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 Somebody help her tame this animal - Maxime

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MessageSujet: Somebody help her tame this animal - Maxime   Lun 6 Oct 2014 - 19:17


Somebody help her tame this animal
Maxime & Mateo


Dimanche 7.12 - A l'aube


« Tu sais Mateo… si en réalité je suis aussi énervée en ta présence… c’est parce que je crois que j’suis amoureuse de toi. »
 
Je regarde Jenkins en arquant un sourcil puis en sortant mon sourire le plus enjôleur lorsqu’elle glisse ses doigts sur les boutons de sa chemise, qu’elle défait un à un. Riley est une nana que j’ai du mal à supporter mais il y a bien une chose que je ne peux pas lui enlever… c’est qu’elle est sacrément bien foutu. De la tête aux pieds. Mains dans les poches, je la regarde faire d’un œil brillant. Qué ? Quand une opportunité pareille se présente, vous croyez vraiment que j’vais m’en priver ? Jamás.
 
« Fallait venir m’en parler plus tôt tu sais… surtout si tu aimes t’exprimer comme ça…
- Je sais, mais je suis timide en réalité ? »
 
Mes yeux glissent lentement sur son soutien-gorge. Nouveau sourire.
 
« Ah oui ? J’avais pas deviné…. »
 
Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase qu’elle se plaque contre moi, lèvres contre les miennes. Et a aucun moment je ne la repousse. Bien au contraire, je la plaque un peu plus à moi, laissant ce brasier venir nous consumer aussi bien l’un que l’autre. La classe dans laquelle nous étions était vide, et c’est en une fraction de seconde que Riley enroule ses jambes autour de mes reins et que je la soulève pour la poser sur une table de cours. Je sens ses mains  glisser sous mon tee-shirt et les miennes achèvent de terminer le parcours des boutons de sa chemise. Mes lèvres glissent dans son cou, puis plus bas pour revenir à ses lèvres. Cette sauvagerie ne me surprend qu’à moitié et même si Jenkins s’est trouvé être complètement insupportable plus d’une fois, ici, elle renverse la donne.
 
Je m’écarte une seconde, le souffle court, mes mains sur ses hanches nues. J’ouvre les yeux …
 
« Eh bien Monsieur Vargas, est-ce là la manière désirée pour être puni de votre insolence ? »
 
Ce regard émeraude. Cette manière de sourire… Des crocs se referment violemment sur mon oreille…

 
« Puta de mierda !! »
 
Je me réveille en sursaut, repoussant la masse posée sur mon épaule avec force tout en me relevant, affolé. Madré de Dios … Je me passe une main sur le visage et fait face à mon Hibou, mécontent d’avoir été ainsi jeté par celui qui est censé prendre soin de lui.
 
« Bordel Lluvia ! T’es complètement malade !
- Vargas ta gueule ! Y en a qui dorme ! »
 
Je serre les dents, choppe ma baguette et ensorcèle le tour de mon lit afin que les sons ne s’y échappent pas. Lluvia, un grand – trop grand – hiboux noir ébène, m’assassine de son regard jaune-orangé.
 
« Eh, m’regarde pas comme ça, cretino… t’aurai réagi comment à ma place si le corps voluptueux de Jenkins avait laissé place à celui de Hunt dans ton rêve ? Dios… »
 
Oui parce que si Jenkins et moi étions en train de s’embrasser à pleine bouche dans mon rêve, prêts pour un échange torride… je ne sais pas pour quelles raisons mais Hunt est venu prendre sa place. Un long frisson me parcoure. Pas que la prof de Divination ne soit pas potable…. Bien au contraire, en général l’âge m’importe peu et puis, ce sont toujours les plus âgées qui en savent le plus et qui sont le plus douées, c’est bien connu. Mais là, c’est ma prof. Et puis bon, c’est … j’sais pas, c’est un peu glauque. Ou pas. Qu’est-ce qu’elle venait foutre là d’ailleurs ?
 
Je regarde Lluvia… Mierda. C’est pour ça qu’il est là. Je lui ai donné la mission de me réveiller dès 5 heures du matin et même si la gueule de bois prise avec Ryans Vendredi soir a été violente, ce matin je me sens mieux. Mais justement, là n’est pas le but. J’ai rendez-vous à 8h dans le bureau de Hunt – c’est peut-être pour ça qu’elle était dans mon rêve d’ailleurs – pour ma retenue… Si je mange comme un porc et pars courir derrière comme un malade, il y a de forte chance que je vomisse et que je me retrouve à l’infirmerie pour ainsi, être exempté de mes deux heures de retenues…. Et bien évidemment, avoir l’occasion de dormir non loin de l’infirmière Cool
 
Ouais, merveilleux programme. Je me masse le sommet de mon oreille gauche avec une grimace. Il n’y a pas été molo ce petit con. J’ouvre mon tiroir et en sort une friandise que je lui jette. Lluvia la rattrape avec avidité avant de secouer ses grandes ailes d’un air content.
 
« Ouais ouais, la prochaine fois que tu me fais si mal, tu pourras faire une croix dessus mon vieux ! »
 
Je me lève et lui offre une caresse sur la tête. Avec Lluvia j’ai toujours été comme ça et inversement. Ce sont nos caractères qui font que j’aime plus ce hibou que je ne laisse paraitre. Cadeau de Camélia pour mes 9 ans. Depuis, il ne m’a jamais quitté. J’crois qu’en réalité c’est le seul réel ami que j’ai. Sortez les mouchoirs.
 
Je m’étire et enfile ma tenue de sport. Je dévale les escaliers jusqu’aux cuisines où là… je me goinfre. Littéralement. Poulet, gâteaux, jus de fruits, bref. Tout ce qui me passe sous la main. Ça tombe bien, j’ai une faim de loup et en plus, hier c’était la pleine lune. J’crois que c’est pour ça. Tu vois Ryans, j’suis presque comme toi. Tous les stratagèmes sont bons pour éviter deux heures de colles, pour dormir et se faire dorloter par celle que l’on surnomme « Rina ». C’est le ventre bien plein que je me faufile en dehors du château… je ne sais plus à quelle heure est le couvre-feu mais honnêtement… est-ce qu’on en a quelque chose à foutre ? Non. Puis j’fais ça pour la bonne cause vous savez. Rina, doit sûrement manquer de compagnie là-haut, faut bien que quelqu’un se dévoue.
 
