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 [event halloween] Come and get it toys - Jeroen

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MessageSujet: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Ven 5 Sep 2014 - 12:27

Samedi 1er Novembre


« Un évènement pour halloween. Mais quelle idée grandiose ! Non, réellement, très cher cousin, c’était une fantaisie dont tu aurais pu te passer… »

Un cri aigu avait stoppé Alec en pleine réflexion amère. Un cri ? Comme c’est étonnant. Ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu ce genre de joyeusetés dans le coin. Non, vraiment, c’est bien de ne pas perdre certaines habitudes, on ne sait jamais, ça aurait pu être calme dans l’école. La jeune femme à laquelle appartenait la voix sur-aigue qui s’était élevée brutalement à la seconde précédente était finalement apparue, passant devant Alec en se débattant d’une bestiole étrange accrochée à sa jambe. O-kay.
Oui, la semaine de l’horreur – comme l’avaient appelé bien vite les habitants du château – n’avait commencé que depuis la veille et les sortilèges que les élèves affrontaient étaient encore relativement softs.
Enfin, quelques temps plus tôt, il avait quand même croisé un fantôme au visage décharné qui suivait une femme en faisant des bruits plus que glauques. Bref, un vrai décors de films d’horreurs qu’il préférait éviter pour sa part. Il fallait dire qu’il n’avait pu s’empêché de frissonner violemment en voyant le revenant en question. Bon dieu, mais quel bordel. Du moins, Logan avait affirmé qu’il n’y avait rien qui puisse attenter à leurs vie, les mutiler ou quoi que ce soit. Ils pouvaient juste devenir totalement cinglés. C’est tout de même un moindre mal ! … Vous voyez le scepticisme là ? Parce que moi oui.

D’un air potentiellement détaché, le jeune homme avait balancé deux ou trois sorts et foutu un coup de pied à la bestiole qui était passé au rouge pétant et s’était mis à émettre une sorte de bave gluante et verdâtre qui ne devait pas être très positive. Pire encore, la bestiole ne semblait pas importunée le moins du monde par ses tentatives… contrairement à la jeune femme qui le regardait avec un air parfaitement désespéré.


Lui adressant une grimace dépitée, il avait simplement haussé des épaules. Il faisait pire de toute façon.

« Désolé… ça dépasse mon champ de compétences… » :gla:

Navré. C’est con ce qui t’arrives.

« C’est con c’qu’il lui arrive. »

« Grave. »

oO Wait a minute… mais quelle voix fâcheusement familière…

Alec s’était en effet éloigné de la jeune femme depuis quelques mètres maintenant et, alors qu’il se retournait sans grande volonté, ce fut pour découvrir, accoudé contre l’un des murs froids du couloir, un homme qui avait hanté ses heures d’apprentissages. Tout droit sortit du passé, voici Lewis Anderson, précepteur de la famille Rivers depuis quelques années et très cher ami d’Alec ici présent !

« … Génial. »

Et là, le scepticisme, vous le voyez ??

« Eh bien, tu me déçois le môme, tu n’as réellement pas réussi à faire mieux ? »
« Flatteur, comme toujours. Comme c’est sympathique ça, les fantômes du passé qui viennent insultés les torturés du présent. Logan, t’as des idées de merde. Nan, vraiment.. »
« Médiocre, c’est tout au plus ce que tu es. »
« Charmant, c’est le maximum auquel tu peux aspirer. »

Non, Lewis n’était ni blond ni gominé, mais ça aurait probablement été plus aspirant. Non, en réalité, il s’agissait d’un homme à l’allure décharnée et au physique sec et froid. Pourtant, il n’était pas d’un physique désagréable, c’était ce qui forçait l’ambigüité lorsque l’on croisait son regard. Des yeux d’un beau vert cristallin mêlé d’or. Des yeux d’un froid de glace, dur et tranchants qui semblaient vous dépecer au moindre regard. Et ce sourire, sec et arrogant. La moindre parcelle de son être semblait être là pour vous briser, vous brider, vous faire comprendre que vous n’étiez rien, plus bas que terre face à lui. Chaque parole s’avérait incisive, chaque châtiment… bien pire.
Le jeune homme n’avait pas précisément eu une enfance heureuse, contrairement à ce qu’il faisait croire à tout le monde avec son grand sourire de charmeur. Mais il fallait dire que cet homme en face de lui y avait largement contribué. Engagé par ses parents pour suppléer son père qui ne pouvait gérer à plein temps sa tête de mule de fils, Lewis était là pour le redresser, pour le mouler, le forcer à être un bon Rivers, un sorcier hors pair, doué en tous points, dur et froid, cartésien, logique à en devenir mécanique. Bref. Un Rivers. Chose qu’il était. Chose qu’il exécrait.

« Ce que je vois ici n’est pas brillant petit prince. Un enfant pourri, gâté jusqu’à la moelle qui ne sait pas prendre ses responsabilités. Haïs, moqué. Et tu te joues de ça, de tes mensonges, de leurs croyances. Cesseras-tu un jour de jouer les insolents ? »

Et ça avait continué comme ça. .. Toute.La.Journée.
Alec l’avait ignoré, insulté, frappé. Il avait parlementé, l’avait dénigré, l’avait rabaissé, l’avait agressé, avait détruit ses arguments les uns après les autres … il l’avait de nouveau ignoré, avait rit de ses injures, il s’était même mit à chanter pendant une bonne demi-heure pour cesser de l’entendre, avait danser la macarena face à lui : rien, quel dalle, des clous, niet : pas de réactions et toujours ces paroles blessantes auxquelles il était habitué depuis bien longtemps et qui étaient donc plus lourdes qu’autre chose.

« Hey toi ! »
« Ah ben super, prend les autres à partit, je t’en pris, j’dirais rien. »

L’être sombre de ses souvenirs venait de passer un bras autour des épaules de Jeroen – nan et puis… Jeroen quoi merde ! – lui adressant un grand sourire hypocrite.

« Tu sais qu’il a fallu l’enfermer pendant trois jours avant de l’énerver assez pour qu’il se décide à nous faire un endoloris qui vaille le coup ? »
« J’vais finir en taule. C’est définitif. Et la conclusion, c’est que tout est de la faute de ma famille. »
« Elle a pourtant tout fait pour que tu sois un sorcier admiré, respecté. »
« Ah ben oui c’est bien connu… »
« Mais tu es toujours si borné, incapable, ingrat et ignare… »
« .... .... .... Il m’éneeeeeeeeerve !!! »

Grognant, il s’était retourné vers Jeroen d’un air dépité.

« Il me suit depuis ce matin, et quoi que je fasse, il reste dans le coin c’est à devenir barge ><’’. J’ai même tenté de le planter avec une lame, de le disloquer avec un sort, rien n’y fait. Si t’as une idée, vraiment j’suis pas contre. »
« T’en es même à aller demander de l’aide aux autres. C’est d’un pitoyable. »
« Oh, toi, ta gueule. »

Il m’agace, il m’agace, il m’agace, il m’agace !


Dernière édition par Alec Kaleb Rivers le Jeu 13 Nov 2014 - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Sam 13 Sep 2014 - 16:19

Halloween. La nuit des esprits. Lorsque les sorcières et les monstres sortent de l’obscurité pour prendre un peu de bon temps avant de repartir se faire pourchasser par… ben un tas de gens. Ça pourrait être un symbole important dans la communauté sorcière, une espèce de fête de l’indépendance ou un machin comme ça. Lorsqu’ils étaient petits, Jeroen et Emeric pouvaient, à cette occasion, voir leur père faire quelques tours à la maison ou chez des amis sorciers, avant d’aller chercher des bonbons habillés en petits sorciers avec leurs amis moldus. Ça lui manquait, cette époque où tout était possible. Ils oscillaient entre deux mondes, l’un totalement fasciné par la magie, et l’autre dans lequel c’était monnaie courante… et ces deux mondes se rejoignaient en ce jour très précis. Haut les cœurs, sortez vos verrues et vos chapeaux pointus, c’est Carnaval !

Cette nuit-là fut plutôt longue et riche en frayeurs. Jeroen sortait d’un cours d’astronomie à mourir d’ennui lorsque la température se mit à baisser significativement dans les couloirs et que des bruits glauques commencèrent à se faire entendre par endroits. Il serait inutile de préciser qu’il pensa immédiatement à une attaque, et qu’il passa une nuit quasiment blanche, posté dans la salle commune avec sa baguette sortie, guettant le moindre bruit. Les tableaux avaient des regards mauvais mais ne réagissaient pas comme lorsque les Supérieurs étaient là. Qu’est-ce que tout ce bordel signifiait ? Après avoir effrayé quelques jeunots mal réveillés avec sa présence fantomatique dans la salle commune, le serpentard se décida à descendre manger quelque chose. Sur le tableau d’affichage du hall, un parchemin expliquait que leur bien aimé directeur était à l’origine de cette baisse soudaine de température. Economies de chauffage ? Non non. Semaine de fête à l’occasion d’Halloween. Merci Rivers.

Le cours de Défense contre les Forces du mal fut long, très long. Jeroen n’avait qu’une envie : aller se coucher. Il allait se crasher à l’entrainement s’il n’allait pas dormir un peu. Ce n’était pas bien malin de leur faire des frayeurs comme ça, vraiment. Il croisa quelques gamins se faisant courser par des grosses araignées et des illusions qui donnaient froid dans le dos mais ne réagit pratiquement pas. Ils se débrouilleraient. Jeroen s’enfonça directement sous sa couette, qui elle avait le mérite de le garder au chaud, et dormit quelques heures comme un bébé. Il manqua le repas du midi. Il ne se réveilla que lorsqu’il sentit quelque chose se glisser contre lui. Il pensa à Julian, mais c’était un peu trop gluant et la jeune femme n’avait pas un regard morbide et coulant, regard devant lequel il se trouva nez à nez en ouvrant les yeux. Iiik que c’était crade. Il s’écarta brusquement, se prit dans sa couette et finit par s’écraser au sol, la bête informe essayant de lui mordre le nez. Il suffit d’un sort pour le faire fuir, mais il s’était fait super mal en tombant. Ça promettait.

Il se passa sous la douche pour se rafraichir l’esprit. Il faisait froid, aussi sortit-il son pull ; au moins ça cacherait le bleu un peu noirs qui était apparu sur son épaule. Il descendit aux cuisines pour chopper quelque chose à grignoter. Lorsqu’il remonta, il croisa un fantôme. Mais pas un fantôme habituel du château, non. Sa mère semblait totalement perdue, habillée en pyjama comme tous ces jours où elle n’arrivait pas à bouger tant elle se sentait triste. Elle lui lança un regard et s’approcha de lui. Il recula d’un pas. Ce n’était pas normal. Les lèvres pincées, elle regarda son fils comme un inconnu.

- Regarde ce que tu es devenu. Tu es comme eux.
- Maman…
- Tu n’as pas honte ? C’est pitoyable. Regarde ce que tu m’a fait.

Il déglutit difficilement. Cette vision le mettait mal à l’aise. Cela faisait cinq ans qu’il ne l’avait pas vue, cinq ans d’un manque parfois difficile à supporter, et la première vision qu’il avait d’elle n’était pas fameuse. Il reprit sa route et accéléra le pas en passant à côté d’elle, évitant ses mains qui tentaient de l’arrêter.

- Je ne t’ai jamais rien fait. Tout ce qui s’est passé ici, c’était pour ta famille, tu sais, ceux que tu as abandonnés parce que t’étais pas foutue de supporter le monde.

Et elle finit par le laisser tranquille. Un long frisson parcourut son échine. De la rancœur ? Un peu, mais surtout énormément de chagrin. Il se secoua et reprit sa route. Lorsque tout à coup…

- Hey toi !
- Ah ben super, prend les autres à parti, je t’en prie, j’dirai rien.

Jeroen, qui n’avait pas compris que c’était lui qu’on alpaguait, fronça les sourcils lorsqu’il sentit au bras passer autour de ses épaules. Cette invasion soudaine dans son cercle vital ne lui plaisait pas du tout, et en plus, le bras appuyait sur son bleu. Il lança un regard sombre à l’envahisseur, un homme assez sec, aux yeux glaçants. Alec était là aussi, et il semblait connaitre l’homme en question sans vraiment le porter dans son cœur… Grand sourire hypocrite de la part de l’inconnu.

- Tu sais qu’il a fallu l’enfermer pendant trois jours avant de l’énerver assez pour qu’il se décide à nous faire un endoloris qui vaille le coup ?
- J’vais finir en taule. C’est définitif. Et la conclusion, c’est que tout est de la faute de ma famille.
- Elle a pourtant tout fait pour que tu sois un sorcier admiré, respecté.
- Ah ben oui c’est bien connu…
- Mais tu es toujours si borné, incapable, ingrat et ignare…
- … … … Il m’éneeeeeeeeerve !!!

Ah. Donc, il était en train de se faire prendre à parti dans une jouter verbale avec une illusion. Rien que ça ? Jeroen regardait les deux hommes à tour de rôle, ne sachant pas s’il était censé en placer une et quand. Alec prit finalement les devants avant que l’homme crache encore des horreurs et se décida à expliquer la situation à son camarade avec un air totalement dépité.

- Il me suit depuis ce matin, et quoi que je fasse, il reste dans le coin c’est à devenir barge ><’’. J’ai même tenté de le planter avec une lame, de le disloquer avec un sort, rien n’y fait. Si t’as une idée, vraiment j’suis pas contre.
- T’en es même à aller demander de l’aide aux autres. C’est d’un pitoyable.
- Oh, toi, ta gueule.

C’est bon, je peux en placer une ?

- Il m’a l’air sympathique ton pot de colle… Une illusion c’est ça ? Monsieur, vous pourriez me lâcher s’il vous plait ?

Jeroen s’extirpa enfin de son étreinte franchement désagréable. Il ne fallait pas abuser, et puisque ce n’était pas lui la cible de l’illusion, il devrait obéir sans trop rechigner… Il le regarda un instant avant de jeter un regard compatissant à son camarade de classe.

- Qui est-ce ? Il a des manières de Supérieur, je compatis… mais j’ai encore un peu de mal à comprendre tout ce qui se passe ici. Je n'ai pas eu trop de mal avec les illusions qui m'ont attaqué jusque-là. Tu as essayé un Finite Incantatem ?

Sait-on jamais, parfois la solution est simple comme bonjour. Il plissa les yeux devant le regard mauvais de l’homme. Oui, c’est ça, c’était probablement un Supérieur ou un sympathisant vu ses manières, ça collerait parfaitement. L’avantage, c’est qu’il n’avait pas besoin de cacher sa haine des Supérieurs avec Alec, vu ce qui leur était arrivé à tous les deux...
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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Lun 15 Sep 2014 - 17:09

« Tu n’as jamais été qu’un petit écervelé tremblant d’angoisse de peur qu’il t’arrives quelque chose. »

Savez-vous comme il est particulièrement agaçant de se retrouver face à quelqu’un qui n’a de cesse que vous rappeler chaque erreur de votre courte et si riche petite existence ?
Depuis l’arrivée de son précepteur, Alec avait bien entendu tenté un certain nombre de techniques, des plus classiques aux plus improbables sans jamais trouver la clé du succès. Pire encore, non seulement il restait là pour le rabaissé toutes les deux minutes mais il s’était apparemment prit d’une idée absolument géniale : prendre quelqu’un à partit dans cette grande et agréable discussion qu’ils avaient démarré là. Ne pouvant retenir un grimace lorsqu’il avait vu l’homme avancer tout guilleret vers Jeroen avant de passer son bras autour de ses épaules. Le pompon. Nan, vraiment. L’extase, je vous jure.
Enfin, tout est relatif.

