AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Mar 23 Sep 2014 - 23:17

Jeudi 27 novembre. Vers 19h.

Salut la famille, quelques nouvelles de l’école.

Ici tout se passe bien. Le temps commence à se rafraîchir, les entraînements de Quidditch deviennent difficiles mais on fait avec. Je n’ai pas perdu mes doigts de pieds. Emeric, ton équipe a perdu au dernier match, les pouff ont été meilleurs malgré la chute de leur gardien. Le prochain, c’est serd vs serp en janvier, m’en veux pas si on vous ratatine…

On a eu droit à une première sortir PàL il y a peu. RAS. D’ailleurs, vous m’enverrez un colis un de ces quatre ? Chocolat noir, quelques gallions, un bouquin SF bien ? Ma nouvelle chemise fait fureur. Vous parlerai de quelqu’un la prochaine fois.

Comment vous allez ? Lily, continue de bien bosser, t’es la meilleure.
Vous embrasse.

PS papa : Stryker, vert, 9è a.

La lettre, soigneusement pliée et fermée, attendait depuis plus d’une semaine dans sa poche. Il attendait d’avoir réglé quelques affaires sur place pour envoyer Slight à Londres. La chouette servirait à faire part de nouvelles somme toute anodines, mais ce qui le faisait hésiter était la note de fin de lettre. Son père comprendrait immédiatement et il ne pourrait plus arrêter la machine… Le serpentard avait été sommé de prévenir de manière courte et succincte si un élève ou un membre du personnel s’avérait être un danger potentiel. August, en bon paternel inquiet de la sécurité de son gamin, s’occuperait d’enquêter un peu de son côté voire de faire revenir son fils à la maison dans la semaine s’il estimait cela nécessaire. Une perspective moyennement réjouissante. Pourtant, Jeroen avait besoin d’en savoir plus sur qui était ce Cody, d’où il venait, quel était son statut de sang, s’il avait des choses à cacher ; ce genre de choses qui permettraient de mieux le cerner. Il n’était pas question d’avoir tout, tout cru dans le bec, comme il se l’était entendu dire lors de leur rencontre fortuite à Halloween. Non. Au moment de la rédaction de la lettre, il s’agissait de savoir si Rivers devait être mis au courant dans les plus brefs délais qu’une taupe s’était installée dans le château…

Et puis la sortie à Pré-au-Lard était arrivée comme une montée de gaz sous la casserole de lait. Jeroen avait prévu de sortir seul cette fois-ci, au moins pour une bonne heure en milieu d’après-midi. Après avoir flâné un peu pour s’acheter quelques fournitures, Jeroen était parti faire un tour du côté de chez Ollivander pour se renseigner sur la possibilité de changer de baguette, idée qui le taraudait depuis la dernière fois. Il avait besoin de plus de puissance, et une baguette refusant de lui obéir lorsqu’il céder ne serait-ce qu’une once de terrain au stress risquait de le mettre à nouveau dans une situation dangereuse s’il se faisait à nouveau attaquer. Il sortit du magasin peu convaincu. L’idée était encore à creuser et demanderait beaucoup de travail… Dehors, les gardiens avaient commencé à regrouper les élèves pour les faire rentrer, alors qu’il leur restait normalement plusieurs heures de liberté. Quelque chose les rendait méfiants, mais quoi ? Jeroen était rentré avec les autres, sans chercher à poser de questions ni à se faire remarquer, ce qui ne l’empêchait pas d’être vigilant et attentif à la moindre rumeur pouvant expliquer ce qui se passait.

Il allait falloir qu’il presse un peu les choses. Si les gardiens commençaient à être sur les rotules, c’est que quelque chose se tramait, et même si cela n’avait rien à voir avec Cody, le fait d’avoir une voire plusieurs taupes dans l’école pouvait poser d’autres problèmes en parallèle, en plus de tous les mettre en danger. Il se ferait taper sur les doigts par Rivers pour avoir tardé à parler de ce qu’il savait, mais tant pis, mieux vaut tard que jamais comme on dit. Ensuite, il devrait aller courir après sa chouette pour envoyer son courrier. Il espérait franchement qu’elle n’était pas allée lui faire la gueule dans la volière parce qu’il ne s’était pas trop occupé d’elle ces derniers jours… Quelle chouette de caractère… Il attendit la fin de la journée pour bouger. Rivers n’était pas encore arrivé dans la salle commune pour le repas, un de ses amis émit l’hypothèse qu’à cette heure-là, il devait encore être dans son bureau. Le serpentard s’éclipsa donc promptement.

Les couloirs qu’il traversait étaient déserts, tout le monde partait manger. Il vérifiait régulièrement que personne ne le suivait, avec un naturel qui aurait trompé n’importe qui. Attentif au moindre froissement audible dans le couloir, il gardait sa baguette à portée de main, mais ne la brandissait pas comme un débile non plus. La méfiance était de mise. On ne va pas balancer quelqu’un sans risquer des représailles, et s’il était surveillé comme il surveillait Cody et les autres pro-Supérieurs avérés, il valait mieux qu’il protège ses arrières. Il tourna au coin d’un couloir et croisa un groupe d’élèves. Pourtant, il sentait une autre présence, son instinct lui balança un bon frisson dans le dos en guise d’alerte. Ou peut-être était-il en pleine crise de paranoïa, n’empêche que ce n’était pas le moment de prendre de risques. Il s’arrêta, vérifia qu’il n’y avait personne, sortit sa lettre de sa poche et la fit brûler avant de reprendre sa route. Tant pis s’il devrait tout réécrire. Il pouvait mentir aisément si quelqu’un lui demandait ce qu’il faisait là ou s’il avait parlé de Cody, mais pas avec ça sur lui. Allez, ce n’était pas grand-chose… Cody n’était pas si fort qu'il essayait de le faire croire. Et il devait s’imaginer que Jeroen était trop fier ou couillon pour aller le balancer au directeur… Ce serait vite terminé et tout le monde s’en porterait mieux, non ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 765
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Jeu 25 Sep 2014 - 14:55

Mieux vaut tard... ou jamais
Jeroen & James


Jeudi 27.11 - Vers 19 heures

Tout s’accélère, l’ambiance devient pesante, presque électrique. Peut-être parce je suis du côté des Gardiens et non des élèves, je n’en sais rien mais depuis ce qu’il s’est passé hier, j’ai la sensation d’un quelque chose de dérangeant. La sortie pour Pré-au-Lard a été bien vite écourtée sous les ordres de Lancaster, son instinct sentait que quelque chose clochait. Et il n’était pas le seul. Owen, Everett et moi, nous nous sommes retrouvés à arpenter le village, chercher la faille. J’étais parfait dans mon rôle de Gardien inquiet, consciencieux et soupçonneux. Pourtant, ce que je cherchais de mon côté c’était le signe d’un retour, la présence d’un des miens. Mais rien, du vide, du vent. Et je dois être honnête : Sur ce coup-là, la situation m’a complètement échappé. Et cette chose qui régnait autour de nous, comme un mauvais présage – ou de bon, pour moi – sans aucune explication. Encore maintenant je cherche le détail qui m’aurait peut-être échappé.

Je suis devant mon bureau, dans ma chambre, en caleçon, à peine réveiller. Parchemin vide, plume encore dans son encrier, j’hésite. Est-ce qu’il est nécessaire d’envoyer un message à Bill ? Ca serait trop risqué, surtout après les craintes d’hier, Rivers a sûrement prit des dispositions pour que la surveillance des courriers soient accrus. Et c’est la dernière chose dont nous avons besoin. Eli est à sur son perchoir, attendant que je me décide. Je me lève finalement, repoussant le parchemin loin de moi. Mauvaise idée. Très mauvaise idée.

J’ouvre le tiroir et sort une friandise pour Eli, qu’elle gobe sans hésitation. Une caresse sur la tête et je file prendre une douche. Il est 17h, nous avons passé la nuit à veiller, guetter, surveiller que rien ni personne ne présente un mouvement ou une seule esquisse suspecte. La fatigue est présente et me tire sur les muscles. Pourtant, la journée n’est pas terminée pour moi, loin de là. Car en plus de ça, un autre problème est apparu sur le tableau : Jeroen. Comme je l’avais soupçonné, cette petite ordure n’était plus des nôtres et je me demande encore s’il l’a déjà réellement été. Cody m’a informé qu’il le soupçonnait de tout dire au Directeur, qu’il était potentiellement dangereux. J’ai ragé, ma colère était à deux doigts d’exploser contre lui et contre ceux qui lui ont donné ces foutues indications de prévenir cette putain de liste, sans vérifier qu’ils soient encore, oui ou non, de notre côté. Voilà le résultat maintenant… Un sale gamin était prêt à faire tout foirer. Tout ce qu’on a entreprit depuis que nous nous étions fait évincer. Il fallait l’en empêcher et ça, je comptais bien le faire moi-même.

Je laisse l’eau ruisselée sur ma peau, tentant d’y trouver un apaisement mais rien n’y fait. Je me sens tendu et nerveux. Ca n’est pas dans mes habitudes et il fallait clairement que je me remette sur le bon chemin. Apaisement, tranquillité, sang-froid. Tout ce que j’espérais c’était que Jeroen n’avait pas déjà parlé à Rivers pour lui annoncer qu’une, voire plusieurs taupes, se trouvaient en ce moment même dans ce château. Il me fallait un plan et vite.

L’urgence, voilà qui pousse à l’adrénaline et aux agissements hâtifs. Je ne reprenais pas mon service avant demain matin à l’aube, cela me laissait largement le temps de pister ce petit con. S’il n’a pas déjà tout foutu en l’air … Si c’est le cas, le sang coulera. Celui de Jeroen mais aussi de Cody, pour son incompétence. Je le lui avais dit d’être vigilant et que c’était pas une bonne idée…

Je m’habille d’un jean, d’un pull en laine blanc avant d’aller faire un tour dans le château, en quête du Serpentard. Je finis par l’apercevoir dans un couloir, en compagnie de ses quelques camarades de classe. Je croise aussi Hasting en compagnie d’une autre jeune femme que je vois tout le temps avec elle : Jenkins. Une serpentard aussi, me semble-t-il. Je ne prête pas attention aux deux jeunes femmes, concentrant mon regard sur la direction que prenait Jeroen. C’était pas le bon moment pour agir, non…

L’heure du repas. Avec un peu de chance, il sortirait de la salle non accompagné ou peu. Je trouverais alors une excuse. Non mieux, je lui dirais que je dois l’accompagner chez Rivers suite à une convocation. J’aurai ainsi le champ libre pour agir, pour tâter le terrain. Pas de polynectar pour aujourd’hui. A cette heure, il est trop risquer de se balader dans les couloirs dans la peau d’un ou d’une autre.  

Je me poste non loin de la grande salle, au détour d’un couloir, faisant mine de faire un tour de garde ou de simplement rêvasser sur les tableaux que je croisais. Quoi de plus normal pour un homme aussi irréprochable que moi ?

19 heures

La porte s’ouvre une première fois, mais ce n’est pas Jeroen que j’aperçois. La deuxième fut la bonne. Le jeune homme sort, lance un regard à droite et à gauche et prends la direction opposé à moi. Le suivre, discrètement, lentement, doucement. Ne pas le perdre de vue. J’ai passé 7 ans de ma vie à prendre en filature ceux et celles que je devais éliminer. Suivre Jeroen était pour moi une partie de plaisir, renouant à mes anciennes activités avant d’arriver à Poudlard. Je retrouve les sensations que le silence et l’adrénaline provoque. C’est comme si le sol devenait plus réceptif à vos pas, comme si vos muscles étaient d’une fluidité extraordinaire, vous donnant l’impression que vous pourriez vous glisser n’importe où, à n’importe quel moment.

Plus le jeune homme avance, plus mes doutes s’accroissent. La salle commune des Serpentard est au sous-sol… Alors, à moins qu’il n’ait une urgence, je ne vois qu’une seule raison pour qu’il sorte aussi tôt de la Grande Salle pour prendre cette direction.

« Petit enflure… »

Je serre les dents, la rage brûlant chacun de mes muscles.

N’oublie pas. Calme et sang-froid.

Distrait une fraction de seconde, j’ai tout juste eu le temps de me glisser derrière une grosse gargouille avant qu’il ne me voit. C’était moins une… Je peste envers moi-même, pour ce manque d’attention de ma part et prends une grande inspiration.

Jeroen sent quelque chose, quelqu’un. Et cette raclure à raison, une danger rôde non loin de lui et si c’était une de mes cibles à l’extérieur de ce château, il comprendrait rapidement qu’il ne faut pas se mettre au travers de mon chemin.