Je ne sais pas mais ce qu’il s’est passé, mais depuis ma discussion avec Cameron et ma soirée avec Ryans, faut croire que je me sens plus … libre ? Léger ? Je n’en sais trop rien, mais un truc c’est décoincé. Ma douleur pour la disparition de Camélia est toujours là, tapi au fond de moi, prête à surgir à la moindre occasion, mais c’est comme si je contrôlais un peu mieux les choses. Et puis, y a aussi Maxime. Maximus. Maxichiante. Au choix. C’est une nana avec qui j’aime bien passer mon temps, quand ni elle, ni moi, ne ressentions le besoin de jouer les associables. Puis, elle râle souvent mais elle est bonne joueuse. Bref, pour le moment j’ai autre chose à foutre que de redorer l’existence de cette casse-burne. Je dois vomir mon petit déjeuner… A más tarde !
 
Je sais pas quelle heure il est, sûrement pas loin de 6 heures et ça ne fait que 5 minutes que je cours que déjà je ressens une légère nausée. J’ai l’esquisse d’un sourire. Bah voilà quand tu veux ! Je trottine non loin de la forêt interdite, concentré sur les bruits que la naturaleza m’offre mais aussi sur la lourdeur de mon estomac qui menace bientôt de tout renvoyer sur l’herbe si verte du parc.
 
Mon pas ralenti, puis s’arrête net. Je glisse ma main dans la poche de mon jogging, attentif, l’oreille aux aguets. Si j’ai cru une seconde que les grognements provenaient mon estomac, je suis maintenant certain que ça n’est pas le cas. Je reste attentif. Les sons proviennent de l’orée de la forêt et … c’est pas que j’sois le genre de mec à flipper pour rien comme une fille mais j’ai entendu assez d’histoire pour être réticent quelques secondes, avant de me décider d’approcher de la lisière. Je saisis ma baguette entre mes doigts, écoutant une énième fois les sons… Des râles étouffés… étranges. Mi-animal, mi-humain. Et cet espèce de craquement … Comme si… Non, impossible. C’est dégueu bordel, qui pourrait avoir les os craquent comme ça ? Car c’est comme si tu en fracassais un contre la roche.
 
« Eh… y a quelqu’un ? »
 
Je suis resté comme ça, comme un con, sans bouger, les sens aux aguets. Ma main crispée que ma baguette, je sais pas ce que je dois faire. Si je dois me tirer ou rester, chercher à savoir d’où ça vient.
C’est digne d’un film d’horreur car c’est le genre de sons que t’as pas l’habitude. Les râles que j’entends ne sont pas ceux de l’envie ou de je ne sais quoi d’autre. Non, c’est comme si la souffrance était étouffée. Je sais toujours pas si c’est un humain ou à un animal mais une chose est sûre : Il ou elle souffre.
 
Et si c’était les deux ? Genre mi-animal, mi-humain. Comme…
 
« Enzo ? C’est toi vieux ? »
 
La pleine Lune était pour cette nuit et je sais que ce grand con est un Loup Géant durant ce genre de nuit. Peut-être qu’il est blessé ? Parait qu’on trouve des horreurs que même Merlin n’oserait les imaginer. Et plus les secondes passent, plus j’en suis persuadé. Ryans est blessé et est en train d’agoniser entre deux buissons.
 
« Ryans ? Eh oh répond bordel ! »
 
Je commence à m’enfoncer dans la lisière, souffle court, baguette bien levée devant moi. Je ne réfléchis pas aux risques que je prends car autres que les bestioles qui ornent cette forêt, je risque aussi de me prendre une patte géante droit dans la gueule par Enzo s’il est toujours sous sa forme de loup. Pourtant, je continue de m’enfoncer d’un pas plus rapide car je n’entends plus aucun bruit, ni râles, ni plaintes qui devenaient de plus en plus humaines. Le craquement a lui aussi cessé. Peut-être qu’il est … mort.
J’active le pas, prêt à crier son prénom pour que ce crétin me réponde et qu’il calme mon inquiétude. Ok, c’est pas mon meilleur ami mais les jours et semaines passés à le connaitre ont fait que je l’apprécie un peu plus qu’au premier jour. C’est … un pote quoi. Puis putain, c’est le Capitaine de notre Navire, de notre barrique de Rhum !
 
« En…. PUTA  DE MIERDA !!! »
 
Un grand corps, aussi grand que le mien, surgit de derrière un arbre et se plante devant moi. Cheveux longs, noirs comme la nuit, des cernes sous les yeux. Et surtout, vêtue uniquement d’un tee-shirt, qui laisse paraître de longues jambes blanches et salit par la terre. Il doit faire facilement 2 degrés, voir zéro et … merde.
 
« Putain qu’est-ce que tu fou là Jefferson. Tu m’as foutu la trouille bordel. »

Je la regarde de la tête aux pieds, d'un œil suspect... J'ai cru que c'était Enzo entrain de souffrir, de se transformer ou j'sais pas quoi d'autre. Avec ces râles animales, parfois humains. Mais ce que je trouve en face de moi c'est Maxime, cernée, vêtue uniquement d'un tee-shirt, le visage un peu sale et les jambes noires de terres, quelques feuilles collés aux tibia. J'aurai pu lui balancer une vanne du genre « Si tu voulais m'sauter dessus pour une nouvelle baise-partie, fallait venir directement dans ma chambre tu sais... » mais j'ai comme l'impression que c'est pas le moment. Et d'ailleurs, j'ai même pas envie de la sortir cette vanne parce que, malgré moi, j'reste un peu perplexe.

« Accio jogging. »

Elle me regarde comme si j'avais dis une connerie.

