AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 7940
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James   Jeu 2 Oct 2014 - 23:56

Lundi 1er Décembre 2014 – En soirée
Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight



James & Ismaelle

Journée ordinaire, remplie de cours et autres activités diverses. Le mois de décembre est arrivé, le froid avec lui mais ça ne me dérange pas, pas le moins du monde, au contraire. Je suis Irlandaise, une partie du sang qui coule dans mes veines et Vénézuélien, ça n'a probablement aucun rapport mais je m'adapte a peu près facilement à tous les climats. Une chose est sure, je suis heureuse de revoir l'hiver, quand bien même je n'ai rien contre l'automne – d'ailleurs techniquement nous sommes encore dedans – ni même contre le printemps et l'été. Chacune des saisons à sa propre saveur, je les apprécie toutes autant l'une que l'autre même si … Je pense néanmoins avoir une petite préférence pour le printemps. C'est là que tout renait, la nature se réveille, les créatures donnent naissance à leur progéniture et c'est plein de couleurs et de vie partout. Après l'hiver c'est comme une renaissance pour tout et tout le monde mais chaque chose en son temps. En attendant je suis pressée de voir les premiers flocons de neige.
Le point météo, c’est fait ! De quoi est ce qu’on parle maintenant ? De Owen qui m’a fait souffrir ce matin en me faisait faire deux fois plus d’abdos et de pompes que d’habitude, de Enzo avec qui j’ai eu un fourir après le cours des 6ème année ce midi, de Mila et Taska qui m’ont toutes les deux fait un gros câlin, de Fenrir qui est une grosse boule d’amour, de Fly et Mephisto qui ont l’air d’être de sacré potes malgré la différence de taille, du Chien-A-Cœur que j’ai eu le bonheur d’apercevoir au levé du jour entre les arbres de la forêt alors que j’étais à la recherche d’une plante dans les profondeurs de la forêt, de Victoria et Rina qui sont des filles géniales même si la première a décidé de quitter son poste pour retrouver sa famille et sa vie. Et puis de tous les autres, bien sur. Logan, Maxence, Everett, ou même Takuma, Sovahnn et tous ces gosses adorables. Inspiration, expiration. J’ai toujours ce truc, cette épine dans le creux du cœur, mais c’est bon d’être à la maison.

Dans tout ça il y a malgré tout des ombres au tableau, une tension qui s’apaise un peu mais qui est monté en flèche il y a quelques jours. Le 26 novembre, plus précisément, qui est aussi le jour de mon anniversaire. J’ai eu 28 ans, et notre monde a failli s’écrouler à nouveau. Fausse alerte ? Bonne anticipation des gardiens ? Je sais que Logan mène l’enquête comme il le peut grâce aux contacts de confiance qu’il a à l’extérieur mais personne – je pense – ne s’enlève de la tête que le danger rôde et que tout n’est peut être qu’une question de temps, de sursis.
Pour le reste, j’essaie de faire la part des choses comme je le peux. Owen m’aide beaucoup à me changer les idées même s’il ne parle pas beaucoup. Ça n’est pas de ça dont j’ai besoin de toute façon, pas venant de sa part. Il m’aide à me remettre en forme et je dois avouer que même si je peste contre ses méthodes légèrement … dures, les résultats sont là. La présence d’Everett entre ses murs à quelque chose d’apaisant aussi, et je ne parle pas de Vicky et Rina qui sont ma petite touche parfaite de féminité parmi tous ces mâles. Logan m’aide aussi à sa manière, en me permettant de l’aider à gérer le château, ce qui m’occupe, et en étant resté le même avec moi. Il ne prend pas de pincettes, il ne me traite pas comme une petite chose fragile. Quant à Maxence … Je ne sais plus trop. Quelque chose s’est brisé en lui quand … Je n’ai pas envie de penser à ça, pas maintenant.

21h. J’ai laissé Fenrir à Enzo dans la salle du Club de Duel où le jeune Gryffondor était entrain de s’entrainer et je me promène seule dans les couloirs. J’ai besoin de ses moments de calme, rien qu’à moi, histoire de ne pas avoir à lire tout ce que je peux lire dans le regard des autres. Ça se tassera, je le sais, mais en attendant j’ai besoin de ça. En chemin je croise Dwayne Lancaster, le responsable des Gardiens, et naturellement un sourire se forme sur mon visage.

« Bonne soirée Ismaelle. »
« Merci, bonne soirée à vous aussi Dwayne et bon courage. »

Echange on ne peut plus rapide et très cordiale, presque solennel, mais … il est indéniablement un homme très charmant. Un homme marié et très professionnel, aucun problème là-dessus. Je ne suis pas en quête de quoi que ce soit, j’apprécie simplement la compagnie d’une personne agréable, ou en tout cas sa présence et son aura. Il a quelque chose de réellement rassurant derrière toute cette fermeté.

Voilà où j’en suis dans ma promenade solitaire, perdue dans mes pensées, quand soudainement un son familier me fige totalement. Des pieds à la tête, de la tête au pied, incapable de faire le moindre mouvement depuis que … depuis que des cris de bébé ont commencé à résonner dans le couloir droit devant moi. D’abord lointain, puis de plus en plus proche. Mon myocarde s’arrête puis repart en accélérant, il me fait mal tant il bat fort. Ça n’est … pas possible, c’est impossible, et si c’est une blague elle n’est vraiment pas drôle. Il n’y a pas d’enfant dans l’école, pas de femme enceinte non plus et peut être qu’une grossesse aurait pu passer inaperçu chez une adolescente pour tout un tas de raison mais … ces cris … ils ne me sont pas étrangers, loin de là. Dans ma poitrine mon cœur se brise, une boule se forme dans ma gorge, rendant la respiration très difficile, mon estomac se serre et mes yeux me brulent. Devant moi, il y a cette petite chose qui gigote sur le sol, emmitouflée dans une couverture polaire. Je tremble, et fais un pas malgré moi, jusqu’à ce que la forme se mette à bouger d’une manière étrange. C’est comme si … elle grandissait. Les yeux exorbités je retiens un cri et stupeur et ma main vient se poser sur ma bouche. Oui, elle grandit, ou plutôt il grandit. J’ai devant les yeux à présent un petit garçon aux cheveux bruns comme la nuit, des yeux tout aussi foncé et des traits de ressemblance que je ne peux pas rejeter. Aucun son ne sort de ma gorge mais intérieurement je hurle.

« Maman ... »

J’aimerai réagir, vraiment, mais j’en suis incapable. Je sais parfaitement ce que j’ai devant moi mais une part de moi refuse catégoriquement de faire quoi que ce soit, de le laisser partir … Les secondes défilent probablement à vive allure mais pour moi c’est comme si le temps c’était arrêté. Il me regarde, et ce que je peux lire dans ces yeux me bris le cœur. Il m’a appelé Maman … Il ne m’appellera jamais Maman …

« A ... Alexander … »

Mon bras retombe le long de mon corps dans un geste anormalement lent, les larmes ont pris leur place et roulent sur mes joues. Ça n’est plus un enfant que j’ai devant moi mais un adolescent. Il est grand, surement aussi grand que son père et la ressemblance est d’ailleurs bien là, ses traits noyés entre ceux de Jakob et les miens. Dur mais tendre à la fois. Il est beau, tellement beau, et moi je pourrais mourir sur place quand son visage s’étire dans une expression de peur, comme s’il savait qu’il ne peut pas … qu’il ne va pas …

« Maman, pourquoi ? »

Passé la peur c’est la souffrance. Il se plie en deux, se tient la poitrine et je devine une douleur atroce lui déchirant le corps. Il a mal, et ça me rend folle. Ça pourrait être un début de transformation, après tout son père est un Loup et même s’il m’a assuré que son fils n’avait pas hérité de sa particularité … Mais au fond de moi je sais que ça n’est pas ça. Jusqu’ici mon Epouvantard était un cœur, juste un cœur qui s’arrête de battre. Aujourd’hui je me rends compte qu’il a changé, et que ce cœur est la chose qui fait défaut à mon enfant. Mon enfant qui s’écroule là devant moi, et je ne peux rien y faire.