Jetant un regard navré à Jeroen qui se demandait probablement ce qui lui tombait sur le coin de la tronche en cet instant, Alec se fit un rapide retour en arrière. Depuis ce-jour là où ils avaient finis chez son cousin, il n’avait plus réellement parlé à Jeroen, et encore moins de leurs convictions ou quoi que ce soit dans ce goût-là. Que s’était-il passé pour lui depuis ? Aucune idée. Non seulement, ça n’était pas quelqu’un de particulièrement expansif mais en plus Alec avait la sale habitude de se foutre totalement de ce qui pouvait se passer autour de lui et notamment dans l’existence des autres. Un manque total d’intérêt couplé à la conviction intime qu’il aurait préféré qu’on le laisse gérer son business de son côté sans l’importuner et que… s’il pensait ça, ce devait être la même chose pour les autres. Tout à fait, une indifférence à peu près respectueuse finalement.

Et, justement, en parlant de choses intimes et personnelles, voilà que ce connard de machin irréel en était à briser totalement ce qu’il avait toujours tut depuis son arrivée. Aux yeux de tous, il était un crétin irrécupérable avec une vie durée, des parents hyper friqués et absolument tout ce qu’il voulait à l’instant où il le voulait. Tout n’était pas exact. Et s’il avait un certain nombre de connaissances sur un certain nombre de sujets, il ne s’agissait pas tout à fait d’un hasard. En fait, c’était même directement lié à ce type osseux qui se trouvait face à lui et qui déblatérait des saloperies à son sujet aux oreilles de Jeroen.

- Il m’a l’air sympathique ton pot de colle… Une illusion c’est ça ? Monsieur, vous pourriez me lâcher s’il vous plait ?
« Serais-tu donc du même genre que cette pauvre petit pleurnicheuse ? Je t’importune ? »

oO. Fake smile.

« Cette situation est particulièrement embarrassante. »

Et le pire, c’est qu’il l’avait laissé se dégager de son étreinte. Waw. Pas sûr qu’il se montrerait si… eh bien, presque obéissant avec lui.

- Qui est-ce ? Il a des manières de Supérieur, je compatis… mais j’ai encore un peu de mal à comprendre tout ce qui se passe ici. Je n'ai pas eu trop de mal avec les illusions qui m'ont attaqué jusque-là. Tu as essayé un Finite Incantatem ?
« Ouais… ouais ouais, j’ai essayé. J’ai dû mettre une heure avant d’y penser - cela dit - mais j’ai déjà testé. Mon complet manque d’imagination l’a bien fait rire d’ailleurs… »

Un regard compatissant en réponse à son air dépité. Merci du soutien.

« D’un autre côté, si tu avais un peu plus de cran, tu ne t’en tiendrais pas à des basiques pareilles. »

« …Et c’est le type qui était chargé de mon éducation quand j’étais enfant. Un.. type charmant. »

Peut-être qu’en l’ignorant totalement en discutant avec des gens bien réels, ça passera.

« Et celui de sa très chère amie la petite voisine. Un mignon joli petit minois. »

Vous le voyez ce regard noir qu’Alec lui jetait ? Non, parce qu’il pourrait presque être physique tellement il était lourd.

« Sera-t-elle une bonne épouse ? Je doute qu’elle te soit tout à fait obéissante. »
« C’est marrant, j’suis pas de cet avis. Et cela dit, j’suis pas sûr d’être le fiancé parfait donc ça compense. En histoire débile de mariages arrangés d’ordre socioculturels, sanguins et financiers. »

La dernière précision était bien évidemment adressée à Jeroen.
Et, s'il disait qu'elle ne serait pas une mauvaise épouse, ça n'était pas dans le sens que sous-entendait l'illusion, bien évidemment. Simplement que, selon cette hypothèse, ils ne s'engueuleraient probablement pas pour des raisons relativement classiques. Et il serait le premier à lui dire de l'engueuler et de ne pas accepter ses conduites pour finalement se barrer. Chose qu'elle ne ferait probablement pas. Bref.

« Et totalement obsolète hein. Ça me semble tellement évident que j’oublie parfois de le préciser. On ne fera pas ça. Bon, et toi, ce genre de trucs, ça fait partit des choses qui n’ont pas besoin d’être partagées ! »
« Peut-être que tu ne souhaites que ça : exprimer tout ce que tu tais depuis des années. Cesser de mentir. »

Mal à l’aise, c’était pourtant un regard d’un scepticisme complet qu’il avait posé sur l’illusion. C’était sérieux ça ?

« Il ne voudrait probablement pas que tu saches que… »
« HEY ! »

L’illusion se retourna vers lui avec un petit sourire manipulateur sur le visage.

« Ça sert à rien d’me regarder comme ça, j’sais même pas de quoi on me menace. »
« OU BIEN : on peu faire l’inverse ! Te révéler à toi ses secrets les plus intimes. »

Cette fois, c’était à Jero qu’il s’adressait. Un Jeroen à qui Alec adressait un regard totalement déconcerté.

« Il peut faire ça ? Passer d’une victime à une autre ? »
« Il n’est ni plus résistant, ni plus malin que toi. Facile à plier. »
« Tss, qui dit que j’ai déjà plié ? »
« Si ça n’était pas une de tes angoisses, je ne serais pas là. »

Ok, bien joué. Rien à redire.

« Ok, argument valable. Cela dit, je me fous complètement de ses secrets les plus intimes comme tu dis. Ça va, ‘pas besoin de se répandre en place publique ! »

L’illusion se retourna vers le second Serpentard avec un sourire de requin.
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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Lun 22 Sep 2014 - 22:14

L’homme avait vraiment l’air hargneux, et Jeroen détestait cordialement ce genre de personnes. Comment avoir une conversation construite avec un individu totalement sourd au bon sens, aveuglé par des idées toutes plus débiles les unes que les autres et persuadé d’avoir raison ? C’était impossible. Toute personne sensée savait qu’il valait mieux faire la sourde oreille voire fuir, quitte à avoir des bourdonnements pendant deux jours ou à avoir l’air lâche. C’était un moindre mal, vraiment, car la bêtise n’a pas de limites. Alec n’avait pas de chance sur ce coup-là : il ne pouvait pas fuir son illusion sans la combattre, mais il était désarmé puisque rien ne semblait fonctionner… Et l’horrible monsieur se mettait à prendre à parti des personnes extérieures, complexifiant encore plus l’affaire. En l’occurrence, Jeroen. Il se serait bien barré le Jero. Dès qu’il avait senti le contact, il avait eu envie de foutre le camp vite fait, sentant à quel point la situation pouvait devenir sensible, mais c’était son camarade de maison. Non pas qu’ils soient très copains, ils se connaissaient relativement peu. Pas très expansifs, n’ayant pas trouvé d’intérêt à aller sympathiser avec un camarade au caractère un peu trop différent, ils avaient de quoi se trouver des excuses. Mais ils avaient quelques histoires joyeuses en commun, leur petit rendez-vous en tête à tête aux cachots par exemple. Ça pouvait inciter à rester quelques minutes de plus, au moins pour voir s’il avait besoin d’aide. D’autant que les propos tenus avaient de quoi interpeller. Leur petit « jeu » semblait naturel, comme une habitude, mais avoir l’habitude de se faire traiter comme un moins que rien, c’était un peu… malheureux, non ?

- Tu n’as jamais été qu’un petit écervelé tremblant d’angoisse de peur qu’il t’arrives quelque chose.

Prenons ça par exemple. Cela dénotait un lien fort entre les deux, quelque chose de quotidien. Maman qui venait dire qu’elle était déçue, c’était une chose, mais ça n’avait rien du harcèlement présent. Derrière son image de caïd tombeur, Alec cachait pas mal de choses. Jeroen savait qu’une attitude pareille cachait forcément un truc, mais il n’avait cherché. Maintenant que la réponse se présentait… ça rétablissait l’équilibre, non ? Son camarade en avait entendu la dernière fois, dans le bureau de Rivers. Ce n’était qu’un juste retour des choses. Le point de vue n’était certainement pas partagé, mais ils subissaient tous les deux la situation… A croire qu’il fallait forcément que ce soit dans des circonstances franchement bizarres et en se faisant attaquer par quelque biais que ce soit, qu’ils devaient se rencontrer et taper la discussion sur leurs problèmes personnels.

- Serais-tu donc du même genre que cette pauvre petite pleurnicheuse ? Je t’importune ?
- Probablement, et oui, vous m’importunez, répondit-il sans se laisser démonter.
- Cette situation est particulièrement embarrassante.

Oui, un peu. Et pas seulement en tant que victime. Être témoin d’une scène de ménage n’est pas de tout repos, encore moins en étant déjà bien secoué par maman qui disait les mêmes choses pas belles quelques minutes plus tôt. Mais il avait eu moins de mal à s’en débarrasser…

- Ouais… ouais ouais, j’ai essayé. J’ai dû mettre une heure avant d’y penser - cela dit - mais j’ai déjà testé. Mon complet manque d’imagination l’a bien fait rire d’ailleurs…
- D’un autre côté, si tu avais un peu plus de cran, tu ne t’en tiendrais pas à des basiques pareilles.
- C’est vrai que les gens à qui il manque une case ont toujours plus d’imagination lorsqu’il s’agit d’emmerder leurs congénères…

Il n’y avait rien de personnel surtout. Mais puisque ce n’était qu’une illusion et qu’il fallait être cinglant pour arriver à en placer une au milieu de son monologue venimeux, Jero pouvait se permettre de débrider un peu ses réponses, non ? Et puis ça l’agaçait. Zut à la fin.

- … Et c’est le type qui était chargé de mon éducation quand j’étais enfant. Un… type charmant.
- Et celui de sa très chère amie la petite voisine. Un mignon joli petit minois. Regard bien noir de la part d’Alec… Sera-t-elle une bonne épouse ? Je doute qu’elle te soit tout à fait obéissante.
- C’est marrant, j’suis pas de cet avis. Et cela dit, j’suis pas sûr d’être le fiancé parfait donc ça compense. En histoire débile de mariages arrangés d’ordre socioculturels, sanguins et financiers.

Attends. What ?! Alec fiancé, en voilà un scoop ! Jeroen ne put s’empêcher de sourire un tantinet à cette idée. Il imaginait tellement mal son camarade devant l’autel à jurer fidélité et amour à quelqu’un… Ça pourrait faire une bonne comédie romantique, mais dans la vie réelle, comment dire, ça semblait inconcevable à l’instant présent. Il ne remettait pas en doute le fait qu’Alex pourrait un jour se poser, mais on ne change pas de style de vie en un claquement de doigts. Et c’était drôle. Enfin, drôle, non, les mariages arrangés avaient quelque chose de tragique, mais le serpentard était bon en matière de désobéissance, alors il ne s’inquiétait pas trop pour lui. Et il rigolait un peu par la même occasion.

- Et totalement obsolète hein. Ça me semble tellement évident que j’oublie parfois de le préciser. On ne fera pas ça. Bon, et toi, ce genre de trucs, ça fait partie des choses qui n’ont pas besoin d’être partagées !
- Peut-être que tu ne souhaites que ça : exprimer tout ce que tu tais depuis des années. Cesser de mentir. Il ne voudrait probablement pas que tu saches que…
- HEY !

C’est bon, il avait à nouveau perdu le fil de la conversation. Ils ne se marieraient pas, d’accord, puis l’illusion avait l’air d’embrayer sur ce qui semblait être une névrose profonde de son ancien élève, et… ouais, bref, Jero ne savait pas trop ce qu’il était censé faire pour le moment.

- Ça sert à rien d’me regarder comme ça, j’sais même pas de quoi on me menace.
- OU BIEN : on peut faire l’inverse ! Te révéler à toi ses secrets les plus intimes.
- Attendez, quoi ?

Ce n’était pas prévu du tout. Ecouter des secrets sur Alec, ok, il était d’accord, ça pouvait toujours servir pour se foutre un peu de lui de temps à autres, mais il était hors de question de mettre à jour ses propres petits secrets. Alec en connaissait la majeur partie, et ça avait déjà été une épreuve de supporter de se faire soutirer des informations avec du sérum de vérité… mais le reste était totalement privé, et il n’avait aucune idée de ce que l’illusion pouvait sortir comme dossiers.

- Il peut faire ça ? Passer d’une victime à une autre ?
- Va savoir…
- Il n’est ni plus résistant, ni plus malin que toi. Facile à plier.
- Tss, qui dit que j’ai déjà plié ?
- Si ça n’était pas une de tes angoisses, je ne serais pas là.

C’était vrai. Cet homme, ce précepteur à la noix, s’il semblait n’exister que pour être méchant, il sortait quand même d’une angoisse d’Alec. La situation était d’autant plus bizarre que Jeroen se tenait en face d’une jolie peur de son camarade, tout en en étant la nouvelle victime. Oh que c'était compliqué tout ça. Il aurait peut-être mieux fait de foutre le camp fissa...

- Ok, argument valable. Cela dit, je me fous complètement de ses secrets les plus intimes comme tu dis. Ça va, ‘pas besoin de se répandre en place publique !
- Merci. En plus, dans un couloir vide, il a peu de crédibilité…

Il était sceptique, mais le sourire malsain de l’illusion acheva de semer le doute. Il allait continuer de foutre la merde, à coup sûr…

- Quelle insolence pour un merdeux qui fait un complexe d’infériorité… Mais ça lui manque un peu, d’être le petit chien des Supérieurs. C’était plus simple je me trompe ?
- C'est ça, ouais.
- Mais il a tellement peur que sa maman lui en veuille…
- D’autres portes ouvertes à enfoncer ?
- Tu veux que je lui parle de Julian plutôt ? Il la connait bien aussi. Ça vous fera un sujet pour discuter autour d'une petite tisane...

Oh, on arrête avec les insultes gratuites ? La tisane est une boisson tout à fait valable et ne conditionnait pas la faculté d'un homme à ficher son poing dans la tronche de celui qui l'agace. Jeroen serra légèrement les dents. Ce précepteur à la noix s’attaquait à sa mère et à Julian, des cibles tellement faciles… mais ça faisait mouche, forcément puisqu'il avait les sentiments à fleur de peau depuis qu'il avait croisé la maman. A côté de cela, il savait que sa non-copine avait eu de (très) nombreuses aventures avant lui, mais s’il s’échinait à ne pas chercher à savoir qui, c’était pour une raison. Se mesurer aux autres ne lui plaisait pas. Se mesurer à Alec en matière d’aventures… une bonne grosse mauvaise idée. En plus, leur relation était censée rester discrète, pas se faire balancer par un illustre inconnu au nez d’une… ancienne conquête de Julian ? L’idée nulle qui risquait de lui pourrir sa journée.

- Je crois que je l’ai vexé. Facile, donc.