« Qué ? Tu préfère te balader à poil dans le parc ? »

Le vêtement arrive quelques secondes plus tard et je le lui jette. Elle le réceptionne à peine quand …

« T'es comme Ryans ? »

De la délicatesse avec Jefferson ? C'est comme en avoir avec le Troll du coin.
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MessageSujet: Re: Somebody help her tame this animal - Maxime   Dim 19 Oct 2014 - 14:59

Max,
J’attendais de tes nouvelles, mais elles ne sont toujours pas là, James et moi nous inquiétons de cette absence. Comment cela se passe-t-il à Poudlard ? Tu arrives à faire tes marques ? J’espère que pour toi tout va et ira bien, mais si tu pouvais m’enlever cette incertitude, j’en serais soulagée. Il fait froid ici, je sais que tu ne crains pas trop le froid, mais ta sœur est frileuse, tu le sais bien. J’ai rencontré un garçon il y a peu de temps, il faudrait que je te le présente. C’est un cracmol, mais il travaille malgré tout pour le monde sorcier. C’est un garçon très intéressant, j’aimerais que tu le connaisses. Je parle comme si j’avais quarante ans, c’est très étrange.

Enfin. James et moi nous demandions également si tu y arrives, à gérer, tu sais ? Commences-tu à t’y faire ? J’imagine bien que ça n’est pas simple mais je t’en prie, n’arrête pas le travail. James t’as glissé quelques herbes pour ton tue-loup. As-tu rencontré d’autres lycans ? Comment se passe la cohabitation ? Tiens-nous au courant, s’il te plait, James voudrait vraiment que tu le contactes. Il ne t’oublie pas.

Autre chose, je ne sais pas dans quelles conditions tu es partie de chez Daniel, mais, j’ai été contactée par Alexander. Maxime, tu dois le rappeler, lui envoyer un mot, peu importe même si c’est par mon intermédiaire, si tu veux. Il sait que tu es venue ici, Alex est malin et il est aussi mon frère, rappelle-toi, je ne peux pas lui mentir. Il n’a pas l’air décidé à laisser tomber ses « recherches ». Il a abandonné l’école, sais-tu ? Tout ça depuis qu’il ne t’a plus revue chez papa. Il a trouvé tes historiques sur son ordi. Il m’a dit « t’en devoir une ». Et de te le dire, aussi. Il t’en doit une et il compte bien te rembourser.

Contacte le, ne le laisse pas dans le flou. Il était vraiment affecté mais il a dit de ne pas s’en faire. Je ne pouvais pas l’ignorer longtemps, Max, comme tu ne pourras pas m’ignorer plus encore.

Tu devrais revenir à Noël, je sais que tu n’y crois pas mais nous t’attendons. Bon courage en attendant.

Réponds-moi vite,
K.

PS : Tu peux donner une friandise au hibou ? Le deuxième paquet est pour toi.


C’est étrange, mais ma première réaction a été de prendre ce vieux bic qui traine dans ma poche et j’ai commencé à rayer tous les « Max » écrits par Kristen qui s’obstine à m’appeler ainsi depuis ma naissance. Ce ton maternel me donne envie de gerber mais je ravale l’acidité de ma colère pour écouter un peu le galop de la culpabilité qui tambourine pas loin de mon cœur anormalement sec.
Mes doigts se sont crispés sur le parchemin, instinctivement. Je sais aussi que mes vertiges sont dus à l’arrêt momentané de ma respiration.

Jour de pleine lune, l’animalité latente, prête à exploser, fait vibrer la haine sous ma peau : elle est palpable. Presque perceptible autour de moi. Un autre jour j’aurais pu ignorer encore, ou très bien mettre à sac la volière. Mais pas aujourd’hui. Ma fureur mue, se change elle aussi et décide de se concentrer dans mon ventre sous la forme d’une sphère de glace insondable. Elle laisse place à la peine, peut-être plus lourde encore, qui s’insinue doucement au cœur de l’être, comme un serpent lâche sa substance mortelle, à la simple lecture de son prénom. J’aurais peut-être du l’ouvrir plus tard, demain, après-demain, lorsque l’animal aurait enfin pu ronger sa part d’existence.

Je suis restée là, perdue face au parchemin, excessivement concentrée sur chacun des mots, avant que quelqu’un n’entre et me fasse la deuxième peur de ma vie.

J’ai lâché malgré moi un grognement sourd en me retournant vivement. L’œil aiguisé de Hunt se stoppe dans les miens et un léger sourire se peint sur le côté de ses lèvres. Toujours le même, froid et faussement bienveillant. Elle paraît mal réveillée. Mais mon inspection s’arrête ici, sans un mot je traverse la volière, le regard baissé. Ce n’est que lorsque j’atteins la porte que sa voix s’élève – toujours aussi agréable -, ce qui m’amène à présager le pire.

« Si vous n’allez pas vers eux, ils viendront ici, vers vous. »

Sa voix a elle seule réussit à me flanquer des frissons, mais au-delà de ça, son message me déplait. L’animal tapi au cœur voudrait croquer cet obstacle contrariant il serait malaisé de laisser mon impulsion décider ; alors je tire sur son collier et maitrise le poids de sa hargne. Silencieuse, je reprends ma route avec deux fois plus de conviction. M’éloigner de la civilisation.

Ø

Je sais pertinemment qu’il n’est pas responsable d’oublier le tue-loup. Je suis un danger, je le sais. Mais si cette mixture pouvait réellement faire ce pour quoi son nom la prédestine, tout serait plus simple. L’on dit que chaque transformation est moins douloureuse que la précédente, en tout cas moins longue et plus abordable. Ça ne s’applique pas à mon cas. Chaque mutation me rappelle la première et me marque pour la prochaine. L’élancement dans mes muscles m’empêche de rester calme, j’ai besoin de bouger mais paradoxalement chaque geste déclenche une douleur effilée et diffuse.
Je décide de ne pas l’écouter et de me lever après être restée clouée au lit, tremblant déjà d’avoir à subir cette malédiction. Je suis seule dans le dortoir alors je prends le temps de choisir mes fringues : je ne vais ni au bal de promo, ni en boite, non, je vais me faire écraser par un putain de cabot enragé. Je sais par avance que je n’aurais très peu de prise en main sur le loup cette nuit alors je préfère prendre des trucs qu’il m’est permit de perdre ou déchirer. Je soupire, craque mes articulations puis défait mes bracelets et en particulier dépose la bague d’Alexander. La toucher, la sentir, la porter, comprendre le poids de l’argent, en distinguer la forme, percevoir la gravité qui tire cet objet sur le sol, me rajoute un poids. Un poids salvateur. Lorsque j’ai ouvert le second paquet de Kristen, lorsque j’ai saisi la forme et compris, une fugace vague de chaleur s’est emparée de moi. Bien sur, elle était trop grande pour moi, cadeau trop lourd, mais un simple sortilège de réduction et j’ai pu imposer à mes mains indignes le port de l’objet aimé dès l’instant ou il a été découvert.