« Maman ! »

Je voudrais tellement te prendre dans mes bras, te dire que tout ira bien, que ça va s’arranger et que bientôt tu n’auras plus mal. Je voudrais te dire qu’on sera heureux tous les deux, et que ton père n’est pas très loin. Je voudrais te dire tellement, tellement de choses … Mais tu n’es pas réel … Et pourtant ta souffrance m’atteint comme une flèche empoisonnée en plein milieu de cet organe qui nous a fait tellement de tort à tous les deux.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 782
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James   Jeu 9 Oct 2014 - 12:20

Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight
Ismaelle & James



Lundi 1.12 - En soirée

« James, mon amour. »

C’est une relecture. La troisième. Peut-être, cinq. Je ne sais plus.

«  Tu me manques, le sais-tu ? Chaque jour loin de toi est un peu plus pénible à affronter. J’espère que tu pourras venir me voir pendant les vacances, si tu en as. Et puis… Il faut que l’on se voie, c’est important. Pas seulement parce que tu me manques, mais parce qu’il faut que nous parlions d’une chose, toi et moi. »

Le papier est froissé, la chambre est calme. La seule perturbation au silence est ma respiration. Posée. Tranquille. Mes yeux survolent les mots, ne s’arrêtant qu’à quelques brides de phrases.

«...tu es la personne qui me connait le mieux et tu sais que je ne peux rien te cacher, que je n’y arrive pas, parce que tu es la seule personne en qui je m’accroche, me raccroche. Celui qui m’a fait voir un monde plus colorés par ton sourire de canaille. »

Un sourire, imperceptible, à la commissure de ma lèvre, s’étire.

« J’ai été convoqué par le Dr Hall au centre de Cardiologie, suite à mes résultats. » Mon visage s’assombrit de nouveau.  « Malformation cardiaque »,  «  nous n’en savons pas encore la cause », « J’aimerais pouvoir t’en parler en face », «  venir avec moi au prochain rendez-vous, afin qu’il puisse t’expliquer », « greffe »… Et d’autres encore qui assombrissent mon monde, mes ambitions, mes plans.  

Je replis le parchemin et le dépose avec négligence sur ma table de chevet.

Joyeux 1er Décembre.

Je ne saurais pas tellement expliquer dans quel état je suis. C’est comme si… tout effort partait en vrille. Je me suis forgé, j’ai assumé Luna, notre couple, dans le mensonge, dans l’imposture. Tout ça pour quoi ? Pour qu’elle meurt d’ici quelques mois ? Du gâchis, tout ça n’est qu’un véritable ramassis de gâchis. Je ne peux même pas espérer avoir une descendance correcte, au risque à ce que l’enfant possède lui aussi cette malformation dont on ne sait rien pour le moment. Comme si je ne sais pas si Luna vivra ou si une greffe la sauvera à temps.

Mains sur les hanches, je soupire. Lassitude profonde. Déception. J’ai  placé tant d’espoir en elle. Elle était douce certes, mais de sang-pur et facilement manipulable pour moi, afin d’avoir la liberté nécessaire pour agir. J’ai 28 ans et si elle devait passer de l’autre côté de la barrière, il me restera trop peu de temps afin d’engendrer un enfant digne de mon sang. Et je ne sais pour quelles raisons je ressens un pincement au cœur à l’idée que Luna soit malade… Peut-être était-ce l’habitude de vivre avec elle, de jouer le bon mari aimant. Malgré soi, on s’attache à elle, même si dans mon cas, l’attachement ne représente qu’un très faible pourcentage. Peu importe, les faits sont là : Si elle meurt, ma descendance est foutu. Que dis-je : Elle est déjà foutu. Hors de question que je sème une partie de moi en Luna, pas avec un cœur aussi défaillant.

Elle ne m'ait plus utile... Je me masse les tempes, réfléchissant déjà à une manière de me débarrasser d'elle. Attendre encore quelques temps serait le mieux car peut-être que la maladie fera son œuvre. Tout ça me prends la tête mais surtout, c'est tombé au mauvais moment. J'avais pas besoin de me soucier de ça aujourd'hui, ni en ce moment. Pas que j'ai du mal à trouver des femmes qui veuillent de moi, mais des femmes dignes de mon sang et de mon rang ? Si, c'est déjà un peu plus compliqué vu le mélange immonde qui se profile depuis quelques années. Et cette sensation de malaise qui ne décolle pas. L'espèce humaine, c'est à rien n'y comprendre.

J'ai besoin de prendre l'air, de faire le vide car trop de choses se bousculent dans ma tête et c'est pas ce qu'il y a de mieux pour moi. J'ai déjà commis trop d'erreur dans ce château et je ne compte pas recommencer. J'ai manqué de vigilance, de prudence et surtout de méfiance envers ces gamins et Van Saade m'a bien démontré que j'ai commis le plus gros impairs. Tout n'avait tenu qu'à quelques secondes. Si j'avais mis deux ou trois temps supplémentaires pour réagir et lever ma baguette alors en cet instant, je serais sûrement au fin fond d'une cellule d'Azkaban à cette heure-ci. L'échec aurait été cuisant, dégradant.

Je repense à Luna et la manière dont je pourrais me débarrasser d'elle si la maladie ne fait pas son œuvre. J’éprouve un respect pour elle, léger mais présent … alors, j’essaierai de faire vite et sans douleur. Une malformation cardiaque ? J'ai cru comprendre qu'elles n'étaient pas qu'héréditaire mais que certaines personnes les développaient à cause d'un médicament précis ou d'un autre élément influant. Les aléas de la vie, justement. Mais voyons cela du bon côté… Le mari touché par la maladie de sa femme, peut-être futur veuf, peut m’être utile. Je dois y réfléchir vite et sérieusement.

Je sors de ma chambre et ferme à double tour derrière moi, suivit d’un sort de protection. Avec ce qu’il s’est passé avec Jeroen, je suis forcé de redoubler de vigilance mais aussi de ralentir la cadence et de rester à ma place quelques temps. Certes, il ne devrait plus me poser problème mais il n’y en a pas qu’un comme lui dans cette école et je ne peux me permettre de prendre plus de risques. Un tour dans le Patio ne me ferait pas de mal ou peut-être une balade dans le Parc ? Le froid me remettra les idées en place. Manteau sur le dos et écharpe autour du coup, je descends tranquillement les escaliers. La nuit est tombée mais ça n’est pas plus mal. Elle est celle en qui j’ai le plus confiance. Silencieuse, discrète, apaisante. Elle m’a beaucoup aidé lors de mes crimes passés. Et je sais que je pourrais toujours compter sur ses atouts, en cas de besoin.

Il doit être aux alentours de 21 heures et a cette heure-ci, plus personne ne traine dans les couloirs et c’est un soulagement. Je ne suis pas d’humeur à croiser Gabrieli ou même cette incompétente de Calderon. Enfin, incompétente, pas tant que ça. Mais ses grands airs de Louve protectrice envers les progénitures impures me dégoûtent. La vie porte parfois ses injustices… Donner à ce corps à damner les dieux, un sang aussi sale ? Oui, réellement, la vie est mal foutue parfois.

Luna me revient en tête, comme un rappel. Oui, je suis marié mais tout ça n’est qu’une foutue couverture. Elle ne devait être là que pour renforcer ma crédibilité et donner naissance à une descendance, rien de plus, rien de moins. Mais même en cela, elle n’est pas fichue d’en tenir son rôle. Pourtant, Luna est une femme douce, jolie, un corps attirant et d’une patience que je trouve à la fois extraordinaire et pathétique. J’avoue que parfois, lorsque je partageais la couche d’une autre, il m’arrivait de culpabiliser une fraction de seconde. Parce qu’elle m’a toujours respecté et m’a toujours aimé. Mais est-ce réellement mon cas ? Je ne crois pas. Certes, j’ai de l’attachement pour elle, quoi de plus normal ? Elle aurait pu être mon rayon de Soleil, la femme de ma vie, celle que je chérirais jusqu’à ma mort … mais cette malformation cardiaque en a décidé autrement. Ce genre d’amour n’est pas pour moi. Je n’ai pas été formé toute ma vie pour perdre tout ce que j’ai construit pour l’amour d’une femme. Même pour une femme comme Luna. Ainsi va la vie et nous nous devons de l’accepter. Chacun sa place, chacun son rôle. Et le mien est d’éradiquer cette vermine de cette école, afin que la réalité y reprenne son trône.