Je risque un coup d’œil et le regarde sortir un morceau de parchemin de sa poche et de le brûler sur place. Merde… Ce geste est significatif, cette lettre était importante. Elle comportait des données qui auraient pu éventuellement m’être utile. Mais encore une fois, Jeroen avait une longueur d’avance sur nous, tout cela à cause de leurs méthodes d’amateurs. Il fallait en finir et vite… Une fraction de seconde, je me demande si c’est Julian qui a poussé Jeroen à venir parler à Rivers ou si seul la présence et les mots de Cody ont suffi pour déclencher l’urgence en lui. Il vaut mieux pour sa petite catin qu’elle n’ait rien dit… Quant à lui, lorsque j'en aurai l'occasion, je vais lui faire payer le prix de sa trahison. Cette petite merde ne méritait pas le sang qui coulait dans ses veines et je veillerais à l'en vider s'il le faut.

Il s’apprête à continuer sa route. C’est le moment.

« Jeune homme, la pyromanie est puni par le règlement de cette école, vous savez ? »

Il sursaute, légèrement. Nerveux ? Tu m’étonnes. Il se retourne et me jauge du regard, je lui offre un sourire paisible et tranquille, même pas sévère en montrant d'un regard le tas de cendres à ses pieds. Prendre des gants, marcher sur des œufs. Y aller tout en douceur car si qui que ce soit débarque, c’est foutu. Pour moi, pour nous. Agir et vite. Ma baguette est déjà en main, prêt à dégainer.

« Expelliarmus. »

Il n’a pas le temps d’agir, sa baguette me vient directement au creux de la main. Il ne comprend pas ce qu’il se passe, prenant sûrement cet acte comme une forme punitive pour ce qu’il venait de faire. Je jette un œil sur le tas de cendre à ses pieds avant de lui jeter un regard plus dur et plus froid.

« Je suis désolé mais avec le remue-ménage d'hier, le Directeur est intransigeant sur le règlement. »

Je ne sais pas si c’est vrai, mais en tout cas c’est l’excuse idéale pour étouffer les soupçons. J’étais aux yeux de tous, blanc comme neige, du moins, je pense. Je range sa baguette au creux de ma main tandis que je baisse la mienne.

« Nom, prénom, classe et maison, s’il vous plait ? »

Je joue le rôle du gardien jusqu’au bout. Il n’est pas difficile de mentir sur les précautions prises par Rivers mais aussi pour qu’il ait soit disant ordonné que tout acte enfreignant le règlement se devait d’être punit ou réprimander, avec les méthodes pédagogiques, cela va de soi.  Il me répond d’une voix morne, froide, presque semblable à la mienne avec pour seule différence, la maturité.

J’acquiesce en lui faisant un petit signe de tête, l’invitant à me suivre.

« Venez avec moi s’il vous plait. Je dois vous conduire auprès de Mlle Hunt, votre Directrice de maison.»

J’attends qu’il me suive, chose qu’il finit par faire avec un air réticent. Je l’emmène un peu plus loin dans un couloir moins fréquenter du deuxième étage. Non loin se trouvait le couloir qui menait au bureau du Directeur et il était évident que plus j’éloignerais Jeroen d’ici, moins de risques je prenais.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Mar 30 Sep 2014 - 22:48

« Tout s’accélère. » Et pourtant, son cœur battant lui donnait l’impression que tout allait plus lentement, comme s’il n’était plus en phase avec le mouvement du monde, poussé par la pression mais limité par son corps. Ses gestes étaient plus rapides, plus nerveux. Ce n’était pourtant pas difficile : il suffisait qu’il fasse comme d’habitude. Il devait avancer, mesurer ses gestes, faire mine de n’être qu’un gosse insignifiant tout en échafaudant ses plans quasiment infaillibles. Il était fort pour faire semblant, oui, il fallait qu’il garde confiance en lui, en ses capacités. Ça allait bien se passer. Quel était le pourcentage de chances qu’il croise Cody ou un autre pro-Supérieur dangereux, alors qu’il avait vérifié que le serpentard était bien dans la grande salle avant de partir ? et qu’il n’était au courant d’aucun mouvement venant d’autres élèves possédant un gramme d’intelligence et de jugeote pour représenter un risque… Il fallait qu’il calme son cœur battant, qu’il calme ses réticences et qu’il continue d’avancer. Bientôt, cette histoire grotesque serait terminée. Il n’aurait plus à surveiller Cody, puisque Rivers s’occuperait du cas avec son tact et sa retenue habituels. Tout était sous contrôle.

Pourtant, pourtant… il avait senti quelque chose. Ses poils s’étaient hérissés quand il avait regardé en arrière une énième fois, et il écoutait toujours ses poils lorsque ceux-ci se mettaient en alerte. Dit comme ça, c’était un peu ridicule, mais faire attention au langage de son corps l’avait déjà sauvé à plusieurs reprises de situations qui auraient pu être désastreuses. Il avait toujours suivi son instinct, et ne dérogerait pas à cette habitude aujourd’hui. Supprimer les preuves évidentes était un bon début et eut l’effet, pendant un instant, de le rassurer un peu. Les cendres s’éparpillèrent au sol sans un bruit. Pas de traces du post-scriptum, ni de sa famille. Il suffisait maintenant de nettoyer tout ça et il pourrait reprendre sa route. Mais soudain…

- Jeune homme, la pyromanie est punie par le règlement de cette école, vous savez ?

Il sursauta et se retourna vivement. D’où il sortait celui-là ? Il suffit d’un regard au serpentard pour reconnaitre le gardien, un certain James Holt. Non, ils ne se connaissaient pas, parce que l’homme semblait un peu trop extraverti et que ce n’était pas un tempérament qu’il appréciait côtoyer… mais il s’était renseigné un peu sur lui. Il était normal de chercher à connaitre un minimum les personnes supposées les protéger, sans que cela remettre en cause les choix de Rivers. Il paraissait que ces gens plein de bonne volonté leur voulaient du bien. Celui-là n’était pas sorti du lot jusqu’ici, bien propre sur lui, bienveillant, toujours présent, ce qu’on attend d’un garde du corps, donc. Mais Jeroen avait vérifié avant de bruler sa lettre, il n’y avait personne dans le couloir, aucun son de pas approchant. Il était arrivé comme un fantôme, pile au moment où la lettre avait fini de bruler. Depuis quand était-il là ? L’élève savait qu’il n’était pas non plus James Bond lorsqu’il s’agissait de rester discret, mais ce James-là… Il se méfia immédiatement, mais le cacha autant qu’il le put. Il se montra juste un peu surpris de cette apparition inopinée, réaction normale quand on se fait prendre en flagrant délit de « pyromanie ». Toutefois, il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que l’homme dégainait sa baguette.

- Expelliarmus.

Voilà qui était pour le moins inattendu. Lorsque sa baguette lui échappa des mains, Jeroen recula d’un pas, de plus en plus mal à l’aise face à ces « surprises » de très mauvais goût, et prit un air farouche. Jamais personne ne lui avait pris sa baguette avec aussi peu de respect. Plus jeune, lorsqu’il se faisait prendre en train de faire des conneries, il donnait calmement ses joujoux et personne n’avait jamais eu besoin d’avoir recours à la force - même s’il aimait dépasser les règles, il avait toujours respecté l’autorité, pour des raisons qui lui étaient propres. La réponse était disproportionnée. Ce n’était pas normal. En plus d’être totalement désagréable et paternaliste envers un élève qui n’avait manifestement rien d’un gamin inconscient et rebelle, ça frôlait l’abus de pouvoir. Les gardiens avaient-ils le droit de désarmer un élève ne représentant aucun danger ?

- Je suis désolé mais avec le remue-ménage d'hier, le Directeur est intransigeant sur le règlement.
- Pour un morceau de papier ? Sérieusement ?

Jouer l’élève désinvolte et agacé de se faire réprimander pour si peu. L’intonation et le langage du corps étaient là, Jeroen était bon à ce jeu. Il s’agaçait ostensiblement mais au fond, il réfléchissait chaque parole, chaque geste, gardant ainsi le contrôle de la situation et de l’image qu’il renvoyait. Jouer au con peut servir, parfois… rien que pour se fondre dans la masse, c’était niquel. Les excuses de Holt sonnaient fausses. Le passage du petit sourire au regard froid avait quelque chose de calculé, de méthodique. Oui, il imaginait bien que Rivers était sur les nerfs avec ce qui s’était passé hier - quoi que ce fût -, mais un petit incident impliquant un élève et un morceau de papier n’était d’aucun intérêt pour lui. Il avait organisé une semaine où tout le monde se battait dans son coin, laissé passer de l’alcool au bal… entre autres choses qui montraient qu’une brûlure n’était pas ce que les élèves devaient craindre le plus en ces jours sombres. Quelle mauvaise excuse.

- Nom, prénom, classe et maison, s’il vous plait ?
- Van Saade. Jeroen. Dixième année… et serpentard, ça me semble évident.

Il désigna le blason sur sa robe avec un air désinvolte. Ça l’agaçait de devoir s’exposer ainsi en donnant son identité, mais il était facile de retrouver le nom d’un élève dans cette école… Ce qui posait problème, c’était que comme Cody, il n’arrivait pas à cerner les intentions de l’homme, alors même qu’il sentait que quelque chose clochait. Paranoïa ? Doutes fondés ? Aucune idée, le temps le dirait… mais le temps commençait à manquer cruellement.

- Venez avec moi s’il vous plait. Je dois vous conduire auprès de Mlle Hunt, votre Directrice de maison.
- J’allais chez le directeur pour une convocation, nous ferions tout aussi bien d’aller le voir directement…

Semi-mensonge, il allait au culot pour jauger la réaction. Est-ce que le gardien, qui était censé être « tout bien sur lui », allait accepter d’aller dans son sens ? Au fond il ne perdrait rien à aller voir le directeur plutôt que Hunt, nouvelle directrice de maison avec lequel le serpentard n’avait d’ailleurs pas masse d’affinités… Au pire, ce que le gardien risquait était de se faire engueuler parce qu’il emmerdait Rivers pour pas grand-chose. Lorsqu’il reprit la route, Jeroen hésita un instant, puis se décida à le suivre d’un air faussement soumis, souhaitant éviter d’envenimer la situation. Mauvais plan. Ils s’éloignaient, ils s’enfonçaient dans des coins où personne ne se promenait. Quand on a dix ans de pratique d’un lieu, aussi complexe et changeant soit-il, on comprend vite quand on se fait mener en bateau. Il suffisait par exemple de regarder autour de soi pour voir que les tableaux étaient plus rares ici, réduisant les risques d’être vu en train de commettre quelques crimes répréhensibles. Les murs ont des yeux et des oreilles, mais pas partout…

- Vous êtes certain de la direction ?

Remise en question ouverte de la démarche avant l’action. La situation devenait dangereuse et son instinct commençait à hurler qu’il y avait un problème. Jeroen calcula rapidement ses chances de s’en sortir. Il était désarmé, l’endroit où ils se tenaient était isolé, et l’homme avait de bons réflexes. Il savait comment s’y prendre pour endormir la méfiance, désarmer et isoler sa proie, et c’était un peu tard pour rattraper le coup… Est-ce que le serpentard pouvait récupérer sa baguette ? Non. C’était clair que non. Elle était dans la main du gardien, hors de portée, et il faudrait arriver à l’attraper en une fraction de secondes avant que le premier sort surgisse… Son seul recours était de retourner vers des endroits plus fréquentés, de créer un public qui mettrait Holt au pied du mur et de balancer ce qu’il avait à balancer. Plus il y aurait de monde, mieux ce serait. Mais l’homme n’avait pas l’air prêt à accepter sa requête d’aller voir le directeur… Il fallait agir, et Jeroen n’attendit pas de prendre du recul sur la question. Quelques secondes après avoir posé sa question, il décréta qu’il ne fallait plus repousser le moment.

Un peu en retrait jusqu’ici, il fit un pas pour se rapprocher de l’homme, et sans prévenir d’aucune sorte, lui balança un magistral coup de pied dans les jambes. L’instant de latence lui permit de s’échapper de l’autre côté. Il n’attendit pas de voir l’homme se casser la gueule : un tacle pareil à l’arrière du genou, venant d’un batteur entrainé et dopé à l’adrénaline, mettrait un rugbyman par terre. Le but n’était pas de le blesser mais bien de le déséquilibrer, ce qui devait suffire pour foutre le camp… Oui. Fuir. Vite. Il fonça en direction du premier croisement de couloirs. Et s’il se trompait ? Si le gardien n’était qu’un gentil petit monsieur juste un peu trop casse-bonbons sur le règlement, et non un Supérieur sur le point de l’empêcher de balancer Cody, ou pire, de le tuer ? C’était un risque à prendre. Il préférait écouter le moindre élan de paranoïa à cet instant si critique, quitte à passer pour un timbré et se faire virer de l’école pour violence que risquer que ça se finisse ici. Il avait été stupide de se la jouer solo jusqu’ici.