C’est sa promesse alors que je l’ai abandonné.

Ø

L’après-midi décline, c’est le moment ou mes « camarades » vont revenir faire chier. J’attrape un sweat, rabat ma capuche et attrape le tout petit sac contenant mes fringues. Je sais qu’il est trop tôt mais ce n’est pas la peine de chercher, je n’aurais pas faim, je serais agressive, alors autant partir tout de suite et s’isoler. Je n’ai même pas envie de faire un tour dans le lit de Matéo. C’est comme si mes yeux se gorgeaient de sang et mon corps de glace. Un rien pourrait me faire exploser en quelques milliers de petits cristaux tranchants.

« Hé ! Tu peux pas faire attention ! »

Je ne réponds pas, inutile de m’engager dans cette voix, je quitte la salle commune des Serpentards en laissant en plan cette abrutie le regard furieux, plantée sur le seuil du dortoir des filles. Heureusement que ça n’est pas Jenkins, sans savoir pourquoi, celle-là, je la sens pas. Lorsqu’elle se pavane avec sa potiche de britannique, c’est plus fort que moi j’ai envie de leur faire un croche-pied. Mais je suis civilisée, m’voyez.
Bref, je quitte la salle commune, descends dans les cuisines et décoche à peine quelque mot aux elfes de maison. J’ai besoin d’un truc à grignoter genre, histoire de faire passer un demi noyau de cerise même si je sais que c’est peine perdue. Du pain, voilà, ça ira très bien. Rapidement ( en réalité je longe les murs ) je finis par sortir. Je sais très bien qu’on est désormais quatre dans ce château à faire une petite ballade au clair de lune une fois par mois et, même si je pense ne rien avoir à craindre avec Enzo ( dans le sens ou on ira pas se chercher de noises quoi ) et Hammershmitt qui fera son boulot de prof « Tout ira bien, je suis là pour faire que les choses se passent au mieux je suis trop beau, trop fort, trop rigide, trop vieux-jeu, j’incarne la puissance allemande bonjour les bretzels ». En revanche je n’ai pas envie de croiser l’autre miss pompon de Charlie Everleigh blablablajesaispascommentjem’appelle, parce qu’elle risque de se retrouver avec mon point dans la gueule et mes félicitations par la même occasion. C’est comme ça, elle non plus je peux pas la piffrer, bien qu’elle ait plus mérité mon mépris que Riley qui n’a, jusque là, pas porté atteinte à mes très larges platebandes.

Tout le monde est au repas et normalement personne dans les couloirs ce qui m’arrange beaucoup et me permet d’être tranquille et rapidement arrivée à l’extérieur. Aucun cabot en vue, aucune Everleigh, juste le ciel qui s’assombrit et la lune qui bientôt va faire exploser l’animal en moi. Dès que je me retrouve le pied dehors, je ressens comme un soulagement ce qui, en parallèle, fait ressortir ce dégoût profond que je m’inspire. Cette ouverture vers l’extérieur, la lune appelle, réduit l’humain en moi, et permet d’ouvrir les vannes de l’animal. Même si la douleur est bien présente, que je suis pâle comme une morte et tremblante comme Parkinson, son rayonnement agit sur moi comme un calmant administré par perfusion. Je déteste cette sensation, et la brûlure de mes larmes vient contraster avec le froid extérieur. Je me fais pitié, je commence sérieusement à douiller, et j’ai envie de vomir. Je laisse tomber le pain, me décolle du mur de l’enceinte du château, et me décide à aller chercher une place, éloignée du monde, éloignée de moi-même. Il est l’heure.

Ø

Serre les dents. Ravale la bile. Un os craque, tente de se remettre en place. Tais-toi, n’alerte personne. Tu ne sens même plus le froid glacial et humide du sol terreux, la chaleur que diffuse ta douleur, chaque craquement qui s’élance dans la totalité de ton corps te brûle. Le contraste est frappant, terrible. Tais-toi ! Tu souffles, gémis, nue au matin, des traces de sang sur ta peau et tu ne sais même pas pourquoi. L’animal a eu raison de toi cette nuit, malgré ton acharnement tu n’as pas mis main basse sur la louve. Elle ne veut plus s’intérioriser, ne veut plus reprendre ta forme : la transformation en est alors deux fois plus longue, deux fois plus douloureuse. Des heures que tu es là, épanchée sur le sol, à grogner puis crier en fonction de qui, entre toi et elle, arrive encore à percer le silence du petit matin. Mais la louve fatiguée, a finit par abandonner le combat. La fourrure grise a laissé place à ta peau blanche.
Tu sens encore les contractions de ton corps se défaire, l’avant ou l’après, tu ne saurais laquelle des deux transformations est pire. Contente-toi de serrer les dents et te taire, tu n’as plus que ça à faire.

Ø

J’ouvre un œil, puis l’autre, la mâchoire crispée, le souffle coupé. Je n’arrive pas à enrayer les sons, gémissements, râles, qui sortent de ma gorge même si je m’efforce de plonger mon visage dans les feuilles. Ça craque, je me crispe, tend le corps, tousse, serre à me faire saigner mes flancs. Mes ongles cassés m’entaillent la chair mais ce n’est certainement pas ce qui me fait le plus souffrir. J’attends. Je ne peux qu’attendre. Mon souffle se calme, la douleur s’effiloche, et même si elle reste vibrante sous ma peau, je me rassure : c’était le dernier os. J’apprends, au fur et à mesure, à comprendre la dynamique d’une transformation, et même si elles sont toutes différentes, je ne peux me tromper. Je reste allongée là un temps, les yeux clos, la température de mon corps commence à redescendre. Mes sens sont encore affutés, c’est autre chose que lorsque je les ferme au quotidien, lorsque j’évite toute expérience lupine. Là, je ne peux pas dire non. Mon corps, mon esprit est ouvert, je respire la fraicheur de ce monde à pleins poumons et perçoit des tons que je ne serais pas capable de percevoir en temps normal. Je sais que si j’ouvre les yeux je verrais mieux que ce que je m’autorise à voir habituellement. Mon toucher, mon intuition, rien ne sera semblable à ce qui fait de moi un humain. Je ne peux me brider. Demain, je reprendrais le contrôle. Ce matin je ne peux lutter contre la nature du monstre à l’intérieur de moi. C’est ainsi que je sais qu’il y a quelqu’un, pas loin. J’entends, je sens. Je reconnais le parfum de sa peau parce que je l’ai côtoyée. Je me redresse doucement, des crampes me rappellent cette nuit affreuse, et constate que la louve m’a laissé un petit cadeau. Mes fringues sont réduites en charpie. Silencieuse, j’attrape le seul truc qu’elle m’a laissé : un t-shirt long. Gloire à la longueur.