Je m’apprête à franchir l’angle d’un couloir, toujours perdu dans ces foutues pensées paralysantes.

« Maman… »

Je m’arrête, intrigué. Maman ? Mon cerveau tourne au ralenti, cherchant ce que ça signifie. Je n’ai pas la souvenance d’une mère et de son fils dans cette école… A part Ismaelle qui était enceinte et qui est revenu il y a peu, sans son enfant. Les bruits de couloirs vont vite et les nouvelles aussi… Plus de ventre rond, plus d’enfant. La vie et ses injustices, vous savez…

Je me colle au mur et jette un œil discret au couloir

« A… Alexander ? »

Oh mais … bonté divine, qui voilà ? Mlle Stoneheaven, pâle comme la mort, devant un petit garçon qui, si j’ai bien entendu, semble être son fils. Hors celui-ci est mort et même s’il ne l’était pas, à moins d’être un être supérieur, il m’étonnerait qu’il ait autant grandit … Ah, en tout cas, ici il vient de subir une poussée de croissance anormale. Je ne vois qu’une chose : Un Epouvantard ou alors un mauvais tour jour par une personne sans cœur. Ne me regardez pas, ça n’est pas moi, pas aujourd’hui. Même si cette idée aurait pu être la mienne…

Je vois Ismaelle, son visage baigné de larmes, au bord du précipice. Concernant son fils, Alexander, je n’en vois que le profil et encore, c’est trop léger pour que je puisse y reconnaitre de véritables traits. Si je me délecte du spectacle ? La souffrance est vraiment… divertissante.

« Maman, pourquoi ? »

Il se plie en deux, mains sur la poitrine, lâchant des grognements douloureux, plaintifs. J’arque un sourcil. Alexander se tient le cœur, comme un homme souffrant d’une crise cardiaque ou …

D’une malformation cardiaque?

Non, ça c’est Luna, son histoire. Pas la sienne à lui. Même si finalement, je n’en sais rien, tout ce que je vois c’est qu’il meurt sous les yeux de sa propre mère qui ne bouge pas, ne dit rien. Terrifiée et terrassée par ce qu’elle voit. Est-ce donc sa peur réelle ? Sa douleur la plus violente ? Voir le fils qu’elle n’aura jamais, celui qui est mort après la naissance. Celui qu’elle ne tiendra jamais dans ses bras et qu’elle ne verra jamais grandir. C’est triste, non ? Je soupire… Je ne peux rester ici sans rien faire, surtout si quelqu’un débarque derrière moi. Je prends contenance, essayant de balayer cette perturbation qui me vrille le cerveau. Les hasards sont troublants lorsqu’il y a deux heures vous appreniez que votre femme risque de mourir d’une maladie cardiaque et qu’en cet instant, la peur d’une autre se matérialise en un enfant qui succombe à une anomalie similaire ? Car même si c’était simplement un cœur trop faible, malade, mal formé, le sujet reste le cœur et je n’aime pas les coïncidences, pas lorsqu’elles prennent cette forme, comme un mauvais présage. Que son fils soit mort, c’est le problème de Stoneheaven. Pas le mien, non. Mais que Luna meurt avant de me donner un enfant, ça, ça me pose plus de soucis.

Je me remets dans la peau du James de tous les jours, glisse de nouveau mes mains dans mes poches avant d’arriver dans le couloir comme si de rien n’était. Je prends une inspiration,  bloque mon regard sur Ismaelle désormais à genoux, en larmes, main sur son propre coeur, face à son fils qui lui, est visage contre le sol. Livide, mort.

« Ismaelle ! »

J’accours, baguette en main, prêt à expédier ce mauvais sort loin d’elle, comme un héros aurait pu le faire dans un de ces films à la con. Mais justement, la vie, ça n’est pas un film où les Héros s’en sortent toujours et où les méchants meurent à la fin. Je ralentis mon pas, non loin de Stoneheaven  lorsque son fils semble reprendre vie. Je marque une surprise non simulée. Ce n’est que lorsqu’Alexander se tourne vers moi que mon cerveau s’enclenche. Ça n’est pas un mauvais sort, mais un foutu Epouvantard. Je n’ai que le temps de m’en rendre compte que le gaillard devant moi rétrécit et reprennent des couleurs. Je sais déjà ce qu’il va se passer et mon myocarde subit une accélération agressive. Le petit garçon devant moi, à peine âgé de 10 ans, porte la couleur et la forme de mes yeux, la couleur de mes cheveux mais… il ressemble traits pour traits à Luna. Et ça, c’est pas prévu au programme.

Mon père me forçait à faire face aux épouvantards, pour me forger, pour que je sache m’en débarrasser rapidement et sans bavure. Si ma peur prenait la forme de mon père lorsque j’avais une dizaine d’année, il a fini par devenir un petit garçon me ressemblant comme deux gouttes d’eau, s’excusant d’être un cracmol, qu’il ne voulait pas salir notre sang comme ça. Mais ici… Merde.

Encore une fois, le temps se suspend, traine en longueur, les secondes s’allongent. Je reste figé sur ses traits et je ne comprends plus rien. Le garçon se met à pleurer, douloureusement.

« P’pa, j’suis désolé… j’voulais pas, c’est pas ma faute. »

Non, non ferme là putain. Le sang-froid, gardé son sang-froid, parce que tout est une question de ça, de sang-froid. Savoir garder son calme en toute circonstance car lâcher la raison une fraction de seconde mène à l’erreur, puis à la perte.

« J’voulais pas être un…
- Riddiculus. »

Ma baguette pointée sur lui, la formule s’échappe de mes lèvres dans un souffle à la fois pressé et lassé. Le garçon devient alors tout sourire sur une paire de roller et glisse en hurlant de joie, droit dans le mur où il s’évapore une brume vaporeuse.

Le silence tombe et plombe le couloir. J’ai un goût amer dans la bouche mais ne me laisse pas le temps de méditer sur ce qu’il s’est passé. D’un air calme et doux, je m’approche en douceur de Stoneheaven. Un genou au sol, je pose ma main sur son épaule, l’autre sur sa propre main.

« Eh… Tout va bien, C’était un épouvantard, il est partie. C’est terminé. »

Voix douce, chaude et rassurante. Allez, arrête de pleurer, ça n’était qu’un épouvantard, ton vrai fils n’est pas là, il est mort, tu le sais non ? Je cherche son regard embué de larmes et affichant clairement une souffrance que seule sa personne puisse connaitre. Je me montre tout de même patient, malgré l’agacement qui se pointe. Ça n’était pas le jour pour que soit obligé d’afficher cet air de saint, prêt à aider son prochain.

Je me tourne vers l’endroit où se trouvait une minute plus tôt Alexander et « mon fils » avant de me concentrer de nouveau sur Ismaelle.

« Je suis désolé pour ce que vous avez vu ... »

Sincère ? Pas le moins du monde. Mais je me force à avoir l’air de l’être. Je garde une main sur son épaule, me voulant rassurant et présent, mais pas de trop prêt, respectant son intimité et son probable besoin d’air et d’espace. Je ne sais pas si elle a conscience que je sois au courant de la mort de sa progéniture mais j’essaie de jouer au mieux le rôle du Gardien venant aider une âme en détresse, mais aussi le rôle de l’homme, soucieux et inquiet de la voir dans un si mauvais état. Alors que l’envie de la laisser ici, sur la parvis du couloir tout en lui lançant un « Cesse de pleurer, tu pourras de nouveau enfanter plus tard… si tu y arrives. » me brûle les entrailles mais je n’en dis rien. Surtout pas, malheureux.

