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 Stolen Youth ▬ Kezabel

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MessageSujet: Stolen Youth ▬ Kezabel   Mer 21 Mai 2014 - 23:00

Samedi 1er Novembre 2014 – Début d'après midi.
Stolen Youth



Kezabel & Enzo

The role takes a hold of you,
Becomes the whole of you,
You're looking at the stolen youth.


Spoiler:
 

Bienvenue dans la grisaille du Royaume Unis. Tout est gris : Le ciel, les gens, tout, et mon moral avec. Il fait froid, même pour un Loup-Garou, dix degré à tout casser et je commence à entendre les plaintes de certains malades. J'en suis épargné, comme tous les autres Lycanthropes, et j'ai au moins la chance de pouvoir servir de radiateur à mon Homme, mon chat, et parfois mes amies même si je ne côtoie pas vraiment grand monde ces derniers temps. Choix ou pas, c'est comme ça. Elwynn est partie, après Jill il a fallu encaisser un nouveau coup et ça fait chier mais on fait avec. Point positif : Elle a emmener sa cousine dans ses bagages. Bye bye Tallulah, t'as pas idée d'à quel point tu vas me manquer espèce de cinglée. Oui c'est ironique et ça n'a absolument rien d'affectif. Rosalyn est restée là elle, tant mieux pour ses amis et non je ne suis pas jaloux. Elwynn n'est pas la seule a avoir déserté les lieux, ça fait presque deux semaines qu'Ismaelle a mis les voiles du jour au lendemain et aucunes nouvelles depuis. Fenrir est resté là, c'est Victoria qui s'en occupe mais ça m'arrive de prendre le relais de temps en temps tout comme je continue de passer aux enclos presque tous les jours et ça n'est pas ce temps pourri qui va m'en dissuader. Je m'inquiète, évidemment, mais je reste à ma place et j'attends aussi patiemment que possible d'avoir des nouvelles par un biais ou un autre. Après tout, je ne suis rien d'autre qu'un élève, pourquoi est ce que j'en saurais plus ?
L'ambiance ici est terne et avec ce « jeu » tout le monde est à l'affut, en stress, etc … Je ne fais pas exception à la règle, je me demande simplement sur quoi je vais bien pouvoir tomber à chaque détour de couloir mais pour l'instant rien ne se passe. La Pleine Lune est dans cinq jours, peut être que tout me tombera sur le coin de la gueule à ce moment là, allez savoir. Jusqu'à hier soir tout le monde pensait que c'était un sale coup des Supérieurs, je crois que la montée d'adrénaline a épuisé tout le monde parce que je ne croise que des mines de cadavres ce matin, ou plutôt cet après midi. Je suis tellement amorphe que j'en perds la notion du temps et mes repères. Grosse ambiance dans le château.

Je crois que cet état de quasi absence est en fait une fois de plus un moyen de me protéger parce que je ne sais pas ce qui peut me tomber dessus et j'angoisse réellement à l'idée de voir resurgir certaines choses. Je n'ai pas vraiment discuté avec les autres sur le sujet, je ne sais pas ce qui a pu être vu, subit ou que sais-je encore mais des choses qui me font peur il y en a des tonnes et si c'est contre ça qu'on doit se battre … J'ai plus de mauvais souvenirs dans ma tête que je ne veux me l'avouer et il y a beaucoup de choses qui peuvent me mettre à terre, je le sais. Dans tout ça je ne m'inquiète bien évidemment pas que pour moi et une fois n'est pas coutume Kyle vient en premier sur la liste mais je ne vais pas passer mon temps à le coller pour être sur qu'il va bien, ça n'a pas de sens. J'en serais capable, c'est certain, mais on a déjà vécu ça et je crois qu'aucun de nous deux n'a envie que ça recommence. Chacun à ses propres démons à combattre après tout. En attendant je me dis que j'aimerai l'avoir avec moi finalement parce que même si je ne cherche pas spécialement de compagnie vu ma morosité, lui ça n'est pas pareil. Je l'admets, l'idée de me perdre dans son contact me tente, juste … débrancher, décoller, sentir sa peau contre la mienne et être ailleurs, mais non. Il est bientôt 14h et j'ai rendez-vous avez Kezabel pour bosser à la bibliothèque. Ça ne me dérange pas, sa compagnie est agréable et travailler est un bon moyen pour se vider le cerveau d'autant plus que je m'accroche vraiment et j'ai réellement envie de réussir mon année avec en prime les meilleurs résultats possible. C'est plutôt bien parti d'ailleurs, je suis assez fier de moi et surtout très reconnaissant envers la Pouffsouffle qui m'accorde un peu de son temps chaque semaine. D'habitude c'est le mercredi mais on ça n'a pas pu se faire cette semaine.

~*~

Installé à une table, mon sac à mes pieds et quelques affaires qui trainent devant moi, mes yeux se perdent dans le vide. Une fois n'est pas coutume la vieille bique qui partage cette endroit avec McEwen m'a lancé un regard noir et réprobateur mais je l'ai royalement ignoré. Elle n'a jamais passé l'éponge depuis la bagarre que j'ai provoqué ici il y a … tellement longtemps que je ne m'en souviens plus. C'était il y a presque deux ans parce que je me rappelle parfaitement des raisons mais je n'ai clairement pas envie de penser à tout ça maintenant. A quoi je pense ? A  ma mère. C'est venu comme ça, sans prévenir et sans raison apparente. Je ressens comme une sorte de creux dans le cœur, un vide : Elle me manque comme au premier jour. Là, soudainement. Je ne l'oublie pas, ni elle ni Papa, mais j'avoue ne pas vraiment avoir pensé à eux depuis quelques temps. Pas de cette manière en tout cas. J'aimerai qu'elle soit là, qu'elle passe sa main dans mes cheveux et qu'elle m'embrasse sur le front sans rien dire. J'aimerai enrouler mes bras autour d'elle et me laisser porter par sa présence, comme avant, juste redevenir son petit garçon pendant quelques instant. Son petit Surfer Silencieux, oui, comme avant.
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MessageSujet: Re: Stolen Youth ▬ Kezabel   Ven 23 Mai 2014 - 17:17

Stolen Youth


Enzo & Kezabel
Samedi 1er Novembre


Heure du repas. Visiblement l’un des seuls moments où nous sommes épargnés au jeu… Il s’est ouvert hier et je n’ai lu la note que ce matin pour comprendre que la nuée de bourdons qui s’était ruée sur moi n’était pas un sale coup d’un élève avide de blague stupide mais belle et bien une illusion. Pour surmonter nos peurs, de la plus simple à la plus forte. Et ça, c’était beaucoup moins amusant. D’autant plus que les illusions sont aussi réelles que possible, au point que j’ai sentis quelques bourdons s’emmêler dans mes cheveux. J’ai cru frôler la crise d’hystérie. Je déteste ces bestioles, je les haïs et le pire de tout c’est qu’elles me font peur. Ce n’est pas l’insecte en lui-même mais plutôt la douleur qu’il peut provoquer. Rien que d’y penser, j’en ai des frissons. Dégoûtant. Je trifouille mon poulet avec ma fourchette et je jette un coup d’œil autour de moi. Je peux voir une Charleen livide comme une morte, guettant le moindre geste suspect. La moitié d’entre nous va frôler la paranoïa et c’est ce qui est le plus flippant dans cet exercice. C’est partie pour durer la semaine et je ne sais toujours pas si je dois trouver ce défi amusant ou complètement terrifiant. Parce que tous ici, nous nous ressassons immédiatement ce qui nous fait le plus peur en ce moment. La perte d’un proche ? La réapparition d’un bourreau ? Des mots ? Une situation ? Voir peut-être des objets significatifs ? Les enseignants ont vachement bien caché leur jeu… Est-ce que tout cela allait réellement nous aider ? Probablement, je n’en sais trop rien à vrai dire. Je me demande comme tout le monde sur quoi ou qui je vais tomber et ce qui me vient  à l’esprit en premier lieu ne me plait pas du tout… Ca n’est pas une peur, mais une douleur. Et c’est bien la dernière chose dont j’ai besoin. Me remettre les faits sous le nez, celui de sa disparition, de son absence, je n’en ai pas envie. Je voudrais juste apprendre à vivre avec ça toute seule mais visiblement je vais devoir m’y confronter à un moment ou à un autre et c’est ce qui me terrifie le plus.  Que pourrais-je voir d’autre ? Adam et papa en danger. La flotte des Supérieurs qui sont venus nous décimés il y a 4 ans. Et que sais-je encore… Je jette un œil dehors et remarque qu’il fait gris, histoire de nous mettre dans l’ambiance.

Je secoue la tête. Inutile de se mettre la pression dès maintenant. Et puis si je dois y faire face, alors soit. J’ai tenu 4 années avec ce poids sur les épaules et ça continuera.  Et puis, j’ai d’autres choses à penser comme par exemple à Enzo que je dois aider pour ses devoirs, tout à l’heure. Un jeune Gryffondor attachant et que je trouve chaque leçon un peu plus adorable. Ça doit faire un bon mois et demi que nous nous rejoignons une fois par semaine pour l’aider à ses devoirs et à ce qu’il comprends le moins et il n’y a pas de doute : Il s’accroche et fait des progrès. Il me rappelle Adam sur bien des points et je dois avouer que ça me fait un peu de bien même si c’est clair qu’il ne remplacera jamais mon frère. Mon p’tit homme… Sacré tombeur de surcroit. Du moins, à l’écouter parler ou à le lire sur le courrier. D’ailleurs, ça me fait penser que je n’ai toujours pas reçu de réponse à mon courrier du mois derniers… J’espère qu’ils vont bien tous les deux. Je finis mon assiette et commence à filer pour aller à mon dortoir, chercher mes affaires.

« Hey ! Keza attend ! Atteeeeend !»

Je me retourne et esquisse un sourire lorsque j’aperçois cette bouille rousse. Lucy, le visage rougit à l’air complètement essoufflée, s’arrête devant moi en s’appuyant sur ses genoux.

« La vache. Faut que je reprenne le sport.
- C’est sûr que de passer ton temps dans un gros fauteuil en rêvassant du beau et grand Tyler, ça ne va pas trop t’aider ! »

L’effet fut instantané. Son visage s’empourpre et moi je suis hilare. Tyler, amour d’été de Lucy dont elle est complètement folle. Elle l’aurait rencontré par le biais d’un ami et d’après elle : ce fut le coup de foudre de toute sa vie. J’ai ris en voyant sa tête illuminé à la simple pensé de son nouveau petit ami. Ils ont passés deux semaines ensemble et depuis, ils envoient autant d’hiboux en un mois que moi en 6…

« C’est pas vrai ! Elle se défend, mains sur les hanches. Je passe mon temps à lire, c’est différent !
- Oui, avec la photo de Tylernounet coincé entre deux pages… »

Je lui pince la joue d’un air taquin avant qu’elle ne me repousse, faussement fâchée. Lucy était une amie des jaunes que je connaissais depuis que j’étais ici. Je ne dirais pas qu’elle est ce qu’est Riley à mes yeux, mais elle reste une personne que j’apprécie réellement et avec qui j’aime passer du temps le soir en salle commune. Elle était d’un tempérament de feu, un vrai brasier. Elle avait une patience égale à moins dix et le sang-froid d’un fou furieux, mais je l’aimais bien.
Elle finit par ricaner avec moi avant de me tirer par la manche.

« Eh… tu vas en salle commune ?
- Oui, pourquoi ? »

Elle se mord la lèvre, l’air gênée. J’hausse un sourcil en me demandant ce qu’elle a et ce qu’elle veut visiblement me demander.

« Est-ce que je peux venir avec toi ? J’ai pas envie de tomber sur ces ombres-là, enfin pas toute seule quoi.
- Ahn ! Oui si tu veux, j’esquisse un sourire et entame la marche. Tu es tombé sur quoi depuis hier ?
- Si j’te le dis tu vas te foutre de moi…
- Roh, c’est pas comme si tu avais été poursuivi par des souris ! »

Silence. Je la regarde….

« Non, mais par des chats oui. »

C’est plus fort que moi, j’éclate de rire. Rien de méchant dans tout ça, bien au contraire mais … un chat me parait tellement inoffensif que ça en devient comique.

« Te moque pas, sans rire ! J’ai toujours eu peur de ses trucs. Ils sont fourbes et complètement imprévisibles. C’est comme le chat de la petite Thomson… Elle fait sa belle là, à se pavaner avec sa queue ébouriffée mais j’suis sûre qu’elle serait capable de te crever un œil sans raison ! Et toi avec ta nuée de bourdons de ce matin, tu devrais t’abstenir de rire ! »

Je dois avouer que j’étais complètement mal placé.. .

« T’as raison… on sait jamais si l’un d’entre eux te balance une pelote de laine entre les deux yeux. »

Je ris de plus belle et elle se laisse entrainer sans se faire prier. Peut-être que le fait de tourner les choses au ridicule pouvait aider à atténuer un peu la situation. Je me doute bien que ça ne risque pas de fonctionner pour toutes les circonstances mais si ça pouvait aider des personnes comme Lucy à affronter ce qu’il les attend, alors tant mieux. J’ai fait tout le chemin avec elle, à discuter de tout et de rien puis je suis allée récupérer mon sac et mes affaires ainsi qu’un dernier petit truc, avant de filer vers la bibliothèque, point de rendez-vous que nous nous étions donné avec Enzo. Normalement, nous avions convenu les Mercredi mais avec le sport rendu obligatoire l’après-midi, j’avais préféré décaler à moins de me retrouver K.O sur mes livres. Mlle Stowaway était une prof géniale…mais complètement intransigeante. Les petits malins qui tentaient de se cacher pour ne pas courir étaient très vite rappeler à l’ordre par son ton sec et son regard froid.

Je retrouve Enzo déjà installé et je fais de même rapidement, après avoir échangé quelques banalités. Ça doit bien faire vingt bonnes minutes que nous sommes penchés sur son devoir de Botanique que j’essaie d’égayer avec quelques croquis, mais j’ai à côté de moi un Enzo complètement ailleurs et malgré plusieurs rappelle de ma part et quelques excuses de la siennes, il repart rapidement loin de moi, de cette pièce et de ce monde. Il a les yeux soucieux, les traits un peu affaissés. Je ne sais pas à quoi il pense mais ça n’est rien de joyeux visiblement. D’une voix douce je continue :

« Et c’est là que la petite tomate à rencontrer Mme Patate. Ils se sont mariés et eurent beaucoup d’enfants Tomatate. J’en ai goûté et c’est super bon. »

Il ne réagit toujours pas malgré mon histoire farfelue, toujours perdu très loin dans le fond de ses pensées obscures.

« Enzo ? »

J’agite ma main en doucement et il semble revenir doucement à la réalité en s’excusant et en me demandant de répéter. Je reçois une pointe au cœur lorsque je le vois de face… Il affiche une mine complètement dépité et perdu.  Nous parlions de temps en temps lui et moi. De Kyle, de ses cours, des miens, bref de la vie en générale, des banalités. Mais c’était toujours agréable de le voir souriant, un peu foufou sur les bords et enjoué. Je crois bien que c’est la première fois que je le vois si… abattu ? J’esquisse un doux sourire en penchant légèrement la tête sur le côté.

« Tu m’as l’air ailleurs depuis tout à l’heure.  Est-ce que c’est le cours de Botanique qui te largue un peu ou est-ce qu’il y a un truc qui ne va pas ? »

Il me raconte quelque chose qui n’est absolument pas crédible. Il a un sourire brisé, fracassé et ça me frappe encore plus. Ça fait toujours cette sensation lorsque vous aviez l’habitude voir quelqu’un toujours heureux ou bien. De le voir aussi penaud est étrange. Je me souviens de ce jour où je suis arrivé furibonde après une dispute avec Talullah, il avait pris le temps de me demander ce qui n’allait pas … bon, la discussion à légèrement tourné au vinaigre mais nous n’avions aucune raison de nous disputer lui et moi. J’ai l’impression de me retrouver désormais à sa place sauf que lui ne semble ni en colère ou en rage, mais plutôt triste et abattu.

Je pose ma plume sur le parchemin, sans le lâcher du regard avant de continuer d’une voix douce et posée :

« Si tu as besoin de parler… tu peux, tu sais. Je sais que je suis là pour te donner des cours mais je peux aussi être là si tu as besoin de parler. »

Toujours ce demi-sourire sur les lèvres avec la sensation qu’un instinct presque maternel se diffuse dans mes veines.

Fiche bye Ethna
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MessageSujet: Re: Stolen Youth ▬ Kezabel   Lun 26 Mai 2014 - 18:24

▬ Flashback ▬

Janvier 2012 - Lakes Entrance – Victoria - Australie

« Maman ! »

Ma planche sous le bras, un colis surprise dans l’autre main, je reviens du spot le plus proche de la maison – là où j’ai l’habitude d’aller, un spot caché et sorcier - après m’être éclaté dans les vagues une bonne partie de l’après midi. On a la chance de pouvoir rentrer chez nous de temps en temps même en période scolaire et à chaque fois c’est potentiellement le même schéma : Je passe la moitié de mon temps dans l’eau. Je viens d’avoir 15 ans, mes parents m’ont offert une nouvelle planche, alors évidemment que veux en tester les limites ! Comme souvent ma mère est dehors, il faut dire qu’en Australie on passe énormément de temps à l’extérieur, et dès qu’elle m’entend l’appeler elle se retourne vers moi alors que je grimpe les marches de la terrasse en mettant du sable partout.

« Qu’est ce qu’il y a mon Chaton ? »
« Rah, m’appelle pas comme ça ! »
« Je t’appelle comme ça depuis que tu as vu le jour alors n’espère même pas que j’arrête un jour … mon Chaton. »
« Mais j’suis plus un bébé ! Et encore moins un Chaton ! »
« Tu seras toujours mon bébé, et mon Chaton. »

Elle a cet air si sérieux mais dans son regard on peut facilement lire toute la douceur et l’humour parce que je sais très bien qu’elle fait ça pour m’embêter … Et ça marche ! Malgré tout elle pense chaque mot qu’elle dit et si je m’insurge de cette façon c’est plus pour la forme qu’autre chose parce que … parce que j’adore être son Chaton, voilà. C’est juste que ça ne fait pas très virile, vous en conviendrez, et quand on a 15 ans et qu’on est un garçon, se faire appeler Chaton c’est … Bref, voilà. Je suis un ado, je me comporte en tant que tel, non ?

« Montre-moi ce que tu as là au lieu de râler. »

Je vais pour tendre la main vers elle mais elle me stop avant même que je n’ai eu le temps de bouger le petit doigt.

« Pose-moi ton engin du diable avant. »
« C’est une planche de surf Maman, pas un ... »

Je ne termine pas ma phrase, je me contente simplement d’esquisser un sourire. Cette passion pour le Surf me vient de mon père, passion qu’elle ne partage pas vraiment mais qu’elle tolère parce qu’elle sait que ça nous rend heureux tous les deux. Je sais pourquoi elle appelle ma planche comme ça, c’est simplement parce qu’elle s’inquiète et … je ne peux pas le nier … parfois avec raison. Raison que je perds dès l’instant où les vagues se forment mais on n’est pas là pour parler de ça ! Je pose donc ma planche contre la rambarde et m’approche d’elle à nouveau en tendant mon bras vers elle jusqu’à ce que ma paume soit à sa hauteur.

« J’ai trouvé cet oiseau dans le sable en revenant du spot et je crois qu’il ne va pas très bien. »
« Donne le moi. »

Un petit oiseau plein de sable, qui respire de moins en moins vite et dont les yeux sont à peine ouverts. Je le laisse glisser dans sa paume à elle et elle le récupère avec toute la douceur dont elle sait faire preuve. C’est assez régulier que je ramène des animaux blessés à la maison et en général on s’en occupe tous les deux. Parfois ils survivent et repartent, parfois ça n’est pas le cas.

« Je crois que c’est un petit Kookabura qui a du tomber de son nid un peu trop jeune. Sans doute une nichée tardive. Tu l’as trouvé loin d’ici ? »
« Non, juste avant la pinède. »

D’un signe de la main je montre une des dunes qui entourent la maison ainsi que l’étendu de végétation qui dépasse derrière. Elle hoche de la tête d’un air entendu et commence à marcher en direction du petit cabanon qui se trouve à côté de l’endroit où on entrepose les planches et où Papa les fabrique. Il m’apprend petit à petit d’ailleurs et je m’attends tous les jours à ce que Derek vienne casser ce que je fais mais pour l’instant ça n’est pas arrivé. Faut croire qu’il a trop de choses à penser ce moment. Comme la prochaine fille à qui il va lancer son regard azur probablement. Moi je m’en tape des filles, je préfère les Kookabura c’est bien plus intéressant. Enfin presque et non on ne parlera pas de Jeenah, c’est pas la peine. Vraiment pas …

« Viens avec moi, on va le rincer, lui donner à manger et le garder quelques jours le temps qu’il reprenne des forces et ensuite on ira le relâcher. »
« Cool ! »

Je la suis comme un gosse, un large sourire sur le visage, en me disant que si elle réagit comme ça c’est qu’il a de bonnes chances de s’en sortir alors j’ai déjà hâte de le voir voler. Et alors qu’elle est entrain de le rincer et que je n’en perds pas une miette …

« J’peux lui donner un nom ? »
« Hum … Qu’est ce que tu en dis si on attend d’en voir un peu plus sur son petit caractère, histoire de lui donner un nom qui lui va bien ? »
« D’accord ! C’est une bonne idée, t’as raison. »

De toute façon je n’ai aucune idée en tête pour l’instant.

« Pourquoi on fait pas comme ça avec les humains ? »
« Parce qu’on doit déclarer l’enfant dès la naissance et que pour ça il a besoin d’un prénom mais tu sais, en fonction de comment se passe la grossesse on peut déjà avoir un petit aperçu … »
« Ah, ok. Alors d’après toi je porte bien mon prénom ? »
« Je n’en ai pas le moindre doute ! »
« Hey ! Ca veut dire quoi ça ?! »

▬ Fin du flashback ▬

« Et c’est là que la petite tomate à rencontrer Mme Patate. Ils se sont mariés et eurent beaucoup d’enfants Tomatate. J’en ai goûté et c’est super bon. »

Hein ?

« Enzo ? »

Et merde, Kezabel … Oui, je l’admets, je l’avais complètement oublié. J’étais tellement parti dans mes pensées que je serais même incapable de dire depuis combien de temps elle est là même si j’ai pris le temps de la saluer quand elle est arrivée. Je sais aussi que ça n’est pas la première fois aujourd’hui qu’elle me « rappelle à l’ordre » mais c’est plus fort que moi, je n’arrive pas à me concentrer alors encore une fois je m’excuse et tente de retrouver un semblant de présence mais … c’est difficile.

« Tu m’as l’air ailleurs depuis tout à l’heure.  Est-ce que c’est le cours de Botanique qui te largue un peu ou est-ce qu’il y a un truc qui ne va pas ? »
« Je crois que je développe une allergie au Snargalouf, c’est rien. »

Crédible ? Pas une seconde évidemment. Elle n’est pas idiote et je crois bien qu’elle a cerné depuis le départ qu’un truc ne tourne pas rond chez moi aujourd’hui mais ça n’est pas pour autant que je vais étaler mes états d’âme sur la table et l’embêter avec ce qui me passe par la tête. D’une parce qu’elle a autre chose à faire de sa vie, et de deux parce que je ne suis pas vraiment certains de vouloir parler. De ça, mais aussi du reste. Parler tout court en fait.
Pourtant je sens son regard insistant sur moi et je ne peux pas m’empêcher de baisser les yeux ou de regarder ailleurs pour le fuir. Cette situation me gène un peu et je commence à me dire que je ferai mieux de mettre les voiles mais de nouveau sa voix m’interpelle. Elle est pleine de douceur …

« Si tu as besoin de parler… tu peux, tu sais. Je sais que je suis là pour te donner des cours mais je peux aussi être là si tu as besoin de parler. »

La tête penchée sur le côté, un demi-sourire plein de tendresse sur le visage, elle me regarde et je ne sais plus où me mettre. Une espèce de silence étrange s’installe, je commence à me sentir nerveux et une de mes jambes commencent à s’agiter tandis que mes doigts attrapent tout ce qu’ils trouvent à leur portée. Au bout d’un moment je relève quand même les yeux vers elle, tant bien que mal.

« J’ai l’impression d’être un gros bébé quand tu me regardes comme ça. »

J’écrase un rire, ça n’est pas du tout un reproche, c’est juste que … je crois que j’en ai simplement perdu l’habitude. Il n’y avait potentiellement que Jill et Elwynn à se comporter comme ça avec moi – Sova c’est différent – alors oui c’est un peu étrange de retrouver cette forme de … d’attention presque maternelle. Je sais que j’ai dit que je n’avais pas envie de parler mais peut être que c’est tout le contraire finalement. Ça fait un moment que je ne me suis pas confié à quelqu’un, j’en ai perdu l’habitude de ça aussi – à part avec Kyle mais ça n’est pas pareil – et tout chez cette fille pousse à … peut être pas la confidence mais en tout cas à la confiance. Résultat, les vannes s’ouvrent. Un peu.

« Ça va, c’est juste tout ce truc avec le jeu là … J’angoisse un peu à l’idée de me retrouver face à certaines choses – comme tout le monde en fait – et puis je m’inquiète pour Kyle, même si c’est un grand garçon, mais bon … on va s’accrocher ! Après tout, une semaine, c’est rien … »

Ahum. Une semaine ça me parait être une éternité, bien au contraire. Dans ce contexte là en tout cas, et j’ai l’impression que le temps ne passe pas. Ça fait même pas 24h …

« Ma mère me manque. »

Voilà. Bombe larguée. C’est sorti comme ça, tout seul, et la boule que j’avais dans la gorge a été remplacée par une autre. Pourquoi est ce que j’ai fait ça ? Oui je m’en veux, et pourtant je ne m’arrête pas. Une de mes mains va s’agripper autour de ma nuque comme à chaque fois que je me sens nerveux et mes yeux fixent la table sans la voir alors que les doigts de mon autre main s’accrochent à mon livre de manière un peu trop insistante. Je me déteste en cet instant, je déteste me montrer aussi sensible devant les gens.

« Je sais pas pourquoi ça ressort comme ça, maintenant, même si c’est toujours un peu là mais … J’en sais rien, ça vient peut être du fait que j’ai justement peur de la voir apparaitre à chaque détour de couloir même si d’un côté j’en meurs d’envie. »

Combien de fois je suis descendu dans les Catacombes dans le but de retrouver cette pièce où j’ai pu revoir mes parents il y a quelques mois ? Pas des masses, mais plusieurs, et à chaque fois j’ai réussi à faire demi-tour avant d’y entrer mais … Oui, j’ai envie de les voir malgré tout, même si je sais que ça n’est pas réel.

« Elle et mon père sont morts il y a plus de deux ans et demi, j’étais très proche d’elle. Tu vois, j’étais un peu son bébé qui veut pas grandir. »

J’avais tout juste 15 ans quand ils sont partis et c’est arrivé de façon si brutale … En plus de ça je n’ai jamais réellement pu faire mon deuil correctement puisque j’étais dans le coma quand ils ont été enterré. On a quitté l’Australie quelques mois après, j’avais beaucoup de choses à gérer personnellement du genre mon frère qui me faisait vivre un enfer, ma Lycanthropie qui se manifestait de façon plutôt violente, etc … Bref, les au revoir n’ont jamais été fait « proprement » même si ça m’a fait du bien de pouvoir retourner sur leur tombe cet été, de manière un peu plus sereine que la dernière fois où j’y avais mis les pieds deux ans auparavant quand on vivait encore là bas, chez nos Grands-parents.

« Même si je joue les gros durs, j’suis juste un p’tit garçon qu’a besoin de sa maman de temps en temps … »

Nouveau rire nerveux de ma part alors que je secoue la tête de gauche à droite.

« Et j’me sens pitoyable. Désolé. »

J'aime pas parler de ça ! J'aime pas parler de moi. Et pourtant c'est ce que tu fais ... Tu penses pas que c'est parce que t'en as besoin et que ça te fait du bien ? Lâche du lest un peu, on le sait que t'es un homme, un vrai Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Stolen Youth ▬ Kezabel   Dim 1 Juin 2014 - 20:02

Stolen Youth


Enzo & Kezabel
Samedi 1er Novembre



Le silence s'installe et je n'ose pas interrompre. A l'intérieur de sa petite tête brune doit se livrer un véritable combat. Dois-je parler ou non ? Souvent, je me suis trouvé confronter à cette question et j'ai toujours jugé bon de me taire. Par pudeur mais aussi par précaution. Je voulais préserver le peu que j'avais réussi à me construire. Parler de ce qui n'allait pas était pour moi une manière de faire revivre mes fantômes et c'était ma manière à moi de me tenir éloigné d'une probable chute. Mais nous ne raisonnions pas tous de la même manière, je saluais même ceux qui arrivait à poser des mots sur leur douleur et à réussir à se confier à un proche sans crainte. Moi, je n'ai pas réussi ou peut-être n'ais-je pas eu de réelle occasion ? C'était faux, il y avait eu Tallulah sur qui je comptais beaucoup à l'époque mais surtout, il y a désormais Riley qui se trouve être la seule personne a être réellement au courant des détails. Mais parfois, nous pouvions ressentir le besoin de se confier à quelqu'un d'autre, une personne moins proche de nous et peut-être de plus objective. D'une oreille nouvelle. Du moins, c'est ce que je suppose et c'est aussi pour ça que j'ai légèrement insisté auprès d'Enzo qui, depuis tout à l'heure, est partout sauf ici avec nous.

« J’ai l’impression d’être un gros bébé quand tu me regardes comme ça. »

Il rit et moi je rougis timidement. Je bafouille des excuses incompréhensible avant de secouer doucement la tête, mon rire se joignant au sien. Je sais que j'ai tendance à me montrer maternelle ces derniers temps... Bon, peut-être depuis plus longtemps que ça, peut importe. Je ne sais pas d'où me provient cet instinct mais il est là et puis il faut être honnête : Quand vous voyez une moue comme celle d'Enzo, de Charleen ou même de Lukas, à aucun moment vous ne pouvez-vous empêcher de vous prendre pour la mère poule du château.

« C'est peut-être parce que tu ressemble à un enfant un peu perdu en cet instant. »

Toujours un sourire, toujours cette voix douce que j'emprunte naturellement. Je ne le lâche pas du regard et je constate qu'il semble presque nerveux.

« Ça va, c’est juste tout ce truc avec le jeu là … J’angoisse un peu à l’idée de me retrouver face à certaines choses – comme tout le monde en fait – et puis je m’inquiète pour Kyle, même si c’est un grand garçon, mais bon … on va s’accrocher ! Après tout, une semaine, c’est rien … »

Il n'est pas convainquant et personne ne le serait en évoquant les jeux de cette semaine. J'acquiesce doucement, complètement d'accord avec ses propos. Moi même j'ai une peur bleue de me retrouver face à ma mère au détour d'un couloir, voir de revivre une simulation illusionniste de la guerre d'il y a 4 ans. Il me parle de Kyle et je me rends compte que je n'avais pas penser à ce léger détail : Comment tout cela se passe-t-il pour les moldus ? Je suppose qu'ils doivent faire face tout comme nous à leur peur profonde, mais comment peuvent-ils se débrouiller pour surmonter ça à part par la force du mentale ? C'est injuste quand nous, nous avions nous baguette pour jeter un sort et dissiper l'illusion alors qu'ils devaient de leur côté affronter les pires horreurs par leur caractère et leur capacité à faire front...

« Je comprends, mais ça devrait aller ne t'en fais pas. Il y aura toujours quelqu'un pour l'aider et puis je suis certaine que tu veille déjà très bien sur lui. Il a l'air parfois un peu dans la lune mais je suis sûre qu'il saura se débrouiller. »

Du moins, je l'espérais. Je ne sais pas comment je réagirais si je voyais ma mère en cette seconde par exemple. Est-ce que je me tiendrais face à elle, stoïque ? Ou au contraire, serais-je incapable de faire quoi que ce soit ?

« Ma mère me manque. »

Une douleur vive me transperce le ventre et le cœur. A cause de cette coïncidence d'esprit mais aussi par la spontanéité de ses mots. C'est comme si ses lèvres avaient larguer un paquet lourd de douleur et de manque. Il agrippe sa nuque d'une main alors que ses autres doigts triturent le pauvre bouquin qui se fait martyriser sous sa nervosité. Je ne dis rien, sentant clairement que le moment n'est pas à la discussion, du moins pour moi. Je ne fais que poser mon regard sur lui, le visage impassible avec pour seul trait : La douceur. En cette même seconde, j'ai l'impression d'avoir Adam devant moi lorsqu'il vient me trouver : « Keza, maman me manque. J'aimerai la revoir une toute dernière fois... ». L'absence est quelque chose de fatale. Au début, j'ai envie de dire à Enzo que ça n'est pas grave, que sa mère l'attend sûrement avec impatience chez eux, en Australie. Je comprends son manque, même s'il n'est pas sûrement le même mais, je le comprends.

« Je sais pas pourquoi ça ressort comme ça, maintenant, même si c’est toujours un peu là mais … J’en sais rien, ça vient peut être du fait que j’ai justement peur de la voir apparaitre à chaque détour de couloir même si d’un côté j’en meurs d’envie. »

J'aurai due me douter que quelque chose clochait en fait... Quelque soit l'âge, il y a toujours un moment de votre vie où vous ressentez cette absence cruelle de maternité. Parce que c'est comme ç,a vous passez 9 mois dans son ventre à être relié à elle. Une vie liée à une autre vie. Se donnant le change d'un bonheur. Mais les mots d'Enzo ne correspondent pas à ceux que l'on pourrait dire lorsqu'une mère nous attend à la maison. Non, ceux d'Enzo sont beaucoup plus lourd, plus... triste. Je ne saurais pas comment le définir. Peut-être est-elle malade ?

« Elle et mon père sont morts il y a plus de deux ans et demi, j’étais très proche d’elle. Tu vois, j’étais un peu son bébé qui veut pas grandir. »

Nouvelle dépressurisation. J'ai envie cette fois de lui dire que oui … je vois parfaitement, mais là, je n'y arrive pas. Je ne fais que le regarder sans arriver à dire quoi que ce soit. Je ne m'attendais pas à ça même si l'éventualité m'avait traversé l'esprit, mais il est vrai qu'à aucun moment nous n'avions parlé de nos parents ensemble. Ma propre douleur de la perte de ma mère me revient doucement en silence et je comprends beaucoup mieux son absence de tout à l'heure mais aussi ses yeux brillants et sombre. Je fais un rapide calcule et me rends compte que nous avions presque le même âge lorsque nous avions subit ce même coup de poignard en plein cœur. Je ressens au creux du ventre un élan d'affection pour lui, de tendresse et une subite envie de le prendre dans mes bras pour lui dire que tout ira bien...

« Même si je joue les gros durs, j’suis juste un p’tit garçon qu’a besoin de sa maman de temps en temps … » 

Il m'achève littéralement. C'est le genre de chose qui me donne la sensation que mon cœur fond sur place, en plein cœur d'un bûcher de douleur partagée. Quand je pense à Enzo, je vois surtout un gamin qui arbore un sourire malicieux, prêt à faire les 400 coups. De temps en temps, je le vois déambuler dans les couloirs avec son petit air de conquérant, assuré ou il nous donne l'impression que rien ne peut l'ébranler. D'autre jours, principalement où il est avec Kyle, il arbore cet air tendre, protecteur et … épanouie ? C'est comme s'il vivait dans un monde où l'amour qu'il porte à Kyle, polissait leur forteresse afin de la rendre plus lisse et plus brillante dans cet univers si terne. Mais en cette seconde précise, j'ai devant moi un enfant/ado où toutes les défenses ce sont écroulées sous un manque trop lourd et trop douloureux. Il est là devant moi, fragile, penaud et timide.

« Et j’me sens pitoyable. Désolé. »

La bibliothèque n'existe plus et même si elle était pleine à craquer d'élève, je n'aurai pas pus empêcher ma spontanéité d'agir. Je l'entoure de mes bras et le serre contre moi, sans un seul mot. Je sais qu'il est réfractaire au contact humain, je l'ai vu et sentis mais cette fois je ne peux pas aller contre ma volonté de lui procurer tout cette vague doucereuse. Il me repoussera s'il le veut, je ne lui en voudrais pas mais mon geste ici, c'est que la simple traduction de ce que je ressens en cet instant : Un élan de maternité face à ce gamin qui faire face au creux béant causé par la disparition de sa mère. Ce même gouffre qui me menace depuis 4 ans, celui où j'ai risqué d'y passer mes jours à pleurer sa perte et son absence. Sa douleur égale à la mienne puisque quelque soit la manière dont nos mères ont disparu, le vide et le manque reste le même. Mes bras sont enroulés autour de son cou, mon visage posé sur son épaule et je l'enserre en douceur. Sa chaleur corporelle m'enveloppe presque aussitôt et j'en apprécie le contact. Je sens son cœur pulsé sous son torse et constate qu'il bat avec une force particulière, celle de la vie.

« Ne dis pas des bêtises pareilles, il n'y a rien de pitoyable. Je dirais même que c'est une belle preuve d'amour. »

Je murmure ses mots rien que pour lui , le garde quelques secondes supplémentaires dans mes bras avant de m'écarter en douceur, avec un regard d'excuse. Je ne présenterais pas de regrets puisque je n'en ai pas à l'avoir prit dans mes bras comme je l'aurai fait avec Adam. J'aurai pu avoir une certaine retenu sachant qu'il y avait quelques têtes dans la Bibliothèque mais je n'avais aucune honte à l'enlacer comme je l'ai fais. Je ne suis pas sa mère, loin de là et je sais mieux que personne que personne ne peut remplacer la présence d'une mère. Mais j'ai laissé parlé l'instinct et il était de le prendre dans mes bras pour lui communiquer un réconfort et une présence. Je lui adresse un sourire doux avant de poser une main sur son avant bras.

« Tu n'as pas à te sentir comme ça lorsque tu parle de ce genre de manque, jamais. Parce que c'est encore la preuve que malgré la douleur, tu ne les oublie pas. Et celui qui trouve que tu es pitoyable à parler de ça est un véritable idiot ! »

Pas qu'Enzo en soit un, loin de là ! Je me doute qu'il doit se sentir particulièrement vulnérable à me présenter ses maux sur la table et je ne peux que le comprendre quand, pendant toutes ses années, j'ai laissé ma blessure cachée aux yeux de tous. Il doit se douter qu'à aucun moment je n'userais de ce qu'il considère sûrement comme une faiblesse, contre lui. Il commence à me connaître , il me voit régulièrement et je n'ai pas la réputation de faire du mal aux autres, encore moins à des gens que j'apprécie.

Je ramène ma main vers moi et joue avec la plume à encre entre mes doigts, la regardant tourner de droite à gauche et inversement.

« Je sais que ça ne t'aidera pas mais elle te manquera toujours quoi que tu fasse … En tout cas, moi elle me manque encore cruellement, même si ça fait 4 ans. »

Malgré la douleur, j'esquisse toujours ce même sourire bienveillant.

« J'ai moi aussi perdu ma mère dans des circonstances compliquées, mais malgré les années j'ai toujours ce vide qui se trame quelque part et qui se creuse un peu plus lorsque je vois un détail qui me rappelle la couleur de ses yeux ou un rire qui ressemble au sien. J'ai tout aussi peur que toi de la voir et honnêtement ... je crois que je ne préfère pas que ça m'arrive. Je crains beaucoup trop de la voir en une vision traumatisante. Je ne sais pas ce qu'il peut nous tomber sur le coin du nez et je ne préfère pas le savoir.»

Je baisse les yeux, consciente que mes mots ne sont pas pour le moment réconfortant mais j'emprunte toujours ce même ton doux et réconfortant. La seule chose que je me dis c'est que j'aurai aimé que quelqu'un qui puisse me comprendre et qui soit là pour m'écouter tout simplement, lorsque j'en avais besoin Je continue de fixer ma plume avant de revenir à Enzo dont le visage paraît toujours aussi juvénile qu'il y a dix minutes. Voir ma mère au détour d'un couloir? Vu les circonstances, je ne préfère pas. Je ne sais pas ce qu'il peut arriver. Qui me garanti que je ne vais pas la voir emprisonner d'un Supérieur? Que je ne vais pas la voir exploser sous mes yeux?

«Je suis certaine que tu as une belle image d'elle et vu le beau garçon que tu es, je n'ai aucun doute sur sa propre beauté !»

Je ris doucement avant de reprendre après un petit clin d’œil taquin :

«Garde le plus beau souvenir ou la plus belle image que tu as de ta mère ici». Je pose mon doigt là où son cœur bat avec toute la puissance d'une vie. «Il n'y a qu'à cet endroit où personne ne pourra jamais te l'enlever.»

Je croise mes bras sur la table, tout en continuant de le regarder avec un sourire réconfortant sur les lèvres.

« Mais tu sais, ce manque est aussi la preuve qu'ils restent quelque part en toi. Rien ne pourra jamais combler leur absence, la seul chose que tu peux faire c'est d'apprendre à vivre avec... mais ils sont là eux. »

Je marque un temps d'absence, perdu une seconde dans mes pensées qui sont dirigées vers Adam et Papa.

« Il y a Kyle, Derek, tes amis les plus proches, même moi ! Le bonheur que tu vis avec eux t'aidera à surmonter ça un peu plus facilement, à t'accrocher. Mais n'oublie pas que tes parents seront toujours présent. Quoi que tu fasse ou que tu ailles.»

Je repose ma main sur son avant bras, un geste tendre, compréhensif et surtout pour manifester mon soutient.

« Je me dis toujours que ma mère me regarde quelque part, qu'elle garde un œil sur moi, même si elle n'est pas là physiquement. Je suis sûre qu'elle me réprimande encore quand je fais n'importe quoi avec Riley. »

Je laisse échapper un rire léger, essayant de tourner tout ça en quelque chose de plus rassurant qu'un vide abyssale. Il était toujours plus plaisant de se remémorer de bonnes choses ou même d'imaginer comment il ou elle pourrait réagir dans une situations particulières. Du moins, c'était ma thérapie à moi, préférant milles fois cela qu'à une confrontation de l'absence douloureuse.

« C'est quoi ton meilleur souvenir avec ta mère ? »

Je n'ai pas la prétention de dire que je suis capable d'aider Enzo avec mes paroles, mais mon regard s'ancre dans le sien où mes yeux lui murmurent un « Tout va bien, je suis là. »


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MessageSujet: Re: Stolen Youth ▬ Kezabel   Ven 6 Juin 2014 - 20:29

Un enfant un peu perdu, un ado paumé qui cherche son chemin vers l’âge adulte mais qui malgré tout reste accroché au souvenir de sa maman, un gros bébé effectivement … Quelque part c’est rassurant de ressentir encore ce genre de choses après tout ce qui s’est passé ici et ailleurs depuis deux ans. Pendant un temps, perdre tout ça a été ma plus grosse hantise même si j’ai cru le vouloir également à plusieurs reprises en pensant qu’anesthésier ce genre d’émotions et de sentiments pouvaient rendre la vie plus facile à vivre. Bien sur que je m’étais trompé mais ça m’a quand même permis de passer au travers de certaines épreuves malgré tout, je ne peux pas et ne veux pas le nier. J’ai fait des choses dont je ne suis pas fier, je ne regrette pas tout même si aujourd’hui j’en paie le prie et je sais pertinemment que je n’oublierai jamais, mais je dois vivre avec et je vais vivre avec. Oui j’ai du sang sur les mains, oui je me sens coupable au moins pour deux d’entre eux, mais je ne pourrais jamais changer ce qu’il s’est passé et je n’ai pas l’intention de m’arrêter de vivre, de grandir, de ressentir, etc … J’accepte, j’assume, mais je n’oublierai pas. Je me contente de vivre avec en me disant que je ne suis pas le seul dans cette situation tout en évitant au maximum de partir trop loin dans ce genre de réflexions qui ne mènent nulle part sinon sur une pente glissante et dangereuse pour l’esprit. J’ai déjà donné dans tout ça et j’en veux plus. Je préfère me concentrer sur le fait que mon petit ami est parfois dans la lune … Comme quoi, il n’y a pas que moi qui fait ce constat et d’ailleurs ça me fait tout drôle que ça vienne de Kezabel puisque je ne crois qu’ils se connaissent tous les deux. Ça ne me dérange pas, c’est pas du tout ce que je dis, juste que je crois que ça me fait toujours un truc bizarre quand j’entends une personne me parler de lui, une personne qu’il ne côtoie pas au quotidien ou alors je ne suis pas au courant mais ça n’a pas la moindre importance. Kezabel est une fille génial alors même si j’ai tendance à être un peu trop méfiant et surprotecteur quand il s’agit de Kyle elle ne fait clairement pas partie des personnes qui pourraient mettre en alerte ces sales manies. En plus de ça ils ont au moins un point commun, peut être que ça voudrait le coup de les présenter un jour mais ils sont grand après tout, je ne vais pas me mettre à jouer les entremetteurs. Tout ça pour dire que ça me décroche un sourire parce que je crois n’avoir jamais rencontré quelqu’un plus à l’ouest que lui mais on apprend à s’y faire. Je ne dis pas que ça ne m’agace jamais mais ça fait partie de lui, il est comme ça, et je m’en accommode très bien.

Ce fameux sourire à peine esquissé il a disparu bien vite dès l’instant où j’ai lâché ma bombe et plombé l’ambiance en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. J’aurai pu m’arrêter là, enchainer et passer à autre chose en racontant une connerie pour faire passer la pilule mais ça n’est pas ce qui s’est passé. C’est comme si je m’étais retrouvé coincé dans un flux inarrêtable, comme si les choses avaient envie et besoin de sortir alors … J’ai laissé faire, tout simplement, et je crois que ça m’a fait du bien même si je suis actuellement relativement mal à l’aise. Je n’aime pas exposer mes faiblesses aux yeux du monde, je déteste ça, je déteste me sentir vulnérable et c’est ce que je suis en ce moment précis. J’ai beau me dire que Kezabel n’est pas de ce genre là, je ne peux pas m’empêcher d’avoir envie de fuir ou de rebondir sur autre chose et de jouer les gros malins, les machos ou que sais-je encore. Ça serait totalement ridicule, j’en ai parfaitement conscience tout comme je sais que c’est prendre le risque de briser cette relation tranquille et cette bonne entente qui existe entre nous deux et qui a persisté malgré l’épisode Tallulah mais je me connais, je sais de quoi je suis capable quand je me sens « pris au piège » … Ne sois pas un gros con avec elle simplement pour sauver les apparences, Enzo, ne fais pas ça. Non, je ne ferai pas ça.

Et puis elle a ce geste, réaction à laquelle je ne m’attendais pas du tout. J’ai eu un mouvement de recul je crois mais ça ne l’a pas empêché d’enrouler ses bras autour de mon cou et de se serrer contre moi. Je me suis crispé instantanément, mon cœur s’est mis à battre plus rapidement et de manière encore plus irrégulières que d’habitude, je me suis retrouvé comme un con, les bras ne sachant pas quoi faire deux, la bouche entrouverte et les yeux braqué sur le vide. Je n’ai pas vraiment compris mais j’ai laissé faire, me rendant compte que je n’étais plus vraiment habitué à ce genre de contact en dehors de Kyle et surtout … Avoir une fille contre soi c’est … différent. Ici ça n’a rien d’ambigüe évidemment mais je ne peux pas nier que ça me perturbe un peu dans le sens où même si j’apprécie beaucoup Kezabel je ne la compte pas parmi les personnes dont je me sens le plus proche. Je ne dis pas que ça ne changera pas mais pour l’instant ça n’est pas le cas. Ce genre d’habitude affective je l’ai eu avec Jillian de temps en temps même si elle n’était pas très tactile – ce qui rendait chaque câlin important je crois – avec Sovahnn bien sur, mais surtout avec Elwynn. Aujourd’hui deux d’entre elles ne sont plus là et la troisième a quelque peu pris son envol ces derniers temps. Non je ne me sens pas à l’aise, un peu envahi dans mon espace vital, c’est un fait, mais je ne la repousse pas pour autant parce que quoi qu’on en dise … ça fait quand même du bien. Une présence, sa douceur, le geste en lui-même qui est là pour apporter du réconfort et qui peu a peu m'aide à me détendre et à me laisser un peu aller à son contact.

« Ne dis pas des bêtises pareilles, il n'y a rien de pitoyable. Je dirais même que c'est une belle preuve d'amour. »

Juste un murmure, des mots qui me sont adressés et qui ne seront entendus par personne d'autres, juste … de elle à moi, presque comme un secret. Un soupir m'échappe, comme si je me vidais de tous l'air que j'ai dans les poumons, et mon corps s'affaisse légèrement, libéré de ses tensions. Elle s'écarte, me lance un regard un peu désolé je crois et je lui souris une seconde pour lui faire comprendre que ça n'est rien. Lui dire merci ? Non. Sans trop savoir pourquoi je sais que ce mot ne sortira pas de ma bouche. Ça n'est pas que je ne veux pas, juste que … j'en sais rien, il me dérange. Ce mot je n'aime pas le dire, tout comme je n'aime pas dire désolé ou pardon même si parfois ça sort spontanément. Je m'exprime mieux par les gestes je crois, enfin ça dépend des fois bien sur mais cette fois ça sera comme ça je crois. Son attention me touche mais je ne suis simplement pas capable de le formuler alors plutôt que de forcer les choses je préfère garder le silence. Et si j'ai cru que le contact physique entre nous deux était terminé ça n'est pas le cas : Sa main se pose sur mon bras. Je la regarde une seconde avant de relever les yeux vers elle, attentif.

« Tu n'as pas à te sentir comme ça lorsque tu parle de ce genre de manque, jamais. Parce que c'est encore la preuve que malgré la douleur, tu ne les oublie pas. Et celui qui trouve que tu es pitoyable à parler de ça est un véritable idiot ! »

Je crois que le seul dans l'histoire à penser ça c'est moi mais je comprends ce qu'elle veut dire.

« Je sais que ça ne t'aidera pas mais elle te manquera toujours quoi que tu fasse … En tout cas, moi elle me manque encore cruellement, même si ça fait 4 ans. »

Je ne m'attendais pas ça, alors je me sens soudainement très con. Une de mes mains se pose à plat sur la table et je me redresse, ouvre la bouche mais rien ne sort le premier coup. La deuxième tentative est la bonne.

« J’suis désolé, j’savais pas … »

On l’a tous entendu cette phrase complètement débile qui sort d’une manière plus qu’automatique et on a beau se promettre de ne jamais la prononcer, c’est plus fort que tout je crois. Je ne savais pas … Évidemment que tu ne savais pas sombre crétin ! Combien de fois je l'ai entendu cette phrase là au juste ? A vrai dire pas si souvent que ça, je ne suis pas du genre à parler de moi et surtout pas à parler de ça. Ça m'arrive, bien sur, et d'ailleurs c'est ce que je viens de faire, mais je ne suis pas du genre à m'étaler sur ma vie en général.

« J'ai moi aussi perdu ma mère dans des circonstances compliquées, mais malgré les années j'ai toujours ce vide qui se trame quelque part et qui se creuse un peu plus lorsque je vois un détail qui me rappelle la couleur de ses yeux ou un rire qui ressemble au sien. J'ai tout aussi peur que toi de la voir et honnêtement ... je crois que je ne préfère pas que ça m'arrive. Je crains beaucoup trop de la voir en une vision traumatisante. Je ne sais pas ce qu'il peut nous tomber sur le coin du nez et je ne préfère pas le savoir.»

Elle sourit, elle m'a l'air sereine et sure d'elle mais je vois bien qu'au fond il y a toujours cette fissure que je connais bien. 4 ans … Je me sens désolé pour elle même si ça ne change rien évidemment, je pense d'ailleurs que c'est pour ça que je ne dis rien encore une fois. Qu'est ce que je pourrais dire ? Je comprends parfaitement de quoi elle parle puisque je ressens et vis exactement la même chose. Le manque n'est pas constant, ça revient juste parfois sans raison ou quand comme elle le dit quelque chose ou quelqu'un vous ramène sans le vouloir à un être cher qui n'est plus là, à une situation passée, etc … Ils sont partis en emportant avec eux tout un paquet de mystères quoi qu'on en dise, des questions j'en avais encore des centaines et des milliers à leur poser mais ils ne sont plus là et je dois faire avec comme tous les gosses qui ont perdu leurs parents. Il y a pleins de choses que j'aurai aimé pouvoir partager avec eux, des bonnes et des moins bonnes, j'aurai aimé pouvoir leur présenter Kyle aussi, leur parler de mes doutes et mes angoisses quand je l'ai rencontré, surtout à ma mère, et encore tout un tas de trucs. J'aurai aimé qu'ils nous voient grandir Derek et moi, qu'ils nous voient devenir réellement frères même si tout ça ne s'est pas fait sans dommages collatéraux … On nous les a pris, on était trop jeunes pour ça, et il en a résulté des choses assez catastrophiques mais pas seulement et même s'ils continueront de me manquer toute ma vie, même si parfois j'aurai besoin d'eux, je continuerai de faire mon bonhomme de chemin en tachant de penser à ce qu'ils auraient dit, pensé, etc … J'imagine que c'est la même chose pour Kezabel et bien sur que je m'interroge sur la façon dont sa mère a perdu la vie mais je ne poserai très certainement pas la question. Ça ne me regarde pas, pas le moins du monde. Quoi qu'il en soit, même s'il aurait été préférable pour elle comme pour moi qu'on n'est pas à partager ce point commun, je suis … pas content mais disons que ça me réconforte en quelque sorte de voir que quelqu'un peut me comprendre. Je ne dis pas qu'on parlera de ça à chaque fois et je pense que ça sera d'ailleurs la seule et unique fois mais je crois que si un jour j'ai besoin d'aborder le sujet elle sera là, elle comprendra. Le seul avec qui j'aurai pu partager ça c'est mon frère mais il ne veut pas entendre de parler de tout ça et je respecte son choix. On ne gère pas leur disparition de la même manière, on ne gère pas … pleins de choses de la même manière, mais je respecte ça. Je suis bien loin d'être le seul à avoir souffert dans cette histoire et ça n'est pas parce qu'il n'en parle jamais qu'il n'a pas été affecté, bien au contraire. Si moi j'ai appris à m'ouvrir aux autres avec le temps, Derek a encore énormément de chemin à faire de ce côté là et il n'est absolument pas obligé de le faire même si parfois je me dis qu'à force de tout garder pour lui comme il le fait il risque d'avoir des problèmes. J'ai explosé plusieurs fois à cause de ça, je sais parfaitement de quoi je parle. En attendant je garde un œil sur mon grand frère, l'air de rien, et je n'hésiterai pas à le pousser dans ses derniers retranchements si un jour c'est nécessaire.

Je vois bien que la Jaune part dans ses pensées par instant, et je me doute qu'elle doit être entrain de penser à sa mère mais je ne sais pas dans quelle mesure, je ne peux pas le deviner. Son regard ne me semble pas tranquille en tout cas alors je me fais mes propres suppositions. La Magie est capable de beaucoup de choses, j'espère sincèrement que Kezabel sera épargnée du pire parce que je comprends bien qu'on a certaines craintes en commun même si elle ne souhaite pas du tout voir apparaître celle qui lui a donné la vie. De mon côté je suis partagé. Est ce que je pense à la réconforter à mon tour, à la prendre dans mes bras ou lui démontrer ma présence physiquement pour la soutenir et lui montrer tout comme elle que je comprends ses inquiétudes ? Non. Ça n'est pas que je me détache de ce qu'elle peut ressentir ou que je m'en moque, absolument pas, mais je me contente simplement de garder un peu de recul, de distance. Sans doute un peu de pudeur aussi, ça ne serait tout simplement pas naturel je crois. Ça n'a rien de méchant ou d'égoïste, c'est juste … comme ça.

«Je suis certaine que tu as une belle image d'elle et vu le beau garçon que tu es, je n'ai aucun doute sur sa propre beauté !»

Elle rigole, m'adresse un clin d'œil et je crois que je suis à deux doigts de rougir : Ridicule.

« Merci, c’est gentil. »

Une main sur la nuque, puis dans les cheveux que j'ébouriffe, une sorte de grimace sur le visage puis à nouveau un sourire doublé d'un nouveau soupir. Pas de lassitude, juste un soupir.

« C’était la plus belle femme de la terre. Original, pas vrai ? »

...

« J’dis pas ça par rapport à moi hein ! »

C'est vrai que je suis du genre à jouer les cake parfois, à faire le beau, etc … mais là ça ne me vient pas à l'esprit une seule seconde. En cet instant je suis juste un gamin et je ne sais pas si c'est sa présence et notre différence d'âge mais c'est comme si j'étais figé dans ce rôle de « petit garçon » et ça ne me dérange pas plus que ça. Ma virilité repointera le bout de son nez plus tard, en compagnie de ma fierté et mon égo, je ne me fais pas vraiment de soucis là dessus. On ne se refait pas. Quoi qu'il en soit ma mère était effectivement la plus belle femme de la terre et là dessus je n'en démordrai pas. Faut croire qu'elle restera la seule femme de ma vie en plus de ça … :gla:

« Garde le plus beau souvenir ou la plus belle image que tu as de ta mère ici. »

Elle tend le bras et l'un de ses doigts se pose à l'emplacement de mon cœur, je ravale ma salive. Oui j'ai une réaction chaque fois qu'on me touche, et alors ?

« Il n'y a qu'à cet endroit où personne ne pourra jamais te l'enlever.»

Sans m'en rendre compte je suis le mouvement de son bras du regard tout en acquiesçant d'un signe de tête. Je pourrais donner l'impression de ne pas écouter un traitre mot de ce qu'elle est entrain de dire mais ça n'est pourtant pas le cas.

« Mais tu sais, ce manque est aussi la preuve qu'ils restent quelque part en toi. Rien ne pourra jamais combler leur absence, la seul chose que tu peux faire c'est d'apprendre à vivre avec... mais ils sont là eux. »

Eux ? Toujours aucun mot ne sort de ma bouche mais je pense que mes expressions et mon langage corporel sont assez éloquent.

« Il y a Kyle, Derek, tes amis les plus proches, même moi ! Le bonheur que tu vis avec eux t'aidera à surmonter ça un peu plus facilement, à t'accrocher. Mais n'oublie pas que tes parents seront toujours présent. Quoi que tu fasse ou que tu ailles.»

Et sa main se repose sur mon bras, je commence à m'habituer à cette présence je crois.

« Je me dis toujours que ma mère me regarde quelque part, qu'elle garde un œil sur moi, même si elle n'est pas là physiquement. Je suis sûre qu'elle me réprimande encore quand je fais n'importe quoi avec Riley. »
« Ouais, ça doit valoir le détour ça d’ailleurs. »

Sourire entendu de ma part. Je connais un peu Riley, je sais de quoi elle peut être capable pour l'avoir déjà vu dans de sacrés états, qu'il soit question d'alcool ou pas, et avec le temps je me rends compte que Kezabel n'est pas qu'un être doux et calme … Alors je me dis que ces deux là ensemble … J'en ai eu des aperçus comme tout le monde dans les couloirs alors je n'ai pas vraiment de mal à me faire ma propre idée. Les filles sont carrément cinglées de base mais alors quand elles sont en groupe … Ok, je me tais.

« C'est quoi ton meilleur souvenir avec ta mère ? »

Petit instant de bug de ma part, je regarde le plafond sans le voir, concentré. Les sourcils froncé, je me gratte le menton sans vraiment m'en rendre compte tout en réfléchissant quelques instant avant de finalement recentrer mon attention sur la Jaune.

« Hum … J’crois pas en avoir un en particulier en fait. J’peux pas dire qu’ils étaient tous géniaux parce que c’est pas le cas. J’veux dire, j’suis comme tout le monde, j’me suis fais engueuler et j’ai pas toujours été fier de mon comportement même si j’étais un gamin plutôt calme. »

Et si, je te jure que c'est possible.

« J’me souviens de la première cuite que j’ai pris, et la seule en Australie d’ailleurs. C’était plus une expérience qu’autre chose et je me suis laissé entrainer par des types plus âgés qui faisaient la fête sur la plage. Elle m’a pas grillé quand j’suis rentré mais j’étais tellement mal le lendemain … D’habitude j’étais toujours le premier levé ou presque, j’allais surfer ou je m’occupais autrement mais j’étais debout super tôt. Ce jour là j’ai eu du mal à émerger, tu m’étonnes, et ça l’a inquiété donc elle s’est demandé si j’étais pas malade tu vois. C’est Derek qui m’a balancé et là j’ai vu toute la déception dans son regard … J’me suis senti mal, tellement mal … »

J'ai eu incroyablement honte ce jour là.

« J’avais 14 ou 15 ans, j’sais plus trop, et j’ai eu l’impression de la décevoir et lui briser le cœur, c’était horrible. »

Sachant que c'était l'être humain qui comptait le plus pour moi, c'était clairement le drame dans ma petite tête. Oui, j'étais déjà très sensible à l'époque, ça va hein.

« Heureusement qu’elle ne me voit pas faire maintenant parce que la pauvre … Surtout que mon frangin est pas mieux donc y en a pas un pour rattraper l'autre. »

Et on va éviter de partir dans le délire palmarès discutable Ryans. L'alcool c'est franchement rien comparé à pleins de trucs comme … au hasard … les meurtres ? Ouais, non, vraiment c'est pas la peine de partir là dessus.

« M’enfin ça répond pas à ta question ça, désolé je m’égare. »

Comme souvent.
Aller recentre toi garçon.

« Y avait ce truc qu’on avait, une habitude rien qu’à nous deux. Quand j’étais pas à l’école je passais la moitié de mon temps dehors, sur la plage, dans les bois et les dunes autour de la maison mais surtout dans l’eau. Quand c’était l’heure de manger elle venait toujours me chercher et elle m’appelait du bord de la plage alors que je faisais le mariole sur ma planche un peu plus loin. A chaque fois je la faisais mariner un peu, en lui offrant mon plus grand sourire – j’étais déjà un vrai p’tit branleur à l’époque en fait – qui voulait dire un truc du genre : Aller, viens me chercher … »

Je me détends sans réellement m'en rendre compte, le sourire s'installe de façon plus franche sur mon visage et les mots sortent d'eux même.

« Chose qu’elle aurait été capable de faire mais je finissais toujours par obéir, c’était juste un p’tit jeu qui s’était instauré entre nous. Du coup je débarquais sur la plage avec ma planche sous le bras et une fois que j’étais près d’elle je secouais la tête, un peu comme un chien qui s’ébroue, j’avais les cheveux plus longs à l’époque, et je l’arrosais comme ça. Elle râlait pour la forme et on finissait par éclater de rire tous les deux puis on rentrait à la maison. C’était presque systématique et aucun de nous deux n’a jamais dérogé à ça même si elle savait très bien que tôt ou tard elle finirait mouillée à cause de moi. Parfois elle tentait de m’échapper mais c’était plus pour la forme qu’autre chose ça aussi. »

Un instant je me perds dans mes pensées, fixant le vide d'un regard vague avec le sourire toujours présent, comme absent.

« C’était notre petit rituel. »

Puis mes yeux se posent de nouveau sur Kezabel.

« Y a eu le jour où on a repeint la terrasse aussi, on s’est vraiment bien amusés. Derek était là aussi, c’était plutôt cool. On s’entendait pas très bien à l’époque mais ce jour là ça été. Toutes les fois où j’ai ramené un animal blessé à la maison pour qu’on s’en occupe tous les deux. Les couchers de soleil sur la terrasse. J’peux te faire une liste longue comme mon bras je crois et t’es plutôt douée pour faire parler les gens toi tu sais ? »

La tête penchée sur le côté, les yeux un peu plissés, je la dévisage d'un air mi-amusé, mi-étonné. Non je ne pensais pas me « livrer » aussi facilement mais c'est sorti tout seul et je me sens totalement à l'aise avec elle, à parler de ça. Je me souviens qu'elle m'a dit une fois vouloir peut être travailler plus tard dans quelque chose qui lui permettrait d'aider les gens, de les écouter, ce genre de choses. Visiblement elle est plutôt bien partie et je crois que ça lui va vraiment bien, non ? En tout cas il semblerait que grisé par l'ambiance – qui est nettement plus agréable que quelques minutes plus tôt on en conviendra – il semblerait que je ne m'arrête plus sur ma lancée ...

« Tu t’entendais bien avec la tienne toi ? Et avec ton frère ? T’as bien un frère, non ? Comment ça se passe ? »

Enzo, du calme … Oublie pas de respirer de temps en temps.

« Désolé, j’suis curieux. T’as le droit de me dire de me mêler de mes affaires, j’le prendrais pas mal. »
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MessageSujet: Re: Stolen Youth ▬ Kezabel   Mer 11 Juin 2014 - 23:47

Stolen Youth


Enzo & Kezabel
Samedi 1er Novembre


Essayer de recoudre un cœur blessé n'est pas une mince affaire. Pourtant, je pourrais presque dire que j'y suis habitué. Adam a mit du temps à se remettre et derrière ses grands sourires, je sais qu'il dissimule encore des plaies que je n'ai pas réussi à panser et que seul le temps pourra guérir. Mais en cet instant, Enzo me fait terriblement penser à lui. Le même air perdu, la même nervosité, le même demi-sourire pour garder la face. Deux hommes devenant enfant lorsque nous abordions ce sujet, où la tendresse se lisait sur leurs traits. L'étreinte que je lui ai offerte était un geste bien plus évocateur que des mots. Ceux-ci sont parfois bien plus impuissant qu'un mouvement de tendresse comme une étreinte de la main, un bisous sur la joue, ou d'autres démonstrations affectifs. Je sais qu'Enzo n'est pas du tout friand du tactile mais j'ai laissé parlé l'instinct et j'ai pu constater que même s'il s'était crispé, il ne m'a pas repousser pour autant. Je lui ai transmis tout ce que je pouvais de bon, espérant lui apporter un peu de présence, de réconfort et de chaleur humaine. Perdre sa mère était un drame à laquelle nous ne nous remettions jamais. Que cela fasse cinq, dix ou vingts ans, la douleur restera la même. La seule différence sera que nous aurons apprit à la gérer et à vivre avec. Et pourtant, il m'arrive encore d'avoir ce vide, ce néant au fond de moi. De souffrir intérieurement, en silence, en me disant : Si elle était encore là, elle aurait pu connaître Riley, elle aurait pu continuer de rendre papa heureux, elle aurait vu Adam grandir et le voir devenir un séduisant jeune homme. Il y a tant de choses que j'aurais aimé partager avec elle, que j'aurai voulu lui confier. Mes doutes, mes peurs, mes envies d'avenir. Ou simplement continuer de partager avec elle des moments simples... Je suis prise d'une violente nostalgie et me laisse porter par l'élan en demandant à Enzo quel était son meilleur souvenir avec sa mère. Il n'était pas obligé d'y répondre mais j'avais face à moi quelqu'un capable de comprendre et de saisir l'importance qu'un souvenir pouvait avoir.

Mais comment Enzo vivait la perte de ses DEUX parents ? La douleur pour un était dur, mais celle pour deux... ?

« Hum … J’crois pas en avoir un en particulier en fait. J’peux pas dire qu’ils étaient tous géniaux parce que c’est pas le cas. J’veux dire, j’suis comme tout le monde, j’me suis fais engueuler et j’ai pas toujours été fier de mon comportement même si j’étais un gamin plutôt calme. »

Je lui souris tendrement. Voir Enzo comme un enfant tranquille me surprend un peu quand je vois le garçon qu'il pouvait être parfois dans les couloirs. A faire le malin sur son skate et le zouave.

« J’me souviens de la première cuite que j’ai pris, et la seule en Australie d’ailleurs. C’était plus une expérience qu’autre chose et je me suis laissé entrainer par des types plus âgés qui faisaient la fête sur la plage. Elle m’a pas grillé quand j’suis rentré mais j’étais tellement mal le lendemain … D’habitude j’étais toujours le premier levé ou presque, j’allais surfer ou je m’occupais autrement mais j’étais debout super tôt. Ce jour là j’ai eu du mal à émerger, tu m’étonnes, et ça l’a inquiété donc elle s’est demandé si j’étais pas malade tu vois. C’est Derek qui m’a balancé et là j’ai vu toute la déception dans son regard … J’me suis senti mal, tellement mal … J’avais 14 ou 15 ans, j’sais plus trop, et j’ai eu l’impression de la décevoir et lui briser le cœur, c’était horrible. »

J'avoue que lorsque je lui parlais d'un meilleur souvenir, c'est pas tellement à ça que je pensais … Mais ça reste un souvenir comme un autre et je suis sûre qu'avec le recul, sa mère en aurait rit et l'aurait traité de vilain garnement en soif d'aventure.

« Heureusement qu’elle ne me voit pas faire maintenant parce que la pauvre … Surtout que mon frangin est pas mieux donc y en a pas un pour rattraper l'autre.
- Tu sais, les mères ont un troisième œil infaillible... La mienne savait parfaitement quand j'avais fais une connerie ou pas. Je suis sûre qu'elle n'aurait pas été dupe et qu'elle aurait pertinamment sû que vous n'étiez pas que des anges. Il faut bien que jeunesse se fasse ! »

Je laisse échapper un petit rire. Ils ont clairement fait les mêmes âneries avant nous et même si l'inquiétude primait, il fallait bien que nous fassions nous même nos erreurs.

« M’enfin ça répond pas à ta question ça, désolé je m’égare.
- Oh non, t'en fais pas. Ca m'amuse en même temps de savoir tes bêtises d'enfant. »

Même si il est vrai que ce genre de souvenirs lui appartient à lui seul, mais s'il décide de les partagers ici même c'est qu'il devait y avoir une raison.

« Y avait ce truc qu’on avait, une habitude rien qu’à nous deux. Quand j’étais pas à l’école je passais la moitié de mon temps dehors, sur la plage, dans les bois et les dunes autour de la maison mais surtout dans l’eau. Quand c’était l’heure de manger elle venait toujours me chercher et elle m’appelait du bord de la plage alors que je faisais le mariole sur ma planche un peu plus loin. A chaque fois je la faisais mariner un peu, en lui offrant mon plus grand sourire – j’étais déjà un vrai p’tit branleur à l’époque en fait – qui voulait dire un truc du genre : Aller, viens me chercher … Chose qu’elle aurait été capable de faire mais je finissais toujours par obéir, c’était juste un p’tit jeu qui s’était instauré entre nous. Du coup je débarquais sur la plage avec ma planche sous le bras et une fois que j’étais près d’elle je secouais la tête, un peu comme un chien qui s’ébroue, j’avais les cheveux plus longs à l’époque, et je l’arrosais comme ça. Elle râlait pour la forme et on finissait par éclater de rire tous les deux puis on rentrait à la maison. C’était presque systématique et aucun de nous deux n’a jamais dérogé à ça même si elle savait très bien que tôt ou tard elle finirait mouillée à cause de moi. Parfois elle tentait de m’échapper mais c’était plus pour la forme qu’autre chose ça aussi. »

Je le regarde sourire et j'en fais de même, imaginant au même rythme de ses mots, le décors. La plage de sable fin, le bruit de l'océan non loin, les dunes, l'herbe sèche qui en dépasse. Tout cela me laisse rêveuse et je donnerais n'importe quoi pour transplaner là bas et me laisser chauffer par le soleil cuisant Australien. J'imagine aussi un Enzo plus jeune, moins homme et moins marqué par la vie, en combinaison pour aller surfer, attendant malicieusement sa mère et l'arrosant de ses cheveux. La complicité entre ces deux là était évidente et j'imaginais sans difficulté le manque s'installer en Enzo à l'évocation des souvenirs aussi salvateur que douloureux. Son histoire me rappelle le lien que j'entretenais avec ma propre mère et mon propre esprit commence doucement à remonter à la surface.

« C'était notre petit rituel. »

Il me regarde et je lui rend son sourire, réconfortant et apaisant.

« Y a eu le jour où on a repeint la terrasse aussi, on s’est vraiment bien amusés. Derek était là aussi, c’était plutôt cool. On s’entendait pas très bien à l’époque mais ce jour là ça été. Toutes les fois où j’ai ramené un animal blessé à la maison pour qu’on s’en occupe tous les deux. Les couchers de soleil sur la terrasse. J’peux te faire une liste longue comme mon bras je crois et t’es plutôt douée pour faire parler les gens toi tu sais ? »

Je me sens un peu rougir, prise au dépourvue. Enzo me lâche ce compliment – oui parce que je prends ça comme un compliment- comme ça, comme un cheveux sur la soupe et je ne m'y attendais clairement pas. Je me redresse un peu, un sourire gêné sur les lèvres en jouant de nouveau avec ma plume.

« Je sais pas si je suis douée ou non, tout ce qui importe c'est que tout cela te fasse du bien. Et puis, j'aime bien communiquer avec les gens, partager quelque chose. »

Comme maintenant où j'appréciais l'échange mais aussi de voir son visage se détendre en se remémorant ce genre de souvenir. Il aurait pu continuer pendant une heure que je ne l'aurai pas arrêté tant il était plaisant de l'entendre. Ca ne me dérangeait pas d'écouter les autres, pas tant que la personne en face de moi prenait plaisir à se plaindre et à ne rien faire pour aller mieux. Je savais moi même que l'engrenage d'une douleur pouvait être difficile à rompre, que se laisser aller était souvent plus facile que d'affronter une réalité … mais quand nous avions toutes les cartes en main pour sortir la tête hors de l'eau, autant saisir sa chance, non ?

« Tu t’entendais bien avec la tienne toi ? »

Je m'apprête à lui répondre avec un grand sourire aux lèvres et...

«  Et avec ton frère ? T’as bien un frère, non ? »

Alors, donc j'allais dire que ..

«  Comment ça se passe ? »

…. Très bien.

« Désolé, j’suis curieux. T’as le droit de me dire de me mêler de mes affaires, j’le prendrais pas mal. »

J'éclate d'un rire franc. Il était là presque tout essoufflé, ne sachant plus où donner de la tête avec ces questions. Je pose furtivement une main sur son bras avant de reprendre :

« T'en fais pas, ça ne me gêne pas d'en parler. Du moins, pas avec toi. Je ne suis pas du genre à parler de tout ça, mais ici c'est différent. »

Complètement différent. Il y avait bien Riley avec qui j'en parlais, évidemment mais avec elle aussi, c'était différent. Avec Enzo, nous étions … un peu sur la même longueur d'onde à ce niveau, non ? J'étais à l'aise et je n'avais pas cette sensation que quelqu'un tentait de briser mon intimiter, toute cette forteresse que je m'étais bâtie depuis 4 ans n'était pas menacer. Au contraire, j'avais cette impression d'y ouvrir une porte où certains de mes amis pouvaient venir y piocher des bons souvenirs avec moi.

« Attends que je réfléchisse... »

Je reprends ma plume entre mes doigts et fouille furtivement dans ma mémoire. Il y en avait tellement. Ces journées d'été passées dans le jardin où elle nous courait après avec des pistolets à eau où Adam, encore très jeune, arrivait à peine à fuir avec ses petites jambes. Il y avait aussi mes moments privilégié où elle et moi étions dans le salon entrain de dessiner. Mais il y en avait un en particulier, immortaliser par un objet que je conservais toujours avec moi. Mon sourire s'étend au fur et à mesure que je me souviens.

« Quand j'étais beaucoup plus jeune, nous avions un rituel toutes les deux. Un peu comme toi et ta mère. Tous les Vendredi soirs, elle venait me lire un livre... Attends. » J'ouvre mon sac au sol et en sort l'objet en question. Un gros bouquin à la reliure noir et aux inscriptions couleurs or. Des fleurs de cerisiers venaient souligner le titre, simple mais évocateur « Un conte pour rêver, des rêves pour vivre ». Je le garde un instant entre mes mains, puis le tend à Enzo, confiante. « Elle me lisait une histoire de ce bouquin, elle m'y a même laissé un mot à l'interieur. Donc, chaque Vendredi avant de me coucher, elle venait, me lisait un conte et nous passions un petit moment à nous imaginer à la place des héros. Ca me faisait complètement rêver. Elle m'a apprit à garder mon âme d'enfant quelque part. »

C'était un souvenir banal pour d'autres, mais très important pour moi. Ce livre représentait le Saint Graal à mes yeux, il était mon phare, mon point d'accroche lorsque je sentais pointé le manque de ma mère. Toujours un sourire aux lèvres, je reprends doucement le livre et le pose devant moi, y posant mes mains à plat sur la couverture. Je me souviens lorsque j'avais trouvé Loar avec ce livre entre les mains, lisant les mots de ma mère, touchant les couvertures … J'étais tellement furieuse et hors de moi, que je n'ai pas réfléchis et je lui ai collé une claque monumentale. En vu du personnage, je n'arrive toujours pas à définir si au final il la méritait ou non …

«Je pourrais t'en dire tellement. Avant j'étais un peu garçon manqué et je crapahutais partout. Dans les arbres, les murets, je m'esquintais les genoux à ramper n'importe où. Ma mère devenait folle lorsqu'elle voyait que je revenais avec ma petite robe qu'elle m'avait forcée à mettre, complètement déchirée et tâchée... »

Je ricane doucement, revoyant son air désespérer devant mon entêtement à vouloir courir partotu. Elle avait finalement abandonnée l'idée de vouloir me vêtir comme une vraie petite fille et m'avait autorisé à mettre des pantalons que j'usais à une vitesse ahurissante.

« On s'est toujours très bien entendu, j'étais très proche d'elle. J'aimais beaucoup passé du temps avec elle, on dessinait souvent ensemble. »

Je me laisse bercer par les souvenirs avant de regarder de nouveau Enzo.

« Avec mon frère aussi on s'est toujours bien entendu, j'adorais le voir découvrir tout ce qu'il touchait. Il me suivait absolument partout mais on est devenu encore plus proche depuis que maman est décédée. Ce genre de drame, c'est quitte ou double. Soit ça vous rapproche, soit ça vous éloigne. J'ai eu de la chance de notre malheur si on peut dire ça comme ça. »

Je m'arrête un instant, en essayant de me souvenir d'Enzo et de Derek mais ça n'est que maintenant que je me rends compte que je les ai rarement vu ensemble dans les couloirs … voir jamais, je ne me souviens plus très bien.

« Tu me fais souvent penser à lui d'ailleurs. Vous avez les mêmes mimiques lorsque vous êtes nerveux et il est tout aussi friant à faire le foufou un peu partout, à courir et... »

Courir... Chose qu'il ne pourra plus jamais faire. Je stoppe mon élan et tente de retrouver contenance. Le voir dans un fauteuil a été une rude épreuve pour nous, mais surtout pour lui. Il ne supportait pas de ne rien faire, de rester statique alors autant dire qu'il a eu énormément de mal à supporter cet état léthargique. Je balaie d'un geste de la main ces idées avant de revenir à Enzo.

« Bref, un petit frère quoi ! Faut toujours avoir un œil sur eux si on a pas envie qu'ils se brisent le coup... N'est-ce pas ?»

Je le regarde, taquine avant de rire.

« Et toi, avec Derek ? Vous êtes très différent je trouve. Il est dans ma classe et c'est assez étrange de voir a quel point vous n'avez rien à voir ! »

Je l'écoute, curieuse. Préférant cette fois parler de lui que de moi. Il m'évoque son frère et je le laisse faire, appréciant de plus en plus cette conversation. Je n'aurai jamais penser parler de toute ça avec Enzo, pas après l'épisode de Tallu' ou même, en dehors de ça, je n'aurai pas penser qu'un jour nous serions là, à partager notre douleur commune pour ensuite évoquer de vieux souvenirs. Et le plus appréciable c'est que je sentais une aisance particèlière pour lui, comme pour moi. Et même si c'était lui qui avait en premier lieu besoin de parler du manque maternelle, je ne peux pas cacher que j'en ressentais moi aussi un bien fou.

Un éclair de lucidité me parviens lorsqu'il finit son récit que j'agrémente d'acquiscement ou de rire selon ce qu'il me dit. J'écarquille les yeux et l'interpelle :

« Oh, attends ! J'ai un petit quelque chose pour toi ! »

Je me penche de nouveau vers mon sac où j'y range mon propre bouquin pour cette fois, en sortir un autre enveloppé dans du papier kraft. Je lui tends, un grand sourire aux lèvres.

« Tiens... C'est pour te récompenser de tous tes efforts depuis presque deux mois. Tu as beaucoup progressé, bien travailler et tes résultats sont meilleurs chaque jours. Je me suis dis qu'il est toujours bon de féliciter des efforts et qu'un petit quelque chose était mérité. »

C'est bon, respire Kezabel. J'avoue avoir une petite crampe appréhension au ventre mais je pense avoir visé juste. Il me regarde avec ses grands yeux ronds avant de déchirer le kraft qui laisse entrevoir une couverture à la couleur de l'océan, représentant les fonds marins et animés avec des baleines, des dauphins et autres animaux marins. Il avait fait de nombreux efforts et je pensais sincèrement qu'il méritait une petite récompense. J'ai donc profité de Pré-au-Lard pour lui trouver un petit quelque chose. Je sais que je n'étais pas obligé de faire ça mais j'en avais envie et puis un cadeau faisait toujours plaisir.

« Je me souviens que tu m'avais parlé que tu ne pourrais pas vivre loin de l'océan mais aussi que tu aimais particulièrement les animaux... Du coup, j'ai jugé bon de combiner les deux ! C'est un livre où tu as pleins d'explications sur les animaux marins magiques et non-magiques. Les caractéristiques, leur milieux de vie etc etc. Tu as même beaucoup d'images animées. »

J'esquisse un nouveau sourire, attendant patiemment sa réaction.

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MessageSujet: Re: Stolen Youth ▬ Kezabel   Ven 13 Juin 2014 - 4:05

Je me rends compte à quel point cette discussion me fait du bien, à quel point je m'ouvre sans forcer une seule seconde et aborde un sujet que j'ai plus ou moins enfermé dans ma tête depuis un moment. Depuis combien de temps est ce que je n'ai pas parlé de ma mère ? Je ne m'en souviens même plus. Ici la seule personne qui l'a connu c'est mon frère et le message est très clair le concernant : On ne parle pas de ça, jamais. Le passé c'est le passé et on ne revient pas dessus. Je respecte son choix même si parfois ça me pèse parce que tous ces souvenirs qui me donnent immédiatement le sourire c'est en majeure partie avec lui que je les ai vécu et il est donc le plus à même de les comprendre. Je n'en souffre pas, simplement je dois parfois me brider et ça peut en devenir pesant. Voilà pourquoi en parler avec Kezabel aujourd'hui me fait énormément de bien et d'autant plus vu les circonstances. En un éclair je suis remontée « loin » dans mes souvenirs et le sourire m'est revenu presque instantanément. Je parle de ma mère comme s'il n'y avait qu'elle sur terre, ça n'est bien sur pas vrai et mon père me manque tout autant mais j'avais avec une relation particulière, comme beaucoup de garçon je crois, et comme beaucoup d'enfant finalement. Un père c'est une chose, c'est important, mais une mère … Je ne sais pas si ça vient du fait qu'elle nous a porté dans son ventre pendant 9 mois mais il y a un lien qui ne ressemble à aucun autre et peu importe l'âge, peu importe le contexte familiale ou simplement de vie au sens plus globale du terme, je crois qu'il y a toujours une sorte de manque quand elle n'est plus là. A m'entendre parler on pourrait penser que je me moque totalement de mon père or ce n'est pas du tout vrai mais il ne vient pas dans la conversation pour l'instant, c'est tout. Kezabel a toujours le sien, c'est donc l'absence d'une mère qu'on a en commun et qu'on partage en cet instant, ça doit être pour ça. Peut être que j'aurai l'occasion de parler de lui plus tard ou avec quelqu'un d'autre, je crois que ça me plairait assez d'ailleurs. Ça n'est pas que je me sente investi d'une mission mais parfois j'ai l'impression qu'ils vont cesser d'exister totalement si on ne parle pas d'eux …

Enfin voilà, faire remonter ce genre de bons souvenirs fait également remonter le poids de l'absence mais avec le temps on s'y fait même si certains jours c'est plus difficile que d'autre. Aujourd'hui est un de ces jours pour moi, sentiment probablement renforcé par ce fameux jeu organisé pour Halloween, une sorte de test à grande échelle pour nous rappeler qu'on est en guerre ou quelque chose comme ça. Grisé par l'ambiance et les confidences je retourne donc la question – agrémentée des miennes – à la Jaune non sans enthousiasme, réalisant après coup que j'ai peut être fait une boulette ...

« T'en fais pas, ça ne me gêne pas d'en parler. Du moins, pas avec toi. Je ne suis pas du genre à parler de tout ça, mais ici c'est différent. »

Je ne relève pas, me contentant simplement d'acquiescer d'un signe de tête. Différent ? Pourquoi est ce que c'est différent ? Sans doute parce qu'on peut se comprendre, parce qu'on a tous les deux le même creux au fond du cœur et quoi qu'on en dise la confidence vient très naturellement. De mon côté en tout cas. Je suis très à l'aise en sa présence et ça me fait du bien. Le plus important c'est que je ne l'ai pas blessé en sautant à pied joint dans le plat.

« Attends que je réfléchisse... »

Nouveau signe de tête de ma part, je la laisse donc partir dans ses souvenirs tandis qu'elle triture sa plume en regardant dans le vide et à mesure que les secondes défilent je vois son sourire qui s'élargit, faisant s'élargir le mien par extension. Et la voilà de retour.

« Quand j'étais beaucoup plus jeune, nous avions un rituel toutes les deux. Un peu comme toi et ta mère. Tous les Vendredi soirs, elle venait me lire un livre... Attends. »

Je la regarde fouiller dans son sac à dos jusqu'à ce qu'elle en sorte un énorme livre superbement relié. Elle le garde d'abord entre ses mains et je comprends rapidement à quel point cet objet est important pour elle mais après quelques secondes elle fini par me le tendre et c'est en douceur que je l'attrape, le pose sur la table et commence à l'observer : « Un conte pour rêver, des rêves pour vivre » Un livre de conte, donc. Ma main glisse sur la couverture avec délicatesse et je relève les yeux vers elle quand elle reprend la parole.

« Elle me lisait une histoire de ce bouquin, elle m'y a même laissé un mot à l'interieur. Donc, chaque Vendredi avant de me coucher, elle venait, me lisait un conte et nous passions un petit moment à nous imaginer à la place des héros. Ça me faisait complètement rêver. Elle m'a apprit à garder mon âme d'enfant quelque part. »

Je souris, m'imaginant une Kezabel plus jeune avec sa mère – quand bien même je n'ai pas la moindre idée de ce à quoi elle peut bien ressembler – en pleine lecture. C'est quelque chose qui me tient à cœur aussi, la lecture, mais je n'arrive pas vraiment à me souvenir d'où et de qui je tiens ça. Peut être de ma mère aussi, c'est très possible, mais pour ce qui est de garder son âme d'enfant je la comprends parfaitement. J'étais peut être jeune quand elle est partie mais je n'en étais plus un gamin pour autant, pourtant j'ai toujours eu l'impression d'être son bébé quand elle était par là et même si elle ne m'a jamais empêché de grandir, même si elle m'a laissé apprendre la vie au fur et à mesure sans me surprotéger, je savais que je retrouverai ce cocon rassurant dès que ses bras se refermeraient sur moi. Comme un refuge.

« Je pourrais t'en dire tellement. Avant j'étais un peu garçon manqué et je crapahutais partout. Dans les arbres, les murets, je m'esquintais les genoux à ramper n'importe où. Ma mère devenait folle lorsqu'elle voyait que je revenais avec ma petite robe qu'elle m'avait forcée à mettre, complètement déchirée et tâchée... »

Elle rit, moi aussi. Encore une chose que je peux comprendre et que je partage. Non je n'ai jamais déchiré mes robes … Je fais simplement référence à mon côté casse-cou qui lui a valu plusieurs fois de se faire un sang d'encre. Je crois que c'est finalement valable pour beaucoup de parents et beaucoup d'enfants, non ? En tout cas quand je vois Kezabel aujourd'hui là devant moi j'ai du mal à l'imaginer comme ça, comme un petit garçon manqué qui grimpe et qui coure partout. Ce que j'ai devant moi c'est une jeune femme calme, féminine, douce et apaisante. Malgré ça j'ai cru comprendre qu'elle pouvait parfaitement être tout autre chose, ce qui rend à mon sens sa personnalité encore plus intéressante.

« On s'est toujours très bien entendu, j'étais très proche d'elle. J'aimais beaucoup passé du temps avec elle, on dessinait souvent ensemble. »

A ce moment là je crois qu'elle parle plus pour elle que pour moi, se perdant dans ses souvenirs, et c'est parfaitement légitime alors je la laisse faire jusqu'à ce qu'elle redescende sur terre et lui offre un nouveau sourire.

« Avec mon frère aussi on s'est toujours bien entendu, j'adorais le voir découvrir tout ce qu'il touchait. Il me suivait absolument partout mais on est devenu encore plus proche depuis que maman est décédée. Ce genre de drame, c'est quitte ou double. Soit ça vous rapproche, soit ça vous éloigne. J'ai eu de la chance de notre malheur si on peut dire ça comme ça. »

Je baisse les yeux, pas pour éviter son regard mais plus parce que certaines choses me font revenir en arrière. Soit ça vous rapproche, soit ça vous éloigne … On ne peut pas dire que notre schéma fraternel ait été le même en ce qui nous concerne Derek et moi mais chacun à sa propre histoire et aujourd'hui ça n'a plus d'importance. Est ce que j'envie la Poufsouffle pour ce qu'elle eu la chance d'avoir avec son frère ? Non, comme je le dis, chacun son histoire. De notre côté on a du passer par pleins de phases différentes, des phases difficiles pour la plus part, mais je n'échangerai mon frère pour rien au monde. Quand je relève la tête je la sens observatrice, intriguée, mais ce sentiment s'estompe et elle reprend la parole.

« Tu me fais souvent penser à lui d'ailleurs. Vous avez les mêmes mimiques lorsque vous êtes nerveux et il est tout aussi friant à faire le foufou un peu partout, à courir et... »

Elle ne termine pas sa phrase, semble se perdre un instant puis balaie tout ça d'un geste de la main avant de me regarder d'un air presque malicieux.

« Bref, un petit frère quoi ! Faut toujours avoir un œil sur eux si on a pas envie qu'ils se brisent le coup... N'est-ce pas ?»

J'écrase un rire et tourne la tête un moment. Est ce que c'est propre aux petits frères de se comporter de cette façon ? Je n'en ai pas la moindre idée mais c'est peut être une manière de se démarquer, d'attirer l'attention pour s'émanciper un peu de l'ainé. Je crois que sa question n'en était pas vraiment une et qu'elle a simplement dit ça pour plaisanter mais j'avoue me la poser réellement.

« Et toi, avec Derek ? Vous êtes très différent je trouve. Il est dans ma classe et c'est assez étrange de voir a quel point vous n'avez rien à voir ! »
« Ouh là. »

Réaction immédiate de ma part tandis que je m'ébouriffe les cheveux, grimace sans vraiment m'en rendre compte – comme une sorte de tic de visage plutôt – et m'enfonce un peu plus sur ma chaise, reculant jusqu'à ce que mon dos touche totalement le dossier derrière lui.

« C'est … un peu compliqué. »

Est ce qu'on s'entend bien lui et moi ? Aujourd'hui oui mais ...

« On n'a pas toujours eu une très bonnes relations, loin de là même. »

Et c'est le moins que l'on puisse dire. Dans un autre registre, j'avais totalement oublié ou simplement pas fait attention au fait qu'ils soient tous les deux dans la même classe mais ça n'a pas la moindre espèce d'importance de toute façon.

« Quand on était plus jeunes on ne s'entendait vraiment pas bien, ça ne s'est pas franchement amélioré avec le temps pour pas mal de raisons, divergences de caractères, d'opinion, etc ... »

Non, je ne rentrerai pas dans les détails. Je n'ai pas envie de me plaindre de mon frère, pas envie de le faire passer pour un bourreau même si c'est pourtant ce qu'il a été pour moi pendant des années. Je pense que de toute façon Kezabel n'est pas idiote et suffisamment observatrice pour être au courant de certaines choses et en faire la conclusion par elle même. Derek n'a jamais caché son adhésion à certaines idées des Supérieurs et même si aujourd'hui il revoit son jugement, avoir un petit frère amoureux d'un Moldu … Bref.

« Mais comme tu dis, les coups durs c'est quitte ou double. Soit ça rapproche, soit ça éloigne. En ce qui nous concerne mon frère et moi, ça nous a d'abord éloigné encore un peu plus quand nos parents sont morts, et puis avec tout ce qui s'est passé ici ... »

Il m'a longtemps tenu responsable de leur mort, il me l'a fait payer pendant des mois jusqu'à ce qu'un lendemain de Pleine Lune qui aurait pu mal tourner il finisse par me dire qu'il savait que ça n'était pas de ma faute. Ce jour là il m'a enlevé un énorme poids des épaules et ce jour là j'ai compris qu'il avait eu peur pour moi.

« Aujourd'hui tout a changé, on s'entend bien, on sait qu'on peut compter l'un sur l'autre et voilà. C'est vrai qu'on est pas mal différents en apparences mais on a aussi beaucoup de points communs qui sont pas forcément visibles. »

certains en ont déjà vu la couleur, d'autres non, mais ça n'est clairement pas quelque chose que j'ai envie d'aborder ici parce que je n'ai simplement pas envie de ruiner l'ambiance et saboter la bonne humeur, que ça soit la sienne ou la mienne.

« En tout cas c'est mon grand-frère et j'suis content qu'il soit là. »

Et ceci clôturera le débat, qui n'en est pas un. Je n'ai pas toujours dit ça mais je crois qu'au fond je l'ai toujours pensé malgré les crasses qu'il a pu me faire. Il a toujours été un repère pour moi et sans lui j'aurai été encore plus perdu. Quand on nous a arraché à notre pays, quand on nous a balancé dans cette école, même s'il me traitait comme de la merde j'étais content de savoir que mon frère était entre ces murs. Quelque part ça me rassurait.

« Oh, attends ! J'ai un petit quelque chose pour toi ! »

Pardon ? Revirement de situation ? J'avoue ne pas trop comprendre où elle veut en venir mais je la laisse faire et quand elle pose sur la table une enveloppe c'est à mon tour d'écarquiller les yeux. Étonné et intrigué.

« Tiens... C'est pour te récompenser de tous tes efforts depuis presque deux mois. Tu as beaucoup progressé, bien travailler et tes résultats sont meilleurs chaque jours. Je me suis dis qu'il est toujours bon de féliciter des efforts et qu'un petit quelque chose était mérité. »

Une récompense, sérieusement ? Je me retrouve complètement abasourdi, hésitant, légèrement gêné même puisque je ne m'attendais pas du tout à ça mais quand elle m'encourage d'un signe de tête à ouvrir la fameuse enveloppe je m'exécute. La surprise est de taille, je pense que ça se voit sur mon visage. La bouche ouverte, aucun mot qui ne sort, les yeux grand à nouveau grand écarquillés, je sors complètement l'objet et le détaille du regard.

« Je me souviens que tu m'avais parlé que tu ne pourrais pas vivre loin de l'océan mais aussi que tu aimais particulièrement les animaux... Du coup, j'ai jugé bon de combiner les deux ! C'est un livre où tu as pleins d'explications sur les animaux marins magiques et non-magiques. Les caractéristiques, leur milieux de vie etc etc. Tu as même beaucoup d'images animées. »
« Je … Wow … »

Oui, c'est tout ce que j'arrive à articuler et reste comme ça à fixer le livre pendant quelques secondes avant de relever la tête vers elle.

« Je sais pas quoi dire ... J'suis hyper touché. »

Et je crois bien que je rougis … J'ai soudainement très envie d'aller me cacher dans un trou de souris là … Je ne sais pas comment réagir, d'autant moins car on ne peut pas dire qu'on soit très proches elle et moi mais je me rends compte qu'on l'est finalement peut être plus que ce que je ne pouvais bien le penser. Elle me connait suffisamment pour avoir eu cette idée et c'est assez représentatif de la situation je pense, de même que la conversation qu'on vient d'avoir. Et si les rôles étaient inversés, est ce que j'aurai su quoi lui offrir ? J'aurai tapé sur quelque chose en rapport avec le dessin je pense, les livres pour enfants ou quelque chose comme ça. J'ouvre les yeux et admets le fait qu'on travaille certes mais on discute également beaucoup et sans s'en rendre compte on apprend à se connaître chaque fois un peu plus.

« Fallait pas ... »

Et puis je reviens parmi les vivants, presque brusquement. Je me rapproche d'elle et dépose un bisou sur sa joue sans me poser la moindre question. Cette fille vient de me faire un cadeau absolument génial et je me sens stupide mais ne pas la remercier serait un crime contre l'humanité.

« Merci beaucoup Keza, il a l'air vraiment génial comme bouquin, t'as tapé dans le mile là. J'ai hâte de pouvoir le lire. »

Mais déjà mes mains et mes yeux glissent dessus, les pages commencent à tourner entre mes mains et je devine le sourire persistant sur mon visage. Les photo s'animent à chaque passage ou presque, les descriptions sont détaillés, il y a pleins d'anecdote. C'est … fascinant. Si je m'écoutais je le dévorerai sur place mais avant qu'il ne soit trop tard j'ai un sursaut de volonté et le referme pour finalement poser mon regard dans le sien.

« Si je le garde sous les yeux c'est même pas la peine d'espérer me faire bosser la Bota ou n'importe quelle autre matière, t'en as conscience n'est ce pas ? »

Je lâche un rire et puis c'est plus fort que moi, mes yeux reviennent glisser sur la couverture alors qu'un de mes doigts dessine les courbes d'une des créatures marines présentent sur le support.

« On a été voir les baleines cet hiver. Enfin cet été mais … cet hiver là bas, les saisons sont inversées entre ici et chez moi. »

Merci pour ce point géographique Enzo.

« Bref, de juin à septembre c'est la période des naissances pour les baleines franches australes et quand j'étais petit on avait l'habitude d'aller faire un tour avec mes parents pour les voir. C'est quelque chose de vraiment indescriptible, c'est magique. J'espère que t'auras l'occasion de voir ça un jour dans ta vie si c'est pas déjà fait. »

Si je pouvais, je claquerai des doigts pour m'y retrouver, là, maintenant, tout de suite.

« Dauphins, requins, tortues, lions de mer, … Y a vraiment de quoi faire en terme de faune marine là bas, c'est le pied. J'me doute bien que c'est pas le seul endroit au monde mais bon … Pour l'instant c'est le seul que je connaisse et puis surtout c'est mon chez moi. »

Enfin ça l'a été jusqu'ici en tout cas.

« J'vais le ranger et me taire sinon on en a pour la journée et faut absolument que je finisse ce truc pour lundi. »

Serait-ce de la raison ? Il faut croire.

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MessageSujet: Re: Stolen Youth ▬ Kezabel   Dim 15 Juin 2014 - 17:30

Stolen Youth


Enzo & Kezabel
Samedi 1er Novembre

Imaginer Derek et Enzo bien s'entendre me faisait un drôle d'effet, surtout en vu du personnage que c'était mais j'avais appris à mes dépend à ne pas me fier aux premières apparences. Si Derek se trouvait être un vrai rustre avec les femmes mais aussi un garçon pas très fiable en vu de ses antécédents, rien n'empêche à ce qu'il soit un bon frère et avec ce qu'ils ont vécus, lui et Enzo, c'est tout ce que je leur souhaite. Avoir désormais une bonne relation pour réussir à faire face à toute la douleur qu'ils doivent encaisser. Enzo avait perdu ses parents presque à la même période que moi, perdre son frère serait destructeur. Si je perdais mon père et Adam, je ne sais pas moi même comment je ferais pour continuer d'être droite comme je le suis et de ne pas partir dans tous les sens, de faire n'importe quoi ? Ne ditons pas qu'il n'y a pas plus dangereux que quelqu'un qui n'a plus rien à perdre ?

Je ne peux pas nier que j'étais plutôt contente de lui offrir ce cadeau, presque certaine qu'il lui plairait un minimum. C'est avec une légère excitation que je le regarde déchirer le papier craft et quand je vois ses yeux pétiller subitement, je sens presque un sentiment de soulagement. Enfin, je crois ?

« Je sais pas quoi dire ... J'suis hyper touché. »

Il rougit et j'ai presque envie de lui pincer les joues tant il est adorable … Bon ok, j'exagère mais n'empêche qu'il reste adorable et continue d'être ce petit garçon fragile que j'ai serré dans mes bras il y a cinq minutes. La seule chose que j'espère est qu'il ne trouvera pas mon geste... déplacé ? Nous travaillons ensemble une fois par semaine depuis Septembre, nous discutons beaucoup aussi, principalement de tout et de rien mais ça rapproche quand même un peu. Je l'apprécie de plus en plus et j'ai également réussi à mettre de côté ce qu'il s'était passé avec Tallulah même si je dois avoué que le départ de celle-ci – bien que ça m'ait chamboulée plus que je ne veux le croire – a beaucoup aidé à cette transition. Je n'oublie pas, certes, mais il est temps de tourner quelques pages de l'histoire pour continuer d'avancer sereinement. De plus Enzo était un garçon adorable qui n'avait rien à voir avec celui qui avait fait du mal à ma meilleure amie de l'époque. Bref, tout ça pour dire que je le regarde contempler l'ouvrage avec une pointe d'attendrissement. Maman Kezabel, rentre dans ta tanière !

« Fallait pas ... 
Oh tu sais, c'est pas grand chose et... »

Ses lèvres se déposent sur ma joue.... . Bug. Et rien du tout. Ma phrase inachevée, je sens que cette fois c'est moi qui rougit de manière plutôt significative puisque je sens la chaleur me monter jusqu'aux oreilles. On a l'air bien bête comme ça avec toute cette gêne... Et puis, je rougis plus par surprise puisque je ne ressens rien pour Enzo si ce n'est qu'une affection qui s'approfondit de jour en jour.

« Merci beaucoup Keza, il a l'air vraiment génial comme bouquin, t'as tapé dans le mile là. J'ai hâte de pouvoir le lire. »

Ok je l'avoue, je suis plutôt fière de mon coup et je suis complètement ravis d'avoir viser juste.

« Je suis contente qu'il te plaise, j'espère que ça pourra t'aider à découvrir ce pourquoi tu es fais. »

Même si le but de ce cadeau n'avait rien à voir avec ça, au contraire. J'avais pour simple but de lui faire plaisir et de le récompenser de son travail sérieux depuis le début alors autant le faire avec quelque chose dont j'étais presque certaine de la réussite à son plaisir. Et plus son sourire s'élargit, plus le mien suit le même chemin.

« Si je le garde sous les yeux c'est même pas la peine d'espérer me faire bosser la Bota ou n'importe quelle autre matière, t'en as conscience n'est ce pas ? 
-Je t'avoue que je serais presque tenter de te dire de laisser tomber les révisions pour aujourd'hui mais ça ne serait pas sérieux ! Tu as un devoir noté à rendre Mr Ryans ! »

Je manquerais à mon devoir de préceptrice si je le laissais se disperser même si c'était cruel de ma part de l'arracher à cet ouvrage qui avait l'air de le fasciner bien plus que je ne le croyais.

« On a été voir les baleines cet hiver. Enfin cet été mais … cet hiver là bas, les saisons sont inversées entre ici et chez moi. Bref, de juin à septembre c'est la période des naissances pour les baleines franches australes et quand j'étais petit on avait l'habitude d'aller faire un tour avec mes parents pour les voir. C'est quelque chose de vraiment indescriptible, c'est magique. J'espère que t'auras l'occasion de voir ça un jour dans ta vie si c'est pas déjà fait. »

A l'écouter parler de tout ça avec autant de passion, je me dis que j'ai vraiment bien fait de lui prendre ce bouquin qui allait certainement lui apporter des rêves supplémentaires. Je suis plus touchée que je ne le laisse paraître à ce qu'il partage ce genre de chose avec moi et je m'en abreuve en silence. Je prends note mentalement de cette suggestion, sachant parfaitement qu'il n’exagérait pas lorsqu'il sublimait cet événement. Je me vois déjà y amener Adam pour lui faire découvrir tout ça.. Et pourquoi pas Riley ? Lorsqu'ils seront mariés.. HAHAHAHA. Non j'déconne, t'emballe pas Jenkins ! 

« Dauphins, requins, tortues, lions de mer, … Y a vraiment de quoi faire en terme de faune marine là bas, c'est le pied. J'me doute bien que c'est pas le seul endroit au monde mais bon … Pour l'instant c'est le seul que je connaisse et puis surtout c'est mon chez moi. 
Si tu te demande déjà comment tu veux me remercier pour ce cadeau, je te propose une invitation VIP dans ce coin de rêve... Fallait pas me vendre le truc comme ça, j'suis obligée d'y aller maintenant ! »

Il va de soit que je lâche ça sur le ton de la plaisanterie et il me semble inutile de le préciser, Enzo me connaissant suffisamment pour savoir que je n'attendais absolument rien en retour et vu les circonstances, je ne m'inviterais pas dans ce petit coin de paradis. Ça doit être son terrain, son sanctuaire de souvenir avec ses parents... Le fouler sans y être invité, serait pour moi de la profanation. Mais ça n'empêche pas le fait que la tentation de passer quelques jours en Australie -plus précisément en bord de mer – me séduit un peu plus à chaque secondes.

« J'vais le ranger et me taire sinon on en a pour la journée et faut absolument que je finisse ce truc pour lundi. 
Bonne résolution, t'es même plus raisonnable que moi aujourd'hui parce que je me serais bien laissé tenté par tes histoires. »

Nouveau rire. J'ouvre son livre de Botanique et me penche sur une série de croquis que j'effectue sous ses yeux, afin que la compréhension du cours soit plus clair. Ne nous éparpillons pas, j'ai une partie de la réussite scolaire de ce jeune homme entre les mains !

- FIN -


Fiche bye Ethna
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