Il lança un regard vide à l’homme et se reporta sur Alec. Non, il ne poserait pas de questions, ne se défendrait de rien, ne justifierait pas la source de ces inepties tant que l'illusion serait présente. Il ne fallait pas rentrer dans le jeu du « je parle de deux, trois sujets sensibles pour qu’ils se fâchent ». La cible principale restait Alec, et tous les moyens étaient bons pour tenter de le toucher, quitte à envoyer un camarade lui reprocher deux, trois débilités...

- T’as tenté la magie noire ? Il a l’air de vouloir que tu te salisses les mains, peut-être qu’il suffit de lui laisser sa petite victoire pour le contenter… sinon on peut aussi kidnapper des elfes de maison - ou ton cousin - pour qu’ils arrêtent ce maudit sortilège. Comment tu l’as supporté autant de temps ?

Non vraiment, il se posait la question. En quelques minutes, Jeroen avait déjà des envies de meurtre. Et il avait survécu avec ça comme précepteur pendant des années ?

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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Mer 8 Oct 2014 - 14:00

Un jour, tous tes petits secrets seront déclarés au grand jour, et tu ne pourras plus mentir, tu ne pourras plus te protéger petit con. Tes petites murailles, tout ce que tu as construit, tout ça s’écroulera. Tu ne pourras pas te foutre du monde éternellement.

Il haïssait savoir que ce type de personnes avait raison. Celles qui parlaient sans savoir, avides d’informations, juste motivées par une sorte de curiosité morbide qui voulait qu’elles sachent tout, toujours, et qu’importes les conséquences. Oui, il mentait depuis toujours. A vrai dire, il s’était même créé une seconde vie, toute emplie de joie, de cadeaux et de tas de conneries qu’il avait pu imaginer à travers il ne savait quelle étrange imagination édulcorée. Sauf que tout ça, toute cette apparence de sale type qui a toujours ce qu’il veut parce qu’il a été habitué à ça, tout n’était qu’une saloperie d’invention et il détestait l’idée qu’un crétin incarné par un sortilège finisse par déballer la sinistre vérité. Il n’avait finalement pas de véritables bases sur lesquelles s’appuyer dans la vie et, franchement, il n’avait aucune envie que qui que ce soit le voit comme le gamin qui se faisait cogné et finissait enfermé dans un lieu étroit et sombre pendant des jours parce qu’il n’avait pas réussit un sortilège qui n’était pas enseigné ici avant la dernière année du premier cycle. Mais voilà, disons que l’exigence familiale n’était pas la même chez lui que dans les autres foyers. Que ce soit vis-à-vis de la magie ou d’autres points, de toute façon, ce qui se passait chez lui ne ressemblait en rien à ce qu’il avait pu comprendre de l’existence de ceux qui étaient d’autres enfants à l’époque. Des gamins qui riaient, qui s’embrassaient qui… beurk.
Ne réprimant pas une grimace dégoutée, il s’était contenté de hausser des épaules face à une nouvelle attaque de celui qui avait été son précepteur. Oui, il avait envié les autres gamins mais quelque chose faisait qu’il continuait à considérer leur enfance comme ridicule au possible. Un besoin de se protéger de ce qu’il n’avait pas eu, très probablement.

Les mains dans les poches, il fixait d’un air blasé Jeroen répondre à Lewis. Comme s’il allait se laisser marcher sur les pieds comme ça. Il ne faut pas rêver non plus, cher enseignant. Et puis, ils avaient de nouveau tenté de l’ignorer mais ça, il fallait l’avouer, ça n’était pas exactement la chose la plus simple au monde. Ce type emplissait l’espace, était à l’aise n’importe où et semblait toujours là pour régner sur les autres. Une attitude particulièrement exécrable.

- Ouais… ouais ouais, j’ai essayé. J’ai dû mettre une heure avant d’y penser - cela dit - mais j’ai déjà testé. Mon complet manque d’imagination l’a bien fait rire d’ailleurs…
- D’un autre côté, si tu avais un peu plus de cran, tu ne t’en tiendrais pas à des basiques pareilles.
- C’est vrai que les gens à qui il manque une case ont toujours plus d’imagination lorsqu’il s’agit d’emmerder leurs congénères…
« Bah tu vois, finalement, il ne me manque pas de case. »

Grand sourire à la face du précepteur. Fuck you mother.

Ainsi, Alec avait tout de même cherché à expliquer qui était ce type particulièrement cinglant et collant. De toute manière, son éducation rose/bleue/jaune/verte était déjà grillée, alors autant l’assumer. Non, il n’avait pas eu une éducation magique et générale aussi cool qu’il avait pu le sous-entendre mais bon… Lewis c’est bien aussi. Il ne fait pas peur aux mômes, c’est ça l’avantage…

Et en quelques secondes, vlan, Mack était impliquée. Ça n’était pas bien étonnant d’ailleurs, outre sa sœur, elle était la personne qu’il affectionnait le plus alors, forcément, lorsqu’il s’agissait de le blesser, il était toujours plus simple de s’en prendre à elle. Et, pour le coup, à leur espèce histoire d’amour/d’argent qui s’était décidée très vite dans les esprits tordus de leurs deux familles. Dire que s’ils ne leur avaient pas imposé ça, avec un peu de chance et d’ironie, finalement, ils auraient peut-être fini ensembles. Mauvais choix tactique.
Bref. Après ses histoires de mariages, Lewis en était arrivé à le menacer de déballer d’autres détails de sa vie privée qu’il ne souhaitait pas particulièrement partager avec son serpentard de congénère. Certes, lui aussi cachait beaucoup de choses, et c’était peut-être pour ça que ça passait à peu près. Mais disons qu’il ne fallait pas pousser mémé dans les orties non plus coco !

- Ça sert à rien d’me regarder comme ça, j’sais même pas de quoi on me menace.
- OU BIEN : on peut faire l’inverse ! Te révéler à toi ses secrets les plus intimes.
- Attendez, quoi ?

Ah, ça, il ne l’avait pas vraiment prévu. Les yeux ronds de surprise, il avait haussé des épaules en fixant Jeroen. Euh… il peut faire ça sérieux ?

- Il peut faire ça ? Passer d’une victime à une autre ?
- Va savoir…
- Il n’est ni plus résistant, ni plus malin que toi. Facile à plier.
- Tss, qui dit que j’ai déjà plié ?
- Si ça n’était pas une de tes angoisses, je ne serais pas là.

Oh ça va hein !

- Ok, argument valable. Cela dit, je me fous complètement de ses secrets les plus intimes comme tu dis. Ça va, ‘pas besoin de se répandre en place publique !
- Merci. En plus, dans un couloir vide, il a peu de crédibilité…
« Pas faux.. »

Cela dit, ça l’arrangeait quand même qu’il n’y ait qu’eux deux à se trouver bloqués dans cette situation. Imaginer l’autre débile en train de courir à travers les couloirs en balançant ce qu’il savait de lui… non, vraiment, ça n’était pas particulièrement la situation la plus plaisante qui existe.

- Quelle insolence pour un merdeux qui fait un complexe d’infériorité… Mais ça lui manque un peu, d’être le petit chien des Supérieurs. C’était plus simple je me trompe ?
- C'est ça, ouais.
- Mais il a tellement peur que sa maman lui en veuille…
- D’autres portes ouvertes à enfoncer ?
- Tu veux que je lui parle de Julian plutôt ? Il la connait bien aussi. Ça vous fera un sujet pour discuter autour d'une petite tisane...

Là, il grimaçait franchement.

« Nan, on n’est vraiment pas forcés de partir là-dessus hein. »

Déjà que les deux premières phrases ne le concernaient pas du tout… eh bien, la dernière avait justement le gros défaut de l’impliquer dans leur duel verbal. Ok, qu’il pense ce qu’il voulait de la période des Supérieurs, clairement, pour lui, ça n’avait pas été le plus simple, mais c’était aussi parce que, justement, il n’avait pas été capable de faire ce qu’avait fait Jeroen et réellement rester enfermés dans un rôle. Il en avait bien joué un, mais pas celui-là. Et en mettant Logan dans la balance, forcément, il n’avait pas toujours passé de bons quarts d’heure mais, clairement, il ne voulait pas savoir ce genre de choses, vraiment pas. Et encore moins si ça parlait d’histoires de familles. La sienne était particulièrement déçue de ses comportements répétés alors bon. Les histoires de sang, ça se doit de rester personnelles. Comme les histoires de cul en fait. Et, là, justement, c’était ce qui était sous-entendu puisqu’il y avait apparemment quelque chose entre Jeroen et Julian. Et si c’était ça qui devait le blesser, il devait s’agir de quelque chose de plus important que ce qu’il y avait entre elle et Alec.

- Je crois que je l’ai vexé. Facile, donc.
« En même temps, c’est plutôt simple quand on est omniscient. »
« Tu sais ce que c’est hein, morveux ? De menacer quelqu’un en se servant de ses proches, alors ne joue pas le héro. »
« Ça risque pas. »

Mouais. Ça, il aurait préféré que ça ne sorte pas par exemple, justement.

- T’as tenté la magie noire ? Il a l’air de vouloir que tu te salisses les mains, peut-être qu’il suffit de lui laisser sa petite victoire pour le contenter… sinon on peut aussi kidnapper des elfes de maison - ou ton cousin - pour qu’ils arrêtent ce maudit sortilège. Comment tu l’as supporté autant de temps ?
« Ouais, nan, j’ai pas tenté. Et ça dépend, tu parles de cette journée ou de ces 18 dernières années ? »

Alors qu’il envisageait les sortilèges qu’il connaissait et qui pouvaient s’appliquer à cette situation, il vit du coup de l’œil le sourire sournois de son précepteur s’afficher sur ses lèvres. L’instant suivant, tandis qu’il le fixait froidement, l’homme se mit à défaire sa ceinture. Outre les sales souvenirs que ça faisait resurgir dans l’esprit du Serpentard, concernant son oncle, Alec resta interdit quelques secondes avant d’afficher à son tour un petit sourire qui se mua rapidement en un rire franc.

« Nan ? Sérieusement ? Hey, j’ai plus cinq ans, tu le sais ça ? Ça fait pu effet depuis longtemps ça. »

Et, en effet, quand l’homme vint donner un coup de ceinture, Alec ne bougea pas d’un pouce, le bras brandit, prêt à se prendre le coup, à attraper le lien qui s’entourerait forcément sur son avant-bras pour réagir ensuite en faisant perdre l’équilibre à son précepteur…. Sauf que, si ça semblait un bon plan, celui-ci ne se déroula pas tout à fait de cette manière. En effet, il n’y eu qu’un souffle à passer sur son bras. Une fois cette barrière passée, en revanche, le lien de cuir et, surtout, la boucle d’argent qui le terminait repris sa substance pour claquer violemment contre le visage du jeune homme qui fit deux pas en arrière sous le choc.

« Pu… aaah ! Ça : C’est d’la triche ! »
« Tu aurais dû voir Mackensie… »

La rage se mit brutalement à bruler dans ses entrailles alors que son précepteur se tournait vers Jeroen, lui assenant le même coup qu’à son ancien élève.

A cet instant, un grand nombre de sortilèges passèrent les lèvres du jeune homme, pleuvant d’un bloc contre son précepteur. Il voulait de la magie noire ? Il voulait qu’il se salisse les mains ? Bien ! C’était dans ses cordes. Le premier sort venait l’entailler, le second emplissait ses poumons de liquide, le troisième faisait apparaitre une flamme torve qui glissait le long de chacune de ses cellules, déclenchant une douleur digne de l’enfer, celui d’après le griffait de part en part, comme si des chiens à cœur l’avaient pris en chasse, et les quatre suivant n’étaient pas mieux.

Mais si l’aspect avait été particulièrement impressionnant, l’autre s’était mit à rire bruyamment. Ainsi, lorsqu’Alec se mit à arrêter, il fixait Jeroen qui s’était finalement bien pris le coup de ceinturon, la baguette à la main.

« Et si c’était à moi de jouer ? »

Alec, qui connaissait ses capacités perdit soudainement toutes ses couleurs. La baguette du précepteur était pointée vers Jero.
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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Mar 14 Oct 2014 - 21:30

On porte tous son fardeau familial sur le dos. Ça fait partie de la vie, et toute personne normalement constituée a besoin de se débarrasser de ce poids pour grandir. Alec, Jeroen, tous les autres, pas d’exceptions : ils avaient tous des choses à redire sur papa et maman, sur l’éducation qu’ils avaient reçue et sur les handicaps que ça provoquerait dans leur vie future. Un précepteur aussi acerbe et foncièrement mauvais était un gros handicap. Même s’ils n’avaient pas l’air de s’être vus depuis longtemps, et que l’homme était peut-être mort vu sa tête de cadavre cynique, il resterait toujours la marque de son éducation, et du manque d’un contact quotidien et chaleureux avec ses parents. Il spéculait, évidemment, il ne savait que ce qu’il entendait aujourd’hui, mais globalement, les familles de sang-pur - en-dehors des traitres à leur sang - avaient toutes le même schéma familial hérité d’un autre siècle. Jeroen avait toujours été fière de son sang et de sa famille, il ne fallait pas chercher la raison plus loin.

Alors le serpentard répondait à cet homme désagréable qu’il ne connaissait pas, mais qui se permettait de l’insulter sous prétexte qu’il était omniprésent et qu’il servait à les entrainer pour une hypothétique future attaque des Supérieurs. Alec eut son instant de gloire lorsqu’il annonça qu’il ne lui manquait pas de case, contrairement à son précepteur, mais l’atroce bonhomme avait cette faculté de lui pomper le moindre sursaut de gaieté en quelques secondes. C’était hallucinant à regarder, ça relevait presque du génie à ce niveau-là. Jeroen était effaré face à cette situation. Voir un mec imbu de lui-même et fier se faire démonter en quelques mots par une projection de son esprit - et l’illusion en était une, il ne fallait pas perdre cela de vue - était vraiment déstabilisant.

Il avait toutefois cet avantage de ne pas en avoir peur. Bien entendu, le Lewis pouvait parler, et il ne se gêna pas pour le menacer de dévoiler des choses sur sa vie, mais Jeroen n’avait pas la même implication émotionnelle dans l’histoire, et il savait garder son sang-froid. Alec, lui, gérait mal ses émotions dans cette situation-là. Forcément, s’il s’était fait rabaisser pendant des années, il y avait de quoi avoir des envies de meurtre difficilement contrôlables, mais ce n’était pas la solution. Va suivre une psychothérapie mec, ça pourrait t’aider d’aller chercher le fond du problème au lieu de te battre avec des fantômes d’angoisses issues de ton enfance. Evidemment, il fallait d’abord gérer l’illusion avant d’entamer ce processus long de compréhension de soi et de silences dérangeants chez le psy, mais il y avait quelque chose à creuser dans ses réactions par rapport à son angoisse…

Sauf que l’illusion ne l’entendait pas de cette oreille. Après avoir déballé quelques informations fort passionnantes sur la vie maritale de son ancien élève, il décréta qu’il échangeait les rôles. L’impliquer, quelle idée merveilleuse. Alec n’avait pas non plus envie d’en apprendre sur son collègue, et il le remercia en pensée. Pas le temps pour les grandes étreintes viriles de soutien, ils avaient un insupportable jojo à gérer. Et vas-y qu’il parla de son complexe d’infériorité face aux Supérieurs. Oui, ne pas avoir à réfléchir était vachement plus simple, mais tant qu’il aurait le choix, il ne choisirait jamais la solution de facilité. Est-ce qu’il fallait qu’il se le grave à l’intérieur du crâne pour qu’il comprenne ? Quant à la déception de sa mère, le sujet lui fit serrer le poing. Pas parler de la mère, mauvaise idée. C’était beaucoup trop vrai pour qu’il accepte ça. Encore un point sensible ? Oui. Julian. Grimace sans équivoque d’Alec.

