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 That's the end, that's the start of it. That's the doubt - ft Riley.

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MessageSujet: That's the end, that's the start of it. That's the doubt - ft Riley.    Jeu 10 Avr 2014 - 23:00

That's the end, that's the start of it. That's the doubt - Dimanche 12 Octobre, Matinée.
Riley & Charleen



SAMEDI 11 OCTOBRE - Fin d'après midi

There are twenty years to go,
The punch-drunk and the blow,
The worst of stars,
The mercy part, the phone.

@Placebo – Twenty Years

Je suis partie comme une furie tout en retenant les innombrables sanglots qui menaçaient de me submerger dans la seconde. J’ai failli chuter en le bousculant sans le vouloir. Je ne voulais plus voir son visage, sentir sa présence. La chaleur de sa peau qui me paraissait tout à l’heure apaisante, me révulsait désormais. Je me sentais … sale. Un objet. Une poupée utilisée pour assurer les convictions et l’égo d’un homme. La douleur était innommable. J’avais l’envie furieuse de le gifler et de lui hurler dessus, mais pourtant je m’abstiens. Préférant fuir vite et loin. Loin de tout. Mon corps tremblait plus que jamais, mes nerfs semblaient être un millier de cordes tendues, prêtes à se casser les unes après les autres. J’avais honte de moi d’avoir céder à ses avances il y a deux ans, honte d’avoir servit de cobaye pour qu’il se rassure et puisse admettre qu’il n’aimait pas les hommes. Moi, Charleen… souillée ? C’est comme ça que je me sens. Par lui, par moi. Et les larmes affluent avec force.

Tout à viré au désastre. Je ne m’attendais pas à ce que ça se passe bien mais je ne m’attendais pas non plus à ce que ça se passe de manière si désastreuse, car si pour certains cela semblait exagéré de ma part, pour moi c’était tout autre chose. Dans la douleur, le mépris, la honte et la culpabilité, je n’avais pas conscience que j’aurai pu prendre ça plus à la légère. Après tout, ça fait deux ans, non ? Et alors bon sang ! ET ALORS ! J’ai été qu’un vulgaire pantin ! Vous entendez ? UN PANTIN ! J’accélère ma course. J’ai besoin de la voir. Peut importe les conséquences que cela aura sur moi, peut importe si cela me détruira plus et plus vite, j’ai BESOIN de voir son visage, de voir son sourire. Mes pas savent où ils doivent aller et mes yeux remplient de larmes ne décerne aucuns visages familier sur mon passage même si j’ai du en rencontrer quelques uns. Peu m’importe. Je m’en fiche, je ne veux pas les voir, pas leur parler. Je n’ai pas à chercher bien loin car la salle que je souhaite se trouve à proximité de moi. Je veux la voir. Je veux la voir ELLE. Je veux la sentir, la ressentir.

Je suis hors de moi, une rage que je ne connaissais pas. Comme si j’avais une boule de feu au creux de mon thorax et qu’elle menaçait d’exploser d’ici quelques secondes et de me faire envoyer tout valser. Moi qui étais de nature si calme, timide et réservé… J’étais ici, une vraie bombe à retardement. Je le sentais au fond de moi, c’était presque nouveau, inconnu. Et pourtant je sais qu’un rien me fera craquer. Parce que je ne supporte pas l’idée d’avoir servi comme un mouchoir. L’idée est … Non.

J’ai envie de m’arracher la peau, de me laver. Laver. Et encore laver. Je m’en fiche si vous trouvez que tout cela va trop loin. C’est facile pour vous tous, c’est facile quand on a votre assurance, votre prestance. Tandis que moi, en plus d’être naïve, faible et peureuse, je suis également assez bête pour croire que même si Enzo et moi ça n’était que pour une fois, je ne pensais pas avoir été l’objet d’une …. Etude. Bon sang… J’étouffe. J’ouvre la porte à la volée et la claque derrière moi où mon dos s’y appuie. Mon visage est baignée de larmes silencieuses jusqu’à ce que je craque, littéralement. Je sanglote comme jamais, ma tête entre mes mains, crispant mon corps entier sous la pression. Je tremble. Je suffoque. J’ai mal. Je suis sale. Charleen, ça n’est pas un viol. Si s’en est un, mentale. Ne va pas trop loin, tu étais consentante ! Tu as aussi ta part de responsabilité… Je sais. Je sais ! C’est autant de ma faute que la sienne. Et plus je revois son visage désolé, abattu, plus je pleure, me déteste. J’ai envie de vomir. Tout prend des proportions énormes et je ne sais pas comment arrêter le flux.

« Je suis là ma chérie… »

Je hoquette de surprise, reniflant et relevant la tête.

Le choc fut absolument brutal, si bien que mon cœur semble s’arrêter de battre. Elle est là, devant moi. Debout, vivante. Ou presque… je sais qu’elle n’est qu’illusion mais pourtant, mon cœur d’enfant pleure de plus belle face à cette apparition venu d’un autre monde. Celle qui m’avait donnée contre la sienne, que je n’avais pas pu sentir, toucher, sourire. Ma mère, mon sang à moi. J’étais son enfant à elle. Sa fille. J’ai face à moi le plus beaux des sourires que cette terre ait portée et le regard le plus chaleureux et tendre qu’un cœur peut recevoir. Ses longs cheveux blonds comme les blés, ondulent sur ses épaules et chutent un peu dans son dos. Ses yeux sont plus foncés que les miens, tirant vers un gris orage. Le seul orage que j’aurai appréciée voir et vivre. Elle tend les bras… et je m’y précipite. Bêtement, stupidement. Ce n’est qu’une illusion et je sais pertinemment que mon corps n’ira serré que du vide. Et pourtant je fonce tête baissée. Lorsque je rencontre sa chaleur qui m’enveloppe, je pleure encore plus fort. Mes larmes viennent du plus profond de moi, de ma douleur et de tous ces sentiments qui me font mal. J’aimerai que ça soit un rêve éternel, que je puisse dormir dans ses bras une éternité et que jamais je ne me réveille de cette douceur.

Je sens sa main caresser mes cheveux tandis que les miennes, plus petites, s’accroche au dos de son tee-shirt. Je l’agrippe comme si ma vie en dépendait. Elle ressemblait exactement à la photo que j’avais dans mon pendentif et son odeur était parfaitement le même que j’imaginais dans mes rêves d’enfants.

« Chuuut… Je suis là ma puce, maman est là. Tout va bien aller maintenant. »

Oui, maintenant tout va mieux. J’ai retrouvée ma mère, elle est là dans mes bras et je suis dans les siens. Toutes les douleurs du monde pourraient s’effacer dans ses bras, j’en suis sûre. Les miennes se décollent de ma peau comme du goudron fondu et s’éloigne, loin de moi et de maman. Enzo n’existe pas. Ce n’est pas ma mère l’illusion, c’est lui. Et toute la douleur qu’il m’a affligé. Que je me suis affligée. Je sens sa main dans mes cheveux et je pleure encore, mais silencieusement. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi prostrée. Des minutes. Des heures peut-être. Je n’en sais rien, le temps n’existe plus. Il n’y en a pas dans mon monde, dans ma bulle. C’est un univers sans temps, sans mort, sans douleurs. Celui qui me redonne espoir les jours de pluie.

« Res…reste avec moi. »

Ma voix larmoyante tremble à la fois de panique et de supplique. Elle doit rester avec moi pour toujours non ? Si, je le veux. C’est ce que je désire au plus profond de moi. Je ne veux pas qu’elle s’échappe. Tout un monde s’efface. Je pense à papa et j’aimerais qu’il soit là lui aussi. Qu’ils soient là tous les deux, ensemble contre moi et sentir leur protection maternelle et paternelle. Me laver de tout ça…

La porte s’ouvre dans un claquement et un courant d’air froid vient subitement s’engouffrer entre mes bras. Du vide. Je titube légèrement en avant.

« Oh… Désolé, j’savais pas qu’il y avait déjà quelqu’un. »

Je n’entends rien, un bourdonnement sourd m’obstrue l’ouïe. Mon regard, hagard se perd dans le vide où, deux secondes plus tôt se trouvait… Non. Où es-tu ?! Tu m’avais dis que tu partirais pas ! Hein tu me l’as dis ! Je bafouille, je bredouille. Je tremble de plus  belle et la violence qui me secoue l’intérieur est dévastatrice. Elle me créer un vide énorme et affreusement douloureux. Je serre les mains dans l’air, ne sentant pas l’afflux de larmes qui s’écoulent sur mon visage.

Une main sur mon épaule, je sursaute violemment.

« Hé … est-ce que tout va bien ? »

Je ne vois pas ce visage, parce que ça n’est pas celui de maman… Le sac sur l’épaule, j’ai couru. Hors de cette salle. Hors de ce cauchemar. Je la voulais encore un peu plus contre moi et tout ce que je récoltais maintenant c’était une affreuse sensation de brulure sur toute la peau.

J’arpente les couloirs sans savoir réellement où aller. Qu’est-ce que je dois faire ? J’ai arrêtée de pleurer malgré la douleur qui s’est installée dans ma poitrine, me donnant l’impression de respirer avec une gêne inexpliquée. Voir Rosa ? Non, elle est ma meilleure amie mais je n’en ai pas l’envie. Ca n’était pas contre elle, mais j’étais dans un état… que je ne contrôlais pas. Je sais pas bon sang, je sais même pas où je suis… Riley ? Connor et ses mots me giflent. Je ne peux pas infliger ça à ma sœur. Et pourtant, j’ai envie de sentir aussi ses bras à elle autour de moi. Comme ceux de maman… Maman.

Je suis finalement allé jusqu’à mon dortoir, la peine en bagage lourd sur les épaules et le thorax. L’heure qu’il était ? Aucune idée. Peut m’importe. Je veux juste… me coucher. Oui voilà, me coucher. Ne pas penser au vide. Ne pas penser à Enzo, à Connor. Dormir encore et encore. Longtemps. Tout le temps. Pour que j’arrête de réfléchir, d’avoir mal et de quémander la présence de maman. J’ai le corps lourd de tout, machinalement j’ai enlevée mes vêtements, enfilée mon plus gros pyjama et me suis glissée sous la couette, Circé n’est pas là. Elle est partie elle aussi ? Je retiens les larmes, me roule en boule et ferme les yeux aussi fort que possible pour garder l’image de maman qui me serre tout contre elle. Les vannes s’ouvrent et c’est un déluge.


DIMANCHE 11 OCTOBRE - MATINEE


Trois heures et 26 minutes que je suis réveillée. Il est 10h30 et je n’ai pas envie de me lever. Je n’ai pas envie de voir qui que ce soit. Je veux juste rester ici, au fond du lit et ne plus y penser. M’enlever ces images de la tête mais surtout cet écho insupportable où il me répétait que j’avais effectivement été utilisé. Mes yeux gonflés par la fatigue et les pleures fixe le cadran qui affiche les heures comme une montre, où les aiguilles sont remplacées par des baguettes magiques et où les chiffres sont formés par des êtres magiques que je connais par cœur. Mais je n’ai pas la force de les distinguer. Je suis roulée en boule, dans la position du fœtus comme si cela pouvait changer quelque chose, avec seulement le haut de mon front et mes yeux qui dépassent de la couette. Circé est couchée contre mon ventre et je n’ose pas bouger, de peur de la déranger. Mais surtout parce que sa présence me fait du bien, me rassure un peu. Elle est arrivée plus tard dans la soirée, je l’ai sentie venir se poser tout d’abord près de mon torse, comme si elle y sentait la blessure béante que j’avais. Elle s’est ensuite glissée sous la couette, en douceur. Elle était le seule réconfort que j’avais pour le moment. J’ai mal, partout. A la tête, au ventre, au cœur. Mon corps entier est lourd de fatigue et de dégoût. Ma nuit a été hantée par le visage d’Enzo et ses mots, ses gestes dont je me suis souvenue, notre étreinte. J’y ai cauchemardé une nouvelle aventure où Enzo m’embrassait, dans le dos de son petit ami. J’y ai vu Kyle aussi, me regardant avec dégoût et colère, me hurlant dessus d’avoir poussé Enzo à la faute, de l’avoir poussé à le tromper. Je me suis réveillée en larmes, le corps tremblant et un peu transpirant. J’aurai donné n’importe quoi pour avoir maman avec moi…une nouvelle fois. J’ai rêvé d’elle aussi, et de Riley. Ma sœur. Pas de sang, mais ma sœur quand même. Et j’aurai donné n’importe quoi pour l’avoir elle aussi.