Redressée, debout, je fais l’inventaire des parties de mon corps comme si la louve aurait pu en bouffer une partie. L’abruti pas loin crie et me casse les oreilles. Je craque mes articulations, et vais pour partir de l’autre côté quand je me rappelle dans quel lieu nous nous trouvons. La forêt interdite. Je lâche un juron exaspéré puis fais demi-tour. Je me dirige sans regarder spécialement car mes sens tiennent l’opération en main. Je n’ai presque rien à faire. J’ai l’air d’une gueuse du moyen-âge, mes jambes couvertes de terre, mes cheveux emmêlés et le visage entaillé par les branches dans lesquelles j’ai essayé de brouiller mes cris.

« En…. PUTA DE MIERDA !!! »

Mais quelle fillette. J’hausse les yeux au ciel et garde mon air habituellement impassible. Quelle idée il m’a prit de me planter devant lui au détour d’un arbre ? Je regrette déjà d’être là, j’aurais du me barrer et retourner me coucher, oublier toute la colère et la souffrance de cette nuit pour bien dormir.

« Putain qu’est-ce que tu fous là Jefferson. Tu m’as foutu la trouille bordel. »

Il me jauge de son œil vitreux. J’ai envie de lui faire ravaler sa petite gueule de mexicain enjôleur. Il n’a rien de macho ou de séducteur en cet instant mais quand même.

« Accio jogging. »

Je fronce les sourcils, ça me déplait. Je n’ai pas besoin de son aide. Je n’ai besoin de l’aide de personne. Je serre les poings et les plaque contre mes cuisses nues.

« Qué ? Tu préfère te balader à poil dans le parc ? »
« ouais. »

Oh tu parles Maxime ? C’est nouveau ? Tu te sociabilises c’est ça ? Non. Ça, ça risque pas. Le jogging arrive, il me le balance et je l’attrape avec une évidente mauvaise foi. Malgré ma lycanthropie, il fait froid. Je ne lui dirais pas merci. Ingrate comme je suis.

« T'es comme Ryans ? »

Je n’ai même pas enfilé une jambe que ma colère se déchaîne. Je lâche le jogging qui tombe à terre et mes poings serrés m’aident à lui balancer une bonne droite bien placée en biais dans la mâchoire.

« Ta gueule ! »

Je me détourne sans prendre la peine de lui adresser un seul regard, attrape le tissu jeté au sol et essaie de l’enfiler. J’insister sur le mot essayer parce que, tremblante et énervée, j’arrive à peine à l’enfiler, le tirant dans tous les sens. Bien heureusement nous avons une taille similaire et malgré un tour de hanche plus maigre que le sien, le jogging est à la bonne taille.
Comme Ryans, comme Ryans. Si lui ne cache pas sa tare, il n’en est pas de même pour moi qui n’ait aucune envie que la chose se répande comme du petit pain. Et lui là, avec sa tête de connard endimanché, les mains sur sa mâchoire, j’ai envie de réduire sa virilité à néant, ce qui serait une sacrée perte mais j’éviterais pour le coup d’ouvrir la bouche.

« Qu’est-ce-que tu branles ici, t’es venu pour me faire chier c’est ça ? t’es décidément fan de moi ? T’as rien à faire dans la forêt interdite. »

Je fais un tour de nœud au jogging pour qu’il ne tombe pas ( on a pas le même tour de taille ) et me redresse de toute ma hauteur pour m’approcher de lui et la lui imposer.

« Casse-toi Vargas. Fais pas ta fiotte et avance. »
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MessageSujet: Re: Somebody help her tame this animal - Maxime   Jeu 30 Oct 2014 - 8:08

Maxime c’est le genre de nana aussi naturel et brute qu’un rocher que tu te prends en pleine gueule. Elle ne passera jamais par quatre chemins et ne prendra encore moins des pincettes pour te dire les choses. Non, Maxime c’est la réalité en face des yeux, qu’elle te balance comme si elle te disait d’un ton naturel que t’as une sale tronche ce matin. Je crois que c’est en partie pour ça que j’l’aime bien, même si au début, on s’en foutait de l’un et de l’autre : t’es là, tu m’tiens « compagnie » à table pour que personne me fasse chier, merci bonsoir. Mais plus les jours passent et plus on s’allie pour faire des conneries. La dernière en date s’était de mettre du poil à gratter sur le caleçon d’un joueur de quidditch, juste avant l’entrainement…

Bref, Maxime = Réalité. Et cette réalité, elle fait mal parfois. La comparaison avec Ryans ne lui a pas plus, pas plus du tout. Simple déduction de ma part… Lendemain de pleine Lune, gémissement mi-humain, mi-animal, douloureux qui plus est et je retrouve cette Nana à moitié à poil au bord de la forêt interdite, pleine de terre, d’herbe, de feuille alors qu’il fait à peine 2°C dehors… Il ne faut pas être sortie d’une école de surdouée pour comprendre. Enfin .. J’ai peut-être fait rapidement le lien grâce à Enzo parce que je dois avouer que si je savais pas qu’au moins un Loup-Garou trainait dans cette école, je me serais peut-être pas imaginé cette scène.

Ma phrase est à peine terminée qu’elle lâche le jogging… Oh putain ça sent pas …

« Ta gueule ! »

Son poing s’est violemment écrasé contre ma mâchoire et je me suis sentie partir vers l’arrière avant de buter contre quelque chose de dur. Un goût métallique envahit aussitôt ma bouche. Ma tête bourdonne et me donne l’impression d’avoir un million d’aiguille qui me transperce le crâne et la mâchoire. J’ouvre les yeux et ne voit que du blanc, puis des couleurs qui se mélanges, une terre qui tourne violemment et la douleur qui ne cesse pas de s’accroitre. Cette petite conne à une putain de droite qui sonnerait même un camionneur. Mon dos appuyé contre ce qui soit être un arbre, je secoue la tête comme pour me remettre les idées en place et ça ne marche qu’à moitié. Mes doigts frôlent ma mâchoire en surchauffe, ouvre la bouche pour voir si rien n’est cassé…

« J’prends ça pour un oui … »

Elle finit d’enfiler mon jogging qui, en serrant un peu le cordon, lui va quand même. Ça m’apprendra à vouloir lui donner un coup de main à celle-là. Le pire c’est que son geste me semble presque normal : C’est Maxime quoi. Maxime qui est vexée que son « pote » de cantine ait découvert qu’elle aussi se transforme en grosse bête poilue les nuits de pleine lune. J’ai visiblement le don pour m’entourer de Loup-Garou. Remarque ça ferait de bons gardes du corps.

« Qu’est-ce-que tu branles ici, t’es venu pour me faire chier c’est ça ? T’es décidément fan de moi ? T’as rien à faire dans la forêt interdite. »

Elle s’approche, se dresse de toute sa hauteur, se voulant menaçante. On aura décidément tout vu. En plus d’avoir une droite d’un boxer, elle est grande avec un de ces regards noirs qui pourraient vous glacer le sang. Je la regarde, droit dans les yeux et me redresse à mon tour, sûrement moins imposant qu’elle mais rien à foutre.

« Casse-toi Vargas. Fais pas ta fiotte et avance. »

Je lâche un petit ricanement en crachant sur le côté, un filet de sang.

« C’est pas parce que t’as une droite digne de Mike Tyson et que tu te transforme une fois par mois en un loup géant que j’vais me chier dessus face à toi Jefferson. Et ouais, j’suis fan de toi, j’avais trop envie de te regarde pleine de terre, ça m’excite, tu comprends… »

Je me frotte la joue encore endolorie par son coup, sans la lâcher du regard.

« T’es vraiment une chieuse sans déconner, t’as failli amocher ma jolie p’tite gueule. »

Je commence à entamer les premiers pas pour sortir de cette forêt qui grouille sûrement de bestioles bien plus flippante qu’un loup-garou affamé, entendant Maxime suivre mon pas, toujours avec cet air mal-aimable. J’ai encore la tête qui tourne un peu, elle m’a complètement sonnée cette conne. Je me dis qu’en même temps j’ai pas été des plus délicats mais elle voulait quoi, que je sorte mes yeux d’acteurs, sourcils froncés, le regard suspicieux : « Maxime… Je crois que je sais ce que tu es, j’peux t’aider à affronter ça, on peut y arriver, ensemble ! ». Sérieusement… Même avec ce scénario je la vois me coller son poing dans ma gueule.

Je me retourne un peu vers elle :

« Dire que j’étais là comme un con à m’inquiéter de savoir si quelqu’un était en train de se faire bouffer… ça m’apprendra. »

Nous arrivons rapidement à la lisière de la forêt, avec pleine vue sur le château et le soleil qui commence doucement à s’éveiller. Il caille, de la fumée s’échappe de ma bouche et je sais pas comment fait Maxime pour seulement frissonner. Enfin, maintenant si, je sais. Putain … Jefferson un loup-garou. Quand même, j’étais loin de m’en douter mais ça explique bien des choses. Comme sa peau brûlante et sa force peu commune. Pas non plus surnaturelle, mais plus appuyée qu’une frappe normal. J’dirais même que si cette nana s’acharne sur quelqu’un, elle serait capable de le tuer.

Nouveau regard, je sors mon paquet de clope, m’en allume une et le lui tend :

« Tu sais, je m’en fou hein et j’en parlerais à personne si c’est ça qui te dérange. »

Que tu comprennes bien que de tes oreilles pointues et ta queue touffue, je m’en balance. Même si j’ai quelques questions qui me brûlent les lèvres, peut-être parce que je suis plus proche de Maxime que n’importe qui d’autre dans ce château de merde.


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MessageSujet: Re: Somebody help her tame this animal - Maxime   Sam 8 Nov 2014 - 23:05

Je crois que quelque chose me défait chez Matéo. Sa constante arrogance peut-être et à vrai dire je ne crois pas être en état pour supporter de le voir faire son malin. Là, bien droite face à lui, je me dis qu’il sera peut-être assez intelligent pour capter le message mais rien n’est moins sur avec Vargas, en ce qui concerne le cerveau. J’ai juste envie de lui arracher chaque ligament ¬— à la main —, un par un, mais au de lieu de ça, je serre les poings. Je ne cèderais pas à l’animalité, à la brutalité aveugle de la louve excédée par mes coups de colliers continuels.
Et dire que le latino essaie de se redresser, j’aurais presque envie de rire si son impertinence ne faisait pas obstacle à la fierté lupine encore vibrante, là, sous ma peau. Je frissonne de dégoût sous mon pull. J’ai besoin de me cacher pour chialer comme une gosse.

« C’est pas parce que t’as une droite digne de Mike Tyson et que tu te transforme une fois par mois en un loup géant que j’vais me chier dessus face à toi Jefferson. Et ouais, j’suis fan de toi, j’avais trop envie de te regarde pleine de terre, ça m’excite, tu comprends… »

Je n’affiche aucune envie de rire. Il ne comprend pas et ricane, toujours la même chose, mais ce sujet est trop sensible, trop délicat, je veux juste qu’il ferme sa putain de petite gueule. Je crois qu’en temps normal je l’apprécie. Mais il est particulièrement débile : faire une ballade dans la forêt interdite, c’est aussi inconscient que de faire chier madaame Llanos : cris, épouvante, bref, trop de bruit. Pourquoi ne l’ai pas planté en plein milieu déjà ? Ah oui : ma conscience. Abrutie.
Mais je préfère ne rien répliquer, me contentant de lui indiquer la marche à suivre d’un regard très agréable, lui faire comprendre que s’il ne bouge pas je le plante là avec une jambe en moins pour qu’il cesse de se pavaner. Oui, tout ça dans un regard.
Il parade encore un peu puis commence à s’éloigner. Je pousse un soupire, sa présence dans mon espace vital devient un poids, lourd et ingérable. Besoin de place et de solitude. Il avance de quelque pas, je prie pour qu’il se taise et, je le suis. Au début ça ne me choque pas puis, je me dis que je ne suis pas une suiveuse. Peut-être que la louve non plus. Sans dieux, ni maîtres. Du coup mes pas me guident —presque— inconsciemment à côté de lui. Je ne serais pas derrière toi même si tu m’as couvert les jambes ; ça ne vaudra jamais mon corps incliné. Je ne l’ai pas remercié. Mais il le sait, Jefferson ne dit jamais merci. Ce serait comme le demander en mariage.

« Dire que j’étais là comme un con à m’inquiéter de savoir si quelqu’un était en train de se faire bouffer… ça m’apprendra. »

C’est toi que j’vais bouffer si tu continues.

Je pousse un soupir, je ne lui adresse aucun regard, au bord du gouffre.

« Depuis quand tu t’inquiètes d’autre chose que ta très chère virilité et tes gonzesses ? T’as pris des leçons d’altruisme ? »

Mon regard se perd dans la forêt, j’essaie de contrôler ma colère, qui grimpe à chacune de ses paroles. En temps normal rien de ce qu’il dit ne m’aurait dérangé, mais pas ce matin. Qu’il se taise, je le lâche à la lisière du bois et basta. Je ne veux rien savoir de ses motivations, il n’aura pas ma reconnaissance si c’est ce qu’il cherche : juste mon genoux dans ses parties.

Un instant mes pensées vont vers les autres. Je ne me souviens pas de cette nuit. Si j’ai voulu en amocher un, je n’ai aucun souvenir. L’animal partiellement incontrôlable. Je serre les poings, ce que je pense déplait au cabot dans ma tête. Je sais qu’elle est là, pas le moins du monde fatiguée par les exploits lupins de cette nuit. James m’a toujours dis que tant que je ne l’assimilerais pas, tant que nous ne vivrons pas en « hamonie » ( quel mot à chier ), rien ne sera plus dur à vivre. C’est peut-être con, peut-être que je m’inflige moi-même ces souffrances, que je m’astreins à un mode de vie négatif. Mais c’est comme ça, je n’ai aucune justification à donner. Je préfère payer le prix fort plutôt que de laisser cette bête immonde parler à ma place. Combien de fois ai-je voulu en finir, et combien de fois ai-je été trop misérable et lâche pour ne pas porter le coup final. C’est comme ça. Chaque post-transformation est irrémédiablement un calvaire pour moi : enfermer la bête dans une cage à l’intérieur d’une première prison charnelle. Les instincts sont là, et remettre la bête dans sa boite n’est absolument pas une tâche aisée. C’est pourquoi je suis incapable de supporter quoi que ce soit de travers cette période là. Oui oui, plus qu’habituellement, c’est possible.
Et je suis très sensible sur le fait d’en parler. Ça me jette dans les rouages infernaux de la fureur et la violence. Je sais que j’en suis pleine. Trop de monde sait, désormais. Je suppose que l’équipe enseignante, dont Hammerschmitt, est au courant, enzo + miss evercharlie et désormais Matéo. C’est-à-dire trop de monde. Plus ces maudits gardiens à la mords-moi-l’nœud. Je lâche un soupir alors que nous arrivons à la sortie du bois. Il sort son paquet de clope, s’en allume une. Je ne bouge pas.

« Tu sais, je m’en fou hein et j’en parlerais à personne si c’est ça qui te dérange. »

Ce n’est pas moi qui réagis, ce n’est pas moi qui lâche la bête, mais c’est trop tard. Chaque mot est de trop, s’incise dans mon cerveau et déclenche la colère. Avant même que je ne puisse brider l’animal, ou l’humain, Matéo se retrouve plaqué contre un arbre. Ma main gauche a chopé son cou et le retient pour qu’il cesse de bouger, ma main droite a récupéré sa cigarette, levée, le bout incandescent dirigé vers son visage. Le paquet de clopes est au sol, mais je n’y prête pas attention : j’ai mal au crane, ma respiration est courte, mon cœur bat à une vitesse plus affolée que la normale pour un lycan, et mes membres tremblent presque avec subtilité. Un putain de grondement sourd s’échappe de ma gorge, je me sentirais presque imploser, déchirée entre dégoût et colère. Cette promiscuité animal-homme est de trop. Je voudrais m’arracher la peau, courir, me barrer, mais mon corps ne réagit plus à l’instinct humain, et je suis incapable de bouger un membre.

« Il n’y a pas de « je m’en fous », ni de « ça » ! Y’a RIEN t’entends ! Absolument rien ! »

Serre les dents Maxime, contrôles toi. Lâche-le, tait l’animal.
C’est plus fort que moi.

« Y’a rien à dire ! Si tu t’exprimes, crois-moi, je t’écrase Matéo, J’T’ECRASE ! »

Et contre toute-attente, je le lâche. Le laisse sans ménagement, les dents serrés, mon crâne me lance avec violence, et la lumière du jour qui se lève, rasante, n’arrange pas ces maux lorsqu’elle atteint le prisme de mon œil. J’essaie de me contrôler. Je tremble, et tente de paraître naturelle, comme si cela pouvait encore servir à quelque chose. Mais ma carrure crispée, mes épaules remontés et mes poings, dont le droit qui a écrasé la cigarette, sont serrés à m’en blanchir les jointures. Le grondement de la louve s’est éteint à la seconde même où mes doigts ont quittés la peau chaude du latin. Je suis partie en vrille, l’espace d’un instant. Et même lui ne méritait surement pas cette démonstration de violence. Je me déteste, mais je suis incapable de quitter là maintenant cet endroit. La terre tourne et je préfère poser ma main contre un arbre pour souffler, une, deux fois, tout l’air de mes poumons rejeté avec force.