- Nan, on n’est vraiment pas forcés de partir là-dessus hein.

Ils étaient bien d’accord sur ce point. Jeroen n’avait pas cherché à connaitre les aventures de la jeune femme et même s’il en connaissait certaines, savoir qu’Alec était dans le lot… Brr. Vous le sentez le complexe d’infériorité du gars qui a l’impression de passer après tout le monde ? L’illusion avait toutefois mal choisi le gars à impliquer dans leur petite joute. Jeroen avait un self-control à toute épreuve… Bon, peut-être un peu moins par moments, mais il n’irait pas faire de remarque à Alec tant qu’ils ne seraient pas seuls - si encore il décidait d’en faire une -, et c’était la même chose dans l’autre sens. De la violence gratuite. Il n’y avait pas d’autre mot pour présenter la chose. Et bien entendu, il commençait à être vraiment vexant.

- En même temps, c’est plutôt simple quand on est omniscient.
- Tu sais ce que c’est hein, morveux ? De menacer quelqu’un en se servant de ses proches, alors ne joue pas le héros.
- Ça risque pas.
- Bien ! On est tous entre initiés du coup, on se fait un colloque sur la meilleure manière de détruire autrui gratuitement et pour des raisons débiles ?

Ironie, sarcasme, envie de tuer et en même temps, désir de désamorcer la bombe. Alec avait déjà menacé quelqu’un en se servant de la famille et des amis ? Jeroen aussi. Ils avaient tous deux fait des choses méprisables visiblement, un point commun de plus à ajouter au compteur. A côté de Julian. Aaarg la jalousie repointe son nez. Magie noire ?

- Ouais, nan, j’ai pas tenté. Et ça dépend, tu parles de cette journée ou de ces 18 dernières années ?
- Pour ce que tu veux. Les deux, tant qu’à faire.

C’était une proposition débile, toutefois Alec eut l’air d’y réfléchir. Soudain, le précepteur eut un sourire qui faisait froid dans le dos. Et… il se mit à défaire sa ceinture. Quoi ?! Alec mit un temps à réagir puis se mit à rire carrément.

- Nan ? Sérieusement ? Hey, j’ai plus cinq ans, tu le sais ça ? Ça fait pu effet depuis longtemps ça.

… gros malaise. Clairement, Alec cachait beaucoup, beaucoup de choses derrière la vie rêvée dont il se vantait tant. Des choses que Jeroen ne voulait pas savoir. Il avait l’impression qu’on lui assenait les faiblesses de son camarade de classe contre son gré, et c’était une violation d’intimité qui le gênait beaucoup. Il n’aimerait pas qu’on étale à la face du monde qu’il avait passé une partie de son enfance à gérer sa mère dépressive, ça devait être la même chose pour Alec… Mais avec des vérités beaucoup plus douloureuses visiblement. En même temps, cela pouvait aider à comprendre pourquoi l’illusion l’avait suivi toute la journée, comme une odeur de mort se colle aux vêtements. Ça le hantait. Il avait été profondément blessé par cela, et, nouvelle piste de réflexion, peut-être que le souci était qu’il n’en parlait pas - même si c’était dur à attendre de la bouche de son horrible précepteur… Le problème, à cet instant, fut que le rire ne désarma en aucun cas la situation. Le premier coup s’abattit sur l’élève et l’atteignit en plein visage, alors qu’il s’était mis dans une position de défense qui aurait dû arrêter la ceinture. Un pas en arrière.

- Pu… aaah ! Ça : C’est d’la triche !
- Tu aurais dû voir Mackensie…

Jeroen allait réagir, mais il eut à peine le temps de reculer d’un pas avant qu’un second coup de ceinture ne le touche aussi. Une boucle en métal, ça fait un mal de chien. Il recula à son tour lorsque son camarade commença à jeter tout son répertoire de sorts dans la face de son précepteur. C’était violent, vraiment violent, et voir tout le panel de ce qu’il était capable de faire par colère avait quelque chose de vraiment effrayant. Jeroen ne savait pas comment réagir. Il n’allait pas se mettre en plein milieu pour retenir son camarade, ce serait du suicide. Un humain serait mort depuis un bail avec tous les maléfices qui fusaient. Mais lorsque le flot de violence cessa, l’illusion, pas touchée pour un sou, se mit à rire. Il fixait Jeroen, la baguette à la main.

- Et si c’était à moi de jouer ?

Jeroen arma sa propre baguette. Au vu de la tête d’Alec, ça sentait très mauvais, mais il avait bien l’intention de ne pas se laisser faire sans rien dire. Il avait plus de contrôle, et malgré tout l’énervement ambiant, il restait en apparence calme et froid. En apparence, bien entendu. Intérieurement, il comprenait parfaitement l’envie de fracasser la tête de ce timbré vraiment collant, et s’il y avait eu un mode d’emploi, il l’aurait suivi avec beaucoup de motivation. Il recula encore un peu et rassembla un paquet d’énergies positives pour faire face. Maman, fais bisou et sois gentille cette fois-ci.

- Spero patronum.

Le chevrotain apparut et se plaça entre l’illusion et sa cible, tandis que Jeroen se déportait devant Alec. Il fallait faire cesser l’escalade de la violence avant que ça dérape trop… Ça faisait un moment qu’il n’avait pas eu à utiliser son patronus, ou peut-être qu’il n’en avait pas eu la force. L’animal translucide levait ses yeux tranquilles vers le précepteur, piétina le sol un instant. Il avait l’air ridiculement petit, mais la taille ne fait pas la valeur… Jeroen s’arrêta lorsqu’il fut bien dans la trajectoire entre les deux hommes et soupira en se frottant la joue. Il était prêt si un sort fusait, et de toute façon, les sorts qui lui faisaient peur étaient trop dangereux pour que l’illusion les lance sans disparaitre pour mise en danger mortelle… La baguette brandie, sans quitter l’illusion des yeux, il s’adressa à Alec.

- Ça devient chiant non ? Respire et reprends-toi. Il va falloir prendre le problème par la racine.

Quitte à poser les questions qui fâchent, quitte à entrer effrontément dans son intimité. Il voulait tenter la chose, voir si ça pouvait ne tenir qu’à un manque de communication sur ses problèmes familiaux. Il avait le ton froid et posé des mauvais jours mais ça n’importait pas : le précepteur le menaçait et c’était Alec qui avait la clef quelque part au fond de sa tête.

- Qu’est-ce qui t’angoisse le plus ? Qu’il s’en prenne à toi, ou aux autres ? Qu’est-ce que tu ressens au-delà de la colère ? Va plus au fond des choses. Réfléchis, casse-toi la tête. A quelles angoisses fait-il référence ? Toi tu bouges pas ! cracha-t-il à l’attention de l’homme.
- C’est une menace ? Tu crois faire le poids avec ton petit Bambi ?
- Il est beau mon Bambi. Qu’est-ce qu’il représente ? Pourquoi lui en particulier ? Pourquoi m’attaque-t-il ? Ne le regarde pas. Il est dans ta tête avant d’être devant nous. Réfléchis.

Lui occuper l’esprit. Le faire cogiter. Bonne ou mauvaise solution ? Seul le temps le dirait… En attendant, Jeroen était prêt à les défendre mais la baguette restait brandie en une menace presque superficielle...

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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Ven 17 Oct 2014 - 16:29

Oui, nous restons tous enchainez, dépendants à notre passé, notre enfance, notre famille. Leurs erreurs deviennent les nôtres et nous sommes inféodés à ce qu’ils sont, tous, dans chaque parcelle de leurs êtres puisqu’ils ont participé à la mise en place de notre propre identité.
C’était comme ça, il avait eu une enfance qu’il ne pouvait effacer simplement parce qu’il expliquait à haute voix qu’elle n’avait pas été telle que ses souvenirs le démontraient. Ça n’était pas parce qu’il s’imposait une version édulcorée dans laquelle ses parents ne possédaient pas le caractère qu’il leur connaissait qu’ils changeaient réellement. Il avait donc beau avoir dit qu’il avait eu une éducation magique à la maison avec l’un des meilleurs professeurs en la matière – ce qui était vrai – entouré de quelques autres élèves du même rang que le sien, que les choses étaient réellement si épurées qu’elles le semblaient. Non, il avait bien été quelques fois entouré, mais les choses ne s’étaient pas passées aussi bien qu’il l’avait exprimé. Education à la maison signifiait être enfermé dans une salle pendant des heures et… ça n’était pas spécifiquement la salle de classe. Education à la maison, ça voulait dire privations, coups et blessures, pression, humiliation. Alors apparemment, il avait écopé d’une certaine sentence pour ses divers mensonges : la vérité.

C’était en effet quelque chose avec laquelle il avait beaucoup joué alors il était finalement assez naturel pour qu’il se prenne au final le retour du coup de bâton… ou de ceinturon pour le coup. Il avait cependant la chance de se trouver justement face à un as du mensonge qui en avait prit également pour son grade durant un temps. D’ailleurs, il y avait fort à parier que cette coïncidence n’en soit pas totalement une. Ainsi, il avait eu un petit sourire quand son précepteur avait avancé le fait qu’il ait pu à son tour se servir des proches d’un autre, de ses secrets pour lui faire du chantage – chose pas tout à fait acceptable – et que Jeroen lui avait répliqué qu’ils étaient tous initiés à la manœuvre. C’était probablement le seul avantage de la situation, il n’était pas face à un saint et encore moins à quelqu’un qui n’avait jamais caché quoi que ce soit. Et puis, c’était peut-être un coup de fourbe du destin. Après tout, il aurait probablement dû sortir de la pièce quand Logan avait fait prendre du veritaserum à Jeroen.

Il se trouvait donc face à un dilemme assez embêtant : un connard qui ne souhaitait pas disparaitre quoi qu’il fasse et qui avait apparemment des règles du jeu qu’il ne maîtrisait pas des masses. Lorsqu’il s’était prit la boucle de ceinture, le jeune homme n’en revenait pas. Si cette illusion avait tous les droits, il y avait un moment où il se sentait clairement dans une impasse. Sauf que, justement, elle n’avait pas tous les droits et heureusement qu’il y avait encore Jeroen pour suivre le déroulement de la réalité. Ainsi, alors qu’Alec commençait à paniquer violemment en voyant son précepteur menacer le jeune homme, l’autre reprit les choses en main.

Un patronum fit son apparition entre l’illusion et les deux jeunes hommes. Tient. Ça non plus il n’y avait pas pensé. D’un autre côté, il n’avait jamais réussi à en faire apparaitre un bien formé, un comble parfaitement frustrant pour lui qui était capable d’effectuer des sortilèges complexes et puissants bien supérieurs à ce qu’on leur apprenait à Poulard. Mais ça… Nan, que dal, une pauvre petite lichette argentée tout au plus qui s’éteignait en quelques seconde. La honte. BREF.

- Ça devient chiant non ? Respire et reprends-toi. Il va falloir prendre le problème par la racine.
« Chouette ! Allons péter la gueule au directeur. »

Non, Alec, non.

- Qu’est-ce qui t’angoisse le plus ? Qu’il s’en prenne à toi, ou aux autres ? Qu’est-ce que tu ressens au-delà de la colère ? Va plus au fond des choses. Réfléchis, casse-toi la tête. A quelles angoisses fait-il référence ? Toi tu bouges pas !
« Quoi ? Nan, on ne fera pas ma psychanalyse là, c’est mort ! »

Aucune envie de fouiller au fond des choses, non, vraiment ! Toute cette époque était révolue et il ne voulait pas vraiment y revenir, chercher ce qui lui avait fait le plus mal, ce qui le hantait encore actuellement, ce qu’il redoutait, tout ça. Non. Il avait envoyé un regard blasé à Jeroen avant de jeter des éclairs à son précepteur qui ne pouvait s’empêcher de se la ramener.

Il est beau mon Bambi. Qu’est-ce qu’il représente ? Pourquoi lui en particulier ? Pourquoi m’attaque-t-il ? Ne le regarde pas. Il est dans ta tête avant d’être devant nous. Réfléchis.
« Oh mais arrête merde ! J’en sais rien pourquoi lui. Il m’a fait chier pendant toute mon enfance mais c’est pas le pire donc… j’en ai pas la moindre idée ok ! »

Comme demandé, il ne fixait que Jeroen, d’un œil agacé. Non, sérieusement, il ne comptait pas balancer ses réflexions à haute voix. Mais il pouvait y réfléchir tout de même. Pourquoi lui ? Non, réellement, il n’en savait rien. Pourquoi attaquer quelqu’un d’autre que lui, ça, en revanche, ça pouvait lui causer. Il sortait beaucoup plus facilement de ses gongs si on en attaquait un autre que lui, et notamment Mack que le précepteur avait déjà menacé à maintes reprises. C’était l’une de ses faiblesses et il le savait parfaitement. Il passait pour un con égoïste qui se foutait de tout et pourtant, il aurait tout fait pour l’empêcher de se trouver en mauvaise posture. Donc quoi ? On lui montrait qu’il était capable de faire des conneries pour protéger les autres, et que donc c’était une mauvaise chose pour sa survie ? Sans-Blague ! D’un autre côté, s’il perdait le peu de personnes dont il était proche, il ne pourrait probablement pas continuer plus longtemps. Impasse.
Bon, alors, question angoisses, ça donnait quoi ? Il avait peur de se faire taper dessus ? Enfermé ? Cramé ou autres joyeuses idées de punitions ? Probablement puisque tout le monde a peur de souffrir, et ce malgré une certaine habitude des coups. Mais, concrètement, il doutait que ce soit ça qui le pousse à retrouver un tel type. La peur de ne pas être à la hauteur ? La rage de réussir ? La rage de rester en vie ? La violence qu’on a insufflé à sa vie dès sa petite enfance et que ce type n’a fait qu’empirer jour après jour alors qu’il l’avait vu comme un sauveur qui pourrait l’aider, lui apprendre à se défendre voire même donner l’alerte ? Ça, c’était plus crédible.

« Rah c’est pas vrai ! J’ai la haine, je voudrais pouvoir les briser, les réduire à ce qu’ils sont vraiment pour leur faire payer, pour qu’ils ne puissent pas recommencer. »
« Pourquoi nous faire payer ? »

Parce que t’as joué leur jeu. Parce qu’aucun de vous, bande de branleurs n’avez ne serais-ce que pensé que ça n’était pas normal. Parce que les bleus, les voisins fermaient les yeux. Parce que vous avez effacé les traces, au fur et à mesure pour que rien ne se voit. Pour cette putain d’éducation qui craint. Pour toutes ces règles prédéfinies. Pour ces messages de haine. Pour cette déshumanisation. Pour cette volonté de faire de nous les meilleurs mais sans réellement savoir ce que ça voulait dire. Parce que sans vous, je ne serais pas ainsi. Parce que ma sœur serait proche de moi.