« Est-ce que ça va aller? »

Question qui est visiblement complètement stupide, mais peu importe, elle semble pourtant de mise. Sa douleur est presque palpable et croyez le ou non, elle serait presque entrain de me revigorer. Elle n'est rien pour moi ... mais je dois avouer que lorsque je la vois parler aux élèves, elle me fait parfois penser à Luna. Pour la douceur, je parle. S'en est presque perturbant. Non en réalité, ça ne l'est pas. J'ai épousé la femme la plus banal qui soit, il n'est pas étonnant de la retrouver dans d'autre.

Je tends malgré tout une main à Stoneheaven pour l'aider à se relever, tout en douceur. Son corps en tremble encore d'avoir vu un futur qui n'existera pas. Un geste de baguette et une tasse de café apparait au creux de ma main.

« Buvez, ça vous fera du bien. Et puis avec ce froid, ça vous requinquera un peu. »

Je me montre conciliant, presque protecteur mais pas trop. Je tâche de rester à ma place mais assume mon rôle jusqu’au bout. Ne plus prendre de risque, je ne peux pas me le permettre. Rester sage comme une image. Jusqu’à ce que les tensions s’apaisent.

« Si je puis me permettre, Alexander est un très jolie prénom. Il vous ressemblait beaucoup. »

Mensonge, abus de faiblesse, jeu théâtrale. Toute une formule pour installer une ambiance de confiance, d’assurance, de tranquillité et de chaleur. Comme si en ma présence, elle ne risquait plus rien, sans qu’elle ne se doute une seule seconde qu’elle se trouvait face à l'homme le plus fou de cette école.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7940
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James   Ven 17 Oct 2014 - 17:56

L’horreur. Le chaos le plus total. Cette douleur qui prend forme au creux du ventre, au creux du cœur, et qui vous rappelle qu’elle a finalement toujours été là depuis ce jour où tout à basculé. Lancinant, persistant, mais on fini par s’y habituer je crois, à ce manque étouffant, ou plutôt à la canaliser de façon à reprendre le cours de sa vie parce que rien ni personne ne pourra changer les choses. Neuf mois dans mon ventre, quelques jours en dehors, et une vie entière marquée par son passage aussi furtif fut-il. Et la culpabilité ? Difficile de la maintenir à l’écart, difficile de ne pas en tenir compte quand on a envie de hurler que tout ça c’est … de ma faute. Anomalie génétique, et pourtant aucun de mes parents n’a ce problème alors c’est qu’il vient bien de moi, non ? De moi et de moi seule. Les médecins ont pu me sauver mais j’étais pourtant condamnée dès ma naissance. Une greffe, deux greffes, et puis finalement le miracle comme ils l’ont tous appelé. Pourquoi est ce que ça ne s’est pas passé de la même façon pour lui ? Pourquoi me sauver moi et pas lui ? J’aurai donné ma vie pour sauver la sienne si j’avais pu le faire, j’aurai été prête à lui donner mon cœur, ce cœur qui d’origine n’est pas le mien mais celui d’une jeune fille morte dans un accident de la route, j’aurai pu le lui donner s’il l’avait fallu mais tout s’est arrêté très vite et la vie ne lui a pas laissé la moindre chance. La Magie aurait pu le sauver peut être, ou la Lycanthropie de son père s’il l’a lui avait finalement transmise, mais ça ne s’est pas passé comme ça et aujourd’hui je me retrouve spectatrice de ce que je ne verrais jamais. Bien sur que non je n’ai pas envie de voir mon fils souffrir comme il le fait là devant mes yeux mais il est vivant, il est là, il … n’est pas réel. Au fond de moi je sais très bien ce que j’ai à portée de mains, tout comme je sais parfaitement comment le faire disparaitre mais j’en suis incapable. Le souffle coupée, les jambes qui ne me tiennent plus, je n’arrive pas à me résoudre à le faire disparaitre parce que c’est ma seule chance de le voir vivre, évoluer, grandir … Malgré sa douleur évidente et la mienne, malgré la culpabilité, je pourrais rester ici des heures à ne jamais le lâcher du regard …

« Ismaelle ! »

Reprise de conscience, de l’évidence, de la violence du choc. Réveil brutal et retour à la réalité quand cet homme accourt près de moi, baguette en main. Je ne le reconnais pas tout de suite mais ne m’étonne pas spécialement qu’il connaisse son prénom. Le sien me revient en tête après quelques secondes quand bien même mes yeux fixent le sol et cette forme là devant moi. James. Ça n’est pas une voix familière, nous n’avons que peu de contact voir pas du tout mais aucun des habitants de ce château n’est un étranger pour moi, d’une manière ou d’une autre.
En cet instant je ressens le besoin de retrouver une présence familière, puis que tout s’efface. Maxence, Logan, Vicky, Rina ou encore Owen. Même Jakob. Surtout Jakob. Qui mieux que lui peut comprendre cette détresse, ce sentiment d’injustice et d’impuissance ? Pourtant si je ne doute pas de la présence des autres, la sienne est tout autre chose. Il me fuit depuis que je suis revenue au château il y a quelques semaines et quand bien même j’aimerai que ça ne m’atteigne pas ça n’est malheureusement pas le cas. Je ne peux pas m’empêcher de ressentir de la colère envers lui, sentiment que je ne supporte pas. C’est comme un petit monstre qui vous ronge, qui vous transforme … Et comment ne pas penser à lui alors que ce jeune homme spectral étendu sur le sol et souffrant le martyr reflète quelques-uns de ses traits. Peut être pas pour les autres, mais pour moi c’est une évidence.

Seulement voilà, à mesure que les secondes s’écoulent, cette forme change et en devient une autre. Ça n’est plus la projection de mon fils que j’ai sous les yeux mais celle d’un enfant d’une dizaine d’années, un enfant qui a des traits qui ne me sont pas étrangers sans pour autant être réellement familier, un enfant qui ne me regarde plus du tout mais semble totalement concentré sur l’homme qui vient d’arriver en criant mon prénom. Est-ce que cette vision a le moindre impact sur lui ? De là où je suis-je n’arrive pas vraiment à le deviner.

« P’pa, j’suis désolé… j’voulais pas, c’est pas ma faute. »

Papa ? Quelle était la probabilité pour que ce genre de choses se produise ? Je ne connais rien de cet homme et pourtant, si ce spectre est la représentation exacte de la vérité, je viens d’en apprendre plus sur lui que je ne l’aurai voulu tout comme il en a appris plus sur moi que … Je ne l’aurai voulu aussi. Mais c’est trop tard, le mal est fait. Est-ce qu’il a eu le temps de percevoir nettement les traits du visage d’Alexander ? Je ne suis pas capable de le dire. Et pourquoi cet enfant à l’air si désolé ?

« J’voulais pas être un… »
« Riddiculus. »

Trois secondes plus tard l’enfant disparait en riant, nous laissant ainsi seul et livré à nous même. Au fond de moi je déteste cette situation et des émotions assez contradictoires s’éveillent. J’ai envie d’être seule, je voudrais qu’il parte, qu’il me laisse …
Il est là, à mes côtés, un genou à terre et ses mains sur moi : Intérieurement je hurle. Ne me touche pas. Je garde des séquelles quant à ce qu’il s’est passé avec Jakob un certain lendemain de pleine lune et la proximité des hommes que je ne connais pas et qui n’ont pas mon entière confiance me met mal à l’aise, pire, me place sur la défensive même si je n’en montre rien. Je suis dans un état déplorable, je le sais bien.

« Eh… Tout va bien, C’était un épouvantard, il est partie. C’est terminé. »

Sa voix est douce, le ton est calme, je suppose qu’il tente de me rassurer ou quelque chose dans ce genre là mais ça ne fonctionne pas. Rien ne peu fonctionner et si les larmes se calment là dans mes yeux et sur mes joues, le tempête ne passe pas à l’intérieur, surtout pas dans mon cœur, ni nulle part dans mon corps d’ailleurs.

« Je suis désolé pour ce que vous avez vu ... »

Sans commentaire.

« Est-ce que ça va aller? »

Signe de tête un peu trop hâtif de ma part mais je ne contrôle plus rien et tout ce qui compte pour moi c’est qu’il me laisse. Pourtant ça n’est pas ce qu’il fait, bien au contraire, et je ne tarde pas à me retrouve avec une tasse de café sous le nez. L’odeur me donne la nausée, je n’ai envie de rien mais je sais aussi que je ne suis pas cette personne, que je ne veux pas être comme ça. Agressive, aigrie, sur la défensive en permanence. Ça n’est pas moi.

« Buvez, ça vous fera du bien. Et puis avec ce froid, ça vous requinquera un peu. »

Les tremblements commencent à se calmer, je le sens bien, c’est déjà un début.

« Si je puis me permettre, Alexander est un très jolie prénom. Il vous ressemblait beaucoup. »

Mais une fois encore j’ai envie de hurler … Pourtant tout ce qui sort de ma bouche n’est autre qu’un murmure à peine audible.

« Merci. »

Fébrile, perdue, coincée dans un entre deux assez étrange, je fini par prendre une profonde inspiration, bloquer l’air quelques secondes et tout relâcher avant de tenter de me lever. C’est laborieux, la preuve en est qu’il est obligé de me rattraper légèrement pour m’empêcher d’atterrir sur le sol à nouveau tant mes jambes refusent de me porter. C’est comme si mon corps faisait grève, ni plus ni moins.
Une fois debout je me dégage de son contact tout en essayant de paraitre naturelle et fait quelques pas hésitant jusqu’à un rebord de fenêtre sur lequel je m’appuie avant de pousser à nouveau un profond soupir tout en fermant les yeux et en laissant une de mes mains dans mes cheveux. La migraine fait sa grande entrée, mes yeux me font mal tant ils sont rougit, tant ils ont pleuré. Aller t’en as vu d’autre Ismaelle, non ? Non. J’en ai vu des horreurs, un paquet, mais rien n’arrivera jamais à la cheville de ce que je ressens actuellement. Je sais que je ne suis pas la première ni la dernière à qui s’est arrivée et à qui ça arrivera, je sais qu’on a tous nos fardeaux à porter et je n’estime pas importuner qui que ce soit avec les miens, mais perdre mon enfant est la chose la plus déchirante que j’ai connu jusqu’ici et je sais, je sens, que rien ne dépassera jamais cette douleur. Peu importe la manière dont il a été conçu même si je n’oublierai jamais, même si j’en garderai des séquelles non visibles probablement toute ma vie, je l'ai aimé à la première seconde où j'ai su qu'il faisait partie de moi.

Est ce que je suis du genre à rejeter tout et tout le monde en bloc ? Non. Est ce que je suis du genre à faire passer ma mauvaise humeur, mes émotions, sur les autres ? Non plus, et surtout pas quand ils ne font rien d'autre que d'essayer de m'aider, ce qui est le cas de James. Gardien, collègue de Owen et de Everett, c'est tout ce que je sais de lui mais même si actuellement sa présence ne m'atteint pas comme elle devrait le faire je lui suis néanmoins reconnaissante. Il serait peut être temps de le montrer ...

« Et … Merci. »

Faible sourire, signe de tête entendu, mes bras retombent le long de mon corps et je regarde le plafond quelques secondes avant de me rendre compte que je l'ai laissé en plan avec son café. Le café ça n'est pas trop mon truc, surtout pas avant de dormir, mais est ce que ça ne serait pas mal venu de refuser ? J'ai beau ne pas déborder de fierté mal placée comme c'est le cas de certains il n'empêche que je n'aime pas cette situation, le fait qu'il ait assisté à « ça », qu'il est vu ce qu'il a vu, mais je retrouve une consistance sans pour autant faire comme si tout allait bien, que tout ça n'est pas grave, parce que ça n'est pas le cas et je ne vois pas l'intérêt de prétendre les choses.

« Ça va aller, merci. Désolée mais je suis un peu nouée, je crois que ça ne passera pas. »

Voilà une manière polie de refuser. Je crois que la seule et unique chose que je risque d'ingurgiter ce soir c'est simplement une potion à base de plantes douces pour dormir. A l'heure actuelle ça me semble tellement improbable, comment fermer l'œil et trouver le sommeil après ce qui vient de se passer et les nœuds que j'ai dans la gorge et l'estomac ? Impossible.
Il est là, il m'observe, me regarde, et je ne sais pas trop comment me comporter. Il en est presque protecteur, c'est une sensation assez étrange que je ne sais pas vraiment comment appréhender. Je crois qu'il me déstabilise un peu.

« Est-ce que c’est ton fils ? »

A la seconde même où les mots sortent de ma bouche je les regrette et ça doit se voir sur mon visage. Je me ravise immédiatement sans réaliser vraiment que je l'ai tutoyé alors que ça n'est pas ce qu'il a fait.

« Désolée, ça ne me regarde pas. »

Pourtant les questions commencent à fuser dans mon esprit.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 782
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James   Jeu 23 Oct 2014 - 22:17

Ismaelle n’a pas l’air d’être le genre de femme qui aime être prise dans les bras, cajolée, réconfortée. Et ça n’est pas difficile de le comprendre quand lorsque je montre un intérêt protecteur et inquiet, elle ne semble pas y apprécier la saveur. Ça m’arrange, cela va sans dire. Je ne suis pas tellement d’humeur à venir la réconforter sur la mort tragique de son gamin trop fragile. Je lui dis tout de même que l’enfant avait un beau prénom, elle me dit merci, et s’écarte de moi pour migrer jusque la fenêtre, soupirant, tremblante, une main dans les cheveux. Elle à l’air presque fragile malgré son visage qui se veut serein.

Je tiens toujours le café chaud en main qui répend sa chaleur dans mes phalanges, j'en apprécie la saveur en silence et je dois bien avouer que l'envie de lui verser le café bouillant sur le visage me traverse l'esprit. C'est bien la peine que je m'emmerde à être sympa si en plus elle me laisse en plan.

« Et … Merci. »

J'hausse les sourcils avant de lui offrir un sourire en comprenant qu'elle parle du café... et peut-être de tout le reste. J'en sais trop rien et à vrai dire, je m'en balance un peu mais je joue mon rôle jusqu'au bout. Un étrange malaise s'installe malgré nous, pour la simple et bonne raison que j'ai tout vu de sa peur profonde, que je sais la vérité, du pourquoi son fils est mort. Mais ce qui me gêne en réalité, c'est qu'elle même à tout vu. Du moins, suffisamment pour me mettre dans une position délicate. Nous avons tous les deux vu un gamin, le « nôtre » dans des circonstances différentes pour une histoire différente. J'ai le choix : Soit elle est trop sonnée par la vision qui lui a fait face et elle ne m'en tiendra pas rigueur, soit la curiosité prendra le dessus. Et là, il va falloir improviser. Je ne me vois pas lui dire : C'est un gamin cracmol que je n'hésiterais pas à renier à la naissance si il s'avère être mon fils. Ça ferait décidément désordre...

« Ça va aller, merci. Désolée mais je suis un peu nouée, je crois que ça ne passera pas. »

Je regarde le café, hausse les épaules et le bois doucement. Voilà, un bon café bien chaud, rien de tel pour se remettre les idées en place. Si je n'avais pas réagis à temps, cet épouvantard aurait pu foutre en l'air une partie de ma couverture.

