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 Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]

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MessageSujet: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Ven 22 Aoû 2014 - 0:43

~Vendredi 28 Novembre, Début de soirée ~

Passer d’un extrême à l’autre. Apparemment la vie de Julian était faite pour être définie ainsi. Elle s’en serait bien passée mais cela faisait un moment qu’elle n’avait plus le choix, qu’elle ne maitrisait plus sa vie. Au début elle pensait finir pas s’y faire, elle avait cru qu’après ce qui lui était tombé sur le coin de la tête, elle ne pouvait pas tomber plus bas. Fatale erreur. Car c’était justement lorsqu’elle avait cru pouvoir se relever que tout lui était revenu en pleine tronche. En effet, après que tout ait disjoncté à Poudlard et que la demoiselle n’ait cessé de se faire du souci pour Jeroen, le calme était revenu et d’une belle manière. Un bal avait été organisé. Ce n’était pas forcément le genre de la rousse mais ils avaient décidé d’y aller ensemble, d’un commun accord, à moitié en rigolant mais finalement, ils y étaient allés. Pour l’occasion, Ju’ avait décidé de redevenir la femme fatale qu’elle s’amusait à jouer avant toutes ces histoires. La demoiselle avait enfilé une belle robe de bal, qu’elle avait eu plus jeune et qu’elle avait agrandie et un peu retouchée grâce à la magie. Elle avait aussi pris le temps de se maquiller, de se coiffer et même de mettre des chaussures à talons. Elle avait ensuite attendue Jeroen dans la salle commune qui l’avait emmenée dans la salle de bal. Pendant quelques heures elle avait tout oublié. Ses soucis d’image, son refus de donner un nom à sa relation, son statut de sang… Tout. Elle était devenue une adolescente banale, heureuse de danser, de se sentir belle de faire la folle tout simplement. La soirée s’était ensuite prolongée, juste entre elle et son cavalier. Un moment magique. Cela lui faisait du mal de l’avouer parce que ça ressemblait trop à un cliché tiré tout droit des pires films américains mais… Pourtant c’était la réalité. Julian avait été heureuse ce soir là, grâce à Jeroen, grâce aux regards qu’il avait posés sur elle. Il n’était pas comme les autres mecs qu’elle avait dragués auparavant et qui la voyaient, à juste titre, simplement comme une fille avec qui ils vivraient des ébats. Non, si dans son regard elle pouvait lire son attirance, il y avait quelque chose en plus, quelque chose qui lui faisait du bien. Voilà pourquoi ce souvenir était resté ancré dans sa mémoire. Voilà pourquoi elle ne pouvait plus se cacher qu’elle était profondément attachée à Jer’.

Après le bal Julian avait donc essayé de redémarrer sa vie du bon pied. De retrouver son entrain passé et surtout de ne plus penser à sa famille, à ses parents et à ce secret qui avait faillit l’anéantir. Elle profitait alors de ses amis, notamment lors de l’anniversaire de Ricardo, et de son non-petit-ami. Elle avait même un peu repris goût et cours et se surprenait à être passionnée par certaines matières. Oui la rousse était en train de redevenir une adolescente à peu près normale. Mais cela n’avait pas duré.

Pour le dîner, Julian avait décidé de s’asseoir près de Sean et Ricardo. Les deux avaient bien remarqué que la jeune femme était peu bavarde mais ils n’osaient pas trop poser de questions. De son côté, Ju’ n’arrivait pas à avaler quoi que ce soit. Elle se contentait de tourner les aliments dans son assiette. A tel point que la rousse avait fini par quitter la table sous le regard inquiet de ses meilleurs amis. La demoiselle s’était alors rendue directement dans une salle vide du troisième étage où elle avait rendez-vous avec Jeroen. Cela faisait plusieurs jours qu’elle était distante avec lui et elle avait faillit annuler leur rencontre mais cela aurait paru trop suspect alors elle s’était retenue. Depuis le 25 elle n’était plus la même. Une fois dans la salle, la jeune femme s’était assise en grimaçant sur le sol. Son corps était endolori. Ce jour-là elle avait été menacée et attaquée. Ce jour-là elle avait appris que son secret n’en était plus un et qu’une épée de Damoclès se trouvait au-dessus de sa tête. Mais ce qui la rendait malade c’était qu’elle ne pouvait pas en parler à Jeroen même pire, qu’elle risquait de le mettre en danger. Alors elle cherchait à fuir. Et surtout, elle n’osait plus lui montrer son corps pour ne surtout pas qu’ils aperçoivent les marques, qu’il se rende compte de ce qui lui était arrivé. La rousse se sentait tout simplement enfermée.

La jeune femme était donc assise à même le sol en train d’attendre Jeroen. Elle ne l’avait pas vu la veille et s’était appliquée à l’esquiver toute la journée. Mais cette fois elle allait devoir l’affronter et dans son cerveau ça tournait à plein régime. Elle ne savait pas ce qu’elle devait faire, comment elle devait se comporter. Elle craignait d’être trop sèche avec lui. En réalité, elle craignait de le perdre. Elle voulait le protéger avant tout mais la rousse avait aussi pris conscience d’une chose, c’était que sans lui, elle ne tiendrait jamais le choc… Le temps lui paraissait interminable. Et quand elle vit sa silhouette franchir le pas de la porte, elle se releva et ce fut comme une libération. Elle ne savait pas comment agir mais au moins elle n’aurait pas à se torturer. Julian s’approcha alors doucement de Jer’ et déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de le regarder avec un sourire qu’elle voulait le plus naturel et le plus habituel possible.

« Alors, comment va mon grand joueur de Quidditch ? »

Julian se recula alors un peu. Son corps était douloureux et elle ne voulait pas qu’il la touche. Non, il ne devait surtout pas voir ses blessures alors elle devait éviter toute tentation. Ce serait difficile de faire passer ça pour un comportement normal surtout aux vues de ses habitudes mais là elle n’avait pas le choix. Mais bientôt la jeune femme put se concentrer sur autre chose que sur sa propre personne et que sur ses emmerdes. Les traits de Jeroen étaient légèrement tirés, il semblait fatigué, pas forcément au top de sa forme. L’inquiétude fut alors rapidement visible sur le visage de la jeune femme, avait-il déjà été attaqué à cause de sa proximité avec elle ?

« Quelque chose ne va pas ? T’as pas l’air au top ? »

Respire Julian. Il ne doit se douter de rien, arrête de paniquer et maîtrise toi…
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Mer 3 Sep 2014 - 21:57

Fin novembre. Déjà. Il s’en était passé des choses ces derniers temps, et pourtant tout semblait tellement insignifiant, tellement… Il répugnait à employer le mot « normal », car tout cela n’était qu’une parodie de normalité, mais c’était ce qui s’en était le plus approché depuis des années. Ils avaient eu droit à deux sorties à Pré-au-Lard, dont une quelques jours plus tôt… Avec le bal, c’était une façon de compenser le traumatisme de ces années d'horreur et de cette semaine maudite d'Halloween. Quelle vaste blague d'ailleurs, cette semaine-là. Après bientôt un mois, les souvenirs s’étaient altérés mais la sensation picotait toujours et c’était désagréable. Il aurait aimé en parler à son père ou à Emeric, de ce qu’il avait vu. De sa mère qui disait le mépriser, de leurs visages blessés... mais il était resté silencieux sur la question dans ses rares lettres. Malgré tout ce que Caitlyn avait pu dire, comme quoi ils pouvaient comprendre ce qu'il avait fait, ça restait un sujet difficile à aborder. Mieux valait toutefois remettre ce problème à plus tard, car y penser constamment n’y changerait rien : il n’en parlerait pas avec sa famille avant les prochaines vacances de toute façon. Jeroen soupira.

Le bal. Ça, c’était un bon souvenir sur lequel se focaliser. Le son de la musique, la foule des gamins qui dansaient comme des manches, et eux. Au centre du monde et pourtant cachés de tous, isolés dans leur petite bulle. Il avait enfilé l’unique costume de sa garde-robe pour l’occasion, un costume gris hérité de son père. Un peu cintré, avec une chemise blanche et les cheveux ramenés en arrière, ça lui donnait un air plus mature, plus sage. Les camarades de chambre s’étaient bien marrés en le regardant se préparer. Vingt ans et il s’appliquait comme un adolescent pour sa première boom… Il avait offert une danse à Caitlyn, puis, lorsque Julian est arrivée… elle avait une robe bleue, il n’avait d’yeux que pour elle ; qu’est-ce qu’elle était belle. Ensuite, ils n’étaient pas restés très longtemps. Jeroen accusait toujours le coup de sa semaine… D’après les retours qu’il avait eus de Cait notamment, ils avaient manqué quelques temps forts de la soirée, comme le professeur de magie noire faisant du gringue à la prof de divination ou les boissons dans lequel quelques plaisantins avaient rajouté un peu d’alcool… Ça devait être amusant. Tant pis, on ne peut pas tout avoir, et le résumé en valait la peine !

Il évita de justesse de se prendre un élève qui arrivait en face et reprit sa marche en pestant contre lui-même. Toute la journée s’était déroulée dans une sorte de torpeur généralisée. Il était fatigué depuis la sortie à Pré-au-Lard. Il fallait avouer que toute cette tension dans l’atmosphère avait de quoi épuiser. L’ambiance avait été bizarre lors de la sortie mais personne ne disait la même chose. Il se souvenait juste avoir été chez Ollivander… pour quoi déjà ? Et puis les gardiens et le personnel enseignant venus encadrer la sortie avaient sonné le retour au château avec un peu d’avance sur ce qui était prévu au départ. Quelque chose clochait. Et ce n’était pas que l’avant-veille qui lui posait problème. La veille, il s’était passé quelque chose que son inconscient avait allègrement occulté. Il était un peu perdu mais ils avaient tellement de raisons d’être fatigué ces derniers temps qu’il ne s’en souciait pas trop. Il avait juste intérêt à rattraper son sommeil ce week-end avant de se mettre à provoquer des catastrophes aux coins de couloirs… Mais d’abord, se sustenter. Il retrouva quelques potes dans la Grande Salle, s’assit précautionneusement à côté d’eux et picora quelques olives dans un plat devant lui.

- T’étais passé où ? On t’a perdu de vue cinq minutes et t’étais plus là.
- J’étais juste allé chercher un truc.
- Encore elle ?
- Vous êtes cons.

Loin d’être vexés par sa remarque, ses potes commencèrent à déblatérer des potins croustillants sur la vie des élèves. Parfois, ils s’esclaffaient bêtement sans faire attention aux regards désagréables des voisins de table. Jeroen resta absent, répondant par monosyllabes. Il n’était pas allé voir Julian, non, c’était prévu pour juste après manger. Selon comment ça se passerait, il sècherait peut-être l’astrologie en prétextant une migraine, juste pour rester avec elle. Ces derniers temps, une distance s’était créée entre eux. Ils s’étaient évités mutuellement depuis un moment, pour des raisons obscures ou peut-être simplement sans raisons, par manque d’envie. Ils n’avaient aucune obligation l’un envers l’autre après tout… Mais c’était dommage, et le serpentard voulait rabibocher tout ça avant que leur relation se désagrège totalement. Il vit Julian se lever de table sans le remarquer. C’était le moment. Il s’échappa quelques minutes plus tard et disparut de la Grande Salle, après avoir essuyé quelques remarques débiles sur leur relation plus si secrète. Ça n’avait pas d’importance…

Troisième étage. Une salle vide. Un lieu parfait pour l’un de leurs petits rendez-vous loin de tout. Lorsqu’il poussa la porte, elle se détacha du sol et s’approcha pour l’embrasser. Un baiser léger mais sincère. Il sourit, heureux de la voir, referma la porte tandis qu’elle reculait un peu et passa sa main dans ses cheveux pour les ramener en arrière.

- Alors, comment va mon grand joueur de Quidditch ?
- Il aimerait bien sécher l’entrainement de demain.

Comme tous les entrainements depuis des années. Qu’est-ce qu’il fichait encore dans cette équipe ? Ces derniers temps, et depuis l’illusion où il s’était retrouvé à la volière, il sentait que quelque chose avait changé. Il avait moins de mal à se concentrer sur autre chose pour ne pas penser au vide sous ses pieds. Mais ce sport en hauteur restait une source d’angoisse non négligeable, et il se demandait souvent quelles étaient les raisons qui le poussaient encore à continuer… la gloire peut-être ? La sensation de n’être qu’un tout avec les autres joueurs ? Peut-être bien. Enfin bref.

- Quelque chose ne va pas ? T’as pas l’air au top ?
- C’est moi qui devrais dire ça…

Il prit son visage entre ses mains et lui caressa doucement les joues. Elle était belle sa Julian… Puis il l’embrassa doucement sur le front et resta ses lèvres posées contre elle, s’imprégnant de son odeur.

- Tu m’as manqué. C’est dommage qu’on n’ait pas pu se voir pour la sortie, on aurait eu moins de temps que la dernière fois mais quand bien même… Ça se passe bien ? Tu embêtes toujours Ricardo avec ses histoires de copine ?

Ne rien dire. Éluder. Comme d’habitude, faire comme s’il était un roc, comme s’il allait bien. Aujourd’hui il ne mentait pas tant que ça d’ailleurs, il avait déjà fait pire. Faire semblant de rien quand on se sent menacé n’était pas une mince affaire. Il pouvait se sentir chanceux voire privilégié que ses problèmes avec les envoyés des Supérieurs aient été effacés par un sortilège d’oubli. Ce n’était pas le cas de la jeune femme, mais il n’en avait pas vraiment conscience non plus. Encore une fois, ça pouvait être tellement de choses… Il avait envie de la prendre dans ses bras mais elle semblait distante, alors il ne forcerait pas. Tant qu’il pouvait être avec elle…
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Ven 5 Sep 2014 - 15:27

Un simple baiser sur ses lèvres. Ce contact qu’elle appréciait tant était légèrement entaché en cet instant. En effet, lors de son entrevue avec Joshua il n’y avait pas que les parties de son corps dissimulées par ses vêtements qui avaient été endolories. Son visage aussi avait été abîmé. Cependant, Julian avait pour cela réussi à utiliser un sortilège de dissimulation. La plaie à sa lèvre et l’hématome sur sa joue étaient complètement invisibles mais ce n’était pas encore tout à fait guéri et la douleur était encore là. Cependant elle ne pouvait ni n’avait envie de renoncer aux baisers du jeune homme. C’était tout ce qui la réconfortait encore, de savoir qu’il était là pour elle et que même s’ils n’avaient jamais mis de mots sur tout ça, il tenait à elle. Pourtant la peur était toujours là. Oui elle craignait toujours d’être un danger pour lui, elle craignait toujours qu’à cause de son sang il se retrouver dans une situation dangereuse. Pour l’instant elle devait essayer de paraitre normale, sinon elle ne pourrait pas le sonder, elle n’aurait aucun moyen de savoir si quelque chose lui était arrivé. La demoiselle avait donc salué Jer’ de manière habituelle, avec un trait d’humour. Pourtant, elle sentit immédiatement qu’il n’était pas nécessairement au top lui non plus. La façon qu’il eut de dire qu’il souhaitait sécher l’entraînement était étrange. Bien sûr elle connaissait sa peur du vide, savait que ce n’était pas toujours évident pour lui mais elle ne s’attendait pas non plus à une telle réponse. La demoiselle lui adressa alors un sourire désolée et effleura sa main de la sienne. Elle se voulait réconfortante. La rousse entra par la suite dans le vif du sujet pour savoir ce qui n’allait pas. Cependant Jeroen lui retourna immédiatement la question ce qui la mit mal à l’aise. De plus, il vint se saisir de son visage et caresser ses joues. Si en soit c’était un geste que la jeune femme adorait, qui lui donnait envie de se blottir dans ses bras, cette fois elle dû serrer les dents pour ne pas montrer sa douleur. Le baiser qu’il posa sur son front lui fit du bien. La demoiselle décida alors de prendre une pause de quelques instants et nicha sa tête au creux du coup de Jeroen, se calant contre son torse. Ju’ ferma les yeux. Cela faisait un bien fou de rester là comme ça. Seulement le Serpentard aborda alors le sujet de la sortie au Pré au Lard, demandant comment tout se passait. Respire Julian.

« Oui désolée j’ai un peu trop de travail ces derniers jours… Et oui j’embête toujours Ricardo, tu me connais ! Je ne vais pas laisser n’importe quelle fille s’approprier mon meilleur ami. »

Julian avait dit cela avec le sourire mais voilà, malgré tout, son ton n’était pas ultra convaincant. Elle ne disait que la vérité, enfin pour la seconde partie de sa phrase, mais n’arrivait pas à mettre dans ses mots sa bonne humeur habituelle. Elle s’en voulait d’avoir menti à Jeroen, elle s’en voulait de l’éviter de la sorte mais lui parlait c’était prendre le risque de le mettre en danger… Coincée. La jeune femme avait l’impression d’être prisonnière, d’être prise dans un traquenard. Comme si elle n’allait jamais pouvoir s’en sortir… Comme si elle ne pouvait que se sacrifier pour être sûr qu’il n’arrive jamais rien à Jeroen… Cette idée était terrifiante. La jeune femme sentit son rythme cardiaque s’accélérer et ses muscles se crisper.  Elle devait à tout prix en savoir plus, à tout prix soutirer des informations au jeune homme mais ce n’était pas évident… La rousse se décolla alors du torse de Jer’, recula de quelques pas et prit une profonde inspiration.

« Dis moi… J’ai entendu des bruits de couloirs concernant des volontés de revanche… Personne ne s’en est pris à toi ? »

La rousse n’avait nullement besoin de feindre l’inquiétude car c’était le sentiment qui prédominait chez elle en cet instant. Elle avait réussi à se rencontrer pour être la plus convaincante possible, pour que Jeroen croit réellement à son histoire de revanche de ceux qui avaient été persécutés. Après tout, si quelqu’un essayait de s’en prendre lui, sans griller sa couverture, c’était la meilleure excuse à donner, prétexter la volonté de lui faire payer ses crimes, quand bien même il aurait joué un double jeu. Après, la rousse n’était pas sûre qu’il accepte de lui dire s’il avait été menacé. S’il réfléchissait de la même façon qu’elle les deux allaient vite se retrouver dans une impasse, face à un mur se silence qui ne règlerait en aucun cas la situation. Ju’ ne voulait cependant pas qu’il ait des soupçons sur ce qui avait pu lui arriver et en lui posant une telle question elle s’exposait évidemment à un retour de flamme. Quand bien même elle arriverait à le convaincre qu’elle ne courrait aucun danger, comme expliquer après cela son refus de lui montrer son corps ? Julian n’était pas vraiment du genre timide, Jeroen était bien placé pour le savoir et un changement violent d’attitude risqué fort d’attirer les soupçons. La demoiselle était clairement dans la merde. Il n’y avait pas d’autre mot pour décrire cette situation qui lui filait la gerbe, qui lui donnait l’impression d’être complètement paralysée. Elle n’avait plus de liberté de mouvement et surtout risquait fort de perdre celui à qui elle tenait le plus. Oui, car Julian avait dû bien sûr envisager l’éventualité de se séparer de Jeroen, de lui faire croire qu’elle n’avait plus de sentiments juste pour le protéger. Elle était loin de se douter qu’il était lui aussi une cible à part entière, et même bien avant elle. A part cela, la seule solution était de l’orienter sur la piste des revanchards, elle cacherait alors le vrai problème mais devrait donner des noms et exposer des gens à la violence alors qu’ils ne lui avaient rien fait. Cette situation était pourrie jusqu’au bout. Une soudaine envie de vomir s’empara de Julian, elle se sentait mal jusqu’au plus profond de ses entrailles. Elle avait juste envie de se recroqueviller dans un coin et de pleurer. Mais Julian la grande, Julian la femme forte ne pouvait pas se permettre d’agir ainsi.

« Parce qu’il faut bien que je te défende, c’est moi l’homme fort entre nous ! »

Un peu d’humour pour se changer les idées. Respire Julian, tu peux le faire.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Dim 14 Sep 2014 - 15:06

Il sentait du recul, une certaine réserve de la part de la jeune femme. Ou alors, elle était sur la défensive… Comment expliquer cette différence de comportement qu’il pouvait observer aujourd’hui ? Les réponses pouvaient être multiples. Est-ce qu’il avait fait quelque chose qui ne lui plaisait pas ? Cela semblait peu crédible. Ils s’étaient peu vus ces derniers temps mais ce n’était pas ce qu’elle semblait lui reprocher. Oui, elle était aussi responsable de cet éloignement, mais parfois, et sans partir dans du sexisme pur et simple mais plus dans une observation générale, les filles avaient cette propension à s’énerver contre les autres sans expliquer le pourquoi du comment. Sauf que Julian n’était pas agressive, au contraire. Le problème pouvait être grave comme n’être imputé qu’à un peu de fatigue et d’idées noires, chose courante ces derniers temps. Mais il n’allait pas la torturer pour lui soutirer des informations, pas si ça ne semblait pas important. Elle avait le droit de ne pas tout dire, et il comptait respecter ça tant qu’elle faisait de même avec lui. Chacun son jardin secret et les moutons seront bien gardés. Il profita de son contact et d’un baiser sur son front pour s’isoler un peu dans son odeur et sa chaleur, comme si ça avait le pouvoir de le ramener à la vie. Elle vint se nicher contre lui. Ça lui avait décidément manqué…

- Oui désolée j’ai un peu trop de travail ces derniers jours… Et oui j’embête toujours Ricardo, tu me connais ! Je ne vais pas laisser n’importe quelle fille s’approprier mon meilleur ami.
- T’es un peu effrayante parfois, tu le sais ? Je suis content de ne pas avoir de comptes à te rendre avec les nombreuses filles qui me courent après. On en aurait pour des années.

Il sourit. C’était évidemment une boutade ; hormis pendant les saisons de Quidditch et les jours de victoire, son fan club ressemblait à un désert depuis la rentrée. Ça n’avait pas toujours été comme ça, mais avec ce qui s’était passé, il s’était trop renfermé dans cette image de toutou des Supérieurs pour plaire au grand nombre… Et puis, Julian lui suffisait amplement, il ne faisait pas masse d’efforts non plus. Il pensa à Ricardo, pauvre pote qui devait subir les commérages de la verte, et à Emily. Cette jeune femme avait un caractère bien trempé, elle semblait bien pour son coéquipier. Il la trouvait sympathique dans son genre. Bon, certes, Jeroen lui-même n’irait pas faire copain-copain avec elle vu qu’ils avaient eu un petit… accrochage quelques temps auparavant, et même si la jeune moldue tolérait sa présence sans se prendre de pulsions de vengeance, il préférait garder ses distances. C’était mieux pour tout le monde, vraiment. Tant que l’ambiance était au beau fixe et qu’ils n’avaient pas à se retrouver en tête à tête un de ces quatre, tout irait pour le mieux. Mais il restait content pour son coéquipier. Julian s’écarta et prit une grande inspiration.

- Dis-moi… J’ai entendu des bruits de couloirs concernant des volontés de revanche… Personne ne s’en est pris à toi ?
- Non. Ça s’est même relativement calmé depuis quelques temps…

Pensif, il en profita pour s’asseoir par terre et fit signe à la jeune femme de le rejoindre. Oui, ça s’était calmé. Depuis l’anniversaire de Caitlyn, par exemple, plusieurs des amis de la bleue s’étaient mis à le tolérer, se rendant compte de l’amitié de la jeune serdaigle pour lui. Elle savait choisir ses amis, des gens de confiance, et même si Jeroen était un peu surpris de voir des gens comme Elias, qui avaient une confiance aveugle en elle, il ne pouvait décemment pas s’en plaindre. Et ça allait un peu mieux. Les esprits se refroidissaient, ayant autre chose à faire que pourrir l’année de leurs anciens bourreaux, occupation qui prenait un temps fou et mettait constamment sur les rotules, puisque les deux serpentards n’étaient pas des cas isolés de pro-Supérieurs restés à Poudlard. Faites du macramé, c’est plus calme comme activité. Mais il comprenait que Julian puisse s’inquiéter de ça, et savoir que des bruits de couloirs trainaient sur ce sujet ne l’étonnait pas, même si ça devait être un peu plus isolé. Il fallait la rassurer un peu, donc, lui faire comprendre que tout irait bien et qu’il ne craignait pas les petites vengeances de gamins qui ne savaient pas lancer un lumos correct…

- Il y a toujours eu un sacré nombre d’élèves cherchant à se faire justice par eux-mêmes… Certains ont déjà essayé de m’approcher mais ça fait un moment qu’ils ont compris que ça ne servait à rien.

C’était vrai. En partie du moins. Il tâchait d’avoir l’air tellement détaché de tout ce qu’on lui reprochait qu’il ne laissait aucune prise. Evidemment, ça le blessait au fond de lui, lorsqu’il entendait ce qu’on pouvait lui balancer dans des moments de rage et de frustration, mais il ne laissait personne voir au fond de lui justement. Il assumait. Comme l’avait dit Caitlyn, il devait faire avec, accepter les choses telles qu’elles étaient… et ne pas se laisser manger par une culpabilité déplacée qui ne ferait que l’empêcher d’avancer.

- Parce qu’il faut bien que je te défende, c’est moi l’homme fort entre nous !
- Quelle remarque castratrice… Tu me rendras mes bijoux un jour ou tu as prévu de les encadrer au-dessus de ton lit comme trophée ? J’en ai besoin tu sais…

Le tout dit avec l’air de celui qui vient de se prendre un coup dans les bijoux en question. Non mais ho, c’en était des manières de traiter son non-copain. Il ne lui avait rien fait, il n’était même pas du genre envahissant… Il soupira en feignant l’agacement. Qu’elle reste dans ses illusions de pouvoir ! Il essayait de se défendre, mais au fond, cela faisait un moment qu’il se fichait de gagner leurs petites joutes verbales. Ça ne lui faisait plus mal à l’égo, et puis même en public, se faire dominer par une fille avec un tel tempérament faisait plus rire qu’autre chose. En tout cas, ça faisait marrer ses potes à lui. Il était devenu leur victime du moment, ils lui envoyaient boutade sur boutade lorsqu’il avait l’air d’aller retrouver la jeune femme, posant toutes sortes de questions bien déplacées aux moments les plus improbables. Mais ils avaient aussi décrété - sans avoir demandé l’avis de leur ami - qu’il y avait chasse-gardée sur Julian. Une fille comme ça, réservée ? Chapeau l’artiste. Autant dire qu’ils s’éclataient bien. Jeroen laissait filer en soupirant de leurs conneries, mais son égo se portait bien. Il finit par lui lancer un léger sourire.

- En tout cas, ne t’inquiète pas pour moi. Et si ces revanchards s’en prennent à toi, n’hésite surtout pas ou tu auras affaire à moi. Il m’arrive de savoir défendre les autres aussi… Il n'y a pas de raisons de rester seul face à ça.

Haha. Hahaha. Venant de lui, quelle bonne blague. Mais qui a dit que ça devait aussi s'appliquer à lui ?
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Mar 16 Sep 2014 - 10:25

Effrayante… En un sens oui Julian l’était. Elle avait ce côté protectrice, possessive qui faisait qu’elle n’avait nullement envie qu’une quelconque fille s’approche de Jeroen. En même temps elle avait clairement confiance en lui et n’était pas profondément inquiète. Pourtant quand il fit la réflexion sur les comptes à rendre, la rousse ne pu s’empêcher de sourire. Il n’avait pas tout à fait tord non plus, si les filles venaient à s’approcher trop de lui, elle pourrait prendre un malin plaisir à les rembarrer et leur faire comprendre qu’elles n’avaient aucune chance. Mais il fallait bien avouer que depuis quelques temps, le Serpentard n’avait plus trop ce genre de problèmes. En effet, après l’Occupation, son image avait été ternie et les filles hésitaient plus à s’approcher de lui. En un sens ça arrangeait clairement les affaires de Ju’. Du moins jusqu’à maintenant elle se concentrait là-dessus mais depuis quelques jours, même ça ne suffisait plus comme réconfort, car la contre partie était devenue bien trop importante. C’était d’ailleurs pour cela que la jeune femme n’avait pas pu rester sur le thème de la rigolade. Immédiatement elle était entrée dans le vif du sujet, enfin du moins à sa façon. Bien sûr elle ne pouvait pas dire la vérité à Jer’ mais elle avait trouvé son moyen à elle de le questionner. La réponse du jeune homme fut un véritable soulagement. S’il disait que ça c’était calmé d’un air si détendu cela signifiait clairement que personne ne s’en était pris à lui. Alors bien sûr ceux qui posaient problème n’étaient pas les moldus revanchards mais s’il avait été attaqué, il aurait très certainement exprimé quelque chose. Là il semblait plus pensif mais pas crispé. La rousse vint donc s’asseoir aux côtés de son non-copain, un peu tendue. Chaque mouvement lui était difficile, elle sentait encore la douleur dans son corps, venir s’asseoir ainsi brusquait donc un peu tout son corps. Mais elle n’en montra absolument rien. Elle se mit contre le corps du jeune homme, sans trop forcer non plus mais aussi parce que, le sentir à côté d’elle était mine de rien une réelle source de réconfort. Le jeune homme s’éternisa alors un peu sur le sujet. Son ton n’était pas celui de quelqu’un se sentant en danger, c’était déjà ça. La jeune femme en profita pour glisser une petite touche d’humour comme pour essayer de prouver qu’elle était dans son état normal.

«  Tu leur fais trop peur en fait ! »

Jeroen l’effrayant… Elle avait un peu de mal à y croire. Pour elle il était ce garçon doux, amusant, prévenant, parfois un peu en retrait. Oui c’était vraiment quelqu’un de rassurant. Alors se dire que les pauvres petits qui voulaient se faire justice n’osaient plus s’en prendre à lui par peur l’amusait un peu. En même temps, s’il avait été vu comme un pro Supérieur pendant si longtemps c’était bien qu’il avait su habilement cacher son jeu et sans doute faire des choses peu recommandables. Mais ça ne changeait rien dans l’esprit de Julian. Il restait son petit Jeroen qu’elle devait protéger. Elle était la femme forte, elle l’avait toujours été. Mais lorsqu’elle lui signifia ça, le jeune homme ne pu s’empêcher de protester. Ju’ se mit alors à rire. Pendant quelques secondes elle avait réussi à oublier tous ses soucis et à rire sincèrement. Il était fort ce Jeroen. Il était le seul à savoir la faire rire comme ça.

« Je voulais te mettre sur mon tableau de chasse mais j’ai trop de respect pour toi et puis tu as su me montrer que tu pouvais être virile alors… »

Julian lui fit alors un clin d’œil, avec un air empli de malice. Oui elle faisait clairement allusion à leurs ébats et cela ne lui posait pas le moindre souci. Cela faisait partie de leur vie en commun, de tout ce qu’ils avaient pu partager ensemble et ça ne devait pas être un sujet tabou même si elle priait intérieurement pour que cela n’encourage en aucun cas Jeroen à venir chercher les câlins. Elle ne s’en sentait pas capable. Il ne devait pas la voir comme ça. Elle pourrait bien sûr utiliser l’excuse des moldus revanchards mais cela compliquerait la chose. Elle devrait trouver des bourreaux imaginaire et les chances de Jer’ de se rendre compte qu’elle mentait seraient alors augmenter. Non il ne devait rien voir. Julian vu d’abord rassurée car le non-copain enchaîna sur un autre sujet. Mais bien vite son sang se glaça. Lorsqu’il lui déclara qu’elle ne devait en aucun cas rester seul dans ce genre de cas, la demoiselle se sentit défaillir. Ça faisait mal. Terriblement mal. Parce qu’elle rêvait de son réconfort, elle rêvait de pouvoir se confier. Mais c’était juste impossible. Elle fit alors de son mieux pour se détendre et répondre de la manière la plus naturelle possible.

« T’en fais pas chevalier servant, je viendrais te chercher si je me fais attaquer par un méchant dragon ! »

Julian lui décocha alors un sourire et vint déposer un baiser sur sa joue. Elle mentait, elle mentait comme elle ne lui avait jamais menti. Mais elle était assez forte à ce jeu-là, après tout la jeune femme avait longtemps été considéré comme une des reines de la manipulation de ce château. Ce n’était donc pas si dur que ça pour elle. Enfin normalement. Elle se rendait finalement compte qu’avec lui c’était bien plus difficile. Elle ne pouvait pas lui mentir comme ça. Parce qu’il était le seul, avec Ricardo peut être, à qui elle n’avait rien envie de cacher. Mais là c’était sa sécurité à lui qui était en jeu. Et la jeune femme n’arrivait pas à faire taire la petite voix au fond d’elle qui lui conseillait de rompre pour être sûr que plus personne ne s’en prenne à lui. Seulement elle n’en avait pas encore la force. La rousse attrapa alors la main de son non-copain, perdue dans ses pensées. Elle n’avait plus d’énergie. Elle ne savait plus quoi faire. Elle avait juste envie de s’endormir là, sur l’épaule de Jeroen et d’oublier tout le reste. Mais pour ça, il fallait éviter tous les sujets épineux et c’était un combat permanent. Elle avait un sacré mental certes, mais il pouvait lui arriver de faillir.

«  Je suis un peu fatiguée, tu veux pas qu’on dorme ici ? »

Julian lui fit alors un sourire. Elle espérait qu’il n’y verrait rien de coquin ou de déplacé. Elle ne voulait pas non plus qu’il croit qu’elle refusait de discuter avec lui. Mais en réalité elle voulait juste profiter de sa chaleur, de sa présence. Se laisser aller pour se reposer réellement, sans voir l’esprit sans cesse occupé. Elle voulait oublier dans ses bras, tout simplement…
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Mar 23 Sep 2014 - 21:17

La tigresse sort de sa tanière pour protéger son territoire. C’était amusant, agréable aussi. D’appartenir à quelqu’un. On appartient tous à quelque chose, une ville, une maison, un ami, une famille. Quelque chose qui donne envie de s’arrêter et de se reposer un peu au lieu de se tuer pour rester la tête hors de l’eau et dans la bonne direction. Elle lui donnait envie de prendre du temps pour lui, pour eux, et lui passait l’envie d’aller chercher de l’attention ailleurs, auprès de ceux qui ne le comprenaient pas et ne le comprendraient certainement jamais. C’était sain. Caitlyn l’avait dit, il fallait qu’il s’occupe de lui, qu’il arrête d’écouter les autres et qu’il soigne sa petite fierté, sans pour autant nier ses actes. C’est ce qu’il faisait. Aimer n’était pas nier l’existence de ce qu’il y avait autour. Il regardait juste ailleurs qu’au fond de son nombril. Le nombril de Julian était d’ailleurs très mignon, en passant. Il donnait envie d’y mettre le nez et… comment ça, c’est bizarre ? Pfft. Elle vint s’asseoir à côté de lui et se colla sagement contre lui.

- Tu leur fais trop peur en fait !

Il pouffa. Haha, ouais. On ne dirait pas comme ça, mais lorsque Jeroen s’y mettait, il pouvait faire fuir les plus téméraires. Il n’était jamais dans la violence ou la colère, c’est ce qui le distinguait des autres. Non, lorsque quelque chose lui déplaisait, lorsqu’il était pris pour cible ou qu’on tentait de le titiller, il se transformait en mur. Il pouvait regarder les autres avec un regard tellement vide d’expression et pendant plusieurs minutes, sans un mot, et ils étaient rares à tenir plus de quelques secondes. Faire face à des yeux qui voient à travers soi, comme si l’on n’existait pas, n’est pas à la portée du premier petit couillu se prenant pour un chef. L’indifférence est bien plus violente que toute autre forme d’agression… Evidemment, il n’usait pas de ce regard-qui-tue sur n’importe qui. Son objectif n’était pas de traumatiser tous les merdeux lui reprochant d’être un gros méchant pas beau, il se serait fait assassiner par les parents depuis le temps. Non, dans ces cas-là, il usait de la manière habituelle : les gros yeux, une réprimande et basta. Le gamin ne revenait pas de sitôt, puisqu’il se trouvait bien incapable d’avoir le dernier mot sans passer pour un hystérique grognant pour rien. Manipulateur le petit Jéjé. Avec Julian ou dans la sphère familiale, il n’était bien entendu pas comme ça. Doux et en retrait, plus ou moins maître de lui-même par moments, un peu idéaliste sur les bords, c’était ce qui le définirait le mieux.

Mais pas un agneau fragile pour autant. Il savait se défendre, se gérer, gérer des situations conflictuelles, mieux que la verte en tout cas. C’était une conséquence de sa manie d’observer et de réfléchir avant d’agir. Il savait que faire, que dire, pour désarmer tout débat venimeux ou échange dangereux. Pourquoi n’était-il pas l’officiel sauveur de la veuve et de l’orphelin ? Parce qu’il s’en foutait un peu. Le libre arbitre et le droit de se tromper et de faire des erreurs étaient des principes importants à retenir. Ce n’était pas une raison pour remettre en doute sa virilité et sa place de mâle dominant. Cliché ? Oui, totalement. Ça l’amusait de jouer le gros dur alors qu’il était plutôt de ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre. Et Julian s’amusait en retour à tenter de l’enlever de son rôle. Elle était réellement une femme forte, sûre d’elle, qui prenait beaucoup de place dans les conversations. Être au centre d’une attention positive lui plaisait. Avoir le contrôle, mais de manière visible… il protestait, mais il acceptait de bon cœur de lui laisser ce petit plaisir, aussi illusoire soit-il bien entendu.

- Je voulais te mettre sur mon tableau de chasse mais j’ai trop de respect pour toi et puis tu as su me montrer que tu pouvais être viril alors…
- Je vais prendre ça pour un compliment.

Ne pas apparaître sur son tableau de chasse, comme toutes ses aventures avant lui, oui, c’était plutôt un compliment. Il était l’exception. Le gars qu’elle avait bien voulu garder, tant sur le plan émotionnel qu’aux niveaux de leurs ébats. Les chevilles allaient bien ! Mais se comparer constamment aux autres ne lui plaisait pas. On ne peut pas comparer deux êtres singulièrement différents, et pourtant ils vivaient dans une société qui les incitait à cela… Jeroen n’avait pas envie de parler de ça. D’Alec et de tous les autres. Il était un tantinet jaloux, mais quand il l’avait contre lui, il sentait que tous ces sentiments négatifs disparaissaient avec la frustration. Et il n’avait besoin que de ça. Faire des choses n’était pas son passe-temps préféré, il n’était pas de ces gars qui ne savent pas se tenir en présence d’une fille. Un vrai gentleman. Tant qu’il était bien, il ne ressentait pas le besoin d’aller plus loin, particulièrement dans les moments comme aujourd’hui. Julian restait un peu sur la défensive, elle n’avait pas envoyé un seul signal signifiant qu’elle voulait de lui, alors qu'elle était toujours la première à lui sauter dessus. Pourquoi forcer ? Et puis zut. Ils n’étaient pas des animaux. Il l’entoura de son bras et se mit à lui caresser l’épaule du bout des doigts. Sagement.

- T’en fais pas chevalier servant, je viendrais te chercher si je me fais attaquer par un méchant dragon !
- Oui, sinon ce sera moi le méchant dragon qui viendrai de mordre les pieds.

Oui il disait des bêtises, oui. Mais il était fatigué, alors zut. Il avait tous les droits. Il se laissa embrasser avec plaisir et déposa à son tour quelques baisers sur sa tempe et resta un instant à s'enivrer de son odeur. Une vraie drogue.

- Je suis un peu fatiguée, tu veux pas qu’on dorme ici ?
- Par terre, comme ça ? C’est le travail qui te fatigue comme ça ? Ça n’a pas que du bon d’être trop bon élève…

Il sourit. Ils n’étaient pas mauvais élèves, mais en bons serpentards, ce n’était pas vraiment leur priorité… La plupart des cours étaient intéressants, mais certaines heures s’effilochaient douloureusement... Il se laissa aller en arrière pour se coucher par terre, se cogna la tête et grimaça légèrement sans rien dire. C’est vrai qu’il était fatigué lui aussi, mais ça manquait un peu de confort pour s’endormir. Il préférait largement la chaleur d’un lit, ou au moins de la salle commune. Les cheminées étaient leurs meilleurs amis lorsque la température se mettait à baisser… Quoique la chaleur de Julian suffisait amplement à combler la vague fraîcheur ambiante.

- Ils devraient proposer des dortoirs mixtes pour qu’on ne soit pas à la rue à chaque fois… A un certain âge, on a besoin d’un peu d’intimité. Par contre, je ne pourrai pas passer la nuit ici, j’ai astro…

Être ou ne pas être un adulte indépendant… Quelque part, il était impatient de partir d’ici, de se trouver un appartement en ville, un boulot comme il faut, et de se débrouiller, mais il en avait encore pour quelques années d’études avant d’avoir le niveau nécessaire au boulot qu’il visait. En attendant, il fallait faire avec. Vivre un huis-clos un peu étouffant, se planquer dans des pièces vides du château pour avoir un moment de tranquillité en amoureux… faire avec l'ambiance de caveau que revêtait le château par moments. Il vint se coller contre Julian, face à elle, pensif.

- Il faudra que j’envoie une lettre à ma famille un de ces quatre… je pourrai parler de toi ? Ma sœur pose beaucoup trop de questions depuis qu’Emeric a parlé d’une de ses amies.

Une idée comme une autre. Un sujet de discussion au hasard. Ça faisait un moment qu’il devait leur envoyer un courrier, il lui semblait même avoir commencé à écrire quelque chose… Mais avait-il le droit de parler d’elle alors que leur relation restait un peu indéfinie ? Il préférait demander, parce qu’il faudrait encaisser les questions de la petite derrière, mais aussi celles de papa et d’Emeric… Il sourit avec innocence, mine de rien, comme un gamin timide au moment d'avouer à sa maman qu'il a une amoureuse...
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Jeu 2 Oct 2014 - 16:06

Il devait prendre ça pour un compliment. C’était indéniable, Jeroen était réellement quelqu’un d’exceptionnel aux yeux de Julian. Elle en avait connu des garçons, elle en avait eu des fréquentations mais avec lui tout était différent. Elle n’avait pas envie de le laisser sur le bord de la route. Elle voulait juste passer du temps avec lui, le reste n’avait pas d’importance… Enfin normalement… Lorsqu’il passa son bras autour de ses épaules, venant doucement effleurer sa peau, la jeune femme se laissa aller à fermer les yeux. Elle était vraiment bien dans ses bras. Pour l’instant il n’essayait en aucun cas d’avoir de rapport avec lui et cela lui faisait du bien. Peut être qu’il se posait des questions mais tant qu’il ne se manifestait pas dans ce sens là, ça n’avait pas d’importance. Non, la rousse devait profiter du fait que tout se passe pour le mieux et rester ainsi, comme ça, dans ses bras. Il était et serait toujours son chevalier servant. Bon, elle avait dit ça sur le ton de plaisanterie mais quelque part elle le pensait. Alors bien sûr, elle ne pouvait pas lui dire, après tout, même si sa fierté était passée sous un rouleau compresseur avec Joshua, elle en gardait toujours un peu. Même si lorsqu’il déposa quelques baisers sur sa tempe, elle eut encore plus envie de lui dire certaines choses… Mais non. A la place elle se contenta de lui expliquer qu’elle était fatiguée et qu’elle avait juste envie de s’endormir là avec lui. C’était la vérité, même si elle n’était pas complète. D’ailleurs, Jeroen fut assez surpris de la requête de la demoiselle, s’attardant d’ailleurs sur le confort de la pièce et le fait qu’elle soit aussi fatiguée. Elle rit légèrement. Oui c’était dur d’être un bon élève, ça c’était certain. Mais il n’y avait malheureusement pas que le travail qui l’avait ainsi éreintée. Les deux jeunes gens s’étendirent alors sur le sol, Ju’ grimaça quand elle entendit la tête de Jer’ heurter le sol mais ça ne l’empêcha pas de poser la sienne sur son épaule et de se lover contre lui. Lorsqu’il parla des dortoirs mixtes elle fut amusée mais cela redescendit aussitôt qu’il parla de l’astronomie. Elle ne voulait pas qu’il parte… Elle ne voulait pas se retrouver seule… Mais comment lui dire ? Ça paraissait tout simplement impossible.

« T’as raison, c’est dur d’être bon élève, ça rend responsable et ça nous fait nous sentir oblige d’assister à tous les cours même ceux au bon milieu de la nuit… Mais bon, on a qu’à dire que cette pièce est notre dortoir mixte, on l’aménage avec la magie et comme ça, tu peux même venir me voir après l’astro ! »

Julian avait d’abord commencé sur un ton moqueur puis avait parlé avec une petite voix, affichant une moue enfantine. Elle essayait clairement de le prendre par les sentiments mais c’était la seule solution qu’elle avait trouvé. Elle ne voyait pas comment lui dire, expliquer qu’elle ne voulait pas passer la nuit seule ? Qu’elle avait besoin de la chaleur de ses bras plus que jamais ? Non ce n’était pas possible. S’il apprenait quoi que ce soit Joshua se vengerait. Alors elle devait se contenter d’obtenir ce dont elle avait profondément besoin par des moyens détournés. C’était tout ce qu’elle avait comme choix… Comme pour appuyer ses propos elle se nicha un peu plus contre lui. Il prendrait peut être ça pour une blague mais au moins elle lui avait tendu une perche, elle n’avait plus qu’à voir si en partant il revenait sur le sujet ou pas… Le jeune homme se tourna alors vers elle. Ju’ posa son front contre le sien, l’observa quelques instants puis ferma les yeux. Il l’apaisait mais du coup, elle n’aspirait qu’à s’endormir… Il trouva cependant le moyen de la réveiller. Lorsqu’il se mit à parler de sa famille elle eut un temps d’arrêt. Bon déjà, lorsqu’il évoqua sa sœur et Emeric elle se sentit un peu perdue, il ne parlait pas souvent de sa famille… Mais surtout, le fait qu’il veuille leur parler d’elle… Waouh, alors ça elle s’y attendait pas.

« Emeric ? C’est ton frère ? »

Dans un premier temps. Dans un second temps elle aurait aimé lui demander leur âge et d’autres informations. Genre, qu’en était-il de leur lien à la magie puisqu’elle n’avait pas le souvenir de les avoir vu ici… Mais ce n’était peut être pas le moment de le cuisiner. Il lui avait posé une question après tout et elle ne pouvait pas non plus le laisser en plan comme ça. La jeune femme prit donc une grande inspiration puis osa prendre de nouveau la parole.

« Et je n’ai pas d’objection à ce que tu leur parles de moi… Après je me demande comment tu vas bien pouvoir me présenter ! »

Parce qu’après tout, si pour eux, leur relation avait un sens sans être jamais nommée, pour les autres ce n’était pas forcément le cas. Après tout, eux ils ressentaient les choses mais il n’avait jamais mis un seul mot dessus. Alors qu’allait-il pouvoir dire à sa famille ? Julian sentit son cœur battre un peu plus vite. L’espace de quelques instants elle venait d’oublier ses soucis pour se concentrer sur une histoire qui pouvait paraitre futile et pourtant… Pourtant ça avait de l’importance pour elle. Qui était-elle en réalité à ses yeux ? Elle n’avait pas besoin de le savoir parce qu’elle doutait de lui mais simplement parce que c’était assez nouveau pour elle. Ou plutôt, cela faisait un moment qu’elle n’avait pas vraiment eu de relation institutionnalisé. Non pas qu’elle pensait qu’entre Jer’ et elle s’était en train de s’institutionnaliser mais… Rah, elle allait se faire un nœud au cerveau à force ! Julian se redressa alors, assise elle planta son regard dans celui de Jeroen et lui demanda avec un petit sourire :

« Tu vas dire que je suis ta copine ? »

Après tout, il fallait bien poser la question, non ? Elle lui parlerait plus tard de sa volonté de révéler son identité, elle lui mentirait plus tard… Pour l’instant, elle se contentait de profiter de cet instant. Elle avait presque oublié le reste. C’était agréable de ne se poser que des questions sur sa relation avec Jeroen, sur quelque chose d’agréable…
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Mar 14 Oct 2014 - 19:12

Qu’est-ce qu’ils deviendraient, après tout ça ? Il s’était déjà posé la question, bien que ce ne soit pas sa principale préoccupation. L’instant présent valait son pesant d’or avec elle, et beaucoup de problèmes devaient être réglés avant qu’ils n’espèrent retrouver un semblant de vie normale. Mais les yeux rivés sur son visage, il ne pouvait s’empêcher de se demander. Est-ce que ça durerait ? Quels étaient ses projets, ses rêves ? Elle avait eu de nombreuses aventures. Il en avait eu aussi, nettement moins mais tout aussi superficielles. En fait, ses derniers souvenirs de la sensation cotonneuse qu’il vivait constamment avec elle remontaient à sa jeunesse. Non pas qu’ils soient vieux, mais ils étaient plus matures. Ce besoin de se projeter le questionnait. Il n’aurait pas cru que ça arriverait si vite. Qu’à vingt ans à peine, il regarderait cette jeune femme à peine sortie de l'adolescence et avec qui il ne sortait que depuis quelques mois et se demanderait s’ils finiraient vieux couple, trois enfants, dix petits-enfants, un chien et une passion pour les émissions de télé culturelles. Quoique la télévision fût optionnelle pour des sorciers, il se voyait mal vivre totalement coupé du monde moldu, qu'importe s'il finissait avec une moldue ou une sorcière. Et elle ? Qu’est-ce qu’elle en penserait, de toutes ces bêtises de petit vieux fatigué ? Ils n'en étaient pas encore là, évidemment, mais ça le questionnait quand même, dans ses moments d'ennui rêveur.

- T’as raison, c’est dur d’être bon élève, ça rend responsable et ça nous fait nous sentir obligé d’assister à tous les cours même ceux au bon milieu de la nuit… Mais bon, on a qu’à dire que cette pièce est notre dortoir mixte, on l’aménage avec la magie et comme ça, tu peux même venir me voir après l’astro !
- Tellement dur…

« Un début de vie de couple », pensa-t-il en souriant. C’était tellement mièvre qu’il se moquait de lui-même, souvent, mais ça restait une sensation agréable. Il n’était pas à proprement parler un « bon élève ». Son seul objectif, actuellement, était de ne pas trop se faire remarquer, de réussir ses deux années et de foutre le camp. Ou peut-être qu’il resterait, selon la situation du château dans deux ans, pour ses études supérieures. En tout cas, le programme de cours resterait relativement secondaire tant que la situation globale du monde sorcier sera instable… Ça ne l'empêchait pas d'aller faire acte de présence même dans les cours qui l'ennuyaient de plus. Au moins pour prévenir les copains qu’il découchait.

- C’est bon pour moi. On installera même une petite veilleuse pour t’accompagner tant que serai en train de bûcher sur les constellations… Qu’est-ce que tu ferais sans moi !

Il la taquinait. Ils étaient indépendants, et ce n’était pas deux heures loin l’un de l’autre qui allait leur faire du mal. Ils organiseraient tout ça lorsqu’il partirait, parce que pour le moment, il n’avait pas le courage de se lever et de lancer les sorts adéquats. Elle aurait même le droit de faire la déco, c’était bien un truc de filles après tout ! Huhu. En tout cas, il n’était pas chiant. Il cédait facilement à ses petits regards de chien battu - et il fallait dire qu’elle s’y prenait bien aujourd’hui. Elle ne devait pas être au top de sa forme, il avait moyennement envie de la laisser toute seule si elle lui cachait déjà son mal être…

Il cassa le silence qui s’était installé en évoquant sa famille. Julian eut immédiatement l’air un peu paumée. Ah, oui. Il parlait assez peu de la famille. Le jour où Julian avait appris qu’elle avait été adoptée, il avait cité sa petite sœur moldue mais les circonstances étaient exceptionnelles… et le sujet de la famille relativement sensible. Ils n’en avaient pas reparlé depuis. Jeroen, par réflexe, continuait d’éviter ce sujet ici pour ne pas attirer l’attention sur lui. Mais avec Julian, il se sentait libre de parler de sa Lily, de papa August, d’Emeric. Voire même de sa mère mais n’allons pas trop vite.

- Emeric ? C’est ton frère ?
- Oui, c’est mon grand frère. Il a… vingt-quatre ans, pas loin, il fait ses études en médecine magique à Londres. Lily va sur ses douze ans. Elle est vachement têtue et elle lit beaucoup trop de presse people… C’est pour qu’elle nous tanne pas mal avec nos histoires de coeur. Si elle était à Poudlard, j’aurais une ventouse collée aux pattes non-stop.

Eh oui. Elle avait un tempérament extrêmement expansif qu’ils tâchaient tous d’entretenir. Certes, c’était la seule dans la famille à avoir un tel contact relationnel, et ça agaçait vite quand elle commençait à poser des questions sur l’amour à ses grands frères… mais ils s’étaient habitués, comme Jeroen avait dû s’habituer à ses lectures d’horoscope quotidien lorsqu’il revenait pour les vacances. Il fallait comprendre : elle avait appris à lire comme ça. Pour ce qui était des commérages, ils savaient tous qu’au fond, elle avait besoin de figures féminines dans sa petite vie entourée d’hommes, et que le silence et l'absence avaient vite fait de lui rappeler que sa maman était partie. Leur père se plaignait qu’elle s’accrochait systématique à la moindre collègue ou amie parent d’élèves qu’il ramenait à la maison, alors quand il s’agissait de ses frères… Alors pourquoi lui avouer qu'il avait une amoureuse ? Il voulait lui donner un petit plaisir. Alimenter ses longs monologues à Londres, et recevoir des beuglantes de papa agacé par les babillages qu’il causait. C'était arrivé plusieurs fois déjà. Des grands moments de vie de famille.

- Et je n’ai pas d’objection à ce que tu leur parles de moi… Après je me demande comment tu vas bien pouvoir me présenter !
- Ah tu aimerais bien savoir ? Ça casserait toute la surprise lors de la rencontre… Il marqua une pause avant de conclure. Je rigole, t'inquiète pas.

Petit sourire énigmatique. Non, il n’allait pas lui faire ce coup là, il voulait juste voir sa tête. En même temps, il se posait lui-même la question… Et il n'était pas sûr d'avoir envie de répéter ce qu'il leur dirait. Elle pourrait mal prendre des formulations spécifiques à la famille. Leurs échanges avaient toujours l'air étranges quand on ne les connaissait pas tous personnellement... Julian se redressa, s’assit et lui offrit un petit sourire de gamine.

- Tu vas dire que je suis ta copine ?
- Théoriquement, c’est ce qu’il faudrait dire dans ce genre de circonstances…

Il lui sourit légèrement au retour, un peu gêné. C’était vraiment bizarre. Il se rendait compte que leur relation évoluait, et c’était encore plus flagrant avec sa question. Ils ne s’étaient jamais présentés comme un couple, cherchant plutôt à vivre leur amour caché, ou du moins loin des regards invasifs. Ça n’avait pas tenu longtemps, certes, ils étaient bien trop joueurs, mais… il allait se griller un neurone pour une question de vocabulaire ? Il soupira.

- Ouais. De toute façon, il me suffira de te citer pour qu’ils comprennent le reste. Un peu comme les autres. Tu ne trouves pas qu’ils commencent à poser trop de questions d'ailleurs ? Depuis que tu en as utilisé comme hiboux, mes potes me tannent tout le temps.

Trop dure la vie. Et c'était sa faute à elle en plus ! Est-ce qu’il était le seul à se faire emmerder sur la question ? Ses actions à lui avaient-elles porté leur fruit et alimenté leurs ragots ? Et elle, qu’est-ce qu’elle en dirait de leur relation, si elle devait l’avouer à ses parents ? Questions puériles et stupides mais ça faisait du bien de se laisser aller… Le serpentard se rapprocha de Julian et posa sa tête sur ses jambes, la regardant par en-dessous avec un sourire.
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Jeu 16 Oct 2014 - 21:37

Quand Jeroen avait repris la parole suite à la proposition de la rousse, le cœur de cette dernière avait eut un raté. Que voulait dire son « Tellement dur… » ? Trouvait-il cela insurmontable d’aménager une pièce pour qu’ils puissent s’y retrouver tous les deux ? Etait-ce l’idée de devoir revenir ici après son cours d’astrologie qui l’embêtait ? Julian ne savait rien et cela l’angoissait un peu. Il ne fallait pas qu’il refuse… Elle n’avait pas la force de retourner dans le dortoir des Serpentards et pourtant, dormir seule ici… C’était difficile à envisager, elle serait en permanence sur le qui-vive alors qu’au moins dans le dortoir, aussi futile que cela puisse paraitre, la présence de ses camarades lui apporterait un peu de calme. Mais la seule chose qui pouvait réellement la satisfaire c’était de dormir dans les bras du jeune homme, sentir son corps contre le sien. Tout simplement. Alors oui, elle craignait qu’il refuse, qu’il choisisse la sagesse, la bienséance à sa proposition certes un peu foireuse. Mais la pression retomba aussi vite qu’elle était montée. Le jeune homme lui fit comprendre qu’il était d’accord avec son idée et se moqua même d’elle en parlant d’une veilleuse. Elle se contenta de lui faire un regard foudroyant, comme si elle prenait mal la chose, pour rire un peu. En réalité, sa réflexion l’avait tout de même un peu blessée. Il ne comprenait pas… En même temps elle ne pouvait pas lui en vouloir puisqu’elle refusait de lui expliquer mais il fallait bien admettre que c’était douloureux. Ce qu’il prenait pour un caprice de gamine était en fait une peur, une douleur viscérale. Julian était au plus bas et elle devait passer pour une petite fille effrayée pour avoir un peu de réconfort… C’était difficile mais elle allait devoir s’y faire car la possibilité de parler à son non-petit-ami de toute cette histoire était clairement exclue. Mais il avait tout de même raison sur un point : elle ne savait pas ce qu’elle ferait sans lui. Pour la première fois, Ju’ se sentait presque dépendante de quelqu’un…

Heureusement, le fil de la discussion permit tout de même à la jeune femme de s’aérer l’esprit et de redevenir quelqu’un de presque normal l’espace de quelques instants. Julian écouta Jeroen avec attention lorsqu’il se mit à lui parler de son frère. Un frère aîné donc et magicien ! Mais sa petite sœur par contre, oui elle se souvenait, n’était pas de ce monde. Elle ne pu s’empêcher d’avoir un sourire attendrie lorsqu’il lui parla du problème de sa sœur avec les magazines people et de son côté pot de colle. En tant que fille unique elle n’avait jamais connu ça et quelques mois auparavant elle aurait sans doute trouvé tout cela atroce, avoir une gamine dans les pattes sans cesse en quête d’attention… Mais là, ça l’attendrissait un peu. Ce n’était pas pour autant qu’elle était en mode gaga, mais imaginer la petite Lily courir après son frère ça avait quelque chose de mignon. Peut être qu’un jour elle rencontrerait cette gosse et pourrait lui apporter la présence d’une fille un peu… Elle préféra ne pas trop s’appesantir sur cette idée, c’était trop étrange comme si ça rendait leur relation trop… Réelle ? En parlant de ça, lorsqu’il évoqua la rencontre, Ju’ ne pu s’empêcher de déglutir. Certes elle s’imaginait quelques secondes plus tôt rencontrant la petite Lily mais bon tout ça c’était quand même assez effrayant. Heureusement, le jeune homme lui avoua que ce n’était qu’une blague et elle eut un soupir de soulagement. L’enchaînement fut donc parfaitement trouvé, non seulement cela lui évitait de reparler de cette idée de rencontre et puis c’était intéressant de voir la réaction de Jer’. Celui-ci semblait un peu perplexe face au terme de « petite copine » même s’il avoua que c’était ce qu’il était commun de dire.

« En même temps, on n’a jamais rien fait comme les autres. »

Julian lui adressa alors un sourire. Non ils n’avaient jamais rien fait comme les autres et cela lui allait très bien. Si Jer’ n’avait pas envie d’utiliser ce mot pour la décrire alors ce n’était pas grave, elle ferait avec sans aucun problème. C’était pas important. L’important c’était ce regard qu’il pouvait poser sur elle, cette façon qu’il avait de l’embrasser, le reste, c’était juste du décorum. D’autant que le Serpentard lui fit comprendre qu’il lui suffirait d’évoquer son nom pour que la famille comprenne. Elle rit légèrement à cette remarque et cela lui fit du bien. Alors comme ça Jeroen avait si peu l’habitude de parler de filles à ses parents pour que dès qu’il en évoque une, tout le monde soit aux aguets ? Cette idée l’amusait beaucoup. Mais le jeune homme venait de soulever un autre point : ce que pouvaient penser leur camarade de maison. La demoiselle faillit répondre du tac au tac, prenant presque sa remarque comme un reproche mais quand elle le vit s’allonger sur ses jambes et la regarder avec un joli sourire, elle se ravisa. Il n’y avait rien de mal dans ce qu’il disait, détend toi Ju’…

« Bof, à vrai dire j’y fais pas vraiment attention. Mais oui ils doivent s’en douter, d’autant qu’ils doivent trouver bizarre que ma liste de conquêtes ne se soit pas allongée ces derniers temps… »

Julian afficha alors un sourire carnassier. Oui elle le titillait, sur un terrain pas forcément évident mais c’était sa façon à elle de gérer les choses. Elle essayait de le détendre à ce sujet, de lui faire comprendre qu’ils pouvaient en rire maintenant car elle n’irait en aucun cas voir ailleurs. Et puis, de manière objective, ce qu’elle disait n’était pas totalement faux. Ses camarades la connaissaient pour sa tendance à fricoter avec tout le monde, ses regards parfois aguicheurs. Or cela faisait maintenant plusieurs mois qu’elle avait laissé tout ça de côté ce qui devait forcément intriguer. Et puis, cela l’amusait plus qu’autres choses de les voir embêter Jer’ pour en savoir plus, pour qu’il avoue enfin sa petite histoire. Pour la rousse, tout ça lui passait à des kilomètres au-dessus de la tête.

« Ils sont jaloux c’est tout ! Mais s’ils t’embêtent trop, je peux venir dans le dortoir, te rouler une énorme pelle devant eux voir plus comme ça ils n’auront plus à se poser de questions ! »

Nouveau sourire carnassier. Oui Julian jouait avec tout ça. Elle venait de mettre entre parenthèse ses soucis du moment. Cela n’allait peut être durer que quelques minutes, elle en avait conscience, elle se sentait fébrile. Alors elle voulait en profiter au maximum, rire un bon coup, voir la tête décontenancée de Jeroen, s’éclater comme elle l’avait toujours fait, en taquinant les autres. Et puis bon, elle était clairement capable de faire ce qu’elle venait d’énoncer, cela permettrait que certains arrêtent de tenter leur chance en venant la voir, même s’ils les audacieux se faisaient de plus en plus rare ces derniers temps…
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Sam 18 Oct 2014 - 18:40

Il se moquait d’elle, mais au fond ça ne lui posait pas de problème. Elle avait le droit d’avoir besoin d’une présence, parfois, d’avoir envie qu’il reste pour la nuit. S’ils passaient rarement beaucoup de temps ensemble, ce n’était pas parce qu’ils n’en avaient pas envie. Manque d’intimité, manque de temps, manque de choses à faire. Se retrouver les soirs dans une salle de classe vide pour se papouiller indéfiniment, c’était bien mais ça pouvait devenir lassant et ils ne le faisaient pas systématiquement. Ça dépendait de l’envie. Ce soir, elle avait envie qu’il reste, et il avait envie de rester. Même simplement pour dormir, être contre elle, l’avoir dans ses bras comme en protecteur. Il ne lui tirerait pas les vers du nez. Si elle avait envie de dire ce qui la chagrinait, elle le dirait. Pour l’instant, il eut droit à un regard foudroyant de la jeune femme à l’idée de la veilleuse. Héhé. Méchant Jeroen qui se moque des gens qui ont peur du noir alors qu’il pleurait à trois mètres seulement au-dessus du sol.

La discussion prit rapidement un autre tournant. Eux. Un sujet qu’ils abordaient peu, comme s’ils n’avaient jamais eu besoin de ça pour se sentir bien l’un avec l’autre. Un plaisir pur, sans fioritures, sans concepts foireux apposés dessus comme des étiquettes de produits de supermarchés. Il parla un peu de sa famille. De son frère, qui faisait ses études en médecine et commençait à parler de son besoin de se poser avec une femme. A vingt-quatre ans, c’était normal. Il s’était entiché d’une nana de sa classe, qu’il avait promis de présenter pour leur première année de relation. Peut-être à Noël ? Jeroen pensait toutefois qu’Emeric savait déjà plus ou moins que son petit frère était amoureux. Ils avaient toujours su se comprendre, et cet été, avec la lettre qu’il avait reçu de la jeune femme… le chagrin d’amour n’avait pas dû passer inaperçu. Son frérot était toutefois resté sur l’essentiel : jouer au docteur et s’occuper de ses blessures sans que leur père s’en aperçoive.

A côté de cela, Lily s’excitait à la moindre mention d’une femme dans la vie de ses trois hommes. Avec une pointe de jalousie parfois : elle était possessive la petite. Seul Emeric avait déjà ramené des copines à la maison, et il fallait la voir s’accrocher à lui en lançant des regards noirs à la fille, tout en s’y intéressant franchement… Il n’était pas question de faire subir ça à Julian si rapidement. Attendre un peu, voir si la relation devient réellement sérieuse. Ça n’empêchait pas qu’il parle un peu d’elle, chose qui n’impliquait rien d’autre que leurs sentiments à cet instant T.

- En même temps, on n’a jamais rien fait comme les autres.
- C’est tellement ennuyeux d’être comme tout le monde.

Sourires. Le visage de Julian apparaissait à l’envers mais ses traits s’étaient adoucis. Elle finit par rire lorsqu’il lui avoua que simplement donner son prénom le grillerait immédiatement. Eh oui ! Le serpentard n’avait pas eu tant d’histoires d’amour que ça. Ses aventures avec des filles qu’il n’aimait pas vraiment, il n’en parlait que très rarement à sa famille. Il trouvait qu’elles n’en valaient pas la peine. Julian, c’était autre chose. Quelque chose de simple, pur, une envie d’être avec elle qui s’apparentait à de l’amour, alors il acceptait d’en parler, d’être mis dans la case « amoureux » par les autres, même si ça voulait dire de nombreux « qu’est-ce qu’on peut devenir con pour une fille ». Tss.

- Bof, à vrai dire j’y fais pas vraiment attention. Mais oui ils doivent s’en douter, d’autant qu’ils doivent trouver bizarre que ma liste de conquêtes ne se soit pas allongée ces derniers temps…
- Je ne me focalise pas là-dessus non plus, mais ils se foutent de moi dès que j’ai la tête dans la lune. Mais ils évitent les remarques grasses, alors bon !

Il ne lui dirait pas le genre de choses qu’ils pouvaient balancer sur elle avant qu’ils ne se rendent compte que leur copain avait réussi à la « pécho ». Mais elle devait deviner qu’avec une réputation de croqueuse d’hommes, tout le monde n’était pas très sympathique à son sujet… Bref, l’important était que ses potes à lui avaient arrêté de faire des remarques sur elle et se défoulaient sur leur ami en le traitant lui de chaud lapin. Huh. Ne parlons pas plus de la liste de conquêtes, maintenant, ce serait bien.

- Ils sont jaloux c’est tout ! Mais s’ils t’embêtent trop, je peux venir dans le dortoir, te rouler une énorme pelle devant eux voir plus comme ça ils n’auront plus à se poser de questions !
- Oh oui, mon prince, viens me sauver de ces mécréants ! répondit-il du tac au tac.

Il se hissa pour l’embrasser et reposa sa tête sur ses jambes après s’être légèrement frotté. Comme un chat. Il était bien ici. Le nez dans sa poitrine ou sur son ventre, il serait encore mieux… mais là ça suffisait à le rendre content. Il sourit largement, pas décontenancé par sa proposition qui correspondait parfaitement à son caractère ostensible et invasif. Si elle voulait se prendre pour l’homme, il lui tendait des perches, c’était le moment !

- Mais tu l’as déjà fait, tu te rappelles ? Tu les as même foutus dehors. Ça a jasé pendant des jours, je te dis pas comme j’en ai bouffé à cause de toi. Et c’est quand même vachement traitre : je ne peux pas faire la même chose, débarquer dans votre dortoir et jeter tout le monde dehors, je me ferais bouffer les mains par les poignées de porte. Je suis jaloux.

Il fit la moue. Tout cela était dit sur le ton de l’humour bien entendu, avec une ironie non cachée. Il n’avait pas besoin d’aller la rejoindre dans les dortoirs pour s’afficher avec elle. Il l’avait déjà embrassée dans la salle commune alors qu’elle était avec ses amis, dans les couloirs… Mais le problème restait le même. Difficile de se bécoter allègrement dans une salle blindée de monde prêt à les embêter pendant des semaines au moindre comportement un tant soit peu amoureux. Bon, ici, ils avaient quand même quelques heures encore pour en profiter et pouvoir se bécoter un peu. Il ne comptait pas arriver en avance à son cours non plus.

- Sinon, on se prend un de ces magnifiques colliers en moitiés de cœur pour faire comme tout le monde. Qu’est-ce qu’on serait beaux.

Huhu. Non.
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Jeu 6 Nov 2014 - 11:50

Oui être comme tout le monde c’est sûr que c’est ennuyeux. Pour Julian ça avait toujours été un crédo, de se dire qu’elle devait être différente, plus forte, plus belle, plus intelligente… Sauf qu’en cet instant elle était en train de se demander si ça vie ne serait pas plus simple si pour une fois elle était juste comme les autres. Si pour une fois elle n’était que la fille d’un sorcier lambda sans statut de sang particulier, si elle s’était contentée de suivre la masse pendant l’Occupation des Supérieurs et si désormais elle ne faisait que partie de ceux cherchant à retrouver leurs repères, se reconstruisant peu à peu… Elle savait bien que pour ceux qui avaient subi des tortures, recoller les morceaux était une chose bien difficile mais elle les enviait presque. Ju’ avait l’impression qu’elle ne pourrait jamais se reconstruire, que Joshua venait de l’achever, de finir de la détruire et qu’elle serait à jamais une ombre, une personne en morceaux… Car au fond d’elle elle avait la désagréable impression que même si elle obéissait, même si elle révélait son statut de sang à tout le monde, il ne lui foutrait pas la paix…. Son cauchemar ne s’arrêterait sans doute pas si facilement. Alors oui, pour la première fois de sa vie elle se disait qu’elle aurait bien aimé être un peu plus comme les autres. Mais ne rêve pas ma belle, ça n’arrivera jamais. Julian Neil n’aurait jamais une petite vie rangée, simple mais heureuse. C’était inscrit dans ses gênes. Elle était condamnée au compliqué, au tortueux pour le restant de ses jours. Cette certitude lui faisait mal. Maintenant qu’elle avait Jeroen, maintenant que l’Ecole ressemblait un peu plus à lieu de vie normal, elle voulait juste une vie banale… Ju’ rêvait de simplicité, aussi fou que cela puisse paraître…

Les mots de Jer’ avaient donc plongé la jeune femme dans une étrange mélancolie pendant quelques instants. Heureusement, le sujet avait vite dévié et la plaisanterie était revenue. Le rire était la porte de sortie de Julian en ce moment, si elle ne parvenait pas à déconner avec Jeroen elle était foutue, elle finirait pas fondre en larmes sans rien pouvoir lui expliquer et la situation serait alors bien compliquée. Alors oui elle devait se concentrer sur ces moments de légèreté. Alors lorsque son non-petit-copain se mit à se plaindre que ses camarades se moquaient de lui dès qu’il avait la tête dans la lune elle ne pu s’empêcher de sourire. Imaginer ce pauvre enfant malmené par les moqueries de ses camarades… Oui ça l’amusait beaucoup parce qu’elle savait bien qu’il n’était pas une petite chose fragile et qu’il était tout à fait capable de se défendre. Et puis c’était plaisant de s’imaginer qu’à cause d’elle son esprit s’envolait, qu’à cause d’elle il perdait un peu pied… Alors elle pouvait prétendre être le gentil chevalier servant, encore une fois être l’atout masculin de leur couple. Vilaine Julian ! Mais apparemment cela ne traumatisait pas Jer’ plus que ça, bien au contraire puisqu’il se redressa pour l’embrasser avant de lui demander de venir la sauver. La jeune femme explosa de rire. Elle avait une belle tête de prince tiens ! Quoi que la fois où elle avait viré ces camarades de chambres c’est vrai qu’elle aurait pu passer pour un homme virile imposant sa volonté. C’était décidément très drôle de relire leurs petites aventures.

« Et oui, tu n’as pas ce privilège, tu avais qu’à être un homme dans un corps de femme ça résout bien des problèmes. Mais si tu veux un jour je pourrais jouer la comédie dans cette pièce même de la fille qui se fait surprendre dans son dortoir ! Je mimerai même mes camarades qui s’en vont si tu veux ! »

Oui c’était indéniable Julian se foutait royalement de sa gueule. Mais il l’avait cherché en même temps en lui faisant comprendre qu’il était jaloux. La demoiselle passa alors doucement sa main dans ses cheveux comme pour bien lui montrer la dissociation entre ce qu’elle disait, cet épisode de rigolade et ce qu’elle ressentait réellement en cet instant, la tendresse qui émanait d’elle dès qu’il était dans les parages. En parlant de tendresse, Jeroen semblait avoir décidé de tomber dans la mièvrerie. Lorsqu’il proposa à Julian qu’ils portent ces petits pendentifs en forme de cœur qu’on voyait aux cous de tous ces adolescents en mal de reconnaissance de leur vie intime elle ne pu s’empêcher de faire une grimace. Non franchement c’était clairement pas un truc qui la tentait… Elle accentua alors son expression de dégoût.

« Beurk. Mais si on fait ça, on est plus un couple de chevaliers servants mais de midinettes en mal d’affection qui voient des petits cœurs partout… Aahh au secours c’est ignoble rien qu’à imaginer ! »

Julian fit alors semblant de se débattre avec ce qui devait être la mièvrerie personnifiée. Sauf qu’en faisant ces deux trois mouvements brusques elle fut soudainement rappelée à son état physique. Les douleurs qu’elle avait oubliées jusque là revinrent au galop et cela lui glaça le sang. La jeune femme se stoppa net, réprimant une grimace qui ferait comprendre qu’elle souffrait physiquement. La Serpentarde fit alors de son mieux pour avoir une respiration normale et se mit à déglutir. Le problème ce n’était pas seulement la douleur physique. Le problème c’était qu’avec la douleur, étaient revenus les souvenirs. Alors qu’elle avait réussi à rire et à tout oublier pour quelques instants, voilà que la réalité la rattrapait. Comme si elle n’avait droit qu’à un certain quota de détente et que maintenant qu’il était dépassé, elle devait retourner dans le noir… La jeune femme refusait catégoriquement cette idée, elle voulait continuer à profiter de cet instant avec Jeroen, pourtant, un mauvais pressentiment l’habitait. Comme s’il était impossible pour elle d’oublier encore une fois… Que faire… ? Une diversion. La jeune femme força alors Jeroen à se redresser pour s’allonger à son tour sur lui. Elle enfouit sa tête contre son torse, mimant la fatigue, mais surtout pour pas qu’il ne puisse lire sur son visage l’envie croissant de vomir qui était en train de l’envahir.

« Ça m’a fatigué d’imaginer toutes ces horreurs ! »

Julian avait essayé de garder un ton léger pour dire, de garder le ton de plaisanterie mais elle n’avait aucune idée de si elle était réellement convaincante ou pas. Elle l’espérait simplement car elle ne pouvait définitivement donner aucune explication au jeune homme.
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Jeu 20 Nov 2014 - 12:35

Ce qu’il ressentait se résumait finalement en si peu de mots. « Ensemble ». Un truc comme ça. Être avec elle et le reste suivait avec la simplicité d’un sortilège. Il ne crachait pas sur ce semblant de normalité. Depuis deux ans, il n’avait attendu que ça, une vie banale, tranquille, sans risques pour sa vie et celle de ses proches. Est-ce que ça allait lui plaire sur le long terme ? Est-ce qu’un gars comme lui pouvait avoir une petite vie normale et tranquille ? Est-ce qu’il n’allait pas simplement rouiller et se faner telle une fleur coupée ? Trèves d’illustrations fleuries, le temps seul répondrait à ces questions. Ce qui comptait, c’était que quand il était avec elle, il ne se posait pas la question. Il avait envie de se laisser aller à la flemme, à la chaleur du rien faire, de se blottir contre elle et de ne plus bouger. Et maintenant, il la laissait le traiter comme s’il était sa princesse. Bon sang qu’il se ramollissait ces derniers temps. Le malaise de la veille n’était pas là pour aider ; même s’il tâchait de garder bonne figure, il était un peu ailleurs.

Mais elle n’était pas au top de sa forme non plus, et vu son caractère profondément expansif, ça se voyait beaucoup plus vite. Il le sentait. Il n’en disait rien mais ça se voyait, elle ne dégageait pas la même énergie que d’habitude. Alors il la faisait rire. C’était déjà ça de gagner : s’il pouvait la rendre heureuse l’espace de quelques minutes, lui faire oublier ses soucis voire délier sa langue (ça, c’était l’objectif des bisous)… Et puis il la faisait parler en allant la chercher sur des terrains où elle semblait bien s’amuser. C’est-à-dire quand elle venait l’emmerder devant public et était ainsi responsable de semaines de remarques - amusées ou non, vu les circonstances - sur ce qui s’était passé dans ce foutu dortoir. Ça lui plaisait, d’avoir le pouvoir sur quelqu’un. Mais avec du recul, lui donner ce pouvoir lui donnait, à lui, l’occasion de voir un peu ce qui clochait. Ce n’était pas lui ou leur relation, comme il avait pu le penser furtivement. Peut-être les problèmes récurrents des pro-Supérieurs repentis ? Elle le sortit de ses pensées.

- Et oui, tu n’as pas ce privilège, tu avais qu’à être un homme dans un corps de femme ça résout bien des problèmes. Mais si tu veux un jour je pourrais jouer la comédie dans cette pièce même de la fille qui se fait surprendre dans son dortoir ! Je mimerai même mes camarades qui s’en vont si tu veux !
- N’importe quoi.

Il pouffa. Elle aimait bien jouer la comédie, mais il n’avait plus trop l’âge de faire ce genre de conneries. En tout cas, ça pouvait l’amuser sous le coup de la surprise, mais il n’irait pas l’inviter à jouer cette scène-là maintenant qu’elle avait fait sa proposition. Ne pas donner à manger aux trolls ! Il ferma les yeux en sentant sa main chaude glisser dans ses cheveux. Toutefois, il ne put s’empêcher une proposition tout aussi ridicule en retour. La réaction de la jeune femme ne se fit pas attendre, et il aurait fallu faire une photo de sa tête à cet instant-là tant c’était épique.

- Beurk. Mais si on fait ça, on est plus un couple de chevaliers servants mais de midinettes en mal d’affection qui voient des petits cœurs partout… Aahh au secours c’est ignoble rien qu’à imaginer !
- Ben quoi ? Ce serait merveilleeeeeux !

Avec un ton bien mièvre. Elle se tordit pour effacer ces foutues visions tandis que lui restait avec son air niais fiché sur le visage. Ah, ça lui apprendrait à vouloir porter la culotte en le rabaissant au rang de sexe faible. Mais elle s’arrêta brusquement. Son expression se figea. Elle déglutit. Qu’est-ce qui se passait ? Il connecta ses neurones. La douleur. Une expression universelle qu’on reconnait facilement quand on l’a côtoyée et assenée à d’autres pendant des années. Il se redressa, soudain sérieux, surveillant le moindre mouvement de sa belle. Elle avait été blessée ? Où, dans quelle mesure ? Il la collait depuis tout à l’heure et elle n’avait pas été foutue de lui dire qu’elle avait mal ? Il voulait bien ne pas trop l’envahir, ne pas poser trop de questions qui pourraient être perçues comme embarrassantes ou invasives, mais il y avait des limites et elles venaient d’être atteintes. Elle vint cacher son visage contre son torse. La tentative d’évitement était bien tentée mais ne marcherait pas cette fois-ci.

- Ça m’a fatiguée d’imaginer toutes ces horreurs !
- Tu es sûre qu’il n’y a que ça ?

Il posa sa main sur sa nuque, mais au lieu d’en rester là, il glissa jusqu’au bord de son t-shirt. Et si elle essayait de résister, rien n’y ferait, il ne la laisserait pas se soustraire. C’était exactement le même schéma qu’avec son frère, cet été : le vert avait laissé s’échapper un seul signe et Emeric lui était sauté dessus comme un ours, prêt à l’attacher s’il essayait de foutre le camp - ou pire, de le balancer à leur père. Jeroen remonta le haut de Julian, son autre main occupée à la maintenir contre lui dans une étreinte mi rassurante, mi autoritaire. Des bleus au niveau de ses côtes. Des blessures pas belles qu’on ne se fait pas par accident. Il soupira, agacé qu’elle lui ait caché ça, inquiet aussi, et remit son haut en place doucement.

- Je veux bien ne pas poser trop de questions, mais là, j’aimerais bien que tu m’expliques. Ce n’est vraiment pas le genre de choses à me cacher. Ça fait combien de temps ? Qui ? Et j’espère que tu es allée à l’infirmerie pour ça, parce que sinon je t’y emmène manu militari.

Les blessures ne semblaient pas très, très graves. Il n’en était pas sûr, mais si elle avait eu des côtes cassées, elle n’aurait même pas pu faire semblant d’aller bien depuis tout à l’heure… Il l’écarta pour la regarder dans les yeux. Ne jamais minimiser ce genre de choses. D’accord, c’était l’hôpital qui se foutait de la charité. Il était pire qu’elle, même. Sauf que lui ne s’était pas pris de branlée comme ça depuis la bataille de Poudlard. Si des élèves posaient des soucis à Julian, il aimerait aller leur dire un mot ou deux, régler le problème d’homme à homme et leur faire ravaler leurs petites vendettas. Il ne remettait pas en doute le fait que Julian pouvait se défendre, d’ailleurs il ne serait pas étonné de savoir qu’elle leur avait rendu la pareille, mais quand même. Il se radoucit légèrement pour ne pas l’effrayer, sentant bien qu’elle fuirait s’il était trop pressant, et l’embrassa sur le front.

- A quoi je te sers si je ne peux pas te protéger ?

Il pourrait servir de pharmacie ambulante. Avec toutes les décoctions que son frère lui avait refilées pour lui éviter de trainer des blessures pendant des semaines à cause de sa fierté mal placée, il en aurait certainement une pour ses blessures à elle. Mais il ne voulait pas lui laisser entrevoir tout de suite qu’il la laisserait s’en tirer comme ça. Si elle n’avait pas caché ça, il aurait sûrement laissé passer. Là, c’était foutu, il était inquiet à mort…
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Ven 21 Nov 2014 - 15:53

Merveilleux. La vie aurait pu être merveilleuse finalement si Joshua n’était pas venu foutre son grain de sel. Alors certes il fallait encore accepter les regards de ceux qui ne voulaient pas pardonner, se demander comment se comporter vis-à-vis de ses parents, faire des choix difficiles… Mais Julian était réellement en train de réaliser que sa vie depuis quelques semaines aurait pu être qualifié de très agréable et que les choses auraient pu aller en s’arrangeant. Mais elle avait été stoppé net dans sa progression vers le bien être. Ce salaud avait réussi à lui faire mal, horriblement mal et sans Jeroen, la rousse n’avait pas la force de l’affronter. C’était le coup de trop pour la jeune femme forte et sûre d’elle qu’elle avait toujours été. Alors elle avait besoin de se cacher, de respirer régulièrement pour avoir l’air à peu près normal. Le problème, c’était qu’avec le Serpentard tout ne pouvait pas être si simple. Le fait qu’ils se comprennent aussi bien l’un que l’autre paraissait absolument génial à Ju’ les trois quarts du temps mais là elle était sur le point de prier pour qu’il ne réussisse pas à lire en elle, que pour une fois il soit presque aveugle. Mais c’était complètement stupide. Jer’ était bien plus observateur et bien plus intelligent que ça et elle s’était peut être cru trop forte en pensant pouvoir le leurrer plus longtemps. Lorsqu’il lui demanda s’il n’y avait que la fatigue qui la taraudait elle se figea. Il avait compris ? Elle en était presque sûre. La jeune femme eut alors envie de se relever, de prendre la fuite mais c’était bien trop tard. Une main posée sur sa nuque, le jeune homme la maintenait contre lui. Julian comprit immédiatement ce qu’il avait envie de faire et pensa quelques secondes à se débattre. Puis elle réalisa que c’était parfaitement inutile, qu’il aurait encore plus de soupçons après ça. Alors, pendant qu’il relevait son T-shirt et que ses yeux se posaient sur ses blessures, la demoiselle se mit à réfléchir aussi vite que possible à l’histoire qu’elle allait pouvoir lui sortir pour ne pas qu’il soupçonne ce qu’il s’était réellement passé. Puis elle l’entendit soupirer et il reprit la parole. Ces mots firent terriblement mal à la demoiselle qui était en train de ravaler ses larmes. Ce n’était pas son genre de pleurer mais là, elle était à la limite. Elle ne voulait rien lui cacher mais elle n’avait pas le choix. Elle aurait tout donné pour pouvoir tout lui raconter, dans les moindres détails…

« Je voulais pas t’inquiéter… »

Julian avait lâché ces quelques mots dans un souffle. Pour le moment c’était la seule chose qu’elle était capable de dire. Et en même temps c’était qu’à moitié un mensonge donc cela lui permettait de se préparer à raconter n’importe quoi à Jeroen. Elle n’aimait réellement pas passer pour une personne faible à ses yeux, elle n’aimait pas voir l’angoisse ou la tristesse dans ses yeux et avait du coup tendance à garder pas mal de choses pour elle. Même si là c’était différent… Jer’ la poussa alors à se relever et ses yeux se plongèrent dans les siens. La demoiselle faillit être déstabilisée par ce regard. A le voir comme ça c’était encore plus difficile d’envisager de lui mentir. Mais elle n’avait pas le choix. Si elle disait la vérité, ils étaient foutus tous les deux. Lorsqu’il posa ses lèvres sur son front, Julian ne pu retenir une larme. Une seule et unique larme qui coula lentement de son œil gauche, le long de sa joue. Celle-ci elle n’avait pas réussi à la retenir mais ce serait la seule… Lorsque le jeune homme reprit la parole elle comprit que c’était le moment. La demoiselle prit alors sa main dans la sienne et la serra doucement.

« Je suis désolée de ne t’avoir rien dit Jeroen mais j’aime pas être protégée et tu le sais… Je voulais tout gérer toute seule comme toujours. Mais je dois bien avouer que parfois, j’ai besoin que tu sois là pour protéger mes arrières. »

Julian avait la gorge nouée en disant cela et pourtant elle récitait son rôle à la perfection. Pour le coup elle n’avait pas le droit à l’erreur. Jeroen ne devait se douter de rien, il était impératif qu’il gobe chacune de ses paroles, qu’il soit absolument satisfait parce qu’elle allait lui dire afin qu’il ne chercher en aucun cas plus loin que ça, qu’il ne remette d’aucune façon sa parole en doute. Pour que cela arrive elle devait être plus convaincante que jamais. La rousse avait eut l’habitude de jouer des rôles, quand elle était la petite garce de Poudlard et qu’elle embobinait les garçons pour leur faire croire qu’ils étaient les plus beaux, elle avait appris à jouer avec ses intonations de voix et ses expressions de visage. Elle s’était promis de ne pas faire ça avec Jer’, parce qu’avec lui tout était différent, parce qu’avec lui tout avait bien plus de valeur. Mais c’était un cas d’extrême urgence. Alors qu’elle s’apprêtait à reprendre la parole, intérieurement, elle implorait déjà le pardon du jeune homme.

« Je ne sais pas qui ils sont exactement, je n’ai pas vraiment vu leurs visages. Une bande de mecs qui a mal dirigé mon rôle sous les Supérieurs. C’était y’a trois jours. J’étais dans les couloirs, ils m’ont attrapée par derrière, m’ont amenée dans un coin discret et m’ont passé à tabac. A la façon moldu comme ils le disaient si bien… »

Julian avait volontairement gardée les bonnes dates, pour ne pas qu’en étudiant ses blessures quelqu’un puisse contredire sa version. Quant au reste… La demoiselle avait placée la dose juste d’émotion dans sa voix, pour trahir une certaine douleur en repensant ça mais aussi pour faire ressortir toute sa fierté, le fait qu’elle ne voulait pas que Jeroen la voit comme une chose fragile. Elle poussa alors un léger soupir, comme pour balayer tous ces souvenirs et adressa un sourire fragile au jeune homme. Chacun de ses gestes, chacune de ses expressions étaient calculés. Maintenant il n’y avait plus qu’à attendre, prier pour que Jeroen soit convaincu. Son angoisse ne devait pas être visible. Marquant une hésitation volontaire, la jeune femme reprit la parole, car c’était dans ces moments là qu’elle se sentait la meilleure dans cet horrible rôle de menteuse.

« Et pour les blessures j’ai utilisé la magie pour atténuer tout ça. J’ai préféré éviter l’infirmerie, ça risquait de faire trop de bruit et d’aggraver mon cas… »

Ju’ serra alors la main de Jeroen un peu plus fort. La partition était parfaite, elle en était sûre. Mais elle n’en était pas heureuse ou satisfaite, non au lieu de ça, elle avait terriblement mal.
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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Ven 21 Nov 2014 - 17:34

- Je ne voulais pas t’inquiéter…
- Raté.

Sans aucun jugement ni quoique ce soit du genre. C’était une constatation. Dès le début, il était resté attentif au langage de son corps, sentant que ça n’allait pas très fort. Maintenant qu’il savait qu’elle avait été blessée et qu’il avait vu les marques, il comprenait beaucoup mieux. Alors oui, forcément, il était encore plus inquiet, et ce d’autant plus qu’elle avait tenté de lui cacher ça. Elle ne s’échapperait pas. Evidemment, il n’était pas paniqué comme pas possible, il gardait la tête froide. Il ne fallait pas laisser le cœur parler à sa place et ajouter à la panique qu’elle devait déjà ressentir. Sa main dans ses cheveux, il la caressait en douceur, se voulant rassurant. Il n’était pas là pour juger non plus, juste pour aider. Mais ça, il fallait encore qu’elle se l’enfonce dans le crâne. Une larme le long de sa joue. Il l’écrasa dans une caresse et l’embrassa à nouveau. Elle prit sa main pour se donner du courage.

- Je suis désolée de ne t’avoir rien dit Jeroen mais j’aime pas être protégée et tu le sais… Je voulais tout gérer toute seule comme toujours. Mais je dois bien avouer que parfois, j’ai besoin que tu sois là pour protéger mes arrières.
- Je sais. Mais il y a des moments où ce n’est pas aussi simple. Je comprends bien que tu n’aimes pas ça, mais ne t'en demande pas trop…

Il avait fait les frais de ces "moments". Pas avec Julian, heureusement ! mais il en avait subis. La différence, c'était qu'elle était plus fragile que lui. Les événements récents avaient ébranlé ses convictions les plus intimes, remettant sa propre identité en question, alors il avait besoin de savoir qu’il pouvait la protéger. Il n’allait pas lui dire de but en blanc qu’elle était faible et qu’elle était obligée de se reposer sur quelqu’un d’autre, mais il le pensait très fort. Et non, lui ce n’était pas pareil. Il savait gérer ses émotions, et il restait sur un quota de deux à trois implosions par an, ce qui était tout à fait respectable. Ses convictions allaient bien. Mieux que pendant la semaine d’Halloween heureusement, mais il avait tiré plus de bon que de mauvais de cette implosion en question, et Caitlyn avait été là pour lui donner le semblant de protection dont il avait eu besoin. Il n’avait pas besoin d’être protégé, juste de souffler de temps à autres, de relâcher la pression. Oui, c’était ça. Souffler. Et les savoir en sécurité. Rien d’autre n’importait.

- Je ne sais pas qui ils sont exactement, je n’ai pas vraiment vu leurs visages. Une bande de mecs qui a mal dirigé mon rôle sous les Supérieurs. C’était y’a trois jours. J’étais dans les couloirs, ils m’ont attrapée par derrière, m’ont amenée dans un coin discret et m’ont passé à tabac. A la façon moldu comme ils le disaient si bien…

Il était secoué. Il n’en montrait rien mais la voir ainsi le mettait mal. Qu’on le blesse, rien à faire, ça passait. Les cicatrices qu’il avait sur tout le corps témoignaient du fait qu’il avait survécu et aujourd’hui, il avait moins de mal à ne plus les cacher. Le regard de Julian l’y avait aidé. Pas de remarques, pas de questions. La pudeur tout comme il fallait. Mais... pas elle. Pas son corps. Il n’était pas d’accord et il n’avait qu’une seule envie, retourner le château pour les retrouver et leur flanquer une rouste pas possible, puis aller les donner tout cabossés à Rivers. Dark Jeroen voulait sortir, mais sa raison le gardait bien au chaud. Il s’énerverait dans des circonstances plus utiles ; là, s'ils ne savait pas qui était l'auteur de cet acte barbare, il n'irait pas bien loin. Julian soupira légèrement, cherchant à balayer tout ça, lui adressa un demi-sourire. Il était totalement pris dans le jeu, pris par le besoin de la protéger, de l’écouter d’une oreille disponible, simplement.

- Et pour les blessures j’ai utilisé la magie pour atténuer tout ça. J’ai préféré éviter l’infirmerie, ça risquait de faire trop de bruit et d’aggraver mon cas…
- C’est pas top mais… d’accord. Si quelque chose du même genre se reproduit, ne reste pas seule avec ça, ce n’est vraiment pas bon… Bon. Pour le moment, mon frère m’a refilé des trucs pour ça l’été dernier. Je te les ramènerai en revenant tout à l’heure, ça complétera…

Il avait la pharmacie complète. Emeric n’était pas dupe : il avait mis de tout. Coupures, brûlures, infections, il pourrait faire de l’ombre à l’infirmerie avec tout ce qu’il avait planqué dans sa malle… De temps en temps, il continuait d’envoyer de l’homéopathie moldue pour les petits nerfs fragiles de son petit frère. Jeroen râlait, Emeric faisait le papa poule à la place de leur père, mais en soi il savait que le petit n’irait jamais à l’infirmerie de son propre chef. Autant lui refiler de quoi survivre avant de le retrouver mort d’une infection à la con. Il y aurait forcément quelque chose pour Julian, donc. Il la serra contre lui.

- Ça va aller. Ce soir, on reste ici, au chaud. On va s’installer plus confortablement... et après il faudra que j’y aille.

Il se releva après une dernière étreinte, sans tout à fait la lâcher non plus, et lança un sort à la pièce. Un lit, quelques tentures pour réchauffer l’atmosphère et faire cocon. C’était sommaire mais ça irait pour la nuit. Il profita ensuite des dernières minutes qui lui restaient pour s’asseoir sur le lit avec sa belle et la prendre dans ses bras. Dans les jours à venir, il allait redoubler de vigilance. Il ne l’avait pas sentie s’éloigner de lui, mais c’était clairement une mauvaise idée de la laisser aller sans aucune protection. L’atmosphère agressive à leur égard était toujours bien trop présente, et ça le rassurerait de garder un œil sur elle…

Il finit par soupirer et se leva pour partir en cours. Il n’avait vraiment pas envie d’y aller mais pas le choix. Le cours lui sembla extrêmement long. Il détestait cette matière. Une seule envie, retrouver sa belle et l’avoir contre lui. Lorsque la fin du cours sonna, il avait déjà rangé ses affaires et disparu. Le temps de passer à la salle commune chercher les merveilleux cadeaux de son frérot, et il rejoignait Julian pour la nuit. Enfin.

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MessageSujet: Re: Give me back my youth, my strength, my happiness... [Jeroen]   Ven 28 Nov 2014 - 12:11

Pourquoi ? Pourquoi alors qu’elle venait enfin de trouver quelqu’un avec qui elle avait envie de tout partager fallait-elle qu’elle mente ? Julian avait juste envie de hurler. On était en train de se foutre de sa gueule de A à Z, elle ne voyait pas d’autre explication. Tout ça n’était qu’une vaste blague, un doigt d’honneur que lui faisait le destin comme pour lui faire comprendre qu’elle avait trop profité, qu’elle avait trop fait sa garce et que maintenant elle était condamnée à rester du côté obscur. Voir le visage de Jeroen ainsi inquiet, l’entendre dire de ne pas trop s’en demander… La rousse se sentait bouffée de l’intérieur. Comment pouvait-elle lui mentir de manière aussi éhontée ? Comment pouvait-elle se permettre de se comporter comme la pire des salopes en lui cachant la vérité, en lui donnant de fausses explications, en le manipulant de la sorte ? Elle devait le protéger certes, elle ne voyait aucune autre possibilité, aucune autre manière d’agir mais ça la bouffait tout de même. Et lorsque Jer’ lui expliqua que la prochaine fois elle ne devait surtout pas rester seule avec ça, elle hocha la tête alors que tous ses muscles étaient en train de se crisper. Elle ne désirait qu’une seule chose, ne pas rester seule avec tout ça, ne pas se laisser dévorer et pourtant c’était précisément ce qui était en train de passer. En mentant elle s’isolait encore plus, elle s’enfermait encore plus dans son tas d’emmerdes, se rajoutant en plus la culpabilité comme si tout ça ne suffisait pas. Est-ce que Jeroen lui pardonnerait si un jour il venait à apprendre la vérité ? Est-ce qu’il accepterait d’avoir été ainsi manipulé et induit en erreur ? Elle n’en avait aucune idée et cela lui faisait terriblement peur… Alors lorsqu’il lui dit que tout allait bien se passer et que ce soir ils resteraient ici tous les deux elle s’accrocha à lui. Même si elle se sentait coupable, même si elle avait mal, savoir qu’ils allaient passer la nuit ensemble l’apaisait un peu. Au moins elle ne serait pas seule avec ses démons.

L’installation de Jeroen était parfaite. Julian s’était étendue sur le lit, profitant d’être avec le vert encore un peu. Il allait bientôt devoir se rendre à son cours d’astronomie et cela ne l’enchantait pas vraiment. Mais il le fallait. Alors elle profitait de ces instants autant qu’elle pouvait. Elle préférait ne rien dire pour ne pas avoir encore à mentir. Le silence était parfait en cet instant. Il permettait à chacun de mettre de l’ordre dans son esprit sans pour autant qu’ils soient loin l’un de l’autre, sans pour autant qu’ils se sentent à des années lumières. Alors quand Jer’ se leva pour se rendre en cours, elle fit mine de le retenir par le bras avant de lui adresser un léger sourire et de le laisser partir.

« Bon courage… »

Un dernier baiser et elle laissa définitivement s’en aller pour son cours d’astronomie. De son côté, Julian s’enroula sous les draps, en boule, même si cela n’était pas la position qui épargnait le plus ses blessures, c’était celle qu’elle trouvait la plus rassurante. Après qu’elle se soit assuré qu’il soit bien partie, la rousse se laissa aller à quelques larmes. Elle n’avait jamais autant pleuré que ces derniers mois. Elle n’avait même plus assez de fierté pour s’en vouloir, pour se battre contre elle-même. Ju’ laissait simplement les larmes couler, étouffant ses sanglots dans un oreiller. Elle voulait juste que tout s’arrête, retrouver sa petite vie calme d’avant. Ne plus se demander qui allait essayer de la tuer, de lui faire payer son comportement, de lui faire ses origines… C’était juste un terrible cauchemar, quand est-ce qu’elle allait enfin se réveiller ? Qui allait enfin la tirer de tout ça ? Avec le temps les larmes de la demoiselle finir par se tarir. Pleurer l’avait épuisée, c’était le bon côté de la chose. Elle parvint donc à s’endormir doucement.

Lorsque Jeroen revint de son cours, elle le sentit se glisser dans le lit. Instinctivement elle vint alors se caller contre son torse, posant sa tête sur son épaule. Elle était à moitié endormie et pourtant elle avait immédiatement détecté sa présence, comme si c’était son repère. Dans ce demi-état elle se sentait plus légère. La somnolence atténuait ses réflexions. Il était rare qu’elle dorme aussi bien mais là, elle avait pu pleurer sans que personne ne l’entende et il était près d’elle. Alors pour une nuit au moins elle allait pouvoir dormir tranquillement. De sa voix à moitié endormie elle parvint même à murmurer quelques mots à l’adresse du jeune homme.

« Ne me laisse jamais partir… »

Julian n’aurait sans doute jamais dit cela aussi facilement si elle n’était pas à moitié en train de dormir. Pourtant c’était sincère. La jeune femme se connaissait. Elle savait que face aux difficultés sentimentales elle avait tendance à fuir. Dès que les choses changeaient un peu, elle craignait que ce soit mauvais signe et préférait s’en aller pour ne pas souffrir. Mais là c’était différent. Jeroen avait un effet bénéfique sur elle et elle ne devait pas se laisser envahir par la peur. Elle devait se battre pour leur relation même si tout ne serait pas toujours rose… Alors bien sûr ces paroles étaient aussi un piège. En disant cela Ju’ s’exposait à un risque. Si jamais elle devait se séparer de lui pour le protéger de Joshua et des autres, elle serait plutôt dans la merde. Mais son cerveau était trop endormi pour penser à tout ça. Il ne sentait que le corps chaud du jeune homme, n’entendait que son souffle rassurant.
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