« Parce que le rôle des parents, des mentors des… des tout ce que tu veux, c’est de protéger les enfants qu’ils ont à charge, pas de les détruire. »
« C’est bien basique tout ça comparé à ce que tu gardes. »

Un petit sourire du précepteur. Un de ses sourires froids.

« Oh la ferme. Tu vois Jeroen, ça ne marche pas. J’peux pas tenter de le découper en morceaux pour le filer à j’sais pas quelle bestiole d’Ismaelle ? »

Pourtant ces dernières paroles ne lui ressemblaient pas.



« D’accord ! J’ai peur de décevoir, ça va là ? »
« Tu ne fais que reprendre ses propres peurs pour te débarrasser de tout ça. T’as peur de décevoir qui ? Tes parents, comme lui ? »

Ok, c’est pas faux. Il avait reprit ce qui avait été dit sur Jeroen juste avant. Tricher, c’est mal. Mais cela dit, la peur de décevoir était véritable… mais clairement pas envers ses parents. Eux, ils feraient l’objet d’une autre thérapie. Parents violents, démissionnaires et cyniques.

« Ça risque pas. »

Moi. Et elles.

C’était elles qu’il avait peur de décevoir, parce qu’il se devait de les protéger, ces quelques personnes qui avaient pu montrer de la bonté envers lui. Ces quelques personnes qui ne l’avaient pas simplement rejeté de but en blanc sans chercher plus loin. Sa sœur, parce qu’elle le connaissait depuis toujours, parce qu’elle savait si bien ce qu’il avait subit puisqu’elle avait fini par fuir tout ça, elle. Et Mack. Une petite gamine avec qui il s’était comporté comme un salaud, comme toujours. Une gosse qui avait fini par comprendre et par l’inviter dans un autre monde, le sien. Une petite qui lui avait fait découvrir les quelques aspects brillants de l’humanité. Il n’avait pas su protéger la première, et mourrait de peur de lâcher la seconde.

« Ça va, j’suis pas totalement débile par rapport à ma propre psychologie. La peur de l’abandon, ça va là ? J’ai tapé juste ? Peur de foirer quelque chose qui en détruira d’autres. Peur… »
« D’être seul. »

C’était une voix féminine qui avait dit ça, là, derrière lui. Sa gorge se serra. Celle de sa sœur. Un frisson glissa le long de sa colonne alors qu’il soupira d’agacement.

« Oh putain, maintenant c’est le genre féminin qui va venir me reprocher des dossiers vieux de dix ans ? »
« Tu aurais pu être tellement plus, fils. »

Grognement. Le précepteur venait de changer de visage pour prendre celui de son père. Nan mais c’est abusé là !

« Et si tu cessais de te reprocher tous les maux de la terre ? »

Le jeune homme sursauta pour voir que le précepteur avait changé de nouveau de visage pour prendre celui de son cousin.

« Logan ? »

Alors là, question affrontement de ce qu’il pouvait ressentir vis-à-vis de ceux qui apparaissaient, il ne voyait pas trop. Ok, Logan avait pour politique de le laisser se débrouiller et il n’était donc pas particulièrement aidant, notamment par rapport à certaines situations que le jeune homme avait vécu mais tout de même ! Il l’avait potentiellement mis en ligne de mire des Supérieurs également mais ça n’était pas tant de sa faute que ça, et c’était bon, ils en avaient parlé. C’est con c’est con, on ne va pas en faire un pataques merde.

« Il serait peut-être temps que tu te pardonne non ? T’en fais bien assez. »

Se pardonner. Cesser de penser qu’il était responsable du départ de sa sœur parce qu’il n’avait pas été capable de la protéger. Cesser de croire que chaque élément négatif de son existence n’était relié qu’à sa capacité chronique à être à côté des choses. Arrêter, peut-être de penser qu’il devrait être capable de tout résoudre. Certains évènements qui continuaient de le hanter s’étaient déroulé alors qu’il avait même moins de sept ans. Que pouvait-il faire à l’époque au juste ? Il n’était qu’un enfant, un enfant qui aurait dû recevoir de l’aide. Un enfant que quelqu’un aurait dû protéger du monde et qui n’avait eu le droit qu’aux coups et à la douleur. Un petit que sa sœur avait défendu tant bien que mal quelques fois mais qui avait craqué bien vite…. Parce qu’elle aussi n’était qu’une petite fille et qu’une gosse ne pouvait tout simplement pas lutter contre tout et tout le monde pour le sortir de là. Et pourtant, lutter contre tout et tout le monde, c’était ce qu’il faisait à présent tous les jours. Même face à ceux ou celles qui, concrètement, n’avaient strictement rien fait.

Et pour ça, il faudrait quoi ? Se pardonner de ne pas être celui qu’il aurait dû. Se pardonner d’être faible, d’avoir faillis tant de fois ? Se pardonner d’avoir laissé sa sœur se faire violer à sa place ??

Il s’était approché pour poser ses mains sur les épaules du jeune homme.

« Je fais partie de ceux qui devraient probablement être là pour te protéger, et pas pour t’amener à toucher terre. Et pourtant, t’as été là pour protéger mes arrières. Pour ça, merci. Mais maintenant, tu es en ligne de mire, et tes proches avec. Je veux que tu arrêtes avec ton comportement auto-destructeur. Cesse de te mettre en danger. »
« Tu aurais vraiment voulu que je ne te suives pas ? »
« T’aurais pas été dans cette situation. J’te demande simplement de cesser de te faire payer je ne sais quoi. Oublie les missions suicides. »

Il ne savait pas quoi. Il ne savait pas pourquoi le jeune Serpentard faisait toujours ça. Sans cesse, il se mettait en mauvaise position. Pourquoi avait-il cette réputation hein ? Probablement pas uniquement à cause de ce qu’il avait réellement fait. Il n’avait jamais démentis certaines choses.

« T’es en direct en fait là hein ? »

Logan lui sourit avant de s’éloigner.

« Bonne journée Jeroen. »



« Et si se retrouve avec les Supérieurs et un veritaseum dans le gosier lui, on fait quoi ??! »

Pas de réponses, tant pis.
A vrai dire, l’illusion de Logan s’était disloquée dans le vague, les laissant tous deux soudainement seuls.

« Et là, c’est le moment gênant. »

Ne retenant pas la grimace qui montait à ses lèvres, le jeune homme émit un petit rire nerveux. Le couloir semblait d’un coup très calme sans les apparitions de son esprit qui venaient lui mettre une pression monstre.

« Il n’empêche que je vais le buter lui et ses méthodes foireuses. »

Enfin, façon de parler. Cependant, il était persuadé que cette illusion aurait pu déraper beaucoup plus loin que ça et que si Logan venait d’apparaitre, ça ne faisait pas partit du sortilège initial. Sinon il aurait énoncé certaines choses et, celles-là, il ne les connaissait pas. D’où son silence. Il avait interféré dans le sortilège pour le bloquer en voyant que ça partait sur une pente dangereuse. Donc il le surveillait. Et tout ça n’était pas qu’un sort général et automatique. Il avait gardé un œil sur lui et….

« J’t’offre un verre ? J’en ai besoin là. »

C’est bon pour le mal de crâne. Et ils avaient honnêtement deux-trois choses à se dire.
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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Dim 19 Oct 2014 - 15:23

Aller au fond des choses. Dire bonjour à ce petit animal tapi dans l’ombre qui grignote les parois de notre conscience pour qu’on le remarque et qu’on s’occupe de lui. Ce n’est pas agréable parce que ça met en branle tout ce qu’on a toujours cru, toutes les certitudes posées là pour cacher les angoisses, comme un mur de briques dans lequel on doit donner des coups de massue. On pourrait même dire que ça fait un mal de chien, mais tant qu’on refusait de le voir, le petit animal continuait de grignoter les fondations, caché derrière des croyances et des illusions, et ça finissait par prendre l’ampleur d’une névrose. Alec, espèce de névrosé, dis bonjour.

- Quoi ? Nan, on ne fera pas ma psychanalyse là, c’est mort !
- Une autre solution peut-être ?

Non parce que Jeroen rentrerait bien se coucher, là. Il s’était pris un coup de ceinture, s’était fait insulter et avait vu sortir des secrets qui auraient dû le rester, tout cela de la part de l’angoisse matérialisée d’un camarade de classe avec qui il ne trainait même pas. Très sérieusement, s’il fallait se mettre à poil, faire la danse du soleil et embrasser Alec sur la bouche pour faire disparaitre ce maudit précepteur, il le ferait. Le laisser se dépatouiller avec son caca ? Il aurait pu aussi, tiens. Il y pensait à peu près toutes les trente-sept secondes, mais abandonner un camarade de classe incapable de gérer ses émotions, ce serait un peu traitre. Alec l’avait déjà sorti d’une mauvaise passe en appelant son cousin - oui bon, ok, c’était après qu’il les ait mis dans une situation encore pire en assommant le Supérieur qui venait de les enfermer… Est-ce que leur Grand Sauveur allait se décider à faire son apparition cette fois-ci ? Le patronus était là, il aurait suffi que Jeroen y pense et le chevrotain serait allé chercher Grand Rivers pour régler ce problème qui tournait sérieusement en rond. Ou plutôt, pour claquer Petit Rivers, vu que c’était lui qui tournait en rond pour le moment.

- Oh mais arrête merde ! J’en sais rien pourquoi lui. Il m’a fait chier pendant toute mon enfance mais c’est pas le pire donc… j’en ai pas la moindre idée ok !
- M’engueule pas. Crois-moi que je suis celui qui a le moins envie de connaitre tes névroses, mais va falloir en passer par là.

Il cherchait à aider, pas à le miner encore plus. Alec rechignait, râlait… pourtant, au lieu de continuer de balancer des sorts à son précepteur, il accepta de regarder Jeroen, comme demandé. Ne pas regarder le précepteur, c’était accepter de comprendre que l’angoisse était plus profonde que ça et que l’illusion n’en était qu’une représentation random. Il acceptait le semblant de psychanalyse, finalement, même s’il semblait un peu paumé.

Jeroen n’était pas psy, il ne pouvait pas faire plus. En plus, cette situation et l’illusion qu’il avait repoussée juste avant lui rappelait le jour où sa mère avait refusé de comprendre les tenants et les aboutissants de son angoisse et avait commencé à se laisser mourir. Ils étaient de sortie en ville pendant les grandes vacances, et des sorciers avaient lancé une attaque en plein quartier moldu, faisant des blessés et des morts. Elle avait refusé de le regarder, et ensuite d’oublier ce qui s’était passé. Sauf qu’elle, elle n’était pas capable de tenir des années avec ses traumatismes comme Alec. Elle, elle avait tenu quelques mois, puis son système immunitaire avait cessé de défendre son corps devenu inerte et elle s’était finalement laissé mourir. Emeric et Jeroen étaient revenus de Poudlard pour l’enterrement, et le jeune homme avait décidé d’enterrer ses angoisses avec elle. Pour sûr, il n’était pas moins névrosé que son camarade de classe ; il n’avait juste pas encore eu l’occasion de mettre à plat ce qui l’angoissait réellement. Sa mère n’était pas restée suffisamment longtemps pour aller jusqu’au fond du problème, elle avait disparu lorsqu’il avait remis la faute sur elle et son incapacité à être forte pour sa famille, faute de l’avoir été pour elle-même…

Son patronus renâcla et menaça de disparaitre, mais il se reconcentra sur les bons moments et l’animal lui lança un regard plein de chaleur. Il n’avait pas su protéger sa mère du monde qui l’entourait, mais ça changeait. Alec, lui, l’écoutait tout en râlant suffisamment pour préserver sa fierté. En cinq ans, il avait appris à se faire écouter et à toucher les cordes sensibles. Une grande manipulation, mais jamais aux détriments de ceux qu’il manipulait - tant qu’ils étaient du bon côté évidemment. Oui, c’était peut-être pour cela qu’il restait finalement. « Hey, je reste que parce que tu me fais penser à ma mère et je ne te laisserai que quand je serai sûr que tu te laisseras pas mourir. » Joie. Au moins, la situation se calmait et ce retour à un échange constructif était bienvenu. Comme prévu dans les règles de cette semaine, aucune blessure mortelle n’était au programme et Alec put se concentrer sur autre chose que les attaques potentielles de son précepteur. Jeroen restait prêt à se battre mais il tâchait de garder une apparence détachée et plus ou moins intouchable. Tout était sous contrôle.

Et il attendit. Il n’avait pas demandé à Alec de dire à voix haute ce qu’il pensait ou d’expliquer en profondeur ce qui lui était arrivé, ça aurait été bien plus gênant qu’utile. Juste… y penser. Prendre un peu de recul avant de regarder à nouveau son illusion en face et la faire disparaitre. Il ne pouvait pas gagner en se laissant porter par des émotions qu’il ne comprenait pas, surtout après une journée à se taper ce truc collant aux basques. Ça avait dû être atroce, mais il était temps de prendre du recul. Le Bambi attendait sagement à côté de son sorcier, prêt à le défendre en cas de besoin et le soutenant un peu dans cette solitude du spectateur passif.

- Rah c’est pas vrai ! J’ai la haine, je voudrais pouvoir les briser, les réduire à ce qu’ils sont vraiment pour leur faire payer, pour qu’ils ne puissent pas recommencer.
- Pourquoi nous faire payer ?
- Parce que le rôle des parents, des mentors des… des tout ce que tu veux, c’est de protéger les enfants qu’ils ont à charge, pas de les détruire.
- C’est bien basique tout ça comparé à ce que tu gardes.

Parce qu’effectivement, Jeroen n’avait plus rien à dire à cette étape-là. Il gardait en joue l’illusion mais le précepteur avait perdu de sa verve. En fait, il ne parlait plus. Il attendait sagement que se termine le combat situé dans la tête de sa « victime », se contentant d’aiguiller lui aussi la réflexion, de faire des remarques neutres. Ça changeait des choses horribles qu’il n’avait pas cessé de lui assener juste avant. Bien entendu, ne rien dire n’empêchait pas le serpentard d’écouter et d’enregistrer les informations contre son gré, mais il s’était écarté légèrement pour les laisser se parler à lui-même. Petit regard malheureux et ennuyé à son moschidae. « Détruire ». Le choix de ce mot était dérangeant. Il n’y avait donc clairement pas que le précepteur qui avait eu ce genre de mots et de comportements, pendant les dix-huit années où Alec avait suivi ses études chez lui. Des secrets sortaient de terre. Il n’aimait pas être témoin d’un tel déballage. Même s’il aimait savoir des choses sur les gens, ça, c’était un peu trop personnel…

- Oh la ferme. Tu vois Jeroen, ça ne marche pas. J’peux pas tenter de le découper en morceaux pour le filer à j’sais pas quelle bestiole d’Ismaelle ?
- T’as déjà essayé. A mon avis t’as déjà tout essayé en fait, et il s’est nettement calmé donc si, ça marche.

Allez, encore un effort, tu es sur la bonne voie. Ce genre d’effort impossible à fournir de soi-même, lorsqu’on est tout seul avec sa conscience trop lourde. Jeroen faisait ce qu’il pouvait, mais ça restait le travail de son camarade. Qui serait bien sympathique de se grouiller un peu pour que le supplice s’arrête.

- D’accord ! J’ai peur de décevoir, ça va là ?
- Tu ne fais que reprendre ses propres peurs pour te débarrasser de tout ça. T’as peur de décevoir qui ? Tes parents, comme lui ?
- Ça risque pas.

Ouais mais non. Jeroen soupira ostensiblement. Ça ne se fait pas, de piquer les peurs des autres. Sur ce point, il était d’accord avec l’illusion, qui disait des choses de plus en plus sensées. Il cherchait à se débarrasser de cette situation, alors que c’était là que se situait tout le nœud du problème. Avait-il déjà parlé de tout ça à quelqu’un ? Rien n’était moins sûr. Jeroen s’éloigna encore d’un pas et lança un nouveau regard dépité à son patronus. La peur de décevoir le rongeait ces derniers temps, maintenant qu’il avait le temps de penser à l’état de sa conscience et de son âme… Il n’était pas certain que son père acceptera ce qu’il avait fait lors de ces deux années de siège, s’il venait à l’apprendre. Contrairement à Alec, Jeroen avait toujours été élevé pour respecter les autres et devenir quelqu’un de bien, à grands renforts de tolérance et d’amour démesuré. Papa risquait toutefois de ne pas rester tolérant face à son fils qui s’était sali les mains et lui mentait. Il espérait franchement que le fantôme de sa mère ne reviendrait pas à la charge pour lui rappeler tout ça…

- Ça va, j’suis pas totalement débile par rapport à ma propre psychologie. La peur de l’abandon, ça va là ? J’ai tapé juste ? Peur de foirer quelque chose qui en détruira d’autres. Peur…
- D’être seul.

Seul. Isolé. Malheureux. Venant d’un gars qui s’entourait toujours de plein de gens, c’était d’une logique imparable. Jeroen regarda la nouvelle apparition derrière Alec, une femme cette fois-ci. Aucune idée de qui c’était par contre. Alec semblait ne pas vouloir se départir de son agacement.

- Oh putain, maintenant c’est le genre féminin qui va venir me reprocher des dossiers vieux de dix ans ?
- Tu aurais pu être tellement plus, fils.

Hé, ça commençait à aller trop vite là. Le précepteur avait changé de visage et pris celui d’un autre homme. Son père ? Niveau présentation express de la famille, c’était pas mal. Puis nouveau changement.

- Et si tu cessais de te reprocher tous les maux de la terre ?
- Logan ?

Jeroen cessa de chercher à comprendre ce qui se passait. Les réunions de famille, ce n’était pas vraiment son fort. Il était très proche de son père et de sa fraternité, mais dès que ça dépassait les dix membres de la famille, il préférait se déconnecter tant il trouvait ça chiant. Son patronus vint frotter son front contre sa cuisse, laissant une sensation de chaleur diffuse. L’illusion, sous la forme de Rivers, s’approcha de son cousin. On sort le popcorn en attendant ? Ou alors des cookies. Qu’est-ce qu’il n’aurait pas donné pour les cookies que son père bidouillait avec sa sœur en prenant tous les restes de trucs sucrés qui remplissaient les placards. Il leur demanderait une boite par hibou express un de ces quatre.

- Il serait peut-être temps que tu te pardonnes non ? T’en fais bien assez. Je fais partie de ceux qui devraient probablement être là pour te protéger, et pas pour t’amener à toucher terre. Et pourtant, t’as été là pour protéger mes arrières. Pour ça, merci. Mais maintenant, tu es en ligne de mire, et tes proches avec. Je veux que tu arrêtes avec ton comportement autodestructeur. Cesse de te mettre en danger.
- Tu aurais vraiment voulu que je ne te suive pas ?
- T’aurais pas été dans cette situation. J’te demande simplement de cesser de te faire payer je ne sais quoi. Oublie les missions suicides.

Il était peut-être temps pour Jeroen de révoquer son patronus, inutile puisque toute violence avait disparu de l’échange. L’animal se dissipa. Le sorcier rangea sa baguette, croisa les bras et se lança dans la contemplation de ses ongles.

- T’es en direct en fait là hein ? Sourire de Logan.
- Bonne journée Jeroen.
- Et si on se retrouve avec les Supérieurs et un veritaserum dans le gosier lui, on fait quoi ??!

Le serpentard en question releva les yeux, jaugea le regard bienveillant de Rivers avant de lui souhaiter une bonne journée en retour. Puis l’illusion disparut, les laissant seuls, dans ce couloir vide, comme deux cons. Quel art de la mise en scène… Après un instant de blanc, Jeroen soupira et secoua ses cheveux pour remettre de l’ordre dans ses idées.

- Et là, c’est le moment gênant.
- C’est ça.

Alec grimaça, puis se mit à rire nerveusement. Non, là, vraiment, ça avait été tellement bizarre… Jeroen aussi se mit à rire. Ça l’avait épuisé aussi, en fait. Pas seulement ça, mais cet ensemble de choses qui leur arrivaient depuis hier… Comme on dit, ça fait du bien quand ça s’arrête.

- Il n’empêche que je vais le buter lui et ses méthodes foireuses.
- J’en suis. Si c’est comme ça toute la semaine, je vote pour une mort lente.

Peut-être que ça allait les aider. Peut-être qu’ils allaient tous en ressortir en conquérants, nouveaux warriors prêts à en découdre avec le monde entier. Mais pour ça, il fallait déjà tenir le coup mentalement, et un peu de recul serait nécessaire pour que l’envie de tuer le directeur leur passe.

- J’t’offre un verre ? J’en ai besoin là.
- Volontiers. Quelque chose de fort.

Un bon remontant ne leur ferait pas de mal. S’il n’y avait pas eu l’argument de l’alcool, Jeroen aurait fui largement car à côté de ce simple besoin de décompresser, ils avaient des choses à se dire. Non, franchement, il n’avait pas envie continuer à parler de leurs familles respectives, des soucis de Supérieurs voire de leurs histoires de nanas. En même temps, il valait mieux qu’ils en parlent maintenant plutôt que de garder leurs ressentis pour eux et qu’ils voient leur relation partir en cacahuète alors qu’ils pourraient en ressortir plus forts et un peu soudés… Donc il se laissa trainer par son camarade de maison. Une fois posés, Jeroen soupira et amorça les choses sérieuses.

- Au fait… désolé. Crois-moi quand je dis que je n’avais pas envie de savoir tout ça. J’ai pas trouvé d’autres solutions sur le coup.

C’était vrai. Il espérait qu’Alec ne lui en voudrait pas d’avoir été le témoin involontaire de tout ça. Puis il ajouta avec un sourire.

- Bon. Au moins, on peut dire qu’on est quittes.

Référence à l’épisode de la potion de vérité. On va dire que ça rétablit une espèce d’équilibre, hein ?
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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Jeu 30 Oct 2014 - 12:07

Affronter. Se confronter à ces illusions que l’on se créer pour survivre. Accepter d’avoir tors, d’être faible, d’être injuste. Accepter ce que l’on ressent. A vrai dire, non, il n’était pas prêt à réellement faire face à tout ce qui pouvait bien le bouffer dans son passé. Il creusait, oui, mais tout en évitant sciemment ce qui pouvait réellement le chambouler. Alors il touchait à des sujets durs, oui, qui le perturbaient déjà probablement bien assez comme ça pour qu’il y ait besoin d’en rajouter. Il avait eu une mère dure mais démissionnaire qui ne posait que rarement le regard sur lui et un père toujours présent mais dans le mauvais sens du terme. Toujours à lui en demander plus, à le pousser, le frapper pour lui donner la force d’être membre de cette superbe famille qu’est la famille Rivers.

Il avait commencé à creuser les choses, oui, puis fuis une nouvelle fois avant de continuer de nouveau à approfondir. Mais voilà, il se rapprochait au fur et à mesure de choses réellement complexes, sordides et auxquelles il ne souhaitait pas penser. Qu’on s’en prenne à lui, qu’on l’enferme, qu’on l’humilie, qu’on le rabaisse était une chose. Mais commencer à penser que sa sœur l’avait abandonné, qu’il n’avait pas été assez fort pour la protéger ou même que ça aurait dû être son rôle à elle que de le sortir de ce merdier… ça commençait déjà fort à chier des bulles. Imaginer qu’il avait des choses à se pardonner et qu’il faudrait peut-être qu’il songe à le faire un jour, ça aussi, ça le mettait mal à l’aise plus que quiconque pouvait tenter de l’imaginer. Il y avait peut-être beaucoup de choses qu’il se faisait payer au jour le jour. Comme s’il se faisait du mal systématiquement pour compenser certaines choses. Ou simplement parce que c’était aussi sa manière d’exister. On lui avait apprit à être comme ça, à se blesser puisque personne n’avait jamais prit la peine de faire autre chose que ça lors de son éducation. Après tout, s’il n’avait jamais vécus que dans la mésestime, pourquoi en ferait-il autrement à présent ? Il semblait toujours si sûr de lui, si arrogant qu’on en oubliait facilement que tout ce qui pouvait courir sur lui venait de ses propres actes et de son incapacité chronique à démentir ces histoires. Non, il n’avait pas violé Elwynn, et pourtant la moitié de l’école en était persuadée… quelque chose dans ce gout là. Techniquement, c’était même l’inverse, et, là, par contre, il n’y avait personne pour s’insurger. Sexisme va.

Mais c’était peut-être justement sur ce genre de chose qu’il avait le plus de blessures cachées. Le sexe. S’il était le type qui inquiétait Jeroen via ses conquêtes, ça n’était pas tout à fait sans raisons. Il était de notoriété publique qu’il s’était fait à peu près toutes les jolies filles du château. Il était affiché en tête de gondole : connard craquant, bête de sexe, ne pas s’approcher, attention : danger, pas plus d’un soir. Mais tout ça ne venait probablement pas de nulle part et s’il cherchait à ne pas y penser, à s’en foutre et à ne pas regarder en arrière, c’était justement parce que le passé n’était pas particulièrement glorieux. A vrai dire, il était même sombre et affreusement glauque. Il était bourré de larmes et d’une petite fille qui aurait aimé supplier et qui l’avait fait quelques fois avant de comprendre que ça n’avait ni sens ni intérêt. Et il y avait un gamin qu’on avait touché et qui s’était recroquevillé dans un coin en attendant que le calvaire de sa sœur se termine. Son calvaire. Celui qu’elle lui avait arraché, qu’elle avait prit pour elle, qu’elle avait assumé avant de fuir. Celui qu’il n’avait jamais subit parce que quelqu’un l’aimait trop pour imaginer ça. Celui qui avait poussé sa sœur à changer de vie, à tout claquer. Celui qui avait fait d’elle une enfant brisée forcée de se reconstruire à partir de rien. Et donc celui à cause de qui il avait perdu la seule personne avec qui il échangeait des sentiments d’affections et de protection. C’était de sa faute, depuis le début. Parce que s’il avait été plus fort…

- Et là, c’est le moment gênant.
- C’est ça.

Ne pas y penser. Ne pas y penser, ne pas y penser, ne pas y penser.

Voilà, il fuyait à nouveau. Et, finalement, il n’était pas allé au fond des choses, loin de là même. Il avait gratté la crasse sur la surface, tout au plus.

Sourit, mon gars. Déconne. Mais il n’en avait pas vraiment la force.
Juste envie de s’écrouler dans un coin, de se rouler en boule et de ne plus en bouger avant le prochain millénaire. Sauf que ça, justement, il l’avait fait une fois, et il refusait depuis de se le pardonner.

- Il n’empêche que je vais le buter lui et ses méthodes foireuses.
- J’en suis. Si c’est comme ça toute la semaine, je vote pour une mort lente.
« Oh putain c’est vrai qu’on n’en est qu’au début. Bah j’veux pas être demain bordel.. »

T’y survivras pas si ça monte en puissance.

- J’t’offre un verre ? J’en ai besoin là.
- Volontiers. Quelque chose de fort.

Il avait hoché d’un signe de tête ajouté d’un petit sourire. Pour sûr, ils étaient d’accords sur ce point. Les deux jeunes gens étaient donc allés se poser dans leur salle commune où Alec les avait dirigés vers un coin plus isolé qu’il avait rendu parfaitement hermétique grâce à un sortilège. Une personne, c’était déjà trop, pas besoin d’empirer les choses. Ainsi, personne ne les verrait vraiment ni ne les entendrait et certain largement mieux ainsi.
Avant de s’écrouler sur le fauteuil, il prit la peine d’attraper une bouteille de Rhum dans l’une de ses planques.

Ainsi, posé, la tête en arrière et la bouteille à la main sans pour autant l’avoir entamé, le jeune homme poussa un long soupir. Si c’était comme ça tous les jours de la semaine… le moins qu’on puisse dire, c’était que ça s’annonçait plutôt mal.

- Au fait… désolé. Crois-moi quand je dis que je n’avais pas envie de savoir tout ça. J’ai pas trouvé d’autres solutions sur le coup.

Alec ne répondit pas sur le coup. Il se redressa, signe qu’il n’était pas totalement décédé, ce qui était déjà une bonne chose. Un petit sourire amer se dessina même sur ses lèvres, transformé rapidement en un petit rire ironique lorsqu’il entendit la seconde réflexion de son camarade.

- Bon. Au moins, on peut dire qu’on est quittes.
« C’est ça, c’était un coup du destin. J’aurais vraiment dû sortir de la pièce ce jour-là. »

Débouchage (eh oui, ce mot existe !) de bouteille et première – grosse – gorgée.

« Tient. »

Partage de biens.

« Je sais que tu ne voulais pas. Tout comme je m’excuse d’avoir apprit des trucs sur toi, c’était pas… enfin voilà. Ça me fait clairement chier que ça soit le cas, mais là n’est pas la question. J’vois pas ce qu’il y avait d’autre à faire de toute façon. »

Et encore, imagine que la séance de psy soit allée plus loin. Rien qu’à y penser, il frissonnait et appelait de toute son âme l’alcool que Jeroen tenait encore.

« Ecoute, j’veux juste pas être le type qui s’est fait cogné et qui n’en sort pas indemne. L’influence de ma famille est.. partout et, clairement, ça va, j’ai pas envie d’en entendre plus parlé que ça encore. »

Parce qu’il était sûr qu’il y aurait le droit à chaque coin de couloir et que… il ne voulait simplement pas voir ça dans les regards des autres. Il ne voulait pas se trouver d’excuses à la con à ses actes. Tout ça était indépendant de sa famille.

« J’veux pas que tout ce que je fais soit ramené à quelques gamelles de mon passé. Et même si c’est probablement le cas, j’veux pas qu’on me le rappelle. »


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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Ven 14 Nov 2014 - 12:30

C’est bon, on en a fini avec l’interlude psychologique ? Oh bien sûr, la médecine de l’esprit est importante, et bonjour monsieur le directeur, je ne savais pas que vous étiez là aussi, c’est sympathique de venir nous saluer pendant que vous vous amusez à traumatiser tout le château. Mais sérieusement, c’était privé, secret, des cadavres dans le placard qui étaient bien installés et qu’on ne pouvait pas montrer à n’importe qui. Observer Alec régler ses névroses internes, c’était bizarre et un peu dérangeant. Laissons les masques là où ils sont, ils servent bien à ça après tout, à cacher les blessures qu’il y a derrière. Que seraient-ils sans masques ? Pas grand-chose d’autres que des merdeux perdus et fragiles. Lorsque l’illusion disparut, Jeroen soupira de soulagement pour la seconde fois de la journée. La semaine promettait d’être longue.

- Oh putain c’est vrai qu’on n’en est qu’au début. Bah j’veux pas être demain bordel…

Ils allaient mourir. Peut-être pas physiquement, mais si chaque jour des illusions leur collaient aux basques pour les obliger à faire une psychothérapie accélérée, ils allaient y perdre la santé mentale. Se battre, bien, d’accord, c’était parfaitement faisable et nécessaire, mais aller chercher dès le départ au fin-fond de leurs esprits pour y puiser ce qu’il y avait de pire en matière de torture psychologique, personne ne tiendrait. Jeroen espérait franchement que sa mère allait cesser de lui apparaitre, aussi, mais lorsqu’il vit son ombre réapparaitre un peu plus loin dans le couloir, il comprit que ça n’allait pas être si simple. Il avait lui aussi des petites névroses à gérer. Sur le coup, il fit comme s’il n’avait rien vu et accepta un verre, et l’illusion disparut sans demander son reste.

Jeroen suivit son camarade de maison jusque dans un coin de la salle commune, où ils s’isolèrent au moyen de quelques sorts. Il s’affala dans un fauteuil en le regardant s’activer avec sa baguette. Il avait encore de la force à revendre ? Respect. L’autre se sentait fatigué. La petite montée d’adrénaline de cette confrontation inattendue l’avait achevé, et même s’il ne l’aurait jamais avoué, il avait envie de verser une larmichette pour évacuer la tension. Mais bon, ils avaient beau être tranquilles, à deux, isolés derrière leurs petits sortilèges… il ne pleurerait pas. A la mort de sa mère, il n’avait pas pleuré du tout et n’en avait jamais réellement ressenti le besoin. Ça n’allait pas commencer maintenant, juste parce que des illusions remuaient des vieux sentiments enfouis.

Là n’était pas la question, de toute façon. Celui qui avait étalé sa vie, c’était Alec, pas lui. D’ailleurs, il s’excusa d’avoir posé toutes ces questions. Qu’est-ce qu’il aurait pu faire d’autre ? Attendre, regarder le précepteur dévoiler des détails de plus en plus glauques sur ce qu’il avait fait au pauvre merdeux qu’il avait sous sa responsabilité ? Il pouvait laisser passer beaucoup de choses, mais sur le coup, il n’aurait pas réussi à laisser faire sans broncher. Alec ne répondit pas tout de suite, écroulé sur son fauteuil comme une méduse sur son rocher. Il donna simplement un signe de vie, sourit puis se mit à rire, mais pas parce que c’était drôle. Ils avaient l’air fin, tiens.

- C’est ça, c’était un coup du destin. J’aurais vraiment dû sortir de la pièce ce jour-là.

Ils auraient surtout dû gérer autrement pour ne pas avoir à se retrouver dans ce maudit cachot… mais ils n’allaient pas revenir là-dessus, c’était loin et enterré depuis le temps. Petit Rivers déboucha sa bouteille de rhum et s’enfila une bonne rasade. Jeroen prit la bouteille qu’il lui tendit et s’enfila lui aussi une bonne gorgée. Lorsqu’il eut fini d’avaler, il tira une grande grimace et rendit la bouteille en clignant des yeux. Ça désinfectait. Il n’était pas un gros buveur, pour la simple et bonne raison que les effets ne l’intéressaient pas voire le dérangeaient. Perdre le contrôle de soi-même, ce n’était pas agréable. Il aimait contrôler ses réactions, ses pensées, ses paroles, et lorsqu’il buvait, il se mettait à parler un peu trop facilement. Ça n’était évidemment pas du même niveau que la potion de vérité, mais il se dévoilait quand même trop à son goût…

Bon. Cette situation restait un cas de force majeure, alors il s’était permis de se servir. Ça n’empêchait pas l’alcool de lui piquer méchamment l’œsophage. Il n’était pas fan de rhum, en plus, il préférait largement tout ce qui était bières et eaux de vie. La génétique avait de l’influence et il buvait plus volontiers les bouteilles néerlandaises de son père qu’autre chose. Un peu de genièvre ne ferait pas de mal… Il sentit la chaleur commencer à monter et soupira d’aise. Maintenant que le picotement était passé, ses muscles et son esprit commençaient à se détendre.

- Je sais que tu ne voulais pas. Tout comme je m’excuse d’avoir appris des trucs sur toi, c’était pas… enfin voilà. Ça me fait clairement chier que ça soit le cas, mais là n’est pas la question. J’vois pas ce qu’il y avait d’autre à faire de toute façon.

Ils étaient d’accords sur ce point. Aucun des deux ne voulait en savoir plus sur l’autre. Ça pouvait sembler bizarre, mais c’était une question de pudeur. La plupart des gens ne donnaient pas la même valeur à la vie privée des autres qu’à la leur. Et l’égalité ? Le respect de l’autre ? L’échange équivalent était nécessaire à l’établissement d’une relation saine et cordiale. Stalker un pauvre gamin pour connaitre ses secrets les plus intimes en se cachant soi-même, ça manquait de logique. Tiens Alec, bois encore un coup, ça ira mieux.

- Ecoute, j’veux juste pas être le type qui s’est fait cogner et qui n’en sort pas indemne. L’influence de ma famille est… partout et, clairement, ça va, j’ai pas envie d’en entendre plus parler que ça encore.
- Je peux parfaitement comprendre ça. Je pense que tu sais déjà que je n’en parlerai pas. Enfin voilà, il me semble que ça se voit facilement, s’il y a une chose que je respecte, c’est bien le besoin de ne pas en dire trop sur la famille.

Pour un homme qui a toujours fait en sorte qu’on ne parle pas trop de sa famille moldue dans l’univers sorcier, c’était l’évidence même. Il n’avait jamais eu honte d’avoir une mère et une sœur sans pouvoirs, non, c’était une question de regard. Il n’avait juste pas envie qu’on le juge sur son sang mais sur ses actes et sa valeur réelle. Le sang et la famille n’étaient pas un indicateur de valeur, pour la simple et bonne raison qu’on ne pouvait pas les choisir. Son frérot Emeric aussi avait joué le jeu pendant toute sa scolarité, et tout s’était bien passé. Il avait passé ses examens haut la main et traçait un parcours scolaire sans fautes. Leur père avait déjà remis en question ce secret autour de leurs racines, estimant qu’ils n’avaient pas à en avoir honte… mais c’était lui qui avait choisi d’épouser une moldue. Pas ses fils. Chacun son caca.

Alec avait eu une famille pourrie ? Grand bien lui fasse. Tant qu’il n’essayait pas de perpétrer les erreurs de ses ainés, Jeroen n’avait pas d’avis à donner dessus. C’était dommage, de voir qu’il existait toujours une telle intolérance dans les familles de sang-pur. Une telle peur de la médiocrité que certains parents poussaient leurs enfants jusqu’à les épuiser totalement. Pourtant, le serpentard n’était pas qu’un merdeux cassé par son précepteur, c’était aussi un con imbu de lui-même, l’un des plus gros tombeurs de ce château, un buveur invétéré qui était en train de s’enfiler allègrement la bouteille… On évite le coma éthylique quand même ?

- J’veux pas que tout ce que je fais soit ramené à quelques gamelles de mon passé. Et même si c’est probablement le cas, j’veux pas qu’on me le rappelle.
- Ça va pas être facile ça…

Il sourit et étouffa un gloussement débile. Vu qu’il était crevé et qu’il n’avait pas mangé, les effets de l’alcool étaient rapides.

- Pardon. Je veux dire, on est tous des ensembles de gamelles. Ça nous définit. C’est désagréable quand les autres nous les rappellent constamment, mais si tu ne les acceptes pas, certains vont en profiter. Ça ne doit pas rester une faiblesse qu’on cache sous un tas de… de trucs.

Il passa sa main dans ses cheveux et balança sa tête en arrière pour regarder le plafond.

- Je dis ça, mais je ne suis pas mieux. On a tous des secrets familiaux à enterrer… et je crois qu’on creuse toute notre vie quand on essaie sérieusement de les enfouir.

L’incinération, c’était vachement plus simple. Il serra le poing derrière sa tête et se secoua. Il ne devait pas repenser à ça. Changer de sujet ? Changer de sujet.

- Pour Julian, je dirai rien. C’est… non, j’ai rien à dire dessus. C’est sa vie, ta vie. Ce que je vis avec elle est peut-être vachement récent et pas très officiel mais j’ai juste pas envie de la perdre pour un peu de jalousie mal placée.

Il ne le disait pas clairement, mais il essayait de marquer son territoire. Julian, c’était la sienne maintenant. Pas celle des autres garçons du château avec qui elle avait eu des aventures plus ou moins sérieuses. Il avait déjà pas mal pris sur lui pour accuser le coup de cet été, alors autant prévenir qu’il y avait chasse-gardée. Quelle était sa relation exacte avec Alec ? Aucune idée. Il ne voulait pas vraiment savoir s’ils avaient eu une histoire sérieuse, et il essayait de lui faire comprendre que c'était une mauvaise idée d'aller retenter quelque chose avec elle. Possessif ? Un peu, même s'il ne l'assumait pas du tout. Il soupira en regardant ailleurs, les joues rosies.

- Je veux bien t’en repiquer un peu, finit-il par lâcher en désignant la bouteille de rhum.

Ils allaient peut-être finir un peu plus joyeux que ça à force de picoler comme des trous.
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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Ven 28 Nov 2014 - 12:21

- C’est ça, c’était un coup du destin. J’aurais vraiment dû sortir de la pièce ce jour-là.

Pourtant, ça n’était pas particulièrement son genre que d’écouter les ragots des uns et des autres, alors écouter quelqu’un déblatérer sur ce qu’il pouvait cacher ou non… nan, vraiment, ça n’était pas sa tasse de thé. Pourtant, il était resté. Curiosité ? Oui, probablement tout de même. Après tout, il venait de comprendre que Jeroen n’était pas tout à fait ce qu’il montrait de lui-même. C’est humain après tout, même s’il acceptait mal ce genre de voyeurisme de sa propre part. C’était aussi probablement une manière de se protéger. Et puis, il y avait Logan. C’était con, mais il fallait croire qu’il avait aussi comme impératif que ce crétin soit… quoi ? Fier de lui ? Peut-être. Ça n’était pas exclu après tout. Il était ce qui lui restait d’une famille. Lui et sa sœur. Ça faisait peu en soi. Et il était surtout l’image d’un Rivers à qui il aurait aimé ressembler. Et c’était un sang mêlé. Comme quoi, on ne lui avait raconté que des conneries pendant son enfance. Il était l’image du rock solide, de celui qui pouvait tout affronter et s’en tirer, les sortir de là. C’était leur chance, sa chance peut-être. Il lui en mettait trop sur les épaules et le savait parfaitement. Mais voilà, c’était la figure fraternelle, peut-être paternelle qu’il aurait voulu avoir et qui lui avait manqué, et le pire, c’était qu’il était conscient de ce genre d’attitude issue de psychologie de bas étages. C’était grave. Et potentiellement assez naze. Mais ce mec, il lui semblait qu’il était capable de se dresser face à tout. C’était le type qui s’était dressé face aux Supérieurs, qui leur avait fait peur, s’était toujours montré comme … eh bien, supérieur aux Supérieurs. C’était celui qui était tombé face aux coups, qui s’était fait torturé pour se relever aussi sec après. Grosse erreur de toute évidence. Dans son regard, ce jour là, brillait cette flamme… celle qu’il avait retrouvé le jour où ils avaient été renversés. Cette rage qui semblait dire qu’ils avaient fait une putain d’erreur ce jour-là. Cette violence qui hurlait : Je vous brulerais.
C’était ce qu’il voulait être, ce rock là. Jusqu’au jour où il lui faudrait faire le deuil de cette puissance imaginaire qu’il avait attribué à celui qui n’était qu’un Homme. Faire le deuil de ses parents à son âge, c’était assez dommage. Bonsoir psychologie basique.

- Je sais que tu ne voulais pas. Tout comme je m’excuse d’avoir appris des trucs sur toi, c’était pas… enfin voilà. Ça me fait clairement chier que ça soit le cas, mais là n’est pas la question. J’vois pas ce qu’il y avait d’autre à faire de toute façon.

Il y a un moment où, de toute façon, voilà, c’était passé, point final. Il n’avait finalement pas vu toute sa vie révélée à tout le château. Ça n’était qu’un petit passage. Ça n’étaient que des coups. Il s’en était remis de tout ça. Enfin, du moins, il l’avait pensé. C’était ridicule, inutile de revenir là-dessus. Oui, il n’avait pas eu une enfance dorée, et, oui, il avait un certain nombre de choses à régler, mais derrière tout ça, il y avait bien pire qui commençait à pointer. Derrière tout ça, il y avait une blessure bien ouverte qu’il ne savait comment régler. Une plaie à laquelle il ne voulait même pas penser.
Une rassée de rhum ne fit pas passer cette tension dans ses muscles, cette angoisse grandissante qui avait percé. N’y pense pas. Oublie. Ça n’était pas ainsi qu’il rendrait la vérité moins réelle, il le savait parfaitement, mais voilà, il préférait affronter les coups et les humiliations, le fait qu’il avait tué deux hommes, sa capacité à faire chanter un enfoiré, voire ses erreurs gratuites, les coups qu’il n’avait pas maîtrisé face à Emily ou à Sovahnn, il préférait affronter ses erreurs plutôt que ça. Pas ça. simplement, pas ça. Alors il avait repensé aux coups, aux douches froides, aux journées enfermées. C’était bien plus simple.

- Ecoute, j’veux juste pas être le type qui s’est fait cogner et qui n’en sort pas indemne. L’influence de ma famille est… partout et, clairement, ça va, j’ai pas envie d’en entendre plus parler que ça encore.
- Je peux parfaitement comprendre ça. Je pense que tu sais déjà que je n’en parlerai pas. Enfin voilà, il me semble que ça se voit facilement, s’il y a une chose que je respecte, c’est bien le besoin de ne pas en dire trop sur la famille.

Les lèvres pincées dans une espèce de sourire, il avait hoché de la tête dans un petit mouvement. Compris. Cool. Merci.
Il était vrai qu’il ne connaissait pas grand-chose de la famille du jeune homme. En même temps, il ne connaissait pas tant que ça sur les uns et les autres. Disons qu’il n’était pas exactement l’image de la personne vers qui on va pour se confier. Il pouvait l’être et, à vrai dire, il était typiquement doué pour garder les choses pour soi. Ainsi, il avait été là pour Julian par exemple, il l’avait écouté, avait proposé des solutions et tenté de faire quelque chose. Et puis, comprenant qu’elle ne voulait plus en parler, il n’avait pas insisté et avait gardé secrètes les angoisses de la jeune femme. Se taire, il savait faire. A vrai dire, écouter, il savait aussi. Il n’était simplement pas le confident parfait. Après tout, c’était pas ce qu’il était. Lui, il était… un con imbu de lui-même, l’un des plus gros tombeurs du château, et un buveur invétéré.
Oui.
Un type dénué d’intérêt. Qu’on laissait donc seul.
Parfait.

- J’veux pas que tout ce que je fais soit ramené à quelques gamelles de mon passé. Et même si c’est probablement le cas, j’veux pas qu’on me le rappelle.
- Ça va pas être facile ça…

Le regard du jeune homme lâcha la bouteille qu’il fixait avec insistance depuis un moment pour venir se poser sur Jeroen qui étouffait un rire. Mouais. C’était sûr que ça n’allait pas être simple. Pas sûr que ça soit drôle cela dit.

- Pardon. Je veux dire, on est tous des ensembles de gamelles. Ça nous définit. C’est désagréable quand les autres nous les rappellent constamment, mais si tu ne les acceptes pas, certains vont en profiter. Ça ne doit pas rester une faiblesse qu’on cache sous un tas de… de trucs.

Oui. Le pire, c’était qu’il avait parfaitement raison, mais ça faisait plus grincer des dents à Alec qu’autre chose.

« Bah faut croire que j’suis vulnérable. »

LE mot qui venait de lui arracher la gueule bien plus sûrement que la gorgée de rhum qu’il avait avalée pour le faire passer. Wow. C’était vrai, et c’était ça le plus dur à accepter. Il en avait des gamelles et s’il savait qu’il n’était pas le seul, non, il ne les assumait pas. Pas toutes. Pas celles dont il n’était pas responsable en fait. C’était ça le plus absurde dans l’histoire. Oui, mais voilà, ses histoires sordides l’étaient… trop pour qu’il sache comment les gérer.

- Je dis ça, mais je ne suis pas mieux. On a tous des secrets familiaux à enterrer… et je crois qu’on creuse toute notre vie quand on essaie sérieusement de les enfouir.

Petit sourire jaune.

« J’crois que t’es encore plus efficace que l’autre con pour me déprimer. »

La raison étant que majoritairement, l’autre con en question ne le déprimait pas, il lui foutait juste une rage assez destructrice. Il ne lui faisait pas peur, il déclenchait une envie irrépressible de se battre jusqu’à ce que mort s’en suive, d’un côté comme de l’autre. Il fallait croire qu’il l’avait bien élevé, son roquet, le Pavlov.

- Pour Julian, je dirai rien. C’est… non, j’ai rien à dire dessus. C’est sa vie, ta vie. Ce que je vis avec elle est peut-être vachement récent et pas très officiel mais j’ai juste pas envie de la perdre pour un peu de jalousie mal placée.
« Ça c’est du changement de sujet. Donc, concrètement, vous êtes ensembles ? Pas que.. ‘fin j’m’en fous, vous faites ce que vous voulez. C’est juste bon à savoir. »

Petit sourire amusé, celui-là.

« Elle s’est déjà pris un coup à cause de mes coucheries, c’est largement suffisant. »

Et le pire, c’était que ça le faisait rire cette histoire. Oui, parce que c’était bien assez ridicule comme ça. Navré Julian, il n’avait pas géré ses reflexes et n’avait surtout pas pensé qu’elle pourrait se prendre le coup à sa place. Enfin, elle n’était pas faite de sucre et il le savait très bien. C’était juste… oui, il avait trouvé la situation drôle. Hey, on ne se refait pas. Ça fait des souvenirs, comme on dit. C’était d’ailleurs probablement le meilleur de cette période alors..
Au fait, Alec, juste pour savoir, t’es conscient de ta réputation ? Justifiée, cela dit en passant.

« Ça va, ravale ta jalousie mal placée, je n’y toucherai pas. Ça règle les choses. On est.. plus ou moins amis, si t’es avec elle, ça dérapera pas. »

Pas besoin de parler de ce qu’il s’était passé entre eux, en effet. Si elle voulait le faire, c’était à elle d’aborder le sujet, pas à lui. Pour ce qui était de la suite, en sachant qu’ils étaient ensembles, non, il n’irait rien re-tenter avec la miss. Ça va, il savait se tenir quand même. Simplement, il ne s’amusait pas à connaître toutes les relations qu’il pouvait y avoir dans le château et, oui, s’il avait une ouverture avec une femme, il n’allait pas forcément vérifier si elle était avec quelqu’un, si elle sortait d’une relation fusionnelle, si un couple était ‘juste en pause’… bref. Il estimait aussi que les miss en questions savaient parfaitement ce qu’elles faisaient et qu’il n’était pas responsable de leurs écarts à elle. D’où son total détachement sur le sujet, et via l’énervement de certains petits-amis bafoués du château. Comme disait Ricardo, après tout, on l’utilisait non ? Pourquoi s’en prendre à l’objet sexuel ? Enfin, ce que j’en dis moi…
Bref. En revanche, en sachant que les deux jeunes gens étaient en couple, non, il n’irait pas s’amuser à tenter de briser ça. Il ne croyait pas en les relations de couples, certes, mais ça n’était pas pour ça qu’il tenterait de leur faire du mal, surtout qu’il appréciait les deux parties du couple en question. Si elle pouvait être heureuse avec lui, d’ailleurs, ça lui faisait plaisir. Point. Pas besoin d’aller chercher de la fourberie là où il n’y en a pas.
Ils avaient couché ensembles, ils s’étaient éclatés, et étaient proches d’être amis depuis. Voilà, c’était tout. Une situation parfaitement simple qui n’implique pas d’emmerdes.

- Je veux bien t’en repiquer un peu, finit-il par lâcher en désignant la bouteille de rhum.

Changement de propriétaire.

« T’as aucun besoin de te prendre la tête, pigé ? »

Pas besoin d’aller plus loin.

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MessageSujet: Re: [event halloween] Come and get it toys - Jeroen    Sam 6 Déc 2014 - 15:02

Fermons les yeux sur tout ce qui avait pu se passer par le passé. Ils en savaient beaucoup trop l’un sur l’autre. Sans vraiment se connaitre, sans vraiment le vouloir, ils avaient eu droit aux détails les plus intimes, les plus cachés. Alec aurait pu sortir de la pièce lorsque Logan avait commencé à poser ses questions, autant que Jeroen aurait pu le laisser se dépatouiller avec l’illusion de son précepteur. Qu’est-ce qui les avait motivé à rester ? Peut-être un semblant d’élan vers l’autre, le besoin de se rapprocher, de savoir où le placer. Ami, ennemi, allié ? Cette attirance pour ce qui était caché était agaçante. La curiosité est un vilain défaut, et quelque part, même s’ils ne se l’avouaient pas, ils en étaient aussi victimes. Les Rivers n’étaient pas une famille modèle. Et ensuite ? Qu’est-ce que ça lui apportait de savoir qu’Alec avait eu une enfance pourrie ? Peut-être l’assurance qu’il y a toujours pire et que non, chez les sang-purs, l’herbe n’est pas plus verte…

Il fallait voir les monstres que ça créait. Certains gamins devaient finir traumatisés à vie. D’autres faisaient tout pour enterrer ce qu’ils avaient vécu sous une tonne de comportements un peu étranges, un peu décalés, toujours compréhensibles. D’autres encore, plus rares, abaissaient les limites de leurs esprits et changeaient le monde. Ils avaient eu une vie pourrie ? Soit. Mais Grand Rivers avait changé la donne. Jeroen ne savait pas s’il avait eu la même vie que son petit cousin, mais le poids familial avait dû le marquer aussi. Ils devraient tous prendre exemple sur ce gars. Changer la peur en rage, laisser faire l’alchimie, devenir des petits rocs capables de faire mal. Un peu comme en magie noire : il suffisait de donner quelque chose pour obtenir la puissance, non ? Ils avaient plein de choses à donner du coup. Tiens, la haine, l’angoisse, la vie pourrie, prends tout et transforme-moi tout ça en arme, ça servira à quelque chose au moins.

Ils s’en sortiraient. Ils avaient tenu jusque-là, ils s’en étaient sortis. Certes, la semaine d’horreur commençait à peine mais ils n’allaient pas se laisser si facilement, qu’importe le prix à payer. Jeroen ne savait pas pour Alec, mais lui ne comptait pas se laisser marcher dessus par ses angoisses. Sa mère pouvait venir lui reprocher ses actes, les Supérieurs pouvaient l’attaquer, il pouvait chuter, il se relèverait toujours… C’était ce qu’il pensait. Evidemment, ça n’allait pas être si simple par la suite, et il ne pensait pas que tout pourrait s’écrouler en quelques minutes deux petits mois plus tard… mais ils revenaient encore et toujours à cette question de transformer les émotions négatives en force. Allez, c’était censé être un bon point pour eux, ils s’en étaient bien sortis jusque-là, malgré quelques coups mal parés ! Et ils pouvaient compter l’un sur l’autre, en quelque sorte… Les emmerdes, ça rapproche même les plus réticents. Allez faire semblant de pouvoir vous contenter de vous la jouer solo quand vous vous retrouvez face à quelqu’un qui peut vous comprendre et vous aider.

L’esprit un peu ailleurs, il sentait l’alcool détendre ses muscles. Surtout sa langue. C’était l’avantage de ne pas être habitué à boire : l’effet se faisait immédiatement sentir. Le seul problème, c’est qu’il disait ce qu’il pensait exactement de la manière dont il le pensait. Plus de filtre, plus de réflexion sur la réception de ses paroles. Il trouvait l’humain un peu pathétique, un peu faible, c’était un fait. Est-ce que cela le faisait détester son prochain ? Pas le moins du monde. Cette partie-là de son idée était restée bloquée derrière le tas de « trucs » en question. Il se rendait compte que ça pouvait être mal pris, que ce n’était peut-être pas vraiment le moment de se marrer, c’est pour ça qu’il réussit à se reprendre. Alec n’allait pas lui en vouloir pour ça, si ?

- Bah faut croire que j’suis vulnérable.

Jeroen roula des yeux. Non, bon sang non, il prenait tout de travers ! C’était faux. S’ils partaient du principe qu’ils étaient tous faibles, le mot ne perdait-il pas tout son sens ? Oui, ils avaient tous des faiblesses, mais cela faisait-il d’eux des faibles ? Loin de là. C’était justement cette capacité d’alchimiste à changer les peurs en forces qui les différenciait des autres. Alec avait fait face à son précepteur sans ses pisser dessus, sans se décourager, du moins en apparence. Il s’était battu, ce qui faisait déjà de lui quelqu’un de bien plus fort qu’il ne pouvait l’imaginer. Plus fort que Jeroen, qui s’était pour l’instant contenté de regarder sa mère lui assener des reproches en laissant le doute semer sa graine.

- J’crois que t’es encore plus efficace que l’autre con pour me déprimer.
- Pardon. Je te jure que je ne fais pas exprès. Mais je… non, t’es pas vulnérable. Ça ne marche pas comme ça. Tu te laisserais dominer à la moindre faiblesse ? Non, c’est ça la force. Voilà.

La pâtée indigeste qui sortait de sa bouche était difficilement gérable. Il avait l’impression que c’était clair, mais la nuance était tellement ténue entre mépris et simple cynisme… D’autant que le cynisme, tout le monde n’était pas capable de le comprendre et de l’accepter comme tel. Il se tut un instant, incapable de trouver les mots pour nuancer ses propos. C’était peut-être le moment de changer de sujet ? Pourquoi pas, au point où ils en étaient, c’était peut-être l’occasion de régler les questions de filles, entre hommes, tout bien. Alec eut un petit sourire amusé. Faut pas se moquer des gens bourrés ! Ah ce qu’il était faible, pour une gorgée…

- Ça c’est du changement de sujet. Donc, concrètement, vous êtes ensemble ? Pas que… ‘fin j’m’en fous, vous faites ce que vous voulez. C’est juste bon à savoir. Elle s’est déjà pris un coup à cause de mes coucheries, c’est largement suffisant.
- Concrètement ouais, je crois. Enfin, ouais, on est ensemble même si on ne l’étale pas trop. Et j’ai moyennement envie qu’elle se prenne d’autres coups, justement. Enfin, je dis pas que… non, je sais pas comment dire ça. J’ai envie de la protéger, c’est tout, d’être là pour elle sans qu’on se fasse poursuivre par vos réputations de tombeurs invétérés.

Oui, oui, il était carrément complexé par ça. Il passait après beaucoup, beaucoup de gens. En même temps, le serpentard n’avait pas lui-même une très longue liste de conquêtes, alors il ne comprenait pas trop ce que cela apportait. Pire, il trouvait ça un peu lourd à porter. D’accord, être considéré comme un gars un peu froid et au-dessus de tout, ce n’était pas mieux, mais il pouvait se débarrasser des filles qui le harcelaient et ça n’attisait pas trop les jalousies. Comment ça, il parlait d’un temps révolu depuis deux ans ? Il n’avait peut-être pas encore intégré certains changements…

- Ça va, ravale ta jalousie mal placée, je n’y toucherai pas. Ça règle les choses. On est… plus ou moins amis, si t’es avec elle, ça dérapera pas.
- Je suis pas jaloux.

Tss. C’était exactement le type de démenti qui voulait systématiquement signifier le contraire. Ce n’est pas bien d’essayer de mentir quand on a un coup dans le nez. Voilà exactement la raison pour laquelle il ne buvait pas d’alcool. Ce n’était pas du même niveau que le veritaserum car il pouvait encore se taire, mais ça s’en approchait pas mal. Bon, d’accord, il était jaloux, mais Alec restait un type relativement réglo. Tant que tout le monde était consentant, avaient-ils réellement quelque chose à y redire ? Julian elle-même ne semblait plus trop encline à aller voir ailleurs, c'était une des raisons pour lesquelles la jalousie ne ressortait que rarement. Confiance totale. Amour ? Il rougit et passa sa main dans ses cheveux. Il avait chaud, là, un truc de dingue, mais il n’était vraiment pas résolu à le montrer. La minute d’après, il redemandait la bouteille.

- T’as aucun besoin de te prendre la tête, pigé ?
- D’accord. J’aimerais juste que ça marche. Que quelque chose marche. Je sens que la semaine va être vraiment pourrie…

D’accord, à la deuxième gorgée, il n’était peut-être plus aussi tranquille d’esprit et alcool joyeux qu’à la première. Nouvelle grimace, il rendit la bouteille et tirant la langue pour essayer de se défaire de la sensation de brûlure dans ses entrailles. Oui, il se prenait la tête, ça ne passerait certainement pas de sitôt, mais c’était normal de s’accrocher à tout ce qui faisait que sa vie valait le coup, non ? Il finit par rejeter les idées noires d’un mouvement de main et soupira.

- Allez. On n’a qu’à dire que ça va le faire. Y’a pas de raisons qu’on s’en sorte pas.

Il sourit. Simplement. Ils allaient survivre à la semaine, survivre aux batailles, survivre à la vie elle-même. Ils étaient jeunes, égocentriques, ambitieux. Ça marcherait.

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