Je pousse un soupir tremblant tandis que les larmes reviennent doucement. Je ne bougerais pas de ce lit. Nous étions Dimanche, mes devoirs étaient faits et puis… c’était tout. Je n’avais pas envie, je veux rester dans cette chaleur pour essayer d’oublier. Je me souviens m’être levée hier soir pour aller me laver trois fois la peau. Je ne suis pas une poupée test. Je ne suis pas un objet. Je ne suis pas une chaussette sale… si ? Non. Je n’sais pas. Il s’était excusé, il avait dit pardon. Il … Je n’sais plus. Sortez-moi de là. C’est une prison psychologique qui me rend folle. Je me sens à la fois stupide de rester ainsi couchée et compréhensive envers moi-même. D’autres auraient cogné à ma place ou hurler, mais moi la seule chose que je sais faire c’est fuir. Et Connor avait raison, un jour je perdrais mes proches à cause de ça. Circé s’extirpe de la couette et vient me lécher le bout du nez. Le peu d’affection qu’elle me donne me ramène l’océan aux yeux. Je sors timidement une main de dessous pour lui caresser le menton. Elle ronronne, elle est heureuse. Je suis dos à la porte du dortoir et j’ai entendu toutes les filles se lever se matin. Mes rideaux sont tirés et aucunes d’entres elles n’étaient venu me réveiller. Et c’était tant mieux…

Ma tête est lourde. Je devrais me lever et passer au dessus de tout ça, retrouver Rose et passer du temps avec elle comme d’habitude. Aller voir Kezabel et Riley qui sont pratiquement tout le temps ensemble, rire avec elle. Allez voir d’autres personnes, Elias par exemple. Ca faisait longtemps que je ne lui avais pas parlée. Je devrais aller voir Enzo et lui coller une dernière gifle et lui dire que maintenant, tout est oublié. Idem pour Connor mais sans dire que tout est oublié, mais plutôt que s’il recommence je serais mon clémente. Mais ça, je n’y arrive pas. N’y arriverais pas…

« Tu crois que j’devrais me lever hein ? »

Circé me  regarde en miaulant…

« Ca va, je sais que t’as faim. Tu pourrais me prêter un minimum de considération Circé ! »

Je grogne et me renfonce un peu plus dans ma couette et dans mon pyjama panda. J’ai 17 ans, je suis une femme enfant. Plus enfant que femme, mais tant pis. Je reste dans cette position durant… longtemps. Assez longtemps pour souvenir, pleurer, fermer les yeux et recommencer.  Bêtement. Mes yeux se baladent sur les photos animés que j’ai accrochées au bois de mon lit. Papa un peu partout avec sa nouvelle femme. Une photo d’eux, moi et Riley qui date de cet été. C’est ma préférée parce que pour une fois, nous y étions tous. Avec un vrai sourire, celui qui fait chanter mon cœur. Je la décroche et la serre contre moi. Je donnerais n’importe quoi pour revenir en arrière, ne plus avoir ces soucis et de retomber dans cette bulle chaleureuse, sans animosité.
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MessageSujet: Re: That's the end, that's the start of it. That's the doubt - ft Riley.    Ven 11 Avr 2014 - 18:15

Dimanche 12 Octobre 2014 – Fin de matinée
That's the end, that's the start of it. That's the doubt



Charleen & Riley

Ça fait du bien par où ça passé ! N’est-ce pas ce qu’on dit ? Désolée, il faut croire que j’ai des restes d’hier soir dans le sang et que je continue à raconter des conneries comme on l’a fait une bonne partie de la nuit avec Kezabel. Kezabel qui est encore avec moi d’ailleurs, ou plutôt moi avec elle parce qu’on se trouve toutes les deux dans son lit, allongées l’une à côté de l’autre et personnellement je ne me souviens qu’à peine de comment on est arrivées là mais ça n’a pas la moindre importance. Etrangement je me sens plutôt en forme ce matin malgré la dose d’alcool qu’on a ingurgité la veille mais je crois que c’est plus psychologique qu’autre chose. Ça m’a fait du bien de la retrouver, de pouvoir discuter avec elle et lui parler des choses et des personnes qui m’encombrent le cerveau en ce moment. Ceci étant fait, on a rapidement fait les folles dans un cadre certes faux mais idyllique avant de revenir à la réalité pour finalement atterrir ici, dans son dortoir. Pourquoi le sien et pas le mien ? Aucune idée, parce qu’il était le plus près ? En tout cas on ne s’est pas posé la moindre question et dormir ensemble a été comme une évidence pour nous deux. Je crois qu’on n’avait juste pas envie de se lâcher et ce matin quand j’ouvre les yeux et que je sens sa présence à côté de moi j’ai l’impression d’avoir 14 ans. Soirée pyjama ! Bref, je me sens vraiment bien.
Lentement mais surement je me retourne vers elle et c’est instantané, un large sourire plein de connerie étire mes lèvres quand mes yeux tombent dans les siens. Elle n’a pas l’air trop réveillée, j’en profite pour m’engouffrer fans la faille !

