AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Losing my religion - ft Cameron

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 960
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Losing my religion - ft Cameron   Lun 18 Aoû 2014 - 12:26


Losing my Religion
Cameron & Mateo



Dimanche 23.11 – Matinée.

Peut-être que je n'aurai jamais dû faire ça. Peut-être que je n'aurai jamais dû tenter el Diablo d'écouter cette conversation entre une bande de copain tout excité de raconter leurs dernières mésaventures dans cette salle. La salle des Illusions. Celle qui vous fait apparaître une personne chère, peut-être un lieu, allez savoir. J'en sais foutrement rien puisque tout ce qui m'intéressait c'était Camélia. Le 4 Novembre, jour de l'anniversaire de sa disparition … Quoi de mieux pour les ombres que de venir me hanter avec son image ? Quoi de mieux pour provoquer une baston en plein couloir pour ensuite se voit coller deux heures de retenues par l'infirmière de ce putain de château ? Depuis elle me hante. Non pas celle que les gamines du coin surnomme « Rina » - bien qu'elle possède un physique absolument intéressant – mais c'est plutôt de Camélia dont je parle. J'étais bien loin de me foutre de la gueule de qui que ce soit durant cette semaine où nous nous sommes retrouver à longer les murs. J'étais l'ombre de moi même jusqu'à ce que ce putain de jeu décide de me coller ma sœur bien en face, pâle comme la mort, son visage comportant les stigmates de la maladie. Tenant des propos qui m'ont fracasser un peu plus de l'intérieur.

Et tout ça pour quoi ? Pour soit disant ne pas rester trop sur nos gardes. Pour rester toujours aux aguets et savoir affronter nos peurs les profondes... Putain, mais qu'est-ce que j'en avais à foutre de leur passer ? De leur souffrance ? J'ai déjà la mienne à gérer et c'est amplement suffisant. Prenez moi pour un égoïste, j'en ai rien à foutre. Leur histoire n'est pas la mienne...

Ca ne change rien au fait que je me retrouve comme un idiot à hésiter sur la marche à suivre. Nous sommes Samedi en fin de soirée, le manque me tord les tripes et je me refuse de me l'avouer. Assis devant le feu de la salle commune, bras poser sur les genoux, je fixe cet éphémère en me mordant l'intérieur de la joue. Une lutte se manifeste en plein dans mon esprit et je ne sais pas quelle aptitude employer. Si je fais ça, si je fou les pieds là bas, je sais que je vais en baver, que la douleur se réveillera à m'en faire crever.

Le temps s'écoule et la balance penche dangereusement vers l'inéluctable. Je suis déjà en face de la porte de la salle avant même que je ne me rende compte de quoi que ce soit.

« Tu fais la pire connerie de ta vie... »

Et pourtant, je pousse le battant de bois d'une main tremblante. Les gonds grincent, mon cœur tambourine avec violence. Je ne devrais pas faire ça, je ne devrais pas mettre un seul pied dans cette salle... Je ne devrais pas revoir son visage, pas quand je sais que plus jamais elle ne sera là. Le froid transperce le coton de mon pull et je frissonne en silence, mais je ne saurais dire si c'est vraiment de froid ou de peur. Ce n'est que maintenant que je remarque ma respiration saccadé.

Un pied. Une hésitation. Lorsque ma grand-mère vit à quel point j'étais déterminé à sauver ma sœur de part la magie, puis à essayer de la ramener, son regard s'est assombrit. Ne jamais jouer avec la mort. Avec la vie et ses évènements.

« Si Dieu estime que l'heure est venue pour Camélia de quitter ce monde, alors nous devons se plier à sa volonté. »

J'ai vomis ses mots. Je l'ai haïs plus que jamais. Ma sœur ne devait pas partir maintenant, elle avait trop de chose à accomplir, à voir, à vivre. J'avais trop de chose à apprendre d'elle, à lui montrer, lui parler … J'ai cuver ma frustration et ma haine dans la violence de ma propre existence. La réduisant en cendre, la cramant comme un fou par la violence, le déni, ignorant l'impacte de mes actes

« Te voilà enfin, petit frère... Tu m'as tellement manqué. »

A la seconde même où la porte claque derrière moi, Camélia apparaît à l'angle de la pièce, plus belle que jamais. C'est un coup de massue dans ma poitrine, mon souffle s'arrête un bref instant et la douleur se repends tel un serpent dans chacun de mes muscles. Je reste là comme un con, sans pouvoir bouger, sans pouvoir parler. Elle avait l'air si... réelle. Depuis combien de temps je souhaitais secrètement la revoir ? Si Dieu pouvait me la prendre, ne pouvait-il pas aussi me la ramener ? Il m'a apprit qu'il n'existait pas, qu'il n'était qu'une chimère créée de toute pièce pour rassurer les plus apeurés d'entre nous, car s'il existait vraiment, il n'aurait jamais pris une personne aussi merveilleuse que ma sœur.

« Tu n'as pas changé..
Tu as grandi.
Je t'avais dis qu'un jour je serais plus grand que toi. »

Elle rit d'une voix claire, cristallin. Mon cœur se brise en un millier de morceau.

« Tu as mis du temps à venir me voir.
Disons que c'est pas courant d'aller rendre visite à un fantôme. 
Tu sais que je ne suis pas un fantôme Mat'.
J'aurai préféré. Au moins, tu serais toujours un peu là. 
Je sais, désolée. »

Ma gorge se serre, je tousse contre mon poing face à son sourire qui traduit plus d'émotions que ne le ferait les mots. Je range mes mains tremblantes dans mes poches et m'approche jusqu'à une table poussiéreuse, m'asseyant sur le bord du banc, face à elle.

« Comment vont papa et maman ?
J'en sais rien … bien je suppose.
Il faut que tu leur écrives.
Il faut que tu reviennes.
J'aimerais Mat', si je le pouvais je le ferais.
Je te demanderais bien comment ça se passe là haut mais je ne suis plus sûr de son existence. »

Elle hausse les épaules d'un air détaché, toujours avec ce même sourire serin. Je sors mon paquet de cigarette et en allume une entre mes lèvres. Autant dire que j’accueille la nicotine comme une délivrance.

« Si la question que tu te pose est de savoir si je suis bien là où je suis, alors oui, même si je préférerais être à vos côtés. Et tu ne devrais pas fumer cette cochonnerie, je n'ai pas envie que tu me rejoigne plus vite que prévue. »

Je ne dis rien. Je me sens comme un petit garçon de 8 ans qui essaie de comprendre pourquoi sa sœur n'est plus avec lui, pourquoi elle fait pleurer maman et papa, pourquoi elle ne veut pas revenir. Je joints les mains, bras sur les genoux, le cœur au bord des lèvres. Elle était comme dans mon souvenir, avec cette même robe qu'elle portait souvent l'été et qui lui donnait l'air d'être impétueuse, prête à prendre les décisions décisives de sa vie.

Jusqu'à ce que la vie décide pour elle de sa fin.

« Comment ça se passe ici?
Ca se passe, c'est pas l'éclate mais c'est toujours mieux que d'être chez notre tante ou d'être à la rue.
Tu t'y plait ? Ca a l'air d'une bonne école.
J'en sais rien. Je suis l'un des meilleurs élèves, tu t'en doutera bien ! »

Je lâche un ricanement, elle secoue la tête dans un sourire teinté de tristesse.

« Il faut que tu fasses ton deuil Mateo...
Ne dis pas ça. J'suis pas là pour entendre ce que je dois faire.
Tu ne peux pas continuer de vivre en regrettant chaque jours vécus sans moi, il faut que tu avances. Pour moi. Pour papa et maman...
Arrête ! » Je me lève d'un bond, furieux, mon cœur en tachycardie. « Je ne veux PAS entendre ça de ta bouche. Pas toi. Tu crois que je ne suis pas conscient de tout ça ? J'y arrive pas, tu comprends ? J'y arrive pas, j'comprends quedal à ce qu'il s'est passé, j'comprends pas pourquoi c'est toi qui est partie et pas un autre connard qui l'aurait mérité.
Il s'est passé ce qu'il devait se...
NON ! MIERDA ! »

Mon poing s'abat sur la table avec violence. Je fais les cent pas dans la salle et Camélia ne dit plus rien. Je fais craquer mes phalanges sous la pression et tourne le dos à ma sœur. Parce que je sens que tout déraille, que l'Océan prépare la tempête qui me sera fatale et ça, je me l'interdit. Pas de larmes, pas de faiblesse, pas d'acceptation. Je refuse de partir d'ici, mains dans les poches en sentant ma conscience être soulager par l'acceptation de sa mort.

« La greffe aurait dû prendre.
Tu as essayé, on a essayé. Je te jure que j'ai tout fait pour me battre Mateo
Je sais... » Je lâche un soupire tremblant. « Faut que j'y aille. 
Attends, tu ne veux pas qu'...
Non. J'dois y aller. Peut-être que j'reviendrais un d'ces quatres. »

Je n'attends pas sa réponse et surtout, je ne me retourne pas. Fuir et vite. Ravaler les sanglots qui menacent d'éclater, qui menacent de briser et engloutir chaque barrières dressées. Je m'en veux de partir comme un voleur, je m'en veux de ne pas lui avoir dit qu'elle me manquait et que j'aurai préféré que leur putain de Dieu m'enlève à cette terre plutôt que de nous enlever Camélia.