« Je comprends, vous devez être encore un peu chamboulée. »

Gentleman jusqu'au bout des ongles, je ne me laisse pas dépasser par les événements. Qu'est-ce qu'elle doit ressentir en cet instant de faire face à ce gamin qu'elle ne verra jamais. Qu'est-ce que ça lui fait de se dire qu'il est mort, sans vie, enterrer au fin fond d'un trou ou disperser dans l'air que respire certains êtres vivants ?

Qu'est-ce que ça te fais de faire face, chaque jour, à l'idée que plus jamais tu ne le tiendra dans tes bras ?

« Mais c'est dommage, c'est un très bon café. »

Gentil sourire, doux et je lève la tasse avant de boire une nouvelle gorgée. Je l'observe, comme un prédateur guettant sa proie sauf qu'Ismaelle ne voit en moi qu'un gentil gardien, un peu timide, pas très bavard et où son principal rôle est qu'elle et les autres occupants de ce château fasse en sorte que tout se passe bien et qu'ils se sentent en sécurité. S'ils savaient …

« Est-ce que c’est ton fils ? »

… Nous y voilà. C'est là que tout se complique et mon cerveau tourne à plein régime. Lui dire que c'est un frère serait stupide quand le gosse m'a appelé papa. Lui dire que c'est un enfant que je ne voudrais jamais avoir serait foutre en l'air tout ce que j'ai bâti depuis déjà trois mois ici. Je pense à Luna qui aurait aimé avoir cet enfant et je suis certain que même s'il naissait sans pouvoirs elle ne lui en voudrait pas, au contraire. Elle est bien trop douce pour détester qui que ce soit sur cette planète. Si un jour elle apprenait ma réelle identité, elle serait capable de me pardonner en disant que tout ça n'est pas ma faute. Oui, Luna était quelqu'un que l'on appelle de pure, sans une once de méchanceté, généreuse, présente et patiente … Et moi, je me foutais de sa mort prochaine. Oui, parce qu'une personne si faible ne peut que mourir non ? Mon seul problème est que mes chances d'établir une descendance s'amoindrissent.

Et pourtant, au fond de moi, je sens une petite étincelle douloureuse qui me rend furieux. Furieux d'avoir un gramme d'empathie pour Luna. C'est la vie de couple qui veut ça, à force de vivre avec la même personne durant des mois, forcément la nature humaine s'attache un minimum. C'est la plus grande faiblesse de l'homme : Les sentiments, l'attachement. Il suffit de voir Julian ou Jeroen. Cody avec sa sœur, Ryans avec sa fiotte de petit ami.

Bref, je n'aurai jamais d'enfant avec elle, pas dans les années à venir … mais peut-être que par le passé...

« Désolée, ça ne me regarde pas. »

Si j'en avais la possibilité et l'occasion, un sourire s'étirerait sur mon visage. Parce que finalement, la solution n'est pas si compliqué. Je fais un rapide calcule... ça se tient. Mes yeux glissent à l'endroit où se tenait l'enfant dix minutes plus tôt, la tasse de café entre les mains. Le visage fermé, la mâchoire contracté...

« Il avait 8 ans quand il est mort. »

La phrase tombe comme une bombe. Établir un lien avec Ismaelle pourrait m'être utile sur bien des plans. Parce que cette idiote est le bras droit de Rivers et ça, c'est une chose que j'avais eu la stupidité d'oublier. L'approcher elle, serait approcher un peu plus vers Rivers. Prendre d'autres chemins dans ce labyrinthe pour y trouver la faille. Je garde mon regard fixé sur l'espace vide... un court silence. Je me tourne vers elle, le visage toujours fermé, comme si j'étais accaparé par des souvenirs. Et c'est ce que je fais, je m'en fabrique des tonnes. Ce garçon qui m'appelle Papa, qui me demande de venir jouer à cache cache avec lui, pleurant de joie devant son chiot offert à ses 5 ans. Oui, tout cela se matérialise au fil de secondes de mon silence. Les enfants est la faille d'Ismaelle. Un enfant mort, l'est encore plus.

« Il jouait dans notre cours, au ballon, comme tous les enfants de son âge. Nous étions dans un quartier moldu plutôt calme mais nous lui avions formellement interdit de franchir la barrière si la balle passait par-dessus et de venir nous chercher, ma femme ou moi, pour aller la récupérer. »

Nouvelle gorgée de café avant de la faire disparaître d'un geste de baguette, puis mes mains glissent dans mes poches. J'affiche un regard triste à Ismaelle et un sourire pauvre.

« Vous côtoyez fréquemment les enfants et vous savez comment ils sont … ils veulent devenir grand avant l'heure. Joshua n'a pas fais exception … il a pousser la barrière, confiant et content de faire comme les grands. Lorsque je m'en suis rendu compte, il était déjà en plein milieu de la route... Je n'avais tourné le dos que quelques secondes, le temps d'aider ma femme à transporter un carton... »

Je baisse les yeux vers le sol, retenant presque ma respiration, gardant mes mains bien enfoncé dans mes poches.

« La suite... vous vous l'imaginez certainement. Une jeune femme au volant qui ne l'a pas vu venir. Choc. En une fraction de seconde, il n'était plus avec nous et nous ne pourrions plus le tenir dans nos bras... »

Mon bras désigne la place que tenait le gamin imaginaire, Joshua Holt, fruit d'un amour passionné entre deux personnes. C'est dingue tout ce que nous pouvons faire avaler à n'importe qui avec un peu de bon sentiment. En réalité, je dois bien avoué que l'épouvantard me donne un gros avantage.

« Il s'excusait de ne pas nous avoir écouté … Si je l'avais laissé parlé, il m'aurait demandé pourquoi je n'étais pas venu à temps pour l'empêcher d'ouvrir la barrière. »

Je remet lentement la main dans ma poche avant de reposer mes yeux sur Ismaelle, pauvre sourire sur les lèvres de nouveau, yeux brillants mais qui ne pleureront pas. Parce que je suis le mari qui doit soutenir sa femme et l'aider à faire face à cette horreur survenu …

« Ça fera deux ans en Février... Et je connais comme vous cette douleur qui se veut insurmontable chaque jours... mais aussi ce sentiment de ne pas avoir le choix que de faire avec. »

Je plonge mon regard dans le sien, liant ma douleur inexistence à la sienne. Je joue avec les sentiments de cette femme sans aucun remords, mon fils n'existe et même si le sien est réellement mort je continuerais jusqu'à ce que j'obtienne ce que je veux : Une approche avec Rivers.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7940
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James   Ven 31 Oct 2014 - 9:55

Est-ce que j’ai réellement envie qu’il réponde à cette question ? Une part de moi le souhaite effectivement, pas par curiosité malsaine mais simplement pour … Peut être me conforter dans l’idée que je ne suis pas la seule à vivre « ça » même si bien évidemment je ne le lui souhaite pas, trouver potentiellement un semblant de réconfort là dedans. L’autre part refuse d’entendre un mot de plus et me pousse à plaquer mes mains sur mes oreilles pour m’échapper de tout ça d’une façon … complètement puérile, n’ayons pas peur des mots. Et puis lui dans tout ça, de quel droit est ce que je viens remuer tout ça alors qu’il apparait clairement que c’est un sujet douloureux pour lui. Je m’en veux, le malaise s’installe avec le silence mais il se décide à le briser et je retiens mon souffle.

« Il avait 8 ans quand il est mort. »

Le couperet tombe, une décharge m’électrise de la tête aux pieds et j’ai l’impression que mon cœur s’arrête un moment avant de repartir tout aussi vite. Le silence s’installe de nouveau et j’ai du mal à respirer, angoissée, malmenée par cette conversation. Pourtant je reste là, statique, incapable de bouger ni de prononcer le moindre mot. Il semble perdu dans ses pensées, je m’interroge : Qu’est ce que ça fait de perdre un enfant alors qu’on a partagé 8 ans de sa vie avec ? Et qu’est ce que ça fait de perdre un enfant lorsque l’on est son père ? Instantanément mes pensées dérivent vers Jakob, vers ce silence radio et cette rancœur que je ressens pour lui, vers cette colère que j’éprouve contre lui, mais aussi contre moi d’avoir ce sentiment, ce besoin de partager cette douleur avec lui, … En réalité je ne sais pas vraiment quelle réaction j’attends de lui, mais même une toute petite serait la bienvenue, une étincelle d’intérêt, est ce que c’est trop demander ?
Est ce que je partage la peine de James en cet instant ? Très égoïstement, non, pas vraiment. Il me parle de lui, de son enfant, de son histoire, de sa douleur que je perçois sur son visage mais je ne peux pas m'empêcher de penser à moi, à mon enfant, à mon histoire. Peut être que c'est simplement trop tôt encore, peut être que ça ne changera jamais, je suis désolée pour lui certes mais cet échos entre nos deux vécus ne me permet pas de faire autrement pour le moment. Est ce qu'on va rester là, en silence, jusqu'à ce que l'un de nous deux décide que ça suffit ? Pour le moment je me sens incapable de bouger, toujours faible certes, mais également trop happée par tout un tas d'émotions et une certaine retenue qui m'empêchent de faire le moindre geste. Puis finalement il reprend, me ramenant ainsi légèrement sur terre tandis que mes bras s'enroulent autour de ma poitrine dans un geste d'auto-protection et de réconfort. Parfois il m'arrive encore de vouloir caresser mon ventre mais lorsque je me rends compte qu'il a retrouvé son absence de relief je retire ma main rapidement.

« Il jouait dans notre cours, au ballon, comme tous les enfants de son âge. Nous étions dans un quartier moldu plutôt calme mais nous lui avions formellement interdit de franchir la barrière si la balle passait par-dessus et de venir nous chercher, ma femme ou moi, pour aller la récupérer. »

Il me regarde et sourit, de ce sourire triste qu'on ne peut cacher, et je ne bouge pas d'un millimètre. Pour un peu je retiendrais ma respiration alors que je devine peu à peu la suite de son histoire. Un froid immense m'envahit, quand bien même je n'étais pas vraiment réchauffée jusqu'ici.

« Vous côtoyez fréquemment les enfants et vous savez comment ils sont … ils veulent devenir grand avant l'heure. Joshua n'a pas fais exception … il a pousser la barrière, confiant et content de faire comme les grands. Lorsque je m'en suis rendu compte, il était déjà en plein milieu de la route... Je n'avais tourné le dos que quelques secondes, le temps d'aider ma femme à transporter un carton... »

Joshua. Joshua et Alexander. Deux jeunes vies, deux être partis bien trop tôt, fauchés par l'existence elle même mais qui ne disparaitront jamais pour autant.

« La suite... vous vous l'imaginez certainement. Une jeune femme au volant qui ne l'a pas vu venir. Choc. En une fraction de seconde, il n'était plus avec nous et nous ne pourrions plus le tenir dans nos bras... »

C'est dur, très difficile, extrêmement violent. La douleur n'est pas seulement psychologique, c'est tout le corps qui hurle en stéréo, encore une fois de manière très égoïste mais mes yeux restent secs. A l'intérieur je hurle, je pleure, j'ai envie de m'écrouler mais je parviens par je ne sais quel miracle à garder le cap. Par respect, pour lui, pour son histoire, pour sa douleur. Il n'a suffit que d'une fraction de seconde pour que tout bascule, pour que rien ne soit plus jamais pareil.

« Il s'excusait de ne pas nous avoir écouté … Si je l'avais laissé parlé, il m'aurait demandé pourquoi je n'étais pas venu à temps pour l'empêcher d'ouvrir la barrière. »

La culpabilité. Parce que d’après moi c’est bien cela qui ressort de son épouvantard comme du mien et je me demande si tous les parents d’un enfant décédé ressente la même chose, cette fameuse culpabilité, ce sentiment d’injustice et d’impuissance face à ce qui s’est passé. On se dit toujours qu’on aurait pu faire quelque chose, que tout ça c’est notre faute, en tout cas visiblement c’est le cas pour au moins certains d’entre nous. Je me demande quelle forme prend l’épouvantard d’Everett … Certes son petit n’est pas mort, grand bien lui face, mais d’une manière ou d’une autre il en est séparé lui aussi.

« Ça fera deux ans en Février... Et je connais comme vous cette douleur qui se veut insurmontable chaque jours... mais aussi ce sentiment de ne pas avoir le choix que de faire avec. »

Un instant je baisse la tête, incapable de le regarder droit dans les yeux, et puis certaines connexions se sont dans ma tête. Pourquoi est ce que les gens pensent automatiquement au pire ? Ça n’est peut être pas le moment de penser à ça, c’est peut être complètement ridicule d’ailleurs puisque en l’occurrence c’est la vérité, mais à aucun moment je n’ai formulé le fait que Alexander était mort. Mon Epouvantard est assez éloquent j’en conviens et le fait de revenir au château sans mon ventre de femme enceinte mais surtout sans bébé sont des indices non négligeables mais j’aurai simplement pu … le laisser à l’hôpital pour qu’il prenne un peu de force avant de pouvoir sortir, ou simplement … le mettre à l’adoption, que sais-je encore ? Mais non, c’est ferme et définitif, pour tout le monde cet enfant, mon enfant, est mort. Je n’ai parlé de ça qu’avec très peu de personnes, des personnes en qui j’ai une totale confiance et qui ne se permettraient pas d’aller le répéter à qui que ce soit, alors j’imagine que c’est simplement … une évidence, même si c’est triste.

L'instant d'après je retrouve son regard puis pense à sa femme en me posant certaines questions. Où est-elle ? Comment est ce qu'elle le vit ? Mais je le sais ces mots là ne franchiront pas la barrière de mes lèvres. Par pudeur, par respect, parce que c'est étrange de parler de ça à un étranger, alors voilà tout ce qui sort :

« Je suis désolée. »

Qu'est ce que je peux bien lui dire d'autre ? Je n'ai pas le cœur à faire de long discours, aucun mot n'est suffisant pour exprimer ce que je ressens, ce qu'on ressent. Oui, je suis désolée, tout comme il l'est pour moi, mais non rien ni personne ne pourra jamais les ramener alors … comme il le dit si bien, on doit faire avec, on n'a pas d'autre choix. La vie continue même si parfois l'impression est tout autre. C'est un bout de moi que j'ai perdu ce jour là, maintenant il faut apprendre à vivre sans. Vivre avec, vivre sans, … Vivre.

C'est à partir de ce moment là que la situation devient de plus en plus gênante, presque dérangeante. Je ne sais pas pour lui mais je n'ai qu'une envie : Partir. Seulement comment faire pour ne pas avoir l'air impolie ? Je crois qu'il comprendra mais je ne sais simplement pas comment amorcer mon départ et ce nouveau silence commence à devenir asphyxiant.  Sauvés par le gong, ça n'est comme ça qu'on dit ? Le gong est en l'occurrence une silhouette familière, puis une voix familière, un élément extérieur qui vient faire exploser cette bulle étrange et douloureuse que l'on vient de créer ici l'espace d'un instant. Owen. Owen avec une expression que je n'ai pas l'habitude de voir sur son visage, lui qui reste droit et stoïque en toute circonstances.

« Ismaelle, ça va … ? Qu’est ce qui s’est passé ? »

D'abord l'étonnement face à ce comportement presque protecteur – servir et protéger, c'est son boulot, sa façon d'être, je le sais mais là c'est … personnel je crois – je me ressaisie et lui offre un sourire quand il arrive près de moi. Est ce que j'ai l'intention de lui dire la vérité ? Non.

« Rien, rien, t’en fais pas. Je vais bien. Tout va bien. »

Dit-elle en chancelant quelques peu sur ses jambes encore tremblantes et pas franchement remises de leurs émotions.

« J’ai juste fait une espèce de chute de tension mais James a été là et il m’a aidé, tel un Preux Chevalier sur son Cheval Blanc. »

J'en rajoute des caisses, avec un large sourire, alliant les gestes à la parole non sans une pointe d'humour. Est ce qu'il va gober ça ? Je n'en sais rien mais il ne posera pas de questions, je crois, et son regard va de son collègue à moi, presque suspicieux ...

« C’est à cause de toi ça ! Tortionnaire. »

Tape amicale sur l'épaule de ma part, un peu d'humour histoire de détendre l'atmosphère, et même si mes jambes ne me portent que difficilement il est plutôt clair que je commence à avoir des fourmis partout et surtout une incroyable envie de m'échapper de tout ça.

« J’ai laissé Fenrir avec Enzo en bas, je vais aller le récupérer et me coucher. »

...

« Ne me regardez pas comme ça tous les deux, je ne suis pas une petite chose fragile. »

J’ai vécu un accouchement, je peux tout supporter maintenant. Non, bien sur que non, mais autant que ça serve un minimum et qu’on se le dise, c’est bien loin d’être une partie de plaisir malgré toutes les potions et autres prévus pour apaiser la douleur. La grossesse en elle-même est déjà une sacré épreuve de toute façon, alors ne venez pas jouer les gros durs, en ce qui me concerne je ne vois pas de sexe faible par ici.

« Bonne soirée messieurs, et merci encore James. »

Signe de tête et regard entendu : J'aimerai que ce qu'il vient de se passer reste entre nous, s'il te plait. Voilà ce que transmettent mes yeux et mon langage corporel tout entier. Dernier sourire aux deux hommes et je tourne les talons, direction … Aucune idée. J'ai besoin de me retrouve un peu seul pour accuser le coup, peut être prendre un peu d'air frais à une fenêtre par là et puis ensuite effectivement j'irai récupérer mon chien mais l'important c'est de mettre de la distance entre eux et moi, maintenant.

▬ Fini pour moi ▬

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 782
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James   Ven 7 Nov 2014 - 14:30

Je finis ma longue et triste histoire, avec ce visage affichant une douleur que je ne connais pas, que je n’ai même pas effleuré. Et elle entre dans mon jeu, aussi facilement qu’un couteau dans la chair. Ismaelle baisse la tête, sans un mot et moi non plus. Je sous entends que je sais que son enfant est mort, pour lui rappeler le manque qu’elle vivra toute sa vie. Un vide que moi, je ne connais finalement pas. Elle ne m’a rien dit, personne ne m’a rien dit… mais il ne faut pas être devin pour comprendre. Pas d’enfant, cet épouvantard, ces bruits de couloirs et elle aurait tout simplement me dire « Mais mon enfant n’est pas mort ! », hors ça n’est pas le cas. Elle transpire la souffrance et ne fait que me confirmer que j’ai vu juste.

Elle relève la tête et croise mon regard qui reflète toujours cette douleur évoquée.

« Je suis désolée.
- Ne vous excusez pas, vous ne pouviez savoir. »

Pas comme moi je connais la faiblesse de la Co-Directrice de cette école. Peut-être que nos douleurs communes pourront nous rapprocher dans un avenir proche. Seul le temps nous le dira. Puis le silence s’installe et je n’en suis pas gêné car ne sont pas mes secrets qui ont été révélés au grand jour, même si j’ai bien failli me louper. Des bruits de pas précipités résonnent en écho contre le couloir.

« Ismaelle, ça va … ? Qu’est ce qui s’est passé ? »

Ah ! Ce bon vieux Owen, le gentil chien aux services d’Ismaelle. Un homme formé pour l’action, le travail et rien d’autre. Sans expression, ne prononçant que peu de mots. Je m’en suis fait, au fil de temps, un bon collègue. Je dois bien avouer que s’il ne montrait pas autant de faiblesse face à cette femme, je pourrais l’apprécier à sa juste valeur. Mais il suffit de le voir … regardez-moi ce visage inquiet, soucieux. Pathétique.

« Rien, rien, t’en fais pas. Je vais bien. Tout va bien. »

Il s’approche d’elle, elle sourit, bonne menteuse mais son corps n’a pas l’air d’accepter ses mots. Elle chancèle, tremble encore et la pâleur de son visage parle pour elle. Mains dans les poches, je n’interviens pas, restant quelque peu en retrait pour laisser Owen s’occuper de sa chère et tendre amie.

« J’ai juste fait une espèce de chute de tension mais James a été là et il m’a aidé, tel un Preux Chevalier sur son Cheval Blanc. »

Je laisse échapper un rire amusé.

« Oui, c’est vrai. Je ne pouvais pas laisser une aussi jolie demoiselle en détresse, sans lui porter secours. »

Je la suis sur le ton de la plaisanterie même si le fait qu’elle soit absolument charmante n’en est pas une, comprenant à cet instant qu’elle ne crachera pas un mot de ce qu’il vient de se passer à Owen.
Comme elle ne parlera pas de mon passé, celui qu’elle ruminera un de ces soirs où elle se demandera « Comment réussit-il à le vivre aujourd’hui ? ».

Mon collègue me regarde, puis en fait de même avec Ismaelle, suspicieux. Mais suspicieux de quoi ? De la vérité ?

« C’est à cause de toi ça ! Tortionnaire. »

Elle le frape gentiment sur l’épaule et je souris, gentiment, toujours les mains dans les poches mais Owen n’a pas l’air plus convaincue que ça, bien au contraire. Il ne décroche pas un mot et ne le fera pas, sûrement par respect ou par pudeur envers Ismaelle. Je n’en sais rien et ça n’est pas mon problème. Cette histoire m’a presque fait oublier la lettre de Luna qui me revient désormais en mémoire. Toujours cette sensation bizarre et désagréable au creux de la poitrine lorsque j’y repense…

« J’ai laissé Fenrir avec Enzo en bas, je vais aller le récupérer et me coucher. »

Nous regardons tous les deux la jeune femme, sans un mot, Owen bien moins rassuré que moi.

« Ne me regardez pas comme ça tous les deux, je ne suis pas une petite chose fragile.
- Je ne doute pas sur le fait que vous soyez un roc ! Mais un peu de gentlemanie ne fait pas de mal en ce bas monde ! »

Nouveau rire de ma part, je me ferais vomir si je me regardais. James Holt est un homme de bonne famille, propre sur lui, avenant et gentleman jusqu’au bout des ongles. J’entretiens cette image, avec mes petits travers pour la crédibilité du personnage, mes agacements même s’ils se font rare sont présent. Que serait un homme sans défaut ? Un homme suspect.

« Bonne soirée messieurs, et merci encore James.
- Il n’y a pas de quoi, je suis aussi là pour ça. »

Elle nous adresse un signe de tête et me lance un regard insistant quelques secondes, qui sous-entend sûrement que tout cela doit rester entre nous. Dernier sourire que je lui retourne avant de la regarder disparaitre d’un pas pressé. Je reporte mon attention sur Owen qui ne détache pas son regard du vide qu’a laissé Ismaelle, perdu dans ses pensées. Je m’approche de lui avant de lâcher d’un ton gentiment taquin :

« Alors comme ça tu traumatise les femmes ? Tu n’as pas honte, gredin ? »

Je laisse échapper un rire doux et léger, mon visage s’affaissant quelques secondes. Luna, sa lettre. Est-ce qu’elle va réellement mourir ? Dommage, c’était quand même une gentille fille. Quoi qu’il en soit, je viens d’apprendre que ma femme est atteinte d’une maladie grave alors… Je ravale mon sourire et lâche un soupire.

« J’étais partie faire un tour… Si ça te dis. »

Pâle sourire, je me retourne, laissant le choix à Owen de venir m’accompagner. Peut-être que cette fois cet imbécile pourrait se décoincer un peu.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James   

Revenir en haut Aller en bas
 
Watch me crumble, I'm giving in to you, I'm crying tonight ▬ James
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Crumble simple.
» Watch Dogs
» MARSHEYNA ♥ say something i'm giving up on you
» One Piece 573
» Elvis Presley

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Poudlard & ses alentours :: Hogwarts' Inside :: Cinquième Etage.-
Sauter vers: