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 Collision ▬ Kim

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MessageSujet: Collision ▬ Kim   Sam 5 Juil 2014 - 16:50

Mercredi 12 Novembre 2014 – Fin d'après midi, avant le diner
Collision



Kim & Enzo

« Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint,
Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore.
Tu es infiniment nombreux.
Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche. Et tous les autres ensembles.
Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile,
N’attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie.
Parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être. »

Pleine Lune J+6. Illusions J+4. Mains dans la poche ventrale de mon vêtement, pour une fois la capuche de mon sweat n'est pas sur ma tête et le vent joue tranquillement dans mes cheveux, ça me fait sourire. Les éléments, le vent entre autre, la pluie qui tombe sur le lac là juste devant mes yeux. Debout sur la berge, je regarde le monde, je l'observe vivre en silence avec un sourire tranquille sur le visage. Seul, je me sens bien, je me sens calme et serein. Une présence ne serait pas une intrusion, je ne suis pas dans cet état d'esprit, mais j'apprécie cette solitude, ce moment hors du temps. Cette journée a été des plus tranquille elle aussi, tout s'est passé sans encombre : Cours magique le matin, Self Defense l'après midi et entre les deux un peu de temps passé avec Kezabel pour bosser. J'avance bien, j'apprends bien, l'élève parfait non ? Non, bien sur que non, personne n'est parfait et heureusement. Je feuillette souvent le livre qu'elle m'a offert, parfois avec un peu plus d'insistance, et particulièrement quand le sujet traite des requins. Je ne sais pas bien pourquoi mais ils me fascinent de plus en plus et ce bouquin me permet d'en apprendre un peu plus sur eux. Sans réellement y penser je les ai côtoyé de loin toute mon enfance et j'entends encore ma mère me dire de faire attention, de ne pas aller trop loin dans l'eau parce qu'on ne sait jamais … Une fois j'ai vu les dégâts provoqué par la morsure d'un de ses squales sur un surfer et j'en ai fait des cauchemars pendant des jours mais ça ne m'a pas dégoûté d'eux pour autant. L'Océan c'est leur milieu naturel, leur maison, nous c'était « juste » notre terrain de jeu alors … C'est comme ça, c'est le risque.

Une créature saute hors de l'eau, elle me surprend et me fait sursauter. Ça n'est pas une sirène mais je ne sais pas ce qu'elle est, je me surprends à trouver dommage que ça ne soit pas une baleine franche, un dauphin ou je ne sais trop quelle espèce de requin. Et puis il y a ces mots qui sortent de ma bouche avec un sourire :

« T'en fais pas M'man, ici je risque rien. »

Je ne sais pas d'où ça vient et je sais que c'est faux. Les créatures magiques sont la plus part du temps beaucoup plus dangereuses que celles qui ne le sont pas alors qui sait exactement ce qui peut bien se cacher sous la surface sombre de ce Lac ? Ça n'est pas l'Océan, certes, donc il n'y a pas de requins et c'est à ça que je faisais référence mais je sais que je prends des risques en allant jouer avec ma planche sur ce plan d'eau d'apparence interminable et calme la plus part du temps même si aujourd'hui le vent et la pluie l'agite un peu.

Et puis je pense à Kyle, à toutes ces choses qu'il ne me dit pas et aux raisons qui le pousse à agir comme ça. Je comprends, je pense, même si parfois j'aimerai que les choses soient différentes. J'aimerai savoir, j'aimerai comprendre, j'aimerai pouvoir faire quelque chose mais s'il ne juge pas nécessaire de me confier tout ça alors je fais avec. Oui j'aimerai qu'il me parle de toutes ces choses qu'il me cache et ne me dit pas mais j'aimerai surtout que ça vienne de lui, spontanément, alors je n'insiste pas, je ne pose pas vraiment de question même si mon imagination un peu trop fertile m'épuise parfois. C'est vrai que parfois je me surprends à penser qu'il ne me fait pas confiance et puis je me raisonne, j'ouvre les yeux et je réalise que non, ça n'est pas ça. C'est juste qu'il m'aime alors à sa façon il veut me protéger, me préserver, et je ne peux pas l'en blâmer pour ça. J'en arrive à me dire que je devrais peut être moi aussi ouvrir un peu moins souvent les vannes ou rester plus évasif pour ne pas l'inquiéter plus que ça. Pas comme avant mais tout juste un peu plus peut être ? Tout va bien, c'était juste un cauchemar … Ce que j'ai vécu il l'a vécu aussi et même si c'était par procuration parfois je crois qu'on en est au même stade, plus ou moins. Peut être pas le même degré, sans doute pas la même manière de gérer, mais le même instinct de faire son possible pour épargner l'autre autant qu'on le peut. Lui aussi a ses propres mauvais souvenirs, ses mauvaises expériences, et je ne suis pas au courant de tout je le sais. C'est grave, c'est difficile, mais ça pourrait toujours être pire non ? Et puis c'est terminé, c'est passé, alors tout va bien. Voilà ce qu'on se dit, ce qu'il se dit peut être quand il décide de garder certaines choses pour lui. Peut être qu'il a raison, peut être que j'ai tort, peut être que tout ça c'est subjectif et que ça n'a pas la moindre importance. Nos balafres, nos cicatrices, elles sont là pour nous rappeler que malgré tout aujourd'hui on est encore debout alors … oui, tout va bien. Pourquoi s'en faire plus que nécessaire ?

Parfois l'être humain me dépasse, je ne le comprends pas toujours et je sais qu'on ne réagit pas tous toujours de la même façon et heureusement mais dans ces moments là je m'éloigne un peu, je m'isole un moment et j'attends que ça passe puis je refais surface. Comme maintenant. Enfin, comme tout à l'heure plus tôt même si je ne fuyais rien de particulier ou plutôt personne ne particulier. C'est juste un de ces moments où le petit garçon solitaire que j'étais refait surface et à besoin de voir le monde à sa façon, sans les autres pour le transformer à la leur volontairement ou pas.
Me revoilà donc, bien décidé à garder mon sourire, à le lui offrir la prochaine fois que sa route croisera la mienne même si je ne le cherche pas vraiment, et à l'offrir sans vraiment y penser à quiconque en voudra. Un peu dans ma bulle je me laisse planer, flotter, et laisse mes pas me guider. Je n'ai pas surfé aujourd'hui mais peut être que j'irai demain. J'en ai bien profité hier, avant de tomber sur June … Encore une chose qui n'a pas la moindre importance.

Retour au château, toujours les mains dans les poches je marche sous la pluie sans un bruit et c'est incroyable ce que la nature est différente en fonction du climat et des éléments. Quand il neige tout est silencieux, c'est un calme olympien qui enveloppe tout l'environnement mais avec la pluie c'est encore un autre silence. Les animaux sont tous cachés pour la plus part, à l'abri, mais comme s'ils sentaient que l'homme ne met pas un pied dehors – en général – quand il pleut alors ils en profitent et sortent faire ce qu'ils ont à faire. Paradoxale. L'instinct est plein de ressources. D'ailleurs parlant de neige, elle ne tardera peut être plus maintenant et je crois que le gosse qui sommeille en mois à hâte de la retrouver. J'adore le soleil, je n'étais jusqu'ici pas un grand fan de la pluie mais je crois que je me suis habitué sans m'en rendre compte, et la neige … La neige, elle, me fait perdre 10 ans comme un peu tout le monde je crois.
Je suis trempé, j'en ai bien conscience, mais ça ne me gène pas et non je ne sens pas le chien mouillé. Ça n'est pas de la grosse pluie, c'est plutôt comme une sorte de bruine persistante qui chatouille le visage quand elle arrive jusqu'à la peau. Va pas risquer la pneumonie, Enzo. Non, en réalité je crois que je ne prends aucun risque justement. J'ai beau creuser dans mes souvenirs, et c'est une réflexion que je me fais souvent, mais je ne crois pas avoir été malade une seule fois depuis que j'ai été mordu alors j'imagine que la Lycanthropie fait ce qu'il faut pour combattre le moindre virus. Plutôt pratique, y a peut être un truc à chercher pour trouver de nouveau médoc et traitement à partir de notre sang, je vais me proposer comme cobaye à Jillian tiens, je suis sur qu'elle sera plus que ravie. Trêve de plaisanterie, hors de question que je devienne un rat de laboratoire mais j'ai arrêté d'essayer de brider mon cerveau contre toutes les pensées étranges – ou pas – qui peuvent le traverser régulièrement. Parlant de Jill j'ai reçu de ses nouvelles ce midi, en réponse au hibou que je lui ai envoyé en fin de semaine dernière, et je suis vraiment content de pouvoir garder contact avec elle comme ça. J'en parle pas trop à Derek mais je crois qu'il le sait de toute façon, ou qu'il s'en doute, et puis je n'ai rien à cacher et lui gère sa vie comme il le veut.

Voilà, je suis au sec à l'intérieur et certains doivent ce dire que j'ai vraiment un grain puisque je me balade toujours avec ma capuche sur la tête … sauf quand il pleut. Je ne sais pas trop pourquoi mais est ce qu'il faut obligatoirement une explication rationnelle ? Réflexe, une fois dans le hall je secoue mes cheveux comme un chien secouerait ses poils et c'est partie pour l'ascension. Coup d'œil à ma montre, le repas sera servi dans peu de temps mais je décide de monter quand même dans le dortoir. Un coup de baguette et je suis sec puis une fois de le dortoir je m'assoie sur mon lit, Lune saute du rebord de la fenêtre sur lequel elle était installée et vient ronronner sur mes genoux, se frotter contre moi et coller son petit nez sous mon menton alors que ses pattes se posent sur mon torse. Session câlin, c'est parti pour les ronrons. Les siens ou les miens ? Ça c'est notre secret.
Je crois que c'est au bout d'une dizaine de minutes qu'elle fait tomber un de mes bouquins de ma table de nuit directement sur le sol et quand je me penche pour le ramasser j'aperçois cette silhouette familière sous mon lit. Un sourire plus franc encore étire mes lèvres : Je t'aurai presque oublié mon pote. Non je ne parle pas d'une personne mais d'un objet. J'aurai pu ramener d'Australie une mes vraies planches comme je l'ai fait pour mon surf mais je crois que j'avais trop peur qu'il finisse en morceau alors j'ai continué de métamorphosé des trucs en skate et voilà le résultat. A la base c'est un livre emprunté à la bibliothèque il y a  des mois de ça, c'est mal … Et ça réveille encore plus mon esprit de gamin, fini l'immobilité et le calme, j'ai envie de glisser. Je l'attrape, laisse Lune en plan sur le lit et dévale les escaliers, traverse la salle commune, descends de nouveau quelques escaliers, lance le sortilège qui renforce le côté glisse de façon à pouvoir le faire sur la pierre et c'est parti pour le show. Couloirs vides, comme toujours ou presque, là où il y a des rambardes, des bancs, de quoi jouer quoi. Je ne vois pas le temps passer, peut être que je suis entrain de rater le diner ? Je ne crois pas, de toute façon je fais confiance à mon ventre pour tirer le signal d'alarme.

Je ne sais pas vraiment combien de temps j'ai pu passer à me marre comme un gamin sans tenir compte des gamelles et des bleus que je dois avoir un peu partout maintenant. Même pas mal ! Un peu quand même mais ça ne m'a jamais empêché de remonter sur mon engin du diable comme l'appelle certains profs. Toujours est il qu'au bout d'un moment j'ai décidé de rejoindre le rez-de-chaussée et la Grande Salle tout en profitant de la moindre occasion pour remonter sur ma planche sauf que si en temps normal je fais attention quand bien même je fais parfois peur à faire le con sur mon skate, cette fois je ne l'ai pas vu arriver ou plutôt je ne regardais pas vraiment où j'allais. L'esprit ailleurs, les yeux captivés par autre chose, j'en sais trop rien mais je l'ai vu au dernier moment et j'ai eu beau faire tout mon possible pour l'éviter je crois que je l'ai touché quand même. Pas violemment, non, la violence c'est moi qui l'est pris et faisant un beau vol plané et en m'écrasant lourdement sur le sol. D'ailleurs, tu comptes rester planté là, enfin affalé là plutôt, toute la soirée ou ... ? Adrénaline, c'est un peu sonné que je me relève finalement pour aller directement vers elle. Kim … Kim je ne sais plus quoi, une élève de l'université que tout le monde connait dans le château parce qu'il est difficile de passer à côté d'elle à vrai dire. La seule personne en fauteuil de l'école, évidemment qu'on ne peut pas ne pas l'avoir remarqué, même si c'est une fille très jolie à côté de ça et qu'on pourrait aussi l'avoir remarqué pour ça à mon avis mais c'est pas le sujet. En tout cas je me sens d'autant plus mal que ça soit elle alors une main sur le front je me plante devant elle, l'air presque horrifié. Je sais qu'il faut traiter les gens « différents » comme tout le monde mais je ne peux pas nier que le fait que ce soit elle place ma culpabilité un cran au dessus. J'entends déjà les « J'te l'avais bien dit Enzo qu'un jour tu provoquerais un accident avec ton engin de malheur! » que certains se feraient un plaisir de me balancer.

« J'suis vraiment désolé ! Est ce que ça va ? »

Grimace de ma part, mon poignet me lance. Je me suis réceptionné dessus et je pense pas qu'il soit cassé mais ... Je ne suis pas certain du contraire non plus. J'ai les os solide pourtant mais quand même. Fêlé peut être, j'en sais rien, j'suis pas médecin ni infirmier. Je crois que le genou en a pris un coup aussi et je pense avoir gagné le droit à une belle bosse quelque part sur le haut du front aussi mais ça n'est pas très grave si ce n'est que la terre tourne un peu.

« J'ai pas d'excuse, j'étais complètement dans la lune et … J'ai pas d'excuse. J'suis désolé. »

Est ce que je suis bon pour un savon ? En même temps, ça serait mérité et je crois bien que j'ai déjà la tête qui se rentre dans les épaules comme un gamin pris en flag d'une connerie. Le regard fuyant ? Ouais, on n'est pas loin mais en tout cas l'air coupable est bien présent lui et non ça n'est absolument pas une quelconque tentative de manipulation de ma part. Je suis vraiment mal, mon corps l'exprime à sa manière, c'est tout. Au moins elle n'est pas tombée, c'est déjà ça.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Collision ▬ Kim   Mer 9 Juil 2014 - 0:04

Mercredi 12.11.2014
Fin d'après-midi, avant le dîner

Chère Kat,

J'espère que tu vas bien. Ça fait un peu plus de deux mois que je suis là, à Poudlard et tu me manques beaucoup. Ma famille et les enfants du quartier me manquent aussi, mais toi, c'est autre chose. J'ai bien hâte aux vacances de Noël, pour pouvoir te rendre visite !

Si je n'ai pas trouvé le temps de t'écrire la semaine dernière, c'était parce que c'était une semaine très particulière. Le dirlo et les profs ont préparé une espèce de jeu, pour Halloween, qui consistait en gros à matérialiser nos plus grosses peurs. C'était un peu comme des épouvantards à chaque angle des couloirs, sauf qu'un Riddikulus ne suffisait pas pour les chasser. Atmosphère lugubre, manquait plus que la musique et on se serait cru dans un vrai film d'horreur. Mais pas de morts ni de blessés trop graves, c'était prévu pour être sécurisé, mais c'était assez épuisant à la longue, et beaucoup ont craqué. On était sans arrêt sur nos gardes, même la nuit, c'était vraiment crevant. Mais ça m'a, disons, donné un aperçu de ce que sera ma future vie professionnelle, vu qu'en tant qu'Auror, j'aurai aussi à me défendre jour et nuit. Mais, promis, je trouverai toujours un instant pour t'écrire, tu sais bien que je ne pourrais pas m'en passer.

Tu ne me croiras jamais, mais il faut que je te raconte aussi la soirée de samedi. C'était pour clore le jeu, pour relâcher un peu l'atmosphère, les profs et le dirlo avaient aussi prévu un bal ouvert à tout le monde. Sans alcool, donc bien sûr, tout le monde s'est retrouvé bourré à la fin. Ils ont un groupe de musique, à Poudlard, un vrai, avec des pianistes, des guitaristes, des batteurs, des chanteurs, bref, tout le tralala, même des lumières et de la fumée, la totale. Ils jouent vraiment bien. J'avais mis la robe bleue que m'a offerte Ann, j'ai failli pas rentrer dedans mais bon. Maquillée, coiffée, habillée, il paraît que j'étais belle, mais tu me connais, t'imagines bien que j'étais tout sauf à l'aise, et j'ai presque cru que j'allais partir un peu comme dans les films quand une fille déçue part pleurer aux toilettes - bref, complètement ridicule, je te l'accorde - sauf que d'un coup... je me suis faite inviter à danser. C'était Thomas, je m'étais engueulée avec lui un jour mais ensuite on s'est parlé normalement, il a été sympa, je l'aime bien. Enfin, il est fiancé et moi je ne suis pas intéressée, hein, mais le j'aime bien en tant qu'ami, ou presque. Bref, il m'a invité à danser, et il m'a portée. Au début, je voulais pas, je crois que j'avais peur, mais finalement, c'était cool. J'ai hâte qu'il décide à me réinitier au Quidditch, je me souviens que j'aimais bien ça quand j'étais ado, ça serait cool de voir si j'arrive encore à voler sur un balai.

Enfin voilà. Sinon, ya pas grand chose de nouveau. Je pense à toi chaque jour, j'ai hâte de pouvoir te voir. Dans un mois c'est les vacances, et je compte bien revenir à NY pour te raconter tout ça en live. Tu me manques beaucoup, je t'embrasse sur les deux joues.

Love from Kim

Elle relut sa lettre. Elle n'avait pas mentionné les Supérieurs ni la guerre que le dirlo craignait et à laquelle il les préparait, vu que c'était Ann qui lisait la lettre à Kat, et que Kim ne voulait pas affoler ses parents. S'ils apprenaient qu'une guerre menaçait Poudlard, ils auraient vite décidé de l'obliger à rentrer à la maison, et même si elle ne mentait pas en disant que tout le monde lui manquait, elle ne tenait pas spécialement à rentrer. Elle n'avait pas non plus parlé des illusions qu'elle avait eues et de la manière dont elle leur avait fait face. C'était des choses qu'elle aurait certainement racontées à sa meilleure amie, mais pas à sa famille. Et, quand la meilleure amie en question était dans le coma et qu'il fallait que quelqu'un d'autre vienne lui lire les lettres qu'elle recevait, elle ne pouvait pas tout dire. C'était assez énervant car contraignant, mais Kim ne pouvait qu'être reconnaissante à sa sœur d'avoir accepté de prendre le temps chaque semaine pour rendre visite à Kat à l'hôpital et lui lire les lettres qu'elle lui envoyait. Quand elle rentrerait, pour les vacances d'hiver, elle pourrait finir de tout lui raconter en live, et elle avait vraiment hâte de pouvoir lui parler, la mettre au courant de tout ce qui se passait dans sa vie, pour faire en sorte qu'elle n'aurait rien raté quand elle se réveillerait. Ça faisait sept ans qu'elle était dans le coma, mais Kim était sûre qu'elle se réveillerait. Tout comme elle était sûre qu'elle deviendrait Auror. C'était les deux rêves de sa vie, le reste n'avait pas d'importance. Elle ne rêvait pas de trouver son amour ni de fonder une famille, elle ne rêvait pas d'être riche et puissante, elle ne rêvait pas d'être célèbre. Elle rêvait de voir sa meilleure amie la serrer dans les bras, et elle rêvait de faire une bonne Auror, rien d'autre. Elle plia la lettre et la glissa dans l'enveloppe, puis s'approcha des perchoirs et, avisant un hibou qui lui semblait costaud, la lui tendit. Il la posterait dans la boîte aux lettres la plus proche, puis, la poste moldue la ferait arriver jusqu'à New York et Ann pourrait la lire à Kat.

C'était sa faute si elle était dans le coma. Kim ne pouvait pas s'empêcher de le penser. Elle ne culpabilisait pas spécialement, elle n'en souffrait pas plus que ça, mais voilà, c'était un fait, et elle le prenait comme tel. Un fait indéniable. C'était à cause d'elle que Kat n'était maintenue en vie que grâce à des machines. Si elle n'avait pas bu ce soir là, si elle n'avait pas pris la voiture... Elle n'arrivait même pas à s'imaginer comment ça serait. Elle n'aurait pas perdu l'usage de ses jambes, elle aurait trouvé un emploi aux States, elle aurait continué à voir sa meilleure amie... Au lieu de quoi, se retrouvait à Poudlard, en fauteuil roulant, se remettant aux études à 23 ans après avoir passé deux années à ne rien faire et à se morfondre, et contrainte à écrire des lettres pour pouvoir communiquer avec sa meilleure amie qui n'était pas capable de les lire ni d'y répondre. Elle avait beaucoup changé, aussi, depuis ce fameux accident qui l'avait réduite à un fauteuil. Elle était passée de la fille directe, irréfléchie, expressive et lunatique à la jeune femme discrète, presque distante, agréable et capable de prendre sur soi. Sans l'accident, rien de tout ça n'aurait eu lieu, c'était certain. Sans l'accident, tout aurait été différent. Des fois, elle se surprenait à imaginer sa vie sans ça. Il y avait tellement de possibilités ! Peut-être serait-elle déjà mariée, comme Ann, voire même enceinte ? Elle ne s'imaginait vraiment pas enceinte. Elle n'aurait sans doute jamais pu être mère. Elle avait probablement tous les défauts du monde, vu tous les reproches qu'on lui avait faits. Sa sœur, elle oui, elle serait une très bonne mère. Elle avait toujours plus ou moins été la mère de ses frères et sœurs. Ils avaient beau être nés proches dans le temps, tous les quatre, Ann avait toujours été très mature pour son âge, et on aurait facilement pu lui donner cinq ans de plus que son véritable âge. Elle posait les règles, les droits et les interdits, les punitions et les récompenses.... Kim n'aimait pas ça du tout, mais elle savait que c'était les qualités essentielles pour être mère. Et puis, surtout, il y avait la patience, dont Ann devait avoir beaucoup, vu qu'elle avait dû supporter et encadrer sa petite sœur qui était très loin de ressembler à une poupée en chiffons ou en porcelaine. Aujourd'hui, Kim avait beaucoup de patience aussi, ainsi que beaucoup de maturité. Peut-être même plus que sa grande sœur. Enfin, ça dépendait des situations. C'était surtout une bonne dose de positivité, qu'elle avait, et qu'elle tenait à garder, si bien qu'elle s'était créé une grande marge de tolérance. Lorsqu'elle s'énervait, par contre, c'était à peu près aussi violent que ça l'avait toujours été, même si, bien sûr, moins physique. Mais c'était bel et bien parce qu'elle avait appris la patience qu'elle arrivait à rester aussi positive et à ne pas perdre le moral. Elle avait réussi à arrêter de s'en vouloir, et à tirer le plus possible de la vie, malgré le fait que sa meilleure amie soit dans le coma à cause d'elle. Jetant un dernier regard aux rapaces perchés dans la volière, elle sourit puis murmura le sortilège qu'elle utilisait pour faire léviter son fauteuil et, lentement, descendit les escaliers pour aller jusqu'en bas.

L'heure du dîner approchait, et elle n'avait pas spécialement envie de passer son temps à voler pour descendre et remonter les escaliers entre la tour de la volière et celle de sa maison. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle ne passait du temps dans la salle commune que les samedis et dimanches matins, en plus des fois où elle la traversait en sortant ou rentrant du dortoir. Elle préférait le parc et les endroits moins hauts, genre les couloirs du rez de chaussée ou du premier étage, avec la bibliothèque et les quelques salles vides qui les entouraient et dans lesquelles elle travaillait lorsqu'elle en avait besoin. Autant dire, très rarement. Parce que non, les travaux écrits, la lecture, les recherches et tout ça, ce n'était vraiment pas son truc. Elle préférait de loin la pratique, elle y arrivait beaucoup mieux aussi. Elle avait beau avoir appris la patience, elle avait beau être déterminée et ambitieuse, elle avait vraiment du mal avec les travaux sur le long terme. Projets, exposés, potions... Même si elle était désormais en fauteuil roulant, donc assise en permanence, elle supportait difficilement d'être immobile, et préférait de loin galérer dans les chemins caillouteux du parc qu'étouffer dans une salle, que ce soit derrière un bureau ou devant un chaudron. Très malheureusement, en première année, elle n'avait quasiment que des cours théoriques. HDM, langues, droit, EDM... Seuls ses cours de sortilèges et ses cours optionnels sauvaient un peu les meubles, mais pour pouvoir être Auror, elle était obligée de passer par une première année commune aux littéraires, aux juges, aux historiens, bref, à tous ceux qui voulaient passer leur vie le nez dans un bouquin. Tant pis, elle devait faire avec. Probablement allait-il falloir qu'elle adopte un rythme de travail un peu plus soutenu et qu'elle rende donc plus souvent visite à la bibli et aux salles de travail, mais elle savait qu'elle se débrouillait assez bien en pratique pour que ça la rattrape un peu. Quoi qu'il en soit, il était certainement trop tard pour qu'elle se mette à travailler maintenant, mais trop tôt pour aller s'installer dans la Grande Salle à manger. Comme d'habitude, le parc semblait une bonne option. Non, elle n'en avait pas marre, et n'en aurait probablement jamais marre, du moins elle l'espérait, parce que sans le parc, elle ne savait vraiment pas ce qu'elle ferait. Surtout que c'était avant tout dans le parc qu'elle s'entrainait à jeter des sortilèges d'attaque et de défense, à défaut d'avoir un vrai partenaire de duel.

C'était donc vers le parc qu'elle se dirigeait, pour y passer les quelques dernières minutes avant le repas. Et tout se passa très vite à ce moment là. Une petite secousse de son fauteuil - peut-être que ses jambes avaient été touchées aussi, mais comme elle ne les sentait pas, elle ne pouvait pas trop dire - et devant elle, un skate vola, bientôt suivi d'un corps qui s'écrasa sur le sol assez violemment. Elle resta un moment interdite, moment pendant lequel il resta immobile sur le sol, puis ce fut comme si elle venait de comprendre ce qui s'était passé et elle esquissa un début de manœuvre pour se rapprocher de lui et vérifier qu'il allait bien, sauf que déjà, il se relevait et affichait un air gêné et et presque horrifié en lui faisant face et en faisant les quelques pas qui les séparaient. Elle remarqua qu'il boitait et ça ne l'aurait pas étonné qu'il soit en train de se retenir de hurler de douleur après une telle chute. Et elle, elle était partagée entre des millions d'émotions différentes. Elle avait peur qu'il se soit fait mal, elle avait envie de rire de son vol plané, elle voulait l'engueuler pour son manque de prudence et le rassurer qu'elle allait bien, bref, son cerveau allait un peu dans tous les sens. Elle se força donc à se concentrer sur le jeune homme qui se tenait devant elle. Gryffindor, elle était presque sûre de l'avoir croisé dans la salle co, malgré le fait qu'elle n'y passait que très rarement. Elle ne connaissait pas son prénom, mais elle observait beaucoup, à défaut de parler, donc elle se rappelait de l'avoir déjà vu dans plusieurs situations différentes. Apparemment très proche d'un garçon châtain clair, très proche de son skate aussi, très proche de ses sweats à capuche... Il avait parfois cet air un peu étrange qu'avait aussi eu le directeur lorsqu'elle avait parlé avec lui avant d'être officiellement acceptée en première année universitaire, cet air que beaucoup d'élèves à Poudlard avaient et qui était sans doutes dû aux deux ans passés sous l'occupation des Supérieurs. Il était jeune, mais sa silhouette aurait pu être celle d'un homme de 25 ans. Et en l'occurrence, il donnait l'impression de vouloir être le plus petit possible.

« Tout va bien, ya pas de soucis. »

Oui, elle était en train d'essayer de le rassurer. Aussi absurde que ça puisse paraître, elle avait une certaine sensibilité qui faisait qu'elle finissait toujours mal à l'aise lorsque quelqu'un l'était aussi, ou alors lorsque quelqu'un était triste, et ce genre de choses. Elle préférait changer de sujet. Sauf qu'il n'était apparemment pas du même avis et il continua donc à s'excuser, en disant qu'il n'avait pas d'excuse. Il donnait l'air d'un gamin pris en train de voler des bonbons dans le placard. C'en était presque drôle, même presque mignon, mais c'était tellement exagéré et tellement gênant !

« Tout va bien j'ai dit. Je parie que c'est toi qui t'es fait le plus mal, t'as fait un sacré vol plané ! Regarde-moi, tu trouves que j'ai l'air d'avoir mal quelque part ? Crois-moi, si tu m'avais fait mal, je te l'aurais fait comprendre très clairement. Je sais même pas si tu m'as touché les pieds, c'est pour dire. »

Et elle leva les yeux au ciel en souriant. C'était une tentative pour détendre l'atmosphère. Allez, souris, mec, et regarde moi, j'suis pas si moche que ça quand même ! Bizarrement, même si elle savait que c'était sans doute à cause de son handicap qu'il se mettait dans tous ses états ainsi, elle ne lui en voulait pas. Pas encore, du moins. Mais s'il continuait sur cette voix là, elle ne pouvait pas garantir qu'elle n'en aurait pas marre, car elle était assez susceptible sur ce genre de choses. Le jugement, la différence, les regards gênés, les hésitations, la pitié... non, elle n'en voulait pas, vraiment. Était-ce si difficile à comprendre ?

« Tu voudrais pas aller chercher ton skate, pour pas que quelqu'un glisse dessus et se pète la tronche ? Enfin, ça serait drôle, mais... je pense pas que ça soit une très bonne idée, ya les peaux de banane pour ça. »
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MessageSujet: Re: Collision ▬ Kim   Sam 12 Juil 2014 - 11:48

C'est la merde. En réalité peut être pas tant que ça mais il n'empêche que je me sens réellement mal et d'autant plus parce que je n'arrive pas à me sortir de la tête que je viens de commettre un crime impardonnable en bousculant une fille en fauteuil. C'est le cas, dans ma tête en tout cas, mais là où je m'en veux le plus c'est que je suis probablement entrain de la mettre dans une situation embarrassante mais surtout agaçante parce que c'est la stigmatiser, la ranger dans une case, tout ce que je déteste. Je ne suis pas dans sa situation donc je ne peux pas vraiment comprendre mais les différences je pense que je commence à en connaître un rayon alors évidemment je ne peux pas me mettre dans sa tête et savoir exactement ce qu'elle ressent mais à sa place j'aurai sans doute envie de me coller des tartes. Peut être que si j'arrêtai de la regarder comme je le fais, avec cet air horrifié du lapin qui va se faire écraser ou manger par un prédateur, ça aiderait … Quand on n'est pas exactement comme tout le monde, en général il n'y a rien de pire que d'être traité comme un paria, d'être regardé avec pitié, de se sentir différent finalement même si parfois on peut en être fier. Je sais que ça peut paraître paradoxale mais en ce qui me concerne j'éprouve parfois une certaine fierté à n'être justement pas un pion noyé dans la masse. Encore une fois je ne dis pas qu'on peut comparer nos deux particularités, ni même qu'elle pense ou ressent les choses comme moi mais … C'est peut être stupide de se sentir fier d'un truc qu'on a pas choisi, j'en sais trop rien. Disons que c'est plutôt la satisfaction d'avoir su passer au travers de certaines choses, d'avoir réussi à s'accepter, pour au final se distinguer des autres d'une manière ou d'une autre. C'est probablement complètement égocentrique mais peu importe. Tout ça pour dire que je suis entrain de me comporter exactement comme je déteste qu'on le fasse avec moi même si j'insiste bien sur le fait que ça n'est pas tout à fait pareil. Dans tout ça, on est juste deux êtres humains l'un en face de l'autre, entrain de gérer une situation de crise ou quelque chose comme ça et si moi je panique, elle semble plutôt sereine ce qui je dois bien le dire a un petit côté rassurant pour le gosse un peu perdu que j'ai le sentiment d'être là, maintenant, tout de suite. Pour lequel des deux c'est le plus gênant tu crois ?

« Tout va bien j'ai dit. Je parie que c'est toi qui t'es fait le plus mal, t'as fait un sacré vol plané ! Regarde-moi, tu trouves que j'ai l'air d'avoir mal quelque part ? Crois-moi, si tu m'avais fait mal, je te l'aurais fait comprendre très clairement. Je sais même pas si tu m'as touché les pieds, c'est pour dire. »

Obéissant le garçon, je lève les yeux et la regarde enfin complètement sans essayer d'esquiver ou de me rentrer la tête dans les épaules. Mon pauvre Enzo, t'es pitoyable, même si en fait j'ai juste l'impression d'être humain. Elle est plus âgée que moi, alors certes ça n'a pas toujours été un problème pour moi – d'ailleurs s'en est pas vraiment un, c'est pas ce que je veux dire – mais en l'occurrence c'est comme si malgré moi je ressentais une sorte de respect pour elle par rapport à ça. Dans l'histoire je suis le sale gosse et elle la figure un peu plus responsable, et je ne dis pas ça parce que ça m'arrange d'avoir de fausses excuses ou d'échapper à une quelconque responsabilité parce que je n'ai pas envie de grandir. J'ai envie de grandir moi, de partir découvrir le monde, les océans, tout ça … Mais c'est pas la question et surtout pas le moment.
Elle sourit, c'est plutôt bon signe non ? D'autant plus qu'au premier coup d'œil et si je me fie à mon sens de l'observation et à mes instincts de même qu'à mes sens – tu deviens flippant là Enzo, faut arrêter de faire ça – elle a l'air tout à fait sincère. Oui ça me rassure, et alors ? Elle sourit donc je souris aussi mais un peu plus timidement. C'est quoi la prochaine étape garçon, tu l'appelles Madame et tu lui proposes de porter ses livres ? Ridicule. Bref ! Là où elle marque un point c'est qu'effectivement j'ai réussi par je ne sais quel miracle a dévier suffisamment ma trajectoire au dernier moment pour l'éviter ou en tout cas limiter la casse. Résultat j'ai fait un beau vol plané et même si je suis dur au mal et que je ne suis pas en sucre, ça ne m'empêche pas de ressentir la douleur dans mon genou, surtout dans mon poignet et un peu à la tête. Je la regarde comme elle me demande de le faire même si c'est plus formel qu'autre chose de sa part j'imagine, une façon de parler que je prends aux mots et au … pied de la lettre, c'est comme ça qu'on dit ? Tout ça pour dire qu'elle n'a effectivement pas l'air d'avoir mal mais d'un autre côté, est ce qu'elle sent encore ses jambes ? Si ça se trouve c'est pas le cas alors … Enzo, tu me fatigues, si elle te dit que ça va c'est que ça va alors déstresse et arrête d'en faire un sketch, tu devrais déjà t'estimer heureux de ne pas te faire engueuler et t'en tenir à ça, elle est suffisamment grande pour savoir ce qui est bon pour elle alors laisse la gérer.

« Tu voudrais pas aller chercher ton skate, pour pas que quelqu'un glisse dessus et se pète la tronche ? Enfin, ça serait drôle, mais... je pense pas que ça soit une très bonne idée, ya les peaux de banane pour ça. »
« Euh ... »

Euh quoi ? Bouge toi triple buse !

« Si, t'as raison. Causer un accident par jour, c'est peut être mieux de s'en tenir à ça. »

Coup d'œil à gauche, coup d'œil à droite, mouvement frénétique, grimace parce que petite nature que je suis j'ai mal, j'ai perdu toute notion de l'espace et je ne sais plus par où est parti mon jouet. Ah si, il est là. C'est d'un pas rapide que je me dirige vers lui, claque mon pied droit dessus – c'est l'autre côté qui a pris pour le genou – et le récupère dans ma main valide quand il saute en l'air avant de me rediriger vers elle sans trop y réfléchir. Je crois que je commence à retrouver un peu de « calme » et à imprimer les choses.

« Ça t'arrive souvent de croiser des peaux de banane par terre ici ? »

Parce que oui j'ai entendu même si j'étais trop occupé à bouger dans tous les sens avec un air paniqué pour relever. J'aurai pu partir, je ne l'ai pas fait et il semblerait que mon sourire de sale gosse fasse son retour ou plutôt son entrée dans cette conversation. Je redeviens naturel, je me détends, c'est beaucoup mieux comme ça et je sais qu'elle en a peut être absolument rien à faire de ce que je raconte mais … C'est pas grave. Quand je suis nerveux je commence à parler pour ne rien dire, c'est ma façon à moi d'évacuer le stress. Enfin une des façon mais les autres sont sans doute un peu trop radicales et inappropriés dans ces circonstances, on va dire ça comme ça. De toute façon mes réactions sont impulsives, spontanées et instinctives, je ne cherche absolument pas à les contrôler.

« Ça fait deux ans que je suis dans cette école et c'est la première fois que ça m'arrive, je suis super vexé. »

Cette fois c'est carrément un rire qui m'échappe juste après un air faussement vexé – même s'il y a quelque part quand même une part une vérité là dedans. Que voulez vous, la performance c'est très important pour nous les garçons. Ok ça va, je me tais. Il n'empêche que pour un type qui aime autant la glisse et la pratique depuis qu'il tient à peine debout, c'est quand même un peu vexant même si évidemment des gamelles j'en prends souvent et je continuerai d'en prendre, c'est juste que jusqu'ici j'ai toujours réussi à esquiver les gens, à être suffisamment attentif pour ça, mais j'imagine qu'il faut un début à tout et puis je me console en me disant que ça aurait pu être pire, largement pire, même si mon genou et mon poignet n'ont pas l'air très d'accord avec ça. Si les gars, ça aurait pu être pire, et oui je parle à mes articulations. Quelqu'un a un problème avec ça ?

« Je sais que t'as dit que c'était rien mais si tu veux je vais piquer un sac de bananes pour me faire pardonner et on met des peaux un peu partout dans le château pour voir si c'est vrai ou si alors c'est rien qu'un mythe ce truc. J'peux même essayer d'te faire un dessert avec, j'suis sur que je pourrais m'en sortir. »

Je suis fatiguant hein ? Je sais, mais tel que tu me vois je suis parti en mode connerie alors je m'excuse par avance pour le désagrément parce que bien souvent je n'ai pas de filtre entre mon cerveau et ma bouche. Tu peux me dire d'aller me faire foutre, je ne le prendrais pas mal. Enfin peut être un peu mais je sais reconnaître quand je vais trop loin ou que j'ai tort, tout ça quoi. Je me réveille là, c'est plus fort que moi, ou peut être que le choc que j'ai pris à la tête me fait délirer ? C'est possible aussi mais je suis une pile électrique par nature, un p'tit branleur qui adore dire et faire des conneries et surtout qui ne réfléchit pas toujours avant de parler mais ça n'est qu'un détail.

« Je sais pas si t'es du genre danger public toi aussi mais … J'suis sur qu'il y a moyen de faire des trucs fun avec ça. »

Enzo … T'as pas dit ça hein, rassure moi ? Euh … si ? Oui parce que le ça en question c'est son fauteuil et je sais pas pourquoi j'ai sorti ça, grisé par l'ambiance, mais après tout ça a des roues, donc ça roule, donc ça glisse, donc … T'es au courant que ça n'est pas un jouet ? Oui … :gla:

« Au fait moi c'est Enzo. »

C'est ça, change de sujet Rolling Eyes Comme ça elle saura qui elle a assommé quand ça sera fait.
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MessageSujet: Re: Collision ▬ Kim   Lun 21 Juil 2014 - 14:04

Bon ! C'était quoi le problème, au juste ? Son fauteuil ? Son âge ? Son sexe ? Avait-elle vraiment l'air si méchante que ça ? Ou si fragile, si vulnérable ? Sur le visage horrifié du garçon se lisait la culpabilité, probablement parce que de toutes les personnes du château, il avait réussi à percuter la seule en fauteuil roulant. Mais et alors ?! Qu'est ce que ça changeait, hein ?! Oui, elle était en fauteuil, c'était bon, on avait compris. Apparemment, pour lui, ça signifiait qu'elle avait déjà assez souffert sans qu'on vienne lui foncer dedans. Mais elle était quasiment certaine que tous les gosses de ce château en avaient bavé dix fois plus qu'elle dans leur vie, que certains en avaient même perdu la raison, alors pourquoi est-ce qu'il en faisait tout un plat ainsi ? Pourquoi n'agissait-il pas avec elle comme il aurait agi avec n'importe lequel de ses potes ? Enfin, d'accord, ils n'étaient pas potes, mais voilà, elle sentait bien que s'il était dans cet état là, c'était parce que c'était elle, et que s'il y avait eu quelqu'un d'autre, aussi inconnu pour lui qu'elle, en face de lui, il n'aurait certainement pas pris cet air si démesurément et exagérément dépité, gêné, désolé et inquiet à la fois. Elle lui avait deux fois répété que tout allait bien, mais il continuait à la regarder – ou plutôt justement à l'éviter du regard – comme si elle allait l'engueuler, ou lui foutre une claque, ou se mettre à pleurer, ou se vexer, ou tout en même temps. Et en fait, s'il n'arrêtait pas, c'était bel et bien ce qui risquait d'arriver. Pour l'instant, elle essayait de blaguer, de sourire, de le mettre à l'aise dans l'espoir qu'il se détende un peu et se rende compte qu'il faisait une montagne d'un tout petit rien. Elle n'avait rien eu, strictement rien, si ce n'est une petite surprise et une démonstration de vol sans balai. Et une secousse de son fauteuil, probablement accompagnée d'un heurt de ses tibias, mais elle ne pouvait même pas en être sûre vu qu'elle n'avait rien senti, donc qu'il se rassure. Avantage de paraplégiques !

Ou inconvénient ? Elle oubliait souvent que cette absence de motricité, de réflexes mais aussi – et, dans ce cas, surtout – de sensibilité représentait un risque qu'elle ne remarque pas des blessures graves. Comme par exemple des brûlures ou des plaies ouvertes, qui pourraient alors s'infecter sans même qu'elle ne s'en rende compte. Enfin, elle s'en rendrait bien compte tôt ou tard, probablement pendant sa douche quotidienne ou par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre, mais voilà, il fallait toujours être attentif à ce genre de possibilité de blessure fourbe. Elle se promit donc de vérifier l'état de ses mollets, mais plus tard. D'abord, elle devait faire en sorte qu'il arrête de se comporter comme un gosse de six ans devant la directrice de son école primaire, car sinon, elle allait devenir folle. Elle avait l'impression qu'il la considérait comme une mère, ou alors une prof, ou encore une pionne, et elle n'aimait pas ça du tout. Ce n'était absolument pas son rôle. Ça ne l'avait jamais été et ça ne le serait jamais ! C'était Ann, la miss-responsable, et la miss-chiante par la même occasion. Kim, c'était la polissonne, la désobéissante, la têtue, celle qui se faisait punir par les autres et non pas l'inverse. Réprimant l'envie d'aller se cogner la tête contre un mur tellement elle détestait cette inversion de rôles, elle lui recommanda d'aller chercher son joujou pour ne pas que quelqu'un marche dessus et se casse donc la figure. Un accident par jour suffisait amplement pour la conscience du pauvre garçon qui commençait à peine à se remettre de ses remords. Heureusement, sentir son skate sauter sous la pression de son pieds droit, l'attraper et le coincer sous son bras droit sembla l'aider à gagner un peu en assurance, et il revint vers elle pour lui demander si ça lui arrivai souvent de croiser des peaux de banane par terre dans le château.

« Non, mais ça aurait été plus drôle que ces fichues Illusions, je trouve. »

Elle leva les yeux au ciel. Elle ne savait pas si c'était une bonne idée de mentionner à nouveau cette semaine que la plupart d'entre eux essayaient d'oublier justement pour son manque en situations drôles et en amusement, manque plus ou moins compensé par le bal de samedi soir qui avait servi de clôture au jeu du directeur. De toute manière, c'était trop tard pour changer quoi que ce soit, mais voilà, c'était la première chose qui était venue à l'esprit de Kim en guise de réplique, alors elle l'avait tout simplement dit, et ça s'arrêtait là. De toute manière, voilà le jeune homme qui prenait un air faussement vexé pour lui dire que c'était la première fois depuis deux ans qu'il avait foncé dans quelqu'un en skate. Ouais, ça devait être assez frustrant. Elle savait ce que c'était, que de se croire bon à quelque chose avant de faire une erreur de débutant complètement décrédibilisante. Avec sa sœur parfaite, elle avait connu plein de situations comme ça. Et au bout du compte, la seule chose à laquelle elle était réellement forte, c'était tout ce qui touchait à la défense et aux actions, autant en magie que sans baguette. Sauf que dans ce genre de domaine, elle ne manquait pas d'occasions de s'avouer vaincue, et elle n'aurait jamais fini d'apprendre et de s'améliorer, donc, clairement, ça diminuait son égo car elle ne pouvait pas vraiment se permettre de se vexer à chacun de ses échecs.

« Bah, c'est en faisant des erreurs qu'on apprend, non ? »

Heureusement, il ne comptait manifestement pas rester vexé longtemps, et il laissa même échapper un rire, avant de proposer qu'il pourrait aller chercher un sac de bananes pour manger les fruits en dessert qu'il préparerait, et, surtout, disposer les peaux de sorte à voir si c'était vraiment possible de glisser dessus. La gosse en Kim se réveilla alors, et adressa au jeune homme un énorme sourire accompagné d'yeux pétillants (:face:). Si elle voulait parsemer le château de peaux de bananes comme dans Mariokart, et bouffer des bananasplits ? La question ne se posait même pas ! … Ouais, elle était vraiment gamine, et fière de l'être !

« Chiche ! »

C'était assez étonnant comment une simple proposition pouvait changer totalement son comportement. À peine cinq minutes plus tôt, elle était en train de jouer malgré elle le rôle de la figure responsable, et là, elle était partante pour être la complice d'un inconnu pour disposer des peaux de bananes dans le château.

« Par contre, je sais absolument pas si ça marcherait... parce que bon, c'est pas comme si c'était jaune flash et que le reste du château était gris, mais un peu quand même. En tout cas, j'dis pas non pour le dessert ! »

C'était sa principale question, en fait. Elle s'était toujours demandé pourquoi les personnages de dessins animés glissaient sur des peaux de bananes alors qu'ils pouvaient très bien les voir par terre.

« Je sais pas si t'es du genre danger public toi aussi mais … J'suis sur qu'il y a moyen de faire des trucs fun avec ça. »

Alors pour le coup, elle ne sut pas trop quoi répondre, car à vrai dire, aussi étrange que ça puisse paraître la connaissant, elle n'avait jamais vraiment considéré son fauteuil comme un gadget pour s'amuser. Peut-être parce qu'elle avait eu assez d'un seul accident, qui l'avait justement confinée à cette chaise roulante et qui avait réduite la vie de sa meilleure amie à une série d'électrodes, de fils et de machines ? Elle n'était pas vraiment traumatisée, ou du moins elle considérait qu'elle avait plutôt bien appris à vivre avec, mais disons qu'elle n'avait pas vraiment eu la tête à s'amuser, dans la période qui avait suivi son hospitalisation, et même si elle était progressivement redevenue la gamine enjouée qu'elle avait toujours été, tout en gagnant quand même en maturité, elle n'avait jamais songé à s'amuser avec ce qui désormais étaient ses jambes.

« Heu, ben l'autre jour, j'ai été poussée sur un homme pour détourner son attention du gosse qu'il maltraitait, et ça a marché, donc ouais, faut croire que c'est assez dangereux, un fauteuil. »

Et un clin d'œil pour lui faire comprendre que la conclusion qu'elle venait de tirer était complètement absurde et ridicule. Elle sourit en repensant à ce jour là, à son engueulade avec Thomas, qui finalement s'était transformée en discussion normale et presque amicale... Si l'homme avait lâché Garry et sauté de côté, ça n'avait finalement été que par surprise, car il aurait très bien pu l'attaquer, aussi, et pour le coup, elle aurait été assez mal barrée car elle-même ne s'attendait pas du tout à cette situation.

« Mais des trucs fun... j'sais pas, j'ai pas trop cherché en fait... Enfin, à part les courses de char bien sûr. Mais je pense que je vais beaucoup moins vite qu'un skate, en tout cas... »

C'était dit un peu comme si elle s'excusait, comme si elle avait honte. Il avait pourtant raison, yavait moyen de faire des trucs assez drôles, avec un fauteuil roulant. Ses frères s'étaient amusés à la pousser en courant le plus vite possible, dans la rue, et ses premiers essais pour se faire léviter étaient parfois assez marrants aussi, ainsi que le nombre de fois où elle avait foncé dans une table ou dans un mur en essayant de manœuvrer et jeter des sorts simultanément... mais c'était rien de très excitant en soi.

« Au fait moi c'est Enzo.
- Kim. ... Enchantée. »

C'était bien ça qu'on disait, hein ?

« T'es aussi chez Gryffindor, n'est ce pas ? Désolée, j'suis pas très sociable... »

S'excusait-elle parce qu'elle n'était jamais venue lui parler ? Oui, c'était un peu ça, oui. Ridicule, car il devait bien comprendre qu'elle n'avait pas trop eu de raisons de venir vers lui, mais bon, comprenne qui voudra. Quoi qu'il en soit, le malaise semblait passé, et elle se souvint de sa décision de vérifier l'état de ses mollets, au cas où elle aurait été blessée sans l'avoir senti. Elle se pencha donc rapidement, comme si de rien n'était, sans réellement croire qu'elle allait trouver quelque chose, mais ce fut alors qu'elle la vit. La tâche foncée sur son jogging.

« Merde... »

Elle avait murmuré le juron en fronçant les sourcils et déjà s'affairait à remonter le pantalon baggy, acheté au rayon mecs chez H&M, qui cachait un tibia gauche le long duquel avait séché un peu de sang. La plaie n'avait pas l'air bien grosse, c'était une simple entaille à peine plus profonde qu'une égratignure, mais vu que le tissu ne collait pas totalement à sa peau, il n'avait pas absorbé le liquide chaud et visqueux – deux caractéristiques que ses jambes ne sentaient absolument pas – qui s'était donc répandu, lentement, autour de l'endroit où avait manifestement été sectionnée une veine. C'était donc là que le skate avait rebondi. Ce n'était rien de grave, mais Kim passa tout de même une main dans ses cheveux, de nouveau sérieuse, et un peu lasse en se souvenant qu'elle avait pensé à cette possibilité sans vraiment la prendre au sérieux. Quelle conne, elle aurait dû vérifier tout de suite, et il aurait suffi d'un simple Vulnera Sanentur (1) pour refermer la petite plaie. Là, elle allait devoir se procurer de l'eau et rincer, à la fois pour rendre propre que pour désinfecter, et... Bon, okay, c'était rien de très difficile non plus, pas de quoi en faire tout un plat. Elle s'attacha les cheveux grâce à l'élastique qu'elle portait toujours autour du poignet, et allait inspecter sa jambe avec ses doigts, quand elle vit la mine du garçon. Elle n'arrivait pas vraiment à l'interpréter, mais dans le doute, elle préféra le rassurer. À sa manière, s'entend.

« Bon, désolée, ça sera un peu gore, mais je t'assure que j'ai pas mal. J'vais juste vérifier que ya rien dedans, et puis j'vais laver ça et le cicatriser, okay ? »

Et elle se pencha le plus possible sur ses jambes, puis étira sa peau de ses doigts et regarda si la plaie était propre. Elle vit un petit copeau de bois qui s'était manifestement planté dans sa jambe, et le retira donc avec ses doigts.

« Aguamenti. (2) »

murmura-t-elle avant que le sang n'ait eu le temps de se remettre à couler. Elle avait préparé sa baguette, craignant que l'extraction du copeau ne ravive la plaie. Elle passa sa main gauche sous le jet d'eau qui sortait de la baguette et qu'elle maintenait faible, comme s'il sortait d'un robinet. Elle rinça ses doigts ainsi que son mollet gauche, puis l'arrêta. Elle revérifia d'un rapide coup d'œil, mais la plaie était propre et vraiment petite, à peine trois centimètres de longueur et un demi de profondeur, sauf bien sûr à l'endroit où s'était planté le copeau et où le trou s'enfonçait probablement à deux centimètres, mais il était étroit. Bref, quoi qu'il en soit, elle était sûre qu'il n'y avait rien d'étranger qui restait dans sa blessure, et qu'elle n'allait donc pas s'infecter de l'intérieur.

« Vulnera Sanentur (1) »

dit-elle alors, trois fois, et devant ses yeux, la chair se reconstitua et bientôt il ne resta de la blessure que la flaque d'eau aux reflets rougeâtres.

« Voilà. T'aurais pas par hasard un truc pour essuyer tout ça, là ? »

"Tout ça" étant la flaque sur le sol et son mollet. Même si en soi, elle pouvait tout simplement remettre son pantalon et tant pis s'il était mouillé, il finirait bien par sécher.

« T'es sûr que ça va, ton poignet ? Vu comment j'ai sous-estimé la vitesse du truc, tu devrais ptêtre aller voir quelqu'un, genre à l'infirmerie... j'suis pas encore trop une pro, pour les fractures et tout ça. Fais voir ton genou ? »


(1) Vulnera Sanentur : sort utilisé pour soigner les blessures allant des coupures mineures aux profondes entailles. (http://fr.harrypotter.wikia.com/wiki/Vulnera_Sanentur)
(2) Aguamenti : Fait sortir un jet d'eau de la baguette.


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MessageSujet: Re: Collision ▬ Kim   Sam 26 Juil 2014 - 14:23

Je l’insupporte, ça se sent. Enfin je l’insupportais au départ à tergiverser comme un gamin pris en flagrant délit d’une connerie et qui se comporte en tant que tel. Enfin je crois. Là ça va mieux, non ? Je me détends, elle aussi, donc tout va bien. tout va tellement bien que je me lâche un peu en lui déballant comme ça cash qu’il y a surement moyen de faire des trucs funs avec son fauteuil roulant … Correct ou pas ? J’en sais trop rien. D’un côté j’ai l’impression d’avoir dis une énorme connerie mais de l’autre absolument pas du tout. Elle est bien rentrée dans ce délire de peau de bananes, et de bananes tout court d’ailleurs, alors qui sait … De toute façon même si c’est pas le cas, c’est pas bien grave. On ne se connait pas, je ne perdrais pas une amie et dans le pire des scenarii je me fais passer un savon, peut être que je vais me prendre un sort ou deux – les filles peuvent réagir de façon assez extrêmes parfois mais ça on n’en parle pas assez – mais ma fierté et moi on s’en remettra, on s’en remet toujours même si parfois ça reste un peu coincé quelque part, du genre, en travers de la gorge comme on dit.
Au départ elle semble un peu surprise par ce que je viens de dire – réaction assez normale finalement – et ce laps de temps me suffit pour me demander comment elle a fait pour atterrir là dedans et être privée de sa mobilité. Peut être un accident, et je me dis qu’aujourd’hui j’aurai pu être à sa place si Taylor ne m’avait pas mordu. Réflexion faite, non, à mon avis je serais plutôt mort mais passons …

« Heu, ben l'autre jour, j'ai été poussée sur un homme pour détourner son attention du gosse qu'il maltraitait, et ça a marché, donc ouais, faut croire que c'est assez dangereux, un fauteuil. »
« Oh ? »

A vrai dire, je ne sais pas vraiment si je dois rire parce que … Enfin oui je parlais de trucs fun mais c’est pas un peu limite de faire ça quand même ? Elle a l’air de bien le prendre, j’ai même le droit à un clin d’œil, mais quand même … Je l’admets, je suis un peu choqué. Dangereux, ça c’est sur, surtout pour elle à mon avis et d’autant plus si elle n’a rien demandé mais ça ne me regarde pas. A priori elle va bien de toute façon.

« Mais des trucs fun... j'sais pas, j'ai pas trop cherché en fait... Enfin, à part les courses de char bien sûr. Mais je pense que je vais beaucoup moins vite qu'un skate, en tout cas... »

Je hausse des épaules dans un geste plus machinale qu’autre chose, l’air de dire « mouais, possible » alors qu’en réalité c’est à mon avis une certitude puisqu’en règle générale on a facilement plus de force dans les jambes que dans les bras et surtout une plus large amplitude pour prendre de l’élan mais ça vaudrait peut être le coup de tester après tout. Sauf si un petit malin s’amuse à balancer des peaux de bananes par terre !

« Au fait moi c'est Enzo. »
« Kim. ... Enchantée. »

Sourire des deux côtés.

« T'es aussi chez Gryffindor, n'est ce pas ? Désolée, j'suis pas très sociable... »
« T’en fais pas, j’peux pas vraiment te faire le moindre commentaire là-dessus, mais oui j’suis un Rouge moi aussi. J’ai débarqué y a deux ans. Toi t’es nouvelle de cette année si j’me plante pas ... »

Situation plus ou moins normale, discussion normale, présentation, mais réaction moins normale de ma part quand je me fige instantanément. Une odeur bien particulière vient de parvenir à mon odorat, celle du sang, et tous mes sens sont soudainement au garde à vous alors que je recule d’un pas, tendu de la tête au pied d’une façon assez brutale et surtout très rapide.

« Tu … »

Ça ne peut venir que d’elle, cette odeur, malgré la légère présence de la fragrance du mien mais celle là ne me pose pas de soucis et heureusement. Je la dévisage ou plutôt scrute son corps pour essayer de percevoir d’où ça peut venir, même si c’est plutôt évident que ça doit venir de ses jambes, d'ailleurs la tâche qui commence à prendre forme sur son pantalon le confirme et …

« Merde... »

Elle vient de s'en rendre compte. Là suite est un peu confuse dans ma tête parce que même si mes yeux ne se détachent pas de cette tache, de ce qu'il se passe, mon esprit lui se détache lentement mais surement. La lute interne commence, comme à chaque fois ou presque même si c'est de moins en moins difficile. Je ne m'y attendais pas, je n'étais pas préparé, j'ai été surpris par cette odeur plus que familière et métallique qu'est celle du sang et plus particulièrement celle du sang humain, ce qui je crois change relativement la donne. C'est une odeur entêtante, très prenante, une odeur qui réveille le moindre instinct du prédateur, la soif de pouvoir, la faim, l'envie de traquer, chasser tuer, tous ces réactions purement animales et violentes qui la plus part du temps dorment presque paisiblement. Et j'insisterai sur le presque, ça n'est que rarement paisible que de partager son esprit, son corps, soi même finalement, avec un double tout ce qu'il y a de plus primaire et bestiale.
Bien sur que non je ne suis pas à deux doigts de lui sauter dessus, jamais sous forme humaine je n'ai attaqué qui que ce soit, pas même Alec alors que j'avais les mains dans son ventre ouvert il y a quelques mois. D'ailleurs avec le recul je me demande encore comment j'ai fait pour réussir à tenir aussi longtemps près de lui et avec les mains dans son sang sans dérailler mais il faut croire que malgré tout mon sang froid est bien présent et qu'il sait être efficace quand j'ai besoin de lui. Pas toujours, certes, mais dans ce cas de figure, si.
Sentir le sang c'est une chose, le voir en est une autre. Disons que la tension monte encore d'un cran et là je sais que c'est foutu. Mes pupilles ont déjà du se dilater et je ne lâche plus la plaie du regard alors qu'elle s'affaire de son côté. Derrière tout ça il y a bien sur une part de culpabilité qui revient mais je reste totalement figé, rien ne transparait sur mon visage et de toute façon ce sentiment n'a pas le dessus sur un nombre d'autres. Ma respiration se fait plus rapide, les battements de mon cœur sont tout aussi irréguliers que d'habitude mais beaucoup plus rapprochés. Parfois je me demande comment ça se passerait si on pouvait se transformer sans avoir nécessairement besoin de la Pleine Lune, et je pense que dans un cas comme celui ci, en présence de sang humain, garder le contrôle pour rester sous forme bipède relèverait du challenge. C'est ça, occupe toi l'esprit Enzo, pense à autre chose, pose toi des questions et concentre toi sur les réponses éventuelles. Oh bien sur je pourrais partir, m'enfuir en courant en prétextant une nausée fulgurante ce qui en soit n'est pas totalement faux, mais c'est comme si je ne pouvais plus faire un seul geste ...

« Bon, désolée, ça sera un peu gore, mais je t'assure que j'ai pas mal. J'vais juste vérifier que ya rien dedans, et puis j'vais laver ça et le cicatriser, okay ? »
« C’est pas … »

Ouvrir la bouche ? Mauvaise idée. Respirer par le nez ? Mauvaise idée. Pourtant je ne vais pas me laisser étouffer, non, mais simplement me taire et la laisser gérer tout en tentant de faire avec, me calmer, comme une sorte de test finalement. En voilà une bonne idée, et si j'allais blesser et faire saigner tous ceux que je croise pour me tester et voir à quel point je peux encaisser, résister ! N'importe quoi.
Une partie de moi – celle du Samaritain qui sommeille en moi dirait Alec – envisage de l'aider mais d'une approcher n'est pas l'idée du siècle pour l'instant et de deux elle semble très bien maitriser la situation. Quelque chose me dit qu'elle le prendrait mal si j'intervenais alors oui, je la laisse gérer. Ok, t'es obligé de faire ça ? Elle va sans doute croire que je suis une chochotte qui ne supporte pas la vie du sang mais même si ma fierté et mon égo ne sont pas trop d'accord je crois que c'est un peu le cadet de mes soucis là, maintenant, tout de suite, quand je la vois exposer sa plaie comme ça. Normal qu'elle la regarde, d'ailleurs bravo pour le sang froid, et oui je pourrais tourner la tête mais c'est plus facile à dire qu'à faire. La chair à vif, le sang qui s'écoule tranquillement, aussi gore que ça puisse paraître il y a une part de moi qui trouve ça totalement alléchant, et bien sur que non cette part en question n'est pas humaine mais elle est bien présente et je dois faire avec. J'en suis pas au moins de me mettre à quatre pattes pour aller lécher la blessure, faut pas déconner quand même, et c'est bien plus vicieux que ça d'ailleurs. Dans ma tête y a comme des sortes de flash, des images trop rapides pour être précises et tant mieux parce que ce sont les envies de Loup, ses pulsions, et ça n'a rien de très ragoutant. Si elle savait … Mais tout va bien se passer, je contrôle. Je suis tendu comme un string et j'ai l'air d'un con mais je contrôle. C'est pas facile mais je contrôle. Lune décroissante, ça aide dans le processus, et je persiste c'est un bon exercice même si évidemment j'aurai préféré ne pas en arriver là mais voilà ce que c'est de faire le con dans les couloirs et de ne pas faire suffisamment attention parce qu'on est encore perdu dans ses pensées. Tu penses trop Enzo, tu le sais, et voilà où ça te mène.

Elle nettoie avec de l'eau, referme la plaie magiquement, en un clin d'œil tout ça est terminé mais l'odeur du sang persiste et elle le fera encore longtemps. C'est probablement une des odeurs les plus tenaces que je connaisse mais c'est peut être aussi parce que j'y suis extrêmement sensible donc pas vraiment objectif.

« Voilà. T'aurais pas par hasard un truc pour essuyer tout ça, là ? »
« Non, désolé. »

Le ton est surement un peu sec mais ayant les mâchoires légèrement crispé c'est un peu compliqué de faire mieux. Et je ne bouge toujours pas d'un pouce.

« T'es sûr que ça va, ton poignet ? Vu comment j'ai sous-estimé la vitesse du truc, tu devrais ptêtre aller voir quelqu'un, genre à l'infirmerie... j'suis pas encore trop une pro, pour les fractures et tout ça. Fais voir ton genou ? »
« Me touche pas. »

Là, je le sais, les limites sont dépassées mais encore une fois ça n'est pas comme si je pouvais faire autrement. J'ai reculé d'un pas alors qu'elle tendait la main vers moi et c'est une voix froide, sombre, caverneuse, presque un grondement que je lui offre alors mes yeux s'ancre dans les siens de manière sans doute assez dure. En cette seconde je n'ai plus grand chose du gamin un peu foufou qu'elle avait devant elle il y a quelques minutes mais ce dernier revient tant bien que mal. Je secoue la tête et tend moi aussi le bras vers elle mais dans un geste d'excuse.

« Désolé, c’est pas … c’est pas contre toi. Juste, laisse-moi deux secondes. »

Les yeux fermés, l'arrête du nez pincée entre le pouce et l'index, la tête légèrement basse, je prends une profonde inspiration tout en tachant d'appréhender au mieux cette odeur persistante et d'en faire abstraction tant bien que mal, bloque l'air quelques secondes, puis expire tout l'air lentement mais surement avant de relever la tête vers elle et d'ancrer de nouveau mes yeux dans les siens tout en esquissant un sourire pas très franc mais sincère.

« C’est le sang, ça me rend nerveux. »

Et tu en tireras les conclusions que tu veux puisque j'ai l'impression que tu ne sais pas ce que je suis. C'est peut être idiot mais je ne suis plus habitué à ça et … je crois que je trouve ça potentiellement agréable d'avoir encore ce secret pour quelqu'un même si ça ne me dérange plus d'en parler et de dire les choses clairement.
En attendant c'est à mon tour d'étudier l'ampleur des dégâts de mon côté alors je remonte moi aussi le bas de mon pantalon jusqu'au genou et constate quelques coupures mais vraiment rien de méchant, ça ne saigne même pas, c'est juste en surface.

« Juste une égratignure. »

Je rabaisse mon pantalon et me redresse pour poser mon attention sur mon autre articulation cette fois mais il n'est pas cassé, sinon je n'arriverai pas à le bouger comme je le fais. Foulé peut être, parce que c'est légèrement douloureux mais loin d'être insupportable.

« Pour mon poignet ça ira, j’ai un métabolisme et un organisme plutôt conciliants et rapide pour ce qui est des réparations. »

Pratique. Cicatrisation expresse, pas de risque d’infection parce que le venin ou quoi que ça puisse être combat le moindre virus d’après ce que j’en sais et ce qui expliquerait pourquoi je n’ai pas été malade une seule fois depuis la morsure. Bref, ouais, pratique. Peut être qu'un tour à l'infirmerie serait une bonne chose quand même ceci dit parce que ça n'est pas comme si la Pleine Lune était ce soir ou demain et jusqu'à preuve du contraire c'est surtout la transformation qui répare efficacement le corps.

« Et j’ai la tête dure. Paraitrait même que j’suis plutôt du genre borné. »

Tu m'étonnes … Au pire j'aurai une bosse et l'air ridicule pendant quelques jours mais en théorie le ridicule ne tue pas alors … Bref, inspection terminée, tout va bien et je me détends au fur et à mesure que les secondes défilent. Être occupé aide pas mal, à mon avis.

« Je sais que t’en as marre que je m’excuse mais je t’assure que c’est pas de la pitié ou quoi que ce soit, j’suis désolé de t’avoir blessé. Dis-toi que tu vas probablement me servir de leçon, et que tu seras jusqu’ici la seule à y être arrivée, mais si ça peut te … rassurer ou je ne sais pas quoi, j’ai pas l’intention d’arrêter de faire le mariole sur ma planche pour autant. »

Oui je me sens coupable mais ce qui est fait est fait et j'ai bien compris que ça la soulait, ce qui peut se comprendre parfaitement.

« Tu ne sens absolument rien ? »

Curiosité mal placée ? Surtout de la spontanéité en fait, et de l'intérêt. Oui je parle de ses jambes et personne ne la force à me répondre, je sais à quoi je m'expose.

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MessageSujet: Re: Collision ▬ Kim   Lun 28 Juil 2014 - 19:12

Comme truc fun, le garçon devait sans doute s'être attendu à autre chose. Le but n'était pas vraiment de le refroidir, mais c'était bel et bien ce qui s'était passé lorsque Kim lui avait dit que faire joujou avec son fauteuil pouvait être dangereux au point de faire distraction pour empêcher un mec de s'en prendre à un gosse. Elle passait un peu pour une rabat-joie, pour le coup, vu comment la mine du jeune homme s'était assombrie. Il la regardait, sourcils froncés, l'air un peu choqué, un peu inquiet, un peu curieux aussi. Pour le coup, même si elle avait tiré un trait sous cet épisode là de sa vie, elle devait avouer que ce n'était probablement pas une bonne idée que de le mentionner comme une anecdote quelconque. Elle se hâta donc de hausser les épaules et de lui sourire pour lui faire comprendre que ce n'était rien de grave, et revenir au sujet principal, à savoir les trucs fun qu'on pouvait faire avec un fauteuil roulant. Sujet à propos duquel elle n'avait pas trop de choses à dire, vu qu'elle n'avait pas vraiment cherché à s'amuser avec ce qui pour elle était une partie naturelle de son corps. C'était un peu comme si on demandait à quelqu'un de faire des trucs fun en marchant, ou en courant. Son fauteuil, c'étaient ses jambes, et à part des courses de chars, comme on faisait des courses à pied, elle n'avait jamais fait grand chose de drôle avec. Peut-être parce qu'elle n'avait pas vraiment envie de s'amuser ? Sa meilleure amie dans le coma, ses jambes inutiles... ça faisait beaucoup de changements d'un coup, et pas franchement des plus positifs qu'il puisse y avoir. Peut-être que faire joujou avec son fauteuil roulant lui aurait permis de l'accepter plus facilement, de se l'apprivoiser plus rapidement, mais voilà, ça ne s'était pas passé de cette manière là pour elle. Elle n'avait pas vraiment eu la tête à s'amuser. Elle devait s'adapter, faire des efforts, travailler, le tout en pensant à sa Kat qui ne lui répondait pas lorsqu'elle lui parlait à l'hôpital. Son caractère avait connu beaucoup de changements, beaucoup de phases différentes, mais pendant longtemps, elle n'avait pas pensé à l'amusement. Colère, patience, déceptions, sérieux, sautes d'humeurs, efforts, détermination, découragement... Autant de différentes émotions s'étaient battues en elle, sans jamais que la joie ne s'en mêle, et, pendant longtemps, elle avait été totalement différente de l'ado qu'elle était avant d'avoir l'accident fatidique. Et quand, enfin, elle avait réussi à faire le ménage dans sa tête, elle était devenue trop vieille pour s'amuser comme une gamine avec son fauteuil. Ou plutôt, ça faisait tellement longtemps qu'elle l'avait, qu'elle ne le considérait même plus comme un moyen de s'amuser, mais bel et bien comme un membre de son corps à part entière. Car elle savait s'amuser, là n'était pas le problème. C'était juste que, avant que le skateur ne le lui demande, elle n'avait jamais pensé à faire des trucs fun avec son fauteuil. Mais pour le coup, elle n'aurait probablement pas été contre quelques idées et même quelques propositions pour voir ce qu'elle pouvait faire de drôle avec son engin de glisse à elle. Mais il haussa simplement les épaules sans manifester plus d'intérêt, donc tant pis.

« C'est ça. J'suis arrivée pour l'uni. »

C'était très simplifié, de dire ça comme ça. En vrai, elle aurait pu aller à l'uni aux states, déjà, après sa scolarité à Salem. Mais elle n'avait pas trop le moral. Disons que réussir brillamment ses examens sans pour autant être employée dans le domaine qu'elle voulait – dans aucun domaine, d'ailleurs – alors que ce n'étaient pas les places qui manquaient, ce n'était pas très encourageant. Mais elle n'allait pas raconter à cet Enzo son temps passé à me chercher et encore moins celui passé à déprimer. Elle n'en avait pas vraiment honte, ou peut-être un peu quand même, mais ce n'était pas important pour comprendre comment elle avait atterri en Écosse. La conversation aurait presque pu s'arrêter là, si elle n'avait pas décidé de vérifier l'état de ses jambes au cas où elle aurait une blessure plus grave que de raison qu'elle n'aurait pas senti et fut surprise de voir qu'une tâche de sang s'était formée sur son jogging gris clair. Du coin de l'œil, elle vit le garçon reculer d'un pas et se tendre, mais elle n'y fit pas attention car déjà, elle remontait le pantalon et découvrait un tibia sur lequel le sang avait séché. La plaie n'était pas très grosse, mais c'était tout de même assez moche à voir. Après s'être excusée pour la vue qu'elle allait offrir au jeune homme, et sans se soucier de lui plus que ça, elle enfonça ses doigts dans la plaie et en tira un copeau de bois avant de la laver grâce à un petit jet d'eau qu'elle faisait sortir de sa baguette pour désinfecter la blessure avant de la refermer, encore une fois magiquement. Elle avait senti Enzo très mal à l'aise à côté d'elle, mais elle ne s'était pas arrêtée pour lui demander ce qui n'allait pas. C'était probablement la vue du sang qui le gênait, et la meilleure chose à faire, pour l'un comme pour l'autre, c'était soigner cette blessure au plus vite. Lorsqu'elle se tourna vers lui, elle ce fut pour constater qu'il continuait à être crispé, figé, comme hypnotisé. Elle ne fit pas de remarque, et, puisqu'elle en avait besoin, demanda s'il n'avait pas un mouchoir ou un truc pour essuyer son mollet et la flaque d'eau à ses pieds. Bon, en soi, elle ne sentait pas l'eau sur sa peau, tout comme elle ne sentait pas celle qui avait imprégné ses chaussettes et ses chaussures, et elle ne la sentirait pas non plus si elle était absorbée par son pantalon, mais si elle pouvait sécher et surtout faire disparaître la flaque sur le sol, ça aurait été bien. Mais, d'une voix dure, il lui fit comprendre qu'il n'avait pas de mouchoirs. Elle commençait sérieusement à se demander qu'est ce qui n'allait pas, mais elle essaya décida encore une fois de ne pas lui poser de questions par rapport à son air crispé, mais s'inquiéta pour l'étendue de ses blessures à lui. Sauf que, là aussi, elle se heurta à un mur.

« Me touche pas. »

gronda-t-il froidement, en reculant encore une fois d'un pas, avant de la fixer presque méchamment. Elle fronça les sourcils et baissa le bras qu'elle avait tendu pour inspecter son genou. Perdue et lasse de l'être, elle allait céder à l'énervement et lui demander où était le problème, qu'est ce qui l'avait fait à ce point changer d'expression et de comportement, quand il tendit les bras vers elle et s'excusa. Lui laisser deux secondes. C'était ce qu'elle faisait depuis tout à l'heure. Elle faisait semblant de n'avoir pas vu sa gêne, son malaise, sa fixation dans l'espoir qu'il se ressaisisse. Elle ne lui posait pas de questions, se contentait de continuer à agir comme si de rien n'était, en attendant qu'il quitte cet air si... si... si quoi ? Si insistant, et si horrifié à la fois. Si absent et pourtant plus présent que jamais. Si glacé et brûlant à la fois. Si dur. Presque flippant. Il ferma les yeux, tandis qu'elle gardait le silence, ne sachant pas trop sur quel pied danser avec ce gamin. Il inspira profondément, tenant l'arête de son nez entre le pouce et l'index, comme s'il essayait de se contrôler, de se reprendre en main, de se réveiller d'une espèce de transe, d'un état second. Le sang le rendait nerveux. Ouais, c'était le moins qu'on puisse dire. Elle n'avait jamais vu ça. Et pourtant, des filles qui tombaient dans les pommes à la vue du sang, elle en avait connu plein quand elle allait rendre visite à Kat à l'hôpital, des mecs au visage fermé et volontairement sans expression, elle en avait vu plein aussi, devant les portes des salles où leur femme accouchait ou se faisait opérer. Mais ça... c'était encore autre chose. Et elle se dit que ça devait avoir à faire avec cette histoire de Supérieurs. Les gosses à Poudlard avaient côtoyé la peur, la tristesse et la torture pendant deux longues années. Ce genre de vécu laissait des traces, des séquelles. Et elle n'était pas vraiment très douée pour parler de ce genre de chose, pour jouer aux psys. Elle se sentait mal pour lui, clairement, mais elle n'avait pas assez de courage pour lui faire des remarques. Alors, elle continua à se taire et à le regarder, avant de baisser la tête et remettre son jogging en place. Et elle fut bien contente lorsqu'il décida d'inspecter ses propres jambes.

« Juste une égratignure.
- Ouais okay, si tu le dis.
- Pour mon poignet, ça ira, j'ai un métabolisme et un organisme plutôt conciliants et rapide pour ce qui est des réparations. »

Là pour le coup, elle fronça les sourcils. Qu'est ce que ça, ça pouvait bien vouloir dire ? Autant pour les quelques coupures et brûlures superficielles qu'il avait sur ses jambes, elle n'insistant pas parce que ce n'était franchement pas la peine d'en faire tout un plat, autant pour le poignet, elle avait l'impression qu'il lui cachait quelque chose. Un organisme conciliants ? Rapide pour les réparations ?

« Ça veut dire quoi, ça ? Tu peux le dire, hein, si t'aimes pas aller à l'infirmerie... »

Après tout, c'était un mec, et les mecs n'aimaient que rarement faire leurs chochottes. Ils n'allaient à l'infirmerie que si c'était vraiment nécessaire. Mais des fois, il fallait les y pousser, ne serait-ce que pour vérifier que ce ne soit pas nécessaire, justement. Genre là. Mais elle se retint. Qui était-elle pour forcer quelqu'un à aller se faire soigner s'il ne l'estimait pas nécessaire ? Elle n'était certainement pas une mère, et elle avait déjà été assez saoulée par ses attitudes de gamin qui attendait qu'elle l'engueule comme l'aurait fait une mère, donc non, elle n'allait pas jouer à celle qui s'inquiétait pour les autres. Même si au fond, elle ne pouvait nier qu'elle n'était pas très rassurée.

« Et j'ai la tête dure. Paraîtrait même que je suis plutôt du genre borné.
- Hmm... donc ça sert à rien de te dire d'aller voir l'infirmier, c'est ça ? »

Et, dans sa tête, elle rajouta un petit "tant mieux", car ça lui évitait de devoir hésiter à le faire ou pas.

« Je sais que t’en as marre que je m’excuse mais je t’assure que c’est pas de la pitié ou quoi que ce soit, j’suis désolé de t’avoir blessé. Dis-toi que tu vas probablement me servir de leçon, et que tu seras jusqu’ici la seule à y être arrivée, mais si ça peut te … rassurer ou je ne sais pas quoi, j’ai pas l’intention d’arrêter de faire le mariole sur ma planche pour autant.
- Ouais j'en ai marre, exactement. Donc arrête d'essayer de me rassurer, ou je te jure que je fais exprès de dire que j'ai mal quelque part, comme ça, t'auras une raison pour t'excuser. »

Elle leva les yeux au ciel. Était-il vraiment obligé de recommencer à s'excuser ? Ne pouvait-il pas lui faire la faveur d'éviter ce sujet, tout comme elle avait évité de lui faire des remarques par rapport à son blocage à la vue du sang ? Elle préférait de loin qu'il lui pose des questions sur son handicap comme il le fit alors. Elle mit quelques secondes avant de comprendre de quoi il parlait, mais elle ne se sentait pas spécialement gênée par sa question, donc elle lui répondit.

« Heuuu quoi ? Ah, mes jambes ? Nan, je sens rien, vraiment. Mais bon, comme tu vois, elles sont encore vivantes, donc faut que je vérifie régulièrement de ne pas avoir des blessures ou quoi, parce que je ne les sentirais pas. C'est pour ça que j'ai dû désinfecter et soigner le plus vite possible, parce que je ne peux pas prendre le risque que ça s'infecte sans que je ne le remarque, tu vois ? »

Elle essayait de lui expliquer qu'au final, c'était fourbe. Ça ressemblait à un avantage, que de ne rien sentir, mais en soi, c'était plus un poids qu'autre chose. La seule chose positive qu'elle pouvait trouver à ses jambes, c'était leur présence, car être amputée aurait été encore pire.

« Bon et à part ça... t'étais sérieux pour le dessert ? Des bananes au chocolat, franchement, ça me tenterait bien ! »

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MessageSujet: Re: Collision ▬ Kim   Lun 28 Juil 2014 - 22:12

Moi homme, moi gros dur, moi pas aller à l'infirmerie quand moi avoir mal. Si tu savais … J'en ai légèrement plein le dos de cette infirmerie, je l'ai trop vu, mais je crois que j'irai quand même y faire un tour même si j'ai vu ses murs seulement hier pour la dernière fois. Ça n'était pas pour moi mais pour June, qui m'a bien péter les burnes d'ailleurs, pardonnez moi l'expression. Elles ont vraiment un truc, un don pour être horriblement chiante, je sais pas si c'est une question de chromosomes, de gênes ou je ne sais trop quoi mais … faut s'accrocher. Faut pas s'étonner si on fini par virer de bord, enfin pas que ça soit mon cas mais un peu quand même. Autant je ne me vois pas avec un autre mec que le mien, autant j'ai énormément de mal à me dire que je pourrais supporter une nana au quotidien. Oui je suis macho et misogyne et je le vis bien, merci. D'ailleurs il semblerait que Madame n'échappe pas à la règle même au départ elle aurait pu avoir l'air cool.

« Ouais j'en ai marre, exactement. Donc arrête d'essayer de me rassurer, ou je te jure que je fais exprès de dire que j'ai mal quelque part, comme ça, t'auras une raison pour t'excuser. »

Okay … Maman m'a dit d'être un gentil garçon poli et bien élevé mais là j'ai légèrement envie de l'envoyer chier. Je me retiens, dans le fond je peux comprendre mais je trouve qu'elle abuse un peu. Je l'ai blessé, j'ai fait le con, je m'excuse. Jusqu'ici rien d'anormal et le fait qu'elle soit en fauteuil ne change rien à ça parce que si ça n'avait pas été le cas je me serais excusé de la même façon, au moins cette fois. Oui c'est certain au début j'ai été un peu choqué, je me suis senti doublement coupable d'avoir percuté une personne handicapée – n'ayons pas peur des mots, c'est juste une question de vocabulaire et moi j'y peux rien si c'est tabou d'employer ce terme là – mais je trouve ça juste normal de m'excuser de cette manière. C'est comme ça que j'ai été élevé, c'est dans mon caractère de base même si parfois ça ressort d'une façon un peu moins cordiale et je l'admets demander pardon ou m'excuser n'est pas toujours facile – autant dire que j'en ai pas du tout envie parfois mais passons – mais là ça sort juste spontanément. Je ne connais pas cette fille, on n'a en théorie pas de relation conflictuelle puisqu'on n'a pas de relation du tout et pour le coup ça me va très bien comme ça parce qu'elle est entrain de me coller de mauvaise humeur et ça n'a absolument aucun lien avec l'odeur de son sang qui traine encore un peu partout dans le coin. Ou peut être un peu. Bah c'est une fille ! Elle est casse-couilles par nature c'est tout ! Pas la peine de faire ta dramaturge, on a compris, c'est bon. Et j'aime pas vraiment sa façon de s'adresser à moi, comme si j'étais un gamin. Ok c'est ce que je suis par rapport à elle au moins en terme d'âge mais c'est pas la peine de me prendre pour un débile non plus, ça va. Non je ne m'énerve pas ! Pas du tout. La maturité c'est plus une question d'expérience que d'âge mais de toute façon je ne vais pas non plus m'excuser d'avoir 17 ans, bientôt 18, et d'avoir les capacités  mentales et psychologiques d'un mec de cet âge là, avec les réactions qui vont avec. Entre autres.

Donc j'essaie de rester calme, et sympa, en embrayant sur un autre sujet même si c'est prendre le risque de mettre les pieds dans le plat encore une fois. Il y a d'ailleurs une petite voix dans ma tête qui me hurle de foutre le camp mais comme d'habitude je ne l'écoute pas. Je l'ai dit, je suis du genre borné, c'est comme ça. Je ne m'écoute pas moi même, je ne m'obéis pas, tout à fait. Ça m'a parfois coûté cher d'ailleurs mais c'est pas le sujet, là ça n'a pas vraiment d'importance dans le fond.

« Heuuu quoi ? Ah, mes jambes ? Nan, je sens rien, vraiment. Mais bon, comme tu vois, elles sont encore vivantes, donc faut que je vérifie régulièrement de ne pas avoir des blessures ou quoi, parce que je ne les sentirais pas. C'est pour ça que j'ai dû désinfecter et soigner le plus vite possible, parce que je ne peux pas prendre le risque que ça s'infecte sans que je ne le remarque, tu vois ? »
« Hum. »

Qu'est ce que tu veux que je dise de plus ? Non je ne vois pas, je sens bien tous mes membres alors je ne vais pas lui dire oui alors que c'est pas le cas et ça n'a rien de désobligeant, c'est juste logique. Ceci dit, au quotidien j'imagine que ça doit être assez chiant à gérer, surtout si comme moi elle ne regarde pas toujours où elle va. Bon j'imagine qu'elle fait attention par la force des choses mais on reste humain – oui, même moi – et on ne peut pas être « là » tout le temps, c'est normal d'être à côté de ses pompes parfois. Je ne peux pas m'empêcher d'essayer de me mettre à sa place, tout en espérant que je ne le serais jamais bien sur. Qu'est ce que je ferais sans mes jambes ? Plus de skate, plus de surf, plus de snow, plus de footing dans le parc ou sur la plage, plus … rien. Je bouge tout le temps, j'en ai besoin, et un Loup sur deux pattes au lieu de quatre ça donnerait quoi ? Je ne peux pas me mettre à sa place, non, et dans le fond je ne sais rien de son histoire ni même si elle a déjà eu la mobilité de ses membres inférieurs mais je peux au moins si ce n'est compatir, au moins essayer de comprendre un peu. Ça n'est pas de la pitié, enfin je crois pas, juste … une façon de voir les choses je pense.
Enfin bref, ne pas savoir si on est blessé, ne rien sentir, ça doit vraiment être … handicapant. Vérifier sans arrêt si tout est là, si tout va bien, ça doit être épuisant, mais réussir à vivre avec et continuer de vivre normalement c'est admirable. Je crois que tout le monde n'en serait pas capable et je crois aussi qu'on peut jamais savoir comment on pourrait réagir tant qu'on ne le vit pas soi même. Heureusement la Magie répare bien des choses mais ça n'est pas une science exacte et surtout on ne l'a pas toujours à disposition. Il suffit qu'elle soit Née-Moldue, forcément c'est plus compliqué. Et si j'arrêtais de réfléchir un peu ? Ouais.

« Bon et à part ça... t'étais sérieux pour le dessert ? Des bananes au chocolat, franchement, ça me tenterait bien ! »

Je … ne sais pas trop bien comment prendre sa façon de s'exprimer mais on va dire bien, hein ? Oui. A part ça rien du tout mais ...

« Ouais, ouais j'étais sérieux. »

Enfin au début j'ai sorti ça plus pour raconter une connerie, délirer et détendre l'atmosphère mais je trouverai ça plutôt cool à vrai dire. Cet été j'ai trainé un peu dans la cuisine, que ce soit à la maison ou au chalet, et ça ne m'a pas déplu. Je dis pas que je passerai ma vie derrière les fourneaux comme on dit, ou devant peu importe, mais une fois de temps en temps c'est marrant. Ça change et non je ne finirai pas en homme au foyer mais comme je l'ai dit à Kyle quand on était à Lakes, si ça n'est pas moi qui m'y met on meurt de faim tous les deux. Enfin bref, on s'en tape un peu de ma vie d'homme au foyer, il se trouve que ...

« Mais franchement … Je pense pas que ça soit une bonne idée de faire ça maintenant. Tu vas finir par vouloir m'étriper et je vais être obligé de répliquer, ça va être moche. J'te soule, c'est écrit en gros sur ton front, donc avant que ça dégénère je préfère prendre le large et retourner me mêler de ce qui me regarde ailleurs. De toute façon faut que je prenne l'air. Mais je t'oublie pas, et j'te promets que tu les auras tes bananes au chocolat. »

Je ne parle pas de manière agressive même si l'agacement doit se sentir un peu entre deux tentative d'humour parce que non évidemment je ne vais pas tenter de l'étriper si elle essaie. Je m'en prends pas physiquement aux filles. Et ceux qui diront que j'ai un sale caractère et que je suis susceptible, je les emmerde. Avec le sourire, un grand, très grand et large sourire. Et peut être un doigt d'honneur pour la forme, et parce que j'aime bien. C'est cadeau, c'est gratuit ! Et cette odeur métallique est vraiment persistante, trop persistante, même si ça n'était pas une grosse dose de sang lâché dans la nature. C'est déjà trop pour mon odorat lupin et facilement « dérangé » par cette fragrance particulière. En attendant je suis sincère quand je parle des bananes, elle n'est pas obligée de me croire après tout elle ne me connait pas mais elle verra bien.

« J'peux pas te dire quand, ça dépendra de mon emploi du temps, mais comme ça j'te ferai la surprise. Je garderai les peaux, au cas où, on sait jamais. »

Un sourire, mon skate retombe sur le sol et je pose le pied droit dessus, signe de tête, poussée du pied gauche et c'est reparti. Un dernier regard à la demoiselle, pour la route ...

« Bonne soirée Kim. »

Et t'inquiète pas, je ne vais pas m'excuser encore une énième fois Rolling Eyes Excuse moi – ah ben si, oops – d'être poli et bien élevé quand je le veux bien. T'as qu'à blâmer mes parents pour avoir fait de moi un gamin a peu près sortable. Bref, direction la Grande Salle pour manger un morceau avec … je sais pas qui, on verra bien, et ensuite j'irai faire un tour à l'infirmerie par acquis de conscience. Je lui dirai bien de faire pareil mais elle risquerait de mal le prendre … Ok, ok, j'arrête ! N'empêche que c'est vrai.

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MessageSujet: Re: Collision ▬ Kim   Mer 30 Juil 2014 - 12:02

Ce mec là – enfin, Enzo – avait l'air d'un mec bien, même plutôt cool, à premier abord. Enfin non, pas à premier abord, car leur premier abord avait été assez nul, pour être honnête. Mais au vu de l'attitude qu'il avait eue après leur premier abord, justement, Kim avait compris que son air de gosse pris la main dans le sac et attendant des remontrances n'était que passager, qu'il ne faisait pas vraiment partie de son caractère quotidien, et que c'était la situation donnée qui l'avait apparemment assez bousculé pour réveiller en lui une inquiétude un peu exagérée. Elle ne s'était pas sentie à sa place, c'était d'habitude elle qui se faisait punir ou gueuler dessus, et bien qu'elle ne se complaisait pas forcément dans cette position, elle n'appréciait vraiment pas ce changement de rôles. Mais lorsqu'il s'était ressaisi et avait commencé à blaguer, elle avait pensé qu'elle pourrait presque se sentir proche de lui. Comme si quelque chose les liait, comme s'ils se ressemblaient. Du peu qu'elle ne le connaissait, elle avait l'impression que leurs caractères se ressemblaient. Jusqu'à ses dix-sept ans, elle avait aussi été l'ado qui prenait des risques dont les conséquences lui retombaient dessus, l'ado qui blaguait, qui cherchait la merde, et qui finissait toujours par passer des mauvais quarts d'heure. Ouais, elle se reconnaissait un peu dans le jeune homme, même si elle n'avait pour le moment pu voir de lui et de son caractère que deux facettes. Trois avec celle, dure et froide, qu'il avait montrée lorsqu'elle avait constaté qu'elle saignait de la jambe. Elle aurait été bien curieuse de voir s'ils pouvaient s'entendre, mais malheureusement, les circonstances de leur première rencontre rendaient une plus ample connaissance difficile. Il ne cessait de se prendre pour le coupable, pour le fautif, comme s'il voulait qu'elle le punisse, qu'elle lui en veuille ou qu'elle se mette en colère contre lui pour l'avoir blessée. Comme s'il pensait qu'il le méritait, et que n'importe qui d'autre le lui aurait fait comprendre. Mais elle n'était pas comme ça. Elle se sentait gênée dans la position de victime, elle n'aimait pas ça du tout, et la seule raison pour laquelle elle perdait peu à peu patience, c'était non pas le fait qu'il lui soit rentré dedans sur son skate, mais bien le fait qu'il attende d'elle qu'elle s'énerve contre lui.

« Mais... Argh, bon d'accord, j'attends mes bananes, alors. »

Elle aurait aimé pouvoir lui dire qu'il ne la saoulait pas, qu'elle n'allait pas finir par vouloir l'étriper. Que la seule raison à son comportement un peu inhabituel et inattendu, c'était qu'elle était gênée, qu'elle ne savait pas quoi faire dans ce genre de situations, et qu'elle n'aimait pas ça du tout. Qu'elle aurait juste voulu tourner la page, tirer un trait sous cet incident qu'elle considérait comme vraiment mineur et négligeable, mais qu'il ne lui en laissait pas l'occasion. Qu'elle était sûre de pouvoir l'apprécier, pourvu qu'il ne continue pas à s'excuser et à attendre qu'elle lui en veuille. Elle n'était pas douée pour rassurer les gens. Elle n'était pas douée pour leur dire qu'elle allait bien, et elle n'était pas douée non plus pour leur dire qu'ils n'étaient pas chiants. Or là, c'était précisément ce que Enzo voulait. Elle lui avait pourtant dit une fois que tout allait bien, et qu'il avait probablement plus de soucis à se faire pour soi-même que pour elle. Elle lui avait aussi dit que oui, il l'énervait à toujours s'excuser. Que faire de plus, pour qu'il comprenne qu'il devait arrêter ? Elle l'avait sans doute blessé ou vexé à ne pas accepter ses excuses. Enfin, au début elle les avait quand même acceptées, disant qu'il n'y avait pas de soucis à se faire, puis essayant de changer de sujet. Il avait sans doute attendu autre chose de la part d'une fille, plus âgée que lui, en fauteuil roulant et en position de victime. Il n'avait pas réussi à accepter le fait qu'elle n'était pas du genre à lui en vouloir pour ça, qu'elle n'était pas du genre à pleurer sur ses blessures, à se réfugier dans son handicap pour plus facilement gueuler sur les gens. C'était dommage. Il avait sans doute raison en disant que ça risquait de mal finir, s'ils allaient se faire un dessert maintenant, tous les deux. Il valait mieux se laisser le temps d'oublier tout ça, de l'assimiler, avant de passer à autre chose, avant de se revoir.

C'était tout de même étrange, pour Kim, que de se dire qu'elle avait une espèce de rendez-vous avec quelqu'un, après une simple collision. Elle qui, en plus de deux mois, ne s'était pas fait d'attaches au château. Elle ne cherchait pas réellement à s'en faire. Elle n'était pas venue à Poudlard pour se faire des amis, et encore moins des petits-amis. Pour ce qui était de l'amitié, elle en avait assez chez elle, et elle ne comptait pas la remplacer ou l'oublier, et pour ce qui était de l'amour, elle n'avait pas vraiment les idées à ça depuis qu'elle était en fauteuil. En fait, elle n'avait jamais vraiment été amoureuse. Elle était sortie avec des gens, quand elle était plus jeune. Elle en avait embrassé plein, juste comme ça. Mais ça s'arrêtait plus ou moins à ça. Fallait croire qu'elle tenait à sa liberté, la petite rousse. Ça n'avait pas vraiment changé depuis. Elle avait des liens très forts à New York, ainsi qu'à Salem. Et elle était très fidèle, très loyale. C'était probablement pour ça que le peu d'amis qu'elle avait lui suffisait. Parce que c'étaient des vrais amis. Des vrais amis qu'elle ne voulait échanger ou perdre pour rien au monde. Donc, à Poudlard, si elle ne s'en faisait pas, c'était presque tant mieux. Mais elle ne pouvait pas nier que ça lui faisait tout de même plaisir qu'Enzo lui dise qu'il ne comptait pas l'oublier et qu'il aimerait bien la revoir. Elle rit.

« Okay ça marche. On pourra même se faire une course, si tu veux. En tout cas moi ça me tente bien, ça fait longtemps que j'en ai pas fait. Allez, bonne soirée Enzo !
- Bonne soirée Kim. »

Il avait laissé retomber son skate sur le sol et posé son pied droit dessus. Elle lui fit un signe de la main, pendant qu'il hochait la tête en guise d'Au revoir, tout en recommençant à rouler sur son engin de glisse. Elle sourit en le voyant s'éloigner, puis poussa elle-aussi sur ses roues, laissant la flaque où elle était. Oui, malgré tout, ce Enzo avait vraiment l'air d'un mec bien, et elle avait hâte de manger des bananasplits.

~ The End ~
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