Je claque la porte avec rage et marche d'un pas rapide jusqu'à ma chambre où je sais pertinemment que je ne dormirais pas, parce que son visage va me hanter, parce que le manque va s'intensifier et le refus va grossir un peu plus dans ma poitrine. Refuser qu'elle soit partie et que plus jamais elle ne serait là, plus jamais je ne la ferais rire, plus jamais elle ne viendrait m'apprendre ses tours de magie.

Ma sœur est morte et encore ce soir, je crois à une mauvaise blague. Encore ce soir, j'espère au fond de moi que tout cela n'est qu'un mauvais rêve et que lorsque je me réveillerais, elle sera entrain de me réveiller en fanfare pour aller à la piscine avec nos cousins, sous la chaleur de l'Argentine.

J'ai passé la nuit à y penser, à ressasser ses mots, à la revoir, à imaginer une vie où tout aurait été plus simple. La douleur est violente, vivante, à vif. Pourtant, je ne verse pas une larme, je ne prononce pas un mot. Le seul besoin que j'ai est de me défouler et d'évacuer tout ça. De huler ma rage envers ce monde de chien. J'en ai marre de leur discours à la con, dictant ma conduite. « Il faut avancer Mateo », « Il faut faire ton deuil. », « Il serait bien que tu te prenne un peu en main et d'arrêter de te morfondre, depuis le temps. »

Je vous emmerde. Vous et vos phrases toutes faites à la con.

Je ne descend pas à la Grande Salle pour déjeuner et lorsque je croise Jenkins dans les couloirs, j'ai encore moins envie d'aller manger un morceau. J'ai été un putain de mufle avec elle et je m'en fou. Son regard noir, elle peut se le carrer où je pense, ce sont les plus gênés qui font la gueule. Mais je ne caches pas que de revoir son air outrée et complètement furieux me donnait le sourire. Mais pour moi, personne ne pourra jamais autant faire la gueule que Maxime. Celle avec qui j'ai bouffé pendant des jours sans savoir son prénom jusqu'à ce que je couche avec – Et j'serais pas contre remettre le couvert -, cette nana a toujours l'air de souffrir, de faire la gueule et de détester tout le monde... remarque, c'est réellement le cas.

Vêtue d'un jogging et d'un tee-shirt, je m'arrête dans une salle vide du 4ème étage, histoire que personne ne viennent m'emmerder. Parce que j'en ai pas besoin, je ne veux voir aucun visage, je veux seulement effacer celui de Camélia au moins pour quelques minutes, pour ne plus sentir cette blessure à vif qui me fait courber l'échine trop de fois ces derniers temps. J'ouvre la porte, sort ma baguette et transforme la chaise d'à côté en un sac de frappe suspendu dans les airs.

Les coups ne se font pas attendre et à chaque poing percutant le tissu, une vague de rage prend naissance au creux de ma poitrine. Camélia. Sa maladie. Son illusion. Son visage hier soir.

Elle est partie, pour de bon. Elle ne reviendra jamais.

J'aurai donné n'importe quoi pour qu'elle soit là à me sermonner sur mes résultats moyens. J'aurai donné n'importe quoi pour prendre sa place. Les souvenirs de son enterrement me reviennent avec la même souffrance qu'un couteau dans le cœur. Son corps entre 4 planches, mes parents pleurant et priant ce Dieu qui n'existe pas de prendre soin de notre Camélia, de la chérir à ses côtés. Et moi, je vomissais ma peine et ma haine à l'arrière de l'église, suppliant la magie de me la ramener.  


Le rythme des coups devient effrénés, violent. La rage se percutent en écho sur les murs de la salle et l'homme perd le sens d'une réalité qui lui déchire les entrailles. La croix suspendu à son cou rebondit sur sa poitrine comme un second cœur, affolé par la peur de devoir accepter une vérité qui le dépasse.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7735
Date d'inscription : 30/03/2010
Crédits : Avatar JunkieMouse & Gifs by Tumblr.
Double Compte : Enzo ▬ Isma ▬ Jeremiah ( parti ) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3331-gangsta-s-paradize-cameron
MessageSujet: Re: Losing my religion - ft Cameron   Mar 19 Aoû 2014 - 19:04

Dimanche 23 Novembre 2014 – Dans la matinée
Losing My Religion

Mateo & Cameron

C’est trop calme … J’aime pas trop beaucoup ça … J’préfère quand c’est un peu plus moins calme … Cameron, tu dérailles, et le pire dans tout ça c’est que tu n’es même pas déchiré … C’est pas faux ! Mais c’est plutôt bien non ? Ca prouve que je ne suis pas accro et que je n’ai pas besoin de ça pour m’amuser, ce qui est une bonne chose non ? Ou alors ça prouve que mon cerveau est définitivement atteint et qu’il n’a plus besoin de substance pour planer, oui, aussi. A mon avis c’est rien de tout ça, juste un moment d’égarement parce que je m’ennuie donc en soi rien de bien grave. Allongé sur mon lit je fixe le bois sans le voir, pensant à des trucs divers et variés, un livre de Potion sur le ventre et des dessins d’ingrédients fait par Kyle un peu partout autour de moi. L’idée c’était que je révise, naturellement j’ai rapidement perdu ma concentration et me voilà entrain de flotter dans des sphères indistinctes. On est samedi après midi, c’est triste de resté enfermé comme ça … Qui est ce que je vais pouvoir aller emmerder ? Pas Megan, ça c’est sur. Elle travaille et rien ni personne ne peut la détourner de son objectif et de sa concentration quand elle travaille. C’est une de nos différences majeures je crois mais ça ne pose de soucis à aucun d’entre nous deux il me semble. De mon côté je respecte ça, sa motivation et le fait qu’elle soit très consciencieuse, et du sien elle me fout la paix avec les cours. Non je ne suis pas ce qu’on peut appeler un élève modèle, et alors ? Je suis ce que je suis et ça me va très bien comme ça donc à partir de là personne ne réussira à me changer et ça n’est pas une bonne idée d’essayer. Malgré ça je m’investi quand même un minimum, sérieusement j’y mets du mien, mais c’est en grande partie parce que certaines choses me plaisent vraiment. Pas dans les cours en eux même, mais parce que je peux me rendre utile et ça c’est un critère essentiel pour moi. EDM, Self-Defense, oui là dedans je suis très impliqué et aider les gosses au quotidien est devenu quelque chose que j’aime énormément. Quand je me lève le matin en sachant que j’ai une session avec eux dans la journée ça me file la banane dès le réveil. Je les adore, c’est aussi simple que ça. Les plus jeunes j’entends, parce que plus ça grandi et moins c’est fun … Les ado en pleine crise, merci, faut se les coltiner. Enfin bref, aujourd’hui rien de tout ça de prévu, rien de prévu du tout en fait mais c’est pas bien grave.

Ça fait maintenant une petite heure que j’ai délaissé bouquins, dessins et autres trucs dans le genre. J’ai fait un stop pour discuter un peu avec la frangine et je me suis retrouvé dans la Grande Salle avec des premières années, à jouer à un de leur truc magique un peu étrange. J’ai beau faire ma mauvaise tête vis-à-vis de ça, de la Magie je veux dire, je me suis laissé prendre au jeu et je n’ai pas vu le temps passer. L’endroit a commencé à se remplir quand l’heure du repas est arrivée et le reste de la soirée s’est écoulé tranquillement. J’ai croisé Lukas, il semble se remettre plutôt bien de sa chute du week end dernier pendant le match de Quidditch et tant mieux. A vrai dire ça tient un peu du miracle vu le choc quand son corps à toucher le sol mais il faut croire que les Sorciers sont en avance sur nous question médecine. Pourquoi vous ne partagez pas les gars ? Ca pourrait sauver des millions de vie, non ? Je ne crois pas que ça soit la peine de se poser ce genre de questions, ni à moi-même, ni aux autres.

Dimanche matin. Première lueur du jour. Les gars dorment encore et j’émerge doucement. Ma vie est passionnante n’est ce pas ? Je sais. Et je ne sais pas vraiment ce qui me prend mais j’ai envie d’aller courir. Ça ne m’arrive jamais, le jogging c’est pas mon truc et jusqu’ici j’ai toujours couru pour sauver ma peau mais avec le Sport et ce genre de trucs – et malgré la fumette, bio ou pas – j’ai retrouvé une certaine endurance, ce qui est plutôt cool. Idée : Voir si le p’tit Ryans est levé et aller courir avec lui. Je sais que je risque de me faire semer mais c’est pas grave, ça ne me dérange pas.
Je me lève donc en silence, histoire de ne pas réveiller tout le monde, direction la Salle de bain vite fait et me voilà dans les couloirs, de bonne heure, de bonne humeur , motivé et concentré sur mon but jusqu’à ce que de l’agitation sonore me parvienne aux oreilles et attire ma curiosité. Il ne me faut pas longtemps avant de deviner d’où vient ce raffut : Une salle un peu plus loin dont la porte n’est pas fermée.
J’ai beau savoir que la curiosité est un vilain défaut, je n’en ai strictement rien à foutre et d’autant moins quand je me rends compte au fur et à mesure que je me rapproche que c’est en fait quelqu’un qui frappe dans quelque chose. Avec Megan on continue de s’entrainer ensemble régulièrement à ce genre de chose, pour se maintenir en forme, pour l’aider à prendre confiance en elle et à être capable de se défendre toute seule, mais je crois aussi et surtout parce que c’est quelque chose qui nous tient à cœur à tous les deux et qui nous a rapproché d’une certaine manière. Et on s’en tape de ma vie, mais de ça aussi j’en ai rien à foutre.

Le type qui se trouve là est tellement concentré à sa tache qu’il ne me voit même pas débarquer et me poser dans l’entrebâillement de la porte. Je ne le connais pas, mais je l’ai déjà croisé parfois en me faisant la réflexion que son air de petit con sur de lui doit en faire quelqu’un que je ne supporte pas mais il me semble que le courant passe entre Enzo et lui, j’ai cru les voir discuter ensemble une fois ou deux, alors qui sait, peut être que je me plante sur le personnage. Le jugement c’est mal de toute façon, il parait.

Au bout d’un moment il se tourne finalement vers moi, et je crois que si son regard était armé de fusil à pompe je serais à l’heure actuelle éclaté un peu partout sur les murs. Je ne me sens pas offensé, il a l’air hors de lui et j’ai pas assez de prétention pour penser que c’est du à ma présence.

« Tes coups résonnent sur les murs, tu vas réveiller tout l’étage. »

Ton nonchalant, aucune agressivité là dedans, c’est juste sorti tout seul. L’épaule appuyé contre l’entrée de la pièce je ne bouge pas d’un poil si ce n’est ma tête qui d’un geste désigne l’objet qu’il porte autour du cou.

« Le voisin du dessus n’a pas réussi à te calmer ? Il est pas sensé apaiser ses brebis celui là ? »

PS : On se caille les miches. Le Royaume Unis en novembre ça devrait être interdit par la loi.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 960
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Losing my religion - ft Cameron   Lun 1 Sep 2014 - 13:22

Je frappe et frappe encore. Pour évacuer toute ma haine, ma rage et ma frustration. Ma culpabilité, mon dégoût, tout ce qui me pourrie de l'intérieur depuis des années. C'est comme un volcan qui explose à n'en plus finir, que sa lave me consume de jours en jours jusqu'à me rendre fou. Mierda … Le visage de Camélia s'impose comme des flashs et la douleur s’accroît au creux de ma poitrine. Faire son deuil. Pourquoi j'en suis pas capable ? Pourquoi je me retrouve dans cette école de merde alors que je porte la magie en horreur ? Enfin, c'est hypocrite quand j'utilise ma baguette pou faire des conneries...

Je ne fais pas attention au monde qui m'entoure, pour la simple et bonne razon (raison) qu'il n'existe plus à chacun de mes coups. Je remets tout en question. Ma présence ici, mon avenir. Est-ce qu'au moins j'en ai un ? J'ai tout fait pour le foutre en l'air, pour cracher aux pieds de tout ceux qui m'emmerde avec leur principes. Vivre sans Camélia est une épreuve de tous les jours, vivre avec le poids de cette culpabilité, est un enfer.

Je cogne encore plus fort, plus violemment jusqu'à ce qu'un mouvement sur ma droite attire mon attention. Je me stoppe net et plante mon regard sombre dans celui de l'hombre qui se tient dans l'encadrement de la porte. Ce n'est que maintenant que je me rends compte que ma respiration est saccadé et que je transpire déjà.

« Tes coups résonnent sur les murs, tu vas réveiller tout l’étage. »

J'hausse les épaules, tout en m'essuyant le front du dos de ma main. Rien à foutre si ça dérange qui que ce soit ici, je me ferais un plaisir d'accueillir leur remontrance avec une droite bien placé s'il le faut. Ouais, violence violence violence. Et alors ? J'ai une putain de bombe dans le creux du thorax et je ne sais pas comment la désamorcer.

« Le voisin du dessus n’a pas réussi à te calmer ? Il est pas sensé apaiser ses brebis celui là ? »

Je baisse machinalement les yeux sur mon torse avant de prendre entre mes doigts la croix suspendu à mon cou. A l'instant même où Camélia a rendu son souffle, j'ai su que depuis mon enfance, la voix du Seigneur n'était qu'un putain de mentira (mensonge). Comment un être comme lui a-t-il pu avoir la prétention de donner le droit de mort sur une femme comme Camélia ? Non, tout ça n'était qu'un ramassis de connerie.

Je laisse échapper un ricanement moqueur, pas envers lui mais envers le voisin du dessus, comme il dit. D'ailleurs, je n'sais pas qui est ce mec, je crois l'avoir déjà croisé ou vu avec Enzo mais sans plus. En même temps, c'est pas comme si je tapais la causette à tout le monde ici.  

« Non, le Voisin du dessus est bien trop occupé à bourrer le crâne de ses chers fidèles pour leur donner l'illusion qu'il est capable de faire quoi que ce soit de ses 10 doigts. »

Nouveau ricanement amer tandis que je serres la croix entre mes doigts. Si je garde ce chapelet, c'est uniquement pour Camélia, pour sa mémoire et parce que c'est la chose à laquelle elle tenait le plus. Il me rappelle aussi à quel point toute cette religion n'est qu'un tas de mensonge et je peine à croire que j'ai pu aller prier Dieu  aussi souvent, pour le remercier de cette vie. Et maintenant Connard, qu'est-ce que tu compte faire ?

« Ou plutôt à nous faire croire à son existence. Je sais pas quel mec à inventé pareille connerie, mais il aurait pu s’amasser un paquet de fric. »

Je cogne de nouveau dans le sac, une fois, puis deux. Dieu. La religion. Allah. Des millions de personnes tuées chaque jours pour cette cause qu'est la religion. Tuons pour Dieu, allez ! Foutons nous dans des Tours pour Dieu ! Ravageons des villages entiers et égorgeons des femmes et des enfants pour lui ! Car telle est sa volonté de reconquérir nos terres !

Bande de connard d'enfoiré. Mes coups pleuvent et j'articule entre deux.

« Admettons que le Seigneur existe, il a l'air bien trop occupé à regarder toute une population crevée plutôt que de faire quoi que ce soit... » Un coup, un deuxième plus violent. « Soit disant, il met à l'épreuve. Pauvre con. » Le troisième est un uppercut, le quatrième prend à revers. Toujours cette même violence qui pourrit les os et le cœur.  « Et tout le monde trouve ça normal qu'il mette à l'épreuve un gosse qui crève la dalle en Afrique. Tout le monde trouve ça normal de mettre à l'épreuve une ado mourant de la leucémie ! »

Le dernier coup porter avec une violence sortie tout droit de mon propre enfer fissure le tissu du sac et laisse écouler le sable sur le sol au même moment qu'une douleur me traverse la paume et le poignet.

« Puta de mierda ! »

Je secoue la main ou quelque goutte de sang s'écoule a force d'avoir frappée, le souffle court, regardant le sac se vider sur le sol. Je sais qu'il est encore là et ça ne me gêne pas. Je m'en fou même. Je me passe une main sur le visage avant de la glisser dans mes cheveux, portant mon regard sur le mec qui est là, non loin de là. J'ai aucune animosité envers lui, j'ai aucune raison d'en avoir malgré la haine qui me ravage à l'intérieur de moi. Pourtant, j'suis un connard de première mais ce type m'inspire pas tellement l'envie de l'envoyer se faire foutre. Pas pour le moment en tout cas.

Je sais que je suis une déception pour Padre y Madre, mais j'y arrive pas et j'y peux rien. Ils ne l'acceptent pas. Tout comme ils n'acceptent pas mon départ, ma violence et ma délinquance. Mais que voulez-vous que j'y fasse, putain. Je peux pas retourner là bas, dans cette maison, avec l'ombre de Camélia dans chaque coins de murs.

« J'aimerais te dire que j'suis désolé de t'avoir choqué si tu prie le petit Jesus, mais j'y arriverais pas. »

Et j'en n'aurais pas envie. C'est vrai que je ne me suis pas posé la question de savoir si oui ou non il était croyant mais ça n'est pas pour autant que je m'empêcherais d'évoquer ma vision des choses. Puisque durant toutes ces années, on n'a pas manqué à me faire croire de la merde. Ma voix, bien que lourde de colère, n'est pas agressive. Ma gorge est nouée par trop de chose. Je n'aurai jamais dû me pointer dans la salle des illusions, je n'aurai jamais dû me donner l'espoir de pouvoir revoir Camélia pour maintenant faire face à cette vérité qu'elle ne reviendra plus jamais. Son corps entre 4 planches.

Amen.[/i]
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7735
Date d'inscription : 30/03/2010
Crédits : Avatar JunkieMouse & Gifs by Tumblr.
Double Compte : Enzo ▬ Isma ▬ Jeremiah ( parti ) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3331-gangsta-s-paradize-cameron
MessageSujet: Re: Losing my religion - ft Cameron   Mar 2 Sep 2014 - 13:40

Mêle toi de ce qui te regarde Cameron … Oui, mais non. C’est vrai que je n’ai strictement rien à foutre là et qu’à sa place je l’aurai probablement mal pris qu’on vienne me faire chier pendant un moment où visiblement c’est pas … le bon moment justement. Tout ce que je vois là devant moi c’est un mec qui … Je ne dirai pas qu’il pète les plombs, pas comme ça juste en jetant un coup d’œil et quand bien même je ne le connais pas du tout, mais il faut croire qu’il a besoin d’évacuer certaines choses. Il a l’air furieux, complètement hors de toutes considérations pour les autres mais si je suis là c’est plus par curiosité – mal placée, certes – que pour lui faire la moindre remarque même si c’est pourtant ce que j’ai fait. Il a eu l’air de s’en foutre, ça tombe bien moi aussi. Je ne sais pas trop à quoi je m’expose mais si l’envie lui prends de passer ses nerfs sur moi il sera bien reçu. Fut un temps je passais une bonne partie de mon temps à me battre et ce juste pour le plaisir, je crois que comme beaucoup de choses concernant mon passé j’ai un peu mis tout ça à la trappe mais ça n’est pas pour autant que j’ai oublié comment on faisait. C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas, et ce qu’il est entrain de faire je le fais moi-même régulièrement de toute façon. Je ne me mets pas sur la défensive pour autant, à vrai dire il n’a pas l’air de vivre mon intrusion si mal que ça finalement donc je ne me sens pas spécialement menacé et le provoquer serait à mon avis une belle connerie sans aucun sens. Ça n’est de toute façon pas mon intention.

Sans bouger de mon coin je le regarde attraper la croix qu’il porte autour du cou entre ses doigts et lâcher un ricanement plein de cynisme.

« Non, le Voisin du dessus est bien trop occupé à bourrer le crâne de ses chers fidèles pour leur donner l'illusion qu'il est capable de faire quoi que ce soit de ses 10 doigts. »

Nouveau ricanement de sa part, de mon côté c’est un sourire que j’esquisse. Cette rage, cette colère, c’est vers lui qu’elle est donc tournée ? Vers le Tout-Puissant comme certains l’appellent ? Je ne peux pas m’empêcher d’avoir une pensée pour le gamin que j’étais il y a 7 ans quand la rue m’a pris mon frère. J’étais beaucoup plus froid mais à l’intérieur c’est exactement le genre de pensée que j’avais.

« Ou plutôt à nous faire croire à son existence. Je sais pas quel mec à inventé pareille connerie, mais il aurait pu s’amasser un paquet de fric. »

Il recommence à cogner, je ne bronche pas, attentif plus à ses mots qu’à ses gestes. Intrigué et intéressé. La dernière fois que j’ai eu une conversation sur Dieu c’était avec Kate, sur le toit, il y a des mois de ça, peut être même plus d’un an maintenant.

« Admettons que le Seigneur existe, il a l'air bien trop occupé à regarder toute une population crevée plutôt que de faire quoi que ce soit... »

Il frappe.

« Soit disant, il met à l'épreuve. Pauvre con. »

Encore.

« Et tout le monde trouve ça normal qu'il mette à l'épreuve un gosse qui crève la dalle en Afrique. Tout le monde trouve ça normal de mettre à l'épreuve une ado mourant de la leucémie ! »

Tout le monde ? Je ne crois pas, mais soit. Ce que je vois c’est qu’hormis le sac qui se fissure et laisse s’échapper le sac sur le sol …

« Puta de mierda ! »

… Et sa main blessée, c’est que ce qu’il vit est potentiellement une chose que je peux comprendre parce que si je ne me plante pas, si mon feeling est bon, ça ressemble proprement à la réaction d’un type qui a perdu quelqu’un, qui ne comprend pas pourquoi, qui trouve ça injuste et qui par conséquent à besoin d’un coupable. Je ne juge pas, j’interprète seulement sans avoir la prétention d’affirmer que j’ai raison. Peut être que je me plante sur toute la ligne après tout.

« J'aimerais te dire que j'suis désolé de t'avoir choqué si tu prie le petit Jesus, mais j'y arriverais pas. »
« Il en faut un peu plus que ça. »

Tout ça dit avec un léger sourire, sans expression précise.

« Qu’il existe ou pas, Jesus ou son Père d’ailleurs, j’avoue que j’ai arrêté de me poser la question depuis un moment. »

Et dans un nouveau signe de tête je désigne encore une fois son chapelet.

« J’en ai porté un pendant des années, j’allais à l’église, je priais même, et puis du jour au lendemain je l’ai balancé. J’étais en colère, j’avais besoin d’un coupable et il était tout trouvé. »

J’aurai pu dire : Comme toi. Mon instinct m’a dit qu’il se serait braqué si j’avais fait ça. Je ne suis personne, il ne me connait pas au même titre que je ne le connais pas et je crois qu’il n’y a rien de pire qu’une personne qui à l’air de tout comprendre et tout savoir.
Quand Sullivan est mort j’ai arrêté de croire, ou plutôt je me suis servi du Voisin du dessus comme j’aime l’appeler pour évacuer ma frustration même si ça ne m’a pas empêché de venger mon frère. Cette chaine que je porte autour du cou c’est la sienne, c’était sa croix à lui aussi, mais après l’enterrement je l’ai balancé – donc non ça n’était pas vraiment du jour au lendemain mais si … un peu quand même – et je n’ai gardé que la chaine. Le mien propre est resté là où je créchais, peut être qu’il y est encore, aucune importance. Enfin c’est ce dont j’essaie de me convaincre mais ça n’est pas le sujet. Ça aura toujours de l’importance. Cette colère je l’ai gardé en moi pendant un moment et puis le temps a fini par faire son œuvre comme on dit, aujourd’hui je ne me sens plus vraiment concerné mais ça ne m’empêche pas de garder un intérêt pour le sujet malgré tout, même si ça peut paraitre paradoxal exprimé comme ça.

« Peut être qu’il a créé les Hommes et qu’il s’est rendu compte qu’on était une putain de saloperie d’espèce alors il a lâché l’affaire et il nous a laissé livré à nous même. Y a plus qu’à espérer que les bonnes personnes fassent pencher la balance dans le sens le plus positif mais apparemment c’est plutôt mal barré pour l’instant. »

Ton détaché, une simple hypothèse. Il parait que l’Homme est un Loup pour l’Homme … Je « connais » deux hybrides, et sincèrement c’est loin d’être les pires alors laissez ces pauvres Loups tranquilles. Y compris les animaux qui d’après moi sont bien plus sains que notre espèce même si je ne m’y connais pas vraiment. Je crois que nous autres les Humains, on est en quelque sorte le ver dans la pomme.

« Et puis toutes ces conneries de religion, peu importe lesquelles, pour moi elles se valent toutes. Dieu n’a plus grand-chose à voir là dedans, c’est juste les idées des Hommes qui sont exprimées, interprétées et imposées. »

A mon sens il n’y a plus vraiment de Dieux, juste des Hommes qui se prennent pour Lui, ou pour Eux. Avoir la foi c’est une chose, un truc personnel, mais tout le monde peut se lever un jour et décider de jouer les Prophètes, il y aura toujours des agneaux égarés en grand manque de repères pour suivre le troupeau et surtout le berger.

« Enfin ça n’est que mon avis. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 960
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Losing my religion - ft Cameron   Dim 14 Sep 2014 - 20:48

Je suis fatigué d'avance de tout ça, de cette discussion par ce qu'au fond j'sais pas ce que je veux réellement. En parler à un inconnu, comme ça, de tout ça, de mes croyances... c'est pas tellement mon genre en fait. Non, ce qui me ressemble le plus c'est d'envoyer tout le monde se faire foutre, d'emmerder ceux qui ont l'air le moins dégourdis. De faire des conneries dans ce château mais pas suffisamment pour me faire virer, parce qu'ici j'ai le gite et le couvert et que ça, c'est plutôt pas mal. Question cours : J'en ai rien à foutre non plus. Je sais même pas dans quel sens va ma vie, alors …

J'ai devant moi un mec que j'ai seulement croisé mais que j'ai vu plusieurs fois avec Ryans – d'ailleurs, peut-être qu'une petite soirée avec lui me ferait pas de mal, même si parfois, il est trop gay pour moi, mais j'l'aime bien –, qui me parle du Grand Seigneur que je devrais prier tous les soirs pour le remercier de m'avoir enlever ma sœur, celle qui comptait le plus à mes yeux. La seule que j'avais, en réalité. Cette tragédie comme certain l'appel, m'a apprit à refuser tout attachement. C'est moche hein, c'est pitoyable. Peut-être. Mais en même temps, on s'en branle. Sérieusement.

Je crache un poco – mas o menos mucho – sur Dieu, ma haine et ma rancune. Avec acidité. Et ce sac de frappe en a fait les frais.

Il n'a pas l'air choqué, il me le dit. J'me demande s'il est croyant ou s'il l'était, j'en sais foutrement rien. Il sourit, un peu.

« Qu’il existe ou pas, Jesus ou son Père d’ailleurs, j’avoue que j’ai arrêté de me poser la question depuis un moment. »

Voilà qui répond plus ou moins à ma question. Il désigne mon chapelet d'un signe de tête.

« J’en ai porté un pendant des années, j’allais à l’église, je priais même, et puis du jour au lendemain je l’ai balancé. J’étais en colère, j’avais besoin d’un coupable et il était tout trouvé. »

Je ne dis rien, ne bronche pas. Parce que c'est ce exactement ce que je fais. Trouver un coupable ? J'suis pas d'accord parce que le coupable là dedans, c'est lui. Dieu, Son Fils, ou je ne sais qui d'autre est coupable de m'avoir enlever ma sœur si tant est qu'il existe. Mais puisque je me persuade qu'aujourd'hui il n'existe pas alors... Alors qui est le véritable coupable ? J'ai l'impression d'être prit au piège dans un nœud épais où au moment où tu crois obtenir une réponse, tu te retrouve de nouveau bloqué. Ne pas y croire, ne plus y croire, y croire mais lui en vouloir, le renier.

Pour le moment, je me demande pourquoi il en est venu à ne plus y croire. Un décès ? Une action ? Un événement ? Ou un simple coup de tête ? La dernière supposition me paraît beaucoup moins plausible.

« Peut être qu’il a créé les Hommes et qu’il s’est rendu compte qu’on était une putain de saloperie d’espèce alors il a lâché l’affaire et il nous a laissé livré à nous même. Y a plus qu’à espérer que les bonnes personnes fassent pencher la balance dans le sens le plus positif mais apparemment c’est plutôt mal barré pour l’instant. »

Je sais pas pourquoi mais ce qu'il me dit là me fou une sacré claque dans la gueule. Parce que j'avais jamais vu les choses de cette manière et que, en bon croyant que nous étions lui et moi, cette hypothèse paraît … plus possible que la non existence. Mes bras restent ballant le long de mon corps, j'encaisse le choc en silence. Je suis l'une des personne qui ne fait pas pencher la balance dans le sens le plus positif, ça aussi c'est une vérité. Mais peut-être que je m'en fou, non sûrement. J'en sais rien. Merde, Mateo t'es où là.

Nous sommes nos propres bourreaux, notre propre fléau. Et si Dieu existe, quand nous regardons l'humanité, alors je pourrais comprendre qu'il n'ait plus envie de ce charger de nous.

« Et puis toutes ces conneries de religion, peu importe lesquelles, pour moi elles se valent toutes. Dieu n’a plus grand-chose à voir là dedans, c’est juste les idées des Hommes qui sont exprimées, interprétées et imposées. Enfin ça n'est que mon avis. »

Je lâche un ricanement sec et amer.

« C'est sûr qu'il a toujours été plus facile de décimer une population entière, soit disant pour une religion alors qu'il ne s'agissait qu'un simple besoin de pouvoir. Enfin un besoin … Si on peut appeler ça comme ça. Bref, ça change rien aux faits pour moi. »

Je saisis ma baguette et fait disparaître le sac de frappe ainsi que le sable rependu sur le sol. Mon souffle se calme, les battements de mon cœur, par contre je transpire comme un porc mais ça, c'est pas tellement grave. Dingue comme on peut s'attarder sur des détails à la con quand la situation nous échappe. Oui parce que c'est le cas.. parce que con me fou le doute.

Je passe le dos de ma main sur mon front, essuyant la sueur avant de poser de nouveau mon regard sur lui.

« T'as l'air en tout cas d'avoir un avis précis sur la question... Sacré veinard. Porque yo... j'me pose toujours la question tu vois ? »

Je reste là devant lui, me sentant un peu con mais je crois que les bienfaits de la boxe improvisés font leurs effets, j'me sens presque plus détendu et … fragile. Ca j'aime pas. La fragilité n'existe pas chez moi, pas chez un homme. J'suis pas une mauviette. Pourtant, ce mec là, devant, qui a eu autrefois les mêmes croyances que moi, bah ça m'rassure. Putain c'est tellement con mais ça aide de voir que quelqu'un ressent le même truc que toi. J'me ramollis, Puta.

« J'me demande si j'dois vraiment Lui en vouloir ou si j'dois en vouloir aux Hommes de manière général. Autant te dire que ton Hypothèse de « Dieu nous a créé mais à complètement lâché l'affaire en voyant ce qu'on foutait de nos vies », ça me semble plausible. Voir même carrément … réel. J'en sais rien... J'l'ai juste détesté et j'le déteste encore. Alors peut-être que c'est un bon coupable, ça c'est certain mais on m'a toujours apprit que Dieu était proche de toi, que plus tu le prie, plus il est là, à écouter tes bonnes paroles..." Je lâche un autre ricanement, teinté de sarcasmes. " Mais tu vois, il a jamais été là, à aucun moment de ma vie et surtout pas là où j'en ai eu le plus besoin. Pourtant, c'est pas faute d'avoir usé mes genoux comme un con pour prier son nom. Putain .. c'est à rien y comprendre. C'est un amas de connerie sans nom. Ca et ce qu'en font les hommes.»

Ouais, ce mec est entrain de me remettre en question.

"Ils ont sûrement arrangé à leur sauce tout ça, l'histoire, la Bible, le Coran. Elles sont toutes pareils et le dieu reste le même. Pourtant, si tu les écoute... t'as l'impression que tout est différent. Et rien qu'à cause de ça, t'as des milliers de personnes qui crèvent sans savoir pourquoi."

Tout ça pour quoi au final? Je comprendrais jamais.
Camélia me manque. Son image me revient, celle d'hier où j'ai cru l'espace d'un instant qu'elle reviendrait.

« Mais il pourrait au moins épargner... certains d'entre nous. T'as des gamins qu'on rien demandé, des femmes, des hommes. Moi, ça m'rends dingue de voir ça. Ca m'rends dingue de voir qu'il laisse des âmes crevés à cause d'une majorité qui foire. »

Tu t'emballes Mateo.

« Bref. Peut importe... »

Je transforme un livre en serviette et m'essuie le visage, puis sort un paquet de clope de ma poche pour m'en allumer une. Je lui tends, en arquant un sourcil :

« T'en veux une ? »

Il accepte, je lui balance et le briquet avec après avoir allumer ma propre cigarette. J'inspire la nicotine, m'en empli les poumons et l'expire en silence. Je ne me ferais jamais à l'idée que Camélia ait quitté cette terre à cause d'une maladie. Pourquoi laisser mourir des personnes comme elle à cause de …

A cause de quelqu'un comme moi ? Non, je n'irais pas si loin.

« Et toi, « mon frère », pourquoi le Seigneur t'as-t-il mit suffisamment en colère pour le renier ? »

« Mon frère », avec un peu d'ironie mais qui fait simplement référence à notre ancienne croyance mutuelle mais aussi, visiblement, à un rejet commun. Bizarrement, ça me fait un drôle d'effet. Pas rassurant, pas apaisant... mais j'sais pas. C'est là et je me surprend à apprécier. D'avoir ce type en face de moi avec la tête sur les épaules et qui finalement, n'est peut-être pas si différent de moi.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7735
Date d'inscription : 30/03/2010
Crédits : Avatar JunkieMouse & Gifs by Tumblr.
Double Compte : Enzo ▬ Isma ▬ Jeremiah ( parti ) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3331-gangsta-s-paradize-cameron
MessageSujet: Re: Losing my religion - ft Cameron   Mer 17 Sep 2014 - 23:47

Parler de Dieu, de la Religion, de tout ce que ça concerne et implique, depuis combien de temps ça ne m'était pas arrivé ? Il me semble effectivement que la dernière fois était en début d'année avec Kate, sur le toit, mais je ne suis pas vraiment sur de moi. C'est comme si tout ça était une autre vie, lointaine …
Je n'ai pas le souvenir d'avoir repensé à tout ça depuis un sacré moment en tout cas, j'ai arrêté de me poser des questions sur le sujet depuis un moment maintenant et dans mon entourage personne n'est réellement croyant à ma connaissance. Il faut croire que j'ai laissé tout ça derrière moi, avec tout le reste, mais ça ne me perturbe pas réellement de remettre tout ça sur le tapis. Il est plutôt clair que le plus perturbé ici ça n'est pas moi mais bien lui, ce type à qui je n'ai jamais adressé la parole jusqu'ici et qui apparemment est sérieusement en colère contre le Voisin du dessus. Je viens de donner mon avis, sur un ton relativement neutre, lui c'est un rire sec et plein de sarcasme qu'il laisse échapper. Je reste de marbre et concentre mon attention sur lui, sur ce qu'il s'apprête à dire, intéressé.

« C'est sûr qu'il a toujours été plus facile de décimer une population entière, soit disant pour une religion alors qu'il ne s'agissait qu'un simple besoin de pouvoir. Enfin un besoin … Si on peut appeler ça comme ça. Bref, ça change rien aux faits pour moi. »

Ce débat est à mon sens plus que vaste mais surtout ancestrale. De mémoire d'Homme la guerre a toujours existé et ce peu importe sa forme. Plus le temps passe, plus les motifs et raisons s'élargissent. Au départ c'était pour un territoire, pour de la nourriture, puis la Religion a pointé son nez, l'argent aussi, et l'espèce humaine a continué sur sa lancée qui à mon avis n'est pas prête de se stopper. On finira probablement par tous s'entretuer, et d'ailleurs c'est un peu comme ça que ça fonctionne dans la rue. La guerre des Gangs, voilà comment ils appellent ça. On parle bien de guerre, à petite échelle certes mais le terme guerre est employé quand même et ces conflits continueront jusqu'au dernier homme debout, j'en suis convaincu.

Dans un autre registre je ne peux pas nier avoir ressenti un certain frisson quand il a sorti sa baguette et commencé à la manier. J'ai beau vivre ici depuis un paquet de temps maintenant, je crois j'aurai toujours la même réticence vis à vis de ça. Il y a surement un peu d'appréhension là dedans mais aussi beaucoup dégoût malheureusement. Je dis malheureusement parce que j'ai aujourd'hui pas mal de connaissances du côté Sorcier de la barrière et vis à vis d'eux j'aurai sans doute toujours une pointe de culpabilité mais … C'est comme ça. Je la suis donc du regard jusqu'à ce qu'il se remette à parler et là mes yeux retrouvent son visage.

« T'as l'air en tout cas d'avoir un avis précis sur la question... Sacré veinard. Porque yo... j'me pose toujours la question tu vois ? »

Question rhétorique, je ne réponds donc pas. Il a beau rester planté là devant moi comme s'il attendait quelque chose de ma part, une réaction, je reste statique et stoïque.

« J'me demande si j'dois vraiment Lui en vouloir ou si j'dois en vouloir aux Hommes de manière général. Autant te dire que ton Hypothèse de « Dieu nous a créé mais à complètement lâché l'affaire en voyant ce qu'on foutait de nos vies », ça me semble plausible. Voir même carrément … réel. J'en sais rien... J'l'ai juste détesté et j'le déteste encore. Alors peut-être que c'est un bon coupable, ça c'est certain mais on m'a toujours apprit que Dieu était proche de toi, que plus tu le prie, plus il est là, à écouter tes bonnes paroles... »

Tu ne tueras point … Trop tard. C'est évident qu'être croyant et membre d'un gang peut paraître assez incompatible et pourtant … Il se trouve qu'on a notre propre code de conduite, notre propre code d'honneur, oserais-je le dire, nos propres commandements. Est ce que Dieu a réellement eu son mot à dire un jour ? Qui sait. Pour le savoir il faudrait déjà commencer par trancher de sa véracité ou non.
Avec ces pensées en tête je le laisse parler, s'exprimer, évacuer même, sans avoir la moindre intention de rajouter quoi que ce soit à ses paroles.

« Mais tu vois, il a jamais été là, à aucun moment de ma vie et surtout pas là où j'en ai eu le plus besoin. Pourtant, c'est pas faute d'avoir usé mes genoux comme un con pour prier son nom. Putain .. c'est à rien y comprendre. C'est un amas de connerie sans nom. Ça et ce qu'en font les hommes.»

Un avis sur la question ? Un commentaire ? Toujours pas. Ça ne veut pas dire que je n'en pense rien pour autant.

« Ils ont sûrement arrangé à leur sauce tout ça, l'histoire, la Bible, le Coran. Elles sont toutes pareils et le dieu reste le même. Pourtant, si tu les écoute... t'as l'impression que tout est différent. Et rien qu'à cause de ça, t'as des milliers de personnes qui crèvent sans savoir pourquoi. »

Je crois qu'il a juste besoin de parler, me taire me paraît donc la meilleure chose à faire. C'est instinctif de toute façon. J'écoute et c'est très bien comme ça.

« Mais il pourrait au moins épargner... certains d'entre nous. T'as des gamins qu'on rien demandé, des femmes, des hommes. Moi, ça m'rends dingue de voir ça. Ca m'rends dingue de voir qu'il laisse des âmes crevés à cause d'une majorité qui foire. »

Il vient de là le problème, j'en mettrais ma main à couper et si effectivement je ne me plante pas alors je pense que je peux parfaitement comprendre l'état d'esprit dans lequel il se trouve. Lui dire les choses comme ça ? Non. Pas maintenant en tout cas. J'écoute et c'est tout.

« Bref. Peut importe... »

Laïus terminé ? Il semblerait bien. Contrairement aux apparences je ne suis absolument pas dans le jugement et encore moins dans la critique. Un instant je baisse les yeux sur le sol et me redresse un peu pour « m'installer » un peu plus confortablement contre le mur sans perdre ma position initiale, celui d'après je relève la tête et fais face à une cigarette.

« T'en veux une ? »
« J'étais parti en mode esprit sain dans un corps sain mais … ouais, merci. »

Il me la lance, le briquet avec, objet que je lui rends après avoir allumé ma clope.

« Et toi, « mon frère », pourquoi le Seigneur t'as-t-il mit suffisamment en colère pour le renier ? »

Sourire, puis rire. Je comprends parfaitement l'allusion à son « mon frère ». Le voilà mon tour de parler, mon moyen de lui faire comprendre ma façon de penser, de lui exposer mon point de vue face à tout ce qu'il vient de me dire. Ça n'a rien d'un conflit, c'est simplement une conversation. C'est donc de manière décontracté que j'entre vraiment dans la pièce et fais quelques pas tout en tirant une nouvelle taffe sur la cigarette qu'il m'a offert.

« J'ai grandi dans une communauté latine très croyante. Je sais qu'à voir ma gueule c'est pas hyper flagrant, j'ressemble plus à un Suédois qu'à un hispanique mais c'est ça l'Amérique, un sacré mélange de culture. Et de toute façon je n'avais pas de lien de sang avec eux. »

Mon père est Américain, et blanc. Mon frère était à moitié Irlandais et ma mère complètement Russe. On avait certes tous les quatre la même couleur de peau mais la mixité était présente rien que chez nous déjà. Enfin ça c'était avant que ce foyer explose en morceau.

« J'ai perdu mon frère, ça été très brutal. C'est lui qui m'a élevé parce que notre père était un sale con et de toute façon il est mort quand j'avais 5 ans. Sa mère a lui est morte aussi, à mon frère je veux dire, et la mienne s'est barré quand j'avais 6 ans. On avait 10 ans d'écart, c'était mon modèle et surtout la personne en qui j'avais le plus confiance. »

Je n'oublierai jamais certaines images, certaines sensations, mais je vis avec depuis tellement de temps que je me suis finalement habitué.

« Quand c'est arrivé mon monde s'est écroulé et même si j'étais entouré, même si la « famille » était là, j'ai eu l'impression de tout perdre. On a beau savoir que ça peut arriver quand on vit dans un certain cadre, on n'est jamais préparé à ça et puis j'avais 15 ans. A 15 ans tu vois pas les choses de la même manière qu'à 22, d'après moi en tout cas. »

Même si ça ne change rien à la douleur, évidemment.

« C'est à partir de ce moment là que j'ai décidé d'arrêter de croire, que ça ne servait à rien de lui consacrer du temps à celui là parce qu'il n'avait pas été capable de protéger mon frère et que donc tout ça c'était du temps perdu. Je l'ai détesté, j'ai jeté la croix que je portais autour du coup et je me suis juré de ne plus jamais refoutre les pieds dans une église. »

Et je m'y suis tenu.

« Avec le recul j'ai relativisé, je ne me suis pas rapproché de Dieu ou de la religion pour autant, je me suis dit que c'était de toute façon pas une bonne idée de compter sur quelqu'un d'autre que soi même ou alors d'autres personnes bien concrètes, que compter sur un type que personne n'a jamais vu c'est ... trop risqué mais j'ai arrêté de rejeter la faute sur lui. Enfin dans l'hypothèse où il existe bien sur. Je me suis juste dit que c'était comme ça, que c'était la vie et que l'être humain est fragile, qu'on est pas tous fait pour vivre longtemps et c'est tout. »

Haussement d'épaules. Nouvelle taffe.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 960
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Losing my religion - ft Cameron   Mar 23 Sep 2014 - 21:59

J’ai terminé mon blabla et ce, sans me faire interrompre une seule fois. Est-ce que ça le dérange de m’entendre parler de tout ça ?  J’en ai pas l’impression et même si c’était le cas, que voulez-vous que j’y fasse ? Je ne l’ai pas forcé à venir me taper la conversation même si là j’avoue, elle devient intéressante. Ce type à l’air d’être aussi je m’en foutiste que moi, un vrai plaisir. Et c’était même pas ironique. Parler de religion, je ne l’avais pas fait depuis un sacré nombre de años. Au contraire, ce sujet me révulsais et me donnait presque de l’urticaire. Bizarrement ici, ça me met plus en colère qu’autre chose, mais rien de plus. Peut-être parce qu’il fallait que ça sorte ? Foutaise ouais.
 
Je lui propose une clope qu’il prend sans réellement hésiter ; esprit sain dans un corps sain? Longue vie à toi alors, mi amigo. J’avoue ne plus réfléchir à ce genre de détail. Puisque visiblement nous mourrons tous un jour ou l’autre à un moment où l’on s’y attendra le moins, autant cramer la vie avant qu’elle ne le fasse elle-même. Je ne prenais plus réellement de plaisir à vivre mes jours, sans Camélia, tout perdait de sa valeur, de sa saveur. Je ne sais toujours pas comment mes parents font pour vivre plus ou moins tranquillement leur quotidien mais moi j’y arrive pas. Bref, on s’en tape bordel.
 
Qui aurait-cru que je puisse tenir une conversation si philosophique, hein ? Je suis qu’un abruti irrespectueux, pas un philosophe des religions et sur la perception de mort et de vie. Ça, c’est pas pour moi. ? N’empêche que le mec en face de moi – dont je ne connais toujours pas le prénom… -  a l’air d’avoir vécu plus ou moins le même parcours que le mien. Intéressant, mon frère.
 
« J'ai grandi dans une communauté latine très croyante. Je sais qu'à voir ma gueule c'est pas hyper flagrant, j'ressemble plus à un Suédois qu'à un hispanique mais c'est ça l'Amérique, un sacré mélange de culture. Et de toute façon je n'avais pas de lien de sang avec eux. »
 
Première coïncidence qui, je ne sais pour quelles raisons, me porte un coup au cœur. L’Amérique, latine de surcroit. Mierda, le monde est petit. Pour sûr qu’il est aussi blanc que peut l’être un ricain mais je sais pas, ça m’fais un truc quand même qu’il me parle de ça. Peut-être mes origines qui ressortent. Puis, concernant les liens du sang … « chez nous » les liens du sang sont importants, c’est LA familia mais quand t’as un pote, un vrai, dans la merde, il reste ton frère et tu peux pas le laisser comme ça.
 
Je continue de tirer sur ma cloque tout en l’écoutant. Je sens d’ici la chaleur de l’Argentine, ses odeurs, sa poussière.
 
« J'ai perdu mon frère, ça été très brutal. C'est lui qui m'a élevé parce que notre père était un sale con et de toute façon il est mort quand j'avais 5 ans. Sa mère a lui est morte aussi, à mon frère je veux dire, et la mienne s'est barré quand j'avais 6 ans. On avait 10 ans d'écart, c'était mon modèle et surtout la personne en qui j'avais le plus confiance. »
 
Nouveau coup au cœur, mais je ne laisse rien paraitre. Pourtant, c’est là. C’est même sacrément bizarre de voir un mec qui est presque comme toi. Entre la croyance, l’ambiance latine, la perte d’un frère… Ça me trouble, j’peux pas le cacher. C’est même étrange à entendre. Je le laisse continuer de me raconter cette histoire qui éclaire le discours qu’il m’a tenu tout à l’heure sur Dios.

« Quand c'est arrivé mon monde s'est écroulé et même si j'étais entouré, même si la « famille » était là, j'ai eu l'impression de tout perdre. On a beau savoir que ça peut arriver quand on vit dans un certain cadre, on n'est jamais préparé à ça et puis j'avais 15 ans. A 15 ans tu vois pas les choses de la même manière qu'à 22, d'après moi en tout cas. »

J’avais… 16 ans quand elle est morte. Plus ça va, plus je tire un peu plus fort sur ma cigarette sans m’en rendre compte. J’ai chaud. Cette situation est trop bizarre et je ne peux que comprendre ce que ce mec à connu. Mais une chose diffère peut-être entre nous : Il a l’air d’avoir fait son deuil, de voir les choses autrement. Moi j’y arrive toujours pas. On a le même âge en plus de ça. J’savais pas que j’avais presque un double dans ce château. Même si je sais que nous sommes loin d’être les seuls dans cette situation… pour le moment, je bloque complètement sur son histoire. Aussi bien choquée par son contenue que par sa ressemblance à ma vie.
 
« C'est à partir de ce moment là que j'ai décidé d'arrêter de croire, que ça ne servait à rien de lui consacrer du temps à celui là parce qu'il n'avait pas été capable de protéger mon frère et que donc tout ça c'était du temps perdu. Je l'ai détesté, j'ai jeté la croix que je portais autour du coup et je me suis juré de ne plus jamais refoutre les pieds dans une église. Avec le recul j'ai relativisé, je ne me suis pas rapproché de Dieu ou de la religion pour autant, je me suis dit que c'était de toute façon pas une bonne idée de compter sur quelqu'un d'autre que soi même ou alors d'autres personnes bien concrètes, que compter sur un type que personne n'a jamais vu c'est ... trop risqué mais j'ai arrêté de rejeter la faute sur lui. Enfin dans l'hypothèse où il existe bien sur. Je me suis juste dit que c'était comme ça, que c'était la vie et que l'être humain est fragile, qu'on est pas tous fait pour vivre longtemps et c'est tout. »
 
Main dans une poche, l’autre qui tient ma cigarette, je reste quelques secondes bloquées. Le même tracé, le putain de même tracé. Ce mec vient de me raconter ma propre vie, à deux trois détails près. Qu’est-ce que j’peux dire à ça hein ? J’pense pas que ça soit le genre de type à aimer recevoir tout un flot de parole pour dire qu’on est désolé, qu’on a pitié de leurs âmes etc…
 
« C’était ma sœur et j’avais 16 ans. Leucémie, rejet de greffe.»
 
Sortie comme ça, sans que je ne m’en rende réellement compte. Je lâche mon mégot et l’écrase sous ma basket avant d’en ressortir une autre et de la mettre en mes lèvres, l’allumant avec mon zipo et je balance le tout au « frère » en face de moi. Qu’il se serve s’il en a envie.
 
« Même chemin, même histoire. Sauf pour les parents…  Les miens sont cool. Le côté Latin... J’suis Americain du côté de ma mère et Argentin du côté du Padré, donc j’comprends ce lien que tu pouvais avoir avec eux. La famille, c’est la famille. De sang ou pas. Tu m'rends nostalgique vieux.»
 
Je tire ma seconde taffe et inspire avec apaisement. La colère ressentie depuis hier se dissipait au fur et à mesure, je ne sentais plus cette boule de nerfs coincé entre mes deux poumons. Je ne dis pas que ce mec a joué le rôle du Messi mais visiblemente, discuté avec lui de tout ça a apaisé quelque chose, quelque part. Bref, on s’en fou.
 
« Ça sert à rien que j’répète ce que t’as dis, j’suis passé par le même truc. A diferencia de, je n’arrive pas à avaler ce qu’il s’est passé et encore moins à me dire que Camélia a vécu son temps sur cette terre et qu’elle était destinée à vivre moins longtemps que moi. Qu’elle n’était pas faite pour vivre longtemps. Pas quelqu’un comme Elle. »
 
Pas quand on voit le connard que je suis devenu, pas quand on voit comme je fuis mes parents, ignore leur douleur de manière la plus égoïste : Par l’absence.  Une personne aussi douce que Camélia aurait dû avoir toute la vie devant elle, un mari, des gosses, un boulot qui lui plait, j’en sais foutrement rien mais une belle vie. Pas la mort. Ça, ça aurait dû être pour ma gueule. Ils peuvent penser que c’est  digne d’une pièce de théâtre tragique mais je les emmerdes. En attendant, c’est moi qui vis avec ce poids sur les épaules.

"Mais peut-être qu'un jour j'aurai le même recul que toi pour arrêter de blâmer notre "Pauvre" Seigneur... Va savoir." Je balaie ma phrase d'un geste de la main avant d'ajouter "Ah et ... Désolé pour ton frère."
 
C'était sincère, surtout en vu de ma situation.
Je pousse un soupir avant d’hausser les épaules à mon tour.
 
« Bref, en tout cas faut croire qu’on est pas si différent, toi et moi. Même si t’es aussi hispanique que Ryans puisse l'être. »

Je lâche un rire. Ton de la plaisanterie. L'atmosphère est cette fois complètement détendu et ça n'est pas plus mal je pense. Pour moi en tout cas. Ce mec attire ma sympathie et autant être honnête, c'est pas donné à tout le monde dans ce château. Pour le moment, le seul mec avec qui je m'amuse réellement c'est Ryans. Ce petit con est aussi branleur que Princesse, mais c'est cool et marrant. Après, il y a Maxime, mais c'est une nana... quoi que parfois, on s'pose la question.

« D'ailleurs... Parait que les Blancs ne savent pas sauter ? » Je déchire une feuille d'un bouquin qui se trouvait par là, en fait une boule de papier, prends ma baguette entre mes doigts et la transforme d'un moulinet en un ballon de basket que je fais rebondir entre le sol et ma main avant de la lui jeter. « T'es ricain, t'as été élevé avec les Latinos de ton quartier, je suppose que ton activité du mercredi après-midi c'était pas du tricot.. non ? »

Nouveau sourire de ma part. J'serais pas contre une petite partie, après c'est à lui de voir. J'viens de me rappeler que j'connais toujours pas son prénom.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7735
Date d'inscription : 30/03/2010
Crédits : Avatar JunkieMouse & Gifs by Tumblr.
Double Compte : Enzo ▬ Isma ▬ Jeremiah ( parti ) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3331-gangsta-s-paradize-cameron
MessageSujet: Re: Losing my religion - ft Cameron   Mer 24 Sep 2014 - 13:20

Voilà, ça c’est fait. Quand j’ai débarqué ici je m’étais un point d’honneur à ne jamais parler de ça, à qui que ce soit, parce que je voulais que ça reste mon secret, je ne voulais pas partager mon frère je crois. Aujourd’hui ça n’est plus vraiment le cas même si ça n’est pas non plus quelque chose dont je parle en permanence. C’est même plutôt rare, il faut que l’occasion se présente et en général je n’évoque ça qu’avec des personnes que je connais bien mais il y a des exceptions, et visiblement ce gars là en fait partie. A aucun moment je ne me suis forcé, j’ai simplement suivi mon  instinct et voilà le résultat. Si ça peut l’aider, c’est du bonus, mais au moins maintenant il sait qu’il n’est pas le seul à s’être posé des questions sur le sujet, à avoir été en colère à cause du Voisin du Dessus, etc … Apparemment c’est un choc pour lui, peut être qu’il ne s’attendait pas à ça. il faut dire que quand ce genre de truc vous tombe dessus vous avez rapidement l’impression que personne ne peut comprendre, que votre cas est isolé, mais bien sur c’est complètement faux. La douleur peut parfois rendre égocentrique, c’est un fait.

« C’était ma sœur et j’avais 16 ans. Leucémie, rejet de greffe. »

Et le voilà qui se débloque, maintenant je comprends mieux. Leucémie, rejet de greffe, bien sur que je pense à Jill et c’est d’ailleurs à elle que je me suis confié en premier concernant mon passé et mon frère. Ce qui est arrivé à ce type, elle l’a vécu aussi, elle a même donné son propre rein à sa petite sœur mais ça n’a malheureusement pas fonctionné. Je sais ce que c’est de perdre un proche, mais pas de cette manière. Au final le résultat est le même de toute façon.
Nouvelle clope pour lui, il me relance son paquet et son briquet mais je n’ai toujours pas terminé la mienne. Je savoure, la première cigarette de la journée.

« Même chemin, même histoire. Sauf pour les parents…  Les miens sont cool. Le côté Latin... J’suis Americain du côté de ma mère et Argentin du côté du Padré, donc j’comprends ce lien que tu pouvais avoir avec eux. La famille, c’est la famille. De sang ou pas. Tu m'rends nostalgique vieux.»

Sourire de ma part mais toujours aucun mot. C’est assez déroutant quand on y pense, visiblement on a beaucoup plus de points communs que ce que je pensais. Et lui aussi.

« Ça sert à rien que j’répète ce que t’as dis, j’suis passé par le même truc. A diferencia de, je n’arrive pas à avaler ce qu’il s’est passé et encore moins à me dire que Camélia a vécu son temps sur cette terre et qu’elle était destinée à vivre moins longtemps que moi. Qu’elle n’était pas faite pour vivre longtemps. Pas quelqu’un comme Elle. »

Je comprends. La maladie est une chose ingrate, elle s’abat sur n’importe qui sans distinction et quand on ne peut pas la combattre j’imagine que c’est extrêmement frustrant. Dans mon cas c’était différent, avec notre mode de vie on se doutait bien qu’on ne vivrait pas vieux alors j’imagine que quelque part c’était presque une fatalité même si on aurait pu choisir de tout arrêter ou ne pas prendre cette voie là. On a choisi, il faut assumer. Les regrets ça n’a jamais été mon truc de toute façon. Sulli est mort, je ne le ramènerai pas, point.

« Mais peut-être qu'un jour j'aurai le même recul que toi pour arrêter de blâmer notre "Pauvre" Seigneur... Va savoir. »
« J’te le souhaite. »
« Ah et ... Désolé pour ton frère. »
« Merci. Pareil pour ta sœur. »

C’est bateau, mais ça touche néanmoins.

« Bref, en tout cas faut croire qu’on est pas si différent, toi et moi. Même si t’es aussi hispanique que Ryans puisse l'être. »

Ryans. J’imagine qu’il fait référence au plus jeune des deux mais l’un ou l’autre de toute façon c’est pareil. Il n’empêche que c’est deux là pourraient beaucoup plus facilement passer pour des latins que moi. Bruns, bronzés, … J’suis plutôt pâlot et châtain clair alors … Enfin on s’en tape, il rit, moi aussi, et je crois que la conversation qu’on vient d’avoir est terminée.

« D'ailleurs... Parait que les Blancs ne savent pas sauter ? »
« Tss, c'est des conneries ça. »

Je tire une nouvelle latte et le regarde faire. Quelques instant plus tard ce qui était un vulgaire bout de je ne sais trop quoi devient un ballon de basket. Ça me dépassera toujours. Réflex, malgré la clope entre les doigts j’attrape la balle.

« T'es ricain, t'as été élevé avec les Latinos de ton quartier, je suppose que ton activité du mercredi après-midi c'était pas du tricot.. non ? »
« Va savoir. »

Qu’est ce que t’as contre le tricot ? J’ai pas une gueule à faire du tricot ? Sourire en coin, léger instant de nostalgie quand je repense à mes activités de l’époque, puis retour sur terre.

« J'comptais aller voir si ce p'tit con était réveillé pour aller courir avec lui, mais le basket ça me branche carrément plus. »

P’tit Con = Enzo.
Ça lui va tellement bien.

« Tu sais quoi, viens, on va le réveiller. J'fais souvent du basket avec lui dans un p'tit coin du parc, mais faut de la Magie pour bien faire les choses et … j'ai pas ça en stock. Toi oui, j'le sais, mais j'sais pas si tu connais les sortilèges qu'il utilise et puis de toute façon ça pourrait être marrant. »



« Faut juste pas avoir peur d'avoir froid. »

Ce qui est pourtant mon cas, enfin je n’en ai pas peur mais je n’aime pas particulièrement ça. Je viens de San Francisco les gars, la Californie !

« Au fait ... »

J’étais près à partir mais je me retourne vers lui et lui tend la main.

« Cameron. »

~*~

« Normalement Kyle est dans notre dortoir donc on ne devrait pas tomber sur des trucs qu'on a pas envie de voir. »

On vient de grimper tous les étages jusqu’à la Tour des Gryff et nous voilà entrain de monter les marches jusqu’au dortoir des 6ème années, en silence, malgré l’envie de rire. Au fond de moi j’y crois, j’espère vraiment pouvoir sauter sur le p’tit avant qu’il ne se rende compte de notre présence – enfin s’il est là et qu’il dort encore – mais évidemment, on a à peine le temps d’ouvrir la porte que …

« Vous faites autant de bruit qu'un troupeau de buffles. Et Mateo tu pues la sueur, j'te sens à 20 mètres là. En plus vous sentez la clope. Dégagez. »

Foutus sens de Loup ! Sa voix est complètement enraillée, sa tête est dans son oreiller, il est allongé sur le ventre et ne nous regarde même pas. De mauvaise humeur Loup ? Tant pis, on est là, alors autant se marrer. Je n’attends d'ailleurs pas plus longtemps avant de lui sauter dessus.

« Anh ben alors, qu'est ce que tu fais encore dans ton lit ? La journée est pas déjà finie en Australie ? Allez debout ! »
« Si, justement ! Alors laisse-moi dormir ! Dégage de mon pieu Oncle Sam ! Mais ! »
« Viens faire un câlin ! »

Est-ce qu’on dérange les autres ? Très franchement je ne me pose même pas la question. Le pauvre, il a l’air complètement endormi, mais j’suis pas là pour avoir pitié donc je continue de l’emmerder et de l’écraser de tout mon poids même si à côté de lui je suis aussi léger qu’une plume. D’ailleurs je sais très bien à quel risque je m’expose en faisant ça mais ça n’est pas comme si c’était la première fois.

« Ben alors, t’as fait quoi hier soir pour être autant dans le coltard ? T’es super matinal en général. »



« Tu sais quoi, me réponds pas, j’ai pas envie de savoir. »

Il se débat là sous se draps, il grogne, il râle, mais je ne dégage pas et Mateo a l’air complètement d’accord avec ma manière de procéder d’ailleurs.

« Vous voulez quoi ? Juste me pourrir ma grasse mat ou ... »
« C’est quoi ça ? »
« Touche pas ! Tu vas mettre ton odeur dessus ! »
« C’est ton doudou ? »

Je viens de trouver un vêtement sous son oreiller, mais j’ai à peine le temps de le regarder qu’il me l’a déjà arraché des mains. Tu sais que t’es mignon avec ta p’tite gueule endormie comme ça ?

« C’est un T-shirt que j’ai piqué à Kyle, voilà, t’es content ? »
« Aaaanh. C’est mignon. »
« Ta gueule. »

Long et profond soupir de sa part.

« Pourquoi il a pas dormi là avec toi plutôt ? »
« J’te pose des questions moi ? Tu veux pas aller rejoindre Megan au lieu de m’emmerder ? »
« Non, c’est beaucoup plus drôle de venir te faire chier. J’ai tort ? »

Question posée à l’adresse de l’autre Rouge. Et c'est à lui aussi que Enzo s'adresse d'ailleurs.

« Et toi là ! Tu t’es déjà tapé tout le château ou quoi ? Un dimanche matin tu devrais être avec une nana. Je sais que tu rêves de me voir à poil mais pas d’bol ça ne sera pas encore pour aujourd'hui j’suis en caleçon. Faudra repasser. »

Grande claque sur sa cuisse alors que sa jambe dépasse des draps qui sont désormais dans tous les sens.

« Habille toi, on va faire un basket. »

Et je me relève.

« Je t'autorise à passer dire bonjour à ton homme avant si tu veux. »
« Hum. »

Je m’approche de la fenêtre et tend la main vers sa chatte qui se trouve là mais elle se met à cracher. Sale bête.

« Toujours aussi aimable celle là, comme son maitre. »

Quand je me retourne Enzo est assis sur son lit, les pieds sur le sol, les cheveux dans tous les sens et entrain de se frotter le visage avec ses mains. Réveil en fanfare, merci les copains hein ?!

« J'vous rejoins dans la Salle Commune. »
« T'en profite pas pour te recoucher hein ? »

Et je me suis pris son oreiller dans la gueule, je crois bien que cet enfoiré y a mis toute sa force. Enfin toute celle dont il dispose alors qu’il vient juste de se réveiller j’entends. Enfin il garde quand même de bons réflexes le saligaud. Oui j’ai envie de dire saligaud.

« Et Vargas, pas la peine de rester, j’vais pas chanter. »

Private joke ? Peut être.

~*~

Ça fait cinq minutes qu’on est posé dans la Salle Commune quand le p’tit descend et avant même d’avoir eu le temps de faire quoi que ce soit il me saute dessus, on bascule tous les deux sur le canapé et il m’écrase de tout son poids.

« Putain mais tu pèses combien ?! »

Je sais, je l’ai cherché.

« Aïeeeuh ! »
« Ah tu fais moins le malin là hein ?! »

Avec le temps j’ai appris que ça ne sert à rien d’essayer de luter avec lui, il fini toujours par prendre le dessus à un moment ou un autre. Quel idée d’avoir cette carrure à son âge, je vous le demande ! Il n’empêche que je suis bien plus rapide et plus agile mais on n’est pas là pour ça. Au bout d’un moment il me lâche, j’imagine que Mateo va aussi en prendre pour son grade, et puis le calme revient.

« J’vais vous mettre une branlée. On ne réveille pas Enzo Ryans comme ça, ça le met de mauvaise humeur pour la journée bande de cons. »

Et il parle de lui à la troisième personne, normal. Au moins il emploie celle du singulier, c’est déjà ça …

« Tu passes au 4ème ? »
« Non. »
« Euh … Ok. »
« J’ai promis à Drew d’arrêter de débarquer comme ça. »



« Bon, on y va ou quoi ? J’me suis pas levé pour tailler une bavette les filles. »



« Par contre passage obligatoire par les cuisines ou la grande salle, je crève la dalle. »

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Losing my religion - ft Cameron   

Revenir en haut Aller en bas
 
Losing my religion - ft Cameron
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 03. "Losing my religion" # Ash
» 01. Losing your mind
» Religion dans le SDA
» La religion / les divinités dans la Légende.
» Religion

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Quatrième Etage.-
Sauter vers: