire qu’il est beaucoup moins sensible que son cadet le grand Ryans. Tant mieux pour lui … J’imagine.

« Notre charmante famille nous a rendu visite pendant Halloween d'ailleurs, c'était … instructif. Bien sur j'ai eu le droit au couplet monstre/traitre à mon sang/honte sur la famille, bla bla bla, et quelques fantômes par ci par là mais j'me suis trouvé relativement épargné en fait. Je m'attendais à pire. »

C’est vrai que les cadavres ambulant des personnes que j’ai tué et ceux de mes parents c’était une partie de plaisir … Mais ce que je veux dire c’est que contrairement à ce que j’aurai pu croire, je n’ai vu aucun de mes proches encore en vie se faire agresser ou quoi que ce soit dans ce genre là. Est-ce que j’ai évité les embuscades et le sortilège ? J’en sais trop rien, parce que ces peurs là sont pourtant bien présentes et bien réelles. Si il y a eu Kyle avec le bras en sang, pendant cette réunion de famille, mais il a disparu rapidement. Et sinon …

« Ah, si, y a eu l'autre tordu à qui j'ai foutu une nouvelle raclée pendant la pleine lune mais tu vois, je l'avais déjà oublié. »

Comme quoi tout est possible. Est-ce que je l’ai réellement oublié ? Le fait est que oui, j’ai cessé de ressasser tout ça. En ce qui me concerne c’est un chapitre clos malgré tout ce que ça a pu en coûter à beaucoup de gens, moi y compris. J’ai failli y passer, c’est vrai, mais c’est lui qui est mort donc … le dossier est classé en ce qui me concerne.

« Alors comme ça t’as peur que je t’embrasse ? C’est pas super flatteur, j’suis si nul que ça ? »

Ah les mâles et leur course perpétuelle à la performance … J’y échappe pas ! Même si pour le coup ça n’est qu’un moyen de changer de conversation et de revenir sur ce qu’elle a dit plus tôt tout en essayant de détendre un peu l’atmosphère, ou plutôt de la charrier gentiment.

« Et le tien, t'as des nouvelles ? De ton frère j'veux dire. »

Et un décrochement de mâchoire pour la 12 ! Pas très classe ce bâillement, surtout en pleine conversation donc potentiellement interprétable d'une certaine manière mais j'ai mis ma main devant ma bouche comme un bon garçon bien élevé, c'est déjà ça. Est ce que c'est mon ventre qui vient de grogner là ? La totale, bravo Enzo Rolling Eyes Enfin en attendant ça m'intéresse vraiment.
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Dim 11 Jan 2015 - 19:09

La prise de nouvelles. Et toi quoi de neuf ? Ben rien. Et toi ? Rien non plus. Merci, bonsoir, fin de la conversation ? Non, bien heureusement, non. Les deux jeunes gens avaient des raisons, malheureusement, de demander des nouvelles à l’autre. Ils ne s’étaient finalement pas vus pendant un long temps alors ils avaient des choses à rattraper et se demander ce qu’il advenait de la personne, de ses proches, des grands évènements de sa vie était tout à fait légitime. La jeune femme avait simplement l’impression que de son côté, la vie avait continué d’évoluer alors qu’elle était restée en statue quo. Métro/boulot/dodo. Rien de plus pendant plusieurs mois. Enfin, si, il y avait eu l’épisode d’halloween, tout comme pour Enzo qui en avait évidemment parlé. Ils avaient tous été marqués par ça, c’était logique, inévitable. Mais voilà, c’était passé et la jeune femme n’en sortait pas particulièrement marquée. L’épisode avec Aileen avait été particulièrement violent et avait ramené à son esprit de vieux souvenirs, des craintes quelle refusait d’avouer réelles. Mais voilà, on fait avec, on encaisse et on se sert de la puissance du coup pour garder assez de rage pour se relever et rendre les heurts. Enfin voilà, encore la preuve que finalement, c’était quand il y avait ce genre d’évènements profondément merdiques qu’elle se sentait finalement vivante. Réaction absolument anormale, tu es un monstre ma fille, bienvenue dans la parade. Génial. Merveilleux. Clairement.
C’était comme ça qu’elle voyait les choses et, si elle avait osé abordé cette sensation, elle n’aurait jamais été comprise de toute façon, alors quoi en faire ? Garder ça dans son coin et continuer à ne pas vivre. S’enfermer, s’effacer doucement, c’était ce qu’elle avait fait depuis plusieurs mois. Sauf qu’elle était probablement la seule personne à avoir autant de mal. Enzo avait vécu sa vie de toute évidence, avec moins de facilités qu’elle l’espérait puisque, manifestement, rien n’est jamais simple même quand on semble gagner quelques batailles. C’était idiot puisqu’ils auraient dû être liés, ils auraient dû se montrer soudés pour évoluer ensembles et se préparer à la suite. D’un autre côté, question politique de rassemblement et d’humanité, pour le coup, on ne pouvait pas dire que Logan était particulièrement doué dans la matière. Mais c’était à eux de faire ce travail et elle n’avait clairement pas été dans cette dynamique. Peu de temps passé avec Aileen et les autres comparativement aux habitudes qu’ils avaient pris du temps des Supérieurs, elle s’était éloignée de tout le monde au fur et à mesure. Enzo, lui, l’avait soulevé avant de dire qu’il s’était rapproché d’autres personnes, qu’il avait élargi son cercle de relations à défaut de l’avoir remplacé. C’était le mieux à faire et elle n’en était pas vexée. Un peu frustrée, très probablement, jalouse également, oui. Mais ça s’arrêtait là et elle ne voulait pas le montrer. C’était très bien, surtout lui, qu’il ne cesse d’être entouré parce que ça n’était pas forcément dans sa nature profonde. Elle semblait avoir plus de facilités, comme ça, à se lier avec les autres, et pourtant, ça n’était manifestement pas forcément vrai. Question d’entrainement aussi peut-être. Après tout, elle ne cessait de se trouver face à des situations qu’elle n’avait jamais ni vécus ni connues. Elle s’était révélée dans la tragédie et l’attente angoissée d’un drame, il lui fallait aussi peut-être du temps pour arriver à s’identifier dans une ambiance qu’elle n’avait jamais vécu, de près ou de loin. Et puis, finalement, la solitude, c’était peut-être ce qu’elle connaissait de mieux au vu de ces années passées loin du monde. Même si c’était un état qui l’angoissait et la révulsait, finalement, on a tous tendance à tendre vers ce qu’on connait non ? Même lorsque ça n’est pas plaisant. Alors il y avait peut-être de ça aussi.

« Lune va bien aussi, elle est toujours aussi casse-pieds mais je l’aime toujours autant. J’me tiens plus ou moins à carreau … ahum … et mes résultats sont plutôt bons. Mouais, j’pense que je vais obtenir le titre de l’Homme de l’année. »
« Eh bien, il va falloir que je te fasse une médaille pour Noël dis moi. En même temps, avec un maître pareil, comment tu veux qu’elle soit sage ? J’suis sûre que quand t’as un coup de mou ou que tu t’emmerdes elle vient faire des conneries dans le coin. L’engueule pas, j’suis sûre que tu la pousses aux bêtises. Comme le chat de Takuma quoi. Enfin, celui de Dakota mais que Takuma passe son temps à emmerder plus précisément. »

Oui parce que de toute évidence, il était autant son chat que celui de celle qu’il aimait. Toujours en train de lui tourner autour, de grogner dès qu’il le réveillait mais d’aller soulever sa patte molle lorsque le félin dormait. Bref, le maître d’un chat lambda. Enzo avait étouffé un petit rire, ce qui fit sourire la jeune femme. Les animaux sont le reflet de leurs maîtres – ou inversement d’ailleurs – alors il était relativement logique que Lune ne soit pas une pure petite merveille toute sage. Il y avait fort à parier que le chat de Dakota soit une vraie petite boule à connerie et, jusque là, il avait d’ailleurs eu tendance à vérifier cette hypothèse. Takuma était l’image même de l’adulte enfant, alors il n’était pas dur de l’imaginer en train de faire le con comme un gosse avec ce chaton tout fou. Lequel était pire que l’autre, d’ailleurs, c’était la question qu’il fallait se poser. Et penser à ce genre de chose mettait du baume au cœur de la jeune femme, toujours ébranlée par cette soirée riche en émotions.

« Et j’vais bientôt avoir 18 ans. »
« Hey ! Et moi 19. Dans pile une semaine. J’te ferais un gâteau. Il parait que je suis bienvenue en cuisine malgré le cirque que je leur ais fait la première fois. »
« Boh tu sais, ils nous ont bien laissé revenir après le massacre des crêpes alors … En plus j'ai eu une colle là bas y a pas longtemps et je les ai aidé à faire la plonge alors au pire tu leurs diras que tu viens de ma part, j'suis dans leur petits parchemins. »
« Ah bah tout va bien alors ! J’y suis déjà repassée oui. Des histoires de chocolat chaud. »

Parce que le chocolat c’est bon, mais chaud, c’est mieux. Surtout en cette période de l’année. Réellement, parler de ce genre de choses débiles faisait du bien même si elle avait toujours cette sale tendance ces derniers temps à en revenir à des sujets sérieux. Besoin d’être soutenue, d’être en groupe, de faire partie de quelque chose peut-être, de se rassurer aussi et d’être sûre que tout cela était bien réel. Il pouvait y avoir des tas de raisons pour cela et le fait que tout soit encore brulant dans son esprit en faisait probablement partie. Là, c’était la douleur de son ami qui ne cessait de résonner encore et encore à ses oreilles. Mais voilà, il n’avait pas besoin qu’elle les lui rabâche avec ses propres démons alors elle faisait fit de tout ça, en revenant à des sujets plus légers.

« Enfin ceci dit faudra que je t'en fasses un en premier. J'espère que t'as pas peur ... »
« Oulah ! Je sais pas encore. »

D’ailleurs comment pourrait-elle savoir s’il était bon ou non en pâtisserie ? Elle-même n’avait reprit un bouquin de recettes qu’en Juillet chez sa mère pour cause d’ennui complet et particulièrement violent. Eh bien, elle ne s’était pas vraiment améliorée depuis ses 12 ans, il fallait se rendre à l’évidence. Dommage, elle aimait ça à la base, même si ses sablés de Noël avaient tous une tête de patatoïdes, ça n’en gâchait pas le gout. Ce serait donc… gâteau au yaourt pour Enzo ! Oui parce que quand on n’a pas eu le temps d’expérimenter, on reste sur des valeurs sûres. Car oui, il fut une époque où elle était douée pour son âge. Mais voilà, elle en était restée là et si ses connaissances et aptitudes en étaient restées au même statut, elle en revanche, était devenue femme. De gamine cuisinière, elle était devenue femme pas très douée. Balot tout ça. Ce n’était qu’une chose parmi d’autres qu’elle se devait de rattraper après tout, ça n’était pas si grave. Elle s’était déjà entrainée il y avait quelques mois alors…. Et puis elle pourrait tenter la pâtisserie avec la magie ! =D
Enzo, tes dents sont solides ? Juste pour savoir.
Sovahnn+magie=méfiance. Equation de base.

« Mais crois le ou pas, j'me défends en cuisine … Bon j'ai jamais vraiment essayé de faire un gâteau mais ça doit pas être si compliqué que ça. »
« Nan, faut suivre la recette et espérer que la recette soit bonne, c’est tout ! Ne pas mettre de moule en silicone à charlotte dans le four comme je l’ai fait cet été aussi… ça fond. C’est la merde à nettoyer… et connaître un minimum le four. A moins que dans le monde de la magie, les gâteaux ne soient pas faits à l’ancienne… mais là j’ai pas d’infos. ‘Ya pas ça dans les livres que j’ai lu… c’est dommage. Franchement, on manque de données dans cette école ! »

Un truc pareil ! Ça pourrait faire le sujet de nombre d’ouvrages non ?
Non ?!

Et oui, le coup du moule à charlotte (gâteau qui ne se cuit pas, je le rappelle) était véridique. Eh oui, le monde de la pâtisserie a découvert le silicone et … pas Sovahnn. Enfin, si, maintenant oui. A grand coup de gratounette sur le four : oui. C’était là que la magie aurait pu être pratique, cela dit en passant. Qui n’a jamais rêvé de mettre à exécutions les conneries de nettoyages magiques de Merlin l’Enchanteur ? Franchement.

« Et toi ? Au fait c’est quoi cette histoire de doigt cassé ? »
« Oh un accident de Quidditch. T’aurais pu t’en douter franchement… »
« Ben oui, c'est vrai que t'es pas du genre à faire tout ce qui faut pour te péter quelque chose, suis-je bête. »

Petit sourire moqueur sur les lèvres de la jeune femme en réponse à ce même sourire moqueur sur celles de son ami.

« Oh tout de suite ! »



« J’me suis juste rétamée du troisième étage. C’était léger ! »

Ok, pirouette non gérée, je l’avoue. Mais à s’apprend hein ! Avec un peu plus d’entraînement….
Elle a dix doigts après tout !

« Enfin.. j’ai réussi à redécoller hein ! APRES que ma main ait touché le sol. Mais j’ai réussi ! »

C’était un réflexe débile de tendre la main vers le sol pour se protéger le visage alors que logiquement, on a enfin réussi à remonter sur le balai et à redresser sa course. C’était con, je plaide coupable.

Ah et autre détail utile !

« Mettre un soutien-gorge dans ces conditions c’est un vrai régal. »
« La prochaine fois appelle moi, j'suis toujours prêt à rendre service tu m'connais. »
« Ah oui c’est vrai, suis-je bête, j’y ait pas pensé ! »

T’as pas pensé à appeler Takuma qui était dans les gradins non plus, je te signale. En tant que mini-infirmier, ça aurait pu être pratique pourtant !

« Et sinon je… j’ai foutu une raclée aux Serdaigles si on veut rester dans le thème balai. Ton cadeau en a vu des vertes et des pas mûres durant ce match, c’est d’ailleurs bizarre que j’en sois sortie entière. Enfin bon. C’était assez classe, j’suis fière de moi. »
« Je sais, j'étais là. »

Ça, ça faisait clairement plaisir à entendre et ce devait se voir sur le visage de la jeune femme qui s'éclairait particulièrement soudainement. Bon, elle n’avait pas eu le temps de grand-chose vu le foutoir qu’il y avait eu après ce match et, donc, n’avait pas particulièrement eu le temps de regarder la foule malgré sa volonté de le faire. Premier match, merde, ça se fête ! Surtout quand elle faisait gagner l’équipe d’ailleurs. Mais bon, d’autres évènements avaient fait que…

Bref, la suite.

« À part ça je… j’me suis améliorée dans la plupart des matières et j’ai l’impression de ne pas trop mal m’en sortir en potion. Par rapport au reste je veux dire. Logan me donne toujours des cours, je finis toujours esquintée mais bizarrement ça me plait. Je m’améliore, ça fait du bien. Et sinon j’ai apprit pas mal de truc sur ton monde et… en fait je passe mon temps à bosser.

Ce qui me fait me dire que j’aime pas du tout ça : réviser. C’est plutôt dommage en soit quand c’est l’activité principale de sa vie. Enfin bon. J’vois Aileen, Takuma et Jordane assez souvent. Pas tous les jours mais assez régulièrement. Jordane a commencé à m’apprendre à me défendre d’ailleurs. Et.. voilà. »


Oui, ton monde. Ou leur monde. Dans tous les cas, la jeune femme n’avait toujours pas l’impression d’en faire partie. Elle n’était pas une sorcière, pas avec sa manière totalement inutile de se servir de sa baguette. D’accord, elle avait réussi quelque chose ce soir, mais, voilà, elle n’était pas vraiment dans cette optique là. Cet univers lui semblait parfois si lointain… Pourtant, à côté, son retour auprès de sa famille lui avait montré à quel point elle ne se sentait pas plus chez elle là-bas. C’était finalement mieux à Poudlard sauf qu’en rentrant, elle n’avait pas retrouvé cette unité qui lui plaisait tant. Voilà, c’était comme ça. Peut-être finirait-elle par trouver sa place, en attendant, ça n’était pas bien grave, une sensation désagréable assez constante mais pas bien dérangeante, tout au plus.

« Ma vie est profondément chiante en résumé. »

Voilà, c’est dit.

« Faut dire qu'on a mis la barre sacrément haute aussi. »

Bug. oO.

La jeune femme avait hésité un instant avant de rire franchement. C’était vrai qu’après tout, depuis son réveil, elle n’avait pas arrêté. Apprentissage, conneries, mises en danger, découvertes, mises en danger. Et encore apprentissage, allé, soyons fous. Alors forcément, une fois que le rythme s’étiolait, ça laissait une certaine sensation de vide et un ennui profond. Si c’était ça la vie, il faudrait bien qu’elle s’y fasse non ?

« Ah si, oui, il y a eu halloween. Tu m’y as embrassée avant de te faire bouffer par toi-même en mode poilu, sache-le. C’était .. assez gore. D’ailleurs, j’étais assez proche de la réalité dans ma projection de toi en Loup. C’était pas mal. Et euh… ouais nan, j’ai pas trop d’idées de quoi raconter. Dodo boulot dodo. Un coup de balai entre temps et de l’activité physique parce que rester au lit c’est pas mon truc. Voilà voilà. »
« Un coup de balai hein ? Tu veux pas venir le passer dans ma chambre un de ces jours ? »

xD Mais euh ! C’est ça d’avoir quelqu’un qui réagit sur tout ce que l’on peut dire.
Surtout qu’il savait son côté révoltée face au machisme alors, bien évidemment, il en jouait. Et ça ne serait probablement pas la dernière fois. Lui envoyant un regard noir, la jeune femme ne pouvait donc s’empêcher de sourire. Il fallait dire qu’il l’avait bien trouvé celle-là.

« Le frère d’Aileen est revenu au château, Jordane a menacé Connor qui avait menacé Aileen qui va finir par se faire griller à force. Et … Takuma a offert un chat à Dakota. »

Oui, j’en reviens à ça parce que ça fait partie des évènements marquants de ces derniers temps. Comprenons donc que ces derniers temps, la vie a été particulièrement morne. Enfin bon. Un chaton, ça met toujours un peu de vie dans l’ennui.

« Ton frère ça va ? »
« Mouaip, mais ton ordonnance d'éloignement est toujours à l'ordre du jour. »
« Zut… tu peux pas m’en vouloir d’essayer. »

Je m’approche déjà de celui d’Aileen, on va éviter de tourner autour de tous les frères des environs.

Enfin, elle savait que l’idée ne lui plairait pas du tout ce qui en soit était relativement dommage compte tenu du regard de braise du frère en question. Mais au-delà de ça, la jeune femme avait surtout trop de respect pour Jillian pour qu’une telle chose se produise. Et puis, au-delà de toute considération de fantasme… accessoirement, elle n’était pas vraiment sûre qu’il puisse être d’accord. Accessoirement. Vraiment. Léger détail. Laissez-moi à mes rêveries.

« Il a accusé le coup à la rentrée lui aussi, rapport au départ de Jill surtout – bordel t'en a brisé des cœurs Jill ! Oui je sais, elle peut pas m'entendre – mais il a repris du poil de la bête, et non, je ne parle pas du mien. »
« C’con, ça peut être une idée pour les hivers rudes…. »

Sovahnn ? Tu sors.

« Et ouais, elle en a brisé des cœurs. Ça fait vide, mine de rien. Mais elle doit le savoir je pense. Nos ondes mentales sont trop consistantes pour qu’elle les ignore ! »

Tu crois donc à la télépathie…
EXCUSE-MOI mais les licornes ça EXISTE OKAY ?! … Zut alors !

« Notre charmante famille nous a rendu visite pendant Halloween d'ailleurs, c'était … instructif. Bien sur j'ai eu le droit au couplet monstre/traitre à mon sang/honte sur la famille, bla bla bla, et quelques fantômes par ci par là mais j'me suis trouvé relativement épargné en fait. Je m'attendais à pire. »

Vois-tu son air circonspect là ? Parce qu’il est beau.

« Tu parais vraiment avoir une famille charmante. J’espère que Kyle est heureux d’être entré parmi elle, ça aurait été dommage de manquer ça.. »

Nan, vraiment..

« Enfin, franchement, il va falloir s’en remettre un jour merde. Enfin, surtout pour le côté poilu, parce que l’aspect traître à son sang… d’après les évènements actuels… manifestement c’est pas gagné. »

La lycanthropie non plus cela dit. Elle avait lu un certain nombre de recueils donc, oui, elle savait bien ce qui pouvait se dire. Pourtant, ça lui semblait tellement absurde… Après, elle n’avait pas forcément vécu dans le même univers et était probablement plus pure de préjugés que pouvaient en être d’autres. Tout l’avantage de ne pas avoir été imbibée d’infos et d’intox pendant cinq années de suite. Concomitant à une préadolescence plutôt protégée qui plus est.

« Enfin, je dis juste qu’au 21ème siècle ça m’étonne que les esprits n’évoluent pas. Surtout que concrètement… tu m’as pas bouffée. A la prochaine pleine lune, je te mets un bambin sur le dos et j’le photographie quand tu l’emmèneras en balade =D ça remontera ton image de marque. »

Ton … image de marque….
Moui.
Je suis auto-sceptique.

Et il faudrait des sangles pour que le gosse de finisse pas par terre, cela dit en passant. Comme si c’était le seul point hasardeux de la manœuvre. En commençant par… Où diable veux-tu trouver un bambin ?? Enfin bref. Idée foireuse. FBI comme on dit.

« Ah, si, y a eu l'autre tordu à qui j'ai foutu une nouvelle raclée pendant la pleine lune mais tu vois, je l'avais déjà oublié. »
« Quel autre tordu ? Y’en a un autre ???? »

Nan parce que la dernière fois, Logan t’as ramené en mode carpette et ça n’était pas super beau à voir alors euh… Il y en a un autre ?? Oui, je me répète.

« Alors comme ça t’as peur que je t’embrasse ? C’est pas super flatteur, j’suis si nul que ça ? »

Changement de sujet total.
Et regard blasé.

« Mais non ! C’était pas ça l’image ! Enfin j’crois pas… quoi que peut-être bien ! Ça facilite les choses. »



« C’était assez perturbant. Ne ferait jamais ça ! »

L’air sévère, on aurait presque pu y croire. Sérieusement, il devait se douter de ce que ça pouvait cacher mais dans tous les cas, ça n’était rien de grave ni rien qui allait à l’encontre de ce qu’ils étaient l’un pour l’autre donc tout allait bien. C’était d’ailleurs probablement pour ça qu’elle avait balancé ça comme ça. Pas la moindre importance tout ça. Elle avait en revanche gardé pour elle la raclée qu’elle s’était prise de la part du frère mort de Logan. Que de morts-vivants dans cette semaine, je vous jure, ça commencerait presque à en devenir lassant.

« Et le tien, t'as des nouvelles ? De ton frère j'veux dire. »
« Ah… nan, pas vraiment. »

Son regard s’était immédiatement assombri.

« J’t’en pris, j’te dirais rien ! »

Fausse ironie parce qu’à vrai dire, d’un coup, elle n’avait pas trop l’esprit à rire. Mais bon, on évite de tomber dans le mélodramatique parce que sinon on ne s’en sort pas.

« Je n’ai reçu qu’une lettre de toute façon. Timbrée d’ailleurs. »

La jeune femme étouffa un petit rire.

« La chouette la tenait entre son bec, j’en ai déduis que : de un, cet oiseau est malin et… de deux que ma mère n’est pas très douée. Tout ce qu’elle sait faire qui ait un rapport avec le monde magique c’est de se taper un sorcier et d’enfanter une sorcière dans un monde où.. justement, on a relativement eu tendance à cramer les sorciers. C’est balo. Enfin bref… non, pas de nouvelles. Il est dans les rues quelque part, j’espère qu’il ne lui arrive rien de mauvais. »

Si son esprit divaguait, elle pouvait déjà s’imaginer tous les scénarii les plus improbables et les moins sympatiques qu’il soit. Alors elle n’y pensait pas et essayait de ne pas y réfléchir.

« Mais s’il était revenu, aussi peu douée qu’elle le soit, ma mère l’aurait dit dans sa lettre. »



« J’t’ai dit qu’elle avait peur des oiseaux ? Nan parce que l’image de ma mère en train de tenter de s’approcher d’un rapace est assez comique. »

C’est toujours mieux que l’image de mon frère shooté dans un coin ou aux mains d’une organisation glauque et flippante l’embrigadant dans une multitude de trucs plus sinistre les uns que les autres.

« Par contre, je sais que j’ai une petite cousine qui est née. »

Info utile bonjour.

« J’me dis qu’il doit faire sa crise d’adolescence et juste faire le con pour rendre fous mes parents. Il a pas dû avoir la vie facile depuis ma… disparition. »

C’était comme ça que sa mère avait nommé l’évènement. Une disparition. Et oui, elle y revenait, c’était plus fort qu’elle.

« J’sais pas si t’as vu mais c’est assez impressionnant de voir à quel point Takuma a évolué en médicomagie. C’est assez flippant d’apprendre à une vitesse pareille. Surtout pour moi qui me réjouis avec un foutu minuscule sort de première année. M’enfin bref. »

Changement de sujet avant de revenir sur son frère une énième fois.

« Ça compense avec son côté gamin du coup. Au moins, ça n’est plus trop possible de le faire vraiment chier avec ça. Les autres le laissent un peu plus tranquille du coup, c’est rassurant. »

Parce que, clairement, les élèves n’avaient pas été tendres avec lui. Pensez-vous, un simplet, c’est tellement simple de s’en prendre à lui. Pour le coup, il les surprenait tous, même ses proches. Oui c’était tout ce qu’elle avait trouvé : passer de son frère qu’elle considérait toujours comme un gamin à Takuma qui affichait clairement son côté gamin. C’était assez naze mais voilà, le rapprochement était fait.
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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Lun 12 Jan 2015 - 13:04

Et non, pas de bol mais mon frère c'est toujours interdiction formelle d'accès, c'est comme ça. En réalité, je ne vois plus vraiment les choses de cette façon pour la simple et bonne raison que j'ai du grandir un peu dans ma petite tête et dépasser certains stades. Ceci étant, ça n'est pas pour autant que j'apprécierai spécialement de les savoir ensemble ces deux là, à court ou à long terme, mais on ne se refait pas. Je n'arrêterai pas d'être trop sensible et possessif du jour au lendemain, c'est comme ça, et de toute façon personne ne me le demande il me semble alors finalement il n'y a aucun problème. Ce que font Derek et Sovahnn de leur vie les regarde, je n'ai pas à m'en mêler c'est un fait, mais s'ils pouvaient juste le faire chacun de leur côté ça serait cool ! Voilà, fin de la parenthèse.
Quant à la famille … Bof, je crois que c'est le lot de pas mal de Sang-Pur finalement, alors pourquoi est ce que je me plaindrais plus qu'un autre alors que finalement je n'ai aucune garantie à 100% qu'ils réagiraient mal ? Pour Halloween ça n'était que des illusions, le reflet de mes peurs, mais qu'en est il dans la réalité ? Je n'ai juste pas envie d'avoir à le découvrir par moi même parce que j'en ai déjà bien assez vu et entendu comme ça sur leur façon de faire et de penser et même si j'aurai adoré pouvoir offrir à Kyle une belle-famille sympa, accueillante et tout le bordel, c'est juste in-envisageable pour moi actuellement de le balancer dans ce traquenard, de même que je n'ai pas envie de leur dire ce que je suis devenu même si certains le savent déjà. Je ne partage pas leur façon de penser, leur façon de voir le monde et de considérer les autres, et en étant tombé amoureux d'un garçon sans pouvoir je vais à la totale encontre de tout ça alors … Non, j'ai pas envie d'être hypocrite, je préfère simplement tirer un trait sur eux tout en continuant de vivre au jour le jour et si ce statut quo doit changer un jour d'une manière ou d'une autre alors il le fera, et on verra à ce moment là parce que clairement, un lendemain de Pleine Lune, j'ai pas envie de me prendre la tête avec ça. Certains ont l'esprit ouverts, d'autres pas, et c'est comme ça … Par contre pour le gamin sur mon dos, t'oublie ça tout de suite ! A moins que ce soit un des tiens ou le bébé d'une autre personne a qui je tiens, imprimez ça bien dans vos petites têtes : Je ne suis pas un poney. Et on va éviter d'avoir une pensée pour le fils d'Ismaelle qui aurait pu atterrir sur mon dos s'il avait eu la chance de survivre, mouais, je préfère penser au fait que non, je te le promets, je ne t'embrasserai jamais de force.

Les sujets abordés sont assez divers mais dans le fond c'est un ratissage plutôt ciblé, du temps à rattraper et des sujets qui tiennent à cœur pour la plus part. La famille, les proches, on tâte la température ambiante et c'est comme ça que j'en viens à lui parler de son frère. Peut être que je n'aurai pas du mais cette question je me la pose sincèrement alors ...

« Ah… nan, pas vraiment. »

Et c'est à ce moment là que son regard s'assombrit et que je lâche un bâillement digne de ce nom, en stéréo avec l'estomac qui s'en mêle. Dame nature choisi toujours le bon moment pour se manifester, n'est ce pas ?

« J’t’en pris, j’te dirais rien ! »
« Merci de ta compréhension, ça me touche beaucoup ! »

Interlude.
Petite parenthèse pour encaisser le choc.
Ça y ressemble en tout cas.

« Je n’ai reçu qu’une lettre de toute façon. Timbrée d’ailleurs. »

Timbrée ?
Peu importe.

« La chouette la tenait entre son bec, j’en ai déduis que : de un, cet oiseau est malin et… de deux que ma mère n’est pas très douée. Tout ce qu’elle sait faire qui ait un rapport avec le monde magique c’est de se taper un sorcier et d’enfanter une sorcière dans un monde où.. justement, on a relativement eu tendance à cramer les sorciers. C’est balo. Enfin bref… non, pas de nouvelles. Il est dans les rues quelque part, j’espère qu’il ne lui arrive rien de mauvais. »

Et je garde le silence, parce que comme un con qui aurait peut être du fermer sa gueule dès le départ, je ne sais simplement pas quoi dire. Son frère est dans la nature, elle n'a pas la moindre idée d'où il peut être, elle ne l'a pas vu depuis des années, je ne peux même pas imaginer ce qu'elle doit ressentir. Malgré notre passé difficile j'ai toujours eu la chance d'avoir Derek jamais loin de moi et les seules fois où on a été séparés c'est quand il était à l'école et que j'étais trop jeune pour y être. Ça n'a duré que trois ans, et on savait parfaitement où il était donc ça n'a rien à voir. Donc voilà, j'ai remué la merde avec ma question et je m'en veux finalement, je regrette même de l'avoir posé. Peut être que j'aurai simplement du la laisser m'en parler si elle en ressentait l'envie ou le besoin mais il faut croire que je n'ai pas suffisamment réfléchit avant d'ouvrir les vannes. C'était … comme dans le cheminement normal des choses je crois.

« Mais s’il était revenu, aussi peu douée qu’elle le soit, ma mère l’aurait dit dans sa lettre. »

Pendant tout ce temps je reste silencieux mais je ne la quitte jamais des yeux. Toujours un peu plus tassé sur moi même, une main sur le ventre à même la peau, glissée sous la couche de vêtements et le plaid, je ne bouge pas. Attentif. Aussi bien à ses mots qu'à son langage corporel. Surtout à celui là d'ailleurs ...

« J’t’ai dit qu’elle avait peur des oiseaux ? Nan parce que l’image de ma mère en train de tenter de s’approcher d’un rapace est assez comique. »

Esquisse d'un sourire, je me rends compte que je commence à réagir de plus en plus lentement, l'épuisement reprenant tranquillement mais efficacement ses droits. Mais je visualise, oui je visualise sa mère ou plutôt l'image que je me fais d'elle, Non-Magicienne, face à une chouette ou un hibou, effrayée par cette créature qui peut paraître presque mystique. Ça reste un oiseau de proie, c'est tout à fait compréhensible d'en avoir peur et d'autant plus quand on n'est pas habitué.

« Par contre, je sais que j’ai une petite cousine qui est née. »
« Félicitations. »

Je sais pas, c'est sorti naturellement. Ça n'est pas ce qu'on dit quand un bébé vient au monde dans une famille ? Félicitations au papa et à la maman, oui en général, mais … Félicitations à la cousine, pourquoi pas ? Tout simplement parce que ça n'a aucun sens.

« J’me dis qu’il doit faire sa crise d’adolescence et juste faire le con pour rendre fous mes parents. Il a pas dû avoir la vie facile depuis ma… disparition. »

Je ne peux pas juger, pas même vraiment me faire une idée de la situation mais si je tente de me mettre à sa place, la sienne à lui, quand bien même c'est moi le dernier dans ma fratrie, j'imagine que ne pas savoir si sa sœur est en vie doit être une torture. L'inverse est tout autant valable mais s'il a écrit une fois … Recommence. Si tu peux, oui, recommence. Et toi, est ce que t'as tenté de lui répondre ? Mais je vois bien que c'est difficile pour elle de parler de lui alors quand elle glisse sur une autre discussion je la laisse faire, non sans m'étonner un peu de la direction qu'elle prend.

« J’sais pas si t’as vu mais c’est assez impressionnant de voir à quel point Takuma a évolué en médicomagie. C’est assez flippant d’apprendre à une vitesse pareille. Surtout pour moi qui me réjouis avec un foutu minuscule sort de première année. M’enfin bref. »

Takuma, vraiment ? Pourquoi pas tu me diras. Il est une des personnes qu'on a en commun et probablement celle qu'on connait le mieux tous les deux dans ces personnes qu'on a en commun finalement.
Je me redresse un peu et m'installe plus confortablement dans le canapé, parfaitement conscient qu'il devient de plus en plus compliqué pour moi de suivre, tenir et entretenir cette conversation. Ça n'est vraiment pas de la mauvaise volonté.

« Ça compense avec son côté gamin du coup. Au moins, ça n’est plus trop possible de le faire vraiment chier avec ça. Les autres le laissent un peu plus tranquille du coup, c’est rassurant. »

Concentration, un peu d'incompréhension aussi parce que je ne vois pas trop où elle veut en venir. Ça fait un moment maintenant que je connais le Serdaigle et c'est vraiment pas une image que j'ai eu de lui un jour, pas une seule seconde. Au début je ne calculais personne, c'est simple, mais par la suite … Oui il a un côté gamin mais comme nous tous, non ? Il faut croire que j'étais trop centré sur moi même et ma vie un peu bordélique pour me rendre compte qu'il était lui aussi une sorte de souffre-douleur, comme pas mal de gosse de nos âges finalement. Dès que t'es un peu différent, dès que tu ne rentres pas dans la « norme », les charognard volent au dessus de ton futur cadavre. Le truc c'est que je crois l'avoir toujours vu comme quelqu'un prenant les choses avec légèreté, quelqu'un pour qui tout ça passe au dessus et surtout quelqu'un parfaitement capable de se défendre alors … Non, je n'ai pas vraiment perçu ces choses là.

« J'ai pas trop eu affaire à l'infirmerie ces derniers temps, et j'vais pas m'en plaindre, mais en ce qui me concerne j'ai jamais douté de lui alors ... »

J'ai jamais hésité à lui demander de l'aide quand j'en ai ressenti le besoin, ne serait-ce que quand après mon réveil au début de l'été je lui ai demandé s'il ne pouvait pas me filer un truc pour me calmer, un truc pour me permettre de dormir plus facilement. Je sais aussi qu'il a bossé comme un taré quand j'étais dans le coma, tout comme je sais que c'est un type intelligent et prudent malgré peut être les apparences. Je n'hésiterai pas une seconde à lui confier ma vie, et même celle de mes proches, ce qui est assez significatif de ce que je pense de lui.

« J'sais pas, ça me surprend pas plus que ça. D'autant plus qu'en ce qui me concerne il a largement fait ses preuves, même s'il n'avait pas à le faire. »

Haussement d'épaules.

« Mais j'suis content pour lui parce qu'il a l'air de vraiment s'éclater et ça c'est génial. Faut croire qu'il a trouvé sa voie, et tant mieux si en prime ça fait taire les cons. »

Et Merlin sait à quel point c'est difficile à faire taire, les cons.

Instant de flottement, je lâche un soupir et laisse mes yeux se perdre un peu partout dans la pièce, sur le feu, puis vers l'extérieur. Le jour est là, d'habitude je suis déjà en route vers le château qui lui même est déjà réveillé parce qu'il y a cours mais on est dimanche, tout est calme dans le Parc, et probablement entre les murs de l'école aussi. Je me mets à fouiller dans ma poche avec des gestes lents puis en ressort ma baguette. Un accio plus tard ma montre atterri sur mes genoux et je regarde l'heure. Personne de sensé n'est debout un dimanche matin à cette heure là mais le fait est que je ne sais pas vraiment quoi faire. Mon esprit et mon corps commencent à se concerter, le fait devient évident qu'ils pensent et veulent tous les deux deux les mêmes choses, et surtout la même personne. Dans tout ça il va falloir aussi que je lâche prise et que je me laisse sombrer dans les bras de Morphée a un moment ou un autre mais je ne peux pas mentir, j'aimerai que ça soit avec lui, dans mon lit, dans le sien, peu importe où mais avec lui. Parce que c'est important, parce que … c'est comme ça. Alors que faire ? Braver les éléments – et surtout faire le forcing auprès de la demoiselle ici présente qui ne voudra surement pas me laisser sortir d'ici pour rentrer au château dans mon état étant donné que j'ai à peine eu le droit de faire trois pas par moi même – et rentrer au château ? Et une fois à l'intérieur, qu'est ce que je fais ? Je débarque au Quatrième comme une fleur ? Non. Rentrer me coucher dans mon lit me semble l'option la plus acceptable, il finira tôt ou tard par me rejoindre de toute façon mais une chose est sure : Si je reste ici, statique, je m'endors et ne me réveillerait pas avant un long moment. Le problème c'est que Ismaelle va finir par débarquer à un moment ou un autre, peut être Jake aussi, et je n'ai pas envie d'être dans leurs pattes même si techniquement je ne serais qu'un corps mort étendu sur ce canapé qui me connait maintenant par cœur pour tout un tas de raison. Je me connais, si je suis réveillé en sursaut je risque d'être … de mauvaise composition, on va dire ça comme ça, alors j'aimerai autant me retrouver dans un endroit où personne ne risque d'être confronté à ma mauvaise humeur post-lunaire éventuelle, c'est à dire mon lit. Je crois que la décision est déjà prise dans ma tête de toute façon …

Nouveau soupir, et ça n'a rien à voir avec de la lassitude, c'est simplement le corps qui s'exprime comme il peut. Mon attention se recentre sur Sovahnn et je capte son regard.

« Tu vas probablement pas être contente mais je vais me lever et rentrer au château tant que mes yeux sont encore capables de rester ouvert. »

Le ton n'est pas brutal, j'expose simplement un fait mais il est vrai qu'on peut sans doute y saisir le fait que ça n'est pas négociable. Je comprends qu'elle s'inquiète, sans doute à juste titre, mais je me connais, j'ai l'habitude, ce sont des choses que je fais tous les mois et je sais que j'en suis capable. Ça prendra du temps, je ne dis pas que ça ne sera pas douloureux mais la récompense est suffisamment importante pour que ça en vaille la peine. Les pour et les contres sont bien pesés.

« C'est vraiment pas que je ne veux pas continuer cette conversation mais là j'en suis juste plus capable. J'suis plus capable de me concentrer et je sens bien que si j'ai pas ce que je veux je risque de devenir désagréable. »

C'est déjà un peu le cas d'ailleurs mais j'y peux rien, et je ne veux pas faire semblant. Je n'ai plus envie de parler, plus envie d'être sociable, juste de laisser Loup profiter encore un peu de son temps, ne pas être totalement humain et agir en tant que tel. Je ne m'attends pas à ce que les autres comprennent ça, elle y compris, et ça n'est pas ce j'espère d'ailleurs mais je pense qu'elle me connait suffisamment pour savoir que c'est un moment relativement sensible pour moi et que je ne contrôle pas tout. En réalité je n'essaie pas, pour les mêmes raisons que je n'essaie pas pendant la Lune, parce que ce sont des instants précieux pour moi : Une totale liberté, loin des chaines de l'humanité et de tout ce qui va avec. Je prends suffisamment sur moi le reste du temps, ce matin je n'en ai pas envie, voilà pourquoi il vaut mieux me laisser seul dans ces moments là.

Je n'attends pas plus longtemps pour me mettre debout et même si c'est un peu laborieux, même si je chancelle les premières secondes, je finis par trouver un certain équilibre.

« On fait le chemin ensemble ? »

Quelques temps plus tard je glissais finalement sous mes draps après avoir pris une douche brulante et les ronronnements de Lune me berçaient pendant que Morphée m'embarquait tranquillement. Dernier sursaut de conscience avant de partir, une pensée : J'espère qu'il sera là quand je reprendrais conscience du monde des éveillés.

▬ Fini pour moi ▬

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MessageSujet: Re: And then we are running under the silver moonlight ▬ Sovahnn   Sam 31 Jan 2015 - 18:58

Parler de tout et de rien lorsque l’on n’a pas vu un ami depuis longtemps, c’est relativement simple. Là où ça se complique, c’est d’avoir des conversations compliquées qui impliquent que l’ambiance ne soit pas forcément au beau fixe. C’est parler de ce qui blesse, de ce qui angoisse, de ce qui fait que l’on s’éloigne, que l’on n’a pas envie de parler. Parler de ce qui pèse, de ce qui complique toujours tout. Ça, non, ça n’est pas simple. Et pourtant, ici, ça revenait malheureusement assez souvent sur le tapis. Voilà, ils n’y pouvaient rien, ce qui se déroulait au château n’était pas nécessairement facile à vivre, ce qu’ils avaient pu subir manquait de logique et débordait de cruauté. Alors, oui, ils en avaient tous gros sur la patate et la jeune femme se doutait que tout ça n’était probablement pas étranger au fait qu’elle n’avait finalement pas passé beaucoup de temps avec son ami depuis le retour des vacances. Mais voilà, ça n’était probablement pas le moment pour parler de tout ça. De ces raisons réelles, de tout ce qu’il y avait derrière le malaise de l’un ou de l’autre. Enzo avait parlé de ce qui pouvait gêner et la jeune femme n’avait pas sut quoi répondre. Et inversement. L’idée, c’était probablement de ne pas parler de tout ça maintenant. D’ailleurs, il fallait bien l’avouer, ça n’était pas un bon plan. Ça n’était jamais un bon plan de parler de choses compliquées émotionnellement parlant à un Loup juste après sa transformation. Ça n’était même probablement pas une bonne idée de lui parler tout court en fait. Mais voilà, la jeune femme était confrontée à cette situation pour la première fois et si elle savait tout ça, ça n’était pas forcément naturel pour elle. Alors ils avaient parlé. Elle avait cherché à l’aider même si ça aurait pu l’agacer plus qu’autre chose. Il lui avait sourit tendrement plusieurs fois pourtant. Alors pourquoi cette sensation désagréable qu’il voulait simplement qu’elle s’éloigne ? Probablement parce que c’était le cas. Il le lui avait dit plusieurs fois. Il avait besoin d’être seul au moment de la pleine lune et ce jour ne faisait pas exception. Ce jour ne pourrait simplement pas faire exception. Même s’ils avaient vécu un beau moment là bas, dans les bois. Même si elle aurait eu besoin de parler, d’avoir du soutien. Même si elle ne voulait pas être seule. Même si elle aurait aimé qu’il pense à la réconforter et non pas à s’isoler ou à retrouver Kyle. Peut-être avait-elle simplement envie de se sentir plus importante que ça. Elle savait qu’elle comptait pourtant. Elle le savait.

« Tu vas probablement pas être contente mais je vais me lever et rentrer au château tant que mes yeux sont encore capables de rester ouvert. »

Ça n’est pas mal interprété, c’est juste mal vécu. Et, honnêtement, elle s’en voulait réellement de le prendre comme ça. Elle lui avait dit qu’elle l’acceptait et c’était vrai mais voilà, elle était déçue et se sentait probablement un peu rejetée et ne pouvait pas s’empêcher de serrer un peu les dents. C’était con, probablement. C’était lui ou elle qui se renfermait quasiment systématiquement ? Peut-être un peu les deux. Peut-être le besoin de parler d’autre chose. Ou de parler de ce qui fâche sans que l’autre ait les réactions attendues.
Ça n’était probablement juste pas le bon moment. Pas le bon moment pour se retrouver réellement. Elle aurait dû parler d’autres choses. De trucs moins compliqués pour lui à gérer tout de suite. De choses légères et drôles. Le problème c’est qu’elle n’en avait pas beaucoup. Juste cette histoire de soutien-gorge et de doigt brisé en fait. Elle le savait pourtant. Elle savait que ça n’était pas le jour. Elle le savait.

« C'est vraiment pas que je ne veux pas continuer cette conversation mais là j'en suis juste plus capable. J'suis plus capable de me concentrer et je sens bien que si j'ai pas ce que je veux je risque de devenir désagréable. »

Tout comme elle savait qu’il ne voulait pas la blesser. La preuve, il ne cessait de dire que ça n’était pas contre elle, qu’il ne tenait simplement pas. Elle n’aurait pas dû réagir comme ça. Elle avait dit qu’elle ne le ferait pas. Pourtant elle tentait de prendre sur elle-même si, dans le fond, elle était simplement déçue parce qu’elle avait sortis des choses qui méritaient d’être énoncées, qu’elle gardait pour elle depuis des mois et qu’elle obtenait du silence. Ça n’était pas le moment. C’est de ta faute. Qu’elle conne aussi ! Finalement, est-ce que d’avoir sortis ce genre de choses, ça ne vous éloigne pas plus que ça vous rapproche ?
C’était pas le bon moment.
Essaye dans quatre mois. Connasse.

« Tu ne veux pas qu’on fasse plus simple et que tu restes là pour te reposer, et moi j’y vais ? »

Mais il se lève, il chancelle, elle sert les dents. Encore. Il s’habille, il veut sortir. Elle se tait et observe en silence avec cette peur constante qu’il ait encore mal. Et c’était le cas d’ailleurs. A chaque mouvement, chaque respiration. Pas de quoi faire en sorte qu’il ait patience, bonne humeur et écoute.

« On fait le chemin ensemble ? »

La jeune femme avait mis un petit instant avant de répondre par l’affirmative, se lever et s’habiller également pour le suivre. Oui, elle avait hésité parce qu’elle n’était pas vraiment sûre que c’était la meilleure chose à faire. Elle n’avait pas l’impression qu’il la voulait encore dans ses pates. Oui, c’était le ressentis et, si elle savait que, voilà, il était sensible, sauvage, solitaire en ce moment. Alors pourquoi s’imposer sa présence s’il ne la souhaitait pas ? Il voulait dormir, pas l’écouter déblatérer sur ce qu’elle avait du mal à vivre. Pas l’écouter débiter des conneries sur le fait qu’elle s’était éloignée, qu’elle ne voyait personne, qu’elle n’allait pas bien dans sa vie et ne voyait pas grand intérêt en chacune de ses journées. Personne ne s’y intéresse d’une manière générale de toute manière. Et c’était injuste, vraiment injuste de penser comme ça, même si ça n’était que quelques pensées furtive d’une jeune femme frustrée et blessée qui avait eu une nuit trop longue et trop violente émotionnellement parlant. Injuste de la part de quelqu’un qui avait mal placé ses espoirs. Voilà. Non, elle, elle n’avait aucune excuse. Pourtant elle était aussi fatiguée. Fatiguée de tout. De sa vie, d’elle-même, des autres. Tu vois, pas besoin d’être lupin pour ça. Alors elle l’avait laissé monter dans les étages, se détournant quasiment instantanément pour ressortir. Prendre l’air. Respirer à fond. Chasser cette peine qui tordait ses entrailles. Sans un mot, elle s’était posée sur les marches du château en regardant les couleurs du ciel changer, cherchant simplement à ne plus penser.

Pourquoi toujours autant de violence envers elle-même ? Pourquoi cette peur qui lui retournait le cœur à l’idée d’être encore seule ? Encore un peu. Ça n’était pas comme si elle n’y était pas habituée depuis quelques temps.
Ça n’était rien, de faire des erreurs. Parce que ça n’était rien de plus. Une erreur. Elle n’avait simplement pas à lui parler de ce genre de choses alors qu’il sortait d’une nuit de pleine lune, qu’il était à fleur de peau, épuisé, endolori et encore un peu animal. C’était sa faute.

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