HJ:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 765
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Mer 8 Oct 2014 - 11:34

J’allais chez le directeur pour une convocation, nous ferions tout aussi bien d’aller le voir directement…
-          Ca ne sera pas nécessaire. »

Sec, bref. Inutile de s’épancher plus sur le sujet. Je n’en ai pas le temps, les secondes sont précieuses car à tout moment un élève, un membre du corps enseignant, voir même le Directeur, peut débarquer dans ce couloir et c’est bien la dernière chose dont j’ai besoin. J’ai manqué d’originalité et surtout de crédibilité. Première erreur de ma part. Je ne sais pas si la fatigue de devoir jouer aussi longtemps un double rôle me pèse, de devoir guetter chaque gestes de ceux que je suis censé surveiller mais j’ai comme l’impression d’avoir décroché et ça ne me plait pas. Je ne suis pas habitué à ce genre d’erreur de ma part. Je suis Supérieur à ces avortons et ces sous merde qui peuple cette école mais je n’en reste pas moins un homme et même si mes erreurs sont très rares, elles sont pourtant présentes.

Je pousse Van Saade dans des recoins où les ombres se font plus présentes et les tableaux plus rares. Pour plus de sécurité. Je sais que ce jeune homme est méfiant et c’est ce qui fait de lui un être dangereux. S’il ne nous avait pas trahit – car il est certain que c’est ce qu’il s’apprêtait à faire auprès de Rivers – il aurait pu être un élément performant, au sein de notre rang. Nous lui avons donné sa chance, il l’a gaspillé. Il en paiera le prix tôt ou tard. Même chose pour Derek Ryans.

Il proteste sur le chemin à suivre. Et c’est ici que la deuxième et dernière erreur de ma part désormais, surgit. Tout se passe en une poignée de seconde. Lorsque le cerveau humain saisit le danger, l’urgence, la faute, vous avez cette sensation que le temps se suspend, se ralentit, histoire que vous ayez l’occasion de prendre conscience que vous êtes fichu ou que l’on vous à jouer un sale tour. Et c’est exactement ce qu’a fait ce gamin. Je n’ai eu que le temps de tourner la tête et de tenter un semblant d’esquive lorsque je l’ai vu s’approcher, s’élancer et jeter son pied derrière mon genou. Tout cela a pris trois secondes. Un grognement douloureux s’échappe de ma gorge et mon corps bascule en avant, sur mes rotules. Il est rapide, agile, malin.

Je suis rapide, agile, malin… et dangereux.

La première sensation est la surprise. Puis la colère et enfin la haine profonde envers Van Saade qui venait de signer son arrêt de mort en ces trois secondes. La vie est cruelle de sceller un destin en si peu de temps. Nous sommes si peu de chose, n’est-ce pas ?

J’entends ses pas résonner au loin et je prends aussitôt la mesure du danger. Si ce connard s’échappe alors ma couverture est foutue. Tout, tout est foutue. Ma présence ici, mes plans, NOS plans. Et cette déception que je verrais sur le visage de mon père si un jour je le revois. Cette déception générale au sein de notre communauté. Et puis, la mienne. Violente et destructrice. Ils sont inférieurs à moi, certes, mais je les ai sous-estimés. Il me reste peu de temps avant de voir Jeroen disparaitre. Reprendre son sang-froid. Reprendre ses réflexes.

Je saisis aussitôt ma baguette et lâche dans un murmure :

« Impero. »

Le sort l’atteint droit dans le dos et son corps s’immobilise aussitôt. Le jeu est terminé, les erreurs également. Maintenant, nous allons procéder à ma manière. Je le tiens en joue et un geste léger de la baguette force Jeroen à se retourner face à moi et à revenir sur ses pas tandis que je me lève en massant mon genou. Il est douloureux, mais je ne pense pas avoir quelque chose de sérieux. Dans le pire des cas, je prétexterais une mauvaise chute et irait voir cette incompétente pour qu’elle me procure une crème si mon sort n’est pas suffisant pour la guérison.

Reprendre contenance. Reprendre en main sa véritable nature.

J’époussette mes vêtements, craque mes cervicales alors que Jeroen vient de franchir son dernier pas pour me rejoindre.

« Je dois avouer mon garçon, que tu as fait preuve d’un réflexe et d’une habilité qui me surprend. »

Je m’approche de lui et lui assène une gifle, prenant tout l’élan possible, laissant ma rage s’exprimer. Injuste ? Déloyale ? Peut-être,  mais je m’en contre fou. Le principal est que ce connard soit hors de portée du Directeur. Et d’ailleurs…

« Nous allons nous entretenir toi et moi… »

Nouveau geste léger du poignet et Jeroen me suit, soumit à l’Impero. J’ai plusieurs fois usé de ce sort afin de retourner nos ennemis contre eux. Comme cette gamine de 14 ans qui, sous l’impero, a saisi ce couteau de boucher afin de trancher la jugulaire de son traitre de père. Je n’aime pas la trahison, surtout lorsque ce sont des hommes en qui j’ai, autrefois, placé une confiance quasi-totale.

Nous entrons dans une pièce puant l’humidité avec une unique fenêtre donnant sur la forêt interdite. Pas étonnant qu’elle ne soit pas utilisé, quoi que j’en ferais bien ma salle de torture personnelle. Mais la chose à savoir ici est que la torture psychologique est la meilleure. Je le fais assoir sur une chaise et le ligote avec des liens invisibles, sans prononcer aucunes formules. Je pourrais lui faire faire des choses horribles, comme aller étouffer sa petite amie dans son sommeil, comme le pousser à se scarifier. J’en passe. Mais trop dangereux, trop risquer. Et les risques, j’en ai assez prit jusqu’ici. Et c’est bien pour ça que je suis ici, face à lui, parce qu’il détient aux bords de ses lèvres fines, la vérité et la chute de notre couverture. Cody a mal fait son boulot, il a obéit – bête et discipliné – mais s’il avait eu un gramme de jugeote, il aurait réfléchit à une manière de tâter le terrain avant tout. Sachant que sa sœur était en jeu, j’ai pensé qu’il ferait preuve d’un peu plus d’intelligence.

J’ai deux options qui s’ouvrent à moi.

La première est de lui faire ingurgiter du veritasérum afin de connaitre la vérité sur ses plans, sur ce qu’il comptait faire et surtout, que contenait se morceaux de parchemins. Cela ne prendra que quelques secondes, une menace glissée et concernant Julian, deux ou trois gorgées de cette potion, quelques questions, un sort et c’était terminé. Pourtant j’hésite, furieusement. Un pressentiment, une sensation.

La deuxième est rapide : Je l’immobilise, lui fait oublier tout ce qui concerne Cody et tout cet échange, et nous n’en parlons plus. Plus de soupçon, plus de risque. Juste un mal de crâne pour lui et la sensation que quelques éléments lui échappent.

Je reste quelques secondes devant lui, bras croisés sur ma poitrine, la douleur derrière mon genou s’atténuant quelque peu. Je plante mon regard dans le sien, vitreux, vide de toute expression. Je pourrais même le faire se jeter par la fenêtre, masquant cela pour un suicide. Avec ses antécédents, rien n’aurait été plus simple d’évoquer la pression de passer d’un camp à l’autre, la culpabilisé ou quelque chose de semblable. Cette idée est séduisante, vraiment. Je soupire… Quel merdier.

Le seul avantage que j’ai en cet instant est l’endroit désert et très peu fréquenté.

Je m’approche de lui et lui fait boire trois gorgées du liquide de vérité. J’attends quelques secondes pour que le produit puisse agire, puis le libère de l’Impero. Ses yeux s’activent, s’affolent presque. Avant qu’il n’ait le temps de dire quoi que ce soit,

« Tu sais que tu viens sauver la vie de Julian ? »

La bombe est larguée. Mon regard est suffisamment expressif pour traduire : Je sais quel lien vous unisse tous les deux.

« Si je ne t’avais pas empêché d’aller voir Rivers pour aller jouer la balance, je l’aurai tué. Joué avec elle, torturé, puis tué. Lentement, histoire qu’elle sache que tout cela aurait été à cause de toi et toi seul Jeroen. »

Il parle, le sérum fonctionne. Je balaie ses propos d’un geste de la main, affichant un air de profond dégoût.

« Tout de même, sauter une né-moldu... Tu aurais pu choisir mieux. »

La douleur psychologique a meilleure saveur. Le cerveau est un trésor de possibilité tant il peut imaginer des choses, projeter des images à la fois merveilleuses et insoutenables. Et je veux qu’il imagine comment je pourrais jouer avec sa catin. Mais l’heure n’est pas au jeu, non. Un autre jour, peut-être.

« J’ai trois questions pour toi. »

Je lève ma baguette vers lui. Mon visage n’affiche aucune expressions, ma voix est ferme, froide.

« La 1ere : Pour qui était le parchemin que tu as brûlé tout à l’heure et quelles informations précises  il détenait ? La 2ème : Que comptais-tu faire auprès de Rivers. En détail, de quoi voulais-tu lui parler ? Et que sais-tu sur lui. »

C’était l’occasion d’avoir quelques informations. Petite amie, point faible, bref, n’importe quoi qui pourrais me rapprocher un peu plus de lui.

« 3ème et dernière question : Dans quel camp es-tu Van Saade ? Pourquoi avoir retourné ta veste ? »

Il faut que je sache comment cela s’est passé dans sa tête, qu’est-ce qu’il s’est produit là-haut pour qu’il débloque et change de couverture. Il est malin, plus malin que la moyenne visiblement et du genre prudent… Alors, est-ce que tout cela est une stratégie ? Il a bien faillit tout foutre en l'air, à cause de mon manque de concentration et surtout, mon manque de méfiance. Je ne dois pas sous estimer ces gosses, loin de là. Il y en a qui son visiblement bien plus intelligent que les adultes censer protéger ce château; salit par leurs sangs impurs.
Tout cela m’importe peu, dans moins de 10 minutes, il aura oublié tout cela et les choses pourront reprendre leur cours.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Jeu 9 Oct 2014 - 19:12

Si ses doutes s’avéraient insensés, s’il venait de frapper un gardien tout bien sur lui, il irait se faire soigner, il le promettait solennellement. Mais pour le moment, une seule chose comptait. La fuite. La course. La déferlante d’adrénaline dans les veines, agissant comme un moteur à explosion. La réussite de son action se comptait en secondes, voire en millièmes de secondes. Combien de temps avant que l’homme se relève et le suive ? Il n’y réfléchissait même plus, il était au-delà de tout ça, il courrait vers le croisement qui se profilait. Les années d’entrainement sportif se voyaient, dans sa façon de s’élancer plus que de courir. Sa vie était en danger, ainsi que celle de tout le château. Ça aurait été stupide de s’arrêter pour réfléchir à ce qu’il faisait, à un moment si décisif dans la suite des événements. Soudain, un courant magique lui parcourut l’échine et…

Il s’arrêta.

Calmement, sans violence ni douleur. Son esprit se voila, il sentit une sensation de chaleur un peu moite s’emparer de son corps. Il n’était plus essoufflé, la peur s’était tue en ne laissant plus qu’un état de torpeur somme toute sympathique. Ce n’était pas normal, mais il n’arrivait pas à comprendre, à capter ce qui clochait, et à quel point la situation était dramatique. Quelque part au fond de sa conscience, il s’observait agir. Et il comprit. Il n’allait plus selon sa propre volonté, mais selon celle de l’homme. Il gardait un souvenir cuisant du Doloris, mais l’Impérium était une expérience qui n’avait rien à voir… Il se regardait faire mais ça ne l’angoissait pas. Il perdait conscience et c’était presque une sensation… douce. C’était donc ça ?

Il était foutu, complètement foutu. Même si quelqu’un arrivait maintenant, l’Impérium était un sort profondément traitre, et aucun indice ne permettrait de dire qu’il était sous influence… Il avait eu raison de tenter de fuir, mais il n’aurait jamais dû suivre l’homme si loin. Cette énorme erreur allait avoir des conséquences désastreuses. En revenant sur ses pas, il laissa son regard vagabonder sur le gardien qui se relevait, peu assuré sur ses jambes. Il allait certainement avoir quelques douleurs dans les jours à venir, pauvre petit… Il s’épousseta négligemment, fit craquer ses articulations. Dévoila son vrai visage. Aucune réaction en retour. Jeroen connaissait très bien ce double-jeu hors norme qu’il jouait, il l’avait lui-même expérimenté pendant deux longues années, et ses soupçons étaient fondés. Sauf que sa conscience était trop loin pour réagir, et il ne ressentait qu’une satisfaction diffuse et bête d’avoir eu raison.

- Je dois avouer mon garçon, que tu as fait preuve d’un réflexe et d’une habilité qui me surprend.

Jeroen l’aurait bien remercié du compliment, mais ça risquait d’être difficile dans ces conditions. De même qu’il vit le coup arriver mais ne put que l’encaisser passivement. C’était violent, plein de haine et de frustration, ça laissa une trace sur la joue de l’élève, mais il ne sentait pas la douleur de l’impact, ni la frustration de ne pas pouvoir tourner la tête ou esquisser un geste de parade. Il ne broncha donc pas, l’air neutre, mécanique, absent. On ne ressentait pas la douleur sous Impérium ? C’était bon à noter, mais ce degré de contrôle sur le corps devait être traumatisant au réveil…

- Nous allons nous entretenir toi et moi…

Il était tellement prévenant. Quel homme adorable. Jeroen fut contraint de le suivre jusque dans une salle vide à l’odeur âcre d’humidité. Il avait, en plus, le chic de la mise en scène ; une salle trop propre aurait cassé l’ambiance dramatique de la situation, vous imaginez. Encore eut-il fallu que l’élève soit en mesure de savourer l’atmosphère à sa juste valeur. Il s’assit sur une chaise, sentit vaguement des liens invisibles se tisser autour de ses membres. Sa raison, exacerbée par une conscience de lui-même hors norme en temps normal, essayait de forcer le passage pour le sortir de cette torpeur terrible… et ça picotait un peu. Non, il ne voulait pas s’asseoir sur cette maudite chaise, il ne voulait pas se laisser faire. Et puis il s’excusa intérieurement auprès de la chaise, qui ne lui avait rien fait. Elle n’était qu’un outil, un outil sur lequel s’était assis un autre outil avec un brin de conscience. Ça devait être vachement plus simple d’être une chaise. Ok, il commençait à se faire vraiment peur.

James s’était posté devant lui, impassible, les bras croisés, plongé dans ses réflexions profondes sur ce qu’il allait faire de ce sale gamin qui avait taclé sa fierté. Un petit soupir. Il s’ennuyait ou quoi ? Il ne manquerait plus ça. Il ne resta pas longtemps dans cette position et finit par sortir une fiole et lui fit boire quelques gorgées du liquide incolore et inodore. Jeroen, prisonnier de son enveloppe corporelle, se sentit déglutir et avaler docilement la potion de vérité. Sa conscience se débattait et faillit le faire avaler de travers. Il connaissait la potion pour l’avoir déjà testée, mais cette fois-ci, ça ne l’étonnait pas qu’on en fasse à nouveau usage sur lui. C’était trop pratique. Le fait de savoir à quoi il avait à faire ne lui donnait toutefois pas masse d’avantage. Il aurait pu lancer un sort pour désamorcer les effets de la potion, même un sort à moitié efficace et totalement incontrôlé, s’il avait eu le contrôle sur son énergie magique… Sauf que ce n’était pas le cas. Maintenant, c’était trop tard, et il n’était pas certain de pouvoir lancer un Finite Incantatem sans baguette…

Soudain, il sentit sa conscience refaire surface. Sa joue se mit à bruler, ses muscles à tirer, son cœur à battre violemment. Il jeta un regard affolé autour de lui, tira violemment sur ses liens pour la première fois depuis qu’il était sur sa chaise mais rien ne bougea, ajoutant à la confusion. Qu’est-ce qui s’était passé ? C’était donc ça, l’horreur ? Il grogna et finit par se figer, tendu comme la corde d’un arc, chercha à rassembler ses esprits. Il fallait qu’il se calme, vite. Le sortilège d’Impérium venait de se dissiper, il reprenait conscience de son corps, de son être, et c’était extrêmement douloureux. Le décalage entre le geste et la douleur, surtout. Une claque, aussi violence soit-elle, n’était pas vraiment grave en elle-même, mais dissociée de l’acte ça n’avait rien à voir. Plus rien ne fonctionnait comme d’habitude, et ça le désorientait complètement. Il sentait ses nerfs lâcher… il ne devait pas se laisser submerger par l’angoisse. Il était déjà assez foutu comme ça, pas besoin d’en rajouter des couches. Question de vie ou de mort. Il sursauta lorsque l’homme prit la parole.

- Tu sais que tu viens sauver la vie de Julian ? Si je ne t’avais pas empêché d’aller voir Rivers pour aller jouer la balance, je l’aurai tué. Joué avec elle, torturé, puis tué. Lentement, histoire qu’elle sache que tout cela aurait été à cause de toi et toi seul Jeroen.
- Vous êtes complètement frappé. Si vous la touchez, je vous détruis, à mains nues s’il le faut.

… Non mais non ! La vérité pure, limpide, toute nue, elle n’était pas censée sortir celle-là. En plus, le ton monocorde n’allait pas du tout avec les paroles, ni même avec son expression faciale qu’il n’arrivait pas à contrôler, ça cassait tout le dramatique de la situation. Il avait peur, de la peur pure, animale, incontrôlable. Jamais il n’avait ressenti aussi violemment ce sentiment qu’il croyait pourtant son alliée. Concentre-toi, crétin des Alpes ! Il serra la mâchoire. Oui, s’il la touchait, s’il touchait qui que ce soit qui comptait vraiment pour lui, sa famille et ses amis les plus proches, il serait très tenté de mettre sa belle gueule en miettes et d’envoyer les restes par hibou postal à ses petits collègues, pour l’exemple. Et le fait qu’il était complètement frappé était aussi une vérité en soi, parce qu’il en était intimement convaincu. La vérité est subjective…

- Tout de même, sauter une né-moldu... Tu aurais pu choisir mieux.
- Je n’ai rien à prouver. Son sang ne m’intéresse pas, et je préfère une moldue qu’une imbécile. Même en ayant peur d’elle-même, elle n’a pas peur des autres, contrairement à vous.

Le sous-entendu était clair : l’homme était un imbécile. Arrogant, incapable de mesurer le potentiel moldu à sa juste valeur. Ils n’avaient pas la magie, mais ils possédaient autre chose. Et le pire dans ces discours intolérants, c’était cette peur sous-jacente de « l’autre », alors que « l’autre » était censé être inférieur. Si les moldus posaient problème, c’est parce qu’ils n’étaient pas si insignifiants et stupides qu’ils le disaient ! On n’a pas peur d’une fourmi, parce qu’on sait qu’elle n’est pas en mesure de nous blesser ; à la limite on craint la fourmilière, parce que le nombre peut changer la donne… Mais eux, ils avaient bien peur des individus. Dans ce château, un simple bâtard avait décidé de changer la donne, comme quoi la force magique n’avait rien à voir. Et niveau moldu pur, les Supérieurs n’avaient rien de plus qu’un humain avec un pistolet dans la main. Chacun avait le pouvoir de tuer l’autre, et la technique ne changeait rien au résultat. Elle est où l’infériorité là-dedans ? Sorcier stupide.

- J’ai trois questions pour toi.
- Je ne veux pas répondre. Et je ne voulais pas dire ça. Vous m’emmerdez profondément.

Bon sang ! C’était invivable. N’y avait-il vraiment aucun moyen de dissiper les effets de la potion ? Il fallait qu’il agisse vite, avant que ce ne soit trop tard, quitte à ce que ça allonge la torture. Il ne pouvait décemment pas se laisser faire comme un vulgaire pantin. Voix ferme, visage froid, baguette relevée, James prenait son rôle de bourreau très au sérieux. Ça devenait vraiment grave. Jeroen retint sa respiration, ferma les yeux et, avec un effort de volonté hors du commun, se mordit la langue aussi fort que possible. Il aurait fallu qu’il se la sectionne pour que ça marche vraiment, mais il n’en eut pas la force, ni mentale, ni physique. Le goût du sang s’immisça immédiatement dans sa bouche, la langue étant l’un des membres les plus vascularisés du corps humain. Une machine fantastique qu’il fallait saboter à tout prix. Ça cognait dans son crâne et dans sa mâchoire, mais c’était un mal nécessaire : il risquait de mettre en danger Rivers, et surtout toute sa famille, si l’homme posait les mauvaises questions…

- La 1ere : Pour qui était le parchemin que tu as brûlé tout à l’heure et quelles informations précises il détenait ?

Il ravala le sang qui lui bloquait la bouche avant de commencer à répondre malgré la douleur cuisante.

- Ma famille. Il y avait des informations sur la saison de Quidditch, l’état de mes doigts de pieds, le fait que l’équipe de Quidditch de mon frère va rencontrer la mienne au prochain match. Je leur parlais de Pré-au-Lard, vaguement, du fait que j’avais besoin d’argent, de chocolat et que la chemise que m’a offerte ma sœur avait du succès, même si tout le monde s’en contrefiche, mais ça lui fait plaisir. Et je demandais des informations à mon père sur Cody.

Il s’arrêta. Comme demandé, les informations étaient précises… mais par un grand effort de volonté là encore, il ne s’était pas étalé sur ce qui sortait du cadre de la lettre, qui était plutôt concise et contenait peu d’informations si l’on oubliait ce maudit post-scriptum… Ça valait le coup d’avoir brulé le papier, tiens. Il devrait éviter de garder des lettres sur lui pendant des jours et de les relire jusqu’à les connaitre par cœur… Dégoûté, il n’arrivait même plus à faire face à l’homme. Il ravala une nouvelle fois le sang et la salive qui menaçaient de l’étouffer. Pathétique.

- La 2ème : Que comptais-tu faire auprès de Rivers. En détail, de quoi voulais-tu lui parler ? Et que sais-tu sur lui.
- Balancer Cody. Il a compris que j’étais méfiant envers lui lors de la semaine d’Halloween, et est devenu une menace. Je voulais dire qu’il rassemblait les pro-Supérieurs qui étaient restés, et qu’ils allaient rev…

Il buta sur le mot, se pencha autant que possible en avant et cracha un peu de sang aux pieds de l’homme. Ça commençait à peine à l’empêcher de parler, et il en avait déjà trop dit… Alors bien entendu, dès qu’il se rendrait compte de ce que sa victime avait fait, il lui suffirait d’un sort de soin mineur pour régler le problème, mais Jeroen se battait avec les armes qu’il avait. Il montrait par là qu’il ne comptait pas se laisser faire docilement. Même si Julian était en danger. Ils l’étaient tous, et si James avait envie de tuer la jeune femme… ce n’était pas un petit sabordage qui y changerait quoi que ce soit. Il reprit sur un ton nettement plus hésitant, butant de plus en plus.

- … revenir. Je sais que Rivers est prêt à tout pour nous protéger, qu’il est con, que je lui fais con..iance et…

Et le reste se perdit en un borborygme vraiment pas sexy. Le bout de sa langue avait enflé, mécontent d’être blessé, et bloquait la progression de ses mots de son cerveau à l’extérieur. Oui, il faisait confiance à Rivers, quasiment aveuglément, même s’il s’était fait avoir et qu’un espion vraiment dangereux vivait, mangeait, dormait avec eux et les surveillait, même, parce qu’il l’avait choisi. Personne n’est infaillible, à son échelle les conséquences étaient juste beaucoup plus graves… Au fond il ne le connaissait pas tant que ça. C’était un connard fini, mais aussi un homme d’une intelligence extrême, fort et prêt à tout pour eux. Secret, aussi. Jeroen connaissait mieux Alec par contre, surtout depuis Halloween… et il imaginait bien qu’être le bâtard de la famille Rivers, qui avait l’air franchement perchée, n’avait pas dû être de tout repos. Mais malgré tout ça, Rivers lui faisait vraiment penser à son père… Dommage que l’élève ne soit plus capable de dire tout ça.

- 3ème et dernière question : Dans quel camp es-tu Van Saade ? Pourquoi avoir retourné ta veste ?

Il toussa, cracha encore un peu de sang et tenta de formuler des mots qui se perdirent à nouveau contre son palais. Alors, un sourire apparut sur ses lèvres et il écrasa un rire. Il était dans la merde, jusqu’au cou. Ça ne l’étonnerait même pas de voir sa misérable vie se terminer ici, dans cette salle moisie avec vue sur la forêt interdite. Il l’avait un peu cherché. Mais ça mettrait le feu au poudre, la disparition d’un gars comme lui n’était pas un événement anodin, l’espion allait-il risquer de tout faire foirer ? Le sourire était un pur réflexe nerveux, et le mince filet de sang qui coulait le long de son menton lui donnait un air un peu con. Ça ne changerait rien. L’homme était trop intelligent pour réagir trop violemment à une démonstration de mépris de ce type. Mais peut-être que le supplice serait un peu moins long s’il titillait son agacement. Il connaissait le mécanisme, il pouvait bien tenter… Et puis, avait-il vraiment le choix ?

HJ:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 765
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Ven 17 Oct 2014 - 13:57

Les situations deviennent toujours plus intéressantes lorsque le Véritasérum est employé. La vérité est toujours passionnante, elle recèle des secrets inavoués, les hypocrisies dissimulées derrière de faux sourires, des aveux éhontés… tout un tas de trésors qui me servent toujours. Et dans le cas de Jeroen, une première information m’interpelle : Et je demandais des informations à mon père sur Cody.

Voilà qui est fort intéressant jeune homme… Alors comme ça, on demande à son cher Père, des informations sur les élèves du château ? Et en particulier Cody qui est, ne nous mentons pas, un cas sensible. Le père de ce morveux serait-il si bien placé que ça ? Mon cerveau stock aussitôt l’information dans un coin de ma tête, laissant tout à Jeroen tout le loisir de s’exprimer. L’envie de lui faire mal, de le voir souffrir me brûle les veines mais jamais je ne me permettrais une bavure aussi stupide. J’ai tout mon temps pour ça, j’ai toute ma vie pour les traquer jusqu’aux 4 recoins du monde.

2ème information : Balancer Cody à Rivers. Aucune surprise, c’était prévisible. Jeroen est au courant de tout, ou du moins, du plus important et c’est largement suffisant pour exécuter le plan que j’ai en tête. Après cela, la prise de risque de ne sera plus permis pendant quelque temps. Jeroen bute sur les mots et se penche en avant, crachant un filet de sang. J’hausse un sourcil… Est-ce que ce crétin saignait de la bouche ou de plus loin ? Il était du genre très prudent et si je saisis bien les informations, son père est suffisamment bien placé pour le renseigner… Aurait-il un cachet d’un poison coincé je ne sais où dans la bouche ? Comme au temps de leur guerre entre moldu… Manquerait plus que ça d’avoir un élève mort sur les bras ! Pourtant il continue, essaie du moins.

Rivers prêt à tout pour protéger cette école ? Je m’octroie un sourire de satisfaction. Bien évidemment … Ma troisième question prend naissance et pour toute réponse, j’ai de nouveau un cracha de sang puis son rire, presque fou, presque fanatique. Celui qui vous ronge la gorge sous la pression et qui explose sous la folie, sous la prise de conscience que vous étiez dans une merde profonde et sans nom. Le filet de sang qui s’écoule sur son menton, son incapacité à parler, son…

Lumière dans mon cerveau. Je m’approche d’un pas rapide et le force à ouvrir la bouche. Ingénieux, vraiment, ce petit con est prêt à tout pour ne rien dévoiler, même de se sectionner la langue en deux. Même s’il n’a réussi qu’à s’ouvrir légèrement, cette blessure représente la volonté du jeune à lutter pour ne rien dire et ce, au péril de sa vie. Parce que oui, je pourrais le tuer avec un Doloris, le laisser agoniser dans d’atroce souffrance ou pire encore. Tout un tas de scénarios se forment dans mon esprit mais aucun ne trouvera réalisation. Non, il fallait être plus malin que ça.

« Ouais, t’es vraiment malin pour un morveux de ton âge. »

Je me replace devant lui et ma main vient de nouveau le gifler avec puissance, sans retenue. Je perçois un filet de sang s’échapper de sa bouche pour venir s’écraser je ne sais où. Je lève ma baguette et répare les dégâts causés par lui-même, nettoyant même le sang sur son menton et sur le col de son vêtement.

« Je sais que tu recommencera autant de fois qu’il est nécessaire pour éviter de répondre mais nous allons inclure une nouvelle règle à ce petit jeu. »


Sourire tranquille de ma part et je le regarde presque tendrement. Jeroen, si tu savais comme ton comportement est malheureux, pathétique et décevant. J’aurai pu faire de toi quelqu’un de respecter dans notre milieu, d’influent peut-être. Allez savoir, la vie n’est pas écrite à l’avance, nous en sommes les auteurs et j’aime cette idée. J’aime la possibilité de pouvoir voir naitre mes fantasmes et mes projets.

« Chaque blessure que tu t’affligeras pour ne pas parler, chaque tentative que tu exécuteras pour éviter de me dire la vérité… Seront une blessure diriger vers ta petite catin. En somme : Tu te blesse, tu te joues de moi ? Je la blesse et je me joue d’elle. Et toi comme moi savons qu’il y a de multiple manière de faire ça … »

N’allez pas croire, je ne suis pas de ceux qui violent, encore moins avec un déchet de la nature comme Julian. Mais dans l’esprit se trouve tout un tas de zone à atteindre pour établir la souffrance dans chacun des couloirs de leurs pensées.

« Bien, continuons notre petite conversation. »

J’attrape une chaise et vient me poser à deux mètres de lui, à cheval, les bras croisés sur le dossier, complètement décontracté.

« Parlons un peu de ton père, tu veux ? Il doit sûrement te manquer, je suis sûr que parler un peu de lui te feras du bien… Alors, dis-moi : Où travail-t-il et pour qui ? Quelle influence possède-t-il pour que tu lui demande des informations sur un de tes camarades ? »

C’est là que va venir le plus intéressant. Je sens que je tiens quelque chose et j’aime cette sensation qui s’installe au fond de moi.

« De ta maison en plus… La traitrise, c’est moche. Mais bon, on ne pourra visiblement pas te refaire. Ah et par la même occasion, qu’elle est la plus grande faiblesse de Mr Rivers ? Une petite amie ? De la famille ? »

Toujours bras croisés sur le dossier, je lui parle d’une voix presque fraternel, comme si je m’adressais à un enfant de dix ans qui a fait une mauvaise action et que je le lui laisserais entendre que non, jamais je ne lui ferais de mal. Pas à lui. Mais à sa petite amie, oui. Je m’en donnerais à cœur joie de l’entendre hurler, me supplier de tout arrêter ou alors, de l’achever. Et je ne le ferais pas, non. Je continuerais d’étaler la souffrance dans chaque recoin de son corps, de sa tête. Père avait raison de me former dès ma naissance à ce métier, je suis né pour ça, pour être le prédateur de cette race impure.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Sam 18 Oct 2014 - 18:51

Le gardien se demandait ce qui se passait. Pourquoi les mots butaient, pourquoi sa victime se mettait à cracher du sang. Chose anormale, puisqu’il ne l’avait même pas amoché. Pendant la guerre, les soldats qui possédaient des informations portaient dans leur bouche une petite capsule de poison pour emporter les réponses dans la mort. S’ils avaient été en temps de guerre, et que le besoin s’en était fait sentir, Jeroen aurait probablement suivi ces consignes basiques permettant de protéger pour de bon tout ce qu’il savait. Problème : ils étaient supposés être en temps de paix. Même si les Supérieurs investissaient le monde magique comme une gangrène, la menace n’était pas immédiate… Alors il faisait avec les moyens qu’il avait. Pas de magie, pas de poison. James, donc, ne comprit pas tout de suite, laissa filer mais lorsque l’élève ne put plus parler, un éclair de lucidité traversa son regard. Il s’approcha vivement et le força à ouvrir la bouche. Evidemment, la langue qui double de volume, ça se voit d’un seul coup d’œil, pas besoin d’être un espion infiltré pour comprendre qu’il s’était mordu tout seul. Jeroen tenta de résister mais l’homme n’usait que de gestes efficaces. Il eut un toussotement à moitié étouffé lorsqu’il put de nouveau refermer la mâchoire. C’était vraiment gênant et ça lui vrillait les tympans tant ça cognait dans sa tête.

- Ouais, t’es vraiment malin pour un morveux de ton âge.

Mais c’est qu’il allait lui faire gonfler les chevilles à force de le complimenter comme ça ! Quelle sympathie. La gifle fut nettement moins douce et cette fois-ci, elle fit mal immédiatement. Il cracha encore du sang et se crispa en sentant sa joue bruler. De simples gifles. Ce n’était presque rien, ça ne laisserait pas de marques, c’était un peu trop réfléchi à son goût. Prouver qu’il s’était fait attaquer sans une seule marque serait difficile. Soudain il sentit la douleur s’estomper dans sa bouche et sa langue reprendre une taille normale. Il pesta. C’était trop facile, en même temps, une simple coupure pour un sorcier utilisant l’Impérium. Il aurait réellement dû se la sectionner… Il serra la mâchoire et ravala sa salive encore chargée de sang.

- Je sais que tu recommenceras autant de fois qu’il est nécessaire pour éviter de répondre mais nous allons inclure une nouvelle règle à ce petit jeu.

Son sourire tranquille lui donnait envie de vomir. Il s’amusait. Il était de cette espèce de timbrés qui aimaient voir les autres souffrir, se tordre de douleur et crier en demandant l’absolution sans jamais la recevoir. La violence, le pouvoir, ça l’excitait plus que tout au monde. Avec deux ans dans leurs rangs, le serpentard avait appris à les connaitre et à comprendre leur fonctionnement. La plupart s’agaçaient dès qu’on leur tenait tête, dès qu’on refusait de crier, c’était simple. Celui-là était de ceux qui savaient ravaler leur agacement car ils savaient où ils allaient et quels moyens utiliser. James Holt était doué dans son domaine, clairement. Jeroen se concentra sur sa respiration. Il fallait qu’il se calme, car à force de se laisser aller à l’angoisse, il devenait encore plus vulnérable. Mais est-ce que ça pouvait être pire ? Pas sûr…

- Chaque blessure que tu t’affligeras pour ne pas parler, chaque tentative que tu exécuteras pour éviter de me dire la vérité… Seront une blessure dirigée vers ta petite catin. En somme : Tu te blesses, tu te joues de moi ? Je la blesse et je me joue d’elle. Et toi comme moi savons qu’il y a de multiple manière de faire ça…
- Plus vous nous blesserez, plus vous attirerez l’attention. Vous êtes trop intelligent pour ça.

C’était valable pour la violence physique. Des marques seraient trop visibles, surtout sur les corps de deux gamins qui n’étaient pas censés se faire blesser comme ça sans raisons. Par contre, la violence morale… Allez respirer calmement lorsqu’on vous dit que l’une des rares personnes qui vous tiennent à cœur risque de se faire démonter pour chaque mot qui ne sera pas dit. Julian était fragile. Même si elle se disait forte et se montrait têtue comme aucune autre, elle avait encore de la rancœur et des angoisses dans le ventre, envers sa famille, envers les autres, et surtout envers elle-même. Ils cachaient tous leurs blessures, c’était leur seul moyen de s’en sortir, et savoir qu’elle en avait… ça ne les aidait pas du tout finalement. Il aurait dû rester isolé, ne pas se lier, ne pas donner de prises dans le château. Ne pas laisser les sentiments interférer tant que la menace existait. Il avait été faible, et ils en payaient le prix.

- Elle ne tiendra pas…

Faites-le donc taire, voire tuez-le. Il vous remerciera.

- Bien, continuons notre petite conversation.
- Non… non je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas…

Il se concentra et tenta à nouveau de se mordre la langue, mais cette fois-ci, ce fut son mental qui lui fit faux bond. Pourtant, ce n’était pas de savoir que Julian allait être blessée qui le bloqua. Il savait au plus profond de lui-même qu’il serait capable de la regarder se faire massacrer pour protéger ses idéaux. C’était une question de raison, de logique pure : que vaux une vie contre quelques centaines ? Celle de Julian contre celles de Rivers, Emeric, Lily, son père, et tous les habitants de ce château en sursis ? Bon sang ! Il avait détruit sa vie, sa réputation, son amour-propre, peut-être même son avenir pour les protéger tous ! Il refusait qu’une femme le rende faible. En fait, il refusait d’être faible, d’être une proie, d’être celui qu’on utilise pour atteindre les autres. Il voulait devenir un pilier de ce monde, utiliser son cerveau pour ce qu’il croyait juste, et non laisser tout ce qu’il avait toujours protégé se faire détruire pour un élément qui s’était greffé à sa vie par hasard. Il y aurait, de toute façon, des dommages collatéraux. Il souffrirait forcément de la perte de quelqu’un, il fallait juste choisir qui il acceptait de perdre…

Alors pourquoi son geste s’arrêta-t-il ? Une hésitation, un instant de réflexion inopiné, ses dents serrées sur sa langue dans laquelle se répercutait encore la douleur pourtant passée. C’était physique, réflexe, il n’était pas capable de le faire à nouveau, encore moins d’aller jusqu’au bout. Ses mains liées tremblaient. Il tenta de respirer et de vider son cerveau pour agir mais l’instinct de survie avait pris le relai. La peur de la douleur commençait déjà à le paralyser. Il vit l’homme prendre une chaise et s’asseoir nonchalamment devant lui. Tenta de prendre un visage impassible, mais il avait du mal à contenir la violence de ce qu’il ressentait. Les derniers tressautements de la proie sous les griffes du prédateur qui, lui, prenait allègrement son pied…

- Parlons un peu de ton père, tu veux ? Il doit sûrement te manquer, je suis sûr que parler un peu de lui te feras du bien… Alors, dis-moi : Où travaille-t-il et pour qui ? Quelle influence possède-t-il pour que tu lui demande des informations sur un de tes camarades ?
- Oui, il me manque, mais je n’ai pas envie de parler de lui. Il travaille au Ministère, département de la Justice magique, donc pour le gouvernement anglais. Il est tireur d’élite* depuis presque quinze ans. Il connait beaucoup de monde au Ministère et peut avoir accès à toutes sortes d’informations sur tout et tout le monde, comme les états civils des élèves. Il m’a dit de le contacter dès que j’avais des doutes sur quelqu’un, parce qu’il a déjà identifié plusieurs d’entre vous au Ministère et qu’il essaie de rassembler le plus de preuves possibles avant d’en référer aux plus hauts placés. Il dit que les rares personnes au courant lui font confiance presque aveuglément.

Si August van Saade savait son fils dans cette situation, il ne serait pas étonnant de le voir débarquer avec quelques amis aurors pour renverser le château à lui tout seul. Non, vraiment, il estimait que son père était dangereux quand on ne l’avait pas de son côté. Est-ce que pour autant, il ne disait que la vérité à ses fils ? Est-ce qu’il avait vraiment autant de contacts au Ministère, et était-il réellement protégé si on cherchait à leur nuire ? Rien n’était moins sûr. Il avait quand même prévenu ses gamins qu’au moindre problème, ils devraient partir tous les trois aux Pays-Bas et disparaitre de la circulation sans regarder en arrière. Les ennuis pouvaient donc arriver à tout moment. Une chose était sûre, il se mettrait forcément entre un mage noir et un de ses gamins, ce qui réduisait nettement son espérance de vie. Jeroen gardait pourtant une confiance aveugle en son père. Il avait toujours su s’occuper d’eux et les protéger jusque-là, pourquoi cela changerait-il ?

Pourtant, son fils le balançait aussi simplement que ça… C’était terrible de trahir ainsi son propre père. Oui, il avait accès à tout ce qu’il voulait, mais les Supérieurs n’étaient pas censés le savoir. August s’y prenait toujours avec un calme et une discrétion qui le rendaient presque invisible, lorsqu’il s’agissait de récupérer des informations sur les potentiels Supérieurs infiltrés. A son boulot, il était évidemment critiqué parce qu’il avait épousé une moldue et engendré une gamine de leur espèce, mais ils étaient loin d’imaginer à quel point le père - et le fils - pouvaient manigancer dans leur dos. Il n’aurait plus aucune marge de manœuvre, pourrait même se faire menacer directement… Et maintenant, ils savaient. Ils savaient et ce n’était plus seulement la population de Poudlard qui était en danger, mais aussi eux. Jeroen savait que les Supérieurs n’accepteraient jamais de telles manœuvres dans leur dos. Il ne se pardonnerait jamais s’il leur arrivait quelque chose. Et il ne le pardonnerait jamais à James, qu’il tuerait à la première occasion.

- De ta maison en plus… La traitrise, c’est moche. Mais bon, on ne pourra visiblement pas te refaire. Ah et par la même occasion, qu’elle est la plus grande faiblesse de Mr Rivers ? Une petite amie ? De la famille ?
- Je ne suis pas un traitre. Parler sous veritaserum, ce n’est pas de la traitrise, c’est de la contrainte et c’est tout bonnement pitoyable de se cacher derrière des potions pour avoir des infos. Je n’ai pas grand-chose à dire sur la maison. C’est parfois difficile de gérer les batailles entre égos mais c’est comme toutes les autres maisons.

Ça pouvait passer pour du foutage de gueule, mais il était tellement dépité par lui-même qu’il ne faisait pas réellement exprès de répondre à côté de la plaque. James parlait peut-être de la maison familiale, à Londres ? Sauf qu’ils habitaient un appartement, les van Saade, dans un quartier tout ce qu’il y a de plus moldu en plus. Il fallait être plus clair mon vieux. Quant à la traitrise, ce serait bien qu’il oublie sa troisième question. Jeroen n’avait franchement pas envie de dire qu’il s’était foutu d’eux depuis le début, ça risquait de faire vraiment mal s’ils venaient à l’apprendre… Qu’est-ce qu’ils étaient susceptibles ces crétins.

- Quant à Rivers, je ne sais de lui que ce que tout le monde sait déjà. Je sais qu’Alec est son cousin, mais je ne connais pas le reste de sa famille, qui m’a l’air bien pourrie. Pour la petite amie, je n’en ai rien à carrer. Bon courage pour chercher la faille.

Confère la petite discussion avec Alec et son précepteur. Les Rivers avaient l’air de sacrés lurons s’amusant à traumatiser leurs gamins… Alec et Logan devaient avoir un passif un peu lourd, ce qui les rendait d’autant plus difficiles à cerner. Jeroen n’avait jamais voulu fouiller plus loin dans leur vie. Il avait déjà vécu les révélations d’Halloween sur son camarade de classe comme un viol de son intimité dans lequel aucun des deux n’était consentant… alors non, il n’avait rien d’autre à dire sur Rivers, et ce qu’il savait, tout le monde pouvait le savoir. Enfin un qu’il ne mettait pas directement en danger. Il lança un regard froid à l’homme, la mâchoire serrée. C’était pire que s’il se faisait démolir physiquement.


*de baguette magique, police magique s’occupant des criminels Wink
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 765
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Mar 21 Oct 2014 - 9:30

Les informations pleuvent à foison et plus Jeroen débite les éléments cruciaux, plus mon sourire s’élargit. Alors comme ça Monsieur Van Saade est tireur d’élite pour le gouvernement anglais ? Ce gentil homme prend la peine chaque jours de nous traquer mes semblables et moi, que c’est touchant. J’enregistre attentivement toutes les informations qu’il me lâche sans aucune hésitation, le véritasérum faisant de nouveau ses preuves. Des noms sont sortis et sont désormais fichés. Rassembler les preuves, détruire notre Ordre. En silence, dans le dos de tous. Je crois que tout ça intéressera l’Ordre… S’il fallait tuer Mr Van Saade ? Non, certainement pas. Mais le tromper, oui. Agir doucement, intelligemment. Pourtant, cela nous ferait une épine de moins dans le creux du pied mais le tuer serait aussi dangereux et trop suspect. Par contre… Une infiltration est tout à fait envisageable. A réfléchir, à peser, à étudier. Quoi qu’il en soit, Jeroen venait de me délivrer des informations essentiels sur son père et donc, sur le ministère de la magie, ainsi que sur leur investigation. Peut-être qu’après tout ça, vérifier le courrier de Van Saad ne serait pas exclue…

Je jubile intérieurement et ne dissimule pas ce grand sourire sur mon visage, celui qui traduit ma fourberie et mon plaisir à ce petit jeu. Nous sommes bien là, toi et moi, à discuter de petites choses qui pourront renverser le cours des choses. Je sens que Bill va être ravi de cette petite récolte. En attendant, il fallait que je revois Cody ou lui fasse passer un ultime message afin qu’il veille à être plus prudent qu’à l’accoutumer sous peine de voir sa sœur avec certaines marques.

- Je ne suis pas un traitre. Parler sous veritaserum, ce n’est pas de la traitrise, c’est de la contrainte et c’est tout bonnement pitoyable de se cacher derrière des potions pour avoir des infos. Je n’ai pas grand-chose à dire sur la maison. C’est parfois difficile de gérer les batailles entre égos mais c’est comme toutes les autres maisons.

Le jeune homme se méprend mais peu m’importe. Il blablate sur cette histoire de maison qu’il n’a pas compris mais je m’en fiche, ce n’est pas un détail important, non ce qui m’intéresse maintenant c’est d’en savoir un peu plus sur Rivers et le monde qui l’entoure. Je commence doucement à m’insinuer dans les failles, dans la confiance des autres, à me mettre certains dans la poche en restant le gentil James, gardien de ce château, sympa avec ses collègues, timide et introvertie. Mais derrière le masque… Ah, la bonne époque me manque. Celle où Tony, Matt', Lucia et moi-même faisions des traques au travers la campagne, en pleine nuit. L’adrénaline, la soif de douleur et de vengeance, tout ça pulsaient sous nos veines avec frénésie.

Celui que j’ai devant moi n’est encore qu’un gamin et pourtant il me semble presque plus courageux que d’autres ici. L’erreur fatal de sa part a été de s’enticher de cette bonne à rien de Julian … faire pression sur lui est devenu plus évident que je ne l’aurai cru même s’il m’a donné du fil à retorde. D’ailleurs, la douleur dans mon genou s’est estompée mais reste tout de même présente.

- Quant à Rivers, je ne sais de lui que ce que tout le monde sait déjà. Je sais qu’Alec est son cousin, mais je ne connais pas le reste de sa famille, qui m’a l’air bien pourrie. Pour la petite amie, je n’en ai rien à carrer. Bon courage pour chercher la faille.

Aaahh nous y voilà. Alec Rivers donc. Je ne me souviens pas de sa tête et je ne suis même pas sûr d’avoir fait attention à lui. Je conserve son nom bien précieusement. Je ne sais pas encore ce que je vais en faire mais si je pouvais m’en servir pour atteindre Rivers, j’étais prêt à mettre les pieds dedans, en toute prudence. Peu m’importe le temps que ça prendra, plus nous donnerons la sensation à cette école d’être tranquille et en sécurité, plus la garde s’abaissera de jour en jour.

Toujours assis face à Jeroen, avec le même sourire que j’arborais tout à l’heure, je reste quelques secondes en silence, à contempler l’œuvre.

« Ne t’en fais pas pour moi, je suis débrouillard et puis, comme tu le sais déjà, nous ne sommes pas les seuls. Mais grâce à toi Jeroen, nous allons pouvoir faire quelques pas supplémentaires ! Je te dois une fière chandelle ! »

Je me lève enfin et repose délicatement la chaise à l’endroit où elle se trouvait. C’était une manie bien à moi, être toujours précis, concis, ordonné. Ma chambre ressemblait presque trait pour trait à celle d’un Soldat de l’armée moldu ou sorcière, lorsque votre général vient vous voir, furibond, pour que votre pièce soit rangé en ordre, dans la discipline. Et c’est ce qui manque à cette école, de la discipline.

« Et c’est aussi grâce à toi que nous allons pouvoir rendre visite à ton chère papa pour obtenir deux trois informations, mais rien de méchant, ne t’en fais pas. Le tuer serait stupide, nous allons nous réserver ça pour plus tard. Autant faire durer le plaisir, tu ne crois pas ? »

Je sais ce qu’il va me dire : Que son Super Papa est trop malin et trop sur ses gardes pour se laisser approcher aussi bêtement. Mais justement, il n’y a pas que du côté des traites qu’on trouve de très bons éléments d’infiltrations. Bien au contraire …
Jouer avec le mentale de Jeroen est divertissant, vraiment. Rien à voir avec cette raclure de Matthew qui ne m’a servi finalement qu’à passer le temps… et encore. Non, Jeroen était bien plus intéressant et je suis presque peiné de devoir m’en séparer. Je lui fais face, cette voix le visage plus dur et plus sombre.

« Tu nous as trahis Jeroen, tu en as conscience … Comme tu sais que les traitres, nous n’aimons pas ça. Et ça se paie tout ça, peut-être que si nous rendons visite à ta petite famille, tu en prendras un peu plus conscience. Je suis certain que ton frère serait ravi de nous voir… Et je ne parle même pas de ta mère ! »

Je laisse échapper un rire sincère, confiant comme jamais. Je ne ferais rien de tout ça mais Jeroen n’est pas censé le savoir, et voir cette éclair de panique au fond du regard est suffisamment jouissif pour que je m’en contente pour le moment.

« Bon ! » Je frappe dans mes deux mains, de nouveau jovial. « Ce n’est pas que tout cela est ennuyeux, bien au contraire, mais il est temps d’en finir… » Je plante mon regard dans celui du jeune Serpentard, avant de tourner autour, en agitant les bras, m’exclamant de manière presque déçue. « Voyons ! Van Saade ! Ne me regarde pas comme si j’allais te tuer … Non, tu l’as dit toi-même je suis bien trop intelligent – ou du moins, prudent - pour me mettre la mort d’un élève sur le dos. Non, je vais faire mieux que ça. »

Je dépose la baguette du jeune homme sur une des tables et me saisis de la mienne, m’approchant doucement de lui.