« T’as passé la nuit à essayer de me p’loter. »



« Tu m’as appelé Rina. »

Mouahahahah ! J’éclate de rire, pas comme ça évidemment mais j’éclate de rire et en rajoute une couche tout en me débâtant pour échapper aux coups et aux chatouilles.

« Anh oui, Rina … »

Le tout balancé suffisamment bas pour ne pas que les autres entendent mais je crois que le dortoir est vide. Que les autres filles nous entendent rire ça d’accord, c’est peut être égoïste mais tant pis, mais que le secret de Kezabel soit dévoilée de quelconque manière que ce soit, non. Alors on se « bat » comme ça pendant quelques secondes, une minute ou deux peut être, avant de se calmer toutes les deux sans doute un peu rattraper par la fatigue. Mine de rien, on n’a pas du dormir beaucoup.

« Fais moi un gros câlin à l’espagnol chica ! »

Et je lui saute dessus, poids mort, avant de lui coller un gros bisou sur la joue et de m’extirper des couvertures. Une fois debout je prends le temps de m’étirer complètement, sans complexe je me balade en débardeur et en culotte dans le dortoir alors que je ne suis pas chez moi mais tant pis ! Pile électrique au rendez-vous, ma pauvre Kezabel, je vais vite te fatiguer.

« J’peux squatter vos douches ? »

Réponse affirmative, je disparais dans une cascade de cheveux tout en sautillant jusque là bas pour me rendre compte une fois sous l’eau que je n’ai pas pris de serviette avec moi … J’appelle Keza, qui se fout de ma gueule et me fait marcher en me disant que je n’ai pas d’autre choix que de sortir à poil mais ma pudeur m’en empêche. En culotte pas de soucis mais pour moins que ça … non. Rien à voir avec Kezabel, c’est juste que je n’ai pas envie de me balader toute nue c’est tout. Elle fini donc par me lancer une serviette dans laquelle je m’enroule parce que mes vêtements – enfin le débardeur et la culotte que j’avais laissé là, ont déjà disparu. Efficaces ces Elfes de maison … Bref, mon amie m’offre gentiment de regarder dans ses affaires et après avoir enfilé mon soutif, un de ses shorty et mon pantalon je regarde ses tops jusqu’à l’illumination.

« Anh c’est mignon ça ! J’te l’pique ! »

Une vraie fille ! J’enfile donc le top en question, mon gilet, mes chaussures puis me retourne finalement vers mon amie.

« On se retrouve pour déjeuner ? »

Réponse affirmative de sa part, hochement de tête de la mienne et je ne suis déjà plus là. Je commence à descendre les marches quatre à quatre, décidément de très bonne humeur, me disant que je vais peut être croiser Lukas en bas, ou Charleen, ou Megan et Cameron entrain de faire un petit sur le canapé … Je déconne ! Aujourd'hui ça ne m'atteint pas, et peut être que demain non plus, et ainsi de suite. Bref, je descends donc jusqu'à ce qu'une voix pas vraiment familière m'interpelle.

« Riley … »
« Oui ? »

Je n'arrive pas à me souvenir du prénom de cette fille mais je sais qu'elle est dans la même année que ma frangine. Son visage limite déconfit ne m'inspire pas tellement et m'inquiète surtout. Je fronce les sourcils en me rapprochant d'elle. Elle me semble très timide, presque impressionnée. Je suis pourtant pas d'un gabarit à faire pâlir mais peu importe. Je ne vais pas te manger tu sais !

« Je sais pas si je devrais te le dire ou pas mais … Je crois que Charleen ne va pas très bien. »
« Comment ça ? »

Réponse du tac au tac alors que je me crispe instinctivement.

« Je sais pas, elle est toujours au lit, ses rideaux sont tirés et je me demande si elle ne pleure pas. »
« Oh … »

Oui, encore et toujours ce fameux « oh » qui n'a pas toujours la même intonation en fonction des situations mais qui ressort naturellement à chaque fois. Ici il navigue entre surprise et interrogation, un peu d'inquiétude aussi.

« Ok, merci. Je vais aller la voir. »

Je ne prends qu'à peine le temps de saluer cette fille dont j'ignore le prénom et me dirige directement vers le dortoir des 7ème année. Hésitation devant la porte, je me décide et frappe. Pas de réponse, tant pis, je rentre. J'entrouvre la porte et fais quelques pas vers le seul lit dont les rideaux sont encore tirés.

« Charleen ? »

Voix tranquille et douce, aucun geste brusque, je m'approche jusqu'à tirer les fameux rideaux et aperçois la petit blonde roulée en boule sous ses couvertures. Circé est là, jolie minette pleine de couleur. Elle me regarde et miaule, je tends la main pour la laisser me renifler avant de lui grattouiller la tête.

« Salut Circé. »

Léger sourire lorsque la chatte se met à ronronner en se dandinant sous mes caresses, sourire que je perds quand je vois enfin la bouille de ma petite sœur, les yeux rougis et gonflés, signe qu'elle a pleuré. Encore une fois je fronce les sourcils, c'est plus fort que moi. Je sais que mon visage peut prendre des traits assez dur quand je fais ça, j'espère juste qu'elle ne l'interprètera pas de la mauvaise manière. C'est toujours en douceur que je m'assoie sur le lit, laissant mes yeux glisser un instant sur la photo qui est accroché là, une photo de nous deux avec son père et sa mère, cet été, puis mon regard et toute mon attention se concentrent de nouveau sur la jeune Poufsouffle.

« Hey, qu’est ce qui ne va pas ma puce ? »

Ma main se pose sur cette masse qu'elle forme sous les couvertures puis finalement sur son front comme pour vérifier qu'elle n'a pas de fièvre dans un geste que je trouve après coup très maternel. Sa peau est certes un peu chaude mais rien d'alarmant, ça ne doit pas être ça. M'est avis que ce quelque chose qui la met dans cet état n'a rien de physique.

« Tu sais que tu peux tout me dire, hein ? »
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MessageSujet: Re: That's the end, that's the start of it. That's the doubt - ft Riley.    Ven 25 Avr 2014 - 11:45

J’aimerais dormir et me laisser aller, plonger dans une torpeur qui me bercera hors de ce corps qui me semble à ce point alourdis. J’ai la tête en vrac, les neurones en bouillit et les yeux brûlants de larmes. Je sais que je me mets sûrement dans cet état … pour « rien ». J’ai voulu savoir, je devais assumer ce choix mais je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à me décoller de ce sentiment de mal être profond, d’avoir une couche supplémentaire sur moi dont je n’arrive pas à me défaire. Je me sens sale, je me sens stupide et manipulée. Enzo avait l’air sincère, Enzo avait l’air… tout aussi « détruit » que moi. Ne va pas trop loin Charleen, il n’était pas détruit. Toi, peut-être, mais lui non. Je n’en sais rien au fond. Je ne sais plus. Le corps engourdis, je me roule un peu plus en boule sous ma couette, la photo tout contre moi et surtout une Circé qui décide de choisir ce mauvais moment pour venir miauler dans mes oreilles.

J’ai été stupide de croire que je saurais contrôler la situation, mes émotions. Ça n’était pas comme si je ne m’attendais pas à la vraie raison de son agissement, à Enzo. Utilisée pour parfaire ses convictions, pour les sublimer. Surtout pour se prouver qu’il était un homme, un vrai, un dur. Un garçon qui n’aimait que les femmes et leurs atouts… J’aurai aimé ne pas être dans les parages ce jour là. Assume Charleen, c’est tout… t’es aussi fautive que lui. C’était bien ça le problème… Comment était-il possible de se détester à ce point ? Parce que ça n’était pas qu’à cause d’Enzo que cette rage me brûlait l’œsophage. Je soupire, tremblante avant de serrer un peu plus fort la photo. Je ne savais pas comment me décharger de ce poids, ni comment réussir à le gérer. Paumée, perdue. En plein désert brûlant. La porte du dortoir s’ouvre et je ne bouge pas d’un pouce. Probablement une camarade de maison. De toute manière mes rideaux étaient tirés, tout le monde croira probablement que je dors. Et ça m’arrange. Je ne veux voir personne, ni parler, ni m’expliquer ni rien. Je veux juste cuver la douleur et la culpabilité. Les pas résonnent et je laisse Circé s’assoir, oreilles aux aguets. Je ferme les yeux, cherchant à dormir encore pour me fondre dans un néant apaisant.

« Charleen ? »

Mon sang ne fait qu’un tour et se glace. Non. Tout mais pas ça. Je reste figé dans mon lit et un instant, j’ai envie de faire semblant de dormir pour ne pas qu’elle vienne, pour ne pas qu’elle voit, qu’elle sente, qu’elle constate. Ni qu’elle me pose des questions. D’un geste rageur j’essuie le reste de mes larmes. Je ne veux pas qu’elle me voit comme ça. La voix de Riley résonne légèrement en écho sur le mur du dortoir et lorsqu’elle tire le rideau je me prends une douche froide. La honte m’englobe plus fort, plus violemment. Circé miaule, Riley prononce quelque chose que je ne comprends pas. Sous la peur de la voir, mon cerveau s’est arrêté et n’arrive pas à décrypter ce qu’elle dit ou raconte. Je me sentais déjà pathétique, je ne voulais pas imposer ça à ma sœur, pas après tout ce qu’il s’était passé. Mais surtout, je ne voulais pas expliquer le pourquoi du comment… On venait à peine de se retrouver, de se réconcilier, ça n’était pas pour tout foutre en l’air. Les mots de Connor résonnent de nouveau. Non, je ne voulais pas … ça.

J’esquive son regard lorsqu’elle fronce les sourcils. Je sais, j’ai l’air minable. Tu peux me le dire toi aussi… tu peux. Elle s’assoit sur mon lit où le matelas s’affaisse légèrement. Mes yeux se crispent, se ferment avec force. J'aimerais me fondre dans ma couette pour disparaitre. Ce n'est pas que je ne veux pas avoir Riley près de moi... Justement. Je crains de perdre pieds un peu plus sous son regard, ses mots. Que doit-elle penser de moi? Que VA-t-elle penser de moi. Une boule d'angoisse se forme dans ma gorge et je me sens soudain mal à l'aise, voir stupide.

« Hey, qu’est ce qui ne va pas ma puce ? »

Ma puce... Ce terme affectif ne fait que remonter les larmes à vitesse grand V et à contrario, de me faire naitre une douce chaleur au creux du ventre. La tendresse, la douceur, l'affection. Ma sœur. Les nœuds semblent se délier au creux de moi sans pour autant me défaire de ce sentiment de culpabilité. Elle me donne envie de lâcher prise. Je n'ai pas le droit de faire ça. J'aimerai être comme elle, paraitre si forte, déterminée et sûr de soi. Sa main se pose sur la couette où mon corps est recroquevillé. Je repense à l'image de maman que j'ai affrontée hier. Je n'aurai pas dû faire ça, tenter le diable et aller la voir. Mais j'en avais besoin, juste la voir. Une fois.

Riley pose sa main fraiche sur mon front. Ça me fait du bien je crois… j'en suis même sûre parce que je sens mes muscles se détendre un peu. Je pose mes yeux dans les siens et y cherche un réconfort que je trouve immédiatement. Elle pense que je suis malade ? Je crois que j’aurai préféré. Son geste me fait penser à celui de Papa lorsque j’ai de la fièvre. La même posture, le même regard. La même chaleur dans la voix, la même tendresse. La couverture ramenée jusqu’à mes yeux, je n’ose pas parler, la gorge gonflée par les sanglots.

« Tu sais que tu peux tout me dire, hein ? »

Je le sais mais je n’ose pas. Je bloque, je reste prostrée là sans réussir à articuler quoi que ce soit. Mes yeux se lève vers la fenêtre où le soleil transperce timidement les nuages. Je ne sais plus trop comment je dois me sentir maintenant, ni ce que je dois faire. Je ne peux pas lui dire que ça n’était rien, je n’avais aucune crédibilité. Je ne pouvais pas non plus rester indéfiniment silencieuse. Je triture nerveusement la couette, incertaine. Riley était là, m’offrant un réconfort que j’ai longuement cherché hier et je n’étais pas certaine que la bonne solution soit de lâcher ce poids… Connor, Enzo, maman, ma peur constante de tout faire de travers, de ne servir à rien.

« … J’peux avoir un câlin ? »

Les mots sont sortis d’eux même, avec une voix enfantine, comme si j’avais 5 ans. Je sais que ma demande peut paraître idiote mais la spontanéité est venue d’elle-même. J’ai eu 17 ans il y a un mois… Quand est-ce que tu vas te décider à grandir Charleen ? Je ferme les yeux et apprécie la chaleur que Riley m’offre, gardant les yeux fermer un instant. Je crois qu’Enzo n’était pas le seul responsable de mon état… C’était plutôt un tout. Je voulais me fondre dans ses bras à présent alors que la minute précédente je priais pour qu’elle ne me trouve pas. Je me roule un peu plus en boule en inspirant l’odeur de Riley. A peine deux mois que nous nous étions réellement retrouvée que je me trouvais déjà attachée à elle. Je ne pouvais pas le nier, pourquoi je le ferais quand l’évidence était là ?

Circé était déjà partie vaquer à ses occupations pendant que mon cerveau lui, ressassait sans cesse les derniers évènements. Après m’être senti inutile et indigne de Riley mais aussi de mes proches, je me trouvais être face à un dégoût de moi-même pour avoir servi de réconfort face à un égo remit en question. J’hésite un long moment, cherchant mes mots, cherchant ma manière d’aborder le sujet.
Les deux poings ramenés près de ma poitrine, je serre étroitement entre mes doigts le pendentif que papa m’avait offert avec la photo de maman à l’intérieur. Je le garde contre moi, comme pour me donner du courage. Les larmes remontent en flèche, j’aimerais qu’elle soit là elle aussi. J’entends des éclats de voix en bas mais je n’y prête pas attention, trop concentrée sur la chaleur que dégage Riley pour éviter à ce que je ne fonde en larme. Les sentiments qui me submergeaient étaient toujours présents mais je ne pouvais pas ignorer le réconfort que la présence de ma demi-sœur m’apportait.

« Je suis juste… fatiguée, je crois. J’ai pas eu une bonne semaine. »

Enfin, un début de mois tu veux dire ? J’esquisse un pauvre sourire à peine convainquant. Je me doutais bien que Riley était bien loin d’être comme moi : C’est-à-dire naïve. Je n’arrive pas à me décoller de la chaleur du lit, ni de la présence de ma sœur. J’avais l’impression de régresser de 10 années et c’est bien ce que je voulais : Retomber en enfance, retrouver mon innocence. Ne plus être affecté par des bêtises pareilles mais surtout, ne plus me soucier de ce monde d’adulte qui m’effrayait un peu plus chaque jours. Je croise son regard et je sens que je ne pourrais pas tenir plus longtemps sous silence. Je sais que je pouvais lui faire confiance et avoir une présence familière dans ce château était bien plus rassurant que je ne l’aurai cru. Je savais qu’en ce lieu j’avais au moins une personne sur qui je pouvais compter goutte que goutte et c’était bien Riley. Elle m’apprenait un peu plus chaque jour que les liens du sang ne sont parfois pas utiles pour avoir « une famille », tout comme sa mère me l’a enseigné au rythme des années passées avec Papa.

Comment lui expliquer que je me sentais « salis », coupable ? Je me doute bien que Riley était au courant pour Enzo, elle m’avait bien fait comprendre qu’elle savait tout.. Enfin, du moins le principal. J’attrape une de ses mains que je triture entre mes doigts, jouant avec son index

« J’ai… parlé avec Enzo. Tu te souviens, on avait discuté à ce sujet. »

Tu te souviens lorsque tu m’as dit qu’il était quelqu’un de bien, sympa et qu’il ne m’enverrait pas sur les roses ?

« Ca a viré à la catastrophe. J’ai… voulu savoir et je… »

J’hésite, je bloque. La culpabilité est envahissante et lourde, mais aussi cette sensation de n’avoir été qu’un objet me dépasse. Je détourne le regard et je triture un peu plus fort ses doigts entre les miens, complètement perdu et mal à l’aise. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète et en même temps, j’avais du mal à me confier. Pour la simple et bonne raison que je ne voulais pas paraitre … « sale », à ses yeux. Les miens me brûlent et je sens une larme roulé le long de l’arrête de mon nez pour venir s’écraser dans un bruit feutré sur mon oreiller.

« J’lui ai demandé pourquoi il avait fait ça. Je crois que je n’aurai jamais dû le faire, je n’étais pas prête à l’entendre de sa bouche. De comprendre que s’il a fait ça c’était simplement… pour se rassurer. »

Les larmes affluent. Je ne peux pas tout révéler. Même si j’en veux plus que jamais à Enzo, je respecte quand même son passé. Je n’ai pas à raconter POURQUOI il a ressenti ce besoin de prouver qu’il n’était attiré que par les femmes et rien de plus… Pourtant, je pourrais. Après ce qu’il m’a fait, après ce qu’il m’a dit. Je pourrais cracher tout ce que je sais. Oui, je pourrais… Mais j’en suis bien incapable. Par respect mais aussi parce que ça n’était pas moi.

Je pousse légèrement la couette pour venir m’assoir contre la tête de mon lit, les yeux baisser sur mes mains qui cette fois, avaient prise pour cible le tissu de ma couverture.

« Je me sens… sale et utilisée. Je savais que c’était juste comme ça mais j’ai l’impression de n’avoir été qu’une poupée. »

Pourquoi tu te plains, hein… tu l’avais bien cherché.

« Je sais que c’est aussi… de ma faute à moi. J'me déteste d'avoir été si stupide et naïve.»

Je renifle et m’essuie rageusement les larmes traitresses qui ruissèlent sur mon visage. Oui, parce qu’Enzo n’était pas le seul coupable, car malgré la haine que je lui portais actuellement, j’étais assez lucide pour prendre conscience que j’avais peut-être aussi ma part d’erreur… Comme celle de me laisser stupidement faire et de ne pas réfléchir ce jour-là. Je n’ose pas regarder Riley, de peur d’affronter ce que je pourrais y lire. Je sens mes joues rougir par pudeur, après avoir lâché quelques brides de ce qui se tramait dans ma tête. Lui parler du reste ? Non. En tout cas, pas de Connor. Il était hors de question que je lui fasse part de mon altercation avec lui, par fierté mais aussi parce que j’étais assez accablante comme ça.


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MessageSujet: Re: That's the end, that's the start of it. That's the doubt - ft Riley.    Lun 28 Avr 2014 - 13:36

Quand je la regarde et que je la vois là comme ça, j'ai l'impression de me revoir hier matin. Roulée en boule sous sa couette, le moral dans le fond des chaussettes – les larmes en plus de son côté même si elle tente de me les cacher – et la tête probablement pleine à craquer de pensées confuses. C'est l'interprétation que je me fais de la situation et peut être que je me trompe mais quoi qu'il en soit je n'aime pas la voir comme ça. Ce qui m'a rendu le sourire ? Kezabel. Ma meilleure amie qui a su me changer les idées, me faire parler, me distraire, me vider la tête et me faire passer à autre chose. Je ne suis pas la meilleure amie de Charleen mais je suis sa sœur même si j'ai mis du temps à l'accepter et il est proprement hors de question que je la laisse comme ça sans rien faire, à moins qu'elle me demande de mettre les voiles et qu'elle le pense réellement. Les bases sont posées de mon côté, je n'obtiens aucune réponse mais contrairement aux apparences parfois je peux faire preuve de beaucoup de patience et je resterai là tant qu'elle n'aura pas décidé de briser ce silence. Peu importe si elle a besoin de temps, qu'elle le prenne, j'attends.
Une chose est sure : A ce stade de notre relation je ne peux pas prétendre savoir ce qui peut la mettre dans cet état. On apprend chaque jour à se connaitre un peu plus, certes, et je pense être quelqu’un d’assez observateur mais … ça pourrait être tout et n’importe quoi finalement. Une peine de cœur, une embrouille avec Rosa ou un/une autre ami(e), une mauvaise note, mauvaise période du mois, coup de blues sans raison, un gros manque affectif parental et le mal du pays, etc … Je ne connais pas la cause, je ne sais pas si elle m’en parlera mais ça ne change rien au fait que je suis là et que je vais faire ce que je peux pour lui redonner le sourire tout comme ma folle de dingue de Jaune préférée l’a fait avec moi hier.

« … J’peux avoir un câlin ? »
« Moh bien sur. Viens là. »

On a tous besoin d’être un gros bébé parfois, moi y compris, alors je comprends parfaitement et ne réfléchie tout simplement pas. Elle a besoin d’un câlin, je lui offre un câlin. Point barre. Je m’installe donc un peu plus confortablement sur son lit, et la prend dans mes bras un instant. Présence je l’espère rassurante mais surtout réconfortante, un peu de chaleur humaine et fraternelle pour rattraper le temps « perdu » mais surtout pour vivre l’instant présent en suivant son instinct. Le silence s’installe à nouveau, ma main caresse ses cheveux pendant que mon autre bras la serre sans lui faire mal. Je la vois serrer quelque chose entre ses doigts et reconnait son collier, celle qu’elle semble chérir autant que je chérie celui que mon père m’a offert cette année pour mes 19 ans, peut être même plus.

« Je suis juste… fatiguée, je crois. J’ai pas eu une bonne semaine. »

Sa voix est enrouée, gênée par l’émotion, je me redresse légèrement et cherche à nouveau son regard en fronçant encore les sourcils parce que je ne peux juste pas m’en empêcher.

« T'es sur qu'il n'y a que ça ? »

Il y a une petite voix dans ma tête qui me dit de me mêler de ce qui me regarde, et puis une autre qui me souffle de ne pas la laisser comme ça, dans cet état là, et d’insister avec douceur jusqu’à ce qu’elle relâche la pression. Laquelle écouter ? Laisser Charleen choisir me semble le plus indiqué. S’il y a une raison particulière à ce malaise alors peut être que parler pourra le soulager. C’est difficile, c’est sure, mais après coup on est finalement toujours content de l’avoir fait et je doute qu’elle fasse exception à la règle. Qui plus est, je crois qu’au fond de mes tripes j’ai besoin de savoir ce qui ne va pas histoire de m’assurer que ça n’est pas « grave » et aussi parce qu’il y a quelques moi j’aurai aimé que quelqu’un en fasse de même pour moi et … ça n’est pas arrivé. Peu importe, tout ça n’est qu’un lointain souvenir et ça n’est pas de moi dont il s’agit mais d’elle, de cette petite blonde qui à l’heure actuelle me fait penser à une toute petite fille perdue et triste. Sa main attrape la mienne, je la laisse faire en me disant que ça y est, le moment est venu.

« J’ai… parlé avec Enzo. Tu te souviens, on avait discuté à ce sujet. »
« Hum, hum. »

J’acquiesce d’un signe de tête tranquille et sans expression particulière mais je ne peux pas empêcher mon cœur de se mettre à battre un peu plus vite. Je me souviens très bien de cette discussion et … Je ne peux pas le nier, j’angoisse un peu. Vu ce qu’il se passe entre l’ainé de cette fratrie et moi, est ce qu’il y a une chance pour que Charleen ait fait la même chose … Non. Ni elle, ni lui. C’est impossible. Il n’empêche que je ne sais pas trop à quoi m’attendre et ça m’inquiète un peu alors s’il te plait, crache le morceau.

« Ca a viré à la catastrophe. J’ai… voulu savoir et je… »

Tu … Pourquoi tu pleures comme ça, Cha’ ? Qu’est ce qui s’est passé pour que ça te mette dans cet état ?

« J’lui ai demandé pourquoi il avait fait ça. Je crois que je n’aurai jamais dû le faire, je n’étais pas prête à l’entendre de sa bouche. De comprendre que s’il a fait ça c’était simplement… pour se rassurer. »

Oh … Et oui, encore et toujours ce fameux « oh » qui se glisse partout, parfaitement. Je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas quoi penser, et je ne sais même pas si je dois dire ou penser quoi que ce soit. Elle a l’air tellement mal, c’est bien évidemment difficile de ne pas se dire que ce type est un véritable connard et que deux ans après ou peu importe le temps il continue encore à la faire souffrir mais … Une partie de moi ne parvient pas à prendre ça avec ce type de ressentie. Il a merdé, là-dessus aucun doute et je crois que tout le monde en a parfaitement conscience donc non je ne le défendrai pas mais je ne peux pas non plus mettre mon nez dans cette histoire qui ne me regarde pas. C’est très personnel, très intime même, c’est entre eux deux. A vrai dire je ne me pose pas vraiment de question sur le pourquoi du comment. Il s’est servi d’elle pour se rassurer – peut être un rapport avec Kyle mais quelle importance ? C’est moche comme histoire et je comprends parfaitement que Charleen se sente terriblement mal de savoir ça mais elle l’a dit elle-même : Elle voulait savoir. C’est difficile à encaisser mais peut être que maintenant que l’abcès est crevé elle pourra vraiment passer à autre chose et oublier ça. En tout cas c’est ce que j’espère, pour elle.

« Je me sens… sale et utilisée. Je savais que c’était juste comme ça mais j’ai l’impression de n’avoir été qu’une poupée. »

Encore l’instinct sans doute mais je lui démontre ma présence de manière physique en serrant un peu plus ma main autour de la sienne.

« Je sais que c’est aussi… de ma faute à moi. J'me déteste d'avoir été si stupide et naïve. »
« Hey, hey, hey, regarde moi Charleen. »

Réaction immédiate de ma part, j’attrape son menton et la “force” à lever les yeux vers moi.

« Ça n'est pas de ta faute, d'accord ? Enlève-toi ça tout de suite de la tête. »

Ne pars pas dans ce genre de réflexion, je te l’interdis formellement.

« Il n'aurait pas du se servir de toi comme il l'a fait et ce peu importe la raison, parce que tu n'es pas un objet ou une poupée comme tu dis. Il n'aurait pas du et … et je crois qu'il en parfaitement conscience. »

On fait tous des conneries, des erreurs, avec ou sans raison et je ne discuterai pas les siennes parce que de toute façon il n’est pas là et je n’ai pas l’intention de l’assassiner dans son dos. Je pense sincèrement qu’il est passé à autre chose depuis un moment tout comme je sais qu’il a eu pas mal d’emmerde dans sa vie, qu’il n’a pas toujours été un enfant de cœur, etc … Je ne lui cherche pas d’excuse, je l’exclu simplement volontairement de cette conversation parce que finalement, lui ou un autre, ça serait pareil. Qui il est n’est pas vraiment important dans cette histoire, d’après moi en tout cas.

« Tu sais, il se passe des trucs un peu étrange dans la tête des garçons parfois. On ne voit pas certaines choses de la même façon eux et nous, les filles. Je ne fais pas de généralité bien sur, ils ne sont pas tous comme « ça » mais on ne peut pas nier qu'il y a un décalage. »

Les filles murissent plus rapidement en règle générale et je crois que la nature est plus … comment dire ça … disons qu’elle appuie plus sur certaines choses de leur côté que du notre. Si Enzo a fait ça pour se rassurer comme il le dit c’est encore un autre débat mais le fond reste le même. Il a tiré son coup et voilà. Combien font ça sans se poser plus de questions que ça ? Je ne peux pas dire tous mais il y en a un sacré paquet et de manière assez globale les mecs sont quand même très porté sur la chose, c’est un fait.

« Laisse tout sortir ma puce, relâche tout, et ça ira mieux après. Je te le promets. »

Expulse tout ça et range-le dans un coin de ta tête pour ne plus jamais y penser.

« Et puis un jour tu rencontreras un garçon adorable – pas trop tôt quand même – qui te fera oublier tout ça mais en attendant dis toi que c'était une expérience, une pièce dans le puzzle de ta vie, que tu ne pourras pas l'effacer et que tu devras vivre avec mais avec le temps et le recul tu te rendras compte que la douleur, la colère, s'évaporent petit à petit jusqu'au jour où tu n'y penseras plus du tout ou alors avec sérénité. »

Et Enzo deviendra ton meilleur ami ! Je déconne mais je dis juste que ce souvenir commun n’aura plus d’importance avec le temps, ou disons moins et pas de la même manière.

« Ne t'encombre pas de regrets, hum ? Ce qui est fait, est fait. »

Et des dérapages il y en aura peut être d’autres … Même si je n’ai pas du tout envie de penser à ça. Eurk. Mais c’est la vie, c’est comme ça. Elle n’est pas tout le temps toute rose, on prend des claques et on se relève, on passe à autre chose, on grandi, on relativise, etc … Tout ça est dit bien sur avec douceur et délicatesse, accompagné d’un sourire se voulant rassurant qui ne disparait pas jusqu’à ce qu’il s’étire un peu plus …

« En attendant t'as une grande sœur absolument géniale qui va te chatouiller pendant des heures ! »

Et je lui saute dessus sans attendre et lui pince la taille, la chatouille un peu partout, parce que non je ne m’apitoierai pas sur son sort, ça ne me semble pas être la bonne solution mais peut être que je me trompe.

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