T’es qu’un tas de merde ridiculement animal Maxime Alice. Un chien enragé. Il faudrait penser à t’faire piquer.
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MessageSujet: Re: Somebody help her tame this animal - Maxime   Dim 9 Nov 2014 - 17:47

« Depuis quand tu t’inquiètes d’autre chose que ta très chère virilité et tes gonzesses ? T’as pris des leçons d’altruisme ? »

Là, elle commence à me gonfler la Jefferson. J'ai rarement rencontré quelqu'un qui manquait autant de reconnaissance. Elle me fait chier avec ses manières, okay c'est un loup-garou et alors ? Qu'est-ce que j'en ai à foutre, c'est pas ma vie qui change et j'irai pas lui cracher à la gueule pour ça. Si elle a envie que je fasse comme si j'le savais pas, ça peut aussi se faire mais Dios, qu'elle arrête de grogner comme ça, sans déconner.

En réalité, je suis bléssé dans mon estime pour la simple et bonne raison que je me suis réellement inquiété, comme un pauvre couillon et que s'il était arrivé quelque chose à Ryans ou alors, ici, à Maxime, j'en aurai été affecté et ça, puta ça m'emmerde. La douleur d'avoir perdu Camélia aurait dû me vacciner contre toutes ces conneries d'attachements, « tu peux compter sur moi », « t'es l'une des seules qui compte à mes yeux », bref, tout ce ramassi de connerie qui nous rendent faible et vulnérable. Et puis, faut voir le résultat maintenant... Avec une meuf comme Maxime tu pourrais lui avoir sauvé une jambe ou un bras qu'elle trouverait le moyen de te renvoyer chier.

Malgré tout, je ne relève pas. Parce que j'ai cru comprendre qu'un lendemain de pleine Lune, les Loup-Garou étaient du genre grognon et fatigué – Merci Prof Ryans – alors je respecte et je ferme ma gueule, pour une fois. Et pour la « rassurer », je lui dis simplement que je m'en fou de ce qu'elle est et que j'en parlerais à personne, si c'était ça qui la dérangeait dans cette histoire. Je suis peut-être un vrai connard mais je suis loin d'être un de ces mecs qui balancent ce genre de connerie à n'importe qui.

Ma phrase est à peine achevée que je me sens propulser contre un arbre, dos à l'écorce où une vive douleur me transperce la colonne vertébrale. Deux secondes ont suffit pour que Maxime m'immobilise par le cou avec sa main, ma cigarette entre ses doigts et le bout incandescent à quelques millimètres de mon visage. Mon cœur cogne avec une violence que je ne lui connaissait pas, retenant ma respiration, mon corps tendu comme un arc. Maxime me fusille de ses yeux de glace qui me transpercent. Un grondement sourd absolument terrifiant surgit du profond de son thorax et de sa gorge et putain, elle me fait flipper comme jamais.

« Il n’y a pas de « je m’en fous », ni de « ça » ! Y’a RIEN t’entends ! Absolument rien ! »

Je ne prononce pas un mot, faisant face à une folle furieuse prête à me cramer la gueule pour simplement lui avoir dit que j'en avais rien à foutre de son putain de statut de Loup-garou. Sensible sur le sujet Jefferson ? Visiblement oui et merci, j'l'ai bien compris. Maintenant lâche moi que je te démonte ta sale petite gueule, mierda ! Je ne supporte pas que l'on me touche et encore moins comme elle le fait. Elle serre un peu plus son emprise autour de mon cou sans pour autant m'étouffer et je sens dans son geste, une lutte pour ne pas provoquer de douleur. Mais ça aussi, j'en ai rien à foutre. Je sais la force de Maxime qui, aujourd'hui, s'explique bien mieux qu'il y a un mois. C'est un putain de délire. Elle me donne l'impression que l'animal n'a pas totalement quitté son corps, qu'il est encore présent, éveillé quelque part en elle. Ce qui serait logique si ce que j'ai entendu tout à l'heure était la fin de sa transformation...

« Y’a rien à dire ! Si tu t’exprimes, crois-moi, je t’écrase Matéo, J’T’ECRASE ! »

Réactions en chaînes. Ses mots me frappent, ma colère augmente à vitesse grand V, mon sang n'étant plus qu'un amas de magma prêt à exploser. A la seconde même où elle me lâche et s'écarte, mon poing part droit dans sa mâchoire, avec une force que je ne retiens pas, aveuglé par la colère et l'agacement. Histoire de te remettre les idées en place. Une douleur me traverse les phalanges mais j'en ai rien à foutre. Je viens de frapper une fille et de ça aussi, j'en ai rien à foutre. Aucun mots ne sort d'entre mes lèvres dont ma mâchoire est serrée à m'en faire mal. Tu me casse les couilles Jefferson, putain que tu me les brises.

Je regarde Maxime reprendre contenance, se redresser, une main sur sa mâchoire, me fixant toujours de son regard de glace.

« Maintenant, on est quitte. »

Mon ton est froid et mes mots sont un rappel à la dernière fois où tu m'en a foutu une dans la gueule. Mais aussi parce que tu me fais chier sans raison valable. J'ai envie de lui cracher ses quatre vérités à la gueule, que si elle préférait quelqu'un qui lui crache dessus et qui hurle dans tout le château que c'est un putain de monstre, y  avait pas de problème, c'est pas ce qui manquait dans cette école de merde. Sauf que moi, j'suis pas comme ça. J'suis un gros connard, mais j'suis pas comme ça. La lumière du jour commence doucement à se faire une place.

« J'ferme ma gueule, tu ferme la tienne. On en parle plus. »

Sans préambule, pour souligner que désormais nous étions quitte. Je ne parlerais plus de ce qui fait d'elle un animal une fois par mois mais il était hors de question que je la laisse me grogner dessus comme elle l'a fait, sans réagir. Et puis merde, j'suis pas son clébard. Je récupère mon paquet de clope au sol, en sort une et me l'allume entre mes lèvres avant de lui jeter le tout. Non je ne suis pas rancunier, les choses ont été mises au clair et on s'en fou de la manière dont ça a été fait. C'est pas une nana lambda que j'ai en face de moi, mais Maxime. Qu'on se le rappelle.
J'commence à mes les cailler. Je lui tourne le dos et entame la marche jusqu'au château, entendant ses propres pas suivre les miens.
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