« Qu’est-ce qu’il y a de pire en cet instant pour toi, hm ? De savoir que tu as délivré des informations qui ont mis en danger la vie de ton père, de ta famille et de tout le château ? Ou de savoir que d’ici moins d’une minute… tu auras oublié tout ce que tu viens de dire, tout ce qui vient de se passer ? »

Mon sourire s’élargit. Je suis presque certain qu’il ne pensait pas s’en sortir. Je pointe ma baguette vers lui et d’une voix sombre et sadique au possible :

« A une prochaine fois Van Saade… Stupéfix ! »

Aussitôt que le sort l’atteint, sa tête s’affaisse lourdement sur son thorax. De nouveau, ma baguette se dirige droit vers lui, visant le haut de son crâne. Je me concentre sereinement, patiemment, sur les souvenirs à effacer …

« Oubliette »

Plus d’entretient avec Cody, celui-ci devient un banal camarade de classe, un élève comme un autre. Plus d’annonce que l’Ordre reviendra prochainement, plus de cette conversation avec moi, bref, toutes informations compromettantes s’évaporent dans une sorte de nuage argenté. Nouveau sourire de ma part… Voilà une bonne chose de faite. Je el défait de ses liens, agitent encore une fois ma baguette pour le soulever dans les airs… Je regarde le mur de derrière. Arf, un coup de baguette et je pourrais l’envoyer s’écraser mortellement contre les briques mais je m’abstiens. Prudence, mon ami. Prudence. Je porte Jeroen sur mes épaules, m’assure que personne ne se trouve dans les couloirs et même si je devais croiser quelqu’un, je pourrais tout simplement dire que je l’ai trouvé inconscient, jouant de mes grands yeux inquiets, soupçonnant un élève un peu trop vengeresse d’avoir voulu faire du mal à Van Saade mais l'heure du repas m'ait bénéfique car personne ne rôde encore dans les couloirs.. Mais ça ne serait tarder. J'active mon pas et effectue peu de chemin, jusqu’au couloir se trouvant avant celui qui mène au bureau de Rivers.

Regard à gauche, à droite, je le dépose contre le mur, replace sa baguette dans sa poche…

« Enervatum. »

Ses yeux s’activent, son front se plisse, il marmonne un je ne sais quoi. James le grand acteur se met en scène…

« Eh ! Gamin réveille-toi ! »

Je lui tapote la joue, il se réveille en douceur. Il va simplement s’en tirer avec le crâne lourd, un léger mal de tête et l’impression que des détails lui échappent. J’affiche un air soucieux et quelque peu préoccupé.

« Tu vas bien ? Je viens de te trouver évanoui dans le couloir, tu n’as rien de cassé ? »

Ses yeux s’ouvrent m’offre du vide, une incompréhension. De mon côté, je garde en mémoire le dernier regard qu’il m’a jeté avant de tout oublier : celui d’une haine profonde et d’un désir de vengeance accrue.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Sam 25 Oct 2014 - 17:58

La mort. Il aurait sérieusement préféré la mort. Il n’était pas suicidaire, pas le moins du monde ; mais cette violation de ses pensées laisserait des séquelles à vie. Il en avait longtemps voulu à Rivers pour avoir fait usage du Veritaserum sur lui, mais il en avait fait un usage respectueux, en quelque sorte. James n’avait pas de limite. Il se fichait des conséquences, il voulait simplement des informations, les plus sensibles évidemment. Il voulait ses secrets les plus intimes et Merlin seul savait ce qu’il allait faire avec. C’est bon, vous avez la technique pour réduire un Jeroen à néant. Une sueur froide glissa le long de son échine. Pour un simple élève, il avait toujours eu une force mentale de fou furieux, couplé à une compréhension aigue des mécanismes qui font les humains, mais la limite était atteinte et largement dépassée. Comme il avait envie de hurler ! De le détruire, de le mettre en miettes, ce timbré-là avec son sourire satisfait, et tous les autres en passant. Il ne fallait pas qu’ils sachent. Il ne fallait pas…

- Ne t’en fais pas pour moi, je suis débrouillard et puis, comme tu le sais déjà, nous ne sommes pas les seuls. Mais grâce à toi Jeroen, nous allons pouvoir faire quelques pas supplémentaires ! Je te dois une fière chandelle !
- Vous êtes complètement dingues. Vous me dégoutez.

L’homme rangea sa chaise. Méticuleux, soigneux, travail propre. Il n’avait pas dû s’improviser espion du jour au lendemain. Depuis combien de temps préparaient-ils cette prise de pouvoir du monde ? Combien étaient-ils réellement ? Jeroen n’était pas stupide, il savait parfaitement qu’ils n’étaient pas seuls, qu’ils étaient nombreux à se préparer dans l’ombre. Qu’ils allaient frapper. Ils préparaient leur retour ici, tranquillement, en laissant quelques bombes s’immiscer à l’intérieur pour préparer le terrain. Ils étaient beaucoup trop forts. Le serpentard commençait à perdre pied. Est-ce qu’ils avaient seulement une chance ?

- Et c’est aussi grâce à toi que nous allons pouvoir rendre visite à ton cher papa pour obtenir deux trois informations, mais rien de méchant, ne t’en fais pas. Le tuer serait stupide, nous allons nous réserver ça pour plus tard. Autant faire durer le plaisir, tu ne crois pas ?

Jeroen blêmit, au point qu’on aurait pu se demander où était parti tout le sang de son corps. Qu’on le menace, qu’on menace Julian ou des potes, ou encore des inconnus dont il se fichait éperdument, rien à faire, il pouvait garder la tête froide. Viser son père, viser sa famille, c’était s’attaquer à tout ce qui l’avait construit, à ses racines, à sa raison d’être. Il avait une confiance aveugle en son père mais il ne fallait pas être dupe : l’ennemi était de taille et de très mauvaise humeur. Est-ce qu’il aurait le temps d’envoyer Emeric et Lily à l’abri ? Et serait-il seulement capable de revenir vivant d’une lutte avec l’un d’entre eux ?

- Si vous faites ça, je vous détruis. Je vous promets que je vous détruis.

Sans faire durer le plaisir, non : un simple Avada ferait l’affaire. Jeroen n’avait jamais tué et il ne prenait aucun plaisir à faire mal aux autres, mais s’ils touchaient à sa famille, l’élève serait totalement incontrôlable. S’il n’avait plus rien à protéger, plus rien ne l’empêcherait de devenir une bête, un monstre dénué de sentiments et prêt à tout pour assouvir son désir de vengeance, y compris à détruire tout ce qui se mettait sur son passage. Il n’aurait même plus peur de se détruire lui-même. S’il y avait bien une famille à ne pas décimer en le laissant en vie, c’était bien la sienne : ce serait un carnage.

- Tu nous as trahis Jeroen, tu en as conscience… Comme tu sais que les traitres, nous n’aimons pas ça. Et ça se paie tout ça, peut-être que si nous rendons visite à ta petite famille, tu en prendras un peu plus conscience. Je suis certain que ton frère serait ravi de nous voir… Et je ne parle même pas de ta mère !
- Je ne regrette rien. Si vous les touchez, je vous détruis. Et dommage pour ma mère, vous arrivez cinq ans trop tard.

Trahison. Ce mot lui fit prendre conscience d’une chose : le temps où il pouvait se protéger en se faisant passer pour l’un des leurs était définitivement révolu. Deux ans de mensonges, de mépris, de violence, de haine, deux ans à leurs pieds pour se protéger, partis en fumée parce qu’il n’avait pas su tenir son rôle avec Cody. Il ne restait plus rien que leur haine pour s’être fait avoir comme des bleus. Rire. James avait le pouvoir et il jubilait. L’élève, lui, n’arrivait plus à gérer son angoisse. Il recommença à s’agiter, essayant de ses défaire de ses liens mais il ne faisait que se faire mal aux poignets. Il sursauta lorsque le gardien frappa dans ses mains avec un air satisfait.

- Bon ! Ce n’est pas que tout cela est ennuyeux, bien au contraire, mais il est temps d’en finir… Voyons ! Van Saade ! Ne me regarde pas comme si j’allais te tuer… Non, tu l’as dit toi-même je suis bien trop intelligent – ou du moins, prudent - pour me mettre la mort d’un élève sur le dos. Non, je vais faire mieux que ça.

Est-ce qu’il avait pensé qu’il allait mourir ? Oui et non. Il aurait presque trouvé cela plus simple, ça aurait servi à quelque chose, les autres auraient été alertés et peut-être qu’ils auraient pu être sauvés. Mais James n’aimait pas les solutions de facilité un peu trop risquées…

- Qu’est-ce qu’il y a de pire en cet instant pour toi, hm ? De savoir que tu as délivré des informations qui ont mis en danger la vie de ton père, de ta famille et de tout le château ? Ou de savoir que d’ici moins d’une minute… tu auras oublié tout ce que tu viens de dire, tout ce qui vient de se passer ?
- Non non non… !

Il se tendit tout entier. Pas ça ! C’était la pire chose qui puisse arriver. Il ne pourrait prévenir personne. Il ne pourrait pas les protéger. En fait, il allait juste oublier la menace, repartir à zéro et James, Cody et tous les autres ne feraient plus d’erreurs… Ils avaient même de quoi faire tomber son père. Il ne resterait plus rien et…

- A une prochaine fois Van Saade… Stupéfix !

Il n’eut pas le temps de crier que son corps s’affaissa sur la chaise. L’inconscience. L’inconscience traîtresse qui l’enroba de ses bras sans qu’il ne puisse rien y faire. Depuis qu’il avait commencé à se diriger vers le bureau de Rivers, l’histoire était toute tracée. Il n’avait pas réussi une seule fois à réduire les dégâts ou à toucher le gardien. En quelques minutes, tout ce qu’il avait construit depuis des années s’était effondré, et c’était toute sa vie qui risquait de suivre cette direction. Et toujours la même question : était-il encore possible de faire pire ? Il ne manquait plus qu’une lettre annonçant qu’une famille de traitres avait disparu pour combler le tableau. Seul le temps le dirait.

Finalement, une autre question se posait. Etait-ce mieux ? Aurait-il réussi à vivre normalement tout en sachant qu’il venait de tout perdre, de mettre en danger sa famille et l’école tout entière ? La seule chose à laquelle il pourrait se raccrocher, c’était que James n’avait pas pour objectif une élimination rapide… Chose qu’il n’allait pas lui laisser. La magie s’immisça dans son esprit et dévora les souvenirs, lentement et sûrement. Il oublia ce qu’il savait de Cody, ce que James lui avait fait. Il oublia la lettre, les menaces, ses interrogations, l’angoisse à l’idée de leur prochain retour, la peur. Lorsque l’homme s’écarta du corps inerte de sa victime, il ne restait plus rien.

Le silence.

Le vide.

L’oubli.

Un bruit. Réveil sur un sol froid, atrocement dur et mordant. Quelque chose venant de l’extérieur tentait d’interagir avec lui. Il commença à ouvrir les yeux comme s’il sortait d’un horrible cauchemar.

- Eh ! Gamin réveille-toi !

Jeroen grogna, marmonna une remarque désobligeante et attrapa la main qui le touchait pour la repousser. Ses gestes étaient pâteux et un peu faibles mais il détestait qu’on le touche ainsi. Il voulait que l’intrus arrête de le frapper, d’autant que l’effet diffus de ses claques, à cause du sommeil, semblait carrément amplifié. Après quelques secondes d’adaptation à la lumière qui l’entourait, il lança un regard creux et perdu au mur contre lequel il était à moitié adossé. Bon sang. Qu’est-ce qu’il foutait là ?

- Tu vas bien ? Je viens de te trouver évanoui dans le couloir, tu n’as rien de cassé ?
- Je sais pas… que… qu’est-ce qui s’est passé ? On est où ?

Son cerveau ne voulait pas faire la mise au point. Pourquoi était-il par terre dans un couloir ? Est-ce qu’il s’était fait attaquer ? Il ne se souvenait d’absolument rien ; le néant total. Il se concentra fortement, se posa des questions bêtes, son prénom, celui de son frère, son adresse, sa maison, son âge. Ça revenait. Il arrivait plus ou moins à se concentrer sur quelque chose, c’était ça de gagné. Il secoua la tête. Un coup en traitre ne serait pas étonnant, des élèves avaient déjà réussi à l’attaquer. Pourtant, ça faisait un moment qu’ils s’étaient calmés et ils n’avaient jamais réussi à le prendre totalement par surprise… Toujours agrippé à la main de l’homme comme à une bouée de sauvetage, il le dévisagea. C’était un gardien. Un de ces anges gardiens qui jouaient les pots de fleur dans le château en attendant d’avoir autre chose à faire que de se tourner les pouces en faisant des petites rondes comme de vulgaires hommes à tout faire. Aucune menace, donc. Jeroen finit par le lâcher et prit sa tête entre ses mains. Son corps, ses poignets, sa joue le démangeaient. Il avait un goût de bile un peu ferreux dans la bouche. Peut-être un simple malaise ? Non, il n’arrivait pas à retrouver une seule trace de ce qui venait de se passer.

- Je me sens pas bien…

Quel doux euphémisme. Jeroen sentit une remontée acide et ramena ses jambes contre son torse. Il était totalement à l’ouest, tout en se rendant vaguement compte de son état, ça le rendait malade. Il ravala sa salive, se gratta frénétiquement le poignet pendant quelques secondes avant de se rendre compte de son geste et de s’arrêter net. Il perdait la boule en plus de ça.

- Il y avait quelqu’un dans le couloir ?

Rationnaliser. Trouver une explication logique au fait qu’il soit tout seul par terre dans un couloir. Attaque ou malaise ? Peut-être y avait-il un témoin ou quelque chose ? Il reprit comme il put un air neutre en tentant de rassembler ses esprits et lança un regard au gardien. Son nom ne lui revenait pas non plus. Pourtant il lui semblait avoir retenu le nom de quelques-uns d'entre eux…

- Vous êtes ?

Flou total.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 765
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Mar 4 Nov 2014 - 9:03

- Je sais pas… que… qu’est-ce qui s’est passé ? On est où ?

Intérieurement, je jubile. Il est désorienté, blafard, un peu tremblant, comme après un malaise où vous avez la sensation que votre corps n’est qu’un amas de muscle sans tonus. Sa main est agrippée à la mienne et j’en ressens une vive satisfaction. Il est loin le jeune homme sûr de lui, jurant qu’il me détruirait … Oui, il est bien loin. J’ai maintenant face à moi un simple gosse paumé, qui a tout oublié. Oublié qu’il a balancé des informations cruciales sur son père qui ose nous chasser en traitre. Nous allons régler cela rapidement. Il finit par me lâcher, prenant sa tête entre ses mains. L’homme deviendrait fou lorsqu’il prend conscience que tout lui échappe, qu’il ne contrôle rien. Quel effet ça fait d’avoir la sensation que quelque chose manque, là-dedans, dans ta tête ?

« Nous sommes à Poudlard, tu te souviens ? Dans un des couloirs du deuxième étage.
- Je me sens pas bien… »

Pauvre petite chose… Jeroen se replie sur lui-même, ramenant ses genoux contre lui : Instinct de sécurité. Il ne comprend rien, ne se souvient de rien, il a besoin de se sentir protéger, de ne pas être vulnérable alors il repli son corps pour se donner cette sensation, comme un ancrage à la réalité. Il n’est plus qu’un enfant apeuré, se grattant le poignet, roulant des yeux à droite, à gauche. Cherchant un indice quelconque pour se raccrocher à quelque chose qui pourrait le ramener au présent et lui ramener son passé.

« Je vais t’amener à l’infirmerie, tu t’es peut-être cogné la tête en tombant… » Je lui pose très doucement et prudemment une main sur son avant-bras, là où sa main gratte frénétiquement sa peau. « Mais en attendant, calme toi, tu ne risques rien. Prends ça. »

Je sors ma baguette et fait apparaitre au creux de sa main, un morceau de chocolat. Le chocolat, c'est toujours bon pour la santé et le morale parait-il. Je suis là pour te protéger Jeroen, c’est mon rôle, tu te souviens ? Je suis là pour votre bien, à tous. Mais bien évidemment ça ne le rassure pas plus que ça parce que si sa mémoire a été modifiée de certains souvenirs, sa méfiance elle, reste intacte.

« Il y avait quelqu’un dans le couloir ? »

J’affiche un air surprit avant de lui répondre d’un ton conciliant :

« Non, personne… Pourquoi ? Tu penses que quelqu’un te veux du mal ? »

Si peu. Tout se déroule correctement et bien mieux que je ne l’aurai cru. Il m’a donné du fil à retorde et je ne suis pas prêt de l’oublier. Jeroen est une personne dont il faut se méfier et il serait temps que Cody intègre lui aussi cette information. Il en va de même pour les Tveit. Ces derniers doivent faire leur preuve et je ne manque pas de les surveiller de près, surtout avec comme exemple la trahison de Jeroen. Si je n’étais pas intervenu à temps… tout aurait été foutu en l’air.

« Vous êtes ?
- James Holt, l’un des gardiens du château. Et toi ? Quelle est ta maison ? »

Simple formalité pour savoir à qui je m’adresse etc, c’est aussi notre rôle. A aucun moment je n’emploi un ton froid, abrupte, au contraire, j’y vais en douceur, comme si je m’adressais à un élève en convalescence. Je le regarde soucieux avant d’engager sur un ton toujours aussi calme :

« Tu sais… je pense que tu as simplement dû t’évanouir. Tu es stressé en ce moment ? Peut-être que tu fais trop d’effort, de sport ? Si tu te sens apte, je vais te conduire à l’infirmerie. »

Parfois le surmenage vous savez, ça use la santé et on ne sait pas ce qu’il peut advenir.

Je reste toujours un genou à terre, face à lui, mon bras appuyé sur l’un de mes genoux. Jouer l’homme inquiet et sympa n’est finalement pas compliqué, au contraire, c’est devenu un petit jeu qui, parfois, me donne du plaisir à les voir se laisser berner comme des imbéciles.

« Si quelqu’un ici te veux du mal, il faut que tu en parles. »

Sait-on jamais, la violence au sein des écoles est bien plus fréquente que nous le croyons, il n’y a pas de raison que Jeroen n’en soit pas victime, n’est-ce pas ? Je joue mon rôle jusqu’au bout, jouant presque les assistantes sociales pour ce petit merdeux qui a bien faillit causer notre perte à tous. J’attendant qu’il se décide à bouger pour enfin le conduire à l’infirmerie et en finir une bonne fois pour toute, reprendre le cours de la soirée et oublier tous ces désagréments même si pour Jeroen, c’est déjà fait. Allez, dis : Merci tonton James de m’avoir empêché de faire la plus grosse connerie de ma vie et de m’avoir épargné une mort certaine. Enfin… épargner. Je dirais plutôt retarder. Ici, tout est une question de temps et celui-ci, commence doucement et agréablement à s’accélérer.


HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 4203
Date d'inscription : 19/02/2012
Crédits : Tumblr & moi
Double Compte : Drew A. Parker & Gwen Roberts-Moore



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1415-jeroen-van-saade
MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   Mar 11 Nov 2014 - 15:56

La sortie du silence était violente et laissait un arrière-goût désagréable. Si elle se faisait en douceur, loin du réveil en sursaut auquel il se serait attendu, le simple fait de ne pas pouvoir contrôler ses gestes et d’avoir conscience de cette incapacité était douloureux. Il ramait dans la semoule, cherchant la berge mais il ne voyait pas à plus de trois mètres dans le brouillard de son esprit. Et il paniquait un peu. Lui, l’homme imbu de lui-même, l’esprit toujours tellement clair qu’il pourrait voir dans le noir, il avait momentanément perdu cette faculté qui le définissait et ça lui donna envie de vomir. Être malade ou ivre, ça donnait presque cet effet, mais en général il se souvenait de ce qui s’était passé juste avant, au moins partiellement. Là, c’était le trou noir. Par défaut, il s’accrocha au seul individu capable de l’aider à se sortir de cet état infâme. Un gardien trop gentil, trop prévenant, mais c’était pour le moment la seule bouée qu’on lui tendait… Il ferait avec.

- Nous sommes à Poudlard, tu te souviens ? Dans un des couloirs du deuxième étage.

Poudlard, ça allait, il avait retrouvé. Novembre 2014, à l’école, les Supérieurs, Julian, Emeric… un tas de choses lui revenaient, mais il lui semblait toujours qu’il lui manquait quelque chose. Qu’était-il venu foutre au deuxième étage ? Même s’il avait conscience d’avoir oublié, il ne prenait pas la mesure de ce qui lui manquait. Chaque jour, on classe et oublie tout un tas de choses futiles qui ne feraient qu’encombrer la mémoire pour rien. Chaque jour, le cerveau fait des raccourcis pour combler les manques et sauvegarder la santé mentale de l’individu. La seule chose qui lui posait problème à l’instant présent était de savoir ce qu’il fichait ici, et pourquoi il s’était retrouvé par terre. Impossible de combler ça avec de faux souvenirs. Il se recroquevilla en sentant les larmes monter. Bon sang, il détestait être dans cet état…

Le gardien posa soudain sa main sur l’avant-bras de l’élève. Jeroen se figea en cessant de se gratter frénétiquement, surpris et à nouveau dans le refus qu’on le touche. Ce contact lui était éminemment désagréable. Il détestait les contacts effectués sans son autorisation. L’homme le touchait avec une espèce de compassion mal placée, et il commençait déjà à lui prendre la tête. Qui était-il pour se permettre de poser ses mains sur lui comme un ami ? Un frisson désagréable lui parcourut le bras et il essaya de se défaire de ce contact d’un geste faible. Ils étaient rares, ceux qui pouvaient le toucher sans qu’il ressente le besoin impérieux de s’écarter. Pour un manipulateur, il savait que le contact pouvait constituer une forme de domination sur l’autre, et il n’allait pas se laisser faire, aussi mal en point soit-il. Toutefois, cela eut le mérite de détourner son attention de la sensation qui picotait sous sa peau.

- Je vais t’amener à l’infirmerie, tu t’es peut-être cogné la tête en tombant… Mais en attendant, calme toi, tu ne risques rien. Prends ça.

Dans sa main, il fit finalement apparaitre un morceau de chocolat. Jeroen le jaugea quelques secondes, puis finit par accepter. Il aurait préféré que ce soit Caitlyn, mais apparemment, le sort voulait qu’il se retrouve dans des états pas possibles devant tout un tas de gens différents, que du bonheur. Il avait envie de vomir, il tremblait et faillit devoir s’y reprendre à deux fois pour attraper le chocolat, et tout cela constituaient un ensemble de signe prouvant que du sucre était nécessaire dans sa situation… Faiblesse traitresse. Deux fois en moins d’un mois, ça commençait à faire beaucoup, il devrait peut-être demander une potion pour la nervosité à son grand frère, à force. Il demanda ensuite s’il y avait eu quelqu’un dans le couloir, cherchant toujours à recoller les morceaux.

- Non, personne… Pourquoi ? Tu penses que quelqu’un te veux du mal ?
- Je n’ai jamais fait l’unanimité…

C’était quoi ce regard conciliant à la noix ? Jeroen n’était pas une petite chose faible se laissant marcher dessus par n’importe qui. Il s’était peut-être fait avoir cette fois-ci, mais est-ce qu’il avait l’air traumatisé ? Bon ok, peut-être qu’il en avait l’air, mais c’était clairement dû à la perte de connaissance. Il s’était fait rabaisser pendant deux ans. Depuis que les Supérieurs avaient été jetés dehors, il s’était fait agresser à de nombreuses reprises - et à raison, estimait-il - en raison de ses actes. Il avait des cicatrices mais il se contrôlait toujours aussi bien face à la violence et arrivait systématiquement à prendre le dessus pour doucher les ardeurs… Il balaya la question d’un nouveau mouvement de main. C’était quoi son nom déjà ?

- James Holt, l’un des gardiens du château. Et toi ? Quelle est ta maison ?
- Jeroen van Saade. Serpentard…

Ça ne semblait pas évident ? Le blason sur sa poitrine répondait de lui-même… Oh la méchante sensation de déjà-vu. Il mit ça sur le compte d’un quelconque décalage entre perception sensorielle et mentale - oh, miracles de la psychologie moldue - et se frotta les joues.

- Tu sais… je pense que tu as simplement dû t’évanouir. Tu es stressé en ce moment ? Peut-être que tu fais trop d’effort, de sport ? Si tu te sens apte, je vais te conduire à l’infirmerie.
- Ouais non, je vais très bien. J’ai juste dû me cogner comme vous dites. Pas besoin d’aller à l’infirmerie.

Il lui jeta un regard vide et entreprit de se préparer mentalement à se lever. Ne rien brusquer.

- Si quelqu’un ici te veux du mal, il faut que tu en parles.
- Merci du conseil pourri.

En parler ? Haha. Il ne risquait rien. Il était intouchable. La menace était présente, mais il n’avait fait aucune erreur jusqu’ici, et les Supérieurs étaient encore loin. Du moins l’espérait-il. S’il restait méfiant, il n’y avait pas de quoi s’angoisser outre mesure. Il écrasa un rire et serra le poing pour se relever, mais dès qu’il se redressa, il sentit sa tête tourner et se figea, accroché tant bien que mal à la surface du mur. Si Emeric avait été là, il l’aurait assommé pour l’empêcher d’aller plus loin. Il faisait décidément un très mauvais malade. Sans un sourire, il se tourna vers le gardien.

- Ok pour l’infirmerie.

Et pas une remarque qui puisse toucher sa petite fierté, sous peine de le tenter d’aller mourir seul dans un coin sans se faire soigner. Il se laissa emmener jusqu’à l’infirmerie. Rien qu’un petit malaise…

▬ Fini
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James   

Revenir en haut Aller en bas
 
Mieux vaut tard... ou jamais ? ▬ James
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Mieux vaut tard, que jamais [PV Anya]
» Mieux vaut tard que jamais ~
» mieux vaut tard que jamais, quand une brune prend vassal
» Mieux vaut tard que jamais. ϟ Nymeria, Tyerne, Rhaegar & Nakhti.
» Stéfan - Mieux vaut tard que jamais

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Deuxième Etage.-
Sauter vers: